Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1940-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" por arret\" EE sal oR, JU QUINZE CENTS |: 9 ] N MONTRÉAL, 14: PLUS TAXE Ls ROMAN D'AMOUR PER 33M wg B® © CON 2 \u201c3 ze op ula ih oe.2 No x i ay \u2018a 2 # Wo i © MA pe # 4 # É 4 w >.a a f J > e dé fn » x Li À\" = 7 % EN, J ; Li fi.f # i t z F ov) i # HE Tour re Es + i - av] $ PER a 4 gt ë i ë WE À 5 Le ; e a 28 + » + # # 3 ji / a \u2018A i © 9 a LJ ; su ih i FE An * #, + or \u201cdp ; È A Le bE > Br Ta wv Pt J a 4 To, i © ut E N \u201c4 es + % ae.} wh ® #4 Pn 5\" J i 2 a, ne +e ', ¥ A £ Xm ot poi A + \u20ac w_* \" + oA \u201cwr.- = i 2 \"» A to wn = ty + à ~~ 4 hi Wy _ LT cn ¥ hy a i oi si + * ë LA #R += ir = e \u201cCoca-Cola\u201d plait par sa pu- ne mi ute reté.Il est préparé avec un mn art acquis par toute une vie d'expérience.Sa saveur déli- pp pour vous rafraichir trait\u201d qui vous a enchanté dès que vous y avez goûté .elle vous apporte toujours un ra- fraîchissement complet.La soif n\u2019a besoin de rien d'autre.a NADA, LIMITED THE COCA-COLA COMPANY OF Quand vous êtes si occupée que vous pourriez vous laisser tomber.laissez-vous tomber dans un fauteuil et jouissez de /a pause qui rafrai- chit avec une bouteille de \u201cCoca-Cola\u201d glacé provenant de votre réfrigérateur.C\u2019est une minute qui vaut un long repos.LA PAUSE QUI RAFRA\\ = 4.Ma femme répondit : \u2018Shut ! papa a tou- | jours cet air-là quand il conduit.C\u2019est sa i i os physionomie de \u2018chauffeur\u2019.\u201d Je répliquai : \u2018Je ne suis pas de mauvaise humeur et je n\u2019ai pas de physionomie spéciale.Cette auto va mal et me tombe sur les nerfs, À chaque arrêt, nous repartons moins vite que les autres, et dans les côtes on entend le moteur souffler comme une baleine.\u201d 2.\u201csi ton auto ne roule pas bien pourquoi ne la fais-tu pas réparer ?\u201d demanda ma femme.\u201cQue puis-je y faire ?\u201d\u2019 répliquai-je.\u2018Le mal n\u2019est pas dans le mécanisme.\u201d \u201c \u201cCa dépend peut-étre de la gazoline,\u201d ajouta ma femme.J'ai lu quelque part que la gazoline est très importante dans les autos modernes.Allons nous informer.\u201d > jétés line a de propre »> »> Pus votre gazoinb® avancer plus votre mé ut anticognantes Cee ot l'allumage Vers son m i \u201ccognage\u201d ni \u201crenâclement 7\" rendement de votre auto.ZOLINE AMELIOREE COMMENT RECONNAITRE UNE GA 3.Quelques milles plus loin, comme nous Æ \u2018Vous voyez ce dispositif ?C\u2019est le nous arrêtions à un poste d'essence, je deman- régleur de l\u2019allumage dont dépend la puis- dai au garçon : \u2018\u2018Dites-moi, la sorte de sance.Une gazoline à grandes propriétés gazoline que j'emploie a-t-elle si grande anticognantes permet de l'avancer pour importance ?\"\u201d avoir plus de puissance et de millage.Avec \u201cUne importance énorme ! Je vais vous en une gazoline inférieure, il faut retarder montrer la raison sous le capot de votre l'allumage pour empêcher le cognage.voiture.\u201d comme l'indique ce tableau.\u201d C.tout | Sada et Jes Etats\u201d Unis.5.Après avoir étudié ce tableau, je lui dis : \u201cVoila une chose que j'ignorais Cependant, je me souviens que lorsque mon garagiste a vérifié mon moteur il m'a déclaré avoir ajusté l\u2019allumage pour donner le maximum de rendement.\u201d Et c\u2019est ce qu\u2019il a fait\u201d, constata le vendeur d\u2019essence.\u201cC\u2019est pourquoi vous devez toujours employer la meilleure gazoline \u2014 celle qui donne le plus de puissance sans cognage.Donc.\u201d P G.Je suivis son conseil et je fis emplir mon réservoir d'essence marquée Ethyl.Mon auto va maintenant comme un charme : elle tire à merveille et le moteur tourne silencieusement.(Mais comment va votre auto?Etudiez encore le tableau et voyez s\u2019il ne vous manque pas quelque chose!) TOUS LES LUNDIS SOIRS \u2014 Tony Martin, André Kostelanetz et son orchestre, au programme \u201c Tune-Up Time\u201d sur le réseau national du Columbia Broadcasting System.ETHYL GASOLINE CORPORATION, fabricants des fluides anticognants employés par les compagnies pétrolières pour améliorer la gazoline gevins Can or se os Me que les ou À Ce qu or come Repas are .adie Saint Sugsèr 1 Peu Euôseus * © ° ité par compilé 1 .jeun anaës jon Médicale Can chatte! yAssoc ne Gas Toute ménagère a besoin de cette brochure OULEZ-vOUS édifier un Canada vigoureux et sain ?Voulez-vous accroître l'efficacité de la participation du Canada à la guerre ?Eh bien, vous pouvez le faire si vous prenez les dispositions appropriées pour que votre famille ait une nourriture convenable.Anthony Eden a dit: \u201cLa santé d'un homme est la condition de sa vigueur, et sa vigueur est en fonction de sa santé \u201d.Or, le maintien de la santé suppose d'abord l'absorption d'aliments convenables, en quantité convenable, et au moment convenable.L'Association Médicale Canadienne, la plus haute autorité du Dominion en matière de santé, a préparé une brochure intitulée : \u201cLa Santé par les Aliments en Temps de Paix et en Temps de Guerre .Cette brochure vous fait connaître la qualité et la quantité des aliments que vous et votre famille devez prendre pour vous protéger contre quelques-unes des maladies qui accompagnent la guerre et qui se répandent au cours de la période suivant immédiatement la guerre.Cette brochure vous apprend encore la manière de préparer des repas appétissants qui aideront à maintenir votre famille en santé ; elle vous indique aussi les aliments qu'il faut acheter et vous dit pourquoi il faut les acheter ; enfin, elle vous enseigne comment économiser de l'argent dans votre budget de l'alimentation.En un langage que vous comprendrez, la brochure expose une bonne partie des connaissances que les médecins et les savants ont acquises, par des années d'études et de recherches, sur les aliments par rapport à la nutrition et à la santé.Les ménagères reconnaissent la nécessité d'un \u201c régime alimentaire équilibre\u201d, d'un régime qui comprend tous les éléments nutritifs requis chaque jour.Elles devraient donc avoir cette brochure dans leur cuisine, et la placer sous la main afin de la consulter.Demandez, aujourd'hui même, votre exemplaire de \u201cLa Santé par les Aliments en Temps de Paix et en Temps de Guerre\u2019.Utilisez le coupon.Metropolitan Life Insurance Company NEW-YORK Président du Conseil : FREDERICK H.ECKER Président : LEROY A.LINCOLN AU SERVICE DU CANADA DEPUIS Direction Générale au Canada, Ottawa 1872 METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY, Dépt.6-Z-40 DIRECTION GENERALE AU CANADA, OTTAWA.Veuillez m'envoyer un exemplaire gratuit de la brochure \u2018\u2018 La Santé par les Aliments en Temps de Paix et en Temps de Guerre\".Nom iii eis on eee Adresse .Localité ee .Province (La Metropolitan Life Insurance Company est heureuse de coopérer avec l'Association Médicale Canadienne à la distribution de cette importante brochure par tout le Canada).La Revue POPULAIRE La Revue Populaire 33e année, No 6 Montréal, Juin 1940 SOMMAIRE Notre jeunesse, par Aimé Plamondon \u2026 \u2026 \u2026 .7 Nos vieilles maisons, trésors à conserver, par Eugène Stucker 8-9 Mariages et fiançailles \u2026 \u2026 LL \u2026 10 De Montréal a New-York en 2 heures \u2026 \u2026 11 Les fleurs de votre jardin, par Marcelle Lepage \u2026 .\u2026 12-13 NOTRE ROMAN COMPLET : Quand l'amour renaît, par Eveline Le Maire \u2026 SE \u2026 14 Peintres et Sculpteurs du Québec au musée de Toronto .LL WT La mode pour les jeunes en vacances .33-40 La mariée de juin, par Francine = .\u2026.34-35 Printemps et été .36-37 Dentelle pour sac à main \u2026.38 Le Sourire, par Louise Gilbert-Sauvage oo.39 Les mots croisés .46 Des livres pour nos enfants, par Francine .vu cu .52 La Société de Géographie de Montréal \u2026 5 L'Art de vieillir \u2026 \u2026 Le 2 2 54 Mon cours d'art culinaire, par Mme Rose Lacroix \u2026 BE 55 Nos oiseaux les plus communs, par Claude Mélançon \u2026 \u2026 \u2026 ue \u2026 62 Fiançailles 112002 ce ee 71 NOTRE PROCHAIN ROMAN : Mariage sans amour, par Line Deberre LA REVUE POPULAIRE TARIFS D'ABONNEMENTS Canada : Un : $1.50 \u2014 : $2.Etats-Unis : Un an : $1.75 \"2 ans : 32:59 aunscuneranes Jean Chauvin Fernand de Verneuil Roland Prévost .Charles Saurio! Directeur Rédacteur en chef.Secrétaire de la rédactio Chef de la Publicité.Directeur nina: ue Hector, Brault 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada Chroniquevse culinaire.Mme Rose Lacroix Tél.: PLATEAU 9638* LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St.Albans, Vi.U.S.A.ntered Mare : aero ATs OF March ara 1g a5 second class matter Juin 1940 Le chassis d'abord?La LaSalle est invariablement le choix de celui qui regarde sous le capot quand il achète une auto.Ilachète une LaSalle parce que la supériorité de la construction de son châssis se discerne à première vue; parce que le degré d\u2019excellence de la main-d'oeuvre et des matériaux de Cadillac est évident dans chaque pièce du châssis de la LaSalle.\u2018Et, comme vous le savez, du châssis dépendent presque entièrement les qualités essentielles de performance, d\u2019économie et de confort de roulement.On peut dire que La Salle UNE VALEUR GENERAL MOTORS l\u2019âme d\u2019une auto réside dans son châssis.C\u2019est pour cela qu\u2019il imporie que vous sachiez que le châssis de la LaSalle est conçu et construit par les ingénieurs et les artisans de Cadillac\u2014les mêmes qui fabriquent la magnifique Cadillac-Fleetwood.C\u2019est pour cela que vous devriez savoir que la LaSalle est mue par un moteur Cadillac V-8, et que les mémes exigences rigoureuses s\u2019appliquent également aux matériaux et à la construction des châssis Cadillac et LaSalle.Il n\u2019est pas étonnant que les acheteurs de LaSalle soient des propriétaires enthousiastes $I 76) pour le coupé de la série cinquante, Jtvraison à Windsor.Les prix des sedans commencent à $1875.Frais de transport basés sur le tarif des chemins de fer, permis et taxes locales (sil y a lieu), équipement facultatif et accessoires \u2014 à coût additionnel.Prix sujets à changer sans avis.de LaSalle d'année en année car ils jouissent des avantages d\u2019une voiture à prix moyen bâtie sur une fondation Cadillac.Votre plus proche marchand Cadillac- LaSalle serait heureux de vous faire essayer cette voiture exceptionnelle.Ce serait le moyen de vous convaincre qu\u2019il n\u2019y a pas de voiture pour égaler la LaSalle dans sa classe de prix.Division Cadillac Motor Car \u2014 fabricant des voitures LaSalle, Cadillac et Cadillac-Fleetwood. LA Revue PorpuLAIRE \u2026 de boutes les réceptions ce suave PARFUM de MARQUE FOURNISSEURS BREVETES Lords et Ladies donnent de l'éclat à cette cérémonie .mais c\u2019est la Lavande Yardley qui y crée cette atmosphère de fraîcheur et de jeunesse.Servez- vous-en et vous serez à toute heure et en toute occasion, radieuse et admirée.Lavande Anglaise Yardley\u2014 55¢ a 312.00 R ENDEZ-VOUS compte pourquoi l'aristocratie du Parce qu\u2019il affine davantage la peau la plus délicate, le Savon Yardley est bien \u201c\u201cl\u2019Aristocrate des Savons de Toilette\u201d.Son emploi quotidien n\u2019est pas toutefois de l\u2019extravagance ; il dure tellement plus longtemps.\u2014 35¢ le gros morceau, 3 pour $1.00.charme s'allie à l\u2019exclusive famille Yardley\u2014Lavande, Crèmes de Beauté et Poudres, Cosmétiques, Sels Vous rayonnez, vos traits charmants sout baignés de soleil quand vous employez la Poudre de Beauté Anglaise Yardley.Si fine \u2014 si délicatement imprégnée de ce doux parfum \u201cBond Street\u201d \u2014 $1.10.pour le Bain, etc.La pharmacie ou le magasin à rayons le plus rapproché vous en offre un choix La jolie nuance ivoire de ce pot de Crème de complet.Beauté Anglaise Yardley vous séduira et l\u2019exquise sensation que procure son incomparable substance Yardley & Co.(Canada) vous fera l\u2019adopter pour toujours \u2014 $1.10.Limited, Toronto.LAVAN \u201cYARDLEY Juin 1940 OTR _ EUMIENNME SON COEUR.SA PENSÉE, SES RÈVES GRANDE ENQUÊTE D'ACTUALITÉ et utile, il importait d'essayer de connaître, dans la mesure du possible, l'état d'âme actuel des jeunes, mais sans toutefois leur poser des questions trop directes ni trop élaborées.C'est ce que je me suis efforcé de faire en déguisant tant bien que mal mon inexpérience et mon anxiété.En plus de mes intervious réguliers, jai réussi, grâce à d'amicales complicités, à me faufiler dans certains milieux où fréquente particulièrement la jeunesse.C'est ainsi que j'ai pu entendre des propos échangés sans contrainte et que j'ai surpris des réflexes passionnés sur des physionomies expressives.Lorsque j'ai cru l'occasion favorable, je me suis mêlé discrètement aux conversations, essayant de faire préciser davantage certaines affirmations, définir plus exactement certaines opinions.Toutefois, à travers l'énoncé d'idées joliment contradictoires et de théories quelquefois assez radicales, je me suis toujours appliqué scrupuleusement à découvrir l'opinion moyenne, puisque c'est précisément celle-là que je voulais établir au moyen de cette Enquête.La meilleure façon de connaître l'état d'âme actuel et les tendances caractéristiques de notre jeunesse, c\u2019est bien, semble-t-il, de laisser parler eux-mêmes les intéressés.C'est précisément ce que je vais faire, en transcrivant à la suite, dans leurs termes à peu près textuels, un certain nombre d'opinions dont la sincérité ne saurait être mise en doute.Da conférer à cette Enquête un sens pratique Cuez LES JEUNES GARÇONS Un fonctionnaire : \u2014 « Les jeunes sont bien inquiets de l'avenir et c'est avec angoisse qu'ils se demandent ce que demain leur réserve, De plus, ils ont perdu presque totalement confiance dans leurs aînés, depuis qu'ils se rendent compte que ces dernier les ont trahis et abandonnés, particulièrement au point de vue économique et social.» Un chasseur dans un grand hôtel: \u2014 « Les jeunes sont inquiets.Un bon nombre même sont mécontents et aigris.La situation est décourageante pour des milliers de jeunes garçons et de jeunes filles sans travail et sans ressources.Ils se démoralisent et se pervertissent de jour en jour.La plaie du chômage et des secours directs est terrible pour les adultes, mais elle est épouvantable pour les jeunes.» Un licencié en sciences sociales : \u2014 «L'inquiétude de l'avenir et la déception sont très marquées dans toutes les classes de la jeunesse.L'élite, en particulier, ressent vivement le contraste entre les principes enseignés par les maîtres et l'ignorance et le mépris absolus de ces mêmes principes qu'elle rencontre -dans toutes les sphères de la vie sociale.Cela provoque des volte-face et des reniements aussi désolants que déconcertants.» Un négociant: \u2014 «Il y a actuellement, parmi la jeunesse, de l'inquiétude et du mécontentement qui dégénèrent en apathie et en abrutissement.Le chômage est la grande plaie de la jeunesse populaire.Il faut qu'on se hâte de trouver un remède à cette affreuse maladie si l'on veut éviter que la gangrène ne se mette dans tout le corps social.» * Voir les trois premières tranches de l'enquête de M.Aimé Plamondon sur la jeunesse dans Lo Revue Populaire de mars, avril et mai 1940.Par AIMÉ PLAMONDON IV Etat d'âme d'aujourd'hui, réactions de demain.Constatations et conclusions.\u201c Un officier supérieur de la J.O.C.: \u2014 « La jeunesse actuelle est méfiante, déçue et mécontente.Consciemment ou non, elle attend un chef doué de magnétisme, capable de la soulever par son éloquence et de l'entraîner à la conquête du code de vie nouvelle après lequel elle soupire ardemment.D'où que vienne ce chef, j'ai lieu de croire que les jeunes le suivront avec enthousiasme sans même lui demander où il les mène.Fasse le ciel que le vent souffle du bon côté lorsque viendra l'orage, car autrement ça pourra être terrible.» Un ouvrier, membre des Unions Internationales: \u2014 «Les jeunes sont plutôt mécontents et trouvent qu'on ne fait pas assez pour eux.Il faut admettre que leurs prétentions sont quelquefois exagérées, exception faite pour les chômeurs.Les aînés ne font pas suffisamment confiance aux jeunes et ceux-ci, d'un autre côté, ont une tendance à attendre trop des pouvoirs publics ou des organisations de service social.Il faut admettre également que la plupart des mouvements de jeunesse comportent trop de spiritualisme et ne tiennent pas assez compte des nécessités de la vie réelle.C'est justement pour cela que l'enthousiasme des jeunes pour ces organisations est généralement de courte durée et s'éteint bien souvent comme un feu de paille.» Un autre ouvrier, membre des Syndicats Catholiques: \u2014 « L'inquiétude profonde de la jeunesse au sujet de l'avenir dégénérera bientôt en mécontentement et même en colère si l'on ne trouve pas moyen d'améliorer les conditions actuelles.Nous sommes sur le chemin qui mène à la catastrophe.Tôt ou tard, si l'on ne se donne pas la peine d appliquer les remèdes nécessaires, il y aura du trouble.J'ai peur de demain.» Encore un ouvrier, officier des Syndicats Catholiques : \u2014 « La jeunesse en général est mécontente de ses gouvernements et de ses aînés.Elle reproche aux premiers, sans distinction de parti politique, de la tromper et aux seconds de l'abandonner.Il faudrait absolument orienter les jeunes de plus en plus vers la terre et les habituer à compter de moins en moins sur les secours de l'état.» Un des grands animateurs de la ].O.C.: \u2014 « Les jeunes qui ont la chance de travailler sont désillusionnés et inquiets du lendemain.Ceux qui chôment sont malheureux et mécontents.Actuellement, le véritable esprit de révolte est encore peu répandu, mais la situation a tendance à empirer et elle peut devenir critique si l'on tarde trop à réaliser certaines réformes qui s'imposent.La jeunesse se rend parfaitement compte qu'on abuse d'elle, qu'on s'en moque et même qu'on la méprise.Jusqu'à présent, elle a enduré sans trop se plaindre, mais qu'arrivera-t-il lorsque sa patience sera à bout ?Mystère inquiétant et angoissant.» tudiant en droit et journaliste : \u2014 « L'inquiétude et le mécontentement sont manifestes parmi la jeunesse.Dans les milieux ouvriers, on se méfie des patrons et parfois aussi des Syndicats et de leurs dirigeants.Dans les sphères universitaires, on manque grandement de confiance en l'avenir et ce n'est certes pas sans raison, » Jeune médecin, homme du monde et homme d'œuvres : \u2014 « La jeunesse vit actuellement dans une atmosphère de déception et de dégoût bien dangereuse pour sa démoralisation.» Jeune financier, absolument indépendant :\u2014 « Ce qui prime chez les jeunes, c'est un sentiment de profonde et amère désillusion né de la constatation déprimante que notre organisation sociale est à peu près l'exacte contre-partie des principes ultra-spi- ritualistes et super-positifs qui ont formé la base exclusive de leur éducation familiale et scolaire.» Jeune homme d'affaires, également indépendant : \u2014 «Les jeunes sont déçus et inquiets.Toutefois, leur mécontentement ne se manifeste pas encore de façon trop vive.Cependant, il faut prendre garde et surtout agir, agir vite et bien avant qu'il ne soit trop tard.» CHEz LEs Jeunes FILLES Une petit dactylo du type classique: \u2014 «Le grand tourment de beaucoup de jeunes, c'est de ne pas voir le jour où ils pourront s'établir et fonder un foyer.» Une jeune journaliste remarquablement intelligente et cultivée : \u2014 « Notre jeunesse manque d'entrain et d'enthousiasme.Elle est désillusionnée, apathique et glisse rapidement vers un matérialisme utilitaire d'où il sera bientôt impossible de la remonter si les conditions ne s'améliorent pas.» La secrétaire privée d'un homme d'affaires important: \u2014 « Les jeunes sont inquiets et envisagent l'avenir avec pessimisme, Ils trouvent qu'on paie mal leurs services et qu'on leur marchande l'avancement auquel ils ont conscience d'avoir droit, Il est certain que bon nombre de patrons font preuve de méfiance et de mesquinerie à l'égard de leurs jeunes employés.Pourtant, en leur permettant de se créer un foyer, il les détourneraient de bien des dangers.» Une petite vendeuse dans un grand magasin : \u2014 « La plupart des jeunes gens sont apathiques et insouciants.Comme l'avenir leur apparaît incertain, ils préfèrent ne pas y penser.C'est une bien regrettable mentalité.» Une petite ouvrière aussi intelligente que modeste: \u2014 « Oui, la jeunesse est bien inquiète et l'avenir lui apparaît très sombre et très « plat ».Comment en serait-il autrement alors que tant de jeunes garçons et de jeunes filles manquent de travail et d'argent ?» Une grande animatrice de la J.O.C.F.: \u2014 « La jeunesse vit dans l'attente, dans l'incertitude et dans le vague.Cet état d'âme développe chez elle une douloureuse et dangereuse apathie.Les jeunes filles sont plutôt inquiètes, les jeunes garçons plutôt déçus et, pour une bonne partie, mécontents.Il faut absolument que les dirigeants actuels de la société apportent le plus tôt possible quelques solutions pratiques à cet intolérable état de choses.» Une jeune fille du monde qui donne son temps et son cœur aux œuvres charitables : \u2014 « La question de l'avenir de la jeunesse est aussi inquiétante que complexe.Il y a de la déception, de la méfiance et du mécontentement un peu partout.Il faut absolument que toutes les bonnes volontés s'unissent pour conjurer une crise dont l'issue pourrait devenir fatale.» (Lire la suite page 68) 8 La Revux POPULAIRE Nos vieilles maisons du Québec sont d\u2019un type indigène unique dans l'Amérique du Nord.Nous avons eu tort d'abandonner ce style au commencement du 18e siècle pour copier maladroitement des styles qui ne conviennent nullement à notre province.Légendes des trois maisons de gauche : 1.Maison de la région de Montréal, celle de M.Aurèle Marcil, de Saint-Luc.Remarquez le beau soubassement : les '' corbeaux \u2018\u2019 au bas des coupe-feu et les doubles cheminées.2.Maison '\u201c type \u2018\u2019 de la vallée de l'Ottawa.\u2014 Caractéristiques : l'encorbellement du toit et la galerie font le tour de toute la maison.3.Chor- mante maisonnette canadienne, avec toit \u2018\u2019en cloche \"\" et encorbellement, Si nous revenions au style de nos vieilles maisons québécoises \"', nos demeures ne seraient peut-être ni crénelées ni hérissées de flèches et d'aiguilles, mais elles auraient du moins le cachet de chez nous.Légendes des trois maisons de droite : 1.Maison \u2018\u2018 type \u2018\u2019 de la région de Québec.Caractéristiques : forme rectangulaire, murs s'arrêtant à la hauteur du toit, toit élevé et pointu, pignon brisé, volets.(Maison Villeneuve, à Charlesbourg.Elle a abrité six générations de Villeneuve.) \u2014 2.Autre maison de la région de Québec, celle des Hébert, Île d'Orléans.Remarquez les fausses cheminées et le pignon droit fait d'une charpente couverte de bardeaux.3.Maison \"\" type \u2018\u2019 de la région de Montréal.Forme plutôt carrée ; murs d'extrémité formant coupe-feu ; deux grosses heminées : rez-de-ch ée sur b ent.(mai Brous- seau, sur le boulevard Gouin).Pkotos Eugène Stucker Juin 1940 NOS VIEILLES MAISONS.TRÉSORS À CONSERVER N DE NOS gouverneurs du Régime anglais s'est aventuré à écrire que les Canadiens français sont un peuple sans histoire.La juste réponse ne se fit pas attendre.Cinglante.elle tomba de sa propre plume menée par a main d'une fière enfant de la race.« Tu mens, Durham ! » traça une Canadienne a la suite du texte du gouverneur, tandis que ce dernier s'était assoupi à sa table de travail.Si de nos jours ce gouverneur pouvait parcourir les grand'routes de notre Québec, comme tout observateur averti il entendrait souvent quelque écho de notre histoire sortir de ces bonnes maisons séculaires, qui, ici et là, s'accroupissent le long du chemin du roi.Les atours fatigués par les ans et les saisons, elles ne sont partant que plus véridiques dans leurs chuchotements.À chacun de ces témoins authentiques et irrécusables de notre passé, s'accroche un lambeau de notre histoire.A travers les siècles elles ont cheminé avec nos valeureux ancêtres et nos douces aïeules.Dans un langage scandé et lapidaire que seules les vieilles pierres savent parler, elles nous racontent les hauts faits, les joies et les épreuves de ceux qu'elles ont abrités.voici une qui, dans ses murs épais, ouvre encore ses meurtrières par lesquelles l'ancêtre a peut-être tiré sur les audacieux Sauvages rôdant le long de la clôture.En voilà une autre qui porte encore des marques de balles, dans laquelle les aïeux ont aimé et où ils sont tombés comme tombent les fiers vaincus, la tâche accomplie.Celle- là continue de tourner ses grands yeux pleins de petits carreaux vers les terres auxquelles les vieux ont arraché honnêtement leur subsistance et celle de leurs enfants.Toutes, comme autrefois, ont toujours leurs portes grandes ouvertes et les bords du toit largement étendus pour offrir à tous la traditionnelle hospitalité canadienne-française.ARCHITECTURE NATIONALE, PROPRE AU Quésec Ces vieilles maisons du Québec ont cela d'intéressant que leur architecture est typiquement québécoise.Elles sont réellement différentes de celles de tout autre type dans toute l'Amérique.T'andis que nos voisins ont copié toutes sortes d'étrangers, dans le Québec seul nos ancêtres ont créé un type de maison inspiré par les circonstances climatériques et adapté à nos besoins.Il ne faut même pas chercher le prototype de cette maison en France.Elle a bien pris son inspiration dans la tradition et la culture françaises isolées sur les bords du Saint- Laurent, mais ses entrepreneurs de chez nous lui ont donné l'empreinte du climat québécois, celle aussi de la vie et de la pensée de l'habitant du Québec.Les caractéristiques communes à toutes les maisons d'architecture québécoise sont les murs de pierre et le toit à pignon.Ce qui les différencie, ce sont les formes variées de ces murs et du toit.Si dans la vallée de l'Ottawa on pouvait voir autrefois des maisons de pièces sur pièces, c'est parce que leurs propriétaires trouvaient facilement ce bois flottant sur la rivière, tandis que dans tout le reste du Québec le sol pierreux fournissait en abondance un matériau de construction à la portée de tous.Quant à la question des détails dans les maisons du Québec, il faut mentionner le grand nombre des petits carreaux dans les fenêtres, les volets autrefois de fer, et les «S» qui empêchent les murs de s'écarter.TROIS TYPES DE MAISON Au point de vue de l'aspect général on peut classer nos « maisons nationales » en trois catégories : celles de la région de Québec, celles de la région de Montréal et celles de la vallée de l'Ottawa.Ces trois types sont suffisamment variés pour qu'on les différencie et distingue à première vue.Il va sans dire que ces types ne sont pas confinés à telle ou telle région et on verra une maison de la région de Québec bien à l'ouest de cette ville, tandis que la maison montréalaise peut se trouver plus à l'est.On sait que les premiers colons français se fixèrent autour de Québec, sur les deux rives du Saint-Laurent et à l'Ile d'Orléans ; c'est donc dans Par EUGENE STUCKER Professeur, membre de la Société Historique de Montréal « Bienheureux qui possède encore I'humble maison Construite par l'aïeul, en bonne pierre grise.» ALBERT LOZEAU cette région que furent élevées les premières demeures stables.N'allons pas croire pourtant que ce que nous appelons nos « vieilles » maisons québécoises sont de cette première époque ; nos « reliques » sont au plus des représentants de la troisième génération.On s'est demandé longtemps de quels matériaux se servirent nos premiers ancêtres dès l'origine.Des recherches récentes ont permis de s'allier à l'opinion qu'ils bâtirent en pierre, et cela dans toute la province.Cette opinion est fondée sur les affirmations de divers documents du temps.D'ailleurs si nos voisins anglais font entrer beaucoup de bois dans leurs constructions, c'est parce qu'ils ont importé cette méthode \u2018d'Angleterre où elle est le style national.Nos ancêtres vinrent des provinces nord- ouest de la France ; là où depuis des siècles on a bâti des maisons de pierre et à pignon.MAISON DE LA RÉGION DE QUÉBEC Les maisons de la région de Québec sont généralement de forme rectangulaire, au moins deux fois aussi longues que larges.Les murs de pierre ont une épaisseur de quelque trois pieds, ne montant que pour former le corps du rez-de-chaussée et s'arrêtent tout autour à la hauteur du toit.Ce dernier est très élevé et pointu.Généralement le comble est « brisé », l'extrémité du toit montant obliquement au lieu de monter droit.Le sommet du comble brisé est souvent surmonté d'un épi.Quand le comble est laissé droit, il est fait en charpente couverte en bardeaux.Une grosse cheminée de pierre s'élève à une petite hauteur du milieu du faîte parce que le foyer central chauffe les deux côtés du rez-de-chaussée.Fréquemment deux cheminées de bois sont placées sur les extrémités du toit.Elles ne sont qu'ornementales et indiquent une pointe de prétention.Ces « fausses » sont censées indiquer un certain degré d'aisance du propriétaire par le nombre de foyers qu'il était capable d'entretenir.L'Ile d'Orléans est un véritable sanctuaire de ce type de maisons, mais on peut en voir de beaux spécimens dans les environs de Charlesbourg sur la rive nord et autour de Beaumont sur la rive sud.LA MAISON DE VILLE La «maison de ville » exigeait le pignon droit, cette forme donnant au bloc de maisons un aspect plus homogène.Cette disposition donna naissance au coupe-feu, ce petit mur de pierre qui monte un pied plus haut que le toit ; il est censé empêcher le feu de se communiquer d'un toit à l'autre.Le bas de ce coupe-feu repose sur un « corbeau », grosse pierre sculptée faisant saillie au bord du toit.Le haut du coupe-feu est surplombé par deux cheminées massives, souvent reliées par un mur de soutènement.Ces maisons de ville devaient être construites parallèles à la rue, le droit « d'avoir pignon sur rue » étant considéré comme un privilège ; pignon et cour sur rue constituaient une distinction d'avec le commun des mortels qui avaient porte sur rue.: MAISON DE LA REGION DE MONTREAL La « maison de Montréal » a toutes les caractéristiques de la « maison de ville ».Aux détails que nous venons de signaler, ajoutons ceux qui la font distinguer de celle de Québec.Ils se résument à quatre principaux.D'abord elle présente l'aspect d'un bloc plus carré.Cela vient du fait que son rez-de-chaussée est subdivisé non en deux pièces, mais en quatre, deux occupant toute la longueur en avant, et deux occupant toute la longueur en arrière.De cette profondeur de deux bonnes pièces de chaque côté de l'entrée presque centrale vient la multiplicité des quatre vraies cheminées, chaque pièce ayant son foyer sur le mur extrême.Tandis que dans la maison de Québec le rez-de- chaussée est réellement au niveau du sol, celle de Montréal a le sien surélevé par un soubassement, servant de remise pour le matériel roulant, les instruments aratoires, le bois, et de nos jours, à l'installation du système de chauffage.Ce demi-étage dégage le rez-de-chaussée des neiges de l'hiver aussi bien que des eaux de l'automne et du printemps.Un simple perron ou une galerie donne accès à l'entrée.Dans la région de Montréal on ne voit guère de pignon brisé.Il est droit et le mur de pierre monte jusqu'au faîte, pour y monter les tuyaux de cheminées.Enfin le toit n'affecte pas cette allure élancée et pointue qui caractérise la maison de Québec.Il est à peu près à 45 degrés et ne s'élance que dans le cas d'une maison voulant afficher quelque prétention.Remarquons que cette maison de ville de la région de Montréal est aussi répandue dans les campagnes que dans les cités.On en voit à Montréal même, sur toute l'île et tout le long de la rive sud à partir de Caughnawaga jusqu'à Boucherville.MAaIsON DE LA VALLÉE DE L'OTTAWA La maison de la vallée de l'Ottawa a cela de commun avec celle de la région de Québec qu'elle a souvent un toit au pignon brisé.C'est alors qu'on voit deux cheminées, une à chaque extrémité, s'élever du bord du toit jusqu'à la hauteur du faîte.Elle s'apparente à celle de Montréal par le soubassement qui supporte le rez-de-chaussée.Ce qui la distingue de toutes les deux, c'est la galerie et l'encorbellement du toit qui font le tour des quatre faces de la maisin.Les habitants de la vallée de l'Ottawa ont emprunté ce style aux postes de la Baie d'Hudson disséminés le long de la rivière.Nous l'avons dit plus haut, s'ils ont parfois construit en pièces sur pièces, c'est parce que la rivière leur déposait le bois à la porte.MAISON DE PIERRE, TOIT À PIGNON Nos ancêtres français sont venus surtout des départements de la Bretagne, de la Normandie et de la région de Paris.Ils avaient vu surtout de la construction de pierre.Ici, éloignés du faste et des demeures affichant des styles plutôt fantaisistes, ils se voyaient aux prises avec la nature et les éléments.Gens simples et surtout très pratiques, c'est de ces deux derniers qu'ils prirent conseil quant au mode de leurs maisons.Or, dans le Québec le climat est extrême ; en été il fait très chaud et en hiver il fait très froid.Contre ces saisons ils se sont protégés en bâtissant des murs de matériaux « mauvais conducteurs », la pierre et le mortier.La plupart de nos vieilles maisons québécoises ont des murs d'une épaisseur de trois pieds.Cette proportion était nécessaire non seulement pour empêcher le froid et la chaleur de les pénétrer, mais aussi à cause de la forme des pierres dont on se servait.Ces pierres étaient des moellons et des cailloux ; elles étaient donc plutôt arrondies et se seraient désagrégées facilement d\u2019un mince mur de mortier.Les maçons du temps ont paré à cet inconvénient en noyant ces moellons et ces cailloux dans une masse de mortier ; d'ailleurs ils savaient donner à leur mortier une durée qu'on ne lui donne plus de nos jours ; après avoir éteint la chaux, ils la faisaient mûrir dans le sol pendant plusieurs mois.Huit et dix énérations se sont abritées derrière ces murs et eur mortier les soutient toujours.Dans la région de Québec les maisons sont badigeonnées de chaux; dans la région de Montréal on laisse volontiers les pierres paraître dégagées du mortier.C'est l'abondance des neiges qui fit élever les toits à pignon.En effet, sur ces pentes abruptes elles ne s'accumulent que difficilement, et quand elles fondent, l'eau s'écoule avec facilité. 10 .La Revue PoPuLAIRE MARIAGES ET FIANCAILLES Mme JACQUES DECARY (Madeleine Toupin) Photo Studio V.Garcia Mlle ALPHONSINE PARE (le docteur John G.Hawlett) Photo Nakash, Eaton's Mme LEO PELLAND (Marie Robert) Mme PETER NORMAN DAWES (Francoise Laureys) Photo Nakash, Eaton's Mme NANTEL DAVID Mile JACQUELINE LAMARCHE Mme GUY GAUVREAU (Claire Janin) (M.Jean-Jacques Grothé) (Louise Laurendeau) Photo Nakash, Eaton\u2019s La Photographie La Rose Photo Studio V.Garcia Mile MARTHE HOUDE Mile FRANÇOISE ARCHAMBAULT Mile MICHELLE DUPUIS Mme HENRI BRANCHAUD (M.Jean-Louis Handfield) (M.Roger Bertrand) (M.Jean Leman) {Ghislaine Prudhomme) > Studio De La Haye Photo Nakash, Eaton's La Photographie La Rose Photo Nakash, Eaton's aüian COLDNIAL AIRWAYS re DE MONTREAL À NEW- RÂCE à l'avion, on peut aujourd'hui parcourir les 243 milles \u2014 en ligne droite \u2014 qui séparent Montréal de New-York en deux heures.Pas beaucoup plus qu'il n\u2019en faut pour traverser l'île de Montréal en tramway ! Dans les gros bimoteurs des Canadian Colonial Airways, ce voyage n'est pas une aventure.Confortablement calé dans un fauteuil, vous fumez une cigarette ou vous lisez un magazine, tout aussi à l'aise que dans un pullman.Vous voulez dormir?Pressez un bouton, et le dos du fauteuil se renversera à l'angle désiré.Vous voulez un air plus frais ?Un dispositif placé au-dessus de votre fenêtre vous Le capitaine et le co-pilote à bord d'un avion des Canadian Colonial Airways.Par radiotéléphonie, ils se tiennent constamment en contact avec les aéroports et services météorologiques.Tous les tableaux de bord sont à double commande.EN 2 HEURES en donnera.En été comme en hiver, l'intérieur de l'avion est climatisé.L'hôtesse vous prêtera des magazines : vous aurez même La Revue Populaire, le seul magazine canadien-français à bord des avions des Canadian Colonial Airways.L'hôtesse vous servira gratuitement un repas froid, avec thé ou café et des cigarettes.Dans le lavabo, vous trouverez serviettes, savons, un rasoir électrique stérilisé, etc.Les pourboires sont rigoureusements interdits.Et la sécurité?Les avions Douglas des Canadian Colonial Airways n'ont jamais eu d'accident.Avant chaque départ, les pilotes reçoivent un rapport sur les conditions atmosphériques, d'après- les données de 600 stations météorologiques, Durant le trajet,ils suivent un courant dirigé : c'est le radioguidage du « Sperry Gyropilot», qui permet de garder une direction et une hauteur constantes, même par temps brumeux.Aux aéroports de Saint- Hubert, de Burlington et de New-York, les 32 mécaniciens des Canadian Colonial Airways inspectent chaque jour les moteurs et toutes les pièces mobiles des ailes et du gouvernail.Les capitaines et les co-pilotes subissent fréquemment des examens de la vue et de l'ouie.Enfin, les règlements imposés par les gouvernements canadien et américain sont si sévères que rien n\u2019est laissé au hasard dans le transport aérien.La première ligne aérienne entre Montréal et New-York \u2014 pour le courrier et les passagers \u2014 fut celle des Colonial Airways, devenues les Canadian Colonial Airways.Quels progrès accomplis depuis une dizaine d'années, alors que de petits avions transportaient irrégulièrement, sans confort, quelques voyageurs pressés et audacieux! 1 y a quelques années, les Canadian Colonial Airways achetérent une flotille de bimoteurs Douglas : les DC2 a 14 fauteuils, et les DC3 a 21 fauteuils.Le nombre des passagers augmentant rapidement il fallut organiser trois services quotidiens.En avril dernier, deux autres gros Douglas permirent d'établir un (Lire la suite page 63) 12 LE ROSIER RUGUEUX LES ROSES TREMIERES La Revue POPULAIRE LES FLEURS DE VOTRE JARDIN PAR MARCELLE LEPAGE Diplômée de l\u2019Institut Botanique de Montréal ous rêvez du petit jardin ensoleillé qui pourrait s'épanouir à l'ombre de la maison ou du grand parterre tapissé de gazon frais, iqué de massifs et jalonné de plates-bandes aux coloris variés ?\u2014 Oui, mais voici l'objection qui se pose : Que faut-il planter ?C'est un problème qui trouve rapidement une solution moyennant quelques notions primordiales.Nous ne prétendons pas donner ici un traité sur l'art des jardins, il déborderait vite le cadre forcément étroit d'un simple article de revue.Voici, cependant, quelques remarques auxquelles nous joignons une liste suggestive de plantes rustiques ou annuelles susceptibles de croître facilement dans la Province de Québec.Il importe avant tout de ne pas croire qu'un jardin, pour réaliser un idéal de fraîcheur, de beauté et de parfum doive posséder le plus d'espèces possible des fleurs cultivées et réunir toutes les nuances de l'arc-en-ciel et leurs dérivés.Sobriété et simplicité trouvent leur place partout et sont souvent, pour ne pas dire toujours, synonymes de beauté, voire de splendeur.Si vous disposez de peu de ressources et que vous possédez un grand terrain, quelques espèces judicieusement choisies suffiront.Nous avons déjà admiré un parterre composé d'une seule espèce de fleurs pour chaque saison et qui présentait, néanmoins, un très bel aspect.Imaginez une vaste pelouse bien fournie, coupée d'allées bordées de plates-bandes étroites contenant, en mai, des tulipes.Les tulipes flétries étaient remplacées par des capucines naines semées en bordure dense, encadrant des plants de reine-marguerites dont les coloris variés succédaient, l'automne venu, à la gamme éblouissante des jaunes.Cas de simplicité extrême, si l'on veut, mais qui ne manquait nullement de charme, au contraire ! L'habile horticulteur qui avait combiné si ingénieusement la succession de ces trois espèces de plantes, et réussi un magnifique parterre, à peu de frais, connaissait bien l\u2019une des première lois de l'art des jardins : Présence de fleurs de mai à octobre inclusivement.En effet, les époques de floraison variant selon les espèces qui sont, les unes précoces, les autres tardives, vous devez tenir compte de ce fait dans le choix des plantes de votre jardin.On suggère encore de semer en massifs : l'effet est plus saisissant.Vous voulez planter des pivoines?\u2014 Réunissez plusieurs pieds au même point plutôt que de les échelonner ici et là.Cette suggestion s'applique également aux plates-bandes et aux corbeilles.Mais gare aux effets désastreux dans les combinaisons de couleurs ! UNE BORDURE D'ALYSSES ODORANTES Juin 1940 Pas trop de symétrie non plus! La nature ignore les lignes rigides et savantes et, « Jamais de la nature il ne faut s'écarter.» Reste le choix à faire parmi les plantes que l'horticulteur met à la disposition des jardiniers.A ceux qui ont le bonheur de posséder un terrain en propre, nous conseillons un mélange de plantes rustiques et de plantes annuelles.Quant à ceux qui doivent subir de fréquentes migrations et qui ne bâtissent leur nid que pour quelques saisons, nous leur disons : Fleurissez votre nid avec des plantes passagères.Parmi les plantes rustiques, nous ne voulons citer que les muguets aux clochettes parfumées, les coupes nâcrées des anémones supportées par des tiges flexibles, les myosotis, des fleurettes exquises avec leur petit cœur orangé entouré de minuscules pétales bleu lavé, le peuple frais des violettes blanches, jaunes ou mauves, les pensées aux souples pétales de velours de toutes nuances qui sont les sœurs des violettes.Les campanules frêles, les saxifrages dont l'habitat de prédilection est la rocaille, les grands iris qui trouvent spontanément leur place au bord des bassins d'eau, les pivoines somptueuses, et puis les roses, des blanches aux vermeilles, pour leur splendeur et leur parfum «a nul autre pareil» ! Qui disait qu'un jardin sans rose n'est pas un véritable jardin ?Quelques espèces viennent très bien sous notre climat, notamment le rosier rugueux.Enfin, n'ayons garde d'oublier le groupe merveilleux des Asters qui prolongent jusqu'en novembre notre courte saison des fleurs.es plantes annuelles nous offrent des gammes de couleurs insoupçonnées.Choisissez : les verveines de toutes nuances, les nierembergie mauves, les mufliers blancs, or ou rutilants pouvant former de grands tapis ou des bordures aussi bien que l'alysse odorante.Dans les corbeilles, mettez-vous des œillets de Chine parfumés, des soucis jaunes et orangés ou des pavots mexicains dont les tons crus tranchent hardiment sur les verdures environnantes ?Faites entrelacer à de fins treillis des pois de senteur : leur gracieuse carêne renferme un parfum si subtil.Aurez-vous une plate-bande de lis immaculés a l'arome capiteux, ou de laieuls qui ont si bel air, leurs corolles campanulées s\u2019échelonnant e long d'une tige rigide.Une vilaine clôture défigure-t-elle votre jardin ?\u2014 Masquez-la par un rang serré de roses trémières.armi les autres plantes qui commencent de flétrir, cueillez les reine-marguerites aux tons adoucis qui vous parleront encore de fraicheur lorsque les jours gris feront déjà présager la saison morte.Et voilà ! la nature est prodigue de grâces et de parfums.L'art a su multiplier à l'infini ces grâces et ces parfums ! Pour que nos existences baignent au sein de la beauté et de la lumière, nous n'avons qu'à tendre la main.La joie du cœur commence souvent par la joie des yeux .et la joie est la seule puissance qui permet d\u2019oser.Refuserons-nous de tendre la main?.Photos de la Ferme Expérimentale Centrale, Ottawa.nN.CI-CONTRE.\u2014 \"' LES CAMPANULES FRELES \u2018\u2018 CI-DESSUS.\u2014 LES IRIS DU JAPON '\" LES COUPES NACREES DES ANEMONES \"' 14 QUAND L'AMOUR RENAIT N CADRE sobre et de bon goût : Salon moderne en teintes neutres, tapis épais, lumière diffuse venue on ne sait d'où, \u2014 quelques objets de valeur, dont une coupe de Venise débordant de roses rouges, \u2014 et sur une petite commode de marqueterie, seul souvenir du passé en ce studio vingtième siècle, quelques fleurs blanches, œillets et lilas, dans une timbale d'argent.Parmi ce décor, des personnages évoluent.Evo- luent!.A vrai dire, enfouis dans leurs fauteuils, ils regardent évoluer Ghislaine Le Monnier, la maîtresse de céans, qui offre des liqueurs à ses invités.\u2014 Bénédictine ou cassis ?\u2014 Du cassis de Montfort ?\u2014 Oui, tante Alice.Sans doute le cassis de Montfort est-il déjà connu des invités, \u2014 c'est à lui que vont toutes les préférences.Ghislaine, d'un geste gracieux, le distribue généreusement.Christian Le Monnier a pour elle un sourire grave et tendre auquel répond, attiré vers lui, un sourire de Ghislaine.\u2014 Comme au premier jour, alors ?demande Mme Lauroy.Dirait-on que ces tourtereaux sont mariés depuis trois ans et demi ?\u2014 À votre avis comment devrions-nous être, après trois ans et demi de mariage ?demande Ghislaine malicieuse.\u2014 Comme tout le monde.On s'aime bien, et puis voilà.\u2014 Et puis voilà ! parodie Christian.\u2014 Tandis que ceux-ci en sont encore aux sourires attendris, aux petits soins, à la mutuelle adoration.\u2014 C'est que ces jeunes gens-là ne sont pas comme tout le monde, explique tante Alice.Ne savez-vous pas, chère Madame, qu'ils se sont fiancés dès l\u2019âge le plus tendre, que toute leur vie ils ont pensé l\u2019un à l'autre, que le reste du monde n'existait pas pour eux, et qu'ils ont failli mourir de chagrin quand M.Lauroy a envoyé Christian en Argentine pendant leurs fiançailles.\u2014 C'est exact, intervient une jeune femme au gai visage, aux yeux pétillants de malice, \u2014 c'est exact.À Montfort, ils étaient légendaires.J'ai plusieurs fois déclaré que Christian et Ghislaine passeraient à la postérité au même titre que Roméo et uliette, ou Paul et Virginie aux noms insépara- les, \u2014 mais avec plus de bonheur que ces amants infortunés.\u2014 C'est vrai qu'ils ont tout pour être heureux, murmure tante Alice.Voyons, Ghislaine, à quoi penses-tu | je ne prends jamais deux verres de liqueur ! Ghislaine, en effet, est en train de verser à Mme Rumeau une seconde ration du cassis de Montfort.\u2014 Elle pense à son bonheur, explique la jeune femme au gai visage.D'une main qui tremble un peu, Ghislaine pose le flacon au coin de la cheminée.D'elle à Christian un regard s'échange, où un observateur attentif découvrirait une sourde angoisse.Mais parmi leurs hôtes, qui donc verrait chez eux autre chose qu'un bonheur sans défaut Grande, mince, d'une émouvante beauté avec son teint de fleur, les boucles sombres de ses cheveux et des yeux admirables, Ghislaine Le Mon- nier est bien faite pour inspirer l'amour, \u2014 auprès d'elle, Christian, le blond Christian aux yeux clairs dont la douceur étonne parmi les traits virils de son visage, Christian est bien fait pour comprendre le charme de p= | td ~ Le a, g LE, EY nd 3 EE Ne + ae te de Waa EE\" pa 2 me = dites 5 a or it Je.N* en \u2014 if mas 35 ic .Sy Leur Poros\u201d Wher & hace AURELE de FOY SUZOR-COTE.\u2014 Maria Chapdelaine (bronze).HORATIO WALKER.\u2014 Le retour des champs à l'Ile d'Orléans.wy Aer to o SL ne x.ls se Yr Vr \\ w er ¥ i ap ÿ ci i A ¢ 5 .a Ë if wr 5 + s i 2e De af ès # y 126 i + 4 ET i + FR, 4 ÿ os ges ee À nt, se Li pos su = a y or a He pt + Hire A * 3 = Men LE \\ 5 4 ÿ 4 gr ; se ae * Sp 3 ga i 2 ne.+ cs | i vel \u201cow | = Ex he mé .Fone = = 5: 2 A\" ; HE pee iE Ce 8 Ng Sal vein MAURICE CULLEN.\u2014 Fin d'hiver.CLARENCE A.GAGNON, R.C.A.\u2014 Petit village,au fond des terres. 18 (Suite de la page 16) avec joie, aux concessions mutuelles ui font notre vie meilleure.Mais hristian se doutera-t-il jamais de l'étendue de mon sacrifice ?Moi, je connais la cause de ses tristesses, \u2014 je sais pourquoi il s'est jeté éperdument dans ses devoirs d'état \u2014 je devine son besoin de changement, son appétit de voyages, \u2014 je sais et je le plains.Pauvre Christian, mari si tendre, si attentif, si délicat, avec un tel chagrin au cœur ! « Moi qui sais, je m'efforce d'être douce, affectueuse, docile ; j'y parviens sans peine, puisque je l'admire et l'aime profondément, \u2014 et surtout j'évite ce qui pourrait troubler notre paix.C'est pourquoi j'ai refoulé si souvent les confidences qui me montaient aux lèvres.« Le religieux qui fut mon conseil à l'heure la plus grave de ma vie, disait : « Quand l'heure en sera venue, les confidences se détacheront de vous comme des fruits mûrs.» «Cette heure sonnera-t-elle jamais! Je le désire et le redoute, & mon Dieu ! Mais nous n'en sommes pas encore là, \u2014 Christian aux lèvres closes semble bien n'avoir rien à dire, et tout ce qu'il y a en lui d'inconnu me fait trop peur pour que j'ose me décharger du secret qui m'étouffe : ne serait-ce pas le \u2018perdre irrémédiablement, lui qui ne se doute pas du drame de ma vie ?« Il ne sait rien et pourtant .Est- ce par une exquise intention qu'il m'aide parfois à garder mon secret L'autre soir quand, devant nos amis, Marie-Louise a parlé d'Herbois, est- ce un hasard miraculeux qui fit croire à Christian que notre chérie pleurait, m'ôtant l'angoisse de subir une question à laquelle je n'aurais pu répondre ?.Que vais-je imaginer ?Christian ignore tout, puisque personne, pas même ceux qui vivaient auprès de moi, n'ont jamais rien soupçonné, Mon secret d'amour est enfoui dans un sépulcre scellé, tout au fond de mon cœur, \u2014 et quand parfois un besoin de confidences m'étouffe, je livre ma pensée à ces feuilles blanches dont, le calme revenu, je fais un grand feu clair, pour qu'il n'en reste rien, « Alors, délivrée de mon angoisse, je reprends mon sourire et mes gestes de femme heureuse, très heureuse, que l'on cite en exemple a celles qui ont peur de la vie : « Vous voyez bien que le bonheur existe, vous voyez bien qu'il y a des mariages parfaits, \u2014 regardez Ghislaine et Christian.» «Et il est vrai que, souvent, mon mal s'endort, il est vrai que je l\u2019oublie.Tant que j'ai désiré un enfant, je concentrais sur cet espoir toute ma volonté de bonheur.Depuis la naissance de ma fille je reste éblouie du don qui m'est fait : auprès d'elle, j'oublie tout ; les douleurs du passé se fondent et disparaissent dans la joie présente, jusqu'au moment où un brusque rappel, comme un heurt sur une blessure mal cicatrisée, m'avertit que l'oubli total n'est pas encore venu, « Mais il viendra, parce que j'en ai la volonté, parce que mon amour pour mon enfant suffira bien à satisfaire les exigences de mon cœur.» La plume s'arrête, Ghislaine sourit tristement.Elle sait bien que dans son cœur passionné, il y a place pour deux amours.« Christian, Christian, ma guérison serait achevée peut-être si je n'avais pas découvert ton secret.Combien de fois, touchée par ta bonté, par ton désir de me plaire, ai-je ressenti pour toi une tendresse plus vive ! et combien de fois, le besoin de me blottir dans tes bras en te disant tout ! Mais le nom de Maitena grondait aussitôt à mon oreille, et l'élan qui me portait vers toi se brisait .Ah ! si j'étais aimée de toi totalement, uniquement, si je n'avais pas de rivale en ton cœur ! « C'est elle la cause du malentendu qui nous a glacés ce matn quand tu es parti.J'ai mieux compris que tu ne le penses le sens de tes paroles : « Mon devoir est plus dur et plus pénible que tu ne sembles le croire.» « Tout le jour j'en ai gardé une tristesse qui, ce soir, m'accable.J'ai peur.» Ghislaine, le stylo aux doigts, tend l'oreille : Jolie-Chérie s\u2019agite dans son berceau.La jeune mère court vers l'enfant, qui, pâle, oppressée, respire avec peine et gémit doucement.Dans ses douze mois d\u2019exitence, la petite fille n'avait jamais été malade : « Elle pousse comme un chou, » disait-on devant sa mine épanouie.Ghislaine qui n'avait pas encore tremblé pour elle, vit aussitôt dans son inquiétude de tout le jour, dans cette peur qui lui serrait la gorge, un affreux pressentiment, mais elle voulut rester calme.Infirmière bénévole pendant plus de six mois au dispensaire de l'hôpital Saint-Jean, à Montfort, pendant que son fiancé était en Argentine, elle y avait vu et compris que notre premier devoir envers les malades est la possession de nous-mêmes, qui bannit l'affolement et crée la paix nécessaire aux soins à donner, aux décisions à prendre.Elle fit d'abord une prière en son cœur, puis, inclinée vers le berceau, elle prit entre les siennes les mains de sa chérie.Par le langage mystérieux qui est le secret des mères et de leurs enfants, elle expliqua qu'elle était là, et que tout irait bien.Sans s'éloigner, elle prépara une boisson ra- fraichissante dont Jolie-Chérie ne voulut pas, et, par une chanson, tenta de l'endormir.En vain.La respiration sifflante et tirée.se faisait plus difficile encore ; l'enfant portait à sa gorge deux petites mains crispées.Ghislaine sentit croître son inquiétude.Dehors, il pleuvait toujours.En ce quartier tranquille, à cette heure nocturne, seul le passage de l'autobus et, de temps à autre, celui d'une voiture, rappelaient que la grande ville n'est jamais tout à fait endormie.Le silence de la chambre pesait sur Ghislaine comme une chape de plomb.La pendulette sur la table de chevet marquait minuit.Elle n'avait pas cru qu'il fût si tard: ses confidences aux pages blanches, et ses longues réveries, lui avaient 6té la notion du temps.\u2014 Maman, maman, gémit la petite fille, d'une voix étouffée.Cet appel bouleversa Ghislaine.Quoique décidée à rester maîtresse de ses nerfs, elle vit la mort dans les yeux de Jolie-Chérie et s'affola : Cette enfant est gravement malade, \u2014 sait-on jamais.L'existence de ces petits êtres est si fragile! Et Christian qui n'est pas Ia! À cette heure douloureuse, c'est vers lui que Ghislaine crie.Il lui semble que sa présence suffirait à la défendre contre le malheur qui rôde et veut entrer ; jamais elle n'a mieux compris à quel point il lui est nécessaire : quand il est là, tout paraît facile, \u2014 il sait vouloir, agir, prendre les responsabilités ; \u2014 avec lui.devant le berceau de leur fille malade, elle n'aurait pas l'affreuse sensation de vertige qui la rend folle, elle s'appuierait confiante à une force qui ne fléchit jamais.Sans lui, que peut-elle faire.6 mon Dieu ?, Dans un geste de défense, elle sempare de l'enfant qui suffoque sans pouvoir crier, la serre contre sa poitrine, et dévore de baisers le petit visage convulsé.Tout le vocabulaire de sa tendresse roucoule sur ses lèvres, mais Jolie-Chérie ne la voit et ne l'entend pas.L'amour, - hélas ! est impuissant en face des forces obscures que rien n'émeut.Que faire! il ne faut pas songer a la domestique.Libérée de ses devoirs d'état, dans sa chambre du septième étage, elle ignore ce qui se passe à l'appartement.Ghislaine ne laissera pas l'enfant pour aller la quérir.Et puis, à quoi serait-elle bonne ici ?Ce n'est pas elle, c'est un médecin qu'il faut.Ghislaine ne connaît qu'un médecin à Paris, celui qui a présidé à la naissance de Roselyne.Personne n'est jamais malade, chez elle.Ce docteur ne refusera pas de venir, par cette nuit d'orage, sauver de la mort l'enfant qu'il a mise au monde, il paraissait si bon ! Fébrile, Ghislaine cherche un nom un numéro dans l'annuaire du téléphone et, le cœur battant d'espérance, elle appelle son sauveur.Le récepteur collé à l'oreille, elle attend.Personne ne répond ! À cette heure-ci, l'on dort.Il faut qu'on se réveille.\u2014 Allo! \u2014 Allo ! Le docteur Chaussier ?\u2014 Le docteur est absent, madame.\u2014 Rentrera-t-il bientôt ?\u2014 C'est peu probable, on vient de l'appeler pour un accouchement.\u2014 C'est que ma petite fille est malade, très malade.Je voudrais voir le docteur tout de suite ; il la connaît bien, c'est lui qui est venu quand elle est née.\u2014 Désolée, madame ! Vous feriez mieux de téléphoner à un autre médecin.\u2014 Pouvez-vous m'en indiquer un?\u2014 Oui! docteur Gérard, \u2014Luxem- bourg, 91-72.\u2014 Merci, madame.Nouvel appel.Cette fois, silence total ; l'abonné sans doute a coupé le courant pour n'être pas dérangé cette nuit, \u2014 harassé peut-être, et décidé à défendre son sommeil.Ghislaine désespérée retourne vers sa fille.L'enfant suffoque, son visage est violacé.\u2014 Le croup! prononce avec terreur la pauvre mère.Secouée de frissons, elle cherche dans l'annuaire le nom de quelques médecins du voisinage, et recommence ses appels.Les réponses se font attendre, en pleine nuit ! \u2014 Allo, docteur, ma petite fille est malade, je vous supplie de venir la voir, c'est à deux minutes de chez vous.\u2014 Impossible.Malade moi-même, grippe maligne dont je suis à peine remis, Je ne pourrai pas sortir avant huit à dix jours.Tous mes regrets.Et c'est le déclic brutal qui coupe la communication.Ghislaine ne perd par courage ; elle continue la montée du calvaire.Ici, personne ne répond, bien que l'appel se fasse entendre.Les gens sont absents, en soirée ou en voyage, sans pitié pour une mère qui voit son enfant agoniser sous ses yeux.Lä, la réplique est sèche comme un couperet : \u2014 Vous faites erreur, madame, je suis chirurgien, je ne pratique pas de médecine.Des plaintes dans la chambre à coucher arrachent Ghislaine au récepteur qu'elle tient d'une main tremblante : Roselyne aux yeux fixes halète en gémissant, spectacle affreux pour une mère impuissante.Elle prend l'enfant dans ses bras, la berce sans que les plaintes cessent; son cœur bat à grands coups.Pour chasser la La RevuE POPULAIRE mort qui rôde par ici, il n'y a pas une minute à perdre.Retournant au téléphone, elle appelle le dernier numéro noté.; \u2014 Docteur, vous êtes à cing minutes de chez moi, ma petite fille est malade \u2026.\u2014 Pauvre maman, répond une bonne voix, je comprends votre inquiétude, mais les jeunes mamans s'affolent facilement.Je passerai bien volontiers chez vous demain matin.\u2014 Docteur, c'est tout de suite qu'il faut venir ! \u2014 Voyons, voyons, ne vous tourmentez pas! Je suis sûr que vous exagérez votre inquiétude.\u2014 Elle est rouge, agitée.\u2014 Les enfants ont tout de suite de la fièvre! Demain tout ira bien.\u2014 Docteur, je vous en supplie.\u2014 Ma pauvre enfant, j'ai soixante- seize ans, je ne fais plus guère de clientèle, et, je ne sors plus jamais la nuit.Il pleut à torrents, il fait froid, je souffre de rhumatismes, je marche difficilement.Vraiment, vous me demandez l'impossible ; mais demain matin, de bonne heure.Donnez- moi votre adresse.Ghislaine exaspérée raccroche sans répondre.Fille ne se doute pas que, au bout du fil, le vieux praticien touché dans son cœur de brave homme, la rappelle vainement pour lui dire, que, malgré tous les risques, il va se rendre auprès de l'enfant malade.Hélas ! il ignore le nom et l'adresse de celle qui l'a demandé ! Pendant ce temps, Ghislaine regarde avec terreur sa fille aux lèvres bleuies, aux yeux fixant le vide, exorbités ; les petites mains se débattent: de la gorge convulsée, s'échappe un sifflement lugubre.Ce spectacle est si affreux qu'elle détourne la tête en poussant un gémissement où revient le nom de Dieu ! \u2014 Ne me la prenez pas, mon Dieu! Mon Dieu ayez pitié de moi! J'ai été fidèle à mon devoir, je ne vous ai pas offensé, j'ai fait sans révolte mon sacrifice.Mon Dieu, ayez pitié de moi! Son impuissance redouble son affolement.Elle sait que le temps presse, qu'en téléphonant au hasard, elle gaspillera des minutes précieuses et que, bientôt, il sera trop tard.Sa pensée en détresse crie vers celle qui, à Montfort, l'aime plus que tout au monde : .\u2014 Maman ! C'est alors que, du plus profond de son être, monte un autre nom, depuis trois ans et demi, elle s'est inter- di de prononcer, un nom enfoui dans les ténèbres et que les remous du désespoir viennent de ramener à la lumière : Jean Herbois.Elle voit soudain, comme un film, se dérouler des scènes où règne Her- bois, \u2014 le dispensaire, les enfants malingres qui tendaient vers lui leurs visages fiévreux, et l'atmosphère d'espérance qu'il créait autour de lui.\u2014 S'il était là, il saurait bien sauver ma fille, il faisait des miracles.S'il était là?.Mais depuis plus d'un an il est à Paris, l'autre soir Marie-Louise le disait encore \u2026 \u2014 Je le supplierai, il ne refusera pas de venir.Le cœur de Ghislaine est gonflé d'espérance ; dans son aveuglement maternel, elle ne pense plus qu'Her- bois est le dernier homme au monde dont elle puisse invoquer la pitié.Elle ne pense pas non plus qu'il se révoltera, refusera de venir, et peut-étre méme se réjouira de son malheur, \u2014 elle ne voit que sa fille sauvée, Une fois de plus, elle ouvre l'annuaire.Pourvu, mon Dieu, qu'elle y trouve le nom cherché ! Elle ne sait même pas son adresse ; si son nom n'est pas là, qui donc la renseignera?(Lire la suite page 21) .eG A Ze même ACCUEIL dares tut 6 Canada! délicieuse soupe nouvelle devient la préférée Dans tous les foyers cette \u201cDélicieuse!\u201d C\u2019est souvent chez un ami que l\u2019on découvre la délicate saveur de la Crème de Champignons Campbell.C\u2019est une saveur inoubliable! Ft la Crème de Champignons Campbell apparaît ensuite souvent sur la table familiale.\u201cVous êtes le bienvenu!\u201d Pour les invités imprévus, la ménagère constate que cette soupe est toujours prête.\u201cVous la connaissez vous aussi!\u201d Partout, aujourd\u2019hui, on vante la Crème de Champignons Campbell.N imericaous pas un mets à la fois nouveau et d\u2019une saveur inégalée?Vous devriez alors essayer lu Houpe ou la Crème de Charnpignons Camphell\u2014dont chaque cuillerée est si appétissante.C\u2019est un mets vraiment \u201c\u201cdifférent\u201d\u2019\u2014si bon cet si nourrissant qu\u2019il convient aux repas de famille, mais si nouveau, si original, qu'il rompt agréablement La monotonie des repas quotidiens.Dans une cuillerée de celte soupe épaisse, vous trouvez la saveur particulière des champignons et la valeur alimentaire des morceaux de champignons.Ce CREME DE CHAMPIG NONS Ov ç Z 4 PREPAREE AU CANADA PAR LA Aux réveillons, on s'aperçoit que tout le monde accueille avec enthousiasme cet aliment délicat.CAMPBELL SsouUP sont les meilleures champignonnières canadiennes qui produisent ce mets délicieux.Les cuisines Campbell y ajoutent une crème fraîche et épaisse\u2014ct un peu d'assaisonnements délicats qui en font une soupe parfaite.La Crème de Champignons reçoit toujours le même accucil aux repas de famille, aux dîners chie, aux réceptions de la haute société.Pourquoi ne l\u2019essuyez- vous pas prochainement?COMPANY, LTD, NEW \u201cNous en servirons encore!\u201d Pour les gourmets, la Crème de Champignons est toujours la bienvenue ! ra oF MUSHROOM N'avez-vous pus faim ?Adoptez alors un mets fin : La Crème de Champignons Qui vous remettra d'aplomb.AM N\u2018 PRET np Conran VO ~~ caso andl rena VÉRIFIEZ L'ÉTIQUETTE ROUGE-ET-BLANC TORONTO, ONTARIO E printemps est fait de beauté; cela explique L pourquoi la nouvelle carrosserie Fisher est tellement en évidence cette saison.On reconnaît tout de suite les voitures qui la possèdent.Ça se voit à première vue .par les lignes plus longues, plus basses et ultra-modernes.L\u2019élégance extérieure n\u2019est pourtant qu\u2019un avant-goût de ce que vous éprouvez dans ces dernières créations des artisans Fisher \u2014 le luxe de la spaciosité, de la richesse du capitonnage.du confort des banquettes \u2014 l\u2019agrément et le repos visuels qui résultent de la visibilité étudiée des modèles de cette année.Il n\u2019est pas étonnant que les automobilistes avertis disent \u201cle mot d\u2019ordre de 1940 est la carrosserie par Fisher\u201d \u2014 ce qui, il va sans dire.signifie une voiture General Motors.$ Voyez un peu les avantages qu'apporte la carrosserie Fisher monacier à l'Oldemobile Custom 8 Cruiser ci-dessous: un siège avant et un pare- fenêtre arrière plus grande de 18\u201c; : plus forte s parois d\u2019acier: et l'usage de la glace de sécurité «el plus sûre.non seul snl dans le pare-brise\u2014 brise plus larges: construction à dou \u2018*hi-testU, plus ela main aussi dans toutes les Fenêtres el les volets.CENTRAL MOTORS SUR LES VOITURES GENERAL MOTORS SEULEMENT: CHEVROLET - PONTIAC -OLDSMOBILE - BUICK - LA SALLE - CADILLAC Juin 1940 (Suite de la page 18) Dieu soit loué, il est là.Docteur Jean Herbois, c'est bien lui, \u2014 peu importe où il habite.Son numéro, \u2014 voilà, c'est fait.\u2014 Allo, allo! \u2014 Allo! Sa voix! Ghislaine l'a reconnue par un coup en plein cœur, cette voix chaude, profonde, qu'elle a adorée.\u2014 Allo, docteur Herbois ?\u2014 Lui-même.\u2014 Docteur, ma petite fille est malade, je compte sur vous pour la sauver.\u2014 C'est que je ne fais plus de médecine générale.Qu'est-ce qu'elle a?\u2014 Je ne sais pas.J'ai peur du croup.\u2014 Qui Où habitez- vous ?Les mains de Ghislaine tremblent, une sueur froide perle à son front.\u2014 Mme Le Monnier, avenue de Breteuil.Je vais téléphoner à la concierge pour vous annoncer.Un silence, et la voix d\u2019Herbois reprend, moins ferme : \u2014 Encore une fois, qui êtes-vous ?\u2014 Mme Le Monnier.\u2014 Vous l'avez déjà dit.Si vous êtes celle que je pense, je n'ai pas reconnu votre voix.\u2014 Je suis une mère malheureuse, mon enfant va mourir, que vous faut- il de plus ?Le temps presse .N'attendez pas davantage.\u2014 Oui, c'est bien cela.L'angoisse maternelle, peut-être aussi la peur, la peur de ma réponse, avaient changé votre voix, mais je la retrouve maintenant.Tout mes regrets, madame, je ne me dérange pas la nuit pour de nouveaux clients.Il y a d'autres médecins à Paris.\u2014 Je n'ai confiance qu'en vous pour sauver ma fille Si vous la voyiez, la pauvre innocente, vous auriez pitié.Ce n'est pas pour moi que je vous supplie, c'est pour elle qui n'a pas mérité de souffrir.\u2014 Croyez-vous donc que toutes nos peines et nos souffrances soient méritées ?Tous mes regrets, madame.\u2014 Docteur, docteur, ne raccrochez pas ! laissez-moi vous supplier encore ! Je suis seule avec ma fille, mon mari absent, personne ici pour m'aider, me conseiller.Je suis folle d'angoisse.Les mots se heurtent sur ses lèvres, elle n'en calcule ni le sens ni la portée, ils viennent des régions secrètes de son cœur, et sa voix déchirée leur donne un sens tragique qu'elle ne soupçonne pas.Docteur, je n'ai que vous ! Qu'a-t-il donc compris, celui qui écoute, pour que sa voix, à lui, soit soudain changée ! \u2014 Non, ne me demandez pas cela, dit-il défaillant.\u2014 Docteur, pitié! ayez pitié de mon enfant, pitié de votre Ghislaine! Son instinct maternel, à son insu, a choisi les paroles qu'il fallait prononcer pour vaincre ; peu lui chaut leur portée redoutable.\u2014 C'est bien, j'y vais.Elle pousse un cri de joie.Aucun doute ne la tourmente : puisque Her- bois va venir, l'enfant est sauvée.Elle téléphone aussitôt à la concierge pour que le docteur n'ait pas à expliquer sa venue, en pleine nuit, chez une femme seule.La concierge émue propose ses services.Mais que pourrait-elle faire ?Il suffit qu'elle soit prompte à ouvrir la porte, car d'une minute perdue dépend peut- être la vie de l'enfant qui souffre.Jolie-Chérie ne gémit plus, ses eux fixes ne voient rien, ses membres sont secoués de mouvements convulsifs, et derrière les lèvres en- tr'ouvertes, maintenant violacées, le êtes-vous ?sifflement continue, saccadé, intermittent.Ghislaine qui l'a prise sur ses genoux la berce en pleurant.Pourvu qu'Herbois n'arrive pas trop tard ! Elle n'a aucune idée de la distance qu'il devra parcourir pour venir jusqu'ici, mais elle s'étonne et s'inquiète qu'il ne soit pas encore là.Tout en berçant sa fille, elle prête l'oreille aux bruits extérieurs ; la bataille déchaînée entre les éléments a fait trêve : est-ce un armistice ?ou bien le vent victorieux a-t-il réduit à l'impuissance les nuées chargées de pluie ?La chute régulière d'une goutte d'eau au bord de la fenêtre souligne le silence que ne rompt plus le passage de l'autobus.\u2014 c'est la grande paix nocturne de ce quartier endormi.De cette paix, Ghislaine n'a cure.Ce qu'elle attend dans sa fièvre, c'est le roulement de la voiture qui amènera le docteur Herbois.Par deux fois le bruit désiré s'est fait entendre, par deux fois son espérance a été déçue, \u2014 la voiture qui venait a poursuivi son chemin sans s'arrêter devant la porte.Mais cette fois, pas d'erreur, la marche sourde d'une auto, épiée depuis une minute, vient de cesser brusquement, \u2014 et maintenant que le bruit de l'ascenseur a corroboré son espoir, Ghislaine remet l'enfant dans son berceau, traverse la galerie en courant et ouvre la porte du palier avant qu'Herbois ait eu le temps de sonner.Elle ne l'a pas revu depuis a terrible scène de leurs adieux, à Mont- fort.Alors qu'il attendait d'elle le don de toute sa vie, elle lui apportait, glacée, un refus inexorable : Christian revenu d'Argentine avait repris ses droits sur elle, des droits aussi anciens qu'elle-même et dont, malgré les révoltes de son cœur, elle n'avait pas su se libérer.À sa pauvre défense, Herbois avait opposé la colère et la haine.Plus de trois ans et demi ont passé sans jeter sur cette scène la moindre poussière d'oubli, \u2014 pour lui, du moins, car fidèle aux promesses de son mariage, Ghislaine a toujours chassé comme une tentation le retour de souvenirs trop douloureux et trop chers.Et à l'heure tragique où ils se retrouvent, elle ne voit en lui que \u2018homme habile qui peut sauver son enfant.Dans la pénombre du vestibule, elle ne remarque pas la tension du visage toujours beau mais plus dur qu'autrefois, elle ne voit pas que ces trois années ont pesé plus lourdement sur lui que sur elle ; nul regret, nul remords ne l'émeut : Jolie-Chérie va peut-être mourir ! \u2014 Me voilà.\u2014 Merci ! oh! merci, d'être venu.J'ai repris espoir depuis que je vous attends.Par ici, s'il vous plait.Il la suit dans la chambre à coucher qu'éclaire faiblement une lampe de chevet voilée de rose ; devant lui, elle se hâte, sans arrêter sa pensée sur ce qu'il y a d'atroce pour cet homme qui l\u2019a passionnément aimée, à pénétrer ainsi dans l'intimité de son foyer, à voir la chambre conjugale avec son grand lit préparé pour a nuit, ses tentures roses, \u2014 d'un rose discret de fleur fanée, \u2014 la coiffeuse et ses objets familiers, un peignoir oublié sur le dossier d'une chaise, et le berceau, le berceau surtout !.Pour elle, il n'y a rien que son enfant malade.\u2014 C'est ma fille, dit-elle, ma petite Roselyne.Plus tard, elle se demandera pourquoi elle n'a pas livré à Jean Herbois le nom dont elle appelle sa fille, ce nom venu spontanément aux lèvres de Christian et aux siennes, devant le premier sourire de l'enfant, Jolie- Chérie.Bouleversé de ce qu'il vient de faire et de voir, Herbois n'en garde pas moins un masque impassible, des gestes sûrs.La passion a toujours cédé au devoir d'état chez ce médecin qui exerce son métier comme un sacerdoce.Il examine l'enfant d'une main ferme et douce, regarde sa gorge, et s'adresse à Ghislaine qui, pâle comme une morte, est tombée à genoux auprès du berceau.\u2014 Vous reste-t-il quelque chose de votre science d'infirmière ?~\u2014 Je ne sais pas.Il me semble.\u2014 Bien entendu, vous ne savez pas, il vous semble.Mais cette fois, il s'agit de la vie de votre enfant; l'heure n'est plus au laisser-faire, il faut agir, et vite.Il a repris son ton d'autrefois, sa voix autoritaire qui faisait d'elle son esclave extasiée.Oh! comme elle se sent forte, maintenant ! La maladie la plus redoutable ne lui fait plus peur, Herbois est là.\u2014 Que dois-je faire ?demande-t- elle soumise.\u2014 D'abord, revêtir une autre tenue, le mal est contagieux.Son geste montre le kimono de soie brodée aux manches trop larges dont Ghislaine est revêtue.\u2014 Bien.Et puis ?\u2014 Je vais faire une injection de sérum.Préparez ce qu'il faut.Déjà, il a ouvert sa trousse, et Ghislaine qui s'est éloignée un moment reparaît dans sa longue blouse rose de tous les matins.Elle a retrouvé ses gestes d'infirmière.Avec précision, elle exécute tout ce que pense Herbois sans qu'il ait à dire un mot, prend Jolie-Chérie sur ses genoux, et là, le remède sauveur est injecté à l'enfant.Le petit corps abattu s'abandonne entre ses bras, \u2014 il semble qu'ainsi, à l'abri de son amour, il saura mieux se défendre.Puis, pour obéir au docteur, Ghislaine le replace dans son berceau.Jolie-Chérie respire mieux, son visage bleui reprend une paleur qui, hier, eiit follement tourmenté Ghislaine mais la ravit aujourd'hui.Elle n'ignore pas que le mal est toujours la, mais elle sait aussi que la sinistre rôdeuse s'est éloignée et qu'on ne la laissera pas revenir.Alors, détendue, la joie filtrant à travers son inquiétude, elle perd conscience de la vie réelle guettée par tant de souffrances.Quatre années s'abolissent, elle est à Montfort, au dispensaire de l'hôpital Saint-Jean.clle assiste Herbois comme il le lui a demandé, comme elle l\u2019a secrètement souhaité.Elle reconnaît tous les gestes qu'il faisait alors, la douceur de ses mains puissantes, sa façon de se pencher sur la faiblesse, ce clignement des yeux pour mieux voir la misère.Ah! qu\u2019il est bien resté le même ! Et Ghislaine retrouve à son tour ses propres façons de le servir.La résurrection du passé est hallucinante.Dans le grand silence de la maison, tandis qu'au dehors le vent et la pluie se livrent bataille, elle s'impose à eux comme une force matérielle et fait trembler leurs doigts qui, incidement, se sont heurtés.Alors, ils se regardent, leurs gestes suspendus au-dessus de l'enfant, \u2014 lui, impérieux, elle défaillante, \u2014 il voudrait voir jusqu'à son âme, mais elle ferme les yeux.\u2014 J'ai fini, dit-il brusquement, Avez-vous encore besoin de moi ?\u2014 Est-elle sauvée ?\u2014 Je ne sais pas, répond-il, brutal.J'ai fait le nécessaire ; si elle ne doit pas être sauvée, nous n\u2019y pouvons rien.\u2014 Mais elle doit l'être, n'est-ce pas ?elle l'est déjà puisque vous la soignez .car vous ne l'abandonnerez pas, docteur.21 \u2014 Vous avez un médecin, je suppose.\u2014 Nous ne sommes jamais malades.\u2014 Tous les bonheurs ! Elle n'ose pas répliquer.Le ton d'Herbois lui fait comprendre qu'il n'y a nulle pitié en son cœur.Sa conscience professionnelle, tant admirée autrefois, est le seul mobile de son dévouement.\u2014 Quels soins devrai-je donner à Roselyne, docteur ?\u2014 Laissez-la reposer cette nuit.\u2014 Et demain ?\u2014 Demain ?L'enfant fait un mouvement dans son berceau.L'oreille du praticien l\u2019a entendu.Il se tourne vers la malade dont les yeux grands ouverts se sont fixés sur lui.Et là, dans l'ombre vaporeuse des rideaux roses, ce sont les yeux mêmes de Ghislaine que croit rencontrer son regard, des yeux que les drames de la vie n'ont pas encore assombris, des yeux purs qui, devant lui, ne se détournent pas.Jean Herbois bouleversé entend à peine Ghislaine qui répète : \u2014 Demain ?\u2014 Je reviendrai.Il est parti sans dire adieu, sans répondre aux tremblants remerciements qui lui sont adressés.La porte se referme sur lui, et Ghislaine revient en hâte vers sa chérie dont la respiration se fait plus régulière et plus calme.Assise auprès du berceau, elle croit avoir révé son angoisse, son affolement, et la présence du docteur Herbois dans cette chambre.Tout à l'heure, elle s'éveillera à côté de Christian, mais elle n'osera pas lui raconter son rêve.Ou bien, au contraire, s'éveillera-t-elle a Montfort, à l'aube d'une journée qui lui rendra, délivrée de toute angoisse, ses espérances et son grand amour.Mais cette fois, elle saura les défendre, \u2014 l'heure des atermoiements et des lächetés est passée.Mon Dieu que va-t-elle penser là ?La seule réalité, c'est Roselyne vivante, c'est la grande joie traduite par ce mot « Mon enfant.» Penchée sur sa fille aux yeux ouverts, elle lui dit tout son amour.\u2014 Roselyne chérie, si tu m'avais quittée, je serais morte aussi.Ferme tes yeux trop semblables aux miens.Reste ainsi tranquille, délivrée de ton mal, petite fille de Christian, avec tes traits menus où je retrouve les siens, les cheveux blonds, les cils dorés que tu as pris de lui.Tu es l'enfant de notre tendresse, c'est moi qui t'ai donnée à lui, c'est lui qui t'a donnée à moi; nous n'en aurons jamais trop de reconnaissance l'un pour l'autre.Reste ma joie, je ne regrette rien au monde, puisque tu es là, mon beau trésor ! L'enfant s\u2019est assoupie.Ghislaine ressent enfin la fatigue de sa longue et terrible veillée, Elle s'étend à demi dévêtue sur son lit, le berceau à portée de sa main, \u2014 mais elle ne s'endort pas, son cœur ne veut pas qu'elle dorme.Pour la tenir éveillée, il bat à grands coups sonores dans sa poitrine, comme une cloche de joie.Chapitre IV Confidences.E NCORE le grand silence de l'appartement désert.Pour surveiller Jolie-Chérie, j'ai apporté dans notre chambre mon stylo et ces feuilles blanches.« Elle dort d'un vrai sommeil, ce soir, mais la journée a été pénible, torpeur complète et pauvre petite mine dolente que je ne pouvais regarder sans avoir les larmes aux yeux.Puisque sa vie est entre les mains du docteur Herbois, je veux bannir l'inquiétude qui est en moi, 22 autour de moi, \u2014 mais quand elle lâche prise un moment, c'est pour faire place à une sorte de joie obscure que repousse mon être conscient.« Ferais-je mieux d'ouvrir les fenêtres de mon âme et de regarder en moi-même ?C'est peut-être un besoin de lumière qui a mis entre mes doigts, sans que je l'aie voulu, ce stylo et ces feuillets.«La nuit s'est achevée paisiblement pour Jolie-Chérie.Moi, je me suis endormie et réveillée à l'aube.Il y a une grâce d'état pour les mères inquiètes, car Maria à qui j'ai raconté ce matin les événements nocturnes, refusait de croire que je n'avais point dormi.« \u2014 Madame n'a pas l'air plus fatiguée que moi, conclut-elle.« Ce qui l'a dispensée d'offrir ses services pour la nuit prochaine.« Le docteur est venu à neuf heures.Je ne l'attendais pas si tôt ; sans doute était-il plus inquiet qu'il ne le disait cette nuit.« Au grand jour et libérée de mon angoisse, j'ai pu le regarder, \u2014 cette nuit, je n'avais d'yeux que pour ma fille.C'est ce matin que, vraiment, je l'ai revu après trois ans et demi écoulés.« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi I'avez-vous fait si beau, si puissant, si impérieux ?Comment, choisie par lui, passionnément aimée, aurais-je pu résister à son charme et ne pas l'aimer aussi?Christian était loin, j'étais seule pour me défendre et je suis si faible .Comment n'aurais-je pas été vaincue ?Même aujourd'hui, uand les liens qui m'attachent à hristian sont indissolubles, \u2014 au- jourd'hui, quand ma tendresse, autant que mon devoir, m'enchaîne à mon mari, j'éprouve en face d'Herbois un trouble qui me révolte et que je ne puis surmonter.Lui, tranquille ou sarcastique, semble bien guéri de son amour.Soyez-en béni, 6 mon Dieu! » Ghislaine est-elle sincére en écrivant ces mots d'action de graces?Sur son visage sans sourire, on lit plutôt le regret que la reconnaissance.Et sans poursuivre ses confidences, elle se remémore la visite de Jean Herbois.' A son arrivée, elle était en robe de chambre et en fut contrariée.Le docteur ne sembla voir que Rose- lyne dans son berceau.Ses gestes pour la tenir étaient aussi doux que ceux de la mère la plus tendre.Entre l'homme et l'enfant, des regards s'échangèrent que Ghislaine ne vit pas, et qui scellaient une entente secrète et passionnée.Sur la demande du docteur, Ghislaine remplit de nouveau son rôle d'infirmière, puis des instructions lui furent données et Jean Herbois, accompagné par Ghislaine, sortit de la chambre à coucher.Dans le studio où tout parlait de vie heureuse, il s'arrêta.Le confort de la pièce, la qualité du mobilier, un luxe de bon aloi, le goût qui avait présidé à l'agencement des détails, rouvaient que, matériellement, les e Monnier étaient de ceux qu'on envie.La photographie de Christian et Ghislaine réunis mettait à cet ensemble la note sentimentale qui lui donnait un charme vivant.Jean Her- bois vit tout cela d'un coup d'œil.Il s'approcha du portrait de Christian, tandis que Ghislaine, tremblante, lui demandait : \u2014 Puis-je être tout à fait rassurée ?Y a-t-il encore du danger ?\u2014 Certainement, il y a encore du danger, \u2014 de nombreuses complications sont à craindre chez une enfant si jeune, les suites de cette maladie sont aussi redoutables que la maladie elle-même, répliqua-t-il d'une voix rude.| Evidemment, il ne tenait pas à ménager la sensibilité de la pauvre mère.Celle-ci atterrée voyait renai- tre toutes ses angoisses.\u2014 Dois-je rappeler dit-elle.\u2014 Où est-il ?\u2014 En Corse, pour ses affaires.\u2014 Quand doit-il rentrer \u2014 Pas avant quinze jours.\u2014 S'il est nécessaire de le faire revenir, je vous préviendrai.\u2014 Alors.ce n'est pas urgent?L'espoir renaissait.Il haussa les épaules et, sans répondre, interrogea du même ton rude : \u2014 Pourquoi m'avez-vous appelé cette nuit, moi, plutôt qu'un autre ?Ghislaine à la sensibilité exaspérée vit ou crut voir dans cette simple phrase un monde d'intentions.Par quelle association d'idées l'avait-il prononcée quand l'absence de Christian venait d'être évoquée, et qu'il apprenait que cette absence serait longue ?Qu'était-il en train d'imaginer ?Depuis trois ans et demi, il avait amassé contre Ghislaine assez de haine et de mépris pour la croire capable de toutes les vilenies.rémissante et indignée, elle savait pourtant qu'elle reconnaissance elle devait à l'homme qui, devant elle et la dominant de toute la tête, attendait la réponse qu'elle ne proférait pas.| \u2014 Vos raisons sont secrètes ?fit- il.mon mari?\u2014 Mes raisons ne sont pas secrètes, docteur; puisque vous désirez les connaître, excusez-moi de vous les donner : avant de m'adresser à vous, j'avais téléphoné à tous les médecins du quartier, \u2014 aucun n'a pu ou voulu venir chez des inconnus.Alors, j'ai pensé à vous, Marie- Louise Gerval m'avait dit que vous étiez à Paris, et je me suis rappelé votre science, votre dévouement qui ont sauvé, là-bas, tant de vies d'enfants.Rien, sur le visage impassible de Jean Herbois, ne trahit sa pensée tandis que parlait Ghislaine.Peut- être écoutait-il seulement la musique de sa voix.Elle continua : \u2014 Je ne vous dirai jamais assez à quel point je vous suis reconnaissante d'avoir consenti à venir ici car je me doute bien.je n'ignore pas.Elle s'embrouillait dans ses phrases, et lui ne faisait rien pour l'aider.Il regardait toujours la photographie qui faisait dire aux amis des Le Mon- nier : « Quel joli couple ! » Cette muette contemplation irrita Ghislaine.Pour affirmer sa solidarité avec l'absent, elle ajouta : \u2014 Mon mari vous sera si reconnaissant ! \u2014 Au moins ne me parlez pas de votre mari, coupa-t-il, avez-vous peur que je ne l'oublie ?Son front s'était assombri comme un ciel d'orage, \u2014 le tonnerre grondait dans sa voix.Ce visage-la, Ghislaine l'avait déjà vu.Cette voix, elle l'avait entendue, un jour que jamais, jamais, elle ne pourrait oublier.Les souvenirs accourus en foule l'enfermèrent dans une ronde dont elle ne pouvait s'évader ; ils lui montraient tour à tour Herbois impérieux, dominateur, craint, obéi, souvent aimé, \u2014 Herbois lui imposant à elle, qui pensait à un autre, sa volonté et ses convictions, Herbois aux yeux de désir, aux yeux d'amour, aux yeux de haine.Et, de nouveau, fascinée par sa présence, elle resta silencieuse et frissonnante, incapable de rien dire et de rien penser.Elle souhaitait éperdument qu'il s'éloignât, \u2014 en même temps, elle chérissait la peur et l'émotion qui la faisaient trembler devant lui.Il la regardait, jouissant de son trouble ; enfin, avec un sourire ambigu, il prononça : \u2014 N'oublie pas qui veut.Vous le savez bien ! Et comme elle rougissait, toujours muette, il ouvrit la porte et s'en alla.Alors, elle respira mieux.« N'oublie pas qui veut, vous le savez bien, » répétait-elle en retournant auprès de sa fille.Il avait dit cela d'une telle manière ! en homme qui se sait compris et n'admet pas qu'on en doute.Pourquoi ?Jolie-Chérie reposait très calme, trop calme ; le sourire de sa mère, la vue de ses jouets favoris ne la tirèrent pas de son abattement, mais elle respirait librement et s'endormit bientôt d'un paisible sommeil.Toute la matinée, Ghislaine vécut comme en rêve, sa volonté semblait n'avoir aucune part aux gestes qu'elle accomplissait.Dans l'après- midi, un télégramme de Christian dissipa le nuage où elle se mouvait : « Arrivé à Bastia, bon voyage, \u2014 tendresse à mes chéries.» La jeune femme sentait enfin le sol sous ses pieds; son cœur s'appuya, délivré de toute crainte, à l'ami qui, de loin, veillait sur elle.Herbois pouvait venir, Ghislaine, décidée à se défendre, ne le craignait plus.Mais il ne vint pas! Pourtant, il n'avait été rassurant qu'à moitié, à sa visite matinale ; il n'avait pas caché à la mère inquiète que l'enfant n'était pas hors de danger.Cela, elle le voyait bien elle-méme : Jolie- Chérie ne consentait pas à sourire.Et Ghislaine s\u2019indignait de l'indifférence du médecin, ou se rassurait par son absence : il serait revenu s'il l'avait jugé nécessaire ou simplement utile; pour un homme comme lui, le devoir professionnel primait tout.Le stylo entre ses doigts, elle se remémore tout cela tandis que, sur la pendulette, les flèches d'or atteignent neuf heures ! Neuf heures seulement! Quelle journée interminable, sans la présence du mari et le sourire de l'enfant | « Ce soir encore, j'ai peur, écrit- elle.Je vois bien que je ne puis pas vivre sans Christian ; quand il est là, tout est si simple ! Quand donc reviendra-t-il, mon Dieu ! » Fille calcule le temps qu'il faudra à sa lettre écrite au reçu du télégramme, pour atteindre le voyageur à Bastia.Afin de ne point le troubler dans sa mission, elle ne lui a montré qu'à demi le danger couru par Jolie- Chérie.N'aurait-elle pas dû, au contraire, en disant tout, se décharger de responsabilités trop lourdes pour elle si.si l'enfant ne doit pas se remettre ?Mais que va-t-elle penser là ?Ro- selyne est sauvée.Penchée sur le berceau, et les mains jointes comme une orante, la jeune mère contemple avec angoisse le petit visage pâli aux paupières abaissées.Dieu ! qu'il ressemble ainsi au visage de Christian ! \u2014 Ma fille, ma petite fille, que je t'aime! La sonnerie du téléphone fait tressaillir Ghislaine.Son cœur bat très fort, \u2014 tout l'émeut, tout l'inquiète, ce soir, et cet appel dans le silence nocturne lui semble redoutable.Jolie-Chérie ouvre les yeux, des yeux graves sans sourire.\u2014 Allo ! \u2014 Allo! Madame.La voix lointaine s'est tue, arrêtée comme devant un obstacle par le nom à prononcer, mais Ghislaine, les joues en feu, l'a déjà reconnue.\u2014 C'est vous, docteur ?\u2014 C'est moi.Comment va len- fant ?La Revue PopPuLAIRE \u2014 Pas plus mal, mais pas mieux non plus .Elle est pale, abattue .J'avais tant espéré que vous la verriez ce soir ! \u2014 Pas de fièvre ?\u2014 Non, mais elle refuse toute nourriture.\u2014 Supposiez-vous donc qu'au- jourd'hui elle aurait de l'appétit et de l'entrain ?\u2014 Non, mais.\u2014 Si cela n'allait pas cette nuit, appelez-moi.\u2014 Que vous êtes bon ! réplique la voix tremblante de Ghislaine.\u2014 Bonjour, madame.Et le récepteur, là-bas, est raccroché, coupant la communication.Ici, Ghislaine garde l'écouteur contre son oreille où se prolonge l'écho de la voix qui, jadis, l'a émue.Comme il est bon, et qu'il a été bref! Elle avait tant de choses à lui dire concernant Roselyne, tant de conseils à lui demander ! Le silence est retombé pesant dans la chambre de Ghislaine, mais elle ne s'y sent plus seule, \u2014 la voix de Jean est là, tout près d'elle, \u2014 pour l'entendre, elle n'a qu'à faire quelques gestes sur cet objet magique que caressent ses doigts ; si elle le veut, quand elle le voudra, il accourra pour la rassurer.Elle n'a plus peur, et Roselyne s'est endormie.\u2014 Il n'a pas voulu prononcer mon nom d'épouse, se dit-elle tandis que, allongée sur son lit, les yeux grands ouverts sur les ténèbres, elle se remémore ses paroles, inlassablement.Chapitre V \\/INeT fois, cette nuit, Ghislaine s\u2019est penchée sur le berceau de son enfant.Le sommeil de Jolie- Chérie, intermittent, agité, coupé de gémissements ou de pleurs, s'est fait régulier, vraiment paisible à l'aube, et la jeune femme à son tour s'est assoupie.La voix de Roselyne l'a réveillée au jour, \u2014 voix chérie qui appelle « maman ».D'un bond, Ghislaine se lève.Elle prend l'enfant dans ses bras, couvre de baisers le petit visage encore pâle et, accompagnant ses gestes d'un tendre gazouillis, elle procède à la toilette de Jolie-Chérie.Celle-ci se laisse faire, docile, trop docile, \u2014 Ghislaine s'inquiète.\u2014 Pourquoi ne dis-tu rien, mon amour ?Pourquoi es-tu triste ?Que veux-tu ?Où as-tu mal ?Ses yeux scrutent jusqu'au fond les autres yeux semblables, pour y faire pénétrer leur tendre sourire ; mais ce sourire ne reçoit pas de réponse, Jolie-Chérie reste grave.La toilette achevée, la jeune mère remet l'enfant dans son berceau.Elle désire ardemment la présence du docteur.Viendra-t-il ce matin ?Attend- il un appel ?Le souvenir des derniers mots qu'Herbois a prononcés la veille, à sa visite matinale, paralyse la main qui se tend vers le téléphone ; trop de choses alors ont été évoquées, \u2014 des choses qu'elle croyait mortes, qui dormaient seulement, qui dorment encore, et qu'il serait dangereux d'éveiller davantage .Pourtant Rose- lyne malade ne peut être privée de soins.Il était à peine neuf heures quand l'arrivée du docteur Herbois mit fin à l'angoisse de Ghislaine.Introduit par Maria, le médecin se dirigea vers le berceau sans paraître voir la main tendue d'un grand élan par la jeune femme ; il n'expliqua point pourquoi il n'était pas venu la veille, il ne demanda rien.D'ailleurs, Ghislaine lui rendait compte, sans questions, des (Lire la suite page 24) PUS DE QUALITÉS visibles et cachées, signifient de meille BEAUCOUP POUR PEU Le Nouveau Baby Brownie Special, simple et fiable, prend facilement des instantanés clairs et précis.Aucune mise au point nécessaire, Objectif ménisque; obturateur à fonctionnement doux; déclencheur à bouton qui protège l'appareil contre les mouvements.Viseur genre \u201clongue-vue\u201d.Donne des photos de 1% x 2.5 pouces.BABY BROWNIE SPECIAL PREND DES PHOTOS EN COULEURS Le Kodak Bantam (f/4.5) assure la rapidité et la précision d'un objectif Anastigmat Kodak Spécial et d\u2019un obturateur à 1/200e, Grâce à des méthodes modernes de finition photographique, il permet d\u2019avoir des photos de 23/4 x 4 pouces en noir et blanc.Prend aussi le Film Kodachrome pour photos transparentes en couleurs.Arrêt automatique du film.KODAK BANTAM (f/4.5) LE FAVORI DE MILLIONS DE GENS Encore plus capable, et encore plus populaire que les anciens Brownies.L'objectif Diway assure une mise au point précise pour les sujets rapprochés ou éloignés.Deux grands viseurs clairs.Modèle élégant, gainé simili-maroquin noir.Devant décoratif en métal.Obturateur rotatif pour instantanés et poses.Photos format album, 21/; x 31/4 pouces.BROWNIE SIX-20 \u201cMINIATURE\u2019\u2019 ULTRA-FIABLE Le Kodak 35 (f/3.5) est un appareil sur lequel on peut compter.Objectif Anastigmat Kodak Spécial.Obturateur à 1/200e.Dispositif prévenant la double pose.Les méthodes modernes de finition photographique permettent des photos de 234 x 4 pouces en noir et blanc à peu de frais.Prend aussi le Film Kodachrome (pour photos en couleurs).KODAK 35 (f/3.5) ures photos avec un L'APPAREIL PLIANT LE PLUS SIMPLE Simplicité d'un appareil rigide, chic et commodité d\u2019un appareil pliant\u2014 voilà le Kodak Jiffy Six-20, Série II, Touchez un bouton \u2014 \u201cCLIC\u201d \u2014 il s\u2019ouvre.Touchez-en un autre \u2014 \u201cCLAC\u201d\u2014il prend la photo.Objectif Twindar avec mise au point simple pour sujets rapprochés et éloignés.Deux viseurs clairs.Il prend des photos 21/4 x 31/4 pouces.KODAK JIFFY SIX-20, Série II DES VUES ANIMÉES ECONOMIQUES Le Ciné-Kodak Huit met les vues animées chez soi à la portée de presque tous.De prix modique mais cependant très capable, il vous donne de 20 à 30 scènes en noir et blanc\u2014 chacune aussi longue que la moyenne des vues d\u2019actualités\u2014sur un film coûtant $2.35, fini, prêt à être projeté.Fait aussi des vues animées en couleurs, avec le Film Kodachrome.CINE-KODAK HUIT, Modèle 20 24 Les Coeurs et les Fleurs vont aux habituees du Cocktail Woodbury Elancée comme un roseau, elle a une peau transparente, des yeux verts.La Salle de Cristal du chic Hôtel Ritz à New-York a vu récemment son début dans le monde.\u2018Un teint clair s\u2019obtient facilement grâce à Woodbury\", dit Joan.Anchorbacheo CÉLÈBRE CRITIQUE MONDAINE FZ | QU TTE Il HF \u201cQuand paraissent les jolies débutantes, on entend des voix masculines s\u2019exclamer Pour la jolie Joan, quelle ronde de plaisirs! Mais avant chaque invitation elle ravive la peau du visage par un Cocktail Woodbury.en \u2018ohs\u2019 et \u2018ahs\u2019 ! Pourquoi ?Je sais ! Elles ont donné à leur teint avant chaque apparition un Cocktail au Savon Woodbury.\u201d \u201cNon.la flatterie masculine ne m\u2019étourdit pas.Mais quand on me complimente, je rends grâce au Savon Woodbury.\u201d \u201cUne peau flasque tue le succès.Vite un Cocktail Woodbury pour la beauté, et toute trace de fatigue disparaît ! ES BELLES débutantes ne se permettent jamais une peau fatiguée ou sale.Chaque jour à 5 beures elles lui donnent un mousseux Cocktail Woodbury.Le Woodbury Facial Soap nettoie les impuretés, efface la fatigue.Il procure aussi une vitamine tonique qui rend à la peau sa vitalité.Aujourd'hui même, ravivez votre teint par un Cocktail Woodbury pour le visage ! POUR LA PEAU DOUCE AU TOUCHER 3 (FABRICATION CANADIENNE) (Suite de la page 22) soins donnés à la malade et de son état au cours de la nuit.\u2014 Comment la trouvez-vous, docteur ?Sans répondre, il acheva d'examiner l'enfant, l'ausculta et la remit doucement sur son oreiller.\u2014 Les complications sont toujours à craindre avec de si petits êtres, dit- il enfin.Espérons qu'elles ne surviendront pas.\u2014 Il n'y en a pas encore ?fit-elle, craintive.\u2014 Pas exactement.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Le cœur est faible.Tout de suite Ghislaine s'affola.\u2014 Elle est en danger ?Va-t-elle mourir ?\u2014 Si vous voulez qu'elle vive, il faut d'abord être calme, dit froidement Jean Herbois.Votre science d'infirmière vous servira à condition que rien ne vous échappe de l'état de l'enfant.Pour voir clair et agir à propos, il faut être de sang-froid.\u2014 C'est bien, je serai calme.Et refrénant toute émotion, elle écouta les instructions du docteur, prit des notes, demanda d'une voix posée quelques explications, et remercia Herbois.Puis, de nouveau, elle se pencha sur le berceau.\u2014 Pourquoi est-elle si triste ?C'était un rayon de soleil.Elle riait sans cesse.Le docteur s'approcha à son tour, et la haine oubliée monta en lui comme un relent, d'une tourbe remuée : Le regard de l'enfant était fixé sur lui.Il avait rencontré ce même regard le jour où ses rêves les plus doux s'étaient écroulés \u2014 un regard lourd de crainte qui, des mois et des mois, l'avait poursuivi et, pour lui, était le regard même de la trahison.Mais quand il rencontra les yeux du docteur, il se détendit soudain avec tant d'abandon que Jean fut bouleversé.On eût dit que Rose- lyne lui confiait sa vie précaire pour qu'il en fit ce qu'il voudrait.Jolie-Chérie continuait à regarder Herbois, et lui ne pouvait en détourner ses yeux.Alors, il se produisit cette chose étonnante : oselyne, que la voix et les caresses de sa mère n'avaient pu tirer de sa torpeur, tendit ses petits bras au médecin.avec un grand sourire d'enfant heureuse.Lui, penchant sa haute taille, prit les deux mains tendres et les serra tendrement.Quand il se redressa, très pâle, il vit des larmes dans les yeux de Ghislaine.\u2014 Pourquoi pleurez-vous ?deman- da-t-il sans douceur.Comme elle ne répondit rien, il continua : \u2014 Jalouse ?Les yeux baissés, elle se taisait toujours.Herbois reprit d'une voix âpre.\u2014 N'est-ce pas moi, plutôt, qui pourrais être jaloux ?Cette enfant qui vous ressemble devrait être la mienne.Vous avez tout et je n'ai rien.C'est pour cela que vous devriez pleurer \u2014 Et qui vous dit que ce n'est pas pour cela répliqua-t-elle frémissante.\u2014 Ghislaine ! Ils étaient dressés, face à face, osant enfin se regarder ; comme un éclair une vision passa : ce qui aurait pu être et ne serait jamais.Des sentiments enfouis au plus profond du cœur bouillonnaient en eux.\u2014 Ghislaine, Ghislaine, pourquoi avez-vous fait cela ?\u2014 C'était ma destinée, répondit- elle défaillante.\u2014 Votre destinée c'était moi.La Revue POPULAIRE Des mots frémirent sur les lèvres de la jeune femme, \u2014 elle ne les prononça pas.; ean Herbois s'accouda à la tablette de la cheminée ; le regard au loin, cherchant les visions du passé, il prononça lentement : \u2014 Si vous m'aviez aimé, vous Vous seriez défendue, au lieu de rester passive devant les événements.On ne vous aurait pas mariée malgré vous ! Tendue vers son devoir, Ghislaine n'avait jamais exploré les régions enténébrées de son cœur, \u2014 elle ne savait pas que, depuis plus de trois ans, un démon cultivait dans l'ombre une plante maléfique en son jardin secret; bien enracinée, elle n'attendait qu'un peu de lumière pour porter des fleurs et des fruits.Les paroles d'Herbois furent un éclair dans ces ténèbres, la plante s épanouit : Ghislaine comprit enfin, que, au fond du cœur, elle ne pardonnait pas à Jean de n'avoir pas été jusqu'à la violence et au scandale pour la conquérir.Elle s'entendit prononcer : \u2014 Et vous, pourquoi vous êtes- vous si vite résigné ?Pourquoi n'avez-vous pas combattu ?Si vous m'aviez aimée, vous n'auriez pas accepté votre défaite.; \u2014 Si je vous avais aimée to.A ces mots dits avec passion, Ghislaine comprit son imprudence.Ne venait-elle pas d'attiser un feu mal éteint ?; \u2014 Si je vous avais aimée ! répéta le docteur Jean.Pour vous le prouver, devais-je être un malhonnête homme ?Et voulez-vous dire que j'aurais dû vous prendre de force ?\u2014 Je ne veux rien dire, balbutia- t-elle effrayée de sa violence.\u2014 N'avez-vous pas compris que j'aimais mieux vous perdre que de vous obtenir par contrainte.C'est de votre plein gré, dans la joie, qu il fallait me suivre, \u2014 ah! que nous aurions été heureux ! \u2014 mais puisque vous aviez fait un autre choix, moi, je ne voulais plus de vous.\u2014 Laissons le passé, dit Ghislaine.Jean l'avait-il entendue ?Les yeux chargés d'orage, le front tourmenté, il semblait bien loin de la chambre où, près d'un lit tendu de rose, était un berceau d'enfant.\u2014 Je ne voulais plus de vous, ré- péta-t-il, et je vous ai haïe.\u2014 Vous me l'avez dit.\u2014 Et vous ne l'avez pas cru.\u2014 Si.\u2014 Ah! comme je vous ai haïe ! \u2014 Vous parlez au passé.\u2014 Aujourd'hui, je n'ai plus le temps de haïr.Il me faut tout mon temps, toutes mes forces pour les travaux que j'ai entrepris.\u2014 Je sais que vous vous êtes consacré à une noble tâche.\u2014 Que vous importe ! Et que vais- je raconter là ! Pourquoi avons-nous remué ces affreux souvenirs ?\u2014 Oui, pourquoi ?fit-elle plaintive.Roselyne, d'abord gémissante, se mit à pleurer.D'un même élan, la mère et le médecin s\u2019approchèrent de l'enfant ; leurs têtes penchées se frôlèrent, un même recul les sépara, et Jean sortit sur un adieu hâtif.Ghislaine entendit la porte du palier se fermer lourdement sur lui.Aussitôt, Maria entra dans la chambre.Qu'est-ce qu'il a dit, le docteur ?\u2014 ll y a encore bien des précautions à prendre .Ma pauvre Maria, je suis inquiète.\u2014 Tout de même, faut pas que Madame se frappe comme ça! Madame a une mine ! \u2014 Je me tourmente et je suis fatiguée.Voilà deux nuits que je dors à peine. Juin 1940 \u2014 Si Monsieur voyait Madame, il ne serait pas content.\u2014 Ah! si Monsieur était la! \u2014 Pour sûr ça vaudrait mieux ! Et la domestique s'en va, laissant le courrier sur un coin de la cheminée.Ghislaine restée seule essaie de remettre un peu d'ordre dans le tumulte de ses pensées.D'abord, il y a l'inquiétude dont Roselyne est la cause, \u2014 elle est là, pesante, comme un poing sur sa poitrine.Et puis, il y a Herbois.La jeune femme n'arrive pas à comprendre comment des souvenirs si brûlants, auquels jamais elle n'osa toucher, ont pu surgir ainsi entre elle et Jean.De part et d'autre, cependant, ils semblaient disposés au silence ; quelle force redoutable s'est jouée de leur résolution ?Maintenant, Ghislaine n'ose plus regarder en elle-même ; le trouble où cette scène l'a jetée l'épouvante.Sa paix, si difficilement conquise, si délicieusement goûtée, lui semble menacée ; elle tremble de la perdre et, \u2014 mais elle refuse d'en convenir, \u2014 quelque chose l'exalte qui met une lumière dans ses yeux.La sonnerie du téléphone l'arrache à ses pensées, D'une voix gaie, Ma- rie-Louise Gerval émet un joyeux bonjour.\u2014 Qu'est-ce que vous devenez, Ghislaine ?Je comptais vous voir hier chez Monique Montenet .Pas malade, j'espère ?\u2014 Chez Monique Montenet ?\u2014 D'où sortez-vous ?C'était hier sa matinée musicale, \u2014 vous étiez invitée.Je parie que vous n'y pensiez plus.Des gens heureux, cela oublie tout ! Monique a chanté divinement, \u2014 son François était en extase.Pourquoi n'êtes-vous pas venue ?\u2014 En effet, Marie-Louise, je n'y pensais plus ; Roselyne a failli mourir.\u2014 Roselyne !.Oh! ma pauvre chérie ! Qu'est-ce qui s'est passé ?Un accident ?* \u2014 Le croup, en pleine nuit.\u2014 Oh! et comment va-t-elle au- jourd'hui ?\u2014 Je la crois sauvée, mais il y a tant de complications à craindre ! \u2014 Vous auriez dû m'appeler hier, je serais venue.\u2014 Je n'y ai pas pensé.\u2014 Bien entendu, c'est vous qui la soignez.Christian est-il capable de vous aider ?\u2014 Christian est absent depuis trois jours .En Corse.Il ne sait rien.\u2014 Oh! ma pauvre chérie ! Toute seule, et vous ne m'avez rien dit! Attendez-moi, j'accours.\u2014 Vous êtes bonne, Marie-Louise, mais je n'ose pas accepter.votre mari.\u2014 Serait le premier à m'envoyer chez vous s'il savait ce qui se passe.Je vais lui laisser un mot qu'il trouvera à midi.\u2014 Non ! Attendez son retour, déjeunez tranquillement avec lui et, s'il y consent, venez cette après-midi pour me permettre de me reposer un peu.Voilà deux nuits que je ne dors pas.\u2014 Entendu.À cette après-midi.On dirait qu'un souffle d'air frais vient de pénétrer dans un réduit saturé de miasmes.Ghislaine respire mieux : Marie-Louise va venir, Ma- rie-Louise, la seule personne qu'elle eût désiré voir si elle avait été capable de désirer quelques chose.Marie-Louise, infirmière habile, saura donner à Jolie-Chérie des soins éclairés.Ghislaine se rappelle son dévouement auprès des enfants de Montfort, au dispensaire de l'hôpital Saint-Jean.Et puis, Marie-Louise c'est l'amie sûre, discrète, sans feinte, aussi simple que bonne, celle qui croit ferme en ceux qu'elle aime, et s'en tient là.Avec elle, pas de questions à redouter, pas d'arrière-pensées, pas de déductions à craindre, \u2014 Marie-Louise tout en or, comme l'appelle Henri Gerval.\u2014 Faut-il que je fasse la chambre de Madame ?Dans l'encadrement de la porte, Maria paraît, armée de balais et de torchons.Elle dépose son outillage sur le parquet, afin d'aider Ghislaine à transporter dans le studio le berceau de Jolie-Chérie, puis elle retourne à la chambre à coucher.Ce faisant, elle aperçoit le courrier intact sur la tablette de la cheminée.Pour la deuxième fois, elle le porte à Madame qui reprend avec un sourd remords : Une lettre de Christian est peut-être là.Oui, elle est là, tendre, délicate, comme le sont les paroles de l'épistolier et ses gestes quand il s'agit de Ghislaine.Il l'a écrite au moment de s'embarquer pour la Corse, et pense déjà à la joie du retour.«Loin de toi, dit-il, je suis une âme en peine.À Paris, nous ne sommes pas toujours ensemble, il nous arrive de passer des journées entières sans nous voir, mais je te sais là, respirant le même air que moi, voyant le même ciel, les mêmes nuages, supportant les mêmes intempéries.Je sais que tout à l'heure je te verrai, et que je puis entendre ta voix par la magie d'un simple geste.«Ici, trop de choses nous séparent ; tandis qu'un beau soleil m'éclaire, je pense : «Il pleut peut-être la-bas, et je ne la verrai pas ce soir.» Ces mots caressent Ghislaine endolorie, la paix décidément est revenue dans son cœur.Elle prend, de ses lèvres ferventes, les baisers que Christian a mis sur les lettres de son nom, et va, recueillie, en donner sa part à leur enfant.Roselyne est moins pâle, \u2014 le studio est clair, tiède, harmonieux, \u2014 le portrait de Christian sourit à ses deux chéries.Puisque tout est bien, pourquoi tant de larmes glissent-elles sans effort, sans qu\u2019elle s'en aperçoive, des beaux yeux de Ghislaine Le Mon- nier ?Chapitre VI | ARRIVÉE de Marie-Louise Gerval a été pour Ghislaine une détente heureuse.Sa présence animée, son large sourire, ses yeux gais ont apporté la vie auprès du berceau de Roselyne, \u2014 la vie et une impression de sécurité qui vient de son regard où transparaît son cœur, de ses mains adroites et sûres.Sans rien demander ni vouloir entendre, elle a tout d'abord transporté la chaise longue dans le studio et, après l'avoir bourrée de coussins, elle a obligé Ghislaine à s'y étendre.\u2014 Reposez-vous d'abord, dit-elle, nous causerons ensuite, \u2014 vous avez une mine de déterrée.On voit que vous n'en pouvez plus de fatigue et d'émotion ! Il suffit que vous m'indiquiez en quelques mots les soins à donner à Jolie-Chérie.Ghislaine s'est laissé faire, et deux heures de vrai sommeil lui ont rendu son équilibre et son courage.Quand, reposée, elle ouvre la porte de sa chambre, elle voit, assise à côté du berceau, une infirmière en blouse blanche marquée d'une croix rouge, qui tricote avec vélocité, tout en surveillant du coin de l'œil l'enfant endormie.Ce spectacle reporte la jeune femme au temps où, fiancée, elle rencontrait chaque matin Marie-Louise Cer- taut à l'hôpital Saint-Jean, à Mont- fort.Toutes les émotions alors vé- Voici un Brevet \u2026 de Splendeur votre teint uni à sa Nuance de Poudre Woodbury Essayez sur Votre Visage LR ER MR CIE Demandez les 8&\u2014 gratis.A votre miroir, essayez-les sous la lumière du jour et'du soir.C'est la seule façon de juger une poudre \u2014 non par son aspect en boîte.Anne Scott, lauréate de l'Ohio State University, élue la plus belle de sa classe : \u201cPour gagner le titre de lauréate charmeuse, choisissez une des B nuances de Poudre Woodbury ! Examinez chacune sous diverses lumières.C\u2019est ainsi que j'ai découvert \u2018Brunette \u2014 union idéale pour mon teint dont elle rehausse l\u2019éclat.\u201d\u201d \"Mon choix\", ajoute Timmie, \u2018\u2018est raffermi par la stabilité de la Poudre Woodbury.Elle demeure\u2014au jeu comme au travail.\u2019 Parfaitement ! Et savez- vous pourquoi ?C'est que la Poudre Woodbury, libre de germes, échappe aux impuretés qui rendent la peau huileuse \u2014cause du vilain \u2018nez luisant\u201d.WOODBURY POWDER SES NUANCES GLORIFIENT LE TEINT (FABRICATION CANADIENNE) Timmie Kilner, diplômée de l'Ecole de Miss Porter a Far- mington, Connecticut : \u2018J'ai obtenu mon certificat de joli teint grâce à la ravissante nuance \u2018Windsor Rose\u2019 de Poudre Woodbury.C\u2019est l'idéal! \u2018Bravo, Timmie!\u2019 ont chanté mes admirateurs à ma sortie de l\u2019école.Mais ils regardaient mon visage \u2014 non pas mon diplôme!\u201d GRATIS .DEMANDEZ LES 8 NUANCES A LA MODE Essayez les 8 tons de Poudre Woodbury\u2014 gratis.Les critiques de mode et de beauté leur accordent un brevet de chic.L\u2019une d\u2019elle vous assure le diplôme magique.Achetez la Poudre Woodbury pour le charme clair et durable.Seulement $1.00, 50g, 25\u20ac, 156.Fete csrmm ams revs ra Emme Ns mss sE RI ERI EE ® COLLEZ SUR UNE CARTE POSTALE.ADRESSEZ DE SUITE John H.Woodbury Ltd., Dépt.9114, Perth, Ont.Veuillez, je vous prie, m\u2019envoyer gratis et port payé les 8 nuances de Poudre Woodbury.recommandées par les maîtres du style et de la beauté pour un maquillage distingué.Veuillez y joindre un tube de Woodbury Cold Cream.Nom Adresse . 26 cues se réveillent et lui gonflent le cœur.\u2014 Vous avez déjà l'air mieux, constate Marie-Louise sans interrompre son travail.Quant à Jolie-Chérie, tout s'est bien passé.\u2014 Comment en serait-il autrement, avec les soins d'une infirmière diplômée ?dit Ghislaine en souriant.Et montrant du geste le voile et la blouse de son amie, elle ajoute : \u2014 Vous aviez donc apporté votre attirail ?\u2014 Bien entendu.Et vous auriez bien fait de sortir le vôtre pour la circonstance.\u2014 Je n'y ai même pas pensé.\u2014 Votre médecin aurait dû vous y faire penser.Il s'agit ici d'une maladie contagieuse.Herbois, lui, n'y aurait pas manqué.\u2014 C'est Herbois qui soigne Jolie- Chérie.\u2014 Non ! La surprise dilate les yeux de Marie-Louise et fait tomber le tricot de ses mains.En mots brefs Ghislaine lui raconte ses angoisses et les péripéties qui, en pleine nuit, ont amené le docteur Herbois au chevet de son enfant.Marie-Louise s'exclame d'une voix assourdie, \u2014 il ne faut pas éveiller la malade, \u2014 et les questions se précipitent.\u2014 Quelle chance qu'il ait pu venir! il a toujours été épatant près des gosses.A-t-il changé ?Comment est-il ?Qu'a-t-il dit?Qu'a-t-il fait?Ghislaine répond à peine : inquiète de sa fille, comment aurait-elle prété attention au médecin ?Elle a constaté sa valeur professionnelle toujours la même, son autorité dans son diagnostic, ses prescriptions, \u2014 cest tout.A-t-il parlé de Montfort ?\u2014 Non.\u2014 Je crois qu'il ne se plaisait pas à Montfort, \u2014 il n'y revient jamais.\u2014 Pourquoi y reviendrait-il ?\u2014 Pour voir son hôpital, ses cousins, \u2014 les Renault, \u2014 ses amis.Il en avait quelgues-uns.Mais non, il a rompu avec tout le monde.C'était un bon médecin, Herbois, mais un drôle de pistolet, \u2014 vous pouvez le lui dire de ma part.\u2014 Je m'en garderai bien ! réplique Ghislaine en s'efforçant de rire.Le langage de son amie l'amuse toujours.ette ébauche de rire est un réflexe dont elle ne s'aperçoit pas ; pourtant, elle se sent bien, à cette heure, Jolie-Chérie paraît tellement mieux ! Le petit visage a perdu sa pâleur cireuse, et la vie semble revenue sous les rideaux roses.Mais la petite fille s'agite, ouvre les yeux, \u2014 voici le moment de lui donner quelques soins.Ghislaine tend les bras, \u2014 Marie-Louise s'interpose.\u2014 Vous avez oublié tous les principes d'hygiène qui nous ont été inculqués aux cours de la Croix-Rouge, gronde-t-elle.Quelle tenue ! Faites comme moi, chère amie, allez tirer de sa retraite votre blouse d'infir- miére, Ghislaine juge inutile ce travestissement \u2014 Marie-Louise, que la chose amuse, et qui voudrait recréer l'atmosphère de l'hôpital Saint-Jean, insiste avec tant de chaleur que son amie consent à revêtir la tenue d'autrefois.Et les voici toutes deux telles qu'elles étaient quand, jeunes filles, elles se sont rencontrées et liées d'amitié.\u2014 C'était le bon temps, déclare Marie-Louise.~ Le bon temps! Etait-il meilleur pour vous que celui-ci?demande Ghislaine.\u2014 Non, oh! non, Henri est un amour et me rend parfaitement heureuse ; mais j'adorais mes fonctions d'infirmière et, ici, je ne les exerce jamais.\u2014 Dieu vous en garde, Marie- Louise ! \u2014 C'est vrai! Je parle comme une sotte.Ne trouvez-vous pas qu'il est d'usage de regretter le passé, même quand le présent est meilleur ?C'est absurde.Je ne parle pas pour vous qui avez été très éprouvée avant votre mariage.\u2014 Que voulez-vous dire ?interrompt brusquement Ghislaine.Son ton surprend Marie-Louise .qui explique : \u2014 L'absence de Christian vous avait rendue très malheureuse, si j'ai bonne mémoire.\u2014 C'est vrai, qui respire mieux.Qu'a-t-elle donc soupçonné dans les mots de son amie ?À vrai dire, elle ne pensait pas du tout aux regrets lamentables où l'avait jetée le départ de son fiancé.La personne de Jolie-Chérie accapare l'attention des deux jeunes femmes et conduit la conversation sur convient Ghislaine \u2014 Parfaitement, madame.\u2014 Je suis ravie de vous voir.\u2014 Enchanté.Herbois s'est arrêté au seuil du studio, surpris \u2014 peut-être charmé \u2014 par le spectacle qui s'offre à sa vue: une lumière rose éclaire discrète- \u2018ment la table à thé dévastée où étincellent la théière et le sucrier d'argent, \u2014 ambiance joyeuse et tendre, où s'idéalisent les jeunes visages de ses infirmières de Montfort.Ghislaine, debout, la respiration coupée, n'a rien dit.Elle pense : \u2014 Pourquoi vient-il ce soir?.Est-il inquiet de la petite 7 ou bien.Elle n'ose achever : \u2014 Ou bien est-ce pour moi qu'il est ici ?Mais ce qui remue au fond de son jardin secret, elle seule l'a entendu.\u2014 Je vous dérange ?demande l'arrivant d'une voix rauque inhabituelle.\u2014 Vous ne nous dérangez pas ! A cause de son amie qui la regarde, la jeune femme s'avance en souriant.JE VOUS BENIS MON DIEU À celle que l'épreuve a visitée.Je vous bénis, mon Dieu, pour cette vie fragile que vous m'avez donnée.Pour la robe d\u2019innocence qu\u2019au baptême j\u2019ai vêtue je vous bénis, mon Dieu ! Des tendresses attentives ont guidé mon enfance, et votre Grâce a soutenu mes pas.Chemin faisant, j'ai connu votre Nom; des tendresses attentives me l\u2018avaient revélé.Je vous bénis, mon Dieu, pour votre croix, pour les larmes versées sur une tombe chère; pour votre Amour, vos immenses Pardons, ma fragilité vous bénit, mon Dieu ! L'Amour \u2018\u2019 doux et cruel \u201c est entré dans ma vie; je m'y suis appuyée.Des petits bras d'enfant se sont tendus vers moi et le doux mot, maman, a réjoui mon cœur que l\u2018amour remplissait .Je vous bénis, mon Dieu, pour les petits bonheurs recueillis sur ma route.Pour la douleur affreuse que l'orage versa, mon cœur broyé vous bénit, mon Dieu ! MARIE-JOSEPHE THERIAULT, Cap-Chat son sujet où les complications sentimentales n'ont aucune part.Quand l'enfant, soignée, est remise sur ses oreillers, Maria apporte le plateau du thé.Marie-Louise seule fait honneur aux biscuits et aux tartines qui lui sont offertes ; ses propos pleins d'entrain et d\u2019optimisme achèvent la détente heureuse de Ghislaine qui, gagnée par l'exemple, s'anime peu à peu.Les histoires de son amie sont écoutées avec un plaisir évident et coupées de questions et de commentaires, jusqu\u2019au moment où la porte s'ouvre sous la main énergique de Maria.\u2014 Madame, c'est le docteur ! \u2014 Faites entrer.Ces deux mots ont été prononcés par les lèvres de Ghislaine, mais son être conscient jurerait qu'il n'a rien dit.La voix de Marie-Louise s'exclame : \u2014 Quelle chance! Bonjour, docteur.Me reconnaissez-vous ?\u2014 Nous finissons de goûter pendant que votre malade se repose, explique Marie-Louise.\u2014 Une tasse de thé, docteur ?propose Ghislaine.\u2014 Non, merci, jamais.Sur l'ordre de Madame, Maria débarrasse la table pendant que, sans paroles, Herbois passe dans la chambre voisine.Jolie-Chérie réveillée sourit à son médecin en agitant ses petits bras.\u2014 Une paire d'amis, alors ! constate Marie-Louise.C'est extraordinaire ce que vous plaisez aux enfants ! Vous rappelez-vous, à Mont- fort, cette petite chenille de Claudine qui avait un abcès au cou ?Vous ne pouvez pas savoir à quel point elle nous faisait enrager, et vous ne nous croyiez pas quand nous nous plaignions d'elle : dès que vous étiez là, c'était un ange de douceur.Et le gros Fernand.Il ne cessait pas de regarder la porte jusqu'à votre arrivée, \u2014 alors, il se remettait à sucer son pouce en vous dévorant des yeux.Et tous les autres! Vous les LA RevuE POPULAIRE auriez fait passer par un trou de souris.Suit une anecdote qui en entraîne une autre.Marie-Louise ne s'aperçoit pas qu'elle est seule à parler.Pendant ce temps, Herbois ausculte Roselyne, écoute son cœur, examine sa gorge.Il la manie avec une telle douceur que Ghislaine émue sent les larmes lui monter aux yeux.\u2014 Comment la trouvez-vous ?de- mande-t-elle anxieuse.\u2014 Pas plus mal.\u2014 Mais pas mieux, n'est-ce pas ?Pourtant, elle devrait être mieux.Nous avons suivi toutes vos prescriptions .Son angoisse fait taire Marie- Louise.Mais le robuste optimisme de l'amie dévouée veut alors prouver à la jeune mère que l'on ne se remet pas si vite d'une pareille alerte.Her- bois ajoute quelques mots rassurants, \u2014 il va faire une nouvelle piqûre, et la nuit sera bonne.Autour de lui les infirmières s'empressent adroites, compréhensives, devançant ses gestes.Il n'est plus à Paris, mais, \u2014 rajeuni de quelques années, \u2014 dans ce Montfort tour à tour chéri et détesté, à l'heure merveilleuse de sa vie où, pour la première fois, son cœur s'est donné.L'illusion est si forte qu'il cherche à côté de lui la table ripolinée où Ghislaine avait coutume de disposer les instruments d'acier dans les cuvettes de porcelaine ; la vue d'une petite commode au dessus de marbre roux l'étonne et lui rend le sens de la réalité.Marie-Louise, vite rassurée sur l'état de Jolie-Chérie, reprend la conversation quand, les soins achevés, le docteur s'apprête à quitter la chambre ; \u2014 elle le dirige vers le studio, lui avance un fauteuil sans l'autorisation de Ghislaine, et l'invite à s'asseoir.\u2014 C'est si extraordinaire de se retrouver comme cela! dit-elle.Voyons, chère amie, ne faites pas cette tête- là, votre fille est sauvée, le docteur en répond, \u2014 n'est-ce pas, docteur ?Celui-ci qui, sans beaucoup de façons, a pris place dans le fauteuil, dit lentement : \u2014 En êtes-vous encore à croire, madame, que nous puissions répondre de quelque chose ou de quelqu'un en ce monde ?\u2014 Eh! bien, en voilà une philosophie ! s'exclame Marie-Louise indignée.Etes-vous à ce point désabusé ?Vous entendez, Ghislaine ?\u2014 J'entends.\u2014 Qu'est-ce que vous en pensez ?\u2014 Je pense que le docteur a raison.\u2014 Vous aussi ?Ghislaine a pris le parti de s'asseoir à son tour : son visage reçoit la lueur rose diffusée par l'abat- jour, \u2014 ses mains, sur la blancheur de son tablier, sont en pleine lumière.Sous l'émeraude de ses fiançailles, on aperçoit l'alliance de platine qui brille doucement.\u2014 Que nous ne puissions pas répondre des choses, reprend Marie- Louise, je l'admets, \u2014 il y a dans les événements une part d'imprévu qui nous échappe et le mystère des choses ne nous est pas toujours dévoilé .Mais les gens ! Les gens sont faits comme nous, \u2014 nous sommes l'un d'eux, nous pouvons les comprendre, les deviner, \u2014 sinon tous, du moins quelques-uns, ceux qui ont nos affinités, ceux dont les ondes répondent à nos ondes, ceux que la vie nous permet de connaître, et surtout d'aimer.« Sans être sûre d'un tas de gens, j'ai tout de même à ma portée une petite élite dont je réponds comme de moi-même.\u2014 Par exemple Henri, fait Ghislaine s'efforçant de sourire. Juin 1940 \u2014 Oui, madame, Henri, ne vous en déplaise, comme, j'en suis sûre, vous répondez de Christian, malgré vos airs désabusés, n'est-ce pas ?Le silence est si grand qu'on entendrait voler une mouche.Marie- Louise s'étonne.\u2014 Eh! bien, Ghislaine ?\u2014 Que comprenez-vous, Marie- Louise, par répondre de quelqu'un ?\u2014 Ce que tout le monde comprend : répondre de quelqu'un, c'est croire en son honneur, affirmer ses réflexes devant certaines tentations, avoir tant de confiance qu'on ne doutera jamais de lui.Est-ce votre avis, docteur ?\u2014 Tout à fait, madame, et c'est pourquoi je m'étonne qu'on puisse répondre de quelqu'un ici-bas.Comment pouvez-vous affirmer les réflexes d'une créature humaine ?Et comment être sûr que vous connaissez, même un peu, l'être que vous aimez le mieux au monde ?Il regarde Ghislaine, et Ghislaine le regarde de l'air d'une biche aux abois.Marie-Louise attentive seulement aux paroles prononcées se révolte.\u2014 Je connais parfaitement mon mari et quelques amies, et je sais qu'ils ne me décevront pas.7E vous admire, madame.\u2014 Voyons, Ghislaine, venez à mon aide ! s'exclame la jeune femme, dites au docteur que vous répondez de Christian comme de vous- méme.\u2014 Plus que de moi-méme, Marie- Louise, beaucoup plus que de moi- méme.Le ton de Ghislaine est si grave que son amie n'ose pas rire de ce u'elle juge une excessive modestie.n face d'elle, Jean Herbois semble s'intéresser prodigieusement aux ébats des poissons rouges dans leur globe irisé.\u2014 Je vois que vous avez une confiance formidable en Christian, plaisante Marie-Louise, \u2014 c'est bien ce que je pensais.Heureux homme ! Comment avez-vous pu le laisser partir ?Le docteur se lève brusquement.Il est attendu, son temps ne lui appartient pas, il lui faut s'en aller.\u2014 N'êtes-vous pas content de cette petite réunion qui nous rajeunit tous les trois 7 demande Marie-Louise.\u2014 Très content.\u2014 Moi, je suis ravie.Je le disais tout à l'heure à Ghislaine qui en a parue offusquée, le temps du dispensaire était pour nous le bon temps.Vous ne savez pas, docteur, combien j'aimais nos occupations d'infirmières où nous pouvions employer en même temps nos mains et nos cœurs! \u2014 Je m'en suis plusieurs fois aperçu, madame.\u2014 Cela ne m'étonne pas, rien ne vous échappait.Vous étiez un chic patron, docteur.\u2014 Trop aimable.Il répondit cordialement à la chaleureuse poignée de main de son admiratrice et, suivi de Ghislaine, sortit dans le vestibule.Là, il se retourna et contempla la vision ressuscité de la Ghislaine autrefois adorée, \u2014 vision toute blanche qu'une croix marquait d'une tache sanglante à la place du cœur.Une tellè flamme brûlait son regard que Ghislaine fascinée ne pouvait en détacher le sien.\u2014 Moi aussi, j'ai été sûr d'une autre plus que de moi-même, pronon- ça-t-il sourdement.Et sans dire adieu, il s'en alla.La jeune femme ferma la porte du palier, attendit un moment que son émotion s'apaisât, et revint dans le salon où Marie-Louise avait repris son tricot.\u2014 Il n'y a pas a dire, quel type épatant, ce Herbois ! \u2014 Il est bon médecin, concéda Ghislaine, \u2014 Et bel homme ! Et quel chef ! \u2014 Vous vous emballez, Marie- Louise, Henri va étre jaloux.\u2014 ll n'y a aucun rapport, pouffa Marie-Louise, Henri est l'homme que j'aime, et Herbois est un type dans le genre de Savonarole ou de Napoléon dont une femme comme moi ne pourrait jamais être amoureuse ! \u2014 Quelles comparaisons ! fit Ghislaine en souriant.\u2014 D'ailleurs, conclut Marie-Louise, Herbois est un bloc de glace.Je serais bien surprise si cet homme-là était accessible aux faiblesses du cœur.N'est-ce pas votre avis ?Jolie-Chérie appelait « maman ».Ghislaine laissa sans réponse la question qui lui était posée.Si Marie-Louise avait suivi son amie dans la chambre où pleurait l'enfant, elle eût été effrayée de la voir pâle et raidie, les deux mains jointes sur sa poitrine, s'efforçant de maîtriser l'émotion qui montait en en elle et la faisait trembler.Chapitre VII [' DOCTEUR Herbois vient d'entrer dans le salon.Il est six heures du soir.Combien de fois, aujourd'hui, Ghislaine a-t-elle regardé les aiguilles dorées de la pendule ?et combien de fois a-t-elle fait taire la voix intérieure qui lui disait : « Marie-Louise est chez elle, toute prête à venir si tu le lui demandes, tu n'as qu'un geste à faire et elle accourera.» Pour étouffer ces conseils mystérieux, Ghislaine, quand Roselyne ne la réclamait pas, a fait des rangements et mis en ordre son livre de comptes, sans se permettre de penser; sa résolution est prise, \u2014 elle sait qu'en recevant Herbois elle ne fera aucun mal et ne risquera même pas sa paix.Elle veut tout simplement savoir s'il tient encore à elle, et surtout, oh! surtout, si elle est pardonnée .Il lui semble que la certitude du pardon chassera les ombres inquiétantes de son jardin secret, et que rien ensuite ne la troublera plus.Non, elle ne craint pas cette visite, elle est sûre d'elle, très sûre, quoi qu'elle ait pu dire à Marie-Louise.Et cependant.A deux reprises, cette après-midi, elle s'est assise devant sa coiffeuse, et tout à l'heure, elle a ouvert le tiroir où, dans un ordre parfait, s'ali- nent les armes de Dalila : crème de eauté khôl, poudres et fards, rouge à lèvres.De tout ceci, elle use peu, seulement pour les sorties du soir, ou quelque cérémonie qui exige une toilette raffinée.Ce n\u2019est pas le cas aujourd'hui, \u2014 pourtant, elle se voit dans le miroir, passant sur son visage deux doigts enduits d'une pâte parfumée, \u2014 elle se voit rosissant ses joues, empourprant ses lèvres.Stupéfaite, elle laisse tomber sur la tablette voilée de dentelle le bâton au goût de fleurs, auxiliaire complaisant d'une coquetterie dont elle rougit sous son fard.D'un geste rapide, elle jette dans le tiroir le frivole arsenal, puis, à grande eau, elle lave son visage qui retrouve ainsi son honnête beauté.C'est donc une Ghislaine nature que Jean Herbois a devant les yeux.Il la regarde sans sourire, avec tant d'insistance que les mots de bienvenue, préparés avec soin, s'enfuient en désordre, sans qu'elle ait pu les prononcer : \u2014 Vous êtes seule ?demande-t-il.\u2014 Oui.non.Pourquoi ?\u2014 Oui ou non?\u2014 La domestique est la, l'avez vue, et Roselyne.vous 27 ( > \u201cCette enfant te HAÏRA un jour, Marie!\u201d Un vieil oncle qui s\u2019y connait sur les soins à donner aux enfants ( 7 L Va WN À 2 NTE 0 ee ?4) À oe 1,42 1.MARIE: Ah, mon oncle .faites toujours des idées.2.MARIE: Elle joue la- comédie.Mais elle ne m\u2019aura pas! Elle le prendra! L'ONCLE: Voyons, tu ne vas tout de même pas employer la force! Cela ne se fait plus du tout! .Vous vous L'ONCLE: Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour voir quand un enfant a terriblement peur.3.MARIE: Je ne veux pas davantage! Elle a besoin d\u2019un laxatif et 4.MARIE: Qui a dit cela?discuter L'ONCLE: Le médecin avec qui je joue au golf.Je lui en ai parlé et il m'a dit qu'un enfant devrait prendre un laxatif qui a bon goût, mais pas un laxatif pour adultes.Il à suggéré Castoria.elle le prendra que cela lui plaise ou non.L'ONCLE: Employer la force ne fera aucun bien.Au contraire, cela peut bouleverser le système nerveux de l'enfant.7 7 Toi 4 NN YA Miler Ol Ÿ JM i 4 GAL J ART IE 3 LT A a NT 0 vr A == 6.PLUS TARD: a la petite.5.MARIE: Castoria! Je croyais que ce La mère donne du Castoria n'était que pour les bébés .L'ONCLE: Le médecin dit que le Castoria est pour tous les enfants jusqu'à 11 ans.1! est sûr.II ne contient aucune drogue Ya HELENE: Ooo00h, maman, c'est BON ça! LA MÈRE: C'est le oncle Jos a suggéré.Tu n'auras plus peur Castoria que ton apre, ne cause pas de coliques.On ne peut rien trouver de meilleur! CASTORIA Le laxatif moderne\u2014SÜR\u2014préparé spécialement et SEULEMENT pour les enfants de moi, hein, ma chérie? 28 \u2014 C'est tout?Donc vous êtes seule.\u2014 Pourquoi 7.Il ne répond pas, traverse le studio, regarde Roselyne qui vient de s'endormir.Les beaux yeux sont fermés ; Jean cherche en vain, sur ce visage menu, la ressemblance qui, deux jours plus tôt, l'a bouleversé.Il n'y a dans ce berceau qu'une étrangère, \u2014 pis encore, l'enfant de l'autre, l'ennemie.Le pacte d'amour est rompu.\u2014 Comment la trouvez-vous ?demande Ghislaine anxieuse.\u2014 Je n'ose pas la réveiller, son sommeil est si paisible ! mais le teint est bon, elle respire bien, \u2014 la voilà tirée d'affaire.\u2014 Grâce à vous.\u2014 Peut-être.\u2014 Si vous n'étiez pas venu .frissonne la jeune mère.\u2014 Si j'avais refusé de venir.prononce-t-il lentement.Il retourne dans le studio finement éclairé par les lampes roses et, sans y être invité, s'assied dans un fauteuil.Ghislaine voudrait dire quelque chose, mais sa gorge est sèche, et son cœur bat trop fort.\u2014 Si j'avais refusé de venir ! insiste Jean Herbois, \u2014 avez-vous pensé que je refuserais de venir ?Il faut à Ghislaine quelques secondes pour retrouver son souffle.Elle dit enfin : \u2014 Non, j'étais sûre de votre conscience professionnelle, \u2014 je savais que vous ne laisseriez mourir, faute de soins, aucun malade, füt-il votre pire ennemi.\u2014 Ainsi, vous étiez sûre de moi, \u2014 comme vous êtes sûre de votre mari, \u2014 plus que de vous-même, ricane-t-il.Un lourd silence suit ces paroles.Toute la pensée de Ghislaine est concentrée sur une pièce : « Mon cœur bat si fort.Mon Dieu, faites qu\u2019il ne l'entende pas ! » Elle s\u2019est assise en face de lui, ses mains s'allongent sur ses genoux comme de grandes fleurs pâles qu'éclaire d'une lueur verte l'émeraude des fiançailles.Jean Herbois, accoudé aux bras de son fauteuil, se penche en avant et demande d'une voix sourde : \u2014 Pourquoi, quand vous m'avez appelé, avez-vous dit : « Ayez pitité de votre Ghislaine ?» \u2014 Ai-je dit cela ?fit-elle éperdue.\u2014 Ne rusez pas, poursuit-il, \u2014 la ruse, c'est là votre arme, mais elle est usée.Vous savez bien que vous m'avez dit cela, et vous savez pourquoi vous l'avez dit.\u2014 Non, je ne sais pas.\u2014 Eh ! bien, je vais vous l'apprendre.Vous avez pensé : « Il y a une chance qu'il m'aime encore, une chance tout de même.C'est là-dessus que je vais jouer.En lui rappelant que mon cœur a été à lui, ou que, du moins, il l'a cru, je lui montrerai que je n'ai rien oublié, et qu'il peut imaginer à son aise qu'il y a une chance sur cent, sur mille ou sur dix mille pour que je l'aime encore.Alors, si ma mise est bonne, il viendra.\u2014 Jamais je n'ai pensé cela ! proteste Ghislaine épouvantée et véhémente.Il faut que vous ayez perdu la tête.\u2014 Vous ne l'avez peut-être pas pensé en termes aussi clairs, \u2014 vous naviez en vue que la vie de votre fille, \u2014 maintenant que l'enfant est sauvée vous avez oublié vos expédients, tout va bien.Mais moi, je viens vous rappeler vos promesses et chercher mon salaire.\u2014 Envoyez votre note, mon mari vous paiera, réplique-t-elle frémissante.Le poing de Jean s'abat avec violence sur le-bras du fauteuil.\u2014 Ne dites pas de folies, gronde- t-il, et n'essayez pas de m'offenser, vous n'y réussiriez plus.Je suis venu ici \u2018sur l'appel de ma Ghislaine, et non sur celui d'un monsieur que je ne veux pas connaître.C'est d'elle seule que j'attends ma récompense ! \u2014 Que voulez-vous ?qu'exigez- vous ?demande-t-elle éperdue.Elle tremble des pieds à la tête, sous le regard impérieux de Jean Herbois.\u2014 Je n'exige rien, dit-il, ce que je veux, c'est vous qui me le donnerez, de bon gré et, je l'espère, dans la joie, le jour que vous aurez choisi.Il n'y a d'irréparable que la mort ; tant que nous sommes vivants, Ghislaine, tout peut encore s'arranger, tout peut se reconstruire.N'ayez pas cet air de biche aux abois, rap- pelez-vous les plus belles heures de votre vie, \u2014 les plus belles.et ne vous mentez pas à vous-même.Vous savez bien que votre pauvre bonheur actuel n'est qu'une lamentable parodie.\u2014 Je ne vous permets pas de parler ainsi, balbutie-t-elle.\u2014 Aussi, me suis-je passé de votre permission.Ce disant, il se lève, se dirige vers la porte où Ghislaine ne le suit pas.Au moment d'en franchir le seuil, il dit lentement : \u2014 À bientôt Ghislaine, ma Ghislaine.Une heure plus tard, il écrit dans son agenda : « Bon travail.Je ne crois pas que cette nuit encore elle dorme très bien.» Puis il s'absorbe dans ses travaux, et plus rien d'autre n\u2019existe pour lui, ce soir-là.Chapitre VIII LA SONNERIE du téléphone.\u2014 Allo! Qui appelle ?\u2014 Jean Herbois.\u2014 À cette heure-ci, docteur ?\u2014 Est-il si tôt?Vous n'êtes pas encore levée ?\u2014 Voici une question indiscrète.\u2014 Il n'est pas bon de dormir le matin.à moins que le sommeil ne vous ait manqué cette nuit.\u2014 Pourquoi téléphonez-vous ?\u2014 Parce que je pense à vous.\u2014 Je n'aime pas beaucoup être dérangée pour rien.\u2014 Merci.Mais j'ai une raison pour vous déranger.Vous aviez mauvaise mine hier quand je vous ai quittée.II faut prendre l'air et vous distraire un peu.\u2014 Je ne puis quitter Roselyne.\u2014 Roselyne n'a pas besoin de vous vingt-quatre heures par jour.Vous pouvez la laisser un moment à la garde de sa bonne.\u2014 Je serais trop inquiète si je ne la voyais pas.\u2014 Allons ! ne faites pas l'enfant ! Vous avez besoin de votre santé, il est indispensable que vous sortiez un peu.Vous n'êtes pas obligée d'aller loin, \u2014 ne vous éloignez pas si vous êtes inquiète.Allez vous asseoir pendant une demi-heure sous les arbres de l'avenue de Breteuil, cela vous fera du bien.Vers deux heures, c'est le meilleur moment.\u2014 Merci, docteur, je suis bien touchée de votre solliciture .\u2014 C'est promis ?\u2014 C'est promis.Ghislaine raccroche le récepteur.Une grande douceur lui vient de cette présence invisible qui veille sur elle.À distance, au grand jour, elle craint moins Herbois, et ne s'aperçoit pas du chemin souterrain que ses propos ont creusé en elle.Malgré la sécheresse et ses réponses, elle a tressailli de plaisir à la voix du tentateur, et elle considère comme un devoir absolu, I'obéissance à ses prescriptions.Roselyne gazouille dans son berceau, le temps est clair, une lettre de Christian annonce la bonne marche des travaux commencés, et peut-être un retour plus proche qu'il n'avait été convenu, \u2014 de tout cela, Ghislaine se sent heureuse.Elle se lève d'un élan joyeux, \u2014 fait sa toilette et celle de Jolie-Chérie en fredonnant, Maîtresse de maison attentive, elle surveille ensuite les travaux de la domestique laissée pendant quatre jours à sa propre initiative, et, à midi et demi, déjeune de bon appétit.Un peu avant deux heures, après mille recommandations à Maria et autant de baisers à Roselyne, Ghislaine descend dans l'avenue.Elle marche d'abord jusqu'aux Invalides qu'elle admire, fait le tour de la place Vauban et revient bien vite, presque en courant.Il lui semble qu'en s'éloignant davantage, elle trahirait l'enfant chérie qui dort là-haut, gardée par Maria.Aussi, puisqu'il fait beau, s'assied-elle non loin du rond-point que domine la statue de Pasteur, à une place abritée du vent printanier par un massif de buis, \u2014 de la en levant les yeux, elle apercevra la fenêtre entr'ouverte de la chambre aux rideaux roses.La vue d'autres mères et d'autres enfants l'amuse, l'air frais lui fait du bien ; elle ne comprend pas pourquoi tant d'angoisse l'a ravie et meurtrie depuis que Roselyne est sauvée.La vie est beaucoup plus simple devant nos yeux de chair que dans nos songes.Si Christian était là.quand il sera la.\u2014 Bonjour, madame, à quoi pen- sez-vous ?Elle tressaille et, la respiration coupée, elle attend, sans oser lever la tête.Elle attend quoi ?Une catastrophe ou peut-être un grand bonheur, elle ne sait pas, elle ne sait rien, sinon qu'elle a froid parce qu'une ombre redoutable s'étend sur elle et la prive du soleil qui la réjouissait.\u2014 Vous ne voulez pas me dire à quoi vous pensez ?reprend la voix du docteur Herbois, et vous ne voulez pas me regarder ?Elle ose enfin lever la tête, mais elle ne livre pas ses yeux à celui qui sait si bien leur imposer sa puissance.Un bref regard est tout ce qu'elle lui donne.D'une voix étranglée, elle demande : \u2014 Comment êtes-vous ici ?\u2014 Je vais à l'Institut Pasteur, c'est mon droit, \u2014 c'est même mon devoir.\u2014 Et vous passez par cette avenue, à l'heure où vous savez m'y rencontrer.\u2014 C'était mon chemin et mon heure.\u2014 D'ordinaire, auto.\u2014 Aujourd'hui, j'avais besoin de marcher.\u2014 C'est un guet-apens, monsieur Herbois.\u2014 Monsieur Herbois ! en souriant.\u2014 Oui, je croyais à un souci de ma santé, et vous n'avez agi que pour me tourmenter.Une chaise est là, non loin de Ghislaine, le docteur la prend sans répondre : \u2014 Vous n'allez pas rester là ! dit- elle.\u2014 Pourquoi n'y resterais-je pas ?\u2014 Parce que je désire que vous vous en alliez.\u2014 En quoi ma présence vous gêne- t-elle, madame ?\u2014 Avez-vous pensé, monsieur, que tous les gens de ce quartier me connaissent, que je suis ici en face de chez moi, d'où l'on peut me voir par toutes les fenêtres et qu'on peut s'é- fonner et jaser.\u2014 Donc, si nous étions à l'autre bout de Paris, ma présence ne vous vous circulez en répète-t-il La Revur POPULAIRE gênerait pas.Je suis rassuré.Je craignais de vous être insupportable ou odieux .Mais je vois qu'il ne s'agit que des potins du quartier, \u2014 j'aime mieux cela.\u2014 Bref, ma réputation vous importe peu, dit amèrement Ghislaine.\u2014 En quoi est-elle compromise parce que le médecin qui a soigné votre fille vous a rencontrée et s'arrête un moment auprès de vous?Vous n'avez pas changé, Ghislaine, \u2014 toujours cette pensée maladive du qu'en dira-t-on ! C'est votre imagination qui fait tout le mal.\u2014 Votre imagination vaut la mienne, docteur, ou plutôt la dépasse, \u2014 bien trouvé, ce prétendu souci de ma santé.\u2014 Prétendu ! Je n'ai pensé d'abord qu'à votre santé en vous ordonnant, comme médecin, de prendre l'air, et puis.\u2014 N'essayez pas de me convaincre, réplique-t-elle, les dents serrées.Il la regarde une minute en silence, et dit lentement : \u2014 Est-il vraiment si pénible à ma Ghislaine de me voir aujourd'hui, de se dire que, pour elle, j'ai retrouvé une imagination de collégien amoureux en préparant ce « guet- apens », et que moi, dont chaque minute est comptée, j'ai trouvé le temps de faire une partie de ma course à pid, dans l'espérance de la rencontrer.\u2014 Je vous prie de ne pas dire ma Ghislaine, fait-elle d'une voix mourante.\u2014 Les mots ne signifient rien, ré- pond-il ! Que je le dise ou non, vous savez bien que vous êtes ma Ghislaine, si vous voulez seulement regarder en vous-même, sans hypocrisie, sans les verres déformants de vos préjugés bourgeois.Vous êtes une honnête femme, c'est entendu, et comme telle vous n'aimez que votre mari, ceci est encore entendu.Mais osez voir au delà de cette convention.Ne me répondez pas tout de suite.\u2014 Vous êtes odieux ! \u2014 Réfléchissez bien, Ghislaine en toute franchise ! La voix du tentateur a prononcé Ghislaine comme autrefois, elle est caressante, revêtue de la chaude douceur qui faisait frissonner de joie la Ghislaine de Montfort.À cette minute, la jeune femme ne pense plus à l'enfant qui dort là-haut, \u2014 elle ne pense plus à son mari rongé d'inquiétude dans l'accomplissement de son austère devoir, elle revit, de tout son être, les heures ardentes qui ont été la joie et le tourment de sa jeunesse.\u2014 Nous étions destinés l'un à l'autre, reprend le tentateur.C'est une lourde faute que d'agir contre son destin.Ghislaine, pourquoi avez-vous fait cela ?Son regard magnifique ne quitte pas sa proie ; il voit trembler, haleter, pâlir la femme qui fut son seul amour, et la certitude de sa puissance retrouvée fait battre plus vite ses artères, et lui brûle le sang.Ghislaine ne répond rien.Passive, elle subit l'emprise, \u2014 il lui serait impossible de parler, mais une phrase s'installe, qui domine sa pensée : \u2014 Pourquoi ai-je fait cela ?Elle n'est pas bien sûre d'être à Paris, avenue de Breteuil, mais plutôt dans un rêve dont le cadre lui est familier, et c'est bien parce qu'elle rêve que Jean Herbois est là, et lui dit encore : \u2014 Pourquoi avez-vous fait cela ?Le jeu de deux enfants qui, en se poursuivant, l'on heurtée, l'arrache brusquement à cet état de rêve ; ils s'excusent et s'éloignent, repris par leur jeu.\u2014 Vous ne répondez pas ? Juin 1940 La voix tentatrice, assourdie, se fait autoritaire, toujours comme autrefois.\u2014 Vous m'aimiez pourtant, reprend le docteur, \u2014 vous m aimiez plus que l'autre.oo Comme elle ne dit rien, il insiste : \u2014 N'est-ce pas, vous m'aimiez plus que l'autre?\u2014 Je ne sais pas.Une onde chaude empourpre le visage d'Herbois, ses machoires se serrent, un moment se passe, et il dit lentement : | \u2014 Alors.c'était de la comédie ?Vous vous êtes jouée de moi?\u2014 Non, oh! non! Ce cri a jailli de Ghislaine dans un tel élan de sincérité qu'Herbois, triomphant, croit tenir déjà la victoire qu'il convoite.\u2014 Donc, vous m'aimiez plus que l'autre, dit-il, et c'est l'autre que vous avez épousé.Elle baisse la tête pour échapper au regard fascinateur qu'elle redoute.Elle ne sait pas ce qu'elle va dire et entendre, elle craint tout, et.dans son désarroi, recourt à la seule amie qui lui reste, sa faiblesse.\u2014 Par pitié.dit-elle, ne me tourmentez pas ! Vous savez trop bien que je n'ai pas de courage, que jai peur de la lutte, et, que, entre le bonheur et la paix.c'est la paix que j'ai choisie.si l'on peut dire que j'ai choisi quelque chose! \u2014 Et par ce choix, vous n avez eu ni paix ni bonheur, fait-il amer.\u2014 J'ai eu l'un et l'autre, répliqua- t-elle d\u2019un ton raffermi.\u2014 Ce n'est pas vrai.Il est possible que d'autres le croient, \u2014 moi, je vois clair.Vous n'êtes pas heureuse, Ghislaine.Elle n'essaie pas de se défendre ; puisqu'il lit si bien en elle, il ne la croirait pas ! Et davantage il ne la croirait si, confessant sa détresse, elle ajoutait : \u2014 S'il manque quelque chose a mon bonheur, ce n'est pas vous.Mieux vaut se taire, être lâche une fois de plus.Le soleil s'est caché derrière un nuage qui ressemble à un buisson d'aubépine.Sur l'avenue, s'étend une large nappe d'ombre.Ghislaine réprime mal un frisson.Est-ce son corps ou sa conscience qui a froid ?Les mains glacées, la tête en feu, elle se lève et, muette, traverse l'avenue pour rentrer chez elle Le docteur la suit en silence.\u2014 Vous m'accompagnez ?lui de- mande-t-elle.\u2014 Je vais voir l'enfant.\u2014 Mais.l'Institut Pasteur qui a besoin de vous .justement à cette heure-ci ?\u2014 Ne soyez pas méchante, Ghislaine.Vous savez très bien que je me suis ménagé le temps de vous voir plus que les cinq minutes que vous m'avez octroyées ! \u2014 Que je vous ai octroyées ! ré- pète-t-elle indignée.\u2014 Si vous le préférez, mettons que je les ai prises de force ! En tout cas, elles ne me suffisent pas ! Ghislaine a peur de cet homme et d'elle-même, \u2014 de plus elle est contrariée : il ne lui plaît pas que sa concierge et sa domestique la voient rentrer chez elle escortée d'Herbois.Aussi, à quelques pas de sa maison, s'arrête-t-elle, indécise.l'air angoissé.Son compagnon l'a devinée.\u2014 Bien entendu, vous avez peur de ce que peuvent dire les gens, même quand vous ne faites aucun mal.\u2014 Vous ne comprenez pas .dit- elle lassée.\u2014 Je comprends, rétorque-t-il, que, tant que vous vivrez, vous serez ligotée par vos préjugés et vos craintes puériles.\u2014 Ce n'est pas seulement cela, pro- nonce-t-elle sourdement.\u2014 Je sais, \u2014 il y a encore ceci : en me recevant chez vous, vous n'êtes pas sûre de ne faire aucun mal, \u2014 n'est-ce pas ?\u2014 Oui.\u2014 Donc.vous n'avez pas confiance en moi.Très bien, je m'en vais, \u2014 je ne verrai pas Roselyne.Adieu, madame.\u2014 Vous viendrez demain, docteur.\u2014 N'y comptez pas, je vous compromettrais.\u2014 Mais.elle n'est pas guérie, elle a encore besoin de vous ! \u2014 ll y a d'autres médecins à Paris.Ghislaine, éperdue, ne voit plus que ceci: elle a privé sa fille des soins qui eussent achevé de la guérir.Il faudra la confier à d'autres mains moins habiles ! Comment a-t-elle pu penser à autre chose qu'à la vie de son enfant, comment ne s'est-elle pas oubliée elle-même ?Quelle importance a sa paix, \u2014 celle de son cœur et celle de sa conscience, \u2014 quand il s'agit de la vie de Roselyne ?Son regard pathétique et supppliant implore le docteur.\u2014 Vous n'avez pas compris, fait- elle humblement, \u2014 si je vous ai blessé, pardonnez-moi.Vous ne voudrez pas punir Roselyne de mes maladresses.Une lueur de triomphe passe dans les yeux d'Herbois, \u2014 il sourit imperceptiblement.Et maintenant, il est là, auprès du berceau où Jolie-Chérie ne dort plus.Les yeux de Ghislaine dans le petit visage encore pâle d'avoir frôlé la mort le regardent avec ravissement, \u2014 les petites mains l'appellent, et c'est à lui que s'adresse le mystérieux langage des tout petits, que les mères et les anges sont seuls à comprendre.Jean Herbois lui aussi comprend.Après un long silence qui fut un muet colloque entre l'homme et l'enfant, le docteur redresse sa haute taille, se retourne vers Ghislaine et, sans la regarder, prononce d'une voix chan- ée : \u2014 Flle va beaucoup mieux.Continuez les mêmes soins.Sans reprendre la conversation redoutée, il serre la main que lui tend la jeune femme, et s'éloigne à grands pas.Ghislaine soulagée et déconcertée s'aperçoit soudain qu'elle a froid, En elle, quelque chose se lamente.Elle recouche Jolie-Chérie sur son oreiller, remonte les couvertures abaissées, embrasse le cher visage, et s'assied à son bureau.Le livre de confidences est ouvert devant elle, mais le stylo reste immobile, la page reste blanche \u2026.Ghislaine essuie deux larmes tombées de ses yeux sans qu'elle les ait senties venir.\u2014 et elle écrit enfin : «Ah! si Christian m'aimait d'amour ! » .À la même heure, Jean Her- bois trace quelques lignes dans son agenda bourré de notes scientifiques: «Jeu dangereux où je pourrais bien être pris moi-même.« Et ce piège : ses yeux sans ombres ni détours dans le visage de son enfant ! cette enfant qui devrait être à moi.» Chapitre IX Tu NE peux t'imaginer, ma Ghislaine, combien j'ai souffert en recevant ta lettre ! car, à travers les mots paisibles, rassurés, dictés par ta compassion pour moi, je sentais ton angoisse, que tu aurais si bien voulu me cacher.Mon premier mouvement fut de partir, mais l'importance de mes responsabilités me retient ici où est mon devoir d'état, \u2014 et je me suis rappelé à temps cet épisode de 29 La beauté majestueuse des étoiles rassure les esprits inquiets, ranime le courage des êtres craintifs lout homme peut posséder Jes étoiles TROP PEU d'hommes et de femmes, aujourd\u2019hui, prennent le temps d\u2019oublier leurs préoccupations et leurs soucis pour lever les yeux vers le ciel et admirer les étoiles.Si vous avez des ennuis et si le dur labeur de la journée vous porte à envisager le lendemain avec appréhension, sortez et regardez les étoiles.Leur éclat silencieux et leur immutabilité exerceront sur voire esprit une bienfaisante influence et vous aideroni à voir la vie sous un angle nouveau.Obtenez le plus de la vie en lui donnant le plus possible Le bonheur ne tient pas à la possession des biens matériels, mais est plutôt déterminé par l\u2019état d\u2019esprit dans lequel on se trouve.Ce qui importe le plus, c\u2019est le monde que l\u2019on porte en soi.Cependant, quand un homme est fatigué, affaibli et nerveux, il perd souvent le sens de la perspective.Il se renferme en lui-même et n\u2019est plus en mesure d\u2019envisager sans crainte les problèmes de chaque jour.Aujourd\u2019hui, nombre de personnes adoptent un moyen très simple pour combattre la lassitude physique et mentale.Deux fois par jour, ils ajoutent à leur régime alimentaire un supplément tonifiant \u2014 c'est-à-dire la Levure Survitaminée Fleischmann, riche des 4 importantes vitamines A, Bi, D et G, dont nous avons tous besoin pour nous sentir bien portants.Cette levure fraîche aide à mieux assimiler ces vitamines parce qu\u2019elle active la digestion.Aidez-vous de cette façon dont tant d\u2019autres ont profité Pourquoi n\u2019adoptez-vous pas immédiatement ce moyen qui a réussi à tant d\u2019autres ?Mangez 2 gâteaux de Levure Fleischmann chaque Jour\u2014un gâteau 14 heure avant deux de vos repas\u2014 nature ou dans un peu d'eau.Vous verrez bientôt la différence que le fait de prendre ainsi des vitamines dans la levure fraîche fera dans votre état de santé, dans votre vitalité et votre aptitude à mieux travailler.La vie vous paraîtra plus intéressante\u2014les étoiles plus brillantes! BROCHURETTE GRATUITE \u2014 \u201cPour Mieux Aimer la Vie\u201d, par Robert Choquette, vous fera beaucoup réfléchir.Écrivez à: Levure Fleischmann, Immeuble Dominion Square, Montréal, P.Q.FABRICATION CANADIENNE 30 la vie de mon grand-père qui, au chevet de sa jeune femme mourante, n'hésita pas à la laisser à des mains mercenaires pour courir à la mine que menaçait un éboulement, et qu'il fallait sauver.« Roselyne n'est pas, grâce à Dieu! entre des mains mercenaires, \u2014 je veux te croire quand tu me dis qu'elle n'est pas mourante, \u2014 et, comme mon grand-père, j'ai mon devoir de chef à remplir, mon devoir où non seulement des intérêts matériels, mais encore des vies humaines sont en jeu.« Aurai-je le courage de remplir jusqu'au bout ce rude devoir, si ta réponse à mon télégramme n'est pas celle.que j'espère ?Je ne veux pas que tu souffres seule ; et qui peut t'aider, t'encourager, te soutenir, quand je suis loin de toi ?Je connais ta tendresse pour notre fille, et je frémis de tes craintes, je ressens toutes tes angoisses.« Jolie-Chérie, notre amour, la seule pensée de la perdre me rend fou! Alors, j'imagine ce qu'elle doit être pour toi, ma frémissante Ghislaine ! «Ici, nos travaux sont en bonne voie d'exécution, \u2014 travaux qu'il me faut surveiller sans une minute de défaillance.Ma présence semble nécessaire encore une quinzaine de jours : l'après, direction facile que Burgeot assurera, et je pourrai reprendre, avec quelle joie ! La route de Paris.À moins que, d'ici là, tu n\u2019aies besoin de moi.Mais je ne veux pas envisager cette terrible éventualité et, une prière dans le cœur, j'attends avec confiance les nouvelles rassurantes de notre petite fille et de sa chère maman.« A toutes deux, les baisers les plus tendres de ton « CHRISTIAN.» Ghislaine vient de relire cette lettre arrivée par le courrier de midi, et un soupir gonfle sa poitrine.\u2014 C'est la lettre d'un bon mari, d'un bon père, se dit-elle, mais ce n'est pas la lettre d'un amant.Malgré elle, une voix ardente murmure à son oreille des mots qu'elle s'efforce en vain d'oublier : « Vous savez bien que vous êtes ma Ghislaine.Nous étions destinés l\u2019un à l'autre.C'est une lourde faute que d'agir contre son destin.» Et toujours cette question : « Pourquoi avez-vous fait cela ?» Oui, pourquoi ?Obsédée, elle lit une seconde fois la lettre venue de Corse, décidée à y trouver des accents passionnés, puis elle se moque d'elle-même en murmurant « Maitena », \u2014 Maitena, la lointaine amoureuse dont jamais Christian ne prononce le nom.Par la seule puissance de ce mot, le sentiment de vie manquée qui a empoisonné son bonheur de jeune femme lui revient aussi amer qu'en ce jour de printemps où, désespérée, elle a cru succomber sous son fardeau.Ghislaine, Ghislaine! la vie ne vous a donc rien appris, et, retom- berez-vous toujours dans la même erreur, ne voyant choses et gens qu\u2019à travers vous-même ?Comment cher- chez-vous des accents passionnés dans la lettre d'un père torturé par la pensée de son enfant malade loin de lui, son enfant qu'il craint de ne pas revoir vivante ! Parce qu'ici vos inquiétudes sont calmées, parce que vous avez cessé de trembler pour Roselyne, vous ne comprenez pas que Christian là-bas est encore dans l'angoisse, et vous lui demandez ce qu'il ne peut pas vous donner Ghislaine, quand regarderez- vous la vie bien en face, sans retour sur vous-même ?Après une longue visite, Mme Lau- roy est partie la première.Mme Ru- meau est restée un moment encore pour choisir une place favorable à la santé de la jacinthe.Maintenant, Ghislaine est seule ; elle range son tricot, fait la toilette de sa fille, la couche, et regarde la pendule.Elle a encore une heure avant le dîner, une heure qu'elle emploiera à terminer une lettre à Christian, et à lire un livre gai prêté par Marie-Louise.A aucun prix, elle ne doit s'offrir le loisir de penser.Mais à peine est-elle à son bureau que, une fois de plus, le docteur Jean paraît au seuil de la porte.À sa vue, tout se voile autour de Ghislaine.Le cadre de sa vie disparaît dans une nébuleuse, au centre de laquelle se tient Herbois fantomatique.\u2014 Vous?s\u2019entend-elle demander.L'homme qu'elle n'attendait pas s'approche à pas lents, sortant du rêve pour entrer dans la réalité.Ses traits sont détendus, une lueur trouble dans les yeux les rend moins impérieux et moins durs.\u2014 Elles sont parties ?demande-t- il.J'ai eu, en les voyant, des pensées de meurtre.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Elles éaient là ! et j'avais tant de choses à vous dire ! Son ton est si tragique que Ghislaine n'a pas envie de sourire de sa puérile colère.\u2014 Pourquoi revenez-vous ce soir?Roselyne va bien.\u2014 Je pourrais vous dire que je passais, répond-il d'une voix rauque, \u2014 ce serait faux.Je suis venu pour vous voir, rien que pour vous voir.Est-ce que cela vous fâche ?Son ton n'est plus celui du maître autoritaire à qui tout doit céder ; quelque chose y tremble, qui ressemble à de l'humilité.Ghislaine subit le charme de cette attitude, hommage inavoué, et, pour la première fois, sa défense s'abandonne.\u2014 Cela ne me fâche pas, dit-elle, cela me peine.Puisqu'il ne s'agit pas de Roselyne, vous avez eu tort de revenir, docteur.Je ne vois ici que de la souffrance pour vous et pour moi.~ De la souffrance ! Moi, je vois au contraire tout le bonheur du monde.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Mon bonheur, c'est vous! Il a prononcé ces mots avec tant de passion que Ghislaine a peur.La gorge sèche, les lèvres tremblantes, elle réplique lentement : \u2014 Votre malheur, voulez-vous dire ! Je sais trop le mal que je vous ai fait ! \u2014 Ne parlez pas du passé, Ghislaine, notre vie est ce que nous la faisons au jour le jour.\u2014 Ma vie est fixée à jamais, dit- elle, et devant vous la voie est encore libre.N'en faites pas une impasse! Je serais deux fois coupable en vous laissant espérer qu'on peut refaire son destin.\u2014 Il ne s'agit pas de refaire notre destin, reprit-il d'une voix sourde.\u2014 Alors, de quoi s'agit-il ?\u2014 De le corriger, \u2014 et redresser ce qu'il a d'injuste, \u2014 d'y mettre le bonheur auquel nous avons droit.Cela nous le pouvons, nous le ferons, Ghislaine, si vous avez confiance en moi.\u2014 Je ne comprends pas, dit-elle effrayée.Non, elle ne comprend pas, elle ne veut pas comprendre, \u2014 et pourtant ces mots si clairs concrétisent l'angoisse qui ne l\u2019a pas quittée depuis le soir où Herbois est venu lui demander son salaire.Elle avait voulu n'y voir que le désir de la troubler, de l'obliger à penser à lui, d'atteindre son bonheur conjugal.Ce soir, c'est autre chose, \u2014 une menace rôde autour delle, et, consciente de sa faiblesse, elle se demande comment elle s'en défendra.Prudente, elle n'ose pas dire un mot, elle attend.\u2014 Votre bonheur n'est pas de comprendre, mais d'aimer et d'être aimée, prononce-t-il tendrement.Il voudrait voir ses yeux, les belles paupières restent obstinément baissées.Alors, il reprend d'une voix insinuante qu'elle n'a pas connue à Montfort : \u2014 En épousant un autre que moi, vous vous êtes trompée, Ghislaine, mais l'erreur qui a séparé nos vies n\u2019a pas séparé nos cœurs, je le sais depuis que je vous ai revue.J'avais rêvé le grand bonheur, nos existences mélées, corps et ames, \u2014 un foyer qui serait le notre, des enfants qui seraient les nôtres, \u2014 une existence au cours de laquelle nous aurions dit «nous » pour toute chose, si naturellement que nous ne nous serions pas aperçus \u2014 mêmes pensées, mêmes joies, mêmes soucis.Vous auriez été ma femme, mon amie, une autre moi-même, \u2014 Nous nous serions enrichis de tout ce qui nous manque, \u2014 j'aurais été votre force, vous auriez été ma douceur.\u2014 Assez, assez ! fait-elle, les mains sur ses oreilles.C'est plus qu'elle ne peut supporter, cette évocation de tout ce qu'elle a passionnément désiré pendant six mois de sa vie, à Montfort.Et le charme qui l'avait alors soumise l'enveloppe de nouveau, réduisant sa volonté, troublant sa lucidité, comme autrefois.D'un geste ferme et doux, il dégage l'oreille qui ne veut pas l'entendre, et garde entre les siennes une main frémissante qui cherche en vain sa liberté.\u2014 Ecoutez-moi, Ghislaine ! Par votre faiblesse, nous avons perdu notre grand bonheur, mais ne croyez-vous pas que nous pouvons en sauver quelque chose ?Vous n'êtes pas ma femme, \u2014 vous pourriez être encore ma sœur et mon amie ; \u2014 je puis être votre force, \u2014 vous pouvez être ma douceur.\u2014 C'est impossible, murmure-t-elle éperdue.\u2014 Je ne vous permets plus de prononcer ce mot.Tout est possible quand on veut et qu'on aime.Continuez à fermer vos yeux, puisqu'il ne vous plaît pas de me les montrer, \u2014 ils verront quand même le bonheur que je vous offre : nos pensées unies et sans secrets l'un pour l'autre, la confiance, le repos d'un cœur dans un autre cœur.Pouvoir tout dire, tout entendre avec la certitude d'être compris.La main qu'il tient toujours ne cherche plus à se libérer.Ghislaine extasiée commence à croire que le meilleur de son amour pour Jean peut lui être rendu.Le sentiment idéal qu'il lui offre répond à son désir le plus secret.Que de fois, après la rupture, s'était-elle dit : « S'il avait voulu rester mon ami !» Et que de fois a-t-elle rêvé du cœur-à-cœur qui, sans paroles, livrerait à Jean toutes ses pensées, tandis qu\u2019en face de Christian les confidences se glaçaient sur ses lèvres ! C'est que, entre elle et Christian, il y a un double secret : Jean, Maïtena, \u2014 et que, entre elle et Jean, nul inconnu n'interpose son ombre.Ainsi, une belle amitié, épurée par tant de larmes, serait possible ! Elle n'ose y croire.\u2014 Je ne sais pas.Je crains.dit-elle.\u2014 Allons, que craignez-vous \u2014 Les amitiés entre homme et femme sont dangereuses.La RevuE POPULAIRE \u2014 Il y en a eu de merveilleuses, riposte-t-il.Et il cite des noms célèbres, évoque les Pères de l'Eglise, saint Jérôme et sainte Paule, saint Ambroise et sainte Mélanie, \u2014 à une époque moins reculée, saint François d'Assise et sainte Claire, \u2014 enfin saint François de Sales et sainte Jean de Chantal.Son tableau de l'amitié est un beau morceau de spiritualité.Ces paroles pénètrent Ghislaine et la ravissent.Une image s'impose à son esprit: une femme, ou plutôt un ange qui a ses traits et son cœur, est la consolatrice d'un homme né pour de grandes choses, \u2014 elle est sa joie, sa douceur, \u2014 avec elle et par elle il réussit à vaincre les maux les plus rebelles ; dans l'épanouissement d'une paix heureuse, il fait les plus étonnantes découvertes et devient le bienfaiteur de l'humanité.Pour donner corps à ce rêve, la voix tentatrice reprend : \u2014 Avec vous, je ferais des prodiges.Ce qui m'a manqué jusqu'ici, c'est la joie.Ghislaine, vous tenez toute ma joie dans vos yeux, me la refuserez-vous ?Pourrait-elle être cruelle à ce point ?Elle lui donne son regard ou commence à poindre le consentement au pacte d'amitié.Et ses paroles ne démentent pas la promesse de ses yeux : \u2014 Jean.ce nom prononcé pour la première fois depuis plus de trois ans met une flamme à ses joues, \u2014 Jean, si je deviens votre amie, la présence de mon mari ne vous fera- t-elle pas souffrir ?\u2014 La présence de votre mari ?ré- pète-t-il vivement.Notre amitié peut s'en passer.\u2014 Mais .rencontrerez.\u2014 Ses affaires ne le tiennent-elles pas hors de chez lui la plupart du temps ?Son usine, son bureau, ses voyages.Et puis, vous viendrez chez moi.\u2014 Ce n'est pas possible ! dit-elle effrayée.\u2014 Là, vous voici tout de suite rétractée ! Craintive Ghislaine ! Ah! je saurai bien vous donner du courage ; vous verrez comme vous serez forte quand vous aurez confiance en moi.\u2014 J'ai confiance en vous, mais.\u2014 Mais à Montfort, les dames ne vont pas chez les messieurs, n'est-ce pas Eh bien! dites-vous que vous n'êtes pas à Montfort, et que je ne suis pas un monsieur.Je suis votre ami, et un médecin.Je reçois des dames, des vieilles et des jeunes, \u2014 le matin à la clinique, l'après-midi.chez moi, quand mes travaux de laboratoire me le permettent.Nous nous verrons souvent sans scandaliser personne, ma Ghislaine.La voix, le geste, le regard, la volonté tendue du séducteur, tissent autour de la jeune femme un cercle magique dont elle ne songe même pas à s'évader, \u2014 elle croit tout ce que dit Herbois, elle subit l'envoûtement, \u2014 bientôt, elle voudra tout ce qu'il veut.\u2014 Vous êtes si seule! dit-il avec commisération.Si vous étiez ma femme, je ne vous laisserais pas ainsi.\u2014 Les affaires de mon mari l'y obligent .\u2014 Je n'aurais pas d'affaire plus importante que de vous rendre heureuse.Partout, je vous emmènerais avec moi.\u2014 Mon mari a le souci de mon bonheur, reprend vivement Ghislaine, \u2014 il souffre de notre séparation, et il m'aime.\u2014 Oh! pas comme moi, pas comme moi! Cette fois, Herbois a fait fausse route, son ardeur s'est trahie ; ce n'est pas là le ton de l'amitié.Et Ghislaine se détourne, sa joie troublée.en venant ici, vous le Juin 1940 Jean s'en aperçoit.Subtil, il se fait de nouveau tendrement respectueux, évoque une seconde fois sainte Claire et saint François d'Assise dont le grand cœur aimait toute la nature.Le cercle se resserre, \u2014 Ghislaine voit passer sous ses paupières abaissées la vision d\u2019une rare et pure amitié qui la fera meilleure et plus heureuse.Dans la chambre voisine, Jolie- Chérie appelle « maman ».Jean prend la petite fille dans ses bras baise ses yeux, ausculte son cœur, confirme le diagnostic et les prescriptions de la première visite.Ses mains se referment sur la main que lui tend Ghislaine, et la pressent doucement.Vous avez la fièvre, dit-il.Sortez demain, le médecin vous l'ordonne.\u2014 Demain ?; \u2014 Oui.C'est à cause de moi, n'est- ce pas c'est de peur de me rencontrer que vous n'avez pas bougé d'ici depuis trois jours ?\u2014 Oui.\u2014 Vous avez eu tort, vous ne m'auriez pas vu.Je veux que nos rencontres vous soient un plaisir et non un ennui, aussi, n'essaierai-je plus de vous rencontrer sans votre agrément.Mais demain, vous voudrez bien ?\u2014 Pourquoi demain ?Le médecin de Roselyne peut me voir ailleurs que dans la rue.\u2014 Ici, il y a vos amies, vos tantes, la bonne ! Mes visites ne peuvent pas être longues.Mon amitié désire davantage.Non, non, pas d'objection.A demain, dans la cour des Invalides.Au revoir, mon amie.\u2014 Au revoir, mon ami.Ce même soir, l'agenda du docteur Herbois s'enrichit de quelques lignes hâtivement tracées : « Pris à mon propre piège.Il me la faut, je la veux à tout prix.Je l'adore.» Chapitre X H wr heures et demie.On sonne.Le cœur de Ghislaine saute dans sa poitrine.Ira-t-elle ouvrir ?La sonnette retentit une seconde fois.Elle sait très bien qui est la, très bien aussi ce que pense le tardif visiteur : « À cette heure-ci, elle n'est pas encore couchée, \u2014 ce n'est pas une heure indue.Si elle n'ouvre pas, c'est qu'elle n'a pas confiance en moi, et le pacte d'amitié devient impossible.» La jeune femme se lève, \u2014 malgré elle, dirait-on, elle traverse le vestibule et demande sans ouvrir la porte: \u2014 Qui est là ?\u2014 Jean.Ceci, prononcé à mi-voix pour que les voisins n'entendent pas.\u2014 I] est bien tard.\u2014 Seulement huit heures et demie.C'est vrai, pour beaucoup de gens, huit heures et demie est l'heure du diner et des visites.Mais Ghislaine ne raisonne pas.Son ami est la! \u2014 elle avait eu si peur de ne point le revoir ! Elle n'a qu'à décrocher cette chaîne, tourner ce verrou et cette clé pour qu'il soit devant elle.Tout cela est fait avant qu'elle ai consenti à le faire.Et il entre.Elle s'attendait à lui voir l'air sombre des mauvais jours, frémissant encore de sa déception de l'après-midi.Mais ce n'est pas cela du tout, son visage est souriant, et sa main, largement tendue.\u2014 Bonsoir, mon ami! \u2014 Qu'y a-t-il, Jean ?Pourquoi ve- nez-vous si tard ?Roselyne 7.\u2014 Faut-il vous redire, Ghislaine, que Roselyne est guérie ?Je ne viens ici que pour vous voir.\u2014 Oui, mais.à cette heure-ci.\u2014 Je n'ai pas pu venir plus tôt.Pour me ménager une heure après déjeuner, j'avais dû surcharger le reste de ma journée.\u2014 Ce n'est pas faute.\u2014 Je sais.Tout en parlant, ils sont entrés au salon et ils prennent place dans deux fauteuils en vis-à-vis.Herbois amène le sien tout près de celui où Ghislaine vient de s'asseoir.\u2014 Vous savez?demande-t-elle surprise.\u2014 Oui, je vous ai vue passer avec Mme Gerval et j'ai compris.Vous pensez bien que je n'avais pas la patience de vous attendre derrière la grille des Invalides.Je m'étais rapproché de votre maison, de façon à la voir sans être aperçu de votre concierge, pusillanime amie.\u2014 Alors, vous avez deviné que Marie-Louise est venue, \u2014 peut-être envoyée par ma tante, \u2014 pour m'obliger à faire une promenade ; nous sommes allées au Champ-de-Mars.J'avais si peur de vous facher!.\u2014 Mais non, j'ai compris.J'ai eu d'abord un vilain soupçon : « N'a- t-elle pas fait venir son amie pour avoir une bonne raison de me manquer de parole ?» \u2014 Oh! Jean! \u2014 Oui, grondez-moi, mais seulement un peu, car tout de suite jai ajouté : « Mon amie ne m'aurait pas fait cela.» Il s'est encore rapproché d'elle, il a pris ses mains dans une si franche, si cordiale étreinte qu'elle ne s'en défend pas.Elle est toute à la joie d'avoir été devinée, comprise, sans explications, comme il convient entre ceux qu'unissent une parfaite amitié.I reprend doucement : Je compris, et j'ai eu beaucoup de peine puisque notre rendez-vous était manqué, \u2014 mais je ne pouvais laisser passer ce jour sans vous voir, et me voici.\u2014 H est trop tard, gémit-elle.\u2014 Il n\u2019est pas trop tard.Ah! je comprends ! Qu'est-ce que va dire la concierge ?Rassurez-vous, \u2014 elle ne m'a pas aperçu, sa loge était vide, et dans une chambre voisine, on entendait des bruits de voix et de vaisselle.Je suppose qu'elle n'avait pas fini de diner.Oh! Ghislaine chérie, quand donc vous mettrez-vous au- dessus de ces petites choses-là ?\u2014 Jamais, je le crains, dit-elle en secouant la tête.Il serre un peu plus fort les mains amies dans un geste de protection.\u2014 Les tantes sont parties ?deman- de-t-il, en riant.\u2014 Elle ne sont pas encore venues, réplique-t-elle, riant à son tour.Mon Dieu!.les attendez- vous ce soir ?\u2014 Rassurez-vous ! elles ne viennent pas tous les jours, et jamais à cette heure indue où elles craindraient de me déranger.H la regarde avec ravissement, et, de fait, elle est ravissante dans sa robe de maison d'un bleu doux, sous la lumière de nacre rose, entourée d'un luxe discret, \u2014 cadre fait à sa mesure, qu'idéalisent les tulipes roses et mauves dans leur vase de Chine, qu'égaient les anémones aux teintes vives, l'aquarium irisé, les bibelots de porcelaine et de verre, \u2014 princesse d'amour, petite reine d'une royaume réservé où le Prince Charmant vient de pénétrer.\u2014 Ghislaine chérie, commence-t-il.\u2014 Vous ne devez pas m'appeler ainsi.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que ce ne sont pas les façons d'un ami.\u2014 Et comment doit-il dire ?\u2014 Ghislaine tout simplement, ou bien « mon amie ».\u2014 Vous croyez que je dirai Ghislaine tout simplement ?Nous ne \u2014 A 28 ans, il n\u2019était pas encore chirurgien renommé.mais il avait déjà un PLAN de sécurité financière! Son premier placement pour l\u2019avenir ne lui coûta que $2.44 par semaine Nous ne pouvons révéler son nom\u2014 car cela est confidentiel.Mais c\u2019est l\u2019histoire véridique d\u2019un médecin canadien.En 1908, il acheta sa première police Mutual Life\u2014d'Assurance-Vie de $4,000 payable en 20 versements\u2014dont la prime annuelle était de $126.60, représentant, en moyenne, une épargne hebdomadaire de $2.44.C'était beaucoup pour lui à ce mo- ment-là, mais il comprenait l'importance de préparer son avenir pendant qu'il était jeune.Depuis, il a pris plusieurs autres polices Mutual Life.Aujourd'hui, ce médecin expérimenté et bien connu, considère sa première police de $4,000 comme une des choses les plus précieuses qu\u2019il possède.Les chiffres donnés à droite sont très explicites.Préparez votre sécurité ! Ce que ce médecin et des milliers d\u2019autres personnes ont fait, vous pouvez le faire aussi! Il n\u2019y a qu'à préparer un plan! Mais soyez sûr que c'est le plan convenable .une assurance moderne dans une compagnie moderne peut être \u2018adaprtée\u2019\u2019 exactement à vos propres moyens.Peuc-être que, si vous commencez jeune, c'est la MUTUAL [IEE Siège Social-Waterloo, Canada La Propriété des Assurbs a Percevoi .I'\u2014majs | était décid ais il A2 \u20ac à établir Ir sur .un ase solide .\u20ac protection et l'épargne combinées de la police d\u2019assurance-vie payable en 20 versements annuels qu\u2019il vous faut?Ou bien vous vous demandez peut-être quel genre d'assurance vous fournira le plus gros revenu à l\u2019âge de 60 ans?Ou bien vous voulez que votre fils soit inscrit à une université?Alors, écrivez directement à The Mutual Life of Canada, Waterloo, Canada.Ou bien, envoyez le coupon sans aucune obligation de votre part! La Mutual Life est la propriété de 165,000 détenteurs de polices canadiens .tous les bénéfices vont aux détenteurs de polices.Voici le résultat de ce premier placement La prime annuelle du médecin était de : $126.60 ! Les primes de 20 ans furent de S2,532.00 Dividendes payés pendant 32 ans.1.836.31 $ 695.69 Déboursements nets Valeur en espèces de la police en 1940.$2.676.00 Le cas ci-dessus est absolument véridique, Nous ne vous garantissons pas exactement les mêmes résultats, car les bénéfices doivent être proportionnés aux conditions changeantes.Mais dans tous les cas, tous les bénéfices de la Mutua | vont à ses détenteurs de polices \u2014 les seæ/s propriétaires de la compagnie.The Mutual Life Assurance Co.of Canada Dept.P-1, Waterloo, Canada Veuillez m'envoyer les renseignements sur le cu les plans suivants: (marquez ceux qui vous intéressent) Li Assurance-Vie payable en 20 Versements annuels © Sécurité à 60ans O Plan de Revenu Familial D Police d'Enfant Nem (ECRIVEZ EN LETTRES MOULÉES ) Adresse Ville __.Âge ____ Province pn 32 ME voyez-vous DONNANT DES CONSEILS À UNE ETOILE!\u201d 1.J'étais tout ÉMUE lorsque la modiste pour qui je travaille m\u2019envoya livrer une toilette à mon uctrice préférée ! Mais lorsque la fille de chambre l'eut présentée à mon héroine, J\u2019entendis celle-ci s\u2019écrier: 3, J'entrai donc dans la pièce et je dis: \u201cPuis-je vous demander si vous connaissez la serviette Modess Miracle, avec \u201czonage de l'humidité\u201d\u2014un merveilleux perfectionnement qui dirige l'humidité à l'interieur, \\uissunt les bords secs et confortables plus longtemps?\u201d 5.Mon actrice se déclara enchantée des renseignements.Le même soir, comme j'observais l\u2019arrivée des célébrités à une \u201cpremiére\u201d\u2019, je la vis, toute rayonnante, 2.\u201cNon, non\u2014renvoyez cela! Je ne saurais qu\u2019en faire! J'ai été debout tout l\u2019après-midi .et maintenant j'ai trop d\u2019irritation pour sortir\u2019.Imaginez mon embarras: ma patronne serait furieuse si je rapportais la robe.4.\u201cJ'ai ici des Modess\u201d, dit la fille de chambre.et, peu d\u2019instants après, nous en examinions une.\u2018\u2018Voyez\u2019\u2019, dis-je, \u201ccomme la Modess est plus douce, plus duveteuse à l'intérieur\u2014contrairement aux serviettes à couches superposées.Et elle estaussi plus sûre, grâce à sun dus à l'épreuve de l\u2019humidité ! portant un bouquet d\u2019orchidées.Ln m\u2019apercevant, elle m\u2019offrit ses fleurs et me remercia chaleureusement !\u201d\u201d Nouvelle MOdess Miracle avec le \u201czonage de l\u2019humidité » 11 sommes nas des amis ordinaires, petite chérie.\u2014 Non, Jean pas cela! fait-elle en délivrant brusquement ses mains captives.Herbois fronce les sourcils, serre les mâchoires, \u2014 mais il se reprend aussitôt, et dit d'une voix caressante: \u2014 Ne soyez pas méchante ! \u2014 Je ne suis pas méchante, ripos- te-t-elle, mais « chérie » c'est pour mon mari.\u2014 Votre mari ! Il s'est dressé soudain, comme un ressort détendu.\u2014 Votre mari, répète-t-il âprement, \u2014 c'est vrai, il y a votre mari.J'allais l'oublier.Avec un regard de haine au portrait de l'absent, il ajoute : \u2014 Vous l'aimez ?Désemparée par cette question, elle n'y répond pas aussitôt.\u2014 Vous ne dites pas oui! s'écrie- t-il triomphant.Pour échapper au regard autoritaire qui veut la réduire, Ghislaine ferme les yeux.\u2014 J'aime Christian et il m'aime, prononce-t-elle lentement.\u2014 Il est possible qu'il vous aime.\u2014 comment pourrait-il ne point vous aimer ?\u2014 pourtant, vous n'êtes pas heureuse .\u2026.\u2014 Moi?.Je suis parfaitement heureuse ! proteste-t-elle véhémente.\u2014 Ghislaine, Ghislaine ! Je vous connais trop bien.Vous ne pouvez pas me tromper.Il a repris son empire sur lui-même.sa voix assourdie est calme.et son geste, discret.Il faut tranquilliser Ghislaine.\u2014 Mon amie, dit-il, si vous viviez dans un amour heureux, il n'y aurait pas, derrière vos sourires, la détresse que j'y vois si souvent.\u2014 Roselyne a failli mourir \u2014 Rien de commun avec votre angoisse maternelle.Et c'est justement depuis que vous n'avez plus peur pour votre fille que j'ai découvert cette détresse.Quand je me rappelle votre visage de Montfort, aux plus belles heures de ma vie, il m'est facile de comprendre que vous n'êtes pas aimée comme vous devriez l'être; comme vous avez besoin de l'être.C'est bien cela qui met Ghislaine en agonie, c'est bien cela qui tient ses lèvres closes quand Herbois attend une protestation à laquelle, d'ailleurs, il ne croira pas.Etonné, il se penche vers Ghislaine pour lire sur son visage le secret de son silence, et ce qu'il découvre le comble de joie.\u2014 Peut-être même a-t-il cessé de vous aimer, insinue-t-il, \u2014 trois ans et demi de mariage, pour beaucoup de gens c'est bien long.Ghislaine reste muette ; Jean, frémissant d'espoir, conclut : \u2014 Et c'est pour sauver ce pauvre petit bonheur bourgeois que vous avez sacrifié notre grand bonheur, celui qui eût duré autant que nous- mêmes ! \u2014 Vous vous trompez! riposte Ghislaine chaleureuse.Trois ans et demi de mariage n'ont rien changé aux sentiment de mon mari, \u2014 il m'aime autant, plus peut-être, qu'au premier jour.Mais sa protestation vient trop tard, et un nuage reste sur son front.\u2014 C'est donc que le premier jour il ne vous aimait pas totalement.C'est cela! Ne dites pas non.Pourquoi vous mentir à vous-même ?Pourquoi ne pas vous confier à votre meilleur ami ?Ghislaine prise de vertige cherche en vain un point d'appui.Le regard trop lucide de Jean voit sa détresse, réduit ses énergies ; le charme de la dangereuse présence a déjà tissé autour d'elle son réseau ; comme hier, sa volonté se fond dans la volonté LA RevuE POPULAIRE du tentateur ; elle ne resiste plus au besoin de parler, et la forteresse qui, si longtemps, a gardé son secret, est livrée à l'ennemi.Quand Jean demande, d'espérance : \u2014 «Il en aimait une autre, sans doute ?» d'un signe de tête, elle répond : \u2014 « Oui.» L'intelligence aiguë du docteur a déjà tout compris \u2014 Ghislaine n'a qu'à répondre « oui » aux questions qu'il lui pose, \u2014 pas une ne s'égare.Sans quelle ait rien dit, il sait que Christian a rencontré en Argentine la femme de sa vie et que, seul, le devoir.le respect à la parole donnée l\u2019a ramené en France pour épouser Ghislaine.L'interrogatoire a été très doux, très amical, çe sont là, vraiment, les confidences d'une amie à un véritable ami.Mais Jean veut en savoir davantage.et, bientôt, \u2014 Ghislaine ne pourra jamais se rappeler comment, \u2014 le nom de Maitena est prononcé.Le poids qui.depuis trois ans.étouffait Ghislaine vient d'être soulevé ; elle respire mieux, l'ami merveilleux qui sait si bien tout comprendre saura l'aider à porter son fardeau, peut-être même la consoler.Et maintenant que ses lèvres sont descellées, elle prend un âpre plaisir à parler de sa rivale argentine : \u2014 Un beau caractère ! C'est bien ce qui me peine, car une âme médiocre n aurait pas autant d'emprise sur Christian, et il l'aurait oubliée.Quelquefois, je désire lui parler d'elle, mais je n'ose pas.c'est trop grave.Il n'a jamais prononcé son nom devant moi, il croit que je ne sais rien, mais sans jamais parler d'elle, \u2014 les femmes sont habiles quand leur bonheur est en jeu.\u2014 j'ai pu savoir qu'elle est la sœur de son meilleur ami.« Dans ses premières lettres, nous trouvions souvent le nom de cet ami Luiz d'Arrussa qui partageait les mêmes travaux, les mêmes dangers que lui, dans des régions sauvages de l'Argentine, \u2014 puis il nous écrivit que son ami avait, près de Buenos- Ayres, une famille agréable, une sœur charmante dont il avait fait la connaissance à son premier congé.Nous avons compris qu'il recevait souvent chez les Arrussa un cordial accueil, mais les détails manquaient, et puis.\u2014 Et puis ?\u2014 Plus rien.\u2014 C'était très grave, insiste Her- bois.Comme il voit des larmes dans les yeux de Ghislaine, une jalousie soudaine le fait haïr Christian.Son audace s'en accroît.\u2014 Avec moi, il n'y aura pas de partage, pas de secret, dit-il, nos deux cœurs en un seul.Ces paroles ne consolent pas Ghislaine qui laisse librement couler ses larmes.La jalousie grandit au cœur bouleversé de Jean Herbois.Il tend des mains avides, mais il y a tant de noblesse sur le visage en pleurs que, tremblant de ce qu'il allait oser.le jeune homme recule et, sans mot dire, attend qu'il plaise à Ghislaine de parler.Elle dit enfin : \u2014 Vous êtes le seul au monde à savoir que je ne suis pas heureuse, et pourquoi.\u2014 Ghislaine, Ghislaine.réplique-t- il sourdement, de quelle horrible méprise sommes-nous les victimes ! En épousant Christian, vous avez fait quatre malheureux.\u2014 Si j'avais su.Ces mots ont été prononcés si bas que Jean les a à peine entendus.\u2014 À quoi bon remuer toutes ces cendres, reprend-elle, et pourquoi vous ai-ie dit cela?J'ai eu tort.(Lire la suite page 41) fievreux - Juin 1940 3390 \u2014 Robe pratique, gr.12 a 20.Pour un 14 : 34 v.de 35\u201d, 3 v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d.LE v.de canevas de 24\u201d de taffetas de 39\u201d ou d'organdi de 44\u201d pour les manches.Fer- meture-éclair de 9\u201d.25 cents.Simplicity 3395 3395 \u2014 Robe amincissante, gr.12 à 20.Pour un 18: 414 v.de 35\u201d ou 334 v.de 39\u201d.Ceinture de votre choix.Une fermeture-éclair de 6\u201d, une autre de 9\u201d.20 cents.3382 \u2014 Robe élégante, gr.12 a 20.Pour un 15 : 334 v.de 35\u201d ou 3L4 v de 39\u201d.Deux fermetures-éclair de 5\u201d pour les poches; une autre de 9\u201d pour le côté ; une autre de 6\u201d pour le devant.20 cents.Simplicity 3382 Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand POUR LES JEUNES 33 (® ) v À ws Simplicity (PY 3411 3411 \u2014 Robe légère, gr.12 à 20.Pour un 16 : 4 v.de 35\u201d ou 3% v.de 39\u201d.Ceinture de votre choix.Une fermeture-éclair de 9\u201d pour le devant ; une autre de 9\u201d pour le côté.25 cents.Simplicity 3390 3385 \u2014 Robe de fillette, gr.6 à 14 ans.Pour un 10 ans : 234 v.de 35\u201d.2% v.de 39\u201d ou 174 v.de 54\u201d.Fer- meture-éclair de 8\u201d pour le côté.15 cents.Simplicity a i \u201caR 3385 ~~ à de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Lid., 489 College St, Toronto, Ont. 34 Magnifique robe de mariée en satin ivoire, portée par ANN SHERIDAN.PAR FRANCINE La Revue PopuLAIRE AVANT LE MARIAGE 1 l'on ne doit pas se décider au mariage sans y avoir mûrement réfléchi, il ne faut pas non plus en bâcler à la dernière minute les préparatifs.On risquerait de commettre des oublis qui compromettraient la belle ordonnance nécessaire en pareille occasion, soit pour la cérémonie religieuse, soit pour le déjeuner de noce.PREMIERS PREPARATIFS Choisir la date et s'entendre avec le prêtre qui doit célébrer le mariage avant de l'arrêter définitivement.Se méfier des jours de maigre et jeûne comme les Quatre-Temps, des fêtes religieuses ou civiles, alors que les fleuristes et les pâtissiers ne font pas toujours de livraison.Décider s'il s'agit d'un mariage en grand apparat ou d'une cérémonie intime.Inviter garçons et filles d'honneur.Décider avec ces derniers quelle sera leur toilette.Prendre soin qu'elle ne jure pas avec les robes des mères des mariés.Conclure à l'avance des arrangements pour le déjeuner de noce, qu'il soit chez vous, dans un club ou dans un hôtel.Préparer votre trousseau personnel.Acheter autant de linge de maison que vos moyens vous le permettent et le choisir de bonne qualité.Dresser une liste de faire-part ou d'invitation.Insister pour que votre fiancé, aidé de sa mère ou d'une sœur, prépare aussi la sienne, à l'avance.PREPARATIFS PLUS RAPPROCHES Se mettre à la recherche d'un logis.Quand vous serez fixée là-dessus, acheter meubles.batterie de cuisine, tapis et rideaux.Rédiger Juin 1940 ; 35 accuser réception.Rédiger les annonces qui doivent paraître dans les journaux.Si vous en avez le loisir et la facilité, donner un dîner pour les garçons et les filles d'honneur : ce sera une excellente occasion de leur offrrir leurs cadeaux.Faire votre bagage à l'avance.Ne pas accepter d'invitation durant la e dernière quinzaine pour ne pas trop vous fatiguer.Essayer, au contraire, de vous reposer et de consacrer ces derniers jours à Vos parents.Prendre un soin tout particulier de votre peau, de vos ongles et de votre chevelure.Faire avec le cortège un exercice de l'entrée et de la sortie de l'église ainsi que de la cérémonie même du mariage.Les petites bouquetières à un grand mariage militaire, célébré à Londres quelques mois avant la guerre.(Photo-Press) e la formule de faire-part, en choisir avec soin le papier et les caractères gravés.Arrêter votre choix au sujet de l'argenterie, de la porcelaine et de la verrerie.Vous serez de la sorte en mesure de renseigner parents et amis qui désirent vous aider à les compléter.S'entendre avec l'organiste a propos du chant et de la musique qu'on exécutera durant la messe de mariage.Se procurer son extrait de baptême et aller voir le curé de sa paroisse pour la publication des bans.Adresser les invitations.Faire l'essayage de sa robe de noce et de son costume de voyage.Assister à l'essayage des toilettes des filles d'honneur.PREPARATIFS IMMEDIATS Mettre les invitations à la poste.S'entendre avec les fournisseurs sur le menu du déjeuner et le gâteau de noce.Faire de même avec la fleuriste qui doit décorer l'église et la maison.Préparer les chambres des invités qui doivent loger chez vous ou chez des amis communs.Acheter les derniers accessoires.Disposer une vaste pièce dans laquelle les cadeaux seront exposés.Les inscrire au fur et à mesure qu'ils arrivent.Ecrire des lettres de remerciements aussitôt que possible afin d'en 36 La REvuE POPULAIRE Pa w qe 3 3 + PE pt : aX # ; f À ra) oy x, iW À ) 1 See + ve a + * i 3j ¥ > Sa AX Lo A À > Pour les derniers jours du printemps qui se / 2 a prolonge, chez nous, jusqu'en juin, tenues d'in- ! # férieur et d'extérieur portées par BRENDA 3 i MARSHALL et (en imperméable transparent) : LUCILE FAIRBANKS.Photos Warner Bros.2 J # $ rest 2 A EY C4 LE N dt ps qe.£ oF my CI i » 4) x À # », / Le PE sl 4 Ci se.# 21 { 2 + Ÿ i Ba # cé J + A A, =, Cu 4 A oy Xe 5 } 0 hy ¢ We A = x.| =.= i a } & : he $ x A Li ts 2 Ru A XN i : 2 / i LH, a i > EY > f Je Hs f NS | es PE £ Na oy oun 4 2 By a - 4 ey Y A 3e \\ A i RS 4 Fa ge .a + + fe ae a pis Pe 00 ot - He or i\u201d Fae he mue $ E fé CE a #3 i i = i » 7 EE ; HX oh, 4% Soa i © 5 ion 2A = La £0 a i & 25 5 # # Le i Pi Co Hi ae i # P, + Li 37 Juin 1940 Deux bérets de paille portés par PRISCILLA LANE et BRENDA MARSHALL et un chapeau Sib en fine paille de Milan bleu marine, porté par ROSEMARY LANE.Photos Warner Bros EL Rs A» =À NEA iE CS 355 LT Pa ~~ ™ AIDE 3; SF LA = \u2014_ EE Ù > CAS pad ee Vv pe Te 74 3 vase CR fem SN a ce 4 Sa lot SNE a, Ci \u2018 A re £7 Pp 4 : re | fi bts a [¢ 4 | {7 = À } - 3 4 =, À Tras $ /.= 7 AR ES Shy -y ye A = Eure 2h 2 Bay ae fa = se Se = y = Ex 4 FRE sm, Ra 7 i EG a 26 V 7.; oa A : peas A 7 ; Es 7 a yd e Pa x * FEES $ LÉ ee 2 A Joy 7 » GEL La x pi 5 or Ï ho { Jo, y £ \u20ac o, # Fd | 8 2 £ Le ; LR Les 5s If > 4 \\ ji > pe, A = N ba HE} Ah 5 i = \u2018 Aes CY tl &N en 4 Pas Ne Ng \u20ac FN CAR roy bea bi # Vol « ts Go) \u201c2 RTE 4.N > > TA = 2 A wh wd Pt five) a + 53 a\u201d 9 bm pit À Lr + ra, =, oT AS pe .4 £ %, h > 21 \u201d y= 2e 4; ie Ses + x 4) \u20ac WN # 4 1 EE wilt Na mm, = AR \u201c e $ Se Kg : 25 RELL & 2 , 7, 38 La Revue PoruLAIRE ave ae, : i) 79 B > 0.4.02, 0.\u20ac e MEARS CA N COR OES ( gf \"GR 3 = PS IRN Ld dac a roue Fn ox Yin Ea 7 «ra N R) a 0 ps EEE To OO EY 2S STE 0 CA) QE 17 at) A \u2019 CS RSF REI CO) Ry 7A OR A) - Qu \\) LIX CY RLY QO KRY e?> 4 balles de Fil Blue Label Mercer-Crochet de Coats, No 30.F699, noir RT > SR LN EEX EPR ® et) Se hy | 1 paire d'aiguilles « Phantom » de Milward No 13 REN q ana Rp Fy WO) cL OLY ALY 1 crochet d'acier à tricoter de Milward, No 5 anglais ou No 10 américain / > y CO PIE rn LW CO) RE eu OO) 8 ONE TIG A 07 SA y ABREVIATIONS PX SR oN ou 8) I Ca D a NY .ET 5 1 man ; IN : i LONE al m.à l'env.: maille à l'envers m.à l\u2019end.: maille à l'endroit e.k Lx) NR x\u201d III Wo \u2018et ma: ens.: ensemble m.s.: maille simple m.: maille ) CPA IR SE Gp A D a - \u2018e 2 ES Monter 44 mailles.IH dimension suivant our en connaître tout mous.le paguet Essaye Elles ont toutes les 3 des ces \u201c\u201cpan- de 30 serviettes.Il le conto des bouts plats, amincls « - Cité Et les est aussi plus pliés .des ré\" qui résistent à l'humidité.Et, : commode | meaux de sie - vendent au même bas prix \u2019 41 avait vingt ans\u201d Ces gros les choses tonnant résistante à faboratoires otection.tout, car Vous les bouts de qui épousent s bouts ! trois mnt PAR ECONOMIE achetez Eprouvez sa nouvelle sûreté .Comparez ses nouveaux bouts plus plats.1H gy + o .1H C'est à peine si vous avez conscience de la porter! PAS DE MARI POUR MARIE, CETTE ANNÉE Les jeunes filles aimées savent protéger leur charme et leur beauté \u2014 grâce à MUM OMME Marie envie les autres jeunes filles ! Elle envie leur bonheur \u2014 leur amour \u2014 Pourquoi pas elle aussi ?.Elle apprendra peut-étre un jour que les hommes préfèrent épouser les jeunes filles soigneuses d'elles-mêmes \u2014 les jeunes filles qui emploient Mum ! En effet, Mum protège le charme - Mum empêche l'odeur de transpiration des aisselles ! Le bain, si soigné soit-il, ne suffit jamais aux dessous de bras.Le bain n'enlève que la transpiration passée, mais Mum empêche l'odeur à venir.Les jeunes filles populaires prennent bien soin de ne pas incommoder.Mum protège si vite, si bien.si facilement ! Mum est RAPIDE\u201430 secondes suffisent pour l'appliquer .sûx \u2014 Mum n'affecte ni la peau ni le linge.FIABLE \u2014 Mum empêche l'odeur sans arrêter la transpiration.Rappelez-vous que la beauté ne peut aller sans les soins du corps.Achetez Mum aujour- d'hui à la pharmacie, pour être certaine de votre charme.MUM APRÈS LE BAIN PROTÈGE VOTRE CHARME Pour serviettes hygiéniques\u2014 Mum est aussi le meilleur désodorant pour serviettes hygiéniques.Les femmes en connaissent la sécurité et la douceur.Ne risquez pas d\u2019incommoder.Em- plovez toujours Mum de cette façon.7 A CHASSE L\u2019ODEUR DE TRANSPIRATION \u2014 Que dirait Christian ?Herbois très en train, parle des événements du jour, d'une fête qui se prépare dans le monde médical \u2014 Ghislaine admire sa façon de conduire, ses belles mains habiles à soulager tant de misères, adroites au volant.Sa torpeur se dissipe, son obsession se tait, elle est contente d'être là où elle ne fait aucun mal.Le quartier où Jean la conduit ne lui est pas familier.Quand le pont d'Iéna traversé, face aux jardins du Trocadéro, la voiture tourne à gauche, elle demande : \u2014 Nous ne descendons pas ?\u2014 Si, bientôt.Il prend une petite rue, une avenue, autre rue.\u2014 Ici, dit-il en s'arrêtant devant une maison de belle apparence.\u2014 Où sommes-nous ?\u2014 Chez moi.Ghislaine se rejette en arrière, soudain palie.\u2014 Je n'irai pas chez vous, dit-elle d'une voix étranglée, \u2014 je ne veux pas aller chez vous.\u2014 Mon amie n'a pas confiance en moi ?Ghislaine, recommencerez-vous la sotte querelle qui m'a tant blessé?La jeune femme frémit, moins de défaillance que de colère.\u2014 Oh! j'ai confiance, dit-elle, mais je n'accepte pas que vous m'ameniez chez vous à mon insu.Si vous m'aviez proposé cette visite, sans doute aurais-je refusé, mais peut-être aurais-je accepté.T'an- dis que vos façons sournoises m'ont préparé un guet-apens, \u2014 comme l'autre jour.\u2014 Mon amie, tout est changé depuis l'autre jour.Nous n'avions pas encore conclu notre pacte d'amitié, \u2014 aujourd'hui, il est juste que vous connaissiez l'endroit où je vis en pensant à vous.Quelques minutes de votre présence dans mon appartement d'homme solitaire y laisseront un souvenir d'amitié qui le transformera.Ghislaine, vous n'allez pas me refuser cela ! La voix chaude, caressante, le regard magnétique, agissent comme autrefois sur la volonté changeante de Ghislaine.Ses protestations, d'abord véhémentes, se fondent en un murmure indistinct, et sans savoir comment, elle franchit la porte de fer forgé, pénètre dans le vestibule pavé de marbre, tapissé de glaces, et se trouve devant une porte à deux battant que Jean ouvre avec une clé minuscule.\u2014 Chez moi, dit-il Vous voyez comme c\u2019est facile, \u2014 on ne passe même pas devant la loge du concierge.Oui, facile, trop facile.Prenant Ghislaine par la main, il l'amène dans son cabinet, jusqu\u2019à un fauteuil de cuir, profond et souple, où elle se laisse tomber.Très émue, elle contemple l'endroit où Jean « vit en pensant à elle », vaste pièce d'une distinction suprême, habillée de tons neutres, sobrement meublée d'un luxe sévère et cossu.On sent que tout, ici, est d'utilité constante, tout, sauf une folie de roses rouges, débordant d'une vasque de cuivre posée sur un trépied au centre de la pièce.Des roses rouges ! les fleurs préférées de Ghislaine.La jeune femme a concentré sur elles toute son émotion, \u2014 leur parfum la grise, leur symbole la tourmente.D'une voix vacillante, elle dit : \u2014 Ces fleurs .n'est-ce pas ?Parce qu'il a deviné le piège, il sourit sans répondre.\u2014 Donc, vous aviez préparé ce guet-apens, conclut Ghislaine.\u2014 Ne parlez pas ainsi, réplique-t- il.Vous êtes trop intuitive pour ne pas savoir que j'ai besoin de votre présence, \u2014 elle consacre notre .c'est pour moi, amitié et la joie revenue dans mon cœur.J'ai tant souffert ! je ne crois pas que vous puissiez jamais savoir à quel point.Dans mon amour, dans mon orgueil, dans toutes mes espérances d'avenir.\u2014Que ne donnerais-je pas pour que vous ne m'ayez jamais connue ! murmure-t-elle.\u2014 Moi aussi, j'ai dit cela, reprend- il sourdement.Je croyais alors que tout au monde nous séparait.\u2014 Vous ne le croyez plus ?\u2014 Je ne le crois plus depuis que je sais de quelle monstrueuse erreur nous sommes les victimes.Une erreur, c'est-à-dire un désordre, une chose qui n'a été ni voulue ni préparée par l'inéluctable destin.Une erreur, Ghislaine, cela se répare.\u2014 Pas celle-ci.Il ferme les yeux pour lui cacher la joie que lui cause sa réponse : « Pas celle-ci,» elle convient sans discussion que son mariage fut une erreur et que.\u2014 Nous étions destinées l'un à l'autre, achève-t-il à haute voix.C'est pourquoi nous avons un droit de reprise sur ce qui nous a été volé, \u2014 et c'est pourquoi notre belle amitié ne doit vous apporter aucun remords.Jouissons-en pleinement, chassez toute arrière-pensée, \u2014 je ne veux plus d'ombre dans ces yeux-là.C'est vrai, il ne s'agit que d'amitié! Rassurée, Ghislaine pense à sainte Claire et à sainte Chantal, et le remords qui la tourmentait lâche prise un moment.Pour créer une ambiance de sécurité, Jean Herbois lui fait les honneurs de son chez lui avec une confiance qui la touche.Il commence par l'entretenir de certains aménagements qu'il veut entreprendre, \u2014 puis il consulte son goût pour le choix d'un tapis, feuillette avec elle une collection d'échantillons, lui demande conseil pour la place à donner à une eau-forte nouvellement encadrée, \u2014 et Ghislaine tout à fait rassurée discute, critique, approuve, en bonne camarade soucieuse du bien-être de son ami.Enfin, il met entre ses mains un album démodé où sont enfermés les portraits de son père, de sa mère, d'une petite sœur morte à sept ans.Avec humour ou émotion, il conte des anecdotes de son enfance, il introduit Ghislaine dans l'intimité de sa famille comme une amie de toujours, lui montre l'adolescent qu'il fut, élevé durement par un père sans douceur, \u2014 tout le côté sentimental de sa jeune existence est évoqué.Pour voir l'album avec elle, il l'a fait asseoir près de lui, sur le canapé.Tout en parlant, il a passé son bras derrière, l'épaule d'où la fourrure vient de glisser, sa main frôle le jeune bras qui frémit.\u2014 Je vous en prie ! fait Ghislaine en se reculant.\u2014 Ma Ghislaine refusera-t-elle de me consoler ?prononce-t-il doucement.Et le bras enserre les épaules qui tentent de se dérober \u2014 C'est entendu, dit-elle, je suis votre amie, vous pourrez toujours vous confier à moi, \u2014 mes qualités de femme vous seront peut-être utiles, je ne refuse pas de vous consoler, de vous aider, mais ôtez de là votre bras.\u2014 Ne soyez pas si prude, reprend- il, entre amis, cela ne convient pas.Il a remis son bras autour des épaules de Ghislaine, son regard la couve avec une insistance magnétique, \u2014 et, pauvre oiseau fasciné, la jeune femme envoûtée ne proteste plus.Maintenant, il murmure à son oreille des paroles passionnées, l\u2019étreinte se resserre, ses lèvres s'approchent du visage adorée.La Revu POPULAIRE L'amoureux a manqué de patience, \u2014 cette fois, il s'est trompé.Ghislaine, arrachée à sa quiétude romantique, se voit dans les bras de Jean ; elle se dégage d'un geste brusque, le front rouge de honte.\u2014 C'est cela votre amitié ?dit-elle, votre belle amitié qui devait nous rendre meilleurs.Et j'étais assez folle pour croire en vous! Debout, à côté de la vasque de cuire débordant de roses rouges, elle boutonne sa jaquette, ajuste sa fourrure.\u2014 Ghislaine, Ghislaine, quel mal ai-je fait ?\u2014 Alors vous ne voyez pas où est le bien, où est le mal ?Notre morale n'est pas la même, je le crains.\u2014 Ma morale est de vous aimer, Ghislaine, dit-il d'une voix rauque, .\u2014 je ne peux plus vivre sans vous.Non, ne partez pas encore, écoutez- moi ! \u2014 Que dirait Christian ?pronon- ce-t-elle à mi-voix.\u2014 Christian, Christian, répète-t- il pâle de rage, c'est à lui que vous pensez ?Pour quelques minutes, pensez un peu à moi.Je m'étais fait une existence possible où vous n'aviez aucune place, je ne vous cherchais pas.C'est vous qui m'avez appelé, \u2014 vous vous êtes mise malgré moi dans ma vie ; par là, vous avez assumé une responsabilité et des devoirs auxquels vous ne pouvez pas vous dérober.Il y a trois ans, vous avez failli ruiner mon avenir, \u2014 l'orgueil et la science m'ont sauvé ; ils ne me sauveraient pas aujourd'hui, car je n'ai plus d'orgueil, et la science toute seule ne suffirait pas.Ghislaine remuée au plus profond de son être, voit s'abattre son indignation ; le visage torturé d'Herbois, son souffle haletant, son humble attitude, témoignent d'une passion qui la brile a son tour.Elle a besoin d'amour comme la fleur a besoin d'eau et de soleil.et c'est bien parce que Jean l'a aimée avec une ardeur qui lui fut une révélation, que son cœur de jeune fille s'est donné à lui.Mais il y a en elle, faible femme, sensitive trop vibrante et trop habile à souffrir, le vieux fonds chrétien, hérité d'une lignée où toutes les femmes furent attachées à leur devoir, \u2014 toutes les épouses, fidèles, \u2014 le vieux fonds chrétien entretenu en elle par une observance rigoureuse des commandements de l'Eglise, et, \u2014 sous une forme trop humaine, hélas ! \u2014 des commandements de Dieu.C'est de lui que s'exhale le souffle glacé qui éteint la joie allumée par le tentateur ; frissonnante, elle s'entend prononcer : « Que dirait-il s'il me voyait ici ?» Herbois s'est approché, elle recule, \u2014 il avance encore.Comme il va la toucher, elle le repousse de ses deux mains raidies, en disant d'un ton net, décisif et sans colère : \u2014 Vous me tueriez plutôt.Herbois s'arrête, pétrifié.Ghislaine, tremblant, des pieds à la tête, recule jusqu'à la porte et disparaît.Dehors, il pleut à torrents.\u2014 Attendez un peu! s'écrie Her- bois qui surgit, hagard.Sans tourner la tête, elle s'éloigne.\u2014 Laissez-moi vous reconduire en voiture.Elle presse le pas.Quelqu'un pénètre sous la voûte.quelqu'un qui pourrait s'étonner.Le docteur Herbois, nu-tête sous la pluie, voit Ghislaine tourner au coin de l'avenue Delessert ; \u2014 d'un pas d'automate, il rentre chez lui.Ghislaine monte dans le premier taxi qu'elle rencontre.Toute frémissante, elle arrive chez elle où Maria l'acueille par des exclamations.Madame n'avait pas son parapluie ! Pourvu qu'elle n'ait pas pris - Juin 1940 froid! Madame aurait dû rentrer plus tôt.\u2014 J'étais allé faire une course, la pluie m'a surprise.J'ai pris un taxi pour rentrer.Ghislaine a honte d'elle-même ; ce besoin de donner des explications qu'on ne lui demande pas l'humilie.Elle se laisse déchausser par Maria, prend la tasse de verveine que l'excellente fille, inquiète de sa pâleur, lui a préparée ; et, calmée, se sentant bien dans sa maison retrouvée, elle s'occupe de sa fille.La visite de tante Alice est aujour- d'hui la bienvenue, tante Alice consternée de l'état languide de sa jacinthe, et consolée à la vue des tulipes de Mme Lauroy.\u2014 Bonnes à jeter! déclare-t-elle.Tout de même ma petite Ghislaine, si tu avais un peu soigné ces fleurs, elles seraient restées fraîches plus longtemps.Cela décourage de t'en apporter.\u2014 D'habitude, je soigne mes fleurs et je sais les garders fraîches, explique Ghislaine.En ce moment, j'oublie tout.\u2014 Tu n'es pas raisonnable, mon enfant.Si tu te voyais ! Puisque ta fille est guérie, pourquoi te tour- mentes-tu \u2018 Mme Rumeau s'étend sur ce thème, donne des conseils \u2014 Ghislaine s'efforce de l'écouter : ce faisant, sa pensée ne vagabonde pas.La visite de tante Alice est courte.Au dehors, il fait beau, \u2014 la pluie de l'après-midi n'était qu'une giboulée.Il fait beau, mais la nuit vient et Ghislaine a peur des ténèbres.Chapitre XII Toure la nuit, Ghislaine, les yeux grands ouverts sur les ténèbres de sa chambre, a revécu les minutes ardentes où le Jean d'autrefois lui a été rendu.Elle le voit encore, penché vers elle, persuasif ou menaçant, \u2014 elle entend sa voix où passent les intonations impérieuses qui, à Mont- fort l'ont subjugée, \u2014 elle essaie vainement d'échapper à son magnétisme, \u2014 bons ou mauvais, ses arguments sont victorieux, ou plutôt, il n'y a plus d'arguments, il y a lui, sa volonté, son amour.De toute sa force consciente, Ghislaine résiste à cette emprise, mais cette force mollit et fond sans qu'elle puisse la retenir : on dirait que, sans merci, une autre force, plus puissante, s'exerce sur elle en ondes occultes à travers la nuit.Le souvenir de Christian, qu'elle évoque désespérément, ne lui apporte aucun secours.Elle reste froide à sa douleur probable et, ingrate, a tout oublié du bonheur qu'il a voulu lui donner.Même, elle en arrive à ne voir en lui qu'un simulateur jouant la tendresse pour se faire une vie sans orage, quand son cœur appartient à l'autre femme, l'étrangère dont il ne parle jamais.Alors, la pitié de Jean retombe sur elle en rosée bienfaisante ; tout ce qu'il a dit depuis trois jours est l'expression même de la vérité : « Ghislaine, de quelle horrible méprise sommes-nous les victimes.La vie nous doit une revanche \u2014 laissez-moi faire, elle nous la donnera, Ghislaine, mon amour!» Ghislaine, mon amour.Jamais Christian ne lui parle ainsi; il dit « ma chérie, ma Ghislaine », et c'est « mon amour » qu\u2019elle veut entendre.Alors, les images se précipitent enivrantes chez la femme honnête qu'elle est ou croit être.En éclairs fulgurants, une vie nouvelle passe devant ses yeux, la vie refaite que Jean lui promet, avec ses joies, sa fièvre d'amour.Mâchoires serrées, elle s'efforce d'opposer à la tentation le barrage d'une inertie totale de la pensée, mais le barrage est bousculé, et Ghislaine considère avec épouvante la ruée du péché sur le terrain défendu.Et pour réduire encore ses résistances, pour achever sa déroute, le téléphone lui apporte, au matin, la voix de Jean.« Allo, Ghislaine, c'est moi.Je n'ai pensé qu'à vous depuis hier soir, ne pouvant ni ne voulant dormir, de peur de vous perdre une seule minute.Non, non, je ne veux pas entendre les choses raisonnables que vous avez a me dire, mais j'ai besoin d'entendre votre voix.Ne dites rien, mais parlez-moi\u2026 Je suis fou, c'est vrai, fou d'amour.Il suffit que vous prononciez mon nom, et le mot qui répondre à ce que je vais vous dire tout bas à l'oreille, « Ghislaine, mon amour.» \u2014 « Oh ! Jean ! \u2014 « Vous ne voulez pas.Je suis heureux quand même.Jean, c'est un nom bien court, mais en le disant votre voix a tremblé .Soyez à une heure et demie où vous savez, je vous y attendrai.Il fait beau, le médecin vous ordonne de sortir.Je ne veux ni objection ni refus.À tout à l'heure, ma petite fille chérie.» La matinée se passe, fiévreuse.À dix heures, Marie-Louise téléphone : Elle ne pourra venir aujourd'hui qu'à trois heures.Ghislaine avait oublié leur projet de promenade ! Elle répond qu'à trois heures Jolie-Chérie a besoin de sa maman, \u2014 mieux vaut remettre la promenade à demain.\u2014 Entendu.Délivrée de ce souci, Ghislaine décommande d\u2019autres visites qui s'offraient à son amitié, elle fait place nette de toute surprise possible, elle veut être libre aujourd'hui.Mais quand approche l'heure du rendez-vous, elle a l'impression d'être devant un mur impossible à franchir, \u2014 décidément, elle ne sortira pas.Et puis, la volonté qui s'exerce sur elle en ondes mystérieuses la réduit de nouveau.Elle sortira peut-être.Et comme Roselyne tend vers elle ses petits bras avec un rire frais d'enfant bien portante, elle décide de la prendre avec elle ; le docteur a dit hier que l'enfant pourrait bientôt faire une première sortie, \u2014 ce petit ange sera son meilleur gardien.L'afflux d'amour maternel qui fait trembler Ghislaine a vidé son cœur de tout sentiment étranger.Dans le miroir qui lui fait face, elle contemple avec effroi la femme hallucinée qui a vécu ici depuis quelques jours, et qui avait ses traits et son nom.Elle ne la reconnaît pas.On dirait qu'un voile maléfique se détache d'elle, pour la rendre à la lumière et à la liberté ; lucide, elle ne comprend plus comment elle a pu livrer à l'adversaire le secret de Christian, \u2014 ce secret qui la torture et dont l'autre s'est emparé avec une joie secrète.Pour s'absoudre, elle se répète qu'elle n'a rien dit, l'autre a tout arraché de ses silences, tout deviné, \u2014 mais n\u2019'aurait-elle pu mieux se défendre?.Hélas! sa volonté n'est qu'un jouet en la présence d'Herbois.Les nerfs enfin détendus, Ghislaine dévorée de remords éclate en sanglots.La grâce de Roselyne a été la plus forte ; si, par miracle, Jean Her- bois arrivait à entraîner Ghislaine dans sa fièvre, s'il parvenait à aplanir les obstacles qui séparent la foi catholique du bonheur convoité, quelque chose encore s'opposerait à son désir, quelque chose de plus fort que tous les regrets, tous les espoirs, \u2014 de petites mains d'enfant.Non, aujourd'hui, Ghislaine ne sortira pas.Elle sait trop combien elle est faible sous le regard du ten- 43 olies Salles de Pains POUR tout budget.! Pour DEMEURES d'un COUT MOYEN $8.52 à $9.95 mensuellement pendant 3 ans (suivant la localité) 2 achèteront cette belle baignoire, douche, lavabo et water-closet d\u2019après le mode budgétaire Crane, (Frais d'installation en sus).Pour DEMEURES d'un COUT MODIQUE Ne 5 $4.10 à $4.71 mensuel- * lement pendant 3 ans, tel est le prix des trois appareils que composent ce joli ensemble.(Frais d\u2019installation en sus).ous croyiez donc que Crane ne fabriquait que des appareils sanitaires dispendieux ?Mais pas du tout ! Considérez les prix susmentionnés : ils vous prouveront le contraire.Cependant, sans considération pour les prix, nous croyons sincèrement que Crane fabrique les meilleurs appareils qui puissent être achetés \u2014 baignoires, water-closets et lavabos qui joignent à un style élégant une main-d'œuvre expérimentée.Tout l'assortiment est illustré dans notre nouvelle publication \u201c Homz Plannings Helps \u201d que nous vous ferons parvenir sur demande.Votre architecte, votre maître-plombier ou toute succursale Crane se fera un plaisir de vous donner les prix exacts de tout appareil qui y est mentionné.CRANE CRANE LIMITEE, SIEGE SOCIAL : 1170, SQUARE BEAVER HALL, MONTREAL.Succursales dans dix-huit villes du Canada et de Terre-Neuve. 44 Fabrication canadienne BL sya Ne LA LESSIVE GILLETT Pure en Flocons enléve la saleté sans rude frottage.Elle s\u2019attaque a la graisse et fait disparaitre les taches les plus opiniâtres.Employez la Lessive Gillett en solution* pour'tous vos gros travaux de nettoyage.Versez- la pure dans les bols de cabinet et les renvois d\u2019eau obstrués.Gardez-en toujours à la maison \u2014vous vous épargnerez des heures de fatigue.*Ne faites jamais dissoudre la lessive dans l\u2019eau chaude.L'action de la lessive elle-même réchauffe l\u2019eau.BROCHURETTE GRATUITE\u2014Demandez une copie de la brochurette de laLessive Gillett à la Standard Brands Ltd.Fraser Ave.& Liberty St., Toronto, Ont.UN REMÈDE PRÉCIEUX Votre intestin, mal réglé, incorpore au sang des toxines et des impuretés qui ne tardent pas à se manifester par des maux de tête, des rougeurs, des éruptions.Arrêtez, dès leur apparition, ces symptômes et leur cause avec une cure de la a 2 5 LS 1 TISANE des CHARTREUX de DURBON 4 base de plantes des Alpes françaises.Elle aidera au fonctionnement normal de votre Intestin et l'élimination des toxines qui infestent le sang et à la suppression des malaises qui abattent votre énergie.En vente dans les pharmacies.TISANE des CHARTREUX de DURBON Crème Orientale GOURAUD Donne un teint de fleur pour toute cérémonie importante.Ne désappointe pas.Blanc.Chair, Rachel.Sun-Tan EN VENTE AUX PHARMACIES Généreux échantillon expédié par la poste contre cinq cents.D.WATSON & CO.286 ouest, rue Saint-Paul, Montréal.tateur, \u2014 une voix en elle se lamente.elle ne l'écoutera pas.Chapitre XII IER et aujourd'hui, le docteur Her- bois négligeant les travaux qui sont sa raison de vivre, a passé des minutes précieuses à parcourir l'avenue de Breteuil, à l'heure glorieuse du soleil, regardant d'un œil hostile les femmes les plus gracieuses, coupables de n'être pas Mme Le Mon- nier.Sa déception exaspère son désir, son angoisse devient intolérable.Que se passe-t-il ?Pourquoi ce silence farouche ?Ghislaine lui tient-elle encore rigueur de l'avoir emmenée malgré elle dans son appartement de garçon ?Pourtant, à leur dernière entrevue, elle semblait rassurée ! Elle avait même dit «à demain ».Comment expliquer un tel revirement ?Le mari serait-il revenu ?Il est probable, en ce cas, que Ghislaine l'en eût averti afin d'éviter toute maladresse.Mais rien, rien, \u2014 absence, mutisme, néant.Et il continue à parcourir l'avenue de Breteuil.Maintenant, persuadé qu'il ne la rencontrera pas, il ne sait plus que faire.Bien entendu, il ne s'agit pas de résignation ni de renoncement ; il ira chez Ghislaine et la verra coûte que coûte, mais comment s'y pren- dra-t-il pour passer à travers la consigne de silence qui lui barre la route ?Le visage durci, il franchit de nouveau le seuil de la maison, se dirige vers la loge, et parle à la concierge.\u2014 Mme Le Monnier est-elle rentrée ?\u2014 Rentrée ?Partie, que vous voulez dire, monsieur.\u2014 Partie ?Où est-elle allée ?\u2014 Chez sa famille, à Montfort.\u2014 Comment ! Jean n'est pas sûr de comprendre cette femme.Pourtant quelque chose en lui se calme : Ghislaine est partie, appelée sans doute par un événement de famille.Pourvu, mon Dieu, que ce ne soit pas un malheur ! C'est pour cela que, cette nuit, le téléphone n'a pas été touché, \u2014 et c'est pour dela que, la veille, l'écouteur, \u2014 peut-être la femme âgée qui se tient en face de lui, \u2014 n\u2019a pas répondu.Il savait bien que sa Ghislaine n'aurait pas été si cruelle.Mais pourquoi ne lui a-t-elle rien fait savoir ?\u2014 Quand Mme Le Monnier estelle partie ?demande-t-il encore.\u2014 Aujourd'hui à midi, avec la petite et la bonne.Et voici revenue toute l'angoisse envolée.\u2014 Excusez-moi de vous interroger, madame, mais je suis le médecin de l'enfant que je venais voir au- jourd'hui, et j'ignorais ce départ.\u2014 Ah ! c\u2019est donc cela ! Il me semblait bien que je vous connaissais.Cette pauvre petite mignonne, nous avons bien failli la perdre.\u2014 Oui, mais nous ne l'avons pas perdue.Savez-vous si Mme Le Mon- nier a reçu un télégramme l'obligeant à partir ?\u2014 Je n'ai pas vu de télégramme ni de télégraphiste, répond la concierge.\u2014 C'est que.ce départ si brusque.\u2014 Ah! pour étre brusque! Maria n'en revenait pas.Ce matin, en allant au lait, elle me dit : « Madame Jean- not, nous partons tout à l'heure.» Je lui dis: « Vous partez où?\u2014 Montfort.Je voudrais bien savoir pourquoi Madame est si pressée d'y aller, \u2014 justement qu'elle était fati- quée hier.On aurait pu attendre à demain, être moins bousculées ! » Alors, elle me raconte qu'en descendant ce matin à 7 heures et demie, elle trouve Madame en train de faire des valises, qui lui dit que la petite ne se remet pas assez vite, que l'air de Bourgogne lui fera du bien et que, puisque Monsieur ne doit rentrer que pour Pâques, elle ira l'attendre dans sa famille.«C'est vrai qu'ici, elle est bien seule, surtout qu'elle a eu si peur à cause de la petite.Pour moi, elle s'ennuyait de Monsieur, c'est un si gentil ménage ! qui ne se dispute jamais.C'est pas comme ceux du second.Herbois remercie la concierge et s'éloigne.Le poids qui s'était soulevé un moment, vient de retomber plu s lourd encore sur son cœur.A la cathédrale de Montfort, la grand'messe touche à sa fin.C'est le dimanche des Rameaux, \u2014 la cérémonie s'est déroulée avec une pompe impressionnante qui réjouit Mme Dorville toujours sensible aux beautés de la liturgie.Elle est heureuse, mais disons que, pour elle, les joies liturgiques s'allient en ce moment à des considérations humaines.« Ghislaine est ici, à côté de moi, pense-t-elle, et, tout à l'heure, je retrouverai Jolie-Chérie à la maison.» Comment ses yeux ne seraient-ils pas irradiés de bonheur ?Depuis la venue inespérée de sa fille, trois jours plus tôt, Mme Dor- ville est passée par toutes les émotions.D'abord, quelques heures avant l'arrivée de Ghislaine, ce télégramme qui n'expliquait rien.Dieu sait les suppositions qu'il fit faire à la famille ! Puis, ce fut la joie sans commentaire quand les chéries, arrivées à la maison, se laissèrent caresser, choyer, admirer; vint ensuite la frayeur rétrospective causée par le récit de la maladie de Roselyne, \u2014 et toutes les affres de la nuit d\u2019an- oisse furent ressenties par le père, a mère et l'aïeule qui, jusque-là, n\u2019en avaient pas tout su.Les joies de la guérison n'en furent que plus profondément goûtées par le trio adorateur.\u2014 J'ai pensé que le changement d'air achèverait de remettre Jolie- Chérie, dit Ghislaine.Je me suis décidée un peu vite, \u2014 j'aurais dû vous prévenir au moins la veille, mais une fois ma résolution prise, je n'ai pas voulu perdre un seul jour.\u2014 Tu as bien fait.\u2014 Il m'a semblé qu'il valait mieux attendre Christian ici à cause de la petite.\u2014 Tu as bien fait.Personne n'a remarqué l'embarras de Ghislaine, ni songé à lui dire que, pour venir chez ses parents, elle n'avait à donner aucune explication : leur maison lui est ouverte autant qu'elle le veut, et davantage encore.On ne pensait alors qu'à regarder Jolie-Chérie, à organiser sa cure de convalescence, et Mme Au- bry choisit elle-même, dans le jardin, le coin parfait où, chaque jour, l'enfant passerait les heures méridiennes.Pendant ces trois jours, que de choses ont été dites ! Ghislaine a subi tant de questions qu'elle dut nommer le médecin à qui sa fille devait la vie, \u2014 et le cœur familial de s'exclamer : \u2014 Herbois ! quelle chance extraordinaire ! Nous disions que c'était un ours, d'après sa façon de quitter le pays, mais c'est un ours qui a du cœur.Et quel médecin ! Ghislaine fut sommée de dire tout ce qu'elle savait sur le docteur ; avait-il changé ?que faisait-il?où habitait-il ?comment avait-elle eu son adresse ?Pour calmer cette fièvre de curiosité, elle répondit à toutes les questions, ou même les prévint, La RevuE POPULAIRE \u2014 C'est tout, je ne sais rien de plus, conclut-elle à bout de forces.Et elle quitta la pièce pour aller se reposer.De fait, elle n'en pouvait plus.La décision de fuir, prise pendant une nuit d'insomnie et exécutée sur l'heure, avait soumis ses nerfs à une épreuve qui, la détente venue, la rendait incapable de tout autre effort.Elle ne désirait plus qu'une chose, dormir d'un sommeil sans rêves, ne plus souffrir, ne plus penser.Sa famille a respecté son désir de repos, \u2014 seuls, les parents de Christian sont admis à la voir.Mais Mme Dorville n'entend pas garder caché son beau trésor et, ce dimanche des Rameaux, elle a réussi à amener Ghislaine à la grand'messe de la cathédrale.Flle espère que, tout à l'heure, à la sortie.des rendez-vous seront pris, des visites décidées.Ne faut-il pas que l'on voie, à Mont- fort, ces chefs-d'œuvre de grâce que sont Roselyne et sa maman ?Ghislaine n'ignore rien des muettes intentions de Mme Dorville, \u2014 elle ne les contrariera pas.Aujour- d'hui, elle se sent calme, de ce calme total qui suit les grandes tempêtes, \u2014 d'ailleurs, le retour à la vie mont- fortaise fournira des sujets de conversation qui éloigneront, en famille le, celui qu'elle veut à tout prix éviter.Elle verra donc ses amies et celles de sa mère, \u2014 et les petites histoires locales seront de nouveau à l'ordre du jour.Dans le sanctuaire, les officiants saluent l'assistance et, précédés des enfants de chœur, se dirigent vers la sacristie.Les orgues tonnent sous les voûtes sonores \u2014 Mme Dorville agenouillée se lève, quitte sa place, descend la nef, sourit aux amies qu'elle rencontre.Ghislaine la suit, souriante à son tour, mais son visage se glace quand, près de la grande porte ouverte, elle voit Herbois qui lui tend deux doigts humides d'eau bénite.Tout d'abord, les yeux dilatés, elle le regarde comme elle regarderait un fantôme, puis elle prononce sans émettre de voix : \u2014 Vous ! \u2014 Moi! Elle touche les doigts qui lui sont tendus et fait le signe de la croix : « Par ce signe, mon Dieu, ayez pitié de moi, » prit-elle.\u2014 I faut que je vous parle, dit-il entre ses dents.Elle fait « non » de la tête.\u2014 Il le faut, je ne m'en irai pas tant que.Mme Dorville, déjà sur les marches de l'église, est entourée d'un groupe ami que la vue de Ghislaine a surpris et charmé.On ne la savait pas à Montfort! Y restera-t-elle longtemps ?L'heureuse mère commence à donner les explications requises quand un nom est prononcé sur un ton aigu par Mme Gerbier : \u2014 Le docteur Herbois ! Toutes ces dames font demi-tour.Le docteur est là, en effet, derrière Ghislaine qui.séparée de sa mère par la foule, arrive seulement à la rejoindre.\u2014 Docteur, est-ce bien vous ?Mme d'Ambiel qu'il a soignée et guérie, quatre ans plus tôt, joint les mains en lui posant cette question.Elle a pour l'arrivant un regard d'extase.Les autres femmes sont émues, \u2014 l'atmosphère d'autrefois est reconstituée.Mais Mme Dorville a reçu un choc à la vue du sauveur de Jolie- Chérie, et, dans un grand élan, elle lui tend les deux mains.\u2014 Oh! docteur, s'exclame-t-elle d'un ton fervent; comment pourrai-je vous dire notre reconaissance ! Ma Em ae A Ms _ Juin 1940 fille m'a raconté votre dévouement en pleine nuit, quand aucun médecin ne voulait venir.Sans le docteur Herbois nous n'aurions plus notre petite Roselyne, explique-t-elle à « ces dames ».Dans le brouhaha qui suit cette déclaration, Ghislaine fait quelques pas pour s'éloigner du groupe.Herbois qui craint de ne pouvoir lui parler supporte mal les effusions de ses admiratrices ; il s'excuse de les quitter si vite, étant fort pressé, \u2014 et s'éloigne à son tour, bientôt rattapé par Mme Dorville.\u2014 Docteur, docteur, êtes-vous pour quelque temps à Montfort ?\u2014 Je pars ce soir, madame.\u2014 Mon mari serait si heureux de vous serrer la main! Ne viendrez- vous pas voir votre petite malade ?\u2014 Bien volontiers, madame, si je ne suis pas indiscret.\u2014 Indiscret, vous!.Ghislaine, Ghislaine ! La jeune femme, qui marchait en avant, se retourne à l'appel de son nom.Elle voit sa mère contrariée, et comprend que celle-ci lui reproche d'avoir abandonné « ces dames » tout a l'heure, et.maintenant, la blame de manifester si peu de joie reconnaissante au docteur Herbois.\u2014 Maman ?\u2014 Ghislaine, le docteur veut bien venir voir Roselyne tantôt.Docteur, je voudrais pouvoir vous inviter à déjeuner.Mais nous allons chez les Le Monnier.Je suis désolée \u2026.\u2014 Vous avez tort, madame, reprend Herbois en souriant, car j'aurais eu le regret de refuser.Mes cousins Renaud m'attendent.\u2014 C'est tout naturel! Mais vous ne refuserez pas une tasse de thé ! \u2014 Vous êtes trop aimable.\u2014 Alors, à tantôt.Nous serons ravis.\u2014 Pourquoi l'avez-vous invité ?demande Ghislaine quand il est assez loin pour ne pouvoir entendre.\u2014 Ma fille, serais-tu ingrate ?On invite des indifférents à prendre le thé, et il s'agit d'un homme à qui nous devons tout! A ma place, ces dames feraient toutes comme moi.Heureuse et triomphante, Mme Dorville rentre dans sa maison.Ghislaine a retrouvé ses craintes et.sa joie.La présence de Jean Herbois à Montfort lui donne la mesure de son amour.Cet ours qui n'est jamais revenu dans le pays où il a tant souffert, cet homme retranché du monde a bravé, pour la voir, les commentaires de toute une ville qui l'a sévèrement jugé, lors de son départ.Il est tellement possédé d'elle que rien ne l'arrête dans ses plans de conquête, \u2014 le gouffre qui les sépare ne compte pas devant son désir.Ghislaine en est fière, follement fière, et intimement heureuse.Un moment, elle oublie son angoisse, et se livre à la joie ; il faut que le nom de Christian soit prononcé, pour que lui revienne le sens des réalités.\u2014 Sans doute, de Christian a dit Bonne Maman.Elle voit alors un télégramme, sur un plateau tendu vers elle par la domestique.\u2014 Comme te voilà pâle ! dit Mme Dorville.Ne t'émeus pas ainsi! Voyons, ouvre cette dépêche.Mais ses mains tremblent si fort que sa mère doit déchirer la mince bande bleue.« Heureux de te savoir à Mont- fort.M'y arréterai au retour Télégraphierai.Tendresses.\u2014 CHnis- TIAN.» \u2014 Cet amoureux! s'exclame Bonne Maman ravie.Il a reçu ta lettre ce matin, et tout de suite cette dépêche ! \u2014 Quel bon mari ! renchérit Mme Dorville.Bientôt, il faut aller chez les Le Monnier dont les heures de repas ne souffrent aucun retard.Là, le télégramme de Christian est relu et commenté \u2014 nouvelle occasion de chanter l'amour réciproque et le bonheur des jeunes époux, sur le mode enthousiaste adopté par les deux familles quand il s'agit de ce ménage.Le retour prochain de l'absent est un sujet d'allégresse dont le repas est animé.Ghislaine se maintient à grand' peine au diapason de cette allégresse, \u2014 et quand il lui faut parler du docteur Herbois dont le Tout-Mont- fort s'entretient en ce moment, elle le fait avec tant de laconisme que sa belle-mère s'étonne.\u2014 Est-ce qu'il n'a pas bien soigné Jolie-Chérie ?\u2014 Oh! il l'a parfaitement soignée.\u2014 C'est que tu n'as pas l'air emballée sur son compte, sourit Mme Le Monnier.\u2014 Ghislaine ne s'est jamais emballée que pour son mari, ma chère amie, explique Mme Dorville.Après le café pris au salon, la conversation s'aiguille vers la politique et les événements du jour.Puis Mme Dorville et Bonne Maman se lèvent pour partir : Jolie-Chérie doit être réveillée, et l'heureuse grand'mère ne permet pas que, chez elle, d'autres mains que les siennes soignent le petit corps chérie.Ghislaine, un peu à regret, ne refuse point à sa mère cette joie si rare.Elle restera donc encore un peu avec la famille de son mari.\u2014 Ne te mets pas en retard ! recommande Mme Dorville en s'éloignant.Le docteur n'a pas précisé l'heure de sa visite, il peut venir de bonne heure.\u2014 Vous l'avez invité pour le thé.\u2014 Il peut venir plus tôt.Ghislaine a voulu consciencieusement éviter cette rencontre, \u2014 ce n'est pas sa faute si sa mère elle- même la lui impose ; son absence provoquerait trop d'étonnement et de questions.Elle accepte donc l'inévitable avec un fatalisme qui l'apaise.Aussi, promet-elle de rentrer de bonne heure, \u2014 elle verra Herbois, \u2014 après.A la grace de Dieu! Chapitre XIV L ETAIT prés de minuit quand le docteur Herbois se retrouva chez lui.Les gestes habituels, \u2014 réflexes plutôt qu'actes de volonté, lui donnèrent la lumière, l'amenèrent à son bureau, et mirent entre ses lèvres une cigarette allumée.Il ne voyait plus autour de lui le cadre habituel de sa vie, mais la maison des Dorville à Montfort : la cour d'entrée aux pelouses fleuries, le perron d'angle coincé par le bâtiment principal et son aile, et, au delà d'une grille enguirlandée de lierre, des espaces sablés, des verdures, le jardin, \u2014 ce jardin que hantaient les fantômes d'un passé où il n'avait point de part, \u2014 et Ghislaine marchant en silence à côté de lui.Les paroles qu'il vient de lui dire l'ont-eille émue, ou bien est-ce le passé qui la reprend ?Il sent aque l'heure est grave, que toute sa vie, toute leur vie en dépend ; les mots infirmes n'y ont plus de place, \u2014 il va partir sans rien ajouter à ce qui fut dit parmi les fantômes.Mais au moment d'arriver à la maison, elle s'inquiète : \u2014 Ils vont voir que j'ai pleuré ! Dans la cour d'entrée, M.Dorville les guette : Mme Le Monnier est là, venue pour exprimer sa reconnaissance au médecin qui a sauvé Roselyne.Jean ne peut, sans impolitesse, se dérober à cette rencontre ; Ghislaine s'esquive par la porte de service.Et lui, le voici de nouveau dans le sa- (Lire la suite page 47) Ces Mets bien Equilibrés fournissent, aux Bébés qui ont passé l\u2019âge des Purées, la Nourriture plus Copieuse dont ils ont besoin.AINTENANT, vous pouvez oublier tout le soucis et le dérangement de faire cuire des repas spéciaux pour votre petit enfant! Heinz résout votre problème grâce à ses 12 nouveaux Aliments pour Enfants\u2014qui ont spécialement pour but d\u2019assurer aux enfants en croissance les repas plus copieux dont ils + ont besoin.Scientifiquement préparés d\u2019après les principes de qualité Heinz établis depuis 70 ans et universellement connus, ces mets, prêts à servir, ont une saveur exquise, une texture plus grossière, et sont très nourrissants, Donnez des Aliments Heinz pour Enfants tous les jours à votre petit et voyez-le grandir! CANAD EINE oNTC \u201c \\ TOMATE ET RIZ À LA CREME.Légumes de choix, poudre de petit lait et farine de soya y sont ajoutés pour fournir une alimentation mieux équilibrée\u2014une saveur plus riche.Ps .POMMES DE TERRE EN DES A LA CREME.Du lait, de la crème, du beurre et de la levure de bière rendent cet aliment plus énergétique et plus nutritif.\u2019, \\ \\ LEGUMES VERTS A LA CREME.Cet aliment résout le probléme de faire aimer les légumes verts aux enfants! C\u2019est un mélange succulent de chou frisé, laitue verte, asperges vertes, petits pois, lait et créme.# # = \\ LEGUMES EN DES A LA CREME.Lait, riz, et légumes de choix en dés ou hachés.L\u2019addition d'un concentré de levure en rehausse la haute teneur en vitamines BetG.AGNEAU ET FOIE.Cet aliment comprend de la viande et du foie d'agneau, et du foie de poulet.Il est utile pour prévenir l'anémie et y rémédier.Des légumes de choix en améliorent la saveur et la teneur en vitamine.2 BOUILLIE DE LEGUMES, FARINE ET POULET.Faite avec de la viande et du bouillon de poulets sélectionnés, des légumes savoureux, de la farine Durum, du germe de blé et du lait.Voici un bon moyen de donner plus de céréale à bébé! Il s\u2019en régalera.CAROTTES HEINZ.Des carottes sucrées, mires, hachées assez grossièrement pour Donnez-lui les Aliments Heinz - pour Enfants it Robuste! pour qu'il so Choisissez parmi 12 Sortes Delicieuses demander à être mastiquées.La riche teinte orange indique la haute teneur en vitamine À.2 \u2019 7 LEGUMES MELANGES HEINZ.Clest un mélange nourrissant de plusieurs légumes, très apprécié dans l\u2019alimentation des enfants.Ce mélange comprend des pommes de terre, patates sucrées, carottes, céleri, haricots verts et oignons.Un ingrédient spécial lui donne une saveur délicieuse qui le rend tout a fait différent des mélanges ordinaires de légumes.\u2019 EPINARDS HEINZ.Des épinards frisés d\u2019un beau vert foncé sont coupés en morceaux de grosseur qui ne demande qu\u2019une mastication moyenne.« POUDING À L\u2019ANANAS ET AU RIZ.Préparé avec des ananas de Hawaï de qualité supérieure dans une bonne cossetarde enrichie de riz.Grâce à sa teneur élevée en hydrates de carbone, c'est un aliment énergétique.Les oeufs et le lait rehaussent sa valeur nutritive, POUDING AUX PRUNEAUX.Des pruneaux de choix et de la farine sont cuits avec du lait et des oeufs, fournissant un mets nutritif, bien équilibré et moins laxatif que les pruneaux seuls.DESSERT AUX POMMES, AUX FIGUES ET AUX DATTES.Des pommes mûres et savoureuses sont mélangées avec des figues blanches à graines fines et des dattes sélectionnées.Du jus de citron est ajouté pour donner, à ce mélange savoureux, un petit goût acide, = ne 45 46 Les Mots Croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d GRANDE SERIE \u2014 No 44 Solution du probléme du mois dernier.10.11.12.14.16.Faire demeurer.HORIZONTALEMENT .Lest mobile dont on se servait sur les galères de la Méditerranée.\u2014 Chose de peu de prix.\u2014 Verre qui a perdu sa transparence.Ville des Pays-Bas.\u2014 Qui fait trop de cérémonies.\u2014 Qui contiennent de l'iode.- Habitation en bois de sapin.\u2014 Machine à caneter.\u2014 Fort mince.-Genre d'oiseaux passereaux.\u2014 Possessif.\u2014 Etendue d'eau salée.\u2014 Faculté de voir.\u2014 Possessif.\u2014 Qui manque de vigueur (fig.).- Diphtongue.\u2014 Evéque des Ca- ses-Noires.\u2014 Planète.\u2014 Interstices qui séparent les molécules du corps.\u2014 Négation.\u2014 Suinte.Stériles, sans ressources.\u2014 .Troisième personne de la Trinité hindoue.\u2014 Nom donné à la Perse.\u2014 Homme sale (fig.).\u2014 Favorable.Action de pointer une bouche a feu (pl.).\u2014 Navire équipé pour la péche a la baleine.-Interjection.\u2014 Choses choisies.\u2014 Qui a rapport aux lignes d'un dessin.\u2014 Moi.Ferme dans le midi de la France.\u2014 Table de pierre sur laquelle on lave la vaisselle.\u2014 Tête.\u2014 Sortes de boîtes.\u2014 Action ou art de lancer.Terres entourées d'eau.\u2014 Genre de légumineuses.\u2014 Espèce de singe sans queue du genre macaques.\u2014 Point cardinal.\u2014 Pris d'une passion violente.Ch.-l.de c.arr.d'Agen.\u2014 Consacrées au culte.\u2014 Présent roi de Roumanie.- Roi des Wisigoths (410-415).\u2014 Prédire conçue.l'avenir.\u2014 Fortement Pièce de bois servant de chantier pour les futailles.\u2014 Brillant.\u2014 Enchassement de pierres fines.Langue parlée par les Incas.\u2014 Evénement fortuit.\u2014 Comm.du Nord, arr.de Lille.\u2014 Ecrivain américain.né à Boston (1809- 1849).\u2014 Comm.de l'arr.de Quimper.Sainte (abr.).\u2014 Reproduction d'un écrit.\u2014 Consonnes de sinus.La RevuE POPULAIRE \u2014_\u2014 Lt 2 3 4 5 6 7 8 9 10, 11.12, 13, 14, 15, l6, 17, 18, 19 20, 21, 22 23 2.3.4 5 & n 8 9 IQ I.12.13.14 15 16.17, 8 19.20.21.22 23.~ Gros orteil.\u2014 Monnaie japo- la filasse du lin.\u2014 Piéce de poé- plateau, accidenté de hautes mon- naise.sie.tagnes, de l'Asie.17.Toi.\u2014 Ce dont une chose est 4.Nom d'une chaîne de montagnes 14.Mesure itinéraire.\u2014 Pieu aiguisé faite.\u2014 Cicatrice.\u2014 Note.de Mysie.\u2014 Qui porte à la dé- par un bout.\u2014 Soignés, en ordre.f Vv (1814 votion.\u2014 Mouilla beaucoup.\u2014 \u2014 Préfixe.\u2014 Saison.ef i é à ienne - + .18 1867) LS Maintien, attitude.Petite monnaie d'Espagne.15.Ch.-l.de c.arr.de Bourges.\u2014 I Pol 5.Se meut d'un lieu à un autre.z Lisse ct luisante.\u2014 Une syllabe 19.Instrument à vent.\u2014 Polie.\u2014 Officier ministériel qui rédige les e sextil.\u2014 Mis.De l'ancienne Mauritanie.\u2014 Con- \u2014 Princi fia.).} sonnes de flac.comète \u2014 Fe (Ag) 16.Du verbe avoir, \u2014 Ensemble des \u2019 \u2019 parents.\u2014 Mode d'engraissement 20.garer.\u2014 Marque de camion \u2014 6.Figure géométrique.\u2014 Rivière des bestiaux par les farineux.anton suisse arrosé par la Reuss.des Basses-Pyrénées.\u2014 Duvet _ i \u2014 Colère.\u2014 Fleuve côtier de long et soyeux du cotonnier.\u2014 17.Inquiete, pensive.\u2014 Rejeton d'un France.Sans taches.arbre.\u2014 Métal.21.Ville du dép.du Nord, arr.de 7.Militaire du service de santé.\u2014 18.Oasis de la province Transcas- Valenciennes.\u2014 Riviére de Fran- Prendre par pillage.\u2014 Pronom.pienne.\u2014 Vient au monde.\u2014 ce.\u2014 Flairai.Nettoie.\u2014 Tente.22 Lues | (fig) B d 8.Bouche.\u2014 Action de fixer.\u2014 19.Not Palais d | n 22.Lues lentement (fig.).\u2014 Banc de Sommes qu'on fait vers le milieu .Note.\u2014 Palais des princes ma- sable qui se forme dans les tour- de la journée.hométans.\u2014 Démonstratif.nants de la Seine.\u2014 Lieu planté 9 Nom bibl de la Svri p Epoque.\u2014 Lieu de délices.d'osiers.Nom biblique de la Syrie.\u2014 Pester.\u2014 Débit de boissons.\u2014 Muse 20.Difformité du pied.\u2014 Ensemen- 23.Tenter de re dus Espace sa- qui présidait à l'élégie.cée.\u2014 Feuilles sèches tombées é au centre des amphithéâtres.| de l'arbre.\u2014 Ensemble des plan- \u2014 Pourvus de crénelures sur les 10.Cheval d'Espagne.\u2014 Venus au tes qui croissent dans une région.bords.monde.\u2014 Corps simple doué d'un éclat particulier.\u2014 Epoque.\u2014 21.Mot latin signifiant le méme.\u2014 VERTICALEMENT Marchera.Titre anglais.\u2014 Elévations peu 1.Surnom de Pan et des satyres, à 11.Qui ont une saveur désagréable.Sora À la fleur terre.\u2014 Qui ieds de chèvre.\u2014 \u2014 Famille de mammifères carni- : Qui est élevé dans un séminaire.vores.\u2014 Consommer par l'usage.22.Bout d'une pièce de bois qui entre \u2014 Fleuve d'Allemagne.12.Au bout de peu de temps.\u2014 Che- dans une mortaise, \u2014 Personne 1 mins bordés de maisons.\u2014 Per- qui fait ou vend des glaces.\u2014 > Don ayant une ressemblance sonnes qui produisent des choses Carbonate de chaux tendre et d'haleine.\u2014 Etoffe claire, de soie étonnantes et inattendues.\u2014 Ma- blanc.+ : , ss it, fine.tiere grasse cu \u2018ai 23.Espèces d'euphorbes.\u2014 Qui ont 3.Tuyau cylindrique \u2014 Opéra- 13.Troublé (fig.).\u2014 Qui vendent de une teinte bleuâtre (fém.).\u2014 Du comique de Planquette.\u2014 Divise la poterie.\u2014 Nom donné au vaste verbe nier. \"me 5 - \u201caa Juin 1940 (Suite de la page 45) lon où se tient la famille réunie : Jolie-Chérie.sur les bras de Mme orville, rit et gazouille, \u2014 Mme Le Monnier agite ses mains comme des marionnettes, \u2014 Bonne Maman fait « coucou» à la grande joie de l'enfant, \u2014 M.Dorville s'extasie, \u2014 gracieux tableau dans le cadre solide d'un salon provincial ! Déjà, Mme Le Monnier s'approche du docteur.Il entend des paroles exprimant une reconnaissance qu'il juge exagérée, et il s'en irrite secrètement.tant d'amabilité, il oppose sa froideur distante bien connue à Montfort ; aussi, la famille de Jolie- Chérie ne s'en émeut-elle pas.\u2014 Je n'ose penser à la douleur de mon fils si cette enfant n'avait pas été sauvée, dit Mme Le Monnier.\u2014 Flle lui ressemble tant ! ajoute M.Dorville.\u2014 Et elle ressemble tant à sa mère! s'empresse d'ajouter Mme Aubry.\u2014 Les traits de son père, les yeux de sa mère, explique Mme Dorville.\u2014 Ce qui fait une bien jolie petite fille, conclut M.Dorville.Jean voudrait être seul, tout seul, et pourtant il reste là, au milieu de cette famille bélante et psalmodiante.H doit encore entendre que Christian lui sera, comme eux tous, à jamais reconnaissant, \u2014 il doit voir des photos de Roselyne, se crisper au spectacle de l'enfant endormie dans les bras de son père.Ghislaine revient, le visage lavé et poudré, personne ne remarque qu'elle a pleuré.n nouvel adieu, et Jean peut enfin s'enfuir, décidé à tout oublier, mais trois visions ne le quitteront plus : Ghislaine hallucinée qui semble ne rien voir et ne rien entendre, \u2014 Ro- selyne, lèvres et bras tendus vers lui, \u2014 la famille extasiée autour de l'enfant, sûre de sa force et de son bonheur fixés sur le roc solide de traditions séculaires et d'inébranlables convictions.Et puis, il y a le portrait de Roselyne, \u2014 les portraits plutôt, \u2014 tous ceux qu'on lui a mis dans les mains au moment de son départ, et qu'il pose devant lui, parmi les notes savantes qui couvrent son bureau.Tandis qu'il regarde ce petit être innocent qui tient déjà une si grande place dans sa vie, Jean Herbois se compare au naufragé dont les mains fatiguées lâchent soudain l'épave où il s'accrochait.Le lendemain, à son réveil, il retrouva toute son indépendance de vue, et son désir intact.Du tableau familial qui l'avait troublé, il ne gardait que la nostalgie d'un foyer, et sa soif de pures tendresses s'en exaspérait.Des pensées de haine contre Christian qui lui avait pris un tel bonheur l'assaillirent, mais il leur refusa tout droit de séjour en son esprit, voulant garder entières, sans passion, son intelligence et sa volonté.Il s'agissait de conquérir le bonheur promis à Ghislaine, bonheur en lequel il s'obligeait à croire, Les honteux projets qu'il avait d\u2019abord nourris ne se réaliseraient jamais, il en était sûr, mais il lui restait la suprême chance d'obtenir mieux, \u2014 rien ne lui coûterait pour y parvenir, ni démarches, ni argent, ni patience, et, un jour, Ghislaine serait sa femme devant les hommes, \u2014 peut-être même devant Dieu.Ce jour même, il prit rendezvous pour le lendemain, \u2014 sans donner son nom, \u2014 avec un célèbre avocat, Me Belmont, celui-là même dont lui avait parlé un ami complaisant.En attendant, Herbois avait bien des obligations à remplir : le laboratoire, la clinique, un rapport à terminer.Et le courrier du matin y ajouta l'avis d'une visite à recevoir à l'Institut Pasteur où un savant italien désirait le rencontrer.Chez le docteur Herbois, les orages du cœur n'altéraient jamais longtemps la conscience professionnelle ; il se laissa prendre par ses travaux sans regarder en arrière, toute son énergie concentrée sur la minute présente où s'exerçait son devoir d'état.Son entrevue avec le professeur Sardi, de Rome, lui fut une détente heureuse.Le fameux savant venait de lire avec un vif intérêt un livre publié par Herbois sur la prophylaxie et l'hygiène infantile, et il tenait à discuter avec lui de certains points qui ne s'accordaient pas avec ses propres vues.La controverse, passionnante, se termina par la victoire d'Herbois.L'Italien converti aux opinions de son jeune confrère, et enthousiasmé de sa lumineuse intelligence, l'engagea à poursuivre des travaux guettés par la gloire, et lui promit la collaboration de sa propre expérience.\u2014 Car nous ne nous sommes rencontrés aujourd'hui que pour mieux nous retrouver demain, ajouta-t-il.Vous viendrez à Rome un jour ; ma bibliothèque, mes notes, mes relations seront à vous, pour le plus grand bien de la science et de l'humanité souffrante.Jean Herbois emporté de nouveau vers les hautes régions où, trois ans plus tôt, son grand chagrin l'avait conduit, Jean Herbois, cette nuit-là, se sentit un cœur sans haine, sans ténébreux désir, un cœur anesthésié de son inguérissable douleur.Elle revint le lendemain, lente et sûre.Il se plongea de plus belle dans ses études de laboratoire.Quand il s'accordait quelque répit, de troublantes images revenaient le tourmenter : Ghislaine hallucinée, étrangère à elle-même, Ghislaine dont le doux visage se crispait au seul nom de Christian, et dont les yeux révélaient un tel besoin d'amour, \u2014 Ro- selyne, petit étre de joie élancé vers lui, \u2014 le groupe familial sans crainte ni doute, sans pressentiment.Son désir transformait alors Ghislaine en une amoureuse docile, n'attendant que de lui son bonheur, tandis que Rose- lyne et sa famille reculaient dans l'ombre, atones et indifférents.Vers le soir, à l'heure convenue, il se rendit, \u2014 client anonyme, \u2014 chez le célèbre avocat.La journée finie, il écrivit dans son agenda : « Vu Me Belmont, \u2014 grand avocat peut-être, mais pourri de préjugés.M'adresserai ailleurs.» Devant l'homme de loi, il avait bien dissimulé son dépit et gardé une courtoisie déférente, mais la blessure restait cuisante, blessure d'orgueil, blessure d'espoir, tandis qu'il se remémorait les paroles entendues : \u2014 Monsieur, je n'ai jamais plaidé une séparation sans avoir tout fait, auparavant, pour réconcilier les parties adverses.Or, ici, si je vous comprends bien, \u2014 et je vous remercie de m'avoir si loyalement exposé la situation, \u2014 il s'agit au contraire de brouiller les parties.\u2014 Pardon, Maître.\u2014 Ne nous payons pas de mots, monsieur, et voyons les choses telles qu'elles sont : il s'agit donc de brouiller les parties, et de décider à la séparation une jeune femme qui n'y songeait point, qui méme, \u2014 soyons francs, \u2014 ne s'y déciderait qu'avec répugnance, malgré la préférence qu'elle vous témoigne.Ces jeunes gens, vous en convenez, font bon ménage.\u2014 Mais ils ne sont pas heureux | \u2014 Eh! monsieur, connaisez-vous beaucoup de gens heureux?Et croyez-vous pouvoir assurer à Cette jeune femme, devenue la vôtre, le La perfection en thé vert THÉVER SALADA 14F SPENCER TRACY LE PETIT MAGAZ LE PLUS POPULA LE FILM Son roman d'amour complet.Ses renseignements inédits sur le cinéma français et américain.Les articles de ses célèbres correspondantes, Mme Louise Gilbert-Sauvage et Mlle Juliette Cabana.Ses photos d'acteurs et d'actrices, nombreuses et soignées .INE IRE EN JUIN LA CROISSIERE INTERROMPUE par LIDONE 10 CENTS \u2014 52 PAGES \u2014 60 PHOTOS En vente le premier samedi du mois.Coupon d\u2019cbonnement POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Ci-inclus le montant d'un abonnement su grand magazine de c.aéma Le Film : $1.00 pour 1 an ou $1.50 pour deux ans.Nom Adresse Ville Prov.47 48 MURINE soulage énormément les yeux qui cuisent par suite de la poussière, de la lumière, du cinéma, du tricotage, etc.Instructions et compte-gouttes gratuit avec NA) | °°\" YEUX DANS TOUTES LES PHARMACIES FORTIFIEZ VOTRE SANTE Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Employez LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL VOUS POUVEZ AVOIR UNE BELLE APPARENCE AVEC LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C'est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu'à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES GRATIS : Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL 5941, Avenue Delorimier Boîte Postale 2353, Place d\u2019Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5e pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.bonheur parfait?Etes-vous sûr qu'elle aurait abandonné pour vous ?Les cheveux blancs de celui qui parlait, la lumière de son regard et la noblesse de son front, donnaient à ses paroles une force de persuasion que, tout d'abord, Jean Herbois ne ressentit pas.Il n'emporta de cette entrevue que dépit et déception ; son orgueil cabré croyait encore à sa victoire et les obstacles excitaient son désir.C'est alors qu'il se souvint d'avoir lu des annonces de journaux promettant des séparations rapides.Aux adresses ainsi données, il ne trouverait pas des fossiles embarrassés de scrupules, mais des hommes comprenant la vie, et habiles à tirer parti des événements.Sur cette pensée, il s'endormit.Chapitre XV E DOCTEUR Herbois a rencontré de nouveau le professeur Sardi à l'Institut Pasteur.Une fois encore, son obsession a lâché prise, dans un passionnant échange d'idées.Rendu à lui-même, il en est redevenue la proie.Pour se donner l'illusion d'agir, il a écrit à Ghislaine une lettre pleine d'espoir et de projets, comme si le problème de sa liberté reconquise était déjà résolu.Mü par la volonté d'atteindre son but, il se rend, un soir, à certaine adresse cueillie dans un journal de moralité quelque peu suspecte.Cette course le conduit à travers des rues populeuses, dans un quartier qu'il ne connaît guère, jusquà une maison dont le ravalement s'impose.Sur les indications de la concierge, il gravit trois étages d'un escalier sans tapis, et, tournant à gauche, se trouve à destination comme l'affirme la plaque de cuivre apposée sur la porte : « Me DuPONT, avocat-conseil.» Me Dupont n'a pas le moindre doute sur la personnalité de ce dernier, dresse ses plans de combat.Il a flairé un client d'importance, pouvant payer, et résolu à passer sur tous les préjugés bourgeois, puisqu'il est venu dans la louche officine où s'élaborent, \u2014 moins que l'homme d'affaires ne veut le faire croire, \u2014 tant de ruptures injustifiables.Alors, tout en lui démontrant que l'affaire est d'un genre particulièrement difficile, Me Dupont s'efforcera de persuader son client qu'il en sortira victorieux.Pour le moment, il ne sait pas du tout comment se fera cette sortie, \u2014 il s'agira seulement d\u2019affirmer qu'elle s'effectuera.Il est d'ailleurs convaincu que le client ne lui a pas tout dit, et que chez ces gens « irréprochables », il y a bien quelque point vulnérable qui permettra la fissure dont il a besoin pour « faire » sa séparation.Insidieusement, il questionne ; ses sous-entendus, son sourire de coin font de son interrogatoire quelque chose d'ignoble.Jean Herbois est tenté de s'en aller, mais il sait que sa «dernière chance de conquérir Ghislaine est là, il ne l'abandonnera pas.Tout en jouant avec un coupe- papier de faux ivoire, Me Dupont continue à parler, puis il pose son jouet, prend des notes, et dit : \u2014 C'est entendu, monsieur, je consens à me charger de votre affaire.Mais le docteur lui, ne consent pas encore à donner de noms et d'adresses à ce monsieur ; il veut d'abord savoir sur quelles bases et comment celui-ci compte engager l'action.Me Dupont, visiblement vexé, reprend pourtant son sourire onctueux.Il accepte d'étudier ce cas difficile sur les seuls renseignements qui viennent de lui être donnés, moyennant une provision que son client lui verse sans discussion.Jean reviendra demain, à la même heure, et après avoir entendu Me Dupont, lui donnera sa réponse définitive.Et voici de nouveau le docteur Herbois en face de Me Dupont.Il a peine à s'imaginer que vingt-quatre heures se sont écoulées depuis sa première visite.Il lui semble n'avoir pas quitté ce fauteuil de cuir, et avoir subi jusqu'à l'obsession ce regard patelin à demi voilé par de lourdes paupières.Afin de ne point trahir son inquiétude et son impatience, il attend que l'homme d'affaires parle le premier.Un silence.L'homme d'affaires attend aussi.Décidément, ce client-là n'est pas comme les autres.Me Dupont n'a guère de sympathie pour lui, mais il lui faut ménager un homme qui n'a pas marchandé hier, et qui ne marchandera pas aujourd'hui.\u2014 Eh bien ! voilà, commence-t-il.J'ai passé la nuit à étudier votre affaire, et je crois bien avoir trouvé un moyen d'aboutir.À vrai dire, il y a plusieurs moyens, \u2014 j'en ai retenu deux.S'il n'y a pas consentement mutuel à la séparation, il faut nécessairement un motif pour justifier ou provoquer l'action de Mme.Trois Étoiles, \u2014 par exemple, l'indignité de son mari.\u2014 Il n'est pas indigne.\u2014 Par indigne, je veux dire.Ici, un clignement d'œil complice.\u2014 Je veux dire, coupable de quelque faiblesse bien excusable quand on est jeune, mais que ces dames ne pardonnent pas toujours à leurs maris.\u2014 Il n\u2019y a rien de ce genre à pardonner, coupe sèahement le docteur.\u2014 Hé! hé! qu'en savez-vous ?Vous dites que ce monsieur a un amour extra-conjugal ; vous ne m'em- pécherez pas de penser.\u2014 La femme qu'il aime est en Amérique.\u2014 L'Amérique, on en revient, monsieur! À notre époque, le voyage d'Amérique est une promenade.Etes- vous bien sûr qu'ils ne se rencontrent jamais ?En tous cas, il y a des lettres.Certaines lettres suffisent à déclancher une séparation, \u2014 il faudrait en trouver.\u2014 Et si l'on en trouve pas ?Si l'on ne découvre rien de suspect ?\u2014 Il nous reste l'autre moyen.\u2014 Qui est?.Le regard que Me Dupont pose sur lui donne à Jean Herbois l'impression d'une souillure.Il se raidit, résolu à tout entendre, pour ne négliger aucune chance de succès.\u2014 Mon cher monsieur, il y a dans la vie des cas où, entre deux maux, il faut choisir le moindre, \u2014 où il faut écraser quelque chose pour obtenir ce que l\u2019on veut.On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, ajou- te-t-il vulgairement.Si Mme Trois- Etoiles veut recouvrer sa liberté, elle ne reculera pas devant un petit sacrifice.\u2014 Lequel ?\u2014 Celui de prendre les torts à sa charge.Aucune question ne lui étant posée, l'avocat continue : \u2014 Pour cela, il suffira de quelques lettres compromettantes tombant comme par hasard dans les mains du mari, \u2014 ou, s'il est nécessaire, d'un flagrant délit.Jean Herbois n'est pas tout à fait sûr de comprendre ce qu'a dit cet homme, mais l'impression de souil- LA REvuE POPULAIRE lure déjà ressentie lui devient intolérable.Il sait que s'il prononce un seul mot tout sera perdu, bien qu'il ne sache pas du tout quel mot il dirait ; aussi est-il tendu dans la volonté de se taire, de se garder impassible en face de l'homme aux divorces qui poursuit : \u2014 Il ne s'agit, bien entendu, que d'une comédie à jouer.De cette façon, l'affaire pourrait être rapidement menée.Il dit bien d'autres choses encore, dresse un plan de combat, suggère les pièges à tendre au mari aveugle pour lui ouvrir les yeux et le mettre en face de la réalité de rompre.Jean Her- bois écoute cela comme il écouterait une histoire racontée par un amateur de scandales, après boire, \u2014 mais il n'a jamais aimé ces histoires- là, elles ne l'ont jamais fait rire, et celle-ci lui semble des plus déplaisantes.\u2014 Dans tous les cas, monsieur, si vous me chargez de l'affaire, je vous promets que tout ira bien.\u2014 Vous chargez-vous aussi d'obtenir l'annulation du mariage en cour de Rome ?L'avocat esquisse un geste de détresse, qu'il achève en une manifestation d'acquiescement.\u2014 Certainement, certainement ! \u2026.mais cela coûte très cher ! Jean Herbois a compris.Sans répondre à Me Dupont qui insiste pour savoir son nom et son adresse, il quitte en hâte la louche officine.Il imagine alors les grands yeux de Ghislaine s\u2019ouvrant démesurément à la perspective du rôle qu'on voudrait lui faire jouer, \u2014 son étonnement, son indignation, \u2014 et, le cœur pincé de Christian bafoué, blessé à mort, car maintenant comme au temps de ses fiançailles, Christian reste son plus douloureux souci.Il croit l'entendre dire d'une voix cassée : ' \u2014 Quand il est triste, jai peur qu'il pense à l'autre, là-bas.Cette plainte est restée en lui comme une écharde brûlée de fièvre, qu'il n'a pu extirper.Le docteur Herbois sent son espérance s'écouler de lui comme le sang d'une blessure.Il comprend sa folie d'avoir promis le libre bonheur à une femme ligotée par tant de traditions, de devoirs et de tendresses, puisque pour l'obtenir, il la faudrait dépouillée de tout, ou si follement éprise que plus rien ne comptât pour elle, que son amour.Or, ce n'est pas cela; pour elle, Christian compte, leurs familles, leurs voisins, le tout Mont- fort compte, \u2014 et Roselyne.Au souvenir du geste désinvoite dont l'homme aux divorces a rejeté Jolie-Chérie hors du chemin des « nouveaux époux », le docteur ressent une sorte de rage, \u2014 mais cet individu pouvait-il savoir que l'amour de Roselyne a ajouté son poids à l'amour de Ghislaine dans le cœur du « nouvel époux » ?Trop de sentiments divers bouleversent Jean Herbois en cette nuit printanière.Bien résolu à retrouver son parfait équilibre, il s'interdit de penser davantage à la louche officine ; il lui faut se débarrasser de l'é- cœurement qu'il en a rapporté, et, malgré son extrême lassitude, ne pas renoncer, par dégoût, à une entreprise qu'il s'est juré de mener à bien.La nuit porte conseil, à condition qu'on la laisse faire, et que, s'abandonnant à elle, on oublie tout dans un profond sommeil.Un cachet procura à Jean Herbois l\u2019oubli nécessaire.Au matin, dès son réveil, il se trcuva pris dans les rouages de la vie quotidienne : mandé d'urgence à la clinique, il n'eut ni le loisir ni même la tentation de penser à son souci.Et quand il se retrouva seul, libre d'esprit, délivré des mias- SUPE AMT CR i we: Juin 1940 mes qui, la veille, l'empoisonnaient, il n'eut au souvenir de l'avocat-con- seil qu'un haussement d'épaules et un sourire de pitié.Après tout, cet homme faisait son métier en procurant à ses clients, par n'importe quelle manœuvre, la séparation qu'il leur avait promis.Il savait qu'en s'adressant à lui, ils ne raffinaient pas sur le choix des moyens, et que, avant d'échouer à son officine, ils avaient épuisé toutes les possibilités honnêtes.Alors, pourquoi s'étonner, et surtout s'indigner qu'il recourût aux expédients ?Car, il fallait en convenir, sans expédients, cette séparation serait impossible, \u2014 à moins que.Tout n'était pas à rejeter dans les suggestions de Me Dupont.Il n'avait peut-être pas tort en doutant de la perfection du mari anonyme.Christian aimait une autre femme que la sienne, \u2014 Ghislaine prétendait qu'il en entretenait fidèlement le souvenir en son cœur .Il y avait peut- être, dans la vie du jeune ingénieur, un secret favorisé par ses fréquents voyages d'affaires.Une lueur d'espoir pointait, \u2014 Jean ne renonçait plus à poursuivre sa conquête.Le même jour, il confia à un détective réputé la mission de faire une enquête discrète sur la vie privée de Christian Le Monnier, \u2014 le priant d'aller vite.Chapitre XVI Q UELQUES jours plus tard, ce détective envoyait au docteur Herbois le curriculum vitae de Christian Le Monnier, accompagné de la note suivante : «M.C.L.M.absent de Paris.Dès son retour, nous organiserons une filature.En attendant, poursuivons notre enquête pour détails complémentaires.» Le docteur qui, au moment où lui arriva son courrier, était devant une glace, son rasoir à la main, n'attendit pas, pour prendre connaissance de ce pli, que sa toilette fût achevée.Rien de suspect dans l'existence de son rival, bien noté partout, ingénieur de valeur, hautement apprécié, et jouissant à son domicile, \u2014 on n'en pouvait douter, \u2014 de l'estime de sa concierge.L'enquête complémentaire serait sans doute plus intéressante.Quand il eut fini sa lecture, Jean Herbois évita de se regarder dans la glace, \u2014 ou du moins, il se contenta de regarder ses lèvres et son menton soumis au contact du rasoir.Il avait peur de voir ses yeux! Et tout le jour, il se sentit mal a l'aise, honteux de lui-même.Cette façon de fouiller la vie des gens à leur insu, est-elle plus honorable que celle de fouiller leurs tirois ?Est-il plus honnête de chercher à découvrir des secrets et à les voler, que de prendre un portefeuille ou des bijoux ?Quand cesse-t-on d'être un homme d'honneur ?Il se rassura en se disant que le genre de recherches auxquelles se livrait l'agence X .était légal, tandis qu'un cambriolage ne l'est pas, \u2014 que des hommes fort estimables y ont parfois recours, et que, d'ailleurs, il s'agissait du bonheur de Ghislaine.Après quoi, il n'y pensa plus jusqu'au lendemain.Ce lendemain lui apporta une deuxième communication du détective.« M.C.L.M.reçoit son courrier, partie à son usine, partie à son domicile, avenue de Breteuil.Ici et là.on a fait suivre en Corse pendant trois semaines.Il y a quatre jours, ordre a été donné, au domicile et a l'usine, de garder le courrier, en attendant le retour du destinataire.» Jean Herbois plia soigneusement cette lettre, un sourire aux lèvres.Christian recevait une partie de son courrier à son usine .courrier personnel, puisque l'agence n'était chargée de surveiller que celui-là.L'homme aux divorces aurait-il raison ?Puis le sourire s'effaça, \u2014 Christian allait rentrer ! Comment Ghislaine le recevrait-elle ?La rejoin- drait-il à Montfort ?Il lui fut impossible de s'occuper de ses travaux habituels ; sa pensée tournait sans répit dans la grande maison provinciale et le jardin aux fantômes, où il imaginait les scènes les plus cruelles pour sa jalousie et pour son amour.Plusieurs fois, il téléphona au détective de précipiter son enquête, acceptant tous les suppléments de dépense qu'elle nécessiterait.Nouveau pneumatique dans la soirée.« M.C.L.M.est venu à son usine cette après-midi, vers quatre heures.Il a pris son courrier, a été reçu par le directeur, \u2014 est sorti de l'usine à six heures.S'est fait conduire en taxi, boulevard Raspail, 124.Nous avons pu savoir que, à cette adresse, il est monté chez Mme Ru- meau, tante de sa femme.Continuons filature.» Christian à Paris! mais Ghislaine et Roselyne?.Jean se précipita sur le téléphone, sans même savoir ce qu'il allait demander.Mais le téléphone resta muet.Il fallait conclure que l'appartement Le Monnier était vide, et que Christian, en ce moment chez Mme Rumeau, était rentré seul à Paris.Le jour suivant, un samedi, le docteur revint chez lui une heure plus tôt que de coutume, dans l'espoir d'y trouver des nouvelles.Un pneu l\u2019attendait.« M.C.L.M.a quitté le boulevard Raspail à 21 h.35.Est rentré avenue de Breteuil à pied.Ce matin, il est allé à l'usine à 9 heures.» Le soir.«M.C.L.M.sorti à midi de l'usine.Passé à la poste où il a affranchi deux lettres, l'une pour Saint- Jean-de-Luz, \u2014 l'autre pour Buenos- Ayres, poste aérienne.Impossible de déchiffrer le nom des destinataires.\u2014 De là, il est allé au restaurant Garnier, \u2014 a déjeuné seul et rapidement.Puis à son domicile, \u2014 en est ressorti avec un sac de voyage, a pris un taxi pour aller gare de Lyon.à, toujours seul, a pris un billet aller et retour pour Montfort.Parti par le train de 14 h.27.» \u2014 Week-end, rage Herbois, les dents serrées.Elles sont restées la- bas, il va les retrouver, peut- les ramener ! Puis, avec une sombre joie, il pense à la lettre aérienne envoyée en Argentine.Donc, cela dure toujours, Ghislaine ne s'est pas trompée.En ce cas, la proposition d'une séparation apporterait à Christian plus de satisfaction que de regrets.Alors, à quoi bon l'espionner davantage ?On ne trouvera rien de coupable dans sa vie parisienne, puisque l'autre est outre- Océan ; à quoi bon ce travail sournois et répugnant, s'il y a à la séparation un consentement mutuel ?La loi n'en demande pas beaucoup plus, et, de la sorte, on ne remuerait point la boue dont chaque adversaire serait éclaboussé.L'espérance vient de renaître dans le cœur de Jean Herbois.Tout la journée du dimanche, il pensa à la réunion de famille, à Montfort.Calmé de sa fièvre, il ne ressentait que la nostalgie d'un bonheur qui, fait d'amour, d'oubli de soi-même, de tendre solidarité, a gardé intact le patrimoine de la race, et y prise chaque jour sa force de vie, alors, pour les femmes qui desirent conserver leur ligne juvenile Grace & \u201cFabric Boning\u201d, ces vêtements donnent un confort merveilleux et une grande liberté de mouvements.Ce sont des bandes d'un tissu mince, élastique, qui contrôlent parfaitement la ligne, sans que le corset remonte ou s'étire.La \u201cTaille qui respire\u201d\u2014 particularité des ceintures Lelong\u2014assure la respiration la plus confortable, sans frottement ni compression.Partout dans les principaux magasins.Fabrication canadienne exclusive par , LA COMPAGNIE LIMITEE DOMINION CORSET - QUEBEC, P.Q.BREVET CANADIEN NO 372,227 Fabricants des corsets Nu-Back, D & A, Goddess, Practical Front et des Brassiéres Gothic LMF 50 POURQUOI SOUFFRIR de TROUBLES FONCTIONNELS Le Composé végétal Lydia E.Pinkham a soulagé des milliers de femmes ?Rares sont les femmes aujourd\u2019hui qui n\u2019ont pas quelque trouble fonctionnel.Vous avez sans doute remarquée, VOUS AUSSI, que vous êtes parfois fatiguée, irritable, nerveuse, abattue \u2014 sans entrain au travail.Employez alors le Composé végétal Lydia E.Pinkham pour reposer vos nerfs, rendre moins pénible l'épreuve mensuelle (crampes, maux de dos et de tête), et pour prévenir les étourdissements causés par les désordres fonctionnels.Depuis plus de 60 ans, le Composé végétal Pinkham a secouru des centaines de milliers de femmes affaiblies, épuisées, nerveuses durant \u201cles moments critiques\u201d, Puisqu\u2019il a aidé un si grand nombre de femmes pendant si longtemps, ne croyez-vous pas qu\u2019il serait bon pour de prendre le Composé Pinkham ?Commencez aujourd\u2019hui, sans délai.AVIS : Le Composé végétal Lydia E.Pinkham se vend liquide ou en tablettes commodes (même formule).La Beauté Physique C'EST LA JOIE DE LA VIE Etes-vous déprimée! Nerveusel Sans énergie! Délaissée ! La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments ?Souffrez - vous de maigreur ?De vertige ?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C'est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront plus fermes, votre teint s'éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre produit SANO «A».CORRESPONDANCE STRICTEMENT CONFIDENTIELLE Heures de bureau : Le samedi, de 3 heures à 6 heures p.m.Mme CLAIRE LUCE LES PRODUITS SANO ENRG.5930, Ave Durocher Caster Postal 2134 (Place d'Armes) Montréal, P.Q.Ecrivez Hsiblement ci-dessous Nom Adresse ee ses résistances contre l'épreuve, quelle qu'elle soit.Comment Ghislaine aura- t-elle le courage d'y renoncer pour un destin si lourd d'inconnu?:.Incapable de supporter ses doutes et sa solitude, Jean Herbois alla rejoindre un collègue, le docteur Richard, qu'il savait rencontrer dàns une réunion mondaine où tous deux avaient été conviés.La réunion ne l'intéressait pas, mais le collègue lui plaisait, \u2014 d'autant plus que séparé l'an dernier il venait d'épouser la fille d'un banquier parisien.Le nouveau ménage était déjà là quand Herbois fit son entrée chez Mme Z.Couple élégant, très moderne, fêté par un groupe de jeunesse.Le cœur de Jean en fut réchauffé : le monde, le vrai monde peut donc accueillir sans contrainte un ménage comme celui-là ?Peu importe l'attitude réprobatrice de quelques douairières, elles n'empêcheront pas que ces jeunes mariés soient heureux.Grâce à d'habiles manœuvres, Jean parvint à se trouver seul un moment avec son ami.\u2014 N'est-ce pas qu'elle est jolie?dit celui-ci avec orgueil.\u2014 Ravissante ! Alors, heureux ?\u2014 Comme je ne l'ai jamais été.\u2014 Pas même la première fois ?C'était bien la dernière question à poser, mais Jean aveuglé par son obsession ne s'en aperçut pas.Son hautain détachement l'autorisait peut- être à tout dire car son ami ne sembla point s'étonner de ce manque de tact.\u2014 La première fois, c'était autre chose, expliqua le docteur Richard.Je faisais un mariage de convenance arrangé par des amis de la famille.Elle ou une autre?.C'est bien pourquoi ses défauts me sont devenus si vite insupportables.Mais cette fois ! Son brusque silence, son large sourire furent plus éloquents qu'une discours.Au défi de toute discrétion, Jean demanda encore : \u2014 Ainsi, malgré les difficultés que vous avez eu à vaincre, si c'était à recommencer, vous le feriez encore?Le docteur Richard regarda dans les yeux son interlocuteur.\u2014 Herbois, dit-il, vous êtes un des hommes les plus distants, \u2014 je dirai même, les plus indifférents, \u2014 que je connaisse.Pendant six mois, nous nous sommes vus plusieurs fois par semaine sans que vous m'ayez jamais posé une question, et depuis uinze jours, vous devenez curieux.hose remarquable, votre curiosité tourne autour de ma séparation et de mon remariage.y a une raison à cela! Si vous étiez marié, je vous supposerais mécontent de votre femme, et désireux d'en prendre une autre, à mon exemple ; mais vous êtes célibataire, par conséquent, libre de vous-même, \u2014 à moins que .Notez bien que je ne vous demande pas de confidences, Herbois, mais je suis tout disposé à vous entendre, si vous avez envie de parler.\u2014 Merci, mon vieux ! Vous disiez, «à moins que.» \u2014 À moins que .Il ne suffit pas que vous soyez libre, \u2014 il faut être deux pour se marier.C\u2019est cela, n'est- ce pas ?Jean acquiesça de la tête.\u2014 Donc, vous aimez une femme mariée.\u2014 Oui.\u2014 Ennuyeux, cela, et dommage pour Madeleine Gauthier.\u2014 Madeleine Gauthier, la fille du professeur ?\u2014 Elle-même.\u2014 En quoi mes affaires de cœur peuvent-elles l'intéresser ?\u2014 En ce que vous êtes devenu son affaire de cœur.\u2014 Quelle plaisanterie ! vous-êtes \u2014 Je ne plaisante pas.Mais laissons Madeleine, puisque son sentiment pour vous n'est pas payé de retour, \u2014 faisons le silence sur son cher secret.\u2014 Qui est l'enfant de votre imagination.Sans insister, Richard reprit : \u2014 Oui, ennuyeux, de vouloir épouser une femme mariée quand il y a tant de jeunes filles et même de veuves charmantes à votre disposition ! Je crois, moi, que je n'aurais jamais eu le courage d'épouser une séparée.\u2014 Vous ?Eh bien ! mon vieux, en fait de paradoxe !.\u2014 Pardon ! j'ai épousé une jeune fille, moi, \u2014 elle ne pourra jamais me reprocher de lui avoir fait échanger un cheval borgne contre un aveugle, \u2014 car il faut s'attendre à tout avec les femmes.C'est entendu, je suis séparé, mais ceci me regardait seul, et en épousant Colette, je n'ai pas eu à me dire que, par le monde, il y a un monsieur vivant qui connaît ma femme aussi bien que moi.\u2014 Mme Richard est plus généreuse que vous ! Elle n'a pas hésité à épouser un séparé.\u2014 Mais si, elle a hésité, la pauvre petite ! ce fut là le point noir de nos finacailles, \u2014 non pas parce qu'il y avait par le monde une femme vivante me connaissant très bien, \u2014 mais à cause des idées religieuses de sa famille.Ma belle-mère ne voulait pas donner son consentement, \u2014 et puis elle a cédé.Colette est très évoluée, très moderne ; quand elle veut quelque chose, elle le veut bien.Et avec cela, intelligente ! et artiste ! - Bref, elle ne regrette rien.\u2014 Pas encore, et je ferai tout pour qu'il en soit toujours ainsi.\u2014 Dites-moi, Richard, avez-vous eu beaucoup de mal à obtenir votre séparation ?\u2014 Pas trop.Il y avait consentement mutuel, incompatibilité d'humeur absolue.Ah! mon cher, quelle vie cette femme me faisait! Elle a été de mon avis pour la premiére fois quand j'ai parlé de séparation, \u2014 nous avions enfin trouvé un terrain d'entente.Aussi, cela n'a pas traîné.\u2014 Je vois, dit pensivement Her- is.\u2014 Ah! Colette me fait signe, ex- cusez-moi.Dites donc, si vous voulez consulter un avocat.je vous recommande le mien ; mais réfléchissez d'abord, réfléchissez bien ! Précédé de son sourire, il courut rejoindre sa femme.Jean resté seul sentait vaciller en lui sa fragile espérance.Il dut serrer des mains, répondre à des questions, l'esprit bien loin de ce qui se faisait autour de lui.La maîtresse de maison l'engagea vainement à prendre sa part des divertissements de la journée, \u2014 il refusa tout, mais fut obligé de la suivre dans la salle à manger, pour y boire du champagne, et manger des petits fours.Là, il rencontra le professeur Gauthier, tout heureux de lui parler de ses travaux de laboratoire.Madeleine était auprès de son père, une flamme heureuse dans les yeux.\u2014 Quel gâchis ! pensa-t-il en prenant congé.Sans s'expliquer davantage, il rentra chez lui, l'esprit occupé de son entretien avec le docteur Richard, et déçu comme l'est tout homme qui, croyant avoir trouvé un diamant, n'a ramassé qu'un caillon.Sa pensée, ce soir-là, ne quitta guère les Richard.Des propos entendus, il ne voulu garder que la facilité d\u2019un divorce par consentement mutuel, et le souvenir de la correspondance avec l'Argentine entretenue par Christian Le Monnier ranima son espoir chancelant.Le lendemain soir, nouvelle communication de l'agence X.La REevuE PopuLAIRE « M.C.L.M.rentré à Paris au- jourd'hui.Arrivé à 14 heures à l'usine où l'attendait une lettre de Saint- Jean-de-Luz.Sorti de son bureau à 18 heures, entré à la poste, \u2014 passé une dépêche \u2014 d'une douzaine de mots, tarif français.S'est informé de l'heure probable de l'arrivée de cette dépêche.Probablement ce soir, à moins que Bordeaux ne soit trop encombré.Nous supposons que sa destination est Saint-Jean-de-Luz.» \u2014 Qu'est-ce que cela peut me faire! pensa Herbois dépité.En somme, journée creuse.Et toujours ce poids sur le cœur.Pour échapper a son souci, Jean s'absorba dans l'étude d'un livre que le professeur Sardi lui avait envoyé ce même jour.Cette lecture d'un intérêt passionnant chassa les fantômes qui rôdaient dans la pièce austère où, seul, un portrait de femme, \u2014 sa mère, \u2014 mettait une douceur.Tout en lisant, il prenait des notes ; une cigarette oubliée se consumait lentement au bord d'un cendrier.Nul autre bruit que le tic tac de la pendule, et le grincement du stylo sur le papier.Cette pièce semblait le temple du travail et de la paix.Mardi, rien.Mercredi, 18 heures.« M.C.L.M.est arrivé ce matin à son bureau à l'heure habituelle.Sorti à midi.À pris un taxi qu'il a envoyé devant l'hôtel Régina, place des Pyramides.Il est entré au restaurant, a déjeuné avec deux personnes arrivées avant lui, un monsieur et une dame, tous deux jeunes, apparemment des étrangers.La jeune femme a très peu parlé, \u2014 le monsieur, au contraire, très loquace.Attitude amicale entre les trois convives.« Après le déjeuner M.C.L.M.a pris un taxi, \u2014 adresse donnée au chauffeur, l'usine.Les étrangers, restés à l'hôtel, ont pris l'ascenseur où notre agent n'a pu les suivre.Devons- nous identifier ces voyageurs ?» \u2014 Evidemment, conclut Jean Her- bois.Et pourtant, quoi de plus simple, de plus facilement explicable que ce déjeuner au Régina ! Christian, par sa situation, par ses voyages, a sans aucun doute de nombreuses relations d'affaires en province et à l'étranger, et l'occasion de les retrouver à Paris.Son hôte au restaurant eût-il été une femme seule, qu'il serait téméraire de supposer un rendez-vous galant, \u2014 et cette fois, il s'agit d'un jeune ménage.Alors.Alors, une force mystérieuse poussa le docteur Herbois à regarder sa montre : « Pas encore sept heures, » \u2014 à décrocher le récepteur du téléphone et à dire quand il eût donné son nom : \u2014 Envoyez-moi dès demain tous les détails possibles sur les voyages de l'hôtel Régina.Et c'est ainsi que le lendemain soir, un jeudi, il reçut la note suivante : « Renseignements supplémentaires demandés : « M.Luiz et Mlle Maïtena d'Ar- russa, frère et sœur, Argentins, sont arrivés mardi soir, à minuit.venant de Saint-Jean-de-Luz.Occupent les chambres 43 et 45 à l'hôtel Régina.Sont déjà descendus dans cet hôtel en octobre, venant de Buenos-Ayres, y sont restés quelques jours, puis sont partis pour Saint-Jean-de-Luz où on a fait suivre leur courrier.« Gens tranquilles, très bonne tenue.« On se rappelle qu'en octobre, ils ont reçu plusieurs fois la visite de monsieur qui a déjeuné avec eux hier.« Sont sortis hier dans l'après-midi.Aujourd'hui, Monsieur est sorti seul ete en ali a Juin 1940 a 9 heures, \u2014 Mademoiselle, seule, un peu plus tard.Sont rentrés ensemble a 17 heures.Ont averti qu'ils dîneront ce soir à l'hôtel.» Jean est si ému que la feuille légère du pneumatique tremble entre ses doigts.Son regard étincelle, un sourire de triomphe se joue sur ses lèvres.Tient-il enfin la clé de son bonheur ?De nouveau, le téléphone vient à son aide : \u2014 Envoyez-moi tout de suite l'agent qui a assisté hier au déjeuner de l'hôtel Régina.Chapitre XVII A SEPT heures et demie le docteur Herbois, accompagné ide son détective, entrait au restaurant de l'hôtel Régina.Les Argentins n'étaient pas encore là.Pour surveiller leur arrivée, Jean choisit une table près de la porte.\u2014 Un peu plus tard, j'attends quel- qu'un, répondit-il au maître d'hôtel venu pour prendre ses ordres.A huit heures seulement, Luiz d'Arrussa et sa sœur apparurent.Signalés à Jean par le détective, ils prirent possession d'une table qui, par chance, était dans le rayon visuel du docteur, et même, pour peu qu'il prê- tat l'oreille, dans son rayon auditif.\u2014 Nous n'attendrons pas davantage, dit Herbois au maître d'hôtel.Ses ordres donnés, il regarda la femme qui, seule, comptait pour lui dans cette salle de restaurant.Svelte et brune, elle se tenait très droite, un grave sourire aux lèvres ; son corsage blanc faisait ressortir la pâleur dorée de son visage où les eux mettaient une lumière ; l'ensem- le était harmonieux, attirant, mais si différent de ce qu'attendait son observateur que celui-ci crut à une méprise du détective.\u2014 Etes-vous sûr que ce sont les personnes vues hier avec M.C.L.M.?\u2014 Tout à fait sûr.\u2014 Je vous prie, assurer de leur nom.L'agent réprima un haussement d'épaules et quitta la table sur laquelle apparaissait un savoureux potage.Jean regardait toujours l'étrangère.\u2014 M.et Mille d'Arrussa, de Bue- nos-ÂAyres, dit l'agent en reprenant sa place.\u2014 Maïtena ! murmura Jean.En lui, c'était un effondrement, comme une capitulation devant un ennemi victorieux.La femme qui se tenait en face de lui avec une si grande dignité ne pouvait être la complice d'une turpitude, \u2014 personne, pas même lui, si désireux de la savoir coupable, \u2014 personne n'oserait l'accuser :d'encourager un homme d'honneur à trahir ses serments.Elle semblait l'incarnation même de la paix ! \u2014 Est-elle jolie ?se demanda-t-il, regardant mieux les traits de son visage.Oui, elle est jolie, très jolie, maïs ce n'est pas cela qui compte, cern'est pas cela qui lui donne ce charme singulier.1 y avait autre chose qu'il ne cherchait pas a comprendre.La jeune fille mangeait peu.Son frère, à côté d'elle, faisait honneur à son dîner tout en parlant beaucoup.Le détective, sentant que sa mission était terminée ce soir-là et que son client ne tenait plus à sa présence, mangeait sans mot dire, et très vite pour avoir plus tôt fini.Son silence permit au docteur de saisir quelques phrases prononcées à la table des Argentins.Ils s'exprimaient en espagnol, langue que Jean Herbois comprenait mal, mais il entendit trés distinctement le nom de Christian prononcé par Luiz d'Arrussa.Ce nom fut répété sur le veuillez vous ton de l'interrogation, \u2014 à quoi Maï- tena ne répondit pas.Jean qui la regardait vit avec stupeur le beau visage de la jeune fille prendre une expression pathétique où il se figea; son regard fixe voyait ailleurs que dans cette salle fleurie et surchauffée; ses lèvres sans sourire se fermèrent, les joues se tendirent \u2014 toute sa grâce lumineuse s'était muée en une impressionnante rigidité.\u2014 Elle souffre encore, pensa Her- bois.Donc, elle n'a pas cessé de souffrir depuis quatre ans.plus longtemps que moi! t une grande pitié lui vint pour cette jeune fille dont.il devinait la douleur, \u2014 cette jeune fille d'où toute haine était absente, son doux et pur visage le disait sans détours.Son dîner expédié en vitesse, l'agent du détective prit congé, pro- metant de poursuivre le lendemain sa surveillance de M.C.L.M.\u2014 Inutile, répondit le docteur.Je sais maintenant ce que je voulais savoir.Veuillez en prévenir M.X.Je passerai chez lui pour le remercier.Qu'aurait-on pu lui dire de plus ?Une chance miraculeuse lui mettait sous les yeux l'objet même de ses recherches ; s'il y avait une enquête à poursuivre, il saurait désormais s\u2019en charger.Ce qu'il n'avouait pas, c'est qu'il lui répugnait de livrer cette jeune fille aux indiscrétions d'un détective: \u2014 c'est bien pour cela qu'il n'avait pas demandé à l'agent de M.X .polyglotte, d'écouter la conversation des Argentins.| regarda encore Maïtena.Lointaine, très lointaine, elle ne mangeait plus et ne prêtait pas attention à ce que disait son frère qui, enfin, s'en aperçut.Une nouvelle question fut posée, \u2014 le jeune homme mit doucement sa main sur la main de la jeune fille, \u2014 elle tressaillit, sourit à son compagnon, et son visage reprit sa belle sérénité.Revenue aux choses présentes, elle eut enfin conscience de l'attention dont elle était l'objet, \u2014 tournant un peu la tête, elle rencontra le regard de Jean Herbois.Elle soutint quelque secondes ce regard avec une tranquille assurance, puis elle baissa les yeux.Jean sortit lentement de la salle à manger et rentra chez lui.Le lendemain, à midi et demi, il revint à l'hôtel Régina.Le hall d'entrée, animé par le va- et-vient des voyageurs, bourdonnait comme une ruche.Les rudes syllabes espagnoles aux belles sonorités dominaient le gazouillis anglais : parmi tant de voyageurs, les Sud-Américains étaient en majorité, bien faciles à reconnaître, les femmes surtout, par leur grâce brune que soulignait l'animation du verbe et du sourire.Au milieu d'elles, Maïtena, tranquille et grave, semblait d'une autre race.Une comparaison s'imposa à Jean qui, tout de suite, l'avait reconnue : un lis émergeant d'un bouquet d'œillets et de mimosas.A la lumière du jour, sous son chapeau de feutre gris, elle lui sembla plus belle encore que la veille, \u2014 « plus belle que Ghislaine, mais moins humaine, \u2014 un peu hors de ce monde, au-dessus de ce monde.» Et un attendrissement lui vint au souvenir de Ghislaine vibrante, frémissante à toutes les émotions, portant dans ses yeux, comme une offrande, toutes ses joies et toutes ses douleurs, \u2014 Ghislaine, cette faiblesse qui avait tant besoin de s'appuyer à une force, \u2014 Ghislaine, ce cœur passionné qui avait tant besoin d'amour.A vrai dire, ce n'est pas à Ghislaine que, depuis la veille, il avait le plus pensé, Maïtena l'intéressait pro- (Lire la suite page 56) .51 UN PERCOLATEUR \u201cWEAR-EVER\u201d fait ressortir TOUTE la Saveur et l'Arome Le café fait dans un Percolateur \u201c Wear- Ever\u201d vous voudra les meilleurs éloges grâce à son arome naturel, La tôle d'aluminium EPAISSE et dure chauffe plus rapidement et épargne du combustible.Modèle des plus attrayants, moderne et très léger.Par économie et pour obtenir un service extra long, choisissez toujours \u201c Wear-Ever \u201c.Les ustensiles en aluminium \u201c\"Wear-Ever'\u2019, avec jolies garnitures noires, s'harmonisent à n'importe quelle combinaison de couleurs.\u201cWear-Ever\u201d Ustensiles de Cuisine en Aluminium rontenac Bleue\u2019 52 Li Revue PO>ULAIRE DES LIVRES POUR NOS ENFANTS PAR FRANCINE N ous avons déjà entretenu nos lecteurs de la Bibliothèque fondée pour les enfants, dans l'Est de Montréal.A cause de l'exiguïté de son modeste local, elle vient d'être transportée au 3276 est, de la rue Sainte-Catherine.Cet agrandissement devenu nécessaire au bout d'une si courte période de temps est la meilleure preuve que cette œuvre s'imposait.Quelques chiffres suffiront à convaincre les plus incrédules.Depuis sa récente fondation, 2580 enfants, la plupart âgés de 9 à 14 ans, s'y sont enregistrés.Sur ce nombre, 1,100 à 1,200 écoliers la fréquentent assidûment.Le rapport annuel.paru le mois dernier, atteste que 34,000 livres ont été empruntés au cours de l'année dernière.Et l'on viendra dire après cela que les enfants d'aujourd'hui n'aiment pas la lecture .La bibliothèque est ouverte pour la circulation le lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 2 heures à 5 heures et demie ; le samedi, de 10 heures à midi et de 1 heure et demie à 5 heu- Un groupe d'enfants attend I'ouver\u2019ure de la bibliothèque fondée pour eux dans l\u2019est de Montréal.(ci-dessous! L'intérieur de la biblio- res.Cependant, la bibliothécaire s'y , i tient toute la journée, sauf le mercre- thèque, au 3276 est, de la rue Sainte-Catherine.Depuis sa récente di, et t obli t à la dis- fondation, 2580 enfants s'y sont enregistrés.34,000 livres ont é'é 1, et se met obligeammen a a .empruntés au cours de l'année dernière.Cette Bibliothèque des Enfants position des personnes qui aime- a déjà huit succursales.La bibliothécaire générale est Mlle Gabrielle Labelle.Photo prise en avril dernier.raient à visiter son domaine.A cette saison de l'année, alors que bien des gens déménagent ou vont s'installer dans leur maison de campagne, il n'est peut-être pas inutile de rappeler au public que les dons de livres sont les bienvenus à la Bibliothèque des Enfants.Les volumes les plus demandés sont ceux de la Bibliothèque Rose, de la Bibliothèque de Suzette, de Jules Verne et, pour les plus jeunes abonnés, les livres d'images.I est regrettable que tous les quartiers n'aient pas leur bibliothèque enfantine.Pour combler en partie cette déplorable lacune, des dames charitables ont offert bénévolement leurs services pour faire une distribution de livres aux enfants de leur entourage.Chaque mois, la Bibliothèque des Enfants leur expédie une caisse contenant de trente à cinquante volumes qu'elle leur prête pour un temps limité.C'est ainsi qu'il y a en quelque sorte des succursales de la ibliothèque des Enfants: une a Rosemont, une à Ahuntsic, trois a Ville La Salle, deux à Pointe-Claire et deux à Sainte-Anne-de-Bellevue.La campagne de souscription, or- anisée chaque année au profit de la ibliothèque des Enfants, a été fixée au début de l'automne prochain.Photos LA REVUE POPULAIRE _\u2014\u2014 le dts CE [iin 1040 LA SOCIETE DE GEOGRAPHIE DE MONTREAL 1.DATE DE FONDATION La Société de Géographie de Montréal fut fondée le 21 novembre 1939.2.SIEGE DE LA SOCIETE La Société a son siège à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales.affiliée à l'Université de Montréal, 535, avenue Viger.3.ADMINISTRATEURS Le Bureau des Administrateurs, élu à la première assemblée générale, se compose des membres suivants : Président : M.François Vézina.Professeur à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales; Vice-président : Mgr Olivier Mau- rault, P.D., P.S.S., Recteur de l'Université de Montréal ; Secrétaire-général : M.Benoît Brouillette, docteur de l'Université de Paris, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales ; Trésorier : M.Pierre Dagenais, docteur de l'Université de Grenoble.professeur à l'Ecole Normale Jac- ques-Cartier : Conseillers : M.Raymond Tan- ghe, docteur en sciences sociales, économiques et politiques, et M.Georges Langlois, journaliste.4.OBJET DE LA SOCIÉTÉ L'objet de la Société est d'éveiller l'intérêt du grand public pour la géographie cet, en provoquant une nouvelle curiosité, de favoriser la propagation des connaissances géographiques.Son objet plus immédiat est: (a) d'encourager, par les moyens dont la Société dispose, ceux qui font des travaux intellectuels de géographie, soit comme occupation principale, soit comme occupation secondaire sérieuse ; (b) d'encourager l'enseignement de la géographie selon des méthodes modernes dans les diverses branches de l'enseignement, depuis l'école primaire jusqu'à l'université : (c) d'encourager les travaux de recherche et géographie parmi ses membres sans se substituer toutefois aux instituts ou chaires de géographie de l'enseignement supérieur; (d) de pousser spécialement l'étude de la géographie régionale du Québec et de la géographie nationale du Canada 5.MoyENs D'ACTION a) Réunions La Société se réunit neuf fois par année pour entendre la lecture d'un travail fait par un membre ou par un invité d'honneur Une discussion générale suit.b) Conférences publiques La Société organise des conférences publiques destinées a vulgariser les connaissances géographiques.Elle peut patronner des conférences organisées par d'autres groupes, ainsi que des causeries à la radio sur des sujets géographiques.c) Centre de documentation Le travail étant le principal moyen d'action, la Société met à la disposition de ses membres la documentation géographique qui s'accumule depuis trente ans à la Bibliothèque et dans les salles de travaux géographiques de l'Ecole des Hautes Etudes commerciales.On y trouve les principales collections d'ouvrages et de revues, des atlas.des cartes détaillées et des clichés sur verre.La Bibliothèque est ouverte au public, mais il faut remplir certaines conditions pour fréquenter les salles de travaux.d) Publications La Société entreprendra, dès que ses revenus le lui permettront, la publication d\u2019un bulletin et autres travaux géographiques.e) Bibliothèque La Société a pour ambition de se constituer une bibliothèque particulière.Elle sollicite des dons d'ouvrages, cartes, clichés et collections de musée qu'elle mettra à la disposition de ses membres.[) Influence morale La Société doit exercer son influence de la manière la plus favorable aux progrès de la géographie.Elle peut faire les recommandations qui lui semblent les plus justes auprès des autorités intéressées, soit auprès des services publics, soit auprès des institutions enseignantes, notamment en ce qui concerne la nomenclature géographique de la Province de Québec et celle de la ville de Montréal.les cartes officielles, les programmes d'enseignement, les manuels scolaires.g) Voyages et Missions La Société peut organiser ou patronner des voyages ou excursions.a condition que ceux-ci comportent des études géographiques, soit au cours du voyage, soit au retour.La Société peut confier des missions à des personnes isolées à la condition que ces personnes fassent des travaux géographiques sur l'objet de leurs missions.I) Prix ct bourses de voyages La Société peut établir des prix et des bourses de voyage pour récompenser les travaux de géographie ou pour stimuler les recherches.La liste des membres fondateurs est close.6.MEMBRES La Société recrute ses membres dans le public : Parmi le personnel enseignant et parmi tous ceux qui ont à cœur la diffusion des connaissances géographiques selon les méthodes modernes.Sans avoir fait de recrutement méthodique, la Société compte déjà 80 membres ayant payé leurs cotisations.Pour devenir membre, il faut et il suffit d'être présenté en séance publique par deux membres de la Société et d'acquitter sa contribution selon l'une des trois catégories suivantes : a) membre actif b) membre à vie c) membre bienfaiteur La Société de Géographie de Montréal a son siège à 535, Avenue Viger.VOUS êtes mieux protégé contre le dérapage avec la semelle mise à l\u2019épreuve du dérapage du Royal Master, car elle prend jusqu\u2019à 220 pieds de moins que les semelles ordinaires pour arrêter l'auto \u2014 et elle ; contrôle absolument le dérapage de côté et en avant.Vous êtes mieux protégé contre les éclatements parce que le Royal Master est fabriqué avec des cordes de rayon \u2014 si fortes qu\u2019un pneu à 4 plis est aussi fort et aussi résistant aux ruptures qu'un pneu régulier à 6 plis.Seul le Dominion Royal Master vous donne, à vous et à votre famille, cette double sûreté \u2014ainsi qu\u2019un millage économique.Pour la sûreté \u2014 roulez sur des pneus Royal Master. J'ai choisi la saveur des Kellogg's sans aucune hésitation.\u2018Personne ne sait mieux qu\u2019une diététiste l\u2019importance qu\u2019a une saveur alléchante, si l'on veut que le corps profite le plus possible des aliments qui sont consommés, Je donc contente de goûter, les yeux bandés, aux quatre marques de flocons de mais.L'échantillon, que je choisis sans aucune hésitation pour sa saveur, fut celui des Kellogg's.\u201d (signe) MABEL ROBBINS Honey Dew Ltd.us Chef-Diététiste d'EXPERT 14r @ vaveur\u2026 Déclare BARBARA B.BROOKS, Vous rappelez-vous que je vous ai dit qu'on m'avait demandé d'obtenir l'opinion d'experts en saveur sur le goët des Kellogg's Corn Flakes?Et que j'étais allé trouver des dégustateurs de thés, des mélangeurs de cafés, des chefs et des diététistes?Les essais furent faits dans les conditions les plus strictes.Les différents échantillons ne furent identifiés qu'après que l'expert eu fait son choix.Et ce n'est qu'après avoir choisi qu'il ou elle pouvait voir que l'échantillon choisi ézait celui des Kellogg's.L'un des experts les plus intéressants fut Mme Robbins\u2014 dont la déclaration est citée ci-dessus.En tant que diététiste, elle souligne particulièrement l'importance d'une saveur alléchante, si l'on veut que le corps profite le plus possible de n'importe quel aliment.2000 ménagères, \u201cQuelle céréale prête-à-manger \u201c© La saveur exquise des Kellogg's wa Jamais été égalée, Et les Kellogg's Corn Flakes sont si vite et si facilement pré- Parés, que les ménagères les appellent | | \"le déjeuner pret en 30 secondes! Les ménagères enregistrent les goûts de la famille.vue \u201cLe choix des Kellogg's par ma famille compte encore plus queles votes des experts,\u201d me dit une mere.Alors je lui dis qu'au cours d\u2019un pointage fait au Canada l\u2019été dernier la question suivante avait été posée à Sauter du lit juste pour le déjeuner ne donne aucune chance à notre appétit.Cependant, nous devons jouir de notre déjeuner pour en obtenir l'énergie dont nous avons besoin.Voyez à ce que votre déjeuner fasse ces 3 choses: 1.REVEILLE doucement votre estomac endormi! La authorité en matière de nutrition votre famille préfère-t-elle?\"; et que les Kellogg's avaient été nommés 5 fois plus souvent que la marque de flocons de maïs venant en seconde place! Les Kellogg's Corn Flakes sons si frais, si croquants et si savoureux.Pas étonnant qu'ils soient, toute l'année, le déjeuner le plus populaire au Canada! Un déjeuner alléchant vous fait démarrer vite des Kellogg's Corn 2° Flakes dorés et croquants vous fait venir l\u2019eau à la bouche, aiguise votre appétit.2.Vous fasse DEMARRER vite! Riches en hydrates de carbone énergétiques, les Kellogg's Corn Flakes vous aident à bien commencer la Journée, 3.Vous aide à TENIR le coup! Un déjeuner comprenant des Kellogg's Corn Flakes, avec de la creme et du sucre, fournit de l'énergie pour plusieurs heures\u2014vous aide à tenir le coup jusqu'à midi.Par ces temps diffciles, lorsque les nerfs sont en plus 1\" @ Ayez toujours un gros carton de cette céréale dans votre dépense.Quand vous êtes loin de chez vous, exigez les Kellogg's Corn Flakes dans le carton individuel scellé! Préparés par Kellogg.Fabrication Canadienne, pelote, il est heureux que les Kellogg's Corn Flakes, alléchants et faciles à digérer, soient aussi très nourrissants.Une portion moyenne, avec de la crème et du sucre, fournit 223.26 calories - c'est-à-dire autant que beaucoup d'autres mets \u201clourds\u201d et plus longs à préparer! Et voici un tuyau: servez des Kellogg's aux petites collations prises avant le coucher.Des millions de femmes le font! Lis Wiles Cote kes PRIMENT PAR (EUR SAVEUR L'ART DE VIEILLIR PAR FRANCINE L N'y A pas moyen de dire le contraire, vieillir tout doucement, sans éprouver de regret, sans se montrer intolérant envers autrui.n'est pas facile.Deux excès sont à Éviter : se vieillir avant le temps ainsi qu'on le faisait encore il y a un demi-siècle.ou chercher à prolonger outre mesure sa jeunesse comme cela se pratique beaucoup aujourd'hui, Nous avons toutes connu ces grand'mêres qui a quarante ans s'affublaient d'un chapeau à brides, ces veuves qui portaient leur coiffe de deuil pendant le restant de leurs jours, ces personnes foujours craintives, toujours fatiguées, qui reculaient devant un voyage, une installation à la campagne ou un déménagement, qui avaient une peur maladive des promenades sur l'eau, des courants d'air, du vent, de l'humidité, quand ce n'était pas du grand soleil, et qui semblaient prendre un malin plaisir à gâter toutes les parties de campagne.Pour ma part, j'en ai connu bon nombre dans ma jeunesse, mais je suis portée à croire que leur race a entièrement disparu.Ce que nous voyons maintenant, quand nous entrons dans la salle de danse d'un grand hôtel ou d'un paquebot, ce sont des dames, grand'- mères depuis quelques années déjà, poudrées, vêtues de toilettes claires, qui tourbillonnent aux sons d'un orchestre de jazz.Remarquez que je ne vois à cela aucun mal.Elles sont peut-être moins encombrantes que les personnes dont j'évoquais le souvenir il y a un instant, mais combien plus ridicules ! Il existe un juste milieu entre ces deux attitudes extrêmes et c'est vers lui que nous devons tendre.N'est-il pas plus naturel, plus normal d'avoir tout simplement son âge et de l'accepter sans récriminer ?D'ailleurs les efforts demesurés que nous faisons « pour préparer des ans l'irréparable outrage » sont peine perdue car ils ne trompent persone.L'attitude idéale serait, pour une femme entre quarante et cinquante ans, d'être en même temps la confidente et la meilleure amie de sa mère et de sa fille, si elle a le bonheur de posséder l'une et l'autre.Il ne faut pas que l'égoïsme dresse une muraille de Chine entre les générations.La fille qui considère sa mère vieillie comme une société trop ennuyeuse pour se donner la peine d'aller la voir souvent quand elle n'ignore pas que ses jours sont comptés, est une sans cœur.La mère qui ne se réjouit pas des succès de société de sa fille et de son plein épanouissement mais au contraire la jalouse, ne vaut guère mieux.Jetons un regard en arrière et considérons sans amertume ces années qui sont maintenant derrière nous.Demandons-nous ce que nous leur devons au juste.Elles nous ont laissé tout un bagage d'expériences, dures |parfois, mais qui ont eu leurs bons côtés.Peu à peu nous nous sommes débarrassées d'illusions qui nous coûtaient cher et de devoirs que nous avions cru sans appel.Notre jugement s'est formé, notre esprit s'est élargi, nous sommes désormais capables de goûter divers genres de beautés, d'aimer les gens et les lieux les plus différents.Toutes ces acquisitions ne compensent-elles pas, jusqu'à un certain point, la perte [de notre jeunesse ?\u2014 Souvenez-vous de tout ce qui qui nous faisait souffrir à dix-huit ans.Nous étions alors constamment sur les épines, inquiètes d'avoir fait une gaucherie ou dit une sottise.Soucieuse de savoir exactement quelle conversation nous devions tenir et de quelle manière nous devions nous conduire pour créer une impression favorable.Si par hasard nous n'avions pas réussi, ou si nous nous mettions dans la tête que nous n'avions pas réussi, ce qui en somme revient au même, nous étions inconsolables et cela à propos d'une insignifiance que personne n'avait remarquée Plus on avance dans la vie, plus ce genre de malaise se fait rare, puis disparaît complètement.On cesse d'être timide parce qu'on a enfin conscience qu'on vaut autant que les autres et qu on en sait probablement aussi long que ses interlocuteurs.Les gens ne nous en imposent plus et, d'autre part, nous avons renoncé à chercher à les éblouir Nous nous efforçons simplement de nous créer des relations agréables tout en ma- nœuvrant notre barque à notre goût.Car nous sommes maintenant fixées, notre univers est bien défini, et nous y admettons qui bon nous semble.Finies les visites ennuyeuses que nous nous croyions obligées de faire et les invitations que mous nous serions senties coupables de ne pas accepter.Nous fréquentons maintenant qui nous voulons et quand nous le voulons.Le temps nous a permis d'éprouver la fidélité et le désintéressement de certaines amitiés.Nous savons à qui nous pouvons nous fier et à qui nous devons nous adresser quand nous avons besoin d'un service.Nous sommes aussi moins entières parce que nous avons compris que personne n'a été taillé exactement sur le patron qui nous convient.Nos antipathies ont perdu de leur violence et nous n'avons plus autant d'objection à fréquenter les gens qui ne pensent pas comme nous.Au contraire, nous prenons parfois plaisir à discuter avec eux sans acrimonie.Le jeu des idées nous semble le plus passionnant des sports.« C\u2019est du choc des idées que jaillit la lumière », a dit un poète.À quarante ans on ne se laisse plus aussi facilement duper par les apparences.On s'est aperçu que les gens dont la fortune est le mieux assise ne sont pas toujours ceux qui possèdent une voiture de grand luxe et que des personnes intelligentes peuvent ne pas être mises à la dernière mode.On est moins conventionnel, non seulement pour soi- même mais pour les autres et on trouve parfois du plaisir à fréquenter des originaux qui nous font oublier la banalité quotidienne de la vie.S'il est vrai que dans la jeunesse on connaît des enthousiasmes vibrants, des passions violentes, une sensibilité affinée et une générosité plus complète, n'oubliez pas que c'est également l'époque des sombres découragements et des douleurs qu'on croyait inconsolables.C'est qu'alors nous étions à la recherche de la (Lire la suite page 71) Juin 1940 MON COURS D'ART CULINAIRE ECONOMIES A REALISER EN CUISINE : Il n'est pas au pouvoir des humbles de faire des miracles, mais il appartient aux maîtresses de maison ingénieuses et habiles l'art de réaliser des économies appréciables.ExEMPLE Les œufs: Vous faites une crème aux œufs; vous pouvez toujours remplacer 1 œuf par 1 cuillerée à table d'amidon de maïs (cornstarch) et dans les gâteaux que l'on doit manger immédiatement, 1 œuf peut se remplacer par 1 cuillerée à thé de poudre à pâte.Si c'est un gâteau que vous faites pour 3 ou 4 jours, une trop grande quantité de poudre l'asséchera.Vous faites un bouillon et vous savez que personne n'aime les soupes grasses, laissez refroidir ce bouillon, enlevez le gras qui sera figé à PAR MME ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI.la surface, servez-vous de la graisse pour préparer une bonne soupe aux légumes.Lorsque vous faites cuire des pâtes alimentaires, faites-en toujours cuire pour 2 ou 3 repas ; cela prend le même temps de cuisson, vous économisez ainsi au moins 1 heure pour les cuissons subséquentes.Si vous voulez les conserver sans qu'elles s'agglomèrent, passez-les à l'eau froide immédiatement après la cuisson.Ne jetez pas l'eau de cuisson des pâtes alimentaies, cela fait d'excellentes soupes.Vous faites un rôti au four, profi- tez-en pour cuire en même temps, la soupe, les légumes et même le dessert.La cuisson au four demande au moins 2 fois plus de gaz, cherchez donc une compensation ; tout le monde sait que les aliments cuits au four sont meilleurs dans bien des cas : les viandes braisées par exemple.e Je pourrais continuer longtemps sur le sujet, mais l'espace étant limité, je réserve d'autres suggestions pour le mois prochain.En attendant, pratiquez celles que je vous indique ici.e CouvE À L'ANANAS ET AUX FRAISES Peler un ananas frais, le couper en rondelles, enlever les yeux et le tailler en dés.Ajouter 1 boîte de fraises séparées en deux puis 14 tasse de sucre.Laisser macérer, en remplir des coupes.Servir glacé.pelure de l'ananas bien lavée et brossée avant l'épluchage pourra être coupée par morceaux et mise dans un bocal en verre d'une pinte.Ajouter 4 tasse de sucre et 1 cuillerée à thé de gingembre en poudre.Verser de l'eau bouillante pour remplir le bocal.Fermer et laisser refroidir complètement.Couler, glacer et servir comme breuvage.Si l'on n'aime pas le goût du gingembre, on peut le supprimer.T'OMATES FarcIEs AU MACARONI Faire cuire 1 tasse de macaroni coupé en petits bouts dans de l'eau bouillante salée à laquelle on aura ajouté un oignon.Egoutter soigneusement.Préparer 1 tasse de sauce blanche moyenne et y ajouter 4 tasse de fromage râpé.Bien mêler cette sauce au macaroni, D'autre part, enlever 1 rondelle sur 6 tomates, les vider, les égoutter et les remplir de macaroni.Saupoudrer de fromage râpé et faire cuire au four de 400° jusqu'à ce que les tomates soient tendres.Foie bE VEAU GRILLE Au Bacon Acheter du foie de veau et le tailler en tranches de 14 à 44 pouce.Enlever la petite peau qui l'entoure, le passer dans la farine.D'autre part, faire frire du bacon dans un poëlon bien chaud jusqu'à ce qu'il soit transparent et le retirer immédiatement si l\u2019on veut qu'il soit croustillant.Faire frire le foie dans cette graisse de bacon.Cela prend ordinairement 5 minutes en tout pour cuire des tranches de foie.Plus longtemps, le foie durcit.On ne doit pas faire tremper le foie dans l\u2019eau froide ni l'ébouillanter comme certaines méthodes de cuisson l'indiquent.CROQUETTES AU JAMBON ET AUX ŒUFS 1 tasse de soupe \u2018\u2019 crème de champignons \u2018\" 6 œufs cuits durs hachés finement 1 cuillerée à thé de sel V2 cuillerée à thé de sauce Worcestershire V2 cuillerée à thé de moutarde préparée 1V2 tasse de mie de pain 1 tasse de jambon haché finement Mélanger la sauce Worcestershire, la moutarde et le sel aux œufs.Chauffer la crème de champignons et y joindre le jambon, la mie de pain et les œufs.Chauffer de nouveau et cuire 4 à 5 minutes.Laisser refroidir 2 à 3 heures.Façonner en forme de croquettes.PANURE POUR CROQUETTES Farine Chapelure 1 œuf légèrement battu 2 cuillerées à table d'eau Passer les croquettes dans un mélange de farine et de chapelure à parties égales puis dans l'œuf battu avec l'eau, et passer de nouveau dans la panure.Cuire en grande friture à 365°-385°, jusqu'à ce que les croquettes soient bien dorées.Les Petits Fours Glacés 1 tasse de beurre \u2014 1 fasse de sucre \u2014 4 œufs moyens ou 5 petits \u2014 2 tasses de farine à pâtisserie \u2014 V4 c.thé de sel \u2014 1 c.thé de poudre à pâte \u2014 1 c, thé de vanille Défaire le beurre en crème, ajouter le sucre graduellement puis les œufs l'un après l'autre.Bien battre.Ajouter la farine préalablement tamisée avec la poudre et le sel.Verser cette pâte dans un moule doublé d'un papier beurré.Le gâteau ne doit pas avoir plus qu\u2019un pouce d'épaisseur.Cuire dans un four de 3500 degrés V2 heure.Au sortir du four, laisser reposer 5 minutes dans le moule.Renverser sur un treillis et après refroidissement complet, tailler en petits carrés d\u2019un pouce, en losanges, en triangles et glacer avec du fondant coloré de teintes très pâles.LE FONDANT 4 tasses de sucre \u2014 1 tasse d'eau \u2014 \u2018ac.thé de crème de tartre Mettre sucre et eau dans une casserole à feu doux, et brasser jusqu'à dissolution complète du sucre.Amener au point d'ébullition, ajouter la crème de tartre.Laisser cuire à plein feu jusqu'à 2360 degrés en ayant soin de badigeonner les parois de la casserole d'eau froide, soit avec un pinceau ou une fourchette enroulée d\u2019un petit linge propre.C'est pour éviter les petits grains de sucre qui tomberaient dans le sirop et l'exposeraient à granuler et & faire un fondant moins crémeux.Quand le sirop est à point, le verser dans un grand plat humecté d'eau froide.Quand le sirop est froid, le battre avec une spatule ou une cuillère de bois jusqu'à ce qu'il devienne bien blanc et dur tout en n'étant pas en sucre.Laisser reposer le fondant au moins 24 heures avant de l'utiliser, il sera plus fin.It est bon de toujours en avoir à sa disposition car le fondant se conserve indéfiniment dans un bocal fermé.Quand on veut l'utiliser pour en glacer les petits fours, il faut le faire fondre au bain-marie et le brasser tout le temps jusqu'à ce qu'il soit coulant.On peut y ajouter q.d.cuillerées de sirop simple fait avec 1 tasse de sucre, 1 tasse d'eau et bouillir 5 minutes.LE GLAÇAGE DES PETITS FOURS H est bon de les badigeonner de gelée claire avant de les couvrir de fondant, ils seront meilleurs et plus frais.On verse le fondant sur les petits gâteaux et on ramasse ensuite le fondant pour le faire chauffer de nouveau.Quelquefois ce n'est pas nécessaire, le fondant reste crémeux et de bonne consistance jusqu'à la fin.On décore le dessus soit à l'aide d'une douille, de filets de cerises ou de dragées.Photos prises à l'Ecole Ménagère Provinclale de Montréal par le photographe de La Revue Populaire Le Poulet en Aspic Faire cuire un poulet de 6 à 7 livres avec deux pintes d'eau froide, 2 Ibs de jarret de veau, 1 carotte, 2 branches de céleri, 1 feuille de laurier, 1 oignon piqué de 3 clous de girofle.Mettre d'abord dans la casserole le jarret de veau avec l'eau droide et tous les assaisonnements et laisser bouillir 1 heure.Ajouter le poulet sans le dépecer et cuire à petit feu jusqu'à ce que la viande soit bien tendre, 2 hrs, environ.Laisser refroidir dans le bouillon.Retirer le poulet, en évitant de le briser, enlever la peau et les os sans déformer le poulet et essayer de le reconstituer dans un plat, c'est-à-dire laisser les cuisses intactes et la poitrine.L'idéal est d\u2019avoir un moule en forme de poulet, comme celui que nous avons.Couvrir la viande de gelée bien clarifiée et laisser prendre bien ferme.Démouler sur un plot et entourer de salade. 56 REVEILLEZ LA BILE DE VOTRE FOIE \u2014 =\u2014et vous sauterez du lit \"gonflé à bloc\" Il faut que le foie verse deux livres de biie dans l'intestin, chaque Jour.Si cette bile n\u2019affite pas librement, vos aliments ne se digèrent pas.Ils se putréfient et se corrompent dans l'intestin Des gaz vous gonflent.Vous vous constipez.Les poisons se répandent dans tout l'organisme et vous vous sentez abattu, déprimé et vous broyez du noir.Un simple mouvement des instestins n\u2019atteint pas toujours la cause: 11 vous faut Quelque chose qui agisse sur le foie.Seules les bonnes vieilles Petites Pilules Carter pour le foie ont le pouvoir d'assurer le libre afflux de bile qui vous remettra d'aplomb.Inoffensives, végétales, douces, pour faire couler la bile, demandez par leur nom les Petites Pilules Carter pour le Foie \u2014 Carter Little Liver Pills.Refusez catégoriquement toute imitation.25¢.SOUFFREZ-VOUS D'INDIGESTION?Sentez-vous que vous ne pouvez rien manger sans éprouver des flatulences, des crampes d'estomac, des maux de cœur, des goûts surs ou des brûle- ments d'estomac ?Pourquoi endurer ces douleurs après chaque repas ?Mangez à votre aise avec les Tablettes digestives SANO (SE VENDENT AUSSI EN POUDRE) qui vous aideront à combattre l'acidité et adouciront votre estomac.Soulagement prompt et efficace.Prouvez- le avec votre prochain repas.EMPLOYEZ LES Tablettes digestives SANO et évitez une autre indigestion.Pro- curez-vous-les immédiatement, soit sous forme de tablettes en boîte économique de 120 pour 75 sous ou en poudre (boîte de 3 onces) pour 75 sous.Aussi bas prix de 25 sous.Envoyez mandat-poste en écrivant à l'adresse suivante : LES PRODUITS SANO ENRG.5920, Avenue Durocher Mentréal, P.Q.Heures de bureau : Le samedi, de 3 heures à 6 heures p.m.Casier Postal 2134 {Place d'Armes) UE 43 coupon d'abonneme 4% Iie Ci-inclus le montant d'un abonnement au grand magazine de cinéma Le Film : $1 pour 1 an ou $1.50 pour deux ans.Nom Adresse Ville Prov POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.{Suite de la page 51) digieusement, parce que, durant quelques jours, il avait mis en elle son plus fol espoir, \u2014 parce qu'elle avait su prendre le cœur de Christian si tendrement voué à une autre, et parce qu'elle était si différente de l'image qu'il s'était faite d'elle.Alors qu'il n'avait eu qu'indignation pour celui qui, fiancé à Ghislaine, avait pu aimer ailleurs, aujourd'hui qu'il voyait l\u2019objet de cette préférence, il était presque tenté d'excuser l'infidèle : Maï- tena n'avait rien d\u2019une coquette sans scrupule ; par sa beauté, par son charme singulier, elle semblait digne d'inspirer un noble amour.L'absence est mauvaise conseillère; Ghislaine était loin.Sans le magnétisme de ses yeux, de sa voix, de sa tendre faiblesse, Christian n'était-il pas excusable d'avoir subi un autre sortilège ?Jean, qui avait éprouvé jusqu'au bouleversement de tout son être le magnétisme de la chère présence, avait bien pu, loin de Ghislaine arriver à se guérir ! Et voici que, dans ce hall d'hôtel, ce qui persistait en lui de haine, incarnée dans le nom de Christian Le Monnier, s'allégeait, fondait comme les dernières glaces de l'hiver, au souffle tiède du printemps.Délivré de sa haine, ou sur le point d'en être délivré, il comprenait, lui qui avait eu les mêmes éblouissements, que Christian revenu auprès de Ghislaine avait été repris par le charme de sa présence, et que, vivant de sa vie, il avait retrouvé les tendres sentiments de ses fiançailles, amplifiés, exaltés par le lien conjugal.Plus fort que sa douleur, Jean Herbois acceptait enfin de croire que rien au monde ne séparerait Christian de sa femme, et il osait reconnaître que Ghislaine avait à son tour subi l'emprise de cet amour; la présence et les paroles du tentateur la troublaient, mais son cœur d'épouse appartenait à l'époux.De tout cela, sans aucune preuve, Jean était sûr, et surtout il voulait en être sûr.Maîïtena rejointe par son frère se dirigea vers le restaurant.Elle remarqua vite, à une table voisine de la sienne, le convive de grand air, ce convive déjà vu, dont le regard rencontrait si souvent le sien.\u2014 Pourquoi suis-je revenu ?pensait Herbois.Et pourquoi l'olympienne sérénité de Mille d'Arrussa me déçoit-elle ?Il se rappelait avec émotion la confidence qu'il avait surprise : visage dépouillé de toute joie, hantise de douleur, sous le masque enlevé du sourire.Et c'est une confidence du même ordre qu'il était revenu chercher au Régina.\u2014 A-t-elle souffert comme moi ?pensait-il encore.Ah ! si elle pouvait savoir que notre épreuve est la même ! Si je pouvais lui dire ce que je sais | Elle est la seule personne au monde dont je voudrais recevoir les confidences, \u2014 la seule qui pourrait comprendre les miennes.Comment Maitena se douterait- elle que la même épreuve l'unit étroitement au bel inconnu ?Herbois, retourné à son laboratoire, se tua de travail jusqu'à six heures du soir.Alors, une fatigue soudaine l'accabla, et il rentra chez lui.Il dépouillait son courrier quand Victor, son \u2018domestique, frappa à la porte de son cabinet.\u2014 Entrez.\u2014 Monsieur, on a téléphoné cet après-midi pour savoir quand Monsieur serait chez lui.\u2014 Qui, on?\u2014 Un monsieur.Il n'a pas dit son nom.\u2014 Îl fallait le lui demander.\u2014 Je l'ai demandé, il a dit que ça ne faisait rien.\u2014 Comment, cela ne faisait rien ! Ce n'est pas une réponse.\u2014 Il a dit : « Je verrai M.le docteur.» Ce doit être pour une consultation.\u2014 Vous savez bien que je ne donne pas de consultations ici.\u2014 C'est ce que j'ai dit.Il a répondu qu'il préférerait voir Monsieur ici.Alors, j'ai dit que Monsieur rentrait vers six heures, six heures et demie.\u2014 Voyons, il ne fallait pas dire cela! Je ne veux pas qu\u2019on vienne me déranger ici ! Je ne recevrai pas ce monsieur.\u2014 II était bien poli, Monsieur.Jean n'avait pas fini la lecture de son courrier quand un coup de sonnette lui fit lever la tête.Un murmure de voix dans le vestibule lui apprit que le visiteur importun n'accepte pas sans discussion sa fin de non- recevoir.Un silence, et la porte du cabinet s'ouvrit de nouveau.Une colère subite fit se dresser le docteur Herbois.\u2014 Que voulez-vous encore ?gron- da-t-il.Victor lui tendit une carte de visite.\u2014 Il demande que Monsieur le docteur veuille bien lui dire quand il pourra le recevoir.Jean jeta un regard sur la carte, et tout le sang que i colère avait amené à son visage, refoula vers son cœur.\u2014 Faites entrer, prononça-t-il.Tout aussitôt, Christian Le Mon- nier fut en face de lui.Les deux hommes ne s'étaient jamais vus, Christian était en Argentine quand Herbois régnait à Mont- fort; mais le docteur se souvenait trop bien du portrait auquel ressemblait tant Roselyne endormie, pour ne point le reconnaître aussitôt.Peut- être ne haïssait-il plus cet homme, mais il avait tant souffert à cause de lui qu'il eut un moment de révolte à le voir dans son bureau, forçant la consigne qui défendait sa solitude contre les importuns.Sans l'inviter à s'asseoir, il demanda d'un ton glacial : \u2014 Vous désirez, monsieur ?\u2014 Je désire d\u2019abord que vous m'excusiez, docteur.Vous ne recevez pas ici, m'a dit votre domestique, et je voulais seulement savoir où et quand je pourrais vous rencontrer, sans être indiscret.Je n'abuserai pas du temps que je sais précieux.Tout en parlant, Christian regardait ardemment l'homme qui lui avait pris le cœur de Ghislaine, \u2014 et son front s'assombrissait.La mâle beauté du docteur Herbois, la puissance qui émanait de lui, étaient une explication suffisante à l'infidélité de la fiancée solitaire, affaiblie par un chagrin déraisonnable, \u2014 et son indulgence attendrie s'apitoyait sur elle bien plus que sur lui-même, Face à face, les deux hommes se mesuraient, chacun d'eux jaloux de l'autre, chacun d'eux exaltant les mérites et la chance de son rival qu'il jugeait mieux doué et plus heureux que lui.Dans le jardin de Montfort, l\u2019une pétrie de grâce émouvante avec, dans les yeux, son appel au bonheur et à l'amour, \u2014 l'autre, toute de charme grave et d'ardeur contenue, intensément vivantes, tendues vers un rêve qu'elles jugeaient impossible.eurs figures s'évanouirent à la voix de Christian.Il disait : \u2014 Me refuserez-vous la satisfaction de vous témoigner ma reconnaissance ?Je n'ose.mais je ne puis.Herbois, redevenu lucide, considérait avec un plaisir malicieux l'embarras de son visiteur.De toute évidence, Christian ne pouvait supporter la pensée d'être si lourdement LA RevuE POPULAIRE son obligé, \u2014 d'autre part, il craignait d'offenser le sauveur de Jolie- Chérie.\u2014 Docteur, vous avez vos œu- vres, vos pauvres, votre laboratoire; pour eux, vous ine refuserez pas.\u2014 Je refuserai, monsieur, et vous me désobligeriez en insistant.Christian dépité eut un geste d'impuissance.\u2014 Alors, je n'ai plus qu'à vous dire merci, notre merci, à tous.Adieu, docteur.Ces derniers mots furent appuyés de telle sorte qu'Herbois y sentit une intention cachée.Ayant rempli pour tous les siens et pour lui-même, un devoir de politesse et de reconnaissance, prétendait-il mettre le point final aux relations possibles entre sa famille et le médecin de son enfant ?La visite ainsi terminée, les deux hommes se séparèrent cérémonieusement, sans se tendre la main.De cette courte entrevue, Jean sortit apaisé.Maintenant qu'il avait rencontré le regard loyal de Christian Le Monnier, les basses manœuvres dont il avait honte étaient définitivement rejetées sans regret possible, et il en respirait mieux.Plus de louche officine, plus d'espionnage, plus de projets frauduleux pour détruire le foyer d'un honnête homme.Jean aux yeux ouverts comprenait que rien au monde ne pourrait lui donner une Ghislaine en paix et consentante, \u2014 que l'annulation révée était un leurre, et méme, la séparation, une impossibilité.Il s'avouait aussi que, malgré la fascination qu'il exerçait sur elle, l'amour du temps de ses fiançailles avait refleuri dans le cœur de la jeune épouse, et qu'un jour, peut-être prochain, un cœur à cœur jusqu'ici différé dissiperait tout malentendu et rendrait le bonheur complet entre les deux époux.Devant l'inéluctable, sa fièvre était tombée.Il ne savait pas quel miracle il souffrait à peine de son espoir en miettes, et retrouvait en lui un tel désir d'action, \u2014 ce rude désir qui prend l'homme maître de ses nerfs et de sa volonté, pour le conduire jusqu'aux sommets.Chapitre XVIII | L PLEUVAIT à torrents, le lendemain, quand, vers midi, Jean Herbois sortit de la clinique où il donnait ses consultations.Il s'engouffra dans sa voiture, la mit en marche, et s'aper- cut quelques minutes plus tard qu'il se dirigeait vers la place de la Concorde.Ce n'était pas son chemin.Il aimait à prendre ses repas chez lui, et, ce matin-là, il n'avait pas donné contre-ordre à son domestique.Or, en descendant les Champs-Elysées, il tournait le dos à sa maison et à son déjeuner.Pourtant, il ne modifia pas sa direction en s'apercevant de sa méprise : l'encombrement de l'avenue rendait la chose difficile.Place de la Concorde, il opérerait le mouvement tournant qui le ramènerait chez lui.Les choses ne sont pas toujours telles que nous l'avons décidé.Place de la Concorde, un piéton buta sur le passage clouté rendu glissant par la pluie, et tomba devant une auto qui le toucha.Il y eut arrèt de la circulation, encombrement : un agent accourut, son carnet à la main.Her- bois voulu aller au secours du blessé, mais un autre médecin était déjà là ; il réintégra donc sa voiture, et la remit en marche.La voie qu'il comptait prendre étant obstruée, il fit le tour de la place et, arrivé devant la rue de Rivoli, s'y engagea : \u2014 Décidément, c'est un réflexe! fit-il avec un sourire. .= + 1 Ai = ES AS A ER, - Juin 1940 Cette seconde méprise lui apprenait que ses deux visites à l'hôtel Régina avaient créé en lui une habitude, \u2014 à moins qu'un acte du subconscient qui échappait à son raisonnement, n'eit dirigé sa main.Alors, il accusa la fatalité, et il céda: Tout en se gourmandant, il pénétrait, cinq minutes plus tard, dans le hall de l'hôtel.\u2014 Pourquoi suis-je ici ?Je n'ai plus rien à y faire, \u2014 j'ai vu, j'ai compris, j'ai renoncé à tout.Son renoncement était si complet qu'il avait résisté à la tentation d'écrire à Ghislaine, préférant la laisser à elle-même, non pas abandonnée, mais délivrée de lui, à jamais.\u2014 Pourquoi suis-je ici ?Sais-je seulement si j'y rencontrerai la jeune fille aux yeux de lumière ?Elle n'était pas dans le hall; dans la salle a manger, il la vit a sa place de la veille, et brusquement, se sentit rougir, lui, l'impassible : à la table de Maitena, Christian Le Monnier le regardait venir.Il était à côté d'elle, le frère en face d'eux tournait le dos à la salle.Christian un peu pâle baissa les yeux en se voyant reconnu.La première pensée de Jean fut de retourner sur ses pas ; après une imperceptible hésitation, il continua son chemin.Arrivé à la table des Argentins, qu'il devait dépasser pour atteindre une place libre, il salua Christian, et s'éloigna.A sa petite table, il se plaça de facon a tourner le dos aux Arrussa, mais il pouvait dans une glace observer les trois convives.Le hasard le servait bien.Il comprit d'abord que l'on parlait de lui.Les Argentins qui l'avaient vu deux fois dans cette salle, se rensei- naient sur sa personne auprès de eur ami.Maïtena eut un mouvement de surprise et tourna la tête de son côté.Puis la conversation dévia sans doute sur un autre sujet.La jeune fille n\u2019y prit qu'une part discrète.On ne s'occupait plus de lui.Le spectacle était passionnant pour le docteur Herbois : il s'agissait de découvrir les symptômes du culte fidèle que Christian entretenait pour Maitena, \u2014 si Ghislaine ne s'était pas trompée.Jean à l'affût guettait les regards, les sourires, le moindre signe de connivence entre les deux héros du roman argentin ; mais rien ne vint confirmer les soupçons de Ghislaine, \u2014 l'observateur le plus malveillant n'aurait pu constater, dans les rapports des deux jeunes gens, qu'une parfaite correction, amicalement courtoise.Quelques jours plus tôt, Herbois en eût éprouvé un violent dépit, \u2014 aujourd'hui que le douloureux sacrifice était consommé, il en était heureux.Son jugement ne l'avait pas trompé, la jeune fille aux yeux de lumière était bien le lis qu'il avait ressenti, et Christian, l'honnête omme qu'il ne haïssait plus.Ainsi, plus de regrets possibles, pas de maladifs retours d'espérance, \u2014 une voie aride et saine, débarrassée de miasmes, s'ouvrait devant lui, une vie où la science n'aurait plus de rivale, \u2014 une belle vie pour un homme comme lui.Christian ne l'intéressait plus.Il le jugeait d'une autre race que la sienne, \u2014 un homme fait pour la vie de famille, un homme sûr, qui avait besoin de bonheur, comme Ghislaine, \u2014et par là les époux étaient faits pour s'entendre.Seul, un malentendu les empéchait d'être heureux, et ce malentendu, c'était Maitena.A l'autre table, les convives s\u2019attardaient ; Herbois passa près d'eux, son déjeuner fini; de nouveau, il salua.Christian Le Monnier lui rendit son salut.Chose étrange, la veille, Jean avait laissé partir son visiteur sans lui tendre la main, et maintenant, un sourire aux lèvres, il lui manifesta un intérêt imprévu ! \u2014 Bonnes nouvelles de Roselyne?\u2014 Pas depuis hier, \u2014 elle est à Montfort.\u2014 Parfait ! sa sera plus rapide.Il attendit une seconde, \u2014 peut- être espérait-il que Le Monnier le présenterait à ses hôtes, \u2014 mais Christian resta muet.Ce fut l'Argentin qui parla, sur un geste de Mai- tena.\u2014 Pardon, docteur, notre ami, tout à l'heure, a prononcé votre nom, et ma sœur serait heureuse de vous dire combien vos livres sont appréciés à Buenos-Ayres .Veux-tu me présenter ?coupa-t-il brusquement, tourné vers Christian.\u2014 Mes amis, Mlle et M.Arrussa, dit sans élan Christian Le Monnier.\u2014 Enchanté.\u2014 Oui, docteur, dit alors Maïtena d'une belle voix harmonieuse, je suis heureuse de cette occasion de vous remercier.Quand M.Le Monnier nous a dit que vous étiez le docteur Herbois, j'ai tout de suite pensé à vos livres et surtout au traité de prophylaxie et d'hygiène enfantine qui est notre bréviaire à l'hôpital de l'Enfant-Jésus.Vous en êtes bien l'auteur, n'est-ce pas?\u2014 Oui, mademoiselle.\u2014 Là-bas, je m'occupe d'une pouponnière et d'un hôpital d'enfants.\u2014 Dis que tu y as consacré ta vie, dit doucement son frère.\u2014 Je ne puis vous dire assez, docteur, combien vos livres m'ont aidée, quels amis ils ont été pour moi ! \u2014 Vous m'en voyez très heureux, mademoiselle.\u2014 N'est-ce pas ?on est heureux quand on sait qu'on a bien servi la cause qui nous tient à cœur et vous avez bien servi la vôtre.\u2014 Vous aussi, Maïtena, dit gravement Christian.\u2014 Moi aussi, c'est vrai, j'en conviens sans fausse modestie, et j'en rends au docteur Herbois la part qui lui revient.Ne préparez-vous pas d'autres ouvrages sur le même sujet ?Christian regarda sa montre, il lui fallait retourner à son bureau.Mêlé par sa situation aux affaires de son ami, Luiz d'Arrussa devait l'accompagner.\u2014 Et toi, Maitena ?.Il pleuvait toujours ; elle attendait à l'hôtel le retour de son frère.Tout en parlant, le petit groupe sortit du restaurant.Les deux ingénieurs prirent congé de Maïtena, qu'ils laissèrent dans le hall, en tête à tête avec le docteur Herbois.Celui-ci, pourtant pressé par l'heure, ne songeait point à s'en aller.Il restait là, non parce que Maïtena lui disait des choses agréables à entendre, ni même parce que sa voix était harmonieuse, mais parce que ses quelques phrases avaient éveillé en lui des forces endormies, les meilleures, \u2014 cette passion pour l'enfance souffrante que, des années durant, son cœur avait servie autant que son cerveau.Assis à côté de Maîtena, près d'une baie vitrée d'où l'on voyait tomber la pluie sur la place et sur les Tuileries, il l'écoutait dire ce que l'on attendait de lui, et l'interroger avidement sur certains problèmes dont son dernier livre faisait prévoir une solution encore attendue.\u2014 Où en êtes-vous sur ce point ?demanda-t-elle.\u2014 Jai abandonné avoua-t-il.La surprise qu'il lut dans les yeux de la jeune fille le peina.\u2014 Vous avez renoncé ! fit-elle incrédule.: convalescence y cette étude, 57 ES TA $1.00 livrera 300 Sweet Caps ou 1 livre de tabac à pipe Old Virginia aux Canadiens en service dans le Royaume-Uni et en France seulement.Adresse\u2014*\u2018Sweet Caps\u2019 B.P.6000, Montréal, P.Q.e Certaines femmes possédent \u2014 comme les cigarettes Sweet Caporal \u2014 cette qualité indéfinissable qui s\u2019appelle le \u201ccharme\u201d, lequel est un enchantement irrésistible pour leurs amis \u2014 et fait le désespoir de leurs rivales moins douées.Achetez les Sweet Caporals aujourd\u2019hui même et vous comprendrez, vous aussi, pourquoi elles détiennent leur position inexpugnable comme favorites du Canada.\"La forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé.\u201d =e SIROP DEBILITE FAIBLESSE ANE ice Hémoglobine.\u2014 Régénérateur du Sang, prescrit par l'élite médicale.Supérieur à la vlande crue et aux ferrugineux.\u2014 Admis dans les Hôpitaux de Paris.out augmente dans LE SAMEDI SAUF LE PRIX QUI RESTE TOUJOURS AUSSI MODIQUE e Un nouveau grand feuilleton : LISEZ LE PLUS BEAU GESTE LE SAMEDI par JACQUES BRIENNE Coupon d'abonnement LE SAMEDI Ci-inclus la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis : $5.00 pour 1 an, $3.50 pour 6 mois ou $1.35 pour 3 mois) d\u2019abonnement au et faites-le lire à vos amis \u2014 abonnez-vous dès maintenant ! SAMEDI.Dans les dépôts Nom de journaux ! Adresse = Localité Prov.POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE 975, rue de Bullion Montréal, Canada 10\u20ac 58 LES MAINS DU DR.WALTER DAMROSCH MUSICIEN COMPOSITEUR DIRECTEUR Il est célèbre par sa diffusion de la musique des maîtres, comme directeur du Metropolitan Opera, de la Société d'Oratorios et de la Symphonie de New York.Depuis 1928, directeur de l'heure consacrée à la musique par les émissions de National Broadcasting Company, Damrosch est le promoteur sélé de la bonne musique.Le Dr.Damrosch porte une montre Longines Bassine.ï WU] WL Rd ! LL mu il Longines A tous les degrés de l\u2019échelle sociale, dans 77 pays, les chefs sont les fiers possesseurs de Longines, la montre la plus honorée du monde.Les montres Longines ont mérité 10 grands prix dans les expositions mondiales, 28 médailles d\u2019or et plus d'honneur pour leur précision que toute autre pièce d\u2019horlogerie.Cette année, les bijoutiers, agents des Longines, étalent plusieurs nouveaux modèles Longines, d'un style élégant, munies du mouvement de précision iraditionnelle Longines.Ci-dessous sont illustrés trois gracieux modèles.D'autres montres Lon- gines se vendent à $42.50 et plus.Examinez ces montres chez les bijoutiers autorisés Longines-Wittnauer.LONGINES-WITTNAUER CO.OF CAN.LTD.240 ST-JACQUES OUEST, MONTREAL pd \u2014 \u2014 \u2014 Je suis allé au Maroc, \u2014 j'ai êté malade.Je m'occupe maintenant d'autres travaux.\u2014 Oui, bien sûr, vous avez eu de bonnes raisons .Mais il me semble qu'aucun travail n'eût été plus utile et plus beau que celui-là.\u2014 En médecine, tous les travaux sont utiles.\u2014 Je sais.Quand il lui eut expliqué à quoi il consacrait désormais son temps et ses forces, elle eut un sourire grave pour répondre : \u2014 Il me semble, docteur, que dans ce très bel emploi de votre temps et de votre science, il a plus de satisfaction pour l'intelligence que pour le cœur.\u2014 Oh! le cœur! 11 souligna ce mot d'un rire amer.Le visage de Maitena s'empourpra.\u2014 Excusez-moi, docteur! Qu'ellez- vous penser ?\u2014 Je pense, mademoiselle, qu'il me serait très doux d'avoir une amie comme vous.Elle le regarda sans timidité comme sans audace, et ne douta pas de sa sincérité.\u2014 Vous ignoriez mon existence, dit-elle, mais moi je vous connaissais bien, et vous étiez déjà mon ami, Tout aussi simplement, il riposta : \u2014 Alors.il ne serait peut-être pas difficile qu'à votre tour, vous soyez mon amie ?Ces mots à peine proférés, il s'étonna de les avoir pensés.Jamais il n\u2019avait désiré une amitié féminine, \u2014 son sentiment pour Ghislaine était tout autre chose; d'ailleurs, même dans la fougue de sa passion, il avait discuté avec lui-même, lutté, avant de s'abandonner.Et voila qu'en face de Maîtena, il se sentait tout prêt aux confidences, avec une impression d'égal à égale rarement éprouvée jusque-là.Etait-ce parce que aux premiers mots, il s'était senti totalement compris ?Ses livres sur l'enfance, où il avait mis le meilleur de lui-même, il en avait à peine parlé avec Ghislaine, \u2014 trop occupés l'un de l'autre, ils ignoraient ou jalousaient tout ce qui n\u2019était pas eux.Avec Maïtena, les sens et le cœur en paix, il se sentait responsable de tout ce qu'il aurait pu faire, et n'avait pas fait, \u2014 donc, prêt à l'action, au progrès, cette vie en marche.Son extrême réserve pour tout ce qui touchait ses sentiments retint sur ses lèvres d'autres mots trop spontanés, jugés par lui comme une indiscrétion.Maïtena disait : \u2014 A quoi vous serais-je bonne?Vous avez pu m'aider, me guider dans mon apostolat, de l'autre côté de la terre, \u2014 mais moi, si loin d'ici! \u2014 Si loin d'ici ! répéta-t-il rêveusement.C'est vrai, vous allez partir.Déjà ?\u2014 Dans quelques mois seulement.Nous sommes venus en automne pour recueillir la succession d'un grand- oncle, à Saint-Jean-de-Luz ; notre famille est d'origine basque.Mon frère a profité de ce voyage pour étendre ses affaires qui sont liées à celles de M.Le Monnier.C'est ainsi que nous l'avons connu en Argentine.Il y eut quelques secondes de silence, puis elle reprit d'un ton enjoué : \u2014 Pour la succession, ma présence était nécessaire.\u2014 Et vous êtes venue.\u2014 Et je suis venue.\u2014 Vous êtes contente ?\u2014 D'abord, j'ai eu beaucoup de peine, vous comprenez, ma pouponnière, mon hôpital, tous ces petits qui m\u2019'aimaient et qui ne me connaîtront plus ! Et puis, j'avais peur.\u2014 Peur ?\u2014 Oui.vous ne pouvez pas savoir ! Maintenant, je suis contente, \u2014 très contente, répéta-t-elle d'une voix ferme.Comme Herbois ne demandait plus rien et que son regard la génait| elle expliqua : \u2014 Nous avons vu les Pyrénées, une splendeur ! Le sud de la France, une merveille! Nous irons aussi en Italie.\u2014 Et Paris?\u2014 Nous y avons passé quelques jours en automne, \u2014 ce printemps nous y resterons deux a trois semaines, et nous y reviendrons encore avant de rentrer chez nous.Tout me plaît, ici.Elle parlait sans geste, tenant à deux mains son petit sac de daim noir à fermoir d'argent.Il remarqua qu'elle n'avait point de bagues : \u2014 Je suis content que Paris vous plaise, dit Herbois en se levant, car il lui fallait partir.Et j'espère que nous nous reverrons, \u2014 Ce sera facile, docteur, puisque vous prenez vos repas ici.Pouvait-elle se douter qu'il ne venait au Régina que pour la voir ?\u2014 Demain, au déjeuner ?\u2014 Nous serons là.\u2014 Alors, à demain, mademoiselle.Il s'inclina ; très simplement, elle lui tendit la main.A la même heure, à Montfort, Ghislaine recevait une lettre de Christian : « Chérie, je t'écris à la hâte pour que tu ne t'inquiètes pas, après trois jours sans nouvelles.Je suis terriblement pris par mes affaires, comme tu peux l'imaginer après une si longue absence.En outre, j'ai en ce moment des amis d'Argentine qu'il me faut piloter un peu, ce qui m'empêche d'accepter les invitations de tante Alice.Élle l'écrira certainement à ton père, mais te voilà prévenue.« Ce soir, je suis allé chez le docteur Herbois pour le remercier de ses soins à Jolie-Chérie, et lui demander la note de ses honoraires.Il n'a pas voulu entendre parler d'argent.En insistant, je l'aurais blessé, mais je suis très ennuyé : il n'y a pas de raison pour que ce médecin nous soigne pour rien.Il aurait dû le comprendre.« Ma Ghislette, j'espère que tu me reviendras avec une Jolie-Chérie en pleine santé.À toutes deux mes baisers les plus tendres.« CHRISTIAN.» De ces lignes, Ghislaine ne retint qu'une chose : les amis d'Argentine.C'est à peine si elle remarqua l'aigreur des phrases suivantes, Que lui importait qu'Herbois acceptât ou refusât ses honoraires.Ce qui comptait aux yeux de Ghislaine, c'était que Christian ne trouvât pas le temps de lui écrire, à cause de ses amis d'Argentine.Quand elle l'avait revu, à son retour de Corse, \u2014 quand, ensemble, ils s'étaient penchés sur leur enfant ressuscitée, quand, au récit des évé- nements, elle avait senti dans le frémissement de ses mains, le tremblement de sa voix, l'égarement de ses yeux, une angoisse toute pareille à la sienne, sûre d'être comprise, elle avait éprouvé une telle détente qu'il lui semblait arriver enfin au port, après une traversée périlleuse.Des larmes trop longtemps refoulées la libérèrent de l'inquiétude qui, depuis la nuit douloureuse, ne l'avait jamais quittée ; et elle considéra avec horreur les perspectives orageuses que le tentateur avait placées devant elle.Loin d'Herbois, elle échappait à son envoûtement, \u2014 près de Chris- ;tian, elle redevenait elle-même, avec ,son atavisme, son besoin de paix fa- imiliale, sans quoi nul bonheur ne lui La Revue POPULAIRE serait possible.Elle en oublia un peu la plaie secrète dont elle venait de tant souffrir.La lettre de Christian fut comme un coup d'ongle sur cette plaie.«Des amis d'Argentine.lesquels ?Pourquoi ne les nommait-il pas?» Sans attendre un instant, elle écrivit : «Je m'étonnais en effet de ton silence depuis trois jours.De quels amis s'agit-il?Quel est leur nom ?Ne peuvent-il comprendre que tu as autre chose à faire que de t'occuper d'eux ?Et ne peux-tu modérer ton zèle à leur égard ?» Puis, craignant de paraître jalouse, elle ajouta : « Tu as besoin de ta santé, et tu ne te surmènes que déjà trop.» En quelques lignes, elle lui donna des nouvelles de Roselyne et de la maison.Quand cette lettre fut partie, elle pleura.Chapitre XIX yx SOLEIL printanier caressait la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides, quand Herbois arriva à l'hôtel Régina.Maïtena, dans le hall, fit un pas à sa rencontre.\u2014 Vous êtes en avance, docteur.\u2014 Je me suis hâté pour avoir le temps de causer avec vous.\u2014 C'est gentil ! Alors causons ici, mon frère n'est pas encore rentré.Ils l'attendirent à la place qu'ils avaient adoptée la veille, et sans s'embarrasser de préambules ni de lieux communs, ils parlèrent tout de suite en amis.L'enfance malheureuse qui intéressait tant Maïtena fut le point de départ de leur conversation.Son feu sacré gagna Jean ; il promit de reprendre le travail abandonné, \u2014 les suggestions de la jeune fille lui avaient ouvert de nouveaux horizons pleins d'attraits.Quand Luiz arriva, ce sujet n'était pas épuisé.Il reprit à la table des Argentins où tout naturellement Jean fut prié de s'asseoir.\u2014 Eh Christian ?demanda Maïte- na comme le repas s'achevait.\u2014 Occupé, répondit Luiz, \u2014 il viendra ce soir.Jean détourna les yeux, ne désirant que de la volonté de Maitena, si elle consentait à parler un jour, les confidences qui lui livreraient son secret.La jeune fille, très calme, s'entretint avec son frère de leur programme de l'après-midi.Luiz avait en perspective des visites d'affaires en banlieue.Il conseillait à sa sœur le Musée du Louvre dont elle n'avait pas épuisé les ressources, ou une tournée de magasins.Mais dans les préoccupations de Maitena,, la frivolité n'avait aucune place, \u2014 et l'art passait au second plan! S'adressant au docteur Jean, elle dit : \u2014 Puisqu'une bonne chance vous a mis sur ma route, je vous adresserai une requête : voudriez-vous m'indiquer les pouponnières modèles et les hôpitaux d'enfants de la Ville Lumière, et me donner les recommandations nécessaires pour y être admise ?Rien n\u2019était plus facile.Des adresses furent écrites, des lettres promises, et Jean ajouta : \u2014 Mon laboratoire vous intéresse- t-il ?\u2014 Beaucoup.\u2014 Alors, si vous voulez me suivre, je vous y emmène à l'instant.Ce même jour, après avoir fait les honneur de son laboratoire à Maitena dont il admira l'intelligence avertie, Jean conduisit lui-même sa visiteuse a une pouponnière modèle.L'enthousiasme de l'Argentine, son épanouissement dans ce milieu d'in- (Lire la suite page 60) . Juin 1940 Etre heureux! Etre en bonne santé! Pouvoir travailler, s\u2019amuser, rire, manger et boire avec modération.N\u2019est- ce pas là la vraie joie de vivre?Depuis des générations, la bière est une tradition dans la vie des gens de la province de Québec.Quel autre breuvage convient mieux à une existence tempérante\u2014contribue autant à la joie de vivre?59 60 ie la garant , ivrées avec qu'accompagne toutes nos voitures neuves.Cette garantie dure 60 jours.Nos Lincoln-Zephyrs quasi-neuves de 1939, vous sont | COIN STE-CATHERINE ET GUY FI.2424 CUMMING PERRAULT LTEE, Nos Solliciteurs d\u2019Abonnements TOUS nos solliciteurs d'abonnements sont munis de reçus officiels imprimés au nom de Poirier, Bessette & Cie, Limitée, et aussi d\u2019une lettre d'introduction signée du gérant de la circulation, M.Odilon Riendeau.NOUS METTONS ainsi le public en garde contre les faux solliciteurs qui pourraient se réclamer de notre maison sans y avoir droit.Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film sont édités par Poirier, Bessette & Cie.Ce sont les trois seuls magazines que nous possédons.(Suite de la page 58) nocence émurent le docteur ; jamais il n'avait vu tant de douceur du geste et de la voix autour de ces petits êtres.Penchée sur une petite fille, elle la contempla longtemps et, tournée vers Herbois, demanda d\u2019une voix altérée : \u2014 L'âge de Roselyne, n'est-ce pas?\u2014 Oui.Leurs regards se prirent et s'accrochèrent, celui de Jean profond, compréhensif, \u2014 celui de Maitena, éperdu.\u2014 Pourquoi, disait-elle, pourquoi ?Il ne répondit pas, et elle ferma les yeux sur deux larmes prêtes à couler.Herbois s'éloigna.Quelques minutes plus tard, Maïtena au grave sourire le rejoignit.\u2014 Nous partons ?\u2014 Quand vous voudrez.Ils marchèrent en silence dans la rue.Jean attendait qu'elle parlat.\u2014 Alors, dit-elle lentement, elle a failli mourir ?\u2014 Oui.\u2014 Mais vous l'avez guérie.\u2014 Ces maladies-là sont faciles à soigner.1 sentait frémir une question qu'elle ne formulait pas.\u2014 Où vous conduirai-je, Mademoiselle ?\u2014 Nulle part, je rentrerai seule.\u2014 Si c'est votre désir.Alors, à demain ?Ils étaient face à face, sous les arbres d'une avenue où passaient de rares piétons.Jean comprenait qu'elle ne s'éloignerait pas avant d'avoir parlé.\u2014 Docteur, parlez-moi d'elle ! Sans répondre, il la prit doucement par le coude, l'entraînant jusqu'à un banc où la jeune verdure des marronniers jetait une ombre légère.\u2014 Nous serons mieux ici, n'est- ce pas?Elle acquiesca de la téte, incapable de prononcer un mot.\u2014 Vous voulez savoir a qui elle ressemble ?À son père, quand elle dort, à sa mère quand elle est éveillée.Cela vous étonne ?Flle a les traits de l'un, les yeux admirables de l'autre.M.Le Monnier ne vous I'a pas dit?\u2014 Non.\u2014 Et vous n'osez rien lui demander, Il ne vous parle pas non plus de sa femme, n'est-ce pas?ni.du passé ?Il sentit une main brûlante se poser sur la sienne.\u2014 Docteur, comment savez-vous ?Comment avez-vous pu deviner ?\u2014 Mademoiselle, personne au monde ne peut mieux vous comprendre que moi.\u2014 Vous ?\u2014 J'ai habité Montfort.\u2014 Christian nous l'a dit.\u2014 Et pendant son séjour en Argentine, sa fiancée était infirmière dans mon service, à l'hôpital.Devi- nez-vous ?.\u2014 Mon Dieu ! Elle cacha son visage entre ses mains qui tremblaient.Pas un mot de plus ne fut prononcé, ce soir-là.Le lendemain, elle lui dit sans préambule : \u2014 C'est pour cela.\u2014 Ft maintenant ?\u2014 Maintenant, vous le savez, je travaille comme un forcené.Christian avait déjeuné avec eux, surpris et contrarié de voir le docteur en face de lui.Maïtena avait raconté avec verve sa visite de la veille à la pouponnière, \u2014 Jean l\u2019écoutait en souriant d'un sourire qui la rajeunissait, et Jean emmenait Mai- tena dans sa voiture, à l'hôpital des Enfants-Malades.La jeune fille continua : La RevuE POPULAIRE \u2014 Vous est-il très pénible de voir M.Le Monnier ?\u2014 Je n'aurais pas cru pouvoir supporter sa présence, \u2014 pourtant, au- jourd'hui, je le considère comme un indifférent.Et vous ?\u2014 Moi ?Depuis longtemps j'ai fait mon sacrifice.Il a été pour moi un merveilleux ami.\u2014 Oui plutôt, vous avez été pour lui une merveilleuse amie.Jean comprenait tout maintenant : comment Christian, loin de sa famille, de son pays, n'aurait-il pas été charmé par cette femme supérieure ?On se sentait meilleur, plus haut, plus vivant auprès d'elle.Comment aurait- il pu être mêlé a sa vie sans lai- mer ?\u2014 Vous ne le connaissez pas, reprit Maïtena, \u2014 c'est un être exquis.Moi, je ne suis pas sans reproche.Le sachant fiancé, j'aurais dû me méfier du sentiment qui m'entraînait vers lui.Oh! j'ai compris ma faute.Il n'était pas trop tard, et il a pu épouser Ghislaine.Quand il est parti, j'ai cru que je ne pourrais plus vivre.et puis, j'ai offert à Dieu toute ma peine pour qu'il fût heureux ! \u2014 Vous avez fait cela ! \u2014 Oui, et j'ai moins souffert ensuite.Alors, je me suis jetée à corps perdu dans les œuvres de l'enfance.\u2014 Et maintenant ?\u2014 Maintenant, je suis en paix.J'ai eu très peur, en automne, avant notre première rencontre, \u2014 depuis son départ d'Argentine, je n'avais eu de ses nouvelles que par mes frères.Et puis je l'ai vu et j'ai compris que le passé était bien mort.Il reste un ami charmant, mais son cœur ne m'appartient plus.J'en ai été très heureuse.\u2014 Pourtant, il vous arrive encore de souffrir.\u2014 Parfois.C'est comme une blessure cicatrisée que l'on sent encore quand elle reçoit un choc, mais cela pase, on est guéri tout de même.Mon seul regret, c'est Roselyne.Après un court silence.\u2014 Parlez-moi de vous, disait doucement Maitena.~ Moi?Je n'ose pas vous faire mes confidences.\u2014 J'ai osé vous faire les miennes.\u2014 C'est que moi, je n'ai pas offert ma peine pour leur bonheur, \u2014 moi, je leur ai souhaité du mal, je les ai haïs, et tout récemment, j'ai voulu détruire leur foyer.\u2014 Mon pauvre ami ! Ce fut dit avec une compassion si dépourvue de blâme qu'il en ressentit une ardente douceur.\u2014 Pour en arriver là, reprit-elle, il faut avoir souffert sans espérance, \u2014 je ne parle pas de nos espérances humaines ; \u2014 il faut avoir lutté tout seul, dans les ténèbres ; tout seul, on ne peut pas.Moi aussi, j'ai été tentée, mais je ne me suis pas fiée à mes propres forces pour supporter l'épreuve.Si vous aviez appelé a votre secours Celui qui a connu toutes les douleurs, vous seriez resté vous-même devant la tentation.\u2014 Moi-même ?\u2014 Oui, l'homme supérieur, chargé de responsabilités, capable de dominer ses passions, même les meilleures, \u2014 et vous auriez compris que vous aviez mieux à faire que de haïr; vous auriez su que la haine nous prend nos forces vives, et que nous sommes ses premières victimes.La haine rapetisse l'âme, l'enlaidit, la ronge .Vous valez mieux que cela, docteur Herbois.\u2014 J'ai cru, autrefois, que je valais mieux que beaucoup d'autres.Au- jourd'hui, je ne crois plus avoir une très belle âme, dit-il sourdement.La traversée du boulevard Saint- Germain exigeait du conducteur une attention que sa compagne se garda a rrsanll whats +i - - - Juin 1940 bien de distraire.Ce n'est qu'au bout de leur course, quand, ayant franchi les rues encombrées, les carrefours hérissés d'obstacle, ils arrivèrent à l'hôpital des Enfants-Malades, que Maîtena reprit la parole.\u2014 Avant de me laisser, docteur, voulez-vous que nous causions encore un peu ?Pas longtemps, vous avez tant à faire, aujourd'hui! mais en quelques minutes, on peut dire beaucoup de choses.A pas lents, ils marchèrent dans l'avenue de platanes qui conduit aux bâtiments de l'hôpital.La jeune verdure acide et vaporeuse des branches ressuscitées, les talus gazonnés, les pierres dorées par le soleil d'avril, enlevaient toute tristesse à ce lieu où des mères en larmes passent si souvent.La paix était sur les plantes, sur la terre gonflée de sève, et dans le cœur de Maîïtena.Jean la regardait charmé, tout son être tendu vers ce qu'elle allait dire.Elle reprit au point où ils l'avaient laissée la conversation commencée.\u2014 Docteur, l'humilité est une grande vertu, mais a condition.\u2014 À condition ?.\u2014 À condition qu'elle nous incite à revenir sur nos erreurs, à ramener dans le bon chemin notre âme égarée.Vous dites que vous n'avez pas une très belle âme \u2014 votre malheur, je crois, est d'être resté seul en face de votre peine, sans secours spirituel, sans confident, \u2014 car je suis bien sûre que vous ne vous êtes jamais confié à personne.\u2014 À personne au monde, vous êtes la seule.~ Moi aussi, j'ai gardé mon secret, mais j'avais ma foi et mon espérance.Elle s'arrêta, hésitante.\u2014 Vous allez me prendre pour une sermonneuse ! \u2014 C'est un rôle qui vous va si bien ! \u2014 Et puis, j'ai peur d'être indis- créte .\u2014 Vous ne le serez jamais avec moi.Le beau visage de la jeune fille s'était animé, éclairé par une flamme intérieure.Deux infirmiers qui venaient se retournèrent sur son passage.\u2014 Allons, prêchez, grondez, interrogez, dit Herbois en souriant.\u2014 Docteur, saviez-vous Ghislaine fiancée quand vous avez commencé à l'aimer ?\u2014 Oui.\u2014 Comment vous êtes-vous jugé vous-même dans cette douloureuse affaire ?\u2014 Je me suis jugé comme un homme frustré de ses légitimes espérances: un foyer honnête fondé sur l'amour.\u2014 C'est vrai, mais vous êtes-vous demandé si vous aviez le droit d'entretenir ces espérances ?si vous ne dépossédiez pas quelqu'un d'un droit plus ancien que le vôtre ?Vous saviez Ghislaine fiancée, n'avez-vous pas pensé que l'honneur vous défendait de jeter les yeux sur elle ?Etes- vous tout a fait sûr de n'avoir rien tenté pour attirer son amour et la rendre infidèle à Christian ?\u2014 Je suis très sûr, répondit-il âprement, d'avoir tout fait pour attirer son amour.Elle respira plus vite, une ombre dans les yeux.Combien Ghislaine devait être belle et captivante pour avoir si bien repris Christian, et avoir conquis le cœur altier de Jean Her- bois, au delà de toute raison! Elle se demandait encore comment la fiancée solitaire avait pu se soustraire à la volonté d'une personnalité aussi puissante et résister à une telle tentation.Christian était loin .C\u2019est alors qu'une lumière nouvelle éclaira son ignorance, lueur fulgurante dont elle fut un moment aveugle ! Et cette question monta d'elle-même à ses lèvres : \u2014 Ghislaine vous a-t-elle aimé ?\u2014 Oui.\u2014 Mon Dieu ! La même exclamation que la veille quand elle avait appris l'amour de Jean pour Ghislaine, \u2014 cette fois, il s'y mélait un râle de détresse.Elle voyait ce qui aurait pu être, sans le double mensonge de la pitié, et le tragique malentendu qui avait brisé sa vie.D'une voix amère, Jean conclut : \u2014 Maintenant, c'est Christian qu'elle aime.\u2014 Maïtena s'était ressaisie.Une austère discipline lui avait donné cet empire sur soi-même que Jean, si compréhensif, admirait avec une respectueuse émotion.Il savait tout ce qu'elle venait de ressentir et de souffrir, il savait aussi qu'elle prononcerait des paroles de raison et de prix.\u2014 Dieu soit béni, dit-elle.La vieille tendresse de toute leur vie a été plus forte que nous, \u2014 ils sont heureux.Christian a besoin de bonheur pour s'épanouir et se donner tout entier à la vie.\u2014 Et vous ?\u2014 J'ai une belle mission à accomplir, je suis utile.\u2014 Ainsi, votre cœur appartient tout entier à vos œuvres ?\u2014 Totalement.\u2014 Vous ne désirez pas même une amitié ?Elle vit une inquiétude sur le mâle visage de son compagnon, et comprit.Jean, meurtri par son amour déçu, gardait au cœur un besoin de tendresse que sa carrière de savant ne satisferait pas.Pour elle seule, ses lèvres s'étaient descellées, \u2014 à lui seul, elle avait osé parler ; la douceur qu'elle en éprouvait ne pourrait-elle devenir sa douceur, a lui, qui ne sa- Vait pas encore où était la vraie joie?Herbois la regardait anxieux.Un sourire de lumière lui répondit.\u2014 Une amitié ?Depuis hier, je ne pense qu'à cela, dit-elle.Chapitre XX LA COURTE lettre de Ghislaine a contrarié Christian : aucune allusion à la visite faite par lui au docteur Herbois, \u2014 sujet trop sensible, pen- se-t-il, auquel elle ne veut pas toucher.En outre, pourquoi cette question sur ses amis d'Argentine?Elle sait bien qu'il entretient avec ce pays des relations d'affaires et d'amitié ; on dirait que, cette fois, elle est jalouse .Il a trouvé cette lettre en rentrant chez lui, aprés une soirée passée au concert avec les Arrussa, il était tro tard pour y répondre aussitôt.Bi c'est de son bureau, à l'usine, qu\u2019il écrit ce matin : « Ma chère Ghislaine, ne t'inquiète as de ma santé, je vais tout à fait ien.Loin de me fatiguer, la présence de mes amis m'aide à supporter la tristesse de ma solitude.Je ne puis me désintéresser de leur désir de voir Paris, en me rappelant la cordialité de leur accueil quand j'étais à Bue- nos-Ayres.Il s\u2019agit de Luiz d'Arrussa dont je t'ai déjà parlé ; sa sœur l\u2019accompagne.» Au moment d'ajouter poliment : «Je regrette que tu ne sois pas là pour faire leur connaissance, » il pose la plume.Sa pensée remonte le cours des années écoulées, jusqu'au jour où, sur le point de quitter l'Argentine, il écrivit à Maîïtena, dans le délire d'admiration : « Vous êtes une sainte.Sans votre exemple, je n'aurais pas su faire mon devoir jusqu'au bout.Votre généro- Lire la suite page 64) NETTOYEUR OLD DUTCH ç par Chases Dirt @ COUPE LA GRAISSE D\u2019EMBLEE @ NETTOIE EN UN CLIN D'OEIL 0LD DuTCH © FAIT BRILLER PLUS VITE re SANS TROP DE FROTTAGE FABRICATION CANADIENNE Seul le SHAVEMASTER donne le service d'un SHAVEMASTER Quel plaisir que de se raser au bureau, au club, à la maison, partout et en tout temps avec un Shavemaster.Pas besoin d\u2019attendre votre tour ; ni savon ni serviette.S\u2019apprend tout seul.Shavemaster rase vite parfaitement, dès la première fois et toujours ensuite.Les 475 trous du peigne ultra-mince sont si rapprochés que les poils y entrent facilement.Chaque trou a des bords qui restent toujours tranchants, Lame évidée à double tranchant, qui oscille à grande vitesse : la force centrifuge la tient constamment en contact intime avec le peigne.LE CELEBRE CA-CD SHAVEMASTER Sans entraînement, n'importe qui peut se raser parfaitement, quelle que soit sa barbe, avec un Shavemaster \u2014 la première fois et n'importe quand.Remarquez la tête arrondie, sans angle ni bord à surveiller.Ce rasoir électrique fut tout de suite le préféré à cause de ses caractéristiques brevetées qui rase mieux, plus vite, plus ras, plus pour 2 _ CA- agréablement.Il est muni d\u2019un moteur 110 voies universel du type à brosses, avec com- tout-cycle mutateur ; il fonctionne sur courant $16.75 alternatif (CA) ou direct (CD) de 25 ou 60 cycles ; il peut donc servir partout.Avec fil et étui en cuir, $16.75.LE NOUVEAU MODELE AC SHAVEMASTER Pour l\u2019usage sur courant alternatif (CA) de 60 cycles Muni de la célèbre tête spéciale qui rase parfaitement, aussi bien qu\u2019un rasoir droit.Muni du nouveau moteur Sunbeam pour pe .110 volts magnétique pour courant alternatif 80 cycle (CA), avec induits accordés et con- CA seulement trebalancés pour réduire à l\u2019extrême $8.75 la vibration.Bonne réserve de puissance.Elégant, compact.Avec fil et très jolie boîte, $8.75.Approuvés par la Commission Hydro-Electrique Par les fabricants des célèbres MIXMASTER, IRONMASTER, COFFEEMASTER, GRILLE-PAIN Sunbeam, etc.Dans tous les magasins d'appareils électriques - COUPON D\u2019ABONNEMENT \u2018\u201c Le Samedi \u201d Ci-inclus la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 8 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats- Unis: $8.00 pour 1 an, $2.50 pour & mois ou $1.25 pour $3 mois) d\u2019abonnement au magezine LE SAMEDI.Nom Adresse Ville Pr POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada. 62 La Revue PoruLAIRE NOS OISEAUX LES PLUS COMMUNS LES RAPACES ES OISEAUX de grande ou de moyenne taille qui tournent en planant au-dessus de nos têtes, nagent à coups d'ailes rapides ou glissent dans le ciel avec une aisance suprême, sont presque toujours des rapaces diurnes.La plupart du temps leur présence nous est signalée par le cri d'alarme du coq, gardien du poulailler, la fuite ou le silence subit des petits oiseaux, les criailleries des corneilles et l'ascension déterminée du Tritri qui les prend en chasse.Malheureusement, ils passent si vite ou se tiennent si haut que nous avons rarement le temps ou le moyen d'en reconnaître l'espèce, ni de déterminer si ce sont des oiseaux amis ou ennemis.Car, n'en déplaise au coq, dont les yeux sont meilleurs que la science, ou au cultivateur dont la rancune est souvent plus longue ue la vue, tous les oiseaux de proie ne sont pas atalement nuisibles.Les mauvais sujets \u2014 presque toujours des éperviers \u2014 sont même en minorité.Pour un mangeur de poulets il y a dix mangeurs de rats et de souris, et le voleur lui-même n'est pas toujours un récidiviste endurci.Il peut racheter ses larcins par des services appréciables, ne serait- ce que comme régulateur de la vie animale, rôle assigné à tous les rapaces qui, en éliminant les individus malades ou faibles, protègent les espèces- tease Ad oad /4a L'AUTOUR proies contre les épidémies ou la dégénérescence engendrée par la pullulation.C'est pourquoi les chasseurs ont tort de traiter tous leurs rivaux ailés en ennemis ou de prendre pour cibles vivantes tous les rapaces indistinctement.En jugeant sans preuve et en exécutant au hasard ils font périr non seulement des innocents, mais encore des auxiliaires, c'est-à-dire des êtres qui assurent la conversation de ce gibier qu'ils sont si jaloux de tuer eux-mêmes.Conduite d'autant plus regrettable que certaines espèces de rapaces sont en voie de disparition.Mais encore une fois, la difficulté pour tout le monde est de reconnaître à temps l'oiseau qui passe à portée de fusil.Le plus simple est encore de s'abstenir et de ne tirer que dans les cas de flagrants délits.Reste pourtant le problème de l'identification pour celui qui, dédaigneux de la valeur économique des rapaces, s'arrête surtout à les considérer comme les souples chefs-d'œuvre d\u2019un grou- e spécialisé.Dire si le bolide qui passe est un pervier ou un Faucon, si le point noir qui tourne là-haut est une Buse, un Busard ou un Balbuzard, est un tour de force de savant naturaliste.Sans prétendre à cette science certaine on peut toutefois s'arrêter à quelques signes, à quelques caractères extérieurs qui facilitent, sinon l'identification des espèces, du moins celle des catégories de rapaces, permettant ainsi de distinguer les oiseaux utiles ou douteux de ceux dont l'éleveur de volailles ou de gibier doit se méfier.Les principaux de ces signes extérieurs sont mentionnés dans les notices qui suivent.- PAR CLAUDE MÉLANCON NOUS avons le plaisir d'offrir aux lecteurs et lectrices de LA REVUE POPULAIRE quelques chapitres INEDITS du prochain ouvrage de M.Claude Mélançon sur nos oiseaux.Ce livre sera intitulé : CHARMANTS VOISINS.M.Claude Mélançon a publié déjà les livres suivants : \u201c Par terre et par eau\u201d, \u201c Nos animaux chez eux\u201d et \" Les poissons de nos eaux \u2018\u2019.Les dessins qui illustrent cette page sont de M.Jacques Bédard, artiste animalier de Montréal.Voir, dans LA REVUE POPULAIRE d'avril, la monographie du \u201c Moineau \u201d et de la \u201c Grive\u201c; en mai, celle du \u2018 Goglu \u201d et du \u201c Roitelet \u201c.L'AUTOUR (ASTUR ATRICAPILLUS) Vulg.Oiseau de proie, Mangeur de poulets, Grand Epervier Anglais : Goshawk, Hen Hawk, Blue Darter Couleurs prédominantes : brun et blanc Les Eperviers sont de beaux oiseaux aux lignes élégantes, bleu cendré sur le dessus et blanc tacheté de brun ou de roux sur la poitrine.Moins trapus que les Buses ils ont comme elles l'extrémité des ailes arrondie, mais ils s'en distinguent en ayant ces ailes plus courtes, la queue plus longue et plus fine, et pas de zones sombres en dessous.Leurs allures aussi sont différentes : contrairement aux Buses qui sont surtout des oiseaux planeurs, c'est- à-dire des guetteurs qui surveillent du ciel les endroits découverts, ce sont des traqueurs ; ils volent rapidement à faible hauteur, glissant sur l'air et poursuivent leurs proies jusque dans la ramure et les buissons.La nervosité de leur vol et l'âpreté de leur poursuite les feraient plutôt ressembler aux Faucons dont ils se distinguent cependant par la forme des ailes.Celles des Faucons sont pointues.Le plus beau, le plus puissant et le plus nuisible de nos trois Eperviers (1) est l'Autour à tête noire qui, sans être un oiseau noble proprement dit, était utilisé autrefois en fauconnerie pour la chasse au lièvre et à la gélinotte, deux de ses proies préférées.Oiseau du Nord et des montagnes bien boisées, c'est dans la solitude, sur une enfourchure de gros arbres, qu'il bâtit son aire avec des bâtonnets entrecroisés et le garnit de morceaux d'écorce et de branchettes de conifères ; c\u2019est loin du regard des hommes, qu'elle déteste sans trop les craindre, que la femelle, plus grosse que le mâle et mesurant quelques pouces de plus en largeur et en longueur couve farouchement chaque printemps trois à quatre œufs blanc-bleuâtre.Les poussins qui en sortent ont les yeux pâles et le regard cruel.Ils sont vêtu d'un manteau brun la première année et sont plus audacieux encore que leurs parents.À l'instar de ceux-ci ils tuent ou vol, en se laissant tomber sur leur proie qu'ils achèvent à terre, puis emportent sur une branche pour la dévorer.Tant que les Autours demeurent dans leur habitat nordique il n'y a rien a dire contre eux.Peu importe au cultivateur les Ecureuils roux, les Gélinottes, les Lièvres et les Remings dont ils se nourrissent sur le domaine qu'ils disputent parfois au Grand-Duc dans des combats singuliers qui sont souvent mortels.Mais l'hiver et en temps de disette ils sont accoutumés de se déplacer vers le Sud, par couple ou en bandes.Gare alors aux couvées de Gélinottes que convoite le chasseur et gare aux habitants du poulailler ! Ces barbares du Nord ne connaissent d'autre frein que le fusil, encore qu'ils risquent bravement leur peau pour satisfaire leur fringale.Une fois établis dans le voisinage d'une ferme ils la visitent à toute heure, même quand l'homme est présent.Deux fois j'ai arraché un poulet aux serres d'un Autour qui l'avait cueilli à mes pieds pendant que j'étendais le grain de la volaille.Ce qui n'empêcha pas le même oiseau de revenir dans la journée et avec plus de succès.Chaque fois l'attaque était brusque et l'enlèvement un jeu.L'Autour surgissait de derrière un bâtiment ou un arbre, se laissait tomber avec force, plantait ses serres dans la victime et l'emportait à tire d'ailes.Je suppose que selon l'habitude de l'espèce il lui arrachait d'abord la tête, la mangeait, puis plumait le corps avant de le déchiqueter.Ces apparitions subites ne sont pas dues au hasard.L'Autour a l'habitude de tenir l'affut sur une branche haute d'un arbre feuillu.Caché lui- même par la ramure il surveille les environs et s'élance au bon moment.Et une fois lancé il est rare qu'il rebrousse chemin.Dans son cas on dirait que c'est la proie qui le fascine.On l'a vu tuer une poule sous la jupe d'une fermière où elle s'était réfugiée, en suivre une autre à pied sous une grange.Très souvent il chasse gélinottes et lièvres en bondissant derrière eux dans les fourrés.Cette audace invincible est encore le meilleur signe d'identification.L'Autour est le seul gros rapace à se la permettre ; mais elle ne lui réussit pas toujours.Lorsqu'il chasse le canard sauvage à l'automne il lui arrive d'être trompé par les canards de bois que posent d'autres chasseurs, armés de fusils ceux-là, qui le tuent au moment où il essaie d'emporter le leurre.Quoi qu'il en soit il faut tenir compte de cette bravoure et la respecter, surtout quand elle s'exerce pour défendre le nid.Peu d'oiseaux tiennent tête à l\u2019homme.L'Aigle, dont la réputation de noblesse est très surfaite et qui n'est au fond qu'un lâche voleur à en juger par les rares individus qui habitent chez nous et vivent aux dépens du Balbuzard fluviatile, l'Aigle, dis-je fuit devant nous.Seuls l'Autour et le Faucon tiennent tête et risquent un combat inégal.Blessé, l'un de ces oiseaux se jette sur le dos, présente ses terribles serres et s'il est trop mal en point pour se jeter sur le tireur il attend le coup de grâce les yeux grands ouverts, ter ques Adondsag LA BUSE BOREALE fixés sur ceux de son ennemi et sans qu'une plainte s'échappe de son bec crochu Un noble oiseau en vérité, à qui l'on peut pardonner la gloutonnerie qui est son péché mignon et qui l'oblige parfois, après un trop copieux dîner, à marcher de long en large pour aider sa digestion.Ce trait grotesque n'enléve rien a ses autres qualités et n'empêche pas les naturalistes de déplorer la diminution rapide de son espèce.Il est triste de songer que l'Autour se meurt d'être trop brave.LA BUSE BOREALE (BUTEO BOREALIS) Vulg.Oiseau de proie, Mangeur de poulets Anglais : Red-tailed Hawk, Chicken Hawk Couleurs prédominantes : brun, rouge, brique et blanc En dépit du proverbe français : On ne fait pas un épervier d\u2019une buse, la plupart de nos rapaces du genre Buteo sont confondus avec les éperviers, englobés dans la même réprobation et victimes de la même persécution.Et c'est dommage, car à l'exception de quelques individus qui succombent à la tentation d'enlever un poulet égaré nos Buses sont de meilleurs ratiers que le chat domestique, ce feignant renté, et donc de précieux auxiliaires.Il a été calculé que les animaux nuisibles à l'homme entrent pour environ 75% dans leur régime alimentaire, fait qui devrait nous rendre plus prudents dans la distribution de nos coups de fusils.(Suite page 67) (1) Les deux autres sont l\u2019Epervier de Cooper et l\u2019Epervier rapide. se Juin 1940 ry Comparez ce gros bimoteur arrivant à New-York au petit avion-poste de la Colonial Air Mail Line de 1928- 29.Les Canadian Colonial Airways établirent la première ligne aérienne entre le Canada et les Etats-Unis.CTR WET DE MONTREAL À NEW-YORK (Suite de la page 11) quatrième service quotidien entre les métropoles canadienne et américaine.En 1939, les Canadian Colonial Airways transportèrent 14,612 passagers, 70,704 livres de courrier, et 9,895 livres de messageries.Les avions ont tenu l'air pendant plus de 4,000 heures.Tous les avions Douglas ont deux moteurs Wright Cyclone, des hélices à trois pales, et un train d'atterrissage escamotable.L'équipage se compose toujours d'un capitaine, d'un co-pilote et d'une hôtesse (stewardess) bilingue.Pour compléter leur ligne actuelle entre Montréal et New-York, les CCA ont présenté une requête au département de l'Aéronautique civile, à Washington, en vue de créer une double ligne aérienne New- York-Toronto : l'une sans arrêt, l'autre avec escales à Niagara Falls, Buffalo, Elmira et Scranton.Une requête semblable introduite auprès de la Commission canadienne des Transports vise à établir un service aérien bi-quotidien entre Montréal, Trois-Rivières et Québec.Les décisions sont attendues incessamment.De Montréal et de New-York, les quatre départs quotidiens sont (heure d'été) comme suit : 8 h.du matin, 1 h.et 5 h.de l'après-midi, et 9 h.du soir.Chaque passager a droit au transport gratuit de quarante livres de bagage.Toutes les formalités de la douane se font aux aéroports.Mile Jacqueline Dussault, stewardess d\u2019un des avions des Canadian Colonial Airways.Toutes les stewardess \u2014 dont plusieurs Canadiennes françaises \u2014 parlent le français et l'anglais.Elles renseignent les passagers, fournissent gratuitement lunch, magazines, papier à lettres, oreillers, etc.Toutes les stewardess sont des gardes-malades graduées.Pour avoir des dents éclatantes et un sourire vainqueur, entretenez aussi vos gencives Contre le saignement des gencives, pour raffermir les gencives et les dents, adoptez IPANA ET LE MASSAGE OUR avoir des dents éclatantes et un sourire vainqueur, il faut entretenir ses gencives autant que ses dents.Il est rare que l\u2019on ait des dents bien blanches si les gencives sont sensibles et tendres.Les aliments peu solides que l\u2019on mange aujour- d\u2019hui obligent à donner soi-même aux gencives l'exercice qui leur fait défaut.C\u2019est pourquoi les dentistes modernes recommandent si souvent la méthode saine de la Pâte Dentifrice Ipana et du massage.Ipana est destinée non seulement à nettoyer parfaitement les dents mais aussi, avec le massage, à conserver la fermeté et le santé des gencives.Pratiquez chaque jour l'hygiène dentaire d'Ipana et du massage.Postez le coupon qui vous vaudra un tube échantillon gratuit: ou mizux encore, achetez-en un gros tube économique chez le pharmacien.Vous verrez qu\u2019en vous servant régulièrement d\u2019Ipana et de massages, vos gencives deviennent plus solides, vos dents plus blanches et votre charme plus certain.TUBE ÉCHANTILLON GRATUIT DE PÂTE DENTIFRICE IPANA Bristol-Myers Company of Canada, Ltd.1239, rue Benoit, Montréal, P.Q.(indiquez M., Mme, ou Mlle) Adresse Localité \u2026.\u2026_.\u2026.__.__0-0eeesscraes crane ncncmnenes Province .Age DOULEURS RHUMATISMALES?@ Souvent causées par des poisons organiques.Kruschen aide à les enrayer.Prenez la \u201cpetite dose quotidienne\u201d, comme des millions, Contre migraines, lumbago, acidité d\u2019estomac, douleurs rhumatismales.Kruschen est bri- votre tannique \u2014 qualité supérieure, peu coûteux, 25c, 45e, 75e KRUSCHEN Avec un EVINRUDE MOTEUR hors - bord VOUS AVEZ DU Plaisir Jlowveau EN PERSPECTIVE Vos vacances seront deux fois plus agréables si vous les passez avec un Evinrude sur votre embarcation : c\u2019est un moteur solide, fiable, à démarrage rapide.Ne vous faites plus rôtir sur les routes.Voyagez loin des foules.allez à la pêche, en croisière, en pique-nique : jouissez du plaisir nouveau d\u2019un hors-bord.EVINRUDE est le moteur idéal Moteur bien protégé.Démarrage rapide .Refroidissement assuré .Co-pilote de direction.voila des perfectionnements longtemps désirés ; vous en trouverez une foule d'autres dans chaque modéle d\u2019 EVINRUDE.Avec les prix actuels.i compter de $40.50 seulement.un choix de neuf modèles.vous trouverez profit à acheter votre EVINRUDE dés maintenant.Consultez le distributeur d\u2019Evinrude, ou écrivez au fabri- cant: Dépt.\u201cI\u201d, Evinrude Motors, Peterboro, Canada, pour obtenir des brochures illustrées.EDS SONO TN ( Pailes aohe propre ) piyelld «ee; ROBE) Le tissu britannique de longue duree ( IRRETRECISSABLE \u2014 LAVABLE \u2014 GARANTI ) 36 ou 54 pouces de large.Dons tous les magasins ou chez Geo.L.Holland, ) 101, edifice New-Birks, Montreal [NNN AINE NINN NINN Lisez chaque mois LE FILM Cinéma \u2014 Roman complet \u2014 Radio En vente partout 10 cents (Suite de la page 61) sité, votre compréhension me sont une telle force que je ne crains plus de défaillir en vous disant adieu.» Le souvenir de l\u2019amie délicieuse laissée sur l'autre continent avait accompagné Christian dans sa patrie retrouvée, \u2014 de toute sa volonté, il chassa l'image trop douce, s'interdit de prononcer un nom trop cher.Il voulait aussi que, pour sa paix, Ghislaine ne coupçonnât rien de l'idylle argentine ; et, sur les syllabes harmonieuses, ses lèvres restèrent closes.Repris par le charme captivant de Ghislaine, il s'aperçut un jour qu\u2019il pourrait parler sans émotion de son amie lointaine.Trop tard ! les souvenirs de voyage étaient épuisés, \u2014 il serait imprudent de les reprendre avec n personnage nouveau, Et il bénit él que Ghislaine fût à Montfort en automne, quand les Arrussa vinrent à Paris pour la première fois.Il le bénit encore de lui épargner au- jourd'hui une rencontre que sa délicatesse avait redoutée : Ce n'est pas sans émotion qu'il a revu Maîtena, mais après un silence de plusieurs années, elle s'est montrée si simplement affectueuse, sa poignée de main a été si franche, son regard si loyal, son front si serien qu'il n'a ressenti auprès d'elle qu'admiration et paix délicieuse.Mais la belle sérénité de la jeune fille ne serait-elle pas troublée par la présence de Ghislaine ?et Ghislaine l'intuitive ne devine- rait-elle rien?Non, mieux vaut qu'elles ne se rencontrent pas.Répudiant les phrases mensongères qu'il allait écrire, il poursuivit : «Je ne sais si je pourrai aller à Montfort samedi.Si la chose est possible, une dépêche m'annoncera.Combien j'en serais heureux ! » Cette lettre partie, il s'absorbe dans ses travaux, rejoint ses amis à l'hôtel, s'irrite de trouver Herbois en conversation avec Maitena, puis s\u2019en réjouit : l'amour d'autrefois, son amitié d'aujourd'hui pour la jeune Argentine se sont cabrés devant l'intrus, mais le grand amour de toute sa vie, son amour pour Ghislaine, battu par la tempête, blessé, agonisant, ressuscité, fortifié par l'épreuve, trouve soudain moins lourd le manteau d'inquiétude qui n'a jamais cessé de peser sur lui.Trois jours de surmenage pendant lesquels Christian a peu vu ses amis.Aujourd'hui, il va les rejoindre à l'heure du déjeuner, mais Maïtena n'est pas là.\u2014 Le docteur Herbois l'a emmenée à Chantilly qu'elle désirait connaître, explique Luiz d'Arrussa.Moi, je ne pouvais pas.Il sont devenus de grands amis, j'en suis heureux pour Maitena.\u2014 Moi aussi, dit Christian avec douceur.Et c'est vrai.\u2014 Elle a hésité à partir, reprend l'Argentin, parce que vous aviez parlé d'un concert pour cette après-midi, mais rien n\u2019était décidé, et il fait si beau dehors, aujourd'hui! \u2014 Elle a bien fait.Oui, elle a bien fait, le temps est radieux, le jeune mois de mai sonne toutes les clochettes de ses muguets et de ses lilas.Christian croit entendre celles du jardin Dorville et Mont- fort, ressuscitant les échos de son heureuse enfance.Est-ce parce que Maitena n'est pas là et qu \"il la sait occupée d'un autre ?Mais à cette table d'où l'Argentine est absente, tout ce qui le retenait à Paris ne compte plus, et il n'a qu'un désir, revoir Ghislaine et son enfant.Il quitte son ami à la hâte, sur la promesse de le retrouver deux jours plus tard, \u2014 puis il téléphone à son bureau, décommande des rendezvous, passe chez lui, et prend le rapide qui, a cing heures, le dépose à Montfort.Chez les Dorville, l'émotion est grande.\u2014 On ne t'attendait pas ! Tu aurais dû envoyer une dépêche; \u2014 justement il y avait un gigot ce matin! Si j'avais su! Et Jolie-Chérie qui est chez ta mère! Mais on va bientôt la ramener.\u2014 Où est Ghislaine ?\u2014 Dans le jardin.Attends, on va l'appeler.Il faut d'abord que tu prennes quelque chose .Ah ! cet amoureux ! Sans rien écouter, il s'éloigne grands pas, ne pensant qu'à \u201cChislai ne.Pourquoi depuis quatre jours n\u2019a- t-il rien reçu d'elle ?Pourquoi cette angoisse qui lui serre le cœur ?Il y a d'elle à lui tant d'affinité, créée par leurs enfances si tendrement mêlées, qu'il ne doute pas qu'elle éprouve une angoisse semblable.Quel danger les menace l'un ou l'autre ?est-ce pour elle ou pour lui qu'ils souffrent ?Le nom qui le hante est de nouveau prononcé : Herbois.Il comprend si bien qu'elle ait subi le charme de cet homme, que sa jalousie s'affole, \u2014 c'est à lui qu'elle pense, il le sent, il le sait, \u2014 et c'est pourquoi il a tant de peine.Toutes les émotions qui ont été les joies pures de sa vie passent en frémissant par le cœur de Christian pour faire trembler ses lèvres et mouiller son regard.Et comme autrefois, il s'approche sans bruit de Ghislaine endormie.Endormie ?Non pas.Consciente d'une présence étrangère, elle vient d'ouvrir les yeux.\u2014 Toi?dit-elle en se redressant très pâle, et sans un geste de bienvenue.\u2014 Moi.\u2014 Depuis quand es-tu là ?\u2014 J'arrive.\u2014 Tu devais t'annoncer par dépêche.\u2014 Je suis parti subitement à 2 heures.Il se tait, toute sa joie du retour évanouie.It n'a jamais vu à Ghislaine ces yeux hostiles \u2014 il ne lui connaissait pas cette voix sèche, cette attitude raidie.\u2014 N'es-tu pas contente de me voir ?\u2014 Je ne t'attendais pas aujourd hui.Comme il reste muet, glacé à son tour, elle explique : \u2014 Je croyais que tes nombreuses occupations ne t'auraient pas laissé le temps de venir jusqu'ici.\u2014 Je suis venu tout de même.\u2014 Tu n'avais donc rien de mieux à faire à Paris ?I remarque à peine l'ironie de cette phrase, \u2014 il ne voit que Ghislaine debout en face de lui, une Ghislaine inconnue, rigide, agressive, qui, moins lointaine, moins murée que l'autre, \u2014 moins parfaite aussi, \u2014 l'inquiète et l'attire.Il la devine accablée par une épreuve dont, sans doute, le nom est « Herbois », et trop faible pour porter seule son fardeau.S'il sait rester tranquille et fort, peut-être s \u2018appuiera-t-elle sur lui.Il a l'impression obscure qu'une partie se joue d'où peut dépendre leur avenir.Avec un sourire désabusé, elle ajoute : \u2014 Je sais bien que tu es capable de tout sacrifier pour ce qui est, \u2014 ou ce que tu crois être ton devoir ! Tu as pensé que ton devoir était ici aujourd'hui.Tu as eu bien tort.Il serre doucement les mains brûlantes de la jeune femme, et dit : \u2014 Ghislaine chérie, je ne te reconnais pas, ce soir.\u2014 Quoi d'étonnant ?Occupé comme tu l'es, tu as pu m'oublier depuis que nous nous sommes vus.LA REvuE POPULAIRE SUR LA VERITEX:CORS e Les cors sont causés par pression et frottement.On s\u2019en débar- tasse en plaçant le tampon Biue-Jay (C) sur le cor, ce qui sou- la douleur en pressent Otant la pression.Un médicament (D) dégage le cor et permet de l\u2019enlever.Achetez des Emplâtres Anticor Blue-Jay\u201425g pour 6.À Emplâtres - BAUER & anti-cor BLACK Poils PARTI Menton Bras Jambes Un cor est fait de cellules lage mortes (A) qui sur des nerfs sensibles (B).Figure Lèvres Heureuse ! ça m \u2018enlaidissait | J'avais de vilalns poils.et je me décourageais.J'essayal différents produits.même un rasoir.Mais rien ne me satisfalsait.Je découvris alors une méthode simple, sans douleur, bon marché.Elle réussit.Ce secret a rendu la beauté, l'amour, le bonheur à des milliers.Mon livre GRATUIT : \u2018Comment se débarrasser des poils superflus 5 explique cette méthode et ses succès.Adressé sous enveloppe blanche.Aussi offre d'essai.Aucune obligation.Ecrivez à Mme Annette Lanzette, 93-95 rue Church, Dépt.C-46, Toronto, Canada.Soulage MAUX de TÊTE Douleurs périodiques 20 VERGES D'ÉTOFFES À ROBES $2.98 crêpe anglais, imprimé, broadcloth, rayon, Ecoulement de manufacturiers.Longueur: 4 verges.Nouveaux dessins, nuances à la mode.Notre valeur régulière jusqu'à T5e la vg.20 vgs.pour $2.98.Envoyé payable sur livraison plus quelques sous pour frais de poste.Garantie de remboursement.Dépt.54 TEXTILE MILLS Montréal, P.Q.Spun Améliorez votre apparence, jouissez vous aussi d\u2019une belle taille aux lignes harmonieuses.Les PILULES PERSANES donneront à votre pottrine cette ron= deur et cette fer- merté si rechèrchées.$1.00 la boîte, 6 boîtes pour $5.00.Dans toutes les bonnes pharmacies ou expédiées franco par la malle, sur réception di du prix.1 Société 406, ruo Notre-Dame, Est, Montréal odds Avez-vous des cadeaux a faire.Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et le Film.REMPLISSEZ NOS COUPONS D'ABONNEMENT VV Juin 1940 \u2014 Pourquoi dis-tu cela ?Que t'ai- je fait ?\u2014 Rien, oh! rien! Seulement, je t'ai attendu dimanche, tu n'es pas venu.Hypnotisé par son idée fixe, Christian pense : « C'est bien cela : elle avait de la peine, elle a eu besoin de moi, et je ne suis pas venu.Elle ne me le pardonne pas.» \u2014 C'est pour cela, vilaine chérie, que, depuis quatre jours, tu me laisses sans nouvelles ?demande-t-il.\u2014 Ah! tu t'en es aperçu ?fait-elle, ironique.\u2014 Voyons, Ghislaine, il n'est pas possible que tu me gardes rigueur pour une absence dont j'ai été le premier à souffrir.\u2014 Oh! je t'en prie ! \u2014 Crois-tu que rien au monde puisse m'\u2019attirer plus que ma petite fille et toi ?\u2014 C'est vrai, il y a Roselyne ! Je comprends enfin pourquoi tu es venu aujourd'hui.Christian s'alarme de l'amertume qui est passée dans cette réponse.Il serre plus fort, pour les garder prisonnières, les deux mains qui cherchent leur liberté.\u2014 Chérie, il y a quelque chose dont je suis coupable et que j'ignore.mment me défendrai-je si tu ne me le dis pas ?\u2014 Je n'ai pas dit que tu étais coupable.\u2014 Non, mais tu le penses.\u2014 Je ne le pense pas.\u2014 Alors ?.Ne vois-tu pas combien je suis inquiet ! La détresse de sa voix et de son regard touche le cœur de Ghislaine.Et puis, elle n'en peut plus, \u2014 son fardeau est trop lourd.\u2014 Eh bien! c'est ta lettre.\u2014 Quelle lettre?demande-t-il éperdu.\u2014 Ta réponse à mes pauvres questions.Oh! je n'ai pas besoin de la relire ! je la sais par cœur.Les yeux fermés, elle récite : \u2014 « Loin de me fatiguer, la présence de mes amis m'aide à supporter la tristesse de ma solitude.Je ne puis me désintéresser de leur désir de voir Paris, quand je me rappelle la cordialité de leur accueil à Bue- nos-Ayres.Il s'agit de Luiz d'Arrus- sa dont je t'ai déjà parlé ; sa sœur l'accompagne.» C'est bien cela, n'est-ce pas ?«Sa sœur l'accompagne, » répète-t-elle avec désespoir.Christian ne peut en croire ses oreilles.Jusqu'ici, il a vécu dans la certitude que Ghislaine ignorait ou avait oublié l'existence de Maïtena.Elle sait que Luiz d'Arrussa a été pour lui un ami incomparable.Ne peut-il avoir une sœur sans qu'elle en soit offensée ?Non, rien dans cette lettre ne peut l'inquiéter ni lui porter ombrage.\u2014 Je ne comprends pas, dit-il.\u2014 Tu ne comprends pas que je sais maintenant ce qui te retient à Paris sans moi ?Je sais pourquoi tu n'es pas venu dimanche, pourquoi tu m'écrivais des lettres si courtes.Tu ne pensais qu'à elle, quand je ne pensais qu'à toi.\u2014 Elle ?De qui parles-tu ?\u2014 C'est cela ! fais l'innocent.\u2014 Ghislaine, je te jure.\u2014 Ah! non, ne jure pas! \u2014 Est-ce que je rêve?S'agit-il de Mille d'Arrussa ?\u2014 Enfin, tu avoues.\u2014 Mais c'est insensé ! fait-il, se croyant le jouet d\u2019un cauchemar ! \u2014 Supposes-tu que j'ignore tes sentiments pour elle ?reprend Ghislaine exaspérée.Oh! je ne veux pas te faire de peine, \u2014 je sais que tu as beaucoup souffert, ton sacrifice et le sien furent héroiques, \u2014 aussi ne pouvais-je que souffrir et me taire tant qu'elle était là-bas.Mais depuis cette lettre, depuis que je la sais à Paris où tu la vois chaque jour, je ne peux plus.C'est elle qui t'a retenu loin de moi, avoue-le !.J'ai cru devenir folle ! Si tu n'étais pas venu, je partais demain.a voix si sèche tout à l'heure, sombre dans un sanglot.Dans le chaos de sentiments qu'un tel choc a mis au jour, ce qui domine en Christian revenu de sa stupeur, c'est sa joie.Herbois n'est rien dans le chagrin de Ghislaine, \u2014 ce qui la bouleverse, c'est sa jalousie contre Maitena, c'est l'existence d'une rivale dans le cœur de son mari.Or, on n\u2019est jaloux que de ce que l'on aime.Ghislaine pleure.Christian s'est agenouillée pour mieux la voir et l'entendre.Flle vient de lui livrer un coin de son âme soigneusement caché jusque-là.Tout doit être expliqué aujourd'hui.L'heure est grave, lourde d'inconnu ; pris entre la peur et l'espoir, il ne cherche pas à se justifier : \u2014 Alors, tu savais ?demande-t-il.\u2014 Oui.\u2014 Depuis quand ?Et comment as- tu su?Elle voit dans ces questions la preuve de sa disgrace.Christian n'essaie pas de se défendre, \u2014 son aveu est complet.Et les larmes redoublent.\u2014 Il y a trois ans que je sais.\u2014 .Ghislaine ! Christian ! Ou êtes-vous ?À la voix de Mme Dorville, Christian se lève prestement, et Ghislaine se redresse dans son fauteuil.Il était temps.Voici Roselyne et sa grand\u2019 mère au seuil du jardin.\u2014 Dis bonjour à papa, ma chérie.Elle te reconnaît bien ! Lui trouves- tu bonne mine ?Eh bien! Ghislette, tu pleures ?Qu'est-ce que tu as ?\u2014 Rien.Vous savez combien j'étais nerveuse ces jours-ci,\u2014et voir Christian arriver comme cela, sans crier gare.\u2014 Quelle Mme Dorville.Christian ne sait pas s\u2019il doit bénir ou maudire l'intervention de sa belle- mère.Après tout, c'est mieux ainsi ; ils sont l'un et l'autre trop émus pour l'explication qui dissipera les nuages dont leur ciel conjugal a été obscurci.Prenant Ghislaine par le bras, il rentre avec elle à la maison.Sa bonne humeur dans le cercle de famille, sa joie évidente d'être là, et qui est l'écho de celle qui chante en son cœur, ses petits soins pour sa femme, ramènent le sourire sur tous les visages.\u2014 Comme tu as bien fait de venir! soupire Mme Aubry.Ghislaine Le Monnier n'habite plus sa chambre de jeune fille, mais elle y vient souvent écouter la voix de sa jeunesse.Ici, tout chante, \u2014 les tapis et les cretonnes fleuries, le lit étroit de forme exquise, le petit fauteuil capitonné, à la taille d'un enfant, les livres aux reliures écarlates, la Vierge de porcelaine sur l'étagère d'acajou, et surtout le berceau rustique et délicieux, écrin de Rose- lyne endormie.La chambre de Ghislaine est devenue celle de sa fille.En y pénétrant ce soir, Christian a cru sentir les frôlements du bonheur désespérément cherché pendant plus de trois ans : l'oiseau rebelle est là, il rôde, il ne la réveillera pas.Et c'est ici, près du berceau, que la capture sera faite.\u2014 Maintenant, tout, Ghislaine ne résiste pas.Elle se souvient de la parole de sagesse prononcée pour elle, dans des circonstances tragiques, par un homme de Dieu : sensitive! s'exclame chérie, dis-moi 65 * Dites -moi, Docteur .Qu\u2019est-ce que ce\u2019 Dettol ' ?La garde me dit que vous avez employe à l\u2019hôpital a la naissance de bébé.Elle-même s\u2019en sert pour toutes les coupures et égratignures des enfants.Puis-je employer .je veux dire pour les soins personnels d\u2019hygiène ?\u201d \u2018DETTOL\u2019 est le nom de I'antiseptique britannique moderne maintenant employé pour votre protection dans nos grands hôpitaux de maternité.Naturellement, un tel produit est aussi sûr et efficace pour les soins personnels d'hygiène des femmes que pour toute fin antiseptique.En effet, bien que \u2018DETTOL\u2019 soit un puissant germicide (plusieurs fois plus efficace que l'acide carbolique pur) il est non-toxique, doux pour les tissus humains et si propre et limpide qu'il ne tache même pas la toile.DETTOL' est un excellent désodorisant et il est d'un usage très agréable.Employez-le pour vos soins intimes d'hygiène et vous aurez l'assurance d'être absolument sans reproche.Parlez-en à votre médecin.Employez aussi DETTOL' pour les coupures, piqûres et éraflures.afin d'éviter l'infection ; aussi comme gargarisme contre le mal de gorge, comme désodorisant dans le bain et pour autres usages à la maison.Instructions complètes sur le flacon.\u201cDETTOL\u2019 VOUS OFFRE TOUTES CES QUALITES Non-foxique! Ne Ne fait pas mal! carbolique Plusieurs fois plus fort que l'acide D'une odeur agréable! Doux pour les tissus humains! Demandez la BROCHU- RETTE GRATUITE | Ecrivez pour demander une copie de la nouvelle brochurette \"' L'Hygiène Moderne pour les Femmes '*.14 pages donnant, sous une forme claire et concise, des conseils concernant le simple traitement des problèmes d'hygiène personnelle.Une copie vous sera envoyée sur demande sous enveloppe unie.tache pas! pur! J D RECKITT VOTRE PHARMACIEN VEND ETTOL (MARQUE DÉPOSÉE) L\u2019ANTISEPTIQUE MODERNE ¥ COLMAN (CANADA) LIMITED Service des produits pharmaceutiques, Montréal 66 Les GRANDES PERSONNALITES VIENNENT A .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 me OR Vous verrez les noms de personnalités et voyageurs célèbres dans les registres d'hôtels, à Banff et au Lac Louise.Choisissez vous aussi ces endroits de villégiature fameux comme terme d\u2019un voyage de vacances, cet été.Banff est réputée pour son grand bôtel, ses sources d'eau chaude sulfureuse et son beau terrain de golf.Le Lac Louise vous offre ses incomparables montagnes, son luxueux Château, sa piscine et sa vie sociale.e CROISIERES EN ALASKA 9 jours \u2014 $105 ou plus, de Vancouver a Skagway et retour, à bord des luxueux vapeurs \u2018\u2018 Princess\u2019 du Pacifique Canadien.Le prix du billet comprend passage, couchette et repas, sauf a Skagway.AU CHATEAU, AU LAC LOUISE, chaque fenétre encadre un tableau d'une beauté indescriptible.600 MILLES DANS LES Montagnes Kocheusss à LAC LOUISE \u201cx BANFF VS % en .j : SEATTLE \u201cOuest Rendez-vous à la Côte du Pacifique par le Pacifique Canadien, via les Montagnes Rocheuses.Service entre Vancouver, Victoria et Seattle assuré par les vapeurs Princess du Pacifique Canadien, Tous renseignements des agents du Pacifique Canadien AYEZ TOUJOURS DES CHÈQUES DE VOYAGEURS DU PACIFIQUE CANADIEN Si LE LUXUEUX HOTEL ** BANFF SPRINGS *\u2019, le rendez-vous des touristes qui fréquentent la villégiature de Banff.pe 16 AUX GLACIERS DE LA COLOMBIE, par une nouvelle route d'autos qui permet d'admirer les plus grandioses panoramas de l'Amérique du Nord.Départ du Lac Louise.Le prix de l'excursion est très raisonnable.EXCURSIONS À FORFAIT Banff, le Lac Louise et le Lac Emeraude \u2014\u2014 2 à 6 jours \u2014 $37.50 à $74.50 par personne.Les excursions commencent à Banff ou à Field, à partir du 8 juin, et le prix comprend l'hôtel et repas à Banff et Lac Louise, la visite du Lac Emeraude et une belle randonnée en auto de 126 milles à travers les montagnes.On ajoute le prix du billet de chemin de fer jusqu'à Banff ou Field.Attrayants et pittoresques chalets au Lac Emeraude, dans la vallée Yoho ainsi qu\u2019aux lacs O'Hara, Moraine et Wapta.e Taux modérés pour se rendre à Banff, à la Côte du Pacifique ou en Californie par les trains climatisés du Pacifique Canadien.LA PLUS GRANDE ORGANISATION DE VOYAGES AU MONDE « Une heure viendra où les confidences se détacheront de vous comme des fruits mûrs.» Cette heure, depuis \u2018trois jours, Ghislaine la sentait venir.Son secret l'étouffe.Sous peine de mourir, il lui faut s'en délivrer.\u2014 Tu savais depuis trois ans ?de- mande-t-il.\u2014 Oui, et depuis trois ans, je souffre.\u2014 J'ai souffert plus longtemps, moi.\u2014 Oh! je ne lignore pas! C'est bien là mon tourment.Tu regrettais, tu regrettes encore Maitena, gémit- elle.\u2014 Je ne regrettais rien.Je t'aime.\u2014 Oui, mais pas comme elle ! \u2014 Non, pas comme elle.Maïtena est mon amie, une amie lointaine, toujours plus lointaine, que j'admire et vénère.Toi, tu es mon amour.Son émotion, sa voix ardente, sont plus éloquentes que ses simples paroles, \u2014 Ghislaine ne s'y trompe pas.\u2014 Est-ce vrai?.mon Christian ! \u2026.\u2014 Mon amour, mon seul amour ! répète-t-il avec ferveur.Ces mots venus de l'âme, pendant trois ans elle a voulu les entendre.Pour en avoir l'illusion, elle a prêté l'oreille à la voix tentatrice, mais c'est de Christian qu'elle les attendait.\u2014 Pourquoi ne m'as-tu jamais parlé ainsi?demande-t-elle enivrée.\u2014 Je souffrais, j'avais peur.\u2014 Peur ?.de quoi ?\u2014 De ton secret.\u2014 Mon secret ?Dans ses yeux pleins d'effroi, sur ses lèvres frémissantes, il lit le nom qu'elle n'ose pas prononcer.\u2014 Moi aussi, je savais.dit-il.Depuis plus de trois ans, je sais.Il ouvre ses bras ! Ghislaine éperdue s'y jette et s'y blottit.Cœur contre cœur, ils se disent tout.Les fruits mûrs de la confiance tombent dans leurs mains tendues.Christian raconte son idylle argentine, Ghislaine parle de Jean Herbois.\u2014 C'est vrai, j'étais triste, je croyais avoir manqué ma vie.Et puis, à te voir, si bon, si tendre, j'ai compris que tu étais mon meilleur ami.Je t'ai admiré, tes succès me rendaient fière, \u2014 et puis.\u2014 Et puis ?\u2014 ll n'y a plus eu que toi! Tu étais mon seul souci.Je t'aime.\u2014 Et moi, ajoute-t-il, ton charme m'a reconquis.Très vite, tu es redevenue mon grand amour.Et le besoin de tout te dire n'a plus cessé de me tourmenter.Les lettres que tu as découvertes devraient être détruites ; je les ai gardées pour que tu les détruises toi-même le jour où rien ne nous séparerait plus, car mon passé t'appartient comme mon présent et mon avenir.L'ivresse du cœur à cœur a rendu sa voix triomphante.Ghislaine voudrait être joyeuse comme lui, mais son aveu le plus difficile reste à faire.D'une voix tremblante, elle poursuit son histoire.Il écoute, sans que sa joie soit diminuée, le récit de la récente tentation, \u2014 la lâcheté de la femme isolée, assiégée par un séducteur, sa présence chez Herbois et son mutisme devant les machinations ourdies contre leur foyer.\u2014 Et je n'ai pas crié d'horreur quand il m'a parlé de séparation ! Je ne voulais pas, mais j'y pensais malgré moi, Il m'avait persuadée que mon bonheur était auprès de lui.J'étais flattée de l'avoir repris.Et pourtant, c'était toi mon amour.Tu me méprises, n'est-ce pas ?Tu ne me pardonnera jamais! (Suite a la p.70) Christian .LA Revue PorpuLAIRE FLOWER MIST et BLUE GRASS ® Elizabeth Arden présente son produit désiré depuis longtemps : le BLUE GRASS FLOWER MIST .mélange heureux de son célèbre parfum BLUE GRASS et de sa délicieuse préparation après-le-bain FLOWER MIST.Il procure une friction rafraichissante .revigorante comme un matin de printemps, mystérieuse comme une nuit d'été grâce à l\u2019odeur exquise de l'insurpassable BLUE GRASS.Frictionnez- vous abondamment .et vous vivrez dans une atmosphère de parfums persistants.$1.35 En vente dans tous les magasins chic lg nbc Anden, SALONS : chez SIMPSON à Montréal et Toronto New-York - Londres - Paris Toronto Juin 1940 Employez NEET \u2014 agréablement parfumé Embellissez vos jambes avec le nouveau Neet ! Depuis des années l'épilatoire préféré par des centaines de milliers de personnes.NEËT est maintenant agréablement parfumé ! Aucune odeur artificielle qui puisse déplaire.NEET est doux et sans douleur.S\u2019applique en un rien de temps, facilement! Etendez-en sur les poils superflus.Laissez- le en place quatre ou cinq minutes SEULEMENT.Puis lavez avec de l\u2019eau.Les poils des jambes, des bras et des aisselles disparaissent.Votre peau reste douce et unie comme du satin ! Pas de poils coupés Avec NEET \u2014 pas de coupés qui brisent vos bas, la peau n\u2019est pas irritée par le rasoir et vous ne risquez pas de vous couper! NEET est en vente dans poils les pharmacies et magasins à rayons.Tube d'essai en vente dans les bazars.AGRÉABLEMENT PARFUMÉ ! pe) Coupon d\u2019abonnement LE FILM Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au gand magazine de cinéma LE FILM, $1.00 pour 1 an ou $1.50 pour 2 ans.Adresse.ville eee cece.PTO.LL POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada NOS OISEAUX LES PLUS COMMUNS (Suite de la page 62) Les deux grosses buses les plus communes dans Québec sont celle- ci et la Buse à épaulettes (Buteo lineautus ; en anglais, Red shouldered Hawk).Au vol on les distingue par leurs ailes, arrondies comme celles des éperviers, mais plus larges et dont le bord semble toucher à la base de la queue.Celle-ci est généralement déployée en éventail.Un autre caractère distinctif est l'habitude de s'élever en spirale, sans battre des ailes, en se servant seulement des courants d'air ascendants, et de planer à de grandes hauteurs.La Buse boréale se reconnaît à sa taille un peu plus forte et surtout à sa large queue couleur brique, rayée de noir en dessous, qui est très voyante.La Buse à épaulettes a le dessus de la queue plus finement rayé et la poitrine rousse, Un bon signe d'identification est la tache blanche ou translucide qu'elle porte en-dessous près de l'extrémité de chaque aile.Au repos on remarquera surtout les épaulettes rousses.Les mœurs étant à peu près les mêmes chez les deux espèces nous nous arrêterons à la Buse boréale qui est notre plus proche voisine.Il lui arrive assez souvent de nicher près d'une ferme.Elle se laisse aussi voir plus souvent, soit planant au-dessus de nous, soit immobile sur une branche sèche à l'orée d'un bois.La Buse à épaulettes est un oiseau de la grande forêt qui chasse un terrain découvert.Dès son retour du Mexique ou de l'Amérique centrale, lieux d'hiverne- ment des Buses, le mâle de la Buse boréale révèle sa présence dans l'azur par des coups de sifflet stridents : Kri-i, kri-i-i; appels que sa compagne finit par entendre et qui sont le prélude de la pariade acrobatique de ces rapaces.Pendant quelques jours nous les voyons tourner de concert et simuler des combats ; puis ils s'emploient à reconstruire le nid de l\u2019année précédente, un amas de bâtonnets placé sur une enfourchure d'arbre et garni d'herbes où la femelle pond de deux à quatre œufs blancs, tachés de brun.L'incubation dure de quatre a cing semaines.Quand les petits sont assez forts pour voler les parents les forcent à déguerpir.Libres de chasser pour leur compte ils reprennent alors leur tournoiement dans l'espace et les affüts confortables sur les arbres morts.Une croyance populaire veut que la Buse tourne là-haut dans le but de magnétiser les volailles et de les capturer plus facilement.Le motif de ces évolutions gracieuses est sûrement plus simple : la Buse prend de la hauteur afin de pouvoir surveiller un plus grand territoire.La distance lui importe peu puisque son œil est ainsi fait qu'il grossit et rapproche les objets comme un télescope.D'une hauteur de cing cents pieds ou plus elle découvre une souris qui trotte dans un champ.\u2019 e e Dur glissant One® he Lv pene foin a Pratt & 7 or TIME-DEALS GENTLY - WIT 67 QUICK DRYING | FLOOR PRATT & LAMBERT PAINT NOS ARTS DOMESTIQUES Nous avons dû remettre au mois prochain notre chronique mensuelle sur nos arts domestiques.Prière à nos lectrices de prendre note.il |.H LE | | | a 40 |i MODELES DE STYLES AUTHENTIQUES TA EDWARD q YR art [on elistingué i 5A 4 POUR MAISONS IT ihe Un Carillon Edwards est beaucoup plus hospitalier que les sonnettes et avertisseurs démodés.C'est avec une distinction gracieuse qu\u2019il annonce l\u2019arrivée de vos invités.Il y en a de différents prix, à compter de $4.70; ces carillons sont garantis par une fabrique qui a 67 années d'expérience.Renseignements et prix envoyés sur demande.Ecrivez dès au- jourd\u2018hui à Dépt.R1 EDWARDS \u201c4 COMPANY A umiTeD + CANADA MONTREAL, \u201c\u201cL\u2019assurance BUDGET\u201d Un nouveau plan?.Non.Une facilite de paiement?Plus que cela - - - C\u2019est une façon neuve de conjuguer vos besoins de protection avec vos disponibilités.Le temps n\u2019est plus, heureusement, où n'importe quel agent pouvait vendre à n\u2019importe qui n\u2019importe quel montant d'assurance.Au contraire, et de plus en plus il faut tenir compte de la proportion du revenu qui peut être affecté à l\u2019assurance \u2014 les économistes ont établi des chiffres en ce sens et les faits les ont confirmés.Trop de gens, pour avoir été assurés par n\u2019importe qui, n\u2019importe comment, ont dû subir des pertes.Donc, que vos besoins de protection soient grands ou petits, il vous faut, avant tout, les équilibrer avec vos moyens.Un homme qui n\u2019aurait que $10,000.de protection, mais établie sur ces principes, ourrait offrir à sa famille une sécurité beaucoup plus grande qu\u2019un autre qui aurait $25,000.pris n'importe comment.Voulez-vous savoir quelle proportion de vos revenus devrait être con- : es \u2018 4 sacrée à garantir la sécurité de votre famille et la vôtre?Voulez- vous savoir comment obtenir, même du plus petit budget, le maximum d'efficacité?Savez-vous qu\u2019avec un budget de $20.par mois nous pouvons: (1) Assurer l\u2019éducation d\u2019une famille.(2) La vie de la femme.(3) Et un capital à l\u2019âge de la retraite.Remplissez le coupon ci-dessous PAUL BABY Gérant Provincial e | J'ai.ans.Marié.Succursale | d\u2019enfants.de Montréal ÉMILE DAOUST NOM.A.-J.PINARD | Gérants-Adjoints ADRESSE Occupation.1010 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal | VYeuf.Nombre | Désire me rensei- | Célibataire.| gner davantage sur votre assurance budget.| - PURE, daprès la science * Une récente analyse scientifique indique que la mélasse de table BEMA Extra Fine est un concentré de la sève la plus pure de la canne à sucre, contenant un pourcentage de 69.10% de sucre.C\u2019est pourquoi elle donne si bien à l\u2019organisme la chaleur et l\u2019énergie nécessaires.C\u2019est une nourriture pure, nutritive et agréable pour toute la famille.Servez-la avec les crèpes .avec vos autres f {4 pâtisseries.Bonne à tout point de vue! Vudue à la mesute PAR VOTRE EPICIER * Préparée par des chimistes réputés du pays.Copie fournie sur demande.Le RAT VE CON AIL eo RAT LUT] 3 \"UN PRODUIT PUR\u2014SANS MELANGE\u201d LA Revue PoPuLAIRE NOTRE JEUNESSE (Suite de la page 7) En voila suffisamment, je pense, pour donner une idée assez juste de la mentalité actuelle d'une section indiscutablement représentative de notre jeunesse.Je m'abstiendrai de tout commentaire qui ne servirait qu'à déflorer sinon à dénaturer, les expressions de pensée franches et candides que je viens de citer, et je me bornerai seu- ment à affirmer que toutes les autres opinions exprimées devant moi les corroborent parfaitement dans l'ensemble.Maintenant que nous avons appris ce que la jeunesse pense de quelques- uns des problèmes les plus passionnants de notre vie intellectuelle, sociale et nationale, maintenant que nous l'avons aussi entendue exprimer sans ambages son avis sur le présent et sur le proche avenir, voici le moment de livrer à mon tour les impressions personnelles que m'a laissées cette Enquête, parfois un peu laborieuse, certes, mais toujours si hautement intéressante et instructive à tout le moins pour celui qui l'a faite.Sans vouloir le moins du monde jouer au casuiste, j'énoncerai tout d'abord quelques observations symptomatiques d'ordre général, puis j'énumérerai mes principales constatations qui sont tour à tour rassurantes et inquiétantes.OBSERVATIONS SYMPTOMATIQUES 1° \u2014 La jeunesse affiche un dégoût prononcé, allant même jusqu'au dédain et au mépris, pour la politique et la très grande majorité des politiciens.L'esprit de parti a subi chez les jeunes une chute quasi verticale dont aucun parachute ne semble capable d'amortir la violence.2°.\u2014 Il y a chez les jeunes qui lisent, étudient et se préparent à agir, en fait les seuls qui comptent, un enthousiasme vraiment surprenant pour la doctrine du Corporatisme social chrétien.Presque tous semblent voir dans l'avènement de ce système l'infaillible panacée qui guérira les maux de la société actuelle et la sauvera des catastrophes qui la menacent.CONSTATATIONS RASSURANTES 1°.\u2014 Les principes religieux de nos jeunes sont sensiblement éclairés, plus fermes et plus vivants qu'ils ne l'étaient autrefois.Ce qui n'empêche pas, malheureusement, la foi de la majorité de demeurer nébuleuse, inerte et routinière tout comme celle de tant de leurs aînés.Mais il y a parmi l'élite une incontestable amélioration qui fait bien augurer de l'avenir.2°.\u2014 L'esprit social se développe remarquablement dans une portion de plus en plus notable de la jeunesse qui réalise enfin qu'il faut absolument s'unir et collaborer lorsqu'on veut atteindre un idéal commun.Dieu soit loué, l'individualisme est décidément à la baisse parmi les jeunes générations et il entraînera heureusement dans sa chute la jalousie et l'esprit de dénigrement qui nous ont fait et nous font encore tant de mal.3°, \u2014 Le goût de l'étude et des lectures sérieuses s'accroît à un rythme très satisfaisant dans toutes les classes de notre jeunesse.On comprend enfin qu'il faut savoir de plus en plus et se perfectionner sans cesse pour pouvoir exceller.CONSTATATIONS INQUIÉTANTES 1°.\u2014 Les élites sont encore bien restreintes et chacun de nos milieux de jeunes n\u2019y contribue que pour un nombre trop minime d'individus.2°, \u2014 Les véritables personnalités sont encore rares et la plupart des jeunes qui occupent des positions de commande parmi leurs camarades, ne font guère autre chose que leur répéter des poncifs usagés, des clichés rabâchés exprimant des conceptions médiocres et des idées non moins médiocres.Un enseignement trop formaliste, joint à la carence de disciplines intellectuelles, arrête l'éclosion de certains talents en puissance et décourage des initiatives qui pourraient être précieuses.Et ceci n'est pas tant mon avis que celui des jeunes qui réclament impérieusement plus de réalisme moderne et moins de rigidité désuète dans notre système d'éducation.3°.\u2014 Le point noir, le redoutable nimbus dans le clair firmament de notre chère jeunesse, c'est la profonde, la désolante, la décourageante apathie du grand nombre, pour ne pas dire du très grand nombre.Tel est le sentiment unanime de tous les valeureux chefs de file que j'ai interrogés tour à tour.Voilà pourquoi ils redoutent pour demain ou après- demain la venue d'un agitateur de grande classe dont l'éloquence aussi sonore que spécieuse soulèverait les jeunes en enflammant les sentiments de dégoût, de méfiance et d'amertume qui gonflent tant de cœurs déçus et meurtris.Voilà pourquoi également tous s'accordent à affirmer qu'il est urgent que ceux qui détiennent l'autorité, l'influence, la science ou la fortune fassent sans retard quelque chose de concret et de pratique pour le salut de la jeunesse.Evidem- ment, le problème est complexe, mais il n'en exige pas moins une solution prompte et efficace si l'on veut éviter des malheurs irréparables.P.S.\u2014 J'ai l'agréable devoir de remercier ici tous ceux qui ont bien voulu me témoigner personnellement ou publiquement leur intérêt dans cette Enquête.Leurs encouragements et leurs commentaires m'ont été précieux et m'ont grandement récompensé des quelques fatigues qu'a pu m'occasionner ce travail.À ceux maintenant qui m'ont manifesté de la surprise et du regret que mon Enquête n'ait pas porté sur la jeunesse rurale, je dois un mot d'explication.Au début, j'avais songé à inclure divers représentants de cette - classe si intéressante et si importante dans la liste de mes intervioués.Toutefois, après réflexion suivie de consultations avec des personnalités compétentes, j'en suis venu à la conclusion que la jeunesse de nos campagnes méritait de faire l'objet d\u2019une consultation particulière.Peut-être entreprendrai-je un de ces jours ce travail qui m'intéresserait vivement.Quoi qu'il en soit.je dois ajouter que j'ai causé avec quelques jeunes ruraux de certains des problèmes soulevés par cette Enquête et que leurs opinions n'ont pas sensiblement différé de celles de leurs concitoyens des villes.=.\u201cpe Juin 1940 \u2018 69 ILNE COÛTE PAS PLUS CHER! MF AMÉLIORATION ETRAORDIWAIRE VOUS DONNE MAINTENANT LE LE NOUVEAU LUX RAPIDE EST SI MERVEILLEUSEMENT DOUX.ET IL ] MOUSSE EN UN CLIN D'OEIL! IL REND MES CHANDAILS SUPERBES ! A SI DOUX! Mille Peggy Tippett (ci-dessus) dit: Mes chandails me siéent bien \u2014 les couleurs sont belles après un lavage au nouveau Lux rapide\u201d.OUAH ! OUAH! LOUISE EST Ÿ FURIEUSE À CAUSE DE CETTE ÉCHELLE ! ELLE POURRAIT LES DIMINUER AVEC LE NOUVEAU LUX RAPIDE! IL EST ÉCONOMIQUE! \u2014 SI ECONOMIQUE! Ça ne vous coûte presque rien pour laver vos bas avec le nouveau Lux rapide, et vous économisez en diminuant les échelles! \u201cNous ne croyions pas qu'ON PÜT améliorer LUX, mais ils y ont réussi,\u201d disent les femmes Il n\u2019est pas étonnant que le nouveau Lux rapide épate toutes les femmes! Des années de recherches.un nouvel ingrédient ajouté au prix de dépenses considérables .vous apporte ces nouveaux flocons merveilleusement délicats.Ils moussent au contact de 'eau\u2014et se dissolvent jusqu\u2019à 3 fois plus vite que n'importe lequel de 10 autres savons canadiens réputés soumis à l'épreuve (flocons, granules ou pains).Et un rien suffit\u2014le nouveau Lux rapide est si économique! 11 donne plus de mousse (once pour once), même dans l\u2019eau canadienne la plus dure, que n'importe lequel de ces savons.C\u2019est un savon pur\u2014 il ne contient pas de matières étrangères qui donneraient du corps ou de la consistance.Vous avez la même sûreté célèbre de Lux, sur laquelle vous avez toujours compté \u2014 ce que l\u2019eau n\u2019abîme, le nouveau Lux rapide n\u2019abimera! 11 ne contient aucun alcali nocif\u2014les choses délicates ont l\u2019air neuf plus longtemps.Achetez-en une grosse boîte aujourd\u2019hui\u2014 vous l\u2019aimerez! __( MAMAN, JE N'AI JAMAIS || VO Rien D'aussi vie 8 CL |} que te nouveau ££ | \u201c| LUX RAPIDE! [ | Ë 1 i TD i - a 3 S 3 A r ET IL LAISSE LES DES- | BR SOUS SI PROPRES ET FRAIS.NOUS DONNE LA CERTITUDE DE NE PAS OFFENSER! 4 SI RAPIDE! I] est si facile maintenant d\u2019éviter 'odeur des dessous! Le nouveau Lux rapide mousse si vite\u2014 nettoie les dessous en un rien de temps.Les tissus et les couleurs ont l\u2019air neuf plus longtemps! Dans la mème boîte familière _ le Lux que vend votre marchand est le nouveau LUX rapide «Maman, pourquoi est-ce que tante Lucie est toujours seule?» ] ANTE LUCIE est l\u2019image de la solitude.Dans votre entourage, il y a peut-être de ces femmes silencieuses et tragiques.On dit en songeant à elles: \u201cElles étaient pourtant bonnes et jolies .\u201d\u201d Mais savez-vous toute la vérité?Ces femmes souffrantes sont restées les esclaves des malaises particuliers à leur sexe; et sans la santé, il n\u2019y a pas de bonheur durable, de joie sereine, de vie complète! Des milliers et des milliers de femmes heureuses vous diront ce qu\u2019elles doivent aux pilules FEMOL.Ce concentré végétal allège l\u2019épreuve mensuelle et permet de franchir avec sérénité les étapes pénibles de la vie.FEMOL z'est 5as un simple calmant.FEMOL tonifie les organes et les rend plus (ptes à remplir leurs fonctions naturelles.Chaque boîte suffit pour an traitement d\u2019un mois et renferme une brochure médicale que vous lirez avec profit.Am x ADOLESCENCE MATERNITE RETOUR D\u2019AGE EMOIL CONCENTRÉ PUREMENT VÉGÉTAL INSTITUT CAZO, 637, rue Craig ouest, Montréal.M5BF IY L'APP T QU'IL VOU CYT récenfortante ele R veur de H PT LU sensation de fati ps \u2018 10 ONCES, 26 ONCES, 40 ONCES, \"1.05 \u20182.40 \u20183.45 Distillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de John deKuyper & Son, Distillateurs, Rotterdam, Hollande.3288 EE RELL I I EY (Suite de la page 66) Il ne s'indigne pas; il comprend tout, et plaint tant de faiblesse opposée à tant de volonté puissante et impérieuse.\u2014 Il m'a beaucoup aimée, et il a pu croire que je l'aimais encore, plai- de-t-elle, c'est là son excuse.Pauvre Herbois ! Saura-t-il supporter cette nouvelle défaite ?J'ai ruiné sa vie.\u2014 Je ne le pense pas, interrompt doucement le jeune mari, Maïtena m'a dit, la chère âme, qu'il prépare de grandes choses : un travail d'une importance capitale avec le docteur Sardi, à Rome, et une reprise de ses expériences concernant les maladies osseuses des enfants.Ceci le conduira en Amérique, peut-être jusqu'à Buenos-Ayres.Il y consacre toutes ses forces, tout son temps, tout son cœur.À la façon dont elle a dit ces derniers mots, j'ai compris qu'Her- bois lui a fait ses confidences.Ghislaine s'est dégagée des bras qui la retenaient.Elle écoute Christian avec stupeur.\u2014 Que dis-tu?Herbois fait ses confidences a Maitena.Il la connaît donc ?Christian qui n'est pas dépouillé de toute jalousie ni de toute rancune envers le docteur Jean Herbois, s'empresse d'expliquer : \u2014 Ils se sont rencontrés par hasard, et ont noué une amitié foudroyante un peu sentimentale.Ils ont les mêmes goûts, s'intéressent aux mêmes choses et s'admirent mutuellement.\u2014 Je me demande si je rêve, murmure Ghislaine.Christian lui fait alors le récit des rencontres dont il a été plusieurs fois le témon.Flle écoute, la gorge serrée, un vague sourire aux lèvres, sous le regard anxieux de son mari.Maintenant que leurs âmes se sont\u201d rejointes, il peut lire en elle ce qu'elle ne dit pas.Tout d'abord, il respecte son silence, et comme il voit des larmes dans les beaux yeux qu'il aime, il dit tendrement : \u2014 Pleure, mon amour.Je ne veux plus rien de caché entre nous, ni joie, ni chagrin.Pleure, je te comprends.La nature humaine est ainsi faite que nous souffrons de tout ce qui nous est retiré, même quand c'est nous qui n\u2019en voulons plus.Tu croyais Herbois attaché à ton souvenir jusqu'à la mort, mais une autre a paru.Sous ses baisers, les larmes se sont taries, un sourire éclaire le visage de Ghislane.\u2014 Je t'aime.Et, câline, elle ajoute : \u2014 Dieu est bon! Nous n'avons même plus le remords d'avoir causé des ruines.Ceux qui souffraient à cause de nous se sont tendu la main.Leur amitié les consolera, en attendant qu\u2019elle devienne de l'amour.\u2014 Peut-être se marieront-ils un jour, dit Christian.Selon toute apparence, ils sont faits l'un pour l'autre.\u2014 Dieu est bon, répète Ghislaine.Aucun regret ne passe dans sa voix.Par la fenêtre entr'ouverte l'odeur du lilas et du muguet, celle de tous leurs printemps, pénètre dans la chambre évocatrice d'un passé que l'orage n'avait pas encore dévasté.La nuit est douce.Dans son berceau, l'enfant rit aux anges, son sommeil est peuplé de rêves heureux.Ghislaine et Christian la contemplent, têtes rapprochées, et le cœur en fête.Ah ! qu'importe le passé ! C'est le présent qui compte, c'est l'amour total enfin retrouvé, c'est l'avenir où sourit Roselyne et ceux qui naîtront encore, \u2014 l'avenir et ses joies, l'avenir et ses épreuves qu'ils supporteront d'un même cœur, \u2014 toujours unis, toujours ensemble, l'un à l'autre pour la vie et pour l'éternité, FIN La Revue PoPULAIRE SON SOULIER LUIT COMME UN MIROIR.AU \u201cNUGGET\u201d CHAQUE SOIR Un poli au Nugget est plus brillant, dure davantage, préserve mieux le cuir.Noir, Bleu et toutes les teintes de Brun.eather PRESS LE FESTIVAL DE MUSIQUE DE MONTREAL Le plus grand événement musical de l'année à Montréal aura lieu les 10, 12, 14 et 15 juin.Le 10 juin, à 6 h.du soir : LA PASSION selon Saint-Mathieu, à l'Eglise de Saint-André et Saint-Paul Le 12 juin, à 8 h.du soir : LA MESSE SOLENNELLE DE BEETHOVEN au même endroit Le 14 juin, à 8 h.30 du soir : PELLEAS ET MELISANDE Opéra de Claude Debussy, au His Majesty's Le 15 juin, à 3 h, en matinée : LA NEUVIEME SYMPHONIE DE BEETHOVEN dans les jardins de Ravenscrag.avenue des Pins.SOLISTES ROSE BAMPTON ARTHUR CARRON NORMAN CORDON MARCELLE DENYA MARK HARRELL RAOUL JOBIN WILLIAM MORTON LILLIAN RAYMOND LEON ROTHIER LYDIA SUMMERS Chef d'orchestre et directeur artistique : WILFRED PELLETIER Juin 1940 FIANCAILLES PAR FRANCINE À UTREFOIS, la demande en mariage, préambule indispensable des fiançailles, se faisait d'une manière beaucoup plus compliquée.Un ami des deux Émilles était à l'ordinaire chargé de sonder le terrain et se présentait chez les parents de la jeune fille dans le but, non pas de découvrir les sentiments de cette dernière car cette considération secondaire ne pesait pas lourd dans la balance, mais pour connaître l'impression faite par le prétendant sur ses futurs beaux-parents.Le visiteur accompagnait sa petite enquête d'un éloquent plaidoyer dans lequel il vantait les qualités, les talents, la fortune ou les perspectives de fortune de son jeune ami.Si on l'écoutait d'une oreille bienveillante, le soupirant venait, quelques jours plus tard, accompagné de son père, faire une demande en règle.De nos jours, comme chacun sait, il n'en va pas ainsi.Les jeunes gens s'avouent leur amour et décident entre eux qu'ils vont s'épouser.Cependant, le fiancé a un entretien confidentiel avec son futur beau-père pour lui exposer sa situation financière, ses projets d'avenir et lui demander d'une manière formelle la main de sa fille.Comme tout a été préparé à l'avance et que le père sait parfaitement qu'on se passera de son consentement, sinon de son appui financier, il accorde son consentement avec autant de bonne grâce que possible.Le moment est alors venu de consacrer cette entente d'une manière officielle en achetant la bague de fiançailles.Il ne faut laisser aux amoureux aucun motif de désaccord, si léger soit-il.Or, il paraît que le choix de la bague est quelquefois, soit dit sans calembour, une pierre d'échoppement.On pourrait l'enlever de la route des futurs époux en leur proposant de consulter le petit tableau reproduit ci-dessous.Il n'y a qu'à s'informer dans quel mois est née l'heureuse fiancée et à lui offrir sa pierre de naissance enchâssée sur une bague.Cela dispensera des discussions, des hésitations et dégage- te toute responsabilité.Janvier .le grenat Février \u2026\u2026.l'améthyste Mars .\u2026\u2026\u2026\u2026 l'aigue-marine Avril \u2026 le diamant Mai l'émeraude Juin la perle Juillet .le rubis Août \u2026 la sardonyx Septembre .le saphir Octobre \u2026\u2026 l'opale Novembre .la topaze Décembre .la turquoise Mais soyons sérieux.Le fiancé agiraît sagement en faisant seul ou en compagnie d'une personne de bon conseil, une visite à quelques bijoutiers afin de se renseigner sur les prix.Il évitera ainsi une surprise désagréable et parfois génante, car il est fort probable qu\u2019il ne sait pas du tout le prix d'un pareil bijou, prix d'ailleurs fort variable.Quand il aura fait mettre de côté trois ou quatre bagues qui lui plaisent, à tous les points de vue, il invitera sa fiancée à venir les voir et lui laissera toute la liberté de la décision finale.Un dîner de fiançailles qui a lieu ordinairement le soir et quelquefois le dimanche midi, suit de très près l'achat de la bague.Il est donné par les parents de la jeune fille et seule la famille immédiate y assiste : pères, mères, frères et sœurs des deux fiancés.Si quelques-uns sont mariés, il va de soi qu'on invite mari et femme.Pour ce qui est des oncles, tantes, neveux, etc, si la famille n'est pas trop nombreuse on leur demande de venir prendre le café et les liqueurs à la fin du repas.Cependant, ce n'est pas indispensable et on peut attendre une autre occasion, un thé par exemple, pour réunir de nouveau les deux familles.Les parents du fiancé envoient à l'ordinaire des fleurs à la future bru, le jour de son dîner de fiançailles.AvANT LE MARIAGE Le contrat a lieu une semaine environ avant le mariage.Il peut se signer chez un notaire entre les deux futurs époux accompagnés chacun de leur père.Si l'on veut profiter de la circonstance pour réunir les deux familles, la signature aura lieu le dimanche après-midi, à la maison de la jeune fille et quand toutes les formalités légales auront été remplies, on servira un goûter.Dans ce cas, il vaudra mieux que les intéressés se retirent d'abord dans une autre pièce afin de s'entendre et de signer le contrat.On demandera aux autres invités de ne venir qu'à l'heure du thé, car il n'est jamais recommandable de mettre trop de personnes au courant de ses problèmes d'argent.L'ART DE (Suite de la beauté absolue et du bonheur parfait.Comme il est loin déja le temps où il nous semblait impossible de prier ailleurs que sous les voûtes élancées d'une cathédrale gothique, où nous n'admirions la nature que quand elle se présentait à nous sous la forme de pics vertigineux ou de forêts impénétrables.Petit à petit nos préférences ce sont non point affadies mais humanisées.Nous avons du plaisir à regarder un bel arbre, à écouter chanter un ruisseau, à respirer le parfum d'une fleur et les lignes simples d'une église romane, si exiguë soit-elle, satisfont notre dévotion devenue plus raisonnable.Ces émotions délicates, et bien d'autres encore qu'il serait trop long d'énumérer, ne sont pas rares.Plusieurs d'entre elles sont chaque jour à notre portée.Le fait n'est pas nouveau en lui-même, il l'est pour nous qui com- VIEILLIR page 54) mençons seulement à nous en apercevoir.La vie a rendu chacune de nous plus philosophe en lui apprenant que chaque événement a presque toujours son bon côté et que les malheurs irréparables sont en somme très rares.On nous l'avait bien des fois répété quand nous avions vingt ans, seulement nous ne l'avions jamais cru.Nous le savons maintenant et d'avoir acquis cette certitude vaut bien quelques rides et quelques cheveux blancs.Et si l'on songe à ceux qui vraiment ont subi des deuils que rien n'efface et qui pourtant ont eu le courage de continuer leur route, il faut se dire que pour ceux-là le pire est fait, que le plus dur est derrière eux et que la vie leur doit désormais des compensations.D'ailleurs, chaque année qui s'écoule ne nous rapproche-t-elle pas de ceux que nous avons perdus ?71 Votre argent a Hy de Diath dans une WESTFIELD LA rmoïns chète des rmoritres de qualité ent Vous serez agréablement surpris du style durable, du service constant et des bas prix des montres Westfield ! Elles sont portées par plus de deux millions de personnes! Voyez les Westfield de votre bijoutier\u2014les plus grandes valeurs de montres aujour- d'hui ! f A ; yo A Lu 1 Trojan A La Trojan.caractérisée par une élégance sobre et une précision constante.Une étonnante valeur de montre | Miss Liberty .Beauté superbe.Fonctionnement sûr.Type coussin .dernier cri de la mode pour dames.La Saxon .Nouvelle montre distinguée pour hommes.Les gens ne vous croiront pas quand vous leur direz le prix ! jLady Westfield .Ser- ytie de diamants étincelants.Richement ciselée.Une montre exquise pour [ies plus belles circonstances.I; \u2014 = \u2014_\u2014 WESTFIELD WATCH COMPANY, 372 BAY STREET, TORONTO Le fait d\u2019être vieillie avec soin, joint à l\u2019habileté et à l\u2019expérience de cine J P 1 générations, fait aujourd\u2019hui de la Black Horse une bière plus veloutée, plus moelleuse .une bière que préfèrent les gens qui s\u2019y connaissent.Et c\u2019est parce que la Black Horse est si moelleuse, si veloutée, qu\u2019elle est maintenant vraiment meilleure que jamais.L\u2019avez-vous essayée ces derniers temps?Achetez-en aujourd\u2019hui! BIÈRE DU CANADA BRASSERIE DAWES, MONTRÉAL "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.