La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 mai 1934, Mai
[" Notre Roman Complet : Marions Marinette, par Claire de Ville Mai 1934 > x Slee | LISEZ : LE TRICENTENAIRE DES TROIS-RIVIERES par JACQUES VALADE UN VOYAGE DANS L\u2019ESPACE ET DANS LE TEMPS par FERNAND DE VERNEUIL CONVERSATION AVEC M.L\u2019ABBE LIONEL GROULX par ROBERT RUMILLY MAISON A LOUER Comédie en un acte : par À.C.DE LA LANDE ) / 4] ¢ | en a revele le secret, C'est du JUS vd y elicatement presse \u201cJeanne m 2»?1, [à vu ae f Vian \u2018Presser deélicatement\u2019\u2019, m\u2019a expliqué Jeanne, \u201c\u201cc\u2019est extraire le meilleur du jus de belles tomates mûres \u2014 sans ce goût amer que donnent la pelure et les graines.\u201d\u2019 4 \u201cC\u2019est là une méthode exclusive, qui protège les vitamines aussi bien que la saveur.Le mari de Jeanne, qui est médecin, a confirmé tout ce qu'elle m\u2019a dit.\u201d j | LIBBY'S 4 JUS DE TOMATES délicatement pressé Préparé au Canada avec des tomates canadiennes \u201cLibby\u2019s veut donc dire qualité à prix raisonnable.Commandons-en une caisse dès demain.\u2018\u2019 UN DES 100 CÉLÈBRES PRODUITS ALIMENTAIRES LIBBY\u201dS A QUEL AGE LA FEMME FAIT-ELLE briller ses Ongles au Cutex 7 LA DEBUTANTE Mlle Nathalie Brown qui fera ses débuts a la saison prochaine, est la fille de M.et Mme Frederic Rhinelander Brown.Elle dit: ¢ Quand maman s'aperçut que toutes les jeunes filles de mon cercle teignaient leurs ongles, elle me le permit également.Pour le soir, je préfère les ongles Corail avec une robe bleue ou rose.» CORAIL une teinte charmante avec robes blanche, rose, beige, grise, bleue, brune ou verte.GRENAT fort Jolie avec robes brune, noire, blanche, beige, grise ou orange.LA JEUNE FEMME Mme Tilton Holmsen qui séjourne alternativement à Paris et à Newport, déclare : «Il existe une teinte Cutex convenant à tout âge et à n\u2019importe quelle couleur de robe.Et jaime particulièrement, pour la ville, une robe noire avec de brillants ongles Cardinal.» CARDINAL fait un agréable contraste avec robes noire, blanche, paste et bleue.pastel, grise, beige Rose toujours joli avec robes pastel, verte, noire ou brune.LA GRAND\u2019MERE Mme Courtlandt Richardson une des plus charmantes dames de New-York, dit: « Autrefois les femmes renonçaient aux couleurs vives à 30 ans.Et maintenant mes filles et moi- même portons les mêmes couleurs et nous nous plaisons à agencer habilement la teinte de nos robes et celle de nos ongles.Le soir, j'aime beaucoup une toilette blanche avec des ongles au Cutex Rubis fonçé.> RUBIS un rouge vraiment Touge que vous pouvez porter sans crainte avec n\u2019importe quelle robe.m NATUREL convient surtout avec un ensemble aux couleurs vives \u2014 rouge, vert, pourpre ou orange.= Costumes de Jay-Thorpe oli Liquide CUTEX Elégant \u2026 Peu coûteux \u201c CORAIL, CARDINAL ou RUBIS \u2014NOUS LES PORTONS TOUTES\u201d disent les grand'mères aux débutantes I VOTRE MERE un peu vieux jeu croit que vous êtes trop jeune pour porter des ongles teintés.ou si votre fille trop scrupuleuse s\u2019imagine que vous êtes trop âgée ! \u2014 faites-lui remarquer les dix premières personnes chic que vous rencontrerez.Si elle est de bonne foi, elle devra admettre que, réellement, l\u2019on peut teinter ses ongles à tout âge.A 16 ou 60 ans \u2014 vous êtes aujour- d\u2019hui presque aussi démodée avec des ongles non-teintés que si vous portiez une jupe courte à la mode de 1927 ! Et franchement \u2014 la coloration différente des ongles est pour toutes une chose merveilleuse, précisément parce qu\u2019elle convient à tous les âges et à tous les genres.Avec une robe de satin blanc et des ongles rouges Rubis vous pouvez faire sensation au bal des débutantes de l\u2019hiver prochain.Ou, avec une robe de velours brun et des ongles d\u2019un Rose délicat, présider élégamment la prochaine réunion de votre cercle féminin.Ou encore, vêtue d\u2019une toilette de chiffon gris et portant des ongles Corail, assister au baptême de votre petite-fille.7 TEINTES PARFAITES, CLASSIQUES Cutex offre 7 teintes classiques \u2014 créées par une autorité mondiale en manucure.Evidem- ment les femmes vraiment distinguées, à tout âge, veulent des résultats assurés, durables.Elles ne veulent pas voir une teinte pour les ongles qui pâlit ou se fendille.C\u2019est pourquoi le Cutex les satisfait si bien.Toutes les teintes Cutex ont un lustré permanent et s'appliquent uniment, sans aucune difficulté.Le nouveau pinceau à manche métallique ne perd jamais ses poils ni son manche.Allez tout de suite au magasin et \u2014 sans qu\u2019il soit nécessaire de donner votre âge \u2014 achetez toutes les jolies teintes Cutex afin de les harmoniser savamment avec n'importe laquelle de vos robes.Pour le manucure complet, employez le Cuticle Remover & Nail Cleanser, le Polish Remover, le Poli Liquide, le Blanc pour les ongles (crayon ou crème), l\u2019Huile ou la Crème pour les cuticules et la nouvelle Crème pour les mains.NORTHAM WARREN \u2014 Montréal \u2014 New-York \u2014 Paris Une généreuse bouteille de Poli Liquide Cutex et la nouvelle Roue de couleurs vous indiquant la couleur de poli à porter avec chaque toilette \u2014 104 seulement NorTHAM WARREN, Dépt 4A5 Case postale 2320, Montréal.Ci-inclus 10c pour la nouvelle Roue de couleurs Cutex et une bouteille de bonne grosseur de Poli liquide Cutex, de la teinte que j'ai indiquée : []Naturel [Rose [JCorail [J Cardinal [J Rubis Fabriqué au Canada 4 La Revue Populaire ON Y GAGNE TOUJOURS À CUIRE AVEC LA \u201c\u201cMAGIC\u201d Ces prix varient, naturellement, selon es localités NE RISQUEZ PAS UNE POUDRE INFERIEURE.AVEC MOINS DE 1¢ DE \u201cMAGIC\u201d VOUS FAITES UN BEAU GROS GATEAU.ET LA \"MAGIC\u201d DONNE TOUJOURS DE BONS RESULTATS ee) dit 3 ol A MISS ETHEL CHAPMAN, v0 rédactrice de la page culinaire .du \u201cFarmer\u201d OUS mettez peu de poudre à pâte dans un gâteau\u2014généralement 2 à 3 c.à thé\u2014mais cette petite quantité est très importante! GATEAU ETAGE AUX NOIX \u201cMAGIC\u201d Voyez comme la Poudre à Pâte «sMagic\u201d donne un beau gâteau Car si la poudre à pâte fait défaut, vous ratez votre gâteau .et vous gaspillez parfois tous vos autres ingrédients! 14 tasse shortening 1 tasse sucre 3 blancs d\u2019oeufs 1 c.à thé vanille 2 tasses farine à pâtisserie, ou 134 tasse farine à pain 3 c.à thé Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d Yc.à thé sel 24 tasse lait Défaites shortening en crème; ajoutez lentement sucre, battant bien.Ajoutez blancs d'oeufs non battus, un à la fois, battant après chaque addition.Ajoutez essence.Tamisez ensemble farine, poudre à pâte et sel.Ajoutez au premier mélange, alternant avec lait.Versez en moules à gâteau étagé bien graissés et cuisez environ 25 .minutes à four modéré, 375° F, Ceci donne 2 étages de 8 pouces.Lorsque froid, étendez du Givre 7-Mi- nutes entre les étages, sur le dessus et les côtés (voir page 14 du nouveau Livre de Cuisine \u201cMagic\u2019\u2019) et parsemez le dessus de noix de Grenoble hachées.Il n\u2019est donc pas étonnant que les plus grandes autorités canadiennes en art culinaire insistent tant sur l\u2019usage d\u2019une poudre de qualité.\u201c\u201cCuisez avec la \u201cMagic\u201d et vous serez certaine de réussir,\u201d disent-elles.C\u2019est que ces personnes d\u2019expérience savent que la \u201cMagic\u201d donne toujours de bons résultats.C\u2019est pourquoi elles l\u2019emploient et la recommandent exclusivement.Pourquoi vous exposer quand la \u201cMagic\u201d coûte si peu?De fait, il en faut pour moins de Ic pour un gros gâteau étagé.C\u2019est payer peu cher la certitude de réussir chaque fois! Votre épicier tient la \u201cMagic.\u201d Com- mandez-en une boîte aujourd'hui.FABRIQUEE AU CANADA N PAS D'ALUN.\u201d Cette déclaration sur chaque boîte est votregarantiequela Poudre 2 Pate\u2018\u2018Magic\u2019\u2019 ne contient ni alun, ni aucun ingrédient nuisible.~~ QUAND VOUS CUIREZ A LA MAISON\u2014vous trouverez trés utile le nouveau Livre de Cuisine \u201cMagic.\u201d Contient des recettes éprouvées pour d\u2019exquises pâtisseries.Envoyez le coupon ci-dessous.GILLETT PRODUCTS, Fraser Ave., Toronto 2 L.P.-5 Veuillez m\u2019envoyer ma copie gratuite de votre fameux LIVRE DE CUISINE \u201cMAGIC.\u201d Nom Rue Ville ou village Prov Mai 1934 La Revue Populaire 2Te année, No 5, \u2014 Montréal, Mai 1934 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE Directeur de la rédaction : JEAN CHAUVIN Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt, U.S.A., as second class matter under the Act of March 3rd.1879 LA REVUE POPULAIRE est expédiée ABONNEMENT par la poste entre le ler Canada et le 5 du mols Un an.\u2014\u2014 8150 Editeurs-Propriétaires Six mois 1 0000 18 POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE Etats-Unis 975, rue de Bullion = MONTREAL \u2014 CANADA On an \u2014\u2014\u2014_____ \u2014 1:76 Tél.: LAncaster 5819 - 6002 Six mols __.___._._ _____ ______ 80 Page L\u2019Exposition de Bruxelles .en 7 Un voyage dans l\u2019espace et dans le temps, par Fernand de Verneuil 8 La sécurité en avion, par Louis Sabourin.9 Le tricentenaire des Trois-Rivières, par Jacques Valade.10 Conversation avec M.l\u2019abbé Lionel Groulx, par Robert Rumilly.11 Nouvelle canadienne : JUSTICE MECANIQUE par J.AMEDEE LEVESQUE.12 Jeunesse, oll done es-tU 2.14 Notre roman complet : MARIONS MARINETTE par CLAIRE DE VILLE.15 Poésie SOIR, par Medjé Vézina.iooiii i.22 La décoration d\u2019un foyer moderne.27 La Nature, créatrice de beauté.erea career 28 Quelques conseils sur les soins de beauté.28 Salut, printemps ! 00e er ei re raerer sea a aa era aan ere es 29 La coiffure féminine, élément de beauté.RS 32 Enjolivez votre table iii nen rene 33 Chronique de la radio.crianennennnnnnen*nns 34 La Bonne Cuisine, par Germaine Taillefer.58 Comédie en un acte : MAISON A LOUER, par A.C.de la Lande EN JUIN UN MARI DE PREMIER CHOIX par MAX DU VEUZIT ouple, A PEINE assis dans une Nouvelle Ford V-8, Pattention est arrêtée par cent agencements ingénieux qui la rendent plus spacieuse, plus confortable, plus commode qu\u2019on ne saurait le concevoir .et, une fois en route, cette impression se fait plus saisissante encore\u2014quelle souplesse et, à la fois, quelle rigoureuse tenue de route! Innombrables sont les acheteurs qui dé- clarent\u2014\u2018\u2018Je n\u2019imaginais pas que la Ford fat si confortable et de dimensions si généreuses!\u201d Les raisons ne manquent pas pourquoi la Nouvelle Ford V-8, quel que soit l\u2019état des routes, roule avec une telle élasticité et pourquoi le jeu de chaque roue est nettement indépendant de celui de ses trois soeurs\u2014ressorts pacieuse, Confostabl transversaux, plus flexibles et plus larges; amortisseurs hydrauliques auto-réglés, à double effet; sièges à ressorts plus élastiques, capitonnage plus luxueux et plus profond.Très compact, et occupant moins d\u2019espace sous le capot, le moteur V-8 permet de construire des caisses plus longues.Les occupants, et a avant et à l\u2019arrière, en profitent.Nos chiffres attestent que les siéges, les banquettes, la partie inférieure et la partie supérieure de la caisse de la Nouvelle Ford V-8 sont plus spacieux que dans n\u2019importe quelle autre automobile de prix vraiment abordable.En faire l\u2019expérience ne coûte rien\u2014jugez par vous-même de sa performance, de sa \u201cL'AUTOMOBILE , err CANADIENNE\u201d sécurité, de son confort.LA SEULE AUTOMOBILE DE MOINS DE $4000 A AVOIR UN MOTEUR A 8 CYLINDRES ENV La vitesse, la puissance, la souplesse que, seule, donne une octuple cylin- drée\u2014et, en sus, une exceptionnelle économie d\u2019huile et d\u2019essence.Nouvelle carburation double et double collecteur d\u2019admission des gaz \u2014 résultat: plus de milles au gallon de carburant.LA NOUVELLE FORD V-8 FORD N\u2019A JAMAIS FORGÉ D\u2019AUTOMOBILE PLUS ÉCONOMIQUE! 6 La Revue Populaire Mai 1934 pour le transport économique CHEVROLET mv GEM MOTORS PRODUCTS Il faut un AUTO de QUALITE pour etre LEADER .VENTES == .la Qualité et les Plus ASS = ° e si NIE = ; I Bas Prix au Canada Vous Disent le Chevrolet est l'Auto qu'il faut Acheter \\/ ERIFIEZ la qualité \u2014 et vous ne manquerez pas de sagesse dans le choix de votre prochain auto.Voici quelques-unes des nombreuses caractéristiques de qualité qui ont fait du Chevrolet Maitre Six le leader de qualité et de vente dans le domaine des bas prix.Nous vous incitons à les comparer: = Plus d\u2019Energie .Plus d'Economie! Le moteur pri Fr \u2014 ps po = > SNS Ne A 8 ) hi Chevrolet six cylindres, avec sa culasse Flamme Bleue NS | IT => UE VE exclusive et son Sélecteur Octane, est plus puissant que Hs SN = y jamais \u2014 plus rapide \u2014 plus souple \u2014 et cependant il oo \u2014\u2014_W consomme de fait moins de gazoline et d\u2019huile.SI ms KY _ HE - Un Châssis Plus Fort, Plus sûr! Avec cadre en YK IZA | y \u2014\u2014 / EH plusieurs fois plus solide.Le véritable Changement de 7) 118 | Vitesses Syncro-Mesh facile 3 \u201cDeuxiéme Silencieuse™.Des freins plus gros, plus puissants, et d\u2019action plus positive.Roues à \u201cGenou Mécanique\u201d Couvert! Le Chevrolet s\u2019est fait pionnier de cet étonnant et différent Roulement Flottant dans le domaine des bas prix.Nul autre auto à bas prix ne vous offre les \u201cGenoux Mécaniques\u201d protégés, entièrement couverts.Beauté Aérodynamique .Ventilation à même! 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Visitez votre dépositaire Chevrolet.Conduisez l\u2019auto de qualité du domaine des bas prix.Voyez en même temps le nouveau Chevrolet Six Régulier, un pur Chevrolet, se vendant au plus bas prix au Canada.CHEVROLET Maitre Six Six Régulier © Une Valeur General Motors\u2014Produite au Canada Termes GM A C Faciles = = = BA I =u 7707770 n= | | RAI] = M34-C4BF mam ry Mai 1934 La Revue Populaire Photo de E.Sergysels, MAQUETTE DU PALAIS CENTRAL DE L'\u2019EXPOSITION DE BRUXELLES.Oeuvre de J.Van Neck, architecte en chef de l'Exposition.Bruxelles.L' Exposition.Bruxelles.1935 LA FIN du mois d\u2019avril de 1935 s\u2019ouvrira à Bruxelles une Exposition Universelle et Internationale dont les préparatifs sont déjà très avancés.Placée sous le haut protectorat de LL.MM.le Roi et la Reine des Belges, préparée de longue date par des personnalités de premier plan, cette exposition, ouverte à tous les pays producteurs, durera six mots.Toutes les productions industrielles, agricoles, techniques et artistiques y seront représentées: Produits du sol et du sous-sol et des industries de transformation traitant les matériaux d\u2019origines animale, végétale et minérale; production de Ténergie et moyens de transport, y compris navigation et aéronautique; travaux publics, construction, décoration, mobilier, beaux- arts; instrumentation technique de toutes spécialités, tant indus- PAVILLON DE LA VILLE DE BRUXELLES.Architecte, F, Malfait, trielles, scientifiques et médicales qu\u2019artisanes et artistiques; parure, armements, matériel de tourisme, article de luxe et de fantaisie, etc.On donnera toutefois plus d\u2019importance aux Transports, pour célébrer le centenaire de l\u2019établissement des chemins de fer en Belgique; à la Colonisation, à l\u2019occasion du cinquantième anniversaire de la création de l\u2019Etat Indépendant du Congo; à l\u2019Electricité et à la Radio-Electricité.architecte en chef de la ville de Bruxelles.Cette exposition sera Universelle parce qu\u2019ouverte à toutes les activités humaines et Internationale parce qu\u2019ouverte à toutes les nations, seule solution susceptible d\u2019attirer la masse des curieux et des touristes et d\u2019y intéresser le monde entier.Quant à l'emplacement de cette Exposition, au Heysel, il fut choisi par la société organisatrice et la ville de Bruxelles, en vue de la mise en valeur de ce quartier nouvellement annexé, situé à proximité du parc royal et des quartiers déja bien desservis par les compagnies de transport en commun.Ce terrain peut être adapté et servir à l\u2019ébauche d\u2019un quartier neuf de la ville déjà plus ou moins prévue, dans un axe où Bruxelles tend a s\u2019ac- croitre logiquement.Pour tous renseignements: Commissariat général du gouvernement, 28, avenue des Arts, Bruxelles.Photo L'Epi-Devolder 8 Un Voyage dans l'Espace et dans le Temps par Fernand de Verneuil VEC les ailes de la pensée, bien plus rapides encore que celles de la lumière, nous allons faire un très grand voyage en peu d\u2019instants.Nous partons, naturellement, de notre planète à laquelle nous pouvons donner sans crainte le nom de « bonne vieille terre » puisqu\u2019elle a environ deux milliards d\u2019années déjà d\u2019existence.Ce n\u2019est assurément qu\u2019un âge approximatif mais il est très vraisemblable et peut-être même au dessous de la réalité.On aura une idée de son importance par la comparaison suivante: prenons un poteau de dix-sept pieds de hauteur, soit 204 pouces; chaque pouce représente à peu près un million d\u2019années de la vie de la terre et il ne faudra prendre qu\u2019un quinzième de pouce seulement pour figurer la durée actuelle de l'humanité.Ce n\u2019est pas beaucoup mais si l\u2019on veut faire figurer la période bien connue par des documents historiques, il faudra réduire la longueur marquée sur le poteau à un deux- millième de pouce; c\u2019est beaucoup moins que l'épaisseur de la plus légère feuille de papier.Décidément, nous sommes encore bien jeunes ! Lançons-nous sans hésiter dans l\u2019espace; nous arrivons tout d\u2019abord à la lune après un petit parcours de 240,000 milles.C\u2019est un endroit bien triste et dont le véritable aspect dépoétise un peu l\u2019astre mort que les poètes ont appelé la « blonde Phoébé » Du sol de la lune, le bleu du ciel est chose inconnue, l\u2019absence d\u2019atmosphère fait paraître le firmament comme un fond de velours noir sur lequel se détachent brutalement le soleil et les étoiles.Les beaux couchers de soleil avec leurs jeux de lumière n\u2019embellissent jamais notre satellite, pas plus que les clartés chatoyantes de l'aurore.Là-bas le jour et la nuit arrivent brusquement, à la manière d\u2019une lampe électrique que l\u2019on allume ou qu\u2019on éteint.La lune étant quarante-quatre fois plus petite que la terre, la force gravitique y est beaucoup plus faible que sur notre planète; environ six fois moins énergique.En conséquence, un homme qui peut faire ici un saut en longueur de vingt pieds, franchirait facilement 120 pieds pieds là-bas.Un gros canon moderne y enverrait son obus si loin que celui-ci échapperait à la Les anneaux de Saturne sont, pour l\u2019observateur au télescope, un spectacle toujours curieux; sera-ce celui de la terre un jour ?La Revue Populaire Mai 1934 CE TOUT PETIT POINT BRILLANT MARQUE L'EMPLACEMENT TRES AGRANDI DE NOTRE SYSTEME SOLAIRE TOUT ENTIER.force d\u2019attraction lunaire et se perdrait dans l\u2019espace.Un million à peu près de météorites bombardent la lune chaque jour et ces projectiles n\u2019étant freinés dans leur course folle par aucune atmosphère arrivent sur le sol de la lune à des vitesses cent fois au moins supérieures à celle d\u2019une balle de nos meilleurs fusils.Cette mitraillade incessante a rongé certaines montagnes au point de leur donner l\u2019apparence de clochers pointus.La température fait des écarts terribles sur la lune; elle atteint facilement celle de l\u2019eau bouillante pendant le jour pour descendre ensuite à 200 degrés sous zéro pendant la nuit.Cela désagrège lentement notre satellite et des savants prétendent qu\u2019en ajoutant à cela les efforts de dislocation produits par l\u2019attraction terrestre, il viendra un temps où la lune s\u2019éparpillera en menus morceaux dans l\u2019espace et formera, autour de la terre, un anneau comparable à celui de Saturne.Nous n\u2019assisterons sans doute pas à ce magnifique feu d'artifice.Que notre terre ne soit pas un séjour paradisiaque c\u2019est certain mais les autres planètes de notre système \u2014 a l'exception de Mars \u2014 nous donneraient encore moins de confortable.Sur Mercure la température est de 650 degrés Farenheit et s\u2019il y coule des fleuves ils sont de plomb fondu.Par contre, Jupiter subit des froids de 240 degrés sous zéro et Saturne est encore plus mal chauffée.Dans ce rapide voyage, éloignons-nous à une distance en chiffres ronds de deux millions de fois la distance de la terre à la lune et nous arriverons à la plus proche des étoiles.Sommes- nous alors dans un domaine brillamment illuminé ?Pas du tout ! Les étoiles que, de notre planète, nous voyons groupées les unes sur les autres, ont en réalité d\u2019énormes distances entre elles.Pour nous en faire une idée, souvenons-nous d\u2019abord que chaque étoile est un soleil comme le nôtre et souvent beaucoup plus gros.Ainsi le Centaure a 882 fois sa grosseur, Asturie 1200 fois, Rigel 20,000 fois, Antarès 88,000 et Canopus est un million de fois plus gros.Placée auprès de Canopus, la terre aurait l\u2019apparence d\u2019une tête d\u2019épingle au pied d\u2019une maison de cinq étages.Maintenant, prenez six mouches ordinaires et mettez-les dans une cage aussi grande que tout CETTE NEBULEUSE EN SPIRALE REPRESENTE NOTRE PROPRE UNIVERS LES TELESCOPES NOUS ONT REVELE L'EXISTENCE DE DEUX MILLIONS D'UNIVERS COMME LE NOTRE DANS L'ESPACE: CELUI-CI EST UN DE NOS PROCHES VOISINS.le Canada et haute en proportion, vous aurez l'échelle à peu près exact du voisinage des étoiles dans le firmament! La nuit est donc l\u2019état normal de l\u2019espace et il faut y ajouter le froid car la température y est de 455 degrés Farenheit sous zéro, soit presque le froid absolu qui est de 460.Arrivons à la belle étoile appelée Sirius.Si elle nous servait de soleil, les conditions de la lumière seraient bien changées; celle de Sirius se composant en majeure partie de rayons ultraviolets, les vitres de nos fenêtres ne seraient plus transparentes.Dans d\u2019autres étoiles où domine la lumière infra-rouge, l\u2019effet produit sur les planètes environnantes ferait bien vite passer les nègres du noir au blanc.Voilà un séjour à leur recommander, malheureusement il est hors de leur portée.Dans d\u2019autres encore, les rayons X sont en abondance; à cette lumière nous aurions l\u2019air de squelettes ambulants.Une des plus brillantes étoiles qui prendrait la place de notre soleil aurait des effets désastreux pour nous; l\u2019énorme chaleur qu\u2019elle dégagerait nous rôtirait en une fraction de seconde, en peu d\u2019instants les océans seraient volatilisés et les rochers eux-mêmes subiraient le même sort en quelques heures.Arrivons jusqu\u2019à la nébuleuse d\u2019Andromède; elle comprend au moins cinq milliards d\u2019étoiles dont la lumière met huit cent mille ans à parvenir à la terre, à la vitesse de 186 mille milles à la seconde, exactement 186,276.Dans cette immense nébuleuse notre soleil ne serait plus qu\u2019un imperceptible point lumineux.Il aurait, par comparaison, la grosseur d\u2019une tête d\u2019épingle perdue dans tout le territoire du Canada.Plus loin encore, dans l\u2019espace, il y a des millions de nébuleuses semblables qui sont autant d\u2019univers comme le nôtre et qui contiennent des milliers de millions de soleils.Toutes ces vastes agglomérations de mondes lointains se déplacent dans l'infini à des vitesses parfois supérieures des millions de fois à celle d\u2019un train rapide.Les plus puissants télescopes ont permis de reconnaître et de photographier environ deux millions de ces nébuleuses et la lumière des plus lointaines connues met cent quarante millions d\u2019années à nous parvenir ! Aussi bien, arrêtons-nous là dans notre voyage car, en réalité, nous n\u2019avons pas avancé d\u2019un seul pas dans l\u2019infini; devant nous s\u2019ouvre sans cesse le gouffre béant qui stupéfie la pensée et que les chiffres sont impuissants à mesurer.Et dire qu\u2019il y a, sur la terre, des gens qui * croient sincèrement compter pour quelque chose dans ce prodigieux domaine ! Mai 1934 La Revue Populaire 9 Sécurité en Avio Par Louis Sabourin E LISAIS dernièrement, dans un journal français, un article de l\u2019aviateur- écrivain Hervé Lauwick sur ce même sujet.J\u2019en ai retenu surtout cette phrase : « les navires ont des moyens de sauvetage, les avions n\u2019en ont aucun?» Il existe pourtant un moyen de sauvetage, le seul qui ait été réalisé jusqu'ici, mais dont l\u2019emploi est loin d\u2019être généralisé.Nous voulons parler du parachute.Mais peut-on encore demander au passager d\u2019un avion de se jeter volontairement en parachute d\u2019un avion en péril ?Toute la question est là, cependant.La seule chose qui puisse, jusqu\u2019à ce qu\u2019on trouve mieux, assurer la sécurité des pilotes et des passagers, c\u2019est le parachute.Pourquoi alors ces appareils ne sont-ils pas réglementaires, aussi bien dans l\u2019aviation commerciale que dans l\u2019aviation militaire et de ligne ?À ce propos, le même Hervé Lauwick écrit ceci : « Pendant la guerre, on eût pu sauver déjà beaucoup de pilotes par le parachute individuel, et c\u2019est la honte des commandements, interallié ou allemand, cachés dans des bureaux à l\u2019abri du feu, que de n\u2019avoir jamais essayé de préserver mes camarades qui allaient chaque jour tendre leur coeur aux balles.Beaucoup d\u2019as de guerre, Guynemer, peut-être, et d\u2019autres, seraient vivants si un parachute avait été là, mais les généraux n\u2019y ont jamais cru.» Mais si les généraux, dont la peau est rarement menacée, ne croient pas aux parachutes, les aviateurs, et les plus audacieux parmi eux, y croient et s\u2019en servent.Lindbergh par exemple, le plus grand aviateur américain, ne monte jamais sans son parachute qui lui sauva d\u2019ailleurs deux fois la vie, avant sa première traversée de l\u2019Atlantique, alors qu\u2019il était pilote de ligne.Morane, en France, fait de même.Pourquoi ne rendrait-on pas obligatoire le port du parachute, aussi bien pour les pilotes que pour les passagers ?On connaît même autre chose que le parachute individuel, car des inventeurs ont imaginé de garantir l\u2019avion complet.Des expériences ont malheureusement établi que la chose n\u2019était pas encore au point, car les avions armés d\u2019un vaste parachute qu\u2019on a lancés dans le vide sont arrivés sur lc sol, le nez en terre.Ce parachute géant peut toutefois être perfectionné; et rien ne dit qu\u2019il ne sera pas pratique demain.On a également expérimenté le parachute de cabine où le pilote ouvre un parachute qui supporte toute la cabine dans Tair une fois entre ciel et terre, il peut ouvrir son parachute individuel et se précipiter dans le vide.Mais, à ça encore, on voit de graves inconvénients.C\u2019est pourquoi le plus pratique est encore le parachute individuel, mais modifié.Voici comment l\u2019entend Hervé Lauwick.«Ce parachute nouveau genre ne saurait être conçu comme celui des militaires, habillés spécialement et habitués à obéir.Il fallait trouver un moyen de jeter par-dessus bord, sans hésitation, puisqu'il s\u2019agit de leur sauver la vie, les passagers aux choix du pilote seul, sans aucune action de leur part, sans qu\u2019il aient rien à faire que de rester assis.Il s\u2019agit d\u2019un simple siège monté sur un des croisillons du plancher.Le danger venu, le feu par exemple, le pilote lâche à sa volonté les passagers dans un ordre déterminé, en tournant une grande roue qui ne peut s\u2019ouvrir sans manoeuvre volontaire, et qui actionne une vis sous les sièges, laquelle a fonctionné jusque-là comme verrou.Chaque section de plancher tombe donc librement, portant le passager qui a ramené sur lui les appui-bras, lesquels font ceinture rembourrée, le dossier, également rembourré, contenant le parachute totalement caché, dont le câble de départ est fixé au plancher.Ainsi le passager est à l\u2019abri de tout danger.Car, on nous a dit: « Les passagers ne veulent pas de parachutes.Cela les ferait penser au péril.» Que des hommes de 40 ans osent parler ainsi à d\u2019autres hommes de 40 ans, n\u2019est-ce pas effarant de puérilité ?S'il y a péril, tout le monde aime mieux en être garanti.Ayons donc des parachutes.Soyons sûrs que les grandes compagnies y pensent, car les Airways tiennent plus que personne à la vie de leurs passagers.Leurs mécaniciens et leurs pilotes sont excellents ! Contre les rares dangers qui restent, armons-nous.Et il y aura des naïfs pour dire : « Mais, bah ! cela ne sert que tous les deux ans.» Et il y aura même des philosophes pour prétendre qu\u2019un aviateur privé ne doit pas avoir de parachute, ce qui est la plus sotte des économies.Lindbergh et Morane donnent l\u2019exemple, ne volent jamais sans le leur.Il faut donc espérer que les grandes maisons vont modifier le plancher de leurs avions, et les rendre porteurs de ces simples sièges-parachutes.Car nous dire que cela ne sert que tous les deux ans, c\u2019est grotesque.Sur les navires du monde entier, les canots et les ceintures ne servent que tous les vingt ans, et cependant, la loi leur fait une obligation de les porter.Le feu peut naître d\u2019un bielle qui passe à travers un carter.D\u2019une vapeur d\u2019essence près d\u2019une bougie, dont le fil est détaché.D\u2019une fuite d\u2019essence, et surtout d\u2019huile, qui s\u2019enflamme sur un tube chauffé au rouge.Nul ne peut en répondre, et il faut admettre pour dix ans encore ce danger.Dès lors, qui ne voit que c\u2019est la simple sagesse que de donner au passager, comme sur un navire, des moyens d\u2019évacuation, puis- qu\u2019on ne peut assurer que le désastre, l'Act of God, disent les Anglo-Saxons, ne se produira pas à 5,000 pieds du sol ? 10 La Revue Populaire E 4 juillet 1634, le sieur de La Violette et quelques artisans arrivaient à Pembouchure de la grande rivière Métabéroutin pour y fonder un établissement.Déjà les Pères LeJeune et Buteux avaient compris la position stratégique de l\u2019endroit puisqu\u2019il y avaient établi la résidence de la Conception.C\u2019est là que chaque été des Attikamè- gues, des Algonquins et des Montagnais venaient faire la pêche.À cause des trois embouchures de la rivière, le poste fut nommé les Trois-Rivières.Pendant plus de vingt années, les Trois-Rivières furent l\u2019un des plus grands grands marchés de pelleteries de la Nouvelle-France.Des interprètes trafiquaient Mai 1934 Le TRICENTENAIRE des TROIS-RIVIERES par Jacques Valade Maurice sont de grands vestiges de cette prospérité qui a cependant peu duré.Les fêtes du tricentenaire trifluvien, en juillet 1934 rappelleront aux générations actuelles ce passé lointain, riche d\u2019événements tragiques ou héroïques.Comme l\u2019écrivait M.Armour Landry, «le passé des Trois-Rivières est d\u2019une haute valeur, et ce passé n\u2019a pas encore été exploité.Trois-Rivières a à son crédit une histoire qui, si j'ose dire, éclipse la gloire de presque toutes les villes de l\u2019Amérique du Nord.L'histoire de notre ville est donc son plus beau titre ».Champlain, qui avait lui-même surveillé la construction du fort des Trois-Rivières, écrivait l\u2019année suivante au cardinal de Richelieu: « L\u2019habitation des Trois-Rivières est placée dans un des plus beaux endroits de ce pays où avec les Indiens descendus des hautes terres; de hardis explorateurs visitaient les tribus du Nord, parcouraient les immenses régions de l\u2019ouest et poussaient même jusqu\u2019à l'embouchure du Mississipi.Les noms de ces audacieux coureurs des bois doivent être glorifiés.Il suffit de rappeler leurs noms pour évoquer des aventures qui ne dépareraient pas les romans les mieux imaginés: le fondateur La Violette, puis Pierre Boucher, Jean Nicolet, Pierre Radisson, Chouard des Gro- seillers, François Marguerite, Pierre Pepin, Jacques Her- tel, Jean et Thomas Godefroy, et un grand nombre d\u2019autres moins connus.Mais toute cette pléiade de courageux aventuriers s\u2019incline devant la valeur de missionnaires tels que les Pères LeJeune, de Bréboeuf, Antoine Daniel, Denis-Jamet, Pacifique Duplessis et leurs compagnons.La plupart ont péri sous les coups des Iroquois après des années de douloureuses pérégrinations au pays des Agniers et des Hurons.A cause de son isolement et de la faiblesse de ses fortifications, l\u2019établissement des Trois-Rivières subissait les attaques incessantes des Iroquois qui s\u2019avançaient jusque sous les murs et massacraient sans pitié les habitants dans les champs.C\u2019était un camp militaire que seuls des héros pouvaient habiter.Puis vinrent des époques de tranquillité, Le commerce et l\u2019industrie se développèrent rapidement, surtout après la cession du Canada à l\u2019Angleterre.Les Forges du Saint- la température de l\u2019air est bien plus modérée qu\u2019à Québec.» Aujourd\u2019hui les Trois- Rivières, ville industrielle d\u2019abord, possède peu de sites et de monuments historiques.C\u2019est son passé qui fait sa richesse touristique, un passé inspirateur d\u2019énergie et de confiance, malgré la domination du capital anglais ou américain sur l\u2019activité commerciale de la région.Les Canadiens français, qui furent les premiers maîtres de ce pays, en sont réduits, il faut bien l\u2019admettre, à servir des étrangers qui exploitent les inépuisables ressources de la vallée du St-Maurice.Qu'ils se rappellent le passé, qu\u2019ils v trouvent des leçons de courage pour se libérer peu à peu de cet esclavage plus ou moins déguisé.BE ee EE Mai 1934 Nos Entrevues La Revue Populaire 11 Conversation avec I\u2019 Abbé Lionel GROULX Le problème de l'éducation nationale au premier plan M.l\u2019abbé Groulx nous reçoit dans une belle pièce à demi encombrée par les piles de bouquins, mais tout ensoleillée, car la large baie donnant sur la rue Sherbrook: laisse passer des flots de lumière, par cette journée froide et claire.\u2014 Monsieur l\u2019abbé, j\u2019achéve dc lire le second tome de L\u2019ENSEL- GNEMENT FRANÇAIS AU CANA.Vous avez écrit un fameux livre.Il y fallait l\u2019élégante pureté de votre style, il est vrai; mais il y fallait aussi votre flamme, votre foi patriotique.On le sent, ce patriotisme, dans le filigrane de chaque page, et c\u2019est ce qui rend ces pages toutes chaudes et palpitantes de vie.\u2014 Si mon livre a tant soit peu des qualités que vous lui prétez si généreusement, le mérite en revient a mon sujet.Car, on a beau vouloir être « objectif », comment rester impassible en racontant une histoire aussi désolante que celle de notre droit minoritaire ?\u2014 Vous portez aussi des coups sévères au régime de la Conféde- ration.Je sais que vous avez prévu le jour, peut-être lointain, où, ce régime ayant fait son temps, se formera dans le nord-est de l\u2019Amérique \u2014 mettons dans l\u2019est du Canada \u2014 un état indépendant de langue française.On vous a cru parfois chimérique, mais les visionnaires ont grands politiques et entrevu l\u2019avenir.souvent fait les \u2014 Remarquez, en tous cas, que si je prévois ce terme de notre évolution politique, je ne prétenda pas le hâter, je ne dis même pas que je le souhaite.La Confédération est un outil imparfait, mais qu\u2019il faut accepter, et dont il faut tirer parti.D'ailleurs elle nous aurait moins déçus si, dès le début, nos chefs politiques s'étaient montrés plus catégoriques.Deux races libres et égales s\u2019alliaient pour seul peuple.Nous étions 40% de la population totale.Il n\u2019y avait alors que quatre provinces, et notre position géographique était centrale; nous étions l\u2019arche sans quoi l'édifice g\u2019écroulait.Nous étions forts, nons étions indispensables, et nos représentants n\u2019ont pas pleinement agi comme s\u2019ils s\u2019en rendaient compte.Il aurait fallu dès lors exiger tous les signes officiels du bilin- former un Par ROBERT RUMILLY M.l\u2019abbé Lionel Groulx guisme : monaie bilingue, timbres- poste bilingues, etc.La Confédération n\u2019était pas faite pour qu\u2019une race pût brimer l\u2019autre, mais pour que chaque race pût s'épanouir pour le bien commun et enrichir de ses qualités propres, de son génie, la communauté.La Confédération devait protéger tout le monde; il est malheureusement certain qu\u2019elle ne l\u2019a pas fait.Il nous aurait fallu des chefs politiques qui fussent aussi des chefs nationaux.\u2014 11 est vrai: chaque fois qu\u2019une minorité francaise brimée a fait appel à l\u2019autorité fédérale, celle- ci a répété, tantôt avec désinvolture, tantôt avec gêne, le geste de Ponce Pilate.Cela ressort d\u2019ailleurs de votre livre.Vous avez apporté avec ce livre d'histoire une magnifique contribution au patriotisme des nôtres.\u2014 Et bien nécessaire hélas ! Combien peu de gens sauraient expliquer patriotisme, dire pourquoi ils veulent rester Canadiens français, et sur quoi ils fondent leurs justes réclamations ! leur \u2014 À l\u2019exception d\u2019une élite, il en est ainsi dans tous les pays; en France par exemple.Le patriotisme est pour la majorité des hommes un instinct.\u2018 \u2014Mais en France cela ne présente pas les mêmes inconvénients.Il n\u2019y a pas, comme ici, nécessité d\u2019une option.Il faut faire savoir aux jeunes hommes de chez nous désireux de se définir, de se former une personnalité, qu\u2019ils n\u2019ont nul besoin de faire, entre la culture francaise et la culture anglaise, une cote mal taillée.La littérature française, l\u2019histoire française mettent à notre disposition un trésor incomparable, complété histoire Avec cela, nous n\u2019avons rien a en- par notre canadienne.vier a personne, nous avons plutét de quoi faire envie.\u2014 La connaissance de l\u2019histoire, de cetie glorieuse histoire canadienne et française, est en effet bien propre à relever la fierté nationale.\u2014 C\u2019est pourquoi je veux de plus en plus me consacrer à ma tâche d\u2019historien.Il y a autre chose aussi.Quelques jeunes hommes réagissent.Mais ceux qui sont vibrants, énergiques, et ceux qui s\u2019intéressent aux questions nationales, ne doivent pas cette énergie ou ce patriotisme à leur éducation scolaire.I] leur à fallu un effort personnel, une rencontre heureuse, des lectures.« L\u2019éducation est à la base, et c\u2019est elle qu\u2019il faut d\u2019abord fortifier; autrement nous n\u2019apporterons que des remèdes partiels, insuffisants.Le grand problème est celui de la formation des maîtres.Dans chaque collège, nous avons des professeurs pénétrés de ces idées, et là est l\u2019avenir.\u2014 Je crois que les chefs actuels de la Montréal sont animés aussi de cet esprit.\u2014 Tant mieux.La magistrale conférence du cardinal fera beaucoup réfléchir.Sur le moment, elle a froissé quelques susceptibilités, secoué quelques personnes endormies dans la routine.Mais il semble que de plus en plus elle rallin des adhésions.« Voyez-vous, la tâche est considérable.Après une durée tout de même assez longue d\u2019existence nationale, il nous faut encore élabor- rer une doctrine.De 1900 à 1920 en chiffres ronds, une élite parut prendre en mains cette tâche.Puis ces efforts n\u2019ont pas réussi à vain- d\u2019un trop grand nombre, et une période d\u2019apathie leur a succédé.Est-ce parce qu'en vieillissant je deviens pessimiste ?\u2014 Plat au Ciel que nous ayons beaucoup de pessimistes comme Commission scolaire de cre l\u2019individualisme vous ! \u2014 Je vois en effet des signes de réveil; des bonnes volontés isolées se montrent, qui pourront se rejoindre.L\u2019Action Nationale rend service.\u2014 À ce sujet, j'aurais pour ma part souhaité une revue qui tout en cherchant à répandre une doctrine n\u2019en eut pas fait l\u2019objet unique de ses articles.Quelque chose comme la Revue Universelle de Jacques d\u2019Henri Massis.On n\u2019y perd pas une occasion de prêcher la bonne parole, mais les lecteurs y trouvent aussi Bainville et une grande variété d\u2019articles: littérature, reportages, etc.On attire ainsi un plus grand public, des gens qui cherchent dans la lecture une détente.Et l\u2019on fait de nouvelles recrues; on fait acte de propagande.Alors qu\u2019un organe purement patriotique ne touche que (Suite à la page 56) 12 La Revue Populaire Mai 1934 JUSTICE MECANIQUE Histoire Vecue, par J.Amedee LEVESQUE Ancien Agent de la Police Provinciale abondante et le vieux St-Louis, après avoir « trapé » tout l\u2019hiver à la tête de la rivière Matagami et sur tout le littoral de « Pike Creek » avait été enchanté de revoir Timmins et de revivre, durant quelques heures, la vie mouvementée d\u2019autrefois, alors que le vieux campement de Porcupine était à ses débuts.La vente de ses fourrures lui avait rapporté la somme de $2,450, sur laquelle il avait prélevé un montant de $50.pour ce que le vieux trappeur appelait « ses folies de jeunesse ».Un autre montant de $100.avait été laissé au bureau de la Cie Rendall & McCloskey avec une liste de pro- Visions à être montées jusqu\u2019au campement No 2 de la Cie par le premier partageur qui se rendrait au Canton de Childerhose sur lequel A chasse avait été était située une partie de la « limite à bois » de la compagnie.Le vieux coureur des bois, veuf depuis quarante ans, avait installé ses « quartiers généraux » bien au-delà de Childerhose mais, alors comme aujourd\u2019hui, l\u2019unique chemin de partage côtoyait la rivière Matagami jusqu\u2019à l\u2019endroit connu sous le nom de « Dépét Feldman » pour s\u2019éloigner ensuite et venir traverser les deux «limites a bois » de Rendall & McCloskey et de la compagnie Fesserton.A partir du campement No 2, le transport des provisions devait se faire à dos d\u2019homme à travers la forêt vierge et le vieillard emportait toujours le plus qu\u2019il pouvait à chaque fois qu\u2019il montait au chantier.Ce jour-là, les $2,300 qu\u2019il portait en billet de banque dans sa ceinture, et une collation, constituaient toute sa charge, car il avait amplement de vivres là-bas, dans sa cabane de chasseur, pour attendre le premier partageur.C\u2019est donc allègrement, malgré ses 68 ans, qu\u2019il avait quitté le campement de Childerhose pour pendre la direction de son territoire de chasse, 21 milles plus loin.Il marchait depuis l\u2019aube et son estomac commençait à l\u2019avertir qu\u2019il devrait bientôt changer la manière de transport de sa collation, que constituaient seuls Un pain et un gros morceau de lard salé.Consultant sa montre il s\u2019aperçut qu\u2019il était en avance de plus d\u2019une heure sur ses voyages précédents.La légèreté de sa présente charge expliquait aisément cette avance. Mai 1934 La Revue Populaire 13 S\u2019étant assis confortablement au pied d\u2019un énorme pin blanc, qui dominait de plusieurs pieds tous les cyprès d\u2019alentour, il mangea d\u2019un bon appétit son pain tout entier de même que le lard salé, après quoi il s\u2019approcha du petit ruisseau du « Brochet » qui coulait doucement à proximité du sentier, et se désaltéra longuement, les genoux appuyés sur deux gros cailloux qui émergeaient du courant, à la mode de tout coureur des bois.Il emplit alors sa pipe, après avoir haché à même une « torquette » de tabac en feuille, au moyen de son couteau de poche, une petite quantité de la plante à Nicot, qu\u2019il alluma avec le briquet neuf qu\u2019il venait d\u2019acheter à Timmins.S\u2019étant ensuite couché sur la mousse il se laissa aller a la réverie pendant quelques minutes.Après s\u2019être bien reposé, il reprit de nouveau sa marche.Son intention était de coucher, ce soir-la, chez le seul habitant qui se trouvât entre sa propre cabane et le campement de la compagnie qu\u2019il avait quitté le matin: Albert Moiseux, trappeur comme lui-même, qui était venu là sans que personne sût d\u2019où il venait ni rien de sa vie antérieure.Moiseux était un homme taciturne, un peu nerveux, mais en somme assez hospitalier et \u2014-Je l\u2019ai échappé belle! se dit-il, tout en soulevant la trappe du caveau à fourrures.c\u2019est toujours là que couchait le vieux chasseur lorsqu\u2019il se rendait au chantier de Childerhose ou en revenait, car Moiseux s\u2019était logé à mi- chemin entre Childerhose et sa propre cabane.Bien que la distance en ligne directe indiquât une dizaine de milles entre l\u2019habitation de Moi- seux et le chantier, les nombreux détours du sentier, dûs aux caprices du ruisseau qu\u2019il longeait et à de multiples rochers qu'il fallait détourner, doublaient presque cette distance et ce ne fut qu\u2019à la brunante que notre voyageur atteignit enfin le « camp » de son voisin, qui demeurait pour lui un mystère, malgré qu\u2019il le connût depuis bientôt quatre ans.Moiseux était à sa porte et aiguisait un long couteau à dépecer.C\u2019était un homme dans la trentaine, aux yeux fuyants et noirs.Ses cheveux brun foncé frisaient naturellement et cette chevelure, longue et embrousaillée, jointe à sa mine déjà assez renfrognée, lui donnait un air de véritable brigand.\u2014 Bonjour Moiseux ! D\u2019après ce que je te vois faire j'arrive à temps pour goûter à un bou steak .tu as tué quelque chose ?\u2014 Ok ! un simple chevreuil que je me préparais a « pleumer >».\u2014 Ca s\u2019adonne bien, car je commence à me sentir l\u2019estomac dans les talons ! \u2014 Ne vous réjouissez pas trop tôt, père Louis, car vous ne m\u2019avez pas laissé le temps de vous dire que je ne l\u2019ai pas apporté ici.Je l\u2019ai tiré alors que je l\u2019ai aperçu de l\u2019autre côté du « Creek > mais comme j'avais laissé mon couteau de chasse ici, à la cabane, je suis revenu et je vais maintenant le saigner avec celui-ci.\u2014 Je vais t\u2019accompagner pour te donner un coup de main si tu veux.\u2014 Non merci, ça ne sera pas long et vous êtes fatigué.Attendez-moi et faites un bon feu dans le poêle pour votre « steak ».\u2014 C\u2019est correct, puisque tu le veux.\u2014 Je serai de retour dans vingt minutes.Pendant qu\u2019ils parlaient ainsi, la lune s\u2019était levée; elle émergeait d\u2019une déchirure des nuées et étincelait sur le gris du ciel.Une clarté timide et douce tombait sur la terre, mais suffisante pour assurer la marche de Moiseux lorsqu\u2019il sortit.Arrivé près de sa victime il la saigna avec la sûreté de main d\u2019un chasseur expérimenté et, (Suite à la page 52) 14 La Revue Populaire Mai 1931 onc es-tu?«Peut-on rester jeune?» demande avec inquiétude une jolie femme qui craint l\u2019âge mûr.« Certainement » répond Maurice Chevalier, «Regardez-moi ! » A question, avouons-le, est embarrassante.Que voulez- vous?Il est toujours pénible de dire à une jolie personne pleine d\u2019entrain et de bonne humeur que ses charmes physiques viendront à se faner .Sans doute elle le sait.Mais elle espère conserver le plus longtemps possible sa ligne svelte et son teint clair, et il serait cruel de lui enlever toutes ses allusions à ce sujet.Tout en dégustant lentement son café, le vieux médecin cherche un moyen d\u2019atténuer les vérités qu\u2019on lui force à dire.Autour de lui, elles sont là plusieurs auditrices très intéressées par cette consultation inattendue.Puis comme l\u2019oracle va parler, les chuchottements cessent brusquement.Esculape jete un regard circulaire sur les visages anxieux et commence : «D'abord, Madame, comment définir vieillesse et jeunesse?Tout cela est relatif.À un enfant de huit ans, sa maman paraîtra un personnage bien solennel, surtout si le papa dépasse les quarante ! Bien plus, les biologistes affirment que nous commençons à vieillir en arrivant au monde.Toutes ces dames ont un geste nerveux qui n\u2019échappe pas à l'oeil exercé du vieux praticien.\u2014 Passons Mesdames.Vous désirez une éternelle jeunesse de vingt ans.Votre ambition est légitime et ce ne sont certes pas lez hommes qui s\u2019en plaindront.Mais il y faut une prédestination naturelle.que toutes vous possédez, je n\u2019en doute pas ! « Un deuxième facteur essentiel, c\u2019est un bon état moral.Un carae- tère gai est la base d\u2019un longue jeunesse.Les mélancoliques, les envieux, les jaloux, les vaniteux mêmes creusent volontairement leur visage de rides; en d\u2019autres mots, ils gravent leur caractère sur leur visage.La vie et la jeunesse n\u2019accordent de faveur qu\u2019à ceux EL.qui croient en elles.Etre indulgent à tout et à tous, aimer la vie parce qu\u2019elle est la vie, savoir rire, trouver de la beauté partout, de la bonté partout, savoir rire et rire encore, c\u2019est allumer sur sa tête le flambeau de la jeunesse ! « Le père Coué, dont vous avez entendu parler, était au fond un Deux quadragénaires, Douglas Fairbanks et Mary Pickford, qui jouent encore avec grande aisance et sans le moindre ridicule des rôles de jeunes premiers.vieux philosophe.J'imagine qu\u2019il devait s\u2019entourer de couleur rose, couleur tendre qui corrigeait en son âme l\u2019amertume de la vie.Les frais visages sourient maintenant ou s\u2019efforcent de sourire .\u2026.\u2014 Parmi les éléments de l\u2019eau de Jouvence, il y a donc les moyens psychologiques.Mais il y a aussi des moyens physiques, peut-être des moyens chimiques, certainement des moyens biologiques.« Les exercices physiques, marche, natation, tennis, etc, tendent à conserver au corps une attitude juvénile, à condition, bien entendu, que leur pratique s\u2019exerce de façon constante et modérée.Toutefois, l'athlétisme doit être réprouvé.Le plus souvent les athlètes ne font que développer exagérément une partie de leur corps.Ce qui importe d\u2019abord, c\u2019est que les exercices soient modérés, mais constants et surtout réguliers.L\u2019entraînement du soldat est à base de discipline rigoureusement rythmée.Pour être harmonieux, le corps doit marcher avec mesure, se soumettre à une alternance aussi parfaite que possible de culture physique et intellectuelle.L\u2019auditoire se fait attentif.On lit dans les yeux des résolutions de novices qui veulent se plier à un règlement rigide.\u2014 J'arrive enfin à un sujet délicat: la conservation d\u2019une taille svelte, cauchemar de toutes les femmes.et de beaucoup d\u2019hommes.Les ceintures ont du bon mais elles ne refont pas les muscles.Une bonne musculature est une garantie contre la vieillesse.Ne l\u2019oubliez pas!» Mai 1934 Notre roman complet Chapitre I Le crépuscule d\u2019uue après-midi de décembre répand sa lueur dans le salon, où Mme Joachim Chicot attend ses visiteurs.Car c\u2019est le jour de ladite dame, et, bien entendu, elle a grande hâte de jaboter avec ses fidèles du lundi, d\u2019excellentes personnes, nous n\u2019en disconvenons pas, mais qui ont le travers d\u2019avoir la langue trop bien pendue, quand il s\u2019agit de médire.Ah ! ces médisances !.il serait aisé de les qualifier de fléau, telles autrefois les dix plaies d\u2019Egypte.Ce n\u2019est pourtant pas faute que Messieurs les Doyens et leurs Vicaires fulminent en chaire contre ces pies malfaisantes, qui vont de salon en salon raconter tout ce qu\u2019elles savent (et même ne savent pas) sur les uns et les autres .Malheureusement, ces excellentes créatures (les pies malfaisantes) voient toujours la paille qui est dans l'oeil de leur prochain, et non la poutre contenue dans le leur.Aussi sont-elles les premières à approuver le prédicateur, et à fulminer contre les personnes qui parlent à tort et à travers ! .Ne feraient-elles pas mieux d'examiner leur propre conscience et de faire leur mea culpa ?Ainsi, les on-dit plus ou moins charitables vont bon train à travers le monde, spécialement dans les villes de province; les nouvelles s\u2019y colportent avec une rapidité étonnante, favorisée par les visites où ces bonnes dames, à leur jour, bavardent à qui mieux mieux.Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours de même, tant que ce sexe féminin ne mettra pas à exécution cette devise La parole est d'argent, le silence est d\u2019or.Or, Mme Chicot, (sans vouloir en dire du mal), mérite le Pompon en loquacité.Douée d\u2019un bagout qui fait son charme, affirment quelques messieurs, elle jacasse avec une volubilité étourdissante vous laissant à peine le temps de placer un mot dans la conversation.Mme Chicot est au courant des moindres incidents de la ville; elle questionne les uns et les autres, et, comme l\u2019on dit vulgairement, vous tire les vers du nez; elle se faufile dans toutes les classes de la société, sous prétexte de s\u2019occuper d\u2019oeuvres.Rentière, après avoir fait fortune dans un de ces commerces qui s\u2019adressent à tous: riches, pauvres, nobles et bourgois, elle connait tout le monde, même ceux qui ignorent son nom.Elle vous renseignera sur les tenants et aboutissants de chacun, et la vie privée des gens: entente ou mésentente entre les époux, gages des domestiques, voire même les menus quotidiens des repas ! .Elle connait les budgets, sait que dans telle maison on fait bonne chère.Ceci lui permet d\u2019évaluer la dot des enfants, et de distinguer parmi les jeunes filles, celles qui sont de riches partis, de celles qu\u2019on épousera simplement pour leurs beaux yeux.De nombreux jeunes gens fréquentent son salon, dans un but intéressé peut-être, car elle a toujours des billets de concert ou de théâtres, des invitations au bal, à leur offrir aimablement.Or, dans ce petit cercle, Mme Chicot a quelques gros sacs à faire valoir; car elle a la manie des mariages.Dès qu\u2019elle aperçoit l\u2019ombre d\u2019une moustache aux lèvres d\u2019un jouvenceau, ou qu\u2019une de ses jeunes amies approche du terme de ses études, vite elle s\u2019enquiert de lui trouver un parti.Pour cela elle remue ciel et terre, construit raille châteaux en Espagne, ménage des entrevues aux intéressés, prend tout le monde dans son engrenage, et ls conclusion, souvent, c\u2019est que le mariage est loupé, comme disent en riant les jeunes gens.Car Mme Chicot oublie quelquefois que, pour mener à bonne fin ces entreprises matrimoniales, il ne faut pas mettre en rapport une jeune fille mondaine, habitué au protocole, uvec un bon garçon jovial, qui, lui, est tout à la bonne franquette; ni une intellectuelle avec un campagnard, dont l\u2019unique préoccupation est une basse-cour, ou un carré de choux.De ces impairs, il résulte souvent que Mme Chicot en esl pour ses frais de réception, lesquels, du reste, sont largement compensés par les cadeaux que lui font les intéressés.C\u2019est pourquoi son salon est un véritable La Revue Populaire PAR musée, où s\u2019empilent des articles de toutes sortes; modernes et anciens, porcelaines, cuivres, étains, peintures el croquis, coussins et broderies, etc.Objets d\u2019art et pacotilles, voisinent sur les étagères, les guéridons et les murs, et leur valeur indique la fortune du donateur, Car, un vieux Saxe ou une porcelaine du Japonne peuvent venir que de gros sacs, de même, un vase en grès ou une bonbonnière d\u2019un quinzaine de francs ont certainement été offerts par des jeunes filles qui étaient à prendre uniquement pour leur beaux yeux.C\u2019est donc avec ces intentions matrimoniales que Mme Chicot s\u2019entoure d\u2019une petite cour de jeunes gens et qu\u2019elle a toujours quelques jouvencelles à patroner, ses filles, comme elle les appelle maternellement.Chères enfants, qui lui procurent l\u2019occasion d\u2019aller dans le monde ! Car elle les y conduit, épargnant ainsi aux mamans provinciales la fatigue des longues veilles.Et l\u2019on voit cette respectable dame arriver au bal, escortée de son petit régiment de filles, qu\u2019elle présente et surveille de près, comme une mère-poule couve ses poussins, Dès son entrée dans les salons, accourt vers elle tout un essaim de moustaches naissantes.Et Mme Chicot, tout en bavardant avec les mères de famille, ne quitte pas des yeux les demoiselles qui lui sont confiées, cherchant à les accoupler chacune avec l\u2019oiseau bleu qui, dans son idée, lui conviendrait le mieux.C\u2019est ainsi qu\u2019au dernier bal donné à la salle des fêtes, l\u2019idée lui est venu soudain de réaliser Tunion de Marie- Antoinette de Bougival avec Jacques Dieulot, deux antagonistes s'il en fut.Marinette (diminutif de Marie-Antoinette) fille du colonel retraité de Bougival, élevée par une marraine très riche, est un bon parti; du moins c\u2019est l\u2019opinion de Mme Chicot, car avec son bon sens pratique, elle a conclu que ladite marraine ne pouvait faire autrement que de laisser tout ce qu\u2019elle possédait à sa filleule; celle-ci, d\u2019une santé frêle, n\u2019avait pu suivre ses parents dans les garnisons lointaines, (M.de Bougival ayant dû, comme officier d'artillerie coloniale, s\u2019expatrier pendant de longues années).Et M.et Mme de Bougival, ne pouvant associer leur fille à cette vie de nomades, l\u2019avaient confié à une cousine, veuve sans enfant et marraine de la fillette, qui habitait Bordeaux.Marinette avait donc reçu «on éducation, à Bordeaux, dans un de ces pensionnats sélects, comme on en voit dans les grandes villes, surtout depuis la guerre, et qui, sans être des couvents de sécularisées, sont dirigés par des personnes pieuses et bien pensantes: celles-ci donnent aux jeunes filles qui leur sont confiées une instruction très supérieure et des principes religieux assez larges, désirant avant tout leur laisser leur personnalité.Ce système réussit plus ou moins selon le caractère des enfants, et fait plus de bas bleus que de femmes pratiques, capables de diriger un intérieur.Toutefois cette éducation moderne n\u2019avait pas été néfaste à Mlle de Bougival.Enfant gâtée par cette marraine dont elle était l\u2019unique préoccupation, nature vive RINE CLAIRE DE VILLE et primesautiére, libre d\u2019allures et de paroles mais foncièrement honnête et droite, elle était devenue le type de la jeune fille d\u2019après guerre, qui aime à s'amuser sans souci du qu\u2019en dira-t-on ?prend la vie comme elle vient, suns s\u2019en faire, mais décidée à franchir les obstacles pour organiser son existence comme elle l\u2019entend.Telle quelle, Marinette aurait été trouvée charmante, dans les grandes cités cosmopolites: Paris, Bordeaux, ou Marseille, ou sur les plages à la mode.Mais dans la petite ville où ses parents avaient pris leur retraite, elle était devenue la bête noire de cette vieille société provinciales, imbue de préjugés et ennemie du modernisme.Cependant, M.et Mme de Bougival, jouissaient d\u2019une certaine notoriété dans la région.Le Colonel était fort apprécié des hommes de lettres; il passait la plus grande partie de ses journées à la bibliothèque nationale ou i étudiait les manuserits anciens, les traités historiques, ayant entrepris, lui aussi, d'écrire un des ces ouvrages scientifiques sur les causes et conséquences de la guerre et sa répercussion sur l\u2019avenir mondial.Quant à son épouse, elle était très zélée pour les oeuvres, et fori recherchée comme organisatrice des ventes de charité.Très occupés tous deux, et tout à fait différemment, ils laissaient à leur fille une grande latitude, débordés, i) faut l\u2019avouer, par son esprit d\u2019indépendance.Le ménage menait un train de vie très simple, n\u2019ayant pour vivre que très peu de ressources en dehors de la retraite du colonel.Marie-Antoinette de Bougival, n\u2019étail done pas un riche parti, mais tout simplement à prendre pour ses beaux yeux, en attendant Théritage de sa marraine .héritage que Mme Chicot lui attribuait avec son assurance coutumière.Marinette comptait alors dix-huit printemps; certes, cn ne les lui eût pas donnés, malgré son aplomb et ses allures de femmes, comme disaient les mères de famille que sa désinvolture effarouchait tant soit peu.Plutôt petite de taille, très mince, elle portait avec une élégance toute parisienne des toilettes dernier cri, cadeau de la cousine à héritage.Sans être très jolie, elle avait un charme particulier, que les bonnes langues ne manquaient pas d\u2019appeler la beouté du diable.Ses grands yeux noirs, veloutés et brillants, ombrés de longs cils soyeux qui en adoucissaient l\u2019éclat, attiraient tout d\u2019abord l'attention.Oh ! ces yeux, comme ils étaient expressifs! doux et moqueurs tour à tour, ils me savaient pas mentir.(Marinette était si peu diplomate ! .) Aussi, que d\u2019ennemis ils faisaient à leur propriétaire, car ils dévisageaient avec une réprobation manifeste et parfois insolente certaines vieilles filles à la langue pendue, qui oubliaient souvent que la charité chrétienne proscrit la médisance.Ou encore, ils détaillaient les toilettes trop voyantes de certaines douairières qui, en voulant se rajeunir, semblaient de véritables caricatures de la mode.Oui, que d\u2019ennemis ils créaient à la jeune fille, ces yeux à la fois trop beaux et trop francs, trop fidèles miroirs de sa pensée ! \u2026 Marinette avait aussi l\u2019avantage d\u2019un joli teint, lequel excitait encore l\u2019envie autour d\u2019elle.Les vieilles demoiselles, au visage de cire jaunie, n\u2019insinuaient-elles pas qu\u2019elle employait un rouge des plus savants, un de ces fards exotiques que son père, imprudemment, avait dû rapporter de ses voyages, comme curiosité.C\u2019est ainsi qu\u2019en province, les histoires les plus ridicules font le tour des villes, sans qu\u2019on puisse en connaître le véritable auteur ! Les cheveux de Marinette s\u2019harmonisaient parfaitement avec la peau transparente, sous laquelle on voyait courir les veines bleutées, porteuses d\u2019un sang pur et généreux, qui donnaient à la jeune fille un aspect de santé et de force, en dépit de sa minceur.Ses cheveux étaient d\u2019un noir vif, aux reflets fauves, et ondulés d\u2019eux-mêmes, (ceci naturellement, on ne voulait pas l\u2019admettre) et l\u2019on accusait la jeune fille d\u2019avoir recours au fer avec une assiduité digne d\u2019une coquette.Or, Marinette fut une des premières à sacrifier à la mode sa splendide chevelure; inutile de dire que ce fut un tollé 16 général quand, à une soirée, elle parut coiffé à la Ninon, les bouclettes foisonnant autour de sa nuque d\u2019ivoire, et les ecrans des ondulations naturelles encerclant l\u2019ovale de son visage encore enfantin.Ah! les maudits cheveux, qui rivalisèrent avec l\u2019expression du regard pour attirer sur leur propriétaire toutes les foudres des douairières antiques et solennelles, comme disait Marinette.La toilette vaporeuse que Mlle de Bougival portait à cette soirée fut alors détaillée et critiquée plus aue jamais; on la trouva même trop immaculée, pour une dévergondée de cette espèce ! Ah ! les bonnes langues comme elles s\u2019agitèrent ! Et le triomphe de Mlle de Bougival, auprès du sexe masculin, ne leur fournissait-il pas une magnifique occasion de se répandre en insinuations et calomnies de toutes sortes ?Le portrait de Marinette serait incomplet, si on ne mentionnait pas la bouche mignonne aux lèvres pourpres, qui donnait l'illusion d\u2019un fruit exotique, puis, le sourire malicieux comme le regard, et qui, en creusant de délicieuses fossettes dans les joues\u2019 laissait voir des dents d\u2019une blancheur nacrée.+ ++ Ce fut précisément avec ce sourire, et avec sa désinvolture habituelle, que Ma- rinette, un certain lundi, pénétra dans le salon de Mme Chicot.Celle-ci entourée des habituées de son jour, pérorait très haut, discutant, conseillant, tranchant toutes questions avec sa verve coutumière.A l\u2019arrivée de Mlle de Bougival, le caquetage étourdissant de ces dames cessa brusquement, comme rompu par un interrupteur électrique.On devine aisë- ment que la jeune visiteuse était le sujet de la conversation.Elle le comprit fort bien, et affecta un air plus délibéré, pour serrer la main à la ronde, car rien ne l\u2019amusait comme de faire enrager ces bonnes provinciales, par une liberté d\u2019allures qu\u2019elle exagérait à l\u2019occasion.Les salutations faites elle se laissa tor- ber avee complaisance sur une bergère en disant : \u2014 J\u2019ai fait une longue marche et je suis fourbue, pour ne pas dire vaseuse.Alors les regards réprobateurs que lui attirait ce terme d\u2019argot, virent les fossettes se creuser au coin des lèvres et les yeux expressifs briller d\u2019un éclat malicieux, sous la frange des cils.Puis, comme les jambes moulées dans leurs bas de soie se croisaient un peu trop haut, laissant apercevoir la rondeur du genou et un petit coin de la combinaison rose, les regards se détournèrent, visiblement offusqués.La conversation reprit enfin sur un autre sujet, aussi peu charitable d\u2019ailleurs.\u2014 Ah ! ma chère, disait très haut Mme Rovillers, qui, affublée de quatre filles montées en graine, faute de fortune, avait l\u2019esprit tant soit peu socialiste.Ah! ma chère, avez-vous remarqué qu\u2019à la soirée des Rabatay, le jeune de Vignet avait encore un smoking neuf ?\u2014 Qui lui allait à ravir, du reste ! observa Marinette en étendant ses jambes.Mme Rovillers ne jugea pas utile de relever cette remarque et continua : \u2014 Ce garçon va ruiner ses parents, s\u2019il ne met un frein à ses folles dépenses.Est-ce le moment d\u2019afficher tant de luxe?\u2014 Oh! s\u2019écria la jeune fille, je crois que sa situation lui permet de se passer certaines fantaisies, sans pour cela entamer le capital de sa famille.Après tout.D\u2019une voix acerbe, cette fois Mme Rovillers interrompit : \u2014I1 n\u2019y a pas de fortune qui tienne devant le gaspillage.L'économie est la qualité fondamentale pour la stabilité d\u2019un ménage.Vous apprendrez cela plus tard, petite, quand vous vous marierez, si toutefois.Ce toutefois contenait des sous-entendus peu encourageants.Pourtant, le conseil donné fit creuser davantage les fossettes au coin de la bouche moqueuse.Mme Rovillers préconisait l\u2019économie et ne manquait jamais l\u2019occasion d\u2019en faire montre.Obligée par la force des choses à y regarder de près, elle en voulait à tous ceux que le sort avait mieux favorisés sous ce rapport.Elle jalousait les commerçants, qui gagnaient Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.La Revue Populaire trop d\u2019argent, disait-elle; enviait les fonctionnaires, dont la vieillesse est en partie assurée par la retraite et tapait sur les gros rentiers.La robe d\u2019une jeune fille élégante, ou le complet neuf d\u2019un monsieur, lui suggérait mille réflexions désagréables comme celle qu\u2019elle venait de faire au sujet du jeune Vignet; les éternelles toilettes maintes fois transformées de ses filles, et l\u2019habit râpé de son mari ne paraissaient-ils pas doublement minables en comparaison?Aussi, Mme Rovillers, non contente de critiquer le smoking se mit à lancer des allusions malveillantes concernant la moralité de son propriétaire \u2014 C\u2019est bien mon avis ! approuva, de sa voix pointue.la comtesse de Polmar.Ce jeune fat, sous prétexte qu\u2019on trouve des situations plus lucratives à Paris qu\u2019en Province, est allé habiter la capitale.Au fond, c\u2019est tout simplement pour y avoir sa garçonnière, et Dieu sait qui il y recoit!.Toutes les personnes présentes opinèrent à l\u2019exception de Marinette, et de Mme Chicot qui, convoitant le jeune Vi- gnet pour une de ses filles, ne pouvait en médire ! Mme de Polmar, encouragée par l\u2019approbation quasi générale s\u2019empresea alors de donner des détails sur la vie intime du jeune homme, ceci sous le sceau du secret, naturellement, et à voix basse pour ne pas scandaliser les chastes oreilles des demoiselles Trovillers et de sa propre progéniture.Car la comtesse était également affublée de cinq filles à marier, qu\u2019elle redoutait de voir rester pour compte, malgré les efforts réitérés de Mme Chicot pour leur trouver un parti.C\u2019est que, hélas ! les de Polmar n\u2019avaient point de dot à donner à leurs enfants; et celles-ci n\u2019étant pas plus avantagées physiquement que péct- niairement, ne pouvaient même pas être classées dans la catégorie des jeunes filles à prendre pour leurs beaux yeux.Après avoir gagné des millions dans une fabrique de pacotiles montée après guerre, M.de Polmar avait connu les revirements subits de la fortune, et avait perdu, en quelques mois tout ce qu\u2019il avait amassé en quatre ans.Il ne lui était resté que le titre et la particule achetés à prix d\u2019or, lesquels, hélas ! contrastaient désagréablement avec la vulgarité du dit ménage, l\u2019habit ne faisant pas le moine.La comtesse s\u2019en rendait-elle compte?Peut-être, car elle éprouvait à l\u2019égard de Plaristocratie authentique une antipathie qu\u2019elle ne parvenait pas à dissimuler.C\u2019est que, malgré ses nombreuses tentatives pour se faufiler dans les salons de la noblesse, le couple dédaigné avait dû rester dans le clan de la Bourgeoisie commerçante.+ rr + Les réflexions que Mme de Polmar venait d\u2019exprimer au sujet du jeune de Vignet avaient tant soit peu agacé Mlle de Bougival.Le tapotement de ses maias sur le bois de son fauteuil l\u2019indiquait clairement.Au bout de quelques instants, rompant le chuchotement de ces dames, elle dit, avec le sourire moqueur qui lui faisait tant d\u2019ennemies : \u2014 Je me demande qui a pu lancer tous ces faux bruits ! Gérard de Vignet n\u2019a pas loué de garçonnière, it habite chez une grande tante \u2014 une sainte femme s\u2019il en fût \u2014 qui lui a donné au troisième étage de son hôtel, une grande pièce dont il a fait son studio, lequel, du reste, est aménagé avec goût.\u2014 I! peut habiter chez sa tante et recevoir qui il veut pendant le jour, voire même la nuit! Cette réponse sèche et pleine de sous- entendus, venait de Mme Warnier, mère d\u2019un jeune noceur, dont les maîtresses de maison redoutaient à bon escient les flirts pour leurs filles.Cette bonne dame, toujours désireuse d\u2019excuser les torts de son fils, ne manquait jamais l\u2019occasion de lancer quelques flèches empoisonnées à l'égard des autres jeunes gens, quels qu\u2019ils fussent, sans se soucier des conséquences de ces calomnies.\u2014 Ainsi, on m\u2019a raconté, dit-elle en se rengorgeant, que la fille d\u2019un confiseur voisin de son habitation.Mme War- nier avait parfois des expressions un peu libres.Aussi, Mme Rovillers redoutant ses propos en présence de ses filles, qui pourtant avaient dépassé la quarantaine l\u2019interrompit : \u2014 Je vous en prie, chère amie, n\u2019insistons pas ! Nou- en aurions trop long à raconter à ce sujet !.Ce garçon n\u2019est pas intéressant, et ne mérite pas que l\u2019on s\u2019occupe ainsi de lui.\u2014 D\u2019aillenrs, lui, ne s\u2019occupe jamais des autres ! insinua Marinette en jouant négligemment avec son sac.Cette fois, c\u2019en était trop! Mme Jobard, une des habitués des lundis Chicot, avait les nerfs à vif.Elle ne pouvait souffrir Mlle de Bougival.Celle-ci n\u2019avait-elle pas dit, un jour, que le fils Jobard se pommadait comme un garçon coiffeur, et qu\u2019elle plaignait l\u2019épouse qui, plus tard, lui passerait la main dans les cheveux ?Cette cpinion, ou plutôt cette boutade, avait fait grand bruit dans la ville.Aussi, les intéressés, charitablement avertis, avaient voulu donner une leçon à cette petite pécore.Monsieur Jobard père avait même été sur le point de demander raison au colonel de Bougi- val.Sur le conseil de quelques amis, il s\u2019était enfin résigné à laisser tomber la chose.Mais depuis lors, Mme Jobard ne manquait jamais l\u2019occasion de placer quelques paroles désobligeantes, au sujet de la jeune fille.Cette fois se retournant tout d\u2019une pièce, elle interpella Marinette de sa voix pointue et ironique : \u2014 Dites donc, ma petite Bougival, vous semblez bien au courant des faits et gestes du jeune de Vignet ?Peut-on savoir tomment vous êtes si bien renseignée ?\u2014 Tout simplement parce que je suis allé le voir au mois d\u2019août dernier, en passant à Paris pour me rendre à Bordeaux.\u2014Vous étes allée.\u2014 Vous avez été reçue dans son studio.\u2014 Pas seule, je suppose ?.\u2014 A quelle heure ?.Les questions s\u2019entrecroisaient sur un ton tellement scandalisé, qu\u2019elles provoquèrent le frais éclat de rire de la jeune fille.Et l\u2019hilarité de Marinette augmenta encore à la vue des visages consternés du quatuor Rovillers et des jeunes de Pol- mar ,qui, en demoiselles bien élevées n\u2019avaient pas pris part à cette conversation scabreuse, mais l\u2019avaient écoutée d\u2019une oreille sournoise.\u2014 Mon Dieu ! s\u2019écria enfin Mlle de Bougival qui s\u2019était fait violence pour reprendre son sérieux, quel mal y a-t-il à aller voir un ami ?\u2014 De mon temps, petite, siffla Mme Rovillers, une jeune fille convenable n\u2019allait pas seule chez un jeune homme.\u2014 Il faut marcher avec son siècle, Madame ! \u2014 Pas au point de compromettre sa réputation, ma chère enfant, confirma Mme Rovillers; car une jeune fille qui passe outre les convenances, risque fort de ne pas se marier.\u2014Croyez-vous ! .Mais se marie-t-on davantage, en observant la tactique contraire ?J\u2019en connais cependant, qui, mal- * gré leurs attitudes de momies d'Egypte, ont coiffé Ste-Catherine.M\u2019est avis que les jeunes filles modernes ont plus de chances de réussir.Les primeurs ont toujours prévalu sur les conserves.au sens propre, et au figuré ! Une sorte de sifflement s\u2019échappa des lèvres pincées de Mme Rovillers qui comprenait l\u2019allusion faite à son cher quatuor, lequel, en ce moment, donnait bien l'illusion d\u2019être momifié, vu la rigidité de sa tenue.En même temps, un \u201cOh!\u201d désapprobateur et indigné se faisait entendre du côté de Mme de Polmar, dont les cinq filles pareillement habillées sans aucun goût avaient l\u2019air de postulantes endimanchées.Il y avait de l\u2019orage dans l\u2019atmosphère.Mme.Chicot le comprit; aussi, pour détourner la foudre prête à tomber sur la tête de Marinette et à l\u2019atteindre elle-même par ce choc en retour, elle ouvrit la porte de la salle à manger, et invita ses fidèles du lundi à s\u2019attabler devant l\u2019hebdomadaire et traditionnel goûter.Alors, Marinette jugea prudent de se retirer; elle quitta son siège en sautant sur ses pieds joints, fit une révérence du côté des dames, et adressa un salat au choeur des jeunes filles à marier; puis, tendant à la maîtresse de maison sa petite main où brillaient les bagues de valeur offertes par la cousine à héritage, elle dit : \u2014 Chère Madame, je regreite de ne pouvoir prolonger ma visite.Maman m\u2019a donné rendez-vous à 5 heures chez le Mai 1934 dentiste, car elle a une peur affreuse de se faire arracher une dent.J\u2019ai juste le temps de la rejoindre.Mme Chicot était trop mécontente pour retenir sa petite amie, Elle répondit froidement : \u2014 Soit ! Marinette, allez retrouver votre mère ! Mais je serais très heureuse de vous voir seule.J\u2019ai à vous parler.Je passerai demain chez vous.\u2014 Je vous attendrai, chère Madame ! répondit la jeune fille en pirouettant sur ses talons avec un soupir résigné, car elle se doutait à juste titre des remontrances que son attitude de ce jour allait lui valoir.La porte de la rue claqua brusquement.Alors, de toutes les poitrines s\u2019échappa un unanime soupir de satisfaction.Et ces dames de s\u2019écrier tour à tour : \u2014 Quelle désinvolture ! \u2014 Cette petite devient insupportable ! \u2014 C\u2019est une impertinente ! \u2014 Quelle éducation ! \u2014 Et quel exemple pour nos filles ! (Ici, le quatuor Rovillers opina de la téte avec conviction), \u2014 Il est inadmissible que cela continue ! \u2014 C\u2019est une effrontée et un intrigan- ie ! Elle cherche à se faire épouser par M.de Vignet.\u2014 Et elle y parviendra, car elle sait s\u2019y prendre, la petite rouée ! \u2014 Epouser Gérard ?.Ce serait le comble ?.grinça Mme de Polmar.\u2014 Cette petite tournera mal un de ces jours ! \u2014Ft débauchera nos fils! insinua Mme Warnier, la mère du jeune noceur.\u2014 Sa marraine aurait mieux fait de la garder près d'elle.\u2014 Mes dames, déclara sentencieusement Mme Jobard, qui, plus que jamais, avait sur le coeur l\u2019opinion de Marinette au sujet de son fils, Mesdames, m\u2019est avis que pour la sécurité de nos enfants, il faut nous débarrasser de cette petite écervelée.Marions Marinette ! \u2014 C\u2019est facile à dire.Qui voudra d\u2019elle ?\u2014Bien sûr je ne la désire pas pour Jacques après ce qu\u2019elle en a dit.Mais enfin, on pourrait.Mme Warnier, qui éprouvait toujours le besoin de faire passer son fils pour un ingénu.\u2014Voyons, Mme Chicot, dit enfin Mme Rovillers, d'une voix plaintive, n\u2019avez- vous aucun parti pour cette petite ?Au nom de toutes les mères de famille présentes, et même absentes, je vous en supplie, mariez Marinette ! \u2014 C\u2019est bien mon intention, ma chère ! Mais laissez-moi le temps de voir, d\u2019examiner.de réfléchir.En somme, Ma- rinette n\u2019est ici «ue depuis six mois ! \u2014 Six mois de trop, avouez-le ! Qu'elle finisse l\u2019année, et nous ne pourrons plus rien faire de nos filles ! Là-dessus, les cinq demoiselles de Polmar baissèrent modestement les yeux, tandis que le quatuor Rovillers s\u2019exclama : \u2014 Oh! mamsn .La discussion aurait continué indéfiniment, si le fumet du chocolat que la bonne venait d\u2019apporter n\u2019avait mis tout le monde en appétit.La tarte, les petits fours, la brioche croustillante apaisèrent momentanément l\u2019animosité.Mais lorsque le goûter terminé, ces dames revinreni au salon, ce fut pour reprendre la conversation interrompue, et de nouveau on envisagea la question du mariage de Marinette.Mme Chicot ayant nommé le jeune Dieulot, le fils du procureur, tout le monde se récria : \u2014 Ah ! non, ne la mariez pas dans la ville ! Il faut à tout prix l\u2019éloigner de nos enfants; car, mariée, elle n\u2019en sera que plus dévergondée, surtout si elle épouse un garçon comme le fils Dieulot, trop conciliant pour imposer sa volonté à une femme comme la petite Bou- gival.L'heure s\u2019avançait.Il était temps que chacune songeât à regagner son domicile.Mais avant de se séparer, toutes firent promettre à Mme Chicot de remuer ciel et terre pour marier Marinette, et lobliger à quitter la région.Chapitre II Vêtue d\u2019un pyjama rose, les pieds nus dans des babouches, -Marinette est nous chalamment étendue sur un divan.La cigarette à la bouche, un roman à la main, LES tabacs Virginien, Burley et Turc du meilleur choix, mélangés dans les proportions exactement requises, donnent aux Winchesters leur incomparable saveur\u2014voilà l\u2019explication de la popularité des Winchesters auprès de ceux qui réclament d'une cigarette mieux qu\u2019une simple bouffée.CIGARETTES Winchester D\u2019un Mélange Parfait! COLLECTIONNEZ LES \u201cMAINS DE POKER\u201d 18 et son chat sur les genoux, elle attend patiemment la visite de Mme Chicot.Sa première idée en se levant avait été d\u2019envoyer prévenir la bonne dame qu\u2019ayant une course à faire, elle serait absente toute la matinée.Mais à quoi bon ?.Au- jourd\u2019hui ou demain il lui faudra écouter le speech de Mme Chicot; celle-ci ne rate jamais l\u2019occasion de sermonner toute cette jeunesse qu\u2019elle patronne; elle aime à donner des conseils (plus ou moins conformes à l\u2019esprit du jour, il est vrai) et prodigue ses observations à tort et à travers.Ceci la pose (du moins elle le croit) vis-à-vis de ses filles ou des jeunes gens à la moustache nais- te.\u2014Alors, réflexion faite, Marinette préfère avaler la pilule le plutôt possible, car elle ne se fait pas d\u2019illusion; elle va entendre un sermon en plusieurs points, et cela, parce qu\u2019hier elle eut le tort de dire quelques vérités à la bande Ro- villers, Polmar, Jobard et Warnier.Un coup de sonmette la fait tressaillir.\u2014 Quelle tuile ! murmüre-t-elle, en s\u2019étirant comme au sortir du lit.Au même instant la porte s\u2019ouvre, el Mme Chicot entre d\u2019un pas solennel, tête haute, lèvres pincées.Poliment, Ma- rinette fait mine de se lever, mais avec une lenteur qui permet à la visiteuse d\u2019arriver jusqu\u2019au divan avant que ce soit fait.Après avoir pris sans aucune cordialité la petite main qui s\u2019est tendue vers elle et répondu au bonjour de la jeune fille l\u2019arrivante prend une chaise et s\u2019y asseoit, très digne, en affectant une rigidité qui fait contraste avec l'attitude dolente de sa jeune compagne.\u2014 La fumée ne vous incommode pas, n\u2019est-ce pas chère Madame ?demande Mlle de Bougival avec aplomb.Vous me permettez d\u2019achever ma cigarette ?\u2014 Je ne voudrais pas vous priver de votre distraction favorite, Marinette ! répond Mme Chicot d\u2019une voix aigre- douce.Mais je n\u2019approuve pas, vous le savez, ces allures masculines et ces manières désinvoltes.Autrefois, une jeune fille du bon monde n\u2019aurait jamais osé porter une cigarette à ses lèvres, et encore moins se vêtir de ces costumes excentriques qui n\u2019ont rien de féminin.D\u2019un geste dédaigneux, la visiteuse désigne le pyjama.\u2014 Bah ! autre temps, autres moeurs ! dit Mlle de Bougival, en tirant quelques bouffées.Mais, si vous le voulez bien, chère Madame, venons tout de suite au sujet qui me vaut le plaisir de votre visite.Ces mots, prononcés avec une politesse légèrement teinte d\u2019ironie, ne laissent aucun doute sur le peu de satisfaction que procure à Marinette la présence de Mme Chicot.Aussi, se rengorgeant, celle- ci commence d\u2019un ton hautain et significatif : \u2014 Soit ! allons droit aux faits ! Eh! bien, mon enfant après ce qui s\u2019est passé hier chez moi, je tiens à vous dire à quel point je trouve vos attitudes déplacées.Vous affectez une désinvolture, un mépris des convenances les plus élémentaires, bref un manque de tenue et de réserve qui nuit énormément à votre réputation .\u2014 De l\u2019avis de qui ?Du quatuor Ro- villers ?.Des cinq momies Polmar ?De ces gens qui me donnent l\u2019impression de conserves sorties d\u2019un bocal ?Ah! que m\u2019importe leur opinion ! C\u2019est le moindre de,mes soucis ! \u2014 Je le sais, Marinette.Je le déplore.Vous compromettez votre avenir.Un sourire mtoqueur accueille cette réflexion, et la jeune fille se redressant, s\u2019exclame avec un étonnement feint : \u2014 Mon avenir ! Comment cela ?\u2014 Tout simplement, ma chère enfant, parce que, si vous persévérez dans cette voie, il me sera impossible de vous marier.Or, j'avais.Un petit éclat de rire interrompit Mme Chicot.\u2014 Me marier ?.Est-ce que vous y songez réellement, chère Madame ?\u2014 Mais.certainement ! .prononça la visiteuse, un peu interloquée.\u2014 Comment, vous voudriez qu\u2019à 18 ans, je me mette la corde au cou ?.Ah ! ça non ! .Laissez-moi profiter du ma jeunesse ! Je ne me vois pas encore tenant un ménage, avec une kyrielle de mioches pendus à mes jupes.Nous en reparlerons quand j'aurai fêté mon vingt- cinquième anniversaire! Du reste, je vous avoue que je suis tout à fait réfrac- La Revue Populaire taire à ces mariages de convention.Je ae trouve rien de plus ridicule que ces entrevues ménagées à dessins, ces unions combinées d'avance par trente-six personnes, à l\u2019insu des intéressés le plus soa- vent ! Nous ne sommes plus à l\u2019époque où papa et maman mariaient leur fille sans l'avoir consultée préalablement.\u2014 C\u2019est pourtant ainsi que j'ai épousé Joachim Chicot, ma chère enfant ! reprend la visiteuse d\u2019un air pincé.Et je n\u2019ai eu qu\u2019à me louer du choix de mes parents.\u2014Je n\u2019en disconviens pas.Mais, personnellement, je ne consentirai jamais à un mariage de raison.Lier ma vie à celle d\u2019un homme que je connaîtrais à peine, et dont les sentiments et les goûts seraient peut-être aux antipodes des miens.Ah ! non ! Avant tout, du reste, il faut qu\u2019il me plaise physiquement.\u2014 Je veux bien l\u2019admettre, Marinet- ee.quoique l\u2019apparence ou la beauté \u2018matérielle soit une question d\u2019ordre secondaire.Mais je n\u2019ai nullement l\u2019intention de vous imposer un parti qui puisse vous déplaire.Quant à ces entrevues combinées, que vous dédaignez, elles sont justement très utiles aux intéressés pour qu\u2019ils puissent se connaître et s\u2019apprécier.\u2014 C\u2019est à mon avis, une grande erreur, chère Madame, dans ces cas-là, c\u2019est à qui des deux trompera davantage et dissimulera le mieux sa personnalité! On cherche à plaire, et on s\u2019abserve soi- même de façon à ne pas commettre d\u2019impairs.Le naturel et la franchise sont mais à m'occuper de vous.Michelle eût bien mieux fait de rester parmi nous, et de mener l\u2019existence modeste qui fut celle de sa mère.Elle se serait casée bien plus aisément.Son départ a fait très mauvaise impression dans notre cercle, et il lui serait fort difficile maintenaat d\u2019y trouver un mari.\u2014 Eh ! qui pourriez-vous donc lui offrir ?Ce petit gommeux de Jobard toujours pommadé, tiré à quatre épingles, et qui a l\u2019air d\u2019un marié de village ?Ou bien Philippe Warnier, que sa mère cherche en vain à faire passer pour un ingénu, et qui est, en réalité, un noceur de la pire espèce.Ou encore cet empaillé de Dieulot.\u2014Jacques Dieulot ?.Mais c\u2019est un charmant gargon!.\u2014 Dont je ne voudrais pas pour tout Por du monde ! \u2014Que lui reprochez-vous donc Mari- nette ?Jacques est si sérieux, rangé.\u2014 Justement, il l\u2019est trop à mon avis ! Docile comme un mouton, il continuerait après son mariage, à consulter papa et maman pour la moindre bagatelle.C\u2019est son épouse qui devrait porter la culotte, comme on dit vulgairement, et faire le chef de famille.Or, si indépendante que je vous paraisse je n\u2019admets pas qu\u2019un mari se laisse conduire; c\u2019est la femme qui doit se soumettre.Un homme doit avoir de l\u2019énergie, de l\u2019initiative et faire acte d\u2019autorité dans le ménage.\u2014 Vous avez de très bons principes, ma chère enfant.Je le constate avec au- exclus de ces réunions.Je vous en prie, si telle est votre intention, renoncez à vous occuper de moi à ce sujet.Ce serait vous exposer à un échec, à une déception.Je me marierai par amour ou pas du tout.Du reste, comme je viens de vous le dire tout à l\u2019heure, je ne suis pas pressée.Je veux jouir de ma jeunesse.\u2014 Vous êtes une romanesque, ma chère enfant.Avec de telles idées, je crains bien que vous ne restiez pour compte.\u2014 Oh ! je préfère coiffer Ste-Catherine, à être malheureuse en ménage! Que voulez-vous chère Madame, j'ai des opinions très arrêtées, pour qu\u2019une entreprise matrimoniale ait chance de réussir avec moi.Je n\u2019ai nullement l\u2019intention de battre la générale pour trouver un mari.Si le hasard me fait rencontrer le Prince Charmant entrevu dans mes rêves, ce sera sans tambour ni trompette que je mettrai ma main dans la sienne, mais avec spontanéité, et consciente de mes devoirs.Si, au contraire, ce n\u2019est pas le dessein de la Providence que je me marie, je tâcherai de me rendre utile d\u2019une autre façon.Ce qui est certain, C\u2019est que je ne resterai pas en province à m\u2019enliser comme les pauvres filles Ro- villers, Polmars et consors.Je suivrai l\u2019exemple de Michelle de Vergne, qui a fait preuve de tant d\u2019énergie en se créant une jolie situation à Paris.Mme Chicot sursauta : \u2014 Jespère bien, Marinette, que vous ne commettrez pas l\u2019insigne folie d\u2019aller gagner votre vie dans la capitale ?Cette fois, il me faudrait renoncer à tout ja- ei > EN JUIN UN CHEF-D\u2019OEUVRE DE ROMAN D'AMOUR : e e Un Mari de Premier Choix par Max du Veuzit > LE PLUS RECENT ROMAN DE MAX DU VEUZIT, LE POPULAIRE AUTEUR DONT LES OEUVRES OBTIENNENT UN ENORME SUCCES.rorrrre ed tant de plaisir que de surprise.Cependant, comme la perfection n\u2019est pas de ce monde, et peut-être moins encore parmi les jeunes gens que.\u2014Le plus simple est donc que je reste célibataire ! Je ne m\u2019en trouverai pas plus mal, j'en suis certaine.\u2014 Voyons, Marinette, soyez raisonnable ! Et puisque parmi les jouvenceaux de notre cercle, aucun ne vous agrée, laissez-moi vous entretenir d\u2019un jeune homme très bien sous tous les rapports, qu\u2019une de mes amies désire vivement marier.Flle m\u2019a écrit hier a ce sujet, sachant.- \u2014.Que par bonté d\u2019âme, vous teniez, en quelque sorte, une agence matrimoniale, à titre gracieux.Mais, quel que soit le modèle dont vous êtes chargée de m\u2019énumérer les nombreuses qualités, je refuse catégoriquement de connaître son nom, de voir sa photo, et encore moins d\u2019aller à un rendez-vous où le sieur en question jouerait la comédie en vue de me plaire.J\u2019aime mieux vous prévenir qu\u2019en pareil cas, je ferais en sorte de lui débiter tant d\u2019insanités qu\u2019il aurait vite fait de me tourner les talons ! \u2014 Vous êtes insupportable, ma pauvre enfant ! Puisqu\u2019il en est ainsi, je n\u2019ai plus qu\u2019à me retirer.Mais je souhaite vivement, que vous n\u2019ayez pas à regretter plus tard voire entêtement et vos idées préconçues.Car, par le temps qui court.\u2014On trouve difficilement chaussure à son pied.Mais mieux vaut, peut-être, se passer de souliers que d\u2019être mal chaus- Mai 1934 sé ! Or, vous savez, chère Madame, que bien souvent une bottine semble vous convenir à l\u2019essayage, et au bout de quelque temps, on s\u2019aperçoit qu\u2019elle vous blesse .et on regrette son achat ! Cette fois, Mme Chicot ne répondit pas, mais serrant un peu plus ses lèvres minces, en signe de vive contrariété, elle se leva pour prendre congé.Puis, ayant efleuré du bout des doigts la main que lui tendait la jeune fille, elle se retira d\u2019un pas magistral.Sur le pas de la porte, elle se retourna cependant et, d\u2019une voix sèche, demanda : \u2014Etes-vous réellement décidée à aller à Paris, Marinette ?\u2014 Mais, chère Madame, peut-être par- tirai-je ce soir même ! Le projet est élaboré depuis longtemps déjà.\u2014 Et votre mére consent ?.\u2014 Pourquoi pas ?Elle ignore, il est vrai, que mon départ est si proche.Je l\u2019ai fixé ce malin en m\u2019éveillant ! \u2026.\u2014 Dieu! quelle éducation ! gémit la visiteuse.Et combien de temps comptez- vous rester dans la capitale ?\u2014Je ne sais.Peut-être m\u2019y installe- rai-je définitivement, si je trouve une situation lucrative comme Michelle me l\u2019a fait espérer.\u2014 Décidément, je vois qu\u2019il me faut renoncer à vous présenter notre Claude!.Je le regrette.Enfin il ne manque pas de jeunes filles qui seront heureuses de.\u2014 Se mettre la corde au cou dans le plus bref délai ! Grand bien leur fasse ! Mademoiselle de Bougival riait toujours, mais l\u2019air courroucé de Mme Chicot lui rappela les règles de la bienséance.\u2014 Allons chère Madame ! dit la jeune fille en tendant ses deux mains en signe de réconciliation, et accompagnant ce geste d\u2019un regard suppliant, ne me quittez pas fachée ! Je suis désolée de vous donner cette déception, pour l'instant.Mais.qui sait ?Il ne faut pas désespérer, et rien ne prouve que par la suite.si je rencontrais votre Claude, et qu\u2019il me plût.Oui, sait-on jamais ?Seulement, je ne veux pas d\u2019entrevues ménagées, dont les familles Rovillers, Polmar et Co seraient témoins.Comprenez-vous?\u2014 Évidemment.et telle n\u2019était pas mon intention.Mais puisque pour le moment il n\u2019y a rien à faire, je me retire, Marinette, et vous souhaite bon voyage.Permettez à une vieille amie de vous donner un conseil: soyez plus réservée à l\u2019avenir; et, surtout à Paris, tenez- vous sur vos gardes! On entend raconter tant de choses regrettables ! .Je trouve très imprudent, à votre âge, de courir ainsi les grandes villes sans un mentor.C\u2019est vous exposer à bien des aventures, ma petite.Ah ! que les temps sont changés ! \u2026.Mme Chicot termina sa phrase en levant les yeux au ciel, comme pour le prendre à témoin de son indignation.Puis, sans rancune, (car c\u2019était malgré tout une excellente personne) elle déposa un baiser sur le front que la jeune fille lui tendait gentiment.Et.lorsque lu porte se fut refermée sur elle, Marinette, retournant à son divan, s\u2019y laissa tomber avec lassitude et soulagement.\u2014 Enfin murmura-t-elle, l\u2019entrevue ne s\u2019est pas trop mal passée.J'appréhendais un long sermon.Or, à part quelques critiques inévitables, cette bonne Mme Chicot n\u2019a pas été trop assommante.Mais quelle rage a-t-elle de vouloir marier les gens à tout prix ?Quel est ce nouveau prodige qu\u2019elle s\u2019est chargée d\u2019appareiller ?D'où sort-il ?que fait-il ?Claude.joli nom.Après tout, il n\u2019est peut- être pas mal !.Mais un parti présenté par Mme Chicot, ne me dit rien qui vaille.Il me semble que ses prétendants doivent ressembler à l\u2019un ou à l\u2019autre des trois types qui se rencontrent dans ses salons: gommeux, fêtard ou mollusque, et revêtir inévitablement ce vernis provincial qui caractérise la petite cour d\u2019adorateurs de notre bonne amie.Ah! je serais bien étonnée, malgré ses dires, qu\u2019elle renonçât à son projet.Elle est si tenance ! Je m'\u2019attends un de ces jours à être mise en présence du parti en question.Mais les mariages sont écrits d\u2019avance au ciel, dit-on.Il est donc inutile d\u2019appesantir plus longtemps ma pensée sur cet inconnu.Qui vivra verra ! Pour l\u2019instant, il est préférable de songer à mes préparatifs de départ.Alors, Marinette, ayant tiré quelques bouffées d\u2019une nouvelle cigarette, ferma les yeux pour mieux concentrer son Mai 1934 esprit sur les différentes choses qu\u2019elle désirait emporter, et sur ce qu\u2019elle avait à faire dans la journée.Pendant ce temps, Mme Chicot, d\u2019un pas alerte, remontait le Boulevard pour rentrer chez elle.Elle était réellement déçue de cette visite, dont elle avait ez- péré une toute autre conclusion.- \u2014 Ce sera difficile.fort difficile.songeait-elle.Au méme instant, elle apercut au bout de la rue un groupe familier : Mme Ro- villers suivi de son quatuor, et la noble comtesse de Polmar, venaient à sa rencontre.\u2014Eh! bien, chère Madame, questionna la première, quelles nouvelles depuis hier ?\u2014 Aucune, ou plutôt .je reviens de chez Marinette.\u2014 Et de quelles excentricités avez-vous à nous entretenir ?.\u2014Oh ! rien de bien nouveau.Ah ! si, pourtant, elle part pour Paris, Michelle l'ayant engagée à venir l\u2019y rejoindre pour quelque temps.\u2014 Je ne serais pas étonnée qu\u2019elle ne s\u2019y cherche, elle aussi une situation indépendante.\u2014 En ce cas, réjouissons-nous ! Quel bon débarras pour nous ! Et Paris est tout indiqué pour cette petite émancipée., \u2014Il eût été cependant préférable de la marier ! déclara Mme de Polmar.Ne voyez-vous donc personne, absolument personne en ce moment, qui puisse faire son affaire, ma bonne amie ?ajouta-t-elle en s\u2019adressant à Mme Chicot.\u2014 Mais si, et tel était justement le but de ma visite matinale chez les Bou- gival.Mais dès les premiers mots, Mari- nette m°\u2019a arrêtée.Elle ne veut pas entendre parler d\u2019entrevues, et refuse catégoriquement de se marier pour l\u2019instant, à moins que le coup de foudre ne l\u2019emporte sur ses idées d\u2019indépendance.\u2014Ah ! vous verrez qu\u2019un jour ou l\u2019autre il lui arrivera une aventure, s\u2019écria Mme Rovillers.et qu\u2019elle nous reviendra avec.Je n\u2019en dis pas plus long.Ses parents ont bien tort de lui laisser tant de liberté ! \u2014 Mme de Bougival est une excellente créature, mais elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez.Puisse-t-elle ne pas se mordre les doigts un jour et regretter sa négligence maternelle ! soupira Mme Chicot.\u2014 Au fait, quand Marinette part-elle pour Paris ?\u2014 Ce soir, probablement.\u2014 Enfin, nous serons tranquilles pendant quelque temps, et n\u2019aurons pas a craindre le mauvais exemple pour nos enfants ! s\u2019exclama Mme Rovillers avec un soupir qui en disait long sur la sa- tisfaetion qu\u2019elle éprouvait.\u2014 Puisse-t-elle rester définitivement à Paris ! déclara à son tour la comtesse de Polmar, car si elle revient, elle sera plus dévergondée encore, il faut s\u2019y attendre.\u2014 Ce ne sera plus tenable ! Mais à ce moment nous aviserons et nous multiplierons nos tentatives pour la marier.L\u2019union fait la force.\u2014Vous avez raison, chère amie, et foi de Polmar, nous viendrons bien à bout de la résistance de cette petite.Au reste, ce voyage à Paris va peut-être Iui changer les idées.Quelques expériences la feront réfléchir.Voyez-vous, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.Nous arriverons à nos fins en employant la ruse; Mme Chicot, si experte en la matière trouvera bien un moyen pour la mettre en rapport avec le prétendant auquel elle pense.Et celui- ci averti, se piquera d'honneur de gagner les bonnes grâces d\u2019une jeune fille aussi récalcitrante.Au besoin, nous lui ferons l\u2019éloge de Marinette pour exciter sa convoitise.Et sur ces mots ironiques on se sépara, l\u2019heure du déjeuner étant proche.Chapitre III Ce même soir, comme elle l\u2019avait dit, Marinette, sur le quai de la gare, attendait l\u2019express de Paris.Une valise à la main, elle marchait allègrement, faisant les cent pas.et claquant ses fines semelles sur le trottoir pour se réchauffer.Un vent froid et dur, avivait les couleurs de ses joues.Le train avait quelques minutes de retard.Bientôt, heureusement, on entendit au loin le sifflement avertisseur : puis une fumée noire s\u2019échappa d\u2019un tunel, et enfin la locomotive parut.La Revue Populaire \u2014 Dix minutes d\u2019arrêt ! crièrent les employés, en allant d\u2019un bout à l\u2019autre du train, tandis que celui-ci stoppait.Et ce fut alors une bousculade générale.Voyageurs arrivés à destination, et ceux en partance, se pressaient à l\u2019entrée des wagons.Marinette, mêlée à la foule, cherchait à se faufiler entre un gros monsieur, qui tenait une portière de seconde, et une longue dame mince, cette derniére, debout sur le marchepied, barrait le passage aux personnes qui voulaient descendre, se metiant elle- même dans l'impossibilité de monter.Enfin, cédant aux adjurations des voyageurs qui prétendaient sortir du compartiment avant qu\u2019elle y entrât, ce qui était logique du reste, la dame recula pour faire place.Lorsque deux ou trois personnes furent descendues, les autres tardant à s\u2019exécuter au gré de Marinette, celle-ci se précipita, et en deux enjambées fut dans le couloir.Là, nouvel embarras pour passer.Sa valise ayant failli faire tomber un Monsieur âgé, Mlle de Bougival dut la soulever à bout de bras, en attendant de pouvoir circuler.Mais le fardeau trop lourd eût certainement basculé sur la tête d\u2019un des voyageurs, si un jeune homme déjà installé dans un compartiment, n\u2019était venu à son aide.\u2014Permettezmoi de vous débarrasser, Mademoiselle, dit il en prenant le colis pour le placer dans le filet.Puis il ajouta : \u2014Vous avez un coin libre ici, si vous le désirez.Tout en parlant, il poussait légèrement les voyageurs pour laisser un passage à la jeune fille, Celle-ci remercia, et s\u2019empressa de prendre la place indiquée, vis-à-vis de ce complaisant compagnon de voyage.Les dix minutes d\u2019arrét étant écoulées, le train s\u2019ébranla.Marinette, alors, se mit à l\u2019aise.Elle enleva manteau et chapeau, et ceile fois encore, le jeune homme s\u2019offrit pour les lui déposer dans le filet.Ensuite, l\u2019un et l'autre prirent des journaux pour passer le temps.Or, Marinet- te était si absorbée par sa lecture, qu\u2019elle ne s'aperçut pas de l'attention que l\u2019inconnu lui portait.Celui-ci, en effet, ne la quittait pas des yeux, détaillant ses traits, s\u2019arrêtant sur la chevelure de jais, suivant le contour du visage, et descendant sans façon jusqu\u2019aux pieds mignons, élégamment chaussés, qui sans cesse s\u2019agitaient, se cCroisaient, et, parfois, semblaient battre la mesure.Décidément, la jolie Marinette l\u2019intéressait.C\u2019était du moins ce que pen- caient le gros monsieur el lu longu- dame, qui étaient montés à la suite de la jeune fille dans le même compartiment.Ils ne s'étaient pas munis de revues, comme les autres voyageurs, et, faute d\u2019avoir une occupation, ils observaient leurs compagnons de route avec une attention égale à celle du jeune homme.L\u2019express filait avec une rapidité vertigineuse.\u2014 Mon Dieu ! comme nous allons vite ! s\u2019exclama soudain la dame mince.\u2014 C\u2019est ainsi que les accidents arrivent ! observa le gros monsieur.Il achevait à peine ces mots qu\u2019un terrible craquement se faisait entendre, suivi d\u2019un bruit de ferraille.Une forte secousse projeta les voyageurs les uns sur les autres, les bagages s\u2019échappèrent des filets, et quelques cris de frayeur, issus des compartiments, devinrent bientôt une véritable clameur, tandis que le train ralentissait.Dès le premier craquement, Marinette, intriguée, s\u2019était levée; et comme elle se dirigeait vrs la portière.pour jeter un coup d'oeil au dehors, la serousse la rejeta en arrière, et la fit tomber assise sur les genoux de son complaisant compagnon de voyage.Un instant, elle perdit contenance, rougit en s\u2019excusant, mais comme elle se levait, une seconde secousse la renvoya à la même place.Alors, sa nature primesautière reprenant le dessus, elle éclata de rire, d'un rire frais et jeune qui amusa le jeune homme, mais agaça tant soit peu les autres voyageurs effrayés de se qui se passait.\u2014 Ce n\u2019est pourtant pas drôle ! gémit la dame mince, en lançant un regard courroucé à la coupable.\u2014 Ah ! jeunesse ! jeunesse ! grommela le gros monsieur en frictionnant son crâne endolori par la chute d\u2019un sac de voyage.Le train stoppait, les voyageurs se précipitèrent aux portières.Marinette qui 19 GRATUIT Tube de 10 jours Ce masque hideux couvre les dents et leur enlève leur éclat \u2014 il les souille de taches de nourriture et de fumée \u2014 et finit par les détruire.E FILM est une couche terne et malpropre qui se dépose sur vos dents.C\u2019est ce film \u2014 et rien d'autre chose \u2014 qui vous empêche d'avoir le brillant sourire de vos idoles de l\u2019écran.C'est pour cela que votre plus important traitement de beauté consiste à enlever \u2014 efficacement et sûrement \u2014 ce vilain film taché de vos dents.Le film est le plus grand ennemi des dents.Il s\u2019y dépose en couches très adhérentes.II est chargé de germes producteurs d'acides qui dissoudent l'émail.II peut occasionner de nombreux désordres graves.Et c\u2019est pourquoi le but de tous les dentifrices scientifiques consiste à enlever le film efficacement et sans danger.Est-il bien sûr ?Le Pepsodent contient une substance révolutionnaire de nettoyage et de polissage \u2014 pour l'enlèvement du film d\u2019une manière différente.Cette substance fait disparaître le film avec ses taches.Après cela, il polit PEPSODENT le dentifrice spécial pour l'enlèvement du film les dents dont l'émail retrouve son lustre et son éclat.Cet agent de polissage et de nettoyage est absolument sans danger.sûr parce qu'il est deux fois plus doux que celui qu\u2019on emploie ordinairement.C\u2019est de beaucoup le plus doux qui soit employé dans les principales pâtes à dents.C\u2019est pour cela que le Pepsodent est sans danger pour les enfants aussi bien que pour les adultes.C'est la substance de polissage récemment découverte qui rend le Pepsodent si différent de tous les autres dentifrices.Si vous voulez les résultats de Pepsodent, il vous faut employer le Pepsodent seulement.-\u2014\u2014-GRATIS\u2014\u2014\u2014- THE PEPSODENT CO.Toronto Dept.5105, 191 George St.Veuillez m'envoyer un tube de Pepso- dent de 10 jours.Nom \u2014 teen Adresse Ce coupon sera sans valeur après le 28 octobre 1934.Un seul tube par famille A | | | | | | | | 20 s\u2019était enfin ressaisie et levée s'excusa alors auprès du jeune homme de lui être ainsi tombée dessus comme l\u2019eût fait un des paquets contenus dans les filets, dit-elle.\u2014 Croyez bien, Mademoiselle, répon- dit-il avec un sourire, que je n\u2019eusse pas voulu faire l\u2019échange.Il doit être plutôt désagréable de recevoir une lourde valise sur la tête ou sur les genoux.Tandis que votre petite personne, légère comme une plume, ne pouvait nullement m\u2019incommoder.Je me réjouis du reste, d\u2019avoir amorti le choc qui vous aurait projetée un peu rudement à terre.\u2014 Certes, sans vous, Monsieur, j'allais m\u2019aplatir sur le plancher, et recevais, par surcroît, ce gros bagage qui git a nos pieds.A ce moment un employé qui passait sur la voie, lança une phrase que les deux jeunes gens ne comprirent pas, mais qui arracha quelques exclamations aux voyageurs présents.\u2014 Comme c\u2019est agréable, quand on a un rendez-vous ! bougonna le gros Monsieur.\u2014 La Compagnie devrait nous indemniser ! déclara la longue dame.\u2014Qu\u2019y a-til donc?demanda Mari- nette, en s\u2019avançant à son tour vers Ja portière.\u2014Il y a qu\u2019une avarie à la machine nous laisse en panne en plein champ, en attendant du renfort !.répondit un voyageur d'aspect grincheux qui, un cartable sous le bras, avait tout l\u2019aspect d\u2019un professeur.\u2014 Et pour comble de malheur, notre wagon a été endommagé par le choc! Tl faut aller se caser autre part ! ajouta la dame mince, cherchant ses colis.\u2014 Estimons-nous heureux d\u2019en être quitte à si bon compte! fit observer Ma- rinette.Personne n\u2019est blessé.C\u2019est le principal ! La dame maugréa entre ses dents.Elle ne prenait pas cet ennui aussi philosophiquement que la jeune fille.Ayant rassemblé ses bagages en un même lieu, elle les laissa et descendit pour chercher une place ailleurs; les autres voyageurs l\u2019imitèrent.Mlle de Bougival et son compagnon restèrent seuls dans le compartiment.\u2014 C\u2019est égal, dit le jeune homme, la Compagnie devrait bien renouveler son matériel ! S\u2019il était meilleur, il n\u2019y aurait pas d\u2019accidents de ce genre ! Mais nous ferions bien.Mademoiselle, de nous occuper de trouver des places.Je crains que nous ne soyons obligés de faire le trajet debout, car les compartiments étaient déjà pleins au départ.\u2014 C\u2019est vrai, acquiesça Mademoiselle de Bougival, en ramassant, au hasard, sa valise qui gisait à terre avec les colis du jeune homme et ceux de la dame en noir.Les jeunes gens descendirent et arpentèrent la voie, s\u2019arrêtant, mais en vain, à chaque portière, pour demander asile.Même les couloirs étaient bondés, et Marinette, désolée, allait implorer le secours d\u2019un employé, quand un Monsieur voyant son embarras l\u2019interpella.\u2014 N\u2019allez pas plus loin, Mademoiselle! lui cria-t-il, la tête du train est encore plus encombrée.Permettez-moi de vous offrir ma place.Je dois m\u2019arréter a la prochaine gare; il m\u2019est facile de rester debout pour si peu de temps.Marinette accepta l'offre avec empressement, et monta.Puis, comme elle cherchait des yeux son premier compagnon de route, pensant qu\u2019il la suivait, elle le vit arrêté à quelques pas en arrière et causant avec un autre voyageur.Soudain il se retourna à son tour, et accourant vers elle : \u2014 Avez-vous enfin trouvé à vous caser, Mademoiselle ?demanda-t-il.\u2014 Mais oui! Comme vous le voyez, ce Monsieur a eu l\u2019amabilité de m\u2019offrir sa place.« \u2014 Alors, c\u2019est parfait ! Et puisque vons n\u2019avez plus besoin de mes services, si vous le permettez, je vais rejoindre un de mes amis que je viens de rencontrer.\u2014 Mois certainement, Monsieur ! Et je vous remercie infiniment de votre obligeance à mon égard.Le sort m\u2019a favorisé en vous plaçant sur mon chemin.Vous m\u2019avez rendu service déjà, quand je suis montée dans le train, et puis, au moment de l\u2019accident, peut-être me seraiz- je cassé une côte sans le hasard qui mec projeta sur vous.Vous avez été mon sauveur, et je ne l\u2019oublierai pas.La Revue Populaire En achevant ces mots, avec une pointe de malice, Marinette se mit à rire, de son rire clair et argentin.Et le jeune homme sourit, amusé lui aussi, de cette gaieté puérile.Il eut même un instant d\u2019hésitation, comme s\u2019il regrettait de quitter une si charmante compagne de voyage.Mais, à ce moment, un employé criait : \u2014 En voiture ! En voiture ! Et l\u2019ami du jeune voyageur s\u2019étant approché, lui dit : \u2014 Dépéche-toi, Michel, si tu ne veux pas que nous restions sur la voie !.Alors, le nommé Michel salua Mlle de Bougival qui, gentiment, lui tendit la main, en disant avec le sourire qui doa- nait tant de charme à sa physionomie : \u2014 Merci encore, Monsieur.Et qui sait ?.Peut-être nous reverrons-nous un jour ?Les lasards de la vie sont parfois si étranges ! \u2014 J'en serais charmé, Mademoiselle, croyez-le bien.Mais, avant de vous quitter, puis-je me permettre de vous demander à qui j'ai l\u2019honneur de parler ?Mlle de Bougival hésita un moment a faire connaitre son nom; puis elle répondit, avec un regard pétillant de malice : \u2014 Mlle Marinette.Mais l\u2019ami du jeune homme s\u2019impatientait.Le saisissant par le bras, il l\u2019entraîna en disant : \u2014 Allons ! Allons ! ça suffit ! Tu feras la cour à la jolie Marinette une autre fois.Et comme un coup de sifflet fendait l\u2019air, ils se mirent à courir vers le compartiment où ils devaient prendre place.Enfin, le train s\u2019ébranla de nouveau, et Marinette s\u2019étant assise, demanda à ses voisins comment il se faisait que l\u2019on repartait si vite après avoir cru attendre.\u2014 Bah! lui répondit un vieux Monsieur, il y avait moins de dégât qu\u2019on ne pensait.Le wagon abîmé a été laissé sur une voie de débarras.Quant à la locomotive, on l\u2019a réparée provisoirement.Ainsi, nous irons cahin-caha jusu\u2019à la prochaine gare, où on la remplacera.Pour mon compte, je ne regrette pas que les choses se soient arrangées ainsi.Nous aurons moins de retard.Marinette remercia du renseignement ; puis, s\u2019étant calée dans son coin, elle ferma les yeux et laissa vagabonder ses pensées.\u2014 Eh bien ! moi, songeait-elle, j'aurais préféré que l\u2019attente se prolongeât, afin de rester davantage avec mon compagnon de voyage.Il était vraiment bien à tous les points de vue: aimable, complaisant, beat\u201d garçon, chic.l\u2019air fort intelligent, un tant soit peu artiste.Tiens, si le prétendant de Mme Chicot lui ressemblaii, je dirais oui tout de suite.Comme on dit cavalièrement, je crois qu\u2019il m\u2019a tapé dans l\u2019oeil.Mais que je suis sotte de penser ainsi à un inconnu que je ne reverrai jamais, selon toute probabilité ! .Et puis, je le juge sur les apparences.Il n\u2019est peut-être qu\u2019un vulgaire escroc, un beau parleur, un dandy quelconque, sans intérêt; il y en a tant qui courent le monde ! Il s\u2019appelle Michel ! Tiens, comme mon amie.Mais Michel comment ?.Bah, qu\u2019importe ! Si je songeais plutôt à mon arrivée à Paris?.Que vais-je faire ?Prendre le métro, sans doute, ma mère m\u2019a tant préché l\u2019économie ! Mais avec ce retard, à quelle heure arriverai-je chez Michelle ?Non, je m\u2019y ferai conduire en auto, pour une fois!.Au fait ! comment s\u2019appelle la rue où elle habite ?\u2026.Diable! Je ne me souviens plus de la nouvelle adresse qu\u2019elle me donnait dans sa dernière lettre.Heureusement, j'ai emporté celle-ci; j'ai dû la mettre dans ma valise.Et Marinet- te, ouvrant son sac à mains, y chercha sa clef, mais en vain.\u2014 Bon ! me voilà bien ! Elle se sera échappée de mon sac, quand il est tombé au moment de l'accident.Que faire ! Je voudrais pourtant bien ne pas être obligée de faire sauter la serrure de ma valise avant d\u2019arriver à destination ! .Si je pouvais me rappeler cette adresse ! Mlle de Bougival ferma de nouveau les yeux, en faisant un effort pour se rappeler le nom de la rue.\u2014 Rue.Rue du Faubourg.Faubourg Saint.Saint-Honoré.No .12 .non, 72 .oui, 72, j'en suis maintenant sûre ! Et satisfaite du résultat de ses recherches, elle regarda défiler le paysage.Le train stoppa une fois encore en cours de route; puis, ayant changé de locomotive, à cette station, il repartit à vive allure comme pour rattraper le temps perdu.Il arriva cependant à Paris avec trois quarts d\u2019heure de retard.Aussi, ce fut une véritable cohue sur le quai.Les voyageurs pressés, poussaient, se bousculaient, chacun voulant Mai 1934 être le premier à passer.Mlle de Bougi- val resta en arrière.Debout sur le marchepied du compartiment, elle sondait en vain cette fourmillière de monde, espérant y apercevoir son premier compagnon de voyage qui eût pu, au besoin, lui offrir encore son aide pour trouver un taxi.Mais il avait dû suivre la foule, porté en quelque sorte, comme il arrive dans ces cas-là.\u2014 Ou plutôt, pensa Marinette, il se soucie de moi comme du grand Turc ! Il a rencontré un ami et ne songe plus a se mettre en frais pour une jeune fille.Ah! voila bien les hommes !.Mécontente d\u2019être obligée maintenant de se débrouiller seule, elle descendit enfin sur le quai et s\u2019achemina sans se presser, vers la sortie.Quelques instants après, elle roulait en auto sur le macadam de la grande ville, ayant hâte, cette fois, d\u2019arriver à destination.\u2014 Que doit penser Michelle de ce retard ?Je lui avais annoncé mon arrivée pour le diner ! Pourvu qu\u2019elle n\u2019ait pas eu l\u2019idée de venir me chercher à la gare.Je n\u2019ai même pas songé à regarder si elle était parmi les personnes qui attendaient les voyageurs à l\u2019arrivée du train, Décidément, mon compagnon avait raison ! Les Compagnies de chemin de fer ne pourraient-elles renouveler a temps leur matériel, afin d\u2019éviter ces accidents et ces retards ?.Et Marinette soudain de mauvaise humeur, continua à maugréer contre les Compagnies, le matériel roulant et les inexactitudes des trains.Heureusement, l\u2019auto filait à bonne allure, et elle n\u2019eut pas le loisir de se morfondre trop longtemps.Chapitre IV Il était dix heures du soir, quand l\u2019auto stoppa devant le No 72 de la rue du faubourg St-Honoré.Marinette sauta sur le trottoir avec son agilité coutumière, régla le chauffeur, et se précipita vers la porte d\u2019entrée, dont elle fit retentir le timbre d\u2019une main nerveuse.Puis, comme on ne répondait pas assez vite à son appel, sans plus de façon elle re- sonna, resonna, jusqu\u2019à ce que la porte s\u2019ouvrit.Alors, sur le seuil de la loge, apparut un bonhomme en pyjama violet avec une toque de velours rouge posée de travers sur son crâne chauve, et un foulard jaune autour du cou.Il se frottait les yeux, et d\u2019un air hagard s\u2019écria : Ah! le drôle de petit vieux ! J\u2019eus peine à ne pas rire en le voyant dans son grand fauteuil Henri II, vêtu d\u2019une robe de chambre jaune citron.! Mai 1934 \u2014Bon sang ! en via un carillon a réveiller les morts ! J\u2019eroyais que c\u2019était lcommissaire de police, qui r'venait perquisitionner au 60 comme c\u2019te nuit dernière, et j\u2019commencais à trouver mauvaise de l\u2019voir.\u2026.Et comme le concierge se frottait toujours les yeux pour mieux voir l\u2019arri- vante : \u2014 Toutes mes excuses, mon pauvre homme ! dit Marinette qui avait bien du mal à ne pas rire de l\u2019accoutrement du vieux.Je suis bien désolée de vous avoir éveillé ainsi brusquement.\u2014 Bah! j'me rendormirai.Vous en faites pas ! ma petite demoiselle ! Mais qu\u2019voulez-vous, à c\u2019te heure ?Ce disant, il baîllait à se décrocher la mâchoire.Alors, Mlle de Bougival demanda : \u2014 Mademoiselle Michelle de Vergne, à quel étage, je vous prie ?Ét tandis qu'elle parlait, le vieux baïl- lait de plus belle.Décidément il dormait à moitié, et Marinette eût demandé Monsieur et Madame, au lieu de Mademoiselle, que c\u2019eût été tout comme; il n\u2019y aurait pas pris garde.Du reste, il ne répondit pas tout de suite, s\u2019étira deux ou trois fois, et enfin se décida : \u2014 Michel.(un baîllement) .Vergne.(un autre baïllement qui fut cause sans doute de la suppression de la particule, du moins le crut Marinette) .au troisième audessus de.(un baillement plus fort).Marinette, impatientée, acheva : \u2014Au-dessus de l\u2019entresol ?Merci, et bonne nuit mon brave homme ! D\u2019un pas allégre, elle s\u2019élança vers l\u2019escalier.Elle avait déjà monté une dizaine de marches, quand le vieux accourant derrière elle l\u2019interpella : \u2014Eh! là, ma petite demoiselle ! Vous vlà ben pressée! Avec quoi qu'vous allez entrer ?\u2014 Avec quoi je vais entrer ?demanda Marinette an comble de la stupeur.\u2014 Ben oui! pour ouvrir c\u2019te porte, faut la clef, j'suppose ?Pisqu\u2019y a personne ! \u2014Il n\u2019y a personne ?Michelle n\u2019est pas là ?Je m\u2019étais cependant annoncée ! \u2014 Bé oui ! pour demain vendredi ! \u2026 or, nous n\u2019sommes qu\u2019jeudi à c\u2019te heure ! \u2014 Comment ! J'avais cependant télégraphié ce matin que j\u2019arrivais ce soir ! Michelle n\u2019a pas compris; c\u2019est étrange, en vérité, et fort ennuyeux.\u2014Bah ! c\u2019est un ben p\u2019tit malheur, pusqu\u2019on doit rentrer ce soir, à c\u2019qu\u2019on m\u2019a dit.Vous n\u2019attendrez peut-être pas ben longtemps.J\u2019vas toujours vous donner la clef, çà fait qu\u2019si vous avez faim, vous n\u2019aurez qu\u2019à pas vous gêner.J\u2019ai préparé son dîner sur la table.Tenez, attrapez-la ! Et sans plus de façon, le vieux lui lança la clef qu\u2019il tenait; Marinette la saisit au vol, puis reprenant sa course, elle monta deux marches à la fois.\u2014 Troisième au-dessus de l\u2019entresol, porte à droite! lui cria une dernière fois le concierge.\u2014 Merci ! merci! répondit Marinette sans s\u2019arrêter.Tout essoufflée, elle arriva enfin, glissa la clef dans la serrure, ouvrit la porte, et entra.Son premier soin fut de l'éclairer; elle chercha le commutateur électrique et le trouva sans difficulté.Alors, une lumière de nuance indécise, tombant d\u2019une petite lanterne de cristal dépoli, de différentes couleurs, pendue au plafond, lui montra une minuscule antichambre, sur laquelle donnait deux portes.Marinette ouvrit la première, et se trouva dans un ravissant studio, meublé à l\u2019orientale.Un immense tapis recouvrait le parquet.Deux divans étaient disposés dans un alcôve, que dissimulaient en partie des rideaux en soie in- doue bariolée, relevés par une cordelière.Un buffet bas, dont les incrustations de nacre châtoyaient sous les reflets de la lumière, occupait le panneau principal.Des bibelots de toutes sortes, étaient disséminés sur les guéridons.Sur la cheminée, un Bouddha au ventre proéminent, accroupi sur son socle de bronze, semblait darder ses petits yeux moqueurs sur l\u2019arrivante.Enfin, les coussins étaient jetés de ci, de là, un peu partout sur le sol, les divans et les sièges bas.\u2014 Comme c\u2019est gentil ici! s\u2019exclama Marinette, mais quel luxe ! On voit que Michelle a une belle situation et peut se payer ses fantaisies ! Car, ce n\u2019est certes pas avec ses modestes revenus que La Revue Populaire 21 Mme de Vergne pourrait gâter ainsi sa fille.Marinette parcourut le petit salon, admira le bahut, tourna autour des guéridons, examina chaque objet, petites porcelaines du Japon et de Chine pour la plupart.Son inspection finie, elle passa dans la pièce contiguë, qui donnait également sur l\u2019antichambre; elle se trouva alors dans une salle à manger petite, mais charmante.\u2014 C\u2019est un appartement de poupée, en vérité ! s\u2019écria encore la jeune fille.Je comprends que Michelle se plaise dans sa nouvelle demeure.C\u2019est bien le type de la garçonnière dont elle me parlait, dans sa dernière lettre.J\u2019espère qu\u2019elle ne va pas tarder à rentrer.Toutefois dans Tincertitude, je vais suivre le conseil de son concierge, et me restaurer; voici un petit souper qui est fort appétissant.Or, je n\u2019ai rien pris depuis le copieux goûter que ma mère a eu la précaution de me servir avant mon départ.Pauvre maman ! Ce n\u2019est pas elle, qui autrefois, serait ainsi partie seule rejoindre une amie, et passer quelques jours sans chaperon dans la ville de perdition, comme disent nos bons provinciaux.Au fait, que dira-t-elle, cette petite mère, si je me décide a m\u2019installer ici définitivement ?Bah ! je parviendrai à la convaincre que, de nos jours, une jeune fille doit pouvoir se suffire à elle-même! Du reste, si jamais mon pauvre papa venait à nous manquer, il faudrait bien que je travaille ! Ce n\u2019est pas avec sa petite rente de veuve d\u2019officier, que ma mère pourrait me garder à me tourner les pouces, au coin de son feu.Ma marraine, il est vrai, ne m\u2019abandonnera pas.Mais.elle est mortelle comme tous les autres.Alors! \u2026.Tout en faisant ses réflexions, Mari- nette s\u2019était débarrassée de ses vêtements de voyage.Ele s\u2019assit à table, attira à elle un petit pâté de fois gras, le partagea en deux parties égales et s\u2019en délecta.Puis ce fut le tour d\u2019un oeuf poché à la gelée.Il y en avait deux; il en restait donc encore un pour Michelie.Elle goûta ensuite à la salade russe contenue dans un saladier de cristal.Vint le tour du Camenbert, qui était le fromage de prédilection de Michelle.Mari- nette n\u2019en raffolait pas, cependant, elle avait si bon appétit ce soir, qu\u2019elle en coupa un morceau, Puis les fruits eurent un égal succès.Comme elle se levait, étant suffisamment restaurée, un petit flaconnier à liqueurs attira son attention.Il contenait un carafon de Chartreuse et un de Cointreau.\u2014Peste! de la liqueur aussi! pensa la jeune fille.Elle se met bien Michelle! Décidément, elle se la coule douce! Allons, goûtons à ces nectars, mais pour mieux m\u2019en délecter, je vais passer au salon.Je serai bien plus à mon aise sur les coussins .Aussitôt dit, aussitôt fait.Et voici que, confortablement installée dans une bergère, Marinette en ouvrant distraitement une petite boîte de laque, qui se trouvait à sa portée, y trouva des cigarettes.\u2014Comment! s\u2019exclama-t-elle, Michelle fume?Ah! c\u2019est étonnant en vérité, car sur ce point elle était intransigeante, et n\u2019admettait pas une cigarette dans la bouche d\u2019une femme.Elle avait des idées préconçues contre certaines habitudes.Mais je m\u2019étais aperçue, à mon dernier passage, à Paris, qu\u2019elle se modernisait beaucoup.Ainsi je me demande où Mademoiselle est allée ce soir ?Sans doute avec des amies, à un de ces petits théâtres, où se jouent les nouveautés.pièces qui n\u2019ont rien de scandaleux, évidemment, car Michelle est sérieuse, ot n\u2019irait pas dans les mauvais endroits.Toutefois, il est fort probable que ces comédies ne seraient pas au goût des Polmar, Rovillers, et consors.Leur en parler serait les faire fuir, comme si le diable était à leur trousse ! A cette pensée, le rire frais de la jeune fille s\u2019égréna dans le salon.Puis, comme elle avait achevé son petit verre de liqueur, et fumé une cigarette, elle songea à défaire ses bagages pour la nuit.\u2014 Si Michelle est allée au théâtre, pensa-t-elle, elle ne rentrera pas avant minuit.Je ne vais pas l\u2019attendre pour faire un petit somme.Certes, elle va être étonnée dc me trouver là, puisque, soi-disant ,elle ne m'\u2019attendait que demain .Mais comme elle a le coeur solide, je n\u2019ai pas à craîndre que le saisissement lui occasionne une syncope ! Alors, Mlle de Bougival prenant sa valise, se mit en devoir de l\u2019ouvrir.x 4 \u201c Mimi, cesse donc de te lamenter! .Pardonnez-lui, chère amie, elle se conduit mieux que ça d'habitude, mais elle a été insupportable toute la semaine.\u201d \u201cNe la grondez pas, ma chère.Elle n\u2019avait pas faim.Quand mes enfants agissent de la sorte, c\u2019est parce qu'il leur faut un laxatif.Essayez donc du Castoria, ce soir.\u201d \u2018Merci de votre bon conseil, chère amie.Ce Castoria est merveilleux! Mimi est d'excellente humeur aujourd\u2019hui, et elle mange comme un loup!\u201d \u201cDes milliers de mamans partagent mon avis, ma chère Hélène.Le Castoria, voyez-vous, est préparé spécialement pour les tout petits.Il est souverain contre l'acidité opiniâtre de l\u2019estomac.Les purgatifs destinés aux adultes sont souvent trop énergiques pour l\u2019organisme délicat des enfants.mais le Castoria est bénin et SANS DANGER.Et\u2014ila bon goût!\u201d CASTORIA Le Laxatif des Enfants Des tout premiers jours à la 1lième année Le Castoria est particulièrement recommandé contre la colique causée par les gaz, la diarrhée résultant d'écarts de régime, la flatulence, l\u2019acidité et l\u2019aigreur stomacales.Il aide aussi puissamment à délourner les rhumes.206 , 22 \u2014 C\u2019est égal, pensa-t-elle, c'est fort ennuyeux que j'aie perdu ma clef ! Je suis obligée de faire sauter la serrure ! Il n\u2019y a pas d\u2019autre moyen.Puis, soudain, elle s\u2019exclama : \u2014 Ah ! ma pauvre valise, comme elle a été abîmée par le choc qu\u2019elle a reçu ! Elle était toute neuve, et ne dirait-on pas vraiment qu\u2019elle est usagée ?Je ne m\u2019en étais pas aperçue.Tout le dessous est éraflé, et les coins de même.Ah! c\u2019est sûrement cette longue dame en noir qui l\u2019a piétinée sans vergogne ! Elle était si pressée de descendre.C\u2019est trop fort.Je serais en droit de réclamer une indemnité à la Compagnie ! Et Marinette mécontente, s\u2019armant d\u2019un couteau, fit sauter la plaque de cuivre de la serrure.Mais comme le couvercle retenu par un ressort se soulevait de lui- même, un cri de stupeur s\u2019échappa de la bouche de la jeune fille.\u2014 Mon Dieu ! çà , c\u2019est le comble ! Ce n\u2019est pas ma valise ! Je ne m\u2019étonne plus maintenant qu\u2019elle ait cet aspect usagé.En effet, à la place du pyjama de soie rose qu\u2019elle avait mis au-dessus, Marinet- te en vit un orange, à ramages Verts.\u2014Dieu ! qu\u2019il est laid! s\u2019exclama-t- elle, en lançant à l\u2019autre bout de la pièce.La personne qui le porte n\u2019a guè- .re de goat! Et! bien, en voila une aventure ! Que faire?Demain matin j'irai à la gare rapporter cette valise.Mais la personne qui a pris la mienne sera-t-elle aussi consciencieuse ?Ma mallette renfermait des bijoux, l\u2019onglier d\u2019ivoire offert par ma marraine, ma montre en or.Tout cela représente une valeur que ce contenu-ci est loin d\u2019égaler ! Tout en faisant ses réflexions, Mlle de Bougival examinait chaque chose.C\u2019étaient, en partie, des vêtements d\u2019hommes, chemises, faux cols, chaussettes, etc.Il y avait aussi des rasoirs et objets de toilette divers.« Mon cher Michel » lut involontairement Marinette.Aprés une minute de réflexion, elle s\u2019écria : \u2014 Michel ! Mais c\u2019est le nom de mon compagnon de voyage ! C\u2019est ainsi, du moins, que son ami l\u2019a appelé.Cette valise serait done la sienne ?C\u2019est étrange! Comment ne s\u2019est-il pas aperçu de la substitution, avant que le train ne reparte ?Cet échange n\u2019aurait-il pas été fait à dessein ?Il avait cependant l'air très bien, ce Michel ! Mais on voit des choses si drôles à notre époque !'.Qui sait! C\u2019est peut-être bien un de ces filous, qui, sous une apparence d\u2019homme du monde, pille les voyageurs, les dévalise, et souvent les zigouille!.Brrr.Ce soupçon fit frissonner la jeune fille.Et la pensée qu\u2019elle avait peut-être été «refaite », la mit dans une grande colère.Alors, enlevant un à un chaque objet de la valise, elle les dissémina dans la pièce, les lançant à la volée, au risque de casser un des bibelots étalés sur les guéridons.\u2014Demain je saurai la vérité ! dit-elle rageusement.Si ledit Michel ne rapporte pas ma mallette à la gare, c\u2019est un vulgaire coquin.Oh! alors.si jamais il se retrouve sur mon chemin, il passera un mauvais quart d\u2019heure ! Et Michelle qui n\u2019arrive pas!.Si seulement elle était là, cela me soulagerait de lui conter mon aventure.D'abord, tout cela, c\u2019est la faute de la Compagnie !.Si son matériel ne datait pas du déluge, nous n\u2019aurions pas eu cette panne en plein champ.Les colis n\u2019auraient pas roulé pêle-mêle sous les banquettes, et je ne me serais pas trompée.Enfin! c\u2019est fait.Je ne puis rien pour l'instant, et je ne vais pas me morfondre ainsi toute la nuit.Le plus simple est de me mettre à l\u2019aise pour dormir, en attendant Michelle .Oui, mais ! .quel costume vais-je revêtir ?Je n\u2019ai pas mon pyjama ! Si seulement mon amie avait laissé son armoire ouverte, je lui eusse emprunté un peignoir, par exemple !.Mais les placards sont bien fermés, et je ne vois pas trace de clef ! Marinette avait secoué, mais en vain, la porte du bahut, et cherché dans les tiroirs si la clef n\u2019y était pas.Elle s\u2019impatientait.Et toutes les contrariétés de la journée, jointes à la fatigue du voyage, lui causaient maintenant un violent mul de tête.Il lui tardait de pouvoir se reposer.| La Revue Populaire \u2014 Que faire ?Que faire ?se lamen- tait-elle, en se déshabillant.Il n\u2019y a même pas une robe de chambre acero- chée au porte-manteau ! Soudain, son regard tomba sur le pyjama jaune et vert, qui pendait au bras d\u2019un fauteuil.Elle le saisit, l\u2019examina, constata qu\u2019il était propre, c\u2019est-à-dire venait d\u2019être lavé et repassé.Alors sans hésiter, elle s\u2019en vêtit.Puis, enfilant ses pieds dans les babouches trouvées également dans la valise, elle se mira devant une psyché.Aussitôt, sa nature primesautière reprit le dessus et elle éclata de rire, devant l\u2019image que lui renvoyait le miroir.\u2014 Que va dire Michelle, en me trouvant dans cet accoutrement, et en voyant un tel désordre dans son salon ?Une chemise d\u2019homme par ci, un caleçon par là, l\u2019étui à cigarettes devant la porte, des faux cols épars sur le tapis, deux cravates suspendues au bras du fauteuil.Car je n\u2019ai pas envie de ranger tout cela ce soir, 4 quoi bon ?.Mais elle n\u2019y comprendra rien, la pauvre !.et ce n\u2019est certes pas tout de suite, que je lui conterai mon aventure.Selon toute probabilité, je dormirai à poings fermés, quand elle rentrera.Et, comme pour attester qu\u2019elle avait sommeil, Marinette bailla.tout comme le concierge, quelques instants auparavant ! Ensuite, elle se jeta sur un divan, POPPI ICP OPIOID Extrait de Chaque heure a son visage ee.3 4 4 et moins de dix minutes après, elle dormait comme elle l\u2019avait prévu, à poings fermés.Chapitre V Marinette reposait si bien, qu\u2019elle n\u2019entendit pas la clef tourner dans la serrure de l\u2019antichambre, ni la porte s\u2019ouvrir, assez bruyamment pourtant.Elle resta également sourde aux pas qui résonnèrent dans le couloir.Mais soudain, la lumière jaillissant du plafonnier de cristal, la réveilla.Elle ouvrit les yeux une seconde, puis les referma aussitôt, éblouie par la clarté subite qui la surprenait en plein sommeil.Alors, à moitié endormie encore, elle murmura : \u2014 Enfin ! te voilà, Michelle! Ah! mon vieux coco, jai désespéré de te voir arriver.Et toi, tu ne t\u2019attendais pas à me retrouver chez toi ce soir, hein 7.Puis.repliant son bras sous sa tête, comme pressée de se rendormir, elle dit encore : \u2014 Allons, embrasse-moi ! Mais ne me demande pas d\u2019explications maintenant, car je meurs de sommeil !.Demain, nous causerons.Et comme le baiser demandé ne venait pas, Marinette, d\u2019un geste brusque, rejeta en arrière les bouclettes folâtres qui envahissaient son front, voilant en SOIR L\u2019ombre timide encor tremble dans les allées.Où de verts zézaiements s\u2019écroulent des feuillées.Le silence bleuit.Invisible, un pipeau Chante le couvre-feu chez l\u2019abeille, l\u2019oiseau.Par sillages errants l\u2019ombre fraîche parfume Les arbres, le clocher, les toits capés de brume.Le cri sec et frisant de la chauve-souris Sans doute va darder sournoisement la nuit; Le crapaud sourcilleux en a bavé sa joie Sur le pied brun du cep, sur la fraise de soie, Sans souci de la lune, à l\u2019oeil écarquillé, Dont la prunelle luit comme un galet mouille.C\u2019est l\u2019heure de la lampe, au rêve hospitalière; Mais son pas de velours traîne un pan de lumière \u2018 Plus troublant que ne fut la rumeur du plein jour, Car notre coeur humain bourdonne, guêépier sourd, Et la chair devient plus désarmée et fatale Que le rosier de nuit qui pleure ses pétales.Les Editions du Totem, Montréal, 1934.partie ses paupières, et ouvrit les yeux tout grands cette fois, en s\u2019écriant : \u2014 Serais-tu fachée, Michelle, de.Elle n\u2019acheva pas.Une stupeur indicible la paralysa l\u2019espace de quelques secondes.Mais, se ressaisissant soudain, elle se leva d\u2019un bond, s\u2019élança avec l\u2019agilité d\u2019une chèvre à l\u2019autre bout de la pièce, et là, arqueboutée contre une table qu\u2019elle semblait prendre pour rempart, elle lança d\u2019une voix rauque que la peur faisait trembler : \u2014 Au secours ! au voleur ! à l'assassin! Heureusement, les portes étaient bien fermées, et l\u2019appel de la jeune fille, assourdi par sa frayeur, ne pouvait guère donner l\u2019éveil chez les voisins.Cependant, l\u2019arrivant, qui n\u2019était nullement la Michelle attendue, et qu\u2019une stupeur égale avait jusqu'ici cloué sur place, intervint : \u2014 Je vous en prie, Mademoiselle ! N\u2019émeutez pas tout le quartier pour faire remarquer votre présence en ces lieux.\u2014 Mais c\u2019est la vôtre, Monsieur, la vôtre que je veux faire constater ! Que faites-vous iei ?Dans quelles intentions m\u2019avez-vous suivie ?La colère avait succédé à la crainte chez la jeune fille, et elle frappait ses pieds nus sur le tapis.\u2014 Mais, Mademoiselle, répondit l\u2019arrivant sans se départir de son calme, c\u2019est plutôt moi quz serais en droit de vous » > > d > > > > 4 MEDJE VEZINA Lee 4 4 4 \u20ac demander la raison de votre présence dans cet appartement !\u2026.\u2014 Que vous importe, Monsieur, pourquoi je suis venue chez Michelle ?Ah! que penserait-elle, si elle vous trouvait ici, avec moi ?Mais retirez-vous, Monsieur, retirez-vous donc ! Cette fois Marinette affolée, piétinait sur place.\u2014Soyez sans crainte, Mademoiselle ! Votre amie Michelle avec deux LL et un e muet, je n\u2019en donte pas, ne viendra pas vous surprendre ! \u2014 Et comment le savez-vous ?Vous la connaissez donc?Lui auriez-vous joué un vilain tour, à elle aussi ?Et feriez-vous partie d\u2019une de ces bandes de malfaiteurs qui font parler d\u2019eux du Nord au Midi, de l\u2019Est à l\u2019Ouest, et que la police recherche ?.Ceci expliquerait la disparition de ma mallette.Un éclat de rire du jeune homme, qui n\u2019était autre que le complaisant compagnon de voyage de Marinette, interrompit ces propos véhéments.\u2014 Rassurez-vous, Mademoiselle! Je n\u2019ai aucune accointance avec les filous dont vous parlez.Je vous ai cherché à la sortie de la gare, pour vous rendre votre valise, que j'avais, en effet, prise par mégarde, à la place de la mienne.Mais vu l\u2019affluence des voyageurs, je n\u2019ai pu vous apercevoir.Alors, j'ai con- Mai 1934 fié le colis en question au sous-chef de gare.Demain vous pourrez le reprendre, soyez persuadée que vous le trouverez dans l\u2019état où vous l\u2019avez laissé ! Quant à moi, je ne puis vous en dire autant, car je m\u2019apercois que vous avez dispersé mes affaires aux quatre vents.Cette réflexion apaisa soudain la jeune fille, qui rougit et perdit contenance, en se rappelant qu\u2019elle avait endossé le pyjama et jeté épars les vêtements et les objets qui lui étaient tombés sous la main.\u2014 Ah ! Monsieur, dit-elle, confuse, j\u2019étais en effet si mécontente de la substitution, que j'aurais bien envoyé votre valise par dessus les toits !.Pour comble de malheur, Michelle avait fermé ses placards.Elle ne m\u2019attendait que demain.si j'en crois ce que m\u2019a dit le concierge.Alors.n\u2019ayant pas mes affaires, et ne sachant que mettre pour la nuit, j'ai tout simplement pris ce vêtement, qui était fraîchement repassé.Si j'avais su que vous teniez à avoir vos affaires ce soir.Puis soudain, se frappant le front comme rappelé à la réalité elle s\u2019écria \u2014Mais voyons, il y a des choses que je ne m\u2019explique pas.Ne pouviez-vous pas attendre à demain pour reprendre votre bien ?En tous cas, comment sa- viez-vous que vous le trouveriez ici?Et comment êtes-vous entré ?Auriez-vons un passe-partout ?\u2026.Le jeune homme sourit.\u2014Te vois, Mademoiselle, que je n\u2019ai pas tout a fait réussi a faire tomber vos préventions à mon égard.Rassurez-vous, je n\u2019ai nullement besoin d\u2019employer un moyen de fortune pour pénétrer « chez moi».J\u2019ai la clef de «mon» appartement, c\u2019est assez naturel !.\u2014 Chez vous ?.Votre appartement?répéta Marinette abasourdie.Ah! çà, Monsieur, trêve de plaisanterie! Vous vous moquez de moi, ma parole !.\u2014 Pas le moins du monde, Mademoiselle ! Aussi, je vous en prie ne vous remettez pas ainsi en colère ! EÉcoutez- moi: il y a eu confusion de votre part.Cette garçonnière est mon gîte, et non celui de votre amie Michelle.avec deux LL et un E muet.\u2014 Mais alors ! .Je me suis trompée d\u2019étage ?Cela m\u2019étonne.J\u2019ai suivi les indications du concierge.\u2014 Voulez-vous me dire le nom de votre amie ?\u2014 Michelle de Vergne ! \u2014 Similitude étrange, en vérité! Je m'appelle Michel Deauvergne.Mais je ne vois aucun autre locataire, homme ou femme, dans cet immeuble, dont le nom rappelle le mien.\u2014 Mais alors 7.\u2014 Votre erreur a fauté sur le numéro de la maison, sans doute ! \u2026.\u2014 Non, non, non ! déclara Marinette, dont les petits pieds nus recommençaient à battre le tapis.C\u2019est bien 72, j'en suis sûre.Seulement.peut-être.\u2014 Vous vous êtes trompée de rue ?.Je ne m\u2019explique pas la chose autrement.\u2014 Hélas ! Je commence à le croire.J'avais tant soit peu oublié l\u2019adresse de Michelle, et, par malheur, j'avais rangé dans ma valise sa dernière lettre.Mais, alors, c\u2019est extraordinaire, Monsieur, que votre concierge m\u2019ait remis la clef.Il semblait averti de mon arrivée, quoique pour demain seulement.Vous attendez donc quelqu\u2019un ?\u2014 En effet, ma soeur doit arriver demain.\u2014 Dieu! quel imbroglio! Mais.votre concierge ne la connait donc pas ?\u2014 II est ici depuis deux mois seulement.\u2014Tout s\u2019en mêle, en vérité.Et vous Paviez prévu ?\u2014Oui ! n\u2019étant pas sûr d\u2019être de retour, j'avais donné des ordres à ce brave homme, pour qu\u2019il laisse entrer ma soeur chez moi.Et naturellement, je lui avais donné le signalement de la personne en question.Or, elle est comme vous, de taille moyenne, brune, les yeux noirs.\u2014 Bah! si vous croyez qu\u2019il a vu la couleur de mes yeux et de mes cheveux.Il dormait quand je suis arrivée, et j'ai cru qu\u2019il allait se décrocher la mâchoire à force de baîller, quand il sortit de sa loge, pour me parler.Il a vu une jeune fille, et çà lui a suffi.Mais vous feriez bien de ne pas donner trop souvent d\u2019ovdres de ce genre.Le pauvre homme introduirait aussi bien chez vous une voleuse de profession, sans y voir clair. Mai 1934 \u2014 Cela m\u2019étonnerait ! Il est assez méfiant.Et, si endormi qu\u2019il fût, il avait, j'en suis certain, assez de présence d\u2019esprit pour reconnaitre a votre mine, que vous étiez une honnéte personne.Tel fut aussi, mon avis, croyez-le bien, Mademoiselle, quoique votre présence chez moi, et l\u2019accueil à la fois aimable et trop familier que vous me fites à votre réveil, éussent pu, certes, me faire porter sur vous un jugement moins favorable.Un sourire légèrement narquois soulevait la lèvre supérieure du jeune homme, qu\u2019une fine moustache brune bordait., Cette allusion aux paroles qu elle avait prononcées en ouvrant les yeux, jeta de nouveau le désarroi dans l'esprit de la jeune fille.oo \u2014 Ah! Monsieur, gémit-elle, préte a pleurer, j'étais si loin de me douter.Comment aurais-je pu soupçonner ma méprise au sujet de Yappartement ?Je me l\u2019explique maintenant par cette similitude de noms, entre vous et mon amie.Mais la cause première de tout cela, est que j'ai dû confondre les rues.Pai le vague souvenir que Michelle habitait dont le nom commençait une rue.\u2018 Saint.par.Faubourg.Jacques peut-être._ Dans ce cas, Mademoiselle, vous seriez aux antipodes du quartier ou vous pensiez vous rendre !.\u2014 Quelle étourderie de ma part! \u2014 Cette aventure eût pu arriver a tout le monde, Mademoiselle, car les circonstances se sont enchaînées de façon à vous confirmer dans votre erreur.Et si je n\u2019avais pas prévenu mon concierge de la prochaine arrivée de ma soeur, il ne vous eût pas laissé entrer .\u2026 Vous vous seriez peut-être rendu compte de votre méprise, et à l\u2019heure actuelle vous dormiriez paisiblement chez votre amie.; \u2014 Eh ! bien, s\u2019écria Marinette, soudain de mauvaise humeur, maintenant je n\u2019ai plus le désir de rejoindre Michelle.11 ne me reste qu\u2019une chose à faire : prendre la poudre d\u2019escampette.Aussi, sans perdre une minute, je vais me rhabiller dans l\u2019antichambre.Puis, j'irai à Orsay attendre le premier express, et je filerai sur Bordeaux, sans tambour ni trompette.D\u2019écrirai à mon amie que j'ai changé d\u2019idées, voila tout !.\u2014 Mais, c\u2019est impossible.Vous ne pouvez songer à vous rendre à la gare maintenant.Evidemment, je vous y accompagnerai ; toutefois, cela n\u2019atténuerait pas la fatigue de cette longue marche à pied.Car il ne faut pas espérer trouver une voiture à cette heure tardive.En- tendez-vous les trois coups qui sonnent à l'horloge de l\u2019église voisine ?Il est donc plus raisonnable d\u2019attendre le jour.Alors, nous irons chercher votre valise, et je vous conduirai à Orsay.\u2014 Je vous remercie, Monsieur !.Je suis vraiment confuse de tout le dérangement que je vous oecasionne .Je vais donc me rhabiller.Mais après, en attendant le jour ?.Je ne puis cependant.\u2014 Après ?Eh! bien, Mademoiselle, pour passer le temps, nous souperons, nous causerons ! Vous verrez que les heures passeront très vite.Pour moi, je vous assure que cette petit aventure m\u2019a aiguisé l\u2019appétit, et je ferai honneur au souper que mon concierge a dû me préparer.\u2014 Mais qu\u2019hélas ! j'ai fort endommagé, je dois vous l\u2019avouer tout de suite, Monsieur ! Je me croyais chez mon amie, et comme je suis assez libre avec elle, je me suis permis de.\u2014 Qu\u2019importe! Le malheur est réparable ! Je ne manque pas de provisions.En attendant que vous soyiez prête, je vais réorganiser notre repas.Ceci dit, Michel Deauvergne passa dans la salle à manger, où quelques minutes après, Marinette vint le rejoindre.Ce souper improvisé fut très gai.Mari- nette avait repris tout son aplomb.Ils causèrent de choses et d\u2019autres.La jeune fille amusait son hôte par sa verve et ses réparties spirituelles.Elle était au courant des actualités, lisant de nombreuses revues.Comme elle parlait littérature, la sûreté de son jugement étonna le jeune homme.\u2014 On ne croirait jamais, que vous avez été élevée en province, Mademoiselle, lui dit-il.\u2014 Oh! Monsieur, Bordeaux ne peut être considéré comme ville provinciale.C'est un second Paris! Saint.La Revue Populaire 23 \u2014 Bordeaux ?.Evidemment, mais je pensais que vous habitiez.\u2014 La ville où vous m\u2019avez vue monter dans le train ?Non pas, je n\u2019y étais que pour quelque temps.\u2014 Bordeaux est donc votre résidence habituelle ?\u2014 Pas davantage.J\u2019y ai été élevée en pension; c\u2019est tout.\u2014 Alors, serait-ce indiscret de vous demander où vous habitez maintenant ?\u2014 Oui, et non \u2026 C'est-à-dire .J'aime mieux ne rien vous dire.car, vous comprenez.après une telle aventure!.\u2014 Oh! ne craignez rien, Mademoiselle ! vous pouvez, à ce sujet, compter sur ma discrélion absolue.\u2014 Je vous remercie, Monsieur, et ne doute pas de votre bonne foi.Mais, voyez-vous, si un jour le récit de mon équipée arrivait aux oreilles de certaines personnes .que je ne puis nommer.on serait capable de m\u2019exorciser!.Le jeune homme se mit a rire.\u2014 On est donc bien sévére, dans votre patelin ?\u2014 Ah! moi, vous pouvez le dire.un patelin ! \u2014 Dont j\u2019eusse cependant bien aimé savoir le nom.Marinette hésita, puis bravement : \u2014 Eh bien, non !.décidément, je préfère ne pas vous le révéler.Si vous voulez que nous en parlions, désignons- le, pour les commodités de la conversation, d\u2019une appellation quelconque.Voyons.Tenez, disont « Chapy>.voulez-vous ?\u2014 Parfaitement, et les habitants s\u2019appelleront ?\u2014 Des Chapinois.\u2014Michel Deauvergne rit de nouveau, tout en dégustant son pâté.Il s\u2019amusait royalement.Elle était si drôlette, cette petite Marinette ! drôlette et gentille ! \u2014 Ne pourriez-vous me faire une description du patelin ?reprit le jeune homme.\u2014 Volontiers.Chapy ressemble en somme a toutes les autres villes de province.Quartiers neufs avec rues spacieuscs et larges ou habitent les rentiers.Vieux quartiers ou s'alignent des maisons deux et trois fois centenaires.De beaux boulevards séparent le neuf de l\u2019ancien.Au centre, une immense cathédrale dont les .Chapinois sont fiers, à juste titre, je dois en convenir, car elle est très belle.Ajoutez à cela des magasins construits sur le type de ceux de Paris, mais qui n\u2019en sont en réalité que les caricatures.et vous aurez ainsi une vague idée de notre cité.\u2014 Vague, en effet ! Ce n\u2019est certes pas avec ces renseignements que je pourrai l\u2019identifier parmi nos villes françaises ! \u2014 Que voulez-vous ! je ne puis vous en dire plus.si ce n\u2019est qu\u2019il y a beaucoup de filles à marier ! Même celles qui frisent la quarantaine, ne désespèrent pas de trouver chaussures à leurs pieds.Aussi, si le coeur vous en dit.\u2014 Merci bien ! s\u2019exclama Michel Deau- vergne en riant de tout son coeur.Mais comme je n'ai pas encore vu mon trentième printemps, je ne cherche pas une femme ayant coiffé Sainte-Catherine depuis si longtemps ! \u2014 Oh! il y en a de jeunes aussi, et vous n\u2019auriez que l\u2019embarras du choix.\u2014 Pour cela, il faudrait me rendre sur les lieux.Or, ignorant le véritable nom de ce nid d\u2019oiselles, je me résignerai a chercher ailleurs.Du reste, je vous avoue en toute simplicité, que je suis fort difficile.\u2014 Pas plus que moi! \u2014 Vraiment ?Et serait-ce indiscret de vous demander comment vous concevez votre idéal ?\u2014 Bah ! c\u2019est encore assez vague.Mais qu\u2019importe le physique ?Qu\u2019il ne soit pas laid, cela suffit.L\u2019important à considérer, c\u2019est le caractère les principes et les goûts.Il faut une certaine similitude sur ces trois points, si l\u2019on vent s\u2019accorder en ménage.C\u2019est pourquoi j'abhorre les mariages de convention, qui se font à la suite d\u2019entrevues où les deux partis se trompent mutuellement, en vue de se plaire.\u2014 Vous avez de très bonnes opinions.Mais dans votre belle ville de Chapy, au- eun prétendant ne saurait-il vous convenir ?\u2014 Aucun.Et pourtant, que de personnes respectables cherchent à me marier ! Je suis la bête noire des mères de famille! Elles me feraient épouser, si c\u2019était possible, un Chinois ou un Prince nègre.Le fromage à dessert favor: du Canada V ous aimerez certainement le Roquefort à la Crème La saveur délicieuse du Roquefort à la Crème semble être faite sur commande pour ceux qui recherchent un régal vraiment différent en ce qui concerne les fromages.Ce fromage est juste à point \u2014 doux et cependant piquant \u2014 d'une richesse crémeuse qui donne un goût nouveau au goût familier du roquefort.Régalez-vous avec ce nouveau fromage à dessert, fait par les producteurs de Chateau.Chateau Cheese Co.Limited, Ottawa, Canada.L\u2019ARISTOCRATE DE LA FAMILLE DES FROMAGES COUPON D'ABONNEMENT \u2014 La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois ( Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90 cents pour 6 mois) d\u2019abonnement à la REVUE POPULAIRE.Nom Adresse POIRIER, BESSETTE CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, MONTREAL, Canada \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014 \u2014 \u2014\u2014 a \u2014\u2014\u2014 -\u2014 = -\u2014 \u2014\u2014\u2014__ \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 24 Des GÂTEAUX \u201c.comme Maman les fait ! VOUS savez quelle sorte! Bien brunis et si légers! Et le secret réside dans le levain.C\u2019est pour cela que les bonnes cuisinières emploient le Soda à Pâte \u201cCow Brand\u2019 \u2014 il agit i la façon d\u2019un parfait levain dans la confection de gâteaux, biscuits et gaufres qui sont agréables à voir et encore meilleurs à manger.PETITS GATEAUX AUX FRUITS qui Fondent Tout Simplement dans la Bouche = tasse de cassonade tamisée, tassée dur œufs bien battus tasse de dattes, 2 tasses de farine à pâtisserie tamisée 1 c.à thé de Soda à Pâte \u2018Cow \u2014N Brand\u201d coupées fin ta ©.à thé de sel 1 fasse ue rase 1\u20ac.à thé de can- 1% tasse de citron nelle eristallisé, tran- Ye c.à thé de ch \u2018\u201c\u2018 alispice ?25 de tasse de lait Ya t.de beurre ou 113 c.à soupe de de \u2018'shortening\u201d vinaigre Tamisez la farine une fols, mesurez, ajoutez le soda à pâte, le sel et les épices, uis tamisez le tout trois fois.Pétrissez e beurre avec une cuiller jusqu\u2019à consistance crémeuse.Ajoutez le sucre graduellement, battant aprés chaque addition jusqu\u2019à consistance très légère.Ajoutez les œufs.Mélangez bien, Ajoutez les fruits et les noix.Combinez le vinaigre et le lait.Ajoutez la farine alternativement avec le lait, une petite quantité à la fois, en battant Jusqu'à amollissement après chaque addition.Faites cuire dans des moules à petits gâteaux, à four modéré (3750 F.) pendant 20 à 25 minutes.Fait 3 douzaines de petits gâteaux.Toutes les mesures de cuillerées sont rases.Le Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d est du Bicarbonate de Soude pur et il est également bon pour fins médicinales et culinaires.Faites venir ces brochurettes GRATUITES CHURCH © DWIGHT LIMITED 2715, rue Reading, Montréal, P.Q.Veuillez m\u2019envoyer vos brochurettes gratuites décrivant les utilisations du Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u201d pour Hns médicinales et culinaires.Nom Adresse eee - METTEZ VOS NOMS ET ADRESSE R-13 EN IMPRIME 38RF La Revue Populaire afin de m'éloigner le plus tôt possible de leurs enfants.Michel Deauvergne riait à gorge déployée.\u2014Et pourquoi cela?quand il fut calmé.\u2014 Parce que je suis ce que l\u2019on appelle «une jeune fille moderne» et que l\u2019on craint l\u2019influence néfaste de mon exemple, pour les jeunes « momies chapinoi- ses », élevées dans les principes de l\u2019an 1840.Aussi, je soupçonne les vénérables maîtresses de maison, imbues de préjugés, d\u2019avoir chargé une de nos amies, qui a la manie de marier les gens, de les débarrasser de ma personne, en me trouvant un parti.Et c\u2019est un peu pour me soustraire à ces manigances .matrimoniales, que j'ai résolu cette fugue à Paris, où j'avais quelque idée de rester, en cherchant une place, comme l\u2019a fait Michelle .\u2014 Votre amie travaille ?\u2014Oui, et je suis, je crois, la seule, parmi les Chapinoises à l\u2019approuver.Michelle appartient à une famille peu fortunée, elle a préféré prendre son indépendance que de rester à la charge de sa mère, en tirant le diable par la queue.Maintenant, grâce à sa jolie situation, elle peut envoyer chaque mois, une petite somme qui permet à la pauvre femme de mettre du beurre dans les épinards .Ne trouvez-vous pas que Michelle a eu raison ?\u2014 Je suis tout à fait de cet avis.Le travail ne déshonore pas, au contraire.De nos jours, la femme célibataire doit se suffire à elle-même.Ma soeur vient à Paris dans ce but.Et pourtant, autrefois, demanda-t-il, dans notre milieu social, jamais une jeune fille de son âge n\u2019aurait osé quitter la maison paternelle.\u2014 Je suis très contente de voir que vous partagez mes idées, à ce sujet.Les Chapinois ont tant critiqué Michelle, qu\u2019un instant, j'ai redouté un refus de la part de mes parents.Car, bien entendu, je leur ai touché un mot de mes intentions.\u2014 Alors, ils vous ont approuvée.\u2014 Ts n\u2019ont dit ni oui ni non.Il me sera donc facile de les convaincre par Ja suite, surtout mon père qui a les idées très larges.Mais pour l'instant, je renonce à mon projet, puisque je vais filer sur Bordeaux sans donner signe de vie à Michelle.Arrivée à destination seulement, je lui écrirai.Elle ne sera pas étonné de cete lubie, me connaissant.Mais comme je suis décidée à travailler par la suite, je lui demanderai de commencer à me chercher une place.\u2014 Que fait votre amie ?\u2014 Elle est sténo-dactylo, dans une grande maison de commerce.\u2014 Avez-vous les mêmes aptitudes ?\u2014 Ma foi, non ! je ne possède que mon bachot, qui est à la mode du jour d\u2019ailleurs.\u2014 Avez-vous quelque idée sur le genre de travail que vous pourriez faire ?\u2014 Pas davantage.Je me ferais aussi hien gouvernante d\u2019enfants, dame de compagnie d\u2019un vieux Monsieur ou d\u2019une septuagénaire, comptable et même dactylo après avoir pris des leçons.\u2014 Postes bien différents les uns des autres!.Avec cette latitude, vous trouverez facilement un emploi.Tout en parlant, ils avaient fini de souper, et confortablement assis dans un des fauteuils du salon, où ils étaient revenus, ils fumaient des cigarettes.Michel Deauvergne admirait les charmes de la jeune fille, ses gestes souples, toute la grâce qui émanait de sa petite personne.Il lui avait demandé ce que faisait son père.Mais Marinette, désireuse de conserver entièrement son incognito, avait répondu évasivement, avec un éclair de malice dans ses yeux noirs: \u2014 C\u2019est un retraité du gouvernement.Plusieurs fois au cours de la conversation le jeune homme avait tenté, par quelques allusions discrètes, d\u2019avoir das renseignements plus précis sur la famille de sa convive.Mais celle-ci évinçait les questions cherchant toujours à le dérouter.Marinette était véritablement inquiète à la pensée que son hôte pourrait, un jour, raconter son aventure.Après tout, elle ne le connaissait que depuis quelques heures; et, quoiqu\u2019il lui eût paru de bonne foi, en l\u2019assurant de sa discrétion, elle préférait, par prudence, ne pas le mettre sur la voie.Comme l\u2019avait dit Michel Deanvergne, cette nuit s\u2019acheva vite.plus vite peut- être qu\u2019ils ne l\u2019auraient voulu l\u2019un et l\u2019autre.Et quand le jour filtrant à travers les persiennes fermées vint ajouter sa lueur à celle des ampoules électriques, Marinette se levant, dit à regret : \u2014 Monsieur, nous oublions l\u2019heure, il me semble ?Il est temps que je songe à partir, si je ne veux pas manquer l\u2019express de Bordeaux.D\u2019autant plus qu\u2019il faut aller, auparavant, chercher ma valise.\u2014 Soit, dit le jeune homme avec un égal regret.Je mets mon pardessus et.\u2014 Je vous en prie, Monsieur.il est inutile que vous m\u2019accompagniez ! \u2014 Mais Mademoiselle.\u2014 Non, non.N\u2019insistez-pas, vous me contrarieriez.Je ne voudrais pas que l\u2019on puisse me rencontrer en votre compagnie à cette heure matinale.Mon aventure est déjà si étrange.mieux vaut qu\u2019elle se termine là.Je ne veux pas risquer de la compliquer davantage.Les gens ont si mauvaise langue !.\u2026 \u2014 Oh! pour cela, je crois que vos craintes sont excessives, Mademoiselle.A Paris, on a l\u2019esprit large, et les gens ne sont pas, comme en province, à l\u2019affüt de tout ce qui passe pour le raconter en-\u2019 suite et l\u2019amplifier.Et ce serait bien un hasard, si nous rencontrions des connaissances.Paris est grand.Enfin, je ne veux pas vous contrarier, et je m\u2019incline devant votre désir, mais avec peine, croyez-le bien ! Laissez-moi seulement aller vous chercher une voiture.Puis j'entrerai dans la loge du concierge et lui tiendrai conversation pendant que vous partirez, afin qu\u2019il ne vous voit pas au grand jour.Ne vous inquiétez pas à son sujet; je me charge de lui conter un boniment pour arranger les choses.Le bonhomme est crédule, comme tous les êtres dépourvus d\u2019intelligence.L\u2019explication me sera facile à donner.\u2014 Je vous remercie, Monsieur! dit Marinette, en tendant à son hôte, sa petite main qu\u2019elle venait de ganter.Je vous remercie de votre complaisance, et surtout de l\u2019accueil hospitalier, fait à l\u2019intruse que je fus.involontairement.Enfin, je m\u2019excuse du dérangement que vous ai occasionné, et des soupçons que j'ai manifesté à votre égard.J'espère que vous ne m\u2019en garderez pas rancune.\u2014 Oh! certes non, Mademoiselle! Dans une telle circonstance, vos doutes étaient compréhensibles.Maintenant, avant de vous quitter, laissez-moi vous redonner l\u2019assurance que, cette porte franchie, je suis censé ne vous avoir j*- mais vue.Les rencontres de l\u2019existence sont parfois si imprévues.Qui sait ?Un jour, la destinée peut diriger mes pas vers la prétendue ville de Chapy, que, pour l'instant, il me serait difficile de caser à l\u2019Est ou à l\u2019Ouest, au Nord ou au Sud.De vous, je ne sais rien et ne dirai jamais rien.Je garderai pour moi seul, le souvenir d\u2019une charmante petite.Chapinoise, différente de ses compatriotes, d\u2019après le portrait qu\u2019elle m\u2019en fit.car certes, vous n\u2019avez pas l\u2019aspect d\u2019une momie.\u2014 Pas assez peut-être ! répondit Ma- rinette en riant.C\u2019est à peu près le reproche que l\u2019on me fait, en me jugeant trop «moderne».Maintenant, adieu, Monsieur et encore merci! \u2014 Adieu, Mademoiselle ! Michel Deauvergne porta alors à ses lèvres la petite main qui, lui sembla- il, tremblait légèrement.Illusion peut- être ?.Leurs regards se rencontrèrent.Un instant, les prunelles sombres de Marinette restèrent attachées sur celles, couleur d\u2019eau verte, du jeune homme.Puis, elles se détournèrent, comme dési- 1euses de dérober les pensées de ce petit cerveau de dix-huit ans.Michel Deauvergne descendit prestement l\u2019escalier pour aller chercher un taxi, qu\u2019il fit arrêter à quelque distance de l'immeuble.Puis il entra dans la loge du concierge, tandis que la jeune fille traversait en trombe le couloir et rejoignait l\u2019auto.Quand Michelle ressortit, quelques secondes plus tard, pour voir s\u2019éloigner la voiture, il aperçut à la portière une petite tête brune, qui regardait dans sa direction.Puis, une main mignonne s\u2019agita dans l\u2019air en signe d\u2019adieu.Et enfin, l\u2019auto disparut .Le jeune homme remonta alors chez lui.Et voici que, soudain, il eut une sorte de vague à l\u2019âme, un serrement de coeur en entrant dans sa garçonnière, égayée, un instant auparavant, par le babil jeune et frais de Marinette.Secouant cette impression, il se mit a ranger le désordre de la pièce, ramassant Mai 1934 les objets, que, dans sa colère enfantine, la jeune fille avait disséminés de côtés et d\u2019autres.\u2014 C\u2019est égal ! pensait-il en lui-même, elle est charmante ! Moi qui n\u2019aime pas les jeunes filles modernes, j'avoue que celle-ci m\u2019a conquise.Mais à quoi bon arrêter ma pensée sur elle ?Mieux vaut Toublier.Il est probable que je ne la rencontrerai plus jamais.J\u2019ignore la ville ou elle habite .baptisée « Chapy » pour les besoins de la conversation, et je ne puis arpenter la France, à la découverte d\u2019une jouvencelle de passage ! Et puis.peut-on juger une personne en quelques heures ?.Les femmes sont tellement dissimulatrices .Est-elle bien, au fond, la jeune fille honnête et droite qu\u2019elle m\u2019a paru être ?Jusqu\u2019alors, j'étais réfractaire au mariage .Et, ne voilà-til pas, qu\u2019une brunette éveillée et pétillan- et d\u2019esprit, m\u2019a subjuguée ?Ses yeux noirs, comme deux charbons étincelants, m\u2019ont véritablement fasciné ! Mais, chassons ces folles pensées.Et au travail! Et Michelle Deauvergne, ayant achevé ses rangements, souleva une draperie orientale, derrière laquelle se dissimulait une porte que Marinette n\u2019avait pas vue; il entra alors dans un atelier de peinture.Sur un chevalet, une oeuvre ébauchée attendait un dernier coup de pinceau, pour prendre tournure.Le tableau devait représenter une jeune fille accoudée à un arceau fleuri de roses.Or, il manquait le visage de l\u2019héroïne.Les cheveux, d\u2019un noir aux reflets jeunes encadraient un ovale indécis, on les traits avaient dé étre récemment effacés avec intention.\u2014 Cette fois, j\u2019ai mon type! s\u2019écria Michel ,Deauvergne en saisissant sa palette.Je vais reproduire le visage de la petite Chapinoise.Ses traits semblent suffisamment gravés dans ma mémoire.Et d\u2019un vigoureux coup de pinceau, qui révélait l\u2019artiste, il commença son travail.Moins de deux heures après, une Marinette, aux yeux pétillants de malice, souriait dans l\u2019encadrement de roses.Les lèvres pourpres, entr\u2019ouvertes, laissaient entrevoir les dents perlées, et creusaient dans des joues de mignonnes foseettes.Accoudé a une table, de loin, Michel admirait son oeuvre .\u2014Je Pintitulerai «Une jeune fille inconnue > dit-il.Et, satisfait de ce titre, autant que de son travail, il rangea ses couleurs, puis s\u2019en fut, tout joyeux, retrouver des camarades auxquels il annonça qu'il avait enfin donné à son personnage un visage humain.\u2014FEt qui donc t\u2019inspira ?demandè- rent-ils.\u2014 L\u2019hétoïne d\u2019un rêve que je fis cette nuit .Puis il changea le sujet de la conversation, de crainte de donner l\u2019éveil à ses compagnons.DEUXIEME PARTIE Chapitre I Journal de Marinette Le 18 décembre.Quelle étrange aventure fut la mienne! Et n\u2019est-ce pas elle qui m\u2019incite a prendre la plume pour transcrire mes impressions ?Mais combien plus étrange encore, l\u2019idée qui m\u2019est venue de prendre ce gros cahier et de débuter à la première page en y inscrivant la date de ce jour ! Ai-je vraiment l'intention de commencer un journal ?.Je n\u2019en * sais rien moi-même.Nous ne sommes plus au temps du « romantique ».Qu\u2019importe ! J\u2019éprouve un besoin irrésistible de parler de ma rencontre avec Michel Deauvergne, rencontre qui s\u2019est produite dans de si bizarres circonstances.Et faute de pouvoir me confier à un coeur ami, jy vais de ma prose.En l\u2019occu- rence, mon confident sera ce volumineux régistre où 300 feuilles s\u2019empilent dans une couverture en cartonnage épais d\u2019un rouge brique tacheté de bleu pervenche, couleurs bariolées, à la mode du jour, c\u2019est-à-dire sans harmonie.Michelle Deauvergne ! .Je l\u2019appelle par son nom, sans plus de façon.Au fait, qu\u2019importent les convenances en cas pareil?Je n\u2019ai pas l\u2019intention de faire éditer pour le public, le récit de mon escapade dans la capitale.Il est donc inn- tile que je donne à mon hôte d\u2019une nuit, un pseudonyme d\u2019emprunt comme je le fis pour la petite ville où pèrè, en digne Mai 1934 retraité du gouvernement, a fixé ses pénates.Et je ris tout seule en songeant qu\u2019à cette heure, Michel Deauvergne que j'ai réussi à intriguer, se creuse peut-être la tête pour savoir où réside la petite intruse que je fus involontairement.Je me le représente penché eur une de ces grandes cartes d\u2019automobiliste, où sont indiqués les plus petits villages.Une lampe à la main, il y déchiffre tous les noms, les points les uns après les autres, dans l'espoir d\u2019y trouver un quelconque anagramme susceptible d\u2019être la prétendue ville de Chapy.\u2014 Hélas ! Monsieur Michel !.Vous allez du Nord au Sud, de l'Est à l\u2019Ouest, sans savoir où vous arrêter ?Que ne puis- je diriger votre main et vous montrer l\u2019endroit où elle doit se poser ! Sotte que je fus, après tout, de vous laisser ainsi dans ignorance! Mais aussi, pourquoi n\u2019avez-vous pas insisté davantage pour obtenir satisfaction ?Pourquoi ?Ah! pauvre Marinette ! Ton imagination te leurre ! Qu'importe à cet inconnu, compagnon de quelques heures, ton nom et ton adresse?Il ne doit pas plus se soucier de tes origines, que la cigarette qu\u2019il jette aux cendres, après l'avoir fumée aux trois-quarts.Comme elle, tu lui fis passer un moment agréable.Ou encore, semblable au petit oiseau qui vient chanter sur l\u2019appui d\u2019une fenêtre, tu passas chez lui, joyeuse et légère, l\u2019amusant, l\u2019intriguant même.Puis, tu repris ton vol, et lui ses occupations.Alors, à quoi bon penser à lui davantage.Chasse-le de ton souvenir.Tel est le raisonnement que je me fais chaque soir en m\u2019endormant.Et chaque matin mes résolutions s\u2019envolent comme éparpillées par la fumée d\u2019aurore.Malgré mes efforts, mon esprit me ramène sans cesse près de Michel.Je me revois dans le compartiment où il fut si prévenant pour moi, puis sur les voies où tous deux nous allions, cherchant à nous caser .pour nous séparer ensuite brusquement.Et surtout, je me représente sa maison, où nous nous retrouvâmes d\u2019une façon si étrange.Ce sont ces derniers instants, que je me plais surtont à revivre par la pensée.Je le revois affable et accueillant, malgré mon algarade absurde.Fin, distingué et spirituel, il causait avec cette aisance qui révèle l\u2019homme du monde.Je me rappelle ses paroles, ses moindres gestes.Le sourire un peu narquois qui égaya son visage, lorsque je lui eus débité ma kyrielle d\u2019injures, me donne de nouveau l\u2019envie de piétiner sur place.Mais comme chez lui, je me sens encore en quelque sorte, fascinée par l\u2019expression de son regard.Il me semble voir passer sur moi, les prunelles aux lueurs changeantes, claires ou sombres, selon les reflets de la lumière.Et je cherche comment je les préfère.presque bleues ou noires, dans l\u2019ombre, la pupille se dilatant démesurément.ou en pleine lumière, avec des teintes d\u2019horizon voilé de brume.Mais foncées ou transparentes, qu\u2019importe !.Le regard surtout m\u2019a conquis .Et ce sont ces yeux, très beaux, qui, tels deux aimants, semblent m\u2019attirer sans cesse.C\u2019est une véritable obsession.Plus je cherche à fuir cette attirance, plus elle me semble fascinante et dominatrice.Ah! je voudrais être le petit oiseau auquel je me comparais tout a l\u2019heure, pour voler vers « lui 3, me poser sur l\u2019appui de sa fenêtre et le contempler à son insu.Je lui chanterais alors à ma façon, tout ce que mon coeur ressent.Puis je tacherais de deviner à ses attitudes, si lui aussi pense à moi.Mais trève à ces folles pensées! Pourquoi laisser vagabonder mon imagination, au sujet d\u2019un homme rencontré par le plus grand des hasards, et dont j'ignore tout: ses origines, sa famille et sa vie privée ?Selon toute probabilité, lui, à cette heure, ne se soucie guère de son étrange visiteuse nocturne .incident quelconque et vite oublié, dans lu vie active et enfiévrée de la capitale .Le 23 décembre.Huit jours se sont écoulés depuis cette aventure.Et son image, loin de s\u2019effacer de mon esprit, est de plus en plus vivace.Toujours présent, ¢ils est la cause de mille étourderies dont je ne suis pas coutumière, ce qui étonne fort La Revue marraine, Elle m\u2019en a fait la réflexion cet après-midi.\u2014 A quoi penses-tu donc, fillette ?m\u2019a-t-elle demandé.Tu es si distraite, que tu ne t'es méme pas apercue de ta maladresse.En effet, j\u2019avais versé hors de la tasee, une partie de son thé, sans remarquer l\u2019énorme tache grise qui s\u2019élargissait sur la belle nappe bleue.Bien vite je m\u2019en- pressai de réparer le désastre, toute cou- fuse de mon étourderie tandis que Mamie reprenait : \u2014 Marinette, Marinette, si je ne te connaissais pas un esprit si positif, je serais tentée de croire que tu as reçu un coup de foudre ! \u2026 Le sucrier que je tenais en mains et que je renversais à demi, par maladresse encore, m\u2019évita la peine de répondre.Et, tandis que je ramassais les morceaux de sucre épars sur le tapis, l\u2019entrée d\u2019une visiteuse dans le petit salon, changea les idées de marraine.Pauvre chère Mamie !.Elle a cependant dit juste.J\u2019ai reçu un coup de foudre.Je puis l\u2019avouer à mon cher confident, sûre qu\u2019il m\u2019en gardera le secret.Mais que faire ?.Quel remède apporter à ce mal ?.J\u2019éprouve le besoin de m\u2019étourdir pour oublier.Malheureusement, la petite vie paisible que je mène entre marraine et sa vieille bonne, me laisse trop de loisirs pour penser et rêver.Il me faudrait, au contraire, un surcroit d\u2019occupations, des journées remplies comme le furent celles des infirmières pendant la guerre, par exemple.Cette existence active et dévouée m\u2019aurait plu.Mais il n\u2019y a plus d\u2019ambulances, heureusement pour notre cher pays! Alors, il me faut chercher ailleurs un dérivatif à mes pensées.Peut-être ce journal commencé sans intention bien arrêtée, sera-t-il mon conseiller ?En laissant courir ma plume la bride sur le cou, j'arriverai peut-être à mettre un peu d\u2019ordre dans mes idées, et à voir clair en moi.Je dominerai cette exaltation qui me fait placer Michel Deauvergne sur un piédestal.Enthousiasme ridicule, je le reconnais, puisque je n\u2019ai pu le juger que sur les apparences.Un physique agréable, une voix sympathique, des façons de gentleman, cela suffit-il pour apprécier un inconnu?Quelques vers de Corneille me reviennent à l\u2019esprit, fort à propos : «Les visages souvent, sont de doux imposteurs.«Que de défauts d\u2019esprit se couvrent de leurs grâces ! «Et que de beaux semblants cachent des âmes basses ! Ces lignes paraissent avoir été écrites à mon intention pour me mettre en garde contre les errements de mon imagination qui me ferait presque attribuer, à un étranger séduisant, les qualités chevaleresques et la grandeur d\u2019âme des héros de l\u2019antiquité.Le 26 décembre.Belle fête de Noël ! Marraine m\u2019a accompagnée à la messe de minuit.Au retour de l\u2019église, nous avons réveillonné.La vieille Phine s\u2019est jointe à nous.Phine, (déminutif de Joséphine) est au service de Mamie depuis l\u2019âge de quinze ans.Elle lui est très dévouée et nous la considérons comme un membre de la famille.Notre petit souper était succulent.Phi- ne l\u2019avait préparé avec tant de soin.J\u2019ai essayé d\u2019être gaie.Marraine et Phine ne prétendent-elle pas que je suis morose depuis mon arrivée à Bordeaux.I! est certain que je manque un peu d\u2019entrain, ayant toujours l'esprit ailleurs.Et malgré mon désir de faire plaisir ce soir-là je me suis laissée, à plusieurs reprises, emporter par les ailes du rêve, dans certain petit salon oriental de ma connaissance.J\u2019y revoyais Michel Deauvergne, assis en face de moi, la cigarette aux lèvres, et m\u2019écoutant parler avec une satisfaction visible.Je me demandais où il passait sa nuit de Noël.Seul avec sa soeur ?.ou en compagnie de ses amis, peut-être même d\u2019une < petite amie 2».Ce soupçon involontaire, m\u2019a pincé le coeur d\u2019un vague sentiment de jalousie.Non, décidément, il me faudra trouver une occupation quelconque, un dérivatif à mes pensées; cette aventure m\u2019a, je le crains, un tant soit peu dérangé le cerveau.Populaire Le 30 décembre.Aussitôt arrivée ici, j'avais écrit à Michelle pour lui expliquer tous mes 1=- grets de n\u2019être pas allée chez elle, comme il avait été convenu.Je prétextais qu\u2019une lettre de ma marraine, reçue au moment du départ, m'avait fait changer brusquement mes projets.Mais je lui promettais de la dédommager à mon prochain passage à Paris.Or, ma lettre est restée sans réponse.Michelle serait- elle fichée?Le nouvel an me donne heureusement une occasion de lui récrire sans tarder.Je vais lui envoyer mes voeux, et j'espère qu\u2019elle ne me tiendra pas rigueur de lui avoir fait faux bond.Par la même occasion, je lui rappellerai sa promesse de s\u2019occuper de moi et lui renouvellerai mon désir de trouver une situation.Coûte que coûte, il me faut occuper mon temps et mon esprit, car ce dernier ne semble pas du tout disposé à s\u2019assagir.Plus que jamais 1! erre dans le pays des rêves.\u2014 A quoi penses-tu encore, ma petite fille ?me demanda hier marraine, en attenchant sur moi un regard scrutateur.Je t\u2019appelle, et tu ne me réponds même pas ?Je me penchai sur mon ouvrage, afin de dissimuler la rougeur que je sentais me monter au visage.Puis, comme toujours, j\u2019éludai adroitemen: la question, évitant ainsi une réponse positive.Mais marraine, je le crains, n\u2019a pas été dupe; elle a secoué la tête, et s\u2019est remise à la tapisserie, en laissant échapper un soupir.Pauvre chère Mamie.Comment pour- rais-je lui expliquer ce qui se passe dans ma tête, et dans mon coeur?Elle n'y comprendrait rien.Comme toutes les vieilles filles, elle n\u2019a aucune conception de l\u2019amour, surtout de celui qui fond sur vous à l\u2019improviste, tel un oiseau de proie contre lequel on ne peut se débattre.De plus, marraine a passé ia soixantaine et a, paraît-il une forte tension artérielle.Je craindrais que ce « coup de foudre » ne la saisit et ne lui occasionnât «un coup de sang >; ni plus ni moins.Bonne Mamie ! Tout son idéal se concentre dans une existence réglée et méditative, comme celle d\u2019une religieuse.Elle n\u2019a jamais désiré autre chose.« Le mariage ne lui disait rien» m\u2019a-t-elle avoué un jour.Le dévouement de Phine et affection que je lui porte, lui ont suffi.sans compter les démonstrations exubérantes de Cornelius, son petit roquet, qui a succédé a toute une série de caniches, tous plus assommants les uns que les autres, autant que je puis m\u2019en souvenirs ., Nègre, un descendant de Chinette, occupe, lui aussi, les nombreux loisirs de Marraine.tandis que Brutus, du haut de son perchoir, placé dans l\u2019embrasure de la fenêtre, insulte les passants du matin au soir.« T\u2019en as une binette ! T\u2019en as une binette !» répète inlassablement ce stupide perroquet, sans se soucier si la personne qu\u2019il in- invective ainsi porte la soutane ou ia cornette de St-Vincent!.Et voilà les êtres qui ont suffi à remplir le coeur de marraine; mais je serais injuste si je ne reconmaissais pas la préférence marquée qu\u2019elle a toujours eue pour sa petite Marinette, au point qu\u2019elle ne lui donnait jamais tort, quand, entre chien, chat et enfant, des disputes s\u2019élevaient.Cornélius recevait une tape magistrals sur son arrière-train, et Nègre se voyait chassé de son coussin pour la journée entière quand un coup de dent ou de griffe avait amené le sang à fleur de peau de la petite filleule! Chère marraine, elle est heureuse ainsi, l\u2019a toujours été, et ne demande rien de plus.C\u2019est elle qui le dit, il est vrai.Pourtant, elle entrevoit pour moi la possibilité d\u2019un mariage; elle semble même le désirer.sans faire quoi que ce soit pour cela.Il faut dire qu\u2019elle con- nait mes principes; elle sait aussi que jusqu'ici je n\u2019étais pas pressée de me mettre la corde au cou.Aussi ne se met- elle pas en campagne, comme le fait Mme Chicot, pour me trouver un parti.Elle a raison, car, plus que jamais, je serais réfractaire à un mariage de convenance.Quel que soit le jouvenceau que l\u2019on me présenterait, il serait sûr d\u2019avance d\u2019être évineé, car, pas un, je le sens, ne réalisera désormais mon idéal.Entre lui et moi se dressera toujours le souvenir de Michel Deauvergne.La silhouette élégante de ce dernier, sa distinction, la profondeur de son regard, 25 La nutrition par le blé et, en plus, la santé par le son Un BoL de PEP est un bol de blé avec du son.Il contient la saveur du blé, la valeur alimentaire du blé, la puissance énergétique du blé.De plus assez de son pour être légèrement laxatif.Vous n\u2019avez qu\u2019à essayer le PEP de Kellogg.Achetez-en un carton chez votre épicier.Prenez un bon déjeuner ave- ces flocons tout préparés.Et aussi pour le goûter ou le souper, et même avant de vous mettre au lit.Toujours frais, croustillants, croquants.Ces flocons sont enfermés chauds dans le sac intérieur WAXTITE \u2014 une exclusivité Kellogg.Préparés par la Kellogg Company of Canada, Ltd, à London, Ontario.NS Sax = RR NS ae = =n ne N° S SN Na BRAN FLAKES À NS N V LAPS Room N 26 LE Séchage Ropide \u201c61\u201d, vous n'avez pas besoin de surveiller vos parquets\u2014NI DE LES POLIR.Pendant des années, vous n'aurez à les soumettre qu'à un entretien ordinaire, Finis les lavages deïplanchers! 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N'est-ce pas leur habitude ?.\u2026.Heureusement, nul ne sera au courant de cette histoire.Mlle de Bougival n\u2019a fait que passer dans le salon de Michel Deau- vergne .qui, sans aucun doute, a déjà oublié les heures de tête-à-tête avec sa compagne de voyage.Trop court moment, hélas ! pour la petite Marinette, qui se plaira longtemps à les revivre par la pensée .Le premier janvier.Ce matin marraine en m\u2019embrassant, m\u2019a souhaité un mari.\u2014 Petite fille, m\u2019a-t-elle dit, j'espère que cette année ne se terminera pas sans que tu m\u2019aies donné un nouveau filleul à chérir.\u2014 Mon Dieu, marraine, m'écriai-je en riant, mais pour exaucer ton désir, il faudrait d\u2019abord que je choisisse un époux.\u2014 Cela va de soi, petite! approuva Mamie avec une vivacité qui me fit sourire.Aussi, est-ce bien un mari que je te souhaite ! : \u2014I1 me faudrait donc renoncer au célibat ?\u2014 Le célibat ?.s\u2019exclama-t-elle avec un air terrifié.Mais tu n\u2019as pas l\u2019intention de.\u2014 De coiffer Ste-Catherine?Pourquoi pas ?N\u2019as-tu pas été heureuse, toi, Mamie ?\u2014 Hum !.je ne dis pas non, mais enfin.Je n'avais pas le même caractère que toi .J'étais plus calme, j\u2019aimais la solitude, la méditation.Toi, mignonne.\u2014 Moi ?Il me faut un mentor pour m\u2019assagir, me dominer et me guider dans la vie.Tel est ton avis, n\u2019est-ce pas marraine ?C\u2019est bien cela que tu veux dire ?.Mais, vois-tu, je me trouve bien ainsi.Je me calmerai moi-méme, les années aidant, et je travaillerai seule a l\u2019amélioration de mon caractère.Je préfère mon independance.Je ne me sens aucune aptitude pour le mariage! Marraine m\u2019a regardé d\u2019un air à la fois navré et surpris.\u2014 Cependant, reprit-elle après quelques instants d\u2019hésitation, je croyais.J'avais pensé.que ton coeur s\u2019était donné déja.\u2014 Qu'est-ce qui peut t\u2019avoir fait supposer cela, Mamie?demandai-je, vaguement inquiète.\u2014 Mais rien.Tout simplement le changement que j'ai cru remarquer en toi, depuis ton arrivée à Bordeaux.Tes distractions.des attitudes moroses, auxquels succèdent des moments de gaieté nerveuse qui me parait factice.De lout cela j'avais conclu qu\u2019il y avait peut-être en route un projet matrimonial à ton sujet, et que les affaires ne s\u2019arrangeaient pas assez vite à ton gré.Ne serait-ce pas une question d\u2019argent qui y mettrait entrave ?En ce cas, fillette, tu sais que j'y pourvoierai avec joie?.C\u2019était, du reste, mon intention de.\u2014 Merci, marraine, interrompis-je vivement, tu es bien bonne.Mais rassure- toi, il n\u2019est nullement question de mariage pour moi, en ce moment; si cela était, tu serais la première avertie, sois-en sûre! Nul n\u2019a encore demandé ma main, que je sache! Beaucoup de personnes désirent me marier, pourtant! Mais jusqu\u2019à présent, j'ai refusé de voir les prétendants qu\u2019elles me destinaient.\u2014 Alors, je ne comprends plus!.conclut marraine en laissant retomber ses bras avec un geste de lassitude.Pauvre Mamie! Elle me comprendrait peut-être encore moins, si je lui disais qu\u2019en effet, mon coeur s\u2019est donné, mais à un étranger, avec lequel j'ai passé quelques heures.un homme que je ne reverrai sans doute jamais.et qui se soucie fort peu de moi.Ton esprit simple et pondéré, me pourrait, certes, concevoir un emballement aussi irraisonné! Que n\u2019ai-je, comme toi, une âme placide.Longtemps je crus être ainsi, cependant Je souriais, lorsqu'une de mes amies m\u2019annonçait qu\u2019elle avait reçu le «coup de foudre».Je n\u2019y croyais qu'à demi, car il me semblait impossible qu\u2019une entrevue, le simple passage d\u2019un inconnu sur votre route, pût vous chavirer le coeur à ce point! Et je désapprouvais ces mariages de « toquades », comme je les appelais.Or, voici qu\u2019aujourd\u2019hui, je suis moi- même victime d\u2019une de ces sympathies irraisonnées, qui font idéaliser un être que l\u2019on connaît à peine! Sentiment contre lequel on lutte en vain, et qui au contraire va grandissant, chaque jour.C\u2019est le «mal d\u2019amour», comme l\u2019appellent certains vieux de nos campagnes.Mal difficile à guérir, affirment- ils! Je le croirais aisément ! Le 30 janvier.Il y a-près d\u2019un mois que j'ai écrit ces dernières lignes sur mon journal.J'avais rangé ce dernier au fond de mon tiroir, bien décidée du reste, à ne pas le reprendre de si tôt.Car, sous prétexte de noter mes impressions, je me remémorais sans cesse mon aventure, et ravivais par cela même le souvenir de Michel Deau- vergne.Or, je dois éviter de penser à lui, puisqu\u2019il m'est impossible de le revoir.Il me retrouvera jamais ma trace, n\u2019ayant aucun renseignement qui pût le mettre sur la vraie.Du reste, il m\u2019a probablement oubliée depuis longtemps.J'avais donc cessé de transcrire mes pensées! Or, cela n\u2019a nullement apaisé mes regrets! Et voici qu\u2019aujourd\u2019hui, je reprends mon cahier, couleur rouge brique, cointé de bleu pervenche.J'ai occupé mes matinées, pendant ce mois, à suivre un cours de dactylo.Encore un jeu de pratique et je taperai comme une professionnelle, m\u2019a déclaré le professeur ce matin.À part cela, ces 4 semaines se sont écoulées sans incident; les habitudes réglées et paisibles de Mamie, nous mettent à l\u2019abri de l\u2019imprévu.J\u2019avoue que je le regrette, car cette existence monotone favorise le vagabondage de mon imagination.Je fais des rêves qu\u2019il me serait difficile de prée:- ser tant ils sont irréalisables et insensés.Il faut y mettre un terme.Aussi, sur le conseil de Michelle qui ne m\u2019a encore trouvé aucune situation, je viens de faire insérer une annonce dans les journaux.N\u2019importe quelle tâche professionnelle répondra à mon besoin d\u2019activité et sera un dérivatif à mes regrets.Ce matin, très fière de moi, j'ai porté à marraine la liste des demandes d\u2019emplois parues dans l\u2019«Echo» et la « Croix ».Puis je lui ai lu celle qui me concernait.\u2014 Jeune fille, bonne famille, instruite, connaissant musique et dactylo, cherche place gouvernante pour jeunes enfants, ou Demoiselle de compagnie auprès personne âgée, ou secrétaire.Ecrire Marinette 28 R.Cr.de Seguay, Bordeaux, Marraine serait tombée a la renverse, à la lecture de ces lignes.si elle n\u2019avait été confortablement assise dans une bergère.Le premier moment de stupeur passé, elle s\u2019écria : -\u2014 Mais ma petite fille, tu perds la tête ! Tu sais bien que, tant que je vivrai, tu n'auras pas besoin de gagner ta vie.Et même après.Mais, au fait, la situation de ies parents est donc plus précaire que je ne le pensais ?Dans ce cus, je puis très facilement augmenter la petite rente que je te fais, afin que cela les aide à équilibrer leur budget.Je regreite que tu ne m\u2019en aies rien dit jusqu\u2019ici.Je me hâtai de rassurer cette bonne Mamie, en lui démontrant que papa et maman avaient de quoi vivre, modestement, il est vrai, mais sans se priver, ct Mai 1934 que mon désir de travailler venait surtout de ce bescin d'indépendance qui est inné en moi.Je lui nommai, parmi mes connaissances et mes relations de pension, les jeunes filles qui se sont créé une situation et se suffisent à elles-mêmes.Mais marraine est de la vieille école.Elle n\u2019admet pas que les enfants quittent ainsi le toit paternel sans absolue nécessité et pour être plus libres.Elle me fit mille objections, cherchant à 8avoir le véritable motif de ma décision.Car, si elle ne peut deviner la cause de mon état d\u2019esprit, elle en soupçonne évidemment le désarroi.Enfin, après une longue discussion, je finis par obtenir gain de cause.\u2014 Fais comme tu veux! me dit Mamie, d\u2019un air las.Mais je suis sûre que tu en auras vite assez de travailler chez des étrangers où tu seras, quoi que tu en dises, moins libre que chez tes parents.Néanmoins, je préférerais te voir demoiselle de compagnie chez une personne âgée, ou gouvernante auprès de jeunes enfants, plutôt que secrétaire comme ton amie Michelle, qui est obligée de se loger.Une jeune fille qui habite seule, est vraiment trop exposée.La solitude est mauvaise conseillère, et beaucoup plus à craindre de nos jours, où les hommes n\u2019ont aucun respect pour la femme.\u2014 C\u2019est une erreur, Marraine, répondis je.Les jeunes filles de notre génération étant, en raison de leur indépendance, armées pour la vie, savent se faire respecter par le sexe masculin.Celles qui se laissent conter fleurette, c\u2019est parce qu\u2019elles le veulent bien ! Marraine n\u2019a rien ajouté, et nous avons changé le sujet de la conversation.Maintenant, je n\u2019ai plus qu\u2019à attendre.Espérons que ma demande ne restera pas sans résultat.Je voudrais, si c\u2019était possible, aller loin, bien loin, jusqu\u2019au bout du monde! .J\u2019éprouve parfois comme une crainte vague de rencontrer M.Deau- vergne à l\u2019improviste.Je me demande, dans ce cas, quelle serait ma contenance! Le mieux serait de ne pas avoir l\u2019air de le reconnaître.Mais, si lui venait à moi ?Pourtant, je crois n\u2019avoir rien à craindre à ce sujet.Ne m\u2019a-t-il pas dit que, si le hasard nous remettait en présence, il se comporterait, comme s\u2019il ne m\u2019avait jamais vue ?Mais, pourrais-je moi, garder mon sang-froid ?Je ne le crois pas.Je sens que je me trahirais.Et peut-être men trouble lui ferait-il deviner l\u2019impression qu\u2019il m\u2019a laissée et contre laquelle j'ai lutté en vain.Non, cela, il ne le faut à aucun prix ! Mais, comme je suis peu logique.J\u2019appréhende une entrevue.et pourtant, j'aimerais «le» revoir et l\u2019étudier à loisir, pour le connaître mieux ! Je regrette que marraine n\u2019ait pas, comme les fées d\u2019antan, le pouvoir de métamorphoser sa filleule.En ce cas, je lui aurais demandé de me transformer en roitelet, ou en souris, et de m\u2019envoyer vers Michel Deauvergne, pour me permettre de l\u2019observer à son insu.Hélas! cette bonne Mamie ne peut user d\u2019aucun stratagème de ce genre.Et je ne saurai jamais si mon hôte de hasard était vraiment la réalisation de mon idéal.Mais cela ne vaut- il pas mieux ainsi ?Le 6 février.Euréka! jai trouvé une situation! Avant-hier matin, trois offres d\u2019emplois me sont parvenues, comme suite à mon annonce.Dans l\u2019une, on réclamait ma présence auprès de 4 jeunes enfants, doués de toutes les qualités morales et physiques que l\u2019on puisse attribuer à des êtres humains.Je me suis empressée de refuser, car ces jeunes perfections ne m\u2019inspirent aucune confiance.J'ai l\u2019intuition que leur mére les encense, et que ce sont tout simplement des créatures insupportables.Cette offre classée, je passai à la suivante.Elle venait d\u2019une dame étrangère, récemment arrivée à Paris, et cherchant une compagne pour la guider à travers la capitale et mener avec elle la « bonne vie de plaisirs» disait-elle dans son langage pittoresque, parsemé de quelques mots d\u2019anglais.Marraine, à qui j'ai soumis cette lettre, m\u2019a suppliée de m\u2019abstenir.Elle est persuadée qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une Américaine, et comme elle n\u2019a aucune sympathie pour les habitants du nouveau continent, elle n\u2019en augure rien de bon.Elle a traité cette étrangère de «femme fri- (Suite à la page 35) Mai 1934 La Revue Populaire La Décoration d\u2019un Foyer Moderne Une table gigogne pour â le thé de cinq heures ou le goiiter.Chacune de ces petites tables se place auprès de l\u2019invité.On peut donner à un boudoir de l\u2019espace, ou l\u2019impression d\u2019un plus grand espace, en mettant aux fenêtres des tentures de la couleur des murs ou du papier-peint et de la boiserie.La table du centre, basse et solide sur ses pieds, est recouverte d\u2019une forte glace.Tout ceci est simple et reposant.Remarquez ici l\u2019ample divan et le confortable fauteuil, aux angles moins arrondis que ceux des ameublements Chesterfield que l\u2019on voit ordinairement.La table ronde du centre est en acier chromé avec dessus en beau bois.Quelques jolis verres dans le goût du jour, de tons « pastel».Des verres de ce genre se vendent maintenant dans tous les grands magasins.Que dites-vous de cette couche dont la forme rappelle un peu certains meubles du Directoire français?Ce meuble, recouvert de reps, est à la fois original et confortable.Courtotsie de Woman's Journal 27 28 La Revue Populaire Mme HELENA RUBINSTEIN, dont les produits de beauté sont célèbres dans le monde entier.La Nature, Créatrice de Beauté Les soins de beauté chez la femme ont préoccupé de tous temps les chimistes, les pharmaciens.et les femmes.L'histoire de l\u2019Egypte des Pharaons nous enseigne avec quelle minutie, et quelle intelligence! les femmes des grands soignaient leurs corps afin de lui donner plus d\u2019éclat et de fraîcheur.A travers les âges, d\u2019Egypte, de I'Inde et même de Chine, nous sont venues des recettes merveilleuses de simplicité : onguents et lotions parfumés dont la Nature elle-même s\u2019était chargée de trouver les éléments.Et c\u2019est ainsi que s\u2019affirme une fois de plus cette union intime de l\u2019homme avec la flore universelle.La science moderne, quoi qu\u2019on dise, n\u2019a pas apporté que des déboires à l\u2019humanité.Elle a donné à maintes décou- verles anciennes une précision nécessaire.Les produits de beauté sont devenus plus que des panacées; ils se sont transformés en nourriture de la peau.Ils travaillent à revivifier les cellules faibles et à en créer de nouvelles.De plus, grâce aux méthodes de fabrication, ces produits autrefois réservés à quelques privilégiées, se trouvent dans toutes les maisons, surtout en Amérique.Helena Rubinstein, à l\u2019instar des Anciens, a compris que seule la Nature, chimiste insurpassable, pouvait donner les ingrédients d\u2019un traitement de beauté.Elle a parcouru plusieurs pays, analysé, puis perfectionné des secrets archaïques.Elle a mélangé ainsi, suivant des dosages minutieux, oranges, citrons, concombres, persil, pétales de roses, huiles végétales, plantes cultivées ou sauvages, pêches, lis d\u2019eau et un grand nombre d\u2019autres fleurs et fruits.C\u2019est là le secret de ses produits de beauté.Le laboratoire d\u2019une célèbre créatrice de produits de beauté, Mme Helena Rubinstein.Vous voyez ici des lys, des milliers de lys, dont on fera une essence liquide.» Mai 1934 Quelques Conseils de Francine sur les Soins de Beauté La moiteur des mains Beaucoup de personnes ne peuvent se débarrasser de cette incommodité qu\u2019est la moiteur des mains.L'usage constant, chez nous, de la poignée de main, la rend toujours apparente, et on la considère, généralement, comme l'indice d\u2019une mauvaise santé, ou d\u2019une hygiène défectueuse.On a longtemps combattu cette moiteur des mains au moyen de\u201d frictions de soufre.Les onctions fréquentes d\u2019huile de myrrhe avaient aussi leurs partisans, mais elles nous laissent aujourd\u2019hui trop incrédules, et l\u2019on recourt à des procédés plus énergiques, et d\u2019ordinaire plus rationnels.Chez les personnes jeunes, la moiteur des mains est souvent le signe de l\u2019anémie.Ce sont alors les fortifiants qui s'imposent.Adres- sez-vous au médecin.Mais, pour les autres, voici divers moyens qui peuvent être, dans certains cas, efficaces: Lotionnez-vous, soir et matin, avec de l\u2019eau de Cologne, additionnée de teinture de belladone à 15%.Et utilisez pour la toilette courante des mains, le savon au tanin.Les frictions, matin et soir, avec du jus de citron ou du vinaigre de toilette diminuent cette disgrâce, de même que les bains de mains, matin et soir, pendant dix minutes environ, à l\u2019eau de feuilles de noyer tiède en n\u2019omettant pas, lorsqu\u2019elles sont bien essuyées, de les saupoudrer avec de la poudre sde lycopode.Pour des cas trop prononcés de transpiration des mains, ayez recours au médecin, car il faut alors éviter la supression complète de la transpiration.Les mains rouges Les personnes sanguines, les arthritiques et celles qui sont astreintes à certaines besognes fatigantes sont exposées à voir leurs mains rougir.Or, la rougeur rend les mains laides, et cette laideur est difficile à Vaincre.Il faut veiller à soustraire, autant que possible, les mains rouges à toute influence fâcheuse, et, en particulier, aux actes, aux besognes ou aux positions qui peuvent faire affluer le sang vers les extrémités.Avant tout, évitez le contact de l\u2019eau froide.Lavez-vous fréquemment les mains avec de l\u2019eau d\u2019alun, ou, de préférence, de l\u2019eau de noyer additionnée d\u2019une pincée d\u2019alun.Frictionnez ensuite avec de l\u2019alcool camphré, ou du glycérolé d\u2019amidon sans essuyer.Si vous êtes obligée de mettre les mains à l\u2019eau froide enduisez-les préalablement d\u2019un corps gras.L\u2019eau de gruau, bouillie, fréquemment employée, contribue encore à atténuer la rougeur des mains, mais n\u2019oubliez pas, qu\u2019il faut, pour assurer à ces précautions leur maximum d\u2019efficacité, ne jamais faire usage de gants trop ser- Trés.Les massages de la main sont également fort bons; surtout si on a tendance aux rhumatismes.Vous pouvez vous-même opérer ce massage, étudié d\u2019après l\u2019anatomie de la main, ce qui est assez simple.L\u2019ongle incarné C\u2019est une petite misère de la jeunesse.La cause de l\u2019ongle incarné est presque toujours la chaussure agissant sur un gros orteil déja prédisposé.Cette affection, en effet, ne se présente guère qu\u2019au pied et au pouce car c\u2019est généralement ce doigt qui est le plus comprimé par une chaussure mal faite.Une cause fréquente, c\u2019est aussi la façon dont beaucoup de gens se coupent l\u2019ongle du pied, en demi- cercle.Cette forme de l\u2019ongle qui suit la courbe du doigt, favorise sa pénétration dans les chairs.On doit couper l\u2019oncle en carré.On peut aussi interposer un morceau de coton entre l\u2019ongle et la peau pour l\u2019empêcher de pousser dans les chairs.L\u2019ongle incarné n\u2019est pas qu\u2019une affection douloureuse, horriblement douloureuse, il y a plaie, très souvent et on a vu cette petite ulcération devenir le point de départ de graves phlegmons.Neuf fois sur dix, c\u2019est le gros orteil droit qui est atteint.On ne sait pas trop pourquoi.Peut-être, la majorité étant faite de droitiers, le pied ap- puie-t-il plus de ce côté ?Chose curieuse, on a trouvé chez un grand nombre des cas d\u2019hérédité.J\u2019ai moi-même connu la famille d\u2019un boucher dans laquelle le père, un cousin et deux enfants étaient atteints d\u2019ongle incarné.Lorsqu\u2019en dépit de soins préventifs, cette lésion continue à être douloureuse, il ne faut pas hésiter à recourir au chirurgien. 29 Mai 1934 La Revue Populaire ne - Lu.= = À > es 5, ee > «3 A 4°.LA ; : or Ve, ; ¥ [YA ad i i RE sy Ses = vers 3 es sp MRE a ~ 5 Te 8 3 Sa SN + xd K a à 5 i = qe i : ee i ce + ; #5 | Me: NL EA LV ELE = % k *+#% \u2018 a w= X Cuil = rr iw A As a { + Jr + Tan 3 BN 5 + i L 4 ; hy 4 fe ++ Lon se \"ell * 3% +4 As \u2018 Hv es} Nt ad a Ha, \u201c> : 4 Sas a Sinton A ab CEST LA BELLE ARTISTE KAY FRANCIS QUI NOUS APPORTE AVEC CETTE FRAI- CHE ET SIMPLE ROBE BLANCHE LES PREMIERES PROMESSES DU PRINTEMPS. 30 La Revue Populaire Mai 1934 ih HE wey oy Sy # ta tira EN TE 5 ori res 4 5097 ap i ant A $ css > ape Ë À i # Su gt ss; i \u2014 gui ok ce a TS DARCOS Te SAS OMR = rt = ) 4 \u2018 or ME a % HL hd E i a | + : ; ; ¥ x 3 à Vv wt # be $ BFR i ROBE-MANTEAU DE LAINAGE MARINE MOLYNEUX AVEC GANTS ET CRAVATE DE SOIE NOIRE A POIS BLANCS.CHAPEAU DE PAILLE DE PANAMA Photos SCAIONT, Paris _ Mai 1934 La Revue Populaire 31 ME 81 7 ll fl Va ih Ril 4 » A À | D A | i ii | à \\ Wr Rl?\u201cA | i 1 pty | | | L | : Ee | 11d fy i 1 [id | fil.fu I il i vi | I f i : ?\\ Ld | | a] | | i i il WE | | | | ote eet rr re re ib i | | : | | i h : a he # ROBE DE TAFFETAS NOIR ET BLANC WORTH GANTS ET CRAVATE NOIRS.CHAPEAU EN GROSSE PAILLE NOIRE DE FLORENCE exclusives à LA REVUE POPULAIRE | 32 La Revue Populaire Mai 193 LA COIFFURE | FEMININE \u2018 ÉLÉMENT DE BEAUTÉ J CANNONS OF HOLLYWOOD La coiffure parfaite offre autant de facettes à la lumière qu\u2019une pierre précieuse.Elle doit avoir assez de souplesse pour s\u2019adapter à toutes les toilettes, les modes du soir étant bien différentes de celles du jour.Depuis que les cheveux se portent courts ou demi-courts, on peut dirc que jamais la coiffure de la femme n\u2019a été l\u2019objet d\u2019autant de soins et de recherches.Cela peut très bien annoncer un changement radical.Qui sait si bientôt les cheveux ne se porteront = pas sensiblement plus longs! On dirait que, : to BR petit à petit, les coiffeurs se font la main.La coiffure que vous voyez ici est une création de Vasco, le célèbre coiffeur de Londres. l Mai 1934 Enjolivez Vous avouerez que rien ne peut faire ressortir le charmant fini satiné de votre table polie autant qu\u2019une jolie garniture de napperons \u2014 spécialement quand ils sont ornés de délicate dentelle à travers laquelle le poli brille.Ne seriez-vous pas heureuse qu\u2019un beau service à lunch ajoute du charme et de la grâce à votre table ?Vous le seriez sans doute! Et il n\u2019y a vraiment pas de raison pour que vous n\u2019en possédiez pas un, car malgré sa belle apparence, c\u2019est très simple pour vous de le faire vous- même.Tous les ravissants coins en dentelle crochetée sont faits d\u2019après le même patron facile, puis joliment appliqués au point de boutonnière avec le fil à tricoter mercerisé Mercer-Crochet de J.& P.Coats employé pour leur tricot.On en place un à chaque coin du centre en toile de 15\u201d carrés, et deux sur chacun des napperons de 15\u201d par 9\u201d.La bordure est très facile à faire également.Vous n\u2019avez qu\u2019à suivre les indications données ci-dessous pour le tricotage et vous vous servez de n\u2019importe quel patron à décalquer pour la broderie.Si vous aimez les ouvrages de couleur, employez la toile de couleur et du fil mercerisé Mercer-Crochet de J.& P.Coats assorti, en ajoutant une nuance ou deux quand vous êtes rendu à la broderie.Ou si vous préférez la dignité d\u2019une blancheur de meige, un modèle de ce genre est suffisamment intéressant par lui- même pour se passer de toute couleur.Essayez maintenant un ravissant service à lunch pour votre table, vous aurez un frisson de plaisir en le voyant admiré par tous vos amis.Matériel requis : 3 balles de fil mercerisé Mercer-Crochet de Coats, No 60.Un crochet à tricoter No 6 de Milward.Instructions: Coin.Chaînette de 96 mailles, donnez 8 mailles au premier espace.ler rang: 30 esp, 5 m., tournez.2e rang: 2 esp.13 t.b., ] esp, 7 t.b, 3 esp 7 tb., 4 esp., 10 tb., 2 esp, 10 tb, 1 esp, tournez.3e rang : 1 esp, 4 tb.3 esp, 13 tb, 1 esp., 7 t.b, 1 esp, 10 1.b., 1 esp, 7th, 1 esp.4 tb, 2 esp, 4 tb.6 esp, 5 m., tournez.4e rang: 2 esp, 1 tb, 1 esp., 4 tb, 3 esp, 13 tb, 1 esp, 7 tb, 2 esp., 13 tb, 3 esp, 7 tb, 1 esp., 5 m.,, tournez.5e rang: 3 esp.4 tb.1 esp., 10 tb., 1 esp.13 t.b., 3 esp, 4 t.b, 1 esp, 7 tb., 1 esp., 7 tb, 2 esp, 13 tb.1 esp, 5 m., tournez.6e rang : 1 esp, 4 tb.1 esp.7 tb, 1 esp, 10 vb, 5 esp, 4 tb, 2 esp., 10 t.b, 1 esp., 7 tb, 2 esp, 4 t.b., 1 esp, 4 th.2 esp, 5 m.tournez.Te rang : 1 esp.7 tb, 1 esp.4 t.b, 2 esp.7 tb, 1 esp, 4 Lb., 2 esp, 7 t.b.\u2026, 1 esp, 10 t.b., 3 esp, 7 t.b, 2 esp, 7 t.b., 2 esp\u2026 5 m., tournez 8e rang : 18 esp., 4 tb, 2 esp., 16 tb, 1 esp., 7 th, 1 esp, 5 m., tournez.9e rang : 1 esp, 10 tb, 1 esp.10 tb., 2 esp., 10 t.b., 2 esp.4 t.b\u2026 2 esp.5 m, tournez.10e rang : 1 esp, 4 t.b,, 1 HHT TOT TI La Revue votre Table esp, 13 tb, 1 esp, 4 th., 2 esp.,, 7 tb.3 esp., 5 m., tournez.lle rang : 2 esp.16 vb., 1 esp., 16 t.b., 2 esp, 4 t.b., 2 esp., 5 m., tournez.12e rang: 6 esp.16 tb, 1 esp, 13 tb, 2 esp, 5 m., tournez.13e rang : 4 esp, 7 tb, 2 esp, 7 tb, 3 esp., 10 tb., 2 esp, 5 m, tournez.l4e rang : 1 esp., 16 t.b., 5 esp, 4 t.b., 3 esp.7 tb, 1 esp, 5 m,, tournez.15e rang : 1 esp., 10 th.2 esp., 4 tb, 2 esp.4 tb, 2 esp, 4 t.b\u2026, 1 esp, 10 t.b., 1 esp, 5 m., tournez.l6e rang : 1 esp, 7 Lb., 2 esp.4 tb.1 esp, 4 tb, 1 esp., 4 t.b, 2 esp.4 tb, 1 esp., 7 th, 2 esp., 5 m., tournez.17e rang : 4 esp, 4 tb, 1 esp, 4 tb, 2 esp, 4 tb.3 esp, 10 tb., 2 esp.\u2026 5 m,, tournez.18e rang : 11 esp, 4 t.b.\u2026, 2 esp., 7 tb, 2 esp, 5 m, tournez.19e rang : 1 esp, 13 Lb.\u2026, 1 esp, 4 Lb.1 esp, 5 m, tournez.20e rang : 3 esp, 7 tb.1 esp.4 tb, l esp, 5 m, tournez.2le rang : 2 esp., 7 tb.4 esp, 5 m, tournez.22e rang : 2 esp, 7 t.b, 2 esp, 4 t.b., 1 esp., 5 m.\u2026 tournez.23e rang : l esp, 4 tb, 2 esp, 10 tb, 1 esp, 5 m, tournez.24e rang: 1 esp, 7 tb.2 esp.4 tb, 2 esp, 5 m,, tournez.25e rang : 1 esp.4 tb, 1 esp, 4 tb, 4 esp., 5 m., tournez.26e rang: 2 esp., 7 tb.2 esp\u2026 4 tb.1 esp, 5 m., tournez.27e rang : 1 esp.4 tb, 1 esp.13 tbh., 1 esp., 5 m., tournez.28e rang: 1 esp, 4 tb, 1 esp, 7 tb, 3 esp, 5 m., tournez.29e rang : 4 esp.\u2026 7 tb.2 esp, 5 m.\u2026, tournez.30e rang: 8 esp.Bordure ler rang : Faites un rang d\u2019espaces autour du bord du napperon, 3 m., 2e rang: 2 tb.dans l\u2019esp., 1 tb.dans la tb.répétez autour du rang, 5 m.3e rang : Un rang d\u2019esp, 5 m.4e rang : 1 esp, 7 m, 1 tb.dans la tb.qui vient d\u2019être faite, 1 Lb., dans la tb.suivante du rang pré- cédent, 1 esp.points coulés sur la t.b\u2026 et 2 esp, 5 m, 1 esp, 7 m,, 1 tb.dans la tb.qui vient d\u2019étre faite, 1 t.b.dans la t.b.suivante du rang précédent, 1 esp., points coulés sur la tb.et 2 esp.Maintenant 2 festons sont faits.Répétez autour du rang, finissez avec un rang de doubles brides.Abréviations: Esp.\u2014 Espace (2 mailles, 1 t.b.) T.b.\u2014 Triple bride (tournez le fil deux fois sur le crochet, rentrez celui-ci dans la maille, passez le fil, tirez a travers la maille « 4 boucles sur le crochet », passez le fil, tirez à travers deux boucles.Répétez à partir de deux fois).N.D.L.R.\u2014 Nous regretions de n\u2019avoir pu, faute d\u2019espace, offrir ici à nos lectrices une illustration du joli service à lunch sur le tricotage duquel nous venons de vous donner toutes les indications nécessaires.Les deux petites vignettes ci-contre vous fournissent toui de même une idée suffisante de ce travail.Pour obtenir plus de renseignements encore sur ce sujet, nos lectrices n\u2019ont qu\u2019à écrire a Francine, à La Revue Populaire, qui se fera un plaisir d\u2019obtenir des autorités les plus compétentes en matière de tricotage tous les conseils et toutes les directives dont elles pourraient avoir besoin.Populaire Evalyn Knapp, par exem- qe ple, a sa manière à elle de s\u2019onduler.Vous admettrez en regardant ia vignette de droite, tout en haut, qu\u2019elle ne s\u2019en tire pas trop mal.fer, bien entendu! Mais vous aimeriez peut-être à savoir comment et de quelle façon particulière se coiffent les actrices de cinéma ?Pour cela, elle sature ses cheveux d\u2019une lotion ondulante et presse ensuite les ondulations en place, lesquelles elle épingle en avant et sur les côtés.Vous savez toutes vous coif- 33 lA COIFFURE À HOLLYWOOD Evalyn porte un petit peigne de chaque côté pour bien découvrir les oreilles.En avant une longue ondulation et, en arrière, un flot de bouclettes.Pour préserver cette coiffure, elle la pique d\u2019épingles tous les soirs et la recouvre d\u2019un filet. | ! qi 34 N correspondant auquel la Gazette \u2014 encore un journal qui n\u2019a pas le sourire, \u2014 a donné asile dernièrement et qui se cache bravement sous le pseudonyme favori de ceux qui croient que le fair-play est aux seuls usages de leurs esprits raccourcis, écrit : Why not make CFCF and CNRM, \u2014 ce poste n\u2019existant plus, il veut probablement dire CRCM, \u2014 English speaking stations, having CKAC for French speakers, etc.only ?This is truly an excellent proposition.And one hopes it may later be so arranged.Le poste CFCF est une institution particulière et la Compagnie Marconi ne fera jamais la bêtise d\u2019en fermer la porte à notre langue, dût Fair Play en mourir de désespoir.Mais ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019un journal de langue anglaise de Montréal, lu et patronné par les Canadiens français, ouvre ses colonnes à de braves imbéciles qui voudraient que le fran- La Revue Populaire RADIO Il nous fait plaisir de reproduire ici deux extraits de M.Frédéric Pelletier qui tient, avec l\u2019autorité que l\u2019on sait, la chronique musicale au journal Le Devoir : çais disparaisse du poste CRCM de la Commission fédérale de la radio, pour laquelle vous et moi versons, tous les ans, un billet de deux dollars qui, au tréfonds de leur idée, ne vaut pas le leur.Surveillons les colonnes des Lettres à l\u2019Editor du Star, du Herald et de la Gazette; nous y trouverons au moins une fois par semaine des correspondances du même genre, signées, quatre-vingt-dix fois sur cent, de pseudos comme Fair Play.Pro bono publico, A Britisher, A Citizen, \u2014 leur imagination ne va pas outre et leurs vrais noms qu\u2019exige le journal ne sortent pas de son confessionnal.Pour ma part, si je découvre un nom vrai au bas de ces exhibitions de largeur d\u2019esprit, je ne manquerai pas de le livrer à l\u2019admiration de mes lecteurs.Mais j'ai bien peur de n\u2019en jamais trouver assez pour encombrer l\u2019espace qui m\u2019est alloué.RUBINOFF et son violon chantant.\u2014 Les comédiens passent à l\u2019heure dominicale du café Chase & Sanborn: Maurice Chevalier, Eddie Cantor, Jimmy Durante et autres, mais le violoniste Rubinoff est toujours à son poste.Il dirige un orchestre endiablé.Mai 1934 Mlle VIOLETTE DELISLE, de Québec, soprano dramatique que nous a révélée la C.C.R., dans de récents concerts.On peut entendre Mlle Delisle toutes les semaines au cours d\u2019un concert radiodiffusé de Québec auquel participent, en plus de Mlle Delisle, MM.Jean-Marie Beaudet et Placide Morency.La Commission canadienne de la Radio a déposé dernièrement son premier rapport annuel devant le parlement.Faute du texte même de ce rapport, nous devons nous contenter des extraits, d\u2019ordre général, qu\u2019en ont donnés les journaux.Le rapport constate, entre autres choses, que la Commission a refusé d\u2019admettre la réclame commerciale dont vivent les compagnies particulières d\u2019émissions.C\u2019est peut-être par là qu\u2019elle s\u2019est rendue indispensable au public écouteur dont on peut dire que pas une personne sur dix, sur cent mille, ne tient à entendre annoncer un produit ou un autre.On subit cette annonce pour ne pas risquer de couper un programme musical, mais même alors combien de personnes ne préférent-elles pas fermer le poste qui leur donne de la réclame pour chercher ailleurs quelque chose d\u2019intéressant.C\u2019est toujours la musique qu\u2019on accouple à l\u2019annonce, car le client du poste sait bien qu\u2019il n\u2019aurait aucune chance d\u2019écouter ses prospectus s\u2019il les appuyait sur des conférences ou des discours.La Commission se flatte à bon escient d\u2019avoir fait tout ce qui pouvait être fait en sa première année d\u2019existence.Elle dessert maintenant tout le Canada, du Pacifique à l\u2019Atlantique, elle sert d\u2019excellents programmes et a fait des contrats avantageux avec la Columbia Broadcasting Company, grâce à quoi elle peut irradier les plus beaux concerts.Les critiques de la Commission ne tiennent pas assez compte qu\u2019en moins d\u2019un an, elle a dû tout créer.Qu\u2019elle ne soit pas au niveau des deux grandes chaines américaines d\u2019irradiation et de certains postes privés qu\u2019alimentent des millions, c\u2019est fort possible.Mais on ne peut guère exiger qu\u2019elle fasse en un an d\u2019expériences ce qui a pris aux autres des années de perfectionnement.Il y a un point sur lequel il faut particulièrement féliciter la Commission, c\u2019est le choix de ses annonceurs.Avec eux on n\u2019est jamais hanté par la peur du cuir et du coq-à-l\u2019âne, par l\u2019envie de rire des traductions de titres d\u2019oeuvres dans le genre de ceux a qui j'ai fait l'honneur du parc aux malpèques. Nl Mai 1934 vole et dévergondée » oubliant pour une fois esprit de charité qui l\u2019anime ordinairement.Quant à la troisième proposition, marraine l\u2019eût également jetée à la corbeille à papiers, si je ne m\u2019y étais formellement opposée.Cette offre me tentait par la manière originale dont elle était exprimée.Elle émanait d\u2019un homme de lettres.« Mademoiselle Marinette, m\u2019écrivait ce monsieur, je vois votre annonce dans Bla «Croix», et le nom charmant que vous donnez comme adresse, suffit a M\u2019inspirer confiance.J'ai l\u2019intuition que la personne qui le porte est douée d\u2019un bon caractère, a l\u2019esprit vif et la parole facile.D\u2019autres qualités achèvent, je suis sûr, de faire de vous l\u2019aimable collaboratrice que je désire pour m'aider dans mes travaux d\u2019écrivain.Vous connaissez la dactylo, c\u2019est parfait, car mes rhumatismes me privent quelquefois de l\u2019usage de mes mains.Je dois vous dire que je ne suis pas de prime jeunesse.Aussi, je mèêne une vie très retirée, dans un vieux château pyrénéen, dont l'isolement eût convenu aux ermites de l'antiquité chré- tiene.Le seul attrait est la beauté du site environnant.Aussi, ferai-je en sorte de rendre agréable votre séjour chez moi, en vous laissant des loisirs pour vous promener et explorer notre superbe contrée.Quant au travail que je réclamerai de vous, ils consistera à écrire sous ma dictée un livre que j'ai commencé, et qui traite de l\u2019art moderne.Il faudra également m\u2019aider à classer mes notes, à chercher des renseignements dans les oeuvres des maîtres anciens.Alors, pour nous délasser de ce labeur intellectuel, qui occupera une grande partie de nos journées, je vous demanderai parfois de me faire un peu de musique.Si vous chantez, ce sera parfait.J\u2019ai eu autrefois une assez belle voix, et nous pourrons exécuter des duos.J'espère, Mademoiselle que la solitude que je vous offre, ne vous effrayera pas, et que vous répondrez à mon appel.Pour les gages, nous nous entendrons de vive voix, j'acquiesce d'avance à ceux que vous fixerez vous-même.Dans l\u2019attente d\u2019une lettre favorable, veuillez agréer Mademoiselle, l\u2019expression de ma considération distinguée.Cte de Valencé.Après avoir pris connaissance de ces lignes, Marraine me fit mille objections.Il n\u2019était pas convenable, à son avis, qu\u2019une jeune fille aille tenir compagnie à un écrivain, dans un vieux manoir isolé, perché sur la cime des montagnes ! \u2014 Mais marraine, observais-je, ce Monsieur n\u2019est plus de prime jeunesse, alors.\u2014 Il le dit, sans toutefois préciser son âge.Du reste, il y a des hommes de cinquante ans, qui sont presque aussi alertes que des jeunes gens.\u2014 Je souhaite que ce soit le cas, Mamie ! Car, avoue que ce ne serait guère divertissant pour moi, d'être la gardienne d\u2019un vieux « gaga > qui tousse, se mouche et râcle de la gorge toutes les cing minutes.Le poste de secrétaire me tente plus que celui de garde-malade.\u2014 Et qui te dit, petite, que ce Monsieur n\u2019est pas un vieux maniaque, exigeant et grognon ?.\u2026.Dans l'ignorance oll nous sommes, les suppositions les plus diverses sont permises.\u2014 Sans doute, mais si j'en juge d\u2019après sa lettre, il serait désireux d\u2019avoir un peu de gaieté autour de Ini.Du reste, ne t'inquiète pas, Mamie! Si je ne me plais pas là-bas, je n\u2019y prendrai pas racine! J'en reviendrai aussi vite que je vais partir.car, sans tarder, je vais télégraphier à Monsieur de Valencé, lui annonçant mon arrivée pour samedi matin. ces mots, marraine eut un saisissement.Habituée à préparer et méditer ses décisions, plusieurs jours avant de les accomplir, elle n\u2019a jamais pu se faire à la vivacité de ma nature.Mes brusques résolutions l\u2019affolent! Cependant, sans tenir compte de ses objections je courus à la poste rédiger la dépêche suivante.« Accepte place.Arriverai lundi matin si vous désirez.Lettre suit, Marinette.Or je reçus la réponse suivante dans la même soirée.« Convenu, on vous attendra gare lundi.» La Revue Populaire D\u2019autre part, Michelle à qui j\u2019envoyai la lettre de M.de Valencé, vient de me télégraphier également, me conseillant de saisir l\u2019occasion qui se présente.J'ai donc fait mes préparatifs sans arrière- pensée, et c\u2019est ce soir même que je dois prendre l\u2019express de Toulouse.Avant de mettre mon cahier rouge brique dans ma valise, j'ai tenu à y relater ces derniers événements.Je suis d\u2019une gaieté folle.L\u2019inconnu vers lequel je vais m\u2019intrigue J'écoute d\u2019une oreille distraite, les mille recommandations de ma chère marraine, qui déplore mes goûts d\u2019indépendance, et me prédit trente-six aventures plus extravagantes les unes que les autres.\u2014 Quelle idée saugrenue a eue ton amie Michelle, en t\u2019incitant à mettre cette annonce dans les journaux! me dit- elle.Et n\u2019est-elle pas insensée de t'encourager a aller chez ce vieil ermite ?Pauvre marraine! Elle s\u2019en prend à tout le monde !.Elle rend même papa et maman responsables des conséquences qui pourraient résulter de mon coup de tête.\u2014 Tes parents feraient mieux de s\u2019occuper un peu plus de toi! gémit-elle.Trop absorbés l\u2019un par ses recherches politiques, l\u2019autre par ses oeuvres, ils te négligent, c\u2019est évident! Du reste, qu\u2019avaient-ils besoin de te prendre avec eux?Tu étais bien plus en sécurité ici! Tu n\u2019aurais certainement jamais eu pareille idée si je l\u2019avais gardée près de moi, quand tu es sortie de pension.Quant à Phine, elle opine du bon- ret! Hier, à bout d\u2019arguments, pour me dissuader de partir, elle m\u2019a dit : \u2014 Mais enfin, Mademoiselle Marinette, songez que ce Monsieur peut avoir une crise de rhumatisme aiguë, et alors.\u2014 Eh! bien, ma bonne Phine, que veux-tu ?Ça ne m\u2019amuserait pas, évidemment! Mais il faudrait bien que j'en prenne mon parti.Je ne serais plus dactylo, mais infirmière! Je frictionnerais tout simplement mon malade avec l\u2019onguent que papa emploie et dont .\u2014 Vous dites ?vous dites 7.e\u2019exclama Phine en ouvrant des yeux énorme.Vous iriez frictionner un écrivain.un.Monsieur ?.\u2014 Pourquoi pas ?Il est, parait-il, d\u2019age respectable.Et crois-tu que, pendant la guerre, les jeunes filles ont fait tant de façons pour soigner les blessés ?La pauvre vieille offusquée n\u2019a rien ajouté.Elle esi seulement retournée à ses casseroles, qui ont subit le contrecoup de sa mauvaise humeur.Décidément, ces personnes âgées ne comprennent rien à la mentalité de la nouvelle génération! Elles n\u2019ont pas été habituées à cette activité fiévreuse, ni préparées à ce que les Anglais appelleut ¢ struggle for life», «la lutte pour la vie », que nous envisageons, nous avec tant de sang-froid ! Allons, je ferme mon cahier.Dans quelques heures, sans appréhensions et sans arrière-pensée, je m'élancerai vers l'inconnu.Le 9 février.Ainsi que MacMahon, quand il planta son drapeau sur la tour de Malakoff, je serais tentée de m\u2019écrier: « Py suis, j'y reste » ! Car ce n\u2019est pas sans peine que je suis parvenue au terme de mon voyage.Et tandis que j'écris ces lignes, un regard jeté du côté de la fenêtre, me donne l\u2019impression que d\u2019un coup de baguette magique, un lutin ou une fée malicieuse m\u2019ont transportée sur cette hauteur.C\u2019est en vain que je cherche à apercevoir le chemin que j'ai parcouru hier, à dos de mulet.L\u2019immense forêt qui s\u2019étend devant moi, m\u2019empêche d\u2019en découvrir le tracé.Et voici que ces grands arbres nus, saupoudrés de neige, me semblent une multitude de squelettes, étendant leurs bras décharnés pour m\u2019empêcher de redescendre dans la vallée.Leur rigidité sépulerale confirmerait presque la sensation de mystère que j'ai ressentie en franchissant l'enceinte du manoir de Valencé.Quand celui-ci se montre enfin, après trois longues heures de chevauchée sur un âne têtu et rétif, je me suis crue véritablement destinée à y vivre un conte de « Mille et Une nuits 5.Ballottée par ma monture, qui, sans la vigilante solicitude de mon guide, m\u2019eit plus d\u2019une fois projetée à terre, je commençais à désespérer d'arriver au terme de mon voyage.Mes reins demandaient grâce, mon estomac criait famine; la patience, qui n\u2019est certes pas ma qualité primordiale, menaçait de m\u2019abandonner tout à fait.Pour apaiser ma rage naissante, j\u2019invectivais alternativement âne et guide.Mais l\u2019un et l\u2019autre demeuraient impassibles, le premier étant sans doute habitué à être roué de coups, et l\u2019autre, Tonio, plus sourd qu\u2019un pot, c\u2019est le cas de le dire, ne tournait même pas la tête quand je lui criais : « Comment, nous n\u2019y sommes pas encore ?Ah! ça, vieille ganache, es-tu sûr de ne pas t\u2019être trompé de route?» Mais nous allions toujours à travers le sentier rocailleux, qui en zig-zags innombrables serpentait dans la forêt, descendait dans les gorges étroites, pour remonter le long des pentes boisées, et cela indéfiniment .\u2026.Le crépuscule s\u2019annonçait, par une brume légère qui semblait descendre des sommets voisins.Alors, une vague crainte me fit désirer plus vivement encore d\u2019arriver à destination.Mon désir allait être enfin exaucé.La forêt s\u2019éclaircissait; les arbres devenaient rares, et soudain, Valencé m\u2019apparut, dans toute sa splendeur antique.L\u2019immense château féodal perché sur la hauteur, dessinait ses tours crénelés sur un ciel incendié par le soleil couchant.Et sous les lueurs fulgurantes qui irradiaient les cimes neigeuses, la forteresse me parut plus sombre, plus gigantesque qu\u2019elle n\u2019est en réalité.Spectacle grandiose, que, malgré ma fatigue, j\u2019eusse contemplé indéfiniment, si mon guide ne m'avait devancée.J\u2019activai alors la marche de mon âne à l\u2019aide de la gaule dont je m\u2019étais munie.Mais tout en continuant mon chemin, je ne quiitai pas des yeux le vieux castel, me demandant avec un peu d\u2019inquiétude, comment nous pourrions y accéder.En effet, de ce côté, les ramparts tombaient à pic, sur le torrent, formés en somme par le roc même de la montagne sur laquelle s\u2019élève la bâtisse.Tonio devinant sans doute ma pensée, me désigna du doigt un pont rustique que je n\u2019avais pas aperçu puis, quelques mètres plus loin, un tunnel qui s\u2019ouvrait sous les remparts du château.\u2014C\u2019est par là! me dit-il.Et sans plus d\u2019explications, il se dirigea vers la passerelle de bois qui, à chaque coup de sabots, semble prête à fléchir sous le poids des voyageurs.Ensuite, il s\u2019engagea dans le couloir sombre qu'il m'avait indiqué.Cette dernière traversée fut de courte durée, heureusement, car cette fois j'avais vraiment peur, me demandant si nous n\u2019étions pas engagé dans un repaire de bandits.Ce Tonio m\u2019étais inconnu en somme.À la descente du train, je l\u2019avais vu apparaitre, munie d\u2019une lettre qu\u2019il m'avait présentée.Ayant lu mon nom sur l\u2019enveloppe, je l'avais ouverte.Elle contenait ces quelques mots.\u2014 Confiez-vous au porteur de cette missive.Tonio est un guide sûr.La route est longue.Armez-vous de patience.À bientôt.Cte de Valencé.« Etrange bonhomme, que ce comte de Valencé! m\u2019étais-je dit, tandis que, aidée de Tonio, je me hissais sur le baudet qu\u2019il avait amené avec lui.Mais à ce moment, aucun soupçon ne m\u2019était venu au sujet de ce guide inconnu, il n\u2019en fut pas de même quand je me sentis seule avec lui dans le souterrain humide, privé de lumière.J\u2019en vins à me demander s\u2019il était bien le Tonio désigné par la lettre, s\u2019il n\u2019y avait pas eu substitution, par suite d'un vol.peut-être même le vieux porteur avait-il été assassiné?Sait-on jamais ?.Le temps me manqua pour achever la composition de ce roman d\u2019aventures dramatiques; brusquement, la fraicheur de l\u2019air me tomba sur les épaules, et je m\u2019aperçus que nous avions franchi l\u2019enceinte de la forteresse.Un coup de sifflet lancé par ledit Tonio m'arracha un petit cri de frayeur, et fit accourir une femme sexagénaire, dont la marche claudicante attira mon attention.Je remarquai alors que sa jambe droite était plus courte que l\u2019autre.Mais la vue de cette bonne vieille me rassura.Elle n\u2019avait nullement l\u2019aspeet de ces duégues qui font la popote des contrebandiers, ou autres malfaiteurs.Elle portait sur ses cheveux, blancs comme la neige, un foulard à carreaux, noué sur la nuque, selon la coulume des femmes de la région.Elle sourit en me disant : \u2014 Salut, belle Senorita.M.le Comte vous attend impatiemment.\u201cToutes croient que ma robe bleu marine est neuve!\u201d ere \u2018On peut s'amuser même en étant pauvre, si l\u2019on sait s'y prendre\u2019, nous écrit une ingénieuse femme d'Ottawa.\u2018J'ai joué un bon tour à mes amies.Elles croient toutes que ma robe bleu marine est bien neuve quand, en réalité, elle date de trois années! Certes elle ne ressemble pas à la robe qu\u2019elles connaissaient, laquelle était bleu poudre.Elle se salissait si facilement que je devais la laver chaque fois que je la portais.Naturellement elle commençait à pa- raitre usée.J'avais besoin d\u2019une robe foncée et je ne pouvais m'en acheter une.Alors je décidai de teindre en bleu foncé ma robe bleu poudre, ce qui faisait disparaître l\u2019usure.Le pharmacien me conseilla d'employer les Teintures Diamond parce qu\u2019elles donnent des résultats certains.C'est ce que je fis et ma robe devint d'un bleu marine riche et lustré, tout comme un tissu neuf.J\u2019ajoutai un collet et des poignets blancs.Il n\u2019est donc pas étonnant que mes amies n\u2019aient pas reconnu ma robe.Que Je suis contente!\u2019 Des centaines de femmes se procurent ainsi économiquement de jolies robes ou des ornements d'intérieur, même quand la bourse est vide.Elles emploient les Teintures Diamond pour obtenir, par ébullition, des solides couleurs foncées, et les Teintes Diamond qui donnent sans ébullition les couleurs légères.Essayez-les.Dans toutes les pharmacies.15 cents.Teintures Diamond FADRIQUEES AU CANADA Meilleures \u2014 plus riches en anilines pures embellissez vos yeux ! 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Tonio se dirigea vers une porte basse, s\u2019ouvrant sur un escalier en colimaçon qu\u2019elle me recommanda de gravir avec précaution pour Le pas tomber.\u2014 Grand Dieu! où me mène-t-elle ?me demandai-je.Dans quelle aventure me suis-je embarquée ?Heureusement, la bonne vieille n\u2019allait pas mettre ma patience à l\u2019épreuve aussi longtemps que Tonio, sa vieille ganache d\u2019époux.Arrivée au deuxième étage, elle me dit : \u2014 Les appartements de M.le Comte donnent sur le couloir; la chambre de la senorita est du côté opposé, près de la mienne.La senorita n\u2019a donc rien à craindre la nuit; je serai là au cas où elle aurait besoin de quelque chose.Ceci dit, elle me précéda de nouveau dans l\u2019étroit passage indiqué en premier lieu, et sur lequel s\u2019ouvrent les différentes pièces occupées par le comte.Ce fut à la dernière qu\u2019elle frappa.Une voix ayant répondu entre deux quintes de toux: «entrez», je me trouvai nnfin en présence du maître de céans.Ah! Ah! Ah ! le drôle de petit vieux! J'eus peine à comprimer mon envie de rire, en le voyant perché sur une estrade, confortablement assis dans un immense fauteuil Henri II drapé de velours pourpre, dont le dôme touche le plafond.Il était vêtu d\u2019une robe de chambre jaune citron, imprimée de minuscules perruches vertes et ornée de parements lamés d\u2019or, Des cheveux longs, qui ont dû être bouclés jadis, tombent sur ses épaules, envahissent le front, et les tempes, laissant à peine voir le visage dont le bas est encadré par une grande barbe inculte.D\u2019énormes lunettes bleues emboîtent une partie de la figure, à ce point qu\u2019il me serait impossible de juger si le comte de Valencé a eu jadis un physique agréable ou non.A mon arrivée, il fit mine de se lever, mais il se rassit aussitôt, laissant échapper un si drôle de petit «aïe » que j\u2019eus encore plus envie de rire.\u2014Excusez-moi, Mademoiselle, me dit- il, mes rhumatismes me rendent les mouvements pénibles; aussi me conten- terai-je de vous souhaiter la bienvenue du haut de mon siège.Je faillis m\u2019écrier : \u2014 Mais quelle idée, aussi, de vous percher si hant!.\u2014Je retins mon exclamation, et répondis simplement : \u2014 Je vous en prie, Monsieur, ne vous dérangez pas.Vous êtes tout excusé.Le comte reprit : : \u2014 Je suis heureux, très heureux de faire votre connaissance, Mademoiselle Ma- rinette, et je souhaite que nous nous entendions tous les deux.J'ai grand besoin de votre aide pour terminer un manuscrit commencé depuis plusieurs mois, et sans cesse relégué au fond d\u2019un tiroir, faute de pouvoir écrire à cause de ces maudites douleurs.Disant cela, il s\u2019appliqua trois vigoureuses claques sur le bras droit.De nouveau, je faillis lui crier : « Mais ne maltraitez pas ainsi vos muscles, vous allez les endolorir davantage !» Cette fois encore je me contins, distraite soudain par le bruit de ses pieds battant la cadence, sur l\u2019estrade.« Pour un rhumatisant, il a l\u2019air bien agité, le bonhomme ! pensais-je.> En effet, il semble très nerveux, si je puis en juger d\u2019après notre première entrevue.J\u2019en eus du reste une preuve immédiate, un mouvement plus violent de son pied droit ayant envoyé promener une de ses babouches au bas de l\u2019estrade.Je me précipitai pour la ramasser et, avec ma vivacité coutumière, Jj\u2019escaladai en 2 enjambées les degrés du fauteuil.Mais comme je me disposais à lui remettre sa pantoufle, il m\u2019arréta en se tortillant comme un ver, et criant d\u2019une petite voix aïguë : \u2014 Mais vous n\u2019y pensez pas, Mlle Ma- rinette ! .laissez cela, ce n\u2019est pas vo-, tre rôle.Puis se tournant vers la servante, il lui dit d\u2019un ton bourru : \u2014 Mais à quoi penses-tu, Toinon ?Qu\u2019attendstu pour me rechausser ?Ceci est dans tes attributions, je pense ?La vieille obéit.Quant a moi, je pensai que Phine avait en bien tort de se faire tant de souci, en s\u2019imaginant qu\u2019il me faudrait peut-être « frictionner mon écrivain >.\u2014 Puisqu\u2019il ne veut même pas me laisser effleurer le bout de son pied, me dis-je bien sûr qu\u2019il n\u2019admettrait pas que je lui badigeonne les reins avec l\u2019onguent de mon père, où que je lui masse les jambes.Au fond, je ne demande pas mieux que de laisser ce soin à Toinon ! Le comte me demanda des nouvelles de mon voyage, et s\u2019informa si je n\u2019étais pas trop fatiguée, si Valencé ne m\u2019avait pas fait trop mauvaise impression à première vue, si.bref, des «si> à n\u2019en plus finir.\u2014Dieu qu\u2019il est curieux, ce petit vieux ! me disais-je.Il ferait bien mieux de m\u2019envoyer me reposer.Soupçonna-til ma pensée intime ?Peut-être mon air de lassitude plaida-t- il en ma faveur, car il me dit brusquement : \u2014Vous paraissez fourbue, Mlle Ma- rinette ! Allez donc vous réconforter à la salle à manger, puis vous gagnerez votre chambre; une longue nuit vous remettra.Toinon va s\u2019occuper de vous.Je ne me fis pas prier, tout en trouvant qu'il m\u2019envoyait au dodo, un peu tôt, comme une petite fille, car cinq heures était à peine sonnées.Je fis honneur au frugal repas que me servit Toinon, et tout en le dégustant, j'inspectai la grande pièce dans laquelle je me trouvais.\u2014 C\u2019est l\u2019ancienne salle des gardes, me dit Toinon, surprenant mon regard circulaire.Elle est très belle, comme vous le voyez, et donne accès dans la salle da conseil; la bibliothèque, le musée et d\u2019autres pièces suivent, toutes intéressantes par leurs sculptures antiques, et les meubles qu\u2019elles contiennent.Vous aurez de quoi vous distraire ici.Mais je vous recommande de ne pas approcher des ruines, ce qui pourrait présenter quelque danger, à cause des éboulements qui se produisent de temps à autres.\u2014 Et le donjon ?demandai-je, peut-on le visiter ?\u2014 Non, senorita! Il est inhabité depuis de bien longues années; du reste, on ne saurait comment y pénétrer, il n\u2019y pas de portes extérieures.\u2014 Ah fis-je, on devait y accéder par un souterrain ?C\u2019était dans ces sortes de tours que jadis, les seigneurs cachaient leurs richesses et leurs papiers.\u2014 Oui, senorita! C\u2019est, en effet ce que que m\u2019a expliqué M.le Comte.\u2014Et en ca de guerre, ajoutai-je, quand les seigneurs voyaient qu\u2019ils allaient être pris, ils fuyaient avec leurs trésors dans ces passages secrets, connus d\u2019eux seuls.C\u2019est regrettable qu\u2019on en ait perdu la trace.: Toinon eut un geste d\u2019indifférence, et changea le sujet de la conversation; elle me parla des jolies promenades que je pourrais faire dans la campagne avoisinante.Puis, lorsque je fus restaurée, elle me conduisit à mon appartement, et AT Mai 1934 après m'avoir souhaité une bonne nuit se retira.Alors, je passai ma chambre en revue.Tout de suite elle me plut.On dirait qu\u2019une fée gracieuse s\u2019est ingéniée à y enfermer tout ce qu\u2019elle a pu trouver de plus joli, parmi les vieilleries amassées dans le manoir depuis tant d\u2019années.Et ces choses, malgré leur ancienneté, ont une apparence presque neuve, tant elles sont reluisantes de propreté.Les cuivres étincellent avec des reflets de soleil; les vieux bahuts de chêne, astiqués et brillants, paraissent vernis.J\u2019admirais les charmants bibelots qui ornent les consoles, les guéridons et la commode Louis XV, véritables merveilles de finesse et d\u2019élégance.Sur la cheminée de bois sculpté les chandeliers dont Toinon avait allumé les bougies, ce soir-là, ré pandaient une lueur très douce.Habituée à la clarté violente des ampoules électriques, j\u2019appréciai tout de suite la discrétion de ce luminaire primitif.Ma chambre est tapissée de toile de Jouy vieux rose, représentant de jeunes bergères minaudant de ci, de là, sous les arbres.Cette même étoffe, très- souple, drape le baldaquin, recouvre les sièges et encadre aussi la fenêtre, vers laquelle, tout en écrivant, je jette de furtifs regards, sans cesse attirée par la beauté du site qui se déploie devant le château.Quoique meublée de vieilleries, cette pièce a un cachet de jeunesse et de gaieté qui m\u2019enchante.Elle est arrangée avec goût.J'ai peine à croire que ce soit l'oeuvre de la rustique Toinon, et encore moins celle de son époux.Quant au comte de Valencé, je ne le vois pas menblant une chambre de jeune fille!.Il me semble qu\u2019à la place de ces tentures et draperies d\u2019un rose si tendre et si discrètement vieillot, il eût préféré un jaune serin, un vert perruche, ou un rouge sang de boeuf.Sans doute, aurait-il marié les trois couleurs, sans plus de souci.Qui donc alors, a si gentiment arrangé ma petite chambre ?Quel est le nom de la fée gracieuse, qui a drapé avec tant d\u2019élégance le baldaquin et les rideaux, disséminé les bibelots avec art et disposé les napperons brodés sur les étagères et les guéridons ?Serait-ce elle aussi qui a confectionné ces superbes roses artificielles s\u2019élançant des aiguié- res d'argent, posées sur les consoles?Ces fleurs et leur feuillage sont si admirablement imités qu\u2019instinctivement je m\u2019en suis approchée pour en respirer le parfum; j'oubliais qu\u2019il ne peut y avoir de roses en cette saison, à une si haute altitude surtout ! Fée gracieuse, qui que tu sois, je te bénis de m\u2019avoir par une complaisante sollicitude, arrangé une chambrette aussi accueillante.Mon impression fut si favorable en y entrant, quelle me fit oublier les fatigues précédentes, mes appréhensions, et aussi l\u2019aspect un pen étrange du Sieur de ces lieux.Mais c'est près de lui qu\u2019il me faut songer maintenant à me rendre.Dix heures sonnent à un vieux coucou.Toinon, en m\u2019apportant tout à l\u2019heure mon déjeuner au lit, (quelle giterie!) m\u2019a dit que le comte de Valencé désirait me voir dans le courant de la matinée, quand j'aurais terminé mes arrangements.Aussi ne serait-il pas raisonnable de le faire attendre plus longtemps.Je ferme mon journal.Ce soir, sans doute, j\u2019y relate rai le récit de ma première journée com- pléte a Valencé.Le 20 février.Il me semble que, si mon journal pouvait parler, il me reprocherait mon infidélité à son égard.En effet, depuis lundi, jour de mon arrivée, où je notai mes impressions premières, je ne lai pas ouvert.Aussi, ai-je décidé ce soir de ne pas me coucher, avant d\u2019avoir fait amende honorable à mon cher confident.Ce n\u2019est cependant pas le temps qui m\u2019a manqué pour écrire.Mais jai préféré, jusqu'ici, occuper mes loisirs a explorer le château et ses alentours, et ja.tais si lasse en rentrant de mes randonnées dans la montagne, que j'avais hâte de les oublier en m\u2019abandonnant dans les bras de Morphée.Marraine se plaint, les cartes que je lui ai envoyées ne contenant que de brèves nouvelles.Elle désire plus de détails ! Pauvre marraine! Je la fais passer en effet au second rang! Demain, je lui écrirai longuement.Je ?> ve Mai 1934 réserve cette soirée a mon journal.Revenons done a cette premiére matinée, où je quittai ma chambre, pour me rendre auprès du comte de Valencé.Je le trouvai toujours perché sur son estrade, comme un juge prêt à donner audience.Cependant, il n\u2019a ni l\u2019aspect, ai les allures imposantes d\u2019un magistrat; il semble toujours sur des épines.Mais ses rhumatismes ne l\u2019empêchent pas de baltre sans cesse la cadence avec son talon et de donner de vigoureux coups de poings sur le bras de son fauteuil, lorsque Toinon ne le sert pas à son gré.Dans ces cas-là, il semble qu\u2019il va bondir de son siège, et vous tomber dessus comme un bolide.Mais il se rassied aussi promptement qu\u2019il s\u2019est levé, sans jamais oublier le petit «aïe» qui me donne envie de rire.Je le compare alocs intérieurement à ces diables que l\u2019on fait surgir d\u2019une boîte à ressort, dont le déclanchement fait entendre un bruit sec.Pauvre comte ! Il m\u2019a tout l\u2019air d\u2019un malade qui se croit plus malade qu\u2019il n\u2019est en réalité.Parfois, je me demande si ma présence était bien nécessaire pour l'aider à achever le manuserit en question.En somme, il en écrit le brouillon seul, et ne réclame mon aide que pour le recopier.Je lui ai offert, comme il avait été convenu, de classer ses notes éparses sur des feuilles volantes; mais il a toujours peur de me fatiguer ! Il semble également craindre que je m\u2019ennuie.Aussi, m\u2019a-t-il engagée à profiter des beaux jours qui ont suivi mon arrivée, en faisant quelques promenades dans les environs; mais pour éviter que je m\u2019égare il a ordonné a Tonio de me suivre.Ces sentiers de la montagne, aux détours innombrables, sont traîtres, en effet; et je fus bien aise à plusieurs reprises de recourir aux lumières de mon guide, quand il s'agissait de regagner Valencé.Lorsque je reviens de mes excursions, Je monte près du comte qui semble toujours m\u2019attendre avec une vive impatience, pour prendre le thé.Je fais honneur 2 ce golter, comme a tous les autres repas, du reste, ce qui semble lui plaire et Pamuser.Il me taquine sur mon appê- tit d\u2019ogre, ma vivacité, et ne rate jamais l\u2019occasion de se lamenter sur ses 70 ans, qui le privent de bien des privilèges.Pourtant, en ce qui concerne la bonne chère, il n\u2019a rien à m'\u2019envier, car, en vérité, il dévore.Je n\u2019ai pu m\u2019empêcher de lui en faire la remarque hier en l\u2019entendant regretter ses 18 ans envolés, tandis qu\u2019il en était à son cinquième croissant ! \u2014 Vous avez raison, me dit-il en riant, je ne devrais pas me plaindre.Le sort m\u2019a favorisé d\u2019un tube digestif ex- \u2018 cellent, que les années n\u2019ont pas détérioré.\u2014Et de dents non moins excellentes! repris-je, que je pourrais méme vous envier; car, si je cassais des moix avec les miennes comme vous le faites, il ne me faudrait pas huit jours, pour avoir un: bouche édentée comme celle de Toinon.Remerciez Dieu, Monsieur, d\u2019avoir conservé tant de facultés! .Bien des vieillards à votre âge, ne mangent que des bouillies et des purées, et sont sourds, aveugles, paralysés, voir même gâteux., \u2014 Brrr !.s\u2019exclama le comte avec un frémissement de tout son être; votre litanie de maux, digne de figurer dans une cour des miracles, me donne la chair de poule.Je songe avec terreur que dans quelques années je pourrais bien être privé de l'usage de mes sens.Ceci dit, il se mit à tirer sur ses deux oreilles, à rajuster ses lunettes sur son nez, à redoubler la cadence de ses pieds, (geste qui lui est familier quand il s\u2019énerve), et à faire claquer ses dents l\u2019une sur l\u2019autre, comme pour s\u2019assurer qu\u2019elles sont bien fixées.Enfin, s\u2019étant appliqué quelques claques sur les bras et la cuisse, il déclara avec un soupir de satisfaction : \u2014 Bah! bon état ! Je me hâtai de dire comme lui, quelque peu ennuyée d\u2019avoir pu jeter le trouble dans son esprit par mes réflexions importunes.En effet, vu son âge, M.de Valencé serait encore bien conservé, sans ses douleurs qui l\u2019obligent, du moins il Je croit, à une immobilité qui semble lui être fort pénible.Et s\u2019il avait la bonne idée de se raser, de couper sa barbe tout cela a l\u2019air encore en La Revue Populaire broussailleuse, et ses longues moustaches de croquemitaine, il porterait dix ans de moins en vérité.Quant à ses lunettes bleues, elles ne l\u2019empêchent pas de déchiffrer les grimoires de certains vieux bouquins, que j'ai, moi, malgré mes dix- huit ans, bien de la peine à lire parfois.Ceci me confirme que le comte de Valencé se croit plus malade qu\u2019il ne l\u2019est en réalité.Et j'ai tout lieu de supposer que, si le feu prenait au manoir, on le verrait en déguerpir rapidement, sans souci de ses membres qu\u2019il croit ankylosés.Pour ee rendre d\u2019une pièce à l\u2019autre, il me donne le bras, pour Ja forme, puisqu\u2019il ne s\u2019y appuie nullement.Je lui en ai fait l\u2019observation ce matin, ce à quoi il a répondu : \u2014 Je crains d\u2019abuser de vos forces, Mlle Marinette; du reste, je vous avoue que la seule perspective de vous avoir comme point d\u2019appui, le cas échéant, suffit à raffermir ma démarche chancelante.Or, comme je l\u2019encourageais à se laisser soutenir, il acquiesça cette fois à mon désir avec tant d\u2019ardeur, que ce fut moi qui faillis perdre l\u2019équilibre dans l\u2019escalier ! Et, a ma grande stupéfaction, il me retint avec une adresse, une force même dont je ne l'aurais pas cru capable.Ayant alors levé vers lui un regard étonné, je crus voir passer dans le sien, à travers ses lunettes bleues, un éclair de malice tandis que ses lèvres esquissaient un sourire railleur.Confuse de ma maladresse, et vexée surtout d\u2019avoir pu paraître ridicule, je hâtai ma marche au risque de faire trébucher à son tour mon compagnon.Mais nous arrivâmes sans autre incident dans la salle à manger, où M.de Valencé se laissa choir sur un fauteuil en poussant un soupir qui me parut être de commande.\u2014 Ouf ! dit-il en s\u2019épongeant le front, où pas une goutte de sueur ne perlait.Décidément, Mlle Marinette, mes jambes n\u2019ont plus la même souplesse des vôtres; et, s\u2019il me fallait exécuter quelques galopeties de ce genre, plusieurs fois par jour, je n\u2019en aurais pas pour lonz- temps à prendre ma feuille de route pour le Paradis.Vous avez beau dire, je sens peser plus lourdement chaque jour sur mes épaules, les 70 printemps qui s\u2019y sont amoncelés.Hélas ! que ne donne- rais-je pas pour revenir en arrière ! Si nous étions encore au temps des fées, j'aurais recours au pouvoir de l\u2019une d\u2019elle pour me rajeunir de quelques années! Si je pouvais revenir à la tren- taîne !.Je me ferais alors un plaisir de vous accompagner dans vos excursions, pour vous faire mieux admirer les beautés de notre région.\u2014 Oui da! m\u2019écriai-je, un peu scandalisée.Il s\u2019agirait bien alors de prome- rades a deux! Soyez persuadé, Mou- sieur, que si cet événement étrange venait à se produire, je prendrais, le soir même la poudre d\u2019escampette.Ce fut au tour du comte de paraître froissé.\u2014 Et pourquoi donc, Mademoiselle, s\u2019il vous plait?demanda-t-il sur un ton aigre-doux.Croyez-vous donc qu\u2019à trente ans, j'étais un épouvantail à moineaux?Il vous suffirait de voir mon portrait à cet âge, pour revenir sur les idées précongues.\u2014 Que je n\u2019ai jamais eues en vérité! Monsieur! interrompis-je.Mais vous pensez bien que, si vous étiez en état de faire encore des.conquêtes, les convenances ne me permettraient pas de séjourner sous votre toit.Marraine se hâterait de me rappeler auprès d\u2019elle! Songez que, déjà, elle me voyait d\u2019un très mauvais oeil tenir compagnie à un écrivain d\u2019âge respectable et quelque peu rhumatisant.\u2014 Vraiment ?Cependant, je ne vois pas en quoi mes douleurs.\u2014 Mais tout simplement, Monsieur parce que marraine craignait que je fusse obligée de soigner vos membres malades ! Et comme elle a des idées d\u2019un autre siècle elle s\u2019en choquait.\u2026 Le comte se mit à rire à gorge déployée, ce qui mit à jour sa belle dentition que bien des hommes de vingt-cinq ans pourraient envier, \u2014 L\u2019avez-vous rassurée ?me demanda- t-il.Si non, faites-le au plus tôt je vous en prie ! car je serais désolé qu\u2019elle prit ce prétexte pour vous rappeler auprès d\u2019elle.Dites-lui bien que jusqu\u2019à ce jour, Toinon a suffi à me soigner, et que je n\u2019ai nullement l\u2019intention de vous assigner un poste d\u2019infirmière ! \u2014 Je l\u2019assurai avoir déjà écrit dans ce sens, et nous parlâmes d\u2019autre chose On dit que les femmes sont curieuses, mais je trouve que les hommes ne le sont pas moins, surtout les vieux, à commencer par le comte! Il me questionne à propos de tout et à propos de rien, c\u2019est le cas de le dire.Il veut savoir tout ce que je pense de ceci, de cela.Après la lecture des journaux, il attend que j'exprime mes opinions pour donner la sienne.Le soir, après le dîner, il me fait lire des vers, des passages de grands auteurs, et cela nous entraîne à des discussions, des échanges de pensées qui prolongent nos veillées, plus que je ne le voudrais.C\u2019est pourquoi, rentrée dans ma chambre, j'ai hâte de me coucher, afin de réparer la fatigue physique causée par ma longue promenade de la journée.Ce soir, le comte de Valencé m\u2019a rea- du ma liberté plus tôt que de coutume, ce qui m\u2019a promis de prendre mon journal.Mais je m\u2019apergois que maintenant, I\u2019heure est trés avancée, aussi vais-je résumer rapidement l\u2019ensemble de mes impressions avant de fermer ce cahier, pour prendre mon repos.En somme, je n\u2019ai pas à regretter ma décision.Le comte a beaucoup d\u2019égards pour moi, les services qu\u2019il me demande ne sont pas fatiguants, et me laissent de nombreuses heures de loisir dont je puis disposer à mon gré.Le pays est superbe; le château non moins beau; d\u2019autre part, le musée et la bibliothèque qu\u2019il contient, me procureront d\u2019agréables passe- temps les jours de pluie et de neige.Toinon est aux petits soins pour moi.Elle s\u2019ingénie à me faire plaisir et elle y réussit si bien, que j'ai l\u2019impression, parfois, comme le premier soir de mon arrivée, qu\u2019une fée bienfaisante l\u2019inspire en lui révélant mes goûts et mes petites manies.Ainsi, lorsque je suis couchée, elle m\u2019apporte une infusion d\u2019anis, habitude que j'ai prise à l\u2019exemple de marraine! Puis elle me confectionne de succulents entremets, auxquels son maître goûte du bout des lèvres, par politesse, sans doute, car il préfère le fromage et les fruits.Poubliais de noter qu\u2019il y a un piano à Valencé.Je le savais du reste, le comte ne m'\u2019avait-il pas écrit que nous pourrions faire de la musique d\u2019ensemble ?Mais ce qui m\u2019a étonné, c\u2019est de trouver parmi la musique, les morceaux que iè joue habituellement, ainsi que mes romances de prédilection.J\u2019attribue cetie coïncidence étrange à la fée gracieuse, conçue par mon imagination toujours à Paffût de merveilleux.Décidément, cette charmante fée qui prévoit tout, semble désireuse de me voir demeurer longtemps en ces lieux.Moi-même je souhaite, qu\u2019en ce qui concerne le manuscrit du comte, elle remplisse l\u2019office de Pénélo- pe, afin de prolonger mon séjour à Va- lencé, Puisse-t-elle donc mettre un frein à l'imagination de l\u2019écrivain, car il est évident que, lorsqu\u2019il aura terminé son oeuvre, il n\u2019aura plus besoin de mes services.Le 21 février.Etrange vision que j'ai eue hier soir, si vision l\u2019on peut dire toutefois.car j'ai la certitude d\u2019avoir vu « de mes yeux vay comme dirait ei élégamment Mme de Sévigné, vu, dis-je, une lumière briller à une des fenêtres du donjon.Et cette lueur fugitive me tint éveillée jusqu\u2019à l'aube, faisant travailler mon cerveaa toujours en quête de merveilleux.Brisée de fatigue, je m\u2019endormis enfin et si profondément, que Toinon, ce matin, frappa vainement à ma porte.je ne l\u2019entendis pas.Je ne fus éveillée, (et en sursaut) que par un bruit de ferraille assourdissant.\u2014 Qui va là ! m\u2019écriai-je éperdue.Jé- tais encore sous l\u2019influence du rêve incohérent qui venait de me transporter dans la grosse tour, parmi des esprits agitées, lesquels avaient dansé une sarabande effrénée, autour de moi, tout en jouant du coude sur leur tambourin métallique.\u2014 Dieu soit loué, elle est en vie ! s\u2019exclama le comie, répondant ainsi à ma question angoissée.C\u2019était lui qui venait de faire ce tintamarre au moyen d\u2019une bassinoire de cuivre qu\u2019il avait frappé avec énergie 37 SE TRAINAIT AVEC LE LUMBAGO Voici un témoignage intéressant pour toute personne souffrant de ce pénible malaise qui s\u2019appelle le lumbago.Une femme écrit : «Durant des années je souffris de lumbago.Par les temps d\u2019humidité, c\u2019est avec peine et douleur que je me tournais dans mon lit, tant j\u2019éprouvais de raideur dans les membres.Il y a deux ans, j'étais prise à la fois de lumbago et de sciatique et pendant une quinzaine, je me trainai littéralement, souffrant terriblement.J'avais plutôt l\u2019air d\u2019avoir 100 ans que 33 ans.Quelqu\u2019un me conseilla de prendre les Sels Kruschen, ce que je fis et continuai de faire, avec le résultat que je n\u2019ai pas ressenti le moindre soupçon de lumbago depuis.» Mme G.P.C.Comment se fait-il que Kruschen soit aussi efficace pour enrayer le lumbago ?C\u2019est simplement parce qu\u2019il s'attaque à la base même du mal et en fait disparai- tre la cause, qui est l\u2019impureté du sang.Les six sels minéraux contenus dans Kruschen purifient et vivifient le sang en favorisant la régularité de tous les organes éliminateurs.+ PAULINE, vous pouvez aviver votre teint, stimuler votre appétit, vous soulager de vos faiblesses, étourdissements, fatigue au moindre effort, maux de reins, périodes douloureuses ou irrégulières ou tout autre trouble interne spécial à la femme en prenant lee PILULES ROUGES, le remède par excellence des femmes depuis 40 ans.he LE ROMAN DANS IE FTL M DE MAI Pour \"amour d\u2019une blonde Par Léo DARTEY COUPON D'ABONNEMENT IEFTLM Ci-inclus le montant d'un abonnement au magazine de vues animées LE FILM.50e pour 6 mois ou $1.00 pour 1 an.Nom Adresse POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE, PROP.975, Rus pz BULLION, MONTREAL, Cam. 38 contre le mur, sans se soucier d\u2019effriter ce dernier, déjà suffisamment lézardé, ni de bosseler le bel ustensile de Toinon.\u2014 Eh! quoi, Mademoiselle Marinet- te, reprit-il, seriez-vous souffrante.Votre sommeil prolongé me faisait craindre que vous ne fussiez tombée en léthargie.Désirez-vous quelque chose?Faut-il vous menter votre déjeuner ?\u2014Non, certes, Monsieur, m\u2019écriai-je en sautant de mon lit.Je vous remercie, mais vous vous inquiétez bien à tort à mon sujet.Je suis en parfaite santé, -:t dans 20 minutes, je serai dans la salle à manger.Un coup d\u2019oeil jeté du côté de la pendule, venait de me révéler l\u2019heure tardive.Mon estomac se serait chargé de me le rappeler, car il criait famine.Je m\u2019engouffrai dans mon cabinet de toilette, ou des ablutions froides ravivèrent mon énergie un tant soit peu alanguie, par cette nuit d\u2019insomnie.Puis, par une des fenêtres, je jetai un regard inquiet du côté de la tour, car, c\u2019était 'à que j'avais aperçu la lueur en question.Mais je ne remarquai cette fois rien d\u2019anormal; je m\u2019habillai alors en hâte, et descendis rejoindre le comte.Il m\u2019attendait dans la salle à manger, ayant déjà pris place à table.Et le regard impatient qu\u2019il dirigeait sur le pâté, croustillant et chaud, que Toinon venait d\u2019apporter, de même que le frémissement de ses narines au fumet qu'il exhalait, me firent comprendre qu\u2019il avait hâte de l\u2019entamer.Aussi, l\u2019ayant salué de ma petite inclinaison de tête habituelle, car jamais il ne me tend la main, je pris place en face de lui.Nous commençâmes, sans plus de façon à dévorer c\u2019est le cas de le dire, les mets sue- culents de la bonne Toinon: pâté en croûte, (sa spécialité) rabbs de lièvre, pommes soufflées, dorées et apétissantes, crème onctueuse, enfin, galettes a la ca.nelle, qu\u2019elle réussit à metveille, et que je mange avec une voracité qui fait toujours rire mon compagnon.Un ou deux petits verres de bourgogne par là dessus, el nous voici lestés! Alors nous passons dans le fumoir, où le comte fait sa sieste.Pelotonnée dans une grande bergère, au milieu d\u2019une abondance de coussins, il s\u2019endort du sommeil du juste, tandis que je feuillette les nombreuses revues, qu'il reçoit régulièrement chaque semaine.Mais, comme les lièvres, le comte semble dormir d\u2019un oeil seulement; car, maintes fois levant la tête à l\u2019improviste, je l\u2019ai surpris clignam de l'oeil, comme sil m\u2019observait.Etrange petit vieux! Au- jourd\u2019hui, cependant, il dérogea a ses habitudes.Aussitôt enfoui dans son amoncellement de petits oreillers, aux couleurs voyantes, il engagea la conversation.\u2014 Ah! ça, Mademoiselle Marinette, s\u2019exclama-t-il, à brile-pourpoint, vous avez donc veillé bien tard, hier soir, pour avoir ainsi fait la grasse matinée?Vous avez peut-être achevé la lecture du nouveau roman que vous aviez commencé dans l\u2019après-midi et qui semblait vous intéresser fort ?\u2014 Non pas, Monsieur, répondis-je.J\u2019en suis toujours à la même page.J'ai veillé un peu tard, il est vrai, mais c\u2019était pour écrire mon journal.\u2014 Votre journal ! s\u2019exclama le comte en se redressant, sans souci du lumbago qui le fait se coucher davantage à certains jours.Alors, vous écrivez vos mémoires ?\u2026.\u2014 Nenni! je note simplement mes impressions sur un cahier lorsqu\u2019une circonstance m'en présente l\u2019occasion.Or, comme la vie quasi claustrale que je mène ici, est exempte d\u2019événements, je n\u2019ai pas grand chose à relater! Je nm\u2019ai écrit mon journal que trois fois depuis mon arrivée à Valencé.J'avais prononcé cette phrase sur un ton légèrement acerbe, accentuant le mot « journal ».Car je me sentais mécontente de moi-même, et vexée d\u2019avoir sottement mis le comte au courant de mes affaires personnelles.Il va se moquer de moi, pensais-je.Précisément la question suivante sembla me donner raison, ce qui acheva de me mettre de fort mauvaise humeur.\u2014 Votre journal.votre journal.reprit le comte en se grattant alternaii- vement le bout de l'oreille et la nuquz.Votre journal, cela doit être d\u2019un grand intérêt ?\u2014 Pas pour vous, bien sûr, m\u2019écriai-je en tapant nerveusement du pied.La Revue Populaire \u2014 Eh! qu\u2019en savez-vous, Mlle Mari- nette?s\u2019écria mon interlocuteur avec ua petit ricanement qui acheva de m\u2019exaspérer.Il s\u2019en aperçut et me demanda d\u2019ua air contrit : \u2014 Vous paraissez fachée, Mlle Mari- nette?Vous aurais-je dit quelque chose de désagréable?Ce serait bien involontairement, croyez-le ! Ceci fait, il s\u2019enfonça dans ses coussins et cligna de l\u2019oeil comme s\u2019il allait s\u2019endormir.Mais se ravisant aussitôt, il se redressa.\u2014Serait-ce indiscret de vous demau- der depuis quand vous avez commencé vos mémoires.Ah ! mille excuses ! je veux dire votre journal ?Au soupir que j'avais poussé, il avait compris que ce mot «mémoires» m'agaçait au huitième degré.C\u2019est pourquoi il s\u2019était repris aussitôt, et bien il avait fait! Quoique trouvant sa question lége- rement indiscrète, je répondis : \u2014En décembre dernier, Monsieur.\u2014 Seulement ?\u2014 Mais oui, vous ne voudriez pas que j'en ai écrit la première page, alors que j'étais encore sur les genoux de ma nourrice ?Nouveau ricanement de sa parl.\u2014 Evidemment, évidemment, balbutix- t-il embarrassé.Telle n\u2019était pas ma pensée du reste.Sans vouloir vous faire prendre la plume, alors que vous étiez dans les langes, je pensais que vous auriez pu le faire, à votre sortie de pension comme c\u2019est l\u2019habitude de bien des jeunes filles.ou encore votre entrée dans le monde.enfin quand la vie a commencé à vous offrir quelque inté- rét.\u2014 Ce qui fut le cas, Monsieur car, si je n\u2019ai pas eu plus tôt cette idée, c\u2019est que je n\u2019avais rien de particulier à transerire.Il faut avoir pour cela une occasion quelconque, une grande joie ou une épreuve, un bouleversement.voire même.que sais-je.\u2014 Une simple aventure ! Je fronçai les sourcils.Ceci ne ressemblait-il pas à une allusion, (inconsciente de sa part) à ma mésaventure de Paris.Cette insinuation ne pouvait être de mon goût et je ne pris pas de gants pour le lui faire comprendre.\u2014 Ah ! ça, Monsieur, dis-je.Vous ima- ginez-vous que je suis fille à faire des escapades ?\u2014 Oh! loin de moi une pareille pensée, Mlle Marinette ! s\u2019exclama mon compagnon, sur un ton navré cette fois.En vérité, je suis bien maladroit aujour- d\u2019hui, puisque mes paroles auxquelles je n\u2019ai pas donné un double sens, ont le tort de vous cxaspérer, si j'en juge par l\u2019agitation de vos pieds.Je rentrai mes jambes sous mon siège, avec un petit haussement d\u2019épaules.Le comte poursuivit : \u2014 Je sais très bien, Mademoiselle, que votre conduite est irréprochable.Cependant, à votre âge, faute d\u2019expérience de la vie, on peut commeltre des inconséquences, et qui sait ?.On peut même très sérieusement ébaucher le premier acte d\u2019un petit roman.d\u2019amour.\u2026 C\u2019est une des circonstances dans lesquel- impressions, comme vous le disiez tout à les on éprouve le besoin d\u2019épancher ses Pheure.Du coup, je devins provocante.\u2014 Et quand cela serait ?Mon interloeuteur fit le gros dos et penaud ajouta : \u2014 Cela ne me regarderait pas.c\u2019est ce que vous pensez avec juste raison.Cependant Mlle Marinette.on ne sait jamais .je pourrai peut-être, en ce cas, vous rendre service, jouer le rôle d\u2019intermédiaire.que sais-je.Si je puis vous être utile, je le ferai avec plaisir.\u2014 Je vous remercie de votre complaisance, Monsieur, mais je n\u2019ai aucune raison pour la mettre à contribution, ma vie, jusqu\u2019alors a été sans détour, dirai- je même sans événement capital?Si j\u2019aimais quelqu\u2019un, du reste, je n'aurais pas besoin d\u2019un tiers pour aller lui déclarer mes sentiments.\u2014Bigre ! vous iriez ainsi, de but en blanc, dire 3 un Monsieur : « Monsieu:, je vous aime, voulez-vous m\u2019épouser > Décidément, la jeunesse actuelle n\u2019y va pas par quatre chemins ! \u2014 Et elle a bien raison.Comme nous serions nigaudes, avouez-le, de passer peut-être à côté du bonheur sans chercher à le retenir, sous prétexte de ne pas déroger aux convenances ! Le comte se gratta de nouveau l\u2019oreille avec perplexité : \u2014 Ceci veut dire que vous n\u2019aimez personne.Sans quoi, vous ne seriez pas ici.vous auriez rejoint le héros de vos rêves.\u2014 Parfaitement ! Je pensais mettre fin à cette conversation absurde, en ayant l\u2019air d\u2019acquiescer ainsi à l\u2019opinion de mon interlocuteur, mais il n\u2019en fut rien.Après quelques instants de réflexion, il reprit : \u2014 Dites donc, Mademoiselle Marinet- te, il y a cependant une circonstance où une jeune fille ne saurait et ne pourrait faire pareille déclaration à un homme.Supposons qu\u2019elle le rencontre, par hasard.euh.je ne sais où.\u2014 En voyage, par exemple ?\u2014 Si vous voulez ! Et supposons qu\u2019il lui plaise au premier abord.imaginons même le coup de foudre.Mais, cette occasion est unique, les événements s\u2019enchaînent de façon que les jeunes gens ne se reverront pas.Aucune déclaration ne pourra donc avoir lieu.La jeune fille devra garder son secret, et si son coeur est fidèle, c\u2019est en pareil cas qu\u2019elle éprouvera le besoin de se confier, de s\u2019épancher.Et voila la raison d\u2019être de ce journal légendaire un peu La Galerie Nationale du Canada YVONNE McKAGUE.\u2014 Cobalt, ville minière Mai 1934 désuet peut-être, de nos jours où le positivisme l\u2019emporte sur le sentiment.Ces réflexions étaient si bien appropriées à la circonstance, qu\u2019elle me re:- dirent soudain soupçonneuse.Je me demandai si une indicrétion n\u2019avait pas été commise à cet effet.si l\u2019on n\u2019aurait pas pris connaissance du contenu du cahier rouge brique.et je me promis de vérifier la serrure de mon secrétaire.\u2014 Ces petits vieux sont de vrais furets, pensai-je.Parce qu\u2019ils ont des cheveux blancs et un dos voiité il se croient tout permis, quand ils veulent exercer une surveillance sur la jeunesse.Celui-là me semble avoir bien besoin d\u2019être mis au pas.Son questiormaire me fait supposer qu\u2019il accepterait volontiers un rôle de mentor à mon égard.Et comme il est de l\u2019autre siècle, que penserait-il gran Dieu, s\u2019il avait connaissance de mon escapade nocturne ?Cette hypothèse me donna envie de rire, mais pour éloigner tout soupçon de sa pensée, je lui dis : \u2014 Rassurez-vous, Monsieur, je ne suis pas venue sur ces hauteurs pyrénennes, pour cacher un amour déçu.Et si j'ai veillé un peu tard hier soir, ce n\u2019était pas pour relater interminablement des rêves insensés, comme vous le supposez; je n\u2019ai pas écrit très longtemps, puis à 10 heures du soir j'avais rangé mon journal, et me serais mise au lit, si.i?.Je m\u2019étais arrétée a temps, devinant combien il serait maladroit de ma part, de révéler ce que j'avais vu, ou cru voir.J'étais décidée à élucider seule ce mystère \u2014 si mystère, il y a \u2014 et pour cela il m'en fallait garder le secret.Bêtement, je prononçai quelque «si» consécutifs, sans rien trouver à y ajouter.\u2014Si.si.si.Puis brusquement, je demandai : \u2014 Dites Monsieur le comte, est-ce que vous croyez aux revenants ?Monsieur de Valencé partit d\u2019un grand éclat de rire, ce qui lui arrive chaque fois que je lui fais une réflexion saugrenue.J'ai impression qu\u2019il est resté fort jeune de caractére, et que, sans ses douleurs, sa barbe blanche et ses cheveux en broussailles, il aurait l\u2019air d\u2019un jouvenceau.\u2014 Ah! que vous êles amusante! s\u2019é- cria-l-il.En vérité je ne vois pas quelle part les revenants peuvent avoir dans notre conversation.Mais.les redoute- riez-vous, ici, par hasard?Ce manoir n\u2019est pas hanté, soyez sans crainte !.\u2014 Eh sait-on jamais ?On prétend que les vieux donjons sont habités par des esprits errants.Si c\u2019est exact, pourquoi Valencé ferait-il exception à la règle ?Sa tour fermée dont on ne peut retrouver l'issue, serait une preuve accusatrice.Et sans avoir un esprit ridiculement tourné vers le merveilleux, on pourrait supposer que derrière ces vieilles murailles, épaisses et sombres, il se passe des choses, des choses.\u2014 Des choses ?.Et quelles choses, s\u2019il vous plaît ?Mon hôte, à son tour, semblait froissé par ma réflexion, et j'en fus ravie.J\u2019éprouvais le besoin de prendre ma revanche, pour le punir de son indiscrétion précédente.Aussi, je continuai sur un ton solennel et tant soit peu narquois : \u2014 Oui, des choses.Monsieur.Que sais-je, moi?Ces vieilles tours receleuses de mystère, ne sauraient être explorées sans inconvénient, la nuit surtout, \u2014 Je l\u2019admets.Toinon, du reste, a dû vous avertir du danger que vous pourriez courir en vous approchant des ruines?.\u2014 Oui, des murs éboulés en partie.Mais ce n\u2019est pas d\u2019eux que je veux parler, c\u2019est du donjon lui-même, pour lequel ce danger n\u2019est pas à craindre.Sa structure me parait suffisamment solide, pour qu\u2019un tremblement de terre même ne parvienne pas à l\u2019écrouler.\u2014 Peut-être, mais aux alentours de ces forteresses antiques, il y a souvent des trapes secrètes, qu\u2019il faut éviter.C\u2019est pourquoi Toinon vous a conseillé.\u2014 Et vous n'avez jamais eu l'idée de vous assurer par vous-même de ce prétendu danger ?.Vous n\u2019avez jamais exploré ces parages ?\u2014 Merci bien! Je n\u2019y tiens pas, ni pour moi qui du reste, ne suis pas assez valide, ni même pour d\u2019autres. Mai 1934 Relevant la tête, j'affirmai: \u2014 Eh ! bien, moi, Monsieur, je n\u2019aurai pas peur.Je me passerai une corde autour des reins et me laisserai glisser sans appréhension dans une des crevasses qua j'ai aperçues de la fenêtre de mon cabinet de toilette, ayant soin, bien entendu, de confier le bout de la corde à une personne chargée de me remonter si je n\u2019y parvenais pas seule.\u2014Ce serait bien imprudent de votre part, Mademoiselle, interrompit le comte avec vivacité.J\u2019espère que vous ne commettrez pas cette folie?Si vous en aviez l\u2019intention, mieux vaudrait m\u2019en avertir, et je préférerais dans ce cas, me passer de votre agréable compagnie.Comme je ne répondait pas, il me redemanda avec plus de vivacité encore : \u2014 Mais au fait, la fenêtre qui s\u2019ouvre du côté du donjon, n\u2019a donc pas\u2019 été cloisonnée comme je l'avais ordonnée?.\u2014 Non, mais mais pourquoi vouliez- vous la supprimer.Ce serait enlever du jour à la pièce.\u2014 Oh ! celle-ci n\u2019est pas grande, deux fenêtres sont, en somme inutiles.Du reste, l'ouverture dont je parle, est au- dessus des cuisines; et en été, vous seriez incommodée par les odeurs qui pourraient vous parvenir.\u2014 Le fumet exquis des plats de Toi- non, n\u2019a rien qui puisse suffoquer, Monsieur, permettez-moi de vous le faire remarquer.\u2014S'il n\u2019y avait que cela, évidemment.Mais il faut ajouter que, malgré ma défense, Toinon jette sans cesse dehors les restes de viandes inutilisables ou encore les peaux de gibier, arètes de poisson, beîtes de conserves.que sais- je! Les détritus de toutes natures s\u2019y amoncellent.\u2014 Comment avez-vous pu vous en äpercevoir, puisque les fenêtres de vos appartements ne s\u2019ouvrent pas de ce côté?Ma réflexion, logique en somme, parut agacer le comte.\u2014 Comment ?.Mais les mouches que nous attirent cette poubelle improvisée, ne sont-elles pas les agents révélateurs de cette négligence, que Toinon avoue volontiers, d\u2019ailleurs ?\u2014 Les mouches ?Oh?pas en cette saison, bien sûr ! Le cemte ne répliqua rien, mais le mordillement de sa moustache, me fit comprendre qu\u2019il était sur des épines.Alors, trop heureuse de poursuivre mon sujet, et désireuse d\u2019obtenir quelques renseignements possibles sur la vision de la veille, je repris : \u2014 Cette fenêtre donne une plus grande clarté; de plus, elle me permet d\u2019admirer de haut votre splendide donjon.Et je vous assure, Monsieur, qu\u2019au clair de lune, il fait un effet merveilleux.Les rayons de Phoebé se jouant sur les vitres des ogives, donnent par instant l\u2019impression que la tour est éclairée intérieurement.Ce fut le cas, hier soir.J'aurais mieux fait de me dispenser de cette dernière réflexion que je regrettai aussitôt.\u2014 Ah ! ah! j'y suis, s\u2019écria le comte, vous vous êtes attardé à contempler Va- lencé, et les effets lumineux dont vous parlez et que je me représente en effet, ont fait travailler votre imaginatioii, n'est-il pas vrai ?Voici donc, l\u2019explication de votre insomnie, laquelle eut pour conséquence votre grasse matinée.Mademoiselle Marinette, si je ne me trompe, vous avez un cerveau très imagina- vif ?Le petit rire ironique qui ponctua cette phrase, fit renaître ma mauvaise humeur.\u2014 Après tout, dis-je, pour clore cette conversation qui s\u2019éternissait et où j'avais l\u2019impression d\u2019en avoir trop dit, cloisonnez votre fenêtre si bon vous semble.Je n\u2019y vois pas d\u2019inconvénient.Le jour ou la fantaisie me prendra de contempler le donjon au clair de lune, j'irai tout simplement dehors satisfaire mon désir, quitte à disparaître dans une trappe souterraine, faute d\u2019avoir vu où je mettais les pieds.Mon interlocuteur eut un hautle- corps, qu\u2019il accompagna d\u2019une vive protestation.Mais comme il fallait en finir, je me levai et changeant de ton : \u2014Monsieur le comte, dis-je, je m\u2019aperçois que, contrairement à vos bonnes habitudes, vous n\u2019avez pas fait votre sieste, aujourd\u2019hui.Il vaut mieux que je La Revue Populaire 39 Michel enlève prestement barbe et lunettes.Marinette le reconnait aussitôt ! me retire, car nous causerions ainsi indéfiniment.Or, vous savez qu\u2019un petit somme après les repas vous est indispensable .En vérité, Mlle Marinette, à vous entendre, on me donnerait 80 ans\u2026.\u2014 Or.vous en avez 78, m\u2019avez-vous dit.L\u2019écart n\u2019est pas grand, il me semble ?La-dessus je pirouettai sur mes talons, et d\u2019une glissade je gagnai la porte.Comme je la refermai, je vis mon cher héte se soulever, pour atteindre une revue, avec une vivacité tout à fait contraire aux douleurs qui, soit disant, l'immobilisent dans ses appartements.«Pauvre malade imaginaire, pensai-je en montant à ma chambre, où je pris mon jouraal pour v raconter ces faits.Il jouit en réalité d\u2019une santé que bien des jeunes hommes envieraient.> Et voici les événements du jour.Cette fois j'enfermerai soigneusement mon cahier, de peur qu\u2019un vieux furet n\u2019y vienne chercher l\u2019explication de notre conversation de cet après-midi.Le 22 février.Hier soir en entrant dans mon cabinet de toilette avec l\u2019intention de me poster en observation derrière la fenêtre d\u2019où lon apercevait le donjon, je me suis aperçue que cette dernière avait été cloisonnée.Ce fut en vain que je cher chai à enlever les briques qui la ferment.Je m\u2019écorchai les mains sañs résultat.\u2014 Décidément, il n\u2019a pas perdu soa temps, me dis-je.Les mouches et les odeurs de cuisines ne sont, je le crois que prétextes.Il veut certainement soustraire le donjon a ma vue, et cela confirme mes soupfons.C\u2019est bien une lueur que j'ai perçue hier, et non pas un miroitement des rayons lunaires, comme je le crus un instant.Eh! bien, il me faudra éclaircir ce mystère.Sur cette résolution, je me suis mise au lit.Mais je ne pouvais trouver le sommeil, mon imagination vagabondait à sa guise.Alors, j\u2019eus l\u2019idée d\u2019aller prendre mon livre que j'avais laissé dans la bibliothèque.Onze heures sonnaient à cet instant.Je me levai donc, et passant une robe de chambre bien chaude, jouvris ma porte avec précaution, de crainte que Toinon qui couche dans la pièce voisine, ne l\u2019entendit grincer.Il n\u2019en fut rien.Un instant, j'avais songé à prendre ma petite lampe électrique de poche, mais le clair de lune pénétrant largement par les vitres de l\u2019escalier, suffisait à dissiper l'obscurité.Je n\u2019avais déjà descendu que quelques marches, lorsqu\u2019un bruit de pas à peine imperceptible, me cloua sur place.À cette heure tardive, ils doivent cependant être tous couchés, pensai-je.Tonio monte dans son galetas aussitôt avalée la dernière bouchée de son repas.Quant à Toinon, elle a depuis longtemps fini la vaisselle et dort certainement à poings fermés.\u2018 Au méme instant, un ronflement sonore, partant de la chambre de cette der- niére, confirma ma supposition.\u2014 Qui donc alors peut, à cette heure, cireuler dans le manoir ?me demandai- je.Ce ne peut être le comte qui appréhende de faire un pas tout seul, de crainte de trébucher.Je me penchai alors au-dessus de la rampe de pierre qui longe l\u2019escalier en colimaçon, espérant apercevoir le promeneur nocturne, quand, soudain, une projection lumineuse me frappant en plein visage, me fit rejeter en arrière avec un petit cri de frayeur.Mon saisissement ne dura pourtant que quelques secondes; je me penchai de nouveau au- dessus de la balustrade, avec le désir de surprendre mon invisible partenaire.Mais il n\u2019en fut rien.Aucune lueur ne me révéla une présence humaine, et j\u2019eus beau attendre, je ne vis personne monter et descendre.J\u2019écoutais en retenant mon souffle, mais je n\u2019entendis rien.Un instant, je songeai à continuer mon chemin, pour me rendre à la bibliothèque.Mais voici que tout à coup le silence ambiant me sembla plein de mystère; une frayeur subite me prit.En quelques bonds j\u2019escaladai les marches que j'avais desceu- dues doucement tout à l\u2019heure puis, me précipitant dans ma chambre, jen claquai la porte avec violence, sans souci d\u2019éveiller Toinon, et encore moins le comte.C\u2019est ce qui arriva pourtant.Quelques instants après (je venais à peine de me coucher) j'entendis la canne de M.de Valencé frapper le dallage du corridor.à petits coups réguliers et je reconnus son pas trainant qui s\u2019avançait vers mes appartements.Presqu\u2019aussitôt, Toinon ouvrit la porte, et demanda sur un ton angoissé : \u2014 Qu'est-ce qui se passe?Qui done a fait ce bruit ?\u2014 C\u2019est ce que je me demandais, répondit le vieillard.Sais-tu si Mlle Ma- rinette est dans sa chambre ?Et comme il accompagnait sa question d\u2019un coup discret frappé à ma cloison, je fis semblant de m\u2019éveiller, et murmurai comme dans un demi-sommeil : \u2014 Hein ! hein ! qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?Puis je fis entendre un baîllement sonore, qui ne laissa aucun doute au mai- tre de céans, car il s\u2019empressa d\u2019ajouter: \u2014 Ne bougez pas, Mlle Marinette ! Je suis désolé de vous avoir éveillée.Nous avons entendu une porte claquer; jai cru que c\u2019était la vôtre et je me demandais si vous aviez besoin de quelque chose.Mais, reprenez vite votre sommeil interrompu.Ceci dit, j\u2019entendis de nouveau la canne résonner sur le dallage de moins en moins fort, au fur et à mesure que les pas s\u2019éloignaient.\u2014 Décidément, pensai-je, ce comte a toujours peur que je sois souffrante.Ce matin, mon sommeil prolongée.ce soir, le bruit de cette porte.tout lui fait craindre pour moi ! Que voila bien la sollicitude des gens âgés ! \u2026.Assez satisfaite, dans le fond de me savoir l\u2019objet de cette sollicitude, je fermai les yeux, décidée enfin à laisser mon imagination en repos.\u2014 Demain, me dis-je, je réfléchirai à cet incident.Pour l\u2019instant, je suis vraiment lasse, et mieux vaut dormir la nuit que d\u2019attendre l\u2019aube et de m\u2019éveiller encore à midi comme aujourd\u2019hui.Le sommeil désiré ne se fit pas attendre, du reste, car je n\u2019entendis pas sonner les douze coups de minuit.Aussi, ce matin, entrai-je, fraîche et reposée à 9 heures, comme d'habitude, dans le cabinet du comte.\u2014 Ah! ça, Mademoiselle, me dit M.de Valencé, vous avez Un sommeil de plomb.Des cambrioleurs pourraient dévaliser le manoir et vous égorger même, sans- que vous vous en aperceviez ! Ah! que c\u2019est bon d'être jeune.Je ne pus m\u2019empêcher de rire, mais je me gardai bien de relever la réflexion et de demander des explications.Nous parlâmes d'autre chose.Mais, maintenant que je suis de nouveau seule, retirée dans ma chambre, pendant que M.de Valencé fait sa sieste, je cherche à préciser le glissement fur- 40 tif que j\u2019entendis hier, tandis que je commençai à descendre l\u2019escalier, ainsi que la lueur projetée subitement sur mon visage.D\u2019où provenait tout cela?Toinon était dans sa chambre.Le comte n\u2019en est sorti qu\u2019après avoir entendu claquer ma porte.Etait-ce Tonio qui cireulait à ce moment dans le château.C\u2019est possible, mais dans ce cas, pourquoi se serait-il arrêté brusquement, comme un coupable, au moment où je descendais?Il ne peut m'avoir entendu, puisqu\u2019il est sourd.Aurai-je rêvé ?Ou bien le frôlement d\u2019une souris sur le parquet, ou tout autre bruit naturel m\u2019a-t-il fait croire stupidement à une présence humaine.Pourtant, la lueur qui m\u2019aveugla, semblait bien projetée dans ma direction, avec un dessein quelconque.Ce ne pou- Vait être un rayon lunaire, venant du dehors.Que faut-il penser de tout cela?Et dois-je laisser mon imagination broder sur ce thème?L'avenir me le dira.Je vais bien voir si d\u2019autres faits insolites se produisent, car je vais plus que jamais me tenir sur mes gardes.Le 28 février.Il ne s\u2019est passé rien d\u2019anormal depuis lundi, mais le mauvais temps m\u2019a retenue au manoir.Des tourbillons de neige ont envahi la vallée et obstrué les sentiers de la montagne.Et si ce linceul blanc est beau à contempler du haut des remparts, il présente un danger sérieux pour qui s\u2019enhardirait à vouloir le fouler aux pieds.Je suis donc restée au coin du feu, en compagnie de M.de Valencé; celui- ci s\u2019est ingénié à égayer ma réclusion, en me narrant ces légendes de terreir qui me plaisent tant ! Puis, nous avons fait d\u2019interminables parties d\u2019échecs, de dames, de dominos et des cartes, entrecoupées de longues causeries, où nous exposions nos opinions sur bien des sujets; nous ne sommes pas toujours du même avis; de là, ces discussions aigres douces parfois, qui pourtant se terminent presque toutes par un accord sur les points principaux .En somme, malgré le mauvais temps, je ne me suis pas ennuyée ces jours-ci au manoir.Cette nuit, la neige a cessé de tomber et le soleil matinal nous a fait espérer un rapide dégel.\u2014 Tant mieux, Mademoiselle, m\u2019a dit le comte, à qui je faisais part de mes réflexions à ce sujet.J\u2019ai hâte de voir les chemins balayés, car j'ai l\u2019intention de vous envoyer à Toulouse, pour vous distraire.\u2014 Me distraire, à Toulouse?m\u2019écriai- je, étonnée.Mais qu\u2019irai-je donc faire dans cette ville où je ne connais personne ?À moins que vous ayiez des commissions à me donner, je ne voix nullement la nécessité de faire ce voyage qui me demandera plusieurs jours d\u2019absence, vu les difficultés de la route, qui sont peu pratiquables en hiver.Et puis, les trains he correspondent pas.Il faut stationner dans les gares, prendre d\u2019interminables tortillards qui vous font perdre patience.que sais-je encore ?\u2014Tout ceci est exact.Mademoiselle Ma- rinette.Je m\u2019excuse de n\u2019avoir pas songé a tous ces inconvénients, avant de vous parler de ce voyage.Je pensais qu\u2019uu petit séjour en ville compenserait l\u2019ennui de ce déplacement et vous ferait oublier les derniers jours de réclusion.Mais il sera plus logique de m\u2019y rendre moi-même.\u2014 Vous?m\u2019exclamai-je avec stupeur.Mais comment supporteriez-vous ces fatigues ?.Et songez-vous qu\u2019il faut d\u2019abord descendre au fond de la vallée.Vous ne pourriez faire ce trajet à pied, et pas même à dos de mulet; ce serait vous exposer à rouler dans le premier fossé venu ou tout simplement à mourir de lassitude en arrivant.Vous n\u2019êtes pas assez solide pour.\u2014 Très bien, très bien, interrompit le comte qui, en m\u2019écoutant, mordillait nerveusement sa moustache.Dites donc tout simplement que je suis une vieille baderne ! A vous entendre, on croirait vraiment que je n'ai plus de sang dans les veines ou que mes os sont en décomposition, Pourtant, Mademoiselle Marinet- te, j'ai voyagé à dos d\u2019âne avant vous et pas plus tard, qu\u2019il y a .11 s\u2019arrêta net, comme s\u2019il avait honte d\u2019avouer tout le temps qui s\u2019était écoulé depuis qu\u2019il avait perdu son activité.\u2014 II y a combien d\u2019années ?.deman- dai-je sans paraître remarquer son em- La Revue Populaire barras.Trente ou quarante ans, peut- être.H bondit.\u2014 Ah! ça, vous n\u2019y pensez pas, Il y a seulement cinq ans, Mademoiselle ! \u2014 Cinq ans 7.Comment, si peu de temps a suffi pour vous rendre.\u2014 Pour me rendre?\u2026.\u2014Si.si peu valide, enfin.\u2014 Oui, Mademoiselle, je devins impv- tent presque subitement.Mais je m\u2019aperçois que nous détournons la conversation; ramenons-la, si vous le voulez bien, au sujet qui nous préoccupe.\u2014 Volontiers, Monsieur! Et je m\u2019empresse de vous dire que si un voyage à Toulouse, est nécessaire, je le ferai sans hésiter à votre place.Je ne voudrais pas vous exposer à ces fatigues, dangereuses à votre âge.Et que feriez-vous si vous étiez pris, loin de chez vous, par une de ces crises de rhumatisme, dont vous êtes coutumier ?Dites-moi donc tout simplement, quel service je puis vous rendre, en allant à Toulouse et je partirai sans hésiter, demain matin, s\u2019il le faut.\u2014 Halte-là ma petite demoiselle, interrompit le comte radouci, vous êtes bien gentille, mais pour un empire je ne voudrais vous envoyer en ville avant que la neige soit complètement fondue, et que ce solcil ait dégelé les sentiers.Car, malgré vos 18 ans, vous pourriez tout aussi bien que moi être victime d\u2019un accident, et arriver dans la vallée avec une jambe ou un bras cassés.à moins que vous ne restiez pour compte, au fond d\u2019un ravin.J\u2019attendrai donc que le temps soit propice.Et, puisque vous consentez à me remplacer, je vous demanderai d\u2019aller visiter l'exposition de peinture du grand salon, et de me faire un rapport de vos impressions personnelles.Je voudrais terminer mon livre, sur l\u2019art ancien, par une comparaison avec l\u2019art moderne; et ce dernier a tellement évolué depuis quelques années, si j'en juge d\u2019après les comptes-rendus publiés dans les revues, que je me sens inapte à en parler d\u2019une manière précise.De plus, parmi les chefs-d\u2019oeuvre exposés à ce salon, on cite le portrait d\u2019une jeune fille qui apparait dans un encadrement de fleurs.Ce tableau intitulé « La jeune fille inconnue» remportera le premier prix, prétend-on.Or, je voudrais qu\u2019un témoin oculaire en fasse la description ou la critique, en connaissance de cause.Je vous confierai donc cette mission.L\u2019acceptez-vous ?\u2014 Mais certainement, Monsieur, m\u2019em- pressai-je d\u2019affirmer, très flattée de la marque de confiance qui m\u2019était accordée.Je crains seulement de ne pas être à la hauteur de ma tâche.\u2014 Mais si, mais si ! Vous auriez tort, Je vous assure, de douter de vos capacités.Si je vous demande ce service, c\u2019est parce que je sais que vous pourrez me le rendre.Ainsi, c\u2019est une affaire conve- rue, vous irez à Toulouse, dans le courant du mois prochain si comme je Pes- pére le temps est favorable.Ensuite, rous terminerons cet ouvrage sur Part ancien.Je serais désireux qu\u2019il paraisse avant la fin de l\u2019année.Etant ainsi d\u2019accord, nous reprimes notre partie d\u2019échecs interrompue.Je ne veux pas contrarier M.de Va- lencé, mais je trouve un peu inutile cette visite à l\u2019exposition de peinture.J» me demande même comment je vais m\u2019en tirer pour faire le compte rendu de ce que j'aurai vu.Ce pauvre homme a parfois des idées que je qualifierais de saugrenues si ce n\u2019était le respeet que je lui dois.Enfin, je serai conciliante! Dès qu\u2019il me signera une feuille de route je sauterai à dos de mulet et.en route pour la vallée \u2026 Je me frictionne les reins d'avance, en songeant aux douleurs qui vont résulter de cette randonnée à travers la montagne! J'ai gardé un si piètre souvenir de mon arrivée à Valencé, que je suis tentée de faire la route à pied, plutôt que d\u2019enfourcher cette bête têtue et rétive, qui semblait prendre plaisir à me balancer comme un panier à salade.Le 9 mars.Comme nous l\u2019avions prévu, une série de beaux jours à succédé aux frimas; le soleil a fait fondre la neige et nettoyé les chemins boueux, les rendant praticables.Mon départ a donc été décidé pour demain matin.Après tout, ce séjour dans une ville fera un peu diversion à la monotonie de mon existence.J'avoue que la solitude m\u2019en pèse parfois.Et quoi que le comte s\u2019ingénie à me procurer de la distraction, j'ai hâte que son manuscrit soit terminé, pour reprendre ma liberté.Je crois qu\u2019en réalité, il aurait pu se passer de moi.Mais il est tenace comme tous les vieux; quand il a une idée en tête, elle y est bien ancrée.Il s\u2019est imaginé avoir besoin d\u2019aide pour ce travail qu\u2019il fait à peu près seul.Aussi, je ne vois pas pourquoi je me ferai serupule de lui donner congé pour le mois d\u2019avril, par exemple.Ainsi, il se hâtera de terminer ses écrits.Que ferai-je en quittant la montagne?Je n\u2019en sais rien encore.Il me faudra chercher une autre situation, mais j\u2019aimerais d\u2019abord me reposer un peu auprès de mes parents.J\u2019aurai plaisir à retrouver la vie de famille pendant quelque temps.Je ne sais même pas quelle joie maligne je resentirai à revoir mes bons provinciaux, Chapinois et Cie, et à les scandaliser de nouveau, en leur racontant que j'ai été secrétaire d\u2019un écrivain.Je leur parlerai de ce manoir perché sur les hauteurs; loin de toutes communications et m\u2019étendrai avec intention sur la solitude désertique de ces lieux et sur le degré d\u2019intimité avec lequel je suis considéré ici.Je m\u2019imagine d\u2019avance les belles exclamations indignées des mères de famille et l\u2019attitude effarée de leur progéniture.Or, en attendant ce malin plaisir, je vais ranger mon cahier précieusement dans le fond de mon tiroir, dont j\u2019emporterai la clef.Je connais un petit vieux curieux et fureteur, qui serait bien capable de profiter de mon absence pour venir inspecter ma chambre et ce qui s\u2019y trouve.Il ne m\u2019a plus parlé de mon jour- La Galerie Nationale du Canada BENJAMIN WEST.\u2014 La mort du général Wolfe aux Plaines d\u2019Abraham.Mai 1934 nal, mais je suis certaine qu\u2019il se souvient de son existence et qu\u2019il serait ravi de pouvoir en prendre connaissance.Aussi, me tiendrai-je sur mes gardes.Je termine ici ces réflexions.Il faut que je prépare ma valise sans tarder; selon toute probabilité, je resterai quelques jours à Toulouse; le comte m'y engage vivement.Dès mon retour je relaterai mes impressions de voyage.Le 14 mars.Je n'ai pas été longue à rouvrir mon journal.Partie de Toulouse lundi, je suis déjà de retour.Et il m\u2019est impossible de décrire la stupéfaction du comte, lorsqu\u2019il me vit arriver en trombe dans son studio, où je me laissai choir sur un fauteuil.\u2014 Comment, s\u2019écria-t-il suffoqué, vous voilà déjà ?\u2014Oui, déjà, ne vous déplaise! répli- quai-je sur un ton aigre doux.Et, croyez bien, Monsieur, que si j'avais pu revenir hier soir, je l\u2019eusse fait certainement.\u2014 Mais .vous avez eu le temps d\u2019aller voir l\u2019exposition de peinture ?\u2014 Parfaitement ! arrivée le matin à Toulouse, je me présentai l\u2019après-midi aû Salon.Or, une demi-heure m\u2019a suffi pour en faire le tour.\u2018\u2014 Vous dites ?.vous dites ?.Une demi-heure ?Mais, comment en si peu de temps, pouvez-vous avoir tout examiné, et établi un jugement ?\u2014 Je n\u2019ai pas besoin de demeurer plantée un quart d\u2019heure devant chaque plat d\u2019épinards pour déplorer la décadence du goût français! Je vous assure que ce dérangement n\u2019en valait pas la peine.Mon grand regret est de m'être disloquée à nouveau les côtés, à faire ce voyage à dos de mulet, pour aller voir pareil amalgame de couleurs discordantes!.Je conçois, Mademoiselle, que certains Faysages prétendus , avait eu le malheur de se trouver là au moment de ma visite, je l\u2019eusse certainement mis en pièces, puis haché comme menu pâté.Le comte s\u2019était rejeté si violemment en arrière sur le dossier de son fauteuil, qu\u2019il faillit perdre l\u2019équilibre.Je me précipitai pour le retenir.Mais de lui-même il reprit son aplomb.\u2014 Voyons, Mademoiselle, dit-il, s\u2019efforçant de reprendre son sang-froid, ex- pliquez-vous ! Je ne comprends pas que cette peinture, (que l\u2019on prétend si bien) vous ait causé une telle impression; et je ne vois pas pour quelle raison, vous dépéceriez son auteur tel qu\u2019on le ferait d\u2019un gibier quelconque.Vous ne pouvez cependant contester le tableau de Michel Deauvergne?\u2014Ce n\u2019est pas mon intention non plus, Monsieur.Evidemment, il faut être un artiste de premier ordre, pour faire le portrait d\u2019une femme qui n\u2019a jamais posé devant vous.pour reproduire une physionomie entrevue seulement l\u2019espace de quelques heures.pour le garder assez vivace, dis-je, pour lui donner uns ressemblance aussi parfaite! Et qu\u2019est-ce que cela prouve ?Que cet homme est tombé amoureux, tout simplement et qu\u2019il est un sot de ne pas chercher à revoir cette jeune fille pour lui avouer son amour! Mais si par hasard, tel n\u2019est pas le cas, si, veux-je dire, il n\u2019éprouve aucun sentiment particulier pour celle qui ne fit que passer dans sa vie, eh! bien, alors, il a un fier toupet, avouez-le, pour se permettre de la reproduire sur la toile, puis de l\u2019exhiber ainsi aux yeux du public, sans lui avoir demandé l\u2019autorisation préalable ! Enfin, Monsieur, met- tez-vous à la place de cette jeune fille et songez aux commérages auxquels donnerait lieu ce tableau, s\u2019il était exhibé dans la petite ville qu\u2019elle habite.On en ferait des gorges chaudes dans Lan- derneau.On serait capable de demander à l'Evêque de la faire exorciser, sous prétexte que ses charmes provocateurs ont envoûté un étranger et la rendent dangereuse pour la moralité publique.La pauvre ! elle était déjà la terreur des mères de famille! Que serait-ce maintenant ! Ah! Monsieur.en vérité, je ne sais que penser de tout cela!.\u2014 Et moi, encore moins, Mademoiselle!.Votre dithyrambe m\u2019ahurit.Vos allusions a un fait que j\u2019ignore me déroutent totalement.Vous parlez de cette héroine qui aurait passé une nuit chez l\u2019artiste en question, tout comme si vous la connaissiez particulièrement.On serait tenté de croire que vous étiez en sa compagnie ce soir là.Mais, où et comment avez-vous été mélée a cette histoire?D\u2019abord, qui est cette «jeune fille inconnue ».Expliquez-vous, de grace, et si je puis rendre service a cette jeune personne, dont la réputation se trouve, d\u2019aprés vous, compromise, je le ferai bien volontiers, puisque vous paraissez vous intéresser particulièrement à elle.Voyons, Mademoiselle Marinet- te, racontez-moi ce petit roman ! Comment s\u2019appelle cette belle inconnue ?D\u2019après ce que vous m\u2019en dites, vous la connaissez assez pour ne pas ignorer son nom.Et où habite-t-elle, actuellement ?Le ton un peu persifleur, sur lequel le comte avait prononcé ces derniers mots, me rappela à la réalité.Et soudain, terrifiée de ce que j'avais pu laisser deviner et de la tournure qu\u2019avait prise notre conversation, je me laissai retomber sur mon siège et demeurai sans voix.\u2014 Qu\u2019ai-je dit ?pensai-je.Qu\u2019ai-je fait?Est-il permis de gaffer ainsi ?.Un pea plus, je racontais mon escapade !.Mes paroles ont jeté un soupcon dans esprit de Monsieur de Valencé .Il m\u2019est impossible de me dédire maintenant.Que va-t-il penser ?Comment lui raconter les choses sans me trahir tout à fait ?La Revue Populaire 41 Une rage sourde grondait en moi.J\u2019en voulais au comte de m'avoir envoyée à Toulouse, je m\u2019en voulais bien davantage d\u2019avoir parlé sottement comme une pie borgne, en vérité, sans songer aux conséquences de mes révélations.Mon interlocuteur eut sans doute pitié de mon désarroi.Sans que je m\u2019en sois aperçue, il s\u2019était approché de moi.Le contact de sa main eur la mienne, me fit sursauter, tandis qu\u2019il reprenait d\u2019une voix très douce, où il n\u2019y avait plus aucun persiflage: \u2014 Mademoiselle Marinette, vous n\u2019avez donc pas confiance en moi ?Douteriez- vous de la discrétion d\u2019un vieux solitaire ?Votre indignation au sujet de ce tableau et les phrases apparemment incohérentes que vous avez prononcées tout à l\u2019heure, me font pressentir une mésaventure qui vous serait arrivée et dont vous auriez gardé le secret jusqu\u2019à ce jour, à tort, peut-être.Estce que je me trompe ?\u2014 Hélas ! dis-je, vous avez deviné juste! Et je préfère vous le dire, «la belle inconnue» c\u2019est moi, tout simplement, c\u2019est mon portrait.Je m\u2019y suis reconnue, car nul ne peut s\u2019y méprendre.J\u2019ai été l\u2019inspiration de ce chef-d'oeuvre et j'étais si loin de m\u2019en douter !.En achevant ces mots, j'éclatai en sanglots.L\u2019émotion trop forte qui avait été la cause de mon brusque retour, puis maintenant l\u2019intérêt que le comte semblait me témoigner et la douceur avec laquelle il me parlait, tout concourait à me faire perdre le peu d\u2019empire qui me restait sur moi-même.Alors, sans détours et sans ambages, je me mis à déverser le trop-plein de mon coeur.Je racontai ma rencontre dans le train avec Michel Deauvergne puis l\u2019imbroglio qui m\u2019amena chez lui et m\u2019y retint la nuit entière.Enfin, l\u2019impression qui m\u2019était demeurée de cet événement, malgré tous mes efforts pour le chasser de mon souvenir.\u2014 Ah! Monsieur le comte, qu\u2019allez- vous penser de moi, maintenant que vous savez.m\u2019écriai-je en terminant.\u2014 Ce que je pense, me dit-il avec bonté.Oh! pas de mal assurément! Ce serait plutôt le contraire.Vos scrupules, petite Marinette, révèlent une âme droite et intransigeante sur la question « moralité ».Quoique vous ayiez parfois l\u2019air de faire fi des convenances vous y attachez en cette occasion, plus d\u2019importance qu\u2019il n\u2019est nécessaire.Cette mésaventure fut involontaire de votre part.Alors, pourquoi vous en tourmenter ainsi ! Je conçois que vous ayiez été surprise de voir votre portrait ainsi reproduit et exposé à votre insu.Mais qu\u2019est-ce que cela prouve ?demandiez-vous vous-méme tout a l'heure?Cela prouve que cet artiste a gardé de vous un souvenir a la fois précis et enchanteur.Cette oeuvre est peut-être l\u2019aveu d\u2019un coup de foudre.\u2014Je l\u2019ai pensé aussi.Mais je me croyais trop présomptueuse.Est-ce vraiment comme vous le dites ?\u2014 Jy mettrais ma main au feu! \u2014 Mais alors, pourquoi n\u2019a-t-il pas cherché à me revoir ?\u2014 Eh! Mademoiselle Marinette, ne m\u2019avez-vous pas dit que vous aviez quitté son loit sans lui avoir fait connaître même votre adresse.\u2014 C\u2019est vrai! pourtant il me semble que ei l\u2019on aime réellement.\u2014 Et qui vous dit que ce jeune homme n\u2019a pas tenté l\u2019impossible pour retrouver votre trace ?C\u2019est une chose probable, mais le monde est grand, ne l\u2019oubliez pas ! \u2014 Vous avez peut-être raison, mais comment savoir si tels sont ses sentiments à mon égard ?\u2014 Hum ! ce sera bien difficile.N'ous en reparlerons et nous aviserons s\u2019il y a lieu.Qui sait ?Les circonstances peuvent, quelquefois, vous rapprocher plus tôt que vous ne le pensez.Mais, puis-je vous poser une question sérieuse, sans paraître trop indiscret ?\u2014 Dites toujours ! \u2014 Eh bien, supposez donc que par un effet du hasard, vous rencontriez à nouveau Michel Deauvergne.Et supposez qu\u2019il vous dise, cette fois: Mademoiselle Marinette, pardonnez-moi mon audace.J'ai eu tort d\u2019exposer votre portrait sans votre consentement, je le reconnais.Mais, que voulez-vous! l\u2019inspiration et le souvenir inoubliable que j'avais gardés de vous, l\u2019ont emporté sur les convenances.Depuis la circonstance fortuite où je DOLLFUS-MIEG & C* SOCIÉTÉ ANONYME MAISON FONDÉE EN 1746 MULHOUSE - BELFORT - PARIS 6 POUR BRODER-CROCHETER-TRICOTER ~ 0 a] YA [9 4 m + COTONS A BRODER D-M-C, COTONS PERLES.D-M-C COTONS A COUDRE D-M-C, COTON À TRICOTER D-M-C COTON À REPRISER D-M-C, CORDONNETS.D-M-C SOIE À BRODER .D-M-C, FILS DE LIN.D-M-C SOIE ARTIFICIELLE D-M-C, LACETS DE COTON D-M-C PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D-M-C dans tous les magasins de mercerie et d'ouvrages de Dames Le Plus Nouvel Hôtel de New-York AU COEUR DE TIMES SQUARE 1000 Grandes Chambres Chaque chambre comporte baignoire, douche, radio.eau glacée courante, grandes garde-robes, hautes glaces.Lampes \u2018\u2018Sun-Ray Health\u201d, Solarium sur le toit.restaurant ventilé à lair frais.CHAMBRES $9 _5() par jour Garage en face de l'hôtel Choisissez l'Hotel te plus Economique, 750 chambres.Tarif: $1.50 à $2.50 Simple, pas de prix plus élevés.Stationnement trés facile pour autos.Et aussi autres Hotels à oderne à l\u2019épreuve du feu.Location très favorable $1.50 à $2.50 Simple, pas de prix plus êlevés.Radio dans toutes les chambres 1B | I OTE TREY Rochester, Buffalo et Erle POUR LA 1ére FOIS AU CANADA Nous avons le bonheur de pouvoir correspondre avec le MAGE SARKAN.un des plus CELEBRES ASTROLOGUES du monde entier, très connu dans les milieux sclentifiques et parmi les initiés pour sa science et SON POUVOIR QU'IL EXERCE MEME A DISTANCE.IL À FAIT VOEU de mettre ses dons extraordinaires de prévision au service de tous, et vous offre GRATUITEMENT une étude de votre HOROSCOPE.VENEZ A LUI, il vous consell- lera, vous dévoilera votre avenir et vous montrera la ROUTE DU BONHEUR.Il vous guérira en tout: AMOUR, ARGENT, AFFAIRES, SANTE, et vous délivrera de vos timidités et de vos incertitudes.N'HESITEZ FAS; cette offre généreuse s'adresse à TOUS et à TOUTES.Envoyez vos noms (M.Mme ou Mille), date de naissance et adressez au MAGE SARKAN, dépt.195, P.R.P., 83, rue Saint-Augustin, PARIS, (2e), et vous recevrez une étude précise de votre horoscope.(Prière de joindre 10 cents en timbre de votre Pays pour frais d'écriture et d\u2019envoi). 42 vous vis, il ne s\u2019est pas passé un seul jour sans que ma pensée aille vous rejoindre.J\u2019ai fait l\u2019impossible pour retrouver votre trace et pourtant j\u2019appréhendais de me retrouver en face de vous et de vous parler.Je craignais tant que vous ne partagiez pas mes senli- ments, Mais puisque, enfin, le hasard nous réunit a nouveau, je ne veux pas laisser échapper cette occasion qui peut- être ne se représenterait plus.Permet- tez-moi donc de vous demander si vous voulez bien me confier votre avenir, et joindre votre vie à la mienne.Le vieillard se tut un instant, pendant que, dans mon for intérieur, je m\u2019étoa- nais qu\u2019il fut demeuré tant de romanesque dans un cerveau de cet âge.Mais je ne songeais pas à m\u2019en amuser, tant ces paroles trouvaient écho en moi.il reprit.\u2014 Eh bien! Mademoiselle Marinette, si cet événement qui peut sembler impossible, se produisait, que répondriez- vous ?\u2014 Ce que je répondrais ?.Tout simplement ceci: Monsieur Deauvergne, vous auriez eu tort de ne pas m\u2019avoucr vos sentiments, Car, pour moi, malgré le désir que j'en avais, je ne pouvais chercher à vous revoir; mais puisque la Providence nous réunit à nouveau, laissez- moi vous dire que votre amour est partagé.Je mettrai ma main dans la vôtre et cela sans appréhension.Car, les égards que vous avez eus pour moi, en la circonstance étrange où je passai une nuit chez vous, puis la loyauté avec laquelle vous avez tenu, depuis, votre parole, en gardant le silence au sujet de ma mésaventure, m\u2019ont révélé que vous ¢tes un homme d\u2019honneur.Je n\u2019ai done pas à me défier de l\u2019élan qui, dès le début, avait porté mon coeur vers vous.C\u2019est parce que je vous aimais que je suis allée m\u2019ensevelir dans une région déserte, où j'espérais trouver l\u2019oubli.Mais il n\u2019en fut rien.Et maintenant que je sais mon amour partagé, je vous le fais connaître sans scrupules.Ce sera done avec une douce fierté que je porterai voire nom et unirai ma vie à la vôtre.Je m\u2019étais tue.Un soupir du comte, véritable soufflet de forge, me rappela soudain à la réalité, car j'avais parlé tout d\u2019une traite, presque sans m\u2019en apercevoir, les yeux perdus dans le vague.Je me retournai vers mon interlocuteur qui s\u2019était assis à mes côtés, pour m\u2019écouter je demeurai un instant stupéfaite.Enfoncé profondément dans son fauteuil, les jambes étendues, la tête renversée en arrière et bien appuyé au dossier, la bouche légèrement entr\u2019ouverte, les mains jointes il semblait jouir d\u2019une complète béatitude.Je me sentis prise alors d\u2019une folle envie de rire ! \u2014 Décidément, pensai-je, mes paroles s\u2019adressant à lui, ne lui causeraient pas plus de satisfaction.Peut-on être si romanesque a 78 ans!.Pauvre vieux! Qui sait?.Mon discours lui en a peut-être rappelé un autre à peu près semblable entendu dans sa jeunesse .et il se croit revenu à ses vingt ans si souvent regrettés.Mais il serait cruel de laisser cette illusion se prolonger davantage.Et que lui importent après tout mes sentiments pour Michel Deauver- gne ?Je suis un peu ridicule de m\u2019être laissée aller à ces confidences.Je me levai si brusquement que ma chaisse en basculant tira brusquement le Comte de sa bienheureuse réverie.\u2014 Mon Dieu, Monsieur, dis-je alors résolument nous avons je crois, débité assez de niaiseries.A quoi bon imaginer ce qui ne sera jamais?Quelle chimère! Michelle Deauvergne ne se préoccupe pas plus de moi que si je n\u2019existais pas; et ma foi, je lui rends la pareille.Toui ce que je viens de déclamer est une simple parodie; vous me savez très espiègle.\u2014 Quoi.Quoi ?.que signifie ?se récria M.de Valencé, avec un air navré qui me donna une plus grande envie de rire.Vous changeriez d\u2019avis comme cela ?Etes-vous fantasque à ce point?\u2014 Fantasque ?Est-ce l\u2019épithète qui convient ?Je ne sais si je change d\u2019avis, comme vous le dites.car il est difficile de connaitre mon opinion sur certains sujets personnels.J'ai toujours aimé jouer la comédie.Enfant, je récitais mes poésies devant une glace.Au- jourd\u2019hui, je me suis crue sur une estrade, jouant un rôle dramatique.voilà tout.Maintenant, Monsieur, je vous en La Revue Populaire prie, laissons cette histoire de côté, je ne veux plus en entendre parler.Je vais regagner ma chambre et me reposer un peu, car cette chevauchée à dos de mulet m\u2019a brisé les reins.Je ne consentirai à la refaire que le jour où je quitterai définitivement Valencé.Au diable les expositions de peinture, Michel Deauver- gne et le reste.Cette boutade prononcée sur un ton péremptoire, je quittai solennellement la pièce.Au fond, j'étais vexée de m'être laissée aller à de pareilles confidences, avec ce petit vieux qui ne doit rien comprendre à l\u2019amour.Rentrée dans ma chambre, je me suis jetée sur mon lit, et nerveuse, j'ai pleuré une heure durant.Puis, j'ai pris mon journal, espérant y trouver un apaisement à ma mauvaise humeur et une diversion à mon chagria.Ah! que ne donnerais-je pas, pour pouvoir dire à Michel Deauvergne en personne, les belles phrases que j'ai débitées à M.de Valencé.Cette aventure a ranimé en moi le désir et l\u2019espoir insensé qui semblait s\u2019apaiser avec la solitude et le changement d\u2019existence.Car, en parcourant les pages écrites depuis mon arrivée à Valencé, je m\u2019aperçois que, pas une fois, je n\u2019ai nommé Michel Deau- vergne.Non pas que je l\u2019eusse totalement oublié, mais la nouveauté de ma situation, puis la présence du comte, le travail que nous faisons ensemble, voire même mes excursions aux alentours, m\u2019occupaient assez pour que mon esprit ne s'absorbât plus en réflexions déprimantes.Hélas, maintenant le souvenir de mon compagnon d\u2019une nuit me revient plus vivace, et mon chagrin est plus grand que jamais ! .Et que faire pour chasser ces pensées.Quel nouveau changement inventer, pour me distraire ?Mon Dieu, qu'il est triste d\u2019aimer sans espérance.Le 25 mars.La vie a repris son cours normal.Dès le lendemain de mon retour au manoir, je me suis remise au travail avec le comte.I] n\u2019a plus été question entre nous, de mon voyage à Toulouse, pas plus que des confidences que j'avais faites au sujet de mon escapade à Paris et de Michel Deauvergne.Je serais presque tentée de croire que cette conversation avec M.de Valencé n\u2019a eu lieu qu\u2019en rêve.N\u2019est-il pas étonnant, en effet, qu\u2019il n'y fasse la plus petite allusion, après avoir eu l\u2019air de me porter tant d'intérêt?J\u2019en conclus qu\u2019il n\u2019a plus guère de mémoire, ou tout simplement que, égoïste comme bien des vieillards, il ne songe qu\u2019à ses propres douleurs, en partie imaginaires, du reste, nous travaillons avec ardeur à l'achèvement du manuscrit.Jusqu\u2019alors, le comte ne semblait pas si pressé.Est-ce parce qu\u2019il désire se débarrasser de moi?Ou réellement attache-t-il une grande importance à faire paraître ce livre avaut la fin de l\u2019année ?Je passe donc une partie de mes journées à classer les paperasses, taper les résumés, retaper encore les pages corrigées, etc.Quand le temps est favorable, le comte exige cependant que je fasse ma petite promenade quotidienne, mais il n\u2019insiste pas comme au débul, pour qu\u2019elle se prolongeât des après- midi entières.Si nous y allons de ce train, dans trois semaines, il n\u2019aura plus besoin de moi.Ma foi, cela vaut peut-être mieux ! Je commence à me fatiguer de voir toujours se dresser devant mes yeux ces hautes montagnes, qui semblent se faire un malin plaisir de me cacher l\u2019horizon.Puis, cette trop longue solitude finit par me peser.Et le souvenir de Michel Deau- vergne, qui s\u2019était un peu estompé dans ma mémoire, est revenu plus vivace depuis mon voyage à Toulouse.Je pense à lui sans cesse, cherchant à deviner le sentiment qui l\u2019a fait agir, en exposant cette oeuvre, « la jeune fille inconnue ».Titre bien vague.Mon visage l\u2019a évidemment frappé, pour qu\u2019il en ait retenu les traits d\u2019une façon si parfaite.Mais cela prouve-t-il vraiment qu\u2019il m\u2019aime?Comment pourrait-il, du reste, éprouver un sentiment aussi profond pour une étrangère avec laquelle il a passé quelques heures, et dont il ne sait rien de précis.Et pourtant, n\u2019est- aurait trouvé chaussure à son pied.Elle était tout simplement froissée dans sa dignité de mère, affublée de cinq filles disgracieuses et déjà d\u2019un âge respectable.Chose plus étrange encore, voici que Mme Jobard et Mme Warnier elles-mêmes se mirent également à conseiller la prudence, engageant Mme Chicot à bien réfléchir avant de se lancer dans une entreprise aussi délicate.L\u2019une et l\u2019autre, après avoir tellement fait fi de Marinette, pour leurs fils, craignaient maintenant de la voir en épouser un autre !.Elles regrettaient en somme, non pas la jeune fille pour ses qualités, mais l\u2019héritière de la marraine très riche.Et ce fut sur ce point qu\u2019elles attirèrent l\u2019attention de Mme Chicot.Mai 1934 \u2014 Dites-moi, chère amie, objecta Mme Warnier, il serait peut-être sage de ne pas trop faire miroiter aux yeux du prétendant l'héritage problématique qui peut échoir a Marinette.Sait-on jamais.\u2014 Rassurez-vous.Il n\u2019en a pas été question en la circonstanee; le jeune homme se désintéressant totalement au point de vue argent, d\u2019après ce que m'a écrit mon amie Chaillot, je n\u2019ai pas soufflé mot des espérances de la petite.Mme Rovillers fit entendre un soupir - qui ressemblait à un grognement et Mme de Polmar fit chorus.C\u2019était une façon de protester.Puisque le jeune homme en question ne cherchait pas «la dot», pourquoi n\u2019avait-elle pas pensé à une de leurs filles ?Elles ne songeaient pas, les bonnes dames, que ces filles étaient déjà de «vieilles filles» dépourvues de tout charme, du reste, et que le prétendant qui n\u2019atteignait qu\u2019à peine la trentaine, était peut-être un élégant, un intellectuel, un artiste tout simplement un jeune homme accompli.\u2014 Alors, demanda à mouveau Mme Warnier, à votre avis ce projet aurait quelque chance de réuasir ?\u2014Je le crois.Jai encore consulté ce matin les lettres reçues à ce sujet; les goûts du jeune homme semblent bien concorder avec ceux de Marinette.Il ne s\u2019agit plus maintenant que de préparer une entrevue.\u2014 Et vous croyez «qu\u2019elles ey pré- tera ?: \u2014 Jen suis sire.Son ami Michelle de Vergne, qui est dans le secret, m'a fait savoir que Marinette n\u2019était plus récalcitrante au mariage.Au contraire, elle serait, paraît-il, tout disposée à fonder un foyer.à condition toutefois que le parti lui plaise.\u2014 Un tel revirement est étonnamt en vérité.Quelle peut en être la cause?s\u2019écria Mme de Polmar.\u2014 À mon avis, dit Mme Rovillers, elle a dû avoir aux cours de cette absence des aventures qui lui auront donné à réfléchir.On ne m\u2019ôtera pas cela de l\u2019idée.Du coup, Mme Chicot se fâcha.Elle se disait avec juste raison, que, si ces allusions perfides parvenaient jamais aux oreilles du prétendant, il y aurait de quoi lui faire prendre la poudre d\u2019escampette.Ce serait pour elle un nouveau projet de mariage « loupé ».Or, le jeune homme en question étant un artiste, Mme Chicot espérait recevoir un cadeau, une oeuvre de lui, en remerciement de son intervention si elle menait à bien la chose ! Devant le mécontentement qu\u2019elle exprima, ces dames se firent plus conciliantes.\u2014Mme Chicot a raison, observa doucereusement la comtesse.Il ne faut jamais désespérer de voir une jeune fille intelligente revenir dans le droit chemin, si toutefois elle s\u2019en était écartée.Nous ferions mieux de seconder ma bonne amie dans ce projet matrimonial.Et s\u2019adressant à Mme Chicot elle demanda: \u2014 Quand pensez-vous les mettre en présence l\u2019un de l\u2019autre ?\u2014 J'ai l\u2019intention de réaliser la première entrevue la semaine prochaine.\u2014 Dans l'intimité ?w\u2019enquiert alors une des cinq Polmar, qui, jusqu\u2019alors en jeunes filles bien élevées, n\u2019avaient pas mis leur mot dans la conversation.(Elles s'étaient contentées d\u2019écouter avec un dépit visible le projet élaboré.) \u2014 Oh ! non, certes, s\u2019empressa de répondre Mme Chicot.J\u2019ai horreur de ces tête-à-tête où les jeunes gens, observés par les témoins uniques et génants que sont les parents, ne savent que dire.Le mieux est de procéder comme j'ai coutume de le faire.Je donnerai, jeudi sans doute, un thé à la suite duquel on jouera une petite comédie «le Malade imaginaire» dont le réle principal sera tenu par le jeune homme.C\u2019est Michelle de Vergne qui organise la séance avec le concours de quelques amies qu\u2019elle amènera de Paris, Vignet entr\u2019autres.Je vous demanderai, Mesdames, de bien vouloir y assister.\u2014 Mais comment donc! (Cette exclamation fut unanime de la part des mamans et de leur progéniture, heureuses de cette diversion).Mme Chicot reprit : \u2014 Ce jeune homme joue admirablement la comédie, m\u2019a écrit Michelle.Le rôle meitra en valeur son talent d\u2019artis- Mai 1934 te.Les deux intéressés pourront ensuite causer plus à l\u2019aise.La pièce leur procurera l\u2019occasion de parler littérature.Lui est un intellectuel, et Marinette est très instruite, ceci on ne peut le contester.Ce sujet de conversation les rapprochera.\u2014 Vous êtes vraiment experte dans l\u2019art de combiner les mariages et de les préparer, chère amie, s\u2019écria Mme War- nier en mordillant de dépit sa lèvre supérieure.Vous pouvez compter sur nous pour cette réunion.Vous avez bien fait de nous prévenir un peu à l'avance, afin que nos filles aient le temps d\u2019arranger leurs toilettes.Mme Warnier conservait au fond une lueur d\u2019espérance.L\u2019amour maternel rend aveugle; elle se disait après tout, puisque ce garçon ne cherchait pas la fortune, il pourrait tout aussi bien choisir sa benjamine, assez bien tournée, en somme, et qui ferait a son avis une épouse plus sérieuse que cette Marinette ! \u2026 Il fallut que l\u2019horloge de l\u2019église fit entendre la demie pour que ces commérages prissent fin.Alors, les ménagères se rappelèrent qu\u2019il était temps de regagner leur domicile, et l\u2019on se sépara, après aveir promis de prêter main forte à Mme Chicot pour marier Marinette.Chapitre II Une demie sonna à la pendule de marbre vert d\u2019art moderne qui s\u2019étale majestueusement sur la cheminée de Mme Chicot.Cet objet dont elle est très fière, car il lui a été offert lors de son dernier mariage «loupé », rappelle cou- dain qu\u2019il est l\u2019heure de présenter les rafraichissements.L\u2019inquiétude que lui cause le retard du prétendant lui a fait oublier les règles de la bienséance.Très agitée, ce qui est du reste son habitude en pareille circonstance, elle va de l\u2019un à l\u2019autre parlant avec volubilité, faisant de ci, de là une petite remontrance à l'une de «ses filles ».\u2014 Totote, ne parle pas si haut, mon enfant.\u2014 Lili, il faudra absolument rallonger tes robes, ma petite, tu es inconvenante! \u2014 Chipette, va rejoindre tes compagnes, voilà plus de dix minutes que tu causes avec Jaëques; cet aparté trop prolongé va te faire remarquer.Les « filles» subissent ainsi le contrecoup de la mauvaise humeur de leur mère adoptive.Mais les garçons ne sont pas épargnés non plus.Tantôt c\u2019est Philippe Warnier qui a mis un cosmétique trop parfumé dans ses cheveux.Ou Jacques Dieulot qui tourne trop souvent les yeux du côté de la même jeune fille.Ou encore le petit Charles Villemot, qui, faisant tout juste son entrée dans le monde, n\u2019en connait pas encore les usages, et demande une surveillance plus assidue de la part de la maîtresse de maison .du moins le suppose cette dernière.; Et les fils comme les filles reçoivent à profusion conseils et remontrances.Ces dernières se contentent de murmurer entre leurs dents une phrase inintelligible, mais qu\u2019à leur moue significative on devine être une protestation.Les garçons, plus parlementaires, déclarent tout simplement : \u2014 Ah ! flûte, la barbe, hein !! : Ces termes d\u2019argot, prohibés jadis de la bonne société, ont pénétré méme dans les salons de provinces, où l\u2019on prétend conserver les vieilles traditions et le bon ton.Il va sans dire que Mme Chicot n\u2019a rien entendu, ou ne veut rien entendre.Aussi elle continue sa tournée en ne ménageant personne.Ce sera Michelle de Vergne qui recevra la dernière algarade.\u2014 Mon enfant, interpelle la vieille dame, avec mauvaise humeur; je suis vraiment contrariée de l'absence de notre prétendant.Mme Chicot n\u2019ose pas encore faire sien ce jeune homme qui se trouve être un ami de Michelle, et sur lequel cette dernière a donné les meilleurs renseignements.Il va sans dire que Mme Chicot eût cent fois préféré mener l\u2019affaire à elle seule mais Mlle de Vergne e\u2019y est trouvé mêlé, on ne sait trop comment en en somme, et tient à patronner également le prétendant.\u2014 Rassurez-vous, chère Madame, répond la jeune fille, Claude sera exact.Je lui ai recommandé d\u2019être ici à 5 heures moins cinq au plus tard, afin que nous puissions lever le rideau à 5 heures La Revue Populaire juste, comme c\u2019est annoncé sur le programme.\u2014 C\u2019est bon à dire ! Mais s\u2019il a manqué le train de Paris ?il n\u2019y en a pas si souvent.\u2014 N'ayez aucune crainte à ce sujet.Je suis allée le voir à l\u2019hôtel cet après-midi même, pour m\u2019assurer qu\u2019il était arrivé.Cela nous a donné l\u2019occasion de bavarder longuement.\u2014 Comment, vous êtes allée voir ce jeune homme.à l'hôtel ?C\u2019est insensé! La jeunesse actuelle prend des libertés fort inconvenantes! De mon temps, Michelle, nous n\u2019aurions pas osé avoir une entrevue avec un jeune homme, même dans le salon de notre mère, sans que celle-ci fut présente.\u2014 Autre temps, autres moeurs, chère Madame ! répliqua Michelle, avec un sourire tant soit peu narquois.\u2014 Vous n\u2019avez pas emmené Marinette avec vous, je l\u2019espère ?\u2014 Non, bien entendu! N'a-t-il pas été convenu que Marinette verrait son futur, pour la première fois, quand il aurait revêtu le travestissement d\u2019Argan ?Mme Chicot rassurée sur ce point, mais scandalisée pour le reste, s\u2019éloigne en maugréant entre ses dents : \u2014 C\u2019est inoui.inconvenable.renversant.Puis, ayant agité nerveusement sa sonnette, elle ordonne à la soubrette qui sr présente dans l\u2019embrasure de la porte: \u2014 Servez, et vite, eurtout ! Quelques secondes après, deux petites bonnes en tabliers blancs, passent de groupe en groupe, les plateaux chargés de gâteaux et de boissons fraîches, macédoine de fruits glacés, sorbets à la framboise, sirop d\u2019ananas et de groseilles, etc.Cette excellente collation met en belle humeur les invités, qui commençaient à s\u2019étonner a part eux, de n\u2019avoir encore rien eu à se mettre sous la dent.Il faut dire que plusieurs, parmi lesquels la comtesse de Polmar et ses filles, n\u2019ont fait qu\u2019un léger repas à midi, préférant réserver de la place pour le goûter comme le dit la bonne dame qui oublie trop souvent que noblesse oblige, et dont l\u2019origine plébéienne se révèle à certaines vulgarités de langage.La dernière coupe de fruits venait d'être prise justement par une de Pol- mar, quand un coup de sonnette reten- lissant fit sursauter toute la société.\u2014 C\u2019est certainement lui! .Le voilà.ce n\u2019est pas trop tôt.se dit-on l\u2019un à l\u2019autre, à voix basse, tandis que Mme Chicot se précipite dans l\u2019antichambre, suivie de Michelle, pour recevoir l\u2019arivant.Seule l\u2019intéressée ne paraît pas « s\u2019en faire ».Accoudée a la cheminée, Marinette qui écoute le jeune de Vignet, déguste un sorbet sans sourciller.\u2014 Allons, mes enfants, interpelle Mme Chicot, qui est revenue dans le salon, dé- pêchez-vous de ranger les chaises pour la séance ! Ceci s\u2019adresse aux jeunes gens.Puis se tournant vers un groupe de jeunes filles, elle ajoute : \u2014 Placez-vous en avant, mes bonnes petites ! L\u2019aînée des Polmar est comprise dans le lot, malgré les quarante ans qu\u2019elle doit fêter l\u2019an prochain ! Du coup, les dernières coupes de fruits et les sorbets sont rapidement consommées, et chacun ayant déposé son verre sur les plateaux, cherche à se placer le mieux possible.comme au théâtre ! \u2014 Espacez les rangs! Poussez donc sur la droite! Enlevez cette chaise qui empéche de passer! Vite encore quelques sièges.allons donc mes enfants, dé- péchez-vous ! Et Mme Chicot, de plus en plus agitée, va, vient, gronde l\u2019un, secoue l\u2019autre, enlève un siège, le remet à la même place, bref, fait la mouche du coche.Et Ma- rinette?où est-elle dans tout ce brouhaha ?Toujours accoudée à la cheminée, riant et causant avec son partenaire, sans se soucier de ce qui se passe autour d\u2019elle ! \u2014 Ça c\u2019est trop fort! murmure la maîi- tresse de maison.Alors, se dirigeant vers la jeune fille qu\u2019elle prend sans façon par le bras : \u2014 À quoi pensez-vous, Marinette, s\u2019é- crie-t-elle, vous devriez être au premier rang ! Mais la jeune fille se rebiffe.\u2014 Merci bien ! Vous savez, chère Madame, que j'ai horreur d\u2019être le point 45 e my connau en fait cle savon et voici pourquoi s'emploie le Palmolive Je ne sais pas comment exprimer.ce que mon spécialiste en beauté m'a dit au sujet du Palmolive, qui est un savon scientifique, plus sûr.Mais j'ai tout de même compris l\u2019idée .il est merveilleux pour conserver le charme du teint d\u2019une jeune fille.Vous le penserez aussi.On est heureux de savoir qu\u2019un savon est fait avec des hulles végétales pures ! Je sais que le Palmolive est fait d'un mélange scientifique d\u2019huiles de palme et d'olive \u2014 et pas d'autre chose.D\u2019apirès moi, c\u2019est une vraie belle formule de beauté.Je suis si heureuse d'avoir fait un bon essai du Palmolive ! Soir et matin, pendant tout un mois, j'ai massé sa mousse crémeuse et velouté dans ma peau.Après cela, je me rinçais à l'eau chaude \u2014 puis à l\u2019eau froide.Voyez ce que ce traitement fera pour votre peau! 46 STYLE 5533 Nul3ack CAN.PAT 312-612 TELESCOPIC NÉ PAS ot NE REMONTERA PAS sur votre .- corps, ne changers pas de :.position, Tie se désajustera , pas comme |l arrive si souvent .& d'autres corsets.Plus d'inquiétude à savoirsi votre toilette est gâtée par.\u2018des tignes disgracieuses.SAY ou faux plis: - : DANS LE VETEMENT FONDATION BRUNETTE NU-BACK Company 45 Dorchester - Quebec AVISEZ-NOUS si vous êtes BLONDE ou BRUNETTE et Ul vous sera envoyé gratis un articie d'usage pérsonnel journalier.La Revue Populaire de vue de la société.Or, malgré ce qui avait été convenu entre nous, j'ai surpris de ci, de là, des paroles faisant supposer que toutes les personnes présentes sont au courant de votre projet.Aussi.\u2014 Mais non! mais non! ma chère enfant!.c\u2019est une idée que vous vous faites.Venez donc ! .De Vignet, je vous en prie, décidez-la à se mettre au premier rang.Mme Chicot comprend qu\u2019elle a eu la langue trop longue en mettant ses amies dans le secret.En effet, il avait été convenu avec Mlle de Bougival, que tout le monde ignorerait.Mme Chicot tremble, car avec un caractère entier comme celui de cette petite Marinette, tout est à craindre.Si, à la dernière minute, elle allait s\u2019esquiver, alors, se raccrochant à M.de Vignet, comme à une plante de salut, elle implore de nouveau : \u2014 Mon cher de Vignet, je vous en \u2018prie, faites asseoir cette petite entêtée ! \u2014 Mais, chère Madame, répond le jeune homme, je ne vois pas la nécessité de contrarier Mlle Marinette, sur ce point.De cette place elle domine la scène et peut davantage juger du coup d\u2019oeil sans gêner personne et sans être gênée.Si vous le permettez, nous resterons ici, et je lui tiendrai compagnie.Je ne désire pas plus qu\u2019elle me mêler à cette jeunesse bruyante qui va dire, chuchoter, s\u2019agiter, et par là même nous empêcher d\u2019écouter cette pièce charmante, que les acteurs vont certainement interpréter avec art.\u2014 Soit.soit.mon cher! Mais alors, ne quittez pas Marinette, n\u2019est-ce pas ?Mme Chicot a parlé bas, sur un ton de conspirateur.C\u2019est que de Vinget est au courant de son projet matrimonial, il s\u2019y trouve mêlé lui aussi, comme Michelle, on ne sait trop comment.Et c\u2019est même lui qui, à l\u2019aide de la jeune Parisienne, a organisé cette séance pour faciliter l\u2019entrevue des \u2018intéressés.Il désire donc, lui aussi, autant que possible que ce projet réussisse, car il est toujours vexant d\u2019avoir travaillé en vain !.Rassurée, Mme Chicot s\u2019éloigne pour donner le signal du lever de rideau.Toujours ingénieuse, elle a su installer une charmante petite scène dans la véranda qui communique avec le salon, ne l\u2019en séparant que pour la circonstance, par une belle draperie de velours vert.C\u2019est cette tenture qui, au coup de sonnette de la maîtresse de maison, se soulève avec infiniment de précaution, comme appréhendant de livrer trop brutalement le célèbre Argan aux yeux d\u2019un publie sans pitié.Or, au frémissement du velours mouvant qui miroite sous l\u2019éclairage électrique, les cous se tendent, les yeux s\u2019ouvrent démesurément, les coeurs battent à l\u2019unisson, agités cependant de sentiments divers: curiosité, crainte, désir.Car la personnalité du principal acteur est connue de tous, et chacun a grande hâte de se former une opinion à son sujet.Seule, l\u2019intéressée demeure indifférente à ce qui se passe.Sans changer de posture, toujours accoudée à la cheminée, elle ne daigne même pas se retourner, et continue la disecus- sion littéraire qu\u2019elle a entreprise avec son compagnon.Celui-ci du reste, ne se soucie pas davantage de ce qui se passe sur la scène; Argan et Antoinette pourraient continuer à se quereller indéfiniment, sans que ces deux spectateurs réfractaires daignent enfin leur prêter attention.Mais voici que soudain, un formidable coup de bâton ébranle la scène improvisée, arrachant un cri de frayeur à la pauvre Mme Chicot qui déjà croit voir s\u2019effondrer l\u2019échafaudage de planches et de caisses, entraînant à sa suite le décor suranné et le rideau somptueux.Cette fois Marinette a sursauté comme les autres.Flle tourne la tête du côté de la scène; mais à la vue des acteurs, elle a un involontaire mouvement de recul, et manque de renverser le guéridon placé auprès d\u2019elle.Ceci eût été une véritable catastrophe.Et le vase de Chine supporté par la petite table se serait brisé inévitablement si M.de Vignet ne les avait retenus tous les deux d\u2019une main, tandis qu\u2019en un geste instinctif il avançait son bras resté libre vers Mari- nette, comme pour l\u2019empêcher de tomber elle aussi.La pâleur subite de la jeune fille pourrait faire craindre, en effet, qu\u2019elle ne se trouve mal.Telle une statue, elle reste immobile, regardant sans voir, écoutant sans les entendre, les acteurs qui, insouciants de l\u2019émoi général, continäent leur role.11 lui semble qu\u2019un brouillard se lève devant ses yeux estompant la scène et les personnages.Mais un nouveau coup de bâton d\u2019Argan, accompagné de nombreuses et plus fortes épithètes à l\u2019adresse de Toinette, la réveille en quelque sorte de sa torpeur.Alors, elle passe sa main sur son front, comme pour dissiper une hallucination, et instinetivement murmure : \u2014 Mais non, pourtant je ne rêve pas ! \u2014 Non certes, elle ne rêve pas, la pauvre Marinette.en reconnaissant la robe de chambre jaune citron, imprimée de minuscules perruches vertes et ornée de parements lamés d\u2019or, que porte l\u2019acteur; puis les lunettes noires qui lui cachent une partie de la figure, cette longue barbe grise inculte, la chevelure non moins longue et légèrement emmêlée, sur laquelle est posée une toque de velours rouge eramoisi et les babouches de satin vert, en un mot, l\u2019accoutrement bizarre qui était celui du comte de Valencé.Et voici qu\u2019elle reconnaît.également sa voix, cette voix aux intonations graves, qui seule avait plu à la jeune fille parce qu\u2019il lui semblait l\u2019avoir déjà entendue sans cet enrouement léger, peut-être feint comme les autres infirmités.Non, cela ne fait aucun doute ! C\u2019est le comte de Valencé lui-même qui joue le rôle d\u2019Argan.Marinette repasse sa main sur ses yeux, puis sur son front, cherchant à comprendre la raison de cet évènement invraisemblable.le comte de Valencé, chez Mme Chicot.jouant le « Malade imaginaire » et pour.pour.faire sa connaissance a elle, en somme.Le comte de Valencé .le prétendant qu\u2019on lui destine ?Non, c\u2019est à y perdre la raison! Dans quel but a-t-on monté cette comédie ?Car c\u2019est bien une comédie que l\u2019enchai- nement de ces événements stupides, farce bouffonne, parallèle à celle qui se joue actuellement, sur la scène.Oui, une plaisanterie absurde, en somme.et qui fait naître mille suppositions dans l\u2019esprit de la jeune fille.Se moquait-on d\u2019elle ?Et d\u2019abord, qui était l\u2019instigateur de celte entrevue burlesque?Etait-ce le comie lui-même ?ou Michelle ?ou Mme Chicot ?Mais comment ces dernières con- naissaient-elles M.de Valencé ?Marinette se perd en conjectures de toutes sortes; et sans doute si elle n\u2019était retenu par le besoin d\u2019élucider ce mystère, elle prendrait la poudre d\u2019escampette.Mais pour l\u2019instant elle n\u2019y songe pas, et réussit pour la forme à remetire sur son visage un masque d\u2019indifférence Or, la pièce continue à se jouer avec tant de naturel et d\u2019entrain que les acteurs suscitent les éclats de rire et les applaudissements de la Société.Le pré- mier acte s\u2019achève enfin, et le rideau s\u2019abaisse très vite cette fois, sur le bonsoir de Toinette à Bélise.Alors, Mari- nette, revenue de sa surprise, fait un bond vers la porte de sortie, sans même que de Vignet tente de la retenir.\u2014 Ah ! ils se sont payé ma tête, pen- se-t-elle.A mon tour de me payer la leur ! Mais voici que l\u2019issue est impraticable.C\u2019est en vain que la jeune fille secoue la porte; celle-ci, trop bien fermée, résiste à tous les assauts.\u2014 Quelle idée d\u2019avoir mis le verrou de sûreté, s\u2019exclame-t-elle tout haut.Ne croirait-on pas en vérité que c\u2019est fait exprès pour m\u2019empêcher de partir ?Faisant volte-face, Marinette se précipite alors vers un petit salon qui se trouve au bout du couloir et qui donne accès dans le jardin; de là, pense-t-elle, elle pourra gagner le portail en contournant la maison.Mais ledit salon est encore fermé, sans doute parce qu\u2019il sert de coulisse aux acteurs, et que ceux-ci ont pris leurs précautions pour ne pas être dérangés.Marinette va se fâcher, et peut-être se décider tout simplement à escalader la fenêtre ouverte, quand un bruit de pas derrière elle, la fait se retourner.C\u2019est Argan qui vient d\u2019entrer traînant la jambe, selon son habitude, et s\u2019appuyant sur sa canne, dont il martèle le plancher, sans souci du soin que prend Mme Chicot pour le faire luire comme un miroir.A sa vue, Marinette a un involontaire haut-le-corps, mais elle se Mai 193% ressaisit promptement et, toisant l\u2019arrivant avec dédain, elle lui dit : \u2014 Ah ! vous voici, M.de Valencé ! Je suis heureuse de vous voir un instant seul, afin de vous félicitet sur votre talent de comédien.En vérité, vous surpassez le plus habile des artistes de profession.\u201c \u2014 Je suis sensible à vos louanges, Mademoiselle Marinette, répond le comte, en s\u2019inclinant.et sur un ton légèrement narquois.\u2014 Ce rôle de malade imaginaire vous sied à merveille ! réprend alors la jeune fille en accentuant l\u2019épithète avec une ironie que son interlocuteur feint de ne pas remarquer.\u2014Je n\u2019en disconviens pas, puisque telle fut la pensée de mon ami, quand il me parla de le remplacer.\u2014 Remplacer votre ami?Comment cela?N'est-ce pas vous qui aviez été choisi?On m\u2019a dit que Michelle avait organisé cette séance et désigné elle- même ses collaborateurs.\u2014 Parfaitement ! Et mon ami qui est artiste de profession, devait justement remplir le rôle d\u2019Argan.Mais un obstacle survenu au dernier moment l\u2019ayant empêché de venir, il m\u2019a tout simplement expédié à sa place.Ceci vous explique ma présence en ces lieux.\u2014 Admetions! Mais je n\u2019en reste pas moins étonnée, Monsieur, de voir que vous avez pu, malgré vos rhumatismes, entreprendre d\u2019abord la terrible descente de votre château à la plaine, à dos de mulet; puis ce long voyage pour venir à l\u2019autre bout de la France.Les fées et les génies n\u2019existent plus, sinon, j'aurais attribué cet événement invraisemblable à la baguette d\u2019un de ces magiciens d\u2019antan, dont on raconte les exploits aux enfants crédules.Le comte n\u2019ayant pu réprimer un sourire, Mlle Bougival vexée reprit avec animation : \u2014 Aprés tout, peu m\u2019importe la manière dont vous êtes arrivé jusqu'ici.Je vois seulement, en ce qui me concerne, que je me suis dérangée pour rien, car Mme Chicot m\u2019avait fait venir uniquement pour voir.pour entendre quel- qu'un.enfin, pour une raison qui ne vous regarde pas ! \u2014 Diable ! Mlle Marinette, vous voilà encore montée sur vos «grands chevaux» comme cela vous arrivait quelque fois à Valencé.Laissez-moi au moins le temps de vous expliquer certaines choses; vous comprendrez ensuite.Résignée, Mlle de Bougival se laissa tomber dans un fauteuil.\u2014 Aprés votre départ qui laissa un grand vide dans le manoir, \u2014 ceci dit en passant \u2014 jeus tout le loisir de réfléchir au sujet de l\u2019aveu ingénu que vous m\u2019aviez fait un jour, au retour de votrevoyage à Toulouse, et auquel, peut- être, l\u2019ayant rétracté, vous avez cru que je n\u2019attachais aucune importance.Tel n\u2019était pas le cas.Au contraire, j'étais peiné de penser que le jeune homme en question partageait peut-être vos sentiments, et que, faute d\u2019en être avertie, vous pourriez engager votre vie par ailleurs.Je songeais qu\u2019une ombre de regret planerait ainsi sur toute votre existence, même si vous deviez être heureuse en ménage.Je décidai donc de remédier à ce triste état de choses, en m\u2019assurant par moi-même des intentions de Michel Deauvergne.Voilà pourquoi Jai quitté mon manoir.\u2014 Comment ?Vous êtes allé à Paris trouver ce peintre?.comme ça de but en blanc.pour demander si.il m\u2019aimait ?.Ah! ¢a, Monsieur de Valen.cé, je vous savais original, mais pas à ce point !.En vérité ! \u2014 Paix !.paix !.Mlle Marinette! Encore une fois laissez-moi parler.Je suis allée trouver cet artiste pour discuter avec lui au sujet de son tableau «la jeune fille inconnues que je prétendais vouloir acheter.Cette oeuvre m\u2019a servi pour mener a bien mon affaire.Après avoir délibéré sur le prix, j'en vins à lui parler de son modèle et lui arrachai son secret.\u2014 Son secret ?.s\u2019exclama Marinet- le avec un sursaut.Est-ce que.vous voudriez dire ?.Oh! non, c\u2019est impossible ! Il vous a peut-être tout simplement raconté mon odyssée quoiqu\u2019il m'eüt promis le silence; mais il n\u2019a pu dire.\u2014 Qu\u2019il vous aimait ?.Parfaitement. Mai 1934 Mlle de Bougival était devenue très pâle.Joignant les mains dans un geste d\u2019involontaire supplication, elle dit très bas, d\u2019un ton contenu : \u2014 Oh ! M.de Valencé, ne vous jouez pas de moi ainsi ! .Comment un homme pourrait-il aimer une jeune fille avec laquelle il n\u2019a passé que quelques heures, et en des circonstances si étranges.qui ne plaidaient certes pas en la faveur de l\u2019intéressée ! .Que je me sois éprise de lui, moi\u2026.c\u2019est admissible, vu mon jeune âge.ma nature impulsive.mon inexpérience.mais un homme est plus pondéré.moins susceptible de recevoir «le coup de foudre».Détrompez-vous, Mademoiselle ! C\u2019est justement ce qui est arrivé.Et Michel Deauvergne a mis tout en oeuvre pour retrouver votre trace.La chose lui fut facile, malgré les précautions dont vous vous étiez entourée .Ne lui aviez- vous pas ingénument donné le nom et l\u2019adresse de votre amie Michelle, laquelle avait été la cause de cet imbroglio qui vous amena chez lui?M.Deauver- gne se fit mettre en rapport avec cette jeune fille par M.de Vignet qu\u2019il connaissait depuis longtemps.Mais comme il est un peu méfiant et ne préconise guère l'éducation moderne, il voulut, avant de vous demander d\u2019unir votre vie à la sienne, vous mieux connaître.Le mariage est chose trop grave, pour s\u2019y engager à la légère.\u2014 Je suis de cet avis, Monsieur.Mais vos explications me laissent encore perplexe.Je cherche le lien qui existe entre ce que vous venez de me dire et les intentions de Mme Chicot et de Michelle.intentions qui étaient de me présenter aujourd\u2019hui «un parti» de leur connaissance.Or, le jeune homme en question vous a chargé, m\u2019avez-vous dit, de le remplacer en la personne d\u2019Argan.I s\u2019apelle Claude, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Parfaitement, Mademoiselle ! Mais je dois vous dire tout de suite que ce jeune homme et Michel Deauvergne ne font qu\u2019un.Désirant faire revivre le souvenir d\u2019un ancêtre qui sans une mort prématurée serait devenue un artiste de talent, Claude prit pour signer ses oeuvres le nom de cet aïeul; c\u2019est donc sous le pseudonyme « Michel Deauvergne » qu\u2019il s\u2019est fait connaître dans le monde des artistes.\u2014 Est-ce possible! Quelle étrange coïncidence.Mais il y a une chose que je ne m'explique pas; c\u2019est qu\u2019en désirant me connaître davantage, il vous ait envoyé aujourd\u2019hui comme ambassadeur près de moi.Je lui demeure moralement inconnue, comme le jour où il me trouva chez lui.\u2014 C\u2019est ce qui vous trompe, Mademoiselle Marinette ! car le long séjour que vous fites chez moi, lui permit de vous étudier et vous juger à loisir.\u2014 M\u2019étudier, dites-vous ?.me juger ?.et cela chez vous ?Je comprends de moins en moins-! \u2014 Patience, Mademoiselle! Et apprenez que pour vous attirer à Valencé, vos amis vous tendirent un piège.L'annonce qui vous fut suggérée par Mlle Michelle, pour trouver une situation vous mit en rapport avec moi.D\u2019un geste, la jeune fille l\u2019interrompit.\u2014 Je devine le reste, Monsieur dit-ellr.M.Deauvergne vint me rejoindre a mon insu.Il se cacha sans nul doute dans la tour; et, par des trappes secrètes, comme il s\u2019en trouve dans les vieux manoirs, il put me voir quelquefois sans que je m\u2019en doute, et m\u2019entendre de même.C\u2019était donc lui qui habitait le donjon! Ceci m\u2019explique les lueurs que je surpris certaines nuits, et la crainte que vous éprouviez de m\u2019y voir aller.Je pense aussi que les pas entendus au bas de l'escalier, un soir, tandis que j'allais a la bibliothèque étaient les siens.\u2014 C\u2019est exact.\u2014 Mais alors, puisque Michel Deau- vergne a pu ainsi m\u2019observer à mon insu et se faire une opinion à mon sujet, je ne m'explique plus le but de voire voyage! Il était inutile.\u2014 Apparemment.Mais, pour que vous puissiez comprendre le véritable rôle que j'ai joué en tout ceci, je dois chever de vous dire la vérité, Michel Deauvergne, vous l\u2019avez deviné, habitait Valencé, pendant que vous y étiez; mais il n'y vivait pas en ours dans le donjon, comme vous le supposez.Il s\u2019y réfugiait seulement de temps à autre, pour La Revue Populaire se dépouiller du déguisement qu\u2019il avait revêtu dans le but de pouvoir vous recevoir sous son toit, sans manquer aux convenances, déguisement qui lui pesait certes! Aussi, pendant quelques heures, débarrassé de tout ce qui faisait de lui un vieil homme pendant la journée, il redevenait l\u2019artiste que vous aviez connu, le jeune homme que deux bons vieux serviteurs, Toinon et Tonio avaient vu grandir, et dont ils se faisaient volontiers complices en la circonstance.Marinette s\u2019était levée toute pale, comme miie par un ressort, mais elle dut s\u2019appuyer au bras de son fauteuil pour ne pas chanceler.La vérité, enfin, se faisait jour, dans son esprit.Michel Deauvergne, Claude et le comte de Va- lencé, n\u2019étaient qu\u2019un seul et même personnage ! Celui-ci voyant que la jeune fille avait compris, jeta à terre la perruque, la barbe et les lunettes qui cachaient presque entièrement son visage, puis, se redressant, il laissa tomber la robe de chambre aux couleurs voyantes dont il était vêtu, et apparut à la jeune fille, grand et svelte, tel qu\u2019elle l'avait connu dans son studio, a Paris.De pâle, Marinette était devenue très rouge, puis, instinctivement, elle avait caché son visage.Mais le comte Claude de Valencé dit Michel Deauvergne, s\u2019approchant d\u2019elle, prit une de ses mains et la porta à ses lèvres, sans qu\u2019elle ré- sistat.Alors, de cette voix aux intonations chaudes, qu\u2019il s\u2019était efforcé pendant des mois de rendre chevrotante et enrouée, il murmura les mots d\u2019amour, les mots magiques qui enflamment et unissént les coeurs.Et comme Mari- nette restait silencieuse, il supplia inquiet : \u2014 Marinette, petite Marinette, m\u2019en voudriez-vous du subterfuge que j'ai employé dans le seul but de vous connaître, et de faire ensuite votre bonheur dans l\u2019avenir?Si votre amour est égal au mien, ce sera sans difficulté que vous oublierez le vieux bougon d\u2019écrivain, qui mit si souvent votre patience à l\u2019épreuve ! Redoutez-vous d\u2019épouser un malade imaginaire ?Et seule la crainte d\u2019avoir à frictionner ses membres endoloris vous fait-elle hésiter ?Cette allusion malicieuse amusa Mlle de Bougival.Regardant enfin son interlocuteur, elle lui donna en un sourire, son pardon pour cette longue comédie si bien jouée, dont elle avait été dupe jusqu\u2019au bout.Alors, Michel Deauvergne infiniment heureux, attira la jeune fille à lui, et ferma d\u2019un baiser les yeux qui lui révélaient une tendresse aussi grande que la sienne.Un long moment, ils bien jouée, dont elle avait été dupe jus- goûtèrent ainsi la joie d\u2019un amour partagé; ils en oubliaient l'heure et les lieux si bien qu\u2019ils n\u2019entendirent pas la porte s\u2019ouvrir doucement et une voix murmurer : \u2014 Ça colle ! Les voilà dans les bras l\u2019un de l\u2019autre !.C\u2019était Michelle qui faisait cette réflexion à de Vignet.Puis, sans être vue, elle repassa rapidement les déguisements jetés de ci, de là, par le comte et les passa à son compagnon qui allait remplacer sur la scène, celui que l\u2019amour enchainait dans les coulisses.Mais ce subterfuge fut fatalement remarqué du public, et la disparition du prétendant fit jaser.Chacun l\u2019interpréta a sa fagon; les uns disaient que la jeune fille avait dû se toquer subitement de l'acteur et se sauver avec lui; d\u2019autres affirmaient que l\u2019attitude de Marinette avait déplu au jeune homme et qu'il s\u2019était tout simplement retiré sans tambour ni trompette.Quand à Mme Chicot rassurée sur le sort de son projet matrimonial mené à si bonne fin, elle jubilait.non sans se dire à part elle, que les jeunes filles de notre époque s\u2019entichaient bien facilement du premier venu !-.Moins de huit jours après, la boune ville de Chapy était de nouveau en émoi.On ne disait plus, « Marions Marinette » mais « Marinette va se marier.» \u2014 Dieu soit loué ! s\u2019écriaient avec une jalousie mal dissimulée les mères de famille.apparemment césireuses de soustraire leur progéniture à l\u2019influence néfaste de la délicieuse enfant, en laquelle l\u2019artiste avait su, lui, discerner les qualités qui font les épouses sérieuses et aimantes.Et ce fut sans aucune appréhension que, par une belle matinée de mai, dans la cathédrale de Chapy, et sous les re- gardy envieux de maintes vieilles filles.que le comie de Valencé pas:a au doigt de sa compagne l\u2019anneau symbolique qui les unissait pour la vie! .FIN LA REVUE POPULAIRE EST HEUREUSE D'OFFRIR A SES NOMBREUX LECTEURS ET LECTRICES LE PLUS RECENT ROMAN D'UN DES AUTEURS LES PLUS EN VOGUE EN CE MOMENT : Un Mari de Premier Choix par Max du Veuzit DANS La Revue Populaire DE JUIN N.B.\u2014 LA REVUE POPULAIRE de JUIN sera en vente le 30 MAI EE 41 Points plus fins, coutures plus fermes, plus lisses, travail & l\u2019aiguille réellement luxueux sur ces délicats vêtements que vous projetez de confectionner .Le SHEEN de J.& P.Coats est le fil idéal pour coudre à la main ou à la machine sur le crêpe plat, le georgette, les soies artificielles ou tout tissu fin et lustré.Bobines de 80 verges .plus de 130 couleurs exquises et charmantes teintes pastel - - pour s\u2019assortir à toute couleur que la mode pourrait suggérer.Quand vous ourlez à jour et finissez des tissus plus fermes tels que velours, satins et lainages, vous avez besoin d\u2019un fil pure soie qui glisse dans le tissu sans tirer ni s\u2019emméêler.Choisissez la Soie en Bobines de J.& P.Coats\u2014le fil de qualité \u201450 verges par bobine.Les Aiguilles de Milward sont les Meilleures\u2014un produit de qualité depuis 1730.\u201cSHEEN\u201d\u201d d.& P.Coats t SOIE EN BOBINES J.& P.Coats FABRIQUES AU CANADA par THE CANADIAN SPOOL COTTON CO.138F MONTREAL ea Fabricants du Coton en Bobines Coats et Clark 48 La Revue Populaire Mai 1934 T\u2019a>pas ?JE NE ME PARDONNE PAS D'AVOIR COUPE TON AS MA CHÉRIE If} NEN PARLE PLUS, MON CHOU.CE PRIX , D'AILLEURS , NE M'INTÉRESSAIT PAS.= % iz 7 A | 7 i a \u201c2 CE .A 2 ux tourtereaux rentrant chez eux en taxi apres une partie de cartes chez des amis, au cours de laquelle le jeune homme coupa maladroitement l'as de sa dulcinée.Le Joyoux carillon de ces cloches nuptiales indique lafuite du temps e le mariage des amoureux \u2014 JE DÉPOSE MON AS, LA MEILLEURE CARTÉ (0 AS N _ = 5 ,Ç À 7 ¥{(1/) == 2 TS f LZ R= les mémes, maintenant unis par les liens du mariage, ( ve f= rentrant che eux apresune partie de cartes chez des amis|| Ta'pas @ssayé une BLACK HORSE 7 Ca remet pu cours de laquelle le mari coupa l'as de sa tendre épouse.Sur pied après un faux pas ! ; 2ISF \u20ac F =) É ES vs a A 7 « : { Eye oe Dites simplement- a ex Bière LACK HORSE Dawes.SVP\" Mai 1934 Il PERSONNAGES: PIERRE MODAR, époux de Marguerite \u2026 MARGUERITE MODAR URSULE, vieille bonne ayant élevé Marguerite 65 ans M.CHAMPDOISEAU, vieux divorcé M.le curé de la paroisse BELLE-MAMAN, type de vrai gendarme.60 ans 55-60 La scène se passe où l\u2019on veut, dans un intérieur cossu où abondent les fleurs.Porte de fond conduisant au vestibule; porte de droite menant à la cuisine; porte de gauche menant à la chambre de madame.Sur une chaise se trouve un grand écriteau « Maison à louer.» SCENEI URSULE seule puis PIERRE URSULE \u2014 (au lever du rideau, elle enlève les poussières, et s'arrête comme malgré elle en contemplation devant l\u2019écriteau .) \u2014 C\u2019est-y, bon Dieu, pas malheureux de voir des choses pareilles ?Un petit ménage si uni?.Pour quelques petits mots trop piquants de sa femme raonsieur s\u2019est emporté comme une soupe-au-lait.madame a répondu .ils se sont dit des bêtises, et finalement, ils se sont jetés des assiettes à la tête.Va ty pas à c\u2019theure qu\u2019ils veulent divorcer et mettent la maison à louer.Marguerite, elle part ce soir chez son frère, car elle ne voudrait pas aller chez sa mère, celle-ci esl ben trop mauvaise.un vrai gendarme quoi.Et quand je pense que j'ai porté Marguerite dans mes bras.que jl'ai quasiment élevée c\u2019te petiote-là, et que j'vas devoir la quitter.(elle s\u2019assied et pleure silencieusement.PIERRE, (il regarde Ursule.) \u2014 Hé bien, ma vieille Ursule, on pleure ?.URSULE.\u2014 Dame, monsieur, c\u2019machin-la, y m\u2019fait pleurer.PIERRE.\u2014 Quel machin ?URSULE\u2014Ben.v\u2019savez ben, vous \u2026.Maison à louer.PIERRE.\u2014 Que voulez-vous?Ce n\u2019est pas de ma faute.URSULE.\u2014 Non, peut-être ?.dites donc que vous avez été méchant pour votre femme.PIERRE.\u2014 Elle a commencé a m\u2019injurier.URSULE.\u2014 J\u2019dis pas.mais vous, vous avez été trop dur.vous avez jeté la première assiette qui a été cassée : votre belle potiche de Chine.PIERRE, \u2014 Elle a jeté la seconde qui m\u2019a ouvert le front.URSULE.\u2014 A quoi vous avez répondu par une autre qui a été tout droit lui ouvrir le front à elle.D\u2019ailleurs, c\u2019est point à moi à vous dire cela, vu qu\u2019c\u2019est pas Les affaires .mais vous avez été ben ben mauvais.a.L'autorisation de jouer les pièces que reproduit en primeur La Revue Populaire s'obtient de l\u2019auteur même ou du représentant de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, M.Paul-Emile Senay, C.P.3, Station H.Montréal, lustrations de Saint-Lou La Revue Populaire Comédie en un acte PIERRE.\u2014 Bon.bon.comme on va divorcer, on ne lancera plus d\u2019assiettes.(après une pause).Dites, Ursule, qu\u2019allez-vous faire ?URSULE.\u2014 Quoi faire.moi ?.PIERRE.\u2014 Mais oui.vous.URSULE.\u2014 Ben.rte question ?.J\u2019vas préparer mon dernier dîner.Madame Marguerite, elle mange dans sa chambre et.PIERRE, (interrompant).\u2014 Ce n\u2019est pas cela que je vous demande; que ferez-vous en partant d\u2019ici ?.Où irez-vous 7 URSULE, (rouge).\u2014 J\u2019sais point encore.cheux nous, probable.PIERRE.\u2014 Voulez-vous venir a mon service ?.URSULE.\u2014 Cheux vous ?.PIERRE \u2014Oui, chez moi.r\u2019tourner URSULE.\u2014 Qoué .à votre service ?.Vous m'avez vy r\u2019gardée\u2026.à vot'service ?\u2026.PIERRE.\u2014 Mais oui.dans mon nouveau chez moi, j'augmenterai vos gages.URSULE.\u2014 Ben sûr que non.quand qu\u2019vous m\u2019donneriez trois fois plus.Sir que non.PIERRE.\u2014 Ah! Et pourquoi cela ?URSULE.\u2014 V\u2019s\u2019avez ben trop mauvais caractère.PIERRE.\u2014 Moi ?.par A.C.de la Lande Tous droits réservés 1933 49 URSULE.\u2014 Pour sûr, vous.J\u2019devrais pas vous dire ça à vous, moi vot\u2019servante.mais j'sais ben que j'pourrais pas vivlben longtemps a vot\u2019service.PIERRE.\u2014 Vous êtes si mauvaise que cela ?URSULE.\u2014 J'suis pas mauvaise, mais jsuis juste.Jreste ici pour madame Marguerite qu\u2019j\u2019ai quasiment élevée.Vous savez très ben qu\u2019elle est très nerveuse, et vous l\u2019asticotez toujours.c\u2019est pas des choses à faire quand on aime sa femme.Pour moi, j'vas vous dire madame Marguerite est un ange, et vous.PIERRE, (riant}.\u2014 Moi ?.Je suis peut-être un dé- uon 2.URSULE.\u2014 Jdis point ça, moi, mais.PIERRE.\u2014 Vous le pensez ?.URSULE.\u2014 Ben.un peu tout d\u2019même.PIERRE.\u2014 Enfin.comme nous allons divorcer, elle sera tranquille.(après une pause).Ursule, allez donc pendre cet écriteau à la porte.URSULE.\u2014 Moi ?.mett\u2019ça ?Jamais.PIERRE.\u2014 Vous refusez de m\u2019obéir ?URSULE.\u2014 Pour sûr que je rfuse.allez la mett\u2019 vous-même, vot\u2019pancarte de malheur.j'y Vas pas, moi.PIERRE, (prend la pancarte et en sortant par le fond).\u2014 Bien, j'irai moi-même.SCENE II URSULE puis MARGUERITE URSULE, (regardant Ja porte, bougonnant).\u2014 Ben sûr que non.j\u2019pendrai pas c\u2019machin-là .pour qui donc qu\u2019y prend la vieille Ursule ?\u2026.MARGUERITE, (elle entre et porte au front un bandeau, allant de droite à gauche).\u2014 Hé bien, Ursule, vous avez terminé la salle ?URSULE.\u2014 J\u2019achev\u2019 et j\u2019m\u2019en vas a la cuisine.(une pause).11 I'a mise.Juiméme.je 'aurais pas placée pour une fortune.MARGUERITE.\u2014 Quoi donc, Ursule ?URSULE.\u2014 Ben donc.laffiche.MARGUERITE.\u2014 Quelle affiche ?URSULE.\u2014 Quoi.en vla une question ?.Maison a louer.MARGUERITE,(évasivement).\u2014 Ah.URSULE.\u2014 Ça n\u2019a pas Pair de te faire de la peine?.\u2026.Tu vas te séparer comme ça.pour des bêtises.après deux ans de mariage ?MARGUERITE.\u2014 Des bêtises.tu appelles ça des bêtises ?.bêtises de me jeter une assiette à la tête et risquer de me tuer ?.URSULE.\u2014 Dame.tu la lui as ben rendue.MARGUERITE.\u2014 C\u2019est dé-ci-dé.nous allons divorcer.il a brisé mon amour.URSULE, (ironique).\u2014 avec la belle potiche de Chine ?Il n\u2019était pas ben solide ton amour, ma pôvre, pour qu\u2019une assiette le brise ? 50 (A ce moment on sonne à la porte.) MARGUERITE.\u2014 On a sonné, Ursa- le.URSULE, (sortant par la cuisine).\u2014Jy va, jy va.SCENE III MARGUERITE, CHAMPDOISEAU puis PIERRE MARGUERITE, (se montant peu à peu.\u2014 Ah! non.je ne céderai pas.Rustre .brute.assassin.A-t-on jamais vu ?.Ah.maman me l\u2019avait bien dit que le mariage était un jeu de massacre.(à ce moment Ursule introduit Champdoiseau et se retire à la cuisine).MARGUERITE.\u2014 Bonjour, sieur.Que désirez-vous ?CHAMPDOISEAU.\u2014Voici, madame.Je suis monsieur Champdoiseau .avoué près de la cour d\u2019appel, et ayant vu en passant votre annonce de maison à louer, je me suis permis de sonner afin de pouvoir visiter la maison.MARGUERITE.\u2014 Ah.monsieur.CHAMPDOISEAU.\u2014 Mais je m\u2019aperçois que vous souffrez de la tête.peut- être ferai-je mieux de repasser demain ?MARGUERITE.\u2014 Oh! nullement, monsieur.je suis tombée de l\u2019esca- Lier et je me suis fait un petit bobo.ce n\u2019est pas la peine d\u2019en parler.CHAMPDOISEAU.\u2014 En ce cas.(regarde partout autour de lui.) Quel petit intérieur charmant.un vrai nid d\u2019amoureux.Quelle est donc gentille votre maison.PIERRE, (entrant reste interdit).\u2014Ah! vous êtes occupée ?.MARGUERITE.\u2014 Non, non, je vous présente mon mari: Monsieur Champ- doiseau, avoué près de la cour d\u2019appel.PIERRE.\u2014 Ah.très bien.je vous laisse alors.MARGUERITE.\u2014 Mais pas du tout.monsieur vient pour visiter la maison qu\u2019il désire louer.PIERRE.\u2014 Ah.très bien.CHAMPDOISEAU, (à part).\u2014 Il est blessé aussi, lui ?.(à Pierre) : Peut- être êtes-vous souffrant et suis-je indiscret ?.PIERRE.\u2014 Nullement, monsieur.Ma femme et moi avons eu un petit accident d\u2019auto et.MARGUERITE, (interrompant).\u2014 Oui.ainsi que je vous le disais, je suis tombée de l\u2019escalier en montant en auto, et mon mari en en descendant.PIERRE.\u2014 Et voila.et nous appelons cela un accident d\u2019auto.c\u2019est moins prosaïque que de dire que l\u2019on est tombé tout simplement de l\u2019escalier.montrés bien bien, très MARGUERITE.\u2014 Qui.en effet.CHAMPDOISEAU, \u2014 Ah.très bien.Ce que je vois de la maison est vraiment charmant.Quel petit nid d\u2019amoureux.Qu\u2019il doit faire bon vivre ici à deux.(pause, puis triste.) Pour moi, hélas, si je loue, je serai seul, tout seul.PIERRE.\u2014 Vous êtes veuf ?CHAMPDOISEAU.\u2014 Pardon.je suis divorcé.(regard des époux).Oui.j'ai divorcé pour une bêtise \u2026.MARGUERITE, (à part).\u2014 Tiens.le mot d\u2019Ursule.CHAMPDOISEAU.\u2014 Oui.une bé- tise.Ma femme et moi, nous nous aimions bien.une discussion est arrivée, discussion qui s\u2019est envenimée et s\u2019est terminée par un malheureux divorce.aucun de nous deux n\u2019a voulu céder, et maintenant, c\u2019est trop tard.entre nous coule le ruisseau fangeux de Iorgueil, et ni elle ni moi ne voulous jeter la planche, qui nous réunirait.Mon existence comme la sienne est brisée, nous sommes deux épaves, alors que nous eussions pu être si heureux.(regarde les époux qui font piteuse mine.) Et voilà.je suis seul.et elle est seule.Je vous demande pardon de vous raconter ainsi mes chagrins, mais quand je vois un jeune ménage uni comme le vôtre, je ne puis m\u2019empêcher de leur raconter mon histoire et de les mettre en garde contre ce terrible fléau que l\u2019on appelle le divorce.Je vous demande encore pardon, et si vous le voulez bien, nous allons visiter la maison \u2026 PIERRE, (après un moment d\u2019hésitation.) \u2014 Je me demande vraiment si.La Revue Populaire MARGUERITE.\u2014 Oui.si maison vous conviendra.PIERRE.\u2014 Elle est très grande pour une personne.MARGUERITE.\u2014 douze chumbres.PIERRE.\u2014 Douze pièces, plutét.CHAMPDOISEAU.\u2014 Oui, en effet.ce serait peut-être un peu grand pour moi.Je crois que vous avez raison.Je vous fais mille excuses pour vous avoir dérangés inutilement.Je vais vous laisser et vous souhaiter en méme temps de vous remettre vite et bien de vos petite bobos.(avec malice.) Attention au malencontreux escalier de l\u2019auto.qu\u2019il ne vous joue plus de vilains tour.PIERRE.\u2014 Je vais vous reconduire.CHAMPDOISEAU.\u2014 Trop aimable, monsieur.Madame, mes hommages.(il sort avec Pierre.) SCENE IV cette Pensez done.MARGUERITE puis PIERRE MARGUERITE, (pensive.) \u2014 Le brave homme ne se doutait pas qu\u2019il se trouvait devant deux époux sur le point de divorcer.Il a raison au fond.vivre seul.sans but dans la vie.comme une âme en peine.Il ne faut pourtant pas montrer à mon mari que je serais toute disposée à effacer le passé et à recommencer une vie nouvelle.J\u2019aurais Pair de céder, et cela, je ne le puis.Ah.le voilà.jouons l\u2019indifférence.(elle s\u2019installe et lit un journal.) PIERRE, (entrant avec l\u2019écriteau à la main.) (à part).\u2014 Il ne faut pas qu\u2019elle se figure que je fais le premier pas.(haut).Hum.Jai enlevé l\u2019écriteau\u2026 MARGUERITE, (nonchalante.)\u2014Abh.PIERRE.\u2014 Oui.je l\u2019ai enlevé.MARGUERITE.\u2014 Si cela vous fait plaisir.je ne vous I\u2019ai pas demandé \u2026 PIERRE.\u2014 Non.c\u2019est vrai.mais vous aviez un air si marri en entendant ce brave homme, que j'ai cru vous faire plaisir.MARGUERITE.\u2014 Moi ?.Oh!.cela m\u2019est indifférent.PIERRE.\u2014 Pardon.j\u2019avais cru comprendre.cru voir.MARGUERITE.\u2014 Votre bandeau vous aura empêché de bien voir.PIERRE.\u2014 Ah!.MARGUERITE.\u2014 Oui.si cela vous fait plaisir, je consentirais peut-être à reprendre une vie à deux.PIERRE.\u2014 Je ne vous l\u2019ai pas demandé, permettez-moi de vous le faire remarquer.MARGUFRITE.\u2014 Ni moi non plus, je tiens à vous le faire observer.PIERRE.\u2014 En ce cas.Je vais replacer l\u2019écriteau\u2026 MARGUERITE.\u2014 Comme vous l\u2019entendrez.vous êtes maître de vos actes.PIERRE.\u2014 Bien, madame.(appelant.) Ursule ?.SCENE V LES MEMES.\u2014 URSULE URSULE, (entrant.) \u2014 Vous m\u2019avez appelée 7 PIERRE.\u2014 Oui, Ursule.Madame demande que vous alliez remettre l\u2019écriteau à la porte.URSULE, (rogue.) \u2014 V\u2019savez ben que je l\u2019ferai pas.mettez vous-même c\u2019machin la.PIERRE.\u2014 Ursule.URSULE.\u2014 Mossieur.PIERRE.\u2014 Vous désobéissez encore a nos ordres.URSULE.\u2014 Pour ca.oui.et oui.na.PIERRE, (se drapant dans sa dignité.) \u2014 Hé bien.jirai moi-méme.mais vous vous en repentirez.(il sort avec l\u2019écriteau.) SCENE VI MARGUERITE.\u2014 URSULE URSULE.\u2014 Non.c\u2019est pas Dieu possib\u201d qu\u2019y va encore remett\u2019c\u2019machin- là ?Ma p'tit\u2019 Margot.j'ai élevée.j\u2019peux ben te dire ça.pourquoi done que tu n'vas pas l\u2019embrasser et dire que tout est fini ?MARGUERITE.\u2014 Non.ma bonne Ursule .Et ma dignité .qu\u2019en fais-lu?URSULE.\u2014 Bell\u2019s affaires que tout ca.des bétises que j'te\u2019dis moi.MARGUERITE.\u2014 Non, Ursule.D'ailleurs, tu viendras avec moi.tu ne me quitteras jamais.URSULE.\u2014 Ca non, ma pauvre Mar- got.tu t\u2019en iras toute seule.j'veux pas tremper mon doigt dans ces histoires.jm\u2019en va r\u2019tourner cheux nous.mais tu pleureras, ma petite, tu pleureras.MARGUERITE.\u2014 Tant pis.mais je ne cèderai pas la première \u2026 URSULE.\u2014 Ma fi.ma fi.chis.tu fais une folie.meuse encore.(elle sort.) MARGUERITE, (seule et pensive.) \u2014 Elle a raison tout de méme ma vieille Ursule.Je devrais.(on entend parler dans les vestibule).SCENE VII MARGUERITE.\u2014 PIERRE.\u2014 LE CURE PIERRE, (faisant passer le curé.)\u2014En.trez donc, monsieur le curé.ma femme est là.blessée, elle aussi.LE CURE, (onctueux.) \u2014 Bonjour, ma chère enfant.J\u2019ai appris votre accident d'auto.Que la Providence à donc été bonne de vous protéger ainsi.Qu\u2019un malheur soit arrivé à l\u2019un de vous.un ménage aussi uni que le vôtre.quelle désolation pour le survivant.quel vide.MARGUERITE.\u2014 Oh.oui.sieur le curé.PIERRE.\u2014 Ah.oui.quel vide \u2026.MARGUERITE, (à part.) \u2014 Comédien.LE CURE.\u2014 Jai vu en passant : Maison à louer.et je me suis permis de m\u2019arréter.Vous n\u2019allez pas quitter notre paroisse, n\u2019est-ce pas ?.PIERRE.\u2014 Je ne sais pas monsieur le curé, mais j'en ai bien peur.MARGUERITE.\u2014 Hélas.oui, monsieur le curé, nous craignons bien d\u2019v être forcés.\u2019 LE CURE.\u2014 Mais ce n\u2019est pas possible.Et nos pauvres dont vons êtes la providence.et nos chères sociétés.Et les bons exemples que vous ne cessez de donner chaque jour de votre vie conjugale .Oh! je vous en supplie, ne partez pas.PIERRE.\u2014 Voyez-vous, monsieur le curé.pour mes affaires.MARGUERITE.\u2014 11 est bien loin de son bureau.LE CURE.\u2014 Offrez donc chaque jour au bon Dieu la route que vous avez à faire, elle vous semblera plus courte et vous accumulera des mérites pour le paradis.AHons, mon cher ami -.Un mouvement.PIERRE.\u2014 Vraiment, monsieur le cure.je ne sais.LE CURE, (à Marguerite).\u2014 Ma chère enfant.soyez donc mon avocate au- prés de votre cher mari.il ne peut rien vous refuser.MARGUERITE.\u2014 Peut-éire avez-vous raison et vaudrait-il mieux ne pas quitter cette maison.PIERRE.\u2014 Alors, du moment qu\u2019elle est de votre avis, je m\u2019incline.Mais notez bien, monsieur le curé, (avec intention.) C\u2019est bien pour vous que je fais ce dur sacrifice, et je vais de ce pas enlever lé erileau .vous permettez ?.LE CURE.\u2014 Faites done, mon cher ami.(Pierre sort.) Ah.le Seigneur vous rendra en bonheurs ce que vous faites pour moi.Merci, ma chère en- famt d\u2019avoir joint votre prière à la mien ne.PIERRE, (rentrant avec la pancarte.) \u2014 Voilà qui est fait.Nous resterons Vos paroissiens .LE CURE.\u2014 Vraiment la Providence à guidé mes pas en ce jour.maintenant, mes enfants, faites bien attention à vous.vous êtes imprudents en auto Pn vous faites trop de vitesse \u2026.vous auriez pu avoir la tête brisée.et tous deux altaqués à la même place.Etes-vous sûre qu\u2019il ne reste pas de verre dans la blessure ?MARGUERITE.\u2014 De porcelaine.(signes du mari.) LE CURE, \u2014 Comment.de porcelaine ?PIERRE.\u2014 Oui.je vais vous expliquer, monsieur le curé.nous avions dans auto des assiettes, et nous sommes tombés la tête sur les assiettes.c\u2019est ce qui nous a blessés.réflé- et une fa- -.MOIN- Mai 1934 LE CURE.\u2014 Ah.je comprends.mais c\u2019est très dangereux de porter des assiettes dans une auto.Ne faites plus jamais cela.Ah.ces autos.ces assiettes que de malheurs cela peut provoquer.MARGUERITE, (soupirant.) \u2014 Ah.oui.monsieur le curé.LE CURE.\u2014 Je vais vous quitter, le coeur bien heureux de ne pas vous per dre.Je remercierai bien le bon Dieu demain matin.Au revoir, chére madame.soignez-vous bien, et plus d\u2019imprudences, plus d\u2019assiettes dans l'auto.PIERRE.\u2014 Je vous reconduis, monsieur le curé.(ils sortent tous deux).SCENE VIII MARGUERITE puis URSULE MARGERITE.\u2014 Brave homme de curé.s\u2019il savait la vérité.URSULE, (entrant tout doucement.) \u2014 Ben, à cte heure, j'suis contente.v'là c\u2019t\u2019affreux machin ôté, et pour de bon.j'vas l\u2019brûler.comme ça, j'suis certaine qu\u2019y n\u2019servira plus.MARGUERITE.\u2014 Non.laisse-le là, il en fera ce qu\u2019il veut.URSULE.\u2014 Ça c\u2019est comme tu veux.T\u2019allais faire un\u2019bêtise.Aussi j'm\u2019en va préparer un dîner de réconciliation.et tu m\u2019en diras des nouvelles.quand il reviendra, tu vas.l\u2019embrasser ben fort, dis ?MARGUERITE.\u2014 Je verrai.URSULE.\u2014 Oh.j\u2019s\u2019rai point là.je pourrais vous gêner.j'm\u2019en va.mais j'suis ben contente.(elle sort).\"SCENE IX MARGUERITE puis PIERRE MARGUERITE.\u2014 Voila donc le divorce a l\u2019eau.Mais comment maintenant va-t-il se tirer d\u2019affaire ?.Il s\u2019attend peut-être à ce que j'aille me jeter dans ses bras ?.Ah.non.c\u2019est lui qui a commencé, et c\u2019est à lui de céder.Pour moi, je me draperai encore dans ma dignité d\u2019épouse outragée.Le voilà.(elle se met à arranger des fleurs.) PIERRE.(entrant.) \u2014 Me voila.il est charmant ce bon homme de curé.MARGUERITE.\u2014 Oui.s'il connaissait le vrai motif des deux bandeaux que nous portons.PIERRE.\u2014 Il ne nous ferait pas tant de compliments.MARGUERITE.\u2014 A qui la faute ?.vous avez été brute, envers moi, et ma blessure me fait souffrir horriblement et me défigurera pour toute la vie.PIERRE.\u2014 La plaie que vous m\u2019avez infligée ne me fait pas moins endurer le martyre.Elle sera toute votre vie durant un souvenir de votre adresse à jeter des assiettes.MARGUERITE.\u2014 Vous ne l'aviez, ma foi, pas volé.PIERRE.\u2014 Vous vous attendez sans doute à ce que j'en dise autaut de vous ?PIERRE.\u2014 Non.ce serait trop demander.MARGUERITE.\u2014 Vous reconnaissez donc ne mériter aucun compliment ?.PIERRE.\u2014 Dame.je crois.MARGUERITE.\u2014 Vous ne changerez jamais.vous êtes l\u2019homme le plus haïssable de la création.PIERRE.\u2014 Vous ne m\u2019avez pas toujours dit cela.MARGUERITE.\u2014 Non.en effet.mais on peut se tromper à tout âge.Vous savez si habilement cacher votre jeu.PIERRE.\u2014 Vous semblez vouloir recommencer une querelle ?.MARGUERITE.\u2014 Moi ?.nullement.Surtout après le grand sacrifice que vous avez fait pour monsieur le curé en restant ici.C\u2019est vous plutôt qui cherchez une dispute.PIERRE.\u2014 Ah ! par exemple.Vous en avez un toupet.J\u2019entre ici bien disposé et le premier mot que j'entends, c\u2019est brute.vous m\u2019avouerez que.MARGUERITE.\u2014 Je n\u2019ai rien a vous ävouer.si ce n\u2019est que vous me déplaisez au superlatif aujourd\u2019hui.PIERRE, (dramatique).\u2014 Hé bien, madame, puisqu\u2019il en est ainsi, malgré le sermon, de monsieur Champdoiseau; malgré les pleurs de monsieur le curé; je a4 \"A Mai 1934 vais remettre l\u2019écriteau, et rien cette fois, rien ni personne, entendez-vous, ne \u2018ae le fero:t ôter.Le roi lui-même viendrait.MARGUERITE.\u2014 Bon.ben.vous m'agacez a la fin.allez donc le placer votre écriteau et débarrassez le plancher.PIERRE, (partant avec l\u2019écriteau.) \u2014 Vous ne me le direz pas deux fois, madame, et c\u2019est vous qui l\u2019aurez voulu.SCENE X MARGUERITE \u2014 URSULE MARGUERITE.\u2014 Quel caractère.URSULE, (entrant et achevant la phrase.) \u2014 .lu as ma pauvre Marguerite.c\u2019est toi qui as mauvais caractère, car ton mari venait dans de si bonnes dispositions.etc.MARGUERITE, (montée.) \u2014 Ah! ca! fichez-moi la paix, vous.et mélez-vous de vos affaires, vieille radoteuse .- URSULE, (terrifiée, puis tristement.) \u2014 C\u2019est la première fois que vous me parlez ainei, madame.Vous êtes donc bien excitée .V'savez ben qu\u2019vous avez tort et pour cacher votre dépit, vous vous mettez en colère jusqu\u2019à insulter votre vieille Ursule.Ça.c\u2019est ben mal.MARGUERITE, (plus calme.) \u2014 Ah.va.laisse-moi.(elle se met dans un fauteuil et pleure.) URSULE.\u2014 Pleure, ma petite, pleure, ca te soulagera.(a part.) \u2014 Elle veut absolument fouler a ses pieds tout son bonheur.Mais attends.la vieille Ursule est encore un peu la.(elle va vers sa cuisine en hochant la téte.) SCENE XI MARGUERITE seule, puis PIERRE et BELLE-MAMAN MARGUERITE.\u2014 Elle a tout de më me raison, ma vieille Ursule.Je voudrais tout oublier.jeter un voile eur ce qui s\u2019est passé.mais je ne puis faire le premier pas.C\u2019est au-dessus de mes forces.(on entend des pas et parler dans le vestibule.) Qui vient donc encore me tracasser.Je ne pourrai donc pas être seule une minute ?.(elle s\u2019essuie les yeux et s\u2019absorbe dans un livre.) PIERRE.\u2014 Entrez donc, belle-maman, Margot est la.BELLE-MAMAN.\u2014 Ah! te voila !.Quoi.blessée toi anssi ?.MARGUERITE.\u2014 Comme lui.BELLE-MAMAN.\u2014 Lui?.I1 ne m\u2019a rien expliqué.il me dit avoir mal a la téte.MARGUERITE.\u2014 Moi, je me suis blessée au buffet de la salle à manger en glissant sur le parquet que l\u2019on venait de cirer.>» BELLE-MAMAN.\u2014 Fais-moi voir, ma fille.MARGUERITE.\u2014 Oh.non.touche pas.c\u2019est très douloureux.BELLE-MAMAN.\u2014 Tu ne fais done que des bêtises ?\u2026.; MARGUERITE, (a part.) \u2014 Encore le mot d\u2019Ursule.BELLE-MAMAN.\u2014 Tu dois bien penser que lorsqu\u2019un parquet vient d\u2019être ciré, il est glissant.Je passais par ici pour me rendre à l\u2019église, et j'ai vu vo- \u2014 tre écriteau: maison à louer.dites-moi 4 donc ce que cela signifie ?.Voilà à peine deux ans que vous êtes installés ici.et vous êtes déjà fatigués de votre de- ie -~ En saidant de cette illustration, le régisseur peut facilement monter une représentation de MAISON A LOUER.La Revue Populaire meure.Ce n\u2019est pas sérieux.c\u2019est de I\u2019enfantillage .MARGUERITE.\u2014 Je vais vous dire, maman.BELLE-MAMAN.\u2014 Oui, oui.des raisons sans queue ni tête.PIERRE.\u2014 Je vais vous expliquer, belle-maman.BELLE-MAMAN.\u2014 Inutile, mon gendre.je sais tout.MARGUERITE.\u2014 Ah! tout !.BELLE-MAMAN.\u2014 Oui.tout.PIERRE.\u2014 Et.qui vous a dit.BELLE-MAMAN.\u2014 Que vous importe ?.Le principal est que je sois au courant de tout.Vous êtes ridicules de n\u2019avoir pas eu confiance en moi.MARGUERITE.\u2014 C\u2019est lui, maman, vous savez qui.BELLE-MAMAN.\u2014 Cela est évident, le mari a et doit toujours avoir tort.il fallait prévoir la crise.MARGUERITE.\u2014 Oui.mais pou- vais-je prévoir.lui généralement si bon et si aimable.BELLE-MAMAN.\u2014 rien à faire là-dedans.MARGUERITE.\u2014 Mais.dans la vie conjugale.BELLE-MAMAN.\u2014 Possible.Mais rien dans les affaires.MARGUERITE.\u2014 Je ne vous comprends pas, maman.BELLE-MAMAN.\u2014 Ah.vous ne me comprenez pas ?.Vous quittez votre maison parce que les affaires ne marchent pas et que.PIERRE.\u2014 Mais, belle-maman \u2026.BELLE-MAMAN.\u2014 Allez-vous vous taire, mon gendre.et vous voulez louer votre maison afin d\u2019en prendre une plus petite.MARGUERITE.\u2014 Mais pas du tout.maman, vous n\u2019y.BELLE-MAMAN.\u2014 Veux-tu me laisser parler, toi.Or, je ne veux pas que vous quittiez cette maison, et voici ce que nous allons faire: Comme le loyer est trop élevé pour vous, et que d\u2019autre part je suis seule, je vais louer ma maison et viendrai habiter avec vous.PIERRE.\u2014 Aie ! BELLE-MAMAN.\u2014 Qu\u2019avez-vous ?PIERRE.\u2014 Ma blessure m\u2019élance BELLE-MAMAN.\u2014 Donc, je viendrai habiter avec vous, et je paierai les trois quarts du loyer.Que dites-vous de mon idée ?(long silence.puis les époux se font signe que NO N et se sourient.) BELLE-MAMAN.\u2014 dez ?.PIERRE.\u2014 Ecoutez, belle-maman.vous êtes charmante de nous faire une L\u2019amabilité n\u2019a C\u2019est tout Voyons répon- telle proposition, mais je vois que je vous dois la vérité entière sur le motif qui nous fait quitter cette maison.(mystérieusement.) La maison est hantée.BELLE-MAMAN, (sursautant.)\u2014Hein! que dites-vous?Hantée !.MARGUERITE.\u2014 Oui.hantée.PIERRE.\u2014 Et non pendant la nuit, mais en plein jour.MARGUERITE.\u2014 Ce midi encore ils ont brisé notre belle potiche de Chine et des assiettes.BELLE-MAMAN.\u2014 Mais c\u2019est affreux.Et les avez-vous vus, les esprits ?MARGUERITE, (tremblant.) \u2014 Non pas vus, ce que l\u2019on appelle vus, mais aperçus, un homme et une femme.PIERRE.\u2014 Ils paraissent en furie.jen tremble encore.MARGUERITE.\u2014 Et voila le vrai motif de nos blessures.ils nous ont jeté des assiettes à la tête.BELLE-MAMAN.\u2014 Horrible.je comprends.(à ce moment on entend à la cuisine un fracas épouvantable de vaisselle brisée, et Ursule entre en coup de vent, son bonnet de travers.) SCENE XII LES MEMES.\u2014 URSULE URSULE.\u2014 Ah! monsieur.madame.ils sont encore venus!.BELLE-MAMAN.\u2014Qui ?.quoi ?.URSULE.\u2014 Ben.les esprits.jreste point ici.jmen va.BELLE-MAMAN.\u2014 Moi aussi, je me sauve.mes enfants je vais de ce pas chez monsieur le curé et je vais vous l\u2019envoyer de suite afin qu\u2019il vienne exorciser votre maison .(elle se sauve.) PIERRE.\u2014 Belle-maman, attendez.je vous suis.(il se précipite après elle.) SCENE XIII MARGUERITE.\u2014 URSULE (Toutes deux restent un moment à sc regarder, puis partent d\u2019un violent éclat de rire.) MARGUERITE, (montrant le doigt à Ursule.) \u2014 Ursule.ma vieille Ursule, qu\u2019as-tu fait ?.\u2026.URSULE.\u2014 Dame, ma petite.les esprits.j'ai tout entendu, et j'ai voulu prouver à ta maman que vraiment il y avait des esprits.J\u2019ai jeté à terre tous les morceaux de vaisselle et de la potiche de ce midi.(elle renifle fortement).Hé.bon Dieu.vila mes z\u2019haricots qui brilent.elle se sauve à la cuisine.) MARGUERITE.\u2014 Cette fois-ci.c\u2019est fini, et bien fini.je ferai le premier pas.(allant vers la gauche.) Allons nous poudrer un peu le bout du nez.avant qu\u2019il ne revienne.(elle sort.) PIERRE, (entrant avec son écriteau.) \u2014 Hé bien.personne.il n\u2019y a pas à dire, mais je vais faire le premier pas.Quant à habiter avec belle-maman.Ah! non.J'irai plutôt dans un camp ennemi arracher un drapeau.Je monterai dans une sphère visiter la stratosphere.Yirai a pieds explorer le pdle nord.mais habiter avec bellemaman.non.mon héroisme ne va pas jusque la.D'ailleurs, il faut que je l\u2019avoue.c\u2019est moi qui ai eu tort.Et d\u2019abord, enlevons ce bandeau qui n\u2019a nulle raison d\u2019être, puisque je n\u2019ai pas été touché par une assiette.(il ôte son bandeau.À ce moment, Marguerite sort de la chambre sans bandeau et souriante en tendant les bras.) MARGUERITE.\u2014 Mon Pierrot.PIERRE.\u2014 Ma petite Margot.Et ta blessure ?.MARGUERITE.\u2014 Moi ?.Pas davantage.MARGUERITE.\u2014 Restons ensemble pour toujours.PIERRE.\u2014 Pour toujours.(ils se jettent dans les bras l\u2019un de l\u2019autre pendant qu\u2019Ursule entre et va déchirer l\u2019écriteau en disant :) URSULE.\u2014 Cette fois-ci et pour de bon, hein.plus de maison à louer.an 51 \u201cComment j'ai fait disparaitre mon PIRE ENNEMI\u201d Rien ne me réusssissait jusqu\u2019à il y a 6 mois.J'étais chicanière avec mes amis, intraitable à la maison \u2014 puis je perdis mon emploi.Tout cela à cause de mon pire ennemi ! Je devrais dire \u201cmes pires ennemis \u2019\u2019, car il y en avait 3.Durant 6 ans, ces vilains cors rendirent mon existence insupportable ! Mais un jour, j'appris comment me débarrasser à jamais de la cause de mes ennuis\u2014 avec Blue-Jay.Voici comment : J'appliquai 3.Après 3 Blue-Jay, met- jours j'enlevai tant les tam- les emplâtres 1.Je fis trem- 2.per mes pieds 10 minutes dans l\u2019eaM pons sur les fistremper chaude, puis cors.La dou- mes pieds et les essuyal.leur cessa.les cors se soulevèrent.a Résultat?Je jouls maintenant de l\u2019exis- tance, J'al retrouvé mon emploi et (secret) Je suis fiancée à Jean Lebon ! Comment agit Blue-Jay A c'est le médicament B.& B.qui ébranle doucement le cor.B est le tampon feutré qui soulage la pression et enraye la douleur à l'instant.Le Blue-Jay est l\u2019anti- cor sûr et scientifique utilisé par des millions depuis 35 ans.Il met fin à la douleur instantanément \u2014 et le cor est parti en 3 jours.Inventé par un chimiste fameux, le mi à la band ue-Jay est fabriqué \u2018est la bande par Bauer © Black, adhésive qui gard ex dont les produits l\u2019'empêchant de glisser.scientifiques servent aux médecins et hôpitaux du monde entier.35c dans toutes les spéciales pour BLUE - JAY harmacies \u2014 grandeurs olgnons et callosités.EMPLATRETANTI-COR SCIENTIFIQUE BAUER & BLACK BROCHURETTE GRATUITE Contenant de précieux renseignements pour ceux qui souffrent des pieds.Décrit aussi des exercices pour la beauté et la santé des pieds.Adressez: Bauer & Black Limited, 98 Spadina Ave.Toronto.(Frais postaux épargnés en collant ce coupon sur une carte postale du gouvernement.) Nom Adresse L.P.-5 Ville ou Village.\u2026 Prov. 52 La Revue Populaire Ne Négligez pas le Catarrhe en Mai! Ce mois fait découvrir les points faibles dans la santé d\u2019une personne.Le rhume de cerveau se développe.Le nez et le cerveau s\u2019obstruent.L'haleine devient fétide.Le graillonnement entre en jeu pour dégager le mucus catarrhal de la gorge.Des sons de cloches se produisent dans les oreilles et un peu de surdité se fait sentir.On souffre alors du catarrhe: ce qui signifie que le mal est profondément enraciné.C'EST LE TEMPS DE COMMENCER A TRAITER CE CATARRHE.Ne le laissez pas se propager un jour de plus.Ecrivez-nous immédiatement et nous vous enverrons un précieux CONSEIL GRATUIT LA METHODE SPROULE \u201c808 get Tg ot 376, Cornhill Building, Boston, Mass.7 Pour réussir, il faut prévoir Le PROFESSEUR VICI, le plus réputé des ASTROLOGUES MODERNES, actuellement en Europe, vous offre une description GRATUITE de votre Vie.Grâce à sa connaissance approfondie de l'Astrologie, il! vous aidera à modifier votre existence, et vous évitera LES ERREURS et les déceptions de toutes sortes.Il vous donnera des conseils relatifs à votre SANTE, à vos AFFAIRES, à vos AMOURS.Laissez-le être votre conseiller et ami: il vous fera connaître vos EPOQUES FAVORABLES ET VOS CHANCES A VENIR, VOUS SEREZ EMERVEILLE DE L'EXACTITUDE DE SEs REVELATIONS.Ecrivez sans tarder au PROFESSEUR VICI, Dépt.B, 11, rue SAUVAL, PARIS ler, FRANCE, en lui indiquant vos NOMS (M., Mme ou Mlle), date de naissance complète et adresse; et vous recevrez sous pli fermé une Etude TRES PRECISE de votre Horoscope.(PRIERE DE JOINDRE 10 CENTS EN TIMBRES-POSTES DE VOTRE PAYS POUR FRAIS DE BUREAU ET D'ENVOI.) 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Va, reprenait-elle, ta vie n\u2019en serait que plus belle.Tue donc ! Prends, vole cet argent.pense à tous les plaisirs qu\u2019il te procurera!.» Sur cette insinuation la voix perverse se tut et Moiseux devint pâle.L\u2019émotion qu\u2019il ressentait était tellement forte qu\u2019il faillit laisser échapper le chevreuil qu\u2019il portait toujours sur ses épaules et il pensa à part lui: Est-ce que j'aurai la force de rester calme en sa présence, de lui cacher le trouble qui rè- gue en mon esprit?Est-ce que je pourrai méme résister a cette diabolique tentation ?., Il était maintenant arrivé et, pour se donner une contenance, il cria, avant d\u2019entrer dans la cabane, dont la porte était entr\u2019ouverte pour laisser sortir la fumée : \u2014 Hé ! là, le Père Louis, regar- dez-moi ce gibier.Croyez-vous qu\u2019il y aura assez de viande la- dedans pour boucher un coin de votre appétit ?.\u2014 J'en suis sûr.Moiseux avait déposé son fardeau à la porte de sa cabane.Il fallait maintenant enlever la peau et dépecer l\u2019animal.La lune s\u2019était cachée derrière les nuages et l'ombre maintenant triomphait.Elle avait surgi des quatre coins du ciel à la fois; elle brouillait les branches, estompait l'horizon avec la forêt, en jetant un manteau de brume tout autour de la maisonnette du chasseur.L\u2019angoisse semblait régner un moment dans la nature tout autant que dans le coeur tourmenté de Moiseux.Un vent doux, chargé des lourds parfums s\u2019exhalant des arbres de la forêt, engourdissait la nature et une langueur étrange engourdissait les sens.Etant entré, Moiseux s\u2019approcha de la table sur laquelle se trouvait une lampe à l\u2019huile en métal, avec un projecteur comme on en voit dans tous les chantiers trop éloignés de la civilisation pour pouvoir utilicer l\u2019éleetricité.II Pallu- , ma et approcha la table de la pe- lite fenêtre, de façon à éclairer le devant de la maison pour travailler à la clarté, tout en étant à l\u2019extérieur, afin de ne pas souillec le plancher de taches de sang.Tout à coup, son coeur arrêta presque de battre : Le vieux St- Louis avait enlevé son veston de laine et, la figure toute épanouie de plaisir, il débouchait sa ceinture.\u2014 Mon pauvre Moiseux, tu m\u2019as rendu bien des services depuis que tu es mon voisin et comme la malchance n\u2019a pas voulu te laisser un instant, je veux remédier un peu a cet état de choses.\u2014 Vous n\u2019étes pas la cause de ma malchance et vous ne me devez absolument rien, je n\u2019ai toujours rempli vis-a-vis de vous que mon devoir de voisin et je n\u2019aurais pas raison d\u2019accepter de vous quoi que ce soit.\u2014 J'ai prévu cette objection et nous reparlerons de la chose après que tu auras dépecé ton chevreuil.\u2014 Je me mets immédiatement à l\u2019oeuvre; mais ceci ne nous empêche pas de jaser en travaillant.Mettez donc ce banc contre la porte, de façon à l\u2019empêcher de se refermer, car avec ce poêle il fera bientôt une chaleur accablante.Le vieux St-Louis, après avoir suivi le conseil du jeune homme, ramena la conversation sur le sujet qu\u2019il avait entamé l\u2019instant d\u2019avant.Il avait maintenant ouvert sa ceinture et de beaux billets de banque tout neufs, s\u2019étalèrent bientôt sur la table, devant lui, tandis que Moiseux commençait sa besogne avec le couteau à boucherie, à l'extérieur, tout en parlant par la porte entr\u2019ouverte.Comme le couteau ne lui donnait pas entière satisfaction, il rentra dans la maison et, s\u2019emparant d\u2019une pierre à aiguiser, il se mit à repasser, encore une fois, la lame et la pointe de son outil sans en détourner son regard.Il se trouvait derrière le vieux St-Louis, qui durant tout ce temps, LL Le Lee me es ae A. Mai 1934 avait pris 5 billets de $50 chacun et s\u2019apprêtait à replacer la balance dans sa ceinture, lorsque, s\u2019étant déplacé près de la table, le regard de Moiseux tomba soudain sur cette accumulation de richesses qui lui parurent fabuleuses.Il eut un éblouissement, et rapide comme l'éclair, il s\u2019élança vers le vieillard et lui planta le couteau jusqu\u2019au manche à travers le coeur.Le pauvre homme tomba lentement en tournant, sans le moindre cri et, malgré que le coup lui vint par derrière, il s\u2019étala de toute sa longueur sur le dos, le regard, où se lisait un étonnement immense, tourné vers le meurtriev qui, maintenant commençait à réaliser toute la monstruosité de son acte.Seules la lâcheté et la crainte de la justice l\u2019avaient fait hésiter à commettre son forfait.On le voyait bien maintenant, car le monstre se ressaisit rapidement et, prenant le sac à tabac du mort, auquel il ne daigna seulement pas fermer les yeux, il bourra tranquillement sa pipe, l\u2019alluma, et se mit en devoir de faire disparaître les traces de son forfait.« Inutile de me presser maintenant, se dit-il.Ma fortune est faite et bien malin qui trouvera jamais comment est mort le vieux St- Louis ! » Dans toute habitation de chasseur se trouve un endroit où l\u2019on met les peaux en attendant le moment d\u2019en disposer.Moiseux, en homme pratique, avait creusé une sorte de petite cave d\u2019environ deux pieds et demi de hauteur, sous le plancher, dans lequel il s\u2019était ménagé une trappe, et c\u2019est là qu\u2019il empilait les quelques rares fourrures qu\u2019il pouvait attraper.\u2018 Lorsque le vieux St-Louis s\u2019était arrêté chez lui en descendant à Timmins pour vendre son lot de fourrures il lui avait vendu les quelques peaux qu\u2019il possédait et le vieillard les lui avait payées au comptant pour lui éviter un voyage inutile, et Moiseux se devait d\u2019être fier de son marché, car il savait les avoir vendues beaucoup plus cher que ce que l\u2019autre avait pu en retirer.Son caveau à fourrure était donc vide et comme la forme en était rectangulaire, c\u2019est là qu\u2019il décida de déposer le corps en attendant d\u2019en disposer d\u2019une façon plus sûre le lendemain ou les jours suivants, car plus rien ne pressail maintenant.Qui donc pourrait le déranger ?personne, à l\u2019exception du garde-forestier ou de quelque rare sauvage, ne passait par là.Jamais La Revue Populaire Oh! oui, il était bien sûr de l\u2019impunité le misérable.Qui done pourrait lui reprocher cette mort, ou plutôt cette disparition ?Ils ne gardaient pas de chiens ni l\u2019un ni l\u2019autre, (il arrive quelquefois que même les chasseurs n\u2019aiment pas les bêtes; mais ceux-ci avaient d\u2019autres raisons toutes personnelles pour ne pas en avoir), et une disparition dans ces circonstances pourrait aisément s\u2019expliquer de mille manières.Il était bien tranquille de ce côté-là ! Il prit donc le cadavre par les pieds et le traîna jusqu\u2019au caveau où il le laissa -choir et referma la trappe.Il s\u2019approcha ensuite du « quart à l\u2019eau», baril où les trappeurs gardent l\u2019eau potable, pour n\u2019avoir pas à courir à la rivière à tout instant et, en ayant empli un sceau, il s\u2019apprêta à faire disparaître toutes traces de son crime.Le coup avait été si brusque que l\u2019affreuse blessure avait peu saigné.Ce ne fut que l\u2019affaire de quelques minutes de faire disparaître les taches de sang qui avaient souillé le parquet.11 procéda ensuite au dépecc- ment du chevreuil, avec le méme couteau qui avait servi pour commettre l\u2019horrible meurtre, après l\u2019avoir sommairement rincé à l\u2019eau et essuyé.Quand sa tâche fut finie, il procéda ensuite a son souper, comme si rien d\u2019extraordinaire ne s\u2019étail passé.Après quoi, il fuma encore un peu et s\u2019allongea, sans se dévé- tir, sur l\u2019unique lit de la petite habitation, construit à même le mur de gauche, au moyen de quelques planches brutes et au fond duquel il avait étendu des branches de sapin.Un frisson de joie diabolique lui courait par tout le corps chaque fois qu\u2019il palpait autour de sa taille, sous sa chemise, la ceinture ne- faste qu\u2019il s\u2019était appropriée par un crime.Il se sentait maintenant fatigué, mais le sommeil ne venait pas.Des milliers de pensées, plus saugrenues, plus abracadabrantes les unes que les autres, se heurtaient maintenant dans son cerveau enfiévré; mais ni le remords ni la crainte ne s\u2019y mélaient, tellement la perversité avait endurci cette âme de pierre.Son vieux réveil-matin lui indiqua minuit et vingt lorsque, fatigué de se retourner sans cesse sur sa couche sans trouver le sommeil, il frotta une allumette pour regarder l\u2019heure.Allait-il perdre complètement le sommeil à présent qu\u2019il était riche?Car pour lui, la somme qu\u2019il avait maintenant en sa possession, lui paraissait devoir être entièrement inépuisable.Mais qu\u2019arrive-t-il donc ?Réve- t-il ?Il lui semble avoir entendu des pas au dehors.c\u2019est sûrement une illusion de ses sens, excités par son énervement, car qui pourrait venir ici à cette heure de la nuit ?.encore ce bruit insolite, qui se rapproche.il est fou; c\u2019est certain, car personne ne voyage la nuit, en pleine forêt ! Mais plus de doute maintenant: Quel- qu\u2019un vient, c\u2019est certain, les pas se rapprochent.La lueur d\u2019une lampe électrique de poche se reflète dans la fenêtre et illumine l\u2019intérieur de la maisonnette ! Les morts reviennent-ils donc ?À cette seule pensée, folle entre toutes, ses cheveux se dressent sur sa tête.Mais non, ce n\u2019est pas le vieux, ce ne peut être lui, car il n\u2019avait pas de lampe électrique et il est mort, oui, bien mort ! Que ne donnerait-il pas en cet instant pour pouvoir le ressusciter!.Les pas s'arrêtent à la porte.Combien il regrette maintenant son crime odieux !.Avec quel plaisir remettrait-il la ceinture qui lui brûle maintenant la taille pour pouvoir dire au vieux St-Louis : « Quelqu\u2019un à la porte, allez done ouvrir >; mais les morts n\u2019obéissent pas, hélas ! et c\u2019est lui-même qui devra ouvrir.On frappe! .\u2026.Mais pourquoi s\u2019affoler.Tout n\u2019est- il pas dans l\u2019ordre?Qui pourrait se douter?Une voix se fait entendre, impatiente, de l'extérieur : \u2014 Eh ! Tu dors, vas-tu ouvrir enfin ou si je vais défoncer ?Il a reconnu la voix de Strath- man, le détective, et un frisson d\u2019épouvante le couvre de la tête aux pieds.Mais il a rapidement réfléchi et sa raison lui dit que la chose est impossible, que personne n\u2019a eu le temps d\u2019apprendre.mais, pour plus de sécurité, il sort de son havresac son vieux revolver, qui est chargé de six balles mais qui n\u2019a pas servi depuis quatre ans.Moiseux ! \u2014 Allons, Moiseux, vas-tu enfin te décider ?\u2014 Oui, oui, attendez un peu.je.jouvre tout de suite.Il ouvre la porte et il ne s\u2019est pas trompé: c\u2019est bien le détective Strathman qui entre.\u2014 By God ?Mais qu\u2019as-tu donc, Moiseux, es-tu malade ?Tu es tout pâle ! Tu me pardonneras bien de te déranger, n\u2019est-ce pas?Je te raconterai cela au long demain matin.\u2014 Je ne suis pas malade; mais je ne vous cacherai pas que vous m\u2019avez presque effrayé.(Suite à la page 57) 53 \u201c AUCUN APPAREIL DANS MA CUISINE ne me fut plus ni plus pratique que mon MIXMASTER \u201d Un grand nombre de femmes\u2014 que nous ne connaissons pas\u2014 nous écrivent spontanément, parce que le MIXMASTER est une source de jolie.Tant de travaux qu\u2019il accomplit plus rapidement et mieux que vous ne les feriez à la main.@ Et cela électriquement\u2014méca- À niquement.Les gâteaux deviennent si légers, si ten- _- dres.Le MIXMASTER réduit en purée les patates avec\u2019 un art inégalable\u2014il les fait douces, crémeuses, sans aucun grumeau.Et que dire des mayonnaises à Salade ! 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Pourtant, il ne savait pas.la Couronne a besoin de lui sans faute, comme témoin, pour le procès de la Cie Trenton, et ce procès a lieu dans trois jours.Mais qu\u2019importe, je le rattraperai bien demain matin.Moi, je me - couche ici et je dors.Ce disant il se coucha en plein | sur la trappe du caveau où se trou- 3 - vait le cadavre.\u2014 Non ! Non ! Monsieur Strath- man, prenez mon lit, je vous prie\u2026 ~ J'ai assez dormi et vous êtes fatigué.\u2014 C\u2019est pour cela justement que je te prie de ne plus me parler pour ce soir.Couche-toi et dors ==\" dans ton lit.11 fallait bien, bon gré, mal gré, que Moiseux reprenne son lit, la mort dans l\u2019âme.Il souffla la lampe et se recoucha, Il commençait enfin à s\u2019assoupir, lorsque la voix du détective le fit sursauter d\u2019épouvante : \u2014 Eh ! Moiseux, dors-tu ?\u2014 Oui.Oui.c\u2019est-à-dire non, qui a-t-il donc, vous m\u2019avez fait une peur terrible.\u2014 Une chose pour le moins étrange; où mets-tu ta montre d\u2019ordinaire le soir ?La question estomaqua presque Moiseux, qui soupçonna un grave danger qui le menaçait; il répondit, sans réfléchir : \u2014 Ma montre, dites-vous ?.Mais.je n\u2019en ai pas ! \u2014 De plus en plus étrange! C\u2019est donc la mienne qui s\u2019est réparée toute seule, puisque je l\u2019ai cassée sur une pierre, il y a environ deux heures, et je t\u2019assure qu\u2019elle n\u2019avait pas envie de marcher ! Moiseux glissa tranquillement la main sous son oreiller, où se trouvait son vieux revolver 38, mais le le détective semblait s\u2019être rendormi.Le misérable suait à grosses gouttes et son coeur battait à se fendre dans sa poitrine.Cependant, malgré son apparente tranquillité, le détective ne dormait pas.Se levant soudain et allumant la lampe à l\u2019huile qui se trouvait sur la table il dit : \u2014 J'aurai la clef de ce maudit mystère ou je vais devenir fou.Ce disant, il fouilla dans la poche de son veston et en retira sa montre, qu\u2019il colla à son oreille: elle ne marchait pas !.\u2014FEt pourtant, By God! j'ai bien entendu le tic-tac d\u2019une montre ct je suis certain que je ne révais pas ! Allons, je vais écouter encore.Et collant son oreille sur la trappe du caveau ou il avait auparavant la tête il s\u2019écria : \u2014 Elle est là-dessous, By God ! Et il allait s\u2019élancer sur l\u2019anneau d\u2019acier qui servait à ouvrir la trappe lorsque Moiseux, ne se possédant plus, sauta prestement à terre, son revolver dirigé vers le coeur du détective et tira sur la gâchette en deux fois; mais les coups ne partirent pas.Lorsquenfin une détonation retentit, à la troisième cartouche, elle arriva presque simultanément avec une autre venant d\u2019un « 45 Police Spécial » qui venait de cracher la mort en exécutant l\u2019infâme meutrier du vieux St-Louis.Les deux premières cartouches, abîmées par l\u2019humidité, n'avaient pas explosé, ce qui avait manifestement excité Moiseux au plus haut point, de sorte qu\u2019affolé, il tira une troisième fois la gachette sans viser; mais en un clin d'oeil, le détective avait compris tout ce manège et, se voyant menacé de mort, avait été forcé de tuer le misérable pour sauver sa propre vie.\u2014By God! Je l'ai échappé belle ! se dit-il tout haut en soulevant la trappe du caveau a four- fures.Il ne fut pas autrement surpris de trouver son témoin au fond du caveau et à l\u2019état de cadavre.Dans la poche du mort il trouva quelques pièces de menue monnaie, un briquet tout neuf, un chapelet.et une montre qui faisait toujours: tic tac.tic tac! | 57 JASPER Lo Fine.MAGNIFIQUE DANS LES \u2014 MONTAGNES ROCHEUSES = pre ip JASPER PARK LODGE 147 30 PRIX SPECIAL A FORFAIT Jasper Parx Longe vu du lac Beauvert.Ouvert du 15 juin au 23 septembre.Tournoi de golf du Totem d\u2019argent du 26 août au ler septembre.Renseignez-vous sur d\u2019autres endroits.De magnifiques vacances peuvent être passées pour une somme minime, dans le Québec, l'Ontario et les Provinces Maritimes.LA vacance idéale vous attend cet été à Jasper Park Lodge, la célèbre station estivale de montagne, sur le bord du Lac Beauvert.JASPER! 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tasse jus d\u2019orange 2 bananes pressées en passoire Dissolvez la poudre à gelée dans l\u2019eau bouillante, ajoutez le sel et le jus d\u2019orange.Ajoutez les bananes pilées et laissez refroidir.Quand le mélange commence à épaissir, battez avec batteur d\u2019oeufs rotatif jusqu\u2019à ce que le mélange soit devenu léger et mousseux.Ce pâté est fait de mouton et de jambon.Il se sert froid ou chaud.Au lieu de simples croûtons, vous pouvez servir avee la soupe de petites pailles au fromage comme celles-ci.Ce pain de saumon dont nous donnons ci-dessous la recette est un plat délicieux très facile à préparer.PAIN DE SAUMON = liv.saumon bouilli c.à thé de moutarde sèche 34 once de beurre 1 ce.à soupe de vinaigre Un peu d\u2019eau froide Une pincée de poivre de cayenne 1 c.à dessert de farine 1; once de sucre 2 jaunes d\u2019oeufs battus 15 chopine de lait 14 once de gélatine Concombre pour garniture = Dépouillez votre saumon et enlevez-en les arêtes.Tranchez.Faites fondre le beurre.Tamisez farine, moutarde, poivre.et sucre.Incorporez en brassant dans le beurre fondu et le lait, et faites bouillir pendant quelques minutes.Laissez refroidir, puis ajoutez les jaunes d\u2019oeufs.Versez dans le haut d\u2019un bain-marie et faites cuire, en brassant constamment, jusqu\u2019à consistance épaisse.Laissez refroidir.Incorporez en brassant le vinaigre et la gélatine.Ajoutez le saumon.Mélangez bien et versez dans un moule humide.Une fois pris, servez dans un plat garni de tranches de concombre.Suffisant pour cinq à six personnes.AUBERGINE FRITE 1 aubergine, 1 oeuf Mazola, farine, chapelure de pain, sel Tranchez mince l\u2019aubergine saupoudrez-en les tranches de sel, puis disposez- les les unes sur les autres et recouvrez d\u2019un poids.Laissez reposer pendant une heure et demie, ou trempez dans la saumure, aussi longtemps.Saupoudrez chaque tranche de farine et faites frire jusqu\u2019à croustillance dans Mazola, puis roulez dans la chapelure et faire frire de la même manière.Mai 1934 GALETTE DE GINGEMBRE 1 tasse de lait sur 134 c.à thé de bicarbonate de soude 2 c.à thé de gingembre 21, tasses de Farine Brodie XXX 1 cuillerie a thé de sel 1 tasse de mélasse 34 tasse de sucre blanc ou cassonade 2 c.à soupe de beurre fondu Façon dc procéder :\u2014I|.Mêlez le bicarbonate de soude avec le lait sur et ajoutez à la mélasse.2.Tamisez la farine avec le gingembre, le sucre et le sel.3.Combinez les mélanges et ajoutez le sucre.4.Versez dans une lèchefrite préparée et cuisez 25 minutes dans un four de 450 degrés.EXCELLENT RAGOUT DE BOEUF f 2 livres de boeuf dans les parties bon marché farine 1 c.à soupe de Fécule de Maïs Benson 1, tasse navet cru en dés 15 gros oignon tranché 4 c.à soupe Mazola 2 tasses pommes de terre crues en dés 1 tasse carottes crues en dés 1, tasse céleri haché Faites brunir dans la Mazola l'oignon et la viande roulée dans la farine, puis mélangez aux autres ingrédients et faites cuire dans 3 tasses ou un peu plus d\u2019eau froide, en veillant à ce que le ragoût mi- | jote, sans bouillir, pendant une heure ou ; deux.Assaisonnez de poivre et sel a Te goût.Pour épaissir, délayez 1 c.à soupe de Fécule de Maïs Benson dans une demi-tasse d\u2019eau froide et ajoutez au ragoût vers la fin de la cuisson.Pour obte- | i nir une sauce plas épaisse, on peut & volonté augmenter la quantité de fécule \u2014™ de mais.PATATES SUCREES HAWAIENNES 3 tasses patates sucrées cuites a demi, en dés 115 tasse ananas en conserve, en dés 14 livre guimauve 1% c.à soupe cassonade ) 1, tasse d\u2019ananas 2 c.à soupe Mazola Recouvrez le fond du récipient de patates sucrées en dés, puis ajoutez une couche d\u2019ananas et saupoadrez de 1 ec.& soupe de cassonade et d\u2019une c.à thé de Mazola.Alternez couches de patates et ananas et d\u2019assaisonnements.Versez le jus d\u2019ananas sur le récipient et faites cuire à four modéré (350 degrés), pendant une demi-heure.Retirez du four et disposez la guimauve sur le dessus, puis remettez au four jusqu\u2019à ce que la guimauve soit légèrement brunie et gonflée. id.tt a ! Your la Soupe, conjiez-vous a un MAITRE CUISINIER Les délicieuses soupes Heinz sont vraiment prêtes à servir Quel que soit le dîner que vous projetiez d'offrir, 1l existe une exquise Soupe Heinz prête à servir que vous pouvez mettre au menu avec la certitude qu\u2019elle sera appréciée de vos invités.Il faut beaucoup de temps pour faire des soupes aussi délicieuses, mais c\u2019est Heinz qui dépense ce temps et non pas vous.Et quand le maître cuisinier de Heinz dit qu'une soupe est prête, vous pouvez être certaine qu'elle l'est vraiment.Vous n'avez absolument rien à ajouter \u2014 vous réchauffez simplement la boîte, l'ouvrez et versez directement dans les assiettes.La méthode Heinz de cuire les soupes lentement et peu à la fois, leur assure une saveur comme chez soi que l'hôtesse et ses convives ne manquent jamais d'apprécier.Confiez donc aux chefs de Heinz le soin de faire vos soupes.C\u2019est tellement plus commode et vous êtes assurée d'avoir des soupes si savoureuses ! Gardez une provision de Soupes Heinz à la maison et servez-en souvent.Tout le monde s\u2019en régalera.Et elles sont si peu coûteuses.SOUPES | zou\u201d Pit?\u201cHEINTZ, ETABLIE A LEAMINGTON, CANADA, DEPUIS 1909 QUELQUES-UNES DES Dé Crème de champignons Crème d'huîtres Crème de tomates Crème de pois verts Crème d'asperges Crème de céleri Poulet avec riz Bouillon de bœuf Soupe aux fèves Tête de veau (Mock Turtle) Légumes Poulet aux Nouilles Bouillon de mouton (Scotch Broth) on = BI:LE MAINTENANT-A, 7 PORTÉE DE SÉAUTOMOBIL LISTES CN LOIS 7 AD AS net RER Cu vu RÉSENTÉ il y a à peine quelques semaines, l\u2019Oldemobile Six Toutes Caractéristiques à bas prix s\u2019est déjà révélé comme la grande sensation de 1934.Il n\u2019y a pas lieu de trop s'en étonner, car l\u2019Oldsmobile a toujours eu de nombreux amis.Naturellement, l\u2019on s\u2019attendait & quelque réaction favorable, dès qu'il fut annoncé que le nouveau modèle était à la portée des bourses de 8 automobilistes canadiens sur 10.Mais la réception qui lui a été faite dépasse vraiment les plus grandes espérances.Les marchands ont rapporté de nombreuses commandes signées même avant la présentation officielle de la voiture.Depuis ce temps, eh bien, les ventes ont monté constamment et rapidement.I] semble que la principale raison de ce succès réside dans le fait que l\u2019Oldsmobile plaît à tout le monde! Certains automobilistes ont toujours désiré posséder un Oldsmobile, et voici que l\u2019auto est maintenant à leur portée.D'autres, impressionnés par le style révolutionnaire du modèle Roues Avant à Genou Mécanique .Stabilisateur de Marche .Sans Courants d\u2019Air .Moteur de 84 chevaux .Direction .Changement Syncro-Mesh, silencieux à toutes les vitesses .Ventilateurs .Siège Ajustable pour le Conducteur .Freins Super-Hydrauliques .Carrosseries Fisher Aérodynamiques .Glace de Sûreté dans le Pare-brise et les Antenne de Radio à même.de l\u2019an dernier, ont découvert que la nouvelle présentation a su porter la ligne aérodynamique à un plus haut degré de beauté.Enfin, il y a ceux pour qui il a suffi de voir et de conduire le nouvel auto pour se rendre compte de la valeur qu\u2019il offre.Le nouvel Oldsmobile répond à une demande bien définie des acheteurs plutôt difficiles à satisfaire.Son style, comme ses qualités mécaniques, est bien établi! Cette voiture n'est pas un sujet d\u2019expérimentation pour se vendre à un prix réduit, mais un véritable Oldsmobile, conçu avec soin et construit avec précision.Un auto parfaitement digne de soutenir les traditions de \u201c\u2018\u2019l\u2019auto que les propriétaires recommandent à leurs amis.\u201d Alors, choisissez pour aujourd\u2019hui \u2014 et pour demain aussi .un Oldsmobile Six Toutes Caractéristiques.Le dépositaire Oldsmobile de votre voisinage vous invite À essayer et à conduire le modèle que vous préférez .aujourd\u2019hui même.UNE VALEUR GENERAL MOTORS Ventilation Fisher Contrôle Centralisé de la PRODUITE AU CANADA M34-O-3F OLDSMOBILE SIX ET HUIT EN LIGNE "]
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