Le soleil, 13 novembre 2021, Cahier 2
[" @cyblesoleil facebook/ lesoleildequebec z o n e leSoleil SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 CAHIER SPÉCIAL Intelligence artificielle : ces mots mal connus pour certains nous concernent pourtant tous.De la recherche fondamentale aux applications médicales, des moyens de transport à nos habitations, l\u2019intelligence artificielle s\u2019invite partout. Notre région contribue au développement de la recherche appliquée en intelligence artificielle et à l\u2019intégration de ses technologies dans les entreprises. La grande région de Québec/ Lévis prend donc une place active dans ce domaine.Le Soleil aborde le sujet avec des experts et quelques partenaires engagés dans cette voie.8 PAGES INTELLIGENCE ARTIFICIELLE NOTRE RÉGION PREND SA PLACE P H O T O 1 2 3 R F / S D E C O R E T SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 leSoleil 2 CAHIER SPÉCIAL ZONE INTELL GENCE ARTIFICIELLE GILBERT LEDUC Collaboration spéciale Rarement l\u2019«industrie» de l\u2019intelligence artificielle (IA) est mentionnée parmi les secteurs économiques de force de la région de Québec.Du moins, pas au même titre que l\u2019optique-photonique ou les assurances.Bien sûr, Coveo fait figure de leader incontesté.Avec ses 750 employés répartis aux quatre coins de la planète, l\u2019entreprise conceptrice de moteurs de recherche et de recommandations basées sur l\u2019IA pour les géants mondiaux du commerce de détail n\u2019a guère besoin de présentation.L\u2019entreprise dirigée par Louis Têtu s\u2019apprête à faire d\u2019ailleurs à faire son entrée à la Bourse de Toronto dans les prochaines semaines.Le Groupe Optel (systèmes de traçabilité et de vision), Leddar Tech (solutions de détection pour les véhicules autonomes) et Creaform (technologies de mesure 3D portables et automatisées) sont aussi des entreprises régionales reconnues mondialement.De jeunes pousses font aussi leur place au soleil.Qu\u2019il suffise de nommer Botpress (robots conversationnels) ou Bio Twin (création de jumeaux numériques permettant la détection des maladies).Un inventaire réalisé par l\u2019Université Laval et Québec International retrace pas moins d\u2019une centaine d\u2019entreprises dans la région de Québec qui développent ou utilisent des solutions technologiques d\u2019IA.C\u2019est le cas de Patates Dolbec, de Saint-Ubalde, qui a recours à un système d\u2019inspection par caméra \u2014 alimenté par plus de 20 000 photos de pommes de terre \u2014 permettant de trier les bons légumes parmi ceux présentant des défauts.Pour leur part, SBI International (fabricant de produits de chauffage résidentiels) et Ver-Mac (matériel destiné à la signalisation routière) ont opté pour des outils technologiques connectés à différentes banques de données pouvant prédire les ventes un an à l\u2019avance.L\u2019IA : POUR TOUS ?«L\u2019atteinte d\u2019une pleine maturité technologique n\u2019est pas un pré- requis à l\u2019utilisation de l\u2019IA dans les entreprises», souligne Hughes Foltz, copropriétaire et vice-président exécutif de Vooban, une firme de Québec qui accompagne les organisations dans leurs projets d\u2019IA et de transformation numérique.«Vouloir tout conne cter et pousser à l\u2019extrême le traitement et l\u2019analyse des données est d\u2019une grande complexité pour les entreprises», indique Alexandra Masson, directrice Intelligence artificielle et Solutions numériques chez Québec International.«Même si elles n\u2019ont pas complété leur transformation numérique de A à Z, des entreprises voient le potentiel d\u2019utilisation de l\u2019IA pour certaines de leurs activités afin d\u2019aller chercher des gains d\u2019efficacité», ajoute-t-elle.«L\u2019important est qu\u2019elles puissent générer de la donnée, la récupérer et la valoriser.Le pétrole de l\u2019IA, c\u2019est la donnée.» Alors que les organisations sont aux prises avec la pénurie de main- d\u2019œuvre, l\u2019IA peut apaiser leurs malheurs, croient Alexandra Masson et Hughes Foltz.Et accroître leur performance du même coup.« L\u2019IA p er met de simpli f ier le travail des humains.Pour l\u2019accomplissement de tâches répétitives \u2014 comme regarder défiler des pommes de terre sur un convoyeur pour retirer celles qui présentent des défauts \u2014 nous, les humains, ne sommes pas si bons que ça.Une caméra d\u2019application industrielle, guidée par les technologies de l\u2019IA, elle, n\u2019a pas son pareil.Chez Patates Dolbec, le taux de fiabilité de l\u2019opération de triage est passé de 80 % à 95 % en l\u2019espace de quelques mois», explique M.Foltz.Pour consulter le Portrait de l\u2019écosystème en intelligence artificielle dans la grande région de Québec réalisé par l\u2019Université Laval et Québec International : https://drive.google.com/file/ d/1sZnRH7a0tUT58ZWfkLuw7 YCMsI6MTv1v/view Pour Hughes Foltz, copropriétaire et vice-président exécutif de Vooban, les entreprises manufacturières ne voient pas encore l\u2019urgence de se transformer.«Il faut démocratiser l\u2019intelligence artificielle au plus vite».\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE QUÉBEC EST DANS LE COUP 45 000 professionnels en intelligence artificielle au Québec selon TECHNOCompétences 84 000 $ le salaire annuel moyen de ces professionnels selon les plus récentes données leSoleil SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 CAHIER SPÉCIAL 3 ZONE INTELLIGEN E ARTIFICIELLE Professeur titulaire au département de génie électrique et de génie informatique de l\u2019Université Laval, Christian Gagné donne un cours d\u2019introduction à l\u2019intelligence artificielle (IA) à des étudiants provenant de divers parcours académiques.«De la cinquantaine d\u2019étudiants qui y assistaient, il y a cinq ans, ils sont maintenant 160.» Offerte depuis 2018, la maîtrise en informatique et IA fait un tabac.«Un nouveau contingent de 50 étudiants vient de s\u2019engager dans cette formation de deux ans», signale Christian Gagné qui est aussi directeur de l\u2019Institut intelligence et données (IID) de l\u2019Université Laval.«Depuis quelques années, les jeunes sont fascinés par l\u2019IA et par la différence qu\u2019elle peut apporter dans la vie des gens.Le challenge scientifique proposé par les technologies de l\u2019IA regorge de défis passionnants.» Les universités et les entreprises s\u2019arrachent les spécialistes de l\u2019IA.«Les Google, Apple, Facebook et Amazon de ce monde recrutent beaucoup de professeurs et de chercheurs.Ils se font offrir des salaires comparables à ceux des joueurs de hockey.Évidemment, cette fuite des cerveaux nous affecte.Il nous faut des professeurs et des chercheurs pour assurer la formation des étudiants, la poursuite de la recherche fondamentale et appliquée et l\u2019accompagnement des entreprises.» Tant à l\u2019Université Laval que dans les autres institutions de recherche de la région de Québec (INRS, INO, Centre de recherche et développement pour la défense du Canada et autres), plus d\u2019une centaine de chercheurs sont engagés dans différents projets relatifs à l\u2019IA.À l\u2019Université Laval, une cinquantaine de projets de recherche mobilisent 111 chercheurs.«Jadis, l\u2019IA était un domaine de recherche parmi tant d\u2019autres sur le campus», explique Christian Gagné.«Beaucoup d\u2019experts et de chercheurs s\u2019activaient de façon un peu éparpillée dans les groupes et les laboratoires.» Soutenu par quatre centres de recherche de l\u2019Université Laval (Centre de recherche en données massives, Centre de recherche en données et intelligence géospa- tiale, Centre de recherche en robotique, vision et intelligence machine et Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d\u2019entreprise, la logistique et le transport), l\u2019Institut intelligence et données voit le jour en janvier 2020 et vient changer la donne.«En veillant à accroître la collaboration et la mise en commun des ressources, nous cherchons à canaliser les énergies de tous et chacun.Nous pouvons compter sur des professionnels de recherche dont la mission est de tisser des liens avec les entreprises afin d\u2019offrir des services d\u2019accompagnement ou encore de dénicher des stages pour les étudiants.» GILBERT LEDUC (COLLABORATION SPÉCIALE) UNIVERSITÉ LAVAL ENGOUEMENT POUR L\u2019IA Pour le directeur de l\u2019Institut intelligence et données de l\u2019Université Laval, Christian Gagné, l\u2019intégration de l\u2019intelligence artificielle dans une entreprise ne se fait pas en claquant des doigts.«Notre but, c\u2019est d\u2019amener celles qui sont prêtes à passer à l\u2019action.Et celles qui ne le sont pas, à aller chercher l\u2019expertise et les connaissances nécessaires».\u2014 PHOTO LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE 0081333 SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 leSoleil 4 CAHIER SPÉCIAL ZONE INTELL GENCE ARTIFICIELLE L\u2019enviable réputation du professeur Yoshua Bengio de l\u2019Université de Montréal, scientifique reconnu mondialement pour ses travaux sur les algorithmes d\u2019apprentissage, confère à la métropole le titre de plaque tournante de la recherche en intelligence artificielle (IA).«Nous ne prétendons pas être du même niveau que Montréal ou encore Toronto et Edmonton, mais plutôt en complémentarité avec ces trois centres majeurs», indique le directeur général de l\u2019Institut intelligence et données (IID) de l\u2019Université Laval, Christian Gagné.Sur l\u2019échiquier canadien de l\u2019IA, Vancouver, Waterloo et Québec sont identifiés comme des pôles secondaires d\u2019innovation.«À Québec, notre crainte, c\u2019était de manquer le bateau.De nous faire déclasser définitivement par Montréal.De perdre des cerveaux.Nous ne voulions pas que le milieu scientifique conclue qu\u2019il ne se passe rien à Québec», explique M. Gagné.L\u2019entrée en scène de l\u2019IID en janvier 2020 a permis, selon son directeur général, d\u2019afficher clairement le positionnement de Québec.«Nous ne prétendons pas que nous allons être meilleurs que Montréal.Nous voulons seulement être capables de suivre la métropole et de lui parler d\u2019égal à égal».Bien sûr, la recherche fondamentale a sa place dans la région, mais l\u2019accent est mis vers les applications concrètes de l\u2019IA dans des domaines faisant l\u2019objet d\u2019une expertise de pointe dans la capitale, notamment en optique photonique, en robotique, en vision assistée par ordinateur ou encore en santé, en imagerie médicale ou dans les sciences de la vie, précise Alexandra Masson, directrice Intelligence artificielle et Solutions numériques chez Québec International.GILBERT LEDUC (COLLABORATION SPÉCIALE) EN COMPLÉMENTARITÉ AVEC MONTRÉAL Pour Alexandra Masson, directrice Intelligence artificielle et Solutions numériques chez Québec International, il est important de faire rayonner l\u2019expertise locale en recherche et les entreprises qui développent et intègrent l\u2019intelligence artificielle.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ GILBERT LEDUC Collaboration spéciale En 2018, Bentley Systems, une société américaine qui développe des logiciels facilitant la construction et la gestion de grandes infrastructures (routes, ponts, aéroports, centrales électriques, etc.) vendus dans plus de 170 pays, mettait le grappin sur une jeune entreprise de Québec.AIworx se spécialisait dans les technologies de pointe pour l\u2019apprentissage automatique et l\u2019Internet des objets.La multinationale, comptant plus de 4000 employés et dont le chiffre d\u2019affaires dépasse 800 millions $US, a non seulement craqué pour AIwork et ses trouvailles technologiques, mais elle a décidé d\u2019implanter à Québec son pôle mondial de développement en intelligence artificielle (IA).«C\u2019est ici que les travaux de recherche en apprentissage automatique pour l\u2019ensemble de la compagnie sont effectués», explique Alexandre Vallières, directeur en intelligence artificielle appliquée pour Bentley Systems et cofonda- teur d\u2019AIwork.«Nous sommes 80 professionnels et spécialistes.Seule la pénurie de main-d\u2019œuvre aigüe dans le secteur des technologies, et plus particulièrement dans le domaine de l\u2019IA, nous empêche d\u2019accroître davantage le nombre de nos employés.» Les ambitions de Bentley Systems pour la capitale ne s\u2019arrêtent pas là.En effet, la société américaine et l\u2019Institut intelligence et données (IID) de l\u2019Université Laval planchent sur la création d\u2019un hub de recherche en intelligence artificielle spécialisé dans le domaine des infrastructures.«Malheureusement, le monde des infrastructures à l\u2019échelle mondiale est caractérisé par un modèle de fonctionnement en silo», souligne M. Vallières.«Les canaux de communication entre les spécialistes œuvrant en design et planification, en construction et en gestion des infrastructures sont trop souvent fermés.Le transfert de l\u2019information s\u2019en trouve affecté.Avec le hub de recherche en IA, nous voulons amener tous les acteurs \u2014 les ingénieurs, les constructeurs, les gestionnaires, les compagnies de technologies et les gouvernements \u2014 à développer des projets collaboratifs favorisant l\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle pour la conception, la construction et l\u2019exploitation d\u2019infrastructures qui, bien souvent, ont une durée de vie de plus de 100 ans.» Selon Alexandre Vallières, il est encore trop tôt pour prédire l\u2019ampleur de l\u2019initiative lancée par Bentley Systems et l\u2019IID.«Nous sommes à coucher sur papier les premiers projets de recherche et à approcher les joueurs de l\u2019industrie», précise-t-il en soulignant que Bentley Systems se retirera graduellement du projet afin que le hub devienne totalement autonome et indépendant.INFRASTRUCTURES ET IA UN HUB DE RECHERCHE D\u2019ENVERGURE MONDIALE À QUÉBEC Alexandre Vallières, directeur en intelligence artificielle appliquée pour Bentley Systems à Québec \u2014 PHOTO LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE 0080202 PROMOTION LA VITRINE Sujet principal intelliGence artiFicielle Le CRVI La robotique avancée pour relever les défis de demain Avantmêmeque l\u2019intelli- genceartificielle fasse la manchette, leCentre de robotique et de vision industrielles (CRVI), situéauCégep deLévis, l\u2019utilisait dans le cadrede sesprojets de développement en vision artificielle et en robotique industrielle pour soutenir les entreprisesdésireuses d\u2019accroître leur productivité par l\u2019innovation.« Le CRVI accompagne les industriels à faire leurs premiers pas et à s\u2019améliorer technologiquement, précise Yves Dessureault, directeur général au CRVI, car notre mission consiste à accroitre la compétitivité des entreprises par l\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle appliquée à la robotique et à la vision numérique.Notre équipe est composée de 23 experts et nous planifions atteindre 25 en janvier 2022.» Pour le CRVI, la collaboration est le fer de lance.Ainsi, il est fortement impliqué dans le projet du Dataparc de la ville de Lévis, une zone d\u2019innovation en intelligence artificielle appliquée, où QScale construit un mégacentre de traitement de données avec un supercalculateur dédié à l\u2019intelligence artificielle.Le CRVI et deux autres centres collégiaux de transfert technologique (CCTT) ont aussi déposé une demande de financement visant l\u2019automatisation et la robotisation dans les serres géantes attenantes au complexe QScale.« Nous faisons aussi partie du consortium de recherche de sept CCTT nommé Force.IA, qui a été reconnu par le ministère de l\u2019Économie comme le vaisseau amiral de l\u2019intelligence artificielle appliquée pour les industries », ajoute-t-il.Le CRVI est collé sur la réalité du marché en appuyant les entreprises dans le développement de solutions technologiques.« Faire affaire avec le CRVI, c\u2019est avoir accès à des professionnels en recherche appliquée de haut niveau, à un réseau de partenaires, à des laboratoires à la fine pointe, à des fournisseurs technologiques majeurs et à une panoplie de programmes de financement.Dans notre domaine, la demande est forte.Nous avons une équipe dynamique et un milieu stimulant pour accompagner les entreprises pour qu\u2019elles fassent des choix technologiques judicieux et payants en les aidant à prendre le virage 5.0 correctement », conclut M.Dessureault.Depuis deux ans, le CRVI a investi 2,5M et acquis de nombreux équipements de pointe afin d\u2019augmenter la capacité de ses supercalculateurs, renforcer son positionnement en vision artificielle et en robotique collaborative et industrielle.« Nous sommes passés de la robotique traditionnelle à la robotique assistée au cours des dix dernières années.Le prochain pas sera celui de la robotique avancée où les robots pourraient apprendre de nouvelles tâches par eux-mêmes grâce à l\u2019intégrabilité des technologies qui deviendra un vecteur essentiel des entreprises dites cognitives », explique M.Dessureault.« Nous sommes très impliqués dans le développement d\u2019applications concrètes dans l\u2019univers de la robotique avancée, c\u2019est-à-dire des robots capables de s\u2019intégrer facilement dans des environnements de plus en plus complexes en utilisant le potentiel de l\u2019intelligence artificielle, l\u2019internet des objets, l\u2019info- nuagique, des capteurs et systèmes de vision intelligents par exemple », conclut Yves Dessureault, directeur général du CRVI.www.crvi.ca YVesDessuReAuLt,DIReCteuRgénéRALDuCRVImontReDIfféRentsRobotsAVeCDesComposAntespRéhensILes etDesCAméRAsDeVIsIonARtIfICIeLLe.« EntantquE CréatEurdEvaLEur Etd\u2019innovations, nousvouLonsêtrE LEspréCursEurs dansLarobotiquE avanCéE.» 30à50 nouveaux projets de recherche appliquée par année 75nouvelles applications, produits et accompagne ments par année 2,5 millions $ en nouvel équipement en deux ans en chiffres leSoleil SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 5 6 SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 leSoleil PROMOTION LA VITRINE Autonomie AlimentAire intelliGenCe ArtiFiCielle Lévis veut devenir un pôle d\u2019excellence en IA appliquée À l\u2019extrémité ouest de Lévis, un chantier majeur attire les curieux.C\u2019est celui du Dataparc Lévis et de son projet-phare, QScale, qui est appelé à devenir le plus important pôle en intelligence artificielle appliquée au Québec.« Et peut-être même au pays ! », de lancer Philippe Meurant, directeur du développement économique de la Ville de Lévis.C\u2019est que Lévis souhaite se tailler une place de choix dans ce créneau d\u2019avenir.Avec l\u2019avènement des usines intelligentes, de la robotique collaborative et des objets connectés, la Ville a pris les moyens pour devenir la référence de l\u2019intelligence artificielle appliquée au domaine manufacturier.C\u2019est pourquoi elle a créé la zone d\u2019innovation Dataparc Lévis, en périphérie du parc industriel Bernières, afin de pouvoir regrouper et accueillir les projets et entreprises innovantes; la Ville a également sollicité l\u2019accréditation « Zone d\u2019innovation Québec » de la part du ministère de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation.Le pLus grand centre de données à haute densité Le bâtiment actuellement en construction est celui de la première phase de QScale, qui deviendra le plus grand centre de données et de supercalculateurs au Québec.À terme, ce projet d\u2019investissement de 867 M$ prévoit la création de plus de 200 emplois de qualité et la mise en place d\u2019infrastructures modernes et sophistiquées qui occuperont un rôle central dans le développement du créneau de l\u2019intelligence artificielle à Lévis.Le début des opérations de QScale est prévu pour 2023.Une autre entreprise s\u2019installera également sous peu au Dataparc.Spécialisée en foresterie, la compagnie SmartMill mise sur l\u2019intelligence artificielle pour automatiser les systèmes liés à la transformation du bois.Son nouveau siège social est actuellement en construction.épauLer Le secteur industrieL En cette période de pénurie de main-d\u2019œuvre quasi généralisée, ce nouveau créneau de pointe n\u2019entre pas en concurrence avec le secteur industriel de Lévis.C\u2019est même tout le contraire.« Les algorithmes et les solutions qui sont développées par l\u2019intelligence artificielle répondent spécifiquement à des problèmes et enjeux que rencontrent les manufacturiers.L\u2019objectif est de les aider et de les épauler dans leur développement technologique, et ce, à long terme », assure M.Meurant.Il cite en exemple l\u2019automatisation de certains procédés de fabrication ou encore les robots intelligents qui comblent certains postes vacants sur les chaînes de montage.« Avec plus de 4600 entreprises situées sur notre territoire, dont plusieurs dans le secteur de la fabrication, la vocation industrielle de Lévis ne cesse de prendre de l\u2019expansion.Pour maintenir et optimiser la productivité de nos entreprises, nous devons mettre en place des solutions innovantes.L\u2019intelligence artificielle appliquée répond à ces besoins, ici et ailleurs dans le monde », poursuit M.Meurant.un projet qui prône L\u2019économie circuLaire De plus, un processus ingénieux de récupération d\u2019énergie permettra à QScale de récupérer les rejets thermiques émis par ses équipements informatiques et de les utiliser notamment pour chauffer de vastes serres de culture maraîchère qui seront construites dans la zone agricole à proximité.Ces serres, dont la superficie totalisera quelque 11 millions de pieds carrés à terme, contribueront au principe d\u2019économie circulaire.Ce projet s\u2019ajoute à la construction des immenses serres des Productions Horticoles Demers qui permettront de cultiver des fruits et légumes à l\u2019année et qui utiliseront également des technologies innovantes.Dans les dix prochaines années, des investissements de plus de 2 milliards de dollars sont anticipés dans le Dataparc.Lévis en chiffres 7e plus grande ville au Québec, avec 150 000 de population 1re place au Québec pour sa vitalité économique parmi les 10 plus grandes villes (Institut de la statistique du Québec, 2021) 4600 entreprises P Population active de 83 235 travailleurs, dont 50,2% sont hautement qualifiés.5000 personnes immigrantes Revenu médian de 53 495 $ chez les 25-64 ans (1er rang québécois parmi les 10 plus grandes villes) 26% des Lévisiens ont un diplôme universitaire 78% des emplois sont dans le secteur tertiaire (services, commerces, administration, etc.) 19,6 G$ de richesse foncière uniformisée en 2021 (une hausse de 341% en 20 ans)* * Ces statistiques proviennent de la Direction du développement économique et de la promotion de la Ville de Lévis.Lévis investit dans l\u2019innovation Ces dernières années, la Ville de Lévis a entrepris d\u2019investir massivement dans ses parcs industriels et zones d\u2019innovation.Dans le cadre de son programme triennal d\u2019immobilisations, la Ville de Lévis a déboursé plus de 41,5 M $ entre 2019 et 2021 pour l\u2019acquisition et la viabilisation de nouveaux terrains ainsi que pour l\u2019entretien des infrastructures existantes dans ses 14 zones et parcs industriels.Ces investissements profitent aux quelque 750 entreprises qui y sont implantées et aux nouvelles entreprises qui s\u2019ajouteront dans les prochaines années.Plusieurs opportunités se présentent actuellement pour ceux qui souhaitent acquérir un terrain à bâtir dans l\u2019un des parcs industriels de Lévis, dont notamment dans les secteurs de Bernières et de Lauzon, de même qu\u2019à l\u2019Innoparc Lévis. leSoleil SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 7 Un campus collaboratif innovant pour soutenir l\u2019industrie Pour soutenir le créneau de l\u2019intelligence artificielle appliquée et favoriser son développement sur son ter ritoire, la Ville de Lévis, en collaboration étroite avec les promoteurs du projet QScale, souhaite rassembler les différents acteurs de cette industrie au sein d\u2019un campus collaboratif innovant, appelé Synapse.Installé dans le Dataparc, ce campus regroupera plusieurs partenaires, dont le Centre de robotique et de vision industrielles (CRVI) et le Carrefour d\u2019innovation et d\u2019entrepre- neuriat de Lévis (CIEL) \u2013 Volet IA, un incubateur-accélérateur d\u2019entreprises destiné à soutenir les jeunes pousses des technologies industrielles connectées.Au cœur du campus collaboratif Synapse, le CIEL accueillera sous un même toit des espaces de travail partagés, des services d\u2019incubation, des laboratoires d\u2019expérimentation ainsi que des services de validation technologique et d\u2019accélération d\u2019affaires.« C\u2019est vraiment un outil de développement économique unique en son genre et porteur pour notre région et tout le Québec », explique Philippe Meurant, directeur du développement économique à la Ville de Lévis.CRÉER UNE SYNERGIE L\u2019objectif est de créer une synergie autour de Synapse.« Les centres de recherche et les institutions d\u2019enseignement du territoire sont aussi mobilisées autour de ce projet.L\u2019objectif de ce campus collaboratif innovant est non seulement de soutenir l\u2019industrie, mais aussi d\u2019encourager la formation et la recherche appliquée », poursuit M.Meurant.Le CRVI, qui fait partie intégrante depuis 1984 du système d\u2019innovation au Québec, a récemment obtenu une subvention pour un projet de recherche sur la robotique intelligente qui pourra faire l\u2019objet de transferts technologiques vers les entreprises d\u2019ici et d\u2019ailleurs (voir autre texte).« Avec le CRVI, Lévis est depuis longtemps reconnue en tant que centre d\u2019expertise dans le domaine de l\u2019automatisation et de la robotique.On va maintenant plus loin en misant sur l\u2019intégration des nouvelles technologies et le développement de l\u2019intelligence arti?- cielle, ce qui permettra à Lévis de faire sa marque dans le domaine de l\u2019intelligence arti?cielle appliquée», de rajouter M.Meurant.PROMOTION LA VITRINE INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Philippe Meurant, directeur du développement économique à la Ville de Lévis Maquette du projet QScale La construction du bâtiment QScale est débutée dans le Dataparc Lévis.Des membres de l\u2019équipe SmartMill posent fièrement devant l\u2019une de leurs technologies vendues à la société Canfor.L\u2019OBJECTIF DE CE CAMPUS EST DE SOUTENIR L\u2019INDUS TRIE, MAIS AUSSI D\u2019ENCOURAGER LA FORMATION ET LA RECHERCHE APPLIQUÉE 0080491 0079983 MILA Une voie d\u2019avenir incontournable L\u2019intelligenceartificielle (IA) fait partieduquotidiende la viedescitoyensetdesentre- prises.Mêmesi tousn\u2019ensont pasconscients, l\u2019influencede l\u2019IAet l\u2019analysedesdonnées demassereprésentent le «pétrole»de l\u2019avenirautant dans les industrieset les commercescommedans les secteursde lasantéetdans lessolutionspourcontrer leschangementsclimatiques parexemple.Depuis quelques années, le Québec est devenu une plaque tournante du développement de cette nouvelle technologie.Présidente et directrice générale de Mila, l\u2019institut québécois de recherche en intelligence artificielle basé à Montréal, Valérie Pisano précise que l\u2019IA est un outil servant à analyser les données accumulées au fil des ans pour faire des modèles d\u2019aide à la décision à partir de prédictions.À la base, l\u2019IA aide les gestionnaires à prendre des décisions d\u2019affaires, à proposer des diagnostics médicaux plus précis ou des traitements ciblés en fonction de l\u2019analyse rapide des nombreux cas.« L\u2019IA est de plus en plus intégrée dans tous les secteurs d\u2019activités que ce soit l\u2019agriculture, le commerce, la santé, l\u2019environnement.Il y a très peu de secteurs non touchés par l\u2019IA », affirme-t-elle.» Une technoLogIe qUI AIde à sAUver des vIes « Dans le secteur de l\u2019imagerie médicale, continue Mme Pisano, l\u2019IA peut analyser une quantité phénoménale de cas plus rapidement qu\u2019un radiologiste ou un médecin.Les règles et un algorithme dans le système cherchent à apprendre continuellement pour prédire que le patient aura telle ou telle maladie et quels seraient les meilleurs traitements.» Pour les médicaments, le système utilise des milliards de combinaisons possibles pour trouver une solution.« Cela permet d\u2019accélérer les recherches pour créer un médicament plus efficace», illustre-t-elle.Les hUMAIns AU centre des AvAncées L\u2019industrie financière utilise aussi l\u2019IA pour analyser ses données et contrôler sa gestion de risque.Il faudra toujours un actuaire ou un spécialiste du risque pour décider de l\u2019avenue la plus sensée.L\u2019IA agit sans émotion alors que le monde de la bourse réagit à des situations émotives et à des choix intuitifs.La combinaison des volets très rationnels de l\u2019informatique avec le traitement émotif et l\u2019instinct de l\u2019humain permettent des avancées qui changent la donne dans la prise de décision.« Le cerveau humain traite les informations bien différemment, ajoute Mme Pisano.L\u2019humain, dans une discussion d\u2019embauche, pourra déceler si la personne ment ou si elle est franche » à cause de l\u2019intonation de la voix, du sourire en coin, du plissement des yeux, par exemple.« Nous sommes dans les jeunes stades de l\u2019exploration et du travail de laboratoire dans de nombreux centres de recherche comme Mila partout dans le monde, poursuit Mme Pisano.Le système de l\u2019IA apprend avec ce qu\u2019on lui donne.Plus il y aura de données à analyser, plus les prédictions seront raffinées.» Les chercheurs tiennent compte des craintes concernant l\u2019IA, souligne-t-elle.La gestion des données implique aussi le souci de la protection de la vie privée.L\u2019IA se développe à grande vitesse.Au Québec, les entreprises ont besoin de développer une maturité digitale, estime Mme Pisano.Les entreprises sont encore frileuses dans leurs investissements informatiques malgré les programmes gouvernementaux généreux et l\u2019aide des centres de recherche comme Mila pour accompagner les entrepreneurs dans ce virage incontournable.«Nous avons la chance d\u2019avoir un écosystème d\u2019intelligence artificielle très fort et des organisations prêtes à accompagner les entreprises à toutes les étapes de leur développement technologique.Les précurseurs en verront assurément les bénéfices», conclut Mme Pisano, confiante en l\u2019avenir de ce secteur prometteur pour le Québec.mila.quebec PROMOTION LA VITRINE Autonomie AlimentAire intelliGenCe ArtiFiCielle LeQUébec estdevenU UnepLaQUe toUrnantedU déveLoppement deL\u2019Ia 22000participants aux sessions de formation, séminaires et autres événements Ia 87membres du corps professoral 800chercheurs et étudiants 48chaires en Ia canada- cIFar 84partenaires industriels en chiffres P h o T o : o L I V I E R h E R T E L VALérIePIsAno,PrésIdenteet dIrectrIcegénérALedeMILA P h o T o : M A R y s E B o y C E SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 leSoleil 8 "]
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