La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 février 1956, Février
[" «\u2022 ¦« U sa onr c, y %> m#* îii« ¦ «Ï te'ÿ i PER £3^1 CON MONTREAL, FÉVRIER 1956 Notre roman d\u2019amour : Cu Valse du Pteuaet Soie, par Claude Jaumère boite à lunch.0 0 fîm lejdi d\u2019mnjes fiaîàes entières Quand vous consommez l\u2019orange fraîche entière, vous obtenez les précieuses protopectines qui vous aident à absorber plus d\u2019éléments nutritifs de vos autres aliments.De plus, les oranges Sunkist (et leur jus) sont une excellente source de vitamine C et d\u2019autres principes utiles.Chacun sait comme le jus frais tiré de l\u2019orange est meilleur au goût.Et le jus savoureux pressé au foyer même est aussi meilleur pour vous.Les savoureux solides qu\u2019il garde vous assurent plus de valeur nutritive.Buvez chaque jour un grand verre de jus d\u2019orange Sunkist! Mais quand vous achetez des oranges, assurez-vous d'obtenir Sunkist Marque déposée Les plus excellentes oranges cultivées portent la marque déposée Sunkist sur la peau même.Recherchez toujours cette estampille.N\u2019en acceptez pas d\u2019autre.Comme source de santé et de plaisir, placez une orange Runbist rJc rKiann*» LE NOMBRIL SIGNIFIE: SANS PÉPINS FACILE À PELER COULEUR PLUS VIVE SAVEUR PLUS RICHE Pour peler une orange : Entaillez la peau en six parties tel qu\u2019illustré.Laissez la membrane blanche qui adhère naturellement.Navel Sunkist Marque déposée FRAÎCHES DE L'ARBRE de Californie et d'Arizona Montréal, février 1956 3 t, : '*lp ^\t~; A sec ou à la vapeur-le fer à vapeur G-E repasse tout à.la perfection-des blouses les plus vaporeuses aux costumes de lamages épais.Se transforme instantanément de la vapeur à sec et vice versa au toucher d\u2019un bouton.Le fer à vapeur G-E est aussi versatile que l\u2019atelier combiné du tailleur et du buandier.Tout ce que vous repassez est absolument bien fait.Facile à remplir avec l\u2019eau ordinaire du robinet, le fer à vapeur G-E avec sa très grande semelle, peut repasser à la vapeur les jupes et les costumes, mousser les velours unis ou côtelés .repasser à sec les rayonnes, les cotons, les lainages .même les chiffons vaporeux les plus délicats.Le fer à vapeur G-E est totalement automatique, émet rapidement la vapeur de la façon la plus sûre\u2014goutte à goutte.Au toucher d\u2019un bouton il devient un fer qui repasse à sec.Ne manquez pas de voir ce fer si léger et si pratique maintenant en vente chez votre marchand du voisinage.' ' $1T5° BAS PRIX (SUGGERE) |/ .FER À VAPEUR GENERAL ELECTRIC ' Les accessoires que toutes les femmes désirent le plus\u201d CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED 4 Pouvez-vous aider votre coeur à \u201cbattre\u201d plus longtemps?Une horloge qui a toujours été exacte peut parfois cesser temporairement de fonctionner comme il faut.Il suffit alors qu\u2019elle soit réglée par des mains expertes pour qu\u2019elle reprenne, pendant des années peut-être, son battement normal.Il en est de même en ce qui concerne votre cœur.Plusieurs choses peuvent affecter le cœur.Citons, parmi les plus graves, l\u2019affection cardiaque amenée par le durcissement des artères coronaires.Souvent, quand on parle \u201cd\u2019affection cardiaque\u201d ou de \u201ccrise cardiaque\u201d, il s\u2019agit de troubles causés par une obstruction complète ou partielle d\u2019une des artères coronaires.Il s\u2019agit d\u2019occlusions dont le genre le plus commun porte le nom de thrombose coronaire.Ceux qui souffrent de thrombose coronaire ont de bonnes perspectives d\u2019avenir, qui ne cessent d\u2019être améliorées.Des relevés prouvent que quatre personnes sur cinq sè remettent de la première crise.De nos jours, la plupart de ceux qui survivent à la première crise peuvent reprendre une vie active, avec très peu de restrictions, si, grâce au repos et à des soins médicaux éclairés, le cœur a pu se remettre.Non seulement nombre de ces gens-là ont-ils pu reprendre leur travail et même de lourdes responsabilités, mais ils ont pu continuer de travailler pendant de longues années.Au fait, le travail leur a même été salutaire.Des milliers d\u2019autres personnes, souffrant d\u2019affections cardiaques diverses, mènent également une existence heureuse et jouent un rôle utile dans la vie.Si elles peuvent le faire, c\u2019est parce qu\u2019elles ont appris, avec l\u2019aide de leur médecin, à soulager le cœur des \u201cfardeaux\u201d dont on peut le soulager, tels que ceux qu\u2019imposent l\u2019obésité, les exercices éreintants, la fatigue et les troublés émotifs.Ces exemples devraient nous rassurer et redonner de l\u2019espoir.Toutefois, n\u2019oublions jamais que les affections cardiaques restent toujours la principale cause de décès, dans notre pays.Si vous approchez de l\u2019âge mûr, c\u2019est le moment de protéger votre cœur en prenant les précautions suivantes : 1.\tEvitez l\u2019obésité.Si vous pesez trop, suivez les conseils que vous donnera votre médecin pour maigrir.2.\tFaites régulièrement des exercices, mais avec modération.Arrêtez-vous avant de devenir trop fatigué.3.\tFaites-vous examiner périodiquement par le médecin.N\u2019attendez pas que des symptômes d\u2019affection cardiaque vous obligent à le consulter.4.\tSuivez les conseils que vous donnera le médecin au sujet de vos habitudes.Rappelez-vous qu\u2019un cœur normal est un organe très fort, qui possède une très grande résistance.Même un cœur malade peut encore remplir sa tâche et, avec les soins voulus, il peut le faire jusqu\u2019à un âge très avancé.Si vous désirez en apprendre plus long sous ce rapport,demandez un exemplaire gratuit de la brochure publiée par la Metropolitan sous le titre Votre Coeur.COPYRIGHT CANADA.18S6\tMETROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY\tMetropolitan Life Insurance Company\tAl/\t/ Direction Général au Canada\t/ Metropolitan Life\t( Cept.H.W_; Ottawa 4.Canada.\t/ Insurance Company\tVeuillez m\u2019envoyer un exem- ^ (.COMPAGNIE À FORME MUTUELLE)\tintitulée: \u201cVotre Cœur\u201d.Siège Social: New-York\tNom\t Direction Générale au Canada:\tRue\t Ottawa\tVil|e\tProv\t 49e ANNEE No 2 MONTREAL.FEVRIER 1956 SOMMAIRE Littérature Madame Pierre Dupuy, par Madeleine Vaillancourt Ce dont on parle, il par Lucette Robert .8-9 Bizarreries de la Censure, par Ringuet .Anna Pavlova, telle que je l\u2019ai connue, par Pierre Tugal .11 12 Le bal du Musée des Beaux-Arts de Montréal\t13 NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR: LA VALSE DU PREMIER SOIR par Claude Jaunière .14-15 ¦ Février, le mois des collections .i*¦*:«, 2m JluHlttl WÊ ¦ >> Pratique et inédit, cet ensemble de voyage dont le chemisier de lainage noir est bordé du même tissé tweed rouge que la jupe, et le manteau bordé d'astrakan.Création Dior.à Montréal, février 1956 11 BIZAtttMES DE LÀ (EtlSURE [iaX illnqud* Vitupérer ?Et contre quoi ?Oh ! ce ne sont pas les occasions qui manquent.Au bilieux, tout est prétexte à jeter sa bile.Il voit des monstres là où nous ne voyons rien, nous gens pour qui la bonne humeur est à la fois un guidon et un système.Pourtant, même à nous il arrive que notre digestion ou un mince événement nous donne de l\u2019impatience.Aujourd\u2019hui, j\u2019en suis là.C\u2019est à la censure que j\u2019en ai.Mais oui, contre la censure et même contre la vertu, si vous voulez.Je lui en veux de son manque de discernement.Mais je n\u2019ai rien contre les censeurs officiels.Ce sont de braves gens qui ne font qu\u2019appliquer les canons de leur, de notre milieu.Ils sont la moyenne faite chair, comme il se doit.Et maintenant, n\u2019allez pas croire que j\u2019en veuille à la, censure d\u2019être trop sévère.Tant s\u2019en faut.Je lui reproche au contraire d\u2019être lamentablement tolérante ; au point de me scandaliser.De ne jouer des ciseaux qu\u2019avec indulgence.Pour se servir du nom que l\u2019on donnait à la censure en 1918, je voudrais Anas-tasie plus dure et de beaucoup.Bref, je voudrais ou bien que la censure fût à propos, ou bien qu\u2019il n\u2019y en eût pas du tout.La censure existe, c\u2019est un fait.Qu\u2019elle soit nécessaire en est un autre ; bien que sur ce dernier point, on pourrait encore ergoter.Particulièrement sur la censure du cinéma.Dame ! il faut songer que les enfants, chose excellente, se voient interdire les spectacles.Au contraire des Etats-Unis où j\u2019ai vu avec répugnance des gosses de dix ans regarder sur l\u2019écran les pires violences.Cette censure de l\u2019image est la plus connue et la plus sensible.Rien n\u2019est projeté sur nos écrans qui ne porte son estampille.Il y a bien aussi une censure de la radio et de la télé- vision ; tout comme une surveillance de l\u2019imprimé.Moins évidentes, celles-là sont tout aussi existantes.Elles ne comportent point, en fait, de censeurs attitrés.Elles sont laissées à des zélateurs.Ce qui les rend encore plus effectives.Du fait que personne n\u2019est officiellement chargé de l\u2019épuration, tout un chacun se croit autorisé à intervenir.Il est même certaines bonnes âmes qui s\u2019y croient obligées.Mais arrivons-en à quelque chose de précis.Car il faut bien que quelque événement, même petit, ait déclenché chez moi cette issue de vinaigre dont je suis, grâce au ciel, peu coutumier.Me promenant l\u2019autre jour, je suis passé devant une salle de cinéma.Une salle de quartier, d\u2019un de nos bons quartiers canadiens et catholiques où la police n\u2019a jamais à intervenir que pour des querelles de ménage.Le vestibule du cinéma était tapissé d\u2019une vingtaine d\u2019affiches multicolores et criardes ; affiches d\u2019un goût lamentable ; mais passons.Or sur la vingtaine d\u2019affiches j\u2019ai compté, plus ou moins dissimulés, ce qui suit : onze revolvers, deux couteaux, une massue, plus quatre assommades et un étranglement ; mises à part trois étreintes passionnées.L\u2019une des affiches offrait aussi un décolleté un peu bas ; une esquisse de ligne d\u2019ombre verticale sur la poitrine.Fort prudemment, le timbre de la censure était venu réduire à l\u2019unité la dualité naturelle et abondante du corsage.Un peu plus tard, rentrant chez moi tout songeur, je trouvai dans la ruelle une bande de galopins.Chacun avait un revolver-joujou; certains mêmes deux! Les chefs de bandes maniaient avec adresse une mitraillette parfaitement imitée.Et tout ce que l\u2019on entendait comme ronde enfantine c\u2019était : « Pan ! Pan ! Pan ! Les mains en l\u2019air.Je te tue.Pan ! Pan ! Sur les affiches de cinéma, le timbre de la censure réduit à l'unité la dualité naturelle et abondante d\u2019un corsage .mais on voit sur d'autres revolvers, couteaux, massues, scènes d'étranglement, pour l'édification des galopins.Pan ! Tu es mort ! » Dans la bagarre générale qui suivit, une petite fille mêlée à ces jeux tomba, comme on dit en bon français, cul par-dessus tête.Sa mère avait jusque-là regardé avec attendrissement les amusements innocents de cette belle jeunesse.Mais quand la fillette eut par inadvertance montré de ses cuisses grand comme un timbre-poste, la mère poussa un hurlement épouvanté.En termes violents, elle rappela à la décence sa criminelle rejetonne.C\u2019est alors que je sentis la moutarde me monter au nez et que j\u2019éprouvai un violent tremblement de ma conscience collective.Fouillant dans ma mémoire, je repassai le Décalogue, les commandements bien connus, base de la morale courante chez les Occidentaux.J\u2019en trouvai bien un qui disait formellement :\t« Tu ne tueras point ».Mais les reprenant tous, à l\u2019endroit comme à l\u2019envers, je n\u2019en trouvai point qui fît un crime de montrer un bout de la peau dont la nature nous a gratifié.« Tu ne seras pas adultère », dit la ta-[ Lire la suite page 50 ] * On doit à Ringuet (le docteur Philippe Panneton), de l\u2019Académie canadienne-Irançaise, de nombreux ouvrages, dont Trente Arpents, Un monde était leur empire, Le poids du jour et L\u2019Amiral et le Facteur.« 12 La Revue Populaire llllill j | j I mm La jambe et le pied d\u2019une danseuse célèbre intéressent toujours les spécialistes et le grand public.Ceux d\u2019ANNA PAVLOVA ont été moulés plusieurs fois.Pied mince et étroit, coup-de-pied proéminent, cheville fine, muscles tendus à force de travail mais qui, admettez, n\u2019excluent pas l\u2019élégance.Anna Pavlova, telle que je l\u2019ai connue.le de endredi, le 23 janvier 1931, mourait à La Haye une des plus célèbres artistes du siècle, une des plus illustres danseuses de tous les temps, Anna Pavlova.Grâce à son intelligence pénétrante, à son corps, véritable symphonie rythmique ; par son immense talent, elle dansait aussi bien les ballets classiques et les modernes, que les danses gaies ou nostalgiques.Tout était possible pour Anna Pavlova, car elle possédait à fond la technique de la danse et avant d\u2019être célèbre à 1 étranger, elle fut acclamée en Russie même, comme la plus remarquable ballerine d\u2019un pays si riche de danseuses hors ligne.Anna Pavlova a raconté elle-même l\u2019histoire de son enfance et de ses débuts dans le journal russe Le Soleil de Russie (Solntzé Rossii.) Sans fausse honte elle avoue que ses parents étaient pauvres, très pauvres.Enfant unique, elle n\u2019avait jamais connu son père, qui, dit-on, était un militaire issu d\u2019une famille de pauvres paysans.Sa mère était très pieuse et s\u2019occupait tout particulièrement de l\u2019éducation religieuse de sa fillette.Elle n\u2019en était pas moins une passionnée de théâtre qui amenait souvent sa fillette au Théâtre Marinsky.Il est vrai qu\u2019Anna, née le 31 janvier 1882 à Saint-Pétersbourg (aujourd\u2019hui Leningrad), deux mois avant terme, était restée longtemps une enfant faible et débile.monde entier commémore en ce moment vingt-cinquième anniversaire de la mort la plus célèbre danseuse du XXe siècle.\\ia\\ jHeVie Juqat Ne pouvant lui donner tout le soin dont elle aurait eu besoin, la mère dut se résigner à confier la petite Anna à sa grand-mère maternelle qui habitait Ligovo, à une quinzaine de milles de Saint-Petersbourg.La vie à la campagne et l\u2019amour passionné de la grand-mère pour la petite « Noui-ra », comme on l\u2019appelait dans la famille, devaient jouer un rôle important dans le développement de la grande balle-rine, qui aimait et comprenait la nature et les animaux d\u2019un amour quasi métaphysique.Le petit village était entouré des champs et des forêts dont les propriétaires permettaient à la fillette de fréquenter leur domaine.Elle était souvent seule et courait les bois pour cueillir les fleurs, les baies, les champignons.La nature sévère et nostalgique de cette région septentrionale pénétra profondément dans l\u2019âme de la petite fille.Toutes les personnes qui ont connu plus tard Anna Pavlova étaient étonnées par son amour et sa compréhension extraordinaire de la nature., La petite Anna fut admise, après quelques difficultés, à l\u2019Ecole Impériale, sorte de couvent moderne d\u2019où toute frivolité était bannie et où régnait une inflexible discipline.Entrée à dix ans et sortie à seize, elle fut immédiatement engagée et quatre ans après, en 1903, elle était déjà nommée première danseuse.Dès lors sa carrière fut éclatante.Elle devint prima-ballerine et fit de nombreuses\t[Lire la suite page 46] Fs ¦' Deux attitudes d\u2019Anna Pavlova dont le charme était irrésistible sans qu\u2019elle fût ni coquette ni femme fatale.La Mort du Cygne fut son plus grand succès.Son répertoire était considérable, allant du grand classique au populaire.¦hIé in mu «ÉüiM Montréal, février 1056 13 \"¦-mm mj mmm De g.à d.: M.et Mme GUY LANCTOT, M.ROGER VIAU.vice-président du Musée, et Mme VIAU.Mmes LANCTOT et VIAU sont toutes deux vice-présidentes du Comité féminin du Musée.salle de bal, où jouait l\u2019orchestre Alexander, les tableaux de l\u2019exposition courante avaient été remplacés par des Vieux Maîtres dont les « immortelles » faisaient paraître plus fraîches \u2014 et tout aussi somptueuses \u2014 les robes des danseuses d\u2019un soir.Le hall d\u2019entrée était d\u2019un blanc de givre avec ses branches pétrifiées passées à la chaux, ses feuillages rouges et ses chrysanthèmes et pompons dans les vasques de pierre et le long de la rampe d\u2019escalier ; celle-ci avait aussi sa décoration humaine de Grenadiers en uniformes écarlates et bonnets de fourrure.Le Comité du Bal recevait en haut de l\u2019escalier de marbre, sous des arches de sapins au-dessus desquels rayonnait une nuit bleue et transparente, grâce à un dais de soie sur lequel jouaient des réflecteurs.Un des bars était rouge et blanc, l\u2019autre avait des appliques truquées en cuir doré d\u2019où partaient cependant (par quel miracle d\u2019équilibre !) des bougies suspendues à des fils de fer, des pendeloques de vrai cristal.Mais la féerie atteint son apogée dans la salle de conférences transformée pour le souper (généreusement offert par l\u2019hôtel Ritz Carlton) avec des sapins turquoise peints sur les trumeaux et des lustres tout à fait fantaisistes sur nos têtes.Le Bal des Beaux-Arts fut cette chose rare : un bal pour la jeunesse et pour les adultes.\tL.R.M.et Mme CHARLES TASCHEREAU (Photos Posen Portrait Studios! De g.à d.: M.BARTLETT MORGAN, président du Bal, et Mme MORGAN, M.JOHN STEEGMAN, O.B.E.conservateur du Musée.Mme et M.CLEVELAND MORGAN, président du Musée, et Mme ANSON McKIM.LE BAL DU MUSEE DES BEAUX-AÜTS DE MONTREAL WIN voyant le décor « Féerie d\u2019Hiver », créé par M.Campbell Tinning pour IJ'le bal annuel du Musée des Beaux-Arts, j\u2019ai pensé au rêve de Marie IjBell dans « Carnet de Bal » et au contraste cruel que Duvivier avait fait entre le rêve et la réalité d\u2019une fête.Celle qui eut lieu, en décembre dernier au Musée, dépasse encore une fois ce que nous attendions de ce cadre exceptionnel qui vaut, par ses oeuvres d\u2019art, les hôtels particuliers de Paris, les palais de Venise et les grandes demeures anglaises et espagnoles.Dans la M.BARTLETT MORGAN et Mme JEAN CONTAT. I ÎWfre Wman d'am&ub a du Pi emtei \u201cM ADEMOISELLE ! Oh !.L'appel léger, étouffé, m'avait cependant sortie de mon sommeil.peut-être parce que je l'attendais.D'un bond, j'avais sauté hors de mon lit et j'avais couru pieds nus à la fenêtre.Jerry était en bas et, dans le froid rayon de lune qui baignait la cour, je distinguais sa figure pâle, levée vers moi, ses cheveux roux qui luisaient, plaqués contre son crâne.Frissonnante, car cette nuit de mars était glaciale, je me penchai et jetai rapidement : \u2014 Alors ?\u2014 ELLE est née ! \u2014 Elle ?Mon exclamation avait été plus sonore que je ne l'aurais souhaité et nous restâmes une seconde en attente, pour savoir si elle avait réveillé quelqu'un dans la maison.Rien ne bougea et je chuchotai, incrédule : \u2022\u2014 Vraiment ?C'est une .\u2014 Oui, mademoiselle, une jolie petite alezane, avec une étoile blanche au front.Vous m'aviez demandé de vous prévenir, alors, malgré la défense de M.Hobson .\u2014 Merci, Jerry, je descends.Je veux la voir.\u2014 Votre père ne sera peut-être pas très content.Il voulait vous faire la surprise.\u2014 Ne vous inquiétez pas ! Attendez-moi ! Je viens.Je refermai la fenêtre et m'habillai en vitesse : un gros lainage, ma culotte de cheval.Je pris mes bottes à la main pour ne pas faire de bruit en descendant l'escalier.Veine ! J'arrivai à éviter les marches qui grincent et je fus dehors après avoir déverrouillé la porte.Jerry m'attendait, frissonnant lui aussi, dans l'air glacé.Sans un mot, nous nous dirigeâmes vers l'écurie.Nous étions à présent assez loin de la maison pour pouvoir parler.\u2014 Tout s'est bien passé ?\u2014 Un peu long.Bella a été courageuse, mais c'était pénible.Nous étions là, avec votre père, pour l'aider et nous n'avons pas eu besoin d'appeler le vétérinaire.' Je murmurai, rageuse: \u2014 Pourquoi ne m'a-t-il pas laissée veiller avec vous ?\u2014 Ce n'est pas votre place.J'ai refréné mon envie de dire à Jerry que, depuis si longtemps que je vis au milieu des chevaux, on pourrait bien, maintenant que j'ai plus de dix-huit ans, me permettre d'assistei à la naissance d'un poulain, surtout quand il a été convenu que, si c'était une femelle, elle serait ma propriété.Je n'ai pas voulu montrer ma mauvaise humeur.Nous venions d'entrer dans le box où Bella, encore haletante, le flanc palpitant, tournait vers moi sa tête\t[Lire la suite page 17] fia\\ Claude ÿaunièïe Versailles de lourd satin plissé sur des bandes droites et un corsage en forme est une création Heim, présentée au Bal de la Ligue de la Jeunesse féminine.(En vente chez Ecton's) ; [ ' « $ ¦M La grande attraction du Bal de la Ligue de la Jeunesse féminine fut un défilé de modes spécialement créé par Jacques Heim de Paris pour cette occasion.Voici le charmant modèle LaFontaine.La maison Jacques Heim de Paris a une succursale qui s'appelle Helm, Jeunes filles.Ce modèle Chantilly est un long fourreau de dentelle soulignée d'un ruban de velours rouge.FEVÜIEG, LE MOIS DES COLLECTIONS FEVRIER est comme un trait d'union entre l'Hiver et le Printemps.Les grandes maisons présentent les nouveaux modèles, New York consacre une semaine entière à la mode sous tous ses aspects (nous en parlerons longuement dans notre prochain numéro) et la femme audacieuse achète son premier chapeau de paille.Ne vous moquez pas d'elle ; plus logique que celles qui vont tête nue dans notre climat, leur bibi\u201d clair met une note fugitive de soleil sous le ciel gris.Deux maisons importantes de la Haute-Couture française ont créé une véritable révolution en présentant leur collection quinze jours après leurs rivaux \u2014 ce qui ennuie considérablement les acheteurs américains et nous prive d'une vue d'ensemble.Vous voyez donc, dans ces pages, (10 et 16) des suggestions intéressantes pour le printemps (le costume de tweed de Dior et l'ensemble de France Davies), des modèles exclusifs de Jacques Heim (en vente chez Eaton) et une robe de Grès qui semble s'inspirer des draperies des Tanagra.Vous constaterez que la ligne est encore fluide, que le mouvement blousant ou l'envol d'une jupe sont placés à 1 arrière et que les broderies somptueuses donnent à la femme l'air d'une princesse des Mille et une Nuits.Jusqu'aux cotonnades qui arborent un petit air exotique dans leur imprimé ou leur coupe.La maison Marchington, célèbre depuis soixante ans pour ses robes de coton, lançait ses derniers modèles pour 1956 à Montréal.Robes d'après-midi, robes du soir, robes de cocktail aux tons dorés comme un Van Gogh, rouges profonds et bleus crus de Gauguin ou simples mignonnettes d'un jardin de campagne.Nous commencerons le mois prochain à vous parler du Fashion Week de New York en vous présentant les derniers chapeaux, robes, déshabillés qui vous feront tourner la tête __ et tourner les têtes sur votre passage.Idéale pour le voyage et les vacances, cette robe quatre-saisons de Dayval Dress en tissu tweed à base d'Arnel qui se lave, sèche rapidement pendant la nuit et n'a pas besoin d'être repassée.Les plis sont permanents.Tissage : Duplan.f\t.\u2014.IM ; | ; ¦üï I FRANCE DAVIES a utilisé d'une façon ingénieuse les rayures multicolores de ce coton fabriqué par Styled Cottons (Dominion Textiles).Dos blousant et pli dans la jupe étroite.La doublure du manteau est taillée en toile d'araignée.Ijgjjjl Les magasins présentent la collection printanière des cotons anglais Marchington dans des modèles pour tous les âges.La ligne \"torse\" est simulée par un panneau de plis et la taille est non ceinturée.À Montréal, février 1956 17 LA VALSE DU PREMIER SOIR [ Suite de la page 15 ] sensible.Elle semblait me montrer son enfant flageolant sur ses grosses pattes maladroites.J\u2019ai l\u2019habitude des jeunes poulains et, en dépit des explications de Jerry, tendant à me démontrer que l\u2019animal était magnifique, je restai sans enthousiasme devant celui-ci.L\u2019étoile blanche de son front était la seule grâce que je lui trouvais, peut-être aussi la couleur de son pelage assez clair, mais je le jugeais mal proportionné et je n\u2019avais pas l\u2019impression de lui voir jamais réaliser mon rêve de posséder une belle jument, que je monterais en Concours Hippique.Devant mon silence, et tandis que je caressais le cou de Bella qui appuyait sa grosse tête sur mon épaule, il m\u2019expliqua : \u2014 Elle sera magnifique, regardez ses aplombs.Et puis la tête est fine.Elle sera sensible, voire même ombrageuse, mais avec vous, elle sera bien en main.L\u2019inefficacité de son raisonnement apparut à Jerry qui se tut et flatta doucement la jeune pouliche, collée contre sa mère.J\u2019étais très déçue, avec une envie soudaine de pleurer.J\u2019avais trop attendu cet événement et j\u2019avais tout à coup l\u2019impression qu\u2019il ne comblerait pas mes espoirs.Il me faudra faire attention demain de ne pas trop le montrer à papa, quand il me présentera triomphalement son cadeau.Je me tournai vers Jerry.Son maigre visage me souriait, amical, et je pense qu\u2019il se moqua un peu de moi quand il me dit : \u2014 Elle ne vous plaît pas ?Je secouai la tête et avouai : \u2014 Pas du tout.Il jugea inutile de défendre davantage l\u2019animal et se contenta de dire, avec une pointe d\u2019ironie : \u2014 Je regrette de vous avoir réveillée.Je n\u2019ai pas voulu discuter avec lui.Il ne m\u2019aurait pas comprise : j\u2019avais mis tant d\u2019espoirs dans ce cadeau.Il s\u2019était détourné et donnait des ordres au garçon d\u2019écurie.Je me suis éloignée lentement et ai gagné la porte.Sur le seuil, le froid de la nuit m\u2019a saisie et j\u2019ai reculé vers l\u2019écurie tiède.Jerry m\u2019a rejointe et, sous la lumière de l\u2019ampoule électrique, j\u2019ai vu son expression amusée, cordiale.\u2014 Allons, mademoiselle, ne vous désolez pas, vous aurez changé d\u2019avis avant un mois.\u2014 Vous croyez?ai-je murmuré maussade.Que dit papa ?\u2014 C\u2019est son avis que je vous transmets.Je me suis apaisée et le sourire de Jerry s\u2019est fait réconfortant.J\u2019ai en lui un ami, je le sais.Il n\u2019a pourtant jamais prononcé un mot qui permette de penser qu\u2019il a pour moi quelque affection.Il est entré à la maison il y a quatre ans.Il arrivait d\u2019Irlande, sortant d\u2019une école d\u2019agriculture.Il est à demi Français par sa mère.Son père est éleveur, comme nous.Jerry aime les chevaux et très rapidement, il est devenu, pour papa, un collaborateur indispensable.Souffrant d\u2019une ancienne blessure de guerre, qui lui paralyse peu à peu la jambe droite, papa a de la peine à se déplacer, à conduire sa voiture.J\u2019avais vu d\u2019un mauvais oeil arriver cet intrus, car je me croyais capable de seconder mon père.Les études ne m\u2019ont jamais passionnée et, à quatorze ans, je considérais que j\u2019en savais assez.Maman n\u2019en a pas jugé ainsi et j\u2019ai été maintenue en pension jusqu\u2019à mes dix-huit ans révolus.A présent, je suis libre et papa accepte que je travaille avec lui, c\u2019est-à-dire que je monte nos chevaux ; je participe au dressage avant qu\u2019ils ne soient vendus.Depuis mon retour à la maison, qui a eu lieu en automne, nous nous partageons, Jerry et moi, ce travail délicat.J\u2019aime bien Jerry, encore qu\u2019il y ait parfois dans ses yeux pâles, d\u2019un gris changeant, une expression qui me surprend, me met mal à l\u2019aise.Il vit donc chez nous depuis quatre ans.Il est un peu comme mon frère ou mon cousin, mais il ne s\u2019est jamais permis aucune familiarité, m\u2019appelle toujours « Mademoiselle », et j\u2019ai l\u2019impression que j\u2019ignore tout de lui, sauf son amour pour les chevaux et son dévouement à papa.Je ne sais pourquoi ces réflexions m\u2019étaient venues tout d\u2019un coup.Je ne m\u2019étais jamais posé de questions le concernant et, presque malgré moi, j\u2019ai dit : \u2014 Vous n\u2019allez jamais chez vos parents ?Son visage rieur s\u2019est brusquement fermé.Sans répondre, il s\u2019est détourné, comme si la pouliche avait eu soudainement besoin de tous ses soins.Je n\u2019ai pas insisté et j\u2019ai crié en sortant de l\u2019écurie : \u2014 Bonne nuit, Jerry! \u2014 Bonne nuit, Mademoiselle ! Dehors, j\u2019ai grelotté de froid et j\u2019ai couru, très vite, jusqu\u2019à la maison.Personne n\u2019avait bougé.On ne s\u2019était pas aperçu de mon absence.J\u2019ai monté l\u2019escalier sur mes bas de laine et je me suis glissée, transie, dans mon lit encore tiède.Maman me réveille en m\u2019apportant mon déjeuner.\u2014 Debout, paresseuse ! fait-elle, rieuse.Elle le dit sans conviction et ne doit pas avoir l\u2019intention de me faire lever, car elle s\u2019est assise sur le pied du lit, pendant que je mange de bel appétit.Maman est une femme adorable.Nous n\u2019avons pas du tout les mêmes goûts.Je l\u2019irrite souvent par mon manque de coquetterie.Son rêve serait de me voir devenir une jeune fille posée qui, sous sa direction, se transformerait en une excellente maîtresse de maison.Elle m\u2019imagine mariée, avec de jolis enfants.Mon allure, comme mon travail de garçon, la navrent.Je ne sais pas tenir une aiguille, les romans m\u2019ennuient et les seuls livres auxquels je m\u2019intéresse se rapportent aux chevaux et aux chiens.J\u2019aurais voulu faire des études pour être vétérinaire.Outre que mes aptitudes intellectuelles étaient assez restreintes, maman s\u2019y est opposée et je n\u2019ai pas voulu la contrarier.Ma vocation est bien plus d\u2019être jockey, garçon d\u2019écurie ou fermière.Maman, est jolie, raffinée.Entre papa qu\u2019elle admire et qu\u2019elle aime, et moi, complétée par le taciturne Jerry, elle n\u2019a pas beaucoup de satisfactions mondaines.Elle a renoncé à me faire paraître aux réunions qu\u2019elle organise.Je suis maladroite pour servir le thé, si mal à l\u2019aise avec une robe, dans un salon, si hostile et silencieuse, qu\u2019après m\u2019avoir un temps contrainte à y venir, elle ne songe même plus à le faire.Mon manque de féminité, comme elle dit, la désespère.Par contre, quand papa donne un déjeuner d\u2019affaires où paraissent des acheteurs, des propriétaires de chevaux, des entraîneurs ou des jockeys, je suis toujours là et je participe aux conversations.Malgré ma jeunesse, on m\u2019interroge souvent, parce que je connais les qualités ou les défauts de nos pensionnaires et ma compétence est reconnue.Ce matin, maman paraît disposée à s\u2019attarder auprès de moi et il y a, sur son visage fragile, une expression de malice qui m\u2019intrigue.Le soleil de mars entre par la fenêtre et vient caresser sa robe de jersey couleur noisette, la teinte même de ses yeux.Ma tasse de chocolat reposée sur le plateau, je me décide à dire : \u2014 Tu as quelque chose à m\u2019annoncer, petite maman ! Je pense à la fille de Bella et j\u2019attends.Quoiqu\u2019il me coûte de dissimuler mon escapade de la nuit, mon silence ne m\u2019apparaît pas tout à fait comme un mensonge.Maman sourit et s\u2019écrie : \u2014 Voyez cette psychologue ! En effet, j\u2019ai une grande nouvelle.J\u2019ai reçu ce Le bonheur de l'enfant ne repose pas simplement sur sa santé, qui exige des soins constants, mais sur la patience, la bonne humeur et l'ingénuité des parents.V'V';' .sV- B .m «lillil tslllli VOICI, MAMANS le soulagement rapide de LA TOUX des enfants Le sirop pour la toux le plus vendu au Canada pour les enfants \u2022\tPréparé spécialement par Buckley pour dissiper l\u2019étouffement causé par la toux.\u2022\tCalme l\u2019irritation de la gorge \u2014 rapidement, sans danger.\u2022\tEt si agréable à prendre \u2014 les enfants adorent sa saveur de bonbon à la merise.\u2022\tPréparation à la vitamine C, la vitamine dont votre enfant a le plus besoin lorsque sa toux est accompagnée de fièvre.\u2022\tNe dérange pas l\u2019estomac des enfants, ni leur appétit.\u2022\tLe favori au Canada \u2014 utilisé par les mamans de toutes les provinces.Lorsque votre enfant l\u2019aura goûté, il en raffolera.Achetez-en une bouteille aujourd'hui.JACK et JILL pour les enfants, le seul SIROP POUR LA TOUX à la vitamine C 50/ seulement MAMANS! 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Le fils de ma meilleure amie, mon filleul, qui, depuis la mort de cette pauvre Berthe, est pour moi comme un fils ! \u2014 Une fille plutôt, ai-je marmonné.Je n\u2019ai pas vu Régis depuis au moins cinq ans.Le hasard qui fait quelquefois bien les choses, a voulu que je ne sois jamais là quand il est venu à la maison.Pour avoir été \u2014 oh ! très peu \u2014 camarades d\u2019enfance, Régis et moi n\u2019avons jamais eu d\u2019affection l\u2019un pour l\u2019autre.Si nous avons caché à nos parents réciproques notre inimitié, nous nous sommes, au cours des moments qu\u2019il nous fallait passer ensemble, copieusement détestés, voire même battus.Plus exactement, c\u2019est moi qui ai battu ce grand dadais, maladroit et timide, qui était bien plus à son aise dans le salon, auprès des dames, qu\u2019avec moi à l\u2019écurie, ou sur une piste d\u2019entraînement à sauter les haies.Bien qu\u2019il soit mon aîné de plus de quatre ans, je l\u2019ai beaucoup malmené et j\u2019ai pris un plaisir pervers à lui faire salir ou déchirer le beau costume dans lequel il venait se pavaner.Il avait peur des chevaux, des chiens et quand un rat surgissait d\u2019un tas de paille, il poussait des hurlements.Avec cela bon élève, alors que mes notes trimestrielles étaient toujours désastreuses.On me le citait en exemple.Il n\u2019en fallait pas plus pour me le faire détester.Durant ces dernières années, il a continué à venir à la maison, mais je ne l\u2019ai pas rencontré.Sa mère est morte et son père s\u2019est remarié.Lui-même a quitté notre ville et il est allé faire ses études de droit à Paris.Il doit devenir avocat.Cela lui ira bien, car il était bavard, verbeux même.Alors que sa venu réjouit maman, moi, elle m\u2019ennuie.Il va falloir l\u2019écouter, être aimable et je n\u2019aurai plus, comme autrefois, la ressource de le tyranniser, de le pincer ou de me moquer de lui.Maman va m\u2019obliger à me conduire comme une jeune fille bien élevée.Ce qui m\u2019agace le plus, c\u2019est qu\u2019elle doit toujours avoir dans l\u2019esprit le vieux rêve qu\u2019avaient son amie Berthe et elle, de nous marier.Régis, mon mari ! ah çà ! non.Je suis bien décidée à me rendre insupportable pendant son séjour.On dirait que maman lit les pensées qui s\u2019agitent sous mon front et elle fait, grondeuse : \u2014 Tu vas me promettre d\u2019être très gentille avec Régis.« J\u2019ai, m\u2019écrit-il, grande hâte de vous revoir tous ».Il faut comprendre que c\u2019est un peu de son foyer, détruit depuis la mort de sa mère, qu\u2019il retrouve ici.\u2014 Je ne suis quand même pas forcée de lui tenir compagnie.\u2014 Non, bien sûr, et c\u2019est avec moi qu\u2019il passera le plus clair de son temps.Pourtant je veux, tu m\u2019entends bien, Dilette, je veux que tu te montres courtoise, amicale.J\u2019exige que tu quittes ta défroque de palefrenier, quand Régis sera là.\u2014 Quoi! ai-je crié indignée.Je ne pourrai plus monter à cheval ! \u2014 Tu as une tenue convenable et tu la revêtiras, si tu tiens à montrer à Régis tes talents équestres.\u2014 Il s\u2019en moque bien ! Il a horreur des chevaux.\u2014 Cesse de discuter, ma petite fille.Pour une fois, j\u2019exige de l\u2019obéissance.Maman se fâche rarement et je la sens irritée.Pour rien au monde, je ne voudrais lui faire de la peine et huit jours seront en somme vite passés ; je peux donc lui faire plaisir et me montrer patiente.Ce que je vais m\u2019ennuyer !.\u2014 C\u2019est bon, dis-je en l\u2019embrassant tendrement.Je serai un ange de douceur.\u2014 Je ne t\u2019en demande pas tant.J\u2019ai seulement ta promesse de te montrer convenable.Il J\u2019attends avec une curiosité hostile à la venue du cher Régis.Pour faire plaisir à maman, j\u2019ai sorti ma plus belle robe.Elle est bleue, avec des ornements blancs.Ainsi vêtue, j\u2019ai l\u2019air d\u2019une jeune fille timide et réservée.Bien que je lui préfère ma culotte de cheval et mon vieux blouson de daim, je dois admettre qu\u2019à cause d\u2019elle, je suis presque jolie.Mes cheveux châtains bien lavés, souples, coupés très courts et sans aucune frisure, encadrent ma figure un peu maigre.La couleur de ma robe éclaire mon teint généralement brouillé.Je suis assez satisfaite de mes yeux qui changent selon la lumière et vont du bleu pâle au violet.Je me sens tout à coup intimidée devant mon image dans la glace.Jusqu\u2019ici, je ne me suis guère examinée, car mon allure de garçon manqué ne m\u2019a jamais rendue coquette.A présent, j\u2019ai un genre « demoiselle » qui me surprend et m\u2019amuse.Je descends rapidement pour juger de l\u2019effet que je produis.Maman a une exclamation ravie et je suis vraiment contente de la joie que je lui cause.Papa, qui lisait à côté d\u2019elle, dans le petit bureau où nous nous tenons presque toujours, a ôté ses lunettes.Il m\u2019a examinée avec une expression si mélancolique soudain que je suis restée interloquée.Allongeant sa jambe blessée, qui devient douloureuse vers le soir, il soupire : \u2014 C\u2019est vrai qu\u2019elle grandit ! Il y a du regret et je saisis tout ce qui lui passe par la tête.Je ne serai plus longtemps le petit compagnon de tous les jours.Je deviens une jeune fille qu\u2019il faudra marier, qui partira au loin.Qu\u2019il se rassure, ce n\u2019est certainement pas avec Régis que je m\u2019en irai.Je suis allée faire un tour aux écuries pour revoir la fille de Bella.Ce matin, j\u2019ai tenté de dissimuler à papa mon peu d\u2019enthousiasme pour la pouliche, mais il n\u2019a pas été dupe.En la flattant doucement, il m\u2019a dit, moqueur : \u2014 Ce sera quand même mon plus beau produit ! Je voudrais m\u2019en convaincre et je n\u2019ai cessé, toute la journée, de tourner autour de l\u2019animal, sous l\u2019oeil narquois de Jerry.J\u2019y retourne à présent.Il fait sombre dans les boxes et, comme j\u2019avance, j\u2019entends une voix qui intime sèchement : ¦\u2014 L\u2019accès des écuries est interdit, madame ! J\u2019éclate de rire.Jerry qui surgit devant moi ne m\u2019a pas reconnue dans ma belle parure.Il s\u2019excuse, vexé : \u2014 C\u2019est si rare de vous voir ainsi.Vous allez au bal ?\u2014 Si ce n\u2019était que cela ! Régis arrive tout à l\u2019heure.Il a froncé ses sourcils roux et je complète, maussade : \u2014 Ça va être charmant ! \u2014 M.Bédarieux est ùn gentleman très sympathique.J\u2019éclate littéralement.\u2014 Vous n\u2019êtes pas difficile ! Il est odieux et stupide.Si ce n\u2019était pour maman, je lui en ferais voir de toutes les couleurs et il filerait vite ! Son sourcil droit remonte drôlement au-dessus de sa paupière, ce qui est chez lui signe d\u2019ironie.Il ne dit rien et son regard passe au-dessus mon épaule, vers la cour.Je me retourne et je vois venir un visiteur :\tun acheteur probablement que papa nous envoie, sachant que nous sommes là.Il est grand, bien bâti et son visage me paraît, à mesure ou\u2019il se rapproche, beau, énergique.Il sourit dans notre direction et je demande à Jerry : \u2014 Vous le connaissez ?\u2014 Un peu, fait-il, impassible.[ Lire la suite page 23 ] COULEURS EN vogue! Le linoléum Dominion est le seul plancher permanent qui vous offre un aussi vaste choix de couleurs.Voyez sa nouvelle gamme de teintes douces, adaptées à chaque pièce, depuis le vivoir jusqu à la cuisine.installation peu coûteuse! 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Quel chic !.grâce au linoléum moderne Voici un plancher d\u2019une beauté si parfaite qu\u2019il est digne du décor le plus elegant.Il est en linoléum Dominion \"Handicraft\u201d, d\u2019un nouveau bleu chaud qui est appelé à devenir la nuance la plus en vogue cette année.Ce Handicraft \"Artisanat bleu a été créé spécialement pour s\u2019harmoniser avec le mobilier le plus moderne.Remarquez comme il fait ressortir le sofa tangerine, comme il se marie avec les sièges bleus, comme il met en valeur le tapis crème.Le Handicraft \"Artisanat\u201d et les autres linoléums incrustés Dominion introduisent dans la vie moderne une conception toute nouvelle du confort et de la commodité.Ils sont faciles à entretenir et conservent presque indéfiniment leur aspect de neuf.Pour la décoration d\u2019une maison neuve ou la modernisation d\u2019une maison ancienne, les 70 couleurs et motifs des linoléums incrustés Dominion offrent des possibilités illimitées! 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il est économique et vous pouvez vous en servir de mille et une façons.mm MES MEILLEURES RECETTES par Mme BRAULT - MASSICOTTE Nouvelle chroniqueuse de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI MON COURRIER Madame Noëlla Plante, de Valcourt, demande une recette de pain brun et désire également une recette de salade aux bananes.\u2022 Merci, chère madame, pour votre gentille lettre et vos bons souhaits.Vous trouverez dans cette chronique les recettes demandées.Lorsque je passerai à Valcourt j\u2019irai certainement goûter votre bon pain de ménage.Madame Ange-Albert Côté, de Martin-ville écrit :\t«Je désire depuis long- temps une bonne recette de tarte aux raisins » et elle ajoute : « Connaîtriez-vous le secret de la tarte au suif que nos grand-mères faisaient si délicieuses ?» \u2022 Je suis heureuse, chère madame, de pouvoir vous faire plaisir en vous donnant ces deux recettes.Vous les trouverez ci-dessous.Une Abonnée de la Pointe-aux-Trem-eles pose la question suivante : « Quelles sont les fines herbes qu\u2019il faut acheter ?Et dans quels mets doit-on les utiliser ?» \u2022 Saviez-vous, chère madame, que l\u2019existence des fines herbes est aussi vieille que celle du sel.Lorsque vous faites votre provision de fines herbes, n\u2019achetez que celles qui serviront le plus souvent comme : La marjolaine qui est une herbe versatile, elle s\u2019ajoute à presque tous les mets : finement broyée sur les côtelettes de veau, ajoutez-en à la sauce du rosbif, du poulet, de la dinde et de l\u2019oie.Une pincée dans la fricassée, les tourtières, les ragoûts et l\u2019eScalope de pommes de terre.Parfumez les plats au fromage, les omelettes, les farces, les salades de légumes verts et spécialement dans la courge ou citrouille servie comme légume cuit.Un soupçon dans les conserves de légumes.La sauge.C\u2019est la plus forte en parfum.Il faut en user avec discrétion.Elle est classique dans les plats de porc, les saucisses et les farces.Elle parfume les plats de veau, de fromage et de tomates.La sarriette connue dans les vieilles contrées comme « l\u2019herbe aux fèves ».Elle est classique dans les plats de légumineuses.C\u2019est l\u2019herbe la plus employée dans l\u2019accommodation des restes.Le thym, l\u2019âme du bouquet garni.S\u2019emploie dans presque tous les plats.Poissons ou viandes et particulièrement avec le veau et le porc.Dans les chowders de clams, avec les oignons frits ou marinés et l\u2019aubergine.L\u2019estragon, fameux dans les plats de poissons servis chauds ou froids.Essayez une pincée dans les betteraves chaudes et les épinards.Délicieux dans les plats aux oeufs, aux champignons et sur les poulets Barbecue.Le basilic, une pincée dans l\u2019eau de cuisson des petits pois, des pommes de terre et du spaghetti.Dans les soupes aux pommes de terre, aux fèves.Avec toutes les viandes.Et voilà, chère madame, quelques secrets pour parfumer tous vos mets de l\u2019année.PAIN BRUN 2\ttasses de lait chauffé 1\tc.d tb.de cassonade 1\tenveloppe de levure granulée 2\tc.à thé de sel 14 de tasse d\u2019eau tiède 3\tc.à tb.de graisse 1\tc.d thé de sucre 4\ttasses de farine entière 2\tc.d tb.de mélasse 2 tasses de farine blanche Chauffer le lait jusqu\u2019au point d\u2019ébullition, ajouter la cassonade, la mélasse, le sel et la graisse.Laisser tiédir.Faire gonfler la levure dans l\u2019eau tiède et la cuillerée à thé de sucre durant 10 minutes, l\u2019ajouter au premier mélange.Ajouter les farines en battant bien : la pâte sera plus légère.Quand la pâte a assez de consistance pour être pétrie, la renverser sur une planche fa- rinée et la pétrir avec assez de farine pour en faire une pâte élastique et ferme.Mettre cette pâte dans un bol graissé, badigeonner le dessus d\u2019un peu de graisse fondue, couvrir et faire lever au double du volume, environ 2 heures.Façonner la pâte en pains de la forme désirée ; laisser lever de nouveau dans les moules, environ 1 heure.Cuire a 400° F.pour 30 minutes, et abaisser la chaleur à 350° F.pour une autre demi-heure.Cette recette donne 2 pains d\u2019une livre chacun.SALADE AUX BANANES 3\tbananes 6 feuilles de laitue Vz tasse de noix hachées % tasse de mayonnaise Peler les bananes, les diviser en deux dans le sens de la longueur.Rouler chaque moitié dans les noix de Grenoble hachées.Déposer sur les feuilles de laitue et garnir de mayonnaise.TARTE AUX RAISINS % de tasse de cassonade 114 tasse d\u2019eau 3 c.à tb.d\u2019amidon de maïs Le jus d\u2019une orange lVz tasse de raisins à tarte Le jus d\u2019un demi-citron Mélanger dans une casserole la cassonade et l\u2019amidon de maïs (cornstarch).Ajouter les raisins bien lavés et l\u2019eau.Cuire jusqu\u2019à épaississement en brassant continuellement.Retirer du feu et ajouter les jus de fruits.Refroidir.Recouvrir une assiette à tarte de pâte brisee, y verser la garniture aux raisins.A l\u2019aide d\u2019un coupe-pâte ou d\u2019un couteau, tailler des bandes de 14 de pouce de largeur et les disposer Montréal, février 1956 21 joliment sur la tarte.Cuire à 450° F.durant 20 minutes, abaisser la chaleur à 350° F.et prolonger la cuisson % heure.TARTE AU SUIF Peler et couper en tranches minces 5 belles pommes à cuire et les déposer dans un abaisse de pâte brisée non cuite.Parsemer les pommes avec le mélange de % de tasse de cassonade et !4 de tasse de suif de rognon de boeuf haché finement.Cuire à 450° F.durant V2 heure, abaisser la chaleur à 350° F.et continuer la cuisson durant une autre demi-heure.Servir bien chaud.Dans le Monde des 0esse\"* hia*\\(LaA /'&âuxJa-n _ avec Vous savez probablement (comme la plupart des cuisinières d'ailleurs) qu\u2019en suivant les simples instructions inscrites sur le paquet, vous pouvez servir le Jell-O transparent et scintillant, ou apprêter un dessert plus élaboré, moulé ou rehaussé de fruits.Saviez-vous aussi que, pour préparer un dessert délicat et spongieux, le Jell-O peut être fouetté?Il est si facile d\u2019apprêter du Jell-O fouetté lorsque vous employez notre nouvelle méthode.Elle est très rapide, parce que les cubes de glace l\u2019aident à prendre plus vite.Voici le Jell-O Fouetté ! JELL-O FOUETTÉ 1 paquet de Jell-O (n\u2019importe quelle saveur) 1 tasse d\u2019eau bouillante 8 à 12 cubes de glace Faites dissoudre le Jell-O complètement dans l\u2019eau bouillante.Ajoutez 8 à 12 cubes de glace et brassez constamment pendant 2 à 3 minutes ou jusqu\u2019à ce que le Jell-O commence à épaissir.Enlevez la glace non fondue et laissez reposer de 3 à 6 minutes.Fouettez ensuite avec un batteur rotatif ou un malaxeur électrique pendant 3 bonnes minutes, jusqu\u2019à ce que ce soit mousseux et épais.Déposez dans des moules ou des plats.Faites refroidir jusqu'à fermeté.Donne 8 portions.Avec le Jell-O Fouetté, il est facile de varier! Pour faire une \u201cneige\u201d, incorporez des fruits ou ajoutez un blanc d\u2019oeuf non battu au Jell-O, avant de le fouetter.Pour obtenir un dessert de luxe, d'un goût véritablement riche, vous pouvez y incorporer de la crème fouettée.(On ajoute d'habitude % tasse, mais on peut employer V4 de tasse à 1 tasse).SOUPER BRIDGE Punch Marquise Salade Suzanne Salade Gabrielle Toast Melba Gâteau neige Suédoise de fruits Gaufrette aux Amandes Palais de dames PUNCH MARQUISE 1\tcitrôn 6 grosses oranges 2\tpamplemousses 1 tasse de sucre 26 onces de vin Sauterne Le zeste d\u2019un citron 1 clou de girofle Faire chauffer 1 tasse de vin avec le sucre et le zeste de citron piqué d\u2019un clou de girofle jusqu\u2019au moment où l\u2019on voit monter à la surface une fine mousse blanche.Ajouter ce mélange aux jus de fruits mentionnés et verser dans le bol à punch avec le reste du vin.Ajouter Vi de tasse de Cognac et faire flamber.Placer une mince rondelle de citron dans chaque verre à punch avant de servir.SALADE SUZANNE Garnir le fond d\u2019une assiette à salade de laitue coupée très finement et assaisonnée à la vinaigrette.Sur cette laitue, dresser en les plaçant régulièrement, de minces tranches de poulet froid assaisonné d\u2019huile, de jus de citron, de sel, de poivre et de persil haché.Recouvrir cette salade de mayonnaise à laquelle on aura ajouté de la pâte de tomates et assaisonnée au paprika.Décorer le dessus de la salade avec des lamettes d\u2019olives noires.Entourer de bouquets de piments vert et rouge, de pointes d\u2019asperges et de rondelles d\u2019oeufs cuits dur.Servir avec des petits pains à salade.Radis en fleurs.SALADE GABRIELLE Dresser en dôme sur une feuille de laitue, du riz cuit à l\u2019eau bouillante salée, bien égoutté, assaisonné d\u2019hui-njk le, de vinaigre, de sel, de paprika, d\u2019oignon et de persil haché.Entourer de céleri et de piment coupés en juliennes et de quartiers de tomates.Servir avec des rouleaux au fromage.TOAST MELBA Couper des tranches de pain très minces.Faire sécher à four doux jusqu\u2019à ce que le pain soit très sec et légèrement doré.Servir non beurré.[ Lire la suite page 29 ] Vbyez ce que vous pouvez faire avec Jell-O ! (presque sans effort! ) Ce régal à la saveur fraîche et piquante, c\u2019est le Jell-O à la Garniture Fouettée! Et c\u2019est très facile à préparer.Faites dissoudre comme d\u2019habitude votre saveur favorite de Jell-O (nous employons ici la saveur aux Fraises) et versez-en les deux tiers dans des coupes hautes individuelles, jusqu\u2019à environ un pouce du bord.Placez ensuite dans le réfrigérateur pour faire prendre.Entre temps, faites refroidir dans un bol le Jell-O qui reste, jusqu\u2019à consistance de blancs d\u2019oeufs.Placez ensuite le bol dans un bol plus grand et partiellement rempli d\u2019eau glacée; battez le Jell-O avec un malaxeur ou un batteur rotatif, jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit léger et mousseux.Avec une cuiller, déposez simplement le mélange sur le Jell-O pris dans les coupes et, presto, vous avez du Jell-O à la Garniture Fouettée! Servez-le souvent et acceptez les félicitations! HUfl DflKliUHS SAVUXtt Jell-O est une marque déposée, appartenant, au Canada, à General Foods, Limited J-I36MF ¦OfuoMA \u201cJS UnilWidA '£ .moos eBçis no uossojpv.s {S}U3mouBl3SU3X snot mod \u2019HaAnOONVA\u2014nvaaiNOW\u2014OiNOHOi\u2014'axn (VaVNVO) SNOS s?NOSHaaNVS HflHiHV aaaaxanoNV 'xasaaaaiw \u2018aoaiaaxn y anbiaava 'aaaisii ej ans }je.ieddE aanjeugis eq N0SH3GNVS sn ssn \\rn^rmtf jp.9py/Oy J) 9-^2 D rvo^nc ynn-ydY au?prop o3 ou)or^> utj B[ \u2018snossap-io \u2018ioioa mop q.ijioj aim\ty îtAtJoa snou uo.nb bSbabj bb ja jiapis mi ajsisaj uaiq is b nssu aq >S.iaA os uosaapuBg aaiuuduit ajioj aun bjoij.ib p \u2018sammai eas ;a gassnoq sas anoj un 1 JBpuoj aijBiu juaiuaqaAnou a[dnoa aunaf un \u2018sajjiBjBq sap sbobjj np naqitu nB °IclB!mno,Il 8lBQ -SUB 91 P}oa \u2014 anb.iaqunQ ap apBJiui aq v*'m sap suab saj juasip ja juasuad anb aa vpoci Tppnv vriwfnv^ ptr^-no?yrp pr nrrrrpTT^rnrpjp û / -?pf/ 'nT 'ln*rrn/3' pv' SS6I uInf ^JpfSJ9is9ono|^) WHSWlu»»» axw^ndoj ancia}! vj Montréal, février 1956 23 lorsque vous achetez d\u2019après le PLAN MÉRITE IAC- Rêvez-vous depuis longtemps d\u2019une vie rendue plus agréable par des appareils électriques modernes?Eh bien, ce rêve peut se réaliser très facilement.il suffit de vous procurer ces serviteurs de la vie moderne au moyen du PLAN MÉRITE I.A.C.En achetant ces appareils d\u2019après le PLAN MÉRITE I.A.C., vous possédez et profitez immédiatement de tout ce dont vous rêvez depuis longtemps .tout en protégeant vos économies.Dès que vous aurez découvert les nombreux avantages d\u2019acheter \u201cà même votre revenu\u201d selon le PLAN MÉRITE I.A.C., votre vie sera plus facile et vous pourrez obtenir sans délai toutes ces choses que vous désirez si ardemment.De plus, lorsque vous achetez d\u2019après le PLAN MÉRITE, vous obtenez la tranquillité d\u2019esprit nécessaire à la bonne conduite des affaires .vous traitez avec une compagnie solide et de tout repos \u2014 une compagnie qui, la première, proposa le plan d\u2019achat à tempérament le plus pratique et le plus en usage au Canada .c\u2019est-à-dire le PLAN MÉRITE.Des milliers de Canadiens, d\u2019un océan à l\u2019autre, utilisent le PLAN MÉRITE I.A.C.pour réaliser leur rêve d\u2019une vie plus agréable.Pourquoi ne faites-vous pas comme eux?Consultez votre vendeur du PLAN MÉRITE avant d\u2019acheter.Téléphonez au bureau l-A-C- qui vous dirigera vers le vendeur du PLAN MERITE le plus proche.INDUSTRIAL ACCEPTANCE CORPORATION LIMITED Commanditaires du plan d'achat à tempérament le plus en usage au Canada La valse du premier soir [ Suite de la page 18 ] L\u2019autre est arrivé à côté de nous, me salue cérémonieusement, tend la main à mon compagnon en disant, amical : \u2014\tBonjour, old chap (Mon vieux) ! ; Cela me fait plaisir de vous retrouver.Il se tourne ensuite vers moi en ajoutant : \u2014\tVoulez-vous me présenter?\u2014\tEst-ce bien la peine ?fait Jerry, moqueur.En même temps, nous avons compris et nous nous exclamons : \u2014\tToi ! Je découvre en ce beau garçon mon ancien ennemi, comme il trouve en moi sa tortionnaire d\u2019autrefois et nous nous écrions, amusés : \u2014\tCe que tu as pu changer ! \u2014\tEt toi donc ! Je me sens brusquement allégée d\u2019un grand poids.La métamorphose de Régis, son expression ouverte et souriante, me font augurer que nos relations, pendant son séjour chez nous, seront moins désagréables que je le craignais.Tout de même, je me sens intimidée et songe avec une pointe de regret qu\u2019il me sera difficile de le malmener, comme j\u2019en avais l\u2019intention, en dépit de ma promesse à maman.Régis s\u2019est avancé dans l\u2019écurie et questionne Jerry sur les chevaux, s\u2019informe des naissances et j\u2019entends avec étonnement qu\u2019il a suivi, lors de ses derniers séjours ici, la marche de notre établissement, avec beaucoup d\u2019intérêt.Les réflexions qu\u2019il fait ne sont pas du tout idiotes, comme j\u2019aurais pu le supposer.Lui et Jerry semblent se comprendre, mais je note que le second s\u2019exprime avec une autorité que l\u2019autre ne conteste pas.Ils sont comme le maître et l\u2019élève.Jerry montre la fille de Bella, qui se nommera Belleza et la lui fait admirer.Il se moque de moi d\u2019une façon imperceptible en expliquant qu\u2019elle deviendra, quoi qu\u2019on puisse penser à présent, un animal magnifique.Elle tiendra des promesses qui sont déjà exceptionnelles.Je suis pas à pas la visite.Les deux hommes ne se soucient guère de moi.Je ne prononce pas un mot, mais je vois de temps à autre Régis se tourner de mon côté, m\u2019examinant rapidement, comme s\u2019il cherchait à confronter la réalité avec ses souvenirs.Nous quittons enfin Jerry et nous revenons vers la maison.Le soleil, qui a brillé toute la journée, s\u2019est couché et je m\u2019aperçois qu\u2019il fait froid.Je n\u2019ai pas de manteau et je frissonne.Régis, qui s\u2019en aperçoit, s\u2019exclame : \u2014 Tu es gelée.Tu es folle de sortir ainsi ! Avant que j\u2019aie pu prévenir son geste, il a ôté son pardessus et il le jette sur moi, malgré mes protestations.Il m\u2019entraîne rapidement, m\u2019oblige à traverser en courant les pelouses déjà humides de la rosée du soir.Il entoure mes épaules de son bras et, dans la chaleur de son vêtement, serrée contre lui, nous rythmons nos pas à la même allure.Nous atteignons, riants et essoufflés, le porche de notre habitation.Maman, qui traverse le vestibule au moment où nous y pénétrons, note d\u2019un coup d\u2019oeil rapide, notre entente, et a un petit sourire qui m\u2019agace.Je me dégage vite du lourd manteau qui m\u2019a protégée et aussi du bras, en disant, une peu sèche : \u2014 Merci, mais vraiment, je n\u2019en avais pas besoin.C\u2019est faux, je le sais bien ; cela me soulage de l\u2019affirmer.Maman nous entraîne dans le salon où papa est déjà installé.Dans notre existence qui emprunte encore beaucoup aux habitudes anglaises, bien que mes parents aient toujours vécu en France, l\u2019heure du thé est restée sacro-sainte.C\u2019est pour nous un vrai repas, présidée par maman.La table roulante qu\u2019elle ya elle-même chercher à la cuisine, où notre vieille Maria l\u2019a préparée pour cinq heures précises, est surchargée de gâteaux, de sandwiches, de fruits, de toasts brûlants, de scones ruisselants de beurre.Je suis gourmande et fais d\u2019ordinaire honneur au goûter.Aujourd\u2019hui, je boude, car j\u2019ai eu brusquement la sensation d\u2019être menacée par un piège, à cause du sourire de maman.Elle a compté sur ma surprise et a souhaité ce qui s\u2019est produit : une sympathie soudaine faisant place, entre Régis et moi, à l\u2019hostilité d\u2019antan.La réalisation des projets, faits naguère avec son amie Berthe, lui paraît possible, mais moi je les rejette, je ne veux pas qu\u2019on me marie ! Tandis que je laisse passer, sans en prendre, toutes les friandises que j\u2019aime d\u2019ordinaire, maman devine qu\u2019il y a fausse manoeuvre et ne s\u2019occupe plus de moi.Régis et papa n\u2019ont pas l\u2019air d\u2019être bien en grande amitié, malgré les efforts du premier pour se montrer séduisant, en s\u2019intéressant à l\u2019élevage.Je l\u2019entends répéter avec adresse ce que Jerry lui a appris tout à l\u2019heure devant moi.Ce désir de plaire me révèle une manière de duplicité qui efface la bonne impression que j\u2019ai eue.Bientôt, papa se lève pour s\u2019en aller dans son bureau.Je le suis aussitôt, en dépit du regard de maman qui voudrait me voir rester là.Régis, lui, n\u2019a pas bronché.Par la porte restée ouverte entre les deux pièces, je les Les avantages de l\u2019achat selon le PLAN MÉRITE Vous achetez à même votre revenu \u2014 sans toucher à vos économies .vous payez à mesure que vous gagnez.Votre achat se paie de lui-même et vous conservez votre avoir pour les cas de toute première nécessité.Protection familiale sur la plupart des achats \u2014 sans frais supplémentaires, grâce à l\u2019assurance-vie.(Votre famille n\u2019est pas tenue responsable de votre achat.) Carte-référence de Crédit \u2014 preuve de votre solvabilité.ET .vous profitez de votre achat pendant que vous le payez .selon le mode de paiements qui vous convient le mieux.LE PLAN MÉRITE entends chuchoter tandis que je feuillette machinalement une revue hippique.Un rire éclate parfois, dans un soudain accès de gaîté.Je suis mécontente et la perspective de devoir subir la présence de ce garçon, pendant plus d\u2019une semaine, m\u2019horripile.Cette première soirée a vraiment été insupportable.A cause de maman, qui cherche à le mettre en avant, Régis en a été le roi.Il se prête d\u2019ailleurs fort bien au rôle de vedette qu\u2019on veut lui faire jouer.Il y avait pour le dîner six invités, en plus de Jerry ; notre plus proche 24 La Revue Populaire WSSÈËÈ |8j§l|jSl| , POUR FAIRE CHEZ SOI CACHE-OREILLES Fournitures : Retailles de tissu imitant la fourrure, de feutre et de bourrure.Fil métallique.Fil à broder Clark\u2019s Anchor.Fil à coudre mercerisé Coats Chain « Super Sheen » de couleur assortie.Coupe :\tTailler 2 ronds de feutre de 3\" de diamètre.Tailler 2 ronds de feutre de 2'//' de diamètre.Tailler 2 ronds de tissu de 4 pouces de diamètre.Tailler 2 ronds de tissu de 3%\" de diamètre.Tailler 2 ronds de bourrure de 3\" de diamètre.Tailler 2 ronds de bourrure de 21,V' de diamètre.Tailler une bande de tissu imitant la fourrure d\u2019une longueur allant d\u2019une oreille à l\u2019autre par 1V2\" de largeur.Exécution :\test compris pour les coutures des morceaux de tissu imitant la fourrure.1\t\u2014 Plier le fil métallique en deux et mesurer d\u2019une oreille à l\u2019autre au-dessus de la tête, donnant aux bouts la forme d\u2019écouteurs.Border les deux morceaux ensemble d\u2019un côté à l\u2019autre de la tête se servant du fil à broder.2\t\u2014 Plier la bande de fourrure en deux sur la longueur, côtés droits ensemble, les bords égaux.Piquer une couture le long du bord.Retourner à l\u2019endroit et enfiler le fil métallique à l\u2019intérieur en redressant les bouts.Reformer les bouts en ronds lorsque le dessus de la tête est recouvert.3\t\u2014 Placer un rond de bourrure de 3\" sur un rond de four- rure de 4\" et sur le rond de bourrure placer un rond de feutre de 3\".Replier le bord de la fourrure sur le feutre et faufiler tout le tour.Répéter la même opération pour les grands ronds et pour les deux séries de petits ronds.4\t\u2014 Placer le côté feutre d\u2019un grand rond au côté extérieur du rond métallique ; coudre le fil métallique au feutre.Répéter la même opération pour l\u2019autre côté.5\t\u2014 Placer le petit rond à l\u2019intérieur du rond métallique et coudre à points perdus au grand rond en feutre, le rond métallique se trouvant entre les deux.Répéter la même opération pour l\u2019autre côté.voisin, Richard Court (qui possède un établissement d\u2019entraînement), accompagnée de sa fille Mabel.Le vétérinaire Dorchand et sa femme, les deux frères Boussard, qui sont probablement les meilleurs cavaliers que nous ayons en France, gagnants tour à tour de tous les Concours Hippiques internationaux.Si on parle chevaux, ils sont intarissables, mais si la conversation est sur un autre sujet, ils sont muets.De beaucoup mes aînés, ils sont pourtant de bons camarades et, si papa songe parfois à me marier, c\u2019est l\u2019un d\u2019eux qu\u2019il aimerait me voir épouser.Par bonheur, ni eux, ni moi ne songeons à rien de pareil.Mabel est presque une amie.Je dis presque parce que nous nous connaissons depuis notre enfance, mais nous sommes si différentes que nous n\u2019avons vraiment aucun point de contact.C\u2019est une belle créature blonde, du type parfait de l\u2019Anglaise, à la carnation éclatante, aux cheveux abondants.Grande, épanouie, elle a, à vingt-deux ans, l\u2019air d\u2019une déesse.Elle remplace sa mère, morte il y a trois années, dans l\u2019organisation de la maison de son père.Elle est remplie de qualités, de perfections, mais je n\u2019ai jamais rien à lui dire.Dès le début du repas, Régis, encouragé par maman, a pris la direction de la conversation.Il s\u2019est très vite rendu compte que Mabel était fascinée, il a parlé pour elle.Il a été extrêmement brillant, il faut le reconnaître.Il a fait rire tout le monde par des anecdotes.Avec lui arrivait vraiment dans notre province, un air de Paris.Je suis de la plus entière mauvaise foi en disant que la soirée a été insupportable, car nous nous sommes tous bien amusés.C\u2019est à la réflexion que je trouve odieux de devoir le plaisir que nous avons eu à Régis.En sortant de table, et tandis que nous gagnions l\u2019autre partie du living-room, Régis a mis en marche l\u2019appareil de radio.De la musique de danse se faisait entendre, il a aussitôt entraîné [ maman, surprise d\u2019abord, puis ravie.Maman est très jeune, puisqu\u2019elle a seulement dix-neuf ans de plus que moi.Avant sa blessure, papa était un merveilleux danseur et c\u2019est probablement la première fois que, depuis la guerre, maman danse.Ce premier air achevé, Régis a stimulé tous les autres amis.Au bout d\u2019une demi-heure, le salon était transformé en dancing : le vétérinaire, tout autant que les Court et les frères Boussard, auxquels je ne connaissais pas ce talent, tournant à qui mieux mieux.Seuls restaient à l\u2019écart papa \u2014 pour lui ce n\u2019était pas sans regret \u2014 et Jerry, irréductible, malgré mon insistance et celle de maman.Je m\u2019étais promis de refuser de danser avec Régis.Je n\u2019eus pas cette peine, car il s\u2019occupa surtout de Mabel, radieuse, puis, poliment, avec beaucoup de gentillesse, de maman et de Mme Dorchand.Pour moi qui adore la danse, je l\u2019avoue, je passais d\u2019Alain à Georges Boussard et de Court au vétérinaire.Pourtant, la réserve de Régis à mon égard commençait à m\u2019exaspérer.Il me fallait constater chez lui un sens étonnant du rythme, de la mesure, une modération dans les gestes qui contrastait singulièrement avec la maladresse et la bonne volonté de mes partenaires.Il formait avec Mabel un très beau couple et, les admirant sincèrement, j\u2019éprouvais néanmoins quelque dépit à être dédaignée.On aurait dit qu\u2019il suivait mon état d\u2019esprit, attendant le moment favorable.Il y avait eu une pause au cours de laquelle j\u2019avais aidé maman à servir des rafraîchissements.Je tendais, sans le regarder, un verre à Régis quand il me dit à mi-voix : \u2014 Vraiment, tu ne veux pas danser avec moi ?Je devins brusquement pourpre, interloquée par cette sorte de divination et j\u2019avais en même temps envie de le gifler.Il sourit, moqueur : \u2014 Tu as toujours eu une figure si expressive, ma Dilette.D\u2019un geste preste, il me débarrassa de la cruche de jus de fruits que je I tenais et, sans me demander la per- mission, refrénant d\u2019une étreinte à la fois autoritaire et douce ma révolte, il m\u2019enlaça pour une valse lente qui se déroula comme un vertige.Après la musique syncopée qui avait rythmé toute la soirée, cette danse aérienne, comme immatérielle, où je me sentais à peine guidée par mon partenaire, mais pour laquelle nous étions si parfaitement accordés, fut quelque chose d\u2019extravagant.Silencieux, Régis avait un visage grave et, quand ses yeux rencontraient les miens, ils avaient une expression douce, presque implorante, et je me sentais bizarrement troublée.J\u2019aurais voulu arrêter cette ronde dans laquelle j\u2019étais entraînée et je souhaitais en même temps qu\u2019elle ne finît jamais.Puis, soudain, la musique cessa.Nous nous trouvâmes, seuls, Régis et moi, enlacés au milieu du salon.Des applaudissements éclatèrent autour de nous et c\u2019est ainsi que nous nous aperçûmes que les autres avaient fait cercle, pour nous regarder.Je me dégageai, honteuse de m\u2019être donnée en spectacle et ce sentiment fut accentué par la vue de Jerry, quittant la pièce, sans me dire au revoir, me sembla exprimer une réprobation que je comprenais, que je partageais, contre moi-même.Ill IL y a trois jours que Régis est là et je me sens de plus en plus mécontente de moi et mal à l\u2019aise.Je ne me reconnais pas.Je suis engluée dans une atmosphère amollissante, dont il est la cause.Il ne me quitte guère et quand je crois avoir la possibilité de lui échapper, il se produit toujours un incide: qui le ramène à moi, qui me condui vers lui.Me rappelant ses maladresses d\u2019apprenti cavalier, j\u2019escomptais m\u2019en débarrasser, tandis que je montais le matin les chevaux.Dès le second jour, alors que je descendais, avec ma vieille culotte et mon blouson, j\u2019ai trouvé Régis déjà installé, en face de papa, devant le breakfast.Il était en tenue de cheval.Comme j\u2019interrogeais papa du regard, il m\u2019a dit : \u2014 Jerry a trop à faire en ce moment avec Bella et sa fille.Régis sortira Falstaff, pendant que tu prendras Gouverneur.On ne discuta pas les ordres du patron ; pourtant, ma figure devait être expressive, car Régis se mit à rire.\u2014 Voilà qui dit, mieux que des paroles, en quelle piètre estime me tient Dilette.Je n\u2019ai pas répondu et j\u2019ai avalé en hâte mon thé brûlant pour sortir plus vite.Sous le porche, j\u2019ai reçu en pleine face une bouffée d\u2019air tiède.Il était à peine huit heures, mais le soleil chauffait déjà.En quelques jours, l\u2019herbe s\u2019était émaillée de pâquerettes et de boutons d\u2019or, tandis qu\u2019aux arbres, les bourgeons étaient sur le point d\u2019éclater.Près de moi, Régis a dit à mi-voix : \u2014 Comme tu aimes la nature ! Puis sans transition, me retenant par le bras alors que je voulais m\u2019éloigner :\t, \u2014 Ecoute-moi.Je ne veux ni t\u2019ennuyer, ni t\u2019être désagréable.Si ton ancienne inimitié pour moi persiste, je peux trouver un prétexte pour repartir demain.Il avait parlé net, avec un accent qui me surprenait.Je me suis tournée vers lui et, alors que j\u2019étais prête à l\u2019inciter à s\u2019en aller, je suis restée court, troublée devant son visage si régulièrement beau qui porte une expression à la fois ferme et douce.J\u2019ai retrouvé ma sensation de la veille, alors qu\u2019il m\u2019entraînait dans cette valse, dont les méandres, toute la nuit, avaient enveloppé mon sommeil, et je répondis précipitamment : \u2014 Mais non, voyons, quelle idée ! En même temps, je me suis dégagée et j\u2019ai gagné en courant l\u2019écurie.J\u2019ai cherché des yeux Jerry.Je ne l\u2019ai pas vu et c\u2019est le lad qui a sellé les deux chevaux.Il les tenait par la bride et les faisait tourner dans la cour en nous attendant.Sans l\u2019aide de person- Montréal, février 1956 25 Avez-vous essayé le savon aux 7 HUILES DE BEAUTE?C\u2019est le nouveau SAVON WOODBURY fabri- que par des dermatologistes.Ils savent que ces 7 huiles et émollients aident à remplacer les huiles naturelles adoucissantes.huiles détruites par les ablutions.C\u2019est pourquoi la riche mousse parfumée du savon Woodbury adoucit et nettoie l\u2019épiderme.Idéal pour le visage et le bain.Pourquoi n\u2019auriez-vous pas une peau douce au toucher ?i k .: 1 ! WOODBURY for /he sÂtn umt /ortr to touen (FABRICATION CANADIENNE) ne, j\u2019ai sauté sur Gouverneur, et j\u2019ai guetté du coin de l\u2019oeil Régis qui, sans se presser, s\u2019était approché de Fal-staff.C\u2019est un de nos meilleurs chevaux, mais il est ombrageux et ne m\u2019aime guère.Je dois toujours prendre beaucoup de précautions avec lui, car, lorsque je le monte, s\u2019il le pouvait, il me jetterait à terre.Régis a flatté l\u2019encolure de l\u2019animal dont le poil a frissonné sous la caresse, puis, d\u2019un mouvement rapide, il a été en selle.J\u2019ai été étonné de son assurance, de son aplomb aussi et de sa tenue, en réservant toutefois mon jugement pour plus tard.Nous avons quitté la cour, moi passant la première, et j\u2019ai pris la piste d\u2019entraînement sous bois.J\u2019étais bien décidée à ne pas m\u2019occuper de mon compagnon ; il pouvait faire ce qu\u2019il voulait.J\u2019ai procédé comme d\u2019ordinaire, au petit trot d\u2019abord, en passant les obstacles légers ; puis j\u2019ai accéléré le train avant d\u2019arriver aux gros obstacles.Gouverneur était en pleine forme, il faisait un temps merveilleux et je sentais ma contrainte s\u2019atténuer.Plus posément peut-être que je ne le faisais, mais sans doute avec un souci de ménager sa monture, Régis est passé partout où je suis allée et j\u2019ai été obligée de convenir en moi-même qu\u2019il avait fait de grands progrès, mieux, qu\u2019il était devenu un bon cavalier, froid, méthodique et ne prenant pas de risques inutiles.Quand nous sommes arrivés au carrefour d\u2019où s\u2019amorce la piste du retour, j\u2019ai laissé souffler Gouverneur et me suis retournée vers Régis.J\u2019ai dit alors, cachant sous une légère moquerie ma sincérité : \u2014 Tu n\u2019as donc plus peur des chevaux ! \u2014 Grâce à toi.J\u2019ai eu tellement honte de ma maladresse, à côté de ton agileté que je me suis juré de te donner tort, quand tu clamais :\t« Il ne saura jamais se tenir sur un cheval ».\u2014 Bravo, c\u2019est fait.\u2014 Rien ne pouvait me faire plus de plaisir que de te l\u2019entendre reconnaître.Il a ajouté en riant : \u2014 Sais-tu que tu as eu sur moi une influence extraordinaire ?Je l\u2019ai fixé sans comprendre et il a poursuivi : \u2014 C\u2019est à cause de toi que le petit garçon un peu mou s\u2019est façonné une volonté.C\u2019est en pensant à toi, à ton dédain, à ton mépris, disons le mot, que je me suis transformé.Physiquement et moralement, j\u2019ai voulu devenir fort et même audacieux.Y suis-je parvenu ?Je me suis détournée, gênée par son expression.Il y a dans la manière dont Régis me regarde quelque chose qui me trouble et je ne peux pas dire que cela me déplaît.Il s\u2019est mis à rire et s\u2019est écrié : \u2014 La gamine méchante et insupportable que tu étais a eu, sur l\u2019évolution de ma personnalité, plus d\u2019action que les meilleurs professeurs.Avoue que c\u2019est comique.Je ne sais si tu te rappelles le jour où tu m\u2019as obligé à monter ce poulain rageur, sur lequel toi-même avais peine à te maintenir.J\u2019ai fait un signe de tête.Si je me le rappelle ! Cette histoire m\u2019a valu une punition assez sévère pour que je ne l\u2019aie pas oubliée.\u2014 Quand j\u2019ai été rouler dans la boue où, intentionnellement, tu m\u2019avais entraîné, quand je me suis relevé, en piteux état, avec une épaule légèrement luxé, sous tes rires moqueurs, je me suis juré de te faire mentir.En rentrant à la maison, j\u2019ai demandé à prendre des leçons d\u2019équitation.L\u2019effort de volonté qu\u2019il m\u2019a fallu pour dominer mes appréhensions a marqué, de ce moment, mon caractère et mon comportement.C\u2019est à toi que je le dois.Je ne savais si je devais en être fière, mais je me sentais vaguement intimidée devant ce beau garçon qui me dédiait la personnalité qu\u2019il avait prise.Il n\u2019a pas insisté ce matin-là et, au cours des trois journées qui ont suivi, il a mis tout en oeuvre pour m\u2019apprivoiser, s\u2019effaçant dès qu\u2019il percevait en moi de l\u2019irritation, revenant à point nommé pour me distraire ou m\u2019amuser.Tout le temps qu\u2019il ne passait pas avec moi, il était avec maman.Ils sortaient ensemble et j\u2019ai su hier soir, quand ils sont rentrés, qu\u2019ils étaient allés faire une visite aux Court.Je n\u2019avais pas été priée de me joindre à eux car, depuis longtemps, j\u2019ai refusé de participer à toutes les manifestations mondaines.Il n\u2019empêche que je me suis sentie vexée quand, parlant de la réception qui leur avait été faite, Régis a exprimé son enthousiasme pour les qualités de maîtresse de maison de Mabel, pour sa beauté physique et le charme de sa demeure.Demain, il y a un dîner chez les Dorchand où nous devons tous nous retrouver.J\u2019ai bien envie d invoquer un prétexte pour me dispenser d\u2019y assister.Je ne désire pas être le témoin des mines enamourées que cette grande sotte d\u2019Anglaise aura pour Régis, ni de la cour qu\u2019il lui fera.Serais-je jalouse ?Je ne le pense pas ; il faudrait pour cela que j\u2019éprouve quelque sentiment tendre pour lui, et, ce n\u2019est pas précisément le cas.Il m\u2019attire et m\u2019irrite à la fois.Je voudrais qu\u2019il ne soit jamais venu ici et j\u2019ai un frisson désagréable à l\u2019idée qu\u2019il sera reparti dans quelques jours.\u2022 Tout a été si vite, si rapide, que je ne sais plus très bien où j\u2019en suis.Le point de départ a été, si l\u2019on peut dire, ce dîner chez les Dorchand.Le vétérinaire habite à la sortie de la ville, une grande maison confortable et un peu bête, avec un ameublement conventionnel et sans aucune intimité.Pourtant, la réception qu\u2019ils avaient organisée était en tous points réussie.Renonçant à chercher des prétextes pour ne pas m\u2019y rendre, j\u2019avais au contraire voulu paraître à mon avan- 26 La Revue Populaire Le Centre de Le Centre de Tous les Regards conservez les coupons primes VOUS- v TINTEX Grâce à All-fabric Tintex, les draps épais, tentures lourdes, housses, tapis peluches sont enjolivés en quelques instants dans votre lessiveuse.Demandez le TINTEX facile d\u2019emploi à tout comptoir de teinture\u2014seulement \\5£ et 25f le paquet.Si vous teignez pour épargner \u2014 épargnez davantage avec Tintex FORMATS DE ||5*| ET g La teinture la plus en demande au monde tage : coquetterie subite, qui avait enchanté maman et nous étions allées acheter la veille, dans la meilleure maison de Mortagne, une toilette nouvelle.Eliminant les teintes claires que la vendeuse prétendait être celles qui convenaient le mieux à mon âge, j\u2019ai voulu une robe noire pour affiner ma taille.En me vieillissant légèrement, elle devait donner par contraste, plus d\u2019éclat à mon teint.Mon choix a été approuvé par maman, mais la couturière a haussé les épaules : \u2014 Ces jeunes filles sont toutes les mêmes : à dix-huit ans, elles veulent une robe noire.C\u2019est aux femmes de plus de quarante ans que nous vendons à présent les tons pastels.Lorsque je suis descendue au salon, où attendaient déjà papa et Régis, j\u2019ai vu tout de suite, à leur coup d\u2019oeil approbateur, que j\u2019étais à mon avantage, mais ils n\u2019ont fait aucun commentaire.Au moment de monter en voiture, et parce que Régis prenait le volant, je me suis aperçue de l\u2019absence de J erry.\u2014 Il ne vient donc pas ?ai-je demandé.\u2014 Il s\u2019est fait excuser.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je n\u2019en sais rien, a répondu papa.Jerry est plutôt sauvage et je n\u2019ai pas discuté quand il a décidé de ne pas aller chez les Dorchand.Maman a alors ajouté : \u2014 Depuis quelque temps, il reçoit des lettres d\u2019Irlande et je me demande si les nouvelles qui lui arrivent, de sa famille je suppose, ne contribuent pas à assombrir son humeur.J\u2019ai pensé furtivement qu\u2019en effet, Jerry paraissait plus absorbé, plus silencieux aussi et je me suis promis de l\u2019interroger pour savoir si un événement fâcheux, survenu aux siens, ne le troublait pas.Dès notre arrivée chez les Dorchand, j\u2019ai eu un petit pincement au coeur en constatant combien Mabel était belle et paisiblement sûre d\u2019elle.L\u2019empressement de Régis, qui se trouvait à ses côtés pendant ie dîner, était significatif.S\u2019il avait l\u2019intention de se marier c\u2019était bien avec elle qu\u2019il devait le faire.Je me suis sentie soudain toute triste, alors que cette perspective, en éliminant les projets de maman aurait dû m\u2019enchanter.Je ne me rappelle plus rien du dîner, sinon ces deux visages, également beaux, penchés très souvent l\u2019un vers l\u2019autre, avec une sorte de complicité tendre et que j\u2019avais devant les yeux.Chaque fois que j\u2019éprouve une émotion ou une contrainte, mon estomac se ferme et je ne peux plus rien avaler.Je n\u2019ai pour ainsi dire pas touché au dîner que chacun pourtant déclarait excellent et j\u2019espérais que, dans le brouhaha des conversations, dans l\u2019animation donnée par Régis et à laquelle Mabel faisait écho, personne ne s\u2019en apercevait.Quand on quitta la table, Régis vint droit sur moi.\u2014 Qu\u2019est-ce qui ne va pas, Dilet-te ?\u2014 Tout va bien.\u2014 Tu n\u2019as ouvert la bouche ni pour parler, ni pour manger.J\u2019ai essayé de plaisanter.\u2014 Quand tu es là, il n\u2019y a pas beaucoup de place pour les autres.\u2014 Tu es fâchée ?\u2014 Pourquoi, grands dieux ?\u2014 Parce que je m\u2019occupe de Mabel.J\u2019ai eu un sursaut devant un tel aplomb et j\u2019ai répliqué, essayant de cacher ma fureur.\u2014 Que veux-tu que cela me fasse ! Vous faites un très beau couple tous les deux.\u2014 Elle ne m\u2019intéresse en rien.Elle est trop facile à conquérir.Souris, Di-lette, tu es ravissante quand tu es gaie.Ma mauvaise humeur a disparu comme par enchantement et je me suis soudain sentie délivrée.De ce moment, j\u2019ai été pleine d\u2019entrain et, alors que Mabel devenait progressivement mélancolique, c\u2019est moi qui, tout au long de la soirée, ai donné la réplique à Régis.Nous avons dansé, inventé des petits jeux auxquels papa lui-mê- me s\u2019est mêlé.Les heures ont passé dans un enchantement.A un moment, je ne sais plus trop bien lequel, mais je suppose que c\u2019était après le souper, \u2014\tet j\u2019y avais fait cette fois honneur \u2014\tle pick-up a joué la valse du premier soir et nous nous sommes trouvés, Régis et moi, aux bras l\u2019un de l\u2019autre.La même magie nous a enveloppés pendant que nous tournions et lorsque nous nous sommes arrêtés, avec la musique, je me suis aperçue que la joue de mon partenaire était appuyée contre la mienne.Il était bien trois heures quand nous sommes rentrés à la maison.Personne n\u2019a parlé pendant le retour dans la voiture.Papa était monté à l\u2019arrière, auprès de maman, pour pouvoir mieux allonger sa jambe douloureuse et j\u2019avais pris place à côté de Régis, qui conduisait.A un moment, sa main droite a quitté le volant pour venir chercher la mienne qui était posée sur la banquette et l\u2019a serrée.Je n\u2019ai pas répondu à l\u2019étreinte, mais je ne me suis pas non plus dégagée et c\u2019est seulement au moment d\u2019entrer dans l\u2019allée du garage que, pour pouvoir manoeuvrer, il m\u2019a libérée.Ensuite, tout s\u2019est déroulé à un rythme accéléré et j\u2019ai été entraînée, comme si j\u2019étais placée sur un toboggan, à prendre, presque malgré moi, des décisions.Dès le lendemain de cette soirée, l\u2019attitude de Régis a été toute différente.Il a eu l\u2019air d\u2019affirmer des droits sur moi et je n\u2019arrivais pas à comprendre pourquoi je ne regimbais pas, selon mon habitude quand il disait par exemple : \u2014 Ce matin, tu ne monteras pas à cheval, je voudrais que nous allions jusqu\u2019à la rivière.Ou encore : \u2014 Tes parents sont d\u2019accord pour que nous allions ce soir à Mortagne.On donne un bon film, je t\u2019emmène.Je n\u2019aime pas marcher, je déteste le cinéma et pourtant j\u2019ai accepté sans protester.C\u2019est précisément, en revenant de cette séance alors que nous entrions sans bruit dans la maison endormie, que Régis, retenant la main que je lui tendais, au moment de monter l\u2019escalier, m\u2019a dit : \u2014 Alors, Dilette tu veux bien de moi pour mari ?Le living-room était faiblement éclairé et, dans la pénombre, je distinguais mal le visage de Régis levé vers moi, mais j\u2019entendais sa voix basse et douce.A ce moment, j\u2019ai su que c\u2019était, par cette voix, qu\u2019il exerçait sur moi sa séduction.Je me suis mise à trembler de tout mon corps, de toute mon âme, avec une folle angoisse, une terreur panique.Il m\u2019a attirée doucement, très doucement.J\u2019ai redescendu deux marches et il a entouré mes épaules de son bras.Il n\u2019a pas tenté de m\u2019embrasser, mais seulement de calmer mon émotion et ma révolte par des paroles très tendres presque fraternelles.Avec une curieuse perception de tout ce que j\u2019éprouve, il m\u2019a obligée à relever la tête que je tenais cachée contre sa poitrine et il a murmuré en souriant avec douceur : \u2014 Dilette chérie, est-ce que je te fais peur ?J\u2019ai eu un geste de dénégation, mais je ne suis pas tout à fait sûre d\u2019avoir été sincère.Tout ce qui m\u2019attire en lui m\u2019effraie également et surtout cette séduction à laquelle je ne résiste pas.Pendant que nous nous regardons ainsi, j\u2019ai la certitude de ne pas l\u2019aimer et pourtant, je vais accepter de l\u2019épouser, je ne peux pas faire autrement.Je fais un geste pour me dégager, car tout cela m\u2019irrite : il a resserré son étreinte autour de moi et il s\u2019est penché.J\u2019ai vu, toute contractée, s\u2019approcher cette bouche qui va se poser sur mon visage.Il n\u2019a pas achevé son mouvement.Un pli a ridé son front et ses yeux ont changé d\u2019expression ; seulement la voix reste merveilleuse et m\u2019apaise tandis qu\u2019il prononce : \u2014 Va dormir, petite sauvage, fais de beaux rêves, auxquels je serai mêlé.Je n\u2019ai pas répondu mais je me suis échappée.J\u2019ai mal dormi et les beaux rêves ont plutôt été un cauchemar, dont je n\u2019ai pas gardé le souvenir, sinon la sensation d\u2019un poids qui m\u2019écrasait la poitrine.IV Encore une fois, c\u2019est maman qui me réveille et, à l\u2019expression de son visage, je vois bien que Régis et elle ont déjà parlé.Pourtant, elle hésite, me sachant si ombrageuse, à aborder la première un sujet qui lui tient tant à coeur.Je me sens lasse et amorphe, subitement résignée à laisser faire ce que je ne peux empêcher.Mes sensations sont curieuses.Je me fais l\u2019effet d\u2019un de ces insectes, paralysés et engourdis par leur ennemi, en qui demeure pourtant une étincelle de vie.Cette étincelle, c\u2019est ma révolte intérieure contre une emprise qui me déplaît.Comment exprimer ce que j\u2019éprouve alors que j\u2019ai tant de peine à l\u2019analyser moi-même ?J\u2019ai besoin de Régis, de sa présence, de la chaleur et du rayonnement qu\u2019il dégage.Pourtant, je ne l\u2019aime pas.Toute la séduction que j\u2019ai subie n\u2019a pas atteint mon coeur.Maman bavarde gaîment et cependant je la sens anxieuse.Elle désire mon bonheur et craint de m\u2019influencer.Je lui dis, en me moquant un peu d\u2019elle et de moi-même : \u2014 Tu es contente, ton cher Régis a gagné ! \u2014 Oh ! Dilette, comme tu dis cela ! \u2014 Parce que c\u2019est une défaite pour moi.Je ne m\u2019attendais pas à être si vite battue.\u2014 Mais c\u2019est merveilleux, ma chérie.Songe que, prévenue comme tu étais contre lui, tu as, en si peu de temps, changé d\u2019avis.Es-tu heureuse ?Je m\u2019efforce de plaisanter pour masquer ma détresse.\u2014 Comment serait-on heureuse quand on est obligé de rendre les armes à son ennemi ?\u2014 Un ennemi, lui ?Il t\u2019aime tant et depuis si longtemps ! Cette idée qu\u2019il a pu avoir de l\u2019affection pour moi au temps où je le tenais en si piètre estime, ne m\u2019était pas venue à l\u2019idée.Elle m\u2019attendrit un peu.J\u2019ai donc pu naguère, lui faire de la peine, heurter sa sensibilité ?Pourtant, tout va trop vite à mon gré et je demande, craintive : \u2014 Nous ne sommes pas obligés de nous marier tout de suite ?Ma manière de m\u2019exprimer choque maman qui proteste.\u2014 Voyons, Dilette, il n\u2019y a aucune obligation.Régis t\u2019aime et souhaite t\u2019épouser.Personne \u2014 et surtout pas moi \u2014 ne songe à t\u2019y contraindre.C\u2019est en parfaite liberté d\u2019esprit et de coeur que tu l\u2019accepteras ou le refuseras.Je respire, soulagée et déjà prête à plus de gentillesse.Je dis, taquine : \u2014 J\u2019ai bien peur de l\u2019avoir déjà accepté.Maman est trop fine pour insister.Elle m\u2019embrasse avec, dans ses jolis yeux, une buée d\u2019émotion.Quand elle quitte ma chambre, pour me laisser me lever et m\u2019habiller, je suis tout de même fiancée.Il semble qu\u2019un printemps merveilleux ait voulu se faire le complice des événements qui sont en train d\u2019entraîner toute mon existence.Dans notre Normandie verdoyante, mars est le mois des pluies, des giboulées, des soirées humides.Cette année, le soleil étincelle de tous ses rayons, fait jaillir prématurément les bourgeons, habille les pommiers de rose, fleurit les baies, émaillé les prairies de pâquerettes.Un souffle jeune et chaud balaye les brumes de l\u2019hiver.Au toit de la maison, les pigeons roucoulent et, dans les buissons d\u2019alentour, les oiseaux font leur nid.Dans notre élevage, les naissances se succédèrent.Papa et Jerry sont très occupés.Nous ne voyons guère ce dernier.Il est vrai qu\u2019accaparée comme je le suis par Régis, je ne passe pas beaucoup de temps aux écuries.Tout au plus, vais-je chaque matin sortir l\u2019un ou l\u2019autre de nos chevaux, accompagnée de mon fiancé.Il faut bien lui donner ce titre, encore qu\u2019au- Montréal, février 1956 27 cune annonce officielle n\u2019ait été faite.Depuis la soirée où il m\u2019a, en quelque sorte, imposé mon consentement, il ne parle plus de rien, seulement, il m\u2019entoure de ses prévenances, de ses attentions.Il met tout en oeuvre pour m\u2019apaiser, pour me mieux conquérir.Il ne se montre ni servile, ni humble.Au contraire, il commande, il dicte ses volontés, mais avec tant d\u2019adresse que je ne me révolte pas.Il m\u2019a fait changer ma coiffure et, avec la permission de maman, m\u2019oblige à mettre un peu de rouge.Il a banni mon vieux costume.Cependant, il aime me voir à cheval dans ma belle tenue.Il a étudié avec maman celle que je devrai porter pour concourir à Angers dans le jumping d\u2019été.Il a bon goût et j\u2019ai accepté de faire exécuter cette tenue de drap noir à revers jaunes, qui me donnera une allure élégante et nette.\u2014 Je serai très fier de ma Dilette, a-t-il ajouté.Cela a un peu gâché mon plaisir, car je me suis demandé s\u2019il pensait à moi comme sa femme ou sa fiancée.Chaque fois que j\u2019essaie de m\u2019imaginer mariée avec lui, la même panique me saisit.\u2014 Tu embellis tous les jours ! me déclare maman.Je suis obligée de convenir qu\u2019elle a raison.Je ne serai jamais une beauté, certes, mais je deviens autre.J\u2019ai cessé d\u2019être la grande fille dégingandée que j\u2019étais pour prendre une allure posée.Ma coiffure nouvelle, mon léger maquillage et je ne sais quoi dans mon expression, m\u2019ont métamorphosée.Régis est très satisfait de ce qu\u2019il appelle son oeuvre et il dit en riant : \u2014 En somme, nous étions bien faits pour nous compléter : tu m\u2019as donné une personnalité.Je te rends la beauté.Son séjour à la maison qui devait être seulement d\u2019une semaine se prolonge.Parfois, il dit : \u2014 Il faudrait que je songe à rentrer.Maman se récrie alors : \u2014 Tu as bien le temps, puisque le Barreau est en vacances.\u2014 Ce n\u2019est pas ici que les clients viendront me chercher.Je me rappelle alors qu\u2019il est avocat et habite Paris.Si je l\u2019épouse, je devrai quitter ma Normandie et notre chère Pommelière.Cette éventualité, je ne l\u2019avais jamais envisagée.Je ne me vois pas très bien enfermée dans un appartement de grande ville, sans ma campagne et sans mes chevaux.Chaque fois qu\u2019une pensée de ce genre m\u2019assaille je trouve tout cela absurde et nous devrions tous nous en rendre compte, Régis autant que maman et moi-même.Ce mariage est impossible.Pourtant, à l\u2019idée que Régis pourrait n\u2019être plus là, je me mets à trembler intérieurement.Il n\u2019a pas l\u2019air d\u2019avoir d\u2019autre préoccupation que d\u2019achever, sans me heurter, ma conquête.Il semble que je ne lui suis pas totalement acquise et il faudrait peu de chose pour que je lui échappe.Hier, nous sommes allés nous promener du côté de la rivière.Malgré mon peu de goût pour la marche, il est parvenu à me faire apprécier ce qu\u2019il appelle un sport paisible.Le printemps continue à se manifester avec une douceur inexprimable et, un peu fatigués par notre course, nous nous sommes assis, au soleil, l\u2019un en face de l\u2019autre, car j\u2019avais écarté son intention de se mettre à côté de moi.Il m\u2019a longuement fixée, pensif, puis il m\u2019a dit : \u2014 Tu es étrange, Dilette, tu ressembles à tes jeunes poulains.On croit t\u2019avoir apprivoisée et puis, soudain, tu t\u2019évades.En ce moment, par exemple, tu n\u2019es pas éloignée de me détester.Je n\u2019ai pu me retenir de rire.\u2014 Tu m\u2019obliges à faire ce qui m\u2019ennuie le plus ?\u2014 Est-ce d\u2019être avec moi ?\u2014 .et de marcher.Il a eu un coup d\u2019oeil railleur, mais sa voix s\u2019est faite plus tendre pour dire : \u2014 Tu aurais très bien pu rester a la maison.Reconnais qu\u2019il est parfois agréable de faire ce qui vous déplaît.Il a esquissé un mouvement pour se rapprocher de moi, guettant ma réaction.Je n\u2019ai pas bougé, mais je me suis contractée.Il ne s\u2019est pas hâté et a continué de parler jusqu\u2019à ce qu\u2019il m\u2019ait sentie apaisée.Alors, il est venu s\u2019asseoir près de moi, m\u2019a obligée à m\u2019appuyer contre lui et m\u2019a bercée de mots que j\u2019ai oubliés.Longtemps après, il m\u2019a dit : \u2014 Passerons-nous toute notre existence ainsi : toi à me fuir, moi à essayer de te rejoindre, de te retenir ?Je ne veux pas te brusquer, Dilette chérie, et c\u2019est un grand bonheur pour moi d\u2019avoir.presque.ton consentement.-\u2014J\u2019ai prononcé tout à coup, mue par une impulsion irrésistible : « Pourquoi tout cela, Régis, puisque tu ne m\u2019aimes pas ?Il m\u2019a lâchée et s\u2019est exclamé, indigné : \u2014 Je ne t\u2019aime pas ! Alors, pourquoi penses-tu que je veuille t\u2019épouser ?Je n\u2019ai su que répondre.Aucun intérêt ne pousse Régis.Il est assez riche, du fait de l\u2019héritage de sa mère, de la situation de son père.Il a devant lui aux dires de maman, un très brillant avenir, alors que l\u2019établissement d\u2019élevage et notre propriété de la Pommelière constituent toute la fortune de mes parents.Je n\u2019aurai donc pas une bien grosse dot.Ma question est stupide, si on raisonne comme je viens de le faire.Pourtant, elle a troublé Régis, plus qu\u2019elle ne l\u2019a indigné, malgré son exclamation.Il est resté un moment silencieux, puis il s\u2019est levé et je l\u2019ai vu marcher de long en large, si absorbé, qu\u2019il m\u2019avait presque oubliée.Je l\u2019ai regardé et je l\u2019ai trouvé si séduisant que je me suis demandée pourquoi je ne parvenais pas à me défaire de mes anciennes préventions contre lui.Tout ce que je détestais chez le jeune garçon qui avait été mon compagnon de jeux a disparu chez l\u2019homme.Il est fort, il est volontaire, il est intelligent et pourtant, il ne s\u2019impose pas à moi, comme j\u2019ai confusément souhaité que le fît l\u2019être aimé, celui dont je partagerais l\u2019existence.Il a stoppé soudain sa promenade et s\u2019est assis de nouveau en face de moi.Il m\u2019a longuement regardée avec, dans ses yeux, une humilité qui m\u2019a fait presque mal.Prenant dans les siennes mes deux mains, il a dit, presque honteux : \u2014 J\u2019ai besoin de toi, Dilette.J\u2019ai menti quand je disais que j\u2019étais fort.Enfant, tu m\u2019as stimulé.J\u2019ignore si on peut appeler cela de l\u2019amour,, mais depuis que je t\u2019ai revue, ta présence m\u2019est nécessaire.Je t\u2019ai si fort admirée quand tu n\u2019étais qu\u2019un petit bout de femme volontaire, j'ai été tellement humilié devant toi que j\u2019ai souhaité pouvoir un jour te dominer.Il s\u2019est tu un moment, comme s\u2019il avait peine à continuer, puis, se décidant : \u2014 Tu es trop sensible, Dilette, pour que j\u2019essaie de te tromper.Je suis venu ici avec une idée de revanche.Je voulais te séduire, me faire aimer de toi.Ensuite, j\u2019ignore ce que j\u2019aurais fait.Sans doute un instinct méchant me dictait-il ce désir de te tyranniser à mon tour, comme tu l\u2019avais fait jadis.Et puis, je t\u2019ai vue et, voulant te conquérir, je n\u2019ai plus chercher qu\u2019à réaliser une entente qui se faisait, malgré nous et presque contre notre volonté.J\u2019ai incliné la tête.Il disait vrai et je lui étais reconnaissante de sa sincérité.Il m\u2019apparaissait faible, démuni, livrant ses armes avec une ingénuité qui me touchait.A l\u2019inverse de ce que j\u2019éprouvais naguère, tout mépris sen allait de moi et une douceur me venait, presque l\u2019envie de le protéger.Le comique de la situation m\u2019apparaissait et amenait sur mes lèvres un sourire attendri.Il s\u2019en effraya.\u2014 Tu te moques de moi, dit-il accablé, tu vas recommencer, comme autrefois.Je dégageai ma main droite et j eus un geste presque maternel pour caresser sa joue.Je n\u2019avais plus d apprehension, il ne m\u2019inquiétait plus et ce grand beau garçon qui attachait sur moi ce regard humble avait l\u2019air, de mendier une force qu\u2019il ne possédé- la Cathédrale _ Notre \u2022 Dame **\tde Paris ÇcJ P#™ Le secret d'une peau plus douce ! 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maux d'estomac.NE GRONDEZ PA: S'emploie pour combattre Maux d\u2019estomac Apathie Manque d'appétit Fièvre Maux de tête Rhumes Irritabilité Sommeil agite Troubles de le dentition Coliques Nervosité .occasionnés ou aggravés par la constipation - -\t^ > donnez-lui l'aide dont il a besoin! / Eprouvé en clinique pour les enfants I Confirmé par 141 épreuves r COUPON D\u2019ABONNEMENT- £4 MW/ CANADA 1\tan .$1.50 2\tans .2.50 ETATS-UNIS 1\tan .$2.00 2\tans .3.50 IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix ?s'il s'agit d\u2019un renouvellement.Nom.Adresse.Ville.Province.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE 975-985 rue de Bull ion MONTREAL 18, P.Q.rait jamais.Il faisait naître en moi un sentiment inconnu.Il s\u2019empara de mes doigts, les couvrit de baisers et murmura : \u2014 Tu ne m\u2019abandonneras pas, n\u2019est-ce pas Dilette ?Je suppose qu\u2019il y a quelque chose de grisant à se sentir tout d\u2019un coup indispensable.Jusqu\u2019ici, au milieu des êtres qui m\u2019entourent et m\u2019aiment, j\u2019ai eu le sentiment d\u2019avoir une autonomie, une indépendance totale.Mon affection pour mes parents et la leur pour moi nous placent sur un pied d\u2019égalité.Il en est de même dans un autre ordre de sentiment, avec Jerry, avec nos amis du voisinage.En ce qui concerne Régis, il en va tout autrement.Je ne m\u2019appartiens plus et si je me laisse aller au courant qui m\u2019entraîne, il me faudra donner beaucoup de moi-même.Ce faible, qui éveille en moi une indulgence inexplicable, sera exigeant.Ma surprise n\u2019a d\u2019égale que la satisfaction que j\u2019éprouve.Je fais vers lui le premier geste de tendresse, en me penchant pour l\u2019embrasser.Nous sommes revenus, nous tenant par le bras, joyeux, et maman, qui nous regardait venir sur le seuil de la maison, a souri à un accord qui lui paraît cette fois sérieux et sans contrainte de ma part.La soirée a été charmante.Seule, une réflexion de papa m\u2019a un instant préoccupée.\u2014 Jerry m\u2019inquiète.Il m\u2019a demandé la permission de s\u2019absenter une semaine.C\u2019est bien normal, car, depuis qu\u2019il est ici, il n\u2019a pas pris un jour de congé, le moment est mal choisi pour prendre des vacances.J\u2019ai vite oublié Jerry et Régis ne m\u2019a pas laissé le temps d\u2019avoir des pensées qui s\u2019écartent de lui.Quand je me suis retrouvée seule dans ma chambre, je suis instantanément revenue au même point.Tous ces projets sont absurdes.Je ne peux pas épouser Régis.Je ne suis pas faite pour lui.Il n\u2019est pas fait pour moi, et surtout, nous ne nous aimons pas.V J\u2019ai hâte à présent de le voir s\u2019en aller.Il le sent, il s\u2019en inquiète et retarde de jour en jour son départ.Jerry nous a quittés avant-hier, sans expliquer les raisons qui le font s\u2019absenter à un moment aussi peu propice.Maman affirme que c\u2019est à cause des lettres qu\u2019il a reçues.Papa pense qu\u2019il ne reviendra pas.Il a pourtant laissé, dans le petit pavillon qu\u2019il occupe seul, à proximité des écuries, des objets personnels.J\u2019y suis entrée, avec maman, qui venait pour y mettre de l\u2019ordre.Tout était méticuleusement rangé, si bien même que l\u2019habitation n\u2019avait pas d\u2019âme.Sur la cheminée, j\u2019ai seulement remarqué, dans un cadre de cuir bleu, le portrait d\u2019un bébé de quelques mois.Nous l\u2019avons regardé, maman et moi et nous nous sommes demandé : \u2014 Qui est-ce ?Un jeune frère, un filleul ?Un enfant peut-être ?Mais alors Jerry serait-il marié ?Il ne nous a jamais parlé de son passé, de ses parents.Ce portrait, perdu dans cette pièce sans personnalité, contient-il le secret de notre taciturne ami ?Est-il la raison de son brusque départ ?Nous avons refermé la porte du pavillon et nous n\u2019avons plus parlé de Jerry.N\u2019avons-nous pas déjà, en découvrant l\u2019existence de cet enfant commis une indiscrétion ?Régis m\u2019absorbe, m\u2019entoure, exigeant et humble en même temps.Il fait des projets, parle du temps proche où nous serons mariés et a l\u2019air de prendre des initiatives, mais que j\u2019aie une moue ou un froncement de sourcils, il bat précipitamment en retraite, se met à rire et se hâte d\u2019ajouter : \u2014 Si cela te convient.naturellement.Je n\u2019ai pas encore eu le courage de lui dire qu\u2019il m\u2019est impossible d\u2019envisager sérieusement l\u2019idée de vivre à Paris.Ce serait rompre nos bizarres fiançailles et j\u2019hésite à le faire.Pourtant, il faudra bien y arriver et la situation ne peut s\u2019éterniser.Je suis prisonnière de ce besoin qu\u2019il a de moi et quand je le vois, si fort d\u2019apparence, discutant avec autorité et intelligence, se tourner vers moi comme pour chercher une approbation, je suis émue, troublée et vaguement fière.Maman est rayonnante.Prudente cependant, elle ne m\u2019interroge pas.Je sais pourtant les longs conciliabules qu\u2019elle a avec Régis et comme ils ne se rendent pas compte, ni l\u2019un ni l\u2019autre, de ce qui se passe en moi, elle pense que tout est pour le mieux.Papa est grognon.Nous n\u2019avons eu aucune conversation ensemble à propos de Régis.Il n\u2019est pas aveugle et maman lui a certainement fait part de ses chers projets.Sans avoir besoin de précisions, je vois bien qu\u2019il ne les approuve pas.R n\u2019a rien en particulier contre Régis, mais il voit en lui l\u2019homme qui m\u2019enlèvera à la maison, à son affection et, pour cela même, il ne peut l\u2019aimer.\u2022 Le départ de Régis est enfin fixé et c\u2019est pour demain matin.Il me l\u2019a annoncé tout à l\u2019heure, après le déjeuner, alors que papa était retourné, sitôt le repas achevé, aux écuries et que maman venait de sortir.Nous étions restés tous les deux au salon, devant le plateau du café aux tasses vides, et je faisais un mouvement pour l\u2019emporter à la cuisine, Régis m\u2019a retenue.\u2014 Reste, Dilette, ne pouvons-nous bavarder tranquillement ?Dehors, le temps était maussade et depuis deux jours, les giboulées alternaient avec d\u2019éclatants retours de soleil.Pour le moment, le ciel gris assombrissait la pièce et il avait fallu forcer le chauffage pour lutter contre les sautes brusques de température de ce printemps capricieux.J\u2019ai abandonné mon plateau et suivi Régis jusqu\u2019au grand canapé qui fait face à la fenêtre.Il affectionne cet endroit, le juge propice aux confidences et il tente de m\u2019attirer contre lui.Il sent ma résistance et n\u2019insiste pas.Nous nous asseyons côte à côte.Je devine à sa nervosité pour allumer sa cigarette qu\u2019il a quelque chose de sérieux à m\u2019annoncer ou à me demander.Il n\u2019est plus du tout sûr de lui.Je ne fais rien pour l\u2019aider, l\u2019idée que je puisse l\u2019intimider m\u2019apparaissant plutôt bouffonne.Il murmure soudain : \u2014 Ne sois pas hostile, Dilette.Je ne proteste pas et il lui faut poursuivre : \u2014 Je partirai demain.Je dois rentrer à Paris pour mes affaires.Mon silence ne l\u2019encourage guère et il jette précipitamment : \u2014 Je ne pouvais me résoudre à m\u2019en aller ; j\u2019ai peur de te perdre.Il est plus intuitif que je ne l\u2019avais cru et j\u2019attends la suite, qu\u2019il énonce d\u2019une manière de plus en plus pénible.\u2014 Il faut que tu me donnes ta promesse.oui, ta promesse, de m\u2019épouser.\u2014 Ne l\u2019as-tu pas ?\u2014 Je n\u2019en suis pas bien sûr.Il parle sans me regarder, sans se tourner de mon côté ; je vois son profil régulier, avec ce front dégagé qui est, dit-on, un signe d\u2019intelligence, son menton un peu fort, qui exprime, croit-on, l\u2019énergie et je pense que tout cela est corrigé par une bouche aux contours sinueux, presque féminine.Là se trouve la caractéristique de la nature de Régis : un inquiet, un instable.Vais-je donc lier toute mon existence à cet homme dont je devrai être le stimulant ?Il a senti que mon examen ne lui était pas favorable.Il me fait face et son expression me bouleverse, tandis que sa voix reprend sur moi son empire.Il me répète qu\u2019il ne saurait se passer de moi.J\u2019ai fermé les yeux et je me suis laissée attirer contre son épaule.Sa joue appuyée contre mes cheveux, il a longuement parlé.Il s\u2019est tu enfin et, après un court silence, il a dit, affirmatif : \u2014\tJ\u2019ai ta promesse.Nous nous marierons dans trois mois.J\u2019ai prononcé dans un souffle, sans très bien savoir ce que je disais : \u2014\tOui, dans trois mois.Je respire à nouveau.Régis est parti triomphant, bien que j\u2019aie refusé de laisser annoncer nos fiançailles.Je ne [ Lire la suite page 30 ] Montréal, février 1956 29 Une seule pâte de base vous donne MxiététL Se, IoümW e^tôûÆ^! Ne requiert pas de réfrigération Rien de plus facile avec la nouvelle Levure Sèche Active PÂTE DE BASE SPÉCIALE À UNE SEULE LEVÉE Les brioches les plus légères, les plus tendres que vous ayez jamais faites! Et pensez donc .la même pâte vous donne 3 régals différents ! Si vous cuisez à la maison, vous obtiendrez toujours des levées parfaites avec la Levure Sèche Active Fleischmann.Il » * *'* ¦* li.Mesurez dans un grand bol 1\ttasse eau tiède 2\tc.à thé sucre granulé et brassez jusqu'à dissolution du sucre.Saupoudrez-y le contenu de 2\tenveloppes de Levure Sèche Active Fleischmann Laissez reposer 10 minutes, PUIS brassez bien; ajoutez, en brassant, VA tasse eau tiède 3\tc.à thé sel Ajoutez, en brassant, 4\ttasses farine à pain tamisée et battez jusqu\u2019à ce que lisse et très élastique.Dans un grand bol, défaites en crème % tasse beurre Incorporez-y graduellement % tasse sucre granulé Ajoutez~y graduellement, en battant, 3 oeufs bien battus Ajoutez au mélange de levure, environ un tiers à la fois, battant bien après chaque addition.Mélangez-y 3 tasses de plus farine à pain tamisée Partagez fa pâte molle dans 3 bols pour finir en trois variétés.1.Brioches au Butterscotch et aux Noix\u2014 Dans un moule carré de 8 pouces faites fondre 3 c.à table beurre; badigeonnez-en les côtés du moule; mélangez-y 1 c.à table sirop de maïs, fi tasse cassonade peu tassée et H tasse noix ou pacanes brisées.Dans un bol peu profond mélangez Vz tasse sucre, 1 c.à thé cannelle et >/g c.à thé muscade.Découpez la pâte par cuillerées combles que vous enrobez du mélange de cannelle et placez dans le moule; saupou-drez-y le reste du sucre épicé.Couvrez et laissez lever au double du volume.Cuisez à (our modéré, 375°, environ 35 minutes.1.Brioches au Fromage-Graissez un moule carré de 8 pouces et garnissez-en le fond d\u2019un papier ciré, graissé.Découpez la moitié de la pâte par cuillerées combles et placez-les dans le moule; saupoudrez-les de 2 tasses fromage râpé.Mettez l\u2019autre moitié de la pâte par cuillerées sur les boulettes; graissez les dessus.Couvrez et laissez lever au double du volume.Cuisez à four modéré, 375°, environ 35 minutes.3.Brioches Savoureuses \u2014 Découpez la pâte par cuillerées combles que vous placez dans des moules à muffins graissés \u2014chaque cuillerée doit remplir environ- Ja moitié d\u2019un moule.Badigeonnez de beurre fondu; saupoudrez-y de la graine de pavot.C .outre/ et laissez lever au double du volume.Cuisez à four modéré, 375°, de 20 à 25 minutes.B->-[ Suite de la page 21] GATEAU NEIGE % tasse de beurre 1\ttasse de sucre Vz tasse de lait 1\ttasse de farine à gâteau 1/2 tasse d\u2019amidon de maïs (cornstarch) 2\tc.à thé de poudre à pâte V4 de c.à thé de sel 3\tblancs d\u2019oeufs ]/¦> c.à thé de vanille V2 c.à thé d\u2019essence d\u2019amandes Monter les blancs d\u2019oeufs en neige ferme, ajouter 6 c.à tb.de sucre et mettre de côté.Défaire le beurre en crème avec le reste du sucre, et bien battre.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec l\u2019amidon, le sel et la poudre à pâte.Incorporer la farine au mélange beurre et sucre en alternant avec le lait.Incorporer les blancs d\u2019oeufs en repliant la pâte délicatement pour ne pas affaisser les blancs.Aromatiser.Verser la pâte dans un moule graissé mesurant 12 x 12 pouces.Cuire durant 40 minutes environ, dans un four chauffé à 350° F.Quand le gâteau est refroidi, garnir avec la glace miroir et décorer de façon à imiter des cartes à jouer.Glace miroir Tamiser 2 tasses de sucre à glacer, y ajouter 1 c.à tb.de jus de citron et du lait en quantité suffisante pour délayer le sucre et obtenir une glace de consistance assez épaisse pour couvrir le gâteau.SUEDOISE DE FRUITS Vz tasse de pêches en purée Vz tasse à thé de gélatine le.à tb.d\u2019eau froide Vz tasse de fraises congelées Vz c.à thé de gélatine 1 c.à tb.d\u2019eau froide Vz tasse de bananes écrasées 1\tc.à thé de jus de citron V4 de tasse de sucre Vz tasse de framboises congelées 2\tc.à tb.de sucre Vz c.à thé de gélatine 1 c.à tb.d\u2019eau froide Gonfler séparément la gélatine dans l\u2019eau froide.Dissoudre au-dessus de l\u2019eau chaude et ajouter à chaque variété de fruits.Laisser prendre à demi.Verser ensuite dans des coupes à sorbets, en alternant les fruits en compote de façon à obtenir un joli effet de couleurs.GAUFRETTES AUX AMANDES 14 de tasse de beurre Vz tasse de sucre 1\toeuf bien battu 2\tc.à tb.de lait IV3 tasse de farine à pâtisserie Vz c.à thé de sel 1 c.à thé de poudre à pâte 1 c.à thé de vanille Vs de tasse d\u2019amandes râpées ou noix Grenoble hachées finement Défaire le beurre en crème, ajouter peu à peu le sucre, sans cesser de battre ; ajouter l\u2019oeuf bien battu et continuer de battre.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre à pâte et le sel et ajouter au premier mélange en alternant avec le lait.Aromatiser.Etendre de la pâte en couche mince sur l\u2019envers d\u2019une lèchefrite graissée et parsemer la pâte avec les noix hachées très finement.Cuire au four, à 325° F.durant 10 à 12 minutes ou jusqu\u2019à ce que la pâte soit dorée.Immédiatement au sortir du four, découper en lanières d\u2019un pouce de largeur et mettre aussitôt sur un rouleau à pâte pour leur donner la forme de demi-cercle.Si la pâte cuite durcit parce qu\u2019elle refroidit, remettre au four durant quelques secondes.Cette recette donne 100 gaufrettes.PALAIS DE DAMES Vz tasse de beurre % de tasse de sucre fin 1 oeuf 1 tasse de farine à pâtisserie Vz de tasse de raisins de Corinthe Vz c.à thé de vanille Défaire le beurre en crème, ajouter le sucre graduellement puis l\u2019oeuf et bien battre.Aromatiser.Ajouter la farine tamisée, mesurée et les raisins déjà enfarinés.Verser la pâte dans un cornet de papier et laisser tomber par petits monticules de la grosseur d\u2019une noix sur une tôle graissée.Cuire dans un four chauffé à 350° F.Le bord du palais seul doit être doré.L'industrie laitière au Canada Plusieurs dirigeants de l\u2019industrie laitière de la Province de Québec viennent de prendre part au 14e Congrès du Dairy P armer s of Canada qui eut lieu à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, du 12 au 20 janvier, sous la présidence de M.Gilbert MacMillan de Huntingdon, président de cet important organisme national des producteurs de lait.Comme une des principales industries du Canada, l'industrie laitière est aux prises avec une multiplicité de problèmes qui engagent son existence, le Congrès de Saint-Jean fut surtout consacré à l'étucle des prix et de la mise en marché des produits laitiers.Au cours de cette première visite de l'organisme des producteurs de lait canadien dans les provinces de l\u2019Atlantique, les délégués cherchèrent à s\u2019entendre sur un ensemble de recommandations relatives à différentes législations susceptibles de faciliter la mise en marché des produits laitiers sur les plans fédéral et provinciaux.Dans le domaine de la producton du lait on apporta une attention particulière au nouveau système de ramassage et transport du lait en camions-citernes, entre la campagne et les villes.Une place importante fut accordée également au programme de publicité nationale du Service des Produits du lait qui a consacré, depuis quelques années, près de deux millions de dollars à l\u2019annonce des produits laitiers dans tous les moyens modernes de publicité (Voir page 20).En plus de M.MacMillan, M.Jean-Baptiste Lemoine, président général de l\u2019U.C.C., Henri-C.Bois, gérant-général de la Coopérative Fédérée de Québec, S.Panneton, de la Fédération provinciale des Groupements de producteurs de lait du Québec.John K.Dickson, du Montreal Milk Producers Association, tous administrateurs de la Fédération Canadienne des Producteurs de lait prirent une part active à ce congrès. 30 La Revue Populaire Vous vous sentirez MIEUX! Vous paraîtrez MIEUX ! Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Les Pilules MYRRIAM DUBREUIL améliorent l'état général, vous aidant ainsi à vous sentir MIEUX et à paraître MIEUX.Les Pilules Myrriam Dubreuil sont un reconstituant et un excellent tonique qui améliore le sang, stimule l\u2019appétit, soulage l\u2019épuisement nerveux quand celui-ci s\u2019insinue dans l\u2019organisme et, conséquemment, aide à reprendre le poids perdu.Les Pilules Myrriam Dubreuil constituent un produit médicinal qui produit d\u2019heureux résultats.Sa formule pharmaceutique a été établie, il y a de nombreuses années, après des recherches sérieuses, par des chimistes qualifiés.GRATIS : Envoyez 5* en timbres et nous vous adresserons gratis notre brochure illustrée, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ ce COUPON (pour le Canada seulement) Mme MYRRIAM DUBREUIL 6380, rue Bordeaux Case Postale, 1391, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5 cents pour échantillon des Pilules Myrriam Dubreuil avec la brochure.Nom .Adresse .Ville .Province .¦ .asKa» «S ftlil ¦V JglfJ?: ÎJr'iM -, ¦-r.vv.vv .vv-r-' ®\t>-[ Suite de la page 28] songe pas à reprendre ma parole, puisque je l\u2019ai donnée, mais je ne juge pas utile d\u2019informer maintenant tous nos voisins que je m\u2019en irai, dans trois mois, pour m\u2019appeler Mme Bédarieux.Comme il m\u2019est impossible d\u2019imaginer ce que sera mon existence, j\u2019ai chassé de mon esprit ces perspectives pour reprendre ma vie, au point où elle était, quand la fille de Bella est née.L\u2019absence de Jerry double mon travail et, alors que papa et les lads ne quittent guère les écuries, je suis seule pour sortir les chevaux, les entraîner, les présenter aux acheteurs qui commencent à arriver.Il faut de plus que je m\u2019entraîne et prépare Gouverneur pour le Concours Hippique d\u2019Angers.C\u2019est un animal placide, docile, très bon sauteur.Tout au plus est-il parfois paresseux.Je sais le stimuler et nous nous classerons certainement, lui et moi, dans un très bon rang.Le Concours a lieu au début de juin et, bien plus que l\u2019échéance de juillet, qui est l\u2019époque fixée en principe pour notre mariage, cette date m\u2019importe.Maman commence à préparer mon trousseau.Comme elle s\u2019aperçoit très vite que je ne m\u2019y intéresse guère, elle renonce à m\u2019en parler.J\u2019ai repris, sans qu\u2019elle élève de trop véhémentes protestations, mon vieux costume de cheval et je cours la campagne toute la journée.Le soir, je suis si rompue de fatigue que je ne m\u2019attarde guère à veiller.Je dors comme une souche, pour recommencer le lendemain.J\u2019avais supplié Régis de ne pas m\u2019obliger à lui écrire : je suis incapable de me plier aux conventionnelles lettres quotidiennes des fiancés.Il n\u2019a pas trop insisté et il téléphone de Paris, tous les deux ou trois jours.Nous bavardons quelques instants.Il me parle de ses occupations.Je dis quelques mots des miennes.Il viendra passer ici un prochain week-end.Je préfère ne pas demander lequel.Au grand soulagement de papa, Jerry est rentré samedi dernier.Il m\u2019a paru plus maigre, plus taciturne aussi.Nous ne lui avons posé aucune question et il ne nous a rien dit.Il a repris son travail et m\u2019a débarrassé de Falstaff, Que le printemps rend nerveux et difficile a mener.Chose curieuse, cet animal que je traite pourtant avec douceur ne m\u2019aime guère.On dirait qu il a peur de moi.Quand je le monte, il a des caprices qu\u2019il ne manifestait pas avec Régis et pourtant, ce n\u2019est pas un cavalier tellement extraordinaire., L semblerait que rien n\u2019ait changé a la Pommelière, si Jerry ne se récusait autant quand maman le prie de partager notre dîner.Naguère, c\u2019était au moins quatre fois par semaine qu\u2019il passait la soirée avec nous.Depuis son retour, il est venu une seule fois.Pauvre ami ! Il est certainement malheureux.Je voudrais l\u2019aider, pressentant que ce bébé, dont nous avons vu chez lui, la photo, est pour quelque chose dans sa tristesse.Je ne peux y faire allusion.Maman devrait essayer de le confesser.Nous en avons discuté toutes les deux et, un matin, alors que je m\u2019apprêtais à sortir, je les ai vus côte à côte arpenter la cour.Jerry, la tête basse, avait l\u2019air d\u2019opposer un refus buté aux sollicitations amicales de maman.Quand je suis revenue pour le déjeuner, elle m\u2019a seulement dit, répondant à mon interrogation : \u2014 Nous ne pouvons rien pour lui.Je n\u2019ai pas insisté.Un autre sujet de préoccupation me vient par l\u2019arrivée de Régis.Il sera là après-demain.Déjà ! Je ne sais si j\u2019en suis heureuse ou agacée.\u2022 Ces deux jours ont passé dans une atmosphère bizarre, faite tour à tour de douceur et de malaise.Le plaisir de Régis de me revoir, qu il manifestait par chacun de ses regards, était très touchant.Il est vraiment très bon d\u2019avoir, seulement par sa presence, par un sourire ou par une moue, tant d\u2019influence sur le rayonne-ment d\u2019un être.Je suis pleine d\u2019indulgence pour Régis.Il en profite parfois pour prendre des allures autoritaires qui m\u2019amusent, car il suffit d\u2019un mot pour qu il batte en retraite et re-devienne anxieux.Il est plein de tendresse, mais n\u2019abuse pas du droit que lui donnent nos fiançailles pour m\u2019embrasser.Je lui en suis reconnaissante et souvent, j\u2019ai vers lui un geste d\u2019abandon.Le jour de son arrivée, nous nous promenions dans la cour et j\u2019avais glisse mon bras sous le sien.Je m\u2019étais laite un peu lourde en m\u2019appuyant contre lui.Nous approchions du box de Bella et de sa fille, quand Jerry a surgi.Il nous a fixés l\u2019un et l\u2019autre d une manière si singulière que je me suis instinctivement éloignée de Régis Il y a eu quelques instants de gêne puis, Jerry, bavard soudain, a tenu à nous montrer Bellezza, prônant des qualités que je suis obligée, après un mois, de reconnaître.La jeune pouliche qui m\u2019avait tant deçue lors de sa naissance, tient des promesses que je n\u2019avais pas su voir.Pourtant, je ne manifeste qu\u2019un enthousiasme mitigé.Même si elle est ma propriété, comme Ta dit papa, ce n est pas moi qui la monterai, pas moi qui procéderai à son entraînement, pas moi non plus qui la conduirai au triomphe dans les concours hippiques.Quand elle sera formée, dans trois ou quatre ans, elle partira avec un acheteur et je serai alors une épouse et une mere de famille, vivant dans un appartement de la ville, auprès d\u2019un mari.Sans se rendre compte de ce qui se passait dans ma tête, ce futur mari était à mes côtés, en train de discuter posément du prix que pourra valoir Bellezza, quand se présentera pour elle un acquéreur.Tout à coup, cette conversation m\u2019a ete insupportable.Tournant brusquement le dos aux deux hommes, j\u2019ai regagné la maison en courant.J'ai grimpé quatre à quatre l\u2019escalier conduisant à ma chambre.En me jetant sur mon lit, je me suis mise à pleurer.Il m a fallu au moins un quart d heure pour me calmer.Cette explosion n a pas de motif.Elle est simplement 1 aboutissement de quelques semaines de contrainte.Tandis que mes larmes coulaient, j\u2019étais littéralement submergée par le désespoir.J entendis en bas Régis qui m\u2019appelait.Je ne répondis pas.Un peu plus tard, le front à la vitre, j\u2019ai regardé le soleil descendre lentement derrière le petit bois.Maman à son tour a crié mon nom, du pied de l\u2019escalier.Je nai pas bougé davantage, et je l\u2019ai entendue prononcer : Mais non, elle n\u2019est pas rentrée.Tu te fais des idées, mon pauvre Régis.Il y a dans la nature d\u2019Odile.Je ne perçus pas la suite.Je suis revenue m\u2019étendre sur mon lit, désireuse de réfléchir, mais je me suis endormie.Les coups frappes contre ma porte par Maria m\u2019ont réveillée.Il faisait nuit et j\u2019entendais, venant du rez-de-chaussée, des bruits de vaisselle remuée.Je me suis levée rapidement.Il me restait tout juste le temps de me changer pour le dîner.L'art moderne dans l'ameublement.\u2014 Un fauteuil en moelle de rotin tissée.pour sieste prolongée.(Studio Sta, Paris) VI JE m\u2019attendais si peu à une telle question de la part de Jerry, qu\u2019elle me laissa un instant sans voix.\u2014 C\u2019est sérieusement que vous songez à épouser Régis ?Nous venions de faire une piqûre de calcium à Bellezza et la jeune pouliche, d\u2019un mouvement qui est familier chez sa mère, avait poussé sa grosse tête contre ma manche pour se faire caresser le front.Nous avions alors parlé des qualités que nous lui trouvions et qui sont la répétition de celles de Bella.Jamais, depuis que Régis est revenu dans mon existence, pour y prendre [ Lire la suite page 32 J la reine de l\u2019EXPOSITION \u2022 \u2022 et de «.\tS '\t« la route / \u2022 \u2022 \u2022 »* Vous voyez ici une authentique reine de beauté \u2014 et vous devez reconnaître qu\u2019elle mérite bien son titre.La Chevrolet 1956 étire sa ligne fuyante et souple de son énorme grille au style hardi de ses feux arrière.Ses élégantes moulures de chrome la distinguent.Tous ses détails, à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur, reflètent la perfection de son décor, la gaîté de ses couleurs.Il est évident qu\u2019une nouvelle puissance accompagne cette élégance.Une puissance estimative pouvant atteindre 205 chevaux assure des démarrages instantanés et des doublages de tout repos.Mieux encore, cette voiture fait preuve d\u2019une endurance extraordinaire, elle l\u2019a prouvé à l\u2019ascension de Pikes Peak, grimpant un chemin étroit en un temps record.La Chevrolet a eu raison de la montagne et a démontré que la sécurité faisait partie intégrante de sa force, prenant des virages comme une voiture sport, exécutant des manoeuvres précises et tenant la route avec une stabilité parfaite.Oui, voiture d\u2019exposition et voiture de grand rendement, la Chevrolet 1956 remporte le premier prix dans tous les milieux.Nous sommes certains que rien ne vous sera plus agréable que de vous en con- vaincre.La fringante nouvelle décapotable Bel Air, un des 19 nouveaux modèles offrant l\u2019élégance et la qualité de la célèbre carrosserie Fisher.Chevrolet ENCORE PLUS SENSATIONNELLE! Une valeur General Motors 32 La Revue Populaire MJ** \u2022 J.- ; * Æîï!7^2 gjâîs# Pjjgii; jsaaB .l'^î On n'emprunte plus de braises à son voisin.Voulez-vous être bien chauffé?« , -ti» Le seul moyen.c\u2019est d\u2019avoir un système de chauffage complet et moderne\u2014ce dont vous êtes assuré avec les produits de qualité Crâne.Avec les perfectionnements que comportent maintenant les appareils de chauffage\u2014et dont beaucoup sont dûs à Crane\u2014vous êtes en droit d\u2019attendre que votre chauffage central vous donne entière satisfaction pendant de longues années.CRANE LIMITEE Siège social: 1170, square Beaver ïlall, Montréal Voyez donc votre entrepreneur en chauffage et plomberie.Il vous indiquera le système de chauffage moderne qui répond le mieux à vos besoins.Qu\u2019il s\u2019agisse de chauffage à l\u2019eau chaude ou à l\u2019air chaud, au charbon, au coke, à l\u2019huile ou au gaz, il peut vous fournir et vous installer les appareils Crane qui vous donneront une chaleur confortable et bien répartie.Partout, c\u2019est Crâne que l\u2019on préfère.et la qualité 7 usines et 26 succursales au Canada COMPAGNIES ASSOCIÉES Canadian Potteries Limited Port Hope Sanitary Manufacturing Company Limited Crane Steelware Limited Alliance Ware, Ltd.Warden King Limited CRANE ne coûte pas pas plus cher ®\ty [ Suite de la page 30 ] une place si importante Jerry ne m\u2019a parlé de lui, n\u2019a même prononcé son nom.Qu\u2019il m\u2019interrogeât d\u2019une manière aussi brutale était si peu dans la ligne de son excessive discrétion, que je répondis enfin : \u2014 Oui.Pourquoi me demandez-vous cela ?Il me fixa de ses prunelles claires et me dit : \u2014 Il me semble étrange que vous ayez pu, vous, le choisir, lui.J\u2019ouvris la bouche pour dire que je ne l\u2019avais pas choisi, mais plutôt subi.Je m\u2019aperçus soudain que, pour un garçon comme Jerry, ce qui s\u2019était passé devait être incompréhensible, et je répliquai, en me détournant: \u2014 Je serai mariée en juillet.Il marmonna alors : \u2014 Ce n\u2019est pas possible.Cela ne peut pas être.Je revins vers lui.Sur son visage, bruni par le soleil, je notai une si bizarre expression de tristesse que je murmurai interdite : \u2014 Pourquoi ?Il fit un effort visible pour parler.Intervenir comme il le faisait devait lui paraître le comble de l\u2019inconvenance, car il dit après une nouvelle hésitation : \u2014 Si vous vous mariez, vous quitterez la Pommelière ?\u2014 Bien sûr.Je dois habiter Paris.Il jeta un coup d\u2019oeil vers la maison, puis, se décidant : \u2014 Je ne voudrais pas vous effrayer, ni inquiéter Mme Hobson, mais vous ne vous rendez probablement pas compte que la santé de votre père décline.J\u2019avais bien vu, depuis l\u2019absence de Jerry, que papa paraissait plus las.J\u2019avais attribué à la fatigue d\u2019un travail augmenté, son teint pâle et sa soudaine tristesse.Tout à coup, je prenais conscience que cela devait être beaucoup plus grave, si grave même que notre silencieux ami sortait de sa réserve pour m\u2019avertir.\u2014 Si je pensais, poursuivit-il, que votre bonheur puisse être dans ce mariage, je ne dirais rien.Je n\u2019avais pas envie d\u2019analyser avec lui mes chances de félicité.Les quelques mots prononcés par lui confirmaient trop mon sentiment que je n\u2019en avais guère.J\u2019étais prise au piège, un piège enfantin et absurde et, je prononçai en moi-même :\tla valse du premier soir.Quelle magie, jamais retrouvée, s\u2019était saisie de moi ?Pourquoi, depuis ce moment, Régis avait-il agi sur ma volonté, forcé mes décisions ?Sa voix, sa douceur facile m\u2019avaient en quelque sorte engluée.Je ne sais si Jerry continua à parler.Perdue dans mes réflexions, je ne l\u2019avais pas écouté.Je relevai la tête et demandai : \u2014 Papa vous a-t-il dit quelque chose ?\u2014 Il ne se plaint jamais, vous le savez, mais il est anxieux, non pour lui, seulement pour votre mère et pour vous.\u2014 Mon mariage.\u2014 Pardonnez-moi de me mêler de ce qui ne me regarde pas ; cependant, vous ne pouvez épouser Régis.Il n\u2019est pas capable de vous rendre heureuse.Je me dressai, cabrée.\u2014 Qu\u2019est-ce qui vous permet.Jerry ne parut pas s\u2019émouvoir : \u2014 Mon affection et mon dévouement pour vous trois, pour cette maison aussi.Vous êtes forte et, même si ce que j\u2019ai à vous dire vous choque, même si vous devez m\u2019en vouloir, il est nécessaire que vous sachiez.Je m\u2019étais adoucie et, appuyée contre le bat-flanc qui séparait le box de Bellezza de celui de sa mère, j\u2019attendis.\u2014\tVous allez sacrifier votre jeunesse, vos goûts, votre existence, à un homme que vous n\u2019aimez pas.\u2014\tComment pouvez-vous affirmer.\u2014\tJe le connais mieux que vous et je n\u2019ai contre lui aucun grief personnel, mais il est de ces êtres qui prennent tout des autres et ne rendent rien ; ce n\u2019est pas le mari qu\u2019il vous faut.A vous reviendront toutes les charges matérielles et morales.Il a un Montréal, février 1956 33 don remarquable pour les éloigner de lui, les passer aux autres.\u2014\tJe ne vous suis pas, Jerry.Quel rapport cette attaque violente contre mon fiancé a-t-elle avec la santé de mon père ?\u2014\tQuand je serai parti.J\u2019eus un cri : \u2014 Parti ?Vous voulez nous quitter ?Il inclina la tête.\u2014 J\u2019ai hésité à annoncer mon départ à M.Hobson.Je dois rentrer chez moi.\u2014 Votre famille vous réclame?J\u2019avais eu envie de dire : « Cet enfant », mais je m\u2019abstins d\u2019en parler et il poursuivit, sans répondre à ma question.\u2014 Je ne veux pas me déclarer indispensable, mais vous mariée et vivant loin d\u2019ici, moi parti, votre père ne tiendra pas l\u2019établissement ou ce sera au prix d\u2019un effort qui achèvera de ruiner sa santé.J\u2019étais atterrée.Pourtant, je n\u2019essayais pas de combattre chez Jerry cette décision de s\u2019en aller.Une question de plus déclencherait toute une série de conséquences que je ne voulais pas connaître.\u2014 Papa n\u2019accepterait pas un tel sacrifice de ma part.\u2014 Serait-ce bien un sacrifice ?Cette fois, il me regardait dans les yeux et ses prunelles renfermaient à la fois une supplication et une autorité telles que je fus bouleversée.J\u2019eus envie de lui crier : \u2014 Restez, je vous en prie et je renonce à ce mariage, car vous avez raison, tout ce que vous venez de dire, je l\u2019ai pfensé.Ce ne sont pas là les paroles que j\u2019ai prononcées et j\u2019ai répondu : \u2014 Il faudra sans doute envisager de vendre l\u2019établissement.Papa pourra alors se reposer.\u2014.en admettant que la chose soit possible ! Je dressai l\u2019oreille et je vis qu\u2019il fallait à Jerry beaucoup de courage pour continuer.\u2014 Vous n\u2019êtes pas au courant des affaires.Votre père n\u2019a jamais voulu vous alarmer et pas davantage votre mère.Pourtant, la situation ici est précaire.Je m\u2019insurgeai.\u2014 Le domaine, la maison, sans compter les poulinières, les foals (chevaux nés dans l\u2019année), tout cela représente beaucoup d\u2019argent.La vente permettrait à mes parents, je le suppose, de vivre paisibles, sans difficulté.\u2014 Non.Vous êtes trop sérieuse, trop réfléchie, pour être tenue plus longtemps en dehors des soucis qui accablent votre père.Il s\u2019est efforcé de vous les cacher.Autant et peut-être plus que son mal, ils le minent.Une réalisation totale serait désastreuse dans les deux ou trois années qui viennent ; à cause des échecs récents que nous avons eus dans l\u2019élevage, de lourdes hypothèques pèsent sur tout.Par contre, les promesses d\u2019avenir sont excellentes.Je l\u2019interrompis.\u2014 Bien plus que mon mariage, c\u2019est votre départ, Jerry, qui aggrave la situation.\u2014 Non.Le ton était si net que je sursautai et, comme il n\u2019ajoutait rien, je le pressai de questions.Il ne m\u2019était plus possible d\u2019écarter le problème.Il était nécessaire pour moi de connaître totalement ce que Jerry me livrait avec tant de réticences.Il finit par dire : \u2014 C\u2019est parce que vous partez que, moi aussi, je m\u2019en vais.\u2014 Je croyais que c\u2019était à cause de votre famille, prononçai-je, abasourdie.\u2014 Je suis actuellement dans une alternative grave.Je dois choisir.\u2014 Et c\u2019est déjà fait?m\u2019écriai-je impétueusement.Un chagrin brusque faisait trembler ma voix.L\u2019idée que Jerry allait nous quitter, pour des raisons personnelles que j\u2019ignorais, que cette maison allait disparaître pour moi, m\u2019était intolérable.J\u2019avais compté sur lui et, parce £N PRIX Trouvez un nom pour ces plats préparés au ketchup Heinz! Plat # 4 Volaille au ketchup: Faire dorer 2 Ib.ou l'/i lb.de poulet découpé dans 3 c.à table de shortening.Saler et poivrer.Retirer le poulet.Sauter 1/2 t.d\u2019oignon tranché, 1 gousse d\u2019ail émincée, V2 t.de carottes hachées et 2 c.à table de persil haché jusqu\u2019à ce que le tout ait légèrement pris couleur.Incorporer 1 t.de ketchup Heinz, 1 t.d\u2019eau, 1 c.à table de vinaigre Heinz, 1 feuille de laurier et 1 c.à thé de sel.Ajouter le poulet.Couvrir et laisser mijoter 1 heure ou jusqu\u2019à ce que la viande soit tendre.(Donne 4-5 portions.) \u201cplat surprise\u201d Heinz ! 1er grand prix.$3000.00 2ème grand prix.1,500.00 3ème grand prix.750.00 4 prix de $500.00 chacun 4 prix de $200.00 chacun 8 prix de $50.00 chacun De plus, 655 paniers de provisions (d'une valeur de $10.00 chacun) en véritable osier de Madère, remplis de produits Heinz.Voici quatre plats délicieux qui raviront votre famille, enflammeront votre imagination et vous feront gagner de l\u2019argent.Préparez-en un (ou plusieurs)\u2014servez-le et donnez-lui un nom! Postez-nous ensuite n\u2019importe quelle étiquette qui se trouve sur le col d\u2019une bouteille de ketchup Heinz avec le nom que vous aurez choisi et complétez la phrase suivante en vingt-cinq mots au maximum: \u201cMa famille aime le plat numéro.parce que.\u201d C'est facile! C\u2019est amusant! Suggérez autant de noms qu\u2019il vous plaira! 674 chances de gagner un prix dans le grand concours du ÜSÜ ¦S3 SKM MMMg IStb 1069 TOMATO KETCHUP \u2022can* s 7 MADE BV Hj.MÏINZ COMPANY OF CANADA LTD.UAMIN6TON.CANADA UHEINZCC Plat # 1 Viande au ketchup: Faire dorer dans la poêle 4 côtelettes de porc maigres.Saler et poivrer.Dégraisser.Placer une tranche d\u2019ananas sur chaque côtelette.Couper en quatre tranches une patate sucrée, épluchée et cuite.Poser sur l\u2019ananas.Mélanger !/2 t.de ketchup Heinz, 2 c.à table de jus de citron, V2 t.de jus d\u2019ananas, 2 c.à table d\u2019oignon haché, V2 c.à thé de sel, 1 c.à thé de sauce Worcestershire Heinz et % c.à thé de clou de girofle moulu.Verser sur les côtelettes.Couvrir et laisser mijoter 45 minutes en arrosant de temps à autre.(Donne 4 portions.) Plat # 2 Salade au ketchup: Dans une casserole, mélanger 2 c.à table de fécule de maïs et V2 t.d\u2019eau; ajouter une boîte de 20 oz.d\u2019ananas découpé (jus compris), t/2 t.de ketchup Heinz et 2 c.à table de beurre ou margarine.Cuire à feu doux en remuant jusqu\u2019à ce que le mélange arrive à ébullition et épaississe.Ajouter 2 t.de poulet, de porc ou de veau découpés en dés, et IV2 t.de céleri tranché.Mettre au froid.Servir sur feuilles de laitue.Garnir de I/2 t.de noix hachées.(Donne 5-6 portions.) Plat | 3 Dessert au ketchup: Chauffer le four à 350 F.(moyen).Placer 4 t.de pommes sures tranchées dans un moule peu profond et beurré.Mélanger j/2 t.de ketchup Heinz et 2 c.à thé de jus de citron.Répandre à la cuiller sur les pommes.Mélanger % t.de farine tamisée, % t.de sucre granulé, l/i c.à thé de cannelle moulue et H t.de beurre ou margarine ramollis, travailler pour obtenir un mélange granuleux.Etendre sur les pommes.Cuire 40 minutes.Servir chaud avec de la crème glacée à la vanille.(Donne 6-8 portions.) Canada, sauf aux employés des sociétés suivantes et à leur famille: H.J.Heinz Company of Canada Ltd., leur agence de publicité, Might Directories Limited, les cuisiniers et les spécialistes en économie domestique au service d\u2019entreprises commerciales.4.Les réponses seront jugées pour leur individualité et leur originalité, comme pour la sincérité de la déclaration.La décision du jury formé de Might Directories Limited et d\u2019un comité de spécialistes en économie domestique bien connus, sera sans appel.En cas d\u2019ex-aequo, les prix seront doublés.Toutes les réponses deviennent la propriété de H.J.Heinz Company of Canada Limited qui se réserve le droit de les utiliser à son gré.Aucun envoi ne sera retourné.Les prix seront remis aussitôt que possible après la décision du jury, soit par messager, soit par courrier.Les noms et adresses des gagnants seront fournis sur demande après le 15 août 1956.2.\tAdressez votre réponse, accompagnée de vos nom et adresse et de l'étiquette entourant le col de la bouteille deketchup Heinz, au Concours du \u201cPlat surprise\u201d Heinz, P.O.Box 3357, Toronto, Ontario.Veillez à ce que la marque d'oblitération postale ne soit pas ultérieure au 31 mai 1956 et à ce que votre envoi soit livré au jury avant le 10 juin 1956.Vous pouvez envoyer autant de réponses que vous le désirez à condition que la feuille soit bien remplie par vous, en votre nom et accompagnée chaque fois de l'étiquette entourant le col d\u2019une bouteille de ketchup Heinz.N\u2019utilisez qu'un côté d\u2019une feuille de papier pour chaque réponse.3.\tLe concours est ouvert à toute personne résidant au 1.Servez un de ces plats à votre famille.Adressez-nous le nom que vous proposez pour ce plat.Complétez la phrase suivante en vingt-cinq mots au maximum\u2014\u201cMa famille aime le plat numéro-parce que.\u201d LE KETCHUP HEINZ DANS LA CUISINE améliore la saveur et économise du travail 34 La Revue Populaire ^wieront fortes vos aroites vos nouveaux ustensiles en acier inoxydable par ~~ 1\tP®**™**®1\t\tlâü \t\t\t \t\t\t Autoclave Presto\tPoêlon$ automatiques électriques\tCulseur Presto\tFers Presto pour repasser à sec ou à vapeur ¦ .-il KIRSCH MANUFACTURING CO.OF CANADA LTD., WOODSTOCK, ONTARIO DE LA BEAUTE DANS VOS FENÊTRES GRACE CORDON Donnez à vos rideaux un dernier cachet de beauté.Suspendez-les aux fameuses tringles à cordon Kirsch.Elles s\u2019ouvriront ou se fermeront dans un harmonieux équilibre, à la moindre traction du cordon.Quand vous redécorerez vos fenêtres, demandez les tringles à cordon Kirsch.\u2022 Rideaux protégés contre toute manipulation entraînant souillures ou déchirures \u2022 Galets pratiques en nylon \u2022 Parties mobiles et cordons dissimulés \u2014 Pièces extérieures qui s'harmonisent aux boiseries ou peuvent être peintes.Demandez la brochure gratuite qui explique comment confectionner rideaux et draperies (en français ou en anglais).Vous pouvez également obtenir, pour 5 Oçi, la brochure ' 'Window Inspirations\u201d (en anglais), contenant 32 pages d\u2019idées pour rideaux et tentures.Ecrire à: Dept.MP 46X2 qu\u2019il me manquait, je devenais injuste, méchante et je poursuivais : \u2014 Vous nous abandonnez juste au moment où cela va le plus mal.Est-ce là votre affection ?\u2014 Vous me donnez l\u2019exemple.\u2014 Quel rapport mon mariage a-t-il avec votre propre situation ?\u2014 Faut-il être à ce point brutal pour que vous compreniez ?Il s\u2019était avancé d\u2019un pas et il me jeta : \u2014 J\u2019aurais voulu n\u2019avoir pas à préciser davantage.Vous m\u2019y contraignez.Si je restais et si, un jour \u2014 que je voudrais le plus lointain possible, mais que Régis a déjà envisagé \u2014 il devenait le maître ici, tout serait liquidé rapidement, et moi avec.Je ne peux ni ne veux assister à cela.J\u2019avais peine à assimiler le sens des phrases de Jerry, puis la lumière se fit et je blêmis.\u2014 Voulez-vous dire que Régis parle ouvertement et de la disparition de papa, et de la liquidation de la Pom-melière ?Sans me quitter des yeux, mon camarade inclina la tête et je protestai : \u2014 Régis a de la fortune, il n\u2019a pas besoin de supputer.Votre accusation.\u2014 Je n\u2019accuse pas, mais puisque vous m\u2019avez toujours considéré comme un ami, mon devoir, avant de m\u2019en aller pour ne jamais revenir, est de vous ouvrir les yeux.Régis n\u2019aime rien de ce qui a fait votre existence et vous n\u2019aimez rien de la sienne.On n\u2019épouse pas, quand on est vous, un homme simplement parce qu\u2019il danse bien et parce qui a fait votre existence et vous vous conquérir.Ce n\u2019est pas un mari pour vous et vous le savez.Vous n\u2019osez pas le dire.Vous étiez plus lucide, enfant, quand vous le traitiez en inférieur.\u2014 Il a changé.\u2014 On ne change pas.Il vous est toujours inférieur, par le caractère et par l\u2019âme.C\u2019est pour cela que je vous demande de vous ressaisir.\u2014 Si je restais ici, que feriez-vous ?La riposte fut immédiate.\u2014 Je ne partirais jamais.J\u2019eus à ce moment le sentiment que, si nous poursuivions cet entretien, nous nous aventurerions sur un terrain brûlant.Je coupai court et je dis : \u2014 Je vous remercie, Jerry, je vais réfléchir, mais je pense qu\u2019il est trop tard.\u2014 Il n\u2019est jamais trop tard pour revenir, quand on a votre âge, sur une détermination, prise inconsciemment, si elle engage toute la vie.Je n\u2019ai pas osé le faire et, parce qu\u2019il y avait auprès de moi aucun ami, pour me parler avec la brutalité dont je viens d\u2019user avec vous, trois êtres, que dis-je ?cinq, ont souffert et souffriront encore.Il vaut mieux reprendre une promesse qu\u2019on vous a arrachée, que de gâcher toute une existence.Je tourne et retourne dans ma tête toute cette conversation et l\u2019attitude de Jerry me semble étrange.Pourtant, il est sincère et il a raison.J\u2019ai examiné papa avec plus d\u2019attention et je découvre qu\u2019il a vieilli.Il donne une impression de fatigue et, dans les regards qu\u2019il attache sur maman et sur moi, quand il ne se croit pas observé, il y a parfois une détresse qui me tire des larmes.Il ne nous a pas parlé du départ de Jerry.Il le connaît pourtant.Sait-il que ce départ est strictement lié au mien ?Les soucis d\u2019argent, auxquels je n\u2019avais jamais attaché d\u2019importance, le tracassent.Il a dû avoir, avec Régis une conversation s\u2019y rapportant, car j\u2019ai entendu celui-ci, sortant du petit bureau où il l\u2019avait entraîné, lui dire en riant, avec un ton désinvolte qui ne m\u2019a pas plu : \u2014 Que ceci ne vous tourmente pas, cher grand ami ! Odile, à elle toute seule, est un trésor que je vous vole.Je n\u2019ai besoin de rien d\u2019autre.On parle toujours de la période radieuse des fiançailles.Je ne saurais, pour ma part, lui donner un tel qualificatif, malgré la joie de maman ; elle ne semble rien soupçonner des senti- ments confus qui s\u2019agitent autour d\u2019elle et je suis de plus en plus mal à l\u2019aise.Pourtant, je travaille beaucoup, avec l\u2019entraînement des chevaux et le mien propre.^ La fatigue qui m\u2019accable ne m\u2019empêche pas de penser et de m\u2019effrayer des bouleversements proches.Pourquoi Régis est-il venu troubler notre existence ?Depuis la nuit maléfique de la naissance de Bellezza, tout va de travers pour nous, et je ne parviens pas à ressaisir les fils rompus de la trame paisible de nos jours.Je deviens nerveuse et pour le moindre mot, j\u2019ai des crises de larmes.Je refuse de voir nos voisins, nos amis.Je n\u2019ai pas rencontré une seule fois Mabel.Que n\u2019a-t-elle pas retenu près d\u2019elle Régis en ce premier soir ! Pour un peu, je lui en voudrais et la rendrais responsable d\u2019une situation à laquelle je ne puis plus rien changer.Je n\u2019ai pas eu d\u2019autre conversation avec Jerry.Il a dû fixer une date pour son départ, mais personne n\u2019y a fait allusion.Il dresse un des lads à le remplacer.Aucun d\u2019eux n\u2019aura so« autorité, sa compétence, sans parler de ses qualités de cavalier et de son dévouement.Gouverneur me donne toute satisfaction et son entraînement ne pose guère de difficultés.C\u2019est si simple même que je songe à présenter deux chevaux au Concours Hippique de juin.Pourquoi pas Falstaff ?Il est terriblement cabochard, mais c\u2019est un remarquable sauteur, quand il est de bonne humeur.Mon poids lui convient, encore qu\u2019il ne m\u2019aime guère.Nous aurions des chances, lui et moi, de remporter la coupe du championnat du monde du saut en hauteur.Quelle valeur cela donnerait à ses enfants et à tout notre élevage ?Est-ce que cela ne sauverait pas toute la situation ?Ce projet, je l\u2019avais naguère ébauché, mais papa m\u2019y avait fait renoncer jugeant Falstaff trop dangereux.Il me trotte à présent par la tête et ce, avec d\u2019autant plus d\u2019insistance que Falstaff est plus calme, plus tolérant à mon égard.Je l\u2019ai monté ces derniers temps à maintes reprises et, sans le faire travailler, je le sens plus souple à la main, plus docile à ma voix.Plusieurs fois, sur une simple sollicitation, il a pris son beau galop allongé et a franchi, comme un oiseau, la double barre parallèle.Je n\u2019ai d\u2019abord rien dit à personne.Si l\u2019entente pouvait se faire entre ce magnifique animal et moi, si je pouvais gagner le trophée, il ne serait plus question de le vendre.Papa en parle depuis longtemps, à regret il est vrai, mais c\u2019est une obligation à laquelle il faudra bien nous résoudre, si je n\u2019arrive pas à obtenir un résultat avec ce cheval.Jerry n\u2019aime guère me voir prendre Falstaff.Si je n\u2019étais intervenue la semaine dernière, il aurait poussé papa à céder à un acheteur italien qui en offrait un bon prix.Chaque fois qu\u2019il m\u2019entend demander au garçon d\u2019écurie de le seller, Jerry a une sorte de réflexe pour annuler l\u2019ordre.Il se contient, mais vient mi-même le sangler et il quitte la cour lorsqu\u2019il est assuré que le cheval ne cherche pas à me jouer un mauvais tour.Je mûris d\u2019autant plus facilement mon beau projet que, par un curieux revirement, Falstaff est devenu mon ami.Il est souple et doux comme un agneau et ses hennissements, dès que j\u2019approche de son box, sont vraiment l\u2019indice de son affection nouvelle.Chacun ici s\u2019en étonne et s\u2019en réjouit.Sans qu\u2019aucun mot ait été prononcé, il est à peu près certain que je ne suis pas seule à avoir pensé au championnat.J\u2019amène doucement Falstaff sur les obstacles et il se joue vraiment, avec une aisance merveilleuse, de toutes les difficultés.Je me fais légère sur lui et quand il s\u2019élance, au moment précis où j\u2019effleure à peine de ma main son encolure, nous faisons corps.Il a de Montréal, février 1956 35 nouveau touché terre, sans le moindre heurt, sans la moindre fatigue.Jerry, qui l\u2019a vu à l\u2019oeuvre, se rassure et admet notre réconciliation, à laquelle il ne croyait pas.Il a donné à papa, qui hésitait encore, son point de vue et il a été convenu que le cheval serait engagé, en même temps que Gouverneur, pour le Concours Hippique d\u2019Angers.Par contre, la nouvelle a violemment irrité Régis et il s\u2019est exclamé, prenant maman à témoin : \u2014 J\u2019avais consenti à retarder notre mariage jusqu\u2019en juillet parce que Di-lette présentait, sans danger, Gouverneur.En revanche, je m\u2019oppose à ce nouveau projet.Un tel entraînement est pour elle une fatigue, une tension nerveuse, que je ne puis admettre, à quelques jours de notre union.Maman s\u2019est rangée à son avis.Par bonheur, papa et moi avons tenu bon.Le travail que j\u2019ai à fournir, pendant les semaines qui restent, m\u2019absorbe à un point tel que je ne trouve plus le temps de penser à rien.Deux dates marquent mes échéances : le 4 juin, Angers.Le 27 juillet, mon mariage.La première a plus d\u2019importance que la seconde, car elle est une certitude.Je ne crois pas à l\u2019autre.Tant d\u2019événements peuvent encore se produire entre les deux.VII Du lit où je suis clouée, \u2014 pour combien de temps ?\u2014 où j\u2019ai tant souffert et où je souffre encore, je mesure à quel point les projets peuvent être chimériques.Nous.sommes aujourd\u2019hui le 27 juillet.La douce soeur Chantal vient de me faire une piqûre qui me délivre provisoirement de la torture qu\u2019est ce poids attaché à mon pied et qui me semble déchirer tout mon corps.Pour la première fois depuis presque trois mois la température s\u2019est stabilisée.Après l\u2019horrible fatigue du transport de la clinique à la maison, pendant lequel j\u2019ai cru que mes os, à nouveau, étaient brisés, la joie d\u2019être chez nous m\u2019a procuré ce calme et a apaisé le thermomètre.Il a mené une danse si capricieuse depuis tant de semaines, rythmant mon délire, ma douleur, mon désespoir ! En dépit des encouragements qu\u2019on me prodigue, de la tendresse des miens, des affirmations du médecin et du chirurgien, je suis une infirme.Soeur Chantal est sortie, me croyant endormie, et je l\u2019entends chuchoter sur le seuil de la chambre, avec maman qui voulait entrer.\u2014 Elle est paisible, il vaut mieux la laisser seule pour le moment.La porte s\u2019est refermée et j\u2019ai ouvert les yeux.Tandis que les larmes glissent le long de mes tempes, s\u2019étalent sur le petit oreiller qui soulève ma tête, je répète avec ironie : \u2014 Paisible ! Alors que je suis brisée, au moral comme au physique.Une pauvre loque, désarticulée : un pantin ! Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ?Dans ma fièvre comme dans ma lucidité, j\u2019ai essayé de comprendre, de m\u2019expliquer, je n\u2019y suis pas parvenue.Je n\u2019ai rien su non plus de mon entourage.On a opposé à mes questions les réponses qu\u2019on donne aux enfants et aux malades : \u2014 Plus tard.Pourtant, ce matin-là, Falstaff ne m\u2019avait pas paru plus nerveux.Il était devenu si doux, si affectueux, avec ce sang vif qui fait de lui un animal d\u2019une vigueur peu commune.Je n\u2019avais aucune raison de me méfier de lui.Régis était arrivé la veille au soir, pour passer deux jours avec nous.Nous avions eu une discussion assez vive.J\u2019avais refusé d\u2019aller danser chez les Court, parce qu\u2019il me fallait me lever tôt, le samedi, pour l\u2019entraînement.Il s\u2019était insurgé contre ce travail qui oblige à une si grande discipline.Pour avoir la paix, j\u2019avais cédé à ses objurgations, mais il me tenait visiblement rancune de l\u2019avoir contrarié.Une grande partie de la soirée, il a flirté ostensiblement avec Mabel.Je n\u2019en avais pas éprouvé de contrariété.Je me disais simplement que j\u2019aurais été infiniment mieux dans mon lit à dormir, plutôt que de me faire écraser les pieds par cet excellent vétérinaire ou à regarder mon fiancé s\u2019agiter en compagnie de la pauvre Mabel, épanouie de ce revirement soudain.Quand enfin Régis s\u2019était décidé à me rejoindre, il avait une mine assez triomphante.En m\u2019entraînant pour danser, il a murmuré : \u2014\tLa valse de notre premier soir.Je n\u2019ai pas retrouvé la magie qui m\u2019avait envoûtée alors et j\u2019ai interrompu la danse avant la fin, en disant pour m\u2019excuser : \u2014\tJe suis fatiguée, Régis, il vaut mieux que je rentre.Il n\u2019a pas dissimulé sa mauvaise humeur : \u2014 Je ne comprends pas ton père de t\u2019imposer un tel travail, bien au-dessus de tes forces.\u2014 Papa ne m\u2019impose rien, mais je me lève chaque jour à six heures et, en ce moment où nous sommes seulement à quelques jours du Concours Hippique, il est absurde pour moi de veiller.Reste, toi, puisque tu t\u2019amuses ! Il a ricané, blessé par mon indifférence.\u2014 Tu n\u2019es même pas jalouse! Le mot et le sentiment me sont si étrangers que je n\u2019ai pu m\u2019empêcher de rire, ce qui l\u2019a piqué au vif et il m\u2019a tourné le dos.Je suis revenue seule à la maison, l\u2019âme sereine, sans vraiment avoir conscience de mériter des reproches.J\u2019avais, bien sûr, trop peu dormi et, en me levant à l\u2019appel strident de mon réveille-matin, je ne me sentais pas trop en forme.Lç douche froide m\u2019ayant remise d\u2019aplomb, je me suis dirigée, comme chaque jour à la même heure, vers les écuries.Jerry y était déjà et le lad promenait Falstaff j à la longe, dans la cour.Mon cheval paraissait joyeux et s\u2019il [ avait eu la moindre nervosité, Jerry et moi-même nous en serions aperçus.Falstaff connaît bien son parcours, l\u2019importance de l\u2019effort qu\u2019il doit donner pour chaque obstacle et je n\u2019ai même pas besoin de le solliciter.A peine une pression du genou lui rap-pelle-t-elle qu\u2019il doit s\u2019enlever.Ma cravache, un cadeau de Jerry, ne me sert guère, sauf pour la double barre parallèle, haussée au maximum.Un coup léger de cette badine flexible sur sa croupe l\u2019avertit seulement que l\u2019effort à fournir est plus grand.C\u2019est en vain que j\u2019essaie de comprendre ce qui s\u2019est produit.Mon coup de cravache n\u2019a pas été plus fort et pourtant Falstaff s\u2019est ramassé, entièrement contracté.Après, je ne sais plus rien.Ma première vision, en remontant comme du fond d\u2019un gouffre, vers la lumière, vers la connaissance, a été celle du visage de Régis, convulsé par le chagrin, par l\u2019angoisse, avec de grosses larmes dans les yeux.J\u2019ai eu envie de rire, car il m\u2019a paru un peu comique.Il me rappelait sa figure, quand je le pinçais cruellement, lors de nos jeux d\u2019enfants.J\u2019ai voulu faire un geste et je n\u2019ai plus été qu\u2019une douleur, qui m\u2019a fait hurler.J\u2019ai demandé épouvantée : \u2014 Qu\u2019est-ce que j\u2019ai ?Je n\u2019ai pas entendu la réponse, car j\u2019avais perdu connaissance.Est-il possible de souffrir autant ?Parce que je vais mieux, ce que j\u2019endure encore me paraît insignifiant.Si on ne m\u2019a pas expliqué les causes du drame \u2014 les connaît-on ?\u2014 on m\u2019a dit ce qui s\u2019était produit.J\u2019étais partie depuis moins d\u2019un quart d\u2019heure quand Jerry a vu tout à coup revenir Falstaff, les étriers vides, battant son flanc.Il tremblait si fort que Jerry a pressenti tout de suite l\u2019accident.Prenant la voiture, il a suivi la piste et m\u2019a trouvée, étalée sur le sol, inerte, de l\u2019autre côté des barres parallèles rompues.Il m\u2019a cru morte.Il a fallu ensuite organiser mon transport à la clinique.J\u2019avais la cuisse gauche brisée en plusieurs endroits, fractures ouvertes ; une blessure de la A.M.Ju ste après ton départ, Anne et moi sommes descendues pour le déjeuner.Maman a pris une photo-flash pour te montrer comme nous étions mignonnes.MIDI.Après mon lunch, je me suis mise au piano jusqu\u2019à l\u2019heure de repartir à l\u2019école.(Je ne savais pas que Maman allait prendre ma photo \u2014 autrement j\u2019aurais relevé la tête et souri!) P.M.Après l\u2019école, Anne et moi avons fait ces \"bonshommes de neige\u201d.Bien entendu, Maman nous a aidées \u2014 et elle a pris une photo pour que tu puisses rire avec nous.\t\u2014* P.M.Fin d\u2019une journée bien remplie.Vois les petits yeux malins qu\u2019a faits Anne lorsqu\u2019elle a aperçu Maman avec la camera! tant d\u2019occasions de prendre des 36 La Revue Populaire rTTTTTTTTT'Tt Cuisinière à une Autre pan._i- 77ïL
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