La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 septembre 1934, Septembre
[" Notre Roman Complet : LA SOUVERAINE, par Guy Wirta Septembre 1934 ¢ 27e ANNEE À LIRE : LE ROLE SOCIAL DE LA FEMME par le R.P.Ceslas Forest, O.P.CONVERSATION AVEC M.Augustin FRIGON par Roland Prévost LA TERRE DANS 20,000,000 DE SIECLES par Fernand de Verneuil LES GRANDES FIGURES DE GASPE par Gustave Proulx L\u2019ENIGME DE LA RUE RIEL par Jean Robitaille POUR cela, évidemment, il faut le Jambon Premium Swift .qu\u2019on cuit sans le faire bouillir et qui constitue un mets absolument délicieux! Car le Premium Swift est Ovenized\u2014 c'est-à-dire fumé dans des fours d'après une méthode améliorée.Ce mode de fumage spécial, ajouté au célèbre traitement Premium, donne au jambon un goût d'une richesse et d\u2019une saveur incomparables.Ce jambon est si tendre, si doux et si délicieux qu'on n'a pas à le faire bouillir, comme autrefois.Vous n'avez qu'à mettre cuire ce jambon au fourneau.(Pour ne pas vous tromper, JAMBON PREMIUM SWIFT LE BACON PREMIUM SWIFT EST AUSSI OVENIZED CONSISTANCE PLUS TENDRE « GOUT PLUS RICHE 2 penssyy! 0s SANS B découpez le mode d'emploi ci-contre et suivez-le.) Si vous n'en achetez qu'une tranche, faites-la griller ou frire sans la bouillir.Qu'il s'agisse d\u2019un jambon entier, d'un demi-jambon ou de tranches du centre, vous ferez vos délices du Jambon Premium Swift, Ovenized.Pour l'été, il n\u2019y a rien de tel qu'un bon jambon cuit servi froid.Et pourquoi ne pas en simplifier la préparation en vous procurant un jambon qu'on peutcuire sans ouillage?Pour cela, exigez le Premium Swift, car tout Jambon Premium Swift est Ovenized.C'est d'ailleurs le seul qui le soit.Swift Canadian Co., Limited.ILLAGE! CUISEZ-LE DE CETTE SIMPLE MANIERE | © Mettez dans une rôtissoire un Jambon Premium entier ou un demi- jambon.Ajoutez 2 tasses d'eau ct recouvrez la rôtissoire.® Cuisez à four lent (325°), à raison de 21 min.par livre pour un gros jambon entier; 25 min.par livre pour un petit jambon (jusqu'à 12 livres) ou un demi- jambon.® Le jambon cuit, retirez-le du fourneau.Enlevez la couenne, incisez-en la surface et parsemez de clous de girofle; frottez d'un mélange fait de 14 tasse de cassonade et de 1 c.à soupe de farine.Faites brunir, à découvert, pendant 20 minutes, à four modéré (400°).Essayez aussi cette salade! Failes dissoudre 1 c.à soupe de gélatine dans \u2018A tasse du jus bouillant d\u2019une boîte de cerises noires No.2%, Ajoutez le reste du jus et versez sur les cerises dénoyautées, 44 tasse d'amandes blanchies, a tasse d'olives farcies et tranchées que vous disposez dans de petits moules.Laissez refroidir.Le tout fait 8 salades.Remarquez que le Jambon Premium Swift se reconnaît au pointillé brun qui se re- trouvesurtouteslestranches.À est Ovent oh Chaque tasse partaite roeunit pour vous 3 QUALITES SUPREMES Un Mélange Magnifique \u2014 Héritage du Dixie Il n'est pas surprenant que les amateurs de café - préfèrent le Maxwell House \u2014 le mélange parfait des Etats du Sud.Le Maxwell House est sans égal quant à son goût riche et pleinement savoureux.Maintenant - Frais tel qu'il a sort du torréfacteur Le procédé exclusif Vita-Fresh protège le café en enlevant de la boîte, mieux que tout autre procédé, une plus grande quantité de l'air qui dérobe la saveur.Nouveau \u2014 Moulu à la Perfection Une méthode de mouture, nouvelle et exclusive, expose davantage les cellules de la fève et assure plus de saveur quelle que soit votre façon de faire le café \u2014 au filtre, au percolateur ou par ébullition.Ne jamais le remoudre! Torréfié et mis en boîtes au Canada.MAXWELL HOUSE (OFFEE \u201cBON JUSQU'À | LA DERNIÈRE GOUTTE\u201d - La Revue Populaire = Cenise\u201d Cost Jb wom dun nouveau ! soulier Oxford dun réel cache! de distinction, pour Jaubomne.élégamment fait de véritahle chevreau uni ef giene /é formant contrasie.= ances: noir cl brun EN VENTE AU MAGASIN; EX.LASALLE,FiLs -MONTRÉAL Accueillez L'AUTOMNE avec une PEAU FRAÎCHE ET JEUNE Adieu la vie en plein air! \u2014 les teints hâlés et abimés par le soleil! Pour commencer la saison nouvelle avec une claire, fraîche et jeune beauté, il n\u2019est rien comme de suivre ces quelques conseils de Helena Rubinstein : NETTOYEZ avec la Crème Blanchissante Pasteurisée.Blanchit tout en nettoyant.1.00.ECLAIRCISSEZ avec la Crème à nettoyer la peau (Beautifying Skinfood).Embellit rapidement les teints ternes, blafards et rousselés.Indispensable à cette saison! 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Plus de Grande Ourse, de Baudrier, de Lyre, de Couronnes boréale ct \u201ce australe, de Centaure et de Croix du Sud.À leurs places brillaient d\u2019autres groupes dont l'assemblage Co tant du cadre astronomique, je le laisserai de côté dans cette rapide étude profondes n\u2019avaient pas été les seules; la race humaine avait étonnamment évolué, % « pré-spective ».Il m était tout différent et c'était là une des conséquences fatales de la durée des Temps.% Au cours des millions de siècles, les étoiles avaient continué de poursuivre leurs routes dans des directions ® Z différentes à des allures moyennes de vingt milles à la seconde.Les distances, pourtant énormes, parcourues ainsi en mille ans ne suffisent pas à modifie Ce * de siècles le bouleversement est complet.r la carte 4 ciel vue de la Terre, mais en dix ou quinze millions de là multitude d'étoiles éteintes et du non moins grand De plus \u2014 et surtout \u2014 il fallait tenir compte N nombre d\u2019astres nouveaux.% Inexorablement, les temps passérent encore et maintenant vingt millions de siècles avaient à peu près % effacé de l\u2019esprit des hommes une très vieille légende parlant des hauts faits d\u2019un homme qui avait décoa- 2 vert un continent depuis longtemps disparu et qui s'était appelé l'Amérique; d\u2019autres disaient l\u2019Atlau- tide.On n\u2019était pas bien sûr du mot et même de la chose mais de savants géologues affirmaient pourtant qu\u2019il y avait un fond de vrai dans cette légende.L\u2019humanité, plus vieille de, vingt millions de siècles, était fortement sélectionnée et son mode % de vie était extrêmement scientifique; elle put donc avoir l\u2019exacte notion de sa fin prochaine.© Les multiples travaux d\u2019observation transmis entre planètes ne laissaient plus aucun doute 4 sur l\u2019état de décadence du soleil, clef de vie de tout son système.Depuis longtemps en effet, % les communications interplanétaires, voire interstellaires, étaient de pratique courante; % non plus avec Mars définitivement déserté par la vie depuis plusieurs centaines de oO millions d\u2019années, mais avec Jupiter maintenant en plein épanouissement vital >.et avec d\u2019autres mondes lointains que l\u2019on ne soupçonnait même pas quand l\u2019astro- % nomie était encore dans ses moyens d\u2019enfance avec l\u2019analyse spectrale et les © encombrants télescopes à mirroir auxquels on était péniblement arrivé à donner ve une centaine de pieds de diamètre.3.Les ondes « thêta » transformées avaient permis de magiques résultats, CD entre autres celui du transport de la vision à une vitesse nettement supé- 9 rieure à celle de la lumière.Cette vitesse de lumière, les primitifs savants de l\u2019an 2000 et des siècles suivants l\u2019avaient crue naïvement .comme la plus grande existant dans les univers.La connaissance % enfin approfondie de la quatrième dimension et la mesure des Q ondes gravifiques avaient complètement bouleversé les an- % ciennes notions scientifiques humaines- C Après vingt millions de siècles l\u2019humanité savait donc à % quoi s\u2019en tenir sur son sort et avait la certitude de sa > fin prochaine quand le soleil serait arrivé au dernier > stage d\u2019ionisation.(Lire la suite à la page 57) 6 NOS ENTREVUES onversation avec Monsieur Augustin Frigon par Roland Prévost © SAIT avec quelle ironie \u2014 mais sans malice \u2014 Franc-Nohain, dans sa «Cité Heureuse » a parlé des ingénieurs : « Si l\u2019ingénieur, dit-il en substance, a tant de prestige aux yeux du monde, c\u2019est que de tous les travailleurs intellectuels, il est le seul dont les oeuvres soient bien apparentes.Une belle plaidoirie, une opération chirurgicale, ne frappent pas l\u2019esprit du public comme la vue d'un pont ou d\u2019un édifice imposant ».Dans la Province de Québec, l'ingénieur a aussi un très grand prestige qui tient à sa formation supérieure et aux constructions immenses élevées dans les villes, sur les cours d\u2019eau et jusqu\u2019au milieu des forêts.M.Augustin Frigon, directeur général de l\u2019Enseignement Technique dans la Province de Québec, en même temps que directeur de l\u2019Eco- le Polytechnique de Montréal, est un éducateur d\u2019une exceptionnelle compétence dont la parole fait autorité dans les questions du haut enseignement.Les responsabilités et les difficultés de sa tâche ne l\u2019empêchent pas d\u2019être un homme charmant, affable, qui a su se faire estimer de ses élèves et conserver leur amitié.11 nous reçoit dans son vaste bureau de l\u2019Eco- le.Tout de suite, nous lui exposons le but de notre visite.\u2014 Vous savez mieux que tout autre, M.le Directeur, quelles sont les inquiétudes de la Jeunesse instruite.Faut-il désespérer ?Le malaise deviendra-t-il diens-français ?mortel pour nous, Cana- \u2014 Mais non.Et je suis optimiste parce que conscient du rôle prédominant des hommes de science à notre époque.Je l\u2019ai déjà dit, d\u2019ailleurs : qu\u2019on le veuille ou non, les machines déplaceront encore des ouvriers, des inventions édifieront de nouvelles industries et en détruiront d\u2019autres.L\u2019é- devrait done préoccuper davantage les jeunes tude des sciences éducateurs.L\u2019ingénieur, par l\u2019étendue et la variété de ses études, peut s\u2019a- et leurs dapter aisément aux conditions de vie qui lui sont imposées.\u2014 Quelle formation TEcole Polytechnique donne-t-elle à ses élèves ?\u2014 Nous nous efforçons de leur donner une formation d\u2019intérêt général à base scientifique et technique d\u2019un ordre avancé afin qu\u2019ils puissent La Revue Populaire Photo Albert Dumas, Montréal.M.AUGUSTIN FRIGON Directeur de l\u2019Eco'e Polytechnique de Montréal et directeur général de l\u2019Enseignement technique dans la province de Québec.aisément se spécialiser.Le succès de l\u2019ingénieur dépendra aussi, dans une très large mesure, de la formation acquise avant Polytechnique, teli- le que la connaissance des langues française et anglaise.L'ingénieur doit être non seulement un technicien qualifié mais aussi un homme cultivé.\u2014 On vante beaucoup les avantages de la spécialisation.Les jeunes Canadiens-français L\u2019Ecole Polytechnique de Montréal, fondée en 1873 Septembre 1934 doivent-ils suivre en cela la «mode» américaine ?\u2014 Entendons-nous.Aux Etats-Unis, les statistiques indiquent qu\u2019une très forte proportion des ingénieurs trouvent de l\u2019emploi dans leur entourage, c\u2019est-à-dire, chez des amis ou des parents.Malgré cet avantage, à peine 50% d'entre-eux adoptent, dans la pratique de leur profession, la spécialité qu\u2019ils avaient étudiée à l'Université.La plupart d\u2019entre-eux auraient donc eu avantage à faire des études plus généralisées afin d\u2019être prêts à professer dans la branche du génie que le Hasard de la Vie les a forcés à adopter.Cette règle s\u2019applique encore plus chez nous puisque nos élèves sont, en grande partie, fils d\u2019agriculteurs ou de petits bourgeois.Très peu ont des relations dans le monde industriel, par exemple.Leur intérêt est done de faire un cours de généralités en vue de la spécialisation.Je ne puis dire dans quel domaine du génie les nôtres réussissent le mieux.Les emplois.ouverts à nos diplômés sont nombreux.Toutefois, je ferai observer qu\u2019un trop grand nombre cherchent à entrer dans le fonctionnarisme où le salaire est peut-être plus sûr qu\u2019ailleurs, mais p P qu > souvent moins intéressant pour un jeune homme ambitieux et énergique.Parmi ceux qui cont entrés dans l\u2019industrie, plusieurs sont parvenus à des situations très enviables.Je voudrais que les ingénieurs canadiens-français n\u2019oublient pas que beaucoup d\u2019industriels anglo- canadiens savent apprécier les mérites de nos diplômés.La compétence personnelle est ici à la base du succès.\u2014 A votre avis, M.le Directeur, les Cana- diens-français ont-ils fait des progrès dans les sciences?Les critiques contemporains appuient sur cette partie des études qui, à leur dire, n\u2019est pas conforme aux besoins actuels.Est-ce à dire que des réformes s\u2019imposent ?\u2014 I] ne m'\u2019appar- donner des directives aux mai- tient pas de tres de l\u2019enseignement secondaire.Toutefois, en tant que directeur d\u2019une Ecole où la formation scientifique fait la valeur fondamentale de l\u2019élève, je puis affirmer que les Canadiens-français ont trop longtemps négligé les études scientifiques.Je l\u2019ai dit plusieurs fois déjà: il faut que nos maisons d\u2019é- (Suite à la page 56) Septembre 1934 L' TROISIEME CENTENAIRE de la découverte du Canada met en relief la figure chevaleresque, émouvante, impérissable de Jacques Cartier.Il ne rappelle pas ce Bien M.GUSTAVE PROULX journaliste et publiciste de Québec, auteur de plusieurs études sur la Gaspésie et seul souvenir- qu\u2019historique, admirable, le geste du découvreur qui plants une croix et prend possession du pays au nom de son roi demeure après tout un symbole, une prophétie.C\u2019est une action préliminaire et fugitive qui serait restée a jamais stérile si elle n\u2019avait été suivie d'actions postérieures et vitale: et complétée par cette série d\u2019événements qui qui publie \u201cLes grandes figures de Gaspé\u2019 pour les lecteurs de La Revue Populaire.ont créé l\u2019_épopée gaspésienne et canadienne.Les fêtes seront donc une célébration rezon- naissante des actes et des faits accomplis par tous les personnages illustres ou humbles ouvriers de la première heure qui ont mêlé leur existence à celle de la Gaspésie, qui ont travaillé fermement, généreusement, pour lui donner la vie, qui ont peiné et souffert pour la cause de sa population, qui l\u2019ont enrichie de vertus puissantes et de carartéristiques véritablement personnelles et nationales, qui ont édifié en sa faveur des oeuvres efficaces et durables et lui ont assuré le bien, la grandeur, la survivance.Missionnaires évangélisateurs.\u2014 Le signe de la croix suspendue dans les airs, sur la Côte de Gaspé, au jour de la découverte et rayonnant sur toute la contrée était un présage heureux qui annonçait l\u2019action future des missionnaires Et si Port-Royal, Québec et Montréal furent spécialement favorisés de la présence à peu près continuelle des missionnaires, la Gaspé- sie lointaine et si longtemps ignorée n\u2019échappa pas à l\u2019ardeur et à la générosité de ces hommes de Dieu dont elle subit l'influence bienfaisante.Jésuites, Récollets, Sulpiciens et Prêtres des Missions Etrangères se partagèrent pendant plus de cent ans les travaux d\u2019un dur et souvent ingrat apostolat.La robe noire qui sera tant admirée et respectée par les Hurons, près de Québec, pénétra de bonne heure dans la Péninsule.Grâce à la générosité de la marquise de Guercheville, Antoinette de Pons, les Jésuites Biard et Massé s\u2019étaient embarqués en 1611 sur la « Grâce-de-Dieu ».Arrivés à Port- Royal après une pénible traversée de cinq mois, les deux apôtres passèrent dans la Gaspésie.Les documents anciens accusent peu de dé- La Revue Populaire Les grandes figures de Gaspé par Gustave PROULX tails sur la vie apostolique de ces français.Mais la Relation du P.Biard démontre que ce dernier connaissait parfaitement la vie et les moeurs des Micmaes gaspésiens.En 1632 nous retrouvons le P.Le Jeune qui s\u2019arrête à Gaspé en la fête de la Trinité, où il dit la messe dans une cabane de pêcheurs de morues.La première résidence des Jésuites aux pays des Micmacs date de 1635.Elle fut érigée sur l\u2019île Miscou, à l\u2019eu- trée de la Baie des Chaleurs.Les Pères Charles DuMarché et Charles Turgis en furent les fondateurs.L'Île Miscou n\u2019avait pas été choisis pour, les avantages de son sol.Il n\u2019y avait pas de pire endroit.Elle servait de passe entre la Gas- pésie et l\u2019Acadie.Les sauvages la fréquentaient.I n\u2019en fallait pas davantage pour attirer en cet emplacement les chasseurs d\u2019âmes.Mais que de mouvements inlassables, que de cacrifices cachés et pourtant héroïques dépensèrent ces pauvres missionnaires et tous ceux qui leur succédèrent i Miscou, tels les Pères Richard, Lyonne, Jacques de la Place, Nicolas Gondoin, Quentin et Jean Dolbeau ! Ils vécurent dans un affreux isolement et dans la pauvreté la plus complète.Il: étaient bûcherons, trappeurs, chasseurs et apôtres.Ils partageaient la mauvaise, l\u2019infâme nourriture des Indiens qu\u2019ils accompagnaient dans leurs courses errantes.Cet apostolat ne fut pas = + + A JACQUES CARTIER Maître-pilote de Saint-Malo, découvreur du Canada.L'original de ce portrait, signé François Biff, est à l\u2019hôtel de ville de Saint-Malo.inutile.En 1659 Mgr de Laval administrait la Confirmation à 140 personnes à Gaspé.Et que de fois ces missionnaires, dans les querelles indiennes, tendaient le rameau d\u2019olivier entre les Micmacs de la Gaspésie et de l\u2019Acadie et les autres peuplades sauvages du nord du Saint- Laurent! Les Jésuites abandonnèrent définitivement Miscou en 1662, après trente ans d\u2019un labeur obscur et persévérant.Le Père Labrosse est une des personnalités missionnaires éminentes de la Compagnie de Jésus.Il fut le dernier religieux, après les douze premières années qui suivirent la conquête du Canada par les Anglais, en mission auprès des Micmacs de Ristigouche dont il bénit solennellement l\u2019église qu\u2019il dédia à Sainte-Anne, en 1772.Il se rendit aussi à Bonaventure, chez les Acadiens délaissés.Il laissa après lui une grande réputation de sainteté et de zèle apostolique.Les Récollets de l\u2019Ordre de St-François d\u2019Assise, qui sont disparus aujourd'hui, ont une renommée digne d\u2019envie dans le vaste champ de l'apostolat en terre canadienne.L'histoire nous les présente comme d\u2019ardents missionnaires, de parfaits éducateurs, de grands bâtisseurs d\u2019églises et même de savants historiens.Amenés à Québec en 1615 par Champlain, ces religieux ne pénètreront dans la Gaspésie qu\u2019en l\u2019année 1620.Ils y viendront non pas de la vieille capitale mais de Port-Royal où six confrères d\u2019une communauté de la province d\u2019Aquitaine seront envoyés de France en Acadie.Le P.Sébastien, qui mourut de faim et de misère dans les bois du Nouveau-Brunswick après six ans d\u2019apostolat, et le frère laï Sagard, historien habile et pittoresque, religieux plein de foi naïve, ont été des précurseurs comme le capucin Balthazar de Paris par leurs courses fréquentes dans la Gaspésie.Les premiers missionnaires qui établirent une demeure permanente au centre même de la Péninsule furent les Pères Guesnin et Dethunes, arrivés à Percé en 1673- Ils y construisirent les pre- «maison» (couvent) et chapelle de l\u2019endroit.Nous entrons mières à ce moment en pleine histoire franciscaine sur la Côte de Gaspé.En l\u2019année 1675, Chrestien Leclercq qui foule le sol c'est le Père de Percé, celui qui méritera d\u2019être appelé « l\u2019un des plus célèbres missionnaires de la Nouvelle-France et l\u2019un de ses premiers historiens ».Ce Récollet avait la mission spéciale de convertir les Micmacs.11 exerça son saint ministère pendant onze ans.Ce religieux étonnant de zèle et de force se dépensa corps et âme au salut des païens qu\u2019il voulait arracher à leur prodigieuse 8 ivrognerie, à leur indifférence totale à l\u2019égard du christianisme, à leurs profondes et grossières superstitions.I] demanda son rappel en France en 1687.Joseph Denys, récollet, est une gloire canadienne qui brilla autant par sa science, par ses capacités de gouvernement que par ses activités apostoliques.Né aux Trois- Rivières, en 1657, de parents français résidant au pays, apparenté avec les plus illustres familles de l'époque: les Juchereau, Bécan- court, Le Gardeur, de Boucherville, de Ramesay, Denys est aussi le premier prêtre canadien missionnaire.Ses études terminées chez les Jésuites de Québec, il reçut l\u2019Ordination chez les Récollets de France.Dès l\u2019année suivante le nouveau lévite allait à Percé, accompagné du frère convers Didace Pelletier, premier frère laï canadien.La physionomie de ces jeunes apôtres est touchante.Heureuse Gaspésie qui avait l\u2019honneur de recueillir les premiers fruits d\u2019apostolat de ces âmes prédestinées, frémissantes de jeunesse et d\u2019ardeurs! Le Père De- nys et le frère Didace seront deux chevilles ouvrières constamment unies l\u2019une à [I autre.Pendant que le premier, moissonneur d\u2019âmes, distribue les secours spirituels aux culons, aux sauvages, aux pêcheurs et à une population flottante de quatre cents à six cents habitants, gens d\u2019occasion venus des Îles de la Manche, de Bretagne, de la Rochelle et de la Nouvelle Angleterre au temps de la pêche, pendant qu\u2019il tonne fréquemment contre les abus et les désordres de tout ce monde indiscipliné, l\u2019autre, l\u2019humble Didace, «le charpentier», prépare la cuisine de son compagnon ou, la truelle en main, travaille à la construction d\u2019une première église à Percé et d\u2019une seconde sur l\u2019île Bonaventure.Les deux religieux quittèrent la Péninsule en 1689.Si leurs oeuvres matérielles disparurent soudainement, en 1690, avec la brutale déprédation de messieurs les Anglais de Boston, le souvenir de ces missionnaires resta vivace durant de longues années parmi les Gaspésiens de Percé.L\u2019oeuvre franciscaine dans la Gaspésie se clôt en 1765 avec les Pères Etienne, Ambroise et Bonaventure.Les.plus connus des missionnaires acadiens à Gaspé sont les deux La Revue Populaire Sulpiciens Desenclaves et de Chau- vreulx et les Prêtres Gaulin, Mail- lard, Leroux et Le Loutre, des Missions Etrangères.Ce dernier, hardi breton de Morlaix, fait à la fois figure de conducteur d\u2019âmes et de guerrier intrépide.Il devint « l\u2019à- me de la résistance française et catholique» qui se frotta souvent aux gouverneurs anglais au temps de la tragédie acadienne de 1755.Fondateurs, initiateurs, pion- niers\u2014Tgnorée dans son isolement la Gaspésie n\u2019a jamais connu le: faveurs des rois français et de leurs gouverneurs.Les premiers essais de fondation et de \u2014 Non !.Ah!.Vous m\u2019dites pas! \u2014 Oui monsieur .-.oui madame.un meurtre ! La vieille du troisième a été « assarsinée » Cte nuit.Ce matin-là, Mme Gingras était montée chez Mlle Ubaldine Poulot, emprunter un soupçon de graisse pour terminer les crêpes quotidiennes.Ne recevant point de réponse à la porte d\u2019arrière, elle pénétra sans gêne dans la cuisine, comme il lui arrivait fréquemment de le faire.Elle appela: «Mlle Ubaldine !.Mlle Ubaldine ! » Aucun signe de vie.L'inquiétude gagnait la locataire du 2000.Mlle Poulot commençait dès sept heures le «ménage» de son logis, mais la vieille ne sortait jamais à une heure aussi matinale.Mme Gingras songea que son «vieux > s\u2019impatientait sûrement en bas.Malgré son inquiétude, qui touchait presque à l\u2019effroi, elle se rendit jusqu\u2019à la chambre à coucher.Mlle Ubaldine Poulot gisait sur le plancher.Des cheveux épars, des yeux ouverts sans vice, une bouche tordue dans un épouvantable rie- tus.Mme Gingras n\u2019en vit pas plus.Elle apprécia la gravité de la situation.Au lieu de per- La Revue Populaire NOUVELLE CANADIENNE dre connaissance, elle descendit à folle allure les deux étages de l'escalier de service pour annoncer au monde que Mlle Poulot avait été la victime d\u2019un crime atroce.Aux policiers accourus sur la scène du drame, la locataire du 2000 relata son aventure par le menu.\u2014 Mais pourquoi êtes-vous montée chez la victime ?s\u2019inquit un des limiers.\u2014 Parce qu\u2019il me manquait de la graisse pour mes crêpes, déclara, très digne, Mme Gingras.Cette énergique déclaration terminait son rôle.Le reste, c\u2019était l\u2019affaire des « hommes de loi.» + + + Un violent poison avait foudroyé Mlle Poulot.Nulle trace de violence sur le cadavre.Dans un verre, posé sur le soin d\u2019un meuble près du lit, du cyanure de potassium se mélangeait a un résidu de liqueur.Dans la chambre, un désordre complet.Qui, et pour quel motif, avait pu commettre un tel crime ?Pour les policiers chargés d\u2019éclairer la justice sur les drames les plus mystérieux, comme dans les romans, les voisins constituent toujours une véritable mine de renseignements précieux.Conséquemment, les détectives Flic et Massue prièrent les époux Bidonet, locataires du second étage, de mentionner ce qu\u2019ils savaient de Mile Poulot, de ses habitudes et de ses intimes.Selon le témoignage de ces braves gens, Mlle Ubaldine Poulot avait touché sa soixante-qua- trième année le dimanche des Rameaux.Tôt levée, tôt couchée, elle menait une existence sage et austère en compagnie de sa nièce, Denise Dufresne, une jolie blonde de dix-huit ans.Personne ne fréquentait assidûment le logis du troisième.Or, un mois avant la tragédie, un jeune homme fort bien mis avait rendu visite aux deux L'Enigme de la rue par Jean Robitaille 11 le femmes du 2000.À peine était-il entré que la voix courroucée de Mlle Poulot emplit la paisible maison de ses éclats et les époux Bidonet n\u2019eurent qu\u2019à prêter l\u2019oreille pour entendre clairement les propos échangés en cette circonstance.Monsieur Bidonet allégua que le jeune homme avait demandé à la vieille fille l\u2019autorisation de convoler en justes noces avec sa jolie nièce; cette requête avait suscité l\u2019ire de Mlle Poulot qui refusa péremptoirement.Sans doute parce qu\u2019il se voyait soustraire l\u2019objet de sa flamme, le jeune homme bien mis s\u2019oublia jusqu\u2019à proférer des menaces: il enlèverait Denise et l\u2019épouserait en dépit de ce cruel refus; à contrecarrer ainsi les vues de deux amoureux, la vieille tante attirait le malheur.Finalement, la sexagénaire avait prié le malheureux soupirant de ne jamais plus se trouver sur sa route.Puis, la semaine dernière, Mlle Denise quitta le logis de sa tante pour n\u2019y plus revenir.Lorsque Denise eut appris par les journaux le drame de la rue Riel, elle accourut spontanément sur les lieux et devint d\u2019une capture facile aux policiers postés en surveillance.La pauvre enfant dut subit un long et minutieux interrogatoire aux quartiers-généraux de la Sûreté: elle aurait bien préféré la solitude, pour s\u2019apiloyer en paix sur la fin si tragique de sa vieille tante, mais force lui était de refouler ses larmes pour répondre aux indiscrètes questions des limiers.Flic et Massue apprirent sans cacher leur intérét les faits suivants : depuis sa plus tendre enfance, Denise Dufresne vivait sous la tutelle de Mlle Ubaldine Poulot, la soeur de feu son père, Louis Poulot.Le contact quotidien, exclusif, de l\u2019austérité avunculaire avait doté la jeune fille d\u2019une remarquable précocité.Dès la sortie du couvent, Denise, pour satisfaire au désir catégorique de la vieille fille, s\u2019était embauchée comme modiste.Avare comme Harpagon.Ubaldine disposait à sa guise du salaire 12 de sa nièce.Celle-ci ne jouissait d\u2019aucune liberté et cette privation devint insupportable lorsqu\u2019elle eût fait, par le jeu du hasard, la connaissance de Marcel Beaumier.\u2014 Pourquoi avez-vous quitté le 2000 de la rue Riel ?voulut savoir M.Flic.\u2014 Parce que je ne pouvais plus supporter cette vie ! \u2014 Où habitiez-vous depuis une semaine ?\u2014 Dans une pension de la rue Berri.Puis, à brûle-pourpoint, une question qui bouleversa Denise.\u2014 Pourquoi votre amoureux Marcel Beau- mier a-t-il tué Mlle Poulot ?\u2014 Non ! cria la jeune fille, c\u2019est impossible.IMPOSSIBLE ! ! ! Elle éclata soudain en sanglots; une contraction nerveuse la secouait convulsivement sur sa chaise.Lorsqu'elle se fut calmée, elle refusa de satisfdire davantage la curiosité de ses suppli- ciers et s\u2019enferma dans un mutisme absolu.L\u2019arrestation de Marcel Beaumier, c\u2019était l\u2019enfance de l\u2019art pour Flic et Massue.Jeune, élégant, le regard vif, la mine intelligente, l\u2019amoureux de Denise n\u2019avait franchement en rien l\u2019aspect d\u2019un criminel; un peu ardent, sans doute, mais à cet âge, à 24 ans.Flic et Massue eurent beau supplier, gronder, menacer, gesticuler et tempéter, Marcel Beau- mier refusa carrément d\u2019expliquer l'emploi de son temps, la nuit du crime.Se taire dans une telle circonstance, c'était presque un aveu.De plus, il dut admettre les menaces proférées à l\u2019endroit de la victime.Flic et Massue se félicitèrent mutuellement de ce magnifique résultat, comprenant qu\u2019à moins d\u2019un alibi impeccable pour la nuit tragique, le témoin Beaumier devenait gravement impliqué dans cette affaire.Et Marcel dut prendre le chemin des cellules.+++ Les journaux avides de sensation ne voulurent trouver dans l\u2019affaire de la rue Riel qu\u2019un meurtre passionnel.S\u2019ils étaient innocents, pourquoi Denise et Marcel ne s\u2019expliquaient-ils pas plus clairement ?Toutefois, un rédacteur plus intelligent que ses confrères, ou peut-être par simple esprit de contradiction, fit observer que le jeune Beaumier aurait pu facilement épouser la fée de ses rêves sans mettre fin, de si brutale façon, aux jours de la tante acariâtre ?Personne n\u2019y avait pensé.Cette remarque déroutait MM.Flic et Massue.Le mystère s\u2019enveloppait de nouvelles brumes.En somme, on ne tenait peut-être pas le coupable.Quinze jours s\u2019écoulèrent en vain.Aucun éclaircissement ne fut apporté à la cause.Pour satisfaire l\u2019opinion, on dut commencer, aux assises criminelles, le procès de Marcel Beau- mier.Le sympathique procureur de la défense tenta vainement d\u2019arracher un alibi à son client.Les preuves à charge s\u2019accumulaient contre Beaumier et il devenait de plus en plus évident, d\u2019heure en heure, que les jurés rendraient un verdict accablant pour le jeune homme.L\u2019accusé s\u2019obstinait d\u2019ailleurs dans un silence aussi compromettant qu\u2019inexplicable.A Tissue de chaque audience, Denise Dufres- ne interrogeait l\u2019avocat de Marcel.Lorsqu\u2019elle eut acquis la certitude que son pauvre ami ne pourrais jamais sortir indemne de ce triste pro- La Revue Populaire cès, Denise réclama une entrevue avec M.Beau- parlant, procureur de la défense.+++ \u2014 Monsieur l\u2019avocat, les révélations qui vont suivre vous aideront peut-être à mieux défendre Marcel Beaumier.Je ne me résous d\u2019ailleurs à les faire que pour le sauver; je suis sûre de son innocence, du reste.Hélas ! il faut des preuves à la justice .Mon père mourut célibataire et ma naissance causa un violent émoi au sein de ma famille.Je n\u2019ai jamais connu ma mère; j'avais à peine six ans lorsque papa quitta ce monde et je fus confiée aux soins de tante Ubaldine.Elle consentit à m\u2019accueillir sous son toit parce qu\u2019en mourant, mon père lui légua ses biens.Cette décision provoqua une forte surprise à mon oncle Etienne: il avait toujours été le confident de mon père.\u2014 Mais dites-moi, interrompit Me Beaupar- lant, qu\u2019est devenu votre oncle ?\u2014 Nous l\u2019ignorons.Je me souviens l'avoir vu pour la dernière fois quand j'avais huit ans.Il venait très rarement chez tante Ubaldine et ses visites dégénéraient invariablement en querelles.Après avoir essuyé une larme furtive, Denise poursuivit son récit.\u2014 Jai quitté tante Ubaldine la semaine dernière parce que celle-ci, déterminée à recevoir longtemps encore le fruit de mon travail, menaçait de révéler à Marcel mon origine humiliante si je persistais dans mon intention de l\u2019épouser.Je savais que Marcel reviendrait à la charge.Or, j'en suis follement amoureuse.Si vous saviez.Après tout, je n\u2019ai que lui pour m\u2019aimer, sur cette terre.Je n\u2019aurais voulu pour rien au monde qu\u2019il apprit les circonstances dans lesquelles je suis née.une enfant.illégitime ! Denise pleurait.Les pleurs étouffaient sa voix.\u2014 Ah ! comme je vous comprends bien, fit l'avocat, attristé devant un chagrin si sincère.Mais tout ceci, loin de prouver l'innocence de mon client, ne fera malheureusement qu\u2019aggraver les soupçons ?\u2014 Et si je vous jure que Marcel était avec moi, la nuit du crime ?\u2014 Je m\u2019explique maintenant le silence obstiné de votre noble ami.Il craint de vous trahir.Consentira-t-il à l\u2019avouer, au risque de vous livrer aux sarcasmes de toute la ville ?\u2014 Je témoignerai moi-même, s\u2019il le faut.Que m'importe l\u2019opinon du monde entier lorsque mon pauvre ami est si cruellement menacé ! Mon courage ne peut-il aller jusqu\u2019à sa noblesse de sentiments ?L'avocat hocha la tête.\u2014 Ce témoignage tardif, dit-il, ne convaincra peut-être pas les jurés.Quoi qu\u2019il en soit, je ferai l\u2019impossible pour établir l\u2019innocence de Marcel Beaumier.+++ Chacun semblait fixé sur le sort de l\u2019accusé.Flic et Massue étaient parvenus à se convaincre mutuellement de l'efficacité de leur travail.L\u2019audience venait de se terminer par le réquisitoire chargé du procureur de la Couronne.Les journaux laissaient entrevoir le verdict du jury.Septembre 1934 Demain, Me Beauparlant tenterait un ultime effort, mais il ne répondrait que par une défense évasive.Il ne pourrait alléguer aucun fait, comme pendant tout le procès, du reste, pour réfuter les preuves accumulées par la Couronne.Bref, l\u2019impasse demeurait sans issue.Malgré les instances de son avocat, Marcel Beaumier avait refusé de mentionner publiquement sa présence auprès de Denise pendant que l\u2019on assassinait la recluse du 2000 de la rue Riel.Bien que cet aveu eût pu le tirer d\u2019affaire, l\u2019accusé avait exigé de son défenseur que Denise ne vienne pas divulguer cette circonstance devant le tribunal.Affaire d'honneur qui lui coûterait la vie ou tout au moins un emprisonnement à vie.Car la condamnation de l\u2019inculpé ne faisait plus aucun doute.+++ Etienne Graham-Poulot se présenta vers huit heures du soir à la Sûreté, demanda MM.Flic et Massue et leur remit une très volumineuse enveloppe.Pendant que M.Poulot s\u2019installait confortablement dans un fauteuil, Flic entreprit la lecture de cette longue lettre et Massue en fit autant par-dessus l\u2019épaule de son collègue.Voici ce que disait l\u2019épitre : « Je, sousigné, Etienne Poulot, agé de 54 ans, domicilié à 728, avenue McCraigin, Troy, N.Y., considère comme mon devoir le plus formel de vous comuniquer les déclarations suivantes, afin d\u2019éclairer définitivement la justice sur la mort de ma soeur, Ubaldine Poulot.«Je vis depuis dix ans aux Etats-Unis sous le nom de Graham.(Les Américains m\u2019appelaient « Polo »; je changeai donc de nom afin de ne plus étre considéré comme un sport.) Au cours d\u2019un récent voyage que je fis a Montréal, je me rendis au 2000 de la rue Riel afin de revoir ma nièce, Denise Dufresne (elle portait le nom de sa mère) dont je n\u2019avais reçu aucune nouvelle depuis mon départ pour l\u2019outre- frontière.Ma soeur Ubaldine, avec qui je n\u2019ai jamais vécu en bonne intelligence, depuis toujours, m\u2019informa de son absence prolongée.Je ne doutai pas un seul instant que la fuite de ma nièce ne fût motivée par l\u2019humeur tyrannique de ma soeur.Comme je prenais ouvertement partie pour Denise, Ubaldine se répandit en amers propos sur la conduite de cette pauvre enfant: je ne pus longtemps supporter les mauvaises paroles de la vieille fille et la querelle, comme d\u2019habitude, ne manqua pas d\u2019éclater.« Mon courroux devint de la fureur lorsque la harpie me fit part, \u2014 pour mieux jouir de mon emportement, \u2014 des menaces faites a Denise de révéler le mystère de sa naissance à Marcel Beaumier.Malgré ses faux airs de dévote, je l\u2019avais toujours connue méchante, cruelle sans pitié; jamais cependant je n\u2019aurais soup- conné un tel cynisme, Pour que vous compreniez bien toute la situation, je mentionnerai ici qu\u2019à ma très grande surprise, mon frère Louis légua, en mourant, sa petite fortune à notre soeur Ubaldine.Je dis bien : à ma grande surprise ! En effet, malade depuis longtemps, Louis détestait notre aînée et m\u2019avait souvent confié qu\u2019il me laisserait son avoir et me confierait la tutelle de son enfant, qu\u2019il chérissait par-dessus tout.Le testament olographe dont se prévalut ma soeur en mon absence pour s\u2019ap- \u2019 proprier l'argent de Louis ne cessa donc ja- (Suite à la page 57) Septembre 1934 NOTRE ROMAN COMPLET : La Souveraine par Guy WIRTA PREMIERE PARTIE LE SECRET DE PATRICIA I La Souveraine une légère hésitation.\u2014 Pour la métairie, ma décision est irrévocable: le terrain, débarrassé de la ferme et des communs, servira pour le golf.Je vous montrerai les plans.\u2014 Mais les « Mathew » ?- \u2014 Le bail n°est-il pas terminé?Dois-je quelque chose à mes fermiers ?.Et ne suis-je pas la maîtresse à Masefield, Monsieur Helley ?Le ton, dédaigneux tout d\u2019abord, s\u2019était progressivement haussé jusqu\u2019à devenir impérieux; et comme lady Patricia se levait, Me Helley, d\u2019instinet, ploya les épaules C\u2019est qu\u2019elle était intimidante, sa noble cliente, dressée ainsi de toute sa taille de l\u2019autre côté de la table où s\u2019amoncelaient les papiers d\u2019affaires! Et comme un coup de vent venu de la terrasse éparpillait les feuillets dans des battements d\u2019ailes d\u2019oiseaux effarouchés, le notaire ramena promptement à la raison les papiers indisciplinés, Cela lui donna le temps de se remettre, puis il assura : \u2014 Evidemment Milady, évidemment.Ce que j'en disais.Elle releva, hautaine : \u2014 Ce que vous en disiez ?\u2014 C\u2019est pour l'avantage de Votre Seigneurie.La métairie a une valeur énorme.\u2014 Le terrain de golf en aura davantage à mes yeux.Allons, Maître Helley, n\u2019essayez pas de me donner le change, et surtout, oh! surtout, ne perdez pas votre temps, lequel aussi a une énorme valeur, à vouloir amollir le coeur le plus glacé du Royaume-Uni.Vous m\u2019a- KE POUR LA METAIRIE ?.demanda le notaire avec vez connue enfant, vous avez suivi la jeune fille, puis la femme .et je trouverais désolant que vous eussiez gardé à mon égard l\u2019ombre d\u2019une illusion.Patricia Masefield n\u2019a pas de coeur, selon les uns, ou l\u2019a de glace, selon les autres.Ne l\u2019oubliez pas, Monsieur Helley!.Maintenant, excusez-moi; je vais rejoindre les invités.La Revue Populaire Celle qui avait parlé avec tant de sécheresse et qui maintenant descendait le magnifique escalier de marbre rose, celle-là était la plus ravissante des créatures.Tout en elle démentait l\u2019orgueilleuse profession de foi qu\u2019elle venait de faire: son visage à l\u2019ovale délicat, où deux beaux yeux pensifs, d\u2019un bleu limpide, mettaient une grande douceur; les lèvres entr\u2019ouvertes pour aspirer l\u2019air frais qui montait du jardin, et surtout l\u2019allure jeune, en dépit de la majesté de la marche et des gestes.Une grande capeline de paille souple mélait sa claire auréole au nimbe sombre des cheveux courts, naturellement bouclés, et sur la robe de soie blanche le soleil jetait un éblouissement.\u2014 Superbe ! dit en sourdine une voix dans un groupe d\u2019invités.\u2014 Dommage que l\u2019écorce si douce ait un fruit si amer! lança sur le même ton une autre voix taquine.Mais, comme la marquise avançait, le silence se fit.Lady Patricia le rompit la première, en appelant d\u2019un geste impératif un jeune homme qui tentait de s\u2019éclipser vers le tennis : \u2014 Tommy, ne fuyez pas .Le fruit amer vous réserve aujourd\u2019hui une surprise.Le jeune homme rougit jusqu\u2019à la racine de ses cheveux pâles; il ne croyait pas avoir été entendu.\u2014 Le terrain de golf va devenir important, il s\u2019étendra jusqu\u2019au petit lac, dit la marquise.\u2014 Vraiment ! Ce sera charmant, balbutia le jeune homme, toujours aux prises avec une tenace confusion.\u2014 N'est-ce pas ?.La métairie disparaîtra, et, à sa place, je ferai bâtir un pavillon de discipline pour les garçons impertinents qui me font des compliments à double face.Puis, se tournant vers sa voisine, après qu\u2019elle se fut elle-même assise dans le fauteuil présenté par des mains empressées, lady Patricia demanda brusquement : \u2014 Et vous, Ellen, où préférez-vous l\u2019amertume: dans l\u2019écorce ou dans le fruit ?13 ILLUSTRATIONS DE F.L.NICOLET La vieille demoiselle ainsi interpellée se troubla un peu: elle servait a lady Patricia de dame de compagnie et de.souffre-douleur.Tommy appelait irrévérencieusement «le paratonnerre ».La pauvre créature, tour à tour comblée de cadeaux ou molestée sans raison, ne savait plus, comme on dit vulgairement, sur quel piel danser.Il lui arrivait souvent de mécontenter sa noble maîtresse dans les appréciations que celle-ci lui demandait à tout propos et hors de propos, et de prononcer blanc quand elle aurait dû déclarer noir; aussi avait- elle pris l\u2019habitude des réponses vagues qui ne compromettent pas et qui donnent le temps de sonder le terrain ignoré.\u2014 Je pense, Votre Seigneurie, que l\u2019amertume pourrait n\u2019être ni dans le fruit ni dans l\u2019écorce.Les jeunes rirent joyeusement ; lady Patricia pinça les lèvres avec dédain, et ses yeux, ses doux yeux bleus, ze durcirent étonnamment : \u2014 Oh! Ellen, votre imagination m\u2019épouvante! Des données aussi précises n\u2019ont-elles pas fatigué vos méninges ?.Allons, parlez franchement: s\u2019il vous était donné de choisir pour un être aimé.dis-moi où vous voudriez la douceur.Miss Ellen jeta un regard effrayé sur le beau visage moqueur; sa nature la poussait à dire toute sa pensée, mais, voyant devant elle ces traits si purs, cet extérieur idéal, et se souvenant tout à coup du contraste frappant que devait opposer sa terne laideur, elle jeta autour d\u2019elle un regard de bête traquée, cherchant un secours dans toute cette jeunesse amusée de son trouble et vers le groupe de gens sérieux, lesquels, plus discrètement, s\u2019intéressaient à la question.Alors, quelqu\u2019un se pencha vers le fauteuil de lady Patricia, quelqu\u2019un qui la fixa avec une gravité profonde, et une voix paisible dit, en accentuant les mots : \u2014 Madame, mieux vaut toute l\u2019amertume pour l\u2019écorce, car la douceur de l\u2019âme est, à mon avis, le magnifique rayonnement capable d\u2019atténuer et même d\u2019anéantir les ombres, la véritable beauté qui se reflète au visage d\u2019une femme, la seule qui met le ciel dans ses yeux.Quelques applaudissements légers se firent entendre, vite contenus par le regard furieux de lady Patricia.Elle avait eu comme un geste pour se lever, mais, dominant sa colère en se souvenant de ses obligations de maîtresse 14 J'aime le Colgate Il garde les dents blanches, l'haleine pure ! \u201cLA première fois que jemployai le Colgate, je l'aimai à cause de sa saveur.si bonne et rafraichissante.Mais je ne l'achetais pas pour cela.Je voulais d\u2019abord un dentifrice capable de nettoyer mes dents \u2014 de les garder blanches.Le Colgate ne mit pas plus d\u2019une semaine à faire ses preuves.Mes dents étaient beaucoup plus blanches.Maintenant, je dis \u2014 j'aime tout dans le Colgate.\u201d Le Colgate nettoie vos dents de 2 ma- niéres.PREMIEREMENT: Le Colgate péne- tre dans toutes les petites crevasses.Il nettoie vos dents parfaitement.DEUXIEMEMENT : Il polit vos dents avec le même ingrédient sûr qu\u2019emploient les dentistes.Nous vous garantissons que vous aimerez le Colgate vous aussi.Et vous aimerez beaucoup plus vos dents quand vous verrez comme le Colgate les garde blanches.Sans compter que la saveur de menthe du Colgate garde votre haleine pure et votre bouche fraîche.\u201cCOLGATE\u201d SUR UN DENTIFRICE A LA MEME SIGNIFICATION QUE \u201cSTERLING\u201d SUR L\u2019ARGENT La Revue Populaire SPECIAL 21c le tube Colgate est aussi offert en poudre.Demandez la Poudre à Dents Colgate.\u2014 25¢.de maison, elle avait aussitôt repris son impassible et dédaigneuse physionomie.\u2014 Monsieur de Sérignac, fit-elle seulement du bout des lèvres, on voit que vous êtes Français: la poésie coule de vos lèvres pour embellir les plus banales choses.Et, brusquement, pour garder l\u2019avantage, elle porta les mains à ses épaules dans un geste frileux fort peu naturel : \u2014 Le vent monte, dit-elle en se levant, nous ferions bien de rentrer.Les invités suivirent docilement son sillage; seul, le comte de Sérignac demeura sous le couvert des arbres, en compagnie des fauteuils, des chaises, des hamacs et d\u2019un amas de raquettes pêle-mêle dans une bordure de fleurs superbes.Entre les arbres, un rayon de soleil filtrait et faisait luire, dans l\u2019allée, un petit dé d\u2019or que Philippe, machinalement, ramassa.\u2014 À qui est-il ?pensa le comte.Si petit.À elle, sans doute.L\u2019insupportable et odieuse créature ! Et les autres! Des fantoches dont elle agite les ficelles ! Il haussa les épaules, et, comme il jetait sa cigarette avec rage dans un massif, il vit le petit notaire qui s\u2019avangait vers lui, tenant précieusement son énorme serviette bourrée de paperasses.Et il avait un si drôle d\u2019air, le petit notaire, dans ce coin de parc en désordre, avec sa cravate correctement nouée, sa redingote noire, son col trop haut, que le comte ne put retenir un sourire, Me Helley, de nature bienveillante, prit le sourire au mieux : \u2014 Enchanté aussi, Monsieur le comte, de vous trouver ici.Je ne m\u2019y attendais guère, la chère enfant retenant tout a elle! Le jeune homme, cette fois, rit tout de bon : .\u2014 Maitre Helley, laissez-moi vous dire franchement que celle que vous appelez «la chére enfant» me produit une impression si désastreuse que je n\u2019ai qu\u2019une hâte: celle de m\u2019enfuir de ce domaine où mon ami Sidney m\u2019entraina.La propriété est superbe, mais l\u2019hôtesse m\u2019épouvante.\u2014 Oui, je me doute: vous la croyez dure, moqueuse, implacable, et vous ririez de moi si je vous disais que Patricia Masefield a un coeur d\u2019or et de hauts sentiments.\u2014 Mon cher Monsieur, je ne me permettrais point de rire, mais je m\u2019étonnerais prodigieusement.Le petit homme n\u2019eut pas l\u2019air de comprendre l\u2019intention moqueuse; il présenta un fauteuil au jeune Français, tout comme s\u2019il se fût trouvé dans un salon, et, s\u2019étant lui-même installé confortablement dans un rocking-chair où il parut s\u2019ensevelir sous sa serviette de cuir fauve, il commença sans préambule : \u2014 Je vais vous parler de Patricia Masefield.\u2014 Voulez-vous une cigarette?demanda Philippe de Sérignac avec une désinvolture d\u2019autant plus narquoise qu\u2019il s\u2019irritait secrètement du ton solennel de Georges Helley.\u2014 Merci, je ne fume pas.Fermant les yeux, le notaire imprima un petit coup sec à son fauteuil.Résigné, Philippe attendait le récit d\u2019un fait qui ne l\u2019intéressait guère et qu\u2019il n\u2019avait pas demandé: celui du passé de Patricia Masefield.II Patricia Le notaire, ayant rouvert les yeux, se décida enfin à parler.Il regarda d\u2019abord Philippe, comme s\u2019il eût craint que son interlocuteur ne se fût volatilisé, puis, rassuré, commença : \u2014 Si vous aviez connu Patricia comme je l\u2019ai connue, vous eussiez compris tout ce qu\u2019elle cache aujourd\u2019hui de sa bonté, de sa générosité, de son charme.\u2014 Avait-elle de l'humilité?interrogea Philippe avec une candeur jouée qui ne trompa nullement son interlocuteur.\u2014 Vous voulez parler de son orgeuil ?Je le concède, elle fut toujours orgueilleuse, et en toutes circonstances, cela pour son malheur.Il y a deux ans, elle rencontra dans un bal un de vos compatriotes.Son nom, je l\u2019ignore, et Patricia Masefield I\u2019aima.Nous la vimes revenir du continent transformée, radieuse.Jamais sa beauté n\u2019avait été si rayon- Septembre 1934 nante, sa grâce plus communicative; mais elle Ne prononça pas un nom et ne raconta rien de son voyage.Un seul jour, elle me dit être fiancée à un Français et me prévint qu\u2019elle aurait bientôt besoin de mes services; nous fixâmes même le Jour où je devais lui rendre compte de la situation exacte de ses biens.Je me souviens.Ce fut un jeudi.Elle était debout près de la haute cheminée de la salle d\u2019armes, là où, une semaine plus 101, je l\u2019avais quittée irradiée de bonheur Quand le domestique m\u2019eut introduit, je vis que j'avais devant moi une rine femme, une femme que je ne connaissais pas.Patricia Masefield avait perdu toute expression de joie, et on eût plutôt sou- ailé pour son visage l\u2019ombre de la tris- fesse que ce masque durci, ces lèvres Taucuses, ces yeux devenus métalli- ,\u2014 Ecoutez, me dit-elle sans bouger d\u2019une ligne, je ne suis plus fiancée Tout est fini.C\u2019est moi qui ai brisé.Et comme j'ouvrais la bouche, non pour la plaindre, mais pour excuser ma présence importune, elle crut que j'avais pitié d elle.A ce moment-là, mon cher onsieur, ma place ne fut pas enviable atricia vint brusquement vers moi et, avec des mots cinglants, des rires durs, elle me narra la rupture étrange, sans cependant me fixer quant à la cause.Sa Grice Ia marquise Patricia avait sans doute des raisons de rompre, et d\u2019avance je blâmais le fiancé inconnu mais lorsque l\u2019explication me fut donnée, Je restai stupéfait.w \u2014 Croiriez-vous, me dit Patricia avec ce calme Joué que vous lui connaissez, qu'e«il» a refusé d\u2019adjurer pour embrasser ma religion, «la mienne » ! de Alors ?.dis-je, assez embarrassé mon personnage, \u2014 Alors, jai rompu.Ce qu\u2019elle ne disait pas, c\u2019est combien elle aimait ce Français et la lutte qui se livrait en elle.Ce qu\u2019elle ne dira jamais, c'est la souffrance de son coeur.depuis deux ans qu\u2019elle tient tête à son amour, Jamais elle n\u2019a revu celui qu\u2019elle ne désigne que par ce «il» si impressionnant sur ses lèvres fières.\u2014 Mais, dit Philippe, intéressé malgré lui par ce récit, lady Patricia est-elle attachée à sa religion ?\u2014 Non, avoua le notaire: elle n° - testante que de nom.L\u2019orgueil, seul [ai dicte ça conduite.ilippe de Séri Pi dipeiLippe rignac eut un geste d\u2019in- \u2014 Pense.t-elle donc qu\u2019un caprice de femme puisse avoir raison de la volonté d\u2019un croyant ?.Parce que celle qu\u2019on aime a dite je veux », on lui livrerait et fon âme, et son salut éternel ! Cependant Je comprends tout ce qu\u2019elle a souffert dans son orgueil, cette Souveraine im- berieuse, en voyant que l\u2019autre volonté ne fléchissait pas.Je comprends ses révoltes, ses duretés, ses ironies, et jose croire maintenant avec vous que ces apparences trompeuses cachent un coeur droit et généreux.e notaire avait quitté péniblem rocking-chair, Debout devant le comts, 8 le considérait d\u2019un regard absent, avec Phésitation d\u2019un être qui craint d\u2019exprimer son opinion.Il dit enfin : , \u2014 Je pense souvent à cet inconnu, et Je vous avouerai ne pas le comprendre tout à fait.car, enfin, Patricia Masefield est bien belle.Philippe de Sérignac répondit gravement : , \u2014 Moi aussi, Monsieur, je songe à cet Inconnu .et je souhaiterais le rencontrer un jour pour lui serrer la main.III Philippe de Sérignac Le comte Philippe attendait dans la bibliothèque que l'heure du dîner sonnât, Contrairement aux autres invités, qui passaient un temps considérable à leur toilette du soir, il n\u2019accordait à som valet de chambre qu\u2019une heure pour cet office, et celui-ci ne se consolait de cette indifférence qu\u2019en le voyant impeccable et d\u2019une correction absolue sous l\u2019habit noir, Cette heure de solitude était l'heure préférée de Philippe, la seule qu\u2019il aimât dans ce palais des Mille et une Nuits.Ce soir-là, elle lui parut d\u2019autant plus Septembre 1934 apaisante qu\u2019il méditait son départ, presque une fuite, pour le continent.Oui, se dégager des obligations mondaines, trouver un prétexte de retour et revivre là-bas sa vie d'artiste, entre ses plâtres voilés et sa petite fille.Philippe de Sérignac avait épousé, dix ans auparavant, une jeune Italienne dont il avait été fort épris, et sa mort brutale Peût laissé désespéré si une petite fille ne le rattachait à la vie.Pour Fiorella, il reprit courage; pour elle il redevint le célèbre sculpteur Phil Séry, celui qui, un moment, avait abandonné l\u2019art et méprisé la gloire.Pour son enfant, le comte de Sérignac, fuyant les adulations du monde, s\u2019était fait une retraite charmante aux abords de Passy.Leur fortune modeste ne se maintenait qu\u2019au prix de son talent, et, dans Pobligation où il était, malgré sa sauvagerie, de se créer quelques relations utiles, il avait accepté l\u2019offre de Sidney Walton, celui-ci connaissant les goûts artistiques de lady Patricia.Elle est enthousiaste de transformations, mon cher, avait-il dit à Philippe.Elle démolirait pour le plaisir de faire rebâtir .Croyez-moi, la fortune est la.Mais maintenant, qu\u2019importait à Philippe! Il ne se sentait pas le courage de demeurer sous le toit de lady Masefield et de subir son impérieuse dominatiou.Non, il retournerait là-bas, dans sa calme villa.Il attendrait patiemment les commandes, car un comte de Sérignac est malhabile aux sollicitations, et il se consolerait des déceptions de la vie auprès de Fiorella, la chère petite fille qui avait hérité de la beauté de sa mère et qu\u2019il appelait son «petit pâtre bouclé ».Elle avait vraiment ce type étrange et charmant qu\u2019il admirait autant en père qu\u2019en artiste, et le souvenir qu\u2019il évoquait ce soir était pour son âme une infinie fraîcheur.Il sortit, instinctivement, de son portefeuille la photographie qui ne le quittait pas, et doucement l\u2019embrassa.Et ce geste éloquent chez cet homme fort dont le visage calme, le front haut, le profil net, marquaient une volonté solide, ce geste-là, surpris par une femme, ne fut pas compris.Comme il avait remis son portefeuille dans sa poche, une voix paisible dit près de lui : \u2014 Seriez-vous déjà prêt, Monsieur de Sérignac ?Il se détourna et vit devant lui Patricin Masefield, majestueuse, dans une robe de satin blanc tout unie.\u2014 Ne l\u2019êtes-vous pas, Madame?répli- qua-t-il avec une profonde inclination qui atténua la rudesse de la risposte.\u2014 Oh! moi, vous savez, fit-elle avec détachement, je ne puis prendre plaisir aux fanfreluches .j'ai horreur de tout cela.\u2014 Vous auriez cependant plus horreur encore d\u2019être laide ?\u2014 Laide ?\u2014 Je veux dire habillée sans goût.\u2014 Certainement! J\u2019aime d\u2019instinct tout ce qui est beau, harmonieux; et soyez assuré que ma robe de satin et mes perles ne sont, ce soir, ni pour vous ni pour les autres.Elles sont pour moi.pour moi seule.\u2014 C\u2019est une profession de foi ?\u2014 C\u2019est ma manière de penser, dit-elle rudement.Vous n\u2019êtes point obligé de la partager.; \u2014 Oh ! fit-il sans se fâcher, j\u2019approuve fort cette manière-là.C\u2019est une sorte de respect de soi-même que de se vêtir correctement et avec élégance, alors qu\u2019un penchant naturel de tristesse ou de désarroi inciterait parfois au laisser-aller.\u2014Je n\u2019avais pas envisagé ainsi la question, murmura-t-elle, réveuse.Puis, redevenue cinglante, comme si ce masque lui efit été indispensable, elle ajouta : \u2014 Vous êtes vraiment autrement que les autres, Monsieur de Sérignac, et il me sera très intéressant de vous avoir sous mon toit.\u2014 Aussi je regrette doublement, Madame, de vous priver d\u2019études psychologiques et de réduire de quelques pages le journal que vous devez tenir sur vos hô- tes de passage.On me rappelle à Paris.Je dois partir.\u2014 Ah ! fit-elle, se souvenant du geste entrevu, on vous rappelle ?Et, quoique ne le pensant pas, elle ajouta, très agressive : \u2014 C\u2019est un prétexte, tout simplement.La Revue Populaire FRANCHEMENT.JE VEUX UN \u2014 Mais oui, Madame, répliqua Philippe avec un calme qui la déconcerta.\u2014 Vous êtes courtois.\u2014 Vous avez voulu la réponse.\u2014 En l\u2019espérant meilleure.Le ton s\u2019adoucissait, et elle avait repris d\u2019adroite façon son rôle poli de mai- tresse de maison.Philippe lui sut gré de cette soumission masquée; l\u2019explication qu\u2019elle désirait sans l'avouer, même a elle-même, il la donna : \u2014 Ma petite fille m\u2019attend en France, expliqua-t-il.11 sortit la photo du portefeuille et la tendit à la marquise.\u2014 Cette enfant a des yeux admirables, dit celle-ci après avoir contemplé silencieusement l\u2019image de Fiorella.\u2014 Les yeux de sa mère.Ma femme mourut à la naissance.Ce jour-là, ma vie s\u2019est brisée avec la sienne.\u2014 Vous avez l\u2019enfant.un but.C\u2019est beaucoup.Elle dit très bas, en lui rendant la photo : \u2014 C\u2019est tout.Moi, je n\u2019ai rien.Patricia avait fait quelques pas pour prendre un livre sur un rayons; avec son bras levé, où scintillaient d\u2019admirables pierreries, et sa longue traîne serpentine, elle donnait une telle impression de majesté que le comte ne put se retenir de dire : \u2014 Vous avez la richesse, la beauté, la noblesse: de l\u2019intelligence, je le sais: du coeur, je veux le croire.Elle tourna seulement vers lui son fin profil, sans quitter sa pose : \u2014 Oh! murmura-t-elle avec ironie, vous avez l\u2019air de préparer un cours psychologique.Intelligence, coeur, voloi- té.Monsieur de Sérignac, croyez à ce que vous constatez sans fatigue cérébrale.et niez froidement ce qui ne repose que sur I\u2019hypothése courtoisie.Elle avait pris le livre cherché et le feuilletait par contenance; elle semblait calme, et Philippe voyait trembler ses doigts.\u2014 Je n\u2019ai pas de coeur.pas un soupcon.par un atome.Et le plus étonnant, c\u2019est que je me trouve très bien sans ce bagage.On évite ainsi les désirs, les regrets, les souvenirs.\u2014 Et quel vide affreux dans l\u2019âme, pétrie, elle, de désirs, de regrets, de souvenirs !.\u2014 L'âme ! Voilà le grand mot ! .Un éclair passa dans le regard qu\u2019elle fixa sur Philippe.Et celui-ci eut aussitôt en mémoire le récit du notaire.H attendit qu\u2019elle parlât.I savait qu\u2019elle allait le cingler de mots durs, injustes, hors de proportion avec leur genre de conversation.Mais il savait que ces mots-là ne seraient pas pour lui, qu\u2019ils s\u2019adressaient à un autre et que toute l\u2019amertume tombée des lèvres de Patricia Masefield n\u2019exprimerait que la douleur secrète, contenue, refoulée depuis deux ans dans ce coeur qu\u2019elle voulait ignorer.\u2014 L\u2019âme, redit-elle avec un rire dur qui fut presque un eri, \"ime !.Vous étes bien tous les mémes, catholiques romains, qui bâtissez votre idéal sur une chimère .Vous aussi, vous partez d\u2019un principe erroné.Elle avait dit « vous aussi», s\u2019en apercevant, elle s\u2019arrêta court, et son front s\u2019empourpra.Cette rougeur sur ce front altier avait la douceur d\u2019un voile sur un visage, et, au travers de ce voile, la femme transparaissait pour un instant, avec sa douceur, sa chaste réserve et sa vraie souffrance.Ce ne fut qu\u2019un éclair.S\u2019étant ressaisie plus vite dans son émoi que Philippe dans son éloquent silence qui interrogeait, elle posa le livre fermé près de la main du comte: \u2014 Je n\u2019ai rien dit, prononça-t-elle, hautaine.Il répliqua en s\u2019inclinant légèrement devant la Souveraine : \u2014 Et je n\u2019ai rien compris, Madame ! Le diner sonnait.IV Les projets de Lady Masefield Philippe éperonna son cheval, qui partit au galop, mais se déroba devant la barrière.Trois fois, il recommença sa tentative, et chaque fois il dut y renoncer.Dans son dépit, il ne put retenir une exclamation : Teint d'Ecolière PARTOUT .ET VOICI POURQUOI JE COMPTE SUR LE PALMOLIVE! = Après tout, qui devrait en savoir plus long qu\u2019un expert en beauté au sujet du teint?Et lorsque, 20,000 de ces experts disent qu\u2019il n\u2019y a rien comme le Palmolive pour conserver la frai- cheur, la jeunesse et le charme du teint d'une jeune fille.je le crois! C\u2019est merveilleux cette différence que le Palmolive a faite dans ma peau! Deux fois par jour, je masse cette mousse riche et veloutée dans mes pores, après quoi je me rince à l\u2019eau chaude puis à l\u2019eau froide.Et mes mains au Palmolive gardent foute ma peau douce, souple et charmante! RES 15 Je n\u2019attache pas d'importance aux réclames qui ne donnent pas de raison! Le Palmolive me dit exactement pourquoi il est meilleur pour ma peau.parce qu'il est fait d\u2019huile d\u2019olive et d\u2019'huile de palme scientifiquement mélangées.Cette simple connaissance me donne beaucoup de confiance.Il nettoie st à fond .garde le teint st charmant 16 \u2014 Si tu étais à moi, tu passerais, mon ami ! Une voix gaie sembla sortir du fourré: \u2014 Eh bien, Monsieur de Sérignac, agissez donc en maître, je vous donne toute permission.C'était la marquise: elle était en tenue Ce cheval, et derrière elle, par un sentier E:npraticable, apparaissait le vieux domestique qui l\u2019accompagnait toujours.D'une main ferme, celui-ci retenait la monture de la marquise, tandis que la sienne propre suivait paisiblement en broutant I'herbe au passage.-\u20141II est rétif, ce Tabou, expliqua-t-elle, il ne veut pas sauter.Chacun des hôtes de Masefield s\u2019offre invariablement à le dresser, et, invariablement, il est Jeté par terre.et mon Tabou ne saute pas.\u2014 Faites-le dresser.\u2014 Je sais bien que je pourrais le faire dresser; d\u2019ailleurs, je suis assez bonne écuyère pour le mater moi-même.Mais Tabou ne serait plus Tabou s\u2019il sautait, et je perdrais ce petit plaisir raffiné des essais malencontreux.\u2014 Ce qui veut dire que je vous servais d\u2019amusement ce matin et que ma chute devait pimenter votre promenade.\u2014 Non, fit-elle sérieuse, puisque je vous ai prévenu.\u2014 Prévenu.sage.\u2014Je suis tellement sûre que vous y arriveriez, quoique.Elle avait son sourire ironique, et Philippe ne pouvait le voir sans s\u2019indigner.C'était le masque odieux dont elle couvrait étroitement son vrai visage.\u2014 Allons-y ! fit-il, les dents serrées.Cinq fois il lança en vain son cheval; à la sixième, comme mi par un ressort, le- cheval sauta.\u2014 Ah ! dit Patricia, interdite.Puis elle resta sans voix.Le comte revenait vers elle, tenant en bride l\u2019animal dompté.Et Philippe avait sur son visage cet involontaire reflet du triomphateur, et dans ses yeux une joie très jeune.\u2014 Voilà bien les hommes ! dit-elle amère: toute victoire les rend heureux \u2026.Vainere ! vaincre ! vous ne pensez qu\u2019à cela.Estce que vous revenez par la route ?\u2014 Mais, par ce sentier ?\u2018 \u2014 Oh! non, c\u2019est un casse-cou, Montons, c\u2019est préférable.Une fois en selle, la marquise reprit la conversation au point précis où elle l\u2019avait coupée : \u2014 Je disais que les hommes mettent tout leur bonheur à vaincre.\u2014 Oh ! je me souviens bien, dit Philippe un peu narquois.\u2014-.Et qu\u2019ils ont un singulier besoin de tourmenter.\u2014 Il me semble que Tabou est plus ca cause que.vous.\u2014 Pardon! Une victime ne vous suffisant pas, je puis généraliser la question.Hier soir, par exemple, vous avez refusé nettement de demeurer à Masefield quand rien ne vous rappelle en France, et cela pour me contrarier uniquement.\u2014 Permettez une petite rectification : pour ne pas étre contrarié, \u2014 Par qui, s\u2019il vous plaît ?\u2014 Par vous, Madame .Jai cet amour de l\u2019art qui ne me permet pas d\u2019avoir le talent.courtois.I] me serait impossible, en tant que sculpteur, de me plier à vos tyrannies artistiques .Je veux bien créer le beau tel que je le vois et ne saurais l\u2019exprimer cependant tel que les autres le comprennent.Je sais qu\u2019à Masefield le champ d\u2019action est magnifique.J'ai vu le cloitre ébauché.la galerie.la chapelle.Jy ferais des chefs-d\u2019oeuvre si.\u2014Si?\u2014 Si lady Patricia n\u2019était pas l\u2019ordonnatrice de ces travaux.\u2014 Merci.\u2014 Oh! il n\u2019y a plus ici de comte Philippe, mais le sculpteur seulement \u2026 et ce n\u2019est plus à la marquise Patricia qu\u2019il s'adresse, mais à la femme intelligente qui «doit» comprendre que le départ voulu n\u2019est ni une feinte ni une méchanceté, mais un acte logique et surtout raisonnable.\u2014 Raisonnable !.Non, non, ce n'est pas raisonnable.murmura-t-elle, com- Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.en me conviant au dres- La Revue Populaire me se parlant à elle même.Toute décision prise sans discussion préalable est absolument dénuée de raison.\u2014 Mais, dit Philippe amusé, soyez sûre que j'ai parfaitement discuté avec moi- même.\u2014 Avec soi, on est toujours d'accord ! \u2014 Ce qui veut dire que je devais vous soumetire mes projets ?\u2014 pressant.Et quand elle reposa la feuille, elle eut un cri triomphant : \u2014 C\u2019est de lui! Il cède ! Il revient ! Elle répéta : «Il cède !» dans un tel cri d\u2019orgueil que Philippe oublia le rôle simple de confident qu\u2019elle daignait lui octroyer.\u2014 Cela m\u2019étonne, dit-il froidement.La phrase incrédule tomba sur sa joie comme une douche glacée sur le feu.\u2014 Et pourquoi donc, Monsieur de Séri- gnac ?demanda-t-elle avec colère.\u2014 Parce que je crains que vous ayez mal interprété le texte de votre lettre, et.\u2014 Continuez, je vous prie.\u2014 Et mon amitié s\u2019effraye pour vous de la désillusion possible.\u2014 Il revient, vous dis-je.Il céde\u2026.\u2014 II revient, soit! Il cede.Qu'en savez-vous ?Excusez ma brutalité, Madame, mais il me sera impossible de croire à la défection d\u2019un homme qui a eu le courage de tenir pendant deux ans.\u2014 ¢ Défection » est dur.\u2014 Je vous ai dit que je serais brutal.Vous me faites l\u2019honneur de me confier Septembre 1934 ce qui sera pour veus ou une cause de douleur, ou la source du bonheur, et vous voudriez que je vous taise ma pensée quand l\u2019expression bien franche de cette pensée vous évitera peut-être une déception ou une maladresse ?Elle le sentit à ce moment-là l\u2019ami véritable qui ne craint pas de faire la blessure parce qu\u2019elle est salutaire; alors, sa colère tomba, et le doute angoissant prit sa place : \u2014 Pourquoi me préparez-vous plus à la déception qu\u2019à la joie ?\u2014 Parce que le fait du retour n\u2019implique pas la soumission à vos désirs.Vous dit-on qu\u2019on cède ?\u2014 Non, mais il revient.\u2014 Cela veut-il dire qu\u2019«on» cédera ?\u2014 Peut-il ne pas céder en me revoyant après deux ans, moi qu\u2019il aime infiniment ?Elle avait retiré sa blouse en discutant, comme pour reprendre sa personnalité, et sous sa simple tunique d\u2019un bleu très doux, d\u2019un bleu de lavande qui seyait admirablement à sa beauté, elle redevenait la femme aitirante, la Souveraine impérieuse à qui tout doit céder.\u2014 Moi qu\u2019il aime infiniment, répéta-t- elle, comme Philippe la regardait avec tristesse .Oui, il cédera.Il me demande un entretient.après deux ans! Je le verrai à la Cabane.Vous savez, cette maisonnette toute fleurie qui est à la lisière du bois.Je mettrai ma robe rose.et le petit feutre que vous appelez un pétale.Oh! Monsieur Philippe, dites-moi donc qu\u2019il cédera.que nous nous marierons à l\u2019automne.que tout le cauchemar de ces deux années se dissipera dans le bonheur.Sa chimère n\u2019a pas tenu deux ans; s\u2019il revient, même pour un entretien, c\u2019est qu\u2019il cède.Et ne céderait-il pas maintenant, conclut-elle triomphante, qu\u2019il perdra tout courage en me revoyant ! \u2014 Si ce courageux ose revenir, dit Philippe très net, c\u2019est qu\u2019il est sûr de ne point céder.Un instant, Patricia demeura confondue par la logique de cette remarque; puis elle fixa sur le comte ses beaux yeux expressifs, subitement noyés de larmes : .\u2014 Pourquoi cherchez-vous des choses si compliquées ?.Vous m\u2019avez ôté toute ma joie, tout mon espoir.C\u2019est cela que vous vouliez, dites ?.\u2014 Mais oui, Madame.Votre espoir me désolait pour deux raisons: d\u2019abord, parce qu\u2019il ne vous préparait pas à la souffrance; ensuite, parce qu\u2019il vous faisait mal juger un homme irréprochable.\u2014 Le mal juger, parce qu\u2019il peut abandonner sa chimère pour le bonheur de deux êtres ?\u2014 Ce que vous appelez « chimère » est la vérité.Ce que vous voulez que ce brave sacrifie à votre orgueil ou à votre caprice, c\u2019est le meuilleur de lui-même, c\u2019est son salut, c\u2019est son éternité, c\u2019est la paix de sa vie, le bonheur de l\u2019au-delà \u2026 Réfléchissez, Madame: un homme qui a eu le courage de résister deux ans, celui- là ne traverserait pas la mer pour venir sacrifier toute sa vraie richesse, si bien défendue, aux pieds d\u2019une femme, fût-elle la plus belle et la plus aimée.Il n\u2019immolerait pas le présent et l\u2019avenir en les, mettant dans la balance avec une robe de tulle et un petit chapeau rose.L\u2019allusion à sa toilette qu\u2019elle avait eu la faiblesse très féminine de mettre en avant acheva d\u2019anéantir Patricia; et parce qu\u2019un monde d\u2019incertitudes et de craintes se levait devant elle, la jeune femme, cette fois, ne put contenir sa colère : \u2014 Je vous trouve bien osé de me parler ainsi ! .dit-elle, la voix tremblante, et vous pourriez vous tromper, Monsieur de Sérignac.Elle attendait une excuse, un regret.Philippe dit seulement : \u2014 Hélas ! Madame, je ne puis même pas souhaiter qu\u2019il en soit ainsi.\u2014 Alors, vous désirez que je souffre ?jeta-t-elle dans un soudain abandon de son orgueilleuse dignité.\u2014 Je désire que vous compreniez.et je voudrais tant que ce ne soit pas la douleur qui vous fasse comprendre.Si vous pouviez vous calmer, réfléchir avant d\u2019aller là-bas .ne pas vous y rendre en conquérante, mais en femme qui accepte de raisonner.de voir!.Si vous réfléchissiez que vous allez peut- être, d\u2019un mot, briser non seulement votre vie, mais une autre vie.que celui- La Revue Populaire là qui a le courage de revenir ne revient sans doute que pour entendre son arrêt définitif.alors seulement vous auriez cette maîtrise de soi qui permet de ne pas se tromper.Qu\u2019importe que vous portiez ce jour-là une robe rose ou une tunique bleue !.Ce ne seront pas alors deux êtres humains qui regarderont avec leurs yeux de chair.Il n\u2019y aura plus qu\u2019une âme qui se penchera sur une autre âme ., Promettez-moi de réfléchir au sens profond de l\u2019entretien qui se prépare.de le considérer sous son jour le plus élevé et le plus noble.Elle tenait la tenture d\u2019une main crispée, car, dans sa colère, elle allait partir sans l\u2019entendre.Immobilisée aux premiers mots, elle demanda lorsqu'il se tut: \u2014 Connaissez-vous donc celui-là, que vous le jugez avec tant de précision ?\u2014 Non, Madame; il me suffit de savoir qu\u2019il est un chrétien pratiquant pour prévoir ce qui se passera dans la petite Cabane fleurie, lorsque vous vous y rendrez avec trois armes bien légères.Il craignait de blesser cette douloureuse qu\u2019il avait fait telle, et il s\u2019interrompit.\u2014 Qui sont ?demanda-t-elle, hautaine.\u2014 Votre orgueil, une robe couleur d\u2019aurore et un petit chapeau fragile comme une fleur.Cette fois, derrière Patricia, la tenture retomba brusquement, ondula quelques secondes comme les feuilles après l\u2019orage, pendant que bientôt, d\u2019en bas, montait un bruit sourd et lugubre: celui de la porte rejetée avec violence par celle qui s\u2019enfuyait.\u2014 Me pardonnera-t-elle?.songea Philippe tristement.Pen m\u2019importe ! Jai dit ce que je devais dire.Et revenant vers sa sellette, impassible, il travailla.XI Au seuil de la Cabane Pendant plusieurs jours, Philippe de Sérignac évita de rencontrer la marquise: quoiqu\u2019il eût désiré l\u2019encourager ou la consoler, il comprenait trop le difficile et farouche caractère de Patricia pour risquer d\u2019aliéner tout à fait leur amitié dans une tentative maladroite de rapprochement.L\u2019incertitude ou il était du jour fixé pour Dentretien l\u2019obligeait à la plus grande réserve.Il poussa même la délicatesse jusqu\u2019à s\u2019abstenir de ses promenades journalières à travers bois, sachant que lady Patricia devait y rencontrer celui que, dans sa pensée, il nommait toujours «l'inconnu ».Pourtant, la petite Fiorella fut cause qu\u2019il oublia totalement ses résolutions et qu\u2019il franchit la lisière du bois, sans plus se souvenir même du rendez-vous de lady Patricia., Fiorella n\u2019était pas de nature facile: horriblement gâtée par la servante florentine qui avait nourri sa mère, elle mettait à profit les fréquentes absences de son père pour jouer à la petite reine.Que de fois, l\u2019ayant observée attentivement, Philippe s\u2019était dit : \u2014 Si je n\u2019y mets bon ordre, ce petit bout de femme deviendra, elle aussi, une Souveraine impérieuse.Et il taquinait Patricia à ce sujet, lui assurant que le rapprochement qu\u2019il faisait l\u2019encourageait à dompter, dès l\u2019âge le plus tendre, l\u2019indisciplinée petite fille.Il arrivait à se faire obéir et même à se faire craindre, car Fiorella idolâtrait son père.Cependant, l\u2019enfant oubliait souvent ses résolutions pour se livrer à sa plus grande distraction: le vagabondage.Oui, la petite fille au visage délicat et doux était vagabonde comme un poète.Elle eût erré des heures et des heures dans la campagne, sans souci de son père inquiet, trouvant légitime et même digne d\u2019admiration ce culte profond qu\u2019elle portait aux choses de la nature.Quand son père voulait sévir et qu\u2019elle se défendait avec des petites phrases -de ce genre: « D\u2019écoutais le ruisseau.» ou « Dai été voir le bois.Il est si joli en automne !.Sa robe change de couleur tous les jours.» Philippe ne savait plus gronder: il se souvenait de son enfance, de sa jeunesse .des stations prolongées dans les bois, lorsque, paresseusement étendu sous les arbres, il se laissait bercer par les mille chansons de l\u2019air.Ce jour-là, Philippe ne revint pas en arrière pour conquérir des trésors d\u2019indulgence à l\u2019égard de sa fille.Il malmena sérieusement Josépha, refusa le repas préparé et, prêt à sévir cette fois, se mit en campagne pour retrouver sa fille.Car depuis l\u2019aube Fiorella était partie, et c\u2019était la cinquième fois qu\u2019elle se livrait à ces expéditions.lointaines.Très peu prévoyante, elle s\u2019en allait parfois en pantoufles dans la rosée du matin, ayant pour tout bagage sa petite ombrelle, sa flûte d\u2019ivoire et une boîte de bonbons.Et elle s\u2019en allait, le nez au vent, si drôletie dans sa robe à plis sages, que les paysans béats s\u2019arrêtaient pour la regarder passer.\u2014 Voilà une étrange idée, dit un jour l\u2019un des fermiers de lady Patricia, d\u2019habiller ce petit gars en fille.On voit bien que c\u2019est une idée d\u2019artiste.Le petit pâtre se souciait fort peu des rencontres.Il n\u2019y prenait pas garde, du reste, et allait droit son chemin.vers le soleil.Cette fois, le comte fut inquiet.Il y avait depuis quelques jours une troupe de bohémiens campée aux abords du bois, et ce souvenir le fit presque courir le long des sentiers.D'instinet, il refaisait les promenades où Fiorella l\u2019accompagnait; il revenait vers les coins charmants qu\u2019il avait découverts pour elle, et, sans s\u2019en douter, se dirigeait vers la Cabane, que sa petite fille avait qualifiée de « joujou ».Et dans l'air tranquille de cet après- midi d\u2019automne un chant monta, si doux, qu\u2019il parut d\u2019abord à Philippe comme une plainte humaine.C\u2019était la petite flûte de Fiorella.Guidé par le chant mélancolique, Philippe allait d\u2019un pas vif; soudain, comme il écartait les branches, il aperçut la Cabane, et il comprit.Fiorella était agenouillée dans l\u2019herbe et, sa petite flûte aux lèvres, elle jouait de son instrument, comme une mère emploie la douceur des mots à bercer, et l\u2019orateur son éloquence à persuader.Elle ne jouait pas pour elle-même, elle jouait pour une autre: ne sachant pas encore les mots puissants qui consolent et qui fortifient, ne possédant en elle que le seul instinet de bonté et de féminine pitié, elle exprimait ses sentiments à sa manière, en petite fille d'artiste.Et devant elle, au seuil de la Cabane, il y avait comme une grande fleur fauchée, une immense fleur rose dont la vue fit frémir Philippe de la tête aux pieds.Patricia était affaissée dans le nuage du tulle léger: son visage demeurait enfoui entre ses mains, et sur sa tête décoiffée les boucles d\u2019or bruni frissonnaient à chacun de ses sanglots.Et c\u2019était infiniment navrant, cet anéantissement de la Souveraine orgueilleuse, cet abandon au seuil d\u2019une Cabane, avec, pour toute compagnie et toute consolation, cette enfant de 10 ans qui jouait de la flûte.La première, Fiorella vit son père et ne s\u2019en émut point; elle abaissa simplement la petite flûte et, d\u2019un geste, lui conseilla le silence.Puis, comme il se penchait vers elle pour prévenir ses inutiles excuses, elle mit sa petite main sur la bouche paternelle: \u2014 Tais-toi, chuchota-t-elle.Ne dis rien maintenant.Tu gronderas à la maison on plutôt tu ne gronderas pas du tout.Je lai suivie ce matin.sans qu\u2019elle s\u2019en doute, parce que je savais qu\u2019elle allait avoir de la peine.\u2014 Comment le Philippe rudement.\u2014 Elle m\u2019a dit en m\u2019embrassant : « Priez votre Dieu, Fiorella, pour que je ne pleure pas ce soir.» Alors, j'ai pensé qu\u2019on allait lui faire du mal, et je lai suivie.Le chuchotement des voix avait attiré l\u2019attention de Patricia.À la vue de Philippe, elle trouva lextraordinaire énergie de se mettre aussitôt debout, les larmes retenues: mais elle demeura sur le seuil, appuyée contre le bois rude et la tête renversée dans ses cheveux, offrant l\u2019image de la plus farouche désolation.Non, Philippe ne pouvait la laisser seule ainsi, dans ce silencieux désespoir qu\u2019il devinait.Prêt à tout subir, mème les plus humiliantes rebuffades, il s\u2019approcha : \u2014 Madame.dit-il très doucement.Machinal, il ramassa le petit feutre rose, qu\u2019elle avait dû arracher de sa tête dans un geste de douleur, et, n\u2019osant rien ajouter, il tendait le chapeau fragile, le savais-tu ?demanda Les Rice croustillants et pleins de saveur, Krispies, toujours sont toujours les bienvenus sur la table de famille où on les sert en un rien de temps.Ecoutez pétiller les appétissants Rice Krispies quand vous y versez du lait frais ou de la Plus avec fruits ou miel.crème.délicieux encore Servez des Rice Krispies aux enfants, pour leur souper, ou aux adultes, à l\u2019heure du cov- cher.Chez votre épicier, dans le carton rouge-et-vert.Aux hôtels, restaurants et wagons-restaurants.Frais comme au sortir du fourneau dans l\u2019enveloppe CIRE.Préparés par Kellogg, à London, Ont. 22 GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE Toutes les femmes doivent être belles et vigoureuses, et toutes peuvent l'être grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil.Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir votre sang avec le Réformateur Myrriam Dubreuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Réfosmateur.Il mérite la plus entière confiance, car il est le résultat de longues études consciencieuses, Le REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL est un tonique reconstituant et possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine en même temps que sous son action se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.Engraissera rapidement les personnes maigres GRATIS.Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons Gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantilloo Myrriam Dubreuil Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Correspondance strictement confidentielle.Les jours de bureau son : Jeudi et samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL BOITES POSTALE 2353 \u2014 Dépt.2 ee «) COUPON D'ABONNEMENT La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75c pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d\u2019abonnement à la Revue Populaire.Nom ______ es Adresse ooo \u2014\u2014 mm \u2014 4 POIRIER, BESSETTE CIE Ltée 975 de Bullion, Masikréal, Can.La Revue Populaire regardant obstinément, parce qu\u2019il ne voulait pas affronter les yeux douloureux.Alors, elle crut qu\u2019il songeait à sa prédiction touchant sa toilette pour ce jour fatal, et elle eut un rire bas, sourd, cruel, comme une insulte.Et ce fut tout.Elle resta dans sa pose farouche, semblant ne tenir debout que par miracle, si rejetée contre le bois qu\u2019elle paraissait ne faire qu\u2019un avec lui.Et Philippe comprit qu\u2019il ne devait rien dire, rien tenter pour convaincre ou consoler .qu\u2019elle était devant lui comme ces murs de granit qui ne révèlent point ce qu\u2019ils ont vu passer, et que la moindre tentative la trouverait prête à briser pour toujours leur précieuse amitié.Alors, il demeura un moment sur le seuil, tout près de Patricia.Elle cru qu\u2019il allait lui prendre les mains et les rejeta en arrière.Il demeura silencieux, fixant profondément son regard dans son regard: puis, abaissant les paupières et se détournant, du geste d\u2019un homme qui vient de prendre une résolution et qui la tiendra, Philippe de Sé- rignac appela sa petite fille.La voix ferme résonna, s\u2019imposant à l\u2019esprit en déroute de Patricia; rien qu\u2019à l\u2019entendre, elle eut l\u2019impression d\u2019une force qui soutiendrait sa faiblesse, d\u2019une aide qui se ferait accepter, en dépit même de toute sa résistance.Philippe était parti, mais avant de s\u2019éloigner il avait amené la petite Fiorel- la auprès de la femme immobile: \u2014 Je vous confie ma fille, Madame, avait-il dit avec calme.Josépha étant souffrante, je vous serais très reconnaissante de garder l\u2019enfant jusqu\u2019au soir.Il savait l\u2019aitachement profond que Patricia portait à Fiorella, et il partait rassuré, parce qu\u2019il avait laissé en consolatrice, au seuil de la Cabane, la petite joueuse de flûte.XII Le réve de Philippe Le soir même, le comte de Sérignac devait dîner au château.Il arriva vers 7 heures, et, comme il déposait son chapeau dans l\u2019antichambre, il vit Mrs Humphrey lui faire un léger signe.; .Le chaperon de lady Patricia était trés sympathique au comte, et lui-méme avait su gagner l\u2019estime de la vieille dame.Cette dernière, que la vie mondaine de Masefield étourdissait, s\u2019était raccrochée à Philippe comme le naufragé à la bouée de sauvetage.Ele se plaignait à lui du manque de savoir-vivre des jeunes invités, des conversations étranges qu\u2019il lui fallait soutenir sur les modes actuelles, le théâtre, les boîtes de nuit et les stupéfiants.Elle découvrail un monde nouveau qu\u2019elle eût souhaité ne point connaître sur la fin de ses jours paisibles, et elle rappelait souvent à Patricia sa promesse de renvoyer de Masefield les indésirables.\u2014 Un \u2018peu de patience, chère amie, disait alors la marquise.Il m\u2019est impossible de renvoyer brusquement tout mon monde.On croirait que je veux ménager mon gibier.La chasse n\u2019était cependant qu\u2019un prétexte.On allait bien tirailler, par-ci, par- là, mais sans grand dommage pour la gent ailée.Et, en fin d\u2019après-midi, on revenait frais et dispos pour le diner toujours suivi d\u2019une soirée mouvementée.\u2014 Encore huit jours, dear, avait promis Patricia, et je mets ces fous a la porte.= \u2014 Eh bien ?demanda Philippe quand le domestique l\u2019eut débarrassé de ses vêtements.Mrs Humphrey leva les bras au ciel : \u2014 Tout est à recommencer, gémit-elle; nous voilà revenus de deux ans en arrière.Elle a «son air».Cela nous promet d\u2019heureux jours ! \u2014 Mais, ma chére Mistress Humphrey, pourquoi vous désoler ?Rien ne vous dit que lady Patricia ne réagira pas.Et puis, n\u2019a-t-elle aucun espoir ?\u2014 Je ne sais pas.Autant interroger cette statue .Depuis son retour de promenade, elle a prétexté une migraine et n\u2019a pas quitté sa chambre.Seule, votre petite fille est demeurée près d\u2019elle jusqu\u2019à 6 heures; sans la présence de cette enfant, j'eusse été bien inquiète.Ah! Monsieur Philippe, combien je regrette d\u2019avoir quitté ma petite maison ! .Cette Patricia est, à elle seule, étourdissante comme un cyclone.La comparaison fit rire le comte.Une fois de plus, il encouragea Mrs Humphrey à la patience, la complimenta sur sa toilette de dentelle noire et s\u2019inquiéta de la santé du précieux loulou.Quand elle entra au salon, au bras de Philippe, la vieille femme, rassérénée, se sentait prête à toutes les indulgences.Pourtant, c\u2019était l\u2019heure qu\u2019elle abhorrait entre toutes: l\u2019heure de l'apéritif \u2026.Il lui était odieux de voir transformer en bar l\u2019admirable salon gris et mauve de Masefield.On tombait là sur un amoncellement de coussins, de jambes croisées, de bras tendus, tandis que des voix cla- pissants réclamaient «une nouvelle tournée ».La première fois que Mrs Humphrey vit cela, elle faillit en pleurer; Philippe, lui, ne faisait qu\u2019en rire.Ce soir, il semblait qu\u2019un courant électrique eût passé dans ce cercle d\u2019agités.Ils étaient la une quinzaine d'hommes et de jeunes femmes, en tenues du soir plus ou moins correctes, et ils faisaient, a eux quinze, un bruit d\u2019enfer.Philippe, prit de pitié, entraina le malheureux chaperon dans un coin du salon, Pinstalla au fond d\u2019un fauteuil si moelleux qu\u2019elle se demanda comment elle en sortirait jamais, et lui offrit le plus anodin des apéritifs pour la remettre de ses émotions.\u2014 Non, merci; je laisse le poison à ces fous.- Elle s\u2019arrêta pour reprendre sa respiration, que l\u2019indignation lui avait ôtée, puis elle demanda : \u2014 Croyez-vous que lady Masefield descendra ce soir ?\u2014 Je ne le pense pas, dit Philippe, qui revoyait les yeux sauvages de Patricia.Il n\u2019achevait pas, que la porte s\u2019ouvrit devant la marquise.Elle fut saluée par une véritable ovation, et elle demeurait souriante, un peu pâle seulement, sous le flot de paroles qui l\u2019accueillait.\u2014 En retard ! \u2014 A l\u2019amende ! \u2014 Oh ! l\u2019adorable robe ! \u2014 Jeff a composé un jazz étourdissant.On tapera sur le gong et sur le samovar.\u2014 Pourra-t-on prendre la vaisselle plate?.Patricia gardait son sourire vague.Elle n\u2019avait pas fait encore un pas, arrêtée par les coussins amoncelés.Elle regardait sans voir, écoutait sans entendre.Revêtue d\u2019une de ses toilettes les plus somptueuses, une robe de drap d\u2019or qu\u2019elle portait toujours sans un bijou, à cause de la richesse du tissu, elle semblait ainsi un bronze précieux ou quelque reine découronnée; et elle n\u2019avait jamais été si belle, avec son front pâle, ses grands yeux pleins de souffrance contenue et ses lèvres d\u2019enfant que tant de sanglots avaient fait trembler.Alors, elle vit que Philippe la regardait.Et tout aussitôt elle se mit à rire, donna la réplique avec son tour d'esprit habituel, et lorsque le maître d\u2019hétel annonça le diner, elle avait voilé de gaieté tout ce qui en elle, tout à l\u2019heure, trahissait encore la douleur.Philippe rencontra plusieurs fois, durant le cours du repas, le regard inquiet de Mrs Humphrey: loin d\u2019admirer l\u2019énergie de Patricia, tous deux s\u2019en effrayaient, sachant quels orages cachait une \u2018telle insensibilité.\u2014 Tiendra-t-elle jusqu'au soir ?se demandait le comte, qui connaissait assez la jeune femme pour savoir qu\u2019elle souffrait mille morts durant le dîner trop gai.Et lorsqu\u2019on passa au salon il la conjura doucement, à voix basse, de ne point demeurer.Elle parut ne pas entendre, traversa le salon de son pas glissé et allongé, et cria joyeusement : \u2014 Le nouveau jazz, Jeff ! Le nouvean jazz ! Elle s\u2019assit elle-même au piano, devant les feuillets abominablement noircis, et tandis qu\u2019éclatait un vacarme assourdissant, qui avait la prétention d\u2019être à la fois première, deuxième et troisième parties, la jeune femme joua, avec quelque difficulté d\u2019abord, puis machinalement, Septembre 1934 un accompagnement saccadé, heurté, indigne des mains d\u2019artiste qui l\u2019exécutaient.Pour la première fois, Philippe comprit l\u2019émotivité de Mrs Humphrey.Lui- même eût crié.Et il songeait avec inquiétude qu\u2019une autre devait éprouver aussi ce besoin douleureux, que des nerfs fragiles se tendaient à l\u2019audition de çette musique stupide, de ces discordances qui ont la prétention d\u2019être des résonances.Quoiqu'il eût grande envie de s'enfuir au fumoir ou dans la chère bibliothèque, il ne pouvait s\u2019en aller, pris d\u2019une inquiétude de plus en plus précise.Philippe ne détachait pas les yeux du fin visage très pâle, où le regard devenait flottant.Il se démandait par quel prodige cette femme pouvait demeurer dans ce milieu si différent d\u2019elle-même, avec ces bruits odieux l'étourdissant.comment les douces mains qui, d\u2019instinct, modelaient artistement la glaise, qui s\u2019étaient ce matin jointes dans la douleur: comment ces mêmes mains pouvaient tapoter cette rengaine odieuse, tandis que le coeur sombrait dans la douleur ?Oh! combien il eût voulu, dans sa compatissante et chrétienne amitié, saisir ces deux mains blanches pour leur apprendre le geste suprême qui apaise le coeur, et lui dire avec toute la persuasion possible : \u2014 Madame Patricia, ce n\u2019est ni l\u2019élégance, ni le bruit, ni le plaisir qui calme la peine.Ce que vos mains embrassent maintenant, c\u2019est le néant.Mais joi- gnez-les, ces mains de douleur, jognez-les pour les élever vers Celui-là seul qui peut vous rendre la paix, et entre vos deux mains jointes descendra le bonheur.Il eût voulu dire beaucoup d\u2019autres choses à celle qui avait ri si cruellement lorsqu\u2019il voulait parler et qui, tout à l'heure encore, dédaignait son conseil.Il aurait souhaité qu\u2019elle connût le rêve de charité qu\u2019il avait fait au seuil de la Cabane, lorsqu\u2019elle défaillait en le bravant du regard.Philippe, lui, ne révait pas, comme la bonne Mrs Humphrey, d\u2019une petite maison calme, à l\u2019abri des agitations de Masefield.Tl avait fait un autre rêve, tout d\u2019adné- gation, comme seul un chrétien peut en faire.Ne pas abandonner Patricia à l\u2019heure critique de sa vie, devenir apôtre, non par la parole, car la marquise la lui interdisait, mais par les actes.I arracherait la marquise à sa vie déprimante en encourageant le côté artistique de son caractère; il lui donnerait le goût du beau d\u2019abord, du sublime ensuite.Il l\u2019amènerait peu à peu, sans qu\u2019elle en ait conscience, aux sommets qu\u2019elle s\u2019obstinait à ne point vouloir regarder en face, et il dirait à l\u2019inconnu toujours déçu: « Revenez.celle que vous aimez a fait place à une autre femme digne de vous.> Il avait évoqué ce rêve avec la liberté de coeur d\u2019un être qui vit du souvenir.Il l'avait fait avec droiture, ne considérant Patricia que comme une camarade.Parce qu\u2019elle était protégée, elle, par son amour, et que dans son coeur à lui demeurait toujours vivante une petite Florentine aux yeux pensifs et doux, la fragile maman de Fiorella.saa La scie recommençait pour la dixième fois au moins; quelqu\u2019un cria grâce, et Mrs Humphrey battit en retraite.Patricia était livide: pourtant, elle tapait toujours, et son sourire vague faisait mal à Philippe.Malgré lui, il se rapprocha du piano.La jeune femme se retourna et lui jeta un regard de défi.Alors, ses doigts s\u2019embrouillèrent: tapant au hasard, elle balança de droite et de gauche sa jolie tête bonclée, et tandis qu\u2019éclataient les réclamations des danseurs, le bronze précieux eut à son tour un va-et-vient de vertige et s\u2019affaissa subitement aux pieds de Philippe.Le comte, d\u2019un geste ferme, avait écarté les gêneurs, et faisant un signe au vieux domestique qui fixait des yeux d\u2019effroi sur sa maîtresse sans cependant s\u2019avancer, il lui dit à voix basse: \u2014 Allons, emportons-la, mon brave, et veille 4 ce qu\u2019ancune dame ne monte chez elle.Dans Fescalier, ils croisèrent Mrs Humphrey, affolée. Septembre 1934 \u2014 Seigneur ! Qu\u2019allons-nous devenir ?Elle est morte, sûrement ! \u2014 Taisez-vous! dit Philippe avec autorité.N\u2019ameutez pas ces fous que je fais garder à vue.Elle le vit furieux et en resta médusée.Il dut sonner lui-même les femmes de chambre quand il eut déposé lady Patricia sur le divan de son boudoir.En descendant, il retrouva Mrs Humphrey à la même place, pleurant abondamment: ce qui fit qu\u2019il l\u2019expédia un peu militairement aux étages supérieurs.Et, dans le salon en désordre, les invités, désorientés, s\u2019entretenaient à mi-voix de l\u2019événement.On ignorait tout du chagrin de la marquise et on se livrait aux suppositions les plus romanesques.Quand chacun eut émis son avis, plus ou moins baroque, on trouva bon de passer encore quelques rafraîchissements, et Philippe tomba au milieu de ce qu\u2019on appelait si élégamment «une tournée ».Ce fut comme l\u2019apparition du commandeur: sa physionomie sombre fit prévoir à tous ces fantoches une mauvaise nouvelle, désagréable surtout à leur plaisir.Les verres demeurèrent en suspens, les visages se tendirent vers Philippe.Et il dit, de sa voix tranchante qui savait si bien imposer son énergique volonté : \u2014 Le docteur craint pour lady Patricia une fièvre cérébrale; les domestiques sont à votre disposition pour vos bagages ce soir, et demain matin vous pourrez disposer des voitures.Il jeta au milieu du cercle un petit objet qui papillonna et qu\u2019il suivit ironiquement du regard: c\u2019était un indicateur de chemins de fer.DEUXIEME PARTIE LE BON GRAIN I Le vrai Masefield \u2014 Hélas! dit lady Patricia en soupirant, que vais-je devenir ?.L'hiver commence à peine, et je m'ennuie déjà à périr ! Mrs Humphrey rapprocha son fauteuil de la chaise longue et se contenta de re- \u2018garder Patricia avec affection, puis elle se remit à tricoter.À quoi bon argumenter avec sa terrible petite amie, laquelle voulait toujours avoir le dernier mot ?Mieux valait se renfermer dans un prudent silence et agir en cela comme Ia terne Miss Ellen.Justement, celleci s'était blottie dans un coin du salon, avec 'espoir de 8\u2019y faire oublier : elle triait des échevaux de soie, assortissant les nuances avec un goûs réel, tout en écoutant les lamentations de la marquise.Si souvent les mauvaises humeurs de la jeune femme étaient retombées sur elle qu\u2019elle ne pouvait s'empêcher de frémir au son de la voix durcie.Heureusement pour elle, le comte de Sérignac fit son apparition au moment le plus critique, et son entrée détourna la marquise de l\u2019idée d\u2019une quelconque attaque.\u2014 Bonsoir, Madame, dit Philippe en se penchant pour baiser la main de Patricia.Il s\u2019inclina ensuite fort courtoisement devant Mrs Humphrey et salua de loin Miss Ellen.Un instant, le comte demeura silencieux, comme jouissant du calme de ce salon qu\u2019il avait connu si bruyant: devant la haute cheminée, où brûlaient d\u2019énormes bûches, la marquise était à demi étendue sur une chaise longue, les jambes couvertes d\u2019une peau d'ours blanc.Une robe d\u2019intérieur en velours cerise faisait ressortir la pâleur de son visage; les bloucles courtes s\u2019échappaient d\u2019un demi- cercle d\u2019or pour retomber sur la nuque penchée, et dans la clarté vive du feu, le fin profil semblait ainsi plus pur et comme idéalisé.Et tout cela composait un tableau exquis, auquel s\u2019ajoutait, en note plus grave, la tête blanche de la respectable duègne.Seul, faisait tache, dans la pénombre, le visage ingrat et effaré de Miss Ellen.Pourtant, toujours indulgent, Philippe trouva une beauté au geste simple qui chassait les soies chatoyantes avec le goût sûr du peintre préparant sa palette.La Revue Populaire Parce que Miss Ellen semblait triste, ce fut à elle que Philippe s\u2019intéressa tout d\u2019abord : \u2014 Mais, Mademoiselle, vous préparez votre travail très artistement .C\u2019est ravissant à l\u2019oeil, cette gamme de couleurs vives!.\u2014 Parlons-en ! jeta Patricia de sa voix des mauvais jours.Il y a une heure au moins qu\u2019elle s\u2019amuse a cela.\u2014 Qu\u2019importe le temps, si le travail est réussi ! Miss Ellen leva sur Philippe son laid visage irradié de reconnaissance; mais sa quiétude ne dura pas, la voix autoritaire s'élevait de nouveau : \u2014 D'ailleurs, fini ou non, apportez-moi cela.Je veux voir l\u2019effet des nuances opposées .Monsieur Philippe, asseyez- vous.Pourquoi Fiorella n\u2019est-elle pas venue ?\u2014 Parce qu\u2019elle a été très méchante au- jourd\u2019hui et que ce soir elle dinera dans sa chambre.\u2014 Vous êtes bien sévère pour elle.\u2014 Je fais ce qui est nécessaire pour transformer son caractère difficile.\u2014 Et vous pensez y arriver ?demanda la marquise ironique.\u2014 Py arriverai, assura fermement le comte.Il fixait les yeux moqueurs et les obligeait à se baisser, Patricia avait rougi.\u2014 Où est ce canevas ?demanda-t-elle brusquement à Miss Ellen, debout devant la chaise longue.\u2014 11 est dans le boudoir, Madame; vous aviez dit ne commencer l\u2019ouvrage que demain.Philippe s\u2019était détourné pour ne pas intervenir, et il tendait machinalement ses mains au feu.La marquise sentit le blime et s\u2019en irrita : \u2014 Allez donc le chercher.Vos raisonnements ne le feront pas venir tout seul.Passive, Miss Ellen sortit.\u2014 Quel froid, n\u2019est-ce pas ?dit Mrs Humphrey & Philippe.\u2014 Trop froid pour la saison.Je crains fort un hiver rigoureux.Et vous, Madame ?demanda-t-il en se toarnant vers Patricia.\u2014 Oh! moi, je crains seulement de m\u2019ennuyer .Je suis même sûre de m\u2019ennuyer à crier.\u2014 Grand merci! dit Philippe en riant.Mais elle ne plaisantait pas : \u2014 Ce docteiir est fou de me condamner au repos à Masefield et de m\u2019interdire la saison a Londres.Il a craint pour moi une fièvre cérébrale; cependant, je ne l\u2019ai point eue.Mes forces sont revenues, et je pourrais très bien supporter l'hiver à Londres.\u2014 C'est le repos d\u2019esprit qu\u2019il vous faut surtout, Madame, et la vie dé Londres ne vous le donnerait pas.\u2014 Croyez-vous donc que mon esprit ne travaille pas ici ?.\u2014 Nous le ferons travailler utilement, dit Philippe à mi-voix.\u2014 Que dites-vous tout bas ?\u2014 Une réflexion tellement personnelle qu\u2019elle est, de ce fait, sans importance.Le retour de Miss Ellen empêcha la marquise d\u2019insister davantage.Elle prit le canevas d\u2019une main nerveuse et demanda des épingles pour fixer les soies et voir l'effet de l\u2019association des nuances.Philippe s\u2019était de nouveau détourné pour regarder la flamme, \u2014 Ce \u2018tanevas est très mal tracé.C\u2019est vous qui l\u2019avez tracé, naturellement.Ici, est-ce une fleur, une tige, une feuille ?.Mais je n\u2019y vois rien, absolument rien.Allumez donc la petite lampe .Mettez-la sur le guéridon.Approchez le guéridon.Philippe toussa.\u2014 Ce tracé est invisible.Où est le dessin ?.Allez donc chercher le dessin.\u2014 Milady a dit qu\u2019il était inutile de réserver le journal.Je l\u2019ai remis dans les livraisons de l'année.\u2014 Et, naturellement, vous n\u2019avez pas noté la date.Allez chercher autant de journaux que vous pourrez en porter et venez les feuilleter ici.S\u2019il est nécessaire, vous reprendrez toute l\u2019année.Il me faut ce dessin ce soir.\u2018Miss Ellen se dirigeait vers la porte; un geste de Philippe l\u2019arrêta: dressé subitement près de la cheminée, il appuyait un doigt décidé sur le bouton électrique: embellit chaque v Constatez-le vous-même! AUCUN magazine hebdomadaire, canadien ou américain, n\u2019a fait plus de progrès \u2014 depuis un an, \u2014 que LE SAMEDI, le grand et populaire hebdomadaire canadien.DEPUIS LE MOIS DERNIER ! Fe Samedi s'est encore embelli de façon remarquable.Ces transformations importantes entraînent des frais très considérables, mais les éditeurs du SAMEDI n'épargnent rien pour faire du grand magazine hebdomadaire canadien-fræançais l\u2019égal et le rival des meilleures publications anglo-canadiennes ou américaines.Se Samedi Texte plus abondant et plus varié: illustrations des meilleurs artistes canadiens; magnifiques photographies; papier de luxe; entièrement imprimé sur presses cylindriques.\u2026-= Coupon d\u2019Abonnement Samedi Ci-inclus veuillez trouver la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour & mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis: $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d'abonnement au magazine LE SAMEDI NOM o.oo eee eee ease eter .Adresse co, etree en OUTST an Le .Ville et Province POIRIER, BESSETTE CIE, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada LIMITEE, 24 LE COU pDE MORT MOUCHES MITES.MARINGOUINS \\ Cw) @ Odeur agréable, ne tache pas, inoffensif pour humains et animaux\u2014 WHIZ le TUEUR d\u2019INSECTES EST LE MEILLEUR INSECTICIDE QUE VOUS PUISSIEZ ACHETER GRANDEUR 8 Onces 35c GRANDEUR 16 Onces 60c VAPORISATEUR WHIZ ADAPTABLE AU BIDON 15c N'ayez pas honte, enlevez ces poils hideux de vos bras et de vos jambes.La crème X-Bazin bannit ces laideurs vitement, facilement et sûrement.Rien de mieux.Prix 55c, [A eee\" ror COUPON D'ABONNEMENT La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75c pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 ans ou 90c pour 6 mois) d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE.Nom es \u2014_ Adresse em en Province ou Etat POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée.975, rue de Pallion, Montréal, Can.& .La Revue Populaire \u2014 C\u2019est bien cela, n\u2019est-il pas vrai?demanda-t-il avec calme à Patricia stupéfaite.Le domestique apparaissait déjà: forcz fut à la marquise de répéter l\u2019ordre qu\u2019elle avait donné inutilement à Miss Ellen.Quand le « chaperon de paille > comme Pappelait Philippe et le valet furent sortis, il y eut un moment de silence pénible.Le comte avait repris sa pose devant le feu pour ne pas voir la marquise qui rougissait et pâlissait tour à tour.\u2014 C\u2019est pour contempler les bâches que vous êtes venu ce soir ?questionna- t-elle sur le mode le plus agressif.\u2014 Mon Dieu! non, Madame.J'avoue même être venu avec l\u2019idée de me détendre de mon travail de la journée.Y a-t-il rien de plus apaisant pour l\u2019exilé que se retremper de temps en temps dans la douceur d\u2019un «home» ?Sans doute, cette maison n\u2019est pas la sienne, mais c\u2019est le «home», le temple des souvenirs.C\u2019est l\u2019évocation d\u2019une enfance faite d'illusions adorables et de faciles bonheurs.C\u2019est un parfum vieillot et doux qu\u2019une aïeule a laissé.C\u2019est un reflet d\u2019idylle lointaine.Mille souvenirs, enfin, qui se fondent en douce harmonie comme ces échevaux aux teintes diverses.Et vous comprendrez pourquoi sont désirables les soirées passées à Masefield.Vous ne vous étonnerez pas que je les évoque en travaillant au cloître et que j\u2019en garde un souvenir très doux aux lendemains moroses.Mrs Humphrey s\u2019était éclipsée fort à propos.\u2014 Alors, dit Patricia gênée, je vous ai troublé votre soirée ?\u2014 Un peu, dit Philippe qui se retourna et la regarda en face; il est toujours regrettable de voiler ce qui est beau.Peut-être me jugerez-vous un maniaque, mais j'ai le culte du beau en toutes choses.Si je n\u2019étais pas catholique convaincu, je crois que je serais le prêtre fervent de la beauté.\u2014 Cette religion, je suis sûr de lavoir, dit Patricia en souriant.J\u2019aime intensément le beau.\u2014 Alors ?demanda le comte, sérieux, du ton d\u2019un homme qui pose un proble- me et qui en veut la solution.\u2014 Oui, je sais.Je suis très coupable à vos yeux.\u2014 Aux miens aussi, cher Caton.Etes- vous content ?\u2014 Je le serai si vous finissez la soirée en beauté, pour parler « païen » \u2014 Ce qui veut dire ?\u2014 Vous le savez mieux que moi, dit Philippe, très froid.La soirée s\u2019achevait «en beauté ».Ce fut une Ellen presque heureuse qui regagna sa chambre, lady Patricia lui ayant dit bonsoir très gentiment.Quant à Mrs Humphrey, elle eût baisé la trace des pas de Philippe: cet homme extraordinaire, qui domptait la Souveraine, avait droit à sa statue dans Hyde Park; elle lui vouait un véritable culte, maintenant qu\u2019elle l\u2019avait vu à l\u2019oeuvre, c\u2019est-à-dire aux prises avec la châtelaine de Masefield.En se couchant ce soir-là, Mrs Humphrey augurait mieux de l\u2019ave nir, et dans la bonté de son coeur elle confia le bonheur de la Souveraine à celle qui ne devait pas cesser de veiller sur elle: la châtelaine d\u2019autrefois, si douce, si secourable, celle que la petite Pat appelait tendrement «sa dearest » me Une fois seule dans ses appartements, lady Patricia sortit un papier de son corsage, le déplia et parut hésiter un peu.Le matin même, dans le hall d\u2019entrée, elle avait ramassé ce chiffon de papier d\u2019une manière distraite; d\u2019un geste non moins machinal, elle le défroissa et lut les premières lignes qui frappèrent sa vue : Mon cher, disait la lettre, à propos de lady P.je te répète comme dans Carmen : « Prends garde à toi » et cela pour deux raisons: la première, c\u2019est que ton zèle à convertir qui ne veut pas l\u2019être, Le condamne à l\u2019exil et, ce qui est plus grave, à une perte de temps.Secundo : ce même zèle pourrait bien, à ton insu, se transformer en un autre sentiment.Aurais-tu alors le courage de travailler au bonheur d\u2019un quelconque inconnu quand toi-même aimerais ?.De nouveau, le papier était ouvert entre les mains de Patricia, et, seule dans sa chambre, elle avait toute facilité de céder à la tentation si vive de lire cette lettre jusqu\u2019au bout.C\u2019est que la scène du salon éclairait tout ce que sa lecture du matin avait d\u2019obseur pour elle: elle eût souhaité, plus par intérët que par vulgaire curiosité, connaître jusqu\u2019au fond de l\u2019âme ce chrétien capable d\u2019une telle abnégation.Mais la phrase de Philippe revint à sa mémoire : « Il est toujours regrettable de voiler ce qui est beau.» Alors, elle sonna le vieux domestique et lui confia le message avec ordre de le laisser tomber, ainsi chiffonné, dans la villa du comte.C'était le meilleur moyen de ne pas inquiéter Philippe.Derrière la vitre de sa chambre, Patricia regarda la nuit.Un clair de lune magnifique éclairait le pare, jetant des lueurs crues sur les statues des massifs et des trous d\u2019ombre épaisse dans les allées.Le parc charmant se révélait par endroits aussi net que dans le soleil de midi; par ailleurs, il sombrait dans la nuit profonde, et le regard de Patricia revenait invinciblement vers ces abîmes noirs où rien ne se découvrait.\u2014 C'était donc cela, murmura-t-elle tout bas.Quel sujet d\u2019études pour moi qui craignais tant de m\u2019ennuyer ! Et, appuyant tout contre la vitre son front triste et pensif, elle acheva : \u2014 Mais je voudrais bien savoir s\u2019il pourra.II Le réve de Roy Humphrey Pendant que lady Patricia subissait d\u2019assez mauvais gré son hiver solitaire, le neveu de Mrs Humphrey se lançait à corps perdu dans les plaisirs mondains.Lui qui ne connaissait rien de plus agréable que les sports violents ou la chasse, s\u2019était pris d\u2019affection tout à coup pour ce qui, de près ou de loin, touchait tant soit peu au monde.Le «monde», c\u2019était autrefois, pour ce demi-rustre, un milieu d\u2019élite où il détestait paraître, parce qu\u2019il s\u2019y sentait gauche, inhabile à tenir une conversation et maladroit danseur.Un smoking, pour lui, était un épouvantail, car il avait suffisamment de finesse pour découvrir que sa tenue de gentilhomme campagnard lui seyait cent fois mieux.Mais Roy Humphrey avait rencontré Ja duchesse rose, comme il l\u2019appelait.\u2026 S'il retenait gravés dans son esprit le luxe de l\u2019auto, la richesse de la fourrure et de la toilette, il ne pouvait oublier surtout le regard altier de Patricia.Un autre que lui se serait précipité à Masefield à la première occasion pour rencontrer de nouveau l\u2019objet de son coup de foudre.Roy était avant tout rusé: à défaut d\u2019intelligence, il possédait une finesse extraordinaire, laquelle, jointe à une ambition démesurée, en faisait un homme d\u2019une adresse très remarquable.La première chose qu\u2019il fit en rentrant chez lui, le soir de la rencontre inopinée, fut de se regarder dans un miroir.L\u2019examen ne lui étant pas favorable, il se l\u2019avoua sans conteste, et, rapprochant par la pensée cette vision de celle de l\u2019élégante silhouette entrevue, il dit seulement : \u2014 En trois mois, je puis me transformer.Et il se transforma.Un bean soir, Roy Humphrey se fit annoncer chez Duncan Helley, le fils du notaire, et se présenta dans une tenue tellement impeccable que le jeune homme en demeura ébahi : \u2014 Vous avez fait un héritage, Roy ?\u2014 Non, dit Roy paisible, je suis devenu «homme du monde», et du «grand monde ».Il avait posé son huit-reflets sur une chaise, et il ôtait lentement son cache- col de soie et son pardessus.Duncan Helley resta bouche bée: sous le smoking, Roy Humphrey n\u2019était plus le paysan déguisé: il avait maigri, et son visage aminci, maintenant complètement rasé, atténuait ce que la mâchoire et le menton trahissaient encore de brutal.\u2014 Vous avez assassiné quelqu\u2019un, sûrement, dit le joyeux Duncan, qui se con- Septembre 1934 tentait, lui, de faire danser les écus paternels.\u2014 Non, répliqua Roy emphatique, je suis amoureux.\u2014 Alors, c\u2019est vous qui serez assassiné, ce n\u2019est pas mieux.Et elle est blonde?\u2014 Elle est.Ma foi, je n\u2019en sais rien: elle avait son chapeau.\u2014 Ça, par exemple, c\u2019est le coup de foudre ! Et comme il ne pouvait arrêter le fou rire qui le prenait devant l'air furieux de Roy, celui-ci lui jeta, vexé : - \u2014 Je me souviens .elle était blonde; c\u2019est une amie d\u2019enfance.\u2014 Que vous aviez légèrement perdue de vue ?\u2014 Justement ! \u2014 Et ce bijou est à Londres ?\u2014 Elle viendra peut-être à la fin de l\u2019hiver.Pour l\u2019instant, elle reste dans sa propriété, aux environs.\\ \u2014 Une propriété ?.\u2026.Un château ?\u2014 Naturellement.\u2014 Dites-moi le nom, allez, Roy.Ne torturez pas mon pauvre esprit, lequel n\u2019a jamais bâti plus d'histoires au cher papa.bâti sur le sable, ma|heureusement !.i \u2014 Je ne dirai rien, mon chyr.Habillez vous et sortons.1 \u2014 Grand merci! je ne pourçais vous payer même un cigare; je sufs pauvre jusqu'à la semaine prochaine.\u2014 Je vous offre la soirée.\u2014 Dans ce cas, dit Duncan, cpndescen- dant, je ne voudrais pas vous dsobliger.Roy, cependant, ne poussa pas Ja discrétion aux limites extrêmes; le jeune Duncan lui versa libéralement les vins qu\u2019il ne payait pas, et vers la fin du diner, comme son compagnon lui offrait de nouveau du champagne, Roy prononça avec brusquerie : \u2014 Je vais vous confier le nom.Duncan demeura la bouteille en l\u2019air, dans la peur de rompre le charme.\u2014 C\u2019est Patricia Masefield, dit Roy brutalement.Cette fois, Duncan s\u2019empressa de reposer la bouteille: dans sa stupéfaction, il avait failli la laisser choir.\u2014 Lady Patricia !.La marquise Patricia !.répéta plusieurs fois le jeune homme, au comble de l\u2019étonnement.Et il revoyait la noble cliente de son père, cette marquise hautaine que, tout petit, il avait appris à respecter, parce que le notaire, n\u2019en parlait qu\u2019avec crainte et tremblement.\u2014 Vous avez trop bu, mon cher, dit-il en manière de conclusion.\u2014 Je vous demande pardon, je sais ce que je dis: j'ai vu lady Patricia, et je l\u2019aime.Et, l\u2019aimant, je suis résolu a l\u2019épouser.\u2014 Prince consort !.Rien que cela! Voilà un métier reposant !.Je me demande si je ne vais pas me mettre sur les rangs ! \u2014 Ne vous moquez pas de moi, Duncan; c\u2019est un conseil.Roy avait rougi singulièrement; sur la nappe fine, son poing s\u2019était serré.\u2014 Hum ! mon cher.N\u2019oubliez pas que vous êtes un homme du monde tout nouvellement verni, et ne faites pas craquer ce qui reluit si bien.Que penserait lady Patricia en lisant dans le Times que Roy Humphrey a semé la panique au « Camélia » ?\u2014 Vous avez raison, j'ai tout intérêt à me contenir.Mais pourquoi me railler ?\u2014 Mon pauvre Roy.commença doucement Duncan en faisant disparaître la dernière bouteille sous la table, je crains que vous n\u2019ayez fait un rêve d\u2019autant plus dangereux qu\u2019il est inutile.Lady Patricia ne se contente pas d\u2019être marquise et d\u2019être riche.lady Patricia est un véritable iceberg.Fussiezvous beau comme Adonis, elle ne prendrait pas plus garde à vous qu\u2019à son valet de pied .On m\u2019a dit, du reste, qu\u2019elle avait eu un amour malheureux.\u2014 Raison de plus pour le lui faire oublier.Dites-moi, Duncan, continua le jeune homme à voix basse, savez:vous quel est le sculpteur qui loge à la villa Béatrice ?.Et Duncan vit que, sur la nappe, le poing s\u2019était serré de nouveau.\u2014 Quelqu\u2019un de très bien, un noble et bel homme, ce qui ne gâte rien.Mon père l\u2019a en très grande considération: voilà de quoi vous rassurer sur le per- Septembre 1934 sonnage.Je suppose qu\u2019il est, lui aussi, du modèle « iceberg ».Roy Humphrey, cependant, ne se rassurait pas.La conversation qu\u2019il avait eue avec Duncan Helley le laissait perplexe.Ses doutes se changérent bientét en inquiétudes plus précises, et il ne trouva qu\u2019un moyen d\u2019y échapper: se rendre à Masefield sous le prétexte charitable d\u2019embrasser sa chère tante.Il arriva donc au château sans s\u2019y être annoncé, par une pluie torrentielle, et Mrs Humphrey reçut ce neveu ruisselant avec des cris de désolation : \u2014 Mon pauvre enfant ! Quel dévouement ! Par un temps pareil! Je suis sûre que vous allez attraper un refroidissement sérieux ! Elle avait fait entrer le jeune homme dans le petit salon attenant à sa chambre, et elle s\u2019empressait autour de lui comme autour d\u2019un enfant de 10 ans.\u2014 Je suis sûre que Sa Grâce ne permettrait jamais que vous repartiez par un temps pareil.Je vais lui demander.Je vais lui dire.Et la brave dame disparut dans un tourbillon de jupes soyeuses.\u2014 Je ne m\u2019étais pas trompé, songea Roy, la pluie me sera favorable.Mrs Humphrey revint bientôt, annonçant triomphalement que la marquise priait Roy de ne pas s\u2019en aller dans une semblable tourmente et de rester à dîner.La vérité était que Patricia agissait simplement par reconnaissance envers son chaperon si dévoué et par pitié pour ce malheureux Roy qu\u2019elle avait entrevu à Londres, lourd et gauche dans ses vêtements mal coupés.\u2014 Un déshérité de la nature, s\u2019était-elle dit; il n\u2019a sans doute pas souvent l\u2019occasion d\u2019aller dans le monde.Et puis, ne lui dois-je pas quelque reconnaissance pour sa discrétion à n\u2019être pas venu à Masefield depuis trois mois et pour n\u2019avoir pas empêché sa tante de se mettre à mon service ?Quoique ravi de l\u2019aubaine, Roy regretta son smoking; ce vêtement ultra-mon- dain étonna sa tante.\u2014 Autrefois dit-elle en riant, vous détestiez ceite tenue.\u2014 Autrefois, peut-être, mais j'ai changé depuis.Mrs Humphrey le regarda, bien campé dans un complet sobre, mas d\u2019une ligne élégante, et, de nouveau surprise, elle dit : C\u2019est vrai que vous avez changé.Sur les talons du jeune homme, le loulou blanc s\u2019était mis à aboyer furieusement : \u2014 Ce qui n\u2019a pas changé, répliqua Roy avec une colère mal contenue, c\u2019est lanthipathie de votre chien.\u2014 Je n\u2019y comprends rien, mon cher \"Roy.Il est si doux avec tout le monde!.Tenez, avec lady Patricia particulièrement: un seul mot d\u2019elle le couche a ses pieds pour des heures.III Le diner \u2014 Alors, dit Philippe intrigué, vous comptez ce soir un invité de plus ?\u2014 I eût été inhumain de renvoyer ce malheureux Roy sous une pluie battante.\u2014 Pourquoi « malheureux » ?demanda le docteur, qui se rapprochait des causeurs.Patricia leva des yeux pleins de sympathie sur son interlocuteur.Le fameux Dr Collen était l\u2019ami fidèle de Masefield, et avec M.Helley, le notaire, il faisait, comme il le disait lui-même, « partie des vieux meubles » L\u2019apparence du docteur était terrible a première vue: la marquise l\u2019avait dépeint à Philippe comme un homme « hérissé ».De fait, le docteur avait des cheveux gris qu\u2019il portait en brosse; de broussailleux sourcils ombrageaient ses yeux noirs, profondément enfoncés dans l\u2019orbite, et, au- dessus de ses lèvres minces, la moustache se dressait batailleuse, donnant à Collen un faux air d\u2019officier en retraite.Tel quel, il plaisait à ses amis et était cordialement détesté de ses ennemis .#1 serait mort plutôt que de ne pas dire la vérité, même à qui ne la demandait pas, et Patricia l\u2019appelait « l\u2019enfant terrible », les soirs où, ne pouvant refréner son besoin d\u2019attaque, il mettait son salon en révolution et ses invités en fuite.\u2014 « Malheureux », dit Patricia, répondant à la question du docteur, parce que La Revue Populaire je l\u2019ai vu à Londres il y a trois mois et qu\u2019il avait l'air d\u2019un pauvre diable.\u2014 Ne jugeons pas les gens sur la mine.D'ailleurs, ce monsieur ne peut être malheureux, sa tante ayant de petites rentes, ce me semble.\u2014 Oui, mais il a sans doute en contrepoids de grandes ambitions.Si j'avais été pauvre, conclut la marquise avec l\u2019aimable philosophie des gens riches, je crois que j'aurais eu de l\u2019ambition .Les deux hommes la regardèrent, renversée dans son fauteuil à haut dossier.La traine de sa robe de moire d\u2019un vert très doux serpentait sur le tapis; des roses d'argent au feuillage léger tremblotaient sur son épaule.\u2014 N\u2019en avez-vous donc pas ?demanda Philippe, la voix brève.\u2014 Aucune ambition, mon cher.\u2014 Il est évident que vous êtes favorisée, dit le docteur conciliant, et que vous n\u2019avez plus rien à désirer.\u2014 Absolument rien, répliqua la marquise.Et son regard brava Philippe, qui la fixait narquoisement.\u2014 On n\u2019avoue pas toujours ses secrètes ambitions, dit Philippe.\u2014 Je n\u2019en ai aucune.\u2014 Traduisons « idéal» si vous voulez.\u2014 Je n\u2019ai pas d\u2019idéal.\u2014 Alors, je vous plains ! La voix de Philippe avait jeté la réplique si sèchement que le docteur, ahuri, le regarda.Il voyait pour la première fois Patricia et Philippe aux prises, et en lui-même il admirait le comte de tenir tête à la marquise.\u2014 Mâtin ! il n\u2019a pas peur, songeait-il en voyant Philippe soutenir bravement le regard de la jeune femme.La première, lady Patricia se détourna: \u2014 Collen, quelle heure est-il ?\u2014 7 heures, belle dame; votre invité vous ferait-il attendre ?) \u2014 Le dîner n\u2019est qu\u2019à la demie.Tenez, voilà Me Helley; allez donc au-devant de lui: il est tellement myope qu\u2019il va se jeter dans l\u2019échiquier.\u2014 Eh bien, Monsieur Helley, demanda- t-elle gentiment dès que le docteur eut amené devant elle le petit homme, ce mauvais sujet de Duncan viendra-t-il ?\u2014 II viendra, dit le notaire d\u2019une voix funèbre, il viendra.Mais c\u2019est bien parce que Votre Grâce a insisté; ce misérable devait rester aux arrêts deux jours.\u2014 Voyons, mon ami, pouviez-vous me refuser le service d\u2019amener votre héritier, alors qu\u2019il est le seul à connaître le neveu de Mrs Humphrey ! Je n\u2019aime pas voir mes invités désorientés, et celui-là le serait, certes, s\u2019il n\u2019avait personne de connaissance auprès de lui ce soir.\u2014 Douce sollicitude ! murmura Philippe, agacé sans savoir pourquoi de cette intrusion d\u2019un inconnu dans Masefield.\u2014 Décidément, dit Patricia, qui ne put retenir un mouvement d\u2019impatience, vous êtes contrariant, ce soir.Elle s\u2019était levée d\u2019un jet et, par contenance, elle s\u2019appuyait a la cheminée, penchant un peu la tête pour voir le jeu des flammes.L\u2019entrée de Mrs Humphrey et de son neveu la surprit ainsi.Et Roy éprouva un saisissement intense à la retrouver chez elle, plus belle, plus hautaine, et par là même d\u2019autant plus attirante qu\u2019elle semblait plus inaccessible.Un peu étonnée, Patricia regardait s\u2019avancer Roy Humphrey, et elle reconnaissait mal l\u2019homme fruste entrevu à Londres.À son oreille, la voix moqueuse du comte murmura : \u2014 I a une bonne apparence, le « pauvre malheureux » ! Le docteur, lui, se contenta de dire, lorsqu\u2019il offrit son bras à la marquise pour passer à table : \u2014 Cet homme a un crâne déplaisant \u2026.Ce à quoi Patricia répondit : \u2014 Surtout, Collen, n\u2019allez pas le lui palper par distraction.\u2014 C\u2019est promis.Je me contenterai d\u2019observer.\u2014 N\u2019observez pas non plus, mon ami.Dinez tranquillement, et si vous voulez observer quelqu\u2019un, documentez-vous sur le pauvre Duncan, qui vient d\u2019échapper aux foudres paternelles, grâce à mon coup de téléphone de 5 heures.Duncan Helley faisait, en effet, son apparition dans la salle à manger.Son regard joyeux et franc chercha la mai.tresse de maison, et, sans même songer à s\u2019excuser de son léger retard, il baisa la main de Patricia dans \u2018un si chaud élan de reconnaissance que Roy, soupçonneux, lui jeta un mauvais regard.\u2014 Oh ! Votre Grâce, combien je vous suis obligé !.Venir passer une soirée à Masefield quand on se croyait condamné à compter jusqu\u2019à minuit les fleurs de la tapisserie !.Je ne trouve pas de mots.\u2014 N\u2019en trouvez pas, mon cher, dit Philippe avec flegme, car c\u2019est l\u2019heure du dîner.Tout le monde se mit à rire, et le Joyeux Duncan se trouva bientôt aux côtés de Roy Humphrey, devant la table merveilleusement servie de Masefield.\u2014 Mon cher, vous « arriverez » ! glissa- t-il d\u2019un air très sérieux à son voisin.Vous avez accompli un coup d\u2019audace et je vous remercie de m'avoir fait profiter de l\u2019aubaine.\u2014 Je ne comprends pas, dit Roy, glacial.Un pur hasard me fit rester au château ce soir.\u2014 Alors, bénissons le pur hasard qui nous réunit.\u2014 Dites donc, dit Roy, qui voulait se libérer d\u2019un soupçon pour jouir en paix de la soirée, vous avez l\u2019air au mieux avec la châtelaine.\u2014 Mais oui, du dernier bien ! \u2014 Vous ne m\u2019aviez pas dit.\u2014 Quoi ?\u2014 Que vous la connaissiez au point de lui parler avec tant de familiarité.\u2014 J'ai parlé avec familiarité ?\u2014 Plutôt! Et vous lui avez baisé la main .tellement longtemps.\u2014 Longtemps ! s\u2019étonna Duncan, qui avait peine à garder son sérieux.\u2014 Vous n\u2019en finissiez pas ! \u2014 Comptiez-vous les secondes, comme au match de boxe ?\u2014 Duncan, voulez-vous mon verre dans la figure ?\u2014 Roy, devenez-vous fou ?.Lady Patricia vous regarde, ce n\u2019est pas le moment de faire craquer le vernis, d\u2019autant plus que je vous préviens charitablement que nous sommes pourvus d\u2019un valet de pied ayant pris une concession à perpétuité derrière rotre dos.Par ailleurs, ne vous tourmentez pas de mes manifestations reconnaissantes à l\u2019égard de la mai.tresse du lieu: je ne vise pas les étoiles, moi! \u2014 Je sais, dit Roy rassuré: votre ambition a la hauteur d\u2019un coffre-fort, et vos désirs s\u2019inscrivent sur chèque ! Duncan parut ne pas entendre, et, ramenant Roy à des considérations d\u2019ordre général, il l\u2019orienta peu à peu vers la conversation sérieuse que tenaient Patricia et les trois hommes.Quant à Mrs Humphrey et Miss Ellen, elles gardaient toujours, dans des diners de ce genre, une réserve discrète que Philippe trouvait exagérée.Sans doute, la marquise de Masefield était brillante en conversation; elle joignait à une instruction très étendue et à de grandes connaissances artistiques et littéraires son charme profond de femme du monde.Mais avait-elle le droit, a table comme ailleurs, de s\u2019ériger en souveraine et de profiter des dons que Dieu lui accordait libéralement pour dominer mieux et toujours son prochain ?Combien Philippe eût désiré la voir autre! Comme il souhaitait ardemment qu\u2019elle se révélât une femme, une épouse, Une mère, cette Souveraine qui discutait avec Collen et Helley en leur donnant si vivement la réplique que Duncan, admiratif, poussa son voisin d\u2019un coude pointu: \u2014 Eh! vieux, écoutez-moi ça ! .Elle a été à l\u2019Université, vous savez.Mais il importait peu à Philippe de savoir le degré d\u2019instruction de la marquise.Au lieu de se mêler à la conversation, qui pourtant l\u2019intéressait, il s\u2019en isola volontairement, devint pensif.Il oublia la table où il dinait, l\u2019hôtesse charmante, les convives agréables ou indifférents.Il revivait dans l'atelier de la villa Béatrice, dans le paradis, comme disait Fiorella, et à la jolie femme penchée sur la table étincelante il opposait la douce et sereine figure de Béatrice.\u2014 «Ma dame de vertu », songea-t-il avec amertume.Et il parut tout à coup à Philippe qu\u2019il avait entrepris une tâche au-dessus de ses forces, que jamais la Souveraine au front hautain, à la parole brillante, qui donnait ce soir la réplique à un homme célèbre, que celle-là ne pourrait devenir Toujours EN TRAIN avec PEP Aliment délicieux pour écoliers et écolières LEs ENFANTS dépensent beaucoup d\u2019énergie.Aussi, leur faut-il une alimentation nourrissante.Tous aiment le PEP de Kellogg.Ces flocons croustillants ont la saveur du blé grillé.Protéine et vitamine B.PEP se digère facilement et n\u2019alourdit pas.Excellent pour le moral et le physique des écoliers et écolières.Un peu de son rend PEP légèrement laxatif.Achetez PEP de Kellogg chez votre épicier.Servez-en souvent.Au déjeuner, dîner et souper.Toujours prêt à servir avec lait ou crème.Toujours frais comme au sortir du four dans le sac intérieur CIRE cacheté à la vapeur \u2014 exclusif à Kellogg, London, Ontario.a SA R pese Zz.My, ed NN ARN R oN AS Pa 2) NN 26 une Béatrice, la vraie femme instigatrice et conseillère, apaisante clarté, guidang sirement vers le meilldur, vers l'idéal, vers Dieu.Car ce n\u2019est pas pour soi qu\u2019on fait fructifier les dons du ciel: la lampe que nous retirons du boisseau ne doit pas seulement éclairer nos fronts orgueilleux, et si nous sommes çomme un reflet du Soleil divin, c\u2019est pour baigner de charité et de bonté les coins astombris du mende malheureux.IV Un peu de-ciel.Lady Patricia sonna deux \u2018fois à la porte de la villa.Ce fut le vieux Marco, le mari de Josépha, qui vint ouvrir.\u2014 Le comte de Sérignac peut-il me recevoir ?\u2014 Monsieur n'est pas là, Votre Grâce.Monsieur est à la messe.Patricia, sur le seuil, demeura stupéfait.« À la messe ! .» Elle n\u2019eût jamais süpposé que Philippe allât à l\u2019église en semaine; cela lui parut extraordinaire.Puis, comme une petite voix pointue se faisait entendre du haut de l\u2019escalier, trahissant l\u2019impatiente Fiorella, la jeune femme se décida et entra.Après tout, Philippe et elle étaient assez camarades pour se soucier peu, en visite, des heures protocolaires.Quand le domestique l\u2019eut débarrassée de ses fourures et qu\u2019elle s\u2019engagea dans l\u2019escalier, élégante et fine sous la robe de lainage beige, à poignets et à col de soie rose, la petite voix pointue déjà entendue proclama.\u2014 Vous avez l\u2019air d\u2019une jeune fille, Madame Béatrice ! Et Fiorella, sans soucis de sa robe de nuit et de ses pieds nus, jeta ses mains au cou de Patrigia.\u2014 Vilaine enfant! dit allez prendre froid.Elle l\u2019enleva dans ses bras, poussa du genou la porte entre-bâillée de la chambre et, maternelle, remit soigneusement l\u2019enfant sous ses couvertures.\u2014 Pourquoi dites-vous que j'ai l\u2019air d\u2019une jeune fille, Fiorella ?\u2014 Dites-moi «tu», glissa l'enfant, qui roulait son expressive petite tête sur l\u2019ébène de ses boucles.\u2014 En Angleterre, nous disons «vous», répliqua Patricia, très digne.\u2014 Mais quand vous parlez français.cu italien.Papa a dit.\u2014 Qu\u2019a-t-il dit ?\u2014 Que vous parliez l\u2019italien comme un oiseau chante.\u2014 Très flattée ! \u2014 Alors, vous me direz < tu » ?\u2014 Je ne dis jamais eela aux petites filles punies.Et tu as été punie hier soir, ma Fiorella.\u2014 Aujourd\u2019hui aussi, Madame Béatrice, aujourd\u2019hui aussi !.Papa est très sévère, et il ne pardonne jamais.\u2014 Et moi qui étais venue pour lever ta punition.\u2014- Eh bien, vous ne lèverez rien du tout, Madame Béatrice, ear papa dira non.\u2014 Nous verrons cela.Maintenant, reprit Patricia avec une obstination qui l\u2019étonna elle-même, pourquoi me crois-tu vieille ?\u2014 Parce qu\u2019on vous appelle « Madame ».\u2014 En Angleterre, on nous appelle « Madame » quand nous portons un titre.\u2014 Jaimerais cela, dit Florella songeuse.C\u2019est très agréable d\u2019être appelée «Ma- dames sans être obligée d\u2019avoir un mari.Un mari, c\u2019est plus sévère encore qu\u2019un père.Et, vous savez, un père, quand ça s\u2019y met.\u2026.\u2014 Qu\u2019avais tu donc fait ?\u2014 Je m\u2019étais promenée.\u2014 Oui, je les connais, tes promenades, petite pécheuse de lune, et si je te pardonne d\u2019aimet la nature, je ne puis t\u2019approuver d\u2019inquiéter ton père.\u2014 Bravo! dit une voix joyeuse.Et le comte parut sur le seuil.H vint baiser la main de Patricia et regarda froidement le petit lutin qui, du fond de son oreiller, lui jetait un regard implorant.\u2014 Voici, Madame, une indisciplinée qui ne méritait point votre visite.\u2014 C\u2019est pourtant pour elle que je suis venue, dit la marquise en souriant.Elle levait sur Philippe, qui était debout, ses grands yeux, aussi éloquents que celle-ci, vous La Revue Populaire ceux de Fiorella; et a se sentir ainsi petite devant lui, comme affinée par sa robe du matin et son mignon Eapeau de feuilles veloutées, elle se rappelait la phrase expressive de l\u2019enfant : « Vous avez l\u2019air d\u2019une jeune fille.» \u2014 Je suis venue, dit-elle, pour que vous pardonniez.C\u2019est la première fois depuis ma convalescence que je me lève de bonne heure pour traverser le parc et gagner la villa.Tout cela pour name- ner Fiorella pardonnée.\u2014 N\u2019avions-nous pas à teprendre nos séances ?dit le comte, comme s\u2019il n\u2019avait pas compris.\u2014 Sans doute, murmura la jeune femme décontenancée, mais j'étais venue pour Fiorella.\u2014 Nous nous occuperons plus tard de Fiorella.Avez-vous votre blousse, vos instruments ?.\u2014 Tout est la-haut.\u2014 Eh bien, montons.Quant à vous, Mademoiselle, n\u2019oubliez pas qu\u2019il vous est interdit de quitter la chambre.\u2014 Oui, papa, dit une petite voix soumise qui remua le coeur de Patricia.Comme elle gravissait l\u2019escalier devant le comte, elle se retourna, un peu révoltée : \u2014 Elle est admirable, cette petite, dit- elle avec l\u2019exagéçation propre à toute femme qui défend son sexe.\u2014 Pourquoi ?Parce qu\u2019elle obéit ?.Jen connais qui le font avec autant de simplicité qu\u2019elle-même.\u2014 Vous dites cela parce que je vais travailler par ordre.Je le fais, croyez- le, parce que cela me plait! \u2014 Non, cela ne vous plait pas, dit Philippe très calme en mettant sa grande blouse.Vous aviez même disposé de votre matinée \u2026.Seulement, vous avez pensé qu\u2019en mépageant l\u2019humeur autoritaire du père vous obtiendriez le pardon de enfant.Patricia jeta la blouse qu\u2019elle allait mettre.\u2014 Je.commença-t-elle avec violence.Philippe Finterrompit aussitôt pour continuer : \u2014 Et vous obtiendrez ce pardon, Madame, vous ramènezez au ehâteau la petite indisciplinée, parce que, si je suis un père 1rès sévère, j'ai toujours été vain- en par le geste essentiellement féminim\u2026 T] y a dans ce geste qui nous émeut une évocation si puissante de la mère que nous avons eue, de l\u2019épouse que nous avons aimé, que nous ne pouvons demeurer implacable.Etre vraiment femme, quelle puissance ! Sans un mot, Patricia avait ramasbé sa blouse et la mettait.Et tandis qu\u2019elle suivait les indications que lui donnait Philippe pour son travail, la phrase entendue flottait dans son esprit : Etre vraiment femme, quelle puissance ! » \u2014 Lorsque vous serez fatiguée, dit le comte, il faudra vous arrêter immédiatement .La reprise du travail vous semblera pénible, je vous préviens.\u2014 Je m'en doutais vi fort que je la remettais tous les jours.\u2014 Aussi vous ai-je prise en traître, dit Philippe cn tiant.Je ne m'attendais guère à vous trouver ici à 9 heures du matin.\u2014 Et mof je ne m'attendais pas davantage à apprendre votre assistance à la messe en semaine.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je ne puis exprimer ma pensée.Cela m\u2019a paru.bizarre, à première vue.Le comte l\u2019écoutait avec un fin sourire.\u2014-.Qu\u2019une femme aille beaucoup à l\u2019église, je le comprends encore, dit Patricia.Elle a souvent de ces faiblesses, de ces découragements qui demandent le secours moral.Mais un homme, avec son énergie naturelle, sa force physique, son intelligence .Philippe s\u2019était penché sur son travail; il ne souriait plus.\u2014 Alors, dit-il lentement, vous croyez, vous, qu\u2019un homme, parce qu\u2019il est fort, énergique, intelligent, parce qu\u2019il est homme, enfin, puisse ne point conriaître ces heures de découragement profond où le devoir fait peur, où la tâche de chaque Jour devient fastidieuse .Et parce qu\u2019il est homme, Madame, vous croyez que l'Eglise n\u2019est pas ouverte pour lui comme pour la femme malheureuse, et qu\u2019elle ne se penchera pas aussi sur ses blessures pour les panser et les guérir ?.Mais ai je n\u2019avais pas été ce matin chercher Ic réconfort, vous ne me trouveriez pas à l'heure qu\u2019il est dans cet atelier.Je serais dans le solennel salon de Masefield, afin de vous annonçer mon départ.\u2014- Votre départ ! \u2014 Oui, Madame, j'ai connu hier soir ce moment de découragement insurmontable que vous avez nié tout à l\u2019heure\u2026 et c\u2019est pourquoi je me suis rendu ce matin à la chapelle pour obtenir du ciel ce œue la nauvre humanité me refusait.C\u2019était la première fois que le comte parlait aussi directement de sa vie spirituelle; Patricia en demeura saisie comme devant une soudaine révélation.\u2014 Je me demande, fit-elle, machinale, ce qui avait pu vous décourager à ce point.\u2014 Beaucoup de choses.qu\u2019il vaut mieux pour vous ne pas savoir.Jai entrepris une tiche.mettons de charité.une tâche très difficile, et j'étais sur le point de l\u2019abandonner.Il croyait parler par énigmes, sans se douter que toute son Ame se révélait a Patricia.Il continua : \u2014 Mais la paix est revenue.Me sentant absolument incapable de poursuivre mon oeuvre et n\u2019ayant plus que mes seuls désirs de «faire le mieux », j'ai demandé à Celui qui peut tout de travailler pour moi.\u2014 Mais, dit Patricia, emoortée maleré elle dans ce domaine spirituel qu\u2019elle voulait ignorer, où sera votre mérite si vous anéantissez toute action ?\u2014 Je subirai l\u2019action de Dieu.Mada- mes tout est là.J'ai dit: « Faites », et il fera.Oui, tout est là.\u2014 Monsieur Philippe,je ne comvrends pas.Si votre Dieu est un Dieu de bonté, il ne pourra vous faire subir qu\u2019une action bienfaisante.\u2014 Suis-je mérhant pour avoir puni sévèrement Fiorella ?\u2014 Non, certes, mais elle l\u2019avait mérité.Si j'ai bien saisi votre vensée.religieuse.vous avez demandé à Dieu d\u2019accomnlir votre oeuvre en vous offrant à son action.quelle qu\u2019elle soit.\u2014 C\u2019est cela même, Malame.\u2014 Et cela est ridicule, nermettez-moi de vous le dire, Monsienr Philippe.ou nIntdt cela serait ridicule et téméraire si Pien existait.Supposons donc que Dieu existe et qu\u2019il vous envotre, à votre demande, du reste, vne épreuve trop lourde nour vos forres ! \u2014 Oh ! nardon, Madame, ici nous ne pouvons plvs nons entendre; Dieu n\u2019eri- voie la sonffrance qu\u2019avec sa grâce, et aver Ja grâce nous pouvons tout.II répéta : \u2014 Tout ! Ft.comme Patricia souriait d'un air scewime, il ne owt se retenir de dire: \u2014 Mais vovons, Madame, vons le savez bien qu\u2019un homme est capable de tous les cowrages quand la grâce de Dieu le porte ! La marquise avait jeté les mains sur sa poitrine: ce ne fut qu\u2019un geste bref, mais Philippe le vit et s\u2019en émeut : \u2014 Pardonnez-moi, j'ai été dur.\u2014 T1 le fallait, dit-elle.Pai compris.Elle s\u2019était remise au travail, et, à son tour, expliqua d\u2019une voix douce et lente: \u2014 Hier soir, je me suis bien anerçue que vous étiez mécontent.Javoue avoir été aussi peu sincére et aussi peu « Béatrice » ane possible.bien que votre fille m\u2019ait décerné ce titre a jamais.Vous savez.on ne change pas en un jour.Cela viendra .Masefield n\u2019est-il pas redevenn Masefield ?.Il est évident que j'aime montrer que je suis savante en donnant la réplique aux hommes \u2018omme au doctenr, par exemple.que ie me réjouis de n\u2019avoir point le profil tourmenté d\u2019Ellen.que ie rends grâce au ciel (existant ou non) des biens qui me sont érhus en partage.et que mes défauts feraient, à eux seuls, un amoncellement suscentible d\u2019arrêter la cireulation dans Oxford Circus.Mais, Monsieur Philippe, il y a quelquefois dans les coeurs de jolies choses qui dorment comme ces tableaux de valeur qu\u2019on découvre dans un grenier, le nez au mur.Et il suffit d\u2019une heure, d\u2019un geste.d\u2019une trouée lumineuse dans l\u2019ombre de la vie, pour que les jolies choses endormies se réveillent.Monsieur Philippe, n\u2019allez-vous pas pardonner à la petite Fiorella ?.Me voilà si fatiguée tout à coup!.\u2026 Dites-moi, - Sepgembre 1934 Vv La touche de douleur Ce fut une joyeuse petite fille que Patricia emmena ce jour-là à Masefield, et lorsque Fiorella se trouva dans les appartements de la marquise, elle jeta cetle exclamation naïve : \u2014 Voilà, cette fois, un rêve vrai ! Et, comme la jeune femme riait de l\u2019expression, elle expliqua, très sérieuse : \u2014 Mais c\u2019est la vérité, Madame Patricia, que j'ai fait souvent le rêve d\u2019être à Masefield, comme nne petite fille a vous.Papa parle souvent de maman, mais je ne l\u2019ai pas connue, et depuis que j\u2019habite votre pays, J\u2019éprouve un très grand bonheur a m\u2019imaginer maman comme vous.Un peu émue, la marquise cessa de dévêtir l\u2019enfant pour la mieux regarder.Fiorella interpréta au plus mal ls silence de sa chère « Mme Béatrice ».\u2014 Vous pensez, dit-elle, que je serais une fille insupportable, avec toutes mes promenades ?\u2014 Non, dit lady Patricia, qui se mit à rire, je ne pensais pas à cela.Néanmoins, je blime vivement ce que tu appelles avec indulgence tes promenades.Le vieux John m\u2019a dit t\u2019avoir vue parler aux bohémiens.Fiorella ne parut pas inquiète de voir la marquise- si bien renseignée; mais, comme celle-ci lui détachait sa mante de bure blanche, un petit panier parut, précieusement serré contre la poitrine de l\u2019enfant.\u2014 Que tiens tu Tà ?\u2014 Un cadeau pour vous, Madame.Un panier tressé par moi.par moi toute seule, je vous Vaffirme.La bohémienne m\u2019a seulement montré.\u2014 La bohémienne! Qu\u2019est-ce que tu racontes ?\u2014 Mais.c\u2019est elle qui m\u2019apprend a faire des paniers .Elle est capable comme une fée.Si vous voulez, je pourrai vous y conduire.\u2014 Non seulement je n\u2019y tiens pas, dit la marquise avec une froideur voulue, mais encore je l\u2019interdis formellement de revoir ces gens-là, et, au besoin, je préviendrai ton père.\u2014 Papa ! Ah! Seigneur, ne faites pas cela, Madame.Ce serait d\u2019une cruaw té sans nom ! \u2014 « Cruauté !»> On voit que tu as du sang italien dans les veines, les exagérations de langage ne te font pas peur.Allons, viens dans la serre; je veux 3e montrer les nouvelles fleurs.mais à une condition.\u2014 Laquelle, Madame?demanda l\u2019interpellée prudemment.\u2014 À la condition de ne plus fabriquer de paniers.\u2014 Oh ! elle fait aussi des colliers, murmura la petite futée d\u2019un air candide.\u2014 Ni paniers, ni colliers, ni rien !.Tw ne verras plus ces gens, ou je les expulse de mes terres dans les vingt-quatre heures ! \u2014 Cela, dit Fiorella entre ses dents, ce serait absolument inhumain.Comme, a ces mots, lady Patricia pressait le pas pour l\u2019attraper, la petite fille se mit à courir dans l'escalier, et, à mi- chemin, se voyant près d\u2019être atteinte, enjamba subitement la rampe et acheva le trajet en un éclair.\u2014 Quel feu follet ! soupira la marquise, partagée entre l\u2019envie de rire et celle de se fâcher.Len\" La journée se passa le plus agréablement du monde pour Fiorella: la marquise, si autoritaire avec les autres, se soumit d\u2019assez bonne grâce à tous les caprices de l\u2019enfant.Au déjeuner, cependant, elle s\u2019étonna de son peu d\u2019appétit : \u2014 Ne manges-tu pas plus chez toi?damanda t-elle, inquiète \u2014 Si, quelquefois .Mais aujourd\u2019hui, vous comprenez, c\u2019est peut-être la joie d\u2019être avec vous.Combien il est regrettable que je n\u2019aie pas vingt ans de plus pour remplacer Mrs Humphrey ou Miss Ellen ! Les deux chaperons se mirent à rire, et la marquise assura qu\u2019il fallait plus de vingt huit ans pour être dame de compagnie, attendu qu\u2019elle avait déjà à elle seule les vingt-huit ans désirés.(Suite à la page 35) Septembre 1934 Si votre salle à manger est petite, pourquoi ne pas adopter l\u2019ingénieuse disposition de celle-ci ?La table de verre repose sur des pieds carrés en bois ivoirin dont l\u2019éclut s\u2019harmonise avec celui des murs et des chaises.Une salle à manger de ce genre peut servir à la fois de boudoir.La Revue Populaire Un intérieur agréable Un coin de boudoir.Les faïences qui décorent Ia cheminée ont été importées de Hollande et la glace de Venise.À gauche, c\u2019est le cabinet de travail ou bibliothèque.Comment aimez-vous la disposition des gravures tout autour du miroir, au-dessus de la cheminée ?Leurs sujets n\u2019ont rien de gai, ces estampes sur papier de riz représentant des scènes de tortures chinoises.27 28 La Revue Populaire Septembre 1931 BOIS et METAL en ART MODERNE Un boudoir, création de Paul Grisser, qui est dans la note moderne la plus sobre et la plus courante.Boudoir ultra-moderne de Djo Bourgeois, Paris, servant également de salle à manger.Ici, tous les meubles sont métalliques.Les pièces de cet ensemblier ressemblent d'ailleurs à des cliniques.Ameublement de chambre à coucher dont la beauté réside dans la simplicité des lignes et la couleur du bois.Bois et métal mélés font un tout harmonieux.Ce petit cabinet de travail, rehaussé de couleurs claires, est d\u2019un modernisme très modéré, \u201d sexe lette, chic et peu coûteuse, peut cuter sans grandes difficult és.léger, coquet et seyant.Cette toi- Un petit ensemble de fin d\u2019été, dix-huitiè me siè femmes cle- évoque celle coiffure « Halo ».Verree Teasdale.étoile Warner, dont la fine beauté des Un profil délicat et charmant, une du au royaume de la femme LE CHIC et la BEAUTE Septembre 1934 La Revue Populaire a 80 Septembre 1934 La Revue Populaire DELICAT DIADEME EN © DIADEMES ECAILLE ET ARGENT ve imag sa owe pA tp Le it orm Hi < SEN Ce Ea 5 bl \u201c« x an?se, ps N° * 74 LS ok 4 iy 4 % i on Su f ¥ ze x o« yor BS ae RS Na va ; he a 14 § tr A AUGUSTE BONNAZ Paris : ee I Le a a S > ~~ 4 jose + ald 5 \u2014 \u2014 55 if ».31 Septembre 1934 La Revue Populaire DIADEME EN IMITATION DE BELLES PERLES FINES 3 \u201c POUR LE SOIR Re = Ge ., = - d vit A ce ee : 2 $ PS + de = G1 wos i - Le 3 s yo Sh .apt A i i nh i Lb - on Fe a a F5 2 a os i a A i ue a a = i ih se A Le Heb Gi i a; 3 \u201c = i wi » pi: Py + i > ; a k #4 55 = ww RS 3 ut i 3 3% i a pr i .ik Ge i) Ë .X ve a PA + jos x hd 2.a i ; Si = i 1 a Si Je i = .An 2 Py! ok % i a 55 2 or 4 4 ve i ; # i + a , i a \u201ci i 5; ae 2 Fée ç 0 jee = .So sh Le .i \u201cte i % 2 oh i 7 i A.i i =.ae Lig Lo Ë i iE = ; s 7 i at ge i he x Le iv 7 4 ow .0 PHOTOS SCAIONI, PARIS, EXCLUSIVES A i i LA REVUE POPULAIRE i Gi on i od .> i ae - i i i on © 3 ge x 3 i: a # x ¥ vo jis i oo = is i hy a Ti Ee i 4 32 La Revue Populaire Septembre 1934 POUR LE VOYAGE PHOTOS SCAIONI, PARIS, EXCLUSIVES A LA REVUE POPULAIRE POUR LA PLAGE CREED ENSEMBLE SPORT EN LIN BLOUSE DE FLANELLE BEIGE \u201c MOLYNEUX PYJAMA DE TOILE ROSE; CEINTURE ET CHAPEAU DE TOILE BLANCHE RAYEE BLEU. Septembre 1934 L'entretien du Linoléum © Le linoléum est facile à nettoyer et facile à tenir propre.Jointe à sa durée, cette facilité d\u2019entretien assure au linoléum un avantage distinct sur les autres genres de couvre-planchers en ce qui concerne le coût d'entretien.Les quelques conseils et suggestions qui suivent vous aideront à réduire ce coût au minimum, tout en vous assurant des planchers à la fois prop-es et attrayants.N\u2019EMPLOYEZ PAS DE SAVONS FORTS @ Nombre de savons forts contiennent des alcalis qui comme nous l\u2019avons déjà fait observer, ont un effet chimique sur linoléum, produisant de la saponification et, finalement, de la désagrégation.DOMOLAC ASSURE BEAUTE ET PROTECTION ® Domolac, comme son nom l'indique, est une laque.Diluée à la consistance de l\u2019eau, Domolac s'applique au pinceau.Un gallon couvre approximativement 75 verges carrées.Elle forme une surface dure et lisse, qui empêche la poussière, le gravier et d\u2019autres saletés de s\u2019incruster dans la surfacce du linoléum, et rend le nettoyage deux fois plus facile.Une couche de Domolac élimine entièrement la nécessité d\u2019employer du savon.Il suffit de passer légèrement la vadrouille à l\u2019eau chaude pour garder le plancher en parfaite condition.Toutes traces de graisse, savon et saleté doivent être enlevées au benzine avant de procéder à l'application de Domolac.CIRE © L'application de cire sur Domolac constitue un fini parfait.Domolac assure la couche protectrice et donne plus de relief aux couleurs du plancher; la cire produit une surface lustrée qui rehausse encore la beauté du plancher.On peut aussi très bien appliquer la cire sans passer préalablement le plancher à la Domolac, mais bien que l\u2019on obtienne ainsi des résultats satisfaisants, le fini n\u2019a pas la beauté qu\u2019assure la combinaison de la cire et de la Domolac.Pour fins de cirage, nous recommandons la Cire Liquide Dominion.NETTOYAGE À LA CIRE © La Cire Liquide Dominion nettoie en même temps qu'elle polit.En vous en servant pour nettoyer, vous n\u2019avez pas besoin d\u2019employer ni cau ni savon.Pour fins de nettoyage, vous appliquez généreusement la Cire Liquide sur les taches.Etant liquide, la cire désagrège naturellement la saleté, et il ne vous reste plus ensuite qu\u2019à essuyer avec un linge pour l'enlever avec la cire elle-même.Vous appliquez après cela une mince couche de cire et polissez comme à l\u2019ordinaire.Si vous avez à nettoyer un plancher très szle, enlevez d\u2019abord toute la vieille cire à l\u2019aide de benzine, puis cirez à neuf.NETTOYAGE A L'EAU ET AU SAVON © Si vous préférez la méthode du nettoyage à l\u2019eau et au savon, employez un savon doux, de préférence du type à l\u2019huile de lin.L\u2019eau doit être tiède et non pas très chaude.Un savon à l'huile de lin laisse à la surface du linoléum une légère trace d'huile qui semble le revivifier et lui donner un regain d\u2019éclat.Mais quel que soit le genre de savon utilisé, le plancher doit être rincé soigneusement après le nettoyage.NE DEROULEZ PAS LE LINOLEUM AU FROID @ Le linoléum devient cassant au froid et risque de se fendre, si vous le manipulez sans précaution ou si vous le déroulez par temps froid.Ne laissez jamais tomber des rouleaux de linoléum.En hiver, vous devez garder le linoléum dans une pièce réchauffée, pendant 48 heures, avant de le dérouler.En le recevant, défaites l\u2019enveloppe et desserrez le rouleu.Pendant la pose, voyez à maintenir dans la pièce une température moyenne, de 60 à 70 degrés F.NE POSEZ PAS LE LINOLEUM SUR DES PLANCHERS HUMIDES @ Ne posez jamais de linoléum sur un plancher humide, qu\u2019il soit en bois ou en béton, ou à proximité de radiateurs ou tuyaux à vapeur qui suintent.Voyez à ce que le plancher ne soit jamais exposé à recevoir de l\u2019humidité par en-dessous.L\u2019humidité dans un plancher est cause de rouille ou de moisissure, désagrège le ciment et s\u2019attaque au linoléum.La Revue Populaire 33 POUR ETRE BELLE Quelques bons conseils Comment soigner son visage et rester jolie ?11 n\u2019existe pas deux épidermes semblables; chaque teint a ses exigences spéciales; toute personne désirant obtenir un teint parfait doit soumettre sa peau à un régime conforme à sa nature.Employer de temps en temps l\u2019eau de pluie en ablution.Se laver au moins une fois par semaine avec du lait frais non cuit.Pendant la saison des fruits, faire une cure sur la peau quinze à vingt jours au moins, à intervalles réguliers.Ecraser une fraise bien mûre, enduire le visage, garder huit à dix minutes; rincer à l\u2019eau distillée de roses ou à l\u2019eau de pluie.Frotter le visage le matin avec une pêche bien mûre, garder une heure, rincer à l\u2019eau distillée ou à l\u2019eau de pluie.Une pomme cuite dans du lait est un précieux antiride.Un jaune d'oeuf sur la peau la nourrit et la satine.Le lait et le citron, alliés ensemble, nettoient admirablement, mais irritent un peu il faut faire très attention.Mme HELENA RUBINSTEIN célèbre experte en soins de beauté dont les produits sont universellement connus, tenant un masque africain, l\u2019un des plus curieux de son intéressante et précieuse collection.Le maquillage vient à notre secours pour nous rendre confiance dans la vie.Un peu de rouge aux joues ravivera les traits.Pour les visages longs, mettre le rouge un peu haut sous les yeux et vers les tempes.Pour les visages ronds, mettre plus sur les joues et vers les oreilles.Diminuer la bouche en appliquant seulement vers le milieu.Border les lèvres avec un peu de poudre, pour effacer le dur coup de crayon.Brosser les cils, ouvrir l\u2019oeil, poser délicatement un doigt entre les deux paupières et refermer sur le doigt, les cils redressés semblant plus longs.Un peu de fard mis à l\u2019estompe au bord de la paupière supérieure, à la racine des cils, alanguit le regard.Une pointe de rouge très fondu dans le coin des yeux en allant vers la racine du nez, ravive l\u2019éclat des yeux d\u2019une façon intense.Je ne conseille pas de suivre toujours les changements de la mode; il faut s\u2019en rapprocher et surtout avoir et garder bien à soi sa personnalité comme on défend son âge et son parfum.Il faut classer les produits de beauté en deux catégories: ceux qui couvrent la peau et présentent un effet immédiat, momentané: crème pour tenir la poudre, fards, etc.puis les produits qui ont une action directe sur le cas à traiter qui transforment l\u2019épiderme et dont l\u2019effet est durable.Le point essentiel est de savoir ceux qui conviennent à son type et de les employer intelligemment. 34 La Revue Populaire Radio A TRAVERS le salmigondis des programmes radiophoniques, il en est qui nous étonnent par leur remarquable tenue littéraire.C\u2019est ainsi que nous avons particulièrement remarqué « Au clair de lune » qui est à Radio-Etat une réplique charmante de la légende de Pierrot et Pierrette.Un.programme qui nous étonne, avons- nous dit.Au fait, celui-ci se détache des autres non-seulement pour l\u2019originalité du sujet et la langue qu\u2019on y parle mais aussi pour la parfaite diction de l\u2019auteur, Mademoiselle Berthe Lavoie.Les autres artistes du « Clair de Lune » sont Mlle Fabiola Poirier, Mme Char- tier et M.Louis Chartier.Mlle Lavoie s\u2019est fait une réputation heureuse d'auteur et de diseuse- Elle a collaboré à plusieurs revues sous la signature de Claudette et ses chroniques furent très appréciées.Elle a aussi donné des conférences et fait du théâtre amateur, jouant pour des oeuvres de charité.Elle a créé les principaux rôles des comédies de M.Léopold Houlé, notre ancien confrère, aujourd\u2019hui publiciste français de la Commission de la Radio, parmi lesquelles «Le Presbytère en Fleurs» et « Matines et Laudes », celle-ci avec Madame Léon Mercier-Gouin.Félicitations à la Commission pour cet engagement.* Mademoiselle Alice Myette, pianiste bien connue à Montréal, fait maintenant partie du poste CRCM de la régie de Radio-Etat.C\u2019est une acquisition pour cette station de TSF où elle a la direction de la bibliothèque musicale et la surveillance des auditions, etc.* Les lettres d'appel du nouveau poste de radio à Québec seront CRCK.C\u2019est, si l\u2019on veut, l\u2019anagramme du nom de la régie de Radio-Etat: Commission canadienne de la Radio, Québec.On avait d\u2019abord mis la lettre Q, pour Québec, mais on a corrigé le tout en remplaçant cette lettre par K, du nom originairement apelé Kébec.N\u2019insistons pas de peur que tout commentaire a ce sujet paraisse malséant.Sait-on que de toutes les stations de TSF de notre province, c\u2019est CRCM qui donne le plus de français.La régie de Radio-Etat donne là un bel exemple que nous voudrions bien voir zuivre ailleurs.& C\u2019est une chorale de Québec qui se rendra aux fêtes de Gaspé.Il avait été question d'engager des chanteurs de Montréal.Le fait est que les candidatures furent en nombre chez les maîtres de chapelle désireux d\u2019aller à Gaspé.Nous n\u2019avons pas de préférence mais il n\u2019est pas douteux, après avoir jugé les chorales à la radio depuis Noël dernier, que plusieurs auraient également fait bonne figure lors des fêtes de Cartier.Parions que Radio-Etat ne diffusera pas ce programme aux Etats-Unis comme ce fut déjà son intention.Parmi les associations les plus remarquables que nous aurions aimé voir partir pour ces fêtes, citons au hasard l\u2019Orphéon, les Disciples de Massenet, Chanteurs de Montréal, la Schola Cantorum, etc.e les On dit que la Fanfare de la Garde Républicaine viendra prendre part aux fêtes de Gaspé.Voilà cer- 177 monte EAN Septembre 1934 Mlle BERTHE LAVOIE Auteur et diseuse.Mlle Lavoie a collaboré à plusieurs revues sous le pseudonyme de Claudette, donné des conférences et fait du théâtre amateur.tes ce que les radiophiles aimeront assurément entendre.Les voeux de ces derniers se réaliseront sans doute puisque la Radio d\u2019état diffusera les diverses cérémonies qui se dérouleront à Gaspé.& La régie de Radio-Etat gardera iA Pas Las (pre Diva et étoile de cinéma.Lily Pons, la grande cantatrice française que nous entendrons de nouveau à la radio cet automne et Norma Shearer, la star canadienne, sont deux amies intimes.à son emploi la plupart des musiciens qui vinrent remplacer les instrumentistes en grève.Tant mieux.Aurait-il été juste alors que ces artistes seraient venus au secours de la Commission, qu\u2019on les renvoyât pour les remplacer par des musiciens syndiqués relevant du bureau-chef de New-York ou de Chicago ?Ce n\u2019est qu\u2019après la visite de Webber, président général de la fédération américaine, à Ottawa, que la grève prit fin.Ce qui prouve assez clairement la dépendance de l\u2019Union canadienne.¢ Les statistiques fédérales de 1931 établissent qu\u2019il y avait dans les villages de la province d\u2019Ontario un peu plus de 40,000 appareils récepteurs de radio et dans la province de Québec environ 8000 Peut-être y aurait-il une réforme à faire dans cette voie.Pour ma part, à moins d\u2019avoir des programmes radiophoniques mieux balancés, avec plus de français et un peu moins de jazz, je he vois pas la nécessité d\u2019encombrer les foyers ruraux de cet agent de déformation auditive.Quand donc aurons-nous un poste de TSF qui nous donnera de quoi satisfaire les goûts de la bonne classe ? San Ar Septembre 1934 La Revue Populaire % LA SOUVERAINE (Suit de la page 26) \u2014 Ft même plus, ajouta-t-elle amèrement.\u2014 Plus! dit Fiorella, sidérée.Mais que faites-vous pour qu\u2019on ne le sache pas ?\u2014 Mais rien du tout, petite fille.Du reste, cela se voit pour les autres.\u2014 Les autres ?Quels autres ! demanda l\u2019enfant qui aimait les précisions.\u2014 Tout le monde ! \u2014 Papa, par exemple ?\u2014 Si tu veux.\u2014 Je lui poserai une devinette demain: «Quel age donnes-tu a Mme Béatrice ?» Papa me dira, j'en suis sûre: « Vingt ans.» Et je répondrai.\u2014Et tu répondras ?\u2014 Quarante ! \u2014 Grands dieux ! s\u2019écria la marquise horrifiée, ne vas pas dire à ton père que j'ai quarante ans ! Il le croirait.\u2014 Alors, dites-moi combien ?\u2014 J'ai trente ans, et c\u2019est bien suffisant.Maintenant, ma chère petite, tu vas me faire le plaisir de te calmer et de venir te reposer dans ma chambre.Ne la trouvez-vous pas fiévreuse, chère vieille amie ?On passait au salon, et Fiorella s\u2019était déjà emparée de la pince à sucre « pour sucrer tout le monde ».\u2014 Laisse cela, dit Patricia en la lui enlevant des mains, et viens ici.Elle avait saisi I'enfant au passage et l\u2019asseyait sur le canapé, entre elle et Mrs Humphrey.\u2014 Servez vite le café, Ellen, puis vous sonnerez trois coups très espacés pour appeler Norah.Vous lui direz de faire bassiner mon lit immédiatement .mon lit, vous entendez ?\u2014 Vous n\u2019allez pas me coucher ! s\u2019exclama Fiorella, terrifiée, en sautant sur ses pieds.\u2014 Sois sage, dit la marquise de ce ton ferme et froid qui en imposait à tous; tu as la fièvre, et il faut te reposer.\u2014 Je me reposerai sur un fauteuil, ou sur un divan, ou sur le tapis, mais pas dans un lit! répliqua l\u2019obstinée.\u2014 Tu m\u2019obéiras, dit Patrieia de sa voix sans réplique.Ton père est absent, je ne veux pas te renvoyer à la villa.Tu y retourneras cependant si tu refuses de m\u2019obéir.Fiorella, d\u2019une main nerveuse, avait repoussé Mr: Humphrey, qui voulait tâter son front; elle foudroya de son regard le plus sombre la pauvre Miss Ellen, qui venait de sonner.Mais lorsque, levant le: yeux, elle vit devant elle la marquise aussi impassible que sévère, et qu\u2019elle se rendit compte que toute résistance serait inutile, elle redressa sa petite tête aux boucles serrées, et, toute raidie dans sa muette indignation, tandis qu\u2019elle se laissait prendre la main, elle jeta, de sa voix la plus pointue : \u2014 Eh bien, une maman, ça ne vaut pas mieux qu\u2019un papa ! \u2014 Surtout les mamans de quarante ans, répliqua la marquise avee un grand sérieux.- Puis, saisissant dans ses bras la petite fille, qui y pesait pourtant, elle gravit l\u2019escalier en la serrant contre elle.\u2014 Je suis trop lourde .Tu es bonne, murmura la petite, répentante et ravie.Une fois dans le grand lit somptueux, elle trouva la situation enviable entre toutes, et, malgré la défence de Patricia, se mit à raconter à Ellen, qui la gardait, toutes sortes d'histoires sur « son pays ».Or, son pays, c\u2019était pour elle ni la France, ni l'Italie.son pays.c\u2019était la Florence.Elle finit même par mêler l'italien a l\u2019anglais, puis elle y joignit de longues phrases françaises.Miss Ellen ne voulut pas en entendre davantage; elle se précipita bientôt dans le salon, où Patricia et la dame de compagnie prenaient le café.\u2014 Eh bien, elle dort ?demanda la marquise.\u2014 Oh ! non, Madame.Elle parle! .Elle parle !.Je la erois malade.\u2014 Et M.Philippe qui est à Londres pour deux jours ! s\u2019écria Patricia.Il faut envoyer demander son adresse à la vieille Josépha.Mais, au fait, les deux vieux ne sont pas là!.Dai entendu le comte parler de permission pour la journée.\u2014 Peut-être pourrait-on prévenir le Dr Beach ?.\u2014 Beach! Jamais de la vie! Il est ignorant comme un ine.Navait-il pas diagnostiqué une fièvre cérébrale lorsque, j'ai été malade ?.Le mieûx serait de téléphoner à Collen.Mais ce diable d'homme n\u2019est jamais libre.Le Dr Collen, cependant, était libre, et il promit de partir pour Masefield immédiatement.Il ne fut toutefois au chateau que tard dans la soirée.A cette heurela, enfant divaguait, appelait son pére avec des plaintes navrantes et, de temps à autre, hurlait un «maman ! » lamentable.Si énergique que fût Patricia, elle se serait bouché les oreilles en entendant ce oti.Vets quelles visions de rêve, se tendaient les petits bras brûlants \u201d Etait-ce vers la mère ignorée qui ne l\u2019avait jamais bercée .à la douce Bianca s\u2019endormant pour toujours auprès d\u2019un berceau de dentelles ?ou bien appelait-elle la maman de son.rêve d'enfant, la maman qui ressemblait à « Mme Béatrice » ?Et Patricia revit le petit lutin enfourchant la rampe de l'escalier et semblant descendre sur un rayon de lumière.\u2014 Serait-ce possible ?.Ce matin si vivante, si joyeuse ! Et cé soir.Une angoisse folle monta dans le coeur de la marquise, une véritable angoisse maternelle, et comme le cri recommençait, déchirant: « Maman ! » elle se laissa tomber contre Île lit bas et serra l\u2019enfant çontré sa poitrine : \u2014 Ma petite fille ! .Ma toute petite! bégaya-t-elle en sanglotant.La porte s\u2019ouvrait à çe moment, livrant passage au docteur.et à Philippe.VI Un geste \u2014 J'ai rencontré le comte par un extraordinaire hasard, dit Collen avec d\u2019autant plus de calme qu\u2019il mesura d\u2019un coup d\u2019oeil l\u2019étonnante émotion de Lady Pa- tricid.Le mieux était de le ramener dans ma voiture.Lui et Philippe se rapprochèrent du lit: le comte parut ne pas voir Patricia, tant son regard pesa sur\u201cl\u2019enfant malade.Haletante, voulant se ressaisir et n\u2019y parvenant qu\u2019imparfaitement, la marquise expliqua : \u2014 Cela lui a pris après le diner .Elle n\u2019avait pas mangé beaucoup.À peine couchée, la fièvre augmenta et le délire vint.Elle doit souffrir.Elle crie.Elle crie tout le temps.Collen s\u2019était détourné du lit, et, l\u2019espace d\u2019une seconde, il fixa la femme qui parlait de cette voix inhabituelle, avec la prolixité qui est le propre des mères inquiètes.\u2014 Eh bien, fit-il seulement, ne me serez-vous d\u2019aucun secours, lady Patricia ! Élle rougit, puis, délibérément, se rapprocha du lit, et, très droite, appuyant ' sur le bois ses mains fines pour en dissimuler le tremblement, elle dit : \u2014 Mais oui, Collen, vous pouvez compter sur moi.La soudaineté du cas m\u2019avait désorientée.Je crois que l\u2019enfant\u2026 Elle hésita et, pour la première fois, regarda Philippe.\u2014 Vous pouvez parler, Madame, fit-il, très calme.Je suis prêt à tout, moi aussi.Mais sa voix avait un tel frémissement que l\u2019émotion de la marquise s\u2019accrut encore.\u2014 Je crains la méningite, murmura-t- elle dans un souffle.Collen se venchait, il examinait la malade; puis il se redressa.\u2014 Eh bien ?demandérent Philippe et Patricia d\u2019une même voix.\u2014 Pattends qu\u2019elle crie, répondit le docteur, évasif.Les gémissements reprirent bientôt, puis les appels, et enfin, dans une agitation sans nom, l'enfant cria.A ce moment, la marquise n\u2019osa pas regarder Philippe.\u2014 Rassurez-vous, ce n\u2019est pas la stridence du cri méningitique, et la petite ne souffre que d\u2019un excès de fièvre.vous aimez la lecture et les belles images \u2014 les romans d'amour et d\u2019intrigue soigneusement choisis pour vous \u2014 les romans policiers, contes et nouvelles \u2014 les articles d'actualité \u2014 les potins de cinéma .> vous désirez vous distraire et vous renseigner a la fois sur tout, pour le minimum de frais .> à cause de la crise qui nous oblige a des économies, vous voulez vous assurer de la lecture pour tous les jours à un prix exceptionnel.rofitez de l\u2019offre que vous fait la grande maison canadienne-française Poirier, Bessette Cie, limitée.de vous abonner aux trois grands magazines : Le famedi La Revue Populaire Le Film POUR $5.00, LES TROIS, PAR ANNEE.Remplissez le coupon ci-dessous et envoyez-le-nous pour profiter immédiatement de cette aubaine abonnez - VOUS POIRIER, BESSETTE OIE, Limitée, Prop.dès maintenant! 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada.Ci-inclus veulllez trouver la somme de $5.00 \u2018 Lisez (Canada seulement) pour un an d'abonnement \u2018.- = 4 combiné au SAMEDI, à LA REVUE POPULAI- LS , RE et au FILM.1 ; Jo Bamedl SER Nom et faites-le lire 4dresse @ vos amis \u2014 vine L =.Tn 36 Je ne puis rien dire encore, quoique je craigne quelque éruption.Il se pencha de nouveau sur le lit, et se relevant : \u2014 Je vous dirai cela demain matin.Veuillez me faire préparer une chambre; je ne retournerai pas a Londres.\u2014 Vous craignez quelque chose de grave ?demanda le comte, qui saisit le bras de l\u2019impassible Collen.\u2014 Demain, mon ami, demain.Et, croyez-moi, allez vous reposer quelques heures cette nuit, ainsi que vous, Madame.Il nous faut ménager nos forces.De toute la nuit, le comte de Sérignae ne quitta pas le chevet de son enfant; quant à Patricia, elle se coucha sur le divan de son boudoir, sans cependant trouver le sommeil.A l\u2019aube, elle se leva, fit une rapide toilette et vint heurter doucement à la porte de la chambre.Ce fut Collen qui ouvrit; il était plus hérissé que jamais, et saisissant Patricia par un bras, il la poussa dans le fond du couloir : \u2014 Vous n\u2019entrerez pas, Pat!.ditil, retrouvant l'appellation qu\u2019il donnait jadis à la marquise.L'enfant a, je le crains, une sorte de petite vérole.Sa chambre vous est désormais interdite.\u2014 Collen! Collen! Comment avez- vous pu penser que je laisserais Fiorel- a?.\u2014 L\u2019enfant ne sera pas seule: son pére est là, et la vieille Josépha, dévouée comme un chien, le remplacera au chevet de la malade., \u2014 Alors, moi.moi, je ne vaux pas Josépha, « fidèle comme un chien» ?.\u2014 Vous valez plus, Madame, et c\u2019est justement pour cela que je vous interdis formellement l\u2019entrée de la chambre.Doucement, la porte s\u2019était ouverte, et Philippe de Sérignac s\u2019avança; tout à sa discussion, la marquise n\u2019avait pas pris garde à sa présence; d\u2019un geste furtif, Collen avait, du reste, immobilisé Philippe dans l\u2019ombre, \u2014 En quoi puis-je valoir plus que Jo- sépha ?demanda la voix sèche de la marquise.Vous avez des raisons ridicules, Collen.\u2014 Mais, Madame, n\u2019êtes-vous pas la marquise de Masefield et autres lieux ?.\u2014 Si vous saviez ce que mon marquisat m\u2019indiffére ! .Laissez-moi passer, Col- len! \u2014 Vous êtes jeune.l\u2019avenir est à vous.Je n\u2019ai pas le droit.\u2014 La jeunesse est pour moi un inutile fardeau, et l\u2019avenir .Ah! Collen, ne me parlez pas d\u2019obstacles, il n\u2019y en a plus pour Patricia Masefield.La jeunesse, l\u2019avenir, le nom, tout pour elle est devenu néant.Ah! ça, êtes-vous fou ?ou avez-vous promis de me mettre hors de moi ?Vibrante d\u2019une colère qu\u2019elle n\u2019allait plus contenir, la marquise fit un pas en avant; la main du docteur, de nouveau, saisit son bras : \u2014 Malheureuse ! Et votre beauté, qu\u2019en faites-vous ?Le cri de Collen fut si éloquent que le comte faillit s\u2019élancer à son tour pour retenir Patricia.\u2014 Ma beauté! fit celle-ci avec un rire plein de douleur.Ma beauté ! répéta-t- elle, que vaut-elle ?.Je ne suis pas aimée !.\u2026 Rien ne pourrait rendre l\u2019inexprimable accent de Patricia en prononçant ces derniers mots: Philippe demeura cloué au sol, tandis que Collen abandonnait le bras de la jeune femme.\u2014 Réfléchissez, Pat, dit le docteur avec douceur, cette maladie est terrible; si vous l\u2019attrapez (et, dans l\u2019état de dépression où vous vous trouvez, tout est à craindre), vous risquez d\u2019être non seulement enlaidie, mais défigurée pour la vie.Réfléchissez: non point seulement un objet d\u2019indifférence, mais un objet de dégoût .Entendez-vous, Patricia Masefield ?\u2014 Yentends, Collen: jai neuf chances sur dix de gagner la maladie, autant de chances d\u2019être défigurée, de devenir un objet de répulsion.J\u2019ai bien compris, Collen.\u2014 Alors, vous devenez raisonnable ?La marquise avait laissé tomber ses deux mains le long de sa gandoura de laine blanche; sa jolie téte bouclée s\u2019inclinait vers l\u2019épaule, et toute son apparence avait une dignité simple et touchante; seuls, demeuraient pathétiques les grands yeux aux prunelles bleues.La Revue Populaire Quand elle eut terminé sa lecture ses lèvres prononcèrent deux mots à voix basse qui furent comme une douceur infinie dans son affreux chagrin: Pauvre Philippe! Septembre 1934 \u2014 Alors, Collen, je pense que vous ne pouvez refuser a la pauvre Patricia Masefield, qui n\u2019a dans sa vie que le néant des richesses, des titres et de la beauté, d\u2019accomplir un geste qui soit immortel, un geste qui prouve à tous, et à elle surtout, qu\u2019elle a pu être utile à quelqu\u2019un sur la terre, parce qu\u2019elle aura su aimer une fois jusqu\u2019à l\u2019oubli complet et définitif de soi.Collen, croyez-vous que vous ayez moralement le droit de m\u2019empêcher de faire ce geste ?.Vous parliez de beauté ! .Est-ce que toute la beauté ne résiste pas dans le don de soi?.Si c\u2019était à un.époux que je sacrifie au- jourd\u2019hui tout moi-même, vous le trouveriez naturel.Eh bien, c\u2019est à une enfant que je veux faire ce don.Je veux l\u2019accomplir avec ce sentiment maternel que toute femme porte en son coeur, parfois sans le savoir.Ce geste, le refuseriez vous à une mère ?.Et, ce geste-là, ne voulez-vous pas le voir s\u2019accomplir dans la vie de Patricia Masefield ?Il y eut un silence.\u2014 Vous avez raison, dit enfin le docteur en tirant sur sa moustache avec fureur.Ce n\u2019est pas le Dr Collen qui vous empéchera de faire ce geste.Et, prenant le bras de Patricia pour lui dérober la vue du comte, il l\u2019entraîna vers la chambre.VII L\u2019holocauste J'aime la majesté des souffrances humaines.A.DE VicNY.Les jours passèrent.Jours pénibles et angoissants pour le comte et Patricia, jours douloureux pour l\u2019enfant.Il vint, cependant, ce matin consolant où Collen put dire en toute assurance: « Elle guérira ».Et comme Philippe interrogeait avec anxiété : \u2014 Sera-t-elle défigurée ?Collen se pencha sur la malade et l\u2019examina longuement.\u2014 La petite vérole a été relativement bénigne, dit-il; le milieu et le bas du visage sont presque intacts, Il n\u2019y aura pas, je crois, de marques apparentes, grâce aux soins de lady Patricia.Le traitement qu'elle a fait eût lassé la patience de n\u2019importe quelle infirmère .Et vraiment, Pat, je ite vous eusse pas crue capable d\u2019une bonne oeuvre aussi.féminine.La marquise rit pour cacher sa gêne, mais elle n\u2019échappa nullement à la reconnaissance attendrie de Philippe: il lui avait saisi les deux mains, et, avec une ardeur qui étonnait chez cet homme si maître de lui, il remerciait la jeune femme en termes émus.Le docteur écoutait d\u2019un air réticent.Patricia, ayant levé les yeux sur lui, trouva sa physionomie inquiétante, et ce sentiment lui fit trouver un prétexte pour éloigner Philippe.Quand il eut disparu, elle ouvrit la porte de son petit salon et y entra.Sans qu\u2019elle eût dit un mot ou ébauché un geste, le docteur la suivit.\u2014 Alors, demanda-t-elle avec ce calme doux que Collen aimait à lui voir.\u2014 Eh bien, je n\u2019ai pu dire cela au père, mais l\u2019enfant est aveugle.\u2014 Qu'est-ce que vous dites, Collen ?s\u2019exclama Patricia avec un cri d'horreur.\u2014 La vérité !.Vous avez pu constater comme moi, dès le début de la maladie, que le front se couvrait de pustules, et, malgré les précautions prises, il y a eu plusieurs ulcères dans les yeux.\u2014 Est-ce pour cela que vous me faisiez bander les yeux ?\u2014 Evidemment.Un silence lourd pesa dans le petit salon élégant et parfumé.\u2014 Ainsi, dit enfin Patricia, la voix douloureuse et navrée, ainsi le père et l\u2019enfant ignorent le malheur ?\u2014 Ils ne pourront l\u2019ignorer toujours.\u2014 Aveugle! la petite Fiorella aux yeux ardents !.La petite joueuse de flûte qui s\u2019inspirait d\u2019une fleur ou d\u2019un oi seau !.La vagabonde éprise de la nature ! .C\u2019est affreux, épouvantable ! Pauvre Philippe ! Elle avait dit « Philippe » sans y prendre garde, tellement le lien d\u2019amitié s\u2019é- Septembre 1934 tait resserré entre eux, unis qu\u2019ils se trouvaient en ces jours de souffrance par la même douleur et la même charité.Collen l\u2019avait regardée, ses sourcils broussailleux relevés très haut; puis, in- différent, il s\u2019était mis à arpenter le salon d\u2019un pas feutré, plein de précautions.Patricia ne bougeait pas.\u2014 Alors, Collen?redemanda-t-elle, sachant que le vieil ami avait autre chose a dire.\u2014 Alors, mon enfant, j'ai pensé que vous étiez dans l'entourage du comte, la seule personne capable de lui annoncer cela, parce que vous représentez pour lui ce qui manque à sa vie: vous êtes «la femme », celle qui possède d\u2019instinct la bonté de la mère, la douceur de l\u2019épouse.Le comte Philippe est seul.Dans une telle épreuve, qui peut le secourir, sinon vous ?\u2014 Je le préviendrai, Collen.\u2014 Vous aurez le courage ?\u2014 Je veux l'avoir.\u2014 Quand?demanda le vieux docteur, qui craignait une défaillance chez Patricia.\u2014 Tout de suite, dit la jeune femme, très ferme.Il est dans la bibliothèque; je l\u2019y ai envoyé.Flle marcha vers la porte.Mais là, s\u2019arrêtant, hésitante, elle se détourna : \u2014 Collen ?\u2014 Ma petite Pat ?\u2014 Collen, ne peut-elle guérir ?.Ne puis-je lui faire espérer ?\u2014 Ne lui faites rien espérer, c\u2019est préférable.Les ulcères très profonds sont inguérissables.Le premier spécialiste venu portera sans ménagement au comte Philippe le coup que vous n\u2019osez lui donner doucement aujourd\u2019hui.\u2014 Mais j\u2019ose, Collen.je vous assure que jose, murmura une pauvre voix étranglée qui voulait se faire forte.\u2014 Alors, allez, mon enfant.Je vous rejondrai dans un quart d\u2019heure.mt, \u2014 Monsieur Philippe ?\u2014 Madame ?\u2014 Avez-vous trouvé les stances ?\u2014 Non, Madame; elles sont, d\u2019ailleurs, dans le tome III, lequel est introuvable.\u2014 Vous avez peut-être mal cherché ?\u2014 C\u2019est fort possible.Je suis, ce matin, tellement heureux !.Oh! tellement !.Durant ces jours d\u2019angoisses, les plus affreuses visions se sont levées devant moi: je voyais l\u2019enfant mourante.Je me représentais ce que serait la vie sans Fiorella .« Fiorella.3, si vous saviez ce que ce petit nom chantant est dans mon existence !.Mon enfant c\u2019est pour moi la douceur d\u2019un passé de bonheur, la paix du présent; c\u2019est le rêve magnifique de l\u2019avenir .Si je l\u2019avais perdue, je me serais résigné, mais ma vie n\u2019aurait plus été qu\u2019un calvaire.Tout mon bonheur, toute mes joies sont sur cette petite tête charmante.Pourtant, j'eusse préféré la perdre tout a fait plutôt que de la voir.\u2014 Défigurée?demanda la marquise, qui s\u2019appuya légèrement aux rayons de la bibliothèque.\u2014Pire que cela!.Imaginez-vous que, devant ce bandeau que faisait mettre le docteur, j'ai cru.\u2014 Vous avez cru ?\u2014 Qu'elle était aveugle !.Vraiment, il fallait que l\u2019inquiétude m\u2019ait ôté toute maîtrise de soi pour envisager une pareille chose ! .Aveugle ! Le pire malheur qui puisse \u201cexister pour une jeune enfant ardente et poéte comme ma Fiorella.\u2014 Alors, a cela seulement vous ne vous seriez pas résigné ?\u2014 Résigné ?\u2014 Vous auriez murmuré ?Vous vous seriez révolté ?\u2014 Et contre qui, Madame ?\u2014 Mais contre votre Dieu qui aurait permis une aussi abominable chose.\u2014 Dieu est libre de prendre la lumière qu\u2019il a donnée gratuitement, comme il est le maître incontesté de chacune de nos existences.Philippe posa sur la table les volumes qu\u2019il tenait, et, faisant face à Patricia, il demanda, surpris : \u2014 Mais qu\u2019avez-vous donc, Madame ?\u2014 Moi rien !.Je voulais simplement savoir .Vous n\u2019ignorez pas mon besoin de discussion.Le comte se mit a rire : La Revue Populaire DOLLFUS-MIEG & C* \u2014 Je vois avec plaisir que vous n\u2019avez pas perdu l\u2019habitude des controverses.\u2014 Que voulez-vous?On ne mesure le coeur de l\u2019homme que dans la douleur, et, si, je veux bien croire à votre résignation devant la perte de Fiorella, je ne puis me l\u2019imaginer accompagnant la cécité de ce petit être pétulant et vagabond.Je vous assure que je ne saurais me résigner à voir sans vie ces prunelles ardentes, et je ne pourrais songer sans une douleur affreuse à.la possibilité de ce malheur.La voix de Patricia sombra tout a coup, et sa téte se renversa soudain contre les livres à reliures précieuses.Philippe, à cette vue, demeurait immobile, repris par son premier étonnement: \u2014 Qu\u2019avez-vous, Madame Patricia ?re- demanda-t-il, surpris.Il contourna la table et s\u2019avança lentement vers la marquise.\u2014 C\u2019est cette pensée \u2026.butia-t-elle.\u2014 Mais pourquoi songer à ce qui aurait pu être ?dit Philippe doucement.Ré- jouissons-nous plutôt de ce qui est.Je crois que vous payez maintenant vos incroyables fatigues.Vous avez besoin de repos complet.Il parlait d\u2019une voix machinale, comme si un sourd travail se fût fait péniblement en son esprit; et, tandis qu\u2019il se penchait pour rapprocher un siège à Patricia, il vit les deux mains blanches qu\u2019elle avait rejetées en arrière s\u2019agripper désespérément à la tablette que dominaient les rayons.\u2014 Mon ami.fit-elle avec une infinie douceur.Alors, il prononça, la voix contenue: \u2014 Vous êtes chargée de me dire quelque chose ?\u2014 C\u2019est au sujet de l\u2019enfant ?Et comme elle abaissait ses longs cils: \u2014 Guérira-t-elle ?demanda-t-il, pressant, et dans une inexprimable angoisse.\u2014 Oui, Monsieur Philippe.Cela, je vous le jure.Le malheureux eut un cri surhumain : \u2014«Celay seulement!.Ah! jai compris ! .Elle est aveugle ! 1] saisissait les bras de la jeune femme, oubliant qui elle était, l\u2019endroit où il se trouvait : \u2014 Répondez! Répondez! Elle est aveugle, n\u2019est-ce pas ?Elle crut qu\u2019il allait la briser dans ses mains de fer.Oui, il était bien ce qu\u2019elle supposait: un homme aux réactions terribles.Et elle eut peur; elle ne voulait pas voir cette douleur efrayante et ferma les yeux.Philippe la lâcha; elle l\u2019entendit faire quelques pas, puis un choc sourd ébranla le parquet.L\u2019effroi fit rouvrir les yeux de Patricia.Alors, elle comprit le bruit mat qu\u2019elle avait entendu: devant la table, le comte Philippe était tombé à genoux, et, oublieux de la présence de Patricia, à voix basse, domptant l\u2019emportement premier de sa souffrance, il priait.Et Patricia Masefield vit peu à peu s\u2019apaiser le visage tourmenté, se desserrer les mains jointes convulsivement; et, tandis qu\u2019ayant prononcé le fiat sublime, Philippe sanglotait, appuyé au rebord de la table, la marquise de Masefield appre- naît de lui le pouvoir invicible de la prière et l\u2019immense prix de la douleur chrétienne.cette idée, bal- VIII Le plus brave n\u2019est pas celui qu\u2019on pense.Duncan freina brusquement avec une exclamation fort peu courtoise à l\u2019adresse du cavalier qui s\u2019était mis en travers da chemin.Puis il s\u2019écria, stupéfait : \u2014 Quoi ! c\u2019est vous, Roy !.Et dans les parages de Masefield ! Je n\u2019en reviens pas ! Posément, Roy Humphrey descendit de cheval et vint serrer la main de son ami: \u2014 Je ne vois pas bien ce que ma venue à Masefield peut avoir d\u2019extraordinaire.\u2014 Eh bien, c\u2019est qu\u2019à l\u2019âme d\u2019un héros vous joignez l\u2019humilité d\u2019un saint! \u2014 Vous êtes en verve, Duncan.Dois-je en conclure que vous êtes en fonds ?\u2014 Je le suis heureusement .Le gouverneur a été d\u2019une générosité sans pareille ce mois-ci.Je veux croire qu\u2019il a été distrait.Et vous, Roy, que devenez- vous ?SOCIÉTÉ ANONYME MAISON FONDEE EN 1746 MULHOUSE - BELFORT - PARIS ARTICLES DE I* QUALITE POUR OUVRAGES DE DAMES COTONS À BRODER D-M-C, COTONS PERLES.D-M-C COTONS À COUDRE D-M-C, COTON À TRICOTER D-M-C COTON À REPRISER D-M-C, CORDONNETS.D-M-C SOIE À BRODER .D-M-C, FILS DE LIN.D-M-C SOIE ARTIFICIELLE D-M-C, LACETS DE COTON D-M-C PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D-M-C dans tous les magasins de mercerie et d'ouvrages de Dames Choisissez l\u2019Hotel le plus Economique, 750 chambres.Tarif: $1.50 a $2.50 Simple, pas de prix plus élevés.Stationnement trés facile pour autos.Et aussi autres Hotels à TORONT J Ton Moderne 3 à Pépreuve du feu.IN Location très favorable $1.50 a $2.50 ÿ Simple, pas de prix plus êlevés.300 Radio dans toutes les chambres Ti Rochester, Buffalo et Erle MONTREAL re oy Nouvelle édition plus complete LE CHIEN Son élevage, dressage du chien de garde, d'attaque.de défense et de police.Dressage du chien de traineau.Traitement de ses maladies.175 ILLUSTRATIONS En vente partout ou chez l\u2019auteur ALBERT PLEAU (Comté Laval), Prix: $1.25 Saint-Vincent de Paul P.Q.Fo Samed! 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Vous avez profité des leçons: ce costume est remarquable.Alors, c\u2019est à Masefield que vous courez ?\u2014 Certainement .Je n\u2019ai pas reçu de nouvelles de ma tante depuis uke éternité; j'ai le droit d\u2019être inquiet.\u2014 On le serait à moins, dit Duncan Helley, avec un emphase qui agaça son ami.\u2014 Cela vous gêne que j'aille à Masefield, avouez-le, Duncan.\u2014 Mon cher, votre beau costume me trouble, évidemment.C\u2019est une arme terrible que l\u2019élégance ! \u2014 Et si vous en aviez le pouvoir.vous m\u2019interdiriez l\u2019entrée du château; est-ce cela aussi ?\u2014 Oh! cela, non, je vous le promets.Jai toujours été plein d\u2019admiration pour les belles actions: ce n\u2019est pas moi qui vous en détournerai aujourd\u2019hui.\u2014 Je ne vois pas ce que le fait d\u2019aller à Masefield a de méritoire.\u2014 Je le disais bien ; l\u2019humilité du saint! \u2014 N\u2019y allez-vous pas, vous ?\u2014 Moi ! Oh ! non.Je fais partie de la bonne moyenne des modérés.Je n\u2019irais pas tuer mon prochain ou Vabimer a coups de médisances, mais je ne saurais non plus accomplir une action d\u2019éclat comme la vôtre aujourd\u2019hui.\u2014 La mienne aujourd\u2019hui !.répéta Roy, éberlué.Il est fou ! \u2014 Non, dit le jeune homme suavement, je suis simple.Aux innocents, les maïns plaines .Espérons qu\u2019on les remplira d\u2019or.Les sourcils froncés, le susceptible M.Humphrey s\u2019était remis en selle.\u2014 Au revoir! fitil en touchant .son chapeau de sa cravache & en accentuant l\u2019impertinence du geste.Ce n\u2019est pas simple que vous êtes, mon garçon, c\u2019est jaloux ! Duncan cligna de Poeil vers le cavalier qui s\u2019en allait; puis, retourné vers lui, de sa voix claire, il lui jeta : \u2014 Eh! là, j'oubliais.Mon vieux Roy, ne manquez pas de prendre l\u2019air après la visite !.Roy avait immobilisé son cheval =.\u2014 Oui, j'ai oublié de vous donner un détail: il y a la petite vérole à Masefield.M.Humphrey resta bouche bée, et Pal- légresse de Duncan ne connut plus de bornes quand il le vit pâlir.\u2014 Alors, noble héros, votre coeur fai- blirait-il sous le chef-d\u2019oeuvre du couturier parisien ?Roy avait fait tourner sa montute; il vint se placer près de l\u2019auto : \u2014 C\u2019est vrai, au moins ?\u2014 Alley voir, on ne paye pas l\u2019entrée ! \u2014 Lady Masefield a la petite vérole ?\u2014 Non, grâce à Dieu ! .C\u2019est l\u2019enfant du seulpteur.\u2014 Le père peut l\u2019attraper, dit Roy de sa voix glacée.\u2014 Lady Masefield aussi.\u2014 Comment ?\u2014 L'enfant est soignée au château, et lady Patricia elle-même s\u2019est constituée son infirmière.\u2014 Voilà qui est idiot ! \u2014 Cette appréciation m'étonne de la part d\u2019un héros.\u2014 Oh ! assez, Duncan, assez ! .Jai décidé d\u2019épouser cette dame, mais non d\u2019attraper la peste pour ses beaux yeux.Je ferai ma visite une autre fois.En attendant, donnons-nous rendez-vous ce soir, à Londres.Voulez-vous au Cabaret russe ?.\u2014 La ou autre part, peu m\u2019importe! .Toutes les fenétres sont bonnes pour y jeter l\u2019argent.Et, philosophe, Duncan Helley remit sa voiture en marche, tout en songeant: \u2014 Ce pauvre papa ! \u2026 Les billets qu\u2019il me donne sont atteints de maladie déambulatoire .En tout cas, je les tiens tout à fait incapables d\u2019attachement: à peine sont-il dans ma poche qu\u2019ils grillent d\u2019envie de connaître celle du voisin.Et celle du voisin, ça m\u2019en a tout l'air, ce sera bien souvent celle de Roy Humphrey.La Revue Populaire Si le jeune Duncan Helley n\u2019était pas un héros, il avait un coeur loyal et bon qu\u2019il dissimulait le plus souvent sous une verve taquine.S'il dépensait l\u2019argent sans compter, s\u2019il désolait son père par son ignorance en matière de droit, il était ce qu\u2019on appelle un bon garçon.Plein d\u2019admiration pour la belle châtelaine de Masefield, il éprouvait pour elle Pl\u2019affection que porte un jeune frère à une soeur préférée, et bien des fois il avait avoué ses fredaines à Patricia et écouté respectueusement le sermon qu\u2019elles lui valaient.Les ambitions de Roy le faisaient rire sans l\u2019inquiéter: naturellement droit et bon, il ne soupçonnait pas la duplicité chez les autres, et Roy n\u2019était pour lui qu\u2019un fantoche amusant, dont il observait les transformations et les progrès avec un plaisir grandissant.Tout en suivant la direction opposée à eelle prise par Roy, il riait joyeusement.se remémorant la conversation pfécéden- te: ce qu\u2019il avait intrigué Roy!.Et combien l\u2019effroi de ce brave avait été visible ! \u2014TIl a eu, sans l'avouer, une peur atroce, songeait-il, et je me demande comment il a pu se maintenir en selle après ce joli coup d\u2019éperon.A l\u2019entrée du domaine, le jeune homme arrêta sa voiture et s\u2019étonna : la grille était fermée.D\u2019une main vigoureuse, Duncan empoigna sa trompe, et quelques coups firent sortir le concierge de l\u2019élégant petit pavillon qui servait de loge.\u2014 L\u2019inscription est 1a, Monsieur Helley, remarqua le vieux serviteur en désignant à Duncan le placard apposé sur l\u2019un des piliers.\u2014 Je le vois bien , je ne suis pas aveugle.Et le jeune homme continua, imperturbable : \u2014 Ouvrez-moi la grille mon brave.\u2014 C\u2019est vimpossible !.Impossible, Monsieur Helley !.Personne ne peut entrer.La propriété est isolée.\u2014 Pas pour moi ! Je ne compte pas! \u2014 Vous comptez pour votre père.\u2014 Et comment ! interrompit le joyeux garçon en tapant sur ses poches.\u2014 TI serait très mécontent si vous violiez la défense.D'ailleurs, je ne puis vous laisser passer.\u2014 Voyons, jusqu\u2019au perron ?\u2014 C\u2019est impossible.Vous me feriez perdre ma place.\u2014 Bon ! Bon ! .Je ne voudrais pas causer un cataclysme, et, puisque je ne puis lever la défense, Je vous demanderai de faire ma commission, Duncan Helley plongea le bras au fond de l\u2019auto, en sortit objet volumineux enveloppé de papier fe soie.Ayant soi gneusement dégagé le frêle emballage, il découvrit, aux yeux ravis du concierge, une merveilleuse corbeille d\u2019argent ciselé, toute fleurie de violettes de Parme.\u2014 Voilà, dit-il, pour remettre à la petite malade.\u2014 Pauvre chère enfant !.murmurx le vieux domestique en prenant la corbeille, elle ne pourra voir cette merveille.\u2014 Je li bien pensé, vieux Bob, répliqua Duncan avec simplicité, aussi ai-je apporté autre chose.Et il brandit une cage mignonne où frissonnait un petit oiseau._\u2014- Vous direz qu\u2019il chante à ravir, qu'il a gagné le premier prix au Conservatoire des oiseaux et qu\u2019il excelle dans les duos avec flûte .Adieu, vieux Bob! Hé ! attendez !.Voilà la couverture : je l\u2019avais mise sur la cage pour éviter une extinction de voix au chanteur.Dites bien à la petite Fiorella que, dès que cet ours de Collen aura levé l\u2019interdit, j'irai lui raconter cent anecdotes amusantes sur les choses et les gens pour l\u2019égayer un peu et faire concurrence à son oiseau, Et, penché sur son volant, celui qui se disait trop simple pour être un héros, celui-là s\u2019en allait en laissant derrière lui.pour une enfant aveugle, un peu de sa gaieté jeune et beaucoup de sa bonté.IX La lumière de Fiorella \u2014 Mme Béatrice, je vous en prie, dé- faites-moi mon bandeau !.Il y a da soleil dans la chambre, je le sens; il est là, tout contre mon oreille.Et la petite voix suppliante continuait : \u2014 Juste un moment, Madame Béatrice.Le temps de dire au soleil: « Bonjour, mon ami ! Comment allez-vous depuis le matin où je vous vis pour la dernière fois ?» Fiorella prononça ces derniers mots dans un éclat de rire.«La dernière fois!.» Patricia ne put s'empêcher de frémir, d\u2019autant plus que l\u2019enfant s\u2019était dressée sur son lit, les mains levées vers le bandeau.__ Vous ne m'avez jamais désobéi, dit- elle à Fiorella, avec autant de calme que cela lui fut possible.La petite fille abaissa les mains.\u2014 Alors, murmura-t-elle, câline, vous allez m\u2019assurer que je ne suis pas «\u20ac marquée ».\u2014 Je vous l\u2019ai déjà dit, Fiorella, votre front, seul, a gardé quelques cicatrices, mais vos boucles brunes les dissimulent aisément.__ Oni.Bt autour des yeux, y at-il des marques ?\u2014 Pas du tout ! fit la marquise précipitamment, sans voir le piège.\u2014 Comment le savez-vous, puisque vous changez le bandeau daus l\u2019obscuri- é?Patricia demeurait atterrée; l\u2019enfant tendit vers elle une main menaçante, et brusquement, dans un geste farouche, cette main se leva et descendit le bau- deau sur le cou.\u2014 Où est le soleil?.pronança une voix sans timbre.Madame Béatrice, cria la pauvre petite voix, où est donc la lumière ?Dominant sa profonde émotion, lady Patricia saisit Penfant roïdie dans ses bras.\u2014 Collen ne voulait pas vous effrayer, ma petite fille, en vous apprenant que, pendant quinze jours erore, vous ne pourriez voir.Fiorella entendit-elle les paroles conso- lairices?Sof cowps avait fléchi dans les bras de la marquise; celle-ci la reposa inanimée sur le lit.Puis elle sonna un domestique : \u2014 Prevenez M.Philippe de la subite indisposition de l\u2019enfant.Surtout, ne l\u2019inquiétez pas outre mesure.Ft quand elle entendit la porte s\u2019ouvrir: \u2014 Ce n\u2019est rien, dit-elle, une syncope.Elle a voulu s\u2019asseoir sur le lit.Philippe comprit aussitôt en apercevant le bandeau descendu; une expression de douleur extrême passa sur son visage.\u2014 Qu\u2019a-t-etle dit ?demanda-t-il.Je préfère tout savoir.\u2014 Elle a burlé, absolument hurlé.Oh ! Monsieur Philippe, jamais eette enfant ne supportera l\u2019éprenve.C\u2019est une révoltée par nature.\u2014 Mais c\u2019est une croyante, dit le comte, courbé sur le litet, parce qu\u2019elle est croyante, ma Fiorella supportera sa douleur sans mourir.\u2014 Une enfant, mon pauvre Monsieur Philippe ! Le eomte se retourna, très grave : \u2014 Une ânfe, Madame Patricia, dit-il.= La petite fille passa une nuit terrible: ni la tendre persuasion de son père ni les affectueuses promesses de Patricia ne purent venir à bout de ce farouche dé sespoir d\u2019enfant.Elle avait compris son malheur, refusait obstinément toute consolation et repoussait avec violence les vaines espérances.Et Patricia regardait Philippe, comme pour lui montrer que ses craintes à elle étaient fondées, que pas un être au monde ne soulagerait l\u2019immense douleur de cette enfant.A l\u2019aube, Philippe quitta la chambre.Il y revint au bout d\u2019une demi-heure : \u2014_ Madame, demanda-t-il tout bas à la marquise, voudriez-vous profiter de ee moment d\u2019accalmie pour vous reposer un peu ?.\u2014 Vous attendez le docteur ?\u2014 Non, le Père.Il m\u2019a promis de venir tout de suite.\u201d Patricia se leva; son regard était seep- tique tandis qu\u2019elle tendait la main à Philippe : \u2014 Bon courage.Elle ne put se retenir d\u2019ajouter : Septembre 1934 \u2014 Là où vous avez échoué, les autres ne réussiront pas.Ce prêtre moins que tout autre ! \u2014Je compte sur Dieu, Madame, J'y compté puissamment.Elle le vit épuisé par sa nuit de lutte et elle en eut pitié : \u2014 Je souhaite de tout coeur que le secours suprême ne manque point à Fio- rella, et si je croyais au pouvoir de la prière.Elle s\u2019arrêta soudain, pleine d\u2019émotion : ne revoyait-elle pas Philippe agenouillé et priant dans l\u2019apaisement ?Alors, Patricia, loyalement, se reprit: \u2014Si je savais prier.je crois que je le ferais pour elle.Mais je ne sais pas, acheva-t-elle, le timbre dur, comme le comte ébauchait un geste.Souriant faiblement, afin de se faire pardonner, elle quitta la chambre sans bruit.et - Quand elle y revint, deux heures plus tard, Patricia demeura stupéfaite devant le spectacle qu'offrait la chambre ou elle avait vécu des heures sinistres.Le comte de Sérignac était assis auprès du lit et parlait à sa fille avec une affection enjouée, et Fiorella, sans bandeau, soulevée par des oreillers.tendait vers la marquise une petite main qui ne tremblait plus.\u2014 D\u2019ettends, dit-elle doucement, c\u2019est le pas de Mme Béatrice.Et je sens son parfum.Patricia était tellement émue du changement opéré chez la petite fille qu\u2019elle ne pouvait prononcer un mot.\u2014 Voyez, Madame Béatrice, je ne crie plus, maintenant.Je suis sage.Je sais qu\u2019on pent être heureux en étant aveugle.Ft comme le regard stupéfait de la marquise fixait les yeux graves de Philippe, il lui désigna, d\u2019un geste, le petit autel provisoire qu\u2019on avait dressé dans \u2018la chambre.Fiorella continuait ses explications : \u2014 Ce matin, je ne voulais pas écouter le Père.D'ailleurs, je ne voulais écouter personne, pas même papa!.J'ai accepté tout de même de recevoir le petit Jésus dans mon coeur.et quand il a été là.et bien.Elle s\u2019arrêta, inquiète : \u2014 Vous étes là, Madame Béatrice ?Toujours silencieuse, la jeune femme se laissa tomber aux côtés de l\u2019enfant.\u2014 Omi.laissez-moi mettre mon bras autour de votre cou.Alors, quand le petit Jésus a été dans mon eoeur, il m\u2019a semblé, Madame Béatrice, que je voyais.ok ! pas le soleil, pas les arbres par la fenêtre.non! Mais le bon Dieu me semblait plus proche .comme si, ne pouvant pas voir la terre, j'apercevais pour la première fois un petit coin du ciel .Et, depmis, papa m\u2019a expliqué encore bien d\u2019autres choses.Je sais qu\u2019il y a un soleil plus beau que notre soleil.que la nature que j'aimais tant nest qu\u2019un petit grain de sable auprès des beautés du ciel.Je sais aussi que notre âme est un petit ciel et que nous pouvons y trouver la lumière lorsque nos yeux ne voient plus le soleil.Sur le visage de Patricia, une petite main douce sè posait : \u2014 Pourquoi pleurez-vous, Madame Béatrice ?.Ne voyez-vous pas que je suis courageuse ?.Ne saviez-vous donc pas que j'aurais eu l\u2019autre lumière ?\u2014 Non, je ne savais pas, Fiorella.\u2014 Alors, écoutez ce que nous ferons.Tout ce que je découvrirai de beau dans mon coeur, je vous le dirai.et veus, ma grande amie, vous me raconterez tout ce que je ne vois plus en ce monde.Vous m\u2019apprendrez aussi la musique, pour que je puisse composer plus tard.\u2014 Je vapprendrai, ma petite fille.__ Et méme si papa termine un jour ses fresques, et le cloître, et la Béatrice glorieuse, oh ! Madame, je vous en supplie, promettez-moi de me garder encore à la villa que j'aime tant, dans ce jardin dont je connais les fleurs, la lumière, les ombres.La marquise avait pris l\u2019enfant dans sës bras : \u2014 Je fe promets, dit-elle avec solennité, je te promets de te garder ici autant que tu le voudras; et, pour que personne ne teuche À la maison que tu aimes et qui fut ta dernière vision.pour que soient Septembre 1934 mieux à toi et les fleurs de l\u2019enclos, et ses coins de lumière, je te donne la villa Béatrice, elle est à toi, elle t\u2019appartient.\u2014 Madame, je vous en prie, réclama Philippe vivement.\u2014 Chut, mon ami!.Tout ceci est entre votre fille et moi.Vous ne pouvez me refuser de mettre un paradis terrestre dans cette existence que vous avez le pouvoir d'éclairer de divin.Car il ne faut pas, Monsieur Philippe, refuser le don du pauvre, et c\u2019est tout ce que je puis donner aujourd\u2019hui ! Le regard ému du comte se leva sur la jeune femme : \u2014 Madame, Dieu vous bénira, car ce don-là, c\u2019est l\u2019obole magnifique de la veuve.x Fin de jour .Bientôt, l\u2019état de Fiorella permit le retour a la villa; Collen l\u2019autorisa et méme le conseilla vivement : \u2014 Le mieux que vous ayez à faire dans la nouvelle situation, expliqua-t-il un jour, est surtout de régler la vie de Fio- rella avec autant de liberté d\u2019esprit que si elle n\u2019était pas aveugle: cette vie doit demeurer active, très active.Il ne faut pas que Fiorella puisse se dire une seule fois, au cours de la journée: « C\u2019est vrai, je suis infirme ! » Les prescriptions du docteur furent suivies à la lettre.On n\u2019attendit même pas le retour à la villa pour établir un nouveau programme de vie, et le moral de la petite fille fut d\u2019autant meilleur qu\u2019elle ne sentit pas autour d\u2019elle cet apitoiement néfaste qui rappelle le malheur, et la morne tristesse qui suit l\u2019épreuve.Ce fut un mot d'ordre dans le château: la gaieté y régna avant que s\u2019achevât même la convalescence de Fiorella, et la marquise eut tout le loisir d\u2019admirer l\u2019incroyable force d\u2019ame de Philippe quand il secouait sa tristesse pour plaisanter joyeusement avec la petite malade.De ce vaillant, Patricia apprenait le vrai courage, la véritable résignation, et elle sut l\u2019aider intelligemment dans la difficile éducation qu\u2019il entreprenait.Elle fit commencer le piano à Fiorella et lui apprit à chanter.Quant à Philippe, il déposa un jour une motte de glaise sur une planche à dessins, et, mettant le tout devant Fiorella, il appuya les petits doigts sur la masse humide : \u2014 Modèle cela, dit-il.\u2014 Tes doigts remplaceront tes yeux.Voici un plâtre de l'atelier; tu le connais, et ne le connaîtrais-tu pas que le seul toucher te suffirait.\u2014 Ce serait trop beau de pouvoir sculpter ! murmura l'enfant d\u2019une voix douloureuse que son père ne parut pas entendre.Elle modela cependant avec un art réel qui atténuait quelques maladresses; elle prit goût à son travail, et ses petites mains d\u2019artiste eurent tôt fait de s\u2019babi- tuer au jeu souple des doigts sur l\u2019argile.Le retour à la villa l\u2019enchanta, quoi- qu\u2019elle regrettât beaucoup l'intimité avec sa grande amie.Patricia avait tenu à accompagner la petite fille à sa demeure, et ce ne fut pas sans émotion qu\u2019elle la revit dans cet appartement du rez-de-chaussée où elle l\u2019avait trouvée la première fois, revêtue d\u2019une tunique couleur de ciel et jouant gaiement de la flûte.\u2014 Papa, montez-moi au ciel, demanda l\u2019enfant, faisant allusion aux fresques de l'atelier.Philippe enleva Fiorella dans ses bras.\u2014 Voudriez-vous me précéder, Madame ?.Les clés sont sur la porte.La marquise monta la première, et lorsqu\u2019elle ouvrit la porte de l\u2019atelier, Fio- rella dit plaisamment : \u2014 Voilà Mme Béatrice qui nous ouvre le ciel.L'enfant serrée contre lui, le comte se tourna vers Patricia : \u2014 En acceptez-vous l\u2019augure ?deman- da-t-il.\u2014 Ne vous ai-je pas déjà dit, Monsieur Philippe, que jc n\u2019avais rien d\u2019une Béatrice ?\u2018 \u2014 Vous en avez le visage, répliqua Fio- rella, tandis que son père l\u2019asseyait sur le divan, et avant que celui-ci ait pu répondre.Papa le disait bien.Et, votre visage, je l\u2019ai dans mon esprit aut-nt que dans mon coeur.Chère Madzme Béa- La Revue Populaire trice, je n'aurais pas besoin de toucher votre figure pour la modeler.Je la connais si bien !.Vos grands yeux.l\u2019ovale délicat.Et ces boucles d\u2019ange florentin ! .N\u2019est-ce pas, Madame, que jemploie bien «nos» termes d\u2019artiste ?\u2014 Tu es surtout très bavarde, dit la jeune femme en riant.\u2014 C\u2019est parce que je suis heureuse d\u2019être dans ma maison et dans mon ciel.Lorsque papa aura terminé les bas-reliefs, je n\u2019aurai qu\u2019à me promener autour de l'atelier, et, avec mes doigts, « je regarderai» l\u2019histoire de Béatrice.Un tintement de porcelaine attira l\u2019attention de Fiorella : \u2014 C\u2019est toi, Josépha ?.Tu mets la table pour le thé ?.N'oublie pas les gâteaux et les fleurs.C\u2019est le premier jour où je reçois dans ma maison.\u2014 La mâtine ! .dit Philippe en riant.Elle ne perd pas une occasion de rappeler ses prétendus droits.\u2014 Ses droits réels, Monsieur Philippe; aujourd\u2019hui, je suis chez elle.Comme l'artiste allait abaisser un rideau, Patricia vint près de lui et se pencha pour voir le jour finissant.\u2014 On sg\u2019aperçoit que le printemps approche, dit le comte, qui devinait ea contemplation.Les fins de jours deviennent très douces.\u2014 Oui.Du château surtout, on a une vue splendide, et vers le soir il se dégage comme un apaisement ineffable.11 me paraît qu\u2019on n\u2019a guère cette impression qu\u2019au printemps ou à l\u2019automne.En été, tout vibre trop, et, l'hiver, c\u2019est l\u2019anéantissement .Mais ces soirs de demi- saison, comme ils sont calmes! .Regardez là-bas, dans la vallée: on croirait que le village flotte dans une buée d\u2019or pâle .Et, peu à peu, les maisons se voileront.disparaîtront dans la brume.\u2014 Ft avant que disparaissent les toits roses dans la brume .avant que s\u2019achève ce jour qui clôt votre ère de charité et de dévouement, laissez-moi, Madame Patricia, vous adresser toute ma reconnaissance de père.Peut-être, en un autre moment, ne m\u2019eussiez-vous pas laissé parler comme je le fais maintenant.Mais peut-on n\u2019être pas soi-même lorsque la paix d\u2019un tel soir descend sur nous?N'est-ce pas à cette heure où s\u2019endorment les choses que Dieu semble mieux nous envelopper de son regard ?.Et je vous affirme, Mâdame Patricia, que cet apaisement qui s\u2019étend de la nature à votre âme jadis tourmentée.que cet apaisement, c\u2019est l\u2019infinie mansuétude d\u2019un Dieu qui s\u2019incline vers vous.Je l\u2019ai prié de vous donner le bonheur, et cela, croyez-le, si sincèrement, que je lui ai demandé de le faire aux dépens mêmes du mien.Patricia n\u2019avait pas eu un geste, par un mot pour interrompre Philippe; l\u2019émotion violente qu\u2019elle ressentait lui ôtait du reste, tout moyen d\u2019arrêter les paroles inattendues.Quand il se tut, elle se détourna du vitrage pour le regarder : \u2014 Votre bonheur, dites-vous ?.Ne l\u2019avez-vous pas détruit volontairement par une imprudente offrande ?.Et elle montra l\u2019enfant aveugle qui déplaçait maladroitement les tasses de fine porcelaine.\u2014 Oui.c\u2019est vrai.Mais il y a toujours à donner.\u2014 Vous avez assez souffert, mon ami, et je ne voudrais pas que mon bonheur soit payé d\u2019une seule de vos peines.Ce que j\u2019ai fait pour Fiorella, je l'ai fait de tout mon coeur, c\u2019est-à-dire pour le seul bonheur de me dévouer à un être.« Bonheur», entendez-vous ?.Et maintenant que j'ai pu être utile, je me sens plus Leureuse.\u2014 Alors, ne craignez pas pour autrui cet absolu dévouement qui rend heureux, et acceptez ce soir mon merci.\u2014 Je l\u2019accepte, dit Patricia sérieusement; à mon tour, laissez-moi vous remercier pour avoir transformé un peu Torgueilleuse marquise de Masefield.11 erut qu\u2019elle allait parler davantage et qu\u2019il touchait à cette heure suprême où il parachèverait son oeuvre de charité.\u2019 Et comme il songeait à cet inconnu auquel il irait porter les paroles de paix, il sentit en lui-même comme un frisson de mort, le violent effroi d\u2019entendre Patricia s\u2019avouer vaincue.Mais la jeune femme revenait vers la \u2018able fleurie, où s\u2019allumait la petite lagn- pe opaline.Philippe resta seul devant la vitre.Le soir descendait et enveloppait de plus en plus d\u2019ombre la vallée où disparaissait le village.Et comme un grand soulagement apaisait soudainement Philippe et qu\u2019il se souvenait de sa précédente angoisse, il comprit qu\u2019un hôte douloureux venait de descendre en son âme et s\u2019y installait en maitre.Et les paroles de son ami lui revinrent en mémoire : « Auräis-tu le courage de travailler au bonheur d\u2019un quelconque inconnu quand toi-même aimerais ?.> Xi L'autre sentiment \u2014 Bonjour ! dit gaiement Patricia.Ne suis-je pas en retard pour ma leçon ?\u2026.Où donc est Fiorella ?La réponse ne venant point, la jeune femme, qui défaisait son manteau, se tourna vers Philippe : \u2014 Pas le moins du monde, Madame.Mais vous me posez coup sur coup deux questions, j\u2019attendais la troisième.\u2014 Oh! oh! Vous êtes dans un jour d\u2019ironie.Le comte s\u2019étant penché de nouvean sur sa sellette, elle dit, taquine : \u2014 A moins que ce ne soit un jour de mauvaise humeur.Elle mit sa blouse avec le soin coquet qu\u2019elle apportait à toutes choses, puis elle conclut, dans une parfaite sérénité : Je vois.C\u2019est de la mauvaise hu- heur.Et les deux réponses à mes quezs- tions ?insista-t-elle, tandis qu\u2019elle furetait dans l'atelier.\u2014 Primo, daigna répondre Philippe de très mauvaise grâce: vous êtes, non pas un peu, mais trés en retard ! .Secundo: Fiorella est en promenade, Duncan Hel- ley l\u2019a prise en auto à 3 heures, et José- pha l\u2019accompagnait.\u2014 II est gentil, ce Duncan; je ne l\u2019eusse jamais cru susceptible de tant de bonté patiente.Où donc est passée ma « tête » ?\u2014 Vous avez perdu la tête ?\u2014 Mon buste commencé.Je ne le Vois pas.\u2014 Evidemment ! Et c\u2019est une bénédiction que vous ne le voyiez pas, votre buste ! Quand donc comprendrez-vous qu\u2019on ne quitte pas un travail sans le recouvrir, dussiez-vous ne l\u2019abandonner qu\u2019une heure ?.Mais non, vous faites votre travail en amateur.et si je n\u2019étais derrière vous pour voiler vos ébauches, vous auriez de jolies surprises à votre retour à l\u2019atelier.\u2014 C\u2019est vrai, avoua la jeune femme sans la moindre contrition et comme si le mécontentement de Philippe lui échappait.J\u2019oublie tout ce détail.\u2014 Un détail ! Elle releva un voile mouillé, reconnut son travail, et aussitôt se mit à l\u2019oeuvre avec une application qui aurait dû désarmer le comte.\u2014 Vous ne savez pas, dit-elle tout à coup, que j'ai bien failli ne pas terminer «ma tête».\u2014 Je le crois d\u2019autant plus que je l'ai rafraîchie en temps ! \u2014.Jai recu de Londres une invitation tellement pressante que si je n\u2019avais renoncé au monde et à ses pompes, j'aurais été me dédommager pendant les vacances de Pâques de ma sagesse de l\u2019hiver.\u2014« La saison de Pâques », releva Philippe.moqueur.C\u2019est vrai, j'oubliais que le code mondain comporte cette période de plaisirs.\u2014 Plaisirs modérées, croyez-le bien.Il s\u2019agit de plusieurs réceptions très selec- tes.J'aurais ouvert l\u2019hôtel quelques semaines, le temps de faire savoir au monde que je vivais toujours.\u2014 Pourquoi le monde vous croirait-il morte ?\u2014 Parce que j'ai manqué la saison.\u2014 Si le monde a perdu ce bonheur de vous avoir, vous n\u2019avez rien perdu à l\u2019éviter.\u2014 C\u2019est ce que j'ai pensé .Aussi vais- je répondre à la duchesse que mon tombeau de Masefield m\u2019étant très agréable, je ne consens point à l\u2019échanger contre Babylone.\u2014 Vous n\u2019avez donc pas refusé ?\u2014 Pas encore.Je voulais votre avis, quoique le connaissant d\u2019avance.39 \u201c61\u201d met vos parquets à l'épreuve des talons, marques et eau.Supprime entretien et polissage.PAS glissant! 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\u2014_ C\u2019est un conseil, Madame, faites-en ce que vous voudrez.\u2014 Je les connais.vos conseils, dit la jeune femme, qui modelait moins attentivement.Ils valent des ordres, vos conseils ! __ Mettons des ordres mitigés.Il me semble que ce creux est déformant; regardez donc.\u2014 Fi comment ! dit Philippe sans pitié en écartant Patricia pour prendre sa place.Vous oubliez toujours qu\u2019un atelier n\u2019est point un salon.Pour travailler, le silence est souvent nécessaire.Mon absence vous sera donc propice, murmura la marquise, doucement ironique.Élle avait défait sa blouse et se lavait les mains.\u2014 Vous partez déja?questionna le comte, qui s\u2019écartait de la sellette.\u2014 Mais oui.Nous sommes trop.comment dirai-je ?.«trop discordants» aujourd\u2019hui.Mécontent, Philippe avait trainé un escabeau près d\u2019un bas-relief : __ Vous avez raison de vous en aller; je travaille maintenant au ciseau, et la moindre distraction est néfaste.Patricia se mit a rire : \u2014 Décidément, Monsieur Philippe, je vais partir de Masefield en emportant un souvenir déplorable de mon illustre mai- tre.Que s\u2019est-il donc passé depuis hier soir ?Elle redevint sérieuse en le voyant quitter son travail pour lui mettre son manteau._\u2014_.,.Car enfin, dit-elle, il était beau, ce soir-là .et apaisant.La nature aurait-elle sur vous un influence déprimante ?.Vous aviez pourtant été très gentil.très bon.Derrière le somptueux col de renard d\u2019un gris très pâle, Philippe voyait le doux profil perdu, la joue rosée où les longs cils touffus et frisés faisaient une ombre légère, et ses paupières voilèrent un instant son regard, comme pour en cacher l\u2019expression douloureuse.Quand Patricia se retourna vers lui, il était de nouveau impassible.Il avait cet air gêné et malheureux de l\u2019artiste qui attend le départ d\u2019un visiteur pour reprendre l\u2019oeuvre aimée.\u2014 Vous ne me reverrez pas, Monsieur Philippe, car je suis femme aux décisions rapides .Et puis, je ne veux point troubler vos heureuses inspirations.votre besoin de silence.Je partirai ce soir même à Londres et logerai au Royal en attendant l\u2019exécution de mes ordres à l'hôtel.Seulement, veuillez dire à Duncan de m\u2019amener un moment l\u2019enfant au retour de sa promenade; je ne puis partir sans la revoir.La voix musicale parut s\u2019étrangler au souvenir de la chère petite aveugle.Patricia vit le comte pâlir un peu.Alors, elle attendit, croyant qu\u2019il allait s\u2019adoucir et lui souhaiter, en bon camarade, un heureux séjour à Londres.Mais Philippe se contenta de serrer la petite main tendue en disant d\u2019une voix sèche: \u2014 Et votre plâtre, qui done le voilera ?C'était tellement inattendu.cette remarque grondeuse en lieu et place d\u2019amical souhait, que la marquise eut un joli éclat de rire.Puis, sérieuse, montrant ses petites mains gantées : La Revue Populaire \u2014 Voyons, Monsieur Philippe, vous ne voudriez pas que je mette « cela » dans le seau ?« Cela», c\u2019étaient les mains fines, les douces mains compatissantes qui avaient soigné l'enfant aveugle; « cela », c\u2019étaient les doigts fragiles que Philippe eût voulu poser sur son front, afin de calmer sa fièvre.Alors, pour mieux dérober à Patricia la douleur qui couvrait soudainement son visage jusqu\u2019à le défigurer, il saisit un linge mouillé et, d\u2019un geste rageur, le tordit sur le plancher même.\u2014 Au revoir, désagréable ami ! .cria la voix de Patricia dans l\u2019escalier.Sur l\u2019escabeau, Philippe de Sérignac s\u2019était laissé tomber à bout de forces.En bas, la porte claqua sourdement, et dans l'atelier les plâtres voilés prirent des airs de fantômes.XII La Souveraine à Londres Pendant deux jours, Patricia mena une vie trépidante pour échapper au séjour à l\u2019hôtel, qu\u2019elle abhorrait.Force lui fut, cependant, de suspendre les courses dans les magasins, les stations chez les couturiers et les innombrables visites pour s\u2019accorder un repos bien gagné.Il lui fallut demeurer de longues heures dans le banal appartement qu\u2019elle avait retenu pour une semaine, entendre les allées et vnues continuelles, coudoyer dans le hall un monde interlope qui ne lui plaisait pas et auquel, d\u2019ailleurs, elle étit loin de plaire de par l\u2019attitude hautaine dont elle se départait difficilement devant les inconnus.Elle s\u2019était d\u2019abord fait servir ses repas dans son appartement; puis, fatiguée de la solitude qui la menaçait de l\u2019ennui, elle se rendit au restaurant de l'hôtel On la vit donc, un beau soir, descendre d\u2019un air noble les quelques marches qui menaient du hall au restaurant, avec la nonchalance affectée d\u2019une souveraine qui daignerait s\u2019abaisser jusqu\u2019au plus infime de ses sujets.Sa beauté, mise en valeur par une luxueuse toilette de soie maïs et par les superbes bijoux qu\u2019elle portait, attira l\u2019attention générale.Elle se sentit flattée, sans vouloir se l'avouer, d\u2019être aussitôt remarquée au milieu d\u2019une assistance très élégante.Privée depuis des mois de cette vaine satisfaction, elle en éprouvait un peu de griserie.Le vieux levain remontait en elle.En eut-elle conscience ?.Peut-être, car, spontanément, sa pensée s\u2019en alla vers Philippe.\u2014 Pauvre ami! .songea-t-elle, amusée.I] ma jetée lui-même dans la gueule du loup.Puis, se penchant dans un joli geste qui fit étinceler sur ses boucles d\u2019or sombre les diamants noirs de ses pendants d'oreilles, elle tenta de reconnaître une figure amie.\u2014 Personne de connaissance, dit-elle à Miss Ellen qui venait de prendre place sur le côté de la petite table.Tant mieux! je n\u2019aurai pas à être aimable ! L\u2019exclamation n\u2019avait rien de courtois pour la pauvre fille; elle se contenta de soupirer discrètement.Heureusement pour elle, l\u2019orchestre préludait, et Patricia oublia de lui conter ses griefs, dont elle l\u2019entretenait depuis trois jours.La brusque arrivée de la marquise avait bouleversé son personnel, qui ne l\u2019attendait plus en fin de saison; mécontente, Patricia renvoya deux valets et trois femmes de service, sans se douter qu\u2019au lieu de remédier au mal elle ajoutait encore à la perturbation.La femme de charge et le maître d\u2019hôtel perdaient la tête: tandis qu\u2019ils s\u2019efforçaient de rétablir l\u2019ordre dans l'hôtel désorganisé, Patricia leur expédiait des tapissiers et décorateurs chargés de transformer les salons pour les réceptions qu\u2019elle prévoyait.Miss Ellen, qui risqua quelques incursions dans l\u2019hôtel de la marquise, revint terrifiée au Royal.\u2014 Milady, c\u2019est à ne pas s\u2019y reconnaître, là-bas.Les domestiques et les ouvriers se disputent.Le décorateur a crevé un tableau; vos Smyrnes sont écrasés sous les échelles \u2026 Patricia ne la laissa pas achever: elle s'emporta contre ses domestiques, les ouvriers, les futurs invités, et.à l\u2019étonnement profond de Miss Ellen, conclut en rendant seul responsable le malheureux Philippe de Sérignac.\u2014 Tout cela est de sa faute! Il me conseille Londres subitement, après lui avoir jeté l\u2019anathème.\u2026.J'étais si tranquille a Masefield ! 22 Cependant, la musique apaisait peu à peu la marquise, et, si elle mangeait du bout des dents, elle écoutait l\u2019orchestre avec un plaisir non dissimulé.\u2014 Dites-leur qu\u2019ils recommencent, or- donna-t-elle à la dame de compagnie.Miss Ellen transmit l\u2019ordre au maître d\u2019hôtel, qui s\u2019empressa.: Le geste impérieux eut le don d\u2019intriguer davantage l'assistance, et les questions s\u2019entre-croisèrent à voix basse aux petites tables : \u2014 Qui est-ce ?\u2014 Il paraît qu\u2019elle est cousine de Sa Majesté.\u2014 Brian l\u2019a rencontrée à la chasse du rajah.\u2014 Ne serait-ce pas l\u2019actrice italienne dont parlait le directeur ?\u2014 C\u2019est la dame française qui était hier chez lady Dormouth.\u2014 Une Américaine plutôt.Quelqu\u2019un écoutait les diverses ré flexions en y portant une attention distraite; celui-là, isolé du reste de la salle par un groupe de palmiers, fut subitement intrigué et se pencha pour découvrir Pobjet de la curiosité générale; n'est-il pas du meilleur ton, d\u2019ailleurs, de connaître ou d\u2019avoir l\u2019air de connaître toutes les célébrités du jour ?Alors, Roy Humphrey faillit s\u2019étrangler: là-bas, entre les feux des deux La Galerie Nationale du Canada MARC-AURELE FORTIN, \u2014 Hochelaga.Septembre 1934 splendides diamants noirs, lui apparaissait le fin visage de lady Patricia.Aussitôt, et d\u2019un air détaché, plein de condescendance, il dit à son plus proche voisin : \u2014 La marquise de Masefield.Et, le diner achevé, comme Miss Ellen prenait la cape de fourure de lady Patricia, il saisit lui-même le manteau et le posa sur les épaules de la marquise.\u2014 Mes hommages, Madame.D'abord, la jeune femme ne le reconnut pas: si elle avait trouvé autrefois une distance infinie entre l'individu de Londres et son invité d\u2019un soir, elle devait s\u2019avouer que plus grand encore était le contraste entre cet invité et l\u2019homme élégant qui s\u2019inclinait devant elle.\u2014 Monsieur Humphrey, n\u2019est-ce pas ?demanda-t-elle, un peu froide.\u2014 Oui, Madame.Vculezvous me permettre de vous accompagner dans le hall ?Patricia eut un bref froncement de sourcils: elle allait refuser, puis elle pensa que bien solitaire serait sa soirée dans le petit salon de l\u2019appartement.\u2014 Je vous préviens que je ne danse pas, dit-elle seulement.Et elle vint s'asseoir dans un coin du hall, en désignant un siege à Miss Ellen, puis à Roy Humphrey.\u2014 Comment va ma chère amie ?de- manda-t-elle.\u2014 Je.ignore, Milady.Lady Patricia eut un geste de surprise: \u2014- Vous n\u2019avez pas élé voir votre tante ?.Mais elle est à Londres depuis quinze jours: dès que le service sanitaire eut levé l\u2019interdiction.je l\u2019ai envoyée se reposer à Londres.\u2014 Je n\u2019en ai rien su, répliqua Roy un peu confus.Je m\u2019empresserai d'aller la voir demain.En elle-même, Patricia se dit : \u2014 Ce qui fait que j'aurai soin de n\u2019aller là-bas qu\u2019après-demain.Roy devina les réflexions intimes de la marquise, et un demi-sourire détendit ses lèvres.\u2014 Ft Yenfant, comment est-elle ?de- manda-t-il avec une grande affectation d\u2019intérêt.Lady Patricia se laissa prendre aux apparences: le plaisir de parler de la chère petite aveugle lui rendit, sans qu'elle s\u2019en doutât, sa bonne grâce habituelle; elle parla du système de Collen, de l\u2019adresse de Fiorella, et comme dans le cours de la conversation, elle laissait échapper le nom de Philippe, les poings de Roy se serrèrent.Plusieurs fois, des jeunes gens corrects s\u2019inclinèrent devant lady Patricia, se faisant reconnaître.\u2014 Je vous reconnais volontiers, disait- elle aimablement, mais je suis trop lasse pour danser ce soir.À la vérité, elle se sentait brisée, et les nombreux hommages qu\u2019elle recevait, l\u2019admiration qu\u2019elle suscitait, tout cela n\u2019arrivait pas à contre-balancer l'espèce de dégoût montant en elle.Quand elle eut regagné son appartement, après qu\u2019un murmure flatteur eut salué son passage, elle se trouva d\u2019autant plus malheureuse qu\u2019elle était dans l\u2019impossibilité d\u2019analyser les sentiments qui l\u2019agitaient.\u2014 Qu\u2019ai-je donc?murmura-t-elle quand Miss Élen et sa femme de chambre l\u2019eurent laissée seule.Que se passe-t-il en moi ?.Tout ce qui devrait me flatter me donne un dégoût insurmontable.Certes, je n\u2019ai jamais aimé le monde d\u2019une façon très sincère, mais, au moins, ce monde arrivait à m\u2019étourdir, a me donner une vague illusion de bonheur.Pourquoi n\u2019ai-je même plus cette illusion ?Alors, il lui parut apaisant, dans le banal salon d\u2019hôtel, de se remémorer sa nouvelle vie de Masefield, les leçons à l'atelier, l'éducation patiente de l\u2019aveugle, la contemplation des soirs pleins de douceur.Cette vie-là, utile, bienfaisante, pensante, comme elle lui parut belle et désirable, avec ses joies, ses peines, ses héroïsmes, ses douleurs même ! Et lorsqu\u2019elle eut dressé loyalement l\u2019une près de l\u2019autre la Patricia de Masefield en blouse d\u2019infirmière ou de sculpteur et la marquise hautaine dans sa robe bruissan- te et sous ses bijoux précieux, la jeune femme dut avouer que celle qui vivait vraiment c\u2019était la châtelaine bienfaisante et laborieuse. Septembre 1934 Elle regarda ses mains aux gemmes étincelantes, elle les regarda sévèrement, comme pour.les condamner, ôta l\u2019une après l\u2019autre les bagues inestimables, et, quand ses mains furent nues, elle les étendit sur la laque de la tablette.\u2014 Monsieur Philippe ! Monsieur Philippe ! murmura-t-elle, pourquoi avez- vous ôté leur labeur et leur bonté à ces deux mains-là ?XIII «Quo vadis?» Fiorella et Duncan revenaient de promenade.L\u2019auto filait entre les grands arbres et le prosaïque Duncan s\u2019efforçait de décrire à sa petite amie la magnifique avenue embellie par le printemps.\u2014 De la dentelle, Fiorella.un réseau de fine soie verte voilant la disgracieuse nudité des branches.Ouf!.Vous faites exécuter à mon cerveau un travail qui le fatigue d\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019y est pas accoutumé !.Epiloguer poétiquement sur les premières feuilles des arbres, voilà une preuve d\u2019amitié qui peut compter.Je vous sais même un gré infini de ne point m\u2019obliger à le faire en vers.La petite fille rit gaiement : \u2014 Cela viendra peut-être, Duncan.Père a dit hier que je vous tyrannisais: est- ce vrai ?\u2014 Cette tyrannie m\u2019honore de vos préférences, petite Fiorella; cela me suffit.\u2014 Et vous me plaisez particulièrement, cher vieux garçon, parce que je sais que vous êtes plutôt «mauvais sujet», et comme je n\u2019étais pas autrefois une petite personne très posée j'ai l'impression, lorsque je suis avec vous, de renouveler mes escapades.Furtivement, Duncan jeta les yeux sur les prunelles sans vie qui, d\u2019instinct, se tournaient vers lui.\u2014 Oui, continua Fiorella, je regrette parfois mes promenades à l\u2019aventure, et lorsque le vent me fouette au visage, comme maintenant, il me semble que c\u2019est autrefois qui revient.\u2014 Je suis bien heureux, dit le jeune homme de pouvoir vous rappeler vos escapades .En été.nous irons loin, très loin.Nous emporterons le déjeuner.\u2014 Et nous inviterons Mme Patricia ?\u2014 Nous l\u2019inviterons.\u2014 Dites-moi, Duncan, n\u2019y aurait-il pas un moyen de la faire revenir de son vilain Londres ?Je ne veux pas le dire a pére, mais je m\u2019ennuie terriblement de Mme Béatrice.\u2014 Et vous croyez que je n\u2019ai qu\u2019à siffler pour qu\u2019elle revienne ?\u2014 Ne faites pas le sot, Duncan; je crois que vous trouverez un moyen.Votre père a dit un jour à la marquise: « Ce garçon est plein d\u2019expédients.> \u2014 Hum ! La phrase n\u2019est pas précisément un compliment ! \u2014 Lady Patricia riait très fort, et j'ai supposé alors que vous étiez capable d'inventer bien des choses.\u2014 Parfait! Nous sommes d\u2019accord ! Vous comptez donc sur ma facilité naturelle à.mentir pour ramener la marquise à Masefield ?\u2014 Je ne vous ai jamais accusé de mer- tir, Duncan; vous êtes un vilain taquin, et si vous ne trouvez le moyen de ramener ma grande amie, je ne vous le pardonnerai jamais.L\u2019auto stoppait, et, de la villa, Josépha accourait pour prendre sa petite dans ses bras.\u2014 Laisse-moi marcher, dit Fiorella, boudeuse tout à coup.Je connais le chemin par coeur.\u2014 Nous nous sommes disputés, expliqua laconiquement Duncan sur un regard scrutateur de l\u2019Italienne.Il demanda en mettant sa voiture en marche : \u2014 Pourriez-vous me dire si le comte est au cloître ?\u2014 Il y est depuis une heure et il y restera jusqu\u2019au coucher du soleil.\u2014 Merci ! cria Duncan tandis qu\u2019il s\u2019en allait.Et, passant près de la villa, il jeta un au revoir plein de promesses à Fiorella qui rentrait.Mais celle-ci refusa d\u2019y répondre.Les deux mains sur les oreilles, elle se tourna vers le bruit de l\u2019auto : \u2014 Fâchée ! Fachée! Vieux garçon ! cria-t-elle de sa petite voix pointue.La Revue Populaire \u2014 Je ne vous dérange pas ?demanda Duncan Helley en serrant la main da comte.\u2014 Nullement, mon ami, et je profite de l\u2019occasion pour vous remercier encore une fois de tout ce que vous faites pour ma fille.\u2014 Si peu de chose ! N\u2019ei parlons pas ! Mais, je vous en prie, continuez votre travail.D'un air dégagé, Duncan avait gagné lun des piliers, et.s\u2019y adossant confortablement, après s\u2019être à demi allongé sur la pierre, il tira un journal de sa poche et le déplia avec soin.Philippe, qui avait regagné l\u2019échafaudage, se pencha, intrigué : \u2014 Vous savez, dit-il, péremptoire, je ne m'intéresse ni aux courses, ni a la Bourse, ni à la politique.\u2014 Rassurez-vous, homme de tout repos; je viens ici vous distraire et non vous ennuyer.Duncan leva le nez vers le sculpteur et acheva suavement : \u2014 Je vous apporte des nouvelles de Londres.Et, paisible et claire, la voix du jeune homme monta vers Philippe : \u2014 Le bal rose et argent, donné par la marquise de Masefield, a été parfaitement réussi.Le coup d\u2019oeil était admirable sous la profusion de lumières: toutes les gammes de rose se fondaient, harmonieusement rehaussées d\u2019exquise façon par l\u2019argent des lamés, des broderies ou des paillettes.Lady Patricia Masefield portait une robe de panne rose dont les broderies d\u2019argent, d\u2019une délicatesse extrême, furent entièrement exécutées à la main.On remarquait dans l\u2019assistance \u2014 Passons ! Passons ! jeta Duncan.Il plia le journal, en sortit un autre, et, sous le cloître, sa voix implacable résonna de nouveau : \u2014 Vu au thé de la princesse Margaret de H\u2026 passons !\u2026 Ah! voilà.La marquise de Masefield: robe de georgette noire; haut du corsage jabot, volants de manches en georgette rose.Gants noirs brodés rose.Souliers daim noir, agate rose.\u2014 Les journaux sont stupides, dit Philippe du haut de son perchoir.\u2014 Je ne trouve pas ! Il nous donnent l\u2019idée la meilleure du goût de lady Patricia.Je me la figure si bien, cette toilette noire à jabot et volants roses !.Ce devait être plissé.Vous ne croyez pas, Monsieur de Sérignac, que c\u2019était plissé ?Philippe scruta sévèrement le visage levé vers lui, mais Duncan avait l\u2019air si sérieux qu\u2019il ne pouvait vraiment l\u2019accuser d\u2019ironie.\u2014 Je ne m'inquiète pas des toilettes féminines.\u2014 Peut-être vous occupez-vous davantage du sport ?.Voilà de quoi vous satisfaire : \u2014II est à regretter que lady Masefied ne puisse demeurer davantage à Londres, elle remporta hier un très grand succès sur les links du duc de.\u2014 Oh ! assez, assez, Duncan ! Vous me faites massacrer mon travail.Rangez vos journaux, enfermez-les où vous voudrez, mais ne me rebattez plus les oreilles aver vos chroniques mondaines.C\u2019est comme si vous alliez réciter des vers aux animaux du Zoo.\u2014 Ce que vous dites là, n\u2019est pas flatteur pour lady Patricia, remarqua Duncan en feignant d\u2019être vexé.\u2014 Pourquoi ?\u2014- Je vous parle de ses succès à Londres, des distractions qu\u2019elle prend, et vons avez l'air de vous en moquer.\u2014 Pouruto1 y prendrais-je un intérêt particulier ?\u2014 Mais parce que vous avez vous-même conseillé la cure de distractions à la marquise.En ne vous réjouissant pas de ses joies, vous ressemblez au médecin qui se désolerait de voir son malade radicalement guéri par le remède qu\u2019il lui a ordonné.\u2014 Je me réjouis, croyez-le.\u2014 Vous en avez l\u2019air, gronda Duncan entre ses dents.Puis, déterminé, il se leva et vint se planter contre l\u2019échafaudage : \u2014 Prenez garde, dit Philippe, tout est sale ici.\u2014 Cela n\u2019a pas d'importance, on ne m\u2019attend pas au bal rose et argent.Une riche idée, hein ! Monsieur Philippe, cette nuance si douce éclairée d\u2019argent ! \u2014 Je ne vous savais pas élégiaque.Duncan poursuivit, l\u2019air inspiré, en se balançant sur un pied : \u2014 C\u2019est beau, le monde ! sirs .les richesses .le rose: gent ! Il parlait d\u2019un air si pénétré que Philippe s\u2019arréta de travailler pour suivre le balancement du causeur.\u2014 Oui.continua Duncan, dans tout ce rose.et cet argent.dans ces blés.ces golfs.ces bals.elle oubliera Masefield .11 acheva, lugubre : \u2014 Elle ne reviendra pas.\u2014 Pourquoi ne reviendrait-elle pas ?demanda Philippe malgré lui en descendant de l\u2019échafaudage, comme si le balancement de Duncan eût risqué de lui donner le vertige.L\u2019interpellé se remit d\u2019aplomb sur ses deux pieds : \u2014 Mais parce qu\u2019elle doit subir inévitablement la griserie du triomphe.Pour ma part, si j'étais à sa place, je resterais à Londres ou j'irais dans quelque endroit à la mode pour maintenir ma royauté.Quand le monde vous offre un sceptre, on ne va pas l'enfermer dans un Masefield quelconque.Il ramassait les journaux en riant sous cape, et, lorsqu'il eut disparu avec un au revoir joyeux, Philippe se sentit incapable de reprendre son travail.Un remords précis montait en lui : celui d\u2019avoir jeté Patricia dans ce qu\u2019elle appelait « Babylone », pour échapper lui- même à la lutte de chaque jour, de chaque heure.\u2014 Lache, j'ai été lâche, songeait-il avec amertume.Pour fuir la bataille, je n\u2019ai rien trouvé de mieux que de livrer au monde une âme qui lui échappait.N\u2019ai-je pas risqué d\u2019entendre le Quo vadis du divin \u2018Maitre ?.Où m\u2019en allais-je ainsi ?Vers l\u2019apaisement humain.vers l\u2019égoïste sécurité.Le prix d\u2019une âme, lai-je oublié ?Devant Philippe, dans la pierre restaurée, un Christ penchait son frônt souffrant.\u2014 Seigneur, murmura l\u2019artiste en inclinant la tête, Seigneur, je l\u2019ai compris: ta grâce me suffit.Les plai- .et l\u2019ar- XIV Rose et argent Sombre, vieillot et suranné, le petit salon de Mrs Humphrey, en un instant, parut transformé.Lady Patricia venait d\u2019entrer.Ayant laissé tomber à ses pieds la cape au col de renard blanc, elle apparaissait à sa vieille amie éblouie dans cette fameuse robe rose et argent décrite si complaisamment par les journaux mondains.\u2014 Voilà, chère vieille chose, le chef- d\u2019oeuvre que vous m\u2019avez suppliée de vous faire voir.J\u2019ai pensé que vous seriez heureuse de contempler la robe sur mannequin, et, avant de me rendre chez Archie, j'ai voulu vous faire cette surprise.\u2014 Surprise qui est une délicatesse de ma petite Pat, dit la vieille dame en serrant avec émotion les mains de la marquise.Quelle est la mondaine qui songerait à retarder un plaisir pour satisfaire le caprice de sa dame de compagnie ?\u2014 Vous êtes l\u2019amie de Patricia et vous étiez plus encore celle de dearest.Tout est là, répliqua joyeusement la jeune femme.Mais elle demeura stupéfaite, le sourire figé sur les lèvres: du fond du salon s\u2019avançait un homme en habit, très correct, si correct même et si réservé dans son salut de bienvenue, que Patricia ne sut lui témoigner ouvertement le mécontentement qu\u2019elle éprouvait à le rencontrer chez sa tante.Contre son habitude, elle perdit contenance, balbutia quelques mots vagues que Roy traduisit à son avantage.\u2014 Oui, quelle heureuse coïncidence, n\u2019est-ce pas ?.Je me rends moi-même au bal de lord Hawthorne.J'y aurai donc le plaisir de vous saluer.Patricia n\u2019écoutait plus: elle prenait vivement congé de Mrs Humphrey, dans la crainte de voir son neveu s\u2019offrir comme cavalier.Il eut le bon goût de ne point la suivre dans le couloir, et la jeune femme poussa un véritable soupir 41 En cousant avec le \u201cSheen\u201d de J.& P.Coats, vous avez toujours la certitude d\u2019assortir parfaitement les couleurs et d\u2019obtenir de beaux points unie sur tous tissus légers et lustrés.Bobines de 80 verges .150 nuances .à n\u2019importe quel comptoir de brimborions.SHEEN\u201d J.& P.Coats Servez-vous des Aiguilles de Mil- ward\u2014 célèbres depuis 1730.Pour faire le point d\u2019ourlet, comme pour coudre de la svie pure et tous les tissus laineux, 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valet de pied ne s\u2019avançant pas pour lui ouvrir la portière, elle appela, le timbre un peu bref : \u2014 George ! \u2026 Le domestique accourut, expliquant que le chauffeur ayant voulu exécuter une manoeuvre, il lui avait été impossible de remettre la voiture en marche.\u2014 Vous avez quitté l\u2019auto ?\u2014 Une minute, dit l\u2019homme, gêné.Lady Patricia s\u2019énervait : \u2014 Je suis en retard.Votre négligence est impardonnable.Elle redoutait par-dessus tout d\u2019arriver dans un salon pour y faire une « entrée >, et elle piétinait sur place, malmenant les deux domestiques qui examinaient le moteur sans découvrir le défaut, et secouant sans pitié Miss Ellen, laquelle commençait philosophiquement à dodeliner de la tête dans le coin de la voiture où elle s\u2019était installée pour dormir.\u2014 Descendez donc, Ellen.Nous allons rentrer chez Mrs Humphrey.Mais aussi lady Patricia changea d\u2019idée en se souvenant de la présence de Roy: \u2014 Non, attendez.Docilement, Miss Ellen s\u2019immobilisa sur le trottoir près de la marquise; et leur situation à toutes deux devenait presque ridicule, quand une voix connue leur demanda très courtoisement : \u2014 Puis-je me permettre, Madame ?.Mon auto est a votre disposition.Lady Patricia ne put retenir un_tressaillement en reconnaissant Roy Humphrey, qu\u2019elle n\u2019avait pas vu sortir de la maison.\u2014 Je vous conduirai chez lord Hawthorne, poursuitil paisiblement.Toutefois, si ma présence vous est importune, je céderai la place à votre chauffeur.La marquise se mordit les lèvres de dépit: cet homme était adroit, très adroit, car, s'adressant ainsi à cette femme éminemment loyale, il ne pouvait se heurter à un refus.\u2014 Roy Humphrey ne m\u2019a jamais rien fait, songeait Patricia; c\u2019est à tort que je pourrais lui marquer quelque humeur.Et que puis-je craindre du neveu de ma vieille amie ?Plus elle se sentait nerveuse et plus elle était résolue à vaincre ce sentiment inhabituel chez elle.\u2014 Je vous serais très reconnaissante de me conduire là-bas, dit-elle avec une amabilité forcée qui eut le don de faire sourire Roy, de son mince sourire inquiétant.Tout le temps du trajet, qui fut court, lady Patricia fit part à Miss Ellen de ses conjectures.\u2014 Ellen ?\u2014 Milady ?\u2014 Cela ne vous paraît pas surprenant que le neveu de ma vieille amie puisse avoir une auto ?\u2014 Dans mon pays, dit Miss Ellen avec calme, l\u2019épicier et le boulanger en ont une.L\u2019inattendu de la repartie interloqua un moment lady Patricia.\u2014_ Vous avez des explications saugrenues, dit-elle enfin.Et elle haussa les épaules.Puis, de nouveau penchée à loreille de sa demoiselle de compagnie, désireuse de passer ses nerfs sur quelqu\u2019un, elle insista : \u2014 Et qu\u2019il soit invité chez Archibald, cela ne vous étonne pas non plus, impassible créature ?\u2014 Par relations, répondit Miss Ellen, assez judicieuse.\u2014 Ah! le jeune Helley, peut-être.Sa mère était noble.« Surtees».petite noblesse, je me souviens.Lady Patricia ne s\u2019était point trompée, car le jeune Duncan fut un des premiers à la saluer à son entrée dans les salons de lord Archibald; sa figure franche apaisa la marquise et chassa ses craintes excessives au sujet de Roy.Cependant, elle gardait une arrière- pensée; non point une pensée à proprement parler, mais une vague peur.Elle se rappelait avoir érouvé cela lorsqu\u2019elle était petite et qu\u2019un bruit insolite se faisait entendre pendant la nuit.\u2014 Vous avez eu peur, vous, une Masefield ?lui disait sa «nurse> pour l\u2019humilier.\u2014 Ce n\u2019est pas du danger que j'ai peur, répondait fièrement la petite fille, mais de ne pas savoir ce qu\u2019il peut être.La Revue Populaire Et elle ajoutait dans sa logique enfantine : \u2014 Quand on sait, on se défend ! \u2026 Tout de suite, elle entra dans le sujet : \u2014 Duncan, j'ai besoin d\u2019un renseignement.\u2014 Lequel, Milady, lequel?Pour vous, j'irais mesurer moi-même la statue de la Liberté s\u2019il vous prenait fantaisie de vouloir lui confectionner un péplum.\u2014 Sot garçon ! Je n\u2019ai point d\u2019aussi ridicules désirs, mais j'aime à voir clair dans le jeu d\u2019autrui.\u2014 Oui.Et Roy Humphrey n'est pas\u2019 facile a débrouiller, hein ?\u2014 Pourquoi parlez-vous de Roy ?\u2014 Parce qu\u2019il vous a amenée.Oh! par pure nécessité, je le sais.Il s\u2019en est déjà vanté une douzaine de fois depuis son arrivée.\u2014 Venez dans la serre.nous y serons mieux pour parler; il me semble que le regard de ce garçon s\u2019infiltre partout.\u2014_ Surtout dans ma bourse, dit Duncan en suivant la jeune femme dans le jardin d'hiver où quelques couples se reposaient.Il a un flair étonnant pour deviner mes jours.fortunés.\u2014 Vous m\u2019effrayez, Duncan; ce ne sont pas vos guinées, je l\u2019espère, qui ont payé l\u2019auto ?\u2014 Non, Milady, c\u2019est le jeu.\u2014 Ah! \u2014 TI joue comme un démon et il gagne d\u2019inconvenable façon.Je l\u2019ai vu manier l\u2019argent avec la désinvolture d\u2019un banquier; et le jour où la chance le quittera, je crois bien qu\u2019il ne pourra plus s\u2019habituer à sa vie simple d'autrefois.Roy a une ambition démesurée Duncan cligna de l'oeil au souvenir de certaines confidences.\u2014 Et il adore l\u2019argent, acheva-t-il sérieux.\u2014- Ah! redit lady Patricia, qui rez sentit de nouveau la vague crainte de tout à l\u2019heure.Elle demanda en riant, et ce rire-là n\u2019était pas très sincère : \u2014 Il ne volerait tout de même pas pour avoir de l\u2019argent ?\u2014 Ma foi, je ne sais trop, dit Duncan brutalement.Cette ambition demesurée, cet amour immodéré des Biens de la terre, cela ne me dit rien qui vaille.Peut- étre, suis-je mal placé pour épiloguer sur les mauvaises tendances de Roy Humphrey 7.Qui le sait mieux que Votre Grace, laquelle intercéda tant de fois en ma faveur ?.\u2014- Mais vous êtes franc, vous, Duncan, dit lady Patricia en reprenant le bras du jeune homme pour marquer la fin de l\u2019entretien; et surtout vous êtes bon, très bon.Dites le à mon père, glissa Duncan en jetant un regard malicieux à sa compagne.lui qui méconnait ma valeur quand je rends si bien grâce à la sienne ! ASN \u2014 Ce jeune garçon vous accapare, mon enfant, remarqua lord Hawthorne en voyant sa cousine s'asseoir à ses côtés.l Il est si amusant, et, entre Nous, Archie, il me sauvait des présentations aux étrangers, présentations dont j'ai horreur.\u2014 Vous n\u2019y échapperez pas, ma petile Pat.Depuis votre arrivée, on me harcèle de mille questions: « Qui est la dame en rose ?\u2014 Est-ce la marquise du bal rose et argent ?etc, etc.» On m\u2019a même demandé où était le marquis ?Lady Patricia rit gaiement et, pour éviter de nouvelles questions plus ridicules, se soumit aux présentations qu\u2019elle détestait.Et les noms de tous les pays défilèrent devant elle: noms russes, bulgares, yankees, suédois, italiens.\u2014 Oh! Archie, fit-elle lorsque le duc l\u2019eut conduite au buffet, oh! Archie, comment pouvez-vous tant aimer les étrangers ?Cela n\u2019est plus un salon, ici, c\u2019est un caravansérail.\u2014 Je ne vous savais pas cette haine de l'étranger, dit le duc avec un fin sourire.Pourtant, à Masefield, n\u2019avez-vous pas un sculpteur français dans un pavillon italien ?Patricia rit légèrement, tandis qu\u2019un peu de rougeur montait à ses joues : \u2014 L\u2019exception à la règle !.Et puis, ne dit-on pas: «Chaque homme a deux patries: la sienne, et puis.la France.» La voix de Patricia s\u2019était adoucie étrangement sur les deux derniers mots prononcés: songeait-elle à l\u2019inconnu qui attendait son appel ?.Voyait-elle dans l'avenir le retour tant de fois désiré.l\u2019union possible.la Béatrice glorieuse?.Lord Hawthorne, discrétement, observait la jeune femme, tout à coup silencieuse, mais les longues paupières s\u2019abaissèrent sur les yeux expressifs.Il n\u2019y eut plus devant le duc qu\u2019une mondaine charmante, somptueusement vêtue de rose et d'argent, et qui voulait garder au plus profond de sa pensée et de son coeur le secret de la Souveraine.XV Retour \u2014 Monsieur de Sérignac, j'ai bien l\u2019honneur de vous saluer.Philippe s\u2019était retourné vivement, et il demeurait interdit : \u2014 Vous, Madame ! \u2014 Moi-même .sauvé de Babylone par miracle, comme les trois Hébreux de la fournaise.C\u2019est bien cela ?\u2014 Oui, répondit machinalement Philippe.Il aurait voulu désigner un siège à Patricia, et cependant il était heureux que ses mains tremblantes ne soient pas libres, encombrées qu\u2019elles se trouvaient de spatules et d\u2019instruments de toutes formes.\u2014 Excusez-moi, je montais à l'atelier.\u2014 Montons, fit-elle gaiement et avec autant d\u2019aisance que si son absence de trois semaines eût duré vingt-quatre heures.\u2014 Et Fiorella ?demanda-t-elle.\u2014 En promenade, naturellement, avec Duncan comme conducteur et Josépha comme mentor.Philippe s\u2019effaçait pour laisser entrer la jeune femme.Elle regarda longuement l\u2019atelier, le cher atelier qu\u2019elle avait évoqué durant sa vie mondaine.\u2014 Je suis contente d\u2019être revenue, dit- elle.\u2014 II est évident, fit le comte, que vous revenez très brusquement.Je pensais ne plus vous revoir a Masefield.Comme elle ne relevait pas l\u2019allusion, il poursuivit avec ironie : \u2014 Car, enfin, Londres n\u2019a pas été avare d\u2019encens .et ses journalistes non plus.Duncan Helley m\u2019a saturé de chroniques détaillées, où les adjectifs « exquis et ad- miracle » sont prodigués avec abondau- ce.Patricia écoutait Philippe en souriant doucement.Dépouillé de son manteau, elle lui apparaissait revêtue d\u2019une de ces petites robes de printemps en soie bleu pastel, imprimée de larges églantines roses; un col rond uni entourait son cou délicat, dépouillé de l\u2019habituel collier de perles.Quelque chose en elle marquait une femme nouvelle, jusqu\u2019à ses cheveux bouclés, séparés maintenant par une raie médiane, ce qui accentuait encore son type d\u2019ange florentin.Ce n\u2019était pas une mondaine que Londres renvoyait à Masefield, et parce que Philippe savait tout ce que voulaient dire et la robe à col et manchettes blancs, et les boucles disciplinées, il attendit que parlât Patricia, sans avoir le courage de l\u2019interroger.\u2014 Asseyez-vous.je vous en prie, dit-il, débarrassé de ses instruments.\u2014 Si vous me disiez bonjour, d\u2019abord, Monsieur Philippe ! Le comte sourit du ton pénétré dont elle avait dit cela, et il prit la petite main tendue: les doigts fragiles ne portaient qu\u2019un anneau, la bague aux armes des Masefeild.\u2014 Avez-vous eu affaire à un voleur de grand ehemin?questionna Philippe en retenant une seconde les doigts de Patricia.\u2014 Pourquoi ?.Ah! à cause de mes bagues ?\u2014 Les bagues et le collier.On ne va pas précisément à Londres pour y apprendre le dépouillement.vous, du moins.\u2014 Pourquoi « moi, du moins» ?Et comme il ne répondait pas, elle dit: \u2014 Vous aussi, Monsieur Philippe, vous pensiez que Londres et son encens allaient détruire tout ce que Masefield m'\u2019avait donné de bon cet hiver ?.Septembre 1934 Vous vous imaginiez que j'en reviendrais grisée, vaniteuse et ultra-mondaine surtout ?\u2014 Pardon, jai dit que j'avais pensé que vous ne reviendriez pas du tout.\u2014 C\u2019est la même chose ! .Et je suis persuadée que vous vous accusiez intérieurement d\u2019avoir précipité ma perte.Elle rit, montrant ses dents admirablez, et Philippe la regardait, si enfantine au creux du divan, avec un air de petite fille raisonnable qui se réjouit d\u2019un rien.Où était la noble dame «en panne rose brodée d\u2019argent», la Souveraine impérieuse d\u2019autrefois ?La phrase qu\u2019elle venait de jeter le fit pâlir.Patricia vit-elle cette pâleur subite?Elle pousuivit, taquine: \u2014 Car enfin, c\u2019était très mal, vous, mon censeur impitoyable, de me livrer ainsi au monde.Et le monde avec un grand M.Vous savez.Equitation, golf, séances chez les couturiers, thés, dîners en robe du soir.Philippe était resté debout, examinant une spatule par contenance; aux derniers mots de Patricia, il prit un siège et s\u2019assit en face du divan.Une minute, la marquise regarda ce front d\u2019homme, ces traits nobles, tout ce visage qui restait livide.Son regard perdit son expression joyeuse et prit une extrême gravité : \u2014 Monsieur Philippe ?\u2014 Madame ?\u2014 C\u2019est par taquinerie tout ce que je viens de vous dire, car mon séjour à Londres, au lieu de m'être néfaste, m\u2019a été très favorable.Oui.je ne l\u2019aurais pas cru, poursui- vit-elle, songeuse.Ce monde qui autrefois, à défaut de bonheur, m\u2019en donnait l\u2019illusion.ce monde-là a provoqué chez moi un dégoût profond, un dégoût immense ! .Que ce soit le sport ou la toilette, le théâtre ou le luxe, tout cela ne m'était plus familier et tout cela était vide.Philippe écoutait comme en un rêve.\u2014 Le vide constaté ainsi est une souffrance véritable, Monsieur Philippe, une souffrance intraduisible .J\u2019ai été fêtée, plus fêtée que jamais.Mes toilettes ont fait sensation.Pendant trois semaines, je me suis vue dans Londres véritable Souveraine, et partout, toujours, dans le bruit, la musique, le luxe, la renommée, j'ai retrouvé ce vide affreux.Et savez- vous ce que je regrettais après ces plaisirs et ces vaines satisfactions de l\u2019orgueil ?.Elle posa un moment, attendant une question de Philippe; puis, comme il n\u2019ouvrait pas la bouche : \u2014 JD\u2019ai regretté, dit-elle, mon Masefield de l'hiver le Masefield sérieux, laborieux, douloureux même.et il me paraissait que ce vide entrevu ne pouvait plus être comblé que par le travail et le.dévouement.Le comte se pencha pour ramasser un crayon qui venait de rouler sous son pied; il souffrait tant qu\u2019il aurait crié.\u2014.Et j'ai compris alors que si ce qui me satisfaisait jadis me semblait vide aujourd\u2019hui, c\u2019est que javais en moi des désirs plus grands, plus nobles.Elle hésita et acheva bravement : \u2014.Parce qu\u2019il y a en nous un autre moi supérieur, dont la révélation élève forcément nos aspirations et notre idéal.Philippe fit un effort immense, et, de sa voix sans timbre, il demanda : \u2014 Ce «moi supérieur», ne pouvez- vous, Madame, lui donner un nom ?Il crut qu\u2019ele avait tu ce mot par orgueil, pour ne pas paraitre vaincue.Et elle le stupéfia par la simplicité de sa réponse: \u2014 Je crois que vous appelez cela « une âme », dit-elle avec une candeur touchante.\u2014 Alors.demanda-t-il, cette vie mondaine de Londres a eu pour résultat de vous faire connaître l\u2019existence de votre âme ?: \u2014Je la savais avant, Monsieur Philippe.Vous vous rappelez le soir où nous regardions la vallée par cette vitre, et le village qui s\u2019endormait dans la buée mauve ?Si je n\u2019ai pas refusé le séjour à Londres, c\u2019est que ce séjour seul pouvait me démontrer le changement réel produit en moi.Et maintenant je suis si heureuse de savoir!.Elle s\u2019était levée et joignait les mains à hauteur de ses lèvres en se rapprochant Septembre 1934 La Revue Populaire TAISEZ- vous! (CHUT!) EN o CL 397 2P 52 x 6\u201d A J 3 ç > LA qd 0 Tapas déjà observé te champion du dub au moment où il sappr@lait à jouer le coup décisif dans un tournoi de golf ~ mais soudain, tu sens que tu vas éternuer, ot maléré tes efforts pour réprimer ce bruit peu conforme à la solennité de l'instant - CEST MALMEUREUX, MAIS QUE\u201d) [MON VIEUX, TU NE POUVAIS PAS VOULEZ-VOUS.gg, CE EST AUS mi a TERN PRO ~~ i VS Ta\u2018pas ensuite essayé une BLACK HORSE ?Ça | remet d'aplomb dans les moments embarrassants ! 224F, N Dites simplement- BIACK HORSE Dawes.SV.P\" H \u201cM ffi OMMBS e: MUTIINS ! QUELLE association! Les hommes aiment les \u2018\u2018muffins\u201d, et ils les aiment légers et savoureux \u2014 les vôtres seront de ceux qui \u2018\u2018fondent dans la bouche\u201d et si vous vous servez de lait sur et du Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u2019 comme levain.\u201cMuffins\u201d pour le déjeuner 2 tasses de farine \u2014 tasse de lalt sur tam ou de lait de Y2 c.à thé de Soda beurre à Pâte \u201cCow 1 oeuf, bien battu Brand\u201d 4c à soupe de Ya c.à thé de sel graisse composée, 2 c.à table sucre fondue Tamisez la farine une fois, mesurez, ajoutez le soda à pâte, le sel et le sucre, puis tamisez de nouveau.Combinez l'oeuf, le lait et la graisse.Ajout:z à la mixture de farine, en brassant juste assez pour mélanger.Versez dans des moules à muffins graissés.Faites cuire de 20 à 25 minutes au four chaud (4250 F.).Fait 12 muffins.Cette recette est tirée de notre dernier Livre de Cuisine, qui contient aussi des recettes de gâteaux, biscuits, gaufres et de maintes autres bonnes choses, toutes éorouvées par des experts à notre cui- sine-laboratoire.Envoyez le coupon ci- dessous vous donnant droit à votre exemplaire gratuit.v Pour Avoir un Plus Beau Sourire Brossez-vous les Dents avec du Soda à Pâte Le Soda a Pite \u201cCow Brand\u2019 est des plus efficaces pour le nettoyage des dents.Il fait disparaître les taches et les décolorations sans endommager l'émail délicat des dents, donnant à vos dents une beauté et un éclat nouveaux.Gardez sous la main, dans la salle de bain, un paquet de réserve de \u2018Cow Brand\u201d, Le Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d est du Bicarbonate de Soude pur et il est également bon pour fins médicinales et culinaires.Faites venir ces brochurettes GRATUITES CHURCH DWIGHT LIMITED 2715.rue Reading, Montréal, P.Q.Veuillez m\u2019envoyer les brochurettes gratuites décrivant les utilisations du Soda à Pâte \u2018 Cow Brand \u201d pour fins médicinales et culinaires.Nom Adresse \u2026.\u2026\u2026\u2026uvescencencennnes emcramecen METTEZ VOS NOMS ET ADRESSE R-15 EN IMPRIME 40RF La Revue Populaire de Philippe, qui s\u2019était mis machinalement debout.\u2014 C\u2019est à vous, mon ami, que je dois de vivre réellement .à vous que je devrai de vivre mieux encore dans l\u2019avenir.\u2014 Vous avez donc beaucoup d\u2019espoir dans l'avenir ?demanda le comte si impulsivement qu\u2019il regretta tout aussitôt sa question indiscrète, car elle touchait au secret de Patricia.\u2014 J'en ai beaucoup.\u2014 Est-ce que ?.Il s\u2019arrêta, résolu de souffrir sans atténuation: en bien des cas, le doute n\u2019est-il pas plus cruel que la certitude ?\u2014 Est-ce que ?redit Patricia, très attentive.\u2014 Est-ce que vos opinions ont changé un peu ?\u2014Elles ont changé beaucoup, Mou- sieur Philippe.Alors, comme si Patricia eût voulu exprimer à Philippe tout l\u2019espoir qu\u2019elle mettait dans l\u2019avenir, en découvrant d\u2019un mot le changement fait en elle depuis six mois : \u2014 Mon ami, demanda-t-elle, tandis qu\u2019un doux bonheur transfigurait son visage, quand done commencerons-nous la Béatrice glorieuse ?L'heure du sacrifice était venue.XVI Le secret de Patricia Roy Humphrey savait que la marquise avait quitté Londres et il en éprouvait un regret d\u2019autant plus extrême qu\u2019il devait s\u2019avouer n\u2019avoir fait aucun progrès dans Pintimité de la grande dame.Parfois, son ami Duncan lui demandait d\u2019un air candide : \u2014FEt ce mariage !.jours foi en votre étoile ?\u2014 Toujours, disait Roy avec aplomb, quoiqu\u2019il n\u2019en pensûât pas un mot.Il commençait même à désespérer sérieusement de l\u2019avenir; par contre, ses créanciers lui témoignaient un attachement chaque jour grandissant.Il lui fallut bien recourir une fois encore au cher Duncan, lequel, pour toute réponse, retourna ses poches : \u2014 Pas un penny, mon vieux Roy.Je regrette infiniment .Le neveu de Mrs Humphrey le regrettait davantage encore.En désespoir de cause, il échoua un soir chez sa tante : \u2014 J\u2019avais peur que vous ne soyez retournée à Masefield, dit-il aimablement comme entrée en matière.\u2014 Je repars vendredi, expliqua la vieille dame, très flattée de la sollicitude de son neveu.Elle disposait sur un guéridon plusieurs boîtes à l\u2019écusson de Masefield et elle s\u2019apprêtait à les mettre dans une valise de cuir fauve, quand un geste de Roy l\u2019arrêta : \u2014 Qu'est-ce que ces petites choses ?demanda-t-il avec la plus parfaite indifférence.\u2014 Quelques bijoux de la marquise.Elle les avait donnés à nettoyer à son bijoutier, et elle quitta si brusquement Londres qu\u2019elle les oublia.Le bijoutier m\u2019a rapporté le tout.Roy avait ouvert un écrin : \u2014 Des opales ! .Lady Patricia possé- de des opales ! Cela m\u2019étonne ! \u2014 Pourquoi donc ?\u2014 On dit que ces pierres portent malheur.\u2014 Lady Patricia n\u2019a jamais été superstitieuse.\u2014 Oui, remarqua durement le jeune homme, la marquise est ce qu\u2019on appelle un esprit fort.Il ricana et ouvrit une autre boîte; cette fois, il ne fut pas maître de lui, et ses paupières battirent: sur le velours noir, des diamants superbes étincelèrent.\u2014 Magnifique ! \u2014 Le cadeau de Sa Majesté lors de la présentation de lady Patricia, dit Mrs Humphrey.Roy eut de nouveau son petit ricanement : \u2014La présentation à la cour, parlons- en: la robe d\u2019uniforme, la plume, le voile.Quelle corvée dut être pour Lady Patricia cette exhibition en tenue de mascarade ! Mrs Humphrey parut choquée : \u2014 Ce n\u2019est point une mascarade, et la tenue obligatoire est toujours pleine de majesté et de grâce.Avez-vous tou- Elle ajouta naïvement : \u2014J\u2019ai souhaité bien des fois posséder un titre pour être présentée à la cour.\u2014 Avez-vous désiré aussi des bijoux aussi beaux que ceux-ci ?\u2014 Non, jamais, mon cher Roy, je puis vous l\u2019affirmer.Et comme son neveu souriait enfin d\u2019un air de bonne humeur en continuant l\u2019examen minutieux des bijoux, elle demanda, de cette voix douce des vieillards, si faite pour désarmer les plus réfracte- res : \u2014 Pourquoi m\u2019aviez-vous oubliée ces temps-ci, Roy?Le séjour a Londres m\u2019eût paru si agréable avec votre présence !.Je comptais même avec votre présence ! .Je comptais même sur vous tout a fait.Ici, votre chambre est toujours prête.\u2018 \u2014 Beaucoup d\u2019occupations! grogna le jeune homme sans rougir.\u2014 Vous n\u2019ètes plus le même, mon enfant, insista tendrement la vieille dame.Avez-vous oublié le jour où je vous pris à la maison ?.la joie que j'eus à vous serrer dans mes bras comme mon propre fils ?.Votre oncle prépara des soldats et un cheval mécanique dans votre petite chambre; je disposai sur une chaise un costume marin qui vous enchanta.Et vous m\u2019en avez remerciée si bien que votre oncle et moi en fûmes touchés jusqu\u2019aux larmes.Le mince petit sourire détendit imperceptiblement la bouche de Roy: c'est qu\u2019il revoyait aussi la scène du passé, le petit garçon aux gestes timides, mais au regard faux; il se rappelait son état d\u2019ame à ce moment-là.Nulle reconnaissance n\u2019était dans son coeur, nul attendrissement; un seul sentiment: l\u2019orgueil triomphait d\u2019avoir été choisi, lui, pour devenir l\u2019enfant de parents aisés! Et quand la bonne Mrs Humphrey et son époux s\u2019imaginaient que la seule pensée de leur bonté faisait éclater la joie enfantine, c\u2019est qu\u2019ils n\u2019avaient pas vu la petite main subtile se glisser vers le gousset du costume neuf, où deux belles pièces d\u2019argent étaient dissimulées en guise de surprise.\u2014 Si cela peut vous faire plaisir, dit enfin Roy, je resterai ce soir.\u2014Et jusqu\u2019à vendredi?demanda Mrs Humphrey, pleine d\u2019espoir.Roy hésita: \u2014 Peut-être, répondit-il entre ses dents.Il regarda Mrs Humphrey se précipiter vers la porte avec une agilité dont il ne Pefit pas crue capable.Il comprit qu\u2019elle s\u2019en allait donner des ordres au petit sonillon qui lui avait ouvert la porte tout à l'heure, et il fronça légèrement le sourcil.Puis il haussa les épaules : \u2014 J\u2019enverrai la petite en promenade, murmura-t-il en fermant un écrin.Et il ouvrit de nouveau la boîte aux diamants.\u2014 Très bien ! Très bien ! prononça-t- il avec calme.Il reposa l\u2019écrin sur la table, et, quand sa tante entra, elle le vit installé dans un fauteuil, les pieds sur la cheminée : ce spectacle la choqua tellement qu\u2019elle faillit renverser le plateau qu\u2019elle portait.\u2014 Oh! Roy.Le jeune homme parut ne rien enten- die; d\u2019une voix nonchalante, en désignant du menton le guéridon, il remarqua : \u2014 Vous avez oublié de ranger ces bibelots.\u2014 C\u2019est vrai.Je vais les mettre dans le petit bureau de ma chambre.\u2014 Ah ! bon, dit Roy, les yeux clos.\u2014.Quoique j'aurais pu tout aussi bien les laisser au salon.La petite bonne ne couche pas ici.\u2014Ah! fit Roy, la voix ensommeillée, la petite bonne ne couche pas ici.Mrs Humphrey était si heureuse de posséder le cher neveu sous son toit qu\u2019elle ne put, ce soir-là, trouver le sommeil.Elle s\u2019était donc assise à son bureau, et, songeant combien ces trois jours avec Roy la laisserait peu libre d\u2019elle-même, elle profiterait de la circonstance pour répondre à une lettre reçue le matin.Mon cher Monsieur Philippe, Jai reçu votre lettre ce matin et puisque vous jugez impossible un entretien a Masefield, je vous envoie le renseignement par écrit.Septembre 1934 Croyez, d\u2019abord, a ma grande confiance en vous, confiance qui n\u2019a pas besoin d'explications.Vous voulez le bien de Patricia, vous le voulez avec un détachement rare qui vous honore; tout est là.Notre but étant le même: le bonheur de Patricia Masefield, je juge qu\u2019il est de mon devoir de vous apprendre tout ce que je sais de son secret.tout ce que Me Helley lui-même ne connait pas.Celui qu\u2019elle aime et qui fut, jadis, son fiancé, habite à Paris; il loge dans un petit hôtel de la rue .Mrs Humphrey cessa d'écrire; elle avait entendu marcher dans le corridor : craignant que Roy ne la grondât d\u2019être encore levée à cette heure, craignant aus si d\u2019être obligée de fournir des explications sur la lettre qu\u2019elle rédigeait, elle avança une main preste vers le commutateur du bureau et éteignit.À son grand étonnement.le pas s\u2019arrêta derrière sa porte, dont la poignée fut tournée avec précaution.Cette précaution même précipita Mrs Humphrey vers un autre ordre d\u2019idées: elle ne pensa plus à Roy, tant elle était certaine tout à -coup d\u2019avoir affaire à un cambrioleur; le souvenir des bijoux encore posés sur sa table la confirma dans sa supposition.Ces pensées diverses n\u2019avaient duré que quelques secondes, et elles paralysèrent la vieille dame, qui demeurait les mains crispées au bureau, le regard dilaté, tendu vers l\u2019affreux trou d\u2019ombre d\u2019où venait le bruit.Elle vit jaillir le rayon d\u2019une lampe électrique, et, tout de suite, la lumière tomba sur la table, s\u2019immobilisant sur les petites boîtes de cuir écussonnées.Mrs Humphrey, elle aussi, vit les écrins dans la lumière, et cette seule vision lui rendit un courage d\u2019autant plus grand qu\u2019il fut le résultat d\u2019une impulsion: d\u2019an bond, elle se jeta vers la table, heurta quelque chose dans l\u2019obscurité, et aussitôt tomba sans un cri, comme une masse.Le rayon de lumière s\u2019allongea juz- qu\u2019au corps étendu; un grognement sourd retentit : \u2014 Tant pis! dit une voix étranglée.C\u2019est de sa faute.Elle m\u2019a fait une peur, cette vieille ! Une main fébrile ouvrit les écrins.s\u2019empara des bijoux.Et, avant de s\u2019éteindre tout à fait, la petite lampe jeta son rayan furtif au travers de la chambre; la lumière tremblante, un instant, effleura le bureau et passa sans se poser sur la lettre confidentielle \u2018que Mrs Humphrey n\u2019achèverait jamais.XVII Justice \u2014- Ma pauvre tante ! gémit Roy, tandis que la foule compatissante se massait dans l\u2019étroit vestibule.\u2014 On est parti chercher la police, ne vous inquiétez pas, Monsieur, expliquait une voix d\u2019homme.\u2014 Ah! on a prévenu ?dit Roy inquiet.Il hésita, puis, confiant à l\u2019homme qui s\u2019était avancé, le soin de contenir la foule, il gravit l\u2019escalier, après avoir demandé: \u2014 C\u2019est vous qui avez été là-haut ?\u2014 Non.«une femme».Elle n\u2019est pas restée longtemps.C\u2019est elle qui a dit de prévenir la police.\u2014 Une femme ! songea Roy rageur en montant l\u2019escalier en courant; la misérable servante m\u2019aura trahi.Elle m\u2019avait pourtant promis.Et il revoyait la petite bonne debout devant lui dans le corridor où elle s\u2019engageait pour partir, son travail terminé.\u2014 Vous ne reviendrez pas demain.\u2014 Mais.\u2014 Si on vous parle de moi, vous ne direz pas m\u2019avoir vu ce soir.\u2014 Sir.\u2014 Donnez-moi votre adresse, je vous y ferai parvenir demain une somme suffisante non seulement pour quitter Londres, mais pour vivre dans l\u2019aisance quelque temps.Si vous parlez.je vous retrouverai n\u2019importe où vous irez et je vous ferai payer cher vos bavardages.\u2014 Je ne parlerai pas, avait balbutié la malheureuse.absolument terrorisée.Et elle s\u2019était enfuie, affolée, après avoir donné son adresse à Roy Humphrey.Celui-ci revoyait la scène de la veille, et sa colère se décuplait à penser que Septembre 1934 tant de lâcheté s\u2019unissait à tant d\u2019hypocrisie.\u2014 Voilà bien ma chance ! Non seulement la servante me trahit, mais encore il me faut venir ici ce matin, quand j\u2019avais pris toutes mes dispositions pour faire croire à une absence de Londres durant le.crime.Il atteignait le palier; il voyait la porte de la chambre grande ouverte, et cela faisait un trou d\u2019ombre effrayant, car les doubles rideaux étaient restés fermés.\u2014 Ah ! songea Roy, dont les dents claquaient, s\u2019il n\u2019y avait pas ce mouchoirl.Sa fuite dans la nuit avait été si précipitée qu\u2019il ne s\u2019était pas souvenu tout d\u2019abord de son mouchoir oublié dans la chambre de sa tante.Il avait cru emporter les bijoux en tas dans ce mouchoir, afin de n\u2019en perdre aucun; puis ses doigts énervés ne purent venir à bout de la besogne: il finit par rejeter la fine batiste pour enfouir les bijoux au hasard dans ses poches.A l\u2019aube seulement, il se souvenait de l\u2019incident, qui pouvait lui être fatal; force lui était, au risque de se trahir, de prévenir la visite de la police en se trouvant avant elle dans la petite maison du faubourg.Il avait bien failli se laisser devancer, et cette idée de la police qui allait arriver, fureter partout, lui donna le courage d\u2019affronter l'obscurité de la chambre.Il ne voulut pas ouvrir les rideaux, sachant que le moindre déplacement paraîtrait insolite.Alors, il tourna le commutateur et, les yeux agrandis, regarda.La morte était sur le tapis, la figure sur le sol.Roy fixa un instant le corps tombé en masse, et tout de suite ses yeux remontèrent vers la table: près des écrins renversés et bâillants, le mouchoir était là.Son mouchoir! \u2026 Une sueur froide perlait aux tempes du misérable: il avança la main.- Mais quelqu\u2019un prit cette main, quel- qu\u2019un qui demanda, glacial : \u2014 Monsieur Humphrey, comment votre mouchoir se trouve-t-il ici?Les doigts du jeune homme se crispèrent sur la table, n\u2019avancèrent plus.Et lady Patricia prit le mouchoir.\u2014 J'attends, dit-elle froidement et sans trembler.Elle avait lâché la main de Roy et elle demeurait devant lui, barrant la porte.\u2014 Monsieur Humphrey, vous êtes un misérable ! Jamais l\u2019harmonieuse voix n\u2019avait en tant de profondeur, jamais lady Patricia n\u2019avait paru au jeune homme d\u2019une majesté plus saisissante.Et à la voir ainsi, courageuse et implacable, il comprit qu\u2019il n\u2019obtiendrait rien à jouer au plus fin.* \u2014 Qu\u2019allez-vous faire, Milady ?de- manda-t-il avec tant de cynisme que Patricia en demeura stupéfaite.Me trahir?Me dénoncer à la justice ?.Belle besogne pour une grande dame que de se livrer à ce petit jeu hypocrite des traque- pards !.Mes compliments.Il la vit impassible, lui devina une volonté bien arrêté, une volonté que rien ne ferait fléchir; alors, une colère folle montant à son cerveau, il saisit les poignets de Patricia pour l\u2019écarter de.la porte.: \u2014 Lâchez-moi, lui dit-elle, ou je crie !.Vous savez qu\u2019il y a foule en bas.Roy ouvrit les mains.\u2014 Qu\u2019allez-vous faire ?demanda-t-il, la voix sifflante.\u2014 Vous dénoncer.\u2014Sur la preuve ?\u2014.De ce mouchoir trouvé ici.\u2014 Oh! fit Roy, un seul témoignage, C\u2019est peu ! \u2014 Qui vous dit qu'un autre que moi ne vous ait pas aussi devancé dans la maison ?Les dents de Roy grincérent : .\u2014 Econtez bien ce que je vais vous dire, marquise de Masefield, écoutez.Je vous jure que si je suis arrété a cause de votre témoignage, je m\u2019évaderai pour revenir me venger.\u2014 On ne s\u2019évade pas si aisément des prisons du Royaume-Uni, dit la jeune femme d\u2019une voix posée., A ce moment, des pas pressés gravirent l'escalier.\u2014 Une dernière fois, ordonna Roy, taisez-vous.La Revue Populaire 45 Il la regardait avec de tels yeux de haine que lady Patricia ne put retenir un frisson; et, l\u2019espoir revenant en lui, il s\u2019apprêtait à reprendre son rôle de neveu désolé, quand la voix profonde s\u2019éleva pour détruire ses\u2019 dernières illusions : \u2014 Monsieur B., c\u2019est bien ce que nous avions pensé : le mouchoir est a M.Humphrey, ici présent.La jeune femme resta seule dans la chambre, et elle demeurait indécise, n\u2019osant toucher au corps étendu, et désireuse pourtant de serrer dans ses bras la chère vieille amie de son enfance et de sa jeunesse.La veille au soir, elle avait reçu une étrange communication téléphonique de Duncan Helley : \u2014 Milady, vous souvenez-vous de notre dernière conversation au bal de lord Hawthorn ?.Oui, au sujet de R.H.Eh bien, je le crois arrivé au moment critique, très critique.Plus de fonds.ll ira sans doute chez sa tante.Rien a craindre là non plus, n\u2019est- ce pas ?.Aucune tentation de.Elle l\u2019avait interrompu d\u2019un cri : \u2014 Mes bijoux ! .\u2026 Elle m\u2019écrit que les bijoux lui ont été rapportés.Duncan, j'ai peur.Un pressentiment horrible.Venez avec votre voiturette .Nous irons là-bas.Et c\u2019est ainsi qu\u2019à l\u2019aube Duncan et Patricia heurtèrent en vain à la porte de Mrs Humphrey, après avoir sonné longuement.Un voisin, serrurier de son êtat, s\u2019offrit à défoncer la porte, et tout s'était ensuite passé pour Patricia comme dans un affreux cauchemar: la montée vers le premier étage au bras de Duncan Helley, la vision atroce et la découverte du mouchoir.A peine eurent-ils le temps de se concerter, Duncan descendant pour faire prévenir la police, elle demeurant à tout hasard, afin de surveiller les entrées.La voix de Roy se faisait entendre dans Vescalier.La résolution de Patricia fut prompte comme l'éclair: elle demeura dans l\u2019obscurité, à proximité de la table, prête à démasquer le misérable qui venait se 1i- vrer lui-même au piège tendu.oa, Maintenant, elle pleurait, épuisée par tant d\u2019émotions, et comme elle se laissait tomber devant le petit bureau où s\u2019ouvrait la lettre inachevée, elle demeura un moment immobile, les sanglots arrêtés.Quand elle eut terminé sa lecture, elle plia lentement le papier, le dissimula dans sa manche; ses lèvres prononcèrent deux mots à voix basse, deux mots qui furent comme une douceur infinie dans son affreux chagrin.Elle avait dit lentement : \u2014 Pauvre Philippe ! TROISIEME PARTIE LA BEATRICE GLORIEUSE I Une expression Les roses fleurissaient maintenant le palais de marbre.Sur les douleurs profondes de l'hiver, le temps avait posé son voile d\u2019apaisement, et depuis que les roses s\u2019étaient ouvertes au seuil de la villa, lady Patricia ne refusait plus les séances de pose.\u2014 Sachons utiliser nos douleurs à notre perfectionnement.lui disait le comte, mais n\u2019en faisons jamais un fardeau en nous abandonnant à la tristesse.\u2014Je ne suis pas triste, expliqua la marquise, une après-midi que le sculpteur lui répétait son encouragement habituel.J\u2019ai autre chose que de la tristesse.Cette mort horrible de ma chère vieille amie m\u2019a laissé comme une empreinte.empreinte que le temps et l\u2019oubli même n\u2019effaceront pas, je le crains.\u2014 Puis-je savoir?demanda Philippe en cessent de travailler.\u2014 Oh! une empreinte personnelle.un sentiment tellement ridicule que je rougirais de l\u2019avouer.Elle pencha sa tête aux bandeaux ondés: des boucles légères s\u2019échappaient du béguin de velours perlé; sur ses épaules, le voile diaphane tombait en nuage et mélait ses blancheurs au velours bleu de \u201cEncore du travail \u2026 pour ta Maman! 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Pendant quelques minutes, la marquise demeura silencieuse, si absorbée dans ses pensées qu\u2019elle en oublia de taquiner Philippe sur sa mauvaise humeur.Tout à coup, elle demanda : \u2014 Et quand sera le procès ?\u2014 Le procès ?\u2014 De Roy Humphrey.Et la main de Patricia descendit machinalement à la taille.Cette fois, le sculpteur se montra d\u2019une telle sévérité de paroles que la jeune femme n\u2019osa l'interrompre par une taquinerie.\u2014 Faites-moi le plaisir, d\u2019abord, de ne plus parler.Secundo, veuillez vous rappeler que je travaille à la main, qu\u2019il m\u2019est impossible de sculpter des doigts qui pianotent sur un corsage et des roses si malmenées qu\u2019elles perdent leurs pétales l\u2019un après l\u2019autre.Confuse, la marquise regarda les roses, et son geste pour les redresser acheva d\u2019effeuiller l\u2019une d\u2019elles.\u2014 Vraiment, je regrette, dit Patricia, sincère.Elle n\u2019eut pas raison de la sévérité de l'artiste.\u2014 Je n\u2019ai jamais passé tant de temps à parachever une oeuvre, fit-il durement.Vous posez quand vous le voulez bien, et vous choisissez souvent les jours les plus sombres.Si la clarté est bonne, je suis sûr d'avance que vous allez me proposer une promenade avec Duncan et Fiorella.\u2014Nous ne pouvons raisonnablement déjeuner sur l\u2019herbe par la pluie.\u2014 Soit, mais vous avez toute facilité de remettre ces promenades.tandis que mon temps à moi est extrêmement limité.\u2014 Si extrêmement que cela ?Philippe ne parut pas entendre.-\u2014 Le cloître est terminé, le calvaire de la chapelle est restauré; il me reste deux bas-reliefs à retoucher.Un travail de trois semaines, s\u2019il n\u2019y avait la Béatrice.\u2014 Mais il y a la Béatrice, Monsieur Philippe, et vous avez l\u2019air de m\u2019en faire grief, comme si ce n\u2019était pas vous qui m'avez inspiré cette idée.Vous êtes la contradiction incarnée.C\u2019est comme pour le voyage de Londres, du reste.Sans se remettre au travail, le comie battait le sol de son talon; c\u2019était un bruit léger, mais désagréable, qui ne semblait pas cependant gêner le modèle.\u2014 Et puis, vous êtes bien pressé de vous en aller, imsista la jeune femme, comme Philippe ne répondait pas.\u2014 Je ne puis rester toujours à Masefield.\u2014 Non, évidemment.Mais la villa étant à Fiorella, il lui faudra y revenir chaque année.\u2014 Vous savez bien, Madame, que je ne puis accepter ce don, dit enfin le comte d\u2019un ton sérieux.\u2014 Pourquoi ?Philippe eut un haussement d\u2019épaules agacé.\u2014 Parce que vous devriez envisager l'avenir, Madame, avant de poser des questions semblables.Si vous vous mariez, il serait sans doute très désagréable a.celui que vous choisirez et peut- être à vous-même de voir la villa habitée par des étrangers quand vous avez toujours eu, je le sais, une prédilection pour ce petit palais.Lady Patricia roulait distraitement entre ses doigs les pétales de roses.Elle sourit : \u2014 Veus vous trompez, Monsieur Philippe: c\u2019est pour la Cabane fleurie que j'ai une prédilection.Philippe se sentit palir.\u2014 Oui, c\u2019est vrai.j'oubliais ! Il toussa pour s\u2019éclaircir la voix : \u2014Si vous voulez, puisque notre travail des mains est mauvais aujourd'hui, nous commencerons le visage.\u2014 Je crois être inférieure à ma tâche, risqua la marquise, qu\u2019inquiétait un peu l'humeur sombre du sculpteur.\u2014 Persuadez-vous que vous en êtes à la hauteur, tout est là, dit Philippe bourru.Et comme elle demeurait indécise, avec sur le visage ceite douce rougeur qui présage les larmes, il s\u2019adoucit : \u2014 Dois-je monologuer comme je le fais quand pose Fiorella ?demanda-t-il en souriant.\u2014 Je le veux bien.Ainsi, vous m\u2019intimiderez moins.\u2014 Ah! je vous intimide ! Est-ce un honneur ?\u2014 Vu la rareté du fait, je pencherais vers l\u2019affirmative.Je ne me souviens pas d\u2019avoir craint quelqu\u2019un ou quelque chose dans ma vie.\u2014 Sauf Roy Humphrey, releva le comte, taquin.Je partage donc avec lui Thonneur de la préférence.Il disposait les cheveux de Patricia si délicatement qu\u2019elle ne sentait pas ses doigts, et, revenu devant le marbre, tout en travaillant, il expliqua : \u2014 Vous avez vu la reproduction du tableau de Saccaggi.D\u2019une main, Béatrice retient deux roses sur sa poitrine; de l\u2019autre, elle guide Dante Alighieri, et, malgré ces deux gestes trés humains, le visage est tellement idéalisé, les yeux levés vers le ciel sont si purs et si lumineux que tout en Béatrice devient comme surnaturel.\u2014 Je le disais bien, je ne pourrai pas! gémit une voix pleine d'angoisse.Philippe continuait, impertubable : \u2014 Oublier la terre pour regarder le ciel.Accomplir nos pauvres actes humains en les divinisant par l\u2019élévation de notre âme vers Dieu.Livrer son être entier à la sainte charité et anéantir tout son moi humain en devenant le trait d\u2019union entre l\u2019âme et Dieu.Quel rêve.et quel idéal sublime ! .Avoir les deux mains pleines de compassion et de charité et s\u2019oublier infiniment dans ce don de soi.Etre un reflet du ciel, et n\u2019en ae- cepter la clarté que pour mieux la donner.Souvenez-vous de ce visage, Madame Béatrice.Songez que vous devez à cet instant refléter la lumière du ciel et que votre contemplation doit être telle qu\u2019elle vous fasse oublier jusqu\u2019aux gestes humains que la charité vous fait accomplir.La Béatrice de l\u2019atelier avait pris sans le savoir l\u2019expression désirée.Quels souvenirs étaient passés sous ce front jadis hautain pour qu\u2019il semble s\u2019illuminer ?.Et quelles visions de charité avaient jeté leur reflet dans ces yeux expressifs ?Oh ! que lointaine était maintenant la marquise Patricia Masefield ! Béatrice était devant Philippe, et sur son beau visage tendu vers le ciel, dans ses yeux purs et lumineux se lisait éloquemment toute la magnifique transformation de l\u2019âme, l\u2019envol victorieux de l\u2019être vers lo divinité.Et le ciseau gravait pour jamais dans le marbre les traits idéalisés de Patricia Masefield.Et Philippe songeait à la souffrance qui, à chaque coup de ciseau, semblait buriner dans son âme ce mot profond : « Douleur ».II Intermezzo La nappe blanche faisait sur I\u2019herbe une tache éclatante, et dans les cristaux des étincelles luisaient, sautillaient au rythme du feuillage, qui semblait balancer en cadence, les furtifs rayons du soleil.\u2014 Combien joli cet or dans les coupes! dit Patricia, penchée.\u2014 Et combien délectable le nectar qui noiera ces étoiles d\u2019or ! prononça Duncan emphatique.Philippe relevait, assez distraitement, d\u2019ailleurs : fo Septembre 1934 ce FT à \u2014 ll ne les noira pas, mais les tiendra e pourpre.Duncan Helley eu tôt fait de secouer ce début mélancolique : \u2014 Nous sommes vraiment des gens pleins de distinction poétique, mais, comme M.de Sérignac sombre dans l\u2019élégie, je crois que nous ferions mieux d\u2019envisager la situation telle qu\u2019elle est, c\u2019est-à- dire «terre à terre ».Et saisissant la petite Fiorella par le cou, il lui énuméra le menu d\u2019une voix si perçante et avec tant de commentaires plaisants, que Patricia et Philippe demandèrent grâce.\u2014 Le moyen d\u2019être poète avec un tel profane ! dit le comte, vexé au fond.Fiorella défendit son ami : \u2014 Oh ! je vous en prie, papa, ne dites pas qu\u2019il est un profane.Depuis que Duncan m\u2019accompagne dans mes promenades, il m\u2019a toujours si bien décrit Ja nature que j'ai l\u2019impression de tout voir, et même de mieux apprécier les choses qu\u2019autrefois \u2026.Duncan se redressa, flatté, et Philippe, rasséréné, lui jeta un regard reconnaissant.Le repas si bien commencé fut très gai: pour la première fois depuis la mort de sa vieille amie, Patricia riait joyeusement, lutinait Fiorella, taquinait Duncan et assurait Philippe que plus jamais elle ne s\u2019enfermerait dans l\u2019atelier pour se vêtir d\u2019austère velours, alors qu\u2019il y avait dans les bois des jeux de lumières de toutes teintes, des bruits de source, des senteurs parfumées.\u2014 Vous n\u2019oserez pas manquer à l\u2019atelier, dit Philippe en aparté.\u2014 Pourquoi ?.Par crainte du seigneur et maitre ?Elle riait, le visage levé vers Philippe, ses boucles faisant dans la pénombre lumineuse comme un nimbe d\u2019or.\u2014 Très curieux, remarqua l'artiste, ainsi éclairés, vos cheveux châtains ont un reflet blond.\u2014 L\u2019auréole ! .Dans ma robe de voile blanc, je dois avoir un air d\u2019ange!.Patricia Masefield transformée en ange! Quel phénomène à exhiber ! \u2014 Ne plaisantez pas ainsi, Madame.Je vous ai bien vue, moi, transformée.je devrais dire transformée en Béatrice.\u2014 Oh ! une expression ! \u2014 L'expression reflet de notre âme.Patricia rougit sans raison apparente et détourna la conversation : \u2014 Qu'est-ce que vous disiez donc à propos de l'atelier ?.\u2014.Que vous n\u2019oseriez pas manquer vos séances.Et comme le silence même de la marquise interrogeait : \u2014 Oui, en venant à l\u2019atelier, en posant ou en travaillant, vous subissez maintenant une loi.\u2014 Quelle loi ?\u2014 La loi du sentiment supérieur que vous avez découvert en vous.Plus vous avancerez, plus se fera sentir en votre âme l\u2019impérieux besoin de vous soumettre au divin.La marquise eut un petit sourire plein d\u2019ironie qui rappelait de très loin la Patricia de jadis : \u2014 Combien vous êtes adroit diplomate, Monsieur Philippe! Vous arrivez à transformer en profession de foi ce qui n\u2019a été de ma part que l\u2019expression d\u2019un changement moral opéré en moi.Vous parlez de divin, je n\u2019en suis pas encore là.Voulez-vous des fraises, Monsieur Philippe ?.de la crème ?\u2014 Comme vous voudrez, répondit le comte, songeur.Sa gaieté tombait sans qu\u2019il s\u2019en aperçût lui-même.Il n\u2019échangea plus que des propos insignifiants avec Patricia.Pourtant, comme le repas s\u2019achevait et que les domestiques surgissaient tout à coup pour ôter le couvert, Philippe dit narquoisement : \u2014 Une nuée de valets pour un déjeuner sur l\u2019herbe.un déjeuner de cinq couverts ! \u2014 Eh bien ! que vous font mes valets ?\u2014 À moi, personnellement, rien ! Au paysage, une tache horrible ! Ils gâchent le tableau.A votre place, je les aurais fait mettre en habit: le bois en brunirait d\u2019émoi et l\u2019automne arriverait deux mois plus tôt ! \u2014 Très spirituel ! .Vous devez être.Monsieur de Sérignac, dans cet état extrêmement fertile d\u2019esprit où les vers surgissent comme par miracle.où l\u2019ins- Septembre 1934 piration éclate, telle une fusée dans un ciel assombri.Voulez-vous un crayon.du papier.du café, comme Balzac ?Désirez-vous le hamac ?.Ecrivez-vous assis ou debout ?.Elle s\u2019était levée, s\u2019étirait gracieusement, le regard malicieux filtrant sous les paupières mi-closes, la bouche tremblante de rires contenus.Mais les bras retombèrent dans un froissement de blancheurs légères, sa bouche redevint sérieuse, ses yeux grands ouverts prirent à nouveau leur expression enfantinement grave.Philippe avait dit de sa voix sévère, en désignant le sentier qui allait vers les sources : \u2014 Puisque Fiorella va dormir et que Duncan et Miss Ellen se chicanent sur leurs jeux de cartes, nous pouvons, en toute liberté, nous accorder une courte promenade.\u2014 Prenez votre chapeau, continua-t-il brièvement, sans attendre un assentiment quelconque.Au delà des sources, il y a une éclaircie.Le soleil est trés ardent.Il la précédait dans le sentier, sans se retourner pour voir s\u2019il était suivi.Flle hésita l\u2019espace d\u2019un éclair, et si, à cet instant, Philippe s\u2019était retourné, il eût vu le doux visage se crisper de douleur.Pendant un instant, Patricia Masefield avait hésité; puis elle se baissa, enleva par des brides sa capeline de paille et s\u2019en alla dans la buée d\u2019or du sentier, à la suite de ce Philippe de Sérignac qui avait voulu son bonheur aux dépens mêmes du siens.II Les sources murmurantes \u2014 Laissez-moi mettre la main dans cette eau.Que j'aime ce cristal limpide qui transforme en joyaux les simples cailloux et les moindres graviers ! \u2014 Image de notre vie surnaturelle, dit Philippe à dessein.: Debout derrière Patricia, il regardait la femme penchée vers l\u2019onde, et il cherchait les mots qu\u2019il fallait dire pour obtenir la demi-révélation qu\u2019il désirait.Il semblait que Patricia eût deviné son désir.Elle poursuivait la conversation amorcée par lui; elle avait un ton tranquille, une expression mate, si l\u2019on peut dire, qui ne révélait rien de sa pensée.Parce qu\u2019elle lui échappait, le comte désirait voir son visage.Mais la main de la marquise continuait à se balancer dans l\u2019eau murmurante, tandis qu\u2019elle parlait: \u2014 Oui, l\u2019image de notre vie.Le surnaturel idéalisant nos pensées et nos ac tes.\u2014 ¢ Divinisant », très doucement.\u2014 Est-ce la reprise de notre discussion de midi ?demanda-t-elle sans lever la téte.\u2014 Mais oui, Madame: vous savez que ¢nous» aimons les situations nettes et que celles-ci sont compatibles, du reste, avec notre amitié.La franchise a toujours fait partie de notre pacte.\u2014Si vous vous releviez, maintenant, ajouta-l-il avec un peu d\u2019impatience.Je n\u2019aime pas écouter la voix qui n\u2019a plus de visage.\u2014 Hélas ! dit la jeune femme, redressée soudain, voix et visage peuvent si bien mentir ! \u2014 Dissimuler un sentiment, bah.délicatesse d\u2019âme, cela n\u2019est point mentir, Madame.\u2014 Ce qui veut dire ?Elle avait pris le bras de Philippe, et ce geste de camaraderie franche qu\u2019elle se permettait pour la première fois, elle l\u2019accomplit avec tant de simplicité que Pémotion du comte s\u2019en accrut.Avait-elle deviné le calvaire qu\u2019elle faisait gravir à l\u2019ami dévoué, la plénitude de son sacrifice ?Il s\u2019aperçut qu\u2019elle soutenait son bras au lieu de s\u2019y appuyer elle-même, et, si près de la douleur, cette compassion féminine lui rappelait la jeune épouse au front pâle et la maman de son enfance.Le courage de parler lui était venu.\u2014En vous, un changement s\u2019est produit.Vous me l\u2019avez dit et je I'ai vu sur votre visage.\u2014 Oh! un visage.\u2014.À une heure où ce visage ne poa- vait pas mentir.corrigea le comte La Revue Populaire 47 Gratis ! Recettes Magiques! Alors, dites-moi, franchement, loyalement, les limites de votre transformation d\u2019âme.\u2014 Mais c\u2019est une indiscrétion, cela ! murmura la marquise en s\u2019efforçant au ton de la plaisanterie.Philippe l\u2019arréta d\u2019un mot : \u2014 Par pitié, Madame, ne riez pas, et parlons comme si nous étions d\u2019homme a homme.\u2014 Je le veux bien; je le désire méme autant que vous, mais je voudrais que vous vous expliquiez mieux.méme si vous devez étre brutal.Le comte eut un soupir profond; au lieu de répondre, il désigna de la main quelque chose qu\u2019il voyait au loin, entre les branches.\u2014 Vous reconnaissez, là-bas ?.\u2014 Quoi donc ?dit-elle, haussée sur la pointe des pieds.\u2014 La Cabane fleurie.\u2014 Ah! oui.\u2014La Cabane que vous aimez.où vous avez souffert, sans doute, mais où l\u2019espoir est resté accroché sur le seuil, parmi les roses .Veuillez me dire seulement.et cela seulement.si du souvenir abandonné une après-midi sur ce seuil germera le bonheur.si ce quelque chose qui grandit chaque jour en vous rapproche votre âme d\u2019une autre âme.Il se tut, et elle parla de sa voix de douceur qui semblait un écho des sources murmurantes : \u2014 Je vous l\u2019ai dit, Philippe, je crois à un être supérieur qui nous régit.Je crois à I\u2019ame.La foi bientôt, sans doute, illuminera tout mon moi.Je verrai mieux.Au-dessus de leurs têtes rapprochées, l\u2019ardent soleil étincelait, et la clairière n\u2019était qu\u2019un éblouissement.Au fond, dans les arbres, on entrevoyait la Cabane.Et Philippe, s\u2019arrêtant, prit lui-même le chapeau de Patricia et le posa sur ses cheveux bouclés.\u2014 Dites-moi, fit-il, profitant qu\u2019un des bords abaissés de la capeline lui dissimulait le fin profil, s\u2019« il » revenait, et si ce qui s\u2019est passé jadis revivait aujour- d\u2019hui, croyez-vous qu\u2019il repartirait ?\u2014 Ce qu\u2019autrefois il exigeait, je serais prête à m\u2019y soumettre, dit la voix ferme de Patricia.Sa foi serait la foi de mes enfants, et mon plus grand désir, celui de croire un jour.\u2014 Pensez-vous qu\u2019il repartirait ?insista Philippe, le timbre rauque.Lentement, le beau visage se dévoilait et s\u2019offrait aux regards du comte; et ce qui dominait dans l\u2019expression de ce visage et de ces yeux profonds, c\u2019était une pitié tendre, cette pitié féminine dont l\u2019infinie délicatesse apaise sans blesser, \u2014 Non, Monsieur Philippe, il ne repartirait plus, dit Patricia.IV Ce que savait Collen A la dérobée, le docteur considérait Philippe, et son regard sagace scrutait si profondément lc beau visage tourmenté, que celui-ci, d\u2019instinet, se tourna vers lui.\u2014 Monsieur de Sérignac, si nous faisions un billard ?\u2014 Volontiers, dit Philippe distrait.T1 posa sur l\u2019angle du piano un brûle- parfum en argent ciselé qu\u2019il tourmentait depuis un moment, et, sans un regard vers la joueuse attentive, suivit Collen.Tous deux traversèrent le fumoir pour pénêtrer dans une pièce rectangulaire très moderne et d\u2019une sécheresse de lignes -telle que Philippe ne put retenir une exclamation.\u2014 Ce billard a plutôt l\u2019air d\u2019attendre un patient qu\u2019un joueur ! \u2014 Ne vous moquez pas, jeune homme.Jai toujours aimé autour de moi des lignes nettes, sobres et vigoureuses.de la clarté.de l\u2019hygiène ! \u2014 Un cadre en rapport avec votre caractère franc, docteur.\u2014 Dites «bourru»; ce sera peut-être moins poli, mais beaucoup plus réel.Vous allez, du reste, expérimenter les inconve- nients de ce caractère.primitif.Prenez un siège.\u2014 Mais, docteur, je croyais.\u2014.Que nous allions jouer, n\u2019est-ce pas ?C\u2019est une erreur.Je vous ai conduit ici pour échapper aux oreilles de ces dames, lesquelles ne sont cependant pas A preuve, ces Macarons qu\u2019un enfant peut préparer! 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Me serais-je trompé ?Le comte s\u2019assit et fixa Collen d\u2019un regard assuré : \u2014 Vraiment, docteur, vous parlez par énigmes.À vous entendre, on croirait que j'ai un souci.un secret.Philippe s\u2019arrêta, mais les lèvres du docteur restèrent closes.\u2014 Oh ce n\u2019est point un souci qui me tourmente, mais une préoccupation .\u2014 Hum ! Tout cela se vaut ! \u2014 .Je vous suis très reconnaissant de m'avoir ménagé une entrevue et de m\u2019accorder ainsi l\u2019occasion de vous demander quelque chose.Vous avez dit tout à l\u2019heure, docteur, que vous étiez franc jusqu\u2019à être bourru, et je pense qu\u2019il faudrait aujourd\u2019hui que vous adoucissiez un peu cette franchise pour.Comment dirai-je ?Les sourcils du docteur relevaient très haut leurs touffes hérissées, et ses yeux pénétraient Philippe jusqu\u2019au fond de l\u2019âme: ces yeux-là parlaient au jeune homme et, perdant peu à peu leur éclat insoutenable, se voilaient d\u2019indulgente compassion.Philippe continuait : \u2014.Pour me « manier >.Le mot semblait étrange, mais le docteur était un sensible; il le comprit : \u2014 Posez-moi vos questions, dit-il, je répondrai, et je répondrai sans commentaires, je vous en donne ma parole.\u2014 Et vous oublierez ?\u2014 Et joublierai .m\u2019interdisant méme les déductions personnelles.Philippe avança sa chaise contre le billard, fit rouler une boule, tapota le drap du bout des doigts, et sans regarder Col- len : \u2014 Je voudrais, dit-il, savoir le nom de celui qui fut fiancé à lady Patricia.Le docteur, stupéfait, ouvrit la bouche pour parler, puis, se souvenant de sa promesse, il se tut.\u2014 Le savez-vous, ce nom ?insista Philippe, toujours détourné.\u2014 Je suis le seul à le savoir, répondit Collen avec un grand calme.\u2014 Et ce nom est ?\u2014 Michel Dany.Le comte se levait d\u2019un bond : \u2014 Dany ! C\u2019est Dany ! .Ah ! je comprends maintenant, je comprends ! Il devait plaire à la marquise: musicien, peintre, poète.si beau que Sergius le fit poser pour son saint Sébastien ! \u2014 Vous le connaissez ?\u2014 Je le connais sans le connaître, comme cela arrive entre artistes de la même école, car il était plus âgé que moi.Pai entendu parler de lui en bien et en mal.\u2014 En mal ?\u2014 Je veux dire qu\u2019il fut assez mauvais élève, tout en étant excellent camarade: un original s\u2019il en fât, délaissant la peinture pour composer une sonate à la lune.massacrant un tableau pour achever un poème.« Trop de talents ! disait notre maître Damien.Il devrait garder le meilleur et jeter les autres pardessus bord .2 Il n\u2019y avait qu\u2019une chose à souhaiter à ce génie: c\u2019était de se stabiliser \u2026.Philippe se tut un instant, comme pour reprendre son sang-froid.\u2014 Ah ! c\u2019est Dany, dit-il enfin, la voix posée.Et vous avez son adresse ?\u2014 Son adresse ?questionna malgré lui le docteur.Pour une fois, sa perspicacité se trouvait en défaut, car il avait supposé tout autre l\u2019entrevue avec Philippe.Depuis qu\u2019il voyait Patricia reprendre goût à la vie, il avait mis le fiancé d\u2019antan dans le sac aux oublis et comptait tellement sur le comte pour se poser délicatement en.remplaçant et pour y réussir que sa déconvenue lui ôtait ses moyens habituels.\u2014 Sapristi, je n\u2019y comprends plus rien! songeait-il, dérouté.Patricia est remise d\u2019aplomb depuis l\u2019éclipse de ce Dany, et voilà «mon remplaçant» qui s'apprête à rebouleverser le monde.Car il ne me fera pas croire, ce beau Philippe, qu\u2019il a pu rester insensible au charme profond de Patricia.Et cette scène du couloir dont il fut le témoin silencieux.ce dévouement de femme livrant sa beauté et sa vie aux hasards de la contagion.\u2014 L\u2019adresse, mon ami, dit-il tout haut, comment voulez-vous que j'aie l\u2019adresse ?Il y a beau temps qu\u2019il est enterré dans l\u2019oubli, votre Michel Dany.Vous me croyez plus renseigné que je ne le suis en réalité.Vous comprenez qu\u2019elle n\u2019a vait guère l\u2019abord facile, la petite Pat, dans sa peine farouche.Depuis la dernière déconvenue, je n\u2019ai jamais osé risquer un mot.Elle eût tôt fait de me renvoyer à mes malades en prenant son air de marquise.\u2014 Il me faut l\u2019adresse, docteur, supplia presque Philippe.\u2014 Pourquoi ?.commença le docteur.Le regard de Philippe traduisit aussitôt une angoisse inexprimable.\u2014 Pardon, reprit vivement Collen.Il marchait de long en large dans la pièce, avec une espèce de fureur contenue qui eût paru comique à Philippe en toute autre circonstance, puis, brusquement, il s\u2019arrêta : \u2014 Tant pis! Je l\u2019ai, l'adresse.Vous l\u2019aurez, votre adresse .Vous pourrez la faire encadrer, la graver sur bois, si vous le voulez.Seulement, je vous préviens, elle date du déluge, votre adresse ! \u2026 Trois ans de cela ! Trois ans ! Et les artistes, vous ne l\u2019ignorez pas, changent de logis comme les oiseaux de nid.\u2014 Je m\u2019en contenterai, dit Philippe, la voix blanche.Cinq minutes plus tard, le docteur griffonnait quelques mots sur une carte : \u2014 Vous avez de la chance (c\u2019est une manière de parler, bien entendu).J'aurais pu ne pas retrouver l'indication.Mais je vous la donne pour ce qu\u2019elle vaut.Trois ans, mon cher ! Collen donna au papier un pli rageur et le tendit à Philippe; celui-ci le prit et, sans le lire, le mit soigneusement dans son portefeuille.\u2014 Je vous remercie, docteur.\u2026.\u20141I1 y a de quoi.Néanmoins, je vous saurais gré, pour me témoigner quelque reconnaissance .de me permettre un instant de franchise.\u2014 Dites, docteur.\u2014 Eh bien, mon ami, croyez-moi, vous êtes un imbécile.Philippe, stupéfait, regarda le vicil homme ouvrir la porte pour le laisser passer.Et comme ils traversaient tous deux le fumoir, le comte entendit Collen lui glisser à l\u2019oreille : \u2014 Mais, vous savez, mon garçon, en l'occurence, je serais bien capable d\u2019être aussi cet imbécile-là.a La marquise achevait une symphonie.Elle vit entrer Collen et Philippe, et elle menaça le docteur de son doigt levé: \u2014 Vous faites un triste maître de maison, Collen: non seulement vous ne vous donnez pas la peine d\u2019écouter votre invitée, mais encore vous lui enlevez son auditoire.Duncan et Fiorella forment un auditoire, attentif, croyez-le.\u2014 Fiorella, je veux bien le croire, dit Patricia qui s\u2019approchait de la petite aveugle; Duncan, j'en doute ! Fiorella tendit les mains vers la voix de la marquise: \u2014 Conduisez-moi au piano, Madame Béatrice, et vous verrez que Duncan sera très atttentif.Et tandis que jouait la petite aveugle, avec un charme si prenant que Patricia s\u2019inclina pour baiser son front, le docteur vit frémir le visage de Philippe.C\u2019est qu\u2019il se rappelait, sans doute, devant ces deux têtes rapprochées, le geste sublime de Patricia Masefield lorsqu\u2019elle inclinait sur nn front ulcéré son incomparable visage.Et les poings de Collen se crispèrent d\u2019impuissante colère quand, le morceau achevé, Philippe de Sérignac annonça, de sa voix tranquille : \u2014 Je ne sais pas si je vous l\u2019ai dit, Madame, je pars à Paris pour quelques jours.Vv Michel Dany On accédait à la maison par une voûte du plus triste aspect, mais, dès qu\u2019on avait quitté son ombre, on se trouvait Septembre 1934 dans une petite cour d'honneur comme en possèdent encore les vieux hôtels de ce coin pittoresque de Paris.Dressé au fond de la cour aux dalles moussues, sous un demi-revêtement de lierre, le logis de Michel Dany avait lair de quelque seigneur appauvri qui ne garderait de son existence passée que son air altier, joint a un reste d\u2019élégance native.Au flanc du petit hôtel se dressait un bâtiment vitré, l\u2019indispensable atelier, parfaitement éclairé par des verrières et bâti de manière à ne point composer un anachronisme malheureux avec l'hôtel aristocratique.Philippe s\u2019étonna de la hauteur de cet atelier, puis, se rappelant la mélomanie de l\u2019artiste, il supposa qu\u2019un orgue y était installé.; La vue d\u2019une petite femme replète qaîi surgit tout à coup devant lui le ramenait à la pénible réalité.Et ce rappel de sa douleur fut si intense dans son esprit qu\u2019il demeura un moment silencieux, regardant la bonne femme obséquieuse, sans songer même à prononcer un mot d\u2019explication.Mais il avait affaire à une bavarde.\u2014 Monsieur vient pour visiter ?de- manda-t-elle.La phrase tomba sur Philippe comme un violent coup de massue.\u2014 Michel Dany n\u2019habite plus questionna-t-il avec précipitation.La concierge s\u2019étonna : \u2014 Il y a beau temps qu\u2019il est parti, mon cher Monsieur.Un an, bien sûr ! \u2014 Parti pour où ?\u2014 Autant dire qu\u2019il est mort, expliqua la bonne femme avec la placidité des gens qui coulent des jours paisibles.Philippe s\u2019énervait; son talon broyait Pherbe et creusait la terre entre deux dalles.\u2014 Expliquez-vous, fit-il rudement; je ne dispose que de très peu de temps.Si vous avez l\u2019adresse de l'artiste, donnez-la- moi immédiatement.\u2014Si c\u2019est pour un tableau, sûr que Monsieur n\u2019obtiendra rien ! \u2014 Son adresse ?\u2014 Je veux bien la donner à Monsieur, quoique cela soit inutile.Mon homme y a été une fois là-bas, rapport qu\u2019on s\u2019était attaché au maître; autant dire qu\u2019on l\u2019a mis à la porte du couvent.\u2014 Du couvent ! hurla presque Philippe.\u2014 Dame! Où croyez-vous donc qu\u2019il est ?fit la concierge, qui tenait pour très claire sa précédente explication.Machinalement, Philippe écrivit l\u2019adresse qu\u2019on lui dictait.Encourageante, la bonne femme suivit le comte sous la voûte : \u2014 Vous, bien sûr qu\u2019on ne vous mettra pas à la porte, surtout si vous êtes « quel- quuny.Elle demeurait la parole en suspens, attendant apparemment un renseignement quelconque sur I'identité de ce monsieur distingué qui parlait sec et regardait de haut; mais Philippe se contenta de glisser un pourboire généreux à la commère pour ses renseignements explicites et s\u2019engouffra dans le taxi après avoir jeté une adresse au chauffeur.Durant le trajet qui fut assez long, il demeura sans pensée, hébété par la brutale nouvelle; et s\u2019il en était comme écrasé, c\u2019est que, s\u2019oubliant totalement, il gardait toujours pour seul objectif ce bonheur de deux êtres qu\u2019il désirait de façon très sincère.Résolu à tout pour être fixé définitivement sur le sort de Michel Dany, il pénétra dans le couvent avec l\u2019audace tranquille de l\u2019homme qui va jouer son va- tout; le côté critique de la situation lui rendit tout son sang-froid, et il sut demander Michel Dany avec le seul intérêt de l\u2019artiste pour l'artiste.\u2014 Voici ma carte.Il y a deux ans, j'ai restauré, ici, les bas-reliefs de la chapelle.\u2014 Je me souviens, en effet, dit le religieux qui le reçut au parloir, je me souviens très bien.\u2014 Commettrais-je quelque indiscrétion, mon Père, en demandant Michel Dany ?\u2014 À cette heure, non: l\u2019office est terminé.Philippe retint le religieux qui sortait: \u2014 Mon Père, pourriez-vous me dire.Il hésita, puis demanda d\u2019un trait : (Suite à la page 50) ici ? Septembre 1934 La santé du bébé Gardez votre bébé en santé en le faisant examiner par votre médecin au moins une fois par mois pendant la première année.Il vous donnera ainsi des conseils sur la diète, les habitudes d\u2019hygiène et maints autres sujets.Il importe de protéger l'enfant contre les maladies.Si le service d\u2019hygiène municipal compte un bureau de santé dans votre localité, nous vous conseillons de fréquenter ses cliniques.Vous devez peser régulièrement votre enfant et en tenir un minutieux régistre.À la naissance, le poids moyen est de sept livres, et l\u2019enfant mesure de vingt à vingt- deux pouces de longueur.Dans les quelques jours qui suivent la naissance, un bébé perd une demi- livre, mais il doit reprendre son poids à la fin de la deuxième semaine.Durant la troisième ou la quatrième semaine, un enfant nourri au sein engraissera d\u2019une once par jour, tandis que le bébé nourri au biberon se développera moins rapidement.Récréation Intéressez-vous à autre chose qu\u2019à votre intérieur.La mère trop consciencieuse qui veut rester à la maison et consacrer tout son temps et toute son attention à son enfant, n\u2019agit pas dans l'intérêt de son bébé ni du sien.Votre esprit aussi bien que votre corps a besoin de détente et la vie au grand air ainsi que les distractions saines et agréables vous garderont gaie et joyeuse.Ne levez jamais le bébé par les bras On doit toujours porter le bébé de façon que l\u2019épine dorsale et la tête soient soutenues.Quand vous le prenez, passez votre main et votre bras gauches sous sa tête, son cou et ses épaules, votre main et votre bras droits sous ses reins.Régularité Pour conserver votre bébé en santé, il faut lui donner ses soins à des heures régulières.Dès les premiers mois, le bébé, à l\u2019heure fixée, s\u2019attendra à ce qu\u2019on le baigne, le nourrisse et qu\u2019on lui donne ses autres soins.Le bébé doit prendre son repas à intervalles réguliers.Même s\u2019il faut éveiller.Si vous le La Revue Populaire La Mere et l'Enfant par Francine nourrissez toujours à la même heure et persistez à le faire attendre Pheure fixée, il s\u2019éveillera de lui- même, L\u2019eau bouillie pour le bébé \u2018 1 On doit donner au bébé entre ses repas de l\u2019eau bouillie tiède.Mais que ce soit une heure avant ou après les tétées.N\u2019y ajoutez jamais de sucre.La chambre du bébé Si possible, donnez au bébé une chambre séparée, bien éclairée et ensoleillée.Cette chambre sera toujours propre et fraîche si un te ¥, - ki a Photo C.P.R.Le bébé William Herridge, fils de M.VW.D.Herridge, et neveu de M.R.B.Bennett, premier ministre du Canada, photographié sur la plage de St-Andrews-by-the-Sea.linoléum recouvre le plancher et si les murs sont peinturés, donc lavables.En été, les fenêtres doivent être grillagées.Que la température de la chambre varie de 65 à 68 degrés.Placez un thermomètre au-dessus du lit du bébé.Si la chambre est trop chaude, le bébé perdra l\u2019appétit, deviendra irritable et sera plus disposé à contracter le rhume.Que la chambre du bébé soit bien ventillée.Si les fenêtres peuvent s'ouvrir par le haut et par le bas, l\u2019air restera en circulation.Le lit du bébé Dès sa naissance, le bébé doit avoir son propre lit.Ce peut être un panier, une bassinette ou un berceau.Un panier à marché peut faire un très bon lit pour les premières semaines.Peinturez-le ou émaillez-le, puis le doublez avec un tissu lavable pour amortir les coups ou protéger l\u2019enfant des courants d\u2019air.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019y mettre un oreiller.Il est arrivé maintes fois qu\u2019un tout petit se soit étouffé en se tournant la figure dans un oreiller mou.Comment faire le lit du bébé : i Recouvrez le matelas d\u2019un drap de caoutchouc.Mettez-y un piqué et un drap de coton que vous replierez sous le matelas.Couvrez le bébé d\u2019un drap et d\u2019une couverture de laine.Le nombre et l\u2019épaisseur des couvertures doivent varier selon la température.Trop de couvertures fatigue l'enfant et le fait transpirer.D'un autre côté, si le bébé a les extrémités froides, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas assez couvert.Ne bordez pas le lit trop serré; laissez de l\u2019espace pour que le bébé puisse se mouvoir aisément.En hiver, il sera peut-être bon de placer au pied du lit un sac d\u2019eau chaude, mais que l\u2019eau ne soit pas bouillante.Assurez-vous que le sac est hermétiquement fermé et bien recouvert.Si l\u2019enfant a l\u2019habitude de se découvrir, vous pouvez lui confectionner un sac en pliant une couverture de laine, en ayant soin de laisser une ouverture assez grande pour y passer facilement la tête du bébé.Cousez les côtés et faites un ourlet autour du cou.Laissez le bas ouvert pour changer la couche du bébé.Repliez le bas et attachez avec de grosses épingles de sûreté.Le bébé a un an Dans cette première année de la vie de votre bébé, vous avez observé sa croissance remarquable.Le petit bébé impuissant s\u2019est transformé en un enfant qui fait ses premiers pas, qui essaye de parler et qui apprend à occuper sa place au sein du groupe familial en remplissant sa propre petite niche, Nous espérons que le foyer qui l\u2019abrite est heureux.Si vous l\u2019avez guidé avec sagesse et intelligence, et si les soins que vous lui avez donnés ont été réguliers et constants durant cette première année, vous avez posé la base de sa santé mentale et de sa santé physique futures.49 © « Mes chevaux ont besoin de galoper, aujourd\u2019hui! Maman vient de me passer à la poudre Johnson et je me sens frais et dispos! Je vais m\u2019entrainer pour épater papa, ce soir.Allez! Hop!» © « Nous soulevons, mes coursiers et moi, un nuage de poussière ! Ben Hur ne ferait pas mieux ! Si papa me voyait, il serait fier de son fils! Allons, encore un petit effort avant d'arrêter ! » © « Assez, maintenant! Hola, vous autres! Ca peut aller pour aujour- d'hui.Maman ! Ton garçon réclame son bain et sa Poudre Johnson pour les Bébés.Avant cela, un mot aux bébés qui font du sport, comme moi\u2014» © « Demandez à votre maman de titer entre ses doigts différentes poudres pour bébés.Elle trouvera que certaines sont gra veleuses\u2014mais pas la Johnson ! Cellelà est veloutée es ne contient ni racine d\u2019iris ni stéréate de zinc!» Sur réception de 10¢ (en argent) nous vous enverrons des échantillons de la Poudre, du Savon et de la Crème Johnson pour les Bébés.Johnson & Johnson, Montréal, iy Gobo Gohmon Lime POUDRE £72 JOHNSON a FABRICATION CANADIENNE 50 \u2014 Michel Dany est-il engagé par des voeux ?\u2014 Non, pas encore.\u2014 Merci.Je voulais savoir.expliqua Philippe, gêné de la surprise.qu\u2019il suscitait.Il alla vers la fenêtre, regarda le parc tranquille avec ses hautes futaies, ses allées soigneusement tracées.Un retour de logis lui donnait un aperçu du cloître: toute la paix du monde régnait dans cet enclos.\u2014 Oh ! que n\u2019ai-je ma place ici Philippe en appuyant son front tre.Un léger murmure de voix le fit se retourner: c\u2019était une formule de bienvenue qu\u2019on prononçait près de lui, une phrase latine pleine de douceur, et dont le sens, dans son émoi, lui échappa.Alors, il regarda.Il regarda comme jamais homme ne fixa l\u2019objet de son amour ou de sa haine.Il regarda avec toute la force de son être celui qui s\u2019avançait, comme s\u2019il voulait graver dans son esprit douloureux les traits de ce Dany qui avait été le fiancé de Patricia Masefield.Son capuchon rejeté, le novice découvrait à Philippe ce visage énergique et beau que Sergius Palème avait donné à son Saint Sébastien, ces yeux clairs, un peu enfoncés dans l\u2019orbite, où le ciel avait mis pour toujours son reflet.\u2014 Mon Père.commença Philippe, indécis sur le titre à donner au novice.Celui-ci eut un ineffable sourire : \u2014 Mon Frère.dit-il, sans qu\u2019on pût déterminer si le mot était un correctif ou une appellation amicale.Ce seul mot, prononcé par cette voix, en un tel moment, ce mot jeta Philippe tout tremblant sur la chaise que lui indiquait le novice.\u2014 Hélas! dit-il, j'étais venu pour parler \u2026 J'allais peut-être, involontairement, troubler votre vie.et je comprends maintenant que le silence vaut mieux.\u2014 Ce silence vous sera pénible, je le devine, dit Michel Dany; vous sortirez d\u2019ici avec un pesant fardeau.Mon frère, croyez-moi, il vaut mieux me confier votre peine; je sais l'homme intègre que vous êtes, et si l\u2019obéissance m\u2019amena près de vous, c\u2019est que ma vocation n\u2019a rien à craindre de cette heure.Et Philippe parla: il dit avec simplicité son apostolat auprès de Patricia Masefield, le désir qu\u2019il avait eu de reconstruire ce qu\u2019elle avait anéanti par son seul orgueil .ce voyage à Paris, qu\u2019elle ignorait, et qu\u2019il faisait uniquement pour ramener vers la Souveraine vaincue celui qu\u2019elle avait déçu cruellement autrefois.Il dit tout, sauf son amour; il crut avoir masqué sa douleur, et il ne savait pas que son attitude, son regard, le tremblement de ses lèvres et des mots, révélaient plus l\u2019intensité de sa souffrance que des cris de douleur.Pas une fois le novice n\u2019avait tenté d\u2019interrompre le récit de Philippe.Il se tenait debout, les yeux baissés, et lorsque le comte se tut, il eut un geste lent, et combien expressif, qui rabattit le capuchon sur sa tête.\u2014 Vous direz à Mme de Masefield, dit- il, que ma vie passée au service de Dieu sera une continuelle action de grâces.Il recula, montrant que l\u2019entretien était terminé; mais Philippe jetait vers lui un véritable cri de détresse : \u2014 Mais elle! Elle, Michel Dany! Songez au désespoir qui agitera son âme quand je lui apprendrai.Il appelait le novice par son nom d\u2019artiste, comme s\u2019il espérait attendrir en lui les dernières fibres humaines.\u2014 Réfléchissez à la révolte de cet esprit que la foi n\u2019éclaire pas encore.au mal qu\u2019involontairement vous pouvez faire à son âme !.Quelle parole lui dire ?.Que lui faire espérer ?.Michel Dany, au nom de la divine charité, conseillez-moi .dictez les paroles bienfaisantes qui atténueront sa douleur.Si vous saviez combien elle est encore farouche, cette Patricia nouvelle !.Ce qu\u2019une révélation maladroite peut avoir de conséquences non seulement sur sa vie, mais sur son bonheur éternel ! Un sanglot déchira la gorge de Philippe, et le novice, qui s\u2019en allait, revint lentement vers lui.Alors, dans un grand calme apaisant que n\u2019avait pas troublé le rude sanglot, celui qui avait été jadis Michel Dauy, celui-là s\u2019inclina vers Philippe de Séri- gémit ! à la vi- La Revue Populaire gnac, et, traçant sur son front livide le signe divin de la charité, il prononça simplement : \u2014 Mon frère, Dieu y pourvoira.VI L'accueil de Patricia « Dieu est charité ».Malgré l\u2019accablante chaleur, Philippe voulut faire à pied les trois kilomètres qui séparait la gare du domaine de Masefield.Dans une lettre à Josépha, il avait vaguement parlé de son retour, sans désigner le jour ni l\u2019heure, car il craignait par-dessus tout de trouver la marquise à la gare.Son trouble n\u2019échapperait pas à cette clairvoyance, et il faudrait inventer une cause à son air préoccupé, quelque histoire de concurrence artistique, donner des précisions.Non, décidément, il lui serait impossible de broder sans fin sur ce thème, et comme il était dangereux pour Patricia de demeurer dans son heureuse illusion, il vallait cent fois mieux lui apprendre doucement la vérité.Pas un instant l\u2019idée ne vint à Philippe de se poser en consolateur.Bien au contraire, le malheur de Patricia ne le rapprochait pas d\u2019elle: il lui paraissait plutôt que sa situation à Masefield deviendrait indélicate et presque équivoque aux yeux de la marquise, maintenant que leur belle amitié n\u2019était plus protégée par le souvenir de l'inconnu.Tout en suivant la route sous l\u2019ardent soleil, dans une poussière blanche à l\u2019é- elatante réverbération, le malheureux Philippe tentait de rassembler ses idées en déroute, de prendre une résolution, de trouver la plus délicate manière d\u2019au- noncer à Patricia la destruction de son suprème espoir.Il arrivait ainsi en vue de Masefield, n\u2019ayant rien décidé, au comble de la fatigue et du découragement, et il voulut s\u2019arrêter à la petite chapelle catholique dont il avait restauré le bas-relief d\u2019un autel.Dans l\u2019ombre fraîchè et douce, où son âme exhala vers Dieu sa plainte lamentable, il sentit enfin la sérénité descendre en lui.Pourquoi se tourmenter, bâtir sur le sable de ses résolutions humaines ?N\u2019avait-il pas dit, le novice au regard profond, n\u2019avait-il pas dit seulement: «Dieu y pourvoira.» Ce fut d\u2019un pas plus vif que Philippe monta l\u2019allée bordée de hauts tilleuls qui conduisait à la grille du parc.Une tache blanche semblait une étoile, au loin, dans la verdure.L'étoile se détacha, gagna le centre de l\u2019allée, grandit peu à peu.Patricia venait vers lui.~~ \u2014 Bonjour, Monsieur le cachottier, fit- elle gaiement en lui tendant la main.Vous nous avez joué un fort vilain tour, car nous comptions aller en bande vous chercher a la gare.\u2014 Je n\u2019ai justement pas voulu vous imposer cette course par une telle chaleur, dit Philippe qui bénissait la chaleur en question de cacher son émoi sous de vives couleurs.\u2014 Vous êtes dans un joli état ! cons- tata-t-elle sans pitié en le regardant.Lui aussi la regardait, et, sachant ce qu\u2019il savait, il souffrit de la voir si frai- che, si reposée et si gracieuse sous sa blanche toilette.Elle était nu-tête, mais tenait en main une petite ombrelle qu\u2019elle s\u2019amusait en parlant à ouvrir et à fermer.Côte à côte, ils remontèrent l\u2019allée, très lentement, cette fois, à cause de Philippe qui soufflait un peu.\u2014 Vous voyez que le trajet vous a fatigué.Quelle fantaisie de faire cela à pied !.Elle rit doucement et ajouta, taquine: \u2014 C\u2019est peut-être un voeu ?\u2014 Un voeu ?\u2014 Oui, d\u2019arriver par ce vilain train de beures et de venir à pied de la gare Masefield.\u2014 Je n\u2019ai pas réfléchi à cette arrivée en pleine chaleur.Du reste, ce détail m\u2019importait peu.Brutal, tant il souffrait, il ajouta : mew \u2014 Mon indifférence est excusable.Ce voyage à Paris ne m\u2019a pas donné le résultat que j'attendais.\u2014 J'ignore pourquoi vous aviez fait ce voyage, dit-elle fort logiquement.\u2014 C\u2019est vrai, répliqua-til.J'ai préféré ne rien vous dire.Il s\u2019arrêta, pris d\u2019un tremblement, et, désignant un banc de pierre à l\u2019ombre des tilleuls : \u2014 Si j\u2019osais, je vous prierais, dit-il, de me permettre un moment de repos.Sans même attendre, la permission, il vint vers le banc et s\u2019y laissa tomber.Elle se rapprochait à son tour, très grave, le fixant avec des yeux apitoyés; elle piqua la pointe de son ombrelle dans la terre, et demeura devant Philippe, les doigts joints, très attentive à ce qu\u2019il allait dire.\u2014 C\u2019est parce que j'ai manqué de courtoisie que vous ne vous asseyez pas ?de- manda-t-il.\u2014 Non, non, Monsieur Philippe, ras- surez-vous.J'aime mieux rester debout.Je ne suis pas fatiguée, moi.Il essuyait son front moite, lissait ses cheveux, hésitant à parler.\u2014 Vous avez été à Paris pour quelque chose .commença-t-elle, encourageante.\u2014.Pour «savoir» quelque chose.\u2014 Ah! \u2014 Vous comprenez, Madame Patricia, que, désirant votre bonheur comme je le désirais, il ne m\u2019était pas possible de demeurer dans l'ignorance de.certain nom.Il leva son regard vers elle : il la vit pâle et muette.\u2014 Vous comprenez ?insista-t-il, craignant de la blesser.Flle inclina simplement la tête.\u2014 Peut-être m\u2019en voudrez-vous de mon indiscrétion ?Il acheva, très bas : \u2014 De ce que j'ai tenté.La voix calme demanda : \u2014 Qu'est-ce que vous avez tenté, Monsieur de Sérignac ?Il s\u2019effraya de la froideur de son ton; il s\u2019accusait de précipitation, de maladresse, et il balbutia : \u2014 J'ai appris son nom.\u2014Son mom ?questionna-t-elle, impitoyable, bien qu\u2019elle pariit avoir compris.Philippe jeta : \u2014 Michel Dany.\u2014 Alors ?demanda la marquise.Le comte perdit contenance: il n\u2019avait pas prévu ce tour qu\u2019aurait pris la conversation, il n\u2019avait pas envisagé non plus la possibilité de la blessure d\u2019orgueil a côté de la blessure du coeur.Cet aperçu d\u2019un écueil inattendu, d\u2019une nouvelle douleur qui, chez Patricia, doublerait l\u2019autre douleur, ceite vision rapide du mal qu\u2019il allait faire, tout cela, joint au désarroi moral et à la fatigue, dépouilla Philippe de son reste de sangfroid.\u2014 Alors ?répéta la voix pressante.\u2014 Eh bien, je me suis permis.sachant que l\u2019hôtel .que son hôtel est un bijou d\u2019architecture .de demander à le visiter.Oui.figurez-vous.l\u2019hôtel est a vendre.parce que.Michel Da- ny ne l\u2019habite plus.Philippe avait baissé la tête, ne voulant plus voir le visage pâli ni même les blanches mains jointes sur la robe.\u2014 Jai cru d\u2019abord qu\u2019il était en voyage.On m\u2019a renseigné.On m\u2019a donné l\u2019adresse .Depuis un an.il est.Le comte dit très bas : \u2014 II est novice dans un couvent.Et comme il n\u2019entendait rien, que la robe blanche ne tremblait même pas, que sous les tilleuls il n\u2019y avait entre eux qu'un saisissant silence, il voulut tout dire : \u2014 Je l\u2019ai vu.Je sais qu\u2019il est là-bas avec la résolution irrévocable de n\u2019en jamais sortir.J'ai compris qu\u2019il s\u2019était offert au service de Dieu pour le salut.d\u2019une âme, et qu\u2019il y demeurerait toujours.Oh ! combien Philippe eût préféré voir trembler la robe, se crisper les mains jointes, vers lesquelles il osait enfin lever les yeux! Il les vit immobiles, et elles lui parurent aussi blanches que la mousseline où elles reposaient, inertes.Alors, il eut peur : \u2014 Madame Patricia.je vous en prie, parlez .Dites-moi que vous me pardonnez.que vous serez courageuse.que vous continuerez vaillamment de travailler au bien de votre âme, cette âme pour Septembre 1934 laquelle «il a donné sa vie>.Je vous en conjure, ma pauvre amie, dites-moi un mot.un seul.Je voudrais prendre votre douleur.cette douleur que j'ai dû vous causer volontairement.Et les mains blanches quittèrent la jupe qui frissonna comme l'aile d\u2019un oiseau prenant son vol; elles se levèrent vers le front toujours penché, et doucement, presque maternellement, encadrèrent la tête inclinée.Et la voix compatissante, la douce voix de Patricia, dit lentement : \u2014 Tout cela, Philippe, je le savais ! VII Sous les tilleuls \u2014 Oui, continua-t-elle en prenant place sur le banc aux côtés de Philippe, je n\u2019ignorais rien de tout ce que vous venez de me dire, et je savais que viendrait cette heure .que vous diriez ces mots.Je n\u2019avais peut-être pas la certitude absolue, mais plutôt l\u2019espérance.Ces derniers mots, incompréhensibles pour Philippe, ajoutèrent encore à sa surprise, et il tourna vers la marquise son regard rempli de stupéfaction émue.\u2014 Je vais tout vous dire, Monsieur Phi- Tippe, et seulement alors vous comprendrez ce que je vous ai caché.\u2014 Vous rappelez-vous, dit-elle, le jour où j'attendais Michel à la Cabane ?Trop ému pour parler, le comte inclina la tête.\u2014 Eh bien, ce jour-là, l\u2019entrevue se passa comme vous l'aviez prévu, et mon nouveau refus de me soumettre se heurtait cette fois à en calme presque serein.Michel Dany ne prit garde ni à ma robe rose ni au petit chapeau que vous aviez raillés.Il semblait même ne pas me voir.Il écoutait les mots implacables et durs que je prononçais sans qu\u2019un muscle de son visage ne bougeat.Il regardait haut, très haut dans le ciel, pardessus la voûte des arbres, et lorsque je laissai tomber le dernier mot, il abaissa les yeux sur moi et dit seulement : \u2014 Que la volonté de Dieu soit faite ! Cela fut prononcé avec une telle expression solennelle que je compris que tout était fini, que l\u2019irrémédiable se pla- gait entre nous, ce quelque chose de mystérieux auquel je ne pouvais donner de nom et qui, pour Michel Dany, devait avoir une importance capitale.Un moment, je fus lâche, et, dans le geste puéril de la femme qui craint une rivale et veut en triompher, j'arrachai de ma tête le petit chapeau rose, et mes boucles délivrées apparurent à Michel.Il n\u2019éprouva pas à cette vue l\u2019émotion que j'attendais; sa main se posa un bref instant sur ma tête et ses lèvres remuèrent imperceptiblement.\u2014 Que dites-vous, Michel ?balbutiai- je, au comble du désarroi.Il répondit avec douceur, et cette parole, la dernière qu\u2019il prononça, fut à ce moment-là incompréhensible pour moi : \u2014 Patricia, il est dit dans l\u2019Ecriture: Qui aime mieux que celui qui donne sa vie pour ses frères ?Il retira sa main, prit son manteau et son chapeau, et, paisible et résolu, quitta la Cabane sans se retourner.Vous savez la suite.\u2014 Oui, dit Philippe, votre désespoir \u2026.la soirée \u2018avec ces fous.votre maladie.\u2014 Puis la solitude de Masefield, continua la voix harmonieuse et subitement attendrie, le dévouement de l\u2019ami qui a fait le rêve charitable d\u2019arracher la Souveraine à son inutile vie en comblaut par le travail les heures vides et désolées.Philippe eut un geste de surprise.Patricia poursuivait, sans le regarder : \u2014 Et ce fut l\u2019atelier .les longues conversations.les discussions plus ou moins orageuses.loyale franchise de part et d\u2019autre.\u2014 C\u2019était si peu de chose, releva Philippe, si peu de chose auprès de l\u2019acte héroïque que vous avez accompli en soignant mon enfant.\u2014 Peu de chose, jusqu\u2019à ce soir si calme, si doux, où je vous remerciai d\u2019avoir transformé l\u2019orgueilleuse Patricia.Ce soir où votre main trembla en abaissant le rideau sur le jour qui mourait.Le comte eut une plainte : (Suite à la page 54) NOUVEAU - réclloment bon pour vod ongles.POLI CREME CUTEX pLUS NE DEPOSE PAS DANS LE FLACON .© Le Polti Crème Cutex est si homogène qu\u2019il se tient et ne forme jamais de dépôt dans le flacon.e Le meilleur compiément du Poli Crème Cutex est le nouveau Oily Polish Remover Cutex \u2014 lequel contient une huile spéciale qui empêche les ongles de devenir cassants.FABRICATION CANADIENNE Cutex a lancé d'abord le Poli Liquide .suivi d\u2019un assortiment complet de Poli en couleur .Voici maintenant le Poli Crème, indiscutablement bon pour les ongles! 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ajoutez la purée et remuez jusqu\u2019à ébullition.Ajoutez lail, sucre, sel et poivre, faites chauffer de nouveau et servez.Soufflé aux bananes CREPES A LA FRANÇAISE 15 tasse Lait St.Charles Le tasse eau 3 oeufs battus séparément 1 cuillerée à thé sucre 15 cuilletée à thé sel 1, tasse farine 2 cuillerées à soupe beurre fondu Diluez le lait avec l\u2019eau.Aux jaunes d\u2019oeufs battus, ajoutez le sucre, le sel et une demi tasse de lait dilué.Ajoutez, en remuant, la farine tamisée et la demi tasse de lait en réserve.Ajoutez le beurre; battez bien, incorporez au démélé les blancs d\u2019oeufs battus.Faites cuire sur une téle chaude, graissée.Etendez sur chaque crêpe encore chaude une couche de gelée ou de confiture acide.Roulez, saupoudrez de sucre a glacer et servez.POULET A LA KING 3 cuillerées a soupe de beurre Sel et poivre 14 liv.de champignons frais, tranchés fin 1 piment vert 6 cuillerées à soupe de farine 15 cuillerée à thé de jus d\u2019oignon 8 Olives Espagnoles farcies Heinz.en tranches 1; tasses de bouillon de poulet 2 tasses de lait 2 tasses de poulet cuit froid, en dés 15 tasse de crème ou lait 1 jaune d\u2019oeuf Faites cuire le piment vert et les champignons dans du beurre, pendant 5 minutes.Ajoutez ia farine et mélangez bien.Ajoutez lait et bouillon de poulet et faites cuire jusqu\u2019à consistance épaisse Ajoutez le poulet.Assaisonnez au goût avec sel, poivre et jus d\u2019oignon.Ajoutez les clives et la crème ou lait.Faites cuire pendant quelques minutes et incorporez-y en brassant le jaune d\u2019oeuf.Cette recette est pour dix personnes.Vous pouvez aussi bien faire ce plat avec du poulet en conserve.GATEAU BLANC AUX FRUITS 23 tasse beurre 145 cuillerée à thé jus de citron 6 blancs d\u2019oeufs 1 tasse sucre en poudre 1 tasse cerises confites 1; tasse amandes blanchies et hachées fin 1, tasse citron tranché mince cuillerée à thé essence d\u2019amandes tasses Farine Préparée XXX Brodie v = Battez les blancs d'oeufs jusqu'à consistance ferme et sèche, puis ajoutez graduellement le sucre en poudre.Tamisez la farine et ajoutez-la lentement au beurre préalablement défait en crème.Ajoutez le jus de citron, puis les blancs d\u2019oeufs battus.Coupez les cerises en morceaux et ajoutez-les au mélange, en même temps que les amandes, le citron et l'essence.Cuisez en pain pendant 1 heure, à four modéré. Septembre 1934 La Revue Populaire 53 M p Hane tu CATH LN Z \u20ac CS RSR Tout comme les chevaux de race sont élevés pour la vitesse et les roses de prix cultivées pour leur parfum, ainsi les tomates Heinz sont cultivées de façon à posséder une saveur supérieure, une riche couleur rouge et une belle peau lisse.© Cultivées dans la meilleure région au monde pour la croissance des tomates\u2014 celle qui environne Leamington, Ontario\u2014les tomates Heinz sont savoureuses, pleines de vitamines et possèdent une belle pelure rouge et lisse qui fait l'admiration des connaisseurs.Mûries à point sous un climat extrème- ment propice, ces délicieuses tomates sont cueillies lorsqu'elles ont atteint le degré de parfaite maturation, puis transportées sans délai aux cuisines Heinz modernes, où elles sont embouteillées ou mises en conserves le même jour.© Il y a de l'énergie et de la santé dans les tomates préparées Heinz.@ Prenez-en chaque jour, sous quelque forme que ce soit.Commencez par un bon verre de jus de tomates Heinz le matin.Le midi ou le soir, servez une appétissante soupe aux tomates.Vous avez en outre le Ketchup et la Sauce Chili Heinz dont vous pouvez vous servir pour relever le goût de toutes sortes de mets.Rendez chaque repas plus appétissant avec l\u2019un ou l\u2019autre des produits aux tomates Heinz suivants: Ketchup aux Tomates Heinz Jus de Tomates Heinz Sauce Chili Heinz Crème de Tomates Heinz S$ H.J.Heinz Company, ETABLIE EN 1909 A LEAMINGTON, CANADA d La plus grande fabrique de ketchup de tomates de l\u2019Empire Britannique- tare HEIN 54 (Suite de la page 50) \u2014 Madame ! \u2014 Ce soir-là, je compris à votre insu, Monsieur Philippe, beaucoup de choses, et, à partir de ce moment-là, vous fütes pour moi, sans le savoir, comme un livre ouvert.\u2014 Madame ! cria celte fois Philippe.Et il voulut se lever.La petite main se posa sur son bras : \u2014 Ecoutez jusqu\u2019au bout sans vous révolter.Vous ne pouvez comprendre encore.Environ a cette époque ou mon coeur s\u2019apaisait, j\u2019appris indirectement l'entrée de Michel Dany au couvent.Le sacrifice de Michel, au lieu de me convaincre, me parut comme une extraordinaire exception; je crus qu\u2019il avait obéi plus à son désespoir qu\u2019à un attrait réel de vocation, et, oubliant le sublime détachement qu\u2019il avait montré en ma présence, je me flattais d\u2019être en partie cause de son héroïque détermination .\u2014 Nous sommes tous, releva Philippe, plus ou moins marqués pour l\u2019immolation.Je bénis ma peine, puisqu'elle a pu éclairer votre âme.Sa voix tremblait et une sourde indignation en doubla soudain les vibrations: \u2014 Seulement, Madame Patricia, il y = quelque chose qui m\u2019étonne de vous.Oui, continua-t-il en s\u2019animant, que vous ayez pu, vous, sachant ce que j'allais faire à Paris.car vous l\u2019aviez deviné, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, Monsieur Philippe.\u2014 .Que vous ayez pu me laisser partir vers une telle déception; vers de telles souffrances absolument inutiles, cela déroute en moi la connaissance que j\u2019avaie de votre bonté féminine.\u2014 Philippe ! \u2014 Puisque vous m'avez parlé avec la plus cruelle franchise .puisque toui en moi vous a été révélé.jusqu\u2019à ce respectueux et douloureux amour dont je n\u2019étais pas maître.laissez-moi vous dire combien ce voyage a torturé en moi le sentiment qui nous unissait : notre belle amitié, notre loyale camaraderie.Ce lien-là, entre nous, était sacré; nous avions fait un pacte, et moi, Philippe de Sérignac, je n\u2019y ai jamais manqué.\u2014 Philippe ! \u2014 Mais vous, vous, Patricia Masefield, à laquelle je sacrifiais joyeusement et la paix et ma vie et le plus sincère des amours ne deviez-vous pas respecter le seul bien qui me restait: notre amitié ?Car elle a été horrible, la souffrance que ce sentiment me fit éprouver lorsque je me figurai avoir à vous apprendre l\u2019irrévocable perte de Michel Dany.Pas une minute je n\u2019ai pensé à moi.Je ne pensais qu\u2019à vous.Et ce que j'ai souffert de votre souffrance ! A en mourir, Madame, entendez-vous ?ces La voix révoltée se brisa pour achever : \u2019 \u2014 Et maintenant, Patricia Masefield, maintenant que Philippe de Sérignac a tout immolé pour convaincre votre orgueil.avant qu\u2019il ne s\u2019éloigne de ce pays où il espère vous laisser enfin dans la paix et dans la vérité, avez-vous encore quelque chose à lui dire ?Le comte s\u2019était levé pour prendre congé, el de sa haute taille raidie tout à coup il semblait écraser la jeune femme, dont le joli visage se penchait dans une expression de fragile douceur.\u2014 Oui, fit-elle, il y a encore autre chose.La tête aux boucles d\u2019or brun s\u2019inclino tout à fait, dérobant le visage : .Il y a.que je vous aime aussi, Philippe, di.elle simplement.VIII Fiançailles Collen arpentait la terrasse d\u2019un air furibond, s\u2019arrêtait de temps à autre pour AGENTS DEMANDES pour vendre des cravates de soie pour nous.Nous vous vendrons a un prix qui vous permet de faire 100% de commission.Ecrivez-nous aujourd\u2019hui pour échantillons et renseignements.Ontario Neckwear Co., Dépt.191, Toronto 8, Ontario.La Revue Populaire jeter un regard vers l'allée centrale et reprenait son va-et-vient, sans prendre garde au soleil qui dardait sur son front ses rayons impitoyables.\u2014 Quelle ridicule histoire !.Ou cela va-t-il les mener tous ?.Ei \u2018cet imbécile qui n\u2019en finit pas de revenir !.Et Patricia qui s\u2019avise de disparaître quand je fais le voyage uniquement pour y voir un peu plus clair.Il est fort possible que je retourne à Londres dans la même ignorance: la marquise est depuis deux ans un véritable sphinx.Collen, mon ami, vous en serez sans doute pour votre curiosité.Le docteur se releva pour jeter un nouveau coup d'oeil sur le pare, et il resta bouche bée en apercevant dans l\u2019allée les deux objets de sa préoccupation.Au bras l\u2019un de l\u2019autre, Philippe et Patricia revenaient vers le château.\u2014 Ah! ça, se dit Collen, si stupéfait qu\u2019il en retomba dans son fauteuil.Les arrivants le trouvèrent ainsi, et un fin sourire se joua sur les lèvres de la marquise.\u2014 Etes-vous malade, docteur ?deman- da-t-elle avec beaucoup de sollicitude.\u2014 On le serait à moins ! dit Collen, vexé de ne plus rien comprendre à la situation.Et son regard fouilla impétueusement le visage de Philippe.\u2014 Alors ?questionna-t-il.\u2014 Alors, quoi ?intervint la marquise, taquine.Au comble de l\u2019embarras, le docteur balbutia : \u2014 J\u2019avais donné une commission au comte.Je voulais savoir le résultat de son voyage.\u2014 Eh bien, rassurez-vous, Collen, dit Patricia joyeuse.Le résultat est bien le meilleur que vous puissiez désirer.Elle reprit le bras de Philippe et, doucement, annonça : \u2014 Mon vieil ami, le résultat, c\u2019est que nous sommes fiancés.L\u2019ahurissement du docteur ne connut plus de borne; renonçant à comprendre le pourquoi d\u2019une issue qui avait toute son approbation, il tendit ses deux mains aux fiancés : \u2014 Tout est bien qui finit bien! dit-il.Mais il ne put se retenir d\u2019ajouter, dans son implacable franchise : \u2014 Quoique, à votre place, j'aurais plutôt commencé par là ! Le dîner de fiançailles eut lieu huit jours plus tard, dans l'intimité.Ravie, la petite Fiorella passait et repassait ses doigts sur le beau visage de Patricia, répétant cent fois par jour à l\u2019oreille de sa grande amie le mot plein d\u2019enchantement de « maman ».\u2014 Ils se disputaient tellement ! .ex- pliquait- elle à son ami avec le plus grand sérieux, Papa « malmenait » si fort ma grande amie ! Duncan ne voyait pas les choses sous le même jour que la petite fille; il devinait ce qu\u2019avaient masqué la froideur de Patricia et les brusqueries de l'artiste, et il riait tout bas en songeant à la déconvenue d\u2019un certain monsieur de sa connaissance.\u2014 Je me payerai le luxe de lui faire savoir ! songeait-il, amusé.Me Helley et Collen étaient parmi les intimes, et les seuls représentants de la colonie mondaine furent le cousin de Patricia et sa femme, lord et lady Hawthorne.Quelques jours plus tard, Duncan fit une entrée bruyante dans l\u2019atelier où Patricia posait devant Philippe pour une dernière retouche de la Béatrice.Impatienté, comme chaque fois qu\u2019on le dérangeait dans un travail sérieux, le comte demanda peu aimablement : \u2014 D'où sortez-vous donc ?\u2014 Du domaine de l\u2019épouvante, répliqua Duncan, essoufflé.Et il jouait l\u2019effroi de si comique faço.que, malgré l\u2019air mécontent de son fiancé, Patricia ne put s'empêcher de rire.\u2014 Je vous apporte une nouvelle de la dernière heure .une nouvelle sensationnelle.une nouvelle à faire dresser les cheveux sur la tête.\u2014 Il est fou! dit Patricia qui, cette fois, riait aux larmes.Arrêté dans son travail, Philippe n\u2019avait pas envie de rire.\u2014 Si vous vous expliquiez, proposa-t- il, glacial.\u2014 Mais je ne demande que cela! s\u2019écria Duncan d'une voix suraiguë.C\u2019est même pour cela que je suis ici, bravant vos foudres artistiques.Et il jeta, en agitant ses longs bras comme des ailes de moulin : \u2014 Roy Humphrey s\u2019est évadé hier soir!.Une merveilleuse évasion, je vous prie de le croire .J\u2019ai le journal, et si vous désirez les détails.D\u2019une main sur l\u2019épaule, le comte avait fait pivoter Duncan vers la sortie.\u2014 Idiot ! lui cria-t-il sans aménité.C\u2019est qu\u2019il avait vu Patricia pâlir et s\u2019affaiser à demi défaillante sur le divan.\u2014 Je l'avais dit! Je l\u2019avais dit! répé- tait-elle en portant la main à sa poitrine.Philippe pensa que, devant cette surprenante émotion, le mieux était de jouer Pindifférence.\u2014 Je vous saurais gré de reprendre votre pose, dit-il avec beaucoup de calme.Nous en avons encore pour une petite demi-heure.La jeune femme eut aussitôt honte de sa peur irraisonnée, et, les doigts joints sur les roses blanches, le visage apaisé dans l\u2019encadrement de son voile, elle parut oublier l\u2019évasion de Roy Humphrey.IX La vengeance de Roy Humphrey Philippe et Patricia revenaient du cimetière, où, sur la tombe de sa vieille amie, la marquise avait déposé les fleurs de ses fiançailles.\u2014 J\u2019ai voulu qu\u2019elle soit enterrée à Masefield, expliquait-elle à Philippe, car elle aimait tant ce pays et fut si attachée à dearest ! \u2014 C\u2019est là une délicatesse de voire part, ma petite Pal, et ces aperçus fugitifs que vous me donnez de votre âme me font regretter tout ce que vous m\u2019en cachez encore.\u2014 Pourquoi croyez-vous que je vous cache quelque chose, Philippe ?.Et pourquoi n\u2019avez-vous pas plus confiance en votre fiancée ?.Une Masefield n\u2019a jamais manqué à sa promesse: tout ce que je vous ai promis pour l'avenir, je le tiendrai, tant pour l\u2019éducation de nos enfants que pour la paix commune.\u2014 Je n\u2019ai jamais douté de votre parole, Patricia, mais je souhaiterais que notre union devienne un jour plus complète par l\u2019accord de nos âmes.\u2014 Si j'étais sûre de moi, je vous donnerais cel espoir.Vous savez que je lis beaucoup, que je m\u2019instruis de votre religion.mais, de grâce, ami, n\u2019anticipons pas.Comment pourrais-je parler de mon être intérieur quand moi-même le déchiffre à peine ?.Parlons d\u2019autre chose, voulez-vous, ou nous finirons par nous chicaner en pure perte.La marquise prit en riant le bras de Philippe : \u2014 Passons par le bois, cela vous déridera.\u2014 Ne craignez-vous pas d\u2019être en retard pour le diner, ma chérie ?De plus, les soirées, en devenant courtes, nous apportent trop vite la fraîcheur, et vous êtes vêtue bien légèrement.\u2014 Observez-vous, Philippe; vous avez une fâcheuse tendance à l'inquiétude.Il faudra demander une consultation à Col- len.Tout en badinant, les fiancés atteignirent le bois.La vue de la Cabane immobilisa Patricia dans le sentier.\u2014 Je suis sûre que vous ne connaissez pas l\u2019intérieur de la maisonnette.\u2014 C\u2019est vrai, concéda le comte, intrigué; je n\u2019aurais pas voulu me permettre.\u2014 Oh ! la clé est sur la porte; tout le monde peut y entrer.Elle disparut à l\u2019intérieur en expliquant : \u2014 On l\u2019appelle la « Cabane », je ne sais trop pourquoi, car, à la vérité, comme vous allez vous en rendre compte, cette habitation servit jadis de rendez-vous de chasse.\u2014 Mais on n\u2019y voit rien, dit Philippe en avançant à lâtons.\u2014 Oui, les volets sont clos.Je crois même qu\u2019ils sont rouillés tout a fait.Ne bougez pas, et passez-moi des allumettes.I1 y a un flambeau sur la table.Bientôt, de petites lueurs dansantes éclairèrent l\u2019unique pièce de la maisonnette, et Philippe trouva tout à fait charmant ce cadre inattendu.Un mobilier Septembre 1934 rustique, une haute cheminée à briques rouges, des trophées de chasse, et, vers la droite, un escalier de bois à rampe sculptée qui menait sans doute vers un grenier.\u2014 Très pittoresque ! dit Philippe.Et son regard revint vers le flambeau qu\u2019achevait d\u2019allumer la jeune femme.Brusquement, un coup de vent venu de la porte fit vaciller les flammes, et quelques bougies s\u2019éteignirent.Eblouis par la lumière, Philippe et Patricia n\u2019avaient pas vu la porte se fermer derrière eux.Quand ils eurent ranimé la flamme, la marquise remarqua la première : \u2014 Tiens ! le vent à fermé la porte.\u2014 C\u2019est fort possible, dit Philippe.Il se trouvait soudain péniblement impressionné par cet incident, et il voulut aussitôt rouvrir la porte.Ce fut en vain.\u2014 Je vous le disais bien, dit Patricia sans la moindre inquiétude, tout est rouil- \u2019 lé ici.Elle rit, vint vers une petite armoire, en confiant à Philippe : \u2014 Croiriez-vous que jai ici de quoi vous offrir un thé ?.Je ne me trompe pas : voici la lampe .le thé.les tasses.le sucre.Mais son rire s\u2019éteignit aussitôt : \u2014 Qu'est-ce qu\u2019il y a, Philippe ?.Vous faites une figure lamentable.C\u2019est parce que je n\u2019ai pas obéi tout a l'heure.Vous êtes fâché ?Le comte toussa, comme pour s\u2019éclaircir la voix : \u2014 Je ne suis pas faché du tout, ma chère enfant, ditil en s\u2019avançant vers la table.Et comme Patricia fronçait les sourcils, cherchant à comprendre : \u2014 Vous avez là une bonne idée de faire le thé, ajouta-t-il en souriant.Voulez- vous que je vous aide ?\u2014 Non, merci.Je ne vous demanderai que des allumettes.Philippe donna les allumettes et, malgré lui, revint vers la porte, cette porte que tout à l\u2019heure il n\u2019avait pu rouvrir.\u2014 Ah ! j'oubliais, appela Patricia.Vou- driez-vous m\u2019atiraper la bouteille qui est là-haut, sur la blanche ?.\u2014 Voici.Pour la troisième fois, le comte se dirigea vers l'entrée.Profitant de ce que la jeune femme lui tournait le dos, il pesa de toutes ses forces sur le bois, se rendit compte de l\u2019inutilité de ses efforts, et fi- nalemeni, dans un dernier espoir, sa baissa, cherchant à tâtons quelque chose sur le plancher.\u2014 Qu'est-ce que vous cherchez?demanda Patricia qui s\u2019était retournée.\u2014 La clé, dit-il brièvement.Affairée à ses occupations ménagères, la marquise avait déjà oublié l\u2019incident de la porte refermée.\u2014 La clé !.Mais elle est dehors, fit- elle en reprenant son petit travail.Philippe se sentit pâlir, non qu\u2019il tremblait pour lui-même, mais pour la chère créature qui partageait sa captivité: un doute affreux venait de s\u2019insurger dans son esprit, et il se jeta contre la porte, loreille collée au bois rude.Un frôle ment léger, quelques faibles craquements de branches le confirmèrent dans sa supposition: le vent n\u2019avait point claqué la porte, celle-ci s\u2019étant refermée silencieusement, mais quelqu\u2019un avait enfermé Philippe et Patricia dans la Cabane.Et ce quelqu'un, le comte n\u2019en douta pas un instant, ce quelqu\u2019un ne pouvait être que le misérable Roy Humphrey.\u2014 Ne parlez pas si haut, ordonna Philippe malgré lui.\u2014 Qu'est-ce que vous dites ?Deux grands yeux le dévisagèrent ardemment, des yeux qui interrogeaient d\u2019abord, puis comprenaient tout à coup la présence d\u2019un vague danger.\u2014 Pourquoi n\u2019avez-vous pas rouvert cette porte ?.Pourquoi restez-vous la?.Vous avez peut-être essayé sans succès .C\u2019est parce que vous n\u2019avez pas l\u2019habitude .Je connais le moyen.On met son genou comme cela.on pousse, puis on tire.\u2014 N\u2019ouvrez pas ! jeta violemment Philippe en repoussant Patricia pour se mettre le dos à la porte.\u2014 Ma petite fille! commenga-t-il doucement, dans l'effroi de la voir de nouveau la proie d\u2019une terreur folle que rien ne pourrait plus raisonner.Elle l\u2019étonna par une interruption pleine de calme, quoique non dépourvu d\u2019émotion. Septembre 1934 \u2014 J\u2019ai compris, dit-elle doucement, Roy Humphrey nous a enfermés.Ce courage féminin, cette maîtrise de soi, ravirent le malheureux Philippe; la situation était en elle-même assez tragique sans y ajouter le péril de l\u2019effroi paralysant.Si Patricia tremblait, elle avait du moins, pour Philippe, l\u2019immense énergie de ne point le montrer.\u2014 Où mène cet escalier ?demanda le \u201c comte.\u2014 À un faux grenier inabordable, je \u2018le crains.\u2014 Et ces fenêtres ?\u2014 Nous ne pourrons ouvrir les volets.Je vous l\u2019ai dit : les gonds sont rouillés.Tout en posant ces brèves questions, le comte avait poussé un coffre lourd devant la porte.\u2014 Êtes-vous sûr, Philippe ?.deman- da-t-elle.Il dit très bas : \u2014 C\u2019est peut-être une simple plaisanterie, Patricia, mais le fait est là: on nous a enfermés.\u2014 Alors, ce n\u2019est pas une plaisanterie.\u2014 Ne dramatisez pas, Pat.Dans une heure, l\u2019inquiétude amènera ici tous les habitants du château .On nous délivrera.C\u2019est pourquoi le mieux est de rester à l\u2019intérieur.Si j'avais été seul, je serais sortit par n\u2019importe quel moyen, à mes risques et périls.\u2014 Eh bien, sortons ! supplia la jeune femme.S'il y a danger, j'aime mieux voir le danger en face.\u2014 Vous ne sortirez pas, ordonna Philippe à voix basse, mais ferme, ou plutôt vous ne sortirez que si vous courriez ici un danger plus imminent qu\u2019au dehors.\u2014 Un danger ?.Quel danger pour- rions-nous courir ainsi enfermés ?x Où le mauvais sujet devient sauveur Lorsqu\u2019il eut achevé une prière, il éleva ses mains vers le visage transfiguré de la jeune femme : \u2014 Vous croyez, Patricia, dit-il, la voix ferme, en levant vers lui la tête bouclée.A cette heure où nous courons le même danger, vous ne pouvez plus rien me cacher.\u2014 Oui, Philippe, je crois, mais je n\u2019ai pas menti quand je vous disais ne plus voir clair en moi.C\u2019est seulement maintenant que je comprends.Voyez- vous, Philippe, continua-t-elle avec calme, l\u2019orgueil était comme un bandeau sur mes yeux.Mais maintenant.maintenant que nous allons peut-étre mourir.je veux donner à.votre âme la suprême consolation de rencontrer mon âme.\" \u2014 Vous ne mourrez pas, mon enfant chérie; vous vivrez avec moi pour la gloire de Dieu qui se révéle a vous.Dans sa miséricorde, il a voulu pour nous l'angoisse de cette heure; soyez assurée, cependant, que cette même miséricorde saura nous en délivrer.Au château, on s'inquiète déjà de notre absence.C\u2019est dans le bois qu\u2019on nous cherchera tout d\u2019abord.Quelques minutes de patience, mon amie, et ce mauvais rêve.qué dis-je 2.cetie mauvaise plaisanterie, prendra fin.Philippe n\u2019achevait pas que Patricia, d'un bond, se levait pour se jeter contre ui : \u2014 Là-bas ! Là-bas ! gémit-elle en fixant quelque chose par-dessus l\u2019épaule du comte.Philippe se retourna : \u2014 Qu'est-ce qu\u2019il y a là-bas ?.Je ne vois rien.\u2014 La fumée, Philippe ! .La fumée ! Patricia ne se trompait pas: a langle opposé à l\u2019escalier, un nuage de fumée montait lentement, et une âcre odeur saisit bientôt les deux jeunes gens à la gorge.\u2014 Voila ce que je craignais, dit le comte; maintenant, il faut sortir à n\u2019importe quel prix, et je compte sur votre calme, Patricia, et sur votre obéissance pour me rendre la défense facile.Nous allons d\u2019abord essayer d\u2019ouvrir un des volets, je le défoncerai plus facilement que la porte.\u2018 Tandis que Philippe s\u2019acharnait a dégager le volet, Patricia, sur son ordre, tentait d\u2019ouvrir la porte du grenier.La première, elle vint à bout de son travail, mais son cri de triomphe s\u2019ache- La Revue Populaire vait en plainte lamentable: la porte ouverte livrait passage à des tourbillons de fumée qui, en une minute, eurent rempli la Cabane.Au cri de Patricia, le comte s\u2019élança vers l\u2019escalier, arrivant juste à temps pour recevoir dans ses bras la jeune femme suffoquée.\u2014 À la fenêtre, vite ! dit-il en l\u2019entraînant.De l\u2019épaule, il secouait le bois qui fléchissait; sous le choc, les gonds craquèrent, mais ne cédèrent pas.\u2014 Ce n\u2019est pas possible ! .On y a fait quelque chose .balbutiait la marquise.Le crochet a cédé.Je le sens sous mes doigts.Elle toussa et, à demi asphyxiée, se cramponnait au bras de son fiancé : \u2014 C\u2019est bien fini, allez, Philippe, dit- elle dans un souffle.Il nous a pris comme dans une souriciére.Et elle s\u2019affaissa inanimée.Le comte l\u2019avait saisie dans ses bras, cherchant à sortir de la fumée épaisse, afin de trouver un coin d\u2019air pour ranimer la malheureuse, et son âme jeta à Dieu son cri de confiance absolue.A son tour, cependant, il se sentait défaillir dans cet air vicié, accablé qu\u2019il était par le cher fardeau qui pesait davantage entre ses bras.Ses yeux se fermèrent, ses mains allaient s\u2019ouvrir quand une bouffée d\u2019air frais arriva jusqu\u2019à lui, jetant vers son visage des nuages de fumée.\u2014 Par ici, la sortie! cria une voix joyeuse.Et Duncan Helley surgit de la fumée, comme un diable de sa boîte, souleva Patricia en maintenant les bras défaillants de Philippe et, toujours blaguant, entraina le comte au dehors.\u2014 Eh bien, dit-il narquois, vous pouvez vous vanter d\u2019avoir mis mon smoking dans un bel état ! Il avait aidé Philippe à étendre Patricia sur l\u2019herbe, loin du foyer de l\u2019incendie, et il se secouait comme un chien mouillé, tout en poussant par moment de petits cris sourds.Le comte avait saisi les mains de Duncan : \u2014 Vous manda-t-il, \u2014 Non, ne vous inquiétez pas.Une simple courbature.L'air vif du soir ranimait peu à peu la jeune femme, et comme elle comprenait, en voyant Duncan, le secours providentiel qu'il leur avait apporté, ses lèvres remuérent imperceptiblement.Philippe comprit qu\u2019elle Dieu.\u2014 Oh! un hasard, un extraordinaire hasard ! expliquait modestement Duncan.Je me rendais à Masefield pour dîner, quand il me prit fantaisie d\u2019entrer dans le bois.Ce que Duncan ne disait pas, c\u2019est que depuis l\u2019évasion de Roy Humphrey il ne s\u2019était pas senti la conscience tranquille: pour s\u2019être payé le luxe, comme il disait, d\u2019annoncer la nouvelle des fiançailles au prisonnier, il se jugeait cause indirecte de l\u2019évasion de Roy et, s\u2019en croyant responsable, veillait sur Patricia sans qu\u2019elle s\u2019en aperçut le moins du monde.Sans l\u2019avouer, Duncan était resté inquiet, et, prétextant une promenade, il avait repris sa voiture pour se diriger vers le bois.Tout de suite, la fumée qui s\u2019élevait dans la direction de la Cabane avait attiré son attention.Il abandonna sa voiture et courut comme un fou vers la maisonnette; il ne s\u2019était pas trompé: la Cabane était en feu.Mais ce ne fut pas ce spectacle qui lui arracha un rugissement: son regard vif venait de découvrir un homme qui pesait de tout son poids contre l\u2019un des volets de la Cabane.La figure de cet homme était démoniaque dans l\u2019effort qu\u2019il produisait, et, quoique ses traits fussent altérés d\u2019épouvantable façon, Duncan reconnut Roy Humphrey.Aussitôt, il comprit tout, et cela lui donna une dextérité sans pareille.Bondissant sur l\u2019homme courbé devant la fené- tre, il le redressa d\u2019un coup de pied, et, d\u2019un « direct» des plus réussis, l\u2019envoya rouler sans connaissance dans un buisson.Quan êtes brûlé, mon ami?de- remerciait \u2014 Où est-il ?demanda Patricia, tandis que le comte et Duncan l\u2019aidaient à se relever.\u201ci wt COMME UN PORTE-PLUME VENU D'UN AUTRE MONDE pour inaugurer la nouvelle année scolaire \u2014 Juste le magnifique cadeau dont jeunes filles et garcons ont besoin?! Contient 102% plus d\u2019encre\u2014 On voit quand le remplir\u2014 Une plume à double usage \u2014 Nouveau modèle exclusif, nacré, laminé UAND Gilbert Banks, professeur de modes, vit le nouveau Vacumatic Parker, il s\u2019exclama: \u201cCe porte lume nacre et jais est une vraie création \u2014 il est élégant, sort de l'ordinaire, et si distingué!\u201d Everett Genther (étudiant en médecine) déclare: \u201cQuand le porte-plume a pipette était de mode, nous avions à prendre une bouteille d\u2019encre aux cours.Le Vacumatic Parker a banni cet inconvénient.Rien d\u2019étonnant que nous l\u2019ayons adopté avec tant d\u2019enthousiasme.\u201d Et Mrs.Janet Stark, parlant pour les ménagères, dit: \u201cMaintenant ma correspondance est toujours À jour.J\u2019aime tant employer mon beau Parker, que je me mets souvent à écrire ces mille et une chose qu\u2019auparavant je négligeais.\u201d Aujourd\u2019hui des milliers de gens remplacent leur porte-plume vieux style par cette nouvelle création qui accomplit ce que d'autres plumes trouvaient impossible de aire.Pour pouvoir contenir autant d\u2019encre que Parker SDVACUMATIC\u2014=> Format Senior $10 Autres modèles Porte-mine $2.50 Vacumatic, $5 Fabrication Canadienne cette merveille sans pipette, un porte-plume réservoir ordinaire dev- DL rait avoir la grosseur yom convert d\u2019une canne.Elm Le Vacumatic Parker élimine 14 pièces ou ou pose devenues périmées, non SANS L'AJUSTER ECRIT DE DEUX FACONS seulement la pipette en caoutchouc, mais la pompe à piston et les valves des autres plumes sans pipette.Donc, ne confondez pas cette plume vraiment miraculeuse avec celles soi-disant à vide basées sur des principes démodés.N'oubliez pas qu\u2019elle est la seule possédant la beauté que donnent la nacre et le jais\u2014 le seul modèle qui tout en étant transparent, n\u2019en a pas l\u2019air l\u2019encre est VISIBLE.Ne rendez pas vos études plus ardues ou votre besogne plus difficile en employant un porte-plume démodé.Allez voir comment ce porte-plume se remplit par le vide d\u2019une DOUBLE quantité d\u2019encre, SOUS VOS YEUX.Essayez cette plume reversible en platine, or et iridium.Polie comme un bijou, elle ne saurait gratter ni s\u2019accrocher, même en appuyant dessus.Parker Fountain Pen ompany, Limited, Toronto, Ont.Pour qu'une plume se nettoie automatiquement \u2014 Employez la Quink de Parker\u2014 une encre toute nouvelle.Contient un dissolvant secret inoffensif qui dissout les dépots que déposent les encres ordinaires quicollent et bouchent.n vente partout \u2014ou demandez la bouteille gratuite qui suffit pour ire 20,000 mots, au Dépt.R-10 \"NOUS SOIGNONS NOS PIEDS comme un pianiste virtuose soigne ses .mains\u201d @ Lycette Darsonval, première danseuse des © Ballets russes de Lifar, a obtenu, au Concours international de danse, le Grand Prix décerné à ia meilleure danseuse classique au monde.@ Pour une danseuse célèbre, le soin des pieds est de première importance.Le Blue-Jay ne guérit pas toutes les maladies des pieds.Mais le plus souvent il s\u2019agit de cors, que cet anti-cor sûr et scientifique enlève en un rien de temps.Posez un Blue-Jay et la douleur cesse à l'instant.Trois jours après, le cor est disparu.Le Blue-Jay fut inventé par un célèbre chimiste.Il est fabriqué par Bauer © Black, grande maison d'articles de pansement.35e dans toutes les pharmacies \u2014 grandeurs spéciales pour oignons et callosités @ PROGRAMME RADIOPHONIQUE BLUE-JAY ! \u201cThe Singing Stranger\u201d\u2014 Etoiles du Broadway! Les mardis et vendredis après-midi sur NBC.COMMENT APPLIQUER LE BLUE-JAY : Trempez le pied dix minutes dans l'eau = chaude, et asséchez.Posez le Blue-lay, plaçant le centre du tampon sur le cor.8.Après trois jours, enlevez l\u2019emplâtre, faites tremper le pied dix minutes dans l'eau chaude et soulevez le cor.A est le médicament B & B qui détache délicatement le cor.est le feutre qui amortit les chocs et arrête ainsi la douleur.est la bande adhésive déplacement de l\u2019emplâtre.BLUE - JAY EMPLATRE ANTI-COR SCIENTIFIQUE BAUER & BLACK = u qui empêche le Q GRATUITE \u2014 Contient @ BROCHURETTE de précieux renseignements pour ceux qui souffrent des pieds ainsi que d\u2019utiles exercices pour la santé et la beauté des pieds.Ecrivez à Bauer & Black, Limited, 102 Spadina Ave., Toronto.Nom Rue ville eee \u2026 Prov._\u2014_\u2014 \u2014 LPS La Revue Populaire \u2014 Là, dans ce buisson.a moitié us- sommé, je le crois.Vous permettez ?Sur un signe d\u2019assentiment de la jeune femme.Duncan s\u2019empara de sa ceinture de daim et d\u2019un ruban de sa robe.\u2014 Je vais ficeler proprement ce*bonhomme, dit-il avec gravité.Et si vous voulez me donner une épingle, j\u2019installerai ma carte bien en vue sur le colis.De cette façon, mon cher père ne doutera plus de mes capacités.et peut-être, pour la première fois de ma vie, serai-je à ses yeux autre chose qu\u2019un mauvais sujet.\u2014 Vous êtes un brave garçon, Duncan, assura la marquise, tandis que le jeune homme achevait prestement sa besogne.Et comme elle lui posait la main sur l'épaule, Duncan Helley poussa un cri aigu : \u2014 Excusez-moi, Milady, expliqua-t-il avec beaucoup de courtoisie.J'ai oublié de vous raconter que ce cher ami m'avait aussi laissé sa carte.Oh! trois fois rien: une petite balle dans l\u2019épaule\u2026 Quand je vous disais que mon smoking était endommagé ! XI L\u2019abdication de.la Souveraine Comme jadis, le petit notaire s\u2019avançait gravement, tenant avec soin son énorme serviette bourrée de paperasses.Comme jadis, il se rendit dans la salle d\u2019armes et trouva Sa Grâce debout devant la haute cheminée: elle tenait entre ses mains une photographie de Philippe qu\u2019elle reposa sur la tablette de marbre à l\u2019entrée du notaire.\u2014 J\u2019ai bien l'honneur de vous saluer, Votre Grice.: \u2014 Bonjours, Maitre Helley.Jespére que Mrs Helley est en bonne santé ?\u2014 En trés bonne santé, Milady.\u2014 Et ce brave Duncan, mon fidèle défenseur ?\u2014- Parfaitement remis, Votre Grâce, et enchanté d\u2019avoir pu rendre service à Votre Seigneurie.\u2014 Un service qui est un acte de bravoure et que je n\u2019oublierai pas, croyez- le.Patricia s\u2019était assise devant une petite table préparée pour le notaire; ce dler- nier s\u2019installa en face d'elle et, selon le rite, plaça en bon ordre devant elle un régiment de petites feuilles qu\u2019il maniait avec la délicate préciosité d\u2019une femme qui prépare ses bijoux.\u2014 Nous disons: la ferme O\u2019Brien.comprenant.\u2014 Passez, Maître Helley, passez.\u2014 Le bois.\u2014 Passez.\u2014 Le domaine.\u2014 Arrivons au fait, Maître Helley.\u2014 Le fait, Milady ?\u2014 Oui, le château, le parc et ses dépendances.Interdit, le notaire retira ses lunettes et regarda la marquise : \u2014 Puis-je me permettre de demander à Votre Grâce si elle ne considère plus le château comme résidence habituelle ?Patricia ne put retenir un sourire: \u2014 Je vous y prends, Maître Helley: en bon Anglais, vous craignez le morcellement.Depuis mes fiançailles, vous vous êtes dit maintes fois : « Que va donc inventer lady Patricia, maintenant qu\u2019elle épouse un Français ?.» Il est évident, dit la jeune femme avec calme, qu\u2019il m'a fallu inventer quelque chose.Le notaire remit ses lunettes avec une vivacité inquiète : \u2014 Et Votre Seigneurie m\u2019a donné ce rendez-vous pour me demander conseil ?hasarda-t-il dans un dernier espoir.Patricia eut uh joli rire : \u2014 Ah ! bien non, mon pauvre Helley.Le conseil était inutile: ma décision est prise depuis un mois.Le petit notaire resta sidéré.\u2014 Oui, continua la marquise en feuilletant paisiblement les papiers: j'ai résolu, autant que cela me sera possible, de renoncer à une partie de mes biens.Par exemple, le château de Masefield, le parc et ses dépendances .Tout cera ferait un joli domaine pour installer soit une pouponnière, soit un établissement pour les enfants abandonnés.\u2014 Une pouponnière à Masefield?gémit le notaire, dont l\u2019émotion eut raison du respect profond qu\u2019il témoignait habituellement à lady Masefield.\u2014 Pour tout dire, expliqua la voix tranquille, je veux renoncer à mon titre de marquise de Masefield, et, une fois mariée, je ne veux plus étre que la comtesse de Sérignac.Cela seulement.\u2014 Mais.Votre Grâce, songez à vos héritiers.\u2014 J\u2019y ai songé, ne craignez rien: ma fortune et celle de Philippe, son talent suriout, tous ces biens garantissent l\u2019avenir de nos enfants, sans qu\u2019il soit besoin de metire ceux-ci sur le pavois de l\u2019orgueil pour s\u2019entendre dire et redire : Votre Grâce par-ci, Votre Grâce par-la.Non, Maître Helley, mes enfants ne connaîtront pas cette sorte de suzeraineté qui a failli m\u2019être nuisible; ils ne risqueront pas de devenir de jeunes souverains orgueilleux.et surtout je n\u2019aurai pas à craindre de les voir un jour mépriser le travail de leur père.\u2014 Le comte refusera.\u2014 Le comte acceptera, parce que mes raisons sont justes et que mon point de vue est aussi le sien.\u2014 Mais la loi.\u2014 Ni la loi ni le roi ne peuvent m\u2019obliger à résider en Angleterre si je veux habiter dans le pays de mon mari.\u2014 Oh! Milady, cria presque le petit homme, allez-vous abandonner notre pays ?L\u2019émoi de Me Helley était si sincère que Patricia n\u2019eut pas le courage de sourire, et très doucement elle expliqua : \u2014 J\u2019habiterai désormais la France, dans la jolie villa que mon fiancé possède à Passy, et lorsque vous m\u2019écrirez, Maître Helley, vous voudrez bien ne plus me désigner sous ces vocables désormais inutiles: « Votre Grâce» ou « Votre Seigneurie».Je ne serai plus alors que Mme Philippe de Sérignac.Le notaire remit les papiers en ordre; ses mains tremblaient.\u2014 Je vais donc me renseigner.faire des démarches nécessaires.Patricia dit gentiment : \u2014 Vous savez que la villa Béatrice ne sera pas englobée dans la donation \u2014 La petite Fiorella n\u2018y habitera pas non plus.Là où vous serez, elle vous suivra.La voix du vieillard était pleine d\u2019amertume.\u2014 Qu'en savez-vous, Maître Helley ?\u2026 Si Fiorella nous suit à Paris, je puis vous assurer que l\u2019avenir la reverra dans la villa Béatrice.Cette fois, le notaire eut un fin sourire : il comprenait.\u2014 Plus tard, poursuivit la marquise, elle y amènera son mari.car cette enfant aveugle sera, malgré son infirmité, une épouse charmante et une tendre mère.De plus, sa dot importante lui permettra de mener, ainsi que son mari, une vie exempte de tous soucis.Comme la figure parcheminée du notaire s\u2019éclairait de plus en plus, Patricia dit encore : .\u2014 Et parfois, le soir, je sais quelqu\u2019un qui aura la consolation de venir se reposer à la villa Béatrice comme il venait au château.quelqu\u2019un qui sera le père.et peut-être aussi le grand-père.Au revoir, Maître Helley.Le comte est dans la galerie; ayez donc l\u2019obligeance de le mettre en quelques mots au courant de mes dispositions.- Patricia était revenue prés de la cheminée; elle avait repris entre ses mains la photo de Philippe et la regardait en souriant, avec, dans son sourire, toute la satisfaction d\u2019un être qui a conscience d\u2019avoir accompli un sacrifice nécessaire.Avait-elle revu dans les allées de pourpre et d\u2019or la svelte silhouette de celle qu\u2019elle appelait toujours dearest ?.Un soupir profond souleva sa poitrine, tandis qu\u2019elle murmurait très bas : \u2014 Mamy, ne m\u2019en veuillez pas.Je fais cela parce que je crois que c\u2019est le meilleur.Deux bras entourèrent ses épaules : \u2014 Mon amie, ne regretterez-vous jamais ?demanda Philippe.Elle détourna son regard du parc ensoleillé, et, le fixant tendrement dans les yeux de son fiancé : \u2014 J'ai échangé la souveraineté contre le vrai bonheur, et ce n\u2019est pas vous, Philippe qui me la ferez regretter .\u2014 Non, Patricia, car, ne l\u2019oubliez pas : bien souvent, 0 ma Souveraine, abdiquer, c\u2019est régner.FIN Septembre 1934 UN CADEAU aux personnes GRISONNANTES INECTO-Rapid est vral- ment le plus précieux cadeau fait aux personnes grisonnantes.Perfectionné par W.TT.Pember après des années d\u2019expérimentation, INEC- TO-Rapid, la teinture scientifique pour les cheveux, redonne facilement Pour tout et rapidement aux che- roduit veux gris leur couleur prodt naturelle.S\u2019applique chez supérieur solen cheveux Demandez notre brochuret- te gratuite.Nous avonsle INECTO-Rapid est en vente chez les coiffeurs, dans les pharmacies et magasins à rayons ou envoyé par la poste par plus grand as- W.T.Pember Stores | sortiment au Limited, Toronto, seuls Canada.Con- distributeurs canadiens.sefls gratuits Bouteille d'essai $1.50.sur toute ma- Bouteille media $3 et ladie des che- grand: bouteille $5.25.veux ou du Envoyez un échantillon cuir chevelu.de vos cheveux.THE W.T.PEMBER STORES LIMITED | 129, rue Yonge Toronto | Conversation avec M.Augustin Frigon (Suite de la page 6) ducation tiennent compte des conditions matérielles dans lesquelles nous vivons, qu\u2019elles préparent mieux à la lutte pour la vie.Beaucoup d\u2019élèves de l\u2019Ecole Polytechnique m\u2019ont fait leurs confidences a ce sujet.Cette lacune dans notre enseignement tient-elle a nos origines modestes ?Pour une part, peut-étre.A coup siir, il est certain que nous avons besoin d\u2019hommes.Qui les donnera ?L\u2019on peut beaucoup espérer de l'avenir, car déjà de nombreuses institutions accusent une amélioration notable dans leurs programmes et surtout dans leur attitude vis-à-vis des réalités de la Vie ! La supériorité, en notre pay3, nous dit M.Frigon en se levant, appartiendra au groupe qui saura s\u2019adapter, par des études appropriées, au développement scientifique: c\u2019est ce dernier qui, plus que jamais, conditionnera la situation économique des individus.Les grandes figures de Gaspé (Suite de la page 10) a son premier évéque.S.Ex.F.-X.Ross n\u2019a pas seulement un organisme diocésain parfait et modèle, il a assumé aussi la tâche de rendre plus heureuse matériellement la population confiée à son ministère.Courageux, patriote, il a réussi tous ses projets.Son mérite est d\u2019avoir fait du mouvement de la colonisation une réalisation totale et permanente.Il est un puissant rénovateur et grès Mgr créé un grand serviteur de sa petite et chère patrie gaspésienne. LY Septembre 1934 La Revue Populaire L\u2019'ENIGME DE LA RUE RIEL (Suite de la page 12) ques révélations que venait de faire Ubaldine augmentaient fortement mes soupçons.Et pour cause, comme vous allez voir.« Je restai donc cette nuit-là au .119 de la rue Riel.Quand je fus certain que ma soeur dormait profondément, je me dirigeai vers le secrétaire où la vieille serrait la cassette contenant ses papiers d\u2019af- \" faires.Guidé par un pressentiment qui fut par la suite justifié, je for- cai la serrure du coffret, examinai rapidement son contenu et trouvai, sans grand étonnement, le vrai testament laissé par mon frère, à sa mort- Ce document, que vous trouverez ci-joint, m\u2019institue légataire universel des biens du défunt, à la condition expresse que j\u2019assure la subsistance de Denise Dufresne- Poulot.« Le lendemain, ma première action fut de placer la pièce révélatrice sous les yeux d\u2019Ubaldine.En un seul instant, les traits de la voleuse vieillirent de dix ans.Elle dut simplement avouer la supercherie.La savante machination qui lui avait permis de voler un mort à mon détriment et à celui d\u2019une enfant sans défense, par la substitution d\u2019un testament forgé de toutes pièces, était mise à jour.« Dans un moment de fureur indicible, \u2014 que l\u2019on comprendra sans peine, je crois bien, \u2014 j\u2019exigeai de ma soeur qu\u2019elle fit, par écrit, une confession complète.C'était ma vengeance incoercible, ma rançon impitoyable contre la voleuse.Ses cheveux blancs, qui tremblotaient d\u2019effroi, ne faisaient point oublier son crime in- fame; sa mine piteuse, affolée, ne rachetait pas les dures privations infligées à Denise.Et je pris grand soin de lui promettre que cette confession I\u2019enverrait inéluctablement au cachot.Pourquoi ai-je agi ainsi ?Sans doute pour rire lé dernier ?Car la fortune que jai acquise aux Etats-Unis me permet de dédaigner l'argent laissé par mon frère Louis.Et d\u2019ailleurs, la seule production du testament authentique suffisait à faire remettre cet argent à Denise.En exigeant de ma soeur cette confession écrite de sa main, Je voulais que son effroi devint de l\u2019affolement ! « Je conservai naturellement le testament trouvé dans le coffret et promis de revenir chercher l\u2019infamant aveu dès le lendemain.Je passai la seconde nuit en compagnie de plusieurs vieux copains que je n\u2019avais vus depuis mon départ aux Etats-Unis.(Au cas où vous chercheriez à vous en prendre à mon humble personne, je peux fournir d\u2019abondantes preuves de ce que j\u2019affirme ici).«Les journaux du lendemain m'\u2019ont appris la fin dramatique de ma soeur Ubaldine.Jusque dans la mort, la vieille fille a voulu compromettre quelqu\u2019un ! Mais croyez-m\u2019en, messieurs, Ubaldine Poulot s\u2019est suicidée pour échapper à la justice humaine.Je n\u2019aurais jamais fait ces déclarations si vous n\u2019aviez été prêts à faire condamner un innocent pour une faute qu\u2019il n\u2019a jamais commise.Vous voilà maintenant renseignés sur l\u2019énigme de la rue Riel.» « ETIENNE PouLoT » II fallut au moins cing bonnes minutes avant que Flic et Massue fussent revenus de leur surprise.\u2014 Mais, fit Massue en se grattant la tête, \u2014 signe évident d\u2019un insurmontable embarras, \u2014 pourquoi diable avez-vous pris la peine d\u2019écrire cette longue lettre.N\u2019avez- vous pas une langue pour parler ?\u2014 J'ai agi ainsi de crainte d\u2019omettre certains détails- Puis, avec un ironique sourire : \u2014 Ça vous prend tellement de temps à comprendre.La terre dans vingt millions de siècles (Suite de la page 5) Sa lente mais implacable condensation l'avait réduit au type des étoiles naines avec une température intérieure de six mille degrés centigrades depuis une trentaine de millions d'années.Brusquement, cette température tomba de moitié.La Terre ne reçut plus alors que les ondes d\u2019une lumière rouge accompagnées du seizième seulement de la chaleur qui avait été la normale pendant longtemps.Les prodigieuses ressources de la science allaient néammoins permettre de «tenir le coup » jusqu\u2019à la dernière limite mais il y avait aussi à craindre la cessation brutale de tout envoi d\u2019onde par le soleil à la suite d\u2019un changement atomique instantané.C\u2019est ce qui arriva.Sans transition ce fut l\u2019obscurité complète, la fin de tout \u2026.Heureusement c\u2019était aussi la fin de cet article et je n\u2019eus ainsi pas trop à pester contre le court-circuit de lumière venu ramener aux réalités présentes les vagabondages de mon imagination.#N'OUBLIEZ PAS QUE BOVRIL VERITABLE THE DE BOEUF DONNE SANTE ET FORCE 57 20FM Les Progrès de H.J.HEINZ Co.Ltd.En l'honneur du 25e anniversaire de son usine de Leamington, Can, la H.J.Heinz Company entreprend un agrandissement considérable de cet établissement cette année.Un bâtiment de\u201ctrois étages, mesurant 118 x 177 pieds, et une grande plate-forme pour le déchargement des pickles sont presque achevés.Ce fut à Burlington, en 1898, il y a donc 36 ans, que la Compagnie commença ses opérations canadiennes, mais en 1909, elle concentra toutes ses activités à .Leamington, ville sise au centre d\u2019une contrée réputée pour ses belles tomates et autres légumes.Des pickles furent les premiers produits à sortir de l\u2019usine, mais depuis lors la Compagnie n\u2019a cessé d\u2019agrandir ses établissements d\u2019année en année, et aujourd\u2019hui, elle prépare mainte variété de produits alimentaires et compte parmi les plus importantes du Canada.La Compagnie dispose non seulement des variétés Heinz au Canada, mais joue également un rôle important dans les exportations canadiennes, et ses expéditions se font à destination de l'Orient ainsi que des Iles Britanniques et de l\u2019Europe.C\u2019est un spectacle courant de voir des trains entiers de Variétés Heinz quitter Leamiygton pour Montréal, où elles seront embarquées et s\u2019en iront au delà de l\u2019Atlantique.Le gouvernement a achevé de construire un nouveau dock à Lea- mington l\u2019année dernière, ce qui facilite considérablement les expéditions maritimes de ce port.Pour distribuer les 57 Variétés de par le Canada, la Compagnie a ouvert des succursales et des entrepôts à Montréal, Toronto, Winnipeg, Calgary et Vancouver, et son siège social est à Toronto.M.R.A.Logan est le gérant de l\u2019usine à Leamington, et le 25e anniversaire de sa direction fut célébré récemment.Coupon d\u2019Abonnement eva PR Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75¢ pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour l an ou 90c pour 6 mois) d\u2019abonnement à LA REVUE @ POPULAIRE.ADRESSE .VILLE PROVINCE ________ \u2014 Adressez comme suit : POIRIER, BESSETTE CIE, Limitée, 975.rue de Bullion, Montréal, Canada 58 La Revue Populaire Septembre 1934 Si vous ne farcissez pas votre canard, introduisez-y deux pommes tranchées ou un oignon avant de le faire rôtir.Retirez ces ingrédients avant de servir.Le canard étant très huileux, il est bon de le frotter d\u2019abord avec de l\u2019eau chaude contenant une pincée de soda à pâte, puis de le avant de le rincer et essuyer faire rotir.Faites cuire les oignons dans de l\u2019eau chaude jusqu\u2019à consistance tendre, râpez et mélangez avec beurre, sauge et chapelure.Tranchez la peau autour des paites au-dessous des articulations, tordez les pattes et retirez-en les tendons.Farcissez maintenant le canard.Si l\u2019oiseau est bien gras, mettez moins de beurre dans votre farce.Ayez soin de choisir un jeune canard.La peau doit en être douce et humide et l\u2019os de la poitrine souple et pliant.Comment faire rôtir un CANARD INGREDIENTS 1 jeune canard, 6 oignons, 3 c.à soupe de chapelure, 114 once de beurre, 115 ec.à soupe de sauge, poivre et sel, 2 c.à soupe de farine.Faites rôtir à four chaud, de 1 à 114 heure.Saupoudrez de farine, arrosez bien et faites brunir légèrement avant de servir sur un plat chaud, accompagné de petits pois, sauce aux pommes et salade d\u2019orange et de laitue.Faites une bonne entaille dans la peau pour y faire passer le croupion ou «morceau des dames ».Passez une brochette à travers le corps, de la patte droite à la patte gauche, et une autre à travers les cuisses.Assaisonnez, recouvrez de papier beurré et placez sur un trépied dans un récipient rempli d\u2019eau. Dégustez l\u2019exquis Jus de Tomates délicatement pressées Libby's, à l\u2019essai me me N repas bien organisé débute toujours par un apéritif.Per- mettez-nous de vous suggérer, comme cocktail, un verre de jus de tomates délicatement pressées* Libby's, froid et savoureux.Riche en Vitamine C et possédant aussi les importantes Vitamines A, B et G, il garde le meilleur de la tomate, moins le goût amer du cœur, > des graines ou de l'écorce.Grâce à un procédé de pressage dont Libby's a l'exclusivité, on extrait tout ce .qu\u2019il y a de bon dans la tomate et i on laisse de côté, sans l'écraser, tout ce qui est amer.Produit ENTIEREMENT CANA- » DIEN, le jus de tomates délicatement pressées* Libby's est préparé par une main-d'œuvre canadienne dans les impressionnantes cuisines modernes de la Libby, 3 Chatham, Ontario.3 Se Ces tomates proviennent de plants canadiens de la meilleure variété.Nous pouvons donc vous recom- + mander, sans crainte, de le déguster à l'essai.Si le Jus de Tomates délicatemnet pressées* Libby's vous désappointe, vous n'avez qu'à nous envoyer l'étiquette avec vos nom et adresse, 3 Libby\u2019s, Chatham, Onc.Nous vous rembourserons volontiers le prix d'achat.b Brevet canadien No 334356 ere ue JUS DE TOMATES délicatement pressées LIBBY\u2019S tegarde, papa.une photo de ma Fête\u201d ES bougies sur un gâteau, et les jumeaux avec leurs joues toutes gonflées pour un \u201csouffle\u201d puissant .Encore quelques années, et ce grand évènement deviendrait un souvenir effacé\u2014si ce n\u2019étaient les instantanés! 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