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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Octobre
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1935-10, Collections de BAnQ.

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[" p \u201c5 + Obs obre 193p Notre ro roman : UN SINGULIER AMOUR, par Louis Derthal Les TURN =.fa PER ke yal NS Vu K P- 334 \u201cA CON apt > a PY Ee A tv BW Lu rd or w on a a mins via FE a= 8 Se 4 arc stars amp y | pre «ee 4 LS AE a wd ta pate Ny WN A fi Lo \\& 3 han 1 I~ y FN 4 4 ~~ ini 4 ey Sen ow bi Ld fo A | 6 por r ! + Fy ! ck F hod > = PA: mt Ao x / | A1 nê5 ages \u2014 0 7% 3 = A 7 il MU (7 ; À À Oni \\ La ES 3 _ ee Ne xy + 8 = 3 AA 2 + FA Ps Vd oY A > 54 a a + = a 20 \\ & - « + 4 \" + LA v.«' : + , ® BR - ne Le ca - 1 x a .Mme W.N.Chatfield espire que toutes las jeunes ménagères apprendrons ainsi à s'Épargner du | travail tout en obtenant de meilleurs résultats avec des jambons entiers ou des tranches.je wappris qu'hier que le jambon le 99 plus savoureux se cuit sans bouillage! \u201c stele efee iw Na © Une saveur merveilleuse\u2014riche et délicieuse\u2014s\u2019obtient sans bouillage! Vous la trouvez dans le Jambon Premium Swift.Seul de tous les jambons, le Premium Swift est soumis au célèbre traitement Premium pour être ensuite Ovenized\u2014c'est-à-dire fumé au four d\u2019une manière perfectionnée.Tout cela rend le Premium Swift si délicieux que vous obtenez de meilleurs résultats en ne le faisant pas bouillir .qu\u2019il s'agisse d\u2019un jambon entier ou d'un demi-jambon! Une tranche du centre avec garniture d'automne Prenez une tranche du centré d'un Jambon Premium Swift, d'au moins un pouce d'épaisseur.Mettez dans Votre récipient avec 2 tasses de jus d'ananas.Faites cuire, sans bouillir, dans un four modérément chaud (375°), jusqu'à ce qu'il soit à point (environ 1 heure).Epluchez et coupez en cubes un concombre de moyenne grosseur ; ajoutez 1 c.à thé d'oignon râpé, L4 c.à thé de sel, 2 c.à thé de jus de citron, 2 c.à soupe de beurre, = pe 2c.4 soupe d'eau; laissez mijoter 5 minutes.Farcissez de petites tomates & \u2018 avec cette garniture, faites cuire pendant quelques minutes au four chaud, et servez avec le jambon.Garnissez la tranche de jambon de sit A i quelques cubes de concombre.CUISEZ Pour cuire un jambon ox un demi-fambon Premium Swift Mettez dans une rôtissoire un Jambon Premium Swift entier ou un demi- jambon.Ajoutez 2 tasses d'eau et recouvrez la rôtissoire.Cuisez à four lent (325°), à raison de 21 min.par livre pour un gros jambon entier; 25 min.par livre pour un petit jambon (jusqu\u2019à 12 livres) ou un demi- 24 jambon.Le jambon cuit, retirez-le du fourneau.) \u201ce i.1 Em .Enlevez la couenne, incisez-cn la surface et parse- SANS BOUILLAGE mez de clous de gi ofle; frottez d un mélange fait * 3 Jc 14 \u2018tasse de cassonade et de 1 c.à soupe de ÿ / farine.Faites brunir, à découvert, pendant 20 Le jambon qui se vend le plus au monde.Recherchez le nom Swift inscrit en pointillé brun sur chaque tranche, minutes, à four chaud (400°).Swirr CANADIAN Co., LimrTen Octobre 1935 aleve 28e année, No 10 Montréal, Octobre 1935 SOMMAIRE ® Page TROP DE LECISLATEURS orien 5 L\u2019ArT PAysAN DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC par O.A.Bériau un ve cures 6 Au Maroc AvEC LA LÉGION ETRANGÈRE par J.R.Pecheral .us 7 JacQUES CARTIER M HoCHELAGA EER 8 L'Oruvre DE L\u2019HôriTAL NoTRE-DAME par Thérèse Fournier 9 L\u2019Ar NUTRITIF par Fernand de Verneuil ET RE 10 NATASHQUAN oor nme 12 VEDETTES FRANÇAISES occa .13 Notre roman complet : UN SINGULIER AMOUR par Louis Derthal =.Lee _\u2026 14 Poésie : PASTEL par Rosario Vemne a 16 SiLences, HaLres DivInEs , par Medjé Vézina ces 58 MODE D'AUTOMNE amen 26-30-31 LE CHEZ S01 COMFORTABLE .cooiiiiamiinns 28 LE BUFFET FROID.ooii cancers cernes 29 CONSEILS DE BEAUTE 33 Théâtre \u2014 Comédie en I acte : LA Joie DES YEUX par Antonin Proulx .IR 34 LES MOTS CROISES o.oo 44 La BONNE CUISINE par Hélène Chagnon es ven 50 CONSEILS DE MAISON iii ee 53 NOTRE PROCHAIN ROMAN : UN MARQUIS DE CARABAS par DELLY LA REVUE POPULAIRE Editeurs-Propriétaires POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975, rue de Bullion, Montréal, Canada Tél.: LAncaster 5819 - 6002 ABONNEMENTS Canada : Un an $1.50 \u2014 Six mols .75 Etats-Unis: Un an $1.75 \u2014 Six mols .90 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt.U.8.A., as second class matter - under the Act of March fd 1879.Stanfield\u2019s No.4500 pour L'HOMME D'AFFAIRES Vous accueillerez chaleureusement ce sous- vêtement différent pour l\u2019hiver.Stanfield\u2019s l\u2019a créé spécialement pour les hommes d\u2019affaires\u2014 un beau sous-vêtement doux, en laine légère, de coupe très soignée et de forme moderne et parfaite\u2014et n\u2019irritant aucune peau, même la plus sensible.Etant irrétrécissable, il devient réellement plus beau après lavage.x x Un modele convenant à chaque homme.AVEC BOUTONS, manches courtes ou longues et jambes longues.AVEC BOUTONS, manches et jambes courtes.AVEC BOUTONS, genre tout athlète.SANS BOUTON, manches courtes ou longues et jambes longues.DEUX PIECES, GILET ET CALECON COURT.$3.00 FAITS AU CANADA EXCLUSIVEMENT PAR STANFIELD\u2018$ LIMITED TRURO, NOUVELLE ECOSSE Voyez ces modèles dans tous les meilleurs magasins 3 TRADE MARK out \"DANS LA VIE, JEANNE, \"CELA LES MEILLEURES CHOSES Co S'APPLIQUE DE QUALITÉ QUE TOUT LE MONDE PEUT SE PAYER.\" \u201cET N\u2019OUBLIEZ PAS, MESDAMES, QUE MAXWELL HOUSE SIGNIFIE: UN MELANGE SUPERBE .UNE FRAICHEUR TELLE QU'A LA SORTIE DU TORREFACTEUR.PLUS DE SAVEUR GRACE À UNE NOUVELLE MOUTURE PARFAITE, QUELLE QUE SOIT LA METHODE QUE VOUS ADOPTIEZ POUR FAIRE LE CAFE.\u201d La mise en boîtes s\u2019étant faite d\u2019après le procédé Vita-Fresh, toute la fraîcheur originale est sauvegardée dans la boîte que vous devez ouvrir à l\u2019aide d\u2019une clef.TORRÉFIÉ ET MIS EN BOÎTES AU CANADA ME10-36 * 5 Octobre 1935 TROP DE LEGISLATEURS.OTRE CONFRÈRE de Toronto, le Maclean\u2019s Magazine, donnait récemment quelques chiffres qui font réfléchir.Nous avons trop de législateurs et leur dévouement à la cause publique est trop dispendieux.Il y a deux ans La Revue Populaire proposait Pabolition de quelques gouvernements provinciaux, Il n\u2019est pas mal d\u2019y revenir.Des chiffres éloquents.plus que nos politiciens ! Les édifices du Parlement fédéral et des neufs législatures ont coûté $80 millions, au minimum, pour une population de 10 millions d'habitants.Et l\u2019on ne compte pas l\u2019entretien de ces édifices, les traitements des représentants du peuple (?) et les autres frais.Résultat : Pan dernier nos dix gouvernements et 4000 municipalités ont perçu environ $690 millions en taxes.Non seulement tout cet argent a été dépensé mais il est resté en plus un déficit global qui atteint les $200 millions ! L'usine à taxes ne chôme jamais ! LE COUT DE QUELQUES EDIFICES PARLEMENTAIRES : .$ 8,443,165 $ 2,347,000 Winnipeg Victoria Ottawa $50,000,000 Régina coco $ 3,466,265 Québec, Annexe .$ 1,400,000 Edifice central, coût inconnu. 6 LA REVUE POPULAIRE Au centre, tapis au pied passé; de chaque côté, tapis au crochet d\u2019après modèles de l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Montréal.Fauteuils en érable, tissus en laine du pays, couvertures de la Malbaie.Poterie rustique provenani de sargiles de la Beauce et de I\u2019 Abitibi.L\u2019Art Paysan dans la Province de Québec Par O.A.BERIAU Directeur général des Arts Domestiques crise de volonté.Dans un plaidoyer en_faveur du relèvement de notre artisanat quelqu\u2019un disait en 195%: la renaissance de nos arts mineurs chez nous est proche et ne tient qu\u2019à nous.Celui-là pouvait avoir confiance.Son espoir allait se légitimer.Québec, province d\u2019avant-garde et de tradition venait de mettre dans l\u2019écrin de ses richesses, \u2018la création d\u2019une Ecole d\u2019art paysan.Cinq ans se sont écoulés.Une première exposition des travaux accomplis par l\u2019Ecole suscita en 1930 le plus vif intérêt.Des expositions annuelles suivirent qui ne permirent pas à notre admiratibn de déjuger.Dégagée de sa période d\u2019essais, l\u2019Ecole défend aujourd\u2019hui brillamment le prestige de l\u2019art- rustique canadien.Les mots conservatisme, décadence ont fait place à ceux de renaissance et d\u2019évolu- = tion.« S\u2019organiser, c\u2019est déjà vaincre» affirme René Johannet.À quoi ne peut aboutir un programme tel que celui que se préposait notre Ecole : renaissance de l\u2019art paysan; connaissance d\u2019un artisanat rural; apprentissæge technique ; éducation du goût en vue de la colorisation ; direction des arts mineurs vers une expression proprement régionale ; mission thérapeutique et morale; utilisation de la matière première prise sur place; équilibre du budget; marche vers la petite industrie.Si rudimentaire qu\u2019il fût, l\u2019art paysan pré-existait au pays.Mais de ffçon si rétrograde que les enquêteurs n\u2019en trouvèrent que des vestiges.Décadence qui n\u2019était pas sans se répercuter sur la province.Le lissage était à peu près nul.La caducité du métier qui s\u2019avérait, fit songer d\u2019abord à greffer sur le vieux tronc.D\u2019où résulte aujourd\u2019hui une production illimitée grâce au métier rajeuni, allégé.L\u2019étude des matériaux indigènes a sélectionné nos fibres, nos cuirs, nos bois et nos argiles.L\u2019artisanat est un ensemble d\u2019art manuels qui par le langage du tissu, du meuble, de la céramique ou de la vannerie, etc, doit parler de l\u2019époque, des habitudes, de l\u2019esprit qui font non seulement l\u2019aspect des campagnes, mais font aussi partie de son intégralité.Exprimer cet art avec des matériaux pris au sol, c\u2019est donc aller à la grande Ecole de la Nature.La naiure ne dégageant que rythme et précision, l'artisan a tôt compris que la sûreté des moyens de reproduction s\u2019impose.De là la nécessité d\u2019une parfaite technique.L'Ecole ne se donnait pas pour but de révolutioner toutes les méthodes antérieures, mais il s\u2019agissait d\u2019aller à l\u2019encontre de la routine en renouvelant à l\u2019infini l\u2019aspect Quelques-unes des nombreuses religieuses qui suivent des cours d'art textile à l\u2019Ecole des du tissage, en fabriquant des meubles solidement _charpentés pour des Arts Domestiques de Québec.la campagne où la note moderne ne désavouait (Suite à la page 49) T N'Y A pas de crise financière, écrit un économiste, il n\u2019y a qu\u2019une yo tr mr re = geld em =e Octobre 1935 Au Maroc avec la Légio Par J.R.N Bon quelque chose ?Bien qu\u2019il ne me connaisse ni d\u2019Eve ni d\u2019Adam, l\u2019honime accepte sans étonnement, endurci par des années de bled à des surprises autrement inquiétantes, et plus encore habitué à la curiosité qu\u2019éveillent automatiquement « ceux de la Légion ».Il acquiesce done, un peu dédaigneux.Mais quand il apprend que j'ai terminé, voici quelques mois à peine, cinq ans dans la flotte comme qusrtier-maître timonier et que je ne l\u2019ai accosté que par simple désir de retrouver un peu cette atmosphère de rude cordialité, spéci:le aux soldats de métier, dont j'ai parfois la nostalgie, un sourire détend son franc visage : \u2014 Les matelots, affirme-t-il, j'aime ça.Ce sont des types réguliers qui connaissent les choses et ne bâillent pas devant nos képis blancs et nos galons veris comme les phénomeénes d\u2019ici.Misére! Jusqu\u2019a un officier, un biffin bien entendu, qui m\u2019a fait tourner en bourrique tout à l\u2019heure parce que mon col et mes souliers n\u2019étaient pas réglos (qu\u2019il disait) jusqu\u2019au moment où il s\u2019est mis à pousser des hurlements d\u2019enthousiasme quand il a su que je rentrais de faire colonne contre Bel Kacem avec le groupe Catroux.\u2014 Tu as fait la dernière campagne du Sud-Marocain?-\u2014Et comment ! et je Uassure que de Tiznit au Draa le soleil et les salopards nous en ont fait voir de drôles ! Alors, après un boulot comme ça, et quand on a servi avec des types comme Catroux, Gi- raud, Pechkoff ou Bournazel, se faire prendre aux rations par un blane-bec qui a gagné ses deux ficelles entre la rue Saint- Dominique et l\u2019Ecole Militaire.\u2014 Allons, mon vieux, ne t\u2019énerve pas et raconte-moi un peu ce que vons venez de faire là-bas.\u2014 Quoi ! À toi aussi, il te faut des histoires, comme aux petites filles qui viennent, la bouche en chose de poule, me demander «Oh! dites un peu, Monsieur le Légionnaire, racontez-moi un beau combat », et qui te disent ça bien enfoncées dans leur fauteuil en révant de charges au galop avec tambours et trompettes, et plus encore de chleubs qui mettent les maccabées à poil pour leur couper lu sais quoi.«Un beau combat ! Tu te rends compte ?Il y en avait peut-être au temps d\u2019Ahd-el- Kader, mais maintenant, avec les salopards qui ont des fusils à répétition, et même des mitrailleuses Hotehkiss et des 75 Schneider, la guerre devient de plus en plus, là-bas, pareille à ce qu\u2019elle était en Europe.Ça été le cas surtout pour les dernières opérations, à tel point que nous en avons été surpris nous-mêmes, qui ne nous étonnons de rien.La pacification du Sud ! Depuis le temps qu\u2019on en parlait, il fallait bien qu\u2019on l\u2019entreprenne un jour ou l\u2019autre.Mais nous pensions qu\u2019on ferait ça sous forme de colonnes légères, au moins au début, histoire d\u2019effrayer un peu les dissidents, d\u2019écœurer les djicheurs.De la police, quoi! plutôt que de la conquête.Mais le père Catroux ne l\u2019a pas entendu de cette oreille.Et un beau matin d\u2019avril c\u2019est une véritable armée qui a commncé à se concentrer à Marra- DANS Qu'importe si Une compagnie montée de la Légion étrangère avec une section à pied.La Légion étrangère aux frontières marocaines.compagnie montée.n Etrangère PECHERAL kech.Il y avait, bien entendu, la Légion au grand complet, y compris le Ier Etranger de Cavalerie, 1 régiment de tirailleurs, 3 régiments de spahis, 1 d'artillerie des Compagnies Motorisées, des goums.En veux-tu en voilà.En tout, ça faisait bien trente mille hommes qui grouillaient dans la capitale du Sud, et les sujets du Glaoui, qui n\u2019en avaient jamais tant vu, ouvraient des yeux comme des portes cochères.Pour commander tout ça, il y avait Giraud, Catroux et le colonel Trinquet, trois as qui connaissent le bled aussi bien que Bel-Kacem lui-même.C\u2019est du reste ce dernier qu'on allait tenter de coincer.Depuis qu\u2019au Sagho ses hommes avaient descendu Bour- nazel, lui et son compère Merebbi-Rebbo n\u2019en finissaient pas de nous empoisonner, de susciter rezzou sur rezzou.Et ne crois pas, surtout que c\u2019était une rigolade! Les deux brigands avaient bien 60.000 hommes sous leurs ordres, dont à peu près 15.000 fusils, vieux djicheurs malins comme des singes, et qui savaient se servir de leurs armes, je t\u2019assure ! « Joins à cela le bled, où il y a, tu le sais, plus de sable que d\u2019eau fraîche, les fausses indications des bicots du cru qui, si on ne se méfie pas, t\u2019envoient promener à 300 kilomètres quand l\u2019ennemi est à dix ou qui te disent gtr I\u2019EXTREME-SUD \u2014 LE BARBIER DE LA LEGION le rasoir écorche ou si le savon n\u2019est pas de première qualité.«Vas-v tout de méme ! » dit le client au barbier qui était peut-être dans le vie civile avocat, ingénieur ou marquis.(Photos du commandant Anet).an ire er en marche Colonne avec Un camp de la Légion au Maroc, pendant les premières campagnes entreprises contre les tribus dissidentes.que luesen sécurité au momenl où ils savent fort bien qu\u2019une harka de dissidents va te tomber sur le dos.Et tu croiras que ce n\u2019était pas précisément une partie de plaisir que nous entreprenions là ! « Bref, le ler avril dernier, on nous a descendus en \u2018amions de Marrakech à Fiznit.Au-delà c\u2019était la pleine dissidence.Finie la promenade, donc, il s'agissait de prendre dare-dare le dispositif de combat, avec la Légion en grand\u2019garde, comme c\u2019est de règle en zone dangereuse \u2014 sauf bien entendu si la colonne bat en retraite, parce qu\u2019alors on nous met à l\u2019arrière \u2014 ceci pour bien l\u2019expliquer le coup, pas pour protester, puisqu\u2019il est entendu, une fois pour tout es, que c\u2019esl pour se faire casser la gueule les premiers, à chaque bagarre, que les légionnaires sont payés.« Bref.La Légion élait en avant-garde et le ler bataillon du 4e Etranger \u2014 le mien \u2014 chargé lui-même de l\u2019éclairage de cette avant-garde : « Le pays est sûr», avait dit lofficier des Renseignements de Rissani, de sorte qu\u2019on marchait sans trop s\u2019en faire, ou plutôt, si on s\u2019en faisait, c\u2019était moins à cause d\u2019un acerochage peu probable que des difficultés d\u2019avancer par des pistes tout en creux, en bosses, en cailloux branlants, de quoi se démolir vingt fois chaque membre.Moi, ce qui me rendait le moins fier, c\u2019était mes 180 mulets.\u2014 180 mulets ?\u2014Pas un de moins.Dame! tu penses bien qu\u2019on ne s\u2019enfonce pas dans un bled pareil sans convoi : vivres, munitions, armes, tout cela tient de la place.Encore n\u2019em- portions-nous que l\u2019essentiel.Aussi, en me nommant chef-convoyeur (car il m\u2019avait fait cette blague sous le prétexte que j'étais sérieux) le capitaine me fit-il bien remarquer que la perte d\u2019un seul chargement pourrait être un vrai désastre pour le bataillon.« Après ça tu imagines ma tête quand, arrivant à l\u2019étape, je constate qu\u2019il n\u2019y avait plus que 179 longues-oreilles au lieu de 180.Klein, le conducteur (il y en avait un par bête) avait disparu aussi, et, comble de guigne, la charge manquante comprenait tout le barda des officiers.Ah! Je n\u2019ai pas été long à reprendre la piste en sens inverse pour essayer de savoir ce qui s\u2019était passé.Je fais 500 mètres, 600 mètres.rien ! Enfin, au bont d\u2019un kilomètre à peu près, qu\u2019est-ce que j\u2019aperçois, affalés à l\u2019ombre d\u2019un rocher ?Mon Klein et son mulet en train de ronfler comme des tuyaux d\u2019orgues.Je secoue l\u2019homme, je boite le train du mulet.Ils ne bougent pas d\u2019une ligne.(Suite à la page 48) Cette gravure de Jacques Cartier est très peu connue.C\u2019est peut-être la première fois qu\u2019on la trouve reproduite dans une publication canadienne.E LENDEMAIN, (dimanche 3 octobre), au plus L matin, le capitaine mit ses plus beaux habits et fit mettre ses gens en ordre, pour aller voir la ville et demeure dudit peuple, et une montagne qui est jacente à cette ville, où allèrent avec le capitaine les gentilshommes et vingt mariniers, et laissa les autres à la garde des barques; et prit trois hommes de ladite ville de Hochelaga pour les mener et conduire à ce lieu.Et étant en chemin, nous le trouvâmes aussi battu qu\u2019il soit possible de voir, et plus belle terre toute pleine de chênes aussi beaux que dans les forêts de France, sous lesquels la terre était toute couverte de glands.Ayant marché environ une lieue et demie, nous trouvâmes sur le chemin l\u2019un des principaux seigneurs de ladite ville de Hochelaga, avec plusieurs personnes, lequel nous fit signe qu\u2019il fallait nous reposer en ce lieu, près d'un feu qu\u2019ils avaient fait sur ce chemin.Alors le seigneur commença à faire un discours comme c\u2019est leur coutume de témoigner leur joie et faire connaissance .Le capitaine lui donna une couple de haches et de couteaux, avec une croix de crucifix qu\u2019il lui fit baiser et lui mit au cou; il remercia le capitaine.Ensuite, nous continuâmes, environ une demi-lieue de là nous commençâmes à trouver les terres labourées et belles, de grands champs pleins de blé.dont ils vivent, ainsi que nous faisons du froment.Et au milieu de ces champs est située et sise ladite ville de Hochelaga, près et touchant une montagne qui est, tout autour, labourée et fort fertile, de dessus laquelle on voit fort loin, Nous nommâmies cette montagne le mont Royal.Ladite ville est toute ronde, et enclose de bois, à trois rangs, en façon de pyramide, croisée par le haut.elle est de la hauteur d\u2019environ deux lances.Et il n\u2019y a en cette ville qu\u2019une porte et entrée, qui ferme à barres, sur laquelle et en plusieurs endroits de ladite clôture, il y a comme des galleries, et des échelles pour y monter, sur lesquelles sont quantité de cailloux pour la garde et la défense.Il y a dans cette ville environ cinquante maisons, longues d'environ cinquante pas ou plus chacune, toutes faites de bois, couvertes et garnies d\u2019écorces, aussi grandes qu\u2019une table, bien cousues à la main, selon leur mode.Et dans ces maisons, il y a plusieurs pièces et chambres; au milieu, une grande salle où ils font leur feu et vivent en communauté; puis ils se retirent Le petit château de Limoilou, près de Saint-Malo, où vécut le découvreur du Canada.\u2018 LA REVUE POPULAIRE JACQUES CARTIER À HOCHELAGA LE DIMANCHE 3 OCTOBRE 1535 AU COURS DE SON SECOND VOYAGE, EN 1535, JACQUES CARTIER DECIDE DE REMONTER LE FLEUVE JUSQU\u2019A HOCHELAGA, EN DEPIT DES OJECTIONS INTERESSEES DE DONNACONA ET TAIGNAGNY.AVEC UN VAISSEAU ET DEUX BARQUES, IL SE REND, ACCOMPAGNE DE QUELQUES GENTILSHOMMES ET DE CINQUANTE HOMMES, JUSQU\u2019AUX ENVIRONS DE SOREL.IL Y LAISSE LE GALLION ET CONTINUE AVEC LES DEUX BARQUES.NOUS PUBLIONS ICI UNE ADAPTATION DE CETTE PARTIE DU RECIT DE CARTIER OU IL RACONTE SON ENTREE A HOCHELAGA.D\u2019APRES LE TEXTE COMPILE PAR H.P.BIGGAR.dans leurs chambres, les hommes avec leurs femmes et enfants.Et de méme ils ont au haut de leurs maisons des greniers ou ils mettent leur blé dont ils font leur pain, qu\u2019ils appellent carraconny .Ainsi comme nous arrivions prés de cette ville, arrivèrent au-devant de nous un grand nombre de ses habitants, lesquels, par leur façon, nous firent bon accueil.Et par nos guides et conducteurs nous fûmes menés au milieu de la ville où il y a une place entre les maisons, grande d\u2019un jet de pierre, en carré ou presque; ils nous firent signe de nous y arrêter, ce que nous fimes.Et soudain, s\u2019assemblèrent toutes les femmes et filles de la ville, dont une partie avaient les bras chargés d\u2019enfants; vinrent frotter le visage, les bras et autres endroits du corps, où ils pouvaient toucher, pleurant de joie de nous voir, nous faisant la meilleure amitié qu\u2019il était possible, nous faisant signe de vouloir bien toucher leurs enfants.Puis les hommes firent retirer les femmes et s\u2019assirent sur la terre à l\u2019entour de nous, comme si nous eussions voulu jouer un mystère.Et aussitôt revinrent plusieurs femmes qui apportèrent chacune une natte carrée, en façon de tapisserie, et les étendirent sur la terre, au milieu de la place et nous firent asseoir dessus.Ces choses ainsi faites, fut apporté, par neuf ou dix hommes, le Roi et seigneur du pays, qu\u2019ils appellent en leur langue agouhanna, 1\u20ac\" quel était assis sur une grande peau de cerf; ils vinrent le déposer dans la place, sur les nattes, auprès du capitaine, en nous faisant signe que c\u2019était leur Roi et seigneur.Cet agouhanna était âgé d\u2019environ point mieux accoutré que les autres, sauf qu\u2019il avait autour de la tête, une sorte de lisière rouge, pour sa couronne, faite de poils de hérissons; et ce seigneur était tout perclus et malade de ses membres.Après qu\u2019il eût fait son signe de sa- cinquante ans, n\u2019était B Ecurie D Etable EHR E Jardin.> A Le logis.C Pressoir.lut au capitaine et à ses gens, en leur faisant signe qu\u2019ils étaient bienvenus, il montra ses bras et ses jambes au capitaine, comme s\u2019il lui eût demandé guérison et santé.Alors le capitaine commença à lui frotter les bras et les jambes, avec les mains.Alors l\u2019agouhanna prit la couronne qu\u2019il avait sur la tête et la donna au capitaine.Après que nous fûmes sortis de la ville, nous fames conduits par plusieurs hommes et femmes sur la montagne susdite, qui est par nous nommée mont Royal, distant de cet endroit d\u2019un quart de lieue.Et étant sur la montagne, nous eûmes vue de plus de trente lieues à l\u2019entour; il y a, vers le nord, une rangée de montagnes, orientées est et ouest et autant vers le sud.Entre ces montagnes se trouve la terre la plus belle qu\u2019il soit possible de voir, labourahle, unie et plane.Et au milicu de ces terres, nous voyons sur le fleuve, plus loin que nos barques, un saut d\u2019eau, le plus impétueux qu\u2019il soit possible de voir, lequel il ne nous fut pas possible de passer; et nous voyions ce fleuve aussi loin que l\u2019on pouvait regarder, grand, large et spacieux, qui allait vers le surouaist et passait près de trois belles montagnes rondes que nous estimons à environ quinze lieues de nous.On nous montra et nous dit par signes qu\u2019il y avait trois autres sauts d\u2019eau sur ce fleuve, comme celui où étaient nos barques; mais nous ne pûmes savoir quelle distance il y avait entre l'un et l\u2019autre, faute de langage.Puis ils nous montraient par signes, que, passé ces sauts, l\u2019on pouvait naviguer pendant plus de trois lunes sur le fleuve.Et de plus, ils nous montraient que le long des montagnes, vers le nord, il y a une grande rivière qui descend de l\u2019occident, comme le fleuve.Nous estimons que c\u2019est la rivière qui passe par le royaume et province du Saguenay.Après avoir vu et entendu ces choses, nous nous retirâmes à nos barques, ce qui se fit sous la conduite d\u2019un grand nombre de ces gens qui, lorsqu\u2019ils voyaient nos gens fatigués, les chargeaient sur eux comme des chevaux et les portaient.Arrivés à nos barques, nous fimes voile pour retourner à notre gallion (L\u2019Emérillon) craignant qu\u2019il y eut quelque trouble.Ce départ ne se fit pas sans regret de ce peuple; car tant qu\u2019ils purent nous suivre en aval du fleuve, ils nous suivirent.Nous arrivêâmes à notre gal- lion, le lundi, quatrième jour d\u2019octobre.F Verger.G Mail.H Ecusson aux armes de Cartier. a Octobre 1935 i L\u2019Hépital Notre-Dame de Montréal.Photo Associated Screen News, Montréal.L\u2019Oeuvre de l'Hôpital Notre-Dame Par Thérèse FOURNIER MME RosAIRE THIBAUDEAU ; ; Fondatrice des dames pratronnesses Li NOTRE-DAME fut fondé en 1880, par le docteur E.-P.Lachapelle, Présidente de 1887 à 1905.l\u2019abbé Rousselot, curé de Notre-Dame, et la Révérende Sœur Deschamps, v supérieure générale des Sœurs Grises.Il était situé, ainsi que chacun se rappelle, rue Notre-Dame, près du square Dalhousie, dans l\u2019ancien hôtel Donagana qui avait été le rendez-vous de la société montréalaise élégante au début du XIXe siècle.Quand l'hôpital ouvrit ses portes, le 27 juillet 1880, ce fut pour accueillir 25 malades.Quelques chiffres, plus éloquents que des phrases déclamatoires, nous donnent une idée précise du chemin parcouru depuis cette époque.En 1934 : 186,203 malades furent traités ou mis sous observation; les médecins du dispensaire donnèrent 13,512 consultations; on y remplit 1,623,011 prescriptions dont 96,400 entièrement gratuites.Pour subvenir aux frais du spacieux hôpital actuel, installé rue Sherbrooke depuis 1924, un groupe de dames dévouées à l\u2019œuvre se sont mises en frais d'organiser une grande kermesse qui aura lieu, vers la mi-octobre, à la caserne du 65e régiment, avenue des Pins.Elles ne font en cela que renouer la chaîne d'une longue tradition, car les kermesses de Notre-Dame sont célèbres dans l\u2019histoire de la charité à Montréal.Celle de 1884, entre autres, tenue sous des tentes, à la place d\u2019Armes, n\u2019a pas encore été oubliée.Celle à laquelle nous assisterons cet automne ne le cédera en rien aux précédentes.Les charitables organisatrices porteront le costume traditionnel et tout concourra à ressusciter l\u2019atmosphère d\u2019autrefois De nombreux kiosques offriront, non seulement des objets de luxe, mais des articles utiles et même indispensables.On y trouvera restaurant et salle de thé, roue de fortune, pêche, La Photographie LaRose, Montréal jeu de bingo, cartomancienne experte, comptoirs de bonbons et de poupées.Mme Lours ne Lorsinière Harwoop Mais la discrétion nous interdit de donner trop de détails.Nous laissons à nos Présidente active du comité des .; .d t de l\u2019hôpital lecteur le plaisir de la découverte et de la surprise.ames pa mae P 10 Voici une.faible partie de l\u2019activité humaine en vue de lali- mentation.Tout cela doit-il disparaître un jour ?LA REVUE POPULAIRE Un savantissime docteur a rendu l'air nutritif et l\u2019on voit dans cette gravure une partie de ce que sa découverte a supprimé.Plus de pécheries sur une mer parfois dangereuse, plus d\u2019immenses entrepôts ni d\u2019élévateurs à grains.Bien d\u2019autres suppressions encore ex sont la conséquence ainsi qu\u2019on pourra le lire dans l\u2019article ci-joint.Photo du gouvernement canadien lo Octobre 1935 Chronique Scientifique 11 L'AIR NUTRITIF Par Fernand de VERNEUIL Comment une grande découverte transforma si bien notre planète qu\u2019elle en fit une sorte de destiné a voir quelque chose d\u2019incomparablement supérieur à la radio, à l\u2019aéroplane et même au presse-citron administratif dans lequel on met un citoyen et dont on fait sortir de l'argent.L\u2019an de grâce 193.devint peur tout le monde, sinon l\u2019an de graisse du moins celui de la bedaine satisfaite car, à dater de cette époque, personne sur la terre n\u2019éprouvera plus le besoin de manger.Un savantissime docteur en chimie organique, analytique et chimérique fit une découverte fantastique.Naturellement, le bonhomme était de l\u2019Amérique.Il découvrit le moyen de rendre l'air nutritif et, chose à peine croyable, put appliquer sa découverte à toute l\u2019atmosphère terrestre en l\u2019espace d\u2019à peine un mois.La beauté de la chose consistait en ce que personne n\u2019éprouvait plus le besoin de manger; grâce à une modification atomique opérée par le savantissime, Pair suffisait maintenant à entretenir la vie humaine en fournissant au corps tous les éléments nécessaires à son entretien.Cette extraordinaire découverte que l\u2019on eût traitée de folie quelques années ou même seulement quelques mois auparavant n\u2019était pourtant, en fin de compte, que la continuation de ce que la nature elle-même avait commencé.Lair que les trois-quarts des gens respirent machinalement, pour ne pas dire bêtement, est déjà une nourriture pour le corps dans sa composition normale; il «alimente» réellement les poumons et, par conséquent, fournit au corps des éléments nutritifs incontestables.Le Savantissime n\u2019avait fait, en somme, que perfectionner les choses déjà existantes.Les conséquences en furent mirifiques, prodigieuses, imprévues, ébahissantes et bouleversantes.Du jour au lendemain, la planète prit un aspect tout nouveau.Ce fut très drôle pour commencer.On a dit et c\u2019est très vrai \u2014 que l'usage des repas remonte à la plus haute antiquité; de tous temps l\u2019homme a été l\u2019esclave de sa bedaine qui lui réclamait impériensement des victuailles peu d'heure après en avoir déjà reçues.Dès les commencements de l'humanité, l\u2019estomac fut le pire des tyrans.« De la boustifaille ou la mort!» clamait-il en un langage de tiraillements très expressif et l\u2019homme était obligé d\u2019obéir.Selon les appétits, les tempéraments et les goûts ou dégoûts, les hommes mangèrent donc toutes sortes de choses solides, gluantes ou liquides; des fruits, des herbages, des poissons, des oiseaux et toutes sortes d\u2019animaux crus ou cuits; beaucoup mangèrent de la vache enragée et l\u2019homme fit même une spécialité de manger son semblable.Il grignotta, croqua, bâfra, dévora, s\u2019empiffra, attrappa souvent des indigestions et quelquefois même en claqua.De toute façon ce fut une habitude qui devint immédiatement une seconde nature, à tel point que, le progrès aidant, il ne vécut autant dire plus que pour entretenir sa gueule.Quand des siècles, des millénaires ont consacré une habitude, celle-ci est en quelque sorte incrustée dans la vie.Manger, s\u2019emplir la bedaine, cela devint donc synonyme de vivre et tout fut réglé en conséquence, de longue date, sur la boule dont nous sommes les locataires bien rarement satisfaits.Du jour au lendemain, le Savantissime détruisit donc cet état de choses et ce fut la plus extraordinaire des révolutions que le monde ait jamais connue.N \u201cee vingtième siècle, si fertile en merveilles, était Cédant à la coutume et d\u2019ailleurs pour la plupart incrédules, les hommes se mirent à table comme à l'ordinaire bien que n\u2019ayant pas faim.Ils espéraient toutefois, selon la vieille formule, que l\u2019appétit viendrait en mangeant.Ce fut une déception qui se mélangea néanmoins de satisfaction.Les mets les plus tentants, les plais aux fumets les plus alléchants furent dédaignés par les gens dont l\u2019estomac demeurait implacablement muet.Ceux qui voulurent, malgré tout, ingurgiter quelque chose ne purent le conserver et, devant l\u2019évidence formelle, il fallut bien s\u2019incliner: désormais l\u2019homme n\u2019avait plus besoin de manger.Cela s\u2019accompagna sans doute d\u2019un regret chez les « fines gueules > qui considéraient la boustifaille comme paradis terrestre.une jouissance plutôt que comme une nécessité, mais cela fit pousser un énorme soupir de soulagement aux trois quarts et demi de la population terrestre et à la moitié de l\u2019autre demi quart, donc à la majorité presque absolue.Les salles à manger disparurent comme par enchantement des maisons ainsi que les.euh.comment dirai-je ?les locaux à digérer.Cela donna de la place pouvant être utilement consacrée à autre chose et modifia vite l\u2019art de la construction.Les maisons ne comportant plus de cuisine, de salle à manger ni de.oui, parfaitement, furent plus petites, et les loyers moins chers; premier avantage qui devait être suivi par une multitude d\u2019autres.De même qu\u2019un homme qui ne fait pas usage de tabac n\u2019a pas besoin de pipe, ceux qui ne mangent plus n\u2019ont pas besoin de vaisselle.Encore une économie et pas une mince dans certaines familles où l\u2019on avait la fâcheuse habitude de se jeter les assiettes à la tête.Naturellement les déchets ménagers subirent également une baisse notoire et le service des vidanges réduit des neuf dixièmes fut une charge beaucoup moindre pour les villes.Les restaurants disparurent, depuis les petites boîtes graillonneuses jusqu\u2019aux grands hôtels où le client s\u2019em- piffrait encore plus de luxe que de manger.Chose curieuse, ] enombre des chats et des chiens augmenta vite dans des proportions extraordinaires.Des gens considérés pourtant comme sérieux prétendirent que c\u2019était parce qu\u2019on ne vendait plus de «hot dogs» et qu\u2019on ne préparait plus certains ragoûts mystérieux comme origine.On aurait pu croire que le nouvel état de choses allait ruiner une quantité de commerces, depuis celui du petit épicier jusqu\u2019à celui de la grosse compagnie de transport de grains et ceux des immenses fermes d\u2019élevage pour le bétail.Il n\u2019en fut rien.La ruine était en effet maintenant un mot qui ne faisait plus peur à personne parce qu\u2019il n\u2019évoquait plus de réalité malheureuse.L\u2019homme ne travaille à vrai dire que pour sa gueule; il crèvera de faim mais il ne crèvera jamais d\u2019aller en guenilles; que l\u2019on supprime ses frais d'alimentation et il n\u2019aura besoin que de fort peu d\u2019argent pour faire quand même figure de civilisé dans le monde comme accoutrement.Se loger et se vêtir devinrent donc les uniques préoccupations de l\u2019homme nouvelle mode et il lui suffit désormais de travailler un mois par an pour y arriver convenablement.Onze mois de vacances par an, qui eût oser rêver cela auparavant, à part ceux qui exerçaient le métier de chômeurs ?Les dépenses étant réduites des neuf dixièmes, l'argent exerça dès lors une attirance considérablement affaiblie sur les hommes; les soucis de la vieillesse s\u2019envolèrent comme par enchantement, les banques perdirent la presque totalité de leurs clients, ce qui eut pour excellent effet de faire disparaître, lentement mais sûrement, l\u2019idée du vol du cerveau des spécialistes en la matière.On put donc diminuer considérablement le nombre des prisons.C\u2019est inimaginable ce qu\u2019il y a de commerces, d\u2019industries, d\u2019ateliers, de machineries, de laboratoires, d\u2019entre- pots, de voitures, de moteurs, etc, rattachés au service de l\u2019estomac humain! tout cela se fondit, s\u2019évanouit, disparut en entraînant dans le néant toutes les combines plus ou moins propres des «trusts» de la mangeaille; beaucoup de gens devinrent honnêtes malgré eux, par la force des choses.L'agriculture qui se plaignait auparavant de manquer de bras n\u2019eut plus qu\u2019à se les croiser devant les champs devenus inutiles.Le cultivateur qui était déjà auparavant le plus heureux des hommes et presque toujours le plus sage, celui qui vivait le plus normalement, devint l\u2019être privilégié par excellence.Possesseur d\u2019une maison agréablement située à la campagne, libre de tout souci relativement à la vie matérielle, il employa tout juste, désormais, un coin de champ à semer du tabac car il faut bien reconnaître que l\u2019air, pour être nutritif, n\u2019était lout de même pas devenu fumable.Les besoins très restreints de l\u2019homme ne lui imposant qu\u2019un travail autant dire insignifiant et lui laissant A des loisirs considérables, le caractère général en fut heureusement modifié.L\u2019habitude de l\u2019oisiveté donna le goût et l\u2019amour du repos, de la tranquillité; on sait en effet qu\u2019une personne qui ne travaille plus depuis un certain temps se sauve de tout effort à faire comme d\u2019un chien enragé et le monde entier devint un immense camp de chômage où les ronflements des gens assoupis dans la béatitude remplacèrent heureusement les chicanes trop fréquentes autrefois.On sait fort bien, en anatomie, qu\u2019un organe qui ne fonctionne plus parce qu\u2019il est devenu inutile finit par s\u2019atrophier et disparaître; c\u2019est ce qui arriva aux estomacs des hommes ainsi qu\u2019à leurs accessoires, intestins, etc.La conséquence de cette disparition fut des plus heureuses pour la santé générale.Plus d\u2019estomac, donc plus de maux ni de maladies dudit, depuis la simple colique et la constipation jusqu\u2019à la néphrite, la typhoïde et le vomito tout ce qu\u2019il y a de plus negro.Les grosses bedaines des obèses étaient devenues un souvenir du passé et l\u2019on ne voyait partout plus que des hommes souples, vifs et bien portants.Or, une personne qui se porte bien est rarement de mauvaise humeur et les gens se regardèrent beaucoup moins qu\u2019auparavant en chien de faïence.L\u2019idée de la paix universelle était réellement en marche cette fois.Une preuve inconstestable que l\u2019homme était réellement devenu meilleur depuis la mirifique invention du Savantissime, c\u2019est que, tout naturellement, un péché capital était disparue de la fameuse liste des sept : la gourmandise.Cela se traduisit par beaucoup de mensonges et de vols en moins.Toutefois, le nouvel état de choses rendit perplexes pour un temps les docteurs de l\u2019Eglise: le jeûne devenait une pénitence illusoire mais il est vrai que I\u2019humanité s\u2019étant considérablement améliorée pouvait, sans dommages, bénéficier de cette adoucissement à son régime.Si les gens étaient devenus plus propres moralement, il est indéniable que physiquement c\u2019était la même chose.Plus de taches de graisse sur les vêtements ni de parcelles d\u2019œufs dans la barbe des gens pourvus de cet ornement facial.Plus d\u2019ivrognes non plus.L'air nutritif l\u2019était en effet totalement; de même qu\u2019il avait supprimé la faim il avait fait disparaître la soif et c\u2019est peut-être là le seul grand regret d\u2019une partie de l'humanité quand elle pensait aux temps qui avaient précédé la découverte du Savantissime.Quelques fanatiques essayèrent bien d\u2019en revenir aux anciens procédés dans l\u2019espoir d\u2019y trouver quelque plaisir mais ils en furent tellement malades qu\u2019ils jurèrent bien de ne jamais recommencer, On s\u2019habitue vite aux bonnes choses et le bien-être général causé par la suppression du besoin de manger transforma rapidement le monde qui se plongea, s\u2019enlisa en quelque sorte dans une agréable indolence dont rien désormais n\u2019aurait pu le faire sortir.Les passions fortement émoussées finirent par s\u2019éteindre et, avec elles, les haines qui existaient autrefois entre peuples divers.Ce que les plus généreuses et plus folles propagandes n'avaient pu obtenir se réalisa tout naturellement: la paix universelle, ce qui amena inévitablement un progrès étonnant dans les sciences.Celles-ci, toutefois, ne furent plus appliquées à la guerre et comme elles n°\u2019avaient plus besoin de l\u2019être à la nourriture de l\u2019humanité, elles tendirent uniquement à son élévation morale.Ce fut bien beau, très beau, tellement beau que cela parut un rêve et c\u2019est très probablement ce que mes lecteurs penseront eux-mêmes de cette chronique.Au fait, ils n\u2019auront pas tort et la preuve c\u2019est que ce rêve sera suivi d\u2019un autre, mais du genre cauchemar sur le même sujet exactement et qu\u2019ils trouveront dans le prochain numéro de La Revue Populaire.Ce qui prouvera, une fois de plus, que toutes les hypothèses, comme d\u2019ailleurs toutes les réalités sont comme les étoffes, c\u2019est-à-dire qu\u2019elles ont toujours in envers et un endroit.Dans cet article, l\u2019air nutritif transforme notre planète en une sorte de paradis terrestres; dans le prochain il en fera un véritable enfer avec autant de sincère argumentation. 12 De gauche à droite et de haut en bas : Le «Sable I» arrive dans la passe de Natashquan.\u2014 L\u2019entrée à marée basse de la Petite Natashquan et les belles embarcations fraîchement peintes.-\u2014 Sur la grève, une modeste croix noire plantée par des pécheurs, il y a de nombreuses années.\u2014 Deux Montagnaises et leur marmaille, devant la tente : on dirait de pures Mongoles.\u2014 Le plus vieux couple de Natashquan : M.et Mme Alfred Vigneault, 63 années de mariage.indien signifiant «la rivière où l\u2019ours abonde ».Le village de Natashquan, situé vis-à-vis la pointe est de l\u2019île Anticosti, ne renferme que des pêcheurs, des trafiquants de fourrure et quelques marchands.Il n\u2019y a en tout que 64 familles, soit environ 350 personnes.Les maisons, toutes propres et confortables, sont distribuées au hasard des buttes, à cause de la neige qui recouvre abondamment le pays en hiver.Il ne faut pas oublier que la végétation y est celle de l\u2019Ungava, c\u2019est-à- dire des sapins rachitiques et, en bordure de la forêt, des arbres serrés les uns sur les autres pour mieux résister au vent.N \u2018ss ivièr est un vieux mot NATASHQUAN Natashquan est le dernier endroit de la Côte Nord érigé en municipalité, avec commission scolaire (deux écoles) et missionnaire résident.L'église, fort modeste, repose des extravagances de nos paroisses « riches ».Il est sans doute peu de villages aussi paisibles dans notre province.Le greffier et les deux constables n\u2019ont vraiment pas grand\u2019chose à faire: en l\u2019espace de sept ou huit ans, il n\u2019y eut qu\u2019une seule cause, et encore peu importante.On comprend que l'élection du maire et des cinq conseillers se fait dans le plus grand calme.Les électeurs se réunissent, on procède au cérémonial imposé par la loi, quelques orateurs débitent leur boniment.C\u2019est tout.Le résultat proclamé, on fume une LA REVUE POPULAIRE 7 Un magasin typique de la Côte Nord.\u2014 Construite pour servir d'école, cette grande maison est devenu le presbytère de Natashquan.e\u2014 La « muison d\u2019été» des Indiens : peu de confort mais beaucoup d\u2019air pur! \u2014 Le\u2019 phare de ln pointe de Natashquan : une importante station radiotélégraphique.\u2014 Un petit caboteur accoste le «Sable I» pour y prendre passagers et marchandises.Photos de La Revue Populaire Kodak Eastman 620 \u2014 Film Verichrome touche avec les adversaires (?) et la démocratie est satisfaite.Un tel esprit pacifique provient sans doute du peu de « profits» que rapportent ces charges officielles.A Na.tashquan, pas de rues : rien que des sentiers puisqu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul cheval.Pas de trottoirs, ou si peu : trois planches ici et là.Pas d\u2019aqueduc, pas de pare.Enfin rien qui pourrait tenter la convoitise des représentants du peuple ! A Natashquan, tout le monde serait heureux si le gouvernement songeait un peu aux besoins des pê- cheurs.Pourquoi, par exemple, ne pas leur accorder l\u2019entrepôt frigorifique réclamé depuis si longtemps ? Octobre 1935 CHARLES BOYER NE VEDETTE FRANÇAISE en passe de devenir une [ vedette mondiale.Quand on l\u2019a vu, et surtout entendu, dans Le Bonheur, avec Gaby Morlay, on ne peut oublier l\u2019expression tragique et si humaine de ses yeux, le timbre musical de sa voix unique.Charles Boyer, ce n\u2019est pas l\u2019insupportable « beau ténébreux »; c\u2019est l\u2019intellectuel fiévreux qui veut tirer de la vie tour ce qu\u2019elle peut donner, Le cinéma américain gardera-t-il longtemps un artiste d\u2019un tempérament aussi latin ?Ses films terminés Charles Boyer se hâte de retourner en France.Il ne sera jamais chez lui, à Hollywood.MARCELLE CHANTAL cinéma, par goût de l\u2019action.et peut-être de la gloire.Elle a débuté a Vécran dans Le Collier de la Reine, qui fut sans conteste un triomphe.Tourna ensuite plusieurs films dont Au nom de Ia Loi, L\u2019Ordonnance.Et Amok, qui, espérons le, sera montré au Canada.Marcelle Chantal parle aussi hien l'anglais que le français, joue le piano pour les intimes (préfère Chopin et Beethoven), lit beaucoup, surtout Julien Green.Elle habite, à Paris, tout le septième étage d\u2019un magnifique immeuble : pièces luxueuses, collections rares.Très sportive, elle pratique de préférence l\u2019alpinisme.Rn JOLIE elle est entrée au théâtre, puis au 13 14 NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR LA REVUE POPULAIRE UN SINGULIER AMOUR par Louis DERTHAL \u2014 Illustrations de Chapitre Premier Combe-Négre, avril 19.« Ma chère cousine, « Voudriez-vous avoir la bonté de me recevoir au plus tôt ?J'aurais à vous entretenir d\u2019une affaire délicate et importante qui vous étonnera quelque peu, jen suis bien certain.Mais vous seule, chère amie, vous pouvez, en la circonstance, me venir en aide, me conseiller et surtout, \u2014 du moins je l\u2019espère, \u2014 me comprendre.un peu.«Dans l'attente d\u2019un mot qui m\u2019appellera près de vous, daignez recevoir, chère cousine et amie, mes respectueux hommages et l'expression de ma sincère et très vive amitié.< ARNCLN, Comte de Nozières.» Depuis la réception de ce mot laconique, c\u2019était bien au moins pour la troisième fois que Mme de Ribbes le relisait.Au moment même de recevoir son cousin, la vieille dame se demandait encore quel mystère pouvait bien cacher ce billet si bref.Que lui voulait done ce grand diable d\u2019Arnold qui, depuis plus de six mois, n\u2019avait donné signe de vie ! La dernière lettre reçue de lui arrivait tout droit du pays des Druses, et celle-ci, qui portait le cachet de Saint-Jacques-des-Blats, prouvait que le jeune homme était de retour en France et remonté dans son manoir de Combe-Nègre.Encore une originalité, ce château, véritable nid d\u2019aigle que le grand-père d\u2019Arnold avait fait construire \u2014 au prix de quelles difficultés ! \u2014 à 1300 mètres d\u2019altitude, au col du Lioran, en plein massif cantalien.Penddht plus de six mois de l\u2019année, les chemins étaient impraticables et il fallait des domestiques tout à fait spéciaux pour vivre là-bas, à la manvaise saison.En vérité, le personnel du manoir se réduisait à peu: deux hommes, deux montagnards qui, dans leur jeunesse, avaient fréquenté les burons, et une seule femme, native de Saint-Flour et nourrice du comte de Nozières.Catherine Chevenasse \u2014 maman Cathe pour Arnold \u2014 était une grande gaillarde de cinquante-huit ans, solidement charpentée et dure à la besogne.Mme de Ribbes n\u2019était encore allée qu\u2019une fois à ce manoir de Combe-Nègre, mais elle se souvenait tonjours d\u2019une vue splendide et surtout d\u2019une solitude monastique parmi des sites sauvages et désolés.Quel caractère singulier fallait-il pour vivre seul dans cette montagne, comme le faisait souvent M.de Nozières, au milieu de ces pâturages, de ces bois, de ces torrents, de ces ravins profonds dont le souvenir réveillait encore un frisson de crainte au cœur de la vieille dame.A la vérité, la baronne de Ribbes appréciait fort peu la campagne et encore moins la solitude.Sa maison de Saint-Flour, très belle et très spacieuse pourtant, ne la voyait jamais au cœur de l'hiver, et souvent, même l\u2019été, la vieille dame délaissait le plateau de la Planèze pour la Côte d\u2019Argent.Toutefois, par cette après-midi d'avril, où le soleil déjà chaud trônait dans un ciel de turquoise, la baronne F.L.NICOLET découvrait soudain que son petit salon, entièrement fleuri de jacinthes des bdis, était délicieux.Distraitement, par la fenêtre ouverte, ses regards voguaient au loin, sur les monts de la Margeride qui apparaissaient à l'horizon, ainsi que de grandes vagues très bleues.Mais soudain, la sonnerie du porche de l'hôtel la fit tressaillir et bientôt, le valet de chambre s\u2019effaçait à l\u2019entrée du boudoir pour laisser passer le comte de Nozières.Celui-ci s\u2019inclina respectueusement devant Mme de Ribbes dont il baisa la main, puis : \u2014 Chère amie, dit-il, vous êtes bonne d\u2019avoir répondu si vite à mon appel.\u2014 Comment vouliez-vous qu\u2019il en fût autrement ?Ai-je l\u2019habitude de vous refuser mon aide ?« Cependant, votre lettre a failli ne pas me trouver ici.Voilà dix jours à peine que je suis revenue de la Côte d\u2019Azur.«Et vous-même, Combe-Nègre ?\u2014Hum !.un mois, environ.\u2014 Et vous rentrez d\u2019Arabie ?\u2014 Pas précisément.Avant de m\u2019enfermer dans mon vieux manoir, je suis passé par Paris.Oh ! un séjour fort restreint, obligatoire, simplement pour discuter avec mes éditeurs, car vous n\u2019êtes pas sans connaître combien j'ai Paris en grippe ! La baronne coula un regard serutateur dans la direction du jeune homme, puis elle lança, un peu enjouée : \u2014 Vous, mon cher Arnold, vous avez toute l'humanité en grippe! Si l\u2019on vous écoutait, on deviendrait vite misanthrope ! Arnold, depuis quand êtes-vous à Octobre 1935 .Un involontaire tressaillement secoua tous les muscles du visage d\u2019Arnold, tandis qu\u2019une flamme de colère jaillissait de ses prunelles.\u2014 Chère Baronne, vous qui connaissez parfaitement ma triste vie, vous devriez au moins être la dernière à parler de cette façon ! s\u2019écria-til d\u2019une voix basse et dure.\u2014 Arnold, ne vous fâchez pas, reprit la vieille dame, non sans un indulgent sourire.Si je vous ai fait cette remarque, ce n\u2019est que pour votre bien.Je voudrais tellement vous voir plus calme, moins révolté, plus oublieux aussi d\u2019un passé qui ne vous a pas toujours été clément, je vous le concède.\u2014 C\u2019est heureux ! trancha le comte, railleur.\u2014 Oui, mon enfant, continua la baronne sans se démonter, je vous le concède, mais vous pourriez au moins accepter la vie qui vous est échue en bon chrétien et ne pas toujours rejeter sur les autres le mal que souvent vous vous êtes fait vous-même ! \u2014 Chère amie, objecta M.de Nozières ironique, et tout en reprenant son chapeau qu\u2019il avait déposé sur un siège, j'étais venu pour vous demander un conseil, mais non pour entendre un sermon.\u2014 C\u2019est juste ! riposta la baronne avec un franc éclat de rire.J\u2019oublie toujours que vous êtes intraitable, mon pauvre Arnold.« Voyons, reposez ce couvre-chef, ct expliquez-moi ce que vous attendez de votre vieille cousine, termi- na-t-elle en fixant, de son regard encore vif, les grands yeux vert-de-mer de son petit cousin.Un instant, le jeune homme garda le silence, et il parut même à Mme de Ribbes qu\u2019il semblait légèrement embarrassé.Du geste, elle lui indiqua un fauteuil, mais au lieu de s\u2019asseoir immédiatement, le comte se dirigea vers la fenêtre ouverte.\u2014 Vous permettez ?dit-il, en se tournant vers la baronne et après avoir posé ses longues mains sur l\u2019espagnolette.Les oreilles indiscrètes sont toujours à redouter.Ce préambule excita encore davantage la curiosité aux abois de Mme de Ribbes qui, du regard, suivait dans tous ses mouvements Ja haute silhouette de M.de Nozières.Très grand et fort distingué, malgré une carrure qui dénotait une force peu commune, le comte offrait une tête fine, volontaire, casquée d\u2019une stricte chevelure d\u2019un brun sombre.Le visage hâlé, à l\u2019expression énergique et indomptable, autant donnée par la bouche au dessin ferme que par le menton creusé d\u2019une fosette, retenait immédiatement l\u2019attention.Mais ses yeux gris-vert, encadrés de longs cils noirs, étaient plus remarquables encore.Dans ces yeux-là, à part la douceur et la gaieté, il y avait de tout : du rêve, de l\u2019ironie, de la froideur, de la tristesse et beaucoup d\u2019intelligence.Pour le moment, ils décelaient un brin de moquerie, comme si M.de Nozières s\u2019était raillé lui-même.Après s\u2019être emparé d\u2019un siège qu\u2019il approcha de celui de la baronne, il dit à brûle-pourpoint : \u2014 Ma chère cousine, je veux me remarier, mais pour cela, il me faut votre aide.La vieille dame réprima un brusque haut-le-corps, mais elle ne put retenir cette exclamation : \u2014 Une troisième fois !.Oh ! mon cher Arnold, vous aurez du mal à y parvenir ! Sous cette apostrophe, le comte eut un frémissement des lèvres et ses yeux lancèrent des éclairs mais il riposta d\u2019un ton froid, trés calme en apparence : \u2014 Je pardonne votre étonnement, ma chère cousine, mais tout de même, vous êtes bien loin d\u2019être aimable ! \u2014 Mon enfant, fit remarquer la baronne d\u2019une voix très douce, je n\u2019ai pas voulu vous choquer, croyez-le bien, et je m\u2019exeuse de la vivacité de ma réponse.Pourtant.\u2014 Pourtant ?.\u2014 Pourtant, je n\u2019ai pu refréner un moment de surprise, bien légitime, avouez-le, soulevé par votre ténacité.Vos deux premiers mariages ont été si malheureux qu\u2019il ne faut pas m\u2019en garder rancune si je m'étonne devant votre désir de recommencer.Le comte se prit à rire amèrement.\u2014 II est certain, qu\u2019en la circonstance, c\u2019est faire preuve d\u2019un fameux courage ! \u2014 Oui, oui.Mais enfin, vous n\u2019avez que trente-six ans! mon cher Arnold, dit doucement Mme de Ribbes.15 \u201cIl ne put que serrer sur son cœur sa chère Geneviève et couvrir de baisers fous les bruns cheveux de sa femme.+ 16 \u2014 Et si vous saviez, combien, depuis quelques mois, j\u2019éprouve la sensation de ma solitude morale ! murmura le comte, d\u2019un air accablé.\u2014 Et vous pensez que le mariage va.\u2014 Je ne pense rien, je ne crois rien, je n\u2019espère rien! interrompit Arnold avec violence.Mais dans cette affaire \u2014 car mon mariage sera une affaire, rien de plus \u2014 je ne demande qu\u2019une chose : l'enfant ! Vous savez, chère amie, si j'ai aimé mon petit Richard ! ajouta-t-il d\u2019une voix basse, un peu tremblée.Au rappel de l\u2019enfant mort, la baronne et M.de Nozières restèrent un instant silencieux, sourdement émus, \u2014 La vie ne vous a pas été clémente, en effet, reprit Mme de Ribbes.Si encore elle vous avait épargné dans votre amour paternel ! \u2014 Oh ! alors, je ne parlerais pas de convoler en troisièmes noces ! jeta le comte avec amertume.Si vous saviez, ma cousine, comme je méprise les femmes ! Elles sont toutes plus ou moins des poupées sans cervelles, futiles à l\u2019excès, frivoles et coquettes.EHes ramènent tout à leur petite personne, dans un égoïsme raffiné.\u2014 Ah! non, Arnold ! assez, je vous en prie, sur l\u2019égoïsme féminin; que dire alors, de celui des hommes ! \u2014 Rien de plus, je pense! dit M.de Nozières avec raillerie.\u2014 Mon pauvre enfant, reprit la baronne, je vous l\u2019ai déjà dit bien des fois, il ne faut pas juger toutes les femmes par celles que vons avez épousées.Il en est de très bonnes, de très douces et de fort dévouées; mais, voilà, peut-être n\u2019en sauriez-vous pas apprécier toute la valeur! \u2014 Je vous en prie, chère cousine, laissons ces idées générales pour revenir à la question qui nous occupe.Voulez-vous m\u2019accorder voire aide ?\u2014 Je ne demande pas mieux, mais en l\u2019occurence, je crains bien ne pas réussir.\u2014 Oui.oui.je produis en quelque sorte l\u2019effet d\u2019épouvantail! Je porte malheur à toutes les pauvres comtesses de Nozières! Tl vous faudra sans doute chercher très loin la créature assez courageuse pour envisager une telle union, dit-il dans une ironie mordante.\u2014 Arnold, ne raillez pas et parlons sérieusement.D'abord, avez-vous fait part de vos intentions à Gertrude ?\u2014 Ma sœur ! pas le moins du monde! Elle les connaîtra toujours assez tôt.Vous savez combien, à toutes les fois, elle s\u2019est montrée hostile ?\u2014 Oui, C\u2019est assez curieux, cette jalousie.Si encore, lorsque vous n\u2019étes pas en puissance de femme, vous restiez près d\u2019elle ! Mais soit en voyage, soit à Com- be-Nègre, votre hôtel de la place d\u2019Armes a rarement l\u2019honneur de vous abriter.\u2014 Gertrude est une déshéritée de la vie, il ne faut pas l\u2019oublier, ma cousine.Son infirmité, son célibat, tout contribue à la rendre maussade.« Mais, revenons à mon mariage possible.Vous ne voyez aucune jeune personne, dans toutes vos relations, susceptible de devenir comtesse de Nozières ?\u2014 Je cherche.Vous me prenez tellement à l\u2019improviste, mon cher enfant.Jy réfléchirai tête reposée.\u2014 C\u2019est vrai, je vous harcèle, excusez- moi, chère amie, répondit le comte en baisant humblement la main de la vieille dame.\u2014 Et puis, Arnold, expliquez-moi un peu ce que vous comptiez faire, une fois marié ?Vous ne serez pas toujours à l\u2019étranger, je suppose ! \u2014 Non.Je veux surtout vivre à Com- be-Nègre, dans le calme que j'aime pour travailler intellectuellement.Il ne faudra donc pas que cette personne redoute la solitude, comme Mlle de Grandmaison qui, au début d\u2019un an de mariage, délaissa son mari et château pour retourner dans sa famille! lança le comte avec une âpreté très.vive.\u2014 Convenons, aussi, que votre manoir de Combe-Nègre est une retraite fort peu engageante, riposta Mme de Ribbes.Pour ma part, je ne saurais y vivre, \u2014 Pardon, Baronne, vous vous écartez du sujet, je crois, fit remarquer froidement M.de Nozières.\u2014Je disais donc, continua-t-il, que cette personne ne devra point redouter la Publié en vertu d\u2019un traité avec La Société des Gens de Lettres.solitude.De plus, je l\u2019aimerais pleine de bon sens, afin qu\u2019elle comprit parfaitement son rôle dans ce mariage de raison.Dès lors, point de coquetterie inutile, ni de sentimentalité ridicule.Nous serons deux associés dans la vie, ni plus, ni moins.\u2014 Ciel ! quel programme! s\u2019exclama Mme de Ribbes effarée.Vous rendezvous compte, Arnold, de l\u2019effet qu\u2019il peut produire sur une jeune fille désireuse, avant tout, de trouver le bonheur.\u2014-Mais qui l\u2019empêchera de l\u2019avoir, ce bonheur ! Tout dépend de l\u2019idée qu\u2019on s\u2019en fait ! \u2014 Hum! Un mariage sans même de l\u2019amour.\u2014 Pour ce que cela m\u2019a servi, à moi, d\u2019y mettre l\u2019amour ! s\u2019écria le comte dans un rire saréastique.« Rappelez-vous ma première union avec Suzanne dont j'étais littéralement toqué ! Trois mois de «lune de miel » l\u2019ombre A cette riposte, le comte, qui avait parlé tout en se promenant à travers la pièce, s\u2019arrêta net.Son teint semblait avoir pâli sous le hâle et une nuance d'inquiétude avivait l\u2019habituelle froideur de son visage.\u2014-Chère amie, vou: vous moquez de moi, et vous avez raison.Au fond, je comprends bien que je ne suis pas mariable.Il me faudra donc rester avec ma misère morale et ma sombre solitude ! \u2014 Qui vous parle de cela, Arnold! s\u2019écria la bonne dame, toute remuée par la réplique désabusée de son jeune cousin.Ne vous découragez pas aussi vite; je vais me mettre dès demain en campagne, je vous le promets.\u2014 Merci.Votre cœur est pitoyable et je n\u2019attendais pas moins de vous, dit M.de Nozières en baisant dévotement la main de la baronne.\u2014 Mais.reprit le comte au bout d\u2019un certain temps pendant lequel il rê- PASTEL * (Gracieuse offrande à ma femme) J'aime ce calme frais qu\u2019on ressent sur les routes Quand on voit qu\u2019agonise à l\u2019automne l\u2019été : La nature, on dirait, belle encore sans doute, Semble se recueillir avant de succomber.Dans l\u2019enclos monotone, au loin, la vache broute; Cependant qu\u2019à l\u2019école un groupe d\u2019écoliers Fait entendre des voix aux sons clairs que j'écoute ° Avec un cœur d\u2019aïeul où songe mon passé.Comme des ostensoirs aux superbes dorures, De heaux grands tournesols font moqueuse figure Aux fleurs qui tendrement échangent des baisers.Paime aussi la villa près du lac argenté, Dans su noble posture avec ses portes closes Et ces arbres autour qui s\u2019effeuillent moroses\u2026 Rosario VENNE.Extrait d\u2019un œuvre en préparation : « La poésie des heures ».et trois ans d\u2019enfer ! Ai-je été assez malheureux, jaloux, déçu, trompé ! « Et pourtant, elle, Suzanne, n\u2019avait pas à me reprocher ma solitude de Combe- Nègre, puisque nous n\u2019avons véeu qu\u2019à Paris et sur les plages à la mode ! Non, non, ne me parlez pas d'amour ! Pour mon compte, j'en suis irrémédiablement guéri ! « Cette fois, si jamais j\u2019épouse, ce ne sera que dans le but de posséder un enfant qui perpétuera et mon nom et ma vie; pour sentir sur mes vieux jours une affection filiale et un dévouement a toute épreuve.Dans ces conditions, il vous suffira de me trouver une jeune fille sérieuse et de bonne famille.Je ne lui demande ni d\u2019être riche, ni d\u2019être jolie; mais surtout, qu\u2019elle ne soit point romanesque ! \u2014 Si elle vous accepte, cette jeune fille, convenez mon cher Arnold, qu\u2019elle ne le sera guère ! décocha Mme de Rib- bes, un peu narquoise.Vous n\u2019aurez donc pas à vous inquiéter sur ce point.va, qu\u2019est done devenue Geneviève Lan- glard ?\u2014 Auriez-vous l'audace de penser à elle ?\u2014 Pourquoi non ! \u2014 Pauvre petite, elle mérite mieux je vous assure.\u2014 Bien, bien, n\u2019insistez plus! jeta froidement M.de Nozières.Le souvenir de cette jeune fille est venu soudain me traverser l\u2019esprit, mais de là à esquisser des projets! Au reste, Mlle Langlard ne m\u2019accepterait sans doute pas.-\u2014Je le crois sans peine, mon ami.\u2014 Et son père ?Il est toujours de ce monde ?\u2014 Le général ?Je pense bien ! Il possède un corps de fer.À soixante-dix ans, il en paraît à peine soixante ! \u2014 Et Geneviève Langlard n\u2019est toujours pas mariée ?\u2014 Non toujours demoiselle.\u2014 C\u2019est assez curieux.Car, si j'ai bonne mémoire, il me semble qu\u2019elle était assez gentille ! > LA REVUE POPULAIRE -\u2014 Assez ?.Vous êtees modeste ! « Mais, fit observer Mme de Ribbes avec un malicieux sourire, cela prouve sans doute que Geneviève possède encore quelques illusions.Au reste, cette jeune fille est une nature d\u2019élite; et, comme elle est sincérement chrétienne, elle ne voudrait pas, bien siir, épouser un mécréant.« Vous voyez donc, mon cher Arnold, qu\u2019il serait bien inutile de songer à elle.\u2014 Pas tant que cela, chère amie.Ay contraire, Mlle Langlard offrirait bien toutes les garanties morales que je désire.\u2014 Pardon, mon cher cousin.Mais, vous apercevez-vous, qu\u2019en la circonstance, vous voulez tout recevoir et ne rien donner ! Ce n\u2019est pas juste, cela ! \u2014 Que me reste-t-il à donner, grand Dieu ! \u2018s\u2019écria M.de Nozières dans un profond accent d'amertume.« Mais, n\u2019insistons plus, chère cousine, et puisque vous connaissez maintenant mes conditions, tâchez d\u2019arranger un mariage avec cela.\u2014 Fiez-vous à moi, Arnold.Je vais réfléchir à votre affaire et dans une huitaine au plus, je vous rendrai compte de mes premiers résultats.« Vous retournez à Combe-Nègre ?\u2014 Oui, dès demain, et je m\u2019y tiendrai à votre disposition, chère amie, ajouta le comte en s\u2019inclinant respectueusement.Chaitre II \u2014 Je vous en prie, madame Carol, ne vous tourmentez plus ainsi au sujet de votre petite, dit Geneviève Langlard, tout en rhabillant une fillette de cinq ans, malingre et pâlote.N\u2019oubliez pas que vous avez un autre bébé qu\u2019il vous faut nourrir et, par conséquent, ménager votre santé.\u2014 Alors, mademoiselle, c\u2019est donc bien sûr que ma petite Madeleine va beaucoup mieux ?\u2014 Parfaitement.Au reste, le docteur vous le confirmera et vous le lui demanderez.\u2014 C\u2019est que je n\u2019ose pas.Il m\u2019intimide.\u2014 En voilà une idée ! s\u2019exclama la jeune fille dans un petit rire discret.Le docteur Ferval n\u2019est pougtant pas intimidant ! i « Mais, je vous le répète, continua-t- elle, ne gardez plus d\u2019inquiétude.D\u2019ailleurs, les beaux jours termineront la guérison de cette enfant, acheva Mlle Lan- glard en déposant un baiser sur la joue pâle de la fillette, ravie d\u2019un tel honneur.Au dispensaire des Dames de la Croix- Rouge, Geneviève Langlard, infirmière bénévole, était franhement aimée.Sa douceur, son amabilité, son intelligence même la rendaient précieuse à tous les braves gens qui venaient gratuitement en consultation.Les enfants surtout en raffolaient, et c\u2019était toujours à Geneviève qu\u2019incombait la- tâche de faire tenir bien sagement tout ce petit monde, soit à l\u2019auscultation, soit à la radiographie.Son blanc visage aux grands yeux noirs lumineux et tendres plaisait sans doute à ces petits êtres conduits par l\u2019instinet.Inconsciemment, ils devinaient qu\u2019une grande bonté, doublée de charité, guidait la jolie demoiselle « aux beaux cheveux bouclés ».Après le départ de la dernière consultante, Geneviève passa dans un vaste lavabo étincelant de blancheur et de netteté.Là, elle se brossa les mains avec soin, quitta sa blouse d\u2019infirmière, secoua son abondante chevelure aux reflets dorés, puis elle allait s\u2019emparer de son chapeau lorsque la porte s\u2019ouvrit vivement et le docteur Ferval entra.\u2014 Vous partez déjà, Geneviève ?\u2014 Auriez-vous besoin de moi, Gabriel ?\u2014 Non, non, je venais seulement vous demander de bien vouloir profiter de ma voiture pour vous rendre chez vous.\u2014 Vous êtes bien gentil.mais.il fait si beau que j\u2019éprouve plutôt l\u2019envie de rentrer à pied.\u2014 A votre aise.J\u2019aurais eu pourtant un réel plaisir à parler avec vous, Geneviève, tandis que maintenant, je vais m\u2019en aller tout seul.La jeune fille éclata de rire.\u2014 Ne faites donc pas le fat, mon ami.\u2014 Tout de même, vous, si compatissante avec les malades et les malheureux, vous devriez bien l\u2019être un peu avec moi.votre cousin.\u2014 Gabriel, vous n\u2019êtes ni malade, ni malheureux, donc. Octobre 1935 .Donc, je ne dois attendre aucune de vos charités ! Merci bien ! Alors, je ne vois pas du tout à quoi sert l\u2019amitié, si je ne n\u2019ai plus le droit de vous parler, de me confier à vous.\u2014 Vous avez à me confier quelque chose ?interrogea-t-elle avec un mouvement délicieux des paupières qui, en se soulevant, découvraient les larges prunelles sombres.\u2014 Non, rien que vous ne sachiez déjà.Mais en qualité de parent et d\u2019ami, je désirais vous poser une question à laquelle je ne cesse de penser, depuis hier.\u2014 Une question ?\u2014 Qui.Pourquoi M.Darmonville ?\u2014 Mais, parce qu\u2019il ne me plait pas, voilà tout ! \u2014 Quel enfantillage ! Si vous continuez ainsi, ma chère Geneviève, vous finirez par devenir une vieille fille ! \u2014 Mais j'y suis déjà! fit-elle remarquer en riant doucement.\u2014 Ah ! non ! Geneviève ! Je vous en prie, ne dites donc pas de telles absurdités.Qui donc oserait vous taxer de vieille fille! s\u2019écria avec feu le docteur Ferval.* E: de fait, Mlle Langlard, trop jeune d\u2019ailleurs pour se qualifier de vieille fille, était, cependant, encore bien loin de paraître ses vingt-huit ans.De corps menu et souple, Geneviève offrait une allure juvénile incontestable.Avec ses magnifiques cheveux châtains courts et bouclés, son visage merveilleusement frais d\u2019un blanc mat, ses larges yeux étonnamment expressifs, ses dents éblouissantes que révélait le sourire des lèvres saines et exquises de contours, Mlle Langlard se montrait à lu fois bien moderne et bien jeune fille.D\u2019an coup d\u2019œil admiratif, le docteur l\u2019envéloppait toute, puis il reprit d\u2019une voix un peu basse : Mais qu\u2019attendez-vous donc pour vous marier, Geneviève ?Le merle blanc ?\u2014 Je vous en prie, Gabriel, ne raillez pas ainsi, vous qui savez combien je suis raisonnable.\u2014 Trop, peut-être.Que de partis n\u2019avez-vous pas déjà refusés, depuis l\u2019âge de vingt ans ! Et en exprimant cette réflexion, Gabriel Ferval pensait à lui-même qui, tout comme les autres, avait été éconduit quelque quatre ans plus tôt.Comme prétexte, Mlle Langlard, qui était à la fois son amie d\u2019enfance et sa petite cousine, lui avait avoué qu\u2019elle le connaissait trop, que jamais son affection tranquille ne saurait se changer en un sentiment plus tendre.« D'ailleurs, avait-elle ajouté, je n'approuve pas les unions entre cousins, méme issus de germains, comme nous le sommes!» Il n\u2019avait pu lui en tenir rigueur, car il l\u2019aimait 1rop foncièrement, trop amicalement aussi.Jamais il ne lui avait reparlé de son amour, mais tout au fond de lui-même il conservait une lueur d\u2019espoir: qui sait, si sa cousine ne changerait pas d\u2019idée un jour ! Tout en se coiffant d\u2019un petit chapeau rose et noir qui lui allait à ravir, Geneviève reprit : \u2014 Si je n\u2019ai pas épousé M.Darmon- ville, c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019il m\u2019est trop indifférent.\u2014 Tout dernièrement, vous admettiez les mariages de raison.\u2014 Parfaitement et je les admets encore.Toutefois, il faut, au moins, que le prétendant présente de sérieuses qualités intellectuelles et morales très saillantes.\u2014 Un génie, quoi ! railla le docteur.\u2014 Sans être un génie, il pourrait être une originalité! tandis que M.Darmon- ville ! Ici, Geneviève esquissa une petite moue dédaigneuse qui lui allait fort bien, puis elle continua : \u2014 Qu'est-il, ce M.Dramonville ?Un industriel sans importanee, qui n\u2019a rien fait pour le devenir, puisqu\u2019il n\u2019a eu que la peine de remplacer son père auquel revient tout le mérite de l\u2019usine ! De plus, il n\u2019a aucun défaut, paraît-il et, tous les jours, régulièrement, entre cinq et six, il quitte le Faubourg Sainte-Christine, prend la rue des Tuiles, \u2014 jamais une autre \u2014 pour monter à la ville faire sa partie de billard.Non, vrai, Gabriel, me voyez-vous la femme d\u2019un tel homme ?\u2014 Oh ! croyez bien, Geneviève, que je ne tiens pas du tout à vous y voir! s\u2019écria le docteur.Au reste, vous n\u2019êtes pas sans avez-vous refusé l\u2019ignorer, ajouta-t-il plus bas et en aidant la jeune fille à passer sa jaquette.Dans ce costume tailleur de couleur sombre, avec sa blouse d\u2019un rose tendre, qu\u2019on apercevait entre les revers du vêtement, Geneviève était plus fine encore et d\u2019une réelle et sobre distinction.\u2014 Alors, tout est bien dans le domaine des dieux, lança-t-elle, un brin mutine.Et, d\u2019un pas allègre, elle se dirigea vers la porte.\u2014 Geneviève ! je vous en prie, ne partez pas ainsi, venez, que je vous remercie pour vos soins apportés à mes malades.Alors, doucement, le docteur s\u2019empara de la main gantée de sa cousine et, retroussant un peu le bord de la manche, il l\u2019embrassa au poignet où il apercevait un peu de chair rose.Une fois dehors, sous les ombrages reverdissant des Promenades, Geneviève pensa aux paroles de Gabriel Ferval.«Le cher garçon, se dit-elle, je crois qu\u2019il m'aime bien, mais c\u2019est curieux comme j\u2019éprouve peu le désir de m\u2019en faire un compagnon pour la vie! Ni lui, ni un autre, d\u2019ailleurs ! » Au fait, la jeune fille ne savait trop ce qu\u2019elle attendait.Mais ce dont elle étail certaine, c\u2019est que l\u2019homme ordinaire, sans aucun relief, ne l\u2019intéressait pas.Le docteur Ferval, pourtant, n\u2019était pas sans qualités intellectuelles, mais à ses yeux, il offrait le défaut d\u2019être son cousin et son ami d\u2019enfance.Geneviève en était là de ses réflexions lorsque Mme de Ribbes, qui traversait les Promenades, vint à elle et dit en lui touchant le bras : \u2014 Eh bien, chère petite, on est dans les nuages ! \u2014 Oh! pardon.chère marraine ! s\u2019écria Mlle Langlard qui avait sursauté, je révais.alors! \u2014 Oui, oui.c\u2019est bien ce que j'ai remarqué! dit la baronne souriante.Mais d\u2019où venez-vous ainsi ?ajouta-t-elle.\u2014 Du dispensaire.C\u2019était jour de consultation, aujourd\u2019hui.\u2014 Toujours dévouée.\u2014 11 faut bien se rendre utile ! Quelle vie insipide je mènerais si je n\u2019avais pas quelques occupations de ce genre ! \u2014 Evidemment .marmonna la baronne devenue soudain réveuse.En silence, elles reprirent leur marche, dans l\u2019allée demi-ensoleillée, puis, Mme de Ribbes questionna avec une certaine vivacité : \u2014 Que faites-vous, maintenant, Geneviève ?Vous rentrez ?\u2014 J\u2019allais droit devant moi, il fait si beau.\u2014 Alors, vous pouvez disposer de quelques instants ?\u2014 Certainement, marraine.\u2014 Il ne vous déplairait pas trop de m\u2019accompagner jusqu'à ma demeure ?Et comme nous voilà presque arrivées, vous devriez bien rentrer un peu.J'ai un travail de broderie à vous montrer, que je destine à notre autel de la Vierge.\u2014 J'en éprouverai certainement beaucoup de plaisir, chère marraine, répondit la jeune fille.La baronne, elle, qui était toujours sous l\u2019impression de la visite d\u2019Arnold, venait d\u2019être saisie par une idée soudaine.Pourquoi ne tenterait-elle pas une démarche près de sa filleule ?Maintenant, que le premier moment de surprise était passé, la bonne dame se sentait prête à se dévouer pour le comte, à lui rendre le service qu\u2019il était venu lui demander! Qui sait, pensait-elle, si, sous l'influence de cette jeune fille aussi bonne qu\u2019intelligente, Arnold ne deviendrait pas meilleur et s\u2019il n\u2019oublierait pas tous ses déboires et toutes ses souffrances ! Cerles, la baronne ne se serait pas rendue chez sa filleule pour lui transmettre la pensée de son cousin, mais puisque la Providence avait voulu qu\u2019elle la rencontrât, eh bien, elle lui avouerait tout ! Aussi, dès que Geneviève fut installée dans le petit salon où, la veille, la baronne avait reçu le comte, elle commença, ne se possédant plus : \u2014 Geneviève, vous souvenez-vous de mon petit cousin, Arnold de Nozières ?Surprise par cette interrogation inattendue, Mlle Langlard, d\u2019un mouvement très vif, souleva ses longues paupières mates pour découvrir un regard des plus étonnés.17 | ot elle 18 \\e savait pas: Supposons que VOUS faites cette épreuve avec un cure-dents ! Brossez les dents supérieures de haut en bas Brossez les dents inférieures de bas en haut Le nettoyage de vos dents suivant la méthode Colgate enlève la cause la plus commune de la mauvaise haleine RENEZ un cure-dents ou un fil à dents inodore et nettoyez entre vos dents.Ÿ trouvez-vous des dépôts d'aliments?\u201d Sentez.Y a-t-il une mauvaise odeur?Ces dépôts\u2014cette odeur, signifient que vos dents ne sont pas nettoyées comme il faut, et c'est la la principale cause de la mauvaise haleine et de la carie des dents, à ce que disent les dentistes.Le nettoyage de vos dents suivant la méthode Colgate, avec de la Crème à Dents Colgate, élimine cette condition.La mousse pénétrante de Colgate va dans toutes les petites crevasses, entre les dents et même où la brosse à dents ne peut atteindre.Elle dissout tout dépôt capable de causer des odeurs.entre les dents, elle les fait disparaître, laissant chaque partie de la bouche et toutes les dents parfaitement propres.Vous obtenez ces trois résultats Colgate Premièrement, vos dents sont parfaitement propres.Deuxièmement, l'in- .grédient de polissage du Colgate, le même que votre dentiste emploie, garde vos dents blanches et brillantes.Troisièmement, la délicieuse saveur de menthe du Colgate laisse votre bouche fraîche et votre haleine parfumée.VOTRE ARGENT REMIS EN DOUBLE Employez un tube de Colgate.Aprés cela, si vos dents ne sont pas plus nettes, plus brillantes qu\u2019auparavant, retournez le tube vide à Colgate-Palm- olive-Peet Co, Limited, Toronto, Ont.Nous vous rembourserons deux fois son prix.c Nettoyez vos dents suivant la méthode Colgate Matin et soir, brossez-vous parfaitement les dents avec de la Crème à Dents Colgate.Brossez les dents supérieures de haut en bas, les dents inférieures de bas en haut.Rincez- vous la bouche.Mettez ensuite un peu de Colgate sur votre langue et prenez une autre gorgée d'eau.Remuez cette eau dans votre bouche! Faites passer l'eau entre vos dents.Rincez- vous de nouveau à l'eau claire.C'est tout.A ceux qui la préfèrent, la Poudre à Dents Colgate donnera les mêmes résultats.Grande boîte 20c.) Grand Tube régulier C FORMAT DOUBLE DE FAMILLE 35¢ 18 \u2014 Quelle question, marraine ! Serait- il possible à Saint-Flour d\u2019oublier M.de Nozieres ! \u2014 Je ne le pense pas, en effet.Par toutes ses mésanventures, le pauvre enfant, est devenu presque célèbre ! Il peut l\u2019être aussi par ses ouvrages, fit observer la jeune fille.\u2014 Comment, vous êtes au courant de ce qu\u2019il écrit ! s\u2019exclama la baronne.Ses livres vous intéressent donc ?\u2014 Ils vous intéresseraient également, chére marraine, si vous vouliez prendre la peine de les parcourir.Ils ne sont pas aussi arides que vous vous l\u2019imaginez.L'histoire de votre Catal, pour n\u2019en citer qu\u2019un, vous plairait, assurément.C\u2019est plus une œuvre d\u2019art qu\u2019un ouvrage purement scientifique et historique.Le côté instructif y est noyé dans la poésie.\u2014 Dommage qu\u2019Arnold ne soit pas là pour vous entendre ! Je crois sincèrement que cela lui ferait plaisir, \u2014 Je ne sais.mais, il me semble que, s\u2019il était ici, je ne lui cacherais pas mes impressions.\u2014 Eh bien, j'ai eu hier sa visite ! \u2014 Tiens, je le croyais à l\u2019étranger\u2026 dit Mlle Langlard pensive.\u2014 Ses études au pays des Druses sont sans doute terminées, puisque, depuis plus d\u2019un mois déjà, il est rentré en France.\u2014 Pas à Saint-Flour, j'en aurais entendu parler ! \u2014 Non, pas à Saint-Flour.Mais, il y est revenu hier et si vous pouviez savoir pourquoi ! \u2014 Comment pourrais-je deviner ?\u2014 Evidemment; aussi vais-je vous le dire, moi: Arnold est venue me supplier de lui trouver une femme.\u2014 Ah! par exemple! s\u2019exclama Mlle Langlard profondément stupéfaite.\u2014 Oui.il veut de nouveau se remarier.\u2014 Comment peut-il encore s\u2019en sentir le courage! murmura Geneviève.\u2014 C\u2019est ce que je lui ai fait remarquer immédiatement.Mais ensuite, Arnold m\u2019a expliqué.et.mon Dieu ! jai fini par comprendre.«Si le Ciel lui avait laissé son fils, ce petit Richard qu\u2019il a tant aimé, certainement, il ne songerait plus au mariage.Mais, il est seul, et il croit, avec juste raison, que le comte de Nozières ne peut se passer de descendants.En fin de compte, malgré tout sen amour-propre, il n\u2019a pu s'empêcher de m\u2019avouer que sa solitude morale était immense.\u2014 Oui.c\u2019est très bien tout cela, mais pour se remarier.\u2014 Il faut être deux, c\u2019est entendu.La baronne n\u2019acheva pas, toute pensive, mais surtout fort en peine sur la manière de formuler sa requête.Alors, il se fit un profond silence dans l\u2019étroit salon qui sentait le printemps, grâce aux centaines de petites cassolettes bleues des jacinthes sauvages qui continuaient à lancer dans l\u2019air attiédi des senteurs exquises et grisantes.Ce fut Geneviève qui, inconsciemment, vint au secours de Mme de Ribbes.\u2014 Et alors.il vous a chargé de lui trouver une épouse ?\u2014 Oui et non.Clest-a-dire.il m\u2019a nommé une personne déjà choisie par lui et il m\u2019a prié d\u2019intercéder, si je n\u2019y voyais aucun empêchement.« Vous ne devinez pas, Geneviève ?\u2014 Comment pourrais-je deviner ! Elle est de Saint-Flour, cette personne ?\u2014 Oui, mon enfant, et, moi, je l'aime beaucoup.Un léger tremblement agita la jeune fille et son cœur éperdu se mit à battre avec violence.Ses yeux, au regard un peu effrayé, se posèrent sur Mme de Ribbes, tandis qu\u2019elle balbutiait ! \u2014 Mon Dieu ! s\u2019agirait-il de moi ?\u2014 Oui, Geneviève, de vous-même, dit la baronne, en pressant dans les siennes les mains de sa filleule.\u2014 Et vous lui avez promis votre aide! s\u2019écria Geneviève dans un accent de reproche.\u2014 Pour être franche, je dois vous avouer, mon enfant, que je l\u2019ai dissuadé de penser à vous.J'avais également décide de ne vous parler de rien, et si je ne vous avais pas rencontrée tout à Pheure sur la Promenade, je vous aurais laissée dans l'ignorance de ces faits.Mais dès l\u2019instant que vous m\u2019êtes apparue, j'ai éprouvé le besoin de vous confier l\u2019idée d\u2019Arnold et, depuis que nous sommes ici, dans ce même salon où je l\u2019ai reçu hier, je me sens toute prête à plaider sa cause.Encore un long silence.Très pâle, Mlle Langlard réfléchissait, puis enfin d\u2019une voix assourdie! \u2014 Marraine.murmurat-elle, avouez donc avec moi que ce serait une folie d\u2019accepter.\u2014 Peut-être .je ne sais.Arnold est plus malheureux que méchant.\u2014 Ce n\u2019est pas ce que l\u2019on dit.\u2014 Faites la part de la médisance, ma petite enfant.Songez aux caractères de ses deux premières épouses, qui frivoles, puériles et aussi insignifiantes l\u2019une que l\u2019autre, étaient bien dans l\u2019impossibilité de comprendre une personnalité comme celle de M.de Nozières ! \u2014 Mais il ne m'aime pas! plaintivement la jeune fille.Elle n\u2019ajouta pas: et je ne l\u2019aime pas!! Mais Mme de Ribbes, tout à son plaidoyer, ne remarqua point cette nuance et elle reprit : \u2014 Geneviève, ma chère petite, je vous crois capable de comprendre honnêtement un mariage de raison, surtout du genre de celui-ci.En épousant Arnold, je suis à peu près certaine que vous sauverez une âme ! Je vous sais bonne, compatissante à ceux qui souffrent et Arnold est malheureux.* «Son cas très particulier m\u2019inquidte.Si vous n\u2019acceptez pas, Geneviève, quelle autre jeune fille trouvera-t-il, digne de devenir la mère de ses enfants ?La baronne s\u2019arrêta sur ces derniers mots, ne voulant pas s\u2019expliquer davantage pour laisser ainsi toute latitude au rêve et aux illusions.Si elle avait avoué à sa filleule que M.de Nozières haïssait toutes les femmes, sans exception, qu\u2019il ne désirait même pas, dans ce mariage, un simple échange de sympathies, il eût êté fort probable que Geneviève aurait nettement refusé.Le coude sur ses genoux, la tête appuyée sur sa main qu\u2019elle tenait au- dessus de ses yeux, la jeune fille, remuée jusqu\u2019à l'angoisse par les dernières paroles de Mme de Ribbes, ne pouvait articuler un mot.Au reste, qu\u2019aurait-elle dit?En son esprit et dans son cœur, se pressaient des pensées et des sentiments si divers qu\u2019il lui fallait se reprendre pour voir clair en elles\u2019écria Cependant, elle finit par lever les yeux sur la baronne et elle dit avec beaucoup de gravité : \u2014 Chère marraine, vous comprenez bien, n\u2019est-ce pas, qu\u2019il m\u2019est impossible de vous répondre en ce moment ?\u2014 Vous voulez sans doute vous renseigner encore sur tout le passé d\u2019Arnold ?Mais à Saint-Flour, le pauvre enfant est si fortement calomnié ! Je me demande si, ensuite, vous ne serez pas encore plus embarrassée ! \u2014 Je le connais, son passé, \u2014 autant qu\u2019on peut le savoir par les bavardages.Je n\u2019ignore pas que M.de Nozières n\u2019a pas été tendre avec ses deux épouses.Je sais aussi que la malignité publique est allée jusqu\u2019à l\u2019accuser d\u2019un crime après l\u2019accident de la première comtesse.La baronne esquissa un geste de dénégation que Geneviève réprima aussitôt, en reprenant très vite : \u2014 Mais je n\u2019y ai jamais ajouté foi.Jadis, dans ma prime jeunesse, j'ai beaucoup connu le comte, rappelez-vous, marraine.Je l\u2019ai rencontré souvent chez vous et le souvenir que j'en ai gardé m°a toujours rendue circonspecte en face de toutes ces médisances.« De plus, je songe bien que si vous me proposez Arnold, c\u2019est que vous, son amie, vous le jugez meilleur que ne loffrent les apparences.Donc, chère marraine, demain, quelle qu\u2019elle soit, vous aurez ma réponse.\u2014 Merci, chère enfant, répondit chaudement Mme de Ribbes.Dites-vous qu\u2019entre vos petites mains si délicates, vous lenez tout l\u2019avenir de mon pauvre cousin.« À bientôt, et que Dieu vous inspire!» Chapitre III Journal de Geneviève 10 avril.Ce que je viens d\u2019apprendre est inouï, incroyable et bouleversant pour moi.Aussi, me faut-il recourir à mon Cahier mauve, mon cher confident, pour mettre un peu d\u2019ordre dans mes pensées et définir plus clairement les impressions qui m\u2019agitent.YicTor Hueco Le cinquantenaire de la mort du grand poète, célébré cette année, suscite en France de violentes polémiques autour de son nom.LA REVUE POPULAIRE Mon Dieu.ce que jéprouve ?Eh bien ! après la surprise du premier moment, c\u2019est, avouons-le, une sensation de contentement très doux, comme si ce que marraine vient de me confier devait fatalement arriver.Jamais, pourtant, au cours de mon existence, je n\u2019ai songé sérieusement à devenir la femme du comte de Nozières.Malgré le sentiment très tendre que je lui ai voué autrefois, au temps de ma toute jeunesse, mon esprit n\u2019aurait osé s\u2019arrêter sur cette possibilité.Plus tard.lorsqu'il fut marié, puis devenu vceuf, cette pensée ne l\u2019effleure même pas.Alors, pourquoi soudain, depuis que marraine a parlé, cette satisfaction intérieure, si surprenante ?Mon cœur, à son insu, gardait-il donc pour Arnold le meilleur de lui-même ?Mon manque d\u2019enthousiasme pour tous ces prétendants qui m\u2019ont été successivement offerts depuis bientôt dix années, venait donc de ce que inconsciemment, mes pensées sentimentales étaient toutes pour lui ?A dire vrai, depuis fort longtemps, je ne cesse de m\u2019occuper de M.de Noziéres.Ma curiosité a toujours été fortement excitée par tout le mal que j\u2019entendais dire de lui.Il m\u2019a toujours semblé difficile qu\u2019un homme fût décrié avec une pareille ardeur, sans qu\u2019il y eût beaucoup d\u2019injustice ou d\u2019exagération.Je me suis donc habituée peu à peu à le considérer comme une sorte de victime et j'ai sans cesse pensé qu\u2019il valait mieux que sa réputation.J'avoue que le mérite n\u2019est pas grand, car sa réputation est exécrable ! Pauvre Arnold! On le dit violent, sarcastique, brutal, sans cœur.N°a-t-on pas été jusqu\u2019à l\u2019accuser d\u2019avoir aidé la comtesse, sa femme, à tomber dans un ravin ou elle a trouvé la mort ?À cette époque, il faut l\u2019avouer, le jeune ménage allait fort mal; cette mésentente était alors connue de tous, et.une dispute venait justement d\u2019avoir lieu, lorsque l'accident est survenu.Il ne s\u2019est guère mieux accordé avec sa seconde épouse.Celle-ci, qu\u2019il ramena d\u2019autorité à Combe-Nègre, après une fugue chez ses parents, mourut, encore, aux dires de l'opinion générale, de chagrin, et d\u2019ennui, séquestrée au fond du vieux manoir.Mais, moi, qui ai connu Arnold jeune homme autoritaire sans doute, mais si intelligent, si aimable, si délicat, je me suis toujours refusée à croire qu\u2019il fût devenu une telle brute.Qu\u2019avec les épreuves successives, son caractère, son cœur, son âme se soient désavantageusement transformés, c\u2019est bien possible, mais qui sait si, sous une bonne influence, ce grand coupable ne deviendrait pas meilleur ?Voilà ce cue je ne cesse de penser depuis que marraine m\u2019a parlé, mais si ma sentimentalité me dicte ce jugement plein d\u2019indulgence, ma raison clame qu\u2019il n\u2019est pas de plus grand danger pour un esprit généreux, que ce désir de ramener au bien un être perverti.Cela conduit aux pires exagérations et favorise tous les excès.Répondre oui à marraine, c\u2019est-à-dire Arnold, ne serait-ce pas a vrai dire une absurdité, une extravagance ?Grand Dieu! que cette rivalité entre mon esprit et mon cœur est donc pénible ! Qui va l\u2019emporter des deux ?11 avril.Ma nuit s\u2019est écoulée d\u2019une façon lamentable! Mon esprit n\u2019a cessé de se débattre pour savoir laquelle triompherait de ma sage raison ou de ma folle sentimentalité ! Pauvre docteur Ferval ! si sincère, si bon, si simple, et l'avoir refusé, lui, pour accepter maintenant un comte de Nozières, deux fois veuf, autoritaire et violent.Vrai, c\u2019est de la démence ! Arnold, lui, ne m\u2019aime pas; il ne m\u2019aimera jamais, parce que trop désabusé et meurtri par la vie.Et, cependant, c\u2019est vers lui, je le sens bien, que tendent toutes les fibres de mon être et tout ce qu\u2019il y a de bon en moi.Dans le mariage, lorsqu\u2019il n\u2019y a pas réciprocité d\u2019amour, où se trouve donc notre part de bonheur ?Aimer ou être aimé ?Pour mon compte, puisque l\u2019occasion se présente, je préfère aimer.Ainsi, mon sacrifice sera moins dur, mon dévouement tout simple et, enfin, moi, Octobre 1935 tout au moins, je sentirai battre mon cœur.Mais que va dire père ?Que dira Gabriel ?Que va penser le monde ?Arncld ! Arnold! pourquoi vous êtes- vous souvenu de mon nom ?Si vous n\u2019aviez point parlé, je ne pensais pas à vous.Je vivais bien tranquille dans la paix de mon cœur endormi.Et voilà que vo- : tre timide allusion a réveillé en moi tous les souvenirs d\u2019antan, lorsque je n\u2019étais guère plus qu\u2019une adolescente.Dix années ont passé sur ce cœur de toute jeune fille et je constate avec consternation qu\u2019il est toujours vôtre.15 avril.Voilà quatre jours que j'ai envoyé ma réponse à marraine el, ce matin, je reçois un billet de cette dernière qui me prie de vouloir bien passer chez elle, entre quatre et cinq, afin de me présenter à Arnold: le comte vent s\u2019entretenir avec moi, avant de soumettre sa demande au général Langlard.Je n\u2019ai encore rien confié à père.À quoi bon ! Tous ces projets, après tout peuvent ne pas réussir.Et puis, mon pauvre papa manifeste bien trop d\u2019égois- me pour être capable de me conseiller ! Quant à Gabriel.Mon Dieu, j\u2019hésite vraiment à lui parler de cette demande en mariage.Son amitié amoureuse ne pourrait qu\u2019en être choquée et je devine d\u2019avance l\u2019assaut que j'aurai à subir.Il apprendra toujours assez vite ma si folle détermination.Maintenant que le moment de revoir M.de Nozières approche, je me sens toute tremblante et prête à perdre courage.Mais il ne faut tout de même pas qu\u2019il devine cette puissance de sentimentalité qui est en moi, car lui, assurément, n\u2019éprouve même pas l\u2019ombre d\u2019une émotion! Sans doute aussi, aurais-je dû, avant cette entrevue qui va être définitive, aller me confier à mon cher chanoine Mercier.Jusqu\u2019à ce jour, ses avis m\u2019ont toujours été salutaires, et, en toute circonstance, je les ai scrupuleusement observés.Mais.justement, cette fois, je me sens incapable de suivre ses conseils s\u2019ils sont contraires à mes idées.Je sais bien que si je lui parle d\u2019Arnold, il saura devenir éloquent pour me démontrer ma folie ! Dans ce mariage, oh ! je vois clairement tout ce que j'ai à perdre et le peu que j'ai à gagner, et cependant je cours à ma défaite, dominée par cette pensée qu\u2019en me montrant charitable envers M.de Nozières, j'accomplis une bonne action.: Est-ce vrai, mon Dieu ?Il est parfois si dangereux, et si décevant aussi, de faire du prosélytisme ! ooo Très bas, le comte s\u2019inclina sur la main de Mme de Ribbes qu\u2019il baisa avec beaucoup de respect, puis : \u2014 Je vous remercie, chère amie.Quelle habile diplomate vous êtes vraiment! Jamais je n\u2019aurais osé espérer un résultat aussi prompt.\u2014 Tout n\u2019est pas terminé, mon cher Arnold, peut-être ne convient-il pas de se réjouir trop vite.Mais, enfin, Geneviève a bien voulu envisager sérieusement ce mariage.Voilà, certes, un grand point d\u2019acquis ! Visiblement nerveux, malgré son attitude hautaime et froide, le comte se mit à marcher de long en large dans le petit salon tout fleuri, cette fois, de nombreuses touffes de muguets aux parfums pénétrants et doux.\u2014 Mon cher Arnold, reprit la baronne d\u2019un air narquois, vous me feriez infi- ment plaisir si vous consentiez à vous tenir tranquille.Votre promenade est en train de me donner la migraine.\u2014 Oh ! pardon ! chère amie ! s\u2019écria M.de Nozières consterné et en arrêtant brusquement sa marche fébrile.Vrai, je me comporte comme un manant! C\u2019est ridicule, et je ne me reconnais plus ! « Mais, aussi, ajouta-t-il en s\u2019asseyant tout près de Mme de Ribbes, je voudrais tant que cette affaire füt réglée ! Cela m\u2019enléve tout désir d'occupation intellectuelle; mon esprit est aux abois et je ne suis plus moi-même.J\u2019ai cependant un gros travail à fournir pour mettre sur pied le livre que j'ai conçu là- bas au pays des Druses.- \u2014 Sans doute.Arnold.Mais, fit observer la baronne, un brin malicieuse, il faudra bien que vous nous réserviez queiques parcelles de votre temps.Car, somme toute, Ce mariage ne saurait s\u2019accomplir sans vous.\u2014 Oui, malheureusement.\u2014 Quel drôle de prétendant vous êtes! \u2014 Peut-être.Mais c\u2019est ainsi que je suis, et Mlle Langlard fera bien de m'accepter tel quel ! Aussi, je crains bien, d\u2019après la promptitude de sa réponee, que vous ayez, Ô ma bonne cousine, embellit quelque peu la situation.Je suis à peu près certain que vous ne lui avez pas dit la dixième partie de ce que je vous ai confié.Et voilà bien pourquoi je désire tant ,aujourd\u2019hui, m'\u2019entretenir avec cette jeune fille ! \u2014 Si c\u2019est pour lui faire connaître tout ce que vous m\u2019avez expliqué l\u2019autre jour, vous feriez mieux de garder votre langue, mon cher Arnold ! \u2014 Ah! non, Baronne, je veux être loyal, moi ! Au moins, si je ne suis pas très tendre dans J\u2019avenir, ma femme n\u2019aura pas à me reprocher de l'avoir prise en traître.«Je veux qu\u2019elle sache à quoi elle s\u2019engage et, au demeurant, c\u2019est bien la seule façon, je crois, de gagner ma tranquillité future ! Mme de Ribbes allait riposter avec chaleur, mais elle en fut empéchée par un coup de sonnette qu\u2019elle reconnut pour être celui de Geneviève et, soudain agitée, elle se leva vivement pour recevoir sa filleule.Simplement vêtue d\u2019un irréprochable tailleur marine, un renard argenté autour de ses épaules, la jeune fille apparut au seuil du salon, puis, avec un sourire, elle se dirigea vers la baronne.Mais son cœur battait très vite, parce qu\u2019elle venait d\u2019apercevoir, un peu en retrait, un homme de haute stature, qui ne pouvait être que M.de Nozières.Dès qu\u2019elle eut embrassé sa filleule, Mme de Ribbes se tourna vers Arnold : \u2014 Mon cher cousin, lui dit-elle, je vous présente Geneviève Langlard, votre ancienne camarade de jeunesse que vous auriez bien reconnue, je pense ?\u2014 Ce n\u2019est pas très sûr, chère Baronne, répondit le comte tout en s\u2019inclinant profondément devant la jeune fille.Mademoiselle a infiniment changé et voilà bien cinq ans, je crois, que je n\u2019ai eu l'honneur de me retrouver en sa présence.\u2014 Peut-être.en effet.répondit Geneviève en tendant sa main à M.de Nozières.Sans empressement, Arnold la saisit, mais il la retint un instant dans la sienne, pendant que de ses yeux vifs, à l\u2019expression hautaine, il examinait la jeune fille.Alors, il parut à Geneviève que son regard chercheur et pénétrant devait scruter les recoins les plus cachés de son cœur, car à cette pensée, un grand trouble s\u2019empara d\u2019elle.Mais appelant à l\u2019aide toute sa volonté, elle dissimula avec soin ses sentiments trop vifs et cet émoi violent qui venait de l\u2019envahir.\u2014 Mademoiselle, dit le comte froidement, je pense que mon premier devoir est de vous remercier pour votre bonté, votre indulgence.Une légère rougeur aviva soudain le blanc visage de Geneviève.\u2014 Monsieur, répondit-elle, et sa voix était profondément calme, marraine m\u2019a longuement entretenu de vous, ces jours- ci, et je crois tout simplement avoir compris votre délicate situation.Cette riposte, prononcée avec un sangfroid imperturbable, surprit tellement le comte, qu\u2019il ne put réprimer un léger tressaillement.L\u2019indifférence volontaire de la jeune fille avait si habilement cinglé la sienne, qu\u2019il en était presque choqué.Maintenant, avec un intérêt plus vif, il se reprit à examiner Geneviève.Cela lui fut aisé, du reste, car Mme de Ribbes priait sa filleule d\u2019enlever sa jaquette et son chapeau, afin de leur servir le thé.Quelque chose dans la démarche de la jeune fille, dans l\u2019attitude fière de sa tête fine, le frappa aussitôt.Moulée dans sa jupe bleu foncé, qu\u2019elle portait avec une blouse de dentelle crème, Geneviève offrait une ligne très pure de la nuque aux talons.Le comte, qui \u201c ment vos pores.Rincez-vous ensuite et 19 TOUTE VOTRE PEAU PEUT ETRE FRAICHE ET JEUNE Suivez cette méthode de beauté Palmolive facile et gardez la beauté de tout votre corps.OURQUOI envier le beau teint d'autres femmes?Vous pouvez avoir la peau tout aussi jeune et agréable \u2014 un \u2018teint d'écolière\u2019.Et non seulement sur le visage et la gorge.mais sur tout votre corps.Plus de 20,000 spécialistes en beauté vous recommandent de \u2018 toujours donner à votre visage, à votre cou et à vos épaules leur traitement de beauté Palmolive quotidien.Essayez ce traitement de beauté Palmolive Servez-vous-en pour la figure, la gorge et les épaules, et dans le bain.Massez doucement votre peau avec une riche mousse chaude de Palmolive.Nettoyez parfaite- terminez par un peu d'eau froide.Cela paraît facile .n'est-ce pas?Il ny a rien de plus simple, bien qu'il n'y ait pas de plus sûr moyen d'obtenir la beauté de toute votre peau.I! mousse parfaitement ._ à l'eau dure ou douce Il aide votre peau de trois manières Fait d'un mélange secret d'huiles naturelles de beauté \u2014 les huiles de palme et d'olive \u2014 le Palmolive nettoie doucement les pores, adoucit et embellit la peau.lui donnant la fraîcheur et la santé d'une jeunesse radieuse.Alors, ne manquez pas de recourir à ce traitement de beauté pour le bain, aussi bien que pour la figure, la gorge et les épaules.Rappelez-vous que le Palmolive vous donnera un \u2018teint d'écolière\u201d partout.L'HEURE DE RADIO PALMOLIVE Le vendredi soir est soir d'opéra au théâtre de beauté Palmolive.Goûtez toute une heure de glorieuse mélodie avec des vedettes de la scène et du micro.Réseau N.B.C.d\u2019un océan à l'autre, tous les vendredis, de 9 à 10 p.m.H.N.E.MOREEAU 20 possédait un goût très vif pour la perfection des formes, en fut délicieusement charmé.Un instant, il arrêta ses regards sur les beaux cheveux aux chauds reflets de bronze florentin que la jeune fille portait en longues Dbouclettes souples qui recouvraient à demi la nuque mince et laiteuse.sur le doux rayonnement des prunelles veloutées.sur tout l\u2019ensemble si délicatement harmonieux.Et tout de suite, Arnold se reprocha cette contemplation qu\u2019il jugea trop admirative.A cette minute, il déplorait intensément que Mlle Langlard fût si jolie, car il eût désiré ne porter aucune admiration à la jeune fille qui pouvait devenir sa femme.Il se disait également que cette Geneviève si séduisante, avec ce quelque chose de fin et d\u2019onduleux qui soulignait la grâce de son jeune corps, était sans doute aussi perfide que ses sœurs.Comme les déceptions d'autrefois avaient introduit en lui le poison de la méfiance, dès cet instant le comte se défia de Geneviève.Irrité par tant de charme inattendu, soudainement M.de Nozières devint nerveux et, aussitôt, il souhaita que ce mariage, qu\u2019il avait pourtant convoité, ne puisse plus s\u2019accomplir.Dès lors, il chercha un moyen de déplaire à la jeune fille.Sous l\u2019effort de la réflexion, son visage se durcissait, ses yeux couleur de mer devenaient presque noirs et prenaient une expression glaciale et déconcertante.\u2014 Je crois que vous quittez rarement Saint-Flour, n\u2019est-ce pas, mademoiselle ?interrogea le comte d\u2019une voix brève.\u2014 En effet, monsieur, mon père n\u2019aime plus les déplacements.Quoique très alerte encore et d\u2019excellente santé, il ne se plaît que dans sa ville natale et dans la vallée du Lander.\u2014 Le général a-t-il déjà envisagé la séparation inévitable qui ne pourra manquer d\u2019avoir lieu, un jour, lorsque vous vous marierez, mademoiselle ?\u2014 Hum ! dit Geneviève souriante, il ne s\u2019est jamais bien donné cette peine, je pense! Cependant, malgré son égoïsme, mon père n\u2019irait pas jusqu\u2019à attenter à ma liberté.Pour lui, certes, tous les partis qui se présentent ne sont point de son goût; il use de son influence paternelle pour me rebuter dès le commencement, mais il a toujours clamé très haut que j'étais libre, entièrement libre de choisir.C\u2019est beaucoup, cela ! \u2014 Si vraiment votre choix se porte vers mon indigne personne, je crois bien la lutte sera chaude! fit remarquer M.de Nozières avec une légère ironie.\u2014 Je le crois aussi, déclara tranquillement Mlle Langlard, mais cette lutte ne m\u2019effraie pas.\u2014 Vous étes réellement courageuse, dit Arnold, en s\u2019inclinant légèrement devant la jeune fille; vous l\u2019êtes d\u2019autant plus que vous semblez envisager cette union sans frayeur.Une pénible impression passa sur l\u2019âme de Geneviève et jeta une ombre sur son beau regard lumineux.Toutefois, elle eut un doux sourire pour riposter: \u2014Je pense, monsieur, que vous aimez à vous montrer plus terrible que vous ne l\u2019êtes réellement.Vous vous plaisez à faire figure de croquemitaine.\u2014 N\u2019est-ce pas 13 l\u2019opinion publique?lança le comte d\u2019une voix amère.\u2014 Bah! Qui donc peut se vanter de n'avoir jamais été atteint par la calomnie ! \u2014 Sans doute ! Mais, je ne voudrais pas que votre esprit d\u2019indulgence allât jusqu\u2019à vous égarer, mademoiselle.La vie que vous aurez près de moi sera peut-être bien loin de ressembler à celle que vous avez imaginée ! \u2014 Je n\u2019ai rien irffaginé, objecta Geneviève, les yeux fixés sur les fleurs du tapis.ls n\u2019étaient plus que tous les deux dans le petit salon de la baronne de Ribbes.Discrètement, cette dernière s\u2019était éloignée et Arnold qui venait de s\u2019approcher de Geneviève, se dressait tout près d\u2019elle, dominateur et impérieux.Debout, elle aussi, et gracieusement accoudée au piano où s\u2019épanouissaient dans des corbeilles les muguets parfumés, elle attendait, le cœur battant, la fin de cette conversation.Les yeux énigmatiques du comte la troublaient plus qu\u2019elle ne leût désiré POUR REPONDRE A LA DEMANDE DE CENTAINES DE LECTEURS ET DE LECTRICES, NOUS AVONS OBTENU DE DELLY L\u2019AUTORISATION TOUTE SPE- CIALE DE REPRODUIRE AU COMPLET SANS EN RETRANCHER UNE LIGNE, SON PLUS RECENT ROMAN: UN MARQUIS DE CARABAS DANS LA REVUE POPULAIRE DE NOVEMBRE UNE AUTORISATION DE CE GENRE COUTE TRES CHER, MAIS NOUS NE RECULONS DEVANT AUCUNE DEPENSE POUR PLAIRE A NOTRE NOMBREUSE ET SYMPATHIQUE CLIENTELE.DELLY LA REVUE POPULAIRE et cependant, malgré les airs hautains et glacés du jeune homme, elle était préte à le suivre n\u2019importe où.Mystère des attirances invincibles ! Qu\u2019avait-il donc de plus que les autres, cet Arnold ?Les autres, qui jamais n\u2019avaient pu émouvoir son cœur ! \u2014 Mademoiselle, reprenait tout près de Geneviève, la voix assourdie de M.de Nozières, je veux, envers vous, me montrer loyal et très franc.«Apprenez donc, dès maintenant, que je ne crois plus à rien, ni à Dieu, ni à diable, ni à personne, ni au bonheur quel qu\u2019il soit.Je sais que toute existence \u2014 bien que nous essayions mutuellement de nous le cacher \u2014 n\u2019est qu\u2019une lamentable tragédie.Tôt ou tard, nous perdons nos illusions.Rien ne dure, ni la jeunesse, ni la santé, ni la gloire, ni même la fortune ! \u2014 Quelle profonde misanthropie ! s\u2019écria Geneviève, avec un frêle sourire.Mais son visage offrait la blancheur laiteuse des clochettes de muguet qu\u2019elle égrenait distraitement.\u2014 Pardonnez-moi cette rudesse, mademoiselle, mais il faut bien, n\u2019est-ce pas, que vous sachiez ce à quoi vous vous engagez ?Si je suis par trop décevant, il vaut mieux, croyez-le, que ce soit tout de suite que plus tard, alors que vous serez liée par les promesses du mariage.« Votre bonté native vous a sans doute portée vers moi, parce que vous me devinez malheureux?Je vous en sais gré, mais apprenez que je ne suis pas convertible, qu\u2019il vous est inutile d\u2019espérer me rendre meilleur ou plus heureux.«Il ne reste plus rien de bon en moi; mon cœur est en lambeaux, mon âme est obscurcie, mes sens sont émoussés.Je n\u2019ai plus qu\u2019un désir, bien humain: me sentir revivre dans un enfant, un enfant que je pétrirai à ma façon, dont je formerai le caractère pour qu\u2019il puisse lutter, plus tard, contre les perfidies des femmes et les jalousies des hommes ! « Mon travail me procure encore quelque jouissance, il me faut bien l\u2019avouer; ma solitude de Combe-Nègre également, solitude sauvage et austère que vous devrez subir en toute saison, s\u2019il est vrai que vous m\u2019acceptez avec tous mes horribles défauts.« Je serai pour vous, n\u2019en doutez pas, le protecteur physique dont toute femme a besoin, mais non un protecteur moral, car je ne crois pas pouvoir vous donner ces sortes de satisfactions qui dérivent de la sentimentalité.« Vous voyez: encore une illusion que je vous enlève, dit le comte avec sarcasme.Il faudra donc vous montrer sans exigence d\u2019aucune sorte.Votre vie, si vous le voulez, s\u2019écoulera paisible, mais exempte de tous ces plaisirs frivoles et mondains et de toutes ces sensibleries dont raffolent les femmes.« Si vous êtes docile et discrète, je seral pour vous un ami, un peu grave, sans doute, mais tout de même un ami.Un long silence suivit cette franche confession.Geneviève, toujours accoudée au piano, avait écouté avec une attention intense.Après avoir arraché, une à une, les petites corolles d\u2019un brin de, muguet, maintenant, elle mordillait la tige nue entre ses dents blanches.Cette longue tirade l\u2019avait laissée sans voix, le cœur serré, l'esprit en déroute.M.de Nozières, lui, s\u2019était silencieusement éloigné de la jeune fille et devant la fenêtre il semblait rêver.Il savait qu\u2019il venait de jouer imprudemment son dernier autout; qu\u2019il s\u2019était montré fort téméraire en s\u2019expliquant avec une si incroyable franchise et aussi, peut-être, avec un peu d\u2019exagération.Cela le plongeait dans une impression bizarre faite à la fois d\u2019âpre désespérance et de joie mérhante.En se confessant, tout à l\u2019heure, il avait pris plaisir à se blesser lui-même, en même temps qu\u2019il s\u2019était acharné à désillusionner la jeune fille qui avait, pourtant, si charitablement répondu à son appel.Et maintenant, sceptique et moqueur, il attendait la réponse qui allait décider de tout son avenir.\u2014 Monsieur de Noziéres.En grande hâte, le comte se rapprocha de Geneviève qui venait de parler.Lorsqu'il fut devant elle, il s\u2019arréta, le regard scrutateur fouillant les grands yeux noirs.\u2014 Monsieur, reprit calmement la jeune fille dont le cœur cependant battait Octobre 1935 à se rompre, je vous remercie de votre franchise.De cette façon, au moins, on sait tout de suite à quoi s\u2019en tenir.Vous ne laissez, dans l\u2019esprit, aucune place pour l\u2019imagination, ni pour.le rêve, ni pour ces excès de sensibilité si particuliers à la nature féminine.Et bien, malgré cette diatribe décevante, je suis toujours disposée à devenir votre compagne, votre associée, plutôt, si vous le désirez encore.L'espace d\u2019une seconde, le visage d\u2019Arnold se contracta comme sous l\u2019impulsion d\u2019un sentiment intense.Mais bien vite, le comte se reprit et lorsqu\u2019il parla, toute trace d\u2019émotion avait disparu.\u2014 J\u2019avais bien raison, mademoiselle, dit-il, et sa voix était moins amère, d\u2019affirmer que vous étiez bonne! Daignez donc accepter les remerciements chaleureux du mécréant que je suis, acheva-t- il en s\u2019inclinant.Mais déjà sa voix était redevenue railleuse et il reprit sur ce même ton : \u2014 Ainsi, je ne vous fais pas trop peur?Vous me suivrez sans crainte en mon vieux château de Combe-Nègre ?\u2014 Oui.dit faiblement Geneviève qui s\u2019efforçait de dissimuler son trouble.\u2014 Eh bien ! donnez-moi votre main, continua-t-il, pour signer ncère pacte d\u2019amitié.Elle mit sa menote dans la main tendue, en levani sur Arnold le beau regard velouté de ses grands yeux sombres.\u2014 Quel contraste avec la mienne ! dit le jeune homme en examinant attentivement la petite main blanche qui palpitait.Voyez, ajouta-t-il en pressant un peu sur les doigts fluets, je pourrais la briser d\u2019une étreinte, votre menotte si délicate ! Un sourire illumina quelques secondes le visage pensif de Mlle Langlard.\u2014 N\u2019essayez pas, je vous en prie, ce serait un trop mauvais début pour notre entente.A ce moment, Mme de Ribbes revenait dans le salon.En les apercevant ainsi, l\u2019un près de l\u2019autre, la main dans la main, la bonne dame crut défaillir de joie.C\u2019était, évidemment, beaucoup plus qu\u2019elle ne l\u2019avait espéré, et cette vue calma les appréhensions qu\u2019elle venait de subir, regrettant presque de s\u2019être laissé entraîner à l\u2019ébauche de ce mariage.Mais du moment qu\u2019ils paraissaient si bien d\u2019accord, ses scrupules s\u2019envole- rent aussitôt et ce fut avec un bon sourire aux lèvres qu\u2019elle s\u2019approcha des deux jeunes gens.\u2014 Eh bien, dit-elle, vous avez fini de vous expliquer ?L\u2019entente est entre vous?\u2014 Oui, chère cousine, répondit vivement Arnold, non sans quelque ironie, nous sommes d\u2019accord; Mlle Langlard est une jeune personne si généreuse et si conciliante que le diable lui-même deviendrait son ami! \u2014Je vous en prie, Comte, objecta Geneviève un peu froissée, ne vous moquez donc pas de la sorte.-\u2014 Bien loin de moi toute idée de moquerie, mais si vous tenez à interpréter ces paroles dans ce sens, mon Dieu, libre à vous! lança le comte avec un léger dédain.« Voyons, mademoiselle, continuaæt-il en s\u2019inclinant, maintenant parlons d\u2019affaires, si vous le voulez bien.Il faut que les questions inhérentes à notre mariage soient définitivement réglées entre nous dès aujourd\u2019hui.Et s\u2019emparant d\u2019un siège qu\u2019il rapprocha des deux femmes, Arnold commença en fixant son regard sur la baronne : -Chère amie, ne serait-ce pas trop montrer d\u2019exigence, que de vous prier d\u2019aller, dès ce soir, chez le général Lan- glard demander pour le triste sire de Nozières, la main de sa ravissante fille?\u2014 Pas le moins du monde ! répondit Mme de Ribbes.«A quelle heure pourrai-je trouver votre père, ma petite Geneviève ?inter- rogea-t-elle en se tournant vers sa filleule.\u2014 À Pheure du dîner, chère marraine ; vous pourrez alors venir sans crainte, \u2014 Bien! dit Arnold catégorique.Et.vous croyez que je serai accepté ?ajou- ta-t-il.\u2014 Il ne faut certes pas vous attendre à l\u2019être d\u2019emblée ! Mme de Ribbes s\u2019en apercevra bien déjà, tout à l\u2019heure.Mais je suis là, moi.Et cette affaire me regarde particulièrement.\u2014 Vous saurez lutter ?\u2014 Ne vous tourmentez pas, Comte, je suis très, très entêtée et quand je veux quelque chose.\u2014 Tiens, tiens, tiens ! s\u2019exclama M.de Nozières sur un ton narquois, on ne le dirait jamais à votre visage paisible et souriant.\u2014 Les apparences sont trompeuses, ne l\u2019oubliez pas, mon cher Arnold, jeta la baronne taquine.\u2014 Oui.murmura- il pensif.Puis, redressant sa tête d\u2019un geste altier, il reprit sur un ton de légère ironie : \u2014 Mais qu'importe le caractère réel ou fictif de Mademoiselle.Nous ne serons pas des époux ordinaires, nous! Chacun sera libre de conserver intégralement sa personnalité, puisque nous ne désirons ni fu:ions des cœurs, ni fussions des âmes.Mécontente de cette répartie, la baronne s\u2019agita sur son siège el elle foudroya du regard son beau cousin qui n\u2019eut pas l\u2019air de le remarquer.Geneviève, elle, s\u2019était penchée vers une botte de muguets et semblait vouloir en aspirer lout Parome.\u2014 Marraine, dit-elle doucement, d\u2019une voix impassible, vous possédez vraiment le secret de l\u2019ornementation.Vous êtes une vériable fée.Ici, en une nuit, les fleurs jaillissent comme par enchantement.Ah! je voudrais bien détenir le pouvoir que vous m\u2019attribuez, ma petite enfant, bougonna Mme de Ribbes.Je toucherais alors de ma baguette, magique ce vilain comte de Nozières pour lui apprendre à se montrer beaucoup plus poli ! \u2014 Hypocrite! voulez-vous dire ma cousine, objecta séchement le comte.Puis, presque immédiatement : \u2014 Continuons, si vous le voulez bien, mesdames.Ni la baronne, ni Geneviève ne répon- direni et le comte reprit d\u2019une voix nette : \u2014 Je vous ai déjà expliqué, à vous, Baronne, que je ne disposais que de fort peu de temps pour ce mariage, n\u2019est-ce pas ?« Alors, mademoiselle, pensez-vous que nous pourrions terminer tout cela en un mois ?\u2014 C\u2019est un peu rapide, mais non impossible.Et.si vous y tenez.\u2014 J\u2019y tiens ! \u2014 Eh bien, Comte, soyez satisfait.Moi-même, j'aimerais autant en avoir fini.\u2014Avant de commencer ! trancha la baronne qui ne se possédait plus.Mon Dieu, mes enfants, jamais je ne m\u2019habituerai a votre stupide mariage de raison! \u2014 Quelle femme romanesque! jeta le comte d\u2019un air de pitié dédaigneuse.Heureusement, ma cousine, que Mlle Lan- glard est beaucoup plus raisonnable que vous ! Une flamme ardente traversa les yeux de Geneviève.Mais vite elle abaissa ses paupières sur les prunelles lumineuses, et Arnold reprit.\u2014 Maintenant, si vous n\u2019y voyez aucun inconvénient, mademoiselle, je désirerais, avant tout, que notre union fut célébrée, dans la plus stricte intimité, à Saint-Jacques-des-Blats, la petite commune qui dessert Combe-Nègre.Je ne me soucie guère, ajouta-t-il avec âpreté, de devenir le point de mire de toute cette population de Saint-Flour qui m'est si hostile et que j\u2019exècre de toute la puissance de mon être ! \u2014 Mon pauvre Arnold! lança la baronne moqueuse, vous feriez mieux de réserver loute votre énergie pour des sentiment meilleurs et plus plausibles ! \u2014 Comment ! plus plausibles ! objecta le comte avec violence.Vous voudriez peut-être que je les aime, vos mauvaises langues de Saint-Flour qui, si elles l\u2019avaient pu, m\u2019auraient conduit au bagne! En prononcant ces derniéres paroles, une vive rougeur monta au front de M.de Noziéres et un instant il resta silencieux, les sourcils contractés, un pli amer au coin des lèvres.\u2014 Cher Comte.dit alors Geneviève en s\u2019inclinant un peu vers Arnold, oubliez généreusement tout cela, voulez- vous ?Au reste, il ne saurait être question de céléber notre mariage ici, car tout comme vous, j'ai en horreur ces sortes d\u2019assistances mondaines, curieuses et bavardes.Une bénédiction nuptiale demande le calme et le recueillement.| 21 Les voisins disent : \u201cSEPT ENFANTS-et toujours avec des vêtements immaculés!\u201d \u201cTous les vêtements illustrés ci-dessus ont plus de deux ans d'usage,\u201d \u201c Mon quatrième enfant était bébé quand je commençai à employer le Chipso \u201d, dit Mme , Homer Clark.\u2018\u2018Et combien je trouvai plus facile de faire mes gros lavages avec le Chipso ! Je fis beaucoup MOINS DE FROTTAGE.le blanc devint PLUS BLANC.les couleurs NE CHANGERENT PLUS.\u201c\u201cChipso est économique.I} est si savonneux qu'il dure longtemps.Je n'ai pas à ajouter du \u201cPour laver vite la vaisselle, sans briser les mains\u2014 employez Chipso\u201d \u2018Il est très économique de se servir de Chipso pour le lavage de la vaisselle parce qu'un peu de Chipso donne beaucoup d'eau savonneuse.Après avoir utilisé Chip- so pendant neuf années, je dis que si un savon peut garder aussi blen que Chipso les mains douces malgré le lavage quotidien de la vaisselle, vous pouvez être certain qu\u2019il est tout à fait sûr pour tout le linge.\u201d Achetez du Chipso cette semaine.Chipso est PLUS SAVONNEUX.C\u2019est pourquoi il opère aussi sûrement que rapidement en toute occasion.savon pour garder l\u2019eau savonneuse.\u2018\u201c\u201c Mais ce qui rend Chipso le plus économique c\u2019est qu\u2019il est SUR POUR TOUT.Je puis faire tous mes lavages avec ce seul savon \u2014 même pour les choses les plus délicates.Et je tiens à vcus dire que Chipso est aussi excellent pour les couvertures ! Quand Chipso a détaché la saleté, je n'ai pas à frotter: les couvertures ne rétrécissent donc pas.\" \u201cJe finis à bonne heure ce gros lavage\u201d \u2018\u2019Chipso élimine tant de besognes qui étaient toujours fatigantes | Ce qui devait tremper toute une nuit n\u2019a qu'à rester 15 minutes dans l\u2019eau de Chipso.Les durs frottages et l\u2019ennui constant du bouillage sont désormais inutiles.Et l\u2019on admire beaucoup la blancheur de mon linge lavé.\u2018Votre linge est si joli sur la corde\u2019.disent mes voisines.I a lair si propre.\u2019 CHIPSO prolonge la FABRIQUE AU CANADA durée du linge 22 Saint-Jacques-des-Blats me convient beaucoup mieux, je vous le certifie.Après ces dernières paroles, le comte tourna vivement les yeux sur la jeune fille et, pendant quelques secondes, il Texamipa aitentivement d\u2019un regard presque doux.Puis, d\u2019un air grave, il s\u2019inclina lentement, tandis qu\u2019un.«merci» prononcé avec une certaine ferveur tombait de ses lèvres.Bientôt, M.de Nozières reprit la dis- eussion, mais Geneviève n\u2019écoutait plus.I lui semblait soudain qu\u2019elle venait d\u2019être empoignée par la marée montante, que les vagues l\u2019emportaient loin, bien loin, vers les gouffres de la mer.Une sorte de vertige intérieur l\u2019avait saisie et elle se demandait avec terreur si elle allait parvenir à cacher sa détresse.Alors, pour se donner du courage, elle reporta ses regards sur le visage distingué de M.de Nozières, ce visage qu\u2019elle aimait tant, ainsi que toute sa personne et d\u2019où ressortait une impression de force et d'autorité qui en faisait un homme supérieure, conscient de sa valeur.Rien n\u2019attire les femmes comme les tâches difficiles ! et c\u2019en était une, vraiment, Geneviève le comprenait, que d\u2019être la femme d\u2019Arnold ! Et cependant, comme cette aventure l\u2019attirait avec son inconnu plein d\u2019un effrayant mystère ! Chapitre IV Journal de Geneviève 16 avril.Arnold avait raison, la lutte a été chaude.Mon père aurait presque jeté Marraine à la porte, hier soir, quand elle est venue lui demander ma main pour M.de Nozières.Mais où son étonnement est arrivé à son comble, c\u2019est lorsqu\u2019il comprit que je ne repoussais pas cette demande en mariage.Tout d\u2019abord, il a cru que je ne devais point posséder toute ma raison et peut- être éprouve-t-il encore ce sentiment, tellement les regards qu\u2019il abaisse sur moi moi sont empreints de surprise anxieuse.Jamais encore il ne m'était arrivé de soutenir un assaut aussi rude avec autant de calme et de doux entêtement.J'ai entendu les pires choses sur M.de Nozières, sans que pour cela je me sois départie d\u2019une belle sérénité qui a été ma force.Avec Gabriel, la discussion s\u2019est montrée plus pénible, quoique moins violente.Je comprends si bien que ma résolution l\u2019offense et le peine tout ensemble! Mais, tout comme père, il n\u2019a pu que s\u2019incliner devant une volonté inébranlable.Dans cette détermination, il me semble bien que j'ai été soutenue par Dieu méme.La réalisation de ce mariage était peut-être inscrite au grand registre du Ciel, de toute éternité.La Providence, dans un but qui me reste inconnu, me réservait sans doute cet Arnold de No- zières ?Mais j'ai beau me répéter tout cela à satiété, je n\u2019en reste pas moins inquiète et légèrement tremblante en face de l\u2019avenir, maintenant que mon mariage est définitivement décidé.Quelle influence aurai-je sur le comte?Bonne ou mauvaise?Ah! je voudrais tant changer son âme et son cœur ! Pétruire aussi ce scepticisme malsain qui est en lui! Mais il se montre si rebelle que, déjà, à la seule pensée d\u2019intervenir dans sa vie, mon beau zèle m\u2019abandonne.Au reste, on n\u2019entreprend pas une conversion contre la volonté d\u2019un être pensant à moins d\u2019en avoir le droit.Et ce droit, je ne puis le tenir que d\u2019Arnold lui-même .et jai peur, bien peur qu\u2019il ne me le donne jamais ! Tout mon être se contracte devant son implacable froideur.Je voudrais être éloquente et je ne suis que déplorablement banale, presque aussi indifférente, en apparence, que lui-même.Pourtant, hier, chez Marraine, à la fin de cette première, et décisive entrevue, mon cœur se serrait dans l\u2019attente vaine du mot affectueux qui m\u2019eût été si doux à recevoir.Mais hélas ! il m\u2019a quittée avec une impassibilité presque offensante pour moi, comme si nous n\u2019avions dû jamais nous revoir.Et cependant, mon Dieu ! nous étions déjà presque fiancés ! 19 mai.Encore un jour et je serai sa femme ! Si je n\u2019étais pas aussi sottement pétrie de sentimentalité, je n\u2019aurais guère eu la possibilité, pendant nos si courtes fiançailles, de m\u2019attacher au comte de No- zières.Durant ce mois écoulé, c\u2019est à peine si je l\u2019ai vu quatre misérables fois ! Ah! non, il n\u2019a rien exagéré en m\u2019avouant un jour qu\u2019il s\u2019appliquerait à détruire toutes mes illusions! S'il m\u2019en reste encore, c\u2019est bien qu\u2019elles sont tenaces! Et malgré tout, je sens intensément que si Arnold le désirait, il serait celui que j'aimerais de tout mon être.Pai toujours préféré les forts, les violents, les hommes capables de porter sans fléchir le poids d\u2019une volonté.Est-ce ma faute ?Mais suis-je franche, en écrivant qu\u2019il serait celui que j'aimerais?Ne devrais-je pas plutôt m\u2019avouer que je l\u2019aime déjà éperdument ! Et les yeux fermés devant le vertige, je m\u2019écrie : « Où vais-je ?mon Dieu, où vais je ! ee Les cloches de la modeste église de Saint-Jacques-des-Blats carillonnaient à toutes volées et devant le porche, déjà une foule de montagnards étaient groupés dans l\u2019attente.Le mariage du comte de Nozières, en la petite paroisse de Saint-Jacques, avait non seulement surpris toute la population, mais encore délié toutes les lan- JBues.Si l\u2019on connaissait peu Arnold, qui s\u2019était toujours montré fort distant, l\u2019on n\u2019ignorait rien des histoires de son passé, qui se chuchotaient de burons en burons, de villages en villages.Selon le caractère de chacun, on le décriait ou on le défendait, mais à cette minute, tout ce monde rassemblé là était animé de la même curiosité dominante, anxieux de connaître la troisième épouse du riche propriétaire de Combe-Nègre.Un remous se fit soudain dans la masse compacte des spectateurs, car les grandes portes de l\u2019église, en s\u2019ouvrant, grincèrent sur leurs gonds et, bientôt, la haute stature du comte de Nozières apparut sous la voûte ogivale.A son bras, une jeune femme très fine, très jolie, très élégante dans sa vaporeuse toilette blanche, souriait à tous ces montagnards réunis là, sur la petite place rustique, et son sourire était si doux qu\u2019un murmure de satisfaction parcourut toute la foule.C\u2019était bien, vraiment, la première des tomtesses de Nozières qui offrit cet air bienveillant et simple, cette mansuétude du regard qui charmait malgré soi.Mais le comte, lui, présentait, tout comme par le passé, une physionomie hautaine et froide qui en imposait.Pour tous ces braves gens accourus par curiosité, il n\u2019eut aucun regard.Une contraction de sourcils ombrageux leur fit même comprendre son mécontentement de les trouver là, et il esquissa un geste d\u2019impatience au chauffeur qui ne rangeait pas assez vite, à son gré, la voiture contre le seuil même de l\u2019église.Quelques rares personnes suivaient le couple et bientôt, la dernière automobile disparue, lout redevint calme dans le paisible village de Saint-Jacques-des- Blats.Geneviève, qui ne connaissait de cette contrée que Vic et ses alentours, contemplait avec un ravissement profond cette partie si pittoresque de la haute vallée de la Cère, encadrée de montagnes élevées.À un moment, l\u2019espace d\u2019une seconde, elle aperçut, au-dessus d\u2019autres monts, le sommet du Plomb encore recouvert de neige.Elle aurait bien voulu interroger Arnold sur tout ce pays qui allait devenir sien, mais le comte, profondément rêveur, ne semblait pas se soucier de sa présence: ses regards énig- GINGER ROGERS et FRED ASTAIRE.\u2014 Les deux vedettes du cinéma et danseurs qui obtiennent en ce moment le plus de succès au cinéma.+ LA REVUE POPULAIRE matiques étaient fixés obstinément sur la gorge sauvage de la voiture côtoyait.quoi ou à qui pensait-il ?À elle, Geneviève ?Ou à son orageux passé ?Un instant, la jeune femme se le demanda avec une âpreté et une jalousie encore jamais éprouvées.Pour se remettre un peu, elle se pencha à la portière, où elle aspira profondément l\u2019air frais tout imprégné de ces senteurs aromatiques qui sont l\u2019âme même de ce pays.Sous la rude caresse du vent, son visage pâle se rosissait un peu, mais c\u2019était bien plutôt sous l\u2019impulsion d\u2019une idée soudaine, d\u2019une idée dominante qui venait de surgir en son esprit: Pour Geneviève, il ne suffisait plus d\u2019aimer, elle désirait encore être aimée! Et quelle victoire cela serait, de rendre amoureux cet homme volontaire, dédaigneux et glacial ! À cette pensée, la jeune femme sentait sa tête se perdre, et l\u2019ardent désir qu\u2019elle avait nourri à son insu, lui mordait le cœur et lui séchait la gorge.Bientôt l\u2019automobile s\u2019arrêtait à la station du Lioran, devant l\u2019hôtel des Touristes, où un lunch attendait les invités de M.de Nozières.Ces invités n\u2019étaient autres que le général Langlard, Mme de Ribbes; Mlle Gertrude, la sœur d\u2019Arnold; Gabriel Fer- val; l\u2019ami intime de Geneviève, Antoinette Mareuil et son ami; enfin M.de Rocilhac, un vieil ami des de Nozières.Tandis que Geneviève, en compagnie d\u2019Antoinette, s\u2019éloignait un instant, pour retirer son grand voile de dentelle, le général, avec des mines de conspirateur, abordait la baronne.\u2014 Chère amie, dit-il presque bas, j\u2019accours près de vous afin que vous rassuriez mon inquiétude paternelle.Je subis tellement l'impression que Geneviève, en épousant M.de Nozières, vient de commettre la plus grande sottise de sa vie ! \u2014 Allons, allons, Général, un peu de calme ! riposta Mme de Ribbes.Voila une heure à peine que votre fille est comtesse de Nozières, quelle crainte pou- vez-vous donc déjà imaginer ?«En tout cas, mon ami, vous n\u2019aurez rien à vous reprocher, puisque c\u2019est Geneviève elle-même qui a voulu ce mariage.\u2014 Elle l\u2019a voulu.elle l\u2019a voulu.Pardon, Baronne, soyez franche.Ne l\u2019avez- vous pas un peu incitée à cette malheureuse détermination ?\u2014 Ah! non Général ! je tiens à me disculper sur l\u2019heure! Je vous certifie qu\u2019après lui avoir fait part des intentions de mon cousin, jai laissé ma filleule entièrement libre.Elle s\u2019est donné une nuit pour réfléchir et, le lendemain, je recevais sa réponse.\u2014 Voyez-vous, chère amie, déclara le général en se grattant le crâne, jamais je n\u2019ai compris la mentalité des femmes et je pense ne jamais y parvenir.« Refuser tant et tant de partis convenables, parfaits en tous points, pour finir par accepter M.de Nozières ! Eh bien ! cela dépasse mon entendement! Ma parole! il faut que Geneviève ait quelque peu perdu la raison.Au même instant, celle-ci réapparaissait au seuil de la grande salle fleurie.Dans sa toilette d\u2019un blanc crémeux, Geneviève était idéalement belle.Arnold l\u2019enveloppa d\u2019un long regard, tandis qu\u2019elle avançait d\u2019un pas lent, rythmé et souple.M.de Rocilhac, qui n\u2019atendait plus que la jeune femme pour commencer un toast, dès l\u2019apparition de cette dernière, leva son verre et, en quelques phrases habilement tournées, sut exprimer, d\u2019une manière discrète et fort courtoise, des vœux ardents pour le bonheur des nouveaux époux.Arnold écoutait avec un vague sourire moqueur aux lèvres et un brin d\u2019ironie dans le regard.Geneviève, elle, offrait un visage de sphinx.Ses traits fins et réguliers empruntaient une expression énigmatique aux deux grands yeux graves, étrangement fixes.Elle semblait n\u2019être pas là dans cette salle mais loin, bien loin de tous ceux qui l\u2019entouraient et, cependant, lorsque M.de Rocilhac approcha sa coupe de cristal de celle de Geneviève, celle-ci n\u2019esquissa aucun geste de surprise, elle n\u2019eut vraiment pas l\u2019air de sortir d\u2019un rêve.Maintenant, elle buvait avec délices, à petits coups, son vin glacé, en levant sa jolie figure pâle aux lèvres très rouges, aux dents très blanches. Octobre 1935 23 Les meilleurs ingrédients\u2014farine, sucre, oeufs frais et beurre\u2014ont été employés pour ce gâteau, mais tout fut perdu parce que la poudre à pâte fit défaut.à une poudre à pâte douteuse\u2014alors que la \u201cMAGIC\u201d coûte si peu cher OUS mettez tout naturellement dans votre gâteau du sucre, du beurre, des œufs, du lait et de la farine de bonne qualité .Mais choisissez-vous avec au- + x A tant de soin votre poudre à pâte ?Vous y perdez à employer une poudre à pâte inférieure.Elle ne peut que vous donner un gâteau sec et sans goût .quand elle ne vous fait pas rater complètement votre giteau\u2014et gaspiller tous ces ingrédients! C\u2019est pourquoi les bonnes ménagères fières de leurs gâteaux ne connaissent pas autre chose que la Poudre a Pite \u201cMagic\u201d.On peut se fier absolument à la \u201cMagic\u201d.Elle fait toujours lever la pâte à la perfection et donne de beaux gâteaux savoureux et d\u2019une fine texture.Pourtant, la \u201cMagic\u201d coûte si peu cher que tout le monde peut se la payer.Il vous en faut pour moins de 1\u20ac pour réussir un gros gâteau à trois étages! Ne vous exposez pas à des échecs alors qu\u2019il est si facile de réussir tous vos gâteaux avec la \u2014 Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d.Com- mandez-en une boîte chez votre épicier\u2014dès aujourd\u2019hui! SSENICE | Re HOME TESTE PPROTES © Not NE CONTIENT PAS D'ALUN\u2014Cette déclaration sur chaque boite est votre garantie que la Poudre a Pate \u2018\u2018Magic\u2019\u2019 ne contient ni alun, ni aucun ingrédient nuisible.FABRIQUEE AU CANADA Ne vous exposez pas a un pareil fiasco\u2014 Moins de 1° de à protéger vos 66 Rien ne sert de confier de coûteux ingrédients Les plus grandes autorités culinaires du Canada emploient et recommandent la Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d Voici ce qu\u2019en dit Miss Ann Adam, la chroniqueuse culinaire bien connue du \u2018\u2018Canadian Home Journal\u201d: \u201cDans le choix des ingrédients destinés à mes recettes, je songe à trois choses essentielles\u2014l\u2019économie, la valeur nutritive et la réussite.La Poudre à Pâte \u2018\u2018Magic\u2019\u2019 remplit ces trois conditions.On n\u2019y regagne jamais à utiliser une poudre à pâte dou- J'emploie et je recommande la \u2018\u2018Magic\u201d parce que je sais, d\u2019expérience, qu\u2019elle est absolu- teuse.ment recommandable.\u201d thé de sel.de lait.GATEAU: Mesurez 1 L4 tasse de farine à pâtisserie tamisée une fois; a) tasse de \u2018\u2018cornstarch\u201d, 3 c.à thé de Poudre 4 Pite \u201cMagic\u201d et 1{ de c.à Tamisez ensemble 3 fois.Défaites en crème 14 tasse de beurre jusqu\u2019à consistance blanche et légère, en ajoutant graduellement 1 tasse de sucre fin; ajoutez le jaune d\u2019un œuf et mélangez.Ajoutez | c.à soupe de purée d\u2019abricots, puis les ingrédients secs tamisés en alternant avec % de tasse Ajoutez 1 c.à thé d\u2019extrait ajoutez 14 e 39 : agic suffit âteaux FAIT AVEC LA \u201cMAGIC\u201d Avec la Poudre à Pâte \u201cMagic\u201d, votre pâte lève toujours à la perfection.Vous obtenez ainsi des gâteaux comme celui-ci, légers, de consistance égale et délicieux! 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GILLETT PRODUCTS LP-10 Fraser Avenue, Toronto 2 Veuillez m'envoyer gratuitement Un exemplaire de votre fameux Livre de Cuisine \u2018\u2018Magic\u2019\u2019.Nom Rue Ville Prov.Essayez ce délicieux Gâteau \u2018\u2018Magic\u2019\u2019 aux abricots d'amandes.Une fois le mélange bien lisse, incorporez-y les blancs de 3 œufs battus ferme.Faites cuire dans 2 moules à gâteau bien graissés, de 15 à 20 minutes, au four modéré de 250° F.Laissez refroidir.GLACAGE: Battez 3 c.à soupe de beurre jusqu\u2019à consistance légère, ajoutez 1 jaune d'œuf et battez.Ajoutez graduellement du sucre en poudre tamisé (environ 4 tasses) et 4 c.à soupe de purée d\u2019abricots.Ajoutez 1 c.à thé d\u2019extrait d'amandes.Battez jusqu\u2019à ce que le mélange garde sa forme.Etendez entre les étages ainsi que sur le dessus et les côtés du gâteau.PUREE: Lavez comme il faut 1 de liv.d\u2019abricots évarorés.Faites tremper dans juste assez d'eau tiède pour recouvrir.Une fois mous, ajoutez 14 tasse de sucre granulé et cuisez de 15 à 20 minutes ou jusqu\u2019à ce qu'assez mous pour passer par la passoire.(Cette purée se conserve quelque temps dans un pot en verre, toujours a:nsi prête à servir. 24 Le Soda \u201cCow Brand\u201d CONSERVE aux DENTS tout leur éclat Versez simplement un peu de \u201cCow Brand\u201d dans votre main, recueillez-le avec une brosse à dents humectée puis brossez-vous copieusement les dents de bas en haut et de haut en bas.Après que vous les aurez ainsi brossées régulièrement pendant quelques jours au \u201cCow Brand\u201d, vos dents acquerront une beauté et un éclat nouveaux.Vous vous sentirez aussi la bouche propre et fraîche.La douce alcalinité du soda est suffisante pour faire disparaître les taches et les décolorations sans détériorer l'émail délicat des dents.Quand l\u2019on a besoin de Bicarbonate de Soude, l\u2019on peut en toute confiance employer le \u201cCow Brand\u201d.Sa pureté insurpassée est une garantie de sécurité à qui s\u2019en sert pour fins médicinales, Seulement quelques cents le paquet.Vo Gardez un paquet supplémentaire de \u201cCow Brand\u201d i Ses.7 dans la salle de bain.rd PAIN D\u2019EPICE Versez une tasse de lait sur dans un bol à mélanger et tamisez-y 134 cuillerée à thé de Soda \u201c Cow Brand \u2019.Lorsque bien mélangés, ajoutez 1 tasse de mélasse, 214 tasses de farine tamisée avec 2 cuillerées à thé de gingembre et Va cuillerée à thé de sel.Ajoutez alors 4 cuillerées à soupe de graisse composée fondue et battez copieusement.Versez dans une casserole ou une lèchefrite graissée, ou bien dans des moules à muffins graissés et faites cuire vingt-cinq minutes au four, à 350 degrés F.Servez tel quel ou avec crème fouettée, sauce à la guimauve, chocolat chaud ou sauce aux pommes.Les recettes qui paraissent dans nos annonces ainsi que celles qui se trouvent dans notre brochurette \u2018\u2018 Bonnes Choses à Manger \u2019\u2019 ont été éprouvées dans notre propre cuisine- laboratoire.ENVOYEZ CE COUPON PAR POSTE CHURCH & DWIGHT LIMITED, 2715, rue Reading, Montréal.Veuillez m'envoyer vos brochurettes gratuites décrivant les utilisations du Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d pour fins médicinales et culinaires.Nom Adresse - 51F eens - METTEZ VOS NOMS ET ADRESSE EN R-20 IMPRIMÉ Gabriel Ferval, qui se trouvait non loin d'elle, s\u2019oubliait à la contempler et ses yeux étaient à la fois emplis de reproches et pleins de tristesse.Le comte, qui surprit ce regard, éprouva un vif mécontentement et un pli de colère vint barrer son front.Si lui, Arnold, jugeait à propos de n\u2019être pas amoureux de sa femme, il entendait pas qu\u2019un autre le fût, et ce petit docteur, qui ressemblait fort à un prétendant éconduil, possédait le don de lui donner sur les nerfs.Au reste, en aurait-on bientôt fini avec ce lunch qui paraissait vouloir s\u2019éterniser ! Mareuil venait d\u2019entamer une conversation ridicule sur l\u2019économie politique et comme le général ne partageait pas ses vues, il discutait avec des éclats de voix de stentor.Visiblement énervé, M.de Nozières, se penchant vers Geneviève, demanda brièvement, d\u2019une voix basse : \u2014 Vos vêtements de voyage sont bien ici, à cet hôtel, ainsi que j'en avais témoigné le désir ?\u2014 Oui, oui, soyez tranquille.\u2014 Très bien.Et maintenant, il faut que vous sachiez que nous ne monterons pas à Combe-Nègre ce soir.Nous allons partir immédiatement en auto pour rejoindre un rapide, soit à Lyon, soit à Tarascon.Je vais consulter un indicateur dans un instant je vous préviendrai.\u2014 Comment ! s\u2019exclama Geneviève, nous partons en voyage ?\u2014 Apparemment ! \u2014 Pourquoi ne m\u2019en avoir point parlé plus tôt ?\u2014 J'aurais été bien en peine de le faire ! riposta Arnold, car j\u2019ignorais moi- même que je déciderais ce voyage! Mais maintenant, jai hate de partir d\u2019ici.La jeune femme ne put réprimer un geste d\u2019émoi et pendant quelques secondes, elle promena autour d\u2019elle un regard chargé d\u2019inquiétude, presque angoissé.Le comte, auquel rien n\u2019échappait, s\u2019écria d\u2019une voix sarcastique : \u2014 Vous hésitez à me suivre ?Je vous fais peur ?Alors, Geneviève redressa la tête el, Fenveloppant du charme de son sourire \u2018 et de son regard, elle murmura, très calme : \u2014 Que voulez-vous, Arnold, je ne puis vous cacher que pour les débuts de notre intimité, la solitude de Combe-Nègre m'attirait lout particulièrement.Accoudée sur une crédence ancienne, il y avait une grâce pensive dans l\u2019attitude de la jeune femme.Un rayon de soleil glissant entre les stores, caressait la blancheur du cou incliné et détachait en lumière les bouclettes de ses cheveux châtains.Irrité par tant de grâce et de beauté, Arnold détourna vivement les yeux du blanc visage et il murmura d\u2019une voix mordante : \u2014 Il me plait d\u2019agir ainsi, vous n\u2019avez donc plus qu\u2019à hâter vos préparatifs ! Avec une légère ironie, Geneviève s\u2019inclina mais elle sentit son cœur se crisper et elle ferma les yeux pour dérober au comte de Nozières la douloureuse déception que venaient d\u2019y jeter ses dures paroles.Mais quand elle les rouvrit, Arnold avait disparu.Rêveuse, elle regarda autour d\u2019elle et, dans leur incursion à travers la salle, ses yeux rencontrérent ceux du docteur qui semblaient la contempler avec une tendre pitié, et aussi les regards de Mlle Gertrude, dans lequels Genevieve crul déchiffrer une expression de raillerie méchante.Exaspérée par ces deux attitudes, brusquement la jeune femme quitta la pièce pour gagner sa chambre, où elle se de- shahilla avec une ardeur qui frisait la colére.D'ésirant rester seule, elle reavoyva Catherine Chenevasse qui avait reçu l\u2019ordre de se tenir à la disposition de la comtesse de Nozières.Mais, pour l\u2019instant, Geneviève n\u2019était pas d'humeur à supporter une femme de chambre.Elle avait besoin de se reprendre, de se compeser un visage où personne ne verrait le reflet de ses pensées et de ses sentiments.Es pourtant, quelle idée fixe martelait son front depuis cette minutes où elle uvait décidé, soudain, qu\u2019il lui fallait à tout prix conquérir le cœur d\u2019Arrold.Comment s\u2019y prendrait-elle ?Ce n\u2019était nt le lieu, ni le moment de s\u2019en inquié- Une belle tête de Marocaine de la race des Berbères.È 5 LA REVUE POPULAIRE ter, mais elle n\u2019ignorait pas que Ja persévérance de chaque jour, de chaque heure, a souvent raison des plus grandes difficultés.D\u2019une volonté ardente, malgré ses dehors de bienveillante douceur, Geneviève était de ces femmes qui poursuivent une idée, un désir, sans se rebuter devant les pénibles débuts et la lenteur des moyens.Elle aimait Arnold et elle voulait s\u2019en faire aimer.Cela était passé .en son esprit à l\u2019état de gageure.Allait- elle donc dès le premier jour, se décourager définitivement ?Vaillante, elle se redressa, étendit un léger soupçon de rose sur ses joues trop pâles, donna une chiquenaude à la collerette plissée de sa blouse de soie jonquille, passa la veste de son tailleur marine, puis après s\u2019être emparée de ses gants et de son manteau de voyage, elle sortit de sa chambre.Entre temps, la baronne de Ribbes avait accaparé le comte.\u2014 Mon cher Arnold, lui disait-elle en lui tapotant familièrement le bras de son face-à-main, promettez-moi que vous ne me ferez jamais regretter de m\u2019être occupée de votre mariage ?«Je vous ai trouvé une petite femme délicieusement jolie, douce et charmante, n\u2019allez pas nous la transformer en un tournemain.\u2014 De grâce, chère cousine, expliquez- vous, dit le jeune homme en s\u2019inclinant ironiquement.\u2014 Votre misanthropie est si décevante, Arnold, que je vous demande de bien vouloir la délaisser un peu lorsque vous serez aux côtés de Geneviève.Vous la décourageriez dès le premier instant, cette petite ! Laissez-lui donc l\u2019espoir, qu\u2019elle a sans doute conçu, de vous faire un peu de bien.\u2014 Le seul bien que ma femme puisse me procurer, chère amie, serait surtout de ne pas empiéter sur ma vie intime.Je crois m\u2019être assez expliqué sur ce sujet pour penser que Geneviève me laissera tranquille.« Me faire du bien ! continua-t-il avec un petit rire sarcastique, quelle idée, vraiment ! Mais apprenez donc que je n\u2019ai jamais demandé l\u2019aumône de la plus petite parcelle de pitié ! J\u2019ai horreur des indiscrets et des dévouements inutiles.Pespère que Geneviève le comprendra, si elle ne l\u2019a déjà compris.Mme de Ribbes examina son cousin avec beaucoup d\u2019insistance et une ombre d\u2019inquiétude s\u2019abattit soudain sur tout son visage.\u2014 Mon cher enfant, vous m\u2019effrayez ! s\u2019écria-t-elle.Vous vous engagez dans votre nouvelle voie avec un autoritarisme qui ne me dit rien qui vaille ! Mon Dieu ! serait-il possible qu\u2019il ne restât plus en vous un atome de bonté ! Que l\u2019Arnold de vos vingt ans ne subsistât plus ! \u2014 Baronne, souvenez-vous des vers du poète : Ma jeunesse ne fut qu\u2019un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits \u2018 [vermeils.+\u2014 Arnold, tout de même, vous n\u2019allez pas m\u2019obliger à penser que vous êtes un homme aussi blasé que l\u2019était Baudelaire et que votre âme soit aussi sombre! Laissez là les vers impeccables de ce mauvais sujet, pour aitendre avec sérénité les douceurs que la destinée vous réserve peut-être encore.\u2014 Chère cousine, riposta le comte avec un sourire mi-malicieux, mi-railleur, laissons, si vous me le permettez, cette conversation romanesque pour nous dire au revoir.J\u2019aperçois Geneviève, là-bas, qui m'attend pour le départ.Et si nous voulons rejoindre un rapide à Lyon, il n\u2019est que temps de filer en auto.\u2014 Comment, vous n\u2019allez donc plus à Combe-Nègre ?\u2014 Non, chère amie, dit le comte un brin moqueur, nous allons, Geneviève et moi, effectuer un classique voyage de noces, \u2014 Ah ! par exemple, Arnold, vous êtes part trop déconcertant ! s\u2019écria Mme de Ribbes.Vous aviez hâte d\u2019en avoir fini avec votre mariage, pour remonter travailler dans le calme de votre pittoresque manoir, et voilà que vous avez décidé tout à coup d\u2019un petit voyage ! \u2014 Je redoute la solitude de Combe- Nègre, trancha M.de Nozières, avec ce ton d\u2019ironie courtoise qui laissait tou- Octobre 1935 jours ses interlocuteurs indécis sûr le fond de sa pensée.Et comme Mme de Ribbes le regardait avec des yeux pleins d\u2019étonnement, il ajouta dans an petit rire nerveux : \u2014 Votre filleule est trop séduisante, chère amie et je ne vous cache pas que je l\u2019eusse préférée plus ordinaire.\u2014 Ah ! cela ne s\u2019est jamais vu ! s\u2019exclama la baronne en fant.Se plaindre que la mariée est trop belle ! Puis, redevenant soudain sérieuse, elle ajouta tout près de son petit cousin et en plantant droit son regard dans ses yeux : \u2014 Arnold .auriez-vous peur de vous laisser séduire, par hasard ?Le comte souleva légèrement les épaules.\u2014 Séduire, non, riposta-t-il avec une nuance de dédain, mais agacer, peut- être.Puis, brusquement : \u2014 Permettez que je m\u2019éloigne, chère cousine, j'ai deux mots à dire à mon chauffeur.D\u2019un mouvement de tête, la baronne acquiesça et, fort perplexe dans ses réflexions, elle suivit d\u2019un regard profondément serutateur le comte Arnold de Nozières.ee Installée dans un sleeping-car qui se rendait en Italie, Geneviève rêvait, tout en contemplant le ciel qui se teintait d\u2019oranger.Un instant, elle suivit des yeux le paysage lyonnais, mais bientôt elle les ferma comme prise de lassitude.A vrai dire, leur randonnée en auto de Saint-Flour à Lyon avait un peu rompu son corps.Conducteur irréprochable, amateur de vitesse, M.de Nozières avait tenu à diriger lui-même sa voiture; aussi, fut-ce d\u2019une allure un peu folle que Geneviève partit vers sa nouvelle destinée.Une demi-heure avant le passage du rapide de Paris, ils étaient arrivés en gare de Perrache.Néanmoins, ils avaient eu le temps de diner et maintenant, le train qui allait à Gênes, emportait vers l'inconnu Geneviève Langlard, comtesse de Nozières.A travers la porte vitrée, elle apercevait son mari qui, debout dans le couloir, fumait un cigare.Sa tête altière se découpait sur le fond clair du ciel et, un instant, la jeune femme contempla son fin profil aristocratique et la grâce forte de son corps qui lui donnait tant d\u2019aisance dans les mouvements.Un soupir s\u2019échappa de sa poitrine.Alors, brusquement, elle saisit un sac de cuir qui était placé sur une tablette tout près d\u2019elle et en retira son cher cahier mauve.Avec une petite clef d\u2019or, elle ouvrit le fermoir à serrure et se mit à écrire : 21 mai, 8 h.15 du soir.«Ah! quel repos et quelle douceur ce serait de ne plus lutter pour retenir le masque qui m\u2019oppresse, qui m\u2019étouffe ! De lui avouer que je l\u2019aime, que je suis une pauvre petite chose qui cache sa désespérance infinie, parce qu\u2019elle n\u2019est pas aimée, elle.« À cette minute, je ne me sens qu\u2019une frêle enfant, ivre du désir de reposer ma faiblesse contre sa force, d\u2019appuyer sur son épaule, sur son cœur, ma tête endolorie et de me laisser bercer par les mots très tendres qu\u2019il devrait me murmurer.« Hélas ! rien de tout cela ne sera.Les mots très tendres ne tomberont pas de ses lèvres dédaigneuses et moi, je dois appeler à l\u2019aide mon orgueil, tout mon orgueil qui est ma seule défense.» Un claquement sec; c\u2019est le cahier qui se referme sous les doigs fébriles de Geneviève.Elle vient d\u2019apercevoir le comte qui, après avoir jeté son cigare, a remonté la vitre et fait mine de s\u2019approcher de leur compartiment.Vite, la jeune femme glisse le «cher confident» dans le sac de cuir fauve; elle redresse le buste et tourne de nouveau ses yeux vers le ciel que les reflets du couchant éclairent encore.Un pas souple sur le tapis: c\u2019est Arnold qui pénètre dans le compartiment qu\u2019il a retenu pour leur double solitude.En face de Geneviève, il s\u2019assied.Alors, comme son cœur bat un peu moins vite, la jeune femme tourne la tête vers lui : / A \u2014 Cette journée a demi ennuagée ne | nous promettait pas un soir aussi splendide.Voyez donc, Arnold, comme le ciel est pur et comme cette étoile d\u2019argent brille avec éclat dans l\u2019or pâle du crépuscule ! Avant de répondre, le comte regarda profondément la jeune femme et, à cette minute, ses yeux offraient une expression attirante à donner le vertige.Sous ce regard, un instant, Geneviève abaissa ses paupières aux longs cils foncés.\u2014 Vous venez de me dévoiler un enthousiasme que je ne vous connaissais pas, Geneviève, dit M.de Nozières, sans trop d\u2019ironie dans l\u2019accent.Je suis heureux que vous sentiez aussi bien les beautés de la nature.car, de cette manière, à Menton où nous descendrons demain matin, vous pourrez jouir en toute plénitude des charmes toujours renouvelés de ce charmant pays.«Là-bas, vous aurez lieu d\u2019être enthousiaste.Le ciel vous offrira toutes les couleurs et toutes les lumières de l\u2019Orient.«Il semble, disait Saint-Genest, qu\u2019en ce point la nature s\u2019est recueillie et que, par un sublime caprice, elle a appelé, du Nord et du Midi, ses plus merveilleuses créations pour former une œuvre incomparable.» \u2014 Je suis bien aise de savoir enfin où vous m\u2019emmenez, dit Geneviève avec un sourire légèrement malicieux.\u2014 Pourquoi ne m\u2019avoir pas interrogé plus tôt ?riposta vivement Arnold ?\u2014 Et le moyen ?je vous prie ! conti- nua-t-elle un brin taquine.« Lorsqu\u2019à l\u2019hôtel, vous m'avez prévenue que je devais me préparer à partir en voyage, m\u2019avez-vous donné le temps de vous interroger?Convenez qu\u2019il ne me restait plus qu\u2019à obéir.D'ailleurs, impossible de vous résister, vous parlez avec une telle habitude de commandement ! Arnold ouvrit ses yeux profonds; un sourire amusé passa sur son visage : \u2014-Vous me semblez dangereusement perspicace, Geneviève, riposta le comte avec un redoublement d\u2019intérêt dans le regard.C\u2019étaient des yeux bien étranges que les yeux d\u2019Arnold! Gris, nuancés de vert, tantôt plus clairs, tantôt plus foncés et qui tour à tour devenaient d\u2019un sombre opaque ou lançaient de longs jets de lumière.L'expression du regard n\u2019était pas moins changeante que la couleur des yeux.Et cette expression qui, a cette minute, s\u2019offrait presque douce, faisait palpiter d\u2019émoi le cœur aimant de la jeune femme.Au reste, chaque fois que les yeux du comte s\u2019appuyaient un peu | PP longuement sur les siens, Geneviève sentait le vertige la gagner.\u2014 Connaîtriez-vous Menton ?gea M.de Nozières.\u2014 Pas du tout.Mes connaissances de la Côte d\u2019Azur se bornent à Beaulieu, mais j'en ai entendu raconter des merveilles.\u2014 Je posséde dans cette ville des cousins de ma mère qui depuis fort longtemps attendent ma visite: le vicomte et la vicomtesse de Sergy.J\u2019ai pensé que vous ne vous refuseriez pas de leur être présentée ?\u2014 J'aurais mauvaise grâce, vraiment! Mais ils sont prévenus de notre arrivée ?\u2014 Oui, par un télégramme que je leur ai envoyé tout à l\u2019heure, de Lyon.\u2014 Et ce vicomte et cette vicomtesse de Sergy sont jeunes ?demanda Geneviève ?\u2014 Deux aimables vieillards, au contraire, qui habitent toute l\u2019année leur superbe villa Daniela.Mais le plus souvent, ils sont entourés de leurs enfants et petits-enfants.«Ils ignorent totalement notre mariage, votre vue leur sera donc une surprise.Mais je vous prierai de ne pas leur apprendre, demain, que notre union date seulement de la veille.J\u2019abomine ces sortes de taquineries équivoques qui, généralement, se débitent dans ces occasions.Pour des amoureux, passe encore, mais pour un couple raisonnable comme le nôtre, cela deviendrait ridicule ! M.de Nozières avait haché ces mots avee un accent plein de dureté, qui donna le frisson à Geneviève.Soudainement devenus sombres, les yeux d\u2019Arnold ne conservaient plus au- (Suite à la page 35) interro- 25 A cachad lonyours mes mans rudes el jercces.avant que japprisse que a Peau des Mains est LITCTETIE LES MAINS n\u2019ont pas, comme la figure, une huile protectrice.Elles gercent et deviennent rudes quand elles s\u2019assèchent.\u201cQUE TES PETITES MAINS SONT DOUCES\u201d LE jardinage, les travaux domestiques, le vent d\u2019automne ont-ils endommagé vos mains?Vent, poussière, saleté, savon.eau, tout cela enlève l'humidité naturelle de vos mains.Cette absence d'humidité fait perdre à vos mains leur jeunesse: devenues rudes et gercées, elles vieillissent.Les mains, en effet, n'ont pas, comme la figure, une buile protectrice.Mais ce n'est pas une excuse pour avoir des mains crevassées et rougies.La Lotion Jergens remplace cette humidité perdue.Ce liquide parfumé pénètre dans les cellules mêmes de la peau, là où l'humidité manque le plus.elle pénètre si bien qu\u2019elle n'est nullement collante! 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TT vay 30 1817 \u2014 Chapeau, gants et manteau court pour jeune fille.Gr.14 a 20.Pour un 16: 334 v.de 35\u201d, 33 v.de 39\u201d ou 2% v.de 54\u201d.20 cents.1812 \u2014 Robe toute simple pour jeune fille.Gr.14 a 20.Pour un 16 : 415 v.de 35\u201d, 334 v.de 39\u201d ou 234 v.de 54\u201d.Contrastant : 53 v.de 35 ou 39\u201d.20 cents.1815 \u2014 Manteau et robe pour fillette de 10 à 16, Pour un 12 : 74 v.de 35\u201d, 4% v.de 54\u201d 20 cents.1813 \u2014 Très élégante robe pour gr.14 à 20.Un 16 demande : 5% v.de 35\u201d, 454 v.de 39\u201d ou 3% vê de 54\u201d.20 cents.8236 \u2014 Robe de jeune fille de 14 à 20.Pour un 16 : 354 v.de 35\u201d, 314 v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d.Contrastant : 3} v.de 35\u201d on 39\u201d.30 cents.PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, com- mandez-les, avec votre remise, à l\u2019adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département «P», 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q.1815 1813 8236 LA REVUE POPULAIRE Tout ce qu'il faut pour l'automne Octobr: 1935 31 Toilettes de rue et de sport 1833 \u2014 Robe élégante pour gr.38 a 50.1820 \u2014 Un mackinaw trés pratique pour Pour un 40 : 5v.de 35\u201d, 43; v.de 39\u201d l'hiver.Gr.4 à 18.Matériel pour gr.12 : ou 3 v.de 54\u201d.% v.de froncé de 114\u201d.214 v.de 36\u201d ou 1% v.de 51\u201d.19 pouces Contrastant : 5 v.20 cents.de fermeture-éclair.20 cents.8240 \u2014 Pour dame ou jeune fille, une robe de 32 à 40.Pour 34 : 434 v.de 35\u201d, 414 v.de 39\u201d ou 3 v.de 54\u201d.Contrastant : 34 v.de 35\u201d ou 1% v.de 39\u201d.30 cents.ww AUS .HTT, 0 e, Wy 1821 \u2014 Un manteau très \u2018 pratique.Gr.34 à 50.- Pour un 40: 31 v.de 54\u201d.114 v.de fourrure.20 cents.1819 \u2014 Un délicieux costume de ski.Gr.de buste 32 à 42.Pour 36 : le gi let, 3 v.de 36\u201d ou 2 v.de 54\u201d.Pantalons : 3 v.de 36\u201d ou 214 v.de 54\u201d.20 cents.i qu AS 8240 (N° 1821 8 es PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, commandez-les, avec votre remise, à l\u2019adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département «P>, 3368, rue St-Denis, Montréal, P.Q. 32 LA REVUE POPULAIRE La peau a subi de dures épreuves en été Avec les premières brises fraîches de l\u2019automne, vous songez davantage aux soins de beauté.Vous faites le bilan de votre garde-robe car dans peu de temps ce sera la saison mondaine; plus que jamais il vous faudra soigner votre teint, et votre apparence personnelle en général.Dans quelques semaines, vous mettrez définitivement au rancart costumes de bain et équipement de tennis, Malheureusement, il ne vous est pas si facile de vous débarrasser des marques laissées par la chaude saison.Vous traverserez une période de transition où votre peau s\u2019adaptera à un climat plus rigoureux, Période dangereuse ! Toutefois, quelques soins particuliers raviveront les couleurs de la jeunesse et de la bonne santé.L\u2019IMPORTANCE DU SAVON Il peut paraître banal de dire que la peau doit être soigneusement nettoyée.Mais la propreté est si importante et un si grand nombre de femmes ignorent la véritable façon de se laver qu\u2019il n\u2019est nullement malséant d\u2019en parler, Pendant tout l\u2019été, les glandes sébacées ont eu fort à faire pour combattre et remplacer les cellules mortes de votre peau brûlée par le soleil.Tant que cette surface durcie n\u2019a pas été enlevée par l\u2019usage régulier d\u2019un excellent savon, les glandes ne peuvent donner leur plein rendement.Le savon destiné à ce Iraitement contient des huiles douces et certains curatifs qui attendrissent la peau et nettoient à fond toutes les pores.La mousse a aussi pour effet de resserrer les pores, condition indispensable pour avoir une peau fraîche.Ce simple traitement au savon et à l\u2019eau a parfois suffi \u2014 en moins de 30 jours \u2014 pour faire disparaître comédons, rugosités et autres affections causées par le vent et le soleil.CREMES vs PEAU SECHE Pour celles qui veulent enlever rapidement toute trace de l\u2019été sur la peau, la nécessité d\u2019une bonne crème de beauté sera bientôt évidente.} On vend maintenant, dans tous les bons magasins, des crémes éprouvées qui stimulent réellement l\u2019action des glandes sébacées.En effet, un ingrédient spécial connu sous le nom d\u2019Elément 576 et incorporé à cette crème, nourrit véritablement la peau et empêche l'apparition prématurée des rides.IMPERFECTIONS DE LA PEAU Pour ma part, je bénis chaque jour celui qui a inventé les nouvelles crèmes à l\u2019épreuve des microbes.Les médecins spécialisés ont découvert que les imperfections de la peau sont le plus souvent causées par l\u2019action infectieuse de certains microbes.On conçoit dès lors l\u2019importance d\u2019employer une crème qui non seulement ne renferme aucun microbe mais aussi les combat efficacement.Ces crèmes ont le grand avantage de ne jamais nourrir de microbes, même exposées à l\u2019air.Ceci a été prouvé par plus d\u2019une centaines de dermatologistes éminents, dans les laboratoires et dans les cliniques.Ils s\u2019accordent à dire que l\u2019usage d\u2019une erème « stérile » diminue grandement les risques d'infection et empêchent la formation de boutons et autres imperfections de la peau.Inutile de dire que la fabrication de telles crèmes est toujours confiée à de véritables experts de grande expérience.Done, si vous voulez donner à votre peau séchée une vie nouvelle aux approches de l\u2019hiver, ne tardez pas à la nettoyer parfaitement au moyen d\u2019un savon approprié et à la protéger avec une crème antimicrobe.Le salut de votre beauté vaut la peine que vous ne négligiez pas ces petits soins.* Les explications données ici se rapportent aux illustrations vues de haut en bas et de gauche à droite : Vous vous lavez d\u2019abord la figure à l\u2019eau chaude, puis vous faites une bonne mousse de savon que vous faites bien pénétrer dans la peau.Vous rincez ensuite à l\u2019eau chaude, puis à l\u2019eau froide, Appliquez ensuite du cold-cream pour adoucir la peau et de la crème de visage avant la poudre.é dA am Octobre 1935 CONSEILS DE BEAUTÉ S\u2019il est extrêmement important de conserver votre ligne, Madame, il ne l\u2019est pas moins de garder la jeunesse de votre visage.Combien de sourires s\u2019attristent à la découverte du premier sillon qui creuse les yeux.qui marque les lèvres, qui pliese le front! \u201c Il est deux moyens de combattre es premières atteintes du temps: 1° La médication de l\u2019épiderme : 2° Le massage facial.Il importe avant tout de garder à la peau son élasticité, sa fermeté.Certains électriques peuvent être préconisés, mais ils ne peuvent être appliqués que par des spécialistes; aussi n\u2019est-ce pas ceux-là qui nous intéressent, mais traitements bien ceux que vous pouvez exéeu- ter vous-même, avec un peu de patience et de discipline.Ne l\u2019oubliez pas, la discipline est indispensable à l'efficacité de tout régi- de tout traitement.voulez obtenir un résultat satis- me, Si vous faisant, il faut opérer avec continuité et sans interruption.C\u2019est surtout le soir, après la journée de fatigue, qu\u2019il importe de soigner son visage, de le débarrasser des impuretés, et rien n\u2019est mauvais comme de s\u2019endormir avec un visge pollué par la poussière, par les matières plus ou moins nocives qui viennent s\u2019y coller.Il faut donc s'endormir avec une peau nette.On peut procéder à ce nettoyage avec une mousse de savon et de l\u2019eau tiède.Certaines crèmes appropriées peuvent également être employées.Une fois le démaquillage opéré, il faut, pour le raffermissement des chairs, une réaction qui activera la circulation du sang.Deux moyens sont préconisés: celui qui consiste à se frotter légèrement tout le visage et particulièrement les pommettes, près du nez, et le front (endroits où apparaissent généralement les premières rides) avec une brosse à poils souples, si cependant la peau, trop délicate, ne peut supporter ce traitement, il en reste un autre: avec le plat de la main, le poignet restant très souple, on produit la réaction par de petites claques données sur tout le visage.Soit avec l\u2019un, soit avec l'autre de ces moyens l'effet est immédiat - et aussitôt la peau se colore agréablement.Au bout de huit jours les chairs ont reprit une fermeté toute juvénile.Pour obtenir ce résultat, il suffit de trois ou quatre minutes par jour.Les tissus devenant ainsi plus vigoureux, les rides rencontrent une résistance et ne peuvent se creuser, comme dans une chair amollie et flasque.Pour compléter l\u2019effet de cette réaction, on emploiera le système de la douche écossaise.Préparez deux compresses de fine toile ou trempez l'une dans l\u2019eau froide et l'autre de ouate hydrophile; dans l\u2019eau aussi chaude que vous pourrez la supporter, et appliquez- les à tour de rôle sur le visage.Ce changement rapide de température tonifiera vos muscles et leur redonnera vigueur et élasticité.Pour le visage, comme pour le corps, le point important est de -ester souple.L\u2019ankylose, la raideur sont à redouter pour toutes les parties du corps.Ce sont les signes précurseurs de la vieillesse.La peau chaque soir bien nettoyée, raffermie, pourra ensuite subir les massages indispensables pour effacer les rides naissantes.Le massage est de toute première importance, mais pour que son efficacité soit absolue, il faut savoir le pratiquer, et un massage qui n\u2019est pas fait selon les règles risque de contrarier les muscles et de donner un résultat diamétralement opposé à celui que l\u2019on escomptait.HYGIENE DES YEUX C\u2019est dans les yeux surtout que réside la séduction de la femme et, s\u2019il est impossible de rien changer à leur forme ou à leur couleur, il faut au moins faire ce qui dépend de nous pour conserver notre vue en parfait état et donner plus d\u2019éclat au regard.Pour cela, il faut laver chaque jour les yeux avec un peu d\u2019ouate imbibée d\u2019eau bouillie.L\u2019eau de bluet, l\u2019eau de rose, les infusions de thé à petite dose sont conseillées pour adoucir et fortifier la vue ainsi que certains excellents produits annoncés.Il faudra surtout éviter les trop longues lectures au lit, les veilles prolongées et les minutieux travaux de couture à la lumière électrique.Les larmes provoquent l\u2019inflammation des paupières et de la conjonctive; il faut donc éviter, autant que possible, d\u2019en verser.33 Doublement protégée est la beauté qui recoit ces soins ä {bos ces eroded Les crémes Woodbury donnent double protection à votre peau grâce à un principe nouveau et scientifique qui les garde \u2014 A L'ABRI DES MICROBES.[LES IMPERFECTIONS de la peau sont souvent causées par des infections microbiennes.Les crèmes Woodbury à l'abri des microbes empêchent leur apparition fréquente et les chassent peut-être pour toujours.Le Cold Cream et la Crème pour le Visage Woodbury contiennent un élément exclusif qui les tient à l\u2019abri des microbes.Ils ne nourriront pas les microbes qui causent l'infection et défigurent.109 dermatologistes affirment qu'ils donnent deux fois plus de chance à votre teint d'être clair, sain et frais.Woodbury empêche aussi la sêche- resse au moyen d'un deuxième élément appelé le 576, qui accroit et répare la vitalité juvénile de la peau \u2014 conserve la figure jeune et pleine de sève.La Crème Woodbury pour le visage, qui forme une base discrète pour la poudre, protège contre le vent, la poussière et les affections cutanées.Les deux crèmes se vendent en pots de 50¢, de 25¢ et de 15¢ seulement; et en tubes de 25¢ et 10¢.Preuve de leur stérilité Diagramme montrant la réaction des crèmes de beauté dans l'agar-agar infecté de microbes.(A) Crème ordinaire \u2014 les microbes de l\u2019agar-agar s'y sont reproduits.(B) Crème Woodbury \u2014 elle reste stérile; les microbes ne peuvent en 3 y vivre.Voyez la tête et la signature .Jotn He Yondbuny Lid sur tous produits Wnodbury Réclamez aujourd\u2019hui les quatre aides de beauté Woodbury Ci-inclus 10£.Veuillez m'envoyer le \u2018\u2018 Nécessaire de Beauté * Woodbury contenant un Savon pour le Visage, moyenne grosseur, de généreux tubes de Cold Cream et de Crème pour le Visage à l'abri des microbes et 6 paquets de Poudre pour le Visage \u2014 de chacune des six teintes.John H.Woodbury, Ltd, Dépt.1523, Perth, Ontario.Nom __.\u2026_.veer.AdTe88 2 eee Ville Province FABRICATION CANADIENNE 34 SCENE I croquer le mar- jamais ! Et les LÉONARD.\u2014 Ah ça mais on nous fait mot ce soir! Ça ne commencera done trois coups, qu'est-ce qu\u2019on en fait ?Luce.\u2014 Et nous ne sommes pas les seuls qui attendons.Les.Le théâtre est rempli.Et il y a des types dans l\u2019auditoire qui ne se gênent guère pour passer leur temps.Regarde, par exemple, notre voisin.Léonard.\u2014 Où ça ?Luce.\u2014 Notre voisin de gauche.ici, tout près.LÉoNARD.\u2014 Un grand blond, bien mis, fort bien de sa personne ?Luce.\u2014 Oui.Je ne sais pas.Je n\u2019ai pas remarqué.Luce.\u2014 Il me.il nous regarde.LEonarp.\u2014 Ce n\u2019est pas défendu.Luce.\u2014 Pas défendu de nous regarder avec insistance, sans cesse, comme des phénomènes ?Encore s\u2019il regardait ailleurs de temps à autre.sur la scène, par exemple.LÉoNARD.\u2014 Il n\u2019y a rien à voir sur la scène.Luce.\u2014 Ailleurs, en tout cas.Qu'est-ce qui lui prend ?LÉonarD.\u2014 Nous l\u2019intéressons sans doute.Attendons le lever du rideau: peut-être alors regardera-t-il.ce qu\u2019il était venu pour voir.Luce.\u2014 Espérons-le ! LÉONARD.\u2014 Au fait, c\u2019est peut-être le journaliste qu\u2019on a chargé de rendre compte de la pièce.Il a les yeux sur tout et sur tous \u2014 excepté sur la scène selon l\u2019usage.Est-ce que cela t\u2019agace ?Luck, (hypocrite).\u2014 Quoi ?Léonarp.\u2014 D\u2019être regardée ainsi ?Luce.\u2014 Beaucoup.Léonarnp, \u2014 Ah! (Un temps) Eh bien, moi, ça me ferait plaisir.Il est vrai que, moi, je suis un homme.un homme bien sage, n\u2019est-ce pas, et plutét.euh.Veux-tu que je fasse de gros yeux a ce.ce.cet apprenti magnétisseur ?Luce, (riant).\u2014 Ce ne serait peut-être pas terrible ! Tu peux toujours essayer.(Un temps).LÉonarp.\u2014 Voilà ! Il ne regarde plus ici ! Je lui ai fait son affaire.et rien qu\u2019avec mes yeux ! Pas le moindre geste, le monde signe ! (Un temps).Luce, (nerveusement).\u2014 Tu te trompes, père : il regarde toujours.LÉONARD.\u2014 Comme l\u2019œil dans «Cain» alors! Eh bien, ma petite, laisse-le regarder cet homme.Je ne vais pas casser les vitres pour l\u2019en empêcher, n\u2019est-ce pas ?Que nous importe après tout la curiosité de cet inconnu ?Si ça l\u2019amuse, le pauvre, de regarder par ici plutôt qu\u2019ailleurs ! Après tout, ce n\u2019est peut-être pas toi qu\u2019il contemplie avec cette extase.Il songe peut-être, rêve, que sais-je ! Et puis ce serait nous \u2014 toi plutôt \u2014 on ne peut pas dire qu\u2019il ait mauvais goût, sapristi ! J\u2019en ferais autant ! Voyons, encore une fois, est-ce que, vraiment, ¢a ne te flatte pas ce.ce.Luce.\u2014 Comment, si ça me flatte ! LÉoNarp.\u2014 Laisse-moi lire le programme, N\u2019en parlons plus.(Un temps).Luce \u2014C\u2019est intolérable ! LÉonaARD.\u2014 Quoi donc ?Luce.\u2014 C\u2019est encore cet homme.LÉONARD.\u2014 Il ne te fatigue pas ?Luce.\u2014 Le mal élevé ! Léonann.\u2014 Diable ! C\u2019est qu\u2019il vous a des yeux, J\u2019animal \u2014 très beaux d\u2019ailleurs! \u2014 C\u2019est peut-être un fou! A moins.à moins qu\u2019il n\u2019ait reçu le coup de foudre, et alors rien a faire.Luce.\u2014 Ne ris pas.Je suis excédée, exaspérée; je n\u2019en puis plus! Il me sera impossible d'entendre la L'autorisation de jouer les pièces que reproduit en primeur «La Revue Populaire» s'obtient de l\u2019auteur même ou du représentant de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, M.Paul-Emile Senay.C.P.171, Station B., Montréal.COMEDIE EN UN ACTE La Joie des Yeux par Antonin Proulx ILLUSTRATION DE SAINT-LOUP UNE LOGE AU THEATRE.PERSONNAGES: LEONARD, LUCE, sa fille et CARDONNEL pièce tout à l\u2019heure.Si cela ne cesse pas, je crois que je vais sortir, retourner à la maison.LÉéonare.\u2014 L\u2019imbécile ! Ce n\u2019est pas à toi que je dis cela.Mais, Luce, c\u2019est que je voudrais entendre la pièce, moi ! Je suis venu pour cela, j'ai payé pour cela.Voyons, petite, n\u2019es-lu pas un peu nerveuse ce soir ?Ne pourrais-tu pas ignorer ce fâcheux, faire comme s\u2019il n\u2019était pas là ?Vrai, tu es d\u2019une susceptibilité ! Intéres- se-toi # la salle, aux toilettes, aux coiffures, aux manteaux de vison \u2014 ou de lapin; \u2014 croque des chocolats, absor- be-toi dans un rêve \u2014 ce n\u2019est pas les distractions qui manquent \u2014 et ton ennui cessera.Luce.\u2014 Je ne demanderais pas mieux, mais \u2014 je le sens \u2014 cela me sera impossible.ici du moins.Changeons de place.LoÉNARD.\u2014 Changer de.! Tu plaisantes.On est très bien ici.Luce.\u2014 Je ne plaisante pas: si tu restes ici je m\u2019en vais, moi, je relourne chez nous.LÉonarn.\u2014 Fichtre ! Mais il n\u2019y a pas un siège de libre ! Regarde ! Luce.\u2014 Si.Il y en a un en arrière.LÉoNARD.\u2014 En arrière ! Nous n\u2019entendrons rien de la pièce alors.Jamais de la vie ! Et le dérangement que cela causerait ?Luce.\u2014 Alors, allons-nous-en.Lionarp.\u2014 Eh bien, non et non! Ecoute.j'aime encore mieux changer de place.Toutefois, attendons.attendons encore un peu.Peut-être l\u2019homme va-t-il s\u2019en aller, se fatiguer, s\u2019endormir.Luce.\u2014 Attendons encore dix minutes.LÉoNaRD.\u2014 Attendons.(Soupir).Dis donc, petite, j'ai une idée.Cc type-là doit sortir pendant l\u2019intermission ?Si j'attendais, pour le secouer, l\u2019occasion de le rejoindre dans les coulisses ?Luce.\u2014 Attendons.Quand la pièce commencera peut-être l\u2019homme regardera-t-il enfin ailleurs.LÉonarm.\u2014 C\u2019est probable.Luce.\u2014 Pourtant si tu y tiens.on ne finirait plus vite alors.LÉoNARD.\u2014 En allant lui parler ?Luce.\u2014 Mon Dien! LÉNOARD.\u2014 Je vais donc sortir tout à l\u2019heure et lui servir sa leçon.Un peu de patience encore.(Un temps).L\u2019imbécile qui vient au théâtre pour ne pas entendre ! Luce.\u2014 Mais pour voir \u2014 à ce qu\u2019il semble ! LÉNOARD.\u2014 Il n\u2019a peut-être que des yeux, cet homme! (Il rit) Regarde-le ! Le voilà qui sort sa lorgnette pour nous \u2014 pour te reluquer plus à l\u2019aise ! Ma foi, je n\u2019ai jamais vu effronterie pareille! (Un temps).Ecoute, Luce, il y a une place prés de lui, une place vide.Je vais aller l\u2019occuper.Attends-moi.Luce.\u2014 Père, ne vas pas faire de scandale ! .Ne te fâche pas plus qu\u2019il est nécessaire.Léonann.\u2014 Il n\u2019y aura pas de scandale.Je sais me contenir.Tu vas voir, d\u2019ailleurs.Luce.\u2014 Eh bien, va.(Bruit de pas qui s\u2019éloignent.Un temps).SCENE II Léonarn.\u2014 Pardon, monsieur.Puis-je vous demander comment vous aimez la pièce qui se joue ce soir et dont nous venons d\u2019entendre le premier acte ?CARDONNEL.\u2014 Et vous.monsieur ?Lénoarp.\u2014 Je l\u2019aime beaucoup, Mais, Mais, moi, jai des raisons de l\u2019aimer.Je regarde les acteurs, moi, je les écoute \u2014 deux choses très importantes pour en jouir pleinement \u2014 raisons que vous n\u2019avez pas évidemment.CARDONNEL.-\u2014 Qu\u2019en savez-vous ?Et ce que je pense de la pièce je n\u2019ai pas à vous en rendre compte.D\u2019ailleurs je n\u2019en pense rien.ra LÉoNARD, \u2014 Et cela vous amuse ?CARDONNEL, (impatient).\u2014 Quoi ?LEoNarp.\u2014 De ne pas penser ?CARDONNEL.\u2014 Quelquefois.LÉonArD.\u2014 Pourtant le théitre est un spectacle.CARDONNEL.\u2014 C*est aussi un endroit où l\u2019on est libre de faire ce que bon nous semble.Léonarp.\u2014 Pas tout.comme d\u2019ennuyer les gens, par exemple.CARDONNEL.\u2014 Hein ! (Un temps).Je vous ferai observer, monsieur, que ce n\u2019est pas moi qui ennuie quel- qu\u2019un en ce moment.Je ne vous connais pas, moi, monsieur; je ne savais même pas que vous étiez là, près de moi.Je n\u2019ai donc pas à vous faire part de ce que je fais, ferai ou ne ferai pas.Je ne me mêle jamais des affaires des autres, moi, monsieur ! Léonarn.\u2014 Moi non plus, monsieur.Mais je ne manque jamais de me mêler des miennes toutefois.CARDONNEL.\u2014 Monsieur ! LÉONARD.\u2014 Ainsi, vous fixez à pleins yeux, depuis plus d\u2019une demi-heure, cette jeune fille, là-bas.De quel droit?Ne voyez-vous pas que vous la gênez terriblement ?CARDONNEL.- Ah! c\u2019est cela qui vous pique! Que ne le disiez-vous pas plus tôt ! Eh bien, monsieur, je regarde cette jeune fille parce que cela me plaît, que je la trouve belle et que je suis dans un endtoit public.Et je vous avertis, monsieur, que je vais continuer cette agréable occupation tant qu\u2019il me sera possible de le faire.Quant à la gêne que je peux lui causer, je ne crois pas qu\u2019elle soit aussi terrible que vous le supposez.Je ne lui demande pas de me regarder en retour, n\u2019est-ce pas ?Que peut alors lui faire mon attention ?D'ailleurs ce n\u2019est pas «elle» que je regarde en vérité : c\u2019est sa beauté.La Beauté ! Est-ce que ce n\u2019est pas un devoir pour quelqu'un qui en a le sens, de l\u2019admirer là où il la rencontre, de s\u2019en remplir les yeux et l\u2019âme ?Dites ?(Un temps) Mais je suis bien bon de vous expliquer.Je suis sûr que vous ne me comprenez pas.Aussi, serviteur, monsieur.LEONARD.\u2014 Mais si je la connaissais, moi, cette jeune fille ?Si.CARDONNEL, (avec vivacité).\u2014 Son nom ?LÉoNARD.\u2014 Ah! ah! voila où je vous tiens ! Mais je ne vous le dirai pas! Vous seriez trop content.CARDONNEL.\u2014 Vous croyez ?Vous en êtes peut-être amoureux vous-même.LÉONARD.\u2014 Amoureux ! (Il a un petit rire heureux).En effet, j'en suis amoureux.plus qu\u2019amoureux même.- CARDONNEL.\u2014 Et c\u2019est pour ça sans doute qu\u2019il est défendu \u2014 selon vous \u2014 de regarder cette demoiselle ?LÉoNARD.\u2014 Peut-être.CARDONNEL.\u2014 Ce n\u2019est pas une raison.Et comme j'en suis, mois aussi, amoureux fou, permettez-moi d\u2019ignorer la défense \u2014 et de continuer.LÉNoarD.\u2014 Voilà.Mais je ne peux pas permettre ! Je suis jaloux.CARDONNEL.\u2014 Raison de plus.Les jaloux sont mes bêtes noires.LÉONARD, (plus sec).\u2014 Et moi ce sont les impertinents ! CARDONNEL, (dédaigneux).\u2014 Oh! vraiment ! Mais c\u2019est assez, voulez-vous ?Voilà dix minutes que je n\u2019ai pu, à cause de vous, regarder cette jeune fille.Elle est délicieuse cette jeune fille, déli.Hein ! Vous osez porter la main sur moi ! Lâchez-moi, monsieur ! ÂA-t-on jamais vu.LÉoNARD.\u2014 Je vous défends, vous m\u2019entendez, je vous défends de fixer ainsi cette jeune personne ! CARDONNEL.\u2014 Ah ça !.mais vous êtes f.! (Un temps).Mais enfin, de quel droit me donnez-vous des ordres ?Qui êtes-vous ?Que vous est cette jeune fille ?LÉonarp.\u2014 Vos yeux voraces insultent ma fille.Ma FILLE ! Vous comprenez ?Libre à vous d\u2019aimer la beauté, mais, au moins, mettez-y un peu de discrétion, que diable ! (Suite à la page 36) A : pe ; .° we \u201c Octobre 1935 - UN jeune femme se sentit tout a coup morte}: lement triste.- ; Un instant, un silence de plomb tomba entre eux, mais comme l'indéfinissahle regard du comte revenait sans cesse à Geneviève, dernière prit le parti de chasser son trouble pour offrir une attitude désinvolte et indifférente.Sans se soucier de son mari, elle se leva, secoua ses boucles devant le miroir du wagon, mais comme elle s\u2019apprétait à descendre du filet une couverture de laine moelleuse et souple, M.de Nozières l\u2019arrêta en posant vivement sa main sur la sienne.\u2014 Que voulez-vous, Geneviève ?Dormir ?\u2014 Mon Dieu, c\u2019est ce qn\u2019il y a de mieux à faire, je pense, jusqu\u2019à demain matin?\u2014 Alors, pourquoi ne pas vous servir de la couchette.Je vais tirer ce rideau et vous serez tout à fait chez vous.\u2014 J\u2019ai horreur de ces lits improvisés, surtout lorsqu'il ne s\u2019agit que d\u2019une nuit.Non, vraiment: bien pelotonnée dans cet angle avec dés oreillers et une bonne couverture sur les genoux, je serai parfaitement bien pour dormir.\u2014 Laissez-moi au moins vous installer! dit le comte.\u2014 Avec des gestes beaucoup plus doux que Geneviève ne l\u2019avait prévu, Arnold Penveloppa dans les couvertures, disposa les coussins derrière ses épaules.Il se pencha un peu sur elle; son regard était presque bleu, à cette minute où il murmura : .\u2014 La, ainsi.vous serez bien, je pense ?; .Comme elle le remerciait de sa sollicitude, il s\u2019inclina encore davantage et, soudainement, il posa ses lèvres sur les longues paupières de la jeune femme.Une sensation si vive bouleversa Geneviève, qu\u2019elle crut s\u2019évanouir.Mais heureusement, le comte s\u2019était déjà éloigné, car jamais elle n\u2019aurait pu lui cacher sa pâleur.Mais cet émoi violent dura peu.Bien vite Gerieviève s\u2019était reprise en songeant que ce geste d\u2019Arnold ne prouvait pas grand\u2019chose, gue cette manifestation était encore bien loin de l\u2019amour vrai que\u2019lle désirait tant voir naître au cœur de son mari.Lorsque, au matin, Geneviève s\u2019éveilla, elle était seule dans le compartiment où tous stores baissés dérobaient à sa vue la brillante clarté du jour qu\u2019elle devinait derrière les rideaux bleus.Vite, elle se dégagea de ses couvertures, étira ses jambes, étendit ses bras en tous sens, puis ouvrit les stores.Un radieux soleil enveloppait toutes choses de ses éclatants rayons, tandis qu\u2019une végétation méridionale et luxuriante semblait avoir remplacé, comme par enchantement, les fraîches verdures de la campagne lyonnaise.Alors Geneviève se rappela le comte de Nozières, son mari, et une fine rougeur nuança une seconde son blanc visage au souvenir du baiser reçu.Depuis cet instant, tout avait sombré dans le sommeil.Si Arnold s\u2019était reposé, rien, autour d\u2019elle ne confirmait cette supposition.Où était-il en ce moment ?Dans le couloir, sans doute, à fumer d\u2019innombrables cigarettes ! Un vif désir de le revoir s\u2019empara soudain de la jeune femme et la fit se précipiter vers le cabinet de toilette.Elle échangea sa blouse jonquille contre une autre en gcorgette rose, d\u2019un rose de chair qui faisait valoir la matité laiteuse de son teint.Les manches, très courtes, découvraient tout l'avant-bras qu\u2019elle avait d\u2019une finesse de formes remarquable et d\u2019une blancheur à rendre jalouses les corolles des muguets des bois.Quand Geneviève revint dans leur compartiment, M.de Nozières y était installé devant une table parsemée de feuillets recouverts d\u2019une écriture fine et nerveuse.Aussitôt, la jeune femme s\u2019aperçut que le visage d\u2019Arnold était devenu ironique et impénétrable.Alors, un grand froid enveloppa tout son cœur.Avec une irréprochable correction, le comte s\u2019inclina devant elle, lui baisa la main, s\u2019inquiéta si elle s\u2019était bien reposée, mais tout cela en conservant une froideur polie, un peu excessive.: -t i SINGULIER AMOUR » (Suiteyde la.page 25) i + * Pauvné\u2019 Geneviè L'illusion de la \u201c veille n\u2019était plus rêve; un mythe aussi, cette lueur douce qu\u2019elle avait cru voir biriller, tel un éclair, au fond des 4 s prunelles\u2019 d\u2019Arnold.Mais cette fois, elle ne se laissa pas abattre par la déception; chassant son emprise, elle s\u2019e a, elle aussi, d\u2019un masque d\u2019indifféreftfe et ce fut d\u2019un ton fort dégagé qu\u2019elle interrogea : \u2014 Sommes-nous encore bien loin de Menton ?\u2014 Plus qu'une demi-heure, répondit le comte, sans lever les yeux sur elle.Tout en répondant, il s\u2019était emparé des pages éparpillées sur la table, et maintenant, sans ce soucier de la présence de Geneviève, il se mettait en devoir de les lire.Cette nouvelle attitude de son mari découragea profondément la jeune femme, mais comme elle possédait un esprit vif et une ténacité à toute épreuve, elle se remit peu à peu de sa déception et bientôt, à travers ses longs cils, elle exa- minna M.de Nozières.« Décidément, se disait-elle, pour Arnold, je ne suis plus qu\u2019un vil insecte sans importance et dont la petitesse lui échappe ! » Chapitre V La villa Daniela, construite à l\u2019italienne et située sur la montée de Castellard, jouit d\u2019une vue splendide sur les deux baies aussi belles que la mer de Sorren- te.Le vicomte et la vicomtesse deSer- gy qui l\u2019habitent toute l\u2019année sont de charmants vieillards, distingués, bons et affectueux.Comme une sérieuse attirance les a toujours unis à leur petit-cousin de Nozières, jamais ils n\u2019ont prêté une oreille atentive aux histoires plus ou moins cruelles débitées sur son compte et, chaque fois que le jeune homme revient a Menton, il y est accueilli avec un affectueux enthousiasme.Aussi, dès son arrivée à la villa Danie- la, la jeune femme d\u2019Arnold recut-elle autant de manifestations amicales que lui-même et cette vive sympathie de toute la famille de Sergy fut un baume pour l\u2019âme inquiète de Geneviève.A dire vrai, la beauté et la grâce de la jeune comtesse attirèrent imédiatement tous les cœurs et bientôt M.et Mme de Sergy, qui avaient reçu les confidences d\u2019Arnold, hésitèrent à croire que leur cousin avait pu, avec une femme aussi charmante, ne contracter qu\u2019un simple mariage de raison.Envers Geneviève, évidemment, Ile comte se montrait d\u2019une correction parfaite, ne négligeant aucune de ces attentions courtoises que tout homme bien élevé use à l'égard des femmes, mais jamais il ne sortait des limites d\u2019une froide réserve, voulue, aurait-on dit.Même dans ses meilleurs moments, aux heures les plus intimes, Arnold restait encore une énigme vivante.Semblant être à la fois pétrie de glace et de feu, sa nature était une réelle antithèse; et son véritable caractère échappait sans cesse à l\u2019attentive observation de Geneviève.Parfois aussi, elle éprouvait comme la certitude que son mari n\u2019était venu à la villa Daniela que dans le but d\u2019éviter entre eux une trop grande intimité, fatale, là-bas, dans la solitude de Combe- Nègre.En tout cas, depuis plus d\u2019une semaine qu\u2019Arnold et Geneviève étaient à Menton, ils n\u2019avaient encore, tous les deux seulement, effectué la moindre promenade.Toujours le comte parvenait à glisser un tiers entre eux, et dans ce paradis terrestre, créé à dessein, dirait-on, pour faire naître l\u2019amour au cœur des simples mortels, Geneviève ignorait encore ces instants de douce intimité si chère aux nouveaux époux.Avouer qu\u2019elle prenait son parti de cet état de choses serait tout à fait contraire à la vérité.Elle qui voulait vaincre l\u2019indifférence hautaine de M.de Noziè- res, en éprouvait au fond un vif et réel dépit.Comment devait-elle s\u2019y prendre pour gagner un cœur aussi rebelle?Par la tendresse, l\u2019indifférence ou la coquetterie ?Déjà, il semblait bien à Gene- (Suite à la page 37) 35 Cette jolie poudre nouvelle s'étend davantage .ELLE\\N'OBSTRUE PAS LES PORES VERIFIEZ-LE.PAR CETTE SIMPLE EXPERIENCE A Poudre Woodbury pour le Visage donne à votre peau une texture délicate, sans défaut \u2014 une beauté nouvelle et saine, non gâtée par des pores obstrués ou trop ouverts.En effet, la Woodbury est fabriquée par de savants dermatologistes avec les ingrédients les plus purs \u2014 le but étant la santé, autant que la beauté, de votre teint.On expérimente de la façon suivante la finesse de son grain.Etendez sur votre avant-bras une pincée de Poudre Woodbury pour le Visage.Puis une pincée de n'importe quelle autre poudre du même prix.Remarquez que la Woodbury couvre davantage \u2014 parce que son grain d\u2019une finesse exceptionnelle ne fait adhèrer qu\u2019à la surface de la peau, et couvre plus, Elle ne tombe jamais dans les pores.Cela explique pourquoi la Woodbury ne bouche jamais les pores, mais leur permet de respirer, comme l'exige la santé de la peau.La Woodbury donne à votre peau une texture veloutée \u2014 douce, d\u2019un charme irrésistible.Elle ne laisse pas surgir des parties luisantes.En effet, elle reste en POSTEZ POUR SIX NUANCES DE WOODBURY John H.Woodbury, Ltd, Dépt.1823, Perth, Ontario place des heures durant \u2014 en fait, jusqu\u2019à ce qu'elle soit lavée! 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Tenez, en voici un.un autre, un autre encore.CARDONNEL.\u2014 Il me semble que, vous non plus, vous ne regardez pas la scène tout le temps.LéoNarp.\u2014 Non, mais moi ce n\u2019est pas toujours «la même» ! CARDONNEL, \u2014 Allons ! Je vous demande pardon \u2014 ou plutôt je vous redemande pardon.LÉONARD, (goguenard).\u2014 Mais c\u2019est la première fois que vous le faites ! CARDONNEL, (la voix changée, déférente).\u2014 Parce que vous ne m\u2019avez pas laissez parler tout à l\u2019heure.Ecoutez- moi.Je ne suis pas à la recherche d\u2019une bonne fortune ni.de jolis minois \u2014 et je suis désolé, réellement désolé d\u2019avoir causé des ennuis à votre.à mademoiselle votre fille.LÉoNARD.\u2014 Et à moi! CARDONNEL.\u2014 Et à vous-même, oui.Je n\u2019ai jamais songé à vous offenser non plus, et ce que vous avez pris pour de leffronterie, de l\u2019impertinence n\u2019est qu\u2019une singularité, un défaut, si vous aimez mieux, et dont je n\u2019ai jamais pu me défaire.C\u2019est celle \u2014 ou celui \u2014 de remarquer, puis de contempler de tout mes yeux, de toule mon âme ce qui me semble beau, l\u2019est ou le sera.Je suis peintre, monsieur, artiste peintre, et si j'ai quelque talent, c\u2019est à cette faculté que je le dois.À ce point de vue là c\u2019est une qualité, n\u2019est-il pas vrai, plutôt qu\u2019un défaut, et si jai regardé mademoiselle votre fille avec tant d\u2019insistance ce soir \u2014 je perds la notion du temps à ces momentsla \u2014 c\u2019est que je n\u2019ai jamais rencontré pareille perfection de visage, pareil rayonnement de beauté pure et simple.LionNarp, (flatté), \u2014 Assurément, mais.CARDONNEL.\u2014 Je vous en fais mes compliments, monsieur.Vous êtes un homme heureux, un heureux père.Je donnerais dix ans de ma vie pour avoir le bonheur de faire son portrait \u2014 et de le garder.Vous riez ?LEoNARD.\u2014 Je ris.L\u2019aventure est plaisante el me désarme un peu.Le moyen de vous en vouloir \u2014 d\u2019en vouloir a un artiste, un chercheur de beauté en extase devant quelqu\u2019un qui nous touche de si près ! On ne peut y prendre que de l\u2019orgueil et, ma foi, je le prends volontiers.Ça me rappelle ce vers du poète anglais Keats : « À thing of beauty is a joy for ever » et comme je me suis efforcé toute ma vie, moi aussi, de sentir cette joie infinie, je vous pardonne enfin.Seulement.seulement, au lever du rideau, vous allez me promettre de regarder la scène et de suivre la pièce sans tourner les yeux vers ma fille une seule fois.Contentez-vous d\u2019admirer les acteurs \u2014 les actrices surtout, n\u2019est-ce pas \u2014 ou, si vous préférez, essayez de vous trouver dans la salle un autre modèle.En vous intéressant à la pièce vous saurez mieux demain le titre de la pièce, son intrigue, son succès ou son insuccès.De plus, vous ramènerez la paix chez nous, calmerez l\u2019indignation de ma fille et me rendrez le calme d\u2019esprit qu\u2019il me faut pour jouir pleinement de la comédie qui va recommencer tout à l\u2019heure \u2014 espérons-le ! Est-ce entendu ?CARDONNEL.\u2014 C\u2019est me demander plus que je ne peux promettre peut-être.Songez que si je m\u2019engage à ne plus regarder mademoiselle votre fille, je me a refuse \u2014 à tout jaggais, je suppose, \u2014 cette joie des yeux dont parlait Keats et que vous approuvez.LÉONARD, (malicieux).Ce sera votre punition.* CARDONNEL.\u2014 Si encore il m\u2019était possible de la revoir ailleurs ! LÉoNARD.\u2014 Il y aura encore des comédiens.CARDONNEL.\u2014 Mais si je ne peux plus regarder ! LÉONARD.\u2014 Il est avec les yeux des accommodements ! Vos yeux à vous parlent trop et trop haut: mettez leur un voile, une sourdine, si je peux dire, des verres teintés \u2014 et regardez par-dessus! Pas ce soir, par exemple ! CARDONNEL.\u2014 Je ne peux pas vous promettre cela.C\u2019est plus fort que moi: je sens que je ne pourrai pas.LÉONARD, (sévèrement).- Tant pis ! Vous allez laisser ma fille en paix ou.CARDONNEL.\u2014 Ne vous fâchez pas : je vais essayer .Mais c\u2019est un crime ! LÉonarn.\u2014 Non, c\u2019est un soulagement \u2014pour moi et pour ma fille, en tout cas.La pièce va recommencer, je crois.Ce n\u2019est pas trop tôt.Je m\u2019en vais \u2014 emportant votre promesse.CARDONNEL.\u2014 Pardon! Encore un mot.Puis-je vous demander à qui j'ai l\u2019honneur .\u2026 Léonarm.\u2014 Mais oui! Léonard \u2014 pour vous servir ! (il rit) CARDONNEL.\u2014 Léonard ?Nom de famille ?LÉonarp.\u2014 Mais oui.CARDONNEL.\u2014 Je vous demande pardon, M.Léonard .Mon nom est Cardonnel.Hervey Cardonnel.LÉoNARD.\u2014 Cardonnel?Attendez done! Jai.Mais je vous connais ! Vous étes ce peintre, cet artiste canadien dont on a tant parlé à Paris l\u2019an dernier ?CARDONNEL.\u2014 Oh! tant parlé ! Jai eu la chance d\u2019être remarqué là où d\u2019autres, de beaucoup plus capables que moi, sont passés inaperçus, voilà tout.LÉoNArD.\u2014 Enchanté de faire votre connaissance.M.Cardonnel ! CARDONNEL.\u2014 Très heureux, de mon côté, très heureux, monsieur.Léonard.LEONARD.\u2014 Léonard ?Ah, oui!.Ecoutez, je ne tiens pas à vous tromper plus longtemps : Léonard est mon petit nom.Je n\u2019ai plus de raison de vous cacher l\u2019autre, maintenant que nous nous entendons.Je m\u2019appelle, en réalité, Léonard Duthoit, et.CArDoNNEL.\u2014 Le grand industriel alors ?LEonNakp.\u2014 Peuh! grand ! Les affaires vont bien, voilà tout.CARDONNEL.\u2014 Puis-je vous demander.Je ne manque pas d\u2019audace comme vous voyez.LÉONARD.\u2014 Non.Dites tout de même.CARDONNEL.\u2014 .de venir visiter mon atelier, mes tableaux un de ces jours.?Peut-être cela vous intéresserait-il \u2026.LÉONARD.\u2014 Sans doute.J'irai avec plaisir.CARDONNEL.\u2014 Merci.Et.et vous emmènerez bien mademoiselle Duthoit ?LÉONARD.\u2014 Hum ! Si elle veut bien vous pardonner cette soirée-ci.CARDONNEL.\u2014 Dites-Jui.\u2026.LÉONARD.\u2014 Quoi ?CARDONNEL.\u2014 Vous avez raison: je n\u2019ai pas d\u2019excuses.Celles que je vous ai faites ne valent rien -\u2014 pour elle \u2014 et je suis désolé.LÉoNARD.\u2014 Il y a un moyen d\u2019arranger cela.Donnez, dès ce moment, toute votre attention à la comédie et je me charge d\u2019obtenir pour vous des circonstances atténuantes.CARDONNEL.\u2014 Soit.Je ne quitterai plus la scène des yeux.Mais je la reverrai ?Léonarn.\u2014 Peut-être.On ne sait jamais avec les femmes.Ça dépendra de son intérêt pour les arts.Allons, au revoir, contemplateur ! CARDONNEL.\u2014 Au revoir, M.Duthoit.Et n\u2019oubliez pas votre promesse de venir.LEONARD.\u2014 Accompagné, n\u2019est-ce pas ?CArDONNEL.\u2014 Mon Dieu.LÉONARD.\u2014 Nous irons, c\u2019est promis.A bientôt.Je vais retrouver ma fille.Je crois que le rideau va se lever enfin.LA REVUE POPULAIRE SCENE III Luck, (un, peu railleuse).\u2014 Eh bien?Léonarp.\u2014 Eh bien, tout est fini, rentré dans l\u2019ordre, arrangé.Je lui ai dit son fait et remis en bonne posture.Il est d\u2019ailleurs charmant, ce jeune homme.Il a compris tout de suite.Luce.\u2014 Vraiment! On ne l\u2019aurait pas crut tout a l'heure.J'ai eu peur en te voyant partir,.Si tu allais le gifler! Il a fait ta conquête alors ?LEonarp.\u2014 En effet.Je te dis qu\u2019il est.Luce.\u2014 Evidemment, cela valait mieux que des gifles.LEonarp.\u2014 Ne fais pas d\u2019ironie.Je parlais de gifles tout à l\u2019heure parce que je ne savais rien de cet homme.Ce n\u2019est pas un impertinent, un malappris malgré son insistance \u2014 visuelle.C\u2019est un peintre, petite, un artiste-peintre \u2014 et pas un débutant, tu sais.Luce, \u2014 Un peintre ?Ce n\u2019est pas une raison pour dévorer des yeux, une heure durant, une personne qu\u2019on ne connaît pas ! LÉoNaRD.\u2014 Oh ! dévorer ! Il en reste, tu sais ! Ce jeune homme est un artiste, je te dis.La beauté le captive, l\u2019ensorcelle, le rend aveugle et sourd pour tout autre chose qui n\u2019est pas l\u2019objet admiré, et, pas un moment, il n\u2019a pensé à t\u2019ennuyer, te peiner, te froisser .C\u2019est un contemplateur, un.Luce.\u2014 J'aimerais mieux un galant homme ! LÉonarp.\u2014 Eh quoi! Encore une fois, est-ce que cela ne te flatte pas vraiment \u2014 là, entre nous \u2014 de te savoir admirée avec cette ferveur ?Tu es femme ?Luce.\u2014 Ce n\u2019est pas de l\u2019admiration, ça; c\u2019est une séance d\u2019hypnotisme ! Lionarp.\u2014 Mais, petite, le pauvre garçon.Luce.\u2014 Non, père, n\u2019en parlons plus, je t\u2019en prie.(Un temps) Mais tu sais, ça ne valait pas la peine de te fâcher tout a l\u2019heure.Tu t'es dérangé.LEoNARD.\u2014 Pour rien ?Est-ce qu\u2019il regarde encore ici ?Luce.\u2014 Je ne sais pas.LÉonarn.\u2014 Eh bien, moi, je sais qu\u2019il regarde en ce moment la scène.Luce.\u2014 Ou une autre femme ! LÉonarn.\u2014 Ou.Je ne crois pas.Pas ce soir.Luce.\u2014 Il te l\u2019a promis ?LÉONARD.\u2014 Oui.Je vais d\u2019ailleurs, m\u2019en assurer.(Un temps) Là ! Je savais bien! Il est tout à la scène ! Regarde ! (Un temps).Luce, (ironique).\u2014 Je te remercie, père de tes bons offices.Et laisse- moi te féliciter de tes talents de diplomate.LÉONARD.\u2014 Et moi je te remercie de m'avoir procuré l\u2019occasion de faire la connaissance de ce monsieur.Luce.\u2014 C\u2019est la moindre des choses.(Un temps).LÉONARD, (goguenard).\u2014 N'est-ce pas qu\u2019il ne regarde plus ici ?Luce.\u2014 Qui ?Je regardais le chapeau de ceite jeune fille, là, devant nous.N'est-ce pas qu\u2019il est charmant ?L£onarn.\u2014 En effet.Il s\u2019appelle Hervey Cardonnel.Luce.\u2014 Comment ! Mais je parle du chapeau ! Léonarp.\u2014 Et moi du peintre.(Un temps).Luce.\u2014 Ecoute, père: je suis nerveuse ce soir, incapable d\u2019attendre plus longtemps.Allons-nous-en.LÉoNarm.\u2014 Comment! Quoi! Nous en aller ?Mais puisque tout est arrangé! Luce.\u2014 Reste si tu veux; moi je retourne à la maison.Je ne veux pas, encore une fois, rester plus longtemps.LÉONARD.\u2014 Je ne comprends plus.Luce.\u2014 Je ne me sens pas bien.Veux tu rester ?Je te renverrai l'auto.(Un temps).Léonard.\u2014 Eh bien, soit! Allons- nous-en.- Luce.\u2014 Tu n\u2019es pas fâché au moins?Léonarp.\u2014 N.non.D'autant moins qu\u2019on ne commence pas.Allons! (Bruits de départ) Tiens! M.Cardonnel aussi s\u2019en va! Luce.\u2014 Viens, père; dépêchons.Léonarp.\u2014 Me voici (Il rit) Tu as beau dire, il est charmant ce jeune homme ! 4.\u201d Octobre 1935 Luce.\u2014 Je ten prie, ne parle plus de ni! LÉéoNARD.\u2014 Soit.(Un temps).A propos, nous n\u2019avons pas de pertrait de toi, n'est-ce pas ?Luce \u2014 Si, j'en ai; nous en avons même beaucoup.LÉonaRD.\u2014 Oui, de ces petites photographies que ta mère avaient prises au temps de ton enfance.Mais ce sont là des bagatelles ! ! Que dirais-tu d\u2019un portrait, un vrai, un grand portrait peint à l'huile et par un peintre de renom ?Luce.\u2014 Par M.Cardonnel, alors ?Je croyais que nous n\u2019en parlerions plus ?Léonarp.\u2014 Et pourquoi pas ?Il a bien du talent, tu sais.Luce.\u2014 Quel enthousiasme ! Et ses yeux?Qu'est-ce que tu en fais ?LÉONARD.\u2014 On s\u2019y fait.Il n\u2019a pas que cela.Et puis, c\u2019est un artiste.On pardonne beaucoup au talent; on pardonne même tout.Luce.\u2014 Pas toujours.Il y a des gens qui pardonnent tout \u2014 excepté le talent \u2014 des autres ! LÉONARD.ces gens-là.Luce.\u2014 Dieu merci! (Un temps) Et alors il a beaucoup de talent, M.Car- donnel ?ne sommes pas de LÉoNarD.\u2014 Enormément.Tout Paris, l\u2019an dernier.admirait ses tableaux, ses portraits, \u2014 ses portraits surtout.Luce.\u2014 Et c\u2019est lui qui a demandé de.?LÉoNARD.\u2014 Mais non ! .C\u2019est moi qui.Cest une idée qui me vient.Et comme ce grand mintre est à Montréal actuellement, j'ai pensé qu\u2019il vaudrait mieux en profiter.Luce.\u2014 Mon portrait ?Que ne le fait-il de mémoire ?Ce monsieur m\u2019a assez vue Ce soir pour me «savoir» par cœur.LÉonarn.\u2014 Peut-être le fera-t-il.mais alors il ne sera pas pour nous.Luce.\u2014 C\u2019est vrai.(Un temps) Il y a ce danger.Léonarp.\u2014 C'est pourquoi il ne serait pas de mauvaise politique de lui commander ce portrait.Ce sera en même temps une occasion unique d\u2019en avoir un qui serait digne de toi.Luce.\u2014 Peut-être.Nous verrons.LÉoNARD.\u2014 Et je t\u2019assure que cela ne te sera pas pénible.Il gagne à être connu ce M.Cardonnel.\u2026.Luce.\u2014 Tant mieux, tant mieux ! Mais, tu sais, je lui en veux encore.LÉONARD.\u2014 Ah ! oui, ses yeux ! Que veux-tu ! « À thing of beauty is a joy for ever», et si Keats n\u2019avait pas écrit ce vers magnifique je crois, ma parole, que M.Cardonnel l\u2019aurait trouvé ce soir! Allons ! FIN UN SINGULIER AMOUR (Suite de la page 35) viève qu\u2019elle devait exclure les manifestations sentimentales qui n\u2019avaient aucune prise sur l\u2019esprit défiant d\u2019Arnold.Le jeune homme avait trop vécu avec des femmes mondaines, frivoles et égoïstes à l'excès pour s\u2019affranchir complètement de cette méfiance que leurs mensonges ou leurs vilenies lui avaient inspirée.En vérité, le mieux était encore de se prêter à cette comédie de mariage de raison sans liens affectueux, où l\u2019indifférence prime tout, où chaque époux possède le droit de penser et d\u2019agir sans essayer de faire partager ses opinions et ses goûts par son conjoint.La situation, certes, était bien pénible à Geneviève, mais comme dans cette union, elle avait accepté les clauses de M.de Nozières, ne pouvant décemment se plaindre, elle devait se contenter d\u2019observer avec une infinie patience les attitudes si énigmatiques de son mari, pour tâcher de comprendre ce caractère d\u2019homme original et compliqué.C\u2019était à tout cela que Geneviève pensait en franchissant, à la fin d\u2019un après- midi, le large perron à double escalier de marbre, de la villa Daniela.Mais soudain, elle s\u2019arréta court, afin d\u2019admirer le magnifique panorama qui s\u2019étendait devant elle.A travers la transparence argentée des oliviers, une mer de lapis-lazuli se déroulait entre la pointe boisée du cap Martin et les maisons roses de Bordighera.Des barques aux blanches voiles sillonnaient le golfe en tous sens, au pied même de la ville de Menton, qui se reposait dans l\u2019or et l\u2019azur.Vêtue d\u2019une robe de mousseline blanche, coiffée d\u2019une large capeline garnie de violettes de Parme, Geneviève littéralement extasiée, contemplait ce paysage en éprouvant une sorte de griserie douce qui faisait pression sur ses sens et sur son esprit.Il semblait bien aussi que depuis son séjour sur la côte de Ligurie, sa beauté s\u2019épanouissait comme une fleur de magnolia au soleil, et tous les hôtes de la villa Daniela admiraient la grâce séduisante de la jeune femme d\u2019Arnold.A travers de ravissants jardins en terrasses, où les grenadiers unissaient leurs fleurs pourpres aux panaches soyeux des mimosas, Geneviève, maintenant, se dirigeait vers un petit bois d\u2019oliviers et de caroubiers aux troncs séculaires.Tout en marchant sous les ombrages opulents des eucalyptus et des citronniers, elle respirait les Acres senteurs des térébinthes et des lentisques alors qu\u2019elle admirait sur les vertes pelouses les anémones aux brillantes couleurs.Ah! pouvoir crier à l\u2019être aimé toute l\u2019allégresse que faisait monter à son âme l\u2019exubérance de cette végétalion orientale, les couleurs vives du ciel et de la mer ! Mais, hélas ! plus souvent Geneviève ne pouvait que déplorer l'absence de celui qu\u2019elle aimait et, plus d\u2019une fois, au milieu de cette fête de la nature, elle se sentait triste et désespérée comme un enfant qui se verrait seul et perdu au milieu d\u2019une brousse sauvage.Bientôt, apportées par la brise, elle entendit des voix masculines qui eurent le don d\u2019accélérer les battements de son cœur, parce qu\u2019elle crut reconnaître parmi elles la voix de son mari.Depuis le matin, ce dernier était parti, seul et à pied, pour l'ascension du mont Aiguille.Cette excursion, facile pour des personnes entraînées, aurait fort bien, malgré tout, convenu à Geneviève qui se montrait inlassable lorsqu\u2019il s'agissait de promenades intéressantes; mais le comte ne s\u2019était même pas inquiété de savoir si la randonnée pouvait procurer quelque plaisir à Geneviève.Solitaire et pensif, il s\u2019était éloigné, visiblement avide de silence et d\u2019espace.En ce moment, accompagné de Bernard de Sergy, le fils aîné du vicomte, il descendait sans hâte la pente douce du petit bois gazonné.De loin, il enveloppa sa jeune femme d\u2019un regard pénétrant et lumineux.À cette minute, il offrait des yeux clairs, limpides, où brillait une flamme.Mais Geneviève ne vit pas cette flamme; elle remarqua seulement sa courtoisie hautaine lorsqu\u2019il s\u2019inclina en lui baisant la main.\u2014 Ma cousine, fit remarquer Bernard de Sergy, avec votre robe blanche, parmi ces troncs majestueux et dans l\u2019ombre argentée des feuillages, vous nous êtes apparue soudain, telle une divinité ! \u2014 Le décor se prête, en effet, à donner cette illusion, ajouta M.de Nozières, en jetant un regard aux entours.Ici, Poli- vier immortel atteint vraiment des proportions remarquables.La Palestine n\u2019en possède pas de plus beaux.C\u2019est bien l\u2019arbre-roi dont parle l\u2019Ecriture.\u2014 Oui, continua Bernard qui adorait son pays, et ses précieuses baies versent dans le pressoir ce mystérieux liquide d\u2019or que la science n\u2019a jamais pu trans- tormer.Liquide sacré et divin qui brûle nuit et jour dans nos sanctuaires, véritable symbole de l\u2019ardente prière du eroyant.Une ombre dé raillerie glissa sur les lèvres d\u2019Arnold, et tandis qu\u2019il laissait tomber une main sur l\u2019épaule de M.de Sergy, il s\u2019exclama.\u2014 Poète va! \u2014 Oh ! dit à son tour Geneviève, l\u2019enthousiasme de mon cousin est fort légitime.Moi aussi, je raffole de Menton et de ses alentours ! \u2014 Merci, chère cousine, répondit Bernard en s\u2019inclinant avec gravité.Malheureusement les étrangers nous gâtent ce Régale les connaisseurs de thé vert nn TARO.\\ / 37 MAISON FONDÉE EN 1746 MULHOUSE - BELFORT - PARIS SPÉCIALITÉ DE COULEURS BON TEINT ARTICLES DE I* QUALITE POUR OUVRAGES DE DAMES 5) a (yf COTONS A BRODER D-M-C, COTONS A COUDRE D-M-C, COTON A REPRISER D-M-C, SOIE A BRODER .D-M-C, SOIE ARTIFICIELLE D-M-C, PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D'M C DOLLFUS-MIEG & C* SOCIÉTÉ ANONYME COTONS PERLES.D-M-C COTON À TRICOTER D-M-C CORDONNETS .FILS DE LIN.LACETS DE COTON D-M-C D-M-C D-M-C | dans tous les magasins de mercerie et d'ouvrages de Dames d FORD /f \u201c Choisissez l\u2019Hotel le plus $7 Economique, 750 chambres.Tarif : $1.50 à $2.50 Simple, pas de prix plus élevés.Stationnement trés facile pour autos.Et aussi autres Hotels à Hin NGA mm Moderne à l\u2019épreuve du feu.Location très favorable $1.50 à $2.50 Simple, pas de prix plus A Radio dans toutes les chambres Rochester, Buffalo et Erle COUPON [2Revite D\u2019ABONNEMENT Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou T5¢ pour 6 mols (Eats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d'abonnement à LA REVUE POPULAIRE.NOM ADRESSE _ VILLE POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée, Prop.975, rue de Bullion MONTREAL 38 PAR DÉCRET SI LVO Nettoie et Polit ARGENT | Agit de façon rapide, inoffensive et aisée.Silvo, si doux en son action, conservera à votre argenterie sa beauté \u2014 toujours.Charmantes pièces Community Plate, dans le gracieux et populaire dessin Noblesse.Silvo, recommandé par les manufacturiers de la marque Community Plate, préservera le charme de toute votre argenterie.Demandez-nous par lettre un 63F échantillon gratuit de\u2014y POLI LIQUIDE POUR ARGENTERIE RECKITTS (Oversea) LIMITED, 1000.ue Amherst, Montréal, PQ, LES POILS Une peau satinée enlaidie par des poils.Ne risquez pas, appliquez cette crème subtile.Résultats immédiats.Inoffensive, douce - en retarde la croissance, Essayez-la.- Egonomique- peu coûteuse En vente partout.PLUS BE 21 MILLIONS VENDUS L'AN DERNIER ENRAYE, IA DOULEUR DES LORS ITV THLE FABRIQUE PAR UNE FAMEUSE MAISON 0'ARTICLES DE PANSEMENTS .BAUER & BLACK.LTD pays.J\u2019ai horreur des cosmopolites qui, maintenant, s\u2019abattent ici avec la même frénésie que sur Nice, Monte-Carlo et Monaco.Je regrette ce passé où Menton ne comptait que cinq mille habitants alors qu\u2019aujourd\u2019hui nous en avons près de vingt-cinq mille ! \u2014 Ainsi, mon cher Bernard, vous déplorez la disparition des vieux moulins à huile et les antiques pressoirs actionnés par un cheval! dit M.de Nozières.\u2014 Parfaitement.Et dans ces temps-là, les Mentonnais vivaient frugalement des produits naturels de leur pays, indispensables à leur vie insouciante, facile et heureuse.À cette époque, si peu lointaine pourtant, le monde, pour eux, en était toujours à l\u2019âge d\u2019or ! «Je regrette tout cela, mon cher Arnold.comme vous-même tout à l'heure, en traversant Saînte-Agnès, vous regrettiez le moyen âge.\u2014 Vous avez visité Sainte-Agnès ! s\u2019exclama Geneviève, qui n\u2019ajouta point que depuis son arrivée à la villa Daniela elle avait désiré cette excursion.\u2014 Oui, et là-bas, dans la vieille forteresse ruinée, construite par ce chef sar- razin qui fut converti au christianisme par les beaux yeux d\u2019une vierge, j'ai pensé à vous, Geneviève.\u2014 Merci! lança précipitamment la jeune femme railleuse.Si ce sont les pierres eroulantes du château qui vous ont rappelé mon souvenir, avouez que je ne puis guère vous en savoir gré ! \u2014 Vous êtes décidément trop vive, ma chère, riposta le comte dans un léger sarcasme.Vous auriez pu me laisser achever toute ma pensée.«Si, en visitant le château édifié par Haroun qui se fit baptiser pour plaire à une chrétienne, j'ai pensé à votre beauté, c\u2019est, me disais-je que les hommes de ces temps-là étaient plus heureux que nous, pauvres sceptiques du vingtième siècle ! Les beaux yeux d\u2019une jeune fille suffisaient alors à ramener leur piété égarée, ou mieux à la faire éclore.Hélas ! quelle puissance faudrait-il donc pour ramener en mon âme le feu qui s\u2019y est éteint ! Vivement Geneviève dressa la tête et ses yeux attentifs s\u2019arrétérent sur ceux d\u2019Arnold.Un moment, ces deux expressifs regards se fondirent l\u2019un dans l\u2019autre, comme s\u2019ils cherchaient à lire leurs mutuelles pensées; puis, le comte, le premier, baissa ses paupières et parut s\u2019absorber dans une contemplation intérieure.L\u2019instant d\u2019après, comme Geneviève sentait le regard de M.de Sergy peser sur elle, elle murmura un peu bas : \u2014 Les hommes de ces temps lointains devaient posséder une sensibilité beaucoup plus grande que ceux d\u2019aujour- d\u2019hui; une sensibilité qu\u2019ils ne détruisaient pas à grands coups de raisonne- nement.L\u2019amour, alors, avait vite fait de s'emparer de ces esprits, et vous n\u2019ignorez pas que l'amour vrai opére des miracles.\u2014 Ce fut sans doute le cas d\u2019Haroun, ce farouche Sarrazin, fit observer Bernard.\u2014 Pour moi, murmura Arnold, tout est fini, je ne crois plus à aucune sorte de divinité ! Personne ne releva cette réflexion désabusée et ce fut en silence qu\u2019ils approchèrent de la villa.Aux abords de cette demeure, ils rencontrèrent la fille de Bernard de Sergy, une enfant de dix-huit ans, une fraiche épousée de trois mois.Encore en pleine «lune de miel », elle ne quittait guère son mari; aussi, s\u2019em- pressa-t-elle de taquiner Arnold sur sa randonnée solitaire.\u2014 Si vous saviez, mon cousin, comme cette chère Geneviève a été désemparée tout le jour ! \u2014 Quelle imagination, petite Liane ! s\u2019empressa d\u2019objecter la jeune comtesse, Où avez-vous pu remarquer que je m\u2019ennuyais ?: \u2014 A vos yeux, ma chére! A vos beaux yeux noirs qui exprimaient la nostalgie et l\u2019inquiétude.Au reste, je n\u2019ai pas été seule à m\u2019en apercevoir; grand-père, à l'instant, en parlait avec M.de Noirlac, votre admirateur.Geneviève allait riposter, lorsque le comte l\u2019arrêta par un petit rire plein d\u2019ironie : \u2014 Je me fie très peu à votre puissance d\u2019observation, belle amoureuse ! dit- il.Mais, en tout cas, Geneviève aurait bien tort de s\u2019ennuyer à mon sujet, et si cela existait, je lui rappellerais aussitôt qu\u2019elle ne doit point oublier nos conditions.« Nous deux, nous ne sommes pas de jeunes fous comme vous et votre mari, ma chère Liane.Mais méfiez-vous, ajouta le comte d\u2019une voix qui s\u2019éttait soudainement durcie, à mon avis, l\u2019amour n\u2019est qu\u2019un mythe, le coup de fouet qui pousse à l\u2019abîme ! \u2014 Oh ! tenez, vous me faites horreur! s\u2019exclama Eliane en appuyant gamine- ment des doigts fluets sur ses deux oreilles roses.Adieu! Je cours retrouver Christian.Lui, au moins, ne craint ni les coups de fouet, ni le vertige ! M.de Sergy se prit à rire de cette sortie mutine et Geneviève esquissa bravement un sourire, mais au fond de son cœur, elle se sentait mortellement blessée des paroles de son mari et, un instant, son regard lumineux parut s\u2019éteindre.Dès cette minute, un découragement infini l\u2019empoigna.Elle dut se vaincre pour paraître souriante et naturelle, mais elle sentait de nouveau que son âme s\u2019égarait.La beauté de la villa Daniela, la splendeur des jardins, la tiédeur de Pair embaumé et, avant tout, la présence d\u2019Arnold sceptique et railleur la torturaient cruellement.Depuis près de quinze jours que M.de Nozières était son mari, Geneviève avait, par instants, véeu de brèves minutes d\u2019espoir, minutes où elle croyait deviner chez Arnold l\u2019être de volonté et de passion qu\u2019il devait être réellement Pourquoi ne paraissait-il pas heureux ?Parce qu\u2019il était trop intelligent pour ne pas sentir avec intensité le vide de son existence sans but et sans idéal.Qui sait, s\u2019il ne finirait point par se dépouiller de cette réserve glaciale et de ce scep- tieisme cruel ?De toute la nuit, Geneviève ne cessa de méditer, car elle était arrivée à une étape douloureuse où elle subissait la crainte si vive d\u2019avoir manqué sa vie alors que passionnément elle l\u2019avait désirée tout autre.Aussi, dés cing heures du matin, elle se leva, fit sa toilette et pensa qu\u2019il lui serait doux d\u2019aller assister à une messe basse, où elle trouverait, elle en était bien certaine, le réconfort dont elle avait tant besoin.Deux heures plus tard, lorsqu'elle rentra à la villa Daniela, tous ses hôtes dormaient encore.Il n\u2019était guère plus de sept heures; à peine les domestiques avaient-ils déjeuné.Aussi, ne voulant déranger personne, elle n\u2019alla point jusqu\u2019au perron de marbre.Un peu avant de l\u2019atteindre, elle tourna dans une allée bordée de sauges rouges et de géraniums écarlates.Au-dessus, en berceau, les citronniers offraient à la fois leurs fleurs et leurs fruits.L\u2019absence du soleil qui n\u2019avait pas encore franchi les montagnes permettait à l\u2019atmosphère une fraîcheur délicieuse.Plus calme, depuis sa visite à l\u2019église, Geneviève goûtait à cet instant une paix profonde, attentive seulement aux chants des oiseaux et aux aromes variés qui flottaient dans Yair.Mais, soudain, l\u2019appel de son nom, qu\u2019une voix mâle venait de jeter non loin d\u2019elle, la fit s\u2019arrêter de surprise et, s\u2019étant retournée, elle eut le vif étonnement de se trouver face à face avec M.de Nozières.Quelques secondes, ils restèrent sans parler, à se regarder intensément.Alors, il parut à Geneviève que son mari était un peu pâle et qu\u2019une flamme vive luisait tout au fond de ses prunelles.\u2014 D'où venez-vous ?interrogea-t-il soudain, d\u2019une voix brève.\u2014 D'où je viens ?Mon Dieu.d\u2019un office matinal! M\u2019étant réveillée de bonne heure, j'ai songé tout à coup qu\u2019il me serait fort agréable de me replonger un peu dans une atmosphère de paix et de recueillement.Et, je suis partie.\u2014 En voilà un soudain désir ! \u2014 Un désir bien des fois éprouvé et que, je Despléra, j\u2019éprouverai souvent encore.Que voyez-vous là d\u2019extraordinaire, Arnold ?\u2014 Rien.évidemment.mais, néanmoins, je n\u2019aimerais pas à vous savoir seule par Is chemins, à la pointe du jour.\u2014 Votre sollicitude, je vous assure, a réellement tort de s\u2019alarmer ainsi.\u2014 Peut-être.Mais à l\u2019avenir, je voudrais au moins en être prévenu.« Moi aussi, ce matin, je me suis réveillé tôt et mes pensées me conduisirent LA REVUE POPULAIRE tout droit à votre chambre et j'ai éprouvé le vit regret de ne point vous y voir.«Inquiet et surpris, j'ai interrogé un domestique qui n\u2019a pu me fournir aucun renseignement.Je désirerais donc que cela ne se reproduisit plus, acheva-t-il, visiblement nerveux.Nouveau silence, l\u2019un de ces silences de plomb, qui permettent d\u2019entendre la chute d\u2019une fleur, une mouche qui vole.Geneviève qui, pour mieux savourer la suave fraîcheur matinale, avait quitté son chapeau qu\u2019elle tenait à la main, se dressait tout près d\u2019Arnold, le dos appuyé a un tronc d\u2019arbre.Avec la lumière de plus en plus vive qui filtrait à travers les feuillages, des reflets dorés se jouaient dans ses cheveux châtains et des blancheurs flottaient sur ses tempes où apparaissait un réseau de minuscules veines bleues.Arnold la contemplait d\u2019un œil ardent.Tout à coup, il se pencha sur elle et, avec un éclair dans le regard, il lui dit d\u2019une voix un peu rauque : \u2014 Geneviève, revenez à la maison avec moi.Les lèvres du comte frôlaient le front de la jeune femme, mais elles gardèrent farouchement leur baiser et Geneviève ne put que lire dans les plunelles gris- vert l\u2019expression d\u2019une passion soudaine.Ayant compris, instinctivement, elle se recula avec une légère rougeur au visage.\u2014 Non, Arnold, je ne vous suivrai pas ! riposta-t-elle d\u2019une voix sourde.\u2014 Je veux! murmura-t-il sur un ton de commaudement, tandis qu'il l\u2019attirait à lui.\u2014 Et moi, je ne veux pas, dit-elle en se dégageant avec violence.\u2014 Oh! ne prenez pas cet air méprisant, répliqua-t-il hautain et ironique.N\u2019ai-je pas des droits sur vous ?N\u2019étes- vons pas à moi ?\u2014 Rassurez-vous, Arnold.Vous savez bien que jusqu\u2019ici je ne me suis pas dérobée a mes devoirs d\u2019épouse, mais je ne veux pas devenir le jouet de votre caprice, ce qui serait fort ridicule entre nous.: « Auriez-vous donc oublié, ce matin, vos chéres conditions, celles que vous me rappeliez si bien hier soir ?Brusquement, le comte s\u2019éloigna de Geneviève.\u2014 Vous avez raison, dit-il d\u2019une voix sarcastique, j'étais en train de me rendre odieux.Pardonnez-moi: à l\u2019avenir, vous n\u2019aurez à craindre rien de semblable, ajouta-t-il en s\u2019inclinant ! Redevenu tout à fait maître de lui, il s\u2019éloigna, laissant Geneviève seule et toute frémissante au milieu du jardin parfumé.Alors, quand Arnold eut disparu, la jeune femme plongea sa tête dans ses mains et elle éclata en sanglots.Un long instant elle resta ainsi dans l\u2019impossibilité de retenir le flot de ses pleurs, intarissables, semblait-il.Un grand frisson la secouait toute, et elle sentait monter en elle le regret infini de n\u2019avoir point suivi Arnold.«Ah! pourquoi l\u2019ai-je repoussé ! se disdit-elle.Pourquoi l\u2019avoir laissé partir seul, pourquoi suis-je ici, tandis que mon cœur plapite du désir fou que j'ai de me glisser entre ses bras, d\u2019appuyer ma tête sur sa poitrine, de sentir la caresse de ses lèvres! Pourquoi ?pourquoi ?« Qui, mais il ne me donnerait rien des caresses que je rêve! Allons, il me semble aveir bien agi en lui résistant, ear Arnold ne m\u2019aime pas et si parfois il me désire, son cœur n\u2019a pour moi qu\u2019indifférence.» Et.I'ame lourde de larmes qu\u2019elle ne versait plus, Geneviève, pensive, reprit sa promenade interrompue.Le soir même, le comte et la comtesse de Nozières quittaient la villa Daniela pour Combe-Nègre.Mais dès Monte- Carlo, Arnold voulut s\u2019arrêter.Il ressen- tail trop vivement la crainte de son tête- à-tête avec Geneviève, là-bas, dans la montagne.En cette ville cosmopolite, au moins, il vivrait encore quelque temps très affairé autour des tables de jeu, ce qui aurait le don de lui calmer les nerfs.Mais Geneviève, elle, éprouva à Monte- Carlo les plus grandes tristesses de sa vie.D\u2019abord, la froideur d\u2019Arnold et son air distrait lui furent infiniment pénibles à supporter; et puis, chaque soir, vers neuf heures, son mari la quittait pour le Octobre 1935 casino et, anxieuse, désolée, elle l\u2019attendait une grande partie de la nuit.Le sommeil l\u2019emportant toujours avant le retour du comte, elle ne revoyait Arnold qu\u2019à l\u2019heure du déjeuner.Ainsi, quelle ne fut pas sa joie, lorsqu\u2019au bout de huit jours, elle l\u2019entendit lui dire : \u2014 Geneviève, que peuseriez-vous d\u2019un départ définitif pour Combe-Nègre ?Son cœur se prit à sauter d\u2019allégresse, alors qu\u2019un soulagement immense allégeait son espril.Néanmoins, elle conserva une froide réserve pour répondre d'une voix parfaitement calme : \u2014 Comme il vous plaira, Arnold; partout où vous voudrez m\u2019emmener, je \u201csuis prête à vous suivre.\u2014 Quelle soumission admirable! s\u2019écria le comte railleur.Un jour, s\u2019il vous en souvient, vous montriez beaucoup moins de docilité.Il avait encore sur la conscience le refus de la jeune femme; Geneviève en saisit très bien l\u2019allusion, mais elle ne sourcilla point et elle garda un silence prudent.Deux jours plus tard, dans le train qui venait de Neussargues, le comte et la comtesse de Nozières rêvaient.Debout dans le couloir, devant une glace baissée, Arnold fumait sans répit.Mais au fur et à mesure qu\u2019il approchait du Lio- ran, il éprouvait comme un soulagement au malaise dont il n\u2019avait pu se défendre en cette dernière semaine.Il avait ressenti cette mélancolie profonde qu\u2019inspire la sensation du temps qui fuit, inoccupé, gaspillé .et maintenant son cœur allégé de l\u2019étreinte se dilatait dans sa poitrine.Geneviève, elle, subissait un plaisir presque analogue e: d\u2019autant mieux que les jours passés à Monte-Carlo lui avaient empoissonné le souvenir si doux de la villa Daniela.Les pays qu\u2019elle apercevait dans le lointain, la vue de la pittoresque vallée de l\u2019Alagnon amollissaient son âme au point qu\u2019une violente envie de pleurer l\u2019avaient insidieusement empoignée.Bientôt, elle secoua cette sensation nerveuse et, passé Murat, elle quitta le compartiment où elle rêvait pour retrouver son mari dans le couloir du wagon.Doucement, elle s\u2019approcha d\u2019Arnold, et dans un geste de confiance et d\u2019abandon, elle appuya son épaule contre lui, tandis qu\u2019elle glissait timidement son bras sous celui du comte.Ce dernier ne fit pas un mouvement, pas un geste.Il continuait de regarder la gorge sauvage que, maintenant, le convoi surplombait.Par la vitre ouverte, une brise fraîche, chargée de senteurs forestières et qui agitait les aiguilles vertes des hauts sapins, venait le frapper au visage.Les cimes et les lointains se reposaient dans un fond de ciel rose, d\u2019un délicieux rose de pivoine que reflétaient l'eau du torrent et les roches d\u2019alentour.Dans cette étroiie et agreste vallée, régnait un silence pur, infini.Devant tant de paix et de solitude, le eœur de Geneviève se fondait dans une douceur suave.Tout son être frémissait comme une corde que l'on touche et, sans trop en avoir conscience, elle se pressait calinement contre son mari.¢ Arnold.soupirait-elle, en son for intérieur, Arnold, je t'aime ! » Cependant, elle n\u2019exprima point sa pensée, elle glissa seulement sa main dans celle du jeune homme qui ne bougeait toujours pas, puis, se remettant peu à peu, elle dit à voix haute : \u2014 Arnold, si vous saviez combien je suis heureuse, ce soir ! Le comte eut alors un fort tressaillement, comme si les paroles de la jeune femme l\u2019avaient tiré d\u2019un songe.Vivement, il posa son regard sur elle et très longuement, il l\u2019examina.\u2014 Pourquoi me regardez-vous ainsi ?demanda enfin Geneviève qui se sentait infiniment gênée par cette minutieuse observation.\u2014 Pourquoi ?parce que je cherche quelle raison principale vous rend si heureuse ! Sa voix était à peine ironique et son regard n\u2019était ni sévère, ni moqueur.Cette attitude encouragea la jeune femme.\u2014 Oh ! la raison en est fort simple! Tout d\u2019abord, j\u2019éprouve un plaisir infini à revoir notre cher Cantal, puis je me sens réellement heureuse à la pensée que je vais enfin connaître Combe- Nègre.\u2014 Vous savez, ce château ne ressemble en aucune façon à la splendide villa Daniela, riposta le comte ironique.Par comparaison, il a plutôt l\u2019air d\u2019une forteresse.C\u2019est un édifice de pierres grises, encastré dans le flanc de la montagne, tel un nid d\u2019hirondelle sur la muraille d\u2019un vieux donjon.Vous n\u2019y trouverez ni bosquets, ni corbeilles, ni parterres de fleurs.Le jardin est la forêt elle-même, avec sa végétation sauvage.Seuls, le silence qui l'entoure et la vue dont on y jouit sont les vrais mérites de ce vieux manoir.\u2014 Mais c\u2019est beaucoup, cela! \u2014 Néanmoins, je crains bien que vous ne vous lassiez très vite de ses charmes fort contestés.I] est donc inutile de vous réjouir si tôt.\u2014 Ah! comme vous vous entendez à désillusionner ! riposta Geneviève d\u2019un ton amer.-\u2014 Je ne vous désillusionne pas; je préviens seulement votre déception possible.Tant mieux si vous vous accommodez sans effort du genre d\u2019existence qui vous attend, jeta le comte d\u2019une voix brève.\u2014 Mais avec vous, Arnold, je ne m\u2019ennuierai pas, fit remarquer tristement Geneviève.\u2014 C\u2019est qu\u2019alors vous ne serez pas difficile à satisfaire, objecta encore M.de Nozières avec une pointe d\u2019ironie.Il ne faut pa soublier que vous n\u2019aurez à compter sur moi, ni moralement, ni sentimentalement.Un vif dépit bouleversa une minute le cœur de Geneviève et elle allait retirer sa main qui était restée \u2014 chose incroyable! \u2014 dans celle d\u2019Arnold, lorsque, soudain, elle se ravisa.Quelques instants encore, elle resta silencieuse, puis bientôt elle reprit d\u2019une voix douce, comme si rien déjà n\u2019avait été dit entre eux : \u2014 Vous ne pouvez vous imaginer, Arnold, à quel point je suis heureuse de pouvoir enfin parcourir toute cette contrée.Depuis que j'ai lu votre livre sur le Cantal où vous expliquez si clairement et avec tant de poésie l\u2019origine de ses volcans, de ses cratères, de ses puys, ce pays m'intéresse à un degré que vous ne soupçonnez même pas.Dès les premier mots, Arnold avait brusquement lâché la main de Geneviève; puis, s\u2019étant retourné vers elle, son regard fureteur et plein d\u2019intérêt la dévisageait avec insistance.\u2014 Ne me regardez donc pas avec autant de surprise, reprit la jeune femme dans un léger rire, j'aime beaucoup voire prose, monsieur ! Le comte s\u2019inclina avec un peu d\u2019ostentation et une ironie malicieuse pétillait dans ses prunelles couleur de mer.\u2014 Dans quel sens faut-il interpréter vos paroles, chère dame ?Sincérité ?Flatterie ?Moquerie ?\u2014 Oh ! jeta-t-elle blessée et soudainement triste.Il faudra donc toujours que vous suspectiez mes sentiments, mes moindres réflexions ! \u2014 Si vous étiez sincère, dit Arnold avec amertume, vous seriez tellement différente de toutes les femmes que j'ai connues ! \u2014 Allons, Geneviéve, regardez-moi, reprit M.de Nozières avec un coup d\u2019eeil d\u2019impatience irritée.Vous m\u2019en voulez beaucoup de ma réponse ?\u2014 Non .mais je suis peinée de constater, une fois de plus, combien vous vous montrez incrédule, surtout en ce qui me concerne, ajouta-t-elle en levant sur lui des yeux luisants de pleurs.Arnold détourna ses yeux des belles prunelles implorantes et brusquement son visage se durcit.Un lourd silence tomba entre eux et, avant qu\u2019ils ne l\u2019aient brisé, le train stoppait à la station du Lioran.L\u2019auto du comte de Nozières attendait sous les marronniers touffus de la cour.Léon, un des deux domestiques d\u2019Arnold, celui qui faisait tour à tour office de valet de chambre et de chauffeur, s\u2019empressa auprès de son maître.Après avoir installé Geneviève sur les moelleux coussins de velours gris, Arnold s\u2019empara avec joie du volant, en deux minutes l\u2019automobile passait déjà au hameau des Chazes.Comme le chemin vicinal grimpait à flancs de montagne, le comte ralentit son allure et Geneviève 39 Ponuchi Parfait ! Fudge Parfait / 4 détaillez en carrés.vou: ÉGRAT Jamais RAISES pu CUISINE Lait Cagle PENUCHI MERVEILLE 2 tasses cassonade 4 tasse eau Mêlez la cassonade et l'eau dans une grande casserole et portez à ébullition; ajoutez le Lait Eagle Condensé-Sucré et faites mijoter sur un feu doux, jusqu'à ce que le mélange, essayé à l\u2019eau froide, forme une boule ferme (280°F \u2014235\"F.) Remuez constamment, pour empêche: de brâler.Retirez du feu.Ajoutez les amandes hachées.Battez le démêlé jusqu\u2019à consistance épaisse et crémeuse.Versez dans une lèchefrite beurrée.@ Cette recette produit un penuchi crémeux et lisse à souhait.Avec le Lait Eagle, on prépare le meilleur fudge que vous ayez jamais mangé! La recette de ce fudge se trouve dans le livret GRATIS, offert ci-après.) © Mais rappelez-vous que le Lait Eavaporé ne réussit pas cette recette ! Vous devez employer du Lait Condensé-Sucré.Souvenez- 14 tasse Lait Eagle Condensé-Sucré tasse amandes hachées Refroidissez et s du nom: Lait Eagle.HE AR IS | Livre de Recettes Unique au Monde] Livre Illustré en rotogravures (80 photographies) décrivant de surprenants raccourcis, 130 recettes, y compris de savoureux Bonbons! Glace au chocolat en 5 minutes, toujours us peus \" réussie! Pouding au Caramel qui se fait tout seul! Macarons à deux ÉTONNANTS 4 Pireicionts: Mayonnaise par agitation! Crémes glacées (au réfrigérateur COURCIS 23 ou à la sorbetière)! Gâteaux À froid! Sauces! Cossetardes! Petits Fours! n° à THE BORDEN CO., LIMITED, Yardley House, eg i Nom Rue Ville.T\u2014105 Prov.(Prière d'écrire nom et adresse en lettres moulées) LA REVUE POPULAIRE.Province ou Etat 975, rue de Bullion, COUPON D\u2019ABONNEMENT La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (Etats Unis : $1.75 pour 1 an ou 90 cents pour 6 mois) d\u2019abonnement a F1 2 AT POIRIER, BESETTE & CIE LIMITEE MONTREAL, Canada 40 Souvent la Maladie nous Surprend De nombreux malaises dont les suites sont graves peuvent être rapidement enrayés dès leur apparition.Chaque maison devrait avoir des sacs à eau pour ces cas d'urgence.Les sacs à eau Viceroy sont de qualité supérieure \u2014 et se distinguent par la beauté de leur couleur et de leur forme.SACS A EAU Faits au Canada MERES SAINES \u2014 ENFANTS VIGOUREUX Jeunes femmes qui serez bientôt mères veillez à votre santé afin que cette importante fonction de votre vie s\u2019accomplisse aussi normalement que possible.Beaucoup de jeunes femmies faute d'avoir pris les précautions nécessaires et de s'être soignées convenablement, au début, ont compromis non seulement leur propre santé mais aussi celle de leur enfant.Jeunes femmes qui éprouvez quelques symptômes de maladies féminines (beau-mal) n'hésitez pas à demander aux PILULES FEMOL la santé et la vitalité indispensables à cette époque.En les prenant régulièrement avant et après l'événement elles vous éviteront bien des maux et accidents.C'est un remède efficace sur lequel les femmes peuvent toujours compter.LES PIPULES FEMOL se vendent partout $1.00 la boîte de 60 pilules, ou vous seront expédiées poste payée sur réception du prix.Institut Caso Dépt.6 \u2014 Place Royale Montréal.4 émerveillée pouvait contempler le pays qu\u2019elle traversait.A droite du chemin, une coulée de verdure dévalait jusqu\u2019à la Cère qui roulait ses eaux bouillonnantes au fond d\u2019une combe, dans un fouillis de plantes et de rochers.Au-dessus de la ligne des monts, le ciel se mourait dans une splendeur d\u2019opale et, peu à peu, la nuit qui descendait engloutit dans son ombre les vallées bleutées et mélangea les bois aux pâturages le long des pentes.Il faisait tout à fait brun lorsque la voiture s'arrêta devant Combe-Nègre.Vaguement, Geneviève aperçut la masse sombre d\u2019un édifice et deux tourelles coiffées en éteignoirs, qui avancaient leur forme cylindrique au-dessus du chemin gazonné.Léon, qui était prestement descendu de l\u2019automobile, agita une grosse cloche dont le son se répereuta longtemps dans la paix infinie des choses.Alors, un grand portail massif et ferré, percé d\u2019un judas à grille et dont la voûte de pierre, en plein cintre, était toute sculptée, s\u2019ouvrit lourdement.La voiture roula sur le sable d\u2019une allée montante pour s\u2019arrêter, l\u2019instant d\u2019après, devant un haut perron de granit.Là, sous la saillie d\u2019un large auvent d\u2019où retombaient des guirlandes de verdure, Catherine Chenevasse attendait ses maîtres, avec Jérôme, le deuxième serviteur.Une lumière électrique éclaira soudain le perron et Geneviève put se rendre compte de l\u2019éclair de joie qui passa dans le regard de l\u2019ancienne nourrice.Maintenant, les deux mains jointes, elle s\u2019inclinait devant Arnold dans une attitude d\u2019adoration et de profonde déférence; mais le comte la prit par les épaules et l\u2019aitirant à lui, il l\u2019embrassa.\u2014 Mon cher comte.mon cher comte ! balbuliait Catherine bouleversée.Geneviève, que cette scène avait beaucoup étonnée, tendit la main à la vieille femme, mais celle-ci, tout en s\u2019inclinant respectueusement sur cette main qui lui était offerte, ne manifesta ni plaisir, ni sympathie.Geneviève en éprouva comme un froid glacial au cœur, et toute pensive, elle suivit son mari qui désirait la conduire lui-même à son appartement.C\u2019était encore à la nourrice d\u2019Arnold qu\u2019elle pensait lorsque celui-ci vint la reprendre pour descendre à la salle à manger.\u2014 Vous m'\u2019excuserez, Geneviève, dit-il aussitôt, de ne point vous avoir donné une chambre plus moderne.Mais ici, tout est ancien et avant notre mariage le temps m\u2019a tellement fait défaut qu\u2019il ne m\u2019est point venu à l\u2019idée de vous consulter sur vos goûts.Et puis, vous me paraissiez alors si raisonnable, qu\u2019il me semblait que vous vous accommoderiez de tout.\u2014 Et maintenant .demanda malicieusement Geneviève, que vous en semble-t- il ?\u2014 Hum! vous êtes assurément plus compliquée que vous en avez l\u2019air.Vous êtes effroyablement femme ! \u2014 Et c\u2019est un grave défaut à vos yeux, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Assez grave.en effet.dit le comte d\u2019un air à la fois badin et placide, mais que démentait l\u2019ardente flamme du regard.\u2014 Eh bien, rassurez vous, reprit Gene- viéve avec un sourire indéfinissable, cette chambre me plait beaucoup.Jaime ses tentures de soie vert-pâle, semée de verveines roses.C\u2019est charmant et rococo à l\u2019infini.« Mais, au reste, jeta-t-elle négligemment tout en s\u2019épinglant à l\u2019épaule un bouquet d\u2019œillets, que peut bien vous faire mon appréciation, puisque, d\u2019avance vous ne me croyez pas ?\u2014 Cela dépend de ce que vous exprimez, belle ergoteuse ! dit Arnold en esquissant quelques pas vers la jeune femme.D'ailleurs, je me crois assez perspicace.Et tenez.en ce moment même, quelle pensée vous préoccupe donc au point qu\u2019une ombre voile votre regard ?\u2014 C\u2019est la double attitude de Catherine qui m\u2019a beaucoup déconcertée dès mon arrivée ici.Après les manifestations d\u2019adoration et de tendresse qu\u2019elle a eues pour vous, la froideur dont elle m\u2019a gratifiée me donne à réfléchir.En vérité, on la croirait prévenue contre moi, et je ne vous cacherai pas qu\u2019en j'en éprouve une appréhension et une peine.Un instant, le comte de Nozières garda le silence.Son regard pénétrant enveloppait Geneviève et un sourire énigmatique effleura ses lèvres lorsqu\u2019il rencontra les yeux un peu inquiets qui se levaient sur lui.\u2014 Allons, petite sensitive, que crai- gnez-vous avec moi ?Je suis le maître ici, l\u2019auriez-vous déjà oublié ?Il prit la petite main de Geneviève qu\u2019il posa sur son bras, et il entraîna la jeune femme à travers plusieurs pièces, toute de style Louis XVI, et qui renfermaient un grand nombre de tableaux de valeur.Par exception, la blibliothèque-studio où se tenait uniquement Arnold était à la fois de style oriental et moderne.lci, trônaient tous les souvenirs que le jeune honime avait rapportés de ses lointains voyages et les tapis de Kairouan, les soieries de Perse, les coussins moelleux et des multiples objets turcs, arabes et syriens envahissaient toute la salle.Seul, le portrait d\u2019un petit garçon de cinq à six ans, œuvre d\u2019un peintre moderne et parisien, tranchait sur toutes ces choses exotiques.Pensive, Geneviève s\u2019arrêta devant cette peinture saisissante, non seulement par le talent de l'artiste, mais surtout par la physionomie du modèle.De grands yeux gris, frangés de longs cils noirs, à l\u2019expression intelligente et rêveuse, éclairaient un visage mutin, à l\u2019ovale plein et à la peau très blanche.Des boucles soyeuses d\u2019une teinte de châtaigne mûre coiffaient celle tête d'enfant joli et sympathique.Immédiatement, Geneviève pensa au petit Richard, ce fils d\u2019Arnold mort à l\u2019âge de six ans.Alors, une sensation très vive le bouleversa jusqu\u2019au plus profond d\u2019elle-même et elle fut un temps avant de pouvoir articuler une seule parole.\u2014 Arnold.c\u2019est votre fils ?Il a vos yeux.remarcfua-t-elle en plosant sa douce main sur le bras de son mari.Et, comme, très ému, le comte acquiesçait seulement d\u2019un mouvement de la tête, elle reprit : \u2014 Oh! qu\u2019il était beau! et quelle nature charmante il devait posséder! Tout, dans sa physionomie nous la révèle.\u2014 I était devenu ma seule raison d\u2019exister, dit sourdement Arnold, qui ne détachait pas ses yeux de l\u2019image de son fils.Très émue, Geneviève leva son regard sur M.de Nozières, et elle fut infiniment surprise de voir ce visage tourmenté, ordinairement si froid, s\u2019éclairer d\u2019une étrange et suave douceur.Alors, d\u2019un geste spontané et silencieux, elle détacha de son corsage le bouquet d\u2019œillets blancs qui l\u2019ornait et elle le déposa dans un vase posé au pied même de la peinture, sur une console sculptée en cèdre du Liban.Arnold l\u2019avait avidement suivie du regard et, au moment où la jeune femme faisait mine de s\u2019éloigner, il saisit la petite main qui avait offert les fleurs et dévotement il la porta à ses lèvres.Son baiser fut si chaud et si passionné que, n\u2019en ayant encore jamais reçu de semblable, Geneviève crut s\u2019évanouir.Elle ferma les yeux devant le vertige qui l\u2019avait brusquement saisie et elle fut entraînée à la salle à manger sans qu\u2019elle en eût complètement conscience.Lorsqu\u2019elle parvint à rassembler tous ses esprits, elle était à table, et fort surprise de retrouver en face d\u2019elle un Arnold au visage légèrement ironique où toute trace d\u2019émotion avait disparu et qui parlait avec une aisance tranquille.\u2014 Mon Dieu ! quel homme est-il donc?- q se demandait-elle en se mordant les lèvres de dépit.« Quelle puissance de volonté déploit-t- il pour dissimuler ainsi le véritable fond de sa nature ! «Ou bien aurais-je rêvé ?» Non, Geneviève n\u2019avait point rêvé, Elle sentait encore sur sa main, impregnée dans sa chair, la sensation brûlante du baiser d\u2019Arnold.Chapitre VI Le repas de midi venait de s\u2019achever dans un profond silence, plein de rêverie pour M.de Nozières et lourd de tristesse pour Geneviève.Tout en reposant sa tasse de café sur la table, Arnold se leva et, lentement, après un placide: «Au revoir, Geneviève», il quitta la salle à manger.LA REVUE POPULAIRE Alors, la jeune femme exhala un long soupir et, s\u2019étant levée à' son tour, elle morta dans sa chambre.\u2018 Un instant après, elle était accoudée à la balustrade d\u2019un balcon en ferronnerie ancienne et, pour détourner ses pénibles réflexions, elle contempla l\u2019immensité, mais ne trouva qu\u2019elle-même.Au dehors, aucun souffle ne s\u2019élevait; une chaleur lourde d'orage pesait sur les êtres et les choses Une buée grise s\u2019étirait comme une fine poussière au-dessus de la vallée de la Cère, tandis que le Puy Griou, qui ressemble au Cervin, avait déjà sa pointe effilée dévorée par un énorme cumulus orageux.Une odeur pénétrante d\u2019aromates flottait plus alanguie dans l\u2019atmosphère dense.En l\u2019espace libre qui sépare la montagne de Com- be-Nègre de celle du Lioran, un vautour passa.Son cri soutenu et cadencé, aux vibrations mélancoliques, déchirait le silence infini de ces lieux sauvages, et Geneviève pensa que ce sinistre oiseau devait être tourmenté, comme elle, d\u2019une secrète passion que racontaient ses eris et ses plaintes.Bientôt la pluie se mit à tomber, âpre et drue, tel un grain au bord de la mer; elle s\u2019abattait sur les monts avec une rage infernale.Dans le lointain, vers le Puy Mary, un éclair sabra le ciel.Toute frissonnante, Geneviève ferma vivement la fenêtre et bientôt, pelotonnée dans une bergère, elle resta inactive et désemparée à étouter le bruit de la foudre et le crépitement de la pluie.Ordinairement, chaque jour, la jeune femme employait ses loisirs à des promenades charitables, soit à travers les hameaux épars dans la montagne, soit à Saint-Jacques-des-Blats.Dans ce villace maintenant, elle était connue et aimée de tous, atendue avec une vive impatience par les vieillards et les enfants.Cette bonté qu\u2019elle déployait, là-bas, au dispensaire de Saint-Flour, elle la dépensait à présent auprès des malheureux et des malades de la région, et cette charitable habitude l\u2019aidait à combler le vide de son existence.Mais aujourd'hui, par ce temps affreux, elle ne pouvait songer à quitter Combe- Nègre.La tête appuyée dans le creux de son bras, elle était prête à pleurer sur son sort qui lui paraissait soudainement lamentable; alors, un désir fou de retourner reprendre chez elle, à Saint- Flour, sa vie paisible d\u2019autrefois, s\u2019empara d\u2019elle avec violence.Depuis un mois, depuis que le comte avait amené sa jeune femme au château de Combe-Nègre, chaque jour, il s\u2019enfermait dans la bibliothèque et Geneviève ne le voyait qu\u2019aux heures des repas, où sa froideur polie et son indifférence donnaient bien à la jeune comtesse la note des rapports exempts de toute sntimentalité qu\u2019il désirait échanger avec elle.L\u2019émotion du premier soir, devant le portrait du petit Richard, n\u2019avait été suivie d\u2019aucune autre et comme chacun des deux jeunes gens restail sur ses positions, il n\u2019y avait pas lieu de croire que cette situation se modifiât dans l\u2019avenir.Pourtant, Geneviève souffrait de cet état de choses et Arnold restait confondu devant l\u2019attitude si exceptionnelle de sa femme.Il s\u2019aitendait si peu à une telle soumission, qu\u2019en face du calme imperturbable de Geneviève, il devenait inquiet, nerveux, s\u2019irritant même de cette froide placidité qui ,frisait l\u2019impertinence ».se disait-il avec amertume.Mais la jeune femme, bien loin de soupçonner l\u2019étrange sentiment de son mari, s\u2019appliquait au contraire à se montrer indifférente, alors que son cœur brûlait de tendresse; car, en dépit de tout ce qu\u2019il y avait d\u2019inquiétant dans le caractère d\u2019Arnold, elle l\u2019aimait tous les jours davanatage.Lasse d\u2019écouter la pluie tomber et de frémir au bruit du tonnerre, Geneviève quitta bientôt la bergère où elle rêvait pour s\u2019installer devant un petit secrétaire en bois des Îles, et, ouvrant son cher cahier mauve, elle se mit à écrire.Combe-Nègre, 17 juillet.«Mon Dieu, Arnold ne changerait-il jamais ?Serais-je donc destinée à ne supporter toujours que son insensibilité et sa rancœur ?Me serais-je abusée à ce point sur mon influence en jurant à moi-même, voilà bientôt deux mois, qu\u2019il finirait par m\u2019aimer ! Octobre 1935 « Hélas! chaque jour, sa neutralité est plus accusée, malgré cette attirance qui, parfois, le jette vers moi.Ah ! non, ces courts instants d\u2019intimité conjugale qui m\u2019affolent et que je redoute dans la peur de laisser apparaître, à ces courts moments-là, la tendresse qui est en moi et que je déplore comme une faute, est bien loin du véritable amour dont je rêve.Pour cela, il faut, avant tout, une union d\u2019âme et d\u2019esprit, une confiance absolue, un besoin infini de la présence de l\u2019objet aimé, exactement tout le contraire de ce qu\u2019Arnold éprouve pour moi.«Lui, il dédaigne ma société, il m\u2019abandonne des jours entiers a mes propres forces, insoucieux de l\u2019emploi de mon temps.Jamais il ne me confierait la plus petite parcelle de ses pensées ni de ses aspirations; aucune intimité intellectuelle ou sentimentale n\u2019existe entre nous et j\u2019éprouve simplement la décevante sensation d\u2019être à sa merci, sa propriété, sa chose, sans recevoir cette tendresse amoureuse qui conetitue pour nous autres femmes l'unique et vrai bonheur.« Aussi, froissée dans mon amour et dans ma délicatesse, je tremble sans cesse à l\u2019idée effarante qu\u2019il pourrait deviner la folie de mon cœur pour en rire ou pour en railler.«Chaque jour, je me reproche de tant l'aimer, d\u2019éprouver quand même de l\u2019ivresse, malgré toute la révolte qui m\u2019anime, à ces minutes où, moi, je suis si entièrement à lui.«Ah! que ne donnerais-je pas pour posséder une heure de douce intimité sentimentale et intellectueule avec ce mari qui m\u2019échappe un peu plus chaque jour, une heure où je sentirais vibrer son âme à l\u2019unisson de la mienne! Mais il se soucie moins de la pauvre Geneviève que de Catherine Chenevasse et, dans ses court entretiens avec la nourrice, il laisse apparaître plus de vraie tendresse que dans ces minutes passionnées qui l\u2019amènent à moi.«Ah! s\u2019il connaissait cependant tout ce qui se cache de passion et d\u2019amour dans mes attitudes insouciantes ou lége- rement moqueuses! S\u2019il savait que lorsque je le reçois avec indifférence, mon cœur palpite du désir fou de me glisser entre ses bras, de me serrer contre sa poitrine, de poser mon visage sous ses lèvres pour qu\u2019il sente ses baisers.Mais cette folie, je ne l\u2019ai pas encore trahie, heureusement; elle est mon secret torturant, à la fois terrible et doux.» Ici, Geneviève sursauta très fort, car la grosse cloche du portail à judas venait de vibrer dans l\u2019air humide.Il était si rare de recevoir des visites en ce vieux manoir accroché à la montagne et que, seule, la corneille fréquentait, que la jeune femme se leva toute secouée.L\u2019instant d\u2019après, Catherine frappait à sa chambre.Elle venait prévenir que M.le curé deSaint-Jacques, surpris par Porage, s\u2019était réfugié à Combe-Nègre et qu\u2019il se montrait désireux de parler à madame la Comtesse.Du coup, cette salutaire diversion ranima le courage de Geneviève et, après avoir, grâce à un fermoir spécial, refermé à clef le cahier mauve, elle se dirigea en toute hâte vers le salon.Cette pièce, qui était fort grande et ornée de meubles Louis XVI, avait été, tout en conservant son caractère de l\u2019époque, presque entièrement transformée par Geneviève.Sans rien enlever du mobilier, la jeune femme avait divisé cette salle immense, par des paravents aux teintes claires, en deux parties égales et rassemblé d\u2019un seul côté, autour d\u2019un guéridon en marqueterie, les fauteuils les moins fanés sur lesquels elle avait néanmoins jeté des coussins soyeux, brodés ou peints par elle-même.Un sofa avait été amené tout près de la haute cheminée, où un feu de bois se tenait toujours prêt à flamber.Mais tous ces changements étaient restés inconnus du comte de Nozières, pour la bonne raison que, depuis un mois, chaque jour, ce dernier avait quitté Geneviève dès leurs repas achevés.Deux fois, Arnold avait bien invité sa jeune femme à venir le retrouver à la bibliothèque pour prendre une tasse de thé, mais cette condescendance si rare du comte n\u2019avait aucunement donné lieu à une intimité plus grande entre les deux Jeunes gens.Lorsque la comtesse de Nozières pénétra dans le salon, le curé de Saint-Jac- ques était debout devant une fenêtre, n\u2019osant remuer, un peu interdit à la vue de ses pieds chaussés de gros souliers ferrés, tout ruisselants de pluie.C\u2019était un homme qui avait dépassé la soixante, presque un vieillard, d\u2019apparence chétive, aux épaules maigres et un peu voûtées.Sa tête chenue n\u2019attirait l\u2019attention que par la bonté profonde qui s\u2019épandait sur tout son visage et qui adoucissait le regard aigu de ses yeux bleus.\u2014 Madame la Comtesse, s\u2019écria-t-il, c\u2019est à la cuisine qu\u2019il fallait me recevoir et non ici ! \u2014 N\u2019exprimez donc pas de si belles sottises monsieur le Curé, riposta Geneviève avec un aimable sourire et en lui tendant la main.« Approchez donc plutôt de la cheminée, vous allez voir, dans une minute, vos chaussures seront sèches ! Et d\u2019un geste prompt, la jeune femme frotta une allumette et mit le feu au monticule de brindilles et de bâches entassées sur les chenêts.Bientôt, une flamme claire pétilla dans l\u2019âtre, et la comtesse, après avoir avancé un siège pour M.le Curé, s\u2019installa elle-même sur le divan vieux rose.Avec un petit frisson qui lui secoua les épaules, Geneviève reprit : \u2014 Bigre ! dans nos montagnes, dès qu\u2019il pleut, on endure facilement une flambée! Je vois, monsieur le Curé, que vous partagez tout à fait mon avis, car vous n'offrez pas une mine brillante.L'abbé, en effet, était un peu pâle et ses yeux au regard vif n\u2019exprimaient pas leur assurance habituelle.Toute sa physionomie respirait une vague crainte ou une grande timidité, ce qui ne laissait pas que d\u2019étonner Geneviève.\u2014 Rassurez-vous, madame, je n\u2019éprouve aucun malaise physique.Seuls, de pénibles souvenirs sont la raison d\u2019un trouble passager.« Excusez-moi, si je vous cause quelque peine, mais vous me comprendrez mieux lorsque vous saurez que je ne suis jamais revenu à Combe-Nègre depuis la mort tragique de la comtesse Suzanne.A ces paroles, Geneviève avait ressenti une vive émotion et son teint de muguet était devenu plus blanc encore.\u2014 Monsieur le Curé, dit-elle d\u2019une voix basse, un peu tremblée, ces souvenirs sont done si pénibles qu\u2019après tant d\u2019années écoulées, vous en soyez encore tellement ému ?\u2014 Oui, madame, car c\u2019est moi qui ai assisté la comtesse Suzanne à ses derniers moments.\u2014 J'avais cru sa mort instantanée ?\u2014 Non, \u2018heureusement pour son âme, répondit l\u2019abbé d\u2019un air contraint.Avec un regard poignant, Geneviève se pencha vers le curé et elle allait l\u2019interroger encore lorsque la porte du salon s\u2019ouvrit: c\u2019était M.de N'ozières.D\u2019un geste impulsif, la jeune femme s\u2019éloigna brusquement du prétre et encore toute à son émoi, elle passa sa main tremblante sur son front pâle.Ce trouble n\u2019échappa point au comte dont les yeux s\u2019assombrirent subitement.Alors, posant un regard irrité sur l\u2019abbé qui s\u2019était levé, il dit d\u2019une voix brève, nuancée d\u2019ironie : \u2014 Monsieur le Curé, en voila une surprise ! Est-ce bien seulement l\u2019orage qui nous vaut l\u2019honneur de votre visite ?\u2014 Non, mon cher Comte, riposta l\u2019abbé en regardant bien en face son interlocuteur.L\u2019averse n\u2019eût pas été motif suffisant pour vous demander l'hospitalité, il me fallait une tout autre raison pour sonner à la porte de votre château.« Je descends du buron de Mège-Coste où le « boutilier », à la suite d\u2019une blessure à la cheville, se sent fort mal au- jourd\u2019hui.Comme tous nos montagnards, ce brave homme connaît les bontés de Mme de Nozières, aussi réclame-t-il vivement sa visite, m\u2019ayant affirmé qu\u2019elle seule était capable de le guérir.«Il paraît, ajouta l\u2019ecclésiatisque en s\u2019adressant à Geneviève, que vous connaissez tous les secrets pour endiguer la fièvre.\u2014 Ce brave Fulcran exagère, dit la jeune femme en se levant, mais qu\u2019importe ,puisqu\u2019il a besoin de mes services, je ne saurais me dérober.\u2014 Comment, Geneviève ! s\u2019écria Arnold, vous ne songez tout de même pas à partir pour Mège-Coste par un temps pareil! Et puis, enfin, vous pourriez fort bien vous égarer ! Pendant une seconde, un sourire de légère ironie vint effleurer les lèvres rouges de la jeune femme : \u2014 Vous oubliez, dit-elle, que depuis un mois je sors seule, chaque jour, et que, par conséquent, je commence à connai- tre la contrée.\u2014 Au reste, ajouta le prêtre, Rémi, le pâtre de Mège-Coste, qui est en bas, attend Mme la Comtesse.\u2014 Qu\u2019importe ! objecta encore le comte avec humeur, vous ne connaissez pas ces gens, Geneviève ! \u2014 Si fait! Je les ai rencontrés bien souvent à travers mes promenades solitaires.11 est donc tout à fait superflu de vous Llourmenter ainsi.\u2014 Vous pourriez au moins vous assurer que l\u2019orage est terminé.Ces violentes averses récidivent si souvent.\u2014 En effet.approuva le curé de Saint-Jacques.\u2014 Pour cela, je vous le concède, lança Geneviève souriante, mais vous me permettrez bien de me retirer pour changer de costume.Restés seuls, le comte et l\u2019abbé gardèrent quelques instants un silence réciproque.Arnold examinait tout, autour de lui, avec un (rès vil intérêt, saisi des changements heureux opérés au grand salon de son enfance, qu\u2019il avait, au reste, toujours jugé d\u2019une sévérité rébarbative.Dans tous les vases, des gerbes de digitales épanouissaient leurs larges gobelets roses, pointillés de pourpre.Sur la corbeille à ouvrage, un travail inachevé de broderie avait été déposé à la diable; des livres, que l\u2019on devinait lus et relus souvent, se dressaient sur le guéridon en compagnie d\u2019un vase de fleurs, d\u2019une bonbonnière de Chine, d\u2019un sous- main en cuir de Russie, et tout ce péle- méle voulu donnait a la pièce un air intime qui plut infiniment aux goûts artistiques de M.de Nozières.D\u2019un geste distrait, celui-ci, qui était resté debout devant la table, feuilletait quelques-uns des livres entassés là.Soudain, il reçut comme un petit choc au cœur: parmi ces bouquins aux reliures soignées, il venait de découvrir plusieurs œuvres signées de son nom à lui.«Il serait donc vrai que Geneviève s\u2019intéressait sincèrement à son talent d\u2019écrivain ?» Il en était là de ses réflexions, lorsque tout à coup le curé, qui avait discrètement observé Arnold, se prit à dire : \u2014 Mon cher Comte, me permettez-vous de vous féliciter ?\u2014 Me féliciter?Et de quoi, grand Dieu ! interrogea le jeune homme qui songeait à son dernier livre paru.\u2014 Mais de votre choix ! La cometsse Geneviève est bien la plus digne personne que je connaisse.Elle est belle, charmante, intelligente, douce et charitable à l\u2019infini.Je crois sincèrement, Comte, que vous allez être enfin heureux.Un rire plein de nervosité fut la seule réponse de M.de Nozières.Et, en le regardant avec une certaine défiance, le curé s\u2019aperçut que les lèvres d\u2019Arnold devenues blanches souriaient avec une cruelle ironie.Sans nul doute, ses malencontreuses paroles avaient choqué son châtelain.Mais l\u2019abbé n\u2019eut garde de les regretter; au contraire, il reprit : \u2014 Pourquoi riez-vous, Comte ?Dou- teriez-vous de ma sincérité ?Ah! si vous pouviez connaître l\u2019opinion de notre population de Saint-Jacques, vous sauriez qu\u2019ici tout le monde aime la comtesse Geneviève.\u2014Sauf moi! nold.L\u2019abbé eut un brusque recul et ses yeux effarés fixèrent un instant M.de Nozières.\u2014 Eh bien, reprit celui-ci, ne soyez donc pas aussi étonné de ma riposte, mon cher Curé.Fai été assez suffisamment payé pour devenir prudent, n\u2019est-ce pas?Après tout, la comtesse Geneviève n\u2019est peut-être qu\u2019un tantinet plus habile que Marthe et Suzanne ! \u2014 Ciel! quel blasphème ! s\u2019exclama l\u2019abbé d\u2019un air outré.Seriez-vous, Comte, à ce point aveugle ou vindicatif ! La Comtesse ne possède-t-elle pas un passé qui l\u2019honore ! Ses actes d\u2019aujourd\u2019hui ne sont-ils pas la pure réplique de ceux d'hier ! jeta railleusement Ar- 41 Pas nécessaire de toucher avec vos mains LA besogne domestique la plus ennuyeuse est devenue la plus facile.Sani-Flush élimine tous les embarras du nettoyage des bols de cabinet.Pas de frottage ni de récurage.Répandez simplement un peu de Sani-Flush dans le bol (Mode d\u2019emploi sur la boîte).Tirez la chasse-d\u2019eau.C\u2019est tout.Sani-Finsh permet une plus grand propreté et plus d\u2019hygiène.Taches et saletés disparaissent instantanément.La toilette brille comme une neuve.Microbes et odeurs sont tous emportés.Les coins que l\u2019on ne peut atteindre sont nettoyés et purifiés.Sani-Flush ne peut endommager la tuyauterie.Il est aussi très efficace pour le nettoyage des radiateurs d'automobile (mode d\u2019emploi sur la boîte}.En vente dans les épiceries, pharmacies et quincailleries \u2014 boîte de 25c et 15c.Fabriqué au Canada.Concez- sionnaires : Harold F.Ritchie & Company, Ltd, Toronto.Sani-Flush SANS FROTTAGE LES BOLS DE CABINET BIENFAISANTE AUX PERSONNES AGEES Aux repas, errtre les repas et au coucher I~ OVAILTINE PNT RL TTT SCILE Nouvelles complètes, feuilletons, notes encyclopédiques.pages humoristiques, etc.le tout se renferme dans LE SAMEDI En vente cocoons 42 ww GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE Toutes les femmes doivent être belles et vigoureuses, et toutes Do peuvent l'être grâce au Traitement Myrriam Dubreuil a Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir votre sang avec le Traitement Myrrium Dubreuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l'action bietfaisante du Traitement.I! me rite la plus entière confiance, car il est le résultat de longues études consciencieuses.Le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL est un tonique reconstituant et possédant la propriété de rafformir et de développer la poitrine en même temps que sous son action se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu'à la femme.Engraisse rapidement les personnes maigres GRATIS.Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons Gratis motre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon Myrriam Dubreuil.Netre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Correspondance strictement Confidentielle.Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 hrs à 5 hrs p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL 5920, rue Durocher, près Bernard Bolte Postale 2353 \u2014 Dépt.2 Montréal, Canada._\u2014\u2014\u2014 «Ah! Monsieur Arnold, continua le curé, oubliant, dans son émotion, les années qui avaient si cruellement séparé le jeune homme enthousiaste qu\u2019il avait connu, du comte hautain et ironique dressé devant lui, monsieur Arnold, je suis bien certain que vous seviez dans l\u2019im- possibilié de reprocher quoi que ce fût à Mme Geneviève.\u2014 Qui sait! riposta M.de Nozières avec une amertume si vive, qu\u2019elle l\u2019étonna lui-même.A peine ces mots étaient-ils exprimés que la jeune femme pénétrait de nouveau au salon.Vêtue d\u2019une robe en lainage gris très pâle, coiffée d\u2019un béret de laine blanche qui découvrait tnui un côté de ses beaux cheveux châtains aux reflets dorés, Geneviève était rayonnante de jeunesse et de grâce.Brusquement interrompus dans leur discussion, le comte et l\u2019ecclésiastique la regardèrent avancer comme dans un songe.Arnold esquissa même vers elle un vif mouvement qu\u2019il réprima presque aussitôt, tandis qu\u2019un pli de cclère venait barrer son front.\u2014 Monsieur le Curé, dit Geneviève, je viens prendre congé de vous.L\u2019orage étant difinitivement éloigné, je ne saurais donc attendre davantage.\u2014 Chère madame, répondit l\u2019abbé en s'inelinant cérémonieusement, veuillez redire à Fulcran que je retournerai le visiter demain, dans la soirée.Puis, s\u2019adressant à M.de Nozière méditatif et sombre : \u2014 Merci, Comte, de votre hospitalité et daignez vouloir m\u2019excuser d\u2019être venu troubler votre solitude.Un instant encore Arnold resta silencieux, puis : \u2014 J'espère, mon cher Curé, dit-il enfin, que vous n'en resterez pas sur cette visile imprévue et que vous reprendrez quelquefois le chemin du château.Je suis à peu près certain que la Comtesse vous saurait gré de la venir voir.Surpris et charmé tout ensemble, le bon curé de Saint-Jacques remereia chaudement M.de Nozières qui le reconduisait jusqu\u2019au perron.Geneviève, elle, en compagnie du pâtre, s\u2019éloignait déjà vers Mège-Coste.Un instant, à travers les hêtraies rabougries de Combe-Nègre, Arnold la suivit du regard, mais bientôt, la tache claire de sa robe disparut dans l\u2019inextricable fouillis de la forêt et brusquement le comte rentra au château.Chapitre VII A la lisière d\u2019une piste gazonnée où l\u2019herbe est molle, délicate, parfumée de thym et de menthe, fleurie d\u2019aconit et de gentiane, le buron de Mège-Coste étale ses pauvres murailles grises coiffées d\u2019un toit bas de vieilles tuiles brunes.Un bois de sapins tout proche lui envoie ses senteurs balsaniques et, non loin de là, les beaux rochers de Cascivières, abrupts et chauves, s\u2019avançent solitaires au-dessus du pâturage qu\u2019ils regardent depuis des milliers d\u2019années.Ici, l\u2019isolement est définitif, le silence infini, la retraite profonde.Au seuil du buron, Geneviève contemple ce cirque de verdure ct de roches enserrés de puys élevés.Son cœur bat d\u2019émotion et elle s\u2019émerveille au spectacle de tant de grandiose beauté.Mais peu à peu sa pensée retourne toute vers Arnold et elle éprouve soudain le vif désir de le revoir.Et quoiqu'\u2019elle se sente divinement bien dans ce frais pâturage qui embaume les menthes, dans ce long soir lumineux où frissonne un vent si pur, Geneviève va redescendre en hâte vers Combe-Nègre, guidée par cet émoi instinctif de son âme qui la conduit toujours et irrémédiablement vers Arnold.Pensive et frémissante, un peu irritée aussi de cette secrète faiblesse de son cœur, Geneviève maintenant se retourne vers le «boutilier » qui, harassé de fièvre, reste étendu sur un lit de fougères.Compatissante et simple, la jeune femme s\u2019incline sur le visage pitoyable, s\u2019empare du poignet de l\u2019homme, en compte les battements.La fièvre est tombée, la quinine a déjà agi.Toutefois, Mme de Nozières n\u2019est pas sans inquiétude, car il y a blessure et elle redoute l\u2019infection, le tétanos.: \u2014 Vous sentez-vous mieux, mon ami?demanda:-t-elle.\u2014 Oh! oui, ma bonne dame ! Aussi, je savais bien, moi, que vous sauriez me guérir ! \u2014 Mon brave Fulcran, dit-elle avec douceur, je ne vous ai pas guéri, je ne vous ai que soulagé.Il faudrait donc être raisonnable et appeler un médecin.\u2014 Il ne viendra jamais jusqu\u2019ici, vous le savez bien, madame la Comtesse.Puis, d\u2019une voix anxieuse : \u2014 C\u2019est donc que vous ne voulez plus me soigner ?\u2014 Nullement, mon ami, répondit Geneviève, mais vous comprenez bien pourtant que je ne saurais posséder la science d\u2019un médecin intelligent.Agenouillée à même les fougères où le montagnard était étendu, la jeune femme tamponnait avec un mouchoir très fin le front en sueur du blessé.Son visage incliné offrait cette grâce fine, séduisante et emplie de douceur des Vierges de Léonard de Vinci.Son profil était réellement beau, souligné par les boucles souples de ses cheveux bronzés et le grain de sa peau blanche possédait quelque chose de marmoréen.Soudain, Fulcran, qui venait de tourner ses yeux vers la porte, s\u2019écria d\u2019une voix sourde et avec une certaine stupeur : \u2014 Monsieur le Comte ! Geneviève était aussi stupidement émue que le «boutilier» Sa surprise était si vive qu\u2019elle resta clouée sur place et qu\u2019elle ne fit pas un mouvement à l\u2019approche de son mari.\u2014 Eh bien, mon brave, dit Arnold en s\u2019arrêtant devant Fulcran, vous sentez- vous mieux ?D\u2019un geste énergique, le montagnard parvint à se dresser sur son séant, puis il balbutia : \u2014 Monsieur le Comte.oui, je vais mieux.bien mieux même, depuis que votre dame est venue me soigner.«Ah! Monsieur le Comte ! reprit le vieux en s\u2019échauffant, permetlez-moi de vous dire que Mme la Comtesse n\u2019est pas une femme comme les autres.elle! Non, non, c\u2019est un ange de bonté, de douceur.\u2014 Fulcran ! voulez-vous bien vous taire ! s\u2019exclama vivement Geneviève dont le visage s\u2019était empourpré.\u2014 Si vous l\u2019aviez vue tout à l\u2019heure, monsieur le Comte, continua le bonhomme imperturbable, laver ma plaie, bander ma cheville, c\u2019est à peine si je sentais des doigts me frôler.Les mains de Sainte Elisabeth, bien sûr, ne devaient pas être plus douces ! Le comte souriait vaguement.Geneviève qui le regardait avec confusion fut alors toute surprise de retrouver cette suave douceur qui avait illuminé un instant le visage ironique d\u2019Arnold le soir de leur arrivée à Combe-Nègre, devant le portrait du petit Richard.Mais cette expression soudaine fut aussi fugitive que ce soir-là; presque aussitôt le visage de M.de Nozières redevint impénétrable et glacé.De sa haute taille, qui en imposait non seulement par sa force, mais surtout par son attitude de grand seigneur, Arnold dominait à la fois Geneviève et le vieux montagnard.\u2014 Geneviève, dit-il d\u2019une voix brève, je suis venu ici dans la crainte de vous voir vous attarder assez pour que la nuit vous surprenne en forêt.N\u2019ai-je pas eu raison de penser à cela ?\u2014 1! est évident que je n\u2019ai aucune, idée de l\u2019heure, murmura la jeune femme en levant sur lui des yeux craintifs.Pourquoi Arnold prenait-il soudain cette voix sévère ?Quelle hantise le mettait en garde contre ses expressions ?Sans aucun doute, son mari était venu là volontairement et, cependant, comme malgré lui.Les regards qu\u2019il abaissait sur elle n\u2019étaient pas exempts de quelque dureté, et pourtant une certaine douceur s\u2019en échappait aussi pour envelopper le vieux pâtre et toute la pauvre demeure.Alors, le vieux « boutilier> se mit à rire, avec des yeux anxieux et luisants de fièvre : \u2014 Monsieur le Comte, vous ne l\u2019empêcherez pas de revenir me visiter, dites ?\u2014 Là n\u2019est pas mon intention, répliqua Arnold sèchement, mais je pense qu\u2019un médecin vous serait plus nécessaire.\u2014 Jamais il n\u2019acceptera de monter jusqu\u2019ici, dit Fulcran d\u2019un air désabusé.Vous savez hien ane pour un boutilier LA REVUE POPULAIRE ou un pâtre, on ne se dérange guère.On n\u2019est pas assez riches, nous autres ! \u2014 Vous n\u2019avez pas à vous préoccuper de ce détail, déclara brièvement M.de Nozières.C\u2019est moi qui vous l\u2019amènerai.\u2014 Vous.jeta seulement le vieux d\u2019un accent stupéfait.L\u2019attitude sévère et hautaine du châtelain de Combe-Nègre, son indifférence pour tout ce qui tonchait de près ou de loin la contrée n\u2019avaient pas habitué les montagnards à tant de générosité de sa part; aussi, l\u2019étonnement de Fulcran était si intense qu\u2019aucun son ne put sortir de sa gorge contractée, pour remercier le comte.\u2014 Allons, c\u2019est entendu, déclara Arnold qui s\u2019éloignait, je reviendrai demain avec le docteur.\u2014Et vous, madame, chuchota le pâtre inquiet, reviendrez-vous ?\u2014 Oui, mon ami, soyez sans inquiétude jusque-là, répondit Geneviève qui tendit sa main au bonhomme.Un instant, sur le seuil du pâturage, le comte et la comtesse de Nozières s\u2019arrêtèrent d\u2019un commun accord pour embrasser d\u2019un dernier regard ce cirque de verdure et cette ceinture de montagnes à l'aspect sauvage.Au-dessus du Puy Mary, le ciel était d\u2019un mauve de colchique, veiné de rose vif.Des cris de pâtres, ou le bruit des clarines secouant plus fort au cou des vaches, venaient parfois jusqu\u2019à eux, adoucis par la distance.Geneviève était troublée jusqu\u2019aux larmes devant ce spectacle de beauté éternelle, mais son émotion était encore accrue par la présence d\u2019Arnold.C'était bien en effet la première fois qu\u2019elle se trouvait seule, avec lui, en pleine nature, et la perspective d\u2019une promenade en sa société rendait son cœur défaillant de joie.M.de Nozières, lui.observait Geneviève, et ses yeux de couleur incertaine, bordés de longs cils noirs, ne.perdaient pas un mouvement de la jeune femme.Machinalement, cette dernière se mit à cueillir des aconits, dont les belles fleurs bleues avaient attiré son attention, et bientôt elle se prit à dire : \u2014 Arnold, je vous remercie de vouloir bien aller vous-même quérir le médecin pour ce pauvre Fulcran.Sa plaie est bien vilaine, elle m\u2019inquiète.\u2014 J'ai songé justement que le docteur Palisson serait peut-être fort utile en la circonstance et, de plus, cela vous évitera de monter si souvent à Mège-Coste.\u2014 Songiez-vous sérieusement, Arnold, que je n\u2019y retournerais pas ?Mais cela est impossible! objecta la jeune femme.J\u2019ai bien l'intention de m\u2019y rendre dès demain avec le docteur.Ce pauvre Ful- eran se sentirait perdu sans ma présence.\u2014 L\u2019exigence de ces montagnards est décidément sans bornes ! railla M.de Nozières.\u2014 Pauvres gens ! Si vous saviez comme il faut peu de chose pour leur procurer un plaisir.Une bonne parole, un sourire, quelques soins sommaires, s\u2019il sont malades.\u2014 Je les envie, vraiment, d\u2019être heureux à si bon compte ! lança Arnold avec ironie., Les joues de la jeune femme se carminèrent un peu et ses paupières s\u2019abaissèrent.Les sarcasmes de son mari la jetaient toujours dans un désarroi intense qui devenait parfois presque une douleur.Mais elle voulut encore ne rieu montrer de su pénible impression: elle s\u2019imaginait qu\u2019Arnold eût été trop heureux de savoir qu\u2019il la blessait.Au reste, en se mariant, ne s\u2019était-elle pas promis de faire preuve d\u2019une infinie patience ?\u2014 Eh bien, oui, dit-elle d\u2019une voix douce et impassible, peu de chose les satisfait.Au fond, ce sont de vrais philosophes qui ne demandent a la vie rien d\u2019impossible, ni méme de compliqué.Aussi, pour mon propre compte, je n\u2019ai aucun mérite à les rendre heureux.Au contraire, ce sont eux, je vous assure, qui contribuent à mon bonheur.\u2014 Allons donc ! s\u2019écria Arnold, vous n\u2019allez pas me faire croire que cela vous amuse de visiter tous ces montagnards, de les soigner quelquefois, de les distraire souvent ! \u2014 En tout ceci, il ne s\u2019agit pas de s\u2019amuser, répliqua Geneviève.Il s\u2019agit, avant tout, de faire le bien et d\u2019être content de soi.À quoi ma vie serait-elle utile, grand Dieu ! si je n\u2019avais pas mes pauvres, mes malades, mes isolés de la Octobre 1935 montagne! lança-t-elle avec ane imperceptible amertume.: \u2014 Alors, fit observer le comte, c\u2019est pour combler le vide de votre existence que vous agissez ainsi ?Cela ne vous suffit donc pas d'être comtesse de Noziè- res ?ajouta-t-il avec une raillerie moqueuse.\u2014 Mon Dieu.objecta Geneviève, d\u2019un petit air détaché et légèrement narquois, convenez que, jusqu'ici, cette situation n\u2019est pas trop absorbante.\u2014 Expliquez-vous mieux, je vous prie, dit-il d\u2019un ton bref.\u2014 Voyons, que serait au juste ma vie si je la limitais aux occupations de Combe-Négre ?reprit Geneviéve trés calme en apparence et avec un sourire indéfinissable.« Une contemplation perpétuelle devant la vallée de la Cère, sur les pâturages du Lioran et sur la cime aiguë du Puy Griou, je l\u2019avoue, est d\u2019un intérêt incontestable, mais impuissante cependant à remplir une vie humaine.\u2014 Vous regrettez les visites, les réceptions, les plaisirs des villes, les papotages mondains.Ah! voilà bien toute la femme ! Cela m\u2019eiit trop \u2018étonné aussi que vous fussiez différente de vos sœurs! lança le comte avec un air diabolique.Un frémissement courut une seconde sur tout l\u2019épiderme de Geneviève, mais elle répliqua avec assez de calme : \u2014 Vous faites erreur, Arnold, je ne regrette rien de tout cela, pour la bonne raison que ce programme n\u2019était point ma vie d\u2019autrefois.Mais convenez que celle d\u2019aujourd\u2019hui, si je ne m\u2019occupais vraiment que de moi-même, serait bien réduite à néant ! « Que fais-je à Combe-Nègre ?Absolument rien.La direction de la maison est acquise à Catherine et elle me verrait bien venir si j'essayais de lui ôter les rênes des mains.Je ne puis même pas vous être une compagnie, une associée, puisque vous vous suffisez vous-même.Jignore tout de vos travaux, de vos projets, de vos pensées, et si mon esprit n\u2019en était réduit qu\u2019aux seules ressources de Combe-Nègre, où prendrait-il l\u2019aliment qui le fait vivre ?« Comprenez, Arnold qu\u2019à moi, aussi, il me faut des occupations.Vous, vous possédez votre travail littéraire, moi, j'ai mes pauvres ! Après ces derniers mots lancés avec une ardeur qu\u2019elle n\u2019avait pu vaincre, Geneviève s'attendait à une violente riposte, mais son mari garda, pendant quelques secondes, un silence farouche.Bientôt, pourtant, il s\u2019arrêta dans sa marche et, saisissant la main de la jeune femme qu\u2019il pressa nerveusement dans la sienne, il dit d\u2019une voix basse et contenue : \u2014 Geneviève, vous êtes vraiment la sagesse personnifiée.Excusez-moi, petite Minerve, d\u2019avoir encore douté de vous.C\u2019est qu\u2019il ne faut pas trop en demander à un homme tel que moi qui, possédant une expérience profonde du monde, ne peut pas croire grand\u2019chose à propos de sentimentalité et qui, par conséquent, ne garde plus aucune illusion.\u2014 Votre esprit.peut-être.mais votre cœur, Arnold, est-il donc si dépourvu de toute sensibilité qu\u2019il éprouve.Un grand éclat de rire sarcastique l\u2019arrêta net.\u2014 Mon cœur ! s\u2019écria le jeune homme, il est comme celui du poète : .Un lieu saccagé Par la griffe et la dent féroce de la femme: Ne cherchez plus mon cœur; les bêtes [Pon mangé.Ah! d\u2019où lui venait donc cette amertume profonde qui empoisonnait soudain sa voix et son regard.Quelle obsession le mettait en garde contre ses propres paroles, puisque, à peine quelques mots étaient-ils lancés avec enthousiasme ou douceur, qu\u2019ils étaient rattrapés aussitôt avec une ironie mordante.Geneviève se le demandait avec une tristesse qui voila subitement sa physionomie expansive.La jeune femme semblait accablée et elle n\u2019eut pas un mot pour la riposte.Alors, Arnold, de reprendre : \u2014 Mes paroles vous ont peinée, n\u2019est-ce pas ?J\u2019ai été un peu trop brutal, je l\u2019avoue.Ma chère cousine, la baronne de Ribbes, m'avait bien prié de nc pas vous parler avec l\u2019ironie et la désespérance qui me caractérisent ,afin de ne pas trop vous effaroucher.Hélas ! Le naturel reprend toujours ses droits, ma pauvre Geneviève.Moi, je ne sais pas jouer la comédie, vous m\u2019excuserez.\u2014 Oh ! rassurez-vous, répondit la jeune femme, je vous aime encore mieux sincère, si décevant que vous soyez.Mais, à propos, je me demande souvent si c\u2019est bien toute votre nature que vous nous dévoilez ainsi.N\u2019auriez-vous pas, dans un coin de votre cœur, quelques replis cachés que vous ne connaissez pas très bien vous-même ?J'hésite à penser que toute sensibilité est tuée en vous.Ne serait-ce que ce sentiment paternel que vous avez conservé bien pur, bien vivant.\u2014 Oui, vous avez raison, jai adoré mon fils, je le regrette amèrement et je suis prêt à en aimer un autre.\u2014 Vous voyez bien! s\u2019exclama vivement Geneviève en regardant son mari avec une entraînante expression de tendresse qu\u2019elle eût souhaité mieux contenir.Lui, très attentif à l\u2019examiner, dardait sur elle ses grands yeux gris-vert qui s\u2019en- chassaient dans deux orbites bronzées, sous des sourcils du plus beau noir.Il l\u2019examinait.et, soudain, Geneviève prit peur en face de ce regard où la limpidité et la fixité indiquaient si bien un esprit d\u2019observation.Prompte à dérober ses yeux, elle détourna prestement la tête et elle se mit à marcher vite dans le sentier escarpé et rocailleux qui descendait en zigzaguant à travers une forêt de sapins.De chaque côté du chemin, entre les troncs majestueux des conifères, on aurait pu circuler à l\u2019aise sur le très fin tapis d\u2019aiguilles grisailles, mais dans la crainte de s\u2019égarer, Geneviève s\u2019était engagée dans le sentier, pierreux comme un lit de torrent.En trois enjambées, Arnold l\u2019eut rejointe et l\u2019ayant saisie d\u2019autorité par le bras, il l\u2019approcha tout près de lui.Il fut frôlé tout entier par le jeune corps souple, et à ce contact une chaleur brûlante courut dans ses veines.Un instant encore, il garda Geneviève contre lui, le cœur battant à coups précipités, savourant cette sensation affolante qui le grisait, mais soudain rageur à la pensée de se sentir si peu insensible, brusquement, il lâcha le bras de la jeune femme.Une minute intense passa, comme chaque fois que s\u2019agitent des sentiments secrets et profonds.Les mots manquèrent aux deux jeunes gens et pendant un instant ils suivirent en silence le chemin aride de la montagne.Mais bientôt, un étroit sentier apparut à Geneviève, un sentier qui se creusait un passage à travers une végétation luxuriante n\u2019ayant rien de commun avec les hauts sapins de la forêt.Charmée par sa grâce et par sa frai- cheur, sans hésiter la jeune femme s\u2019y engagea incontinent.\u2014 Où allez-vous ?interrogea le comte.\u2014 Je l\u2019ignore, mais ce sentier m\u2019attire; il doit conduire à une combe sauvage; j'entends le bruit d\u2019un ruisseau.\u2014 Vous ne vous trompez pas, en effet, reprit Arnold dont la voix était brève, c\u2019est non loin d\u2019ici que l\u2019Alagon prend sa source.On y voit de l\u2019eau sortir en cascatelles de la montagne.\u2014 Alors, passons par là, voulez-vous, Arnold ?Il eut une légère hésitation.\u2014II se fait déjà tard, fit-il remarquer, la nuit peut nous surprendre en route.\u2014 Qu\u2019importe! Vous n\u2019êtes pas sans connaître les chemins, Arnold ?\u2014 Evidemment, mais vous, dans cette obscurité, n\u2019éprouverez-vous pas quelque frayeur ?\u2014 Avec vous! Allons donc ! s\u2019écria Geneviève, cette idée ne m'\u2019effleurerait même pas ! \u2014 Merci de votre confiance, riposta le comte avec une ironie nouvelle.\u2014 Cette confiance est toute légitime.Nous autres femmes, si faibles physiquement, nous plaçons très haut cette force virile que nous vous envions, d\u2019ailleurs.\u2014 Ah ! jeta seulement Arnold d\u2019un accent singulier.L\u2019instant d\u2019après, ils étaient sur le bord d\u2019une ravine étroite et profonde.Même en se penchant, Geneviève n\u2019en pouvait deviner le fond qu\u2019envahissait du reste un inextricable fouillis de plantes.De grands arbres brisés par la foudre s\u2019étaient abattus çà et là, en travers de la gorge, avec toutes leur ramures encore 43 IL BOUCLA LA VENTE \u2014PUIS LA PERDIT Quand sa plume se vida au moment de signer \u201cJavais toujours cru pareilles choses impossibles,\u201d dit-il, \u201cMaintenant je sais pourquoi le Vacumatic sans pipette Parker évite de pareilles calamités.\u201d Contient de l\u2019encre pour 12,000 mots \u2014 montre s\u2019il se vide.Le Vacumatie sans pipette Parker ne contient rien de pareil, c\u2019est pourquoi il fonctionne si bien .et qu\u2019il est breveté dans tant de pays.Il contient plus d\u2019encre \u2014102% de plus que les anciens modèles\u2014 car il élimine 14 pièces démodées.Sa beauté est captivante et ses lignes sont d\u2019une élégance sans pareille, il est laminé, fait de lumineux anneaux de Nacre et de Jais superposés\u2014il est chatoyant et doux comme du velours.Sa Plume à Usages Multiples, faite d\u2019un alliage d\u2019Or pur et de Platine précieux, est façonnée pour écrire de deux façons sans ajustement aucun.Toutes les bonnes papeteries, bijouteries, harmacies et les magasins à rayons en font a démonstration et le vendent.Allez voir St L\u2019ENCRE dans votre porte-plume ne se voit pes toujours, vous vous exposez éboires et nombre d\u2019échecs.Car votre porte-plume peut se vider juste au mauvais moment\u2014 alors qu'il s'agit de boucler une commande ou un contrat, au beau milieu d\u2019un travail urgent; ou, si vous êtes étudiant, aux cours ou aux examens.Et vous êtes impuissant si vous ne pouvez voir quand le remplir, comme les possesseurs du Vacumatie Parker peuvent toujours le faire et le FONT., Pourtant, que l\u2019Encre soit Visible n\u2019est jamais assez, il faut que le mécanisme du porte-plume soit parfait.C\u2019est pourquoi Parker n\u2019a\u2019 jamais produit un porte-plume sans pipette contenant des à bien des ompes à piston, bien qu\u2019ils existent depuis ¢ 1 ce porte-plume miraculeux.The Parker ien des années.d Fountain Pen Co., Limited, Toronto, Ont.Parker SSVACOUMATIC\u2014=> Junior, $5 Senior, $10 Porte-mine, $2.50, $3.50 et $5 FABRICATION CANADIENNE Maintenant\u2014Une Encre qui rend tout porte-plume à Nettoyage Automatique La Quink Parker\u2014une nouvelle découverte\u2014contient un ingrédient inoffensif qui dissout les dépôts coagulants que les encres ordinaires laissent dans le porte-plume.La Quink sèche 31% plus vite sur le papier, tout en ne séchant PAS dans le porte-plume.En vente chez tous les détaillants.Offre Spéciale Gratuite de cette élégante BOITE PRATIQUE (pour le boudoir ou des cigarettes) avec l\u2019achat de la Garniture d'un Porte- plume et Porte-mine laminés Parker 44 Les Mots Croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d De tous les jeux à la fois utiles et agréables, celui des Mots Croisés est peut-être aujourd\u2019hui le plus répandu dans le monde entier.C\u2019est pour répondre aux désirs de notre clientèle que nous lui donnons à résoudre, chaque mois, un problème de mots eroisés.U [MIE S SOLUTION DU PROBLEME DE MOTS CROISES PARU DANS LA REVUE POPULAIRE DE SEPTEMBRE ! R A N NOS MOTS CROISES \u2014 NOUVELLE SERIE \u2014 No 2 1 2 3 4 5 6 7 9 10 11 12 13 4 L 1 2 3 B 4 5 6 7 8 9 10] 11 12 13 14 15 HORIZONTALEMENT VERTICALEMENT 1-\u2014Substance sucrée.\u2014 Fermé.1\u2014Sulfate double.\u2014 Qui a des dispo- 2\u2014Mesure chinoise.\u2014 Fertile.\u2014 Par- sitions.tie du corps.2\u2014Pron.Ind.\u2014 Genre de salicinée.\u2014 3\u2014Frotter d\u2019huile.\u2014 Petit domaine Note.clos de murs.3\u2014Etendues en longueur.\u2014 Bâton pas- 4\u2014Créature spirituelle.\u2014 Air libre.\u2014 toral d'Evêque.Choisis.4d-Lieu souterrains \u2014 Nourriture.\u2014 5\u2014Souverain.Cor du cerf.6\u2014Employer.\u2014 Qui plait à l\u2019æil, 5\u2014Oignon.(fém).\u2014 Contrat aléatoire.6\u2014Maniére d\u2019aller.\u2014 Ce que l\u2019on en- 7\u2014Orifice des narines.\u2014 Marcher en lève à l'ennemi.\u2014 Opéra de Verdi.clochant.7-\u2014Mâle dc la hase.\u2014 Se livrer au tra- 8\u2014Espèce d\u2019aloës.-\u2014 Contrat.vail.9\u2014Plante marine.- Petite dunette.8\u2014Dieu des vents.\u2014 Veni du Nord.10\u2014Couleur intermédiaire.\u2014 Qui sont S\u2014Logement sale (fig).\u2014 Assigner une très obseurs.\u2014 Qui n\u2019a pas l\u2019usage vente.de la parole.10\u2014N\u2019agit pas avec promptitude.\u2014 11\u2014Emploie Mouvements folatres.\u2014 Sorte de p : caleçon.12\u2014Anneau de cordage.\u2014 Temps qui 1]_Qisean palmipède.précède Noël.\u2014 Enveloppe des 2\u2014PI .javel fruits à écales.12\u2014 aque cornée.\u2014 Lourd javelot romain.\u2014 Grosse étoffe de laine.13\u2014Espérance.\u2014 Qui tuent les animaux.13 Militaire.\u2014 Lutte à mains armées.14\u2014Diphtongue.\u2014 Disloque, ôte un os.14 \u2014Connu, appris \u2014 Se donne du mou- \u2014 Note.vement.\u2014 Partie dure du corps.15\u2014Rivière d\u2019Allemagne.\u2014 Apre au tou- 15\u2014Derniére partie du jour.\u2014 Instru- cher.ment pour serrer.fraiches.À une courte distance, le long d\u2019une paroi rocheuse, à demi dissimulée par des flots de verdure, l\u2019eau jaillissait pour bondir en cascade jusqu\u2019aux creux du ravin.Une fraîcheur odorante, qui s\u2019ajoutait sans se mêler à l\u2019arome des résines, montait de cette combe sauvage.Ici, la corneille pouvait croasser à son aise, le vent jaser avec les feuillages, mais la voix humaine devait y surprendre: pour cette solitude infinie, elle n\u2019avait pas assez de mystère.Aussi, Geneviève et Arnold n\u2019osaient, par des paroles puériles, troubler le grand recueillement mélancolique des choses.Dans le soir, qui enveloppait peu à peu de son ombre la montagne sauvage, on n\u2019entendait que le murmure de l\u2019eau qui montait du ravin avec des soupirs de flûte.Au-dessus du vide, attirée par le mystère de l\u2019abime, Geneviève se penchait de plus en plus.Mais soudain, elle sentit son poignet saisi par une main ferme et virile, tandis qu\u2019Arnold prononçait à haute voix el avec une certaine rudesse: \u2014 Tenez-vous bien, je vous prie ! J'ai cru que vous alliez tomber ! Brusquement, la jeune femme tourna son regard vers le comte.Il était fort pâle et ses lèvres tremblaient.\u2014 Quelle imprudence de se pencher ainsi! reprit-il.Il ne manquerait plus qu'il vous arrivât malheur, surtout ici, et avec moi présent, ajouta-t-il en hachant ses mots.\u2014 Pourquoi vous alarmer ainsi ?dit- elle, surprise de l\u2019émoi grandissant d\u2019Arnold.Puis, tout à coup, sous son regurd noir, elle rougit violemment, car elle venait soudain de comprendre.\u2014 Oh! pardon.balbutia-t-elle, ex- cusez-moi.J\u2019ignorais que ce ravin.\u2014 En effet, dit-il sardonique, ce ravin me rappelle de bien cruels souvenirs et je n\u2019étais jamais repassé par ici, depuis.\u2014 Alors, pourquoi m\u2019avoir laissé venir dans ce sentier ?Arnold esquissa un geste vague : \u2014 Un peu plus 16t, un peu plus tard.vous deviez nécessairement l\u2019apprendre un jour.« Tenez, continua-t-il d\u2019une voix serrée, apercevez-vous cette croix blanche qui se découpe, sur le fond verdoyant de la rampe du torrent ?C\u2019est de là que Suzanne a fait sa chute.«Non, je m\u2019exprime mal, ajouta-t-il avec un rire effrayant, c\u2019est à cet endroit que son mari, le comte de Nozières, l\u2019a poussée dans l\u2019abime.\u2014 Arnold! s\u2019exclama Geneviève qui avait blêmi, pourquoi me répéter ces horreurs ?\u2014 Tout le monde l\u2019a eru, en commençant par ma femme qui m\u2019a maudit sur son lit de mort, reprit Arnold d\u2019une voix brisée, et je suis infiniment étonné que vous, Geneviève, vous n'y ayez jamais ajouté foi.Prise d\u2019un tremblement convalsif, la jeune femme ne put trouver la force de répondre.Elle regardait son mari avec un effarement dont elle n\u2019avait pas conscience.\u2014 Voyez-vous, je vous fais peur, rica- na-t-il.\u2014 Oh ! non, Arnold ! s\u2019écria-t-elle en se rapprochant du comte et en posant sa petite main tremblante sur le bras du jeune homme; non, vous ne me faites pas peur, mais vous me faites pitié.Pourquoi, au bout de six ans, en êtes-vous encore à reparler de cela ?Vous n\u2019ignorez pas que tous ceux qui vous ont connu n\u2019ont pu croire à cette calomnie.\u2014 Vous vous leurrez, Geneviève, les parents de Suzanne, jen suis bien certain, ont gardé la conviction que j'étais le seul responsable de la mort de leur fille.\u2014 Serait-il vrai que votre femme vous eût accusé froidement, surtout au moment de mourir ?\u2014 Elle l\u2019a fait par vengeance, sans doute.Elle m\u2019en voulait tellement de l\u2019avoir soustraite à sa vie mondaine, à ses plaisirs, à ses coquetteries, pour ne pas dire à ses infidélités, termina-t-il d\u2019une voix débordante d\u2019amertume.Il avait parlé avec une ardeur pleine de sincérité et un feu singulier illuminait ses grands yeux gris.Geneviève buvait ses paroles et le dévorait du regard.\u2014 Alors, pourquoi, reprit-elle d\u2019un accent ému, ce plaisir de vous accuser sans LA REVUE POPULAIRE cesse, puisque Fous avez la conviction d\u2019être innocent ?\u2014 Mais qui donc voudrait encore me croire ! \u2014 Moi! tout au moins, lança-t-elle avec une sincérité émue et les yeux brillants de larmes.\u2014 Comment, vous pleurez ! s\u2019exclama- t-il sourdement et en saisissant la main que la jeune femme avait posée un instant plus tôt sur son bras.D\u2019un regard avide, il contemplait ce visage délicieux, baigné de pleurs, et au bout d\u2019un instant, il murmura : \u2014 Vous êtes bonne, Geneviève, et peut- être, après tout, n\u2019êles-vous ni rusée, ni menteuse comme les autres femmes.L\u2019émotion qui étreignait Mme de No- zières fut alors si forte, que celle-ci ne put articuler un seul mot.De plus, une sensation délicieuse lui venait de cette main virile qui étreignait la sienne et la brûlait.Autour d\u2019eux, nul bruit ne se faisait entendre, que le murmure de l\u2019eau au fond de la combe.Tout était si sombre et si tranquille que Geneviève commençait d\u2019éprouver une vague frayeur involontaire.La grande solitude silencieuse paraissait s\u2019être emparée de son cœur et létreindre comme dans un étau.C\u2019était à peine si elle pouvait respirer librement.Maintenant, sans en avoir conscience, les deux jeunes gens pressaient le pas comme pour échapper à quelque chose qu\u2019ils ne pouvaient nommer, mais qui, pourtant, les effrayait vaguement.Les feuilles mouillées rendaient la marche difficile.Sans le bras d\u2019Arnold qui la soutenait, Geneviève serait tombée.Lorsqu\u2019ils arrivèrent au col du Lioran, elle s\u2019aperçut que ce bras la soutenait encore et qu\u2019elle s'appuyaii sur lui avec un abandon qui semblait révéler malgré elle son affolant secret.Mais elle aimait trop son mari pour être sûre d\u2019elle-même et elle n\u2019ignorait pas que si elle lui accordait la plus petite privauté, elle ne pourrait plus se reprendre.Alors, sans rudesse, mais avec fermeté, elle dégagea sa taille du bras qui l\u2019enlaçait.Un rayon de Inne montaii maintenant là-haut à la crête des monts et éclairait soudain le col et les vastes pâturages.Dans l\u2019ombre, les premiers plans des bois revêtaient des formes fantastiques et la petite voix douce du vent chuchotait toute seule dans l\u2019étendue des herbes.Impressionnable, Geneviève ne put se garder d\u2019un certain frisson et, craintive, elle se pressa tout contre l\u2019épaule d\u2019Arnold qui resta impassible.Chapitre VIII Au bruit que fit le portail en se refermant, M.de Nozières s\u2019arrêta d\u2019écrire.Sa tête altière légèrement dressée, il écoutait le crissement du sable de I'allée sous les pas menus de Geneviève, puis le bruit de ces mêmes pas décroître dans le vestibule du château, et tout retomba dans le silence le plus profond.Machinalement, Arnold reprit son travail, mais les idées ne venant plus, une minute il resta inactif accoudé au bureau, le front soutenu par sa main.Au dehors, une forte chaleur brûlait la moritagne.Depuis plusieurs semaines nulle goutte de pluie n\u2019était tombée et maintenant l\u2019herbe des pâturages n\u2019offrait plus un aussi beau vert.Le fond des combes rocheuses et les sous-bois épais .conservaient bien encore un peu de frai- cheur, mais les chemins à flancs de montagne, comme celui des Chazes par exemple, étaient saturés de chaleur et de parfum des aromates surchauffés.À travers les jalousies soigneusement abaissées devant les fenêtres de la bibliothèque, un peu de cette brûlante atmosphère forgée d\u2019aromes pénétrait dans la pièce et M.de Nozières se prit à songer que sa femme montrait un réel mérite à parcourir les chemins par ce soleil implacable d\u2019août ! Car Arnold devinait bien que Geneviève revenait de chez les Cosse, des montagnards du hameau des Gardes, non loin de Saint-Jacques, où leur fils âgé de six ans mourait de méningite.Depuis une semaine, la jeune femme s\u2019y rendait quotidiennement, le gamin conservait assez de lucidité pour désirer sa présence et, dévouée ainsi qu\u2019une sœur de charité, Geneviève renouvelait auprès de cet enfant les bontés et les soins qu\u2019elle avait prodigués au boutilier de Mège-Coste.tpm mt Le ct b kt Octobre 1935 Ce besoin de se dépensër ainsi pour ses semblables lui venait-il de son dé- sœuvrement ou de sa véritable nature ?Etait-ce pour combler les heures vides de son existence ou pour répondre aux aspirations de son cœur ?Arnold se le demandait souvent depuis ce soir où il était monté au buron de Fulcran, et de toutes ces réflexions, inconsciemment, il naissait tout au fond de lui-même un bienveillant intérêt pour Geneviève.Quelle fatigue profonde la jeune femme ne devait-elle pas ressentir à cette minute ! Quelle sorte de puissance la soutenait donc en ses randonnées charitables, elle, pourtant si délicate ! Alors sous l\u2019afflux de ces pensées, Arnold se -mit brusquement debout, comme stimulé ~par un instinctif besoin de revoir Geneviève, mais peu à peu il se calma, domp- \u2018té par un froid raisonnement et, énergique, il reprit son travail.Toutefois, ce fut en vain qu\u2019il essaya de continuer le texte commencé, ses idées allaient à la dérive.Un peu rageur, il reposa son stylo et, soudain, il ouvrit un tiroir qui se fermait à clef, pour en retirer plusieurs portraits de femme, Longtemps il les examina tour à tour, un pli profond entre ses sourcils ombrageux.Il avait là devant lui installées, sur le bureau, les photographies de ses deux premières épouses.Infiniment belle dans une toilette de soirée, la comtesse Suzanne avait l\u2019œil vif et brillant, le sourire prometteur et plein de ruse, et portait la tête haute.Si féminine qu\u2019elle fût dans sa grâce, il se dégageait cependant de toute sa personne une volonté virile, un entêtement aussi qui se pouvait lire sur son joli front étroit et pur.L\u2019autre, Marthe, un peu forte, un peu grasse, avec un sourire ambigu aux lèvres, était moins belle que la comtesse Suzanne; néanmoins, elle offrait un certain charme qui lui venait de ses longs veux sombres et langoureux.Toutefois, aucune personnalité ne se dégageait de cette physionomie passive et douce au premier regard, mais qui, à l\u2019observation, décelait une nature égoïste et obstinée.Alors, avec une moue dédaigneuse, le comte détourna ses yeux de cette figure insignifiante pour les poser enfin sur un troisième portrait que, jusqu\u2019à ce moment, il avait tenu à l\u2019écart.Cette photographie lui avait été offerte deux semaines avant son mariage avec Geneviève, par la baronne de Ribbes, afin que son petit cousin, avait-elle dit, puisse méditer tout à son aise sur sa délicieuse fiancée.Celle-ci y était représentée sans apparat, en simple chemisette claire dont le col souple et demi-montant encadrait un ovale très pur.Elle était belle, certes, cette jeune fille au regard pensif, mais sa beauté lui venait surtout du rayonnement de ses yeux et de quelque chose d\u2019indéfinissable fait de clarté, de tendresse, de vrai charme féminin qui compose, mieux que la parfaite et sévère beauté, l'attrait séduisant d\u2019un visage.Longuement, le comte contempla cette photographie tout en jetant de rapides regards sur les deux autres qu\u2019il avait conservées près de lui, semblait-il, comme sujet de comparaison.Et il pensait : « D'où lui vient donc ce charme qui s'impose même aux yeux les moins observateurs ?De la grâce de son esprit, de la noblesse de ses seutiments ?> Mais cette réflexion aussitôt éclose, Arnold la rejeta, ainsi que les trois portraits qu\u2019il enfouit pêle-mêle et d\u2019un geste rageur tout au fond du tiroir qu\u2019il referma d\u2019un coup sec.« Allons, murmora-il, deviendrais-je fou, ou serais-je encore capable de m\u2019illusionner, de me laisser berner ?Et parce que cette femme est entrée dans ma vie, vais-je donc cesser d\u2019être le maître de mon cœur ! > Arnold eut un sursaut de révolte et, nerveux, il se leva.Pendant quelques instants; comme sous l\u2019empire d\u2019une forte contrariété, il arpenta la pièce, mais peu à peu son visage contracté se détendit et même une teinte de douceur vint effleurer ses traits ironiques et sévères.Alors, lentement il quitta le bureau, guidé par un instinctif sentiment bien différent de ce qu\u2019il aurait voulu, mais qu\u2019il finissait gependant par s'avouer presque malgré ui, Ce qu\u2019il désirait à son insu, ce qui le poussait à déserter sa table à écrire, c\u2019était avant tout revoir Geneviève, puis l\u2019entendre lui parler de sa voix doucement joyeuse.D\u2019une seule traite, il gagna le hall, mais à peine la porte fut-elle ouverte, qu\u2019Arnold s\u2019arrêta net, légèrement interdit.Là, dans un fauteuil d\u2019osier, Geneviève dormait en une attitude charmante, la tête appuyée sur son bras blanc et nu.Les boucles de ses cheveux châtains qui, dans cette demi-obscurité, paraissaient presque noirs, encadraient en un gracieux désordre son visage laiteux et moite.Au milieu de ce visage pâle, les lèvres Lrès rouges semblaient une tache de sang et elles gardaient jusque dans le sommeil la marque irréfutable d\u2019une profonde douceur.Pendant quelques secondes, M.de No- zières contempla ceite délicieuse Geneviève et, en ouragan, la tentation ébranla tout son être.Souple, il se pencha sur elle, et il trouva une âpre volupté à la respirer, fleur vivante, si près de lui.Alors, la raison l\u2019abandonna et n\u2019obéissant qu\u2019à son impulsion il posa ses lèvres sur le front de la jeune femme.Mais presque aussitôt il se redressa, le visage contracté le regard durci.Un frémissement courait sur toute sa chair et lentement à reculons, il s\u2019éloigna de la irop gentille dormeuse.Cependant, comme Geneviève ne s\u2019était pas éveillée à son contact, peu à peu il reprit de l\u2019assurance, puis quitta le hall avec précipitation.Alors, Arnold courut a l\u2019écurie, commanda qu'on lui sellat son cheval, changea de costume en un tournemain et par- lit au galop d\u2019un animal fouguenz, a travers la forêt montueuse, pour tâcher de se fuir lui-même.Néanmoins, il ne cessait pas d\u2019être assailli par une multitude de pensées : « Malheureux, se disait-il, où avais-tu la tête tout à l\u2019heure ?Où était donc ta volonté, pour te laisser ainsi ensorceler par un pâle visage de femme ?Oublie- rais-tu ton passé terrible, tes mépris et toutes tes rancunes ! «Si Geneviève s\u2019était éveillée, si tu avait prononcé seulement un mot, c\u2019en était fait de toi, de ton repos, de ta liberté ! Tu te donnais cœur et âme, et alors il ne te restait plus qu\u2019à éprouver de nouveau l\u2019intolérable honte d\u2019une servilité ridicule ! » Cependant, le soir, quand Arnold rentra au château après quatre heures de course en montagne, il se sentait un autre homme, fort, calme, presque froid et bien décidé à vaincre cet irritable sentiment qui semblait vouloir le porter vers Geneviève.Cette dernière se trouvait à la fenêtre de la salle à manger lorsque Arnold franchit le lourd portail à judas.À sa vue, son cœur affectueux se mit à battre plus vite et elle l\u2019admira bien campé sur l\u2019animal nerveux à la belle robe brune.Dix minutes plus tard, le comte était devant elle.Après s\u2019être incliné sur la main qu\u2019elle lui avait tendue et qu\u2019il effleura à peine de ses lèvres, il ordonna d\u2019un ton glacial : \u2014 Vous seriez fort aimable, Genevieve, de sonner pour qu\u2019on nous serve le dîner plus tôt qu\u2019à l\u2019ordinaire.Je pars cette nuit pour Paris.La jeune femme qui, à ce moment, était occupée à dresser une touffe de gentianes bleues dans une potiche de cuivre, sentit un grand froid l\u2019envahir.Ses mains tremblèrent fort parmi les fleurs, mais elle eut le ton net et posé lorsque, s\u2019étant retournée, elle interrogea : \u2014 Vous partez pour longtemps ?\u2014 Aussi longtemps que me retiendront mes affaires.Rien n\u2019est déterminé.\u2014 Et vous me laissez seule à Combe- Nègre ?\u2014 Je puis demander à Gertrude de venir vous tenir compagnie.\u2014 Ce n\u2019est point ce que je voulais dire.Je pensais que vous auriez pu m\u2019emmener avec vous.\u2014 Je suppose que vous ne parlez pas sérieusement, objecta le comte d\u2019une voix sévère.\u2014 En effet.Excusez-moi, dit-elle, je ne parlais pas sérieusement.Et elle ne prononça plus une parole, faisant un effort pour essayer de manger en face d\u2019un mari aussi taciturne qu\u2019elle-méme.UN ASSURE DE LA MUTUAL LIFE POUR $5,000, TIMMINS, ONTARIO, Polices d'Assurance 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à elle, Geneviève, tandis que ces derniers temps elle s\u2019était innocemment bercée d\u2019espoir en croyant comprendre que son mari la supportait avec plus de calme et de bienveillance.Les larmes lui montaient aux yeux, mais elle les refoulait avec énergie, trop fière pour montrer son désarroi.Cependant sa détresse était si grande qu\u2019elle ne parvenait pas à dissimuler l\u2019altération de ses traits et quand Arnold revint prés d\u2019elle pour lui faire ses adieux, il ne put s\u2019éviter de remarquer la pâleur maladive répandue sur le visage de sa femme.\u2014 Geneviève, vous me semblez fatiguée, seriez-vous souffrante ?demanda-t- il d\u2019une voix placide, mais que démentait l\u2019inquiète interrogation du regard.Sous ce regard, la jeune comtesse eut soudain le violent désir d\u2019avouer sa désespérance infinie, mais se rappelant à propos tout ce que M.de Nozières lui avait débité avant leur mariage, elle murmura seulement, les yeux voilés par les longues paupières bleuies : \u2014 Ne faites pas attention, Arnold, les départs me rendent toujours d\u2019une nervosité ridicule.Mais cela ne saurait avoir pour vous aucune importance.\u2014 Bien, bien.répondit sèchement le comte, j'avais eru tout autre chose.Et il n\u2019ajouta plus un mot.Une ombre, maintenant, s\u2019était répandue dans ses yeux aussi richement nuancés qu\u2019un océan qui reflète tour à tour ses sombres profondeurs et l\u2019azur du ciel.Mais un peu plus tard, lorsque Geneviève se trouva seule dans sa chambre, elle ne put que tomber à genoux sur son prie-Dieu et éclater en sanglots.Toute son énergie épuisée, elle ne sentait plus que sa détresse qui était immense.« Ah ! se disait-elle, je serai donc toujours seule, seule dans mes pensées, dans mes rêves, dans mes peines comme dans mes joies.Seule, même à côté d\u2019un mari et réduite toujours à me replier sans cesse sur moi-même, à n\u2019être jamais soi complètement, a clore mon ceeur sur ma désespérance muette et a détourner ma pensée de l'avenir qui amènera l\u2019automne de la vie sans m\u2019avoir fait connaitre les splendeurs de l\u2019été ! » Longtemps elle resta ainsi, prostrée dans sa douleur, mais peu à peu le calme revint en elle.Elle venait de penser qu\u2019elle n\u2019était pas en droit de se plaindre, car personne ne l'avait obligée à contracter ce mariage.Arnold lui-même ne l\u2019avait-il pas loyalement prévenue qu\u2019elle n\u2019aurait à attendre aucun bonheur sentimental de cette union ?A quoi bon récriminer ?N\u2019avait-elle pas fait elle-même sa destinée; n\u2019était-ce pas elle toute seule qui l\u2019avait voulue ainsi ! 11 est vrai qu\u2019elle avait eu l\u2019insigne folie de croire que ce mariage de convention suffirait à son cœur, la folie d\u2019espérer qu\u2019elle deviendrait pour Arnold un réconfort moral, une douceur qui P\u2019aiderait à oublier ses souffrances et ses ressentiments, Et puis, avant tout, elle avait eu tort de croire que l'amour attire l\u2019amour.Pour Geneviève, cette déception-là était la plus forte, car chaque jour elle s\u2019apercevait qu\u2019elle était comme inexistante pour M.de Nozières.Libre à elle d\u2019agir à sa guise, mais qu\u2019elle ne s\u2019avisât point, surtout, de le tourmenter de sa tendresse, de ses pensées, de ses opinions, de ses goûts.Aussi, la jeune femme comprenait-elle vivement qu\u2019à ce régime un immense fossé la séparerait bientôt de son mari et que c\u2019en était fait de ses désirs et de ses projets.Pendant les premiers jours, Geneviève resta soucieuse, triste, inquiète, mais elle ne s\u2019abandonna pas encore à son chagrin; elle s\u2019appliquait, au contraire, à le considérer comme une épreuve passagè- ge qu\u2019elle devait supporter avec résignation.Au reste, à quoi bon se désoler ?Elle était sûre qu\u2019Arnold ne tarderait pas à revenir.Elle se rappelait combien il avait été calme et combien il avait montré d\u2019amabilité à son égard pendant ces deux dernières semaines.Deux semaines.Deux semaines qui lui avaient paru courtes comme une belle journée de bonheur.Elle se souvenait des quelques visites effectuées ensemble au buron de Mège-Coste, de leurs promenades \u2018à cheval dans des forêts qui les couvraient de leur ombre et de leur mystère, et elle se disait qu\u2019elle n\u2019avail rien fait ni rien dit pour que son mari se fachat sérieusement contre elle.En attendant, elle continuait ses visites de sympathie et de charité à travers la montagne, encore plus compatissante aux souffrances et aux chagrins d\u2019autrui.Et puis, quand elle s\u2019imaginait que l\u2019instant approchait où il était possible que son mari rentrât à Combe-Nègre, elle revê- tail sa plus belle robe, ornait son salon, mettait des fleurs fraîches dans tous les vases.À la fenêtre la plus élevée du châ- leau, elle allait sonder du regard la vallée par où Arnold devait apparaître.Le moindre bruit lointain la faisait tressaillir et aussitôt elle préparait le sourire avec lequel elle désirait le recevoir.Parfois, pour s\u2019occuper, elle allait causer avec Jérôme le jardinier, qui avait toujours quelque anecdote à conter sur le petit Arnold d\u2019autrefois.Un instant, elle le regardait nettoyer les allées et les pelouses, élaguer les bosquets envahisseurs, puis soudain, elle se prenait à l\u2019aider dans l\u2019arrachement des mauvaises herbes qui gâtent l\u2019harmonie des jardins, lui disait-elle, comme les mauvaises pensées gâtent les plus heureuses existences.Cependant, comme Geneviève ne recevait aucune lettre du comte, la deuxième semaine d\u2019attente lui devint plus pénible.Peu à peu son iquiétude se changea en angoisse et son imagination commença de la tourmenter.Pourtant, elle ne voulait pas encore croire à sa défaite, elle ne voulait point penser qu\u2019Arnold avait quitté Combe-Nègre parce qu\u2019il était las de sa présence et que peut-être il ne reviendrait plus.Mais pendant ces jours plus chargés de tristesse et d\u2019amertume, Geneviève stationnait davantage à l\u2019église et là, dans l\u2019étroit et paisible sanctuaire, où des coins obscurs se prêtent à la méditation, elle venait puiser la force morale dont elle avait tant besoin.Un soir que la jeune femme s\u2019était attardée longuement à prier et qu\u2019elle rentrait fort tard au château, quelle ne fut sa surprise, après avoir franchi le hall, de se trouver face à face avec Mlle Gertrude.\u2014 Voici plus d\u2019une heure, madame, que je vous attends, dit cette dernière d\u2019une voix sèche.Vous pourriez perdre cette habitude de courir ainsi les chemins et de n\u2019arriver au château qu\u2019à la nuit tombée.Cette entrée en matière était si imprévue et si déconcertante que la jeune femme ne trouva rien à répondre.Interdite, elle regardait la visiteuse avec ébahissement, se demandant si elle n\u2019était pas le jouet d\u2019une hallucination.\u2014 Pourquoi m\u2019examiner ainsi ?reprit la voix aigre de Mlle Gertrude, je vous produis donc leffet d\u2019un épouvantail ?Ma foi, Geneviève était bien près de le penser.La sœur de son mari ne lui était certes pas inconnue, mais jamais encore elle ne lui avait paru aussi désagréable à voir.Sans posséder de bosse, Mlle de No- zières offrait quelque chose de conitrefait dans la taille.Elle était ce qu\u2019on appelle un faux-bossu, avec, en plus, un visage revêche, un teint bilieux et de petits yeux de souris au regard acéré.\u2014 Mademoiselle, dit enfin Geneviève, si j'avais pu prévoir votre visite, croyez bien que je n\u2019aurais pas quitté Combe- Nègre aujourd\u2019hui.Aussi, pourquoi n\u2019avoir point prévenu ! \u2014 Ceci n\u2019entre pas dans mes habitudes; j'aime à surprendre, déclara-t-elle avec un regard fureteur pour tout ce qui Penvironnait.\u2014 Vous saviez que mon mari était absent ?reprit la jeune femme.\u2014 Evidemment, puisque c\u2019est lui qui m\u2019a prié de venir vous tenir compagnie.Mais, au fait, vous vous seriez sans doute facilement passée de moi.\u2014 La solitude n\u2019est pas pour m\u2019effrayer, dit Geneviève.Toutefois, votre visite m°est très agréable, ajouta-t-elle LA REVUE POPULAIRE poliment, bien qu\u2019à cette minute elle pensât tout le contraire.\u2014 Agréable.agréable.reste à savoir.marmonna la vieille demoiselle.Il est vrai, reprit-elle au bout d\u2019un instant, qu\u2019ici ce ne doit pas être gai tous les jours, surtout si vous n\u2019avez aucune relation.\u2014 Et quelles relations voudriez-vous donc que je possède en ce pays perdu ?\u2014 Le sais-je, moi! Des relations de passage; des visites de touristes! Marthe s\u2019en contentait bien ! \u2014FEt en ceci elle avait franchement tort, car cette façon d\u2019agir ne devait pas être du goût de M.de Nozières.\u2014 C\u2019est fort probable.Mais pourquoi tenait-il toujours cette pauvre femme à Combe-Nègre, tandis que lui se promenait on ne sait où, comme en ce moment- ci, par exemple \u2014 Mademoiselle, riposta vivement Geneviève, apprenez qu\u2019Arnold est actuellement à Paris pour des affaires d\u2019édition.\u2014 En êtes-vous donc si certaine ?jeta Mlle de Noziéres d\u2019une voix railleuse.Car je re m\u2019étonnerais pas que mon frè re vous laissat sans nouvelles! Il est un déplorable correspondant et je vois que ce nouveau mariage ne l\u2019a nullement changé.Le pigeon, sans doute, s\u2019ennuyait au logis et si son humeur vagabonde le reprend, je ne serais point surprise que vous receviez avant peu, d\u2019un pays lointain, la nouvelle qu\u2019il a mis locéan entre vous et lui! « Mais aussi, que ne l\u2019avez-vous accom- \u2018 pagné ! I] faut, madame, savoir le tenir, car une fois sorti de chez lui, ce garçon ne sait plus ce qu\u2019il fait.« Voyez-vous, ajouta Mlle Gertrude, d\u2019un air sombre, les actes de mon frère sont toujours restés pour moi incompréhensibles, inqualifiables, et je suis encore à chercher le motif qui vous l\u2019a fait épouser.\u2014 Mademoiselle, lança Geneviève avec fermeté, sachez que je ne tolère aucune remarque désobligeante concernant M.de Nozières.\u2014Tolérez ou ne tolérez pas, dit la vieille demoiselle avec une désinvolture narquoise, c\u2019est absolument la même chose et vous ne m\u2019empêcherez pas de vous faire mes réflexions.« Je connais depuis plus longtemps que vous Arnold et je sais de quoi il est capable.Avec son caractère égoïste, despote et violent, il ne devait point se marier, mais rester près de moi qui lui suis profondément attachée, malgré tout son mystère et tous ses vilains défauts» ajouta-t-elle d\u2019un accent débordant d\u2019amertume.Alors Geneviève comprit que cette femme, de tempérament très exclusif sans doute, devait être jalouse de tous ceux qui approchaient son frère et plus encore de celles qui avaient eu l\u2019audace de l\u2019épouser.Il était donc fort naturel, en ces conditions, qu\u2019elle détestât Geneviève et cela expliquait en quelque sorte ses inconcevables paroles.Mais malgré ces rassurantes déductions, la jeune comtesse sentait une alarmante inquiétude s\u2019emparer de son âme.Ces trois qualificatifs: égoïste, despote, vio- Tent, lui revenaient sans cesse à l\u2019esprit et la jetaient dans un trouble douloureux.Après tout, si Mlle de Nozières voyait juste ?Ne serait-ce pas plutôt Geneviève qui avait paré Arnold des qualités que son imagination lui prêtait?Mais Geneviève n\u2019admettait pas qu\u2019on lui dit du mal de son mari et, cependant, à cette minute, elle n\u2019aurait pas aimé davantage qu\u2019on lui en dit du bien.Elle désirait avant tout n\u2019en entendre point parler.Elle aurait voulu pouvoir le rayer de sa mémoire, l\u2019ensevelir au plus profond de ses oublis.Mais comment en trouver le moyen, avec ce sentiment romanesque et profond qu\u2019elle lui avait voué ?L\u2019amour a-t-il jamais donné ses raisons?Geneviève se rappelait les jeunes gens qu\u2019elle avait connus jadis, tous ceux qui avaient été aimables et séduisants avec elle, bien plus que M.de Nozières.Oui, mais Arnold était Arnold; il ne ressemblait à personne; c\u2019est lui et elle l\u2019aimait.Ne pouvant donc ni oublier, ni parvenir à la bienfaisante indifférence, Geneviève s\u2019arma de courage et de patience pour écouter les sournoises insinuations de Mlle Gertrude qui, sans doute, avait pris à tâche de la décourager.- Octobre 1935 \u2014 Quelle tristesse ici! s\u2019exclama, un instant plus tard, Mlle de Nozières en pénétrant dans la salle à manger.«Quelle silence ! quelle solitude ! Cela vous écrase! Ne trouvez-vous pas, madame ?dit-elle en regardant Genevieve.Celle-ci hocha la téte, peu convaincue.\u20141I1 me semble que je vous ai déjà fait remarquer que j'aimais la solitude.En la circonstance, je suis donc très mauvais juge.\u2014 Etes-vous bien sincère ?demanda la vieille demoiselle dans un ricanement ironique.N\u2019essayez-vous pas, plutôt, de me donner le change, parce que justement vous vous sentez cloîtrée, ici ?\u2014 Vous avez une curieuse opinion de mon caractère mademoiselle, riposta froidement Geneviève.\u2014 Jai opinion qu\u2019il me plaît d\u2019avoir! objecta Mlle de Nozieres.Certes, vous ne me convaincrez pas en m\u2019affirmant que vous vous plaisez ici, loin de toute vie, loin de tout plaisir, loin de toute relation et surtout dans un moment où vous êtes seule, livrée à vos amères pensées.Marthe n\u2019avait pas tout à fait tort de se plaindre à sa famille et de se dire sequestrée.\u2014 Quel grand mot ! fit observer Geneviève, non sans raillerie.Sequestrée avec toutes portes ouvertes, avec toute liberté de sortir de ce château, avouez, mademoiselle, que ceci porte à rire! \u2014 Vous le croyez ainsi, madame, mais attendez encore un peu.M.de Nozières est plus rusé qu\u2019il ne le paraît.Pour l\u2019instant, il mesure votre endurance.C\u2019est justement parce que vous possédez toute liberté de quitter ces lieux, qu\u2019il attend avec impatience l'instant où vous en partirez, lasse de votre solitude et lasse de son abandon.I attend ce moment avec âpreté, pour avoir la joie cruelle de vous ramener avec autorité à Combe- Nègre et pour vous imposer dans toute sa rigueur le despotisme qui l\u2019anime.\u2014 Mademoiselle, mon intention n\u2019est pas de m\u2019éloigner d\u2019ici, car je sais bien que j'aurais tort de m\u2019en aller et que je m\u2019exposerais ainsi à des reproches bien mérités.Si triste que soit sa demeure, une femme doit rester à son poste, comme une sentinelle qui ne connaît que sa consique.\u2014 Ta, ta, ta, vous dites cela aujour- d\u2019hui, peut-étre le penserez-vous encore demain, mais que votre mari tarde à revenir et vous n\u2019aurez plus qu\u2019une idée: vous enfuir de ce château de malheur.Marthe n\u2019a pu résister à la tentation et Suzanne, elle.eh bien.elle en est morte ! « Votre naïveté me fait pitié, madame, continua Mlle Gertrude avec sarcasme.Manqueriez-vous de jugement ou d\u2019intelligence ?Croyez-moi, il faut peu de temps au comte de Nozières pour changer une femme placide en une femme révoltée.\u2014 Ah! s\u2019écria Geneviève hors delle, si le comte présente quelque habileté en ce genre.je crois qu\u2019auprès de vous il n\u2019est encore qu\u2019un apprenti ! « Mademoiselle, je ne vous ai déjà que trop écoutée et je ne saurais en entendre davantage! acheva-t-elle avec violence et en se précipitant sur la porte de sortie.Une fois dans le hall, Geneviève s\u2019arrêta, littéralement suffoquée.Cette conversation avait jeté sa nature hors de ses gonds et la jeune femme éprouvait à cette minute une telle diversité de sentiments qu\u2019elle ne pouvait plus se reconnaître.Elle était de ces êtres dont l\u2019îme conserve à jamais la fleur de son innocence, de ces êtres qui se refusent sans cesse à croire au mal.La malignité de Mlle Gertrude la rendait donc profondément malheureuse et la jeune femme laissa échapper un faible gémissement, tandis que des larmes venaient mouiller ses paupières.Alors, à cette minute, elle sentit une main qui se posait sur son bras, et une voix murmurer tout près, derrière elle : \u2014 Madame, ne l\u2019écoutez pas! Mlle Gertrude n\u2019a cessé de sa vie d\u2019être jalouse et méchante.Elle vous a noirci à plaisir le caractère du comte.Il n\u2019est pas aussi mauvais que la médisanee du monde veut bien le dire.Dieu! que ces paroles furent douces aux oreilles de Geneviève ! Avec vivacité, la jeune femme se retourna et elle eut l'incroyable surprise de se trouver en face de Catherine.\u2014 Que Madame pardonne mon audace et surtout ce défaut d\u2019avoir louie trop fine, ajouta-t-elle non sans malice.Jai à peu près tout entendu des insinuations de Mlle de Noziéres et je me suis hâtée de venir rassurer Madame en lui certifiant que M.Arnold n\u2019est pas aussi mé- chant que cette femme voudrait vous le faire croire.Sans s\u2019attarder à réfléchir sur la curieuse intervention de Catherine Chene- vasse qui, jusqu\u2019à ce jour, s\u2019était plutôt montrée hostile à son endroit, Geneviève qui était sous le coup d\u2019émotions trop vives, s\u2019écria en s\u2019emparant avec transport des deux mains de la nourrice : \u2014 Je vous en supplie, ma brave Cathe, confiez-moi tout ce que vous pensez de la mort de la comtesse Suzanne ! Pourriez-vous croire que c\u2019est M.de Noziè- res.\u2014 N\u2019achevez pas, Madame! s\u2019exclama sourdement la vieille femme.Je puis vous certifier que M.Arnold n\u2019est pas un criminel, ah ! non.Sa femme, par exemple, était un démon ! Quel enfer mon maître n\u2019a-t-il pas véeu à ses côtés! Je comprends qu\u2019après une telle existence un homme bon devienne méchant, un cœur tendre devienne ulcéré et une âme croyante devienne incrédule, pleine d\u2019amertume et de sarcasme ! Aussi émues l\u2019une que l\u2019autre, les deux femmes se serraient les mains avec nervosité et elles se regardaient avec des yeux luisants de \u2018pleurs contenus.\u2014 Cathe, ma bonne Cathe, murmura enfin Geneviéve, comme vous venez de me faire du bien! Puis, au bout d\u2019un instant ce : \u2014 Catherine, reprit-elle dans une légère hésitation, serait-il possible que vous m\u2019aimiez un peu ?Un instant, la nourrice resta sans répondre, la tête inclinée sur sa poitrine, la physionomie rembrunie.Puis subitement : \u2014IIl faut que je confesse à Madame qu\u2019il n\u2019y a pas longtemps de cela.Au début de votre arrivée ici, après tout ce qui s\u2019est passé autrefois, j'étais terriblement prévenue contre vous.Je craignais tant que vous ressembliez aux deux autres ! Mais non, heureusement! Peu à peu j'ai appris à vous connaître, je vous observais avec minutie et tout à l\u2019heure encore, je viens de vous entendre répondre à Mlle Gertrude.Au moins, vous, madame la Comtesse, vous êtes une vraie femme ! «Je ne sais pas, ajouta-t-elle avec un air d\u2019inquiétude, si je me fais bien comprendre.je m\u2019explique si mal.\u2014 Oh! Catherine, peu m\u2019importe, ce sont vos pensées qui me font croire a votre estime et aussi un peu à votre affection.« Merci, merci, ma bonne Catherine, d\u2019être venue à moi en ce moment de détresse, acheva Geneviève en embrassant la nourrice sur le front, comme elle l\u2019avait vu faire à son mari, le soir de son arrivée à Combe-Nègre.\u2014 Madame.Madame.balbutiait Catherine qui ne pouvait plus contenir ses larmes, Madame, vous êtes un ange! de silen- Chapitre IX \u2014 Hein ! ma fille! Je m\u2019y entends à donner des surprises ! dit le général Lan- glard en apparaissant sur le perron du château.«Eh oui, c\u2019est nous, c\u2019est bien nous, continua-t-il en montrant soudain Gabriel Ferval qui se tenait un peu en arrière.Je n\u2019ignore pas que ton mari est absent, mais comme autrefois, à l\u2019époque de votre mariage, il m\u2019a donné le droit de venir chasser à Combe-Nègre, je m'en suis tenu là et n\u2019ai pas attendu une nouvelle permission.\u2014 Mais vous avez très bien fait, père, répondit enfin Geneviève qui se remettait mal de cette étonnante surprise.Néanmoins, il aurait été plus sage de me prévenir.\u2014 Pas le temps, ma fille, pas le temps! Ce n\u2019est qu\u2019hier soir que je me suis décidé à partir, parce que Gabriel prenait enfin des vacances.Et, comme tu peux le constater toi-même, le pauvre garçon en a rudement besoin ! Geneviève tourna la tête vers le jeune docteur qu\u2019elle trouva en effet passablement amaigri, avec un visage fatigué.\u2014 Pourquoi avoir attendu si longtemps dans la saison pour vous reposer, Gabriel?interrogea.doucement la jeune femme.\u2014 Je vais vous répondre comme le général, dit-il en souriant: pas le temps, Geneviève, pas le temps ! Puis, d\u2019un accent plus bas, il ajouta, l\u2019air soudainement embarrassé : \u2014 Si vous saviez combien vous m\u2019avez manqué ! El pour corriger ce qu\u2019il y avait d\u2019équivoque dans cette phrase, il continua: \u2014 Vous ne saurez jamais à quel point vous me secondiez là-bas, auprès de tous mes maludes pauvres ! Ah! eux aussi, Geneviève, ils s\u2019aperçoivent de votre absence ! La jeune femme ne crut pas devoir répondre, mais elle laissa échapper un soupir de regret pour tout ce bon vieux temps où, si elle n\u2019était pas plus riche en tendresse qu\u2019aujourd\u2019hui, elle possédait au moins cette belle insouciance qui fait la vie si égale, et non ces désirs vains et un peu fous qui, maintenant, lui rongeaient le cœur.\u2014- Si vous m\u2019aviez prévenue, reprit-elle au bout d\u2019un instant de silence, j'aurais pu vous envoyer Léon avec la voiture et ainsi vous n\u2019auriez pas eu à parcourir à pied le chemin de la gare au château.\u2014 Mais tu vas l\u2019envoyer tout de même ton Léon, riposta le général, car là-bas sont restés tous nos bagages.Ni pour prix, ni pour sommes, je crois, nous n\u2019aurions pu dénicher un chauffeur consentant à nous conduire ici.« Alors ?tu te plais dans ce nid d\u2019aigle ?\u2014 Beaucoup, je vous assure, répondit Geneviève avec précipitation, comme pour cacher un trouble qui montait en elle.Sincèrement, la jeune femme se sentait désolée et inquiète de cette arrivée de son père, juste à un moment où Arnold était absent de Combe-Nègre.Que n\u2019al- lait-elle pas entendre de la part du général concernant son mari ! M.Langlard, en effet, reprenait sur un ton narquois : \u2014 Alors, les chasses du Cantal ne suffisent plus à monsieur mon gendre ?\u2014 Comment cela?Que voulez-vous insinuer ?balbutia Geneviève subitement angoissée.\u2014 Eh quoi, ma chère ! reprit le bonhomme avec une légère ironie, tu ignores ou se trouve ton mari et ce qu\u2019il fait en ce moment! Mais la « Gazette mondaine va te l\u2019apprendre, ma fille ! La « Gazette» qui clame à tous les échos que le comte Arnold de Nozières, ce distingué écrivain plein de talent et d\u2019humour, chasse actuellement dans les Landes, sur les terres de son ami le vicomte de Rochebrune ! « Vrai ! continua M.Langlard à la fois narquois et dédaigneux, je croyais ton époux plus difficile en matière de vénerie ! «Préférer au bon et gros gibier de nos forêts la maigre bécasse, la vulgaire poule d\u2019eau, les merles innocents des environs de Biscarosse ! «Hum! hum! tout cela ne me dit rien qui vaille ! Ne vous seriez-vous pas déjà un peu querellés ?\u2014 ! père.s\u2019exclama Geneviève d\u2019un air indigné, le penseriez-vous sérieusement ! Certainement qu\u2019Arnold n\u2019est point dans les Landes à chasser pour son bon plaisir, ce sont des circonstances imprévues qui l\u2019ont obligé à se rendre là-bas.Chaque mot sortait avec effort de sa gorge contractée et une profonde rongeur était venue couvrir tout son visage.Elle souffrait aussi de sentir peser sur elle le regard fouilleur de Gabriel, un regard chargé de pitié et d'inquiétude.\u2014 Bon bon, reprit le général légèrement maussade, je ne te demande pas de nous conter tes déboires conjugaux.Et si tu en éprouves, avoue avec moi que tu les as bien mérités.Mais foin de ces discours inutiles, montre-nous plutôt notre appartement.Alors, profitant d\u2019un instant où M.Langlard s\u2019éloignait de sa fille, Gabriel s\u2019approcha vivement de la jeune femme et il demanda doucement d\u2019une voix assourdie : \u2014 Geneviève, soyez franche avec moi, tout comme par le passé.Si ma présence doit vous importuner ou vous causer quelque ennui, n\u2019hésitez pas à me le confier.Alors, je quitterais immédiatement Combe-Nègre.\u2014 Oh ! Gabriel! n\u2019allez pas vous imaginer les pires choses ! Mon père a une (Suite à la page 49) 4 oufours a Novveay Appuyez\u2014il s\u2019allume! Lachez\u2014il s\u2019éteint! Un Doigt\u2014Un Geste RONSON COMPACT Ingenieuse combinaison: Briquet et Etui'o cigarettes uyez\u2014il s\u2019allume! Lâchez-il s'éteint! RONSON TOUCH-TIP Briquet automatique pour Table et Bureau.Touchez\u2014il s\u2019allume! Cadeaux utiles, agréables et durables \u2014 pratiques et de fonctionnement facile \u2014fabriques pour durer longtemps\u2014ce qu\u2019il y a de mieux sur le marché.Voyez-les chez votre bijoutier ou dans tout bon magasin d'articles de fumeurs Catalogue illustré: \u201cCe que RONSON a de nouveau\u201d Commandez\u2014le en donnant le nom du marchand Fabriqué au Canada par DOMINION ART METAL WORKS, Limited 12 Commodore Building, Toronto, Ontario Angleterre: Ronson Products Ltd., Londres NOSE > (Suite de la page 1) IIs étaient saoûls, mon vieux ! ivres- morts ! Ce salop de Klein avait défoncé le baril de rhum de la popotte et avait bu à pleines goulées.Puis « poussé par l'esprit de justice !» \u2014 qu\u2019il nous a déclaré par la suite \u2014 il avait traîtreusement plongé dans le tonnelet le museau du mulet, qui, de surprise, avait aspiré par le nez et la gueule en même temps une ration d\u2019alcool en proportion de sa taille.Bref, :l fallut abattre la bête et porter à dos, jusqu\u2019au campement, Klein, que rien ne réveillait, et la charge restée en panne.Heureusement aucun salopard n\u2019a eu l'idée de venir rôder par là, sans quoi, çu aurait fait du joli ! « Mais tu penses bien qu\u2019après ce coup- là, j'ai eu ma claque du métier de chef- muletier, et j'ai fait un tel baroud que le vieux m\u2019a changé de poste; avec quatre copains on a été chargés de patrouiller en avant du bataillon pour s\u2019assurer de la route.« Encore un drôle de boulot ! Le pays devenait de plus en plus montagneux, et tandis que les 800 copains de la colonne suivaient en pères peinards le fond d\u2019une espèce de vallée, il fallait que nous autres galopions de piton en piton, sous un soleil à faire brunir un nègre.Du reste, pas plus de chleuhs que sur ma main.Comme avait dit le type des Renseignements, le pays était calme.« \u2014 Tu vas voir, me dit un des copains de la patrouille, que l\u2019animal de Bel- Kacem ei tous ses pouilleux auront filé au Rio de Oro et qu\u2019on se sera dérangé pour la peau! Pourtant (et il me montrait une espèce de falaise qui barrait la route) tu parles d\u2019un bath endroit pour nous mitrailler ! «11 n\u2019avait pas achevé que je le vois chanceler et rouler à lerre, tandis qu\u2019une volée de balles claquait tout autour de moi.Quelques secondes après, toule la montagne était en feu.C'était bien Pac- crochage, et quel acerochage! Trois mille bicots avec des mausers, des maunli- chers, des martinis et même des « mou- kallans ».les vieux mousquets arabes, qui faisaient chacun autant de bruit qu\u2019une demi-douzaine de 75.Et les salauds avaient bien choisi leur embuscade ! Planqués comme ils l\u2019étaient sur une ligne de pitons presque a pic, ils «tiraient» les copains comme au stand, et sans que l\u2019on aperçoive seulement le pan d\u2019une djellabah.Pris comme l'était la nôtre, une compagnie de biffins ou un escadron de spahis étaient foutus.Muis les gars du 4e Etranger n'ont pas attendu Bel- Kacem pour apprendre à se balire en montagne, même dans une position défavorable et à 800 contre 3000; cing minutes après que les mal banchis avaient ouvert le feu, tu ne voyais plus un légionnaire dans la vallée, défilés qu\u2019ils étaient tous derrière des cailloux, des arbres, des monticules qui au premier coup d\u2019œil paraissaient lout juste bons à cacher un lapin.Le plus embôêté, c\u2019était moi, Grillé au sommet de mon piton, je risquais, en restant isolé, de me faire recueillir par les chleuhs, expérience peu tentante, D'autre pari, pour rallier les camarades j'avais plus de cinquante mètres à parcourir en terrain découvert, à toute vue de tireurs qui n\u2019ont pas pour habitude de gâcher leurs cartouches.Le cas étail scabreux.Mais alors il s\u2019est passé une drôle de chose: je me suis rappelé que, au moment où nous partions en patrouille, un vieux partisan qui passait pour jeter des sorts avait crié au copain qui devait plus tard se faire descendre : « \u2014 Malhéur sur toi! La main d\u2019Az- raël te tient déjà ! Mais toi, avait-il ajouté à mon intention, je sens que tu as la barrakah.« Nous avions ri tous les deux.Mais maintenant, puisque la première partie de la prédiction s\u2019était réalisée, j'avais le sentiment que le reste ne pouvait manquer de 3e produire aussi.C\u2019est idiot, bien sûr, mais ça été plus fort que moi.Je suis sorti de mon abri et j'ai traversé le coin dangereux sans même me baisser.En bas, toui le monde croyait que j'étais devenu fou et je voyais tout autour de moi les balles faire voler la terre et les cailloux.Eh bien, tu me croiras si tu veux |! Tout le temps que j'ai ainsi passé à découvert, je n\u2019ai pas eu peur une minute.Et quand j'ai enfin atteint un abri, je n'avais pas une égratignure.« Malheureusement, ma joie d\u2019avoir rejoint la celonne n\u2019a pas duré très long- Au Maroc avec la Légion Etrangère temps car, une fois sur place, je me suis aperçu que l\u2019affaire s\u2019annonçait plus mal qu\u2019il ne m\u2019avait paru tout d\u2019abord.Les dissidents qu\u2019on avait en face de nous étaient des Aït-Habbou, qui sont, en même lemps que les plus féroces, les meilleurs guerriers du Sud, ceux qui savent le mieux utiliser le terrain.«1l faut avouer que nous étions engagés d\u2019une façon peu rassurante, et, à la densité du tir des chleuhs, on pouvait juger qu\u2019il y avait plus chez eux de fusils à répétition que de moukallahs.Ajoute à cela la chaleur mortelle dans ces bas- fonds en plein début d'après-midi (il était exactemient deux heures), un soleil qui nous vrillait les yeux.Bref, ça allait mal.Pour unc fois, je crus que la Légion allait flancher, et les officiers, je le voyais bien, sentaient aussi ce flottement qui annonce les débâcles.C\u2019est à ce moment que quelqu\u2019un, je n\u2019ai pas vu qui, gueula : «\u2014N.de D.! C'était pire au Sa- gho et Bournazel a enlevé le Bou-Gheffar «Je croyais à une plaisanterie, encore que ce n\u2019était guère le moment, mais ouatt ! mon homme était verdâtre et il avait les larmes aux yeux.Alors, naturellement, je me mets à l\u2019engueuler de telle façon, le menaçant de lui flanquer une balle dans la peau, qu\u2019il s\u2019est tout de même décidé.Et pendant l\u2019avance il était pâle, mais assez crâne, si bien que, quand nous avons a:teint la planque où nous devions mettre notre fusil-mitrailleur en batterie, je lvi ai dit en riant : «\u2014 Tu vois bien, bleusaille, que ce n\u2019est pas malin ! «il m\u2019a regardé 1ristemeni : «\u2014 Je sais bien, caporal, que ce n\u2019est pas malin.Seulement je sens que je vais être tué, et ça fait tout de même une drôle d\u2019impression, vous savez ! « La-dessus, il baisse la tête et se couche.Je le saisis par l\u2019épaule pour le secouer, croyant à une nouvelle défaillance, mais il me reste tout flasque entre les mains, avec un petit trou rouge derrière l\u2019oreille gauche.C\u2019était arrivé com- Un officier de la Légion étrangère, en tenue de campagne.quand même.et pourtant il n\u2019avait que des partisans et des spahis avec lui! « Alors, mon vieux, ça été comme si nos 800 hommes avaient reçu un coup le cravache à travers la figure.En rien de temps les deux groupes: groupe d\u2019attaque et groupe de tir étaient formés.Tu connais le système: pendant que le groupe tir «envoie dedans» tant qu\u2019il peut (et les \u2018usils mitrailleurs 1924 peuvent pas mal) le groupe d\u2019altaque fait un bond en avant puis se transforme en groupe de tir pour permettre au premier de progresser à son tour, ct ainsi de suite jusqu\u2019au contact et à l'explication à la fourchette.« Quant a moi, je faisais équipe dans le premier groupe d\u2019attaque avec l\u2019Allemand Schubert et le Polonais Walchin- sky.Ce dernier était un grand balèse, rompu à tous les sports possibles; c\u2019était la première fois qu\u2019il se trouvait au feu, mais je l'avais vu, à Marrakech, dans plusieurs bagarres et je savais qu\u2019il n\u2019avait pas froid aux yeux.Alors, tu imagines ma têt» quand, au moment de décoller, je l\u2019entends qui me dit : « \u2014 Caporal, laissez-moi à l'arrière.J'ai trop peur.me il finissait sa phrase, et, dissimulés comme nous l'étions, il avait fallu vraiment une astuce peu ordinaire à la balle pour venir le chercher là.Je m\u2019en suis senti tout bouleversé.Pourtant, en neuf ans de Légion, jai vu pas mal de types se faire sonner.Mais depuis le matin, d\u2019abord la prédiction du partisan, puis le pressentiment de Walchinssy qui se réalisaient tour à tour.je n\u2019aime pas les choses anormales et ça, tu peux dire ce que tu voudras, ce n\u2019était pas chrétien.Sais-tu que je revoiz encore maintenant la tite de Walchinskv me disant: « Caporal .j'ai peur.» Et c\u2019est idiot, mais il me semble que c\u2019est moi qui l\u2019ai tué ! Sur le moment, si j'avais été seul, je crois que je serais tombé pâle.Heureusement Schubert m\u2019a montré les copains en train d\u2019escalader les pentes : ça m\u2019a réveillé; on les a rejoints au trot et jai .commencé à travailler les chleuhs à la baïonnete, à coups de crosse, de tout ce qui me tombaieni sous la main.Jamais je n\u2019y étais allé de si bon cœur ! «Que veux-tu ça me changeait les idées! Et puis il ne s\u2019agissait pas de s\u2019endormir: ils étaient, je te l\u2019ai dit, 3,000 et nous 800.leurs caïds, sachant l\u2019im- LA REVUE POPULAIRE portance de la position, les avaient « gonflés a bloc».et sartout ils avaient repéré les mulets avec leurs charges et la perfsée d\u2019un beau pillage en faisait de vrais démons.Chaque fois qu\u2019on en descendait un, il en arrivait deux autres.Ça fait que je ne sais trop comment aurait fini tout ce baroud, parce que après la marche du matin et deux heures de bataille à un contre quatre, on commençais à mollir un peu, quand un goum de partisans et deux escadrons de spahis qui avaient contourné la falaise sont arrivés.La Légion, je te l\u2019ai dit, n\u2019aime guère les «vestes rouges».n\u2019empêche que .cette fois on a poussé un ouf ! en les voyant.Ils ont commencé à sabrer dans le tas et les salopards, qu\u2019on avait déjà pas mal amochés, ont filé comme des rats, en laissant une centaine des leurs sur le terrain.Chez nous, il y avait quinze copains qui avaient passé l\u2019arme à gauche, el tous nous étions plus ou moins touchés.Aussi on a laissé Messieurs les cavaliers donner la chasse aux pouilleux, et pendant ce temps on s\u2019est fort offert dans l\u2019oued une de ces baignades, je ne te dis que ça ! tout comme les rupins de Deauville ou de Juan-les-Pins.« Et voilà, matelot, ce qu\u2019a été le combat de Taïnit.Rien, tu le vois, d\u2019une image d\u2019Epinal, mais des heures et des heures de marche dans le sable et les cailloux.les petits embêtements quotidiens: la soif, les poux, les puces, la chaleur.et puis, tout d\u2019un coup, une grêle de coups de fusils, un accrochage à la fourchette dont il faut sortir vainqueur parce qu\u2019il n\u2019y a aucun quartier à espérer.quelques copains plus ou moins chers qu\u2019on enterre le moins mal possible.Voila une journée de travail de la Légion.Tout le reste n\u2019est qu\u2019imagination de romancier.Seulement c\u2019est avec une douzaine de journées de travail de ce genre que nous avons maté Bel-Ka- cem.« Celui-là, par exemple, si on l\u2019a eu, c\u2019est bien grâce au colonel Trinquet! Car l\u2019oiseau est un vieux roublard, et jusqu\u2019au dernier moment beaucoup croyaient qu\u2019il allait nous filer entre les pattes.« Heureusement, il a été mal rensei gné et a refusé longtemps de croire les émissaires qui l\u2019avertissaient de l\u2019importance de notre colonne.Un moment même, il espéra que les 3000 Ait-Habhou de Taïnit suffiraient à nous écœurer.Et même après, il doutait encore.Et puis, avoir plus de 15,000 fusils sous ses ordres, ça le grisait, fuir lui semblait une honte.Mais ses lieutenants avaient moins de serupules et lui conseillaient vivement de ne pas nous attendre.Si bien qu\u2019un jour, vive alerte à l\u2019Etat-Major : un transfuge venait avertir que Bel-Kacem et ses harkas au grand complet allaient filer au Rio de Oro.Tu as entendu parler de ce bled ?Le diable patafiole les Espagnols qui se cramponnent avec tant d\u2019acharnement à ce champ de sable et de cailloux et ne nous y laissent pas seulement poursuivre les salopards, ce qui fait que les rezzous peuvent s\u2019y préparer bien tranquillement, filer ensuite sur le Sud Marocain ou la Mauritanie pour y piller quelque douar et enlever les filles, puis revenir tranquillement à leur point de départ avant que n\u2019arrive le contre- rezzou français.Ils savent bien que ce n\u2019est pas les trois tondus de Villa-Cisne- ros ou de Cap-Juby qui viendront les déranger.Aussi, quand on a su que Bel- Kacem se préparait à filer vers la frontière, ça été chez nous un concert de malédictions, à la pensée qu\u2019il faudrait recommencer dans deux mois tout ce qu\u2019on venait de faire.«Mais Trinquet n\u2019a pas accepté la chose.Raflant tout ce qu\u2019il y avait de disponible comme camions et autos-mi- trailleuses, il a embarqué dessus les meilleures troupes, des munitions, quelques vivres, et vogue la galère! les zincs se sont lancés à corps perdu à travers le bled, droit vers la frontière du Rio là où elle atteint la mer, pour se rabattre ensuite et couper la ronde aux dissidents.Ah ! mon ami, cette randonnée! on ne soccupait ni de pistes ni de chemins.les moteurs ronflaient en ouragan, les voitures tanguaient et roulaient comme vos torpilleurs par gros temps.de temps en temps, quelques salopards essayaient de barrer la route.Alors, sans qu\u2019on ralentisse une seconde, les mitrailleuses se mettaient à cracher, les chleuhs gueulaient.et on continuait à tailler de la route.Ce petit supplice-là a duré Octobre 1935 cinq jours, cinq grandes journées pendant lesquelles on s\u2019est arrêté à peine, par-ci parla, pour casser la croûte et faire le plein d\u2019essence.Nous \u2018étions moulus, abrutis par les cahots et la chaleur.Mais le jeu était gagné; le 24 avril nous étions à Goulimine, le 25 à Tin- douft, et nous occupions la vallée du Draa.Le 28, Bel-Kacem, coincé entre notre formation blindée et la colonne Ca- troux-Giraud qui avait continué son avance, demandait l\u2019aman avec tous ses guerriers.Il fallait voir la tête des hommes, livrant leurs armes ! Ça faisait mal au cœur, mais quoi! ce n\u2019était pas le moment de faire du sentiment! Il y avait un tel amoncellement de fusils, quand la cérémonie a été achevée, qu\u2019il a fallu, pour y voir un peu clair, en faire de grands tas carrés, comme on range les traverses de chemin de fer.« Bournazel était bien vengé ! « Bel-Kacem, lui, a été très chic, très L'Art Paysan dans la (Suite de en rien l\u2019art paysan.L'autorité de la technicité, une fois acquise, l\u2019inspiration pouvait aller de l\u2019avant et trouver dans le domaine de la couleur ou du dessin un élément de décor.Mais toujours le caractère de l\u2019artisanat doit se marquer.Le mot populaire ne doit pas prêter à confusion.Désigné sous le nom d\u2019art populaire, l\u2019art paysan ne le devient pas parce qu\u2019on le trouve partout.Il est ainsi dénommé parce qu\u2019il \u2018devient un document de l\u2019atmosphère, de la climatologie des pays qui l\u2019inspirent; parce qu\u2019il devient le livre où s\u2019impriment les habitudes du foyer rural.L'art paysan ne s\u2019exprime pas également dans la Russie et la Roumanie.Bien différent est celui de l'Italie, de la Hollande, de la Suède.L'art paysan doit être un réel document topographique où la verve populaire et rurale s\u2019accentue nettement.Le mot thérapeutique peut sembler amusant, accollé à l'artisanat.Mais il retrouve son sens, si l\u2019on songe à l\u2019état maladif d\u2019un désœuvrement qui conduit à la misère.La longueur de nos hivers qui cantonne les cultivateurs et les femmes chez eux aboutit à une bien longue vacance.La mission morale des petits métiers est toute indiquée.Peupler la solitude, métamorphoser le désœuvrement avec un labeur qui porte sa joie, est un jeu pour l\u2019artisanat.L'activité dont fait preuve maintenant chaque cercle des fermières à transformé chaque foyer en atelier.Et bientôt nous verrons la petite immigration supprimée.Pourquoi quitterait-on un foyer où il est aisé de pourvoir au vêtement, au mobilier, à l\u2019enjolivement de la maison.Une production si variée permet de refouler la confection du «tout fait », de rejeter le faux luxe que les grandes industries ne cessent d\u2019offrir aux centres ruraux, dévorant par la une part trop grande de leur petite épargne.Nos habitants doivent d\u2019abord songer à se suffire.Il faut que le pays devienne son propre client.L'excédent de la production peut alors devenir une source de revenu.La parfaite méthode, le charme de l\u2019originalité, un matériel de choix sont autant de raisons qui justifient l\u2019achat soit de la part de nos citadins, soit de celle des touristes nombreux qui nous visitent chaque année.Sans crainte d\u2019infériorité ces objets participent à accroître le prestige de notre artisanat canadien à l\u2019étranger.La fabrication en série évitée, notre production artisanale attestera une individuelle conception.Par quels moyens l\u2019Ecole des arts domestiques pouvait-elle parvenir à un but aussi multiple ?Faisons place d\u2019honneur au gouvernement et à son distingué mi- grand seigneur; quand je lui ai demandé de poser pour une photo, il a accepté en rigolant.On l\u2019a gardé quelques jours, puis on l\u2019a expédié en villégiature » à Biskra, en attendant qu\u2019on lui assigne une résidence lointaine comme on a fait pour Abd-el-Krim, comme on fera pour Merebbi-Rebbo, le « sultan bleu ».Celui- là a trouvé le moyen de s\u2019esbigner à Ifni au moment où on allait le cueillir, mais nous l'aurons un jour ou l\u2019autre, parce que, vois-tu, tous ces types-là ont le baroud dans le sang et finissent toujours par «remettre ça».Tout de même la Légion commence à leur enlever ces ha- bitudes-la, et bientôt on pourra irriguer le Sud, y semer, s\u2019y balader en touristes, comme dans le Gharb ou la chaouia.Et ce jour-là on reconnaîtra qu\u2019elles servent à quelque chese les journées de travail de la Légion.J.-R.PECHERAL.Province de Québec la page 6) +nistre, I'Honorable A.Godbout dont le généreux appui stimule la tenacité de nos efforts.On a compris qu\u2019une Ecole d'artisanat est une œuvre.L\u2019Ecole dès le début fut dotée d'une magnifique collection d\u2019art paysan étranger afin de pouvoir intensifier sur tout point sa campagne.Le but de cette collection est d\u2019indiquer à nos artisans le caractère distinctif et la perfection d\u2019une main d\u2019œuvre dont l\u2019habileté peut prétendre jusqu\u2019à la fabrication de luxe.Un laboratoire ne tarda pas à être équipé de cuves, d\u2019instruments d\u2019analyse, de contrôle, de conditionnement qui répondent à toutes les expériences.Des professeurs formés à l\u2019École donnent des cours d'enseignement sur le tissage jusqu\u2019aux limites de la province.Dès le début 2,500 fermières suivirent ces cours.Aujourd\u2019hui, elles sont près de 20,000.Le nombre des rouets est aujourd\u2019hui de 80,500 et celui des métiers 52,000.Toutes les écoles ménagères ont maintenant leur section d\u2019art domestique.Des expositions ont été organisées, ainsi que de nombreux concours.Les Ecoles des Beaux-Arts et Techniques, ayant à cœur un art solidaire des leurs, marchent de parité avec nous.Une presse hospitalière nous réserve l\u2019avantage de la publicité.Par une littérature orientée vers tout ce qui peut raviver l\u2019attrait de l\u2019art paysan, nos écrivains nous sont de précieux collaborateurs.Deux manuels, l\u2019un traitant du tissage, l\u2019autre de la teinture et de la théorie des couleurs, objet de nos expériences personnelles, furent édités l\u2019an dernier au profit de toutes nos tisseuses.L\u2019amélioration dans le dessin, la perspective et le coloris est notable.Le travail de notre Ecole semble en bonne voie.Nos voisins des Etats-Unis, nos compatriotes des provinces sœurs, ne viennent-ils pas nombreux visiter nos expositions, enquêter sur notre organisation ?La province @st souvent citée comme modèle.«Il faut faire briller une note a dit, Vuillermoz; lélargir jusqu\u2019aux étoiles, l\u2019amenuiser jusqu\u2019aux frontières du silence, l\u2019isoler, pour en faire le tour».Ainsi tout moyen éprouvé sera donc exploité jusqu\u2019à sa dernière possibilité pour rendre à l\u2019artisanat de nos centres ruraux toute sa valeur, de son assise à son sommet, toute la couleur de son originalité.Nous eroirons le but vraiment atteint le jour où nos artisans imposeront un art où les traits du Canada seront vigoureusement sculptés.Canada, dont le nom éclate comme une écorce chaude, a dit Marie Lefranc dans son magnifique poème.Pays de grandeur, non pas fait de grandes villes, mais de grandes campagnes.Un Singulier Amour (Suite de la page 47) telle façon de vous aborder qu\u2019il vous déconcerte toujours un peu mais ne voyez pas dans mon attitude de tout à l\u2019heure un mécontentement quelconque.«Si, au contraire, je vous disais que je suis ravie de votre arrivée, que cela va me changer agréablement de la société de Mlle Gertrude, que je subis depuis plus d\u2019une semaine, Gabriel, me croiriez-vous ?\u2014 Si Mlle de Noziéres est ici, je vous crois sans réplique ! s\u2019exclama spontanément le jeune homme.Pauvre petite chose, ajouta-t-il, vous n\u2019avez pas dû être gaie tous les jours ! \u2014 Je commençais à m\u2019y habituer, répondit Geneviève avec un doux sourire et beaucoup de mélancolie.oo) (Suite à la page 52) 49 POUR BONNE SANTE\u2014BUVEZ Dilicat comm La Mode, comme les femmes, varie .mais il est des parfums ardents, vivants et tenaces comme des sentiments\u2014irré- sistibles comme la Beauté\u2014 QUELQUES FLEURS Le plus répandu de tous les parfums, parce qu\u2019il exerce un charme magique et inéluctable fait de douceur, de jeunesse, de fraîcheur et de vie.En flacons de $1.00 à $25.00.Autres parfums réputés d'Houbigant: Bois Dormant: frais et reposant comme la poésie des bois, le parfum préféré.En flacons de $1.00 à $18.00.Le Parfum Idéal: fait de sentimentalité et de charme féminin, le parfum favori.En flacons de $1.00 4 $7.50.HOUBIGANT PARIS Parfumeur des Reines et des élégantes depuis 1775, DULL FINISH\", 12 pandre au fini mat pour le visage, pa fumée aux mêmes essences.Se it en six tons differents, selon ; or LE FILM embellit de mois en mois Dans notre numéro de OCTOBRE : 25 photos de vedettes françaises: 25 photos de vedettes américaines: 16 photos d'actrices de Hollywood habillées des toilettes les plus nouvelles et les plus élégantes.UN ROMAN COMPLET : Amour.Doux Magicien Par Marcelle de Morthone EDWIGE FEUILLÈRE TOUTES LES NOUVELLES DE HOLLYWOOD ET DE PARIS ! 50 SOUPE AU CHOU-FLEUR 1 livre de chou-fleur 1 cuillerée à table de beurre 2 cuillerées à table de farine 1 jaune d\u2019œuf Y, tasse de crème Sel, muscade.Nettoyez et coupez le chou- fleur.Faites cuire doucement dans de l\u2019eau salée et du lait et passez au tamis.Préparez alors avec le beurre, la farine, la crème, et l\u2019eau dans laquelle à cuit le chou-fleur, une sauce un peu liée.Assaisonnez, ajoutez le chou-fleur passé au tamis, chauffez la soupe et versez sur un jaune d\u2019œuf en y ajoutant un peu de muscade.BLEUETS A LA CREME FOUETTEE 1 livre de bleuets 2-3 cuillerées à table de sucre 1 cuillerée à table de jus de citron 1 tasse de crème fouettée 4 ou 5 macarons.Mélangez les bleuets avec le sucre et le jus de citron et laissez reposer 1, heure au froid.Ajoutez ensuite la crème fouettée.Servez dans une coupe et saupoudrez de macarons écrasés.COTELETTES D\u2019AGNEAU À LA CANADIENNE 8 côtelettes d\u2019agneau 12 pommes de terre moyennes (tranchées) 1 oignon tranché Y3 tasse de beurre 1 tasse d\u2019eau Sel et poivre.Faites frire les côtelettes, quand elles sont suffisamment brunies disposez-les dans une casserole puis ajoutez un rang de pommes de terre tranchées, un rang d\u2019oignons, sel et poivre et quand la quantité de légumes est épuisée ajoutez l tasse d\u2019eau.Faites cuire, au début, à feu vif puis continuez la cuisson à feu lent, environ 14 LA REVUE POPULAIRE LA BONNE CUISINE Par Mlle HELENE CHAGNON Directrice de l\u2019Ecole Moderne de Sciences Domestiques CHRONIQUEUSE CULINAIRE DE \u2018\u2018LA REVUE POPULAIRE\u201d \u201cheure, jusqu\u2019à ce que les légumes soient à point.Des petits pois au beurre disposés autour des côtelettes font une très jolie garniture.TOMATES ROTIES 6 tomales 1 cuillerées à table de beurre 1 œuf Chapelure Jus d\u2019oignon Sel et poivre.Tranchez les tomates puis roulez dans l\u2019œuf battu auquel vous avez ajouté le jus d\u2019oignon, sel et poivre.Passez dans la chapelure et faites rotir dans le beurre.Servez chaud.DELICES TURQUES 1 once gélatine en feuille 14 tasse d\u2019eau froide 2 tasses de sucre L, tasse d\u2019eau bouillante Jus d\u2019une orange Zeste d\u2019une orange cuillerées à table de jus de citron Colorant rouge 14 tasse de noix._ Faites tremper la gélatine pendant deux heures dans LS tasse d\u2019eau froide.Placez le sucre et l\u2019eau bouillante dans une casserole et brassez jusqu\u2019à dissolution.Ajoutez la gélatine et faites cuire à petit feu pendant 20 minutes brassant constamment car la gélatine risque de prendre au fond de ET DU \u201cSAMEDI\u201d la casserole et de brûler.Retirez du feu, ajoutez le jus de fruits, le zeste d\u2019orange, le colorant et les noix.Passez un moule à l\u2019eau froide et versez 1 pouce d\u2019épaisseur.Laissez prendre.Après vingt- quatre heures, renversez sur une planche légèrement saupoudrée de fécule de maïs et de sucre à glacer.Coupez et roulez dans du sucre.GATEAU EPONGE POPULAIRE tasses de farine cuillerées à thé de poudre à pâte œufs lasse sucre tasse d\u2019eau cuillerée à Lhé de sel Zeste râpé d\u2019un citron cuillerée à thé de jus de citron.mnt ERE wo 9 1 \u2014 Séparez les blancs d\u2019œufs des jaunes.Battez les jaunes jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient épais et couleur citron.Ajoutez le sucre graduellement puis l\u2019eau et battez jusqu\u2019à ce que le sucre soit fondu.Tamisez la farine avec la poudre à pâte et le sel, trois fois.Ajoutez lentement au premier mélange.Battez les blancs d\u2019œufs et incorporez à la première préparation sans battre, mais en soulevant légèrement avec une cuiller de bois.Ajoutez le zeste de citron et le jus de citron.Faites cuire dans un four modéré (350 degrés) 50 à 60 minutes.Tous les mets imaginables se préparent et se servent dans les plats Pyrex.2 & AUBERGINES FRITES 2 aubergines Qeuf battu Sel 2 ou 3 cuillerées à table de beurre Chapelure Epluchez les aubergines, coupez en fines tranches.Faites quelques incisions dans la chair et saupoudrez de sel.Couvrez avec un poids quelconque pour extraire le jus et laissez égoutter pendant une heure.Au contact du sel, chaque de gouttes d\u2019eau qu\u2019il faui enlever en les essuyant.Trempez dans 1 œuf battu avec une cuillerée à table de lait et ensuite dans des parts égales de chapelure de pain et de farine.Faites sauter dans la poële ou frire dans la graisse profonde à 375°.Egouttez sur du papier brun.morceau se couvre COTELETTES DE PORC EN PAPILLOTES 3-4 livres côtelettes de porc 2 cuillerées à table de graisse de rôti Farine Sel, poivre.Parez la viande, saupoudrez-la de farine et faites saisir dans la graisse roussie.Assaisonnez et ajoutez un peu d\u2019eau de temps en temps.Retournez les côtelettes une ou deux fois.Quand elles sont cuites, dressez sur un plat une purée de pommes de terre avec des petits pois au centre.Disposez les côtelettes garnies d\u2019une papillote autour de la purée.SALADE AUX POMMES DE TERRE 4 tasses de pommes de terre (coupées en dés) 1 oignon haché menu 14 tasse de vinaigre (ou jus de citron) Sel et poivre.\u2018Aux pommes de terre, ajoutez le vinaigre ou jus de citron, oignon, sel et poivre et mélangez parfaitement.Dressez avec goût sur un saladier et décorez joliment. Les MESSIEURS PREFERENT LES BLONDES .OU LES BRUNES quand elles servent des soupes Heinz \u201cEn CREAM OF TOMATO SOUP Soupes Prêtes-à-Servir Heinz Crème de Tomates Crème de Champignons Crème d\u2018Huîtres Crème de Céleri Crème d'Asperges Crème de Pois Verts Crème d'Epinards Poulet avec Riz Poulet avec Nouilles Soupe aux Légumes, Bouillon de Boeuf Soupe aux Fèves Bouillon Ecossais (Scotch Broth) Soupe à la Queue de Boeuf Soupe aux Oignons Plus d\u2019un homme a succombé au charme de chastes attraits, mais quand il s'agit de le garder fort et bien portant au sein de sa famille, rien ne vaut une bonne nourriture solide! Heinz offre 57 façons d'intriguer l'appétit d'un homme; dont une longue liste de soupes comprenant toutes celles qui en vaillent la peine.Les Soupes Heinz sont épaisses et claires, riches et légères, grasses et maigres \u2014 au choix \u2014mais chaque Soupe Heinz est unique et a le goût de \u2018chez soi\u2019 qui est certain d'amadouer un coeur masculin, même s\u2019il est pierre! Les Soupes Heinz ont les meilleurs légumes comme base, des viandes de choix, de fins épices et assaisonnements \u2014comme toujours dans la préparation Heinz.Les chefs Heinz combinent et font mijoter ces ingrédients par petites quantités avec une patience digne de la plus difficile des cuisinières \u2014 c'est pour cela que les Soupes Heinz ont ce goût de \u2018chez soi'\u2019 qui fait les délices de votre mari.Et les Soupes Heinz sont réellement prêtes à servir.Elles sont prêtes à réchauffer comme elles sortent du magasin \u2014 dans leur boîte si vous le voulez \u2014 ouvrez et servez.Nul besoin de lait ni d'eau.La préparation des Soupes Heinz prend des heures, mais pas de votre temps.Les soupes crème sont faites avec de la véritable crème\u2014aux Champignons, Huitres, Tomates, etc.Et la Soupe aux Légumes, le Bouillon Ecossais, le Bouillon de Boeuf, la Soupe aux Fèves, aux Oignons, celle de Poulet avec Nouilles, toutes sont délicieuses \u2014 et en vente partout.H.J.Heinz Company.Cuisines Canadiennes à Leamington, Etablies en 1909 ne 2 FTEINZ 52 Rafraîchissez (ou changez) la couleur de vos rideaux ! A POUSSIÈRE, la fumée, le soleil ont-ils L décoloré vos rideaux ?Ne vous désolez pas! Vous pouvez, en les teignant, Jeur rendre toute la fraîcheur du neuf! 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mais l\u2019éloignement, au contraire, augmentaitles souvenirs et la mélancolique langueur de l\u2019automne le poussait volontiers à s\u2019attarder sur eux.eee Indécis en face de plusieurs avenues qui s\u2019enfonçaient sous bois, le comte de Nozières s\u2019arrêta un instant.La tête au vent, il humait Fair tiède qui apportait l\u2019odeur de la mer parmi les senteurs balsamiques des pins.Cette odeur, l\u2019espace d\u2019une minute, sembla le décider pour un chemin sablonneux qui se déroulait entre de petits- bouquets de chênes-lièges et des Louffes de tamaris.Il n\u2019ignorait pas que tout au bout, c\u2019étaient les dunes, les longues dunes sauvages, puis l\u2019océan dans toute son étendue d\u2019eau verte.Que de fois déjà il était venu y rêver au bruit du ressac, allongé dans le sable, fuyant ainsi volontairement les invités du vicomte de Ro- chebrune.Mais s\u2019apercevant soudain que l'heure du déjeuner approchait, il opta sagement pour une allée qui conduisait au château.Cette allée traversait une lande, une jolie plaine de bruyères roses, d\u2019où émergeaient, çà et là, des groupes de bouleaux, d\u2019une merveilleuse élégance.Ces beaux arbres veloutés de blane, dont la cime était baignée de lumière, ressem- bluient à de grands fantômes qui dansaient en rond.Le vent ayant grandi, le comte entendait des bruissements de feuilles, des eraquements de branches, de vagues plaintes qui s\u2019élevaient de toutes parts.Pour mieux écouter, il s\u2019arrêta, adossé à un arbre et le regard assombri par quelque pensée obsédante, il murmura : « Tout comme nous, les choses ont donc leurs tourments ?» Mais soudain, non loin de lui, une voix le fit tressaillir.\u2014 Eh bien, mon cher, disait le vicomte de Rochebrune, je vous y prends à rêver, au lieu de chasser la bécasse pour remplir cette carnassière vide ! Médite- riez-vous, par hasard un livre sur nos Landes ?Les deux amis causèrent quelques instants, puis soudain le vicomte remet à Arnold une letire que le facteur venait d\u2019apporter.Sans empressement Arnold s\u2019empare de la missive et bien que le timbre porte le cachet de Saint-Jacques-des-Blats, le jeune homme attend d\u2019être seul pour en déchirer l\u2019enveloppe.C'était une lettre de Mlle Gertrude qui, aprés aveir parlé des menus détails matériels concernant Combe-Nègre, ajoutait : « Mon cher, laissez-moi vous féliciter, vous possédez enfin une femme étonnante, qui s\u2019accommode de tout.Tout glisse sur elle; c\u2019est l\u2019être le plus placide que j'aie jamais connu.Certes, pour s\u2019acclimater à Combe-Nègre, il lui fallait bien cette dose d\u2019indifférence, mais c\u2019est tout simplement merveilleux ! «Votre absence ne l\u2019affecte pas le moins du monde, votre silence ne l\u2019inquiète pas.Elle ne songe qu\u2019à courir les chemins, ce qu\u2019elle fait avec une dextérité remarquable, comme si elle était née sur la montagne même.Mais il faut que vous sachiez que, depuis une semaine, elle possède un fidèle compagnon de route : Gabriel Ferval.«Il est arrivé un beau soir en compagnie du général Langlard pour chasser soi-disant sur vos terres.Mais le petit docieur, vous devez bien le penser, préfère à la société du vieux « grognon > celle de sa chère cousine Geneviève.« Arnold, vous êtes vraiment devenu un mari modèle et j\u2019en suis stupéfaite.Je ne vous aurais jamais cru capable de vous perfectionner à ce point.À présent, les faits et gestes de votre épouse ne vous émeuvent en aucune façon.C\u2019est fort bien et très heureux pour ladite épouse; aussi cette dernière s\u2019en donne-t- elle à cœur joie, devinant bien qu\u2019elle possède le mari le plus complaisant du monde ! » Parvenu'à cette finale pleine de malignité et de sous-entendus, le comte de Nozières froissa nerveusement la lettre de sa sœur, alors que de ses lèvres serrées, une sourde exclamation s\u2019échappait: « Vipére ! » murmura-t-il.Mais la lettre avait produit l\u2019effet désiré par Mlle Gertrude.Arnold ne pourrait plus en oublier la lecture.Et Arnold avait soif de cette douceur qui apaise les révoltés.Chapitre X \u2014 Quelle heure ?Gabriel.\u2014 Quatre heures.\u2014 Bigre! Nous n\u2019arriverons pas à Combe-Nègre avant la nuit tombante.De quelle voix aigre-douce, Mlle Gertrude va encore nous demander si nous avons fait une bonne promenade! dit Geneviève avec un léger rire.\u2014 Et cela n\u2019a pas trop l\u2019air de vous émouvoir.\u2014 Ma foi, non.C\u2019est sans doute que je finis par m\u2019habituer au si charmant caractère de la vicille demoiselle.Et puis, voyez-vous, Gabriel, je suis si heureuse de cette journée ! C\u2019est que nous n\u2019avons point perdu noire temps depuis ce matin ! Quatorze visites, dont six à des malades que vous allez remettre sur pied, c\u2019est tout bonnement merveilleux! Que de grandes choses j\u2019exéculerais en ce pays avec votre aide, mon cher Gabriel ! Gabriel, lui, gardait toujours très vif, le regret de n\u2019avoir pu épouser cette jolie cousine dont il connaissait à fond le cœur et l\u2019âme.Et Geneviève, elle, commençait à se demander si elle n\u2019avait pas commis une très grave erreur en repoussant autrefois le docteur Ferval, pour se lancer dans une romanesque aventure qui semblait vouloir devenir fort prosaïque et fort banale.Après six mois de mariage, en effet, son mari l\u2019abandonnait à Combe-Nègre, ainsi qu\u2019une chose inutile et encombrante.Si cela se produisait souvent, quelle influence pourrait-elle désormais exercer sur Arnold, sur ses pensées, sur son caractère ?Cette union serait donc vaine et son amour à elle, Geneviève, bien superflu ! Brusquement, un son de trompe déchira le silence virgilien du soir; d\u2019un geste rapide, Gabriel saisit le bras de sa compagne pour l\u2019entraîner sur le bord de la route.Ainsi serrés l\u2019un contre l\u2019autre, ils s\u2019ar- rétérent pour laisser passer une automobile qui s\u2019amenait à toute vitesse.Mais à sa vue, Geneviève poussa une exclamation étouffée, puis jeta un nom: Arnold ! Le comte en effet passait dans sa voiture qu\u2019il conduisait lui-même.La tête tournée vers le couple, il regarda froidement comme s\u2019il ne connaissait pas les personnages et continua sa route sans ralentir son allure.Etait-il possible qu\u2019il n\u2019eût pas remarqué le grand geste que Geneviève lui avait esquissé de la main! Etait-il vrai- \u2018 LA REVUE POPULAIRE semblable qu\u2019il ne l\u2019eût pas reconnue, elle, sa femme.Profondément troublée par cette rencontre inattendue, Geneviève accélerait le pas, manifestant le désir de couper court et d\u2019en finir vite.Maintenant, l\u2019auto avait disparu à un tournant de la route; seules, les\u2019 feuilles errantes que son rapide passage avait soulevées voltigeaient encore pour retomber une à une sur le chemin grisâtre.\u2014 Geneviève! à cette vitesse, vous serez vite exténuée, murmura derrière elle le docteur Ferval.Leste et agile, Geneviève avait doublé un coude de la route et Gabriel resta solitaire, singulièrement attristé dans l'ombre grandissante du soir.Une fois parvenue au château, Geneviève se précipita dans le hall où elle se heurta à M.de Nozières qui descendait de sa chambre.L'espace d\u2019une seconde, il la retint contre lui, plongeant un regard brûlant dans celui de la jeune femme.Ceite dernière contemplait Arnold avec une ardeur qu\u2019elle oubliait de dissimuler, trop heureuse de le revoir, prête à tout lui pardonner.Ah! c\u2019était bien lui, avec le regard pénétrant de ses long yeux gris changeants, bordés de grands cils sombres, ombragés de sourcils comme tracés au pinceau sur son vaste front pale! \u2014 Geneviève.murmura-t-il, comme inconscient de ce qu\u2019il pronongait.Et il parut à la jeune femme qu\u2019un aveu se lisait dans les yeux d\u2019Arnold.Elle attendit, le cœur défaillant de joie.Mais il ne dit rien d\u2019autre, le doute et la méfiance arrêtèrent les folles paroles qui se pressaient sur ses lèvres.La marque d\u2019une profonde amertume couvrit aussitôt son visage et très correctement il s\u2019éloigna de la jeune femme.\u2014 Bonsoir, Geneviève, vous allez bien ?dit-il d\u2019un air dégagé, comme s\u2019il l\u2019avait quittée le matin même.Interdite, elle ne sut que balbutier sottement : \u2014 Merci.et vous ?\u2014 À dire vrai, il est bien inutile de vous poser une telle question, aprés ce que je viens d\u2019observer sur la route, lança-t-il d\u2019un ton sarcastique et légèrement emporté.Cette cinglante riposte, qui suait l\u2019ironie et la colère, secoua furieusement l\u2019apathie de Geneviève.Un peu plus rose que tout à l\u2019heure, elle releva le front dans un joli geste brave qui lui était habituel, et fixant son mari d\u2019un regard légèrement narquois : \u2014 Tiens ! vous m\u2019aviez donc vue?fit- elle observer avec un demi-sourire.Tous mes compliments, vous êtes poli, Arnold! \u2014 Et pourquoi vous aurais-je dérangée! Vous étiez bien en trop agréable compagnie pour cela! objecta le comte avec une expression d\u2019ironie provocante.Un instant, elle l\u2019examina à travers ses longs cils bruns : \u2014 Me feriez-vous par hasard l\u2019honneur d\u2019être jaloux ?dit-elle enfin d\u2019une voix légèrement goguenarde.Tout d\u2019abord, un éclat de rire moqueur lui tépondit, puis, au bout d\u2019un instant de réflexion, M.de Nozières reprit sur le même accent : \u2014 Quelle imagination! Auriez-vous denc déja oublié ce que je vous ai dit un soir, chez la baronne de Ribbes ?Pendant l\u2019espace de quelques secondes, ils s\u2019entre-regardèrent comme deux ennemis.Ils sentaient qu\u2019à cette minute leurs volontés étaient en présence comme celles de deux adversaires en champs clos.Qu\u2019allait-il résulter de ce combat?Confusément, Geneviève se le demandait, car elle sentait bien, hélas ! qu\u2019il lui serait difficile de se maîtriser.Mais guidée par un instinctif sentiment, bien féminin d\u2019ailleurs, et qu\u2019elle n\u2019avait pas prévu, elle se jeta dans un fauteuil et renversant avec coquetterie sa tête sur le dossier, elle provoqua le comte de ses grands yeux brillants.Mais il ne s\u2019en rendait pas encore bien compte et ce fut aussi d\u2019une manière toute inconsciente qu\u2019il prononça d\u2019une voix émue : \u2014 Mon Dieu, Genevieve, que vous étes done jolie ce soir! Elle tressaillit de surprise et de plaisir et, aprés un hochement de téte plein de doute, elle objecta avec vivacité : (Suite à la page 54) Octobre 1935 ) .d 2 /} : Pense - - 8 BCR on cy 2s avec ces RECETTES DE VIANDE Autrefois, un rôti était simplement un rôti, un ragoût n\u2019était qu\u2019un ragoit.Mais maintenant, l\u2019on recherche la variété dans le menu quotidien et comme presque chaque ménagère a son livre de recettes favori, il est possible d\u2019introduire beaucoup de variété dans la cuisson des viandes de sorte que l'on puisse toujours servir\u201cquelque chose de nouveau\u201d et, en même temps, améliorer la saveur et la vertu nutritive du menu de viande.Si nous pouvions entrer dans les cuisines des hôtels célèbres et surveiller les chefs réputés en train d\u2019apprêter les viandes, nous verrions que la moutarde joue là son rôle.Et ce serait la MOUTARDE D.S.F.KEEN, car l\u2019on peut compter sur la qualité de la KEEN quand il s\u2019agit d'obtenir de la saveur.CASSEROLE AU RIZ ET À LA SAUCISSE LG tasse de riz, !5 livre de saucisse, 1 boîte de soupe aux tomates, 1 cuillerée à thé de Moutarde D.S.F.Keen.Faites bouillir le riz dans de l'eau salée, jusqu'à attendrissement.Egouttez le riz et placez-le dans une casserole ou un platallant au four beurrés, versez sur le riz la soupe chauffée et posez la saucisse sur le dessus.Saupoudrez de moutarde, faites cuire 30 minutes au four chaud.ESCALOPE DE JAMBON 1 tasse de jambon bouilli haché, 3 oeufs bouillis dur, 1 chopine de lait, 5 biscuits au soda, gros comme un oeuf de beurre, 1 cuillerée à thé defarine et1 cuillerée à thé de Moutarde D.S.F.Keen.Faites bouillir le lait épaissi avec la farine, ajoutez le beurre, le jambon, les ceufs, les biscuits, la moutarde, le poivre et le sel au goût.Faites cuire une demi-heure.La nouvelle brochurette Keen \u201cRecettes de Sandwiches\u201d sera expédiée GRATUITEMENT ar la poste.Ecrivez à Colman-Keen (Canada) imited, 1000, rue Amherst, Montréal.La Moutarde p.s.r\u2026 KEEN FACILITE LA DIGESTION 722F Découpez ces revettes pour vous en servir à l\u2019occasion, Conseils de Maison Ce qu\u2019une personne bien élevée doit éviter à table lo Pencher son assiette pour rè- cueillir la dernière goutte du potage.2o Aspirer le potage avec bruit.30 Frapper fort la cuiller contre l\u2019assiette.4o Porter son couteau à sa bouche.50 Essuyer son couteau sur son pain.60 Couper son pain avec un couteau; on doit le rompre, en petits morceaux au fur et a mesure des besoins.70 Essuyer son assiette avec une bouchée de pain.80 Sucer les os ou les prendre avec ses doigts.On doit détacher la viande qui tient aux os avec son couteau et laisser ce qu\u2019on ne peut enlever.9o Vider son verre ou ses verres en quittant la table, on doit au contraire, laisser du liquide dans tous les verres.10o Mettre le coin de sa serviette entre le cou et le col de sa chemise; la serviette est posée à moitié dépliée sur les genoux.1lo Mordre à même un fruit.120 Cracher les noyaux dans son assiette.13o Boire avant que la bouche ne soit vide.14o Ecraser les légumes pour en faire une purée.150 Se servir de cure-dents à table.160 Plier ga serviette à la fin du repas, si l\u2019on est en visite ou à l'hôtel.La Chambre d\u2019Enfant La chambre d\u2019un enfani demande toujours une clarté et une gaieté nécessaires à leur jeunesse.On imagine donc un papier uni vert d\u2019eau, descendant jusqu'aux placards qui occupent les angles de la pièce.Les panneaux sont encadrés de bandes vert vif et le mobilier peint d\u2019un ton intermédiaire.Les deux placards sont reliés par deux tablettes, la plus grande débordant pour former table à écrire, la plus étroite pour y classer quelques livres ou bibelots.Des petits sujets en bois sculptés, découpés, sujets champêtres, coloniaux, de marine ou de sports, sont disposés en frise et animent le bas du mur.Aux montants du lit, au dossier du fauteuil, un motif amusant complète l\u2019ensemble.Des tentures de toile à fond blanc, rayée en diagonale de vert et jaune vifs, accompagnent bien cette chambre qui doit être le séjour de la joie pour un petit.Pour Enlever les Taches Grasses sur les Papiers de Tenture Prenez de l\u2019éther, mettez-en quelques gouttes sur les taches, appliquez par-dessus un morceau de papier buvard blanc, pressez fort; la tache disparaîtra au bout de trois ou quatre applications.Nettoyage des Cartes à Jouer Pour empêcher que les cartes à jouer deviennent sales, il faudra avoir soin de les passer de temps en temps à la mie de pain rassis.Lorsqu\u2019elles sont sales, pour les nettoyer, prenez un peu d\u2019essence minérale pure dans une soucoupe, imbibez un tampon de coton et frottez légèrement les cartes, les impuretés disparaitront.Maniére de Nettoyer les Cols de Vétements \u2014 Mettez une tasse à café d\u2019eau dans une assiette creuse, puis deux verres à liqueur d\u2019alcali volatil ou ammoniaque; prenez alors une brosse, trempez-la dans le mélange et frottez le col avec; il se formera une mousse semblable a celle du savon; laissez un moment, prenez alors une cuvette pleine d\u2019eau, trempez-y une éponge et rincez copieusement le col; faites sécher à l'ombre, repassez ensuite entre deux torchons.Manière d'Extraire un Bouchon d\u2019une Bouteille Premier procédé.\u2014 Prendre une ficelle que l\u2019on rentrera dans la bouteille de façon à former une boucle; tenir la bouteille horizontalement; faire pénétrer le bouchon dans la boucle formée par la ficelle et tirer fort sur la ficelle; le bouchon sortira.Deuxième procédé.\u2014 Prendre un fil de fer ou un fil de laiton souple; le replier de façon à former une boucle non fermée; introduire le fil de fer dans la bouteille vide; tenir la bouteille horizontalement; le bouchon sera introduit dans la boucle et en tirant sur le fil de fer le bouchon sera attiré au dehors.prépas a MOUTA - ° 1 la RDE La variété est 'agrément de la vie et une pleine tablette de marinades y contribue beaucoup.Viandes chaudes ou froides, sandwiches, plats réchauffés, tout cela revêt un intérêt nouveau lorsque servi avec des marinades à la moutarde.Les marinades à la moutarde sont saines etappétissantes.Pour avoir la certitude qu\u2019elles seront parfaites et conserveront leur saveur, employez la MOUTARDE D.S.F.KEEN.MARINADES À LA MOUTARDE 1 pte de petits oignons, 1 pte de concombres, 1 gros chou-fleur, 2 pieds de céleri, Ÿ piments rouges.Laissez toute une nuit les oignons pelés dans du vinaigre faible.Le lendemain matin, faites chauffer jusqu'à ébullition et égouttez.Faites bouillir tasses de cassonade, 1 tasse de farine, 6 c.à soupe de Moutarde D.S.F.Keen, 1 c.à soupe de curcuma et 2 ptes de vinaigre, pendant 20 minutes, brassant constamment et, pendant que ce sera chaud, versez sur les légumes.Laissez séjourner 10 jours, brassant chaque jour.Embouteillez ensuite.MARINADES À LA MOUTARDE ET À L\u2019HUILE 12 concombres (de 4 à 5 pouces de longueur), 6 oignons blancs de grosseur moyenne, 13 de tasse de sel, 2 tasses d'eau froide, 1 c.à thé de graines de céleri, 14 de tasse de graines de moutarde, 1 c.à thé de Moutarde D.S.F.Keen, 2 c.à soupe de sucre blanc, 14 tasse d'huile à salade, 2 tasses de vinaigre.Tranchez les concombres et les oignons sur le travers.Disposez les légumes et le sel en couches, laissez reposer une nuit.Ajoutez de l'eau, brassez bien, égouttez tout le liquide.Ajoutez les ingrédients qui restent, mélangez bien, mettez dans des jarres.Scellez et serrez dans un endroit frais.La nouvelle brochurette Keen \u201cRecettes de Sandwiches\u201d sera expédiée GRATUITEMENT par la poste.Ecrivez à Colman-Keen (Canada) Limited, 1000, rue Amherst, Montréal.La Moutarde vse.KEEN FACILITE LA DIGESTION 5» Découpez ces recettes. 54 (Suite de la page 52) \u2014 D\u2019abord ce que vous exprimez la n\u2019est point votre pensée, et ensuite le serait-elle, je trouve que vous avez attendu bien longtemps pour vous en aviser.Voyons, Arnold, vous ne m\u2019avez pas épousée pour mon visage, et je ne l\u2019ignore pas.\u2014 Eh oui, soyons franc! C\u2019est une découverte que je fais tout à coup.Jusqu\u2019à ce soir, je devais être affligé d\u2019une taie sur les yeux, car je ne vous avais pas encore vue ainsi.Maintenant, la main qui caressait le poignet de Geneviève s\u2019en est détaché et Cest un bras câlin qu\u2019Arnold vient de glisser autour des épaules de la jeune femme.A cet instant, le comte comprenait que c\u2019eût été l'ivresse même que d\u2019emporter Geneviève entre ses bras pour connaître enfin la puissance de sa tendresse.Mais à cette même minute, elle se mit à frémir et à se rétracter avec une telle violence que, subitement refroidi, il desserra l\u2019étreinte de son bras sur les épaules tremblantes.Alors, sans remarquer le regard irrité qui se posait sur elle, ni le pli sarcastique des lèvres d\u2019Arnold, Geneviève se leva, puis, après avoir jeté à son mari un coup d\u2019œil craintif et sauvage, elle s\u2019éloigna sans une parole.Emportée par la violence de ses sentiments, elle courut à sa chambre où elle se mit à marcher rageusement comme une lionne en cage.« Oui, se disait-elle, sans doute était-il de bonne foi tout à l\u2019heure en me trouvant jolie.Sans doute m\u2019aime-t-il réellement ce soir, mais cet amour peut n\u2019être qu\u2019un feu de paille, un soudain et fugitif caprice, une de ces fantaisies qu\u2019un rien d'intimité fait mourir.*o 0 La jalousie est une passion malfaisante, elle corrompt tout ce qu\u2019elle touche.Aussi, a son contact, la pure image de Geneviève devint-elle odieuse à M.de Nozières et un poison se mêla bientôt à tous ses souvenirs, Dès lors, il se scntit atrocement et irrémédiablement malheureux, car il se retrouvait moralement aussi seul, aussi désolé qu\u2019avant son mariage avec Geneviève Langlard.Sa situation était plus misérable encore, puisque de nouvelles désillutions et surtout les tourments de la jalousie s\u2019ajoutaient maintenant aux anciennes souffrances.Il songeait aussi que cette Geneviève était bien la seule femme qui aurait pu posséder le magique pouvoir d\u2019enchanter les années qui lui restaient à vivre et de ce rêve, à peine ébauché, tout s\u2019achevait dans une cruelle saveur d\u2019amertume, dans le désastre de ses dernières espérances.Eperonné par les méchantes allusions de Mlle Gertrude, surexcité par de soudaines suspicions, Arnold passait maintenant ses heures à épier les deux jeunes gens.Et lorsqu\u2019il entendait sortir le docteur Ferval et qu\u2019il le voyait s\u2019éloigner rêveur et solitaire, il se disait qu\u2019il allait sans doute à quelque rendez-vous assigné par Geneviève, Alors, une révolte de sa jalousie le poussait à suivre son rival.Mais immédiatement il avait honte de lui-même, se prenait en horreur et finissait pas passer des soirées entières au fond des bois.Il lui semblait que sous les grands couverts de la forêt, dans l\u2019obscurité silencieuse des taillis imprégnés déjà d\u2019une mélancolique odeur d\u2019automne, il se sentait moins humilié, moins désenchanté.Le soir, il rentrait recru de fatigue mais non apaisé et il attendait avec une résignation poignante la preuve qui condamnerait Geneviève.Dans l\u2019aberration mentale où se trouvait le comte, cette preuve si misérablement attendue ne pouvait manquer d\u2019être fournie à l\u2019esprit surexcité d\u2019Arnold.Ce fut la veille du départ du général et de Gabriel.Toute la matinée, le docteur avait été absent et lorsque arriva l\u2019heure du déjeuner, M.de Nozières, qui était sur ses gardes, s\u2019aperçut que sa jeune femme échangeait un vif coup d\u2019œil d\u2019intelligence avec son cousin.Aussitôt le repas achevé, Geneviève, avec un empressement non dissimulé, se rapprocha de Gabriel Ferval pour lui parler à voix basse.Immédiatement celui-ci s\u2019éloigna et bientôt Geneviève sortit à son tour.Pendant tout ce manège, Arnold avait beaucoup de peine à soutenir la conversation déjà languissante qu\u2019il tenait avec M.Langlard.Ses artères battaient, le sang lui montait à la tête et l\u2019étourdissait à demi.Les minutes s\u2019écoulaient sans que rien ne troublât le calme endormeur de Combe-Nègre, et M.de Noziè- res, sous la domination de sa jalousie impérieuse, ne se rendait même plus compte de la fuite du temps.Toutefois, profitant d\u2019un instant où M.Langlard s\u2019assoupissait dans son fauteuil, il quitta le salon et sortit à la recherche des deux coupables.Il avait aperçu Geneviève se diriger vers l\u2019unique pergola du jardin, un gracieux fouillis de charmes touffus et de clématites sauvages.Nul doute, elle avait là un rendez-vous.À pas feutrés il s\u2019y rendit et il y trouva en effet la jeune femme debout au milieu de la charmille, qui vraisemblablement attendait quel- qu\u2019un.Au bruit des pas d\u2019Arnold, elle se retourna vivement et, à son apparition, elle ne put réprimer un geste de surprise, ni dissimuler un léger embarras.Elle était venue là tête nue, vêtue d\u2019une robe de voile bleu-lavande, n\u2019ayant passé sur ses épaules qu\u2019un simple foulard de crêpe blanc piqué de pois bleus.Mais à peine était-elle remise de son imperceptible émoi que, brutalement, son mari interrogeait : \u2014 Que faites-vous ici, Geneviève ?Qui done attendez-vous ?Décontenancée, elle balbutia des paroles inintelligibles.Le comte ricana : \u2014 Ah! ah! vous êtes loin d\u2019être à l\u2019aise, madame, pour me répondre! Sans doute avez-vous conscience de votre ignominie, de votre lâcheté ! Vrai, vous n\u2019avez point perdu votre temps pour me tromper, pour frustrer ma confiance, ternir mon honneur ! \u2014 De grâce, Arnold, arrêtez-vous ! s\u2019écria soudain Geneviève, avec un geste de profonde dénégation.\u2014Marréter et pourquoi?Vous devinez très bien à quoi je fais allusion, vous n\u2019ignorez pas combien votre conduite est blämable ! Elle l\u2019est d\u2019autant plus que, jusqu\u2019à ce jour, vous avez su adroitement cacher votre jeu, vous donner des airs de sainte, fort bien réussis ! Ah! je ne me suis pas encore assez défié, continua- t-il avec une rage grandissante.Et en ces derniers temps, j'étais tout prêt à convenir de vos qualités, à me dépouiller de cette méfiance qui pouvait fausser mon jugement.Ciel ! quel naïf j'étais encore sans m\u2019en douter! acheva-t-il dans un rire strident qui résonna comme un sanglot.D\u2019une pâleur mortelle, et avec un effroi immense, Geneviève avait laissé passer cette terrible tempête.Mais à présent qu\u2019elle devinait la nature de I\u2019horrible doute qui avait peu à peu envahi l'esprit d\u2019Arnold, elle sentait une révolte s\u2019emparer de son âme et à l\u2019idée que M.de Nozières l\u2019avait soupçonnée, elle, dont les sentiments étaient si nobles et si purs, elle rougit avec violence et, levant d\u2019un geste impérieux son petit menton volontaire : \u2014 Monsieur, dit-elle, vous venez de vous exprimer trop clairement pour que j\u2019ignore encore les suspicions qui ont germé en volre esprit, mais a votre tour, veuillez m\u2019écouter, car il me semble bien avoir autant que vous le droit de m\u2019expliquer ! Si, à cette minute, Geneviève avait daigné oublier la blessure faite à son orgueil, à sa dignité, et qu\u2019elle eût protesté avec douceur et circonspection, sans nul doute Arnold l\u2019eût laissé parler, mais le ton d\u2019autorité, l\u2019air de bravade, la flamme hautaine du regard de Geneviève furent pour lui autant de coups de cravache qui le cinglèrent brutalement.A peine la jeune femme avait-elle fini ce court préambule que le comte était près d'elle et, semparant d\u2019un de ses poignets qu\u2019il tordit entre ses doigts nerveux, il jeta, dominé par une froide colère : \u2014 Assez ! n\u2019ajoutez rien! Votre attitude nouvelle, les coquetteries de ces jours passés et jusqu\u2019à votre beauté provocante, tout, vous dis-je, vous accuse.Hélas! jai été assez payé pour, maintenant, comprendre les femmes, deviner leurs ruses, déjouer leurs perfidies.Eh bien, madame, vous n\u2019êtes pas différente des autres et je ne saurais être plus longtemps votre lamentable dupe ! « Maintenant, quittons-nous, je vous dirait demain ce que je compte faire pour que la vie nous soit encore possible, acheva-t-il en lâchant brusquement le petit poignet meurtri.\u2014 Arnold, je vous en supplie.ne partez pas ainsi.laissez-moi vous dire tout.À la fin, c\u2019est trop terrible de se laisser accuser de fautes que l\u2019on n\u2019a pas commises ! \u2014 Madame, reprit le comte avec un sourire diabolique, la comédie n\u2019a plus de prise sur moi.On m\u2019y a trop habitué, autrefois ! \u2014 Mon Dieu, il ne veut pas m\u2019entendre, pas me croire ! \u2014 Non, je ne veux pas vous croire, déclara-t-il en s\u2019inclinant devant elle, avec infiniment d\u2019ironie.Le cœur de Geneviève battait si fort dans sa poitrine, qu\u2019il lui parut qu\u2019il montait soudain dans sa gorge.Cette vive sensation l\u2019empêcha d\u2019articuler un mot de plus et lorsqu'elle retrouva la voix, le comte avait disparu.Un instant encore elle resta anéantie, comme pétrifiée.Ce fut la douleur de son poignet tordu et meurtri par les doigts d\u2019Arnold qui la rappela à l\u2019horreur de sa situation.Ainsi, son mari venait de l\u2019accuser de trahison, de lâche complicité avec Gabriel Ferval et elle n\u2019avait seulement pas trouvé le moyen de se défendre, de se disculper.Bouleversée à l'extrême, les idées semblaient vouloir l\u2019abandonner et bientôt, hagarde comme une démente, Geneviève se mit à enfiler sentier sur sentier, à l\u2019aveuglette, ce qui ne tarda pas à la conduire hors de Combe-Nègre.Une certaine inconscience, maintenant, se mélait à ses actes.Parfois, elle parlait tout haut en gesticulant et le bruit de sa voix éveillait dans la forêt une mélancolique sonorité qui rendait encore plus funèbre l'impression de vide et d\u2019abandon que ressentait Geneviève.Bientôt, du ciel qui était resté gris tout le jour, une pluie fine et serrée se mit à descendre.Cetie pluie n\u2019aurait été rien par elle-même si elle n\u2019avait pas été tordue, effilochée par le vent qui grandissait el s\u2019amplifiait à vue d\u2019œil.Maintenant, il secouait les arbres qui se mirent à craquer, à gémir, à siffler; des sons étranges s\u2019élevaient des grands sapins dont la noire épaisseur paraissait inquiétante.Mais Geneviève marchait toujours, dans la direction du col de Cabre.Et avec une sorte de sauvage volupté, elle écoutait cette émeute hurlante des éléments désordonnés où résonnait un écho des pensées confuses et terrifiantes qui se heurtaient en son âme.Chapitre XI Presque en sursaut, le général Lan- glard s\u2019éveilla.Il regarda vivement autour de lui et fut tout étonné de se retrouver dans le salon de Combe-Nègre.Il était seul.Sa tasse de café était encore aux deux tiers pleine.Un à un, il étira ses membres engourdis et un frisson de froid lui parcourut tout l\u2019épiderme.Les grosses biiches de la cheminée ne présentaient maintenant qu\u2019un amas de braises rougeâtres éparpillées partout sur le foyer.« Ai-je donc dormi si longtemps ! se demanda à voix haute M.Langlard.Diable! il est déjà trois heures ! Voilà plus d\u2019une heure que je sommeille.Il n\u2019y a donc personne dans cette maison ! » Brusquement, le bonhomme se leva en poussant son fauteuil, puis se dirigea vers la fenêtre.« Quel temps de chien ! grommela-t-il, il n\u2019y a vraiment pas moyen de mettre une patte dehors.Les sentiers sont déjà changés en ruisseaux et, ici, la tempête se montre dans toute sa laideur.Ah! bien, il est aimable, le pays de monsieur mon gendre ! « Au fait, que devient-il ?Et Gabriel, et Geneviève?Que diable ! ils sont donc tous morts, là-dedans! acheva-t-il en sonnant avec violence.Presque immédiatement Catherine apparut.\u2014 Alors, je suis donc tout seul dans ce château silencieux comme une tombe! \u2014 Que Monsieur se rassure.Personne ne songerait à sortir par un temps pareil.Tenez, général, voici justement notre docteur qui va et vient, comme une âme en peine, de la cave au grenier.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Eh, oui! riposta Gabriel.Je cherche partout Mme de Nozières, sans aucun sucès, d\u2019ailleurs.Serait-elle sortie malgré la pluie et la tempête ?\u2014 Je ne le crois pas, docteur.Mais, au fait, je n\u2019ai pas revu Mme de Nozières depuis ce moment où elle est descendue au jardin, tout de suite après le déjeuner.\u2014 Ah ! vous l\u2019avez vue sortir, Catherine ?\u2014 Oui, docteur, et depuis je ne l'ai rendontrée mulle part.Mais peut-être est-elle dans sa chambre.\u2014 J'ai frappé tout à l'heure et je n\u2019ai obtenu aucune réponse.\u2014 A l'instar de son vieux père, dit le général en riant, ma fille s\u2019est sans doute endormie.Ici, lorsqu\u2019on ne peut ni chasser, ni se promener, c\u2019est ce qu\u2019on a de mieux à faire ! \u2014 N'importe, objecta Gabriel, la mine inquiète, je vous saurais gré, Catherine, de vouloir bien vous informer de Mme de Nozières près de votre maître.\u2014 Tout de suite, monsieur.\u2014 Et Mlle Gertrude, demanda le général, est-elle aussi introuvable ?\u2014 Seriez-vous avide de sa présence, par hasard ?taquina le docteur Ferval.\u2014 Je n\u2019aurais garde d\u2019un tel désir ! Mais le silence était si profond, ici, que je me suis demandé si tous les habitants du château n\u2019avaient pas été subitement pétrifiés ! Un instant après, le comte survenait à son tour.Il était fort pâle et un tremblement agitait ses lèvres.\u2014 Vous cherchez Geneviève ?interro- gea-t-il d\u2019une voix un peu rauque, tout en fixant Ferval d\u2019un regard pénétrant.\u2014 Je ne la cherche pas, mais je suis fort surpris que personne ne l'ait revue depuis l'heure du déjeuner.\u2014 Eh bien, cher docteur, je suis plus surpris encore de voire réponse! Moi, qui vous espérais en mesure de nous renseigner, jeta Arnold avec une expression sarcastique et provocante.\u2014 Trêve d\u2019ergotage, comte ! lança Fer- val d\u2019une voix rude.Geneviève est absente du château depuis plus de deux heures.Où est-elle ?Toute l'importance est là ! Un frémissement contracta le visage d\u2019Arnold et ses yeux couleur de mer devinrent presque noirs.\u2014 En effet, toute l'importance est là, dit-il amèrement, Geneviève n'est ni dans sa chambre, ni chez Gertrude, ni au salon.Catherine ne l\u2019a pas aperçue de la soirée.Ceci commence par devenir troublant.Penses-tu, Cathe, qu\u2019un besoin urgent ait pu l\u2019entraîner à Saint-Jacques ?\u2014 Ceci n\u2019est guère possible, riposta vivement Gabriel, je le saurais.Et puis, je devais la retrouver au jardin, vers.\u2014 Sous la pergola, n\u2019est-ce pas ?interrompit le comte avec une rage dans l\u2019accent.\u2014 Sous la pergola, soit ! déclara Gabriel en regardant bien en face son interlocuteur.\u2014 Et de quel droit, je vous prie, alliez- vous la rejoindre sous la pergola ?interrogea M.de Nozières qui, d\u2019un geste brusque, avait saisi le bras de Ferval.\u2014 Du \u2018calme, Comte, reprit le docteur qui, visiblement, faisait un effort pour rester maître de soi.Nous nous expliquerons plus tard si vous le désirez, mais pour l'instant il importe de s'occuper de Geneviève dont la vie peut être en danger.\u2014 En effet! Que faites-vous donc la, tous les deux, a discuter ?jeta la voix éclatante du général.Geneviève, où est Geneviève ?Voilà ce qui m\u2019intéresse, moi! Ensuite, monsieur de Nozières, vous aurez tout le loisir de disputer Gabriel, si le cœur vous en dit, bien que cela, de votre part, serait fort ridicule.Quand on est ausi féru de sa femme, on ne l\u2019abandonne pas pour courir la prétentaine ! Mais le comte ne l\u2019écoutait plus.En un instant il fut dehors, sous la pluie battante et froide.Nerveusement, il se faufilait dans les allées du jardin montueux.Devant chaque bosquet touffu il s\u2019arrétait, fouillait du regard, jetant doucement le nom de Geneviève.Mais au- eune voix, aucun bruit, ne répondit à ses appels.Visiblement anxieux, il revint dans le vestibule.Gabriel, qui s\u2019était revêtu d\u2019une pélerine à capuchon, s\u2019ap- prétait a s\u2019éloigner.(Suite à la page 56) 55 Octobre 1935 FE 2 Ro: i £2 > © 5 4 se 7 7 i Fo se i ser ès ca Vi Ee x = 5 223 2 3 a ee = Se SR # F / / / J LA - BIERE - UE * VOTRE * ARRIERE * GRAND -PERE - BUVAIT Donnez une note personnelle à tout ce qui vous appartient à l\u2019aide de la broderie.ces touches distinctives d\u2019art manuel qui confèrent un cachet final d\u2019élégance aux vêtements et un air de luxe aux toiles de ménage.Pour avoir de la broderie plus fine, plus riche, employez les FILS À BRODER \u2018Anchardg SLARK Les beaux fils avec lesquels travailler qui accéléreront vos ouvrages faits a la main.Servez-vous toujours des Aiguilles de Milward \u2014 célébres depuis 1730.COTON EN BRINS \u2018 Anchor\u201d de CLARK COTON PERLE \u2018\u201c Anchor \u201d\u2019 de Clark STRANDSHEEN \u2018 Anchor\u201d de CLARK Fabriqués au Canada par les fabricants du Coton en Bobines Coats et Clark.The Canadian Spool Cotton Co., Dépt.D-46, Case postale 519, Montréal > Veuillez m\u2019envoyer les brochurettes \u201c Personal Embroidertes \u201d» (Broderies Personnelles), Nos 1, 2, 3, 4, 5 et la brochu- rette avec Patrons d'Initiales \u201c Initial Transfert Booklet \u201d.5é chacune (25¢ pour la série des siz).Rayer les noms des brochurettes dont vous n\u2019avez pas besoin.Nom Adresse MAL DE REIN Les médecins disent: Le REIN comme L'INTESTIN réclame des soins pour le conserver sain.Depuis votre enfance vous nettoyez votre intestin par une purgation au moins une fois l'an\u2014et votre REIN, organe éliminateur aussi important que l'intestin, quel soin en avez-vous pris?Vous l'avez négligé à tel point qu'il ne peut plus remplir ses fonctions d'éliminateur des POISONS et des ACIDES qui causent rhumatisme, mal de tête, urination fréquente et difficile, mal de dos, vertige, fatigue, paupière gonflée, etc.Nettoyez souvent votre rein avec PIL .R 50 PILULES;50¢ LA BT.POUR Et vous éviterez un grand nombre de maladies.EN VENTE PARTOUT avec U-OIL machines à coudre, vacuum, meubles, parquets.vente partout.Bidons de 1 ou de 4 oz.contre envol de 15 ou 30¢_ en timbres.U-OIL \u2014 Lachine, Qué.Adresses : Nettoyez et Polissez (Suite de la page 54) \u2014 Où allez-vous ?demanda le comte avec un redoublement de violence.\u2014 À sa recherche! Vous ne pensez tout de même pas que je vais rester tranquille ici, alors que Geneviève s\u2019est peut-être égarée dans les bois.La cloche du portail, que l\u2019on venait de secouer très fort, suspendit la riposte d\u2019Arnold.Ensemble, les trois hommes bondirent en avant, étreints par la même curiosité anxieuse.Et tous les trois furent terriblement déçus à l'apparition d\u2019un jeune pâtre au visage étranger.\u2014 C\u2019est bien ici le château de M.de Nozières ?demanda-t-iil avec quelque embarras.\u2014 Oui, mon garçon, répondit le docteur Ferval, et que lui voulez-vous au comte de Nozières ?\u2014 C\u2019est sa femme, qu\u2019on a rencontrée.non loin du col de Cabre.\u2014 Alors, pourquoi ne l\u2019avoir point ramenée avec vous ?jeta nerveusement Arnold.\u2014 Vous en parlez à votre aise, monsieur.Par un temps pareil, dans des sentiers quasi impraticables, c\u2019est facile de trimballer une malade ! \u2014 Elle est malade ?\u2014 On l\u2019a découverte à peu près sans connaissance dans les bruyères des Ba- taillouze et, depuis, elle délire.Elle est malade, quoi ! Le comte et Gabriel échangèrent un regard douloureux.L\u2019émotion contractait la gorge du docteur au point qu\u2019il ne pouvait articuler un mot.Arnold, lui, aprés un violent effort sur lui.méme, parvint a dire assez tranquillement : \u2014 Et en ce moment, où est-elle ?\u2014 Chez nous, dans une vacherie isolée au milieu des pâturages qui s\u2019étendent dua col de Rombiére au col de Cabre.\u2014 Très bien, vous allez nous conduire immédiatement là-bas, reprit le comte d\u2019une voix hachée, presque sans timbre.Un instant après, Arnold, Gabriel et le pâtre gravissait la crête de la montagne de Combe-Nègre.Le vent hurlait toujours dans les hétraies cuivrées.Les ruisseaux subitement grossis roulaient avec bruit au fond des ravins et les chemins eux-mémes semblaient des torrents.Aucune parole ne s\u2019échangeait entre le comte et Gabriel.Misérables tous deux, ils suivaient presque automatiquement le pâtre, alerte malgré ses gros sabots cloutés.L\u2019obscurité redoubla, car les nuages abaissés entraient dans l\u2019ombrage des bois, et la pluie tombait toujours.Un brouillard épais noyait toutes choses et M.de Nozières qui, pourtant, connaissait bien sa montagne, n'aurait su dire quel chemin il parcourait.Au vrai, les entours ne l\u2019occupaient guère.Une seule image s\u2019offrait à sa vue et le hantait: celle de Geneviève, Ses grands yeux noirs à l\u2019éclat mouillé, débordant de mélancoliques reproches, l\u2019obsédaient, en même temps que le remords s\u2019emparait de son âme.II montait et descendait des pâturages, franchissait des taillis sans en avoir conscience.N\u2019était-ce pas son méchant emportement qui avait poussé Geneviève à s\u2019enfuir de Combe-Nègre ?Enfin, ils arrivèrent devant un vaste bâtiment construit en pierres sèches et recouvert de chaume.D\u2019un côté, une petite masure adossée à la muraille s\u2019était à demi effondrée et ses pierres croulantes, éparpillées sur le sol en tas informes, donnaient à ces lieux déserts l\u2019aspect triste et morne des choses abandou- nées.Singulièrement impressionnés, Gabriel et le comte pénétrèrent en hâte à l\u2019intérieur, où une forte odeur d\u2019étable les prit à la gorge.Sur un amoncellement de fougères, Geneviève était étendue, la tête appuyée sur une grosse pèlerine roulée; une couverture de laine grise recouvrait son corps agité par la fièvre.D\u2019un tacite et commun accord, ils s\u2019agenouillèrent près d\u2019elle et tandis que le comte contemplait avec une expression navrante ce pauvre petit visage pâle qu\u2019aucune lueur d\u2019intelligence n\u2019animait, Ferval auscultait la malade, prenait son pouls, palpait la tête brûlante.Au fur et à mesure de son examen, son front se rembrunissait et il finit par murmurer : \u2014 H ne faudrait pas la laisser ici une heure de plus.\u2014 Est-elle donc si malade ?balbutia Arnold qui fixait le docteur d\u2019un regard épouvanté.\u2014 Oui, très malade.Il lui faut des soins immédiats et énergiques qu\u2019on ne peut donner dans cette demeure.Mais hélas ! le trajet est bien long d\u2019ici a Combe-Nègre et la nuit peut nous saisir en chemin.\u2014 Qu\u2019importe ! Partons vite.Je vais la prendre dans mes bras.\u2014 Vous ne pourriez fournir cet effort longtemps, Comte, objecta Gabriel, tout en observant le brusque changement survenu dans l\u2019aititude de M.de N'ozières.\u2014 Mais il faut pourtant la sauver, l\u2019emporter coûte que coûte ! reprit Arnold d\u2019une voix brisée par l\u2019émotion.\u2014 Sans doute.mais en la circonstance, nous pouvons confectionner une sorte de brancard et les pâtres nous aideront à la porter au château.\u2014Je vous en prie, pressez-vous, implora le comte.Resté seul près de la malade, Arnold se pencha vers elle avec une tendresse soudaine, puis, sur les paupières rougies de la jeune femme, il déposa deux baisers très doux.\u2014 Pardon, Geneviève.murmura-t-il d\u2019une voix émue.Au dehors, la pluie s\u2019acharnait toujours, elle crépitait sur le vieux toit de chaume, bondissait dans les rigoles.Arnold en frissonnait au bruit, pénétré par la chute immense.Ramenant son regard sur Geneviève, il la contempla, et ses yeux s\u2019emplirent de larmes.Une seconde, il en fut tout saisi, car depuis longtemps il ne connaissait plus le goût des pleurs.Alors, de douloureuses réminiscences le hantèrent.Il revoyait le petit Richard sur son lit de mort.Avec une acuité douloureuse, il revivait ce moment terrible où il l\u2019avait soulevé dans ses bras pour le déposer sur la couche capitonnée de l\u2019étroit cercueil.Un grand frisson le secoua tout entier et un instinctive sentiment de protection le fit saisir a pleins bras la jeune femme inconsciente, comme pour la défendre contre la grande faucheuse des vies humaines.\u2014 Mon Dieu! je n\u2019ai plus qu\u2019elle ! implora-t-il avec un regard d\u2019épouvante.C'était, depuis son enfance, la première prière qui sortait de ses lèvres.Il semblait, qulà cette minute, l\u2019Arnold sarcastique, celui qui ne croyait ni à Dieu ni à diable, était vaincu.Du moins, ce fut l\u2019impression que le comte produisit sur le docteur Ferval, quand ce dernier vint le rejoindre.Son attitude prostrée et douloureuse était si singulière que Gabriel se sentit au cœur une grande pitié pour cet homme qu\u2019il détestait.Chapitre XII \u2014 Catherine, parle-moi d'elle.C\u2019était dans le petit boudoir attenant à la chambre de Geneviève.La vieille nourrice venait de changer la glace qui devait recouvrir sans répit la tête de la malade et elle allait s\u2019éloigner doucement lorsque, à voix basse le comte l\u2019interpella.On ne reconnaissait plus, dans cet homme silencieux, au visage angoissé et\u2019 mélancolique, le comte arrogant, sarcastique et violent des jours passés.Avec complaisance, Catherine s\u2019approcha.\u2014 Que voulez-vous que je vous dise, monsieur Arnold, sinon que c\u2019est une pitié de voir souffrir autant une petite femme si douce, si bonne, si généreuse ! Elle ne le méritait pas, vrai de vrai! \u2014 Tu crois sincèrement tout ce que tu me dis la, ma bonne Cathe?Tu ne penses pas que l\u2019on pourrait ajouter à toutes ces qualités un peu de coquetterie, un peu de légèreté ?\u2014 De la coquetterie ?De la légèreté ! Ah! que non, mon cher Comte! Elle n\u2019était point frivole, je vous l\u2019assure.Elle avait une grandeur d\u2019âme remarquable.En un mot, c\u2019est une honnête femme! \u2014 Une honnête femme.reprit la voix tremblante de M.de Nozières.En es-tu si certaine, Cathe ?Vois-tu, maintenant que je sens combien elle m\u2019est chère, la certitude d\u2019une trahison me rendrait presque fou, je crois.\u2014 Je vous le répète, monsieur Arnold, Mme Geneviève n\u2019est ni zoquette, ni frivole; je l\u2019ai épiée, quoique cela ne soit LA REVUE POPULAIRE point très beau.Mais, c\u2019est qu\u2019à son arrivée ici, je ne l\u2019aimais guère, cette nouvelle comtesse que vous nous ameniez.Eh bien, je n\u2019ai pu relever la moindre défaillance dans ses actes ! Tout est à son honneur \u2014 Néanmoins.pendant mon absence.avec son cousin.\u2014 Son cousin! s\u2019exdlama Catherine l\u2019air dédaigneux, y pensez-vous ! Elle l\u2019aime bien, certes, mais comme elle aime tout le monde.Foi de Catherine ! il ne lui touche guère plus au cœur qu\u2019un boultilier ou un pâtre de nos montagnes! Un profond soupir s\u2019échappa des LB vres de M.de Nozières.\u2014 Plains-moi, Cathe, mais je né rus sis pas à me dépouiller de cette défiant ce qui est en moi.La brave femme secoua la tête d\u2019un air entendu, mais elle n\u2019eut pas le loisir de riposter: en bas, le portail s\u2019ouvrait pour livrer passage à l\u2019auto du comte.La veille, en effet, Léon, le chauffeur, était parti conduire le docteur Ferval qui, malgré son anxiété pour l\u2019état très grave de Geneviève, avait été dans l\u2019obligation de regagner Saint-Flour.Mais, sans doute, Léon ne revenait pas seul, car la baronne de Ribbes, prévenue par Gabriel du malheur survenu à Combe- Nègres, n\u2019avait peut-être pas hésité à se rendre chez son petit-cousin.Vivement, le comte descendit et la vieille dame, en effet, était là tout émue et un peu étourdie de ce long voyage.\u2014 Pauvre petite Geneviève.dit-elle un instant plus tard, alors qu\u2019elle s\u2019installait au coin du feu, est-elle toujours aussi souffrante ?\u2014 Toujours.La fièvre et le délire ne la quittent pas.Le docteur Palisson, tont comme Ferval, ne peut se prononcer avant huit jours.\u2014 Puis-je la voir ?\u2014 Certainement, mais vous avez tout votre temps, ma chère cousine, puisque, hélas ! elle ne vous reconnaîtra pas! dit M.de Nozières sur un ton de tristesse profonde.De ses petits yeux très vifs, la baronne examinait Arnold.Il lui semblait qu\u2019il avait vieilli, que des fils d\u2019argent blanchissaient ses tempes, que son regard moins brillant était empreint d\u2019un immense découragement.\u2014 Mon pauvre Arnold reprit-elle, sur le bras du fauteuil où elle était assise, qu\u2019avez-vous donc débité à cette chère petite pour l\u2019avoir mise dans cet état ?M.de Nozières tressaillit violemment, puis, se levant d\u2019un bond : \u2014 Comment ! s\u2019écria-t-il, vous me rendez responsable de son état ! \u2014 Tout doux, mon ami, ne vous fâchez pas, je n'ai point l\u2019intention de vous blesser, Au contraire, je désire ardemment vous faire du bien, car je sens que vous êtes malheureux, que vous avez des remords.En un geste désabusé, le comte se laissa choir dans son fauteuil, puis, ayant plongé son front entre ses mains : \u2014 Vous avez deviné juste, Baronne, déclara-t-il amèrement, je suis bien malheureux.\u2014 Et vous avez des remords ?t j'ai des remords.J\u2019ai été rude l\u2019autre jour pour Geneviève, je lui ai dit de bien méchantes paroles que je regrette, surtout si elles sont la cause de sa fuite éperdue à travers la montagne.\u2014 Et moi, ajouta Mme de Ribbes, je déplore de m'être mélée de votre mariage, Arnold.Jai peur, voyez-vous, d\u2019avoir causé le malheur de cette pauvre petite.\u2014 Evidemment, riposta le comte avec une profonde amertume, si vous n\u2019aviez jamais parlé de moi a Mlle Langlard, elle aurait épousé son cousin et elle serait heureuse.\u2014 Et cela n\u2019eiit pas été si mal ! lança la baronne avec une légére ironie.Mais ne nous disputons pas, ce qui est fait, est fait, et.dites-moi donc un peu ce que vous reprochez au docteur Fer- val ?\u2014 Rien.sinon d\u2019être le cousin de Geneviève.\u2014 Ft c\u2019est à son sujet, n\u2019est-ce pas, que vous avez fait une scène à cette pauvre enfant ?\u2014 Oui.\u2014 Eh bien, Arnold, vous n\u2019êtes qu\u2019un sot ! : Octobre 1935 \u2014 Je suis défiant par nature, vous ne l\u2019ignorez pas, et ils m\u2019avaient exaspéré tous les deux, avec leurs attitudes singulières, avoua humblement le comte.Un instant, la baronne garda le silence.Elle observait avec intérêt M.de Nozières qui, à cette minute, était bien loin d\u2019être fanfaron.Elle devinait que la souffrance avait sérieusement touché cet\u2019 être sceptique et ellé se sentit redevenir pitoyable et bonne.\u2014 Et dans toute cette histoire, mon pauvre ami, il n\u2019y a pas de quoi fouetter un chat.Gabriel m\u2019a tout raconté hier.Le jour où vous vous êtes montré si injuste, Arnold, c\u2019était le jour de votre fête.Le matin, Gabriel était parti pour Aurillac afin d\u2019en rapporter un cendrier d'onyx que cette chère Geneviève avait commandé pour vous.Leurs airs de mystère, c\u2019était tout simplement cela ! Saisisse*-vous maintenant combien a été grande votre erreur ?\u2014 Hélas ! Baronne, ma jalousie était immense ! \u2014 Pouah ! l\u2019horrible sentiment ! gronda Mme de Ribbes.Et encore si vous aviez l\u2019excuse de l\u2019amour ! D'un geste vif, le comte dressa la tête : \u2014 Mais je l'ai, cette excuse! Genevieve ! Un instant Mme de Ribbes fut sans voix et elle fixait le jeune homme d\u2019un regard surpris et incrédule.\u2014 Ah! par exemple! finit-elle par marmonner.Puis, avec un sourire plein de finesse : \u2014 Vous vous en étiez pourtant assez défendu, autrefois, d\u2019aimer votre femme! Si je m\u2019en souviens bien, vous disiez : « Non, non, ne me parlez pas d\u2019amour ! Pour mon compte j'en suis irrémédiablement guéri ! » \u2014 Oui, je le confesse, j'ai dit tout cela, reprit Arnold d\u2019un air accablé, et je le pensais encore voilà quelques semaines.\u2014 Ah ! mais, je serais fort curieuse de connaître comment un homme comme vous, autoritaire, sceptique et défiant, s\u2019est laissé prendre dans les filets de l\u2019amour ?interrogea Mme de Ribbes un tantinet railleuse.\u2014 Vous vous moquez de moi, cousine, et vous avez raison.Je me suis assez raillé moi-même, allez ! J\u2019ai voulu combattre cet amour et pour cela tout ce qu\u2019un homme peut faire, je l\u2019ai fait.Mais je n\u2019ai pas réussi.\u2014 Non! C\u2019est rieux ?\u2014 Tout ce qu\u2019il y a de plus sérieux, Baronne.J\u2019aime Geneviève de toute la puissance de mon être, dit-il d\u2019une voix ardente et contenue.Tout ce qu\u2019il y avait en moi de passions et de sentiments a été réveillé par elle ! Depuis que je l\u2019aime, il n\u2019y a pas une seconde dans mes heures, sans que ma pensée ne soit sur elle.J'aime à la voir partout, sans cesse à mon oreille, murmure le son harmonieux de sa voix.Enfin, cette femme : c\u2019est ma vie ! Encore très vive, malgré son grand âge, Mme de Ribbes se leva prestement et, prenant à deux mains la tête brune d\u2019Arnold, elle lui mit un bon baiser sur le front.\u2014 Voilà ! dit-elle, pour les réchauffantes paroles que je viens d'entendre ! Ah! cher enfant, mon vieux cœur en est tout regaillardi, car toujours, le brigand, a montré un faible pour le mauvais sujet que vous êtes ! Avais-je raison, hein ?de ne pas vouloir admettre qu\u2019il ne restait plus rien de bon en vous! \u2014 Chère cousine, ne vous réjouissez pas si fort.Un amour non partagé est une si grande misère ! \u2014 Vous aimeriez mieux être aimé, qu\u2019aimer, n\u2019est-ce pas ?Mais, c\u2019est entendre toute la vie une langue dont on ne comprend pas un seul mot! Aimez, aimez, Arnold, Geneviève n\u2019en restera pas insensible ! \u2014 Ah! Baronne, que vous la connaissez mal! jeta le comte avec son habituelle ironie.Si vous saviez comme elle est glaciale, indifférente ! \u2014 Allons donc! Vous ne me dite pas ce que vous pensez ?: \u2014 Malheureusement, ce n\u2019est que trop vrai! Geneviève, qui possède le don de la bonté universelle, dépense toutes ses attentions pour autrui.Alors, que voulez-vous qu\u2019il me reste?termina le comte dans un dépit non dissimulé.J'aime donc réellement sé- \u2014 Ah ! par exemple! je ne reconnais point là ma filleule! jeta la baronne surprise.Puis, au bout d\u2019un certain temps pendant lequel elle réva : \u2014 Dans la circonstance, Arnold, ne faudrait-il pas vous en prendre à vous- même?N'est-ce pas vous qui, pendant vos courtes fiançailles, aevz donné la note des rapports que vous désiriez conserver ?L'avez-vous assez souvent répé- lé que votre mariage était une association, rien de plus ! Avez-vous assez raillé les pauvres femmes romanesques ! Geneviève s\u2019en est tenue là, peut-être ?\u2014 Baronne, Baronne, ne m\u2019accablez pas! Jai la conviction que Geneviève est incapable de s\u2019émouvoir.A moins que.ce ne soil pour un autre.\u2014 Encore ! Vrai, vous étes incorrigible ! \u2014 Jai trop vécu au milieu des femmes mondaines et coquettes pour m'\u2019affranchir aussi complètement de la méfiance que leurs mensonges ou leur vile- nis m'ont inspirés.\u2014 Ne redevenez pas sceptique, mon cher Arnold, objecta affectueusement la baronne.Laissez parler votre cœur, soyez vousmême, et tout s\u2019arrangera peut-être.Ayez confiance également en cette Providence qui veille sans cesse sur ses créatures et qui sait mieux que nous ce qu\u2019il faut pour notre bonheur.\u2014 Oui.L\u2019homme est seulement sur terre pour faire son salut.murmura Arnold.Mais si dans son accent l\u2019on sentait une profonde lassitude, on ne pouvait y discerner aucune intonnation ironique.Intérieurement, la baronne le remarqua et du fond du cœur elle remercia Dieu qui semblait vouloir venir au secours de ceite âme hésitante.Un peu plus tard, dans la nuit, près de Geneviève, Arnold méditait.Sous la faible lueur de la veilleuse, il contemplait le pâle visage, amaigri et torturé par la fièvre, de celle qui causait son « tourment ».Tout le monde, pourtant, était d\u2019accord pour affirmer que cette jeune femme était une femme honnête, au cœur généreux, à l\u2019âme délicate.Alors, pourquoi, lui, Arnold en doutait-il encore ?Geneviève était-elle réellement indifférente à toute tendresse ?Ou avait-elle gardé en son cœur fidèle le souvenir d\u2019un amour ancien ?Ou bien.peut- étre, Gabriel ?.Ah! il lui eût été si facile de s\u2019en convaincre en lisant ce Cahier mauve qu\u2019Arnold avait découvert dès le premier jour de la maladie de Geneviève.Il le voyait encore, ce cahier, là, bien en évidence sur le petit bureau en bois des Iles.Immédiatement, il avait attiré son regard et aussitôt Arnold avait deviné en lui le confident d\u2019une âme peu communicative.Un fermoir à serrure lui confirma cette idée.Alors, instinctivement, afin de le dérober à d\u2019autres regards indiscrets, il l\u2019avait emporté dans sa chambre et enfermé dans son secrétaire.Depuis, il y pensait toujours.Une véritable obsession, que ce cahier mauve, au délicat fermoir d\u2019or ! Une plainte de Geneviève rendit Arnold à lui-même.Sans bruit, il s\u2019approcha de la malade et remit d\u2019aplomb le casque de glace qui s\u2019était déplacé.\u2014 Arnold.murmura la jeune femme.Vivement, M.de Nozières se pencha sur elle.\u2014 Geneviève.je suis là.que désirez-vous ?dit-il d\u2019une voix palpitante d\u2019espoir.Mais hélas! la malade n\u2019eut aucun regard pour lui.Inconsciente, elle se retourna en gémissant, puis, presque inerte, sa tête retomba sur les oreillers.Arnold s\u2019éloigna, découragé.Déjà le quatrième jour de maladie, et rien, rien ne faisait entrevoir une amélioration prochaine.Pénétré par une peine immense, angoissante, le jeune homme se laissa choir dans un fauteuil et, la téte dans sa main, il se mit à réfléchir.Ainsi, il aimait.Il aimait de toute son âme, comme jamais il n\u2019avait encore aimé, et il n\u2019avait pas exagéré en disant à Mme de Ribbes que Geneviève était toute sa vie! Mais elle, elle, qui aimait-elle?Car cette créature si harmonieuse, si délicate, si tendre, ne pouvait pas ne pas aimer, ne fût-ce qu\u2019un souvenir ! Instinctivement, Arnold se lève et passe dans la piéce voisine.Avec des gestes automatiques, il ouvre le secrétaire où quelques jours plus tôt il a déposé le mystérieux cahier mauve.Ses doigts tremblent en se posant sur la serrure qu\u2019il doit briser.Un instant encore, il hésite; une sueur légère emperle ses tempes, mais bientôt le désir l'emporte sur les scrupules.Maintenant, il palpe avec un émoi grandissant tous ces feuilles recouvertes de l\u2019écriture de Geneviève.C\u2019était à plusieurs années en arrière que remontait le contenu des premières pages.Il y avait de tout, aux hasards des impressions: souvenirs d\u2019excursions, de voyages; réflexions sur de nombreuses demandes en mariage, où les prétendants étaient « épluchés > avec une clairvoyance, une critique aimable et spirituelle, qui aurait fait sourire Arnold s\u2019il n\u2019avait été si angoissé, Mais dans tout cet amas de pensées, il ne découvrit pas le sentiment passionné qu\u2019il cherchait.De temps à autre, presque méthodiquement, la question de Gabriel Ferval remontait à la surface.La jeune fille la commentait dans des termes affectueux, certes, mais, visiblement importunée, elle envoyait souvent à «tous les diables », celte amitié amoureuse dont elle n\u2019avait cure.Mais voici l\u2019année de ses fiançailles avec M.de Nozières.10, 11 et 15 avril.Fébrile, avide, soupçonneux, Arnold en commence la lectures; bientôt, son cœur bat si fort qu\u2019une seconde, il s\u2019arrête pour retrouver son souffle.Combe-Nègre, 18 juillet.Arnold lit toujours.Cependant, l\u2019émotion est si vive, qu\u2019un instant il laisse tomber son front brûlant sur ces pages révélatrices et affolantes.Ainsi, Geneviève l\u2019aime, elle l\u2019a toujours aimé, mais avec soin, elle cachait cette tendresse : « Je tremble sans cesse, continue de lire M.de Nozières, à l\u2019idée effarante qu\u2019il pourrait deviner la folie de mon cœur pour en rire ou pour la railler ! «Ah! s\u2019il connaissait cependant tout ce qui se cache de passion et d\u2019amour dans mes attitudes insouciantes ou légèrement moqueuses! Sil savait que, lorsque je le reçois avec indifférence, mon cœur palpite du désir fou de me glisser entre ses bras, de me serrer contre sa poitrine, de poser mon visage sous ses lèvres pour qu\u2019il sente ses baisers.Muis cette folie, je ne l\u2019ai pas encore trahie, heureusement; elle est mon secret torturant, à la fois terrible et doux.» Sur ces mots, brusquement Arnold se dresse.Il étouffe de stupéfaction, de bonheur et d\u2019amour.Il baise comme un fou l'écriture chérie qui lui a donné cette volupté inattendue, inecpérée.Mais brusquement, sa joie tombe, car en tournant la page, il s'aperçoit que Geneviève n\u2019a rien écrit depuis cette date du 18 juillet, jusqu\u2019au 18 octobre, date toute récente.Trois longs mois sans rien confier à ce cher cahier mauve.Pourquoi ?Son amour incompris, inassouvi, se serait-il lassé d\u2019attendre ?Pendant ce temps, lui, Arnold, misérable orgueilleux, s\u2019est éloigné.Restée seule à Combe-Nègre, qu\u2019a-t- elle médité, éprouvé, subi ?En est-elle arrivée à se guérir ?Et.c\u2019est alors, que Gabriel est venu.Epouvanté de ce qu\u2019il va apprendre, Arnold est livide.Un instant, il croise ses deux mains sur le cahier, ferme les yeux et reste sans un mouvement, rigide comme une statue.À celte minute de peur insensée, Arnold n\u2019est plus qu\u2019un petit enfant qui implore protection.Combe-Nègre, 18 octobre.« Je viens de relire mon journal, toutes ces pages qui datent du moment fatal où la baronne de Ribbes, dans son petit salon fleuri de jacinthes, m\u2019a entretenu de son mystérieux cousin.Si je n\u2019étais plus à l'âge de la candeur et des premiers frissons de la vie, j'étais bien encore, hélas ! à l\u2019époque des illusions et des chimériques espérances.Mais j'ai promis de devenir la femme du comte de Nozières, six mois seulement, et mon cœur est meurtri, mon âme désolée.« Aujourd\u2019hui, je euis presque lasse de la vie, à laquelle je n\u2019attache qu\u2019une médiocre importance, du moment qu\u2019Arnold ne m\u2019aime pas, et je veux clore cet inconscient cahier mauve par les Votre À pparence?EMBELLIE PAR CE NOUVEAU SERVICE EXCLUSIF SPIRELLA A N'EsT-CE pas merveilleux?Comme par magie, votre silhouette se transforme sous vos yeux.idéalisée, séduisante, charmante.Oui.la silhouette rêvée devient réellement la vôtre.Et voici comment.Dessiné spécialement pour vous Chez vous, une Corsetière Spirella donne à votre silhouette sa plus belle ligne au moyen d\u2019une nouvelle gaine-type brevetée.Elle note votre silhouette désirée et vos mesures.Un dessinateur Spirella dessine alors et taille selon la mode votre ceinture, votre corset, votre gaine ou votre brassière, spécialement pour vous.Le coût en est beaucoup moindre que vous ne croyiez.DEMANDEZ LE LIVRET GRATUIT Ecrivez à SPIRELLA pour recevoir le nouveau livret gratuit \u201cL'Art Nouveau d\u2019Embellir ses Formes\u2019.Régime alimentaire, toilette, maintien et charme \u2014 tout ce qui peut améliorer votre tenue \u2014 sont traités de façon instructive dans ce nouveau livret.Et aussi, évidemment, les principes de confort et d'apparence du nouveau service exclusif Spirella.La Cie Spirella du Canada, Ltée, RP-10 Niagara Falls, Ont.Veuillez m'envoyer votre nouveau livret \u201cL\u2019Art Nouveau d'Embellir ses Formes\u201d.Nom Adresse Ville ph Province \u2026 VÊTEMENTS DE FOND Exécutés expressément pour vous 58 Une tasse avant le coucher LE délicieux cacao de Fry assouvit l'appétit et ce disère facilement \u2014 et, en même temps, favorise le sommeil.Fry comportecette qualité nutritive nécessaire au corps et au cerveau.Si vous désirez être en forme demain, buvez une tasse de cacao Fry ce soir.Servez-vous du chocolat Fry non sucré, vendu en cubes séparés d\u2019une once, pour la pâte.Demandez noire livre de recettes.Fry-Cadbury Ltd, Montréal, P.Q.PURE BREAKFAST 0CO.poet.Fax-CADBURY UT MONTREAL paroles de la Grentchen de Geethe.Clest si bien le cri de mon âme et de mon cœur.Adieux mes jours de paix, Mon âme est flétrie; Adieu pour la vie Et pour jamais.C\u2019est lui qu\u2019à la croisée Je cherche à l\u2019horizon ; Vers lui que je vais, insensée Hors de la maison.Mon cœur, las de se plaindre, Vers lui veut bondir; Ne puis-je donc l\u2019étreindre Et le tenir, Et Plembrasser A mon plaisir; Dans son baiser Dâût-on mourir ! Dans la chambre silencieuse, un amer sanglot résonne comme un appel de détresse.Incliné sur la table, le front dans ses mains, Arnold ne peut plus contenir les larmes qui depuis un moment déjà obscurcissaient ses yeux.\u2014 Dût-on mourir.murmura-t-il.Mon Dieu, si elle allait mourir, en effet, sans connaître mon amour, ma tendresse immense dont je désire tant l\u2019envelopper toute.D'un hond, il se dresse.Un impérieux désir, s\u2019il n\u2019y prenait garde, irait le jeter aux pieds de Geneviève pour lui crier sa passion, lui avouer ses remords et implorer son pardon.Mais aucun bruit d\u2019aucune nature ne doit atteindre la malade; il n\u2019a même pas le droit de l\u2019embrasser, car il sent bien qu\u2019à cette minute ses baisers lui feraient mal ! Cependant, à pas de loup, il se dirige vers sa chambre.C\u2019est Gertrude qui veille près d\u2019elle.Sa vue le rend contraint, embarrassé.Debout devant le lit, il reste immobile à contempler la petite forme fragile que le drap moule comme un suaire.Une plainte continue s'échappe des lèvres sèches.Le visage délicat semble soudain au comte plus exsangue, plus douloureux aussi.Alors, dans nae vision anticipée, il ferme les yeux d'épouvante, et tout orgueil aboli, sous le regard ébahi et dédaigneux de Mlle Gertrude, Arnold tombe à genoux et le: lèvres sur la main pendante de la malade, 31 appelle à son secours cette Providence qui, au dire de la baronne de Ribbes, veille sans cesse sur ses créatures.Chapitre XII Pendant quatre jours encore, quatre longs jours, terribles d\u2019anxiété pour Arnold, Geneviève resta plongée dans le même état de fièvre qui se manifestait par de pénibles accès de délire, suivis de iongues pérodes de stupeur comaleu- se.La contrainte morale que la jeune femme s\u2019était toujours imposée depuis son mariage, le chagrin des semaines passées, la si vive douleur enfin ressentie devant l\u2019injuste soupçon d\u2019Arnold avaient amené dans tout l'organisme de Geneviève de si profondes perturbations, que le docteur Palisson lui-même ne pouvait plus répondre de la vie de sa malade.Plusieurs fois, sur la demande de M.de Nozières, qui ne quittait plus le chevet dc sa femme, le curé de Saint-Jueques était venu avec les Saintes-Huiles, guettant fiévreusement une minute de lucidité chez Genevieve.Mais lorsque celle-ci ouvrait les yeux, aucune trace \u2018l\u2019inte:li- gence ne s\u2019y reflétait.Son regard cherchait dans le vide un fantôme qui semblait la hanter «t qu\u2019elle poursuivait de ses cris ou de ses touchantes implora- Lions.Arnold, qui savait que ce canchemar était le lame\u201ctable résultat de sa brutali- te, de son olivuss jalousie, de ses avcu- sations outrageantes, était pénétré de remords et d\u2019impuissance en face de ces scènes pénibles qui se répétaient plusieurs fois le jour.Un soir, pourtant, à la suite d\u2019une nouvelle crise plus violente encore que les autres, le comte secoua tout à coup le découragement qui l\u2019abattait, son remords et son chagrin, et prensnt un visage énergique qu\u2019éclairait une vague lueur d\u2019espoir.il murmura à l'oreille de la baronne : \u2014 Chère cousine, je pars immédiatement.Veuillez bien garder notre chère Geneviève.\u2014 Comment ! vous partez ?s\u2019exclama- telle stupéfaite, se demandant si le jeune homme ne perdait pas subitement la raison.\u2014 Oui, je vais aller à Murat.\u2014 À Murat ! Eh! grand Dieu ! qu\u2019al- lez-vous donc y faire ?\u2014 Accomplir un pèlerinage, reprit Arnold d\u2019une voix ferme.Car vous n'êtes pas, chère cousine, sans avoir entendu parler des miracles attribués à la patronne de cette ville, La Vierge noire en bois d\u2019olivier que Saint-Louis rapporta de Palestine ?Je vais, de ce pas, la supplier de sauver Geneviève.Sa guérison ne peut venir que du ciel, car je seus bien que le docteur ne possède plus aucun espoir.Et comme Mme de Ribbes le contemplait sans voix, d\u2019un regard de pitié et d\u2019incrédulité tout ensemble, Arnold reprit avec, aux lèvres, un lamentable sourire : \u2014 Vous doutez de ma réussite, Baronne, et vous avez raison.Je suis si peu qualifié pour cette requête.\u2014 Mais Dieu, qui lit dans les âmes, mon cher Arnold, connaît mieux que moi les perturbations de la vôtre.Allez, allez, mon enfant, et ayez confiance, ajouta la vieille dame qui détourna le visage pour cacher les pleurs qui venaient d\u2019envahir ses paupières.Mais au même instant, une petite voix, faible comme un soufle, se prit à murmurer : « Pai soif ».A ce léger appel, Arnold et Mme de Ribbes sursautèrent et, ensemble, ils se penchèrent précipitamment sur la malade.Geneviève avait ouvert les yeux, des yeux un peu vagues encore, mais conscients.Sans parler, tant il était bouleversé de cette subite amélioration, le comte fit boire la jeune femme qui, aussitôt, s\u2019endormit d\u2019un bon et calme sommeil.Geneviève était sauvée.De ces neuf jours d\u2019agitations et d\u2019accablement, la jeune comtesse ne se rappelait rien et en reprenant conscience d\u2019elle-même, elle semblait avoir oublié toutes ses souffrances.Mais elle était si faible que la moindre secousse aurait pu la rejeter dans l\u2019anéantissement d\u2019où elle sortait el pendant plus d'une semaine elle n\u2019éprouva autre chose qu\u2019une satisfaction purement physique.Mais insensiblement, à mesure qu\u2019elle reprenait des forces, son cerveau se remit à penser, les nuages qui enveloppaient sa mémoire se dissipèrent et elle se souvint.Alors, elle finit par s\u2019étonner qu\u2019Arnold füût presque constamment près d\u2019elle à satisfaire toutes ses exigences de malade et à prévenir même ses moindres désirs.Quelques jours encore elle se laissa gâter ainsi dans une sorte d\u2019hébétude heureuse et la convalescence arriva trés vite.Bientôt la malade put se lever, esquisser quelques pas dans sa chambre, et enfin elle descendit au salon.Pour ce premier jour, Arnold arriva près delle avec une brassée de narcisses et d\u2019œillets qu'il éparpilla sur les genoux de Geneviève.Interdite, la jeune femme jeta une exclamation de surprise et de joie, puis, regardant son mari avec des larmes dans les yeux, elle s\u2019aperçut que tout le visage d\u2019Arnold offrait une douceur singulière.Un amollissement et une soumission de tout son être, en effet, firent ineliner le jeune homme vers Geneviève; il tomba à ses pieds et, appuyant son front sur les genoux de sa femme, il resta un long moment ainsi, sans parler, sous l\u2019empire d\u2019une émotion intense.L\u2019amour est une ivresse et l'ivresse donne du courage aux moins audacieux.Avec une adresse souple et résolue, Arnold enveloppa bientôt d\u2019un bras caressant la taille de sa femme, et l\u2019attirant doucement à lui, il murmura : \u2014 Chère Geheviéve.je viens chercher mon pardon, me l\u2019accorderez-vous?Imperceptiblement, la jeune femme eui un mouvement de recul.Elle ne put se l\u2019expliquer que par la stupéfaction immense qui la gagnait de plus en plus.Son cœur.timide n\u2019osait comprendre; il battait si fort, qu\u2019elle ne put articuler une parole.La pression du bras d\u2019Arnold se fit encore plus douee.et plus câline.\u2014 Bien-aimée, je vous en prie, ne vous éloignez pas de moi, ne craignez pas ainsi mon amour.Il se fera pour vous si bon et si tendre que vous n\u2019avez rien à redouter.L\u2019amour est un habile magicien dont je ne soupçonnais pas la puissance; de mon cœur brisé, il a réuni tous les morceaux pour les assembler et les joindre si adroitement, que maintenant c\u2019est un cœur tout neuf que je viens vous offrir, car je vous aime, Geneviève, comme jamais je n\u2019ai aimé aucune femme.À écouter cette voix impérieuse que la passion pouvait rendre si caressante, Geneviève était devenue aussi blanche que les corolles des narcisses dont le parfum capiteux l\u2019enveloppait toute.Sous l\u2019émotion trop forte, elle ferma les yeux, mais bientôt elle les rouvrit pour contempler le comte qui baisait avec une ivresse contenue les mains de la jeune femme.Alors, leurs regards se rencontrèrent; un instant, ils demeurèrent fixes, liés par une double caresse.Et Arnold de reprendre : \u2014-Je vous en prie, chère, très chère Geneviève, répondez à ma prière.Me pardonnez-vous tout le mal que je vous ai fait ?\u2014 Vous pardonner! s\u2019exclama-t-elle doucement avec un sourire plein d\u2019amour.Mais j'oublie tout, Arnold, du moment que vous m\u2019aimez.Qu\u2019ai-je donc à vous pardonner, vous qui m\u2019apportez le bonheur et qui venez effacer tous mes chagrins ! Arnold avait ses yeux rivés sur elle et il buvait ses paroles avec une ivresse qui éclairait son visage.\u2014 Geneviève, ayez foi en moi.Jai pour vous, je le sens, cet amour pur LA REVUE POPULAIRE qu\u2019aucune inquiétude ne peut jamais troubler.Elle l\u2019écoutait fermant à demi les yeux, la bouche souriante et un reflet de bonheur sur son visage qui, jamais, n\u2019avait eu plus de charme.\u2014 Bien vrai, Arnold, vous ne serez plus jaloux, plus autoritaire, plus mé- chant ?demanda-t-elle.Alors, dans un soudain besoin de sincérité, il voulut dépouiller devant elle tout son orgueil d\u2019homme.\u2014 Si j'ai été méchant, Hien-aimée, c\u2019est ° que j'avais trop souffert autrefois par la femme, souffrance que, dans la révolte d\u2019une Ame rancuniere, je désirais ne pas.oublier.Si j'ai été autoritaire, Genevië- ve, c'était simplement pour mieux masquer l\u2019attirance que, dès le premier contact, j'ai sentie pour vous.Je crois bien vous avoir aimée dès ce premier jour, wolis souvenez-vous, la-bas, dans le petit salon fleuri de muguets de notre chére baronne.Mais en convenir, l\u2019avouer, ne fût-ce qu\u2019à moi-même, je ne voulais pas, c\u2019était trop encore pour l\u2019homme orgueilleux et blasé que j'étais devenu et qui ne se plaisait que dans la raillerie, l\u2019in- eroyance et les sarcasmes.Chère, chère, grâce à vous, je me suis enfin dépouillé de cette vilaine nature qui, au reste, me rendait bien malheureux.« Maintenant, Geneviève, si jai été jaloux, si je vous ai soupçonné de trahison, ô vous la plus pure, la meilleure des épouses, c\u2019est que j'étais vuineu alors, À cette époque, je ne pouvais plus nier que je vous aimais.Je vous ai fui, croyant mettre un terme à cet amour dont je sentais l'emprise énervante.Au fond, chère aimée, je n\u2019étais qu\u2019un niais de première grandeur: je ne voulais pas être heureux.Jamais je ne l\u2019ai tant senti que lorsque je me suis trouvé en présence de votre journal.À cette dernière phrase, Geneviève eut un brusque sursaut et elle se dressa à demi.\u2014 Vous avez lu mon journal ?s\u2019ex- clama-t-elle sur un ton de reproche, oh! que c\u2019est mal ! \u2018.\u2014 Geneviève, supplia la voix émue du comte, ne me pardonnerez-vous point cette faiblesse?Si vous saviez comme j'ai lutté pour ne pas l\u2019ouvrir, ce cher cahier mauve que je bénis de toute ma force d\u2019âme retrouvée.Car, sans lui, je ne vous aurais sans doute jamais avoué ma tendresse.Je vous croyais si bien indifférente à toute manifestation d\u2019amour, froide, drapée dans votre sagesse de femme raisonnable et positive, que je me serais cru déshonoré, en vous laissant deviner mes sentiments.Mais j'ai lu, mignonne adorée, et ainsi j'ai connu le trésor que vous êtes, mieux que si vous m\u2019aviez vous-même fait l\u2019aveu de votre amour.«Oh ! Geneviève, Geneviève, ne soyez point dure pour le malheureux qui demande son pardon à deux genoux, quoi- qu\u2019il ne regrette rien, rien de son indiscrétion., \u2014 Mais c\u2019est affreux ! s\u2019écria de nouveau Geneviève qui essayait d\u2019étaler un courroux qu\u2019elle n\u2019avait plus.\u2014 Oh! si vous pouviez connaître les circonstances qui m\u2019ont amené à cette curiosité malsaine, reprit le comte visiblement consterné, si vous pouviez comprendre.Mais il n\u2019acheva pas.Sa femme venait de lui fermer la bouche d\u2019une petite main caressante.\u2014 Inutile de vous expliquer davantage, cher Arnold, dit-elle avec un sourire tendre.Où voudriez-vous que je trouve une telle rancune dans mon cœur, moi qui vous ai toujours aimé aveuglément, même en un temps où je n\u2019étais guère récompensée.Rassurez-vous, Arnold, dit- elle en cachant son visage rougissant sur la poitrine de son mari, je t'aime trop, pour t'en vouloir.\u2014 Ma chérie ! Ma chérie.s\u2019écria-t-il d\u2019une voix étouffée.Mais l\u2019émotion trop vive lui coupa la parole et il ne put que serrer sur son cœur sa chère Geneviève et couvrir de baisers fous les beaux cheveux soyeux qui s\u2019offraient à ses lèvres.FIN Mères canadiennes.USEZ de votre droit de vote / Lo POUR \" [ Protéger vos foyers, Protéger vos enfants contre les agitateuts Ô Protéger notre pays contre le communisme, _ bolchéviques, .- Protéger nos marchés et nos industries, Protéger notre civilisatton attaquée, Protéger les emplois des travailleurs, Protéger les marchés * que nous avons Protéger le crédit du Canada, conquis, Protéger notre structure financière, Protéger le renom et le prestige canadiens, Lu Protéger notre pays contre la révolution Protéger l\u2019âme nationale dans toute la ; et le chaos, pureté des traditions.VOTEZ POUR UN GOUVERNEMENT DE PROTECTION SAINE, PATRIOTIQUE ET GENEREUSE [VOTEZ POUR BENNETT] Publié par l'Organisation Centrale Conservatrice - ARERR Je F3 2); ERY eh A = nD g RY, A ; | rd \\Q 3! 3 26) LE At, 2 = ° aN ç : - pes OLD STOCK | Z pap > ~ ~~ er ï A = = à (05 2 \\ + rage, (ES Tt.0 NN S NA pe pre | SOS \u2014_ NY = he a I nu J o 2 KY 5 \\ dy À WM \\! 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