Reflet de société /, 1 janvier 2019, Printemps 2019, Vol. 27, No 1
[" Vol.27 no1 printemps 2019 ReletdeSociété Un regard diférent sur notre société Stress et détresse 2 3 Éditorial Raymond VigeR www.raymondviger.wordpress.com Le suicide est la triste conclusion d\u2019une longue série d\u2019événements qui nous ont ébranlés.Chacun d\u2019eux laisse une marque, un signe d\u2019usure.Le rétablissement nécessite du temps, mais surtout une façon de vivre, pour arriver à en assumer l\u2019impact.Quelles sont les activités qui nous permettent de ventiler le tout ?Pour certains, l\u2019écriture est une forme d\u2019autothérapie.Pour d\u2019autres c\u2019est le sport, ou les rencontres entre amis, lesquels deviennent des con?dents.Quand les cicatrices sont profondes et sévères, il ne faut pas hésiter à se prévaloir d\u2019un soutien professionnel.Il n\u2019y a aucune honte à demander l\u2019aide d\u2019un ami ou d\u2019un professionnel pour traverser des périodes plus dif?ciles de notre vie.Les deuils Il se trouvera toujours des deuils à faire.Tôt ou tard, nos proches mourront.Un jour ou l\u2019autre, chacun de nous perdra son emploi ou devra prendre sa retraite.Notre corps va se fatiguer et s\u2019épuiser.Avec les années, certaines activités deviendront impossibles à accomplir.Parmi les facteurs qui accélèrent le vieillissement \u2013 ou favorisent l\u2019épuisement \u2013 se trouve le stress.Plusieurs études nous présentent le stress sous différentes formes et dans différents contextes.On dit que les étudiants sont stressés.Les hommes aussi.Les parents.Les femmes\u2026 Tout le monde y passe.Le stress Le stress est un ennemi sournois.Il s\u2019attaque à tous et chacun et nous ne pouvons pas l\u2019éviter.Essayer de le mettre dans un recoin de notre tête est sans doute la pire chose à faire.Comme un cancer émotionnel, doucement, mais sûrement, il reviendra commettre ses ravages, tisser des toiles d\u2019araignée un peu partout dans notre tête.Jusqu\u2019à ce que l\u2019on ne voie que du noir devant soi.Les dépendances Certaines activités peuvent mettre un baume temporaire sur ces émotions refoulées.Un verre d\u2019alcool, une soirée au casino, un peu de drogue\u2026 Le corps s\u2019habitue à ce qu\u2019on lui fournit.Pour ?nir, il nous en faudra toujours davantage pour enterrer notre malaise.Car il ne s\u2019agit pas de médicaments pour nous guérir, mais seulement de pansements pour cacher la gangrène qui s\u2019installe à notre insu en nous et qui nous tuera.D\u2019autres tenteront de fuir dans une religion, dans des excès de sport et quoi encore.Même les actions apparemment positives peuvent devenir comme une drogue de prédilection.Avec le temps, nous en redemanderons de plus en plus pour tenter d\u2019oublier notre souffrance intime.La dépendance est une maladie des émotions qui nous gruge de l\u2019intérieur.Elle détruira notre vie en nous prenant tout ce qu\u2019il nous reste.Parents, amis, travail, notre argent\u2026 jusqu\u2019à nos rêves qui ne deviendront qu\u2019une forme d\u2019illusion, un mirage dans le désert que sera devenue votre vie.Se prendre en main C\u2019est notre responsabilité de faire notre ménage intérieur régulièrement.Ne pas prendre à la légère les deuils, les échecs, les instants de crise que nous traversons.N\u2019oublions pas que le mot crise vient du grec et veut dire changement.C\u2019est à nous qu\u2019incombe la responsabilité de faire en sorte que ceux-ci ?nissent par être positifs.C\u2019est aussi notre responsabilité de tendre la main à un proche qui en aurait besoin.Mais surtout, c\u2019est important d\u2019accepter cette aide qu\u2019on nous offre.Consultez pour votre dépendance ou consultez pour prévenir le suicide.Peu importe sous quel angle vous traitez le malaise.Pourvu que vous preniez soin de vous.Cultiver son jardin Besoin d\u2019aide?1-866-appelle 1-866-277-3553 5 6 ReletdeSociété Service aux abonnés Changement d\u2019adresse 514-256-9000 info@re?etdesociete.com goo.gl/dE51DH 625 av De La Salle, Montréal, Qc H1V 2J3 Tél: 514-256-9000 \u2022 Fax: 514-256-9444 \u2022 Sans frais: 1-877-256-9009 info@reletdesociete.com \u2022 refletdesociete.com ISSN : 1711-7860 Directrice administrative Danielle Simard 514-256-9000 journal@journaldelarue.ca PUBLICITÉ ET COMMANDITE Éditeur / Rédacteur en chef Raymond Viger 514-256-9000 raymondviger@hotmail.com Collaborateurs Louise Gagné, Jean-Claude Leclerc, Nicole Viau, Pascale Cormier, Paméla Vachon, Catherine Caron Pupitre Simon-Claude Gingras Raymond Viger Correction Simon-Claude Gingras.Journalistes Jean-Marc Beausoleil, Delphine Caubet, Mélina Soucy, Charlotte Robec, Julie Fortier, Colin McGregor Infographie et conception graphique Danielle Simard Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non-lucratif qui a comme principale mission d\u2019aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.Membre: \u2022 Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) \u2022 Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) \u2022 Magazine Canada (CMPA) \u2022 Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) \u2022 Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d\u2019en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Relet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Relet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques socioculturelles (violence, santé, environnement, prostitution.).Nous proposons des solutions et des ressources.Le Journal de la Rue offre maintenant des obligations communautaires.Disponibles en multiples de 1 000$, elles peuvent vous faire obtenir des rendements de 1% à 6,5% d\u2019intérêts selon leur montant et leur durée.Façon concrète d\u2019aider une noble cause : l\u2019intervention auprès des jeunes marginalisés.Ne me jette pas, passe-moi à un ami 8,95$ l\u2019unité.Santé Le stress des hommes au travail En juin 2019, une étude menée par la Fondation pour la santé des hommes au Canada (FSHC) a révélé que 81% des hommes canadiens considèrent leur travail comme stressant, et que 60% déclarent qu\u2019il nuit à leur capacité à bien dormir.Le stress et le manque de sommeil peuvent causer des maladies cardiaques, du diabète de type 2, de l\u2019obésité, des maladies mentales (notamment la dépression), ou encore un niveau faible de testostérone et des dysfonctions érectiles.De nombreuses maladies chroniques peuvent être évitées grâce à de meilleures habitudes de vie telles que prendre une pause des écrans, surveiller son alimentation et sa consommation d\u2019alcool, ou encore aller marcher quelque temps, prendre des pauses, ou même simplement se lever de son bureau lorsque l\u2019on est au téléphone.Adam Kreek, médaillé d\u2019or olympique d\u2019aviron, est le porte-parole de la FSHC durant la Semaine de la santé des hommes au Canada.Il a lui-même expérimenté la pression durant sa carrière d\u2019athlète, et continue de subir un certain stress en tant que coach.Il l\u2019évacue notamment en faisant de la méditation, a?n de faire récupérer son cerveau.Pour lui, il est important de voir le stress comme « quelque chose qui nous motive », plutôt que comme une pression inutile.Maladie de Lyme La maladie de Lyme pourrait se propager du centre à l\u2019est du pays d\u2019ici 2070 à cause du réchauffe- 7 ment climatique.Les principales régions touchées seraient le sud du Québec, le nord de l\u2019Ontario, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve- et-Labrador.L\u2019augmentation de 2 ºC prédite pour les prochaines années serait suf?sante pour faciliter la reproduction des tiques, principaux agents de propagation de la maladie.Dans les 7 dernières années, le nombre de cas déclarés s\u2019est vu multiplié par six.La maladie de Lyme provoque des symptômes semblables à ceux d\u2019une grippe et elle n\u2019a pas causé de morts pour l\u2019instant.Les maladies infectieuses comme celle-là augmentent depuis les années 80 en raison des changements climatiques.Source : Agence Science-Presse C\u2019est bon pour le moral Les activités artistiques sont perçues comme une récompense par notre cerveau, selon une étude de l\u2019Université Drexel, aux États- Unis, parue le 13 juin 2017.L\u2019équipe de chercheurs a mesuré chez 26 personnes le ?ux sanguin dans la région du cerveau liée à la récompense.Les participants étaient observés pendant un total de 9 minutes alors qu\u2019ils coloriaient un mandala, puis gribouillaient dans un cercle, pour ?nir par une séance de dessin libre.Les scienti?ques ont noté que l\u2019activité la plus grati?ante biolo- giquement était le gribouillage, et ce, même si le sujet se considérait au départ comme étant un artiste.Après l\u2019expérience, les participants se sentaient plus créatifs et plus aptes à résoudre des problèmes.Le suicice Le suicide et la loi Le suicide a été décriminalisé en 1972.Avant cette date, une personne faisant une tentative de suicide était sujette à une sentence en vertu du Code criminel.Le suicide était considéré comme un meurtre prémédité.Après des débats légaux qui ont duré plus de 20 ans, le suicide assisté par un médecin a été décriminalisé le 6 février 2015 (affaire Sue Rodriguez, 1993).La loi permet dorénavant le suicide assisté à une personne adulte capable qui consent clairement à mettre ?n à sa vie ; et qui est affectée de problèmes de santé graves et irrémédiables (y compris une affection, une maladie ou un handicap) lui causant des souffrances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition.Le 17 juin 2016, quelques modi?ca- tions sont apportées à la loi, la rendant moins permissive.La personne admissible doit avoir au moins 18 ans, avoir un problème de santé grave et irrémédiable causant des souffrances physiques ou psychologiques permanentes qui lui sont intolérables.De plus, la personne doit être en état de déclin avancé et irréversible et sa mort naturelle doit être raisonnablement prévisible.Le suicide au Canada Le nombre de suicides par 100 000 habitants est le plus bas en Ontario avec un taux de 8,6.Dans les 10 provinces canadiennes, le Québec arrive au 7e rang avec un taux de 12,7.La Saskatchewan ferme le bal avec un taux de 14,2.Le Nunavut présente un taux de 63,9.Le suicide au Québec Le graphique comparant les taux de suicide au Québec, en Ontario et dans les autres provinces canadiennes démontre que le Québec se retrouvait en meilleure position jusqu\u2019en 1978.Après avoir rejoint l\u2019Ontario et les autres provinces, son taux de suicide n\u2019a cessé d\u2019augmenter jusqu\u2019en 1994, malgré de meilleurs résultats dans les autres provinces.Est-ce que les valeurs religieuses des Québécois ainsi que les conséquences légales de la commission de ce qui était un crime avant 1972 les motivaient à camou?er leurs suicides en accidents?Est-ce que cela expliquerait une telle augmentation ?Histoire Le ?eurdelisé Le 21 janvier 1948, le gouvernement de Maurice Duplessis adopte un drapeau of?ciel pour le Québec.Il utilise un drapeau religieux où les ?eurs de lys étaient orientées vers un Sacré-Cœur placé au centre, qui fut enlevé.Les ?eurs de lys pointant alors vers le vide, le chanoine Lionel Groulx proposa de les redresser. 8 Le stress d\u2019une jeune animatrice Par Mélina Soucy 9 Frisbee a 16 ans.Durant tout l\u2019été, la jeune animatrice entendra scander ce pseudonyme à tue-tête par son groupe d\u2019une quinzaine d\u2019enfants âgés de 7 et 8 ans.« Frisbee, Matis m\u2019a poussé! Frisbee, c\u2019est quoi ton vrai nom?Frisbee, j\u2019ai envie de faire pipi! », s\u2019exclament en canon les enfants, alors qu\u2019elle n\u2019a même pas encore ?ni de prendre les présences.Ces comportements sont évidemment typiques des enfants de cet âge.Certains d\u2019entre eux sont cependant spécialement identi?és sur les feuilles de présence de l\u2019animatrice vis-à-vis leur prénom.Jason, 7 ans, trouble du dé?cit d\u2019attention avec hyperactivité (TDAH).Matis, 8 ans, TDAH.Coralie, 8 ans, TDAH.Quatre lettres qui peuvent intimider lorsque l\u2019on ne connaît et ne comprend pas leur portée.« On a eu une formation d\u2019animateur de camp qui a duré deux jours, explique Frisbee.On a eu un segment d\u2019une heure sur les différents troubles du comportement, comme l\u2019autisme, le TDAH et le syndrome de Gilles de la Tourette, pour apprendre à les différencier.Le problème, c\u2019est qu\u2019il y a une différence entre la théorie et la pratique.Chaque jeune est unique et réagit différemment aux interventions.» Les nouveaux animateurs arrivent donc peu outillés lors de leur première journée.« Tu te dois de bien connaître les jeunes pour réagir de la bonne façon avec eux, souligne- t-elle.Ce n\u2019est pas facile, surtout en début d\u2019été.» Journée typique Après avoir réconforté 2-3 enfants qui ont eu le malheur de mettre de la crème solaire dans leurs yeux, Frisbee annonce le premier jeu.« Ok la gang, on va jouer à Bienvenue chez les Indiens! C\u2019est un jeu d\u2019élimination, ça veut dire que lorsque tu es éliminé, tu l\u2019es pour tout le temps de la partie », lance Frisbee.Bien que ce soit son premier emploi, on voit bien que l\u2019animatrice sait comment entraîner ses jeunes dans la forêt imaginaire où ils deviendront des Indiens pour un bref moment de leur matinée.Malheureusement pour Frisbee, certains membres de sa tribu ne réagissent pas bien face à la défaite.Coralie a 8 ans et a un TDAH.Elle n\u2019aime pas perdre, tout comme la majorité de ses compagnons de jeu.Mais contrairement à eux, Coralie a des réactions disproportionnées lorsqu\u2019elle est contrariée.Avant- dernière Indienne à tomber au combat, l\u2019enfant s\u2019enfuit en courant et en criant, frustrée d\u2019avoir été vaincue et suivant son impulsivité.« C\u2019est dif?cile de gérer des cas comme celui de Coralie, con?e Frisbee.Le meilleur truc demeure d\u2019apprendre à la connaître pour bien intervenir.» Après 5 semaines en compagnie de la jeune enfant souffrant d\u2019un TDAH, l\u2019animatrice réussit cependant à la calmer rapidement, puisqu\u2019elle sait qu\u2019en plus d\u2019avoir de la dif?culté à se concentrer, la jeune ?lle ne déjeune pas tous les matins et n\u2019a pas toujours un lunch.« Coralie, tu as le droit d\u2019être fâchée, consent Frisbee.La seule chose que je te demande, c\u2019est de me pointer un endroit où tu vas t\u2019asseoir pour te calmer.Quand tu iras mieux, tu rejoindras le groupe.» L\u2019animatrice constate avec surprise que son discours a fonctionné.« C\u2019est la pre- À 16 ans, les options de premier emploi sont limitées à cause d\u2019un curriculum vitæ peu étoffé.Travailler dans un fast-food, une épicerie ou dans une boutique deviennent les premières jobs occupées par les jeunes gens à la ?n de leur 4e secondaire.D\u2019autres opteront toutefois pour un emploi saisonnier plus animé qui comporte son lot de dé?s.« C\u2019est dif?cile de gérer des cas comme celui de Coralie, con?e Frisbee.Le meilleur truc demeure d\u2019apprendre à la connaître pour bien intervenir.» Animer, c\u2019est pas «juste» un jeu! 10 mière fois qu\u2019elle m\u2019écoute », révèle Frisbee avec soulagement.Pendant les cinq semaines précédentes, Coralie nécessitait parfois l\u2019intervention d\u2019une accompagnatrice, c\u2019est-à-dire une apprentie technicienne en éducation spécialisée, car elle avait tendance à s\u2019enfuir du parc.Frisbee n\u2019avait pas que Coralie qui souffrait de TDAH dans son groupe.Elle devait intervenir différemment avec deux autres petits garçons, d\u2019où la pertinence de bien connaître chacun de ses jeunes.Jason, de son côté, avait de la dif- ?culté à s\u2019intégrer quand son ami Matis n\u2019était pas là.Pour l\u2019aider, l\u2019animatrice devait partager avec les jeunes la passion de Jason : les voitures et l\u2019autodrome.Ainsi, lorsqu\u2019il n\u2019écoutait pas, elle n\u2019avait qu\u2019à intégrer ce thème dans son prochain jeu pour susciter son intérêt et son attention.La nouvelle animatrice ne voit pas, quant à elle, le TDAH comme un problème.« J\u2019en ai un moi aussi, révèle-t-elle.Je ne considère pas ça comme un trouble, car ça fait partie de nous.Ça rend même les enfants super attachants! » Débuts dif?ciles Les deux premières semaines de camp de jour ont été éprouvantes pour Frisbee.« Après ma première journée, je voulais partir, se rap- pelle-t-elle.« Les premières semaines qui ont suivi ont même renforcé ce sentiment que ce n\u2019était pas un emploi pour moi.C\u2019est très exigeant.» S\u2019assurer de la sécurité des enfants, de leur bien-être, de leur plaisir, ainsi que de la satisfaction des parents sont des tâches complémentaires, mais dif?ciles.« Les parents nous con?ent ce qu\u2019il y a de plus cher à leurs yeux, explique Frisbee, Ils s\u2019attendent à ce qu\u2019on en prenne soin comme si c\u2019étaient les nôtres.» « Si vous voulez passer un bel été, je vous assure qu\u2019il n\u2019y a pas de plus bel emploi saisonnier.Le TDAH, j\u2019en ai un moi aussi, je ne considère pas ça comme un trouble 11 Dificultés liées à la DPJ Les signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont une autre réalité à laquelle les jeunes animateurs ne sont pas nécessairement préparés à faire face à leur âge.« Je n\u2019ai pas craint souvent pour la vie des enfants, parce que parfois ils vont dire des choses inquiétantes, mais il est dif?cile de savoir ce qui se passe pour vrai seulement avec ce qu\u2019ils disent, explique Polochon, responsable du parc où Frisbee travaille.Il est toutefois important de faire le signalement pour s\u2019assurer que l\u2019enfant soit en sécurité.» Le responsable, dans la vingtaine, ajoute que c\u2019est dur pour le moral de faire un signalement, car la DPJ ne fait pas de suivi avec le camp après son enquête.« Il y a deux ans, une animatrice des enfants de 5 ans s\u2019est fait dire des choses inquiétantes par un de ses jeunes.On a donc posé des questions ouvertes à l\u2019enfant pour ne pas lui mettre les mots dans la bouche.Nous avons également rencontré sa sœur.Ça s\u2019est terminé par un signalement.» « Aucune nouvelle par la suite.» Avec le temps, l\u2019adolescente a pris con?ance en elle et af?rme même qu\u2019elle reviendra animer l\u2019été prochain.« On s\u2019attache aux jeunes à force d\u2019en prendre soin comme des nôtres, fait valoir l\u2019animatrice avec des yeux encore remplis de bonheur.Ce n\u2019est pas facile, mais c\u2019est l\u2019fun d\u2019avoir un emploi où tu sens que tu as un impact concret et positif sur la vie de quelqu\u2019un qui en a besoin.» Il n\u2019y a pas de premier travail aussi formateur que celui-ci, d\u2019après l\u2019animatrice.« Si vous voulez passer un bel été, je vous assure qu\u2019il n\u2019y a pas de plus bel emploi saisonnier.» « En plus de m\u2019avoir fait grandir, il m\u2019a fait lier de nouvelles amitiés avec les autres animateurs.J\u2019ai passé le plus bel été de ma vie! » 12 Sophie a un désintérêt pour tout ce qui l\u2019entoure.Sortir avec ses amis l\u2019intéresse de moins en moins et elle est tellement fatiguée qu\u2019elle ne pourrait faire que dormir toute la journée.Soyons sincères, Sophie est malheureuse.Lorsqu\u2019elle consulte son médecin, le verdict tombe : Sophie est dépressive.La dynamique Sophie, qui au secondaire faisait du sport, du bénévolat et allait à toutes les fêtes, voit maintenant la vie en gris.Sophie n\u2019a jamais vécu de traumatisme dans sa vie.Mais la dépression est une maladie insidieuse qui trouve son origine dans plusieurs facteurs.Facteurs biologiques Parmi les causes de la dépression se trouve un débalancement chimique du cerveau.La sérotonine est le messager du cerveau.Ce neurotransmetteur in?ue sur des fonctions physiologiques comme le sommeil autant que sur les comportements psychologiques tels l\u2019agressivité ou encore les comportements alimentaires et sexuels.Et lorsque son niveau est bas, il est responsable de certaines dépressions, particulièrement celles avec suicide.Le rôle des neurotransmetteurs est de faire communiquer les neurones entre eux.Les antidépresseurs agissent comme des aides-messagers pour aider les neurones à recevoir toute l\u2019information.Mais la chimie du cerveau est complexe et la sérotonine n\u2019est qu\u2019une piste parmi d\u2019autres.Des études ont montré que des patients déprimés ou suicidaires montraient une hypersécrétion des hormones du stress comme le cortisol.Chez une personne en bonne santé, lors d\u2019une situation de stress, une réaction en chaîne se produit dans le corps qui aboutit à la libération de cortisol.Et une fois en excès, cette hormone stoppe la réaction en chaîne pour mettre ?n au niveau d\u2019alerte maximale du corps.Mais des médecins ont constaté que chez des patients déprimés, la réaction en chaîne ne s\u2019arrête plus malgré le cortisol qui lève le drapeau blanc.Le rôle de certains antidépresseurs sert alors à renverser l\u2019hypersécrétion des hormones de stress pour ramener le niveau d\u2019alerte du corps à la normale.Facteurs psychologiques Mais la dépression ne peut être réduite à un simple débalancement chimique du cerveau.Nos réactions face à une situation de peur, de stress ou de danger sont réglées en fonction de nos expériences passées.Le mental in?ue sur le biologique, pourrait-on dire.Si, pendant sa jeunesse, un enfant a reçu majoritairement des commentaires négatifs ou rabaissants, il y a de fortes chances pour qu\u2019il ait une vision négative.Face à une situation analogue, le facteur psychologique peut expliquer pourquoi une personne peut tomber en dépression et pas une autre.Facteurs environnementaux Pour Sophie, la dépression a eu un événement déclencheur.En réalité, son année a été plutôt dif?cile.Suite au décès de sa mère, elle a également perdu son emploi.En plus de sa tristesse, elle se retrouve avec des revenus en moins et un cercle social partiellement bouleversé.Sport, méditation en alternative Après plusieurs consultations avec son médecin, Sophie a ?nalement trouvé un traitement pour l\u2019aider à aller mieux.En fait, au bout de deux semaines, elle se sent déjà rétablie et décide d\u2019arrêter son traitement.Elle est guérie ! Mais la rechute ne se fait pas attendre et comme son médecin l\u2019a répété, l\u2019arrêt se fera progressivement et avec soutien psychologique.À son plus grand étonnement, son médecin lui conseille même de pratiquer un sport et\u2026 la méditation! Plutôt scienti?que, Sophie s\u2019est interrogée pour comprendre comment la méditation pouvait l\u2019aider à guérir.Plusieurs fois par semaine, Sophie a enchainé 30 minutes de course avec 30 minutes de respiration.En se conformant toujours à une consigne stricte de son entraîneur : faire les choses à son La dépression Par DelPhine caubet 13 L\u2019état de stress post-trau- matique apparaît après un événement traumatisant qui a mis en jeu la vie ou l\u2019intégrité physique d\u2019une personne.Elle a ressenti durant cet événement une peur extrême et de l\u2019impuissance.Le cas des militaires revenant de la guerre est l\u2019exemple le plus médiatisé, mais les victimes d\u2019actes criminels sont tout aussi susceptibles d\u2019en souffrir.Confrontées au même événement traumatique, les femmes auraient davantage de risques de souffrir de cet état.Les causes ne sont pas encore claires.Les personnes af?igées par cet état revivent constamment l\u2019événement traumatisant.Que ce soit un accident de voiture, une agression sexuelle.Leur cerveau est constamment sur le qui-vive, comme si leur vie était constamment en danger, même lorsque ce n\u2019est plus le cas.D\u2019autres pathologies se couplent au TSPT.Les patients souffrent souvent de dépression, d\u2019anxiété, de problèmes sexuels, de drogues, etc.La consommation de stupé?ants est d\u2019ailleurs un élément récurrent des victimes qui cherchent une échappatoire pour sortir de cet état de peur, mais à long terme, ces substances ne font qu\u2019accentuer l\u2019anxiété et la dépression.Toutefois, les symptômes peuvent se présenter parfois plusieurs mois ou années après le traumatisme.Un événement déclencheur sera à l\u2019origine du basculement (anniversaire du trauma, mise à la retraite, etc.).Les personnes souffrant du TSPT veulent généralement revenir « comme c\u2019était avant ».Elles voudraient supprimer ces souvenirs, chose impossible.Il est nécessaire de consulter un professionnel de la santé pour tenter de trouver un nouvel équilibre.Un patient sur deux se remettrait spontanément d\u2019un état de stress post-traumatique en deux ans environ.Pour les autres, l\u2019état devient chronique.rythme, mais toujours focaliser sur le présent, comme sa respiration, le travail des muscles\u2026 et oublier le monde en dehors de ce moment.Une fois revenue à la réalité, Sophie le reconnait, ces séances apparaissent comme une bouffée d\u2019air frais, même si les premiers temps ont été dif?ciles physiquement.Et comme son médecin le lui a appris, les symptômes sont réduits en moyenne de 40% grâce au sport et à la méditation.En effet, l\u2019exercice physique augmenterait le nombre de neurones et l\u2019apprentissage les garderait en vie.Mais la méditation et le sport ne sont pas des formules magiques ou une réponse mystique.Pendant sa pratique, Sophie ralentit ou stoppe la rumination mentale des événements du passé qui l\u2019ont marquée.Elle se donne une pause.Comprendre le stress post-traumatique (TSPT) Par DelPhine caubet Les personnes af?igées par cet état revivent constamment l\u2019événement traumatisant. 14 La ronronthérapie, vous connaissez?Si vous êtes l\u2019heureux propriétaire d\u2019un chat, il y a des chances que oui, sans le savoir.Même chose si vous êtes de ceux qui regardent en boucle sur Internet des vidéos de chatons trop mignons qui vous font pousser d\u2019incontrôlables « hooon » avec une voix suraiguë et un sourire béat.Si vous avez l\u2019impression que le ronronnement de votre chat (ou celui du voisin, que vous vous retenez de kidnapper \u2013 le chat, pas le voisin) vous apaise, vous n\u2019hallucinez pas : ses effets bénéiques sur la santé psychologique des humains ont été scientiiquement prouvés.Selon plusieurs études présentées dans le livre Tout sur le chat, de Joël Dehasse, vétérinaire belge et coach en comportement animal, les propriétaires de félins seraient même en meilleure santé psychologique que ceux qui n\u2019en possèdent pas! Le ronronnement de nos boules de poils aurait notamment le pouvoir de : \u2022 Diminuer le stress et l\u2019anxiété ; \u2022 Favoriser le sommeil ; \u2022 Abaisser la pression sanguine ; \u2022 Améliorer l\u2019humeur et chasser les idées noires.Le vétérinaire toulousain Jean- Yves Gauchet, inventeur oficiel du terme ronronthérapie, afirme que le ronronnement agit chez l\u2019humain comme un médicament sans effet secondaire.Il explique: « C\u2019est par le tympan, mais aussi par les corpuscules de Pacini, des terminaisons nerveuses situées au ras de la peau, que nous percevons le ronron, qui émet des fréquences basses situées entre 20 et 50 hertz.Ces fréquences transmettent des pensées positives et de bien-être à notre cerveau : ce doux bruit entraîne une production se sérotonine, l\u2019hormone du bonheur, impliquée dans la qualité de notre sommeil et de notre humeur.» Ces vibrations émises par le ronronnement du chat sont même utilisées en kinésithérapie, où elles sont reproduites pour accélérer la cicatrisation osseuse.Et lorsque la musique d\u2019un ilm vous touche, vous perturbe, vous émeut, vous calme, bref, lorsqu\u2019elle vous fait vivre des états d\u2019âme ou induit en vous des émotions particulières, ce sont aussi ces vibrations qui sont en jeu.Bref, le ronronnement, « c\u2019est un puissant antistress, régulateur de la tension artérielle, boosteur des défenses immunitaires et un soutien psychomoteur », afirme la journaliste et auteure Véronique Aïache, dans son livre La ronronthérapie.À Tokyo, où les cafés félins abondent, certaines compagnies (dont Ferray, une entreprise en informatique) permettent d\u2019ailleurs aux employés d\u2019amener leur chat au travail pour diminuer leur stress et favoriser leur créativité.À quand une « politique du chat au bureau » au Québec?Zoothérapie contre le stress Par catherine caron Quelques livres sur le sujet : * Mon chat et moi, on se soigne, de Jean-Yves Gauchet ; * La Ronronthérapie, de Véronique Aïache ; * Tout sur les chats, de Joël De- hasse ; * Le livre qui ronronne, de Gilles Diederichs À Tokyo, certaines compagnies permettent d\u2019ailleurs aux employés d\u2019amener leur chat au travail pour diminuer leur stress et favoriser leur créativité. 15 16 Stress, anxiété, dépression\u2026 La vie des étudiants n\u2019est pas de tout repos, et leur santé mentale semble en danger.Un phénomène qui inquiète de plus en plus les professeurs et les médecins, et dont on entend beaucoup parler à l\u2019université comme ailleurs.En 2016, le National College Health Association a mené un sondage auprès des étudiants canadiens de niveau postsecondaire à propos de leur santé mentale.Cette enquête a révélé plusieurs faits inquiétants.En effet, 44,4% des personnes interrogées ont déclaré avoir éprouvé au cours des 12 derniers mois de puissants symptômes de dépression, qui les empêchaient de fonctionner normalement, et 18,4% ont été diagnostiqués et traités par un professionnel pour des problèmes d\u2019anxiété.De plus, 13% ont envisagé le suicide, et 2,1% ont fait une tentative.Des chiffres alarmants, qui révèlent un problème profond au sein de toute la communauté étudiante.Au Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) de l\u2019Université de Montréal (UdeM), le nombre de consultations a augmenté ces dernières années : entre 2016 et 2019, il est passé de 10 500 entrevues à 13 500, selon Virginie Allard-Cameus, directrice du Centre.Motifs pour consulter D\u2019après Christelle Luce, psychologue clinicienne au CSCP, les motifs de consultation des étudiants sont divers, mais certains sont plus fréquents que d\u2019autres, notamment les symptômes anxieux ou dépressifs ou encore les conduites addic- tives avec des substances telles que l\u2019alcool ou le cannabis.Mais d\u2019autres raisons peuvent pousser les étudiants à consulter un spécialiste : une séparation, une déception au niveau des études, des dif?cultés sexuelles\u2026 Ce sont des épisodes douloureux, en particulier pour des étudiants souvent jeunes.Les études entraînent aussi parfois, pour certains, une situation d\u2019isolement.À Montréal, de nombreux étudiants sont originaires d\u2019autres villes, voire d\u2019autres pays.Ils sont parfois loin de leur famille, de leurs proches, et l\u2019adaptation peut s\u2019en trouver plus dif?cile.Crises de panique Camille, étudiante de 18 ans en première année de baccalauréat de sciences biomédicales à l\u2019UdeM, a elle-même rencontré quelques dif?cultés, dues notamment à ses études.Elle raconte avoir été sujette plusieurs fois à des crises de panique avant les examens, et s\u2019être posé de nombreuses questions quant à son futur pendant ces périodes.Elle ajoute aussi que lors de ses moments de détente avec ses amis, elle s\u2019est de temps en temps tournée vers l\u2019alcool et le cannabis a?n de décompresser et de mieux gérer le stress amené par l\u2019université.Elle a aussi envisagé de prendre des dopants forts tels que la Ritaline, mais s\u2019est contentée de dopants doux, comme le café.Partout pareil Mais ce phénomène est loin de s\u2019arrêter à la frontière canadienne.Constance, étudiante de 19 ans en première année de médecine en France (qu\u2019elle passe pour la deuxième fois), rencontre elle aussi des problèmes de stress intense.Avant les examens à passer chaque semestre, elle se retrouve également confrontée à des crises de panique.Elle explique que « cela demande une grande force mentale de réussir à tout donner dans un laps de temps dé?ni pour une épreuve décisive que l\u2019on révise depuis longtemps ».Elle a d\u2019ailleurs déjà failli se faire prescrire des antidépresseurs, non pas pour des problèmes de dépression, mais pour des problèmes de stress.Mais elle ne l\u2019a ?nalement pas fait, et préfère gérer ce stress avec des techniques naturelles telles que le sommeil, la méditation, les exercices de respiration, ou encore le sport.Malheureusement, il n\u2019existe aucune technique magique pour se débarrasser du stress.Mais les moments de détente, la méditation, et si besoin, les médicaments, peuvent être d\u2019une grande aide, surtout pour de jeunes étudiants.Les mesures prises par les organismes scolaires peuvent aussi apporter un soutien.Étudiants en détresse Par charlotte robec 17 À l\u2019UdeM, beaucoup d\u2019initiatives ont été mises en place pour aider ceux qui en ont besoin.Le programme Sentinelles, par exemple, consiste à faire en sorte qu\u2019il y ait dans chaque unité administrative au moins un membre du personnel vers qui se tourner le cas échéant et qui saura écouter et orienter l\u2019étudiant vers la ressource dont il a besoin.Il ne reste plus qu\u2019à espérer que les différents projets mis en place dans les structures postse- condaires soient ef?caces et offrent une véritable aide.Reprendre ses études Lorsque l\u2019on parle des étudiants, on pense souvent à de jeunes adultes de 18 à 25 ans.Mais la population étudiante est en réalité bien plus diverse.Certains sont des adultes en reprise d\u2019études et les problématiques qu\u2019ils rencontrent peuvent être différentes.Beaucoup doivent apprendre à concilier leur vie familiale et leur vie étudiante, tout en se retrouvant au milieu d\u2019une population plus jeune, ce qui n\u2019est pas toujours simple.Il faut aussi se réadapter à un environnement scolaire après l\u2019avoir quitté pendant des années.Tous ces facteurs sont susceptibles de contribuer à un mal-être pour ces personnes.Amélie, notamment, a repris ses études en journalisme à l\u2019UdeM tout en ayant une famille à charge.Elle explique ressentir une grande différence entre les périodes de cours et les périodes de congé : « Je suis beaucoup plus détendue lorsque je suis en vacances, au moins jusqu\u2019à quelques jours avant de retourner en cours \u2013 je redeviens alors un peu nerveuse.Je suis aussi plus disponible pour ma famille, et généralement de meilleure humeur.» Un stress intense Elle a d\u2019ailleurs reçu un diagnostic pour un trouble anxieux généralisé, et a développé des techniques a?n de mieux gérer son angoisse.Cependant, cela devient plus dif?- cile pendant les périodes où elle a beaucoup de choses à faire qui sont très stressantes.En effet, les périodes d\u2019examens et de ?n de session de l\u2019université sont des moments particulièrement éprouvants pour elle.Chaque session, elle redoute les trois ou quatre dernières semaines de cours, qui sont les plus stressantes, et elle con?e que « la vie à la maison est beaucoup plus dif?cile dans ces moments ».Après la naissance de sa ?lle, Amé- lie a fait face à une dépression postpartum.Elle est retournée à l\u2019université seulement un an plus tard, et elle explique qu\u2019elle était encore un peu submergée par toutes les tâches qu\u2019elle devait accomplir.« Je souhaitais performer partout, dans ma vie personnelle comme à l\u2019école », raconte-t-elle.Gérer son angoisse Sa technique de gestion du stress consiste à diviser ce qu\u2019elle a à faire en plusieurs petites tâches, ce qui lui donne l\u2019impression d\u2019avancer.Elle essaie aussi de sortir s\u2019aérer lorsqu\u2019il fait beau, a?n de ré?échir calmement quelques minutes.Son médecin lui a également prescrit des anxiolytiques, qu\u2019elle prend lors de ses rares crises de panique, et qu\u2019elle apprécie d\u2019avoir à sa disposition en cas de besoin.Conciliation études et famille Elle avoue ressentir un certain décalage avec les autres étudiants, car le rythme de vie n\u2019est pas le même.Elle a réussi à tisser des liens avec certains, mais il est impossible pour elle, par exemple, d\u2019aller boire un verre à la sortie des cours aussi souvent que les autres, ou de participer activement à la vie universitaire.Cependant, elle précise qu\u2019elle s\u2019y attendait et que ce n\u2019est pas une surprise.Pour Amélie, concilier vie étudiante et vie familiale est « un gros dé?».C\u2019est parfois dif?cile sur le plan ?nancier, ou au niveau de l\u2019aménagement de l\u2019horaire avec les enfants.« Mais j\u2019aime tellement ce que je fais maintenant que ça compense.Je me sens beaucoup plus épanouie depuis que j\u2019ai décidé de retourner étudier dans un domaine qui me passionne », conclut-elle. 18 Certains étudiants connaissent de mauvaises expériences avec les études : stress, anxiété, dépression, la liste de leurs problèmes est longue.Mais d\u2019autres apprécient cette période, ou l\u2019ont appréciée, malgré le stress qu\u2019elle peut provoquer.De nombreux facteurs entrent en jeu lorsqu\u2019il s\u2019agit de la manière dont chacun vit la période de ses études.L\u2019intérêt que l\u2019on porte à ce que l\u2019on étudie, tout d\u2019abord, in?ue grandement.Delphine, Française, a effectué ses études supérieures au Québec, à l\u2019Université de Montréal.Elle a commencé par un baccalauréat en sciences politiques, ce dont elle rêvait depuis des années, puis a enchaîné avec un diplôme d\u2019études supérieures spécialisées (DESS) en journalisme.Faire ses choix Elle explique avoir bien vécu ses études, car elle aimait ce qu\u2019elle faisait.Le système d\u2019enseignement français ne lui convenait pas, et elle a préféré le système québécois, qui laisse plus de liberté aux étudiants.Apprendre par cœur la dérangeait moins, car ce qu\u2019elle apprenait l\u2019intéressait, ce qui facilitait son apprentissage.Julie, Française elle aussi, possède une maîtrise en histoire, ainsi qu\u2019un master dans les médias, qu\u2019elle a complétés en France.Elle a toujours voulu faire du journalisme.Elle con?rme qu\u2019aimer ce qu\u2019elle étudiait et savoir ce qu\u2019elle voulait faire ont été des facteurs de réussite et d\u2019appréciation de cette période.Les professeurs jouent aussi un rôle dans la façon dont les élèves vivent leurs études.Lisa, qui a étudié pendant cinq ans à l\u2019IEP (Institut d\u2019études politiques) de Toulouse, en France, raconte que ses professeurs étaient pour la plupart très stimulants : « la majorité était drôle et sympathique, c\u2019est un aspect qui donne envie d\u2019aller en cours ».Gérer la pression Mais le fait d\u2019apprécier ses études ne dissipe pas totalement le stress généré par l\u2019université.Il faut alors savoir comment gérer ce stress.Pour Delphine, ce sont ses amis en sciences politiques qui l\u2019ont aidée.Ils révisaient et préparaient leurs travaux dirigés ensemble, ou se les faisaient corriger les uns par les autres.Lisa, quant à elle, a trouvé sa première année à l\u2019IEP plus stressante que les suivantes.Le décalage avec le lycée était très marquant, et la quantité de travail à fournir était lourde.A?n de se détendre, elle ne sortait pas beaucoup, et privilégiait la lecture et les ?lms.Mais surtout, c\u2019est le sport, et en particulier la natation, qui l\u2019a aidée à se défouler et à mieux gérer la pression.Personne ne vit sa scolarité de la même manière.Mais aimer ce que l\u2019on fait, avoir des professeurs compétents et sympathiques, organiser son temps de travail et gérer son stress aide souvent à mieux apprécier cette période Aimer ses études Par charlotte robec 19 20 Stressant, être parent?Par Julie Fortier, responsable éditoriale, Naître et grandir Stress, dépression, burnout\u2026 Ce sont maintenant des mots que l\u2019on retrouve souvent dans les articles qui traitent de parentalité.Ils suscitent aussi beaucoup de réactions de la part des parents sur les réseaux sociaux.De l\u2019extérieur, on peut se demander si ça va mal à ce point sur la planète parents.Bien sûr que non, mais ça pourrait aller mieux.Course contre la montre\u2026 Est-ce le manque de temps qui cause le plus de stress aux parents?Les facteurs de stress varient d\u2019une personne à l\u2019autre, mais ce serait l\u2019impression de ne pas avoir le contrôle sur le temps - plutôt que le manque de temps en soi - qui serait stressante.Or, cette sensation de manquer de temps, plusieurs parents d\u2019aujourd\u2019hui la ressentent, comme le démontrent les statistiques.Selon un récent rapport de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ), 20 % des parents ont dit ressentir une « forte pression liée au manque de temps ».Avoir du temps pour soi a aussi été identi?é comme une des trois situations les plus dif?ciles par 46 % de parents d\u2019enfants de 0 à 2 ans, rapporte une étude menée auprès de 1 126 mères et 160 pères par le Réseau des Centres de ressources périnatales du Québec.De plus, 62 % des parents considèrent la conciliation famille-tra- vail comme une source de stress importante, révèle un récent sondage réalisé pour l\u2019Observatoire des tout- petits.Selon d\u2019autres chiffres de l\u2019ISQ publiés en 2016, 37 % des parents ont aussi af?rmé être épuisés quand arrive l\u2019heure du souper et 55 % ont dit manquer de temps libre pour eux. 21 Trop de pression?L\u2019engagement des parents d\u2019au- jourd\u2019hui dans leur vie de famille peut aussi faire augmenter le niveau de stress.Pas étonnant que le terme burnout parental ait fait son apparition il y a quelques années.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un trouble of?cielle- ment reconnu, mais il a été étudié sérieusement par des chercheuses belges.Plusieurs parallèles peuvent d\u2019ailleurs être faits avec le burnout professionnel, selon le psychologue du travail Nicolas Chevrier.Comme il l\u2019explique, les exigences que s\u2019imposent les parents, les mères surtout, alors qu\u2019ils n\u2019ont pas les ressources nécessaires (temps, argent, humeur stable\u2026), peuvent causer du stress.Et lorsque le stress devient chronique, il peut mener à l\u2019épuisement.À la recherche de solutions Oui, il existe des solutions pour aider les parents, et elles sont connues.Plus de mesures de conciliation travail-famille (et des parents qui s\u2019autorisent à les utiliser quand ils y ont droit), un meilleur partage des tâches ménagères, des soins aux enfants et de la charge mentale entre les parents, un meilleur accès aux professionnels de la santé et aux psychologues font, entre autres, partie des moyens souvent cités.Diminuer les attentes que l\u2019on s\u2019impose comme parent, briser l\u2019isolement, demander de l\u2019aide aux proches, prendre du temps pour soi sont aussi des conseils souvent donnés pour faire diminuer le stress et prévenir la détresse parentale.Aller chercher du soutien, surtout quand on n\u2019a pas la chance d\u2019être bien entouré, est une autre façon de faire baisser la pression.Malheureusement, 25 % des parents d\u2019enfants de 0 à 5 ans ne connaissent pas les ressources offertes dans leur région, selon des données de l\u2019ISQ.Peut-être que les jeunes parents ont aussi le ré?exe de se tourner davantage vers les réseaux sociaux pour trouver des solutions.Les groupes de parents sur Internet peuvent d\u2019ailleurs être positifs, selon la spécialiste du stress Sonia Lupien.Quand les parents vivent des moments dif?ciles, les encouragements et conseils des autres peuvent donner « l\u2019impression de reprendre du contrôle sur la situation », explique-t-elle.Un sujet encore tabou?Évidemment, quand on a l\u2019impression de sombrer, que plus rien ne va, il est important d\u2019aller chercher de l\u2019aide professionnelle.Plusieurs cas de dépression postnatale ne seraient d\u2019ailleurs pas diagnostiqués ou traités.Bien des femmes taisent leur détresse parce qu\u2019elles ont peur de passer pour de mauvaises mères.Comme en témoignent les nombreuses réactions que suscitent ceux de mes textes qui traitent de dépression chez les mères, juste en parler semble faire énormément de bien.Souvent, les commentaires se résument à « merci de mettre des mots sur comment je me sens ». 22 Pour ceux et celles qui n\u2019ont pas pu y être, voici le texte du discours que j\u2019ai prononcé le 1er septembre 2017, dans le cadre du grand Kiss-in de la Fête Arc-en-ciel de Québec sur le parvis du Palais Montcalm, place D\u2019Youville.Je suis née à Sainte-Foy à une autre époque, sous une autre armure, dans un autre monde.J\u2019ai fait un long détour pour arriver jusqu\u2019à moi.Un demi-siècle plus tard, je suis née une deuxième fois à Québec, sur la scène du Tam-Tam Café, dans le quartier Saint-Roch, à deux pas de chez Jos Dion.Je me suis avancée au micro, fardée, parfumée, paddée, vêtue de ma plus belle robe et de mes bijoux en toc, et j\u2019ai dit : « Je suis venue pour tuer la honte.» Et la honte est morte ce soir-là.La première fois que je suis née, j\u2019étais un garçon.En tout cas, j\u2019avais l\u2019air d\u2019en être un.C\u2019est ce que le médecin a dit à mes parents : « Félicitations, vous avez un beau garçon.» Ils étaient contents! Pensez donc : leur premier enfant, et en plus, c\u2019était un garçon.C\u2019était dans les premières années de la Révolution tranquille.Les idées sur l\u2019éducation sentaient encore l\u2019encens d\u2019église.Dieu avait dit : « Tu seras un homme, mon ?ls.» Dans mon cas, Il aurait aussi bien pu dire « ma ?lle ».Dieu se trompait parfois.C\u2019est drôle, je suis née deux fois à Québec, mais je n\u2019y ai jamais habité.Je n\u2019avais pas six mois quand mes parents ont déménagé à Ma- tane; j\u2019avais huit ans quand on est partis vivre à Yaoundé, au Cameroun; et j\u2019en avais treize quand on est rentrés au pays pour s\u2019établir à Montréal, où j\u2019ai vécu les pires et les plus belles années de ma vie.Les trois premières, à notre retour d\u2019Afrique, ont été de loin les plus atroces.J\u2019allais à la polyvalente Lucien-Pagé, un énorme bunker où s\u2019entassaient plus de deux mille élèves.J\u2019avais un drôle d\u2019accent, de drôles de manières, et j\u2019étais bonne élève, polie, bien élevée, très appréciée des profs et de la direction : autrement dit, j\u2019avais toutes les qualités requises pour me faire des amis à cet âge-là\u2026 J\u2019ai milité pour bien des causes dans ma vie, sauf pour celle qui me touchait de plus près.Il faut dire qu\u2019à Matane, dans les années 1960, personne n\u2019avait jamais entendu parler de dysphorie d\u2019identité de genre ni de transidentité.J\u2019étais censée être un gars, et tout ce qu\u2019on me répétait, c\u2019est : « Fais un homme de toi! Bats-toi comme un homme! » J\u2019ai fait de mon mieux, mais je n\u2019étais pas taillée pour le rôle.Plus tard, mes années de polyvalente m\u2019ont fait comprendre que j\u2019avais intérêt à dissimuler ma féminité si je voulais rester en vie.C\u2019était comme ça, à l\u2019époque : être gai ou transgenre, c\u2019était vivre caché, dans la honte et la peur, et ça se terminait souvent par un suicide.Je salue toutes les personnes qui ont eu le courage de se lever, et d\u2019affronter une société hostile et des lois injustes, pour que nous puissions vivre dans la dignité.C\u2019est grâce à elles si je suis vivante, aujourd\u2019hui, et si je peux en?n m\u2019assumer au grand jour.Au début de la trentaine, j\u2019ai déménagé à Hull où ma vie a pris un heureux tournant.J\u2019y suis devenue traductrice, un métier qui m\u2019a permis de gagner correctement ma pitance sans sortir de chez moi.Et surtout, j\u2019y ai rencontré la mère de ma ?lle, avec qui j\u2019ai vécu pendant treize ans.Nous nous sommes séparées depuis, mais voir grandir ma ?lle et m\u2019occuper d\u2019elle a été \u2013 et demeure \u2013 la plus grande joie de mon existence.Elle a maintenant vingt ans, et nous sommes devenues les meilleures copines du monde.Quand je lui ai annoncé ma transition, il y a cinq ans, elle a très bien réagi.Elle n\u2019a soulevé qu\u2019une objection : elle ne voulait pas perdre son papa.J\u2019ai Comment Rimbaud m\u2019a sauvé la vie Par PaScale corMier J\u2019avais intérêt à dissimuler ma féminité si je voulais rester en vie. 23 acquiescé de grand cœur : après tout, quelle ?lle a besoin d\u2019une deuxième maman?Nous magasinons souvent ensemble, elle et moi, et nous prenons un malin plaisir à regarder la tête des autres clientes quand elle me lance, à travers la porte d\u2019une cabine d\u2019essayage : « Et puis, papa, est-ce qu\u2019elle te fait, la robe?» Avec tout ça, je ne vous ai pas encore raconté comment Rimbaud m\u2019a sauvé la vie.À quatorze ans, alors que je touchais le fond du désespoir et que je comprenais de moins en moins qui j\u2019étais, la poésie m\u2019est apparue comme un miracle.Comme si les nuages s\u2019étaient déchirés d\u2019un coup pour laisser entrer la lumière.Rimbaud, surtout, a été un vrai coup de foudre.Il écrivait : « Je est un autre.» Je n\u2019avais jamais rien lu d\u2019aussi vrai, d\u2019aussi profond, d\u2019aussi sensé.Je ressentais tellement cette phrase! Il me semblait qu\u2019elle s\u2019adressait directement à moi.Il écrivait aussi : « La vie est ailleurs.» Ça m\u2019ouvrait une fenêtre sur l\u2019espoir.J\u2019ai décidé à ce moment-là que je voulais « être poète », comme si c\u2019était une identité en soi.Puisque je n\u2019en avais aucune, je me suis accrochée à celle-là.Ça m\u2019a donné un but, une raison d\u2019être, une motivation pour continuer.Sauf qu\u2019on ne peut pas tricher avec la poésie : avant d\u2019être poète, il faut d\u2019abord être quelqu\u2019un, avoir une identité forte et assumée.C\u2019est pourquoi, malgré ma passion dévorante pour cet art, j\u2019ai mis tant d\u2019années à trouver ma propre voix.C\u2019est seulement en amorçant ma transition, à cinquante ans, que j\u2019ai cessé de vouloir « être poète » et que j\u2019ai commencé à écrire des poèmes.J\u2019ai publié mon premier recueil en 2014, et ça a été comme une troisième naissance.Je pouvais en?n dire qui j\u2019étais vraiment.Le Chant des sirènes [extrait de : La ?lle prodigue, poésie, Éditions de l\u2019étoile de mer, 2014, au- teure : Pascale Cormier] Les sirènes sont cruelles parce qu\u2019elles n\u2019ont pas de sexe et moi je vis sur le lit d\u2019une ancienne mer auprès d\u2019épaves désertées je serais une princesse j\u2019aurais une robe d\u2019azur et de lumière un reste d\u2019avenir des yeux pour me mirer ai-je été ce garçon trop sage?je m\u2019en souviens à peine j\u2019habitais une théière le ciel était si haut plus j\u2019étouffe le feu plus il me dévore je m\u2019enfonce peu à peu dans ma chair je m\u2019avale par l\u2019intérieur de pierre en pierre nuit après nuit je ne trouve que cendres et nulle part où aller je n\u2019ai que des re?ets d\u2019images des ruines de châteaux mon seul naufrage intime je rêvais d\u2019être belle. 24 Dans un article publié en 2012 (Re?et de société Vol.20 no3), Luc Dupont présentait Refus global, ce texte considéré par plusieurs comme la pierre d\u2019assise de la Révolution tranquille.Son in?uence allait en fait s\u2019étendre autant sur la société québécoise que sur l\u2019univers de l\u2019art en général, comme nous le rappelle Jean-Marc Beausoleil.Par le truchement d\u2019une entrevue avec le galeriste Simon Blais, il se penche ici sur la pérennité de l\u2019importance du manifeste, soixante-dix ans après sa parution, et rappelle le courage de ses signataires et les sacri?ces qu\u2019ils ont dû consentir à leurs idéaux. 25 Je me souviens du Refus Global Par Jean-Marc beauSoleil « Je n\u2019existerais pas sans les peintres du Refus Global », déclare Simon Blais, propriétaire, fondateur et directeur de la prestigieuse galerie qui porte son nom.Ayant mis sur pied, en 2018, une expo qui soulignait les soixante-dix ans du célèbre pamphlet, M.Blais récidivait, au moment de la rédaction de ce texte, avec une exposition qui mettait en parallèle les œuvres de Marcelle Ferron et de Jean-Paul Riopelle, deux des signataires du Refus Global.« Ils ont inventé l\u2019abstraction.Ils sont le fer de lance de toute la modernité.Je leur dois tout en tant que marchand et en tant que collectionneur », af?rme ce passionné.À la source de la Révolution tranquille M.Blais nous répète que le Refus Global est le début de la modernité au Québec.Ce texte a créé un choc dans la communauté artistique et politique de l\u2019époque, comme en témoignent les nombreux échanges qui ont alors eu lieu dans les journaux.« Les répercussions ont été telles que Borduas a perdu son emploi », rappelle-t-il.Tous les signataires se sont dispersés, Riopelle comprenant qu\u2019il ne pourrait créer au Québec s\u2019est immédiatement envolé pour la France.Déterminée à ce que ses enfants ne soient pas élevés par des religieux ou des religieuses dans une école catholique, Marcelle Ferron l\u2019a rapidement suivi.Tous les signataires ont souffert.Aucun d\u2019eux n\u2019arrivait à vendre ses toiles à un prix raisonnable.Ils ont tous connu des années de dif?cultés économiques et existentielles.Ils ont dû attendre la ?n des années 1970 pour en?n connaître des expositions de peintres automatistes dignes de leur importance.Un fécond sacri?ce « C\u2019est le prix qu\u2019ils ont payé pour nous donner de la liberté à tous, dans tous les domaines de la création, danse, arts visuels, littérature\u2026 C\u2019est vraiment incontournable.« On est chanceux que ces gens-là se soient présentés et qu\u2019ils aient contribué à ça, à cette ouverture dans la liberté de la pensée », insiste M.Blais.Entre autres, Simon Blais se souvient d\u2019avoir eu le bonheur de côtoyer Marcelle Ferron.« Je n\u2019ai jamais vu autant d\u2019amour et d\u2019estime de la part du public pour une artiste que pour Marcelle Ferron », témoigne-t-il avec bonheur.« Les gens venaient, s\u2019assoyaient par terre autour d\u2019elle et buvaient ses paroles.» Il s\u2019agit d\u2019un manifeste artistique publié en 1948 qui remet en question les valeurs dominantes de la société québécoise de l\u2019époque: soumission à la religion, tradition, conformisme, isolationnisme.Sous l\u2019égide du peintre Paul-Émile Borduas, les 16 signataires du texte souhaitent secouer un Québec qu\u2019ils jugent sclérosé pour le faire entrer dans la modernité: Jean-Paul Riopelle, Thérèse Renaud-Leduc, Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron, Bruno Cormier, Maurice Perron, Marcel Barbeau, Pierre Gauvreau, Claude Gauvreau, Fernand Leduc.Quatre vivent toujours : Madeleine Arbour, Françoise Riopelle, Louise Renaud et Françoise Sullivan.Leur in?uence s\u2019avèrera tant artistique que sociale, au point où Refus global (que l\u2019usage a rebaptisé Le Refus global) est souvent vu comme l\u2019inspiration de la Révolution tranquille des années 60.Le Québec leur est donc tributaire d\u2019une émancipation morale dont il béné?cie toujours.Le refus global 26 La réhabilitation : oasis ou mirage ?Par colin McGreGor L\u2019homme qui dirige la Maison Orléans (M.O.), lieu de guérison et d\u2019accueil du quartier Ho- chelaga-Maisonneuve, est curieux.Le sujet, d\u2019abord \u2013 la réhabilitation en milieu carcéral.Pourquoi m\u2019interroger à ce sujet ?Parce que j\u2019entame ma 27e année derrière les barreaux.Je suis en visite à la maison Orléans avec un groupe supervisé provenant d\u2019un établissement de sécurité minimum de Laval, CFF-6OO.Il me demande : - Est-il possible pour un homme de vraiment changer?Mon hôte est un homme sensible, instruit et, surtout, doué d\u2019une ouverture d\u2019esprit rare qui lui donne la capacité de combler ses fonctions à la M.O.\u2013 de travailler avec des cœurs et des âmes brisés qu\u2019il tente, dans la mesure du possible, de réparer.De retour chez moi, je cogite là- dessus.Quelques jours plus tard, après avoir discuté de mon sujet avec un détenu au passé louche d\u2019écrivain professionnel, je me lance.Prochaine étape, visite à la petite bibliothèque que J., notre aumônier (et non aumônière, qui est une vieille bourse portée à la ceinture) a remplie de livres dans notre modeste chapelle carcérale.Un titre me saute aux yeux : Au secours! Je vis avec une narcissique de Steven Carter et Julia Sokol.La page couverture est hilarante : un macho Camaro à la barbe de trois jours, verres fumés scotchés au visage, jette un regard méprisant au lecteur (marabout.com , si vous voulez vous bidonner).Le contenu du livre, heureusement, ne re?ète pas le ridicule de la page couverture.Le narcissisme et l\u2019égoïsme sont souvent considérés comme des frères siamois.J\u2019apprends que passer du temps en présence d\u2019un égoïste est souvent épuisant : « Pour parler crûment, c\u2019est beaucoup plus de boulot.En effet, les narcissiques dédaignent la solidarité et ne se montrent ni accommodants ni coopératifs et il est extrêmement rare qu\u2019ils fassent plus que leur part.» Pour effectuer un changement, il faut tout d\u2019abord regretter sincèrement ce que tu as fait subir aux autres.Le fait d\u2019être incarcéré, la haine de tes pairs, les barbelés, l\u2019uniforme de prisonnier, les repas collectifs, les cabarets de plastique, le passage d\u2019un nom à un chiffre sont assez pour casser l\u2019égo de la plupart des narcissiques, même les plus endurcis.Pour certains, ça prend de longues années.D\u2019autres n\u2019y arriveront jamais.La traversée du désert Ensuite, il faut penser aux autres.Tourner les yeux dans la même direction que ceux qu\u2019on songe à aider.Il faut trouver des moyens pour s\u2019intégrer aux autres, pour servir les autres, utiliser ses dons, ses qualités pour soutenir une personne, une famille, une collectivité, un monde.Lorsque le système judiciaire nous met en quarantaine, y arriver nécessite un certain niveau de créativité.La créativité n\u2019est pas de l\u2019alchimie et ne part pas de rien.Selon un livre écrit par un compositeur (Anthony Brandt) et un neurologue (David Eagleman), The Runaway Species (L\u2019espèce en cavale, publié en anglais chez Catapult), on refaçonne constamment des choses déjà existantes.Il y a trois façons dont on peut exercer notre créativité : 1.On plie : en modi?ant quelque chose; 2.On casse : en reconstruisant quelque chose avec des débris; 3.On mélange; on mixe plusieurs choses ensemble.En?n, on crée quelque chose d\u2019original, de nouveau, mais jamais entièrement dissemblable de l\u2019original.C\u2019est ce que le détenu doit faire : se réinventer.Dès qu\u2019on accepte que nous sommes, mais passer du temps en présence d\u2019un égoïste est souvent épuisant 27 que nous sommes aussi, tous et toutes, capables de nous améliorer en nous « pliant », en nous « cassant » ou en nous « mélangeant », oui, Richard, la réhabilitation d\u2019un détenu est tout à fait possible.Je serai toujours un nerd nerveux, rat de bibliothèque, introverti et dépressif.Mais il y a des qualités là- dedans qui peuvent mener à aider les autres.Impardonnable Quel est le crime le plus impardonnable de tous?Quand le juge en chef de la Cour suprême, Antonio Lamer, présidait la Commission sur l\u2019abolition de la peine capitale en 1976, il avait déclaré qu\u2019un meurtrier est souvent un bon citoyen qui a craqué une fois dans sa vie et qui le regrettera toujours, une personne capable d\u2019être rétablie et réintégrée en société ; mais un revendeur de drogue tue et blesse des milliers de victimes sans ressentir le moindre remords.Tous égaux Pour réhabiliter des hommes et des femmes derrière les barreaux, il faut qu\u2019on leur offre des occasions de se mettre au service des autres.Dans une prison à sécurité minimum, ce n\u2019est pas un problème.On a accès à la communauté, on a des contacts avec des victimes de délits graves qui nous font ré?échir à nos propres torts et aux souffrances de ceux qu\u2019on a blessés.Mais dans les pénitenciers des autres niveaux sécuritaires, il y a peu, voire aucun programme disponible pour aider la communauté; isolé du monde, le détenu se focalise sur lui-même, car il n\u2019a que le miroir collé sur le mur de sa cellule pour se consoler et se rappeler qu\u2019il existe.Rien pour « guérir » son égoïsme.J\u2019ai été chanceux.En tant que nerd avec une formation en économie et en philosophie, l\u2019école carcérale et la chapelle m\u2019ont présenté des occasions exceptionnelles de sortir de mon apitoiement.Le Café Graf?ti m\u2019a ouvert une porte vers le salut d\u2019une valeur inestimable.La grande majorité des détenus sont des manuels, des bricoleurs, souvent des analphabètes peu sociables.Étant donné qu\u2019un jour, une grande proportion des détenus va se trouver dehors, il faut trouver des façons pour « guérir » de son égoïsme le plus dur des durs à cuir- et montrer aux criminels motivés par l\u2019appât du gain qu\u2019il y a plus de richesse dans l\u2019être humain que dans toutes les banques du monde. 28 Fred Dubé présente: Les Capsules pédagogiques de grammaire présentent certaines particularités de la langue française.Elles nous apprennent l\u2019origine d\u2019une expression, d\u2019une façon de dire, ou nous éclairent sur le sens d\u2019une ?- gure de style.Elles jettent en somme un regard amusant sur la mécanique de cette langue et nous révèlent du même souf?e ses vastes possibilités\u2026 ainsi que ses apparentes dif?cultés! L\u2019humoriste Fred Dubé les présente dans de courtes vidéos disponibles sur le site de Re?et de Société.www.re?etdesociete.com/francais 29 Tu dînes ou tsu dzînes?Moi, j\u2019affrique! Avez-vous déjà remarqué que lorsqu\u2019un Québécois ou une Québécoise parle, on peut entendre le son [s] après le t dans tu?Ou même le son [z] après le d dans dire?Ce phénomène typique du français québécois se nomme l\u2019affrication.L\u2019affrication consiste à ajouter naturellement un son après les consonnes t et d de sorte qu\u2019elles sonnent comme [ts] et [dz].Mais, attention, cela ne se produit qu\u2019à l\u2019oral et que devant les voyelles i et u.Ainsi, on retrouve le son [ts] dans petit et étude, mais pas dans patate et poteau, et le son [dz] dans mardi et duvet, mais pas dans demain et dos d\u2019âne.Ensuite, l\u2019affrication se produit automatiquement lorsque le pronom il(s), singulier ou pluriel, est déplacé après un verbe ?nissant par t dans une phrase.En effet, même si la consonne et la voyelle sont dans deux mots différents cette fois-ci, on entend quand même l\u2019affrica- tion dans Peut-il venir?ou Savent- ils quoi faire?par exemple.Toutefois, l\u2019affrication est facultative dans les autres cas où les consonnes t ou d et les voyelles i ou u ne font pas partie du même mot.Par exemple, les mots cette et idée, une fois mis ensemble, peuvent sonner comme « cet_idé » ou « cet_ sidé ».En fait, cela dépend, selon que la personne qui parle fait la liaison entre les deux mots ou non.De plus, le choix de la consonne qui se rattache au t ou au d n\u2019est pas lié au hasard.En effet, en raison de l\u2019euphonie, ce sera toujours la consonne s à la suite du t et la consonne z à la suite du d.L\u2019euphonie, c\u2019est ce qui fait en sorte que les lettres se combinent de façon harmonieuse dans un mot a?n de le rendre plus agréable à entendre ou plus facile à prononcer.Ainsi, il est plus harmonieux de faire suivre deux consonnes du même type comme t et s qui sont des consonnes sourdes ainsi que d et z qui sont des consonnes sonores.Une simple expérience nous permet d\u2019observer physiquement la différence entre une consonne sourde et une consonne sonore! Il suf?t de mettre sa main sur son cou, d\u2019appuyer sur ses cordes vocales et de prononcer le son [ts].Avec ce son, la main ne sent aucune vibration des cordes vocales, ce qui indique un son sourd.Puis, en remettant sa main sur son cou et en prononçant maintenant le son [dz], la main perçoit une légère vibration, ce qui est le signe d\u2019un son sonore.Donc, les lettres t et s s\u2019harmonisent puisqu\u2019elles ne produisent pas de vibrations, tout comme les lettres d et z vont de pair parce qu\u2019elles en produisent.En?n, le fait d\u2019affriquer distingue la prononciation de la population québécoise des autres prononciations de la francophonie.Malgré tout, ce trait phonétique ne permet pas de discriminer les Québécois et les Québécoises entre eux.En effet, cette façon de prononcer est la même pour tous et toutes, peu importe la classe sociale, la région, l\u2019âge ou le sexe.Cependant, cela n\u2019est pas le cas dans l\u2019est du Québec, en région acadienne, où il n\u2019y a pas d\u2019affrication, comme aux Iles-de-la-Madeleine par exemple.Donc, maintenant que vous êtes conscient d\u2019affriquer, si c\u2019est votre cas, continuez à le faire sans gêne, car cela fait partie des richesses de la langue qui vous distinguent culturellement! L\u2019affrication Paméla Vachon, linguiste Pour écouter les capsules : www.reletdesociete.com/francais En?n, le fait d\u2019affriquer distingue la prononciation de la population québécoise des autres prononciations de la francophonie. Je m\u2019abonne à Reflet de Société ?1 an - 6 numéros 49,95$ ?2 ans - 12 numéros 89,95$ ?3 ans - 18 numéros 119,95$ ?4 ans - 24 numéros 149,95$ Taxes incluses.?Je fais un don : Chèque ou mandat à l\u2019ordre de : Re?et de Société 625 Av De La Salle Montréal, H1V 2J3 (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 S\u2019abonner à Re?et de Société est une manière originale de soutenir notre action auprès des jeunes.Prénom : Nom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Nº carte : |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| ?Visa ?Mastercard ?Amex Date expiration : |_||_||_||_| Signature : Général Aide juridique 1-800-842-2213 Protection de la jeunesse 1-800-665-1414 Info-santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence Montréal (514) 527-1375 Clinique Droit Devant (514) 603-0265 Centres de crise de Montréal Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 Iris (nord) (514) 388-9233 L\u2019Entremise (est-centre-est) (514) 351-9592 L\u2019Autre-maison (sud-ouest) (514) 768-7225 Centre de crise Québec (418) 688-4240 L\u2019ouest de l\u2019île (514) 684-6160 L\u2019Accès (450) 679-8689 Archipel d\u2019Entraide (418) 649-9145 Prévention du suicide (418) 683-4588 Émile Nelligan (514) 351-6661 Violence CAVAC 1-866-532-2822 Groupe d\u2019aide et d\u2019info sur le harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 SOS violence conjugale (514) 728-0023 Trève pour elles (514) 251-0323 Centre pour les victimes d\u2019agression sexuelle (24h) (514) 934-4504 Armée du salut (514) 934-5615 Stella (travailleuses du sexe) (514)285-8889 Décrochage Éducation coup de ?l (514)525-2573 Revdec (514)259-0634 ou 1-866-329-4223 Carrefour Jeunesse (514)253-3828 VIH-SIDA C.O.C.Q.Sida (514) 844-2477 La Maison du Parc (514) 523-6467 NoPa MTS-VIH (514) 528-2464 Drogue et désintoxication Toxic-Action(Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 Centre Jean-Lapointe MTL adulte (514) 288-2611 Le grand chemin Québec Jeunesse (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Urgence 24h (514) 288-1515 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Partout au Québec 1-866-appelle Secours-Amitié Estrie 1-800-667-3841 Cocaïnomanes anonymes (514) 527-9999 Déprimés anonymes (514) 278-2130 Gamblers anonymes (514)484-6666 Gam-anon (proches du joueur) 1-800-484-6664 Narcotiques anonymes 1-800-879-0333 Outremangeurs anonymes (514) 490-1939 Parents anonymes 1-800-361-5085 Jeu: aide et référence 1-800-461-0140 Ligne Océan (santé mentale) (418) 522-3283 Sexoliques anonymes (514) 254-8181 Primes-Québec(soutien masculin) (418) 649-1232 Émotifs anonymes (514) 990-5886 Alanon & Alateen (418) 990-2666 Alcooliques Anonymes Québec (418) 529-0015 Montréal (514) 376-9230 Laval (450) 629-6635 Rive-sud (450) 670-9480 Mauricie-Saguenay-Lac-St-Jean (866) 376-6279 NAR-ANON Montréal (514) 725-9284 Saguenay (514) 542-1758 Abus aux aînés (514) 489-2287 Famille Grands frères/Grandes soeurs (418) 275-0483 Familles monoparentales (514) 729-6666 Regroupement maison de Jeunes (514) 725-2686 Grossesse Secours (514) 271-0554 Chantiers Jeunesses (514) 252-3015 Réseau Homme Québec (514) 276-4545 Patro Roc-Amadour (418) 529-4996 Pignon Bleu (418) 648-0598 YMCA MTL centre-ville (514) 849-8393 YMCA Hochelaga-Maisonneuve (514) 255-4651 Armée du Salut (514) 932-2214 La Marie Debout (femmes) (514) 597-2311 Parents Secours 1-800-588-8173 Hébergement de dépannage /urgence Auberge de l\u2019amitié pour femmes (418) 275-4574 Bunker (514) 524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Chaînon (514) 845-0151 En Marge (514) 849-7117 Passages (514) 875-8119 Regroupement maisons d\u2019hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514) 522-3198 Auberge communautaire du sud-ouest (514) 768-4774 Maison le Parcours (514) 276-6299 Oxygène (514) 523-9283 L\u2019Avenue (514) 254-2244 L\u2019Escalier (514) 252-9886 Maison St-Dominique (514) 270-7793 Auberge de Montréal (514) 843-3317 Le Tournant (514) 523-2157 La Casa (Longueuil) (450) 442-4777 Armée du Salut pour hommes (418) 692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514) 523-5288 La Maison du Père (514) 845-0168 Auberge du Coeur (Estrie) (819) 563-1387 La maison Tangente (514) 252-8771 Hébergement St-Denis (514) 374-6673 L\u2019Abris de la Rive-Sud (homme) (450) 646-7809 Maison Élisabeth Bergeron (femme) (450) 651-3591 31 Li Ré ee Bo ye 5 Wy by vi > dy V3 \\ /< 7 2A £2 \u2018A : É 55 9 * \u20ac = +h, af BS c (n° NN a ¢ fy A b, y \\ PE a Ju Com ~ JEDI ANS Æ &, 8 ¢ 2 $; PE # ri AR hr9 r J \u201d 1 .* +4 à AE 5 fo Lt -\u2014 0 \\ ï rh [gs ar \u2018aD 2 \u201c a © a "]
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