La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 juillet 1935, Juillet
[" , Notre roman : nf {LE PRISONNIER DE BERENGERE par MAGALI Juillet}193 Fi + a Nv 2 LL Revue Por x PER } LE CON | \u20189 -?are ! re AH +, # D Myr van > Ei = = 2028 \u201ca Wen 7 æ + vs | 9 À, > J Ye » ge BL Se a Vy NY J # ES dL) % 5 \u20ac % a VS v 3 Fe \\ poy LES CINQ FAMEUSES DIONNE de Jus de se Regalent Chaque Jour Tomates Libby's Photographie Copyright Star Nwspaper ice a Cinq précieuses mignonnes qui sont aimées du monde entier! Imaginez-vous le raffinement délicat de leur alimentation.Comme ces dix petits yeux foncés brillent a l'heure du cocktail a la tomate! Le Jus de Tomates Libby's à \u2018\u2019Pression Douce\u201d possède la qualité, la saveur et la salubrité excellentes du jus pur et seul de la tomate, extrait par le procédé exclusif a \u201cPression Douce\u201d de Libby's.Il est riche en Vitamines A, B, C et G, si nécessaires a la santé et au bien-être des enfants et des adultes.Régalez-vous de cet apéritif délicieux chaque jour avant vos repas.Au 7 [~ KITCHEN CANADIAN } qu \u2014 La façon dont Libby's obtient cette saveur incomparable: PRESSION DOUCE DE BELLES TOMATES ROUGES ET MÛÔRES LA PRESSION DOUCE ÉVITE L\u2019AMERTUME DE LA PEAU, DES PÉPINS ET DES FIBRES.(parties illustrées ci-dessous) VOUS DONNE JUSTE LE JUS DU MEILLEUR CHOIX.SAVEUR MERVEILLEUSE Seul, le jus pur et délicieux est employé \u2014 avec toute la saveur fraîche du fruit venant du jardin.Les tomates proviennent de plantes de race cultivées dans des champs canadiens sous la surveillance de Libby.Un jus de tomates vraiment différent.rif -* il 4 A= Le jus de tomates Libby's est pur et non dilué \u2014aucune trace d'amertume causée par les pépins, la peau ou les fibres.Non seulement la saveur, mais aussi les vitamines\u2014vous parviennent avec toutes leurs qualités bienfaisantes et salutaires.LIBBY, McNEILL & LIBBY of Canada, Limited, Chatham, Ontario.Un Procédé Exclusif, Brevet Canadien 334,356 JUS DE TOMATES à \u201cPression Douce\u201d Juillet 1935 JoRevie Populaire 28e année, No 7 Montréal, Juillet 1935 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt.U.S.A., as second class matter SOMMAIRE M.Maurice HÉBERT par Roland Prévost.5 Un MAÎTRE DE LA STATUAIRE par Maurice Brodeur 7 Le CIRQUE ARRIVE.8 La TERRE QUI SOMBRE par Fernand de Verneuil.9 LES GRANDES VEDETTES DU CINÉMA FRANÇAIS.10 Les Bruits À LA Ranio par Léopold Houlé.11 Nouvelle : LA SONATE OUBLIÉE Par Pierre Dhaël oii cacrerss 12 Notre roman d\u2019amour : Le Prisonnier de Bérengère par MAGALI .14 Les DErNiers Caprices BE LA MODE.26-28-29 LA DÉCORATION DE LA MAISON DE CAMPAGNE par Francine in 32 DEUX CUISINES MODÈLES.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026irecicrccrrarrercsrne 34 Les FAMILLES CANADIENNES par Emile Falardeau evene 47 RIEN DE TROP SÉRIEUX.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.cecrcrcerceasreuese 48 DE FRAÎCHES TOILETTES D'ÉTÉ.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.ucccecsceeerecer 49 COMMENT FAIRE UNE TARTE AUX POMMES SUISSE.50 LITTÉRATURE CANADIENNE ooo 54 Pour Vous, MESDAMES.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026iiriirienenanennennn 56 SAVIEZ-VOUS QUE ?ois oan \u2026 56 CONSEILS PRATIQUES POUR L'ÉTÉ 58 NOTRE PROCHAIN ROMAN : LE CHANT DU SOUVENIR par LEO DARTEY LA REVUE POPULAIRE Editeurs-Propriétaires POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE 975, rue de Bullion, Montréal, Canada T 6002 él.: LAncaster 5819 - ABONNEMENTS Canada : Un an $1.50 \u2014 Six mois .75 Etats-Unis: Un an $1.75 \u2014 Six mois .90 under the Act of March 3rd.1879.3 Le CARNET de la REDACTION Nous prenons ici la liberté de signaler à nos aimables lecteurs et lectrices les améliorations nombreuses que nous avons apportées dernièrement à La Revue Populaire.Si nous le faisons nous-mêmes, c\u2019est que nous tenons beaucoup à ce que nos lecteurs sachent que nous n\u2019épargnons rien pour faire de La Revue Populaire un magazine de premier ordre.Si vous aimez notre revue, écrivez-nous pour nous en donner les raisons; si vous avez des reproches et des suggestions à nous faire, écrivez- nous également.La direction tient à se tenir en étroit contact avec le lecteur.Dites-vous bien que notre revue est votre revue.LA GUERRE Tout le monde en parle et personne n\u2019en veut Un grand astrologue démontrait récemment à l\u2019aide de force signes cabalistiques et métaphores brumeuses qu\u2019il n\u2019y aurait pas de guerre en 1935.Tant mieux ! Mais il y a des arguments autrement sérieux qui tendent à prouver l'impossibilité d\u2019une guerre prochaine.Vernon Bartlett, un as du grand reportage et journaliste beaucoup lu en Europe, affirme que la guerre est loin d\u2019être prochaine.à moins d\u2019événements imprévus.?D'abord, quels sont les pays que l\u2019on accuse aujourd\u2019hui d\u2019évoquer le spectre de la guerre?L\u2019Allemagne, l'Italie et la Russie.Or, prétend Bartlett, aucun de ces pays ne veut la guerre.L\u2019Allemagne ne veut pas la guerre pour plusieurs raisons.Primo: ses grandes villes industrielles sont trop près des frontières; et elle ne possède pas suffisamment d\u2019avions pour les protéger en cas de conflit armé.Secundo: elle n\u2019a pas d\u2019alliés puissants et sûrs et ses munitions sont insuffisantes.Tertio: qu\u2019elle déclare la guerre et aussitôt les factions communistes et les autres adversaires de l\u2019hitlérisme, aujourd\u2019hui matés, organiseront le sabotage et peut-être la guerre civile.Et Hitler le sait.Enfin, le dictateur a été soldat et, tout comme les autres anciens combattants, il n'a pas oublié\u2019 les horreurs du front.Mussolini, en dépit de ses organisations militaires et de ses déclarations fulgarantes, ne veut pas la guerre.L'Italie n\u2019a pas de matières premières.Quant à ses alliés, quels sont-ils ?Le duce tient son peuple en alerte afin de lui faire accepter des sacrifices qui provoqueraient le mécontentement en période de paix ferme.Mussolini a d\u2019ailleurs avoué dernièrement qu\u2019il repousse toute idée d\u2019agression: «Les dictateurs, a-t-il dit, sont des gens ambitieux qui veulent garder leur emploi, et ils savent que l\u2019homme qui signe une déclaration de guerre est rarement le même que celui qui signe le traité de paix mettant fin à cette guerre.» Et l\u2019U.R.S.S.?Elle a créé sans doute la plus forte aviation au monde.Mais elle est si préoccupée par sa réorganisation intérieure que l\u2019on ne voit pas l\u2019avantage qu'elle pourrait retirer à attaquer ses voisins.Des territoires ?Elle en a presque trop ?Le renversement du monde bourgeois à la faveur des bouleversements causés par la guerre?C\u2019est possible.Mais alors eile préfère que d\u2019autres la déclarent, cette guerre.déductions peuvent être fausses, car il y a bien des points dangereux dans la politique internationale.Mais deux facteurs tiennent en échec les motifs de conflit: la peur des hommes d\u2019Etat de perdre leur place et l'esprit antimilitariste qui se répand de plus en plus dans tous les pays.Dans ce cas, à quoi riment ces parades impressionnantes, ce réarmement qui effrayent tant le monde européen ?Evidemment, ces NOS AUTRES MAGAZINES Notre maison, fondée voici près de cinquante ans, publie également deux autres magazines, Le Samedi et Le Film.Le Samedi constitue le grand hebdomadaire national.Depuis quelques années, il s\u2019est tellement modernisé et embelli que ses plus anciens lecteurs ne le reconnaissent plus.Si vous ne l\u2019avez pas fait depuis quelque temps, achetez-le, ne serait-ce que par curiosité, et vous serez agréablement surpris.Quant au Film, l\u2019unique revue canadienne de cinéma, il vous renseigne, dans ses cin- quande-deux pages abondamment illustrées, sur tout ce qui se passe dans les studios français et américains, \u201cVoila, Marie.j'ai calculé ce que nous coûte actuellement \u2018D!s-moi, Alice, tu as un réfrigérateur Westinghouse\u2014 notre réfrigération.Nous ferions mieux d'acheter un me conseillerais-tu de m'en acheter un comme le tien?\u201d réfrigérateur Westinghouse.\u201cMais certainement.Mar\u2018e, sais-tu que je me déferais \u201cOh! Jean, comme je suis contente de ne pas passer de n'importe quoi chez moi plutôt que de perdre mon un autre été sans réfrigérateur électrique!\u201d \u201cVoici le mécanisme perfectionné \u2014 hermétiquement scellé dans son enveloppe d'acier.Pas d'huilage ni de surveillance.Mieux encore \u2014 le moteur est gardé contre tout accident par la \u2018\u2018sentinelle mécanique\u2019 ( caractéristique exclusive de Westinghouse) qui interrompt automatiquement le courant en cas de défectuosité et remet le moteur en marche dès que le risque a disparu.\u201d ( DHAQUE année, des milliers de nouveaux foyers canadiens bénéficient des avantages de la réfrigération moderne tel qu'assurée par le réfrigérateur doublement automatique Westinghouse.Une comparaison minutieuse révèle que ces avantages se traduisent en fin d'année par des économies de $50 à $150.Quand vous achetez un réfrigérateur, rappelez-vous que le nom de \u2018\u201cWestinghouse\u201d\u2019 vous assure des avantages essentiels exclusifs \u2014 vous êtes sûre d'obtenir satisfaction.L'assortiment comporte huit cabinets de dimensions diverses, mais tous de même qualité \u2026.les prix variant à compter de $124.Votre fournisseur d'appareils Westinghouse vous expliquera les conditions de paiements spéciales qui, mieux que jamais, vous permettent de jouir chez vous de la réfrigération Westinghouse.CANADIAN WESTINGHOUSE Co.LIMITED Westinghouse.Il me fait épargner de l'argent.\u201d LE NOM EST VOTRE GARANTIE HAMILTON - CANADA Succursales : Vancouver, Calgary.Edmonton, Régina.Saskatoon, Winnipeg, Fort Montréal, Halifax.notre retour.\u201d \u2018Ce nouveau congélateur assure la congélation la plus rapide pour desserts glacés ct cubes de glace.I! est hygiénique \u2014 ni saillies, nt bob'nes.ni fissures.Le légumier garde leur fraicheur à la laitue et aux légumes.Le plateau froid est commode pour les viandes fraîches.La porte- étagère et la tablette roulante sont très pratiques \u2014 et l'intérieur est si bien éclairé.\u201d i es Sonia a Le lendemain \u2014 \u2018Je suis si contente de mon Westinghouse! Nous serons beaucoup mieux cet été.Nous aurons des salades et des desserts glacés, sans oublier les cubes de glace.Plus de retard William, Toronto, dans la livraison de la glace.Plus de lait sûri ni d'aliments gaspillés.Et nous serons libres de nous éloigner aussi longtemps que nous voudrons.puisque nous serons sûrs que tout sera intact à REGULIERS TOUS MODELES Juillet 1935 De la Critique Littéraire M.Maurice Hébert Membre de la Société Royale du Canada N ENTEND de moins en moins dire que notre littérature n\u2019est qu\u2019un mythe.La meilleure preuve que nous avons une littérature, dirait La Palice, c\u2019est que nous avons des critiques littéraires.Et nous en avons d'excellents.Seulement, il ne faut pas remonter bien haut dans notre Histoire pour les rencontrer.La plupart vivent encore.lls ont surgi des que les auteurs se sont faits plus nombreux, plus divers aussi, pourrait-on dire.Il est mêmè.arrivé un moment où les critiques étaient aussi nombreux, ou presque, que les écrivans dits créateurs.Ce n\u2019est pas une renaissance, puisque le fait ne s\u2019est jamais produit au Canada français.Lisez un manuel d'histoire littéraire ou de morceaux choisis (il y en a de: tas!) vous ne trouverez, de 1800 à 1910, que des historiens et des poètes.Ce n\u2019est pas à dire que ces écrivains soient quantité négligeable mais ils ne suffisent pas à créer une littérature.Les quelques romanciers de cette longue enfance méritent-ils qu'on les admire, que l\u2019on en fasse une anthologie ?A propos de critique littéraire, on peut discourir longtemps, altendu que chacun a sa manière d\u2019apprécier un livre.et d'exprimer son opinion.Toutefois, il est des normes qui, dans toute bonne société, ne doivent pas, semble-t-il, être négligées.Et si, dans une discussion, on y gagne toujours à se conformer aux règles de la polite=- se, je ne vois pas pourquoi il en irait autrement dans une simple critique littéraire.Mais, dira-t-on, il est souvent nécessaire de «tomber » un auteur qui abuse de la sottise ou qui émet des idées dangereuses.À cela je répondrai par le témoignage d\u2019un journaliste qui, pendant des années, dirigea un grand journal: «Il est plus facile d\u2019invectiver que de louanger», disait-il\u2026 avec quelque amertume.D'ailleurs, il n\u2019est pas bon de condamner ni d\u2019encenser trop ardemment une œuvre nouvelle.C\u2019est Bainville, je crois, qui affirmait que «le temps se charge de faire un tri dont nous sommes incapables, aveuglé que nous sommes par le tumulte et l\u2019illusion de la vie ».J'espère n\u2019avoir pas démérité de M.Maurice Hébert, critique littéraire à qui l\u2019on reconnait beaucoup de probité et une grande culture, en coiffant cette interview d\u2019un tel préambule, qui ne veut pas être un plaidoyer.Avant de l\u2019interviewer, j'ai relu ses deux volumes : De Livres en Livres et D'un livre à l\u2019autre, (parus l\u2019un en 1929 aux Editions du Mercure et l\u2019autre en 1932 chez Albert Lévesque), et j'ai cru deviner en lui un gentilhomme comme l\u2019on en trouve encore chez nous.Je ne me trompais pas.\u2014 Vous me demandez comment je conçois le rôle du critique littéraire, ou plutôt quels sont ses devoirs.Je n\u2019hésite nullement à répondre mais je tiens à préciser que je ne considèrerai que le critique canadien-français.Cela se comprend aisément.Nous n\u2019avons pas, comme en France, à juger des œuvres éparses sur un champ immense; notre domaine, historique et culturel, est fort restreint.Depuis longtemps, je me suis créé une image idéale du critique, sans pour cela mépriser ceux qui ne jugent pas d\u2019après le même barème.« Le critique littéraire est à la fois un reporter et un juge.Un reporter en ce sens qu\u2019il est un lien entre les auteurs et le public.Tenant depuis près de dix ans le feuilleton littéraire du Canada français, j'ai commenté les livres qui me paraissaient les plus intéressants dans la production courante.Quant aux insignifiants, aux cabotins, à quoi bon en parler ?«Il ne faut pas oublier que le critique se rend utile en indiquant le mouvement général des idées.Car on réflichit plus que jamais, chez nous, quoi qu\u2019en disent certains pessimistes.Ce sont les jeunes surtout qui, à cause des contacts plus intimes avec la France, cherchent de plus en plus à créer une personnalité canadienne plus forte, plus virile qu\u2019autrefois.Mais j'oublie ma dissertation.« Ainsi conçu, le critique ne serait qu\u2019un simple chroniqueur s\u2019il n\u2019égligeait d\u2019analyser la valeur de l\u2019œuvre.Il ne s\u2019agit pas d\u2019assommer tout ce qui n\u2019est pas chef- d'œuvre; à ce compte, ce serait un véritable carnage.D'ailleurs, la valeur littéraire est relative au temps et aa milieu.Un poète ou un romancier qui écrirait à la manière de Fréchette ou de Marmette serait aujourd\u2019hui un anachronisme, si j'ose dire.Bien que l\u2019éducation a tous les degrés ait besoin de grandes réformes, nous avons tout de même évolué sous le rapport de la culture littéraire.par Roland PREVOST \u2014 Le critique doit donc se montrer plus sévère ?.\u2014 Certes.Mais sans cesser d\u2019être honnête.Tout effort mérite considération, surtout s\u2019il s\u2019agit d\u2019un débutant.Celui-ci peut rater une première fois mais si un critique qui connaît son métier lui signale ses erreurs, il se me?- tra plus ardemment au travail et pourra produire une œuvre qui vaille.\u2014 Puis-je vous demander, M.Hébert, quels sont, à votre avis, notre meilleur poète et notre meilleur romancier des dix dernières années ?\u2014 J'hésite à répondre, car il n\u2019est pas toujours bon d\u2019être trop catégorique en ces sortes de jugements.Cependant je placerais au premier rang, parmi les poètes, Alfred DesRochers avec À l\u2019Ombre de l\u2019Orford et peut- être Robert Choquette ex aequo; quant au meilleur romancier, ou plutôt au meilleur roman, c\u2019est assurément la Sève Immortelle.Le dernier roman de Laure Conan est un livre exquis, un livre à méditer: les sentiments délicats, nobles, y coulent discrètement, comme une source souterraine, pure et chantante.Oeuvre magnifi que d\u2019inspiration et de style, La Sève Immortelle semble, comme son auteur, complètement oubliée par la génération neuve.Et c\u2019est regrettable ! «Il est aussi un roman que je m\u2019en voudrais de ne pas montrer comme supérieur.C\u2019est Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon, dont le sujet est uni- M.Maurice HEBERT Critique littéraire et poète.Membre de la Société Royale du Canada.Publiciste du gouvernement provincial.versel mais brodé sur une trame franchement canadienne.= Vous avez louché tantôt un sujet épineux: celui de l'éducation.Faut-il l\u2019aceuser aussi de nos faiblesses littéraires ?\u2026 \u2014 Peut-être.En lout cas, voici les constatations que jai faites depuis vingt ans en lisant notre production littéraire.La plupart des œuvres d'imagination manquent de Composition; on ne sait pas ordonner les faits, enchaîner logiquement les réactions psychologiques, mettre au monde des personnages viables.Les causes 7 Manque de travail; culture sans profondeur, c\u2019est-à-dire non- scientifique et non-philosophique.Et, ce qui est plus grave, nos romanciers, en général, ne savent pas voir la Nature.«Une âme se forme par une communion étroite et constante avec la Nature.À ce sujet, permettez-moi une anecdote.L'été dernier, j'eus l\u2019honneur de recevoir la nièce du maréchal Pétain et le marquis de Kerouartz.Je leur fis visiter les environs de Québec : le lac Saint- Joseph, Lorette, la côte \u2018de Beaupré.Ils me racontèrent avec quel éblouissement ils avaient observé la lumière du Québec, différente pour chaque région: la lumière réfléchie et verte à Gaspé, la lumière agitée sur le fleuve Saint Laurent.À Lorette, ils virent tout un tableau \u2014 un symbole même ! \u2014 dans le contraste du cimetière huron se découpant sur le fond sombre des arbres; la lumière seulptait les sapins, les fleurs vues comme par lransparence acquéraient un caractère lumineux inusité, Spectacle grandiose pour celui qui n\u2019est pas aveugle à la seule beauté, la Nature elle-même ! « Nous sommes Français, c\u2019est certain.À nos qualités françaises, à notre caractère français s\u2019est joint quelque chose de mélancolique, dû sans doute à nos immenses forêts, à nos montagnes polies et sans envol.Lorsque par exemple, au printemps, le fleuve s\u2019écaille et jette sa carapace, on ne peut que songer à la Néva, aux écrivains russes qui ont chanté son âpreté, sa puissance tyrannique.Fa c\u2019est pourquoi notre âme française a subi l\u2019influence de la nature nordique.\u2014 1 y a donc abondance de sujets à développer à la canadienne et nos écrivains n\u2019ont qu\u2019à s\u2019ouvrir les yeux et les oreilles.Mais ce n\u2019est pas facile ! \u2014 1 faut cependant s\u2019y astreindre si l\u2019on le veut pas rabâcher les rengaines archi-usées.C\u2019est ce que Grignon a bien compris dans Un homme et son péché : iL y parle d\u2019un sujet non-canadien avec un accent cana- 1en.«Pour en revenir à notre critique littéraire, je crois qu'il aura désormais le droit d\u2019exiger davantage des auteurs, qui auront profité de l\u2019expérience des précurseurs.Qu\u2019on ne vienne pas se plaindre de Papathie de notre peuple, du petit nombre de lecteurs intelligents! Quand on a du talent, ces considérations ne se présen- lent même pas à l'esprit.Les Belges, les Roumains, les Grets eux-mêmes à leur début, n\u2019avaient pas de « marché» \u2014 quel mot affreux quand il s\u2019agit de littérature! \u2014 et cependant ils ont de grands écrivains.Les talents ne manquent pas chez nous; qu\u2019ils prennent garde de suivre trop docilement certaines écoles modernes qui cachent la pénurie d\u2019idées sous une profusion de lermes métaphoriques et pseudo-scientifiques ! M.Maurice Hébert publiera bientôt (chez Albert Lé- vesque) un troisième volume intitulé Bon an mal an, au pays littéraire de Québec où seront appliqués les principes qu\u2019il a bien voulu énoncer pour nos lecteurs.Il a en outre dans ses cartons plusieurs ouvrages en préparation.En prose : Le Roman d\u2019un Homme de Lettres au Canada, Vieilles Nouvelles et Folklore canadien- français; et des poèmes : L\u2019Aigle d\u2019Azur, Le Cycle de Don Juan, Sagesse enfantine et la Fable en liberté.Son élection récente à la Société Royale du Canada suit de près sa nomination au titre d\u2019Officier de l\u2019Instruction Publique de France, honneurs bien mérités par un travail acharné et méthodique, au service des Lettres canadiennes. « mn LS BILE Resist | NS lonate souiter Rida ATRL dug = Br Maatigerous 0 1798-185 Quelques Oeuvres de Philippe Hébert Madeleine de Verchères, a Verchéres; Mgr Ignace Bourget, place Dominion, a2 Montréal; Le Pécheur a la Nigogue, a l'hôtel du gouvernement, Québec; Maisonneuve, place d\u2019Armes, 3 Montréal.Ci-dessous, trois des statues d\u2019angle du monument de Maisonneuve: Charles Le Moyne, Jeanne Mance et Lambert Closse.LA REVUE POPULAIRE Montage photographique de F.de V.Photos C.N.R.et Notman Juillet 1935 UN MAITRE DE LA STATUAIRE E CÉLÈBRE artiste canadien, Louis-Philippe Hébert, L naquit le 27 janvier 1850, a Sainte-Sophie d\u2019Halifax, comté de Mégantic, province de Québec.Son père Théophile Hébert, fut l\u2019un des premiers colons de cette localité.Ses ancêtres étaient acadiens; ils arrivèrent à Port-Royal vers 1671.Son trisaïeul avait été déporté lors du « Grand Dérangement », en 1755, avec des centaines de compatriotes, sur les côtes de la Nouvelle Angleterre ; il entra au service d\u2019un officier de l\u2019armée anglaise résidant à Boston.Comme l\u2019exilé appartenait à une famille qui avait possédé un patrimoine, il ne put longtemps subir cette servitude; il forma, avec un nommé Thibau- deau, le projet de quitter les Etats-Unis pour se rendre au Canada.Ils partirent au commencement de l'hiver et, pendant un mois, trempés et à demi gelés, ils marchèrent, raquettes aux pieds, à travers-la forêt, couchant à la belle étoile et se nourrissant de gibier.Au terme de ceite héroïque randonnée, ils arrivèrent, exténués, à St-Grégoire-de-Nicolet où ils rencontrèrent des compatriotes et des parents qui les aidèrent à s\u2019établir au milieu d\u2019eux.La forét fut, a la fois, le berceau et le lieu enchanteur de l\u2019enfance de Louis-Philippe Hébert.Dès sa prime jeunesse, il manifeste ses talents pour la sculpture en taillant, au couteau, de petites pièces de bois représentant des sauvages et des soldats que ses parents et ses connaissances se plaisent à admirer.& H fréquente pendant trois années la « petite école > qu\u2019il quitte à l\u2019âge de quatorze ans pour devenir commis dans un magasin du village.En 1869, ayant atteint 19 ans, il s\u2019enrôle dans le fameux corps des Zouaves Pontificaux qui partait pour Rome.Tout en remplissant ses devoirs de soldats et se soumettant aux rigueurs de la discipline militaire, il profite de ses heures de permissions pour aller visiter les musées, les églises et les monuments.Il s\u2019enthousiasme à la vue des chefs-d\u2019œuvre de l\u2019antiquité, du moyen âge et de la Renaissance.Emer- veillé des splendeurs du passé, il revient de ses excursions animé d\u2019un tel désir de créer, de façonner la matière, de suivre l'exemple des grands maîtres anciens, qu\u2019il façonne au couteau tous les morceaux de bois qu\u2019il trouve, s\u2019ingéniant à imiter telle partie d\u2019œuvre qui l'a impressionné davantage, soit un bas-relief, soil un chap.teau ou la corniche d\u2019un monument.Une fois démobilisé, en 1871, n\u2019ayant aucune ressource pécuniaire, il cherche à améliorer son sort et, pour ce faire, se rend aux Etats-Unis où il entre, en qualité de représentant, au service d\u2019une maison qui fait le commerce d\u2019arbres fruitiers.Conservant sans cesse le même courage, la même ferveur envers le culte de son idéal, qu\u2019il chérit par-dessus tout, il occupe les loisirs que lui donne sa besogne quotidienne a sculpter sur bois des statuettes.En 1873, un ancien député du comté de Mégantic, un parent, Edouard Richard, lui-même acadien, auteur d\u2019un ouvrage sur l\u2019Acadie, avait apporté de Paris deux bustes, l\u2019un de Napoléon et l\u2019autre de Béranger, le chansonnier, il les prêta nu jeune Hébert, son cousin, pour les copier.Le jeune artiste n\u2019avait à sa disposition que du bois pour exécuter ce travail.Mais il en fit des copies si exactes que monsieur Richard lui conseilla de les envoyer à Montréal où avait lieu l\u2019exposition provinciale.Napoléon Bourassa qui cultivait, à cette époque, les Lettres et les Beaux-Arts, était membre du jury de cette exposition.Il accorda le premier prix au jeune Hébert qui, grâce à ce succès, fut apprécié par ce maître qui l\u2019admit dans son atelier et lui enseigna les connaissances qu\u2019il avait lui-même acquises dans la pratique des Arts.Après un stage de six années chez le professeur canadien, Hébert se rend à Paris qu\u2019il rêvait depuis longtemps de voir.La Ville-Lumière l\u2019enchante et, dans cette atmosphère d\u2019émulation et d\u2019inspiration nouvelle, il étudie avec opiniâtreté, enrichissant sans cesse son imagi- tion créatrice bercée par les voix des Muses qui l\u2019appellent aux horizons infinis de l\u2019harmonie des formes; ii deviendra un jour «le poète du bronze ».Après un séjour, oh ! bien court, d\u2019une année à Paris, il revient au Canada.Il se signale bientôt à l\u2019attention du public par une statue du Colonel Charles Michel de Salaberry, le héros de la bataille de Châteauguay; le monument est érigé dans le village de Chambly sur la rivière Richelieu.En 1882, Hébert obtient le prix du concours institué par le gouvernement fédéral pour la meilleure maquette d\u2019une statue en pied de Sir Georges-Etienne Cartier, baronnet, homme d\u2019Etat, ancien chef du parti conservateur, l\u2019un des pères de la Confédération, dont le monument s\u2019élève à la porte du Parlement, à Ottawa.En face de celle-ci, à l\u2019est des édifices parlementaires, se dresse, dans un décor grandiose, la statue de Sir John-A.par Maurice BRODEUR Macdonald, homme d'Etat, ancien premier ministre et l\u2019un des pères de la Confédération.Cette œuvre n\u2019a qu\u2019un défaut: celui de reporter l\u2019attention de l\u2019observateur plutôt sur la jeune femme, sise au bas du monument, représentant la Confédération et dont la perfection des formes fait oublier, pourrait-on dire, l\u2019imposante silhouette de l\u2019homme d'Etat.Ces deux monuments auraient suffi à la renommée du statuaire Hébert.C\u2019est en 1886 que l\u2019on termina la construction du Palais Législatif à Québec, édifié suivant les plans du savant architecte et héraldiste canadien-français, Etienne- Eugène Taché, 1.5.0.(Imperial Service Order), 1832-1912, sous-ministre provincial des Terres et Forêts.\u2018La façade principale de cet édifice est superbe par le: belles proportions de sa tour centrale, dédiée à Jacques Cartier, et par la pureté des lignes des avant-corps accolés à la tour, dont l\u2019un, du côté sud, est dédié à Champlain, et l\u2019autre, du côté nord, est dédié à Maisonneuve.Les trois dédicaces apparaissent aux murs sur des écriteaux en lettres dorées; malheureusement, elles s\u2019effacent, au point qu\u2019elles ne sont presque plus visibles; une toilette nouvelle serait de bon aloi et mettrait à nouveau, en évidence, les noms des fondateurs de notre pays.& Le gouvernement provincial charge le statuaire Hébert de décorer les niches, les frontons et les abords du palais législatif; ce qui lui donne l\u2019avantage de se rendre, à nouveau, à Paris pour y parfaire ses études et perfectionner sa technique.À son retour, il se met à la tâche pour exécuter ce vaste projet.C\u2019est alors que l\u2019on vit s\u2019élever de magnifiques bronzes à la façade de cet édifice historique.Dans les niches de la tour centrale, c\u2019est la statue du général Wolfe et celle du général Montcalm ; près de la tour, du côté sud, les statues du gouverneur de Frontenac et de lord Elgin, gouverneur-général, qui signa le bill d\u2019indemnité aux insurgés de 1837-1838, et du même côté, sur le fronton de l\u2019avant-corps, se dresse un beau groupe de deux Muses représentant la Poésie et l\u2019Histoire.Symétriquement, du côté opposé, près de la tour, ce sont les statues du général Lévis et du colonel de Salaberry et, sur le fronton de l\u2019avant-corps, un groupe de deux femmes, dans le genre de l\u2019autre, symbolisant La Religion et la Patrie.En bas de la tour, en face de l\u2019entrée d\u2019honneur, surgit dans la déclivité du terrain, une fontaine monumentale dédiée aux races aborigènes du Canada, surmontée d\u2019un groupe, représentant une famille indienne, intitulée La Halte dans la forêt, admiré des connaisseurs à l'Exposition de Paris, de 1889, et pour laquelle fut décerné à l\u2019auteur, Louis-Philippe Hébert, une médaille.Ce bronze, de facture admirable, rappelle le souvenir des aborigènes qui habitaient les environs de Québez lors de la fondation par Champlain, en 1608.Les détails des vêtements et des objets sont strictement conformes à ce que l\u2019Histoire nous enseigne touchant les coutumes des Indiens de la tribu des Algonquins, (Abénaquis) a Pépoque des premières explorations des Français an Canada.,Ç Au bas de ce groupe, près de la pièce d\u2019eau, s\u2019élève une autre statue qui a contribué à la célébrité du sculpteur Hébert, elle est intitulée : le Pêcheur à la nigogue dardant un poisson au bord d\u2019une cascade.Cette stalue de grandeur nature, d\u2019un modelé viril, complète l\u2019ornementation de la gracieuse terrasse de l\u2019Hôtel du Gouvernement.L\u2019on peut voir chez McKenna, le fleuriste, rue St-Jean, à Québec, des réductions de ces deux œuvres d\u2019art.Monsieur McKenna posséde aussi, a sa résidence, deux beaux bronzes, d\u2019environ deux pieds de haut, dont l\u2019un représente Evangeline et l\u2019autre un groupe superbe Dollard des Ormeaux, combattant au Long-Sault.Près du héros sont deux compagnons d\u2019armes, un Français et un sauvage allié.En plus de ces travaux de grand mérite, le statuaire aux mains de fée en a créé d\u2019autres, aussi considérables, qui, tant en Europe, aux Etats-Unis, qu\u2019au Canada, lui apportèrent des marques d\u2019appréciation; des critiques proclamèrent même que Louis-Philippe Hébert était l\u2019un des grands maîtres de la statuaire en Amérique.Ici et là on voit de ses monuments.Aux Etats-Unis, à Lowell, Etat du Massachusetts, celui au R.P.André Garin, O.M.I., 1822-1895, missionnaire au Saguenay et à la Baie d\u2019Hudson, et curé de Lowell.Au Canada, dans la province d\u2019Ontario, à Hamilton, la statue de la reine Victoria : à Ottawa, les statues de la reine Victoria et de Alexander Mackenzie, homme d'Etat, ancien premier ministre du Canada; et, dans la province de Québec, à Montréal, les monuments Edouard VII, John Young, qui consacra sa carrière à l\u2019amélioration du chenal du Saint-Laurent et du développement du port de la Métropole; Mgr Ignace Bourget.deuxième évêque de Montréal; Octave Crémazie, poète de renom; Jeanne Mance, hospitalière, fondatrice de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, morte en odeur de sainteté et celui à Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal.En 1915, dans le Cornhill Magazine Sir Conan Doyle avait écrit: « L\u2019un des plus beaux monuments du continent est celui de Maisonneuve, à Montréal.Ce chef- d\u2019œuvre vaut la peine d\u2019un voyage au Canada pour le voir.Le sénateur David, homme politique et publiciste canadien-français, a dit que cet ouvrage d\u2019art seul suffirait à consacrer Hébert grand artiste, et que c\u2019est tout un poème épique qui proclame l\u2019héroïsme et les vertus des fondateurs de Ville-Marie.Aux angles du piédestal du monument sont quatre personnages: Jeanne Mance, pansant un enfant blessé; Lambert Closse et la chienne « Pilote»; Charles Le Moyne, soldat et agriculteur; et un sauvage à l\u2019affût.& Lord Grey, gouverneur-général, de 1904 a 1911, ayant vu une statuette du sculpteur Hébert, représentant Madeleine de Verchères, la lui acheta et suggéra à Sir Wilfrid Laurier, qu\u2019il en fut fait un monument, lequel est commandé à Hébert et payé entièrement aux frais de l\u2019Etat.Lorsque l\u2019on passe en bateau en face du village de Verchères, l\u2019on peut admirer de loin l\u2019énergique eil- houette de l\u2019héroïne; le point de vue est impressionnant, à distance, l\u2019on s\u2019imagine facilement voir se dérouler la scène de la défense du fortin contre les Iroquois.Des statues élevées à la mémoire de deux prêtres distingués se trouvent, l\u2019une à Chambly, de l\u2019abbé Pierre- Marie Mignault, missionnaire chez les Micmacs, sauvages de la famille des Abénaquis, et l\u2019autre à Marie- ville (Sainte-Marie-du-Manoir), du grand vicaire Edouard Crevier, fondateur de cette ville.À Mascouche (l\u2019Assomption), un buste de Pierre Le Gardeur de Repen- tigny, évoque la mémoire du premier seigneur de La- chenaie.Aux Trois-Rivières, c\u2019est le monument de La Véren- drye, célèbre explorateur des Montagnes Rocheuses; à Lévis, en face de l\u2019église, le monument de Mgr Joseph David Déziel, premier curé de Notre-Dame de Lévis.En plus des statues déjà mentionnées qui ont été placées à la façade du palais législatif, à Québec, sont érigées en cette ville d\u2019autres œuvres du même artiste.Sur la Grande-Allée, en face de la salle d\u2019exercices militaires, le monument du major Short et du sergent Wallick, tombés victimes de leur dévouement, lors de la conflagration du 16 mai, 1889, qui détruisit quatre cents maisons dans le quarties Saint-Sauveur; et, près de PArchevêché, le monument à Mgr François de Montmo- rency-Laval, premier évêque du Canada français, dont les bas-reliefs sont d\u2019un cachet attistique captivant.& D\u2019autres de ces travaux s'élèvent aux endroits suivants: à Halifax, Nouvelle-Ecosse, pour perpétuer la mémoire de Joseph Howe, homme d\u2019état, ancien premier ministre de sa province et l\u2019un des pères de la Confédération; à St-John, Nouveau-Brunswick, le monument à Sir Leonard Tilley, ancien premier ministre de cette province; à Calgary, province d\u2019Alberta, le monument South Africa War Memorial.Hébert a exécuté des statuettes de facture remarquable dont voici quelques-unes: Les Acadiens, Le Trappeur, Fleur des Bois, Soupir du Lac, Rêve du Fumeur, À la Claire Fontaine, La Vision du Sagamo, Convoitises, Le Rapt, Une Mère, La Souche, La Source, L\u2019Inspiration, Floréal, La Ceinture dorée.Cadieux, Madeleine, Martine Messier, le Docteur Chénier, Cadot, Cœur qui chante.Un statuette en terre cuite Le Dernier Indien a été acquise par la National Art Gallery.Un plâtre magnifique Sans Merci se trouve à l\u2019intérieur de la bibliothèque municipale de Montréal.Il est aussi l\u2019auteur de maquettes qui devaient servir à des projets de monuments: Samuel de Champlain, le P.Camille Lefebvre, Mgr Alexandre-Antonin Taché, Augustin-Nor- bert Morin, Sir Louis-Hippolyte Lafontaine, Louis-Joseph Papineau, Sir Etienne-Pascal Taché, Honoré Mercier et Sir Wilfrid Laurier.Ces dernières maquettes, représentant des personnages politiques, ont été reproduites en un grand nombre d\u2019exemplaires que l\u2019on peut voir dans plusieurs édifices publics de la province.Hébert exécuta aussi des travaux de décorations d\u2019églises, de sculpture, à Swenton, aux Etats-Unis, à Ottawa el a Montréal.Mentionnons en cette dernière ville, les églises de Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame du Bon Secours et Notre-Dame de Montréal.Hébert fut professeur de modelage à l\u2019Association des arts et manufactures de Montréal, membre de l\u2019Académie Royale du Canada, compagnon de l\u2019Ordre de St- Michel et St-Georges, d\u2019Angleterre, chevalier de la Légion d\u2019Honneur et chevalier de l\u2019Ordre de St-Grégoire- le-Grand (classe militaire), et récipiendaire de la (Suite à la page 52) LA REVUE POPULAIRE Cirque Arrive.tout autant les grandes personnes que les enfants.C\u2019est peut-être le spectacle le plus complet.Des quelques photos qui illustrent cette page, deux ont été prises par Columbia Pictures et trois par les photographes de La Revue Populaire, à Montréal.Cou les jouets, le cirque amuse Juillet 1935 LA TERRE QUI TREMBLE par Fernand de Verneuil L\u2019Angleterre subira-t-elle un jour le sort de l\u2019Atlantide ?\u2014 Les vagues à l\u2019assaut de la terre.\u2014 Causes profondes.\u2014 L'étrange destinée des continents.» ANS le «Critias» et le « Timée ».Platon parle d\u2019une île immense, l\u2019Atlantide qui, en une nuit et un jour, aurait été engloutie par l\u2019océan; quelques savants ont prétendu qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019une allégorie dans ce récit mais d\u2019autres, en plus grand nombre, sont d\u2019opinion que la catastrophe a réellement eu lieu.Oviedo, Buffon, Mac Culloch, Berlioux et d\u2019autres situent son emplacement entre l\u2019Amérique et l\u2019Europe; des ouvrages fort documentés géologiquement ont été écrits par eux ainsi que par Gaffa- rel et Clarke à ce sujet.La croyance à PAtlantide disparue est donc à peu près générale aujourd\u2019hui, d'autant plus que lon a maintenant la conviction bien établie que le sol terrestre n\u2019est jamais en Une partie des côtes anglaises que la mer ronge impitoyablement et dont le sol s\u2019affaisse graduellement sans que rien ne puisse s'opposer à l\u2019envahissement des eaux.repos ou en état d\u2019équilibre; il s\u2019élève en certains endroits mais s\u2019affaisse en d\u2019autres continuellement.Des disparitions subites comme celle de l\u2019Atlantide semblent toutefois peu probables dans l\u2019avenir, bien que mous assistions, de temps à autre, à des phénomènes de ce genre, mais à échelle réduite.Des petites îles surgissent quelquefois en peu de jours ou même d\u2019heures des profondeurs de l\u2019océan tandis que d\u2019autres disparaissent.En certains endroits, le sol des côtes s'affaisse et disparaît lentement sous la mer, en d\u2019autres il se relève; la configuration des pays change ainsi avec le temps et la terre d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019a certainement pas le même aspect de surface qu\u2019elle avait il y a des centaines de mil- Les chutes d'eau ont une beauté grandiose et une utilité incontestable comme pourvoyeuses de force motrice mais en même temps elles désugrègent lentement le sol qu\u2019elles finiront par niveler.liers et surtout des millions d\u2019années.S\u2019il était possible d\u2019établir les cartes successives de ces changements depuis les origines, nous aurions sous les yeux le plus curieux tableau qu\u2019on puisse imaginer, qui nous aiderait peut-être à connaître, par déductions l\u2019avenir de la planète en donnant naissance à une science nouvelle, celle de la « géotechnie ».La question d\u2019engloutissement gradue! et lent mais implacable se pose actuellement pour un grand pays d\u2019Europe, l\u2019Angleterre.Ce pays qui, à juste titre, put se parer du titre de reine des mers sera peut-être un jour totalement absorbé, anéanti, effacé de la carte du monde par l\u2019océan qui lui fut si longtemps soumis; étrange destinée des choses d\u2019ici-bas où tout passe et tout se renouvelle sans cesse.C\u2019est un fait bien constaté: Londres s\u2019enfonce lentement dans le sol et cela dure déjà depuis cing mille ans à la moyenne d\u2019un pouce tous les cing ans.Cela semble peu de chose mais c\u2019est tout de même un affaissement de quatr:- vingts pieds pendant la période précitée; dans les cinquante dernières années surtout, les changements opérés dans le niveau du sol ont été considérables.Il est bien connu que, sous le règne de Henri VIII, le cardinal Wolsey fit construire le palais Bridewell à un endroit qu\u2019il ne choisirait jamais aujour- d\u2019hui car il est sous les eaux à chaque marée haute.Il est également connu que, de son temps il y avait des arbres fruitiers autour de ce palais et que le sol de l\u2019endroit devait donc être hors de Patteinte des plus hautes eaux.Quand, plus tard, on fit des excavations à cet endroit, on découvrit le quai du palais à sept pieds au-dessous du niveau des marées hautes d\u2019aujourd\u2019hui.Comme, au temps de sa construction, ce quai devait avoir sa surface à au moins a Gad Si imprudent que soit le jugement de Mirbeau, appliqué à la radio, il n\u2019a rien de trop, semble- t-il, de paradoxal.D'ailleurs est-ce que la personnalité compte pour le directeur de studio qui, suivant un autre récit de Mirbeau, veut que «le comédien soit un piston dans lequel il faut soufller dedans pour en tirer un son ».Et si, au studio, notre interprète \u2014 c\u2019est le mot employé pour désigner les comédiens \u2014 se trouve isolé dans une boîte fermée à tous les bruits extérieurs, en contact avec un monde invisible, dont il ne connaîtra ni les dispositions, ni le jugement, ni les acclamations, ni enfin ces « silences » si redoutables parfois à la scène.ll pourrai toutefois se dire, pour se consoler, que les goûts «es radiophiles sont multiples : les uns abhorent le classique, les autres, le jazz; les uns ne veulent que du Beethoven ou du Mus- set, les autres du Paul Whiteman ou l\u2019affadissant ragoût de quelque feuilleton policier.«Il y a évidemment des gens qui aiment ça.Les autres, je m\u2019en f .» Son raisonnement ira plus loin.Il se dira que si des gens se plaignent, c\u2019est qu\u2019ils ont du temps à perdre et que d\u2019ailleurs le populaire n\u2019aime que la laideur, que la médiocrité, que la farce triviale.Ce en quoi il n\u2019a pas toujours tort.Le comédien, pour camper son personnage, disposera uniquement d\u2019un texte qui, s\u2019il prévoit le décor, le maquillage et la garde-robe.n\u2019en tient plus compte à la radio.Ou il faudra le corriger, \u2014 ce qui n\u2019est pas sans danger, \u2014 ou il faudra le débiter avec cette puissance d\u2019évocation qui puisse faire dire aux radiophiles : « Je le vois agir ».Evidemment, c\u2019est le propre du grand artiste, c\u2019est le propre de l\u2019émotif.Quand Mounet-Sully n\u2019était pas satisfait de l\u2019un de ses rôles, il lui arrivait de répéter : « Hélas, hélas, le dieu n\u2019est pas venu, ce soir.» A la radio, le dieu, c\u2019est l'opérateur; c\u2019est parfois le bruiteur.A tout considérer, la radiodramaturgie, c\u2019est l'imagerie d\u2019Epinale en sonorités.Voici en effet que l'écrivain de la radio a rappelé le bruiteur oublié depuis des générations dans les coulisses du mélo.Celui-ci est devenu quelqu\u2019un; sa trousse, paraît-il, est un élément décisif.N\u2019allez pas contrarier ses desseins, car à coup sûr, il ferait tomber la pièce que vous avez écrite ou que vous avez montée.Sa science de l\u2019acoustique est complète.Ne le relève-t-il pas à la fois du laboratoire qui a élaboré pour lui la gamme la plus étrange qu'il soit et du metteur au micro 11 par LEOPOLD HOULE la publicité de Radio-Canada dont on dit qu\u2019il est le principal auxiliaire.Il s'agite avec tant d'apparat que le jour n\u2019est pas loin où les auteurs lui cèderont le pas et que, pour faire comme lui, ils ne feront plus parler leurs interprètes que par onomatopée.En réalité, sa tâche n\u2019est pas très grande.Néanmoins, elle est indispensable.À le voir au travail, dans ceite espèce d\u2019aquarium qu\u2019est le studio radiophonique, à côté des godiches qui joueront un acte de quelque Manoir Mystérieux, feuilleton parlé en une série indéfinie de périodes, on devine sans peine qu\u2019il est le « deus ex machina » de l'action.Le directeur et ses assistants ne passent pas moins que les radiophi- les par toutes les angoisses quand ils entendent le récit de quelque noire tragédie.Imaginez done si le bruiteur allait déclencher le tonnerre au moment inopportun ou bien s'il allait tirer un coup de revolver après que le vengeur s\u2019est écrié «Je l\u2019ai abattu comme un chien».A la mise au micro du « Titanic» de mon ami Letondal, la tâche était très difficile et surtout lourde de conséquences.S\u2019il fût arrivé, par exemple, que les interprètes eussent poussé un cri d\u2019horreur bien avant que l\u2019on entendit le grondement de la coque broyée sous le choc de l\u2019iceberg, la pièce n\u2019aurait plus eu de sens.Si encore, les radiophiles emportés par leur imagination avaient pu connaître comment se faisait le bruit de la vague sur une mer où des rescapés luttaient contre de nouveaux dangers, la faim, la soif et l\u2019insomnie, ils en auraient été babas ! Au fait, ce clapotis, c\u2019était tout simplement les coups que donnait du plat de la main Hector Charland sur l\u2019eau d\u2019un bassin placé à la hauteur du micro.Pour donner l'illusion du travail des soutiers, on s'était servi d\u2019un disque phonographique reproduisant le crépitment d\u2019une mitrailleuse.Dans les « Deux Pierrots » d'Edmond Rostand, joué récemment à Radio- Canada, on verse du vin.Le glouglou était si parfait que nombre ont dû avoir la soif.Le bruiteur a tout simplement fait claquer sa langue ! On n\u2019en finirait pas s\u2019il fallait décrire les moyens ingénieux dont dispose le bruiteur pour créer le décor sonore nécessaire à tant de pièces radiophoniques.Il y a, certes, une science du bruit mais a vrai dire, elle n\u2019aura plus de valeur le jour où la radiodramaturgie, pour être intelligible, saura disposer, en les appliquant mieux, des ressources de l\u2019art dramatique.Terminons en disant qu'il y a lieu de se montrer modeste car ce qu\u2019on entend le plus souvent, exception faite des œu- vres du répertoire, est le calque de feuilletons ridicules ou encore quelque adaptation où se trahit un plagiat stupide comme dans le Cas, par exemple, de Kenilkorth, de Walter Scott.La formule du nouveau théâtre radiophonique n\u2019a rien de compliqué.On la trouve dans l'effort des gens de culture et non dans la piperie d\u2019un histrionieme ignare et stupide. 12 .Pierre Dhaël Sonate le salon est d\u2019un aspect tout à fait modeste.Parmi des meubles usagés et sans style, deux objets, seulement, sollicitent le regard: le grand piano, qui occupe tout un angle de la pièce, et, posé bien en évidence sur la table de milieu, un grand portrait, richement encadré, représentant un officier de l\u2019armée russe.Dans un vase, devant le portrait, des fleurs achèvent de se faner.Mme Touriloff, la maîtresse de céans, assise près de la fenêtre, est toute absorbée dans la lecture d\u2019un journal russe publié à Paris, quand trois petits coups sont frappés à la porte.\u2014 Entrez ! cria Mme Touriloff en se levant.\u2014 Bonjour, madame Semil ! dit-elle en saluant la jeune femme qui apparaissait dans l\u2019encadrement de la porte, et qui était tout bonnement la concierge de l\u2019immeuble.\u2014 Je ne vous dérange pas, madame ?s'enquit celle-ci d\u2019un ton presque timide.\u2014 Aucunement .Votre petite Simone m'avait annoncé votre visite.Asseyez- vous donc, je vous prie.Puis : \u2014 Je vous écoute, ma bonne madame Semil.Qu'est-ce qui vous amène aujour- d\u2019hui ?\u2014Je venais, madame, pour vous régler les leçons de Simone.\u2014 Rien ne pressait, je vous assure, ma bonne madame Semil.Le visage de la concierge trahit un certain embarras.\u2014Je ne venais pas seulement pour cela, madame, mais pour vous avertir que, dès demain, Simone cessera de prendre ses leçons.Mme Touriloff parut contrariée.\u2014 C\u2019est dommage ! opina-t-elle.L\u2019enfant a des dispositions extraordinaires, et une application touchante.\u2014 Elle aime tellement cela! dit la mère.Elle aura un gros chagrin, et moi une grande déception; j\u2019espérais le Conservatoire ! \u2014 Elle y serait arrivée, assura la Russe avec conviction.\u2014 Mais voilà, reprit l\u2019autre en soupirant, demain le père entre en chômage.et nous ne pouvons plus.\u2014 Ce n\u2019est que cela, ma bonne madame Semil ?Ne faites donc pas de peine à Simone.J'ai cette heure de libre dans la journée.Eh bien, elle prendra sa leçon tout de même ! \u2014 Oh! je n\u2019oserais pas! \u2014 Vous me paierez quand vous pourrez.\u2014 Vous étes trop bonne, fit Mme Semil émue.D\u2019autant plus que jc sais que vous-même avez vos difficultés.Dx\" cet intérieur de réfugiés russes, \u2014 Ne parlons pas de cela, coupa vive./ Cl ment Mme Touriloff.mais dites-moi plutét comment va notre jeune voisin ?\u2014 Oh! beaucoup mieux, madame.Il a été soigné par un médecin d\u2019un dévouement admirable.\u2014 Ne m\u2019avez-vous pas dit que le malade était un jeune Russe aveugle ?\u2014 Oui, madame, c\u2019est son infirmière qui me l\u2019a confié; il a été blessé par les Bolcheviks.Ils l\u2019ont laissé pour mort.Il ne doit la vie qu\u2019au dévouement d\u2019un de ses serviteurs.\u2014 Mais il est demeuré aveugle ?\u2014 Hélas ! oui madame.À la vérité, cela ne se voit aucunement: les yeux sont intacts.\u2014 Quelles horreurs ! quelles détresses , chez nous, soupira Mme Touriloff navrée.Dès que le médecin le permettra, j'irai voir ce jeune homme.\u2014 Je crois qu\u2019il désire vivre à l\u2019écart, prévint Mme Semil.C\u2019est, paraît-il, un grand musicien ! Le docteur s\u2019intéresse beaucoup à lui.Il lui a procuré un piano, et il le fera admettre dans les concerts.Il y eut un silence.Puis : \u2014 Mme Semil, reprit Mme Touriloff, je vous demanderais de ne pas parler devant ma petite Lydia de cette triste histoire.Vous savez qu'elle a perdu son fiancé là bas ! \u2014 Oui, je sais madame.\u2014 Bien que nous ayons en mains toutes les preuves de son décès, elle refuse d\u2019y croire.L\u2019exemple de ce jeune homme, échappé par miracle, fortifierait encore son illusion.\u2014 Oh! je comprends.dit Semil avec empressement prends.\u2014 I faut bien pourtant, poursuivit Mme Touriloff d\u2019un air pensif, qu\u2019elle accepte et qu\u2019elle se résigne.Il faut qu\u2019elle fasse sa vie ! Puis-je compter sur votre silence, madame Semil ?\u2014 Mais oui, madame, bien sûr ! assura la concierge.Et se levant, elle annonça d\u2019un air timide : \u2014 Madame, je viendrai le matin, un instant, vous aider à faire votre ménage.\u2014 Mais je ne veux pas ! se récria Mme Touriloff.Vous avez assez de besogne avec votre mari et vos enfants.\u2014 Oh! à huit heures les gosses sont à l\u2019école.Je me lèverai un peu plus tôt, voila tout !.Chez nous, on a plus peur du chéma ge que de la besogne, acheva-t-elle en riant.Mme Touriloff émue, lui mains : \u2014 Merci, ma bonne madame Semil.De nouveau, on frappait à la porte.Cette fois, c\u2019était un visiteur, un jeune homme de vingt-cinq ans, grand, mince, racé, d\u2019un type slave très accusé.Un familier de la maison, sans aucun dou- madame Je comprit les te, à en juger par le « Bonsoir Yvan».plus affec.Ven tueux que pro- È N tocolaire, dont le salua Mme Touri- SA loff.i Il alla à elle, et lui baisa la main +, qu\u2019elle lui tendait, pendant que fe Mme Semil se retirait discrètement.\u2014 C\u2019est ma brave femme de concierge, expliqua brièvement Mme Touriloff.\u2014 Une pipelette aimable ?Voilà un phénomène plutôt rare! opina le jeune homme en riant.Puis, tout aussitôt, le visage sérieux : \u2014 Est-ce que Lydia n\u2019est pas rentrée ?\u2014 Non, elle donne ce soir des leçons jusqu\u2019à neuf heures ! Yvan eut une moue de mécontentement.\u2014 Elle se fatigue d\u2019un manière folle ! Mme Touriloff poussa un soupir : \u2014 Je pouvais, jusqu'ici, l\u2019aider un peu.Je donnais des leçons à la fillette du concierge.Le père est en chômage, ils ne peuvent plus payer ! \u2014 Et vous avez abandonné ?\u2014 Non, je continue.\u2014 Alors ?\u2014 Pour rien.Le jeune homme tressaillit d\u2019admiration.Oh! quel miracle! quel miracle de bonté ! N\u2019avoir plus rien au monde, et trouver à donner encore.Mme Touriloff se mit à rire.\u2014 Ne vous exaltez pas sur une chose si naturelle.La petite somme, que me donnait Mme Semil me manquera beaucoup, et je la regrette.Mais, voulez-vous me dire comment le fait de priver Simone de sa leçon aurait pu m\u2019enrichir ?Yvan rit à son tour.\u2014 Vous êtes bonne, si naturellement bonne, dit-il, que vous en êtes inconsciente.Et après un court silence : \u2014 Puisque Lydia n\u2019est pas ici, madame, voulez-vous me permettre de vous parler d\u2019elle ?ajouta-t-il avec une nuan ce d\u2019embarras.\u2014 Mais oui, Yvan; ayez en moi pleine confiance.Vous savez que je vous suis acquise de tout cœur.\u2014 Merci.Vous savez, madame, combien je l\u2019aime ! \u2014 Je le sais ,et vous n\u2019avez pas affaire à une ingrate : elle vous rend votre affection.\u2014 J'aurais préféré qu\u2019elle me détestât ! déclara le jeune homme avec une violence soudaine.Mme Touriloff lui prit les mains : \u2014 Mon enfant ! \u2014 Vous ne pouvez vous imaginer ce qu\u2019est cette torture, insista-t-il amèrement.Une camaraderie amicale, qu\u2019el- a LA REVUE POPULAIRE 5 le me jette comme une aumône.Nd \u2014Vous vous trom- \u20ac pez sur les senti- \u2018 ments de Lydia.Elle a pour vous une affection profonde, fraternelle, mais vous comaissez le triste drame de sa vie ?Elle adorait Boris.\u2014 Oui, je sais, et je regrette de m\u2019e- tre emporté tout a à lheure.C\u2019est une CS petite âme douloureuse que Lydia !.Je respecte son souvenir et sa souffrance.Mais je l'aime.Je l\u2019aime d\u2019une façon si complète, si impériense, qu\u2019il me la faut, n\u2019importe comment! Au besoin comme une sœur, comme une amie, même avec le souvenir de Boris entre nous ! Juillet 1935 \u2014 Yvan, reprit la mère, je ne voudrais pas vous faire de peine.Mais, si je vous parle avec toute le franchise dont je suis capable, me pardonnerez- vous après- ?\u2014 Madame, je vous respecte et je vous aime.\u2014 Ce mariage que vous désirez, Yvan, je le désire autant que vous-même; sans cela, vous en êtes sûr, connaissant vos sentiments pour Lydia, je ne vous aurais pas reçu ici.\u2014 Merci, madame, prononga-t-il avec émotion.\u2014 Mon souci de chaque minute est l'avenir de ma fille, poursuivit Mme Touriloff.Nous vivons toutes deux de son travail.Je lui suis peut-être à charge, mais, ma présence auprès d\u2019elle lui conserve tout de même l\u2019illusion d\u2019un foyer; si je disparaissais, que devien- drait-elle ! Je sais que vous avez pour elle une tendresse sans égale, que votre travail la mettrait à l'abri du besoin, qu\u2019elle pourrait, avec vous, se créer un foyer vivant et prospère.Vous comprenez que mon rêve et le vôtre ne font qu\u2019un ! \u2014 Et nous nous heurtons a cette preuves certaines de sa mort, je ne tenterais pas d\u2019influencer Lydia : Hélas ! le doute n\u2019est plus permis.Mais Yvan s\u2019exaltait : \u2014 N'importe quelle situation est préférable à la mienne.Lutter pour conquérir la femme qu\u2019on aime, c'est le fait d\u2019un homme et c\u2019est normal.Lutter loyalement, homme contre homme, quitte à mourir, c\u2019est bien! Mais cette guerre sourde contre une ombre.un passé qui, peut-être, n\u2019a jamais été tel.un souvenir laissé dans une âme de quinze ans.avec l\u2019auréole du martyre.Et encore cette idée absurde, inexplicable, qu\u2019il vit! Comment, comment peut-on lutter contre tout cela ?.Mme Touriloff hocha tristement Ja tête : \u2014 Tout ce que vous dites là, Yvan, je me le suis dit déjà.J\u2019aimais Boris comme un fils, et, si je croyais qu'il pit revenir un jour, malgré l\u2019affection que je vous porte, je serais avec Lydia, contre vous.Mais, elle se leurre! Elle brise son existence.Elle est jeune encore; plus tard, elle se rendra compte qu'on ne vit pas toute une vie, enchaînée à un souvenir.Elle aura laissé passer le bonheur près d\u2019elle et elle ne l\u2019aura pas compris! \u2014Je vous en supplie, madame, dit Yvan, faites que je puisse lui parler une fois encore.Quand elle rentrera, tout à l'heure, laissez-moi seul avec elle.Je lui dirai tout ce qu\u2019un homme qui aime autant que moi peut dire.\u2014 Essayez, soupira la mère.\u2014 II est impossible que je n\u2019arrive pas à la convaincre, assura fougueusement le jeune homme.\u2014 Hélas ! \u2014 Vous n\u2019avez aucun espoir ?\u2014 Non, Yvan.\u2014 Alors, adieu madame, fit-il d\u2019une voix sourde.\u2014 Comment, adieu ?\u2014 Je ne reviendrai plus ici.A ce moment, la porte s\u2019ouvrit.\u2014 Lydia! murmura le jeune homme en tremblant.Elle entra, en effet, brune jeune fille au teint mat, aux yeux trop graves et a la bouche trop sérieuse pour ses vingt- deux printemps.Elle tenait sous son bras un rouleau de musique, et, dans ses doigts, un bouquet de violettes.\u2014 Bonsoir, maman chérie ! dit-elle en embrassant tendrement Mme Touriloff.Puis, après une poignée de main cordiale.\u2014 Bonsoir, camarade Yvan.C\u2019est gentil à vous de ne pas nous abandonner.\u2014 Bonsoir Lydia ! balbutia-t-il, impressionné malgré lni, comme chaque fois qu\u2019il la revoyait.Mais déjà la jeune fille se dirigeait vers le portrait placé sur la table, an centre de la pièce, et doucement, avec un accent de tendresse infinie, elle prononça : .\u2014 Bonsoir, Boris, Boris chéri ! Puis elle se hâta d\u2019enlever les fleurs fanées et disposa les fleurs fraiches devant la photographie, en disant : \u2014 Mon Boris, voici les premières violettes.Muets et apitoyés, sa mère et Yvan l\u2019observaient avec affliction.Mme Touriloff intervint pour rompre le charme pernicieux : \u2014 Viens ici, Lydia, que je te voie un peu ! Lydia embrassa la photo de Boris et s\u2019approcha en souriant.\u2014 Je suis obligée de reconnaître qu\u2019elle n'a pas mauvaise mine du tout, dit la mère à Yvan après l\u2019avoir soigneusement regardée.\u2014 Mais pourquoi voudrais-tu, maman chérie, que j'aie mauvaise mine ?se récria la jeune fille.\u2014 Mais je ne le voudrais pas, mon Dieu ! J\u2019en avais peur et ce n\u2019est pas la même chose.Tu te fatigues tant.\u2014 Mais non.Voyez-vous, Yvan, j'ai une petite maman qui exagère d\u2019une manière eifroyable\u2026 Je travaille, c\u2019est un fait, et la chose est indispensable.Mais de là à me tuer de travail I.\u2014 Tout de même, protes- ta-t-il, donnec des leçons de musique jusqu\u2019à neuf heures ! Lydia se mit a rire: \u2014 Je vis dans des flots 13 d'harmonie ! Qui dre ?\u2014 Tout de même ! \u2014 Vous êtes de mauvaise humeur, mon vieil Yvan.\u2014 Par exemple, mais pas du tout! assura-t-il vivement.\u2014 Maman, reprit la jeune fille, figu- re-toi que je suis poursuivie, obsédée, hantée tout aujourd\u2019hui, par le souvetir, de cette sonate que Boris avait composée autrefois pour nous deux.Tu ne l\u2019en souviens plus ?\u2014 Oh! je ne l\u2019ai pas oubliée, cette sonate, déclara Mme Touriloff; elle était\u2019 à vous, à vous seuls ! \u2014 Personne ne l'a jamais entendue, reprit Lydia avec exaltation.Nous ne l\u2019avons jouée devant personne; elle n\u2019a pas été éditée.Et avec un brusque accès de gaieté : \u2014 Quels égoïstes .Me voici bien punie! Jen ai oublié la moitié.Pourvu que Boris s\u2019en souvienne ! Mais toi, maman chérie, en cherchant bien, tu ne te la rappellerais pas un peu ?\u2014 J\u2019essaierai, dit la mère d\u2019un ton résigné.\u2014 Tu me ferais tellement plaisir ! Puis, s\u2019adressant à Yvan : \u2014Je vais quitter mon manteau et mon chapeau; ensuite, pour vous dérider un peu, vieux camarade, je vous raconterai une drôle d\u2019histoire, qui m\u2019est arrivée dans le métro.\u2014 On vous a fait la cour ?questionna- t-il vivement.\u2014 Bien au contraire.\u2014 Un goujat ?\u2014 Tout à l\u2019heure, tout à l\u2019heure ! pro- mit-elle en quittant la pièce.\u2014 Je vais vous laisser seuls un instants, comme il est convenu, annonça Mme Touriloff.\u2014 Vous l\u2019avez vue s'approcher du portrait de Boris ?Elle lui parle comme s\u2019il était vivant.Enfin, est-elle sincère ?Croit-elle que Boris peut revenir ?demanda Yvan, anxieux.\u2014 Je ne sais ! soupira la pauvre femme.-\u2014Je vais jouer ma dernière carte, déclara le jeune homme.Cette vie n\u2019est plus possible: Ou Lydia, ou partir!!! \u2014 Mon enfant! Yvan cachait sa tête dans ses mains.\u2014 Je souffre trop.C\u2019est au-dessus de mes forces; si elle ne me laisse aucune espérance, je m'en irai.A ce moment, ils entendirent chantonner Lydia, qui cherchait la suite de la sonate.\u2014 Je vous laisse, dit la mere: courage ! L\u2019instant d\u2019après, Lydia reparaissait.\u2014 Enfin me voici, mon brave Yvan.Mais.où est maman ?\u2014 Elle est sortie une minute, dit-il, évasif.Lydia s\u2019approcha du portrait de Boris et resta silencieuse; elle arrangeait le bouquet.\u2014 Lydia ! appela Yvan.\u2014 J'écoute, fit-elle sans bouger.\u2014 Lydia, j'ai à vous parler.Cette fois, elle se retourna : \u2014 Oh! oh! grave?\u2014 Très grave ! prononca-t-il dun ton sérieux.\u2014 Vous avez une peine, Yvan ?de- manda-t-elle en lui prenant la main ?\u2014 Peut-être! \u2014 Pas sûr ?\u2014 Non, pas sûr.\u2014-Cela dépend d\u2019une personne ?de- manda-t-elle.\u2014 Oui.\u2014 Alors, c\u2019est sans doute arrangeable ?\u2014 Sans doute.\u2014 Dites-moi votre grand chagrin, fit- elle gentiment.\u2014 TI s\u2019agit peut-être, d\u2019un grand voyage?.\u2014 Qui dépend également d'une personne ?\u2014 Oui.\u2014 De la même personne ?\u2014 Oui.\u2014 Qui est-ce ?\u2014 Vous, Lydia.\u2014 Moi ?fit-elle étonnée.\u2014 Je vais vous parler tout de suite, reprit-il, et aprés cette conversation.très courte.il y aura un grand chagrin et un grand voyage, ou, peut-être, une grande joie et pas de voyage.oserait s'en, plain- (Suite à la page 52) 14 Notre ROMAN E VOUS assure, Père, que vous exagérez.Moi, j\u2019exagère ?.Monsieur Hamelin tourna vers son fils une face orageuse où la colère étincelait.Au creux des orbites broussailleux, les prunelles s\u2019indignèrent, menaçantes.\u2014 Jexagére ! : Ses bras attestérent le ciel.Après quoi, il se mit a marcher de long en large a travers le vaste bureau oa un tapis épais étouftait le bruit de ses pas.\u2014 C'est-à-dire que je suis mille fois au-dessous de la vérité .mille fois entends-tu ?et que, si tu n'avais pas accompli hier tes vingt quatre ans, \u2014 ce qui est loin de t\u2019avoir mis du plomb dans la cervelle ! \u2014 je tu flanquerais des calottes, comme à un gamin.C\u2019est tout ce que tu mérites ! Flegmatique, Jean-Claude allumait une cigarette.Il connaissait bien son père et ses colères de sanguin, aussitôt évanouies que déchainées.Pourtant, cette fois, cela avait l\u2019air plus sérieux .Le «père Hamelin» ainsi que le nommait irrespectueusement Jean-Claude, ne paraissait pas disposé à « passer à l'as» \u2014 encore une chère expression du jeune homme ! \u2014 les frasques nouvelles de son fils.Il revint vers lui, brandissant une liasse de papiers qu\u2019il lui fourra sous le nez : \u2014 Vingt trois mille francs en deux mois.est-ce que tu prends mes coffres pour les caves de la Banque de France, dis ?Jean-Claude n\u2019en perdit pas une bouffée.FI se contenta de sourire et émit, pour calmer l\u2019ire paternelle : \u2014 Mais la maison Hamelin est aussi solide que la Banque de France.sinon plus !.Mes créanciers sont tranquilles ! Le poing du père Hamelin s\u2019abattit comme un marteau sur le marbre du guéridon empire.Il se fit mal, fit la grimace et frictionnna de son autre main l\u2019endroit meurtri.\u2014 Et il se fiche de moi par dessus le marche !.Ah! Tonnerre ! .Jean-Claude retira sa cigarette de sa bouche et répliqua d'un ton bonhomme : \u2014 Mais non, Père.Seulement, vous prenez tout au tragique.Pour quelques pauvres petites dettes ! L'autre sursauta, l\u2019œil fulgurani : \u2014 Quelques pauvres petites dettes ! .Cent vingt mille francs, tu appelles cela quelques « pauvres petites dettes» !.\u2014Pff!.Le geste désinvolte du fils éparpillait les cendres dans le cendrier comme il eut envoyé à tous les vents des billets imaginaires : \u2014 Qu'est-ce que cela pour vous ?.Une paille ! \u2014 Une paille qui deviendra poutre s\u2019y je n\u2019y prends garde et qui fera crouler, avamt qu\u2019il soit peu, le crédit de la Maison Hamelin.Parfaitement ! « Mais enfin, malheureux ! gronda-t-il en avançant vers son fils une face congestionnée, je ne suis pas seul, qu: diable !.Il y a mon conseil d\u2019administration.\u2014 Votre conseil d\u2019administration se moque éperdument de mes faits et gestes ?émit le jeune homme d\u2019une voix conciliante.\u2014 Ah ! tu crois ça ?.\u2014 Bien sûr.Voyons, père.le mur de la vie privée, cela existe pour vous autant que pour un simple pékin, n\u2019est-ce pas?Monsieur Hamelin faillit s\u2019étrangler : \u2014 Un simple pek.et tu oses me démentir, par sur- croit !.Non content d\u2019être un fils prodigue, tu deviens un fils insolent !.\u2014 Mais, pére, personne n\u2019ignore que votre conseil d\u2019administration, c\u2019est de la frime.Quelques vieux bonzes à qui vous faites un discours, pour la forme, toutes les fois que cela vous chante.En réalité, tout le monde sait que lorsque vous dissertez, derrière le tapis vert de votre « grande salle, c\u2019est uniquement une façon de discuter avec vous-même sans crainte qu\u2019on vous contredise.Et ils s\u2019en garderaient bien de vous contredire, les membres de votre soi-disant Conseil !.Car les capitaux qui soutiennent votre Société de Charbonnages sont votre entière propriété et vous n\u2019avez besoin de personne pour mener votre barque.Dieu merci, vous offrez cet exemple rare à notre époque d\u2019être un homme d\u2019affaires remarquable doublé d\u2019un parfait honnête homme.Et comme le père Hamelin, amadoué par ce discours, se radoucissait, Jean-Claude ajouta avec son plus charmant sourire : \u2014 Je dois ajouter que vous êtes aussi le « paternel » le plus « radin » que je connaisse ! \u2026 Cette fois, l\u2019industriel bondit : Mais sans doute était- il à bout d\u2019arguments, car, loin de se précipiter sur l\u2019impertinent comme on eut pu s\u2019y attendre, il se mit à sé.ponger le front et la nuque à l\u2019aide d\u2019un ample mouchoir en soupirant : \u2014 C\u2019est inouï ! \u2026 Toujours aussi calme, Jean-Claude qui «en avait rallumé une 9, continuait à envoyer vers le plafond à caisson de ce bureau luxueux, sis dans l\u2019hôtel particulier qu\u2019habitait la père Hamelin, à Neuilly, des anneaux de fumée savemment dosés.Pour un observateur, il eut été piquant de constater le contraste existant entre ce père et ce fils: le premier lourd, massif, tignasse crépue, front haut de tribun vio- LA REVUE POPULAIRE lent, rougeaud, toujours en mouvement comme s\u2019il ne pouvait contenir le trop plein de vie qui débordait de sa solide personne.L'autre mince, racé, flegmatique, le masque fin, la bouche ironique.avec ce détachement un peu snob qui caractérise la plupart des jeunes hommes d\u2019aujourd\u2019hui.Frédéric Hamelin, directeur et propriétaire de cette Société des Charbonnages du Nord, qui passait à bon droit comme une des plus solides affaires non seulement de France mais d\u2019Europe, avait épousé, il y avait de cela quelque vingt-cinq ans, une jeune fille de la noblesse : Isabelle de Rovel.Il l\u2019avait connue le plus romanesquement du monde au cours d\u2019une fête locale.De passage à Angers, il se trouvait, lors d\u2019une reconstitution historique, sur le chemin de la cavaleade et avait assisté à l\u2019entrée de la duchesse du Maine dans sa bonne ville d\u2019Angers.Isabelle de Rovel, alors dans tout l\u2019éclat de la vingtième année, figurait la duchesse et portait le hennin TISONNIET par MAGALI royal avec une grâce sans pareille, montée sur sa blanche haquenée.Sa distinction, son charme aristocratique, ses atours peut-être, et surtout cette fragilité qui étaient en elle avaient enflammé le cœur de l\u2019industriel.A cette époque Frédéric Hamelin atteignait la trentaine.Il ne s\u2019était jamais soucié- des femmes et l\u2019amour lui apparaissait chose superflue dans la vie d\u2019un homme occupé ?Mais l\u2019éblouissement dans lequel le plongea la vue de Mademoiselle de Rovel changèrent complètement ses idées là-dessus.Il s\u2019informa des antécédents de la jeune fille, apprit que sa présence à Angers était toute forfuite car elle habitait avec une tante restée fille un vieux château en pays basque, \u2014 le pays de son père, \u2014 et que sa fortune était minime; pour ne pas dire inexistante.Le Chateau croulait.les fermiers payaient à peine.bref, c\u2019était à peu près la misère.Frédéric Hamelin était ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler de Juillet 1935 oa - BES : \u2014Vous ne pouvez savoir combien il est enragé, parfois!.Une vraie bête féroce, s\u2019exclame Bérengère, avec une puérile rancune.\u201d Nicolet le fils des ses œuvres.Il s\u2019était fait tout seul, ou à peu près.travaillant à seize ans, comme un simple ouvrier dans le charbonnage paternel, pour devenir, à trente, grâce à son sens des affaires et à sa rude nature de lutteur, le co-propriétaire d\u2019une des plus grosses firmes industrielles de la région.11 plut à ce nouveau riche de faire le grand seigneur fastueux auprès de l\u2019aristocratie déçue.Il demanda la main de Mademoiselle de Rovel, l\u2019obtint, commanda un mariage plein de pompe avec tapis couvrant le sol depuis la poterne du château jusqu\u2019à l'église, des suisses galonnés sur toutes les coutures, des cloches neuves qui carillonnèrent pour lui leur première chanson, et abandonna définitivement le castel branlant le soir de ses noces.Durant ses fiançailles, il s\u2019était à demi brouillé avec la demoiselle du château, Mademoiselle Edwige, tante de sa future femme, et s\u2019était bien juré de ne plus remettre les pieds en ce logis vétuste et inconfortable.Derengere Illustrations de F.L.N\\ Le jour du mariage, il emmenait la jeune épousée en Belgique où il organisait à ce moment un ceutre important.Le souci de ses affaires l\u2019y retint plus qu\u2019il ne pensait.Un fils lui vint.Sa jeune femme tomba malade.Il fit impossible pour la sauver.Elle languit quelques années, grice aux prodiges de la science et des plus habiles médecins: traînée de la Suisse à la Côte d\u2019Azur, et d\u2019Alger en Italie, selon les ordonnances de la Faculté.Elle mourut, alors que le petit Jean-Claude avait douze ans.Le désespoir de Frédéric Hamelin fut immense.Il regretta amèrement cette mince forme frêle, silencieuse et réservée, qui tenait si peu de place et qui, pourtant, depuis des années, bouleversait son existence.et il reporta sur l\u2019enfant l\u2019amour dont la morte n\u2019avait plus que faire.Entre temps, il s\u2019était tout à fait brouillé avec la tante de Rovel.15 d\u2019AMOUR Complet Mademoiselle Edwige, outrée du silence de sa nièce qu\u2019elle attribuait à une toute autre cause que la cause réelle, vexée au surplus de ne pas être invitée à Paris, \u2014 elle avait nourri ce secret espoir au moment du mariage d\u2019Isabelle \u2014 s\u2019était enfermée dans sa dignité blessée.Quand elle apprit la mort de la jeune femme \u2014 Ha- melin ne put que lui adresser le télégramme de Suisse ou Isabelle avait rendu le dernier soupir \u2014, elle répondit par une lettre comminatoire, aceusant son neveu d\u2019avoir fait mener à sa nièce une existence de plaisirs effrénés qui avaient hâté sa fin.En recevant cette missive, le veuf bondit, comme un taureau qu\u2019a touché l\u2019aiguillon.S'il ne s\u2019était retenu, il aurait fait exprès le voyage pour aller dire son fait à « cette vieille folle ».Il n\u2019en fit rien cependant, La tante ajoutait : « Vous êtes aussi peu capable d\u2019élever le fils de ma chère Isabelle que vous l\u2019avez été de lui conserver la santé que mes soins lui avaient donnée.Je vous propose de m\u2019en charger et j'en ferai un gentilhomme, ce que vous ne sauriez réussir.Monsieur Hamelin haussa les épaules.\u2014 C\u2019est bien ce que je disais.Cette femme devient plus extravagante de jour en jour.Et il ne daigna pas répondre.Jean-Claude avait donc grandi, sans autre contact avec sa vieille parente que l\u2019inévitable lettre de bonne année que son père l\u2019obligeait, par respect pour la mémoire de la morte, à envoyer tous les ans au château de Rovel.En retour, il recevait une carte de visile armoriée, sans autre commentaire.Mademoiselle de Rovel semblait vouloir indiquer par là qu\u2019après le refus qui lui avait été opposé elle comptait pour étranger tout ce qui portait le nom de Hamelin.Au surplus, jusque-là, la tante Edwige n\u2019avait pas manqué au père Hamelin pour l\u2019éducation de Jean-Claude.Îl lui avait donné d\u2019abord un précepteur, puis, une gouvernante qui lui faisait faire ses devoirs lorsqu\u2019il rentrait du lycée.Aujourd\u2019hui, seulement, il commençait à penser, avec un peu de regret, à « cette folle de tante Edwige » et se disait que son fils eut été mieux élevé par une maiu féminine.Que n\u2019avait-il alors, renoncé à ses griefs pour supplier la tante de venir s\u2019installer à son foyer ! Ce regret lui mordit le cœur, plus aigu, comme il froissait dans ses gros doigts, sous le regard indifférent et un tantinet moqueur de son fils, les papiers timbrés dont il maniait la liasse respectable.\u2014 Mademoiselle Aurore.Colifichets.Ses yeux se fixèrent sur Jean-Claude avec une sévérité accrue : \u2014 Trois mille deux cents francs Qu'est-ce que ça veut dire, dis ?\u2014 Ah! père, fit le jeune homme, en soufflant sa fumée, les yeux mi-clos, les bavolets de dentelles soni hors de prix cette année .et les gants.et les voilettes !.Ah! les voilettes par exemple, c\u2019est un record: On ne croirait jamais que ces légers nuages de tulle, si vaporeux, si aériens.\u2014 As-tu fini de persifler ?tonna monsieur Hamelin, si violemment cette fois, que Jean-Claude, en dépit de son assurance, eut un mouvement furtif comme pour se garer d\u2019une gifle.Rageur, il éparpillait les feuillets, devant sa figure exaspérée : \u2014 Et ça.quinze mille chez la fleuriste !.En nos temps de chômage, tu n\u2019as pas honte ?\u2014 Mais, père, est-ce ma faute si lout augmente.et si vous en êtes resté à l\u2019époque où le bouquet de violettes coutait deux sous ?.\u2014 Et ta voiture.Echange : trente-huit mille.Je l\u2019ai payée cent vingt, il y a trois mois, après le Salon.Il te faut une bagnole nouvelle tous les trimeslies, alors ?\u2014 Permettez.je n'ai pas fait une mauvaise affaire.Je l\u2019ai revendue presque le prix que vous l'aviez payée.Seulement, il y a la commission du courtier.\u2014 Oui.tu as toujours de bonnes raisons! Et.cette reconnaissance de dette: cinquante mille, au barman du Voltigeur.Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ce barman qui te vend pour cinquante mille francs de liqueurs en une nuit, veux-tu me le dire, hein ?Une légère contraction détruisit pour une seconde l\u2019harmonie des traits de Jean-Claude.\u2014 Un mauvais souvenir.J\u2019avais bu quelques cocktails de trop.J'ai joué .j'ai perdu tout ce que ja.vais sur moi.et tout ce que le barman a pu m\u2019avancer.C\u2019est ridicule, moi qui ai horreur des cartes ! Le ton de monsieur Hamelin sonna le mépris : \u2014 Et tu te mets à jouer !.C\u2019est le bouquet.Pour la première fois, un peu de confusion parut sur les traits du jeune homme qui éluda, peu fier : \u2014 Cela, je vous accorde que ce n\u2019est pas très malin, en effet.Le père se croisait les bras : \u2014 Ah! tu es sur une jolie pente !.Et, si tu ne réagis pas tout de suite.tu entends, si tu n\u2019acceptes pas immédiatement les conditions que je vais te poser, pour échapper à la vie de dissolution que tu mènes, depuis ton retour du régiment.je ne sais pas du tout comment tout cela finira, mon garçon ! de colifichets!. 16 Une lueur d\u2019inquiétude apparut dans les yeux de Jean-Claude.Il considéra son père avec méfiance : \u2014 Ah .vous allez me poser des conditions ?.Au pli qui creusait le front paternel, il commençait à comprendre que c\u2019était sérieux.Jusqu\u2019à présent, il avait réussi à s\u2019en tirer par la blague.Sa gaité, son insouciance naturelle, sa désinvolture surtout en imposaient à ce travailleur achar- nà qui retrouvait, dans l\u2019allure de sa progéniture, le charme qu\u2019il avait aimé chez la mère.À vrai dire, Jean-Claude impressionnait quelque peu le papa Hamelin qui n\u2019arrivait pas à comprendre que ce beau garçon flegmatique et détaché, qui possédait toutes les graces des femmes, fit issu de cette lignée des Hamelin, rude combative, un tantinet vulgaire, mais qui gardait sous l\u2019apparence grossière, un cœur sentimental.A plusieurs années de distance, il lui arrivait d\u2019éprouver, devant le sourire un peu dédaigneux de son fils, cette gê- ne secrète que lui inspirait jadis la frêle et mystérieuse Isabelle à qui le plébéien s\u2019était imposé à coups de millions.Pourtant, un moment, Frédéric Hame- lin avait cru se retrouver chez Jean- Claude.quand ce dernier avait voulu faire dans l\u2019aviation son service militaire.Deux ou trois raids audacieux, quelques tentatives bardies l\u2019avaient mis en vedette et le cœur du père s\u2019était ému à voir,refleurir chez son rejeton les impétueuses énergies de sa jeunesse.Puis.Jan-Claude était rentré « dans le civil».Il avait repris ses anciennes habitudes, son atelier de Passy.ses camarades de jeux ou de cercle.son cynisme insoucieux.sa cour anxieuse d\u2019admiratrices, sa vie facile et veule de garçon trop riche.Le sport lui tenait lieu d\u2019activité.Il le pratiquait en dilettante, en artiste aussi, car il était amoureux de la forme et de Peurythmie.Et il y apportait cet entêtement, mélange du caractère volontaire du père et de la fierté maternelle, qui lui faisait désirer de vaincre beaucoup plus pour l\u2019orgueil de la victoire que pour les lauriers conquis.A part le sport, il ne consentait à sortir de sa nonchalance que.pour brosser quelques toiles, en amateur.Et cela commençait à désespérer l\u2019industriel qui rêvait d\u2019un autre destin pour son fils et qui estimait que toutes ces « fariboles> ne suffisaient pas à remplir dignement l\u2019existence d'un gargon de vingt-sept ans.Il se carra devant Jean-Claude, bien d\u2019aplomb sur ses lourdes jambes de colosse.\u2014 Ecoute, j'en ai assez!.Jen ai assez de te voir sans cesse occupé de bagatelles, alors que tu aurais dû, depuis longtemps, en finir avec ces stupidités.La jeunesse est une excuse, certes, mais qui ne saurait durer éternellement.Voilà trois ans exactement que tu aurais pu te servir utilement de ce diplôme d\u2019ingénieur que tu as décroché, Dieu sait comment !.À vingt-sept ans, c\u2019est honteux !.On n\u2019est pourtant pas tout a fait idiot ! \u2014Je vous renmercie.dit Jean- Claude qui fit mine d\u2019avaler une chose difficile a passer.\u2014 Il n\u2019est plus temps de plaisanter, reprit monsieur Hamelin en fixant sou fils de ses yeux sévères.Je t\u2019assure que cette fois, tu as passé les bornes.et je suis absolument décidé à prendre une dé-ci-sion \u2014Oh! oh!.\u2014 Il n\u2019y a pas de oh ! oh! .Tu n\u2019a: pas l\u2019air de te douter que j'ai employé la nuit à réfléchir sur tout ceci.Tu me donnes en ce moment plus de soucis à toi tout seul que toute mon affaire ne m\u2019en a jamais donnés au cours de ma carrière.Et ça, tonna-til, avec un nouveau coup de poing sur la table, je ne te le pardonne pas ! « Je commence à croire que je t\u2019ai fort mal élevé, continua-t-il, sur un ton penaud, en hochant pensivement la tête.\u2014 Aussi, père, fit Jean-Claude impatienté c\u2019est de votre faute !.Vous m\u2019avez refusé d\u2019entrer aux Beaux-Arts.La peinture m\u2019attirait.mais vous avez la.dessus les idées des petits bourgeois d\u2019il y a cinquante ans ! Publié en vertu d'un traité avec La Société des Gens de Lettres.\u2014 La peinture ! répliqua le père Ha- melin, c\u2019est un métier de flemmard.ou de créve-la-faim!.\u2014 Eh ! ne suis-je pas assez riche pour me permettre ce «métier ?.\u2014 Voilà où tu te trompes ! clama monsieur Hamelin avec une force accrue qui fit monter le diapason de sa voix sonore.Tu es riche ! Voilà le grand mot lâché ! .Le papa a gagné des millions.Alors, toi, tu n\u2019as plus qu\u2019à les dépenser n\u2019est-ce pas au gré de tes absurdes fantaisies.et tu seras toute ton existence un propre a rien.un fils a papa.autant dire un fruit sec! .Eh bien non!.cela ne sera pas .C\u2019est le père Hamelin qui te Ie dit.Diable ! pensait à ce moment le jeune homme, excédé, si papa commence à jouer les pères nobles, je suis fichu Et mon rendez-vous avec Arlette aussi.Comme l'enfant n\u2019aime pas attendre, elle aura mis les voiles quand j\u2019arriverai aux Au Rocher \u2014 Mais pour aller ou ?.\u2014\u2014Eh bien! je viens de te le dire.Tu étais dans la lune ?Au chateau de Rovel, chez ta tante Edwige.Machinalement, Jean-Claude se frotta les paupières.Il regarda son père comme s\u2019il avait craint de le voir soudain atteint par un délire particulièrement dangereux.\u2014 Ecoutez, père, vous m'\u2019alrurissez.Voulez-vous, s\u2019il vous plaît, recommencer vos explications.parce que, moi, voyez-vous, je n\u2019y suis plus.mais plus du tout! .\u2014Bon ! fit monsieur Hamelin d\u2019un ton excédé, je te signifie pour la dernière fois mes volontés .Je suis absolument résolu à te couper les vivres si tu ne reviens pas à une vie plus normale et à des notions plus justes de l\u2019existence.En ce moment, Paris ne te vaut rien.Laurentien rat Un oiseau m\u2019a dit : «Viens, toi qui chante; Escalade les monts, \u2014 sa voix était troublante, \u2014 Sitôt viendra Uhiver!.Et nous sommes partis par la sente escarpée Vers un rocher moussu dont la pierre esi drapée D\u2019un sombre velours vert.Quelques moutons broutaient au flanc de la colline; Les champs se voilaient d\u2019une ombreuse mousseline ; O séduisantes fleurs!.Vous m\u2019avez rappelé d\u2019heureux soirs de jeunesse : Le soleil vous donnait sa supréme caresse, Mes yeux étaient en pleurs ! Mais mon cœur palpitant a battu sur ta mousse En vain, sombre rocher ! .riant de sa secousse, Tu m\u2019as dit : «Je suis fort!» Les siècles m\u2019ont rongé, sous l\u2019éclat de la foudre, Brisé, toujours, je dois, impuissant, me résoudre ! Que crains-tu donc : la mort ?Majestueusement, les fières Laurentides De la fraîcheur du soir baignaient leurs fronts torrides.Clochettes des troupeaux Vous tintiez sourdement dans le val, en cadence; Enivré d\u2019infini, de paix et de silence, Jécrivais près des flots ! Je reviendrai vivre l\u2019heure crépusculaire, Avec toi méditer, 6 rocher séculaire Qui n\u2019a jamais frémi!.Oublier les ans noirs, me draper d\u2019espérance, Pour vaincre un peu le sort, 6 ma chére souffrance, Vieux rocher, mon ami! Claridge.Ah! la! la! que les parents sont embétants !.Il évoqua le minois impertinent de sa dernière conquête : Arlette Joyeuse, qui faisait partie de la Société des Artistes Sportifs et qui excellait autant à manier un hockey ou une raquette de tennis qu\u2019à réussir le saut périlleux et le grand écart.Cela fit qu\u2019il écouta d\u2019une oreille distraite la suite de la mercuriale paternelle et il sursauta, comme éveillé brusquement d\u2019un rêve, quand il entendit monsieur Hamelin prononcer, en tirant sa montre : \u2014 Il est cing heures.Ton train part à huit.Tu n\u2019as pas tout a fait trois heures pour faire tes valises.Dépêche- toi !.Jean-Claude cligna des yeux, effaré : \u2014 Mon.me.mes valises ?.Pourquoi mes valises ?\u2014 Je te ferai expédier tes malles par Julien ALFRED DESCARRIES ll appuyait son regard soupçonneux sur le jeune homme qui détourna non- chalemment la tête.\u2014 Oui, les gens que tu fréquentes, les bars, les boîtes.et le reste, ruinent ta santé morale.en attendant de te ruiner matériellement.Oh ! inutile de prendre des airs goguenards, je sais ce que je dis!.\u2014 Votre police est bien faite! sean-Claude, dans un demi-sourire.\u2014 Ft la tienne, pas assez ! .sans cela, tu aurais honte de te commettre avec cette bande de fous qui en veut surtout à ta galette.\u2014 Oh ! père, je vous en prie ! coupa Jean-Claude sec.\u2014 Bon !.bon !.Je n\u2019insiste pas.Mais de tout ça, il résulte que tu as besoin de te mettre au vert, mon garçon.Tu vas partir chez ta tante Edwige.Là- bas, dans la solitude, tu mèneras auprès d\u2019elle, une vie studieuse et tranquille \u2026.\u2014 Ce sera charmant!.émil LA REVUE POPULAIRE \u2014Cela te fera du bien, c\u2019est le principal.Ta mère a passé dans ce pays toute sa jeunesse.Tu peux bién, toi, y passer trois mois, avec tes livres pour compagnons.Au bout de ce laps de temps, le poste de sous-directeur de mes usines du Hainaut que je te réserve, sera vacant.C\u2019est un poste de confiance où tu auras de quoi déployer ton activité et faire ton apprendissage de chef.« Mais je t\u2019avertis.Si tu désertes la maison de ta tante avant que je t\u2019en ai donné l\u2019ordre, je te laisse te débrouiller tout seul.Et regarde-moi pour bien te convaincre que c\u2019est là ure décision, un parti irrévocable !.Il est temps que je prenne le taureau par les cornes, sapristi ! Jean-Claude regarda son père.Il lui vit ces traits serrés, cette mâchoire dure qu'il connaissait bien; chez monsieur Hamelin le lutteur était déchainé.Rien ne le ferait fléchir .\u2014 Vous oubliez que je suis majeur, dit-il doucement.\u2014 Tu te trompes.Je n\u2019oublie rien.Je sais fort bien que tes vingt-sept ans te donnent le droit de me désobéir.mais je sais aussi que tu ne t\u2019y risqueras pas.\u2014 Parce que ?dit Jean-Claude d\u2019un air de défi.Son pére le considéra avec un peu de pitié.Et, sous ce regard éloquent, pour la première fois, le jeune homme baissa la tête.\u2014 Parce que tu es trop veule, mon garçon ! prononça monsieur Hamelin en appuyant sa main lourde sur l'épaule de son fils.Jean-Claude esquissa um geste de révolte.Mais le pére ajoutait, hochant tristement la téte : \u2014 Ce n\u2019est pas ta faute ! C\u2019est la mienne.Parce que jai eu une jeunesse dure et pénible, j'ai voulu t\u2019épargner les difficultés que j'avais rencontrées .J'ai eu tort.Il est bon qu\u2019un petit homme.qui doit être plus tard un homme.subisse les mêmes épreuves pour pouvoir comprendre la valeur de l\u2019effort.Le luxe, l\u2019argent facile t\u2019ont gâté comme ils en ont gâtés tant d\u2019autres qui auraient pu peut-être faire besogne utile.Moi, je ne veux pas que mon fils soit un raté; C\u2019est pourquoi je cherche à réagir, alors qu\u2019il en est temps enco- rel.Maussade, le sourcil Claude ne disait rien.La cigarette qui s\u2019éteignit au bord du cendrier le fit tousser.Il articula, d\u2019un ton revêche : \u2014 Et tante Edwige.cette tante Edwige que vous m\u2019avez toujours décrite comme une manière de folle, qu\u2019est-ce qu\u2019elle va dire de mon intrusion dans son domaine ?Monsieur Hamelin prit un ton doctoral : \u2014 Je te prierai de traiter ta tante avec tous les égards que tu lui dois.Elle est un peu.originale, certes.Elle s\u2019habille d\u2019une façon extravagante.mais son caractère susceptible mis à part, c\u2019est la meilleure femme du monde.Elle est avertie de ton arrivée.je suis sûr qu\u2019elle te recevra très maternellemen « Je te prie seulement, ajouta-t-il, après une légère hésitation, de ne pas lui parler de moi.Jean-Claude lança un coup d'œil à son père : \u2014 Ah ! vous n\u2019êtes pas dans ses petits papiers ?\u2014 Pas très.Je t\u2019avertis que c\u2019est une vieille personne dont il faut ménager l'humeur.et l\u2019âge.Elle aime se coucher de bonne heure .ne mange que des légumes.n\u2019a qu\u2019une seule servante .Tu te contenteras de cela.Ça te changera.\u2014 Eh bien.ça va être gai! Et rageur, le jeune homme conclut, en se dirigeant vers la porte sous le regard ironique de son père : \u2014 Charmante journée !.froncé, Jean- Chapitre II A la gare, le jeune homme avait trou vé l\u2019autobus qui devait l\u2019amener a destination.À cette époque, les petites routes basques ne sont guère fréquentées, et le jeune homme était seul à contempler, derrière la vitre, le paysage de fin d\u2019hiver dont la grâce dépouillée ne parvint pas à dissiper sa mauvaise humeur. Juillet 1935 Tout ce qu'il avait pu obtenir de père, c\u2019étaient les douzes heures de délai qui lui avaient permis de se précipiter, la veille au soir, chez Arlette pour lui annoncer la nouvelle de son proche départ.Il l\u2019avait surprise en train de s\u2019équiper en vue d\u2019un futur championnat de ski qu'elle devait disputer la semaine suivante à Chamonix.Elle ne lui avait jamais paru aussi blonde, aussi mince, aussi ravissante que dans ce costume masculin qui seyait à son corps d\u2019éphèbe, et sa rancœur contre le père barbare qui l\u2019exilait, s\u2019était accrue.\u2014 Vous pensez bien que jc ne vais pas moisir à Rovel avait-il _répliqué, aux questions pressantes d\u2019Arlette, navrée de voir s\u2019éloigner son flirt préféré.Dans un mois, je serai de retour.FE Quand le courrier déposa le voyageur à la halte d\u2019Espelette, il faisait presque nuit.Autour de lui, le bourg dormait déjà, tous volets clos.En vain, il chercha de l\u2019œil quelque véhicule que la demoiselle du château de Rovel avait dû envoyer à sa rencontre.Il n\u2019y avait, devant la porte d'une maison basse, qu\u2019une femme en tablier qui regardait curieusement de son côté.Alentour, pas une âme .L\u2019autobus était reparti, éclaboussant la route de ses yeux jaunes.Après une légère hésitation, Jean- Claude se dirigea vers l'unique témoin de son arrivée en ce singuliez pays et s\u2019informa du château de Rovel et de ses hôtes.La femme fut d\u2019abord lente à comprendre; elle fixait sur son interlocuteur des yeux intrigués où il ne savait faire la part de la surprise et de la méfiance.Après quelque instant de ce silence hébété, elle eut un geste vague vers la montagne : .\u2014 C'est à sept kilomètres.laissa-t- elle tomber, d\u2019une voix chantante : Sept kilomètres .Et personne n\u2019était venu au-devant de lui ?.Il comprenait qu\u2019à la rigueur, les soixante-dix ans de Mademoiselle Edwige ne puissent se déplacer, mais elle aurait dû, au moins, envoyer sa domestique .ou un voisin ?Aa la réflexion, il jugea que le changement d\u2019horaire, décidé par lui la veille, avait peut-être déjoué les plans de la vieille demoiselle.Elle avait dû prendre des dispositions pour l\u2019attendre au train du matin, mais son arrivée nocturne l\u2019avait sans doute dérangée.\u2014 Pourrai-je louer une auto ?s\u2019en- quit-il.La femme le considéra avec ahurissement.Il lui aurait parlé de fréter un ballon dirigeable qu\u2019elle n\u2019eut pas semblé plus stupéfaite.Après quoi, dégoûtée sans doute par les prétentions de cet étranger et le soup- çonmant pour le moins d\u2019intentions hostiles, elle rentra dans sa maison dont elle rabattit la porte au nez de Jean-Claude éberlué.\u2014 Cela commence bien.formula ce dernier en posant rageusement sa valise à terre.Il se croisa les bras, indécis sur la résolution à prendre.Coucher dans ce patelin ?.Hum.À supposer qu\u2019il y trouvât une chambre, elle manquerait sûrement de confortable.De toute évidence, l'hôtel, qui, l'été, abritait les étrangers devait être fermé.D'autre part.l'idée de réveiller des gens endormis et de trouver en face de lui des faces aussi incompréhensives et soupçonneuses que celle de la paysanne de tout à l'heure l\u2019hérissait à l\u2019avance.Mieux valait encore risquer la promenade à pied, par les bois nocturnes.Sept kilomètres, ce n\u2019était pas le diable pour le sportif qu\u2019il se targuait de représenter.\u2014 Si Encore j'avais ma Buick ! pira-t-il.Et il repensa avec amertume à son père dont l\u2019inexplicable fantaisie venait de lui couper brutalement tous les moyens qui lui faisaient la vie facile.\u2014 Allons.y ! .fitil héroiquement en empoignant sa valise.Justement la nuit est belle et il fait clair de lune.C\u2019est la seule veine qui m\u2019ait été réservée au- jourd\u2019hui., De fait, cette nuit d'hiver était d\u2019une exceptionnelle douceur.Après les brumes de Paris et le froid mouillé qu\u2019il y avait laissé, le jeune homme ne s\u2019attendait pas à un changement aussi brus- .sou- quement.Entre les chênes et les pins, la route, montait, baignée d\u2019une atmosphère bleue qui donnait aux sous-bois une | presqu\u2019irréels.| apparence de décor L\u2019air était d\u2019une étrange limpidité, et dans le ciel purifié les étoiles luisaient, mystérieuses .Certes, au cours de sa jeune existence de privilégié, le grand voyageur qu\u2019était Jean-Claude avait eu souvent l\u2019occasion de contempler bien des paysages.Mais depuis quatre années qu\u2019il menait cette existence fiévreuse et brûlée d'homme à la mode, il avait perdu le souvenir des ciels frémissants de Février épanchant sur l\u2019espace leur vaste pureté.De la nature il ne connaissait plus que quelques reflets, certaines images banales, tirées en série.La nature c\u2019était pour lui, l\u2019été, une plage ardente où des corps bronzés s\u2019allongent et se vautrent, en des poses plus ou moins plastiques.l\u2019hiver, les plaines de neige où l\u2019on retrouve, avec l\u2019ivresse des glissades dangerev- ses et la griserie du mouvement, des visages trop souvent contemplés.Et cette marche forcée, au cœur de la nuit sereine et solitaire, dont le silence se peuplait de fuites furtives el prestes, dans les fourrés, et du palpitement des ailes, avait un charme qui toucha en lui l\u2019artiste et le retint.\u2014 La belle nuit.Le cri lui jaillit du cœur comme une prière, et, d\u2019un coup, sa maussaderie se dissipa.Il franchit allègrement les sept kilomètres qui le séparaient du château.La montre marquait huit heures quand il se trouva brusquement en face d\u2019une bifurcation qui, vraisemblablement, conduisait vers une propriété.Ses yeux, habitués maintenant à la clarté nocturne, avisèrent en haut d\u2019un poteau, la tache blanche d\u2019une pancarte.Pour déchiffrer l\u2019inscription, il eut recours à son briquet.La flamme dansante révéla en lettres pâlis : « Château de Rovel».\u2014 Ce n\u2019est pas malheureux, grommela- t-il, car l\u2019imminence de son arrivée dans cette maison où il venait contraint et forcé, l\u2019assombrissait à nouveau.Méfiant, il examinait les ailres.Autant qu\u2019il en pouvait juger, le château semblait vétuste.Un mur croulant emprisonnait une cour, sur la droite.Dans le fond, un bâtiment qui devait servir de communs.La bifureation amorçait une allée de châtaigniers au bout de laquelle s\u2019érigeait le principal corps de logis.Le jeune homme balançait de quel côté il se dirigerait lorsqu\u2019une lumière jaillit brusquement à quelques mètres.révélant la façade de la demeure, mi- ferme, mi-manoir.Une lampe venait de s\u2019allumer au-dessus de la porte principale.Peu après, deux lanternes anciennes s\u2019éclairèrent aux deux angles.\u2014 On doit m\u2019attendre.songea le voyageur.et c\u2019est en mon honneur qu\u2019on illumine.Aimable attention ! Il haussait les épaules, ne pouvant surmonter sa rage croissante.Ah! cette tante Edwige.ne se doutait pas de ce que son neveu lui réservait!.\u2014 Ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est que ces lieux sans gaieté ne me verront pas longtemps ! .formula-t-il, avec un sou- sourire sarcastique.Il se préparait à entrer dans l'allée, quand un bruit de roues résonna sur les vieux pavés.Soudain, Jean-Claude vit déboucher de la cour du manoir ua étrange véhicule portant un falot sur chacun de ses côtés.C\u2019était une de ces voitures à deux roues, munies d\u2019une capote comme on en usait autrefois dans les campagnes.Sur le siège de devant, un cocher austère et digne tenait haut les rènes.Au moment où la voiture passait près de lui, Jean-Claude s\u2019arracha à sa surprise et esquissa un mouvement hors du fossé où il se tenait.Le cheval, apeuré, fit un brusque écart.tandis que le cocher tirait vivement sur les rênes, en maugréant des paroles que le jeune homme ne comprit pas.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019il y a, Basile ?fit une voix menue.Et comme la bête s\u2019était soudain arrêtée, immobilisée par la poigne du conducteur, une forme féminine émergea des profondeurs de la capote.Jean-Claude qui ouvrait déjà la bouche la referma, sidéré.tant l\u2019apparition de cette silhouette fui pour lui inattendue.La dame qui s\u2019était dressée à 17 La Beauté de la Peau ne finit pas aux épaules La règle de beauté d\u2019aujourd\u2019hui est \u2014 ayez un \u201cteint d\u2019écolière \u201d sur toute votre personne ! Les modes vous y forcent! Robes, bas, maillots de bain, tout est si indiscret de nos jours \u2014 qu'il importe que tout votre corps soit aussi doux et aussi beau que le sont votre visage, Votre cou et vos épaules.Suivez la méthode Palmolive! Laissez la riche mousse veloutée du Palmolive garder votre peau douce et belle de la tête aux pieds.Essayez ce bain de beauté Massez tout votre corps avec une serviette chargée de cette douce mousse de Palmolive.Lavez les pores parfaitement.Rincez-vous bien et finissez par un peu d'eau froide.Ce simple bain de beauté vous laisse la peau douce et belle \u2014 radieuse de jeunesse! Et ce qu'il est confortable et rafraîchissant durant ces chaudes journées d'été ! Le Savon Palmolive est fait d'un mélange secret d'huiles d'olive et de palme \u2014 les huiles naturelles de beauté.L'expérience de millions de femmes a prouvé que le savon Palmolive redonne la fraîcheur et la jeunesse de l'épiderme.Servez- vous-en \u2014 non seulement pour votre visage, votre cou et vos épaules, mais sur tout votre corps.Voyez à ce que toute Votre personne ait ce \u201cteint d\u2019écolière\u201d.Il va sans dire que vous continuerez à donner à votre visage, à votre cou et à vos épaules le traitement de beauté Palmolive quotidien expliqué ici.es Le Palmolive mousse parfaitement à l'eau douce ou à l'eau dure. 18 demi et se penchait au dehors, était éclairée par les rayons de lune qui, tombant droit sur elle comme le faisceau d\u2019un projecteur, l\u2019illuminaient toute.Et Ton n\u2019eut pu rêver plus bizarre apparition.Ses robes gonflaient autour d'elle, soutenues par d'innombrables jupons.Un châle écossais, à la mode de 1830, enveloppait ses épaules el se croisait sur sa poitrine .Et du vaste chapeau à brides qui la coiffait et dans lequel son visage enfoui restait invisible, tombaient de longues anglaises grises épaisses et soyeuses.Telle, avec ses mains gantées de mitaines, on l\u2019eut cru descendue d\u2019une gravure de Daumier.Jean.Claude n\u2019eut pas le temps de revenir de son ébahissement.La dame s\u2019était rencognée au fond de son archaïque voiture, satisfaite par la réponse du vieux cocher : \u2014 Ce n\u2019est rien, Mademoiselle.Seulement une frayeur de Patachon .«Ti.Tul.Sur un claquement de langue encourageant de son conducteur, ledit Patachon s\u2019élançait à nouveau sur la perspective claire du chemin.Alors, Jean-Claude se courba, ployé en deux par un rire inextinguible : \u2014 J'aurais dû m\u2019en douter : c\u2019est la tante Edwige!.Ironique, il regardait filer le funambulesque véhicule, secoué a tous les cahots du chemin, quand brusquement une idée le frappa qui le précipita aussitôt en avant, à la poursuite du deux-roues et de son occupante : \u2014 Mais c\u2019est moi qu\u2019ils vont chercher a la halte!.Il eu beau lancer un appel désespéré vers l\u2019équipage.Patachon avait fait diligence .Le frein cria à la descente, couvrant sa voix.\u2014 Zut ! fit Jean-Claude, qui commençait à sentir la fatigue lui plier les épaules et coller à ses jarrets.je n'en peux plus, moi.Tant pis pour tante Edwi ge.Elle me trouvera au retour.Et délibérément, il pénétra dans Pal- lée demeurée éclairée.r= Le jeune homme gravit les deux marches devant la haute porte cintrée qui formait le perron, et, faute de pouvoir agiter une sonnette absente, heurta le vantail de son poing.Tout proche, un aboiement éclata.Un chien surgit au- dessus du mur qui séparait le logis de la ferme et bondissant, s\u2019élança vers le visiteur en grondant furicusement.\u2014 Hé la.tu ne vas pas m\u2019avaler ?Au même instant, la porte s\u2019ouvrait.Sur le seuil, une femme vêtue de noir profita sa large silhouette.\u2014 Bonsoir .dit Jean-Claude, qui, pour échapper à l\u2019asaut du chien poussa légèrement la femme et pénétra dans le couloir.-\u2014 Sapristi .vous êtes bien gardés ! \u2026 émit-il avec un petit rire en posant sa valise sur un grand canapé de paille qui se trouvait là.Au dehors, le chien aboyait toujours, un peu moins fort cependant, les jarrets ployés au pied de la première marche de l'escalier.Devant Jean-Claude, une porte ouverte l\u2019invitait à pénétrer dans une salle proche où brillait un grand feu clair.ce qu\u2019il fit sans en être prié.\u2014 Brr.il fait tiède dehors.mais il fait encore meilleur ici, déclara-t-il en s\u2019approchant du manteau qui abritait un de ces vastes foyers à la mode d\u2019autrefois où pouvaient tenir des sièges.Il se laissa tomber sur le premier qui se trouvait à sa portée; tout soudain, la fatigue de la journée lui alourdissait les membres.\u2014A ce moment, il entendit des pas pressés dans le coulojr.La femme qui lui avait ouvert la porte entra précipitamment et se mit à lui adresser la parole avec volubilité en roulant des yeux furieux.\u2014 Du diable si je comprends quelque chose à ce patois ! murmura Jean-Claude.Et il profita de ce que la femme s\u2019ar- rétait, hors d\u2019haleine, pour esquisser un sourire de bienvenue.-\u2014Je suis Jean-Claude Hamelin.le neveu de votre maitresse.Car je sup pose que vous êtes sa servante ?s\u2019enquit- il, aprés un bref coup d\u2019ceil au costume de la bavarde personne.C\u2019était une femme aux cheveux gris qui aceusait la cinquantaine.Elle portait, par-dessus un chignon encore lourd, la petite voiffe noire des basquaises et sur sa robe sombre se nouaient les vastes pans d\u2019un tablier de lustrine.La phrase du jeune homme sembla l'avoir frappée d\u2019étonnement.Elle eut, dans le regard, cette expression d\u2019incon- préhension qu\u2019avait reflétée celui de la paysanne à la halte de l\u2019autobus.Son front se plissa avec effort.Jean-Claude l\u2019examinait, incertain.\u2014 Voyons.c\u2019est bien ma tante que j'ai rencontrée il n\u2019y a qu\u2019un instant \u2026.sur la route ?La femme ne bougeant Loujours pas, il prit son silence pour un acquiescement.\u2019 \u2014 Eh bien! je suis moi, le neveu qu\u2019elle attendait par le train du soir.et qu\u2019elle a dû aller chercher à la halte.Même mimique de la part de la Basquaise dont les traits marquèrent le souvi et la perplexité.Après tout, elle est peut-être sourde\u201d se dit le jeune homme en se levant pour se rapprocher d\u2019elle.L'autre fit un geste d'effroi et esquissa un mouvement de retraite.Elle virait vers le couloir des prunelles effrayées.comme si elle se préparait à fuir.\u2014 Ça, cest le comble ! \u2018pensa Jean- Claude.Voilà que je lui fais peur à présent ?.Aimable maison ! Il se força à sourire afin de prouver ses intention pacifiques.Et comme sou sourire, lorsqu'il le voulait, savait se faire très doux et très séduisant, le trouble de la femme disparut.\u2014 Je suis le neveu de votre maîtresse fit encore le jeune homme en haussant le ton et détachant les syllabes afin qu: sa voix pût percer ce tympan rétif.Mais sur la figure de la Basquaise il n\u2019y eut pas d\u2019autre signe d\u2019intelligence.Seulement un timide -ourire remplaç1 la grimace méfiante de tout à l'heure.Dans l'espoir de trouver une inspiration, les yeux de Jean-Claude firent le tour des aîtres.Il se trouvait dans une pièce servant apparemment de salle à manger.Le plafond en était bas et traversé de grandes poutres sculptées.Les vieux meubles luisaient, fraternels.Des rideaux de toile masquaient les fenêtres rondes.Tout à coup le jeune homme avisu, sur la haute cheminée, une photo encadrée.C\u2019était une 1mage de lui qu\u2019il avait envoyée à sa tante à l\u2019époque où, aviateur, il faisait son service .La bonne l\u2019avait posé à la place d\u2019honneur.Il se saisit du portrait et marcha triomphalement vers la servante: \u2014 Moi !.fitil, en prenant une pose avantageuse pour mimer l\u2019attitude qu\u2019il avait sur la photographie.La physionomie de la Basquaise s'\u2019éclaira.Elle considéra attentivement le jeune homme.puis le portrait et eut un cri joyeux : \u2014 Jean-Claude ! .\u2014 Enfin .soupira celui-ci qui tendit aussitôt sa main large ouverte.La femme essuya vivement ses doigis à son tablier et serra les phalanges de Jean-Claude si fort que ce dernier lui retorqua en riant.\u2014 Matin ! quelle poigne!.La Basquaise s'était mise à parler à nouveau dans son langage incompréhensible pour lui.\u2014 Mais parlez donc le français, s\u2019é- cria-t-il agacé.Je ne comprends pas un mot de basque.Toute chagrine, elle secoua la tête : \u2014 Je.je ne sais pas .français .articula-t-elle avec application.- Vous ne parlez que le basque ?Penaude, elle acquiesça, avec une moue navrée qui s\u2019excusait.\u2014 C\u2019est hien ma veine.Enfin.Mademoiselle va revenir bientôt ?Elle écoutait, tous les traits lendus pour saisir le sens des paroles.À la question de Jean-Claude elle opposa un violent signe de dénégaiion, \u2014 Mademoiselle.partie !.Et son geste montra la route.\u2014 Parbleu.Je sais bien qu\u2019elle est partie.Au-devant de moi ?.Elle va revenir ?\u2014 Non .fit la femme.\u2014 Non ?La Basquaise se précipita vers un petit bureau qui occupait un angle de la pièce Sans doute, Mademoiselle Edwige s\u2019y était-elle assise, peu d\u2019instants auparavant, car la chaise était déplacée et il y avait un porte plume abandonné sur le buvard resté ouvert.Elle remua quelques papiers.prit un carton qu\u2019elle examina attentivement en le rapprochant de sa face anxieuse, puis vint le porter triomphalement 3 Jean-Claude.\u2014 T1 faut que je lise ce machin-là ?s\u2019enquit-il, hésitant.\u2014 Oui.A peine le jeune homme eut-il jeté les yeux sur les lignes manuscrites qu\u2019il ne put retenir une exclamation de stupeur.\u2014 Alors, ça, par exemple !.11 continua a lire, a mi-voix : «Monsieur et Madame d\u2019Eichebarne recevront à partir de neuf heures pour fêter les vingt-trois ans de leur fille Rosine.Il y aura des surprises.Le jeune homme éclata : \u2014 Ainsi, c\u2019est là que ma tante se rendait ?.Alors que son neveu arrive, elle s\u2019en va fêter les vingt-trois ans de cette donzelle ?Le visage confus de son interiocutrice lui fut une éloquente réponse.\u2014 C\u2019est trop fort! Et rejelant le carton sur la table : \u2014 Eh bien ! comme accueil, c'est charmant !.Avec humeur, Jean Claude se mit a arpenter la pièce allant rageusement de la fenêtre à la cheminée.Ah ! son père avait de bonnes idées !.Et dire qu\u2019en ce moment, Arlette.La pensée de l\u2019amie lointaine exaspéra sa colère.Cette tante Edwige avait une réputation d\u2019originalité qui n°e tait pas surfaite, décidément ! S\u2019en aller à celte soirée, sans plus s\u2019inquiéter de lui que s\u2019il n\u2019avait jamais existé, n\u2019était- ce pas le faitd\u2019une personne hors de so 1 bon sens ?.#; Photo J.E.Chabot, Roberval.Vue générale de Bagotville, Port Alfred et Grande-Baie.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Bonne occasion pour déguerpir demain à la première heure.conclut-il, tandis qu\u2019une secrète joie l\u2019envahissait.Pourtant.Il réfléchissait.Il y avait en cette aventure quelque chose qu\u2019il ne comprenait pas très bien.Que sa tante n\u2019eut pas voulu manquer le plaisir d\u2019une réception qui, étant donné la vie retirée qu\u2019elle menait à Rovel ne pouvait manquer de présenter pour elle un cerlain attrait, c\u2019était, à la rigueur, admissible.Mais qu\u2019elle n'eut même pas donné des ordres pour qu\u2019on l\u2019attendit, voilà qui outrepassait les bornes !.\u2014 Enfin! grommela-t-il tout haut, elle a pourtant bien reçu le télégramme ?Au mot de « télégramme » la Basquaiss avait poussé un cri.\u2014 Eh bien! quoi?.qu\u2019y atil?jeta le jeune homme, en ramenant son regard vers elle.Elle le considérait avec effarement, la main sur la bouche comme une enfant prise en faute.Puis, tout à coup, il la vit filer d\u2019un trait.Elle disparut dans les ténèbres du couloir.aussi rapidement que le lui permettait sa forte corpulence.Il entendit battre une autre porte, là-bas, dans la maison.Un bref instant s\u2019écoula.et elle était de retour portant un panier dans lequel sa main fouillai fébrilement.Intrigué, Jean-Claude se pencha avec elle sur les profondeurs du panier.et là.au milieu d\u2019un tas de pommes de terre et de légumes méêlés, elle tira tout soudain un papier bleu.froissé.chiffonné .innommable \u2014 Mon télégramme ! Claude.La femme se laissa tomber sur une chaise, le panier à ses pieds, et fondit ea larmes.Rapidement, le jeune homme avait ouvert le message.« Jean-Claude arrivera train Amitiés Hamelin.» \u2014 Parbleu'.tout s'explique.Il tourna vers la servante une face sévère : \u2014 Naturellement, c'est vous qui avez omis de remettre le télégramme ?La Basquaise sanglota plus frénétiquement.Elle ne comprenait pas les parole: de Jean-Claude, mais elle se rendait compie qu\u2019elle avait commis une gaffe.\u2014 Hé! là, il n'y a pas de quoi vous transformer en fontaine ! .reprit Claude, compatissant, en se dirigeant genti ment vers elle.Allons.séchez ces yeux.Nous allons arranger ça.Il lui tapotait l\u2019épaule, presqu\u2019amical.Elle leva vers lui des prunelles humides et reconnaissantes.puis, se reprit à parler avec sa coutumière vélocité.Jean-Claude se boucha les oreilles de ses deux poings et s\u2019écria, avec une exaspération comique : \u2014 Non.non! Pour Dieu, ne vous fatiguez pas, tant que je n'aurai pas appris le basque.et donnez-moi a manger .Je meurs de faim.Sa grimace d\u2019ogre affamé qui révéla en un éclair ses dents solides et blanches de jeune loup fut comprise incontinen*.La Basquaise reprit son panier et se rugit Jean- du soir.\u2026 précipita au dehors.\u2014 Bon .elle va me rapporter des victuailles .C\u2019est tout ce que je demande, moi.se dit le jeune homme en allumant une cigarette pour patienter.Il s\u2019étira : \u2014 Dieu.comme on se sent loin de Paris.soupira-t-il avec un nostalgi- gique regret =X Quand la femme revint, il était enfoui dans le fauteuil et rêvait, jambes croisées, le visage auréolé d\u2019un nuage bleu.Elle lui servit un en-cas substantiel qu\u2019il avala de bel appétit.Après quoi, il lui manifesta, par ses gestes el ses paroles qu\u2019il voulait aller se reposer.La bonne femme ne fit aucune objection.elle s\u2019empara de la valise pour montrer qu\u2019ele avait compris et montra la direction de l\u2019escalier.Avant de la suivre, Jean-Claude se ravisa.Il alla s'asseoir devant le petit bureau et traça rapidement ces lignes, sur une feuille : « Ma chère tante Edwige, «Je suis navré de n\u2019avoir pu vous présenter mes devoirs.mais je meur- Juillet 1935 de sommeil et je m\u2019excuse de ne pas vous attendre.Je vous souhaite le bonsoir en attendant le plaisir de vous voir demain.« Hommages respectueux de votre neveu, JEAN-CLAUDE.Et sur ce message désinvolte, il alla tranquillement se coucher.Chapitre III Chez les d\u2019Etchebarne, la soirée tirait à sa fin.Le Baron et sa femme habitaient une belle maison à l'italienne qu\u2019ils avaient fait bâtir sur l'emplacement de la vieille demeure familiale, quelque: années avant la guerre, alors que le goût et le respect de la couleur locale n\u2019étaient pas encore passé dans la mode.Un immense pare, planté de chênes et de sapins l\u2019entourait avec noblesse, et sur l\u2019une des pelouses qui longeait l\u2019allée principale on avait installée depuis peu une ravissante piscine en marbre rose qui encerclait entre ses colonnades un miroir limpide dont l\u2019eau, sans cesse renouvelée frémissait à toutes les brises, comme le reflet d\u2019un joyau.*.Les d\u2019Etchebarne possédaient, disai*- on, une des plus solides fortunes de la région.Armateurs de père en fils, ils avaient eu la sagesse, aux époques de crise de limiter leurs risques et avaient réussi à conserver à leur Compagnie la confiance et les capitaux indispensables à la bonne marche de leurs affaires.Gaëtan d\u2019Etchebarne, dernier du nom, s\u2019occupait activement de sa Société dont il était le président et le principal actionnaire.On prétendait qu\u2019il avail essuyé quelques coups durs depuis deux ou trois ans.mais que cela ne pouvait atteindre son crédit.En tout cas, s\u2019il avait lieu d\u2019éprouver quelque inquiétude, il n\u2019en paraissait guère à sa mine florissante et au large sourire qui épanouissait sa face de bon vivant.Pour l\u2019instant, de la terrasse où il achevait nonchalemment son cigare, il regardait évoluer dans le salon sous la lumière des lustres, une longue fille souple au teint éclatant qu\u2019un midship en uniforme serrait de très près, à la lente cadence d\u2019un tango.\u2014 Rosine est en beauté, ce soir, murmura près de lui une voix cordiale.Ses vingt-trois ans lui vont rudement bien.Le baron se retourna.\u2014 Tiens.c\u2019est toi, Curé ?.Je te croyais parti.et je pensais que ces divertissements t\u2019étaient défendus, ajouta-t il, d\u2019un ton goguenard Le rire de l\u2019Abbé d\u2019Etchebarne retentit, un peu grave comme sa voix.\u2014 À Dieu ne plaise que j'aille me mêler à ces divertissements profanes.Ma robe me l\u2019interdit et mes goûts personnels aussi.Je déteste cette façon qu\u2019elles ont toutes de se pâmer au bras de leur danseur .Les petites gourdes ! Mais cela ne m\u2019empêche pas d\u2019admirer ma nièce .qui est belle et qui le sait.qui le sait un peu trop du reste.Au surplus, j'allais me sauver.Je me suis attardé à bouquiner, en haut, dans la bi- bliothéque .avant de regagner mon ermitage .Le baron retint son frére par la manche de sa soutane : \u2014 Dis done, tu sais qu\u2019il est question d\u2019un parti pour Rosine ?\u2014 Ah! bah ?.\u2014 Oui.Le fils d\u2019un gros industriel du Nord.Famille honorable .jolie noblesse.par la mère, car le père est tout ce qu\u2019il y a de plébéien .mais grosse fortune, et ceci corrige cela.Le curé de Secori eut un haussement d\u2019épaules.\u2014 Je suppose que la fortune n\u2019est pas un argument primordiale ?.Rosine sera riche.L\u2019irruption sur la terrasse d\u2019un groupe d\u2019invités qui venaient prendre congé dispensa le baron de répondre.\u2014 Comment, Gills, vous étes encore là ?s\u2019étonna la baronne en reconnaissant la noire silhouette de son beau-frère.\u2014 Monsieur l\u2019abbé voulait nous voir danser .émit une des jeunes filles avec un rire futé.\u2014 Ouais, pour ce que c\u2019est beau !.persifla l\u2019abbé d\u2019un ton grondeur.Je me demande où vous êtes allées prendre ces trémoussements ridicules.Cel4 me rappelle le beau temps de mon apostolat dans l\u2019Oubanghi.Jai va des négresses plus gracieuses que vous ne l\u2019êtes.et presque aussi décentes.Rosine s\u2019approchait, la taille onduleuse, une moue sur la bouche parfaite.\u2014 Ah non.si tu es resté pour faire l'oncle prêcheur, j'aime mieux te dire.\u2014 .Que j'aurais mieux fait de m\u2019en aller.C\u2019est ça, manque-moi de res pect, tant que tu y es.Tu t\u2019imagines donc que tout est permis a tes vingt- trois ans ?.D'abord, je suis resté pour dire un mot à Bérengère \u2026.La baronne s\u2019informait : \u2014 A propos de Bérangère, commen avez-vous trouvé nos tableaux vivants ?Plusieurs voix enthousiastes s\u2019élevèrent : \u2014 Très réussi.Oh ! l\u2019idée des livres de la Bibliothèque rose était géniale.\u2014 Est-ce que les petites filles modèles ont fait honneur à leur réputation ?demanda gaiement l'abbé.cur, puisque jai présidé les répétitions j'entends avoir votre avis.\u2014 Parfaites, les Petites Filles Modèles! déclara la baronne avec un sourire de maîtresse de maison satisfaite.Et votre protégée, dans le rôle de la gouvernante, a obtenu un vrai triomphe.\u2014 Exact, appuya le baron.Cette petit- Bérengère était exquise.\u2014 Qui parle de moi ?s\u2019enquit une voix menue, tandis que les plus pressés commençaient à s'égailler vers le perron en quête de leur voiture.Et ce fut tout à coup, au milieu des robes du soir très modernes et des habits noirs groupés sur la terrasse illuminée, l\u2019apparition charmante et surannée d\u2019une délicieuse douairière, en caban et cabriolet qui figurait une des héroïnes chères à Madame de Ségur.Mais, sous l\u2019auvent du chapeau à brides, entre les boucles grises, souriait le plus jeune et le plus frais visage qui soit.\u2014 On dit, ma chère petite, que votre costume est une trouvaille, fit la baronne en se penchant vers la nouvelle venue.Où donc l\u2019avez-vous déniché ?\u2014 Mais .dans la garde-robe de Mademoiselle Edwige.\u2014Non.fit le Baron en pouffant, cette bonne Mademoiselle de Rovel porte encore de ces accoutrements ?\u2014 C'est-à-dire, rectifia la jeune fille avec dignité, qu\u2019elle ne les porte plus.Mais elle les conserve dans une vieille malle que j'ai dénichée au grenier.Aussi, ils sentaient si fort le camphre que j'ai dû m\u2019inonder de lavande avant de venir.Elle riait.et son rire menu et léger, d\u2019une pureté de cristal allait avec toute sa personne, avec son étroit visage encadré d\u2019anglaises, avec sa fraîcheur et cette odeur de lavande qui émanait d\u2019elle, en effet, en discrets effluves.\u2014 En tout cas, cela vous sied très bien, constata le baron d\u2019Etchebarne.N'est-ce pas Rosine ?H eut à l\u2019adresse de sa fille un geste d\u2019appel.Celle-ci s\u2019arracha sans enthousiasme au groupe d\u2019amis qu\u2019elle escortait vers le perron.\u2014- Oui, fit-elle, distraite.Elle redescendit vers son père.Sa main soignée toucha les cheveux de Bérengère : \u2014 Où diable avez-vous pris cette perruque ?Elle est splendide \u2026.\u2014 Mais.ce sont mes cheveux.\u2014 Vos cheveux ?s\u2019exclama Rosine, incrédule.\u2014 Dame.Je n\u2019avais pas de fausse: boucles, vous pensez bien.Alors, j'ai poudré les miens .puis je les ai roules sur un bâton.Ils ont fort bien tenu, vous voyez.La jeune d\u2019Etchebarne parut suffoquée.\u2014 Fort bien en effet.répliqua-t-elle, d\u2019une voix tranquille de sa cordialité première.Mais quelle idée de garder de: cheveux longs, alors que la mode est aux cheveux courts ?C\u2019est tellement plus commode et plus propre.\u2014 Oh ! vous savez moi, la mode \u2026 rétorqua Bérengère avec un rire insoucieux.Rosine d\u2019Etchebarne l\u2019interrompit pour déclarer, sur un ton légèrement prote:- teur : \u2014 Je vous remercie d\u2019avoir contribué à l\u2019éclat de ma soirée par votre idée ori- \"Li\u2014ca va beaucoup mieux, mon Pour ce petit bonhomme, un monde bien triste s\u2019est éclairci tout à coup.Sa maman vient de lui faire goûter du Castoria pour la première fois, et il en raffole! \u201cC'était bon!\u2019 Maman\u2014remarquez que cette saveur délicieuse est importante.Elle vous épargne les luttes et les larmes provoquées par un laxatif au goût amer\u2014 scènes qui trop souvent énervent l\u2019en- fant\u2014dérangent sa digestion et son organisme si délicatement équilibré.C\u2019est pourquoi, même le goût du Castoria fut créé exprès pour les enfants.Le Castoria est préparé avec non moins de soin pour répondre aux fonctions bhysiques de l\u2019enfant.Il ne renferme que des ingrédients qui conviennent aux petits et ne contient aucune des drogues énergiques qu\u2019on trouve dans les purgatifs d'adultes.Le Castoria ne provoque jamais de coliques.I] ne devient jamais une habi- toutou!\u201d tude.Il est complètement sûr et bénin, mais toujours efficace.À \u201cJe me \u20ac na sens bien!\u201d By Donnez du Castoria en toule confiance de la petite enfance jusqu\u2019à onze ans, chaque fois que votre enfant aura besoin d\u2019un laxatif.Achetez-en une bouteille aujourd\u2019hui même et exigez le nom Castoria sur l\u2019empaquetage.A propos, vous économiserez en achetant le \u201cformat des familles\u201d.CASTORIA \u201cLe Laxatif des Enfants\u2019 De la petite enfance à la onzième année. 20 ginale.Vous viendrez goûter un de ces jours, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Quand Mademoiselle Edwige sera rentrée, promit la petite, se préparant à prendre congé.\u2014 Attends.Je t\u2019accompagne.\u2026.\u2014 D\u2019autorité, l\u2019abbé d\u2019Etchebarne l\u2019entraînait.Tandis qu\u2019ils descendaient l'escalier, \u2014 le curé agile et souple en dépit de son âge, \u2014 elle fine et gracieuse dans le raide mouvement de ses robes à cerceaux, des plaisanteries les suivirent : \u2014 Voilà Monsieur le Curé qui va flirter avec Madame de Fleurville ! L\u2019abbé se retourna et lança gaiement \u2014 Tiens.Elle et moi nous somme: de la même époque.FSC Dans la cour dallée, la voiture ar- chaique attendait, un peu en retrait des autres, comme honteuse de sa vieille capote et de peinture déteinte.Un tapage grondant de roues et de moteurs emplissait l\u2019allée que balayait le pinceau des phares.\u2014 Ce pauvre Basile doit mourir de sommeil, exprima gentiment Bérengère qui cherchait de l\u2019œil son équipage.Il n\u2019est pas habitué à veiller si tard.\u2014 Comment va Mademoiselle de Ro- vel ?s\u2019informait l\u2019abbé, en guidant sa petite compagne vers le véhicule.\u2014 Elle est presque guérie.Je crois qu\u2019elle va rentrer demain.Et ce n\u2019est pas malheureux, soupira la jeune fille.Jai toujours peur que quelque chose ns cloche en son absence.D\u2019antant que le docteur avait défendu qu\u2019on la troublät pendant la retraite qu\u2019il lui a imposé» à la maison de santé.Alors, j'ai dû prendre sur moi toutes les responsabilités.Ce n\u2019est pas qu\u2019elles soient bien terribles, fit-elle avec ce rire charmant qui semblait sortir d\u2019une gorge d\u2019oiseau, mais enfin, je suis si peu habituée \u2026.\u2014 Je suis sûr que tout s\u2019est très bier passé, affirma le prêtre avec bonté.Bérengère leva les yeux vers la bienveillante figure.\u2014 Oh ! vous, mon parrain, vous êtes toujours content.Vous personnifiez l\u2019in dulgence.\u2014Eh! qui ne serait content de toi ?dit l\u2019abbé, d\u2019une voix bourrue.Elle hocha gravement la tête, ce qui fit ruisseler ses boucles avec un bruit soyeux.\u2014 Moi.\u2014 Toi ?.Et pourquoi donc, Grands Dieux.Elle eut un petit air entendu.\u2014 Oh! je ne suis pas parfaite, allez.\u2014 II ne manquerait plus que ça! \u2026 riposta-t-il gaiement.Là-dessus, dans un grand froissement de jupes, elle s\u2019envola sous la capote.\u2014 Hue.Patachon.A son tour, la vieille voiture s\u2019ébranlait sur la piste lumineuse où l\u2019ombre de: arbres traçaient leurs stries régulières.Penchée hors de son abri, la jeune fille eut un joyeux : \u2014 Au revoir, mon parrain !.A bientôt!.en agitant son mouchoir, au bout de sa manchette de dentelle.L'abbé d\u2019Etchebarne resta un moment immobile à contempler la tache noire et chaotante de la vpiture qui s\u2019éloignait sur le chemin.\u2014 Chère petite !., soucieux, tandis qu\u2019une ride profonde creusait son beau front intelligent.elle n\u2019est pas faite pour l'existence qui l'attend.Je souhaite que ma vieille amie puisse quel!- que chose pour elle.FRE \u2014II est rudement gentil, mon parrain, se disait la jeune fille aux boucles grises, tandis que le trot pacifique de Patachon l\u2019entraînait tout doucettement, sur la route veloutée de lune.Lc tous les Etchebarne, c\u2019est certainement lui le plus sympathique !.«Oh! Le baron est très cordial, aussi, bien qu\u2019un peu moqueur .et la baronne m\u2019a aimablement accueilie.Mais Rosine.Ici, les réflexions de Bérengère prirent un autre cours.\u2014 Rosine était bien belle, ce soir.Après tout, les femmes qui sont si belle: peuvent être indifférentes et même hautaines.On ne leur en tient pas rigueur.Elle renversa la nuque sur le dossier de son siège.et, son chapeau la gé- nant, elle l\u2019enleva d\u2019un geste preste.L\u2019odeur voluptueuse de la nuit se glissait jusqu\u2019à elle.Les cils clos, la bouche entr\u2019ouverte, elle l\u2019aspirait comme elle eut fait d\u2019une fleur.Tout à coup, elle se prit à sourire.\u2014Je me demande ce qu\u2019aurait dit Sœur Sacremento si elle m\u2019avait vue dan ser ce soir, si follement, dans mes larges jupes.Elle m\u2019aurait sûrement envoyéa me confesser.Elle croisa ses deux bras sur sa poitrine et huma plus fort le souffle de la nuit : .\u2014 Sœur Sacremento n\u2019entend rien à la joie de vivre.Dieu ! .que c\u2019était bon de tourner dans cette musique!.Il me semblait que mes talons avaien.des ailes ! Elle fredonna un air de « pasa doble » très rythmé, très nuancé.et le refrain mourait à peine sur ses lèvres quand le véhicule s\u2019engagea dans l\u2019allée de Ro- vel.\u2014 On est déjà arrivé,Basile Ÿ Elle penchait au dehors sa tête bouclée.\u2014 Tiens.Dominiea n\u2019est donc pas couchée ?.On dirait qu\u2019il y a de la lumière.Pauvre vieille.Elle espère mon retour.Tout à son remords de donner tant de mal à la vieille servante, elle n\u2019attendit pas que la voiture soit tout à fait arrêtée pour sauter à terre d\u2019un bond agile, malgré l\u2019encombrement de ses triple: jJupons.à la porte.vu que c\u2019est le neveu de notre demoiselle.\u2014 Le neveu?.La servante hocha la tête, par deus fois, avec énergie.\u2014 Monsieur Jean-Claude.\u2014 Jean-Claude, ici ?.s\u2019exclama Bérengère d\u2019un ton incrédule.Jean- Claude Hamelin ?.Mais, ce n\u2019est pas possible.\u2014 Si, affirma la Basquaise.Même qu\u2019il avait envoyé un télégramme\u2026.un télégramme que j'avais oublié de vous remettre, continua-t-elle en rougissant.C\u2019est la faute au père Bichendaritz qui me l\u2019a donné comme je partais au marché.Jérais toute préoccupée de me rapoel:r mes commissions.et justement je n\u2019avais pas ma poche, celle que j'attache a mon jupon quand je vais à Ascain.Alors, j'ai rangé le papier dans le fond de mon panier .et aprés.après.répéta-t-elle piteusement, j'y ai plus pensé et j'ai mis mes carottes dessus .Ah! il était dans un joli état le télégramme!.Elle est tout fière de savoir prononcer en francais le mot «télégramme » et elle le répète avec complaisance.\u2014 Tenez.Le voilà.Elle l\u2019a sorti des profondeurs de son tablier de lustrine.Bérengère s\u2019en empara vivement.«Départ différé.Arriverai demain soir.Jean-Claude ».Elle relève ses prunelles stupéfaites vers Dominica.\u2014 « Départ différé.» Pourquoi «Départ différé?» Qu\u2019est-ce que ça veut dire ?Notre Prochain Roman Le Chant du Souvenir par Léo DARTEY L\u2019horloge du couloir sonnait une heure lorsqu\u2019elle s\u2019engouffru dans la maison.Là-bas, sous la porte de la cuisine, brillait un rai lumineux.En hate, la jeune fille y courut.mais, dès qu\u2019elle eut tourné le loquet, elle maîtrisa son élan et sourit, attendrie: Diminica dormait, pliée en deux, sur un fauteuil de paille, près de la cuisinière à demi éteinte.À ses pieds, le chat Farou, roulé en boule, ronronnait, d\u2019une faible voix, lourde de sommeil.\u2014 Ma pauvre vieille, il est horriblement tard.Pourquoi m\u2019as-tu attendue ?Elle vint a elle sur la pointe des pieds, et, avisant une plume de coq, reste du dernier carnage domestique, elle lui en chatouilla délicatement les narines.La dormeuse commença à faire sa plus laide grimace, fit le geste de chasser un insecte importun.puis s\u2019ébroua, à demi éveillée.Dès qu\u2019elle aperçut sa persécutrice qui riait de toutes ses dents, entre les boucles flottantes, elle fut sur pied.Son visage prit une expression mystérieuse.\u2014 Eh bien ?Tu dors encore ?s\u2019en quit Bérengère, en basque, car on ne parlait guère que cette langue au château de Rovel et dans les alentours.\u2014I y a un homme là-haut, fit la Basquaise, en désignant l\u2019étage, d\u2019un geste solennel, \u2014 Un homme ?.Tu rêves!.Le sourire s\u2019était effacé sur la jeune physionomie.Bérengère considéra la servante avec effarement.\u2014 II est arrivé, juste comme vous partiez avec Basile, affirma Dominica, importante .et je n\u2019ai pas pu le mettre Dominica qui n\u2019a jamais entendu le terme «différer» serait bien en peine de lui répondre.Aussi bien, n\u2019est-ce pas pour elle que Bérengère a posé la question.\u2014 Ah.il a laissé aussi un mot d\u2019écrit pour vous.\u2014 Où ça?\u2014 Sur le petit bureau.Bérengère se précipite.En passant devant l\u2019escalier, elle marque un brusque arrêt.Ainsi, là-haut, dort ce jeune homme dont Mademoiselle Edwige lui a souvent parlé.celui dont le portrait orne la cheminée, dans la salle ?.C\u2019est incroyable ! Le billet qui l\u2019attend sur le bureau ne diminue pas sa perplexité.« Chère tante Edwige».\u2014 Tu ne lui as donc pas dit que Mademoiselle était absente?s\u2019enquiert-elle, auprès de la Basquaise qui l\u2019a suivie.\u2014 Ah ! dame, moi, je comprenais pas ce qu\u2019il me disait.Et lui, il ne sait pas le basque.\u2014 Dans ce cas, cela a dû faire du joli ! sourit la jeune fille, malgré elle.\u2014 Moi, je pensais que c\u2019était vous qu\u2019il demandait.Et puis, il parle avec un drôle d\u2019accent.comme les étrangers qui viennent ici, l\u2019été.\u2014 Cela s\u2019appelle l\u2019accent parisien, déclara sérieusement Bérengère.A nouveau, elle médite, préoccunée.\u2014 Enfin tu lui as préparé la chambre à donner ?Dominica répond par l\u2019affirmative, sans cesser d\u2019examiner anxieusement les traits de la jeune fille.Elle est inquiète de ce que pense Mademoiselle Bérengère.Est-ce qu\u2019il ne fallait pas accueillir LA REVUE POPULAIRE ce Monsieur Jean-Claude qui est arrivé ici comme chez lui ?\u2014 Mais il est chez lui!.rétorqua la jeune fille ?Tu as bien fait de l\u2019accueillir.et maintenant va te coucher \u2026.Rassurée, Dominica sen alla.Pensive, Bérengére se rapprocha des braises du fover.Elle tenait entre ses mains le billet de Jean-Claude.\u2014 Fais comme si j'étais là, avait dit Mademoiselle Edwige, quand elle lui avait confié les rênes de la maison.Or, Mademoiselle Edwige n\u2019eut certainement pas refusé d'ouvrir sa porte à son neveu.Si elle bougonnait sans cesse contre le père Hamelin, cet < assassin » qui avait tué à la peine sa malheureuse nièce, elle n\u2019évoquait point sans une tendresse mélancolique l'enfant de la pauvre Isabelle dont elle ne connaissan rue l\u2019écriture et les photographies.À l\u2019époque de ses exploits aériens, elle en avait parlé avec orgueil à Bérengere.et il avait été si souvent question du petit Jean-Claude entre la vieille demoiselle et sa jeune amie que Bérengèr: pensait à lui comme a quelqu\u2019un de.presque familier.Mais l\u2019avoir là, en chair et en 0s, C\u2019é tait autre chose.Ses prunelles perplexes rencontrèrent le portrait.D\u2019une main hésitante, elle s\u2019en saisit, le contempla.C\u2019était l\u2019imag- d\u2019un jeune lieutenant de l\u2019armée de l\u2019ai- dont l\u2019uniforme virilisait le mâle visage.Les yeux étaient beaux, de nuance indécise, un peu dédaigneux.La bouche aux coins relevés gardait un peti: sourire railleur, un brin sceptique dont la lumière moqueuse se retrouvait au coin des paupières.Mais le front était plein de hardiesse \u2026 Bérengère reposa le portrait.La presence inattendue du jeune homme sous ce toit ou elle demeurait la troublait quelque peu.Tandis que, dans l\u2019âtre, le feu mourait doucement, au milieu d\u2019une apothéose de couleurs, en exhalant sa chaleur dernière comme il eut rendu l\u2019âme, la jeune fille réfléchissait.Comment Mademoiselle de Rovel n\u2019avaitelle pas pensé à la prévenir de la possible arrivée de son neveu ?Et, tout a coup, elle cut peine a retenir une exclamation.L\u2019explication venait de s\u2019imposer a elle avec la clarté d\u2019une brusque évidence.,Parbleu !.Mademoiselle Edwige n'en savait rien.el pour cause.Depuis quinze jours, tout son courrier l\u2019attendait sur la table de sa chambre.\u2014 Pas de lettres.pas de journaux, aucune communication d\u2019aucune sorte susceptible de troubler votre convalescence, avait recommandé le médecin qu: la soignait.Or, Mademoiselle Edwige n\u2019avait-elle pas déclaré à Bérengère : ,\u2014 Tu prendras connaissance du courrier qui te paraîtra avoir quelque urgence.Pour le reste, cela peut attendre mon retour.Et maintenant, Bérengère se souvenait.I! y avaitlà-haut, une lettre de Paris.une lettre a quoi elle n\u2019avait pas prêté attention lorsque cette dernière était ac- rivee, une semaine plus tôt.Pourtans, en y réfléchissant, elle eut dû être alertée.Mademoiselle de Rovel recevait fort rarement, pour ne pas dire jamais, du courrier de Paris.Résolue à en avoir le cœur net, elle gravit l\u2019escalier, tout doucement pour ne pas troubler l\u2019hôte que le vieux toit de Rovel abritait si inopinément.Heureusement la chambre à donner était tout au bout du couloir et la sienne di côté opposé, près de celle de sa vieille amie.Bérengère put donc gagner son Quartier sans faire de bruit.Avant d\u2019entrer chez elle, elle passa chez Mademoiselle Edwige.La lettre de Paris était bien là, sur la table, mêlée à quelques prospectus, à des cartes de visite, aux factures.que la jeune fille avait négligé d\u2019ouvrirê Elle était là, dans son enveloppe qu\u2019une lourde écriture couvrait de ses jambages énergiques.Bérengère balança un instant si elle la décachetterait.Etait-ce bien nécessaire?.\u2014 Ouvre le courrier qui ie paraîtra avoir quelque urgence.Si cette missive se rapportait à la présence au château de Jean-Claude Hame- lin, nul doute que l\u2019urgence ne s\u2019impa- sat:. Juillet 1935 21 = = = es = se = = = = .= Se = = .Se es os a SR = = 6 = = ex a = \"WVUVU - S .\u2026 savail\u201d SE ye = ce > ve se i = = 5 ce se ü x = = = 3 i 4 I\u201d NE pr SR SL cs ER 8 > = se = = = 3 se .= = a EE en SS NE 2 .a os ol a ER .= ès = AR s So = = = .= = ve S se es EN 5 us = .£3 = oR se = ss ts = a .ss NN = a = To cu = ss Se TR: a = 3 = 3 HB S es se SS i 5 3 = = © = .7, .= = es 5 res 3 = = Lu CS pA sn SS oN RW NN sa ce se ex S W .Ha ee = > = EAT NET [] LA - BIÈRE + QUE - VOTRE * ARRIERE * GRAND -PERE + BUVAIT 22 \u2014 Tant pis!.je louvre! décida Bérengère, en secouant ses boucles.Elle alla tout droit à la signature et exhala un soupir de satisfaction : Frédéric Hamelin.Elle n\u2019avait pas fait fausse route.D\u2019un air appliqué, elle déchiffra le grimoire qui n\u2019était pas toujours commode à comprendre.«Je suppose, disait en substance lv «papa Hamelin», que vous ferez, ma chère Tante, droit à ma requête puisqu\u2019il s\u2019agit du fils de cette pauvre Isabelle a qui, j'aime à croire, vous avez conserv® votre affectueux souvenir.Ne revenons pas, sur le passé et sur les griefs qui nous ont tenus, vous et moi, éloignés l\u2019un de l\u2019autre comme deux coquete qui se boudent.Ici, Bérengère se prit à sourire en évoquant la grimace que ne manquerait pas d\u2019arracher aux susceptibilités de Mademoiselle Edwige, cette peu flatteuse com paraison.« Aussi bien, il s\u2019agit de l'avenir de Jean-Claude.Plut au Ciel que j\u2019eusse accepté votre collaboration pour l\u2019éducation de mon fils, qui s\u2019avère déplorablement insuffisante.Le bougre \u2014 pardon- nez-moi cette expression militaire, vous savez que j'ai toujours eu une certaine rudesse de langage \u2014 est en train de mal tourner, en tout cas, de tourner autrement qu\u2019il ne faudrait.« Tout « dessalé » qu\u2019il se croit \u2014 puisque c\u2019est là l\u2019expression de nos jeunes gens d\u2019aujourd\u2019hui et je vous en demande pardon pour eux \u2014 il se laisse circonvenir par une bande de parasites que sa générosité naturelle \u2014 générosité alimentée naturellement par les coffres du papa \u2014 rassemble autour de lui comme un vol de frelons.D'autre part, il y a les femmes.Les femmes sont dangereuses à Paris pour un garçon qui se targue de les dédaigner.«Si vous n\u2018y voyez pas d\u2019inconvénient, je vous enverrai Jean-Claude.sous le prétexte de faire votre connaissance et de passer au pays où véeut sa mère quelques semaines de calme dont il a grand besoin.Il se trouve justement que je suis en relation d\u2019affaires avec un de vos voisins et compatriotes Monsieu.d\u2019Etchebarne.Le baron a, si j'en crois les on-dit, une fille fort jolie qui serait pour Jean-Claude un excellent parti.Je vous sais capable de mener à bien une mission aussi délicate qui veut du doigté et du sentiment.Je vous confie donc le bonheur de Jean-Claude qui ne saurait être en meilleures mains.« FrÉnéRIC HAMELIN.» PS.Si vous me tenez toujours rigueur, ne vous croyez pas obligée de me répondre.Ce n\u2019est pas moi qui vous parle.mais ma chère femme qui s\u2019adresse à vous par mon entremise.Votre silence pourra donc être interprêté par moi comme une acceptation.Et, sauf contre ordre, Jean-Claude partira mard: soir prochain pour Rovel.muni de sa seule valise, car j'ai supprimé autos et subsides .ceci afin de l\u2019obliger à rester là-bas où je l'espère l\u2019attend son bonheur.Chapitre IV Jean-Claude ouvrit des prunelles vagues sans bien savoir au juste ce qui venait de l\u2019arracher au sommeil.Il guetta machinalement le bruit d\u2019eau claire du robinet de la salle de bains qui d\u2019ordinaire accueillait ses réveilles et la silhouette anguleuse de Julien, son vale* de chambre.Mais l\u2019atmosphère silencieuse qui l\u2019en vironnait était quelque chose d'assez insolite pour dissiper d\u2019un coup les brumes de son esprit.Il arrêta net son bâillement et l\u2019étirement voluptueux de ses membres encore engourdis : \u2014 Au fait, c\u2019est vrai, je suis à la campagne, chez la tante Edwige ! se dit- il en clignant des paupières deux ou trois fois.Et puis, il écarquilla les yeux.A travers les rideaux cramoisis, soigneusement tirés sur les fenêtres, une lumière se glissait dans la chambre.Elle était d\u2019un rose flammé comme si on l\u2019eut perçue à travers les soies d\u2019un abat jour.\u2014 II doit faire beau dehors, conclut le jeune homme avec quelque satisfaction.Son geste familier efleura le mur derrière lui, en quête d\u2019une sonnette.L'inanité de sa tentative lui apparut, quand s\u2019étant retourné, il ne vit aucun fil traverser la tapisserie à bouquets.\u2014 FH n\u2019y a même pas l\u2019électricité, dans cette baraque ! émit-il d\u2019un ton de mauvaise humeur, en avisant le bougeoir qu\u2019il avait pris la veille des mains de la Basquaise.Les regards désabusés firent le tour du décor, embrassant l\u2019édredon rouge que couvrait un voile de « dentelle au crochet», le fauteuil bergère en reps amarante, la «toilette» d\u2019acajou dont le dessus se fermait comme le couvercle d'un piano.Seul, un petit secrétaire aux pieds de biche le charma par ses délicates proportions.\u2014 Et pour comble, ils ne connaissent pas le chauffage central! soupira-t-il, en se lirant tout frissonnant, hors des cou vertures.Il glissa, pieds nus sur le carreau rose, jusqu\u2019aux rideaux qu\u2019il ouvrit.Un soleil impétueux qui n\u2019attendait que cela fit irruption dans la pièce, dans un éclaboussement d\u2019incendie.\u2014En voilà des façons! murmura Jean-Claude, les paupières plissées.Et puis, il sourit au beau paysage qui l\u2019accueillait.Au-dessus de l\u2019arabesque dentelée des marronniers, un sapin géant tendait ses bras débonnaires.En bas, sur le coteau qui dégringolait vers les petits villages LA REVUE POPULAIRE éparpillés, la terre étalait sa mosaïque d\u2019hiver où le brun velouté des récentes labours se mélait à l\u2019émeraude de l\u2019herbe précoce.A droite, les crêtes des montagnes, profilées sur le ciel avec une netteté d\u2019estampe, y dessinaient leurs signes mystérieux.\u2014 Tiens !.Je n'avais jamais vu la Rhune à cette époque.Elle a son charme, déclara Jean-Claude, en s\u2019étirant.Il réfléchit : \u2014 Le temps de présenter mes devoir à ma douce tante Edwige.de la complimenter sur sa robe dernier cri et son chapeau à brides.et je file à Saint- Jean.Du diable si je ne trouve pas la «frontière > ouverte.et quelque aimable partenaire pour un bridge ou un match de tennis.Ml revint dans la pièce.Depuis que la fenêtre était ouverte, il avait beaucoup moins froid et il se mit à procéder à ses ablutions en maugréant contre l\u2019habitude des vieilles gens qui s\u2019imaginent encore qu\u2019on peut se laver décemment dans un bol à fleurs.Il finissait d\u2019aplatir d'un coup de brosse habile le lustre de ses cheveux épais lorsqu\u2019une rumeur insolite le ramena à la fenêtre.11 se pencha.Mélés a des cris stridents, des appels partaient de la cour de la ferme que les murs lui cachaient en partie : \u2014 Marguerite !.Marguerite !.Ça y est ! Elle est partie ! Puis, des voix qui échangeaient des exclamations confuses en basque et une sommation à la fois impérieuse et suppliante : \u2014 Farou ! .veux-tu bien rester là ?.\u2026.Farou ! Viens ici !.Je te défends.Le reste fut perdu pour Jean-Claude qui dévalait prestement l\u2019escalier, curieux d\u2019aller se rendre compte de la cause exacte de cet affolement.Il arriva au porche qu\u2019il avait franchi la veille sans rencontrer ame qui vive.Patricia Ellis a outillé sa bicyclette d'un appareil de radio à batteries qui lui permet de rouler aux sons de la musique de son cottage au studio de la First National.La Vogue du Cyclisme à HOLLY WOOD Ruby Keeler se repose sur sa bécane avant de se rendre a toute allure a son travail, au studio Warner.La vogue de la bicyclette se maintient depuis longtemps chez les stars du cinéma. Juillet 1935 A côté, dans les comuns, le désarroi continuait.et un autre organe.rude et âpre, se mêlait maintenant à ceux qu\u2019il avait déjà entendus.Guidé par eux, il traversa le jardin, passa le portique et s\u2019arrêta, hésitant, au seuil de la cour.A sa vue, les cris se turent instantane- ment .mais presque aussitôt, une voix fraîche l\u2019internella : \u2014 Oh! Monsieur, Marguerite s\u2019est échappée .et Farou la guette.Voyez- le!.Mon Dieu, Farou!.Méchant! Assassin ! .Bourreau ! .Veux-tu descendre ?Alors, Jean-Claude leva les yeux et aperçut la cause de ce drame domestique.Au-dessus du tronc gris du tilleul, à la fourche violette d\u2019une branche, il y avait un chat noir, tapi, immobile.Aux injonctions éperdues de sa mai- tresse, il opposait la plus parfaite indifférence et ne daignait pas tourner la tête.Forme noire, poil rebroussé, dans son attitude de petit fauve aux aguets, il épiait, la paupière câline, l\u2019œil patelin.Or, au faite de l\u2019arbre, une petite tache bleue frémissait.une petite balle de plumes couleur turquoise, si légère que la tige nue de la branche ne ployait même pas sous elle.D'un coup d\u2019eil, Jean-Claude a reconstitué les phases de cette pièce tragi-comique: là-bas acrochée au vieux mur de la ferme, la porte d\u2019une cage bée sur Pin- térieur vide.Des grains de chevenis parsèment l\u2019appui de la fenêtre au-dessous.\u2014 Farou ! La voix juvénile a sonné l'alarme.D\u2019un coup de reins preste, le matou s\u2019est déclenché, tel un ressort.Son bond exact l\u2019a projeté à quelques centimètres à peine de la petite boule bleu lurquoise.L'oiseau surpris, volète avec inquiétude sur le rameau, cherchant où se poser.Mais il n\u2019y a pas d\u2019autre arbre, dans la cour de la ferme, que le tilleul aux branches violettes.Jean-Claude a pressenti le désastre.Son œil avise un tas de bois qui monte en cône serré et épineux contre le mur de séparation.D\u2019un saut, il le franchit.Son élan le porte presqu\u2019en même temps jusqu\u2019au faîte.et, à la seconde précise où le chat saisit l\u2019oiseau, il s\u2019est accroché par un souple rétablissement à la branche.Effrayé, le matou lâche sa proie, tour nant vers son assaillant son mufle noir aux yeux glauques.le regarde un cour: instant, les moustaches hérissées, puis dans un glissement silencieux se laisss couler au long du tronc.Mais déjà la main de Jean-Claude s\u2019est refermée sur la perruche bleue que la frayeur tient gisante, exactement à l'endroit où le matou l'a lâchée, au creux rugueux de l\u2019écorce.\u2014FEt voilà, Mademoiselle! conclat Jean-Claude retombant souplement aux pieds de la jeune fille et tendant sa paume ouverte.Une main brune et menue y cueille loiselle affolée et va l\u2019appuyer contre une joue couleur de pêche.\u2014 Pauvre Marguerite !.elle a eu peur!.Les plumes aux lons de turquoise fon: paraître le visage plus rousse .La voix fragile vibre d\u2019un émoi mal contenu.Amusé, Jean-Claude examine la jeune créature qui paraît avoir oublié sa présence.Elle se retourne vivement vers la maison : \u2014 Et ce vilain Farou ?.parti ?Là-bas, près de l'écurie, l'ombre noire du chat glisse sur la muraille claire.Elle Iinvective, grondeuse et méprisante ! \u2014 Va te cacher! Sauvage!.Deux prunelles bleues reviennent vers Jean-Claude, encore pleines d\u2019effroi.\u2014 Vous ne pouvez savoir combien il est enragé, parfois.Une vraie bête féroce ! s\u2019exclame-t-elle, avec une puérile rancune.Et puis, comme le jeune homme la considère en souriant, elle paraît se souvenir qu\u2019elle a oublié quelque chose.Un nuage empourpre ses joues.descend jusqu\u2019au cou qui émerge, délicat et frêle, d\u2019une robe bleue aux manches retroussées : \u2014 Oh! j'ai oublié de vous remercier ! Jean-Claude se met à rire.\u2014 TI n\u2019y a vraiment pas de quoi ! Comme Où est-il \u2014 Vous comprenez, ajoute-t-elle, c\u2019est la perruche de Mademoiselle Edwige.Elle aurait été si fâchée d\u2019apprendre que le chat l\u2019avait massacrée ! \u2014 Ah! vraiment.Jean-Claude s\u2019avise soudain que ce petit incident domestique l\u2019a empêché de se présenter.\u2014 Au fait, permettez moi de me nommer: Jean-Claude Hamelin, le peveu de Mademoiselle de Rovel.Elle l\u2019examine, un peu interdite, puis voyant qu\u2019il semble attendre quelque chose, elle ajoute précipitamment : \u2014 Et moi, Bérengère ?\u2014 Un nom charmant, dit-il poliment.Et il pense qu\u2019en effet ce nom va bien à sa fraicheur un peu surannée, à son visage enfantin et grave, à sa robe couleur de ciel.\u2014 Vous permettez ?.Il faut que j'aille enfermer Marguerite, à l\u2019abri de Farou.Voyez comme son cœur bat.Elle offre l\u2019oiseau captif à la main de Jean-Claude dont les doigts effleurent sa petite main chaude.Entre leurs deux paumes jointes palpite le cœur affolé de la perruche bleue.Mais comme la main du jeune homme s\u2019altarde, Bérengère retire la sienne.Le jeune homme a un furtif sourire.Tiens ! tiens ! est-ce que ce château d& Rovel présenterait quelque attrait inattendu ?H suit la jeune fille jusqu\u2019à la cage.\u2014 Vous habitez ici ?c'enquiert-il, avec un regard vers la ferme.\u2014 Pour l\u2019instant, oui, répond-elle sans se retourner.Et vous ?\u2014 Oh ! moi, je n\u2019y suis qu\u2019en visite ! \u2014 Ah! \u2014 Oui.le temps d\u2019exaspérer ma tan- le.assez pour qu\u2019elle me mette à la porte sans espoir de retour.Elle est en train d\u2019éparpiller des graines minuscules dans une petite auge blanche.\u2014 Tiens, profère Bérengère de sa vois rieuse, ce sont là vos projets ?\u2014 Dame !.Vous ne pensez pas que je vais m\u2019encrouter en ce pays folichon jusqu\u2019à l\u2019été ?.Elle se retourne avec vivacité : \u2014 Vous n\u2019aimez pas notre pcys ?Il y a comme un étonnement choqué dans son ton et son regard s\u2019emplit de blâme.\u2014 Mais vous l\u2019aimez, vous, il me semble ?\u2014 Pour moi, il est le plus beau du monde !.La déchéance du ton accuse Jean-Claude.Une pitié narquoise traverse ses prunelles.\u2014 C\u2019est que vous ne connaissez pas encore grand chose du monde ! .Vous êtes une petite fille.\u2014 Moi ! une petite fille ?dit-elle, courroucée.\u2014- Une petite fille qui a des yeux ravissants ! ajoute-t-il avec une affectation de badinage Il s\u2019attendait à la voir rougir.mais le regard qui le fixe garde sa transparence.Un sourire joyeux éclot sur la bouche juvénile : \u2014 Oh! vous trouvez ?Elle a air ravi du compliment.et aussitôt, elle réplique, gentiment courtoise : -\u2014 Vous aussi vous avez de beaux yeux.Seulement, ils n\u2019ont pas de couleur ?\u2014 Comment pas de couleur ?\u2014Je veux dire.de couleur franche.Oui, tout à l\u2019heure, quand vous regardiez le chat qui allait sauter sur ma perruche, ils étaient foncés, d\u2019un gris presque noir et puis maintenant, ils sont verts.et plus doux.C\u2019est drô- el.Devant Jean-Claude qui la dévisage d\u2019un air singulier, elle ne baisse pas les cils.Pourtant il n\u2019y a aucune effronterie sur son visage levé et attentif.\u2014 Ce qui est drôle, c\u2019est votre esprit d\u2019observation.Voyez-vous cette jeune demoiselle qui, sans en avoir l\u2019air, examine en détail la physionomie d\u2019un jeune homme inconnu!.Elle est près de protester: « Mais vous n\u2019êtes pas un inconnu pour moi ! Mademoiselle Edwige m\u2019a tant parlé de vous.» La crainte de commettre une indiscrétion en révélant l\u2019intérêt que porte la vieille demoiselle à ce neveu jusque là demeuré si lointain lui ferme la bouche.Sans vergogne, Jean-Claude poursuit son interrogatoire : 23 e Le connaisseur choisira toujours le thé \u201cSalada\u201d Mélange Orange Pekoe.THE 'SALADA DOLLFUS-MIEG & C= SOCIETE ANONYME MAISON FONDEE EN 1746 MULHOUSE - BELFORT - PARIS A POUR BRODER-CROCHETER-TRICOTER a D'M:C: MARQUE DE FABRIQUE DÉPOSÉE COTONS A BRODER D-M-C, COTONS PERLES.D-M-C COTONS A COUDRE D-M-C, COTON A TRICOTER D-M:C COTON A REPRISER D-M-C, CORDONNETS.D-M-C SOIE À BRODER .D-M-C, FILS DE LIN.D-M-C SOIE ARTIFICIELLE D-M-C, LACETS DE COTON D-M-C PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D-M-C dans tous les magasins de mercerie et d'ouvrages de Dames COUPON le .D\u2019ABONNEMENT Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75c pouf 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE.Nom POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée, Prop.975, rue de Bullion MONTREAL .Ci-inclus veuillez trouver la somme de $3.58 Lisez pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour \u2019 3 mois (Etats-Unis: $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonne- Fe Samedi ment au magazine LE SAMEDI POIRIER, BESSETTE CIE, Limitée, Prop.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada.et faitesle lire .i Ville à vos amis \u2014 abonnez - vous dès maintenant! Adresse Nom 24 \u2014 Quel âge.avez-vous, Bérengère ?11 l'appelle tout de suite « Bérengère », jugeant qu'avec retie fille de fermier il n'y a pus à se gêner, ni à exagérer le\u201d formules de respect.Au surplus, il donne dans le goût moderne qui met d\u2019emblée tous les sentiments sur le plan de la camaraderie.\u2014 Dix-neuf ans.\u2014 Dix-neuf ans!.Machinal, un refrain plusieurs fois fredonné.lui vient aux lèvres : «Dix-neuf ans.dix-neuf ans.«C\u2019est le joli temps des grâces.« Dix-neuf ans.dix-neuf ans.«C'est tout le printemps qui passe.Les yeux purs levés vers lui, elle admire ingénument : \u2014 Comme c\u2019est joli! .Et tout aussitôt, remarque convaincue : \u2014 Vous chantez bien ! -\u2014 Merci!.H s\u2019est incliné, amusé, Cette petite sauvageonne avec son air naïf et sa robe bleue lui fait l\u2019effet d\u2019un verre de lait mousseux.Elle est candide et rafrai- chissante comme lui, pareillement rustique aussi et s\u2019adupte au décor.à la ferme, au réverbère anachronique, à la treille qui enroule ses volutes autour des vieux bois.Décidément, il faut venir er ce pays perdu pour trouver encore des specimens d'oie blanche comme en ont connu nos grand-pères.N'importe, l\u2019oie blanche a son charme pour l'appréeia- tion de ce blasé qu\u2019est Jean-Claude Ha- melin.Parce qu\u2019il a envie de la faire parler davantage, il enchaîne : \u2014 Vous ne les paraissez pas, vos dix- neuf ans.\u2014- Vous me trouvez petite ?s'enquiert elle, chagrine.\u2014 Je vous trouve.adorable ! Elle sourit, contente et tout son grave visage s'illumine d\u2019éclatante jeunesse.Et puis, avec une petite moue incrédule les mains jointes derrière son dos, tell« une écolière, elle secoue la tête brune.\u2014 Oh! je crois que vous exagérez.je n'ai rien d\u2019adorable.Mais quand vous connaîtrez Rosine ! 11 y a toute une promesse dans sa voix qui a baissé d\u2019un demi ton comme pour une confidence.\u2014 Rosine ?.Qui ça, Rosine ?Bérengère dévisage avec slupeur ce garçon qui ne connaît pas Rosine.Voyons ! N'est-ce point pour se fiancer avec elle que son père l\u2019envoie à Rovel ?Mais sans doute ne lui a-t-il point fait part de ses intentions ?.Oh! oh! il va falloir jouer serrer, pense la petite qui prend à cœur de remplacer jusqu\u2019au bout Mademoiselle Edwige.\u2014 Rosine d\u2019Etchebarne, est une amie de Mademoiselle de Rovel, déclare-t- elle, importante.\u2014 Ah oui.c\u2019est la pécore, on en célébrait hier les vingt-trois ans .H s\u2019est souvenu du nom qu'il a lu la veille sur la carte d\u2019invitation, adressée à sa tante.\u2014 La pécore ! répète Bérengère, visiblement choquée, Pourquoi la pécore ?Jean-Claude lève les épaules.\u2014 Les jeunes filles sont presque toutes des pécores.\u2014 Vous n\u2019aimez pas non plus les jeunes filles ?.Pourquoi ?Il y a une espèce d\u2019anxiété dans la question.Il se trompe sur les motifs de son trouble et appuie sur elle davantage ce regard magnétique dont il a si souvent expérimenté le pouvoir.Elle ne bronche pas et répète : \u2014 Pourquoi ?\u2014 Je les trouve dangereuses \u2026.\u2014 Dangereuses ! .Comment ça?\u2014 Naturellement ! Avec elle, il faut tout de suite parler mariage, jete-t-il, brutal.\u2014 Mais ce n\u2019est pas indispensable da parler «mariage»! se récrie-t-elle, sincèrement étonnée.Elle n\u2019aperçoit point la lueur railleuse qui rétrécit la pupille au fond des yeux changeants, ni ce tic, mi-sarcastique, mi- incrédule, qui lui tiraille la lèvre supérieure.\u2014 Ah! Vous voyez ?fait-il, la scrutant.\u2014 Dame !.Il y a tant d'autres sujets de conversation: la danse, la musique 7.la lecture.le sport.Rosine est trés instruite, vous savez.Avec elle, vous pourez discourir sur mille choses diverses.Elle danse toutes les danses modernes .e!le joue remarquablement au tennis.Désarmé par tant d\u2019innocence, il sourit et la petite flamme s\u2019avive à ses prunelles.\u2014 Ah! ca.dans quel but me faites- vous un panégyrique aussi flatieur de celle demoiselle ?Depuis que je suis: arrivé.on m'en rebat les oreilles.Hier, C\u2019étail mu tante qui me laissait froidement tomber à la station pour aller assister à l\u2019anniversaire de ladite Rosine.Bérengère a dressé l\u2019oreille.\u2014 Votre tante, dites-vous.\u2014 Certainement ! \u2014 Mais vous devez vous tromper !.\u2014 Pas du tout ! .Je l\u2019ai vue partir \u2014 Vous l'avez vue partir ?Vous ?\u2014 Et comment !.Attifée à la mode de 1880.dans une invraisemblable patache digne de figurer en bonne place dans un musée rétrospectif.Entre nous, est-ve qu\u2019elle s'habille toujours comme ca ?\u2014 Mais \u2026 \u2014 Olt! vous savez, moi, rectifie-t-il conciliant, je m'en moque éperdument.J'ai élé envoyé ici en service commandé, si je puis dire.et je vous avoue en confidence, \u2014 parce que vous me plai sez, Mademoiselle Bérengère, el je suis sûr que vous ne voudrez pas me trahir, \u2014 que je ne cherche qu\u2019un prétexte pour repartir.\u2014 Déjà, repartir ?.Vous n\u2019y pensez pas ! \u2014 Au contraire !.je ne pense qu\u2019à ça.Oh! soyez tranquille! Je trou- suis là, savez-vous bien que je ne me re TE iêté delle ?C'est suis pas encore inquiété d\u2019elle ?.C\u2019es assez mufle de ma part.\u2014 Mais .je crois.Il est trop tôt, affirme-t-elle, soudain péremptoire.\u2014 Trop tôt ?Les yeux de Jean-Claude se portent sur son poignet.\u2014 Dix heures, c\u2019est irop tôt ?.je croyais qu\u2019on élait matinal a la campagne ?\u2014 Oui, mais.pas quand on a veillé el qu\u2019on a dansé toute la nuit.I! la contemple, ahuri : \u2014 Danser ?.ma tante a dunsé toute la nuit ?\u2014 Mais non, pas elle, fait-elle, rougissante .Enfin, je veux dire.que.elle a regardé danser .\u2014 Et cela l\u2019a fatiguée au point de la retenir au lit toute la matinée ?Il a cette lueur railleuse sur les traits et dans le regard que Bérengère n\u2019arme pas.Dieu ! que ce Monsieur Jean-Claude est done cantrariant.Que faire 7.Elle déteste mentir.elle ne sait pas.Cela se voit tout de suite quand elle travestit la vérité, et déja, elle sent une insupportable rougeur envahir ses joues et monter en ondes rapides a tout son visage brûlant.Elle ne peut pourtant pas lui avouer que Mademoiselle de Rovel est absente ! Ce serait la catastrophe.Il reprendrait ses valises, tout heureux de tenir enfin le fameux prétexte à fausser compagnie au château et à ses habitants.Il regagnera ce Paris détestable où il y a les distractions pernicieuses .les mauvais amis.les femmes!.verai une raison plausible qui ne vexera pas cette bonne Mademoiselle de Ro- vel que vous semblez à la fois craindre et affectionner.Je lui dirai.je ne sais pas.que jai des rhumatismes.que le climat est contraire à mon tempérament.que ma santé s\u2019altère.Elle le guigne, d\u2019un œil malicieux : \u2014Je vous conseille de trouver autre chose.Elle croira tout cela difficilement ! Et son regard admiratif qui détaille la haute taille de Jean-Claude et son aspect de bel athlète souligne sa pensée.\u2014 Bah!.je sais très bien mentir.Et puis, entre nous, ma tante ne doit pas être tellement enchantée de l'irruption dans sa vie paisible d\u2019un neveu qu\u2019elle ne connaît pas et qui doit l\u2019épouvanter par avance.« Au fait, j\u2019y vais de ce pas .Il salue gentiment, d\u2019un geste désinvolte, le bout des doigts à hauteur de la tempe, et esquisse le demi-tour.Le visage de Bérengère a exprimé mille sentiments divers: l\u2019anxiété, l\u2019incertitude, la perplexité.Quand elle le voit se diriger vers la cour du logis, de son allure victorieuse, elle court derrière lui: \u2014 Attendez !.Je vous prie, attendez ! Surpris, il fait volte-face.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019il y a?\u2014 Où allez-vous ?Tandis qu\u2019il hausse les sourcils, elle le dévisage, soucieuse, en chiffonnant machinalement sa collerette.\u2014 Eh bien.présenter mes devoirs à ma tante.Depuis hier soir que je Photo C.P.R.Coucher de soleil sur le lac Vassal, dans la région du Saint-Maurice.Les Femmes !.Le mot la laisse rêveuse et troublée.Pour ume petite fille qui n\u2019a jamais quitté ses montagnes, ses routes encaissées à l\u2019abri des vallons purs, les femmes solitaires où les châtaigniers tendent leurs grands bras d\u2019athlètes, les « Femmes» de Paris apparaissent comme de redoutables sirénes.A tout prix, il faut arrachez Jean-Claude a leur maléfice.Mais Jean-Claude n\u2019a pas attendu la fin de cette méditation tourmentée.Il s\u2019éloigne, flegmatique, en grommelant : « Etrange petite fille» !.Et elle est encore plantée au milieu de la cour de la ferme, toute raide dans sa robe bleue, qu\u2019il a déjà franchi le porche.Alors, Bérengère prend une rapide décision.Elle file par les communs, arrive à la basse-cour et de là, gagne la cuisine par la petite porte de service.Devant la haute cheminée tapisséo de faïences rustiques.Dominica s\u2019affat- re courbée, sur le foyer.Une odeur de pain grillé emplit savoureusement l\u2019atmosphere.\u2014 Je prépare le déjeuner du jeune monsieur, annonce la Basquaise en relevant vers l\u2019arrivante sa face enflammée par l\u2019ardeur des braises.\u2014 S'il demande Mademoiselle, tu lui diras qu\u2019elle a la migraine, recommande Bérengère avec une mine de conspiratrice.Et elle se sauve dans l'escalier, en entendant le pas de Jean-Claude résonne: sur les dalles, devant la porte.LA REVUE POPULAIRE Doucement, effleurant à peine les marches de bois ciré, elle atteint sans bruit l\u2019étage supérieur.Une seconde, penchée sur la rampe, elle a un sourire malicieux, à l\u2019adresse de la haute silhouette masculine qui passe en bas sans deviner sa présence, puis rentre dans sa chambre.La tréve est de courte durée !.Elle vient a peine de commencer «son ménage» qu\u2019on heurte discrètement à sa porte et Dominica montre sa figure perplexe.Elle chuchote : \u2014H veut absolument monter chez Mademoiselle.A ce que jai cru com prendre, il a entendu les volets claquer, pendant qu\u2019il déjeunait sur la table du jardin.Bérengère maudit l\u2019étourderie qui l\u2019a incitée tout à l\u2019heure à ouvrir loute grande sa fenêtre, sans se douter que la servante venait d\u2019installer le jeune homme dehors.Mordillant sa lèvre rose, elle regarde Dominica avec anxiété.La Basquaise s\u2019étonne : \u2014 Pourquoi Mademoiselle Bérengère ne veut-elle pas dire au jeune monsieur que sa tante est absente ?.Puisque Mademoiselle Edwige doit revenir dans la journée.Ouais! la journée est longue.et comme ce terrible Jean Claude n\u2019attend qu\u2019un prétexte pour se défiler, il s\u2019empresserait de sauter sur celui-la.Il n\u2019attendrait certes pas le retour de Mademoiselle de Rovel .Tout cela, elle ne peut l\u2019expliquer à la brave femme, et elle se contente de hausser les épaules : \u2014 Tu ne peux pas comprendre mais j'ai mes raisons, dit-elle, en relevant le menton, d\u2019un petit air de défi.Tout a coup, elle tend l\u2019oreille.Quel- qu\u2019un monte l'escalier: le danger se précise!.Une véritable angoisse se reflète sur ses traits : que faire ?.Elle tourne par la chambre, balayant le décor de ses regards affolés.Soudain, elle s\u2019immobilise, sidérée: elle vient d\u2019apercevoir sur lu bergére une robe a fleurs et un chapeau cabriolet qui attendent le moment d\u2019être replacés là-haut dans la malle du grenier, entre les sachets de camphre et le flacon de benjoin.Tous ses traits s\u2019illuminent de malice.Et comme un coup sec et volontaire retentit à la porte de la chambre voisine, elle fixe Dominica de ses yeux brillants : \u2014 Ecoute, fais-lui comprendre que Mademoiselle s'habille.et tu l\u2019introduiras dans dix minutes, tu entends ?.Dix minutes exactement, chuchote-t-elle, son visage espiègle tout près de la figure ahurie de la brave servante.Et elle la pousse dehors avec céléri- te.Un bref instant elle l\u2019écoute parlementer avec Jean-Claude qui ne saisit toujours pas grand chose de son langage mais a fini par se familiariser avec ses gestes, car il baisse la voix, sans doute pour ne pas aggraver la migraine de cette pauvre tante Edwige.Alors, sur la pointe des pieds, les bras chargés de son travestissement de la veille, 1a jeune fille passe dans la pièce voisine.Pendant quelques minutes, elle s\u2019absorbe devant le haut miroir de la commode de noyer a une étrange occupation .Les dix minutes passent.et lorsque Dominica s\u2019informe derrière la porte du moment où elle pourra irtroduire Je jeune monsieur, une petite voix cassée réplique : \u2014 TI peut entrer.mais pas longtemps.Il me semble que mes aiguilles a tricoter me sont entrées dans la tête.Un peu confus de son insistance, Jean- Claude apparaît sur le seuil.Chapitre V \u2014 Ma tante, je vous présente mes devoirs.Dans l\u2019encoignure de la fenêtre qui encadre un grand morceau de ciel sur lequel se profile la molle ligne bleue des montagnes, la petite vieille, nichée dans son grand fauteuil à oreilles, daigne à peine tourner la tête.Elle souffle.si bas que ses paroles viennent mal jusqu\u2019au visiteur, interdit: \u2014 Excusez-moi, mon neveu.Je.j'ai une grosse migraine! . \u2014\u2014 Juillet 1935 \u2014 Vraiment ?.Je suis désolé, compatit le jeune homme, cn s\u2019avançant respectueusement.L\u2019une des mains habillées de mitaines ajourées qui soutiennent le visage enfou: sous les boucles grises se déplace un peu .Jean-Claude ne peut compredre ce geste que pour une invitation à approcher.11 obéit, retenant une forte envie de rire.Cette tante Edwige, quelle invraisemblable apparition !.Pourtant, cela ne ferait pas un vilain tableau, dans son cadre d\u2019intimité désuète et démodée.Au fond du fauteuil archaïque, on devine à peine son corps fréle.mais ses robes débordent autour d\u2019elle, houle d\u2019étoffe gonflée par d\u2019invisibles jupons. ses pieds, la chatte ronronne, grognonne et satisfaite, on ne sait trop, sur le tabouret en tapisserie.et dédaigne de jouer avec l\u2019étui à lunettes abandonné près d\u2019elle, tout ouvert.Car sous ses anglaises grises, Mademoiselle Edwige porte des lunettes, des lunettes à monture d'argent au travers desquelles on ne peut distinguer ses prunelles qu\u2019elle voile de.ses paupières à demi baissées.Au surplus, l\u2019éventail de ses doigts qui soutient sa tête dolente dissimule presque tout le visage.N\u2019importe .Telle, la pose est jolie dans son originalité.et soudain, l\u2019ar- liste qui dort chez Jean-Claude se réveille, intéressé.Quelle amusante caricature à rapporter à Paris !.Jamais Arlette ne voudra croire qu\u2019il existe encore en France de vieilles filles qui s\u2019habillent de cette façon ! .\u2014 Oh! ma tante, si vous vouliez ! \u2014 Quoi ?s\u2019informe, sans bouger, la dame aux boucles.\u2014 Vous me permettriez de rester la, à vos pieds, sur cette chaise basse, et je crayonnerais votre portrait.Cela ne sera nullement fatigant, voulez-vous ?Seule, une petite toux embarassée lui répond.Mais Jean-Claude n\u2019est pas disposé à renoncer à une fantaisie qui l\u2019amuse : \u2014 Je vous en prie.le! Vous allez voir! Sans plus de souci de la migraine de la malheureuse tante Edwige, le tyran s\u2019est emparé du siège en question.Il a tiré de sa poche son carnet de croquis, son crayon, et avec une habileté qui dénote en lui le goût et l\u2019habitude, il s\u2019installe à califourchon sur la chaise de paille.\u2014 Là !.Vous permettez ?.le pli de la robe plus naturel.cette boucle plus à gauche pour dégager le col Oh! je ne veux pas vous toucher ! s\u2019ex- clame-t-il, sur un vif mouvement de retrait qu\u2019a eu la forme cocasse engoncée dans son fauteuil.Maintenant, il crayonne, absorbé, ses dents blanches mordillant sa lèvre ardente, dans un tic qui lui est familier.La préoccupation durcit snn profil régulier, accuse davantage ses traits nets, son masque volontaire.Mais le sourire railleur que Bérengère déteste a disparu de sa bouche et de ses prunelles attentives.Agacée par son immobilité forcée, la dame aux boucles commence à s\u2019agiter: \u2014 Vous avez fait bon voyage, mon neveu ?profère une voix exagérément chevrotante.\u2014 Un voyage parfait ! déclare le dessinateur en clignant de la paupière gauche, pour mieux distinguer, sans doute.\u2014 Et vous.vous vous plaisez à Ro- vel ?La petite lueur moqueuse s\u2019insinue sous les beaux cils fournis qui donnent tant de charme au regard de Jean-Claude.\u2014 Oh! c\u2019est un endroit.idéal et je ne conçois pas qu\u2019on puisse vivre ailleurs.\u2014 Oui, n\u2019est-ce pas ?\u2014 11 doit abonder en distractions varies et inattendues, poursui-il avec un feint enthousiasme.D\u2019abord, le décor, les gens, les costumes, tout est curieux ! Tenez, cette robe, ma tante.elle ferait fureur à Paris!.\u2014 Ah ! vraiment ?\u2014 Et tout est à l\u2019avenant !.Il n°y a pas l'électricité.Hier soir, j'ai failli demander une échelle pour monter sur mon lit qui repose sur un véritable Himalaya de plumes et de laine.\u2014 C\u2019est la couette.renseigne obligeamment son interlocutrice.ce sera très drô- \u2014 Eh bien, ma tante, la couette me manquait à Paris, sans que je m\u2019en fusse avisé, c\u2019est une vérité incontestable.Et il n\u2019y a pas que la couette ! .Il ya aussi .qu\u2019il n\u2019y a pas l\u2019électricité, ni le chauffage.ni l\u2019eau courante.\u2014 Mais nous avons le soleil !.Et l\u2019eau courante dans le ruisseau qui vient de la montagne .Elle est si fraîche et si bleue qu\u2019on peut y mirer son visage.\u2014 Naturellement !.Ça se défend.Et combien d\u2019autres merveilles insoupçonnées !.Les perruches s\u2019envolent sur les arbres, et il faut courir après pour les disputer à la voracité des fauves errant en liberté dans les parages.La bonne ne parle pas le français et il faut apprendre le basque si l\u2019on veut obtenir de l\u2019eau chaude pour la barbe et du cirage pour les chaussures.Bref, la vie prend ici un imprévu, une saveur extraordinaires ! .je regrette désespérément de ne pouvoir y demeurer plus longtemps! \u2014 Vous.tu veux repartir ?murmura la voix inquiète.\u2014 Hélas! ma tante !.Attention! Le bout du pied un peu en avant s\u2019il vous plaît.là.qu\u2019il dépasse un peu la jupe.Ces souliers sont tout un poème ! Oui, ma tante, explique-t-il en se rasseyant après avoir légèrement dégagé le pied de son modèle, sans s\u2019apercevoir du geste de défense de celui-ci, je serai malheureusement obligé d\u2019écourter mon séjour !.Il soupire, l\u2019air navré, tandis que lc crayon barbouille le papier.\u2014 Mais.pourquoi ?La main de Jean-Claude tonche sa gorge.Il souffle, difficilement, comme s\u2019il était soudain empêché de respirer : \u2014 J'ai la.poitrine.terriblement fragile ! \u2014 Non.Et Alors ?Jean-Claude perçoit une anxiété dans le ton de la dame aux boucles.Il accentue son expression de regret et lui lance un regard qui attendrirait Farou lui- même.\u2014 Alors.cet air n\u2019est pas bon pour moi ! \u2014 Notre air, pas bon ?Le crayon menaçant le plafond, dans un mouvement d\u2019orateur qui tient son sujet, il réplique : \u2014 Oh ! je sais ! .Vous allez me dire: l\u2019altitude, notre altitude est justement indiquée dans ces cas-là.Eh bien, pas pour moi ma chère tante, hélas ! pas pour moi ! L\u2019hypocrite !.On le croirait vraiment désespéré !.Un sourire se joue sur les lèvres de la dame aux boucles, mais comme elle tient obstinément \u2014 à cause de la migraine \u2014 son menton caché dans ses mains ce détail échappe à l\u2019attention de son interlocuteur \u2014 Je croyais que les aviateurs étaient habitués à l\u2019altitude, profère la voix menue qui en oublie de chevroter.Jean-Claude lève le nez.C\u2019est curieux comme cette voix, tout à coup, lui a paru avoir une intonation presque familière.en tout cas, entendue il n\u2019y a pas longtemps.Mais la vision de cette dame surannée, affaisée dans son fauteuil à oreilles dissipe aussitôt cette impression.La dame, consciente de sa distraction, se hâte de cacher son embarras dans une quinte de toux fort bien imitée.\u2014 Là, vous voyez, vous toussez, vous aussi ma tante.\u2014 Jai avalé de travers.tremblote la voix.Jean-Claude hoche la tête douloureusement.\u2014 Fh bien, oui, pour moi, ce climat n\u2019est pas bon.et s\u2019il faut tout vous dire, il urge que je parte.Cela pourrait devenir fort dangereux.Sur son siège, le modèle s\u2019agite \u2026.Ses épaules sont agitées d\u2019un étrange soubresaut.Mais le jeune homme, imperturbable; et tout entier à son histoire, poursuit sans le remarquer : \u2014 Ce matin.Il baisse la voix .\u2014 J'ai eu une véritable crise ! \u2014 Mon Dieu ! s\u2019exclama la voix que l\u2019émotion enroue davantage; vous n\u2019avez pas craché le sang, au moins ?Jean-Claude ne répond pas tout de suite Il ménage ses effets.Et puis, il souffle dramatique : \u2014Si!.\u2026.\u2014Oh!.La dame au boucles a failli se trahir, devant tant de duplicité.et ce «oh! » contient beaucoup plus d\u2019indignation que d\u2019apitoiement.Ce Jean-Claude, quel menteur ! .Et faut-il que ce Paris lui tienne à cœur tout de même ! Or, a cet instant, la porte s\u2019ouvre.en trombe.si violemment que le jeune homme tressaille et que la douairière se dresse sur son fauteuil, d\u2019un seul élan .\u2014 Alors, clame un organe rude et sympathique, on me dit que mon neveu est ici ?.je serais curieuse de savoir.Mais la nouvelle venue s\u2018interrompt.-\u2014 Ah! ça, qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette mascarade ?Ahuri, Jean-Claude, qui en oublie de quitter le siège sur lequel il est posé à califourchon, voit s\u2019avancer une robuste personne au teint coloré, aux larges épaules, habillée d\u2019un manteau de drap noir qui lui descend jusqu\u2019aux talons.Pleines de stupeur, les prunelles du jeune homme virent vers la douairière pour lui demander compte de l'intrusion de cette étrangère hurluberlue.mais alors, il manque de crier d\u2019étonnement.La douairière a dégringolé lestement de son siège, bousculant la chatte qu' grogne, en voyant promener l\u2019étui à lunettes qui roule sous la table Louis-Phi- lippe avec un bruit mat.S\u2019empêtrant à demi dans sa longue robe, elle s\u2019est précipitée au cou de l\u2019arrivante : \u2014 Mademoiselle Edwige !.Quel bonheur On ne vous espérait avant ce soir ! \u2014 Ah! ça, par exemple !.Il ne faut pas deux secondes à Jean- Claude pour reconnaître dans l\u2019allégresse de ce timbre qui ne chevrote plus du tout, la voix de sa jeune compagne du matin, et pareillement, d'identifier une paire de yeux bleus débordant d\u2019espièglerie.\u2014 Le docteur m\u2019a offert de me raccompagner, en auto, explique Mademoiselle Edwige, et j'avais une telle hâte de rentrer que j'ai accepté d\u2019emblée cette aubaine.«Bon sang! s\u2019exclama-t-elle, s\u2019arrachant aux bras de la jeune fille pour la contempler à loisir, à bonne distance de son regard de presbyte, me diras-tu enfin ce que signifie ce costume ?Et son œil noir, agile et scrutateur, va de Bérengère à son neveu que la surprise a figé sur place.\u2014 Mon Dieu! fait insoucieusement celle-ci, je posais pour Monsieur Hame- lin, en vous attendant.\u2014 Tu posais.Avec celte perruque et cet accoutrement ?.Mais, ma parole tu es allées dénicher tout ça au grenier ?remarqua la vieille demoiselle en haussant ses sourcils drus.Preste, la perruque s\u2019envole, au bout des doigts de Bérengère, libérant le flou obseur de ses boucles emméêlées.\u2014 C\u2019était pour figurer dans les tableaux vivants de Madame d\u2019Etchebar- ne.Je vous expliquerai.Votre neveu a trouvé l\u2019ensemble si réussi qu\u2019il m\u2019a choisie comme modèle, expose-t-elle, avec un délicieux sourire en coin Eh ! bien, pense Jean-Claude qui n\u2019en revient pas, cette gamine s\u2019est joliment payé ma tête !.Il est à la fois vexé, furieux, et amusé.Subrepticement, il lance à la jeune fille qui ne semble pas le remarquer, un coup d\u2019eil plein de menace.Mais il est aussitôt pris à partie par Mademoiselle Edwige qui l\u2019interpelle, du ton d\u2019un général haranguant un «bleu : \u2014 Sapristi, mon neveu, je finissais par croire que tu étais un mythe depuis le temps que j\u2019entendais parler de toi sans voir jamais ta figure.Regarde-moi ! Un peu interloqué par cette brusquerie, le jeune homme grimace un sourire contraint.\u2014 Ouais ! dit la tante, après l'avoir fixé un temps sans rien dire, tu n\u2019es pas trop mal biti pour un Hamelin.Heureusement, tu ressembles a ta mére.sauf le menton.Tu dois être têtu et volontaire comme ce sacrip .enfin, passons ! .Inutile de réveiller les vieilles querelles.Tu es là, c\u2019est le principal!.Viens m\u2019embrasser, mon gars ! Et Jean-Claude se sent attiré sur une vaste poitrine, tandis qu\u2019une poigne sans douceur l\u2019étreint frénétiquement.(Suite à la page 35) Voilà le cri des Rice Krispies de Kellogg quand on les arrose de lait ou de crème.Et quel appel séduisant pour les enfants! Les Rice Krispies ont une saveur et un croustillant qui provoquent l\u2019appétit de toute la famille.Et ils sont si nouris- sants, si faciles à digérer.Un véritable délice quand on les mange avec des fruits ou du miel.Servez les Rice Krispies aux jeunes enfants au souper ou avant le coucher et constatez comme ils procurent un sommeil paisible.En vente dans toutes les épiceries.Le sac intérieur WAXTITE, scellé à chaud, conserve aux Rice Krispies leur fraîcheur originelle.Préparés par Kellogg à London, Ontario.Qualité assurée.ECOUTEZ BIEN ÇA Sur l\u2019envers de chaque carton de Rice Krispies Kellogg se trouve un conte de Ma Mère l\u2019Oie.Plus vous achetez des Rice Krispies, plus les enfants reçoivent de ces contes.Ecoutez!\u2014 soyez en appétit 26 Pour le beau soleil d'été SS | EAR | La S a LA REVUE POPULAIRE OR 1772 \u2014 Robe tunique d\u2019un effet juvénile.G.34 à 42.Pour un 36; la jupe, 244 v.de 36 ou 39\u201d.La tunique : 3 v.de 36\u201d, 234 v.de 39\u201d 15 cents.1764 \u2014 Robe de fillette pour grandeurs 6 à 44.Pour un 12: 23pv.de 36\u201d ou 39\u201d; 2 v.de 44\u201d avec ruban pour le con, les manches.15 cents.1775 \u2014 Robe d\u2019une belle simplicité.Gr.32 à 40.Pour 36: 435 v.de 36\u201d, 334 v.de 39\u201d.Contrastant : 3% v.de 36, de 39 ou de 45\u201d.15 cents.1774 \u2014 Ensemble robe et gilet pour gr.12, 14, 15, 16, 17, 18, et 20.Pour un 15: la robe, 3 v.de 36\u201d ou 1% v.de 54\u201d.Contrastant : 1, v.Le gilet, 14 v.de 54\u201d.15 cent.8219 \u2014 Une toile:- te légère pour l\u2019été.Gr.32 à 40.Pour 36: 435 v.de 36\u201d ou 4p v.de 39\u201d.Contrastant pour la ceinture, JL v.25 cents.8219 PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, commandez-les, avec votre remise, à l\u2019adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département « P» 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q.- > et i Cutex vous offre 4 Batons de Rouge et Polis a ongles assortis LA MODE actuelle exige que vous mettiez autant d'harmonie entre vos lèvres et vos ongles que vous en mettez entre votre chapeau et votre robe! Vous n'aurez aucun mal à y arriver, car Cutex a tout prévu pour vous.Appliquez votre Poli Liquide Cutex préféré.que vous choisissez à votre gré: Naturel, Rose, Mauve, Corail, Cardinal et Rubis .puis enjolivez vos lèvres du Bâton de Rouge Cutex crémeux qui correspond à la nuance de poli que vous avez choisie! Il existe un bâton de rouge pour s'harmoniser avec chaque nuance de poli.Ce n'est pas plus malin que cela! Et quand vous aurez admiré sur vous-même des lèvres et des ongles ainsi harmonisés, vous vous demanderez comment vous avez pu, pendant des années, tolérer un poli rouge avec du rouge à lèvres orange, ou vice versa! Les nouveaux Bâtons de Rouge Cutex sont d\u2019une consistance lisse et veloutée .mais non graisseuse.Ils restent en place .mais sans jamais sécher vos lèvres.Vous vous attendez probablement à payer cher.Détrompez-vous: ils ne coûtent que 75¢! 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INDIQUA LE CHEMIN de la SANTE! Cette jeune femme, (il y en a des milliers comme elle) dépérissait à vue d'œil.Malgré les meilleurs soins et l'emploi de remèdes dispendieux son mal empirait de jour en jour.Une amie reconnaissant en elle les symptômes d'un mal dont elle-même avait souffert \u2014 lui recommanda les Pilules FEMOL.Après en avoir pris une boîte, la malade se sentit beaucoup mieux; moins de douleurs et moins fréquentes.A la troisième boîte elle était complètement débarrassée de ses maux.Vous qui souffrez de maladies féminines (beau-mal) que ne donneriez-vous pas pour vous en débarrasser ?Cependant le remède est à votre portée, il coûte peu et mérite un essai.Les pilules FEMOL se vendent partout, demandez-les.PILULES FEMOL LA REVUE POPULAIRE Les derniers caprices de la mode 8215\u2014Une délicieuse toilette pour le soir.Gr.12 à 20.Pour un 16: 6% v.de 36\u201d ou 534 v.de 45\u201d.25 cents.1779\u2014Robe d\u2019une belle simplicité.Gr.32 à 40.Pour un 36, tissu rayé, 35 v.de 36°, % v.de contrastant.15 cents.1778\u2014Pour gr.32 à 40.Un 36 demande: 415 v.de 36\u201d, 44 v.de 39°.15 cents.PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, commandez-les, avec votre remise, à l\u2019adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département «Ps» 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q. -_\u2014 ee -_) Juillet 1935 Quelques modèles faciles à 1783\u2014Une robe charmante pour gr.32 à 42, Pour un 36 : 33; v.de 36 ou 39°; v.de contrastant.15 cents.1784\u2014Robe pour gr.de buste 36 à 52.Un 40 demande : 444 v.de 36\u201d 34 v.de contrastant de 36\u201d.15 cents.1786\u2014Robe-tablier pour enfant de 1 à 6.Pour un 4: 1% v.de 36\u201d, 1% v.de braid.15 cents.8223\u2014Une toilette de sport pour gr.32 à 40.Pour un 36 : 3% v.de 36\u201d, 3 v.de 39\u201d.5 v.pour le foulard.25 cents.CD) D SEIS SOB HK RFF RX ER OQ Gl AN XK À NN DE ka K_/ NS 20 PK J 254) BLK WSK lH ES KA A 1784 PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir.commandez-les, avec votre remise, à l\u2019adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département «P» 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q.29 VICEROY MANUFACTURING CO, LTD., WEST TORINO Car TRO BN Sos mat Maux de Tête Toujours soulagés par Deux Merveilleux Arrosoirs Arrosoir d\u2019un genre tout nouveau pour cercles 4 de 12 à 65 pieds Peut tourner à une seule révo- 48 lution à la minute pour une averse qui pénètre \u2014 ou plus rapidement, pour un arrosage plus léger.Fonctionne bien à toutes les vitesses, même sur pentes et au grand vent.Nouveau bec en cuivre à 2 jets, réglable.Solide et de belle apparence.Dure indéfiniment.Le meilleur arrosoir de pelouse jamais fabriqué.Base nouvelle, facile à déplacer.Hauteur, 1114\u201d.Double jet d\u2019eau, pour toute distance jusqu\u2019à 50 pieds \u2014 tournant ou fixe Ce célèbre Rain King lance plus ponds d'eau, la lance plus loin et plus également qu\u2019aucun autre arrosoir de sa dimension.Accessoires divers pour tous les genres d\u2019arrosage, beau dessin, 9 pouces de hauteur.Colonnes d\u2019eau, bras, etc, en bel émail rouge.Ces deux arrosoirs sont des Voyez les Arrosoirs Rain King chez votre murchand ou écrivez à l\u2019usine \u2014 > Flexible Shaft Co., Limited, 357 Carlaw Ave, Toronto, Ont. Les attelages de chien sont nombreux dans la région.Les écuries de la seigneurie Cabo au Cap à l\u2019Aigle.Photos Associated Screen News, Montréal La jolie petite rivière Murray, à La Malbaie.Tout le pays de La Malbaie est justement fier de ses fileuses.Les couvertures, tentures, couvre - pieds, tapis et autres travaux domestiques exécutés à La Malbaie et dans les environs sont célèbres dans tout le Ca- Une longue grange re- nada et aux Etats-Unis.vêtue d\u2019un toit de chaume, a Stdrénée. CR EE NT LE EAE ther I ! Le Canada de l\u2019Atlantique au Pacifique Le rocher de Percé, face au Mont-Joli.Vue prise du mont Sainte-Anne, à 1500 pieds de hauteur.| | em op gn aw = i Ee .lo hi oa La rue Rideau, a Ottawa.A droite, la gare.A gauche, le Château Laurier.Pr \u2018\u201d Ministère du Commerce Pêche à l\u2019espadon devant Louisb Nouvelle-Ecosse.Photo C.N.R Ci-dessous, le lac Memphiemag près d\u2019Eastman, P.Q.Le Lac Emeraude, au cœur des Rocheuses.Photos C.P.R.Un des plus beaux coins des Laurenti- des : Saint-Jovite.Photo A.S.N.\u201d-» se EE on 32 LA REVUE POPULAIRE POUR DETENDRE LES NERFS par FRANCINE gens ne savent pas accommoder leur home pour jouir un peu de la vie.en été surtout.I EST étonnant comme beaucoup de Avez-vous une large terrasse donnant sur un jardin ?Ou une simple véranda sans issue sur l\u2019extérieur ?Si non, vous avez sûrement un balcon ou une « galerie», comme l\u2019on dit chez nous.Rieu de plus facile que de transformer ces espaces étroits en un coin charmant et gui, où vous goûterez duvantage le beau soleil et les parfums des fleurs.Voici comment j'ai embelli une « galerie» arrière où la perspective n\u2019offre rien d\u2019attrayant, je vous prie de le croire.D'abord une carpeitte verte qui simule le gazon.Une toile à rayure vertes et jaunes enveloppe le garde-fou.Sur ce dernier, de longues jardinières de bois peint en vert; j'y ai planté des fleurs vivaces el quelques plantes vertes.Entre les poteaux qui soutiennent la toiture, trois autres jardinières en treillis avec «glaces» bien entretenues.Il ne me restait plus alors qu\u2019à meubler mon « jardin» de chaises pliantes, d\u2019une petite table avec livres, cendriers, et le reste.Et je n\u2019ai pus oublié le cabaret pour le service des boissons glacées.Si on le désire, il est facile de glisser un rideau de coutil dans un support entre les poteaux, ce qui assure plus d\u2019intimité.Comme on le voit, un peu de goût.et de travail suffisent à se créer un chez- soi rafraîchissant, reposait.Parodiant une parole vélèbre, vous pourrez dire .«Mon jardin est modeste, mais je suis dans mon jardin!» PHOTOS WOMAN'S JOURNAL Juillet 1935 MYRNA LOY, dont le teint fait l\u2019envie des vedettes de Hollywood.Votre beauté, madame QUELQUES SECRETS Voici quelques secrets, grâce auxquels les vedettes de Hollywood conservent si longtemps leurs « vingt ans».A Hollywood, en dehors des longues séances de culture physique, le régime d\u2019une star comporte : Deux jours par semaine un régime de fruits.Deux jours par semaine, un régime végétarien.Trois jours par semaine, une nourriture normale, sans excès.Si vous êtes trop forte, c\u2019est-à-dire que vous pesiez un poids exagéré pour votre taille, voici un traitement facile à suivre et qui vous donnera des résultats étonnants : A huit heures du matin: un oeuf frais du jour, une tasse de thé léger et une biscotte non beurrée.A dix heures: un bol de bouillon de viande dégraissé et un quart de pinte d\u2019eau chaude.A midi: des hors-d\u2019œuvre (radis, tomates), une viande grillée, un légume vert cuit à l\u2019anglaise, un fruit et une infusion après le repas.A huit heures : votre souper se composera comme votre repas de midi.Ayez soin de boire au minimum une pinte de boisson (chaude si possible) dans les vingt-quatre heures.Ce régime, que vous suivrez un mois, pas plus, vous fera maigrir rapidement.La grande mode, en Californie et même à New-York, est celle des régimes de fruits.UNE PEAU SAINE DOIT ETRE PROPRE Je travaille beaucoup, dit une célèbre vedette française, et le léger surmenage auquel je suis presque continuellement astreinte m\u2019empêche de perdre ma ligne.Mais jé dois surveiller ma peau, qui reflète si vite, surtout chez les blondes, la fatigue, et toutes les petites misères physiques.Dès qu\u2019une femme digère mal, elle a des boutons.Si elle a le sang échauffé, elle a des points noirs.J\u2019ai dit que je veillais à un équilibre général, balançant le sommeil et les veilles, l\u2019apport de nourriture et la dépense physique.Si elle est saine, la peau n\u2019a besoin que de peu de soins externes.Elle sera saine, si le tube digestif fonctionne bien, et si elle est bien nettoyée.Certains instituts de beauté prétendent qu\u2019il ne faut jamais se laver le visage.Personnellement, je n\u2019ai jamais pu rester vingt-quatre heures sans me savonner en- tièrement le corps, le visage comme le reste.J'aime avant tout avoir la sensation que la peau est nette, libre, nue, et qu\u2019elle respire.Cette sensation-la, on ne l\u2019a qu\u2019après un vrai bon nettoyage.\u2018Le soir, j\u2019enlève mon maquillage de scène avec un démaquillant à base de vaseline.Puis avec un bon savon qui mousse.C\u2019est un savon simple qui relève plus de la pharmacie que de la parfumerie, ce qui m'\u2019inspire confiance \u2014 avec ce bon savon, je me lave à fond le visage.Je n\u2019emploie pour ce nettoyage ni gant de toilette, ni éponge.Mais, avec les mains, je fais pénétrer le savon dans la peau, pratiquant un véritable massage à la mousse.Puis je rince à l\u2019eau tiède.L\u2019eau bouillante ou glacée ne me réussit pas.Je tamponne avec une serviette fine.Et je finis de sécher avec une serviette de papier de soie.UNE NOUVELLE TEINTE DE ROUGE Les films exotiques, les grandes randonnées aériennes ont créé un mouvement d'intérêt en faveur des coutumes et des couleurs hawaiennes.Celte mode alleint maintenant jusqu\u2019au crayon de rouge pour les lèvres.C\u2019est pourquoi Helena Rubinstein n\u2019a pas hésité à lancer une nouvelle teinte de rouge : le Terra Cotta.L\u2019avantage de cette couleur brique es! de donner aux lèvres plus de naturel, en ce sens que le rouge semble miiri par le temps.A une récente revue de modes à New-York, tous les modèles \u2014 les blondes comme les brunes \u2014 portaient ce rouge Terra Cotta.L\u2019effet fut saisissant pour les personnes présentes car, on ne sait pas quel charme, le Terra Cotta ne donne pas une expression uniforme aux visages divers.Signalons aussi que le Terra Cotta est la seule teinte de rouge pour les lèvres qui puisse s\u2019employer avec discrétion par les personnes à cheveux blancs.Cette création arrive au bon moment car elle est toute appropriée aux costumes de l\u2019été.Le rouge Terra Cotta possède évidemment les auires qualités des rouges d\u2019Helena Rubinstein: fraîcheur, distinction et naturel.Photo Hind\u2019s Cream 33 Des cabinets propres ne couvent pas de \\ germes AUCUN récurage ni frottage ne peut nettoyer les endroits inaccessibles d\u2019une cuvette de cabinet.C\u2019est là que se logent les microbes.Des odeurs s\u2019en dégagent.Sani-Flush devient alors indispensable.Jetez simplement un peu de Sani-Flush dans la cuvette des cabinets (quantités indiquées sur la boîte).Tirez la chasse-d\u2019eau.Les impuretés sont emportées.La porcelaine redevient luisante comme neuve.Les taches de toute sorte sont disparues.et aussi les odeurs.Sani-Flush vous épargne tout le récurage ennuyeux.Aucun procédé ne l\u2019égale pour 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et colorés.Le linoléum est fait d\u2019un caoutchouc si résistant qu\u2019il est pratiquement inusable.Il a l\u2019apparence et la beauté de la marqueterie tout en étani plus accessible aux bourses moyennes.De même que tous les meubles ne conviennent pas à toutes les pièces, ainsi tous les dessins de linoléum ne s\u2019accordent pas indifféremment à toutes les cuisines.En certaines maisons il faudra un linoléum plus clair, en d\u2019autres un linoléum qui «allongera » la pièce, ailleurs un dessin plus sobre de couleurs.En cette matière, il est souvent préférable de s\u2019en rapporter à un homme du métier.La photo du haut représente la cuisine modèle de la General Electric, au magasin Eaton à Toronto.Le linoléum repose ici directement sur le bois.Celle de droite montre la cuisine de Mme Ronald Graham, de Montréal.Le linoléum fut appliqué sur béton, ce qui assure une surface parfaitement plane.I N\u2019Y A rien dans ces deux pièces qui PHOTOS DOMINION OILCLOTH & LINOLEUM CO.Limited. Juillet 1935 Le Prisonnier de Bérengère (Suite de la page 25) \u2014 Et maintenant, conclut la vieille fille, en le repoussant d\u2019une chiquenaude que n\u2019eut pas désavoué un champion de rugby, fiche le camp.De ma chambre j'entend !.Il me faut le champ libre pour changer de vêture.A ses pieds, Bérengère a laissé glisser en corolle sa jupe à fleurs.\u2014 Dis donc, toi, déclare Mademoiselle Edwige, mets de côté pour l'instant ton accoutrement .et occupe-toi de mes valises.Mon neveu aura tout le temps de te portraiturer plus à loisir.Car j'espère que tu es là pour longtemps ?s\u2019informe-t-elle, d\u2019un ton péremptoire qui annihile d\u2019avance chez ses auditeurs toute velléité de résistance.Jean-Claude qui atteignait la porte, fait volte-face.\u2014 C\u2019est que.voilà, commence-t-il.Bérengère l\u2019interrompit vivement : \u2014 Justement, Mademoiselle.Monsieur Jean-Claude me confiait avec quelle joie il s\u2019installerait près de vous jusqu\u2019à Pété.Le manoir l\u2019a conquis.et il se réjouit d\u2019y pouvoir faire une longue cure d\u2019air pur, au sortir de l\u2019atmosphère pernicieuse de la capitale.\u2014 Oh ! s\u2019indigne Jean-Claude éberlué, quel toupet ! Il va vertement la remettre à sa place.Mais il n\u2019a pas le temps de proférer un mot.\u2014 Comme tu as raison, fils! s\u2019exclame, de sa voix de stentor, Mademoiselle de Rovel dont le visage s\u2019est illuminé de joie.Je reconnais bien là le tempérament de ma chère Isabelle.Elle adorait son Rovel.Tu verras.Chaque jour, tu seras conquis davantage et je ne te donne pas un mois pour t\u2019y plaire tellement que tu ne voudras plus le quitter !.A nouveau, Jean-Claude se sent pressé sur le giron de cette tante exubérante, si fort que les boutons du manteau noir s\u2019impriment sur sa peau, à travers le pull over de laine dont il est revêtu.Puis, il est poussé dans le couloir, et la porte fe referme sur lui avec un claquement ironique que souligne à l\u2019intérieur un frais éclat de rire.\u2014 Petite peste ! L'expression rageuse est venue rebondir sur le panneau refermé.Il demeure là, un moment, les mâchoires serrées, la lèvre boudeuse, son regard dur fixé sur le bouquet.Et puis, ce regard tombe sur l\u2019esquisse qu\u2019il tient encore en main.Peu a peu, devant 'ouvrage commencé, sa colère se dissipe.et c\u2019est d\u2019un tout autre ton qu\u2019il répète, hochant la tête et considérant avec complaisance le dessin où la robe à fleurs traîne mollement sur le tabouret : \u2014 Ah ! oui, curieuse petite peste ! Chapitre VI C\u2019est avec une sorte d\u2019ivresse que Mademoiselle Edwige reprit possession de son domaine.Le mois précédent, elle avait fait une chute en redescendant les degrés d\u2019une échelle alors qu\u2019elle venait de vérifier ses couveuses dans le poulailler.Cela aggrava de vieux rhumatismes dont elle souffrait et altéra son bel optimisme.Cette femme remuante qu\u2019on voyait circuler telle une abeille diligente de la cave au grenier et des celliers aux granges, mettant la main à la pâte et ne souffrant pas qu\u2019une chose se fit hors de sa surveillance assidue, n\u2019admettait point que la maladie pliât son énergie.Trainant la jambe, elle continuait, malade et blessée, à vouloir tout mener elle-même, et, n\u2019y réussissant pas, aux dires de son entourage, se gendarmait comme une enragée.\u2014 Vous finirez par devenir neurasthénique ! intervint le vieux médecin qui depuis de longues années venait faire avec elle le bézigue dominical.\u2014 Hé ! protestait la bonne dame, c\u2019est que je n\u2019ai pas l'habitude .je me fais leffet d\u2019une vieille roue mal graissée qui ne roule qu\u2019en geignant.Cela m\u2019insupporte ! \u2014 Raison de plus pour ne pas laisser le mal s\u2019aggraver.Vous allez me faire le plaisir de vous rendre aux eaux de Dax pour y soigner vos rhumatismes et vos nerfs.Tout d\u2019abord, la bonne demoiselle avait haussé les épaules, traitant à part elle, son commensal hebdomadaire de « vieux fou ! » \u2014 Ah ! vous me la bâillez belle !.Partir pour Dax.Et la maison ?.et les bêtes et le jardin ?.Cette pauvre Dominica n\u2019entend rien a rien.et Basile est une vieille baderne a qui il faut tracer le travail.La-dessus, le docteur s\u2019était insurgé : \u2014 Vous ne serez donc jamais raisonnable ! s\u2019écria-t-il, avec une colère très réelle.La maison ! le jardin ! .les bêtes !.vous ne les emporterez pas avec vous quand vous irez, comme disent les bonnes gens, brouter l\u2019herbe par la racine.Vous vous laissez absorber par ce Rovel et vous ne vous apercevrez pas qu\u2019il «mange» votre santé.Parfaitement ! .Moi, je vous ordonne six semaines de séjour hors de la propriété.Autrement, je ne réponds plus de rien.Mademoiselle Edwige avait levé les bras au ciel : \u2014 Six semaines ?.Vous êtes complètement fou, docteur !.Vous me prenez pour une milliardaire américaine d\u2019avant la crise ?Les oies vont être grasses à la fin de ce mois.Qui mettra les foies en terrine ?.Et les semailles dont ce sera bientôt la saison ?.Et qui taillera la treille ?\u2014 Sapristi, vous trouverez bien quel- qu\u2019un pour vous remplacer ! .Il n\u2019y a tout de même pas péril en la demeure.Mademoiselle de Rovel n\u2019en était pas très sûre.Mais ce dimanche-lài, comme la discussion reprenait de plus belle devant le curé de Secori venu en visite, ce dernier s\u2019était exclamé : \u2014 Mais prenez donc Bérengère ! \u2026.\u2014 Au fait c\u2019est vrai.je n\u2019y avait pas pas songé, rétorqua Mademoiselle de Ro- vel, méditative.Et l\u2019on avait fait venir Bérengère.Aujourd\u2019hui, la maîtresse revenue, s\u2019en félicitait.En son absence la jeune fille avait eu l\u2019œil à tout et s\u2019était acquittée dextrement de touies les besognes ordinairement réservées à l\u2019inlassable activité de Mademoiselle de Rovel.Rien n\u2019avait cloché et la jeune fille y avait d\u2019autant plus de mérite qu\u2019elle avait disposé de peu de moyens.De toute évidence, on ne roulait pas sur l\u2019or, au manoir, et la plus stricte économie présidait au destin de la maison.FSC Naturellement, la première chose que fit Mademoiselle Edwige, en arrivant chez elle, fut de prendre connaissance de la lettre de monsieur Hamelin.Le contenu de la missive la transporta.Marier Jean-Claude, et à une fille du pays encore, n\u2019était-ce pas une aubaine inespérée qui lui permettrait de retenir enfin près d\u2019elle le fils de la transfuge à qui elle gardait une profonde et fidèle tendresse ?.Dès le lendemain, elle se rendit à Bri- kéténia, chez les d\u2019Etchebarne.Elle eut de longs conciliabules avec l'armateur et sa femme, après quoi, rencontrant Rosine sur la terrasse, au moment où elle se disposait à reprendre le chemin du retour, elle la serra sur son cœur avec une effusion inaccoutumée.Pour répondre à cette étreinte chaleureuse, Rosine, pour la première fois se départit de cette réserve que beaucoup appelaient frofdeur.et qu\u2019elle avait toujours manifestée à l\u2019égard de Mademoiselle de Rovel.Et, dès le lendemain, arrivait chez la vieille demoiselle, le chauffeur du baron, porteur d\u2019un billet ainsi conçu : «Chère Mademoiselle, nous serions heureux ma femme et moi de vous avoir demain après-midi pour fêter votre retour parmi nous.Ma fille réunit quelques amis.J\u2019espère que Mademoiselle Bérengère n\u2019a pas encore quitté Rovel et qu\u2019elle voudra bien vous accompagner.Baron Gaëtan d\u2019Etchebarne.Pas un mot de Jean-Claude.Mademoiselle Edwige en avait décidé ainsi.Ce que la jeune épouse doit être fière de ce splendide coffret de mariage de huit couverts dans ce nouveau modèle Georgic ! Elle rêve déjà, avec plaisir et un certain orgueil, aux chics diners qu'elle donnera avec cette argenterie charmante qui donnera a sa table un cachet de grâce et de beauté.La jeune mariée avertie choisit de préférence I'Argenterie Wm.Rogers © Son pour son charme exquis et sa qualité reconnue.Quant aux prix, ils sont des plus raisonnables \u2014 cuillers à thé, seulement $1.75 pour six \u2014 et ce magnifique coffret de mariage avec ses 34 morceaux ne coûte que $19.50.Votre bijoutier se fera un plaisir de vous montrer l\u2019assortiment des merveilleux modèles d'Argenterie Wm.Rogers ¥ Son, y compris le nouveau Georgic \u2014 le plus charmant des modèles créés par les plus adroits ciseleurs de Wm.Rogers © Son.Ecrivez à International Silver Company of Canada Limited, Dépt.12, Concourse Bldg, Toronto, pour notre nouvelle brochurette gratuite \u201cVotre Table\u201d.\\ ln 7 UN NOUVEAU MEMBRE DE LA CELEBRE FAMILLE DES BEAUX MODELES DE COUTELLERIE AN@DME INTERNATIONAL SILVER CO.PRODUCT 36 11 ne faut pas, jugeait-elle, que ce mariage ait l\u2019air d\u2019une union combinée à l'avance.Mon neveu m\u2019a tout l\u2019air d\u2019un indépendant.Devant nos entreprises, -] se cabrerait.Au surplus, Rosine est assez belle pour conquérir.sans le secours de personne.lgnorant les machiavéliques projets de sa tante, le neveu rongeait son frein, furieux de ne pouvoir se tirer du guêpier où la fantaisie autoritaire de monsieur Hamelin l'avait jeté.Il y avait maintenant trois jours qu\u2019il était arrivé à Rovel.Dès le premier, il avait marqué quelque velléité de descendre à St-Jean où il se targuait de retrouver un minimum de vie mondaine et des éléments de distraction.Mais, outre que ce projet s\u2019avérail presqu\u2019impraticable, à cause de la difficulté a se faire transporter là-bas, \u2014 al fallait faire plusieurs kilomètres à pied pour aller prendre l\u2019autobus qui passait à des heures invraisemblables \u2014 Mademoiselle Edwige, dès que Jean-Claude exprima l\u2019intention de quitter Rovel pour la journée, poussa les hauts cris.\u2014 Descendre «en ville»!.Tu n\u2019y songes pas ?Et comme Jean-Claude répliquait qu\u2019il ne pensait qu\u2019à ça au contraire, attendu qu\u2019il aimait particulièrement la côte et que St-Jean et Biarritz l\u2019attiraient, elle déclara, péremptoire : \u2014 Mon garçon, tu es ici pour te me*- tre au vert, ne l\u2019oublie pas.Les seules distractions que tu irais chercher en bas \u2014 elle prononçait «en bas» dn même ton qu\u2019elle eut pu dire «en,enfer»! \u2014 ce serait la fréquentation des bars et du Casino.Cela ne te vaut rien.Et comme le jeune homme ne pouvait réprimer un mouvement d'humeur, la bonne dame avait abandonné sa rudesse habituelle pour lui dire, sur un to1 de tendre mélancolie : \u2014 Je V\u2019attends depuis vingt-sept ans, mon petit.Tu peux bien m\u2019accorder quelques semaines.Jean-Claude n\u2019avait pas osé protester.Cette tante bougonne et raisonneuse dont le cœur se devinait à travers l\u2019apparence rude, l\u2019avait conquis d\u2019emblée, et il m\u2019eut pas voulu lui causer la moindre peine.Mais il se disait que l\u2019existence à Ro- vel allait être assommante entre une vieille fille, pittoresque, certes, mais à la longue, qui manquait d\u2019intérêt pour un garçon comme lui, et ces deux serviteurs frustes dont il avait peine à comprendre le langage.Restait Bérengère .Bérengère à qui il gardait sourdement rancune du tour qu\u2019elle lui avait joué et à qui il s\u2019était juré de faire payer sa malice en gardant vis à vis d\u2019elle l\u2019attitude répressive qui convenait.Dès le premier jour, lorsqu\u2019il s\u2019était retrouvé en sa présence, à la table du soir, il avait grogné entre ses dents de façon à ce qu\u2019elle seule l\u2019entendiît : \u2014 Douairiére de mascarade !.A quoi elle avait répondu du tac aa tac avec un imperceptible haussement d\u2019épaules et sur le méme ton mezzo voce: \u2014 Et vous, peintre à la noix!.Cette allusion au portrait inachevé \u2014 et qui le resterait probablement \u2014 avait aceru le ressentiment de Jean-Claude.Dès le lendemain, reprise des hostilités.Le jeune homme était descendu alors que Bérengère s\u2019activait gravement à confectionner les tartines du déjeuner.Un grand tablier de toile blanche autour des reins, elle avait l\u2019air de la fée ménagère du vieux logis.Cela n\u2019avait pas déridé la victime qui l\u2019avait salué d\u2019un « Bonjour geôlière » plein de hargne.Sur l'instant, une lueur d\u2019orage avait traversé les yeux bleus de Ja petite.Elle avait pris un air de dignité offusquée.Mais presqu\u2019aussitôt, le sourire espiègle réapparaissait à sa bouche fraîche et c\u2019est d\u2019un ton presque gracieux qu\u2019elle avait répliqué : \u2014 Bonjour, mon prisonnier! \u2026 \u2014 Prisonnier ! .pas pour longtemps! ronchonna la voix furieuse de Jean- Claude.Si vous croyez que je vais moisir dans cette baraque ! \u2014 Cette baraque ! s\u2019indigna-t-elle, oi- fensée.D\u2019abord, notre air ne fait moisir personne.«J'espère que vos poumons sont en meilleur état.s\u2019informa-t-elle ensuite d\u2019un air innocent.et que vous n\u2019avez pas eu de nouvelles crises ?\u2014 Je vous conseille de vous moquer de moi ! fit-il, boudeur.Elle éclata de rire, de ce rire frais et perlé qui montrait ses dents humides et son palais rose de jeune chatte.I! lui lança un regard meurtrier : \u2014 Vous êtes de ce que je trouve de plus horripilant dans ce pays.Elle haussa les épaules : \u2014 Naturellement !.Vous m\u2019en voulez parce que je vous ai empêché de rejoindre les femmes! \u2014 Quoi ?s\u2019exclama-t-il.éberlué.Avec componction, elle hochait la tête, grave tout à coup : \u2014 Les femmes sont dangereuses pour un garçon de votre espèce ! affirma-t- elle, sentencieusement, se remémorant une phrase cueillie dans la lettre du père Hamelin et qui l\u2019avait frappée.Il l\u2019examina, mi-amusé, mi-incertain.\u2014 Ah! ça, mais.de quoi vous mé- lez-vous ?Ma parole! Cette gamin- veut jouer au Mentor !.Mademoisell de Rovel survenait fort à propos pour empêcher la discussion de dégénérer en querelle.Tout à l\u2019heure, de sa chambre, elle avait entendu le rire de Bérengèr- el en avait conclu que les deux jeunes gens s\u2019entendaient le mieux du monde.\u2014 Eh bien, mes enfants, je suis ravie de vous voir aussi d\u2019accord.déclara-t- elle, satisfaite, en embrassant le front de Bérengère, ce qui lui déroba le petit sourire espiègle de celle-ci.\u2014 À propos, ajoutait-elle négligemment, en prenant place e- face de son neveu devant la table appétissante où les tranches de galette alternaient avec les tartines beurrées dans la vapeur odorante du chocolat.nous sommes invitées cet après-midi chez les d\u2019Etche- barne.\u2014 Chez la pécore ?s\u2019exclama Jean- Claude étourdiment.Il y avait longtemps qu\u2019on n\u2019avait pas narlé d\u2019elle.Mademoiselle de Rovel le regarda d\u2019un air étonné : \u2014 Comment ?Bérengère faillit s\u2019étrangler avec sa rôtie.et elle fut prise d\u2019une quinte de toux qui détourna un instant l\u2019attention de la vieille demoiselle.Quand celle-ci revint à Jean-Claude elle avait oublié sa réflexion intempestive.Elle tranchait : \u2014 Naturellement, tu nous accompagnes à Brikéténia.Les châtelains sont des gens charmants et Rosine est ravissante.\u2014 On m\u2019a déjà dit ça, nargua Jean- Claude avec un regard vers Bérengère et sur un ton qui signifiait nettement le peu de crédit qu\u2019il ajoutait à cette affirmation.\u2014- Tu nourras jouer au tennis et mé- me, si cela te tente, faire une partie de peloie, ajoutait triomphalement la vieille demoiselle, comme pour lever les dernières hésitations du jeune homme.Il y a un fronton, a Brikéténia!.Elle avait l\u2019air si réjoui de lui annoncer ce détail que Jean-Claude ne put retenir un furtif sourire : \u2014 Oh ! alors.s\u2019il y a un fronton !\u2026 L\u2019imperceptible raillerie du ton n\u2019échappa point complétement a Mademoiselle Edwige qui considéra son neveu d\u2019un air sévère : \u2014 Je pense que tu t'intéresses au jeu de pelote, toi, un Basque ?.\u2014 Rassurez-vous, ma tante .il me passionne ! .Et les exploits de Chiqui- lo m\u2019empéchent de dormir.Mademoiselle de Rovel parut enchantée de cette allusion au célèbre pelotari dont s\u2019enorgueillit tout le pays basque et, se levant, elle tapa amicalement sur Pépaules de son neveu.\u2014 À la bonne heure ! .Ta mère maniait déjà la chistera d\u2019une façon remarquable, en vraie fille de chez nous.Je serai content de te voir marcher sur ces traces.Au surplus tu pourras t\u2019entraîner avec Bérengère qui joue à main nue, presqu\u2019aussi bien qu\u2019un champion.\u2014 À votre disposition, Monsieur Jean- Claude, déclara celle-ci aimablement.A quoi, il rétorqua, rogue, parce que Mademoiselle de Rovel venait opportunément de s\u2019éloigner, les laissant en tête à tête : \u2014 Gardez vos talents sportive manquée ! Cette fois, les yeux bleus, dans le petit visage offensé, lancèrent des éclairs.pour vous.Bérengère ouvrit la bouche.son nes frémissait .Puis, ne trouvant sans doute pas de mot assez fort pour répondre à cette grave injure, elle s\u2019empara de la chocolatière et, raide tourna les talons.\u2014 Oh! oh! sifflota Jean-Claude, tout heureux du résultat de sa taquinerie, nous sommes vexée à ce qu\u2019il parait ?.Bien fait! Ca vous apprendra à trahir ma stupide confiance et à profiter de mes confidences pour me retenir ici malgré moi!.Mais les bouderies de Bérengère, comme les nuages sur un ciel joyeux de printemps, étaient de courte durée.Bientôt, Jean-Claude, qui s\u2019était réfugié avec son chevalet et ses pinceaux, devant la perspective de l\u2019allée de châtaigniers, put l\u2019entendre chanter.Sa voix avait la fragilité d\u2019une voix d\u2019oiseau .mais le timbre » était émouvant et doux.Elle chantait une vieille chanson basque au rythme lent et un pen triste, comme une complainte.Le jeune homme s\u2019avança jusqu\u2019an seuil de la cour.Un tableau charmant s\u2019offrit à sa vue.Assise sur ses talons, manches retroussées, Bérengère était en train de traire une chèvre blanche, qui, docile, se laissait faire en broutant pacifiquement un coin du gazon.Un peu plus loin, des poules picoraient, la touffe haute, avec des airs pressés et importants autour d\u2019une auge pleine de grains d'or.Sous une cloche d\u2019osier, une clousse, les yeux mi-clos, les plumes gonflées, rêvait à ses poussins futurs.Contre le mur de la vieille bâtisse, le soleil mettait une patine chaude qu\u2019illustrait l\u2019ombre agrandie du chat noir en train de bomber le dos sur un brancard de charrette.Des piétinements sourds venaient de l\u2019étable dont on voyait luire, par la porte béante, la paille blonde des litiéres.Toute une vie intense et grave émanait de cette paisible cour de ferme où l\u2019on sentait le travail de toutes les heures, de même que sous l\u2019immobile trone du tilleul et dans les sarments verts de la vigne on devinait l\u2019invincible montée de la sève qui bientôt ferait éclater les tendres écorces.A cette minute Jean-Claude regarda le ciel.et il eut, pour la première fois depuis quatre ans, cette impression d\u2019al- lègement, de détachement de soi-même, d\u2019évasion vers quelque chose de meilleur aue les penchants égoïstes de sa nature qu\u2019il avait autrefois éprouvée dans ses rendonnées à travers l\u2019espace.Lorsque ses prunelles rêveuses revinrent vers le tableau rustique qui, tout d\u2019abord, l\u2019avait séduit, vers la jeune fill > à genoux et chantante devant sa chèvre blanche, son regard s\u2019adoucit.Il sourit à la vision simple et rafraîchissante.A ce moment, Bérengère tournait la tête vers lui.Elle eut un mouvement de stupeur en se voyant ainsi observé= dans ses occupations domestiques, puis, le courroux lui fronça le front, et rattrapant au vol le répipient mousseux qu\u2019elle avait failli lâcher dans son émoi, elle s\u2019éloigna vers l\u2019étable, sans se retourner.xt Avec un bruit mat, la balle tapait contre le trinquet, rebondissait sur la terre dure, puis, reprise magistralemen* par une paume habile repartait de plus belle.Les regards avaient peine a la suivre dans sa folle trajectoire, tant la partie était chaude.Ils étaient deux à disputer le match, sur le fronton qu\u2019entourait une haie ver- dissante: Bérengère et son parrain, le Curé, à qui il arrivait parfois de se livrer à ce sport, joie de sa lointaine adolescence.Jean-Claude s\u2019était arrêté pour les regarder jouer et il suivait, d\u2019un œil intéressé la bondissante forme blanche qui se déplaçait avec une extraordinaire rapidité.\u2014 Il faudra que je vous présente tout à l\u2019heure à mon oncle Gilles dit, près de lui, une voix suave, aux intonations étudiées.\u2014 Cet abbé à l\u2019air sportif est donc votre oncle ?s\u2019informa Jean-Claude en se retournant vers Rosine qui venait de le rejoindre.Flle tenait la raquette qui venait de lui permettre de se distinguer dans un double mixte impressionnant, contre l\u2019Equine adversaire, aidée en cela par Jean- LA REVUE POPULAIRE Claude qui lui servait de partenaire.Son beau visage régulier ne semblait en rien modifié par le mouvement qu\u2019elle s\u2019était donné.et ses joues n\u2019avaient rien perdu de leur transparente mâtité.Evaluant du regard sa longue et mince silhouette aux hanches étroites, moulée dans une impecgable robe de sport, Jean-Claude jugea : \u2014 Elle est digne d\u2019être Parisienne .\u2018 Elle «fait» chic.et il est exact qu\u2019elle est belle.Ses yeux le lui dirent, tandis qu\u2019elle le considérait avec un sourire un peu hautain à travers le damier ajouré de sa raquette, posée comme un écran devant son visage.Ses ongles délicatement teintés de coraline faisaient valoir la finesse et le dessin d\u2019une main stylisée comme une fleur moderne.\u2014 Du diable, si je m\u2019imaginais trouver en ces parages une aussi élégante créature! avait tout à l\u2019heure songé Jean- Claude, quand on l'avait présenté à la fille de la maison.\u2014 Mon oncle a dû arriver pendant qu- nous étions au tennis, déclara-t-elle pour le mettre poliment au courant.Oh! vous savez, C\u2019est un original.Il a passé quinze ans en mission au Congo.Il y a trois ans seulement qu\u2019il est rentré en France: il a été nommé curé de l\u2019Ermitage de Secori.Il y vit assez retiré.Nous le voyons davantage, ces temps-ci, à cause de la présence parmi nous de sa filleule Bérengère.Autrement, il se mêle rarement à nos fêtes de famille.\u2014 Ah! Bérengère est sa filleule ?Rosine répondit négligemment : \u2014Je devrais dire sa «protégée».Elle est la fille d\u2019un de ses vieux camarades d\u2019Ecole.Avant d\u2019entrer dans les ordres, oncle Gilles a été officier.La petite est sans fortune, élevée presque par charité.Ses parents sont morts.Mon oncle s\u2019est intéressé à elle en mémoire de son ami disparu.Orpheline.sans fortune.Pauvre Bérengére ! .Jean-Claude éprouva soudain un obscur remords d\u2019aveir tenu rigueur à la jeune fille d\u2019une innocente rlaisanterie.i Il eut l\u2019'impérieux désir de sauter pardessus la haie, d\u2019aller vers elle et d\u2019emprisonner dans ses mains amicales ses petites mains puériles en lui disant : \u2014 Soyons amis !.Mais comme il ne pouvait sans impolitesse fausser compagnie à sa belle partenaire, il mit ses paumes en porte voix et cria : \u2014 Bravo ! Bérengère !.Vous jouez de la pelote comme un ange ! Elle se retourna.Son petit visage expressif refléta l\u2019ahurissement, ne sachant pas s\u2019il raillait.puis, comme 1l lui tendait la main, par-dessus les aubépines et qu\u2019il lui souriait franchement, une joie rapide la transfigura.Elle accourut, dansante, le rire au visage : \u2014 Vous étiez-là ?.\u2014 Et je vous ai admirée.Ma tante avait raison! vous étes un as!.Les yeux pétillérent : \u2014 Un as de la petote, ce n\u2019est pas grand chose !.On réussit tout au plus à être une.sportive manquée!.Dédaigneuse, Rosine exprima avec un imperceptible haussement d\u2019épaules : \u2014Je ne comprends pas l\u2019ardeur que mes compatriotes apportent a ce jeu qui déforment les mains et abime les traits par l\u2019effort qu\u2019il demande.Vous êtes toute rouge, ma pauvre Bérengère ! Ce sport est un sport de garçons.Ne pensez-vous pas ainsi, Monsieur Hame- lin ?Jean-Claude détourna les yeux du petit visage moite, toute rose de la véhémence de la partie, et qu\u2019encadraient des boucles défaites.L'abbé d\u2019Etchebarne survenait au même instant, s\u2019épongeant le front.Il avait entendu la phrase de sa nièce : \u2014 Oh ! toi, on dirait toujours que tu sors d\u2019une boîte ! \u2014 Jai horreur d\u2019avoir l\u2019air d\u2019un chien fou, rétorqua-t-elle un peu sèchement.Et, reprenant presqu\u2019aussitôt son sourire de mondaine aimable, elle ajouta : \u2014 Monsieur Hamelin, je vous présente mon oncle Gilles.Les deux hommes se serrèrent les phalanges avec une visible sympathie.L\u2019abbé parla d\u2019Isabelle Hamelin qu\u2019il avait beaucoup connue au temps où jeune fille elle habitait Rovel.M l\u2019évoqua lorsqu\u2019elle se rendait tous les dimanches à ~ Ee A at nr Hr tr li me AMEN Juillet 1935 I\u2019église d\u2019E:peletie, et qu\u2019elle montant à l\u2019harmonium, sous les regards de l'assistance masculine, massée ainsi qu\u2019il est d\u2019usage au pays basque, sur la galerie supérieure.\u2014.Âvec la robe noire eL la mantille, en vraie basquaise ! déclara-t-il.Hélas ! il n\u2019est plus guère de jeune fille aujourd\u2019hui qui se sacrifie à la tradition! Le rire moqueur de Rosine souligna cette affirmation : \u2014 Ah! mon oncle.vous ne vivrez donc jamais avec votre époque !.Quand vous n\u2019êtes pas chez les nègres, vous vous réfugiez dans le passé ! \u2026.Sa voix calme eut un éclat d\u2019impatience presqu\u2019agressif lorsqu'elle continua, en jouant négligemment avec sa raquette : \u2014 À quoi servirait d\u2019avoir de la fortune, pourquoi les couturiers et les fabricants créeraient-ils des modèles et des tissus si nous devions continuer à nous vêtir comme des paysannes ?Hochant sa belle tête pâle d\u2019anachorète, son oncle répliqua, sentencieux : \u2014 Ce n\u2019est pas le costume qui fait la paysanne.et l\u2019on distinguait fort bien jadis la grande dame de la servante'.C\u2019est aujourd\u2019hui, parce que vous vous habillez toutes comme des gravures de modes tirées à mille exemplaires et que vous émaillez vos propos des termes les moins.académiques, que la distinction est devenu difficile à établir.Pendant cette courte discussion, Bérengère s'était éclipsée.Quand il la revit, un peu plus tard, sur la pergola où s\u2019essaimmaient des pimpantes tables à thé, parées de nappes de toile à carreaux, elle avait le maintien digne et les cheveux sagement serrés sur la nuque.Sans doute avait-elle compris le blame a son adresse contenu dans les réflexions aigres-douces de Rosine d\u2019Etchebarne, et elle s\u2019était hâtée de réparer le désordre causé sur sa personne par l\u2019animation du jeu.Comme il allait la chercher pour danser, Jean-Claude lui souffla : \u2014 Vous savez, j'ai réfléchi.je veux que vous m\u2019appreniez le jeu de la pelote.Elle leva vers lui son profil joyeux : \u2014 Vrai ?Vous commencez à vous intéresser à ce sport de chez nous ?\u2014 J'ai résolu de devnir un champion! \u2014 Oh! Mademoiselle sera bien contente !.Mais tout aussitôt, une pensée l\u2019assombrit! \u2014 Patatras ! .Rosine ne joue qu\u2019au tennis !.\u2014 Eh bien.nous nous passerons de Rosine.Quelle rage avez-vous de toujours mettre Mademoiselle d\u2019Etchebarne en avant ?exprima-l-il, avec une nuance d\u2019impatience.\u2014 Dame.c\u2019est que.Elle se mordit les lèvres, à temps, pour ne pas laisser échapper son secret.\u2014 N'est-ce pas qu\u2019elle est belle ?dit- elle en suivant de l\u2019œil la silhouette onduleuse de la fille de la maison qui dansait au bras d\u2019un grand garçon à masque de pirate.\u2014 Très belle ! approuva Jean-Claude, d\u2019un ton convaincu.Mais.je vais vous confier quelque chose, petite fille! \u2014 Quoi ?fit-elle curieusement, en levant le menton vers lui, car il la dépassait de toute la tête et il était obligé de se pencher pour lui parler.\u2014 À Paris.nous en avons des douzaines qui lui ressemblent !.\u2014 Non ?.Ce n\u2019est pas possible! émit-elle, consternée.Il l\u2019examina, amusé : \u2014 On dirait que cela vous navre ?.Vous tenez donc tant gue cela a ce que je sois emballé par la beauté de votre amie ?\u2014 Rosine d\u2019Etchebarne n\u2019est pas mon amie! protesta-t-elle, confuse.Elle me reçoit ici tout a fait par.protection !.Les d\u2019Etchebarne fréquentent ce qu\u2019il y a de plus coté dans le pays.Voyez, cette jeune fille blonde qui sert le thé, à la table de droite.c\u2019est Mademoiselle de Latour-Corroy, la fille de l\u2019ancien ministre.Et l\u2019autre, en bleu, qui rit, à côté de Monsieur Laroque, Gisèle d\u2019Esplanque, dont le père a été longtemps ambassadeur.Les deux brunes, en noir, avec ces écharpes vives, sont des Espagnoles de Biscaye.Leur mère la marquise de Torre, que vous voyez enfouie dans ce fauteuil, à côté de Madame d\u2019Etchebarne et qui ne se sépare jamais de son éventail possède la plus belle villa de Biarritz.Le jeune homme se mit à rire.I l\u2019avait entraînée dans un coin de la Pergola et, le dos appuyé à une colonne, il l\u2019écoutait discourir en promenant son regard nonchalant sur l\u2019élégante assistance.\u2014 Comment vous appelez-vous, Bérengère ?.enfin, je veux dire, de votre nom de famille ?Elle le considéra un peu surprise.\u2014 Moi?.Renaud.Bérengere Renaud.Pourquoi ?Amusé, il la tenait sous la flamme gaie de son regard gris \u2014 Savez-vous ce que Je viens de réaliser ?Non.\u2014 C\u2019est que nous sommes un peu parents, tous les deux.Elle fronca le sourcil, attentive et étonnée.\u2014Je ne comprends pas.Parents ?\u2014 Mais oui.par la roture !.Vous vous appelez Renaud.et je me nomme Hamelin, tout simplement !.Nous sommes les seuls à ne pas arborer de particule, en cette noble assemblée.C\u2019est un lien, ça, vous savez.Nous sommes des parents pauvres.\u2014 Pauvre, vous ?s\u2019exclama-t-elle, incrédule.\u2014 Pauvre de titres, tout au moins.\u2014 Oh ! vous savez, fit-elle, pressée de le convaincre, les d\u2019Etchebarne n\u2019attachent pas beaucoup d\u2019importance aux parchemins.\u2014 On ne le croirait pas.Je gage que que tout armorial du pays est réuni ici.Aprés tout, c\u2019est peut-étre pour moi ?.On me fait vraiment beaucoup d\u2019honneur, acheva-t-il, en reprenant ce sourire qui frémissait parfois sur sa bouche ironique.Bérengère se sentit inquiète.Cet étrange garçon avait-il deviné le petit complot tramé contre lui ?\u2014 Dites-moi.est-ce que.Enfin, n\u2019aimeriez-vous pas vous marier ?lan- ça-t-elle résolument.\u2014 Quelle extravagante question ! \u2026.Il la regardait de haut, surpris, et perplexe, tandis qu\u2019elle levait le menton vers lui.Dans la lumière jeune de cette après-midi printanière, ses yeux paraissaient plus bleus, comme des fleurs de véronique, pensa-t-il.et leur transparence était émouvante, Il se pencha soudain sur elle, remué d\u2019un indéfinissable trouble.\u2014 Pourquoi me demandez-vous cela ?dit-il, d\u2019un ton soudain dépouillé de douceur.\u2014 Parce que.il me semble.Enfin, c\u2019est de votre âge n\u2019est-ce pas ?.\u2014 Vous me irouvez donc bien vieux ?\u2014 Vieux ?.Pourquoi vieux ?\u2014 Parce qu\u2019on se marie quand on n\u2019a rien de mieux a faire.quand on a fini de rire.quand la vie n\u2019offre plus aucune saveur et où l\u2019on n\u2019aspire qu\u2019au coin du feu.Merci bien ! Il vit la déception se peindre peu à peu sur les traits juvéniles de son auditrice \u2026.\u2014 Oh ! fit-elle, comme scandalisée.Et puis, une expression songeuse passa sur sa face : \u2014 Moi.je crois plutôt que le mariage est un départ.un départ à deux pour un merveilleux pèlerinage, mur- mura-t-elle, en détournant son regard fervent qui alla se perdre sur les lointains.\u2014 Mais enfin, petite fille, d\u2019où sortez- vous ?Elle ramena vers lui ses yeux bleus qui n\u2019achevaient pas de suivre leur rêve: \u2014 Moi ?.du couvent.\u2014 Je l\u2019aurais parié ! \u2014 Ah! .Pourquoi ?s\u2019enquit-elle ingénument.\u2014 Mais parce qu\u2019à notre époque, vous restez un véritable anachronisme.et il n\u2019y a que les murs d\u2019un couvent qui puissent à ce point.\u2014 Eh bien, Monsieur Hamelin, vous ne dansez pas ?jeta, tout près d\u2019eux, une voix autoritaire.\u2014 Mademoiselle Bérengère me disait ses idées sur le mariage !.s\u2019excusa Jean-Claude, à l'adresse de Rosine qui s\u2019approchait.Mademoiselle d\u2019Etchebarne fronça légèrement ses sourcils à l\u2019arc savamment épilé; puis, sur un ton dont elle ne put dissimuler l\u2019impatiente contrariété : \u2014 Bérengère, si vous ne dansez pas, allez donc remplacer le lieutenant Vernis au phonographe.Cela fera ua cavalier de plus.Vous tâcherez de mettre des disques entraînants pour que les invités ne s\u2019avisent pas d\u2019aller flirter dans les petits coins.J\u2019ai horreur de ca.\u2014 Mais .volontiers, asquiesça la jeune fille avec une visible confusion.Et.consciente d\u2019avoir déplu, elle s\u2019empressa d\u2019obéir.\u2014 Elle est charmante, déclara Jean- Claude, en suivant de l\u2019œil la frêle silhouette qui se glissait entre les grou- es.Il feignait de ne pas remarquer la mauvaise humeur de son interlocutrice.Au reste, le sourire revenait sur la physionomie de Rosine.Elle approuva : \u2014 Charmante .mais, un peu en « retard»!.On voit bien qu'elle n\u2019est jamais sortie.Entre ses lèvres parfaites, ses dents luisaient, humides et blanches, et dans toute son attitude, dans le port de ses épaules sur lesquelles flottaient les pans soyeux d\u2019une écharpe, dans sa façon coquette de s\u2019accouder à la balutsrade, en un geste étudié qui faisait valoir l\u2019harmonie de sa silhouette, on sentait le désir et la certitude de plaire.Jean-Claude ramena son regard vers elle.Et il répliqua, en reprenant sa vois narquoise : \u2014- En retard.certainement !.Mais à notre époque un peu trop avancée, c\u2019est là une rareté qui a son charme.Chauitre VII \u2014 C\u2019est curieux.j'ai l\u2019impression que Rosine et Jean-Claude.Bérengère s\u2019interrompit pour consolider les harnais de Patachon.Dans la carriole, les bidons de lait menaient grand tapage tout au long du trajet et cela accélérait l\u2019allure du fantasque animal qui, aux dires de sa conductrice, «trottait comme un perdu ».\u2014Si bien qu\u2019un de ces matins, c\u2019esl du beurre que je livrerai aux clients ! gronde-t-elle, en allongeant une tape affectueuse sur le museau du cheval.\u2014 Sapristi ! tu es joliment matinale! lança derrière elle une voix cordiale.La jeune fille se retourna vivement.\u2014 Oh! mon parrain!.Arrêté au bord du talus, tenant sa bicyclette par le guidon, l\u2019abbé d\u2019Etche- barne souriait à la charmante vision d\u2019une Bérengère rustique, en courte jupe de toile, ses boucles débordant du classique béret bleu, el qui avait l\u2019air, dans le chemin tout odorant d\u2019herbe fraîche, d\u2019une laitière d\u2019opérette.\u2014 C\u2019est toi qui fais la tournée ?Elle explique que Basile souffrait de ses rhumatismes et que Dominica faisait la lessive.\u2014 Alors, c\u2019est moi qui porte le lait.Je suis très contente, vous savez.Mais vous, mon parrain ?\u2014 Je viens de dire ma messe à la chapelle Saint-Etienne.C\u2019est aujour- d\u2019hui mercredi et j'en profite pour aller déjeuner chez mon frère.\u2014 Justement, je vais jusqu\u2019à la métairie porter du lait.Leur « Brune» a mis bas il y a trois jours, et elle doit allaiter son petit.Alors c\u2019est nous qui les ravitaillons.Je suis ravie de faire le trajet avec vous.« Heu, Patachon.et pas trop vite, mon beau.Songe que Monsieur le Curé n\u2019a pas envie de faire de l\u2019entrainement.Elle se tournait vers le prêtre qui, ayant enfourché sa byciclette, suivait d\u2019une allure modérée.\u2014 Depuis que Jean-Claude s\u2019est mis en tête de mener le deux-roues, il a tellement excité Patachon que cette bête est devenue insupportable.Elle doit se prendre pour un pur-sang!.\u2014 Alors, tu te disputes toujours avec le Parisiens ?.interrogea l\u2019abbé d\u2019un ton taquin.\u2014 Non.Il est très gentil.Et vous savez qu\u2019il n\u2019est plus Parisien du tout ?II porte maintenant un béret basque, sur Poreille, et il commence à appeler le bœuf « Monsieur» comme les paysans de chez nous! .Oh! il y a du progrès ! Elle agita ses boucles en signe de triomphe.37 frais et dispos CET ÉTÉ Dès que vous perdez votre entrain, buvez de l'Orange Kist (ou tout autre breuvage KIST; une saveur pour tous les goûts).C'est comme la bougie d'allumage du moteur humain.Un breuvage au carbonate, sain, soutenant et d'un goût délicieux qu'assimilent rapidement le cerveau et les muscles.KIST CANADA, Lid.Stratford, Ont.buvez les BREUVAGES KIST ORANGE KIST et autres essences KIST «Plus Jamais\u201d \u201cJe n'hésite plus jamais à accepter des engagements pour n'importe quel jour du mois.Je sais qu\u2019avec Paradol je serai toujours rapidement soulagée.\u201d Le Paradol du Dr Chase soulage rapidement des douleurs et inconvénients divers qui affligent tant de jeunes filles à une certaine époque.Une fois que vous aurez fait usage de Paradol et connu le soulagement qu\u2019il apporte, vous ne redouterez plus ces douleurs et n\u2019hésiterez plus à accepter des engagements pour n'importe quelle date.Paradol.35c dans toutes les pharmacies ou à la Dr.A.W.Chase Medicine Co., Limited, Toronto, Canada.PARADOL du DR.CHASE Pour le soulagement de la douleur 38 GRETA GARBO SI vous aimez le CINEMA VOUS aimerez LE FILM e AIMEZ Le Film Vous serez au courant de toutes les nouvelles du cinéma français reçues directement de Paris.Et de toutes les nouvelles du cinéma américain reçues directement de Hollywood.LE FILM est la seule revue de cinéma publiée en langue française en Amérique.52 pages de texte et de photos .Un beau roman d'amour COMPLET.MAGNIFIQUES PHOTOS des vedettes françaises et américaines.Le numéro: 10 CENTS REMPLIR LE COUPON : DPABONNEMENT LeFilm Poirier, Bessette Cie, limitée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Ci-inclus la somme de $1.00 pour 1 an ou 50 cents pour 6 mois d\u2019abonnement au magazine LE FILM.Nom Adresse Ville Prov.\u2014 Bientôt, il n\u2019aura même plus lac.cent.Je veux dire l'accent de Paris ! \u2014 Alors ?conclut l\u2019abbé en riant.\u2014 Mais.il y a quelque chose qui se chiffonne.\u2014 Quoi donc?.\u2014 Yai l'impression que lui.Elle mit un claquement de langue encourageant à l\u2018adresse de Patachon, puis, le buste penché hors du siège, la mine désappointée : \u2014 Ca ne biche pas.\u2014 Ça ne biche pas ?répéta l'abbé ouvrant de grands yeux.\u2014 Non, fit-elle, navrée.Et, sur le ton de la confidence : \u2014 Rosine n\u2019est pas son type.\u2014 Rosine n\u2019est pas son type.Mais enfin, déclara le curé de Secori, réprimant un sourire, d\u2019où as-tu sorti ces expressions ?\u2014 C\u2019est Jean-Claude qui me les a apprises.Rosine lui plaît.elle est très belle.Il la trouve élégante.il dit qu\u2019un homme peut être fier de l\u2019escorter.mais il y a un grand malheur: il n\u2019est pas amoureux ! .Voyons, mon parrain, vous ne connaîtriez pas un moyen de le rendre amoureux ?.\u2014 Ma foi, se récuse l'abbé, ce ne sont pas là choses de mon ressort.\u2014 Oui.évidemment.approuve4- elle, sérieuse.L\u2019abbé s\u2019informe : \u2014 Et ma nièce, que dit-elle ?\u2014 Oh! vous savez, moi, je la vois très peu.Quand elle vient à Rovel \u2014 et elle vient souvent maintenant \u2014 je suis occupée dans la ferme ou à la maison.Jean-Claude, lui, reçoit de quotidiennes invitations pour Brikété- nia; mais, bien que Mademoiselle Edwige insiste pour qu\u2019il s\u2019y rende, il trouve toujours quelque prétexte.C\u2019est tantôt sa peinture.tantôt une partie de pelote.Car il commence à s\u2019intéresser à notre jeu régional, triomphe-t- elle, tandis que tout son visage s\u2019illumine.\u2014 Ah ! .fait l\u2019abbé, pensif .«Et.naturellement, c\u2019est toi qui lui sers de professeur ?\u2026 \u2014 Naturellement ! \u2026 Elle sourit à une invisible vision : \u2014 II sera bientôt plus fort que moi! Un long moment, ils cheminent en silence, chacun absorbé par ses propres réflexions.Celles de Bérengère doivent être couleur de rose car le sourire continue à se jouer sur sa bouche fraîche.L\u2019abbé Gilles, regarde fixement devant lui, mais parfois son regard vient se poser à la dérobée sur l\u2019aitelage conduit par la jeune fille.et lous ses traits prennent alors une expression soucieuse.Autour d\u2019eux, la campagne se dore des premières caresses du matin.Les montagnes sont d\u2019un bleu de rêve sur un ciel couleur d\u2019améthyste et parfois suivant les caprices de la route, par claires échappées, les échancrures de la côte se révèlent, avec la perspective verte des vallons qui semblent offrir à la mer leurs blanches maisons éparses, aux volets bruns.Toute la grâce du pays basque est dans ce paysage lumineux et tiède, un peu mystérieux.Comment Jean-Claude ne s\u2019y laisserait-il pas prendre ?songe l\u2019abbé d\u2019Etchebarne en pédalant machinalement, au côté de Patachon.Lorsque des paysans les croisent, ils échangent en basque des mots de bienvenue.Les femmes qui se rendent au marché portent, en équilibre sur leur tête, des corbeilles rondes débordantes de légumes ou de fromages blancs posés sur leur lit de feuilles.Souvent sous le couvercle du panier d\u2019osier accroché à leur bras, passe la tête curieuse et le petit œil rond d\u2019une volaille, promise au proche sacrifice.\u2014 Je parie que tu n\u2019a pas envie de réintégrer le couvent ?émit l\u2019abbé d\u2019Et- chebarne, en considérant sa filleule du coin de l\u2019œil.\u2014 Oh ! pour ça non ! .Ce n\u2019est pas que je ne m\u2019y plaise, restifia-t-elle tout aussitôt, avec un petit remords, les Sœurs sont gentilles pour moi.Mais la maison de Mademoiselle Edwige est si amu- Rosine cet sante !.Surtout depuis que Jean- Claude est 1a!.\u2014 Oui.Je comprends.murmura Pabbé.A son front l\u2019expression soucieuse s\u2019accentua.\u2014 Oh ! mon Parrain, j'ai une idée ! .\u2014 Une idée.Pourquoi ?\u2014 Pour obliger Jean-Claude à se declarer, Car ce n\u2019est pas possible qu\u2019il n\u2019aime pas Rosine.Seulement, je pense qu\u2019il ne s\u2019en apergoit pas.Il a encore dans la tête le souvenir de toutes ces.femmes de Paris!.Et bien! il faut s\u2019arranger pour qu\u2019il soit tenu de prendre une décision et de voir clair en lui-même.Dimanche, je l\u2019entraînerai a la Féte des Bucherons.et je ferai en sorte que Rosine y vienne.«Vous savez ce qui se passe a I'issue du championnat et quelle est la coutume ?.I sera mis au pied du mur si je puis dire !.N'e trouvez-vous pas mo nidée merveilleuse ?Dans sa joie d\u2019avoir trouvé, elle ti- raitsur les rênes, ce qui eut pour résultat d\u2019immobiliser Patachon au bord de la route.Devant eux, s\u2019amorçait le chemin creux qui menait à la métairie.\u2014 C\u2019est là que je vous quitte, mon parrain.Pour un peu, j'allais oublier ma livraison à la ferme !.Quelle piètre laitière je fais ! Elle rit, en renversant la tête, câline- ment.Toute sa joie de vivre éclate dana ses dents étincelantes, dans ses yeux dont le bleu sombre reflète le ciel.\u2014 Dites.vous m'\u2019aiderez pour mon petit complot de dimanche ?L\u2019abbé hoche la tte.Pour prendre congé il est descendu de bicyclette.\u2014 Saistu que je ne te vois plus guère, à l\u2019Ermitage ?.Depuis que Mademoiselle de Rovel est revenue, tu n\u2019es pas montée une seule fois ! La face changeante de Bérengère devient chagrine.\u2014 Oh! mon parraia, c\u2019est un reproche ?Un geste indulgent la rassure.\u2014 À peine une constatation.Elle s\u2019excuse, avec une moue gentille qui veut se faire pardonner : \u2014 Je suis si occupée si vous saviez !.La maison.la laiterie.la cuisine.Je mets souvent la main à la pâte.et les séances pour mon portrait.Il a voulu le terminer.Ce que je peux être jolie sur cette toile ! .Je ne me reconnais pas.\u2014 Tu es trop modeste ! plaisante l\u2019abbé.Et.de quoi parlez-vous, pendant que Jean-Claude fait ton portrait ?\u2014 Mais naturellement, de Rosine ! .\u2026 Pourtant, cela n\u2019a pas l\u2019air d\u2019avancer les choses.Ah! Mademoiselle Edwige a raison, soupire-t-elle la mine grave, cette idylle nous donne bien du mal ! \u2014 A ta place, déclare l\u2019abbé, en la regardant affectueusement, je laisserais Rosine et Jean-Claude débrouilier tout seuls leurs petites affaires sentimentales.Pourquoi t\u2019en mêler ?.Rosine sait ce qu\u2019elle veut.et le neveu de Mademoiselle Edwige est assez grand pour se décider.\u2014 Mais justement, il ne se décide pas ! Et Mademoiselle est très inquiète ! .Il y a plus d\u2019un mois qu\u2019il est ici ! \u2014 Un mois, vraiment ?.\u2014 Il y aura cinq semaines après demain, annonce Bérengère sans la moindre hésitation.\u2014 Quelle précision ! raille doucement Pabbé.\u2014 Cinq semaines ! \u2026.Elle semble tout a coup réveuse.\u2014 Cinq semaines, déja.C'est curieux ce que le temps passe vite quelquefois.profère-t-elle la voix changée.Moi qui avais si hâte de voir couler les jours, au couvent.Elle exhala un léger soupir.puis, ramenant son regard vers son parrain, lui sourit : \u2014 Au revoir.Je suis en retard.je me sauve!.« Hue ! ma vieille Patache ! Avec adresse, elle faisait virer la carriole sur la route étroite.Dans le sentier, elle se retourna et lança joyeusement : \u2014 À dimanche, mon parrain.bliez pas ?\u2014 À dimanche .répondit l\u2019abbé, en poursuivant pensivement son chemin.FRE n\u2019ou- Dans la salle à manger dont la vaste verrière avançait comme une proue vers l'horizon des montagnes, l\u2019abbé d\u2019Etche- barne terminait son petit déjeuner en face de sa belle-sœur, quand il vit poin- tre dans l\u2019allée, en contre-bas, une cavalière lancée à fond de train.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Voilà Rosine qui rentre, annonga-t- il avec satisfaction.Je serai content de pouvoir l\u2019embrasser avant de partir.\u2014 Elle est seule ?remarqua la baronne étonnée .Elle avait rendez-vous ce matin avec Jean-Claude pour une promenade a cheval.Au pied de la terrasse, l\u2019amazone avait stoppé brusquement et mettait pied à terre.Elle jeta les rênes au domestique \u2019 d\u2019un geste assez impatient, puis s\u2019élança dans l\u2019escalier.\u2014 L\u2019oncle Gilles est ici ! cria sa mère, penchée hors de la baie.Quelques instants plus tard, Rosine pénétra en trombe dans la salle et lan- Çait nerveusement son stick sur une chaise.\u2014 Bonjour, mon oncle, dit-clle avec un effort de politesse.Et elle alla sans entrain lui offrir son front.La baronne l\u2019examinait avec inquiétu- ae.\u2014 Tu n\u2019as pas vu Jean-Claude ?\u2014Si.\u2026.Le dos tourné, elle retirait ses gants.\u2014 Il y a quelque chose qui cloche.Ouic« décidément, «ça ne biche pas» pensa l\u2019abbé, se remémorant la phrase de Bérengère.\u2014 Pourquoi ne t'a-t-il pas raccompagnée ?interrogea Madame d\u2019Etchebar- ne.\u2014 Il m'a laissé à la grille.Le ton bref marquait unc évidente mauvaise humeur.\u2014 Tu aurais dû l\u2019inviter à venir de- jeuner ! \u2014 Certes ! approuva l\u2019abbé.Rosine eut un rire amer.\u2014 Il était vraiment trop pressé de rejoindre votre protégée, jeta-t-elle /brusquement, en se retournant pour dévisager son oncle d\u2019un air hostile.Surpris, celui-ci s\u2019exclama : \u2014 Bérengère ?.Mais je viens de la quitter il y a une demie-heure à peine.Elle faisait la tournée du lait.\u2014 Je sais.Je sais.Nous l\u2019avons rencontrée juste comme nous rentrions, et Jean-Claude a éprouvé le besoin de me laisser tomber pour aller galoper près de sa cariole, tel un chevalier à la porte du carrosse de sa belle.C\u2019est d\u2019un grotesque ! Elle envoya ses gants à la volée sur un meuble.Tous ses gestes trahissaien: son dépit et la rage sourde qui l\u2019agitait \u2014 Voyons ! .voyons ! .plaida l\u2019abbé, conciliant, tu sembles en vouloir à Bérengère.En quoi est-elle fautive s\u2019il a pris fantaisie à ce jeune homme de l\u2019escorter ?.Ils rentraient tous deux à Rovel, n\u2019est-ce pas naturel ?Rosine éclata : \u2014 Vous trouvez cela naturel ?.Et vous trouvez convenable, sans doute, que cette petite soit tout le temps fourrée avec Jean-Claude .qu\u2019on les trouve toujours ensemble quand on se rend chez Mademoiselle de Rovel ?Ah! décide- ment vous étes aveugle, mon oncle!.et vous eussiez beaucoup mieux fait de laisser cette gamine effrontée a son couvent!.\u2014 Mais enfin, protesta l\u2019abbé, les in- .tentions de Bérengére sont pures!.\u2018est une enfant.\u2014 Une enfant ! s\u2019esclaffa Rosine, sur le mode aigu.Non, laissez-moi rire ! Une enfant perverse, oui, qui s\u2019est amourachée de ce fils de famille blasé.et qui s\u2019imagine, parce qu\u2019il marivaude avec elle, être payée de retour.La sotte!.Comme si un Jean-Claude Hamelin pouvait s\u2019intéresser à une fille sans fortune, élevée par charité.une petite provinciale bébête, conventine, sans chic aucun.Ah! elle a des illusions, l\u2019enfant pure ! Le visage déformé par la colère, elle tournait dans la pièce, ayant perdu tout à coup cette froideur hautaine dont elle s\u2019enveloppait à Fordinaire.La baronne la considérait douloureusement.\u2014 Ne te monte pas la tête, supplia-t- elle, dès que l\u2019explosion virulente de sa fille lui laissa le loisir de placer quelques paroles.Tu penses bien que Jean- Claude n\u2019hésitera pas entre Bérengère et toi.La question ne se pose même pas.Que cette petite l\u2019amuse, c\u2019est possible.mais de là à former des projets, alons done!.Elle sourit pour dissimuler son inquietude.L\u2019irritation de Rosine s\u2019acciut. Juillet 1935 1 : rp A i; | 0 Q iM > 2 PR Ce 7% SIR 1 5 A FC mi 7 ge EX = AY y # Xs Fl pi A TAS-PAS DEJA PAYE 55.POUR UN BEAU CHAPEAU DE PAILLE TOUT NEUE ET JUSTE COMME TU ÉMERGES DU MAGASIN, FIER DE TON ACQUISITION- UNBRUSQUE COUP DE VENT TE DÉCOIFFE INCONTINENT, ENVOYANT LE CANOTIER ROULER DANS LA RUE.TU COURS APR ET VA METTRE LA MAIN DESSUS, QUAND IL REPART DE PLUS BELLE - POUR S'ARRÊTER ENFIN SOUS LE LOURD SABOT D'UN CHEVAL DE TRAIT.Sir TAs-PAS ALORS EssAYÉ UNE BLACK HORSE En TE DisanT quapRÈS TOUT CEST ENCORE LE MEILLEUR MOYEN DE COURONNER UNE PAREILLE Dites simplement- \u201c Bière 39 40 $2.00 au lieu de $3.00 Pour permettre i tout le monde de lire régulièrement nous faisons à toutes les personnes qui désirent s\u2019y abonner pour | DEUX ANS un prix de faveur | exceptionnel, Le prix ordinaire de l'abonnement est de $1.50 par année, ce qui fait $3.00 pour deux ans.Au lieu de cela, vous pouvez vous abonner pour DEUX ANS à La Revue Populaire pour DEUX DOLLARS seulement.24 beaux romans d'amour pour $2.00 Et des centaines d'articles intéressants et abondamment illustrés sur les sujets les plus variés.Il nous semble qu\u2019à ces conditions, personne ne saurait plus se priver du plaisir de lire CHAQUE MOIS une revue aussi distrayante et aussi complète.Prenez tout de suite une décision que vous ne regretterez pas.Abonnez- vous dés maintenant a la REVUE POPULAIRE COUPON D'ABONNEMENT POIRIER, BESSETTE CIE, limitée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Ci-joint $2.00 pour un abonnement de DEUX ANS à La Revue Populaire.Adresse Lise Ville L 1220 22002 2e \u2014 Vraiment, maman; vous ne voyez pas quel rôle humiliant je joue en cetie aventure ?.Père m\u2019a rabattu les oreilles de ce fils Hamelin .Tout d\u2019abord, j'ai fait la grimace.Ce nom roturier ne me séduisait qu\u2019à moitié.Pourtant, je mc rends à vos raisons à tous deux.Paccepte de le voir.Il arrive, il me plaît.Je le présente à mes amies.presqu\u2019officiellement .et c\u2019est pour le voir tourner autour de la protégée de mon oncle Gilles !.Ah! non, non, je ne supporterai pas un tel camouflet ! Elle étouffe un sanglot rageur et s\u2019enfuit, en se cachant le visage.La baronne est demeurée figée de consternation.\u2014 Hum !,.rassé.Pour se donner une contenance, il a entrepris d\u2019allumer sa pipe.mais son front se charge de rides.\u2014Elle a raison! éclate soudain la baronne en lançant à son beau-frère ua regard de reproche.Il est inadmissible que cette petite Bérengère.\u2014 Je réponds de Bérengère ! interrompit fougueusement l'abbé.\u2014 Vous répondez.vous répondez.pouvez-vous savoir ce qui se passe dans la cervelle d\u2019une gamine de dix-neuf ans ?L\u2019abbé n\u2019a pas le temps de répliquer, car dans le couloir proche un pas lourd retentit et sa belle-sœur se lève vivement pour se précipiter vers la porte : \u2014 Voila mon mari !.Le baron fait une entrée impétueuse.Rien qu\u2019a voir sa face irritée, il est visible qu\u2019il a vu Rosine et que son siège est fait.Les bras crosiés, il apostrophe le curé de Secori : \u2014 Eh! bien, tu en fais de belles, en nous amenant de petites intrigantes comme ta filleule !.Ah! oui.c\u2019est du joli travail ! \u2014- Bérengère n\u2019est pas une intrigante! riposta l\u2019abbé avec feu.Son frère le regarde d\u2019un œil apitoyé, un peu méprisant : \u2014 Ouais !.Comme si tu avais jamais rien compris aux femmes !.Ce n\u2019est pas chez tes néophytes noires.ni dans tes patronnages coloniaux que tu as pu apprendre leur psychologie compliquée.Et je te dis, moi, que Bérengère est une petite ambitieuse.qui s\u2019est imaginée, dans sa simplicité, qu'il suffisait de quelques petites manœuvres pour ensorceler un garçon comme le fils Hamelin.La mâtine !.Le morceau est de choix, et cela vaudrait mieux évidemment que la perspective de passe sa vie chez les Sœurs du couvent de Béhobie.Seulement, cette péronnelle s\u2019est trompée.Il est nossible que Jean- Claude veuille jouer avec elle.Moi, personnellement, je m\u2019en moque !.L\u2019abbé d\u2019Etchebarne a pâli.Il s\u2019est levé violemment et marche vers le baron.Son visage austére se colore d\u2019indignation .Alertée, la baronne se précipite pour s\u2019interposer.Mais dans un grand effort, son beau-frère réussit à reconquérir son sang-froid.\u2014 Tu n\u2019as pas honte de parler ainsi d\u2019une jeune fille sans défense ?.\u2014 Hé hé ! raille le baron, si elle n\u2019a pas de défense, elle me paraît avoir l\u2019attaque assez habile !.Sur un geste farouche de l\u2019abbé, il change de ton, élève la voix : \u2014 Enfin, il n\u2019est pas question de ça.Voici la situation, je te l\u2019ai cachée jusqu\u2019à ce jour.Oui, continue-t-il, légèrement embarrassé, devant le regard fixe de son frère, les affaires ne vont pas très bien.Oh! non que je sois en mauvaise posture .mais enfin, j'ai des difficultés financières momentanées.Pour m\u2019en tirer j'ai besoin de l\u2019appui de gros capitalistes comme Hamelin.Tu as compris ?L\u2019abbé ne répond pas tout de suite.Ses yeux graves dévisagent l\u2019armateux, le scrutent.\u2014 Je comprends que lu négocies la personne de ta fille.dit-il enfin, pensivement.Gaétan (\u2019Etchebarne hausse les épaules.\u2014 En voilà des phrases ! .je « négocie»!.Mais sais-tu bien qu\u2019elle est enchantée de servir d\u2019enjeu à cette négociation, Rosine ?.Dieu merci! elle n\u2019est pas romanesque et elle possède cette intelligence pratique des femmes de ca temps.conclut l\u2019abbé, embar- \u2014 Qui ressemble joliment à de l\u2019arrivisme.\u2014 À une compréhension plus sensée des nécessités de l\u2019existence l\u2019assura brutalement le baron.Rosine n\u2019a pas été élevée dans la perspective d\u2019une existence médiocre.Tu connais notre train de vie.Depuis plusieurs mois, je suis obligé d\u2019accomplir des prodiges pour n\u2019en pas diminuer l\u2019apparence\u2026.\u2014 Hélas ! approuva sa femme, en éle- vani vers le plafond ses mains aristocratiques.\u2014Si nous nous cramponnons ainsi.continue le baron d\u2019une voix plus sourde, à l\u2019heure où nous aurions gagné un peu de repos et à une époque si diff: cile qu\u2019elle décourage tous les efforts, c\u2019est à cause de Rosine .C\u2019est en vue du beau mariage à quoi elle est en droi- de prétendre.Cette union entre elle et le fils Hamelin a été préparée par moi longuement .paliemment, et je m'en vante !.Dai réussi à gagner le père à ma cause.et pour le fils, Rosine s\u2019en charge.Mais nous ne laisserons pas saboter notre ouvrage, par une Bé rengère.même si elle est ta protégée !.Voilà ! L\u2019abbé d\u2019Etchebarne a écouté sans mo: dire toute cette diatribe.Rien dans son visage redevenu impassible n\u2019a manifes- lé ses impressions intimes.Quand Ile baron, \u2014 ayant terminé, \u2014 enfonce ses mains dans ses poches dans une attitude d\u2019orateur satisfait, il réplique doucement : \u2014 Îl y a tout de même un facteur que vous avez oublié dans vos pctites combinaisons.Son frère hausse ses gros sourcils.\u2014 Un facteur ?.Quel facteur ?\u2014 L'amour.\u2014 L'amour ! \u2026\u2026 Le rire jovial de Gaëtan d\u2019Etchebarne fait trembler les vitres.Il a un clin d\u2019œil narquois a l\u2019adresse de sa femme : \u2014 Tu l\u2019entends, notre curé ?Et il va appliquer une bourrade amicale sur l\u2019épaule de ce dernier.\u2014 Sapristi !.de quoi te mets-lu en peine ?Ces questions-la ne font pas partie de ton ministère, que je sache ?.Et comment pourrais-tu discuter d\u2019un sujet que tu ignores, d\u2019une chose que tu as, par principe, écarté de ta vie ?Dans les prunelles spiritualisées ne l\u2019abbé Gilles, une ombre passe, et, sur sa face émouvante, burinée par les années de renoncement et de sacrifices, il semble qu\u2019une émotion tremble, tout à coup.Le baron poursuit, de sa voix bour rue : \u2014 Au surplus, rien ne dit que l\u2019amour ne naisse pas entre nos jeunes gens.Rosine trouve Jean-Claude séduisant.beau garçon.Son genre lui plait.Lui ne cache pas qu\u2019il l\u2019admire .Je ne leur donne pas huit jours de vie commune pour éprouver l\u2019un vis-à-vis de l\u2019autre la plus grande passion.C\u2019est fatal !.\u2014 II ne s'agit pas de Rosine, rectifie l'abbé.mais de ma filleule pour qui Mec sieur Jean-Claude paraît éprouver une sympathie très particulière et qui, \u2014 ce qui serait plus grave \u2014 semble, en tout innocence, lui retourner la réciproque.-\u2014 Eh ! s\u2019est précisément ce que je ne veux pas! proteste Gaëtan d\u2019Etchebarne en assénant un violent roup de poing sur la table.Tu vois je ne te fais pas dire que la présence de cette Bérengère à Ro- vel est tout à fait inopportune, sinon déplacée !.Je ne peux pas le signaler à Mademoiselle Edwige puisqu\u2019elle ne le voit pas !.Aussi hien, il vous appartenait à tous deux \u2014 un curé, une vieille fille ! \u2014 de commettre une gaffe de ce calibre; laisser cohabiter sous le même toit un garçon de vingt-sept ans et une jeunesse de dix-neuf.C\u2019est insensé ! .Et il est temps que cela cesse Tu vas renvoyer ta Bérengère à son cou vent ! \u2014 Mademoiselle de Rovel a besoin d\u2019elle.objecta l\u2019abbé Gilles.Quelle explication veux-tu que je lui donne ?\u2014 Au besoin, tu lui diras la vérité.Elle désire autant que nous voir réussit le mariage projeté.Tu lui feras sentit l\u2019imprudence, je dirai même l\u2019inconvenance qu\u2019il y a à encouragei, entre son neveu et ta protégée, une camaraderic oui peut provoquer chez cette petite des illusions dangereuses .Enfin, agis comme bon tu l\u2019entendras, mais il est né- LA REVUE POPULAIRE \u2018e cessaires que cette histoire cesse au plus tot ! \u2014 Songez que vous rendrez service à Bérengère, Gilles! appuya habilement la baronne, venant à la rescousse.Si cette enfant est sincère dans son ingénuité, elle se prépare un terrible chagrin.Monsieur Hamelin père a des ambitions nour son fils: il ne consentira jamais à lui laisser faire un sot mariage où la jeune épousée n\u2019apporterait ni dot, ni relations.ni avantages matériels d\u2019aucune sorte.Seulement son cœur tout neuf et aimant !.pensait histement l\u2019abbé N\u2019es-ce pas suffisant pour réaliser cette félicité à deux qui est bien une des plus graves et des plus précieuses choses que l\u2019on puisse souhaiter ici-bas ?Pourtani, pouvait-il ne pas reconnaîtrz la part de prudence et de sagesse que contenaient les objurgations égoïstes de son frère et de sa belle-sœur ?.D\u2019autre part, il s\u2019agissait de lavenir de Rosine.cet avenir compromis par la situation nouvelle qui venait de lui être révélée.Aussi chère que lui fut sa filleule, pouvait-il lui sacrifier sa plus proche parente ?Dans l\u2019âme loyale et scrupuleuse de l\u2019abbé Gilles, un dur combat se livrait.Hélas ! il avait appris depuis longtemps, aux heures ou sa conscience obscurcie ne projetait plus son habituel rayonnement sur la route, qu\u2019entre deux devoirs il faut toujours choisir celui qui coûte davantage.\u2014 Je parlerai à Mademoiselle de Ro- vel.Dérengère regagnera le couvent la semaine prochaine, décida-t-il, en réprimant un soupir.\u2014 À la bonne heure ! conclut le baron, rasséréné.Voilà qui est parler ! Une fois cette petite perturbatrice hors de jeu, les choses marcheront toutes seules.et, dans quelques semaines, tu pourras bénir union de ta nièce et de notre jeune ami.\u2014 Le mariage de l\u2019Orgueil et de l\u2019Argent, juge sévèrement l\u2019abbé, à part lui.Piètre union ! quelle garantie de bonheur apporte-t-elle au jeune couple ?.F=aat Tandis qu'il songe à ces choses, en pédalant, d\u2019un talon plus bas, sur le chemin de son Ermitage, une grande tristesse s\u2019installe en son cœur.Chapitre VHI \u2014- Allo ! Tantine, vous n'avez pas vu Bérengère ?Medomiselle de Rovel, pour lors, occupée a préparer une succulente pâte à ses poules préférées, se détourne avec un peu d'humeur.\u2014 Bérengère.Bérengère.Je ne I'ai pas dans ma poche!.\u2014 Naturellement! réplique Jean-Claude, qui regarde en riant le grand tablier de Mademoiselle Edwige Bérengère a beau être menue et vos poches vastes, je, conçois qu\u2019il vous soit difficile de l\u2019y cacher.Sérieusemer* où est-elle ?Mademoiselle Edwige se retourne vers son neveu.Comme il avait changé ! \u2026 Hâlé, bruni, la mine brillante, le bére: sur l\u2019oreille, une vraie gaieté aux yeux, il n\u2019était pas le même Claude qui, les premiers jours, bâillait impatiemment en promenant son désœuvrement dans touce la maison.Maintenant une vive ardeur l\u2019habitait.Rovel semblait lavoir réellement conquis.Il s\u2019intéressait aux chose de la campagne.s'amusait des menu: faits de la vie rurale, s\u2019ingéniait à apporter son aide.Ce matin, encore, n\u2019avait- il pas scié toute une pile de bois pour soulager le vieux Bazile qu\u2019il voyait abhaner sur sa besogne ?.Et, ce faisant, il sifflotait joyeusement.À sa tante qui lui enjoignait de laisser là ce travail mercenaire : \u2014 Allons donc, tantine !.c\u2019est du sport ! avait-il protesté joyeusement.Et, secrètement ravie, Mademoiselle Edwige voyait se réaliser, à trente ans de distance, tout ce qu\u2019elle avait rêvé an lemps où, ayant placé tous ses espoirs dans sa nièce Isabelle, elle comptait sur la jeunesse de celle-ci pour peupler sa solitude de Rovel.\u2014 Bérengère est en haut.Elle fait ses valises.\u2014 Ses valises ! sursauta Jean-Claude, le sourcil froncé.\u2014 Dame.Elle part lundi. Juillet 1935 La stupeur le fit bafouiller.\u2014Lun.Elle.Elle part lundi Où ça ?.Bourrue, Mademoiselle tourna le dos.\u2014 Tu es admirable!.Ou ¢a?.Au couvent.Chez sa tante ! .Chez elle, enfin ! Elle n\u2019était ici que par hasard.\u2014 Mais.mais.Ah! ça, par exemple ! Mademoiselle Edwige n\u2019en entendit pas davantage, car son neveu s\u2019élançait vers la maison, Mademoiselle de Rovel le suivit d\u2019un œil pensif.Tiens! mais.le Curé aurait-il raison en suggérant que Jean-Claude menaçait de devenir amoureux de Bérengèe ?\u2014 Dis done.Tu sais que les d\u2019Ft- chebarne viennent te chercher tout au l\u2019heure .Il faut.Elle s\u2019interrompit, consciente de parler dans le vide.Jean-Claude ne l\u2019enten dit pas.Il était déjà dans l\u2019escalier.\u2014 Eh bien ! nous voilà jolis ! conclut Mademoiselle Edwige, tout agitée.Bérengère était dans la lingerie.Au bruit de la porte qui claquait, elle se retourna.\u2014 Non ?.C\u2019est vrai, cetle ridicule histoire .Vous partez ?; La petite abandonna les chaussur»s qu\u2019elle enveloppait soigneusement d\u2019un bas usagé ainsi que le lui avait prescrit Sœur Saint-Symphorien, la tourière.\u2014 Mais oui, dit-elle simplement.je pars lundi.\u2014 C\u2019est une plaisanterie ?La jeune fille cligna des yeux, incompréhensive.\u2014 Une plaisanterie ?.Mais non, voyons ! Je ne peux pas rester à Rovel toute la vie, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Je n\u2019y vois pas d\u2019inconvénient ! af- firma-t-il avec fougue.Elle sourit.Son sourire n\u2019avait pas sa clarté habituelle.Il y tremblait un peu de tristesse.Elle expliqua doucement : \u2014 Ma tante me réclame.Elle a besoin de moi.11 faut que je parte.\u2014 Votre tante ?.Quelle est donc cette lante que je ne connaîs pas ?\u2014 Vous ne pouvez connaître tout ce qui me touche ! répliqua-t-elle, taquine.Il restait sérieux, la serutant d\u2019un dur regard.\u2014 Je désire connaître tout ce qui vous touche, appuya-t-il sans cesser de la tenir sous l'emprise de ses prunelles volontaires.Les mains de Bérengère se refermèrent l\u2019une sur l\u2019autre.Elle baissa les cils et se détourna.\u2014*I[] s\u2019agit de Mère Marie des Anges, la supérieure du couvent de Santa-Cruz où j'ai été élevée.\u2014 Et cette supérieure est votre tante ?\u2014 La seule parente qui me reste.Il demeura quelques secondes sans parler, l\u2019examinant d\u2019un air un peu incrédule.Elle conclut, avec un petit sourire em- barassé : \u2014 Voila.\u2014 Voila.répéta-t-il machinalemeni.Oui, voila une bien étrange nouvelle ! reprit-il ensuite, hochant la tête.Et comme il méditait toujours, absorbé semblait-il, par un problème compliqué, elle se remit à ses préparatifs.\u2014 Quand revenez-vous ?s'enquit-il, à brûle pourpoint.\u2014 Mais.je ne reviens pas.Du moins, il nen est pas question.\u2014 Voyons ! fit-il, haussant les épaules, vous n\u2019allez tout de même pas vous éter- miser dans ce couvent.Vous n\u2019avez plus l\u2019âge ! Les yeux de la petite exprimèrent la rerplexité.\u2014 Où voulez-vous donc que j'aille ?\u2014 Dame.ici! \u2014Tei, je suis en visite.en vacances.Le couvent, c\u2019est ma maison.I] enfonça ses mains dans ses poches et se mit à l\u2019examiner avec la même surprise incrédule.\u2014 C\u2019est incroyable ! \u2014 Mais.qu\u2019est-ce qui est incroyable?\u2014Eh bien.ça.ce que vous me racontez.Oui, c\u2019est extraordinaire que depuis bientôt deux mois que nous avons vécu côte à côte.amis.car nous sommes amis n\u2019est-ce pas ?\u2014 Certes ! approuva-t-elle, ment.\u2014.Que depuis deux mois, dis-je, je ne me sois jamais soucié de la façon Edwige lui spontané- dont vous viviez jusqu\u2019à mon arrivée !.Quelle chose inouïe ! Vous êtes tellement dans votre cadre, ici.vous semblez si bien faire partie du décor, participer au paysage, à la montagne, à la mer, à la lumière, à l\u2019air qu\u2019on restire que je ne pouvais imaginer que vous n\u2019apparteniez pas à Rovel, au même litre que tante Edwige, Dominica ou Fa- rou.Et j'apprends aujourd\u2019hui que vous n\u2019êtes ici qu\u2019en visite.et que votre véritable demeure est ce couvent que j'ignore ! .Formidable ! Elle le regarde, un peu interdite .Jamais il ne lui a parlé avec cette fougue.de tant de choses qui la concernent.Elle n\u2019a pas l\u2019habitude de s\u2019attarder sur elle-même.sur son humble existence si effarée.et, que Jean- Claude, soudain, semble à ce point sv intéresser, !- confond!.Toujours véhément, il l\u2019apostrophe : \u2014 Vous y plaisez-vous, au moins dans ce couvent ?Bérengère devient réveuse.Un attendrissement embrume ses prunelles bleues qui vont chercher dans l\u2019espace on ne sait quelle vision paisible et mélancolique.\u2014 J'y ai passé mon enfance.Tout le monde y fut très bon pour moi, affir- me-t-elle, d\u2019un ton de ferveur émue.Il y a un grand jardin presque toujours fleuri.une chapelle blanche où je tiens l\u2019harmonium pour accompagner le dimanche les petites orphelines.des couloirs sonores et nus.Quand les Sœurs glissent, silencieuses, leur longues robes y fait un bruit de feuilles mortes.C\u2019est très reposant.Elle rêve encore, un instant, les paupières basses, puis un sourire l\u2019éclaire: \u2014 Ce que j'aime surtout, chuchote-t- elle d\u2019un ton de confidence, c\u2019est la lingerie.On m'y installe de longues heures pour broder les nappes d\u2019autel ou les linges sacrés.Dans le silence du jardin, on entend parfois les cloches s\u2019abattre comme un bruit d\u2019ailes.ou bien, ce sont les musiques que la Sœur organisie égrène, sur son piauo d\u2019ét1- des .Parfois, elle chante.et sa voix est pure comme un chant de séraphin.C\u2019est merveilleusement doux!.Elle s\u2019est rapprochée de la fenêtre.Son regard semble caresser le grand paysage agreste.\u2014 Tenez.regardez-les mes montagnes.Je les retrouve partoui, où que j'aille dans ce pays basque qui est lv mien.Les Trois Couronnes.La Rhune.le Jaiskybel.Ce sont les mêmes que mes yeux d\u2019enfant ont toujours connues.Elles dominent toute cette conirée comme de pacifiques et puissantes souveraines.Si souvent je leur ai parlé ! .je leur ai tant confié de secrets.de rêves.d\u2019espoirs.Oh ! oui, j'ai été heureuse dans mon cher couvent ! Elle demeure un grand moment muette, comme perdue dans cette évocatioa de son jeune passé si proche d\u2019elle encore.Puis, ses prunelles virent vers Jean-Claude.\u2014 Quel air singulier vous avez ! émet- elle avec un rire contraint.A la vérité, elle ne sait pas très bien déchiffrer le profond regard gris qui la scrute avec tant d\u2019insistante douceur.Elle n\u2019a jamais vu ce regard à Jean- Claude, ce regard qui semble avoir dépouillé toute son habituelle ironie.\u2014 C\u2019est que vous parlez un si étrange langage, petite fille ! \u2014 Moi ?qu\u2019est-ce que j'ai dit ?inter- roge-t-elle, soudain inquiète.\u2014 Des choses que je n\u2019ai jamais entendues, des choses.rafraichissantes, ajoute-t-il lentement, et comme à regret.\u2014 Oh! par exemple ! \u2026 Il la voix rougir.et elle baisse précipitamment les cils sur ses joues en feu.\u2014 Vous n\u2019avez jamais imaginé que vous puissiez un jour vous mêler au monde .vous marier ?dit-il, en faisant plus aigu son regard.\u2014 Me marier ?.répète-t-elle, perplexe.plexe.Je crois que ça ne me sera pas possible, affirme-t-elle, hochant la tête.Je suis trop difficile, affirme Sœur Sacramento .Et Sœur Sacramento s\u2019y connaît.C\u2019est elle qui fait les mariages chez nous.\u2014 Comment! on s\u2019occupe de ces choses profanes dans votre couvent ?.\u2014 Oui.Mais les partis qui se présentent .ne me séduisent pas du tout! \u2014 Il s\u2019en est donc présenté ?interro- ge-lil vivement.\u2014 Oh ! pas pour moi.pour les orphelines.C\u2019est vrai vous n\u2019êtes pas au courant de la coutume espagnole qui peut vous sembler étrange.Mais là- bas, les religieuses marient elles-mêmes leurs protégées.Ceux qui ont décidé de prendre femme chez les orphelines font une demande .La supérieure prend tous les renseignements, et, si le prétendu lui paraît offrir toutes les garanties morales et matérielles capables d\u2019assurer l\u2019avenir des pupilles, elle accepte de les recevoir.Une lueur amusée traverse ses prunelles.\u2014 La présentation est toute une cérémonie.Au jour dit, le prétendu est introduit au parloir, et les jeunes filles vienent ensuite.En présence de la Sœur Sacramento, le fiancé choisil sa future.Elle a naturellement le droit de refuser.\u2014 Et.elles refusent souvent ?\u2014 Quelquefois.Les «Princes Charmants » sont rares.et il en est, méme parmi nous, qui ont fait des réves romanesques.Mais le roman est exclu de ces unions éminemment raisonnables, la poésie aussi.\u2014 Diable !.que reste-t-il ?s\u2019exclame Jean-Claude, ahuri par ces révélations.\u2014 II reste le devoir.Beaucoup de ces jeunes filles qui n\u2019ont pas la vocation religieuse acceptent de se dévouer, à un infirme, à un déshérité.à un veuf chargé de famille.Au fond, c\u2019est très méritoire.11 la regarde longuement.\u2014 Et vous ?\u2014 Oh! moi.Elle a un élan comme pour laisser échapper une brûlante confidence.et puis brusquement se tait.\u2014 Bérengere ?.Les deux mains de Jean-Claude se sont appuyées avec tant de force sur ses épaules qu\u2019elle fléchit légèrement sous leur pression.\u2014 Bérengère ! Quelle voix a-t-il donc aujourd\u2019hui ?\u2026.Elle se sent en proie à un trouble ex- trème, jamais ressenti.Elle voudrait s\u2019en aller.mais le timbre grave et vibrant de son ami agit sur ses nerfs en émoi comme sur des cordes trop tendues.Il lui semble que cette voix la pénètre, va remuer en elle d\u2019inexprimables choses.éveiller d\u2019inexplicables craintes \u2026 En même temps, elle se sent génée.Ce regard brûlant qui la dévisage lui communique un malaise bizarre dont elle ne sait s\u2019il est délicieux ou douloureux.\u2014 Bérengère ! Cette fois, il a parlé si fort qu\u2019elle se résout à lever le menton, épouvantée par sa violence.Tremblante, elle hausse vers lui ses paupières.Si près qu\u2019elle devine jusqu\u2019au moindre frémissement, jusqu\u2019à la plus petite palpitation de cette face, traversée à cette minute par une mystérieuse et sauvage ardeur, le masque dur de Jean-Claude s\u2019abaisse lentement vers le sien.Elle frissonne comme un lac sous le vent d\u2019orage.Les mains de Jean-Claude ont lâché ses épaules pour enfermer entre leurs paumes chaudes le visage juvénil où tremble une attente anxieuse, mêlée d\u2019effroi\u2026.Elle peut à peine proférer, d\u2019une voix étouffée qui marque son indicible émoi: \u2014 Jean-Claude.qu\u2019est-ce.qu\u2019est- ce qu\u2019il y a ?Or, tout soudain, le regard impérieux rencontre les candides prunelles bleues, les deux pures falques de ciel qui sont la redoutable et fragile défense de cette enfantine figure.\u2014 Rien ! jette brutalement Jean-Claude, en se reculant avec tant de brusquerie que Bérengère heurte rudement la table.\u2014 Oh! vous m\u2019avez fait mal ! gémit- elle, blessée, en frictionnant son coude meurtri par le choc.\u2014 Je vous demande pardon.Il a parlé d\u2019une voix basse.en se détournant, comme honteux.Maintenant, la table les sépare, et elle peut, pour se donner une contenance, parce qu\u2019elle ne se sent plus devant lui dans son aplomb habituel, feindre de poursuivre ses rangements .mais ses doigts maladroits embrouillent les objets.4) Elle éprouve une inexplicable envie de pleurer.\u2014 Vous êtes fâché contre moi ?de- mande-t-elle, comme elle le voit se diriger vers la porte.I jausse les épaules.\u2014 Fâché !.Pourquoi ché 2.\u2014 Je ne sais pas.Vous êtes si bizarre aujourd\u2019hui!.Cela vous ennuie donc que je parte ?T1 ne répond pas.Elle le voit revenir vers elle, comme s\u2019il voulait lui parler.Ellc implore : \u2014 Mais enfin, qu\u2019y a-t-il done, Jean.Claude ?.Tous ses traits, à présent expriment l'inquiétude.Non, elle ne comprend vraiment rien à la nouvelle attitude de son ami.Elle pense qu\u2019elle a réellement dû le froisser sans le savoir et qu\u2019il n\u2019ose le lui dire.Et elle va encore s\u2019excuser quand il prononce doucement, de ce ton câlin et irrésistble qu\u2019il prend quelquefois après ses sautes d'humeur les plus déconcertantes : \u2014 Que j'aime vos yeux, petite fille! Je voudrais être guidé toute ma vie par la lumière de ces yeux-là !.\u2014 Oh! Jean-Claude ! Llle a eu un mouvement impulsif vers lui.et puis s\u2019arrête, interdite.Derrière lui, il claque la porte.Un long moment, figée, Bérengère regarde cette porte .Ses prunelles s\u2019élargissent comme, si, tout à coup, un voile se déchirait devant elle pour lui découvrir une chose surprenante et inattendue.Et soudain, elle enfouit dans ses mains son visage devenu rose comme un ciel d\u2019aurore et exhale, éperdue : \u2014 Mon Dieu.mais.mais.mais je crois\u2018 que je l\u2019aime!.\u2026.=u serais-je fa- Quand Bérengére descendit, une heure plus tard, elle était extraordinairement agitée.Le bruit l\u2019attira vers la salle à manger: à mesure qu\u2019elle avançait, elle comprit que Mademoiselle de Rovel et son neveu étaient en grande discussion.Comme elle allait atteindre la porte, deux phrases distinctes lui parvinrent, prononcées par deux voix vibrant d\u2019une égale exaltation.\u2014 Allons donc, mon petit!.Ton père ne consentira jamais.\u2014 Eh! s\u2019il ne consent pas; je passerai outre.Je suis assez grand pour cela.Interloquée, la petite hésita, n\u2019osant s\u2019aventure davantage, de peur d\u2019être indiscrète.Se rappelant brusquement que Dominica avait besoin d\u2019elle, sur le pra où elle avait étendu durant la matinée, le linge de la lessive, elle fila par la porte des communs.Mais un si grand désarroi était en elle qu\u2019elle ne put écouter comme d'habitude les bavardages de la bonne femme et au\u2019elle laissa échapper, à deux ou trois reprises, les draps que ses mains fébri les étiraient mal.Ce fut bien pis lorsau\u2019elle vit passer sur la route Patachon attelé à la victoria.\u2014 Bon ! voilà Basile qui escorte Mademoiselle et Monsieur le neveu, observa Dominica.Le vieux fou!.Il ne m\u2019a méme pas avertie qu\u2019il devait sortir.Et voyez ça, s\u2019il fait activer la pauvre bête.Qu\u2019est-ce qu\u2019il a donc à être pressé de la sorte ?\u2014 Ils doivent aller a Brikéténia.soupira la jeune fille, songeuse.Et, sans qu\u2019elle sut bien pourquoi, elle se sentit tout à coup pénétrée d\u2019un« noire mélancolie.Le soir, Mademoiselle de Rovel revint seule, très tard contrairement à son ordinaire.Elle avait son air bourru, mais ses yeux, quand ils s\u2019apnuvèrent sur le visage interrogateur de sa protégée, reflétaient une satisfaction mêlée de souci, \u2014 Où done est Jean Claude ?demand : Bérengère intriguée.\u2014 Jean-Claude ?.Il est parti.\u2014Parti?.La jeune fille laissa choir les serviettes qu\u2019elle s\u2019apprêtait à poser sur la table où le couvert était déjà mis.L\u2019émotion fit trembler sa voix : \u2014 Vous ne voulez pas dire qu\u2019il a.\u2014 Regagné Paris.Oui da !.Nous l\u2019avons conduit cet après-midi à lau.tobus avant de nous rendre chez les d\u2019Etchebarne.annonça Mademoiselle de 42 FLOOR Ü VARNISH / A l\u2019épreuvre des talons.marques et eau.NON glissants.PAS de polissage.Pour parquets, meubles, boiseries.Dans toutes les quincailleries.Pratt & Lambert-Inc., Fort Erlé, Ont.ePRATT & LAMBERT \u20ac *PAINT AND VARNISH La meilleure partie du pique-nique.ces merveilleux sandwiches que vous préparez en un instant avec le Paris-Pâté.Vous ne sauriez souhaiter rien de mieux! NN 42F \u201cJE ME SENS PLEINE DE VIET CEST ce que disent des centaines de femmes après avoir pris le Composé Végétal.Mme M.Carter, Toronto, écrit:\u2014 \u201cPétais épuisée.Jai pris deux bouteilles de votre remède.Maintenant je dors bien et mange plus.J'ai un bon teint et mes nerfs sont mieux.\u201d Pourquoi ne l\u2019essayez-vous pas?Son action tonique est peut-être ce qu\u2019il VOUS faut.Essayez le COMPOSE VEGETAL IAA AT LES ROMANS D'AMOUR QUE PRODUIT La Revue Populaire SONT TOUJOURS CHOISIS AVEC SOIN - - COUPON D\u2019ABONNEMENT -\u2014 La Revue Populaire | J I 1 Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 : cents pour 6 mois (Etats-Unis: ! $1.75 pour 1 an ou 9c pour 6 ! mois) d\u2019abonnement 3 LA REVUE POPULAIRE.! 1 I Adresse Ville \u2026 POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée.975, rue de Bullien, Mentréal.2 9 3 Rovel comme si elle eut émis la chose la plus naturelle, du monde.\u2014 11 est parti! répéta Bérengére qui n'en pouvait croire ses oreilles.Mademoiselle Edwige affectait d\u2019enlc- ver son manteau négligemment et de replacer les épingles de son chignon.Mais, du coin de l\u2019œil, elle observait sa compagne.Tout agitée, celle-ci vint vers elle.Sou visage avait perdu sa claire allégresse.\u2014 Mademoiselle.mais.il avait.Il m\u2019avait promis d\u2019assister dimanche aa championnat des Bicherons.Cette « Fétes des Biicherons», trés spéciale au pays basque est une des plus originales.C\u2019est un tournoi qui met aux prises les plus fameux gars de la région.Réunis sur la place du village armés de leur cognée, ils se placent devant d\u2019énormes troncs d\u2019arbres trainés la tout exprès pour eux.Et c\u2019est un combat singulier entre les plus forts et les plus agiles.La hache luit, tournoie, s\u2019abat, coupe.les rondins diminuent à vue d\u2019œil.Sous leurs couns irrésistibles cédent les plus dures écorces et le boi: saigne, montrant son tendre aubier.Ce qui rend cette manifestation encore plus intéressante, c\u2019est la tradition qui s\u2019y attache.En effet, les jeunes compétiteurs sont tenus de choisir, parmi l\u2019assistance féminine, une « Dame » dont il- porteront les couleurs.Pour la plupart ils ont pris soin d'emmener leur promise ou celle qu'ils souhaitent conquérir.Et nombre de fiançailles s\u2019e- bauchent sur la petite place archaïque où coule l\u2019eau chantantc d\u2019une fontaine ancienne et que domine le Fronton.Fiançailles qui vont ensuite se consacrer à l\u2019Ermitage où la Vierge, dit-on, se montre propice aux espoirs des amoureux fervents.Par-dessus ses lunettes, Mademoisell : Edwige examine sa protégée.\u2014 Pourquoi donc tenais-tu tant que cela à entraîner Jean-Claude à cette fête locale ?Une vive rougeur envahit les joues de la jeune fille en une brève flambée.\u2014 Mais.balbutie-t-elle.vous savez bien.parce que Rosine devait y venir.et je comptais sur.sur l\u2019ambiance.l\u2019enthousiasme.l\u2019exemple aussi pour que Jean-Claude.se déclare.\u2014 Ouais ! .c\u2019est-à-dire que tu l\u2019envoyais là-bas pour choisir une fiancée ?\u2014 Oui.avoue tout bas Bérengère.Mademoiselle de Rovel a replié ses lunettes.Elle n\u2019en a pas besoin pour voir le trouble nouveau qui a pâli cette Bérengère d\u2019ordinaire si gaie et si insoucieuse.Elle n\u2019en a pas besoin non plus pour noter avec un secret attendrissement la réaction de ce jeune cœur.\u2014 Les complots ne sont plus nécessaires pour faire trébucher Jean-Claude sur le chemin du mariage.Il a choisi sa fiancée.sans intermédiaire.Bérengère a plissé ses sourcils bruns pour dévisager son interlocutrice.Une étrange émotion l\u2019agite.\u2014 Mademoiselle.que voulez-vous dire ?Mademoiselle de Rovel pose sa maiu blanche que les travaux n\u2019ont pu durcir sous le menton tremblant de sa jeune amie.\u2014 C\u2019est toi qu\u2019il aime, mon petit, dit- elle en le regardant profondément.Il est allé l\u2019annoneer à son père.\u2026 et lui demander la permission de t\u2019épouser.oi?.Le cri a jailli comme un cri de terreur.Les prunelles bleues se sont élargies.La bouche de Bérengère s\u2019en trouvre.Elle balbutie : \u2014 Moi ?.mais.oh! je.Mademoiselle Edwige ! Ft elle s\u2019abat, sanglotant d\u2019émoi, dans le giron de la vieille demoiselle qui a ouvert tout grands ses bras maternels.Chapitre IX \u2014 Dieu ! que le monde est beau et que je suis heureuse ! \u2026 Ainsi chante Bérengère dans l\u2019allégresse de ce matin triomphant.Depuis hier, elle croit vivre un rêve ingénu et magnifique dont elle a peur de s\u2019éveiller : Jean-Claude est parti pour déclarer à son père qu\u2019il désire l\u2019épouser.Après l\u2019annonce de cette stupéfiante nouvelle, elle a tout de suite été prise d\u2019une angoisse : \u2014 Oh! Mademoiselle.si Monsieur Hamelin ne consentait pas ?Les yeux noirs de Mademoiselle Edwige ont lancé des éclairs : \u2014 Le vieux sacrip.Oui, enfin, je voudrais bien voir ¢a!.Un mariage que je patronne ! \u2026.Il mettrait des bâtons dans les roues 7.Elle réfléchit une seconde, puis d\u2019un ton apaisant : -\u2014 Même s\u2019il coupe les vivres à Jean- Claude \u2014 on ne sait jamais avec un phénomène comme celui-là ! \u2014 il vous restera toujours Rovel, mes petits.Dors sur tes deux oreilles ! C'était facile à dire !.Bérengère n\u2019a pu dormir de la nuit.Son cœur bouillonnait comme une cuve que vient d\u2019emplir du vin nouveau.Il y régnait un tumulte inconnu jusqu\u2019alors, une ivresse, un désordre incroyables!\u2026 Un chant frais qui avait à la fois un bruit de source ei une force de torrent l\u2019étourdissait, tandis qu\u2019accoudée à sa fenêtre et penchée sur la nuit, elle s\u2019était laissée aller aux belles expectatives qui s\u2019allongaient à Phorizon radieux.Elle aimait.Dieu! était attendrissante !.Des cantiques lui montaient aux lèvres.Au-dessus d'elle, les étoiles luisaient pétillantes, malicieuses amis.et parfois le reflet fugace d\u2019un phare de la côte balayant les ténèbres venait à elle comme un signe mystérieux.Tout un monde d\u2019impressions nouvelles et d\u2019ineffables joies pénétrait peu à peu son âme et quand elle évoquait l\u2019image de Jean-Claude.tel qu\u2019elle l\u2019avait vu devant elle la veille, en proie à un inexplicable émoi, une vague de tendresse la submergeait.\u2026.Elle se surprit à faire de ses lèvres jointes, une moue de baiser qu\u2019elle adressait à travers la tiède nuit de printemps au cher dispensateur de ses félicités nouvelles.que cette nuit FRE Ce matin, elle s\u2019est levée en hâte.Ne faut-il pas qu\u2019elle aille chez son parrain annoncer la bonne npuvelle ?.Ne faut-il pas aussi qu\u2019au pied de la Vierge de Secori, comme l\u2019ont fait avant elle tant de promis et de promises, elle apporte sa jeune et reconnaisante ferveur?C\u2019est pourquoi elle a pris l'autobus.Le ciel de neuf heures est déja fleuri comme un émail.Vêtues de brume ei de lumière, ses montagnes lui parlent un langage plein d\u2019espérance.Ah! oui, le Jour est beau comme une prière ! A Saint-Jean, elle a quitté l\u2019autobus pour prendre le tramway qui longe la côte, en prenant le chemin des écoliers.x Et voici l\u2019Ermitage avec son sane- tuaire tout blanc entre les cyprès, son jardin abandonné où les vieilles tombes basques dorment, oubliées, parmi l'herbe verte.La chaîne des Pyrénées lui fait une magnifique toile de fond et la mer en bas, chante dans les vriques, balançant sur le sable fin ses vagues argentées.Pas une ame dans cette enceinte ou l\u2019on vient surtout l\u2019été.car c'est assez loin de tout centre et il faut, pour J\u2019atteindre, gravir une câôle abrupte.Si, pourtant.Une ombre s\u2019allonge au soleil devant le petite porche qui précède la chapelle et dont les deux bancs de pierre accotés à la muraille nue offrent un refuge a la fatigue des pèlerins.De l\u2019église, sort un murmure.Bérengère avance avec circonspection; son parrain sans doute est avce quelqu\u2019un.Aussi léger qu\u2019il soit, son pas a fait craquer une branche morte.La silhouette émerge du portique, fait face à l\u2019arivante.\u2014 Rosine ! s\u2019exclame Bérengère avec une surprise joyeuse.C\u2019est bien Rosine en effet, qui l\u2019a reconnue aussi certainement mais dont le visage hostile glace soudain l\u2019élan de Bérengère.A la main tendue de Bérengère, elle n\u2019offre qu\u2019une main molle et son étreinte est tout à fait dépouillée de chaleur.\u2014 Je venais voir mon parrain.explique la jeune fille, interdite par cet accueil.\u2014 II est dans la chapelle.Il confesse une de ses ouailles.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Dans ce cas, jattendrai.Elle est allée s'asseoir sur le et regarde vers les montagnes, avec le désir de ne pas importuner de sa présence Mademoiselle d\u2019Etchebarne qui ne semble pas disposée à poursuivre l\u2019entretien.Mais Rosine, après l\u2019avoir observée un instant, le sourcil froncé, marche vers elle.Elle l\u2019apostrophe d\u2019une voix agress:- ve : \u2014 Sans doute venez-vous chercher des félicitations ?Le regard étonné de Bérengère se lève vers elle.\u2014 Des félicitations ?répète-t-elle, sans comprendre.Un sourire ironique effleure la bouche dédaigneuse de Rosine.\u2014 Mes compliments !.Vous avez bien mené votre petite affaire.Oh! vous êtes très forte, \u2014 Je ne saisis pas ! balbutie Bérengère.en rougissant brusquement, car la pensée de Jean-Claude lui traverse l'esprit.Railleuse, épaules.\u2014 Vraiment ?.Vous ne saisissez pas ?.Curieux ! Ce n\u2019est pourtant plus un secret que vous avez réussi à si bien séduire le fils Hamelin qu\u2019il veut faire de vous sa femme!.\u201411 m\u2019aime! s\u2019excloma Bérengère tout illuminée.Et.je l\u2019aime aussi! avoue-t-elle, avec une délicieuse confusion.Oh! Rosine, cette idée était pourtant si loin de moi!.Jamais je n\u2019aurais cru, quand j'ai appris sa présence à Rovel, un soir de février dernier, que le jour était proche où.Elle s\u2019interrompt tout à coup, interloquée par l\u2019attitude de Rosine dont les yeux luisants la toisent avec une indéfinissable expression.Le rire de Mademoiselle d\u2019Etchebarne retentit, un rire sarcastique dont elle se hâte d\u2019atténuer Péclat avec un coup d\u2019œil inquiet vers la chapelle.\u2014 Allons done, petite, réservez pour d\u2019autres vos talents ! jette-t-elle à voix basse à Bérengére, abasourdie.La comédie a assez duré ! Bérengère la dévisage.\u2014 La comédie ?.Comment ?Que voulez-vous dire ?\u2014 Que le tour a été supérieurement mené, grince le timbre de Rosine penchée vers elle.\u2014 Quel tour ?\u2014 Allons ! brusque l\u2019autre, méprisante.Ne faites pas l\u2019enfant.Ce n\u2019est pas à moi que vous pourrez en conter, car je vous ai démasquée, malgré vos grands airs d\u2019innocence.et je me suis toujours méfiée de vos mines de sainte- nitouche !.Certes, vous êtes maligne, pour une pensionnaire a peine échappée du couvent.Ça promet ! \u2014 Mais encore !.je ne comprends pas vos paroles ! proteste Bérengère, prête aux larmes.Est-ce à cause de Jean- Claude que vous m\u2019en voulez ?.Pourtant, je n\u2019ai rien fait.\u2014 Ouais ! Voyez donc cette brebis ingénue ! ! -Ses traits se durcissent jusqu\u2019à laisser évanouir, pour une minute, tout le charme de ce séduisant visage.\u2014 Mais vous ne l\u2019emporterez pas en Paradis, vous savez ! .gronde la voix changée de Rosine tout près de la figure anxieuse qui se recule craintivement.Ce n\u2019est pas impunément que vous aurez fait le malheur de toute une famille qui vous accueillait avec confiance.Entre Jean-Claude et vous l\u2019accord ne durera pas, c\u2019est moi qui vous le dis ! Et je ne vous donne pas trois mois pour que le fils Hamelin ait assez de la vie médiocre dans laquelle vous l\u2019entraînez.et regrette amèrement les sacrifices qu\u2019il aura dû faire pour vous!.Cette fois, Bérengère a sursauté : \u2014 De quels sacrifices parlez-vous ?Et comme l\u2019autre la considère, avec une ironique inerédulité : \u2014 Rosine ! Je vous assure que je ne suis au courant de rien !.Son émotion est si visible que Mademoiselle d\u2019Eichebarne se rapproche d\u2019elle.Une petite lueur perfide s\u2019est allumée dans le regard qu\u2019elle fixe ardemment sur sa compagne.Après tout, la bataille n\u2019est peut-être pas complètement perdue ?parapet belle: Rosine hausse ses VV ae PE TRS CETTE ES ; { SB ed EE = ERY T +H Ty BR.Juillet 1935 Elle l\u2019entraîne vers l\u2019extrémité du jardin, sur l\u2019autre parapet d\u2019où l\u2019on domins la mer lointaine.\u2014 Venez !.Il est inutile que mon oncle surprenne le sujet de notre entretien.Est-il possible que vous n\u2019ayez nas vu dans quel abime vous entrainiez ce malheureux Jean-Claude.dans qu abime vous nous entrainez tous ?Son timbre s\u2019est radouci.et il y passe même ces inflexions câlines qui sont une des meilleures armes de son arsenal de coquette.Comment sa victime n\u2019y serait-elle pas sensible ?.Voici que toutes les préventions de Bérengère s\u2019évanouissent.Elle ne se souvient plus qu: Rosine peut fort bien n\u2019être qu\u2019une rivale décue.Ses yeux anxieux s\u2019attachent aux traits attristés de son interlocutrice : \u2014 Je ne sais qu'une chose.c'est que Jean-Claude est parti hier pour aller pa: ler à son père.Mademoiselle d\u2019Etchebarne a un petit sourire indulgent.Ses prunelles brillantes ne quittent point la pâle figure angoissée.\u2014 Et cela vous a suffi!.Vous ne vous êtes pas étonnée que Jean-Claude s\u2019en aille si vite ?s- \u2014 Mais non.Il était nécessaire qu\u2019:l fasse part de ses nrojets à Monsieur Hamelin.\u2014 Sotte !.Et vous pensez que le père Hamelin \u2014 un tyran s\u2019il en est un, Mademoiselle Edwige le connaît bien hélas ! \u2014 va accepter tout de go ce mariage ridicule ?\u2014 Ridicule ?.proteste la petite, blessée.\u2014 Ridicule pour lui, qui a le droit de rrétendre à une brillante union pour Jean-Claude.Qui êtes vous ?.Une orpheline, élevée dans un couvent depur- l\u2019enfance et qui a vécu de générosités de parents et d'amis.Oh! loin de moi, se hâte-t-elle d\u2019ajouter sur un geste de Bérengère, la pensée de vous reprocher ce que nous avons fait pour vous.Cependant, il faut bien que je vous rappelle que, si vous avez eu quelque douceur durant ces années d\u2019internat, c\u2019est à mon oncle que vous le devez.pa- conséquent un peu à nous.\u2014 C\u2019est vrai.avoue la petite dont les doigts se crispent.vous avez tous été très bons pour moi!.\u2014 Vous nous en récompensez bien mal, réplique Rosine véhémente .Vous n\u2019ignorez pas que Monsieur Hamelin avait envoyé son fils ici dans le but de favoriser un rapprochement entre nos deux familles?C\u2019était le vœu des miens .celui de Mademoiselle Edwige.\u2014 Mais on n\u2019est pas maître des élans de son cœur ! s\u2019écrie Bérengère avec désespoir.\u2014 Il est des cas où le cœur doit se taire, devant la raison et le devoir, riposte dignement Rosine avec un trémolo dans sa belle voix de contralto.«Au surplus, ajoute-t-elle, après un hochement de tête apitoyé, vous avez eu tort de prendre au sérieux l\u2019engouement de Jean-Claude pour votre petite personne.Vous vous préparez bie.des déboires.que représentez-vous à ses yeux ?.Un jouet nouveau.une jeune fille qui ne ressemble pas à celles qu\u2019il a fréquentées jusqu'ici.et cel l\u2019amuse de jouer le Prince Charmant.Il vous épouse comme il achèterait une automobile neuve.C\u2019est un garçon qui ne sait pas résister à ses fantaisies.\u2014 Comme il achèterait une automobile neuve.se répète douloureusement Bérengère, torturée.Et tout soudain elle évoque une phrase qui, un jour, dans la bouche de Jean- Claude l\u2019avait scandalisée.«\u2014 On se marie quand on n\u2019a rien de mieux a faire.» De quel rire ironique il avait accompagné cette cynique vrofession de foi! Alors.puisqu\u2019il semblait attacher si peu d'importance à une chose aussi grave, peut-être en effet, ne l\u2019épousait-il que pour satisfaire une passagère fantaisie ?On croirait que, dans son cœur, quelque chose tout à coup vient de se rompre.Elle crie, éplorée, comme si elle appelait au seconrs : \u2014 Pourtant, il m\u2019aime ! .Il Pa dit à tante Edwige.et moi.je.je n\u2019ai pu me tromper ! Rosine hausse les épaules et ricane : \u2014 11 vous aime!.Eh! combien d\u2019autres en a-t-il aimées avant vous ?L\u2019amour .esi-ce que cela compte pour un garçon gâté par les femmes comme le fut Jean-Claude Hamelin ?Les Femmes.les Femmes de Paris.toutes celles que le père Hame- lin craignaient pour son fils.I ne l\u2019aura donc éloigné d\u2019elles que pour le pousser vers ce mariage qui le déçoit ?Et peut-être va-t-il, dans son courroux.englober Bérengère dans les rangs redoutables de ces mauvaises sirènes ?Elle sent tourbillonner dans sa tête toutes ses pensées en désarroi.\u2014 I y a plus.prononce doucement Rosine, en posant sa main sur l\u2019épaule de sa compagne.Bérengère relève vers elle sa figure anxieuse.Impitoyable, sans vouloir s\u2019arrêter à la prière éperdue des prunelles bleues où tremble un nouvel effroi, Rosine poursuit » \u2014 Vous n\u2019avez pu mesurer le désastie matériel que représente pour toute notre famille, pour Mademoiselle Edwige, pour Jean-Claude lui-même, l\u2019échec des projels ébauchés entre mon père et Mon sieur Hamelin.Ce dernier consentait à donner à mon père un appui financier dont nous avons, à l\u2019heure actuelle, le plus urgent besoin pour faire [ace a une situation difficile.\u2014 Est-ce possible ! ment Bérengere .La voix séche de Rosine martèle les mots : \u2014 Une situation désespérée.Si je n\u2019épouse pas Jean-Claude, c\u2019est la ruine pour nous à bref délai.et non seulement pour nous, mais pour mon oncl: Gilles «ui a mis toute sa fortune entre les mains de Papa.Vous le connaissez.Votre parrain est un grand cœur.qui a renoncé à tout pour lui- même.Mais il a voué sa vie à des œuvres qu\u2019il soutient de ses deniers: le sana de Saint-Etienne.la Maison des Enfants de Luz.Et je ne parle pas des innombrables charités anonymes qui sont une de ses plus chères joies.Votre couvent en sait quelque chose.\u2014 Oh! oui!.il a tant fait pour nos orphelines !.approuve Bérengére, troublée.\u2014 Demain, il devra renoncer à tout cela.déclara sombrement Rosine.de méme que Mademoiselle Edwige devra renoncer a restaurer la vieille demeure de Rovel qui n\u2019en peut plus.et que je m\u2019étais promis de rétablir ave: sa physionomie d\u2019autrefois.\u2014 Mais Jean-Claude.\u2014 Jean-Claude ne pourra rien!.Car son père lui coupe les vivres.S'il est allé à Paris, c\u2019est non pas pour faire revenir sur sa décision le père Hameli.qui est l\u2019homme le plus entêté du monde, mais pour lui déclarer qu\u2019il demeurera à Rovel, chez sa tante.Ainsi lu brouille entre ces deux vieux ennemis qui naraissait vouloir s\u2019effacer sera tout à fait consommée.« Voilà tous les malheurs dont vous serez la cause, Bérengère.Ah! comme mon oncle, au fond, va regretter de ne pas vous avoir laissée à votre couvent !.Bérengère ne peut en entendre davantage.Un flot brûlant de larmes jaillit de ses paupières.Elle balbutie, à travers les sanglots qui lui coupent la voix : \u2014 Oh! Rosine.je.je ne savais pas.j'ignorais toutes ces choses ! .je croyais que.que c\u2019était si simple d\u2019être heureux ! \u2026 \u2014 Vous payez votre bonheur avec les pleurs et les sacrifices de tous ceux qui vous ont témoigné jusqu'ici du dévouement et de l\u2019affection ! réplique Rosine, d\u2019une voix qui attendrirait un cœur moins sensible que celui de sa victime.\u2014 Mais c\u2019est à moi de me sacrifier ! proclame farouchement Bérengère dont la face est baignée de larmes.Je.Oui, je vois c\u2019était un trop beau réve.Toute cette grande joie ne m\u2019était pas réservée.Alors.voilà.je vais dire à mon oncle que je ne tiens pas a ce mariage.Le regard aigu de Rocine s\u2019attache sur sa victime avec plus de passion.Elle sent la victoire tout proche et cela lui donne un regain d\u2019ardeur.Elle a peine à réprimer le sourire triomphant que ses lèvres esquissent malgré elles'exclama sourde- Allons ! H ne s'agit pas de se démas- qquer avant d\u2019avoir réduit à merci cette crcdule petite sotle.Sa main se crispe sur le poignet de sa compagne.Elle lui parle d\u2019une voix ardente : \u2014 Bérengère, vous voulez vraiment vous dévouer ?Vous voulez vraiment consentir ce petit sacrifice qui nous sauvera tous et paiera d\u2019un coup toute la dette de reconnaissance que vous avez pu contracter envers nous ?\u2014 Oh! oui! fait la jeune fille, avec l'élan que durent avoir les premiers chrétiens devant l'arène.\u2014 Alors, il faut avoir le courage de feindre ! .Il est nécessaire que ni votre parrain, ni Mademoiselle Edwige ne devinent le secret et généreux motif qui vous fail renoncer à Jean-Claude \u2026.Ils ne l\u2019accepteraient pas, vous comprenez ?.Bravement, Bérengère refoule ses larmes.Soyez tranquille !.elle d\u2019une voix étouffée \u2026.Rosine hésite un instant.A-telle pitié de la douleur qui tout à coup a mûri l\u2019enfantine physionomie ?.Si ce sentiment effleure son âme, il est aussitôt chassé par la rancune.Après tout, pour quoi cette stupide créature est-elle venu.se mettre entre Jean-Claude et elle ?C\u2019est la première fois que Rosine d\u2019E:- chebarne se voit préférer une rivale \u2026.El quelle rivale!.Une gamine sim- pletie et fruste, qui n\u2019a aucune éducation mondaine, qui ne sait pas s\u2019habiller.La piètre figure que ferait cette sauvageonne, à Paris, dans les salons de I\u2019hétel Hamelin! .Il y a plus.Depuis quelque temps, exactement depuis le moment où elle a vu Jean-Claude se désintéresser d\u2019elle pour s'occuper de cette fleur des champs, Rosine, la froide Rosine s\u2019est émue.E: ce n\u2019est pas seulement l\u2019orgueil qui est atteint chez elle, par le délaissement de Jean-Claude .mais un autre sentiment, quelque chose d\u2019inconnu jusqu\u2019à ce jour.un trouble particulier qui la saisissait chaque fois qu\u2019elle s'était prise à attendre impatiemment l\u2019heure de retrouver le jeune homme.\u2014 Serait-ce cela, l\u2019amour ?se deman- dait-elle alanguie.Alors, elle haussait les épaules et se moquait d\u2019elle-même.\u2014 Vais-je devenir romanesque, moi aussi comme une pensionnaire ?., Cle: tellement démodé!.Mais elle acceptait cet état d'âme nouveau avec une certaine complaisance .\u2026.Or voilà qu\u2019on lui prenait Jean-Claude, son Jean-Claude, à son nez, et la victorieuse était cette enfant chétive, cette petite protégée de l\u2019oncle Gilles que Rosine avait toujours considérée avec un obscur dédain.Sa voix se fait plus implacable : \u2014 11 ne faut pas revoir Jean-Claude, Bérengère.\u2014 Oh ! non, balbutie la petite en se cachant le visage.\u2014 Il faut que vous soyiez partie quand il reviendra.Ce sera facile d\u2019expliquer que vous désirez ne pas vous retrouver en sa présence et que vous aimez mieux retourner au couvent pour avoi: la paix.\u2014 Ce sera facile .approuve Bérengère, avec un pauvre sourire.\u2014 Voilà oncle, je vous laisse.Du courage ! jette vivement Rosine qui voit sortir de la chapelle la vieille femme que son oncle était en train de confesser.Ma voiture est en bas.je vous attendrai pour vous ramener à Rovel.Le regard mouillé de Bérengère se fixe sur elle avec amertume : \u2014 Vous êtes vraiment très bonne.articule-t-elle d\u2019un ton indéfinissable.Chapitre X Un silence paisible qu\u2019accompagne beaucoup plus qu\u2019il ne le détruit la voix monocorde d\u2019une orpheline, atien- tive à sa tâche de lectrice, règne sur la salle où une quinzaine de jeunes filles s\u2019active à des travaux d\u2019aiguille.Par la fenêtre ouverte, le jardin embaume le lilas.et l\u2019on perçoit, par moments, le grincement de la brouette du jardinier.«En son âme très haute, déchiffre la lectrice toujours sur le même ton appliqué, avaient fleuri les roses piquantes du sacrifice».prononge-i- 43 L'éclat des attractions instructives et récréatives de \u201c\u2018\u2018l\u2019exposition universelle\u201d de 1935 surpassera celui de toutes les années précédentes ,.concerts donnés par des maîtres du rythme, Rudy Vallée et ses Connecticut Yankees, et la célèbre fanfare des grenadiers irlandais de Sa Majesté.abondants étalages des meilleurs artisans au monde .parade d\u2019une grandeur et d\u2019une richesse sans précédent.concours de bétail et d'animaux de luxe.tous les progrès dans les arts.la science, l'horticulture, le transport, l'électricité, les sports, la mécanique, l'industrie, l\u2019agriculture, la musique et les modes.une promenade d'un mille.Toute la famille Lrouvera à cette exposition d'inoubliables sujets d'intérêt.ELwoon A.HUGHES gérant général Coroner F.H.DEACON président EXHIBITION TORONTO 23 août au 7 sept.1935 L'éclat du soleil fatique les yeux; l\u2019eau les irrite et la poussière les rougit.Soyez prudent -\u2014 servez- vous de Murine.Elle adoucit, nettoie et rafraîchit.MAUX de TÊTE Douleurs périodiques COUPON D'ABONNEMENT \u2014\u2014 IEFTCM Ci-inclus le montant d'un abonnement 50c pour 6 mois ou $1.00 pour 1 an, au magazine de vues animées Le Film.Nom Adresse Ville eee POIRIER, BESSETTE CIE LTÉE 975, rue de Bullion, Montréal, Canada. 44 Assise près de la fenêtre, penchée sur son ouvrage, Bérengère étire, d\u2019un ongle machinal, le pli du linom qu\u2019ell- travaille de « jours » consciencieux.« Les roses piquantes du sacrifice».Sa pensée vagabonde l\u2019entraîne loin de l\u2019ouvroir, loin de cette voix monotone qui célèbre les pieuses prouesses de la vie de Sainte Jeanne de Chantal.Les roses piquantes du sacrifice! \u2026 Pour n\u2019être pas encore une sainte, Bérengère en a respiré l\u2019odeur naguère .et elle en demeure toute meurtrie\u2026.En vain, dans la sainte maison où s\u2019écoula sa calme enfance, elle cherche : retrouver la paix et cette blanche allégresse qui la faisait se mêler jadis aux exercices de ses compagnes, à leurs travaux, à leur prières, à leurs jeux, avec un juvénil entrain.Elle n\u2019y retrouve pas ce contentement de soi, cette insou- clance puérile qui tissait autour d\u2019elle une atmosphère légère.Maintenant même à la chapelle, elle apporte son cœur lourd et cette fièvre haletante un peu désabusée qui la courbe sur son prie-dieu, sourde aux chants des séraphins qui descendent des voûtes, avec cette prière pathétique aux lèvres : \u2014 Mon Dieu.faites que je l\u2019oublie ÿ.Redonnezmoi mon cœur d'avant ! \u2026.Son attitude a intrigué la Supérieure, cette Mère Marie des Anges, tante et tutrice de Bérengère et qui la veille, depuis Penfance, avee un soin jaloux.Pendant quinze ans, cette enfant exubérante et malicieuse a été la joie de la maison qui pour elle, dépouillait un pes de son austérité.Souvent, la Mère disait, lorsque les Sœur autour d\u2019elle faisaient pour «leu- fille» des rêves d\u2019avenir : \u2014 I! faudra un jour ouvrir la cage.Notre Bérengère n\u2019est pas fuite pour la claustration et la vie méditative\u2026 A sa nature remuante, indépendante, il faut un champ d'action plus agité.Or, depuis que Bérengère est revenuc.elle n\u2019est vraiment plus la même.II nes\u2019 pas jusquaux circonstances de ce retour qui ne remplissent la bonne religieuse de perplexité.Elle a d\u2019abord reçu un mot de l\u2019abbé d\u2019Etchebarne lui demardant de rappeler d'urgence la jeune fille auprès d\u2019elle.«Je vous expliquerai, lors de ma prochaine visite, les motifs qui me fon! agir ainsi.Il s\u2019agit de soustraire notre chère pupille à un posible danger ».Alors que toute émue, Mère Marie des Anges attendait Bérengère aves anxiété, un télégramme était arrivé, la conique mais rassurant : « Gardons Bérengère.recevrez par courrier bonnes nouvelles».Or, dès le lendemain.c\u2019est Bérengère elle-même qui avait surgi nantie de ses bagages, la figure défaite et une si poignante détresse au fond des yeux que la religieuse s\u2019était alarmée : \u2014 Qu\u2019y a-t-il, ma petite fille ?\u2014 Rien, ma tante !.Javais de revenir.Et, comme elle insistait, sa pupille avait éclaté en sanglots.À travers les soubresauts qui la secouaient, elle prof¢- rait : \u2014 Ma tante, je nie veux plus vous quitter!.Le monde cst plein de traîtrises ! .Laissez-moi demeurer dans cette maison, toujours ! Les prunelles de Mère Marie des Anges s'étaient posées sur elle avec inquiétude : \u2014 Voyons, fait ?\u2014 Rien.je veux.je veux rester au couvent.je veux prendre le voile ! \u2014 Voilà du nouveau, sourit la Mère.Tu disais ne pas avoir la vocation ?Farouche, la petite jetait : \u2014 Dien m\u2019accueillera quand même ! N'est-ce pas ici seulement que l\u2019on peut oublier ?\u2014 Tu as donc quelque chose à oublier.ou quelqu\u2019un ?Mais à toutes les questions qui échappaient à la curiosité anxieuse de son interlocutrice, la jeune fille opposait un mu- lisme désespéré.Alors, la gravement : envig mon enfant, que t\u2019a-l\u2019on religieuse l\u2019avait regardée \u2014 Sais-tu que pour revêtir cette robe quand une impérieuse vocation ne nous la fait pas désirer irrésistiblement, il faut avoir beaucoup souffert ?\u2014 Oh! ma tante, si vous saviez !.A genoux, Bérengère avait enfoui son front brûlant dans les plis de la robe monacale et sangloté.mais la religieuse n\u2019avait pu lui tirer d\u2019autre confession.Aussi bien, elle n\u2019insista pas davantage.Elle comptait sur la douceur émolliente de l\u2019atmosphère pour engourdir la douleur trop fraîche de sa nièce.Mais depuis quinze jours qu\u2019elle était revenue Bérengére gardait son secret.En dépit de ses efforts constants et de sa bonne volonté, le mal qui la minait se trahissait à sa figure pâlie, à ses gestes nerveux, à son incoercible tristesse.Et la Supérieure atendait impatiemment la vésite de l\u2019abbé d\u2019Etchebarne qui l\u2019éclairerait, espérait-elle, sur le trouble de cette jeune âme.Je me sens si petite pour un si lourd chapru ! Et pourtant, je fais ce que je peux.Certes, elle est sincere.Depuis son retour éperdu au couvent de son enfance, elle a courageusement essayé de chasser de sa mémoire tous les souvenirs profanes qui lui rappellent cette période de sa vie qu\u2019elle voudrait oublier.Elle n\u2019y parvient que difficilement.Et souvent, des viennent la hanter.\u2014 Serais-je jalouse ?.images cruelles re- Serais-je envieuse ?.se répète-t-elle avec désespoir.Mais comment empêcherait-elle une vague d\u2019amertume de la sumberger toute, lorsqu\u2019elle se représente en imagination la petite église basque toute parée, du chœur aux galeries, des premières fleurs du printemps, ouvrant toutes grandes ses portes d\u2019où coulent les triom- \u2014 Chère geôlière de mon cœur.Voici votre prisonnier.Le claquoir de la Sœur a retenti sèchement dans le silence.C\u2019est l\u2019heure quotidienne de la récréation qui précède le goûter.Autrefois, Bérengère accueillait avec allégresse ces instants de détente qui venaient lui apporter la joie vive du jardin, de la course à travers les allées.boucles au vent, des cris enthousiastes et puérils qu\u2019on mêle à la clameur de toute une bande de petites folles ivres de leur brève liberté.Aujourd\u2019hui, elle plie ouvrage sans entrain.Ce jour sera semblable aux autres.grisaille et mélancolie.et, tandis qu\u2019autour d\u2019elle s\u2019agiteront ses ignorantes compagnes, elle écoutera avec un regret sans cesse avivé, les oiseaux chanter dans les nids.\u2014 Oh! mon Dieu ! quand me redon- nerez-vous la paix !.profère-t-elle ardemment, en passant devant le grand Christ douloureux qui domine l\u2019estrade.phales harmonies des orgues, pour accueillir une Rosine rayonnante suspendue au bras d\u2019un Jean-Claude oublieux, ravi de son nouveau bonheur.Alors, elle ploie sous le faix.Une agitation fébrile lui crispe les paumes, lui arrache de petit sanglots révoltés.-\u2014 Mon Dieu ! ne m\u2019en veuillez pas.Vous savez bien comment je l\u2019aimais ! gémit-elle, aussitôt repentante.Et il faut la grâce pure des cloches- chantant sur le blanc jardin, pour dissiper un peu sa fièvre.\u2014 Le plus bel amour est dans le sacrifice chuchote tout bas, au plus secret d\u2019elle-méme, une voix grave.Alors Bérengère songe à son parrain, a ses œuvres qui pourront vivre.à Mademoiselle Edwige qui verra renai- tre autour d\u2019elle un Rovel rajeuni.a Jean-Claude construisant un avenir solide et conforme aux traditions sous 1\u2019é- LA REVUE POPULAIRE gide et avec le secours des siens, dans l'atmosphère familiale rassérénée.et un peu de baume entre dans son cœur.\u2014 Incarnation.Maria.Dolorès, prononce Sœur Sacramento en retenant par la manche trois jeunes filles comme elles passent devant elle, il y a un jeune senor qui a demandé à être présenté à nos orphelines.Notre Mère a sur lui les meilleurs renseignements.C\u2019est un homme de cœur et un chrétien.Vou- lez-vous le voir ?Les jeunes filles interpellées se sont regardées en souriant.Puis, le même éclair d\u2019espérance traverse leurs yeux noirs.\u2014 S'il allait me plaire.convenir ?.Car elles ont l\u2019âge toutes trois de partir, par le vaste monde, construite à leur tour leur nid.Avec une fièvre joyeuse, échangeant des propos pleins d\u2019optimisme, les trois filles sont allées revêtir leur belle robe du dimanche et poser sur leurs cheveux sombres que sépare la même raie médiane, la dentelle noire d\u2019une mantille.Un dernier coup d'œil au miroir.Un brin de coquetterie ne messied pas le jour où l\u2019on doit conquérir le cœur d\u2019un époux et la Mère elle-même ne s\u2019y montre point hostile.; \u2014 Soyez gracieuses, mes enfants, frai- ches et avenantes, recommande-t-elle avec indulgence.Le désir de plaire n\u2019a jamais été un péché.Avant d\u2019éprouver vos qualités morales.votre prétendu verra vos dons physiques .Que les uns mettent les autres en valeur.Si le bon Dieu vous les as donnés, c\u2019est justement pour embellir l\u2019existence de ceux qui vous entourent et à qui vous devez vous dévouer durant toute votre vie.Certes, ce langage eut pu paraître bizarre de la bouche d\u2019une austère religieuse, éloignée de tout sentiment profane.Mais précisément parce qu\u2019elle avait charge d\u2019âmes et d\u2019existence, la Mère Marie des Anges savait parfois s\u2019évader de la sévérité inhérente à son état, pour devenir une maman, lucide et pratique, qu\u2019anime la volonté d\u2019établir, chacune dans la voie qui l\u2019appelle, toutes les pupilles qui composent son cher troupeau.Donc, sous l\u2019œil attentif de Sœur Sacramento, les trois candidates se sonl acheminées vers le parloir.Elles ont le maintien digne et simple qui convient à de jeunes personnes élevées à l\u2019ombre protectrice d\u2019un cloître de moniales.Sous les mantilles, leurs prunelles brillent de curiosité.d\u2019envie.de confiance aussi.Car elles sont sûres de Mère Marie des Anges en ce qui concerne le choix de celui qui désormais assumera la charge de leur avenir.Certes, les unions de ce genre ne sont bassées sur aucun caleul matériel, sur aucune ambition.Celui qui attend 1a, derrière les grilles, sait que la fiancée qu\u2019il vient chercher ne lui apportera rien, en dehors du modeste trousseau offert par la communauté.rien que sa jeunesse, sa fraicheur, ses talents domestiques et cette immense bonne volonté qui est en elle.Mais combien de dots ne \u2018valent point celle-là ?Par avance la Mère l\u2019a averti du caractère de chacune, de ses aptitudes, de sa manière d\u2019être.Contrairement aux autres mariages qui se concluent de par le monde, il a vu leur portrait moral, avant de connaître leurs traits.Il ne reste plus maintenant qu\u2019à mettre les « partis» en présence pour voir si se produira cette sympathie mutuelle sans laquelle il serait trés imprudent de vouloir bâtir une heureuse et durable union.Dès leur entrée dans la salle proprette qui sent le linge empesé et le bois exré, les fillettes on échangé un regard ébloui.Car, certes, elles ne s\u2019attendaient point a découvrir dans ce prétendant qui vient les chercher, elles, obscures, démunies, derrière leurs murailles, un Prince Charmant aussi séduisant et qui, il faut bien le dire, ne ressemble en rien aux paysans et aux hobereaux qu\u2019on a coutume d'accueillir entre ces murs loursqu\u2019ils se présentent « pour le bon motif».Grand, souple, élégant, «lors son complet de drap gris, le jeune homme s\u2019est levé à leur arrivée et s'inrline courtoisement.Sous ses cheveux cendrés, ses yeux ont une flamme caressante.Si j'allais lui Juillet 1935 \u2014 Ma chère qu\u2019il est bien ! chucho- tent-elles.Cérémonieuse, Sœur Sacramento fau les présentations.Elle nomme 1\u20ac visiteur à ses compagnes, puis explique gravement: \u2014 Voic1 Maria qui est empleyée a la pharmacie, Dolorès, une artiste en l»ro- derie.Incarnacion, qui s\u2019occupe du jardin.Pour chacune, le jeune homme a un mot aimable.Il parle avec elle de leurs travaux.de leurs goûts, les fait rire en comparant Dolorès à l\u2019Ange Gabriei dont une gravure suspendue au mur représente l\u2019image guerriére,et implore d\u2019Incarnacion le secret des boutures de géraniums.Sa politesse et sa gaieté enthousiasment les jeunes filles qui trouvent trop court le quart d\u2019heure qui leur est rituellement accordé pour cette première entrevue.Mais la Sœur Sacramento est loin d\u2019être aussi satisfaite.Elle a remarqué qu\u2019en dépit de son empressement apparent, le visiteur était distrait, préoccupé.À plusieurs reprises, ses yeux se sont tournés vers la porte comme s\u2019il s'attendait à voir surgir quelqu'un.Lorsque les trois jeunes filles'- ont quitté la salle, emportant chacune un secret espoir et une même anxiété au fond du cœur, elle va se retirer à son tour laissant à sa supérieure le soin d\u2019apprendre de la bouche du «prétendant » laquelle des pupilles il désire connaître davantage, quand le jeune homme l\u2019arrête.\u2014 Ma Sœur, il y a une autre jeune fille que je voudrais voir.Sous la blanche auréole de la cornette, le front de Sœur Sacramento s\u2019est froncé.Elle fixe sur l\u2019intrus des yeux séve- res : \u2014 Une autre jeune fille 7.Que vou- lez-vous dire, Monsieur ?\u2014 Ne vous fâchez pas, ma Sœur.Je n\u2019ai aucune mauvaise intention, je vous assure ! .Au surplus, j'avais une lettre d\u2019introduction particulière pour Madame la Supérieure.\u2014 Pourquoi ne la lui avoir pas remise, il y a huit jours, quand vous êtes venu faire votre demande et parler à notre Mére ?s\u2019enquiert la religieuse, méfiante.Pourtant, elle ne peut s\u2019empêcher d\u2019éprouver pour cet inconnu une obscure sympathie.\u2014 Je voulais être reçu au même titre que les autres.Je voulais que votre Supérieure s\u2019entourât elle-même des garanties habituelles et jugeât, de sou propre aveu, si j'étais digne ou non de recevoir une épouse de sa main.La religieuse examine pensivement cet étrange prétendant.Qu\u2019a-til besoin de venir chercher femme parmi les orphelines, lui à qui la Providence a dispensé tant d\u2019avantages physiques, propres à attirer les jeunes cœurs ?.Il y a, de par le monde, nombre de filles à marier, plus séduisantes, plus fortunées, plus brillantes que les pupilles de Mère Marie des Anges et qui ne demanderaient pas mieux certes que d\u2019unir leur existence a celle de ce jeune homme, beau comme un Prince de contes de fées.Elle lui en veut même un peu, au fond d\u2019elle-même: à cause de lui, ses pauvres petites, si raisonnables d\u2019ordinaire, vont avoir la tête perdue ! \u2014 Il n\u2019y a pas d\u2019autres jeunes filles en âge d\u2019être mariée, chez nous, rétorque-t- elle, un peu séchement.Il ne se démonte pas.\u2014 Je crois que vous en oubliez une, ma Sœur, dit-il fermement, avec une ombre de sourire sur les lèvres.Sœur Sacramento est effarée.\u2014 Mais, Monsieur.\u2014 Il s\u2019agit de Mademoiselle Renaud.la filleule de l\u2019abbé d\u2019Etchebarne dont jai un mot de recommandation pour Mère Marie des Anges.articula doucement son interlocuteur.\u2014 Dans ce cas, Monsieur.il fallait le dire tout de suite.Mais il me paraît inutile que vous insistiez, Bérengère, depuis quelques semaines, a décidé de demeurer parmi nous.Elle a refusé déjà plusieurs entrevues qui lui ont été offertes.Elle n\u2019a pas la vocation du mariage.Le sourire du jeune homme s\u2019accentue.\u2014 Pardonnez-moi, ma Sceur, de ne pas partager son opinion.ni la vôtre, sur ce sujet.La stupéfaction de la Sœur est a son comble.Elle fixe le visiteur, une seconde, puis, paraît prendre son parti : \u2014 Dans ce cas, Monsieur, il vaut mieux, en effet, que vous vous adressiez à notre Mère.Je vais vous annoncer.\u2014 Ce sera d\u2019autant plus facile, ma Sœur, que tout à l\u2019heure la Sœur tourière a introduit chez votre Supérieure l\u2019abbé d\u2019Etchebarne arrivé en même temps que moi.et qu\u2019en ce moment, elle doit m\u2019attendre.Et avec une exquise politesse, le jeune homme s\u2019effaça pour laisser passer devant lui la Sœur Sacramento, sidérée.=f \u2014 Que me veut donc ma tante, à cetie heure ?s\u2019informait Bérengère en suivant Sœur Sacramento à travers les couloirs.\u2014 Elle vous le dira elle-même, ma chère enfant, sourit la religieuse, en frappani à la porte de Mère Marie des Anges, ce qui déroba à sa compagne Pexpression de malice attendrie qui rajeunissait son visage uni.\u2014 Entrez ! proféra d\u2019intérieur, la voix grave de la Supérieure.La jeune fille pénétra dans la pièce qui servait de bureau et où se discutaient les intérêts de la communauté.Sa tante l\u2019accueillit avec le doux sourire habituel.\u2014 Ma chère petite, dit-elle en désignant un siège de paille à la jeune fille, Je t\u2019ai fait venir pour te parler d\u2019une chose grave.A l'inquiétude qui traversa le regard bleu, elle comprit l\u2019alarme en éveil de cette âme amoureuse et se hata d\u2019ajouter : \u2014 Oh! ne te trouble point.Tu sais quel intérét affectueux je te porte.Je m\u2019engage a n\u2019exercer sur Loi aucune pression qui pourrait porter atteinte à ton libre arbitre.Pourtant, je dois te transmettre une proposition qui m\u2019a été faite et que je crois de mon devoir de ne te point laisser ignorer.Il s\u2019agit de mariage.\u2014 Oh! Tante, je ne veux point me marier.Le cri avait jailli comme une plainte.Du geste, la religieuse apaisa son interlocutrice.\u2014 Je ten prie.Laisse-moi parler !.Le prétendant qui est venu tout à l\u2019heure et sur qui j'ai les meilleurs renseignements n\u2019a pas encore fixé son choix parmi les trois orphelines à qui j'avais pensé pour lui.D'autre part, il désire vivement choisir son épouse dans cette maison.Tu sais que j'avais toujours rêvé, dès que j'aurais un parti convenable, te le proposer.ce jour est venu.Je ne crois pas que tu trouverais mieux que ce jeune homme qui est aimable et séduisant, qui a une certaine fortune et qui semble promis à un bel avenir.Sans doute son passé n\u2019est-il pas irréprochable.Mais le fait même de vouloir se marier en de telles conditions prouve qu\u2019il attache au mariage toute son importance et cela témoigne en faveur de ses sentiments actuels.Bérengère avait écouté, le front baissé, le discours de la Supérieure.Quand celle- ci eut terminé, elle releva une face têtue, au regard déterminé, qui semblait avoir perdu toute sa jeune lumière.\u2014 C\u2019est inutile, je ne veux pas le voir.Ni lui ni un autre !.\u2026.Pressante, la Mère assura : \u2014 Voyons! .C\u2019est de l\u2019enfantillage :! Tu n\u2019es pas faite pour notre existence monacale.Pour t\u2019avoir veillé depuis ta tendre enfance, je connais mieux que toi les besoins de ton eœur et de ta nature.Ton destin est au milieu du monde, Bé- rengére !.\u2014 Oh ! ma Tante ne me parlez pas du monde !.Une véritable douleur éclate dans la puérile voix frémissante, tandis que la petite poursuit sur un ton passionné : \u2014 Le monde.Avant d\u2019y être mêlée, j'étais heureuse, insoucieuse, confiante .je croyais que la vie était une belle route claire.et que les hommes étaient justes et bons.Maintenant, ils me font peur ! chuchote-t-elle, tandis que tous ses traits se crispent et qu\u2019elle fait un effort pour avaler ses sanglots.La religieuse la considère gravement.\u2014 Ma petite fille, dit-elle enfin, en hochant sa belle tête pensive, tu es bien jeune pour avoir sur un tel sujet des UN TUBE DE COLGATE doit rendre vos dents plus blanches .votre sourire plus brillant DOUBLE GRANDEUR ECONOMIQUE 35° Cette garantie s'applique également à la Poudre à Dents Colgate qui a la même action double OU VOTRE ARGENT REMIS EN Brossez vos dents deux fois par jour avec du Colgate jusqu\u2019à ce que vous ayez employé tout un tube.Après cela, si vos dents ne sont pas plus nettes, plus blanches qu\u2019auparavant, retournez le tube vide à Colgate-Palmolive-Peet Co.Limited, Toronto, Ont.Nous vous retournerons deux fois son prix.de nettoyage.DOUBLE OICI votre chance d'éprouver le Colgate.Donnez- vous la preuve, sans risque, du fait que le Colgate peut rendre vos dents plus propres et plus brillantes que les pâtes à dents ordinaires.Nous savons que vous serez enchanté, après avoir employé le premier tube \u2014 de voir comme votre sourire est devenu fascinant.grâce à la DOUBLE ACTION DE NETTOYAGE DU COLGATE.PREMIÈREMENT : Le Colgate pénètre dans chaque petite crevasse.Il nettoie vos dents parfaitement.DEUXIEMEMENT: Il polit vos dents avec le même ingrédient sûr que la plupart des dentistes emploient.Et la saveur de menthe du Colgate garde votre haleine douce et fraîche.Commencez cette épreuve aujourd'hui.Voyez comme le Colgate aura tôt fait de rendre vos dents plus blanches qu'elles ne l'ont jamais été.4010F EPARGNEZ 10% A 50% LE COLGATE COUTE MOINS CHER QUE TOUT AUTRE DENTIFRICE BIEN CONNU. 46 Tous les aliments l\u2019incommodaient À cause de l'acidité \u2014 corrigée par Kruschen «Il n\u2019est que juste que je fasse connaître ces faits », écrit une garde-malade.¢ Je souffrais tellement d\u2019acidité et de flatulence que cela me rendait vraiment malade.Je ne pouvais guère plus manger, et quand je m\u2019astreignais a prendre de la nourriture, j'étais terriblement incommodée.Il y a maintenant 12 mois que je prends des Sels Kruschen et j'ai la conviction qu\u2019ils ont remis mon système digestif d\u2019aplomb.Je me sens au- - jourd\u2019hui vigoureuse et capable de vaquer à mon travail».\u2014 Garde E.S.La mauvaise digestion est causée par la sécrétion insuffisante des sucs gastriques.Il en résulte que les aliments, au lieu d\u2019être -assimilés par l\u2019organisme, se ramassent et fermentent à l\u2019intérieur, produisant des acides nocifs.L'effet immédiat des six sels minéraux composant Kruschen est d\u2019activer la sécrétion de ces sucs digestifs.Et si vous continuez ensuite à prendre la « petite dose quotidienne », les toxines et déchets alimentaires sont éliminés régulièrement chaque jour.La digestion, naturellement, se fait ensuite normalement.GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE femmes doivent être Toutes les belles et vigoureuses, et toutes peuvent l\u2019être grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir votre sang avec le Réformateur Myrriam Dubreuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Réformateur.Il mérite la plus entière confiance, 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ce jeune homme, conclut-elle énergiquement.Le ton est celui du commandement.Bérengère lève sur sa tante un regard suppliant, mais l\u2019attitude de celle-ci reste ferme.\u2014 Soit, cède la jeune fille en pliant les épaules dun air las.Je vous obéirai.mais c\u2019est si inutile !.Parce qu\u2019elle a enfoui sa tête dans ses mains jointes, elle ne voit pas le fur- Lif sourire qui éclaire, un bref instant, la figure austère de la Supérieure.\u2014 I est dans l\u2019oratoire.dit celle- ci, indiquant du geste lu pièce voisine.Suis-moi.veux-tu 7.je te le présenterai.Dans l\u2019oratoire ?.Bérengère est un peu étonnée.Mère marie des Anges a pas coutume de se montrer à ce poiul accueillante avec un étranger quelle lui donne accès dans une des pièces qui lui esl particulièrement réservée.Mais sa tante ne lui lu:sse pas le temps de la réflexion.Elle la précédée dans la pièce voisine et sur le seuil, l\u2019attire d\u2019un geste amical.et un peu protee- teur.: A leur entrée, un homme qui se irou- vait debout le front contre la vitre nue, se retourne avec vivacité.À contre jour, dans le soir qui baisse lentement et établit dans la pièce une demi pénombre, Bérengère voil se profiler sa silhouet- et son profil.Son costume fait une grande tache claire.Le cœur de Bérengère s\u2019est mis à battre dans sa poitrine.Des deux mains, elle s\u2019appuie à la muraille conme pour se retenir.Vers la Supérieure, elle vire des yeux affolés.\u2014Eh bien.je crois que je n'ai pas besoin de te présenter, Monsieur Ha- melin, n'est-ce pas ?profère Mère Marie des Anges avec une grande douceur.La voix de la jeune fille chavire.Elle tend les bras comme pour demander du Secours : \u2014 Ma tante.je ne veux pas.non.Laissez-moi partir.\u2014 Chut!.\u2026.Tu m\u2019as promis de l\u2019écouter.As-tu donc tellement peur de toi-même ?Avec une gaieté inattendue, elle interpelle le jeune homme : \u2014 Eh bien, Monsieur Hamelin, qu\u2019avez- vous à dire ?\u2014 Madame, je vous demande de me donner cette jeune fille pour épouse.C\u2019est elle.et pas une autre que j'ai choisie.déclare la voix vibrante qui enveloppe toute l\u2019âme de Bérengère d\u2019effluves chaleureux.Bérengère sent tout tourner autour d\u2019elle.\u2026.Mon Dieu ! aura-t-elle jamais la force ?.Derrière son dos ses ongles agrippés griffent le plâtre.Elle détourne son profil têtu : \u2014 Je ne veux pas me marier.\u2014 Bérengère ,regardez-moi!.L\u2019intonation impérieuse la fait tressaillir.Elle relève son pâle visage.Pourquoi est-il si pâle à son tour ?.Quelle émotion traverse ces yeux dont toute la lumière grise à fondu dans un vert tendre et si transparent 7.Où est le sourire ironique.le pli railleur des paupières ?.Il y a, sur cette face nouvelle, une gravité qu\u2019elle n\u2019y a jamais vue.\u2014 Pourquoi êtes-vous partie ?Il a jeté la question comme un argument triomphant.Et maintenant, il poursuit, tour à tour véhément et passionné : \u2014 Pourquoi être partie, vous être sauvée comme si un danger vous menagait .comme une voleuse qui a dérobé un bien précieux.Et c\u2019est cela que vous aviez fait en effet.Dans votre fuite, vous emportiez tout mon espoir et la paix de mon cœur.C\u2019est cela que je suis venu vous demander de me rendre.Les mains de Bérengère se sont rejointes et ses doigts se crispent et se pétrissent, nerveusement.Elle ne sait où diriger ses regards affolés .En réalité, elle est devant lui comme une bête prise au piège.Elle essaie de se tourner vers sa tante pour chercher un appui.mais sa tante n\u2019est plus dans la pièce.Par la porte restée ouverte, Bérengère entrevoit sa silhouette penchée sur le prie-dieu.Mère Marie des Anges implore, à cette heure décisive, la seule aide efficace qui puisse mettre la lumière dans cette âme troublée.\u2014 Moi, si je suis parti, Bérengère, ce fut pour aller me libérer des liens qui m\u2019attachaient encore à un passé que je veux rayer de ma vie.Se libérer des liens.Il a rompu avec son père ! C\u2019est exactement ce que disait Rosine !.Le désastre est accompli.et c\u2019est pour elle, Seigneur, pour elle et par elle que se déclenche la catastrophe.Elle a un geste de supplication : \u2014 Oh! non, Jean-Claude, pas ¢a.Il ne fallait pas!.Il ne faut pas!.Il ne faut pas!.I y a tant d\u2019alarme dans son attitude, elle manifeste un si singulier émoi qu\u2019il l\u2019examine avec surprise.Aussi bien sa conduite lui demeure incompréhensible.Quand il est revenu à Rovel, après sa décision soudaine, une joie attendrie le possédait.Ce qui lui arrivait, à lui, le sceptique, le blasé, l\u2019insoucieux, lui semblait beau comme un miracle ! A sa grande stupeur, il avait appris le départ précipité de son amie.et ni sa tante, encore ahurie, ni l\u2019abbé d\u2019Etche- barne, perplexe, n\u2019avaient pu lui donner raison de cet événement brusque.\u2014 Le matin où je lui ai annoncé que tu l\u2019aimais, j'ai cru qu\u2019elle s\u2019évanouirait de joie tant son émotion fut visible et profonde, déclara la vieille demoiselle.Et le lendemain, alors que je la croyais à l\u2019Ermitage, elle est revenue avec une figure décomposée et m\u2019a déclaré qu\u2019elle voulait rentrer au couvent.Elle n\u2019avait même pas vu l\u2019abbé d\u2019Etchebarne.el elle n\u2019a pas voulu différer son départ pour le voir.C'est plus fort que tout! \u2014 Qu'est-ce qu\u2019il ne faut pas, Bérengère ?interroge-t-il, en la dévisageant.\u2014 Vous brouiller avec votre père.Il faut épouser Rosine!.Les yeux de Jean-Claude foncent.et leur regard se fait plus aigu.\u2014 Qu\u2019est-ce qui vous fait croire, de- mande-t-il, incisif, que je me brouillerai avec mon père si je n\u2019épouse pas Rosine ?Il la voit se troubler, détourner la tête avec embarras .Il commence a deviner la petite perfidie de sa belle voisine de Brikéténia.Mais déjà Bérengère s\u2019est reprise.Elle le regarde à son tour, bravement et sa voix ne tremble plus, quand elle prononce, avec un bon sourire : \u2014 Ce mariage est le seul souhaitable pour vous, Jean-Claude.J'espère.je suis sûre que Rosine vous rendra heureux.\u2014 Je n\u2019en suis pas aussi sir que vous.Je vous aime, Bérengere.La petite a tresseilli comme un chèvrefeuille sous le vent.Ses cils palpitent sur ses prunelles pleines d\u2019émoi.Ah ! pourquoi la voix du bien-aimé a-t- elle des inflexions si câlines.et si solennelles aussi ?.\u2014 Si j'ai tardé à vous faire cet aveu, c\u2019est que j\u2019estimais n\u2019être pas digne.J'avais besoin de me délivrer de mille choses douteuses.que ces dernières années avaient mises dans ma vie, besoin aussi de me pencher sur moi-même, de retrouver, derrière le fêtard léger et fou, ce garçon enthousiaste, clair, qui, certains matins d\u2019il y a quatre ans, s\u2019envolait dans l\u2019aube pure, droit vers l\u2019azur.Et maintenant, mon âme est dépouillée comme un vin nouveau qui sort de la cuve.Hurrah ! pour la nouvelle journée, Bérengère ! .Elle sera belle puisque vous présidez à sa naissance et que vous serez mon cher compagnon de route.Ah! mon amour, jamais je n\u2019ai autant senti comme durant toutes ces semaines passées loin de vous, à quel point vous m\u2019étiez nécessaire | .Les mains impétueuses de Jean-Claude se sont emparées des poignets fiévreux.Bérengère voudrait se débattre.Elle se tourne, affolée et tremblante, vers la porte de sa tante.Mais, sur le seuil c\u2019est la haute stature de l\u2019abbé d\u2019Etche- barne qui se dresse.\u2014 Parrain !.Avec un grand cri, Bérengère s\u2019est arrachée à Jean-Claude.Elle se précipite vers le prêtre et tombe, sanglotante, sur son épaule.\u2014 Parrain.je n\u2019en peux plus!.Faites lui comprendre que je ne peux accepter ! .Je suis pauvre.Son père ne voudra pas.L\u2019abbé a un rire sonore : LA REVUE POPULAIRE \u2014 Son père ?., Mais il est venu tout exprès à Rovel pour faire ta connaissance ! .Tu as réussi à réconcilie- les irréductibles ennemis.Et tandis que le plus intense étonnement apparait sur les traits de sa filleule, il ajouta, cordial : \u2014 Et puis, tu sais, tu n\u2019es pas tout à fait pauvre.Ton vieux parrain avait mis en réserve pour toi une coquette somme qui sera ta dot, mon petit.que ton orgueil soit apaisé !.Les prunelles de la jeune fille s\u2019agrandissent.\u2014 Une dot, dites-vous.Mais.mais je ne veux pas.Vous n\u2019avez plus d\u2019argent.\u2014 Plus d\u2019argent ?.Qui t'a raconté cette histoire ?s\u2019inquiéte 1'abbé, en fixant le petit visage empourpré.\u2014 Rosine m\u2019a confié.\u2014 Voilà ! Je l'aurais parié ! .C\u2019est un tour de la pécore !.éclate Jean- Claude, mi-furieux, mi-amusé.Ah! excusez-moi, Monsieur l\u2019abbé.J'oubliais qu\u2019il s\u2019agissait de votre nièce.\u2014 J'ai bien peur que, guidée par le dépit, Rosine n\u2019ait commis une vilaine action, murmure lentement l\u2019abbé dont les traits se sont assombris.Quoi qu\u2019elle tait dit, au sujet de ma fortune.elle n\u2019a pas dit la vérité.Tous mes fonds sont dans une banque de Pau, à l\u2019abri des spéculations de mon frère.du budget que je réserve à mes œuvres et qui, Dieu merci, me permet pas mal de libéralités, en dehors de ces dernières, j'ai distrait une somme que j'ai divisée en deux parts égales pour constituer une dot à Rosine.et a toi.\u2014 Oh! mon parrain, balbutie Bérengère dont le cœur tendre déborde de reconnaissance, je n\u2019y ai pas droit.L\u2019abbé ne répond pas toute de suite.Son regard semble caresser la jeune et claire silhouette, la figure anxieuse soulevée vers lui.Sa main effleure les boucles qui sortent de la mantille : \u2014 Petite,, tu es mon plus cher souvenir.Tu ressembles a une femme dont mon cœur garde l\u2019image comme une relique.Sa voix s\u2019est assourdie.Ses yeux mélancoliques vont chercher dans le passé la trace du rêve ébauché.Une douceur passe sur ses traits.\u2014 Jai aimé ta mère.Elle a été la lumière, la ferveur de mes vingt ans.Des difficultés d\u2019ordre matériel et surtout la volonté d\u2019un père intransigeant et ambitieux, autant que peut l\u2019être mon frère aujourd\u2019hui, m'ont empêché de la demander en mariage.Cet amour est resté secret au fond de moi-même.Je l\u2019ai sacrifié à la famille, aux convenances, au devoir filial .Mais par ce sacrifice mme j'ai conquis le droit de te parler comme je le fais aujourd\u2019hui.Ma petite, sois heureue !.sans crainte, sans arrière-pensée .Tu le peux, je te l\u2019assure .Que ton bonheur d\u2019aujour- d\u2019hui soit aussi beau que mon rêve d\u2019hier.I1 a effleuré, d\u2019un baiser paternel, le front de sa filleule.et Bérengère émue jusqu\u2019aux larmes, se sent entraînée hors de la pièce par la poigne robuste de Jean-Claude.\u2014 Voilà ! conclut celui-ci, péremptoire, tandis qu\u2019il l\u2019'emmène au pas gymnastique, dans les couloirs, moi j'ai l\u2019impression que je n\u2019ai plus rien a ajouter.Dehors, sur le jardin calme, le soir est couleur de mirabelle.Une immense paix s\u2019étend sur les choses et les magnifie.Autour des montagnes royalement mauves, le ciel est plein de promesses.Là-bas au fond de l\u2019allée il y a un amandier adorable qui n\u2019en finit pas de fleurir.C\u2019est là que l\u2019impétueux garçon se dirige avec sa proie.d\u2019un geste autoritaire, il la jette, essoufflée et ravie, sur le banc de pierre et tandis qu\u2019elle proteste, avec un rire roucoulant de colombe: oh! Jean-Claude, en voilà des façons !.il s\u2019agenouille sur l\u2019herbe à ses pieds et s\u2019empare de ses bras frais qu\u2019il noue autour de son cou.Alors la voix changée avec un grave et fier sourire : \u2014 Chère geôlière de mon Voici votre prisonnier.FIN cœur. Juillet 1935 Les Familles Canadiennes par Emile FALARDEAU BOURDON Mlle O.B.Montréal.Les familles de ce nom, qui ont vécu dans les paroisses de Boucherville, Varennes et même Longueuil, descendent presque toutes de Jacques Bourdon, notaire de la Seigneurie de Longueuil, arrivé à Ville-Marie (Montréal) en 1666.Celui-ci était le fils de Jean Bourdon, bourgeois, et de Dame Magloire Legris de la paroisse de « Saint-Godard », ville de Rouen en Normandie (département actuel de la Seine-Inférieure).J.B.dut demeurer a Longueuil jus que vers 1677, d\u2019où à la suite d\u2019une concession et de certains autres avantages il alla s\u2019établir à Boucherville.On trouvera de plus amples renseignements dans un travail, qui paraîtra sous peu, intitulé les « Pionniers de Longueuil », par votre humble serviteur.LAPOINTE M.A.L.Montréal.Votre nom de Lapointe vient de ce que volre ancétre vivait dans une pointe d\u2019ile.Puisque vous me mentionnez le nom de Godard mélé a celui de Lapointe, je suis heureux de vous dire que vous descendez de : Etienne Godard né vers 1656, fils de François Godard et de Louise LeRiche, de la paroisse de Senlis, (département actuelle de l\u2019Oise.), s\u2019est marié le 6 octobre 1687, à Sainte-Anne de la Côte de Beaupré, à Marie-Madeleine de Lavoye, fille de René de Lavoye et de Anne Go.din.MIGNERON Mlle À.M.Joliette.Toutes les familles du nom de Migne- ron descendent du même ancêtre, mais il y a deux souches collatérales distinc- les, ce qui explique quelque peu pourquoi vous aviez été mise sous une fausse impression.Les familles Migneron, sans aucune exception, descendent toutes de : Pierre Migneron, né vers 1585 et marié vers 1630 à Marie Guillemet et demeurant dans une paroisse du Poitou.Ceux-ci ne sont pas venus vivre en Canada.Première souche : Jean Migneron dit-Lajeunesse, né vers 1636, marié vers 1657, endroit inconnu, mais il passa son contrat de mariage en date du 10 aoiit 1657 (greffe de An- douart) a Marie Pavie, fille de Christophe Pavie et de Madeleine Nadeau de la paroisse d\u2019Oleron comprise dans l\u2019évêché de la Rochelle (pays d\u2019Aunis), département actuel de la Charente-Inférien- re.Deuxième souche collatérale (frère du précédent) : Laurent Migneron, né vers 1639, el marié probablement dans une paroisse de la Côte de Beaupré (régistres disparus vers l\u2019époque de la descente des Anglais en 1690) à Marie Anne St-Denis.née en France de Pierre St-Denis et de Vivienne Bunelle.Après le décès de celle-ci, Laurent convola avec Marie Guillaume.PESANT mir SANSCARTIER Anxieux de savoir.La souche première de cette famille est : Antoine Paysan dit Sanscartier, né vers 1682 (puisqu\u2019il était âgé de quarante ans lors de son mariage) capitaine dans la compagnie du sieur de Buisson, fils de Anteine Paysan et de Marie Jeanne Marchand de la paroisse « Saint-Germain 3 ville de Poitiers (actuellement chef-lieu du département de Vienne).À.P.s\u2019est marié le 3 novembre 1722 à Saint-Laurent, (ile de Montréal) à Marie-Elizabeth Tessier dit Lavigne, fille de Jean-Bapiiste Tessier dit Lavigne et de Elizabeth Renaud.POTVIN, TIRE DE POITEVIN Est le surnom attaché aux habitants du département de Poitiers, (département actuel de Vienne).Il y a eu près de quarante colons de cette partie de la France qui ont fait souche en ce pays, ce qui explique pourquoi ce nom de Potvin (déformation de Poitevin) est si connu au Canada.Voici une liste, incomplète il est vrai, mais qui peut donner une idée à la majeure partie de ceux qui portent ce nom et leur permettra de retracer celui qui leur est propre.Aloignon dit Poitevin; Aymard (devenu Emard) dit Poitevin etc.: Barbeau; Beaupoil; Cadieux; Criquet; DeSerres; deSèves; Dumont; Dubeau: Florenson; Gagné; Garnier; Gauthier; Gendron; Gibault; (Gibeau); Giroux: Grelier; Grenier Harpin; (Arpin et Her- pin); Lafleur; Lagneau; Lamontagne; Laroche; Latendresse; Laviolette; Mau- petit (Montpetit) ; Neltier; Pacreau; Per.rot (Perreault); Préfontaine; Rafault; Roy; Salmanaye; St-Louis, etc, etc.DEPOCAS Mme J.D., Ottawa.L\u2019ancétre des familles de ce nom est: Jean Depocas, né vers 1710, fils de Jean Depocas et de Jeanne Billard, de la paroisse de Cambo, comprise dans le diocèse de Bayonne (département actuel des Basses-Pyrénées) et marié le 2 juin 1736 à Québec à Marie-Louise Paquet, fille de Jacques Paquet et de Marie-Françoise Stevens.M.EMILE FALARDEAU Comme nos lecteurs l\u2019ont remarqué avec plaisir, M.Emile Falardean reprend dans notre revue son intéressante chronique de généalogie canadienne.M.Emile Falardeau vous donne chaque mois l\u2019histoire de quelques familles canadiennes-française et, de temps à autre, histoire plus complète de l\u2019ancêtre commun des familles les plus répandues au Canada.C\u2019est ce qu\u2019il a fait, le mois dernier, pour la famille Charbonneau.Tous nos lecteurs et lectrices peuvent lui écrire directement pour lui communiquer leurs demandes.Libellez ainsi vos lettres: M.Emile Falardeau, La Revue Populaire, 975, rue de Bullion, Montréal.EQUIPEMENT FIABLE ET PEU COÛTEUX POUR MAISONS DE CAMPAGNE SYSTEMES D\u2019ECLAIRAGE DOMESTIQUES Les Systèmes d'Eclairage Domestiques Fairbanks-Morse s\u2019adaptent aux maisons de toutes dimensions.Fonctionnement facile \u2014 économique et recommandable.Avec un Système d\u2019Eclairage F-M, vous aurez la lumière électrique dans toutes les pièces de la maison \u2014 dans les dépendances, poulaillers, etc.Le Système d\u2019Eclairage Domestique Fair- banks-Morse fonctionne également à la gazoline et au kéroséne.SYSTEMES D\u2019EAU DOMESTIQUES Systèmes électrique et motorisé pour puits profonds ou peu profonds.Capacité de 200 gallons et plus à l\u2019heure.Un Système d\u2019eau domestique Fairbanks- Morse vous permet, pour quelques sous par jour, d\u2019avoir toujours de l\u2019eau courante sous pression.Ces installations F-M sont d\u2019une conception très simple; 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DO NS ENON S FN G \"x EUX LE x p< | = I [I 2 RS : 2 === || Es» La > < = I A J N \u2018 À or JS S N G : NS On J RNa + Ny et SNS VS Es @ > Ne ee LC) NR SN = À D LED ee 559 eo BN = > ve - Rg «& NN D x x = 9 EN NS etl, Pacs ec sat ts CSSS 2 d A A REN es ce £ WN Ke SS QP \u2014 >» | > VN SN Ses PS M = = (0) (Le No CSS NY At; ACHAT D\u2019UN LINOLEUM SN Cdt da a Ea \u2014 On ne joue pas d\u2019argent ?Non ?Alors, cing \u2014_\u2014 \u2014_\u2014 S © i a À Se ue Ce > oN, 0e (5) S pra = NN ry pue sans-atout ! 0 Se No Se Se CS Se XS, BF CS ) Es \u2014 a Ey = 2.RE ace RES & = ae se TREN \u2014 (3 = 3 Of 4 \u2014 AN ES AN CR Se See © AC Xd SA Sr SE =\" rs | 19
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