La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 mars 1939, Mars
[" ee x.i bo 5, Gi 5 5 A ii je i H i i + CA \u201d 5 x; A i a lé 5 La on i 2 32e année; No 3 UN ROMAN D'À jui UR i ET Mars 1939 fog on H i is i akg Be $ i = jo i Aihimes ee 5 i He 4 = fl ei.je EG | i i ge is he Fa a Hn A i in wy 4 i # ss fil.i it oh Jil i ki tho 4 Es ii if PER i! | fy À 7 i # = 2 hi # i, 3; # \u201cee ë # +.i or Le A # > ou R33 et a A 2 gr # a Ly Montr ie 44 vu = Le 24 CON os 2 14c i % & 2 A se i a Ês Fy «© ES a plus taxe a 8 A 44m in How , hf, i La wi pe Wa ci i Fh 0 5 : à a\" AN a Le z À >» z ng ed Er 3 4 a i i Je i de pe: i ny Cl i fi Fa tr a ; i fh i oe # A Pa Bi A he § - es PE J i » i i a a oar ki ir a fi Wh i ¢ Fil ge 3 a 4 i fo ie i A ; pes § Z # ÿ if is je 4 i # IN : i i £& ih Sw cs nr 5 of A Ss 4 a iii i fore ta 2 fi ii id EN i ë & : # i # 2 fe 5 i # gr En > a 3 ES JE, Wh SA a ii a i 5 i jh # if ii = i Xi a \u20ac 3 # = i a i ju + ed SE 5 She ji 2 - ; i ju at à ; 1 i 5 bie i ar Ë 5 5 # va LÉ + % 5 = ds 7 oi y i i; i hi is Es i = # pe #7 ds PA # i 4 s fi % ?i, i # A 57 8 IN & ë ~ Ÿ == ue i ta i a ad a ge 1, du a $ i Ld Es A 3 Hi a 4 3 hid fort di is oe K i -SAVARD - ju 3 i wi 7 ee i 7 A 5 van a VE fo BREE.# = i Vi d a 2 fas Eo 3 es # ue dy ou ail LH Ww A \u2014 ui La A 5 0 i Te = ca 2 i i 2 Lig ES si Wi * = 4 i 3 i \u201c 1 ME pi a Pet # 3 A Le i Pd ip se i i id AT) Se a #5 iL # ia u J ae 5 Bn Hh sé A 2 + # 4 Se des = § i yt i de by \u201c ie i B i di, 5 Pie i i Eid i i Ey j # 24 i ; i Ay oni _ iia i Fil et + spas ee wea = a RL y 0) [2 \\ id SY =, i rec IN 2 mé | : Æ x a TS Ny ; RE SE ~ hf x #/ % $, FL ha Ne ol ¢ a 33 Gio odes 4 A \u201cole f i \u2014 gen = SN ia J ho 20 ® 3 Fu, Hh 2, + 37 = Wr pat ae > \u201cA pete Yel) - 4 ee ~ \u2014_\u2014 Ps af yf Mars 1939 La Revue Populaire 32e année, No 3 Montréal, Mars 1939 © SOMMAIRE Les lettres canadiennes, par Ringuet \u2026 \u2026 \u2026 Lo 225 D\u2018un océan à l\u2019autre, par D.M.MacLaren .cs 6 Chez S.E.le cardinal Villeneuve, par Aimé Plamondon .\u2026 \u2014 + 8 L'Université de Montréal sera terminée si \u2026 \u2026 9 ' 35 La lueur dans la nuit, par Fernand de Verneuil \u2026 \u2026 Le 10 Du sport à la littérature, par Juliette Cabana \u2026 \u2026 \u2026 a oo.13 Vos enfants sont-ils normaux ?par Francine \u2026 \u2026.\u2026 vs cs ce 14 Les conseils de Francine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \\5 NÔTRE ROMAN COMPLET : Cœurs en révolte, par Angel Flory \u2026 \u2026 \u2026 cu ces ve 16 POEME INEDIT L'arpège de minuit, par Marie-Anna Fortin \u2026 \u2026 er ee te 20 Huit pages en couleur consacrées à la femme Les Mots Croisés \u2026 \u2026 \u2026.\u2026 \u2026.\u2026 oi ne 50 Nos vieilles familles canadiennes, par Emile Falardeau \u2026 \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026.59 Les coopératives de consommation \u2026 \u2026.\u2026 \u2026\u2026 64 Quelques débutantes de Québec \u2026 \u2026 .\u2026 \u2026.68 NOTRE PROCHAIN ROMAN : L'Herbe Folle, por Magali EEE POUR des raisons très importantes, nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants: LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE, LE FILM Nous n'avons donc oucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.rt LA REVUE POPULAIRE POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE TARIF DE L'ABONNEMENT Editeurs-Propriétaires Conada : Un an: $1.50 \u2014 2 ans $2.00 975, ree de Bullion, Montréal, Canada Etats-Unis : Un on $1.75 \u2014 2 ans $2.50 Tél.: PLATEAU 9638* LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.Entered Merch 23 1908, ot the Post Office of St Albans, Vi., U.S.A, as second class matter wander the Act of March 3rd, 1879.QUELLE CHANCE QUE MARGOT FASSE LA VAISSELLE AU Lux! EN EFFET! ET NOUS J PARAITRONS BIEN M EN JOUANT AUX CARTES LA! COMME NOUS LEUR AVONS DONNÉ : LE CHANGE! NOUS ETIONS SI BELLES QU'ELLES DISAIENT- \"MAIS, MME.COLLIN, VOUS DEVEZ AVOIR UNE SERVANTE!\" Ll Voici les belles mains de Mme.Collin, mariée depuis 17 ans.Grâce au Lux, ses mains sont aussi Jolies que si elle avait une servante.Les experts en beaute disent: \u201cImpossible de découvrir la différence entre les mains de celles qui font leur vaisselle au Lux et celles qui ont des servantes.Le Lux les garde si belles.\u201d Faites-en la preuve \u2014 Essayez le Lux GRATIS.Découpez simplement cette annonce et envoyez-la à Lever Brothers Limited, Dépt.MP-1 Toronto, Ont., et vous recevrez gratis une boite de Lux de grandeur courante.DU LUX POUR DE BELLES MAINS ! UN RIEN SUFFIT- ILEST SI ÉCONOMIQUE ! 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Parmi les arrirmations ci-dessous, que On tiendra compte de la clarté.1.nous avons formulées au sujet de la 2.Sncérité et de l'originalité des\u201d déclan Poudre à Pâte \u2018\u2018 Magic\u2019, lesquelles avez- T&tions.Celles-ci ne seront pas retournées vous mises à l'épreuve ?Dites ce que vous Les décisions des Juges seront finales et avez constaté ou pourquoi vous préférez ans appel.la \u201cMagic\u201d, en 25 mots ou moins, en 3.Envoyez autant de déclarations que écrivant au verso d\u2019une étiquette de Poudre vous v > à Pâte \u2018\u201c\u2019Magic\u201d\u2019.HAA mom adresse, mur ine.\u2018Stiquetis ea e a\u201c \u201d Donne des gâteaux légers et oudre À Pête Magic\u201d.tendres de quete et nares Mtge sur Le aking Assure des résultats certains Powder, P.O.Box No.5, Toronto 2, Ont.Le concours se terminera à minuit, le on put a ae el Rly Eu un peu après.Vous pour- n peat toujours s\u2019y fier - Tez faire le voyage F° l'Exposition au mo- La seule poudre à pâte annoncée ment qui vous conviendra.dans tout le Canada dont les @ Nimporte qui au Canada et à Terre- lngrédients sont indiqués sur Neuve peut concourir, seuf les employés des fabricants de la Po l'étiquette \u201cMagic\u201d et les membres de jours fatniiles Fa 55 NE MANQUEZ PAS DE VOIR L'EXHIBIT DE LA POUDRE A PATE \"\" MAGIC \"* dans l\u2019intéressant pavillon de la Standard Brands. Mars 1939 Le docteur Philippe Panneton, de Montréal (en littérature, RINGUET, dv nom de so mère), auteur de 30 Arpents, romon de lo terre canadienne, dont le succès de presse et de librairie, aussi bien en France qu'au Canada, est sans précédent dans notre littérature.A PLUPART des Prançais se demanderont : existe-t-elle ?Je les prierai d'oublier Louis Hémon, Rouquette, Marie Le Franc, Cons- tantin-Weyer, tous Français qui n'ont fait que miner un filon canadien, et je poserai la seule tion dont la réponse puisse apporter la solution toutes les données du problème : Peut-il exister une littérature proprement cana- dienne-française ?C'est cette question qui, chez nous, au Canada francais, revét un caractére d'une exceptionnelle importante à cause même de nos divergences d'opi- ajon.Nous avons, en effet, tout un cénacle d'hommes cultivés, les plus vieux inspirant et stimulant les plus jeunes, qui se sont faits les protagonistes de notre isolement littéraire et intellectuel.Ils voudraient insulariser en quelque sorte notre groupement, le protéger ainsi contre les influences extérieures et particulièrement contre les influences continentales.Ils rêvent de cette insularité à laquelle l'Angleterre doit d'être restée si totalement elle- même.Ce sentiment naît d'une défiance, parfois avouée, à l'égard de tout ce qui nous est étranger.Ils craignent pour nous la pénétration d'idées et de doctrines qui pourraient trop radicalement modifier nos habitudes séculaires.Ils s'opposent à ce que le voisinage des Etats-Unis vienne par trop changer nos façons d'être matérielles ; ils ne se soucient pas de voir le rayonnement européen dévier trop profondément nos façons d'être spirituelles.Aussi existe-t-il chez nous un esprit de forte résistance à la diffusion du cinéma et du journalisme américains, si contraires à nos traditions restées malgré tout françaises.Mais, de même, encore que beaucoup moins ouvertement, on élève un barrage contre l'expansion du livre et de la revue, ainsi que du cinéma français.Affirmation au sujet de laquelle on pourra discuter, ergoter ; le fait n'en reste pas moins irréfutable.Cette école, « séparatiste » en politique, voudrait une littérature d'expression canadienne-française plutôt que française, entièrement distincte du domaine français, au rebours des littératures belge ou suisse romande qui ne sont, à tout prendre, que provinces du royaume intellectuel français.D'après cette école, nous devons tendre vers une langue canadienne-française dont les expressions locales, parfois patoisantes, formeraient les premières assises; on les a employées dans certains récits avec une abondance qui fait de ces textes de véritables anthologies des canadianismes francais.On ne manque pas de nous vanter I'exemple des Etats-Unis qui, malgré la presque identité de leur langue écrite avec celle de l'Angleterre, possèdent aujourd\u2019hui une littérature nettement individualisée.Voire ! Mais il y a plus.On a voulu.poussant cette tendance jusqu'à l'extrême, nous limiter à nos problè- - mes, à nos décors, à nos formes humaines, ce qui équivaudrait presque à nous interdire d'exprimer nos réactions devant le spectacle du reste du monde.On nous offre en retour, reconnaissons-le, un ciel, un climat, un sol entièrement nôtres, et dont les Photo Blank & Btolier Les lettres canadiennes Un roman canadien vient de paraître chez Flammarion, à Paris, un roman (30 ARPENTS, par Ringuet) dont la presse française et canadienne parle comme d\u2018un chef-d'œuvre.Peu après le lancement de son livre, Ringuet fut prié par les NOUVELLES LITTERAIRES de Paris d'écrire immédiatement un article sur notre littérature canadienne.C'est cet article que nous sommes heureux de pouvoir offrir à nos lecteurs et lectrices.caractéristiques sont par cela même facilement pénétrables à notre intelligence.Le ralliement autour de cette formule, affirmée déjà depuis assez longtemps bien que moins nettement prônée, fut sonné en 1923 dans L' Appel de la race, par I'abbé Groulx, sous le pseudonyme d'Alonié de Lestres.Cet écrivain, professeur très écouté d'histoire et d'énergie nationales, homme cultivé et vigoureux plus que romancier captivant, n'a cessé depuis de battre le rappel.Il a sur notre élite et notre peuple une rande influence qu'il doit à son talent et à sa forte personnalité ; malheureusement, la tendance dont il est le théoricien ne peut que s'appuyer sur ce fond de xénophobie qui existe chez toutes les grandes minorités et que stimule au pays lauren- tien la prépondérance économique des Britanniques.Mais une telle attitude ne pouvait manquer de susciter une opposition non moins énergique.Elle vint tout naturellement d'écrivains qui, ayant vécu au delà des mers, ne voulaient plus se restreindre à leurs entours immédiats.Elle se concrétisa autour du Nigog, revue d'avant-garde qui ne parut qu'un an (1918), mais que j'imagine avoir eu une influence réelle.Ce, que je sais, c\u2019est que nombre d'écrivains ou de lettrés actuels ont adopté, de façon consciente ou non, l'attitude d'esprit des écrivains du Nigog qui étaient entre autres : La Rocque de Roque- brune, romancier et essayiste ; Préfontaine, Léo- Pol Morin, pianiste et musicographe ; Marcel Du- gas, le plus grand de nos prosateurs par la richesse du verbe, etc.Entre les deux camps, la querelle attendue ect presque cherchée devait éclater ; elle.fut violente encore que restreinte à (Lire la suite page 60) D'UN OCÉAN \\ A L'AUTRE.E CANADA que nous connaissons, c'est-à-dire neuf provinces unies par le pacte de la Confédération, où quelque onze millions d'habitants vivent de l'exploitation d'immenses ressources naturelles et de diverses industries, doit son existence surtout au chemin de fer.C\u2019est lui qui transporta les hommes et le matériel dont le pays avait besoin pour se développer, fit surgir les villes et les relia ensemble, permit aux industries d'exporter leurs produits sur les marchés du monde.Il fut à la fois le pionnier de la civilisation et son plus ferme appui.Il serait ridicule de prétendre que les jours du chemin de fer sont comptés, mais il faut reconnai- tre que l'aviation, dont le rôle dans le monde est aujourd'hui prépondérant, a changé quelque chose au Canada.Il est peu probable que l'avion transporte jamais de grosses quantités de blé et de bestiaux, de bois ou de minerädi, de machines ou des marchandises lourdes.Il faudra encore avoir recours au chemin de fer dans de nombreux cas.D'autre part, l'aviation est devenue essentielle au progrès du Canada.Quand le reste du monde s'élance dans les airs, nous ne pouvons nous entêter à demeurer sur lz sol, pas plus que nous avons pu conserver le canot quand la locomotive est apparue.En notre siècle de vitesse la poste et les messageries doivent prendre des ailes.L'homme lui-même emprunte la route aérienne pour ses affaires et son plaisir.Il y a dix-neuf ans le transport commercial aérien compléta sa première année de vols réguliers.Les routes aériennes représentaient alors un total de 3,000 milles.Aujourd'hui, ce total est d'environ 330,000 milles, soit plus de cent fois plus élevé.En 1937, plus d'un million de voyageurs ont été transportés sur les lignes américaines, soit deux fois plus qu'en 1934 et durant les cinq premiers mois de cette année nos voisins ont enregistré 167,861,040 « milles-voyageurs » payants, une amélioration de 25%, sur la période de 1937 correspondante.Ces chiffres font deviner quelques-unes des raisons qui ont amené la création des es aériennes Trans-Canada (Trans Canada Air Lines.) Certes l'aviation existait déjà au Canada.En 1937, par exemple, pas moins de 30 compagnies commerciales transportaient des voyageurs, des marchandises et du courrier dans les régions les plus lointaines du Canada.Cette année-là, nous dit le Bureau fédéral de la statistique, 26,205,766 livres de marchandises et de courrier furent transportées par.avion, soit une augmentation de près d'un million de livres sur l'année précédente.En cinq ans la quantité de marchandises transportées a êté multipliée dix fois.De fait, les avions canadiens transportent trois fois plus de marchandises que les : avions américains et plus que les avions des Etats- Unis, de la Grande Bretagne et de la France combinés.En 1937, 11,000,000 de milles ont été par- courts en avion au Canada, une augmentation de 2,000,000 de milles sur l'année précédente., Cette activité aérienne s\u2019est déployée surtout dans le Nord du pays, en particulier dans les régions minières dont plusieurs doivent leur développement à l'aviation.De nombreuses heures de vol ont été aussi consacrées à la surveillance des pêcheries et des forêts, ainsi qu'à la cartographie des régions désertiques.L'importance du rôle joué par l'aviation dans ce travail nécessaire ne peut être compris que si on le compare aux anciennes méthodes de réalisation \u2014 (à pied ou en canot en été, en traineau à chiens en hiver) \u2014 qui étaient encore d'usage il y a quelques années.Donc, le Canada ne fut pas en retard sur les autres pays quand il s'est agi de développer son aviation, excepté dans un cas, et ce cas était extrêmement important : le Canada n'avait pas de ligne aérienne transcontinentale.De haut en bas, dans l'ordre : La Trans-Canada osséde deux rands hangaes, un Winnipeg et autre à Lethbridge, en Saskafche- wan.\u2014 Un avion de ligne cona- dien Lockheed.(Notre flotte cé rienne comprend quinze bimoteurs de ce modèle).\u2014 Les \"\" hôtesses ** aHendent les passagers pendant qu'on réchauffe le moteur.\u2014 Le pilote étudie la corte des courants.\u201c LE mu & + 8d RE ne Le Canada possède depuis 1937 son réseau d'aviation de transport régi par l\u2018Etat.Quinze bimoteurs de ligne en service de Halifax à Vancouver.par R.D.Maclaren Fait à noter, l'aviation chez nous a procédé à l'inverse du chemin de fer.Ce dernier a commencé par traverser le continent avant de rayonner au nord et au sud ; alors que l'aviation a rayonné dans l'est et dans l'ouest, avant de réunir les deux grandes parties du pays.Il importait de corriger cette solution de continuité et ce sont les Lignes aériennes Trans-Canada qui en ont été chargées.Cette compagnie a été fondée par la loi fédérale d'avril, 1937.Son capital est de $5,000,000 divisé en actions de $100 chacune.La loi prévoit que la majorité de ces actions doit être détenue par le Canadien National, seul actionnaire à l'heure actuelle.Le reste des actions ne peut être vendu qu'à des citoyens britanniques demeurant au Canada ou à des compagnies aériennes faisant affaires dans le pays.Le conseil \u2018d'administration se compose de ' quatre représentants des actionnaires et de trois conseillers nommés par le Gouverneur-général et son conseil.Le président est M.S.J.Hungerford, président du conseil d'administration et directeur général du Canadien National.Les autres représentants des actionnaires sont MM.James Y.Murdock, C.R.Toronto, fl Symington, CR.et l'hon.Wilfrid Gagnon, de ntréal, tous conseillers du Canadien National.L'Etat est représenté par M.C.P.Edwards, chef du service aérien du ministère du transport, J.À.Wilson, contrôleur de l'aviation civile et George Herring, surintendant en chef du service aérien et terrestre du ministère des postes.Les avions et le personnel, le service des communications entre le sol et les avions, les hangars et autres édifices requis sont fournis par la compagnie, mais l'Etat a la charge des radios-phares, de l'éclairage des routes, de la météorologie et des terrains de secours.Pour fins d'économie le Canadien National fournit les services de secrétariat, trésorerie, comptabilité, contentieux, achats, médecine, publicité propagande, etc.Les Lignes aériennes \"Trans-Canada ont leur propre service du trafic.Elles possèdent deux grands hangars, l'un à Winnipeg, qui est le siège social du service de l'exploitation, le centre d'entra:- nement des pilotes et de réparation aux avions, et l'autre à Lethbridge, Saskatchewan.Un troisième hangar est en construction à Toronto et l'on prévoit celle de hangars à Montréal et à Moncton.Pour le moment, la Compagnie utilise à Saint- Hubert l'ancien hangar de la Gendarmerie Royale.Lorsqu'il s'est agi de l'achat des avions la Compagnie a voulu prévoir l'avenir en se procurant les appareils les plus modernes.Sa flotte se compose de 15 bi-moteurs Lockheed.Cinq de ces Lockheed, dits « electra» sont en service actuellement entre Vancouver et Seattle.Ils peuvent transporter, en plus d\u2019un équipe de deux hommes, dix passagers et 800 livres de poids utiles.Leur rayon de vol est de 720 milles.Ils sont actionnés par deux moteurs Pratt & Whitney Junior Wasp, sont capables d'une vitesse maximum de 205 milles à l'heure et d'une vitesse de croisière de 175 milles.Sur la ligne principale, c'est-à-dire la ligne transcontinentale sont utilisés dix Lockheed Super Flec- tra, actionnés par deux moteurs Pratt & Whitney Hornet, capables d'une vitesse maximum de 260 milles à l'heure et d'une vitesse de croisière de 200 milles.Ils peuvent transporter dix voyageurs, une équipe de trois personnes et 2,700 livres de poids utile.Autrement dit, ces avions peuvent donner un service aussi rapide que tout autre avion de ligne sur ce continent.La grande ligne des LATC s'étend de Moncton à Vancouver, en passant par Montréal, Ottawa, Toronto, North Bay, Kapuskasing, Wagamic, Winnipeg, Regina et Lethbridge, une distance de 3,110 milles.L'embranchement Vancouver-Seattle est de 122 milles et celui (Lire la suite page 60) Nos avions de ligne Lockheed peuvent transporter dix passagers et 800 livres.L'équipage est de deux hommes.Vitesse horaire maximum de 205 milles.Rayon de vol : 720 milles.\u2014 Tout en haut, deux a vont bientôt décoller.\u2014 Le ent des marchandises.\u2014 rnière photo représente l'arriv l'aérogare.vions ha re La be Photos Trans-Canada Alr Lines oe oH ES JOURS derniers, je suis allée au Palais cardinalice de Québec pour faire apostiller un document par un prêtre attaché à l\u2019administration de l'Evêché.Cet ecclésiastique distingué, qui s'efforce vraiment de dissimuler son érudition sous un voile de bonté et de modestie, est depuis quelques années l'un de mes plus précieux amis.Nous avons lié connaissance au cours d'une croisière au Labrador et notre amitié, ébauchée au large de Blanc Sablon, en face du minuscule ilôt Greeney, célèbre depuis que l'avion allemand « Bremen » vint y reposer ses ales lasses.en 1928, s'est faite avec le temps de plus en plus cordiale.e ne vous surprendrai donc pas en vous disant qu'entré pour quelques minutes chez ce prêtre si accueillant, j'y suis demeuré deux heures qui me parurent bien courtes.Il consentit à me donner les grandes dates de l'histoire de l'évêché de Québec.Lorsque Monseigneur de Laval arriva à Québec pour prendre la direction de son immense diocèse, il logea d'abord successivement chez les Jésuites, puis chez les Sœurs de l'Hôtel-Dieu, ensuite au pensionnat sauvage des Ursulines et enfin dans une vieille maison qui occupait une partie de l'emplacement actuel du presbytère de la paroisse Notre- Dame de Québec.C'est précisément sur le site de cette maison, démolie en 1663, que l'Evêque fit construire une bâtisse qui devint à la fois le premier palais épiscopal et le premier Séminaire de Québec.Cette construction fut détruite entièrement en 1701, par le désastreux incendie qui réduisit en cendres l'édifice du Séminaire de Québec et toutes ses dépendances.outefois, il y avait déjà longtemps, à cette époque, que I'Evéque et son personnel n\u2019habitaient plus à cet endroit.En effet, depuis 1688, Monseigneur de Saint-Vallier qui avait succédé à Monsei- queur de Laval, occupait une propriété achetée du ajor Provost, maison de pierre à deux étages, d'assez bbnne apparence, couverte en ardoises et entourée de diverses dépendances.En 1693, le même Monseigneur de Saint-Vallier fit commencer la construction d'un véritable palais épiscopal de vastes dimensions, parfaitement adapté aux besoins du temps.Ce majestueux édifice, situé à l'endroit oie:me trouve- aujourd'hui le parc Montmorency, fut ocumpé: par l'Evêque de la Nouvelle-France en \u2014* té te - » x 3 ~ a 5 a 3 % \u2014 _ Au Vieux Québec Photo C.P.R.le Cardinal Villeneuve par Aimé Plamondon 1697.Malheureusement, à son retour d\u2019un voyage en France et à Rome, en 1700, Monseigneur de Saint-Vallier fut fait prisonnier par les Anglais et ne put revenir au Canada qu'en 1713.Et l'un de ses premiers actes fut d'annoncer à son clergé qu\u2019en raison de la modicité de ses revenus et des lourdes obligations qu'il avait à supporter, il lui était désormais imposs\u2019ble de continuer à habiter le palais épiscopal dont l'entretien était trop disproportionné à ses maigres ressources.Il alla donc se fixer à l'Hôpital Général où il demeura jusqu\u2019à sa mort.Cependant, lorsque le développement de la Nouvelle-France prit de l'essor et que les années furent plus prospères, les évêques de Québec retournèrent occuper leur résidence temporairement abandonnée.L'un de ceux qui firent avec le plus de grandeur et de distinction les honneurs de ce palais, fut incontestablement Monseigneur de Pontbriand dont le Marquis de la Jonquière et le Marquis de Montcalm, qui furent à maintes reprises ses hôtes distingués, ont célébré en termes admiratifs la munificence et le savoir-vivre.N'allons pas oublier, toutefois, que tout en étant un grand seigneur digne en tout point des cours glorieuses de Louis XIV et de Louis XV, Monseigneur de Pontbriand était tout aussi éminent par ses qualités sacerdotales et sa charité sans bornes.Il manifesta particulièrement cette dernière vertu lors de l'incendie de l\u2019Hôtel- Dieu, en 1755, quand il apprit aux Hospitalières cruellement éprouvées, pour elles et leurs malades, l'usage de son palais avec son ameublement et toutes ses dépendances.Les derniers mots de sa lettre sont dignes d'un grand apôtre : « Enfin écrivait-il, je livre toute ma maison pour cette bonne œuvre et, s'il est nécessaire, je me livre moi- même pour être le premier infirmier de ce nouvel hôpital.» Après la conquête du Canada, les évêques de Québec allèrent habiter au Séminaire de Québec dont les prêtres, avec la merveilleuse générosité qui est une des caractéristiques de cette vénérable maison, offrirent au prélat du temps et à ses successeurs une large hospitalité qui se continua pendant près d'un siècle, soit jusqu'à la construction de l'Evêché actuel.La pierre angulaire du palais cardinalice d'aujour- d'hui fut posée solennellement le 25 août 1844, et c'est le 2 novembre 1847 que Monseigneur Signay et son coadjuteur Monseigneur Turgeon en prirent définitivement possession.Il n'est que juste d'ajouter que le véritable constructeur de l'édifice fut précisément Monseigneur Turgeon, et qu'il lui fallut surmonter des difficultés nombreuses et variées pour mener à bien cette importante entreprise.Entre autres aventures tragi-comiques qui marquèrent la construction de l'Evêché et mirent à bien pénible épreuve les nerfs et la patience de l'excellent Monseigneur Turgeon, il y eut particulièrement l'expulsion dramatique de Mademoiselle de Lanaudière et et de sa nièce Mademoiselle Baby.de leur maison qui se trouvait l'une des deux propriétés achetées par l'Evêque pour y construire son nouveau palais.Voici l'histoire en quelques mots.Mademoiselle de Lanaudière, pour des raisons demeurées passablement obscures, se refusa péremptoirement à quitter sa maison le premier jour de mai, date fixée au contrat pour la livraison de la propriété.A toutes sommations à la fois respectueuses et légales qui lui furent faites, elle opposa les fins de non- recevoir les plus énergiques et les plus irréductibles.Force fut donc aux acquéreurs embarrassés de se résigner, bien à regret, à employer les grands moyens.En l'occurence, les dits moyens consistèrent à faire écrouler dans la rue, tout d\u2019une pièce, le pignon de la maison en litige, sans aucun danger, bien entendu, pour les deux braves demoiselles, mais avec un fracas tel qu'il eut raison instantanément de leur opiniâtreté et les fit fuir précipitamment un logis désormais inhabitable.Il est à présumer que ces valeureuses descendantes de Marguerite de Verchères avaient confondu, par mégarde, l'évêque de Québec et son digne coadjuteur, avec les indiens sanguinaires du temps de la célèbre héroïne, Tout de même, cela permet d'affirmer, jusqu'à un certain point, que les évêques de Québec sont entrés de haute lutte dans leur palais actuel.C'est pour cela sans doute qu'ils demeurent si glorieusement et que ce noble édifice, construit pour être la résidence d'évêques et d\u2019'archevéques, a par su:- croît, depuis près d'un demi-siècle, l'honneur d'abriter une illustre lignée de Princes de l'Eglise Romaine dont la pourpre cardinalice répand un éclat magnifique sur le Canada tout entier. KO T8 4 Mars 1939 l\u2019Université de Montréal sera | | terminée si.Subsides de l\u2018Etat, loterie universitaire, emprunt à lots, n\u2019importe quoi, mais terminons notre université ! \"Université de Montréal sera terminée si.on le veut ! Et nous parlons très sérieusement.Notre recette n\u2019a rien de miraculeux ; et nos lecteurs la connaissent bien.En mai 1932, La Revue Populaire publiait en effet un article intitulé : « Le salut de l'Université par la loterie ».Notre suggestion fit quelque bruit dans les milieux universitaires, puis tout retomba dans le silence.Nous avions été les premiers à lancer l'idée d'une loterie en faveur de l'Université de Montréal.Nous savions, après une longue étude de la question, que c'était là la seule formule salvatrice pour notre institution de « haut savoir ».Nous savions aussi que tôt ou tard les esprits sérieux se rallieraient à notre idée.Aussi, dans notre numéro de février 1933, nous posions de nouveau la question devant l'opinion publique, avec des faits et des arguments nouveaux.En octobre de la même année, nouvel article qui, cette fois, nous valut plusieurs lettres d'encouragement et d'approbation.n peu plus tard, des débats s'engagèrent autour de cette solution, et à la Législature et au Parlement.Des associations et des sociétés réclamèrent l'organisation d'une loterie pour fins d'éducation ; des conférenciers en firent le sujet de sérieux entretiens ; M.Léon Trépanier publia une plaquette fort bien documentée qui justifiait \u2014 en droit et en fait \u2014 la loterie.Enfin, la suggestion de La Revue Populaire s'imposait de plus en plus et il devenait urgent de la mettre à exécution.ais 1938 a passé.La-haut, au flanc du Mont- Royal, le vaste immeuble de l'Université reste encore comme un monument à l'incompréhension, à la négligence.Be pourtant, ce n'est pas faute de discussions et de palabres que l\u2019Université est inachevée ! On a nommé commisions et sous-commissions; le gouvernement provincial a avancé les argents nécessaires à l'entretien du «chantier » désert; des hommes publics ont fait des déclarations consolantes.Et c\u2019est tout ! Il fallait bien agir.Il semble qu'en haut lieu on soit décidé à « faire quèque chose ».Récemment, la province de Québec a accordé à l'Université de Montréal un subside annuel de $600,000.Il faut s'en réjouir et féliciter qui de droit.Est-ce suffisant ?Et cela n'obère-t-il pas un peu trop le budget de la province ?Serait-il possible d'intéresser la population au problème universitaire en lui permettant de fournir directement des fonds pour l'entretien de l'édifice de la montagne ?Pourquoi pas ?Et nous proposons de nouveau l'organisation d'une loterie universitaire.De nombreuses personnalités sont déjà acquises à ce projet.L'an dernier.M.Ernest Bertrand, député de Laurier, saisissait le Parlement d'un projet de loi visant à légaliser les loteries pour fins éducatives.Cette année, .Vital Mallette, député de Jacques-Cartier a fait une proposition identique.Mais au moment où nous écrivons, le débat n'a pas encore eu lieu sur ce sujet.Espérons que timorés députés et pudibonds sénateurs exprimeront tous, cette fois, un vote décisif .et intelligent! Pour de multiples raisons, la loterie, quelles que soient ses modalités, reste le seul moyen de sauver C'est La Revue Populaire qui lanço l\u2019idée d'une loterie pour sauver l'Université de Montréal.Nous reproduisons ici la page même de cette revue (livraison de mai 1932) où le projet, préparé depuis deux mois par un professeur de Polytechnique.it exposé pour la première fois.par Louis Sabourin notre Université de Montréal sans alourdir la dette publique : Ailleurs, on l\u2019a compris depuis longtemps : en plusieurs pays européens, il existz des loteries universitaires qui assurent l'indépendance de ces institutions à l'égard des pouvoirs publics ; grâce à la loterie, la plus vieille université américaine, celle de Harvard, put échapper à la banqueroute, il y a une demi-siècle.En certains milieux, on fait grand état de l'aspect moral du tirage au sort ; et pourtant, des loteries, il en surgit presque chaque jour, dans notre province même : pour des hôpitaux, pour des œuvres de bienfaisance.Et les spéculations en Bourse, et les paris sur les courses, et les obligations à lots, ne sont-ce pas là des formes de loteries ?Toutefois, au lieu de créer une loterie ordinaire, il serait peut-être préférable que l'Université de Montréal lancât un emprunt à lots.C'est-à-dire que les prêteurs accepteraient un intérêt moindre mais ils auraient droit \u2014 suivant le capital versé \u2014 au tirage de plusieurs sommes d'argent.L'emprunt a cet avantage \u2014 nullement négligeable \u2014 d'attirer des versements individuels plus considérables qu'avec la loterie ordinaire.Ce système se pratique de longue date en France, en Italie et ailleurs.Le salut de l'Université par la loterie ! Voilà ce qu'il faut répéter, voilà ce qu'il faut réaliser ! fn 1\" Tar LU M ey EM BFE Eten ATE : FAYE ening yy L'immeuse chantier de l'Université de Montréal où tous les travous sont, suspendus fante.d'argent.Photo.ré Le Salut de I\u201d U moment où noïs'allons sous presse, le gouvertement-de Québec, par: un.arrêté ministériel, nomme nue commission d'enyuéte chargée datindier le profiléme des finances er\u2019 de.Porgunivation\u2019 de l'Université de Montréal.Do cet | te comininsïoni universitaire dépend peut-ôtre de \u2018salut ide l'Université.Cette ission: cat posée de vert tout près de cent mille dollars; il fant encôre comptez trois mil lions pour la terminer et la: caisse ost 4 \u2018seo, Voilà le bilan de Vaf- faire Le > Le projet suscité depuis.longtemps de.multiples protestations, Cost vrai, On\u2019 s'est plaiit du sité, SE: Monseigneur Georges Gay.thier, de Mgr Piette et-de MM Br.test R, Décary, Victot Doré, Char les Duquette; Ernest Guimont, Ti: A Saiut-Germain, de SsineHyacin; labes Ermeur Sylvestre, de: Sherbtoe- ke,» Ludjér Codebecq, de Valley: field, er Joseph Sylveetre, dé\u2019 Jou.Hottest : L'un dea objets de vet.| te commission d'enqué- té.onivetsitaire \u201cbat de trouver lès moyens d'us- suret\u2019 a Pliniversité de \u201cMontréal les revenus ne- cetbairés à In régie pe dagogique.et financière de cette institution nu 1 Université de Mans: fal, comms chavan salt, passe un mauvais quart There! Son chantier est formé: depuis Je mois.de novein- bre.Ona défi dépensé pour.sa construction / quelque chose comme do Timp ise, de ahd niversité par la pension des'travanx'u'coûté cet hi-.Ja ville et de 1 province eoclésias.certaines gens.Mais, peu importe fout cela; il faut faire quelque chose, à'tout prix.Notre:bonneur est enjeu.a 1 Université \u2018de Montréal cit pu \u2018être sauvée par lu Commisaion:des: \u201cécolos\u201d catholiques\u201d: de Montréal: Mais le projet fut/rejeté par toutes les ligues de propriétaires de $ tique.de \u2018Montréal qui demandaient qu\u2019on enquêtät d'abord:sur lou fi de l'Uni te réclamiée par tous, Je projet de: la Commission des écoles.à vertai netnent de prosecé chances de pas ser, SE ; 5 Quel est ce projet?Autoriser la \u2018commission \u2018des écoles.catholiques de: Montréal à prêter à l\u2019Université la somme, de $3,500,000.dont le.gouversement provincial; gavantirait le paiement des intérits\u201d et-le- remboursement du\u2019 capital.Quant a I de I\"Univeraite y pourveirsit ane taxe de deux\" cents (2¢) par dent dollars sur les L'Université de Montréal, telle qu\u2019ellé apparaîtra, ane fois terminées M pete de M.Ernei i hs 8 Cormier, atchitecte.ot Ingénieur.été.Main tenant que se.poursuil cette etiqué- biens immeubles des Propriétaires eatiadions français et catholiques dela.province\u2019 ecclésiastique fie: Montréal I, Mais quoi faire si,\" exicore am fois, lé projet échoue?fLy à + jours ln\u2019 resource.de Ia LOTERIE.Ah! nous dsvons trés bien qu\u2019on à peur -du'mot et dé la che: se.Mais pourquoi?\u2019 Des loteries, n'én fait-on pas ouvertement; dave naître province même, pout dés hôpitaux, des réfages, des-inétitüts et des cliniqises?- Et que dire de tons + Jes billets de loterie, qui se vendent dabe*la province.de Québec au\u201c bénéfice: des hôni P han.de et d'ailleurs! Les spéculations.4 en botires, les obligations à lots'et - à remboursements, \u2018Jés courses courues i Te tranger, \u2018autant de loteries font.cela: Qu'on - obtienne-.les \u2018autorisas: ons \u201cnécessaires, ef qu'ainsi profitent à une.veuvré canadienne fran; Çaisé les centaines.de: (milliers de dollars qui, chaque: année, pren neal; du Canada er.de 1a.province.de.Québor plus \u2018particolièrement, Ya route de Saint-Jean de Térre-Neuve.er de 10 La Lueur dans la Nuit par Fernand de Verneuil OIR est la chose qui nous semble la plus simple, probablement parce que nous ne pouvons pas l'expliquer ; nous profitons de cette faculté tout naturellement et nous n'en demandons pas davantage.Les savants sont plus curieux ; après des études aussi ardues que délicates ils ont établi la théorie de la vision.Ils disent que l'impression lumineuse physiologique est due à un phénomène de résonnance optique opéré par les granulations pigmentaires de la rétine.Il se produit ainsi des mouvements vibratoires transmis aux autres cellules nerveuses de l'œil et la vision serait, non pas un phénomène chimique mais un phénomène physique d'ordre très général.À vouons que cette théorie qui satisfait peut- être les savants n'explique tout de même pas grand chose.Elle fut néanmoins le point de départ d\u2019autres recherches et travaux qui conduisirent à des résultats étonnants.On découvrit que la peau est douée d'une sensibilité spéciale dans certaines conditions et qu'elle peut alors fournir à la conscience de véritables images visuelles.Il y a quelques années, un jeune savant s'occupa sérieusement de la chose.M.Farigoule, tel est son nom, est agrégé de philosophie, romancier, auteur dramatique et poète en plus de la grande science qu'il possède.En littérature il est fort bien connu sous le pseudonyme de Jules Romains et les étonnantes expériences qu'il a faites avec l'espoir de faire pénétrer un peu de lumière dans la nuit des aveugles sont peut-être le commencement de belles découvertes.ll a tracé de larges chiffres sur un papier qu'il mit ensuite sous verre; aprés quelques hésitations, des aveugles purent lire ces chiffres en promenant simplement leurs doigts sur la plaque de verre.C'est ce qu'on appelle le phénomène de vision extra-réti- nienne.Disons tout de suite que le hasard n\u2019a positivement rien à voir dans ces L'appareil à traduire automatiquement un livre ordinaire en caractères Braille est encore assez compliqué ainsi qu'en témoignent ces gravures: c'est néanmoins un beau résultat qui donne de grands espoirs pour l'avenir.expériences car M.Farigoule n'agit pas a la légère ; voici comment il a procédé devant témoins.H a donné à choisir une demi-douzaine de bouts de papier dans deux cents qui portaient des chiffres, des lettres ou des dessins ; cette manière de procéder réduit à une seule chance favorable, contre dix quatrillions de défavorables, l'intervention du hasard.L'aveugle prend le chassis de verre où l'on a enfermé le papier choisi par un témoin, il I'approche de son visage pendant quelques minutes, il promène son doigt sur la plaque de verre puis on a l'étonnement de l'entendre dire, par exemple : « Je vois un papier entouré de bleu, il a des points rouges dans les coins, puis le chiffre quatre au milieu.» Tout cela est parfaitement exact.On admettra, sans difficulté, que le hasard n'a rien à voir dans une telle réponse.Sans doute, il y a encore loin de ces simples résultats à la vision, sinon totale, du moins suffisante pour permettre aux aveugles de retrouver dans la vie la plupart de leurs impressions d'autrefois mais ces résultats sont quand même gros de conséquences.Quand on ne connaissait autrefois, de l'électricité que cette pauvre manifestation d'attirer des corps légers au moyen d'un morceau d'ambre que l'on avait frotté, on ne La Revue PopPuLARE Une curieuse expéri On a solg tr ert les yeux de cette fillette et des dispositions ont été prises pour qu'elle ne puisse absolument rien distinguer ; elle est cependant parvenue à décrire un tableau placé devant elle et Ÿ ; a Ee itis.se doutait guère du rôle immense qu'elle jouerait plus tard dans la vie des hommes.Il en sera probablement ainsi des belles expériences de M.Farigoule le savant, « alias» Jules Romains le littérateur.D'autre part,\u2019 une trés belle invention vient d'être mise au point pour permettre aux aveugles la lecture directe de n'importe quel livre ; il n'entre pas dans le cadre de cet article de donner des détails techniques concernant l'appareil utilisé pour cela, ce serait fastidieux pour le lecteur.Il suffit de savoir qu'un systéme ingénieux de cellules photo-électriques «lit» en quelque sorte le livre et le traduit au fur et à mesure en caractères Braille qu'à son tour l'aveugle lit en y promenant ses doigts.Voici maintenant quelque chose de très audacieux: ce serait la greffe de fragments de rétine, provenant d'un œil sain, sur un œil aveugle.Une gran - de difficulté se présente tout de suite, celle, précisément, d'obtenir les fragments de rétine pour la greffe.Seuls.qu'elle n'avait jamais vu.jusqu'ici, les accidents nécessitant l'é- nuclation de l'œil d'un sujet sain pouvaient fournir les précieux fragments mais d'autres sources ont été employées.Un savant russe, Filatov, a mis en pratique une idée audacieuse ; il a fait emploi de la rétine de sujets morts depuis peu et il a eu la grande satisfaction de réussir.Il s'est servi de rétines appartenant à des personnes mortes depuis peu et a constaté que ce tissu conservait encore toute sa vitalité, c\u2019est-à-dire sa capacité fonctionnelle.Il a, de plus.remarqué que la greffe était facilitée par le fait que ces fragments de rétine s'adaptaient à leur nouveau milieu beaucoup mieux que les fragments jusqu'alors employés.Il a donc procédé à de très nombreuses greffes et, en deux années de temps, il a rendu la vue à quatre cents aveugles.Enfin, un savant anglais W.H.Wolstenholme, prétend qu'il arrivera à mettre au point un appareil permettant aux aveugles incurables \u2014 car il y'en aura malheureusement toujours\u2014 de suivre avec les doigts des images mouvantes transmises par la télévision.Son appareil, assez compliqué, ne semble pas, d'autre part d'une bien grande urgence, la télévision n\u2019étant pas encore vulgarisée et ne pouvant être, en tout cas, qu'une distraction apportée à ceux qui sont privés de la vue directe mais c'est, avec tout le reste, un grand sujet d'espoir pour eux.C'est vraiment enfin une lueur dans la nuit des aveugles en espérant mieux encore pour l'avenir, De telles choses sont de nature à faire pardonner à la science bien des méfaits dont elle n\u2019est malheureusement pas avare en trop d'autres circonstances. Qu'est-ce qu'on mangerait bien aujourd'hui ?.J'ai trouvé! Une de ces bonnes Soupes Campbell! SE mue 2158 tomy PP IAN, WANNA OA, Comment en faire une CREME de TOMATES Au contenu d\u2019une boîte de Soupe aux Tomates Campbell, ajouter une quantité égale de lait froid : chauffer, sans laisses bouillir.Servir immédiatement.Pour la Soupe aux tomates.se servir d'eau au lieu de lait.C\u2019est sur les planches ou tablettes de son garde-manger que la ménagère trouve le salut, c'est-à-dire de quoi contenter les appétits les plus difficiles, les jours où l\u2019on n'a pas le temps de faire de la cuisine compliquée.| se re ATO | our 2° Samu soup compart lz kono: gn au.En gardant dans votre garde- manger les vingt et une variétés de Soupes Campbell, vous aurez toujours de quoi faire, en peu de temps, un plat apprécié, qu\u2019il s'agisse d\u2019un repas de famille, d'une réception ou d\u2019un cas d'urgence.Cette soupe, faite en un rien de temps, est tout aussi savoureuse et nourrissante qu'une soupe préparée chez soi.Quelle que soit la Soupe Campbell que vous choisissiez, pour plat de résistance ou prélude à un bon repas, tout le monde en appréciera le goût et les propriétés nutritives.Planches de salut ! Nous ne saurions mieux dire, car les Soupes Campbell sont le salut des ménagères qui aiment à offrir quelque chose de sain et de bon.Prenez, par exemple, la Soupe aux Tomates Campbell.En y ajoutant du lait, au lieu d'eau, vous avez la meilleure crème de tomates qu'on puisse imaginer.Pourquoi n'en pas servir au prochain lunch ou diner ?Une soupe épatante aussi pour les enfants, parce qu'elle est très nourrissante.21 voriétés au choix.Asperges, Fèves au bacon, Bœuf, Bouillon, Céle1l, Poulet au riz, Gumbo au poulet, Clam Chowder, Consummé, Ju.lenne, Téte de veau en tortue, Mulligatawny, Créme de champignons, Nouilles au poulet, Queue d: bœuf, Pois, Pepper Pot, Potage écossais, Tomates, Légumes, Légumes et bœuf.SouPES OZ PREPAREES AU CANADA PAR LA CAMPBELL SOUP COMPANY LTD, NEW TORONTO, ONTARIO Parée des plus beaux atours .Vous VOUDREZ \u2018sortir\u2019 dans cette brillante nouvelle McLaughlin-Buick, parée des plus beaux atours de la saison.Vous serez fier de la puissance de son fameux moteur huit en ligne dynamo-éclair qui rend chaque course plus brève et plus agréable.Vous serez enchanté du confort luxueux de la carrosserie Fisher monacier plus sûre et plus spacieuse de la McLaughlin-Buick .vous apprécierez la douceur de ses roues arrière à ressort à boudin et de ses genoux mécaniques.Mais ce qui vous plaira davantage, ce sera la satisfaction durable qui résulte de la possession de l'auto la plus avancée du monde.La McLaughlin-Buick est solidement construite et scientifiquement conçue pour vous donner la plus grande mesure d'indéfectibilité et de valeur.MeLAUGHLIN-BUICK FST TOUTE BEAUTÉ! 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il faut laisser sécher une heure, frottez ensuite à la bros- 3 se, puis avec un lainage pour \\ N N faire reluire.Le plus simple est \\ de se servir d'une cire de bonne \\ ~ marque, annoncée partout.\\ \\ Les parquets de bois blanc non cirés, seront lavés à l'eau javellisée tiède, puis à l'eau claire et séchés à l'aide d'une toile à laver, on fera courant d'air si possible.Les plinthes sont lavées à l'eau très savonneuse, séchées avant d'y passer un peu d'encaustique, en prenant soin de ne pas effleurer la tapisserie des murs.Autre manière de nettoyer la verrerie : si vous trouvez que vos carafes ne sont pas assez nettes, et que vous ignoriez leur contenu précédent, vous pouvez les désodoriser en versant dedans un mélange de farine de moutarde noire avec de l'eau chaude.Secoueéz fort et longtemps.Ne vous contentez pas de faire le ménage à fond une fois par semaine.Vérifiez de temps en temps ls cordons des tableaux et les crochets qui les supportent, ainsi que les attaches des glaces, des lustres, des suspensions, des cadres, etc.Quand un clou ou un crochet est d'une solidité douteuse, rem- placez-le aussitôt, sans attendre que la suspension s'écroule sur votre tête ou que la © glace se détache du mur.\\ Savon sec : comme vous savez A A, il est d\u2019un emploi beaucoup plus v= avantageux que le savon frais.A Pensez donc à faire une réserve \\ de savon que vous garderez sur une tablette, à l'abri de l'humidité.Vous maintiendrez votre provision au complet et ferez attention, bien entendu, d'employer toujours le savon rangé en premier.Restes de savon : pour utiliser des petits morceaux de savon qui ne sont plus serviables, mettez- les tous ensemble dans un vieux x sac vide à farine ou à sucre.\u2018 Vous vous en servirez ensuite pour laver la baignoire et les éviers.Vous aurez ainsi un terchon résistant et toujours savonneux. 16 Cœurs en Révolte A CEREMONIE terminée, on venait de quitter la sacristie et, sur le tapis de feuilles de laurier, u\u2019on appelle à Bordeaux «la jonchée de l'épouse » les deux jeunes mariés avançaient à pas lents.: s grandes orgues jouaient une marche triomphale, f'angélus au clocher roman de Saint-Seurin sonnait à toute volée, et, tandis que les portes s'ouvraient sous le geste solennel de deux suisses importants, l'autel apparut au fond du chœur resplendissant, dans l'éclat un peu heurté des plantes vertes, des tentures rouges et des ors que faisait flamboyer l'étincellement des cierges.iane de La Marguière allait, le front haut, l'air grave et calme s'appuyant légèrement sur le bras de son mari, Bertrand Leteslier.Elle semblait plutôt le conduire, le dominant de sa taille élancée, de sa belle tête brune de fille du Midi, drapée de dentelle ; dans ce port de déesse que justifiait bien son nom, il y avait comme une nuance de protection à l'égard du tout jeune homme, d'aspect fragile, qui marchait à son côté.Quand ils furent sur le seuil du vieux portique, une poussée de curieux les immobilisa quelques instants .des exclamations bruyantes, des cris d'admiration à l'adresse de la belle épouse, des ironies un peu brutales pour le marié, partirent de la foule.Cependant une auto fleurie de lilas blanc était -avancée ; en hâte, les deux mariés montèrent, tandis que la suite de parents et d'amis se pressaient à la sortie, sous le porche ; là aussi on commentait, on discutait, on critiquait, et pour être plus mesurées et mieux choisies, les réflexions n'en n'étaient pas moins piquantes.Le marquis de Charvan, témoin de Bertrand Leteslier, mettait en voiture une jeune femme fort élégante, et comme il prenait place à ses côtés, la portière à peine refermée, ils continuèrent la conversation commencée.\u2014 Et si je vous affirmais cependant, Madame, que Diane de La Marguière fait là un mariage de pur sentiment ; ces enfants s'aiment depuis longtemps, j'ai suivi les phases de cette idylle, et je savais si bien qu'elle finirait ainsi.\u2014 Vous m'étonnez ! Je vous aurais cru meilleur psychologue.Vous, l'intime des Leteslier, vous aviez pressenti ce mariage, sans vous douter au juste de quoi il retournait ?.voyons .Le bel amour?.Allons donc ! une jeune fille très jolie et très pauvre, qui épouse un garçon très malade et très riche, voilà qui n'est pas dépourvu d'un certain romanesque.mais là, entre nous, où donc est l'idylle ?Je cherche et ne trouve pas.\u2019 \u2014 Il y en a une Madame, je vous le jure! \u2014 Ah ! ne jurez, pas, marquis ! Que mon malheureux cousin se soit toqué de cette belle créature, c'est naturel ! qu'il ait pensé à en faire sa femme, c'est plus grave, et dénote chez cet enfant une profonde ignorance de la vie.Pauvre petit ! il ne s\u2019est donc pas vu! Quant à Diane, elle est vraiment très forte pour ses vingt ans ! Elle épouse le gros sac de papa Leteslier, elle se vend, et ce n'est pas trop cher, certes ! elle fait preuve d'un courage qui ressemble à du cynisme .Pourquoi prenez- vous cet air furleux ?cela vous offense que je vous dise en toute sincérité ce que je pense de ce mariage ?: \u2014 Moi ?Allons donc, chère Madame, je n'aime rien tant que la réelle franchise, et la vôtre, pour un peu brutale qu'elle soit, est exprimée par une si charmante bouche.D'ailleurs, ce que vous me Roman complet par Angel FLORY confiez là, beaucoup l'ont déjà pensé, d'autres le diront encore : c'est fatal.Cette union a fait grand bruit ; Mademoiselle de La Marguière était trop belle pour ne pas susciter de jalousie.Bertrand trop riche pour ne pas faire d'envieux.La famille des Leteslier, particulièrement, a dû être profondément déçue.ce jeune homme n'\u2019était-il pas fils unique, et d'une santé si précaire.\u2014 Ah ça! cher Monsieur ! mais vous emportez le morceau, songez donc que je suis cousine germaine du marié, et que vous êtes en train de me raconter d'un air aimable, que je bêche cette union disproportionnée, uniquement parce qu'elle dessert mes intérêts.mais mon Dieu, on dirait que je suis seule à penser de la sorte.dans cette foule, tout à l'heure, n'avez-vous pas entendu les réflexions de la populace.Bt la jolie femme eut un petit rire méprisant qui s'adressait .on ne savait ! au couple inharmonieux .ou a la populace ?Le marquis de Charvan avait pris l'air plus grave.\u2014 Je vous concède, Madame, que c'est là une union étrange.Les doux époux, quant aux apparences extérieures, tout au moins, ne sont pas précisément assortis.Mais bah! que savons-nous ?.et pourquoi ce mariage-là ne serait-il pas de ceux que l'on dit écrits dans le ciel?Quand je vous répéterais que je le voyais venir.non pas ainsi que vous le supposez, répondant aux ambitions La RevuEr POPULAIRE d'une jeune fille aussi précoce que rouée, mais couronnant les désirs de deux êtres qui s'aiment profondément .je suis certain de ce que j'avance, et n'ai pas été dupe d'une habile comédie .songez donc, on n'en fait plus accroire aux vieux sceptiques de mon espèce .Merci pour le gracieux geste de protestation .je me défends de mon mieux, c'est certain, n'empêche que le demi-siècle est là, et qu'il y a cinquante années que je regarde passer la vie.et sans grandes illusions.Et croyez-vous donc que ce soit une si bonne affaire qu'elle réalise là, cette petite Diane, mais elle et son père sont des naïfs et ils ont totalement négligé les parties compensatrices de ce mariage, personne ne le sait mieux que moi.J'ai admiré souvent ces enfants jouant ensemble, lorsqu'ils avaient dix ans : Diane a été, tout de suite, pour le petit malade mieux qu'une sœur, une délicieuse amie ; ils ont grandi ensemble, isolés du monde, et ne voyant qu'eux seuls, ainsi que vous le disiez tout à l'heure, Bertrand ne pouvait qu'adorer cette jeune fille exquise que Dieu a faite intelligente, belle, et parfaitment bonne.\u2014 Ciel ! quel enthousiasme ! \u2014 Je ne m'en défends pas, vous ne saurez jamais quel fervent admirateur Mademoiselle de La Mar- guière a en moi, et mon admiration, chère Madame, je la ménage, je ne m'emballe plus.remarquez Ï Mars 1939 bien que je ne parle pas de la beauté de cette enfant, elle est évidente, sa sensibilité fine, son intelligence avertie, c'est toute sa grâce naturelle, et la simplicité qu'elle apporte à faire le bien.mais voila! le monde ne croit pas à cela ! il faut être bon, pour comprendre la bonté, et le monde est méchant ! \u2014 Attrape ! \u2014 Hélas ! chère petite Madame, oui.attrape ! un peu pour vous, si vous le permettez, car vous en êtes tellement de ce beau monde qui raille tout, et qui soupçonne si peu le bien.Voyez.voilà plus d\u2019un quart d'heure que nous discutons, et je \u2018ne vous ai point convaincue.vous me prenez pour feu Don Quichotte, et vous refuserez encore de me croire, si je vous dis que votre cousin n'est qu'un égoïste inconscient et Mademoiselle de La Marguière une sacrifiée.Mais, ma parole, nous arrivons bientôt à Arlac .le temps passe comme un éclair à vos côtés, chère Madame.\u2014 Hum ! j'ai idée que dans l'occurrence, j'y suis pour bien peu.Le marquis ne répondit pas.Abaissant brusquement une des glaces de la voiture il regardait au dehors.\u2014 Une délicieuse journée de printemps, fit-il .toute la nature est en fête.il y a du bonheur dans l'air.Dessin de F.-L.NICOLET Vêtue d'une robe de mousseline de sole mauve, les épaules légèrement voilées, mais le cou et les bras nus, Diane était d'une grande simplicité, et cependant si souveraine, si impressionnante qu'un moment le docteur douta de la personnalité de l'inconnue.\u2014 Je te cherchais pour te présenter à Mme Le- teslier, dit Mme d'Eche- vail à son fils.\u2014 Décidément vous y tenez! railla la jeune femme.Moi je ne demande pas mieux, que le ciel vous entende .C'est la grâce que je leur souhaite.\u2014 Belle âme ! déclara le gentilhomme en riant, je savais bien.On arrivait en effet; la limousine, modérant son allure, prenait une avenue percée en plein bois de pins, car on avait quitté Bordeaux et ses faubourgs.depuis un moment, et l\u2019on approchait de la maison des Lestelier, située sur les confins de la lande.M.de Charvan avait raison ; le temps était beau à souhait ; le soleil de mai mettait de l'or dans la masse sombre des arbres ; des genêts et des mimosas avaient semé leurs fleurs sur le bord de la route, faisant comme une jonchée nouvelles sur le passage de la mariée.L'auto prit une allée découverte, contourna l'habitation et s'arrêta au pied d'un large escalier au bas duquel dévalait, en pente douce, une prairie bordée par la lisière des bois.Les jeunes mariés venaient à peine de gravir le perron, que d'autres voitures se rangèrent, puis disparuzent, pour faire place à de nouveaux arrivants ; et ce fut, durant trois quarts d'heure, un élégant brouhaha, un va-et-vient joyeux, des appels, des rires, des reconnaissances, des présentations, tout ce joli désordre qui préside à un mariage dans 17 le monde, lorsque, un peu guindés par la cérémonie religieuse, les invités se retrouvent durant les quelques instants qui précèdent le lunch.Avec une grâce charmante, la nouvelle Mme Leteslier aidait sa belle-mère à recevoir, et acceptait avec un sourire heureux les félicitations et les vœux de chacun.Diane était la fille du docteur de La Marguière, un savant simple et doux, qui avait quitté le Poitou, son pays d'origine, pour concourir et prendre place parmi les maîtres les plus estimés de la Faculté de médecine de Bordeaux.Subjugué par l'attrait des travaux de microscopie, le jeune médecin s'était complètement consacré à son laboratoire, négligeant la partie lucrative de la profession, la clientèle, visitant seulement quelques pauvres qu'il soignait avec la bonté d\u2019un saint Vincent de Paul.Car la bonté était la grande caractéristique de son être ; il n\u2019accordait de valeur à l'argent que pour la joie qu'il avait de donner discrètement.C'était un savant, et c'était en même temps une âme singulièrement puérile qui avait gardé, pour les choses ordinaires de la vie, les candeurs et les naïvetés de l'enfance.Il ne soupçonnait pas le mal, n'avait point d'ambition et aimait le travail d'un amour profond.La médiocrité ne le gênait pas.Son traitement de professeur suffisait amplement à ses besoins et à ceux de sa fille qu'il faisait élever dans un couvent modeste.Devenu veuf quelques jours après la naissance de Diane, M.de La Marguière ne vécut que pour son enfant et pour la science.Au milieu de ses travaux absorbants, la pensée de sa fille rayonnait comme une joie merveilleuse, et ne le quittait jamais.Il avait aussi la passion de la musique, et comme l'enfant montrait des dispositions heureuses, il lui fit donner des leçons par les meilleurs maîtres.Il était convenu que la petite irait très régulièrement en pension chaque matin ; mais l'après-midi, le docteur l'emmenait volontiers avec lui, dans son labo- rttoire, et avec extase il la regardait jouer, s'enchantait de son rire, la faisait causer, lui apprenaît des choses spéciales, se rattachant aux sciences qu'il aimait, en faisant peu à peu son amie, plus tard, une façon de collaboratrice ; il comptait, d'ailleurs, sur les heures rapides passées au couvent pour combler des lacunes que vaguement il pressentait, dans cette éducation un peu bizarre.Il he s'étonna pas d'une chose, cependant surprenante, c'est que, dans ce milieu froid, austère, dépourvu de jeunesse et de vie, par un miracle du ciel, Diane s'épanouissait comme une fleur précieuse, et préparait, en dépit de l'ambiance, une femme bien portante, saine, et séduisante infiniment.Le sentiment du beau était en cette petite âme, comme la beauté était sur son visage.Elle sentait bien qu'il était une autre manière de vivre que la sienne, elle rêvait quelquefois d'avoir une maman, comme les autres petites filles, et une maison joliment ornée, où il y aurait eu autre chose que des livres et des instruments de laboratoire.Élle eut quelques visions rapides de ce que pouvait être une existence différente, lorsqu'elle fut conduite par son père, pour la première fois, près « du petit enfant malade ».Car dès que M.Leteslier avait su la nomination du docteur de La Marguière à la Faculté de Bordeaux, il s'était souvenu d'une vieille camaraderie de collège, qui autrefois avait fait d'eux de bons amis.Toujours en quête de conseils nouveaux, il était venu prier le savant déjà réputé de l'aider à faire vivre son pauvre enfant.La Marguière avait mollement objecté qu'il ne s'occupait pas de clientèle, ses travaux de laboratoire ne lui en laissant guère le loisir ; il ne sut pas résister à la prière de l'ami malheureux, et il soigna son fils avec cette bonté, cette conscience éclairée, cette patience inlassable qui faisait de sa profession, une sorte d\u2019apostolat .De fait, il empécha le jeune Letes- lier de mourir\u2018; Diane qui accompagnait souvent son père à Arlac, prit ce coin de campagne pour une manière de paradis.De la salle enfermée d'un 1 ratoire, ou de la cour humide de son petit pensionnat, elle passait, sans transition dans l'harmonieuse habitation des Leteslier; ses yeux s'attachaient avec admiration à l'élégance des formes, à la douceur des teintes, le panorama qui se déroulait devant les larges fenêtres la jetait dans des extases muettes. 18 grâce à l'Offre d'Introduction Spéciale de la Lotion Ë Cashmere | Bouquet ! 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Diane avait été vite conquise par le navrant sourire de l'être chétif qui demeurait indifférent et blasé devant les beautés qui enthousiasmaient sa jeune âme.Une intimité délicieuse s'établit bientôt entre les deux enfants ; Bertrand ne voulait plus se passer de son amie, il fallut que le docteur l'amena à chacune de ses visites.Le jeune Leteslier venait d'avoir quinze ans lorsqu'il fut atteint, à la suite de la grippe, d'une gastro- entérite grave qui l'immobilisa durant plusieurs mois.Diane devint alors la garde-malade de son camarade et obtint de passer tout un été au château, près de lui.Plus tard, lorsque la crise atté- née, Bertrand s'était relevé, démoralisé, découragé, presque neurasthénique, la jeune fille le remonta de sa propre énergie, lui communiquant la joie de vivre, son pouvoir d'espérer en des jours meilleurs ; au milieu de ce cadre charmant, dans cette communion continuelle de leurs âmes, ces deux adolescents devaient tout naturellement s'aimer, Monsieur et Madame Leteslier qui n'avaient cessé d'attirer Diane chez eux, tant que sa présence leur avait paru indispensable à la guérison de leur fis, prirent subitement ombrage de l'éclosion de cet amour précoce.Leur enfant, remis, ils révaient pour lui, d'une alliance plus avantageuse, que celle que leur offrait la fille d\u2019un modeste savant sans fortune ; la petite amie fut systématiquement écartée et, pour plus de sécurité, ils se firent ordonner, par le docteur de La Mar- guiere, un voyage en Italie, lequel, sous le prétexte d'achever la cure du convalescent, n'était au fond qu'un moyen de séparer les deux jeunes gens.Bertrand eut la conscience très nette de ce qui se passait dans l\u2019esprit de ses parents.Deux années passèrent, au cours desquelles la santé du jeune homme fut souvent chancelante ; enfin, cédant à un désir qui s'exaspérait chaque jour davantage, les parents décidèrent que le mariage se ferait au prochain été.Cependant M.et Mme Leteslier, prévoyants et pratiques.eurent le soin de prendre toutes leurs précautions ; ils constituèrent une rente à leur fils, qu\u2019ils gardaient d'ailleurs avec sa femme dans leur propriété d'Arlac, et ne s'engagèrent à verser de capital que sur la tête du premier enfant qui naîtrait de leur union.Bertrand et Diane avaient écouté d'une oreille distraite la lecture de leur contrat; dans leur ignorance complète de la vie et de ses exigences matérielles, ils demeuraient indifférents à des questions qui leur paraissaient ridiculement terre à terre.Rierw ne leur importait en dehors de leur amour.Chapitre FH [E RAPIDE fuyait sur Paris à une allure régulière.La nuit tombait sur la campagne, emplissant peu à peu de ses ténèbres, le compartiment qui emportait les deux jeunes mariés.Debout, appuyés l\u2019un à l'autre, Bertrand et Diane regardaient fuir le paysage que le soir laissait imprécis.Un beau ciel sans lune, encore teinté de pourpre du côté du couchant, éclairait faiblement les vastes champs et les coteaux que leurs yeux devinaient à peine.Diane ne connaissait point Paris, et tout d'abord, il avait été décidé qu'on y ferait un long séjour dont la perspective la ravissait.La RevuE POPULAIRE Mais, tout à l'heure, Bertrand venait d'exprimer le désir de brûler la capitale, et de demander tout de suite, aux rives du Rhin, une solitude reposante.La jeune femme craignant qu'un sentiment de lassitude n'ait inspiré ce changement de programme, s'était bien gardée d'exprimer la déception qu'elle en ressentait.Immédiatement, elle montra un désir de repos que ne justifiait en rien sa radieuse santé.Ils devisaient calmement, goûtant avec douceur la solitude de ce premier tête.à tête qui ne semblait être qu'une phase de leur vie habituelle.Cependant la nuit fraichissait.Il sembla à Diane que Bertrand frissonnait.Elle l'obligea à s'étendre, et lui, prenant la main de sa jeune femme leva vers eile des yeux qu'exprimaient une tendresse désolée.\u2014 Oh! chère! murmura-t-il, que je voudrais donc vous donner le bonheur.\u2014 Mais Bertrand, c\u2019est là un souhait réalisé, répondit-elle avec une suave simplicité, \u2014 et sa main fine caressait le front soucieux qui se tendait vers elle \u2014 Ce beau jour qui finit n'est-il pas la consécration d'un amour béni par Dieu ! vous êtes heureux vous aussi mon ami ?n'est-ce pas ?\u2014 Pas complètement, chère Diane, croyez-vous que je ne sente pas le prix du sacrifice que me fait votre radieuse jeunesse ?Et comme elle se récriait : \u2014 Ah! ne parlez pas de nos âges !.nos vingt ans se ressemblent si peu ! mais près de vous, j'ai presque l'aspect d'un vieillard.si je vous disais qu'à cette heure, où je vois se réaliser le plus cher de mes rêves, je me sens un cœur accablé de noirs pressentiments.Elle essaya de plaisanter.\u2014 Dites tout de suite que vous doutez de ma tendresse.Oh! que c'est donc oublier le passé que de parler ainsi, Bertrand ! Si vous voulez que je continue à vous aimer, soyez docile, comme l'était mon fiancé.souvenez-vous qu'aujourd'hui vous avez juré obéissance à votre femme.mais oui! c'est ainsi que je l'ai entendu.vous allez tout de suite essayer de vous reposer.moi, d'abord, je n'en peux plus.Puis elle voila la lampe du wagon, remonta à moitié la vitre de la portière, et, se blottissant dans l'angle opposé du coupé, ainsi dérobée au regard dont elle sentait la tristesse infinie, elle se mit à songer.Comme Bertrand lui semblait malheureux et accablé, ce soir.Etait-il donc repris par cet état de mélancolie, de découragement qu'elle avait essayé de combattre maintes fois, avec toute sa vaillance.L'étrange voyage ! cette fuite rapide dans les ténèbres, emportée vers un pays qu'elle ne connaissait pas, seule avec cet enfant, ce malade, dont la responsabilité entière lui incombait désormais, c'était sa vie de femme - qui commençait.Certes, nul regret n'entrait dans son âme, aucune idée de se reprendre .Le dévouement à ce cher et malheureux ami qui depuis des années était toute sa pensée lui semblait naturel.Mais suffit-il d'aimer et de se dévouer pour garder ceux que nous chérissons de tout danger ?L'amour veille !.Hélas ! le malheur aussi ! Soudain, comme pour donner raison au sentiment de vague angoisse qui depuis un moment l'envahissait, Bertrand s'agita sur sa couchette et Mars 1939 un gémissement s'échappa de ses lèvres.Tout de suite, Diane fut près de lui.Le jeune homme semblait dormir, mais sa respiration était brève et son front briilait.Diane porta la main a son visage : il était moite de sûeur.Elle ouvrit la fenêtre, puis, avec des gestes doux et silenceiux, elle descendit un peu la couverture dont elle avait enveloppé son mari, ca- tessa son front, le contempla quelques instants avec pitié et tendresse, et, encore tremblante, se laissa choir dans le coin qu'elle occupait tout à l'heure.Apaisée bientôt par la tranquillité du jeune homme, bercée par le rythme monotone du train, calmée par la brise de nuit qui, maintenant entrait à pleine fenêtre, elle céda à la fatigue et s'endormit.Combien de temps ?.Une plainte déchirante la réveilla en sursaut.Assis sur la banquette, le visage défait, la poitrine haletante, Bertrand la regardait avec des yeux.d'angoisse.\u2014 Diane, je souffre, gémit-il.Déjà, elle était près de lui, l'entourant de ses bras, le pressant de questions rapides auxquelles le jeune homme semblait n'avoir même pas la force de répondre.Tout à coup, elle le vit blëmir davantage, ses yeux se révulsèrent ; terrassé par la douleur, Bertrand retombait sur la banquette ; il était en syncope.Un éclair traversa la pensée de Diane, elle prit la main de son mari, elle était brûlante ; le pouls était faible et rapide.« L'appendicite, murmura-t-elle.La péritonite peut-être.\u2014 Et un souvenir la terrifia.Un soir de grave rechute, son père avait passé la nuit à Arlac, près du malade, il l'avait apaisé, sous la glace avec une potion d'opium, et la crise conjurée, le docteur avait laissé échapper ces mots : \u2014 « C'est l'appendicite foudroyante qui sera toujours à craindre, et dans l'état où il est, le mal évoluera avec une effroyable rapidité.Gare alors si l'intervention chirurgicale n\u2019est pas pratiquée rapidement par des mains habiles.En quelle nuit la sinistre prédiction allait-elle se réaliser?Le cœur déchiré, mais en possession de toute sa vaillance, Diane s'était agenouillée près de son mari, elle essaya de le ranimer par des frictions et des inhalations d'éther, mais l\u2019état comateux se prolongeait ; prise d'une terreur invincible, elle allait s\u2019élancer sur le signal d'alarme, lorsque le rapide, ralentissant sa marche, entra sur la voie d'arrivée du quai d'Austerlitz.Chapitre III je ÉTAIT quatre heures du matin lorsque l'automobile de la Croix-Rouge franchit le seuil de la clinique où Diane, anéantie, se laissait conduire.Pendant les pourparlers de l'introduction, elle était demeurée dans la voiture, penchée sur son malheureux mari, qui n'avait pas repris connaissance.Toujours prostré, le malade était tout semblable à un mort ; cependant une respiration faible et irrégulière soulevait par moments sa poitrine ; ses mains étaient humides et froides.La nécessité de se ressaisir s'imposa à la jeune femme, lorsque des infirmiers vinrent enfin prendre le corps de Bertrand, pour le déposer avec des gestes précis et adroits sur un bran- > card de sangle; derrière eux, elle suivait, brisée, tremblant sous le froid de la nuit, dans le dédale interminable des longs corridors ; elle n'avait de regard que pour celui qu'on emportait comme une chose inerte ! Elle se demandait quel cauchemar elle vivait, comment le cortège de la veille se trouvait continué par cet autre, tragique et plein d'angoisses !.La mariée, c'était elle, cette ombre vacillante suivant le malheureux qui ne la voyait et ne l'entendait plus ! Le pas rythmé des porteurs lui rappela la sortie de l'église ; un fragment de la marche nuptiale l\u2019'obséda quelques instants, et l'ironie de cette réminiscence la tortura tellement qu'elle eut- peine à retenir un gémissement.Les hommes s'étaient vaguement retournés, mais blasés sur toutes ces manifestations de la douleur, ils avaient repris leur allure tranquille ; maintenant ils montaient quelques marches et ralentissaient le pas pour pénétrer dans une grande salle, qui apparut toute blanche sous la puissante nappe de lumière tombant du plafond ; un jour cru éclairait des murs aux angles arrondis, vernis au ripolin, des instruments rangés en bel ordre dans des vitrines, de grands cris- tallisoirs d'eau stérilisée ; une table de nickel occupait le centre de cette pièce ; tandis que, près de l'entrée, une sorte de lit de camp était dressé.Diane eut un tressaillement en entendant une voix douce qui ordonnait : \u2014 Posez-le tà ! doucement ! la tête plus basse.Et avec un sentiment de joie elle vit près d'elle une Sœur de charité.Courant vers la religieuse dans un élan d'espoir, elle lui prit les mains et implora.\u2014 Oh! ma Sœur, par pitié, qu'on se hâte de lui donner les soins nécessaires, un médecin ! un interne ; il faut l'opérer tout de suite, il y va de sa vie ! Nous n'avons que trop perdu de temps, une intervention rapide peut encore le sauver! Je vous en supplie, je suis si malheureuse ! La religieuse eut un sourire de pitié, elle serra les petites mains tremblantes qui étreignaient les siennes et répondit en s'éloignant : \u2014 Oui, oui! courage! Je vais m'assurer que le médecin résidant est prévenu ; ce ne sera plus long, ne vous affolez pas, mon enfant Diane cependant s'approchait de la couche où, toujours inanimé, Bertrand gisait; penchée sur son cher visage, elle le trouva défiguré, les dents serrées, le nez pincé.Et elle, qui n'avait jamais vu de mourant, eut la vision du fatal dénouement.Un cri d'appel et d'angoisse s'échappa de ses lèvres, mais elle était seule ! Alors le sentiment de sa détresse fut si grand que, malgré sa vaillance habituelle, elle ne put pas le contenir.Un sanglot déchira sa poitrine, elle tomba à genoux, la tête appuyée contre la main qui demeurait inerte ; elle appela Bertrand, supplia Dieu, et se lamenta à voix basse, laissant enfin un fibre cours au désespoir qui la torturait.Un verbe assez rude lui fit tourner la tête, elle se releva brusquement.Un homme vêtu de blanc s'approchait du lit, soulevait d'un geste de courtoisie indifférente sa toque de velours noir, et sans plus la regarder, prononça ces mots : \u2014 Veuillez vous éloigner, madame, et me laisser la place pour examiner le malade.Impulsive, presque violente, pressée d'arriver au but qui lui paraissait s'imposer, elle implora : 19 AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DU NOUVEAU PALMOLIVE AMÉLIORÉ ?Nous l\u2019avons essayé.etaimé.\u2018Je dois dire que j'aime le nouveau Palmolive amélioré.Sa mousse semble encore plus douce qu\u2019avant.Et cependant, elle nettoie parfaitement ma peau, sans la moindre Irritation.\u201d 138 Braemar Ave.Toronto, Ont.\u201cJ'ai la peau sensible et Je dois faire attention à ce aue j'emploie sur elle.La mousse extra-douce de votre savon semble lui convenir parfaitement.Vraiment, le Palmolive adoucit et assouplit ma peau sans la moindre irritation.\u201d Matos?24, rue Prince Arthur, St-Lambert, Qué.vous l'aimerez ! Vous aimerez le nouveau Palmolive amélioré parce qu\u2019il est plus doux pour la peau.qu\u2019il aide à la garder douce et belle, sans la moindre irritation.Et le nouveau parfum Palmolive est vraiment exquis.Ajoutez à cela que le Palmolive, étant maintenant plus ferme, est plus durable et épargne de l'argent.Achetez trois morceaux de nouveau Palmolive amélioré.Vous serez enchantée de voir comme il ne met pas de temps à rendre tonte votre peau plus fraîche, plus belle.comme il en prolonge aussi l'apparence de jeunesse.\u201cJe n'ai jamais trouvé de savon, à aucun prix, qui soit aussi bon que le nouveau Palmolive amélioré pour ma peau.Il nettoie partaitement, sans la moindre irritation.* Kets Cara Montréal, Qué.rue Tupper, 2159, Essayez le GROS morceau économique Essayez fe Nouveau OCR A PidD Beoux +.Nouveau Parfum.Pls LITE) 20 \u2014 De grâce, monsieur, hâtez-vous ! opérez-le!.bientôt il ne sera plus temps ! Sans tenir compte de cette prière, le médecin posa quelques questions brèves, et ayant écarté la jeune femme d'un mouvement froid, il s'approcha du moribond.Le contact du pouls amena une imperceptible contraction des sourcils; il contempla longuement le visage livide, souleva les paupières, toucha la pupille et commença alors un examen lent et minutieux.La Sœur avait entraîné Diane dans un coin de la salle, l'exhortait au calme et déjà lui parlait de courage et de résignation.Mais Mme Le- teslier semblait ne pas l'entendre.Elle ne quittait pas des yeux le jeune praticien, tâchant de découvrir sur sa physionomie impassible le moindre signe d'inquiétude ou d'espérance.C'était un homme d'une taille élevée; il avait la poitrine large, les épaules un peu hautes, et, atténuant cet aspect trop puissant, une tête d'une finesse extrême ; le visage très jeune, le front découvert et intelligent, des cheveux drus et bruns accentuaient la matité du teint.De grands yeux noirs, tristes, des yeux de chercheur, éclairaient la physionomie belle et noble.Mais la bouche était sérieuse, le menton volontaire : une grande placidité, un calme absolu se reflétaient dans les traits qui ne décelaient aucune émotion.Seule, la recherche était indiquée par l'attitude et par l'intérêt du regard.Tout à coup, sous la compression de l'organe malade, un gémissement sourd s'échappa des lèvres de Bertrand, il tenta un geste de défense, appela faiblement : «Diane!» et murmura : « Mon Dieu!» La jeune femme courut près de son mari, croyant à un retour à la vie, au besoin qu\u2019il avait de sa présence.Le médecin, les yeux toujours fixés sur le patient, la pria doucement de s'Écarter et continua à palper le malheureux, qui, de temps à autre, en demi-conscience, laissait échapper des murmures douloureux.minutes semblaient éternelles : obsédée par une idée fixe, Diane piétinait d'impatience, ressassant dans sa mémoire les paroles quasi prophétiques de son père.Soudain, elle vit le docteur se relever, faire un signe à la Sœur, lui donner des instructions brèves : puis, s approchant d'elle, il l'attira dans un coin de la pièce, et sur un ton bas : \u2014 Madame, lui dit-il, on va transporter, monsieur votre.Et comme il hésitait .\u2014 Mon mari, interrompit Diane.~ II faut qu'on transporte votre mari dans une chambre.Diane fronçait les sourcils, craignant de comprendre.Le médecin reprit : \u2014 J'envoie chercher mon interne ; il va faire une piqûre d'éther pour ranimer le malade, plus tard une piqûre de morphine, si, la conscience revenue, il souffrait par trop.Enfin, ajouta-t-il en mesurant ses mots.il J aura des ballons d'oxygène pour, s'il en est besoin, atténuer les suffocations.Madame Leteslier l'arrêta brusquement.\u2014 Mais l'opération, docteur ?I eut un geste vague.\u2014 On verra plus tard! le moment, je la crois inutile ! \u2014 Comment inutile ?Je sais d'une source autorisée, de celui qui l'a soigné depuis l'enfance et qui redoutait ce cas.car il a l'appendicite, n\u2019est- ce pas?.Pour Le médecin acquiesça d\u2019un simple signe de tête.La jeune femme continua : \u2014 Je sais que seule l'intervention chirurgicale immédiate peut le sauver! il faut opérer, monsieur ! .je veux qu'on l'opère ! jeune médecin leva vers Mme Leteslier des yeux étonnés, et il sembla la voir pour la première fois.Une \u2018lueur d'admiration passa dans son regard, atténuant pour quelques instants ce que les dernières paroles de Diane y avaient mis de mécontentement et de surprise.C'est qu'elle était si touchante ainsi, dans sa douleur tragique, plus blanche que les blanches mousselines de son corsage, retenant avec peine les sanglots qui lui contractaient la gorge, ses beaux yeux empreints tour à Tessuznuuuz= == == L'arpège de minuit périence, ne savez-vous pas les surprises réservées à l'opération ?Que ne doit-on essayer pour sauver une vie ! Tentez le tout pour le tout ! Je vous couvre de ma volonté absolue.Je suis la femme de ce malheureux, mais j'ai aussi des responsabilités à l'égard de ses parents qui n'ont que lui au monde ! Je connais son état, je sais ce que vous ne savez pas.ce que son médecin redoutait pour lui.Devant la violence de ces paroles, le docteur avait redressé sa haute taille et regardant Diane bien dans les yeux, il lui dit d'une voix grave : \u2014 Madame ! je veux bien, en un tel moment, écarter tout ce qu'il a de blessant dans l'insistance et l'autorité qu'inspirent les conseils que vous croyez pouvoir me donner.la douleur vous égare ! et vous com- ZZ III IIT ZT 27 ZZ YT II III TTT Tres Po L'arc de la lune saigne, il fera chaud demain.Un réseau de lumière enveloppe nos âmes.Laisse sur ton front s\u2019appesantir ma main.Nos infinis vouloirs montent comme des flammes.Le doux doigté du soir soulève les parfums Qui défaillent quand nous renversons leur extase Sous nos souffles tendus.D'étincelants embruns Mouillent la paix du temps tels des pleurs qu'on écrase.L'obsédante chaleur gît au cœur refermé De mes belles-de-jour, Viens, je veux imprimer Ta frémissante voix au clavier du feuillage.Viens, ô Toi, je ferai rimer ton nom avec Silence ou bien sourdine, et sur son clair rebec Minuit jouera la gamme où sourit ton visage.Extrait du volume Marie-Anna FORTIN à paraître : \u201cLe Credo du Matin \u201d tour d'une volonté impérieuse ou d\u2019une suppliante insistance ! Détournant quelques instants la tête pour échapper au regard qui pesait sur elle, elle répéta, cette fois comme une prière : \u2014 Je vous en prie, opérez ! Je sais que c'est là le salut! Que risquez- vous en cédant à ma demande ?Ayez pitié au nom de ce qui vous est le plus cher au monde.Ecoutez-moi ! Et elle l'implorait, maintenant, attachant sur le jeune homme la détresse de ses yeux noyés de larmes.A son tour, il fut gêné ; et, comme il ébauchait un geste d'impuissance et s'éloignait de quelques pas, elle le suivit, exaltée.\u2018\u2014 Mais vous ne me comprenez donc pas ?Si vous avez quelque ex- mere \u2014=ssszne=z=ue=z prenez bien qu'une telle attitude ne saurait m'influencer .je ne relève que de ma conscience.Vous me paraissez plus au courant que le public ordinaire de la question médicale, pas assez cependant, pour comprendre ce qu'est, en une circonstance semblable, le devoir du chirurgien.Exaspérée par ce ton calme, Mme Leteslier interrimpit : \u2014Le devoir, monsieur, mais croyez-vous donc qu'il vous impose de le laisser périr sans secours ?Comment oseriez-vous -assumer la gravité d'une telle décision ?Le docteur hésita un instant avant de répondre, puis avec résolution : \u2014 Vous m'obligez, Madame, à vous dire brutalement, des choses cruelles, que je me faisais une obligation de vous épargner.Votre mari LA Revue PopuLAIRE est perdu.Il n'a plus que quelques heures a vivre.Nulle intervention humaine ne peut le sauver désormais.Il n'a pas seulement I'appendicite, mais aussi une péritonite avec perforation.Vous étes venus trop tard.ou du moins l'état était menaçant depuis longtemps .Le mal a évolué avec une grande rapidité.Encore une fois, je ne puis rien | Ce serait aller contre ma conscience ! Pourquoi donner de la douleur inutile, provoquer des complications qui feraient plus pénibles les derniers moments de votre mari?On n'opère pas un cadavre, Madame, et en prévoyant tout ce qui pouvait adoucir ses derniers moments, j'ai fait, hélas ! tout ce qui était en mon pouvoir, pour ce malheureux.Et s'inclinant légèrement, le médecin se retira.Eperdue, sans espoir désormais, jetée dans la réalité brutale par ces mots qui la martyrisaient : «on n'opère pas un cadavre », Diane chancelante se dirigea vers le lit de douleur sur lequel râlait déjà l'infortuné Bertrand.La sœur, la devançant, la prit par la main et d'une voix pleine de maternelle pitié : « Venez, pauvre enfant, votre mari est au plus mal, mais il a toute sa connaissance ; on va le transporter dans une chambre convenable, l'interne est prévenu, et aussi l'aumônier que le malade réclame\u2026 Allons, ma fille, il va vous falloir être bien courageuse ! » Diane ne répondit pas, mais elle eut la force de sourire au moribond qui attachait sur elle un regard de pitié et d'amour.Chapitre IV \u2018AMOUR veille, mais aussi le malheur avait triomphé de l'amour ! Celle qui, pour un jour d'union, perdait son nom de Diane de la Mar- guière, celle qui ne gardait de son titre de femme que le droit de pleurer et de souffrir, continuait à subir la série des contrastes doulou- teux qui faisaient plus cruelle encore sa détresse infinie.La pauvre enfant venait de vivre, en trois jours, les heures les plus tragiques qui se puissent concevoir; elle arrivait à la dernière étape de ce calvaire, et il était bien temps; elle n\u2019en pouvait plus ! Résistant aux supplications de son père, elle était allée jusqu'au bout de son devoir, et, enveloppée dans ses voiles de deuil, affalée sur son prie- Dieu, dans cette même basilique de Saint-Seurin où, trois jours auparavant, on avait célébré son mariage, au pied de cet autel où elle avait été unie à Bertrand, le même prêtre venait de donner l'absoute, la même foule de parents et d'amis se pressait et défilait pour l'offrande.Le calme venait de se faire, la messe continuait et Diane essayait de se recueillir ; près d'elle, la lueur jaune des cierges vacillait, l'odeur de la cire mêlée à celle de l'encens et des fleurs funèbres lui donnait un malaise ghy- sique qui s'accentuait par cette pensée qu'à ses côtés, dans un suprême rapprochement, sous le catafalque trop somptueux, le malheureux mort reposait une fois encore parmi les hommes ! Et puis, après, ce serait fini, on l'emporterait, cette pauvre dépouille deviendrait la proie de la terre ! , Et celui à qui elle pensait ainsi était son mari, son compagnon d\u2019enfance, l'ami auquel elle avait espéré consacrer sa vie ! Une pitié infinie montait à son cœur en songeant à ce qu'avait été, pour l'infortuné, cette courte existence. Mars 1939 Elle revivait cette dernière étreinte où, déjà pris par la mort, il lui avait balbutié ces mots .« Merci .et adieu ! » Rien d'autre ! Nulle recommandation! Pas une parole de souvenir pour les parents qu'il ne reverrait plus.Elle seule existait, elle, rayon de joie de ses sombres jours, elle sa arde-malade, sa petite amie.sa emme ! « Merci.et adieu!» La gratitude de toute cette pauvre vie s\u2019exhalait dans ces seules paroles.Lui parti, il ne voulait point être pleuré longtemps, il lui rendait sa liberté.Le comprit-elle ainsi?.Elle se pencha sur le pauvre visage et pour donner un peu de douceur à ses derniers instants, elle murmura : \u2014 Je t'aimerai au-delà de la vie, car l'amour est dans l'âme et l'âme ne meurt pas | Mais il ne répondit que par un pâle sourire, en refermant les yeux il répéta : « adieu ! » Lorsque tout fut fini, le prêtre qui venait de l'assister s'approcha respectueusement de sa jeune veuve.\u2014 Madame, lui dit-il, je suis chargé par M.Leteslier de vous exprimer encore sa reconnaissance pour tout ce que vous avez fait pour lui.Votre tendre dévouement a été la consolation supréme de ses derniers instants, comme elle avait été la joie de sa trop courte existence.Et c'était là, tout ce qu'elle savait de ses ultimes pensées.Soudain Diane tressaillit; un frisson la secoua tout entière, et un sanglot déchira sa poitrine.On dut emmener la pauvre Diane dès la fin de la cérémonie, succombant sous le poids de l'émotion et de la fatigue physique, elle comprit que ses forces l'abandonnaient, et qu'elle ne pourrait pas suivre le triste convoi jusqu'au cimetière ; passive, incapable désormais d'un effort de volonté, elle se laissa conduire, une fois la foule écoulée, par sa vieille bonne et par la religieuse qui, depuis Paris, re l'avait pas quittée.Lorsque le docteur de La Mar- guière revint du cimetière, excédé par l'interminable cérémonie où il lui avait fallu subir les condoléances d'usage, il trouva la jeune femme reposant dans son lit de jeune fille; un sommeil profond, mais coupé de tressaillements nerveux l'enlevait depuis deux heures à la réalité.Avec quelle hâte et quelle douceur le pauvre père revenait, près de l'enfant chérie, reprendre son rôle de protecteur et d'ami.Après son départ, le soir du mariage, il avait compris l'intensité du sacrifice consommé ; sa Diane l'avait quitté, il l'avait donné à un autre, il travaillerait seul, désormais, et la triste maison demeurerait froide, privée de la jeunesse et de la vie que l'enfant aimée y apportait.Et voici que de nouveau, elle était sous son toit! Pauvre Diane ! bien brisée, bien anéantie par la série de ces jours douloureux, Mais il allait tant la choyer qu'elle se remettrait vite.À vingt ans, la douleur ne peut être éternelle ! Chapitre V « Bordeaux.« À Sœur Thérèse de Jésus, Clinique Saint-Michel, Paris, « Ma Sœur, « J'hésite à venir vous rappeler des événements déjà lointains.Dans une vie de charité et de dévouement.où chaque jour apporte un contact nouveau avec la souffrance, une année succède à l'autre, et comme toutes les douleurs se ressemblent, à peu de chose près, comment oser espérer que la mienne soit demeurée dans votre souvenir ! «Et cependant, un sentiment de confiance et d'espoir me fait aller vers vous, ce soir, alors que me sentant si isolée, si abandonnée des hommes, et peut-être de Dieu, je me souviens de ce que vous avez été pour moi, lors du drame douloureux qui a inauguré ma triste vie de femme.« Laissez-moi simplement vous poser une question : vous rappelez-vous avoir un jour prononcé ces mots : « Adieu, Diane, ou plutôt au revoir, car je ne vous oublierai jamais ! Chaque jour aux pieds du Christ, Sœur Thérèse de Jésus priera pour vous | » C'était à Bordeaux, en 19.« Ma Sœur, gardez-vous le souvenir de cette promesse ?L'avez-vous tenue ?\u2014 Si oui, un mot, par pitié, et je me sentirai autorisée à aller vers vous, comme vers une amie, vous dire ce qui oppresse mon pauvre cœur ; je n'ai personne sur cette terre à qui confier la peine qui m'accable.«Très respectueusement vôtre « DIANE LETESLIER Née de La Marguière.» « À Madame Leteslier, .« Bordeaux.« Non, pauvre enfant, vous n'êtes pas abandonnée de Dieu, ne dites pas cela, ce serait un blasphème .C'est Lui qui vous envoie vers moi ! « Sœur Thérèse ne vous a jamais oubliée.Chaque jour, ainsi que je vous l'avais promis, j'ai pensé à vous, et j'étais vraiment désolée d'ignorer tout ce qui vous concernait .Non ! \u2018Toutes les douleurs ne se ressemblent pas ! La vôtre n'est jamais sortie de mon souvenir ! Pourquoi ne m'avoir pas écrit, mon enfant, j'ai dû me contenter de prier.Que peut faire de plus une pauvre religieuse, mais je reste vôtre, Diane, dites-moi vos peines, vous n'êtes plus seule dans la vie, comptez sur le dévouement religieux et profond de Sœur Thérèse de Jésus.» « Madame Leteslier à la Sœur Thérèse.« Votre parole amie m'a fait du bien, ma Sœur ! « Alors vous n'avez pas oublié la nuit terrible du 6 mars ! Notre retour lugubre, cette arrivée tragique & Ar- lac, la cérémonie de l'église, où trois jours auparavant, on nous avait mariés | «Quelqu'un avait encore besoin de moi, et ce fut ma raison de vivre.«Père, 6 bien-aimé père, j'ai pu encore être votre toute petite, redevenir la compagne de vos travaux, la douceur de vos derniers moments.« Maintenant je suis seule.« Oh | je vous entends bien ! Seule?Et les autres ?Les parents de votre mari ?«Je vais vous dire brièvement ce qui s\u2019est passé, ma Sœur, et puis nous ne parlerons jamais plus d'eux.Ils sont sortis de mon cœur, je les ai oubliés.« Lorsque apfès huit semaines de maladie, j'ai pu, peu à peu, reconstituer les événements passés, je demandai à mon père : « Et les parents de Bertrand?» Je le vis esquisser un geste d'effarement ; il éluda la question, soupira, puis, après m'avoir Wh, e VOLT Comme votre cœur, votre peau doit vivre 24 heures par jour.Pour conserver la beauté de votre peau, employez cette crème qui réveille la peau\u201c.P:° Jean est de retour! Ah! c'est bien de lui cette décision imprévue ! Et vous dites qu'il sera là après- demain ?Et presque inconsciemment il ajouta : « Déjà ?> Diane le regarda étonnée.\u2014 Comment ?.déjà ! .vous en parlez à votre aise ! Savez-vous qu'il y a huit mois que sa mère ne l'a vu | \u2014 Evidemment la pauvre femme a dû trouver le temps long, ses amis aussi, d'ailleurs, car c'est non seulement un homme tout à fait remarquable, mais encore un très charmant garçon.Ma réflexion est stupide et ne s'explique que parce que le docteur m'avait affirmé qu'il passerait le commencement de l'hiver en Mand- chourie.Et bien ! mais, Diane, je ne vois pas, dans cet événement, ce qui peut justifier vos airs ténébreux.En quoi l'arrivée de M.d'Echevail peut- elle vous inquiéter ?~ Elle ne m'inquiète pas, mon ami, elle m'occupe ! Je ne peux que me réjouir pour sa mère de ce retour inespéré, mais il m'est bien permis de penser un peu aux changements qui en résulteront pour moi.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Mais tout d'abord ceci: Mme d\u2019Echevail ayant retrouvé son fils, sa solitude n'existe plus ! Non seulement elle aura, par sa présence continuelle, la meilleure des distractions, mais encore, par ses soins éclairés, tous les bienfaits d'une sollicitude filliale que rien n'égale, Je crains que mon rôle ne soit désormais inutile.La jeune femme avait prononcé ces mots avec tristesse ; le marquis répondit vivement : \u2014 Détrompez-vous, chère amie, je connais d'Echevail, c\u2019est un fils admirable, évidemment, mais c'est aussi un savant, un chercheur, un travailleur acharné, on ne peut pas demander à un homme de cette valeur de s'assujettir à des soins minutieux et constants, il n\u2019a ni les loisirs, ni même la volonté de consacrer toute sa vie à sa mère : la science a de terribles exigences.Tandis qu'il parlait ainsi, le visage de Diane reprenait une sereine quiétude ; Charvan, enchanté de l'heureux effet produit, continua : \u2014 D'ailleurs, si je ne m'abuse, vous avez pris dans l'existence de Mme d'Echevail, une place qui n\u2019appartient qu\u2019à vous seule.Vous êtes devenue l'âme de cette maison.Non, non, ce n'est pas là le danger, ce n'est pas ce que je redoute pour vous.Et comme Diane interrogeait son ami du regard, celui-ci eut un sourire énigmatique ; sans répondre davantage, il éperonna son cheval et partit au petit galop.Un peu interdite, la jeune femme, après un moment d'hésitation, mit sa monture à la même allure, et ils redescendirent ainsi le revers de la dune, à cinquante pieds.l'un de l'autre ; ils se rejoignirent seulement à la lisière du bois qui encadre la baie de Nauzan.Charvan avait arrété sa béte, il se retourna vers Mme Leteslier, l'enveloppa d'un long regard, puis, après un silence, la voix grave, il parla : \u2014 Diane! comprenez-moi bien, mon enfant! Il m'est insupportable de penser qu'après avoir tant souffert, d'autres déceptions puissent vous venir encore.Je sais que vous ne vous plaignez de rien ; actuellement, vous êtes presque heureuse .votre éternel besoin de dévouement trouve à se contenter d'une situation qui n\u2019est au fond qu\u2019un servage .je dis bien: un servage, voilé d'aimables apparences.Demeurez donc là où la vie vous apparaît moins pénible.plus sympathique peut-être ! Mais si quelque jour, la désillusion ou la lassitude vous accablaient ; si, pour une de ces raisons imprévues, dont le destin est prodigue, ce nouveau foyer vous devenait.difficile à habiter.ne cherchez pas ailleurs, je vous en conjure | Sachez qu\u2019il est, de par le monde, un homme qui sera trop heureux de mettre à vos pieds tout ce qu'il possède : fortune, titre, situation sociale.avec l'hommage de son attachement le plus profond.Si cet homme n\u2019a pas osé parler .c'est qu'il est presque un vieillard.et que vous n'avez été que trop sacrifiée jusqu'à cette heure, ma pauvre petite amie.Diane, stupéfaite, ne savait que répondre ; M.de Charvan, sur son ton habituel de vaillante galanterie continua : x Parce que Jeanne sait se maquiller \u2014 qu\u2019elle n'a pas le nez luisont \u2014 et qu'elle emploie une poudre qui anime son teint cette vilaine huile qui faire reluire votre nez ! Songez-y un peu! Saviez-vous que l'infection peut empirer cet état?Grâces soient rendues à la Poudre Woodbury contenant un ingrédient spécial qui détruit les germes qui font reluire le nez.La Poudre Woodbury protège longtemps parce qu'elle adhère bien.UEL EMBARRAS.Mais vous n'avez pas l'air poudrée.Les 7 nuances Woodbury animent votre teint particulier.Champagne, la nouvelle création, est recommandée par Mme Suzy, célèbre couturière parisienne.Windsor Rose embellit les teints rosés.Désormais il faut que votre amoureux vous trouve toujours séduisante.Employez la Poudre de visage Woodbury \u2014 seulement $1,00, 50¢, 25¢, 15¢.Bt utilisez le Rouge et le Crayon à lèvres Woodbury.25 POUDRE de visage Woodbury | NOUVEAU NECESSAIRE DE MAQUILLAGE | John H.Woodbury, Ltd, 1 Dépt.1801, Perth, Ontario l Veuillez m'envoyer le nouveau Nécessaire de maquillage, de jolis étuis métalliques de Poudre de visage, de Rouge | et de Crayon & Lévres; et un tube Cold Cream Woodbury.Ci-inclus 10c pour | | frais d'emballage et d'affranchissement.| INDIQUEZ LE MAQUILLAGE DESIRE | | CHAMPAGNE [[] WINDSOR ROSE ) ] (Pour teint doré) (Pour teint rosé) l | Nom | | Adresse ere \u2014 | contenant (FABRICATION CANADIENNE) 26 \u2014 Mais il vous est permis de ne considérer cette solution que comme un pis aller, petite déesse ! Et maintenant, retournons sur nos pas; la chaleur est accablante, nous n'irons pas jusqu'à Saint-Palais ce matin ! La jeune femme acquiesça de la tête, rangea son cheval contre celui de son compagnon, et la promenade s'acheva silencieuse.Seulement lorsqu'ils se séparèrent, le marquis lut dans le regard de Diane une expression de filiale reconnaissance : \u2014 Je vous remercie de ce que vous m'avez dit tout à l'heure, dit-elle avec une grâce un peu timide.Mais elle n\u2019ajouta rien.Le marquis s'inclina.il avait trop d'esprit pour s'attendre à une autre réponse et en paraître déçu.Chapitre IX Diane n'eut guère le loisir de réfléchir, durant les heures qui suivi- tent sa promenade avec Charvan.Cependant, partie avec un souci dans l'âme, elle était revenue avec une impression qu'elle définissait mal et qui l'angoissait autrement que la vague inquiétude confiée à son compagnon au début de leur chevauchée un peu tourmentée.Pauvre cher marquis! comme il demeurait bon pour elle ! quel affectueux intérêt il lui témoignait ! Etait-il assez ému, et grave lors- u'il lui avait offert un asile à son loyer ?Certes, M.de Charvan avait été sincère.Diane n'en doutait pas un seul instants ; l'homme qui avait prononcé ces paroles était trop digne de respect et d'estime pour qu'elle doutât de sa loyauté.Mais que n'était-il resté dans ce seul rôle d'ami qui lui convenait si bien ?Maintenant, elle le craignait, une gêne serait entre eux, car il ne venait pas un seul instant à l'idée de la jeune femme qu'un second mariage fût possible pour elle.Avec Charvan surtout, grand Dieu! ce vieil ami qu'elle aimait bien, mais qui l'avait fait sauter sur ses genoux quand elle était petite, et lui apparaissait maintenant comme une façon d'ancêtre.Un instant amusée par cette idée, elle murmura : « Marquise de Charvan ! ce serait autrement plus joli que madame Le- teslier, dame de compagnie ! » Elle eut un rire insouciant, car aucune ambition, aucun calcul n'avait jamais pénétré dans son âme.Elle pensa que le caractère généreux et chevaleresque du marquis avait seul provoqué cette proposition formulée en termes si délicats.Ellle ne se douta pas un seul instant de l'amour profond qui l'avait inspiré.Et cependant, pour que le marquis ait ainsi osé lui dévoiler un sentiment qu'il cachait depuis longtemps à soi- même, c'est qu'il lui était intolérable e penser que celle qu'il chérissait fut en butte à de nouvelles déceptions.Rompant avec sa volonté jusqu'alors immuable, écartant la sagesse habituelle qui inspirait toutes ses actions, M.de- Charvan avait parlé, livrant ainsi le secret qu\u2019il avait voulu peut-être ignorer jusqu'à cette heure.Les deux vedettes dont on a le plus parlé en 1938 sont CHARLES BOYER et HEDY LAMARR.Le premier est un orfiste magnifique.Quant à Medy Lamarr, c'est surtout uno belle femme dont le jeu est aussi terne que celui de Marlène Dietrich.Le dernier film de Charles Boyer : \u2018* Love Affair \"\u2019, avec Irene Dunn.Et si, en terminant sa proposition et en se raillant lui-même, il avait prié Diane de ne le considérer que comme un pis aller, il n'en gardait pas moins le sentiment douloureux fet profond qu'en se rendant un jour à ce désir formulé d'une façon si imprévue, la jeune femme aurait fait de lui l'homme le \u2018plus comblé de la terre.Deux jours s'étaient rapidement écoulés.Diane entra dans le petit salon, et jeta un coup d'œil sur la pendule qui marquait cing heures.Dans deux heures.Dans deux heures Mme d'Echevail et son fils arriveraient en gare de Royan, elle avait donc tout le temps nécessaire pour terminer les derniers préparatifs et s'habiller avant le diner.- En tout autre circonstance, Mme Leteslier eût couru à la gare chercher sa vieille amie ; il lui en coûtait de rester jusqu'au soir sans avoir de ses nouvelles ; mais la pensée de s'imposer à la mère et au fils, dès la première heure de leur retour, l'arrêta.Elle attendrait dans sa chambre que Mme d'Echevail la fit demander.Une animation peu bruyante, mais inusitée, régnait dans la villa ; le personnel, joyeux, empressé, mettait tout La RevuE POPULAIRE son savoir à bien accueillir le maître qu'on était heureux de revoir.Et Diane ne put que constater ceci: pour elle seule, cette arrivée devait être indifférente.Depuis deux jours, elle s'agitait dans la maison pour un inconnu et elle s'en voulait de ne pas demeurer assez calme, d'être obsédée par la pensée de celui que tout le monde attendait dans la villa en fête.- Ayant reçu de Bordeaux un envoi de fleurs merveilleuses et rares, la jeune femme s'était plu à orner elle- même la table de la salle à manger, jetant sur les dentelles anciennes de la nappe, autour des miroirs, des sur- touts aux bordures d'argent, une jon- Mars 1939 chée d'orchidées mauves et d'énormes œillets.Elle terminait l'arrangement des grandes jardinières du salon, lorsque le vieux maître d'hôtel entra, l'air tout différent, mais convaincu de l'importance de ce qu'il allait dire.\u2014 Je viens prévenir, Madame, que tout est maintenant terminé chez M.le docteur ; si Madame voulait bien venir jeter un coup d'œil dans la chambre et le cabinet de travail, je crois que ce sont les deux seules pièces que Madame n'a pas encore visitées.Diane rougit légèrement.\u2014 C'est inutile, mon bon Mazeau, je m'en rapporte absolument à vous sur ce point, vous connaissez bien mieux que moi les goûts de votre maîtres, tout est-il bien selon votre idée ?\u2014 Mon Dieu, oui, Madame ! c'est- à-dire que M.le docteur avait toujours l'habitude de voir sur son bureau, tout près de lui, un vase avec quelques fleurs fines.Je ne trouve pas celui que Madame mettait de préférence, et ce qui est bien pire, il n'y en a aucun de convenable, ici, pour le remplacer.Je n'ai guère le temps d'aller à Royan en acheter un à cette heure.Diane hésita quelques puis, tout à coup : \u2014 Attendez, Mazeau | je crois que j'ai votre affaire, je reviens dans deux secondes, Rapide, elle passa dans le jardin, et le vieux serviteur entendit son pas léger marteler avec hâte les marches de l'escalier de bois qui conduisait extérieurement au premier étage du chalet.Mazeau eut un sourire de bienveillance attendrie : « Brave petite dame, murmura-t-il ! Ça cherche toujours à faire plaisir.Adroite comme une fée avec cela, et si peu fière ! » Diane revenait, apportant un long vase étroit, en cristal de Nancy, signé d'un maître verrier célèbre ; couseur de flammes sombres, orné de fleurs aux tiges grêlées, il portait à sa base, gravés en lettres gothiques, ces mots assez énigmatiques : « Plus penser que dire ! » La jeune femme sourit doucement en lisant cette devise qui lui convenait si bien ; elle versa prestement un peu d\u2019eau dans le fragile récipient et y déposa une énorme rose aux pétales pâles ; une orchidée mauve, mystérieuse et triste, un œillet déchiqueté dans du pourpre et du violet foncé.quelques branches de capillaire, parmi, pour alléger le tout .rien de plus.s fleurs rares, groupées dans ce vase, étaient charmantes.Le maître d'hôtel fit claquer la langue d'un air connaisseur et s'éloigna en murmurant : \u2014 Mazette ! il ne lui a pas fallu longtemps pour faire quelque chose de bien.instants, Décidément, l'heute se traînait trop lente.Diane fit le tour des salons, groupant les meubles, drapant les tentures, redressant une branche, puis elle s'arrêta devant le piano à queue, sur lequel un cahier de mélodies de - Beethoven était ouvert.Il y avait à peine trois jours, qu'à cette même place, elle avait fait de la musique pour Mme d'Echevail, et que toutes deux avaient tressailli d'un même enthousiasme ! Finies maintenant les longues causeries, les heures d'abandon, de confiance, où elle gardait jalousement le privilège d'être seule, toute la distraction de sa chère amie! Mme d'Echevail aimait tant l'entendre chanter ! En termes sûrs et heureux, elle savait si bien donner à Diane la certitude qu'elle était comprise et qu'un même sentiment d'art mettait leurs deux âmes à l'unisson.Charvan avait inspiré ce retour à la musique.Témoin implacable du passé, il dénonga le talent de la musicienne, la beauté de sa voix chaude de contralto.La jeune femme s'était d'abord défendue vivement ; la reprise de son chant lui rappelait des souvenirs si palpitants encore ! C'était pour Bertrand, la veille de leur ma- triage, qu'elle avait chanté une dernière fois.Un jour, cependant, Mme d'Eche- vail l'ayant tpriée tinstamment, elle n'avait su résister à ce désir formulé avec insistance ! Et voilà que la tra- bison de Charvan avait apporté un bienfait à la malade, et à Diane des heures très douces, au cours desquelles elle arrivait à goûter des joies exquises.Tout en feuilletant les pages du recueil, Mme Leteslier pensa au plaisir qu'elle aurait à retrouver le marquis durant cette soirée, dont elle redoutait l'approche.Sur les indications de Mme d'E- chevail, elle avait envoyé aux intimes une invitation à dîner, mentionnant le retour du docteur.Pour Charvan, elle avait quitté le ton impersonnel des libellés habituels, lui communiquant le désir de Mme d'Echevail, et insistait sur le besoin au'elle avait de sa présence.Tout en songeant, Diane s'était mise au piano ; sa belle main nue et sans bagues errait sur le clavier ; elle modula quelques phrases qu'elle laissa inachevées.Ses yeux rencontrèrent le nom et la mélodie ouverte devant elle : c'était l'« Apaisement ».Elle se souvint de la triste beauté de ces pages.Inconsciemment, elle commença le prélude et se mit à chanter, à mi- voix, comme dans un murmure.La mélancolie des paroles, les allusions qu'elles faisaient à l'histoire de son propre cœur la mirent tout de suite dans un profond émoi, éveillant la douleur que le temps avait endormie.Dans la tombe où tu reposes, Mon premier, mon seul amour, Sous la myrte et sous la rose, Dors ! jusqu\u2019à mon dernier jour! La voix s'éleva bientôt grave et déchirante Sur ta tombe solitaire Je ne veux pas te troubler, Et mon cœur qui sait se taire, N\u2019ira point t\u2019y réveiller ! L'âme de l'artiste trouvait un écho dans cette musique ardente qui ramenait en elle le souvenir des heures tragiques de sa vie.Bt lorsqu'a la fin de la strophe elle chanta encore : Car mon cœur est sans alarmes, Et mon âme est sans douleur J'ai versé toutes mes larmes Et mes yeux n\u2019ont plus de pleurs.Ce fut un déchirant soupir de résignation qu\u2019exhala la voix tragique de la jeune femme, Emportée par la fougue de son élan, oublieuse de l'heure et de la réalité, elle n'entendait pas que, depuis quelques instants, des pas s'amortissaient sur le sable du jardin.Comme elle achevait la dernière phrase, le clavier résonnant encore sous ses doigts, elle fut brusquement enlevée à sa rêverie par une voix d'homme qui, un peu ironique et volontairement atténuée, prononçait ces mots : \u2014 Superbe ! oui, ma mère ! pathétique, même ! mais de grâce, présen- tez-moi, j'ai hâte de connaître ces ux qui ont versé tant de larmes ! Diane étouffa une exclamation de dépit douloureux.Un sentiment de honte qui ressemblait à de la pudeur outragée l'envahit à la pensée d'avoir 27 OU NA nx y 4 , A TR dE hd 4 Avec le \u201cfroid asséchant\u201d, les mains deviennent souvent rudes et gercées UEL embarras ! En hiver, les petites glandes cutanées sécrètent moins de cette humidité qui conserve la beauté et la douceur de la peau.Et puis, le froid, le vent, la chaleur artificielle, le contact fréquent de l'eau \u2014 tout cela assèche la peau.Vos mains deviennent alors de plus en plus rudes: elles peuvent gercer.À moins que.! Hé oui ! vous pouvez suppléer à ce manque d'humidité naturelle.La Lotion Jergens fournit l'humidité cutanée \u2014 une humidité qui joue le même rôle Lotion( Jergens ESSAYEZ la nouvelle CREME DE VISAGE Jergens.Riche en vitamine, elle empêche l'assèchement de la peau.25e, 15c.que l'humidité naturelle.Elle embellit vos mains ! 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Je crains que Mme Leteslier ne t'ait entendu, tout à l'heure, dans le jardin! \u2014 Pensez-vous, ma mère?.et quand cela serait?.La croyez- vous si désolée d'avoir produit un petit effet?un grand effét, veux-je dire, car j'ai été absolument plongé dans le ravissement par cette merveilleuse voix ! Allons! maman, ne vous fâchez pas ! Je plaisante ! Depuis hier, vous n'avez cessé de me - vanter les charmes de votre dame de compagnie, et cela me donne envie de vous taquiner à son sujet ! Vous M'en voulez ?.Non, n'est-ce pas ! Lais- sez-vous embrasser par le fils qui revient de Mandchourie, sauvage et peu galant,.Un peu mécontente, au début, de ces paroles railleuses, la mère avait été gagnée par la tendresse qui ache- \u2018vait la phrase.Elle ouvrit ses bras et serra contre son cœur l'enfant auquel il était si doux de pardonner.\u2014 Mon petit Jean, murmura-t-elle, te voilà donc chez ta mère ! \u2026 .Chez toil.es-tu heureux, au moins ?.« Le petit Jean > eut un sourire radieux qui éclaira son visage sévère.\u2014Oui, mère ! absolument heureux ! D'abord, et surtout, parce que je vous trouve bien mieux portante que je n'osais l'espérer ; quand je pense \u20ac vous supportez si bien la fatigue \u20ac ces deux voyages rapprochés ! .Et encore, vous avez du monde, ce soir ; au lieu de vous reposer, vous aller vous surmener, ce qui n'est guère raisonnable ! \u2014 Mais, non, Jean ! Je n'éprouverai de cette réception aucune peine ! Tout est déjà organisé pour le mieux, tu verras ! Je n'aurai que le plaisir de recevoir nos amis | \u2014 Eh bien ! nous avons juste trois quarts d'heure pour nous préparer, maman, hâtons-nous ! Et le docteur, prenant sa mère par le bras, la conduisit doucement du côté de ses appartements.En passant devant la chambre de Diane, Mme d'Echevail renvoya son fils d\u2019un geste silencieux et frappa par deux fois à la porte, mais personne ne répondit.Ce fut seulement quelques minutes avant l'heure du dîner que la maîtresse de maison, quittant un instant ses invités, rencontra sa dame de compagnie dans la salle à manger où elle donnait les derniers ordres.\u2014 Mon enfant, dit-elle, je vous cherche et vous demande à tous les échos depuis mon arrivée.Pourquoi n'êtes-vous pas venue me dire bonjour! Votre accueil, sur léquel je comptais, m'a vraiment manqué.Diane s'était laissé prendre les mains et répondait, un peu contrainte : \u2014 Madame, veuillez ne pas m'en vouloir, je vous en prie.Je m'étais attardée à faire un peu de musique et je me suis aperçue, tout à coup, que le moment était mal choisi; quand j'ai été prête, je me suis présentée chez vous, pour vous saluer, mais vous n'étiez pas seule, et je ne suis pas entrée.\u2014 Diane ! comprenez-moi bien ; il ne saurait désormais y avoir rien de changé entre nous.Je vous supplie de le croire ! L'arrivée de mon fils ne me serait plus une joie complète si je devais y perdre la douceur de votre présence habituelle ! Elle accentua ces derniers mots, puis, regardant autour d'elle : \u2014 Que tout cela est arrangé avec oût ; cette table est une merveille : Chaumière est méconnaissable, la fée a passé partout avec sa baguette magique |! Combien je vous remercie, mon enfant; mais, venez hâtons-nous ! Je veux, avant le dîner commencé, vous présenter à mon fils.Mme Leteslier retint mal un geste d'embarras et suivit cependant son amie dans le salon où resplendissaient les lumières parmi les belles fleurs.Les convives étaient tous arrivés, une joyeuse rumeur régnait parmi les groupes ; au centre de l'un d'eux, un omme de stature élevée, l'aspect puissant, mais la tête fine et belle.ausait avec une amabilité un peu distraite : c'était le docteur d'Eche- vail.Lorsque les deux femmes parurent, il eut vers elles un rapide regard marquant une attention évidente et une surprise réelle.surprise ou admiration?Les deux peut-être.Mais qui donc aurait pu le dire ! l'impression avait semblé si fugitive ! Continuant toujours à causer.Jean d'Echevail ne perdait cependant aucun détail de cette entrée: il vit sa mère présenter quelques personnes à la jeune femme qui la suivait.- Il constata avec quel respect, quel empressement, elle était accueillie de tous, remarqua la ferveur ardente du marquis de Charvan au moment où il lui baisait la main, et l'air confiant et heureux dont elle recevait ses hommages.Il la suivait des yeux, maintenant que, retirée dans l'embrasure d'une fenêtre, elle parlait à son admirateur ; elle n'avait point d'ailleurs semblé le remarquer, et il pouvait, à son aise, détailler la femme dont la beauté d'une grâce altière et mélancolique s'imposait.\u2018 Vêtue d'une robe de mousseline de soie mauve, les épaules légèrement voilées, mais le cou et les bras nus, Diane était d'une grande simplicité, et cependant, si souveraine, si impressionnante, qu'un moment le docteur douta de la personnalité de l'inconnue.Il s'approcha de sa mère qui passait et lui dit quelques mots à voix basse.\u2014 Je te cherchais pour te présenter, répondit Mme d'Echevail.Et prenant son fils par le bras, elle le conduisit près de Diane.Il n\u2019y avait plus à se tromper, tandis qu'il entendait sa mère prononcer ces mots : \u2014 Madame Leteslier, voilà le Jean dont je vous ai tant de fois parlé.Et il s'inclina très bas devant la jeune femme.Il s'attendait à ce qu'elle lui tendit la main, mais lorsqu'il se redressa, il vit le regard de deux beaux yeux troublants et sombres se poser sur les siens et prendre une expression d'inquiétude anxieuse, lorsqu'il lui dit de sa voix grave ces paroles pourtant bien simples : \u2014 J'avais hâte, Madame, de vous être présenté.Je vous suis redevable de tant de bienfaits, d'abord celui de mon retour, que la lettre que vous avez bien voulu m'adresser a certainement avancé.La voix naturellement ironique se fit plus douce : ; \u2014 Puis, vous avez admirablement soigné ma mère ; grâce à vous, je la trouve mieux portante que je n'osais l'espérer.Les portes de la salle à manger s'ouvraient en ce moment ; Manzeau annonçait, et Diane n'eut pas à répondre; un mouvement général se fil dans le salon, la séparant de son interlocuteur que ses devoirs de maître de maison appelaient ailleurs.Elle prit distraitement le bras que jui offrait Charvan et murmura d'une voix de rêve : \u2014 Marquis ! où ai-je donc rencontré des yeux comme ceux-là et entendu une voix semblable ?Où donc ?Le marquis, un peu agacé de la sentir si lointaine, répondit en gouail- ant : \u2014 En Mandchourie, probablement, petite déesse, à moins que ce ne soit dans un de vos songes | Mais la boutade de son ami ne l\u2019apaisa point.Tout le temps du repas, une idée unique l'obséda, un pli soucieux barra son front pur, indiquant la contrainte de la recherche.Elle ne pouvait détacher ses yeux du visage du docteur, écoutait, sans comprendre les mots, cette manière de parler sobre et un peu railleuse qui lui rappelait quelque chose.Où l'avait-elle entendue ?Ce soir, sous la fenêtre ?Mais avant ?Avant aussi, elle en était certaine ! Et ce regard sérieux et froid, cette haüte taille qui lui en imposait.Où les uvait-elle vus ?Où donc ?C'est en vain qu'on causait près d'elle.En vain que le marquis déployait des trésors de verve et d'esprit ; on loua la beauté de ses fleurs, la perfection des mets, le charme de cette fête : elle ne voulait rien entendre, cherchant avec une farouche ardeur le mot de l'énigme qui la torturait .et qu'elle allait trouver tout à l'heure, elle le pressentait .elle le redoutait ! Ainsi qu'il arrive souvent, ce fut une toute petite cause qui produisit l'effet redoutable dont elle devinait l'approche imminente.Un lambeau de phrase, jeté au cours de la conversation, déchira brusquement le voile qui enveloppait sa mémoire.\u2019 Le mot «clinique Saint-Michel » venait de frapper durement son oreille, Elle écouta, le cœur battant à tout rompre ! Le docteur répondait : \u2014 Je l'ai quittée au moment où la Sœur Thérèse fit sa fondation de tuberculeuses ; je n'y suis resté médecin résidant que deux années ; j'ai donné ma démission à la fin de mai 1910.Mai 1910! Le mois! l'année de la mort de Bertrand! Diane devint blanche comme une morte ! L'homme qui était là, devant ses yeux, elle le reconnaissait, maintenant ; c'était le chirurgien qui avait refusé d'opérer son mari, celui qu'elle accusait de sa mort! Et elle était chez lui! sous son toit!.C'était ça mère à qui, depuis trois mois, elle donnait le meilleur d'elle-même ! sa mère qu'elle chérissait ! Elle eut un gémissement étouffé, ses yeux se voilèrent, elle entendit comme dans un cauchemar la voix abhorrée prononcer ces mots : « Mme Leteslier se trouve mal ! » Puis, elle perdit tout à fait connaissance.Chapitre X IANE, étendue sur la chaise-longue de sa chambre, commençait a revenir a elle; pourtant, elle n\u2019avait LA REvuE POPULAIRE - pas encore repris la notion exacte des choses, ce fut comme dans un rêve qu'elle entendit ces paroles.qu'elle ne s'expliquait pas : \u2014 Vous pouvez vous retirer, ma- maman, retournez près de vos invités ; ce ne sera rien, le pouls reprend de la force.Cette jeune femme doit être horriblement nerveuse ! Vous ne vous en étiez pas aperçue, dites- vous ?C'est possible ! Elle l'est incontestablement, malgré les apparences d'une santé magnifique.ons, mère, calmez vos alarmes et.ras surez Charvan, qui m'a paru tout à.fait affolé ! Un bruissement de soie près d'elle, des doigts légers caressant son visa- e, des lèvres douces effleurant son ront, et une voix de femme, une voix de pitié, qui prononce ces mots : \u2014 Oh! Jean, comme elle est pâle encore! Tu es sûr qu'elle n\u2019est pas.en danger ?\u2014 Absolument, mère! Mais, je vous en prie, descendez ! Je vous affirme que, dans l'intérêt de la malade.il vaut mieux la laisser au repos ! Quel silence autour de Diane, elle- est donc seule maintenant! Pourtant, tout à l'heure, des voix avaient parlé.Qui donc avait dit : « Maman ! Mère ! » Pourquoi était-elle là, étendue.inerte au point qu'il lui semblait que son corps était de plomb ?Etait-ce la mort qui lui apportait le bienheureux repos, pauvre abandonnée dont la vie n'importait à personne Un effort, et la jeune femme arrive à soulever ses lourdes paupières.Elle est allongée, la tête basse, et ne voit que le plafond d'une chambre \u2026 C'est la sienne ! Elle le reconnaît à.la rosace du centre qui retient sa veilleuse ; par le haut des fenêtres.ouvertes, elle entrevoit un lambeau.de ciel étoilé.Une brise légère et parfumée de senteurs marines caresse les.boucles de ses cheveux et le bruit de la mer montante arrive jusqu'à elle.Elle est bien ainsi! Oh! que rien ne vienne donc troubler la paix de ce repos | Pourquoi redoute-t-elle de fixer sa pensée, de rappeler ses souvenirs?Soudain, une douleur pénètre son être, elle a reprit tout à fait connaissance ; elle vit puisqu'elle recommence à souffrir! Un sanglot monte à ses lèvres, des larmes inondent son visage, lorsqu'une voix, tout près d'elle, la fait tressaillir.L'accent un peu dur, s'était, aux dernières paroles, adouci.En entendant le son de cette voix qui, maintenant, évoquait brutalement en elle de si terribles souvenirs.Diane arriva à se ressaisir complètement.Par un suprême effort de volonté elle se redressa.Le docteur fut surpris et un peu décontenancé de la trouver soudain debout, appuyée au dossier de sa chaise-longue, retenant d'un geste gracieux et pudique les mousselines de son corsage; ses long cheveux étaient défaits ; son beau visage était affreusement pâle ; ses yeux bleus, foncés jusqu\u2019au noir, laissaient échapper des larmes qu'elle dédaignait d'essuyer .Et comme elle semblait prête à défaillir le nouveau, il s'avança.Mais elle : \u2014 Au nom du ciel.monsieur, ne restez pas une minute de plus ici ! Votre vue me fait mal.un mal.atroce!.J'espérais ne jamais plus vous rencontrer sur ma route!.Je l'avais demandé à Dieu!.Et voilà que je vous retrouve ! que je suis ici ! chez vous!.Oh! par grâce ! sortez ! Je m'en irai demain ! Jean d'Echevail avait eu un geste d'étonnement, immédiatement atténué Mars 1939 par la reprise de tout son sang-froid; il murmura, l'air seulement un peu ennuyé : \u2014 Le délire, maintenant.Ah ! il ne manquait plus que cela! c'est tout a fait charmant et complet ! .Et s'approchant de la jeune femme, il lui prit de force la main, la regarda longuement dans les yeux, et d'une voix calme, autoritaire : \u2014 Voyons, madame, il faut vous calmer.cette crise n'a que trop duré.Vous êtes sujette à des états semblables ?La jeune femme eut un rire exaspéré : \u2014 Non, Monsieur, dit-elle.Je ne suis ni une nerveuse, ni une insensée .mais seulement une pauvre créature qui a beaucoup souffert.« Sans doute ne m'avez-vous pas reconnue.Vous ne Vous souvenez plus.votre vie a dû côtoyer tant de drames semblables.vous êtes blasé !.Mais moi, dont la vie a été entièrement brisée du fait de votre volonté, moi je n'ai rien oublié.docteur Jean d'Echevail ! Je suis la femme du malheureux que vous avez refusé d'opérer, et que vous avez laissé mourir à la clinique Saint-Michel, le 26 mai 1910.Le jeune homme avait lâché le bras de Mme Leteslier, il pâlit légèrement et sembla se rappeler.\u2014 En effet, dit-il, sans se départir de son calme.je crois que je me .souviens .voilà deux fois que cette petite tragédie m'est offerte ! « Cette belle voix qui chantait ce soir \u2014 quelle ironie! \u2014 «que ce cœur savait se taire» m'avait déjà couvert d'opprobres et accusé d'assassinat.Je savais bien qu'un attrait particulier m'incitait à l'entendre ! - Puis, quittant le ton sarcastique, il reprit avec une tristesse grave, son regard noir attaché sur les yeux désoles de la pauvre Diane.\u2014 Madame, je ne sais vraiment si vous étes consciente, ou si vous délirez encore .ce que je peux bien vous dire, c'est que je n'ai jamais laissé mourir volontairement personne, et si vous m'avez vu refuser d'opérer votre mari, c'était que ma conscience me le défendait.Mme Leteslier répondit la voix indignée : \u2014 Ou que votre orgueil immense vous ordonnait de vous en tenir à votre propre diagnostic.dédaigneux de vous éclairer, d'écouter celle qui vous suppliait Par un effet de volonté, le médecin parvint à répondre avec tout son sang-froid : \u2014 Je n'avais point d'autre voix à entendre que celle de ma conscience, Madame ! Je me rappelle très bien maintenant de cette nuit où l'on apporta à la clinique un jeune homme mourant.Je l\u2019'examinai avec toute la science dont je suis capable ; il avait l'appendicite, compliquée de péritonite, avec perforation.Le malheureux n'avait que quelques heurés à vivre, et je me suis refusé a le marfyriser davantage : J'ai commis le crime de le laisser mourir en paix._ Et comme Diane, soudainement dominée par cette parole loyale, se taisait, le docteur reprenant son attitude courtoise, mais cette fois glaciale, continua : \u2014 Vous comprendrez sans doute, Madame, qu'un jugement aussi formellement sévère ait quelque peu froissé ma susceptibilité.Oserais- je donc vous demander par quel concours de circonstances vous vous êtes décidée à accepter l'hospitalité de la mère de celui.Diane l'interrompit d'un geste de protestation si suppliant, qu'il n'acheva pas ; désespérée, confuse, absolument éperdue, la malheureuse murmura, les lèvres blanches, la voix entrecoupée de sanglots : \u2014 Je ne savais pas votre nom.j'ignorais que vous fussiez son fils.et que j'étais chez vous.Dieul.l'horrible chose.mais demain.demain à la première heure, je vous le promets.je partirai.Le docteur eut un geste poli et froid, il conclut avec calme ! \u2014 Îl me paraît, en effet, difficile, après ce que je viens de vous enten- cre dire, qu\u2019un même toit puisse nous abriter .je ne fais que d'arriver.et ne peux vous promettre de vous céder la place immédiatement .cependant, il se peut que très prochainement.Et sans plus accorder d'autre attention à la jeune femme, il s'adressa a Florine qui venait offrir ses services.\u2014 Mme Leteslier est plus souffrante, veuillez la déshabiller et ne pas la quitter.Et il s'éloigna à pas rapides.Toute la nuit, Diane fut en proie à un délire affreux.Comme elle répétait qu'elle voulait partir, s\u2019en aller bien loin, Florine, dès le matin, appela Mazeau, le priant d'informer le docteur qu'elle trouvait Mme Leteslier plus fatiguée.Le vieux \u2018domestique trouva son maître dans son cabinet, assis devant sa table de travail.Il écouta sans mot dire, les nouvelles que Mazeau lui transmettait.A la grande stupéfaction de celui- ci, il ne se dérangea pas, se bornant a lui tendre un flacon qui était là, à la portée de sa main.\u2014 Six gouttes dans un verre d'eau, fit-il laconiquement.L'obscurité complète dans la chambre, elle va dormir.Inutile que ma mère se dérange.Dites- lui, au contraire, que tout va bien et qu'elle veuille m'attendre jusqu'à dix heures chez elle.Au moment où le serviteur se retirait, il s'entendit rappeler d'une voix brève.\u2014 Mazeau! quest cela?.et Jean d\u2019Bchevail désignait du doigt le vase de cristal dans lequel se mouraient les fleurs que Diane y avait déposées la veille.\u2014 Monsieur !.c'est des fleurs | \u2014 Je le vois bien ! Mais d'où vien- nent-elles ?Qui les a arrangées ainsi, dans ce vase que je ne connais pas\u2019 \u2014 Je vais dire à Monsieur.Je savais que M.le docteur aimait bien la verdure près de lui et, comme le jour de son arrivée, je n'avais pas trouvé l'autre, l'ancien, je l'ai dit à Mme Leteslier pendant qu'elle arrangeait ses roses et ses œillets.De suite, elle a été en chercher un dans sa chambre, elle y a mis ces trois branches.C'était peut-être bien un peu simple, mais lorsque la petite dame les a eu arrangées, c'était quand même très joli ! Le docteur réprima mal un geste d'impatience.\u2014 Enlevez tout cela! Jetez ces fleurs qui me donnent mal à la tête ! et reportez ce vase chez Mme Le- teslier.Mazeau ne sourcilla pas ! Il obéit silencieusement, ne pouvant s'empêcher de penser que son maître, retour de chez les pestiférés, était devenu vraiment bien sensible au parfum des roses ! Jean d'Echevail, seul, eut un sourire amer en redisant à haute voix la devise qui entôurait le vase innocent qu'il venait de bannir de sa présence | « Plus penser que dire ! » \u2014 Espérons qu'elle a au moins dit tout ce qu'elle pensait ! Elle n'a usé d'aucune réticence, me semble-t-il.29 L'Amour vous attend apres un Cocktail Facial Woodbury Reconnue comme l\u2019une des plus jolies débutantes, cette jeune élégante de Toronto dessine elle-même ses toilettes.Ses sports préférés: le bateau à voile et le badminton.Son savon préféré: le Woodbury.\u201cVoici deux faits .tiiez-en vos propres conclusions.1.Mes agents m\u2019apprennent que les plus jolies débutantes prennent un Cocktail Facial Woodbury à 5 h.P.M.2.Mes yeux me disent que ce sont celles qui paraissent le mieux après 5h.P.M.Que pensez-vous de cela ?\u201d déclare CHOLLY KNICKERBOCKER Un traitement de beauté vivifiant au Savon Facial Woodbury est un gage de succès de vos soirées.A la poursuite de la popularité, les débutantes ne doivent pas commencer la soirée avec un visage morne et fatigué.Comme toute jeune fille moderne dont le cœur s'ouvre à l'amour, elles s'appliquent sérieusement à avoir une \u2018peau douce comme du satin\u2019.Chaque jour, entre l'heure du thé et celle du dîner, ces charmantes personnes rehaussent la beauté de leur peau avec un Cocktail Facial Woodbury.Ce rapide nettoyage au Savon Facial Woodbury prépare des heures d'enchantement et de gaieté.Si le travail et l'énervement de la journée ont\u2019 fatigué votre teint, essayez ce cokctail facial vivifiant.Recouvrez votre peau avec la mousse délicate du Savon Facial Woodbury, puis rincez bien.Votre figure reprendra vie.Ce savon de beauté est fait d'après un célèbre mélange d'huiles Célèbre chroniqueur mondain et d'onguents calmants.Sa mousse a maintenant une \u2018vitamine qui restaure la vitalité de la peau, Depuis trois générations, les dames de la haute société considèrent le Woodbury comme le \u201ctraitement arfait\u201d pour le teint.Employez régu- fièrement le Woodbury avant de vous coucher.C'est le meilleur somnifère de la Beauté ! : 7 1 0° maintenant POSSEDE UNE VITAMINE FORTIPIANT LA PEAU* *Introduite par irradiation d\u2019ultra-violet Brevet No 1676579 (PABRICATION CANADIENNE) 30 Au souvenir des accusations de la jeune femme, il eut un geste de révolte et se leva.et parcourant à grands pas la longueur de la pièce.il s'arrêta pour ouvrir une des fenêtres qui donnait sur la mer et il huma longuement la brise du matin qui pénétrait, bienfaisante enfin et se décida de sortir.\u2018 A.la fin de la journée, comme le docteur entrait dans son cabinet, il trouva sur sa table de travail une lettre à son adresse ; elle contenait simplement ces mots : « Voudriez-vous, Monsieur, monter jusque chez moi, ce soir, si vous êtes libre.« DIANE LETESLIER.» Il n'eut pas l'air étonné, contrarié non plus ; pendant le dîner, il dit simplement a sa mére sur un ton dégagé: \u2014 Je vais aller voir votre malade et l'examiner sérieusement.J'ai voulu lui laisser cet après-midi le bénéfice des calmants que je lui avais fait prendre.C\u2019est pour cela que j'ai exigé la solitude autour d'elle.Je lui expliquerai pourquoi elle ne vous a pas vue, et j'assumerai la responsabilité d'un abandon qui a dû lui être sensible.Car, d'après ce que vous m'avez raconté aujourd'hui, maman, c'est une âme tendre et je comprends votre sympathie ; elle a dû beaucoup souffrir.D'ailleurs, Charvan que j'ai vu tout à l'heure m'a dit toute sa triste histoire.Je m'explique maintenant la délicatesse de son système nerveux ; il a été soumis à de rudes épreuves.Et Jean resta songeur.Diane, se sentant mieux, avait pu gagner sa chaise longue ; enveloppée dans un peignoir de linon blanc, elle regardait la nuit tomber et tenait entre ses mains une lettre que, depuis un moment, elle avait lue et relue plusieurs fois.On la lui avait remise à cinq heures, quand, après un long sommeil réparateur, Florine l'avait trouvée plus calme; elle était de Sœur Thérèse, et contenait quelques mots hâtifs, arrachés à l'inquiétude.«Diane, ma très chère enfant, disait-elle, votre laconique billet m'apprend que le docteur d'Echevail que je croyais pour six mois encore en Mandchourie, est arrivé hier à Paris, et que demain, ce soir peut-être, vous vous trouverez en face de lui, sous le toit de sa mère.«Je prie le Ciel qu'il ne soit pas trop tard.que la violence, la fougue de votre caractère n'aient pas amené entre vous des paroles irréparables.« Vous le savez, sans doute, à l'heure qu'il est, le docteur d'Echevail est le médecin qui examina votre malheureux mari dans la nuit où vous le fites porter à la clinique Saint- Michel, c'est lui qui, jugeant l'état désespéré, ne s'est pas rendu à vos prières, a refusé d'opérer M.Letes- lier, et s'est attiré de votre part la plus injuste, la plus incompréhensible rancune.« Par quel secret dessein la Providence vous a-t-elle amenée dans ce foyer sans vous en faire connaître le véritable chef ?« C'est pendant mon absence que le Père de Sayne vous envoya chez Mme d'Echevail, et lorsque je fus mise par vous au courant des circonstances, vous m'appreniez par le même courrier, et la proposition dont vous aviez été l'objet, et votre acceptation immédiate.« Vous paraissiez ravie, ma pauvre Diane, et moi j'étais si heureuse de vous voir trouver une situation, et d'autre part, si convaincue que le docteur ne reviendrait pas de longtemps, que je ne vous ai rien dit, vous laissant pour quelques jours dans l\u2019ignorance de la vérité.« D'ailleurs, cette vérité n'avait de tragique que ce qu'avait bien voulu y mettre votre romanesque imagination.«Dans une de mes lettres, où je vous mettais en garde contre un attachement que je sentais grandir sans aucune mesure, je vous faisais pressentir la possibilité d'une souffrance trouvant sa source dans cette affec- tron même.Eh bien! le moment est venu de puiser dans ce sentiment la raison dont vous avez besoin dé- Un des groupes de camionnettes affectées à la livraison de nos trois magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Le nom de LA REVUE POPULAIRE apparaît de l'autre côté de chacune de ces autos et celui du FILM, à l'arrière.Le groupe photographié ici (quelque part à Montréal) est celui d'un de nos agents distributeurs, M.Wifrid Daoust, dont la région comprend plusieurs grands centres, entre autres: Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondvile, Saint-Hyacinthe, Saint-Jérôme, ete.La Revue POPULAIRE sormais, pour juger avec plus d'équité un homme que vous avez méconnu jusqu'à cette heure.« Diane, lorsque vous allez vous trouver devant celui que, bien malgré moi, vous n'avez cessé d'accuser de tous vos malheurs, souvenez-vous de sa mère d'abord, et rappelez-vous ensuite que je me porte garante de sa loyauté, de sa conscience, de son savoir.« Croyez-moi, et puisse le ciel, qué je prie pour vous, vous éclairer de sa divine lumière et vous montrer la vérité.L'injustice est une chose abominable, indigne d'un cœur tel que le vôtre.« J'attends une lettre de vous, me mettant au courant des événements ; je vous redis, chère enfant, mon profond attachement en Notre-Seigneur.«Sœur THERESE.» Diane se remémorait les paroles de Sœur Thérèse ; elle croyait entendre sa Voix, et cette voix était si persuasive que la vérité lui apparut tout entière.Ainsi donc, elle s'était trompée, et elle avait commis une abominable injustice en formulant, pour la seconde fois, contre cet homme, le plus grave, le plus blessant reproche.Et ce savant, ce héros dont tout le monde vantait le courageux dévouement, qui avait exposé sa vie au contact des maladies les plus effrayantes, n'avait pas dédaigné de se défendre.Avec un accent de vérité inoubliable, il lui avait affirmé et prouvé qu'elle s'était trompée, et ces paroles-là, plus que les autres raisons, l'avaient à jamais convaincue. Mars 1939 * Est-ce que, d'ailleurs, le fils d'une telle femme pouvait être soupçonné d'avoir failli par le cœur et la conscience ?Mme d'Echevail!.Comme elle l'avait oubliée.A l'heure où une rancune folle lui mettait aux lèvres les pires paroles, comment le souvenir de cette sainte ne l'avait-il pas retenue ?Que n'avait- elle épargné le fils, en souvenir de l* mère.Elle l'aimait bien, pourtant, sa douce malade ! Sans doute il lui avait tout raconté, et c'est pour cela que, blessée dans son cœur de mère, elle la laissait aux soins d'une femme de chambre, et ne voulait plus la revoir.Il lui faudrait quitter cette maison, où la veille encore, elle était traitée avec tant d'égards et tant d'affection! Que méritait-elle de mieux et de quel droit se plaignait-elle ?.oui.elle allait partir.Mais d'abord, elle devrait faire acte de loyauté, dire au docteur qu'elle s'était trompée, lui demander de vouloir bien oublier la malheureuse passante dont le jugement lui importait peu, sans doute, mais qui, pour la paix de sa conscience, voulait lui ctier : « Pardon !» Un heurt à la porte la fit tressaillir.Avant qu'elle ait pu tenter l'effort de se lever, elle devina, dans la pénombre, la haute silhouette du docteur.Il s'arrêta quelques instants, le cherchant du regard; au mouvement qu'elle fit, il alla droit vers la chaise-longue.\u2014 Pas de lumière, de l'air, de la solitude ! voilà qui est parfait, dit-il.Et il prit, dans les dentelles molles, la petite main tremblante qui se cachait.\u2014 Si peu que vous accordiez à son mérite, il faut que vous permettiez au médecin d'accomplir son devoir ! Le pouls est bon, tout rentre dans l'ordre, à peine perçoit-on un peu d'agitation nerveuse, bien explicable par la présence de l'ennemi.Diane, au supplice, fit un mouvement pour retirer sa main, esquissant ie geste de donner de la lumière.\u2014 Non ! non ! dit-il, sans se départir du ton de gaieté, gentiment railleur, qu'il avait pris dès son arrivée, point n'est besoin d'éclairer ! Le mystère du crépuscule convient bien à l'entretien que nous devons avoir, car, vous m'avez fait demander, Madame, alors que j'allais solliciter l'honneur d'être reçu par vous.Diane voulut parler.\u2014 Tout à l'heure | dit-il en l'interrompant.En dépit de toutes les lois de la courtoisie, et quoi que vous ayez à me dire, il faut que vous m'entendiez d'abord ! Il marchait, maintenant, le long de la chambre, suivant une habitude qui iui était familière.J'ai eu ce matin une longue conversation avec ma mère ! elle croit et devra croire toujours \u2014 il insista sur ces mots \u2014 qu'un excès de fatigue, la chaleur, ont motivé votre malaise.Tout prétexte m'a été bon, la pauvre chère maman étant bien loin de soupçonner l'étrange vérité.\u201c «ll ne faillait pas qu'elle l'apprît par vous; c'est pour cela que vous ne l'avez pas vue.J'ai usé de mon autorité médicale, j'ai invoqué votre plus grand bien.C'eiit été une méchante et mauvaise action que de répéter à une mère, qui a pour son fils toutes les indulgences, les griefs que vous m'avez exposés hier soir.Mme Leteslier étouffa une exclamation indignée.Le docteur reprit vivement : \u2014 Je ne vous en crois pas capable! ce serait, d'ailleurs, mal recou- naître l'affection qu'elle a pour vous; car ma mère s'est attachée à vous, Madame, plus que je ne pouvais le supposer, et c'est à ce sujet que je tenais à vous entretenir avant que vous ne preniez des décisions définitives.« Donc, elle m'a parlé de vous, en des termes émus ; elle vous garde une si profonde gratitude pour votre dévouement, pour la bonté avec laquelle vous l'avez soignée ; elle vous croit si indispensable désormais à son existence que je n'ai pas osé lui faire entrevoir la possibilité de votre départ.Par ailleurs, moi, je ne veux plus la quitter longuement ; elle a trop souffert de mon absence ! « La lettre que vous avez bien voulu m'adresser en Mandchourie était pleine de détails précieux et malheureusement trop édifiants.« J'ai jugé le cas de ma mère grave et je n'ai pas hésité à revenir.Au premier abord, lorsque je l'ai retrouvée, il m'a paru qu'elle allait bien et que vos craintes étaient exagérées.« Malheureusement, en l'examinant, ce matin, je n'ai pas eu à modifier le diagnostic dont vous m'avez fait part! Sa santé demande les plus grands ménagements ; il faut lui éviter les émotions trop vives.« Je me suis donc abstenu de toute communication vous concernant.Diane fit un mouvement, mais le docteur continua : \u2014 Ce n'est pas tout.Ce soir, je rentrais.Charvan m'a arrêté pour me demander de vos nouvelles, et comme j'étais, par ma mère, au courant de vos vieilles relations d'amitié, j'ai cru devoir lui dire toute la vérité.«Il a été consterné lorsque je lui ai conté la scène aussi pénible qu'inattendue que notre reconnaissance a provoquée .il a protesté de votre douceur angélique, Madame, de votre naturel bienveillant .je n'ai pas insisté, la plus élémentaire courtoisie me le défendant.À son tour, il m'a parlé de votre passé, et je dois avouer que son récit a profondément ému le blasé dont vous parliez hier.Je croyais comme vous, que j'avais une âme sceptique, une raison inaccessible à certains attendrissements .je me trompais sans doute ! Il m'a donc appris que vous étiez la fille du savant professeur de La Marguière, dont j'ai admiré toutes les découvertes, et il m'a conté aussi l'unique et tragique épisode d'une union si précocement brisée.La vie vous a été cruelle.Madame, vous avez souffert très jeune, et on peut bien vous accorder quelques amertumes.voire même quelques jugements un peu hâtifs.de tout cela, il ne me reste plus que le désir très sincère de ne garder aucun souvenir de ce qui s'est passé entre nous.Si, comme je veux l'espérer, vous êtes actuellement édifiée, convaincue de la sincérité de mes paroles.si vous admettez que.telle offense mérite, peut-être, réparation.je vous demande de rester.de ne pas causer à ma mère le chagrin de votre départ.même si ce n'est pas la solution rêvée par Charvan .d'ailleurs, je m'engage à vous éviter, dans la mesure du possible, le souci d'une présence qui pourrait vous rappeler de pénibles souvenirs .Jean d'Echevail avait parlé avec cette sérénité hautaine et calme .qui donnait tant de charme à son langage, lorsqu'il ne le rendait pas volontairement railleur.Un silence s'était fait qui dura quelques minutes.Diane eut un long sanglot et cacha sa tête dans ses mains.\u2014 Vous pleurez, dit-il d'une voix infiniment douce; vous n'avez pas 31 \u201cElle m'agaçait avec ses airs de tout connaître!\u201d æ LA TANTE: Hélène, si j'étais à ta place\u2014 HELENE: Ma tante, nous avons discuté cela cent fois.je sais ce qu\u2019il faut faire, même si c\u2019est mon premier bébé, p! Pra 2\".HELENE: Les temps ont changé, ma tante.Notre docteur dit qu\u2019aujourd\u2019hui les enfants doivent recevoir des soins spéciaux .nourriture spéciale, vêtements spéciaux .même un laxatif spécial! LA TANTE: Quoi! Un laxatif spécial pour les bébés?3 HELENE: C\u2019est pourquoi le docteur me conseille de lui faire prendre du Castoria.Il dit que c\u2019est le laxatif moderne, fait seulement pour les petits.Il ne contient pas de drogues drastiques, ne dérange pas l\u2019estomac et fait effet surtout dans l\u2019intestin inférieur.Comment Hélène éleva son béb® à la moderne, bien que vivant avec une fante arriérée! LA TANTE: Tu gâtes bien trop cet enfant.Dans mon temps on élevait les enfants bien plus simplement.Kalk pe \u2018a i HELENE: Evidemment! C\u2019est plein de bon sens! Après tout, Roger n\u2019a encore que 7 mois.Son organisme est très délicat et il serait dangereux de lui administrer autre chose qu\u2019un laxatif doux, fait spécialement pour les bébés! LA TANTE: Une chose certaine, c\u2019est qu\u2019il le prend sans se faire prier! HELENE: C\u2019est parce qu\u2019il a très bon goût .et je vous assure que je suis heureuse d\u2019avoir trouvé un laxatif que je puis lui donner sans crainte! CASTORIA Le laxatif moderne \u2014 et SÛR \u2014 préparé spécialement et SEULEMENT pour les enfants.\u2019 32 GÂTEAU AU CHOCOLAT - 2t.de farine à 1œuf ou 2 pâtisserie jaunes d\u2019œufs, A tamisée de Bod bien battu 3 .de a à Pâte \u2018Cow 3 carrés (3 onces) de chocolat non Ya de c.à t.de sel sucré.fondu et refroidi 14 de t.1°.\u2018de scene 1 tasse de lait tamisée, tassée lc dt de ferme vanilie Tamisez la farine une fois, mesurez, ajoutez le soda à pâte et le sel, puis tamisez le tout trois fois.Pétrissez le beurre avec une cuiller jusqu\u2019à consistance crémeuse.Ajoutez le sucre graduellement, battant jusqu\u2019à consistance très légère après chaque addition.Ajoutez les œufs.Ajoutez le chocolat et méêlez bien.Ajoutez la farine a.- ternativement avec le lait, une petite quantité à la fois, battant jusqu'à consistance lisse après chaque addition.Ajoutez la vanille.Versez dans 2 assiettes à gâteaux de 9 pouces, graissées.Faites cuire 30 minutes dans un four modéré (3250 F.).Recouvrez de Glace Mousseuse.RAND sOUDE PUR \u2018COW B BICARBONATE DE A \u2018 BRULURES ET ECHAUDURES \u2014 Appliquez une pâte adoucissante de Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u201d et d\u2019eau pour alléger la souffrance.Si la blessure est grave, appelez votre médecin.Gardez dans votre phar- ' macie un paquet de \u2018\u2018 Cow Brand \u201d \u2014 c\u2019est une \u2018\u2018aide première\u2019 précieuse dans les cas d'urgence.Seulement quelques cents le paquet chez votre épicier.BROCHURETTES GRATUITES décrivant les utilisations du Soda à Pâte \u2018Cow Brand\u201d pour fins culinaires et médicinales.Envoyez le coupon.CHURCH & DWIGHT LIMITED, Dépt.R-40 2715, rue Reading, ADRESSE Montréal.(METTEZ VOS NOMS ET ADRESSE EN IMPRIMÉ \u2014 87F) oublié, sans doute, l'interprétation que je donnais hier soir aux larmes ! C'est la pluie bienfaisante qui annonce la fin de l'orage.Laissez-moi croire qu'il en est ainsi!.Ne parlez pas !.Aussi bien, j'aime mieux, ce soir, ne pas entendre la voix qui m'accusait, hier, de même que, tout à l'heure, je n'ai pas eu le courage de revoir vos yeux ! Il demeura un instant silencieux, posa comme dans un geste d'absolution sa main sur le front de la jeune temme, puis, après un soupir, à pas lents, il se retira.Le lendemain, quand Diane, le visage pâli, les yeux meurtris, mais l'âme apaisée, apparut au salon, quelques heures avant le déjeuner, elle reçut de sa vieille amie le plus tendre, le plus affectueux accueil ; elle apprit par elle que, le matin même, son fils était parti en croisière enlevé sur le yacht de sa belle cliente, Mme de Souza.Diane eut de cette nouvelle une pénible surprise.Et pourtant, qu'avait-elle à s'étonner ?.le docteur Jean d'Echevail tenait simplement sa promesse.Chapitre XI L A CHAUMIÈRE Jean prenait, depuis huit jours, l'aspect d'une solitude; le yacht de Mme de Souza-Valo avait emporté non seulement le maître de céans, mais une bonne partie du groupe parisien qui constituait l\u2019intimité de Mme d'Echevail.Charvan lui-même s'était décidé a aller rejoindre la bande joyeuse qui lui avait donné rendez-vous à Saint- Sébastien ; on devait, de là, visiter les côtes de Biscaye et rentrer à Royan pour les fêtes de l'escadre du Nord, annoncées à la date du 25 septembre.Avant de partir, l'aimable gentil- bomme avait fait promettre aux deux femmes qu'elles assisteraient à la réception qui aurait lieu sur le vaisseau amiral, le soir même de l'arrivée de l'escadre.Ce serait une fête merveilleuse, et qu'il fallait voir.Il leur donnait rendez-vous, à bord, où tous les hôtes de la belle Américaine était invités, et on ferait la surprise au docteur Jean de lui montrer sa mère redevenue mondaine : lui qui se plaignait toujours de la voir vivre en recluse serait ravi de cette infraction à des habitudes trop sédentaires.Le marquis leur promit que, si !e yacht arrivait a temps en rade.de oyan, il ferait l'impossible pour s'échapper, et venir en grand mystère prendre lui-même ces dames, dans la chaloupe de l'amiral, vieux camarade de collège, qui n'avait rien à lui refuser.La mère de Jean, amusée de ce projet, ravie de rejoindre ce fils qu'on jui avait enlevé trop vite, désireuse eussi de distraire Diane, après cette suite de jours solitaires, promit que si elle n'était pas trop lasse, elle consentirait à cette petite folie.En attendant, les deux femmes reprenaient leur vie de douce intimité, Mme d'Echevail entourait Diane, depuis qu'elle était souffrante, d\u2019une sollicitude toute maternelle, tandis que celle-ci continuait à lui consacrer son temps et ses soins, avec ce sentiment du devoir et cette ardeur de tendresse qui lui étaient propres.Mme Leteslier était restée comme anéantie, brisée par les derniers évé- nements ; elle bénissait cet arrêt de vie mondaine qui lui permettait de se reprendre, et de voir clair dans sa pauvre âme.Mais comm2 c'était donc malaisé.Ainsi qu'elle l'avait écrit à Sœur Thérèse, après l'avoir mise au courant de ce qui s'était passé, elle se sentait aux prises avec une diversité de sentiments qui ne laissait pas de la plonger dans un trouble profond.Elle s'en voulait de l'injustice et de la violence qui lui avaient fait formuler avec une audacieuse témérité un jugement aussi grave.Elle tait confuse, humiliée de son erreur.La grandeur d'âme du docteur d'Echevail, la délicatesse avec laquelle il s'était hâté de la délivrer de sa présence, la piété filiale qui !ui avait inspiré le pardon de l'offense, autant de choses qui maintenant bouleversaient son cœur sensible, prompt à l'enthousiasme comme à l\u2019indignation ; elle conservait de la visite qu'il lui avait faite, de ce monologue, prononcé dans le mystére du crépuscule, une impression étrange, dont la seule évocation l'inquiétait.Elle s'irritait à se rappeler ce mélange d'ironie, de rudesse et de douceur, qui faisait de cet homme un être à la fois séduisant et redoutable.Redoutable ! il l'était surtout par le souvenir d'un passé qu\u2019elle ne pouvait oublier ; elle avait beau faire justice de ses accusations, savoir qu'elle ne devait plus, en aucune façon, imputer au docteur d'Echevail la mort de son mari, il n'en restait pas moins le témoin de l'épisode douloureux de sa vie, celui qu'avec persistance elle avait banni de sa pensée, comme on chasse la hantise d'un cauchemar affreux.Un matin qu'elle était assise sur un banc favori, a mi-flanc de la dune, feuilletant les journaux, ses yeux furent attirés par un article, portant en vedette ce titre : « Héros de la peste ».C'était une relation du mois précédent, et que l'Ilustration reproduisait, avec des photographies si impressionnantes, que Diane, en les contemplant, laissa échapper un cri d'horreur.D'abord, un épisode du traitement : un médecin qui vient d\u2019injecter a un de ses confrères, atteint du terrible fléau, le sérum antipesteux ; on le voit là, penché sur le corps de son camarade, la tête enveloppée d\u2019un capuchon préservateur.Plus loin, le même docteur est représenté, de profil, cette fois, et sans voile : il assiste son compatriote, lequel attend la mort qu'il sait proche, pour avoir maintes fois étudié l'implacable marche du mal, et Diane :este anéantie et reconnaissant les traits du docteur d'Echevail qui, dédaigneux des précautions qui peuvent préserver sa propre vie, ne pense qu'à réconforter le mourant par sa fraternelle présence.Et Mme Leteslier lit avidement ces lignes qui donnent plus de précision à ce drame poignant: « C'est, en effet, l'une des particularités de la peste, qu'elle laisse jusqu'au moment suprême, à ceux qu'elle frappe, toute leur netteté d'esprit.«Le moribond conserve une funeste clairvoyance qui l'avertit de l'incessante aggravation de son état.Cette mort lucide, cette lente agonie, où l'être pensant s'interroge et s'observe, combien de médecins l'ont connue là-bas ?Nous sommes heureux de voir revenir parmi nous, du pays de la mort, le professeur Jean d'Eche- vail, lequel, par un hasard providentiel, a lutté pendant plus de six mois, sans avoir été atteint par le redoutable fléau.» Ainsi donc, songeait Diane bouleversée, c'était cet homme qu'elle avait accusé, ce héros que les prières de sa mère avaient sauvé d'une mort, abominable 7.En se souvenant de l'accueil qu'elle lui avait fait au soir de son retour, la LA Revue POPULAIRE jeune femme restait abimée de remords ; mais voilà que soudain elle pensait à la terreur rétrospective que pouvait éprouver Mme d'Echevail si le récit brutal du danger qu'avait couru son fils lui tombait sous les yeux.Ah! la chère créature ! cette terrible fierté devait lui être épargnée.Prenant sur elle de supprimer Ja page révélatrice.Diane regagna Ja.Chaumière et tâcha que rien ne parut du profond émoi qui l'agitait.Le vingt-cinq au matin, l'escadre du Nord mouilla en- vue de Royan, au large de Pontaillac.Par des évolutions majestueuses et savantes les.énormes navires de guerre, leurs cheminées vomissant des torrents de fumée noire, vinrent grouper autour du vaisseau amiral leurs masses puissantes et grisâtres ; toute la matinée un.gai va-et-vient relia la gare et la côte, amenant des officiers, des enseignes, de bandes de matelots en gaîté ; la fête du soir se préparait avec entrain.Un peu avant midi, les baigneurs, qui suivaient du bout de leurs lorgnettes les mouvements de l'escadre, signalèrent l'arrivée du yacht de plaisance de l'Américaine, tout pavoisé d'oriflammes aux violentes couleurs : il venait de jeter l'ancre à quelques: encâblures des navires de guerre.Diane, à ce moment-là, descendait sur la plage ; elle entendit la nouvelle: et fut prise d'un singulier énervement fait de plaisir et de crainte, à la pensée de se retrouver avec cette société bruyante, mondaine, cosmopolite, dont elle se sentait bien étrangère, mais qui l'attirait cependant par un intérêt qu'elle s'expliquait mal.La nuit vint : la brise apporta à terre l'écho des sonneries de clairon, des roulements affaiblis de tambours, des commandements répétés de bateau à bateau ; soudain de puissantes projections électriques partirent du.vaisseau amiral, éclairant les côtes, faisant pâlir les feux tournants du.phare de Cordouan et les lumières alternées de la Coubre ; comme si elle n'avait attendu que ce signal, la con- che de Royan s'éclaira tout a coup: de mille feux de Bengale, de cordons lumineux, tandis que des barques pavoisées de lanternes vénitiennes sillonnaient le port et déjà gagnaient le large : la fête commençait.Une heure après, le marquis de Charvan, fidèle à sa promesse, venait prendre, à l'embarcadère, Mme d'E- chevail et sa dame de compagnie.Seuls, tous les trois, dans le canot amiral, ils fendirent l'eau sombre, laissant derrière eux un remous d'écume blanche et phosphorescente ; ils trouvèrent à la coupée du navire l'officier d'ordonnance qui les conduisit dans le salon de l'amiral.Charvan fit les présentations ; le bal était déjà commencé ; l'amiral, avec une grave courtoisie, offrit son bras à Mme d\u2019Echevail, et le petit groupe pénétra sur le pont; magnifiquement orné de Heurs et de lumières, il était transformé en salle de danse et séparé du reste du navire par des tentures faites de drapeaux multicolores.Les nouveaux arrivés firent sensation, on venait de terminer un boston, et Diane eut vite fait de reconnaître dans un groupe les deux êtres que, dans sa pensée, elle avait redouté de trouver réunis tels qu'elle les voyait là, près l'un de l'autre.Mme de Souza-Valo, coiffée du casque d'or de ses cheveux, vêtue, - comme le premier jour où elle l'avait vue dans l'abbaye, d'étoffe verte, (Lire la suite page 41) Mars 1939 33 Que vous alliez en Floride ou oux Antilles, il ne vous faudra que des toilettes simples et légères.Voici quelques suggestions d'artistes américaines \u2014Margaret Lindsay porte une robe de tennis de toile blanche avec boléro aux rayures rouges, bleues et blanches.\u2014 Ginger Rogers présente un costume de sport en toile, très pratique.\u2014 Deanna Durbin a choisi cet ensemble élégant et moderne que vous aimerez pour le golf ou la promenade.\u2014 Quant à Irene Rich, elle préfère les nuances plus fonçées : cet ensemble est en crêpe de soie avec foulard de soie beige.On remarquera que ces costumes de sport visent à la simplicité et à la commodité.E 34 La Revue POPULAIRE GRAND CENTRE Faire une chaînette de 29 mailles.ler rang : 1 s.b.dans le 8e p.de ch.à partir du crochet, * 2 p.de ch, sauter 2 mailles de la chaînette, 1 s.b.dans le suivant, répéter depuis * encore 5 fois, 1 s.b.dans les 3 p.de ch.suivants, 5 p.de ch., tourner.Ze rang : 2 blocs, 7 espaces, 5 p.de ch.tourner.Suivre le diagramme.DESSOUS D'ASSIETTE Faire une chaînette de 29 mailles.Faire d'abord deux rangs comme pour le grand centre, 22 p.de ch., tourner.Suivre le diagramme.DESSOUS DE VERRE Faire une chaînette de 50 mailles.ler rang : 1 p.c.dans le 2e p.de ch.à partir du crochet, 1 p.c.dans chacun des 6 p.de ch.suivants, sauter 3 p.de ch, 1 s.b.dans le p.de ch.suivant, 1 s.b.dans chaque p.de ch.jusqu'à la fin du rang (40 s.b.).19 p.de ch., tourner.Ze rang : Faire des p.c.en arrière sur 10 p.de ch.sauter 3 p.de ch., 1 s.b.dans les 5 p.de ch.i J.suivants, 1 s.b.dans les 4 sb.suivantes, LL 11 espaces, 3 blocs, 11 p.de ch., tourner.Suivre le diagramme.MONTAGE MATERIEL REQUIS Placer la dentelle sur la toile et tracer le contour à l'aide d'un crayon.Faire un point de boutonnière tout le tour, avec 3 fils de Coton en Brins.Couper le surplus de toile et surjeter 6 balles de Fil \u201cBlue Label\u201d Mercer- Crochet de CoaTs, No 60, F.610, écru la dentelle à la toile.2 écheveaux de Coton en Brins ANCHOR, F.589, beige 15 verge de toile crème \u201c Old Bleach\u201d F.T.91 (Ceci suffit pour trois napperons) 1 crochet d'acier à tricoter de Milward, No 4!5 anglais ou No 9 américain 1 aiguille à broder de Milward, No 6 MESURES DES CENTRES LORSQUE FINIS Numéro 1 Grand centre, 1514\u201d carrés Numéro 2 Dessous d'assiette, 1514\u201d x 1014\u201d Numéro 3 Dessous de verre, 4\u201d x 415\u201d TENSION 6 espaces et 7 rangs égalent 1\u201d (Les bonnes dimensions ne seront obtenues qu'en se conformant à ces indications.) ABREVIATIONS s.b.\u2026 simple bride p.de ch.\u2026 \u2026 point de chaînette p.C.point coulé miami opin pl am im Apt Mars 1939 PAIN D'EPICES AUX RAISINS PAIN D'EPICES AUX RAISINS 2 cuillerées à table de végétaline 1 tasse de sucre 1 œuf bien battu 1 boîte de soupe aux tomates condensée 2 tasses de farine 1 cuillerée à thé de clou moulu 14 cuillerée à thé de macis 14 cuillerée à thé de muscade 15, cuillerée à thé de bicarbonate de soude 3 cuillerées à thé de poudre à pâte I tasse de raisins épépinés et trempés dans fe miel Tamiser la farine, puis la mesurer ; ajouter les épices, le bicarbonate de soude et la poudre à pâte, et tamiser de nouveau.Laver et couper les raisins et les rouler dans 2 c.à table du mélange de farine.Crémer la végétaline, puis ajouter le sucre graduellement, jusqu'à ce que bien crémeux.ajouter l'œuf bien battu et mêler parfaitement.Puis ajouter le mélange de farine en alternant avec la soupe aux tomates.Brasser jusqu'à ce que bien lisse.Incorporer les raisins enfarinés.Cuire dans un moule à pain beurré (8 par 4) dans un four modéré (350°- 375°) pendant 1 heure.Par Mme ROSE LACROIX Directricz de l'Ecole Ménagère Provinciaie GARNITURE AU FROMAGE pour gâteau 2 paquets (6 onces) de fromage à la crème 34 tasse de sucre à glacer 1 cuillerée à thé de jus de citron Défaire le fromage en crème, pusi ajouter le sucre graduellement ; brasser jusqu'à ce que lisse.Ajouter le jus de citron.Etendre sur le gâteau cuite NOTE La soupe aux tomates dans cette recette élimine l\u2019arcière-goût sucré que l\u2019on trouve si souvent dans ce genre de gâteau.35 BŒUF ROULE EN CASSEROLE BŒUF ROULE EN CASSEROLE 4 livres de bœuf roulé 14 tasse de farine 2 cuillerées à thé de sel 15 cuillerée à thé de poivre LA tasse de suif ou 3 cuil.à table de graisse quelconque Légumes : 2 carottes, 1 pied de céleri, 1 oignon moyen Une boîte de soupe aux tomates condensée.1 morceau de bœuf dans la ronde, la croupe ou l'épaule convient aux braisés Mélanger la farine avec sel et poivre.Essuyer la viande \u2018avec un linge humide puis saupoudrer de farine et assaisonner.Faire fondre le suif ou la graisse dans une casserole épaisse et y saisir la viande de tous côtés.Placer cette viande sur un gril au fond d'une casserole épaisse ou d'une rôtissoire.(La viande peut reposer sur les os si l'on n'a pas de gril.) Couper les légumes en morceaux et les mettre dans la casserole où la viande a été saisie.Cuire dans cette graisse 10 minutes environ.Ajouter alors 1 tasse d'eau chaude et verser le tout sur le rôti.Couvrir bien juste et cuire 2 heures, retournant la viande de temps en temps.(Le jus s'échappe de la viande qui cuit alors dans son propre jus.Ajouter une boîte de soupe aux tomates condensée et cuire encore 1 heure.Dresser sur plat chaud entouré de croquettes de pommes de terre. \u2019 Pere > et 4 ow 7 a a 3 > Sa, LA Revue PopuLAIRE y * e at yy ik \u2014 Shi ~~ rd i % + LA > s fm # dy is en FS 4 = 2 LE tr CE Ey 34, i 5 AN § ; (ee 3 .- ri rel 5 a = J _ i, Be, pe DL ni iH pO chit oncom EST agi xs pe + Fel i ve a ES ce i or des ie ¥ 5 ms % | me nig wa À se = D 36 Mars 1939 N A DIT bien des fois et avec beaucoup de superstition que les perles étaient une parure porteuse de malchance.La vérité, c'est que la chance ne tient pas à ces choses-là ; perles ou pierres de diverses eaux, et que la beauté féminine se trouve rehaussée par un joli collier de perles.BerTE Davis préfère les perles à toute autre parure de cou.« Elles s'harmonisent, me dit-elle, avec mon épiderme de blonde rousse, et je ne me sens jamais aussi bien parée, avec une toilette noire ou blanche, que si ma gorge est ornée de plusieurs rangs de perles.» Marie WILSON qui porte, dans la photo ci-contre, une toilette de diner de chiffon rose chair, avoue que sa plus gracieuse parure, cette saison, est un collier et un bracelet de perles enrichis d'un magnifique camée.IAN WooDpwoRrTH aime le classique dans la toilette, et ne porte ordinairement pour bijoux qu'un collier de perles et une bague surmontée d'une perle.IsABEL JEANS préconise aussi la parure de perles pour les circonstances où l\u2019on désire paraître « habillée » sans ostentation mais avec chic.BARBARA STANWYCK déclare : « Même une seule rangée de perles rehausse la toilette du soir.Cest le nec plus ultra du chic que de savoir être élégante avec simplicité.» H semble que les perles que l'on avait négligées pendant quelques années soient remises au premier rang des bijoux élégants et riches.Toutefois, il vaut mieux ne porter qu'un seul rang de perles de qualité plutôt qu'une lourde parure de qualité inférieure.Ercé Hesse {Sur la page opposée! BARBARA STANWYCK et MARIE WILSON portent des toilettes blanches très simples : le seul ornement est un collier de perles.Quant à ISABEL JEANS, elle porte un triple collier qui est toujours de mise avec fourrure.{Ci-contre et ci-dessous) IAN WOODWORTH, une des plus jolies blondes de Hollywood, a une véritable passion pour les perles : cinq colliers superposés ! BETTE DAVIS fait encore mieux: elle porte six rangées de perles ; à vrai dire, son talent peut se dispenser de tant de splendeur.37 38 Nos enfants des Laurentides se mettent au ski dés le plus jeune &ge, comme en Scandinavie et en Suisse.Ci-dessus : La petite Marie Groulx, de Sainte-Adèle.\u2014 M.E.B.Scroggie, de Val David, qui, à 71 En haut, à droite: Canadien d'origine norvégienne, est l'u de nos meilleurs skieurs.; 4 Photos du Pacifique Canadien ans, fait encore de longues randonnées a 3 dans les Laurentides avec ses fils.\u2014 Ci- \u2019 contre: A 65 ans, M.Smith Johannsen, LA Revue PopuLAIRE Mars 1939 39 VOUS SEREZ PLUS CHARMANTE 2983 \u2014 Jolie robe de fillette, gr.12 à 20.Pour un 14: la robe, 344 v.de 35\u201d ou 3 v.de 39\u201d.34 v.de 35\u201d ou 34 v.de 39\u201d pour le corsage.11g v.de ruban pour lacer.Fer- meture-éclair de 9\u201d pour la robe.15 v.de 357-39\u201d pour soutenir les manches.15 cents.Simplicity 2997 \" Simplicity Co 2972 Simplicity 2961 2961 \u2014 Robe charmante, gr.36 à 48.Pour un 38 : 434 v.de 35\u201d, 415 v.de 39\u201d ou 3 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 9.20 cents.2972 \u2014 Robe élégante, gr.12 à 20.Pour un 12 : 334 v.de 35\u201d, 3% v.de 39\u201d ou 215 v.de 54\u201d.14 v.de taffetas de 39\u201d ou d'organdi de 44\u201d pour les manches.Ceinture de votre choix.Ferme- ture-éclair de 9\u201d.25 cents.2997 \u2014 Robe pour dame ou jeune fille, gr.14 a 42.Pour un 18 : \u2018D 314 v.de 35\u201d ou 27% v.de 39\u201d.74 v.de contrastant de 35\u201d-39\u201d.ermeture-éclair de 9\u201d.Ceinture de votre choix.25 cents.Simplicity | sa .3012 | \u201d 3012 \u2014 Robe élégante, gr.14 à 40.Pour un 16 : dos de la robe, Simplicity manches et ceinture, 174 v.de 35\u201d-39\u201d, Devant contrastant, 3 v.4 de 35\u201d.ou 23% v.de 39\u201d, Dentelle de 27\u201d pour la ceinture.L£ v.\\} 2983 de taffetas de 39\u201d ou d'organdi de 44\u201d pour soutenir les manches.9 25 cent cents.Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à I'adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Ltd., 489 College St., Toronto, Ont. 40 La REvuE POPULAIRE ROBES QUI ANNONCENT LE PRINTEMPS + \\ 2980 \u2014 Robe bien ajustée, gr.14 à 40.Pour un 16 : 315 v.de 39\u201d ou 244 v.de 54\u201d.14 v.de taffetas de 39\u201d ou de filet de 72\u201d pour les manches.Une ferme- ,Ç , ture-éclair de 9\u201d pour le côté ; deux autres de 4\u201d pour les manches.Ceinture de Simplicity votre.choix.25 cents.; 2980 2985 \u2014 Blouse, jupe et jaquette, gr.12 à 20.Pour un 14 : la blouse, 154 v.de 35\u201dou 1% v.de 39\u201d.La jaquette, 214 v.de 35\u201d, 174 v.de 39\u201d ou 134 v.de 54\u201d.La jupe, 2% v.de 35\u201d, 234 v.de 39\u201d ou 2 v.de 54\u201d.Entredoublure de la jupe, 3% v.de canevas de 24\u201d ou 14 v.de mousseline de 35\u201d.Doublure des épaules : 14 v.de 35\u201d-39\u201d.Entredoublure pour les épaules, L4 v.de canevas de 24\u201d ou de mousseline de 35\u201d.Une fermeture-éclair de 8\u201d pour le côté de la blouse ; une autre de 7\u201d pour le côté de la jupe.25 cents.3018 \u2014 Robe élégante, gr.12 à 20.Pour un 12 : 334 v.de 35\u201d ou 354 v.de 39\u201d.14 v.de taffetas de 39\u201d ou d'organdi de 44\u201d pour les manches.134 v.de ruban de 1\u201d.20 cents.tp HE 7 Simplicity 3018 2982 \u2014 Jupe et blouse de | fillette, gr.2 à 10.Pour un 4 : jupe et bretelles, 1% v.de 35\u201d-39\u201d.La blouse, 1 v.| de 35\u201d ou 74 v.de 39\u201d.Fer- meture-éclair de 6\u201d pour la jupe.15 cents.i Simplicity * 2985 Simplicity 2982 Si veus ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\", Dominion Patterns, Lid., 489 Cellege St., Toronto, Ont. | SRE SRE \u2018Mars 1939 (Suite de la page 32) très souple, était assise dahs une attitude nonchalante ; elle jouait avec les glands de sa tunique, et balançaii un pied cambré qu'emprisonnait un petit soulier tissé d'argent.Près d'elle, la haute taille de Jean d'Echevail se courbait en une attitude de ferveur attentive.Le marquis, lui aussi, les avait aperçus, il murmura à l'oreille de Diane, dont il ne quittait guère le sillage : « Décidément, elle est très belle, bien qu'aimant trop le vert à mon avis.Elle sait que cela sied bien à son type bizarre, car elle est capiteuse comme I'absinthe dont elle porte la couleur.Cette créature perfide est empreinte de lumière et de grâce, c'est une sirène qui essaye d'entraîner d'Echevail dans des abîmes sans fond.Cette robe, chef-d'œuvre de perversité, sait bien mettre en relief son étrange beauté.et voila Jean repris ! C'était bien la peine de la fuir, de s'exiler durant six mois.il sait bien que jamais sa mère ne lui permettra de l'épouser et je suis convaincu qu'il ne passera jamais sur une volonté si chère .Mais alors ?» Diane à ces mots avait légèrement pâli ; elle continua à regarder la femme dont son ami lui dépeignait le charme et les maléfices ; tout à coup, elle la vit se lever brusquement et parler avec animation au docteur, lui désignant madame d'Echevail qui arrivait au bras de l'amiral.Le jeune homme s'était retourné, ne pouvant retenir une exclamation sourde, qui, à la vérité, exprimait autant de contrariété que de surprise.il s\u2019avança rapidement vers le groupe, et s'adressant à sa mère dont il baisa la main dans un geste de respect fervent : \u2014 Vous ici, maman, dit-il.Quelle imprudence ! Vous auriez pu me consulter au moins ?\u2014 Et depuis quand, mon Jean, les parents doivent-ils demander des permissions à leurs enfants ?Tu me grondes, méchant fils, moi qui voulais te faire une surprise ; tu me gâtes tout mon plaisir.\u2014 Votre plaisir, maman ?Vraiment, vous seriez devenue mondaine à ce point ?Je ne vous connaissais pas sous ce jour-là.Et se retournant vers le marquis qui causait non loin, il continua : \u2014 C'est certainement Charvan qui a fait cet enlèvement, et c'est lui que je vais accuser de vous détourner du droit chemin .Que diable ! si j'avais pu supposer qu'une fête semblable eût été de votre goût.mais, lui, vraiment, ne doute de rien!.Le marquis ne l'écoutait guère ; il était en train de raconter à Diane que dans la confusion des présentations, l'amiral avait compris que la jeune femme était la fille de Mme d'Éche- vail, et qu'il allait, sans tarder, faire compliment au docteur de la beauté et de la grâce de cette sœur incomparable dont il était enthousiasmé.Diane, à cette pensée, avait été mise en gaieté ; deux fossettes se creusèrent dans ses joues qui reprenaient de la vie, pendant que de ses lèvres s'échappait un rire harmonieux et jeune; sur ce visage ordinairement triste et altier, la gaieté était un charme nouveau.Jean d\u2019Echevail, qui poursuivait son idée, monologuait encore : \u2014 .Quand je dis qu'il ne doute de rien! II arrive a faire rire aux éclats cette belle Elégie, que je croyais uniquement faite pour les drames et les imprécations .le rire lui va fort bien, d'ailleurs, il est presque aussi séduisañt que ses larmes.A ce moment, le regard de la jeune femme s'abaissa sur lui; elle eut une Cœurs en Révolte surprise à le voir si près d'elle et, redevenue soudainement sérieuse, elle répondit par une légère inclinaison de tête au salut qu'il lui adressait.Le malentendu que, par une malice intentionnelle, le marquis avait laissé subsister malgré les prières de Diane, ne tarda pas à produire son effet.Tandis que la jeune femme passait, au bras d'un enseigne qui avait sollicité l'honneur de la conduire au buffet, l'amiral, qui causait avec d'Echevail et Mme de Souza-Valo, s\u2019interrompit brusquement pour contempler Mme Leteslier qui, vêtue d'une robe de dentelle ivoire, les épaules nues, parée du seul diadème de ses cheveux sombres, semblait grandie encore par la pointe de sa robe traînante ; elle marchait sans bruit, d'un pas glissant et noble comme si ses pieds ne touchaient pas à terre ; le marin eut une exclamation enthousiaste : \u2014 Docteur, laissez-moi vous faire mes compliments, votre sœur est tout simplement admirable, je la proclame reine de mon bal! L'Américaine, après une moue involontaire, riait d'un rire contraint.\u2014 J'ai rarement rencontré une beauté aussi classique, aussi pure, une distinction aussi royale !.Et comme Jean le regardait stupéfait, sans comprendre, le vieux loup de mer ajouta : ce \u2014 Mon enthousiasme vous offusque peut-être, je manque de formes littéraire pour voiler mon admiration et j'ignore les métaphores d'usage en semblable occurrence, mais je vous répète que votre sœur est une beauté accomplie, et, que diable ! cela ne peut que vous faire plaisir ; elle vous ressemble, mon cher, c'est le même type oriental, les mêmes cheveux noirs, le même teint mat.je le disais tout à l'heure à Charvan, que cela a mis en gaîté d'une façon inexplicable.Le docteur ne comprenait vraiment - pas ; il put enfin parvenir à demander : \u2014 Mais, vous ?.\u2014 De cette jeune fille qui passe la, au bras de l'heureux enseigne, parbleu ! Charvan m'a présenté tout à l'heure au moment où elle arrivait avec Madame votre mère.Jean d'Echevail réprima un sourire, tandis que la dame en vert accentuait une gaîté forcée.\u2014 Mais elle n'est pas ma sœur, amiral, de qui parlez- - amiral ! J'ai toujours été fils unique ; cette jeune fille est une veuve qui remplit près de ma mère les fonctions de dame de compagnie, et nos rapports, jusqu'à cette heure, n'ont rien eu de fraternel, je vous le jure.Le visage de l'amiral exprima la surprise et la confusion.\u2014 C'est une erreur! Je vous fais toutes mes excuses, mon ami ! \u2014 Mais il n'y a pas de quoi, amiral.\u2014 Mais si, mais si! je suis stupide! En voyant arriver cette jeune personne avec madame votre mère, jai compris tout naturellement qu'elle était sa fille, d'autant que, je persiste à le dire, elle a quelque chose de vous.C\u2019est égal, cet animal de Charvan, au lieu de rire comme un vieux fou qu'il est, aurait bien pu m'avertir de ma méprise.Mais vous disiez que vos rapports avec cette dame n'avaient rien de fraternei jusqu'à cette heure.Dois-je vous en féliciter.ou vous en plaindre ?Et le visage du marin exprima un air goguenard.La figure du docteur s'était faite sérieuse et hautaine.\u2014 Ni l\u2019un ni l'autre, amiral.Mme Leteslier est digne de tous les égards et de tous les respects .Elle a connu de grands chagrins ; elle a une âme solitaire et un peu dédaigneuse qui la rend d'un accès plutôt difficile.Voila comment bien qu\u2019habitant sous le toit de ma mère, elle m'est totalement étrangère \u2014 c'est ce que j'ai voulu dire ! \u2014 Très bien ! très bien ! mon cher ami ! je vous comprends.Et le vieux loup de mer, constatant qu'il pataugeait de plus en plus, s\u2019éloigna en grondant qu'il allait chercher le marquis pour lui tirer les oreilles.Mme de Souza-Valo s'était rapprochée du jeune homme ; les dents serrées, les yeux brillants et un peu fé- 1oces, elle lui murmurait à voix basse: \u2014 Jean, c'est vrai que cette femme est bien belle ! Le docteur, le regard attaché sur Diane, qui à ce moment-là se rapprochait de sa mère, à l'autre extrémité du salon, ne répondit pas tout de suite ; puis, quand il eut rempli ses yeux de la beauté radieuse dont il semblait se pénétrer pour la première fois, il reporta ses yeux sur la blonde Américaine dont le charme morbide, la joliesse contrastaient étrangement avec le type pur de Mme Leteslier.Quand il eut comparé et conclu mentalement, il répondit à voix haute et d'un ton de souveraine indifférence : \u2014 Oui, elle est vraiment très belle, mais que vous importe, ma chère ! Et enlaçant sa compagne, il l'entraîna dans une danse rapide qui ressemblait à un enlèvement et se transforma bientôt en un glissement plus lent que rythmait une musique a la fois triste et voluptueuse, Diane, qu'ils venaient de frôler er.passant, les suivit un instant des yeux; puis, profitant d'un moment de solitude, elle alla sur la passerelle ; s\u2019accoudant au bastingage, le regard perdu sur le sombre Océan, elle se mit a penser.Que sa présence en ce lieu, en cette heure, était donc chose surprenante ! Que faisait-elle 1a, isolée dans ce monde inconnu, indifférente a tous, soulevant à peine une curiosité quelquefois offensante.À part sa vieille amie et le bon Charvan, elle ne connaissait personne dans cette fête, et tout le monde l'ignorait.A plusieurs reprises elle avait entendu murmurer : « C'est la dame de compagnie de Mme d'Echevail ! » et voilà tout.On ne demandait pas son nom, ni à quelle famille elle appartenait .Elle était la dame de compagnie.rien d'autre.On l'avait beaucoup regardée, d'aucuns avaient même essayé de la courtiser, elle s'était sentie déplacée dans ce milieu où elle ne reprenait pas entièrement ses prérogatives de femme du monde, et où, d'autre part, son rôle subalterne n'était pas assez affirmé pour qu'elle pit complètement s'effacer.| Elle ne pouvait oublier le couple qui.à l'instant, venait d'esquisser devant elle une de ces danses bizarres, importées depuis quelque temps chez nous, par des aventuriers et aventurières du genre de cette dame de Souza .Les paroles du marquis lui revenaient à la mémoire : « Cette sirène essaye d'entraîner Jean d'E- chevail.» Oui, c'était bien cela! Il avait pourtant souffert par elle, puisqu'il avait dû la fuir !.et voilà qu'à peine arrivé .Où le conduisait- elle maintenant ?LE FAVORI DE VOTRE | GARDE-ROBE \u2014 le costume de bon ton est celui qui est chic sans être trop habillé.Et cet ensemble de qualités est facilement obtenu avec la Flanelle Viyella .une charmante jupe de tartan et une blouse de couleur unie.La Viyella se travaille bien et tombe élégamment.est idéale sous le manteau.Elle est à la fois chaude et légère.Douce.chic.cette excellente flanelle anglaise est aussi économique .elle peut se laver souvent sans rétrécir et sans se déformer.| Véritables tartans et charmantes couleurs unies.À la verge et en robes de confection.Demandez la Viyella à votre magasin habituel ou écrivez à Geo.L.Holland, 1011, édifice New-Birks, Montréal.LAVABLE et INDÉLEBILE 41 le POLI SÛR POUR ARGENTERIE Si doux à la précieuse surface, si soigneux de la beauté qu\u2019il redonne et maintient.La touche déli- tate de Silvo conserve votre argenterie toujours neuve.Le superbe dessin \u2018\u2018 Enchantress\u201d de l'International Silver Co.qui recommande l'emploi régulier de Silvo pour votre argenterie.9p EAT JET LIQUIDE POUR ARGENTERIE T OU Es Les Bests.les bébés au teint ravissant, pur et clair.si tendrement protégé avec le savon Baby's Own.ont révélé aux femmes l\u2019indiscutable valeur de ce traitement de beauté si simple.Les mamans aussi trouvent dans ce savon si doux, un moyen de préserver le velouté de leur peau, et sont heureuses de payer quelques sous de plus pour obtenir ce pur Savon de Beauté.: AY Le Savon de beauté dune pureté onquibe * SAVON BABYS OWN Vers un nouvel exil, ou, ce qui serait bien pire, à une résolution définitive et désastreuse ! Oui, elle voyait mal au foyer de sa vieille amie cette étrangère aux allures bizarres et inquiétantes et qui, non vraiment, n'avait rien du caractère sacré de l'épouse .Cette femme, créée pour le seul plaisir, n'était point faite pour fonder un foyer, mais bien pour continuer, ainsi qu'on l'avait vue un jour dans la chapelle de l'abbaye profanée, à présider au sabbat, dont elle resterait la redoutable et royale sorcière.Des pas derrière Diane la firent se retourner ; elle aperçut l'étoile rougeâtre d'un cigare allumé, et avant qu'elle ait pu tenter un mouvement de retraite, l'entrée de la passerelle fut barrée par une ombre.Le cœur de Diane s'était mis à battre violemment.Le docteur d'E- chevail était là, elle venait de recon- raître sa haute silhouette et n\u2019osait remuer, dévoiler sa présence dans un tête à tête, lequel, après ce qui s'était passé entre eux la troublait infiniment.Lui, certainement, ne l'avait pas encore vue, il continua à fumer dans une attitude songeuse et calme.Soudain, la petite lueur décrivit une courbe lente, l'ombre s'agita, et la jeune femme se sentit si proche, qu'il la frôlait presque ; une voix paisible s'éleva, semblant continuer une conversation commencée.\u2014 Il n'est pas prudent de s'exposer ainsi au froid de la nuit, lorsqu'on a dansé .je vous croyais plus raisonnable, Madame Leteslier.Diane s'était reculée avec le dépit d'avoir été reconnue, son innocente tactique d'immobilité révélée, peut- être mal interprétée, elle répondit brièvement : \u2014 Je n'ai point dansé, Monsieur.\u2014 Ah ! vraiment ! .Que n\u2019avons- nous eu votre raison, nous qui devrions être les sages .je me trouve, pour ma part, absolument ridicule, c'est là jeux d'adolescents, qui ne me convienent plus; je suis venu demander à la fraîcheur de la nuit, à la brise du large, un peu de ce calme dont on manque par trop là-bas.un vent de folie qui souffle.Comme elle demeurait silencieuse.le docteur lui demanda : \u2014 Suis-je donc voué, vis-à-vis de vous, au perpétuel monologue dans les ténèbres, et cette fois, si je vous priais de parler, ne voudriez-vous pas me répondre ?Diane rassembla son courage ; oui, elle allait parler, il fallait, elle devait lui dire le regret douloureux qu'elle gardait en son âme.Elle n'en eut pas le temps.Char- van apparut, venait les rejoindre.À la lueur d'une projection électrique, elle le vit pourvu de sa sortie de bal que, sans tarder, il vint placer sur ses épaules.\u2014 Imprudente, fit-il d'un ton d'affectueuse gronderie.Le docteur d\u2019Echevail eut un rire forcé.\u2014 Quand je dis qu'il pense à tout et que rien ne lui résiste ! Et s'adressant à Mme Leteslier : \u2014 Ne pensez-vous pas, Madame, que cétte soirée s'est suffisamment prolongée et qu'il est prudent de ramener ma mère ?\u2014 Je suis à vos ordres, Monsieur, répondit la jeune femme.Et tous trois descendirent l'étroite passerelle, le marquis ayant tendu la main à Diane, pour la guider dans la nuit sombre.Au moment de s'en aller, comme le galant gentilhomme s'empressait encore pour surveiller le départ des deux femmes et continuait son rôle de chevalier servant, Jean apparut soudain.\u2014 Merci, cher ami, dit-il d\u2019un ton un peu cassant, mais je suis la! en pareil cas, je ne céde a personne le soin de s'occuper de ma mère.En sautant dans la chaloupe, il procéda avec mille soins à l'embarquement de Mme d'Echevail ; puis, se tournant vers Diane, avec une autorité déférente : « Madame Leteslier, nous n'attendons plus que vous; si vous voulez bien accepter mon aide cette fois-ci.Vous resterez a bord, n'est-ce pas, Charvan ?» Diane s'avançait un peu hésitante ; il enserra en une étreinte autoritaire la petite main qui n'osait se confier à lui.Avant de l'abandonner complètement, il murmura : « Et dire que ce soir on nous prit pour le frère et la sœur ! » Diane ne répondit que par un rire léger, et allant se blottir près de son amie, elle dit d'une voix joyeuse : \u2014 Oh! la paix de la Chaumière, comme elle va nous paraître douce, n'est-ce pas?.Chapitre XII | AUTOMNE fut, cette année-là, particulièrement radieux sur la Côte d'Argent.Mme d'Echevail, se trouvant réellement très bien de sa saison, exprima le désir de prolonger jusqu'à la mi-octobre son séjour à la Chaumière.Son fils accéda à ce vœu avec la déférence affectueuse qu'il mettait à accomplir les moindres souhaits de sa mère, seulement son front se rembrunit lorsque celle-ci ajouta, sur le ton d'une douce prière : \u2014 Mais tu resteras, toi aussi, Jean! Songe que je t'ai à peine vu depuis ton arrivée.À Paris tu ne t'appartiens plus, et chaque année ma part devient plus restreinte : donne-moi ces quinze jours, mon enfant ! ; Le docteur fut sur le point de répondre, mais il regarda Diane qui, retirée dans un coin du salon, semblait absorbée par un ouvrage de broderie.La mère devina, plutôt qu'elle ne vit, ce regard, et, s'adressant à la jeune femme : \u2014 Chère petite, plaidez ma cause ; dites à ce fils trop cher que son devoir est de me consacrer quelques jours d'intimité ; vous savez s\u2019il me doit des compensations, vous qui avez été témoin de mes derniers jours de souffrance ! La jeune femme releva son visage.et avec un sourire mélancolique : \u2014 Oh! Madame, dit-elle, je suis une bien piètre avocate, moi! ne me confiez pas votre cause, je la perdrais! Qui saurait la plaider mieux que vous?Songez donc que vous demandez là, peut-être, un véritable sacrifice.Pontaillac devient chaque jour plus désert, toute la colonie mondaine a fui, \u2014 et le sourire devenant légèrement railleur \u2014 le yacht de Mme de Souza-Valo a disparu hier soir à l'horizon, en même temps que le soleil, le groupe de vos amis est réduit à un minimum de rêveurs d'une sentimentalité accusée ; ils restent pour la seule belle nature, ce sont là des goûts un peu austères.\u2014 C'est vrai que tout le monde part, même Charvan, riposta le docteur, Charvan, qui s'arrachera à I'Eden la semaine prochaine !.En principe, la question pourrait être douteuse, mais présentée sous ce jour par Mme Leteslier, elle est toute tranchée.Il me plaît, pour une fois, d'être rangé parmi les amants de la belle nature.Cet aperçu de poies solitaires et inconnues jusqu'à ce jour La Revue PopuLaIRE me décide à rester pour en goûter la saveur.Vous aurez les bénéfices de cette tentative, maman, et comme je ne suis qu'un profane, je me propose de faire des cures d'isolement, afin de ne pas troubler l'enthousiasme des âmes initiées.Disant ces mots, il regardait intentionnellement du côté de Diane, accusant sa manière favorite de perpétuelle raillerie; puis reprenant pour sa mère le ton d'affectueux enjouement : \u2014 Sur ce, bonsoir, maman ! vous gardez votre fils, que cette pensée vous fasse faire de doux rêves.Comme ce serait prétentieux de pat- ler ainsi à tout autre qu'à vous.Et courbant sa grande taille, s'agenouilla presque pour recevoir le le baiser maternel.Diane avait cessé de travailler et contemplait avec un attendrissement inconscient ce tableau familial qui la faisait rêver, mais avec la peur d'être indiscrète, comme se sentant importune, elle disparut silencieusement par la porte restée entr'ouverte.En se relevant, Jean d'Echevail la chercha des yeux, et ne la voyant plus : « La singulière femme, dit-il à mi- voix, elle est incompréhensible .» En effet, bien qu'il eût tenu sa promesse, évitant le plus possible de se trouver avec elle, Diane continuait à le traiter avec une rigueur persistante, qui tenait plus d'un secret malaise que d'une réelle rancune.Dans les rares paroles qu'ils échan- eaient chaque jour, le caractère de eurs relations était marqué d'une nuance particulière, c'était une sorte de gêne déguisée, établissant bien entre eux qu'ils ne pouvaient oublier ni l'un ni l'autre.Tout à l'heure, lorsque par respect pour leurs conventions, il avait hésité à donner à sa mère la joie de sa présence, n'avait-il pas poussé la délicatesse jusqu'aux dernières limites.en lui faisant entrevoir qu'en acceptant ces quinze jours de vie commune, il tâcherait, tout au moins, de ne pas lui imposer.Elle avait semblé entendre cette combinaison avec une indifférence dédaigneuse.Vraiment, elle ne désarmait guère.et il se reprenait, par instant, à regretter l'insistance avec laquelle il lui avait demandé de demeurer à leur foyer .Serait-ce donc la continuelle timidité, cette gêne, si différente de son attitude habituelle de vraie femme du monde, simple et toujours à son aise ?li s'en voulait d'avoir pour elle une indulgence qu'il accusait de coupable faiblesse ; il se l'expliquait toutefois par la gratitude que lui inspirait son dévouement pour sa mère.Il savait par celle-ci que Mme Letes- lier se donnait chaque jour davantage, s'ingéniant de mille manières à toujours la mieux soigner, à lui éviter les souffrances consécutives à son infirmité, à la distraire.amais la maison n'avait été aussi admirablement dirigée, aussi joliment ornée ; elle vieillait à tout, s'occupait de tout et se faisait adorer de tout le monde.Lui-méme sentait bien que depuis qu'elle était 1a, un attrait inconnu jusqu'à cette heure le retenait au foyer.et il vivait dans le charme continuel et inavoué de cette présence !.Et puis son goût pour l'esthétique, l'appel qui toujours l'attirait vers la perfection, trouvait une satisfaction réelle à la contemplation de la jeune femme.Sa beauté pure et sévère lui causait comme une émotion religieuse, il lui était reconnaissant de donner à ses yeux une satisfaction que rien ne décevait. mr be linen a Mars 1939 Le jour où Mme de Souza avait prononcé à ses oreilles l'aveu d'admiration, qui était aussi bien un cri de jalousie qu'une menace, il avait répondu : « Que vous importe ! » et il avait cru être sincère.Et voilà que le départ de la femme qu\u2019il avait aimée -jusqu'à la fuir, et qui, dès son retour, le captivait encore par son charme morbide, ce départ le laissait presque indifférent ! Pourquoi cela ?Allait-il tomber dans la sentimentalité ?serait-il assez stupide pour failiir dans ce travers ridicule à trente ans, alors que dans sa vie, exclusivement consacrée à la science, il avait toujours regardé la femme comme un jouet, qu\u2019on doit rejeter ou tuir, lorsque, par aventure, il devient dangereux ?\u2026.Cependant, Pontaillac était chaque jour plus désert et la plage comme a propriété de certains élus, qui en goûtaient le charme solitaire.Quelques rares tentes demeuraient dressées encore, groupées en manière de campement, et l\u2019on paraissait, ainsi réunis, une grande partie de la journée, jusqu'au moment, toujours trop vite venu, où le soleil se couchait.Comme il arrive souvent en automne, c'était là quelques minutes de réelle splendeur.Un peu après six heures, alors que l'air demeurait encore immobile et lourd, le ciel commençait à pâlir du côté de l'Orient, tandis que vers le couchant des nuages de cuivre et d'or s'amoncelaient autour du soleil, somptueux cortège, qui glissait avec lui dans l'Océan, en une fuite rapide.La forêt devenait alors plus sombre, le lointain des côtes s'embrumait, et les pointes de Valières et de Suzac, après avoir flambé d'un dernier embrasement, s'enveloppaient de teintes violettes et brunes.Et lorsque, dans une apothéose magnifique, le disque solaire s'enfonçait rapidement entre la mer et le ciel étincelants, une mélancolie soudaine répandait de l'azur éteint, des oiseaux de mer rasaient le flot en poussant des cris plaintifs; un crépuscule de mer polaire donnait à l'Océan lointain un aspect de tristesse infinie.Diane subissait à cette heure-là l'impression de la mélancolie des choses et Charvan, attentif aux moindres émotions du cher visage, ne pouvant lui garder la joie d'un soleil étèrnel, lui disait en riant : \u2014 Tranquillisez-vous, petite Diane! Il reviendra demain.C\u2019est un cabotin qui, tous les soirs, nous joue la même comédie, et meurt, en beauté, pour se faire pleurer par des jolis yeux.Si encore vous exprimiez les mêmes regrets, lundi prochain, lorsqu'à mon tour, je disparaîtrai pour de longs mois.Et Diane, rieuse, de lui répondre : \u2014 Voyons, Charvan, tout de même, vous n'avez pas la fatuité de vous comparer au soleil ?encore que vous ne soyez qu'un homme, n'avez- vous pas réalisé dans votre vie, un maximum de succès.que vous faut-il de plus?.\u2014 Le seul que jai souhaité!.et .quil ne me sera jamais donné le connaître ! répliqua le marquis, d'un ton mi-bourru, mi-comique.Une voix chantait : Voici des fruits, des fleurs des feuilles et des branches, Et puis, voici mon cœur qui ne bat que pour vous! Le docteur d'Echevail franchissait en ce moment la petite porte de bois qui ouvrait le jardin de la Chaumière, 4 s'arréta pour écouter le contralto qui fredonnait la mélodie charmante de Reynaldo Hahn.Avant qu'il ait pu en entendre davantage, il perçut le bruit d'une course rapide.Diane, dévalant la pente, lui apparut chargée d'une brassée de roseaux et de tamaris, elle paraissait \u2018une enfant, aans sa robe blanche du matin, et si rapide était son allure, qu'elle ne vit jean qu'au moment où elle arriva sur lui.Elle put s'arrêter net, en étouffant un léger cri de surprise, et balbutia une excuse.Le docteur avait souri et semblait jouir de l'embarras de la jeune femme.\u2014 Alors, dit-il, toujours un peu tailleur.Quand vous êtes seule, vous savez retrouver vos vingt ans ?Que chantiez-vous là?l'Offrande, n'est-ce pas ?Le visage de Diane s'était d'abord égayé ; le ton un peu narquois eut cependant vite fait de réveiller son instinct combatif, ses yeux bleus furent traversés par un éclair rapide.\u2014 Et que vous importe ! docteur, jeta-t-elle impétueusement.\u2014 Mais cela m'intéresse beaucoup, au contraire.Comment ?voilà le marquis à peine parti.je viens de le conduire à la gare.je crains de vous trouver en pleurs.et vous.toujours, ou plutôt, souvent d'humeur sévère, je vous revois chantant, et tout de blanc vêtue ?voilà bien les femmes ! toujours déconcertantes .Avouez que le départ de ce charmant homme méritait mieux ! Diane s'était ressaisie.Elle répondit, la voix plus calme : \u2014 Comme vous aimez railler, Monsieur ! et que c'est donc là un divertissement surprenant, chez un savant de votre qualité .Tenez, en ce moment, je me demande lequel, de Char- van ou de moi, vous voulez tourner en ridicule.si c'est Charvan, gare! faut-il vous rappeler qu'il est mon ami.mon très grand ami?.\u2014 He! La! qui oserait en douter, Madame?s\u2019il n'était le mien depuis longtemps, la chaleur que vous mettez à le défendre me le rendrait sacré.Et continuant, le ton plus grave : \u2014 Rassurez-vous ! loin de ma pensée \u2018de vouloir attaquer cet homme aimable que j'estime profondément .mais, savez-vous bien que, si je reconnais volontiers que je suis terriblement taquin, je vous juge, vous, bien prompte à l'offensive.vous trouvez partout matière à griefs.Seriez-vous atteinte, par malheur, de cette maladie, qu\u2019en neurologie nous nommons «la manie de la persécution ?» cela se soigne et se guérit même quelquefois.La jeune femme se redressa blessée.\u2014 Je croyais que les maladies nerveuses n'étaient pas précisément votre spécialité ; c'était.si je me souviens bien.\u2014 La chirurgie, oui, Madame ; vous ne l'avez pas oublié ! Et la voix changée, le regard dur : \u2014 Il est certain que si, par moments, je suis trop ironique, vous devenez, vous, trop souvent méchante.Il avait pris la main de la jeune femme et la serrait en une sorte de colère.Mme Leteslier était devenue toute pâle sous la violence des paroles et la rudesse de l'étreinte.Jean d'Echevail s'en aperçut.Il eut comme un geste de honte, et portant rapidement à ses lèvres la main qu'il venait de meurtrir : \u2014 Pardon ! dit-il, je ne suis qu'un sauvage, incapable de maîtriser ses nerfs ! Et essayant de retenir les petits doigts qui tremblaient, il demanda doucement, d'une voix humble : r LA BROCHURE \u201c | | | J J | \u201cUn Examen eur \\ \u201c Gardez-vous de LA NÉGLIGENCE* E WN Etes-vous &conome?NE JEUNE FILLE peut suivre des cours sur l\u2019art de tenir maison, mais non sur l\u2019art de garder son mari ! Il y a des femmes qui négligent leur mari sans perdre pour cela son amour.Mais la femme qui se néglige pourrait bien finir par être délaissée.La négligence de la propreté personnelle, de l'hygiène féminine, peut gâter le bonheur d'un ménage.Des milliers de femmes ont trouvé dans \u2018Lysol\u2019\u2019 la solution du problème que présente l'hygiène féminine.Il n'y a probablement pas d'autre préparation dont l'usage soit si répandu sous ce rapport.Voici quelques raisons de l'importance de \u201c\u2018Lysol\u201d\u201d dans l'hygiène féminine.1\u2014Non caustique .\u2018\u2018Lysol\u2019\u2019, en solution appropriée, est doux.Il ne contient aucun alcali caustique nuisible.2-Efficacité .\u201cLysol\u201d est un germicide puissant, qui agit d\u2019une façon pratique et qui est efficace en présence de toute substance organique (telles que poussières, mucosités, sérosités, etc).qui tue parfois l'Amour ! \u2018\u201cLysol\u2019\u2019 peut aider à toujours de Pr rl \u201c CRE x 3.00 EIT que v LÉ ratez™ I'examen.©.réussir parfaitement 3-\u2014Diffusion .Les solutions de \u2018 Lysol\u201d s'étendent grâce à une faible tension de surface, et vont, pour ainsi dire, dénicher les germes.4\u2014Economie .\u201cLysol\u201d étant concentré, une solution convenable pour l'hygiène féminine ne coûte environ qu\u2019un sou.5\u2014Odeur .L\u2019odeur du * Lysol\u201d disparaît après l\u2019usage.6\u2014Stabilité .\u2018 Lysol\u201d conserve toute sa force, si longtemps que vous le gardiez, al souvent que vous débouchiez la bouteille.Essayez aussi le Savon Hygiénique Lysol pour le bain, les mains et le v désodorise.sage.Il nettole et {eaRGUE DE TABRIGUE \u201cESOL TOEHONEE AY POUR L'HYGIÈNE .FEMININ CE QUE TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR \u2014 ENVOYEZ CE COUPON POUR RECEVOIR LYSO LEHN & FINK (CANADA) LTD., Dépt.151, 9 Davies Ave., Toronto, Ontarlo.Veuillez m'envoyer la brochure gratuite intitulée nombreux usages du \u2018\u2019Lysol\u201d.Nom .\u201cLysol vs.Germes\u201d traitant des Ville Tous droits réservés, 1939, par Lehn & Fink (Canada) Ltd. 44 UNE BEAUTE RADIEUSE, RESPLENDISSANTE, ; ; Qui ouvre toutes les partes du bonheur, voilà ce 2 que vous pouvez acquérir en donnant un velouté soyeux a votre &piderms et un charme séduisant : à votre teint par l\u2019usage régulier des préparations de beauté 3 Secrets de Derny .« Ces \u201céléments \u201cdu charme\u201d, délicatement empaquetés.se ven dent à tout comptoir de cosmétiques.Grèmes, poudres, rouges à lévras: p PE) I ee A ASIN A 25¢ et 50 Fards: 25¢.8t 50¢ (1 CS @5 5%crets Parfums: 25¢ 4 $2.00 PREPARAT IT ITO Ne négligez pas le Catarrhe en mars! 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Je ne monterai plus ! * Et laissant tomber avec un geste de lassitude les branches qu'elle portait, elle ouvrit la petite porte du jardin et à pas lents, prenant du côté des dunes, elle s\u2019enfonça dans la forêt.Elle marcha longtemps, inconsciemment, le cœur oppressé, n\u2019arrivant pas à reprendre son calme, se remettant mal de la scène qui venait de se passer.Elle se sentait si lasse qu'elle se laissa choir sous les pins; à moitié étendue sur le sable fin et doux, elle tenta de goûter un peu de repos.Mais un émoi demeurait en elle : est- ce que cet état de choses allait toujours durer ?Pouvait-elle continuer cette perpétuelle lutte ?.Il lui avait promis la paix, que ne la lui laissait- il enfin?.Que signifiait cette attitude qu'il affectait toujours avec elle?pourquoi ces alternatives de duretés agressives et de douceur bien plus redoutable encore ?Comment, après avoir cédé à ce mouvement de violence qui lui avait fait meurtrir sa main, comment s'était- i{ permis de la lui baiser ?Cet homme avait vraiment toutes les audaces! Elle aimait mieux ses railleries que ses façons de don Juan, d'ailleurs ! Des impertinences, oui, certes, elle les acceptait mille fois mieux que ces manières inquiétantes qu'elle ne saurait supporter ! Et si ce devait être la guerre, eh bien ! tant mieux ! Comme elle était paisible avant qu'il ne fût là! Qu'il était doux de vivre avec Mme d'Echevail, de l'aimer comme une mère, de constater que son rôle auprès d'elle était efficace, et qu'elle arrivait à lui faire du bien ! Maintenant, entre leurs deux tendresses, Mme d'Echevail s'épanouissait en une délicieuse sérénité.Certainement elle était, d'eux tous, la seule heureuse ! C'était bien justice, grand Dieu ! Elle avait souffert avec une telle résignation, une si touchante dignité était la source où Diane puiserait la force de ne pas abandonner sa tâche.M.d'Echevail ne semblait guère satisfait, lui non plus ! il y avait des jours où il parlait sur toute matière avec une indifférence sceptique, qui avait quelque chose de douloureux et d'inquiétant.Sans doute portait-il en son cœur une peine, à laquelle Mme de Souza n'était pas étrangère.Lui qui paraissait un fort, s'était laissé prendre par les séductions de cette femme.Huit mois d'exil n'avaient pu l'en détacher, et il y avait dans ce retour vers elle une souffrance dont il ne pouvait se distraire.Paris allait les réunir bientôt, et Diane en était arrivée à souhaiter ce retour, elle aussi ! Mme d'Echevail l'avait dit devant elle, la capitale reprenait son fils entièrement ; dès qu'il se remettait a ses travaux, il s\u2019y absorbait d\u2019une façon complète, et c'est à peine si elle arrivait à le voir.Il en serait ainsi, pour peu surtout que l'abbaye lui ouvrit souvent ses pores.Mais qu'il eût été doux pourtant de rester encore dans ce pays charmant.Maintenant que le flot des mondains était parti, les derniers jours d'automne s'écoulaient en une beauté sereine.Pas un souffle dans l'air, pas ua nuage ! Le soleil lui-même, resplendissant d'un éclat plus atténué, se La Revue PoPuULAIRE montrait moins brûlant .Et Diane, s'apercevant qu'il était monté bien haut dans le ciel et qu'il était temps de songer au retour, s'achemina, un peu apaisée, cherchant dans le sable les œillets parfumés qu'elle adorait et qui, depuis septembre, ne croissaient plus dans les jardins de la villa.Mais elle ne trouva que des immortelles à l'odeur de miel, pénétrante, fleur triste, dépourvue du charme de toute verdure et qui, symbole de durée, orne dans cette région tous les tombeaux des- cimetières ! Pauvres morts, elle ne les oubliait pas, et, dans son cœur, fleurissait l'immortelle du souvenir! Tous les jours, à la messe, qu\u2019elle entendait aux côtés de Mme d'Echevail, elle avait pour eux des prières longues et ferventes.La pensée de son père ne la quittait guère, elle vivait avec lui, lui disait ses peines et ses joies.Souvent aussi elle songeait à Bertrand, mais c'étaient surtout les souvenirs lointains de leur enfance qu'elle évoquait.Elle se rappelait avec émotion les promenades qu'ils faisaient autrefois en pareille saison, quand ils étaient adolescents, dans les bois d'Arlac, dorés par le soleil d'automne.Arlac ?Nom sonore qui lui parlait de son pays, des jours heureux de sa jeune vie, de tous les visages affectueux qui avaient entouré son enfance, les vieux serviteurs, les animaux familiers!.Chose bizarre, quand elle pensait à Bertrand, c'était surtout le petit garçon de dix à quinze ans qu'elle revoyait dans sa mémoire.Quelquefois elle disait «mon fiancé», «mon mari»; elle avait alors des étonnements qui tournaient à la stupeur.Mon mari! le mot la laissait froide et indifférente.Le sentiment fidèle qu'elle gardait en son cœur était d'une tout autre sorte.Elle pleurait Bertrand a la fois comme un frére qui fut le témoin du passé, avec qui on aimerait se souvenir, et comme un enfant chéri que l'on voudrait encore pouvoir protéger, chéri d'autant mieux qu'il vous a coûté plus de soins.En songeant ainsi, Diane arrivait à la Chaumière ; elle s'excusa d'être en retard.\u2014 Je vous pardonne, lui dit Mme d'Echevail, si vous avez fait une belle excursion .Racontez-moi ce qui a provoqué cette longue absence, car je ne vous ai trouvée ni à la chapelle ni sur la plage ce matin.\u2014 J'étais sortie pour cueillir quelques fleurs, Madame, et je suis revenue les mains vides.on ne trouve d'œillets nulle part, même dans les dunes; il n'y a maintenant que des immortelles, je n'en ai pas rapporté.Ce sont des fleurs de mort, et qui m'attristent.Mais j'ai dû oublier, à l'entrée du jardin, des roseaux et des tamaris que j'avais coupés à la première heure.Mme d'Echevail sourit en se retournant vers son fils.\u2014 C'est Jean, dit-elle, qui les a rapportés ; l'auriez-vous cru capable de cette bonne action?.Non, n'est-ce pas?Moi non plus! Lui, si distrait, toujours si absorbé, comment les a-t-il seulement apercus?.Mais êtes-vous sûre qu'il n\u2019y ait plus d'œillets en ce moment ?Je sais votre goût pour ces fleurs simples et si doucement parfumées, leur charme fait partie de la joie de ce séjour, je comprends qu'elles vous manquent.Demain Mazeau rentre de ses vacances, voulez-vous que je l'envoie en rechercher dans le pays?.\u2014 Oh non, Madame ! je vous en prie, vous êtes mille fois trop bonne ! Nous sommes si près du départ.Il - vaut mieux commencer dès à présent la série des séparations partielles, ce + Mars 1939 sera moins dur que de quitter trop de choses chères à la fois.Sait- on si on les retrouvera jamais ?.\u2014 Oh ! Diane ! Quelles tristes pensées | Laissez-les donc à mon grand âge, et vous, ne parlez pas ainsi | On se levait de table, elle prit le bras de sa dame de compagnie et s'y appuyant avec affection.\u2014 Savez-vous, mon enfant ?Jean me disait tout à l'heure que, tant que nous sommes près de Bordeaux, vous seriez peut-être désireuse d'aller y passer un ou deux jours.C'est une idée que je n'avais pas eue, voilà mon oubli réparé.le projet vous sourit-il ?La jeune femme semblait extrêmement émue ; elle hésita quelques instants, puis refoulant des larmes qu'une multitude de souvenirs venait de provoquer : \u2014 Non, Madame, dit-elle.Merci.Rien plus désormais ne m'appelle à Bordeaux.pas même les Pole pensal 11 défend e t qu'il lui était défendu d'aller prier sur celle de Bertrand, et que point n'était besoin de retrouver celle de son père, auquel son cœur avait fait le plus précieux des sépulcres; comme elle cherchait des yeux \u2018M.d'Echevail, pour remercier, elle s'aperçut qu\u2019il ne les avait pas suivies dans le petit salon, elle entendit bientôt le pas souple et relevé d'un cheval qui se mettait en marche, et une voix bien connue qui criait en s'éloignant : \u2014 Florine, vous préviendrez ma mère que je ne reviendrai que pour dîner.Le temps, ce jour-là, fut d'une telle douceur que les deux femmes s'attardèrent sur la plage ; quand elles revinrent, elles trouvèrent les salons de la Chaumière éclairés; on leur dit que le docteur était revenu de sa promenade bien avant la nuit.Dans la soirée, comme Diane, remontée dans sa chambre, se dévétait sans lumière, les croisées grandes ouvertes, selon son habitude, elle fut charmée par une odeur subtile et douce qu'elle n'aurait pas su nommer, et qui lui rappelait cependant un souvenir récemment évoqué.Guidée par le parfum persistant, elle alla vers la cheminée et devina, lutôt qu'elle ne vit, une touffe d'œil- ets sauvages, reposant dans le vase de cristal qui portait -sa devise : « Plus penser que dire ! » La jeune femme eut d'abord un élan de gratitude pour Mme d'Eche- vail qui, le jour même, lui avait parlé de ces fleurs.Mais elle réfléchit soudain qu\u2019elle n'avait pas quitté son amie de la journée et qu'aucun ordre semblable n'avait été donné devant elle ; d'ailleurs Mazeau était absent.Qui donc alors se permettait de lui offrir des fleurs et de pénétrer dans sa chambre ?Elle eut un frémissement en se rappelant qu'elle avait vu une fleur semblable, le soir même, à la boutonnière de Jean d'Echevail.et cédant à un de ces mouvements de violence extrême dont elle n'était que trop coutumière, ne \u2018sachant quel nom donner au sentiment d'émoi et de confusion qui l'agitait, elle prit les pauvres fleurs innocentes et les lança d\u2019une main rapide par la fenêtre.Ce vase était vraiment prédestiné aux gestes brusques, les fleurs simples en étaient aussi rapidement bannies que les fleurs rares.Vers minuit, comme le docteur ean d'Echevail était accoudé à son lcon et respirait la vague senteur des pins et des varechs, abandonnés par le flot descendant, il vit sous le ciel étincelant d'étoiles, et sur la terre qu'inondait leur blanche lueur, une apparition qu'il ne put jamais oublier.Une femme, dans la pénombre du sous-bois, s'avançait d'un pas silen- Icieux, la tête inclinée en une attitude de recherche .Soudain, elle s'élança rapide vers le pied d'un tamaris, se baissa promptement et ramassa quelque chose qu'il ne vit pas, mais qu'elle tint quelques instants entre ses deux mains, approcha de son visage.et qu'elle enfouit enfin dans son sein.Et si, en la revoyant passer sous la fenétre, il crut reconnaitre la silhouette de celle à qui il songeait, dans le doux mystère de cette nuit d'automne, il ne sut jamais ce qu'elle était venue faire, et si cette vision avait été une réalité ou le fait d'une hallucination de son cerveau troublé ! Chapitre XIII INSI que Mme Leteslier l'avait espéré, le retour à Paris apporta quelques modifications à la situation étrange dans laquelle elle se trouvait.Le docteur d'Echevail, à peine arrivé, fut appelée en consultation à Vienne.Il en profita pour gagner Rome, où se tenait un congrès de chirurgie.Son absence dura cing semaines.Diane dut à cette occasion de reprendre près de la malade sa tâche de secrétaire.Elle se bornait, d\u2019ailleurs, à écrire sous la dictée de Mme d'Echevail, car l'oculiste, la trouvant mieux, lui permettait de lire les lettres de son fils sans le secours d\u2019aucun intermédiaire.Si restreint que fût devenu son rôle, la jeune femme n'en éprouva pas moins un étrange malaise à servir d'interprète à la tendresse maternelle de son amie.Rien qu'à écrire ces simples mots : « Mon Jean »! elle sentait la rougeur lui monter au visage.Il lui fallut un véritable effort physique pour arriver à maintenir régulière son écriture longue et élégante ; elle redoutait qu'un léger tremblement de sa main.décelât l'émoi qu'elle cachait.File se souhaitait une passivité de dactylographe et s'effrayait à constater qu'un peu de son âme partait sur ce papier léger, où ce doux nom de Jean revenait si souvent.Néanmoins, lorsque le docteur fut de retour, il trouva chez Mme Letes- lier un accueil qui l'étonna.Elle semblait l'avoir revu sans le moindre trouble.Sa timidité farouche, sa réserve glacée avaient pour ainsi dire disparu, elle le traita avec même un naturel et une simplicité telles, que Jean en éprouva de l'humeur, presque du dépit.Il était manifeste aue la jeune femme s'était ressaisie En effet, Diane était trop intelligente pour ne pas comprendre que cet état de guerre qu'elle avait voulu, cependant, ne pouvait véritablement durer; ces heurts perpétuels choquaient son sentiment de la bienséance.Elle reconnaissait, certes, qu'en bien des occasions, elle s'était montrée violente, impulsive, agressive.En songeant à tout cela, une confusion l'envahissait, et elle prit la résolution de se maîtriser désormais et de n'avoir plus avec le docteur que des rapports de paisible courtoisie.Les conseils de Sœur Thérèse la fortifièrent dans sa résolution.La religieuse conservait toujours beaucoup d'influence sur sa jeune amie ; celle- ci, sans l'avoir mise complètement au courant du trouble naissant de son âme, ne lui avait pas caché que des rapports avec Jean d'Echevail avaient été, dès les premiers jours, d'un ordre bien particulier, que la banalité en semblait à jamais exclue.45 RHUMES MAL DE GORGE SUIVEZ LE MODE D'EMPLOI FACILE QU'EXPLIQUENT GES TROIS PHOTOS 1.Prenez d'abord 2 comprimés d'Aspirine dans 1 verre d'eau \u2014 pour soulager le malaise douloureux qui.le plus souvent, ge, accompagne le rhume.VOUS == Puis, faites fondre 3 comprimés d'Aspirine dans le 3 d'un verre d'eau et gargorisez- pour calmer l'irritation de la aor- qui est l'effet du rhume.Si la fièvre persiste \u2014 si votre mal de gorge n'est pas rapidement soulagé \u2014 faites venir le mé- decia.Des milliers de personnes connaissent ce moyen facile d'obtenir un prompt soulagement REGARDEZ les trois images ci-haut\u2014elles vous épargneront peut-être de longues heures de souffrance la prochaine fois que vous aurez le rhume ou cette douloureuse irritation de la gorge qui, si souvent, accompagne le rhume.Elles expliquent, en effet, le moyen facile de calmer promptement ces pénibles malaises \u2014grâce à l\u2019Aspirine.Innombrables sont ceux qui vous diront que cette méthode est extraordinairement efficace et rapide.Essayez-la.Puis\u2014 mur- mura-t-il entre ses dents.Cela lui ira fort bien.Il ne manquait à cette beauté souveraine que la couronne héraldique, posée sur l'édifice de ses adorables cheveux.Et il maîtrisa mal un geste de dépit.Une voix de femme le tira de sa farouche rêverie.Mme de Souza- Valo, constellée d'émeraudes et de diamants était là, tout près de lui, le regard provocant, la bouche souriante : \u2014 Jean ! dit-elle, beau ténébreux ! vous avez l'air bien sombre! que devenez-vous donc ?Même chez vous, on a peine à vous trouver.voilà un grand moment que je suis là, et vous n'avez point l'air de vous en douter.Offrez-moi votre bras, je ne sais ce qui me retient de vous chercher querelle \u2026.II la regarda, l'air amusé.\u2014 Allez ! ne vous gênez donc pas! ce sera charmant de voir vos beaux yeux s'allumer des feux de la colère et vos jolies lèvres proférer des imprécations .\u2014 Vous ne verrez point cela, mon cher, je saurai y mettre des formes.car il faut que personne ne s'en doute ; je tiens à ce que ce soir encore, on me croie ici, l'élue de votre cœur.Le docteur s'inclina courtoisement, tandis qu'elle continuait : « \u2014 Pourquoi d'abord, ne pas avoir remarqué que, pour vous complaire, je suis vêtue de blanc.Distrait et ironique, Jean répondit: \u2014 Ah! vraiment, vous avez fait cela pour moi! Que vous êtes donc bonne ! Mais êtes-vous tellement sûre que cela soit ma couleur favorite ?Ai-je dit cette chose grave ?Où donc avais-je l'esprit alors ?Car vous étiez toujours en-vert, jadis, Madame, c\u2019est là une couleur charmante et qui vous seyait à ravir.Tenez, le vert de ces émeraudes sur le satin de vos épaules fait, il me semble, un effet délicieux.Il n'y en a pas assez, c'est regrettable ! La jeune femme leva sur le docteur des yeux surpris et lui jeta avec arrogance : \u2014 Je crois que vous vous permettez de vous payer ma tête, mon cher | \u2014 Comme si elle n'était pas impayable ! \u2014 Vous êtes odieux ce soir | \u2014 Et vous, pétrie de grâces.\u2014 Pas vis-à-vis de vous, toujours, je vous en veux mortellement, et tiens a vous le faire sentir.\u2014 Comment ?à ce point cruelle pour votre sauveur ?\u2014 Docteur, cessez de railler .je n'ai nulle envie de plaisanter, moi | il y a cinq semaines que je suis revenue de Nice, et je ne vous ai pas encore aperçue une seule fois.Le docteur eut un sourire ambigu.\u2014 Je suis très occupé ! \u2014 Soit! Mais ne pouvant vous voir chez moi, j'ai voulu aller vers vous.Pourquoi, lorsque je vous ai écrit de me réserver une place parmi vos dames infirmières, m'avez-vous répondu qu'elles étaient au complet, « que vous n'aviez aucun rôle à me faire jouer.» \u2014 Parce que, en vérité, je ne pouvais pas commettre la grossièreté de vous dire ce que je pensais à ce sujet.\u2014 À savoir?.\u2014 Mais je n'ai pas plus de raisons d'être incorrect envers vous, aujour- d'hui, alors que vous êtes chez moi \u2026.\u2014 Oh! ne vous gênez pas, mon cher, je vous en prie.Allez-y.\u2014 Vous y tenez absolument ! \u2014 Je vous l\u2019ordonne | \u2014 Eh bien ! puisque vous le voulez, voici : Vous êtes, ma chère amie, une femme exquise, mais votre place n'est pas au milieu de la vraie souffrance, parmi celles qui font, de la soulager, le devoir et la grandeur de leur vie ! Vous vous êtes trompée en envisageant cette œuvre comme une fantaisie charitable, ou une sorte de snobisme bienfaisant.Là, Madame, on ne porte pas de robes vertes.mais les blouses de toile, toutes simples, c'est peu seyant !.La jeune femme riposta par un éclat de rire moqueur.\u2014 Comme vous voilà devenu austère ! LA Revue POPULAIRE Et montrant Diane qui passait en ce moment au bras de Charvan : \u2014 C'est cette beauté sombre qui vous a converti ?Puis, brusquement, à voix haute, elle interpella la jeune femme : \u2014 Madame Leteslier, vous êtes donc encore ici ! Je vous ai cherchée en arrivant, et ne vous voyant pas dans vos fonctions d'organisatrice tant vantée, j'ai cru que vous n'étiez plus au service de Mme d'Echevail.Jean eut un haut-le-corps.Quittant le bras de la Brésilienne, et se penchant vers elle, à mi-voix, mais de telle façon que Diane et le marquis pouvaient l'entendre : \u2014 Mme Leteslier n\u2019est au service de personne, ma chère, vous vous trompez ! Si elle nous fait l'honneur de sa présence ici, c'est qu'elle est pour ma mère la meilleure des amies ; c'est son seul rôle dans cette maison, ne l'oubliez pas! .Charvan | Mme de Souza-Valo voudrait bien encore un peu de champagne, vous qui connaissez le buffet dans ses bons coins.veuillez donc l'y conduire | Et s'adressant à Diane : \u2014 Madame, lui dit-il avec un grand respect, voulez-vous accepter mon bras ; ma mère vous cherchait tout à l'heure, je voudrais vous conduire jusqu'à elle ! Et il l\u2019entraîna, tandis que Mme de Souza les suivait d\u2019un regard ironique.Le marquis de Charvan s'était incliné froidement devant la Brésilienne.\u2014 Non, non, fit-elle, Je vous délivre! Suivez.et surveillez-les, croyez-moi | t continuant de braver, feignant une gaieté folle, elle s'éloigna en riant.Cependant, Jean fendait la foule, tenant serré contre son bras, le bras de Diane qui tremblait ; il se retourna vers elle et la trouva plus pâle encore, mais avec une lueur dans les grands yeux qu'elle levait vers lui.\u2014 Merci, lui dit-elle alors, simplement.Il répondit gravement : \u2014 De quoi me remerciez-vous, grand Dieu! Quand je me suis mis dans le cas, en recevant cette femme chez moi, de vous voir offensée par elle.Il faut me pardonner, au contraire, d'usurper le droit que vous donnez à un autre de vous défendre et de vous protéger.Mais vous êtes l'hôte de ma mère, et c'est à ce seul titre que je me suis permis d'intervenir, veuillez me croire ! Le visage de Diane s'attrista, elle ne répondit point.Ils arrivaient, en ce moment, près de Mme d'Echevail, qui, les ayant reconnus tous deux, l'un près de l'autre, eut à leur adresse un regard d'heureuse tendresse.\u2014 Eh bien ! c'est Jean qui se permet de vous accaparer ainsi ! ais, si j'en avais le courage, je le gronde- fais, car je m'inquiétais de vous, ma chère enfant ! Où étiez-vous donc?\u2026 Je vous ai fait demander par le marquis, qui avait des choses importantes à vous dire, lui aussi, et ne vous trouvait pas.\u2014 Ne vous tourmentez pas de Charvan, maman ; c'est un homme heureux qui arrive toujours à ses fins; c'est lui le ravisseur, et pas moi ! Il quitte à l'instant Madame Leteslier, qui me paraît fatiguée, d'ailleurs, et que je vous ramène.Je crois que vous ferez bien de la contraindre à se reposer.Et, avançant un fauteuil près de sa mère, il enveloppa la jeune femme de son regard scrutateur puis s'éloigna, ayant repris toutes les apparences de la sérénité. Mars 1939 Quelques instants après, on soupait par petites tables dans la salle à manger et dans la galerie.Mme Leteslier, croyant qu\u2019elle pouvait encore être utile, avait refusé de monter chez elle avant la fin de la fête ; mais, aspirant à la solitude, elle se retira dans la serre, que l'aube naissante commençait à blanchir d'un jour blafard ; elle s'allongea sur un divan après s'être enveloppée de sa sortie de bal, car elle était lasse et frissonnante de la fraîcheur du matin.Appuyant sa jolie tête sur l'amoncellement des coussins, elle ferma à demi les yeux et se mit à songer.Île tenait à la main une enveloppe qu'elle froissait machinalement dans ses doigts.Quelle singulière surprise lui avait réservée cette fin de soirée, et que son pauvre cerveau était donc las de penser toujours, d'analyser, de chercher à comprendre.Cette Mme de Souza ! comme elle avait voulu l'humilier.Oh! plus encore que ses paroles, le sentiment qui les avait inspirées lui torturait le cœur.Cette femme avait compris ce que Diane cherchait à se cacher à elle-même, c'est pour cela que.devant lui, elle avait voulu se venger, en leur rappelant à tous deux le seul rôle subalterne qu'elle devait tenir dans cette maison ! Et lui! Lui qui l'avait étonnée et ravie en lui donnant le secours de sa protection, il avait fallu qu\u2019il lui attristât sa joie, en s\u2019excusant de son intervention, car elle «avait donné à un autre le droit de la défendre .» C'est de Charvan qu'il avait voulu parler, certaincment! Savait-il donc que ce gentilhomme lui avait demandé de I'épouser ?Et croyait-il sa demande agréée ?Elle se souvint, alors qu'elle était demeurée, ce soir, isolée, un long moment avec le marquis, que, d\u2019ailleurs, en toute circonstance, Jean ne manquait jamais de la railler quand il aisait allusion aux assiduités galantes de son vieil ami.Diane eut un faible sourire, et se soulevant sur un coude, elle essaya de relire la lettre qu'elle tenait encore à la main.Le jour était faible, on distinguait à peine de vagues caractères que le froissement du papier rendait plus difficiles à déchiffrer.Cette lettre était bien étrange et la laissait dans l'étonnement le plus profond.Tout à l'heure, dès les premières paroles de Charvan, elle avait bien compris qu'il avait des choses graves à lui e.Et s'allongeant de nouveau sur le sofa, la jeune femme essaya de se rappeler exactement le sens de cette surprenante missive .Elle était du père de Bertrand, datée d'Arlac, et conçue en ces termes : «Les années passent, mon cher ami, les jours se traînent, et rien ne vient adoucir I'amertume d'une douleur qui, depuis trois ans, n'a jamais cessé de nous déchirer, ma pauvre femme et moi | « Vous savez que nous avons fait porter tout près de nous le corps de notre cher fs il repose dans notre parc, sous un mausolée, et rien n\u2019est plus lamentable que de nous voir attendre, près de cette tombe, le moment où nous rejoindrons cclui qui nous y a précédés .L'heure qui a sonné trop tôt pour le fils est bien longue à sonner pour le père et la mère ! « Voyez-vous, Charvan, il est horrible de vieillir seul.Nous sommes de pauvres malheureux, et c'est bien fait si rien ne nous console, car nous avons volontairement écarté de nous l'unique bonheur qui nous restait sur la terre.« Par quelle injuste rancune, sous l'empire de quelle folie douloureuse avons-nous éloigné de notre triste maison l'enfant charmante qu'aima notre fils ?« Qui donc mieux que celle qui sut le chérir, le soigner, lui faire supor- ter la vie, et adoucir sa mort, aurait pu consoler notre vieillesse en nous parlant de lui ! « Et maintenant, la femme de notre Bertrand, celle qui porte notre nom, est allée, par le fait de notre coupable erreur, prodiguer les trésors de sa grâce et & son dévouement à un foyer étranger ; elle est sans doute traitée comme une salariée, alors que nous sommes si abominablement solitaires et que nous nous demandons qui fermera nos yeux et à qui nous laisserons notre fortune.«Ah! Charvan! quelle belle action vous feriez, mon ami, si vous arriviez à mettre dans le cœur de cette enfant l'oubli et le pardon ! Avec quelle joie nous lui ouvrirons nos bras tremblants ! La femme de Bertrand, reprenant la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter, car c'était celle que le cher disparu lui avait assignée en nous la donnant pour fille !.Au nom du ciel, mon ami, par.notre vieille amitié, usez de toute votre influence, ramenez-la à Arlac, parmi nous, chez elle, et vous aurez fait la plus grande, la plus admirable charité.« Votre vieil ami désolé, « LETESLIER.» Cette lettre remuait en Diane les émotions les plus profondes ; il ne lui vint pas un seul instant à la pensée qu'elle pat ne point pardonner!.Mais répondre à leur appel ?était-ce possible maintenant, mon Dieu ! Et pourtant ! revoir Arlac, retrouver la douceur d'un foyer ! reprendre la tâche commencée, continuer le passé, revivre tous les chers souvenirs, consacrer enfin ce chimériquz titre d'épouse, par l'accomplissement de devoirs sacrés qu'elle tenait de lui ; être leur fille, parce qu\u2019elle avait été sa femme, connaître alors la douceur et la beauté des liens que crée la famille, pouvoir dire en vérité : «Ma mère!» et fermer de chers yeux qu'elle éclairerait d'un peu de onheur ! Des larmes inondaient le visage de la jeune femme ! Oui, c'était là le devoir! Il y a six mois encore, c'eiit été le bonheur ! Mais aujourd'hui?.aujourd\u2019hui une douleur imriense l'envahissait à la pensée qu'elle pouvait partir.Eh quoi! le présent l'avait-il à tel point absorbée qu'elle ne se sentait plus enchaînée au passé ?Oubliait-elle donc qu'elle n'était qu'une salariée ?Son beau-père avait raison, et Mme de Souza venait de le lui rappeler tout à l'heure.Et lui- même ne l'avait-il pas précisé : il ne l'avait défendue que parce qu'elle était l'hôte de sa mère.Que faisait-elle alors ici, étrangère, que rien ne retenait 7 Que n'allait-elle vers ceux qui lui ouvraient enfin leurs bras et qui, seuls, avaient le droit de lui donner le doux nom d'enfant ?Ici, personne ne l'aimait! personne ! Et elle essayait de se convaincre de ce mensonge, en se le répétant avec une force et une douleur qui lui broyaient l'âme.Alors la vérité qu'elle avait méconnue jusqui'ici lui apparut dans sa réalité tragique .Elle aimait Jean ! elle l'aimait de toute la force de son âme ! Hélas ! si jusqu'à cette heure elle avait laissé dans l'ombre le sentiment qu'elle découvrait soudain si 53 \u2018Un moment de détente ?\u201d \u2018Qui, mais pour moi un moment de détente c\u2019est de fumer une Sweet Cap.\u201d CIGARETTES SWEET CAPORAL \u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé.\u201d ÎLES DANS LES ILES DORÉES Sous le ciel des sous-tropiques, l\u2019Atlantique bleu sourit, ou s\u2019argente avec éclat au clair de lune.Palmes oscillantes, plages de corail, charme d\u2019un juin perpétuel.Natation, yachting, golf, tennis, équitation, pêche, danse ; livrez-vous à la joie et rajeunissez à Nassau, paradis des îles Bahama.Superbes hôtels et cottages privés.Service rapide par paquebots et avions.Lieu de divertissement à l\u2019année pour les gens du nord.Consultez votre agent de voyages ou écrivez aux organisations suivon- tes : Canadian National Steamships, Montréal, Toronto, Boston ; Clarke Steamship Co.Ltd., Montréal, New- York, iami ; Cunard-White Star Lid., Montréal, Toronto, New-York : Furness Whithy & Co.Lid., New- York, Bermudes ; Munson S.S.Lines, New-York, Miami: Pan-American Airways, New-York, Miami ov aw DEVELOPMENT BOARD BAHAMA 54 à Poils PARTIS te Menton Bras Jambes Heureuse ! 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Ainsi donc, elle n'avait pas su être fidèle ! Alors qu'elle avait crié à Bertrand, au moment de sa mort : « Je t'aimerai au delà de la vie, car l'amour est dans l'âme et l'âme ne meurt pas ! elle n'avait pas su aimer jusqu'au bout de sa vie! Et l'expiation était là, dans le néant de tout espoir ! Même si lui aussi l'aimait un jour! Non ! Non ! tout les séparait |! Oh ! surtout, il ne fallait pas qu'il pût l\u2019accuser d'avoir été une intrigante.cela, jamais ! elle le chérissait trop ! il ne fallait pas qu'un pareil soupçon pût jamais l'effleurer!.Alors 7.Alors, le devoir s'imposait ! Il fallait quitter cette maison, elle devait partir ! Et à cette pensée, son cœur se déchira ; sans souci du lieu où elle était, de la proximité de la fête, elle se mit à sangloter, désespérée !.Peu à peu, cependant, elle se sentit un peu plus calme.Une grande lassitude l'accabla, la notion des choses l'abandonnant, le miséricordieux sommeil vint lui apporter un peu de paix et d'oubli.Lorsqu'une heure après, tous ses invités partis, Jean n'ayant pas revu Diane, envoya Florine prendre de ses nouvelles, il lui fut répondut que la jeune femme n'était pas encore remontée dans sa chambre.Inguiet, il la chercha dans les salons, et ayant soulevé une portière de la serre, il s'arrêta sur le seuil, n'osant avancer.Diane étai tlà, étendue sur le divan ; enveloppée des plis de sa sortie de bal, le visage encore douloureux, un peu blémi par les lueurs de l'aube, elle semblait dormir son dernier sommeil.Jean sentit son cœur se serrer d'une vague crainte ; il s'approcha à pas silencieux et vit que la jeune femme respirait d'une façon régulière.\u2014 Elle dort, murmura-t-il.Et il demeura immobile, la regardant sommeiller avec un recueillement religieux.Quelle était touchante ainsi, le bras gauche recourbé en une pose gracieuse soutenant la tête fière ; entre les boucles brunes des cheveux, l'or de l'alliance brillait.L'alliance ! Etait-ce donc à l'époux d'un jour qu'elle demeurait fidèle, ou bien aimait-elle Charvan?.Bt comme il la contemplait encore, il sembla au jeune homme que les yeux rougis avaient pleuré, et il vit alors, sur le tapis, près d'elle, une lettre froissée, échappée de la main, penchant, inerte, sur le revers du divan.Un moment, il hésita .Il n'avait pas le droit de toucher à cette lettre, de commettre une indiscrétion qui répugnait à la droiture de son caractère ; mais un besoin impérieux de savoir le poussant, il ramassa le papier, dont les derniers mots l'édifièrent pleinement.Alors, il eut un geste de protestation violente ; la colère lui monta au visage, il étouffa un cri de révolte, puis, une tendresse infinie vint éclairer son regard sombre ; après une sorte d'hésitation il se pencha vers la belle endormie et, sans oser effleurer de ses lèvres les boucles brunes et le front si pur tout bas, comme dans une priére il dit : « Ma bien-aimée.ne savez-vous donc pas que je ne puis vivre sans vous !.» Et il s'enfuit, tout doucement gardant pour lui le mystère de cette heure inoubliable.Diane cependant faisait un rêve.Elle rêvait que sur son repos, un amour, grand et fort, veillait enfin ! Chapitre XVI E LENDEMAIN, Mme d'Echevail se trouva subitement indisposée ; l'œil malade fut atteint d'une nouvelle congestion, des douleurs de tête se déclarèrent intolérables, tout l'état général s'aggrava.Le docteur, anxieux, examina minutieusement sa mère ; il trouva la tension artérielle augmentée, et redoutant de nouveaux accidents d'artériosclérose, il prescrivit le repos le plus absolu.La soirée n'apporta pas d'amélioration, et comme la malade souffrait beaucoup, il lui fit une pigûre calmante.L'amélioration obtenue, Jean regagna son cabinet.Trop inquiet pour prendre du repos, il alluma un cigare et se mit à arpenter la pièce de long en large.Il se sentait envahi par une grande angoisse.la santé de sa mère l'alarmait, il se reprochait de l'avoir peut-être un peu négligée, ces temps- ci, et cette brusque rechute la ramenait durement à la réalité ; il n'aurait pas dû lui permettre de reprendre une vie aussi active, la veillée occasionnée par le bal lui avait été certainement funeste.Et, malgré lui, il en arriva à penser aux événements de la nuit dernière et il entrevit qu'il arrivait à un moment douloureux de sa vie.Diane ne devait-elle pas partir ?n'allait-elle pas les quitter ?Il était bien certain que son cœur généreux ne refuserait pas la pitié à ces malheureux qui l'imploraient ; il la sentait liée au passé par des scrupules et une telle conception du devoir qu'elle ne consentirait jamais à y porter la plus légère atteinte, même si elle devait en souffrir ! Et il ne ferait rien pour la dissuader de ce projet.Non, non, puisque son cœur était resté fidèle à ce fantôme, puisqu'elle ne I'aimait pas, lui, qu'elle parte donc.Et il demandait à sa fierté, à sa vaillance habituelle, la force de vaincre la douleur qui l'étreignait ; mais lui, le fort, se sentit tout à coup devenir lâche ; il eut le sentiment que tout I'abandonnait.il pensa à sa mère, à sa mère qui avait été la grande tendresse de sa vie.Il la vit morte et il sentit la nuit de la solitude descendre dans son âme ! Il arrêta sa marche, tout à coup ; il lui semblait avoir entendu frapper faiblement à sa porte, il ouvrit lui- même et, se trouvant face à face avec Mme Leteslier, il eut à la voir si près de lui un tel émoi, que Diane put se méprendre sur le geste qui l'accueillait.C'était la première fois qu'elle franchissait le seuil de ce cabinet, redoutable sanctuaire dont elle était, depuis des mois, la madone invisible et souvent invoquée.I s'effaça, cependant, dans un geste de respectueuse courtoisie, et comme il avançait un siège, elle le refusa doucement.\u2014 Non! merci; je ne veux vous dire qu'un mot!.Elle avait la voix brève, la respiration un peu courte .Jean la sentit violemment émue ; il l'enveloppa d'un regard pénétrant où il y avait un remerciement pour le bonheur que lui donnait cette présence.la jeune femme se troubla davantage ; elle était en déshabillé blanc, son visage exprimait la fatigue et une tristesse extrême .Elle parla avec effort.\u2014 Je viens de passer chez votre mère ; Florine m'a dit que sa porte était fermée à tous, que je ne pouvais la voir, que vous ne vouliez pas que son repos fût troublé par personne ; \\ La Revue PopuLAIRE est-ce que cette consigne est aussi pour moi ?\u2014 Non, certes ! fit-il, je n'oublie pas que vous êtes ma collaboratrice et qu'en dehors de l'aide précieuse que peut me donner votre concours, vous avez acquis tous les droits auprès de ma mère qui vous chérit, vous le savez bien! Non, cette consigne ne vous regardait pas, car je vous croyais au repos, depuis longtemps ! .N'avez-vous pas veillé la nuit dernière ?Ne sentez-vous pas le besoin de vous reposer ?\u2014 Et vous ?répondit-elle avec un courage qu'elle ne se connaissait pas.\u2014 Oh ! moi, la fatigue ne m'atteint pas ! Je suis invulnérable à toute douleur, d'ailleurs ! ajouta-t-il avec une ironie amère, pour le mensonge qu'il se faisait à lui-même.Mais vous ne pourriez pas en dire autant, Madame.Vous paraissez exténuée, ce soir.Etes-vous malade ?\u2014 Non, non, reprit-elle vivement, je suis seulement un peu lasse, mais c'est une impression plus morale que physique .Je venais vous dire mon désir de rester près de votre mère.cette nuit.Il eut un geste de refus catégorique : \u2014 Je vous le défends, absolument' comme médecin d'abord! \u2026.La parole restait autoritaire, mais le regard était suppliant.\u2014 Puis, il m'appartient en ce moment d'user de la sollicitude que ma mère a pour vous.S'approchant plus près d'elle, d'une voix chaude et basse, comme en une prière : \u2014 Dites, pour quelques heures, ne voulez-vous pas m'écouter avec soumission ?Elle frissonna sous 'ardeur de l'accent dont il avait prononcé ces simples paroles, et détournant la tête, pour lui cacher l'émoi de son visage: \u2014 Si! dit-elle doucement.\u2014 C'est bien, fit-il dans un large soupir.Que je vous voie enfin un peu clémente, que quelque douceur me reste de votre souvenir.nos premiers rapports furent si pénibles.et depuis, vous m'avez traité avec une telle indifférence !.Elle le regarda, avec, dans ses beaux yeux l'expression d'une tristesse infinie, et il se méprit sur le reproche de ce regard.\u2014 Vous m'en voulez de ne pas vous permettre de veiller maman ?Ce soir, ce ne serait vraiment pas raisonnable : il faut vous reposer ! Si j'étais inquiet, je resterais près d'elle : mais je l'ai laissée apaisée par sa piqûre.elle dort tranquille, allez en faire autant, je vous en prie! Demain, quand vous serez mieux, j'aurai un grand service à vous demander \u2026.oyez-en convaincue, je n'ai pas fini d'avoir recours à votre dévouement.Le visage de Diane exprima une joie furtive.\u2014 Demain ?fit-elle vivement, pourquoi pas ce soir ?\u2014 Parce que ce soir.rien ne doit troubler le calme de cette heure.demain il sera temps.Et lui montrant la fenêtre ouverte: \u2014 Voyez comme le ciel est criblé d'étoiles, et quelle lueur douce tombe sur les arbres du parc! Vous sou- viendrez-vous quelquefois de ce décor charmant ?Que de fois nos yeux.au même moment, durent se complaire à ce même spectacle ! Et se penchant un peu au dehors pour regarder le balcon de la chambre de Diane, il murmura : \u2014 Si près de l\u2019un de l'autre.et cependant, si loin !.Il y aura pourtant, plus loin encore! .(Lire la suite page 56) - Mars 1939 POURQUOI LA MAISON D'AUJOURD'HUI VAUT PLUS ET COÛTE MOINS CHER D ES ANALYSES récentes de l'industrie du bâtiment ont révélé que la famille occupant le genre de demeure qu'on construit aujourd'hui jouit de nombreux avantages qu'elle n'aurait pas obtenus même en 1929.Pour saisir parfaitement l'étendue de ces avantages, il suffit de comparer la maison .de 1929 avec celle bâtie, disons, en 1938 et 1939.MATERIAUX AMELIORES ET CONFORT Accru Les améliorations proviennent du perfectionnement des matériaux, de procédés de construction plus pratiques et de l'introduction de commodités modernes.Les illustrations ci- dessus montrent graphiquement certaines raisons pour lesquelles les demeures de 1926-1929 étaient dispendieuses, tandis que celles d'aujour- d'hui sont plus pratiques, plus commodes, plus économiques d'achat et d'entretien.En 1926-1929, le chauffage n\u2019était pas automatique ; il était rarement efficace ; on n'avait point l\u2019air climatisé, presque pas d'isolation, peu d'appareils automatiques : les cuisines étaient mornes, avec peu d'armoires, une minuscule dépense ; pour toute la maison il n'y avait qu\u2019une salle de bain et point de cabinets séparés ; la tuyauterie de cuivre et de laiton s'employait à peine.Le style d'architecture manquait de charme.On négligeait généralement des points pourtant essentiels, tels que la durabilité des fondations, l'étanchéité des fenêtres, l'installation de coupe- froid permanents, le choix de matériaux inattaquables au temps.En comparaison, la demeure d'au- jourd\u2019hui épargne partout du travail et augmente sensiblement votre confort.Les cuisines établies scientifiquement et comprenant les appareils les plus modernes ; les salles de bain en nombre suffisant : les murs et le grenier proprement isolés ; les portes et fenêtres correctement ajustées et munies de coupe-froid ; le chauffage automatique ; l'air climatisé qui s'emploie déjà beaucoup ; la tuyauterie de cuivre et de laiton à l'épreuve de la rouille : Tout montre que les architectes et constructeurs savent mieux conserver la propriété par des méthodes améliorées.Les frais d'entretien ont énormément diminué.Tandis qu'on avançait ainsi au point de vue qualité et durée, le côté de la finance progressait également.Illustrons encore graphiquement combien plus économique et plus sûr est le plan de finance actuel, comparativement au système courant il y a 10 ans.BIENFAITS DE LA FINANCE MODERNE En 1929, le propriétaire était écrasé par un système de finance onéreux dès le début, et sa propriété grevée d'une première, même d'une troisième hypo éque, sans compter les surcharges et frais de renouvellement.Où le placement initial était au- dessous de 40 a 50 pour cent, il fallait souvent payer de 10 à 15 pour cent de commission pour une seconde hypothèque de 3 à 5 ans ; les première et deuxième hypothèques étaient à courte échéance, nécessitant des frais de renouvellement.Les frais de financement d'une maison où le propriétaire avait une mise originale de 20 pour cent, représentaient en 20 ans, de 6 à 15 pour cent de l'évaluation totale.Comme on exigeait du débiteur hypothécaire peu ou point de remboursement du capital, ce dernier augmentait à peine son placement initial, et dans l'adversité, était pris au dépourvu.Quel contraste avec le nouveau prêt hypothécaire fonctionnant conformément à la Loi Fédérale sur le Logement, qui exige une mise de 20 à 30 pour cent et garantit la propriété totale dans une période ne dépassant pas 20 années.Etant à hypothèque unique, comportant des versements mensuels sur le principal, l'intérêt, les impôts et contributions, le plan LFL répartit les payements en sommes égales échelonnées sur toute la durée de I'hypothéque et sauvegardant ainsi les intérêts du débiteur et du créancier hypothécaires.Le financement d'une maison de $10,000, d'après la LFL (Loi Fédérale sur le Logement), comprenant honoraires légaux, inspection, et tous frais divers, coûte environ 2 pour cent de l'évaluation : l'acheteur présent peut donc \u2014 par l'économie réalisée au seul chapitre de son emprunt \u2014 augmenter de dix pour cent la valeur de sa demeure, comparativement à ce qu'il eût pu faire en 1929.Il existe plusieurs systèmes modernes de remboursement, mais l\u2019amortissement par mensualités est généralement reconnu comme le meilleur pour la plupart des gens, car les payements mensuels se font comme un loyer.Le Marchand de Matériaux de Construction Johns-Manville vous indiquera avec plaisir où et comment obtenir l'emprunt désiré.BeauTE pu STYLE Il y a plusieurs modéles généraux qui offrent des caractéristiques et possibilités particulières permettant de choisir un genre satisfaisant.Faites attention toutefois que certains styles conviennent mieux dans telle ou telle localité, sous tel ou tel climat.» i DIRECTION D'UN ARCHITECTE Celui qui doit se bâtir une maison fera bien de consulter son marchand de matériaux qui l'aidera à choisir un architecte responsable et lui fournira des renseignements précieux sur tous les chapitres de la construction: voilà une sauvegarde certaine contre les nombreuses erreurs auxquelles s'expose l'homme sans expérience dans ces travaux.En plus de dresser les plans et d'élaborer l'arrangement de la maison, un bon architecte prépare les devis descriptifs et estimatifs du bâtiment, ainsi que des matériaux et des divers appareils qui la constituent ; il surveille aussi les travaux, si vous le désirez.Les honoraires d'un architecte, en comparaison du temps et du travail qu'il y met, de ses connaissances spécialisées, des services inestimables qu'il rend, sont vraiment très modestes.Idées modernes pour ou la rénovation! Voyez comment des milliers de JOLIES DEMEURES MODERNES peu coûteuses sont nées de ce livre de 10c VOICI ENFIN un guide sérieux et complet.\u2018La Maison Idéale\u201d, livre de Johns-Manville.en français.Depuis sa publication, plus de 300,000 intéressés y ont puisé des suggestions et des renseignements vraiment utiles, pratiques et économiques, sur la construction neuve, la réparation et la rénovation des maisons.Pourquoi vous devez lire \u201cLa Maison Idéale\" : Ce livre bien illustré \u2014 nombreuses gravures en couleurs \u2014 comprend dans ses 60 pages grand format la description générale des divers styles d'architecture; de nombreux plans de maisons montrant des pièces plus grandes, plus confortables et pourtant moins coûteuses à construire; des renseignements complets sur la salle de bain et la cuisine modernes, sur la salle de récréation, la chambre d\u2019amis dans le grenier inutilisé; des articles sur la décoration intérieure et les combinaisons de couleurs, etc.I parle encore de l\u2019isolation thermique et de matériaux variés qui signifient pour vous : confort nouveau, protection contre I'incendie et les intempéries, absence de frais d\u2019entretien.Tous les faits sur le financement : \u201cLa Maison Idéale\u2019 explique en détails le plan de finance très avantageux patronné par le gouvernement fédéral, qui permet la construction ou la restauration à crédit, moyennant des versements mensuels raisonnables, etc.Envoyez aujourd\u2019hui même ce coupon, avec seulement 10¢ pour frais de poste et d\u2019expédition.Obtenez tous les faits et les idées récentes qui vons aideront 3 construire la maison de vos réves aux meilleurs conditions possibles.Cedargrain pour les 55 Bardeaux Amiante 2 -N ' Ma lc beauté du bofs, 9 avec la résis la pierre.Isolant d\u2019Ouate Minérale J-M.élimine les courants d\u2019air; ménage 30% du combustible, rafraiîchit les pièces en été.bois ; du feu; d\u2019entretien.Toute information : style d'architecture, plans, intérieurs décoratifs, TR isolation thermique, modernisation, .w' Plan de finance économique du gouvernement.MATERIAUX DE CONSTRUCTION Dépt.RP-91, Canadian Johns-Manville, Toronto 6, Ontario.Ci-inclus 10¢ (timbres ou monnaie) pour un exemplaire de \u2018\u2019La Maison Idéale\u201d.Je me propose de bâtir [J ; restaurer [J une maison.L\u2019isolant de maisons [] ; la Planche Isolante pour pièces additionnelles {]; les bardeaux d'amiante pour le toit (J, pour les murs [J, m'intéressent particulièrement.Nom ee - Adresse PRET ISA AIR RAS) tance et la durabilité de Bardeaux Amiante Muraux Ceder- grain J-M.Belle texture imitant le à l'épreuve 56 L'AMOUR VA A LA JEUNE FILLE GAIE Bi vous êtes gaie et pleine d'\u2019entrain, les Jeunes gens vous inviteront partout.MAIS si vous êtes morose, faible et fatiguée, les hommes vous négligeront.Les hommes n'aiment pas les jeunes filles endormies.Quand ils accompa- frent une jeune fille à des soirées, ls veu.ent qu\u2019elle ait de l\u2019entrain.Avez-vous besoin d'un bon tonique ?Rappelez-vous que depuls trois géné- Tations, :es femmes se disent l\u2019une à l'autre comment \u2018avoir le sourire\u2019 grâce au Composé Végétal Lydia E.Pinkham.11 donne une mellleure résistance physique, vous aidant ainsi à devenir plus gaie et à sou:ager les malaises particullers à la femme.Vous constaterez que le Composé Pinkham VAUT D'ETRE ESSAYE! 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Depuis un moment, tout dans ses paroles lui indiquait qu'il était averti, il allait lui- même au-devant des mots qui allaient mettre entre eux l'irréparable.Oh! comme il eut mieux fait d'attendre à aemain, ainsi qu'il l'avait décidé tout à l'heure.Sans lui laisser le temps de répondre, il reprit encore : \u2014 Oui, il faut que je vous confesse l'indiscrétion que j'ai commise, ce matin, la fête terminée.Je vous ai trouvée endormie dans la serre.il y avait des traces de larmes sur votre visage.J'ai voulu savoir pourquoi vous aviez pleuré .une lettre froissée était là .à Vos pieds .tombée sur le tapis.j'en ai lu quelques lignes et tout de suite j'ai compris le 1este.Une fugitive rougeur colora le visage de la jeune femme, moins émue de l'indiscrétion avouée que de la pensée qu'elle avait été surprise dans son sommeil ; et comme elle demeurait silencieuse, il reprit sa question: \u2014 Quand partez-vous?.car je ne mets pas en doute votre décision, vous acceptez ?.Elle eut vers lui un regard éperdu : \u2014 N'est-ce pas mon devoir ?\u2014 Votre devoir ?je ne sais pas ! votre bonheur ?peut-être ! tout dépend de l'intensité des souvenirs qui vous rappellent là-bas.D'ailleurs, si le passé était insuffisant à embellir votre vie, vous trouveriez à réaliser dans ce milieu un heureux avenir.Si je ne me trompe, Charvan est un habitué d'Arlac ! Rien ne vous empêche de couronner sa flamme et de donner à vos beaux-parents sinon un fils très jeune, du moins une présence déjà familière ! Il avait prononcé ces derniers mots de sa mauvaise voix rageuse.Diane haussa doucement les épaules.\u2014 Je n'épouserai jamais Charvan, dit-elle.Jean, anxieusement, demanda : \u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce qu'il n'est et pe sera jamais que mon vieil ami ! Et d'ailleurs, si je reviens à Arlac, ce sera pour me consacrer exclusivement à ces malheureux vieillards et ne pas leur donner la douleur de me voir infidèle à leur fils ! \u2014 Infidèle à leur fils?.Quelle idée vous faites-vous donc du devoir?Et que leur devez-vous à ces gens ?Ils ont en effet si bien mérité ce nouveau don de vous-mêmz! Et après ?Quand ils seront morts, qu\u2019ils vous auront laissée riche et seule que deviendrez-vous ?Elle eut un geste de vague indifférence \u2014 Le sais-je ?.Je redeviendrai seule encore ! C'est là mon sort.je le crois bien! Je ne me fais aucune illusion.Je ne suis pas née pour le bonheur.\u2014 Ah! vraiment?Vous croyez cela ?Moi, j'aurais juré le contraire.répondit-il d'un air étrange et comme égaré ; je vous croyais faite pour le bonheur et pour le donner à un autre, surtout ! Puis, se ressaisissant et d'un ton redevenu froid et calme : \u2014 Mais tout cela ne me concerne pas, et puisque \u2018j'ai tant fait que d'aborder un tel sujet, j'irai jusqu'au bout et je ne remettrai pas à demain pour vous présenter ma requête.« Vous voyez comment, depuis ce matin, l'état de ma mère a empiré .Je lui ai laissé commettre des imprudences, elle s'est fatiguée, c'est certain.J'espère par des soins actifs, beaucoup de prévoyance, arriver à enrayer les progrès de la maladie : mais Paris ne lui vaut rien et je compte sur un séjour prolongé à Pontail- lac pour améliorer sa santé.« Or, je ne puis absolument l'y rejoindre que dans deux mois ! et, en mon absence, il n'y a qu'une personne au monde à qui je veuille la confier : c'est vous! Est-ce trop vous demander que de vous prier de m'accorder ces deux mois encore ?Et avec un triste sourire ?\u2014 Lorsque je reviendrai.pourrez partir ! + Des larmes montèrent aux yeux de Diane, elle les retint avec peine, mais sa voix tremblait lorsqu'elle répondit à Jean : \u2014 Avez-vous donc cru que j'abandonnerais votre mère malade?N'avez- vous pas encore compris à quel point elle m'est chère et ne savez-vous pas qu'en défendant sa vie, par mes pauvres soins, c'est surtout à moi que je fais du bien ?.Je vous remercie de me la confier, Nous partirons quand vous voudrez, et tant qu'elle aura besoin de moi, je vous supplie de compter sur mon dévouement.\u2014 J'y compte, répondit-il gravement.Je n'oublierai jamais ce que vous venez de me dire.À vous entendre ainsi parler de ma mère, il me semble que nous sommes moins distants l'un de l'autre .et maintenant, partez ! Il y a longtemps que minuit a sonné et j'ai le devoir d'assurer votre repos .je vous ai retenue ici, cependant .comme on est peu logique avec soi-même ! Pourtant nous avons dit ce soir des choses sérieuses que nous devions remettre à demain, et le calme de cette heure n'en a pas été altéré.Cela tient du prodige, ne trouvez-vous pas ?Et il garda un instant dans la sienne la main qu'elle lui tendait en un geste d'abandon.\u2014 C'est la première fois, dit-il, qu'il m'est donné de vous voix faite ce mouvement spontané.Ah! que le divin prodige se continue donc au delà de cette nuit merveilleuse !.\u2026.et puisque les jours nous sont comptés désormais, qu'ils s'écoulent bien lentement .je ne veux pas penser à ce qu'il adviendra après.I la reconduisit lentement jusqu'à la porte.Un instant, avant de la laisser aller, il eut la tentation de porter les doigts menus et délicats à ses lèvres, mais il laissa retomber la petite main avec découragement en murmurant : \u2014 Adieu ! vous Huit jours après, un mieux sensible étant survenu dans l'état de Mme d'Fchevail, le docteur décida que le départ pour Royan aurait lieu dans les plus rapides délais.Diane mit toute son activité ingénieuse à hâter une solution qui lui brisait le cœur, mais dont allai: dépendre la guérison de la malade.Entretemps, elle fit venir Charvan, qu'elle voulait charger d'être son intermédiaire auprès des Leteslier.\u2014 Mon grand ami, lui dit-elle, vous allez répondre à mon beau-pèrz.Le marquis eut un sursaut : \u2014 Mademoiselle de La Marguière, vous avez un beau-père ! je l'avais complètement oublié ! \u2014 Voyons, marquis, soyez donc sérieux une fois dans votre vie | Vous allez écrire à M.Leteslier que j'ai été très émue par sa lettre ! Je pardonne et je tâcherai d'oublier, puisque ce sont les termes un peu emphatiques LA Revue POPULAIRE qu'il a employés.Ils ne sont pas, d'ailleurs, au-dessus de la vérité.Ces deux vieillards m'ont fait beaucoup de mal, mon ami, et j'ai eu, par eux, beaucoup de peine ! \u2014 Mais je n\u2019en doute pas, ma pauvre petite, et vous me voyez dans l'admiration de votre élan, et de la promptitude avec laquelle vous pardonnez ! \u2014 Il y a longtemps que je ne leur en veux plus, Charvan ! Je suis heureuse que vous le leur appreniez.Je consens donc à aller remplir près d'eux le rôle qu'ils ont raison de réclamer de mon dévouement.Le marquis laissa voir un profond étonnement.\u2014 Ah! vraiment, vous acceptez, petite Diane, de revenir à Arlac ?Voilà qui déconcerte toutes mes prévisions.Je me croyais meilleur psychologue.Continuez, je vous en prie, je marche de surprise en surprise ! \u2014 Seulement, reprit Diane.\u2014 Ah! il y a un seulement, c'était fatal ! Je commence à trouver la chose moins effarante.Mme Leteslier s'impatienta et donna une tape légère sur le bras de Charvan.\u2014 Mais taisez-vous donc, incorrigible bavard, je ne pourrai jamais achever ce que j'ai à vous dire.Seulement, je ne sais encore quand je me rendrai à leur appel ! \u2014 Oh! c'est pourtant bien simple! Je le sais, moi! \u2014 Eh bien! vous êtes plus fixé que moi ! \u2014 J'en suis très convaincu.\u2014 C'est peu vraisemblable, cependant, car toute ma décision dépendra de la santé de madame d'Echevail c je n'abandonnerai jamais tant qu'elle sera malade ! Rien ne pourra me faire oublier l'accueil que j'ai trouvé près d'elle, alors que, seule et désemparée, elle m'a reçue à son foyer, non comme une dame de compagnie, mais comme une amie.\u2014 Dites donc comme sa fille, et vous serez encore plus dans le vrai ! soupira comiquement Charvan.La jeune femme regarda le gentilhomme d'un air sévère.\u2014 Ah! çà, marquis, où voulez- vous en venir ?Voilà un moment que vous ne cessez de m'interrompre par des réflexions plus ou moins ironiques et obscures ; précisez votre pensée, je vous en prie ! \u2014 Je m'en garderai bien, ma belle enfant ! Tout au moins pas avant d'avoir entendu la fin de vos confidences.Vous me disiez donc que vous ne saviez encore a quelle époque on pourrait espérer votre présence à Ar- lac ! Je communiquerai aux Leteslier les raisons qui vous retiennent, et je me permettrai de les préparer à une attente qui peut se prolonger au delà \u201cde toute prévision ! \u2014 Mais, pas du tout, Charvan ! je ne vous ai pas dit un mot de cela! L'état de madame d'Echevail va certainement s'améliorer à Pontaillac, comme l'année dernière ; or, son fils viendra la rejoindre au mois d'août; à cette époque-là, à moins de choses imprévues, je serai libre de retourner chez mes beaux-parents.\u2014 Il faut toujours prévoir l'imprévu, ma jeune amie, apprenez ça ! Je n'aurai garde d'oublier de le rappeler a Arlac! Est-ce tout?.N'avez- vous plus rien à me dire ?\u2014 Si, certes, mon ami, il teste une question très délicate à traiter ; dans sa lettre, Monsieur Leteslier fait allusion à la grosse fortune dont il ne sait comment disposer ; qu'il ne croie pas au moins, que l'attrait de leur richesse inspire ma décision.Je refuserai absolument toute disposition faite en ma faveur ; dites-leur bien Mars 1939 que c'est la seule condition de mon retour parmi eux.«Je n'accepte qu'un don : la maison d'Arlac et la propriété qui l'entoure ; elle constituera avec la tombe de mon pauvre mari, le plus précieux des souvenirs.S'ils veulent bien m'y aider, nous organiserons là une maison de campagne pour les adolescents atteints d'anémie ou de maladies lentes, que l'air des pins peut vivifier.On donnera à cet asile le nom de fondation Bertrand Leteslier, et ce sera la joie de mes vieux jours de me consacrer tout entière à cette œuvre.Charvan sourit d'un air douloureux et comique.~ Parfait ! Je vous vois d'ici vêtue d'une robe de laine à petite pèlerine courte, coiffée d'un bonnet noir, quelque chose qui tiendrait à la fois de la veuve et de l'orpheline : vous serez exquise.uis, d'un ton bourru : \u2014 Eh bien! et moi?que devien- drai-je dans tout cela ?N'aurez-vous pas une situation de vague directeur de conscience à m'offrir ?Diane ne put s'empêcher de rire.\u2014 Oh! non ! certes ! Il n'y a rien de mystique en vous et vous êtes bien trop taquin pour que je vous assure un avenir près de moi!.Si vous êtes sage .vous resterez l'ami ! \u2014 Allons ! tant mieux! cela ne me changera pas de mes anciennes fonctions; c'est une situation définitive à laquelle je me prépare depuis longtemps.Encore une question, Diane, vous permettez ?\u2014 Non, Charvan, pas un mot de plus ! Je sens que vous allez dire une bêtise Partez ! Au revoir, mon cher marquis, mon grand ami! \u2014 Pas encore ! Je puis vous affirmer que je me suis rarement senti aussi sérieux.Et assurant son monocle, avec le geste qui lui était familier dans les grandes circonstances, le charmant homme prit les deux mains de Diane, la regarda bien en face, dans les yeux, et lui dit à voix basse, l'air grave : \u2014 Et le docteur Jean d'Echevail, qu'en faites-vous de celui-là, ma chère enfant ?Le visage de la jeune femme s'empourpra.Elle fit le mouvement de fuir, de s\u2019arracher de l'étreinte de son ami.\u2014 Chut ! fit-il, ne vous fâchez pas, petite déesse ! et ne vous donnez pas la peine de me répondre, votre visage a été assez éloquent.Je suis fixé.Au revoir ! Et baisant les deux mains qu'il tenait dans les siennes, le marquis de \u2018Charvan s'éloigna d'un pas encore rapide et élégant.Chapitre XVII NCONSCIEMMENT, dès le lendemain de son arrivée à la Chaumière, Diane reprit les chères habitudes passées.Matinale, elle gagna le parc, et comme elle descendait la pente de la dune, les bras chargés de sa moisson coutumière de fleurs, il lui fallut chasser de sa mémoire la douce mélodie de Raynaldo Hahn, qui chantait en elle.Une odeur subtile, évocatrie de tendresse, s'exhalait du sable fin et montait jusqu'à la jeune femme ; elle s'agenouilla et découvrit, parmi les aiguilles de pin qui jonchaient le sol, tout un semis d'œillets sauvages nouvellement éclos.Elle se souvint de ceux que, non loin de là, elle était venue ramasser un soir, après les avoir bannis de sa présence ; desséchés maintenant, ils dormaient pieusement enfouis parmi ses chères reliques.Et elle resta songeuse devant la profusion de souvenirs qui l'accablait dès la première heure.: Des souvenirs! c'est tout ce qui lui resterait désormais pour apaiser son cœur.Elle les cueillerait un a un, comme elle venait de cueillir ces fleurs, et elle emporterait là-bas ces vestiges du bonheur perdu ! Diane se sentit seule et sans défense contre elle-même.Maintenant que tout était fini, elle ne luttait plus, le courage lui manquait, et elle se prit à regretter les jours du passé, chargés de tumultueux émois, si vibrants de l'attente d'événements imprévus.Comment, ô insensée, avait-elle pu, à ce moment de sa vie, souhaiter à fuir pour recouvrer la paix, alors que c'était dans ce désarroi sublime des premières atteintes de son amour, qu'elle avait commencé de vivre les seules heures véritables de son existence ! Aujourd'hui, elle n'attendait plus rien que l'ultime souffrance, venue de l'irrévocable séparation.Sans doute ne se reverraient-ils guère, car elle devait partir dès le retour de Jean d'Echevail.Lui-même n\u2019en avait-il pas décidé ainsi ?Depuis l'étrange soirée \u2018qui les avaient invités d'un commun accord de se retrouver sans témoins.Quelques matins encore, la clinique les réunit ; courbés sur un même labeur, oublieux de leur propre misère pour soulager celle des autres, ils travaillèrent ensemble jusqu'à la veille du départ, et cefte collaboration, pensait Mme Leteslier, devait rester sa plus douce fierté.Ce jour-là, comme, après un remerciement courtois et grave du docteur d'Echevail, Diane, en proie à une secrète tristesse, quittait lentement ses habits d'infirmière, Sœur Thérèse de Jésus vint la rejoindre.\u2014 Alors, ma fille, essaya la religieuse d'un ton enjoué, vous déposez pour longtemps ces glorieux insignes?Il est vraisemblable que, désormais, vous n'aurez plus l'occasion de faire de la chirurgie, et.Elle s'arrêta devant le visage désolé qui se levait vers elle.\u2014 Mais qu'avez-vous ?Qu'y a-t- il, mon enfant ?.et pourquoi êtes- vous ainsi bouleversée ?.\u2014 Hélas ! ma Sœur, soupira la jeune veuve, je n'en puis plus, Je me sens aussi désemparée que lorsque vous m'avez accueillie dans cette maison pour la première fois !.Ah! ne me grondez pas.C'est encore la souffrance qui m'attend là-bas, je le sais bien! Toute la tristesse des anciens jours m'accablera lorsque je retrouverai ces choses et ces êtres qui furent si intimement liés à mon malheur.Oserai-je vous le dire?Je ne peux croire encore à l'affection nouvelle et si inattendue qui m'est iffer- te : elle vient après trop de mal ! Et si jamais j'arrivais à y croire, comment pourrais-je y répondre ?L'élan que je souhaitais n'est point en moi.Il me faudra tromper ou faire souffrir!.Ah! si je ne vous quittais pas, au moins, vous, mon incomparable amie ! Mais il me faut dire adieu à tout ce que jaime.\u2014 Non! pas adieu, mon enfant! Nous nous retrouverons.\u2014 Quand donc, ma Sœur?De Royan je me rendrai directement à Bordeaux, et je n'aurai plus aucune raison de revenir à Paris.Si, ce- .pendant.Promettez-moi que tous les ans, au moment de la retraite des dames infirmières, vous me ferez signe ; je serais si heureuse de vous servir ! 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Séchez vos larmes ! Dieu mène les choses ! Du moment où vous avez retrouvé une famille, nulle raison ne peut subsister de prolonger chez des étrangers une situation aussi délicate que la vôtre.Vous avez un asile désormais, un foyer qui vous attend ! Commencez une vie nouvelle, le bon Dieu vous devait bien cette compensation! Mais Diane ne se rendait pas.En elle une révolte grondait, lui montrant l'inanité de tels bienfaits.Famille, asile, foyer, tout cela l'accueillait trop tard ! Et elle reçut les adieux de Sœur Thérèse, ses derniers conseils avec une résignation morne, où nulle pensée d'espérance ne venait mettre de joie.Elle partit.Le commencement de juillet fut pluvieux, cette année-la, sur la côte gasconne.Mme d'Echevail sortait peu et l'amélioration attendue était moins rapide que l'année précédente.Les deux femmes vivaient dans une intimité qui, chaque jour, se faisait plus affectueuse.Sachant que les heures étaient comptées, Diane n'esssayait plus de tenir les élans de sa tendresse ! Cette noble femme, vers qui son cœur filial s'était porté spontanément, elle la chérissait doublement à présent parce qu'elle était la mère de Jean.Elle n'avait point osé lui dire ses projets de départ ; une espérance vague, à peine formulée, la poussait inconsciemment à attendre, car elle n\u2019acceptait pas encore l'irréparable.Elle se sentait adoptée, aimée, devenue presque indispensable! Ft cela retardait l'heure où elle devrait parler, accordant ainsi un sursis à sa propre douleur.Depuis leur arrivée, Mme Letes- lier envoyait plusieurs fois par semaine, fue Murillo, un bulletin précis, relatant, sans commentaires, l'état de santé de Mme d'Echevail.Le docteur, lui, écrivait rarement.Et Diane comme autrefois, se faisait la lectrice de ces lignes brèves où la sollicitude filiale se révélait en dépit de la forme laconique.Pour elle, d'ailleurs, jamais un seul mot.Or, il arriva qu'une fois Diane ayant été chargée par Mme d'Eche- vail de demander quelques livres au docteur, elle reçut à son adresse toute une caisse destinée à renouveler la bibliothèque de la Chaumière.Et tandis que la jeune femme procédait au classement de l'envoi, un volume la frappa, dont la reliure précieuse, fatiguée, accusait un usage fréquent.Comme elle en cherchait le titre, le livre s'ouvrit de lui-même sur une page que marquait une fleur fanée.En marge d'une pièce de vers, des citations de Maeterlinck étaient transcrites au crayon : « N'est-ce pas le silence qui détermine et qui fixe la saveur de l'amour ?» « S'il était privé du silence, l'amour n'aurait ni goût ni parfum éternels.» Un trait d\u2019ongle soulignait la poésie d'Armand Sylvestre : O colombe! j'ai fait des blancheurs de ta plume Un doux nid où s\u2019endort quelquefois l\u2019amertume Des secrets désespoirs et des pleurs clandestins, Dont la douleur d'aimer a comblé mes destins.Celle qui m'\u2019apparut au seuil de ces géhennes Où j'ai bu tour à tour les amours et les haines, Portait un lys, des pleurs de l\u2019aurore mouillé, Et mes désirs tremblants ne l\u2019ont pas effeuillé.Sans que son pied divin se posit sur ma vie, Elle partit ! .et mol je ne l\u2019al pas suivie Et j'ai gardé, pourtant, sur mon âpre chemin La pâle fleur qu'un soir laissa tomber sa main Bien qu'avec cette fleur, je n\u2019emporte rien d\u2019elle, Ni le premier aveu, ni le serment fidèle, Au plus cher de mon cœur j'ai ce rien enfermé, Rien ne reste de nous que ce qui fut rêvé! .Et Diane, frémissante, relut par deux fois la triste et douce musique des strophes qui chantaient, avec une vérité si fidèle, l'étrange histoire de son amour.Il avait donc compris, il savait donc qu'elle l'aimait !.Il le savait, et il la laissait partir.Baisant furtivement la page un peu jaunie, elle l'emporta chez elle et l'enfouit au milieu des pauvres œillets mourants qui embaumaient envore les dentelles de son armoire.Cependant, on arrivait aux premiers jours de juillet et Diane constatait que, loin de s'améliorer, la santé de Mde d'Echevail devenait maintenant plus précaire.Flle écrivit au docteur qu'elle trouvait sa mère fatiguée ; la tension artérielle augmentait, les douleurs de tête étaient revenues, les troubles de la vue s'accentuaient ; elle le priait de lui donner le nom d\u2019un médecin éclairé et de lui indiquer quelle décision immédiate il y aurait lieu de prendre en cas d'accidents nouveaux.Or, dans la nuit suivante, Florine, bouleversée, vint réveiller Mme Le- teslier ; sa maîtresse lui semblait très souffrante, elle se plaignait de douleurs lancinantes dans les yeux, elle delirait.Pleine d'angoisse, Diane se rendit en hâte près de la malade, et elle demeura consternée, constatant qu'une seconde congestion semblait imminente.Recouvrant tout son sang-froid devant le danger, elle appliqua des révulsifs énergiques et, dès les premières heures du matin, elle télégraphia à Paris, ne cachant pas au docteur que l'état de sa mère lui parais sait grave.Vers la fin de la journée, comme des applications de glace semblaient avoir apporté un peu de soulagement, la jeune femme reprit un instant courage, espérant que le rapide de sept heures amènerait celui dont elle souhaitait la présence de toutes les forces de son âme.Mais l'heure passa sans que Jean d'Echevail parût; la dépêche était arrivée après le départ du train sans doute.Et, avec le soir, le mal empira ; la malade recommençait à se plaindre, semblant n'avoir conscience que de son mal, ne répondant plus à son amie.Evidemment, la congestion gagnait.Jean arriverait-il trop tard ?.Eperdue, voulant conjurer le malheur, Diane eut une inspiration soudaine.Revétant en hate sa blouse d'infirmière, elle choisit dans sa trousse une lancette acérée, puis aidée de Florine et de Mazeau, après avoir pratiqué une ligature, elle ouvrit une veine de ce pauvre bras inerte, insensible à toute douleur.Le sang glissa, noir et épais, puis, sous la compression du doigt délicat, il ne coula plus qu'à gouttes pressées et lourdes.LA REvuE POPULAIRE Et Diane, toute blanche dans ses habits de toile, son beau visage grave et absorbé en une attention émue, tressaillit tout à coup lorsque la voix aimée se fit entendre tout près d'elle.Elle ne céda pas, néanmoins, au désir violent de lever la tête, et de le contempler, mais elle fut ravie d'une joie intérieure en écoutant ces paroles d'espérance : \u2014 C'est bien! disait Jean d'Eche- vail, de sa voix vibrante.Tout le salut est là! C'est le seul espoir qui nous reste, et je vous bénis d'avoir mieux fait que je n'eusse fait moi- méme.Laissez, laisez couler le sang! Je suis avec vous, Diane, n'ayez plus peur ! Grâce à vous, si le ciel le permet, nous sauverons au moins sa vie.Toute la nuit, ils veillèrent, luttant contre la mort, unissant leurs efforts pour guérir celle qu'ils chérissaient d'une même tendresse, penchés encore une fois sur la douleur humaine, laquelle maintenant était devenue leur.Comme l'aube se levait, Mme d'Echevail sembla sortir de la prostration qui l'accablait depuis la veille; elle poussa un faible soupir et fit mine de vouloir se redresser ; son fils se pencha sur.elle, il l'appela doucement : « Maman!.Mère!.» Tout en la soutenant, il examinait son visage.Soudain, le docteur redressa sa taille, regarda le Christ comme pour implorer la force dont il avait besoin, puis il alla aux fenêtres closes et les ouvrit toutes grandes aux premiers rayons du soleil nouveau.evenu vers la malade, il demanda, la voix suppliante : \u2014 Mère ! Vous m'entendez, n\u2019est- ce pas?Elle ne répondit pas tout de suite, mais au bout de quelques instants : \u2014 Oui, mon enfant, je t'entends | \u2014 Vous trouvez-vous mieux ?\u2014 Certainement .Je vais mieux.\u2014 Mais.et il eut un moment d'hésitation, puis dans un effort, il poursuivit : \u2014 Pouvez-vous me voir ?Un silence, la malade hésida, enfin, l'ai angoissé : \u2014 Te voir ?non, mon Jean ! il fait trop nuit encore.Trop nuit!.La lumière éclatante d'un matin radieux inondait le lit de la malade ; les yeux grands ouverts, mais le regard terne, elle cherchait à deviner où était son fils.Le docteur étouffa un gémissement et s'enfuit sur le balcon couvert de fleurs grimpantes qui entourait la paisible Chaumière.Diane le retrouva quelques instants après, adossé au lierre de la muraille, courbé par la douleur, deux larmes muettes coulaient sur son mâle visage.Il regarda la jeune femme qui avançait vers lui, grave et pure, éclairée par le plus resplendissant amour.« Diane, s'écria-t-il, vous l'avez sauvée, mais Dieu n'a pas voulu que le miracle fit complet.Notre mère est aveugle ! » Et comme en sa tendresse désespérée il lui tendait les bras en un geste de supplication et de prière, elle sentit qu\u2019il appelait son amour.Doucement, elle vint se blottir tout contre lui, et, sans un mot, cœur contre cœur, dans le silence de leurs deux âmes déchirées, ils comprirent qu'ainsi unis, ils pouvaient tout supporter de la vie, la joie et la douleur.Car: «Il y a dans ce que taisent les lèvres, de l'amour profond et véritable, des milliers et des milliers de choses, que d'autres lèvres ne pourront jamais taire.» FIN bre ep dant des cheapie a \u2018> - Mars 1939 Nos vieilles familles canadiennes par Emile FALARDEAU BAUDON-DIT-LARIVIERE Mme Blanche L-P., Victoriaville, P.Q.L'ancêtre de votre famille est : Jacques Baudon-dit-Larivière.Il est né vers 1665 du mariage de Jean Bau- don et de Jeanne Jay demeurant dans la paroisse de Thairé, diocèce de La Rochelle.Il dut arriver au Canada en 1687, accompagnant le gouverneur Denonville et prendre part au siège de Québec en 1690, quand l'amiral anglais Phips attaqua cette capitale.23 février 1690 à Sainte- Famille, île Orléans, il épousait une Canadienne, baptisée à Sainte-Anne de Beaupré le 15 septembre 1671 : Marguerite Vérieul, fille de Nicolas Vérieul-dit-Vidieux et de Marguerite Hyardin.CERE M.P.C,, Senneterre, P.Q.Il nous est impossible de donner l'origine des familles Céré ou Serré qui ont vécu à Boucherville.Trois colons du nom de « Seré » venus Je différentes parties de la France ont fait souche en ce pays.Le premier : Jean Seré, marié à Montréal le 9 février 1694 avec Jeanne Pion-dit-Lafontaine.deuxième : André Seré-dit- Saint-Jean, marié à Québec le 3 mai 1706 avec.Marie-Anne Boilard.Le troisième: Jean Seré-dit- I'Eveillé, soldat dans la compagnie du sieur de Portneuf, marié le 7 juin 1722 avec Marguerite Filde-dit- Sergent.° CHASSE - Mme J.F.C., Beauceville-Est, P.Q.L'ancêtre de votre lignée de famille est : Jean Chassé, né vers 1705.Il était le fils de Sébastien Chassé et d'Elisabeth Grandmaitre, de la paroisse de Lesursone, diocèse de Besançon.Il s'est marié deux fois à Kamou- raska et eut des enfants des deux mariages.) Le premier mariage eut lieu le 27 uin 1735, alors qu'il épousait Marie- Josette Mignault.Le deuxième mariage eut lieu le ler août 1757.Il épousait Marie-Louis Angélique Asselin.e DULAC M.Geo.Alb.D., Saint-Zénon, P.Q.Le nom Dulac est le surnom qui était attaché a la famille Bonhomme.Votre ancétre est Nicolas Bonhom- me-dit-Beaupré (parce qu'il a vécu dans la côte de Beaupré et Dulac ; \u2018 parce qu'il devait vivre auprès du ac) naquit en France vers 1615.Il était le fils de Nicolas Bonhomme et de Marie Gayou (lire Gagnon) de la paroisse de Sainte-Croix de Fécamp, en ancien pays de Caux, en Normandie.En date du 2 septembre 1640, chez le notaire-royal Piraube, à Québec, il passa un contrat de mariage avec Catherine Gouyette ou Goyet.Le mariage dut avoir lieu vers la même époque (les registres sont disparus).therine Goyet était la fille de Léonard Goyet et de Catherine du = Françoys, de la paroisse de Thury, en Normandie.e DUFOUR-DIT-LATOUR M.J.B.D., Rivière du Loup, P.Q.Il y a eu différentes souches du nom de Dufour mais puisque vous avez eu la bonne pensée de mentionner le surnom qui est attaché à votre famille, il nous est possible de vous en donner l'origine : Pierre Dufour-dit-Latour était un soldat dans la compagnie du sieur de St-Ours.Il est né vers 1695 du mariage de Michel Dufour et d'Hélène Neveu de la paroisse de Saint-Jarry- ville d'Arras, en Artois.Le ler juin 1722, à Montréal, il épousait Geneviève Guignard, fille de Pierre Guignard-dit-d'Olonne et de Marie-Françoise T'ierce.LATREMOUILLE Mlle Y.L., Montréal, P.Q.Il n'y a que quelques générations que le surnom « Latrémouille » attaché à la famille Millet est devenu nom propre de famille.L'ancêtre de votre famille : Syl- vain-Jacques Miguet-dit-Latrémouille, sergent dans la compagnie du sieur de Beauvais, naquit en France vers 1666.Il était le fils de Léonard Miguet et de Catherine Dincéte de la paroisse de Saint-Syvrand, diocése de Poitiers en ancienne province du Poitou.Le 27 novembre 1706 à Montréal, il épousait Marie Vaudry, veuve de Claude Crépin.Elle était la fille de Jacques Vaudry et de Jeanne Renault.RACICOT Mlle D.R, N.D.G, Montréal, P.Q.Toutes les familles Racicot tant du Canada que des Etats-Unis descendent d'une même origine, et c\u2019est : Jacques Racicot (et Rassicaud) naquit vers 1688.Il était le fils de Michel Racicot et de Geneviève Allard demeurant dans la paroisse Saint- Jean, ville de Chateau-Gontier, diocèse d'Angers, en ancienne province de l'Anjou.Le 6 mai 1715 à Québec, il épousait une Canadienne baptisée à Char- lesbourg le 14 juillet 1694 : Marie- Jeanne Labbé.Celle-ci était la fille de Jean Labbé et de Marie-Anne Failly.° GIGNAC M.Jean G., Joliette, P.Q.Avant 1700 il y a eu plusieurs curés qui n'ont pas tenu compte de l'ordonnance du roi de France, qui ordonnait d'inscrire les actes de l'état civil dans deux registres dont un devait être déposé au greffe et l'autre devait demeurer dans la paroisse.Depuis, un grand nombre d'églises ont été consumées par le feu.Voilà ce explique la raison que le mariage de votre premier ancêtre ne peut être retracé.Le plus loin que nous puissions nous rendre est au Cap-Santé en 1689, où il faisait baptiser un garçon du nom de Jacques le 8 mai.Peut-être un jour un chercheur plus heureux que nous pourra-t-il retracer un contrat de mariage qui nous donnera les informations qui manquent jusqu'ici ! @ Cela prouve que vous n\u2019avez pas encore découvert le Bouquet Délicat et la Saveur Riche et Corsée du Pn Story TYPE PORTO TYPE SHERRY 59 Distillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de - JOHN de KUYPER & SON, Distillateurs, Rotterdam, Hollande.MAISON FONDÉE EN 1695 Se SL (GENEVA SE STRETOR GENEVA, Be (| ON POUR A MAISON gn 10 onces 26 onces 40 onces 9c $2.00 $2.80 Le vrai goût de Hollande a toujours distingué ce vieux gin bienfaisant et les vrais Canadiens l'ont toujours préféré depuis plus de cent ans! 60 quelques combattants.Se prolongeant dans les esprits après la disparition de la revue, elle parut devoir se terminer par le triomphe du « régionalisme » que l'on opposait à l' « exotisme », lorsque successivement .Ro- quebrune, Dugas, Morin décidèrent d'aller habiter désormais la France.Or après une courte flambée (les Rapaillages de l'abbé Groulx, les Croquis laurentiens du Frère Marie- Victorin, La Vieille Maison de Blanche Lamontagne, etc.), on vit le régic- nalisme s'atténuer.Le ton héroigue des nouvelles historiques et des contes du terroir baissa.Une nouvelle énération plus féconde que toutes fes précédentes, oubliant les querelles auxquelles elle n'avait pas pris part mais qui avaient assaini l'atmos phère, se mit tout simplement à écrire.Des romanciers : Alain Grand- bois, Léo-Paul Desrosiers, Jean- Charles Harvey, Rex Desmarchais, Harry Bernard, Damase Potvin, Michelle Le Normand ; des économistes lettrés : Victor Barbeau, Hermas Bastien, aprés Edouard Montpetit : des poètes : Robert Choquette, Med- je Vézina, Jovette Bernier, Alfred Desrochers, Simone Routhier, Roger Brien; on s'esseya même au théâtre: Henri Letondal, Yvette Gouin, Monique.Dès lors il n'était plus question de garder les yeux rivés au terreau lau- rentien comme le voulaient certains « régionalistes ».Certes, le roman paysan continua : sur le ton de l'épopée avec l'abbé Savard (« Menaud, maître-draveur »), en notes simples avec Clément Marchand (« Courriers des Villages ») ou avec une tonalite plus rude (Valdombre : « Un homme et son péché »).Mais les poètes rimeront ce qui leur chaut : Jovette Bernier, «Les Masques déchirés»; Simone Routhier, « L'immortel adolescent » ; Robert Choquette, son « Metropolitan Museum », où, dans un des meilleurs poèmes écrits chez nous, il célèbre la civilisation américaine.Pendant ce temps, Paul Morin et René Chopin continuent, le premier, la tradition parnassienne, le second celle du symbolisme.Quant aux romanciers, ils s'inspireront les uns de nos villages, comme Robert Cho- quette dans La Pension Leblanc ; les autres de la société des villes, André Laurence, de Pierre Dupuy, Les demi-civilisés, de Harvey, ou de nos explorateurs grands et petits ( Né a Québec, de Grandbois, et Les Engagés du Grand Portage, de Desro- siers).Ils semblent tâcher à éviter le danger auquel Hémon lui-même n'a pas échappé et qui consiste à forcer la note héroïque du moment qu'il s'agit des terriens (cf.la fin de Maria Chapdelaine : Au Pays de Québec.rien ne doit changer.) La nature de notre pays est assez séduisante, le caractère de nos gens assez particulier pour qu'on raconte leur vie sans se croire obligé à la magnifier.Il y a chez nous une superbe matière, et nous avons le droit d'espérer voir un jour, écrit par l'un des nôtres, un roman de la force de\u201d La Puissance du Mensonge, de Bojer, ou des contes aussi typiques que les Contes péruviens, de Ventura Garcia Calderon.Voilà l'évolution qu'a subie, au Canada français, le mouvement litté- rairé.Il est une section de l'œuvre littéraire qui, périssable par sa nature méme, montre mieux que toute autre les tendances actuelles.Il s'agit du journal et de la revue.En effet, la production livresque est un miroir moins fidèle que ces publications ; car la lecture d'un livre peut facilement entraîner la sur ou la sous-estimation d'une période, d'un grou- LES LETTRES CANADIENNES (Suite de la page 5) pement.Il suffira pour cela de n'être pas tombé sur les meilleurs ouvrages ou les plus symptomatiques.Tandis que les périodiques fournissent à l'appréciation les éléments d'une pesée exacte.Et c'est de ce côté que le progrès est ici le plus manifeste.Il y eut autrefois la Lanterne, d'Arthur Buies (1889), Les Cahiers de Turc, de Victor Barbeau, Le Nigog.dont nous avons parlé.Les deux premiers n'étaient voix que d'un homme, et le dernier l'organe d\u2019une chapelle.Il existe aujourd'hui des publications analogues.Oeuvres d'un seul aussi les Pamphlets de Valdombre, où le très Léon-Bloysant Claude- Henri Grignon vitupère mensuellement en des pages vigoureuses écrites avec une matraque ; l'hebdomadaire Le Jour, où le romancier Jean- Charles Harvey défend, avant tout.le libéralisme culturel et politique.Mais il en existe d'autres, non plus unipersonnelles, tout comme il en existait autrefois.Seulement il y a une différence remarquable entre la tenue littéraire des revues d'aujour- d'hui et de celles d'il y a trente ans.Depuis cette époque, le ton d'une revue courante comme La Revue Populaire, par exemple, s'est relevé de plusieurs octaves sous la direction de Jean Chauvin.Les Idées réunissent mensuellement tout un groupe de jeunes critiques, essayistes, poètes.économistes.La Revue Dominicaine.dirigée par le R.P.Lamarche, O.P., est un modèle dont on n'avait jamais eu l'équivalent jusqu'ici.A Québec, Le Canada Français et Le T'erroir.La grande presse même a été influencée.La langue y était autrefois assassinée à colonnes pleines ; l'amélioration est sensible même chez les plus négligents qui ne sont pas les plus minces, hélas ! Si certains grands journaux continuent à ignorer à peu près les choses de l'esprit et donnent encore plus de place aux noces d'or de village qu'aux productions de nos écrivains, il en est d'autres auxquels nous devons beaucoup.Le Devoir continue à défendre (bien que sous forme d'un nationalisme peut-être un peu étroit à mon sens) la cause du français en Amérique britannique, sinon la cause de la civilisation fran- caise métropolitaine.À Québec, L'Action Catholique, à Ottawa, Le Droit, ont adopté la même attitude ; et d'autres.De même, en des centres plus restreints : aux Trois-Rivières, par exemple, noyau d'une activité intellectuelle régionale et intéressante, Le Mauricien.A Montréal, l'organe du parti libéral, Le Canada, continue la tradition de Rinfret, aujourd'hui ministre d'Etat, d'Asselin, le plus grand de nos polémistes ; dirigé par Rodolphe de Serres et Letell'er de Saint-Just, il donne, chose inouïe, une place au moins égale à l'information américaine et à la culture française et canadienne-française.Ce qui manque encore chez nous, c'est la pénétration dans les masses : notre public ne lit pas.Si «en Norvège un écrivain qui connaît le succès tire à cent mille», chez nous, pour une population égale, le succès pour un romancier est de vendre.cing mille! Fait auquel on peut trouver Le Nouveau Transcontinental (Suite de la page 7) de Lethbridge-Edmonton, via Calgary, est de 288 milles.À la fin de l'année 1938 la compagnie exploitait un service bi-quotidien de voyageurs et de courrier entre Vancouver et Seattle, un service de jour de messageries et de courrier entre Montréal et Winnipeg, un service de nuit de messageries et de courrier entre Winnipeg et Vancouver, un service de nuit de messageries et de courrier entre Lethbridge et Ed- mondton ; en tout la Compagnie faisait dix envolées par jour.Son personnel était de 306 personnes et ses avions avaient volé environ deux millions de milles.A mesure que les aéroports sont organisés, la compagnie étend ses services de transport.Il est probable qu'en 1939 elle aura un service de nuit pour le transport du courrier de Montréal à Vancouver et un service de voyageurs entre Montréal et Vancouver.Elle s'emploiera aussi à raccorder Montréal et Moncton, complétant ainsi sa grande ligne transcontinentale.Tout cela est d'autant plus remarquable que la Compagnie ne compte pas encore deux ans d'existence, qu'elle a dû pourvoir elle-même à sa propre organisation, depuis l'assemblage du matériel jusqu'à l'entraine- ment du personnel, et qu'à aucun moment elle n'a sacrifié le principe de sécurité qui la guide et sur lequel elle entend fonder toute son exploitation.Lorsque les beaux avions des LATC survoleront régulièrement le Canada d'un océan à l'autre, dans les deux sens, ce qui ne saurait tarder, le peuple canadien pourra être légitimement fier de son nouveau transcontinental aérien.Vos Enfants sont-ils Normaux ?(Suite de la page 14) avancé, il se contentera de regarder attentivement cette bouteille, ou il la secouera de toutes ses forces.S'il est âgé de quarante-quatre semaines, il devrait renverser la bouteille et en sortir la pilule qui y est contenue.Une autre expérience très fréquente est celle du crayon et de la feuille de papier.À trente-six semaines, l\u2019enfant doit porter le crayon à sa bouche, à quarante-quatre en frapper le papier et à cinquante-deux y tracer des griffonnages.À dix-huit mois, il devrait essayer de repasser avec un crayon sur les lignes que vous avez tracées pour lui.Il faut savoir gré au docteur Gesell de l'intelligente et utile initiative qu'il a prise au sujet du développement mental des enfants.C'est un problème dont on ne saurait trop se préoccuper, ni trop tôt.La Revue PoPuLAIRE des excuses, mais que l\u2019on ne peut ni nier, ni ne pas regretter.On comprendra que, manquant de clientèle, nos écrivains se sentent peu encouragés ; à moins d'être journaliste comme Harvey et Valdombre, on ne vit pas de sa plume au Canada français.Et c'est là un cercle vicieux puisque, je le crois, une meilleure production stimulerait le goût de la lecture dans le grand public.Mais il y a, pourtant, progrès.Le Gouvernement provincial de Québec, par son ministre M.Athanase David, avait eu, il y a une douzaine d'années, un geste heureux en instituant un prix annuel de littérature, prix substantiel ; la production s\u2019est accrue depuis lors et améliorée grâce à cet encouragement.Mais, ce qui s\u2019imposerait surtout, nous semble-t-il, c'est l'établissement de relations intellectuelles suivies avec la France, mère patrie bien volontairement acceptée parmi nos écrivains.C\u2019est là un problème vital.Que nos écrivains se voient adoptés par le grand public français, et cela leur apportera le stimulant qui leur fait défaut; que les écrivains français soient lus chez nous par plus de quelques milliers d'individus, et la masse canadienne s'ouvrira aux choses de l'esprit.À ce point de vue, l'établissement à Montréal du Collège Stanislas, filiale du Stanislas de Paris, est d'un très heureux augure et suscite un enthousiasme réel dans tout le Québec cultivé.Mais il faudrait que l'on fit plus.Le livre français atteint dans nos \u2018librairies un prix à peu près prohibitif et qui a pour effet d'en limiter singulièrement la diffusion ; le volume de cinquante cents se vend partout .un dollar ! On comprend ainsi que notre peuple, que déjà pourtant la chanson et surtout le cinéma français attachent aux choses de France, se jette sur le «magazine» améri- : cain où, pour dix ou quinze cents, il trouve une.pâture de quelques heures.Et peut-être faudrait-il aussi que nous sentions la France plus près de nous, un peu penchée sur nous.On dirait qu'une mystérieuse conspiration s'attache à perpétuer, à accentuer notre séparation et à élargir indéfiniment l'Atlantique.Ses livres, nous l'avons dit, sont un luxe ; sa radio ne se fait pas entendre ; et ses représentants officiels semblent, hélas! n'avoir qu'un désir : nous quitter au plus tôt pour des postes qu'ils jugent plus avantageux.Pendant leur séjour, leur contact avec les Canadiens français, à de rares exceptions près, est si vague que je défie la majorité d'entre eux de donner sur nous des op'nions qui ne soient pas entièrement livresques, si même elles ne sont pas la traduction littérale des préjugés de nos compatriotes anglais.Pour s'être intéressé à nous, André Siegfried a plus connu de nous en quelques se- Mmaines que beaucoup de diplomates en plusieurs années.Ainsi se dégage la réponse à la question que je posais au début de ces lignes : je demandais s\u2019il peut exister une littérature proprement canadienne-française.C'est certain, mais elle dépend beaucoup de la France.D'ores et déjà, pour un certain nombre d'entre nous, le choix est fait.Nous nous estimerions heureux si, mettant en commun avec nos frères de France ce que nous pouvons avoir de personnel, nous parvenions à faire reconnaître, sans autre plébiscite, la littérature canadienne- française comme une province intellectuelle de la littérature française.RINGUET.+8 Lave Rnd 122 \u201cOh, mon chéri! .c'que les voisins vont faire une tête! 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les boutons sont or et les feuilles vertes.Col étampé, doublure et instructions: 50 cents.Fils : 10 cents.Ceinture étampée, doublure et instructions : 40 cents.Fils : 10 cents.Boucle de ceinture : 20 cents.binaison de toile et de dentelle crochetée.On n'emploie que les points de crochet simple, de chaîne et de crochet double.Comprend un centre en toile étampé (écru ou blanc) et Modèle No C 105.Modèle Pine-les instructions pour faire la dentelle: apple (ananas) pour centre de ta-35 cents.Fil de coton No 20 pour la ble au crochet.Un charmante com-dentelle : 20 cents.Crochet No 35 : 10 cents.Modèle No 106.Coussin de canapé Mary Lou.Facile à blanchir et d'un usage quotidien.Joli et original.Comprend carré étampé, appliqué pour la jupe, dessus et dessous de coussin avec instructions : 55 cents.Fils : 5 cents.Bourrure 18 x 18 : 50 cents.° Adressez votre commandé aux Travaux Féminins, La Revue Populaire, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada.63 : Une ¢ du buste à I, aille choisissiez un ; ande oy modèle Sy, \u2018 AVIS ut uni, vo avec US trouve.arfaitement ; 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Mais ne vous arrétez pas là.C\u2019est par la pression et les frictions que se forment les cots; évitez cela et vous n\u2019aurez lus aucun cor jusqu\u2019à a fin de vos jours \u2014 facilement \u2014 sans douleur \u2014 sans manipula- APRÈS tion dangereuse.Par cette méthode scientifique, des millions de personnes se sont débarrassées de lrurs cors.Ne souffrez pas inutilement.\u2014 Désormais, vous n\u2019aurez lus la torture de ces cors douloureux et disgracieux.Achetez des Blue-Jay dès aujourd\u2019hui \u2014 seulement 25c pour BAUER & - Emplâtres BLACK anti-cor Avez-vous des cadeaux à faire.\u2026\u2026-Ne cherchez pas plus longtemps Abonnez vos parents et amis aus 8 grands magazines : Le Samedi La Revue Populaire et Le Pilm REMPLISSEZ NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT QUELQUES DÉBUTANTES 1.\u2014 Mlle Marie Tourigny.2.\u2014 Mlle Louise Edge.3.\u2014 Mille Marie Duchaine.4.\u2014 Mlle Geneviéve Lefaivre.5.\u2014 Mlle Madeleine Choquette.6.\u2014 Mile Madeleine Morissette.7.\u2014 Mlle Blanche Belleau.8.\u2014 Mille Adèle Baillargeon.9.\u2014 Mlle Frances Maher.Texte et photos du Studio Audet, 209, rue St-Jean, Québec.La Revue POPULAIRE Mars 1939 La peau rêche dis- / paraît vite, car la Galée \u201cVaseline\u201d la pénètre, l\u2019assouplit et l'adoucit.Plus de 100 usages à la maison.Evitez les succédanés.Recherchez la marque déposée \u201cVaseline\u201d.En pots, 10¢,15¢,25¢.En tubes, 25c.Vaseline MARQUE DÉPOSÉE GELÉE DE PÉTROLE EE d'agréables voulez soirées à la maison, quand rien ne vous appelle au dehors ou que vous n'avez tout simplement pas le goût de sortir, achetez \u2019 Vous passer LE SAMEDI et lisez-le d\u2019un bout à l\u2019autre.Un remède contre l'ennui.Une mine de renseignements de toutes sortes.Et, pour ceux et celles qui aiment les romans d'intrigue et d'amour, le meilleur magazine hebdomadaire qu'on puisse se procurer.Coupon d'abonnement LE SAMEDI CHinclus la somme de $3.50 powr 1 an, $2.00 pour 6 mois ov $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis: $8.00 poer 1 on, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 vour 3 mois) d'abonnement au Somedi.Adresse Vite \u2026 Prov, ov Etat .POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée 975, rue de Bullion, Montréal, Canada.FEDERATION DES OEUVRES DE CHARITE CANADIENNES-FRANÇAISES Campagne du 20 au 27 mars N OUS TENONS à apporter chaque année notre modeste concours à la campagne des Oeuvres de Charité Canadiennes-Françaises en leur consacrant un court article.Afin de ne pas nous répéter, nous attirons l'attention de nos lecteurs tantôt sur l\u2019une et tantôt sur l'autre de ces œuvres, toutes excellentes, et qui méritent à divers titres l'encouragement pratique que nous sommes en mesure de leur apporter.Les Camps d'Eté Ces colonies de vacances ont été établies dans le but de donner aux enfants des familles indigentes les avantages d'un séjour à la campagne.Les Grèves, que dirige avec tant de charité l'abbé Ernest Savignac, aidé d'une quarantaine de jeunes prêtres ou de séminaristes, reçoivent chaque été plus de 2,000 garçons, pour un séjour de trois semaines.eur voisine à Contrecœur, la colonie Jeanne d'Arc, accueille environ 250 petites filles, pendant quatre semaines entières.Les camps de santé Bru- chési, au Lac Lachigan, ont reçu, l'été dernier, plus de 500 enfants des deux sexes.Ils sont sous la compétente direction de Mlle Anysie Deland.De son côté, le camp du Grillon a hébergé, pendant deux mois, 300 enfants infirmes ou épileptiques.Il est facile de comprendre tout le bien que fait à ces petits et aux adolescents débiles ce séjour au grand air auquel s'ajoutent une nourriture abondante et saine, des jeux appropriés à leurs forces et à leur âge, un repos sagement réglementé.Le transport des enfants aux camps d'été est entièrement gratuit.Le Secours aux Chômeuses Cette œuvre prend soin des femmes et des jeunes filles dépourvues de l'emploi qui leur assurerait du pain.Elle paie leur loyer, leur cherche du travail, leur fournit des soins en cas de maladie et paie les frais de transport de celles qui, venues de la cam- Mme LUCIEN LAPORTE, secrétaire-trésorière du Secours aux Chômeuses.pagne, désirent retourner dans leur famille.L'année dernière, le Secours aux Chômeuses a payé la pension de 125 jeunes filles, fourni vêtements et chaussures à 120 femmes sans em- ayé des soins de médecins et à 75 ploi, de dentistes autres.Sans Mme HECTOR DERY.présidente du Secours aux Smeuses.compter de nombreux secours sous forme d'arrérage de loyers, gaz, lumière, etc.Le comité de Secours aux Chômeuses a pour présidente Mme Hector Déry; secrétaire-trésorière : Mme Lucien Laporte; assistante- trésorière : Mme Necker.La Fédération d'Hygiène infantile Cette œuvre si populaire est mieux connue sous le nom de Gouttes de Lait paroissiales.Elle assure le développement normal des nourrissons et veille sur la santé des enfants d'âge pré-scolaire.Elle enseigne aux mères, (Lire la suite page 66) Mile MARIE PELLETIER, en charge de la Fédération garde-malade d'hygiène infantile.FEMME VIEILLIE PAR LA SCIATIQUE Louange maintenant Kruschen Lorsque la sciatique s'attaqua à cette femme, il y a six ans, elle me pouvait se mouvoir sans éprouver les plus grandes douleurs.Les traitements de toutes sortes qu'elle suivit ne purent lui procurer le moindre soulagement.Mais il n'en fut pas ainsi de Kruschen.Lisez sa lettre : \u201cIl y a six ans, je souffris terriblement de sciatique.J'essayai toutes sortes de remèdes, mais sans résultat.Un jour j'achetai des Sels Krus- chen.Je fus soulagée dès les premières doses et, au bout de quelques semaines, ma sciatique avait complètement disparu.Aujourd'hui, je commence toujours la journée avec une pincée de Sels Kruschen dans un verre d'eau.Comme je suis veuve depuis quatre ans et que j'ai un fils à élever, mon existence est très remplie.Je tiens une maison de pension.Debout à 6 heures le matin, je ne puis guère me coucher avant 11 heures du soir.J'ai 52 ans mais on m'en donne à peine 32 \u2014 grâce aux effets bienfaisants de Kruschen\u201d.\u2014 (Mme) FER.Les douleurs aiguës qui caractérisent la sciatique sont souvent occasionnées par la présence de cristaux acérés d'acide urique dans l'enveloppe du grand nerf sciatique.Deux des ingrédients de Kruschen dissolvent ces cristaux, tandis que d'autres ingrédients en favorisent l'expulsion par les voies naturelles.Cette merveilleuse aventure.la entourage de ces femmes \u2014 peu importe leur âge \u2014 qui semblent douées d\u2019une jeunesse éternelle ?Leur regard exprime la joie de vivre, leur sourire a cette qualité indéfinissable des choses neuves, leur moindre geste remue de l'aurore autour d\u2019elles.Ont-elles un secret ?une formule ?.Non pas, mais elles ont recours à FEMOL pour s'affranchir des malaises particuliers à leur sexe et peuvent traverser la vie un sourire aux \u2019èvres.FEMOL n'est pas un simple calmant : ce concentré végétal va à la source du mal, soulage la douleur, tonifie les les organes et les rend plus aptes à remplir leurs fonctions naturelles.Ne souffrez plus inutilement tous les mois ou aux époques difficiles de votre vie.Demandez aujourd'hui même une boîte de FEMOL à votre pharmacien.1M * N° connaissez-vous pas dans votre ADOLESCENCE MATERNITÉ RETOUR DAH CONCENTRÉ PIREMENT VÉGÉTAL co et ze pates S voricatt GTA Junior 8 Foie Peithoete Leo! y LIM Tr CORSET 1LE C'EST ee on SAIT ° «un ® Q UV A y puste jeur® he re chos! e Le cont on femme phe 8 ence h Brassière Goth un s'ajuste A e fait sept mot es a t fire le © e Pre d ee ermeté ed pus les princi?n POPPI OO.POOP POP PIP POPE POPS POD + \u20ac POP OPO FOP SO 020 EN PRIX GRAND CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE DE \u201cLA REVUE POPULAIRE \u201c Vieilles maisons de ville ou de campagne Monastères Eglises Edifices publics Manoirs Couvents et collèges etc, etc.A \u2014 PAS D'ABONNEMENT EXIGÉ \u2014 TOUT LE MONDE PEUT Y PARTICIPER Pour les conditions de ce Grand Concours, ne manquez pas de lire \u201c La Revue Populaire \u201c d'avril LA Revue PopuLAIRE ON N'EST JAMAIS LAIDE par Denise LeMOYNE Jusqu'à dix-sept ans, Odette était un bon petit diable ébouriffé, qui ne pensait qu'à rire.Et puis, en quelques mois, elle s'est transformée ; elle est devenue moins pétulante, elle a pris l'habitude de raccommoder soigneusement ses bas, de se coiffer avec application, mais pas toujours avec goût, et de se mettre de la poudre; elle en met même quelquefois un peu trop.Ses amies, et peut-être sa mère, disent : «Elle change, mais pas à son avantage ».Odette entend cette critique maladroite, s'en froisse et se poudre un peu plus.Oui, elle change.Il faudrait être bien naif pou: s'en étonner.Ce qui serait anormal, c'est qu'elle ne change pas.Le rôle de ceux qui l'aiment et qui ont mission de la guider n'est pas de l'empêcher de se transformer mais plutôt de l\u2018y aider pour que cette transformation soit un progrès, La maman qui voit sa fille devenir une femme se dit avec mélancolie : « Pourquoi grandir si vite: j'ai à peine eu le temps d'avoir une petite fille, de choyer son enfance, que c'est déjà une grande personne ».D'autres, plus coquettes, craignent d'être, à cause de leurs grands enfants, reléguées dans l'ombre.Beaucoup ne réfléchissent pas à tout cela, mais de nouvelles habitudes de co- quetfterie leur semblent un relâchement dans la bonne tenue de famille.Cest pourquoi les reproches ne sont pas épargnés à la jeune fille qui s'exaspère et se bute.Elle pense qu'on est un peu injuste, qu'on ne l'aime pas assez, qu'on veut l'ennuyer.La pauvre petite aurait bien plus besoin de conseils que de réprimandes.Elle est souvent très malheureuse parce qu'elle est timide, parce qu'elle se croit laide, parce qu'elle ne sait pas corriger ses imperfections, L'exagération même de\u201d son maquillage, le geste nerveux de se regarder dix fois de suite dans une glace, prouvent surtout qu\u2019elle doute d'elle-même, et que ses petits défauts lui apparaissent démesurément grossis.C'est là que l'aide d'une maman compréhensive et expérimentée devient nécessaire.Il faut d'abord faire comprendre à la jeune fille qu'à quinze ou vingt ans, on n'est jamais laide.À cet âge, on a une fraicheur, non pas seulement de teint mais encore de gestes, d'expression, de sourires, qui attire autant qu'une grande beauté.Et puis, il faut lui offrir des remèdes à ses maux.Elle ne sera plus tentée de forcer son maquillage si son teint est bien soigné et débarrassé peu à peu de l'acné qui la désole.Elle cherchera moins de coiffures excentriques si ces cheveux, bien portants, sont naturellement brillants et souples.\u2019 C'est aussi dans le choix des toilettes qu'il faut guider son goût.Il faut lui dire que les couleurs les plus vives, les plus gaies lui sont permises ; qu'elle n'usera jamais assez des formes sport et des garnitures de lingerie ; que ses robes du soir doivent être larges et jamais moulantes ; qu'on ne s'amincit pas en taillant ses jupes trop étroites, mais qu'on se donne un mauvais genre.Et sur ce point, une jeune fille ne sera jamais assez circonspecte ; rien ne peut l'enlaidir, lui enlever sa précieuse jeunesse plus que d'avoir mauvais genre, FEDERATION DES OEUVRES DE CHARITE CANADIENNES-FRANÇAISES (Suite de la page 65) dans des consultations éducatives gratuites, les principes d'hygiène et la manière de prévenir la maladie chez leurs petits.Le bureau-chef de la Fédération d'Hygiène infantile est situé rue Robin, dans la paroisse Sainte- Catherine.Il est sous la direction de Mille Marie Pelletier.Deux médecins y sont spécialement attachés : les docteurs J.-E.-L.Miller et Léopold Lamoureux.Cette Fédération exerce sa bienfaisante action dans 26 centres paroissiaux.Ses infirmières ont fait, au cours de l'année passée, 28,- 594 visites.Ses médecins ont donné 84,900 consultations gratuites.Voilà des chiffres qui disent mieux que les plus éloquents discours quel bien immense découle de cette œuvre essentiellement patriotique.Elle sauve, en même temps que notre précieux capital humain, un capital financier considérable en soignant gratuitement les.enfants pour en faire des êtres sains, normaux, vigoureux.L'Aide à la Femme L'Aide à la Femme a été fondée le 12 janvier 1931 par Mlle Maria Bourke qui en est encore actuellement la dévouée directrice.Le but de cette œuvre est de secourir les femmes dans le besoin, quels que soient leur âge, leur nationalité et - leur religion; de leur venir en aide moralement et physiquement en leur procurant le gîte et la nourriture nécessaire à leur subsistance ainsi qu'à celle de leurs enfants.Programme qui peut paraître simple au premier abord, mais qui embrasse tellement de misères et de miséreuses que pour le remplir l'Aide à la Femme, dont les débuts avaient été très modestes, s'est transformée en une grande institution.RECTIFICATION Une erreur s'est glissée, dans le montage de la page 10, numéro de février de notre revue, \u2014 erreur que nous tenons a relever ici.Nous avons mis le nom du Dr Rose Hébert, dentiste de Sainte-Agathe, sous la photo de Mme Richard-Walter Fleming, avocate (née Julette Gauthier) et inversement.Ces photos illustrent l'article de notre collaboratrice Thérèse Fournier sur les carrières libérales ouvertes à la femme dans la province de Québec. Mars 1939 67 - \u201c Avez-vous de la misère à rouler, de ce temps-ci?\u201d \u201c Mais non ! Ça va très bien depuis que je me sers de la gazoline qu'il faut!\u201d ECOUTEZ LE PROGRAMME \u2018\u2019 TUNE-UP TIME ** avec Waller O\u2019Keefe et l'orchestre d\u2019André Kostelanetz .Kay Thompson et les Rhythm Singers.Tous les jeudis.Réseau Columbia, 10 h.p.m., HN.E.POURQUOI TOUTE AUTO A 3 GENRES DE RENDEMENT l'autre jour la conversation suivante avec Fred Gingras, le garagiste.\u201cPred,\u201d dit Jos, \u201cje voudrais bien que mon auto donne son rendement de première classe !\u201d | LAPORTE \u2014 le facteur rural \u2014 eut \u201cDe quelle gazoline te sers-tu!\u201d demanda Fred.\u201cQuel rapport y a-t-il entre la gazoline et le rendement ?\u201d \u201cQuel rapport?Attends que je t'explique.Sous le capot de toute auto moderne, mon cher Jos, se trouve un dispositif .appelé le régleur de l'allumage.qui contrôle le rendement du moteur.Plus jé l'avance, plus ton moteur a de force et plus tu obtiens de millage.\u201d \u201cVas-y, Fred! Avance mon allumage a sa limite.\u201d \u201cNe va pas trop vite en affaire, mon vieux.Si je l'avance plus que ne le permettent les propriétés anticognantes de la gazoline qu'il y a dans le moteur, ton moteur va sûrement \u2018\u2019cogner\u201d\u2019.ETHYL GASOLINE CORPORATION, \u201cJe comprends \u2014 meilleure est la gazoline, meilleur est le rendement.\u201d \u201cC'est absolument ça ! Le rendement du moteur dépend du type de gazoline qu'on y met.\u201d Et c'est pour cette raison que Jos Laporte choisit tout de suite la meilleure gazoline.Si vous voulez en faire autant, guidez-vous sur le tableau ci-contre.Sovez-vous ce que font les compagnies pétrolières pour améliorer le rendement des autos ?Les compagnies pétrolières du monde entler emploient aujourd'hui le tétraéthyle de plomb pour améliorer les propriétés anticognantes de leurs gazolines.Cela permet aux automobilistes de tirer un meileur parti des moteurs à haute compression qu\u2019on fabrique depuis quelques années.Le tétraéthyle de plomb est un liquide qui améliore la gazoline en s\u2019y \u2018\u201cincorporant et augmente l\u2019anticognant de tout carburant.C'est l'ingrédient actif des fluides anti- cognants préparés exclusivement par la Ethyl Gasoline Corporation, New-York.Achetez de la gazoline \u2018\" au plomb \u2018\u2019.3 RENDEMENTS AU CHOIX LE MEILLEUR RENDEMENT \u2014 avec la gazoline marquée \u201c Ethyl\u2019 sur la pompe ou le globe.La plus riche en propriétés anticognantes et qualités de toutes sortes.Contient assez de tétraéthyle de plomb pour que le levier d\u2019allumage puisse être avancé a fond, donnant ainsi le maximum d\u2019énergie et d\u2019économie, sans cognement \u2019\u2019 ni \u201c détonnement \u201d.BON RENDEMENT \u2014 avec une gazoline régulière \u201d qui permet d'avancer sensiblement l'allumage sans \u201c cognement \u201d ou * dé- tonnement \"\u2019.La plupart des gazolines \u2018\u2018 régulières \u201d\u2019 contiennent maintenant du tétraéthyl de plomb, comme l'indique le mot \u2018 Plomb\u201d sur les pompes.\u2019 - RENDEMENT MEDIOCRE \u2014 avec gazoline médiocre, pauvre en propriétés anticognantes.L'énergie est perdue parce que l\u2019allumage doit être retardé pour empêcher le cognement.Copyright 1939, Ethyl! Gasoline Corporation seuls fabricants des fluides anticognants contenant du tétraéthyle de plomb SSD CH, POSSEDEZ UN / et vous en apprécierez le contrôle parfait, le confort et la liberté de mouvements.CaN.PAT.341 001 Si vous voulez connaître l\u2019agréable expérience d\u2019un contrôle des formes plus lisse et plus élégant avec le même confort que sans corset \u2014achetez un Nu-Back.Ce vêtement merveilleux contrôle et raffermit, vous fait paraître plus souple et plus légère\u2014vous vous sentez aussi plus légère et plus confortable grâce au dos télescopique Nu-Back exclusif breveté qui s'adapte à tous vos mouvements et qui ne remonte positivement pas.Dans les principaux magasins\u2014 toutes les tailles, prix variés.POURQUOI NU-BACK NE REMONTE PAS A & B font voir le dos télescopique qui s'adapte à vos mouvements, permettant un ajustement plus ferme, plus élégant, de la taille jusqu'au bas et de la taille en montant.Elimine les bourrelets, n'étire pas les bretelles ni les jarretelles.DOMINION CORSET COMPANY LIMITED QUEBEC, P.Q.Fabricants des fameux corsets Silhouette Lelong, D & A et Junior Set, et des Brassières Gothic La Revue POPULAIRE _ Les coopératives de consommation N ous avons visité l'autre jour une épicerie peu ordinaire.avait pas un seul client dans I'établissement, et pourtant elle fait de grosses affaires.Elle ne vend qu'à ses propriétaires, et ces propriétaires sont au nombre de cing cents.Propriétaires du magasin, les clients ne veulent cependant s'accorder aucun crédit.Ils achètent comptant.Cette épicerie vend strictement au prix courant du marché, mais ceux qui y achètent paient en réalité moins cher.Et quand nous y sommes entré, un éminent homme de lettres et économiste canadien-français était en train de faire la caisse sur la machine à additionner.Mais tréve de mystification, puisque nous voulons expliquer le plus clairement possible l'origine et le fonctionnement de « La Familiale », la première coopérative de consommation canadienne-française.Si l'idée qui a présidé à sa fondation fait son chemin chez nous, autant qu'en Angleterre et dans les pays scandinaves, cette épicerie, bien fournie de bons aliments mais très modeste d'apparence, aura été l'origine d'une transformation considérable de notre vie éco- nemique et sociale.«La Familiale» est située dans l'est, rue Notre-Dame, près de la rue Bon- secours.M.Victor Barbeau, professeur de français à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales et auteur de plusieurs ouvrages, en est le fondateur et le président.Chaque matin, avant et après ses cours, il va en surveiller la marche.Il quitta la machine à additionner pour nous parler de l'œuvre à laquelle il donne librement et généreusement de son temps.Car, nous le verrons, une coopérative de consommation est instituée pour profiter à tout le monde mais elle ne constitue pas une « affaire » pour ses promoteurs.FONCTIONNEMENT D'UNE COOPÉRATIVE Fondée il y a deux ans, la coopérative de consommation « La Familiale » n'a ouvert ses portes de son magasin qu'en août dernier.Elle compte maintenant environ cing cents membres-clients.Pour devenir membre, le consommateur doit souscrire dix actions de la coopérative au montant d'un dollar l\u2019action.Il peut les payer immédiatement ou en faire prélever le montant sur sa ristourne.Qu'est-ce donc que la ristourne ?Continuons plutôt.Les membres achètent leurs aliments de «La Familiale», argent comptant et au prix du marché, sans réduction aucune.Comme les membres sont répartis dans tous les quartiers de la ville, les commandes se donnent généralement au téléphone et un camion fait la livraison aux quatre secteurs de la ville, deux fois la semaine.À la fin de l'année, les profits nets réalisés sont distribués parmi les membres dans la proportion de leurs achats, dont un état exact a été maintenu.C'est la ristourne.Un conseil d'administration a la direction de la coopérative mais ce sont les membres qui ont le dernier mot, réunis en assemblée.Ce contrôle des sociétaires est sur la base la plus strictement démocratique : une personne, un vote quel que soit le nom- Il ny bre d'actions que possède le sociétaire.PROFIT DE 4.77 P.c.L'an dernier, les profits nets de « La Familiale » ont été de 4.77 pour cent.Les membres auraient donc pu percevoir une ristourne de 4.77 pour cent du montant de leurs achats.Mais ils ont décidé de ne prendre que 3 et demi pour cent et de constituer, avec le reste des profits, un fonds de réserve et surtout un fonds pour les œuvres de la coopérative.Ce fonds destiné aux œuvres est très important dans une vraie coopérative conçue selon les principes de Rochdale.Les COOPERATIVES DANS LE MONDE En effet, c'est dans la petite ville anglaise de Rochdale qu'un groupe de pauvres tisserands fondèrent la première coopérative de consommation.C'est dans la terrible réalité économique du siècle dernier que na- ouit l'idée des coopératives de consommation.Celles-ci ne sont donc pas le résultat d'une théorie idéale quelconque mais la simple réponse pratique à un besoin réel.Le mouvement coopératif, basé sur les principes que nous venons d'énoncer, n'a fait que progresser depuis.Les coopératives anglaises de consommation ont atteint, l'an dernier, un chiffre d'affaires de plus d'un milliard et distribué environ $110,000- 000 de ristourne à leurs membres.En Suède, en Norvège, au Danemark, les coopératives de consommation font Flus de la moitié du commerce de detail et, avec les coopératives de production qui en ont découlé, elles ont transformé l'économie de ces pays, combattant et mettant à raison les «trusts» les plus puissants et contribuant fortement à la stabilité économique de la péninsule scandinave, au cours de la dépression.AvANTAGES POUR Tous « Au facteur économique et social, dit M.Barbeau, s'ajoute chez nous le facteur national.Les coopératives sont appelées à améliorer notre situation économique.En effet, leur point de départ, chez nous, a été notre désolante et même terrifiante situation économique.« Au consommateur, les coopératives de consommation procurent les meilleurs produits à meilleur marché.Les clients étant propriétaires, toute fraude sur la qualité, la quantité ou le poids est impossible.Et la ristourne est de l'épargne inconsciente.« Pour le producteur, les coopératives de consommation assurent des débouchés certains à sa production et le paiement comptant de la marchandise.Si les coopératives vendent comptant elles paient aussi de la même façon obtenant ainsi de meilleures conditions.Dans le cas des producteurs canadiens-français, les coopératives canadiennes-françaises peuvent être une arme économique très puissante.Nos petits producteurs peuvent difficilement lutter contre les puissants trusts pour obtenir les commandes des marchands et faire de l'annonce intensive.Mais nos coopératives, qui n'ont pas les mêmes soucis de profit immédiat que les marchands, achètent des producteurs ca- nadiens-français autant que possible.Nos producteurs qui existent déjà grandiront et, dans les domaines où ils n'existent pas, surgiront grâce à nos coopératives de consommation.Celles-ci encouragent aussi les coopératives de production, avec lesquelles il ne faut pas, cependant, les confondre.Indirectement, les coopératives de consommation peuvent se lancer dans la production lorsque, comme en Suède et en Angleterre, elles deviennent membres de coopératives de production qui leurs fournissent des marchandises.Le coopératisme ne se limite pas à la seule épicerie.Il peut s'étendre à tout ce qui se consomme.Aux Etats-Unis, par exemple, on voit de puissantes coopératives de consommation distri- aant l'esence et l'huile pour les automobiles.« Pour le commerçant ordinaire, les coopératives de consommation, loin d'être des ennemies, sont un stimulant et un exemple.Destinées aux gens de moyens modestes, elles ne menacent nullement le commerce de luxe et le commerce à crédit.Les commerçants qu'elles font disparaître sont ceux qui n'auraient jamais dû exister.« Quant aux employés, en Angleterre et dans les pays scandinaves, ceux des coopératives sont les mieux payés de tous.En effet, là où l'intérêt général a succédé à l'intérêt per- sonrel d'un patron, il n\u2019en saurait être autrement.« Au point de vue social, les coopératives de consommation créent à même leurs bénéfices des œuvres sociales, affranchissant ainsi leurs membres de la nécessité de toujours être à la remorque du gouvernement ou de faire des quêtes publiques pour leurs œuvres.» Les COOPERATIVES DANS LA PROVINCE «La Familiale» est la première coopérative de consommation cana- dienne-française mais elle n\u2019est pas la seule.En un an et demi il s'est fondé des coopératives à Dolbeau, Kénogami, Lac-Mégantic, Desbiens, Ste-Clothilde, Rousseau, (Abitibi), Thetford, Trois-Rivières, Ste-Anne, Lévis, Arvida, Chicoutimi, Rimouski, Charny, Drummondville, Chandler, Québec, Mont-Joli, Port-Alfred, St- Georges-de-Beauce, St-Jean d'Iber- ville, Sherbrooke, Taschereau, Val- d'Or, Valleyfield, Victoriaville, Hawkesbury, Ottawa, Oshawa et Le Pas, (Manitoba).Ces diverses coopératives font partie de l'Alliance des coopératives de consommation dont M.Barbeau est le président.Il y a une autre coopérative cana- dienne-française à Montréal, celle de Villeray.Et il en existe déjà cing autres groupant 2,000 consommateurs de langue anglaise de notre ville.Nous avons emprunté cet excellent article au journal Le Canada, de Montréal, qui, à l'exemple de tous les grands quotidiens et magazines canadiens, aussi bien français qu'anglais, reconnaît l'importance que prend de plus en plus, dans notre vie économique, la coopérative de consommation.i Ra.Mars 1939 69 VOUS ÊTES TRANSPORTÉ DE JOIE QUAND VOUS - POSSÉDEZ UNE LA SALLE ACHETEZ une V-8 vous fait naturellement goûter le maximum de souplesse en LaSalle et vous vous fait de rendement.Et la marche de la voiture est tout aussi douce élevez au sommet de que celle du moteur.La LaSalle est l\u2019auto la plus confortable qui l\u2019automobilisme de ait jamais été offerte dans le domaine des prix moyens.distinction! Mais pourquoi pas vous renseigner personnellement chez le marchand Cadillac-LaSalle de votre localité.Vous serez fasciné.Apprenez sourtout Considérez, par exemple, l\u2019apparence de la LaSalle! Vous comprenez au premier coup d\u2019oeil qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de combinaison si heureuse du chrome, de la glace et du métal! Depuis l\u2019avant étroit jusqu\u2019à l\u2019élégante et spacieuse malle à l\u2019arrière, la LaSalle est une symphonie de beauté \u2014 si jamais il en fut! comme la possession d\u2019une nouvelle LaSalle est maintenant chose facile.Ce sera sûrement Considérez le luxe de la LaSalle! 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OF CANADA [IFE Fondée en 1869 SIEGE SOCIAL ee WATERLOO, ONT.Quand il s\u2019agit de Sécurité Financière consultez un représentant de cette Compagnie 6 La RevuE PoPULAIRE JEANINE GARANGER (Suite de la page 13) \u2014 IIs m'agacent avec tous ces noms! s'écrie Jeanine qui est impétueuse.Ils essaient de m'écraser mais ils n'y réussiront pas.Elle est Jeanine Garanger.C'est tout.Et c'est beaucoup.La langue de Colette, la pureté de Marguerite Audoux ?Oui, bien sûr.Mais surtout une élégance racée, un ton aristocratique inné.Le jour où j'ai su qu'elle était une arrière-petite- cousine de Mme de Sévigné, j'ai compris le mot de l'énigme.Ne nous égarons pas.Laissons là la Sévigné et revenons à Jeanine.Ces dames du « Prix Fémina» \u2014 qui ne reçurent Déroute que quelques jours avant l'attribution de leur prix \u2014 lui firent les yeux doux.Mais ce morceau de qualité avait été happé déjà par de fins connaisseurs : les jurés du prix du Cercle Littéraire Français.Le livre fut couronné et son auteur du coup devint célèbre.On oublie Jeanine Garanger \u2014 patineuse \u2014 pour ne plus penser qu'à Jeanine Garanger poétesse et romancière.C'est dans le bureau de M.Pi- gasse, l'heureux éditeur de la lauréate, que je lui ai fait subir le délicieux supplice de l'interview.\u2014 Dites-moi comment s'est révélée votre vocation littéraire ?\u2014 Par une crise d\u2019appendicite ! \u2014 Vous plaisantez ?\u2014 Je suis très sérieuse.J'étais au lit \u2014 et pour trois semaines \u2014 je me morfondais loin de la patinoire et du court quand l'idée m'est venue, pour me distraire, d'écrire une pièce de théâtre.Le jeu m'intéressa.Je continuai .\u2019 \u2014 La pièce fut-elle représentée 7 .\u2014 Non.Je l'abandonnai au 2e acte.Mais j'étais partie.Mon 3e acte, ce fut Bouts d'Essais, La Petite Haie et Déroute.\u2014 Révélez-moi tous vos secrets.Les personnages de vos romans sont- ils imaginés ou copiés d'après nature?\u2014 Je crois qu'il est impossible d'imaginer complètement tous les personnages d'un roman.Un auteur con- nait toujours des gens qui ressemblent plus ou moins à ses héros.Ce sont eux qui «posent» pour lui.Et c'est de cent traits pris dans une foule que naît un personnage.\u2014 Comment vous est venue l'idée d'écrire Déroute ?\u2014 En perdant un de mes amis les plus chers : un vieux château de Nor- mandie que j'aimais à la folie.Un.jour la maison fut vendue.Je crus mourir.Et je fis ce qu\u2019on fait toujours quand un être aimé nous quitte, je m'efforçai de garder sa présence réelle en moi.Et ce fut ainsi que j'écrivis Déroute.: \u2014 Ainsi votre principal personnage est de pierre ?Mais avouez que votre héroïne, Emmanuelle, ne l'est pas ! Vous ressemble-t-elle ?\u2014 Rassurez-vous |! Emmanuelle n'a de commun avec moi que son amour de la nature.\u2014 Préparez-vous un autre roman?\u2014 Oui.J'ai commencé à travailler.Je dirai même que je travaille sur deux romans en même temps.\u2014 Quels en sont les sujets ?\u2014 Je ne vous parlerai que du premier qui est la vie d'une ex-cham- pionne sportive.\u2014 Le fruit de vos expériences personnelles ?\u2014 Oui et non.J'ai connu plusieurs championnes et c'est la singularité de leurs vies qui m'a donné le goût d'écrire ce livre.\u2014 Et ie patinage ?Avez-vous renoncé au championnat du monde ?\u2014 Oui.Je ne pratique plus le sport que pour mon plaisir.Sinon, je ne pourrais pas écrire, car l'entraînement, vous le savez, ne souffre pas de défaillances.\u2014 N'avez-vous jamais envisagé de faire du cinéma ?\u2014 Je dois vous avouer que jusqu'à ce jour l'idée ne m'en était pas venue.Mais depuis quelque temps certains producteurs m'ont presesnti et je suis tentée .\u2014 De faire un « bout d'essais » ! Faites-le.Qui sait si vous ne seriez pas la Sonja Henie du cinéma français \u2014 Le cinéma est très absorbant.Me resterait-il le temps d'écrire ?\u2014 Ecrire ! \u2014 Voilà le grand mot.Grande sportive, grande mondaine, Jeanine Garanger a renoncé au sport et au monde pour se consacrer à son œuvre.Elle est entrée «en littérature » comme d'autres entrent «en religion ».Je crois que depuis Proust semblable aventure n'était pas arrivée dans le Monde des Lettres.JULIETTE CABANA.LES 20 GAGNANTS DU QUESTIONNAIRE DE LA REVUE POPULAIRE DE JANVIER Mlle LUCILE ROY, 199, Chapel, Ottawa, Ont.M.EMILE COTE, Boite 304, Windsor Mills, P.Q.Mme ERNEST DELISLE, 55, Ave Cartier, Québec, P.Q.Mme G.H.FAVREAU, 101-11ème Rue, Limoilou, Québec, P.Q.Mme JOSAPHAT LARIVEE, 20, rue Lévis, Shawinigan Falls, P.Q.Mlle REJEANNE CARLE, 823, Lavérendrye, Trois-Rivières, P.Q.Mme WILBROD TESSIER, Bellerive, Valleyfield, P.Q.Mile ED.GENEREUX, 39, St-Antoine, Joliette, P.Q.Mme STANISLAS KIROACK, 102, Jacques-Cartier, Chicoutimi, P.Q.Abitibi, Re Q.Mme J.R.PEPIN, La Sarre, Mme C.BELANGER, 64, Notre-Dame, St-Hyacinthe, P.Q.Mme ANNA SIGOUIN, 69, Ave Bigaouette, Québec, P.Q.Mile ALICE MARTIN, 29, Prince Arthur N., Cornwall, Ont.Mile JEANNE BAILLARGEON, C.P.57, St-Georges de Beauce, P.Q.Mile MAY CLERK, Boite 182, Rigaud, P.Q.Mme HORACE GAGNON, Mme C.E.CLOUTIER, Mile ROLANDE RIVET, Mme J.M.GENDRON, Mme GRAZIELLA GIGUERE, Abitibi, P.Q.Sorel, P.Q.Montréal Montréal 15, Blvd.Cartier, Rivière-du-Loup (en bas) B.P.868, Val D'Or, 141, Prince, 3757 est, Ste-Catherine, , 2214, Ave Delorimier, VEHERENIHHHENEEN Le Samedi La Revue Populaire LE FILM dei TROIS MAGAZINES POUR / COUPON D'ABONNEMENT Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, O0 BE LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom Adresse Ville 222 Lu Province POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée, HEBRRHHHREHH HN] 975 rue de Bullion, Montréal, PQ. ik, = A Z N jo LE CN \u2019 Ee i HEY ON) 4 ge \u2019 #7 \\ # ne rat Fabri A .D Dawes, a = ions, i \\ a quée, d { ; À \\ lab - = » Montréal epuis cinq i + [ rasserie i i Li \u2019 4 : | , | 2 wv BINA ye Yodoio i -T-r.2.om lo 3 pr io -~ -X ts OV nb = Pre ce #1 se aURICE ST ER A an a.du > SFA 7 oF a5 [x 1 : [ | vay 4 1) Ve ve, ST (> 8 si 8, Foy * iH 5 ; \u201ca » AL 4 ee I = ; ; rl .mire, P : J a - CS - GREWER ES vf = g 5 - \u2018EF à EM » * 40 = 1 so > =.À * F4; $ = on 4e CS > yi /} ae [OAS on aa 2 2 a nL > Pd La) - + NY5 és NE ; \u2018 er.) 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