La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 février 1955, Février
[" MONTREAL, FEVRIER 1955 NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR : £a 'Dame de Meyserlmg par CORIOLA ; - m ¦ Un tissu de Dominion Woollens & Worsteds Ltd.UN TISSU MAGIQUE QUI NE SE FROISSE JAMAIS.Si votre tailleur est fait de \u2019Terylene', n\u2019ayez crainte de vous blottir à votre aise dans le fauteuil le plus confortable pour y terminer la lecture du roman qui vous passionne : lorsque vous vous relèverez, votre tailleur aura gardé son aspect absolument impeccable.Car un tissu de 'Terylene' ne se froisse pas: il retrouve toujours sa forme même s\u2019il a pris momentanément quelques faux plis.L\u2019utilisation de cette nouvelle et merveilleuse fibre textile dans la confection des tailleurs n\u2019est qu\u2019un de ses nombreux usages.Vous trouverez bientôt le \u2019Terylene' dans une grande variété de vêtements .soit seul, soit mélangé avec d\u2019autres fibres textiles.Quel ue soit le genre de vêtement à la confection uquel il aura servi, le \u2019Terylene' lui conférera les avantages que vous recherchez le plus .par exemple, le pantalon d\u2019homme en ' Terylene' conservera parfaitement son pli et la délicate blouse en \u2019Terylene\u2019 se lavera facilement, séchera rapidement et ne rétrécira pas.Celles qui désirent être les premières à porter du 'Terylene' apprendront avec plaisir u\u2019elles pourront se procurer le tailleur ci-essus dans un mois environ.Ne l\u2019oubliez pas ! Ayez l\u2019oeil sur le Terylen e la fibre chimique aux multiples usages, aux multiples avantages .des vêtements qui éclipseront tous les autres CANADIAN INDUSTRIES (1954) LIMITED *Fibre de polyester Marque déposée Montréal, février 1955 3 Nouveau maquillage étonnant ! Plus léger que le feutre, moins fragile que la paille, le satin est le tissu rêvé pour l'avant-printemps.Ce modèle de Claude Saint-Cyr est d'un beau rouge lustré et piqué sur la calotte et le bord.Le collier est de S.Freirich.Poudre fine \u2014 et sous-poudre BASIC SHEEN INVISIBLE VEIL ARDENA & PI *Rt>EMA ASP»1* - Cloche de feutre mandarine dont le bord se gondole autour du front.Des épingles dorées retiennent le tulle marine sur la calotte.Fourrure de Fredrica.Créée en France selon une formule secrète, cette poudre, voile translucide parfumé, est d\u2019une incroyable finesse .pare comme d\u2019un velours votre teint dont aucune plaque ne rompt l\u2019harmonie.ne s\u2019envole pas ni ne se répand ! De plus, la poudre Invisible Veil Ardena donne à l\u2019épiderme un ton clair et lumineux au charme subtil comme le parfum qu\u2019elle dégage.La poudre fine Invisible Veil se vend dans un poudrier à motifs de fleurs en trois dimensions.La poudre comprimée Invisible Veil se vend dans un remarquable nouveau compact select, très utile pour retoucher un maquillage durant le jour.Poudre Invisible Veil Ardena 6.00 la boîte 10 teintes dégradées Poudre Comprimée Invisible Veil Ardena dans le nouveau Compact Napoléon (godet remplaçable) 5 50 Compact ordinaire Invisible Veil 2.25 Basic Sheen .magnifique crème de base qui s\u2019étend facilement et donne au teint un brillant spécial.Huit teintes éclatantes.Basic Sheen avec hormones.7.75 Format d\u2019essai\t2.50 BASIC Sheen sans hormones .6.00 Format d\u2019essai\t2.25 LONDON NEW YORK TORONTO « 4 * ^31 48e ANNEE No 2 MONTREAL.FEVRIER 1955 SOMMAIRE \\ l ); Présentation de l\u2019Italie, par Gustave Lanctôt Le Mexique, par Jean Ponsot Ce dont on parle, par Lucette Robert .La mode : Robes du jour et du soir Sarah Bernhardt au Canada, par André de la Chevrotière Gregory Peck\t13 8-9 10- 11 H\\ 12 NOTRE ROMAN D'AMOUR: Lequel bat plus vite.une grosse caisse ou VOTRE COEUR?IORSQU\u2019ON JOUE UNE MARCHE au pas _/ régulier, la grosse caisse enregistre environ 70 battements par minute.Votre coeur, lui, bat encore plus vite, soit 72 fois par minute, ou plus de 4,000 fois par heure.En outre, à l\u2019encontre de la grosse caisse, votre coeur n\u2019a jamais la chance de se reposer, sauf pour une fraction de seconde entre les battements.Sans cesse, il bat afin de faire circuler dans l\u2019organisme quelque 240 gallons de sang par heure, une année après l\u2019autre.Multipliez le travail qu\u2019accomplit le coeur en une heure par le nombre de jours, de mois et d\u2019années durant lesquels il fonctionne au cours d\u2019une existence normale et vous vous ferez une idée de l\u2019extraordinaire solidité d\u2019un coeur sain et de son efficacité.Néanmoins, les maladies de cet organe occupent le premier rang parmi toutes les causes de décès.Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles le nombre des décès dus aux maladies du coeur s\u2019est accru.Par exemple, un nombre sans cesse croissant de personnes vivent jusqu\u2019à un âge plus avancé, alors que le coeur perd naturellement sa force.Si vous approchez l\u2019âge mûr, c'est le temps d\u2019aider votre coeur en prenant des précautions telles que celles-ci: 1.\tFaites-vous examiner soigneusement à des intervalles réguliers.Les examens sont importants non seulement comme moyens de dépister les troubles cardiaques de bonne heure, mais aussi comme moyen de dépister d\u2019autres maladies qui pourraient affecter le coeur.2.\tRalentissez, si vous avez 40 ans.Faites un véritable effort pour supprimer la hâte, l\u2019excès d\u2019activité et le surmenage.Si vous tenez à continuer à faire du sport, usez de modération.3.\tNe mangez pas trop.La mortalité due à des maladies du coeur est d\u2019une fois et demie plus fréquente chez les personnes obèses que chez les personnes de poids normal.4.\tPrenez tout le repos dont vous avez besoin.Beaucoup de sommeil et de détente favorise la santé physique comme la santé mentale.Lorsque vous vous reposez, votre coeur fait de même.Même si une maladie du coeur se déclare, cela ne veut pas dire que vous devez abandonner toute votre activité.Au fait, même un coeur lésé peut durer plus longtemps qu\u2019un coeur sain dont on abuse.\t\t\t COPYRIGHT 19S5-CANA0A.METROPOLITAN LITE INSURANCE COMPANY\tMetropolitan Lile Insurance Company Direction Generale au Canada:\t|f\t\tt i\th i Metropolitan Life\t(Dépt H.W.) Ottawa 4, Canada.\t/\t\tI Insurance Company\tVeuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre brochure\t\t1 1 (.COMPAGNIE À FORME MUTUELLE)\t25-Z, intitulée \u201cVotre coeur\u201d.\ti\t Siège Social: New-York\t\t\t i\t \tAdresse\t\t\t \t\t\t Direction Générale au Canada:\t\t\t Ottawa\t\ti i\t LA DAME DE MEYSERLING par Coriola .14-15 Mes recettes de cuisine, par Mme Rose Lacroix\t28-29-36 Panneau à toutes fins .37 Un sport d\u2019intérieur, le tennis sur table, par Oscar Major .40 Modes Simplicity .16-42 Nos mots croisés .52 La femme devant la Loi, par Robert Millet .53 i r K ( LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l\u2019A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18.P.?.Can.\u2014 Tél.: PL.9637+ GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Chef du tirage .Odilon Riendeau Pages féminines .Mme Jules Fournier Ce dont on parle .Mme Lucette Robert Correspondante à Hollywood .Mme Louise Gilbert*Sauvage Cuisine .Mme Rose Lacroix ABONNEMENT A \"LA REVUE POPULAIRE\" Canada\tEtats-Unis 1\tan .$1.50\t1 an .\t$2.00 2\tans .2.50\t2 ans .3.50 AU NUMERO: 20 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vf., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. Montréal, février 1955 5 Présentation de l'Italie par GUSTAVE LANCTOT, de la Société Royale et ancien Archiviste national du Canada.De New-York trépidant et titanesque, le Cristoforo Colombo, palais flottant de suprême confort, nous amène dans la Méditerranée aux eaux calmes d\u2019un bleu rutilant, et voici qu\u2019apparaît l\u2019Italie, pays de multiples beautés et musée inépuisable d\u2019art et d\u2019histoire.Avant de franchir le détroit de Messine, au seuil même, la Sicile, à l\u2019invitant climat tempéré, vous accueille dans sa verdure, soit à Palerme avec les éblouissantes mosaïques de Mon-reale, ou à Taormina avec la sévère beauté des temples grecs.Sur l\u2019autre rivage, s\u2019étageant éclatante, autour de son golfe bleu saphir, la grouillante Naples et ses musées nous attendent Et la porte s\u2019ouvre, ensuite, sur Pom-péi, extraordinaire évocation momifiée d\u2019une élégante ville de la Rome impériale.De là, Sorrente, langoureuse aux odorants jardins d\u2019orangers, invite à prendre la route merveilleuse qui, bordant d\u2019abruptes falaises au-dessus d\u2019une mer bleu sombre, mène à la blanche Amalfi ou à la verdoyante île de Capri.Voici Rome, âme multiple d\u2019Italie.Rome, avec Paris, la première ville touristique du monde.Sur ses sept collines, avec ses quatre cents églises, Rome, vue du Pincio, dans la lumière rosée du crépuscule, présente un spectacle incomparable, que dominent, en plein ciel, l\u2019audacieuse coupole de Saint-Pierre et la tour massive du Château Saint-Ange.Entrant au Forum, le pèlerin du passé s\u2019arrête, ému devant le tumulte silencieux des temples, des péristyles et des colonnes, où se dresse l\u2019orgueil millénaire des arcs de triomphe des Césars.Toute une civilisation de puissance dans l\u2019harmonie revit sous ses yeux, tandis qu\u2019au Palatin la petite maison de Livie révèle le luxe intime des grandes familles patriciennes.La Rome chrétienne débute à Saint-Pierre, dont la nef étonnante de hauteur vibre d\u2019une émouvante ambiance, lorsque cinquante mille fidèles y acclament le Pontife vêtu de blanc qui, de sa Sedia gestatoria, jette au vol la bénédiction papale ! Au Vatican, dans la Chapelle Sixtine éclate le foudroyant Jugement dernier de Michel-Ange, sous la théorie grandiose des Sibylles et des Prophètes, à deux pas des chambres, où se déploient les splendides peintures murales, chefs-d\u2019oeuvre de Raphaël.A travers la ville, que d\u2019églises dont le style ou la décoration réclame une visite, depuis l\u2019éclatante Sainte-Marie-Majeure jusqu\u2019à la charmante Maria Sabina ! On s\u2019extasie devant l\u2019harmonie structurale du Panthéon avec sa coupole à ciel ouvert et l\u2019on s\u2019attarde des heures et des jours dans les nombreux musées, surtout, ceux du Vatican et des Thermes, surpeuplés d\u2019oeuvres d\u2019art, où domine peut-être l\u2019admirable perfection de la Vénus de Cyrène ou de la Jeune fille d\u2019Antium.Traversant, dans les cars confortables des agences touristiques, la campagne collineuse et fleurie de la Toscane, quel agrément de visiter, sur son roc, la moyenâgeuse et mystique Assise, ainsi que l\u2019attrayante Sienne en, robe de brique rose, entre sa splendide cathédrale et ses gracieux palais du Campo.A Florence, indolente au charme nostalgique, il faut séjourner.Tant de choses à admirer : l\u2019admirable cathédrale de marbre blanc, rouge et vert, devant qui s\u2019érige le plus altier des campaniles; les merveilleuses sculptures du Baptistère par Ghiberti les incomparables fresques de Ghir- | landaïo à Santa-Maria-Novella et les délicieuses figures peintes par Fra An- | gelico à San-Marco ! Que dire des in- | nombrables chefs-d\u2019oeuvre qui remplissent les grands musées des Uffizi et du Palais Pitti ! Nulle ville comme Flo- ] rence n\u2019invite à la douceur de vivre, à la flânerie sans but, avec toujours quelque chose à voir, une promenade à faire, un restaurant à connaître, un objet à acheter ou un café expresso à déguster ! A Milan, on reste extasié devant la fantastique cathédrale, dentelle de J marbre, surmontée d\u2019une forêt de flè- j ches et de statues.Plus loin, la Der- \\ nière Cène de Léonard de Vinci pro-jette encore son admirable caractère ! de vie et de mélancolie.En soirée, la 1 Scala offre un opéra de vibrante mu- j sique et de triomphant bel canto.A Venise, on tombe dans l\u2019unique : S une ville dont les rues sont des canaux, ! où l\u2019on croise, en gondoles, de royales I Italiennes qui sont blondes.La splen- ! dide Place Saint-Marc s\u2019enorgueillit de j sa merveilleuse cathédrale byzantine, j que rivalise, à deux pas, le très élégant j Palais ogival des Doges, qui abrite d\u2019immenses peintures murales, vrai- j ment admirables, du Tintoret et de Vé-ronèse.De là le Pont des Soupirs mène à d\u2019effroyables cachots, d\u2019où nul condamné ne sortait vivant.La promenade en gondole le long des élégants et harmonieux palais du Grand Canal, dans la lumière poudrée d\u2019or du soir déclinant, déroule un spectacle féerique et ravissant.Après ce périple, que de villes en- 1 core à découvrir : Ravenne, la byzantine, Padoue, la doctrinale, Bologne, la pittoresque, et Pise, la somnolente.A qui veut jouir du climat et des pay sa- j ges, que le choix est difficile entre la plage élégante et dorée du Lido, les stations odorantes et balnéaires de Bo-dighera ou de San-Remo, et les lacs de j Côme et Majeur dans leurs cadres enchanteurs d\u2019eau et de montagnes ! J\u2019allais oublier les boutiques, qui, partout, vous induisent en perpétuelle tentation, vous offrant les soieries et ' bijoux de Rome, les cuirs, sacs et chaussures de Florence, à des prix défiant toute concurrence.Car ici la vie coûte moins cher que partout ailleurs : j pour la même somme, on passe trois jours à Londres, cinq à Paris et dix à Florence.En plus de son mémorable passé : | Rome ancienne et chrétienne, républiques et principautés de la Renaissance.\u2014 toutes débordantes d\u2019art et d\u2019histoire\u2014 l\u2019Italie présente aussi le spectacle d\u2019un pays de haute culture, et qui n\u2019a cessé de grandir, du Risorgimento à nos jours.Elle offre encore le contact avec un peuple aimable au verbe chan- ] tant, industrieux sous sa nonchalance, I unissant une imagination vibrante à un modernisme réalisateur, et se prêtant aux tâches d\u2019un humanisme nouveau, plus généreux et fraternel dans son intégration nationale.Aussi, de cette fascinante Italie, où, dans les conditions les plus modernes, on retrouve la Rome des Césars et la Rome des Papes, les villes architecturales de la Renaissance et les chefs-d\u2019oeuvre des siècles, on revient, l\u2019esprit comblé de visions et de souvenirs innombrables, avec le seul regret du départ et le profond désir du retour.Gustave Lanctôt.Voici pourquoi la Playtex est la gaine idéale pour vous! 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Seulement $3.95 Playtex Ltd___PLAYTEX PARK \u2022Brevets en Instance au Canada et à l'étranger.Copyright Canada 1954 , Arnprior, Ontario 6 La Revue Populaire Au temps de Dollard des Ormeaux, un baril de poudre muni d\u2019une mèche pouvait être un gage de sécurité, mais on sait quels dangers il offrait pour ceuxdà même qui le lançaient.Et la portée de tels engins de défense était forcément limitée.¦Mi « é 1\t»\tgjp ** I?* \\ * I\tm\t.è ii\\ i, i\t ¦ il :i IJ\t GAGE DE SÉCURITÉ Pour prévenir ou repousser l\u2019agression, l\u2019Armée canadienne dispose aujourd\u2019hui de l\u2019armement le plus efficace et le plus perfectionné, gage de sécurité pour nos foyers.A tout jeune homme énergique et intelligent, l\u2019Armée canadienne offre l\u2019occasion de se tailler une belle carrière au service de son pays.Elle vous donne une excellente formation militaire, vous apprend une spécialité technique, vous fournit gratuitement la nourriture, le vêtement, le logement, les soins médicaux et dentaires, ainsi qu\u2019une foule d\u2019autres avantages.Pour un emploi stable dans des conditions agréables, pour l\u2019occasion de travailler avec l\u2019équipement le plus moderne qui soit, pour une vie dynamique et fière au service de votre pays \u2014 enrôlez-vous dans votre armée.ENROLEZ-VOUS DES AUJOURD'HUI DANS VOTRE ARMÉE Dépôt des effectifs No 4, Baraques Jacques-Cartier, Montréal Sud.Tél.: ORléans 4-1531 Dépôt des effectifs No 3, 3 Côte de la Citadelle, Québec, Tél.: 4-5940 Dépôt des effectifs No 13, Wallis House, Angle Charlotte & Rideau, Ottawa, Tél.: 9-4507 Le canon antiaérien Bofors, qui peut tirer plus de cent obus à la minute, a été utilisé avec succès par les artilleurs canadiens en de nombreux engagements.A L - 6 M R A54-96MF Montréal, février 1955 7 - I « ; V .* ÿpii* KTi \"¦\u2022t /i Cet h/ver, non plus la Floride, mais .(m^i Jean (ponSat AR TERRE, LE FEU.C\u2019est une flamme jaune qui donne une lueur glauque, plutôt une flamme pour éclairer qu\u2019une flamme pour brûler.Des dix-huit mille pieds où nous sommes elle nous révèle confusément la présence de villes, d\u2019usines, comme la veilleuse d\u2019une chambre révèle le bahut où elle se reflète.Depuis New-York le monde des hommes s\u2019était peu à peu éteint ; par grands pans la nuit était tombée sur notre avion et seules quelques lumières éparses nous avaient fait signe de loin en loin alors que nous poursuivions gravement notre marche vers le Sud.Ce feu vivant dit que nous approchons ; il dit que ces heures vides que nous venons de passer n\u2019étaient pas inutiles.Cette âcre flamme des puits de pétrole qui fleurit maintenant de tous côtés, c\u2019est notre première vision du Mexique.Déjà la cabine s\u2019anime ; l\u2019hôtesse ramasse les revues ; le capitaine annonce « une demi-heure encore ».La cloison de sycomore se teinte alors qu\u2019on allume les plafonniers.Et chacun reprend forme et couleur après l\u2019engourdissement de sept heures de vol.Il en faut moins de huit pour rejoindre notre destination.Air France qui nous accueillit au départ de New-York est en effet la seule compagnie au monde qui ait droit d\u2019effectuer le trajet New-York/Mexique sans escale ; mystères des accords commerciaux ou succès de la diplomatie française ?Ses concurrents doivent tous consentir au moins un arrêt.Parti de Montréal ce matin notre petit groupe canadien a donc fait correspondance entre LaGuardia et Idlewild à midi pour repartir par le Super-Constellation quotidien.L\u2019appareil équipé en deux classes surprend dès l'entrée ; la cabine commune genre autobus de luxe a été abandonnée au profit d\u2019un compartimentage qui crée une sorte d\u2019intimité que l\u2019avion jusque-là ignorait ; deux salles de moyenne dimension décorées de couleurs claires occupent la partie avant et sont réservées aux touristes ; puis vient une pièce plus petite pour les premières classes à laquelle succède une sorte de boudoir suivi lui-même d\u2019une cuisine et De haut en bas, une vue d'ensemble de Guanajuato, entre Mexico, la capitale, et S.Luis Potosi : au premier plan, une gerbe de cactus cierges.\u2014 Une rue de Cuernavtfca, ville de plaisance à proximité de Mexico où vécut Fernand Cortes, conquérant du Mexique.\u2014 Sur la route de Mexico à Acapulco, Taxco, un bijou d'aimable baroque espagnol.\u2014 Ci-dessous, la \"Posada de la Mision\", le grand hôtel de Taxco.\tPhotos Jugo Brehme.tout à fait à l\u2019arrière une dernière section première classe encore.La décoration des habitacles de première s\u2019échelonne en des gammes plus foncées que celle des touristes.Un fauteuil en forme de véritable lit permet une intégrale détente.« Attachez vos ceintures » \u2014 une brève manoeuvre au-dessus du terrain ; nous roulons.L\u2019appareil s\u2019est maintenant rangé le long d\u2019une galerie couverte et nous descendons les marches de l\u2019escalier dans la fraîche tiédeur d\u2019une nuit tropicale sans nuage.Et la première impression, il faut bien le dire, est celle d\u2019avoir été frustré ; apparemment pourtant rien ne manque, ni le petit sac bleu cadeau de la compagnie, ni le sentiment heureux que laissent les repas d\u2019Air France.C\u2019est autre chose ; il semble que le pas soit incertain ; on marche encore dans les nuages avec des jambes molles et une sorte d\u2019irréelle facilité.Une petite inscription nous dit ce qui ne va pas : \u2014 Mexico ait.2,650 m.soit 7,349 pieds.On nous a en effet frustrés, frustrés de la descente.Nous sommes encore à l\u2019altitude de notre cabine telle qu\u2019elle était pressurisée.L\u2019impression durera quelques heures.L\u2019aérogare qui nous reçoit est un bâtiment moderne et immense qui exprime en de belles lignes le confort un peu impersonnel de l\u2019architecture Le Corbusier.Nous retrouverons cela à la Cité universitaire.Ici les employés de contrôle semblent encore un peu perdus dans les grandes salles où on s\u2019assemble ; ils travaillent avec bonne humeur et s\u2019appellent d\u2019un bout à l\u2019autre au-dessus des plantes vertes et des aménagements fonctionnels.Le système est rapide.Voici maintenant la ville.Après d\u2019immenses autoroutes perdues dans une campagne broussaillante où de rares véhicules se hâtent, on entre dans un faubourg qu\u2019il n\u2019est pas possible de ne pas reconnaître comme celui d\u2019un pays méditerranéen.Ce pourrait être Barcelone ou Marseille ou Naples.De longs murs, des maisons pour appartements de deux ou trois étages avec la porte qui donne sur l\u2019escalier et la cour intérieure.Puis de plus grandes portes de bois à deux battants fermées d\u2019une barre avec un gros cadenas.La couleur est incertaine : des gris fumée et des jaunes terreux déteints au soleil.Sur les trottoirs l\u2019éclairage de ville dispense de loin en loin une lumière rare, mais haut placée et puissante.Çà et là vont par petits groupes des hommes aux cheveux noirs, en bras de chemise et pantalon khaki et de vieilles femmes couvertes d\u2019un châle de deuil.Des boutiques basses entrouvertes laissent voir des salons de barbier à l\u2019éclairage clinquant ou des viandes qui grillent sur les braises dans de sombres réduits.\t[Lire la suite page 13] gin) i l lUIL tiMiiimi «SVb-seC; iv .\"L llllillllinliilii! httiiIiIiM iHEIÈIIfij viSMlnimninl llljîiiiïHlTTÏÏTïïn^ .\t' TPjfi 'H.ïi 7^1. 8 La Revue Populaire jtm- ¦.«V \\WAwV\\\\ l\\ii Mmm p»rv i»\\vw'v Ci-dessus, de 9.à d.: Le docteur ROGER R.DUFRESNE, assistant-secrétaire coordonnateur du programme d\u2019études de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.IPhoto LaRosel.\u2014 M.GUY DUFRESNE, écrivain radiophonique et pomiculteur de Frelighsburg.IPhoto Jac-Guyl.\u2014 Deuxième rangée, de g.à d.: Mlle AGNES LEFORT, peintre et directrice d'une Galerie d'Art à Montréal.(Photo Arthur GladuI.\u2014 Mlle GERMAINE BERNIER, auteur d'impressions de France et d'Italie et directrice de la page féminine au journal Le Devoir.(Photo Annette & Basil Za-rovl.\u2014 Ci-contre, M.ROGER DE VAUDREUIL, réalisateur à Radio-Canada.(Photo Jean Conjusteaul.Kien qu\u2019un vieux dicton dise que « Février c\u2019est le plus court, ce n\u2019est pas le plus courtois», chantons ce mois et la neige de notre pays \u2022 « \u2022 Neige opaline sous le soleil couchant ; neige des bois qui file sa quenouille sur les courts sapins ; neige de tempête que le vent roule en vagues dans les champs ; neige éclairée d\u2019un faisceau de lune ; neige qui givre la fenêtre de fougères blanches, et neige en cristaux qui fait crouler les branches, tombez douce et légère puisque revient \u2014 comme neiges d\u2019antan \u2014 le Carnaval du Québec .Celui-ci a débuté dans la Vieille Capitale par la première étape d\u2019un Derby de chiens organisé par la Chambre de commerce des Jeunes, par des courses sous harnais, et des joutes de hockey entre Québec, Chicoutimi, Valleyfield et Montréal.Le 5 février, il y aura une marche aux flambeaux dans les rues de la ville ; le 6, une exposition de peintures Scènes d\u2019hiver par des artistes de la région, et le Maître de Santiago joué par le T.N M.; le 10, une rétrospective de l\u2019Histoire des sports d\u2019hiver et des carnavals anciens, sous les auspices de la Société nationale Samuel de Champlain ; dans le courant du mois, des bals au Château Frontenac, au Lac Beauport, aux Casernes.Et ainsi de suite jusqu\u2019au Mardi Gras .A Montréal, les étudiants des universités de Montréal et McGill marquent le Carnaval par une parade aux torches et des sculptures de neige d'une inspiration originale \u2014 et souvent poétique (cet Esquimau de glace qu\u2019une coulée d\u2019encre violette transforme en quartz d\u2019amé- thyste), et par une partie de hockey entre les deux institutions \u2022 \u2022 \u2022 Le Carnaval des Laurentides, à Sainte-Agathe, nous ramène un quart de siècle en arrière avec son Palais de Glace érigé sur les rives du Lac-aux-Sables transformé en patinoire.Des randonnées en traîneaux à chiens-esquimaux sur les pentes du Mont Kingston, des compétitions de ski et de patinage de fantaisie, des courses en raquettes seront les principales attractions \u2022 \u2022 \u2022 Mais on ne fait pas que du sport dans les Laurentides, et le Centre d\u2019Art de Sainte-Adèle forme la future génération d\u2019artistes qui nous viendra des Pays-d\u2019en-Haut.Le président du Comité des Cours d\u2019hiver, M.Gérard Parizeau, vice-président de la Chambre de commerce de Montréal, nous dit que plus d\u2019une centaine d\u2019élèves se sont inscrits : dans la classe de peinture pour enfants de Mlle Marie Langlois, 47 ; dans la classe de sculpture de Robert Roussil, 23 ; dans la classe de céramique de Claude Vermette, 43 ; sans compter les leçons de tissage, sous la surveillance de Mariette Vermette qui habite Sainte-Adèle, où elle tient une boutique d\u2019art avec son mari .Après avoir parlé de neige et de frimas, allons nous réchauffer au soleil du Mexique (je laisse la parole à M.Jean Ponsot, directeur général d\u2019Air-France au Canada, qui raconte son voyage à la page 7), de la Floride (on y donne, chaque hiver, des représentations de la Passion du Christ avec quelques artistes d\u2019Obe-rammergau, dans un amphithéâtre et un village construits dans ce but), ou tout simplement à la lecture des Impressions de France et d\u2019Italie publiées chez Beauchemin par Germaine Bernier, directrice de la page féminine du journal Le Devoir et présidente de notre Cercle des femmes journalistes.Elle a su décrire avec poésie la munificence ou le charme de ce qui l\u2019a frappée.Les voyages sont la Fontaine de Jouvence de l\u2019âme, une vitamine pour l\u2019esprit et une source inépuisable de souvenirs.Lisez ce charmant livre d\u2019une chroniqueuse dont vous aimez la philosophie et le style .Aux éditions Caritas (Librairie universelle de Québec) vient de paraître Saisons de Bohème de Carmen Lavoie, avec une préface du Père Hyacinthe-Marie Robillard.Nous connaissions la prose personnelle et riche de cette collaboratrice assidue de la revue Amérique Française ; ses vers ne font que confirmer notre admiration pour son talent, mais leur inspiration est désuète et quelque peu livresque, si on la compare au réalisme de ses contes Prenons-en un exemple dans la mort de La vieille Indienne (dans le dernier numéro d\u2019Amérique Française) qui aurait pu inspirer un poème aussi beau que celui de Duncan Campbell Scott The Forsaken.Ce poète cachait son lyrisme sous l\u2019apparence froide Montréal, février 1955 9 o/i pcm et compassée d\u2019un pasteur, et si je le cite c\u2019est qu\u2019il fut donné comme modèle d\u2019une inspiration nationale en poésie canadienne, dans un article qui semble ignorer nos poètes de langue française \u2022 \u2022 \u2022 Ceux qui liront François 1er d\u2019Auguste Bailly comprendront pourquoi les voyages de découvertes de Jacques Cartier se résument à deux petites pages : il n\u2019avait pas trouvé cet or dont le monarque avait constamment besoin.Il aimait le faste et la gloire en égoïste ; indécis, il soutint la Réforme avant de la condamner ; téméraire, il se lançait à l\u2019assaut devant l\u2019artillerie qu\u2019il empêchait de tirer ; inconstant, il écrivit Souvent femme varie, bien fol est qui s\u2019y fie ; protecteur de Marot et inspirateur du Collège de France, il fit de bien médiocres vers.Il reste surtout un bâtisseur et un mécène de peintres (Andrea del Sarto, Léonard de Vinci) et de sculpteurs et orfèvres, comme Benvenuto Cellini qui créa pour lui ses plus belles pièces.«Il eut le désir d\u2019être un grand roi et la conviction qu\u2019il l\u2019était, mais il en eut surtout la figure et n\u2019en joua le rôle que dans ses aspects éclatants : tout de surface, d\u2019attitudes, de costumes» (Librairie Fayard et Cercle du Livre de France) \u2022 .Je ne peux évidemment signer cette chronique sans m instruire sur les soucoupes volantes.« Elles ont toujours existé », disait un professeur de Polytechnique, avant que les nombreux témoignages de Flying Saucers from the Moon de H.J.Wilkins viennent m\u2019en convaincre.Le livre est illustré et contient des témoignages troublants de savants et de témoins, mais les suppositions sur les Martiens à la peau mauve et aux veines remplies d\u2019un liquide chimique sont toutes gratuites.La seule conclusion évidente est qu\u2019une invasion de ces habitants mystérieux unirait toute la terre dans un bloc de défense .\u2022 \u2022 Le Dr François Cloutier a réuni ses cours de Radio-Collège sous le titre Un psychiatre vous parle (Beauchemin).Cet ouvrage de vulgarisation est à la portée de tous et le spécialiste a omis volontairement les discussions techniques qui prolongeaient ces émissions à Radio-Canada.En vous éclairant sur vos psychoses, vos réflexes ou votre vie inconsciente, ce livre atteint son but \u2014 qui est de prévenir les troubles de la psychiatrie.L\u2019auteur est professeur à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal et membre associé du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada .Un chapitre de ce livre (sur la diversité des espèces pour obtenir un résultat supérieur) m\u2019a fait penser à la vénérable Société Royale du Canada qui vient de se donner du sang nouveau avec des talents aussi différents que ceux du Père Louis-Marie Régis, philosophe, de M.Jean Vallerand, musicien, compositeur et musicographe, et M.Benoît Brouillette, géographe et professeur à l\u2019Ecole des Hautes Etudes commerciales.Le président de la section française de la société, M.Jean Chauvin, a ouvert la cérémonie par une brève allocution et la remise de la médaille Pierre-Chauveau à M.Gérard Morisset, conservateur du Musée de la Province de Québec, pour l\u2019ensemble de son oeuvre.Les trois nouveaux élus furent ensuite présentés par MM.Claude Mélançon, Jacques Rousseau et Arthur Saint-Pierre .Il y a des poètes du verbe et de l\u2019âme \u2014 et ceux de l\u2019événement qui, sans être des gazet-tiers, s\u2019inspirent de leur époque.Dans Le grand dérangement de Paul Gilson, le thème est celui des personnes déplacées qui fut un des drames de la dernière guerre et l\u2019un de notre passé.L\u2019auteur parle ainsi des apatrides acadiens : « Enfant traqué de l\u2019Atlantique j\u2019ai connu les Acadiens qui s\u2019abritaient au fond des criques et faisaient la croix catholique dans l\u2019espoir du pain quotidien.» .Agnès Lefort est une audacieuse pionnière d\u2019art.Elle est non seulement la première femme à ouvrir De haut en bas : Me F.EUGENE THERRIEN, avocat, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.IPhoto Marin Portrait).\u2014 M.PIERRE BOUCHER, directeur des Comédiens de Québec.\u2014 Trois nouveaux membres de la Société Royale du Canada : MM.JEAN VALLERAND, compositeur, musicologue et secrétaire du Conservatoire de musique de la province de Québec ; BENOIT BROUILLETTE, géographe, et le R.P.LOUIS-MARIE REGIS, o.p., docteur en philosophie, maître en théologie de l'Université de Montréal.(Photo Bénard, la Presse).par ùicette Kobert une galerie de peinture, de sculpture et de céramique à Montréal, mais elle expose des artistes à controverses.Il y eut l\u2019incident Roussil ou « des feuilles de vigne aux statues », celui de Suzanne Duquet avec vingt dessins du même modèle et celui de Borduas, dont elle présente encore les oeuvres cet hiver.Elle nous fit connaître ce qu\u2019avait sculpté au Mexique notre contemporain, Stanley Lewis, et terminera la saison avec les toiles d\u2019Edmund Alleyn de Québec et d\u2019André Bieler, professeur de peinture à Queen\u2019s University de Kingston.Sa curiosité la pousse vers un constant travail et elle consacre ses vacances à son art : en enseignant au Centre d\u2019Art de Sainte-Adèle ou en étudiant en France, avec le maître André Lhotte, (à Lacardière dans le Var et à Gordes en Vaucluse), pour raconter ensuite cette expérience dans La Revue dominicaine.La dernière exposition de ses oeuvres eut lieu à l\u2019Art français avant l\u2019ouverture de sa propre galerie, rue Sherbrooke .La Société d\u2019étude et de conférences commence la saison 1955 avec René Lévesque (journaliste de Carrefour à C.B.F.avec Judith Jasmin) qui vous racontera, le 25 janvier, ce qu\u2019il a vu Sous le soleil de minuit ; Jan Doat vous tiendra, le 1er février, des Propos sur le théâtre ; le 8 février, Geneviève Dussaigne, professeur au Collège Marie-de-France, analysera l\u2019oeuvre de Gérard de Nerval, et Jean-Marie Laurence vous éclairera sur L\u2019art et les faux dieux, le 15 février .J\u2019ai rencontré par hasard le plus insaisissable de nos écrivains radiophoniques, Guy Dufresne, qui habite Frelighsburg où il est pomiculteur.Nous devons la découverte de cet authentique écrivain au hasard d\u2019un concours à Radio-Canada et au flair de son réalisateur actuel, Guy Mauffette.Il faut entendre ce dernier parler de l\u2019auteur du Ciel par-dessus les toits et de la chaleur humaine qu\u2019il a su donner aux grands héros de notre histoire.Qu\u2019il s\u2019agisse de Marguerite Bourgeois ou de Mgr de Laval, de Jeanne Mance ou de Marie de l\u2019Incarnation, il les dégage du tableau ou du livre pour les faire vivre parmi nous.Nous connaissons les humbles préoccupations de leur vie quotidienne comme l\u2019émouvante inquiétude de leur âme ; et cela dans une langue qui est sûrement la plus parfaite de nos ondes.\t[ Lire la suite page 54 ] : ¦¦ ' ' ¦ -, ¦ m 10 La Revue Populaire * JÜ till mm ¦ Si it!»* mm : # S Robe de grand soir en nylon brodé sur fond d'organdi vert, garnie de fleurettes en métal et de perles.Cette création de Tibor de Nagay de Toronto a été présentée par l'Association des couturiers canadiens Inc.à l'hôtel Pierre de New York et à la télévision américaine.Même sous un manteau de fourrure, cette robe droite n'ajoute pas un pouce de trop à votre silhouette.En tweed moucheté noir et blanc, elle est bordée d'un ruban grosgrain noir et portée avec une guimpe de toile blanche au col et noeud très jeunes.Création de Karen Stark.Le chapeau est de Lily Daché.11 Bnj ! -¦¦h .SA! mm \"Nuage d'or\" de Raoul-Jean Fouré, de Montréal, met en valeur les tissus canadiens puisque cette belle robe de gala est en nylon champagne brodée d'or.Une torsade de tulle de nylon retombe en pans qui forment une petite trafne.Cette création faisait partie de la collection présentée récemment à New-York par la Haute-couture canadienne.Comme l'hirondelle, le tissu de coton annonce le printemps.Au lieu de choisir un dessin fleuri \u2014 qui serait prématuré \u2014 prenez ce fin quadrillé dont le col et les manchettes sont bordés de velours noir comme la cravate piquée d'une épingle.j 811111 \u2014ii ¦ ¦iv.',*\t,\t, I f SHKHMItailN'¦ i ! fSb I jjl§|Siii in ¦ ^00Êk Wmi < tov .V,: ;¦ \u2022 - .1 : ¦fife: ROBES DU JOUt ET DU SOU Toute femme élégante doit avoir au moins une robe du soir dans sa garde-robe et deux ou trois robes courtes \u2014 mais très habillées \u2014 pour le dîner, le théâtre ou le cabaret.Elle a trouvé cette façon ingénieuse de se faire belle tout en permettant à son mari de rester en tenue de ville pour sortir.Vous remarquerez que les épaules sont voilées ou couvertes et que cette mode est beaucoup plus seyante aux \"trop maigres\" ou \"trop grasses\" que les corsages à balconnets de l'an dernier.La robe dite \"de cocktail\" doit rester à mi-chemin de la robe d'après-midi et de la robe à danser.Il suffit quelquefois d'un boléro, d'une écharpe pour l'heure intermédiaire où elle serait trop brillante pour la réception qui précède votre sortie du soir.Tous les modèles de ce mois sont de tissus légers : tulle de nylon, nylon brodé, coton satiné et fleuri qui s'accordent avec le printemps et sont précurseurs de Tété.flfpl Ce modèle de Madeleine Fauth s'appelle \u201cBergère\" et semble un champ de fleurs roses et mauves.Le tissu est un coton satiné que vous pourrez porter jusqu'à l'automne.Dans la collection de Jack Horwitz, nous avons choisi ce modèle de ligne princesse d'un blanc huftre parsemé de pastilles.Pour les sorties d'après 5 heures .pour votre voyage en Floride ou au Mexique.pour égayer la fin de l'hiver.Robe en poult de soie d'une ligne ravissante avec sa jupe \"camargo\" qui invite à danser et son corsage à basques.Portez-la avec une écharpe appropriée à la saison : satin pour l'hiver, organdi pour le printemps.Création de Madeleine Fauth.Montréal, février 1955 12 La Revue Populaire SARAH BERNHARDT dons son atelier de peintre (1878-1879).\tLa \"divine\" SARAH dans un de ses plus grands rôles : La Dame aux Camélias.H b Le théâtre français commémorait en 1953 à Paris le 30e anniversaire de la mort de Sarah Bernhardt.Quelques jours avant sa mort, Sarah tournait un film intitulé \"La Voyante\".Elle jouait un personnage épisodique dont Mlle Marie Marquet tenait le principal rôle.Trop fatiguée pour se rendre au studio, Sarah demanda à tourner chez elle.SARAH BERNHARDT AU CANADA \\id\\ CLnàxi de îa Ckeutotitfie tlLLE s\u2019appelait de son vrai nom Rosine Bernard, i Née en 1844, elle mourut en 1923.J Elle débuta en 1862 à la Comédie-Française ; mais ce n\u2019est qu\u2019en 1869 qu\u2019elle se révéla en créant avec un charme incomparable le « Passant » de Coppée.Elle se maria avec l\u2019imprésario Damala en 1882, dont elle eut un fils.Son mari décéda en 1889.L\u2019espace nous manque pour énumérer ici les nombreux triomphes de cette Diva merveilleusement douée, qui subjugua le monde entier par le charme de sa voix et ses créations géniales.Toutefois, nous parlerons ici de quelques souvenirs de ses voyages aux Etats-Unis et principalement dans la province de Québec.C\u2019est le 15 octobre 1880 que Sarah Bernhardt, alors âgée de 36 ans, s\u2019embarqua au Havre sur le paquebot « l\u2019Amérique » pour donner une première série de représentations aux Etats-Unis.Elle était accompagnée de toute sa troupe et de son impresario.La traversée fut mauvaise ; Sarah n\u2019avait pas le pied marin.Le voyage dura 12 jours que la grande artiste passa étendue dans sa cabine.Lorsque le 27 octobre à 8 heures du matin, « l\u2019Amérique » entra dans le port de New-York, une foule immense y attendait Sarah.Il y eut à l\u2019arrivée d\u2019immenses gerbes de fleurs, des discours de bienvenue.Un orchestre jouait « La Marseillaise » et le « Star Spangled Banner ».Sarah descendit accompagnée d\u2019une dame vêtue de noir qui voyageait sur le même bateau.C\u2019était la veuve du président Abraham Lincoln assassiné en 1865.La première représentation eut lieu au Booth Theatre le 8 novembre 1880 avec pour débuter « Adrienne LeCouvreur ».Ce fut un immense succès.On compta 27 rappels, la recette fut de $5,634, un véritable record pour l\u2019époque.Une partie de la presse et surtout les églises new-yorkaises protestaient avec véhémence contre l\u2019immoralité du répertoire.On traita Sarah de « Parisienne pervertie », de « femme sans pudeur et sans morale ».Elle joua en tout 27 représentations.Après sa visite de New-York, Sarah Bernhardt rendit visite au grand inventeur Thomas-A.Edison à Menlo-Park.N.J.Edison parut intéresser grande- ment la visiteuse de ses dernières inventions, puis enregistra sa voix sur le phonographe qu\u2019il venait d\u2019inventer et qui fut la grande révélation du 19e siècle.Des antiquaires new-yorkais offraient récemment $1,000 à l\u2019heureux collectionneur qui possède le rouleau de cire enregistré en 1880 chez Edison par Sarah Bernhardt.Sarah Bernhardt, la plus grande actrice de son temps, terminait toujours ses voyages en Amérique par une visite au Canada.Elle a joué à Montréal à chacune de ses tournées.Elle joua au Français et au His Majesty\u2019s.Mais là où elle parut dans le plus grand nombre de spectacles, c\u2019était à l\u2019Acodémie de Musique un grand théâtre de 2,000 places, démoli en 1910.Il était situé rue Victoria, non loin de la rue Ste-Cathe-rine, terrain qui fut acheté par le magasin Goodwin, pour être ensuite occupé par la maison T.Eaton.L\u2019Académie de Musique fut, pendant des années, le théâtre le plus select de Montréal .De 1875 jusqu\u2019à sa démolition.C\u2019est là que Sarah a joué trois fois avant de passer au Français.C\u2019est là que l\u2019auteur de ces lignes l\u2019a admirée la première fois .C\u2019était en 1905 .Elle parut pour la première fois au Canada à l\u2019Académie de Musique de Montréal, le 23 décembre 1880.Elle avait pour partenaire Angelo et quelques comédiens plus obscurs .Mais elle obtint un triomphe extraordinaire, qui prépara sa grande tournée de 1891, encore à l\u2019Académie de Musique.Puis elle vint encore à l\u2019Académie en 1896 .Et encore en 1905 .Là elle joua « La Sorcière » de Sardou, qui fit un joli scandale à l\u2019époque.« La Dame aux Camélias » .qui, pour la première fois, eut pour titre : « Camille ».« Adrienne LeCouvreur ».« Angelo ».« Tosca ».« Fédora ».« La femme de Claude ».et « Phèdre » de Racine, entourée de vedettes de premier plan.Elle est revenue en 1911 .Cette fois au His Majesty\u2019s .dans « L\u2019Aiglon » avec Maxudian, Durozet, Lou Telligan.sa flamme de l\u2019heure, qui devait s\u2019éteindre de façon bien pitoyable .et plusieurs autres.Et puis en 1916 .au His Majesty\u2019s dans « Soeur Béatrice ».Là, j\u2019avoue que j\u2019aurais mieux fait d\u2019en rester à mes souvenirs.Ce n\u2019était plus Sarah, comme on l\u2019avait connue.Elle avait 72 ans, mais ce n\u2019était pas encore ce qui abattait son prestige.La grande comédienne s\u2019était fait amputer d\u2019une jambe .Elle était l\u2019ombre d\u2019elle-même.Et ensuite je l\u2019ai entrevue dans un petit film.« Le comte d\u2019Essex ».De 1880 à 1905 Sarah a toujours visité Québec, mais sa représentation du 20 décembre 1905 à l\u2019Auditorium \u2014 théâtre situé près de la Porte St-Jean à Québec, \u2014 fut mise à l\u2019index par le cardinal Bégin, ce qui suscita une véritable échauffourée entre les membres de sa troupe et les étudiants de Québec et mit fin à ses visites dans la Vieille Capitale.Le théâtre du temps jadis consistait en de modestes salles où le public avait accès, comme par exemple, aux Variétés, d\u2019après ce que racontait Julien Daoust, acteur, metteur en scène et auteur de nombreux mélos, « en grimpant par un escalier d\u2019à peine deux pieds de largeur » la scène n\u2019avait guère d\u2019espace .« Il fallait être prudent », nous racontait Elzéar Hamel, qui fit lui aussi, au début du siècle, du théâtre en amateur, «pour ne pas enfoncer nos épées dans les frises du décor et même dans le plafond ».Les décors risquaient de s\u2019abattre sur les acteurs chaque fois que le jeu s\u2019échauffait.Et les vieux comédiens parlent de cette époque comme de l\u2019âge d\u2019or du théâtre au Canada .Quand l\u2019Académie de Musique où Sarah Bernhardt, Coquelin et d\u2019autres artistes célèbres avaient déjà attiré des foules, ferma ses portes \u2014 c\u2019était le samedi, 19 mars 1910 \u2014 le directeur de la troupe française qui venait d\u2019y faire une saison, M.Paul Marcel, prononça l\u2019allocution suivante : « Nous autres, les derniers de l\u2019Académie, nous partons ! Comme de bons marins ne quittent leur navire qu\u2019au moment où il coule, nous sommes restés, jusqu\u2019à la dernière minute sur cette scène si brillante où tant de célébrités françaises et anglaises nous ont précédés.Demain, le pic des démolisseurs jettera par terre ce temple de l\u2019Art qui a vu revivre tant de chefs-d\u2019oeuvre.Dans peu de temps, le tumulte des affaires régnera à sa place, étourdissant, faisant naître l\u2019oubli : la profanation sera complète !.» Ce fut avec ces paroles, comme l\u2019oraison funèbre non seulement de l\u2019Académie de Musique de Montréal mais de plusieurs autres théâtres dont les noms sont depuis longtemps oubliés . Montréal, février 1955 13 LE MEXIQUE [Suite de la page 7] La rue s\u2019est élargie, s\u2019appelle maintenant avenue et draine le trafic voisin ; des trams, de luxueuses Cadillac, de petits autobus haut perchés qui se faufilent partout, quelques cyclistes circulent avec un joyeux empressement.Au bord du flot un agent au sifflet autoritaire règle cette impatience latine.A droite encore, voici le long d\u2019un grand jardin orné d\u2019arbres magnifiques, l\u2019Avenida Juarez et cette fois-ci malgré l\u2019heure tardive tout le monde est dans la rue : un monde élégant, cosmopolite.Beaucoup de magasins sont ouverts : librairies en toutes langues qui vendent une marchandise multicolore, et surtout Platerias c\u2019est-à-dire joailliers, qui resplendissent de tout le blanc argent des bracelets, bagues et pots à eau.Mais comme cette animation était née, elle cesse.A gauche, le Paseo de ia Reforma s\u2019étale gigantesque.Deux voies largement séparées bordées de contre-allées pour le stationnement, puis de vastes trottoirs.Une population devenue plus rare flotte dans cette immensité comme un adolescent dans un complet trop grand.Sur plusieurs milles des immeubles fantomatiques dresseront leurs solitudes éteintes auprès de grands arbres noirs et de statues perdues dans la nuit.Au jour, la circulation expliquera mieux ces voies géantes, ces gratte-ciels démesurés, ces tours, ces monuments.Et la ville naîtra avec l\u2019aube et ce ne sera plus ni Naples, ni Marseille, ni Gênes, ni Barcelone.Ce sera Mexico.\u2014 Qu\u2019est-ce que Mexico ?Imaginez qu\u2019un dieu de facétie batte le jeu de cartes de toutes les villes du monde, les mélange, coupe, les mélange encore et distribue au hasard de la table.Vous aurez Mexico.Voici un petit hôtel particulier sorti du XVIIe arrondissement à Paris jouxtant une station d\u2019essence prise à Chicago.Voilà le Bois de Boulogne, puis vingt étages de verre bâtis à New-York, la statue du cavalier style 1900 qu\u2019on trouve partout, une villa architecturale mauresque, un jardin anglais, des palmiers de la Côte d\u2019Azur, l\u2019Opéra d\u2019une ville italienne, les immenses panneaux publicitaires américains et un château rococo.Ces pièces éparses voisinent gentiment comme sur un échiquier la tour, la reine, le cavalier et le fou quand la partie est nouée.Mexico est le rêve de quelque voyageur trop pressé qui confond dans son sommeil Paris et New-York, Rio et Milan, Madrid et Montréal.Mais c\u2019est aussi le rêve du convalescent qui au sortir d\u2019un long hiver de souffrance aspire au soleil d\u2019une éternelle tiédeur ; c\u2019est le rêve du vieillard qui chauffe sa tête blanche à midi ; c\u2019est le rêve de l\u2019adolescent qui exerce sa jeune force dans la lumière du matin.\u2022 Le grand géant blond qui dirige l\u2019agence de voyage nous avait dit : « Il faut aller à Taxco » \u2014 « You can\u2019t miss that » \u2014 Et parce qu\u2019il faut obéir aux agents de voyage nous sommes partis pour Taxco.La route qui de Mexico y conduit s\u2019élève de hauts plateaux en de plus hauts plateaux par-dessus des cols à 10,000 pieds.Une végétation sans cesse changeante évoque tantôt les solitudes pyrénéennes avec de beaux pins à longues aiguilles ou d\u2019arides rocailles, tantôt les campagnes antillaises avec des champs de canne à sucre, des manguiers et des flamboyants, tantôt on ne sait quelle Espagne avec de petits carrés secs plantés de maïs et clos de cactus.Déjeuner dans les écuries d\u2019une ancienne usine à sucre à l\u2019Hacienda Vista Hermosa.On monte encore.C\u2019est la fin de l\u2019après-midi et voici Taxco.La première impression est celle d\u2019un village de Provence logé au flanc d\u2019une colline sèche un peu grandie.Mêmes tuiles rondes sur les toits, mêmes rues pavées de cailloux à tête de chat qui grimpent et serpentent.Même tiédeur dans l\u2019air du soir.Il n\u2019y manque pas non plus le mystère des volets tirés sur la lumière du dehors, le bourricot qui passe, la femme qui rapporte sur sa tête le linge lavé à la fontaine.Un séjour plus long révélera d\u2019autres touches que les Espagnols, les Indiens et le climat des tropiques ont laissées.L\u2019Espagne sonne avec les premières cloches du soir ; étrange sonnerie en mineur qui cadence sur un rythme de danse de graves sons fêlés d\u2019un autre âge.D\u2019autres églises répondent ; l\u2019étrange passé surgit.En rouge les derniers rayons teintent le portail et les tours de la cathédrale bâtie de pierre rose.\u2014 On n\u2019entre dans cet embrasement qu\u2019avec crainte.\u2014 Une faible lumière éclaire à l\u2019intérieur d\u2019immenses rétables surchargés d\u2019or jusqu\u2019aux voûtes, un Eccce Homo fantomatique vêtu d\u2019une robe noire et un Christ de sang.Sur les dalles deux ou trois jolies Indiennes la tête couverte de leur mantille prient leurs joies ou leurs péchés.L\u2019oeuvre des Indiens paraît le lendemain lorsque les sirènes appellent les travailleurs à la mine d\u2019argent ou à l\u2019atelier de joaillerie ; esclaves ils ont les premiers exploité le minerai et construit la ville qu\u2019ils habitent maintenant seuls.Les motifs de leur religion et de leur art paraissent sur les bijoux et leur goût de la couleur s\u2019inscrit sur les paniers et les tissus qu\u2019ils fabriquent.Ils sont les artisans d\u2019hier, les artistes d\u2019aujourd\u2019hui, les inspirateurs de cet extraordinaire devenir mexicain qui se cherche dans tant de leurs oeuvres d\u2019art modernes.\u2014 Ils sont la vie quotidienne, le peuple des rues, le bois solide dont l\u2019Espagne est le vernis.L\u2019hôtel donne le ton tropical ; dominant la ville, il comprend sur deux étages de vastes galeries couvertes formant balcons sur lesquelles s\u2019ouvrent les chambres.Ce sont des cellules blanchies à la chaux carrelées de rouge avec une grosse porte en bois et au plafond des poutres apparentes.Un sommier bas sur quatre pieds recouvert de couleurs vives, une lanterne au chevet, une table, une chaise, trois tentures rouges proposent au séjour un style ascétique que tempèrent parfaitement une petite salle de bain ou rien ne manque et plus bas, dans le jardin une piscine d\u2019un bleu éclatant où s\u2019ébattent des Américains roses et ventrus flanqués de jeunes girls aux cris perçants.Canadiens, mes amis, vous irez à Taxco.Vous irez au Mexique y chercher le printemps ; non pas le printemps bucolique de la neige qui fond et de la nature qui renaît, mais un printemps éternel et sauvage où sur les hauts plateaux l\u2019air brûle comme en Espagne, où à Veracruz il ondule les champs de fleurs comme à Nice, où à 12,000 pieds, il glace les sources comme dans les Alpes.Printemps obsédant comme l\u2019appel strident des cigales.Printemps de fêtes étranges et lugubres, de deuils éclatants et terribles.Printemps de sang et d\u2019or, couleur des corridas.[ Lire la suite page 54 ] CINEMA AMERICAIN MEGOIiy PECK GREGORY PECK au naturel.mM \"\"ft A ¦ Le journaliste chasseur de fauves des Snows of Kilimanjaro, d'Ernest Hemingway.Le prêtre du grand roman de Cronin : The Keys of the Kingdom.Les trois plus récents films de Gregory Peck ont été tournes en Europe.Personne n\u2019a oublié « Roman Holiday », l\u2019histoire d\u2019un journaliste américain amoureux d\u2019une princesse étrangère en visite officielle à Rome, laquelle n\u2019était autre qu\u2019Audrey Hepburn.Gregory Peck fut ensuite l\u2019officier intransigeant et orgueilleux de « Night People », un film d\u2019espionnage dont l\u2019action tendue se déroulait dans la zone américaine de Berlin.Broderick Crawford y personnifiait, avec autant de naturel que de simplicité, un homme d\u2019affaires de Toledo inquiet de son jeune fils prisonnier des Russes.Plus récemment, Gregory Peck a tourné, pour un studio anglais (Arthur Rank), « Man with a Million », une amusante comédie basée sur un récit de Mark Twain et dont l\u2019action se situe à Londres au début du siècle.PECK et sa femme au temps où le ménage \u2019\u2019marchait sur des roulettes\".Il tournait alors The Valley of Decision.A son bureau du studio une correspondance considérable l'attend tous les jours.Sa secrétaire, JO GRAY., A * t JP La Dame de Meyserling îlotïe Xoman d am&u\\f [iaï Cotiola DANS le coin d'un compartiment de première classe, Gloria s'était assise.Elle n'avait pas choisi.Que lui importait.Le premier s'offrant à elle qui se trouvait le long du couloir.A l'opposé de sa banquette, une grosse dame dormait ; en face d'elle deux messieurs.C'est à peine si elle leur avait jeté un bref regard avant de s'asseoir.Elle était venue d'Espagne chez une tante, mariée à un Français, le comte de Ganeval.Celui-ci avait d'un premier mariage un fils que sa tante aurait bien voulu qu'elle épousât.Au lieu de cela, dans une crise aiguë de jalousie, Gloria avait mis le feu à ses bois, dont une bonne partie avait brûlé, et sa tante s'était fait écraser la poitrine par la ruade d'une jument qu'elle essayait de sauver des flammes.Maintenant, Gloria retournait en Espagne.Elle allait à Paris prendre le rapide Paris-Madrid, ayant semé le feu et la mort dans une paisible région où elle était arrivée trois mois auparavant, gonflée d'orgueil de ce qui l'attendait, qu'elle ne mettait pas en doute d'obtenir.Elle repartait dans sa famille, révoltée contre elle-même, mais plus encore contre les autres, furieuse d'avoir échoué si lamentablement, de l'affreux souvenir qu'elle laissait à ceux qui l'avaient si bien accueillie.Cela encore .c'était pénible, certes, mais après tout il y avait peu de chances qu'elle les revoie jamais, tandis qu'elle ne se faisait guère d'illusions sur l'accueil qui l'attendait.Sa mère, ses frères avaient fait pour elle des sacrifices dans l'espoir de lui voir faire un riche mariage.Inespéré étant donnée leur situation ! Quel devait être leur désappointement, leur rage !.Cependant, Gloria ne se sentait pas en état d'entendre leurs cris, cette pensée la hérissait encore davantage.cris et coups, voilà ce qui l'attendait.Cette perspective la faisait blêmir de colère.Ses yeux verts étincelaient, sa petite bouche se pinçait jusqu'à ne plus former qu'un trait imperceptible, et ses narines bien modelées palpitaient sous l'effet du bouleversement qui la possédait.Toute raidie sur son exaspération, elle pétrissait ses gants comme si elle avait voulu les réduire en charpie.Elle avait complètement oublié qu'elle n'était pas seule dans le compartiment.Brusquement, elle s'aperçut que les deux messieurs, en face d'elle, la dévisageaient avec curiosité.Gloria les foudroya d'un regard qui aurait dû les pulvériser si elle en avait eu le pouvoir.Il ne réussit qu'à leur arracher un sourire, puis ils se mirent à parler entre eux à voix basse.Gloria avait baissé la tête.Déjà elle avait oublié leur présence.Des tableaux se succédaient dans sa pensée.Le ravissant château de la Glandière d'où elle venait.Un bijou du Xlle.Et le paddock entouré de ses lices blanches et bien entretenues.Tout ce qu'elle appréciait dans la vie se trouvait enfermé là, au sein de ces bois qu'elle avait voulu brûler quand elle avait compris que la partie était perdue Ce qui la torturait maintenant, c'était la seule pensée de revoir sa famille.Tous, ils espéraient tant de son riche mariage.Sa mère, ses frères.et la tribu des cousins et cousines que ses aventures mettraient dans la joie.Elle n'avait pas fini d'entendre leurs rires et leurs plaisanteries.A nouveau, elle s'épongea le front avec colère.Alors, un de ses vis-à-vis se pencha vers elle.C'était un homme grand et fort, les cheveux en brosse, le teint rouge, les yeux d'un bleu de porcelaine.\u2014 Voulez-vous que je baisse la glace ?demanda-t-il.Il fait très chaud dans ce compartiment ! Il parlait lentement, avec un assez fort accent étranger.\u2014 Cela m'est égal, répliqua sèchement Gloria.Je peux avoir chaud ou froid sans en mourir.Elle était furieuse de penser qu'on l'avait observée.Le voyageur ne parut pas surpris de l'impertinence de sa réponse.Il se réinstalla confortablement sur sa banquette et échangea quelques mots avec son compagnon.Ce dernier était maigre et jaune comme un vieux parchemin.Il semblait plein de déférence pour son voisin.Il avait un visage long et osseux, tout en arêtes.Le nez, les pommettes, les lignes des maxillaires tendaient une peau qui paraissait trop justement mesurée, à tel point que les saillants de cette figure étrange étaient blancs et luisants.Ses petits yeux noirs, profondément enfoncés dans les orbites, vous fixaient avec une acuité qu'on ne pouvait endurer sans gêne.Ce fut ce regard qui arracha Gloria à ses méditations.Elle se prit à s'intéresser aux deux étrangers et, après quelques instants d'observation, conclut qu'elle se trouvait en présence d'un homme important et de son secrétaire.Satisfaite de sa découverte, elle s'appliqua à chercher leur nationalité.Les premiers mots qu'elle entendit, tout en paraissant absorbée dans ses pensées, éveillèrent sa curiosité.\u2014 Je persiste, disait le monsieur grand et fort.plus jeune que vieille et pas de connaissances spéciales .plus facile à manier ! Il fit de la main un geste significatif.Son interlocuteur tira un bout de langue pointue et la montrant d'un doigt aussi long que décharné : \u2014 Voilà le danger dit-il.Son voisin haussa les épaules.\u2014 Pour cela, dit-il, il n'y a pas d'âge et c'est une chose qu'on peut acheter quand on ne regarde pas .au prix.Un sang nouveau coulait dans les veines de Gloria.Pour mieux entendre, elle s'était légèrement penchée et regardait fixement dans le couloir Elle ne voulait pas suivre la conversation sur les physio- Un roman bien noué où Vintrigue et le mystère alternent avec Vamour le plus romanesque. ¦ -V '-\"/S', > \\ 16 La Revue Populaire S 1 ZWff ATTENTE, No 1026 \u2014 Robe-costume Maternité, pour tailles de jeune fille et demoiselle : 11 à 18.Métrage requis pour grandeur 12 : 4% v.en 35\" ou 36\", 3% v.en 44\" ou 45\", 3 v.en 54\".Entre-doublure : % v.en 25\", 35\" ou 36\".Prix 35 i\tev \u2022 c^N/\\o>> Ngt°*?caÙI -\u2022 [ Suite de la page 27 ] moiselle, M.le docteur m\u2019a priée de la faire entrer dans la salle à manger.Précédant la jeune fille, elle alla au fond du vestibule et, ouvrant une porte, elle s\u2019effaça contre le mur pour la laisser entrer.La pièce n\u2019était pas inoccupée.Un homme était assis près d\u2019une fenêtre donnant sur le jardin, il lisait un journal qu\u2019il laissa tomber sur ses genoux à l\u2019arrivée de Gloria.Elle prit le seul fauteuil existant, à la droite de la cheminée.Ils se trouvaient presque en face l\u2019un de l\u2019autre.Le client du docteur Offinger paraissait malade.Il avait un teint terreux et, comme il se présentait à Gloria en pleine lumière, elle vit qu\u2019il avait sur la tête une grande cicatrice sur laquelle les cheveux ne repoussaient pas.Il essayait de la dissimuler sous une mèche de cheveux châtain clair.C\u2019était un homme de belle stature, mais maigre et que la maladie devait consumer.Malgré cela, son expression était virile et le regard de ses yeux gris, impérieux et hautain.Des yeux superbes qui ne devaient pas lâcher prise quand ce qu\u2019ils tenaient sous leur feu était en relation avec son intérêt.Gloria remarqua qu\u2019un crêpe de deuil barrait le revers de son veston.\u2014 Vous aussi, vous avez été blessée à la tête ?demanda-t-il.Un accident ?Et Gloria fut frappée de son accent mordant et sarcastique, en même temps que saisie de surprise.« C\u2019est un piège, pensa-t-elle.Ulric serait peut-être enchanté de m\u2019y voir tomber ».Elle répondit par un signe de tête qui n\u2019était pas encourageant.Nerveusement, son interlocuteur écarta de son cou un épais foulard de soie gris et blanc.Gloria, qui le fixait d\u2019une façon provocante, remarqua son visage aux méplats vigoureusement dessinés, d\u2019une régularité parfaite.La santé devait convenir à la virilité de ces traits, tandis que la maladie en accusait dangereusement les reliefs.Cependant, la pénétration de ce regard gris, qui n\u2019était ni doux, ni caressant, était presque intolérable.\u2014\tComment cela vous est-il arrivé ?demanda-t-il encore.\u2014\tEn tombant dans un escalier, répliqua sèchement Gloria, que ce questionnaire agaçait.\u2014\tVous n\u2019avez pas l\u2019accent de chez nous, remarqua-t-il, sans paraître s\u2019apercevoir de son hostilité.Vous êtes étrangère ?\u2014 Je suis Espagnole, répondit-elle avec impatience.\u2014\tEspagnole ! se récria-t-il.Et vous allez affronter les rigueurs de notre climat ?Cela représente un certain courage.(Il s\u2019inclina légèrement, comme pour l\u2019en féliciter).Et vous comptez rester tout l\u2019hiver en Alsace ?\u2014 Je suis lectrice de Mme la baronne de Meyserling, répliqua Gloria.Je resterai le temps de mon engagement.Mais peut-on savoir, demanda-t-elle avec hauteur, la raison de ce questionnaire ?Et, en posant cette question, elle eut la vision des yeux durs et cruels d\u2019Ul-ric, elle entendit son ultime recommandation.Il répondit par un geste court, désabusé.\u2014 Il n\u2019y en a pas, dit-il.Vraiment, aucune ! (Il se prit la tête dans les deux mains, comme s\u2019il souffrait).La baronne de Meyserling, répéta-t-il, habite-t-elle Boersch ?\u2014 Non, répondit Gloria d\u2019un ton sec.Elle habite le château de Meyserling, là-bas sur la montagne d\u2019Ottrott.Il inclina le front légèrement, toute flamme éteinte au fond des yeux.« C\u2019est un piège, songeait en même temps Gloria, et qui m\u2019explique l\u2019attitude d\u2019Ulric, un piège après entente avec le baron pour savoir à quel point je suis des leurs ! » Elle jeta à l\u2019inconnu un regard vindicatif qui tomba dans le vide.Il avait tourné la tête et fixait le jardin.Gloria vit un profil acéré et la cicatrice qui lui barrait le crâne d\u2019une ligne rose ; alors, brusquement, son assurance fit place au doute, à l\u2019incertitude.Ne venait-elle pas de laisser échapper une occasion unique ?Au même instant, le docteur ouvrait la porte et l\u2019invitait d\u2019un signe de tête à pénétrer dans son cabinet.Assise maintenant près d\u2019une table roulante, au plateau de verre encerclé de nickels étincelants, Gloria essayait de démêler les raisons de son attitude et se cherchait une bonne excuse.Autour de la maison, le grand vent d\u2019automne sifflait sa plainte lugubre, comme s\u2019il portait en lui les pleurs et les gémissements qui s\u2019élèvent à tout instant de la terre.Avec prudence, le docteur déroulait la longue bande du pansement de Gloria, puis il posa le tout dans une cuvette d\u2019émail blanc.Avant de prendre ses pinces, il examina attentivement la blessure.\u2014 Vous avez reçu là un coup, dit-il, un coup violent.\u2014 Je suis tombée, protesta Gloria.-\u2014 Un coup qui a été fait avec un instrument très défini, poursuivit-il d\u2019un ton inflexible.Un instrument carré comme un petit marteau qui n\u2019en était cependant pas un.Cela vous a déchiré la tempe de trois côtés.Gloria n\u2019essaya pas de le contredire.Peureusement, elle serrait ses mains crispées l\u2019une contre l\u2019autre.\u2014 Je crains, reprit le docteur, que vous n\u2019ayez une vilaine cicatrice, mais aujourd\u2019hui la chirurgie esthétique répare tout, heureusement.Le baron von Meyserling vous doit bien cela.Délicatement, avec ses pinces, il fit jouer les ressorts des agrafes et semblait tout absorbé par sa tâche.\u2014 Vous avez beaucoup de chance de vous en tirer avec une simple blessure, remarqua-t-il après un temps de silence qui parut à Gloria lourd de tout ce qu\u2019elle gardait en elle.Il prit un tampon d\u2019ouate, l\u2019imbiba d\u2019éther et fit disparaître les perles de sang qui avaient jailli à la place des agrafes.\u2014 Si votre coquetterie ne doit pas en souffrir, dit-il, je ne vous mets plus rien comme pansement.Le grand air achèvera la cicatrisation mieux que tout ce que je pourrais faire.Qu\u2019en pensez-vous ?Gloria sourit avant de répondre.Elle Montréal, février 1955 31 entendait le vent et, derrière lui, elle savait qu\u2019il y avait Meyserling, fier et orgueilleux sur sa montagne ; et derrière Meyserling, face au ravin, une grotte fraîche et tranquille d\u2019où le mensonge était banni.\u2014\tJe ne suis pas coquette, répli-qua-t-elle enfin.Il faut faire ce qui sera le mieux.\u2014\tBien, alors faisons confiance à l\u2019air de Meyserling.et à ses escaliers, ajouta-t-il en jetant à Gloria un regard pénétrant.\u2014 Devrai-je revenir ?demanda-t-elle en se levant.\u2014 Certainement, si vous avez le moindre ennui, répondit-il, et son expression était comme un appel à la sincérité.Troublée, Gloria hésitait encore, quand la sonnerie du téléphone retentit.Avec un geste d\u2019excuse, le docteur saisit l\u2019écouteur.Gloria attendit un instant et, voyant que la conversation menaçait de se prolonger, elle le salua d\u2019un signe de tête et sortit.IX loria ne pouvait pas trouver le sommeil.Elle avait beau le chercher dans tous les coins de son oreiller, s\u2019allonger ou se mettre en chien de fusil, elle était toujours poursuivie par ses pensées, comme par un essaim de guêpes bourdonnantes.Elles ne lui laissaient pas une minute de repos et s\u2019accompagnaient de visages, d\u2019expressions, de petits détails entrevus et aussitôt oubliés qui revenaient avec une netteté déprimante.Cela ne faisait que compliquer les choses, les rendre plus dramatiques ou plus difficiles à démêler et ajouter à l\u2019énervement de Gloria.La nuit était silencieuse, la grande voix de l\u2019ouragan s\u2019était tue et Gloria pensait avec colère qu\u2019elle aurait bien profité de ce calme pour dormir, oublier.s\u2019évader dans un monde plus léger, irréel mais apaisant, parfois vide de toute image.Au lieu de cela, elle ne pouvait trouver, dans son lit, un coin où elle se sentît à l\u2019aise et ses pensées la harcelaient comme des guêpes exaspérées par l\u2019orage.Il y avait deux, trois heures qu\u2019elle s\u2019était couchée.Gloria alluma sa lampe électrique, elle l\u2019avait réparée sans trop de peine, et constata avec désespoir qu\u2019il n\u2019était que minuit et demi.Des nuages passaient devant la lune.Elle jetait des regards timides sur la terre, comme une jolie femme lève de temps à autre le voile qui lui masque le visage, et Gloria, pour essayer de dominer le désordre de ses pensées, s\u2019obligea à rester les yeux ouverts.Il n\u2019y avait pas de persiennes à Meyserling, elle pouvait suivre le mouvement des nuages, le doux reflet de la lune sur le carreau rouge de sa chambre.Les chouettes faisaient entendre leur chant étrange, tendre et grelottant comme un sanglot.Appuyée sur un coude, la joue dans sa main, Gloria avait les yeux fixés sur la fenêtre, quand elle entendit un craquement imperceptible venant de la chambre de Wilfriede.Endormie, cela n\u2019aurait pas eu le pouvoir de la réveiller, mais il fut suffisant pour lui faire oublier tout ce qui n\u2019était pas Wilfriede et ce bruit indistinct.Allait-il se répéter ?Tous ses sens étaient maintenant en état d\u2019alerte, mais son coeur la gênait, elle n\u2019entendait que lui.Malgré lui, cependant, un froissement léger passa sous la porte, puis il fut suivi du très faible grincement de la serrure de la porte du palier que Gloria ne fermait plus.Aucune hâte ne réglait cette succession logique que la prudence raisonnée semblait diriger.Gloria attendit un moment, puis, aussi silencieusement qu\u2019une ombre, elle se leva, enfila sa robe de chambre et lentement, posément, elle sortit.La porte du palier était refermée ; alors, elle entrouvrit celle de la chambre de Wilfriede, elle projeta le rayon de sa lampe électrique sur le lit :\til était vide et la chambre était vide.Gloria prit son mouchoir et s\u2019épongea le front.Malgré la fraîcheur de la nuit, l\u2019humidité des murs, l\u2019anxiété entretenait en elle un foyer de chaleur, mais elle était décidée à tout risquer pour sortir de ces ténèbres qui étouffaient jusqu\u2019au sens de sa vie.Elle savait maintenant quelle était la main aperçue la veille, elle savait où la retrouver.Sans avoir besoin du secours de sa lampe, elle descendit d\u2019un trait jusqu\u2019au rez-de-chaussée.Le trajet lui devenait familier et elle avait pris soin de repérer les plus petits détails de son parcours.Quant au noir de la nuit, il ne l\u2019effrayait plus.Gloria avait conscience d\u2019en avoir connu un plus dangereux.Doucement, palpant les murs d\u2019un toucher léger, elle passa devant la chambre de Marie-Cléophe.Les chiens devaient prendre l\u2019habitude de ces rondes nocturnes, ils ne grognaient même plus.Un jet de sa petite lampe sur la porte du bureau la lui montra entrebâillée ; alors, sans hésiter, comme allant au-devant d\u2019une invitation, Gloria la poussa délibérément et entra.Presque immédiatement le rayon de sa lampe atteignit Wilfriede.Elle était devant un tiroir ouvert de la table-bureau et tenait d\u2019une main une liasse de papiers, de l\u2019autre, une lampe électrique.Se voyant découverte, une flamme d\u2019or s\u2019était allumée dans ses yeux et le sang s\u2019était retiré de son visage.Malgré le trouble profond que ses pauvres forces humaines n\u2019avaient pu dominer, son attitude restait fière et hautaine.A son tour, elle projeta le faisceau lumineux de sa lampe sur Gloria.Pendant une seconde, elles se toisèrent en silence, puis Wilfriede parla lentement, d\u2019une voix un peu rauque.\u2014 Vous avez gagné la partie, dit-elle.Qu\u2019attendez-vous maintenant pour alerter Marie-Cléophe, Ulric.et les maîtres que vous servez avec tant de dévouement ?Son expression traduisait un incommensurable mépris.Un des chiens lança un faible aboiement qui sonna étrangement sous les voûtes que la nuit comblait de son obscure présence.\u2014 Comment osez-vous parler ainsi ?riposta Gloria que l\u2019émotion bouleversait ; si je vous tends les bras, si je vous dis : mon rôle près de vous commence seulement à cette heure, laisserez-vous échapper là seule chance qui se présentera peut-être jamais pour vous ?Des larmes jaillirent de ses yeux.Wilfriede fit une moue dédaigneuse.\u2014 Et ces odeurs de pharmacie que vous portiez dans vos vêtements, dit-elle, et la clé du palier qui était jusqu\u2019alors l\u2019apanage de Marie-Cléophe, et hier encore ce bracelet que vous a donné la baronne.c\u2019était le prix de quoi ?Pouvez-vous le dire ?\u2014 Je vous en supplie, implora Gloria ; nous nous expliquerons là-haut.Ici, tout nous menace.Fermez ce tiroir et fuyons, s\u2019il n\u2019est pas trop tard.Elle venait d\u2019entendre une porte s\u2019ouvrir au loin.Une lueur d\u2019étonnement traversa le regard de Wilfriede ; cependant, elle obéit non sans avoir glissé dans son corsage les papiers qu\u2019elle tenait à la main.Eteignant leurs lampes, elles quittèrent le bureau.Gloria poussait Wilfriede devant elle, avec la hâte d\u2019échapper à la lueur vacillante de la bougie qu\u2019elle voyait venir du fond de la galerie, mais les mouvements de Wilfriede étaient lents et paraissaient lui coûter un effort.\u2014 Allez, lui souffla Gloria, sauvez-vous.je reste.\u2014 Qui est là ! criait au même instant la voix d\u2019Ulric.Il s\u2019approchait à pas rapides.\u2014 Oh ! personne, répondit Gloria d\u2019un ton dolent.(Elle pressait son mouchoir contre sa tempe ; d\u2019un coup d\u2019ongle, elle venait d\u2019égratigner sa cicatrice) .Ce n\u2019est que moi, poursuivit-elle, en allant au-devant du vieil homme.En fermant la fenêtre de ma chambre, je me suis à moitié assommée contre le battant, ma cicatrice s\u2019est ouverte et me fait souffrir.Brusquement, Ulric s\u2019était arrêté au milieu de la galerie.Il éleva le bougeoir à la hauteur de son visage.Gloria le vit blême et convulsé d\u2019horreur.\u2014 Saignez-vous ?demanda-t-il avec effroi.\u2014 Je crois que oui.J\u2019ai la figure toute humide.\u2014\tPourquoi n\u2019avez-vous pas été chercher Marie-Cléophe ?\u2014\tCela m\u2019ennuie de réveiller cette pauvre vieille.\u2014\tAlors, que voulez-vous ?s\u2019écria Ulric avec impatience.\u2014\tSimplement un peu d\u2019alcool, monsieur Ulric.S\u2019il était en votre pouvoir de me donner un petit verre d\u2019alcool, je serais sauvée.Cela arrête immédiatement le sang de couler ; malheureusement, je n\u2019en ai pas dans ma chambre.C\u2019est pourquoi je suis descendue ; mais la nuit, tout change, je ne m\u2019y reconnaissais plus ! Ulric grommela quelque chose en allemand, puis s\u2019en alla lentement à reculons.« \u2014 Du kirsch, demanda-t-il, cela pourrait faire votre affaire ?\u2014 Oh ! oui, parfaitement.Je suis désolée de vous donner tant de dérangement, monsieur Ulric.\u2014 Bien, bien, chère demoiselle, dit-il d\u2019un ton conciliant.N\u2019avancez pas.Je vais mettre la bouteille là, au milieu de la galerie.Vous pourrez venir la prendre quand je serai parti.-\u2014Je ne sais vraiment pas comment vous remercier, monsieur Ulric, soupira Gloria.Sans vous, que serais-je devenue ?.Ce fut presque timidement qu\u2019elle frappa à la porte de Wilfriede avant d\u2019entrer dans sa chambre.La jeune fille n\u2019avait pas dû se déshabiller depuis la veille au soir.Elle avait allumé les deux flambeaux qui garnissaient sa cheminée et attendait Gloria debout.Son expression était pleine de noblesse, pathétique comme un destin qui se joue ! En voyant la tempe de Gloria barbouillée de sang, elle se voila le visage de ses deux mains.\u2014 Suis-je si horrible?demanda Gloria d\u2019une voix douce.Excusez-moi.c\u2019était Ulric et je crois qu\u2019il a peur du sang, j'ai profité de ma blessure ! Ce n\u2019est rien.Je vais aller me laver.\u2014 Ne bougez pas, dit Wilfriede en laissant tomber ses bras le long de son corps.S\u2019il est vrai que vous me voulez du bien.s\u2019il est vrai que vous n\u2019êtes pas près de moi pour me trahir.\u2014 Vous trahir! s\u2019écria Gloria.(Elle baissa les yeux sous le regard direct de Wilfriede).Je n\u2019ai pas fait grand-chose de bien dans ma vie.J\u2019ai plus vécu par mon instinct que par mon coeur.Il fallait, je pense, que je vienne ici pour comprendre que, lorsque l\u2019instinct domine le coeur, il n\u2019y a plus dans la vie ni dignité, ni respect de soi, ni différence entre soi et la bête.Et je précise : la bête féroce, pour ne pas faire injure à toutes les autres ! \u2014 Vous ne vous doutez peut-être pas, dit Wilfriede, de la partie dramatique qui se joue ?\u2014 Je ne me doute de rien, répondit Gloria, on ne m\u2019a rien dit de précis sur le rôle que je devais remplir près de vous.En bref, il m\u2019a semblé comprendre que j\u2019étais là pour vous espionner, savoir si vous aviez des éclairs de raison et ils m\u2019ont paru tenir à ce que vous en ayez.J\u2019ai la certitude qu\u2019ils comptent sur moi pour en témoigner.J\u2019ai dû le leur promettre.Quant au drame ?(Elle plongea son regard vert, dur et plein de sincérité, dans celui de Wilfriede).Oui, poursuivit-elle lentement, je le sens.Il n\u2019a pas de forme précise, mais justement pour cela il peut les avoir toutes et je suis sûre qu\u2019ils n\u2019en craignent aucune ! C\u2019est quand je l\u2019ai compris que j\u2019ai décidé que je ne vous quitterais pas.Portant sur le visage l\u2019expression poignante du condamné que le miracle vient de toucher, Wilfriede s\u2019approcha de Gloria et doucement l\u2019effleura du bout des doigts.\u2014 Et vous vous appelez ?deman-da-t-elle.\u2014 Gloria ! \u2014 Gloria, répéta-t-elle, c\u2019est un nom de victoire ! C\u2019est un nom plein de promesses ! (Une moue douloureuse crispa ses lèvres et l\u2019ovale pur de son menton).Hélas ! murmura-t-elle, je n\u2019ai plus rien à attendre.\u2014 Je pense que nous avons à peu près le même âge, répondit Gloria.Nous sommes au seuil de la vie.Tous NOUVELLE CORSELETTE Spencer très légère et dessinée individuellement pour vous Le dernier cri en fait de vêtement de fond une pièce est la Corselette Spencer \u2014 dessinée, taillée et faite pour vous uniquement afin de répondre aux besoins particuliers à votre taille.Aucun détail n\u2019est négligé pour vous donner confort et élégance.Elle vous assure une ligne tout à fait unie et un renouveau de sveltesse.Vous pouvez la choisir en nylon, satin ou coton combiné à de l\u2019élastique ajouré.La Corselette Spencer amincit la taille, enjolive le contour de la hanche et de la cuisse, parce qu\u2019elle est créée pour résoudre votre problème de taille individuel.Un léger panneau dissimulé aplanit l\u2019abdomen.Adressez le coupon ci-dessous pour obtenir gratuitement une fascinante brochure \u2014 ou consultez les pages jaunes du bottin du téléphone sous \"Corsets\u201d et appelez une Corsetière Spencer.Les Spencers ne se vendent pas dans les magasins.Ne manquez pas de vous informer des jupons Spencer ! 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SPENCER\u2014 le support de dessin individuel 32 La Revue Povulaire DE TOUS LES LAXATIFS POUR ENFANTS seul CASTORIA OFFRE CES TROIS AVANTAGES 1.\tAction lubrifiante douce 2.\tGoût qui plaît aux enfants 3* Soulagement complet et rapide La prochaine fois que la constipation rendra votre enfant maussade et de mauvaise humeur, n\u2019oubliez pas que Castoria est le médicament sûr, facile à prendre, au goût agréable, qui apportera un soulagement naturel à votre petit.Castoria contient un extrait végétal doux, préparé de façon à faire son oeuvre sans produire de coliques et à soulager complètement de la constipation.Castoria est un liquide qui peut être avalé par le plus jeune bambin.Il ne contient aucune drogue nocive, ni phénolphtaléine, ni calomel ni sels d\u2019Epsom.Le Castoria est éprouvé en clinique par des spécialistes afin que la qualité supérieure et uniforme en soit constamment maintenue.Laxatif idéal pour tous les enfants °du plus petit jusqu'au plus grand' CASTORIA le laxatif auquel on se fie depuis 86 ans.les espoirs nous sont permis.Moi, je ne veux plus en douter maintenant.Wilfriede avait baissé la tête.Aux derniers mots de Gloria, elle la releva.Son expression était indéfinissable.\u2014 Oui, dit-elle, il faut vivre ! Mais voyant que Gloria tenait toujours son mouchoir pressé contre sa tempe, elle lui saisit le poignet.\u2014 Vous souffrez et je ne fais rien pour vous.Oh ! pardonnez-moi.Asseyez-vous, je vais vous soigner ! Et comme Gloria protestait.\u2014 Obéissez-moi.Vous ne pouvez pas savoir ce que j\u2019éprouve et ce que je vous dois.Voici que miraculeusement mes yeux viennent de s\u2019ouvrir sur l\u2019ennemie que je considérais comme une pierre de plus dans l\u2019édifice de haine et de misère qu\u2019on bâtissait autour de moi.Voici que je vois son coeur tel qu\u2019il était quand elle s\u2019est battue contre Conrad pour me protéger.Presque à voix basse, elle ajouta : \u2014\tEt je croyais à une mise en scène ! Tout haut, elle reprit : \u2014\tEt mon regard peut plonger dans le sien avec tout le poids de sa peine, elle ne me la rendra pas avec dureté et colère.Et mes lèvres pourront dire des choses raisonnables et ma raison ne pas jouer la folie, sans que je puisse craindre pour mes jours.Tout en parlant, elle avait approché une table près du fauteuil où elle avait fait asseoir Gloria et elle la garnissait de tout ce qu\u2019il fallait pour panser la jeune fille.Ses gestes étaient malhabiles et elle semblait faire un effort pour les commander.Gloria éprouvait à la voir, à l\u2019entendre s\u2019exprimer lentement, de sa voix un peu rauque, un enchantement qu\u2019elle ne pouvait dissimuler.Elle la suivait de son clair regard vert, plein de décision, que veloutait une sorte de tendresse ; de temps à autre, elle rencontrait celui de Wilfriede qui s\u2019arrêtait comme éblouie.Ni l\u2019une ni l\u2019autre ne pouvait sourire.\u2014\tLa solitude, reprit-elle, tandis que, doucement, avec un linge mouil- lé d\u2019eau fraîche, elle lavait la tempe de Gloria, la solitude d\u2019un cloître, qu\u2019est-ce, je vous le demande ?Un asile de calme et de paix ! Mais ma solitude à moi.avec l\u2019obligation de me défendre nuit et jour, le contrôle sans relâche d\u2019une volonté que seules mes forces auraient pu trahir, et cela dans un cercle que la haine peuplait d\u2019un monde aussi mystérieux que redoutable.Elle ne put continuer.Gloria se taisait.Elle mesurait la profondeur de l\u2019abîme au fond duquel Wilfriede avait été jetée et en éprouvait un sentiment d\u2019horreur.Les mots pour le lui dire se mouraient sur ses lèvres.\u2014\tVoilà que cela ne saigne plus, dit enfin Wilfriede d\u2019une voix altérée.Quand je songe à tout ce que vous avez déjà souffert pour moi.\u2014\tOh ! s\u2019écria Gloria, ne parlons pas de cela ! Songeons plutôt à nous préparer à mener le bon combat.Je suis saisie de crainte ! Saurez-vous continuer votre jeu, sans défaillance, malgré ma présence constante à vos côtés ?Il ne nous faudra pas échanger un regard devant Marie-Cléophe, nous méfier des murs.J\u2019ai heureusement la clé du palier et je la laisse dans la serrure.Je ne devrai rien changer à mes habitudes, alors que mon désir serait de ne plus vous quitter.Mais nous allons envisager les moyens de fuir au plus vite ! \u2014\tFuir ! s\u2019exclama Wilfriede.Vous ignorez donc qu\u2019au-dehors le château est gardé par une bande à la solde de mon oncle, des repris de justice, des gens capables de tout.et dedans, vous avez vu, entre Marie-Cléophe et Ulric.Gloria s\u2019était levée, elle la regarda gravement.\u2014\tMais pourquoi.pourquoi ?demanda-t-elle.\u2014\tPourquoi ?répéta Wilfriede.(Elle se couvrit le visage de ses deux mains).Aurai-je le courage ?.murmura-t-elle d\u2019une voix étouffée.\u2014\tPas ce soir, dit Gloria avec douceur.Il est déjà tard et nous avons besoin de toutes nos forces !.Et puis, ne faudrait-il pas que j\u2019aille remettre EMPECHE L\u2019HUMIDITE di péMprin.ao.pum.ET DE L\u2019IRRITER Z.B.T.ne contient ni stéarate de zinc ni acide borique Z.B.T.\u2022 est la seule poudre qui procure à votre bébé ce confort parfait.Z.B.T.est à l\u2019épreuve de l\u2019humidité parce qu\u2019elle contient de l\u2019huile d\u2019olive adoucissante.Douce comme de la soie, elle protège la peau délicate de bébé sans s\u2019agglomérer.Elle la protège contre l\u2019échauf-faison, l\u2019irritation, les rougeurs, l\u2019éruption.Pour le confort de bébé, faites comme dans tant d'hôpitaux, utilisez la poudre pour bébé Z.B.T.après le bain de bébé et chaque fois que vous le changez.Vous aimerez aussi son parfum propre et frais ! 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Montréal, février 1955 33 à leur place tous ces papiers que vous avez pris et qui pourraient nous trahir ?Wilfriede regarda la liasse de papiers qui était restée sur la table.\u2014\tJe n\u2019ai pas trouvé celui que je cherchais, dit-elle avec découragement.Oui, il vaudrait mieux les remettre, mais vous voulez que ce soit vous ?\u2014 Naturellement.Je ne risque pas grand-chose et j\u2019aurai plus de facilité pour m\u2019en tirer.Wilfriede parut hésiter, sa main frôla la joue de la jeune fille.\u2014\tOh ! Gloria, dit-elle, Gloria, ma résurrection ! Puis, réunissant les papiers épars, elle sembla les caresser du bout des doigts.\u2014 Ce n\u2019est pas la première fois que je les tiens entre mes mains, dit-elle.Je ne puis résister à cette tentation.Elle prit la carte rose d\u2019un permis de conduire, la mit sous les yeux de Gloria.\u2014\tRegardez-la bien, dit-elle en affermissant le timbre de sa voix.C\u2019est tout ce qui me reste de Guillaume de Veningen, qui fut mon mari devant Dieu et devant les hommes.X âi loria l\u2019avait bien regardé, en effet, I ' et, depuis, elle se sentait rongée lY par un tourment secret qui était \" venu s\u2019ajouter aux autres.Elle n\u2019en laissa rien paraître, car elle avait à commander à son visage et à le rendre, quand il le fallait, aussi hermétique et impersonnel qu\u2019un masque.Quand elles s\u2019étaient retrouvées, après que Marie-Cléophe leur eût apporté leur petit déjeuner, ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019avait parlé.Elles se regardaient de temps en temps, gravement, émerveillées d\u2019avoir franchi le monde qui les séparait.Ce ne fut que dans le courant de la matinée que Wilfriede se décida à rompre le silence dans lequel elles blottissaient comme dans un nid la naissance de leur amitié.\u2014 Cette nuit, Gloria, dit-elle, si vous voulez, je vous conterai la triste histoire de Wilfriede de Veningen.\u2014 Je pense, répliqua Gloria, qu\u2019il vous faudra beaucoup de coûrage pour le faire ; je vous écouterai avec tout mon coeur.Wilfriede inclina silencieusement la tête.\u2014 Nous serons plus tranquilles, pré-cisa-t-elle à voix basse.Le hasard se plaît parfois à donner confirmation d\u2019un propos.A peine Wilfriede venait-elle d\u2019émettre cette opinion que des coups violents retentirent à la porte du palier.Elles échangèrent un regard.Gloria admira la maîtrise que possédait la jeune femme.Elle se leva.\u2014 Qui est là ?demanda-t-elle avant d\u2019ouvrir.\u2014 Baron von Meyserliog.Elle entrebâilla la porte, mais il la poussa avec rudesse et entra.\u2014 Que me dit Ulric, dit-il en jetant un coup d\u2019oeil soupçonneux à Gloria, vous vous êtes blessée ?\u2014 Stupidement, répondit-elle ; avec le battant de ma fenêtre, cette nuit, en voulant la fermer.Dans la chambre de Wilfriede, il la regarda plus attentivement.\u2014 Ce n\u2019est pas très joli, dit-il en faisant la grimace.Cela vous fait mal ?\u2014 Plus maintenant.Ce ne sera rien.Cela ne méritait pas qu\u2019on en parle.M.Ulric m\u2019a donné une bouteille de kirsch.\u2014 Gardez-la ! gardez-la ! coupa le baron d\u2019un air agacé.Et s\u2019adressant à sa nièce : -\u2014 Eh bien ! Wilfriede, vous me reconnaissez, je pense ?.Elle parut ne pas entendre, conserva la même attitude accablée qui pouvait ne pas être feinte.\u2014 Allez, ordonna-t-il avec impatience, levez-vous et venez me dire bonjour ! Wilfriede continuait à ne pas bouger, à ne pas avoir l\u2019air d\u2019entendre ; le baron fit vers elle un pas furieux et, lui prenant un bras, il la secoua rudement.\u2014 Cessez vos simagrées !.cria-t-il.Cela ne prend pas avec moi.Allez, debout et saluez votre oncle.La première année de bébé paraît s\u2019écouler particulièrement vite.Hier seulement, semble-t-il, il était encore si petit .si impuissant, si complètement à vous.Et le voilà maintenant qui Mme Dan Gerber ébauche ses premiers pas chancelants vers l\u2019indépendance.Les audacieux petits pieds s\u2019efforcent d\u2019avancer \u201ctout seufs\u201d.Les petites mains avides, mais encore malhabiles, attrapent tout sur leur passage.Ces efforts vers l\u2019activité sont pour vous des moments de fierté, et pour bébé, de véritables exploits.C\u2019est ainsi que votre chéri entreprend cette grande aventure qu\u2019est grandir .apprenant coordination et contrôle des mouvements.Progrès.Vers cette époque, bébé sera sans doute prêt pour une autre nouvelle aventure .\t.une alimentation \u201cde grand\u201d.Les Aliments Gerber pour Enfants conviennent exactement.De consistance tendre et uniformément hachés, les petits pourvus de quelques dents les mâchent facilement.Us ont aussi la couleur naturelle appétissante, la saveur naturelle qui retiennent l\u2019attention du petit monde de la Chaise Haute.Fruits, Légumes, Dîners, Viandes et Desserts.\u2014 iiiiilill Suggestions Colligées par Mme DAN GERBER Mère de 5 Enfants TOUT AUTOUR DE Pieds à l\u2019aise.Les petits pieds grandissent vite .les mêmes chaussettes ne peuvent servir bien longtemps.Economie: les nouvelles chaussettes en nylon extensible qui s\u2019allongent en s\u2019adaptant au pied en croissance durent indéfiniment.Coin des premiers pas.Dès que bébé commence à trottiner, épargnez-lui culbutes et larmes (particulièrement dans la cuisine) en passant légèrement au papier de verre les semelles de ses premiers souliers à semelles dures.Soulagement.Dentition pénible?Soulagez les gencives tendres avec les Biscuits Gerber pour la Dentition.De surface lisse et de consistance extra-ferme, ils permettent à bébé de mordiller autant qu\u2019il le désire .soulagent merveilleusement les gencives douloureuses.Enveloppés séparément dans du papier de cellophane.\u201cMatériaux de croissance.\u2019\u2019 Les Viandes Gerber pour Enfants sont une source excellente des protéines complètes dont NOUVEAU! 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J\u2019ai dans mes valises un petit poignard que portent toujours sur eux 34 La Revue Populaire SACHEZ QUOI ACHETER/ par LOUISE MARTIN, décoratrice Comment choisir le linoléum qui convient le mieux! Combien d\u2019entre vous, qui portez des bas de nylon, savent ce gue le mot \u201cjauge\u201d signifie?Lorsqu\u2019il s\u2019agit de linoléum, jauge veut tout simplement dire épaisseur.Le linoléum incrusté Dominion, par exemple, se présente en diverses épaisseurs\u2014et 3, seulement, de ces épaisseurs sont employées dans les maisons.Si vous ignorez ce que l\u2019on entend par jauge, lorsqu\u2019il est question de linoléum, vous risquez d\u2019acheter un linoléum trop épais pour l\u2019usage particulier auquel vous le destinez (et vous payez plus que vous ne devriez!) ou trop mince (et vous risquez des déceptions!).C'est pourquoi nous vous suggérons de conserver la liste ci-dessous; elle vous permettra de mieux choisir votre linoléum lorsque vous déciderez d'adopter ce couvre-plancher à la mode du jourI JAUGE A \u20141/8\" D\u2019ÉPAISSEUR En tuiles et à la verge.C\u2019est l\u2019épaisseur indiquée lorsque vous désirez un couvre-plancher d\u2019une durée presque illimitée\u2014notamment si vous mettez du linoléum dans toute la maison au lieu de planchers en bois franc.La jauge A est l\u2019idéal au point de vue \u201célasticité\u201d sous le pied.JAUGE STANDARD\u20143/32\" D\u2019ÉPAISSEUR En tuiles seulement.Légèrement plus mince que celui de la jauge A, le linoléum de cette épaisseur, quoique très durable, ne résistera pas indéfiniment.Employez-le pour des rénovations ou lorsque vous posez du linoléum sur un plancher déjà fait.JAUGE DOMESTIQUE\u2014l/l6\" D\u2019ÉPAISSEUR Se vend en tuiles et à la verge.N\u2019est pas classé dans la catégorie des couvre-planchers durant indéfiniment\u2014mais, bien entretenu, est sensé durer au moins de 10 à 15 ans.Rien de plus simple, n\u2019est-ce pas?Mais de grande importance pour bien choisir.Si vous désirez de plus amples renseignements sur les épaisseurs (jauges) de linoléum, ainsi que des bro-f chures illustrées pour vous aider à créer de ravissants planchers en linoléum, écri-vez-moi à cette adresse: Louise Martin, Service de Décoration Intérieure, Dominion Oilcloth & Linoleum Co.Ltd., 2200 est, rue Ste-Catherine, Montréal.A votre entière disposition pour vous aider à bien acheter, PS : JETEZ UN COUP D\u2019OEIL SUR LA PAGE OPPOSÉE; VOYEZ LES CHARMANTS EFFETS QUE DONNE LE LINOLÉUM! LINOLÉUM DOMINION les hommes qui côtoient les taureaux sauvages.Désormais, je l\u2019aurai sur moi.Il ne me quittera plus.Wilfriede la regarda pensivement.Une émotion soigneusement cachée faisait trembler ses lèvres.\u2014 Gloria, Gloria, dit-elle, cela ne servirait à rien ! Lui n\u2019est qu\u2019une brute, il y a les autres.Vous ne pouvez pas soupçonner jusqu\u2019où ils sont descendus dans la voie du mal, ce dont ils sont capables.Je ne les vois jamais, mais leur haine traverse les murs et m\u2019accable.Ses paupières voilèrent un instant la lumière que l\u2019or jetait dans ses prunelles ; lorsqu\u2019elle les releva, une humidité en atténuait légèrement l\u2019éclat.\u2014 Cependant, je n\u2019ai plus peur, reprit-elle.La pensée de la mort m\u2019est devenue familière et je la considère, à l\u2019encontre du commun des mortels, comme une amie.Je l\u2019attends.Dieu fera le reste ! Dans l\u2019après-midi, les nuages s\u2019étaient fondus dans le ciel et le soleil répandait à profusion la joie de sa c\u2019arté et la douce chaleur de ses rayons ; l\u2019air était frais, chargé de parfums balsamiques.Par la fenêtre grande ouverte arrivaient les derniers chants d\u2019oiseaux, le cri lointain d\u2019un coq.La rivière roulait des eaux claires qui sautillaient allègrement entre ses berges et Gloria suivait des yeux le jeu de l\u2019eau, du soleil, du vent qui, d\u2019un souffle, changeait le reflet de la forêt, moirait d\u2019argent les vertes étendues des prairies.-\u2014 Seigneur ! soupira-t-elle en se tournant vers Wilfriede, dire que, par ce temps, il faut que j\u2019aille m\u2019enfermer dans la chambre dë la baronne-un nid de vipères me serait plus sympathique ! Ce qui me donne un peu d\u2019énergie, c\u2019est que j\u2019ai toujours l\u2019espoir d\u2019apprendre quelque chose qui pourrait nous être utile.\u2014 Pauvre Gloria ! dit la jeune femme ; si vous vous doutiez à quel point ce « nous » m\u2019est doux à entendre, vous auriez plus de courage ! Elle était assise au fond de la chambre et n\u2019avait plus à se donner une contenance en effilant de la laine.\u2014 Ce n\u2019est pas précisément le courage qui me manque, dit Gloria avec sincérité ; la baronne m\u2019inspire une répulsion que j\u2019ai tellement de peine à dissimuler ! J\u2019ai toujours peur qu\u2019elle ne s\u2019en aperçoive.Ce serait la fin de tout ! (Elle jeta cm regard sur son bracelet-montre).Trois heures et demie : voilà, c\u2019est le moment ! J\u2019espère que cela ne va pas devenir une habitude ! \u2014 N\u2019oubliez pas de m\u2019enfermer, recommanda Wilfriede, et ne soyez pas trop longue, si vous pouvez ! \u2014 Vous avez peur que je vous laisse seule ?demanda Gloria avec inquiétude.Les yeux graves de Wilfriede semblaient regarder à travers l\u2019épaisseur des murs, dans une région inaccessible.\u2014 Peur ?murmura-t-elle.Gloria la laissa abîmée dans ses pensées.La baronne était seule avec son carlin qui ne manquait jamais de manifester bruyamment l\u2019antipathie qu\u2019il éprouvait pour Gloria.Après une explosion de cris, d\u2019aboiements inarticulés, il regagnait sa corbeille sur trois pattes, épuisé de l\u2019effort qu\u2019il venait d\u2019accomplir.Au grand étonnement de Gloria, une fenêtre était entrouverte.Elle eut l\u2019impression de respirer plus librement dans un air moins chargé de miasmes.Perdue dans sa robe de chambre, la baronne était frileusement blottie dans un coin de son canapé.\u2014 Venez ici, près de moi, dit-elle à Gloria.Vous me réchaufferez.\u2014 Désirez-vous que je ferme la fenêtre ?.demanda Gloria, qui préférait encore les exhalations méphitiques de la chambre à un voisinage trop tangent.\u2014 Non, surtout non ! répliqua-t-elle avec impatience.Je veux les entendre ; vous aussi, vous allez les entendre ! C\u2019est beau, c\u2019est doux aux oreilles.Tenez, chuchota-t-elle en s\u2019agrippant de ses deux mains au bras de Gloria, écoutez-les.Gloria entendit des aboiements sauvages qui venaient de la montagne.Le vent les leur apportait, menaçants, chargés de fureur, exaspérés ; il y avait des minutes lourdes de silence, puis une voix perçante donnait le signal et les clameurs reprenaient.\u2014 Ils l\u2019ont retrouvé, chuchotait toujours la baronne, dont les yeux luisaient d\u2019excitation.Ils avaient fait défaut ; mais il ne leur échappera pas, écoutez-les ! Ah ! les braves chiens.ce sont des loups, de vrais loups ! Il faut les voir se jeter sur leur proie quand par hasard ils échappent à la surveillance des hommes.Encore, encore une fois ils l\u2019ont perdu.Us le cherchent.Je les ai vus un jour attaquer un cerf.Il y en avait toujours un au bout de ses bois et les autres attaquaient, attaquaient furieusement, enlevant chaque fois un morceau de chair.C\u2019était beau à voir, j\u2019en riais de plaisir.Les entendez-vous toujours ?.demanda-t-elle à Gloria d\u2019un air soucieux.\u2014 Je n\u2019entends plus rien.\u2014 Eh bien ! fermez la fenêtre, dit la baronne avec agacement.Conrad m\u2019avait promis que je pourrais les suivre jusqu\u2019au bout, jusqu\u2019à la curée, qui est la plus belle partie de la chasse.Vous avez vu sa meute ?\u2014 Non, répondit Gloria, en revenant s\u2019asseoir auprès d\u2019elle.Je ne sors jamais.Je ne connais rien.\u2014 Allons, allons, ne boudez pas, dit la baronne d\u2019un ton amène.On vous montrera tout cela, ma petite.Le jour où nous saurons que votre dévouement nous est acquis, vous serez la fille de la maison et j\u2019ai grand besoin d\u2019une fille.(Elle soupira).Mais nous avons une expérience à tenter avec la folle dont vous avez la garde.Votre concours nous sera indispensable.Gloria balbutia quelque chose où il était question de dévouement.fidélité.\u2014 Un genre d\u2019électrochoc, poursuivit la baronne, une idée d\u2019Ulric qui pourrait être bonne.On ne sait jamais ! \u2014 M.Ulric a fait des études sur ces nouvelles méthodes ?demanda Gloria d\u2019un air indifférent.Elle sentit le regard de la baronne peser sur elle avec tout son poids de glace.\u2014 Que vous êtes sotte ! dit-elle.Comme s\u2019il était question de ça ! (Elle se drapa frileusement dans sa robe de chambre).Est-il vrai qu\u2019elle se plaint de la tête ?demanda-t-elle d\u2019un air détaché.\u2014 Ce n\u2019est pas qu\u2019elle se plaigne, répondit Gloria.Je suppose qu\u2019elle ne sait pas dire ce qui lui fait mal ou non, mais elle touche fréquemment son front et son expression est celle d\u2019une personne qui souffre.Quand je lui parle, elle ne répond pas.ou dit des choses tout à fait à côté de la question.\u2014 Pas de chance, pas de chance, marmotta la baronne.(Elle s\u2019agita sur le canapé).Il ne manquerait plus qu\u2019elle tombe malade, maintenant.\u2014 Il ne faut pas vous tourmenter, madame.Je saurai toujours la soigner.Ma mère m\u2019a donné un tas de bons principes qui permettent, dans bien des cas, de se passer de médecins.\u2014 C\u2019est vrai ?\u2014 Oui, dit Gloria en la regardant avec hardiesse.Ma mère se serait bien ruinée si elle avait dû faire venir le médecin chaque fois que l\u2019un de nous était malade ou blessé ! \u2014 Vous avez une mère bien avisée, dit la baronne, en jouant avec les glands de sa cordelière.Cela pourra nous être utile et vous n\u2019aurez pas à le regretter.Un silence tomba entre elles que Gloria n\u2019osait rompre.C\u2019était un silence fait d\u2019une trame épaisse et sombre qui ne laissait passer aucune lueur.La pensée se trouvait prise en lui comme un oiseau dans un piège fermé à toute espérance.Il avait le maléfique pouvoir de vous pénétrer d\u2019un froid mortel.Gloria se tenait immobile, paralysée dans tous ses membres, ayant l\u2019impression que jamais plus elle ne pourrait se lever, marcher, courir ! Soudain, la baronne redressa la tête.\u2014 Tiens, dit-elle, je vous croyais partie !.Qu\u2019attendez-vous ?\u2014\tJ\u2019attendais que vous me donniez la permission de me retirer.\u2014\tEh bien ! allez, allez ; je ne vous retiens pas.Jamais Gloria n\u2019avait éprouvé autant de hâte à retrouver Wilfriede.La jeune femme l\u2019attendait auprès de la fenêtre qui s\u2019ouvrait sur un grand pan de ciel transparent dans lequel se fondaient le gris, le bleu, le vert et l\u2019or du soir.\u2014\tVenez, Gloria, venez voir.Dans le reflet rose du dernier rayon de soleil, il y avait un curieux mouvement.Par petits groupes triangulaires, de grands oiseaux aux longs cous graciles semblaient agiter de leurs ailes la poussière d\u2019opale du couchant.\u2014 Les cigognes, dit Wilfriede d\u2019un accent bas et concentré.Les larmes coulaient lentement de ses joues pâles, tandis que ses yeux restaient rivés sur la beauté de ce crépuscule et ces vivants triangles qui s\u2019évanouissaient de minute en minute.Elle avait mis une main sur l\u2019épaule de Gloria, impressionnée elle aussi par la majesté de ce spectacle.Cependant, il ne pouvait lui faire oublier la menace qui pesait sur Wilfriede et son coeur était chargé d\u2019un poids qui lui faisait mal.XI La lune glissait dans la chambre un rayon blond, fin et doré comme un cheveu d\u2019enfant.Le ciel était pâle, d\u2019un gris transparent et lumineux.On ne voyait pas d\u2019étoiles.\u2014 Il faut que vous sachiez, commença Wilfriede, que, de tout temps, Mey-serling a été l\u2019apanage de la branche aînée de la famille, tandis que Lut-zelbourg revenait à la branche cadette ; et, depuis l\u2019an 1790, nos familles ont un droit, confirmé par le pape, qui rend les filles héritières légitimes au cas où il n\u2019y aurait pas d\u2019héritier du sexe masculin.« Mon arrière-grand-père n\u2019eut qu\u2019un fils.Sa femme, Cristine Kurtz, mourut en lui donnant le jour.C\u2019avait été un mariage d\u2019amour.Quelle put être la vie de ces deux hommes jusqu\u2019au mariage de mon grand-père Wernher de Meyserling avec Léonore-Hélène de Richstein ?On peut se le figurer.Mon arrière-grand-père, ayant consacré toute sa fortune à l\u2019entretien de Meyserling, avait laissé tomber Lutzel-bourg.Lui et son fils vivaient très modestement, s\u2019interdisant tout excès, tous deux animés du même amour de leur terre que mon arrière-grand-père avait su faire partager à son fils.Cependant, ma grand-mère de Richstein apportait une assez belle dot qui permit la restauration de Lutzelbourg et donna à Meyserling un peu de confort, la vie plus large.De ce mariage naquirent trois fils : Rodolphe, Gauthier et Jean-Christophe, le plus jeune, que vous connaissez.Ici, Wilfriede s\u2019interrompit un instant.\u2014 Je me hâte de vous dire, reprit-elle, que autant mon père Rodolphe et mon oncle Gauthier étaient bons et justes, autant Jean-Christophe était brutal et sournois.Il fut, paraît-il, le désespoir de ses parents et la honte de ses frères qui portaient très haut les traditions de courage, de loyauté, d\u2019honneur de la famille.De qui tenait-il ces défauts et son affreux caractère ?C\u2019est le mystère de l\u2019hérédité ! Vous pensez bien qu\u2019on dut tout tenter pour le ramener à de meilleurs sentiments.Sa nature était corrompue, tous les mauvais éléments s\u2019y trouvaient pêle-mêle, ne laissant pas de place aux bons.A l\u2019âge de vingt ans, il quitta l\u2019Alsace, malgré la proposition spontanée autant que désintéressée de mon oncle Gauthier qui lui offrait de lui laisser Lutzelbourg.Il partit la haine dans le coeur contre un destin qui l\u2019avait relégué au rang de benjamin alors qu\u2019il possédait, prétendait-il, les capacités que réclamait le droit de priorité.Je l\u2019ai cependant maintes fois entendu dire par mes parents :\ttous, ils auraient vo- [ Lire la suite page 36 ] Montréal, février 1955 35 'SUM® spjitff, 4ê' Siïeîif.¦WæPÆ t3SS&S*2i 'f **'**'»*\u2019*\u2019> Lâ tendance actuelle est au linoléum dans chaque pièce ! Dans les plus belles maisons du Canada, vous verrez maintenant de superbes planchers en linoléum incrusté Dominion\u2014le couvre-plancher le plus en vogue ! Des milliers de gens aux idées modernes, comme vous-même, préfèrent le linoléum incrusté Dominion dans toutes les pièces de la maison.Et cela, pour ses nombreuses gualités: la beauté remarguable et la diversité de ses effets décoratifs; la gamme étendue de ses couleurs fraîches et gaies; l'inédit de ses motifs; l'extraordinaire facilité de son nettoyage; son incroya- ble résistance à l'usure .sans compter sa propriété d'amortir les bruits.De plus, il est économique: il constitue un plancher permanent n'exigeant aucun autre couvre-plancher ; cependant, il coûte moins cher (installation comprise) que tout autre plancher de qualité similaire (même en bois).Si vous désirez des idées et des renseignements pour créer vous-même de magnifiques planchers en linoléum, écrivez au Service de décoration intérieure de Dominion Oilcloth & Linoleum Co.Ltd., 2200 est, rue Ste-Catherine, Montréal.On peut admirer ce ravissant intérieur dans l'une des fameuses \"maisons de demain\" du Canada.Le plancher est en linoléum Jaspé Dominion.Ce même plancher \u2014 ou l'un des autres superbes linoléums incrustés Dominion \u2014 peut facilement conférer le même charme à votre maison.LINOLÉUM DOMINION QUATRE MODÈLES DIFFÉRENTS EN TUILES OU LA VERGE YMARBOLEUM VJASPE YHANDICRAFT VDOMINION UNI Fabriqué exclusivement au Canada .En vente dans les meilleurs magasins canadiens ^266 36 La Revue Populaire ' -C4 rég«l économe\t.- famille: du P™'p\t^ Une saveur i^^thorteniuS oût de graisse pOlH-ET IPS délices de votre Domestic.1C donne a ce \\a chau selon &w«sr' , >ï»w DOMESTIC If SHORTENING FAVORI AU CANADA NEW UN PRODUIT DE CANADA PACKERS MES RECETTES DE CUISINE [ Suite de la page 29 ] grains de cayenne, plier la pâte en 3, répéter les mêmes opérations, rouler assez serré, tailler en rouelles d\u2019un Vi de pouce et faire cuire sur une tôle à biscuits graissée à 450° F.environ 10 minutes ou jusqu\u2019à ce que les rouelles soient bien dorées.HORS-D'OEUVRE VARIES POUR SERVIR SUR ASSIETTE COMME ENTREE Cole-slaw : Hacher finement 2 tasses de chou bien ferme, 2 c.à tb.de ciboulette ou d\u2019échalotes, 6 olives farcies coupées finement et arroser le tout de sauce française.Servir bien froid.Oeujs farcis au cresson : Faire cuire 6 oeufs durs, les séparer en 2, enlever le jaune et écraser finement.Ajouter 2 c.à tb.de cresson haché fin, % de c.à thé de cari (curry powder), 2 c.à tb.de mayonnaise.Farcir les blancs de cette pâte et garnir d\u2019une rouelle d\u2019olive au piment et d\u2019une petite feuille de cresson.Les oeufs farcis sont toujours appréciés ; on peut en varier la préparation de bien des manières.Chacune est libre d\u2019exercer son imagination.Pruneaux farcis : Faire tremper dans du rhum, des pruneaux jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient assez ramollis pour les dénoyauter.Farcir avec du fromage à la crème et rouler dans des arachides écrasées finement.Petits aspics variés : On fait aussi une gelée de viande avec du consommé en conserve auquel on ajoute 1 c.à tb.de gélatine préalablement gonflée dans 2 c.à tb.d\u2019eau froide et dissoute dans le consommé bouillant.Avec cette gelée, on prépare des petits aspics au poulet, au jambon, aux champignons ou encore des mousses que l\u2019on fait prendre dans de petits moules.\u2022 Mes chères amies, je crois vous avoir donné assez de détails sur les hors-d\u2019oeuvre pour vous aider à les réussir et en varier la présentation.Si quelqu\u2019une désire plus de précision ou d\u2019autres recettes, on n\u2019a qu\u2019à m\u2019écrire et spécifier la recette désirée ; je me ferai un plaisir de la donner dans mon prochain courrier.Je crois bon d\u2019avertir mes lectrices que je ne puis répondre personnellement aux lettres que je reçois, j\u2019espère que toutes me comprendront.J\u2019ai en main actuellement 3 lettres reçues ces jours-ci.Une lectrice de Timmins, Ontario, et une de Greenwood, Nouvelle-Ecosse me demandent de leur envoyer mon livre de recettes.Je leur réponds que l\u2019édition est épuisée depuis longtemps.Actuellement, vous trouvez mes recettes dans Le Samedi et La Revue Populaire et à partir du mois prochain, je donnerai dans mon courrier toutes les recettes que l\u2019on me demandera.Une dame de Québec m\u2019écrit aussi pour me demander des recettes pour entrée.Cette personne n\u2019a qu\u2019à consulter La Revue Populaire de ces derniers temps et elle pourra choisir les recettes qui lui plaisent.Voilà, Mesdames, si vous voulez m\u2019écrire en adressant vos lettres signées d\u2019un pseudo à Madame Rose Lacroix, La Revue Populaire, 975, rue de Bullion, Montréal, vous serez certaines de recevoir toute l\u2019attention que je vous promets.Au revoir, au mois prochain, où il sera question de la cuisson des viandes.Votre grande amie et conseillère, Rose C.Lacroix.-\u2022 [Suite de la page 34] lontiers consenti de lourds sacrifices dans l\u2019espoir de le rendre meilleur.Rien n\u2019y fit.« Mon père avait vingt-cinq ans lorsqu\u2019il épousa Blanche de Bergholtz qui n\u2019en avait que vingt.Ils s\u2019étaient connus très jeunes et ce mariage fut, pour mes grands-parents, une source de joie.Ma mère était belle et charmante et la gaieté lui était aussi naturelle que la chaleur l\u2019est au soleil.Elle aimait rire et son rire était une | musique fraîche et joyeuse qui rem-| plissait tout le château.Ma grand-mère, qui n\u2019avait eu que des fils, ignorait tout ce qu\u2019une fille apporte dans une famille de douceur, d\u2019attentions.Elle fut comblée.Bien vite, ma mère fut adorée de tous, y compris de mon oncle Gauthier qui, au mariage de mon père, s\u2019était installé à Lutzel-bourg.Lui aussi aimait la vie.Il était assez original, très artiste, généreux à l\u2019excès, plein d\u2019esprit et de bonté ; malheureusement, il n\u2019avait pas de santé.Mais, disait-il, du moment que cela ne gênait que lui, il s\u2019en accommodait très bien ! « Vous devinez, d\u2019après cela, ce que fut mon enfance ! J\u2019étais le centre d\u2019une cour toute à ma dévotion ; mes grands-parents, mes parents, mon oncle, de vieux et fidèles serviteurs, tous gravitaient autour de ma petite personne, pour la gâter, la choyer, satisfaire à toutes ses fantaisies.J\u2019avais hérité de la gaieté de ma mère.Toute petite, un rien me faisait rire aux éclats et « j\u2019aimais rire ».Et maintenant, dit Wilfriede d\u2019une voix sourde, je ne sais même plus pleurer ! « Représentez-vous Meyserling, poursuivit-elle en affermissant sa voix, ouvert à la lumière, au soleil, avec des plantes vertes partout.Ma mère avait une pièce spéciale réservée à la confection de ses vases de fleurs.Il y avait des tables, des baquets d\u2019eau, mais elle les faisait toujours à genoux sur le sol.Le jardinier lui apportait des brassées de fleurs qui gisaient à ses côtés ; elle triait dedans ce qui lui était nécessaire et je l\u2019aidais.Je n\u2019avais pas plus de trois ans, mais ces souvenirs si doux restent gravés en ma pensée.« Apportez-moi des marguerites », me demandait-elle.Je cherchais bien et arrivais toute fière avec une botte d\u2019oeillets.Ma mère éclatait de rire et me serrait dans ses bras.Puis, elle me montrait très patiemment à quoi ressemblaient les marguerites et je repartais enchantée de ce savoir fraîchement acquis.Quand le bouquet était terminé, ma mère s\u2019asseyait sur ses talons et me demandait mon avis.« D\u2019autres scènes sont aussi précises.Il y a une chapelle au château, et, dans l\u2019église d\u2019Ottrott, il y a aussi une chapelle réservée aux châtelains de Meyserling.Nous n\u2019allions jamais ni dans l\u2019une, ni dans l\u2019autre, mon père ne voulait pas demander à M.le curé de se donner la peine de monter jusqu\u2019à nous et, à l\u2019église, il pensait avec juste raison que, devant Dieu, il n\u2019y a plus de distance entre les hommes hors celle de leur conscience ! Tous les dimanches, nous allions à la messe, naturellement, quelque temps qu\u2019il fasse, à pied, à travers la forêt.Seuls, mes grands-parents y étaient conduits en voiture avec une vieille domestique qui avait l\u2019âge de ma grand-mère.Ces promenades me ravissaient, nous étions très nombreux, tout le personnel nous y accompagnait.Au printemps, nous partions de bonne heure pour cueillir le muguet, les cyclamens, et nous déposions notre moisson au pied de l\u2019autel.Ce repos dans l\u2019église fraîche tout embaumée des parfums de l\u2019encens et de nos fleurs était pour moi un avant-goût du paradis.J\u2019entendais la belle voix grave de mon père et celle de ma mère, pure comme un cristal, mêlées à celles de tous les fidèles et mon coeur était empli de l\u2019amour de Dieu et de celui que nous devons à notre prochain.Et puis, une fois, je voulus chanter avec eux.D\u2019une voix perçante, j\u2019essayai de les imiter, mais, hélas ! mon chant ne ressemblait à rien.Bien vite, on me fit taire.J\u2019étais fâchée, surtout de voir que bien des personnes riaient.Je revenais dans la voiture de grand-[ Lire la suite page 39 ] Montréal, février 195S 37 PANNEAU À TOUTES FINS \u2019 L\u2019Arborite possède un grand nombre de propriétés utiles dont les principales sont une durée illimitée et la résistance aux brûlures de cigarettes et à différents genres de taches telles celles produites par les acides doux.De plus, il résiste au fendillement, à l\u2019écaillement et aux éraflures.A ce titre, l\u2019Arborite s\u2019est mérité une réputation internationale comme produit de surface idéal pour des fins commerciales et domestiques : planche murale, dessus d\u2019armoires et de comptoirs, etc.Toutefois, sa grande popularité provient principalement du fait qu\u2019il est fabriqué dans une gamme étendue de finis et d\u2019épaisseurs qui se prêtent bien à la coupe et au façonnement par le consommateur lui-même.Avant l\u2019avènement d\u2019Arborite, les plastiques laminés décoratifs, au Canada comme aux Etats-Unis, se limitaient à une feuille de 1/16 de pouce d\u2019épaisseur pour dessus de tables qu\u2019on utilisait comme un contre-plaqué collé.Cependant le laminé de 1/16 de po.d\u2019épaisseur était de manipulation et d\u2019application difficiles.Pour obvier à cette situation, la compagnie Arborite mit au point un panneau de 1/10 de po.d\u2019épaisseur incassable qui pouvait s\u2019appliquer sur des surfaces irrégulières.L\u2019emploi d\u2019Arborite comme planche murale s\u2019avéra donc extrêmement pratique.Au fur et à mesure que la planche On applique une couche d'adhésif Arborite Pres-Tite à la surface du comptoir et au dos du Curvatop.m mm Pour border le devant du comptoir après avoir enduit les deux surfaces d'adhésif Arborite Pres-Tite, on presse la moulure.PS» ' >#\u2022 Pour assurer l'adhérence complète du Curvatop au comptoir, on peut presser au moyen d'un rouleau à pâte comme ci-dessus ou se servir d'un petit bloc de bois sur lequel on tape avec un marteau.Arborite de 1/10 de pouce d\u2019épaisseur grandissait en popularité, la demande commerciale de panneaux de 1/16 de pouce d\u2019épaisseur, genre « dessus de table », s\u2019accélérait sans cesse.Arborite mit cette planche à la disposition des manufacturiers et le produit devint très apprécié comme surface de meubles, tels les meubles en chrome, récepteurs de télévision, machines à coudre, pianos, etc.Cette demande devint si forte qu\u2019elle a entraîné deux expansions majeures de l\u2019usine depuis 1948.De plus, la compagnie Arborite, toujours désireuse de répondre, dans la mesure du possible, aux besoins des consommateurs qui posent eux-mêmes leur Arborite, a mis au point un pan-n»;iu « pré-moulé » d\u2019installation facile et rapide.Mis sur le marché avec la moulure « Edge Trim » et le ciment Arborite « Pres-Tite », à un prix bien inférieur aux installations professionnelles faites sur commande, ce nouveau produit se nomme « Curvatop ».On pose la moulure qui bordera le devant du comptoir.\\ \u2019 On retire le papier d'emballage qu'on avait introduit entre le Curvatop et le dessus du comptoir pour : (a)\ts'assurer que l'adhésif est parfaitement sec : (b)\têtre sûr que la planche Curvatop est bien égale avec les bords avant qu'elle ne colle au comptoir.HEUREUX LES FOYERS 0Ü ON LIT.En ces prochains mois, nombre de foyers se fonderont, et ce n\u2019est pas forcer la vérité de dire qu\u2019il y aura plus de bonheur dans ceux où le goût de la lecture sera pris et conservé.Au demeurant, du temps où elle était jeune fille, la nouvelle Madame était une ardente lectrice de LA REVUE POPULAIRE et du FILM, alors que Monsieur était un fervent lecteur du SAMEDI.Unis dans le mariage, leurs goûts seront désormais unis dans la lecture qui se manifeste idéalement dans nos trois publications spécialement conçues et réalisées pour la distraction du foyer.Si, déjà, vous êtes abonné à nos trois magazines ¦.LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM réservez une très agréable surprise à votre parent ou à votre ami qui doit prochainement faire sa promesse au pied de l\u2019autel.C\u2019est une attention délicate qui sera vivement appréciée et vous aurez conscience d\u2019avoir été à la hauteur pour la modique somme de $5.50.Pour s\u2019y prendre, c\u2019est la simplicité même : vous remplissez tout simplement le coupon ci-dessous, et nous faisons le reste.N\u2019oubliez pas que les foyers heureux sont ceux où on lit, et que LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM sont tout indiqués pour le foyer.OFFRE SPECIALE Lf SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE - LE FILM Canada\tEtats-Unis ?\tCES TROIS MAGAZINES .$5.50\t$8.00 -OU A VOTRE CHOIX- ?\tLE SAMEDI (hebdomadaire)\t3.50\t5.00 ?\tLA REVUE POPULAIRE (mensuel)\t1.50\t2.00 ?\tLE FILM (mensuel)\t1.00\t1.00 IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix ?s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse.Localité.Prov.POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE \u2014 975-985, rue de Bullion.Montréal 18 38 La Revue Populaire VOTRE PAYS VOUS 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Montréal, février 1955 39 -\u2022 [ Suite de la page 36 ] mère, mais dès que j\u2019eus cinq ans, je préférais de beaucoup revenir à pied avec tout le monde.Quelquefois, je faisais la moitié du chemin sur les épaules de mon père et je pensais qu\u2019il s\u2019en fallait de peu que je ne touchasse le ciel ! « C\u2019est vers ma sixième année que je fis la connaissance de Guillaume de Veningen.Ses parents avaient un chalet dans les sapins où ils passaient toutes les vacances.Il avait six ans de plus que moi.\u2014 Guillaume était déjà un petit garçon réservé, froid, assez fier, mais de la fierté qui fait les grands hommes, reprit-elle enfin.Il jouait avec moi, mais surtout me protégeait contre toutes les petites choses qui menacent deux enfants dans les bois, au bord de la rivière.Tous les jours, nous nous retrouvions soit chez moi, soit chez lui, soit dans les bois, sous l\u2019égide de sa bonne ou de la mienne.Nos parents se voyaient avec beaucoup de sympathie et de plaisir.On taquinait Guillaume sur sa petite fiancée.« \u2014 Non, me disait-il d\u2019un ton bref, je ne serai jamais ton fiancé.« Cela me faisait pleurer et je lui en demandais la raison.« \u2014 Je ne suis pas aussi riche que toi, me répondait-il.Je ne pourrais même pas t\u2019acheter une bague.Et on ne peut pas se marier sans bague.« C\u2019est vers cette époque que nous eûmes le malheur de perdre mon oncle Gauthier.Il n\u2019était pas chasseur.C\u2019était une chose qui ne l\u2019intéressait pas.Mais il aimait se promener dans la forêt et ne tenait jamais compte du danger que représentaient ces promenades silencieuses.Il fut tué presque à bout portant par un chasseur, nouveau venu dans le pays et qui n\u2019était pas au courant de ses habitudes.« Malgré ce vide, je sentais toujours autour de moi le faisceau de sécurité que représente la famille.J\u2019allais vers l\u2019avenir avec confiance et sans hâte tant les jours succédaient aux jours, les semaines aux semaines, dans une plénitude absolue.Mon père dirigeait mes études et il savait parfaitement m\u2019y intéresser, me les rendre attrayantes et faciles.Avec ma mère, nous étions comme deux amies inséparables.Mes grands-parents vieillissaient très élégamment.Ils n\u2019avaient pas d\u2019infirmité, gardaient intacte leur mémoire et la table de famille qui nous réunissait trois fois par jour pouvait se réjouir des trois générations qui se retrouvaient autour d\u2019elle avec le même plaisir et dans la même harmonie.Pendant les vacances, Guillaume était fréquemment des nôtres.Il faisait de très brillantes études dans un collège de Strasbourg.Wilfriede se tut.Elle resta silencieuse si longtemps que Gloria pensa qu\u2019elle était peut-être fatiguée.Elle le lui demanda.-\u2014Non, répondit la jeune femme d\u2019une voix étouffée ; ce qui me reste à vous dire m\u2019épouvante par son horreur ; cependant il est nécessaire que vous le sachiez.Laissez-moi faire appel à toutes mes forces.Insensiblement, la nappe de lune avait glissé sur le carreau rouge, le rectangle avait diminué de longueur, mais brillait plus intensément.Gloria se représenta les toits d\u2019ardoises luisant doucement dans la sérénité de cette nuit tranquille.Elle ne pouvait réaliser qu\u2019ils eussent abrité autre chose que l\u2019angoisse, l\u2019épouvante, le désespoir ! Deux mois avaient suffi à la dépouiller de la confiance en elle-même qui lui permettait de penser que ces états tragiques n\u2019étaient pas pour elle, ni de son temps.Gloria se jugeait dépourvue de coeur et de sensibilité, elle était obligée de reconnaître que l\u2019un et l\u2019autre existaient bien, qu\u2019ils s\u2019étaient éveillés à Mey-serling et que tout ce qu\u2019elle redoutait pour Wilfriede ne faisait qu\u2019affirmer leur existence.\u2022 \u2014 J\u2019ai oublié de vous dire, reprit Wilfriede, que pendant ces années heureuses, un nuage avait passé sur Meyserling.Mon grand-père reçut un jour la visite de son fils Jean-Christophe.Qu\u2019était-il venu faire ou dire ?Que voulait-il ?Je ne l\u2019ai jamais su, mais j\u2019appris par ma bonne que grand-père l\u2019avait chassé en lui interdisant de jamais revenir.« J\u2019avais quinze ans quand mes parents formèrent le projet d\u2019aller en Argentine chez une cousine de ma mère qui était mariée à Buenos-Aires.Leur absence ne devait pas se prolonger au-delà de trois ou quatre semaines.Mon père ne quittait jamais son Alsace avec plaisir, mais depuis longtemps ma mère avait envie de ce voyage qu\u2019ils devaient faire en compagnie de leurs amis de Veningen.Ils me laissent auprès de mes grands-parents, me confiant à leurs soins et les recommandant aux miens.Guillaume devait venir passer ses dimanches auprès de nous.Ce fut d\u2019une voix sans timbre, lointaine, aux sonorités éteintes que Wilfriede dit d\u2019un trait : \u2014 Vous devez vous souvenir de l\u2019accident de cet avion ?Ce Constellation qui percuta contre une montagne des Açores ?(Et sans attendre de réponse).Mes parents et ceux de Guillaume étaient parmi les victimes.En apprenant cette affreuse nouvelle, mon grand-père mourut subitement d\u2019une crise cardiaque.Nous restions seules, ma grand-mère et moi.Une petite chevêche rousse et dorée vint se poser sur le rebord de la fenêtre.\u2014 Nous restions seules, reprit-elle, et bien vite je me rendis compte d ela fragilité du dernier soutien qui me restait.Je ne quittai plus ma grand-mère, ni jour, ni nuit, tant je redoutais de la voir partir, elle aussi.Je m\u2019accrochais à sa frêle présence avec l\u2019espoir insensé de la conserver à mon amour le plus longtemps possible.En vain me priait-elle de sortir, d\u2019aller respirer l\u2019air pur de nos montagnes, la peur irraisonnée de ne plus la retrouver vivante à mon retour me clouait près d\u2019elle.Malgré mes soins, malgré ma tendresse, je la voyais s\u2019affaiblir lentement.Guillaume, aussi éprouvé que moi, passait avec nous tous ses moments de liberté, il essayait de m\u2019insuffler de son courage.Ce grand malheur semblait l\u2019avoir revêtu d\u2019une armure de glace ; cependant, pour ma grand-mère, pour moi qui connaissions la délicatesse de ses sentiments, la sensibilité de son coeur, pour moi qui ne doutais pas de son amour, sa présence était un puissant réconfort.Malheureusement, il allait être appelé à faire son service militaire, à s\u2019éloigner de nous qui avions tant besoin de lui, et cette perspective me paraissait ajouter un complément insupportable à la liste déjà trop longue de mes malheurs.« Peu avant son départ eut lieu la cérémonie de nos fiançailles en présence de ma chère grand-mère ! L\u2019amour est une puissance, car je trouvais encore la possibilité d\u2019être heureuse.Dans ses bras, sous le feu de ce regard d\u2019acier pour les autres, de velours pour moi, j\u2019oubliais la précarité de ma situation.Le passé s\u2019effaçait devant l\u2019éblouissante vision de l\u2019avenir.Le lendemain même de son départ, mon oncle Jean-Christophe, sa femme, ses deux fils et Ulric venaient s\u2019installer à Meyserling.Marie-Cléo-phe, Hans et Fritz étaient du cortège.Reconnu mon parent direct, marié, père de famille, rien ne s\u2019opposait à ce qu\u2019il remplisse auprès de moi le rôle de tuteur auquel sa parenté donnait tous les droits.J\u2019étais très riche par ma mère, ajouta preque timidement Wilfriede, elle-même ayant été, avec un frère aîné, la seule héritière d\u2019une fortune considérable.(Elle se tourna vers Gloria).Vous n\u2019êtes pas trop lasse ?\u2014 Non, Wilfriede, lui fut-il gravement répondu.Si vous ne l\u2019êtes pas vous-même, je vous demande de continuer.\u2014 Sur le moment, reprit la jeune femme après un court silence, je ne vis pas cette intrusion d\u2019un mauvais oeil et avais peine à comprendre le bouleversement qu\u2019il provoqua chez ma grand-mère.Elle ne cessait de pleurer, ne me permettait pas de m\u2019éloigner de son lit qu\u2019elle ne quittait plus, la faiblesse l\u2019entraînant tout dou- YARDL6Y
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