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Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Vol. 48, No 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
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Références

Argus, 2021, Collections de BAnQ.

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[" Faire œuvre utile Volume 48, Numéro 1 La revue québécoise des professionnels de l\u2019information En librairie dès maintenant ! DISPONIBLE AUSSI EN LIGNE AU PUQ.CA ! Collection Gestion de l\u2019information sous la direction de Carol Couture et Marcel Lajeunesse Faire œuvre utile Volume 48, Numéro 1 La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Table des matières 07 Éditorial Marie-Ève Auclair 52 Pour une histoire des femmes bibliothécaires au Québec Marie-Joëlle Poitras Pariseau 64 Le rétroviseur \u2013 Une histoire de porte Pascal Millet 55 Le prix Architecture 2019 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec Yvon-André Lacroix DOSSIER Faire œuvre utile 11 La bibliothèque publique à la rescousse de la démocratie locale Philippe Cadieux 14 Préserver la vie privée en bibliothèque \u2013 Un plaidoyer Alexandre Méthé 18 La publication des données culturelles ouvertes au Québec \u2013 Le cas des bibliothèques Siham Alaoui 30 Enfants à besoins particuliers, de l\u2019intégration à l\u2019inclusion \u2013 Bibliothèque publique de la ville de Mirabel Sarah Germain 36 Promotion de la santé par l\u2019information et la lecture Linda Binette 41 QuoiLire.ca \u2013 Porter les suggestions de lecture aux usagers dans le confort de leur foyer Gabrielle C.Beaulieu et Marie-Christine Tremblay 45 Une expérience de déconinement dans les bibliothèques d\u2019Ahuntsic- Cartierville à Montréal Isabelle Pilon La version papier de ce document est imprimée sur du papier Rolland Enviro Print, contenant 100 % de fibres postconsommation.ARGUS La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Volume 48, no 1 Hiver 2021 Dépôt légal Bibliothèque Nationale du Canada Bibliothèque Nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage : 570 Dépôt légal : 4e trimestre 2020 Publié par Argus est une revue publiée deux fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec 2065, rue Parthenais Bureau 387 Montréal, Québec H2K 3T1 514 845-3327 info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n\u2019engagent que ceux-ci.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans : > Articlefirst (Oclc) > Francis > Library, Information Science & Technology Abstracts (Lista) > Library Literature > Repère > Wilson Omni.Rédactrice en chef Marie-Ève Auclair Comité éditorial Yvon-André Lacroix Ariane Legault-Venne Paolo Miriello Collaborateurs, textes Siham Alaoui Linda Binette Gabrielle C.Beaulieu Philippe Cadieux Sarah Germain Yvon-André Lacroix Alexandre Méthé Pascal Millet Isabelle Pilon Marie-Joëlle Poitras Pariseau Marie-Christine Tremblay Révision linguistique Ariane Legault-Venne Juliette Tirard-Collet Marie Tremblay Illustrations Aless MC www.alessmc.ca Conception graphique Jolin Masson www.jolinmasson.com Impression JB Deschamps C000000 07 Éditorial Faire œuvre utile Servir, aider, contribuer, favoriser, concourir, participer, contribuer, tous des verbes qui décrivent bien les actions et les retombées des bibliothèques, et des bibliothécaires dans nos communautés, tout particulièrement lorsque l\u2019inimaginable se produit et que nous devons réinventer nos univers.Deux articles de ce numéro font suite aux contrecoups de la Covid-19 dans les bibliothèques, le premier coécrit par Gabrielle C.Beaulieu et Marie-Christine Tremblay explique comment l\u2019initiative QuoiLire.ca a permis d\u2019offrir un service de référence d\u2019envergure aux lecteurs malgré les circonstances, le second d\u2019Isabelle Pilon relate l\u2019expérience de déconfinement des bibliothèques d\u2019Ahuntsic-Cartierville au cours de cette même période.Ces deux textes expriment bien de quelle manière, les bibliothèques ont pu, et continuent de pouvoir changer les choses pour le mieux dans le meilleur et le pire.En effet, la bibliothèque et les bibliothécaires contribuent \u2013 à changer des vies à petite ou grande échelle \u2013 en soutenant l\u2019alphabétisation, en démocratisant la culture, en luttant contre l\u2019exclusion, en soutenant la démocratie et en favorisant la justice sociale.C\u2019est ainsi que les articles respectifs de Philippe Cadieux, d\u2019Alexandre Méthée et de Siham Aloui nous rapportent comment les bibliothèques concourent à ces changements.Pour Cadieux, il s\u2019agit de la manière dont les bibliothèques peuvent démystifier et promouvoir la démocratie.Pour Méthée, c\u2019est plutôt la question de protéger la vie privée des usagers en bibliothèque.Tandis que pour Aloui, enfin, il s\u2019agit plutôt des enjeux et des possibles engendrés par la question des données culturelles ouvertes. ARGUS 08 De la lecture, la bibliothèque est indissociable et c\u2019est de son importance et de sa nécessité dont parle le texte de Linda Binette et celui de Pascal Millet.Pour Binette, l\u2019accès à l\u2019information et à la lecture sont des outils de prédilection pour soutenir la santé des citoyens.Pour Millet, dans son article, initialement publié en 1995 et republié ici en 2020, la lecture est simplement et purement perçue comme essentielle et incontournable pour de meilleurs lendemains.Avec plus de 1 000 points de service sur le territoire québécois, la bibliothèque publique est l\u2019une des seules institutions culturelles gratuites et ouvertes à toutes et tous.De là, l\u2019importance de son ouverture et de son l\u2019accueil envers l\u2019ensemble des publics.Dans cet esprit, Sarah Germain, dans son texte, nous rapporte l\u2019exemple inspirant du programme d\u2019inclusion des enfants à besoins particuliers développé par la Bibliothèque publique de Mirabel.D\u2019une inspiration à une autre, Marie-Joëlle Poitras Pariseau nous présente l\u2019ouvrage Pour une histoire des femmes biblioth?caires au Qu?bec qui relate l\u2019inspirant parcours de sept femmes ayant œuvré dans les bibliothèques.Yvon-André Lacroix, quant à lui, nous présente les récipiendaires et les candidats inspirants de l\u2019édition 2019 du prix Architecture de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec.En somme, c\u2019est ainsi qu\u2019aujourd\u2019hui comme demain, la bibliothèque et les bibliothécaires, par leurs actions, leurs missions, leurs initiatives et leurs services continuent et contribuent à faire œuvre utile dans nos sociétés pour nous et pour les générations à venir.À tous une lecture agréable et\u2026 utile ! Marie-Ève Auclair Rédactrice en chef Faire œuvre utile æ Er Hh ed 11 Mesurer le chemin parcouru La bibliothèque publique à la rescousse de la démocratie locale Philippe Cadieux Photo : Journal L\u2019Oie blanche Depuis 2018, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) organise des entretiens sur différents enjeux publics au sein d\u2019une série intitulée Les porte-voix.Inspirée par cette initiative, la Bibliothèque de Montmagny a emboîté le pas à l\u2019institution nationale et a organisé sa propre série de discussions, réunissant chaque fois des dizaines de participants, experts et citoyens confondus, avides de s\u2019informer et d\u2019échanger dans le respect sur divers sujets d\u2019actualité.Plus encore, ces forums ont permis de sceller un précieux partenariat entre la bibliothèque municipale et les médias locaux, créant du contenu de qualité pour le journal régional et une émission originale pour la télévision communautaire.Si l\u2019information et le débat sont à la source ARGUS 12 d\u2019une saine démocratie, la bibliothèque publique pourrait sans doute être à la rescousse.En choisissant les exemples de BAnQ et de la Bibliothèque de Montmagny, ce texte tentera de démontrer le rôle central que pourraient jouer les bibliothèques publiques afin de supporter les démocraties locales, dont la situation est plus précaire qu\u2019on le croit.Les porte-voix et Personne n\u2019en parle Le programme d\u2019activités de BAnQ décrit Les porte-voix comme « une série d\u2019entretiens pour débattre de sujets chauds sans camper sur ses positions1.» Le concept est fort simple : un journaliste reçoit des invités et ils discutent ensemble d\u2019un thème choisi en fonction de l\u2019actualité nationale (l\u2019appropriation culturelle, le mouvement #MeToo, la liberté d\u2019expression en humour, etc.).Cette série de discussions est filmée et produite en partenariat avec la plate- forme Savoir média.À Montmagny, Personne n\u2019en parle suit sensiblement le même modèle.La bibliothèque se veut l\u2019hôtesse d\u2019une discussion citoyenne, rassemblant chaque fois un panel de quatre ou cinq invités, auxquels s\u2019ajoute une trentaine de spectateurs.Dans un premier lieu, les pané- listes s\u2019expriment sur le thème de la soirée, puis le public est invité à participer à la discussion en posant des questions ou en apportant leurs propres observations.Ces rencontres permettent des débats francs et éclairés portant plus spécifiquement sur des enjeux de la région : le développement économique régional, la pénurie de main-d\u2019œuvre, le dynamisme touristique et culturel sur le territoire, l\u2019exploitation des ressources naturelles, etc.Ces forums de discussions sont eux aussi enregistrés, car la Bibliothèque de Montmagny s\u2019est associée avec des médias locaux pour produire cette série d\u2019entretiens, à savoir le journal L\u2019Oie blanche et la chaîne de télévision communautaire NousTV.La bibliothèque : lieu démocratique par essence Tout d\u2019abord, ces deux exemples mettent de l\u2019avant un élément généralement peu présent dans le programme d\u2019animation des bibliothèques publiques : le débat.Considérant l\u2019importance du débat public dans une démocratie, cette absence peut paraître surprenante pour une institution dont la mission est profondément démocratique.Faire de la bibliothèque publique un lieu naturel de débats et d\u2019échanges d\u2019idées s\u2019inscrit parfaitement dans la logique démocratique de cette institution.En rendant accessible gratuitement une multitude de documents, d\u2019informations, de conférences, de formations, de services numériques et d\u2019activités culturelles, les bibliothèques publiques participent déjà pleinement à la démocratisation des lettres, du numérique et de la culture.Puisque les bibliothèques sont parmi les lieux les plus fréquentés et inclusifs de notre société, il serait logique de pousser encore davantage sa participation à la vie citoyenne.Notre expérience à la bibliothèque de Montmagny a démontré que les usagers et les citoyens en général témoignent d\u2019un véritable besoin de débattre, de discuter, d\u2019être exposés à différentes idées et de partager leurs opinions.À notre avis, cette volonté s\u2019inscrit parfaitement dans le concept de bibliothèque en tant que troisième lieu de vie.Un partenariat bibliothèques \u2013 médias locaux Ensuite, l\u2019exemple de BAnQ comme celui de la Bibliothèque de Montmagny présentent un partenariat naturel entre 13 Mesurer le chemin parcouru les bibliothèques et les médias, deux institutions jouant un rôle démocratique majeur.Cette alliance avec les médias bénéficie aux bibliothèques en augmentant la portée et la diffusion de leur activité.Devenant en quelque sorte des activités « hors les murs », ces débats diffusés à la grandeur du territoire et sur internet permettent de rejoindre un large public.Pour les médias-partenaires, ces forums de discussions sur des enjeux d\u2019actualité représentent une excellente opportunité pour créer du contenu de qualité.À Montmagny, le journal local L\u2019Oie blanche a pu tirer de nombreux articles à partir des débats ayant pris place à la bibliothèque.Pour la chaîne NousTV de la région, Personne n\u2019en parle a permis d\u2019agrémenter la grille de programmation avec quatre émissions d\u2019actualité régionale.Enfin, le débat lui-même se trouve doublement crédibilisé par l\u2019alliance entre ces deux types d\u2019institutions qui ont normalement la réputation et le devoir de rester rigoureuses et objectives.À l\u2019heure où l\u2019on parle de la crise des médias et où les journalistes en région éprouvent des difficultés à couvrir toute l\u2019actualité sur leur vaste territoire, cette association entre les bibliothèques publiques et les médias locaux peut bien être un mariage parfait.Les limites et les obstacles Évidemment, ce partenariat représente aussi un défi et certains obstacles peuvent nuire à la réalisation harmonieuse de ces discussions citoyennes.Tout d\u2019abord, l\u2019association entre les bibliothèques et les médias peut être mise à l\u2019épreuve si les partenaires ne se comprennent pas sur le fond du projet.Il faut éviter que ces événements citoyens servent un agenda politique ou qu\u2019un biais idéologique vienne bousculer les objectifs démocratiques du débat.L\u2019animateur du débat doit être à l\u2019aise dans le rôle de médiateur et ne pas chercher à orienter la discussion vers des conclusions déjà toutes faites.Ensuite, il convient de mentionner que le pouvoir politique municipal peut aussi se montrer craintif à l\u2019idée que ce genre d\u2019exercice se tienne au sein de ses infrastructures.Ces débats peuvent aussi être perçus par les instances décisionnelles comme des occasions de critiquer les politiques en place.Dans d\u2019autres cas, ce sont plutôt les risques de dérapage qui inquiètent les dirigeants.Alors que certaines voix s\u2019élèvent contre les failles de la démocratie municipale2, il faut aussi tenir compte de la difficulté de tenir un débat sur les enjeux structurants dans les petites communautés.Conclusion À l\u2019ère des fausses nouvelles et des échanges acrimonieux sur les réseaux sociaux, le débat et la discussion publique deviennent de plus en plus difficiles à encadrer.Comme ces forums citoyens trouvent un réel écho au sein de la population, il semble tout naturel que la bibliothèque publique fournisse l\u2019espace nécessaire pour tenir ce genre d\u2019événement.Historien de formation, Philippe Cadieux est directeur adjoint et bibliothécaire à la bibliothèque de Montmagny.Depuis le mois de juin 2020, il occupe aussi le poste de président au sein de l\u2019Association des bibliothèques publiques de Capitale-Nationale \u2013 Chaudière-Appalaches.Il s\u2019intéresse notamment au rôle des bibliothèques dans le développement des communautés rurales.NOTES 1 https://www.banq.qc.ca/activites/detail.html?cal ItemId=113186 2 https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-09-25/ pour-des-villes-plus-transparentes.php ARGUS 14 La mission fondamentale que les bibliothécaires se sont donnée est d\u2019assurer à tous l\u2019accès à l\u2019information afin de permettre à l\u2019individu de se développer pour, notamment, participer à faire progresser la démocratie2.Or, poursuivant ce noble objectif, nous nous retrouvons de plus en plus en porte-à-faux avec un autre devoir de la profession, celui de protéger la vie privée des usagers.Omniprésente, la surveillance à l\u2019aide des mégadonnées (big data) fait désormais partie intégrante de notre société.Chacun la subit et \u2013 volontairement ou pas, consciemment ou pas \u2013 y participe.Dans ce qui suit, j\u2019expose sommairement le fonctionnement de cette surveillance avant d\u2019aborder des raisons pour lesquelles les bibliothécaires devraient s\u2019y intéresser.En dernier lieu, je propose quelques pistes d\u2019action pour nous permettre d\u2019être plus en accord avec les valeurs de notre profession.1.Une mécanique tentaculaire C\u2019est grâce au lanceur d\u2019alerte Edward Snowden que nous savons que le gouvernement des États-Unis \u2013 mais aussi celui d\u2019autres pays, dont le Canada \u2013 procèdent à la surveillance de masse3.La dynamique s\u2019est inversée : on traque d\u2019abord, on soupçonne ensuite.Quant aux entreprises, c\u2019est le capitalisme de surveillance qui constitue le modèle économique actuellement dominant.Certes pratiques, leurs produits et services sont attrayants, car ils sont populaires et souvent gratuits.Tel le cheval de Troie, Préserver la vie privée en bibliothèque Un plaidoyer Alexandre Méthé « At a fundamental level, librarians need to ask themselves what values they exchange in order to provide greater convenience to both patrons and themselves.» \u2013 Jennie Rose Halperin1 15 Mesurer le chemin parcouru ils arrivent cependant pourvus des fonctionnalités plus ou moins cachées permettant la collecte des données des utilisateurs afin de les monétiser.L\u2019individu ne fait pas le poids devant des hordes d\u2019experts en neurosciences s\u2019évertuant à faire ployer notre attention.Les données colligées vont bien au-delà de celles que nous produisons volontairement (messages textuels, mentions J\u2019aime, photos et vidéos).La partie immergée de l\u2019iceberg comprend les données démographiques, financières, médicales et biométriques, mais aussi les données relationnelles (famille, amis, etc.), comportementales (navigation, consommation, etc.), de localisation (géolocalisation, adresses IP, etc.)\u2026 Après la collecte vient l\u2019analyse à l\u2019aide de mystérieux algorithmes.Chacun se retrouve étiqueté selon des milliers d\u2019éléments (data points).Les mégadonnées sont utilisées pour prédire nos comportements ; cependant, elles infèrent aussi nos fragilités, nos zones d\u2019ombres, notre intimité.Mais ça ne s\u2019arrête pas là : selon Shoshana Zuboff, la phase suivante du capitalisme de surveillance consisterait à orienter les comportements.La professeure de Harvard cite en exemple une expérimentation par Facebook de modification des émotions de ses utilisateurs ainsi que le jeu Pok?mon Go (Niantic) qui a permis à des entreprises d\u2019attirer physiquement des clients en magasin4.Les centres de données disposent d\u2019une mémoire qui n\u2019oublie plus.Quant aux données, elles vont circuler par des courtiers de données (data brokers), être vendues, croisées avec d\u2019autres.Pour le professeur de droit Tim Wu (2019), il ne fait pas de doute que les données serviront à d\u2019autres fins que celles pour lesquelles elles ont été créées.Le scandale Cambridge Analytica en est un exemple patent : la société a acheté des données de Facebook pour influer l\u2019élection étasunienne de 2016, le référendum sur le Brexit et d\u2019autres5.Deux constats s\u2019imposent : ces entités connaissent tout de nous, mais opèrent dans le plus grand secret ; alors que nous devenons captifs, cette masse d\u2019information sur nous leur confère un pouvoir considérable et toujours grandissant.2.Ça nous regarde Outre les dangers liés à la démocratie qui viennent d\u2019être évoqués, la surveillance concerne les bibliothécaires.Rappelons d\u2019abord que le respect de la vie privée constitue une obligation professionnelle comme en font foi nos divers codes d\u2019éthique.Cela tombe sous le sens, car le respect de la vie privée constitue une condition essentielle à la liberté intellectuelle, à la libre circulation des idées et à l\u2019ouverture d\u2019esprit qui en découle.Qui trouverait l\u2019aisance d\u2019explorer des sujets controversés ou encore très personnels se sachant épié ?Au Québec, les Règles d\u2019?thique des membres de la Corporation des biblio- th?caires professionnels du Qu?bec (CBPQ) indiquent à l\u2019article 16 qu\u2019il est défendu au bibliothécaire de communiquer des informations sur son client à des tiers sans obtenir son consentement ainsi que de porter « atteinte à la vie privée du client [ou] à sa réputation »6.Dans son code d\u2019éthique, la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) clame explicitement la défense de la vie privée comme un devoir de la profession7.Quant à celui de la Fédération canadienne des associations de bibliothèques (FCAB-CFLA), il reprend mot à mot celui de l\u2019IFLA8.C\u2019est cependant l\u2019IFLA, dans un autre document, qui l\u2019exprime avec le plus de vigueur.Par la voix de son Comité sur la liberté de l\u2019accès à ARGUS 16 l\u2019information et la liberté d\u2019expression, l\u2019organisme signe une nouvelle déclaration puissante et lucide s\u2019accompagnant de solides recommandations.Celle-ci énonce notamment que les bibliothèques « doivent rejeter la surveillance électronique et toute espèce illégitime de supervision ou de collecte des données personnelles des usagers »9.Or, la collecte de données a aussi manifestement lieu en bibliothèque.Quelques exemples : les portails comportent des témoins tiers de Google pistant la navigation et transmettant l\u2019information à la compagnie ; les fournisseurs de ressources électroniques ont été à l\u2019origine de nombreuses fuites de données10 ; le recours aux médias sociaux s\u2019est généralisé pour la communication avec les usagers.À cela, nous pouvons y faire quelque chose.D\u2019ailleurs, des voix s\u2019élèvent dans la profession, surtout chez nos collègues étasuniens, afin que les bibliothèques se portent à la défense des usagers11.3.Pistes d\u2019action 3.1.Faire preuve de transparence Instaurer une politique sur la vie privée, clairement rédigée et facilement accessible, constitue un sérieux pas dans la bonne direction12.Les usagers sont alors en mesure de savoir comment leurs données sont colligées, sur quels services/ appareils, pour quelle durée et à quelles fins.Une telle politique sert aussi de lieu pour expliquer les choix institutionnels et affirmer aux usagers notre engagement à les protéger.De cette façon, la confiance peut s\u2019établir.3.2.S\u2019interposer entre les usagers et les tiers Plateformes, ressources et services\u2026 les partenaires sont désormais omniprésents en bibliothèque.Évaluons les fournisseurs à l\u2019aune des standards de la profession en matière de vie privée13.Questionnons-les, scrutons leurs produits et favorisons ceux qui offrent de meilleures pratiques en regard à la collecte (strictement au nécessaire) et à la gestion des données.Une vigie constante permettra de s\u2019assurer que leurs engagements sont bien respectés.De même, il nous faudra faire preuve de prudence et de vigilance avec les nouvelles technologies intrusives qui pointent leur nez en bibliothèque comme les assistants personnels, les bornes Wi-Fi et Bluetooth ainsi que l\u2019analyse de l\u2019apprentissage.3.3.Sensibiliser et outiller les usagers Vu leur popularité, il devient difficile de ne pas offrir de formations à l\u2019utilisation des services de Google et des médias sociaux commerciaux.Il m\u2019apparaît néanmoins primordial de sensibiliser les usagers aux aspects néfastes qu\u2019ils comportent.Des formations et des ateliers abordant ces sujets permettront aux usagers de comprendre l\u2019environnement technologique dans lequel nous évoluons et d\u2019identifier les menaces auxquelles ils s\u2019exposent.Mieux encore, à nous de les épauler à développer de bonnes pratiques14 et à leur faire connaître les alternatives respectueuses de leur vie privée.On en trouve plusieurs du côté des logiciels libres et gratuits.De nombreux outils permettent d\u2019atténuer les impacts de la collecte de données ou favoriser un plus grand Le respect de la vie privée constitue une condition essentielle à la liberté intellectuelle, à la libre circulation des idées et à l\u2019ouverture d\u2019esprit qui en découle. 17 Mesurer le chemin parcouru anonymat.Je pense à des navigateurs (Tor, Firefox) et des moteurs de recherche (DuckDuckGo, searx) qui ne pistent pas, à des modules complémentaires pour navigateurs qui bloquent les témoins (Privacy Badger, uBlock Origin) ou empêche Facebook de suivre la navigation sur les autres sites (Facebook Container).La liste serait longue\u202615 Évidemment, de tels outils devraient être installés sur les ordinateurs à la disposition des usagers.4.Veiller Des impacts découlent de nos choix, décisions et actions.La surveillance est un enjeu de société complexe, mais cela ne justifie pas de faire fi de nos devoirs.La bibliothèque doit être un sanctuaire ; veillons à la protection de la vie privée.S\u2019y soustraire, ce serait nous aliéner notre clientèle et faire de nous des complices de ceux qui tirent profit des données.Bien sûr, les pistes d\u2019action proposées ne constituent qu\u2019un modeste point de départ.Puissions-nous, bibliothécaires du Québec, discuter de cet enjeu éthique et même concerter nos efforts.Sur celui-ci comme en d\u2019autres, vivement que les bibliothécaires se lèvent.Diplômé de l\u2019EBSI (MSI, 2005), Alexandre Méthé est bibliothécaire à l\u2019Université du Québec à Montréal depuis 2018.Auparavant, il a été à l\u2019emploi de Bibliothèque et Archives nationales du Québec durant 14 ans.Ses intérêts portent sur la démocratie et la justice sociale ; ses préoccupations actuelles concernent les enjeux reliés à la surveillance.NOTES 1 2018, p. 175 2 IFLA, 2012 3 Pour en savoir plus, voir notamment le site même de Snowden : https://edwardsnowden.com/ 4 Zubof, 2019, p. 299 5 Voir à ce sujet le documentaire The Great Hack (2019).6 CBPQ, 2005, p. 2 7 IFLA, 2012, p. 4 8 FCAB-CFLA, 2018, p. 2 9 IFLA, 2015 10 Notamment Adobe, OverDrive et Elsevier (Pedley, 2020, p. 145).11 Particulièrement les organismes Library Freedom Project, Data Privacy Project et Prioritizing Privacy.12 La politique de la Queens Public Library en est un bon exemple : https://www.queenslibrary.org/about-us/ library-policies/privacy.13 L\u2019American Library Association ofre des listes d\u2019aide-mémoire [http://www.ala.org/advocacy/privacy/ checklists].De son côté, la National Information Standards Organization (NISO) propose un livre blanc fort instructif [https://www.niso.org/publications/ privacy-principles].14 Par exemple, le chifrement.Pour de nombreux exemples, je suggère le site suivant : https://datadetoxkit.org/.15 On peut notamment consulter le site https://www.privacytools.io/.RÉFÉRENCES CBPQ.2005.Règles d\u2019éthique des membres de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Montréal : CBPQ [https://cbpq.qc.ca/sites/cbpq.qc.ca/iles/ichiers/corporation/loi_et_regl/Regles_ ethique_2005.pdf] FCAB-CFLA.2018.Code d\u2019éthique de FCAB-CFLA.[s.l.] : FCAB-CFLA [http://cla-fcab.ca/wp-content/ uploads/2019/06/French-code-of-ethics.pdf] Halperin, Jennie Rose.2018.\u201cThe Tradeofs We Make: Ethical Technology in the Open Movement and Beyond\u201d, dans Fernandez, Peter D.et Kelly Tilton.Applying Library Values to Emerging Technologies (p. 169- 178).Chicago : Association of College and Research Libraries.[http://www.ala.org/acrl/sites/ala.org.acrl/ iles/content/publications/booksanddigitalresources/ digital/9780838989401.pdf] IFLA.2012.Code d\u2019éthique de l\u2019IFLA pour les bibliothécaires et les autres professionnel.le.s de l\u2019information.La Haye : IFLA [https://www.ila.org/iles/assets/faife/ codesofethics/frenchcodeofethicsfull.pdf] IFLA.2015.Déclaration de l\u2019IFLA sur la vie privée dans le monde des bibliothèques.La Haye : IFLA [https://www.ila.org/iles/assets/hq/news/documents/ila-statement- on-privacy-in-the-library-environment-fr.pdf] Macrina, Alison et Talya Cooper.2019.Anonymity.Chicago : ALA Neal-Schuman, 70 p.Pedley, Paul.2020.A Practical Guide to Privacy dans Libraries.London : Facet Publishing, 174 p.Wu, Tim.2019.\u201cHow Capitalism Betrayed Privacy\u201d, The New York Times, 10 avril [https://www.nytimes.com/ 2019/04/10/opinion/sunday/privacy-capitalism.html] Zubof, Shoshana.2019.The Age of Surveillance Capitalism.New York : PublicAfairs, 692 p. ARGUS La publication des données culturelles ouvertes au Québec Le cas des bibliothèques Siham Alaoui Exemples des données culturelles ouvertes libérées par BAnQ 19 Mesurer le chemin parcouru québécoises.Nous en présentons les assises théoriques et les applications pratiques.Nous tâcherons aussi d\u2019en souligner les limites et les enjeux.Enfin, le rôle des bibliothécaires sera mis de l\u2019avant, notamment en démontrant comment ces professionnels de l\u2019information doivent se repositionner dans ce contexte d\u2019ouverture dans le monde culturel.Tout au long de notre argumentaire, nous répondrons aux questions suivantes : \u2013 Qu\u2019entend-on par les données culturelles ouvertes ?\u2013 Quelles sont les considérations socio-politico-culturelles entourant le mouvement de la libération des données culturelles au Québec ?\u2013 Dans le contexte des bibliothèques québécoises, quelles sont les données culturelles qu\u2019il paraît pertinent de libérer ?\u2013 Quels sont les usages potentiels de ces données culturelles ?\u2013 Qui utilise ces données culturelles ouvertes ?\u2013 Quels sont les enjeux liés à la libération des données culturelles ?\u2013 Quel est le rôle des bibliothécaires dans la minimisation de l\u2019intensité de ces enjeux ?Les GLAM : vers une meilleure ouverture La prolifération du numérique et le développement du mouvement de libération des données incitent les GLAM à être plus ouverts, collaboratifs et impliqués auprès de leurs publics.Les initiatives culturelles actuelles rendent bien compte de ce désir d\u2019ouverture et de collaboration.Mentionnons le fameux Sommet de l\u2019Open GLAM (2019), qui a réuni plusieurs acteurs du monde culturel (bibliothécaires, archivistes, muséologues) prônant la collaboration, Introduction Les avancées technologiques actuelles ont changé les procédures de la fabrique des activités culturelles.Avec le développement du mouvement de la gouvernance ouverte misant sur la redéfinition de la relation citoyenne à l\u2019État, les institutions publiques québécoises doivent réinventer les mécanismes de communication et de collaboration avec les citoyens et citoyennes.Les institutions culturelles, à savoir les galeries d\u2019art, les bibliothèques, les Archives et les musées (désignés par l\u2019acronyme anglophone GLAM pour Galleries, Libraries, Archives and Museums), n\u2019échappent pas à ces nouvelles mutations.D\u2019ores et déjà engagées dans cette mission de démocratisation d\u2019accès à l\u2019information, elles sont en quête de stratégies novatrices pour nouer des liens plus étroits avec le public, en lui conférant ainsi plus de légitimité dans la participation aux activités culturelles.Mise en ligne des contenus culturels, publication de données culturelles ouvertes, participation des usagers, consultation et collaboration sont autant de dimensions de l\u2019ouverture telle qu\u2019elle se manifeste dans l\u2019univers culturel.Ne prétendant pas à l\u2019exhaustivité, nous nous limiterons dans la présente contribution à la publication de données culturelles ouvertes (open culture data).Notre choix se justifie essentiellement par le caractère relativement peu abondant des écrits sur le sujet (Estermann, 2014).Si la participation citoyenne aux activités culturelles suscite l\u2019intérêt des chercheurs et des praticiens, notamment dans le milieu des sciences de l\u2019information, il importe d\u2019étendre cette participation par le biais de l\u2019adoption de nouvelles stratégies.C\u2019est ainsi que, dans cette contribution, nous portons un regard plus spécifique sur la publication de données culturelles ouvertes dans le contexte des bibliothèques publiques ARGUS 20 le dialogue et la coopération continus entre les bibliothèques, les Archives et les musées québécois et canadiens.Le désir de la collaboration entre ces institutions culturelles résulte d\u2019un ensemble de facteurs que nous jugeons utile de rappeler.De prime abord, on évoque le problème des ressources financières et matérielles des institutions culturelles.Très souvent, ces dernières disposent de budgets très limités qui leur permettent à peine de mener leurs missions traditionnelles (prêts, services de référence, expositions, etc.).La mise en commun des ressources de ces institutions dans des projets colla- boratifs permet d\u2019atteindre des finalités multiples rejoignant les intérêts respectifs des différentes parties prenantes, dont la fidélisation des usagers, l\u2019accès équitable aux contenus culturels, la visibilité du patrimoine documentaire, la valorisation de la dimension esthétique et artistique des collections d\u2019objets muséologiques, etc.Le second facteur est la quête de la visibilité.Dans un contexte marqué par les développements technologiques, l\u2019accès à l\u2019information est de plus en plus aisé.Les usagers n\u2019ont plus besoin de se rendre à une bibliothèque, à un centre d\u2019archives ou à un musée pour accéder aux documents, aux collections patrimoniales et muséologiques.Ces institutions de mémoire ont une présence grandissante sur la scène numérique, grâce à la numérisation de leurs collections, la redéfinition des mécanismes de communication avec le public et la réinvention des stratégies de mise en valeur du patrimoine culturel : expositions virtuelles, visites guidées virtuelles, etc.Un très bon exemple de cette collaboration entre les GLAM est la conduite des projets participatifs sur Wikipédia-GLAM1.Les institutions de mémoire sont amenées à mettre en ligne leurs collections (documents textuels, manuscrits, photographies, images numérisées, etc.) et à inviter le public à les annoter, les décrire, les transcrire pour ensuite les insérer dans des articles pertinents de Wikipédia.Cette initiative s\u2019inscrit dans une perspective de promotion du patrimoine culturel et de ces institutions, notamment dans un contexte numérique où une les inter- nautes ont tendance à oublier l\u2019existence de telles institutions.Cela traduit en effet le désir des GLAM de s\u2019affirmer sur le web et d\u2019explorer de nouvelles avenues dans leur quête de visibilité sur la scène numérique.Le troisième point est celui de l\u2019engagement des GLAM dans la valorisation de l\u2019identité des diverses communautés de la société.En effet, la première mission des GLAM est de faciliter l\u2019accès à la culture pour tous, et dans plusieurs cas, d\u2019informer le public sur l\u2019histoire, son évolution, mais aussi des différents traits culturels qui marquent les communautés.Dans cette mission de valorisation identitaire s\u2019entremêlent des objets archivistiques documents d\u2019archives, manuscrits, témoignages), bibliothéconomiques (livres, manuscrits, etc.) et muséologiques (arté- facts artistiques et esthétiques), ce La prolifération du numérique et le développement du mouvement de libération des données incitent les GLAM à être plus ouverts, collaboratifs et impliqués auprès de leurs publics. 21 Mesurer le chemin parcouru qui commande une convergence des pratiques et un dialogue entre les trois types de professions.Néanmoins, le concept d\u2019ouverture n\u2019est pas uniquement synonyme de la mise en ligne des contenus culturels et de leur annotation et description par les usagers.Il englobe aussi la libération des données culturelles pour refléter non seulement l\u2019objet d\u2019activité des GLAM (les collections, les archives et les artéfacts), mais aussi les activités elles-mêmes.Données culturelles ouvertes (open culture data) : caractéristiques Dans le secteur culturel, les GLAM adhèrent à la tendance d\u2019ouverture, considérant qu\u2019elle rejoint en premier chef leur mission clé de démocratisation de l\u2019accès à l\u2019information.Les données culturelles ouvertes sont ainsi ces données à portée culturelle, libérées sous une forme structurée, gratuites et réutilisables par toute personne en fonction de ses intérêts.Le mouvement de libération des données culturelles a émergé en 2011 afin de promouvoir une meilleure accessibilité des contenus culturels et des données y étant liées dans un objectif d\u2019accroître la visibilité des institutions de mémoire et de leurs collections.Dans le contexte des bibliothèques, les données culturelles ouvertes peuvent prendre plusieurs formes.Puisque leur libération s\u2019inscrit dans une perspective d\u2019offrir un accès équitable à l\u2019information, il est très fort probable que ce terme soit employé d\u2019une façon interchangeable avec celui du libre accès (open access).Cette confusion nous paraît tout à fait légitime, puisque les deux manifestations de démocratisation d\u2019accès favorisent l\u2019accessibilité de l\u2019information et des ressources documentaires des bibliothèques.Nous apportons ici les nuances nécessaires à cet égard.Le libre accès Le libre accès est un mouvement promu par les chercheurs et chercheuses des milieux scientifiques et universitaires militant pour un accès équitable au contenu des revues et des écrits relevant habituellement de la littérature grise.Celle-ci regroupe l\u2019ensemble des travaux scientifiques, des mémoires, des thèses et des rapports de recherches indexés par des moteurs de recherche spécialisés et accessibles grâce à un abonnement institutionnel ou individuel.Le libre accès encourage la mise en ligne gratuite des données de recherche, dans la limite des prescriptions légales entourant le droit d\u2019auteur.Dans cet esprit, plusieurs stratégies favorisent la diffusion des publications scientifiques à une échelle plus grande, à savoir les archives ouvertes (telles que la plateforme HAL) et les dépôts institutionnels, notamment ceux rattachés aux universités, comme c\u2019est le cas de Papyrus à l\u2019Université de Montréal, Corpus UL à l\u2019Université Laval et Archipel à l\u2019Université du Québec à Montréal.Un exemple récent de libre accès est l\u2019initiative d\u2019un ensemble de portails de revues scientifiques et d\u2019éditeurs scientifiques de démocratiser l\u2019accès à leurs articles de recherche dans le contexte actuel de la pandémie de COVID-19.Au Canada et plus particulièrement au Québec, plusieurs bibliothèques ont signé la D?claration de l\u2019Association canadienne des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC) pour un accès ?quitable aux ressources ?duca- tives en milieu postsecondaire pendant la COVID-192 dans le but d\u2019offrir à la communauté universitaire de recherche la possibilité de consulter gratuitement les ressources numériques dont disposent les bibliothèques.C\u2019est une initiative rejoignant les principes de l\u2019accès vert à la littérature grise, où les éditeurs renoncent à la période d\u2019embargo.L\u2019adhésion à cette Déclaration du ARGUS 22 libre accès traduit très bien le désir des bibliothèques de maintenir leur mission de démocratisation du savoir dans un contexte de crise sanitaire comme celui de la pandémie de COVID-19.Les bibliothèques sont ainsi perçues comme des médiateurs entre les ressources documentaires et le public : elles ont, depuis longtemps, fait preuve d\u2019agilité et d\u2019adaptation aux mutations socioculturelles et de leur intérêt pour les usagers.À ce sujet, le 6 avril 2020, l\u2019UNESCO a lancé une initiative interpellant les GLAM en général à diffuser numériquement les ressources documentaires susceptibles d\u2019aider les chercheurs et les personnes intéressées à retracer l\u2019évolution de la pandémie, à en tirer des leçons et à suggérer des solutions en s\u2019appuyant sur les expériences antérieures de l\u2019humanité afin de faire face à ce genre de crises3.Les données culturelles ouvertes Les données culturelles sont libérées dans des formats technologiques ouverts, interopérables, et peuvent être utilisées et réutilisées à diverses fins.Dans l\u2019univers culturel, ces données reflètent les différentes activités des institutions de mémoire dans leur mission de gestion, de diffusion et de préservation du patrimoine culturel.Dans le contexte des bibliothèques, les données culturelles ouvertes peuvent être de différentes catégories.On retient ?les données bibliographiques décrivant les collections documentaires détenues par la bibliothèque et ?les données sur les activités opérationnelles et stratégiques de la bibliothèque, dont le budget, le type de clientèles desservies par profil, les statistiques de fréquentations des lieux et de consultation des documents, les acquisitions, la localisation géographique des lieux, etc.Les données bibliographiques Les données culturelles ouvertes peuvent être issues de la description bibliographique des ressources documentaires de la bibliothèque.On parle ici des données ouvertes et liées (linked open data), puisque les données de toute notice bibliographique sont liées entre elles pour faciliter la distinction entre les ressources documentaires (réduction de l\u2019ambigüité).On pense aux fameux liens entre les modèles conceptuels de l\u2019IFLA pour relier les entités de la description bibliographique des ressources documentaires aux attributs par des relations (d\u2019appartenance, de production, de tout ou de partie, d\u2019autorité, de portée thématique, etc.).Il s\u2019agit plus précisément du modèle FRBR pour les spécifications fonctionnelles de la description bibliographique, du FRAD pour les spécifications fonctionnelles pour la description des notices d\u2019autorités et du FRSAD pour les spécifications fonctionnelles de la description des auteurs et des sujets.Ces modèles proposent la mise en lien entre les données bibliographiques dans le but d\u2019en accroître l\u2019intelligibilité et d\u2019offrir une vue d\u2019ensemble sur les propriétés bibliographiques de toute ressource documentaire.Cela stimule aussi l\u2019échange des données bibliographiques entre les bibliothèques se dotant des mêmes ressources documentaires, ou encore de celles qui présentent des propriétés communes (même auteur, même éditeur, etc.).En effet, les bibliothèques québécoises travaillent actuellement avec la norme RDA pour le catalogage de leurs ressources documentaires (monographies, articles de périodiques, ouvrages de référence, etc.).Cette norme se base sur les fondements des modèles conceptuels de l\u2019IFLA, ce qui rend la tâche plus ou moins aisée.Les données bibliographiques à extraire des catalogues et à publier sous forme de données culturelles ouvertes doivent subir un processus de sélection et de mise en relation à l\u2019aide des identifiants uniques de ces ressources.Ces données 23 Mesurer le chemin parcouru sont ensuite mises en relation les unes avec les autres, conformément aux relations entretenues entre les entités des modèles conceptuels du FRBR, FRAD et FRSAD.À ce sujet, le processus technique détaillé de la libération des données ouvertes et liées a été décrit par Marielle St-Germain dans son article paru dans la revue Documentation et bibliothèques (2017).La libération des données culturelles s\u2019inscrit dans la foulée des préoccupations des institutions de mémoire à valoriser le patrimoine culturel québécois.Avec le lancement du Plan culturel num?rique du Qu?bec (2017), l\u2019un des chantiers en cours d\u2019exécution est celui de la libération des données culturelles dans un objectif d\u2019amélioration de la visibilité et la découvrabilité des contenus culturels.Ainsi, un manuscrit peut être localisé à différents endroits et avoir ainsi de significations multiples : quand il est dans une bibliothèque, il est perçu comme un objet rare et précieux.Quand il est conservé dans un centre d\u2019archives, son appartenance à un fonds d\u2019archives d\u2019un producteur donné le transforme en symbole d\u2019authenticité.Détenu par un musée, il s\u2019apparente à un objet artéfactuel qui revêt une dimension esthétique ou sémantique dans un récit historique particulier.Ce faisant, la libération des données culturelles concernant le manuscrit peut être bénéfique pour les autres institutions de mémoire qui le détiennent, et leur épargner l\u2019effort de description, confirmant ainsi l\u2019apport de la libération des données culturelles dans la stimulation de la collaboration entre les GLAM, comme c\u2019est souligné à plusieurs reprises dans le rapport sur le Sommet des GLAM (2019).Cette collaboration s\u2019inscrit plus spécifiquement dans le contexte du mouvement de l\u2019Open GLAM4, un réseau culturel informel d\u2019organisations et d\u2019acteurs militant pour l\u2019ouverture des contenus conservés ou générés par les GLAM.Grâce à la collaboration entre ces institutions culturelles, la libération de ces données peut aider davantage les chercheurs dans l\u2019identification de ressources documentaires pertinentes (articles, ouvrages et encyclopédies, par exemple) et leur localisation.Si la libération des données bibliographiques fait figure d\u2019un exemple populaire des données culturelles ouvertes, elles ne s\u2019y limitent pas.Les données sur le fonctionnement de la bibliothèque, à savoir les investissements réalisés, les projets réalisés, les partenariats, etc.sont aussi des données culturelles qu\u2019il s\u2019avère intéressant de libérer dans une préoccupation de transparence.Les données sur les activités opérationnelles de la bibliothèque et sur les usagers Une des particularités des institutions culturelles réside dans le fait qu\u2019elles peuvent être tenues, légalement, et en vertu de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (R.L.R.Q., A-2.1) de fournir certaines données aux ayants droit (par exemple les particuliers, les journalistes, les organismes de justice, la police, etc.).De ce fait, ces institutions culturelles Le libre accès est un mouvement promu par les chercheurs et chercheuses des milieux scienti?ques et universitaires militant pour un accès équitable au contenu des revues et des écrits relevant habituellement de la littérature grise. ARGUS 24 sont tout de même conscientes de l\u2019importance de se montrer transparentes dans leurs activités, un principe qui s\u2019ajoute à celui de la démocratisation d\u2019accès à l\u2019information.Ainsi, faire preuve de transparence en libérant des jeux de données sur les activités signifie que les bibliothèques s\u2019engagent à rendre publiques les données sur leurs budgets de fonctionnement, leurs nouvelles acquisitions, les revenus des projets réalisés en lien avec leurs missions, etc.À ce sujet, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), une société d\u2019État qui, bien qu\u2019elle possède à la fois une mission administrative et culturelle (en relevant du ministère de la Culture et des Communications du Québec), adhère, depuis 2013, à l\u2019initiative du gouvernement ouvert en veillant à libération des données sur ses activités opérationnelles.Comme on peut bien le voir sur le portail des données ouvertes du Québec5, BAnQ libère des jeux de données sur les nouvelles acquisitions, les publications reçues en dépôt légal, la localisation des édifices et centres de services de BAnQ, le bottin des bibliothèques publiques québécoises, etc.Le projet de libération des données de BAnQ en est toutefois encore à sa première phase, et nécessite des ressources et des stratégies de prio- risation des données et leur libération en fonction des attentes citoyennes6.Un point très important à constater dans la publication de données ouvertes de type opérationnel est la grande importance accordée aux usagers et usagères dans ce contexte.En effet, les bibliothèques ont été les pionnières, depuis la fin des années 1970, dans l\u2019étude de leurs publics et de leurs besoins informationnels7.On note sur le portail des données ouvertes de BAnQ l\u2019existence de plusieurs données liées aux usagers et à leurs comportements informationnels.Par exemple, la liste des termes les plus recherchés dans Pistard et BAnQ num?rique, ce qui reflète le désir de mesurer l\u2019impact des comportements informationnels des usagers sur la visibilité des ressources documentaires détenues par la bibliothèque.Toutefois, nous estimons que cette liste des types de données culturelles à libérer sous forme ouverte gagnerait à être davantage développée pour offrir une meilleure vue d\u2019ensemble des relations qu\u2019entretiennent les usagers avec leur bibliothèque.Une avenue très intéressante à explorer dans cette optique est la mobilisation des données collectées grâce aux indicateurs de performance du tableau de bord8 des bibliothèques, connues dans l\u2019univers culturel pour avoir, depuis longtemps, développé un large éventail d\u2019indicateurs de performance pour évaluer la qualité des activités de la bibliothèque, pour mesurer la corrélation entre l\u2019impact des collections documentaires et les profils sociodémographiques des usagers.Parmi les indicateurs les plus populaires et pertinents dans ce sens, on retient9 : \u2013 Les indicateurs sur l\u2019inscription : nombre d\u2019usagers inscrits, nombre d\u2019usagers actifs ; \u2013 Les indicateurs sur l\u2019abonnement : nombre de nouveaux abonnements ; Les bibliothèques sont ainsi perçues comme des médiateurs entre les ressources documentaires et le public : elles ont, depuis longtemps, fait preuve d\u2019agilité et d\u2019adaptation aux mutations socioculturelles et de leur intérêt pour les usagers. 25 Mesurer le chemin parcouru \u2013 Les indicateurs sur les prêts, les consultations (quotidiens, hebdomadaires ou mensuels, selon le cas et la taille de la bibliothèque) : nombre d\u2019emprunts actifs, le nombre des prêts par usager, nombre de renouvellement de prêts par usager et par ressource documentaire ; le nombre des réservations ; \u2013 Les indicateurs sur les demandes d\u2019information : nombre de demandes d\u2019information, délai moyen pour répondre à ces demandes, rétroaction de l\u2019usager à l\u2019égard de la réponse fournie ; \u2013 Les indicateurs sur la formation des usagers aux comp?tences informationnelles : nombre de formations offertes par catégorie d\u2019usagers (étudiants au 1er cycle, étudiants aux cycles supérieurs, personnel enseignant et administratif, chercheurs, historiens, grand public) ; \u2013 Les indicateurs sur les visites et les fr?quentations de la bibliothèque (physique ou virtuelle) : nombre de visites, temps moyen d\u2019une visite, nombre moyen de pages web vues, nombres de ressources documentaires téléchargées à partir du site de la bibliothèque, etc.La libération des données colligées à l\u2019aide de ces indicateurs dresse un portrait des activités de la bibliothèque et des relations qu\u2019elle entretient avec ses usagers, tous profils confondus.De telles données visent non seulement à accroître la visibilité de la bibliothèque en termes de performance, mais aussi à faire ressortir les ressources documentaires qui semblent intéresser les usagers.Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les données issues de ces indicateurs \u2013 surtout le nombre des visites virtuelles, la durée de la visite et le nombre de ressources documentaires téléchargées \u2013 et libérées sous une forme ouverte aideront les acteurs œuvrant dans différents milieux culturels à cerner les besoins informationnels des usagers et à comprendre l\u2019impact de cette crise sanitaire sur leurs comportements informationnels (thématiques des ressources documentaires les plus sollicitées).Par conséquent, cela leur permettra de bonifier l\u2019expérience utilisateur en optimisant l\u2019accès aux ressources documentaires les plus sollicitées (réduction des bogues, mesures d\u2019accommodement, etc.), notamment par la communauté de recherche qui déploie des efforts considérables dans la lutte contre la crise sanitaire mondiale.Cela ne fera que confirmer, encore une fois, l\u2019importance des GLAM dans la promotion de l\u2019accès équitable à l\u2019information par les citoyens.Il en ressort que les données culturelles ouvertes sont libérées dans un objectif d\u2019accroître la visibilité des bibliothèques en faisant connaître leurs activités, la qualité des relations entretenues avec les usagers, ainsi que dans l\u2019objectif de valoriser le patrimoine documentaire qu\u2019elles détiennent.Ces données peuvent être réutilisables par les citoyens à plusieurs fins.Les données culturelles ouvertes : usages et usagers Qu\u2019elles soient en lien avec les contenus culturels, les activités des bibliothèques ou encore avec leurs usagers, les données culturelles ouvertes peuvent être réutilisables à plusieurs fins.Cette réutilisation confère à la bibliothèque qui les libère un potentiel de visibilité considérable, puisque le patrimoine documentaire qu\u2019elle gère et préserve est exploité par plusieurs clientèles à des fins diverses.Celles-ci peuvent être soit à des fins de collaboration entre les institutions culturelles, soit à des fins éducatives, soit à des fins de participation citoyenne sur la scène publique. ARGUS 26 Usage des données culturelles ouvertes à des ?ns de collaboration entre les GLAM Comme précédemment mentionné, la libération des données bibliographiques sur les ressources documentaires détenues par la bibliothèque favorise la collaboration entre les institutions de mémoire.Plus précisément, il est question de la minimisation de la duplication du travail du traitement bibliographique10 des ressources documentaires détenues par plusieurs institutions de mémoire à la fois.Le catalogage en format MARC facilite déjà les opérations d\u2019exportation des notices bibliographiques entre les bibliothèques qui optent pour les mêmes normes de description bibliographique.Cependant, cela ne semble pas aller de soi lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019échange des données entre les bibliothèques et les Archives.Certes, les pratiques de description des deux institutions ne sont pas les mêmes, puisque les bibliothécaires décrivent la ressource documentaire en tant qu\u2019entité individuelle, tandis que les archivistes la décrivent en tant qu\u2019objet faisant partie d\u2019un fonds d\u2019archives, d\u2019une série, d\u2019une sous-série, d\u2019un dossier, etc.La libération des données bibliographiques sous forme de données ouvertes et liées permet à chaque institution de sélectionner le niveau de description désiré et de tirer parti des données qui l\u2019intéressent pour la description des contenus culturels qu\u2019elle détient.Cette collaboration traduit la concertation des efforts des institutions culturelles dans leur mission d\u2019offrir un accès démocratique au patrimoine documentaire, rendant celles-ci les premières usagères de ces données libérées.Ces données peuvent être libérées sur les plateformes gouvernementales telles que Donn?es Qu?bec11, ou encore sur les plateformes collabo- ratives à vocation culturelle, comme c\u2019est le cas pour Wikidata de Wikimédia Foundation12, une base de données basée sur le web sémantique et décrivant les relations entre les contenus culturels textuels, numériques, visuels et graphiques.Usage des données culturelles ouvertes à des ?ns éducatives et scienti?ques Les données culturelles ouvertes \u2013 dont les contenus culturels et les données de leur description bibliographique \u2013 peuvent être mises à profit à des fins d\u2019enseignement et de recherche.Les chercheurs sont les plus susceptibles de s\u2019intéresser à ces données afin de repérer rapidement les ressources documentaires pertinentes Il en ressort que les données culturelles ouvertes sont libérées dans un objectif d\u2019accroître la visibilité des bibliothèques en faisant connaître leurs activités, la qualité des relations entretenues avec les usagers, ainsi que dans l\u2019objectif de valoriser le patrimoine documentaire qu\u2019elles détiennent. 27 Mesurer le chemin parcouru pour leurs.Les résultats scientifiques de ces chercheurs peuvent, à leur tour, être remobilisés par les étudiants dans le cadre de leurs travaux universitaires.La pandémie de COVID-19 et l\u2019engouement pour les fausses nouvelles (fake news) posent de nouveaux défis à la communauté de recherche dans l\u2019accès aux ressources documentaires fiables.À ce sujet, le scientifique en chef du Fonds de recherche du Québec (FRQ) souligne qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de distinguer la bonne information ou source d\u2019information parmi celles qui circulent quotidiennement sur les médias sociaux ou sur le Web13.La disponibilité des sources d\u2019information scientifiques fiables pour distinguer la bonne information de la fausse s\u2019avère ainsi une nécessité, à laquelle peuvent répondre les institutions culturelles par la publication de données culturelles pertinentes.Usage des données culturelles ouvertes à des ?ns de participation citoyenne Les données culturelles ouvertes peuvent aussi être exploitées par les citoyens, dont les journalistes qui se chargent d\u2019informer le grand public sur les tendances sociales marquant l\u2019actualité.S\u2019ils rejoignent les chercheurs universitaires dans leur quête contre les rumeurs et la désinformation, ils peuvent tirer profit des données culturelles ouvertes à d\u2019autres fins.Par exemple, les données sur le nombre de téléchargements des ressources numériques, ou encore du nombre de visites des sites institutionnels des bibliothèques, le nombre des prêts des ouvrages numériques offerts par la bibliothèque, le nombre nouveaux abonnements peuvent s\u2019avérer des indices pertinents (l\u2019accès aux ouvrages numériques requiert une inscription, ce qui peut inciter un usager à inscrire les membres de sa famille, ses proches ou ses amis afin de bénéficier des activités offertes à distance par la bibliothèque).Les données extraites à partir de ces indicateurs offrent une vue d\u2019ensemble des activités pour les citoyens en période de confinement, pour mesurer l\u2019impact de la pandémie sur leur vie quotidienne et surtout sur leur santé mentale.Cela illustre à quel point le rapport qu\u2019entretiennent les usagers avec leurs institutions culturelles est encore important et étroit.Si les données culturelles ouvertes revêtent une importance indéniable pour les citoyens, qu\u2019en est-il des enjeux les entourant ?Certes, la qualité des données à libérer, leur interopérabilité ainsi que les dimensions éthiques qui s\u2019y rapportent semblent des questions critiques sur lesquelles il importe de se pencher.La véritable question qui s\u2019impose ici est : comment les bibliothécaires vont-ils faire face à ces défis dans le contexte actuel d\u2019ouverture ?Le rôle des bibliothécaires dans le contexte de libération des données culturelles ouvertes Si la libération des données culturelles soutient la transparence de la gestion des institutions, la démocratisation de l\u2019accès à la culture et la participation citoyenne à la vie publique, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019un tel mouvement fait surgir plusieurs préoccupations pour les bibliothécaires, tant sur la qualité de ces données que de leur usage.Dans ce contexte d\u2019ouverture, les bibliothécaires ont désormais la lourde tâche de procéder à une sélection des données à libérer pour réutilisation par les citoyens.Un tel processus doit être basé sur des critères fondés notamment sur la base de ?la qualité technique et documentaire des données, ainsi que ?leur pertinence du point de vue de l\u2019usager.En termes techniques, puisque les données ouvertes publiées, surtout celles décrivant les données culturelles, ARGUS 28 sont fondées sur la logique du web sémantique (données ouvertes et liées), elles doivent dès lors répondre à un minimum de conditions, dont l\u2019identification unique à l\u2019aide des URI, lesquelles sont des identifiants uniques et stables des ressources numériques et qui comprennent l\u2019URL qui permet de localiser la ressource, et l\u2019URN, qui décrit la ressource, mais n\u2019en permet pas la localisation et être intelligibles (accompagnées, le cas échéant, de métadonnées appropriées).Il est en outre question de se soucier de la qualité de la recherche des données, et ce, en évaluant le langage de requêtes SPARQL qui permet d\u2019obtenir des informations à partir des graphes des données.Aussi, il faut s\u2019assurer que les normes de description bibliographiques sont harmonisées pour faciliter les opérations de libération, d\u2019échange et de réutilisation de ces données.Enfin, la convivialité des interfaces sur lesquelles ces données sont libérées est un aspect très important à considérer, puisque l\u2019usager doit pouvoir retrouver les données sollicitées aisément, et ce, dans des délais raisonnables.S\u2019agissant de la pertinence des données du point de vue de l\u2019usager, le recours aux données colligées à l\u2019aide du tableau de bord s\u2019avère une piste prometteuse afin de cerner les besoins des usagers en matière de libération des données culturelles.La liste des mots les plus recherchés dans le catalogue, les titres des articles et des ouvrages les plus téléchargés (ou empruntés), les thèmes des demandes d\u2019information, etc.sont tous des indicateurs qui reflètent les attentes et les préférences des usagers.Toutes ces considérations doivent être prises en compte par le bibliothécaire afin d\u2019assurer la qualité des données culturelles ouvertes et d\u2019en favoriser la réutilisation après leur libération.Un des enjeux les plus importants en lien avec l\u2019usage des données culturelles ouvertes se rapporte à la dimension éthique14.Certains contenus culturels sont soumis à des droits d\u2019auteur qui limitent leur réutilisation par un tiers.La réutilisation des données culturelles ouvertes à des fins commerciales peut aussi être un enjeu de taille.Cela se justifie par le fait que la mission clé des bibliothèques, et des institutions de mémoire en général, est l\u2019accès gratuit au patrimoine culturel.La réutilisation des données par un tiers en bénéficiant d\u2019une contrepartie monétaire semble aller à l\u2019encontre des finalités de la libération des données culturelles.Le bibliothécaire doit ainsi concevoir ou opter pour les licences d\u2019utilisation appropriées dans la limite des prescriptions légales et éthiques, notamment celles en lien avec la propriété intellectuelle et ainsi faire preuve d\u2019agilité, d\u2019adaptation et de vigilance dans ce contexte d\u2019ouverture.Conclusion Dans le contexte actuel de transformation numérique, les GLAM doivent faire preuve de plus d\u2019ouverture envers leurs publics.Conformément aux mesures entreprises en vertu du Plan culturel num?rique du Qu?bec (2017), plusieurs bibliothèques québécoises sont en conséquence de plus en plus engagées dans la publication de leurs données culturelles ouvertes.Si ces données offrent une multitude d\u2019opportunités d\u2019usage pour les institutions culturelles elles-mêmes ainsi que pour les citoyens, que ce soit à des fins scientifiques ou de participation à la vie publique, plusieurs enjeux doivent être considérés par le bibliothécaire.Il doit se pencher davantage sur les attentes des usagers, leurs besoins en matière de pertinence des données ouvertes et de leur réutilisation, pour contribuer ainsi au rayonnement des contenus culturels et à encourager la collaboration entre les GLAM. 29 Mesurer le chemin parcouru Siham Alaoui est candidate au doctorat, assistante de recherche et auxiliaire d\u2019enseignement en archivistique à l\u2019Université Laval.Détentrice d\u2019un baccalauréat en sciences de l\u2019information (obtenu au Maroc en 2013 à l\u2019École des sciences de l\u2019information, à Rabat) et d\u2019une maîtrise en sciences de l\u2019information (obtenue en 2015 à l\u2019Université de Montréal), elle a occupé plusieurs postes dans des bibliothèques et des milieux archivistiques.Elle s\u2019intéresse à la médiation documentaire numérique, notamment dans le contexte actuel d\u2019ouverture et de participation citoyenne et a écrit plusieurs articles scientiiques et professionnels publiés dans des revues spécialisées en sciences de l\u2019information (Archives, Revue canadienne des sciences de l\u2019information et de bibliothéconomie, Argus, Comma, Les Cahiers de la Documentation, Documentation et Bibliothèques, etc.).BIBLIOGRAPHIE Bibliothèque et Archives Canada.2019.Rapport inal : plus près des gens \u2013 Sommet 2019 sur la valeur des bibliothèques, des Archives et des musées.https://www.bac-lac.gc.ca/fra/a-notre-sujet/biblio-archives-musees/ Pages/rapport-inal-sommet-valeur-bibliotheques.aspx Calenge, Bertrand.2008.« Quels tableaux de bord ?», Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 2008, no 3, p. 35-38.http://bbf.enssib.fr/consulter/ bbf-2008-03-0035-004.Chagnon, D.s.d.L\u2019analyse des besoins des usagers : les indicateurs de performance.https://www.banq.qc.ca/ documents/services/espace_professionnel/milieux_doc/ ressources/services_usagers/Asted_mars2013_ indicateurs.pdf Estermann, B.2014.« Difusion of open data and crowdsourcing among heritage institutions: results of a pilot survey in Switzerland », Journal of theoretical and applied electronic commerce research, vol. 9, no 3, p. 15-31.https://scielo.conicyt.cl/pdf/jtaer/v9n3/ art03.pdf Fonds de recherche du Québec.Avril 2020.La communauté scientiique dans la lutte contre la COVID- 19.http://www.scientiique-en-chef.gouv.qc.ca/impacts/ covid-19/ Kuhlthau, C.C.1988.« Longitudinal case studies of the information search process of users in libraries », Library and information science research, vol.10, no 3, p. 257-304.https://www.semanticscholar.org/paper/ Longitudinal-case-studies-of-the-information-search- Kuhlthau/57f2139504a0b1cf9564ed9a614b8942a56 fe49e Marsterson, W.A.J.1974.« Users of libraries: a comparative study », Journal of librarianship, vol.6, no 2, p. 63-79.https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177 /096100067400600201?journalCode=lisa Martin, L.A.1976.« User studies and library planning », Library trends, p. 483-496.https://core.ac.uk/ download/pdf/4816199.pdf Ministère de la Culture et des Communications du Québec.S.d.Plan culturel numérique du Québec.http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca/ Skelton, B.1973.« Scientists and social scientists as information users: a comparison of results of science user studies with the investigation into information requirements of the social sciences », Journal of librarianship, vol. 5, no 2, p. 138-156.https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/096100067300500205 St-Germain, M.2017.Étapes pour le développement d\u2019un projet de données ouvertes et liées en bibliothèque, Documentation et bibliothèques, vol. 63, no 4, p. 35-45.https://doi.org/10.7202/1042309ar Tobin, J.C.1974.« A study of library \u201cuse studies\u201d », Information Storage and Retrieval, vol.10, no 3-4, p. 101- 113.https://www.sciencedirect.com/science/article/ pii/0020027174900138 UNESCO.2020.Transformer la menace du COVID- 19 en une occasion de soutenir davantage le patrimoine documentaire.https://en.unesco.org/sites/ default/iles/dhe-covid-19-unesco_statement_fr.pdf NOTES 1 https://fr.wikipedia.org/wiki/ Wikip%C3%A9dia:GLAM 2 http://www.carl-abrc.ca/fr/nouvelles/declaration- acces-equitable-optimal-aux-ressources-educatives/ 3 UNESCO, 2020 4 https://openglam.org/ 5 https://www.donneesquebec.ca/recherche/fr/ organization/banq 6 BAnQ, s.d.7 Kuhlthau 1988 ; Martin 1976 ; Masterson 1974 ; Skelton 1973 ; Tobin 1974 8 Voici un exemple du tableau de bord de la bibliothèque de l\u2019Université Dalhousie : https://libraries.dal.ca/about/library-assessment/library-data.html 9 Calenge, 2008 ; Chagnon, s.d.10 St-Germain, 2017 11 https://www.donneesquebec.ca/fr/ 12 https://wikimediafoundation.org/our-work/wikidata/ 13 FRQ, avril 2020 14 Estermann, 2014 ARGUS 30 troubles identifiés lors de ces diagnostics sont diversifiés.Cela dit, au Québec en 2015, l\u2019information disponible était la suivante : les troubles du langage ou de la parole représentaient 14 % des diagnostics de la population, l\u2019hype- ractivité, le trouble de déficit de l\u2019attention, l\u2019autisme et le trouble envahissant du développement, 12,2 %, le trouble anxieux, 6,9 %, l\u2019incapacité physique ou un problème de santé chronique, 5,3 % et le retard de développement global, 3,8 %.Cela représente un parent sur quatre élevant un enfant avec les difficultés mentionnées plus haut (Bulletin de la statistique de juin 2017 et rapport Mieux connaître la parentalit?au Qu?bec)4.Au Bulletin statistique r?gional des Laurentides de l\u2019Institut de la statistique du Québec en 20165, la MRC de Mirabel présentait un taux d\u2019accroissement moyen de sa population de 34,7 %, soit le plus rapide et le plus élevé dans les Laurentides.Fait à souligner, 26,6 % de sa population était âgée entre 0 et 9 ans.Mirabel avait ainsi l\u2019âge médian le plus Mise en contexte Selon l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec1, les bibliothèques publiques sont les institutions culturelles les plus fréquentées au Québec.Aussi, tel que stipulé dans la D?claration des bibliothèques qu?b?- coises2 « La bibliothèque est un espace de vie ouvert, ludique et inclusif, un espace de socialisation, un lieu de travail collaboratif offrant des espaces pour échanger, enseigner, animer, former et favoriser la transmission et le partage d\u2019information, de connaissances et d\u2019apprentissages.Elle est un lieu propice à l\u2019enrichissement, à la découverte et à la créativité.» Dresser un portrait global des enfants aux besoins particuliers est une tâche difficile.L\u2019Enquête québécoise sur l\u2019expérience des parents d\u2019enfants de 0 à 5 ans (EQEPE) 2015 de l\u2019Institut de la statistique du Québec3 signale que les diagnostics sont souvent posés tardivement dans la vie des enfants et que les Enfants à besoins particuliers, de l\u2019intégration à l\u2019inclusion Bibliothèque publique de la ville de Mirabel Sarah Germain 31 Mesurer le chemin parcouru jeune de la région.Cette population jeune se reflète dans la collection de sa bibliothèque publique, constituée de 48 % de documents destinés aux jeunes de 0 à 12 ans qui représentent 57 % du total des prêts.Une vaste étude menée par Avenir d\u2019enfants une organisation à but non lucratif issue d\u2019un partenariat entre le gouvernement du Québec et la Fondation Lucie et André Chagnon en collaboration avec l\u2019Institut de la statistique du Québec et l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières en 2016 indique que 25 % des parents d\u2019enfants entre 0 à 5 ans souhaitent une meilleure adéquation entre les services qui sont offerts à la population en général et les besoins particuliers de leurs enfants.Dans la région des Laurentides, qui nous concerne, sept obstacles soulevés empêchent l\u2019usage des services : les coûts, les horaires et le manque de places adaptées aux besoins spéciaux sont les plus mentionnés.Seulement 19,8 % des parents de la région fréquentent, un peu, les lieux publics tels que les bibliothèques, les arénas, les piscines et les terrains de sport.Intégration et inclusion Nous sommes heureux de constater que la Loi canadienne sur l\u2019accessibilité adoptée le 21 juin 2019 présente une définition plus englobante de ce qu\u2019est un handicap.Les plans d\u2019action municipaux sont appliqués principalement en vue de faciliter l\u2019accessibilité des bâtiments aux handicapés physiques.On ne mentionne guère comment rendre plus accessibles nos lieux publics aux personnes présentant des handicaps dits « invisibles ».La Loi mentionne pourtant : « (\u2026) tout élément \u2014 notamment celui qui est de nature physique ou architecturale, qui est relatif à l\u2019information, aux communications, aux comportements ou à la technologie ou qui est le résultat d\u2019une politique ou d\u2019une pratique \u2014 qui nuit à la participation pleine et égale dans la société des personnes ayant des déiciences notamment physiques, intellectuelles, cognitives, mentales ou sensorielles, des troubles d\u2019apprentissage ou de la communication ou des limitations fonctionnelles »6.Les handicaps invisibles sont ainsi à prendre pleinement en considération dans notre approche d\u2019inclusion des personnes handicapées.Pour le moment, la bibliothèque de Mirabel s\u2019efforce d\u2019offrir des services d\u2019intégration.L\u2019heure d\u2019ouverture spéciale dont il sera question ici constitue en effet une intégration d\u2019une certaine clientèle, et non pas son inclusion complète.L\u2019intégration, qui fait une place à un groupe de personnes isolées au sein d\u2019un groupe plus large est déjà un premier pas vers l\u2019inclusion où tous les individus trouvent leur place au sein du même groupe.L\u2019inclusion s\u2019applique à notre nouvelle formule d\u2019heure du conte depuis septembre 2019.Nouveau service Depuis mars 2018, le Service de la bibliothèque de la ville de Mirabel offre à ses citoyens un nouveau service destiné aux enfants à besoins particuliers.Une heure d\u2019ouverture par semaine leur est consacrée.Ce service vise les jeunes de moins de 16 ans ayant des besoins particuliers (trouble de déficit de l\u2019attention avec ou sans hyperacti- vité, ou TDA/H ; trouble du spectre de l\u2019autisme, ou TSA ; trouble d\u2019opposition, ou TOP ; trouble obsessionnel compulsif, ou TOC ; dysphasie, dyspraxie, dyslexie, dysorthographie et dyscalculie, ou DYS ; syndrome de Gilles de la Tourette, ou SGT ; trisomie ; trouble envahissant du développement, ou TED ; retard de développement moteur global ; troubles ARGUS 32 langagiers ; etc.) ainsi que leurs familles accompagnatrices.L\u2019objectif principal de cette heure dédiée aux enfants à besoins particuliers est de pouvoir offrir à tous ces jeunes, qui en ont particulièrement besoin, la possibilité de fréquenter une bibliothèque publique et de bénéficier de ses avantages.L\u2019utilisation des services aux publics implique de respecter certaines règles de société qui s\u2019adaptent mal aux réalités d\u2019enfants dits « atypiques ».Ceux-ci ont besoin d\u2019un environnement sécuritaire et adapté à leurs différences et à leurs limitations et qui accueille les comportements dits hors normes.Ces enfants ont de grands défis moteurs et intellectuels à relever au quotidien et ils ont aussi besoin d\u2019accéder aux ressources qu\u2019offrent les bibliothèques publiques.Les difficultés de fréquenter des endroits publics sont majeures pour les parents d\u2019enfants à besoins particuliers.Malheureusement, en plus des problèmes d\u2019accessibilité s\u2019ajoutent aussi, bien souvent, des difficultés liées au jugement des autres et à l\u2019anxiété du parent dans ce contexte.Dans un endroit public, un enfant différent est en effet souvent perçu comme un enfant dérangeant et, à tort, comme un enfant mal éduqué qu\u2019il faudrait réprimander.Pourtant, c\u2019est davantage d\u2019acceptation, d\u2019inclusion et de bienveillance dont ces enfants ont besoin, et que l\u2019on souhaiterait leur offrir dans leur bibliothèque publique.Concrètement, cette offre prend la forme d\u2019une heure d\u2019ouverture hebdomadaire d\u2019accès à toute la bibliothèque réservée à cette clientèle.Aucune délimitation n\u2019est faite entre l\u2019utilisation des zones jeunesse ou adulte.Un employé de la bibliothèque est présent au comptoir du prêt et un autre est dédié à répondre aux questions.Les employés n\u2019ont pas la responsabilité de la surveillance des enfants, qui doivent donc impérativement être accompagnés par une personne familière avec leurs besoins.Le service d\u2019accès dédié est aussi disponible en semaine, sur réservation, pour les classes spéciales des écoles primaires de la MRC de Mirabel.On parle généralement de classes d\u2019adaptation scolaire, de langage, de comportement, TSA, de ressources et de communication.Ces classes accueillent des enfants présentant des troubles de comportement, des troubles d\u2019apprentissage graves, des déficiences intellectuelles, des troubles de langage, de l\u2019autisme ou des besoins accrus en soutien émotif.Ce nouveau service implique des modifications à l\u2019environnement, au matériel offert et à l\u2019approche du personnel.Environnement : \u2013 La salle d\u2019animation est aménagée en salle sensorielle/calmante.Les lumières sont tamisées et de l\u2019ameublement spécifique sont ajoutées ainsi que des objets calmants, des lumières de couleur, un casque pour éviter le bruit, etc.\u2013 Les sons et les lumières sont diminués dans toute la bibliothèque : le détecteur ne sonne pas, les lampes à code à barres et le téléphone sont réglés pour faire un minimum de bruit, les photocopieurs En plus de l\u2019heure d\u2019ouverture dédiée, un travail a été réalisé sur le développement de deux collections : l\u2019une concernant les besoins particuliers en général et l\u2019autre à destination des DYS. 33 Mesurer le chemin parcouru et imprimantes sont éteints, les lumières sont réduites, etc.À ce propos, il serait souhaitable à l\u2019avenir d\u2019anticiper ces besoins et de prévoir les détails de construction en fonction des handicaps invisibles.Pour un enfant TSA par exemple, il peut être beaucoup plus inclusif de choisir un éclairage modulable, des séchoirs à mains silencieux, bannir les chasses d\u2019eau automatiques, etc.Tous ces détails font une énorme différence au niveau de l\u2019accessibilité.Matériel spécialisé : \u2013 En plus de l\u2019accès à tout le matériel régulier de la bibliothèque, une grande variété de jeux ludiques et éducatifs adaptés au développement du langage, de la motricité, de la concentration, etc.est proposée.Ce matériel est disponible uniquement durant cette heure dédiée.\u2013 Claviers et souris d\u2019ordinateurs adaptés sont proposés, ainsi que l\u2019accès à un poste Internet muni d\u2019une suite Office équipée du logiciel LEXIBAR pour les troubles d\u2019apprentissages (prédicteurs de mots, synthèse vocale, suivi dynamique et correcteur intelligent).Approche du personnel : \u2013 Le personnel de la bibliothèque a été sensibilisé et travaille avec ouverture d\u2019esprit avec une clientèle différente pouvant présenter des comportements dits « atypiques ».Durant cette période, les comportements des enfants (crises, cris, courses, mouvements, etc.) sont acceptés même s\u2019ils ne respectent pas nécessairement les règles habituelles d\u2019utilisation d\u2019une bibliothèque.\u2013 Des informations ont été fournies au personnel pour comprendre les troubles attendus avec des exemples de comportements les plus courants, dont quelques astuces pour permettre une meilleure communication.L\u2019implantation de ce service a été possible grâce aux commanditaires, aux organismes communautaires et aux divers collaborateurs d\u2019associations avoisinantes, mais aussi parce que le conseil municipal et la direction municipale ont cru à l\u2019importance d\u2019offrir ce profil de service à leurs citoyens.Lorsqu\u2019on conçoit ce genre de service, il ne faut pas travailler dans une optique de retour sur investissement et de statistiques d\u2019utilisation.En effet, le service est, depuis son implantation en 2018, utilisé de manière inégale au même titre que les plages horaires régulières ; la fréquentation a ainsi pu varier de 0 à 12 personnes par séance.L\u2019important est que le service reste en place et accessible de manière régulière.Les extras Les collections En plus de l\u2019heure d\u2019ouverture dédiée, un travail a été réalisé sur le développement de deux collections : l\u2019une concernant les besoins particuliers en général et l\u2019autre à destination des DYS.Les deux collections sont repérables dans le catalogue grâce à une facette de recherche et sont identifiées visuellement.La première collection inclut des documents sur les sujets adultes et jeunes (documentaires) ainsi que des albums ou romans traitant de ces sujets.La deuxième collection est constituée uniquement de livres jeunesse : documentaires, BD et romans conçus spécifiquement pour les lecteurs DYS.Une section Nouveautés est également consultable.Y est également présentée la collection de jeux disponible en ligne.La documentation De la documentation en format papier (souvent plastifié) est également offerte ARGUS 34 gratuitement en libre-service aux parents et aux enfants et propose la présentation globale de certains troubles, des routines, des astuces et des outils de gestion du quotidien.Ce service va être lancé éventuellement en ligne.La signalisation La communication visuelle est très importante, que ce soit pour les clientèles DYS ou pour les clientèles autistes.L\u2019équipe de la bibliothèque développe donc actuellement une signalisation adaptée basée sur les conclusions des Directives pour les Services en bibliothèques pour les personnes dyslexiques7 et Dyslexie ?Bienvenue à la bibliothèque8 tous deux par L\u2019IFLA.Des pictogrammes libres de droits sont utilisés afin de ne pas limiter la signalisation à l\u2019écrit : par exemple, le « F » des toilettes des femmes est accompagné par un pictogramme.La communication Les documents qui s\u2019adressent spécifiquement à la clientèle des DYS sont rédigés avec la police de caractère Opendyslexic qui s\u2019apparente : à cet extrait de texte.Un parcours en continu vers l\u2019inclusion Heures du conte Depuis septembre 2019, à la Bibliothèque publique de Mirabel, nous avons procédé à une refonte complète de nos heures du conte dans le but de favoriser l\u2019inclusion de nos clientèles à besoins particuliers.Dans un premier temps, nous avons renommé l\u2019activité (autrefois « Il était une fois\u2026 » et « Les p\u2019tites histoires ») afin de faire une coupure psychologique avec l\u2019ancien modèle où les enfants étaient assis en avant pour écouter tandis que les parents restaient passifs à l\u2019arrière ou allaient lire dans la bibliothèque.Selon nous, l\u2019inclusion passe d\u2019abord par la participation active du parent.Notre objectif est de permettre aux jeunes qui fréquentent l\u2019heure d\u2019ouverture spéciale de participer également aux séances de « Il était une fois\u2026 » et « Les p\u2019tites histoires ».Après avoir étudié plusieurs modèles de fonctionnement (principalement un modèle développé en Australie), nous avons créé une structure unique d\u2019activité appliquée systématiquement à chaque séance.Cette structure inclut notamment une ou deux histoires soutenues par du visuel associé présenté sur écran.Des pictogrammes sont ajoutés pour permettre aux jeunes de se repérer dans le déroulement de la séance (ex.: temps restant, prochaine action).Nous avons également réduit le temps de la séance à 30 minutes et redéfini la tranche d\u2019âge concernée : 3 à 5 ans en journée et 4 à 7 ans en soirée.Un enfant plus âgé sera accueilli dans le groupe d\u2019âge qui correspond à son développement.Nous avons également Depuis septembre 2019, à la Bibliothèque publique de Mirabel, nous avons procédé à une refonte complète de nos heures du conte dans le but de favoriser l\u2019inclusion de nos clientèles à besoins particuliers. 35 Mesurer le chemin parcouru renoncé au traditionnel bricolage qui convenait mal aux enfants présentant des problèmes de motricité.En ajoutant ainsi davantage de visuels, une structure plus prévisible comportant davantage de répétitions, nous facilitons la participation de tous les jeunes à besoins particuliers et neu- rotypiques (réguliers).Tout le déroulement de l\u2019activité est présenté en ligne sous forme visuelle et peut être consulté avant l\u2019activité pour préparer l\u2019enfant.Club de lecture d\u2019été Depuis l\u2019été 2018, nous avons adhéré au Club TD.Celui-ci offre un cahier spécial de grande qualité à destination des enfants à besoins particuliers.Pour cette clientèle, la progression ne se mesure pas en temps de lecture ou en nombre de livres lus par semaine, mais plutôt en temps consacré à l\u2019activité.Le processus a ainsi été révisé afin de permettre à chacun de progresser à son rythme.Nous ajoutons à cela notre documentation produite à l\u2019interne à destination des DYS.Stagiaire Dans le cadre d\u2019un programme du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, nous accueillons, 2 fois par semaine, un stagiaire adulte autiste qui vient faire du classement de documents.La participation au marché du travail d\u2019une personne autiste constitue une richesse pour notre municipalité et répond à notre souci d\u2019offrir un milieu inclusif.Pour conclure Offrir nos services à une clientèle à besoins particuliers ne se limite pas à une seule action.C\u2019est une réflexion en continu sur l\u2019ensemble de nos pratiques.Ainsi, d\u2019autres projets sont en réflexion (ex.: présentation de pictogrammes visuels en ligne, création d\u2019un guide de communication sur place avec l\u2019utilisation de pictogrammes pour échanger avec le personnel, présentations de représentants d\u2019associations régionales pour former le personnel, accès en ligne à des vidéos de sensibilisation pour le grand public, etc.).Nous souhaitons vivement que ce type d\u2019initiatives soient menées dans l\u2019ensemble des bibliothèques publiques.Chaque milieu, à sa manière, peut ainsi favoriser par de petites actions simples l\u2019inclusion de tous et faire une différence significative dans la vie des enfants.Sarah Germain est directrice du service de la bibliothèque pour la Ville de Mirabel.Elle possède une maîtrise en bibliothéconomie et un DESS en gestion.NOTES 1 https://semainedesbibliotheques.ca/infographique/ 2 http://mabibliothequejyvais.com/media/ declaration_biblio_qc.pdf 3 https://statistique.quebec.ca/fr/enquetes/realisees/ enquete-quebecoise-sur-lexperience-des-parents- denfants-ages-de-0-a-5-ans 4 https://statistique.quebec.ca/fr/document/bulletin- ?ash-info-volume-18-n2-juin-2017, https://statistique.quebec.ca/fr/document/mieux- connaitre-la-parentalite-quebec 5 http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/pro?ls/ bulletins/2016/15-Laurentides.pdf 6 https://www.parl.ca/Content/Bills/421/Government/ C-81/C-81_3/C-81_3.PDF 7 https://www.i?a.org/?les/assets/lsn/publications/ guidelines-for-library-services-to-persons-with- dyslexia_2014-fr.pdf 8 https://www.i?a.org/?les/assets/lsn/publications/ dyslexia-guidelines-checklist-fr.pdf ARGUS 36 Promotion de la santé par l\u2019information et la lecture Linda Binette Le rôle de l\u2019information et de la lecture en lien avec la santé est de plus en plus reconnu.Nous pouvons nous positionner quant à la transmission de l\u2019information pour les gens œuvrant dans le secteur de la santé, ainsi que pour les bénéficiaires, c\u2019est-à-dire les gens qui éprouvent des problèmes de santé ou qui veulent maximiser les opportunités de recouvrer la santé ou de demeurer en bonne santé.Pour le grand public, les activités de lecture jouent un rôle indéniable. 37 Mesurer le chemin parcouru Dans cet article, je veux apporter des précisions sur la place de l\u2019information dans les secteurs de la santé.J\u2019aimerais aussi mentionner le rôle que peut jouer la lecture afin de véhiculer l\u2019information, ainsi que les bienfaits que l\u2019on peut en retirer.Le rôle de l\u2019information dans les secteurs de la santé Les centres de documentation dans le domaine de la santé et les bibliothèques médicales ont toujours joué un rôle important pour véhiculer l\u2019information auprès des praticiens de la santé et jouent aussi un rôle d\u2019éducation auprès des bénéficiaires du système de la santé.Durant les années 2000, dans certains milieux de la santé aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans certains autres pays, on a voulu complexifier, ou plutôt enrichir, la fonction de bibliothécaire médical traditionnel en un rôle un peu plus élargi que l\u2019on a dénommé « informationniste »1.Idéalement, on voulait que l\u2019in- formationniste possède des connaissances en sciences de l\u2019information et en informatique documentaire tout en ayant certaines connaissances reliées au domaine médical (Brown, 2004).Il est évident que le monde numérique, dont les revues en ligne et les bases de données, est maintenant omniprésent dans les divers milieux reliés à la santé.Au Québec, lorsque ce modèle s\u2019est lentement proposé, on a voulu qu\u2019il soit évolutif et qu\u2019il soit possible de l\u2019ajuster selon les milieux, les circonstances et les ressources disponibles.Il était souhaitable que l\u2019informationniste puisse intervenir dans différents groupes \u2013 groupes de pratique, groupes cliniques, communautés de pratique interdisciplinaires \u2013 en repérant les meilleures sources d\u2019information qui orienteront et serviront d\u2019assises aux pratiques, et aideront à bâtir des outils de formation.Les équipes cliniques de soins sont souvent très occupées à prodiguer les soins.Le fait de pouvoir compter sur des personnes capables de rechercher l\u2019information la plus exhaustive et rigoureuse qui soit constitue donc un atout majeur.Les points suivants sont à considérer dans l\u2019analyse des besoins : \u2013 La recherche et les services documentaires de qualité \u2013 La formation \u2013 La gestion des connaissances et de l\u2019information Une culture de la connaissance, de l\u2019apprentissage ou de la formation continue est à instaurer de plus en plus dans les centres de documentation et bibliothèques de la santé2.Les compétences informationnelles aident à savoir où trouver les informations pertinentes et à être ensuite capable de les évaluer.Quant au volet de la formation, la connaissance des processus d\u2019apprentissage tout au long de la vie, et donc des principes inhérents à l\u2019éducation des adultes, est un ARGUS 38 atout de plus pour répondre aux divers besoins d\u2019apprentissage qui peuvent se présenter.Les aptitudes à donner des informations et de la formation ainsi qu\u2019à développer des outils de formation pour le personnel soignant et les patients sont à prioriser.Les concepts de l\u2019andragogie \u2013 terme signifiant l\u2019éducation des adultes \u2013 reposent entre autres sur les analyses en matière de besoins et d\u2019apprentissage, ainsi que sur les façons de s\u2019adapter à ces diverses demandes3.Par exemple, il y a différentes façons de formuler l\u2019information selon le destinataire.Un médecin veut-il de l\u2019information pointue concernant les données recueillies quant à un nouveau virus ?Ou encore, un patient demande-t-il de l\u2019information exacte en rapport avec sa maladie ?Tels sont des exemples de besoins spécifiques.Les activités de recherche et de publication ont aussi de l\u2019importance pour les chercheurs.De plus, les méde- cins-praticiens et autres professionnels ont toujours eu l\u2019obligation professionnelle de baser leurs décisions sur la meilleure information disponible4.Les questions provenant de la clinique peuvent bénéficier des avantages des dernières avancées en recherche.Les informationnistes peuvent aussi donner un appui quant à la consultation de diverses ressources, ce qui donne des effets positifs sur les soins aux patients, sur le temps épargné et sur la qualité et l\u2019exhaustivité de l\u2019information trouvée, tout en fournissant une aide pour l\u2019enseignement et la formation continue.D\u2019un point de vue plus large, la venue de l\u2019Internet a représenté, et représente toujours, une mine d\u2019informations favorisant la promotion de la santé et la prévention quant aux problèmes de santé.L\u2019éducation à la santé s\u2019en trouve facilitée et est rendue accessible à un plus grand nombre de personnes.L\u2019Internet permet ainsi une certaine démocratisation des savoirs.Il s\u2019agit de s\u2019assurer que les sites consultés sont fiables et les sources, crédibles.Le rôle de la lecture auprès des citoyens \u2013 considérations générales Un autre aspect que je veux aborder ici est le rôle des bibliothèques publiques et, par le fait même, le rôle des livres et de la lecture en lien avec l\u2019information, l\u2019éducation et le bien-être des gens en général.Plusieurs études se développent au sujet de la bibliothérapie.La lecture, non seulement la lecture de documentaires, mais aussi la lecture de divers types d\u2019ouvrages tels que romans, essais ou poésie, aurait des effets positifs sur la diminution du stress et de la dépression, et donc sur la santé physique et mentale.Il est indéniable aussi que la lecture devient un remède contre le manque de littératie, et ce, dans plusieurs domaines.Les avantages au plan cognitif sont incontestables.La lecture permet de contrer les méfaits de la solitude, de l\u2019isolement et de la perte d\u2019autonomie chez plusieurs Les centres de documentation dans le domaine de la santé et les bibliothèques médicales ont toujours joué un rôle important pour véhiculer l\u2019information auprès des praticiens de la santé et jouent aussi un rôle d\u2019éducation auprès des béné?ciaires du système de la santé. 39 Mesurer le chemin parcouru aînés.Il arrive parfois que certains praticiens recommandent à leurs patients des titres de livres pouvant les aider dans leurs problématiques5.Mais il n\u2019y a pas que des textes à saveur thérapeutique qui peuvent aider en ce sens.La lecture de grands textes peut aussi devenir réparatrice et transformer le regard, faire connaître d\u2019autres horizons et mobiliser des énergies méconnues.Des catégories de livres utilisés en bibliothérapie ont été cernées.Le répertoire classique constitué de romans, recueils de poésie, biographies ou livres de fiction, entre autres, apporte un mieux-être au lecteur par un mécanisme d\u2019identification, de divertissement6.En effet, le lecteur envoûté par la lecture d\u2019un livre qu\u2019il aime puise un réconfort, un plaisir et souvent un soulagement à certains de ses maux ou tout simplement éprouve une présence émotionnelle tout au long du parcours de ce livre.Il y a même des livres qui font voyager des personnes qui n\u2019auront jamais l\u2019occasion de le faire, leur faisant découvrir des lieux et des horizons inédits7.Il y a aussi des livres de développement personnel ou de psychologie, très bien faits, qui peuvent aider certaines personnes selon leur situation.Certains de ces livres aident les gens à déceler et comprendre leur problème, à réaliser parfois qu\u2019ils ne sont pas seuls, à ressentir une certaine aide et un renforcement du bien-être psychologique.Le rôle des bibliothécaires est essentiel afin de bien conseiller les usagers.En outre, il est bon d\u2019avoir un esprit critique en ce qui concerne les livres de développement personnel.La formation de l\u2019auteur du livre et ses expériences sont des éléments à prendre en considération.Malheureusement, dans ce domaine, certaines personnes recherchent avant tout l\u2019aspect lucratif de leurs œuvres et avancent des « théories » plus ou moins nuancées et validées afin de préconiser des façons de penser aux lecteurs.Il peut parfois malgré tout y avoir du bon qui ressort de cela.Cependant, dans le domaine de la santé, certains ouvrages (heureusement, ils ne constituent pas la majorité) culpabilisent les patients et rejettent entièrement sur ceux-ci le blâme quant à la responsabilité de leur état.Donc, prudence\u2026 Étant donné le principe de l\u2019accès à l\u2019information, le lecteur ayant ces livres à sa disposition doit être conscient des limites de certains ouvrages et doit faire valoir son libre arbitre quant à leur analyse.Encore une fois, le rôle du bibliothécaire comme conseiller avisé revêt une grande importance.Il serait donc souhaitable que ce rôle soit accentué et valorisé.En fait, mieux connue dans les pays anglo-saxons, la bibliothérapie aurait avantage à être explorée.Même si cette pratique n\u2019est pas entièrement médicalement fondée, plusieurs personnes affirment que la lecture d\u2019un roman les a aidées à porter un autre regard sur les choses et même à développer leur empathie8.Néanmoins, même sans tenir compte de ses valeurs thérapeutiques, La lecture ofre de nombreux avantages, comme la transmission des savoirs et des informations, le divertissement, et tout simplement les bienfaits cités, que l\u2019on gagnerait à connaître et à privilégier. ARGUS 40 la lecture offre de nombreux avantages, comme la transmission des savoirs et des informations, le divertissement, et tout simplement les bienfaits cités, que l\u2019on gagnerait à connaître et à privilégier.Ces avantages incluent aussi une aide à la relaxation, à la détente, à l\u2019évasion, au maintien des capacités cognitives et au retour à la santé s\u2019il y a lieu.Linda Binette (Ph.D.) est chimiste, membre de l\u2019Ordre des chimistes du Québec et docteure en sciences de l\u2019éducation.Sa formation est pluridisciplinaire.À la suite de son baccalauréat spécialisé en chimie de l\u2019Université de Montréal, elle a obtenu une maîtrise en sciences appliquées (M.Sc.A.) du département de génie chimique de l\u2019École polytechnique de Montréal.Au il du temps, elle a aussi obtenu un certiicat en andragogie, un diplôme d\u2019études supérieures en toxicologie, une maîtrise en sciences de l\u2019information, une maîtrise en santé environnementale et un doctorat en sciences de l\u2019éducation.BIBLIOGRAPHIE Binette, Linda et Lauzon, Hélène.2008.Un nouveau modèle s\u2019impose, l\u2019informationniste.Argus, vol. 37, no 2 : p. 33-36.Brown, Helen-Ann.2004.Clinical medical librarian to clinical information.Research paper, vol. 32, no 1 : p. 45-49.Davidof, Frank et Florance, Valerie.June 2000.The informationist: A New Health profession?Annals of Internal Medicine, vol. 132, no 12 : p. 996-998.Detambel, Régine.2015.Les livres prennent soin de nous \u2013 Pour une bibliothérapie créative.Actes Sud.164 p.Elias, John et Merriam, Sharan 2004.Philosophical foundations of adult education.3e edition, Krieger Pub. Co.286 p.Galbraith, Michael.2003.Adult learning methods: a guide for efective instruction.Krieger, 478 p.Giuse, Nunzia B.2005.Evolution of a Mature Clinical Informationist Model.Journal of the American Medical Informatics Association, vol. 12 no 3 : p. 249-255.Hill, Peter.2008.Report of a national review of NHS health library services in England.England.Knowles, Malcolm S.et al.1984.Andragogy in action.San Francisco : Jossey-Bass.444 p.Matthijs Bal, P.et Veltkamp, M.2013.How does iction reading inluence empathy?An experimental investigation on the role of emotional transportation.PLOS ONE 8(1) : e55341.https://doi.org/10.1371/journal.pone.0055341.McKnight, Michelyn.2005.Librarian, Informaticists, Informationists and Other Information Professionals in Biomedicine and the Health Sciences: What Do They Do?Journal of Hospital Librarianship, vol. 5 (1) : p. 13-29.Pellé-Douël, Christilla.2017.Ces livres qui nous font du bien.Marabout.224 p.Pring, R.1991.Curriculum integration Proceeding of the philosophy of Education.Society of Great Britain, vol. 5, no 2.Supplementary issue.p. 184.Robinson, Lyn et al.2005.Healthcare librarians and learner support: a review of competences and methods.Health, Information and libraries Journal, vol. 22 : p. 42-50.Sladek, Ruth et al.2004.The Informationist in Australia: a feasibility study.Health Information and Libraries Journal, vol. 21 : p. 94-101.Ward, Linda.2005.A survey of UK clinical librarianship: February 2004.Health information and Libraries Journal, vol. 22 : p. 26-34.NOTES 1 Dans ce texte, le terme « informationniste » est utilisé pour faire référence à une fonction davantage implantée dans certains milieux de la santé aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs (Hill, 2008).2 Robinson et al., 2005 3 Knowles, 1984 ; Pring, 1991 ; Elias, 1995 4 Davidof, 2000 5 Detambel, 2015 6 Detambel, 2015 ; Pellé-Douël, 2017 7 Pellé-Douël, 2017 8 Matthijs et Veltkamp, 2013 La lecture, non seulement la lecture de documentaires, mais aussi la lecture de divers types d\u2019ouvrages tels que romans, essais ou poésie, aurait des efets positifs sur la diminution du stress et de la dépression, et donc sur la santé physique et mentale. 41 Mesurer le chemin parcouru Les bibliothèques ont réagi prestement à la crise sanitaire, ajustant leur offre numérique et leurs services au fur et à mesure que la situation pandémique et les besoins de leurs usagers évoluaient.Parmi les services particulièrement prisés au printemps dernier, notons le prêt de livres numériques et de livres audio, qui a connu une hausse colossale.Pour répondre à cette demande grandissante, les bibliothèques ont bonifié leur catalogue numérique ainsi que leur offre d\u2019accompagnement aux ressources en ligne.Assister les lecteurs dans la quête de leur prochain coup de cœur ! Parallèlement à l\u2019augmentation du prêt de livres numériques et audio, le confinement a mis en lumière la demande pour des conseils littéraires : \u2013 Quel polar lire lorsqu\u2019on a dévoré le dernier Arnaldur Indridason ?\u2013 Dans quelle œuvre peut-on retrouver un univers semblable à celui de La d?esse des mouches à feu ?\u2013 Quel bouquin faut-il lire pour être transporté dans un monde fantastique, mené par une héroïne volontaire ?Plusieurs solutions pour guider les usagers dans le choix de leur prochaine lecture existent en bibliothèque, comme les listes thématiques ou l\u2019identification des livres favoris du personnel.Cependant, pour trouver une lecture qui sied aux besoins et aux préférences d\u2019un usager, un service de conseil personnalisé est QuoiLire.ca Porter les suggestions de lecture aux usagers dans le confort de leur foyer Gabrielle C.Beaulieu et Marie-Christine Tremblay La fermeture des bibliothèques publiques au printemps 2020 a contribué à mettre en relief leur capacité d\u2019adaptabilité.Les équipes des bibliothèques publiques ont été très actives au cours des derniers mois afin que ces dernières demeurent accessibles et inclusives, et répondent aux besoins de la communauté. ARGUS 42 préférable.L\u2019aide aux lecteurs \u2013 au sens où l\u2019employé de bibliothèque assiste personnellement l\u2019usager dans sa recherche de lecture de loisir \u2013 est un pan important des services de référence en bibliothèque.Cependant, en l\u2019absence du contact humain nécessaire pour questionner l\u2019usager sur ses envies de lecture, l\u2019identification des livres appropriés devient difficile.C\u2019est devant une telle situation que les bibliothèques publiques du Québec s\u2019unissent pour mettre à la disposition des usagers une solution d\u2019envergure qui répond de manière personnalisée à la sempiternelle question Quoi lire ?Un service de jumelage littéraire personnalisé QuoiLire.ca est un service de suggestions de lecture personnalisées en ligne.Par le biais d\u2019un formulaire, les usagers sont invités à préciser leurs goûts et leurs préférences de lecture pour bénéficier d\u2019un jumelage littéraire fait par un employé de bibliothèque publique.La plateforme QuoiLire.ca permet aux citoyens d\u2019obtenir rapidement, dans le confort de leur foyer, de multiples suggestions de lecture.Outre le formulaire en ligne, élément clé de la plateforme, deux autres options sont offertes aux usagers pour leur donner l\u2019opportunité de trouver des livres à leur goût : des listes thématiques de lecture ainsi que des capsules vidéo.Ces options permettent aux lecteurs d\u2019obtenir une présentation rapide de suggestions de lecture.Un outil au service de la communauté En facilitant la recherche de lecture de loisir pour les citoyens, QuoiLire.ca s\u2019inscrit directement dans la mission des bibliothèques publiques.Médiation littéraire, favorisation de la littératie et accès à l\u2019information : le spectre d\u2019action est large ! La portée de la plateforme est d\u2019autant plus importante que, en temps de crise et de confinement, le recours à la littérature comme passe-temps \u2013 et même comme thérapie \u2013 n\u2019est pas à négliger.De plus, en favorisant un dialogue entre le lecteur et l\u2019employé, QuoiLire.ca permet un contact humain, même à distance.Souligner l\u2019expertise des employés des bibliothèques publiques L\u2019aide aux lecteurs fait partie des compétences des employés des bibliothèques publiques, et QuoiLire.ca permet de les valoriser en plus d\u2019en faire la promotion au grand public.Soulignons que la campagne de promotion lancée en même temps que le service a porté fruit et que c\u2019est l\u2019ensemble des bibliothèques publiques du Québec qui a pu bénéficier de la reconnaissance de son rôle en aide aux lecteurs.Des partenariats signiiants Le service QuoiLire.ca est né d\u2019un partenariat efficace entre les quatre instances principales du milieu des bibliothèques publiques du Québec, soit l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec, 43 Mesurer le chemin parcouru Bibliopresto.ca, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, ainsi que le Réseau BIBLIO du Québec.Dans le contexte incertain créé par la pandémie, les bibliothèques publiques ont fait preuve d\u2019altruisme et ont élargi les frontières de leur service local d\u2019aide aux lecteurs pour répondre à la demande d\u2019aide aux lecteurs à l\u2019échelle nationale.De fait, plus de soixante-dix techniciens en documentation et bibliothécaires des quatre coins du Québec se sont portés volontaires pour participer à QuoiLire.ca et répondre aux demandes de suggestions de lecture des Québécois et ce, peu importe leur bibliothèque d\u2019appartenance.Une collaboration avec l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal Grâce au concours de la professeure agrégée Nadine Desrochers, la mise en place du projet QuoiLire.ca fut l\u2019occasion d\u2019une mise à niveau des connaissances et des meilleures pratiques en aide aux lecteurs pour tous les employés de bibliothèques publiques.Une série de trois formations a été offerte en parallèle du lancement de QuoiLire.ca.Ces formations se sont déroulées sous la forme de webinaires diffusés aux mois de mai et juin 2020.En moyenne, 180 employés des bibliothèques publiques du Québec étaient présents à chaque séance.Visiblement, cet achalandage confirme que l\u2019aide aux lecteurs est particulièrement populaire dans les bibliothèques publiques du Québec ! Notons que le sous-domaine quoilire.ca/ebsi continue d\u2019œuvrer au développement des compétences en aide aux lecteurs en proposant une plateforme de recherche et de formation autour du concept des attraits usuels.Dans les coulisses du projet QuoiLire.ca a été créé dans l\u2019urgence afin de pallier le manque de ressources en aide aux lecteurs en raison de la fermeture partielle ou complète des bibliothèques du Québec.En tout et pour tout, le service a connu une gestation d\u2019environ cinq semaines avant son lancement officiel.Pour mettre en application un service d\u2019une telle envergure, il fallait d\u2019abord trouver l\u2019élément essentiel pour la réalisation d\u2019une telle initiative : les techniciens en documentation et les bibliothécaires volontaires.Sans ces volontaires, le service de suggestions personnalisées n\u2019aurait pas pu exister.Par la suite, une réflexion approfondie a été conduite pour la réalisation du formulaire d\u2019aide aux lecteurs en ligne.Rappelons que le formulaire QuoiLire.ca vient remplacer l\u2019entretien d\u2019aide au lecteur qui se déroulerait normalement en tête-à-tête au comptoir de référence de la bibliothèque.La création d\u2019un tel formulaire impose donc de trouver un équilibre entre le nombre de questions posées pour bien cerner le besoin, et le temps qu\u2019il faudra aux usagers pour répondre à ces questions.Nous avons donc opté pour un formulaire qui comprend une majorité de questions fermées avec des choix de réponse ARGUS 44 afin de guider l\u2019utilisateur (par exemple le genre du livre, les thématiques, la longueur, la provenance, la langue souhaitée, etc.), avec quelques questions ouvertes (non obligatoires) pour laisser l\u2019espace nécessaire aux personnes qui souhaitent décrire leur besoin de façon plus approfondie.Un succès retentissant ! Concrètement, c\u2019est tout l\u2019écosystème des bibliothèques publiques qui bénéficie du service de QuoiLire.ca.Grâce à cette initiative, les bibliothèques publiques du Québec constatent des retombées positives pour leurs institutions.En effet, ce service national met en valeur l\u2019expertise du personnel des bibliothèques publiques du Québec, en plus de valoriser les services de ces institutions.Le service QuoiLire.ca a été \u2013 et continue d\u2019être \u2013 un franc succès ! Depuis son lancement le 19 mai 2020, plus de 5 650 demandes d\u2019aide aux lecteurs ont été reçues et traitées par les techniciens en documentation et les bibliothécaires volontaires de QuoiLire.ca, et ce nombre continue d\u2019augmenter.Le volume de demandes reçues montre clairement que, même en temps de crise, les Québécois ont besoin de recevoir de l\u2019assistance du personnel des bibliothèques publiques dans leur choix de lecture.Ce besoin est d\u2019autant plus criant en ces temps difficiles où le furetage en bibliothèque n\u2019est pas toujours possible.Dans le contexte actuel, l\u2019aide aux lecteurs à distance via une plateforme numérique est le moyen tout indiqué pour endiguer la demande efficacement.Gabrielle C.Beaulieu détient une maîtrise en sciences de l\u2019information de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal ainsi qu\u2019une maîtrise et un baccalauréat en langue et littérature françaises de l\u2019Université McGill.Elle est chargée de projets pour l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec depuis 2018.Elle porte également le chapeau d\u2019agente de développement culturel numérique pour l\u2019ABPQ depuis le lancement du Réseau ADN en avril 2019.Marie-Christine Tremblay travaille dans le milieu de l\u2019édition avant de compléter la maîtrise en sciences de l\u2019information de l\u2019EBSI en 2017.Son projet de in de maîtrise porte sur l\u2019aide aux lecteurs en bibliothèque publique.Depuis, elle est chargée de projets au sein de l\u2019Association des bibliothèques publiques du Québec où elle a piloté le déploiement des programmes Générations@branchées et Biblio- Jeux.Elle est maintenant Responsable de la Stratégie de littératie familiale de l\u2019ABPQ.Ce service national met en valeur l\u2019expertise du personnel des bibliothèques publiques du Québec, en plus de valoriser les services de ces institutions. 45 Mesurer le chemin parcouru spécialisés, ce qui lui permet d\u2019offrir avec souplesse un service adapté aux différentes clientèles qu\u2019elle dessert.Pour la population, le grand avantage du réseau est principalement un accès à des collections élargies en provenance de toutes les bibliothèques montréa- laises, une opportunité de fréquenter ces dernières et de rapporter dans la L\u2019importance de l\u2019appartenance au réseau de bibliothèques La Ville de Montréal compte un réseau de 45 bibliothèques réparties dans 19 arrondissements.Bien qu\u2019elles forment un réseau avec des règles communes et une offre de services de base similaire, chaque bibliothèque est autonome quant à son offre de services Une expérience de déconinement dans les bibliothèques d\u2019Ahuntsic-Cartierville à Montréal Isabelle Pilon Personne n\u2019a été épargné par la COVID-19 en mars 2020.Tous les services aux citoyens jugés non essentiels ont été fermés : bibliothèques, maisons de la culture, piscines, arénas\u2026 Toutefois, pendant la période de confinement obligatoire où l\u2019isolement a été la norme, le besoin de se nourrir l\u2019esprit et le cœur a été plus fort que jamais chez beaucoup de citoyen.ne.s.Les bibliothèques et le milieu culturel ont d\u2019ailleurs continué à innover afin de rester vivants et de s\u2019offrir en divertissement et en soutien pour une clientèle en manque d\u2019évasion et de beauté. ARGUS 46 succursale de leur choix les livres ou documents empruntés dans le réseau.Pour pallier l\u2019absence de service de proximité, la Direction des bibliothèques a modifié la répartition budgétaire des acquisitions afin de bonifier son offre de livres numériques.Cette collection numérique ainsi augmentée a d\u2019ailleurs fait de nombreux nouveaux adeptes durant la pandémie, générant une grande quantité d\u2019abonnements.Afin de répondre à ce besoin amplifié en documents numériques et pour permettre à un plus grand nombre de citoyens de bénéficier de ces collections, l\u2019abonnement en ligne a été mis sur pied rapidement par la Direction, grâce à la collaboration de nombreux employés de différentes bibliothèques d\u2019arrondissements.En plus de cette offre numérique, les bibliothèques des 19 arrondissements ont fait preuve de beaucoup d\u2019initiative et de créativité pour continuer à offrir à leurs citoyens des services en ligne à la fois novateurs et originaux.La pandémie a, en quelque sorte, permis de faire place à une créativité nouvelle et a amené une remise en question de certaines façons de faire qui vont perdurer.C\u2019est ainsi que la bibliothèque a continué à œuvrer, en respectant la distanciation sociale.Cette appartenance à un réseau uni a été primordiale dans le contexte de la pandémie.En effet, pour assurer une image forte et faciliter la clarté du message aux citoyens, le réseau des bibliothèques s\u2019est uni pour amorcer le virage du déconfinement.Il était clair, dès le départ, que c\u2019est d\u2019un seul bloc que l\u2019ensemble des bibliothèques franchirait les phases d\u2019ouverture et de déconfinement de son offre de services.Dès le début de la pandémie, la Cellule de déconfinement des bibliothèques, un groupe formé de bibliothécaires (chefs de division, chefs de section et professionnels) issus à la fois de la Direction des bibliothèques et de certains arrondissements, a été créée afin d\u2019établir les bases et les règles à respecter pour un déconfinement efficace et surtout, sécuritaire tant pour les employé.e.s que pour les citoyen.ne.s.Accueil Bureau des réservations 47 Mesurer le chemin parcouru J\u2019ai moi-même fait partie de cette cellule de première ligne.Chaque décision a été prise en respectant les règles sanitaires imposées par la santé publique, la CNESST et en harmonie avec le cadre de référence de l\u2019ABPQ.C\u2019est ainsi que dès le 15 juin, les membres du personnel des bibliothèques de la Ville de Montréal ont pu entamer leurs premières journées de travail en bibliothèque afin de sécuriser les espaces et que le 22 juin, les premiers citoyens faisaient la file pour venir chercher leurs précieuses réservations, en attente depuis le début de la pandémie.La situation dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville L\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville compte trois bibliothèques : Ahuntsic, la bibliothèque du réseau dotée du système de retour automatisé des documents le plus volumineux du réseau montréalais avec 9 bacs de tri étant donné la quantité phénoménale de prêts qui y sont effectués ; Cartierville, une bibliothèque mixte (adultes et enfants), et Salaberry, l\u2019une des deux bibliothèques jeunesse du réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal.De plus, l\u2019arrondissement possède une Biblio mobile qui dessert de nombreuses écoles, résidences pour personnes âgées et HLM du territoire d\u2019Ahuntsic-Cartierville en plus de soutenir des activités dans les parcs pendant la saison estivale.Lorsque la décision a été prise de fermer l\u2019ensemble des bibliothèques, la Ville venait de faire le déploiement de la suite Google : une chance ! Nous étions loin de savoir manier les outils de la suite avec agilité, mais c\u2019est avec intérêt et perspicacité que chacun.e a rapidement intégré les nouvelles façons de communiquer à distance.Ces nouveaux outils de travail nous ont permis de développer avec plus de facilité la nouvelle offre de services en ligne des bibliothèques de l\u2019arrondissement et de créer des groupes de travail mixtes impliquant des employé.e.s des trois bibliothèques de Comptoir de prêt \u2013 marquage au sol Comptoir de prêt ARGUS 48 l\u2019arrondissement, ce qui ne s\u2019était jamais fait auparavant.Les forces de chacun et chacune ont pu être mises à contribution pour rehausser l\u2019offre de service de l\u2019ensemble de l\u2019arrondissement plutôt que de la limiter à une offre de proximité.L\u2019interruption soudaine des activités régulières a permis de créer un laboratoire d\u2019essai pour une offre de service en ligne offerte par le biais des pages Facebook de chaque bibliothèque.Une ofre de services diversiiée Les bibliothécaires et technicien.ne.s se sont mis à l\u2019œuvre afin de trouver des moyens d\u2019animer la présence web des bibliothèques par diverses capsules vidéo pour des publics de tous âges.Que ce soit par l\u2019animation de bricolages ou des suggestions de lecture et de formations, la présence web de l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville s\u2019est de plus en plus animée au fil des semaines.Nous avons même offert un cours de danse en direct un samedi soir ! Tous ces essais en création de capsules et en animation web nous ont permis à la fois d\u2019unir les forces de l\u2019équipe répartie sur le territoire de l\u2019arrondissement et d\u2019amenuiser les cloisons qui séparaient les membres de l\u2019équipe.Nous avons aussi réussi en peu de temps à bâtir une offre de services différente que nous voulons continuer à développer.La préparation pour la réouverture La visite d\u2019un préventionniste dans chaque bibliothèque nous a permis d\u2019élaborer un trajet sécuritaire pour les citoyen.ne.s lors de leurs visites en bibliothèque et d\u2019établir des modes de travail sécuritaires et adaptés à leur environnement pour les employé.e.s.L\u2019arrondissement a entrepris des démarches pour doter ses installations culturelles d\u2019équipement de protection visant à isoler le personnel du public et à établir des mesures de distanciation adéquates pour la sécurité de toutes et tous.Nous avons donc commandé des parois de plexiglas sur mesure pour l\u2019ensemble des bureaux de service et procédé à l\u2019affichage des mesures d\u2019hygiène et de distanciation pour délimiter l\u2019espace citoyen.Nous avons également doté le personnel d\u2019équipement de protection (visières, masques, gants et produits nettoyants), sans compter les efforts qui ont été déployés afin d\u2019assurer en permanence des lieux propres et salubres.Une ouverture par étapes et par phases Dès le 15 juin, les chutes à livres ont été ouvertes.Elles se sont rapidement remplies et devaient être vidées fréquemment afin d\u2019éviter les débordements.Dès qu\u2019ils sont sortis de la chute, les livres sont déposés sur des tables datées afin d\u2019assurer une période de quarantaine initiale de 72 heures.C\u2019est seulement après ce délai que les retours étaient enregistrés et les livres rangés ou prêtés à nouveau.Ce délai de quarantaine a rapidement été réduit à 24 heures.Jour 1 des retours \u2013 Ahuntsic Nous avons profité de la semaine du 15 juin pour former les membres de notre personnel à leur nouvelle réalité au travail.Pour ce faire, nous avons pris plaisir à préparer des capsules vidéo pour présenter à nos collègues le contexte de distanciation et d\u2019hygiène au travail.Dans cette première phase d\u2019ouverture, le prêt de livres se faisait avec réservations obligatoires.Les citoyens étaient amenés à faire leurs réservations à distance (téléphone ou en ligne) et à venir les récupérer une fois qu\u2019elles avaient été préparées par le personnel. 49 Mesurer le chemin parcouru les bibliothèques du réseau, à la phase suivante du déconfinement.Nous étions prêts et les citoyens aussi ! Ils retrouvaient avec joie leurs bibliothèques, les espaces de lecture, l\u2019accès aux collections et au bouquinage sur place, sans oublier bien sûr l\u2019accès aux postes informatiques et aux services de photocopies, si importants dans nos bibliothèques.Le tout bien sûr, en respectant les règles de distanciation physique et d\u2019hygiène ! Nous avons été très déçus d\u2019apprendre, le 28 septembre dernier, que les bibliothèques seraient complètement fermées à compter du jeudi 1er octobre suivant.Cette nouvelle a créé une véritable onde de choc dans le milieu des bibliothèques, qui avait pourtant établi un processus de déconfi- nement par phase afin d\u2019être en mesure de maintenir une offre de services, peu importe l\u2019évolution de la pandémie.Le public a également été fort secoué d\u2019apprendre que leurs bibliothèques fermeraient pour un mois.Avant la pandémie, il se prêtait en moyenne 30 000 documents par jours dans l\u2019ensemble des bibliothèques du réseau de Montréal.Le lendemain de l\u2019annonce Une ofre de service boniiée Soucieuses d\u2019offrir le meilleur service à la population et aussi de continuer à travailler en mode collaboratif, les équipes de bibliothécaires et de technicienne.s des bibliothèques d\u2019Ahuntsic, de Cartierville et de Salaberry ont uni leur force pour mettre en place un service de référence en ligne déployé au début juillet.Les employé.e.s se partagent les périodes afin d\u2019offrir un service continu en fonction des heures d\u2019ouverture.Les citoyen.ne.s peuvent depuis ce temps recevoir, en toute transparence, un service de référence de n\u2019importe quelle bibliothèque de l\u2019arrondissement sans avoir à se déplacer.Notre version du Club de lecture d\u2019été TD s\u2019est aussi adaptée aux contraintes qu\u2019imposait la distanciation physique et a offert une expérience hybride à la fois en ligne et accompagnée de kits bricolages thématiques.Un retour en arrière pour mieux avancer C\u2019est le 27 juillet que nous sommes passés, en même temps que toutes ARGUS 50 du gouvernement, c\u2019est 70 000 prêts qui ont été enregistrés dans ces mêmes bibliothèques, plus de deux fois plus qu\u2019à la normale ! Les citoyens se sont littéralement rués vers leurs bibliothèques et faisaient la file à l\u2019extérieur afin de s\u2019approvisionner en livres, revues, DVD, jeux vidéos, etc.en prévision du confinement annoncé.C\u2019était comme le jour des soldes d\u2019après Noël.Dès l\u2019annonce du gouvernement, la Cellule de déconfinement a repris du service afin de présenter à la Direction de la culture de la Ville de Montréal un plan visant minimalement à ouvrir en phase 1 avec le prêt avec réservation obligatoire.À notre grand soulagement, cette opportunité nous a été accordée.Dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville, ce retour en phase 1 s\u2019est fait de façon harmonieuse et sans stress puisque les équipes étaient déjà préparées et bien encadrées par leurs chefs de section.Nous étions déjà prêts à valser entre les phases de déconfinement, nos équipes ayant rapidement appris à devenir flexibles pour s\u2019adapter aux changements rapides et drastiques qui nous sont imposés.Nous avons hâte d\u2019offrir à nouveau un service complet et accueillant, sans restriction, mais dans l\u2019attente, nous sommes heureux et fiers d\u2019être toujours là pour offrir à nos citoyens un accès à des ressources d\u2019information qu\u2019elles soient éducatives, culturelles, ou de divertissement.Pour terminer, je désire remercier l\u2019équipe de la Cellule de déconfinement des bibliothèques de la Ville de Montréal pour avoir produit rapidement le plan de déconfinement par phases pour l\u2019ensemble des bibliothèques.Sans ce travail essentiel, nos bibliothèques seraient fermées.Je désire souligner l\u2019excellent travail de madame Mélanie Bossé, bibliothécaire et cheffe de section pour la bibliothèque d\u2019Ahuntsic et de madame Anouck Vigneau, bibliothécaire et cheffe de section pour les bibliothèques de Cartierville, de Salaberry et de la Biblio mobile.Leur soutien, leur énergie positive et leur enthousiasme face aux changements jumelés à leur professionnalisme nous ont permis d\u2019unifier les forces des équipes en place et de les amener à se renouveler et à collaborer dans un contexte difficile et en mouvance.Finalement, je désire remercier l\u2019ensemble du personnel des bibliothèques de l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville pour avoir relevé avec brio les défis que nous leur avons proposés ainsi que pour leur souplesse et leur créativité.Grâce à cette belle équipe, nous continuerons de garder bien vivantes les bibliothèques de l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville.Isabelle Pilon est membre de la CBPQ depuis 1993.Elle a travaillé au début de sa carrière dans les bibliothèques municipales avant de se diriger vers les bibliothèques spécialisées où elle a occupé un poste de direction pendant 20 ans.Elle fait un retour en 2019 dans les bibliothèques municipales à titre de Chef de division Culture et bibliothèques dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville à Montréal où elle a l\u2019opportunité de mettre à proit son expérience professionnelle et sa passion pour les arts et la culture.C\u2019est une personne d\u2019équipe qui aime innover et repenser l\u2019ofre de service.En efet, pour assurer une image forte et faciliter la clarté du message aux citoyens, le réseau des bibliothèques s\u2019est uni pour amorcer le virage du déconinement. 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Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.