Reflet de société /, 1 janvier 2020, Printemps 2020, Vol. 28, No 2
[" Femmes Communication à l\u2019ère du numérique R e l e t d e S o c i é t é V o l .2 8 n o 2 p r i n t e m p s 2 0 2 0 U n r e g a r d d i f é r e n t s u r n o t r e s o c i é t é 2 re?etdesociete.com 3 re?etdesociete.com Éditorial Raymond VigeR www.raymondviger.wordpress.com Je viens d\u2019une autre époque.J\u2019ai passé cinq années dans l\u2019aviation comme chef pilote et instructeur de vol.C\u2019est une époque où un pilote francophone assisté d\u2019un copilote francophone devaient s\u2019adresser à un contrôleur aérien francophone en anglais, car c\u2019était alors la seule langue reconnue dans l\u2019aviation, même au Québec.Pendant des décennies, les instances anglophones ont considéré qu\u2019il y aurait menace à la sécurité aérienne si l\u2019anglais n\u2019était pas la seule et unique langue de communication à bord des avions.Pourtant, cette airmation entrait en pleine contradiction avec le fait que 83 autres pays utilisaient plus d\u2019une langue dans l\u2019aviation.Une note interne de l\u2019Association des pilotes de ligne du Canada (CALPA) encourageait les pilotes à interrompre, pour des raisons de sécurité, si nécessaire, toute envolée au Québec.Plusieurs incidents allaient être intentionnellement provoqués pour démontrer les supposés dangers du bilinguisme.En 1975, l\u2019Association des gens de l\u2019air est créée et obtient copie de cette note.Présentée aux médias, elle inspire ce titre au quotidien Le Devoir : « En guise de protestation contre le français, multipliez les incidents, dit la CALPA aux pilotes.» Une commission d\u2019enquête est instituée et conclura que « l\u2019eica- cité d\u2019exploitation ne sera pas afectée par le bilinguisme et que sa mise en œuvre n\u2019entraînera aucun coût d\u2019importance.» En 1976, le député péquiste Claude Charron appuie la grande bataille de l\u2019Association des gens de l\u2019air.On considère que ce combat linguistique a été un des éléments déclencheurs qui a mené à l\u2019élection du Parti québécois la même année.Graduellement, l\u2019usage du français dans les communications aéronautiques au Québec sera ensuite autorisé.Nous nous sommes battus pour le droit de voler en français, car nous considérions que protéger notre langue était essentiel et primordial pour conserver notre culture.Nous avons remporté cette bataille.Parler français n\u2019était vraiment pas acquis.C\u2019est pourquoi nous demeurons sensibles à la cause du français au Québec.Le combat n\u2019est pas gagné pour autant ! CNN rapporte qu\u2019en 2019, Air Canada a été condamnée par la Cour fédérale à payer plus de 15 000$ US et à envoyer des excuses oicielles à un couple francophone pour violations répétées de la parité linguistique en termes de signalisation.Les jeunes et le français Ce qui m\u2019a attristé au plus haut point et a motivé cet éditorial réside dans le fait que je ne vois plus de passion chez les jeunes pour la protection de notre langue.Un documentaire sur Canal D nous présente une école de pilotage de Saint-Hubert.Les protagonistes sont tous de jeunes francophones.Dans cette émission en français, ils nous parlent de leurs cours de pilotage et de certains termes employés, dont: walk around, engine ?re, check list, fuel selector, mixture, carb heat\u2026 En moins de deux minutes de ce documentaire, je viens de réaliser que ces francophones, même s\u2019ils ont au- jourd\u2019hui le droit de s\u2019exprimer en français, choisissent encore de le faire en anglais.J\u2019ai fait partie de la première cohorte de l\u2019école d\u2019aéronautique.Une école où toute la terminologie que nous utilisions devait être en français.J\u2019étais convaincu que le français avait gagné son ciel.Que c\u2019était un droit acquis et que tout un chacun continuerait à protéger la langue pour laquelle nous nous sommes battus avec tant d\u2019acharnement.Quand le français prend « une débarque »! Laissez-nous un commentaire.Il nous fera plaisir de vous répondre. L\u2019héroïne de ma vie Ses hauts, ses bas, sa culpabilité, ses délires.Une histoire d'amour avec sa conjointe, sa famille et ses proches.Un livre qui aborde la question de la dépendance sous plusieurs points de vue, avec beaucoup d'émotions.Caroline, sa conjointe, l'accompagne jusqu'à sa in de vie, quand il s'injecte sur son lit d'hôpital et que ses proches sont dépassés par la situation.Le personnel médical est-il formé adéquatement et les hôpitaux adaptés aux personnes dépendantes?Un livre qui saura vous toucher et vous surprendre.www.editionstnt.com/caroline-leblanc livre de Caroline Leblanc Journal intime de Yves, une personne toxicomane.20$ plus taxes et transport 625 av de La Salle Montréal H1V 2J3 514-256-9000 1-877-256-9009 6 reletdesociete.com ReletdeSociété Service aux abonnés Changement d\u2019adresse 514-256-9000 info@reletdesociete.com Directrice administrative Danielle Simard 514-256-9000 journal@journaldelarue.ca PUBLICITÉ ET COMMANDITE Éditeur / Rédacteur en chef Raymond Viger 514-256-9000 raymondviger@hotmail.com Collaborateurs Louise Gagné, Jean-Claude Leclerc, Nicole Viau, Delphine Caubet Correction Simon-Claude Gingras.Pupitre Danielle Simard Journalistes Geneviève Raymond, Frédéric Lebeuf, Aurélie Thibault, Justine Aubry, Pauline Goyon, Sarah Langot, Stéphane Desjardins, Aude Charrin Conception graphique Danielle Simard Illustrateur Rémi Jean-Lefebvre Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non lucratif qui a comme principale mission d\u2019aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.Membre: \u2022 Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) \u2022 Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) \u2022 Magazine Canada (CMPA) \u2022 Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) \u2022 Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire 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toxiques en favorisant le lâcher- prise ou en permettant de se soustraire au lot des pensées quotidiennes.La méditation cherche à éliminer les distractions et à ancrer celui qui s\u2019y adonne dans le moment présent.Elle peut ac- croitre la concentration et les capacités mnémoniques, faire diminuer le trouble obsessionnel compulsif, faire décroitre le stress, améliorer la qualité du sommeil et réduire les risques de dépression.Sources: Passeport santé et Université Laval La coercition sexuelle La coercition sexuelle est le fait de convaincre une personne d\u2019avoir des relations sexuelles par l\u2019usage des mots.C\u2019est une forme de manipulation qui ne justiie pas un rapport sexuel et ne constitue pas un consentement valide.La plupart du temps, la coercition est efectuée par une per- 7 reletdesociete.com sonne que l\u2019on aime ou un partenaire romantique.La pression exercée peut paraître bienveillante, ou au contraire générer la peur ou la culpabilité chez l\u2019autre personne.Il existe plusieurs types de coercitions, par exemple le chantage émotionnel ou les attaques à la réputation.Si la personne dit oui sous la pression, c\u2019est un non.Si la personne exprime un doute, c\u2019est aussi un non.Considérant cela, il est d\u2019autant plus essentiel d\u2019être attentif au langage non verbal et à l\u2019hésitation de son ou de sa partenaire.Source: Université Moncton, service de santé et psychologie La taxe rose Le phénomène de la taxe rose renvoie à des produits genrés dont celui qu\u2019on destine à la femme se détaille à un prix plus élevé que l\u2019autre sur le marché.Souvent, la seule diférence demeure la couleur.Aucun lien réel avec l\u2019ofre et la demande ou avec des coûts de production ou de mise en marché plus élevés ne justiie une telle pratique.Il s\u2019agit d\u2019une manifestation dans la société de consommation de disparités découlant d\u2019inégalités sociales persistantes entre hommes et femmes.Une femme paie plus qu\u2019un homme pour une coupe de cheveux, pour un service de nettoyeur ou encore pour des pantalons.Il est important de comprendre que la taxe rose ne se limite pas à des considérations économiques, elle comporte une dimension sociale.Ce type de marketing cible soigneusement son public et renforce les stéréotypes de genre, perpétuant les inégalités entre hommes et femmes en encourageant les gens à s\u2019y conformer.Source: Conseil du statut de la femme du gouvernement du Québec Le fentanyl de rue Le fentanyl est un opioïde puissant qui peut être fatal lorsqu\u2019 utilisé sans supervision médicale.Il est 100 fois plus puissant que la morphine et peut donc facilement provoquer une sur- dose.Lorsqu\u2019il est vendu dans la rue, il est inodore, incolore et mélangé à d\u2019autres substances comme la cocaïne ou l\u2019héroïne.Une diférence minime dans la quantité consommée peut faire basculer l\u2019usager de l\u2019euphorie à la surdose.Les signes précurseurs d\u2019une surdose incluent somnolence, ralentissement des respirations, vomissements, sueurs et contraction des pupilles.Si une personne semble faire une surdose de fentanyl, il est possible de retarder les symptômes avant l\u2019arrivée des secours grâce à une bouteille de naloxone.Il faut se rappeler que la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de sur- dose protège quiconque appelle les secours d\u2019une condamnation pour possession ou consommation de drogue, et ce, même si la personne se trouve sur les lieux.Source: Centre de toxicomanie de santé mentale (CAMH) La psychose La psychose est une perte de contact avec la réalité.Elle peut faire partie de plusieurs maladies mentales comme la schizophrénie, la bipolarité et le trouble de stress post-trauma- tique.Elle peut aussi être liée à l\u2019usage d\u2019autres drogues psy- chotropes, ainsi qu\u2019 au stress.Ses symptômes incluent hallucinations, diicultés d\u2019élocution, diicultés à exprimer sa pensée, changements d\u2019humeur, paranoïa et problèmes de mémoire.Les causes sont subjectives et peuvent être liées à des facteurs génétiques autant que biologiques.Elle apparait souvent vers la in de l\u2019adolescence et jusqu\u2019au début de l\u2019âge adulte.antipsychotiques peuvent soutenir psychologiquement la personne atteinte d\u2019un trouble psychotique.Source: Centre de toxicomanie de santé mentale (CAMH) 8 reletdesociete.com En regardant la photographie d\u2019une personne inconnue, on ne peut pas deviner sa situation personnelle ou ?nan- cière.Ni ses obstacles ou ses victoires.Mais on peut deviner le sentiment, l\u2019émotion qui l\u2019habite.Ce visage, ça peut être toi hier, ou moi demain.J\u2019ai pu le réaliser récemment en travaillant à un projet d\u2019exposition.Dans les yeux de chaque personne que j\u2019ai photographiée, peu importe son statut social, se voyaient cette même ?erté d\u2019être considérée, et cette même lueur d\u2019espoir lorsque je lui demandais de penser à un rêve, à une passion.Les parents de ma conjointe habitent Wyoming, une petite ville tout près de Cincinnati, aux États-Unis.Son rythme de vie étant plus près de celui d\u2019un quartier résidentiel, quelque 9000 habitants efectuent la plupart de leurs activités culturelles et sorties à Cincinnati.On descend les petites rues vallonnées, bordées de grands arbres et de terrains verts et leuris pour emprunter la rue principale qui nous mène en 20 minutes au cœur de la Ville Reine.Racisme et précarité Cincinnati a connu ses heures de gloire et de désolation.Autrefois capitale du porc, avec ses nombreuses boucheries et un accès direct à toute la production de l\u2019Ohio, elle a atteint son apogée démographique dans les années 1950.À l\u2019époque, on y recensait 84% de population blanche, dont nombre d\u2019immi- Espoir et pauvreté à Cincinnati EtiEnnE LangLois C r é d i t p h o t o s : E t i e n n e L a n g l o i s 9 reletdesociete.com grants européens, et 15% de population noire.Entre 1910 et 1940, les populations afro-amé- ricaines du sud des États-Unis fuirent le racisme et la persécution qui y sévissaient, et s\u2019installèrent dans le Midwest, le Nord- Est et l\u2019Ouest.Puis, une autre grande vague de migration eut lieu de 1940 à 1970, principalement motivée par le besoin de trouver du travail, mais le racisme n\u2019était jamais bien loin dans les têtes et les cœurs.Après cette dernière migration, 80% des Afro- Américains vivaient en zones urbaines, comparativement à 70% de la population générale des États-Unis.Graduellement, les populations blanches quittèrent les centres- villes pour s\u2019établir dans de nouveaux quartiers en périphérie, éloignés de l\u2019action.Résultat à Cincinnati: dans les années 2010, la population blanche et non hispanique était de 49% et celle noire de 45%.Il va sans dire que même si elle est aujourd\u2019hui relativement bien intégrée, la population afro-américaine est celle qui vit le plus en situation de pauvreté.En outre, la crise inancière de 2008 a plongé les États-Unis entiers dans une récession qui se ressent encore aujourd\u2019hui.Perte de sa maison, de son emploi, de sa voiture, le frigo est vide et la malboufe est moins chère, l\u2019éducation devient accessoire, problèmes familiaux, personnels, consommation\u2026 Et les familles afro-américaines, encore une fois, ont vécu et vivent davantage ces situations à cause de leur précarité sociale.À l\u2019abri des intempéries Mes beaux-parents Brigitte et Antoine, Français d\u2019origine, s\u2019impliquent bénévolement depuis quelques années au St.Francis Seraph Ministries de Cincinnati, un centre d\u2019aide aux personnes en situation de pauvreté, dirigé par les Frères franciscains.Ils aident à servir des repas, le matin ou le soir, à une clientèle dans le besoin, qui revient régulièrement.Noirs, Blancs, jeunes, personnes âgées, sans emploi, ou ne gagnant pas assez pour se nourrir trois fois par jour, vivant dans la rue ou dans un logement qui leur coûte trop cher, sains d\u2019esprit ou ayant la tête brouillée par les di cultés de la vie ou des abus.Chacun a sa raison de venir ici proiter d\u2019un repas chaud, à l\u2019abri des intempéries, entouré de gens qui vivent les mêmes di cultés ou qui veulent aider, partager un moment, un café, une respiration.En visitant l\u2019exposition Persécutés/persécuteurs du photographe allemand August Sander au Mémorial de la Shoah à Paris, Antoine a été touché par les portraits intimes des habitants de Cologne sous le Troisième Reich, notamment ceux de soldats nazis et de juifs persécutés, où l\u2019on sent l\u2019humanité derrière les uniformes ou les vêtements ternis.C\u2019est alors qu\u2019a germé en lui l\u2019idée d\u2019une exposition photo sur les personnes qui viennent se nourrir ou chercher de l\u2019aide au centre et sur celles et ceux qui leur ofrent ce répit.J\u2019ai accepté avec plaisir son invitation à venir photographier ces visages, maintenant exposés dans la salle à manger du centre.En ce début juillet 2019, le matin s\u2019annonce radieux et chaud, dans les rues de Cincinnati qui s\u2019animent doucement.La vie autour du centre est colorée et dure.Des hommes, des femmes, abimés par les excès de la nuit ou le manque de sommeil, discutent entre eux ou lânent sans but.D\u2019autres, plus frais, arrivent et s\u2019installent à l\u2019ombre pour la journée.Les enfants insouciants ou trop sérieux pour leur âge s\u2019amusent au travers de cette vie où plusieurs n\u2019oseraient passer, même en voiture.Fébrile, j\u2019anticipe les rencontres.Depuis mes débuts de vidéaste- cinéaste, j\u2019ai photographié et ilmé plusieurs situations et nombre de personnes au passé lumineux ou sombre.Mais je n\u2019ai jamais capté d\u2019aussi près la pauvreté et l\u2019espoir, l\u2019amertume et la foi, les cœurs légers et ceux issurés.À l\u2019aise ou évasifs, les 10 re?etdesociete.com sujets ?xent mon objectif, petit mur imaginaire qui garde mon émotion à l\u2019abri, alors que je capte une partie de leur vie, et qu\u2019eux se révèlent de façon crue à un pur inconnu.Capter la fragilité Regina sourit de toutes ses dents et, pour tromper son malaise, nous raconte des histoires vécues au centre.Autrefois béné- ?ciaire des services du centre, elle redonne maintenant en s\u2019y impliquant.Devant son sourire, elle fait la forme d\u2019un cœur avec ses doigts.Anthony est un vétéran.Il porte ?èrement sa casquette de l\u2019armée étatsunienne, mais aussi ses dreadlocks jusqu\u2019aux épaules.Son regard perçant quoiqu\u2019usé parle à sa place.J\u2019y imagine la dureté de la guerre, les traumatismes, puis le désœuvrement, la rue, la lutte quotidienne dans un système qui l\u2019a utilisé, puis rejeté.Ed, assis dans la cour intérieure de l\u2019église franciscaine voisine, parle peu.Je lui demande, pourla photo, de penser à une de ses passions ou à un rêve.Il lève simplement les yeux au ciel et joint les mains.Croyant, il pense à Dieu et semble le remercier.J\u2019ai presque vu un rayon de soleil le toucher à travers les nuages.Gregory a les soixante-dix ans bien sonnés, le dos courbé par les années et les yeux qui se plissent à travers ses épaisses lunettes.Penché sur sa canne, il sort son plus beau sourire, et ressemble à un Popeye qui mâchouille son dentier.Renee a amené sa petite- ?lle.Elle veut son portrait avec Queen, souriante, la tête ornée de boules décoratives blanches lui donnant des airs de système solaire.Tenant dans ses bras cette petite constellation dont elle s\u2019occupe lorsque sa maman travaille, Renee aiche un air aussi sûr et solide que sa carrure, dominée par de grandes tresses grisonnantes.Visages de la pauvreté Nous avons nommé l\u2019exposition Re?ections, une référence aux visages captés par ma caméra et à ces gens qui se regardent après coup, avec leurs qualités et leurs vécus.Cela sous-entend également une rélexion sur les visages de la pauvreté, qui sont multiples et parfois bien cachés.Et plus directement, une belle trouvaille de ma conjointe et complice Pauline, qui a orchestré l\u2019installation, illustre l\u2019idée: 11 re?etdesociete.com au milieu de l\u2019exposition, sur un mur, un miroir nous renvoie notre propre re?et, de la tête à la taille.Pour montrer que ça peut être moi, toi, elle, lui, qui a vécu, vit ou vivra une telle situation un jour.Au ?l de l\u2019exposition, les visages des béné?- ciaires du centre et ceux des bénévoles et employés se mélangent, de sorte qu\u2019on ne sait plus qui vient d\u2019où.Le re?et devient simplement humain, peu importe son histoire.Regina, émue, passe beaucoup de temps devant sa photo exposée, scrutant son expression, son sentiment du moment.Cette redécouverte de son portrait me fascine encore au- jourd\u2019hui.En voyant sa photo imprimée grand format, les yeux plissés de Gregory s\u2019ouvrent, illuminés.Il nous remercie de l\u2019avoir remarqué, de l\u2019avoir immortalisé, de l\u2019avoir ému.Sanantonio ne se souvient pas d\u2019avoir vu un portrait de lui dans sa vie.Sur la photo, il montre sans gêne ses mains déformées et fait une grimace amusante.Il verra son portrait quelques fois au centre, avant que le froid ne s\u2019installe dans la rue et qu\u2019il ne se fasse volontairement arrêter par la police, pour passer l\u2019hiver au chaud.Nous marchons lentement devant les photos, émus, ?ers et reconnaissants de la générosité de celles et ceux qui ont accepté de nous donner une part d\u2019intimité.Aujourd\u2019hui, lorsque la salle à manger n\u2019est pas occupée par les repas, les gens peuvent venir regarder et vivre ces visages que l\u2019on côtoie chaque jour, dans toutes les villes, partout. 12 reletdesociete.com À tout à l'heure, Sylvie! Par syLviE DanEau En avril 2015, cela fait 22 ans que Marcel est mon amoureux.Qu'il est l'homme de ma vie.Au téléphone, lorsqu'il me dit: « À tout à l'heure, Sylvie! », je me demande combien de temps représentent ces quelques mots.15 minutes?4 heures?Ou s'ils signi?ent « à ce soir! ».Le matin du 24 juin 2008, j'entends encore cette courte phrase.Nous sommes toujours ensemble le jour de la St-Jean- Baptiste.Durant la matinée, je presse machinalement les 10 chifres de son numéro de téléphone dans l'espoir d'entendre sa voix.Chaque fois, sa voix enregistrée m'invite à laisser un court message.Vers 15h30, la sonnerie du téléphone retentit.C'est Marcel.Enin! Chacun des mots qu'il prononce me fait mal intérieurement.« Sylvie, c'est moi.Je suis à la Cité-de-la-santé à Laval.J'ai eu un accident » .Il me parle avec des phrases courtes et j'en oublie des mots, tellement je me sens mal.Il est environ 17h30 quand je vois Marcel dans un fauteuil roulant à l\u2019urgence.Assise près de lui, j\u2019ai envie de pleurer.Son beau visage est intact.Par contre, sa jambe est enlée au genou et rougie par la froidure du sac de glaçons.Angle mort Marcel me raconte toute l\u2019histoire.Alors qu\u2019il est en vélo et traverse la rue au feu vert, une jeune femme en automobile sort d\u2019un stationnement.Quand il réalise qu\u2019elle continue de parler avec la passagère assise à l\u2019avant et qu\u2019elle tourne sans regarder, il fait une courbe en vélo pour éviter l\u2019impact, mais en vain.Avant qu\u2019elle n\u2019ait le rélexe de freiner, elle le pousse sur une longue distance, sa jambe gauche coincée entre le pare-chocs et sa roue avant, pliée en deux.Marcel appelle lui-même une ambulance.Un inconnu lui ofre de l\u2019eau, et il doit attacher son vélo à un poteau, malgré la blessure à sa jambe.Personne ne se Crédit illustration: Rémi Jean-Lefebvre 13 re?etdesociete.com soucie de sa bicyclette étendue au milieu de la rue.L\u2019attente à la salle d\u2019urgence est très longue.Il voit un médecin, puis on lui fait un rayon X.Plus tard, le docteur lui apprend que le ménisque de son genou gauche est endommagé.Il est 23h30 quand nous quittons l\u2019hôpital pour rentrer à Montréal.Quelques jours plus tard, je retourne à Laval pour acheter une copie du constat à l\u2019amiable.La jeune femme, qui étudie pour devenir in?rmière, est reconnue responsable par les policiers, grâce aux témoignages des personnes sur les lieux.En arrêt de travail forcé à cause de sa di culté à marcher, mon compagnon reçoit un traitement en physiothérapie pendant deux mois.Dans les jours et les semaines qui suivent, quand je regarde Marcel, qui avance avec une extrême lenteur, j\u2019en veux à cette jeune femme pour son étourderie.Lui qui a l\u2019habitude de me taquiner parce que je ne marche pas assez rapidement\u2026 Je fais maintenant cinq enjambées tandis qu\u2019il n\u2019en fait qu\u2019une demie.Séquelles pour la vie Tous les proches de Marcel, moi y compris, lui conseillent de poursuivre la jeune femme pour les dommages causés à sa jambe.Mais il ne se laissera pas inluencer.« C\u2019est un accident, répète-t-il.Elle ne s\u2019est pas levée le 24 juin en se disant: « Je vais foncer sur Marcel P.avec mon auto! ».Je veux qu\u2019il suive un deuxième traitement de physiothérapie, et je trouve que c\u2019est la moindre des choses qu\u2019elle paie pour le remettre sur pied.Mais il ne veut jamais en entendre parler, car il ne se sent pas la force de retourner au centre de physiothérapie.Depuis 2008, Marcel n\u2019est jamais retourné à Laval.Maintenant, quand il se rend au cimetière de Sainte-Marthe- sur-le-Lac pour se recueillir sur la tombe de sa mère (et d\u2019où il revenait le 24 juin 2008), il emprunte un autre trajet en vélo.Parfois, quand on se remémore cet accident, on rit aux larmes en pensant à son vélo qui, décidément, n\u2019a pas eu de chance.Quand il est retourné avec sa sœur pour le récupérer, le siège avait été volé.Puis, sa sœur, qui a entreposé le vélo dans sa cave, passe au feu.De sa bicyclette, il n\u2019est resté que la carcasse et une photo qu\u2019il en avait prise.Durant l\u2019année 2009, Marcel a cessé de boiter en marchant.Ma colère à l\u2019endroit de cette femme a inalement disparu des années plus tard.Mais lors de toutes nos promenades, nous devons nous asseoir régulièrement, car sa jambe se fatigue.Quand nous nous assoyons, c\u2019est plus fort que moi, je repense à ce 24 juin 2008 et à son « à tout à l\u2019heure, Sylvie! » de 8h du matin, quand son ménisque était intact.J\u2019ai voulu raconter l\u2019accident de Marcel, car il en arrive chaque année.Des cyclistes, lors d\u2019une collision avec une automobile, ont moins de chance que mon compagnon.La colère est mauvaise conseillère, je le réalise aujourd\u2019hui, et je suis ière de la conduite de l\u2019homme que j\u2019aime.Aux automobilistes, je dis: regardez avant d\u2019efectuer un virage! Les cyclistes et les piétons sont faits de chair et d\u2019os; ils ne sont pas protégés par du métal.« C\u2019est un accident, répète-t-il.La conductrice ne s\u2019est pas levée le 24 juin en se disant: Je vais foncer sur Marcel P.avec mon auto! ».Les victimes d\u2019accidents de la route au Québec en 2017 \u2022 69 piétons sont décédés, ce qui représente une hausse de 11,3 % des décès comparativement à 2016; Par rapport à la moyenne de 2012 à 2016, l\u2019augmentation des décès chez les piétons est de 25%; \u2022 11 cyclistes sont décédés, soit 3 décès de plus qu\u2019en 2016; \u2022 49 motocyclistes sont décédés, soit 5 décès de moins qu\u2019en 2016; \u2022 le nombre de décès dans un accident impliquant un véhicule lourd a augmenté de 12,3 % par rapport à 2016.Source : Bilan routier de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec 14 reletdesociete.com Les « Y » au travail Le bonheur avant tout Par JustinE aubry D\u2019ici 2030, la génération « Y » (personnes nées entre 1980 et 2000) représentera plus de 50% de la main-d\u2019œuvre sur le marché du travail.Actuellement, cette dernière est composée principalement de travailleurs issus de la génération des baby-boomers, nés entre 1946 et 1965.Les Y voient-ils leur parcours professionnel de la même façon que leurs prédécesseurs?Les aspirations des Y (aussi appelés milléniaux) sont quelque peu diférentes de celles des générations précédentes.Alors que les baby-boomers préféraient généralement des emplois sécuritaires au sein d\u2019entreprises établies, les plus jeunes se dirigeraient davantage vers l\u2019entrepreneuriat.Ces projets professionnels leur permettraient d\u2019accéder au mode de vie autonome qu\u2019ils souhaitent.Selon une étude de l\u2019Université Laval publiée en 2015, plus de 30% des Y songeraient à démarrer une nouvelle entreprise au cours des cinq prochaines années.Raphaël, 30 ans, entre dans cette catégorie.Quatre ans auparavant, il a décidé de fonder sa propre entreprise de production vidéo.Il se disait « totalement incapable de faire du 9 à 5 pendant 30 ans au même endroit » et voulait être son propre patron.Son travail est di cile, car il doit chercher lui-même ses contrats, mais il y gagne une plus grande autonomie en plus d\u2019être maître de son temps.Deux de ses amis, Mathieu et Alexandre, ont quant à eux quitté leur profession d\u2019ingénieur pour se consacrer à temps plein à leur entreprise musicale.Ils recherchaient une plus grande liberté d\u2019action en s\u2019éloignant d\u2019une éventuelle évolution professionnelle trop archaïque.Un style de vie Les jeunes de la génération Y ressentent une plus grande pression de réussir que leurs ainés.Ils sont également plus scolarisés et font face à une compétition plus féroce avant d\u2019obtenir un poste convoité.Contrairement à leurs parents, les Y seraient plus enclins à désirer un emploi à l\u2019horaire lexible, axé sur l\u2019apprentissage et la formation, plutôt qu\u2019un poste stable, bien rémunéré et à fortes responsabilités.Ils accordent aussi une grande importance à leur vie en dehors du travail.« Les Y considèrent que les gens, les relations et les styles de vie sont les composantes clés du bonheur, et ils ne sont pas enclins à compromettre ces aspects pour leur carrière », expliquait l\u2019étude de l\u2019Université Laval.Louis, musicien et agent d\u2019artistes âgé de 32 ans, est d\u2019accord avec ce constat.Ain de bâtir un métier à son image, il mise beaucoup sur ses relations et accepte d\u2019avoir un horaire irrégulier.Pour être heureux, il croit qu\u2019il lui faut « s\u2019inventer une job » qui « Les Y considèrent que les gens, les relations et les styles de vie sont les composantes clés du bonheur, et ils ne sont pas enclins à compromettre ces aspects pour leur carrière » 15 reletdesociete.com ne lui assurerait pas nécessairement la fortune, mais respecterait son caractère créatif et marginal.Pour lui, être cloisonné dans un bureau toute la journée est inconcevable.Fuir l\u2019ennui Conseiller en ressources humaines et psychologue industriel, Michel Langlois croit que « contrairement aux baby-boo- mers qui, comme groupe, ont tendance à être des travailleurs dédiés à leur entreprise, les Y se caractérisent par la recherche d\u2019une gratiication plus immédiate ».Les milléniaux tolèreraient plutôt mal l\u2019ennui, souvent associé à des tâches répétitives et peu valorisantes.Si, au travail, les avantages recherchés et la gratiication ne sont pas au rendez-vous, ils n\u2019hésiteront pas à quitter leur emploi! En résumé, le Y fait partie d\u2019un efectif travaillant, ambitieux, mais généralement peu intéressé par un emploi répétitif ou même traditionnel.Heures lexibles, avancements rapides et entrepreneuriat sont ses mots d\u2019ordre. 16 re?etdesociete.com Dossier médias sociaux La modération a bien meilleur goût! Par sarah Langot Twitter, Instagram, Snapchat, Facebook, Lin- kedIn.Ces noms nous sont familiers puisqu\u2019ils font partie de notre quotidien.Pourtant, des individus tentent de s\u2019en détacher.Sylvain est étudiant à la maîtrise en communication, et il exerce dans le milieu du cinéma.Alice, quant à elle, étudie la danse contemporaine, elle apprécie l\u2019art, et elle voue une grande passion à la nature.Tous deux âgés de 20 à 30 ans, ils n\u2019utilisent que très peu les médias sociaux.Sylvain communique avec son entourage grâce à WhatsApp, mais cela ne va pas plus loin.Il a essayé Twitter dans le passé, il y lisait les nouvelles, se divertissait en suivant des débats.La pla- teforme lui permettait aussi un accès simpli?é au contenu des journalistes qui l\u2019intéressaient.Néanmoins, il ne regrette pas de l\u2019avoir délaissée.L\u2019étudiant en communication se mé?e des réseaux sociaux à cause des ventes de données qui ont récemment été mises au jour.Le jeune homme croit que Facebook, par exemple, est une porte ouverte à l\u2019espionnage.À vos risques et périls Selon lui, les réseaux sociaux sont aussi développés pour être addictifs.Par exemple, lorsque nous réactualisons en permanence notre ?l d\u2019actualité, de peur de manquer une éventuelle information, c\u2019est une forme de dépendance.Il compare ce mécanisme au fait de changer constamment de chaînes à la télévision.Cela serait lié à une forme d\u2019anxiété, à un besoin d\u2019être au courant de tout ce qui se passe en tout temps.Sylvain pense que chaque individu se compose une personnalité à travers les réseaux sociaux.Avec le temps, la différence entre l\u2019utilisateur des plateformes et le personnage qu\u2019il a créé deviendrait problématique.D\u2019après lui, la projection d\u2019un idéal se produit durant la construction de notre avatar.« Ce phénomène, malheureusement, provoque une grande 17 re?etdesociete.com tristesse lorsque nous sommes confrontés à la réalité.L\u2019ensemble des réseaux sociaux nous atomise », dit-il.Il explique y voir un système conservateur, puisqu\u2019 « un algorithme rassemble des données et en déduit nos préférences.La plateforme utilisée nous renvoie ainsi à ce que nous souhaitons voir, nous plongeant dans une bulle.» Avec modération Alice, quant à elle, ne s\u2019est pas entièrement coupée des réseaux sociaux.Au- jourd\u2019hui, elle utilise régulièrement Snapchat et Facebook, mais elle a mis de côté Instagram.L\u2019application a pourtant fait partie de sa vie durant huit années.Elle explique que le fonctionnement d\u2019Instagram a changé depuis sa création.Elle critique en particulier la récurrence croissante des placements de produits sur la pla- teforme.Selon elle, c\u2019est un dispositif qui nous pousse à la surconsommation.Par ailleurs, le fait qu\u2019elle n\u2019utilise pas Instagram suscite de nombreuses interrogations dans son entourage.Cette perplexité s\u2019explique, croit-elle, par le fait qu\u2019à l\u2019ère numérique, les réseaux sociaux sont devenus un rouage fondamental de notre société; nous les utilisons pour chercher du travail autant que pour étendre notre réseau et le maintenir.Malgré cela, elle souhaite s\u2019en détacher a?n d\u2019interagir avec son réseau réel.Celui composé d\u2019individus qu\u2019elle peut « voir, toucher, sentir, entendre, et qui fonctionne sans internet », dit-elle.En outre, il convient de relever que le temps passé à utiliser des réseaux sociaux diminue notre capacité de concentration.Et comme Sylvain, elle pointe du doigt le fait que nous nous enfermions dans un monde virtuel pour délaisser la réalité.Elle airme que c\u2019est béné- ique de pouvoir tisser des liens avec des individus du monde entier, mais elle pense avoir raté de belles rencontres par la faute des réseaux sociaux.Les notii- cations, les messages la coupaient de l\u2019instant présent.« Les réseaux sociaux ne sont ni quelque chose de positif, ni quelque chose de négatif, ils sont ce qu\u2019on en décide d\u2019en faire », précise Alice.Son but est de pleinement s\u2019en détacher, petit à petit.Selon elle, ils nous enchaînent à notre téléphone, ils nous empêchent d\u2019aller vers un monde où chacun serait à l\u2019écoute de soi et des autres.Elle préconise la découverte du monde extérieur, sans téléphone, car nous dépendons, malgré nous, de ce petit objet.« Les réseaux sociaux ne sont ni quelque chose de positif, ni quelque chose de négatif, ils sont ce qu\u2019on en décide d\u2019en faire » 18 re?etdesociete.com Dossier médias sociaux Apprivoiser la technologie à 78 ans sarah Langot Anne est née en 1942.Mariée depuis 1965, elle a porté plusieurs étiquettes professionnelles au cours de sa vie, dont celle d\u2019antiquaire, qui était son activité principale.La septuagénaire utilise Facebook depuis 10 ans, et Insta- gram depuis deux ans, pour être au courant de ce que fait son entourage.Elle est heureuse de pouvoir reprendre contact avec des amis d\u2019enfance, ou de converser avec des individus qu\u2019elle a perdus de vue.Maîtrisant l\u2019art de la mécanographie depuis qu\u2019elle a 20 ans, Anne a appris à se débrouiller seule.Pourtant, elle précise que certaines associations proposent des mises à jour, et qu\u2019elle regrette de ne pas avoir suivi de stage pour parfaire ses connaissances informatiques.En ce moment, la dame de 78 ans rencontre des complications pour publier ses albums sur Facebook.Elle préfère ne pas s\u2019aventurer dans des apprentissages techniques qu\u2019elle juge souvent trop compliqués.Anne passe à autre chose lorsqu\u2019elle ne comprend pas un élément, en attendant de trouver «un jeune» pour l\u2019aider.Elle n\u2019utilise les réseaux sociaux qu\u2019avec son téléphone qui, rappelle-t- elle, est un gadget en constante évolution.Des points positifs Selon Anne, les réseaux sociaux permettent de tisser des liens.Ils lui ont permis de retrouver des amis habitant à l\u2019étranger et, grâce à Facebook, ils peuvent s\u2019échanger des vœux d\u2019anniversaire et de bonne année.La dame âgée aime aussi voir apparaître de beaux messages sur son mur lors de ces occasions, bien que cette pratique se fasse plus fréquemment sur Ins- tagram, de nos jours.C\u2019est là que s\u2019illustre l\u2019écart générationnel.En outre, Anne évoque la présence de groupes sur Facebook en faisant notamment référence aux associations comme Les anciens de la Goulette.Ces groupes permettent de se remémorer le passé, et ils entretiennent des traditions, selon elle.Elle vante également les groupes d\u2019entraide qui permettent de retrouver un animal disparu ou d\u2019aider quelqu\u2019un à obtenir un travail, entre autres.Par ailleurs, la retraitée aime être rapidement mise au courant de l\u2019actualité mondiale; elle voit cela comme une forme de « transparence géopolitique ».Des points négatifs Anne se mé?e grandement des fausses nouvelles, et ne veut pas non plus fournir inconsciemment ses données.Elle n\u2019accorde aucune autorisation d\u2019accès quand ses applications le lui proposent, et elle n\u2019aiche plus la localisation de ses voyages comme elle le faisait avant.Un autre bémol, selon elle, serait la redondance de certains sujets politiques qui font débat.Anne pense que la politique et la religion n\u2019ont pas leur place sur Facebook, car cela crée des discordes entre les individus.Elle ne supporte pas la critique de gouvernements, d\u2019États ou de ministres.Elle a donc décidé de moins se rendre sur la pla- teforme, évitant au mieux les polémiques.C\u2019est aussi pour cette raison qu\u2019elle ne veut pas s\u2019aventurer sur Twitter, réseau social connu pour être un lieu 19 re?etdesociete.com confrontant diverses opinions.Anne ne compte pas mettre de côté les réseaux sociaux dans un futur proche, mais s\u2019inquiète « des dérapages » qui s\u2019y déroulent.D\u2019après elle, il est préférable de s\u2019exprimer de manière physique à l\u2019aide de sa gestuelle, car les commentaires de quelques lignes sont facilement mal interprétés et peuvent inciter aux propos haineux.Utilisation diférente Contrairement à ce que nous pourrions penser, les réseaux sociaux sont loin d\u2019être la chasse gardée « des jeunes », selon Anne.Elle trouve cependant qu\u2019ils passent trop de temps à les utiliser, alors que les aînés le font plus modérément.« Nous ne sommes pas du tout ostracisés par les réseaux sociaux, c\u2019est seulement que vous ne prêtez pas attention à nous, car nos conversations ne vous intéressent pas », souligne-t-elle.Anne explique que les aînés publient des photos de leur jeunesse, de leur pays et mettent en avant leurs origines, leurs coutumes et celles de leurs parents.Ils se donnent des recettes d\u2019antan, celles des repas qu\u2019ils partageaient à 25 autour d\u2019une table.« Nous n\u2019abordons pas les mêmes sujets, le langage des aînés sur les réseaux sociaux est moins super?ciel que celui des jeunes », croit la septuagénaire.qui s\u2019adapte bien aux nouvelles façons de communiquer grâce à la technologie d\u2019aujourd\u2019hui.« Nous n\u2019abordons pas les mêmes sujets, le langage des aînés sur les réseaux sociaux est moins super?ciel que celui des jeunes » 20 re?etdesociete.com Par sarah Langot Une étude menée par Lisa M.Diamond et Sarah Lucas, en 2004, démontre que la révélation de son orientation sexuelle est fréquemment associée au jugement et à la perte d\u2019amitié.Les plateformes en ligne peuvent-elles alors devenir un exutoire pour les jeunes LGBTQ+?Pour répondre à la question, nous avons interrogé quatre individus, âgés de 20 à 25 ans, faisant partie de la communauté LGBTQ+, et qui recourent couramment aux réseaux sociaux.Dossier médias sociaux Un exutoire pour les jeunes LGBTQ+ Marina se quali?e d\u2019aroman- tique, d\u2019asexuelle et de non binaire.D\u2019origine franco-ma- lienne, elle ne subit pas de discrimination de la part de son entourage, mais plutôt une pression constante.Sa famille souhaite qu\u2019elle s\u2019adapte à un schéma hétéronormatif, c\u2019est- à-dire qu\u2019elle trouve un mari et fonde une famille.Cette pression se ressent également à travers les médias qu\u2019elle consulte, que ce soit les ?lms, les séries, les livres, entre autres.Selon elle, ils nous montrent les relations amoureuses et sexuelles comme étant la norme à suivre.La jeune femme voit dans les réseaux sociaux une échappatoire.« Je m'émancipe en particulier sur Tumblr, parce que je suis abonnée à peu de personnes que je connais dans la vie réelle.Celles que je suis sont des personnes appartenant à la communauté LGBTQ+, et qui acceptent les aro/ace au sein de la communauté LGBTQ+.Ainsi, je me sens plus con?ante pour m\u2019exprimer sur ce que je vis en tant que personne aro/ace et non binaire », dit-elle.Si les réseaux sociaux n\u2019existaient pas, Marin n\u2019aurait jamais entendu parler de l\u2019aroman- tisme, de l\u2019asexualité ou de la 21 re?etdesociete.com non-binarité, elle se considérerait probablement toujours comme étant cisgenre et hétérosexuelle.Sa sexualité serait dure à vivre, car elle n\u2019aurait aucun modèle ni point de repère, elle se sentirait très seule, d\u2019après elle.Assumer sa sexualité Valentina est une femme lesbienne vivant à Bogota.Elle prétend subir de façon continue des remarques déplacées.Elle considère les réseaux sociaux comme un moyen d\u2019émancipation, particulièrement Twitter.Elle utilise la plateforme pour évoquer librement son attirance pour les femmes, et elle lui permet de discuter avec d\u2019autres « Je m\u2019émancipe en particulier sur Tumblr, parce que les personnes que je suis appartiennent à la communauté LGBTQ+ et elles acceptent les aro/ace » personnes LGBTQ+ pouvant partager son expérience.Elle aspire particulièrement à rencontrer des personnes aptes à la comprendre.Tumblr lui a également servi d\u2019exutoire Selon Valentina, si les réseaux sociaux n\u2019existaient pas, elle vivrait mal sa sexualité dans la vie courante.Ils ont été un support émotionnel à l\u2019époque où elle éprouvait des di cultés à s\u2019accepter telle qu\u2019elle est: « je doute que, sans eux, j\u2019aurais compris, ou accepté ma sexualité un jour », conclut-elle.Ouvrir ses horizons Garance vit à Paris et s\u2019identi- ie comme étant bisexuelle.Elle ne considère pas les réseaux sociaux comme un moyen d\u2019émancipation, mais comme des plateformes ludiques.Elle y découvre de nombreux témoignages qui l\u2019instruisent sur la condition de la communauté LGBTQ+.Elle pointe du doigt Twitter comme étant le réseau le plus informatif, car les utilisateurs s\u2019y expriment plus librement.De surcroît, la pluralité d\u2019opinions qui y règne lui permet de prendre du recul et d\u2019ouvrir son esprit, explique-t-elle.Au moment de l\u2019entretien avec Garance, elle s\u2019épanouissait dans une relation hétérosexuelle.De ce fait, sa sexualité serait plus facile à vivre dans son quotidien que celle d\u2019une personne s\u2019engageant exclusivement dans des relations homosexuelles.Néanmoins, elle 22 re?etdesociete.com elle ressentirait un manque d\u2019information si elle n\u2019utilisait pas les réseaux sociaux.Elle les considère comme un moyen ef- ?cace pour rencontrer d\u2019autres membres de sa communauté.Ils lui ont permis de s\u2019accepter lorsqu\u2019elle avait 15 ans et que ses amis virtuels lui expliquaient qu\u2019il n\u2019y avait pas de honte à aimer les femmes.A u j o u r d \u2019 h u i , elle se réjouit d\u2019être passée par cette phase sans avoir risqué de subir de discriminations.Tisser des liens Camil est issu d\u2019une famille franco-marocaine, il est homosexuel et vit dans la banlieue parisienne.En grandissant et en subissant régulièrement des attaques par rapport à sa sexualité, il a appris à faire abstraction des formes les plus minimes de discrimination.Il a cependant reçu des insultes qui l\u2019ont parfois poussé à en venir aux mains.Selon lui, les médias sociaux ne sont pourtant pas un moyen d\u2019émancipation ; il les quali?e- rait plutôt de vecteurs d\u2019informations.Il fait référence à Twitter comme étant le seul réseau social à l\u2019avoir instruit grâce à des témoignages ou des articles apparus dans son ?l d\u2019actualité.Sa sexualité ne serait pas plus di cile à vivre au quotidien sans cette pla- teforme, mais il serait dans l\u2019ignorance de certains combats « fondamentaux ».Camil croit que les réseaux sociaux sont un moyen ei- cace pour rencontrer des membres de sa communauté, pour tisser des liens amicaux et être informé sur les enjeux LGBTQ+.Lexique de la communauté LGBTQ+ Aromantique Une personne aromantique, ou aro, ne ressent pas de sentiments amoureux pour des individus.Asexuel Une personne asexuelle, ou ace, ne ressent pas d\u2019attirance sexuelle pour des individus.Se déinir comme étant aro/ace sous-entend qu\u2019il sera compliqué de former un couple et de fonder une famille.Bisexuel Une personne bisexuelle est attirée sexuellement par plus d\u2019un genre: les hommes et femmes cisgenres et trans- genres, les personnes non binaires, entre autres.Gender?uid Un individu gender?uid oscille entre une identité féminine et masculine.Il se sentira parfois homme, puis d\u2019autres fois femme.Intersexe L\u2019intersexuation désigne un individu ne présentant pas de caractéristiques biologiques binaires, soit exclusivement masculines, ou féminines.Non binaire La non-binarité chez un individu signiie qu\u2019il ne s\u2019identiie pas au principe de binarité des genres : il ne se sent ni homme ni femme de manière exclusive.Queer Queer est un terme utilisé pour déinir l\u2019ensemble des personnes n\u2019entrant pas dans le système hétéronormatif ou n\u2019étant pas cisgenre.Transgenre La transidentité équivaut à ne pas se rattacher au sexe dont on a hérité à la naissance.Ici, le genre de l\u2019individu est en discordance avec son sexe.L\u2019opposé d\u2019une personne transgenre est cisgenre . 23 reletdesociete.com Fausses nouvelles, lecteurs et publicité qui migrent vers les réseaux sociaux, journalistes chômeurs par milliers, journaux qui ferment à la chaîne.Aujourd\u2019hui, plusieurs villes, villages et quartiers n\u2019ont même plus de média pour surveiller les élites locales.Un terreau idéal pour la collusion et la corruption.Des solutions pour la crise des médias Par stéPhanE DEsJarDins « Le citoyen moyen est exposé à une surabondance de contenus triviaux sur le web, lance Brian Myles, directeur du Devoir.Et il est mal outillé pour distinguer le bruit de la bonne information, préparée par des journalistes indépendants et crédibles.C\u2019est une valeur ajoutée indéniable pour le public.» Pourtant, 65% des Canadiens font coniance aux médias traditionnels comme source d\u2019information, contre 30% pour les réseaux sociaux, selon le Forum des politiques publiques.Par contre, 43% des Québécois (74% chez les 18-24 ans) consultent Facebook pour obtenir des nouvelles, selon le CEFRIO.L\u2019érosion des revenus « L\u2019industrie des médias d\u2019information n\u2019a pas encore compris que le temps où ils étaient des machines à fric est révolu, poursuit M.Myles.Mais personne n\u2019a trouvé la recette magique pour tirer son épingle du jeu face à l\u2019oligopole Google- Facebook.Car il faut payer les salaires des journalistes et les plateformes de difusion.» « Google et Facebook font de l\u2019argent comme de l\u2019eau avec les contenus des médias, qui sont difusés sur des produits Apple ou Samsung, et qui voyagent sur les réseaux de Bell, Vidéotron, Rogers, et Telus .Face à ce phénomène, les gouvernements se tournent les pouces », constate Jean-Hugues Roy, professeur de journalisme à l\u2019UQAM.Simon Van Vliet, président de l\u2019Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), propose ainsi de inancer les salles de rédaction selon le modèle de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) qui subventionne les productions télé et les ilms.« L\u2019argent viendrait d\u2019une redevance sur les accès internet et cellulaire.On récolterait ainsi entre 500 et 600 millions annuellement au Canada », avance Jean-Hugues Roy.D\u2019autres taxeraient la vente de téléphones, tablettes, ordinateurs, CD, DVD, Netlix.M.Van Vliet veut aussi taxer la publicité, une industrie milliardaire.Plusieurs options « Radio-Canada a une redevance de l\u2019État.Pas les médias privés, qui luttent pour que leurs revenus publicitaires ne s\u2019érodent plus, tout en se repliant sur d\u2019autres moyens, comme les abonnements, qui assurent 66% des revenus du Devoir », reprend M.Myles.Le Guardian de Londres dépend aussi des contributions de ses lecteurs.Tout comme Média- part, à Paris, qui a même aiché un proit de plus de 4 millions de dollars l\u2019an dernier! Les murs payants sont-ils une solution?Ça marche peut-être pour des médias comme le New York Times ou le Wall Street Journal, mais notre marché est minuscule.Et la philanthropie?Jef Bezos, fondateur et patron d\u2019Amazon, a sauvé le Washington Post.Les Desmarais ont fait migrer la Presse+ vers une idu- cie d\u2019utilité sociale.D\u2019autres envisagent la création de coopératives d\u2019information, notamment dans les marchés locaux.Mais ça prend des crédits d\u2019impôt spéciiques: Ottawa a montré une timide ouverture.« Citoyens et élus doivent comprendre que l\u2019information faite par les journalistes, c\u2019est un bien public, pas un produit.Les coûts doivent être assumés par la collectivité », conclut M.Van Vliet. 24 re?etdesociete.com Combattre la désinformation par l\u2019éducation Par gabriELLE brassarD-LEcours Depuis plus d\u2019un an, une formation donnée par des journalistes professionnels dans les écoles secondaires fait fureur.Intitulée 30 secondes avant d\u2019y croire, la formation a pour objectif de sensibiliser les jeunes aux fausses nouvelles.Mais même si elle s\u2019adresse pour l\u2019instant aux adolescents, la conscientisation aux fausses nouvelles concerne tout le monde.L\u2019éducation aux médias vise, par dé?nition, « à développer les connaissances et les compétences des individus pour leur permettre d\u2019utiliser avec discernement les médias de manière critique et créative tant dans la vie quotidienne que professionnelle.» C\u2019est dans cette perspective que l\u2019Agence Science-Presse ainsi que moi-même avons décidé de pousser plus loin la formation 30 secondes avant d\u2019y croire, pour l\u2019étendre sur huit semaines d\u2019ateliers d\u2019un peu plus d\u2019une heure.Inspirée par mes voyages professionnels des dernières années en France, où de nombreuses initiatives d\u2019éducation aux médias sont bien instaurées dans les institutions scolaires, je trouvais que faire la même chose ici était plus que pertinent.Surtout à l\u2019ère des fausses nouvelles, des médias numériques et du fouillis sans ?ltre que peut parfois être Internet.C\u2019est avec l\u2019Agence Science- Presse que nous avons donc travaillé pendant plus d\u2019un an à développer un mini programme d\u2019éducation aux médias qui, nous l\u2019espérons, prendra de l\u2019ampleur et sera éventuellement intégré au cursus scolaire des écoles à travers la province.Projet pilote En partenariat avec la maison de la culture Hochelaga, qui agit comme coordonnatrice du projet et comme facilitatrice avec le milieu scolaire, une école d\u2019Ho- chelaga-Maisonneuve a accepté d\u2019être la première à tester ce court programme d\u2019éducation aux médias.Après quelques séances théoriques sur les fausses nouvelles 25 reletdesociete.com (comment et pourquoi elles existent, comment les discerner, etc.), les jeunes auront pour mission de déboulonner à leur tour une fausse nouvelle, avec comme objectif de présenter le résultat de leur démarche devant parents et amis.Sous forme de vidéo, de textes ou de balados, les diférentes équipes de deux ou trois étudiants expliqueront comment elles sont arrivées à déconstruire un mythe scienti- ique.Tout au long des séances, les élèves auront appris les méthodes journalistiques pour déceler les fausses nouvelles et les décortiquer.L\u2019arnaque des fausses nouvelles Les jeunes comprennent d\u2019emblée les fausses nouvelles dont font partie les canulars humoristiques à l\u2019instar d\u2019un site comme Le Revoir.Ils saisissent aussi facilement le placement publicitaire que déploient les inluenceurs sur les réseaux sociaux.Cependant, certains jeunes croient dur comme fer aux théories du complot, notamment celle des Illuminati, une soi-disant société secrète qui dirigerait le monde, ayant comme signe distinctif un triangle au centre duquel se trouve un œil.Ou encore celle des reptiliens, qui implique que certains humains en position de pouvoir seraient en fait des extra-terrestres à tête de reptile venus sur la Terre pour dominer le monde.À 15-16 ans, on aime croire en des choses diférentes de celles reconnues par le système établi, en des théories qui vont à l\u2019encontre de celles qu\u2019on leur enseigne.À l\u2019ère numérique, où de nombreuses informations de toutes sortes, vraies ou fausses, circulent en grand nombre partout sur la toile, ce phénomène a proliféré.Démysti?er le journalisme De nombreux adultes aussi croient à des théories farfelues, ou partagent des nouvelles sans vériier leur véracité.C\u2019est pourquoi le travail des journalistes est si important et qu\u2019il est utile de l\u2019expliquer à tous et à toutes.Une rupture de coniance entre les médias et la population s\u2019est produite dans les dernières années (merci aux Trump de ce monde), aggravée par le phénomène endémique des fausses nouvelles.Celles-ci ne sont pas générées par des journalistes, mais compliquent néanmoins leur mission, car ils doivent la justiier et l\u2019expliquer au public.Le lectorat doit être rassuré et comprendre la probité du travail journalistique, lequel exclut par essence la production et la propagation des fausses nouvelles.Tout cela fait donc partie de l\u2019éducation aux médias qui aujourd\u2019hui semble plus pertinente que jamais pour l\u2019ensemble de la population, sans discrimination, car tout le monde peut tomber dans le piège des fausses nouvelles.« Intitulée 30 secondes avant d\u2019y croire, la formation a pour objectif de sensibiliser les jeunes aux fausses nouvelles.» 26 reletdesociete.com Les tisons de la discorde Par FréDéric LEbEuF « Quand tu lis l\u2019histoire d\u2019une personne que tu apprécies, ça frappe encore plus », s\u2019exclame An- dréanne A.Malette.Pour le premier extrait de son album à paraître à l\u2019automne 2020, l\u2019auteure- compositrice-interprète s\u2019est inspirée de la violence conjugale qu\u2019a encaissée Ingrid Falaise, dont le récit est dévoilé dans Le Monstre.« Ce qui m\u2019a marquée, c\u2019est l\u2019incroyable violence qu\u2019Ingrid a subie.En la voyant aujourd\u2019hui, je trouve qu\u2019elle a une force immense, une grande résilience et une capacité surhumaine de pardonner.Quand tu n\u2019es pas victime de ce genre d\u2019agressivité, tu ne penses pas que ça existe.Pourtant, c\u2019est là et bien présent dans la vie des femmes », souligne celle qui a choisi d\u2019embrasser la cause des femmes.La chanson Le brasier a commencé sa gestation dès le moment où son auteure a lu le livre de Falaise.Si ça lui a pris quelques années avant d\u2019aboutir à quelque chose, la difusion de la série (sur ICI TÉLÉ ET ICI TOU.TV) a ravivé son inspiration.Feu dévastateur Pour se distancier du sujet, l\u2019artiste a choisi d\u2019exposer la situation plutôt que de prendre position.Elle ne voulait pas imposer de morale.« Je ne suis pas bien placée pour faire la morale à qui que ce soit, mais je désirais en parler pour ces femmes-là.Démontrer l\u2019anxiété, la peur, la confusion, l\u2019amour et la haine que les victimes ressentent », explique Andréanne.Parfois il se lasse, parfois il veut jouer Il brise et puis ramasse, et devient l\u2019as pour déjouer Les failles de son esprit mélangé Il abat son jeu, et les cartes sont brouillées Parfois il est doux, parfois on l\u2019entend hurler Et en un seul coup, il peut faire s\u2019envoler La paille de sa maison éventée Quand le grand méchant jaloux soule sur le brasier Pour l\u2019écriture de la chanson, l\u2019auteure-compositrice-inter- prète avait le souci de choisir les bons mots ain d\u2019avoir un 27 reletdesociete.com impact positif sur le public.Elle a opté pour une métaphore avec le brasier : « Un feu qui dort à l\u2019intérieur de ces hommes, dont on ne sait jamais quand il va prendre en lamme.» « À partir du moment où l\u2019on parle des violences conjugales, des témoignages de victimes apparaissent partout autour de nous.Même si ce n\u2019est pas quelque chose que j\u2019ai vécu, je suis très sensible à la cause.Je suis très peu tolérante à n\u2019importe quelle sorte de violence gratuite.La moindre altercation que je vois dans la rue me vire à l\u2019envers, souligne-t-elle.On est une espèce censée être intelligente et l\u2019on agit souvent avec des pulsions animales, non réléchies et stupides.On est capable de faire mieux, ceux qui ne le peuvent pas devraient se faire éduquer.» Un pin pour elles Lorsqu\u2019elle a publié Le brasier, Andréanne a lancé une campagne de vente de mini serres avec tous les éléments et instructions pour faire pousser un pin sylvestre.« Les proits de ces pousses-là vont aller aux maisons de partout à travers le Québec pour aider le plus de femmes possible », précise-t- elle à propos de son partenariat avec le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales.Selon l\u2019artiste, l\u2019arbre est un symbole de force, de solidité, de résilience et de grandeur.Partir d\u2019une petite graine pour devenir quelque chose d\u2019aussi solide, voilà qui l\u2019impressionne.« Quand on subit de la violence conjugale, on se sent souvent minuscule, dit-elle.Vivre une telle relation fait autant de ravage qu\u2019un feu de forêt.Pour se reconstruire, ça prendra de nouvelles pousses ainsi que beaucoup d\u2019espoir.» Planter un pin sylvestre, c\u2019est aussi une belle action pour la planète.Vous pouvez vous procurer une mini serre (au coût de 12 $) en visitant la boutique en ligne d\u2019Andréanne A.Malette.Tous les pro?ts des ventes seront remis au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales.Un beau geste pour la cause! « Un feu qui dort à l\u2019intérieur de ces hommes, dont on ne sait jamais quand ça va prendre en lamme.» \u2022 Jusqu\u2019en 1968, une femme victime de violence conjugale ne pouvait pas demander le divorce pour les actes qu\u2019elle subissait.\u2022 Ce n\u2019est qu\u2019en 1983 que la Loi sur les infractions sexuelles reconnait le viol conjugal.Dorénavant, une femme pourra témoigner contre son conjoint.\u2022 Après une bataille acharnée menée par plusieurs groupes, le Code civil accorde, en 2006, le droit aux femmes victimes de violence conjugale de résilier un bail, sans pénalité.\u2022 En 2018-2019, les 43 maisons membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale ont hébergé près de 2?800 femmes et plus de 2?200 enfants.\u2022 La violence conjugale constitue 30% des crimes contre la personne rapportés au Québec.Faits saillants sur la violence conjugale Fred Dubé présente: Les Capsules pédagogiques de grammaire présentent certaines particularités de la langue française.Elles nous apprennent l\u2019origine d\u2019une expression, d\u2019une façon de dire, ou nous éclairent sur le sens d\u2019une igure de style.Elles jettent en somme un regard amusant sur la mécanique de cette langue et nous révèlent du même soule ses vastes possibilités\u2026 ainsi que ses apparentes di cultés! L\u2019humoriste Fred Dubé les présente dans de courtes vidéos disponibles sur le site de Relet de Société.Pour écouter les capsules : www.reletdesociete.com/francais M a r t i n G i r a r d NOMS DE\u2026.DIEUX! Dans l\u2019histoire des langues, la langue française n\u2019est certainement pas l\u2019aînée de la famille.Issue du latin et de langues germaniques, le français ne devient langue oicielle du Royaume de France qu\u2019en 1539 sous l\u2019impulsion de François Ier.Pourtant de nombreuses expressions tirent leur origine d\u2019une époque bien plus lointaine, celle de la Grèce antique.Si les historiens et les archéologues d\u2019aujourd\u2019hui peuvent toujours étudier la société grecque, c\u2019est en partie grâce aux arts picturaux comme la céramique ou à l\u2019architecture, qui ont laissé des traces concrètes dans le paysage, mais aussi grâce aux textes écrits qui ont traversé les siècles.Ces récits, dont les plus anciens sont L\u2019Iliade et L\u2019Odyssée d\u2019Homère, témoignent de la représentation que les Grecs se faisaient du monde et font partie de ce qu\u2019on connaît au- jourd\u2019hui sous le nom de mythologie grecque : un ensemble de mythes, d\u2019histoires qui proposaient une vision parmi d\u2019autres de la création du monde basée sur des généalogies divines.Et ces mythes d\u2019un autre temps sont encore très présents dans le français d\u2019aujourd\u2019hui\u2026! Qui n\u2019a jamais entendu parler du tendon d\u2019Achille, un ligament qui relie le mollet au talon, ou du talon d\u2019Achille, qui désigne le point faible de quelqu\u2019un?Ces deux locutions sont nommées en l\u2019honneur d\u2019Achille, héros de la mythologie grecque qui mourut blessé d\u2019une lèche transperçant son talon.Thétis, la mère d\u2019Achille, aurait trempé son ils dans un leuve des Enfers censé le rendre invulnérable.Le seul moyen d\u2019y arriver étant de tenir Achille par une partie du corps, son talon resta celui d\u2019un mortel et donc, son point faible.L\u2019adjectif titanesque, comme dans une tâche titanesque, nous vient également des Grecs et fait référence aux Titans, des dieux géants à la force incroyable.L\u2019adjectif conserve aujourd\u2019hui cette idée de grandeur et de puissance, que l\u2019on retrouve notamment dans le nom d\u2019un bateau tristement célèbre, le Titanic, qui, en 1912, était le plus grand bateau jamais construit et réputé insubmersible.Les plus sportifs d\u2019entre vous auront déjà lu ou entendu des chroniqueurs de hockey quali- ier le gardien du Canadien de cerbère! Eh bien là aussi, il y a une histoire de dieu grec! Cerbère était le nom du chien à trois têtes qui gardait la porte des Enfers, il était réputé intraitable et plutôt teigneux, des qualités très recherchées chez tout bon portier qui se respecte! Et si je vous parle d\u2019un dédale de couloirs ou, au sens iguré, d\u2019un dédale administratif, il y a fort à parier que ces expressions suscitent chez vous l\u2019idée de labyrinthes, de complications inutiles, et à très juste titre d\u2019ailleurs, puisque Dédale était un architecte grec de grand talent, à qui on demanda de créer un labyrinthe pour enfermer un monstre, le Minotaure.Dédale et son ils Icare, après de nombreuses péripéties, se retrouvent enfermés dans ce labyrinthe.Dédale décide alors de fabriquer des ailes, faites de plume et de cire, pour qu\u2019ils puissent tous deux quitter le labyrinthe par les airs.Mais Icare vole trop près du soleil, et la chaleur fait fondre la cire et les ailes! Des siècles après l\u2019erreur du jeune Icare, cette tragédie grecque est encore présente dans la langue sous l\u2019expression se brûler les ailes, qui signiie perdre ses avantages ou une certaine liberté en prenant un risque inutile ou en transgressant des limites pour inalement le regretter\u2026 Et si vous êtes complétement médusés devant toutes ces expressions que l\u2019on doit à la mythologie grecque\u2026 méiez-vous parce que Méduse a le pouvoir de pétriier tout mortel qui la regarde\u2026 DE LA MYTHOLOGIE GRECQUE AU FRANÇAIS MODERNE Aude ChArrin Je m\u2019abonne à Reflet de Société ?1 an - 49,95$ ?2 ans - 99,95$ ?3 ans - 149,95$ Taxes incluses.?Je fais un don : Chèque ou mandat à l\u2019ordre de: Re?et de Société 625 av de La Salle Montréal, H1V 2J3 (514)256-9000 1-877-256-9009 S\u2019abonner à Re?et de Société est une manière originale de soutenir notre action auprès des jeunes.Prénom : Nom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Nº carte : |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| ?Visa ?Mastercard ?Amex Date expiration : |_||_||_||_| Signature : Général Aide juridique 1-800-842-2213 Protection de la jeunesse 1-800-665-1414 Info-santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence Montréal (514) 527-1375 Clinique Droit Devant (514) 603-0265 Centres de crise de Montréal Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 Iris (nord) (514) 388-9233 L\u2019Entremise (est-centre-est) (514) 351-9592 L\u2019Autre-maison (sud-ouest) (514) 768-7225 Centre de crise Québec (418) 688-4240 L\u2019ouest de l\u2019île (514) 684-6160 L\u2019Accès (450) 679-8689 Archipel d\u2019Entraide (418) 649-9145 Prévention du suicide (418) 683-4588 Émile Nelligan (514) 351-6661 Violence CAVAC 1-866-532-2822 Groupe d\u2019aide et d\u2019info sur le harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 SOS violence conjugale (514) 728-0023 Trève pour elles (514) 251-0323 Centre pour les victimes d\u2019agression sexuelle (24h) (514) 934-4504 Armée du salut (514) 934-5615 Stella (travailleuses du sexe) (514)285-8889 Décrochage Éducation coup de ?l (514)525-2573 Revdec (514)259-0634 ou 1-866-329-4223 Carrefour Jeunesse (514)253-3828 VIH-SIDA C.O.C.Q.Sida (514) 844-2477 La Maison du Parc (514) 523-6467 NoPa MTS-VIH (514) 528-2464 Drogue et désintoxication Toxic-Action(Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 Centre Jean-Lapointe MTL adulte (514) 288-2611 Le grand chemin Québec Jeunesse (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Urgence 24h (514) 288-1515 Portage (450) 224-2944 Centre Dollard-Cormier Adulte (514) 385-0046 Centre Dollard-Cormier Jeunesse (414) 982-4531 Le Pharillon (514) 254-8560 Drogue aide et référence 1-800-265-2626 Un foyer pour toi (450) 663-0111 L\u2019Anonyme (514) 236-6700 Cactus (514) 847-0067 Dopamine ( jour et soir) (514) 251-8872 Intervenants en toxicomanie (450) 646-3271 Escale Notre-Dame (514) 251-0805 FOBAST (418) 682-5515 Dianova (514) 875-7013 Centre Casa (418) 871-8380 Centre UBALD Villeneuve (418) 663-5008 Au seuil de L\u2019Harmonie (418) 660-7900 Cran (514) 284-3426 Relais Méthadone (514) 874-9300 Alimentation Le Chic Resto-Pop (514) 521-4089 Jeunesse au Soleil (514) 842-6822 Café Rencontre (418) 640-0915 Ligne d\u2019aide et d\u2019écoute CALACS 1-888-933-9007 Gai Écoute 1-888-505-1010 Tel-Jeunes (514) 288-2266 / 1-800-263-2266 Tel-aide et ami à l\u2019écoute (514) 935-1101 Jeunesse-j\u2019écoute 1-800-668-6868 Suicide action Montréal (514) 723-4000 Prévention suicide Accueil-Amitié (418) 228-0001 Partout au Québec 1-866-appelle Secours-Amitié Estrie 1-800-667-3841 Cocaïnomanes anonymes (514) 527-9999 Déprimés anonymes (514) 278-2130 Gamblers anonymes (514)484-6666 Gam-anon (proches du joueur) 1-800-484-6664 Narcotiques anonymes 1-800-879-0333 Outremangeurs anonymes (514) 490-1939 Parents anonymes 1-800-361-5085 Jeu: aide et référence 1-800-461-0140 Ligne Océan (santé mentale) (418) 522-3283 Sexoliques anonymes (514) 254-8181 Primes-Québec(soutien masculin) (418) 649-1232 Émotifs anonymes (514) 990-5886 Alanon & Alateen (418) 990-2666 Alcooliques Anonymes Québec (418) 529-0015 Montréal (514) 376-9230 Laval (450) 629-6635 Rive-sud (450) 670-9480 Mauricie-Saguenay-Lac-St-Jean (866) 376-6279 NAR-ANON Montréal (514) 725-9284 Saguenay (514) 542-1758 Abus aux aînés (514) 489-2287 Famille Grands frères/Grandes soeurs (418) 275-0483 Familles monoparentales (514) 729-6666 Regroupement maison de Jeunes (514) 725-2686 Grossesse Secours (514) 271-0554 Chantiers Jeunesses (514) 252-3015 Réseau Homme Québec (514) 276-4545 Patro Roc-Amadour (418) 529-4996 Pignon Bleu (418) 648-0598 YMCA MTL centre-ville (514) 849-8393 YMCA Hochelaga-Maisonneuve (514) 255-4651 Armée du Salut (514) 932-2214 La Marie Debout (femmes) (514) 597-2311 Parents Secours 1-800-588-8173 Hébergement de dépannage /urgence Auberge de l\u2019amitié pour femmes (418) 275-4574 Bunker (514) 524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Chaînon (514) 845-0151 En Marge (514) 849-7117 Passages (514) 875-8119 Regroupement maisons d\u2019hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514) 522-3198 Auberge communautaire du sud-ouest (514) 768-4774 Maison le Parcours (514) 276-6299 Oxygène (514) 523-9283 L\u2019Avenue (514) 254-2244 L\u2019Escalier (514) 252-9886 Maison St-Dominique (514) 270-7793 Auberge de Montréal (514) 843-3317 Le Tournant (514) 523-2157 La Casa (Longueuil) (450) 442-4777 Armée du Salut pour hommes (418) 692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514) 523-5288 La Maison du Père (514) 845-0168 Auberge du Coeur (Estrie) (819) 563-1387 La maison Tangente (514) 252-8771 Hébergement St-Denis (514) 374-6673 L\u2019Abris de la Rive-Sud (homme) (450) 646-7809 Maison Élisabeth Bergeron (femme) (450) 651-3591 Trente ans de grifon- nages, à chercher les bons mots, la précision, la magie, le rêve, l\u2019espoir; j'ai tenu plume, papier, crayons, eface, j'ai tenu tête, à bout de force, à coup de gueule, dans les extases, dans les tempêtes, en tenant toujours la barre haute.Des chansons.Plein de chansons.Des univers, des fables, des poèmes, des souvenirs, des récits d'existence, des victoires, des leçons, des défaites, des chansons.Poésie, contes en musique 150 textes de chansons Ian Fournier Tenir paroles Disponible aux Éditions TNT visiter sa page www.editionstnt.com/ian-fournier 625 av de La Salle Montréal H1V 2J3 514-256-9000 1-877-256-9009 20$ plus taxes et transport. Près de 30 ans de rêves et de changements sociaux accomplis dans l'amour et la marginalité Une collection de récits et d'anecdotes Par ceux qui ont écrit l'histoire Marginal et ?er de l'être 625 av de La Salle Montréal H1V 2J3 514-256-9000 1-877-256-9009 30$ plus taxes et transport.Disponible aux Éditions TNT www.editionstnt.com/marginal-ier "]
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