Reflet de société /, 1 janvier 2019, Été 2019, Vol. 27, No 3
[" ReletdeSociété Vol.27 no 3 été 2019 Un regard diférent sur notre société Pousse, mais pousse légal Qu\u2019est-ce qu\u2019une obligation communautaire?Une façon originale de soutenir un organisme communautaire tout en conservant votre capital.Vous aidez un organisme en économie sociale tout en recevant des intérêts sur votre placement.Cela est possible parce que l\u2019Autorité des marchés inan- ciers (AMF) exempte les organismes communautaires du prospectus et des frais de courtiers conventionnels.Trois organismes avaient initialement lancé leur émission d\u2019obligations: \u2022 Le Grand Costumier de Radio-Canada \u2022 Le Cinéma du Parc \u2022 Les Ateliers 7 à nous Après 25 années d\u2019intervention auprès des jeunes marginalisés, pour préparer des projets novateurs et pour consolider l\u2019ensemble de ses actions sociales, le Journal de la Rue lance une émission d\u2019obligations communautaires.Disponibles en multiple de 1 000$, elles peuvent recevoir des rendements variant entre 1% et 6,5% d\u2019intérêts selon le montant et la durée des obligations.Qui ne devrait pas investir dans des obligations communautaires \u2022 Les obligations communautaires ne sont pas garanties.Il faut donc être un investisseur capable de perdre de l\u2019argent sans mettre en péril ses inances personnelles.\u2022 Si vous avez des dettes sur vos cartes de crédit ou autre, commencez par les payer.Une carte de crédit peut vous coûter jusqu\u2019à 29% d\u2019intérêt par année.Aucun placement communautaire ne peut vous offrir un rendement qui pourrait justiier de ne pas payer vos dettes.\u2022 Il existe des placements de base qu\u2019un citoyen doit envisager avant même de penser à investir dans un organisme communautaire.Un RÉER, par exemple, parce qu\u2019il est déductible d\u2019impôt en plus d\u2019être un placement garanti.C\u2019est un véhicule qui doit avoir priorité sur les obligations communautaires.\u2022 L\u2019achat d\u2019une maison avec l\u2019avantage de pouvoir RAPPER avec son RÉER devrait passer bien avant l\u2019idée d\u2019investir dans un organisme communautaire.\u2022 Les banques et les caisses offrent des certiicats de dépôt garantis.Jusqu\u2019à 100 000$, votre investissement est garanti à 100% par la Société d\u2019assurance dépôt du Canada.Recherché, investisseurs particuliers \u2022 Vous avez payé toutes vos cartes de crédit, votre automobile et autres prêts.\u2022 Vous êtes propriétaire de votre maison et l\u2019hypothèque à payer est une goutte d\u2019eau dans votre budget.\u2022 Vous cotisez au maximum dans votre RÉER.\u2022 Vous avez des certiicats de dépôts, pour vous et pour votre conjoint, atteignant les 100 000$ garantis par la Société d\u2019assurance dépôt du Canada.\u2022 Vous pouvez prendre aisément des vacances à travers le monde même si vous perdez votre investissement communautaire.Si vous répondez à ces critères très restrictifs, on pourrait envisager d\u2019accepter votre investissement dans une obligation communautaire du Journal de la Rue.Vous pouvez alors me contacter: Raymond Viger (514) 256-9000 ou raymondviger@hotmail.com Pour tous les autres, soignez votre santé inancière.L\u2019argent ne fait pas le bonheur.Mais il peut éviter de s\u2019arracher les cheveux avec les comptes à payer.Il peut aussi vous permettre de béné- icier d\u2019une belle retraite dans le plaisir et le calme.L\u2019argent est un outil qui doit travailler pour vous.Les obligations communautaires Pour un ?nancement social équitable et solidaire 3 Éditorial Jean-marc beausoleil Prose au combat Dans La fabrication du consentement, Noam Chomsky insiste sur l\u2019importance des sources d\u2019information indépendantes.Selon ce grand intellectuel américain, les riches achètent les médias traditionnels pour mettre en poste des plumitifs vassalisés qui, ensuite, défendent les intérêts de leurs employeurs par le traitement qu\u2019ils font de l\u2019information et aussi par les opinions qu\u2019ils émettent dans leurs éditoriaux et leurs chroniques.Au Québec, on peut penser aux liens qu\u2019entretient le journal La Presse avec la famille Desmarais ou à la corporation Québecor, propriété de Pierre-Karl Pé- ladeau.Dans les sociétés à prétentions démocratiques, insiste Chomsky, l\u2019industrie des relations publiques remplit les mêmes fonctions que la violence dans les dictatures.Les communiqués de presse ont pris la place des coups de bâton, mais, toujours, le peuple apprend à se conformer.Il est primordial, conclut le militant, d\u2019encourager des sources d\u2019information indépendantes de la grande industrie pour maintenir un espoir de justice sociale.Le bon côté de la force Le lecteur peut donc se rassurer puisqu\u2019il tient entre les mains le produit d\u2019une telle source d\u2019information.En effet, depuis le début des années 1990, Re?et de Société contribue au débat public en s\u2019attaquant à des sujets tantôt dif?ciles, douloureux, urgents, tantôt inspirants, éclairants ou tout simplement rigolos.Prostitution, suicide, maladie, décrochage scolaire, gang de rue, politique municipale, nationale, internationale, jeu compulsif, place de l\u2019artiste dans la société.Témoignages tour à tour déchirants ou porteurs d\u2019espoir.Il n\u2019y a aucune problématique qui n\u2019ait été traitée dans les pages de cette revue.Et ce, la plupart du temps, en donnant la parole directement aux personnes touchées dans leur vie, dans leur quotidien, dans leur chair par les épreuves dont il est question.En plus de donner la parole à des citoyens qui sont trop souvent dépossédés, justement, de leur droit de cité, Re?et de Société a pro?té, à travers les années, de la collaboration de plusieurs journalistes professionnels qui ont donné temps et expertise pour assurer la qualité de cette publication.Ainsi en est-il du journaliste international Dominic Desmarais, de la collaboratrice de Radio-Canada Julie Gagnon, de Jean-Claude Leclerc, du Devoir, et de plusieurs autres.À la fois nourris par la rue et par des professionnels chevronnés, les textes de Re?et de Société ont, par exemple, été utilisés par les ministères de l\u2019Éducation du Québec et de l\u2019Ontario, par l\u2019université Oxford en Angleterre et par la maison d\u2019édition Hachette au Maroc.Quelle autre publication, au Québec ou ailleurs, peut se targuer d\u2019avoir plus de 33 000 abonnés pour sa version papier, 100 000 visites mensuelles pour son site internet et de jouir d\u2019un tel rayonnement international?L\u2019homme « Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches », écrit le grand poète Charles Baudelaire.Il est si rare de rencontrer un être qui se dédie réellement à ce qu\u2019on pourrait nommer la vertu, soit ici au bien-être du plus grand nombre.Vertu, ce mot se prononce rarement sans un ricanement ironique.Et pourtant, un peu comme le père Emmett Johns de Pops dans la rue, Raymond Viger a passé la majeure partie de sa vie au service de son prochain.« Raymond est un être exceptionnel », a déclaré le rappeur et travailleur social Frédéric Galbrun, quand je l\u2019ai interviewé.En fait, tous les gens, et ils sont nombreux dans les dernières semaines, à qui j\u2019ai parlé de Raymond Viger, sourient à l\u2019évocation de son nom, Raymond Viger a passé la majeure partie de sa vie au service de son prochain. 5 s\u2019illuminent au souvenir de sa personne.Ainsi le fondateur de Re?et de Société, du Café Graf?ti et du Bistro Ste-Cath n\u2019a pas été décoré par l\u2019Assemblée nationale en vain.Pour une fois que quelqu\u2019un la mérite, sa médaille.Original et excentrique Raymond Viger a piloté des avions portant des banderoles publicitaires entre les tours du centre-ville de Montréal.Il a mis sur pied et dirigé un magasin de meubles.Il a excellé comme représentant et vendeur itinérant.Bref, il avait toutes les qualités \u2013 entregent, sens de l\u2019initiative, énergie sans ?n \u2013 pour devenir un entrepreneur fortuné, un homme d\u2019affaires accompli.Un riche, de ceux que l\u2019on désigne en crissant des dents, parce qu\u2019ils en ont vraiment beaucoup.Du pognon à fond le trognon! Des épreuves douloureuses, le suicide de son père n\u2019étant pas la moindre, ont marqué le destin de notre héros (oui, oui, il mérite ce mot, et bien plus que le Captain America!).Lui-même aux prises avec la dépression et avec ses propres pulsions destructrices, Viger a décidé de suivre un cours pour devenir intervenant auprès de personnes suicidaires, ne serait- ce que pour mieux se connaître.L\u2019insomnie aidant, il errait dans les rues de Montréal, s\u2019improvisant ange gardien des pauvres âmes qu\u2019il rencontrait aux coins des rues, les aidant comme il le pouvait.Graf?ti contre suicide La qualité de son écoute, son empathie surnaturelle ont entrainé cette dynamo humaine dans toutes sortes de situations.Il a travaillé pour Bristol-Meyers, tentant de sauver par la parole de pauvres hères dont les antidépresseurs avaient achevé leur potentialité chimique.Il est intervenu auprès de communautés en détresse dans le Grand Nord québécois.À ce sujet, quand on lui parle de nuit sans ?n, il répond par la beauté des aurores boréales.De la plus grande noirceur viendra la plus grande lumière.Avec Raymond, on est tenté d\u2019y croire.Surtout, il a fondé la revue Re?et de Société qui ?nance le Café Graf- ?ti, organisme dévoué à la réinsertion sociale de jeunes délinquants.Depuis plus de vingt-cinq ans, le Café Graf?ti a aidé des milliers de jeunes qui, dans bien des cas, sont eux-mêmes devenus des aidants naturels au sein de leur communauté.« La magie de l\u2019art sert à faire passer l\u2019amère pilule du réel », a écrit Nietzsche.Il avait raison.Avec Raymond, la folle et multicolore exubérance du graf?ti sauve des vies, tous les jours.Depuis peu, il a aussi participé à la fondation du Bistro Ste-Cat, un restaurant-salle de spectacle qui est devenu un lieu de rencontre important dans le quartier Hoche- laga, le hood où notre homme a toujours basé ses opérations.Fait à noter, au moment de la rédaction de ces lignes, le Bistro est en nomination pour le prix Distinction de l\u2019organisme Tourisme Montréal, pour la qualité de son accueil offert aux touristes internationaux.Économie sociale Bref, Raymond Viger est un as de l\u2019économie sociale, cette façon de voir les choses qui permet aux citoyens de se prendre en main à travers des projets à dimension humaine qui embellissent et animent leur communauté.Par exemple, le Café Graf?ti emploie neuf personnes à temps plein, le Bistro compte une douzaine d\u2019employés et des bureaux de sollicitation situés à Joliette et à Sorel, pour les abonnements, totalisent à eux seuls une quinzaine d\u2019emplois.Toute cette activité trouve son noyau, son cœur battant, dans la revue Re?et de Société dont vous tenez entre vos mains un exemplaire.Mais ce n\u2019est pas pour cette raison que vous devriez la lire.Ce n\u2019est même pas parce que Noam Chomsky vous le recommande.Vous devriez lire cette revue pour vous ouvrir sur le monde, pour vibrer à l\u2019unisson avec lui, pour toucher à ses plaies les plus sensibles, pour vous réjouir de ses victoires les plus motivantes.Vous devriez la lire, tout simplement, pour le plaisir de la lecture.Avec Raymond, la folle et multicolore exubérance du graf?ti sauve des vies, tous les jours.Jean-Marc Beausoleil est journaliste et auteur.Son dernier roman: Corsaire d\u2019hiver. 6 ReletdeSociété Service aux abonnés Changement d\u2019adresse 514-256-9000 info@re?etdesociete.com goo.gl/dE51DH 625 av De La Salle, Montréal, Qc H1V 2J3 Tél: 514-256-9000 \u2022 Fax: 514-256-9444 \u2022 Sans frais: 1-877-256-9009 info@reletdesociete.com \u2022 refletdesociete.com ISSN : 1711-7860 Directrice administrative Danielle Simard 514-256-9000 journal@journaldelarue.ca PUBLICITÉ ET COMMANDITE Éditeur / Rédacteur en chef Raymond Viger 514-256-9000 raymondviger@hotmail.com Collaborateurs Louise Gagné, Jean-Claude Leclerc, Nicole Viau, Catherine Caron, Julie Fortier, Florence V.Savoie, Estelle Cazelais, Pamela Vachon Pupitre Simon-Claude Gingras Raymond Viger Correction Simon-Claude Gingras.Journalistes Jean-Marc Beausoleil, Delphine Caubet, Charlotte Robec, Colin McGregor Infographie et conception graphique Danielle Simard Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non-lucratif qui a comme principale mission d\u2019aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.Membre: \u2022 Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) \u2022 Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) \u2022 Magazine Canada (CMPA) \u2022 Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) \u2022 Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d\u2019en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Relet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Relet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques socioculturelles (violence, santé, environnement, prostitution.).Nous proposons des solutions et des ressources.Le Journal de la Rue offre maintenant des obligations communautaires.Disponibles en multiples de 1 000$, elles peuvent vous faire obtenir des rendements de 1% à 6,5% d\u2019intérêts selon leur montant et leur durée.Façon concrète d\u2019aider une noble cause : l\u2019intervention auprès des jeunes marginalisés.Ne me jette pas, passe-moi à un ami 8,95$ l\u2019unité.Société Femme Bien que les femmes votent aux élections fédérales depuis 1918, ce n\u2019est que le 1er janvier 1941 qu\u2019elles ont obtenu le droit de voter au Québec.En 1964, le Code civil stipule que la femme peut exercer une profession différente de celle de son mari.2 avril 1981, Le Code civil accorde l\u2019égalité juridique des conjoints au sein du mariage.La femme peut conserver son nom et le transmettre à ses enfants.La femme peut désormais demander en cour une pension alimentaire.1983, le projet de loi C-127 permet d\u2019entendre des causes de viol d\u2019une femme par son mari.La notion de devoir conjugal est récusée.15 avril 1987, la juge Claire L\u2019Heu- reux-Dubé devient la première femme québécoise à accéder à la Cour suprême du Canada.28 janvier 1988, la Cour suprême déclare inconstitutionnel l\u2019article 251 du Code criminel rendant l\u2019avortement illégal.1989, l\u2019Assemblée nationale adopte la loi, nommée Loi du patrimoine, favorisant l\u2019égalité économique des époux.Le travail au foyer de la femme est maintenant reconnu comme un apport à la famille.En cas de rupture, les conjoints ont droit au partage à parts égales des biens du patrimoine.1996, malgré l\u2019opposition et le lobbying des associations patronales, 7 la Loi sur l\u2019équité salariale est adoptée.L\u2019homosexualité Encore aujourd\u2019hui, 74 États traitent criminellement l\u2019homosexualité avec des sentences pouvant aller jusqu\u2019à l\u2019emprisonnement à vie et, pour 13 d\u2019entre eux, jusqu\u2019à la peine de mort.Le Coran condamne fortement l\u2019homosexualité et la sodomie.Ce sont des crimes importants pour les pays pratiquant la charia, qui souvent peuvent être punis de lapidation.Le Conseil des droits de l\u2019homme des Nations unies adopte le 29 septembre 2017, par 27 voix contre 13, une résolution qui condamne le recours à la peine de mort pour punir les relations sexuelles entre personnes consentantes de même sexe.Parmi les pays qui ont voté contre cette résolution, on retrouve les États-Unis aux côtés de l\u2019Arabie saoudite, du Qatar et de l\u2019Irak.Les 2/3 des pays africains condamnent l\u2019homosexualité.L\u2019homosexualité au Canada En 1969, l\u2019homosexualité est décriminalisée.En 1996, selon la Loi canadienne sur les droits de la personne, discrimination et harcèlement basés sur l\u2019orientation sexuelle deviennent illégaux.En 1998, La Cour suprême du Canada con?rme le droit à l\u2019égalité pour les personnes homosexuelles.En 1999, la Cour suprême du Canada con?rme que les conjoints de même sexe ont le droit de demander une pension alimentaire pour conjoint à la ?n de leur relation.En 2005, le mariage homosexuel devient légal.L\u2019homosexualité au Québec C\u2019est en juin 2002 que le Québec autorise les mariages homosexuels.Le premier mariage civil homosexuel a lieu le 18 juillet 2002 au palais de justice de Montréal.Les mariés sont Theo Wouters et Roger Thibault.Pendant ce temps, les Ontariens Michael Leshner et Michael Stark se font refuser le mariage par la ville de Toronto.Pensées en vrac Jusqu\u2019en 1984 aux États-Unis, avant de pouvoir accuser quelqu\u2019un de viol, il fallait avoir un témoin qui avait tout vu !!! *** Le problème n\u2019est pas de travailler dans une institution, mais de devenir institutionnalisé.*** Le vrai travail d\u2019équipe commence lorsque, de part et d\u2019autre, nous avons l\u2019ouverture d\u2019esprit pour changer nos politiques.*** Pour devenir commandant d\u2019un poste de police de quartier, il faut suivre une formation en marketing et en relations publiques à l\u2019Université de Sherbrooke.Certains intervenants sociaux ont tout de suite pensé que cela servirait à imposer les idées de la police au quartier.La réalité est que cette formation sert au commandant pour vendre ses idées et les nouveaux projets à l\u2019interne, à son personnel.Drapeaux canadiens À partir de la Confédération (1867), pour remplacer le drapeau de l\u2019Union (Union Jack), le gouvernement canadien adopte un drapeau rouge avec l\u2019Union Jack dans le coin supérieur gauche et les armoiries canadiennes.Les armoiries ont été modi?ées en 1921 et en 1965 pour représenter les nouvelles provinces qui se rajoutaient.Dans les années 1960, le drapeau canadien devient sujet de grandes controverses internationales.En reconnaissance de son importante implication lors de la crise du canal de Suez en 1956, le premier ministre canadien Lester Pearson reçoit, en 1957, le prix Nobel de la paix.Pendant les événements, Pearson s\u2019était trouvé fort mal à l\u2019aise.Le gouvernement égyptien avait refusé le passage des Casques bleus canadiens.La raison invoquée : le drapeau canadien arborait l\u2019Union Flag utilisé par le Royaume-Uni, l\u2019un des antagonistes.Après de houleux débats qui ont perduré pendant plusieurs années, le 15 février 1965, le drapeau canadien tel que nous le connaissons est ?nalement adopté. 8 La légalisation du cannabis Par Charlotte robeC 9 Le 17 octobre 2018, le cannabis est devenu légal au Canada.Un projet qui était en discussion depuis des années, et qui a beaucoup divisé les acteurs politiques du pays comme la population.Certains pensaient que cela risquait notamment de faire augmenter la consommation des Canadiens.Des règles variables D\u2019une province à l\u2019autre, la réglementation du cannabis diffère.Au Québec et en Alberta, l\u2019âge minimum pour en acheter est de 18 ans, alors qu\u2019il est de 19 ans dans le reste du pays.Le gouvernement de François Legault souhaite cependant augmenter l\u2019âge légal à 21 ans au Québec.La plupart des provinces autorisent la culture de cannabis chez soi, jusqu\u2019à un maximum de quatre plants, tandis que le Québec et le Manitoba l\u2019interdisent.Le cannabis est vendu dans des boutiques spécialisées régies par les provinces.Au Québec, il est vendu dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), ?liale de la Société des alcools du Québec (SAQ).Il s\u2019achète sous différentes formes, telles que les ?eurs séchées, l\u2019huile ou les gélules.Sa possession est autorisée jusqu\u2019à un maximum de 30 grammes, et on peut en consommer dans les lieux publics, à l\u2019exception de ceux fréquentés par les mineurs.Certains arrondissements de Montréal et certaines municipalités ont cependant interdit la consommation dans tous les lieux publics.Le but de la légalisation était avant tout d\u2019encadrer et de contrôler la vente, la production, et la consommation du « pot », a?n de ne plus laisser de place au marché noir et au crime organisé.Alors, quel impact la ?n de la prohibition a-t-elle eu sur la vente de cannabis ?Une consommation stable La légalisation, contrairement à ce que craignaient certains, n\u2019a pas réellement fait augmenter la consommation des Canadiens.Statistique Canada a établi que les consommateurs représentaient toujours environ 15,4% de la population, comme avant la légalisation.L\u2019Enquête nationale sur le cannabis a révélé que selon les données du quatrième trimestre de 2018, 98% des personnes n\u2019en ayant jamais consommé n\u2019avaient pas l\u2019intention de le faire dans les trois mois suivant l\u2019enquête.Cependant, 19% des Canadiens ont déclaré qu\u2019ils allaient consommer d\u2019ici la mi-février ou la mi-mars, c\u2019est-à-dire environ 4% de plus qu\u2019au moment de l\u2019enquête ; entre mi-novembre et mi-décembre, 14% des consommateurs interrogés avaient essayé dans les trois derniers mois, ce qui représente presque le double des trimestres précédents.La légalisation n\u2019a pas réellement fait augmenter la consommation du cannabis, mais elle a, dirait-on, attisé la curiosité de ceux qui ne consomment pas habituellement.Un prix à la hausse La ?n de l\u2019interdiction du cannabis a eu d\u2019autres conséquences, notamment sur son prix.Depuis le mois d\u2019octobre 2018, le prix du gramme a augmenté d\u2019environ 17% au Canada, passant de 6,83$ à 8,03$.Le « pot » acheté légalement est en effet plus cher que celui du marché noir d\u2019environ 30%, et la SQDC souhaite encore augmenter ses prix.Une différence non négligeable, qui peut avoir des conséquences lourdes.Un marché illégal présent Car le marché noir continue de prospérer, malgré la légalisation.Sur les trois derniers mois de 2018, seulement 21% des ventes de cannabis ont été réalisées légalement.Au Québec, la SQDC possède actuellement 30% des parts du marché.L\u2019Enquête nationale sur le cannabis a aussi révélé que 40% des consommateurs s\u2019étaient procuré leur produit légalement, tandis que 43% avouent acheter illégalement.Le prix joue un grand rôle dans ce problème.En effet, si le cannabis du marché noir est moins La ?n de l\u2019interdiction du cannabis a eu d\u2019autres conséquences, notamment sur son prix.Depuis le mois d\u2019octobre 2018, le prix du gramme a augmenté d\u2019environ 17% au Canada. 10 cher que celui disponible dans les boutiques spécialisées, les consommateurs n\u2019ont aucune raison de se fournir là-bas.De plus, beaucoup ont déjà leurs propres habitudes, et continueront de contacter leur fournisseur quoi qu\u2019il en soit.Les ?les d\u2019attente pour les boutiques spécialisées sont longues, et les stocks sont souvent épuisés.Au Québec, la SQDC est optimiste dans ses prédictions.Son porte-parole, Fabrice Giguère, explique que la Société s\u2019est basée sur les chiffres publiés par Statistique Canada a?n de réaliser une estimation.En effet, 150 tonnes de cannabis ont été vendues en 2017, lorsqu\u2019il était encore illégal.L\u2019objectif de la SQDC était de s\u2019approprier 30% du marché la première année, ce qui correspond à environ 49 tonnes.En observant l\u2019évolution de ses ventes durant les premiers mois de légalisation, elle a donc calculé qu\u2019il lui faudrait environ cinq ans pour récupérer 70% des parts du marché, mais « ce ne sont que des prédictions », précise Fabrice Giguère.En 2019, nous n\u2019avons toujours que peu de recul sur la situation.Le bilan est dif?cile à établir, car le cannabis n\u2019est légal que depuis quelques mois.La consommation n\u2019a a priori pas augmenté, mais la bataille contre le marché noir et contre le crime organisé est loin d\u2019être gagnée, et il faudra du temps avant que les réseaux légaux contrôlent la majorité des ventes. 11 Le CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) du Centre-Sud- de-l\u2019Île-de-Montréal a mis en place trois sites d\u2019injection supervisée (SIS) et une unité mobile à Montréal, qui ont ouvert le 19 juin 2017.Il s\u2019agit de la deuxième ville canadienne à ouvrir un tel service, après Vancouver.Un SIS est un endroit où les consommateurs de drogues injectables peuvent venir combler leur besoin.Ils apportent leur propre substance pour la consommer dans de meilleures conditions d\u2019hygiène et de sécurité.Tout cela se déroule sous la supervision d\u2019un personnel médical, de façon légale et dans un but de réduction des risques.Le CIUSSS gère la totalité du projet montréalais des SIS.Il s\u2019occupe de fournir les in?rmières.Les services sont implantés dans les locaux déjà existants d\u2019organismes de prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang : Cactus, Dopamine et Spectre de rue pour les sites ?xes, et L\u2019Anonyme pour le site mobile.Selon Justin Meloche, responsable des affaires publiques au CIUSSS, c\u2019était le moyen le plus ef?cace d\u2019implanter les SIS dans la ville, puisque ces organismes étaient déjà connus par les utilisateurs de drogues par injection.Un processus bien établi Une séance d\u2019injection est divisée en trois étapes.Tout d\u2019abord, l\u2019utilisateur se présente au site en apportant sa propre drogue.Il s\u2019inscrit dans un registre avec son vrai nom lors de sa première visite, et peut utiliser un pseudonyme les fois suivantes.En général, il est connu par son pseudonyme par le personnel, son dossier est dif?ci- lement trouvable, et l\u2019anonymat est alors presque total.Un intervenant évalue son état, et un pair aidant est disponible en cas de besoin, pour faciliter le contact.Il informe le personnel des drogues consommées dans les douze dernières heures et de celles qu\u2019il a apportées, et attend ensuite son tour dans une salle d\u2019attente.L\u2019utilisateur passe ensuite dans la salle d\u2019injection, dont l\u2019accès est contrôlé par un intervenant.On lui fournit alors le matériel d\u2019injection stérile dont il a besoin, puis il s\u2019installe dans un cubicule, face à un miroir, et prépare son injection.L\u2019in?rmière et les intervenants restent présents tout au long de la séance et peuvent lui venir en aide, s\u2019ils voient qu\u2019il en a besoin, en regardant dans le miroir.Le miroir joue deux rôles dans le cadre d\u2019une séance d\u2019injection.Il permet d\u2019abord de rendre le contact entre l\u2019in?rmière et l\u2019utilisateur moins direct.Il peut également faire prendre conscience au consommateur de la réalité, de son image, et le mener à essayer d\u2019arrêter.En?n, l\u2019utilisateur va se reposer dans le lieu de répit : il peut y rester le temps qu\u2019il le désire ; le personnel est présent et peut intervenir s\u2019il le faut.On évalue également son état d\u2019intoxication une dernière fois, a?n de savoir s\u2019il risque une surdose et s\u2019il doit donc rester plus longtemps.Après le repos, le consommateur est libre de s\u2019en aller.Des services divers En 2018, les tests d\u2019analyse de substances ont été ajoutés aux services fournis par les SIS.Ces tests permettent de détecter la présence de drogues, notamment le fentanyl, un opioïde utilisé comme produit de coupe pour l\u2019héroïne, beaucoup plus puissant que celle-ci et qui cause de nombreux problèmes de surdose au Canada.D\u2019autres soins médicaux peuvent aussi être offerts aux usagers par les in?rmières en plus de la supervision d\u2019injection.La première année, environ la moitié des visites ont fait l\u2019objet de soins.Une route cahoteuse Mais l\u2019installation des sites d\u2019injection n\u2019a pas été chose facile.Le projet remonte à plus de dix ans, mais le CIUSSS avait besoin d\u2019appuis solides au niveau social et politique.Il y avait des considérations légales à prendre en compte, aux niveaux municipal, provincial et fédéral.Le CIUSSS a également fait un travail d\u2019éducation et de vulgarisation auprès du voisinage cohabitant avec les SIS, qui avait parfois quelques inquiétudes.Il existe Les sites d\u2019injection supervisée à Montréal Par Charlotte robeC 12 d\u2019ailleurs des comités de bon voisinage : les voisins peuvent venir parler des situations qui leur posent problème, et essayer de trouver des solutions avec des représentants des SIS, ainsi que des policiers.Des journées portes ouvertes aux médias et aux résidents ont aussi été organisées, a?n de montrer que le service est organisé et sécuritaire.Un service sous surveillance Les policiers du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) observent plusieurs indicateurs liés à la criminalité et surveillent les environs immédiats des différents sites.De plus, les personnes chargées de la coordination des SIS échangent avec le SPVM a?n de prévenir les situations pouvant poser problème lors de la cohabitation, et doivent avoir à l\u2019oeil les interventions policières à proximité des sites.Le SPVM a déclaré que le nombre d\u2019actes criminels aux alentours des SIS n\u2019avait pas connu d\u2019augmentation.Mieux répondre aux problèmes À Vancouver, un centre de thérapie est installé à l\u2019étage au-dessus des SIS, pour les consommateurs souhaitant arrêter.Ce n\u2019est pas le cas à Montréal, mais les services proposent d\u2019autres possibilités.Le personnel est quali?é pour donner des références, qu\u2019il s\u2019agisse de centres de désintoxication, d\u2019hébergement, de nourriture ou encore d\u2019accès au logement.Si un utilisateur souhaite arrêter de se droguer, il sera d\u2019abord écouté par un intervenant.Puis, celui- ci l\u2019accompagnera au CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal, s\u2019il le désire.Là-bas, on pourra lui proposer une offre de services divers, tels que programme de désintoxication, suivi individuel avec un professionnel, ou encore la possibilité d\u2019être redirigé vers le Centre de recherche et d\u2019aide pour narco- manes (CRAN), qui traite la dépendance aux opioïdes.Selon les besoins et les désirs du consommateur, l\u2019intervenant et lui Le fentanyl est un opioïde de synthèse très puissant utilisé par les patients cancéreux de plus de 18 ans recevant déjà un traitement continu par opioïde, a?n de soulager leur douleur.Mais, comme la plupart des opiacés, il fait l\u2019objet d\u2019un usage détourné.En 2017, le fentanyl était la quatrième drogue la plus saisie par les autorités au Québec.Le fentanyl pharmaceutique et licite se présente sous forme de comprimés ou de timbres.Il est plus puissant que l\u2019héroïne et 100 fois plus puissant que la morphine.Certains consommateurs d\u2019opioïdes extraient le produit des timbres en en retirant le gel a?n de se l\u2019injecter directement dans les veines.Mais une nouvelle forme de fenta- nyl, une poudre importée de Chine par la route du Paci?que, sévit en Amérique du Nord.Beaucoup plus puissante que les autres opioïdes, elle est utilisée comme produit de coupe pour l\u2019héroïne par les dealers, a?n de rendre les clients plus dépendants.En mai 2014, le Québec a fait face à une quinzaine de décès en un mois.Ces morts étaient soit liées à une héroïne trop puissante, soit à un produit contaminé au fentanyl.Mettre du fentanyl dans la drogue est extrêmement dangereux et peut conduire à un arrêt respiratoire potentiellement fatal.L\u2019Amérique se retrouve face à un nouveau phénomène : certains consommateurs recherchent désormais du fentanyl a?n de s\u2019en injecter volontairement.Ceci est révélateur de l\u2019ampleur du problème que représente cette drogue.Le problème du fentanyl Le miroir peut également faire prendre conscience au consommateur de la réalité, de son image, et le mener à essayer d\u2019arrêter 13 trouveront ensemble la meilleure solution, et il sera accompagné physiquement et béné?ciera d\u2019un soutien émotionnel.En novembre 2017, l\u2019hôpital Notre- Dame a été intégré au CIUSSS.Il a maintenant une vocation communautaire et répond mieux aux questions de la population de son territoire, situé près du centre- ville, dans le Village, et qui fait face notamment à des problèmes de toxicomanie.Des équipes médicales sont maintenant dédiées à la toxicologie.Cela permet aux utilisateurs des SIS d\u2019être hospitalisés dans de bonnes conditions en cas de besoin, et de béné?cier d\u2019un meilleur soutien.Un bilan positif Le 31 mai 2018, près d\u2019un an après son ouverture, le nombre de visites en SIS à Montréal était de 21 265 pour 876 personnes.Cela démontre une forte régularité de la fréquentation du service, puisque 72% des utilisateurs sont venus deux fois ou plus.Le nombre de nouvelles visites tous les mois est de 2% seulement.Depuis l\u2019ouverture des salles d\u2019injection de Montréal, près d\u2019une trentaine de services similaires ont ouvert à travers le pays.En 2017, la méthamphétamine, souvent abrégée en « meth », était la troisième drogue la plus saisie par les autorités au Québec, après le cannabis et la cocaïne.Elle est par ailleurs utilisée comme produit de coupe dans la cocaïne, car elle est moins coûteuse et que ses effets disparaissent moins rapidement.Sa consommation est en hausse ces dernières années.Cette drogue agit comme un stimulant sur le cerveau; ses consommateurs recherchent son action énergisante et euphorisante.Certaines personnes s\u2019en servent de surcroît comme stimulant sexuel, a?n d\u2019augmenter le plaisir ressenti et d\u2019être plus performantes.La méthamphétamine peut aussi provoquer de l\u2019anxiété, de la paranoïa, des hallucinations, ou encore une perte de poids ou une détérioration de la peau.C\u2019est une drogue dangereuse qui, à long terme, peut avoir des conséquences importantes.La dépendance peut s\u2019installer rapidement.Il est cependant possible d\u2019arrêter la méthamphéta- mine.Chez l\u2019organisme Rezo, il existe un groupe de consommateurs désireux de mettre un terme à leur accoutumance appelé Crystal Meth Anonymes.La rechute peut faire partie de la désintoxication.Pour arrêter, il vaut mieux être accompagné par un intervenant en toxicologie.Si la consommation est liée aux performances sexuelles, il peut aussi être utile de consulter un sexologue.Il n\u2019existe aucune méthode magique pour parvenir à arrêter, mais avec du soutien, c\u2019est possible.La méthamphétamine Méthamphétamine, MDMA, ecstasy\u2026 Ces noms vous disent sûrement quelque chose.Ils désignent un certain nombre de ce que l\u2019on appelle les « drogues de synthèse », c\u2019est-à-dire des drogues fabriquées chimiquement en laboratoire.Leur degré de dangerosité varie selon les types de drogue, mais aussi selon leur mode de fabrication.Plusieurs problèmes se posent.Tout d\u2019abord, beaucoup d\u2019entre elles représentent un danger en soi.Mais 43% du temps, la drogue achetée n\u2019est pas, ou pas totalement, celle que l\u2019on pense.Elle peut être coupée avec d\u2019autres substances, moins coûteuses ou plus addictives.La cocaïne, par exemple, contient très souvent de la méthamphéta- mine, beaucoup moins chère.Parfois, la meth est même vendue à la place de la cocaïne aux clients, qui se rendent compte que quelque chose n\u2019est pas normal lorsque les effets ne diminuent pas au bout de quelque temps.L\u2019ecstasy, très populaire dans le milieu de la musique électronique, ne contient parfois même pas de MDMA, habituellement son principal composant, supposé rendre heureux et très empathique.Les pilules vendues contiennent souvent de la caféine, des amphétamines, ou toutes sortes de substances ; de plus, deux pilules identiques peuvent être composées de drogues complètement différentes, rendant ainsi la consommation risquée.Il est alors conseillé aux consommateurs de faire des « tests de substance », qui consistent en un liquide, versé à petite dose, iden- ti?ant les drogues présentes.Plusieurs tests sont disponibles selon le produit que l\u2019on cherche à iden- ti?er.Certains organismes, tels que la Fondation Caméléon, se déplacent dans les festivals avec des tests de substance a?n de limiter les risques.Les drogues de synthèse 14 Peut-on arrêter d\u2019être dépendant?Un ancien toxicomane peut-il consommer des drogues de façon récréative?A-t-on une sensation de manque pour le restant de ses jours après l\u2019arrêt de la consommation?Autant de questions complexes pour comprendre la vie de personnes ayant eu des dépendances.Pour cela, j\u2019ai rencontré Sylvain, ancien toxicomane et secrétaire de son groupe des Narcotiques Anonymes (NA).Et abattons un mythe immédiatement (s\u2019il existe encore) : les groupes de NA regorgent de personnes ordinaires.Leur seul point commun est de souhaiter arrêter leur dépendance.L\u2019origine « J\u2019ai capitulé.J\u2019ai admis que j\u2019avais un problème et paradoxalement, c\u2019est ce qui a fait que j\u2019ai gagné.» Sylvain a aujourd\u2019hui 38 ans et comme d\u2019autres toxicomanes, sa consommation a été en dents de scie pendant plus de 20 ans.Si depuis l\u2019âge de 10-11 ans, Sylvain sniffe de la colle, ce n\u2019est qu\u2019à partir de 15 ans qu\u2019il passe au cannabis avant de s\u2019attaquer à l\u2019acide à 21 ans.Les drogues ont pour particularité de court-circuiter les chemins du plaisir et de la récompense dans le cerveau.Mais pour arriver à s\u2019en sortir, ce n\u2019est pas juste une question de sevrage\u2026 il faut comprendre pourquoi une personne consomme.Pourquoi a-t-elle besoin de substances pour avoir droit à sa dose de plaisir?« J\u2019avais besoin de faire taire quelque chose en moi.De l\u2019anesthésier », raconte Sylvain.« Quand j\u2019étais adolescent, j\u2019avais des amis qui jouaient au hockey dans la rue ; j\u2019aurais pu les rejoindre, mais je préférais rester chez moi et fumer des joints.» Dépendance psychologique Sylvain a déjà arrêté plusieurs fois la consommation de stupé- ?ants, notamment pendant 4 ans.Mais en 2014, il a recommencé à consommer durant ses ?ns de semaine.Pendant cette nouvelle période, Sylvain s\u2019impose des limites claires : ses proches ne doivent pas savoir et sa consommation ne doit pas atteindre sa ?lle.Jusqu\u2019au jour où il l\u2019envoie volontairement à un cours de danse pour pouvoir prendre de la cocaïne.Parallèlement, Sylvain a de la dif?culté à accomplir son travail d\u2019intervenant\u2026 deux de ses jeunes éveillent trop d\u2019échos en lui\u2026 il ne peut pas les aider.« J\u2019en ai parlé à une collègue qui est aussi une amie, et elle m\u2019a conseillé de prendre une semaine de vacances pour mettre tout ça au clair.J\u2019ai donc adressé ma demande à mon patron qui a accepté.Mais pendant cette semaine, je n\u2019ai fait que consommer jusqu\u2019à un point où je ne gelais plus\u2026 Je capotais\u2026 Huitième étape Accepter la vie « Je serai dépendant toute ma vie.La drogue, c\u2019est du plaisir immédiat.C\u2019est être centré sur soi », explique Sylvain.Dans les Narcotiques Anonymes, la spiritualité a une place importante.D\u2019abord pour avoir quelque chose de plus grand à quoi se raccrocher, mais aussi pour mieux se regarder et observer les gestes qui ont pu être posés.L\u2019idée est qu\u2019on ne peut rien cacher à Dieu ni à soi-même.La 8e étape du programme des NA consiste à dresser une liste des personnes que le dépendant a lésées et de vouloir faire amende honorable.Dans la tête d\u2019un dépendant Par DelPhine Caubet « J\u2019arrêtais pas de pleurer au téléphone et j\u2019ai ?ni par le dire : \u201c Ma parole ne vaut rien.Ce n\u2019est pas important ce que j\u2019ai à dire\u201d ». 15 je voyais la réalité\u2026 je voyais que je ne respectais plus mes règles.» Pendant cette semaine, Sylvain touche le fond.Il « lève son drapeau blanc », comme il le dit, et appelle en pleurs au milieu de la nuit un vieil ami qui le connaît depuis l\u2019adolescence.« J\u2019arrêtais pas de pleurer au téléphone et j\u2019ai ?ni par le dire : \u201c Ma parole ne vaut rien.Ce n\u2019est pas important ce que j\u2019ai à dire\u201d.» Servrage, rechute Sylvain traverse ensuite une courte période de sevrage (quelques heures), ce besoin physique d\u2019avoir de la cocaïne.Mais passé cette étape, il doit encore travailler sur l\u2019essentiel : sa dépendance psychologique.Pourquoi, après plusieurs années d\u2019abstinence, a-t-il rechuté?« J\u2019ai besoin d\u2019avoir un sentiment de connexion entre mon environnement et moi, et j\u2019ai déjà arrêté pendant 4 ans.Mais j\u2019avais des problèmes de couple avec mon ancienne conjointe, et je faisais comme si ce n\u2019était pas important.Comme si ce que je ressentais n\u2019était pas grave.C\u2019est comme ça que j\u2019ai rechuté.» Après son arrêt en 2014, Sylvain utilise les grands moyens et se paie à prix d\u2019or (et à crédit) un séjour dans un centre de désintoxication.« Un an plus tard, je viens de terminer de le payer et je ne regrette rien.C\u2019est la meilleure chose que j\u2019ai faite! » Sylvain y a fait une thérapie (la 3e) et a appris à s\u2019aimer, à prendre sa place et à ne plus se dévaloriser.« Je serai dépendant toute ma vie.La drogue, c\u2019est du plaisir immédiat.C\u2019est être centré sur soi », explique Sylvain.Dans son cheminement, il a appris à inclure la spiritualité dans sa vie.Une vision de Dieu telle que lui Le conçoit et qui aide à accepter qu\u2019un individu ne puisse pas tout contrôler dans sa vie. 16 Axelle (nom ?ctif ) se souvient encore du regard vicieux que posait sur elle l\u2019homme qui lui a demandé de danser pour lui la première fois.Fière de l\u2019attention qu\u2019il lui portait et ravie de l\u2019avoir pour elle toute seule, elle s\u2019était trémoussée dans sa camisole blanche 100% coton et dans sa petite culotte Fruit of the loom que sa maman lui avait achetée en paquet de trois chez Wal- Mart.Du haut de ses trois pommes et de sa candeur enfantine, elle s\u2019était aussi prêtée au jeu quand son papa lui avait demandé de toucher son pénis, dans la douche, en lui demandant si elle savait de quoi il s\u2019agissait.Mais plus elle avançait en âge, plus elle commençait à se sentir inconfortable dans ce petit manège qu\u2019elle n\u2019avait pas encore l\u2019âge de comprendre.À 13 ans, alors qu\u2019elle était en vacances en Floride chez lui pour le temps des fêtes, Axelle subit un viol complet.Traumatisée et en pleurs, elle se promet de ne jamais revoir son père.À son retour à Montréal, elle se rue vers sa maman, qui l\u2019attend à la sortie de l\u2019avion, et la serre de toutes ses forces en lui faisant part de son souhait.Pour Axelle, c\u2019est le début d\u2019un état de grande souffrance.Une souffrance qu\u2019elle tentera d\u2019étouffer, en vain, à travers un parcours chaotique et inconsciemment masochiste.Une adolescence tourmentée La préadolescente entreprend l\u2019école secondaire et réussit à tenir le coup jusqu\u2019en 3e secondaire.Son anxiété et son anorexie lui font perdre sa motivation.Elle qui faisait alors partie d\u2019un programme Par Catherine Caron Des deux côtés de la seringue 17 enrichi commence à éprouver des dif?cultés scolaires et est reclassée au niveau régulier.Une régression honteuse pour celle qui af?rme avoir « beaucoup misé sur le paraître ».Axelle change aussi d\u2019école et se retrouve dans une école de ?lles où elle subit de l\u2019intimidation.Elle commence à fréquenter des gens de l\u2019extérieur avec qui elle est initiée à la consommation de cocaïne par injection intraveineuse : pour Axelle, c\u2019est le coup de foudre instantané.Elle abandonne l\u2019école et la consommation devient rapidement le centre de sa vie.Prostitution et violence À 18 ans, Axelle commence à faire de la prostitution pour une agence qui promet, dans les petites annonces du journal, un salaire hebdomadaire moyen de 2000$.La promesse se révèle véridique pour la jeune ?lle, qui revient d\u2019un passage d\u2019une semaine à Toronto avec 10 000$ cash en poche.De retour dans la métropole, elle rencontre, par l\u2019entremise d\u2019un ami, celui qui deviendra deux ans plus tard le père de sa ?lle.Ensemble, ils partagent d\u2019abord une vie de luxe et d\u2019excès que l\u2019activité professionnelle d\u2019Axelle leur permet de soutenir.Le fait que sa copine soit escorte ne dérange pas le futur père, qui s\u2019en enorgueillit même; pour lui, que d\u2019autres hommes soient prêts à payer pour pouvoir coucher avec elle est gra- ti?ant.Graduellement, la relation, intense et fusionnelle, est minée par des discussions houleuses qui se transforment insidieusement en violence mutuelle.Dépression postpartum À 20 ans, elle donne naissance à la petite Stella et arrête temporairement la prostitution.Elle ne se sent pas à l\u2019aise dans son nouveau rôle de mère et se sent rejetée par son bébé, qui n\u2019arrive pas à boire au sein.Le lien se crée dif?cilement entre la ?lle et la mère, qui n\u2019est à ce moment pas aussi disponible psychologiquement qu\u2019elle voudrait l\u2019être.Dépassée par les événements d\u2019une vie qui est alors marquée par la violence et l\u2019instabilité, Axelle tombe dans une période dépressive qui la mène à l\u2019Hôpital psychiatrique Louis-H.Lafontaine.Là-bas, elle est hospitalisée et médicamentée, après avoir été diagnostiquée \u2013 à tort \u2013 bipolaire.C\u2019est durant cette période qu\u2019elle laisse le père de sa ?lle, toxicomane, violent et sans emploi, avec qui elle ne se voit pas continuer sa route.Après la naissance de sa ?lle, Axelle recommence la prostitution pour un court laps de temps, avant de se décider à faire une demande d\u2019aide sociale.Dif?cile, pour l\u2019orgueil de quelqu\u2019un qui « avait toujours jugé les ?lles qui avaient des enfants jeunes pis qui se retrouvaient monoparentales sur le BS.J\u2019pouvais pas croire que j\u2019me retrouvais moi-même dans cette situation-là.En plus, dans l\u2019temps, c\u2019tait des chèques en papier qu\u2019on recevait par la poste pis qu\u2019on devait aller changer en personne à la banque\u2026 j\u2019avais tellement honte! », me dit celle qui approche aujourd\u2019hui la quarantaine.Une rupture fatale Mais cette rupture, que son ex- conjoint n\u2019accepte pas, la plonge dans un cauchemar.Chaque jour, elle est victime de menaces et de harcèlement.Elle reçoit entre autres par courriel le vidéoclip Kim d\u2019Eminem (en gros, un gars y traîne dans son coffre de voiture le cadavre nauséabond de son ex).Pas le genre de truc qui donne envie de dormir.Surtout quand la boite vocale de la maison se remplit à vitesse grand V de messages du genre « j\u2019espère que t\u2019as des photos de la p\u2019tite en masse parce que\u2026 » avec une ?nale qui est loin d\u2019exprimer une envie de faire du scrapbooking.Axelle conserve ces preuves pour la police et l\u2019affaire se retrouve en cour, où le père reçoit l\u2019interdiction d\u2019approcher de sa ?lle et de son ex.La petite Stella n\u2019a que 4 ans lorsque son père se suicide.Pour Axelle, c\u2019est la ?n d\u2019une période de vie empoisonnée par l\u2019angoisse et la peur.Avec le recul, elle comprend cependant le mal-être dont souffrait son ex-conjoint : « C\u2019était pas une mauvaise personne, c\u2019était quelqu\u2019un qui avait mal, quelqu\u2019un qui souffrait.Il avait un problème avec les femmes, il ne se sentait pas aimé.Sa mère l\u2019avait eu à 16 ans et lui disait souvent qu\u2019elle le regrettait, qu\u2019elle n\u2019aurait pas dû l\u2019avoir parce qu\u2019elle était trop jeune\u2026 Tu peux le penser, mais tu ne dis pas ça à ton enfant.» Dif?cultés professionnelles L\u2019impasse professionnelle face à laquelle elle se trouve pousse Axelle à terminer son secondaire.Par le biais d\u2019un programme qui soutient les jeunes mères dans leur cheminement, elle réussit à obtenir son diplôme d\u2019études secondaires.Elle erre par la suite entre différents programmes qui ne lui conviennent pas et qu\u2019elle abandonne en cours de route.Entre temps, elle qui avait réussi à arrêter de consommer d\u2019elle-même, revoit une ancienne Elle commence à fréquenter des gens avec qui elle est initiée à la consommation de cocaïne par injection intraveineuse : pour Axelle, c\u2019est le coup de foudre instantané. 18 amie qui tente le diable en lui proposant un joint.C\u2019est tout ce qu\u2019il fallait pour qu\u2019Axelle recommence à consommer.Du pot, mais également du speed, auquel elle est exposée lorsqu\u2019elle sort dans les raves, à l\u2019occasion.Elle lâche le Cé- gep et rencontre un autre homme avec qui elle sort et dont elle tombe enceinte.Peu de temps après, elle croise sur la rue son père, qu\u2019elle ne fréquente plus depuis belle lurette.Celui-ci ne la reconnaît pas : pour Axelle, c\u2019est le choc.Elle croit d\u2019ailleurs que cet événement, vécu comme traumatique, est intimement lié à la perte de son bébé dans les jours suivants.Un mal pour un bien, puisqu\u2019elle avait déjà l\u2019intention de se faire avorter.Épreuve dif?cile Mais son état dépressif empire et son copain de l\u2019époque décide de la laisser.Cette rupture, bien que dif?cile, la fouette.Axelle décide alors de se reprendre en main et arrête subitement de consommer, d\u2019elle-même.« Avec moi, c\u2019est tout ou rien », me dit-elle.En 2011, elle s\u2019inscrit au certi?cat en toxicomanie de l\u2019Université de Montréal.Par intérêt, mais également par désir profond d\u2019aider des gens aux prises avec des problématiques semblables à celles qu\u2019elle a vécues.Le parcours ne se fait pas sans dif?culté : Axelle, qui souffre de phobie sociale, annule systématiquement tous les cours qui demandent des travaux d\u2019équipe, ce qui rallonge considérablement son parcours scolaire.Mais la motivation est plus forte et la pousse à continuer jusqu\u2019à l\u2019obtention de son certi?cat.Son anxiété et son instabilité psychologique refont cependant surface par la suite, ce qui la mène à fréquenter un centre de thérapie alternative (art-thérapie) où elle reçoit un diagnostic de trouble de la personnalité limite.Axelle, qui a toujours eu de la dif?culté à s\u2019intégrer, mais surtout à maintenir un emploi régulier, demeure avec sa mère et sa ?lle et vit de l\u2019aide sociale.Sa mère, une in?rmière de profession qui a toujours été présente et compréhensive pour sa ?lle, l\u2019informe que la situation ne peut plus durer : si elle veut continuer à habiter l\u2019appartement, À 13 ans, Axelle subi un viol complet 19 Axelle devra faire quelque chose de sa peau.La lumière au bout du tunnel Elle s\u2019inscrit donc chez Accès-Cible SMT, un organisme qui aide les gens aux prises avec des problèmes de santé mentale dans leur réinsertion professionnelle.Désabusée par ses tentatives précédentes, qui se sont soldées par des échecs, elle s\u2019y inscrit sans trop d\u2019attentes.Elle y arrive peu con?ante en ses capacités de pouvoir devenir un jour intervenante.Il faut dire que son manque d\u2019expérience, son éloignement prolongé du marché du travail et son anxiété, que le travail a tendance à exacerber, ne jouent pas en sa faveur.Mais une lueur d\u2019espoir persiste et Axelle se met en tête de « se donner une chance de faire les choses différemment ».Non sans dif?culté, elle réussit à gérer son anxiété de départ et persévère dans le programme.Elle ?nit par décrocher un stage dans un centre d\u2019hébergement pour personnes sidéennes de Montréal.Pour Axelle, le stage est révélateur : intervenante auprès de personnes toxicomanes et marginalisées, c\u2019est bel et bien ce qu\u2019elle veut devenir.À la ?n de son stage de 7 semaines, ses collègues et ses superviseurs n\u2019ont que des commentaires positifs à son égard.Elle se fait même proposer un poste sur appel qui pourrait éventuellement déboucher sur un poste régulier permanent au sein de l\u2019organisme.Les yeux humides, remplis de larmes qu\u2019elle tente de retenir, elle conclut : « Ma vie, oui ça a fait mal, non ça n\u2019a pas été facile, oui j\u2019ai rushé, mais pour moi, l\u2019envie de vivre a été plus forte pis j\u2019me suis toujours relevée.pis tout c\u2019que j\u2019ai vécu, ça a fait de moi la personne que j\u2019suis devenue\u2026 quand les gens vont venir me parler, y vont voir dans mes yeux d\u2019intervenante que j\u2019les comprends.» Quand je lui demande ce qu\u2019elle retient de son parcours et quel message elle voudrait faire partager, elle proclame : « Dans la vie, quand t\u2019as besoin d\u2019aide, y\u2019a toujours des mains qui vont être tendues, faut juste que tu restes ouvert pour les voir pis les accueillir.» La petite Stella n\u2019a que 4 ans lorsque son père se suicide.Pour Axelle, c\u2019est la ?n d\u2019une période de vie empoisonnée par l\u2019angoisse et la peur. 20 Quel bonheur pour les enfants d\u2019être en vacances! Davantage de temps pour s\u2019amuser, pour dessiner, pour lire, pour jouer dehors et pour\u2026 les écrans! Voilà d\u2019ailleurs un combat redouté par bien des parents, l\u2019été venu.Petit test révélateur que vous pouvez faire autour de vous : demander quel est le temps maximum que devraient passer par jour un bébé et un jeune enfant devant les écrans.Réponse (selon la Société canadienne de pédiatrie) : pas d\u2019écran avant deux ans et une heure pour les enfants de 2 à 5 ans.Pour les enfants plus âgés, la SCP a décidé de ne pas recommander de temps limite.Elle mise plutôt sur une saine utilisation des écrans qui ne nuise pas aux activités sociales et scolaires, à l\u2019activité physique ainsi qu\u2019au sommeil, car ces activités doivent être priorisées.Et que comprend le mot « écrans »?Cela inclut tous les types, les vieux comme les plus récents : ordinateur, télévision, tablette, téléphone intelligent, console de jeux vidéo, etc.Que ce soit pour jouer à un jeu éducatif ou à un jeu vidéo pas éducatif du tout, regarder YouTube, aller sur Facebook, Snapchat, Ins- tagram, Pinterest ou Musical.ly, écouter un dessin animé ou un ?lm Par Julie Fortier, resPonsable éDitoriale, naître et granDir L\u2019été et les enfants, ou le combat contre les écrans 21 Références Briceño, Catalina et Dugas, Marie-Claude, Parents dans un monde d\u2019écrans, Les Éditions de l\u2019Homme, 2019.Tétreault, Cathy, Jeunes connectés, parents informés, Midi trente éditions, 2018.Ressources: Habilo médias : habilomedias.ca/pour-parents Cyberdépendance : centrecyber- aide.com ou cyberdependance.ca Services de garde : qualitepe- titeenfance.uqam.ca.pdf Écoles primaires : ecranferme.soisfute.ca à la télé, regarder quelqu\u2019un jouer à un jeu vidéo : peu importe, c\u2019est du temps d\u2019écran.Ça monte donc vite\u2026 Selon une étude canadienne, à deux ans, un tout-petit passe en moyenne 2,4 heures par jour devant un écran et cela monte à 3,6 heures à trois ans.Comme les chiffres le démontrent, le nombre d\u2019heures augmente avec l\u2019âge et peut parfois équivaloir pour un ado à une semaine de travail à temps plein.Petit problème peut devenir grand La gestion des écrans devient d\u2019ailleurs plus complexe à mesure que les enfants grandissent.Pour cette raison, les experts s\u2019entendent pour dire que les bonnes habitudes relatives aux écrans doivent commencer tôt.Bien qu\u2019il soit important d\u2019encadrer le temps que passent les enfants sur les appareils électroniques, ce n\u2019est toutefois pas sufi- sant (même si c\u2019est déjà épuisant!).Il est tout aussi important de se soucier de leurs comportements liés au jeu vidéo ou à l\u2019usage de la tablette, par exemple.Des chercheurs américains ont d\u2019ailleurs établi une série de comportements à surveiller chez les enfants de 4 à 11 ans.En voici quelques-uns : \u2022 Mon enfant a du mal à cesser d\u2019utiliser les appareils électroniques.\u2022 Mon enfant ne semble penser qu\u2019aux activités associées aux écrans.\u2022 Mon enfant passe beaucoup de temps sur les écrans et cela nuit aux activités familiales.\u2022 Mon enfant devient frustré lorsqu\u2019il ne peut plus utiliser les appareils électroniques.\u2022 Mon enfant utilise les appareils électroniques en cachette.\u2022 Passer du temps devant l\u2019écran semble la seule chose qui aide mon enfant à se sentir mieux.Pas cyberdépendant pour autant Vous avez sans doute déjà observé certains de ces comportements chez vos enfants.Soyez rassuré, cela ne veut pas dire qu\u2019ils sont cyberdépendants.Selon une étude menée par la psychologue et chercheuse Magali Dufour, 1,3 % des adolescents québécois pourraient souffrir de cyberdépendance.Ces derniers passent de 40 à 60 heures en ligne.Les illes et les garçons sont autant à risque de devenir cy- berdépendants, mais les jeunes qui sont plus vulnérables émotivement (impulsivité, humeur dépressive, anxiété, TDA/H) le sont davantage.La cyberdépendance est donc un problème complexe pouvant seulement être diagnostiqué par un professionnel de la santé, a rappelé récemment Cathy Tétreault, intervenante en dépendance et fondatrice du Centre Cyber-aide, lors d\u2019une conférence donnée en ligne.Elle ne croit pas que ce soit le léau qu\u2019on s\u2019imagine et elle préfère parler d\u2019utilisation abusive des nouvelles technologies, ou de personnes à risque.Elle se dit davantage inquiète pour la sécurité des enfants sur Internet ainsi que les effets néfastes des écrans sur leur santé et leur développement.S\u2019y intéresser et donner l\u2019exemple Cathy Tétreault n\u2019encourage pas seulement les parents à gérer le temps d\u2019écran, mais aussi à « suivre la vague et à s\u2019ajuster ».Il sera alors plus facile de faire de la gestion d\u2019écrans s\u2019il n\u2019y a pas de conlits.Elle les invite aussi à s\u2019intéresser aux applications que leurs enfants téléchargent, aux jeux vidéo qu\u2019ils aiment ou aux vidéos qu\u2019ils regardent en ligne.Il est important aussi d\u2019aider les enfants ou les ados à trouver un équilibre dans leur utilisation de la technologie en établissant des priorités : bien manger et dormir, faire ses devoirs, passer du temps avec les amis et la famille, faire de l\u2019activité physique, etc.Quand tout cela est accompli, ils peuvent utiliser les écrans.Bien sûr, c\u2019est plus facile à écrire qu\u2019à faire et il y aura inévitablement des ajustements.Comme elle le dit, nous n\u2019avons pas eu de mode d\u2019emploi pour faire face à la gestion de ces technologies et nous procédons souvent par essais-erreurs.Nos enfants seront probablement mieux outillés que nous quand ils deviendront un jour parents, croit-elle.Mais en attendant, nous pouvons aussi nous interroger sur notre propre utilisation des écrans et l\u2019exemple que nous donnons.Regarder la télé en regardant son téléphone, répondre à un texto durant le souper, passer beaucoup de temps sur Facebook, Instagram ou sur Netlix, consulter son cellulaire lors d\u2019une sortie avec son enfant, etc.Et ne pas être capable de nous détacher de nos écrans même durant les vacances\u2026 Ce que l\u2019on demande à nos enfants n\u2019est pas toujours cohérent avec nos propres comportements ! 22 Qu\u2019est-ce que c\u2019est, un sexto?Il existe plusieurs formes de sextos.Il est possible d\u2019envoyer des messages, des images ou des vidéos à caractère sexuel.La plupart du temps, on envoie les sextos via un cellulaire à l\u2019aide d\u2019applications : SMS, Facebook Messenger, Instagram, Snapchat, WhatsApp, etc.On séduit et on est séduit en retour à l\u2019aide de ces nouvelles technologies de l\u2019information; c\u2019est merveilleux! C\u2019est génial pour explorer sa sexualité, ses limites personnelles et sa con?ance en l\u2019autre.Par contre, bien malheureusement, certaines personnes n\u2019utilisent pas positivement cet échange.Certaines personnes utilisent les sextos à des ?ns de chantage, d\u2019exploitation et même de harcèlement.Les textos à bon escient Chères adolescentes et chers adolescents, sachez qu\u2019il est, à ce jour, illégal pour vous d\u2019envoyer des images et des vidéos à caractère intime à d\u2019autres personnes, adolescentes ou adultes, et que ces vidéos soient partagées par Snap- chat (un média sur lequel les photos ne restent, en théorie, que 10 secondes!) ou quelque autre média! Si les adultes peuvent quant à eux partager des images ou vidéos intimes d\u2019eux-mêmes, les adolescents n\u2019ont pas ce même droit, et le partage d\u2019images intimes de personnes mineures (que ce soit deux mineurs qui s\u2019envoient des photos ou un mineur qui envoie ses photos à un adulte) est considéré comme de la production et du partage de pornographie juvénile! Ça semble bien sérieux lorsqu\u2019on en parle comme ça, et ça l\u2019est! Les adolescents ont néanmoins le droit de s\u2018envoyer des messages écrits à caractère sexuel.Il faut cependant s\u2019assurer que les deux partenaires aient bien consenti.Hé oui, le consentement, c\u2019est partout, tout le temps! Double standard d\u2019être exposed Le groupe d\u2019amis de Mathéo partage les photos intimes que Camilia lui a envoyées.Ils les envoient par Snapchat à d\u2019autres élèves de leur école.Se faire « exposer », c\u2019est quand une autre personne partage nos messages, photos ou vidéos intimes sans notre consentement.C\u2019est un Sextos et enjeux scolaires Par estelle Cazelais et FlorenCe Valiquette-saVoie 23 geste violent! Malheureusement, ce geste est trop souvent perçu différemment selon le sexe de la victime.En bref, quand une ?lle se fait exposer, elle perd son statut d\u2019innocence et de bonne ?lle.Ses amies peuvent la rejeter, ses parents vont être choqués en ayant certaines réactions comme « on pensait jamais que notre ?lle ferait ça! ».On la perçoit désormais négativement! C\u2019est le paradoxe classique de la vierge et de la putain.Alors qu\u2019en fait, elle apprenait à faire con?ance à une autre personne en testant ses limites, c\u2019est SA con?ance qui a été brisée, et c\u2019est envers elle qu\u2019un immense manque de respect a été commis.L\u2019adolescent qui est exposé, lui, est perçu comme un bouffon! On mettra de l\u2019avant ses qualités de mâle avec un grand M.Eh ! un gars qui ose, qui est aventureux! Et puis, de toute façon les gars, surtout à l\u2019adolescence, ça ne pense qu\u2019au sexe (sentez-vous le sarcasme?)\u2026 Alors qu\u2019en réalité, les ?lles comme les gars peuvent vivre de la détresse psychologique suite à ce genre d\u2019événement, mais celle- ci sera particulièrement banalisée chez les garçons et les jeunes hommes! Quelles sont les responsabilités des écoles quand des élèves commettent des délits les uns envers les autres ?1.Faire de la prévention pour éviter que ce type de comportement se produise; ateliers, conférences avec des experts : les sexologues! 2.Se doter d\u2019une politique contre les violences sexuelles: oui, c\u2019est de la violence sexuelle! 3.Ré?échir à qui vit les conséquences des actes : les agresseurs ou les victimes des actes criminels commis ?4.Reconnaître que ce sont les victimes qui vivent les conséquences et agir en ce sens : punir, suspendre ou même expulser les agresseurs.Le droit des victimes à s\u2019instruire dans un environnement sécuritaire devrait prévaloir sur celui des agresseurs.5.Cesser de justi?er les comportements des agresseurs (« elles ont envoyé les photos », « elles étaient habillées sexy ») et protéger les victimes.En?n, vive la culture du consentement, pourrait-on dire! Parce que le consentement devrait se demander, partout, tout le temps, même en ligne et dans les applications virtuelles, qu\u2019on soit adulte ou adolescent. 24 Murielle Chatelier rencontrait en 2005, pour le compte de Re?et de Société (Vol.13 no 3), trois jeunes rappeurs originaux chez qui l\u2019expression artistique s\u2019avérait indissociable d\u2019une certaine quête spirituelle.« Sans être en?am- més par une quelconque ferveur religieuse », écrivait-elle, « ils fuient les carcans du hip-hop commercial ».Jean-Marc Beausoleil est parvenu à retracer deux d\u2019entre eux et relance la conversation quatorze ans plus tard\u2026 Considéré comme une des ?gures emblématiques de la culture hip- hop au Québec, jouissant d\u2019une notoriété internationale, Monk.E était de passage à Montréal, entre un contrat en Ouganda et un autre au Cambodge.Lorsque nous l\u2019avons rencontré dans son appartement, il était plus dynamique que jamais : « Tout ce que je crée, mon mouvement, c\u2019est l\u2019alchimiographie et l\u2019alchimiopho- nie.« L\u2019idée, c\u2019est pas juste de faire du graphique et de juste faire de la peinture, c\u2019est de changer le plomb en or par le son, c\u2019est de changer le plomb en or par le visuel.« Changer le plomb en or, c\u2019est ressusciter quelque chose, c\u2019est redonner la vie à quelque chose qui est mort.« Sans qu\u2019on tombe trop dans le mystique, le hip-hop, c\u2019est de l\u2019alchimie complète.Tu prends la casquette de ton père qui n\u2019est pas à la mode du tout, tu la mets sur le côté au lieu de la mettre droite et tu es à la mode.« Tu prends un dessous de pont qui est pas cool du tout, où les gens ont peur d\u2019aller et tu le repeins au complet et maintenant tu as les photographes qui vont là pour prendre des photos.« Ça devient viral sur Instagram.Ça, c\u2019est de l\u2019alchimie.» Nous avons aussi réussi à retrouver un autre des trois mousquetaires interviewés par Murielle Chatelier en 2005.Cultiver son jardin « Je continue à faire de la musique, Par Jean-MarC beausoleil Quadragénaire, rappeur et révolté 25 à enregistrer des disques.J\u2019avais un projet qui s\u2019appelle Héliodrome.Nous avons sorti un album en 2017 intitulé Le jardin des espèces », con?e Frédérick Galbrun, aussi connu sous le nom de Khyro, artiste que le journal Voir a quali?é de rappeur vétéran et de p o è t e tourmenté.Quatorze ans après sa première entrevue avec Re?et de Société, Khy- ro poursuit sa démarche : « Il y a encore un élément de spiritualité dans ma ré?exion.« La psychanalyse, elle aussi, reste.Le jardin des espèces est d\u2019ailleurs un album fortement marqué par la psychanalyse.» « Pour moi, une analyse qui est réussie, c\u2019est une analyse qui permet au sujet de créer autre chose », explique Galbrun.Ainsi, il peut explorer des thèmes qui partent du particulier pour tendre vers l\u2019universel, comme la relation à la mère, au père, les peurs d\u2019enfant\u2026 En plus de peau?ner son analyse personnelle, Galbrun s\u2019est beaucoup intéressé au bouddhisme, au sou?sme et à la spiritualité orientale.Bref, s\u2019il a évolué, l\u2019homme n\u2019a pas fondamentalement changé depuis 2005.« Oui, je vais faire de la musique toute ma vie, tant que je peux.Je crois que ça reste pertinent.Faire du rap à 40 ans, c\u2019est particulier », reconnaît-il.Travailleur social dans la vie de tous les jours, il insiste en riant : « Je suis plus révolté à 40 ans que je l\u2019étais à 16 ans! » L\u2019intensité Pour lui, la musique est une nécessité : « Il doit y avoir création pour qu\u2019une intensité latente ou cachée puisse sortir.» L\u2019importance de son implication lui confère, quatorze ans plus tard, une autorité morale indéniable.« Même si je ne fais pas d\u2019argent avec ça, même si je ne deviendrai jamais connu, c\u2019est une démarche que je poursuis depuis au moins 1995.» Pour Khyro, en plus de la musique, il y a l\u2019importance du spectacle, de la mise en scène et du voyage qui accompagnent la réception d\u2019un album : « J\u2019ai eu la chance d\u2019aller en Europe avec ce groupe, plusieurs fois en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse.Nous nous sommes fait des amis.» Il conclut : « La musique est une façon d\u2019aller vers l\u2019autre.» Tu prends un dessous de pont où les gens ont peur d\u2019aller et tu le repeins au complet et maintenant tu as les photographes qui vont là pour prendre des photos. 26 « La noirceur.C\u2019est la noirceur.» Il baisse la tête et ?xe le vide, d\u2019un regard las.Nous sommes en prison, dans le quartier commun des détenus.Une cuisinette, un téléviseur ?xé au mur, quelques chaises, des divans.Une quarantaine d\u2019années passées derrière les barreaux.La semaine dernière, seulement, a-t-il pu obtenir sa première permission de sortie.Une activité hors les murs en compagnie de quelques autres prisonniers, chaperonnés par un civil.« Ici, tu sais » me dit-il, « tout est allumé en permanence.Il ne fait jamais noir.Je n\u2019ai pas vu de noirceur depuis très, très longtemps.» Il désigne par la fenêtre un lampadaire de 50 pieds, poteau gris métallique couronné de lumières éclatantes.Nous sommes en plein jour, pourtant.Mais à dire vrai, il n\u2019y a pas de nuit en prison.Quand le soleil disparaît, tout, aux environs, se nappe d\u2019une lumière orange blanchâtre.À Cowans- ville, les parents montrent à leurs enfants les lueurs de la prison par- delà les champs pour les mettre en garde contre ce qui pourrait leur arriver s\u2019ils ne sont pas sages.Il se racle la gorge, puis poursuit : « Je n\u2019étais vraiment pas préparé à ça », dit-il.« En sortant de la fourgonnette, la rue était plongée dans l\u2019obscurité.On en vient à oublier ce que c\u2019est.» Il explique qu\u2019il était préparé à faire face à n\u2019importe quelle autre émotion ou situation.Mais pas à la noirceur.Il est commun d\u2019associer la noirceur ou la nuit avec le mal.En Angleterre, si quelqu\u2019un af?che une mine sinistre ou louche, on dit de lui qu\u2019il « a quelque chose de nocturne » (There is something of the night about him).Un des surnoms du diable n\u2019est-il pas « le Prince des ténèbres »?Mais si, depuis plusieurs années, vous n\u2019avez pas connu la nuit, apaisante, enveloppante, elle vous manque.Son réconfort, sa régularité.Comme une horloge.Lumières éclatantes La prison est un environnement dominé par la lumière.Il y fait jour constamment, comme dans un casino de Las Vegas.À Vegas, ne disposer nulle part d\u2019horloge visible et conserver le même éclairage 24 heures par jour a pour but de désorienter le joueur.La notion du temps se dissipe comme celle du montant d\u2019argent qu\u2019on perd.Le ?l de nos propres actions devient dif?cile à suivre.Les secondes se transforment en heures.En prison, les motifs pour garder les lumières allumées en tout temps diffèrent.Mais les effets eux sont les mêmes.Perd-on une partie de notre âme quand tout est toujours illuminé à l\u2019extérieur?L\u2019auteur et aviateur français Antoine de Saint-Exupéry fut l\u2019un des premiers, lors de périlleuses missions postales, à survoler de nuit les interminables territoires désertiques d\u2019Afrique du Nord.« La nuit » observa-t-il, « la raison dort, et simplement les choses sont ».On ne tente plus d\u2019ordonner dans notre esprit tout ce que nous avons à faire; on cesse d\u2019évaluer tout ce qui nous entoure.Dans les ténèbres, on ne fait qu\u2019être.S\u2019habituer à la noirceur Par Colin MCgregor, Traduit de l\u2019anglais par Simon-Claude Gingras 27 Une prison canadienne n\u2019est certainement pas comparable à Auschwitz.Mais un point commun unit tous ceux que la maladie, la pauvreté, la malchance ou leurs propres mésaventures ont fait s\u2019échouer en quarantaine du monde.En prison, il n\u2019y a pas de femmes qui soient nos semblables.Elles sont toutes représentantes de l\u2019autorité.Il n\u2019y a pas de familles, pas d\u2019animaux de compagnie, pas de vacances.Une grande partie de la vie quotidienne s\u2019évanouit.En 1960, Elie Wiesel publie un court essai intitulé Night, rédigé à partir de ses souvenirs de survivant d\u2019Auschwitz.Il y dépeint les membres d\u2019une famille juive roumaine dont la vie s\u2019assombrit quand les Allemands prennent le contrôle de leur village pour ensuite les déporter dans un camp de prisonniers.C\u2019est le règne de la noirceur: terrassés par la peur, ils sont transportés durant la nuit dans des wagons à bétail scellés.Ils voient à travers les interstices des parois de leur wagon les feux du crématorium qui annoncent l\u2019approche du camp.Ils en hurlent d\u2019effroi.On sépare les hommes des femmes.Le personnage principal, un jeune dévot hassidique nommé Eliezer, se voit tatouer un numéro: A-7713.On l\u2019a privé de son propre nom, constate- t-il (cela dit, je suis 026054d: n\u2019importe quel Canadien obtient un numéro semblable, composé de 6 chiffres et d\u2019une lettre, quand la police relève ses empreintes digitales pour la première fois.À peu près un adulte sur dix possède un tel numéro au Canada).L\u2019histoire se déroulant durant la nuit, le lecteur perd toute perception du temps.Comme dans les contes hassidiques traditionnels, le récit ne suit pas une séquence chronologique régulière, ce qui lui confère une aura de surnaturel.Des ?ssures apparaissent Mais cette nuit-là, la première après être descendu du wagon, on conduit le groupe d\u2019Eliezer au- delà de la fosse commune, et tous sentent que pour un instant, ils sont saufs.Ils entonnent en chœur: « Je n\u2019oublierai jamais cette nuit, cette première nuit au camp\u2026 » Des ?ssures dans la foi d\u2019Eliezer commencent à se dessiner.Dans sa foi en sa foi autant que dans sa foi dans le monde.Ces ?ssures s\u2019élargissent à mesure que passe le temps dans le camp.En effet, tous les prisonniers ont le sentiment d\u2019être abandonnés.Mais bientôt, Eliezer se sent investi d\u2019une force nouvelle: « Je cessai d\u2019accepter le silence de Dieu »; lui-même avait « arrêté d\u2019être quoi que ce soit d\u2019autre que des cendres, mais malgré cela, je me sentais plus fort que le Tout-Puissant ».Certains des prisonniers de Night abandonnent; certains perdent toute empathie pour autrui, tout sens de la communauté, et vont jusqu\u2019à tuer pour un quignon de pain; d\u2019autres (comme votre correspondant au Canada) deviennent des travailleurs compulsifs, toujours affairés avec enthousiasme, même quand cela s\u2019avère inutile.Eliezer s\u2019accroche, lugubrement, déterminé à vivre, à émerger de la nuit, quitte à se voir brisé, pour autant qu\u2019il puisse toujours respirer.Et il survit.Lorsqu\u2019on s\u2019éveille, comme sait me le rappeler mon ami Rip Van Winkle, une chose telle que la noirceur revêt une tout autre signi?cation.L\u2019homme qui met un terme à un long sommeil et part en permission de sortie voit la nuit avec sérénité et reconnaissance.Mais on ne peut ni ne pourra jamais laisser derrière soi sa longue nuit.Comme le scande Eliezer : « Jamais je n\u2019oublierai ces moments qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et qui réduisirent mes rêves en poussière.» Ainsi que les rêves des autres. Fred Dubé présente: Les Capsules pédagogiques de grammaire présentent certaines particularités de la langue française.Elles nous apprennent l\u2019origine d\u2019une expression, d\u2019une façon de dire, ou nous éclairent sur le sens d\u2019une ?- gure de style.Elles jettent en somme un regard amusant sur la mécanique de cette langue et nous révèlent du même souf?e ses vastes possibilités\u2026 ainsi que ses apparentes dif?cultés! L\u2019humoriste Fred Dubé les présente dans de courtes vidéos disponibles sur le site de Re?et de Société.www.re?etdesociete.com/francais Pour écouter les capsules : www.reletdesociete.com/francais Les paronymes (et non pas les patronymes!) sont des mots dont la prononciation et l\u2019orthographe se ressemblent, mais dont le sens diffère.Dans certains cas, il ne suf?t que d\u2019une différence d\u2019une lettre ou d\u2019une syllabe entre deux mots pour qu\u2019ils soient des paronymes.C\u2019est le cas d\u2019éruption et d\u2019irruption par exemple, où éruption signi?e « faire sortir violemment », faisant référence à des matières volcaniques ou à des lésions cutanées et où irruption veut dire « se précipiter dans ».Il est préférable de bien les différencier pour éviter des phrases comme « j\u2019ai fait éruption dans son bureau! », car, à moins d\u2019être un volcan, on fait plutôt irruption dans le bureau de quelqu\u2019un! De la même manière, accident et incident, colorer et colorier, immigrer et émigrer, prescrire et proscrire, venimeux et vénéneux sont d\u2019autres exemples de paronymes.La paronymie, du grec para « à côté » et onoma « nom », fait donc en sorte que certains mots sont faciles à confondre à l\u2019oral ou à l\u2019écrit.Ainsi, il est fautif d\u2019interchanger les paronymes quand ce n\u2019est pas dans un but stylistique.C\u2019est pourquoi, a?n d\u2019éviter toute confusion possible, pour soi et pour les autres, le dictionnaire reste notre meilleur ami quand on hésite entre un mot et son paronyme.Prenons par exemple infecter et infester où infecter signi?e « provoquer une infection par contamination » et où infester veut dire « foisonner et envahir ».Imaginez maintenant qu\u2019un patient fasse irruption chez son médecin et lui dise « j\u2019ai lu dans une revue infectée de fautes que je pouvais être infesté par la grippe! ».Qui voudrait créer un quiproquo de sorte qu\u2019un médecin ne sache plus qui ou quoi soigner?Malgré tout, la paronymie n\u2019est pas que source de fautes, elle peut aussi être source de style! En effet, la paronomase est la ?gure de style qui consiste à rapprocher des paronymes dans un énoncé a?n de créer un effet accrocheur et parfois même poétique.On compte parmi les paronomases les plus connues des phrases comme « qui se ressemble, s\u2019assemble », « qui s\u2019excuse, s\u2019accuse » et « qui vole un œuf, vole un bœuf ».Cette ?gure de style est très utilisée dans les chansons, les publicités, les titres et les proverbes, car elle est attrayante et facile à retenir.Également, il existe un type de paronomase dite implicite qui consiste à utiliser un paronyme à la place d\u2019un autre a?n qu\u2019il n\u2019y en ait qu\u2019un, mais que l\u2019autre soit tout de même sous- entendu.On peut observer cette ?- gure de style dans l\u2019exemple suivant: « Je veux le grand Amour, le frais! » Ici, frais donne un nouveau sens à la phrase tout en sous-entendant vrai qui est le mot normalement attendu.Ainsi, cette phrase crée un effet de surprise chez quiconque la lit ou l\u2019entend pour la première fois.Mise en garde : bien que les paronymes puissent ressembler aux homophones et aux synonymes, il n\u2019en est rien! Les paronymes se distinguent des homophones en ce qu\u2019ils ne se prononcent pas de la même manière et ils se différencient des synonymes en ce que leurs sens sont différents.En?n, j\u2019espère que j\u2019ai accompli mon attention, euh, mon intention de vous inculper, oups! de vous inculquer un imminent.non, un éminent désir de vous amuser avec cette merveilleuse langue qu\u2019est le français! Brève incursion (ou excursion?) dans le monde des paronymes! PaMéla VaChon Imaginez maintenant qu\u2019un patient fasse irruption chez son médecin et lui dise « j\u2019ai lu dans une revue infectée de fautes que je pouvais être infesté par la grippe! ?Je m\u2019abonne à Reflet de Société ?1 an - 6 numéros 49,95$ ?2 ans - 12 numéros 89,95$ ?3 ans - 18 numéros 119,95$ ?4 ans - 24 numéros 149.95$ Taxes incluses.?Je fais un don : Chèque ou mandat à l\u2019ordre de : Re?et de Société 625 Av de La Salle Montréal, H1V 2J3 (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 S\u2019abonner à Re?et de Société est une manière originale de soutenir notre action auprès des jeunes.Prénom : Nom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Nº carte : |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| ?Visa ?Mastercard ?Amex Date expiration : |_||_||_||_| Signature : Général Aide juridique 1-800-842-2213 Protection de la jeunesse 1-800-665-1414 Info-santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence Montréal (514) 527-1375 Clinique Droit Devant (514) 603-0265 Centres de crise de Montréal Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 Iris (nord) (514) 388-9233 L\u2019Entremise (est-centre-est) (514) 351-9592 L\u2019Autre-maison (sud-ouest) (514) 768-7225 Centre de crise Québec (418) 688-4240 L\u2019ouest de l\u2019île (514) 684-6160 L\u2019Accès (450) 679-8689 Archipel d\u2019Entraide (418) 649-9145 Prévention du suicide (418) 683-4588 Émile Nelligan (514) 351-6661 Violence CAVAC 1-866-532-2822 Groupe d\u2019aide et d\u2019info sur le harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 SOS violence conjugale (514) 728-0023 Trève pour elles (514) 251-0323 Centre pour les victimes d\u2019agression sexuelle (24h) (514) 934-4504 Armée du salut (514) 934-5615 Stella (travailleuses du sexe) (514)285-8889 Décrochage Éducation coup de ?l (514)525-2573 Revdec (514)259-0634 ou 1-866-329-4223 Carrefour Jeunesse (514)253-3828 VIH-SIDA C.O.C.Q.Sida (514) 844-2477 La Maison du Parc (514) 523-6467 NoPa MTS-VIH (514) 528-2464 Drogue et désintoxication 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