La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 décembre 1953, Décembre
[" MONTREAL, DECEMBRE 1953 \u2018ii li Ali d^v/TÆL T/=*L o r- O ÏÏACLE, un roman L. ,J'\"' -i ?f/ Les plus belles salles de bain ont des mëï -¦\t* s 1 * ROSE PALE JADE PÂLE BLEU CIEL JAUNE CITRON ROUGE PERSE GRIS FRANÇAIS HAVANE IVOIRE INDIA APPAREILS en COULEURCRANE L\u2019ASSORTIMENT COMPLET d\u2019appareils sanitaires Crane pour salles de bain vous permet de choisir le modèle que vous préférez et\u2014moyennant un très léger supplément\u2014la couleur qui conviendra le mieux à celles des murs et du plafond.La série \u201cNeuday\u201d, par exemple, présente les couleurs rose pâle, jade pâle et bleu ciel illustrées ici.Autres baignoires, w.-c.et lavabos offerts en huit teintes* superbes (en plus du blanc).Et qu\u2019ils soient faits de porcelaine vitreuse, de fonte émaillée ou d\u2019acier émaillé, les teintes sont identiques pour tous les modèles.Voyez ces salles de bain modernes et jolies dans l\u2019une des dix-neuf salles d\u2019exposition Crane, situées dans les principales villes du pays.Consultez votre architecte ou un entrepreneur en plomberie et chauffage pour renseignements complets.f fj Pour toute demeure.pou r tout budget.CRANE les appareils sanitaires préférés! 1-5317RF Siège social: ,\t1170, square Beaver Hall.CRANE LIMITEE Montréal 7 usines et 18 succursales au Canada Montréal, décembre 1953 3 « JOYEUX NOÊl, ma belle amie! Suprême coquetterie de ses rendez-vous : \"Five O'Clock\", eau de parfum de Gou-rielli, le parfum que les hommes adorent.Messagers de la saLon : L'Ange apporte une Eau de Cologne solidifiée Blue Grass et be Père Noël ajoute un rouge à lèvres de Elizabeth Arden.mMNMR i Cette boîte dorée, à cannes rouges, contient trois Eaux de Cologne à fragrances différentes, un choix apprécié des jolies femmes, présentation Jergens.Trousse de Voyage, de Yardley, en simili-cuir gris ou marron, contenant huit des célèbres produits Yardley, pour le soin de la peau et le maquillage.LA POLITESSE EPISTOLAIRE Vous êtes assise devant votre secrétaire, Madame, pour écrire une lettre.Devant vous, votre feuille de papier demeure blanche.Votre perplexité fait peine à voir.Comment commencer, vous demandez-vous et surtout comment finir ?Devant les mille nuances de la politesse épisto-laire vous ne savez que choisir.Lorsque votre correspondant ou votre correspondante est de la même génération que vous, le problème est facile à résoudre.Mais quand vous écrivez à quelqu\u2019un de plus âgé, que de difficultés, que de pièges ! Méfiez-vous des susceptibilités.Qu\u2019on ne dise jamais de vous : « Elle ne sait vraiment pas vivre ».Quelques règles sont à retenir : Si vous vous adressez à une femme âgée, qui ne soit pas de vos intimes, évitez le « Chère Madame » trop familier.Le terme « Madame » s\u2019il vous semble froid, est certainement de meilleur goût.A la rigueur en finissant votre missive pourrez-vous ajouter la nuance du « Chère Madame », si le texte de votre lettre vous a permis d\u2019exprimer des sentiments d\u2019affection ou de reconnaissance.Pour la formule finale, il faut généralement témoigner votre respect.Mais attention ! rappelez-vous que beaucoup de dames d\u2019un certain âge peuvent se vexer d\u2019être traitées en aïeules.Si vous avez de vingt à trente ans et si votre correspondante est née avec le siècle, dites-vous qu\u2019il peut être maladroit de votre part, de trop insister sur la différence d\u2019âge.Pourtant, n\u2019envoyez pas non plus, à une dame « mûrissante » votre « sincère amitié » ou vos « bons souvenirs ».Cherchez une formule intermédiaire où vous pourrez glisser « votre déférente sympathie ».Ainsi montrez-vous par une nuance très légère, que vous ne vous placez pas tout à fait sur un plan d\u2019égalité.A l\u2019égard des vieux messieurs, les formules ne sont pas toujours plus faciles à imaginer.La difficulté vient plutôt du fait que les femmes mariées ne marquent pas leur « respect », aux hommes âgés, sauf naturellement s\u2019;l s\u2019agit d\u2019un grand-père, d\u2019un oncle.Que de susceptibilités, dites-vous ! et comme les formules sont plus simples p:,ur les hommes qui, à toutes les fem- mes sans distinction, envoient leurs hommages ! Ce n\u2019est pourtant pas une formule j passe-partout, les hommages sont naturellement d\u2019obligation sous une plume masculine, lorsque la correspondante n\u2019est pas une parente ou une amie intime.Je connais un charmant vieux monsieur qui pour chacune de ses belles j amies, jeunes ou moins jeunes, trouve une formule particulière.Le « veuillez agréer, Madame.» est parfois j changé en « daignez trouver ici ».; les « hommages respectueux » se transforment en « hommages dévoués » : l\u2019affection sait se mêler au respect et | la déférence à la sympathie.La langue française offre bien des variantes à l\u2019imagination du coeur ! Rappelez donc à votre mari que les femmes sont sensibles à ces nuances.N\u2019oubliez pas non plus de lui dire, que dans une lettre officielle à un personnage important, il doit toujours prier son correspondant « d\u2019agréer les assurances de sa haute considération ».Souvenez-vous encore que les « sentiments distingués » qu\u2019ils viennent d\u2019un homme ou d\u2019une femme, s\u2019envoient généralement aux gens que l\u2019on connaît peu.Quant aux « salutations ».elles sont réservées pour les fournisseurs.Une telle diversité de formules, me direz-vous, est bien loin de notre époque moderne, où le rythme trop rapide de la vie empêche bien souvent les moments de tranquillité et de réflexion.La langue française est courtoise et polie.Croyez-vous qu\u2019il n\u2019y avait pas une suprême élégance dans les habitudes du grand siècle ! L\u2019expression « Je suis.Monsieur, de tout mon coeur, votre très humble, très dévoué, très obéissant serviteur » avait grand air.Un autre problème à résoudre ! comment rédiger une enveloppe.Si vous écrivez à un ménage, n\u2019inscrivez pas « Madame et Monsieur » mettez « Monsieur et Madame ».C\u2019est Monsieur qui a donné son nom à sa femme, et qui est censé la protéger.en passant en tête.Lorsque votre correspondante est une femme mariée, évitez d\u2019écrire sur l\u2019enveloppe le prénom féminin.Là encore, le nom de l\u2019épouse est couvert par celui de l\u2019époux.Germaine Lemeure.ET VOUS, PAREILLEMENT ?Pour l'homme de votre vie, ce service de toilette comprenant lotion, poudre et savon pour la barbe de Lenthéric.En emble parfumé comprenant Poudre de Talc et Eau de Cologne, une présentation de Mélodie.1 Jfjm ¦ |H ¦ Comme un conte des Mille et Une Nuits, voici ELUE,.l'Eléphant, portant une Poudre faciale et un Rouge à Lèvres, aux célèbres parfums Coty.Pour la voyageuse élégante, \"Gadabout\", petite vaüse contenant tout un nécessaire de maquillage, présentation fort originale de Beauty Counselors.pK «pi Sur ce charmant bibelot, petite chaise antique, on a placé le \"Parfum Fantaisie\" d'Houbigant, \"Quelques Fleurs\" ou \"Chantilly\" à son choix.Dans ce joli sac de plastique, voici quatre produits Du Barry :\tastringent, fond de teint, crème nettoyanle et Cold-Cream, dans des flacons incassables. 4 I m»*.«' \u2022 .- \t\t 'inB\u201c4fc a «if \u2022MOTE Presque tout le monde connaît la fable du Lièvre et de la Tortue par La-Fontaine.La morale que cette fable enseigne a une portée universelle, mais pour les gens qui souffrent d\u2019une haute pression de sang, elle a une signification particulière.Vous vous souviendrez que la tortue ne fit qu\u2019aller \u201cson train de sénateur\u201d, tout en se \u201châtant avec lenteur.\u201d Néanmoins, elle gagna la course sans faire le moindre effort.De fait, la tortue prenait les choses beaucoup plus doucement que le lièvre.C\u2019est exactement ce que les médecins voudraient que fassent les personnes qui souffrent de haute pression de sang, ou hypertension.Les personnes dont la pression de sang n\u2019est que modérément haute et sans complications, peuvent améliorer leur état tout simplement en ralentissant leur train de vie.Il importe d\u2019envisager les choses calmement, dans le traitement de cette affection, car la hâte, un déploiement trop grand d\u2019énergie et la tension émotive peuvent pousser une pression de sang déjà trop élevée à un niveau encore plus haut.C\u2019est pour cette raison que les médecins recommandent l\u2019adoption d\u2019une allure modérée pendant le jour, et au moins huit heures de sommeil, toutes les nuits.En outre, les malades devraient suivre fidèlement les conseils de leurs médecins en ce qui concerne le régime et les habitudes alimentaires.Il importe, par dessus tout, de maintenir le poids au niveau convenable, car l\u2019hypertension et l\u2019embonpoint vont souvent de pair.Les gens qui savent prendre ces précautions peuvent vivre heureux et mener une vie utile et active jusqu\u2019à un âge avancé, en dépit de l\u2019hypertension.Evidemment, si la pression de sang atteint un niveau excessivement élevé et s\u2019y maintient, .ou si l\u2019hypertension est causée par une affection profonde, la situation devient plus grave.Cependant, même dans de tels cas, il existe souvent des moyens d\u2019abaisser la pression et d\u2019amoindrir les ennuis que l\u2019affection suscite.Au nombre de ces moyens, il y a les médicaments, la chirurgie et des régimes spéciaux.La haute pression de sang affecte des centaines de milliers de Canadiens .et elle est une des principales causes de la maladie du coeur, pendant l\u2019âge mûr et aux âges avancés.Si vous avez atteint l\u2019âge où l\u2019hypertension survient le plus fréquemment, si vous faites de l\u2019embonpoint et s\u2019il y a des antécédents d\u2019hypertension dans votre famille, ne manquez pas de vous faire examiner régulièrement par votre médecin.Lorsqu'elle est dépistée de bonne heure, l\u2019hypertension se maîtrise plus aisément, à l\u2019ordinaire.Les possibilités de découvrir des méthodes encore meilleures, pour le traitement de l\u2019hypertension, sont excellentes, grâce aux recherches poursuivies par plusieurs organismes, y compris le \u201cLife Insurance Medical Research Fund.Ce dernier organisme, qui a l\u2019appui de 146 compagnies d\u2019assurance-vie, fait porter une forte partie de ses recherches sur l\u2019hypertension et sur les affections des vaisseaux sanguins.CCPYRICHT CANADA.Il» - HETROWX.ITAN LIFE INSURANCE CONFAOT Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE)\tMetropoRtan Life Insurance Company\t^\\ Direction Generale au Canada: Ottawa 4, Canada\t\\ Veuillez m\u2019envoyer un exem-\t\\ plaire de votre brochure 123-Z.\\\t\\ intitulée \u201cVotre Coeur.\u201d\t\\\t\u2014 - Siège Social: New-York\tNom\t Direction Générale au Canada:\tAdresse\t\t Ottawa\tLocalité\tP'°v\t 46e ANNEE No 12 MONTREAL, DECEMBRE 1953 SOMMAIRE Mackenzie King, le Grand ou le Petit ?par Gustave Lanctôt, D.Litt., MS RC.Ce dont on parle, par Lucette Robert .LA MODE : Carrefour de Paris Nouvelle du mois : Les fiançailles de Bethléem, par Jehan d\u2019ivray .Une grande ballerine : Margot Fonteyn Qui sera le prochain locataire de l\u2019Elysée ?Cet homme a franchi les portes du Carmel, par Christiane Fournier .La Chapelle du Séminaire de Québec, par Aimé Plamondon .14 15 NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR: L'OBSTACLE par Claude Fayet .La magie du velours Mon menu de Noël, par Mme Rose Lacroix Nos patrons Simplicity Nos mots croisés Le Louvre se modernise 16- 17 18 NOTRE COUVERTURE : La saison mondaine bat son plein.Composition d'Albert Chartier.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de TA.B.C., et de l'A.xsociation des Editeurs de Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9637* GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Chef du tirage .Odilon Riendeau Secrétaire de la rédaction .Simonne Daigneault Pages féminines .Mme Jules Fournier Ce dont on parle .Mme Lucette Robert Correspondante à Hollywood .Mme Louise Gilbert-Sauvage Cuisine .Mme Rose Lacroix ABONNEMENT A\"LA\t\tREVUE\tPOPULAIRE\" Canada\t\t\tEtats-Unis 1 an .\t\t.$1.50\t1 an .\t\t $2.00 \t2.50\t\t\t 3.50 AU\tNUMERO\t: 20 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes.Ottawa._ Montréal, décembre 1953 5 / LITTÉKATim LA CROCHE.par ARTHUR SAINT-PIERRE de la Société royale du Canada, Lauréat de l'Académie française.Faut-il présenter l\u2019auteur au public lettré du Canada français.C\u2019est assurément inutile.M.Arthur Saint-Pierre est bien connu dans le domaine de la pensée canadienne : membre de la Société Royale du Canada, lauréat de l\u2019Académie française, deux fois titulaire du prix David, membre de nombreuses sociétés et auteur d\u2019une trentaine de livres ou brochures, l\u2019auteur s est conquis une place de premier plan au nombre des sociologues et économistes du pays.Pourtant tout cela ne compterait guère sur le plan de la création romanesque si l\u2019auteur n\u2019avait à son actif un autre livre, publié à Montréal en 1928, et dont la qualité du récit, de l\u2019intrigue et des personnages, lui valut d\u2019être réédité en France sous le titre :\t« Le mendiant fleuri », avec une préface de François Veuillot qui écrivait à Son sujet : « Le mendiant fleuri » est une petite merveille ».C est dans cette perspective romanesque que M.Arthur Saint-Pierre, après plus de vingt-cinq ans, reparaît sur la scène de la République des lettres, pour nous présenter une oeuvre qu il a certainement longuement mûrie dans son coeur et dans sa pensée : « La Croche ».Il ne faut pas demander à ce roman cette atmosphère amère et désespérée à laquelle nous ont habitué tant de romans contemporains.Il ne faut pas non plus y chercher cette subtilité épuisante de sentiments que nous ont apportée bien des oeuvres de l\u2019après-guerre.Mais une langue claire, facile, bien rythmée ; une intrigue dont le fil se déroule sans heurt et sans illogisme ; 1 evocation d\u2019une nature canadienne pleine de rudesse et de tendresse ; des personnages qui, tout en symbolisant des idées et des attitudes devant la vie, ne sont pas des êtres désincarnés.Bref, loin d\u2019etre un roman de « professeur », ce livre est écrit en pleine pâte humaine et débouche sur la vérité des coeurs et des âmes\tGuy Boulizon.BREVES ANNEES, par ADRIEN THERIO Brèves années, le premier roman de M.Adrien Thério est l\u2019histoire émouvante d\u2019une amitié entre deux enfants d\u2019abord, puis entre deux collégiens.Le narrateur est l\u2019un d\u2019eux, et se nomme Jacques Plaisance.Il vit sur la ferme ancestrale, dans une vieille paroisse du Québec, et il semble bien être le rejeton le mieux doué d\u2019une famille nombreuse.Mais voilà que la terre voisine a été achetée par un nouveau venu, un cultivateur du nom de Martin.Le petit Jacques est ravi quand il apprend cette nouvelle et guette avec impatience l\u2019arrivée de la famille Martin, pressentant peut-être qu\u2019il trouvera parmi elle l\u2019ami cher entre tous de ses brèves années.C\u2019est à l\u2019école du village que les garçonnets se rencontrent.Le petit Martin se nomme Clair.Il semble doux, timide et rêveur.Mieux vaut ne pas se fier à cette première impression : il est aussi tenace et raisonneur que son père.Les deux portraits les plus vivants du livre sont précisément ceux du père et du fils.Eudore Martin est un tyran redouté de sa femme et détesté de ses enfants.Il est de ces hommes insupportables qui ne peuvent jamais se tromper et qui sont convaincus que leur devoir principal est d\u2019imposer leur volonté à leur entourage.Clair est intelligent et studieux.Il prend la tête de sa classe chaque fois qu\u2019il en a envie, mais la discipline lui pèse, il n\u2019accepte pas sans les discuter longuement les opinions et l\u2019enseignement de ses professeurs.Il y a en lui un besoin d\u2019évasion, un désir de suivre les sentiers non battus, au propre comme au figuré.Voilà pourquoi, un jour que Jacques et lui cueillaient des bluets sur la lisière de la forêt, il est pris d\u2019une dévorante curiosité à la vue d\u2019une route inconnue.Malgré les protestations de Jacques, il partira seul et la suivra jusqu\u2019à un chalet isolé où habitent, durant l\u2019été, un Américain et sa fille nommée Gladys.Désormais, la vie de Clair, comme celle d\u2019Augustin Meaul-nes, sera de la revoir et, dans l\u2019espoir d\u2019y parvenir, il quittera sans hésitation maison, famille, études et même son fidèle ami, unique confident de son merveilleux secret.Le récit de l\u2019angoisse et de la peine éprouvées par ce dernier compte parmi les meilleures pages de ce roman, car les descriptions et les observations notées par M.Thério sont bien supérieures à ses dialogues.Ce qui plaît surtout dans son livre, c\u2019est la fraîcheur des sentiments et la joie véritable de ces jeunes collégiens, plus favorisés que nos malheureux petits citadins, devant la couleur changeante des saisons, le renouveau printanier, le murmure de la rivière et le chant des oiseaux .(Les Editions Fides) Thérèse Fournier.\u2022 COEUR D\u2019OR, COEUR DE CHAIR, par ADRIENNE MAILLET Dans un style concis et ferme, Adrienne Maillet, (qu\u2019il ne faut pas confondre avec la jeune romancière Andrée Maillet) nous offre pour son dixième roman un récit palpitant, bien conduit, dont l\u2019intérêt ne faiblit pas un instant.Le métier de l\u2019auteur atteint une perfection en son genre.Les personnages sont vivants et les caractères, consistants.Aucun remplissage ; le texte et le dialogue se tiennent de façon admirable ; les coups de théâtre sont amenés avec maîtrise, et le dénouement est imprévu.Avec son nouvel ouvrage, qui ferait un film captivant, Adrienne Maillet peut s\u2019attendre à un beau succès.(Editions Granger Frères) \u2022 Qui ?, l\u2019excellente petite revue trimestrielle publiée par M.Romain Gour, s\u2019est donné pour mission de faire revivre les artistes et les écrivains canadiens.Après Louis-Philippe Hébert, Maurice Cullen, René Chopin, et plusieurs autres, elle nous présente Jules Fournier, journaliste et fine lame par M.Hermas Bastien.Malgré l\u2019espace forcément restreint, cet article est exact et complet.Il présente un portrait sympathique d\u2019un journaliste à la fois spirituel et combatif, trop tôt disparu .et trop vite oublié.**»>, 1 à Québec, le 18 août 1943, que fut arrêtée la date du débarquement des armées alliées sur les côtes de Normandie.Le Très Honorable M.MACKENZIE KING (à gauche) prit part aux délibérations en compagnie de Sir WINSTON CHURCHILL (Prix Nobel 1953) du Président ROOSEVELT et du Gouverneur général du Canada, le Comte d'ATHLONE.Dans sa maison de campagne de Kingsmere, non loin d'Ottawa.M.MACKENZIE KING s'entretient avec M.CHARLES EVANS HUGHES, ancien chef de la Cour Suprême des Etats-Unis (1930-1941).Mackenzie King fut-il un grand politique ou simplement un machiavélique manoeuvrier ?Voilà, semble-t-il, la question qui se pose à l\u2019esprit après la lecture de l\u2019ouvrage : The Incredible Canadian, de M.Bruce Hutchison, consacré à la biographie de cet Incroyable Canadien.Petit-fils de l\u2019irascible, tempétueux et partial rebelle de 1837, William Lyon Mackenzie, dont il se croira le continuateur, il reste, physiologiquement et psychologiquement, le fils du bon bourgeois, John King, avocat à tendances libérales sur fond conservateur.D\u2019abord mauvais écolier, il devient à l\u2019université un étudiant forcené de travail, qui décroche des bourses, qui lui permettent d\u2019étudier aux Etats-Unis et en Europe, où il se teinte de socialisme prudent et modéré.Par un ami de son père, le ministre William Mulock, il est nommé sous-ministre du Travail et devenu député, il passe ministre de son département, mais il est battu en 1911.Ayant échoué dans sa tentative de se caser politiquement en Angleterre, il entre au service de la Fondation Rockefeller, à la section des relations industrielles.A la disparition de Laurier, il est choisi chef du parti liberal, grace aux votes irréductibles du Québec, qui ne pardonne pas à Fielding, successeur naturel de Laurier, son conscription-nisme anti-québecois.Grâce toujours à 1 anti-cons -criptionnisme, il est élu contre Meighen au poste de Premier Ministre, en 1925, et se maintient au pouvoir jusqu\u2019en 1930, avec l\u2019appui des Progressistes de l\u2019Ouest, au moyen de concessions à leurs exigences politiques.Battu plusieurs fois personnellement dans diverses circonscriptions, ce n\u2019est qu\u2019en 1935 qu il parvient, à la suite de la faillite de Bennett dans sa lutte contre la dépression, à s\u2019assurer une véritable majorité libérale.Il garde ensuite la direction du pays, malgré sa flagrante violation de ses multiples et solennelles assurances et promesses de ne jamais imposer la conscription qu\u2019il décréta en 1944.Aussi, en 1945, les électeurs écrasèrent cinquante-huit de ses anciens députés libéraux.Cette défaite qui 1 humilia, et celle de Churchill en Angleterre, l\u2019amenèrent à démissionner en 1948.Déjà oublie, par suite de son égocentrisme sans amitié ni sensibilité, il mourait, en juillet 1950, sans créer ni émotion ni regret.De cette longue carrière, \u2014 dix-neuf ans à la tête A Ottawa, à Kingsmere ou en voyage dans son wagon particulier, on trouvait toujours M.MACKENZIE KING au travail.Des curieux le regardent du quai de la gare.Montréal, décembre 1953\t7 MACKENZIE KING .le Moule Petit?Réflexions critiques sur l\u2019ouvrage de Bruce Hutchison (The Incredible Canadian) consacré à la vie intime et politique de Mackenzie King qui fut, pendant dix-neuf ans, premier ministre de son pays.par GUSTAVE LANCTOT, D.Lin., M.S.R.C.auteur de nombreux ouvrages d'histoire et ancien conservateur des Archives nationales du Canada.du pays, \u2014 M.Hutchison a tiré une biographie substantielle et captivante, grâce à sa connaissance profonde et personnelle des faits et des hommes.De plus, il a su caractériser, en résumés lucides et frappants, la situation sociale et l\u2019évolution politique du moment.Tout cela s\u2019exprime dans un style dynamique, vivant et suggestif.Cependant, dans le monde politique, ni les partisans de King ni ses adversaires n\u2019acceptent, quant aux premiers le portrait de l\u2019homme privé, ni, quant aux seconds, l\u2019interprétation des idées du politicien.Cette double désapprobation s\u2019explique rapidement au cours de la lecture du livre.Il faut se le rappeler, M.Hutchison appartient à l\u2019école libérale, de teinte radicale, puisque fils politique de l\u2019Ouest et du grand journaliste Dafoe.Ensuite, tout biographe se fait un idole de son héros et lui dresse un piédestal.Résultat, l\u2019auteur maximise et magnifie le rôle de King.Il tombe dans l\u2019erreur classique de lui attribuer l\u2019initiative et le mérite de tout ce qui survient dans son administration.Il en fait le résurrecteur et le maître absolu de son parti, oubliant qu\u2019impopulaire, il fut battu personnellement plusieurs fois, que sa seule force politique fut l\u2019irréductible opposition du Québec aux conservateurs, que l\u2019unité du parti ne s\u2019effectua qu\u2019en 1935 et que tous les libéraux furent sur le point de rejeter dans les ténèbres extérieures ce grand chef, qui ne fut sauvé que par la loyauté des trois lieutenants qu\u2019on voulait élever à sa place.Quant aux mesures qu\u2019il fit adopter, presque toutes lui furent imposées contre sa volonté eu dérobées aux programmes de ses adversaires.Ensuite, l\u2019auteur ne rend pas justice ni à l\u2019oeuvre des collègues ni à la magnifique coopération du peuple.Durant tout son régime King fut un opportuniste et un attentiste qui n\u2019eut la vision politique, l\u2019envergure, ni de Macdonald ni de Laurie:, ni même de Borden.Au contraire, l\u2019auteur a tracé de l\u2019homme privé le portrait réaliste d\u2019un politicien pointilleux et irascible, poussant ses ministres les uns contre les autres, féroce dans la haine de l\u2019adversaire, incapable de générosité, et démentant au besoin ses paroles et ses principes.Avec cela, possédant une conscience qui pouvait justifier tout ce qui servait ses intérêts, il se désintéressait des grands problèmes, pour se cantonner dans la cuisine parlementaire et la manipulation des ficelles.Croyant à la prédestination de sa carrière, y compris l\u2019inspiration providentielle, il pratiquait le spiritisme au point de se convaincre qu\u2019il conversait avec l\u2019âme de Roosevelt et celle de son propre chien.Oubliant le côté peu reluisant de l\u2019homme, cette biographie a, peut-être, sans s\u2019en douter, porté un très exact jugement sur le politicien, en cette phrase : « Avec des talents de deuxième ordre, il a accompli une réussite de premier ordre ».m i WüJK y Pfi!l§i tm sailli \\ \u2022 v .iM'üI Ws - j HP- M.REGENT DESJARDINS, président de la Chambre de Commerce des Jeunes de Montréal.(Photo Marini 1 ifiï FRANÇOIS MOREL, compositeur, dont une oeuvre fut jouée à New-York, au Festival de Musique canadienne à Carnegie Hall.La Revue Populaire En décembre, la Ville s'illumine comme une immense foire.Des ampoules multicolores s\u2019accrochent aux sapins des jardins et des parcs ; des girandoles déguisent les fils électriques ; un éclairage brutal fait de chaque vitrine une petite scène ; des pierreries (fausses aux bazars \u2014 vraies chez Lucas) reflètent leurs feux magnétiques dans des yeux pleins de convoitise et le plus haut sapin de nos forêts \u2014 tel un géant déchu \u2014 est prisonnier d\u2019un building commercial \u2022 \u2022 \u2022 Un soleil de minuit semble allumé en permanence, pour une longue veille, cependant que des lampions éclairent d\u2019une flamme vacillante l\u2019église où l\u2019on prépare chants et ornements pour la nuit sainte de Noël \u2022 \u2022 \u2022 Décembre est le mois de la création miraculeuse ; la récompense des enfants sages ; la tendre émotion des fêtes de famille.Nous le consacrerons aux étoiles naissantes de notre jeunesse : celles du monde social, industriel, artistique et littéraire en leur souhaitant de briller longtemps pour nous ! \u2022 \u2022 \u2022 Au moins un de nos poètes, Paul Morin, reçut l\u2019accolade personnelle d\u2019Anna de Noailles qui écrivait dans Les éblouissements : poètes ont pris la relève depuis l\u2019automne avec Wilfrid Lemoine Les pas sur terre (Chantecler) ; Gaston Miron et Olivier Marchand, Deux sangs (Editions de l\u2019Hexagone) ; Jean-Guy Pilon, La Fiancée du matin (Ed.Amicita) ; Claude Bernard Trudeau, Dans les jardins de la vie et de l\u2019amour (Beauchemin) et Ga-tien Lapointe, Jour malaisé \u2022 \u2022 \u2022 Je vous citerais mes vers favoris de chacun d\u2019eux, mais si je choisis pour décembre : « La montagne est un bloc de glace immobile Où les arbres endormis lèvent dans le vide Leurs grands bras raidis vers le soleil d\u2019hiver ».il me faudrait sacrifier, « Les enfants de la forêt Sur leurs espadrilles légères Courent jusqu\u2019au talus et attendent L\u2019ombre grotesque d\u2019un homme Qui se cache dans le crépuscule Puis ils bandent leurs arcs et tuent Le chasseur d\u2019oiseaux ».(Pas sur terre de Wilfrid Lemoine) « Mes livres, je les fis pour vous ô jeunes hommes Et j\u2019ai laissé dedans comme font les enfants Qui mordent dans les pommes La marque de mes dents ».Un poète est mort : le tendre Sylvain Garneau à qui nous disons, ici, adieu.Il nous laisse le souvenir de pages exquises et d\u2019un visage d\u2019archange \u2022 * \u2022 Six èâ.« - - s .,.fh ¦ilil CLAUDE JASMIN, céramiste et auteur dramatique.(au premier plan : Le Berger, tête modelée).\u2014 Ci-dessus :\tADRIEN THERIO, jeune écrivain de Québec, vient de remporter une bourse d'études aux Etats-Unis après avoir écrit une thèse sur Jules Fournier, ainsi qu'un roman.Les Brèves Années (chex Fidesï.\u2014 Ci-con re : JULES FOURNIER (1884-1918), le célèbre écrivain et journaliste de combat.\u2022 * * Le programme de Guy Beaulne, Nouveautés dramatiques, est intéressant parce qu\u2019il donne à de jeunes talents l\u2019occasion de se faire connaître.C\u2019est en écoutant Concordance des êtres au Studio 13 que j\u2019ai connu Claude Jasmin qui avait, ce soir-là, un interprète exceptionnel, André Cailloux.Mon interview m\u2019a appris qu\u2019il était fonctionnaire à l\u2019Hôtel de Ville (Service des Parcs \u2014 Cehtres récréatifs), ancien critique d\u2019art (à son journal de collège Le Grasset), comédien-amateur pour la troupe Saint-Vincent, diplômé en céramique de l\u2019Ecole du Meuble (classes de Louis Archambault et Pierre Normandeau) et qu\u2019après ses débuts de professeur au Centre d\u2019art de Ste-Adèle, en 1951, et avoir exposé ses oeuvres chez Agnès Lefort, il faisait partie de La Roulotte depuis mai 1952.Il créa, entre autres choses, les décors de Pierre et le Loup, et son enseignement va des masques de l\u2019Halloween aux personnages de la Crèche, que les enfants fabriquent en ce moment dans les écoles.Marié depuis un an à une artiste, Louise Charlebois (Altitude 3200, Le vent fait danser le sable et quelques programmes radiophoniques), ils ont préparé ensemble un Documentaire sur les Marionnettes pour le Télé-Journal des Jeunes et joué au Théâtre de poche de St-Jean.Le céramiste Claude Jasmin fit également une émission télévisée (Rêve et Réalité) sur la façon de faire des bijoux, décorer de la vaisselle, ou créer des santons pour l\u2019arbre de Noël.Après avoir été joué trois fois aux Nouveautés dramatiques, il projette l\u2019analyse sonore d\u2019une Chasse à l\u2019Homme où les bruits tiendront lieu de paroles (la radio est faite pour l\u2019oreille) et d\u2019une pièce en un acte Mobile qui sera présentée au prochain Festival dramatique et dont André Cailloux aura le premier rôle \u2022 \u2022 \u2022 Ceux qui ont lu La vingt-cinquième heure de l\u2019écrivain roumain Gheorghiu (Librairie Plon) sans croire que le problème de la séparation des familles puisse exister au Canada, pourront réfléchir sur le cas des Glazer.Depuis la déportation des Acadiens, rien n\u2019avait été plus poignant (au point de vue universel dans l\u2019humain) que le problème de cette famille dont le père et le fils aîné, nés en Autriche, la mère et un autre fils, nés aux Etats-Unis, et le bébé de trois mois, né au Canada, sont menacés d\u2019être séparés et déportés dans leurs lieux de naissance par l\u2019Immigration canadienne.Ce ne sont pas des indésirables : Paul Walter Glazer a rencontré sa femme américaine alors qu\u2019il était interprète de l\u2019armée américaine stationnée en Autriche.L\u2019honorable juge André Demers, de la Cour supérieure, a plaidé (en sa qualité d\u2019homme et non de juge, ce qui nous prouve que si la Justice a les yeux bandés elle sent le poids de la balance) en leur faveur ainsi que le pasteur de leur église \u2022 \u2022 \u2022 Une production forcée comme celle de Victor Hugo ne pouvait aller sans quelques déchets, et nous avons tous ri \u2014 surtout à vingt ans \u2014 du pompiérisme accidentel de ses vers.On se rappelle la réponse (était-ce André Gide?) au Montréal, décembre 195, 9 pan cCucette (Robent gallup sur le plus grand poète du siècle dernier : Victor Hugo.hélas ! On l\u2019a accusé d\u2019être radin, et il encourut l\u2019exil et la pauvreté pour ses idées sociales, en 1848 ; on le taxe de grandiloquence, et ses reportages sur 1870 et la chronique de son époque sont des modèles de journalisme et de simplicité.Son génie usa peut-être à l\u2019extrême du bon et du mauvais, mais je ne puis m\u2019empêcher d\u2019être émue devant les vers que le vieillard adresse à la jeunesse qu\u2019il envie \u2014 et dont il s\u2019est souvenu trop longtemps : « O jeunes gens ! Elus ! Fleurs du [monde vivant, Maîtres du mois d\u2019avril et du soleil [levant, N\u2019écoutez pas ces gens qui disent : [soyez sages ! La sagesse est de fuir tous ces [mornes visages.Soyez jeunes, gais, vifs, amoureux, [soyez fous ! O doux amis, vivez, aimez ! [Défiez-vous De tous ces conseillers douceâtres [et sinistres.Ils composent avec leur fiel et leurs [dégoûts Une sagesse pleine d\u2019ennui et de [jeûnes, Et, faite pour les vieux, osent l\u2019offrir [aux jeunes / » \u2022 \u2022 \u2022 Près de trois mille spectateurs assistaient, en octobre dernier, au concert de musique canadienne tenu à Carnegie Hall, de New-York, et dirigé par Leopold Stokowski.Parmi 220 oeuvres soumises à un comité de musiciens, six furent choisies dont le chef d\u2019orchestre jugea qu\u2019elles étaient « de pair avec les meilleures compositions de n\u2019importe quel pays du monde » \u2022 \u2022 \u2022 Le concours ouvert aux moins de 25 ans par Les Amis de l\u2019Art a comme sujet les Têtes d\u2019enfants, au fusain, à la gouache, à l\u2019aquarelle, au pastel, au crayon ou à la plume.Les lauréats seront nommés le 15 février 1954, et l\u2019exposition est placée sous le patronage de Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger \u2022 \u2022 \u2022 Parmi les questions que la Chambre de Commerce des Jeunes avait mises à l\u2019étude, cette année, était la préparation d\u2019un mémoire sur le civisme à l\u2019intention des membres de la Commission Royale d\u2019enquête.Appelés à diriger plus tard l\u2019économie du notre payi, ces jeunes suivent l\u2019exemple de leurs aînés de la Chambre de Commerce en ayant leur propre groupe depuis 1931, dont le président est M.Régent Desjardins, marchand ; et un Secrétariat permanent, dont le chef est M.Yves Michaud.Ils ont également leur journal, Hebdo Jeune Commerce, et un périodique mensuel, Vigilant.Un délégué-membre les représente au Conseil municipal de l\u2019Hôtel de Ville où il espère contribuer à la réalisation de deux grands projets : une salle de concerts pour Montréal, un terrain de stationnement sous le Champ-de-Mars et le parachèvement des travaux du Centre sportif.Ne négligeant aucun des aspects de l\u2019entregent, ils étudient la pratique oratoire aussi bien que l\u2019administration et le point de vue juridique des affaires.Parmi ceux qui se sont distingués depuis la fondation de la Chambre de Commerce des Jeunes, nous remarquons : MM.Pierre Desmarais, Paul Dozois, Marcel Lafaille, Roger Martel, Maurice Rinfret, Maurice Custeau, Raymond Daoust, Robert Lafrenière et Guy Forget.La Chambre de Commerce des Jeunes se réunit fin novembre afin de préparer sa Crèche de Noël : une crèche digne de l\u2019Enfant-Jésus puisqu\u2019elle est mise sous le signe de la charité \u2022\u2022\u2022Trois jeunes compositeurs : Clermont Pépin, François Morel et Pierre Mercure furent choisis parmi les 220 concurrents et les six élus, mais Pépin ayant déjà été joué à New-York, on le remplaça par la mezzo-soprano de Toronto, Lois Marshall.J\u2019ai déjà parlé de Pierre Mercure dans cette chronique et je voudrais de nouveau rendre hommage à son talent.Pantomime (que nous entendions encore récemment à C.B.C.) vous empoigne dès les premiers accords graves de ses instruments à vent : bassons, cors et flûtes, cependant que la répercussion prolongée des cymbales semble l\u2019écho d\u2019un orage roulant sur la rivière et se perdant dans la campagne.M.Mercure, qui prépare en ce moment une oeuvre avec choeur, assistait au concert de Carnegie Hall au milieu de tous les délégués des Nations-Unies et des représentants officiels de Radio-Canada \u2022\u2022 \u2022 Une autre oeuvre dirigée par Stokowski fut l\u2019Antiphonie de François Morel à qui le grand critique Virgil Thomson accorda les qualificatifs de « poésie et de style », tout en exprimant le désir de la réentendre de nouveau.Le thème unique de VAntiphonie pour orchestre est emprunté au ton solennel de l\u2019Antienne grégorienne Salve Regina.La richesse harmonique de la pièce illumine le traitement orchestral de l\u2019oeuvre identique à l\u2019alternance des versets du psaume.Musicien qui se renouvelle sans cesse, François Morel subit des influences aussi diverses que celles de Debussy, Stravinsky et Bêla Bartok.Il fit ses études au Conservatoire de musique de la Province de Québec et remporta différents prix : 2e Prix de piano en 1952 (maître, Germaine Malépart), 1er Prix de fugue en 1953 (maître, Isabelle Delorme) et 4e Prix au concours de composition du Centenaire de l\u2019Université Laval de Québec (maître, Claude Champagne).Ses oeuvres ont été jouées en Scandinavie, au réseau international de Radio-Canada et au Festival de la Montagne, au concert des compositeurs canadiens.Citons : Esquisse pour orchestre, La petite suite pour orchestre de chambre, Le cycle [ Lire la suite page 66 ] LUCIENNE LETONDAL.artiste dramatique, d'après un portrait de Françoise Char-bonneau.(Photo Alain, La Revue Populaire!.A sa droite, JEAN-PAUL DUGAS, qui fut, l'an dernier, la révélation du Théâtre du Nouveau-Monde.Wt: m at#! Madame CLAUDE AUBIN, née ANNE BRUCHESI, fille de M.Jean Bruchési, Sous-secrétaire de la Province de Québec et de Madame Bruchési, accompagnée de sa dame d'honneur, Mlle NICOLE BRUCHESI.(Montage photographique du Studio Audet, Québec) Iff IJfl 4 mm s : - Projet de chapelle réalisé par les élèves de l'Ecole du Meuble de Montréal, au cours de M.Guy Viau, professeur de composition, d'après la maquette de M.Benoit Brochu, élève finissant, pour la Maison provinciale des Petites Soeurs Blanches d'Afrique, avenue Laval, à Montréal.La courtine et les tapis ont été exécutés à l'atelier de tissage de l'Ecole : le bénitier, à l'atelier de céramique.Tous les meubles sont en bouleau jaune ondulé du Québec et ornementés de tubes d'aluminium. 10 La Revue Populaire \\ \u201cTiesole\u201d, superbe ensemble de Jacques Fath, en reps imprimé dans les tons de noir, brun et vert.La robe toute simple, est moulée à la taille par un large ceinturon drapé de teinte verte, fait de même tissu que la doublure du vaste manteau.De Pierre Balmain, voici une robe du soir de dentelle grise dont le corsage étroit est à larges épaulettes.La jupe généreuse est ornée d\u2019un bouillonné de tulle d\u2019un ton plus soutenu.La taille est marquée d\u2019une fleur de tissu.V : ; DE PARIS CARREFOUR A A?'< La Place de l\u2019Etoile j -A -v-i ¦ i|tefpiïis Mi mm Cette élégante robe de cocktail, signée Jacques Fath, est en dentelle rebrodée vieux rose, d\u2019une coupe extrêmement simplifiée.Le corsage cintré est orné d\u2019un empiècement découpé qui forme un décolleté profond voilée d\u2019une modestie rose pâle.Madeleine de Rauch a créé cette robe cocktail en moire musique irisée dans les tons de noir et bleu.A noter, le décolleté en V, boutonné dans le dos et l\u2019ampleur de la jupe toute massée vers l\u2019arrière, selon les derniers décrets de Paris.Photos Tissus Bianchini-Férier et Dentelles Pierre Brivet. Montréal, décembre 1953 11 ; ; M i&E» ?t % jêT \u2022V\u201c¦*.*¦-*-'- e, pratiques produ.ts S.iex- un, v&fiÂSL \"Saratoga\" SILEX Un des nombreux modèles Silex.Solide, pratique et jolie, elle économise le café tout en faisant le meilleur calé! (Modèle illustré avec réchaud semi-automatique.) J&A.à, ÜOpSLlÜL \"Air-Lift\" SILEX Accélère et rend plus sûr le repassage, est plus léger et donne plus de vapeur, utilise l'eau du robinet.ÇcUiiUonA.mélodieux Nombreux modèles de genres différents, convenant à tous les styles de décoration.Transformateur-répétiteur (en supplément).Outre les objets illustrés ci-dessus, la nouvelle gamme des produits Silex comprend maintenant d'autres appareils \"Handyhot\" de haute qualité tels que: fers à repasser (de voyage), batteurs électriques, chaufferettes à éventail, essoreuses, grils à maïs, ainsi que les autres produits Silex bien connus: réchauds-bougeoirs, Carafes à garniture noir et or, garde-fromage, coussins électriques \u2022.et les fameux ensembles-cadeaux Silex.VOYEZ-LES CHEZ UN MARCHAND SILEX i^ILCX COMPANY LIMITED St-Jean, P.Q.- \u2018\t3 cWlon cVKLiau cüe cVloefi par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI Coupe aux fruits Hors-d'oeuvre variés Consommé Julienne Pâte feuilletée\tHuîtres à la normande Dinde farcie au rizotto Gelée d'atocas\tPommes de terre Suzette Choux de Bruxelles sautés au beurre Salade verte Plum-pouding flambé au rhum Gâteau de Noël Coupe aux fruits Peler 2 pamplemousses et 3 oranges.Tailler en rouelles minces et en garnir des coupes de la manière suivante : Mettre dans chaque coupe 2 rouelles de pamplemousses puis 2 rouelles d\u2019orange.A l\u2019aide de ciseaux, couper les rouelles pour en faciliter la dégustation.Saupoudrer de sucre très fin.Mettre au centre de la coupe des cerises rouges et vertes coupées très finement.Garnir de feuilles de menthe fraîches et servir très froid.Hors-d\u2019oeuvre variés Disposer joliment dans un plat à hors-d\u2019oeuvre du céleri, des radis, des petits oignons et des olives.Consommé Julienne Préparer un bon bouillon de viande d\u2019après la méthode ordinaire, refroidir, dégraisser et y ajouter des filets de carottes et de céleri.Pâte feuilletée 1V2 tasse de farine V2 tasse de beurre V-2.tasse de shortening 1 c.à thé de sel Eau glacée Tamiser de la farine à pain et en mesurer 1% tasse.Y ajouter 1 c.à thé de sel puis le shortening et le beurre coupés en petits morceaux.Ce mélange doit être préparé la veille et mis au réfrigérateur, pour que le tout soit très froid.A l\u2019aide d\u2019un appareil spécial ou de 2 couteaux, bien mélanger à la farine en coupant le corps gras de la grosseur d\u2019un pois.Verser de l\u2019eau glacée sur le mélange et délayer à l\u2019aide d\u2019un couteau.Eviter de mettre trop d\u2019eau.La pâte ne doit pas être humide ni collante.Quand la pâte est liée, c\u2019est-à-dire qu\u2019on a réussi à la réunir en boule et qu\u2019elle ne colle plus ni au bol ni aux doigts, l\u2019envelopper dans un papier et la mettre reposer au froid au moins Vi heure.Après ce temps, l\u2019abaisser à % de pouce d\u2019épaisseur en rectangle aussi régulier que possible.Plier en 2 en longueur, en commençant par le bout le plus éloigné puis en 2 en largeur de gauche à droite.L\u2019étendre de nouveau et la plier de la même façon ; elle est alors prête à être utilisée, pour en préparer des cassolettes sur lesquelles on mettra les huîtres à la normande.Huîtres à la normande 1\ttasse d\u2019huîtres Va tasse de crème 2\tjaunes d\u2019oeufs 1 c.à tb.de jus de citron Sel, poivre Fromage râpé [ Lire la suite page 28 ] Montréal, décembre 1953 27 rxSKx\u2019 màtbxèè' \u2019 ./ Exigez l'étiquette qut porte le grand Géant Vert GRIMPE, PETIT! Au haut de cette tige de blé d'Inde magique, tu trouveras le bon Géant Vert: il te donnera un trésor.Rapporte-le pour le dîner, afin de faire plaisir à ta maman .et à ton papa aussi! VERS LA SAVEUR ET LA FRAICHEUR Qui ne grimperait mille tiges pour du blé d\u2019Inde comme celui-ci ! Du blé d\u2019Inde si jeune, si tendre qu\u2019il semble sortir d\u2019un conte de fées.Du blé d\u2019Inde en épi, sans l\u2019épi.Du blé d\u2019Inde \u201cen or\u2019\u2019.de l\u2019été en boîte ! Le goût délicieux d\u2019épis frais épluchés et de grains tendres, dodus, exquis\u2014à l\u2019année ronde ! \u201cIl est cueilli et mis en boîte au moment fugace où il atteint son degré suprême de saveur.\u201d Voilà qui décrit bien le blé d\u2019Inde en grains entiers de marque Niblets, dont chaque grain est rubicond, ferme, tendre et savoureux.N\u2019attendez pas que votre épicier ait vendu tout son blé d\u2019Inde de marque Niblets à d\u2019autres ! NE PINK '£ MARQUE NIBLETS Fine Foods of Canada Limited.Ste-Martine, Québec.Mettent aussi en boites le blé d'Inde Mexicorn de marque IViblcts, les pois de marque Green Giant et les fèves jaunes de marque Green Giant. 28 La Revue Populaire Lorsqu\u2019une recette exige des fèves exigez HEINZ de, Lorsque vous songez à une recette où il entre des fèves comme ingrédient secondaire ou principal, assurez-vous que votre famille en sera enchantée.Les cuisiniers Heinz ne prennent pas de raccourci; avec patience, ils surveillent la lente cuisson des fèves jusqu\u2019à ce que chacune ait acquis cette belle teinte brun doré, qu\u2019elle soit gonflée de tendre saveur et saturée de sauce savamment épicée.Heinz fait les fèves .et les fèves font le plat.Vous avez le choix de ces cinq variétés: fèves avec porc, fèves à\tr^rTx la sauce tomate, fèves à la mode de Boston,\tc> fèves avec saucisses ou fèves rognons rouges\t/ Elles sont toutes cuites au four.\t\"\"\u201curos.^y pleins a , ucerfV* de ueinz oraates\ti \u2022r\u201c\u201c,j- C les _ cou op t sans c 1 ^ \u2018 u tenhte ,ce unnate ou l t d\u2019oignon % à table °nt avec porc.?MON MENU DE NOEL [ Suite de la page 26 ] Bien égoutter les huîtres, les passer dans un oeuf battu puis de la chapelure fine et les faire frire dans du beurre bien chaud.En placer 4 sur une coquille de pâte et couvrir de la sauce suivante : Battre les jaunes d\u2019oeufs, y ajouter la crème et faire cuire au bain-marie jusqu\u2019à épaississement.En dernier lieu, ajouter graduellement le jus de citron.Verser sur les huîtres, saupoudrer de fromage et faire griller jusqu\u2019à ce que le fromage soit fondu et légèrement doré.Servir brûlant.Garnir d\u2019une touffe de persil et d\u2019une rouelle de citron frais.Les coquilles de pâte feuilletée peuvent être taillées à l\u2019épaisseur de % de pouce et en forme d\u2019étoiles.On les fera cuire sur une tôle à biscuits couverte de 2 épaisseurs de papier brun et à chaleur vive 450° F.Aussitôt que la pâte sera levée et commencera à dorer, on abaissera la chaleur à 350° F.Cette pâte feuilletée est très facile à faire et donne d\u2019excellents résultats.Dinde farcie au rizotto Choisir une dinde de 12 à 15 livres.Plumer, flamber, vider.Essuyer soigneusement et farcir.L\u2019ouverture cousue', barder de petites tranches de lard sur les cuisses et la poitrine et placer sur un gril dans une lèchefrite non couverte.La cuisson devra se faire à four doux 300° F.à 325° F.Mettre la dinde sur le gril, la poitrine en bas pour que le jus alimente les parties charnues.La cuisson durera 4 heures pour une dinde de 12 livres.De temps à autre, arroser avec le fond de cuisson.1 heure avant la lin de la cuisson, retourner la dinde pour dorer la poitrine.La cuisson lente assure une viande bien tendre et juteuse.Une volaille de 12 livres farcie, sert 12 à 15 personnes.Farce au riz Faire fondre 14 de tasse de beurre.Quand il est bien chaud, y faire frire 1\toignon moyen, y ajouter le foie, le coeur et le gésier hachés au hache-viande, 2 branches de céleri émincées, mouiller avec là tasse de bouillon et faire cuire le tout une dizaine de minutes.Ajouter 2 tasses de riz cuit et là tasse de purée de tomates.Lier avec 2\toeufs.Saler et poivrer.Si la farce est trop liquide, on y ajoutera des biscuits sodas écrasés.Gelée d'atocas Laver 2 tasses d\u2019atocas, mettre dans une casserole avec 1 tasse d\u2019eau bouillante.Cuire 5 à 8 minutes.Ajouter 2 tasses de sucre et prolonger la cuisson de 10 minutes.Verser dans de petits moules de fantaisie préalablement huilés et passés à l\u2019eau froide, démouler quand ferme, et servir en garniture avec la dinde.Si l\u2019on n\u2019a pas de petits moules, en peut faire prendre dans une lèchefrile et découper en forme d\u2019étoile.Pommes de terre Suzette Tailler les pommes de terre en gros cubes cannelés.Faire bouillir 14 d\u2019heure.Egoutter, passer dans le beurre fondu puis dans de la chapelure fine et faire rôtir au four en même temps que la dinde.Choux de Bruxelles sautés au beurre Bien laver les petits choux et les faire tremper là heure dans l\u2019eau froide salée.Faire cuire à l\u2019eau bouillante jusqu\u2019à ce que tendre et faire sauter au beurre.Salade verte Préparer dans un bol à salade, de la laitue bien croquante, de la chicorée et des endives.Arroser de sauce française et servir bien froid.Gâteau de Noël % de tasse de shortening llà tasse de sucre fin 4 oeufs % de tasse de lait là c.à thé de vanille là c.à thé d\u2019essence d\u2019amande 3 tasses de farine à gâteau 2 c.à thé de poudre à pâte 14 de c.à thé de sel Défaire le beurre en crème, ajouter le sucre graduellement.Séparer les blancs des jaunes, battre les jaunes jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient bien mousseux et ajouter au beurre et au sucre.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre et le sel.Ajouter au premier mélange alternant avec le lait.Aromatiser.Monter les blancs en mousse légère et incorporer délicatement à la pâte.Verser dans un moule à gâteau carré de 10 pouces doublé d\u2019un papier graissé.Cuire à 350° F.40 à 45 minutes.Retirer du four, démou-[ Lire la suite page 33 ] Montréal, décembre 1953 29 J , J».* ' A\u2014Blue Grass Flower Mist avec Vaporisateur de luxe,\u2014en boîte de fantaisie $3.00 B\u2014Blue Grass Body Sachet Powder ~.-v- $3.00 C\u2014Blue Grass Bath Soap\u20143 pains dans tube d\u2019acétate fleuri .$3.00 D\u2014Blue Grass Petal Wafers\u2014pour un bain parfumé\t~ .$2.00 E\u2014Blue Gross Solid Cologne\t.$1.50 F\u2014Blue Grass Bath Set avec Flower Mist et Dusting Powder\t.$4.25 / LA TECHNIQUE DU BAISER AU CINÉMA IL n\u2019y a pas deux baisers qui se ressemblent.Et sans aller si loin, il y a chez nous tant de variantes sur un même mot ! Généralement, le baiser-vedette (celui qui se pratique entre deux vedettes et qui fait se pâmer le public des salles obscures) est un baiser truqué.On sait que, pour des raisons différentes qui relèvent de la morale et du maquillage réunis, le baiser sur la bouche ne se pratique pour ainsi dire pas en studio.Les spectateurs n\u2019y voient que du feu et se passionnent pour ce faux-semblant qui n\u2019est (un parmi les autres et certainement pas le moindre) qu\u2019un truquage cinématographique.D\u2019ailleurs, tout le prix d\u2019un baiser tient dans l\u2019intention.Ici, Jacques François (ci-dessous) donne un baiser paternel à son gosse de père (Maurice Teynac) qui se repent, tardivement, de la frivolité de sa vie.Lorsque le même Jacques François qui, pour plus de commodité, a enlevé ses limettes, reçoit un baiser d\u2019amour de la femme qu\u2019il aime (Arlette Poirier) il semble faire une sérieure révision sur la valeur du baiser.WP J L, '* inspirations d@ Noël Ces quelques suggestions, choisies dans la gamme incomparable des produits Elizabeth Arden, sont le témoignage d\u2019une pensée délicate et la marque du raffinement.Présentées dans de jolis emballages, ces étrennes portent toutes la mention magique : Elizabeth Arden.A\u2014Week-end Beauty Box\u2014Simili-alligator ou simili-cuir de vache, en Brun ou Rouge .-.-.\u2014.$29.50 B\u2014Service Kit\u2014cuir véritable en Noir, Rouge ou Tan\t.$7.50 C\u2014Fashion Case\u2014Perfumair, Minaudière, Rouge à lèvres automatique dans un Etui de broché noir et or\t.$15.00 30 La Revue Populaire moiselle .pas plus d\u2019ailleurs que pour n\u2019importe quel client du Pacifique Canadien! A bord des trains du Pacifique Canadien, nous cherchons toujours à vous assurer confort et agrément.Compartiment, chambrette,.salle de toilette, literie, serviettes, tout est d\u2019une impeccable propreté.Voilà pourquoi il est si agréable de voyager par le Pacifique Canadien.LA PLUS GRANDE ORGANISATION DE TRANSPORT AU MONDE -\u2022 [ Suite de la page 25 ] Elle hocha sa tête blanche : une de ses coquetteries ; elle en avait plusieurs.\u2014 On m\u2019a raconté que Louis Teillard demandait la main de Sacha.Est-ce vrai ?Michel eut un haut-le-corps.Il savait sa vieille amie très au courant des petits potins et des nouvelles de la ville, mais tout de même ceci passait la mesure.\u2014 Qui vous a raconté cela ?\u2014 Tu ne dis pas non, donc c\u2019est vrai.J\u2019espère bien qu\u2019elle n\u2019accepte pas ?\u2014 D\u2019où tenez-vous cette histoire ?répéta-t-il sans l\u2019écouter.Elle le regarda un instant avec un sourire mi-compatissant et mi-ironi-que qui seyait à son visage bien conservé de marquise poudrée.\u2014 Je ne sais pas si tu comprends très bien la vie, Michel, dit-elle sur un ton dubitatif.Dès qu\u2019on touche à ceux que tu aimes, tu redeviens le gamin sauvage qui voulait boxer tout le monde.Qu\u2019est-ce que ça peut te faire, que je sois informée par l\u2019un ou par l\u2019autre si mon histoire est exacte \u2014 je suis sûre qu\u2019elle l\u2019est \u2014 et si elle est fausse, tu n\u2019as qu\u2019à me dire : On vous a induite en erreur.La vieille femme était devenue grave.Elle connaissait Florence Vernon et savait ce que signifiaient les paroles du jeune homme.\u2014 Pauvre Sacha ! murmura-t-elle.C\u2019est donc pour cela que je ne la vois plus ! \u2014 Sa mère l\u2019empêche de sortir, la consigne dans sa chambre, lui fait des scènes continuelles.Maintenant encore, un peu moins, car Jacques s\u2019est fâché, et quand il lui parle sur un certain ton, elle n\u2019ose plus rien dire.Mais c\u2019est plus fort qu\u2019elle.Elle recommence quand mon frère n\u2019est pas là, voilà tout.\u2014 Il faudra pourtant qu\u2019elle en prenne son parti.Les Teillard voudront être fixés.\u2014 A la dernière extrémité seulement, madame.Elle est fort capable de demander un prétendu temps de réflexion dont elle usera pour tourmenter Sacha.Ah ! si j\u2019avais pu prévoir l\u2019avenir ! C\u2019est pourtant nous qui l\u2019avons mariée à Jacques ! \u2014 Il l\u2019aimait, dit doucement la vieille dame.Michel baissa la tête.\u2014 C\u2019est vrai, il l\u2019aimait, fit-il sourdement.Je crois, ma parole, qu\u2019il aimait à en mourir.Comprenez-vous cela ?Il y eut un silence.\u2014 Enfin, il doit cependant y avoir quelque chose à faire, reprit Mme d\u2019Ambrun.Jacques pourrait peut-être se fâcher encore.ou toi faire une scène.Voyons, Michel, tu pourrais bien faire à Florence, sans trop te forcer, une scène plus violente encore que les siennes ?Il se mit à rire.\u2014 Bien sûr, je pourrais ! Seulement elle me dirait que ça ne me regarde pas, ce qui au fond est vrai, et l\u2019effet ne serait pas durable.Non.Il faut trouver autre chose.\u2014 Marier Sacha ailleurs ?suggéra la vieille dame.Le jeune homme fit la grimace.\u2014 Jacques souffrira horriblement de la perdre, vous le savez.Soudain la vieille dame se frappa le front.\u2014 Que nous sommes donc bêtes, mon pauvre ami ! Epouse-la, ça arrangera tout.\u2014 L\u2019épouser ?Moi ! Mais vous perdez la tête ! cria Michel en se levant d\u2019un bond.\u2014 Pourquoi ?On a vu plus extraordinaire, tu sais, fit tranquillement sa vieille amie.\u2014\tJ\u2019en doute, dit-il bourru.Je pourrais être son père ! \u2014\tUn père bien jeune, mon cher.Songe que vous n\u2019êtes pas parents, qu\u2019elle est délicieuse, que tu es charmant, et que.\u2014\tMais c\u2019est impossible! jeta-t-il avec violence.N\u2019insistez pas, madame, c\u2019est absolument impossible.Elle est presque ma fille à moi aussi.Epouser Sacha ! J\u2019épouserais aussi bien ma grand-mère ! \u2014 Qui parle d\u2019épouser Sacha ?fit une voix claire.Stupéfaits, ils se retournèrent.Sacha elle-même venait d\u2019entrer, sans qu\u2019ils l\u2019eussent entendue, et elle s\u2019avançait vers eux.Mme d\u2019Ambrun se ressaisit la première.\u2014 C\u2019est moi, dit-elle hardiment.Nous parlions de la demande Teillard.\u2014 Oh ! fit-elle avec un soubresaut.\u2014 Michel n\u2019a trahi aucun secret, res-sure-toi.C\u2019est moi qui lui en ai parlé.J\u2019en ai été avisée par.disons par mes informations particulières., et nous te plaignons, mon petit.Sacha l\u2019embrassa affectueusement.\u2014 Aujourd\u2019hui, encore, cela a été impossible.Mais père a fait une scène terrible.C\u2019est lui qui a exigé que je vienne.Maman est montée dans sa chambre.\u2014 C\u2019est gai ! commenta Michel d\u2019un ton furieux.La jeune fille n\u2019ajouta rien de plus, mais sa poitrine se souleva, des larmes perlèrent à ses cils, on vit ses petites dents mordre le bord de ses lèvres.Emu, Michel vint à elle.\u2014 Rassure-toi, mon petit.Je disais à notre amie que c\u2019est absolument impossible.\u2014 Il m\u2019a même affirmé que je perdais la tête, acheva celle-ci avec complaisance.Il rougit comme une pivoine.\u2014 Je.oh! madame excusez-moi, je.Elle souriait.\u2014 Ne t\u2019excuse pas, mon ami.Cela m\u2019a fait grand plaisir.Le respect des jeunes finit par être bien fatigant.Pour un instant je me suis crue de ton âge, et il est bien dommage que ce ne soit pas vrai.Je t\u2019épouserais, moi.\u2014 Nous nous disputerions ! fit-il, ne sachant s\u2019il devait rire ou se fâcher.\u2014 Je suis sûr que nous ferions cela très bien ! répliqua-t-elle sans cesser de sourire.Mais elle vit la pâleur de Sacha et se leva brusquement.\u2014 Ma petite fille ! dit-elle avec une émotion véritable.Je ne suis qu\u2019une vieille folle ! Tu as raison de m\u2019en vouloir.Sonne pour le thé, Michel, cela la remettra.Je suis vraiment impardonnable.Voyons, Sacha, pleure si tu veux, ou dis-moi des choses désagréables, où fais n\u2019importe quoi.Tu sais bien que nous disions des folies, et parce que je t\u2019aime, j\u2019aurais souhaité que ce fût réalisable, mais nous savons tous que cela ne l\u2019est pas.Ah ! enfin, voici le thé.Bois-le brûlant, cela te fera du bien, ma chérie.Elle s\u2019agitait, se multipliait, inventait des mots de tendresse, sans aucun sens, mais qui baignaient la jeune fille dans une atmosphère d\u2019affection.Debout à quelque distance, les mains dans les poches et les sourcils froncés, un peu pâle, Michel demeurait muet.Quand enfin, détendue, cajolée, embrassée, comblée de preuves d\u2019amitié et de petits gâteaux, Sacha, de nouveau souriante, parla de repartir, Mme d'Ambrun voulut la faire reconduire.Mais Michel s\u2019interposa.\u2014 Vous oubliez que je suis là, dit-il, avec une affectueuse ironie.Ma voiture est au garage.Peux-tu marcher jusque-là, petite, ou préfères-tu que je vienne te chercher ?\u2014 Oh ! je peux marcher ! \u2014\tAlors viens, je t\u2019emmène.Mme d\u2019Ambrun pensa que sa désinvolture était peut-être un peu forcée.Elle lui tendit sa main qu\u2019il baisa, sans sourire.Sacha et elle s\u2019embrassèrent, puis elle les regarda partir, la jeune fille longue et fine, Michel grand et svelte, mais solidement musclé.Mme d\u2019Ambrun murmura pour elle seule : \u2014\tC\u2019est dommage ! Et elle soupira doucement.V Le crépuscule d\u2019hiver enveloppait doucement la terre de ses brumes grises et roses.Les lointains s\u2019estompaient, le vent fraîchissait.Bientôt ce serait la nuit.Michel Vernon dégrafa la bretelle de son fusil, ôta son feutre et son manteau puis se dirigea vers son bureau.Dès le seuil, il sursauta.Sacha était assise sur le tapis, dans son attitude favorite, seule dans le soir tombant, devant la cheminée où s\u2019écroulaient les belles braises de chêne, et sans autre lumière que leur lueur.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu fais là, Sacha ?demanda le jeune homme stupéfait.Elle tourna à peine la tête vers lui.\u2014 Je t\u2019attendais.Il s\u2019approcha rapidement.Elle ne bougeait toujours pas, mais le regardait venir.Comme ses yeux étaient grands, ce soir ! \u2014 Qu\u2019est-ce qui ne va pas, mon petit ?Il avait parlé avec douceur, cependant elle ne répondit pas.Il ne voyait que son profil, éclairé d\u2019une chaude lueur par les braises somptueuses.Elle baissait le front.Pourtant il était sûr qu\u2019elle avait entendu.Qu\u2019y avait-il encore ?Doucement il se pencha et posa sa main sur l\u2019épaule de la jeune fille.Elle se retourna et le regarda en face.Il eut le temps de remarquer qu\u2019à présent elle était très pâle.\u2014 Michel, dit-elle brusquement, épouse-moi.La foudre tombant à ses pieds ne l\u2019eût pas stupéfié davantage.\u2014: Qui ?Moi.Mais tu es folle ! Maintenant une colère montait en lui.\u2014 Et c\u2019est pour me faire cette proposition que tu t\u2019installes chez moi ?Cela n\u2019a pas le sens commun, ma petite.C\u2019est la faute de cette écervelée de Mme d\u2019Ambrun.Ah ! celle-là.Mais réfléchis une seconde.D\u2019abord, je ne veux pas me marier.Et ensuite.toi ! Tu serais la dernière personne au monde à laquelle je songerais, entends-tu ?Il s\u2019interrompit.Sacha était debout devant lui.Et si tout à l\u2019heure elle était pâle, maintenant elle était livide.\u2014 Excuse-moi, dit-elle d\u2019une voix sans timbre.Je n\u2019avais pensé qu\u2019à moi, je ne croyais pas que.Enfin, nous n\u2019en parlerons plus.Non, il ne pouvait pas la laisser partir comme cela.D\u2019abord elle était prête à tomber.Et puis, il fallait que certaines choses fussent dites.Avec fermeté il la prit aux épaules et la força à s\u2019asseoir dans le grand fauteuil.\u2014 Sacha, demanda-t-il gravement, d\u2019où t\u2019est venue une pareille idée ?Elle ne répondit pas et fit seulement un vague geste de la main.\u2014 Tu n\u2019y pensais certainement pas avant l\u2019autre jour.Alors ?Toujours le même silence.Il hésita, mais poursuivit : \u2014 Tu ne m\u2019aimes pas, n\u2019est-ce pas ?Cette fois, la réponse vint, nette.\u2014 Non.Il ne s\u2019attendait peut-être pas à une déclaration aussi catégorique.\u2014 Alors ?demanda-t-il encore.La jeune fille se redressa. Montréal, décembre 1953 31 \u2014 C\u2019est justement pour cela, Michel, fit-elle avec douceur.\u2014 Je ne comprends pas, articula-t-il d\u2019un air bougon.\u2014 Oh ! Michel, ne sois pas méchant.Nous ne nous aimons pas, mais nous serions tous les deux, je le crois., du moins, je.je croyais, fit-elle avec une hésitation douloureuse, contents de passer notre vie ensemble.Même avec maman, en temps ordinaire.ne sommes-nous pas heureux ?\u2014 Je ne dis pas non, reconnut-il de mauvaise humeur, mais.\u2014 Alors, j\u2019ai pensé.je n\u2019ai pu me défendre d\u2019y penser depuis notre visite à Mme d\u2019Ambrun.Il murmura quelque chose d\u2019indistinct, mais elle voulait aller jusqu\u2019au bout.\u2014 Aujourd\u2019hui encore ç\u2019a été affreux, Michel.Maman est revenue à la charge pour Louis Teillard.Elle venait de me gifler quand père est entré.Je ne l\u2019avais jamais vu comme cela, il nous a fait peur à toutes les deux.Il a forcé maman à écrire une lettre de refus qu\u2019il a envoyé porter aussitôt par Baptiste.Puis elle a eu une crise de nerfs et.Oh ! Michel.A ces souvenirs, elle frémissait toute.\u2014 Pour cette fois, je suis sauvée.Mais plus tard ?Je finirai par dire oui à n\u2019importe qui pour avoir la paix, pour échapper à de pareilles scènes.J'aurai du chagrin de quitter père, de te quitter, mais je ne pourrai pas m\u2019en empêcher.Déjà l\u2019autre jour j\u2019ai failli céder par fatigue.Empêche cela, Michel.garde-moi, si tu peux me garder.nous pouvons être si heureux tous les trois ! Mais il secouait la tête \u2014 Ma pauvre petite, tu ne sais pas ce que tu dis.Un mariage est une chose trop grave : tu parles comme une enfant.Elle ne faisait pas un geste, mais elle avait les yeux pleins de larmes et répétait : Garde-moi.Cette scène devenait affreusement pénible.\u2014 Je suis trop vieux, lança-t-il au hasard.\u2014 Louis Teillard a un an de plus que toi.¦\u2014 Mon frère est ton beau-père.Vraiment, Sacha.\u2014 Mais nous ne sommes pas parents du tout, tout le monde le sait.Il s\u2019énervait visiblement, ému devant le chagrin de cette enfant qu\u2019il aimait, troublé par ses larmes.\u2014 Voyons, fit-il d\u2019une voix bourrue, tout cela est du roman.Mme d\u2019Ambrun et toi vous êtes monté la tète.Je veux bien reconnaître qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019obstacle capital à ce que je t\u2019épouse.Mais un mariage ne se conclut tout de même pas ainsi.Suppose que, plus tard, et une fois mariés, l\u2019un de nous rencontre précisément celui avec lequel il aurait aimé faire sa vie.Elle ne répondit pas tout de suite.\u2014 Si j\u2019épouse n\u2019importe qui, dit-elle enfin, je courrai le même risque.Cela ne serait grave que pour toi, Michel.La cloche du dîner, heureusement pour le jeune homme, retentit au même instant.D\u2019un bond, Sacha fut debout.¦\u2014 Il faut que j\u2019aille me laver la figure et mettre un peu de poudre, fit-elle précipitamment.Je ne veux pas que père voie que j\u2019ai pleuré.Mais je t\u2019ai dit tout ce que j\u2019avais.tout ce je pouvais te dire, Michel.Réfléchis.Et si tu finis par croire que tu peux.me garder, tu me rendras bien heureuse.Elle avait les yeux en pleurs et ses lèvres tremblaient.Une seconde, il eut envie de la prendre dans ses bras, de la consoler comme au temps où elle sanglotait sur ses poupées.Déjà elle était partie.Un instant encore il entendit son pas qui se hâtait, puis plus rien.Alors, Michel Vernon haussa les épaules.-\u2014 Quelle folie ! grommela-t-il.Pourtant, tout au fond de son coeur, il n\u2019était pas aussi sûr de lui.Le second coup du dîner le surprit la pipe aux dents, considérant le feu d\u2019un air songeur.VI Les deux jours qui suivirent, Michel Vernon fut d\u2019une humeur exécrable.La mine sombre, il partit à la chasse dès les premières heures, rentra tard, ne parut qu aux repas et s\u2019y montra étrangement distrait.L\u2019atmosphère de la maison était d\u2019ailleurs chargée d\u2019électricité.Florence affectait la dignité blessée et prenait des poses de victime.Sacha s\u2019appliquait à s\u2019effacer dans toutes les occasions possibles.Par contre, Jacques manifestait une assurance tellement en dehors de ses habitudes discrètes que, pour ceux qui le connaissaient, cette attitude révélatrice d\u2019une tension perpétuelle était pénible à constater.Cependant Michel ne semblait pas s\u2019en aviser, non pius que de l\u2019expression inquiète de ses yeux ni de son visage fatigué.Le soir du second jour, comme il quittait sa chambre en sifflotant machinalement un air de chasse, une silhouette se dressa devant lui.\u2014 Michel.\u2014 Sacha ! fit-il, bourru.\u2014 Michel j\u2019ai de la peine.Je.Elle s'interrompit.Il la regardait, sans aménité, certes.Il ne pouvait cependant pas s\u2019empêcher de voir, même dans la lumière fausse qui tombait de la grosse lanterne de cuivre éclairant l\u2019escalier qu\u2019elle était toute pâle et que ses lèvres tremblaient.\u2014 Allons, ne te fais pas de soucis inutiles ! déclara-t-il brusquement, mais avec une sorte de douceur.\u2014 Je voulais tant te parler, Michel, te dire.\u2014 Hum ! tu trouves que tu ne m\u2019en as pas assez dit ?Il fit quelques pas.Après avoir hésité, elle le suivit.Il avait sa figure des plus mauvais jours, la lumière l\u2019éclairait mieux maintenant.Seulement, elle éclairait aussi les yeux de Sacha qui étaient pleins de larmes.\u2014 J\u2019ai essayé de te rencontrer, Michel.On aurait dit que tu t\u2019y refusais.Il ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt sans avoir parlé.La jeune fille eut une espèce de petit sanglot.\u2014 Michel, reprit-elle, j\u2019ai du chagrin.Plus sombre que jamais, il secoua les épaules, le regard obstinément fixé vers les profondeurs du long couloir qui desservait l\u2019étage.Alors, avec un effort visible elle s\u2019approcha davantage et posa ses deux mains sur la manche de tweed du jeune homme.\u2014 Je sais bien que j\u2019ai été ridicule, dit-elle d\u2019une voix entrecoupée.Mais je ne peux pas supporter ton silence.Fais n\u2019importe quoi, Michel, mets-toi en colère, gronde-moi, mais pardonne-moi, je t\u2019en supplie.Son visage était inondé de larmes.\u2014 Sacha ! fit-il sourdement.\u2014 Je sais bien que c\u2019était impossible, que pour toi je ne suis qu\u2019une petite fille sans importance, je sais que j\u2019étails folle, folle.Un nouveau sanglot lui coupa la parole.\u2014 J\u2019étais si malheureuse.je ne savais plus ce que je disais.\u2014 Sacha ! répéta-t-il.Maintenant ils étaient face à face.\u2014 Mais depuis que tu es si fâché, je suis plus malheureuse encore, Michel.Je.je ne peux pas le supporter.\u2014 Sacha.murmura-t-il de nouveau.\u2014 Tout ce que tu voudras, acheva-t-elle en attachant sur lui ses yeux en jjdfmlmu'm TUILE» IME sa luxueuse beauté dure indéfini nient «sagai .à cause de leur beauté durable, les toiles d\u2019Irlande seront encore en usage dans un avenir très éloigné.Elles resteront indéfiniment attrayantes au regard comme au toucher.Choisissez vos toiles d\u2019Irlande a même l\u2019assortiment très varié qu\u2019étale en ce moment votre magasin à rayons ou de marchandises sèches.THE IRISH LINEN GUILD 137 WELLINGTON ST.W.TORONTO ¦Ml voici bien un £nmciiY grille-pain mORPHV- Entièrement automatique Vous reconnaissez le très beau profilé du grille-pain de haute qualité le plus populaire au Canada! 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Michel, je.\u2014 Réponds! articula-t-il en se penchant un peu plus.Sans même qu\u2019elle s\u2019en fût rendu compte, ses larmes s\u2019étaient séchées.Interdite, le coeur battant à grands coups, elle ne pouvait détourner ses yeux des yeux qui l\u2019interrogeaient si impérieusement.\u2014 Oui, dit-elle enfin dans un souffle.Le jeune homme se redressa, prit une longue aspiration, et subitement se mit à rire.\u2014 Alors, dit-il.Une hésitation encore.Puis son beau visage s\u2019empreignit de gravité.\u2014 Eh! bien, Sacha, acheva \u2014t\u2014il, eh! bien, si tu n\u2019as pas changé d\u2019avis, nous nous épouserons.\u2014 Michel ! Avait-elle crié, avait-elle seulement murmuré son nom ?Elle ne savait plus.Mais maintenant, dans une paix confiante et délicieuse, elle pleurait doucement dans ses bras.Lui, caressait ses cheveux avec tendresse.Et sûrement jamais la lanterne de cuivre n\u2019avait éclairé scène plus étrange que ces fiançailles sur un escalier.La grande maison était silencieuse.Tout à coup, la cloche du dîner sonna.Sacha leva son visage mouillé et souriant.\u2014 Viens, dit simplement le jeune homme.Elle ne demanda pas d\u2019explication et le suivit.En se tenant par la main, ils descendirent les larges degrés de pierre blanche et entrèrent dans le petit salon.Jacques et Florence s\u2019y trouvaient déjà.Tranquillement, Michel referma la porte.\u2014 Voulez-vous m\u2019accorder la main de Sacha ?demanda-t-il.Sa voix tremblait.Dans la stupeur générale, personne ne s\u2019en aperçut.VII Assis à sa table de travail, dans la petite pièce où il passait le plus clair de sa vie, Simon de Liancourt dessinait quand Sacha entra, suivie de Michel.\u2014 Simon, dit le jeune homme gaiement, nous venons vous annoncer une grande nouvelle.Attendez-vous à un choc.Le malade fixa sur les jeunes gens son regard profond, si émouvant dans son visage émacié, et il leur sourit.Qu\u2019ils étaient beaux, qu\u2019ils étaient jeunes ! Elle, délicieuse dans un manteau sombre, ses cheveux fous coiffés d\u2019un tout petit bonnet, le teint animé, la bouche palpitante.Michel, élégant et solide, sûr de sa force et plein de douceur.\u2014 Un choc ?répéta-t-il.Si grande que cela, la nouvelle ?j \u2014 Ah ! Je vous en réponds.Plus : grande encore.Ebouriffante ! Simon n\u2019hésita pas.-|.\u2014Le mariage de Sacha, dit-il tran-1 quillement.\u2014 Mon vieux, vous êtes sorcier.C\u2019est cela, mais ce n\u2019est pas que cela.Devinez » avec qui ?Le malade avait tressailli.¦\t\u2014Tu veux' dire.fit-i'l d\u2019une voix sans timbre.\u2014 Et ! oui, je veux dire et je dis, mon cher.C\u2019est moi que Sacha épouse.Vous ne l\u2019auriez jamais deviné, n\u2019est-il pas vrai ?Il s\u2019interrompit brusquement.\u2014 Qu\u2019avez-vous, Simon?questionna-t-il avec inquiétude.Celui-ci était devenu livide.\u2014 Rien, murmura-t-il, rien.Cependant il avait fermé les yeux, sa tête s\u2019abandonnait contre le dossier du grand fauteuil et sa main se crispait sur son coeur.\u2014\tAndoche ! cria Michel véritablement effrayé.Le géant blond apparut.D\u2019un coup d\u2019oeil, il jugea la situation et agit avec la promptitude d\u2019un homme habitué à ces sortes de choses.Il se pencha, sans effort apparent souleva le corps inanimé dans ses bras, et l\u2019emporta jusqu\u2019à la chambre voisine où il l\u2019étendit sur le lit, puis il alla chercher un flacon de sels.Bientôt Simon ouvrit les yeux, et son regard inventoria rapidement les trois visages angoissés penchés vers lui.\u2014\tExcusez-moi, balbutia-t-il.Une brusque crise.\u2014\tVous sentez-vous mieux?fit anxieusement Michel.\u2014\tOui, oui.- Maintenant avec des gestes doux d\u2019une extrême adresse, Andoche glissait des oreillers sous le buste encore affaissé.Il avait refusé l\u2019aide de Sacha tremblante et agissait seul, avec une dextérité, une précision qui tenaient du prodige.\u2014 Nous allons vous laisser, dit enfin Michel.Vous devez avoir besoin de repos, mais nous reviendrons.Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour vous ?\u2014 Michel, jusqu\u2019à ce que tu reviennes demain.\u2014 Eh ! bien ?\u2022\u2014Michel, ne parle pas de tes fiançailles.Fais cela pour moi, Michel.Tu comprendras demain.Le jeune homme était stupéfait.Pourtant il n\u2019hésita pas une seconde.\u2014 Je le ferai, Simon.Celui-ci referma les yeux.\u2014 Merci, murmura-t-il.Le front plissé, Michel rejoignit Sacha.Que se passait-il ?Pour la première fois de sa vie peut-être il ne comprenait pas Liancourt.\u2014 Je crois qu\u2019il est bien malade, dit la jeune fille d\u2019une voix altérée.Il eut un geste vague.\u2014 L\u2019Admirable Andoche est pour lui une véritable Providence, et assez jalouse de ses prérogatives.Je n\u2019ai pas osé m\u2019offrir pour le veiller.D\u2019ailleurs nous verrons demain.Ils montaient dans l\u2019auto.Brusquement, Sacha posa sa main sur le bras de son compagnon.\u2014 Michel, tu ne crois pas qu\u2019il est fâché de notre mariage ?\u2014 Quelle idée ! fit-il avec une désinvolture assez mal jouée.\u2014 Tu sais qu\u2019il ne m\u2019aimait pas beaucoup autrefois.et maintenant, cette crise soudaine à l\u2019annonce de nos fiançailles.Elle avait donc remarqué aussi.Sa voix était entrecoupée, son visage anxieux et pâli.Elle avait raison, l\u2019attitude de Simon était incompréhensible et inquiétante.Mais de toute sa force, il voulait, lui, Michel, écarter le souci de l\u2019enfant qui était venue vers lui avec tant de confiance en disant : Garde-moi.Il fit un effort et parvint à rire.\u2014 Mon petit, dit-il doucement, ne laisse pas ton imagination se créer des fantômes.Simon est un grand malade et nous ne devons pas le juger d\u2019après nous.Je suis sûr qu\u2019il t\u2019aime et que je suis son meilleur ami.\u2014 Toi oui, mais moi.\u2014 Toi, tu vas me faire le plaisir de changer de figure.Tu as de la chance que nous soyons en pleine ville.Sans cela.\u2014 Sans cela ?\u2014 Je t\u2019embrasserais, fit-il délibérément.Et je compte bien le faire dès [ Lire la suite page 36 ] Montréal, décembre 1953 33 MON MENU DE NOEL [ Suite de la page 28 ] 1er, refroidir et décorer aux couleurs de Noël.Glace blanche à la crème V4 de tasse de shortening V4 de tasse de beurre 2V2 c.à tb.de farine V2 tasse de lait 3 à 4 tasses de sucre à glacer tamise V2 c.à thé de vanille Mettre dans une casserole le shortening, le beurre et la farine.Délayer avec le lait et faire cuire jusqu\u2019à épaississement.Retirer du feu et y ajouter en battant le sucre tamisé jusqu\u2019à consistance crémeuse.Aromatiser.Décoration du gâteau Etendre sur les côtés de la crème et passer le gâteau dans de la noix de coco râpée.Garnir le dessus de la même crème en couche assez épaisse.D\u2019autre part, tailler un arbre de Noël de 6 pouces de hauteur en papier paraffiné et mettre sur le gâteau.Parsemer de la noix de coco tout autour, retirer le papier et y mettre à la place de la noix de coco colorée en vert.Garnir les pointes de cerises rouges pour imiter les boules qui garnissent les arbres de Noël et parsemer ici et là de petites dragées de couleur.Mettre au bas de l\u2019arbre un peu de glace à laquelle on ajoutera du cacao pour le support de l\u2019arbre.Ce gâteau fera un beau centre de table et illuminé de petites bougies, il fera un très joli effet.Plum-pouding flambé au rhum 2 tasses de raisin sans pépin 1 tasse de raisin de Corinthe V2 tasse de cerises confites V2 tasse d\u2019écorce de fruits confites 1 tasse de mie de pain pressée 1 tasse de dattes hachées 1\ttasse de figues également hachées 2\ttasses de cassonade 2\ttasses de suif haché 3\tpommes moyennes hachées V2 c.à thé de chacun des ingrédients suivants :\tClou, cannelle, mus- cade, sel IV2 tasse de farine 1 c.à thé de poudre à pâte 4\toeufs V4 de tasse de rhum ou jus d\u2019orange Faire macérer les fruits avec le rhum ou le jus d\u2019orange, 1 heure.Mélanger tous les ingrédients dans l\u2019ordre donné, battre les oeufs bien mousseux et les incorporer en dernier lieu.Faire cuire dans des moules couverts et bien graissés, 3 ou 4 heures dans l\u2019eau bouillante ou à la vapeur.Si l\u2019on n\u2019a pas de moules spéciaux, on pourra utiliser des petites chaudières ou des boîtes à café.Sauce au rhum 1\ttasse de sucre 2\tc.à tb.rases d\u2019arrowroot ou d\u2019amidon de maïs (cornstarch) IV2 tasse d\u2019eau chaude et 3 à 4 c.à tb.de rhum Mettre dans une casserole le sucre, l\u2019arrowroot ou l\u2019amidon de maïs, déla- mma ! .dans ce superbe Gâteau aux fruits \u2018MAGIC\u2019! Vous serez fière d\u2019offrir ce gâteau de Noël \u2018Magic\u2019 à votre famille et à vos amis! Mélange succulent de fruits, de noix .d\u2019écorces confites, d\u2019ananas, et décoré d\u2019un beau glaçage .c\u2019est le plus fin régal encore présenté! Pendant toute l\u2019année, cuisez des gâteaux à mie fine et à saveur parfaite, en employant la Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019.Vous ne risquez pas de gâcher vos ingrédients coûteux\u2014et la Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019 vous coûte en moyenne moins de 1^ par cuisson! **IT£ST.ueHTli V,'\t\u2019¦ GATEAU DE NOEL \u2018MAGIC\u2019 2 tasses raisins sans pépins 1 tasse raisins de Corinthe IV2 tasse raisins épépinés, séparés IV2 tasse cerises rouges au marasquin égouttées ou cerises confites (ou un mélange de cerises rouges et de cerises vertes confites) 1 tasse amandes 1 tasse dattes sans noyaux, en morceaux IV2 tasse écorces et cédrats confits,tranchés ou hachés V2 tasse ananas confit ou autres fruits confits 1 c.à soupe gingembre confit haché fin 3 tasses farine à gâteau tamisée ou iVz tasses farine de blé dur tamisée V/2 c.à thé Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019 Va c.à thé sel IV2 c.à thé cannelle moulue V2 c.à thé muscade râpée 1/2 c.à thé gingembre moulu Va c.à thé macis moulu Va c.à thé clous de girofle moulus 1 tasse beurre V/a tasse cassonade brune non tassée 6 oeufs Va tasse mélasse V3 tasse café fort, froid Lavez et asséchez les raisins sans pépins et les raisins de Corinthe.Lavez et asséchez les raisins épépinés, si nécessaire, et coupez en deux.Dérobez les amandes, coupez en deux.Coupez les cerises en deux.Préparez dattes, écorces, cédrats, ananas ou autres fruits confits, et gingembre.Tamisez ensemble 3 fois, farine, Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019, sel, cannelle, muscade, gingembre, macis et clous de girofle; ajoutez fruits et noix préparés, un peu à la fois, mélangeant juseju\u2019à ce qu\u2019ils soient séparés et enrobes de farine.Battez le beurre en crème et mélangez-y graduellement le sucre.Ajoutez les oeufs non battus, un par un, battant bien après chaque addition; incorporez la mélasse.Ajoutez le mélange farineux au mélange crémeux, alternant avec le café, et brassant après chaque addition.Versez la pâte dans un moule à gâteau profond et carré, de 8 po., garni au fond de 3 feuilles de papier fort, la dernière enduite de beurre; étendez également.Cuisez à four lent, 300°, de 23/a à 3 heures.Laissez le gâteau dans son moule, sur un refroidisseur à gâteau, jusqu\u2019à ce que froid.Gardez dans un recipient en grès, ou enveloppez dans du papier ciré et placez dans une boîte métallique.Quelques jours avant de trancher le gâteau, recouvrez-le de pâte d\u2019amande et de glaçage de fantaisie; juste avant d\u2019être tranché, le gâteau peut être décoré de façon attrayante.AUTRE RECETTE yer avec l\u2019eau et faire cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement.Retirer du feu, refroidir et y ajouter le rhum.Manière de flamber le pouding Saupoudrer de sucre fin le plum-pouding.Prendre du rhum préalablement réchauffé dans un bol d\u2019eau chaude et en arroser généreusement le pouding.A l\u2019aide d\u2019une allumette, y mettre le feu en commençant au bas pour faire monter la flamme en pyramide.Légumes en casserole 3\tpommes de terre moyennes coupées en dés 2 tranches de navet 1 tasse de pois en conserve et égouttés 1 oignon tranché 1 tasse de tomates égouttées V4 de tasse de riz bien lavé 1 c.à thé de sel Vs de c.à thé d\u2019épices mêlées 4 tasses de bouillon Mettre les ingrédients dans l\u2019ordre donné dans une casserole, couvrir et cuire au four en même temps que le pain de veau.Remarque : Si l\u2019on n\u2019a pas de bouillon, on peut utiliser du bouillon de conserve ou encore, de l\u2019eau dans laquelle on aura fait dissoudre des cubes d\u2019oxo. Un cadeau auquel tout le monde fera Contribuez à leur p Offrez des CAD1 * Les ménagères apprécient toujours une bouilloire G-E.A la ville ou à la campagne .elle est excessivement utile .donne rapidement de l\u2019eau chaude lorsque les éléments du poêle sont occupés.LES CADEAUX G-E sont en harmonie avec l\u2019esprit des fêtes.Vous avez la satisfaction d\u2019offrir ce qu\u2019il y a de mieux, ceux que vous aimez ont le plaisir de recevoir un cadeau qui contribue et à leur confort et à leur plaisir .tous les jours de l\u2019année .des années durant.Ces cadeaux de haute distinction se vendent à compter de $4.95 .tous portent le célèbre monogramme G-E .votre assurance d\u2019un style et d\u2019une performance incomparables.Pour le plus joyeux Noël que vous puissiez souhaiter .offrez les cadeaux G-E qui se distinguent par leur haute qualité.Dépt.des accessoires électriques.CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED bon accueil .le nouveau grille-pain automatique G-E qui fait toujours des rôties à votre goût .en un rien de temps.Style superbe, fini chromé de longue durée, facile à conserver propre.le polisseur de parquets économiseur de travail, est le cadeau par excellence à offrir à toute ménagère.Vous le guidez et ses deux brosses pivotant à vive allure ont tôt fait dedon-ner aux parquets un fini extrêmement brillant.Nouveau malaxeur puissant de prix modique qui vous vaudra un \"gros merci.\" Il mélange tout.depuis les pâtes épaisses jusqu'aux glaçages crémeux.Un véritable économiseur de travail.Disponible en quantités limitées seulement jusqu\u2019au début de 1954.Grâce à son capuchon à pivot l\u2019aspirateur magique G-E vous permet de nettoyer toute une pièce sans qu\u2019il soit déplacé une çeule't, fois.Succion très puissante, très grandi sac \"Throw-Away,\u201d accessoires avec dispositjf d'enclenchement positif.\t? 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Crémez d\u2019abord le Swift\u2019ning avec le sucre.Ajoutez les oeufs et la mélasse; battez bien.Le Swift\u2019ning assure la consistance riche et onctueuse que vous désirez pour un gâteau de Noël.Tamisez ensemble la farine, le bicarbonate et les épices*.Mélangez cela avec les fruits et les noix.Remuez jusqu\u2019à ce que tous les morceaux de fruits soient enrobés de farine.Ajoutez alternativement les ingrédients secs et le lait dans le mélange crémeux.Versez dans les moules à gâteaux aux fruits tapissés de 3 épaisseurs de papier brun frotté avec du Swift\u2019ning.Placez-les dans le four avec un plat d\u2019eau chaude.Faites cuire à four très doux, 2 50° F., pendant 3 à 5 heures.Après 1 heure de cuisson, recouvrez de papier brun ou métallique.Laissez refroidir, retirez les gâteaux des moules, enveloppez-les dans du papier paraffiné et gardez-les dans un endroit frais.Recouvrez-les de pâte d\u2019amandes puis d\u2019un glaçage au sucre teinté en vert pâle.Décorez d\u2019une étoile faite de petits bonbons argent; rayez de glaçage teinté en rouge.Mais rappelez-vous bien d\u2019employer le ^ bon Swift\u2019ning pour être sûre de réussir.SWIFT CANADIAN CO - \u2022 [ Suite de la page 32 ] que nous serons à la maison, ce qui ne tardera guère.Tu y es ?Alors nous partons.Et il appuya sur l\u2019accélérateur.VIII Le lendemain, Simon les attendait, assis dans son fauteuil habituel, la mine défaite.Le large cerne qui entourait ses paupières s\u2019était considérablement agrandi.En voyant les jeunes gens il esquissa un sourire, mais ce fut un pauvre essai.\u2014 Mes enfants, dit-il d\u2019une voix enrouée.\u2014 Vous voyez, nous avons répondu à votre appel et nous sommes là tous les deux, fit Michel avec une désinvolture qui sonna faux.Comment vous sentez-vous aujourd\u2019hui, mon vieux ?Simon le regarda dans les yeux el ne répondit même pas.\u2014 Je vous ai demandé de venir ensemble, car j\u2019ai à vous parler de choses graves, déclara-t-il en tâchant d\u2019affermir sa voix qui tremblait.Il faut que je vous dise.Pardonnez-moi le mal que je vais vous faire.Je donnerais volontiers tout ce que je possède, et plus encore, pour avoir seulement ie droit de garder le silence.Il s\u2019arrêta.L\u2019émotion l\u2019étouffait.\u2014 Simon ! fit Michel sourdement.Sacha ne dit rien.Elle se sentait raidie par l\u2019attente anxieuse de quelque catastrophe, mais elle n\u2019était presque pas étonnée.Depuis la veille elle savait qu\u2019un événement se préparait.Liancourt se tourna vers elle.\u2014 Sacha, c\u2019est pour toi que l\u2019épreuve sera le plus douloureuse.Ne m\u2019en veuille pas, mon petit.Et sache que je t\u2019aime, beaucoup plus que tu ne Tas jamais soupçonné.Elle inclina la tête.De toutes ses forces elle voulait comprendre.\u2014 Pourquoi parlez-vous aujourd\u2019hui ?demanda-t-elle avec une étrange tranquillité.A cause de nos fiançailles ?Le visage de Simon se tendit un peu plus.Avec peine il articula un mot.Celui qu\u2019elle attendait.\u2014 Oui.\u2014\tIl ne faut pas que.nous nous mariions ?poursuivit-elle, et cette fois sa voix sombra.Il n\u2019eut pas le courage de répondre, mais fit un signe de dénégation.\u2014\tPourquoi ?dit-elle encore.Il regardait leurs deux visages.Comme il se sentait faible soudain devant eux ! Oui, il avait trop présumé de ses forces.Jamais, jamais il ne pourrait leur dire.Michel se pencha et posa sa grande main virile sur la main frêle de son ami.\u2022\u2014Pourquoi, Simon! fit-il avec douceur.Au bout de quelques secondes il ajouta gravement : \u2014 Vous devez parler maintenant, Simon.Celui-ci fut galvanisé.Il se redressa, d\u2019un effort éclaircit sa voix.\u2014 Ton père, Michel.\u2014 Mon père ! répéta le jeune homme attentif.Liancourt le regardait dans les yeux.\u2014 Ton père.on a cru qu\u2019il était mort d\u2019un accident de chasse.\u2014 Eh bien ?\u2014 Ce n\u2019était pas vrai, Michel.Il est mort des suites d\u2019un duel.un duel avec Mathieu de Lansae.\u2014 Oh ! fit Sacha d\u2019une voix étranglée.C\u2019était bien comme Simon l\u2019avait supposé.Elle avait pâli jusqu\u2019aux lèvres, elle frissonnait, et tout son visage exprimait l\u2019horreur.\u2014 Sacha ! cria Michel.Lui aussi était livide, avec les mâchoires saillantes et une grande ride verticale entre les sourcils rapprochés.Déjà il était près de la jeune fille et, la main posée sur son épaule, il lui parlait doucement.\u2014 Sacha, mon petit, voyons, ne tremble pas comme ça.C\u2019est affreux, mais ce n\u2019est pas ta faute, voyons, et je.je suis même sûr que ce n\u2019est rien d\u2019in-fâmant pour ton père.Un duel, mon petit, c\u2019est horrible, mais pas déshonorant.Sacha, nous allons savoir, Sacha.Sous l\u2019effet de cette tendresse elle avait fermé les yeux.Aux dernières paroles, elle les rouvrit.\u2014 Oui, dit-elle durement, il faut savoir.Michel hésita, regarda Simon, la regarda.\u2014 Il faut, Michel, répéta-t-elle.Elle ne tremblait plus, elle n\u2019était plus pâle ; deux plaques rouges marquaient ses pommettes ; elle apparut aux deux hommes brusquement vieillie, mais très belle.-\u2014 Dites, Simon.Michel attira une chaise et s\u2019assit près d\u2019elle, un bras sur l\u2019accotoir de son fauteuil, les yeux sur ce visage soudain révélé.Liancourt toussa.Non, il n\u2019avait pas imaginé que ce serait si tragique.Pourtant le plus dur était fait.\u2014 C\u2019est par Marcel que j\u2019ai appris cela, commença-t-il d\u2019une voix oppressée.Et je ne l\u2019ai su que bien des années après l\u2019événement.Déjà Florence avait épousé Jacques.Michel réprima un tressaillement.C\u2019est vrai, il y avait ceux-là aussi.Mais Simon poursuivait.\u2014 Cela commença sous un prétexte futile.Le président Vemon \u2014 on l\u2019appelait toujours ainsi \u2014 avait rencontré deux jeunes gens qui sortaient du cercle, assez gais, pour ne pas dire plus.L\u2019un d\u2019eux heurta le président.Je n\u2019ai jamais su lequel et cela n\u2019a pas d\u2019importance.Il leur fit une observation anodine qu\u2019ils prirent très mal.Mathieu s\u2019emporta, lyi dit qu\u2019il savait se conduire, qu\u2019il n\u2019avait besoin des leçons de personne et qu\u2019il était même capable d\u2019en donner au lieu d\u2019en recevoir.Le président répliqua qu\u2019ils en recauseraient le lendemain, quand il aurait retrouvé son sang-froid.Cela le rendit plus fou encore, il se jeta sur son interlocuteur, le frappa au visage et cria qu'il attendait ses témoins.Après cela on pourrait reprendre la conversation.\u2014 La plus idiote des querelles, prononça Michel, les yeux sur le visage de Sacha.\u2014 Le pire, c\u2019est qu\u2019il s\u2019entêta.Jamais on ne put lui faire entendre raison.Il voulait se battre, et il y réussit.Je n\u2019ai jamais compris comment ton père, Michel, un homme si sage, avait pu céder à l\u2019insolence d\u2019un gamin.Il y eut un silence.Simon reprit : \u2014 Marcel et Robert Roquelaure furent les témoins de Mathieu ; le colonel Laroque et le docteur d\u2019Argère, ceux du président.C\u2019était à lui de tirer le premier ; il tira en l\u2019air.Mais Mathieu visa juste.Sa voix se brisa.Sacha eut un long frisson.Bouleversé, mais plein de pitié, Michel passa son bras autour des épaules de la jeune fille qui ne sembla même pas s\u2019apercevoir de son geste fraternel.\u2014 Après ?dit-elle.Simon paraissait à bout de forces.\u2014 Il paraît qu\u2019en voyant tomber son adversaire, Mathieu poussa un cri terrible.Jusqu\u2019alors, il ne s\u2019était pas rendu compte de ce qu\u2019il faisait, pour invraisemblable que cela puisse paraître.Mais là, il fut bien forcé de comprendre, et son désespoir fut affreux.Il parlait d\u2019aller se constituer prisonnier, de se tuer lui-même.On eut toutes les peines du monde à le calmer.Et alors, pour éviter des complications et des enquêtes, les témoins eurent Montréal, décembre 1953 37 l\u2019idée de simuler un accident de chasse.Ce serait moins pénible pour la famille, pour les deux familles.Le président était grand chasseur.On organisa une mise en scène facile.Et personne ne soupçonna la vérité.\u2014 Oui, fit Midhel machinalement, oui.\u2014 Je ne sais pas, reprenait lentement Simon, je ne sais pas si les témoins eurent tort ou raison de céder à leur pitié envers le meurtrier.Peut-être eurent-ils raison.J\u2019y ai songé souvent ; je ne puis en décider.Peut-être aurais-je fait comme eux, après tout.Il paraît que son désespoir aurait attendri des coeurs de pierre.\u2014 C\u2019était un gamin ivre, fit durement Sacha.Les mêmes mots que Michel lui appliquait en pensée.\u2014 Un jeune fou, Sacha, corrigea-t-il avec douceur.\u2014 Et père qui a épousé maman.qui m\u2019a adoptée, moi, la fille de celui.qui m\u2019a aimée, aimée !.\u2014 Sacha ! répéta Michel bouleversé.Mais elle le repoussa.\u2014 Et vous avez laissé faire cela ! dit-elle à Simon sur un ton bas, frémissant, affreux à entendre.Celui-ci baissa la tête.\u2014 A cette époque je ne savais rien, je te le jure, mon petit, répliqua-t-il avec douceur.Des témoins du président, aucun n\u2019aurait pu m\u2019éclairer.L\u2019un était mort, l\u2019autre frappé d\u2019une attaque d\u2019apoplexie qui lui avait ôté la parole et beaucoup de ses facultés.Robert Roquelaure s\u2019était fixé au Chili.Mon frère Marcel, seul, aurait pu parler ; or, il se trouvait en Espagne à la recherche d\u2019une situation, au moment où se fit le mariage de Jacques.Quand il revint, le fait était accompli, il ne dit rien.Ce fut seulement un an plus tard, alors qu\u2019il était gravement malade, qu\u2019il m\u2019avoua la vérité, un soir, dans un accès de fièvre.Encore le regretta-t-il par la suite.Un long silence pesa.\u2014 Et voilà pourquoi, reprit Simon, voilà pourquoi j\u2019ai été, moi qui savais, si souvent gêné en ta présence, Sacha.On a cru \u2014 toi aussi \u2014 que je ne t\u2019aimais pas, et ce n\u2019était pas vrai.J\u2019ai pour toi une affection profonde, et beaucoup de pitié, ma petite fille.Car ceci n\u2019est pas ta faute, mais ta situation était fausse et j\u2019en souffrais, moi, pour toi qui ne savais pas.Toute la nuit j\u2019ai réfléchi, pesé, prié, calculé.je me suis demandé si je devais me taire.J\u2019ai cru que non.Mais j\u2019aurais préféré mourir, Sacha, que t\u2019infliger les révélations que j\u2019ai été foroé de te faire, si cela n\u2019avait dépendu que de moi.Il avait parlé d\u2019une voix grave et presque solennelle, entrecoupée à chaque instant par la violence de son émotion.\u2014 Me pardonnes-tu ?acheva-t-il très bas.\u2014 Simon, balbutia-t-elle, Simon.« J\u2019ai vécu, moi à votre foyer ! J\u2019ai volé toute l\u2019affection que vous m\u2019avez donnée ! Jamais vous ne m\u2019auriez aimée, ainsi, si vous aviez su.\u2014 Sacha ! fit-il bouleversé.Elle se tordait les mains.\u2014 Que faire, à présent, que faire ?Maintenant que je sais ! \u2014 Attendre d\u2019abord, conseilla Simon avec douceur.Le temps est un grand maître en fait d\u2019apaisement.Tu te marieras et tu oublieras.Elle avait déjà oublié ses fiançailles, ceci les lui rappela.\u2014 Oh ! Michel, s\u2019écria-t-elle avec un petit sanglot.Il lui prit les mains.\u2014 Nous serons amis toujours, dit-il avec chaleur, amis comme avant, je te le jure.\u2014 Oui, mais nos projets.Il ne répondit pas.\u2014 C\u2019est dommage, fit-elle d\u2019une toute petite voix, oui, c\u2019est dommage.Et qu\u2019est-ce qu\u2019on leur dira, aux autres, à la maison ?\u2014 Que vous avez réfléchi, suggéra Simon, que vous êtes trop amis pour vous marier.\u2014Oui, bien sûr.Ses yeux erraient autour de la chambre comme ceux d\u2019un enfant perdu.Pourtant Liancourt se sentait soulagé d\u2019un grand poids.Non, ce n\u2019était pas de l\u2019amour.Machinalement, il regarda lui aussi la chambre familière, et soudain s\u2019avisa que l\u2019ombre envahissait la pièce et que le feu s\u2019éteignait sans qu\u2019ils s\u2019en fussent aperçus.Quand Michel et Sacha franchirent la lourde porte, ils se trouvèrent devant un paysage transformé.Pendant qu\u2019ils étaient chez Liancourt, la neige tombant en abondance avait revêtu le sol, les maisons, les arbres d\u2019une épaisse couche blanche.La voiture elle-même était presque entièrement recouverte.Des flocons continuaient à pleuvoir, le soir se faisait livide.\u2014 Oh! fit la jeune fille, frissonnante.Le moteur refroidi ne voulait plus partir.L\u2019effort que fournit Michel pour le remettre en marche lui fit du bien.L\u2019horreur indignée qu\u2019il avait ressentie en apprenant la vérité sur la mort de son père faisait place à un sentiment de stupeur.Mais surtout, surtout, avec une pitié indicible il songeait à Sacha.Leurs fiançailles rompues ne lui laissaient pas un trop cruel regret, mais sa tendresse s\u2019était encore accrue.Dans la voiture, assise à côté de lui, elle ne disait pas un mot, ne faisait pas un geste, regardant sans le voir le déroulement blanc de la route entre les arbres fantomatiques et l\u2019étrange clarté des phares sur la neige.Et soudain Michel pensa qu\u2019ils seraient, dans la vie comme dans la solitude de l\u2019étroite voiture, cernés, murés dans le secret qu\u2019ils étaient seuls à connaître.Elle ne disait toujours rien.Il eût préféré qu\u2019elle pleurât.D\u2019un geste de tendresse et de protection, il l\u2019attira à lui et l\u2019appuya à son épaule.-\u2014 Michel.murmura-t-elle.Il ne répondit pas, et elle resta là blottie contre l\u2019étoffe rude du gros manteau de laine.C\u2019était lui, maintenant, qui regardait la route blanche et la danse des flocons.Une fois seulement il demanda : \u2014 Tu es bien ?\u2014-Oui, fit-elle dans un souffle.Une seconde, il baissa les yeux et entrevit le délicieux visage niché contre son épaule.Une émotion profonde montait en lui.Il eût voulu l\u2019emporter ainsi, loin, loin, toujours plus loin, dans un pays où rien ni personne ne pourrait lui faire de mal.Au même instant, elle parla encore : \u2014 Plus jamais, Michel.Il savait ce qu\u2019elle voulait dire : plus jamais ainsi, dans cette solitude émouvante, dans cette atmosphère tendre et désolée.\u2014 Tais-toi, fit-il brusquement.Le tournant de l\u2019avenue s\u2019ouvrait devant lui.Sans hésiter, il obliqua à droite et continua à marcher, sans savoir où il allait, pourvu que durât encore cette heure, cette trêve qui leur était accordée.Le terni» passait.Il avait traversé deux villages et la nuit était tout à fait tombée.Les yeux clos, la jeune fille semblait dormir.Michel sie décida enfin à rentrer.A mesure qu\u2019il se rapprochait de la maison, une sourde angoisse emplissait son coeur.\u2014 Sacha, dit-il enfin, il ne faut rien « leur » dire, n\u2019est-ce pas ?Elle tressaillit.\u2014 Non.\u2014 On suivra l\u2019avis de Simon.\u2014 Oui.chacun QUOI PE WEUf EM FAIT DE CAOMUX ?Faites que la Noël soit gaie chez vous, que les yeux de et de chacune brillent de joie en apercevant, suspendu dans \u201cl\u2019arbre de Noël\u201d, le plus joli, le plus pratique des cadeaux: un article en nylon! Voyez, sur cette page, les quelques suggestions que je me permets de vous offrir en même temps que mes voeux les plus sincères.Joyeux Noël! Bonne et heureuse année! Cltl \u2014Ky/m\u2014 CW«n AH IftViCt »CS CMMIKW CANADIAN INDUSTRIES LIMITED, MONTRÉAL 38 La Revue Populaire Warner* sait servir la beauté sans Vasservir.Corselette saps bretelles No Y3311 J \u2022 v mi Enfin, jolie Madame, vous respirez à l\u2019aise: la Mode vous rend votre taille! 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cria-t-elle, non, pas cela.Florence était stupéfaite.Mais elle se ressaisit assez promptement et envisagea une nouvelle hypothèse.\u2014 C\u2019est toi qui as rompu ?Tu as appris quelque chose sur Michel qui t\u2019a déplu ?Ma pauvre enfant, tu es jeune.Il faut beaucoup pardonner aux hommes.Que dis-tu ?ce n\u2019est pas.mais alors qu\u2019est-ce ?« Une dernière fois, veux-tu me dire ce qui vous a séparés ?fit Mme Vernon exaspérée par cette résistance.Sacha sentait son coeur battre à grands coups dans sa poitrine.Toute sa fierté se cabrait.Elle ne savait pas de quoi sa mère la supposait coupable, mais son injustice foncière la révoltait.Quelle tentation de parler, de tout dire.Le souvenir de son beau-père lui traversa l\u2019esprit.Elle baissa la tête.\u2014 Il n\u2019y a rien, dit-elle, butée.\u2014 Tu mens.Sous la parole injurieuse, elle frémit.\u2014 Non, répéta-t-elle pourtant.\u2014 Sacha, fit Florence, les dents serrées, que veux-tu que je croie ?Cette fois Sacha releva le front.\u2014 Et que voulez-vous croire?dit-elle rudement, dans un sursaut de fierté blessée.Les boucles folles tombaient sur son front, sur ses yeux.Elle les repoussa d\u2019un mouvement brusque.\u2014 Eh bien ! vous vous trompez, continua-t-elle d\u2019une voix basse, frémissante, dont elle-même ne reconnut pas le timbre.Je n\u2019ai rien fait de mal, non, rien, jamais ! Il est pourtant vrai qu\u2019entre Michel et moi il y a un obstacle.Mais ce n\u2019est pas ma faute.C\u2019est celle de mon père ! \u2014 De ton père ?balbutia Florence au comble de la stupeur.\u2014 De mon père, de mon vrai père ! Celui dont je porte le nom ! Pourquoi me regardez-vous ainsi ?Est-ce plus difficile de croire à sa culpabilité qu\u2019à la mienne ?Mme Vernon ne répondit pas.Muette, elle regardait sa fille.Que se passait-il donc qui la transformât ainsi ?Elle ne reconnaissait plus Sacha.\u2014 Vous le savez, pourtant, que ce n\u2019était qu\u2019un fou, poursuivait-elle avec amertume.Vous avez souffert de ses folies.Aujourd\u2019hui, c\u2019est mon tour, voilà tout.Elle avait une expression si désespérée que toute la colère de Florence fondit comme par enchantement.De- Montréal, décembre 1953 39 puis combien d\u2019années avait-elle oublié cette sensation de lame brûlante s\u2019enfonçant dans son coeur ?Instinctivement elle se pencha vers sa fille.\u2014 Sacha- Mais celle-ci la repoussa.\u2014 Pourrez-vous seulement me croire ?Qui vous dit que je ne mens pas encore ?Le mot sonna durement, durement.Oh ! ce visage crispé, sauvage, douloureux ! \u2014 Mon petit, balbutia la mère, je crois tout, je croirai.mais qu\u2019y a-t-il ?Sacha éclata de rire.\u2014 Ce qu\u2019il y a ?dit-elle, ce qu\u2019il y a ?Dans son esprit une pensée passa, en bref éclair :\tJe ne dois pas, je ne veux pas.à cause de père.Mais déjà la fougue qu\u2019elle avait héritée de Mathieu de Lansac l\u2019avait malgré elle emportée.Elle entendit sa voix articuler implacablement : \u2014 Ce qu\u2019il y a ?Je vais vous le dire.Peu à peu, la voix de la jeune fille se faisait plus haletante, plus hésitante aussi.A la fin ce n\u2019était plus qu\u2019un murmure.Puis ce fut le silence.Un sanglot le rompit.\u2014 Maman ! dit Sacha plus bouleversée qu\u2019elle n\u2019aurait cru pouvoir l\u2019être.D\u2019un élan elle fut près de sa mère, la prit dans ses bras.Florence sanglotait, et muette, sa fille berçait ce désespoir.Elle, ne trouvait plus de larmes.Enfin Mme Vemon s\u2019apaisa.\u2014 Sacha, murmura-t-elle, c\u2019est affreux.\u2014 Oui.\u2014 Et.et Michel le sait ?\u2014 Oui.\u2014 Mon Dieu ! fit-elle en se remettant à pleurer.Mais tout à coup elle releva la tête.\u2014 Et je suis la femme de Jacques ! articula-t-elle avec effort.Elle regardait sa fille avec des yeux élargis.\u2014 Vous êtes sa femme.et moi aussi, il m\u2019a adoptée, fit-elle gravement.C\u2019est ce qu\u2019il y a de plus terrible.\u2014 Oui, dit Florence d\u2019une toute petite voix.Comprenait-elle ?Ce n\u2019était pas certain.Il fallait pourtant qu\u2019elle comprît.\u2014 Nous lui avons.nous lui avons tout volé, voyez-vous, continua la jeune fille.Il ne le sait pas, mais la dette existe.Elle est lourde.Oh ! maman, si lourde ! Maintenant leurs yeux s\u2019étaient rencontrés.Florence ne pleurait plus.Son esprit positif reprenait ses droits, elle retrouvait la possibilité de penser.\u2014 Qu\u2019allons-nous faire ?demanda-t-elle.Sacha haussa les épaules.\u2014 Il n\u2019y a rien à faire, fit-elle avec lassitude.Rien.Si ce n\u2019est, vis-à-vis de lui.Elle hésita une seconde.\u2014 Réparer.acheva-t-elle enfin.Mme Vernon baissa la tête, et ce fut sa seule réponse.X Jacques Vernon, pensif, regardait son frère qui, le visage sombre et les yeux perdus au loin, fumait sans avoir l\u2019air d\u2019y songer la vieille pipe de merisier, admirablement culottée, qu\u2019il préférait à toutes les autres.Autour des deux hommes le silence était complet, dans le calme salon où ils s\u2019attardaient.\u2014 Michel ! Celui-ci tourna la tête vers l\u2019aîné avec une expression de surprise.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?\u2014 Michel, mon vieux, si tu avais un ennui, tu me le dirais, n\u2019est-ce pas ?Jacques avait parlé très doucement, d\u2019une voix volontairement neutre.Pourtant le jeune homme tressaillit et regarda gravement son frère avant de répondre.\u2014 Bien sûr, dit-il enfin en ôtant sa pipe de sa bouche.Ça ne se demande pas.Mais pourquoi.Il n\u2019acheva pas, c\u2019était inutile, Jacques avait compris.Tout en pliant méticuleusement le Journal des Débats, celui-ci déclara : \u2014 Parce que tu avais un peu l\u2019air de porter le diable en terre.\u2014 Le diable en terre ! Plût au ciel ! fit Michel en se mettant debout si brusquement que le chat qui dormait sur le fauteuil voisin, croyant à un cataclysme, bondit jusque derrière un des lourds rideaux de soie jaune et s\u2019y maintint tapi.Plût au ciel ! répéta sourdement le jeune homme.Le monde ferait peut-être moins de sottises et nous pourrions vivre un peu plus tranquillement ! Il alla jusqu\u2019à la cheminée et se mit à vider le fourneau de sa pipe, bien qu\u2019il eût pu y trouver matière à plusieurs bouffées encore.Jacques n\u2019avait pu s\u2019empêcher de sourire.\u2014 Tu as donc de bien grandes sottises à déplorer ?\u2014 Peuh ! fit Michel en haussant les épaules.Mais il n\u2019ajouta rien d\u2019autre et parut absorbé par le soin de tirer de sa poche une blague à tabac de daim gris.C\u2019était Sacha qui la lui avait offerte un an auparavant et il s\u2019en servait toujours depuis lors.A son tour l\u2019aîné se leva, posa les Débats correctement pliés sur le guéridon d\u2019acajou et se rapprocha de son frère.\u2014 C\u2019est grave, Michel ?Celui-ci ne répondit que par un regard assez sombre tout d\u2019abord, mais qui s\u2019éclaira peu à peu d\u2019une chaude flamme de tendresse.Ce ne fut qu\u2019a-près un temps assez appréciable que Jacques parla de nouveau, d\u2019une voix que l\u2019émotion rendait moins claire que d\u2019habitude.\u2014 Mon vieux, je pense parfois que ton affection pour moi t\u2019a peut-être fait manquer ta vie.Peut-être étais-tu fait pour te marier.Michel eut un haut-le-corps.\u2014 Moi ?Me marier ?Mais que vas-tu chercher là, bon Dieu ?\u2014 J\u2019y pense, répéta l\u2019aîné, très simplement.C\u2019est la loi.J\u2019aurais peut-être dû t\u2019en parler plus tôt.Un foyer, un vrai, vois-tu.Il s\u2019interrompit une seconde.\u2014 Tout le monde n\u2019est pas forcément voué à la déception, acheva-t-il.Moi, j\u2019ai peut-être désespéré trop tôt.Puis j\u2019ai vécu en égoïste.\u2014 En égoïste ! grommela Michel.\u2014 Je le reconnais aujourd\u2019hui.J\u2019ai trop tôt renoncé à la lutte.Il est dur de perdre des illusions aussi complètes, aussi folles que l\u2019étaient les miennes.Mais après tout, j\u2019aurais peut-être pu tenter quelque chose.\u2014 Tais-toi ! coupa Michel violemment.Toi, avec ta nature ! C\u2019était impossible, voyons, impossible ! Il aurait fallu un mauvais diable comme moi.et encore ! Jacques secoua la tête.\u2014 Je sais bien.Je n\u2019étais pas né pour lutter.Au fond, l\u2019aîné, le véritable aîné, de nous deux ç\u2019a toujours été toi.Tu as été ma sécurité, Michel, une grande partie de ma force.\u2014 Tu dis des bêtises, fit le cadet ému, en bourrant sa pipe pour se donner une contenance.Et cependant, au fond de lui-même il reconnaissait la vérité des paroles de son frère.Il savait que son affection se nuançait d\u2019un sentiment presque paternel.\u2014 Je t\u2019ai eu, Michel, j\u2019ai eu mes travaux, j\u2019ai eu Sacha.J\u2019ai été heureux.UNE QUESTION DE CHOIX.W : : /i ¦jSfr.QMugg'w& pôWt Tous les ans, la même question se pose \u2014 et nous trouvons si souvent difficile d\u2019y répondre ! Mais le choix d\u2019un cadeau délicat et approprié pour beaucoup de ceux dont le nom se trouve sur votre liste de Noël peut devenir une tâche simple et agréable si vous choisissez du bon papier à lettres, convenant spécialement bien à chacun d\u2019eux.Vous ne pouvez alors vous tromper ! 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Ne nous laissons pas aller à des sentimentalités hors de saison, mon vieux.Toi, mieux que les autres, tu devrais savoir que je suis un célibataire-né.\u2014 En es-tu sûr ?\u2014 En tout cas, je te donne ma parole que je n\u2019ai jamais songé au mariage.C\u2019est-à-dire.hum ! enfin, avant.Jacques hocha songeusement la tête et aucun mot ne fut prononcé.Mais les deux hommes avaient eu la même vision.Sacha elle-même s\u2019était dressée devant leurs yeux, une et multiple, la Sacha dont ils connaissaient tous les aspects et tous les sentiments, qu\u2019elle parlât, qu\u2019elle se tût, qu\u2019elle vécût avec eux les heures familières ou qu\u2019elle se transformât jusqu\u2019à paraître presque différente d\u2019elle-même suivant les circonstances et les temps.Michel ne sut pas pourquoi, mais son imagination la lui représenta brusquement telle qu\u2019elle était, près de lui, dans la voiture qui revenait sous la neige, la Sacha si proche et si inaccessible, appuyée contre son épaule \u2014 il croyait encore y sentir une chaleur pénétrante \u2014 et séparée de lui par une invisible barrière.-\u2014 Et pourtant, dit enfin celui que la jeune fille appelait son père, et pourtant c\u2019est un homme comme toi que je voudrais lui voir épouser.Michel ne répondit pas, absorbé par la pipe qu\u2019il était en train d\u2019allumer.Jacques poursuivit : \u2014 La garder.c\u2019eût été trop beau.J\u2019essaie maintenant de m\u2019habituer à l\u2019idée de son départ.Et je veux espérer que son mari nous la laissera encore un peu.Son regard bleu avait une expression suppliante, presque désespérée.Sa voix se brisa.\u2014 Elle, elle nous aimera toujours, n\u2019est-ce pas, Michel ?ajouta-t-il très doucement.La pipe ne s\u2019allumait pas.\u2014 Peut-être davantage encore, fit le jeune homme sans hésiter.Puis il se dirigea vers la fenêtre et regarda dehors.Mais il ne voyait rien du paysage familier.Seuls deux yeux sombres, pathétiques dans un visage enfantin, occupaient sa pensée.Cette petite avait eu trop de chagrin, vraiment, un chagrin au-dessus de son âge.Il aurait fallu un coeur de pierre pour ne pas s\u2019apitoyer sur son sort.Et ne pouvoir rien faire pour elle, rien, alors qu\u2019il sentait en lui un tel désir de protection, une telle force !.Sacha-Mais Jacques parlait encore.\u2014 Elle n\u2019a pas écrit aujourd\u2019hui.C\u2019est naturel ; là-bas elle est entourée de plus de jeunesse et de gaîté qu\u2019elle n\u2019en pouvait pressentir ici.Je me demande.Il sembla attendre une question qui ne vint pas et continua presque à voix basse.\u2014 L\u2019un des Vergeac est marin.Si par hasard elle épousait celui-là.\u2014 Quoi ?Michel s\u2019était retourné tout d\u2019une pièce, la pipe à la main, un des sourcils remonté presque au milieu du front, l\u2019oeil fixe et la bouche entrouverte dans une incroyable expression de stupeur.\u2014 Quoi ! Sacha ?Tu penses qu\u2019elle se marierait si vite ?Instantanément d\u2019ailleurs, il se ressaisit.\u2014 Mais naturellement, murmura-t-il.Je ne sais vraiment pas où j\u2019avais la tête.Naturellement.J\u2019étais distrait.Et c\u2019est ce qui pourrait lui arriver de plus heureux.Naturellement.Il fit quelques pas vers le milieu de la pièce.\u2014 Mon pauvre vieux! fit-il en frappant affectueusement sur l\u2019épaule de son frère.Tu ne penses qu\u2019à elle, n\u2019est-ce pas ?Et moi.Mais il n\u2019acheva pas.Florence entrait.\u2014- Comment ! vous êtes encore là ?dit-elle avec surprise.Je vous ai cherché dans la bibliothèque, Jacques, et je me demandais.\u2014 Vous désiriez quelque chose ?s\u2019informa correctement son mari.\u2014 Vous prévenir seulement que je vais chez Mme d\u2019Ambrun.Peut-être voudriez-vous venir m\u2019y retrouver en fin d\u2019après-midi ?Elle parlait avec une douceur, une déférence nouvelles chez elle et qui frappèrent soudainement les deux hommes.Etait-ce bien là la Florence impérieuse et agressive à laquelle ils ne pouvaient échapper qu\u2019en se murant dans leur vie personnelle ?C\u2019est vrai pourtant qu\u2019elle changeait.Son caractère s\u2019adoucissait incontestablement, depuis quelques jours ou quelques semaines, ils ne le savaient plus, mais ils en avaient la certitude absolue et subite.Maintenant elle continuait presque humblement, si un tel mot pouvait être appliqué à l\u2019orgueilleuse Mme Vemon.\u2014 Si vous vous décidiez, je pourrais vous envoyer la voiture.\u2014 Non, merci, dit enfin Jacques.Je vous accompagnerai une autre fois, mais pas aujourd\u2019hui.J\u2019ai commencé un travail que je veux absolument finir.Il ajouta après un instant.\u2014 Est-ce que le facteur est passé ?Florence comprit tout de suite.\u2014 Oui, on a porté le courrier chez vous.Rien de Sacha pour personne.Il ne répliqua pas, mais une ombre s\u2019étendit sur son visage et il sortit en étouffant un soupir.\u2014 Comme il l\u2019aime! murmura-t-elle en se rapprochant de Michel.\u2014 Et qui ne l\u2019aime pas ! jeta-t-il avec une explosion de violence inattendue.Depuis qu\u2019elle est partie nous sommes tous stupides, ne faisant que nous regarder et parler d\u2019elle.Sacha par-ci, Sacha par-là, comme s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autre sujet de conversation au monde ! Ou bien nous nous taisons et c\u2019est pire, car nous pensons au temps où nous serons obligés de la laisser partir.Si vous croyez que c\u2019est gai ! Il allait et venait d\u2019un air furieux.\u2014 Je ne savais pas.commença Florence sur un ton d\u2019excuse.Il se planta brusquement devant elle.\u2014 Non, vous ne saviez pas.Est-ce que vous savez jamais quelque chose, vous ?Vous menez votre vie à votre guise, et voilà tout.Ah ! ce sera joli quand la petite n\u2019y sera plus ! Elle eut un geste de la main comme s\u2019il l\u2019avait frappée.\u2014 Michel ! fit-elle sourdement.Mais une mauvaise colère montait en lui ; il était heureux de se venger sur quelqu\u2019un \u2014 et plus particulièrement sur sa belle-soeur \u2014 s\u2019il ne savait quel dommage, s\u2019il ne savait pas quelle souffrance inavouée, s\u2019il ne savait quelle amère déception.Il continua, ne mesurant plus les paroles, emporté par une de ces colères qu\u2019il trouvait si répréhensibles en elle et qui pourtant le saisissaient parfois, lui aussi.\u2014 Vous avez beau faire, vous-même vous souffrez de son absence.Vous qui n\u2019avez aucune intimité avec elle et ne savez que commander.Commander ! Jacques n\u2019a jamais commandé avec Sacha, mais ils vivaient l\u2019un pour l\u2019autre.Comment voulez-vous qu\u2019il ne trouve pas la différence, à présent ?Ah ! le charme que cette petite, sans avoir l\u2019air de rien, mettait dans notre existence à tous ! Jamais je n\u2019aurais cru cela possible.Il a fallu qu\u2019elle parte pour que nous nous en apercevions !.\u2014\tMichel ! répéta Florence.Elle était devenue livide : il ne s\u2019en apercevait pas.\u2014\tMême nous, même des êtres aussi différents que nous, elle arrivait à nous rendre heureux.Mais c\u2019est épouvantable, parce que lorsqu\u2019il nous faut rester face à face, il n\u2019y a plus rien ! Il dit encore : \u2014 Rien ! Rien ! Rien !.puis se tut comme effrayé lui-même par le vide qu\u2019il venait de constater.Mme Vernon ne bougeait pas ; elle regardait son beau-frère avec des yeux agrandis et ses dents mordaient légèrement sa lèvre inférieure.Ses mains s\u2019étaient mises à trembler ; pour empêcher que cela ne fût visible, elle les appuya sur le dossier d\u2019une bergère qui se trouvait derrière elle.Soudain Michel reprit conscience et s\u2019avisa du bouleversement que trahissaient les traits de Florence.\u2014 Oh ! fit-il avec vivacité, je ne voulais pas.Je vous demande pardon.Sans bien savoir à quoi elle répondait, elle fit un vague signe de tête.Il la vit à bout de forces, et par un de ces revirements soudains que connaissent toutes les natures généreuses et impulsives, une vague de pitié l\u2019envahit.De plus, il n\u2019était pas très fier de lui-même, ses paroles l\u2019avaient emporté beaucoup plus loin qu\u2019il ne l\u2019aurait voulu.D\u2019un geste de nouveau fraternel il avança un siège.Elle s\u2019y laissa tomber et couvrit son visage de ses mains.¦\u2014Pardonnez-moi, Florence, répéta-t-il très doucement.J\u2019ai parlé comme un imbécile ; je.De nouveau elle secoua la tête et le visage réapparut hors des mains jointes, très blanc sous les cheveux de plusieurs blonds où couraient à peine quelques fils d\u2019argent.\u2014 Je ne savais pas, Michel, dit-elle d\u2019une voix basse et meurtrie qui n\u2019était presque pas sa voix.Je vous jure que je ne savais pas, que je n\u2019ai jamais su.Qu\u2019est-ce que cela signifiait ?Il garda le silence, attendant qu\u2019elle parlât de nouveau.\u2014 Peut-être que je n\u2019ai jamais compris Jacques, ni vous, ni Sacha, ni.personne.Je le vois maintenant.J\u2019ai beaucoup de défauts.Mais je vous jure que je ne savais pas ! \u2014 Que vous ne saviez pas quoi ?fit-il interloqué.Elle courba le front et répondit plus bas encore : \u2014 Votre père, Michel.\u2014 Quoi ! jeta-t-il violemment, qui vous a dit.?\u2014 Sacha.\u2014 Elle avait bien besoin de parler ! fit-il avec rudesse.Florence releva la tête.\u2014 Elle ne voulait pas.C\u2019est moi qui l\u2019ai forcée.\u2014 Oh ! taisez-vous, cria-t-il en se remettant à marcher à grands pas.Ne voyez-vous pas qu\u2019il n\u2019y a eu que trop de paroles ! Si je pouvais enterrer cette affaire, l\u2019oublier et obtenir que chacun l\u2019oublie, cela n\u2019en vaudrait que mieux.Si ce secret nous empoisonne à tour de rôle, nous serons bien avancés ! Ce n\u2019est pas notre faute, après tout ! Nous sommes tous innocents.N\u2019allons pas nous laisser désunir, ce serait pire que n\u2019importe quoi ! \u2014 J\u2019étais sa femme, Michel.\u2014 Et Sacha sa fille, c\u2019est entendu.Et puis après ?Maintenant, vous êtes la femme de Jacques, c\u2019est la seule réalité ; il adore Sacha et il ne faut pas, vous entendez, il ne faut à aucun [ Lire la suite page 42 ] Montréal, décembre 1953 41 Soins à donner à un bébé durant l'hiver par FRANCINE Q.\t\u2014 A quelle température doit-on tenir la chambre d\u2019un bébé pendant la saison froide ?R.\t\u2014 De 68 à 70 degrés F.durant le jour, et à 60 F.la nuit.\u2022 Q.\t\u2014 Quels vêtements un bébé doit-il porter dans la maison ?R.\t\u2014 Une camisole, une couche ou une culotte, une robe ou une chemise de nuit.Un chandail et des chaussettes contribueront beaucoup à son confort.\u2022 Q.\t\u2014 Est-il indispensable que la camisole soit tout laine ?R.\t\u2014 Non, elle peut être laine et coton.Si l\u2019on s\u2019aperçoit que la laine irrite la peau, elle peut être en coton seulement, mais dans ce cas, l\u2019enfant devra porter constamment un chandail.« Q.\t\u2014 Comment doit-on le vêtir quand on le sort ?R.\t\u2014 Consulter d\u2019abord le thermomètre et l\u2019habiller en conséquence, en s\u2019assurant que la tête et les oreilles sont bien couvertes, puis glisser l\u2019enfant dans un sac fait d\u2019une chaude couverture de laine, qui lui permettra de bouger bras et jambes.\u2022 Q.\t\u2014 Comment peut-on s\u2019assurer qu\u2019un enfant est trop, ou pas assez vêtu ?R.\t\u2014 Au bout d\u2019une demi-heure, glisser délicatement la main dans l\u2019encolure.S\u2019il transpire, c\u2019est qu\u2019il est trop chaudement habillé.Au contraire, si la peau du dos est froide, il est insuffisamment vêtu.Ce n\u2019est pas assez de lui toucher les mains.Si l\u2019on s\u2019aperçoit que ses lèvres sont légèrement bleues, il est certain qu\u2019il a froid.\u2022 Q.\t\u2014 De quels tissus sont faits les vêtements de nuit ?R.\t\u2014 De finette.Ils seront longs et amples pour que l\u2019enfant soit toujours couvert et aucunement gêné dans ses mouvements.\u2022 Q.\t\u2014 A quel âge peut-on sortir un enfant pendant l\u2019hiver ?R.\t\u2014 Les médecins recommandent d\u2019attendre six ou huit semaines.Choisir un jour de soleil et commencer par le mettre dehors pendant 20 à 30 minutes, puis augmenter graduellement.Ne pas le sortir avant dix heures du matin, ni le laisser dehors après 4 heures du soir.\u2022 Q.\t\u2014 Est-il recommandé d\u2019ouvrir la fenêtre pour faire prendre l\u2019air à un bébé ?R.\t\u2014 C\u2019est excellent, mais insuffisant : il a davantage besoin de soleil et d\u2019air pur.Meats'Babies Rien ne fait pousser les bébés comme la \\J \\fmk.M La viande est riche en protéines dont les bébés ont besoin pour une croissance robuste.Et .les bébés ont besoin de protéines pour les aider à résister aux germes et aux infections.Les protéines sont deux fois plus importantes pour les bébés que pour vous! Aucun aliment pour bébés ne vaut la viande pour bâtir des muscles et des tissus solides.donc Once pour once, les Viandes Swift\u2019s pour Bébés sont 5 fois plus riches en protéines que les \"soupes\u201d à la viande ordinaires pour bébés .\u2014et même 10 fois plus que le lait maternel.7 SORTES POUR VARIER toutes 100% viande: Boeuf, Agneau,Veau, Porc, Foie, Coeur, Foie-et-Bacon.Et maintenant^ Saumon Swift\u2019s Passé au Tamis pour Bébés\u2014 le meilleur et le seul produit de marée 100% pour bébés au Canada.Viandes «fOltâl / Et les bébés ont besoin de protéines chaque jour, car les protéines ne peuvent être \"emmagasinées\u201d dans le corps comme les autres éléments nutritifs.Donnez donc à votre bébé une alimentation mieux équilibrée grâce aux Viandes Swift\u2019s.Donnez-lui-en tous les jours.Et commencez tôt.Les Viandes Swift\u2019s sont spécialement préparées pour que les bébés puissent en manger à 3 semaines! pour Bébés \"Swift\u2014pour mieux servir votre famille\u201d .donnez-leur-en Q.\t\u2014 Peut-on le sortir par tous les temps ?R.\t\u2014 Non, bien sûr.Le garder à la maison quand il fait un froid sous zéro, un grand vent ou un temps très humide.Toujours placer le carrosse de façon à ce qu\u2019il ne fasse pas face au vent, ou que le bébé n\u2019ait pas le soleil en plein dans les yeux.\u2022 Q.\t\u2014 Peut-on sortir un enfant tout de suite après son bain ?R.\t\u2014 Non.On doit attendre au moins une heure.Q.\t\u2014 Comment empêche-t-on sa peau de gercer ?R.\t\u2014 En l\u2019enduisant légèrement d\u2019une lotion pour enfants ou de \u201ccold cream\u201d, avant de le mettre dehors.\u2022 Q.\t\u2014 Comment s\u2019aperçoit-on que les joues et le nez sont en train de gercer ?R.\t\u2014 Quand on voit apparaître de petites taches blanches.Un bébé ne doit jamais sortir par un froid aussi rigoureux.Toujours s\u2019assurer qu\u2019il est bien enveloppé, et qu\u2019il ne peut pas se découvrir, sans pour cela être gêné dans ses mouvements ou dans sa respiration.\u2022 Q.\t\u2014 Y a-t-il une différence entre être sourd ou entendre dur ?R.\t\u2014 Une très grande différence.Une surdité complète semble sans espoir.Un enfant qui entend dur peut être guéri, ou tout au moins, voir son état amélioré.\u2022 Q.\t\u2014\u2022 Les nouveau-nés peuvent-ils entendre ?R.\t\u2014 Il semble bien que non, du moins pas durant les tout premiers jours.Au bout d\u2019une semaine et parfois avant, on peut constater qu\u2019ils entendent.\u2022 Q.\t\u2014 Quand un bébé devra-t-il être examiné par un auriste ?R.\t\u2014 Aussitôt que l\u2019on constatera que les sons n\u2019ont aucun effet sur lui.\u2022 Q.\t\u2014 Les enfants sont-ils sujets aux maux d\u2019oreilles ?R.\t\u2014 Oui, et cela résulte de diverses infections, notamment des amygdalites On peut aussi avoir mal aux oreilles dans les cas de rhume, bronchite, rou \u2022 geôle, coqueluche et méningite. 42 La Revue Populaire SEUL, le Si vous êtes de ceux qui croient que les rasoirs électriques sont trop lents et ne peuvent raser d\u2019assez PRES une barbe comme la vôtre, le nouveau Sunbeam Shavemaster vous réserve une grande surprise.Demandez simplement aux hommes qui s\u2019en servent et qui ont la barbe dure, ce qu\u2019ils en pensent.HAVEMASTER rase PLUS PRÈS et PLUS VITE que tout autre moyen -à set ou à l\u2019eau La grosse tête arrondie du Shavemaster est la plus LISSE et sa lame unique est ultra-rapide.Le SEUL rasoir muni d\u2019un VERITABLE et puissant moteur auto-démarreur à armature de 16 barres de contact.\t Rase PLUS VITE Avec un Shavemaster, vous aurez une barbe plus rase, plus nette, en moins de temps qu\u2019avec une lame et du savon.Même si vous avez la barbe la plus dure et la plus fournie, même si vous avez la peau sensible, vous vous raserez plus vite et de plus près avec le Shavemaster qu\u2019avec toute autre méthode, à sec ou à l\u2019eau.Rase DE PLUS PRÈS La principale raison pour laquelle les hommes préfèrent le Shavemaster, disent les détaillants, c\u2019est qu\u2019il laisse le visage plus lisse, plus net.C\u2019est grâce à la grosse tête du Shavemaster, à sa courbe continue et à son principe de fonctionnement exclusif que l\u2019on en obtient ces résultats supérieurs.SUNBEAM CORPORATION (CANADA) LIMITED, TORONTO 9, CANADA Voir le nouveau Shavemaster chez un marchand.prix qu\u2019il soupçonne le premier mot de cette tragédie.C\u2019est un grand sensible, Jacques, vous devriez le savoir.L\u2019inconsciente cruauté de cette phrase le fit rougir dès qu\u2019il l\u2019eut dite et il poursuivit rapidement : \u2014\tC\u2019est déjà un malheur que vous ayez appris, vous.Tâchons d\u2019empêcher le pire.\u2014\tEtes-vous sûr que ce soit un malheur, Michel ?Saisi, il regarda sa belle-soeur.\u2014\tNe croyez-vous pas que je puisse.essayer d\u2019être meilleure pour Jacques ?Et elle disait cela sérieusement ! Si grave que fût la situation, il fut sur le point d\u2019éclater de rire.\u2014\tCertainement, fit-il en s\u2019efforçant d\u2019exprimer une conviction qu\u2019il était loin de ressentir.Tant de fois déjà il avait espéré en vain une amélioration de ce caractère incroyablement emporté ! Il rêva un peu, puis s\u2019approcha de Florence.\u2014 Dans tous les cas, je fais appel à votre honneur.Non pas à votre coeur, ni à votre raison, mais à votre honneur, comme à un homme, comme à Mathieu s\u2019il était encore vivant.Donnez-moi votre parole que vous ne laisserez jamais soupçonner la vérité à Jacques.C\u2019est le seul, hélas, qui soit à préserver, mais il est indispensable qu\u2019il ignore tout.Il faut que vous viviez comme si cela n\u2019existait pas.Ce sera dur, ce sera peut-être terrible.Pourtant il le faut.Pouvez-vous me donner votre parole d\u2019honneur, Florence ?Elle le regardait gravement, sans même un battement de paupières.\u2014\tJe vous la donne.\u2014 Merci, dit-il avec solennité.Il y eut un grand silence que ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019eut l\u2019idée de rompre.Tout à coup la pendule sonna quatre heures.\u2014 Hum! fit Michel Vernon avec sa bonhomie ordinaire, nous devenons trop sérieux.Cela nous vieillit, ma chère.Dépêchez-vous d\u2019aller chez Mme d\u2019Ambrun, vous n\u2019avez que le temps.Mettez-moi aux pieds de cette charmante femme, et si elle s\u2019enquiert de mon humble personne, dites-lui que j\u2019irai demain lui faire mes adieux.\u2014 Vos adieux?Vous partez?Le jeune homme s\u2019arrêta au moment d\u2019allumer la pipe qu\u2019il avait reprise.\u2014 Vous ne croyez pas que moins nous serons à nous regarder en chiens de faïence, mieux cela vaudra pour le moment ?J\u2019ai tout à fait envie d\u2019aller faire une partie de chasse chez mon ami de Rummel.Il y a si longtemps qu\u2019il m\u2019invite à aller le voir dans sa nouvelle propriété.A tout à l\u2019heure, Florence.Je vais prévenir Firmin qu\u2019il ait à songer à mes valises.Il est si soigneux que quarante-huit heures lui paraîtront à peine suffisantes pour cela ! D\u2019un geste précis il enflamma le briquet de nickel qui éclaira son visage viril d\u2019une lueur courte et chaude.Cette fois la pipe était allumée.Il en aspira voluptueusement les premières bouffées.Déjà Florence avait quitté le salon.Il sortit à son tour.Derrière lui, deux ou trois ronds de fumée bleuâtre s\u2019élargirent, montèrent et se désagrégèrent lentement dans le tiède salon silencieux.XI La forêt s\u2019ouvrait devant eux, régulière presque comme un parc.L air froid de cette matinée d\u2019hiver était piquant et salubre.Michel respirait à pleins poumons, s\u2019étonnant d\u2019une étrange sensation d\u2019attente presque angoissée qui l\u2019empêchait de jouir comme à l\u2019ordinaire de son sport favori.Son cheval, un grand bai -cerise nerveux, au cou trop long mais aux fines jambes solides, lui plaisait.H allait à longues foulées rapides, distançant la plupart des autres cavaliers.Déjà la chasse s\u2019en- fonçait dans les taillis.Hier encore, il considérait comme une joie inespérée le fait d\u2019y participer, une petite fièvre animait son sang à l\u2019avance.Mais aujourd\u2019hui, par-dessus la riche campagne poitevine, il revoyait un mince visage ardent ; par-dessus les appels des piqueurs et la voix des chiens, il recomposait une voix claire et meurtrie.Une inquiétude le possédait : verrait-il Sacha ?\u2014 Attention ! cria de Rummel.Michel baissa la tête, juste à temps pour éviter une branche tombante qui l\u2019eût certainement blessé.Cet incident lui rendit son sang-froid et il prit une part plus active à la chasse.Mais il ne pouvait encore s\u2019empêcher d\u2019examiner les cavaliers qu\u2019il rencontrait et de se demander : « Est-ce un Vergeac ?» avec une préoccupation qu\u2019il était le premier à trouver ridicule.Le cerf était solide, prudent et rusé.De temps à autre les chiens perdaient sa voie et les piqueurs juraient, les croyant en défaut.La chasse se prolongeait, les bêtes s\u2019enfiévraient, l'ardeur des hommes se faisait plus sombre.Enfin éclata la sonnerie sauvage de l\u2019hailali.Et dans le rassemblement général qui suivit enfin, Michel reconnut Sacha.C\u2019était bien elle ; elle faisait partie d\u2019un groupe de jeunes gens et de jeunes filles qui commentaient les événements du jour avec passion.Elle parlait peu, souriait souvent, avec cet air sage et doux que Michel connaissait si bien et dont il disait pour la taquiner que c\u2019était un voile de cendre sur une ardente braise.Elle portait un costume de sport vert foncé qui la faisait paraître plus brune qu\u2019elle n\u2019était réellement ; elle était ravissante.Que dirait-elle en le retrouvant ainsi à l\u2019improviste ?Il s\u2019avança vivement, mais elle ne tournait même pas la tête.Il s\u2019approcha plus près encore, et tout à coup elle le vit.-\tMichel ! Comment cela s\u2019était-il fait ?Ils ne le surent ni l\u2019un ni l\u2019autre.Mais elle avait crié son nom d\u2019abord, et tout aussitôt s\u2019était trouvée dans ses bras.Maintenant elle se tenait debout devant lui, une chaude rougeur montée à ses joues mates, les yeux pleins d\u2019une extraordinaire expression de surprise et de joie.Deux fois elle répéta : \u2014 Michel ! Michel ! comme si elle ne pouvait croire à sa présence.\u2014 Comment es-tu là ?demanda-t-elle enfin.Et sans attendre la réponse elle se mit à rire, d\u2019un rire enfantin et charmant.Il expliqua rapidement sa brusque décision de venir chez Georges de Rummel et l\u2019insistance de celui-ci pour l\u2019amener à un laisser-courre chez un voisin de campagne.A présent elle l\u2019écoutait, les prunelles toujours lumineuses, mais le visage redevenu sérieux.\u2014 Quelle surprise ! dit-elle doucement.Quelqu\u2019un heurta Michel qui, brusquement, reprit conscience.Il se trouva ridicule et eut un petit rire gêné.\u2014 Tu as bonne mine, déclara-t-il.Voyons ?.Un peu amaigrie, peut-être.\u2014 Tu crois ?\u2014 Ou peut-être est-ce cette robe.Je t\u2019ai toujours dit.Il s\u2019arrêta.Ce fut Sacha qui acheva la phrase.\u2014\t.Qu\u2019elle ne m\u2019allait pas.Tu ne Tas jamais aimée.Et pourtant, quelle chance de l\u2019avoir emportée ! Aucune ne m\u2019a autant servi.Elle riait.L\u2019enchantement était passé.Sans effort, ils avaient repris leur ton de camaraderie accoutumée.Michel en éprouva un vif soulagement et un vague regret.\u2014 Et père?Maman?Parle-moi de la maison, questionna-t-elle.Il lui donna les détails souhaités.\u2014 Et toi, mon petit, demanda-t-il enfin.Contente, ici ? Montréal, décembre 1953 43 \u2014 Très contente.\u2014 Tes lettres sont enthousiastes.Les Vergeac.\u2014 Oh ! Us sont merveilleux.Elle s\u2019interrompit et regarda autour d\u2019elle.\u2014 Il faut que je te les présente.Qu\u2019est-ce qu\u2019ils doivent penser ?fit-elle dans un éclat de rire.Instinctivement, il la retint encore.\u2014 Jacques est heureux de te savoir près d\u2019eux ; mais tu lui manques, tu sais.La jeune fille changea d\u2019expression et ses lèvres eurent un tremblement presque imperceptible.\u2014 Je sais, murmura-t-elle.Et moi.Elle n\u2019acheva pas.\u2014 Mme d\u2019Ambrun se préoccupe beaucoup de tous ces jeunes gens, poursuivit Michel.\u2014 Ils lui plairaient certainement, déclara Sacha.Il l\u2019examina avec une curiosité un peu inquiète.\u2014 Et j\u2019espère qu\u2019ils te plairont aussi, acheva-t-elle, avec un petit rire qu\u2019à tort ou à raison, il jugea forcé.Allons, viens.\u2014 AU right ! fit-il avec un entrain voulu.En retour, je te présenterai Rummel.Tu m\u2019en as si souvent entendu parler ! Peu d\u2019instant après, tous les Vergeac venus à la chasse étaient réunis autour de Michel Vernon.Us se montrèrent d\u2019une déférence attentive.La double qualité de frère de Jacques et d\u2019«oncle» de Sacha \u2014 c\u2019est ainsi qu\u2019elle l\u2019avait désigné \u2014 en faisait évidemment un personnage fort respectable.Le coeur un peu serré, malgré un sourire aux lèvres, il songeait : « Je fais figure d\u2019ancêtre à leurs yeux ».Mais il fut conquis par leur jeunesse et la droiture qui se lisait dans leurs regards.On lui présentait à cet instant Roland de Cbançay qui montrait un empressement au moins égal à celui de ses amis.\u2014 Vous n\u2019êtes pas venu nous enlever Mlle de Lansac, au moins, monsieur ?s\u2019enquit presque aussitôt le jeune homme.\u2014 Non, fit Michel avec un sourire un peu contraint.Loin de moi de pareilles intentions ! En fait, j\u2019ignorais même que je la rencontrerais aujourd\u2019hui.\u2014 Oh ! lança une petite voix indignée, comment est-ce possible ?Les regards des deux hommes se tournèrent vers Gigi, écarlate, qui s\u2019était faufilée jusqu\u2019à eux et n\u2019avait pu s\u2019empêcher de se mêler à la conversation.\u2014 Ma soeur Gilberte, prononça gravement Xavier.La fillette haussa les épaules et releva ses yeux qu\u2019une intense mais brève timidité lui avait fait un instant river au sol.\u2014 Tout le monde dit Gigi, expliqua-t-elle rapidement.Je pense que mon frère est fâché.et je sais bien que je suis très bavarde et très mal élevée.Pardonnez-moi, monsieur.J\u2019aime tant Sacha ! Michel ne put s\u2019empêcher de rire.Cette petite bonne femme était vraiment amusante.Elle le regardait avec une expression de crainte à la fois et d\u2019effronterie tout à fait curieuse, et dans son visage pointu le sourire de sa grande bouche révélait une intelligente franchise.Elle rougit encore, puis se mit à rire aussi.Après quoi, elle sentit le besoin d\u2019expliquer à nouveau son intervention.\u2014 C\u2019est vrai, fit-elle d\u2019un ton décidé en enfonçant ses mains dans les poches de sa veste, vous êtes des gens si extraordinaires.Pas du tout comme nous.Même quand Sacha rit et bavarde, elle ne parle presque jamais ni d'elle ni de sa famille.et vous ne saviez même pas que vous pourriez la rencontrer ! -\u2014 C\u2019est exact, reconnut Vemon.Mais aussi, c\u2019est mon frère qui est lié avec votre père, mademoiselle Gilberte, moi avec Rummel que je n\u2019avais pas rencontré depuis longtemps et qui vient de se fixer dans le pays.De plus, il y a soixante kilomètres, si je ne me trompe, entre votre maison et celle de mon ami.Gigi hocha le menton d\u2019un air mal convaincu.\u2014\tJe vois, je vois, articula-t-elle du bout des lèvres.Enfin, puisque vous ne nous enlevez pas Sacha.L\u2019expression de timidité reparut sur son visage et elle tendit sans audace sa petite main gantée de cuir.\u2014 Je suis bien contente, acheva-t-elle dans un murmure.Après quoi, elle se sauva, en courant.\u2014 C\u2019est ma grande amie, dit Sacha en riant.\u2014 Vous la gâtez trop et elle se croit tout permis, reprocha Xavier.Elle secoua la tête.\u2014 Oh ! non, ne croyez pas cela.Vous êtes tous si habitués à la traiter en bébé, peut-être ne vous rendez-vous pas compte.Au fond, c\u2019est la petite personne la plus avisée qui soit.\u2014 Ah ! fit simplement le jeune homme.Il la regarda un instant sans mot dire et soudain une expression qu\u2019elle n\u2019y avait jamais vue apparut dans ses yeux.Gênée, elle détourna les siens.\u2014 Voulez-vous que nous revenions vers les chevaux ?proposait Roland de Chançay.On ne va pas tarder à sonner la rentrée et je ne vous cacherai pas que ma mère n\u2019aime pas les retardataires.Après le dîner seulement ils purent échanger librement quelques paroles.\u2014 Contente de la journée, Sacha ?demanda-t-il avec plus de gravité qu\u2019il n\u2019était strictement nécessaire.\u2014 Oh ! ravie, fit-elle dans un élan qui lui réchauffa le coeur.Et toi ?\u2014 Moi plus encore.J\u2019ai assisté à une chasse magnifique, j\u2019ai retrouvé ma nièce et je sens que je suis devenu un grand homme pour tous ses amis.Tu sais qu\u2019ils tiennent à honneur de nous avoir à déjeuner à Vergeac, Rummel et moi ?Elle inclina le front et ne répondit pas tout de suite.Elle le regardait sans rire ni rien dire, comme si une étrange inquiétude, une appréhension mêlée d\u2019espoir, et qu\u2019elle ne pouvait formuler, empêchait les mots de venir sur ses lèvres.Il fut ému.\u2014 Qu\u2019y a-t-il, mon petit ?Elle hocha lentement la tête.\u2014 Rien, murmura-t-elle.Je pensais à nous.\u2014 Que veux-tu dire ?\u2014 Rien, rien, répéta-t-elle vivement.Elle regarda tout autour du grand hall, hésita une seconde et acheva plus bas : \u2014 Peut-être des choses que je ne m\u2019explique pas bien moi-même.\u2014 Sacha ! dit-il fermement.Cette fois leurs yeux se pénétrèrent.\u2014 Tu sais que je suis ton meilleur ami ?\u2014 Je sais, répondit-elle avec simplicité.Une fois encore le monde extérieur disparut pour Michel Vernon.De toute la réunion brillante et joyeuse, il ne vit plus que cette enfant aux yeux trop profonds.Et quand il parla, il lui fallut un effort réel pour que sa voix conservât le timbre qui lui était habituel.\u2014 Si je peux faire quelque ch9se pour toi, ce sera toujours avec joie.\u2014 Je sais, répéta-t-elle.\u2014 Je désire que tu sois heureuse.Cette fois elle ne répondit que d\u2019un sourire, un sourire grave et lent, délicieux, mais qui s\u2019effaça presque aussitôt.Une longue minute ils restèrent silencieux.\u2014\t« Ils » disent qu\u2019ü faut partir, déclara-t-elle sans préambule.Quel dommage ! On s\u2019amusait tellement.Quand je serai grande je resterai toujours la dernière ! \u2014 Ce sont d\u2019excellentes dispositions, Oui, Madame, Les lavages répétés ne parviennent pas à user les Chaussettes \u2018Viyella' EN EFFET, RIEN N\u2019ÉGALE Viyella Le Viyella\u2019 est de fabrication 100% britannique\u2014 ia laine est filée et les bas tricotés en Grande-Bretagne par William Hollins & Company Ltd., fabricants de \u2022Viyella\u2019 depuis 1784 SE LAVE COMME DE LA LAINE .S'IL RETRECIT, NOUS LE REMPLAÇONS.Longueurs 4 6 9 pouces demi-pointures Traitées comme de la laine, les Chaussettes 'Viyella\u2019 se lavent le plus facilement du monde.Si elles rétrécissent, nous les remplaçons.Les Chaussettes 'Viyella\u2019 étant irré trécissables, elles durent plus longtemps sans se percer et requièrent le minimum de raccommodage.Les mamans savent d\u2019ailleurs d\u2019expérience que les Chaussettes 'Viyella\u2019 sont de beaucoup les meilleures.En Blanc, Pastels et couleurs foncées.Bientôt sur le marché, les bas trois-quarts à genoux élastiques 'Viyella' (pour fillettes) «SS Dans les Merceries ou Magasins à rayons ou en écrivant à WILLIAM HOLLINS & COMPANY LTD.266 KING ST.W.f TORONTO, ONT, S-31 IptR _ v Veilcraft MODERN No 3878-Commode à quatre tiroirs CONÇU PAR DEILCRAFT, DIVISION DE &ecfieAettte DE KITCHENER, ONTARIO Cette commode, gagnante du \"Design Award\" est un des 24 modèles de la plus belle et plus complète série de meubles modernes de qualité au Canada.Fabricants d\u2019appareils de télévision, de radio et de nombreux autres articles de qualité pour la maison ou le bureau. 44 La Revue Populaire LIMITED CASE HENRY MARKS LTD Hôtel Mont-Royal 1115 ouest, Ste-Catherine % %-,* Z POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975 - 985, rue de Bullion,\tMontrée!1 18 , Une suggestion pour vos cadeaux de Noël EXQUISE DENTELLE AU CROCHET POUR ORNER NAPPERONS ET SERVIETTES Fournitures requises (pour un napperon et une serviette) : 2 pelotes de Coton à crocheter Coats Chain Mercer-Crochet grosseur 30, bleu pâle ou autre couleur au choix, 1 crochet en acier no 10 de Milward, % verge d\u2019organdi blanc.Découper un rectangle d\u2019organdi 10 x 14 pouces et roulotter tous les bords pour l\u2019ourlet.Dentelle-bordure.\u2014 Premier motif.\u2014 Commencer au centre, exécuter 10 m.en l\u2019air et les réunir par 1 p.m.s.pour former un rond.1er rang : 8 m.en l\u2019air, (m.d.dans le rond, 5 m.en l\u2019air) 7 fois ; joindre à la 3e des 8 m.en l\u2019air.2e rg : 5 m.s.dans chacun des jours du tour ; joindre.3e rg : M.s.au même endroit que la p.m.s., * 8 m.en l\u2019air, sauter 4 m.s., 1 m.s.dans la m.s suivante.Reprendre de *.4e rg : 9 m.s.dans chaque boucle ; joindre et couper le fil.Deuxième motif.\u2014 Les trois premiers tours s\u2019exécutent comme ceux du premier motif.4e rg : 5 m.s.dans la boucle suivante, p.m.s.à la m.s.du centre de n\u2019importe quelle boucle au premier motif, 4 m.s.dans la même boucle au deuxième motif, 5 m.s.dans la boucle suivante, p.m.s.à la m.s.correspondante de la boucle suivante au premier motif, 4 m.s.dans la même boucle au deuxième motif, puis terminer le tour comme pour le premier motif (il n\u2019y a plus de raccords).Exécuter le nombre de motifs requis pour faire le tour du rectangle et les réunir les uns aux autres par le même travail que celui du raccord du premier au deuxième motif, avec 2 boucles libres de chaque côté du raccord à chaque motif.Pour former le coin, exécuter un motif de plus et raccorder 2 bouclettes de ce motif aux bouclettes correspondantes des motifs adjacents, laissant 4 boucles libres à l\u2019extérieur.Talon de la dentelle.\u2014 1er rg : Fixer le fil à la m.s.du centre de la première boucle libre à l\u2019intérieur d\u2019un motif de côté, m.s.au même endroit, * 7 m.en l\u2019air, m.s.dans la m.s.du centre de la boucle suivante, 7 m.en l\u2019air, br.dans le raccord suivant, 7 m.en l\u2019air, m.s.dans la m.s.du centre de la boucle suivante.Reprendre de *, finir par 1 m.s.dans la m.s.du centre de la dernière boucle libre précédant le motif du coin.Au coin, exécuter 7 m.en l\u2019air puis, en retenant sur le crochet la dernière boucle de chaque br., exécuter 1 br.dans les 2 raccords suivants, 1 jeté et passer par toutes les boucles sur le crochet, 7 m.en l\u2019air, m.s.dans la m.s.du centre de la boucle libre suivante, puis terminer le tour comme auparavant.2e rg : 7 m.s.dans chacun des jours du rg, joindre et couper le fil.Coudre la dentelle tout autour du rectangle.Serviette.\u2014 Découper un morceau d\u2019organdi de 12 pouces carrés et faire un petit ourlet tout le tour.Exécuter un motif identique à celui du napperon.Fixer le fil à la m.s.du centre de n\u2019importe quelle boucle et exécuter une chaîne assez longue pour faire le tour du carré de tissu.Joindre par 1 p.m.s.à la m.s.du centre de la boucle de l\u2019autre côté du motif, laissant 2 boucles libres à l\u2019intérieur.Tourner.1er rg : Ms au même endroit que la p.m.s., * 8 m.en l\u2019air, sauter 4 m.en l\u2019air, m.s.dans la m.en l\u2019air suivante.Reprendre de * tout le tour ; joindre et tourner.2e rg : 9 m.s.dans chacune des boucles du tour ; joindre et couper le fil.Appliquer et épingler le motif sur un coin de la serviette, puis couper le tissu sous le motif en laissant % de pouce de tissu pour faire l\u2019ourlet.Coudre le motif en place et plier le tissu pour faire un petit ourlet.Coudre la bordure tout autour de la serviette.Abréviations M.en l\u2019air, maille en l\u2019air.P.m.s., petite maille serrée.M.s., maille simple (simple crochet).M.d., maille double (double crochet).Rg, rang.Br., bride.L\u2019astérisque(*) indique la répétition de la même série de points en plus de l\u2019original.Les points entre parenthèses seront répétés autant de fois qu\u2019il est indiqué.Ex.: « (m.d.dans le rond, 5 m.en l\u2019air) 7 fois », signifie qu\u2019on doit exécuter 7 fois la série de points entre parenthèses. Montréal, décembre 1953 59 L OBSTACLE [ Suite de la page 49 ] aux autres et même un peu à soi.Aih ! qu\u2019elle continuât longtemps, cette danse qui, pour la dernière fois de sa vie peut-être, mettait Sacha entre ses bras.Avec une sorte d\u2019amère ivresse, il respirait le parfum léger qui s\u2019exhalait de ses cheveux ; il emplissait ses regards du doux visage, et le rythme qui les unissait prolongeait son écho jusqu\u2019au plus profond de son coeur.Mais quand, muets et graves, ils passèrent devant Gigi, il ne fallut qu\u2019un coup d\u2019oeil à la perspicace fillette.\u2014 Miséricorde ! dit-elle à Alain qui ne l\u2019avait pas quittée.Miséricorde ! elle l\u2019a refusé ! Et le disque qu\u2019elle tenait roula à terre où il se brisa.XV 111TON\u2019 ^ Mme d\u2019Ambrun en se- |W couant sa chevelure poudrée, je Ijj ne suis pas contente de mes amis en ce moment.Elle tourna prestement le bas de taille imposante qu\u2019elle tricotait ; ses longues aiguilles cliquetèrent.Puis elle leva ses yeux clairs sur Michel Vernon et l\u2019examina pensivement.\u2014 Ce doit être joli quand Simon et toi êtes en face l\u2019un de l\u2019autre.Lui, avec cette crise de neurasthénie dont il avait vraiment bien besoin, et toi qui est visiblement incapable en ce moment de lui remonter le moral.\u2014 Vous exagérez manifestement.Pourquoi les femmes, même les meilleures, sont-elles portées à tout dramatiser ?Voyons, madame, vous savez bien ce qu\u2019est un début de grippe.\u2014 Oui ; et je me demande ce qu\u2019ont pensé Jacques et Florence de te laissé sortir avec cette mine de déterré.Infusions et sinapismes, c\u2019est écrit sur ta figure.Peut-être autre chose aussi.Mais ça, c\u2019est ton affaire.Elle affecta de ne pas voir le léger sursaut que ne put réprimer le jeune homme et parut s\u2019absorber dans les difficultés présentées par le vaste talon auquel elle travaillait.\u2014 A défaut de sinapismes, vous m\u2019avez abreuvé de grogs brûlants, répliqua-t-il d\u2019un ton volontairement léger.Je suppose que cela suffira à me rétablir.Mme d\u2019Ambrun releva la tête.\u2014 Ainsi soit-il ! Je le souhaite de tout mon coeur.\u2014 Vous êtes la meilleure des amies, répliqua-t-il.Il y eut un silence.Mme d\u2019Ambrun retourna encore une fois sa chaussette.\u2014 Dire qu\u2019il fut un temps où j\u2019étais aussi coiffée de ce mauvais sujet de Mathieu ! soupira-t-elle.\u2014\tMathieu de Lansac ?Oh ! celui-là ! \u2014\tCelui-là aussi avait un charme extrême.Tu lui en veux, c\u2019est compréhensible : il a gâché tant de choses ! Mais Sacha lui ressemble bien plus que tu ne voudras l\u2019admettre.Il se sentit blessé et répliqua furieusement : \u2014\tJe suis sûr que Sacha.\u2014\tSacha a été élevée par Jacques, ce qui en fait une exquise jeune fille.Si son père avait eu un éducateur de ce genre, tout aurait sans doute tourné autrement.\u2014\tVous avez des trésors d\u2019indulgence, madame.Tout ce que je sais de Mathieu me le représente comme un enfant gâté, fou d\u2019orgueil et malfaisant.Elle secoua la tête.\u2014\tC\u2019est toi qui exagères, je t\u2019en donne ma parole, mon ami.Enfant gâté, oui.mais pour le reste.pauvre garçon ! Lui et les siens mis à part, \u2014 et après tout, il n\u2019a nui à personne d\u2019autre \u2014 il n\u2019aurait pas fait de mal à une mouche.Elle parlait d\u2019un ton sérieux et triste qui contrastait avec son habituelle grâce souriante et volontiers malicieuse.Son visage en parut tout à coup vieilli et rapetissé.Cela arrêta sur les lèvres de Michel la phrase vengeresse prête à en jaillir.Pourquoi ne pas laisser ses illusions à cette charmante femme au déclin de sa vie ?Elle ne savait évidemment rien de l\u2019horrible drame déchaîné par celui qu\u2019elle s\u2019obstinait à défendre.\u2014 Michel ! fit-elle vivement, qu\u2019est-ce que tu as ?Tu vas faire une maladie, c\u2019est certain.Il haussa les épaules.\u2014 La grippe, répliqua-t-il, se rappelant le mensonge prétexté en entrant.Si on devait s\u2019arrêter à cela ! -\u2014Tu n\u2019as pas la fièvre ?\u2014 Mais non, mais non, madame.Ne vous inquiétez pas, demain il n\u2019y paraîtra plus.Déjà elle pressait le bouton d'une sonnette.-\u2014Marguerite, dit-elle à la femme de chambre accourue à l\u2019appel, de l\u2019aspirine et un autre grog pour M.Michel.Brûlant, et très fort.\u2014 Jamais de la vie, protesta-t-il.Je ne veux pas devenir alcoolique.\u2014 Et moi, je ne veux pas que tu rentres chez toi avec une congestion pulmonaire.Tu m\u2019obéiras.Il eut beau se débattre, Mme d\u2019Ambrun tint bon de son côté.Finalement ils s\u2019accordèrent sur un moyen terme.Michel boirait le grog, mais serait dispensé d\u2019aspirine.\u2014 Vois-tu, déclara-t-elle tout à coup, j\u2019ai besoin d\u2019indulgence aujourd\u2019hui, mon cher.Je sens que je radote.J\u2019ai eu tout à l\u2019heure une visite qui m'a reportée vers le passé, et malgré moi j\u2019y reviens sans cesse.\u2014 Le passé 1 répéta-t-il songeuse-ment.N\u2019est-ce pas pour chacun le grand port d\u2019attache ?\u2014 A mon âge surtout, rectifia-t-elle.Ce n\u2019est plus que là qu\u2019on peut retrouver les siens.Toi c\u2019est différent.Ne sois pas mélancolique avant l\u2019heure.Que te resterait-il plus tard ?Elle jeta un rapide regard sur son ouvrage, entama une aiguille et poursuivit, les yeux déjà perdus au loin.\u2014 D\u2019autant que mon visiteur revenait du Chili après vingt ans d\u2019absence.Nous nous sommes livrés à toutes les évocations.\u2014 Du Chili ?fit Michel distraitement.\u2014 Il y repart, du reste.Ne m\u2019as-tu donc jamais entendue parler de lui ?C\u2019est Robert Roquelaure, un vague petit-neveu de mon mari.\u2014 Roquelaure ?Mais si ! Par vous, par Jacques, par Simon aussi.\u2014 Par Simon surtout, je pense.Ils étaient très liés autrefois.Robert a l\u2019âge de Marcel et également de ce pauvre Mathieu.\u2014\tAh ! fit simplement Michel.Il se souvenait maintenant.C\u2019était bien Liancourt qui avait prononcé ce nom devant lui : Roquelaure.Comment n\u2019y avait-il pas songé tout de suite ?Un des témoins de Mathieu de Lansac.Il se redressa dans son fauteuil, le coeur battant plus fort.\u2014\tJe ne doute pas qu\u2019il n\u2019aille voir Simon, continuait Mme d\u2019Ambrun.Il m\u2019a paru étonnamment sentimental pour un homme des pampas.C\u2019est curieux comme son passé lui est resté vivant.Il est vrai que l\u2019expatriation l\u2019y a peut-être aidé.\u2014\tC\u2019est certain.Machinalement Michel approuvait.Mais son esprit ne pouvait se détacher de l\u2019affreuse scène que, depuis les révélations de son ami, il avait tant de fois imaginée.Une clairière et, face à face, deux hommes armés.A quelque distance, angoissés, mais prisonniers d\u2019un code d\u2019honneur stupide, d\u2019autres hommes les regardant.Et Roquelaure était parmi eux ! Perdue dans ses souvenirs, Mme d\u2019Ambrun ne remarquait pas sa contrainte.\u2014 Toutes les évocations, répéta-t-elle très doucement.Que de choses, en vingt ans ! Nous avons parlé de vous, Jacques et toi.c\u2019est-à-dire du pauvre président.\u2014 Ah ! fit le jeune homme, raide d\u2019émotion.Elle avait laissé tomber son tricot sur ses genoux, ses mains demeuraient j inactives et son regard perdu.\u2014 Il m\u2019a dit de ton père des choses | touchantes.Cela m\u2019a fait songer qu\u2019il avait dû en recevoir un service ou un appui.Il était si noble et si plein de bonté, Henri Yernon ! Qui n\u2019a-t-il pas obligé, je me le demande.Mais Robert lui en a gardé une reconnaissance bien rare par le temps qui court.Michel ne prononça pas une syllabe.Il savait que sa vieille amie était dans l\u2019erreur.Il n\u2019était certes pas impos- { sible que le président eût rendu ser- j vice à l\u2019émigrant, mais il était bien probable que le souvenir du duel tragique ait profondément marqué dans son souvenir.Mme d\u2019Ambrun reprit la chaussette, fit glisser la laine autour de sa main blanche et parut considérer attentivement les aiguilles.Puis un sourire passa sur ses lèvres.\u2014 Par exemple, il a été stupéfait d\u2019apprendre que Jacques avait épousé Florence.Il m\u2019a demandé si j\u2019en étais sûre.Sûre de cela, entends-tu, Michel ?J\u2019aurais pu aussi bien douter de ma propre existence.C\u2019est ce que je lui ai dit, et il a paru aussitôt fort confus.Elle ne regardait pas le jeune homme assis en face d\u2019elle.Heureusement ! pensa-t-il avec ferveur.Sinon, aurait-il pu lui cacher le trouble croissant où le jetaient des propos si légers d\u2019apparence ?\u2014\tMarcel et Mathieu étaient ses compagnons de jeunesse.Ils ne se séparaient guère.Un beau trio, sur ma foi ! Des garçons superbes, et des garçons charmants quoique un peu écervelés.Cependant, celui-ci est devenu tout à fait sérieux.Ah ! si les autres avaient évolué pareillement ! Robert m\u2019a raconté qu\u2019il était à la tête d\u2019une situation magnifique, là-bas.Des troupeaux et des troupeaux à n\u2019en plus finir.Ça ne m\u2019étonne pas.Il donne une impression de force, de puissance.Il te plaira, Michel.Je serais contente que tu le voies.Veux-tu venir déjeuner un de ces jours avec lui ?Jacques et Florence aussi, naturellement.D\u2019un mouvement vif, il fit pivoter légèrement la bergère où il était assis.Ah ! qu\u2019au moins son visage bénéficiât d\u2019un peu d\u2019ombre quand sa vieille amie le regardait ! \u2014\tAvec le plus grand plaisir, articu-la-t-il avec effort.Vous n\u2019aurez qu\u2019à me faire signe.Il savait cependant qu\u2019il refuserait cette invitation.Elle serait au-dessus de ses forces.Et sans doute Roquelaure s\u2019y déroberait également.De nouveau Mme d\u2019Ambrun ajusta ses aiguilles, et lentement se remit à travailler.\u2014\tVraiment, la façon dont ce garçon parlait de ton père.Cela m\u2019a touché au coeur.Tu seras comme moi, mon cher.Pour Jacques, il y a de quoi le bouleverser.\u2014\tJe le crois, fit Michel profondément.Enfin il avait pu émettre une parole sincère ! Pour un instant cela lui dilata l\u2019âme.Nouvelle FERMETURE AVANT 4\u2019n 1 SHAPE 0-LETTE vous MOULE en un ECLAIR ! !\tq*.% \\ / \\ai « aplatit I abdomen \u2022 amincit la taille remonte le buste rien de tel pour affiner la silhouette soutien-gorge 2.\tdécolleté remo.itant profond 3.\tserre-taille 4.\tceinture à jarretelles Blanc, rose, bleu, noir Gousset A, 32-36, Gousset B, 34-40, Gousset C, 36-42.seule- WM ment $\t_ d ;.95 en luxueux satin de rayonne S'enfile sans le moindre effort, sans la moindre contraction, sans faire de bourrelets .Le dos mobile, tout Lastex, soutient solidement et confortablement.Le vêtement-fondation le plus audacieux et le plus embellissant de la saison .Une valeur exceptionnelle ! 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Voici une question à laquelle vous n\u2019êtes pas forcément obligé de répondre, car il se peut que vous ayez un faible égal pour les deux.Quoi qu\u2019il en soit, vous pouvez être sûr de trouver dans LE FILM une abondante matière de renseignements touchant vos deux distractions.Notre roman de novembre : LA DEMOISELLE DE CASTEL-FLEURI par AGNES d\u2019ORENS COUPON D'ABONNEMENT LE FILM Canada et Etats-Unis 1 an .$1.00\t2 ans .$1.50 ?IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Ville.Prov.ou Etat.POIRIER.BESSETTE & CIE, LTEE 975-985, rue de Bullion Montréal 18, P.Ç.\u2014 Je me demande même si, connais-sant la sensibilité d\u2019écorché de ton frère, je ne serai pas obligée de prévenir Robert.Il était, hélas ! de l\u2019affreuse partie de chasse où ton père fut victime de ce fatal accident.Le jeune homme sentit la sueur lui perler aux tempes.Mais, grâce au ciel, il n\u2019était pas obligé de répondre.La voix de la vieille dame lui paraissait venir de très loin.Plus tard, il se rendit compte qu\u2019en évoquant ces sombres souvenirs, elle parlait plus bas, comme dans une église.Sur le moment, cette constatation l\u2019effraya ; il craignit de ne plus pouvoir se dominer.D\u2019un violent effort pour reprendre son calme, il se leva et arpenta le salon, le front baissé.La voix le suivit, lointaine et meurtrie.\u2014 Un homme de coeur, vraiment, Michel.Quand il a évoqué le drame, l\u2019émotion a failli lui couper la parole.Pourtant il y a dix-huit ans de cela ! \u2014 Que vous a-t-il dit ?\u2014 Hélas ! mon ami, que veux-tu qu\u2019il m\u2019ait dit ?Sa stupeur, son effroi, son chagrin.Il était avec ceux qui ont relevé ton père.Naturellement, puisque.Le volet noir se souleva pour laisser passer une brève lueur.A côté du chardon il y avait une boucle blonde, d\u2019un blond clair charmant.Ses cheveux avaient-ils réellement eu cette nuance ?\u2014 Avec ceux qui l\u2019ont relevé, répéta-t-il lentement.Moi, je l\u2019ai vu seulement quand on l\u2019a ramené.Si calme que je ne pouvais comprendre.Mais je ne me souvenais pas de Roquelaure.Il n\u2019est pas venu à la maison.Pourquoi, pourquoi disait-il cela ?Ses lèvres remuaient toutes seules et articulaient des insanités.Quelle importance cela pouvait-il bien avoir ?La grande chaussette demeurait immobile entre les mains de Mme d\u2019Am-brun.\u2014 C\u2019est exact, il n\u2019est pas venu chez toi, ou du moins il n\u2019y est pas demeuré.Il m\u2019a avoué qu\u2019il avait été presque heureux, pour échapper à une rencontre avec toi ou Jacques, de l\u2019obligation où il s\u2019était trouvé d\u2019accompagner Mathieu de Lansac chez un médecin.\u2014 Oh ! fit Michel furieusement.Il s\u2019était retourné avec une telle brusquerie que c\u2019était comme si réellement quelqu\u2019un l\u2019avait pris par les épaules et poussé en avant.Le petit Ecossais bleu était bien oublié.Il frémissait d\u2019une indignation à grand\u2019peine contenue.\u2014 Mathieu ! répéta-t-il.Oh ! celui-là.La vieille dame lui jeta un regard de grave reproche.\u2014 Celui-là, encore.Réellement, mon ami, ta rancune t\u2019égare.Ce n\u2019est pas digne de toi, crois-m\u2019en.Robert m\u2019a redit, ce que je savais déjà, que Mathieu fut le premier à relever ton père.Il avait eu une fracture de l\u2019épaule, et dans son émotion l\u2019oublia.Si bien que les os mal soudés se déplacèrent et qu\u2019une nouvelle intervention chirurgicale.Elle n\u2019alla pas plus loin :\tMichel était devant elle, le visage bouleversé.\u2014 Une fracture de l\u2019épaule?Vous avez dit cela, madame ?Je n\u2019ai pas rêvé ?articula-t-il d\u2019une voix sans timbre.\u2014 Michel ! mais qu\u2019as-tu ?Il se passa la main sur le front.\u2014 Rien, madame, rien.Mais vous avez dit.\u2014 J\u2019ai dit une fracture de l\u2019épaule, oui.Qu\u2019est-ce que cela signifie ?Tu m\u2019effraies, mon petit.Elle le regardait anxieusement et, la première stupeur passée, voulut aller vers lui.Doucement les grandes mains fermes de Michel Vernon la contraignirent à demeurer assise.\u2014\tUne fracture de l\u2019épaule, répéta-t-il.Et vous avez dit aussi que vous le saviez.\u2014\tMais oui.Son cheval l\u2019avait jeté contre un mur, ici même, peu de jours auparavant.Il avait voulu sauter le petit portail au lieu de faire le tour.Le docteur d\u2019Argère était là heureusement et put le soigner sur l\u2019heure.Mais qu\u2019est-ce que cela signifie ?Elle avait nettement senti tressaillir le jeune homme et il fixait sur elle des yeux de fou.\u2014 Vous.vous ne faites pas erreur?\u2014 Erreur ?Michel, j\u2019en suis aussi certaine que de te voir.Brusquement il la lâcha, marcha d\u2019un pas mécanique jusqu\u2019au petit Ecossais à qui il jeta un regard vide, puis, frappé d\u2019une idée subite, revint aussitôt.\u2014 Madame, est-ce que vous pouvez vous souvenir ?Quelle épaule ?\u2014 Quelle épaule?Je ne sais pas, voyons.Qu\u2019as-tu ?Que veux-tu dire ?\u2014 Au nom du ciel, essayez de vous rappeler.Cela peut être d\u2019une telle importance.Mme d\u2019Ambrun sentait une angoisse indéfinissable l\u2019envahir peu à peu.Le tricot était tombé de ses genoux.Michel s\u2019aperçut-il de son émoi ?Son expression changea et il fit un effort.\u2014 Vous m\u2019avez dit \u2014 penché sur elle il parlait rapidement, d\u2019une voix un peu haletante \u2014 que Mathieu avait eu une fracture de l\u2019épaule peu avant cette partie de chasse.Cette épaule était encore fragile.immobilisée peut-être ?\u2014 Certainement.un appareil.\u2014 Si vous pouviez seulement savoir laquelle ?la droite ou la gauche ?-\u2014Attends, murmura-t-elle, dominée par l\u2019appel magnétique qui se dégageait de son interlocuteur.La gauche, il me semble.Non ! Non ! c\u2019était la droite.\u2014 Oh ! Dieu ! fit-il entre ses dents.Vous êtes sûre ?La droite ?\u2014 Tout à fait sûre.Je ne puis pas me tromper.Pendant quelque temps Mathieu ne put pas écrire.Cela retarda même certaines transactions, et il se plaignit amèrement de la sottise des hommes de loi qui préféraient attendre sa signature.L\u2019air hagard, Michel demeurait immobile.Etait-ce possible ?Ne rêvait-il point ?Les révélations de Mme d\u2019Ambrun le jetaient dans une sorte de transe.Un monide d\u2019images et de pensées se levait en lui, l\u2019entraînant dans un tourbillon de folie.Une phrase.Il avait suffi d\u2019une phrase, et tout était changé.Les conséquences s\u2019en révélaient incalculables.Son coeur battait à grands coups sourds et précipités.Il fallait s\u2019assurer que Mme d\u2019Ambrun ne se trompait pas.Car elle avait dit.Oh ! Dieu, cette chose invraisemblable.Elle avait dit que Mathieu de Lansac s\u2019était fracturé l\u2019épaule droite qu\u2019un appareil chirurgical immobilisait.Mais si cela était vrai, tout le reste était faux.Tout le reste, c\u2019est-à-dire la seule réalité pour lui, Michel.Cette affreuse réalité qui pesait sur sa vie, qui l'empêchait de s\u2019épanouir, qui le séparait de Sacha, du bonheur, de tout ce qui valait désormais la peine de vivre.Ah ! oui, il fallait rester calme et détourner les yeux du miracle entrevu.Mathieu blessé, Mathieu n\u2019ayant physiquement pas pu tirer sur le président Vernon, voilà ce que signifiait cette fracture de l\u2019épaule droite.Le jeune homme ne se demandait pas par quel concours de circonstances inconnues une monstrueuse erreur aurait été possible ; il ne voyait que le fait matériel et, si Mme d\u2019Ambrun ne se trompait pas, indéniable ! Mathieu n\u2019avait pas tiré, Mathieu n\u2019avait pas tué, entre la fille de Mathieu et le fils du président il n\u2019y avait plus d\u2019obstacle.La route était libre.Michel pourrait essayer de se faire aimer de cette enfant qu\u2019il adorait.Il fallait rester calme.Mais comment s\u2019empêcher de trembler tout entier à la seule pensée d\u2019un tel bonheur ?Mime d\u2019Ambrun s\u2019était levée.\u2014Mon petit, murmura-t-elle très bas.R sursauta et la vit devant lui, anxieuse et pâlie.Avec la spontanéité qui était son plus grand charme, il se pencha sur les mains de sa vieille amie et les baisa.Avant qu\u2019il relevât le front elle lui effleura les cheveux d\u2019une caresse légère qui l\u2019émut étrangement.\u2014 Je ne sais pas ce qu\u2019il y a, Michel, dit-elle avec une grave douceur.Je te vois bouleversé pour un motif qui m\u2019est incompréhensible.Mais sois tranquille, je ne te demanderai rien.\u2014 Madame, balbutia-t-il avec effort.Elle sourit, et il lui fallut pour cela une certaine vaillance, car l\u2019angoisse du jeune homme l\u2019avait presque gagnée.\u2014 Pauline d\u2019Ambrun muette ! Qui le croirait, n\u2019est-ce pas ?Surtout ne le répète à personne ! Maintenant va-t\u2019en, mon petit.Demeurée seule elle ramassa la chaussette tombée à terre, la considéra d\u2019un oeil inquisiteur, puis rageusement se remit à tricoter.XVI Michel Vernon sentait la fièvre précipiter le mouvement de ses artères pendant le temps de son retour à la maison.Florence.il fallait parler à Florence.Elle seule pourrait, si elle le voulait, donner une réponse aux questions qui se pressaient dans son cerveau.R aurait voulu lancer sa voiture à toute vitesse, pour avancer le moment où il posséderait la certitude.Mais la nuit d\u2019hiver l\u2019obligeait malgré lui à la prudence.Il pleuvait.Une pluie, faite, eût-on dit, du suintement de l\u2019horrible brouillard opaque qui pesait sur la terre.Ah ! que les secondes étaient lourdes, que chaque tour de roue était lent ! Peu à peu le jeune homme sentait l\u2019atmosphère froide se resserrer autour de lui.Ses phares trouaient à peine la nuit.Il voyait mal la route.Nerveusement il manoeuvrait l\u2019essuie-glace du pare-brise, pour recommencer l\u2019instant d\u2019après.Et cette angoisse, cette impatience, cet effréné besoin de savoir qui montaient en lui comme une marée.Florence, Florence.Enfin, il se trouva devant la maison qu\u2019il appelait sa maison.Ses doigts tremblaient d\u2019impatience en introduisant la clef dans la serrure.Mais quand il pénétra dans le hall éclairé et que l\u2019atmosphère quotidienne se fut refermée autour de lui, il eut brusquement conscience de sa folie.Il lui était évidemment impossible, à moins de risquer d\u2019atteindre Jacques et de déclencher un malheur irréparable, de recourir à sa belle-soeur sans certains travaux d\u2019approche élémentaires.Au dîner, sa pâleur et sa nervosité furent si visibles que Florence lui demanda s\u2019il n\u2019était pas souffrant, et que Jacques s\u2019inquiéta.Il répondit qu\u2019il avait la grippe, mais que pour l\u2019amour de Dieu on ne s\u2019en préoccupât point, car Mme d\u2019Ambrun l\u2019avait bourré d\u2019assez de mixtures pour guérir dix personnes, à moins que ce ne fût pour les empoisonner.Et nul n\u2019osa insister davantage.Comment, par quelle question amorcer l\u2019entretien ?Parlerait-il des fractures d\u2019épaules qui guérissaient mal ?de celles au contraire dont il était dif\u2014 *> -Sr?Jfe\tjg*\t\"^r\t\t.fèr\t JS6-R-4jjgQ -47490 "]
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