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Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1963-01, Collections de BAnQ.

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[" CAN \u2022 % LA REVUE /'3 3/ LA SPECIALISATION EN COUTURE LES JEUNES DELINQUENTS LES FOURRURES INDISPENSABLES POUR 1963 x W Oui ou non.qui sait?Dire Phot Sa teinte est si naturelle que seul son coiffeur le sait! Joyeuse comme un pinson\u2014elle sait profiter pleinement de la vie en restant jeune d\u2019esprit et d\u2019apparence.Voyez sa ravissante chevelure, rien ne lui fait perdre sa chatoyante beauté\u2014aussi naturelle à la douce lueur des bougies que sous les reflets impitoyables de la neige.C\u2019est là l\u2019immense avantage des teintes Miss Clairol, elles sont d\u2019une discrétion absolue quelle que soit la lumière.miSS CLAIROL Les coiffeurs du monde entier préfèrent Miss Clairol à tout autre colorant.Ils savent que l\u2019action exactement prédéterminée donne automatiquement la nuance voulue et que Miss Clairol masque vraiment le gris.Mais ils apprécient surtout l\u2019effet régénérateur qui rend les cheveux souples, soyeux et dociles.Essayez donc Miss Clairol, vous en serez émerveillée.En formule crème ou ordinaire.°' «fi» Guaranteed iod Housekeeping U/,- ^OVSRTIStO cremeV UROL HAm O On BATH thi natural-looking ha.rcolormg LIGHTENS AS JT COLORS NATURAL-LOOKING COLOR V COVERS GRAY COMPLETELY f HAIR COLOR BATH* UNE TEINTE D\u2019APPARENCE NATURELLE\t__________________________«« x \u201e\u201e\u201e\t*, *OUI OU NON .QUI SAITT et HAIR COLOR BATH sont des Maraues de Commerce de Clairol Inc.of Canada, Knowlton ,P.Q.Tous droits réservés.PLUS DE FEMMES SE SERVENT DE MISS CLAIROL QUE DE TOUS LES AUTRES COLORANTS RÉUNIS i Remit tMarque Enréoistrée LA REVUE\t__________ POPULAIRE JANVIER 1963 / 56e ANNEE, No 1 / MONTREAL Parmi les fourrures indispensables pour 1963, la « petite » fourrure de la page-couverture occupe une place de choix.Portant le nom nostalgique d\u2019Anjou, elle ^ se compose de vison blanc éclatant, bordé de vison noir Black Diamond, spécialité de Shuchat.Cette écharpe est prête à réchauffer les épaules d\u2019une élégante pour un grand soir.EDITORIAL 3 La richesse du présent Anita FONTAINE CHRONIQUES 12\tPasseport universel 13\tPropos d\u2019un jour 21 Deux médecins \u2022\u2014 un remède 34\tVotre parole vaut la nôtre 35\tLa sécurité chez les enfants Françoise GAUDET-SMET REPORTAGES 6 Les mal-aimés 14\tUne école de spécialisation en couture Françoise GAUDET-SMET Lorraine DUGUAY 22 Le réfrigérateur : serviteur précieux 25 Rendez-vous avec Michelle Germaine GLOUTNEZ Michelle TISSEYRE REPORTAGES PHOTOGRAPHIQUES 4 Belle table 17 Les fourrures indispensables pour 1963 24 Des fruits pour tous les goûts \tROMAN\t 27\tLa belle dans le jardin\tLise BLANCHET \tDIVERTISSEMENT\t 34\tMots croisés\tHector RIOPEL Rédactrice en Chef Rédaction Relations extérieures Directeur artistique Adjointe au directeur artistique Photographe Anita FONTAINE Françoise GAUDET-SMET Gilles MORIN Liliane CROENNE Denis VINCENT COLLABORATEURS : Emilia B.-ALLAIRE \u2014 Rosalba CHARRERE joselte GHED1N \u2014 Germaine GLOUTNEZ Marcel SEGUIN \u2014 Marie-Noëlle STIEN Lorraine DUGUAY Stéphanie PAQUE! Michelle TISSEYRE EDITORIAL 'Me LA RICHESSE DU PRESENT ! Une année n\u2019est pas aussitôt finie qu\u2019une autre est déjà là pour la remplacer.Ainsi va la vie : le roi est mort ! Vive le roi ! Le passage d\u2019une année à l\u2019autre amène traditionnellement à faire le bilan et à prendre des résolutions.Dans notre vie au rythme bousculant, bien peu de gens ont, ou prennent, le temps d\u2019examiner l\u2019année écoulée pour en tirer une leçon pour l\u2019année nouvelle.C\u2019est ainsi qu\u2019on va dans la vie en répétant les mêmes erreurs plus ou moins longtemps, sans jamais apprendre ! Pourtant, en dépit du tempo effréné qui nous pousse incessamment sans nous laisser, apparemment, le temps d\u2019approfondir les occupations en cours, ils sont légion ceux qui regardent trop en arrière, et deviennent, comme la femme de Loth, des statues de sel ! Quoi de plus paralysant que de toujours entretenir des regrets pour le passé, tant au sujet des bons moments enfuis, que des bons moments ratés ! C\u2019est une recette infaillible pour gâter le présent ! Un autre bon moyen, c\u2019eit de redouter l\u2019avenir.Ça doit être une des pires injures à faire à la Providence, que de s\u2019inquiéter dans la crainte d\u2019être privé du nécesîaire et de souffrir de tout et de rien ! Et pendant que les regrets et les inquiétudes infligent des tortures indicibles, le présent, le seul moment qui nous appartienne vraiment (car le passé ne reviendra jamais, et nous ne savons même pas si nous verrons l\u2019avenir), le présent est souvent gâché irrémédiablement ! Le temps nous donne une belle leçon !\t11 a appris, lui, à laisser passer le temps, à prendre son temps, et à laisser le temps faire son oeuvre.Il ne s\u2019en fait pas, lui ! Il prend un moment à la fois, et ça lui suffit ! Il va son chemin paisiblement.Il n\u2019accélère pas son rythme et il ne suspend pas son vol, ni pour plaire aux amoureux heureux, ni pour calmer les tourmentés qui appréhendent l\u2019avenir.On pourrait peut-être suivre son exemple et connaître sa belle sérénité ! Depuis quelques années, nous avons encombré notre vocabulaire et nos pensées, de guerre, bombes nucléaires, angoisse, complexes, déséquilibre, délinquence ; nous n\u2019entendons presque plus les mots sobres et forts : foi, espérance, amour ! Quant à ce qu\u2019ils représentent, ça paraît vieux jeu, dépassé, démodé ! Pourtant, si après avoir vécu l\u2019hystérie collective, nous essayions tous ensemble de vivre l\u2019espérance collective, qu'en dites-vous ?Voici une excellente occasion de mettre ce jeu en pratique : au lieu de nous contenter de nous souhaiter une bonne année, espérons-la bonne ! id Revu» Populaire, janvier 1963 ¦S.___________ f \u2014 f S® mÊHÊ^* * I : 1 : P m \u2022 !f ' ëp belie table 1 Technique ancienne et class\ttique de la\tdécor bien à nous : 1 ane\tien pour le courtepointe, variée selon\tles tissus\tnouveau.(Création Mme i\tSAUL BER- employés.Et voiei sur nos\ttables, un\tGERON, Aston Jonction,\tQue.).S.As££>\u201e*?Mîü!^ La Revue Populaire, janvier L'appliqué est île bonne tradition.Ce jouquet a belle ap|tarenee.Peut mssi bien composer une pièce murale ort décorative qu\u2019un napperon de aille ou décoration de 1 uuteuil.[Création Mme BLANCHARD l.OI-'ELLE, St-Marc (Vercbères).Les points moderne.' des machines a coudre festonnent et fixent en appliqués la plus simple retaille qu'un crayon habile a su dessiner et donner bonne allure.(Création Mme JEANNE B LOI IN, Trois-Rivières).L\u2019étoile à huit pointes, dont on dit qu\u2019elle chante les béatitudes de la vie domestique, prendra beau visage sous' l\u2019assiette.(Création Mme OSIAS CH ASSE, Matanel.4 Bonne nuit,bon repos.Æ '! ' A» m ans des RAPS WABASSO ! THE WABASSO COTTON COMPANY LIMITED.TROIS-RMÈRES.QUEBEC ?4 Revue Populaire, janvier 1963 ;|I|i| 4 i LES MAL-AIMES « Maintenant, on a enlevé aux enfants leur exutoire naturel, qui est la fameuse révolte contre les parents.Le résultat, c\u2019est qu\u2019ils se révoltent contre la société et la vie, ce qui les rend incommensu-rablement plus malheureux.» (Jean Dutour) « Je sors de Boscoville et je cherche du travail.» Boscoville ou Mont St-Antoine ou encore Notre-Dame de Laval, centres de rééducation pour jeunes délinquants.Qui n'a pas rencontré sur son chemin un de ces jeunes qui ont commis un délit ?Qui ne s\u2019est pas intéressé à leur histoire ?Vous êtes-vous demandé pourquoi ils ont passé par ces écoles ?Vous êtes-vous inquiété de la route qu\u2019ils ont suivie, de l\u2019attention qu'ils ont reçue ?Qui sont-ils ces jeunes ?Doit-on leur faire confiance ?Avons-nous des devoirs envers eux ?Ces questions, je les ai posées à plusieurs personnes et voici leurs réponses.Lorsqu\u2019un jeune est arrêté, c'est à 1 escouade d\u2019Aide à la Jeuncssse qu\u2019il sera conduit pour faire sa première déclaration à la police.C est là que je rencontre le capitaine Russell Trépa-nier.Il accuse d\u2019abord les parents, puis la société.« Les parents », dit-il, « ont peur de leurs enfants, parce qu\u2019ils ont peur de prendre leurs responsabilités.» Et la société, quelle est sa culpabilité ?Sans mot dire, le capitaine se lève, ouvre un tiroir et me fait voir des magazines.Il y en a des centaines.Je rougis en regardant les pages ! Des photos pornographiques du plus mauvais goût, et des histoires scabreuses.D\u2019autres revues, qui traitent de la sexualité, ne donnent pas à la femme le plus beau rôle ; là, elle est vraiment notre mère Eve qui tend la pomme de toutes les jouissances.Ces magazines arrivent des Etats-Unis, dans une proportion de 98%.« On fait son possible pour les retirer du marché », dit le capitaine, « mais comme il n\u2019y a pas de sanction contre le marchand autre que la saisie, le travail est toujours à recommencer.Dans certains endroits, on vend à $1.50 des magazines de .35 cents.» Le3 distributeurs forcent-ils les marchands à accepter la vente de ces revues ?« Nous n avons pas de preuve.» Voilà un exemple où la société devient responsable, dans quelle mesure ?Personne ne peut le dire ! CHEZ LE GREFFIER C\u2019est à la Cour du Bien-Etre social que l'enfant sera conduit après que la police l\u2019aura appréhendé.C\u2019était la première fois que j\u2019entrais dans cette grande bâtisse de la rue St-Denis.Dans le hall, des parents attendaient.J\u2019aurais voulu les questionner ; j\u2019en fus incapable, car sur leur visage il y avait une douleur qu\u2019on ne dérange pas.J\u2018allai t donc frapper à la porte du greffier.Maître Rolland Beauchemin me donne quelques détails sur la loi des jeunes délinquants.« C\u2019est une loi fédérale, ayant autorité dans les dix provinces du Canada.L\u2019application en est confiée aux provinces, et, dans le Québec, aux districts judiciaires possédant une Cour de Bien-Etre social, à savoir : Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Saint-Jérôme, Hull, Verdun et Chicoutimi.Bien que cette loi fédérale ne s\u2019applique qu\u2019aux mineurs de sept à moins de seize ans, il est à noter que, dans la 6 La Revue Populaire, janvier 1963 LES MAL-AIMES province de Québec, une disposition spéciale l\u2019a étendue aux moins de dix-huit ans (garçons et filles).Là où il n\u2019y a pas de Cour «le Bien-Etre social, les enfants délinquants, et moralement exposés, sont traduits devant un magistrat de district.Celui-ci, n\u2019ayant aucun pouvoir pour appliquer la loi des jeunes délinquants, les juge selon le code criminel (donc comme des adultes) ou encore établit qu'ils doivent être protégés en vertu de la loi de la protection de la jeunesse.» Monsieur Beguchemin me donne des statisticpies et me dit que la délinquance est un sujet à la mode.Il trouve qu\u2019on en parle beaucoup.Je fais la remarque qu\u2019il y a une augmentation de 14.5% en 1961 sur l\u2019année 1960.Il ajoute que le pourcentage augmente naturellement avec la population.Ephrem Filion.Assise face au juge, j\u2019essaie de me mettre à la place d\u2019un jeune délinquant.A cet âge, que peut-on ressentir devant ce monsieur digne qui désire vous aider, mais «jui représente tout de même l\u2019autorité.« Chaque enfant a une réaction propre », m\u2019explique le juge Filion.« L\u2019enfant de la rue est craintif.Lorsqu\u2019on lui lit la plainte, il ne comprend rien.C\u2019est pourquoi il devrait y avoir un avocat attaché à la cour pour le défendre et lui expli-quer ce qui se passe.» C\u2019est alors «jue le travail du magistrat est très délicat.Il s'adresse à un enfant, à un être très émotif ; plus il aura d\u2019ascendant sur l\u2019enfant, plus son action sera efficiente.L\u2019enfant traduit en justice sera respecté, mais si le respect du jeune délinquant exige la vérité, il exige que l\u2019on ne maltraite pas sa sensibilité.La justice doit prendre en considération, non seulement l\u2019infraction commise, mais la personnalité de son jeune auteur.« Quand un enfant a volé une bicyclette, ce qui importe à la société, ce n\u2019est pas le sort de la bicyclette, c\u2019est le sort de l\u2019enfant », écrit le juge Lindsey.11 n'y a pas de préparation spéciale pour être nommé juge des enfants.Avant de donner son jugement, le juge s\u2019entoure des avis techniques CHEZ LE JUGE Songeuse, je vais frapper au bureau du juge La Revue Populaire, janvier 1963 7 du médecin spécialisé en psychiatrie infantile, du psychologue, du travailleur social.Voilà un progrès qui témoigne du souci du magistrat d\u2019être mieux éclairé pour mieux juger, et de sa conviction qu\u2019il est préférable d'appliquer à un enfant délinquant des mesures propres à f ave : ?r à la fois sa réinsertion sociale et son épanouissement plutôt que de prononcer une simple sanction se proposant seulement de le punir.11 n\u2019y a pas assez de place dans nos institutions ! Que fait le magistrat lorsqu\u2019il ne peut placet un enfant ?\t« On le retourne à la rue », me répond monsieur Filion, d'un air désolé.Un enfant qui pourrait être récupérable n\u2019aura pas eu de chance, faute de place.Le recueillera-t-on lorsqu\u2019il aura l\u2019âge d\u2019entrer à Bordeaux ! Sa jeunesse ne sera plus là pour l\u2019excuser.Ce sera la vrison et, le plus terrible de tout., le dossier judiciaire : une carte de visite qui vous suit jusqu\u2019à la mort ! CHEZ LE PSYCHIATRE Je quitte la magistrature et la police pour venir rencontrer le psychiatre, la psychologue et des travailleurs sociaux.Pour eux, qu\u2019est-ce qu\u2019un délinquant ?Le docteur Charles-Eugène Marin, psychiatre, déclare : « Un délinquant, c\u2019est un enfant qui a subi un trouble émotionnel quelconque.» Nous voilà au coeur du problème.Ce problème intéresse tous ceux qui ont des contacts avec des enfants, donc tout le monde.Nombreux sont les enfants dont le psychisme est profondément atteint, ceci dû directement ou indirectement à un milieu familial déficient.Le docteur Marin, qui travaille au Mont St-Antoine, a l\u2019occasion de rencontrer des jeunes tous les jours ; ils sont nombreux, beaucoup trop nombreux dans ce3 salles où règne une activité constante.« L\u2019hostilité engendre l\u2019hostilité », a écrit le docteur George Bonay.Si la mère ou le père n\u2019apprennant pas à leur enfant ce que c\u2019est qu'aimer, qui le lui apprendra ?Jean Dutour écrit : « Le devoir des parents n\u2019est pas de se faire aimer, mais bien d\u2019aimer.Aimer, cela demande une vigilance constante, de la sollicitude, certes, mais aussi une direction serrée et un contrôle constant.» A qui l\u2019enfant pourra-t-il s\u2019identifier ?Au père, cet homme qui n\u2019est jamais là ?à cet autre qui ne dit mot ?ou à celui-là qui rentre le soir entre deux vins ?A un homme politique ?Ne lui a-t-on pas dit que ce sont tous des valeurs.Combien de fois ai-je entendu cette petite phrase qui peut en dire long sur notre société : « Si t\u2019es trop honnête, tu réussiras pas ».Il nous faut de l\u2019argent, beaucoup d\u2019argent pour vivre convenablement ; la femme laisse la maison, les enfants, et se rend au travail.Il y a bien les services sociaux.Sur ce point, le docteur Marin est sévère : « On donne de l\u2019argent, mais on ne contrôle pas l\u2019emploi qu\u2019on en fait ; chez les gens que l\u2019Etat soutient, la responsabilité du diet de famille n'est pas toujours précisée en regard de la réalité.Par exemple : une mère demande de l'aide à un service social quelconque, parce que son mari n\u2019est plus là pour soutenir la famille.On le lui donne, mais on oublie de rappeler le mari à ses devoirs réels.Si le mari est malade, la société devrait le faire 8 traiter ; et ceci tant au point de vue psychique que physique, afin de lui permettre de reprendre sa place au foyer.« On habitue les gens à vivre aux dépens de l'Etat.Je me demande si on vit dans un monde adulte.La famille habite dans une crasse morale et la société encourage ce fait.Demandez, et on vous donnera.N\u2019apprenez pas à vouloir, à travailler, à réussir par vous-même.Nous vivons dans une société qui préconise le principe du plaisir, et on oublie le principe de la réalité.» Est-ce qu'il y a de la délinquance dans tous les milieux de notre société.« Bien sûr », dit-il.« S'il y a peu de fils de familles aisées dans les institutions, cela ne veut pas dire qu'il y a moins de délinquance dans ce milieu.Là aussi il y a des séparations, des divorces, des querelles.Si la mère ne travaille pas, elle a d\u2019autres occupations ; le père, pris par les affaires, oublie qu\u2019il a une famille.Il m'arrive de traiter des enfants qui auraient pu devenir délinquants, et leurs parents ont parfois besoin de suivre des traitements psychiatriques.» CHEZ LA PSYCHOLOGUE Les délinquantes sont moins nombreuses que les garçons, mais combien plus altérées et plus profondément perturbées.Le premier grand malheur que rencontre la jeune fille» c\u2019est la puberté.Elle tombe ce jour-là en esclavage.Elle se sent dévalorisée, amoindrie.Elle fait partie du sexe faible et des tabous.La mère lui dira : « Défie-toi des hommes» reviens-moi pas avec un paquet ! Tu sais, la maternité, c\u2019est une boucherie ! » Christiane Germain, psychologue, constate que la femme canadienne est souvent une femme malheureuse et aigrie.Malheureuse, parce qu\u2019elle n\u2019a pas eu le choix pour se marier.On se marie pour résoudre un problème, pour quitter un foyer désuni, la misère, l\u2019insécurité émotive.Ces mêmes difficultés, elle les retrouvera dans son propre ménage.Elle n\u2019a pas appris à dialoguer avec l\u2019homme, comment peut-elle le faire avec ses enfants ?Le mari est uniquement un pourvoyeur.Dans la maison règne le matriarcat.« Mademoiselle Germain, sexuellement, la fent- La Reiiue Populaire, janvier 1963 ¦_» *j v - \" ., mmm MM¦ .WÊÊÊÊ mmm l4Sf;ï ;\t# III » ¦¦¦ v^^wamiiwittrowm me est-elle heureuse ?» \u2014 « Voilà le problème crucial : non, elle ne l\u2019est pas.C est pourquoi elle développe une agressivité envers l\u2019homme.Les mères que j\u2019ai l\u2019occasion de rencontrer n\u2019ont presque jamais connu une vie sexuelle satisfaisante.Vous savez, pour elle, le sexe, c\u2019est quelque chose de laid ; on fait cela par devoir.Alors, un jour, on envie sa fille qui a une jeunesse plus libre ; qui, à l\u2019âge de 13 ou 14 ans, commence à sortir ; qui a la chance d aller à l\u2019école, au cinéma, de faire du sport.On la méprise, inconsciemment, parce qu\u2019elle ressemble au père.11 faut 1 avouer, il y a le choc des générations.On élève plus les enfants aujourd\u2019hui, comme on a été élevé autrefois.Une fille de 15 ans n\u2019est plus une petite fille.Elle se renseigne ; il y a la T.V., la radio, les magazines .» Le père, que fait-il, quel rôle joue-t-il ?Son rôle est presque nul.Il évite de discuter avec son fils et encore plus avec sa fille.Il sera le premier surpris des malheurs de ses enfants, et portera la faute à sa femme.C\u2019est alors que la jeune fille quitte le foyer pour aller chercher, auprès d\u2019un camarade, l\u2019affection qu\u2019elle ne trouve pas auprès des siens.C\u2019est avec beaucoup de respect et de tendresse que Mlle Germain me parle de la délinquante.Tout d\u2019abord, elle essaiera d\u2019établir avec elle un climat de confiance ; c\u2019est souvent difficile, « car cette enfant de 15 ou 16 ans a souffert dans sa chair ; elle est marquée physiquement.Elle n\u2019a pas d\u2019ambition, elle vit au jour le jour ; on ne lui a pas appris à prendre ses responsabilités.Elle manque de vocabulaire, il sera donc difficile de lui faire expliquer ce qu\u2019elle ressent.Il y a aussi une grave lacune scolaire, parce qu\u2019elle n\u2019a pas de curiosité intellectuelle.Et elle rêve, elle est terriblement rêveuse ; elle désire devenir hôtesse de l\u2019air, mannequin, artiste .Il ne faut pas en avoir pitié, il faut l\u2019aider.» NOTRE-DAME DE LAVAL C\u2019est au parloir de Notre-Dame de Laval que je fis la connaissance de Faby, 17 ans, et de Claude, 16 ans.Toutes deux me racontent leur histoire.Comme elles sont jolies ! Cruelle vie qui déjà a fait sur elles quelques égratignures ! Fatiguée d\u2019entendre ses parents se disputer, Faby quitte la maison.Une semaine plus tard, son père la retrouvait en compagnie de ses deux soeurs aînées, dans un appartement.Elle n\u2019a pas aimé le juge.« Il voulait que j\u2019admette des choses qui étaient fausses », me dit-elle.« Il prétendait être au courant de tout et, par des suppositions, il essayait de me faire parler.Il n\u2019est plus à la Cour du Bien-Etre maintenant ».Faby quittera l\u2019institution à la fin de l\u2019année, bien préparée à gagner sa vie.Sa compagne, Claude, n\u2019est pas passée par la Cour ; parce qu\u2019à l\u2019âge de 13 ans, elle sortait avec les garçons, sa mère inquiète l\u2019a rentrée dans cette école.\u2014 Pourquoi là plutôt qu\u2019ailleurs ?\t« Parce qu\u2019on n\u2019avait pas d\u2019argent », dit Claude.Son seul crime, c\u2019est d\u2019être pauvre.Elles sont heureuses à Notre-Dame de Laval.Là, tout est propre, calme et serein.Là, il fait bon vivre auprès de ces religieuses pleines de tendresse.MONT ST-ANTOINE L\u2019atmosphère du Mont St-Antoine a beaucoup changé.Autrefois, les garçons étaient traités durement, on se servait des cachots comme moyen de punir.Aujourd\u2019hui, c\u2019est une institution de réhabilitation où on apprend un métier.Le frère Gabriel m\u2019explique les avantages et les désavantages de la vie en institution.« Même en considérant uniquement le type idéal de vie institutionnaire, un premier fait demeure, c\u2019est que l\u2019institution représente un milieu artificiel pour l\u2019enfant et l\u2019adolescent.11 semble également démontré que les institutions, en dépit des efforts excellents pour répondre aux besoins de l\u2019enfant, ont beaucoup moins de possibilités de rencontrer les besoins de sécurité émotionnelle.Et on retrouve, dans toutes les recherches menées dans ce domaine, la conclusion que le dé-veloppement mental en institution est moins satisfaisant si l\u2019enfant a dû y séjourner dès le jeune âge ou trop longtemps.» « Fort heureusement, les mesures de placement institutionnel présentent aussi des conséquences favorables.On remarque, en effet, que dans les organisations modernes qui se sont substituées par endroits aux anciens régimes, la vie en collectivité permet à l\u2019enfant d acquérir plus d\u2019autonomie, mûrit sa personnalité et le prépare à la vie sociale mieux que ne peut le faire sa propre famille.» « On dit souvent que l\u2019état de délinquance de l\u2019enfant exprime la déficience d\u2019un milieu ! « Si la personnalité de l\u2019enfant est saine, il résistera aux effets des conditions de vie les plus pernicieuses et les plus délétères.Si la personnalité est maladive, il ne s\u2019adaptera qu imparfaitement au meilleur milieu que la société pourra procurer.» BOSCOVILLE Faire une comparaison entre le Mont St-Antoine et Boscoville me semble impossible, puisque ces institutions n\u2019ont pas les mêmes méthodes de travail.Dans la première, c\u2019est la vie en collectivité : grandes salles de jeux, ateliers, dortoirs, réfectoire, tout se trouve dans une seule bâtisse.Dans la seconde, c\u2019est la vie familiale ; un petit village qui a son maire, ses citoyens, ses ministres et ses foyers.Monsieur Gilles Gendreau, premier ministre de la cité de Boscoville, me reçoit.« Un délinquant », dit-il, « c\u2019est un bonhomme qui a perdu le contact avec la réalité ; il est sous le joug du plaisir, il cherche toujours une satisfaction im- La Revue Populaire, janvier 1963 9 :,.¦HW ' r\u201e- ' \u2022\u2022 - _ \" -* hm* mm médiate.11 n\u2019a pas le schème des valeurs.La raison de cette carence ?Une conviction profonde d\u2019une injustice à son égard.On n\u2019a pas répondu, dès sa naissance, à son droit le plus strict qui est d\u2019être reçu, accepté et aimé.Un enfant de la crèche, par exemple ; ou l\u2019enfant qui arrive dans une famille trpp nombreuse.» A qui la faute, à qui la responsabilité ?« On ne règle rien si on essaie de régler le problème de la faute et de la responsabilité ; on peut dire que les parents et la société ont fait un échec.Ce qui est malheureux, c\u2019est qu\u2019on nous envoie souvent les enfants trop tard.Pour faire un vrai travail de rééducation, cela prendrait cinq ou six ans.En deux ans, on ne peut faire qu'un travail d'approche, et nous n'avons pas le temps d'aller en profondeur.Le garçon nous quitte au moment où il est conscient de ses problèmes ; mais a-t-il toujours le contrôle intérieur ?Voilà ce qui demande du temps.On ne peut rééduquer que dans un contexte individuel ; car la délinquance est un problème affectif, intellectuel et personnel.» Monsieur Gendreau me parle aussi du travail de la société dans le domaine de la rééducation.Il est vrai que notre société est faite de tabous et de préjugés ; un enfant illégitime devient un bâtard ; alors on naît délinquant comme, croit-on, on naît bâtard.On crée des tabou pour se protéger au lieu de résoudre les difficultés d\u2019une façon constructive.En 1962, on a des préjugés qui exhalent encore une odeur moyennâgeuse.On a peur ! Peur de vivre, peur de penser, peur de parler, peur d\u2019aimer, peur de protéger, peur de donner du travail à un ancien délinquant, peur de prendre des risques ; avec cette peur, on accepte l\u2019injustice.Le mythe de l\u2019argent prend la place des valeurs réelles.Les individus font simplement souligner certains traits du milieu où ils vivent.Comme le dit si bien Gilles Gendreau : « La délinquance, c\u2019est le problème des relations humaines.Chercher à qui la faute, c\u2019est entrer dans un cercle vicieux .C\u2019est chacun notre affaire.» Monsieur le premier ministre me présente deux jeunes citoyens, Jacques et André : JACQUES 20 ans, volait des automobiles pour voyager aux U.S.A.Parents séparés, lorsqu\u2019il avait 2 ans.J1 n\u2019a jamais et* de vie de famille.Enfant très intelligent, sortira de Boscoville complètement réhabilité pour entrer dans l\u2019armée.ANDRE 18 ans, arrêté pour vol d'automobile.Mère décédée dès sa naissance.A manqué d\u2019affection et de compréhension.Enfant très intelligent qui sait maintenant prendre des responsabilités.Se cherche du travail.FORMULES DE TRAITEMENT Le docteur Mailhiot et l\u2019abbé Marc Lecavaliet font des recherches sérieuses pour aider à résoudre ce fléau social.Ils ont écrit : « La délinquance juvénile, tel un cancer, ronge la société.11 arrive souvent que la réaction en face de ce problème est la panique.Il importe que les responsables, tout en partageant cette inquiétude, adoptent pour leur part une attitude scientifique, objective et rationnelle en trouvant des moyens adéquats pour endiguer ce fléau social et, en même temps, qu'ils emploient les meilleures formules de traitement, de façon à ce que chaque enfant délinquant puisse s\u2019intégrer dans la société et se préparer à bien remplir sa fonction de citoyen.» « Le problème de la délinquance juvénile, aujourd\u2019hui, par sa complexité, défie et désarme les meilleures volontés.Les services de protection de la jeunesse sont conscients de l\u2019ampleur du problème.Ils veulent y répondre en plaçant aux postes stratégiques des personnes compétentes.On n\u2019a pas le droit, «dans ce domaine, d\u2019improviser.D\u2019ailleurs, ceux qui s\u2019y risquent sans préparation adéquate, avec leur petit bagage, sont voués à l\u2019échec.» FA IRE CO N FIANCE .CONFIANCE .Si un jour vous rencontrez un de ces jeunes qui sort, soit de Notre-Dame de Laval, du Mont St-Antoine ou de Boscoville, et qu\u2019il demande votre aide, n\u2019hésitez pas : aidez-le.S'il vient frapper à votre porte pour trouver du travail, ouvrez-la lui toute grande.Le travail est la meilleure thérapeutique qui existe .LORRAINE DUGUAY.10 La Revue Populaire, \"janvier 1963 * t ; AGE DES DELINQUANTS EN 1961 AGE\u2014 7\t8 9\t10\t11\t12\t13\t14\t15\t16\t17 Filles :\t2\t4\t5\t7\t14\t40\t69\t93\t89 Garçons: 3\t13 20\t36\t81\t169\t294\t487\t690\t920\t1154 LES DOUZE REGLES POUR ELEVER UNE JEUNESSE DELINQUENCE \u2022\tCommencez, dès sa tendre enfance, par donner à l'enfant tout ce qu'il désire.Ainsi il grandira convaincu que le monde est obligé de lui assurer son existence.\u2022\tQuand, par-ci par-là, il aura cueilli des mots mauvais, il faudra en rire : ainsi, il se dira qu'il est « quelqu'un ».\u2022\tNe lui donnez jamais une formation spirituelle : attendez jusqu'à ce qu'il ait 21 ans, et permettez-lui alors de décider par lui-même.\u2022\tEvitez l'emploi du mot TORT : cela pourrait développer un complexe de culpabilité.\u2022\tRamassez, vous-même, les objets qu'il laisse traîner ; faites tout à sa place : ainsi il aura déjà l'expérience de toujours laisser les responsabilités aux autres.\u2022\tLaissez-le lire tout ce qui lui tombe sous la main.\u2022\tDisputez-vous beaucoup en sa présence : ainsi, il ne sera pas étonné de voir un jour le foyer désagrégé.® Donnez à l'enfant tout l'argent qu'il demande.Ne lui permettez pas d'en gagner à sa façon : pourquoi la vie doit-elle être pour lui aussi dure qu'elle l'a été pour vous ?\u2022\tDonnez-lui satisfaction chaque fois qu'il demande des aliments, boissons, confort.Chaque désir sensuel doit être assouvi ; sinon, le refus crée une frustration nuisible.\u2022\tPrenez toujours son parti contre les voisins et les maîtres, car, eux, ils ont des préjugés contre votre enfant.\u2022\tLorsqu'il rencontre des difficultés sérieuses, dites-lui bien : « Je n'en sors pas moi-même ».\u2022\tPréparez-vous à une vie de peines, car elles ne se feront pas attendre.(élaborées par la Police de Houston, Texas, E.U.) STATISTIQUES SUR LA DELINQUENCE EN (1961) Causes à la Cour du Bien-être social : Garçons 3,939\tFilles 324 3523 (garçons et filles) réprimandés 30 (garçons et filles placés) chez un particulier 253 (garçons et filles) placés dans une institution 8 (garçons et filles) placées dans un asile NATURE DES DELITS COMMIS Vagabondage la nuit\t-\t505 Conduite immorale -\t-\t237 Voies de fait\t-\t149 Vols simples\t-\t249 Vols et recels -\t1242 Vols par infraction -\t-\t1163 Vols d'auto -\t-\t-\t-\t-\t878 PRÊTS hypothécaires et personnels PARTOUT DANS LA PROVINCE TRT a/s LA REVUE POPULAIRE, 975 de Bullion, Montréal - UN.1-5757 LE CADEAU DES FETES DE FIN D\u2019ANNEE, celui qui fera plaisir à toute votre famille et par son utilité vous rendra la joie de vivre et votre équilibre santé.ADAMS-TRAINER (breveté) va modifier totalement votre vie.La femme (tout comme l\u2019homme), est condamnée à vieillir rapidement.Avec cet incomparable appareil, 10 minutes par jour suffisent pour effectuer un exercice complet des jambes, bras, tronc.La corvée est devenue un plaisir; pas de meilleur moyen pour affiner les jambes, les hanches, la taille, pour garder un corps jeune, souple et ferme.Réglable à volonté selon taille et force, pliable et peu encombrant, transformable en siège de relaxation.Avant de faire votre choix, demandez une démonstration gratuite à domicile de l\u2019appareil de renommée mondiale, champion du palmarès de références : Fournisseur à la Cité du Vatican, Hôpitaux et Armée française.Canadian Foundation For Polyomyelitis and Rehabilitation, Institut de Réhabilitation de Montréal, Hôpital Pasteur de Montréal, Clinique de Réhabilitation de Québec.Plan Budgétaire aussi peu que S7.65 par mois.Sera présent au Salon du Cadeau, 1600, rue Berri, Palais du Commerce de Montréal du 30 novembre au 9 décembre.r~ Pour envoi d\u2019une luxueuse brochure gratuite et cours de régime alimentaire et nutrition, retournez ce bon à UNIVERSPORT Inc.5255 chemin de la Côte des Neiges, Mtl 26 \u2014 Tél.RE.8-2968.Nom.Tél.: Adresse Ville.L.R.P.Agents : Québec \u2014 Palois des Sports,\tChicoutimi \u2014 Gagnon Frères Nouveautés, 815 est, Côte d\u2019Abraham\t400-406 rue Racine I I I I I I I La Revue Populaire, janvier 196'J 11 ' r£mm | Sans obligation de ma part, veuillez me faire parvenir le dépliant relatif à votre excursion.M., Mme, Mlle.Adresse.».Ville\t.Prov.LRP-4 ITINERAIRE DETAILLE DEPART DU CANADA Samedi, 1er juin : Rassemblement de tous les passagers à l\u2019aéroport international de Dorval au courant de la soirée à une heure qui vous sera indiquée ultérieurement.Départ vers New York où un représentant de la compagnie Scandinavian Airlines System vous accueillera pour vous transférer au terminus aérien transatlantique.Départ par avion à réaction DC-8 vers Copenhague.ARRIVEE EN EUROPE Dimanche, 2 juin : Apres avoir passé la nuit à bord de l\u2019avion, arrivée dans la capitale du Danemark, Copenhague, en début de matinée.Après les formalités de douane, transfert à l\u2019hôtel.Après-midi, visite de la ville qui comprend en outre : le musée national, les principaux monuments, le port, ainsi qu\u2019une promenade par bateau dans les canaux de la ville avec un arrêt à la 'Petite Sirène\u2019, etc.Dîner et logement à l\u2019hôtel.ha suite de Vétinéraire dans notre prochain numéro VOYAGEZ MAINTENANT, PAYEZ PLUS TARD EUROPE CETTE ANNÉE PRIX : $898.00 Ne manquez pas cette merveilleuse occasion d'aller en Copenhague ! La ville que l\u2019on peut difficilement décrire tant elle est merveilleuse.Vous comprendrez pourquoi quand vous prendrez part aux plaisirs enchanteurs des jardins du Tivoli .que vous dégusterez les fameux mets de ses restaurants (attendez de goûter le smrre-brd dans toute sa gloire).que vous vous baladerez dans ses magasins pleins d\u2019aubaines .ou que vous ferez la fête dans ses joyeuses démonstrations nocturnes.Voici une autre agréable surprise.Vous pouvez ajouter à votre voyage en Europe, une visite au merveilleux Copenhague \u2014 sans frais additionnels ! 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VOUS AVEZ BIEN ENTENDU, vous, vous et vous ?Votre voix, notre voix, réclamant la paix au prix quelle vaut, comme à celui quelle coûte, la paix, comme un droit sacré à la vie qui veut vivre, par l\u2019organisation méthodique, efficace et permanente des accords, requérant l\u2019abolition des armes nucléaires et tout ce qui s\u2019ensuit, votre voix, notre voix peut-elle se faire plus forte, plus tenace, plus éloquente que celle qui trouve complicité en faveur de ce qui est « le plus payant » ?Notre pays n\u2019a jamais été champ de bataille.Ni exodes, ni conflagrations.ni saccages, ni sinistres ne nous ont pris aux veines.Nous avons profité, hélas ! de prospérités (fausses, il est vrai) favorisant l\u2019illusion du gros brassage d\u2019affaires.C\u2019est payant en grand .Il se trouvera bien quelqu un.tel le sauveur de la femme adultère, poui demander « que celui qui na jamais péché jette la première pierre».Et.« en commençant par les vieillards ».qui verra-t-on fuil loin du terrain de justice et de procès ?FUIR ?Pour aller où ?En soi.justement là où la paix doit commencer en esprit et en vérité.La paix ! Elle a été promise autour d un enfant qui avait dû comme tous les autres traverser une femme de bonne volonté.Mais au premier voyage que firent ensuite les parents pour aller « à la loi », cet enfant fut perdu, parce que chacun, se fiant sur l'autre marchait de « son » côté : les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes.LA PAIX ne peut être notre affaire, si elle n'est en même temps et d\u2019abord et sans cesse et toujours celle de nos hommes, père, fils, epoux, amis.Notre affaire, mais avec eux.Il faut réunir père et mère, river homme et femme.11 n\u2019y a que le couple.Le couple : commencement du monde sans cesse en création du miracle de la vie.Le couple ! LE ROSÉ MOUSSEUX DuBarry OoŸcuXi Présenté dans la belle bouteille à champagne enveloppée de papier rose, c\u2019est vraiment le clou de toutes les réceptions.Le vin rosé mousseux DuBarry, vieilli dans les caves de Bright, est fait de raisins spéciaux de la péninsule du Niagara.LES BONS CANADIENS DE DEPUIS 1874 POPULAIRE Adressez : 975, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q.OFFREZ DES ABONNEMENTS POUR LES FETES CJous les cadeaux A MOITIE PRIX sauf le premier.POUR UN AN NOM ADRESSE VILLE\tprovince $1 de plus pour ehaqie cadeau allant à l\u2019étranger PREMIER ___________________________________________ CADEAU\tN0M $1.50\tADRESSE (OU MON PROPRE\t___________________________________ ABONNEMENT)\tVILLE\tPROVINCE SIGNEZ LA CARTE AU NOM DE.DEUXIEME\t\t\t CADEAU\tNOM\t\t 75c\tADRESSE\t\t TOTAL $2.25\tVILLE\t\tPROVINCE TROISIEME\t CADEAU\tNOM 75c\tADRESSE TOTAL $3\tVILLE SIGNEZ LA CARTE AU NOM DE.SIGNEZ LA CARTE AU NOM DE.Inscrivez les commandes additionnelles à moitié prix sur une feuille distincte : ENVOYEZ-NOUS LE TOUT PRIERE DE COMPLETER ICI VOTRE COMMANDE ?J\u2019INCLUS LE MONTANT TOTAL $.2 RENOUVELEZ MON PROPRE ABONNEMENT SIGNATURE CARTES GRATUITES Une élégante earte annoncera chacun de vos cadeaux.La Revue Populaire, janvier 1963 13 une\tgrande école\t SPÉCIALISATION en i\t\tCOUTURE une\tgrande école\t ¦¦ or _ L\u2019auteur du livre «COUDRE, MAIS BIEN COUDRE», Mademoiselle Yvonne Cloutier, directrice de l\u2019Ecole de spécialisation en couture aux Vieilles Forges en banlieue de Trois-Rivières, donne un aperçu de son travail à la représentante de «La Revue Populaire », Madame Françoise Gaudet-Smet.LE PROFESSEUR Le livre COUDRE, MAIS BIEN COUDRE, dont Yvonne Cloutier est Fauteur, fait le point autour de cet enseignement de perfectionnement en couture.Classique, il est dans toutes les salles de travail des Instituts familiaux de notre pays, et par rayonnement, dans un nombre incalculable de foyers canadiens.Les directeurs d\u2019étude des pays où l\u2019on parle français, pour la langue, et où l\u2019on travaille « français » par la qualité, ne cessent d\u2019ajouter les éloges aux commandes, réclamant l\u2019assistance et l\u2019aide de cet intelligent outil.C\u2019est LE livre de couture.De science précise et pratique, de langue châtiée pour une richesse de vocabulaire qui est une lumineuse directive et un ravissement d\u2019élégance, il prouve, mieux que tous les arguments, ce que vaut l\u2019approfondissement d'un métier qui s\u2019élève à l\u2019auréole d\u2019une profession.Après trente-deux ans d\u2019enseignement fructueux, à 1 âge où il est parfois davantage question de repos et de retraite que de continuation dans la recherche et son application active.Officier de l\u2019Ordre du Mérite Scolaire de par la reconnaissance du Conseil de l\u2019Instruction Publique.Yvonne Cloutier fait un nouveau séjour d\u2019études d\u2019un an en Europe, s\u2019inscrit aux écoles de haute couture, après les avoir toujours vhsitées et consultées en ses moments de vacances et de loisirs : s\u2019intéresse aux écoles den-telières du Vieux Monde ; de fil en aiguille, allonge la chaîne de ses connaissances, magnifie la trame du plus-que-parfaite dans le renouveau de l\u2019acquis à transmettre, et à tenir sans cesse au point.14 La Revue Populaire, janvier 1963 ¦ LES ELEVES En 1959, Mlle Monique Bureau, visiteur des Instituts Familiaux de la Province de Québec, fait reconnaître par les plus hautes autorités responsables de l'instruction publique, la nécessité impérative d\u2019uniformisation et de perfectionnement des techniques dans leur objectivité la plus variée.De Roberval ou de Gaspé, les étudiantes en sciences familiales, intellectuelles et techniques, doivent se sentir à l\u2019aise auprès de celles des Trois-Rivièfes, Chicoutimi.Maniwaki, Ville-Marie ou Témiscamingue, ou Ville-Marie à Outremont, et, avec elles, sur un pied d\u2019égalité d\u2019union de culture et de compétence.Si tous les enseignements, une fois bien déterminés, doivent se situer dans l\u2019universel, s\u2019y centraliser, s\u2019y intégrer, quoi dire, penser et faire s\u2019il est question de la mode vestimentaire aussi changeante qu\u2019impérative, inspiratrice, qu\u2019exigeante ?Soeurs de Jésus-Marie de Sillery, Soeurs du Per-pétuel-Secours, de Notre-Dame-du-Rosaire ; et, avec elles, de grandes demoiselles déjà elles aussi diplômées sur pas mal de coutures, assistantes du professeur en chef et continuant d\u2019aller toujours loin dans la connaissance et le contrôle d\u2019une technique.Aux noms classiques de leurs robes de serge, et de leur coiffe de toile, elles ajoutent tout ce qui, dans le vocabulaire des tissus doit détailler le textile ancien et moderne.Satin, reps, faille, bure, cachemire, damas, alpaga, flanelle simple ou croisée, popeline, say, ratine.Elles analysent des frisés, des cannelés, des fripés, des ciselés, des damassés, et se démêlent admirablement bien dans les « nuages » de gaze, lorganzas et taffetas, poult-de-soie ou pur coton, batistes, mousseline, velours et peluches, les sortes de dentelles et les variétés de tartans.Ecoutez-les discuter de ce qui sort de chez Balmain.Paquin.Fath, Chanel ou Dior, différent de ce que fera Jeanne Lafaurie, Balenciaga, Schiaparelli ; au tant toute matière, fait courir les chercheurs, de Salomon à la Reine de Saba, jusqu\u2019à Colbert, important en France les mérinos d\u2019Espagne, des Indes, allant et venant, les Ecossais appelant en leur île Harris des lainages qui les situent dans la finition .Puis il faut saluer madame de Repentigny qui, chez nous, à cause d\u2019un naufrage de belles étoffes françaises destinées « à la colonie », invente avec des fibres d\u2019ortie \u2014 le premier brayage en terre canadienne \u2014 de la dure étoffe pour les rudes temps du pays ; et nos aïeules, tissant leur plus solide droguet avec, en trame, du poil de vache tombé des grattures de tannerie, et tricotant leurs plus réchauffantes mitaines avec du poil de chien.Toutes les sortes de toisons ou de récoltes au service de l\u2019habillement.Et voilà que les pins de la Colombie ou la pitoune de l\u2019Abitibi entrent en jeu ; avec le sable blond et les alcalins bien chauffés, adoucis de l\u2019huile des puits de l\u2019Alberta, composent par des sels et du Professeur disponible, Yvonne Cloutier va unir les mains actives par les esprits qu\u2019elle accepte d\u2019éclairer, et au commencement du commencement trouve et multiplie les adeptes : Du nord au sud, de l\u2019est à l\u2019ouest de notre pays, vingt-cinq communautés de femmes à responsabilité d'enseignement et d\u2019éducation familiale consentent à se priver, pour une année scolaire complète et même deux, de travailleuses chevronnées par un labeur spécialisé, et permettent à des institutrices de dix-huit à vingt ans d\u2019expérience en coupe et couture de se replonger en la ferveur des recommencements pour assurer une relève bien ajustée.Provisoirement, dans une hôtellerie désertée l\u2019hiver, au Cap-de-la-Madeleine.s\u2019installe d\u2019abord cette école pour écoles.Aujourd\u2019hui, en une magnifique maison dont les « Filles de Jésus » assureront la continuité, elle est établie en banlieue des Trois-Rivières, aux Vieilles Forges.A la diversité de l\u2019uniforme qui, par chacun son petit détail, décore, distingue, désigne, on reconnaît les Ursulines.Elles viennent de Gaspé, de Québec ou de Rimouski ?De partout, comme les Soeurs de Sainte-Croix, les Soeurs des SS.NN.de Jésus et Marie, les Soeurs du Bon-Conseil, Chicoutimi, Saint-Jérôme ou Montréal, les Soeurs de Sainte-Anne, les Soeurs de l\u2019Assomption, les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, Soeurs de la Providence, Soeurs du Bon-Pasteur, Filles de Jésus, Soeurs de la Charité de Québec, Petites Franciscaines, Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, courant du dernier coup de crayon de Gérard Le-Testut, ou de l\u2019élan Cotnoir-Capponi, elles tentent de faire un accord avec les tissus Rodier.Lesur, Boussac, Bianchini, les tissés-main Marielle Fleury ou Véronique Arseneau, pour Raoul Jean Fouré, Clairette, France Davies ou AJarie-Paule, alentour de nos dacrons et térylènes.LES ETUDES Et quelle course à travers les âges pour s\u2019adonner à tous les règnes : le VEGETAL, commençant avec la première feuille de vigne, jusqu\u2019à ce que de trame en chaîne, de fils en peu, de duvets en tresses, naissent les tissus de fibres de tige, ou d\u2019enveloppes de graines : lin, chanvre, jute, ramie, coton, coco, aloès, sisal, pin, raphia ou maïs ; le MINERAL, permettant de filer l\u2019amiante, le verre, l\u2019or, l\u2019argent et tant de sortes de métaux connus ou inconnus, distingués ou anonymes ; l\u2019ANIMAL, depuis les troupeaux du doux Abel, les chameaux de Jacob, les chamois de tous les temps, jusqu\u2019aux moutons de Perse, les brebis de toutes transhumances, chèvres, cheviots ou lapins.Arrive le règne de l\u2019HOMME, sa science, ses recherches, ses trouvailles s\u2019ajoutant, par l\u2019effort successif des générations, en trésor sans cesse enrichi par la domination et le contrôle transformateur des matières premières.La peine de l\u2019homme, soumet- charbon ce qui s\u2019appelle acétate, rayonne, viscose, bamberg, cuprommonium, nylon, dacron, arnal et térylène.Et c\u2019est ourdi à Cowansville, Saint-Jean, Trois-Rivières, Drummondville ou Kingston, et fait par notre monde, nos ouvriers et nos dessinateurs, ces tissus qui sont des jardins, des tableaux réalistes, impressionnistes et impressionnants.Le moindre point \u2019 \u2019 \"ê y crée des pastillades, jouant en tous coloris, mariant toutes nuances.Et les quadrillés, les ramagés, les flammés n\u2019en finissent plus de nous émerveiller.Toutes les fantaisies sont permises, pointes-folles, courtes ou longues.Des chevaux fringants peuvent aussi bien trotter sur un tablier que des chiens y courir et des chats s\u2019y chauffer, des noisetttes ou des carottes nous assurer bon appétit.Des fruits et des légumes nous rappellent tout ce qui est dans la nature, et que l\u2019homme se grandit à y découvrir toutes beautés, aujourd\u2019hui plus qu\u2019hier en créant pour demain.LA PRATIQUE Ces flots de splendeur mouvants doivent être fixés et transformés en vêtements bien ajustés autant que bien coupés.Une élève doit prendre les mesures du mannequin, accorder le patron et au tissu et au sujet à.couvrir, et le rectifier au besoin (le patron !), afin que personne ne s\u2019aperçoive de la bosse du cou et ne découvre à l\u2019apparence que l\u2019épaule gauche a une coquetterie de hauteur au- La Revue Populaire, janvier 1963 15 96 delà de la droite.Une manche ne doit ni tordre, ni tirer, ni gêner, et la raglan, la dolman ont chacune son exigence de base, à la coupe autant qu à la couture.Les cols ?Tailleur, simple, claudine, châle, plat, évasé ?Et les sortes de points de piqûre ou de faufilure.de surjet, de surfil, points tailleur ou points d ourlet, points mode, points de toile, points à baguer ou points coulés, faux ourlets ou rouleautés.Boutonnières brodées ou bordées.Boutonnières de lingerie, boutonnières tailleur ou passepoilées.Brides d\u2019accrochages ou de soutien.Oeillets.Tout l\u2019art des biais, ceux posés en ourlets aux encolures ou aux emmanchures, et ceux des fronces coulissées ou bouillonnées.des pinces en bonne et due place : pinces-pli.pinces de doublures, pinces-fuseau, pinces de tête de manche, pinces de coude ou de poignet.Boches, cachées ou décoratives, bordées ou gansées, à pattes, à rabat, passepoilées ou appliquées.Fermetures-éclair, ceintures, goussets.Puis l\u2019agencement des rayures et des quadrillés.Sans oublier le secret de décatir, de presser et de repasser, exactement avec la chaleur qui saccoide à la fibre et dans la ligne qui crante et assure la bonne tombée de ce qui doit descendre, et 1 exacte mise en place de ce qui relève.Tout savoir dans les plus délicats détails afin que tout soit bien d\u2019aplomb, dans les mains, sur la table et à 1 usage.L\u2019AVENIR\t_________ Tandis qu'elle ajuste une robe princesse, soucieuse du raccord des lignes du corsage aux plis-couteau de la jupe, une « étudiante » parle de ses vingt ans d\u2019enseignement en couture et ajoute, dans la bâte qu\u2019elle a d\u2019y retourner : « le plus beau bonheur que j\u2019ai éprouvé, ce fut d\u2019entendre une femme, alourdie d'enfants et de besogne, déclarer : « Je vous remercie pour tout ce que j apprends par ma fillette, votre élève ».Yvonne Cloutier venait de me confier : « Pour moi.cette école, c\u2019est une récompense.Comme il faut aimer sa tâche, par ce qu\u2019elle apporte et au-delà, pour être ravie de la savoir grandissant sans cesse en exigence et toujours plus commandante ! Elle a conduit toutes ces Soeurs avec leurs professeurs jusqu\u2019à New \\ork, en fin d année scolaire.Leur a fait visiter le Collège Vassar afin que leui soit présentée dans le vivant une formule de maison d\u2019éducation qui soit inspiratrice des mouvements actuels de jeunesse étudiante.Les a amenées au Metropolitan Museum contempler les nombrbeuses collections illustrant l\u2019histoire du costume, depuis les plus lointains temps de l\u2019Egypte jusqu\u2019à nos jours.Sont ensemble allées vers une fabrique de patrons de coupe.Et les plus actives maisons de haute couture les ont accueillies.Enfilant le fil par le bon bout, les enfants de nos enfants bénéficieront de tous ces efforts pour une école de mode à la mode ! |i& f* LEGfl® D§ PROCHAIN Un Portrait de la première femme ministre au Québec : Mme Claire Kirkland-Casgrain Une cartomancienne de Québec dessine des costumes pour le Carnaval Germaine Gloutnez enseigne des -trucs pour tirer bon parti de votre cuisinière .électrique ! Publishers: Pile two copies of this Form with your postmaster.STATEMENT REQUIRED BY THE ACT OF AUGUST 24, 1912, AS AMENDED BY THE ACTS OF MARCH 3, 1933, JULY 2, 1946 AND JUNE 11, 1960 (74 STAT.208) SHOWING THE OWNERSHIP, MANAGEMENT, AND CIRCULATION OF LA REVUE POPULAIRE_____________________________Polished -aggjjJJgbssaSB\" .Siü üi *.olpoblk.Oon)\t(SW\u2014«l~WN~ir.ll-.» St.Albans, Vermont.,.for mpnthly ahlpmenta ., iy\u2014 Et .(Name of post office and'State where publication has aecond-«Ua( «try) 1.The names and addresses of the publisher, editor, managing editor, and business managers are: Publisher Poirier Bessette So Ole Limitée.ü?.?.^V!5?-.s.?.r.%S-.Editor \u2014- -\u201e.Managing editor.M&*.Anita .Fontaine.-.Business manager .-G60Tg98-£oiri6r~JX.~.2.The owner is: (If owned by a eorporation, it.name and addrea.muât be stated and .lw> ,mm,di.tely thereunder th, names and addressea of stockholder, owning or holding 1 percent or more of total amount .of.rtock.\u201c corporation, the names and addreases of the individual owners must be given.If owned by a partnership or other umneorp rated firm, its name and address, as well as that of each individual member, must be given.) Addrets Poirier Bessette St Cle Limitée \t \t\t\t 3.The known bondholders, mortgagees, and other security holders owning of bonda, mortgages, or other securities are: (If there are none, so state.)\tor holding 1 percent or more of total amount Name\tAddre*» None\t \t \t\t.\t \t\t 4.Paragraphs 2 and 3 include, in cases where the stockholder or security holder appears upon toe oooss or tne company as trustee or in any other fiduciary relation, the name of the person or corporation for whom such trustee is acting, a so statements in the two paragraph, show the affiant's full knowledge and belief « to the circumstance, which stockholders and security holders who do not appear upon the books of the company as tru , rities in a capacity other than that of a bona fide owner.5 The average number of copies of each issue of this publication sold or distributed through the mails or otherwise to paid subscribers during the 12 months preceding the date shown above was; (This information 1.r«,u,red by the act of 120 109 June 11, I960 to be included in all statements regardless of frequency of issue.)\t».(Signature of'/HItor.publisher, bueinee* manager.Sworn to and subscribed before me this onunis (My commission 16 La Revue Populaire, janvier 1963 . ^ v> ¦ - - *j Splendide création Seymour de vison Emba.couleur «tourmaline» d\u2019une élégance recherchée, Au domaine des « petites fourru- res », cette jaquette reversible fait bien bonne figure par son vison « Black Diamond » égayé par un riche brocart doré.« Romanesque » est un nom bien approprié pour cet élégant broadtail russe noir réchauffé d\u2019un col de zibeline russe noire.j.s \t Sinbarl le marin a inspiré la confection de cette veste en veau naturel adaptée d\u2019une création d\u2019Yves Saint-Laurent.Original, ce « Cio-cio » en Astrakan brun surmonté d\u2019un col en castor noir Rien comme un col de vison blanc pour faire ressortir l\u2019éclat du manteau de castor noir. 1 Quand M.PIERRE REMERCIER reçoit dans son coquet Salon (rançais, chez Shuchat, il procure à ses hôtes le délicat plaisir des yeux.Il fait défiler, comme on peut s\u2019en rendre compte par les trois pages qui précèdent, des fourrures susceptibles de plaire aux élégantes les plus exigeantes.Cet après-midi là, on remarquait parmi ses distinguées invitées : Mme Edith Serei, directrice de l\u2019Institut Fernand Aubry (Montréal), et les épouses de MM.Georges Basilio, président de Renault Automobiles (Canada) ; Camille Gargand, Consul de France à Montréal ; Jean Ponsot, directeur d\u2019Air-France et président de la Chambre de Commerce française, de Montréal ; Jean Vallerand, distingué compositeur et critique de musique canadien ; Yves Plattard, conseiller commercial de France à Montréal près l\u2019Ambassade ; Jean-Paul Lepail-leur.conseiller du film, de St-Bruno, et Mme Anne-Marie Malavoy, bien connue par son activité à la radio et à la télévision canadiennes, et par l'Agence de Voyages André Malavqy.I , 20 La Revue Populaire, janvier 1903 IN REMÈDE LA CONSTIPATION Parmi les symptômes à la mode, s\u2019il en est.la « digestion lente » \u2014 on répugne souvent à employer le terme constipation \u2014 est sans doute un des mieux portés, un de ceux auxquels on s\u2019attache chèrement el qu\u2019on garde volontiers comme une tache de naissance ou un grain de beauté.Et plus particulièrement parmi ces dames, il n\u2019a rien à envier à la popularité des bottes russes ou des manteaux de mouton Evidemment, nous ne voulons pas insinuer que la constipation ne constitue pas une affection digne de considération et de traitement médical.Nous désirons seulement souligner le fait que parmi les patients qui se plaignent de « lenteurs digestives » bien peu en souffrent.Une très forte majorité de ces patients, en effet, ne peut préciser aucune douleur que les connaissances médicales associent à ces « lenteurs ».Après un questionnaire serré, cette catégorie de patients parviendra avec le médecin aux constatations suivantes : la dureté des selles n\u2019est pas très marquée et les intervalles entre elles sont assez réguliers, ne dépassant pas deux ou trois jours.Ces patients ont un rythme intestinal plus lent que d\u2019autres, comme certains individus ont les yeux plus foncés que d\u2019autres, sans inconvénient pour leur santé.Si, en plus, ce rythme n\u2019a pas résulté d\u2019un récent changement, il n\u2019y a aucune raison de traitement puisque la constipation n\u2019existe pas vraiment.Ne concluons pas d\u2019autre part qu\u2019il s\u2019agisse dans ces cas de malades imaginaires qui consultent par pur libéralisme : il est plus logique de conclure que les symptômes justifiant la consultation existent, mais que la cause en est ailleurs.Fatigue, lourdeur, manque d\u2019élan, malaise général, nervosité .combien de symptômes imprécis et presque indescriptibles trouvent leu: expression, au grand soulagement intellectuel du patient, en des termes tout faits tels que « foie malade, coeur faible, estomac descendu ou en boule, intestins lents ou bloqués », etc.Ces expressions ont l\u2019avantage de soulager l\u2019anxiété du patient, mais elles éloignent des causes réelles de ses malaises, causes plus difficiles à accepter et à traiter : troubles émotifs en relation avec l\u2019entourage, troubles de personnalité conduisant à l\u2019insatisfaction de soi-même, troubles psychologiques pouvant originer d\u2019aussi loin qu\u2019au jour où jeune enfant, il retenait ses selles « pour faire plaisir à maman » (s\u2019il portait alors sa couche) ou « pour ne pas faire plaisir à maman » (si on l\u2019avait assis sur le pot).Il existe une seconde catégorie de gens se plaignant et souffrant réellement de constipation.Les douleurs se situent n\u2019importe où dans l\u2019abdomen, peuvent changer de place, ou demeurer constantes à un seul endroit : elles sont par ailleurs presque toujours associées à des mouvements bruyants du gros intestin I borborysmes), et soulagées par le passage de gaz ou par la défécation.Nous énumérerons les causes de constipation chez cette seconde catégorie tout en mentionnant quelques points saillants de physiologie.Le bol alimentaire, après avoir traversé l\u2019estomac et les petits intestins, a été assimilé à 90-95'/' \u2022 Les substances arrivant au gros intestin (ou colon) sont non seulement constitués par les résidus des aliments non-assimilés (eg, cellulose) mais aussi par les sécrétions non réabsorbées des glandes du système digestif.Le premier rôle du colon sera à ce moment d\u2019absorber l\u2019eau de ces substances et de concentrer le tout jusqu\u2019à un état plus sec, plus dur.En second lieu, il jouera un rôle de transport jusqu\u2019à l\u2019ampoule rectale.Si ce transport est retaidé i.e.si le colon ne se contracte pas assez rapidement, les selles durciront davantage et les gaz s\u2019accumuleront pour provoquer distension e! douleur.Notons ici que les résidus sont nécessaires à la stimulation normale du tube digestif et qu\u2019une diète adéquate (fruits et légumes frais) peut résoudre de nombreux problèmes de constipation.Les laxatifs agissent également par stimulation du tube digestif.Par contre.[ Lire la suite page 26 ] Voici le temps de la campagne \u201cfaites-le maintenant\u201d \u2022\tLe temps des travaux d\u2019amélioration à votre maison, usine ou local d\u2019affaires.\u2022\tLe temps où les ouvriers spécialisés sont plus libres et plus en mesure de vous donner satisfaction.\u2022\tLe temps où de nombreux établissements consentent des réductions de prix, vu le ralentissement des affaires.\u2022\tLe temps le plus favorable à beaucoup d\u2019autres travaux: réparation et entretien de l\u2019outillage de parterre et de jardin, des appareils électriques, des moteurs hors-bord et des automobiles; nettoyage à sec des tentures et des tapis et remplacement de tapisserie d\u2019ameublement, pour ne mentionner que ceux-là.\u2022\tLe temps où vous pouvez aider votre localité à créer de l\u2019emploi durant la période traditionnelle du ralentissement de l\u2019activité.Quand tous travaillent, chacun en profite.Pourquoi attendre au printemps?Pour renseignements et aide, adressez-vous au bureau du Service national de placement de votre localité Annonce autorisée par l\u2019hon.Michael Starr, ministre du Travail, Canada La Revue Populaire, janvier 1963 21 0® réfrigérateur g®ffWOU®DDff pO\u2019QeOQDDXI m tÉSki i ! Æm .« Au début de cette année 1963, que je souhaite des plus heureuse, amies lectrices, et pour vous et pour chacun des vôtres, au début de cette année au cours de laquelle je vous souhaite tous les succès .surtout en cuisine .hé bien, je commence une série d'articles sur l'utilisation appropriée des appareils ménagers.Combien d\u2019entre vous avez de beaux appareils qui sont presque « décoratifs » parce qu'ils ne vous sont pas très utiles et ce n\u2019est peut-être pas toujours dû aux appareils, qui, en somme, sont des serviteurs qu\u2019il faut savoir faire travailler et surtout guider.J\u2019ai choisi pour commencer, le réfrigérateur.Plusieurs penseront : mais qui ne sait se servir de son frigo ?J\u2019ai pourtant vu tant d\u2019appareils dont les portes étaient toujours ouvertes .d'autres, qui semblaient n\u2019avoir d\u2019autre utilité que de servir de « fourre-tout » où on jette en vrac, et les achats et les restes, et qu\u2019on vide (c\u2019est le cas de le dire, et souvent à la poubelle), une fois la semaine, afin de pouvoir les remplir à nouveau.GERMAINE GLOUTNEZ LES USAGES MULTIPLES DU REFRIGERATEUR Le réfrigérateur doit : conserver les denrées périssabels, conserver les restes aider à Vexécution de, certaines recettes, congeler pour peu de temps, approvisionner en glaçons (cubes de glace).Conserver les denrées périssables : on a souvent dit que le réfrigérateur bien organisé est le magasin de détail de la ménagère, ce qui est vrai, si cette dernière fait une fois pour toutes le calcul des aliments dont elle a besoin pour une semaine.Le meilleur moyen de faire ce calcul, c\u2019est de continuer pour une semaine ou deux, à faire les achats comme à l accoutuméc.de tout noter et ensuite de faire le compte des quantités achetées pour chacun des aliments.Si, par exemple, au cours de la semaine, on a acheté 15 livres de viande, ceci indique que même si on achète des viandes différentes, il en faudra 15 livres réparties entre les rôtis, côtelettes, pot-au-feu.bacon, etc.Une fois ces calculs faits pour tous les aliments, il fau- 22 La Revue Populaire, janvier 1963 dra dresser la liste d\u2019achats.Cette liste d\u2019achats, il faudra la respecter.Ne pas se laisser tenter par des « spéciaux », qui voudraient nous faire acheter plus .oh, évidemment .à moins que ce ne soit réellement une aubaine, et a ce moment, il ne faudrait pas oublier de faire de la liste d\u2019achats de la semaine suivante, les soustractions qui s\u2019imposent.Si, évidemment, votre réfrigérateur n\u2019a pas la capacité voulue pour contenir les aliments de toute une semaine, faites deux marchés par semaine, mais, basés sur les mêmes principes.LA CLASSIFICATION DES ALIMENTS En arrivant à la maison, que faire de toutes ces victuailles ?D\u2019abord, les classer : 1\t\u2014 les aliments qui se rangent sans préparation :\tle beurre, le lait, la crème, le yoghourt, les oeufs.2\t\u2014 les aliments qui doivent être emballés : les viandes, les fromages, les crustacés.3\t\u2014 les aliments qu\u2019on doit laver ou nettoyer : les laitues, les légumes, les poissons, les herbes, etc.Ensuite : les ranger ! Danr quoi ?Comment ?.Le beurre : bien enveloppé, rangé tel quel ; toujours le tenir bien enveloppé ou couvert à cause des odeurs.Le lait, la crème et le goghourl : laver et essuyer les bouteilles ou les berlingots de carton.Tenir soigneusement couverts sinon ils prennent des odeurs avoisinantes.Les oeufs : rangés dans leur boîte ou dans des contenants en matière plastique car leur coquille poreuse prend les odeurs et craint l\u2019air et les changements de température.Les viandes crues, les volailles : débarrassées de leur emballage, soigneusement essuyées avec un linge humide et enveloppées de papier aluminium pour éviter l\u2019oxydation et le dessèchement.Les viandes cuites : dans un papier paraffiné ou d\u2019aluminium, mais dans un emballage serré.Les fromages :\tdans leur conte- nant, ou s\u2019ils n\u2019en ont pas, dans un papier paraffiné scellé au fer chaud ou dans un papier d'aluminium.Les poissons : préparés, vidés, nettoyés, essuyés prêts à apprêter ; placer d\u2019abord sur papier absorbant, puis envelopper de papier d'aluminium.Les aubergines, les piments, les carottes, les navets, les betteraves, les radis : lavés, essuyés, (enlever les fanés s il y a lieu ), mis dans des sacs de plastique perforés.Le céleri : bien lavé sans le défaire : débarrassé de ses grosses feuilles (qu'on garde comme assaisonnement), enveloppé ensuite dans un linge puis dans un papier paraffiné.Pour toutes celles qui se plaignent que le céleri amollit au bout de deux jours au réfrigérateur : le mouiller, l\u2019envelopper dans un linge humide et ensuite dans un papier paraffiné.Les choux, les choux-fleurs : enlever les feuilles qui ne sont pas comestibles, laver, égoutter parfaitement, et ranger dans le compartiment à légumes ou envelopper et ranger si on doit les garder plusieurs jours.Les poireaux, les échalottes : bien lavés, débarrassé de leurs queues vertes, bien égouttés, mis dans des sacs de plastique bien fermés.Les épinards, les laitues, les herbes (persil) :\ttrempés, la racine en l\u2019air, bien nettoyés dans plusieurs eaux, égouttés aussi parfaitement que possible et placés soit dans les tiroirs spéciaux soit dans des sacs de plastique.Dans le fond des tiroirs spéciaux pour légumes, il est conseillé de mettre un linge propre qui absorbe l\u2019excès de l\u2019humidité des légumes.une c hose contre laquelle je proteste :\tc\u2019est l'usage de la porte pour les oeuls (à 1 air), le lait, la crème ; ces denrées seront « brassées » chaque fois que la porte sera ouverte ou fermée et je ne crois pas que ce soit très bon pour la conservation de tels produits.Les melons : papier d\u2019aluminium bien scellé, sinon, ils parfumeront tout le réfrigérateur.Les fraises et les framboises : envelopper les paniers avec du cellophane ou mettre les truits dans un récipient fermé.(Ne doivent pas être conservée plus de 24 heures sans être préparées ou au moins lavées, équeutées et sucrées.Les autres fruits : lavés, essuyés et enfermés dans des sacs de plastique perforés.Les champignons crus : tels quels dans leur boîte \u2014 les laver seulement au moment de les utiliser.La Revue Populaire, janvier 1963 CHAQUE ALIMENT A SA PLACE 11 faut d'abord savoir que l\u2019air froid circule sans arrêt dans l\u2019appareil : l'air très froid du congélateur descend et arrive soit sur la vitre du tiroir à légumes, soit sur la partie inférieure du réfrigérateur, d\u2019où il remonte vers la partie supérieure.Au cours de ces mouvements, il se réchauffe au contact des aliments et en absorbe l\u2019humidité, et ce, d\u2019autant plus vite que les aliments ne sont pas enveloppés ou couverts ; cette humidité, l\u2019air s\u2019en décharge lorsqu il revient sur la paroi de l\u2019évapora-teur, ce qui donne le « givre » : d\u2019où l\u2019importance de garder le réfrigérateur fermé, et de ne 1 ouvrir que le temps nécessaire à l'entrée ou à la sortie des aliments.Ce serviteur a un mot d\u2019ordre : « Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place ».Partant du fait que l'air très froid part du haut, que ce même air dessèche les aliments, on commencera donc par couvrir ou emballer tous les aliments qu\u2019on met dans le lrigo et ensuite, on placera le plus près de l'évaporateur ou « partie congelante » les denrées les plus périssables : la viande et le poisson.Heureusement que la plupart des réfrigérateurs ont des compartiments à légumes, à fruits, à viande, etc.Il n\u2019en reste pas moins RECETTES \u2014 REFRIGERATEUR___________ Punch aux Fruits : iy2 pinte d\u2019eau troide l/2 tasse de raisins secs 2 tasses de sucre 1\tbâton de cannelle de 2 po.2\tbouteilles de vin rouge Bordeaux 114 tasse de jus d orange 24 tasse de jus de citron 2 tasses de jus de pomme Zeste de Y2 citron 8 oz de cognac ou brandy Mettre les raisins dans l\u2019eau, amener à ébullition et laisser mijoter 20 minutes.Ajouter le sucre, la cannelle, le zeste de citron et laisser mijoter 5 minutes de plus.Couler, laisser refroidir et ajouter les jus de fruits.Au moment de servir, ajouter de la glace et le vin ainsi que l\u2019alcool.N.B.Pour les personnes qui désirent un punch sans alcool, omettre vin et cognac et remplacer par 2 grossess bouteilles de « ginger ale ».Oeufs Farcis en Aspic : Cuire des oeufs dur, les couper en 2, les évider, assaisonner les jaunes, et les remettre dans les coquilles de blancs.Réunir les oeufs afin de les retormer.Prendre des moules à ramequins, y couler une mince couche de gelée clarifiée, poser sur cette gelée, une garniture au choix, laisser prendre.Placer un oeuf farci dans chaque moule, remplir le moule de gelée, laisser prendre.Démouler 'Corinne*'* CflFflffl DOULEURS MENSTRUELLES Chaque mois, Corinne avait le \u201ccafard\" par suite de malaises menstruels fonctionnels.Maintenant, elle prend simplement Midol et .connaît un confort parfait, car les comprimés Midol contiennent: \u2022 Des ingrédients â action .rapide qui soulagent les crampes, calment LES MAUX DE TÊTE ET DE DOS, ET APAISENT LES nerfs irrités \u2022 Plus un médicament spécial qui -\tCHASSE LE \"CAFARD\".ÎÜ&f W GRÂCE À MIDOL MARQUE DEPOSEE et garnir.Mont Glacé aux Fraises : Défaire en crème % de tasse de beurre, y ajouter % de tasse de sucre et 1^4 tasse tie miettes de biscuits Graham.Avec ce mélange, tapisser un bol à démêler de 5 tasses.Laisser amollir 3 chopines de crème glacée aux fraises el remplir le moule garni de miettes de biscuits.Bien presser la crème glacée.Mettre congeler.Ce moule doit être au congélateur au moins 6 heures.Démouler sur assiette froide.Garnir de crème fouettée sucrée et vanillée, et de I raises fraîches.G.GLOUTNEZ Si vous avez aux alentours de Montréal.PROPRIETE.TERRE ou TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR - 6 - 3718\t1250, rue Villeray.Montréal AMELIOREZ votre apparence, Jouissez vous aussi d\u2019une belle taille aux lignes harmonieuses par l\u2019emploi des PILULES PERSANES $1.50 la boite de 40 pilules, 3 boites pour $4.00 PILULES PERSANES Dans toutes bonnes pharmacies ou expédiées franco par malle, sur réception du prix.Société des Produits Persans; 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Faut pas s\u2019en faire ! » qui résument si bien sa philosophie.Vous comprendrez pourquoi, chaque soir, à 1 idée de travailler de nouveau à ses côtés, je me sens, à l\u2019avance, joyeuse.(1) Il n\u2019y a pas de mal qui n\u2019engendre le bien.[ Lire la suite page 26 ] La Revue Populaire, janvier 1963 25 RENDEZ-VOUS AVEC MICHELLE [ Suite de la page 25 ] JE NE SAIS si l'on peut jamais espérer connaître vraiment une vedette aux talents aussi diversifiés que Monsieur Peter Ustinov.Je rencontrais le célèbre auteur-compositeur-cinéaste-comédien lors d\u2019un récent séjour qu\u2019il faisait dans la métropole Tout en sachant fort bien qu\u2019il serait submergé par les interviews de mes camarades journalistes, les exigences des photographes et des cameramen, je m\u2019étais quand même rendue à sa conférence de presse \u2014 l\u2019une des cinq ou six qu\u2019il devait donner dans les vingt-quatre heures de sa visite \u2014 décidée, coûte que coûte, à en tirer quelque chose.A travers une forêt de têtes, après avoir courageusement joué du coude pendant une bonne dizaine de minutes, je parvins enfin à apercevoir, émergeant de la houle, la tête hirsute que m\u2019avaient rendue familière le cinéma et les journaux.Une bonne tête, à la fois d ourson de peluche et de Saint-Bernard.Un regard attentif qui se fixait avec sérieux et bonne grâce sur chaque point de la horde d\u2019où émanaient les questions.PAR UN CAPRICE DU HASARD que j\u2019arrive encore mal à m\u2019expliquer, le groupe des têtes demeurant tout aussi serré, une trouée inattendue au niveau du sol me permet d\u2019apercevoir les pieds du grand homme \u2014 grand dans tous les sens du mot, car il donne l\u2019impression d\u2019avoir au moins six pieds deux.« J\u2019aurai au moins cela à rapporter », me dis-je philosophiquement désespérant de jamais pouvoir l\u2019approcher.Ses pieds ! Je n\u2019en ai jamais vus d\u2019aussi énormes ! Non seulement longs, mais d\u2019une largeur tout à fait inusitée.(Je devais apprendre qu\u2019il chausse la pointure américaine hors-série 12 et demi XXX !).Le hasard intervenant de nouveau, voici qu\u2019une main ferme me saisit le bras et témérairement, fendant les troupes alignées en rangs serrés, mon guide (son publiciste qui m\u2019a reconnu) et moi-même nous trouvons littéralement projetés sur Monsieur Ustinov.Cette présentation de choc ayant servi à prouver que je tenais sérieusement à l\u2019entendre émettre quelques idées sur sa destinée et celle du monde, je m\u2019appliquai durant la prochaine heure, à suivre Monsieur Ustinov, entraîné d\u2019un groupe à l\u2019autre.Chaque fois, la vedette fort gracieusement me disait : « Je pense sérieusement à ce que vous m\u2019avez demandé, j\u2019y réfléchis », pour me répondre, quelques journalistes plus loin, toujours de façon très pertinente.Ce qui m\u2019a peut-être le plus frappé concernant cet artiste exceptionnel, c\u2019est sa pondération.Chaque réponse, contrairement à beaucoup de gens d\u2019esprit également volubiles, est précédée d\u2019un temps d\u2019arrêt, parfois de la valeur d\u2019une simple seconde mais néanmoins consacré à la réflexion.Voici en somme, dans les circonstances difficiles où je lui ai parlé, le résultat de notre rencontre : \u2014\tQu\u2019aimez-vous le plus dans la vie ?\u2014\tLa vie elle-même.Vivre.\u2014\tDétestez-vous quelque chose ?\u2014\tL\u2019intolérance.\u2014\tEtes-vous un homme heureux ?\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019un homme heureux ?(mon interlocuteur semble momentanément dérouté par cette question).\u2014\tPeut-être est-ce un homme qui réussit à vivre en paix avec lui-même vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?Osé-ie enchaîner.\u2014\tC\u2019est là, certes, l\u2019un des éléments du bonheur.Et pourtant, nous fluctuons sans cesse.Nous ne sommes jamais le même être d\u2019un jour à l\u2019autre, d\u2019une heure à l\u2019autre.\u2014\tAuriez-vous une définition du bonheur ?\u2014\tDisons une définition de l\u2019optimisme.Je l'a' dit dans Rornanojf et Juliette.« L\u2019optimiste, c\u2019est celui qui connaît la vie, et l\u2019accepte.Le pessimiste, c\u2019est celui qui la découvre chaque matin au réveil .».\u2014\tVous qui faites rire le monde entier par votre esprit, arrive-t-il que l\u2019on vous fasse rire vous-même ?Long temps d\u2019arrêt.Pour Monsieur Ustinov, le rire est de toute évidence une affaire sérieuse.11 tente de se dérober.J\u2019insiste.Mais si .n\u2019importe quelle petite chose arrivée récemment.\u2014\tEn prenant l\u2019avion, me raconte-t-il enfin, pou) venir au Canada, à Londres, une dame surexci tée vient à moi, me disant qu\u2019elle a vu la comédie musicale que l\u2019on a réalisée en Angleterre sur le thème de Billy Budd, que cela ne lui a pas plu du tout, qu\u2019elle était certaine que mon adaptation cinématographique du roman de Mel ville serait beaucoup plus amusante.Je n\u2019ai pu m\u2019empêcher de lui répondre : « Si vous aimez les pendaisons, cela vous amusera sûrement » (2) Je ris de bon coeur, lui faisant remarquer que c\u2019est lui encore pue fois qui a su nous faire rire.Il enchaîne : \u2014\tIl y « aussi l\u2019homme d\u2019étal des Nations LTnies qui m\u2019avouait un jour : « Beaucoup de crises internationales ont été évitées du seul fait que nous sommes moins bien informés que le public sur la situation mondiale ! C\u2019était trop beau, cette amorce de tête-à-tête .aussi est-on bien vite venu m\u2019enlever ma vedette ! ELOI DE GRANDMONT, dont tout le monde connaît les pièces de théâtre, les poèmes, et les textes à la radio et à la télévision, me disait récemment, à l\u2019issue d\u2019une projection d\u2019émissions filmées au début de notre télévision : « Ce qu\u2019il y a d\u2019extraordinaire, c\u2019est que (es mêmes femmes, \u2014 Nicole Germain, Lucille Dumont, etc.\u2014 sont beaucoup plus belles à l\u2019écran aujourd hui qu\u2019elles ne l'étaient alors, et beaucoup plus jeunes ! » Ce qui prouve encore une fois, comme nous le dirait Jean Rafa, qu\u2019il ne faut jamais perdre son optimisme.C\u2019EST CE QUE JE VOUS SOUHAITE POUR 1963 ! (2) Le héros, un jeune mari du 18e siècle, meurt pendu en haute mer pour trahison.DEUX MEDECINS .[ Suite de la page 21 ] leur emploi abusif peut faire diminuer la sensibilité des intestins et créer ainsi une constipation tenace, douloureuse, et finalement résistante aux médicaments eux-mêmes.Ceci se produit plus facilement chez les personnes âgées ou chez celles qui ont eu plusieurs grossesses dont la motilité du tube digestif est déjà diminuée.L\u2019arrivée de nouvelle nourriture dans le duodénum (petit intestin) avertira la dernière portion du colon de se vider dans l\u2019ampoule rectale.Cette vidange se fera assez brusquement pour distendre les parois de l\u2019ampoule rectale et provoquer le réflexe connu, réflexe si fort que l\u2019enfant ne peut le contrôler avant l\u2019âge de deux ans, en dépit de toute semonce.Malheureusement, ce réflexe s\u2019affaiblit chez ceux qui ont appris à le combattre -trop souvent (ceux qui manquent du temps ou de l\u2019endrort nécessaire à leur travail I et, en ce sens, le contrôle des sphincters est devenu une cause importante de constipation dans le monde civilisé.Les affections douloureuses de l\u2019anus (hémorroïdes, fissures) agissent dans le même sens, la défécation étant retardée pour éviter la douleur.Une simple attention aux « habitudes intestioales » réglera le problème (plusieurs personnes vont régulièrement à la selle après déjeuner.Un départ hâtif sans déjeuner perturberait leur rythme intestinal).La troisième catégorie correspond aux cas moins nombreux de constipation dont la cause nécessite l\u2019application de moyens autres que les moyens employés ordinairement.Ces cas résultent de causes organiques locales (tumeurs, gros colon) ou générales (hypothyroïdie, maladies rénales, Parkinson, accidents cardiovasculaires) à traiter comme telles.Les causes aiguës de constipation (anesthésie générale, choc nerveux, émotions violentes) représentent les meilleures indications à l\u2019emploi de laxatifs.Les constipations de très longue durée signalent rarement l\u2019existence de maladies importantes mais peuvent causer des lésions anales I fissures, hémorroïdes).Par ailleurs, les constipations récentes, surtout lorsqu\u2019elles sont alternées avec des diarrhées, motivent une consultation immédiate.Dans tous les cas, la cause de la constipation doit être décelée et traitée selon la logique médicale.26 La Revue Populaire, janvier 1963 la Belle dans le Jardin UN ROMAN INÉDIT de LISE BLANCHET ILLUSTRE par GILLES MORIN Le soleil de juillet entrait par la fenêtre ouverte.Déjà les marronniers de l\u2019avenue jaunissaient et les feuilles dorées tombaient en tournoyant sur le trottoir.Juliette Dormoy acheva de nouer sa voilette ; puis, elle jeta autour d\u2019elle un regard satisfait.Un désordre sympathique régnait dans la pièce.Les valises de cuir fauve étaient fermées mais la grande malle béante attendait les vêtements entassés sur les chaises.Un bouquet d\u2019oeillets roses embaumait alentour.Le chat persan s\u2019aiguisait les griffes sur le tapis.Un pas vif se fit entendre dans l\u2019escalier de marbre ; la porte fut poussée par une main impatiente, et Jean Dormoy, le mari de Juliette, entra.C\u2019était un homme de haute taille, que la quarantaine épaississait un peu.L\u2019oeil bleu, derrière les lunettes, était plein d\u2019intelligence et de bonté.On devinait, à première vue, combien il était demeuré amoureux de sa femme.\u2014 Es-tu prête, chérie?demanda-t-il.Justin est déjà au volant.Elle se mit à rire et montra la malle grande ouverte.\u2014 Oui, il n\u2019y a plus qu\u2019à fermer ça.Mais avant, je veux y loger quelques vêtements.Je veux aussi envelopper ces oeillets que j\u2019emporterai.Ce serait un crime de les laisser mourir, là, tout seuls, ou de les jeter à la poubelle.Il me semble toujours que les fleurs ont une âme.\u2014 A propos, chérie, je t\u2019ai souvent parlé de Madeleine, cette filleule de ma mère.Tu as eu, d\u2019ailleurs, l\u2019occasion de la voir, autrefois chez elle .\u2014 Certes ! Elle fait ses études à Oxford ?\u2014 Non.Depuis la mort de ses parents, (tu sais qu\u2019ils sont morts dans un accident de chemin de fer ?), elle luttait pour conserver un patrimoine que lui disputait un vague cousin.Or, l\u2019enquête dut établir lequel des deux était mort le dernier.Oh ! des histoires invraisemblables.Ses parents étaient mariés sous le régime de la séparation de biens, et je ne sais ni pourquoi, ni comment, une partie de leur mince fortune fut dissimulée par l\u2019un d\u2019eux, et mise en banque au nom de ce vague cousin.Je suppose qu\u2019ils ne s\u2019entendaient pas et devaient envisager une séparation ! Dieu les a rapprochés pour l\u2019éternité ! Ainsi en va-t-il parfois de nos aspirations humaines ! Quoiqu\u2019il en soit, Madeleine ne possède rien, ou à peu près rien.Elle doit se chercher une situation.Je l\u2019aiderai, ceci ne fait pas l\u2019ombre d\u2019un doute.Quitte à la prendre à l\u2019usine.\u2014 Tu feras bien, dit Juliette conciliante.La pauvre enfant ! Il me souvient d\u2019un brun visage que dévoraient des yeux splendides.Elle doit avoir vingt ans, je crois.\u2014 Oui, elle va les avoir en août.Ma mère l\u2019aimait beaucoup.Si tu savais comme elle se trouve seule.Elle m\u2019a envoyé une lettre pathétique ; un véritable S.O.S.Un moment plus tard, la voiture emmenait Juliette et son mari vers leur maison de Saint-Gilles, près du lac du Bourget ; tandis que Jean Dormoy consultait des lettres, la jeune femme, revivait son passé.Elle songea, tout d\u2019abord, à l\u2019humble logis, où elle avait vécu, enfant.Une petite fille, aux boucles blondes, jouait dans une cour minuscule avec quelques enfants, aux mains sales, aux vêtements déchirés.L\u2019un des garçons était Philippe.En ce temps lointain de l\u2019enfance, Philippe était le grand ami de Juliette.Il la défendait contre les autres, trop turbulents, trop batailleurs, parfois méchants.Plus tard, leur amitié se transforma en un plus tendre sentiment.Philippe s\u2019expatria pour se faire une situation.\u2014 Un jour, je reviendrai, riche, et je te demanderai de m\u2019épouser .Las ! Philippe n\u2019était pas revenu, et Juliette, un jour, était devenue Mme Dormoy, la femme d\u2019un riche industriel .Certes ! Elle ne regrettait rien.Son mari était parfait.Il n\u2019y avait qu\u2019une ombre au tableau.Jusqu\u2019alors, ils n\u2019avaient pas d\u2019enfants.Mais l\u2019un et l\u2019autre évitaient d\u2019en parler, pour ne pas augmenter leur peine.La jeune femme fut tout étonnée de se trouver, soudain, devant la grille de la maison.Au bruit du klaxon, un vieux jardinier vint ouvrir.\u2014 Rien de neuf, ici, Lucas ?demanda machinalement M.Dormoy en se penchant à la portière.\u2014 Si, Monsieur.Votre nouveau secrétaire est arrivé.\u2014 Ton secrétaire ?dit Juliette.\u2014 Oui, j\u2019ai oublié de t\u2019en parler.J\u2019ai engagé un jeune homme pour m\u2019aider pendant les vacances ; ces dernières années, je ne me reposais vraiment pas .La jeune femme eut un soupir d\u2019aise en entrant chez elle.Jamais elle n\u2019avait retrouvé Saint-Gilles avec un tel sentiment de bien-être, presque de bonheur.Elle sourit au grand lit bas, en bois de citronnier, à la coiffeuse encombrée de flacons, aux voilages de mousseline d\u2019un ton à peine ocré, aux baies vitrées ouvertes sur la pelouse au gazon de velours.Comme tout cela était reposant, joli, confortable ! Juliette, enfant, puis jeune fille, avait-elle jamais rêvé pareille existence ?Elle ne devait être que gratitude envers le Ciel qui la choyait, comme une enfant chérie.Elle joignit les mains pour une courte prière.Elle enleva ses vêtements de voyage, dénoua la voilette qui embrumait sa jolie figure.Ses lèvres roses, ses yeux brillants, ne témoignaient d\u2019aucune fatigue.Il aurait fallu beaucoup plus que ce petit voyage pour ternir sa fraîcheur.Elle entendit son mari faire couler un bain, remuer des ustensiles de toilette en sifflant.Lui aussi devait se trouver heureux dans la vieille maison familiale.Mais, soudain, dans la pièce de l\u2019autre côté, celle qui servait de bureau, un pas d\u2019homme se fit entendre : un pas étranger.Celui du nouveau secrétaire, sans doute.A cette pensée, un nuage assombrit le front de Juliette .Elle aurait voulu rester seule, durant quelques jours, avec son mari.Le secrétaire se montrait bien pressé, indiscret même.Ah ! On avait bien besoin de lui ! Peut-être ne resterait-il pas à Saint-Gilles .Peut-être trouverait-il plus d\u2019agrément à loger à l\u2019auberge du village, où les filles venaient danser les dimanches soir.Juliette essayait de se persuader que cet homme ne les gênerait pas.Mais un malaise demeurait en elle ! .Des grenouilles chantaient dans la mare, de l\u2019autre côté des pelouses ; de petits nuages dorés se promenaient dans le ciel, dont l\u2019opale se fonçait de seconde en seconde.C\u2019était le commencement d\u2019un long crépuscule d\u2019été.\u2014 Mais parfaitement ! Parfaitement ! Juliette sursauta.Cette voix ! Où l\u2019avait-elle déjà entendue ?Elle réveillait dans son âme des échos assoupis.Elle haussa les épaules, se moquant un peu d\u2019elle-même.Qu\u2019avait-elle donc ce soir ?Tout à l\u2019heure, son mari lui présenterait son nouveau secrétaire ; elle verrait bien que ce n\u2019était pas Philippe, malgré la ressemblance de leurs voix .\u2014 Phijippe, murmura-t-elle .Philippe.Comme il y avait longtemps qu\u2019elle n\u2019avait pas prononcé ce nom .Pourtant, quand elle entendit son mari lui dire que son secrétaire s\u2019appelait Philippe Darcy, elle eut un petit rire douloureux.Puis, elle refusa de paraître, ce soir-là, à table .\u2014 Je suis fatiguée, dit-elle.Demeurée seule dans sa chambre, elle songeait, tout alarmée : \u2014 Je ne l\u2019aime plus, Seigneur.J\u2019ai tout fait pour que mon mari, seul, ait place en mon coeur .Mais je ne veux pas voir Philipppe.Je ne le peux pas.II
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