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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Janvier
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1941-01, Collections de BAnQ.

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[" Ps V3 \"$0 =.ec PR en 3 ALS CENTS cet CT 4 Rl) UN 1) af UN % YY Ae A ET QUÉBEC ROMAN S TAXE ; A Na A ok Me, ba t &) \"A ra wF AN 3 = 6 0 FE ' iy RS = = A Lad f-3 A y RE x > J SS = 4 a fd POP arte JANVIER PU # > N° 2 PAR Li Sy AE me A i & Len \u20ac 9, RN \u2019 pi Hep, y Bo 0 çà A fi hey AW HE + TN.HI \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 = er i: Ss, ow, 0 \u2014\u2014 ake.= sé Sond pa: - se pg St ~ f + = ag Eu HE DY.ho a he = bp Mi a Dec = F JR.a a Ee $m x Ea Gi io x - Apr =\u201c ab \u20ac vk, 20 bar - ; JONAS C'est une résolution économique, facile à tenir, qui contribuera en même temps à égayer la Nouvelle Année.Faits de coton pur, dans une grande variété de qualités \u2014 draps peu coûteux et fines percales \u2014 les produits COLONIAL sont faits pour ® donner des années de bon service et de parfaite satisfaction.Et vous serez fière de la belle apparence de vos lits ! Commencez donc bien l'année \u201cen commandant aujourd'hui des Draps et Taies d'oreillers COLONIAL.C'est une résolution que vous ne regretterez pas.Fabrication canadienne UN PRODUIT DE LA DOMINION TEXTILE CO., LIMITED La Kuvuk Poruisaine LETTRE À PROSPER _\u2014\u2014 Mon cher Prosper.Tu as parfaitement raison de t'émerveiller du moral des Anglais et je partage ton admiration.Ils tiennent le coup admirablement.La vie n'est pas rose chez eux dans le moment, voir tout saccager autour de soi, disparaître des êtres chers, être constamment aux aguets et passer des nuits dans les caves.il y a de quoi déprimer les plus vaillants.Où puisent-ils leur force et leur stoïcisme ?C'est d'abord dans une foi indéfectible dans la valeur morale des principes qu'ils défendent.Il est arrivé parfois, en Corse par exemple, que des gendarmes que l'on avait envoyés pour arrêter les dépradations des brigands, étaient tenus en échec par ceux-ci qui avaient pour eux le nombre et l'avantage de la position.Malgré le risque et la difficulté de leur tâche, ces gendarmes tenaient bon : ils avaient pour eux le droit et la justice ; ils savaient que sans leur intervention des milliers d'innocents souffriraient et mèneraient une vie de continuelle angoisse.Ceux qui défendent aujourd'hui l'Angleterre savent qu'il y a des millions de gens dont tout l'espoir s'accroche à cette petite île comme à un ultime rempart contre la barbarie.Dans ces millions de gens, il y a toi, il y a moi, il y a nos amis, tous ceux qui vivent ici paisiblement, à qui la guerre apporte sans doute quelques ennuis matériels mais si minimes à côté des dangers auxquels sont exposés ceux qui vivent dans cette île.Nous leur devons bien notre admiration, mais nous leur devons plus encore.Nous devons et nous pouvons les aider.Ces gens-là ont besoin de nos produits, de ceux de ta ferme comme de ceux de nos forêts et de nos mines.N'est-ce pas que ce serait injuste, alors qu'ils risquent à chaque instant de se faire tuer, de ne voir, dans la nécessité et la misère qui les étreint qu'une occasion d'augmenter les profits matériels que nous tirons de notre commerce avec eux.Ce serait laid, mon cher Prosper, au moment où le sang coule là-bas, de nous arrêter ici à des questions de gros sous.Ce qu'il faut au contraire, et ce à quoi ont droit ces gens, c'est de leur faire sentir que nous sommes cent pour cent derrière eux, que nous secondons leurs efforts de toute manière et sans lésiner.Avec cette certitude, leur sacrifice leur paraîtra plus léger et leur force sera décuplée.Tous pour un, un pour tous, devise d'union et de coopération qui a fait de grands peuples, qu'il faut adopter ici sans mesquinerie, sans parti pris, loyalement et à fond Une telle idée a déjà accompli de grandes choses : la communauté des peuples libres en faisant.un front commun contre l'insolence de la force brutale.a déjà réussi à fêler cette armure vaniteuse que donnaient aux ennemis leurs premiers succès.La Royal Air Force et la Marine britannique ont déjà montré que tout ne plie pas devant la force et que la riposte peut être aussi vive que l'attaque.Ça aussi encourage les Anglais à tenir ; ils savent que l'heure approche où ils auront leur tour.Cette certitude s'exprime sur les lèvres des plus humbles travailleurs et dans les propos du peuple qui apprécie le plus l'humour.Comme je sais que tu aimes les histoires, je vais te raconter celle-ci, telle que je l'ai entendue : Un Anglais s'approche d'un ami et lui murmure confidentiellement dans l'oreille : \u2014 Sais-tu que l'Allemagne a une arme secrète ?\u2014 Bah ! dit l'autre, et laquelle ?\u2014 La marine italienne ! Et les deux de partir à rire.Mon cher Prosper, quand un peuple qui souffre ce que les Anglais souffrent actuellement.trouve encore le courage de sourire et de voir le côté drôle des choses, on peut être assuré que son moral est bon.Les ennemis vont s'apercevoir qu'en s'attaquant à l'Angleterre et à ceux qui se rangent derrière elle, ils ont entrepris de casser une noix qui est trop dure pour leurs dents.Bien à toi, Damask JANVIER 1941 3 La Revue \u201cILE MOYEN LE PLUS SUK Populaire D\u2019ÉVITER LA Pneumonie.Montréal, Janvier 1941 Seon UN médecin éminent, \u201cle moyen fréquente.Par conséquent, pendant cette le plus sûr d\u2019éviter la pneumonie.c'est période, il conviendra d'être tout particu- de supprimer le rhume ordinaire et les lièrement à l'affût des signes prémonitoi- autres infections des voies respiratoires.\u201d\u201d res les plus courants de pneumonie, tels La raison en est que la pneumonie Que: op .22 frappe à l'improviste.En général, elle est Frissons soudains.fièvre.e précédée par un rhume, l\u2019influenza ou douleurs dans le côté .toux .quelque autre infection des voies respi- crachats épais.couleur de rouil- L'Université Laval, ratoires.Lo 1s a: ite le.respiration accélérée, plutôt par Aimé Plamondon \u2026 \u2026 \u2026 Lo 5 pénible Pellan .LL 2 TSP 6-7 A j | ; S'il se présente un ou plusieurs de ces Et la dome.domina, .ae symptômes, appelez le médecin immédia- par Fernand de Verneuil .Lens .8 ee tement.S'il s'agit réellement de la pneumo- Vaudreuil- Soulanges (Berceau de I Industrie nie, le praticien aura, pendant qu\u2019il en est u Lin au Canada) .\u2026.\u2026.ce ss 9 temps encore, la possibilité de mettre en Nos céramistes .10 œuvre, avec succès, les moyens thérapeuti- Le Houx et le Gui, ques efficaces, que la science moderne met par Marcelle Lepage .cee \u2026 11 i sa disposition, Il y a quelques années seulement, le médecin se trouvait comparativement désarmé en face de la pneumonie.À l'heure actuelle, il dispose de moyens assurant un diagnostic plus sûr.et de méthodes permettant NOTRE ROMAN COMPLET : Les Cœurs Refleurissent, par Roger Regis .2 12 Les rhumes sont contagieux.Mettez votre mouchoir sur le nez et la bouche quand Matinées musicales pour la jeunesse, vous toussez et éternuez.de déterminer plus exactement le genre de par Thérèse Fournier \u2026 \u2026.\u2026 2 0m 15 pneumonie.Il existe, en outre, des sérums Soins Maternels, ; et des substances chimiques hautement effi- par Francine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 IU _ 17 Comment peut-on donc se préserver des co qui s'emploient séparément ou com- Débutantes de la Saison = Co 20 dangers du rhume ?binées.pour le traitement de chaque cas M.Churchill 29 .En s\u2019écartant des personnes enrhu- individuel.Les fourrures de cet hiver 30-3] mées et en frere saone due possible de C'est à ces nouveaux perfectionnements La plus récente coiffure .32 nement de d'exercice on ein ie et oe qu'il faut attribuer la surprenante diminu- Virginia Bruce .\u2026 \u2026 ee eee.33 maintenant en bonne santé.En prenant Broderie .A 4 1 34 suffisamment de repos et en portant des Jolis sujets de robes pour les jeunes = 35-36 vétements appropriés.En évitant des habi- Les mots croisés de \u201d La Revue Populaire\u201d .38 tations surchauffées.En se nourrissant bien, mais sans exagération, et en ayant Au dépôt central des livres et des revues, soin d'absorber des aliments protecteurs, par Thérèse Fournier 11220 \u2026 41 tels que les légumes verts.Le Ski à Saint-Sauveur \u2026.\u2026 LL M ; ; , .© Au moindre signe de rhume, il faudra Mon Cours Calinaire, .44 instituer un traitement convenable et le par Mme Rose acromx 0e PTT continuer jusqu'à disparition du mal.Si le Nos Arts Domestiques \u2026 0 47 L'Ecole ménagère provinciale = .46 Nos vieilles familles canadiennes, La santé de toute la famille exige que l\u2019on par Emile Falardeau = \u2026 53 soit bien vêtu.Littérature canadienne 54 tion des cas de pneumonie mortels.que l\u2019on a constatée, et qui a atteint près de 50% au cours des trois dernières années.Mais, \u2014 et c'est la chose la plus importante \u2014 il faut donner au médecin la possibilité de mettre son habileté en œuvre de façon précoce contre la pneumonie ! NOTRE PROCHAIN ROMAN : Le Clos des Cerisiers, par Françoise Roland A ses lectrices, lecteurs, dépositaires et annonceurs, La brochure gratuite que publie la L'exercice quotidien paie des dividendes LA REVUE POPU LAIRE souhaite une bonne et sous forme de plaisir et de bonne santé.Metropolitan, sous le titre \u201cLes Rbumes., l'Influenza, la Pneumonie\u2019' contient beau- heureuse annee.coup de conseils précieux et pratiques, qui rhume s'aggrave, le mieux sera de se met- yous aideront à vous protéger contre la tre au lit et d'appeler le médecin.maladie, à cette époque-ci.Demandez-la C\u2019est pendant les trois premiers mois dès aujourd\u2019hui au Dépt.I-Z-41, Direc- de l\u2019année que la pneumonie est le plus tion Générale au Canada, Ottawa.LA REVUE POPULAIRE Jean Chauvin TARIFS D'ABONNEMENTS DirECTEUF.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026200mesmanesesesmanencee Rédacteur en chef.Fernand de Verneuil c .; .land Prévest anada : Un an: $1.50 \u2014 2 ans : $2.00 M p y Sera de encre Coates Sauriol Etats-Unis : Un an $1.75 \u2014 2 ans : $2.50 e Î I 0 p 0 i Î a n i e n S U ra n C e 0 m a n D enfiafive.\"Co, Hector Wot! 975, rue de Bulion, Montréal P.0.Canada common À room MUTUELLE Chroniqueuse culinaire.Mme Rose Lacroix Tél.: PLATEAU 9638* NEW.YORK LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITÉE FREDERICK H.ECKER LEROY A.LINCOLN Membres de I'A.B.C.Président du Conseil Président Entered March 23rd 1908, st the Post Office of St.Albans, aH 7 4 S.A.as second class matter DIRECTION GÉNÉRALE AU CANADA ITAWA under the Act of March 3rd 1 La Revue PopuLAIRE .= @ a à i A S 53 à # prt! te Ee S$ a a ee va Ie Rt oh i \u201c * x x .= > wo q Les 3 MAGAZINES = = a & 0 a i 5 4 p 223 A À » $ 4 se LES PLUS EN x os x or Ce n° EP ¥ i VOGUE i of \\ ie A 4 % BY fo ei i # 4 a i = te N Gin ¥ N LY 2 = i p: EL E 3 $ x N te @ | tg $.= és, Ny i 25 i Ed En Ne Ay i À © a Y 4; = \u2014 25 = fe = nt = > ré La Re vue A i \u201cæ ire N Popula $ ro 5 = Le dr Sa or ga i os A = À a S amedi a i Si i se Xe = > 5 > 2 9 = .> = He .vi A 2 ol i Se hs i : fe À 4 Te te A Coupon d'abonnement aux 3 magazines Ci aclus veuillez trouver la somme de $5.00 [Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.3 Nom M.NE a .Adresse [RRP ® a = i & Localité pe - Province a PS ol POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, À = E 975, de Builion, Montréal = \u2014 JANVIER 1941 Photo C.P.R.CARABINS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI L Y A quelques années, \u2014 que les jolies femmes me pardonnent cette litote, \u2014 je quittais l'Université Laval, serrant précieusement sous mon bras tremblant d'émotion un beau parchemin tout neuf, auquel mon jeune enthousiasme prêtait un prestige infiniment plus grand que n'en posséda jamais la prétentieuse « peau de chagrin» de feu Honoré de Balzac.Pour ce qu'il advint de mon parchemin et comment il se transforma en résorbant mes rêves et mes illusions, ceci est une autre histoire que je raconterai peut-être un jour en détail mais seulement aux gens d'âge et d'expérience.Pour l'instant, je me borne à déclarer que mes années universitaires ont été les plus joyeuses et les plus faciles de toute mon existence.Des professeurs diserts, des condisciples charmants et par dessus tout cela, une ambiance exquise faite de confiance en la vie et de foi en ses munificences, où voguait notre insouciante existence de carabins de l'an 19.Depuis ma graduation, j'étais retourné en diverses circonstances à mon Alma Mater mais à vrai dire, j'avais perdu contact avec les étudiants et je me demandais parfois, avec une certaine anxiété, ce qu'ils devenaient et s\u2019il leur restait encore quelque vaque ressemblance avec ceux de mon temps.C'est pour essayer d'élucider ce troublant problème que, tout dernièrement, grâce à l'aimable entremise d'un étudiant d'aujourd'hui dont j'ai le bonheur d'être l'ami, je suis allé passer un bout de soirée avec quelques carabins de la présente promotion.Et si je crains d'avoir mis à rude épreuve la complaisante patience de cette brillante jeunesse, pat contre, je dois avouer que je me suis grandement intéressé et que les heures m'ont paru désespérément courtes.Bien que j'aie trop bavardé et pas assez écouté, \u2014 c'était plus fort que moi, au milieu de ce cercle rayonnant et smpathique, je ne pouvais me rassasier d'évoquer le cher passé défunt \u2014 je me suis néanmoins rendu compte de quelques similitudes et dissemblances entres les carabins d'aujourd'hui et ceux d'hier et d'avant-hier dont je suis.Tout d'abord, les étudiants de Laval, à l'exemple de leurs confrères montréalais, sont groupés dans par Aimé Plamondon une Association Générale, l'A.G.E.L., dont la direction est assumée par un Conseil comprenant des représentants de toutes les facultés.Ensuite, l'existence des carabins gravite maintenant autour d'un centre qui est le Cercle Universitaire, situé rue Couillard.C'est un club parfaitement organisé où l'on accueille avec la plus chaleureuse cordialité tous les élèves, anciens et actuels, de Laval.Les étudiants y ont à leur disposition des salles de lecture et de récréation, un salon de musique et un restaurant.Ce qui atteste une fois de plus le souci de la vie moderne de mêler en coquetel savoureux et utilitaire, le nécessaire, l'utile et I'agréable.Pour resserrer encore davantage les liens intellectuels et sociaux entre ses membres, l'A.G.E.L.publie depuis plusieurs années un journal, l'Hebdo- Laval, miroir vivant et spirituel des idées, des convictions, des espoirs et des rêves des étudiants d'aujourd'hui.Puisqu'il est de bon ton de citer des chiffres un peu partout et de servir de la statistique à toutes les sauces, ne manquons pas de signaler que le grand total des étudiants de Laval, qui était, vers 1915, de 225 environ, est passé à plus de 700 en 1940.Cela suffit à expliquer, en partie tout au moins, la grande variété des initiatives dont l'élaboration et la réalisation sont maintenant possibles, parfois même faciles, à nos chers carabins.Il y a d\u2019abord la pratique des sports qui se généralise d'année en année.Le ski est particulièrement en vogue à l'Université et l'A.G.E.L.possède maintenant son propre chalet au Mont Saint-Castin, ce gracieux pic des Laurentides québécoises en passe de conquérir une célébrité internationale dans le monde des skieurs.C'est à cet endroit que par les beaux dimanches d'hiver, les étudiants, en compagnie de leurs «étudiantes », se livrent aux émouvantes délices des descentes vertigineuses le long des pentes abruptes de la montagne où le rayonnement du soleil sur la neige et la verte splendeur des sapins composent de féeriques pastels.La vie sociale des étudiants tourne autour de deux pôles principaux : la mémorable soirée des « Carabinades » annuelles, un des événements les plus fashionables de la « season » québecoise et la « Journée Universitaire » qui a remplacé le grand banquet traditionnel auquel on reprochait vivement en plusieurs quartiers de n'occuper qu'une soirée, de ne pas permettre la joyeuse parade à travers la ville et, enfin, d'être plutôt dispendieux, considération qui semble avoir encore une certaine valeur chez nos successeurs ès-basoche.Non moins recherchées, peut-être même plus largement populaires sont les initiatives purement intellectuelles.C'est d'abord le Tribunal-Ecole où se plaident chaque année, en présence d'un public nombreux et choisi, de sensationnelles causes criminelles et civiles qui donnent aux futurs maîtres de notre prétoire et de notre tribune aux harangues l'occasion de fourbir et même de rompre leurs premières lances.Ensuite, viennent les Débats Sra toires qui ont pris récemment une ampleur et une envergure extraordinaires.L'an dernier seulement, ces tournois oraux mirent successivement aux prises les étudiants de Laval avec leurs confrères de Montréal, d'Ottawa, de Toronto et même de la lointaine Floride.Est-il besoin d'ajouter que lorsque ces débats revêtent un caractère mixte, ils portent l'intérêt et l'enthousiasme à leur paroxysme, tout en faisant couler des flots d'encre et des tôr- rents de paroles où le sucre et le miel se mélangent quelquefois d'un soupçon de fiel et de vinaigre ?Dans le domaine de la coopération, on a créé il y a quelques années le Bloc Universitaire, organisation considérable destinée à unir sur le plan national, pour la défense de leurs intérêts communs, les étudiants d'origine française de toutes les universités canadiennes.Ce Bloc a déjà enregistré un succès direct en obtenant du Gouvernement l'octroi de nombreuses bourses d'études à des sujets d'élite.Enfin, la religion et la philosophie ne sont pas négligées et Pax Romana, association internationale de jeunesse universitaire, compte à Laval de nombreux adeptes (Lire la suite page 62) PELLAN \"ART moderne, le plus difficile, le plus abstrait et le plus déconcertant pour le profane, n'a jamais été aussi à la mode en Amérique.L'an dernier, à New-York, l'exposition de Picasso attira autant de curieux qu'un match de base-ball.Celle d'Alfred Pellan, à Montréal et à Québec, permit pour la première fois au grand public de pénétrer dans la Cage aux Fauves.Bouches ouvertes, regards affolés, toussotements, rires étouffés, sourires dans le coin, on vit et on entendit de tout devant les toiles et les dessins de Pellan.Le public ne cherchait à cacher ni son admiration, ni son mépris souverain.L'important, c'est que le Musée Provincial de Québec et l'Art Association de Montréal aient eu les mêmes égards pour un artiste révolutionnaire que pour le plus conservateur des peintres acceptés par la bonne société.Quant à la critique, disons le mot, elle fut admirable.Dans la presse montréalaise, Reynald (La Presse), Marcel Parizeau (Le Canada).Maurice Ga- gro (Peinture Moderne, Editions Bernard aliquette) et Jacques G.de Tonnancour (Le Quartier Latin) ont consacré à Pellan des études que nous aimerions pouvoir publier ici tout entières.En voici quelques extraits : « Quelle joie égoïste de pouvoir sans être poli poser en guirlande sous le nom d'un artiste aussi jeune par l'âge, le titre, prétentieux ailleurs, de Maître.Ses \u2018quelque trente ou trente-cing printemps supportent aisément et sans ridicule cette appellation.Une publicité qui paraîtra peut-être tpageuse, faite tout simplement des témoignages rendus un peu partout en Europe, à la suite d'expositions qui l'ont fait connaître sur le vieux continent, me dispense de me justifier davantage.Si Pellan peut être loué de son apport artistique, lorsqu'il nous revient, il nous est bien difficile d'oublier qu'il est notre compatriote.L'opinion qu'on s\u2019en fera ici doit être forcément influencée par cette même caractéristique : fait nouveau, Pellan.canadien, a pris déjà une signification mondiale ; sa peinture, son art sortent du cercle vicieux de l'appréciation locale.Il se situe sur le plan humain et à ce titre tout en restant canadien il prend place parmi ceux qui dans le monde tiennent entre leurs doigts une parcelle du génie de l\u2019homme.Qui dira qu'il n'y a pas là un élément d'exception dont nous pouvons, entre nous, très gentiment nous réjouir ?La question se pose de temps à autre, et j'ai moi-même pris part (de moins en moins en vieillissant) à des discussions sur l'avenir de l\u2019art au Canada français.On en sort généralement déprimé, terriblement sceptique.À ce petit jeu, auquel on joue trop fréquemment ici au lieu d'agir, on perd la notion exacte de ce qui est possible, en se butant sur la médiocrité instable.De haut en bas, puis à gauche, à la suite : Le peintre Pellan déchiffre pour le profane l'énigme de ses toiles.\u2014 Comprendront-ils jamais ?\u2014 Le Salon Pellan, impossible de savoir pourquoi, a attiré à l'Art Gallery de Montréal un nombre étonnant de prêtres et de frères.Très bon signe.\u2014 On discute le coup : Pellan est-il un génie ou un plaisantin ?\u2014 \"On aura tout vu !\u201d\" \u2014 Et cette jeune fille, admire-t-elle le cubisme de Pellan ou se demande-t-elle s'il se paye sa tête ?En un mot, quelques attitudes du public devant un art difficile.PHOTOS HENRI PAUL La Revue POPULAIRE JANVIER 1941 7 Pellan rappelle aux Canadiens qu'ils peuvent faire quelque chose.Où sont ces petits vieux précoces blottis ad aeternum comme moineaux peureux sous l'aile ombreuse du maître ?Mais, où sont les singes d'antan ?C'est au contraire une grande satisfaction, une délivrance que représente Pellan ; la révolte de la jeune force qui rompt les liens et les chaînes, les entraves imposées stupidement sinon avec méchanceté, pour aller radieusement vers les disciplines volontairement choisies et acceptées avec reconnaissance parce qu'elles enrichissent et conduisent à la plénitude.» MarceL PARIZEAU 5, « Pellan n'est ni Picasso, ni Braque, ni Matisse, ni Dufy ; il est lui-même.Les : harmonies qu'il affectionne sont d'une vigueur extrême, d'une robustesse qui ; oppose souvent les bleus aux rouges pour faire chanter, telle dans la Nature / / morte aux trois pensées, les notes jaune clair des fleurs fichées dans un vase 5 f.né critiques, que ce soient Jacques Lassaigne, Senberg, Jean-Picart-LeDoux, Jacques de Laprade, etc discernent dans ses œuvres, Et c'est ce qui nous l'attache et nous le \u2018rend cher.Sa peinture n'est jamais monotone, elle court en fluidités transparentes ou va jusqu'à s'épaissir en masses denses et fortement modelées.De ces années de labeur intense il ressort quelque cinq ou six pièces maîtresses qui font plus que consacrer déjà cette première période d'une vie.Alfred Pellan travaillera maintenant au Canada, loin du milieu qui l'a formé.Que deviendra son art ?Les critiques s'arrogent souvent le droit d'augurer et de donner des conseils.Qu'il me permette de lui dire que de la multiplicité des influences avec lesquelles il a été aux prises, que de sa facilité renversante à résoudre tous les problèmes que pose devant Lui un sujet, il devra se : égager, par une ré- 8 ; \u201cPE; flexion mic.Il devra ih | 2.PEÉCAN orienter sa très belle per- { | sonnalité, non pas vers la manière \u2014 je ne crains ; i guère cet écueil \u2014 mais i / vers une expression de l'âme canadienne qui est bien en lui.» Maurice GAGNON au long col.Cette gamme male met en vedette des dons pan que tous ses sen, i, « Même pour un profane comme moi, critique parce que mon cœur, comme celui de Chimène, est d'art à son corps défendant, à la condition de se encore «honteusement surpris par d'autres char- mettre, avec loyauté, dans un état de sympathie mes ».J'en conviens le plus simplement du monde.communiante Pellan, même le cubiste, même le À côté des privilégiés qui m'assurent mieux com- surréaliste, apporte au milieu de notre anémie artis- prendre Pellan qu'il ne se comprend lui-même, j'ai tique une exubérance de santé presque insolite.tenu, cependant, en mon âme et conscience, à Il est fort loin d'être ennuyeux.Tout est imprévu exprimer tout bonnement un peu de ce que je chez lui et pour lui (quelle agréable manière de suppose être son message.» regarder la vie !).Qu'on le veuille ou non, que les cénacles clament, que le grand public s'arrache les REYNALD cheveux, Pellan est un des rares quelques-uns que le Canada Français a donnés au monde, à l'universel.J'en sais dont l'enchantement est immense à visiter l'exposition Pellan.J'aimerais le partager sans réserve.J'envie certains enthousiasmes intarissables, mais je n'y arrive pas si facilement ; sans doute * Si nous ne mettons pas de légendes au bas des toiles, dessins et sculptures d'Alfred Pellan, c'est que celui-ci s'en moque et n'intitule jamais ses œuvres.PELLAIE CEA dume\u2026 \u2018 Domina\u2019 par Fernand de Verneuil UTREFOIS, il y a bien longtemps de cela, quelques hommes étaient des dames et ils pouvaient en être fiers parce qu'alors le titre de dame se donnaient à fort peu de personnes.C'était un titre en effet, directement dérivé des mots « dominus » et « domina» dont il était l'équivalent.Il fallait être d\u2019une haute condition, avoir des qualités bien reconnues et disposer d'un pouvoir effectif pour avoir droit à ce nom de Dame dont il n'était point fait abus.La plus haute acception du mot se trouve dans une très ancienne traduction de la Bible où l'on trouve l'expression:« Dame-Diex », laquelle fut remplacée plus tard par « sire-Dieu » puis « seigneur-Dieu ».Vous ne vous doutiez peut-être pas de cela, mesdames ?Pendant de longs siècles, seuls les hommes d'un certain mérite furent des dames ; c\u2019est le nom que les poètes anciens donnaient aux moines et religieux ; ils les appelaient dame ou dom et ils adjoignirent à ce titre, par la suite, celui de vice-dominus ou vice-seigneur dont on a conservé longtemps la signification sous la forme de vidame.Au Moyen Age, les femmes ont le droit d'être des dames aussi bien que les hommes, mais à condition de posséder des droits seigneuriaux ; c'est dire qu'elles sont relativement peu nombreuses encore: c'est une coutume nouvelle qui prend naissance mais ce n'est qu'au seizième siècle qu'elle élargit sensiblement ses effets.Par un coutumier retour des choses d'ici-bas, les femmes ont désormais seules \u2014 mais pas toutes \u2014 le droit d'être des dames et un chroniqueur de cette époque le constate avec une bonne grâce dont la bonne humeur n'est pas exclue.«Le temps a voulu, écrit-il, que le titre de Dame soit accordé aux femmes seulement et je n'en saurais donner autre raison, sinon que les femmes commandent naturellement aux hommes, quelle que soit la supériorité que, par nos lois, nous nous soyons donnée sur elles.» Il est assez curieux, cependant, de remarquer qu'il y a quatre cents ans, les dames étaient, ou bien les femmes d'un haut rang ou bien celles d'une condition très basse.Il y avait, à la cour des rois, les dames d'honneur, les dames du palais, les dames d'atours et autres encore comme il y avait dame Nicole ou dame Jeanneton servante ou gardeuse d'oies.Toutes les autres femmes, même mariées, étaient toujours des demoiselles.Les plus belles choses ne résistent pas au temps ; elles en subissent l'usure et disparaissent ou bien se multiplient par le fait même de l'habitude et alors elles perdent plus ou moins de leur valeur primitive ou bien en acquièrent une toute spéciale.C'est ainsi qu'il y eut les Dames de la Halle qui, pour la plupart auraient pu faire d'excellentes « Madame Angot », pas bégueules mais fortes en gueule.C'est également ainsi qu'un jour, apercevant dans les locaux du journal une bonne femme quelque peu.poussiéreuse et qui, un vague torchon à la main semblait errer en pays inconnu, je lui demandai ce quelle faisait là.\u2014 Je suis la dame laveuse, me répondit-elle d'un air marquant la pleine conscience de sa personnalité.Je n'insistai pas et fis à cette dame un grand salut qu'eût peut-être approuvé le fameux roi d'un grand siècle.Malgré sa vulgarisation, le mot «dame » n'est pas, pour cela, devenu vulgaire et, tel que nous le comprenons aujourd'hui, je le crois fort bien employé.Il départage les femmes mariées ou veuves de celles qui aspirent à l'une ou l'autre de ces catégories et il donne tout de suite, à celle qui le porte, un petit air sérieux, ou du moins qu'il est de bon ton de prendre au sérieux.De plus, dans plusieurs autres cas on lui a conservé, non seulement son importance mais sa suprématie sur tout ce qui l'entoure ; au jeu de dames, n'est-ce pas la dame qui a tous lespouvoirs ?Au jeu d'échecs, la dame n'\u2019estelle pas la pièce la plus honorable après le roi et même celle qui déploie la plus grande activité ?\u201c Enfin, nous vivons des temps dans lesquels les femmes font preuve d'une énergie et d'un dévouement qui ne doit point passer inaperçu, et cela seul suffirait à redonner au mot de « dame » tout le lustre qu'il eut aux premiers siècles de son emploi.Ce mot de « dame », tout en évoquant l'idée de domination ne manque pas d'un charme que tout homme bien élevé ne manque certainement pas d'apprécier ; il est vrai que ce charme se rattache à la femme elle-même et c'est pourquoi l'appréciation revêt parfois des formes assez originales même de la part des femmes.C'est ainsi qu'Anne Colnat a écrit fort spirituellement ceci : « L'homme rêve d'aimer une déesse douce et soumise comme une esclave et.\u2026.il se La REvuE POPULAIRE contente d'adorer le démon chéri qui le faire enrager.» C'est quelquefois vrai.Elle est d'ailleurs très fine en parlant de son sexe, cette Anne Colnat et cela se conçoit puisqu'elle est femme elle-même ; l'idée de l'antique domination qui nous a été transmise par le mot « dame » ne lui échappe donc pas, elle la retrace instinctivement dans une autre pensée où l'homme superficiel ne verrait que caprice ou paradoxe tout à la fois.Toujours parlant de l'homme, Anne Colnat nous dit l'appréciation qu'en fait la femme en diverses circonstances : « S'il se présente fringant, pimpant, rayonnant, parfumé comme un bouquet de printemps, elle fait la moue, l'accuse de poser au triomphateur.Si elle s'aperçoit qu'il a.son chapeau de travers, sa cravate à l'envers, elle boude et lui reproche tout bas de faire bien peu de frais pour lui plaire.» C'est, je l'ai dit, l'idée de domination, restée au cœur de la femme et qui se manifeste sous forme de critique, d'ailleurs assez inoffensive, à l'égard de l'homme ; il faut reconnaître toutefois que la femme a imposé sa suprématie au cours des siècles de façon plus énergique et qui mérite bien de ne pas tomber dans l'oubli.L'Histoire s'en souvient et classe ces femmes sous la rubrique « Grandes dames héroïnes », laquelle est pleinement justifiée.On les voit, ces dames héroïnes, passer dans l'épopée antique, dans les romans chevaleresques du Moyen Age et dans de nombreux poèmes des siècles qui suivirent.Au Moyen Age, quand les seigneurs féodaux allaient aux Croisades et demeuraient absents pendant de longues années parfois, le domaine seigneurial ne périclitait pas pour cela car la Dame, la dominatrice était restée là.Cette supériorité n'était pas toujours acceptée avec la bonne grâce qu'elle méritait par ceux qui devaient s'y soumettre et il en résulta une curieuse appréciation de la femme en ces temps là.On l'admira volontiers, on reconnut sans trop se faire prier ses évidentes qualités mais on ne l'aima pas toujours.\u201d Peut-être précisément parce qu\u2019on la craignait\u201dun peu ou beaucoup et que ià crainte est toujours un aveu fait à la puissance.Les poètes eux-mêmes tombèrent dans ce travers et Pétrarque écrivit en toutes lettres : « La femme est le diable incarné.» Il ne faudrait pas croire pour cela que l'esprit de domination fût, chez la femme, un sport uniquement aristocratique ; on en trouve l'équivalent, un peu à toutes les époques et dans tous les pays, parmi les femmes de condition plus humble.Un seul exemple mais il en vaut bien cent à lui seul.Il s'agit de Catherine Meurdrac qui gagna, près de trois cents ans avant celle de 1914, sa bataille de la Marne.Tout jeune fille, Catherine apprend à manier l'épée et l'arquebuse ; à dix- neuf ans elle épouse un capitaine qui prit part à trente guerres au cours de sa vie ; Catherine en fit moins, mais avec quel succès ! À la tête de sept mille paysans elle battit à plates coutures le duc de Lorraine et ses dix-huit mille soldats.Elle avait certes bien mérité son titre de Dame, dans le sens ancien du mot.Aujourd'hui encore, et comme autrefois, comme toujours, la Dame domine.Tant que la femme est demoiselle elle peut encore se contenter du deuxième rang dans la société mais elle reprend le premier du jour où elle s'appelle madame.Et peu de messieurs pourront me contredire \u2026. JANVIER 1941 9 LA FORMULE DU SALUT : LE COOPERATISME VAUDREUIL-SOULANGE Berceau de l'Industrie du Lin au Canada M.J.-P.CLOUTIER, Coopérative des Producteurs à De Beaujeu.gérant de la de Lin A SociÉrÉ COOPERATIVE DES ProbucTEurs DE LIN DE VAu- DREUIL-SOULANGES a son siège principal et ses bureaux à De Beaujeu, à trois milles de Saint- Polycarpe, dans.le comté de Soulan- ges.Fondée en 1929, elle eut alors pour unique but de cultiver le lin pour la fabrication des étoupes à rembourrage et des grains de semence à être écoulés sur nos marchés locaux.Elle transforme aujourd'hui Ia presque totalité de sa production en fibre destinée à la fabrication des toiles, et le tout est exporté.Elle a aussi développé un marché important pour l'écoulement de la graine de lin ui est vendue en Europe pour fins e semence.En 1939, la Coopérative a exporté en Europe 2,400,000 livres de fibre de lin et 2,000,000 de livres de graine de semence.La Coopérative de Lin de Vau- dreuil-Soulanges est considérée comme la plus grande organisation du genre dans l'Empire Britannique et peut-être dans le monde entier.Partout ailleurs, l'exploitation du lin se fait au moyen d'organisations ne contrôlant que 1,000 à 2,000 acres tandis que la Société a fait ensemencer le printemps dernier plus de 9,000 arpents.Sa seule production cette année représente plus de la moitié de la production totale des fibres de lin du pays et en 1939, la Société a exporté les trois-quarts de la production totale du Canada.Vers 1932, à l'arrivée du gérant actuel Monsieur J.P.Cloutier, ce dernier eut tôt fait de constater que le marché des étoupes à rembourrage n\u2019était pas suffisant pour écouler toute la production d'une manière régulière et il se rendit compte aussi de l'impossibilité de toute expansion si l'on continuait à ne s'en tenir qu'à cette production ; aussi une surproduction de ce matériel ajoutée à une baisse sensible des prix obligèrent la Société à donner à l'industrie une Les débuts furent lents et difficiles.Il fallut initier les fermiers à une culture toute nouvelle et bien différente de celle qu'ils étaient accoutumés de faire jusqu'ici en même temps que leur donner confiance en leur organisation et les y intéresser.Comme aucune machinerie relative à cette industrie n'est faite au pays, il fallait se les procurer en Europe ; aussi Monsieur Cloutier dût-il faire plusieurs voyages dans ce but, dont le premier en 1936.Dès lors, l'industrie du lin était née au Canada, le premier pas était fait, la première impulsion donnée.La Coopérative des Producteurs de Lin de Vaudreuil-Soulanges avait réussi à mettre en opération les méthodes les plus modernes et les plus rapides, tant dans la manutention de la récolte chez le fermier que dans la préparation dans les moulins.Les affaires de la Société ont pris depuis lors un essor considérable et ont pratiquement doublé d'année en année, Le chiffre d'affaires pour l'année 1939 a été de $500,000 de $12,000 qu'il était en 1932.La Société compte actuellement 552 membres actifs alors qu\u2019en 1932, elle n'en comptait que 100.Trois moulins à De Beaujeu, Ste-Marthe et St-Clet sont en opération dix mois de l'année.Une nouvelle usine, conçue d'après les plans les plus modernes, est actuellement en construction à Saint-Rédempteur et sera mise en opération dès la fin de septembre.Ceci porte donc à quatre le nombre des usines de la Société.La Coopérative est régie par un bureau de direction composé de neuf membres dont les noms suivent : MM.Avila Besner, président ; l'abbé R.D.Macdonald, vice-président : os Pharand, Emery Gravel, Joseph arleau, Wilfrid Besner, Albert Campeau, Honoré Aumais et J G.Desforges, directeur; M.Edgar La- londe, secrétaire-trésorier.Le gérant, M.J.P.Cloutier, de concert avec la direction, dirige les activités de la Coopérative depuis 1932.La guerre a accru la demande de fibre de lin et l'Angleterre réclame la production totale du pays.Le marché est très vaste et les possibilités d'expansion dans un pays aussi neuf et aussi inexploité que le nôtre sont illimitées.De Beaujeu fut le berceau de l'industrie du lin au pays ; nous devons être fiers de le reconnaître et d'en donner le mérite aux producteurs de lin de Vaudreuil-Soulanges qui furent les seuls et véritables pionniers de l'industrie du lin au Canada.Après avoir fauché ou arro- nouvelle orientation.C'est alors qu'on eut l'idée de considérer sérieusement la production des fibres de lin pour l'exportation aux filatures européennes.ché le lin, on le laisse dans le champ pour le rouissage, puis on groupe les gerbes en chapelles. Joan ec Géenirtone = ANS = ARTIST LA Revue PoruLaRE RAMISTES A CÉRAMIQUE est une forme d'artisanat qui renaît dans notre province, écrit Jean-Marie Gauvreau, directeur de l'Ecole du Meuble, dans son magnifique ouvrage intitulé ARTISANS pu Quésec.« Il y avait autrefois des centres importants de céramique à Baie Saint-Paul, à Pont- Rouge, à Saint-Jean d'Iberville et à Laprairie.Cette renaissance de la céramique remonte à une dizaine d'années.Le Shawinigan Technical Institute a été le lieu des premières tentatives, Un professeur, belge d'origine, M.Miège, avait fait avec les argiles des environs des essais auxquels s'était particulièrement intéressé M.Oscar Bériau, directeur de l'Eco- le provinciale des Arts domestiques .L'Ecole des arts domestiques a poursuivi des recherches sur nos argiles, sous la direction de M.Chochard, excellent technicien.C'est à l'initiative et à la clairvoyance de l'honorable Athanase David que l'on doit la fondation d'une section de céramique à l'Ecole des Beaux-Arts de Montréal.Le premier titulaire de ces cours est M.Pierre-Aimé Norman- deau, jeune artiste canadien d'un trés grand talent.Après quelques années d'enseignement, Pierre-Aimé Normandeau a déjà recueilli les consolations du dévouement et du talent consacrés au service de ses élèves.» Ici, Jean-Marie Gauvreau en nomme quelques-uns et parmi ceux-là : Jean-Jacques Spénard, des Trois-Rivières ; William Hutchison, de Montréal; Louis Archambault, Girard, Melançon et Bertrand Vanasse.Une autre école de céramique fut fondée à Montréal par Louis Parent, animateur d'une société dite « La Maîtrise d'Art » formée de quelques excellents artisans : Rémi Arbour, Cons- tantineau, Filion et M.Vincelette.Quatre réalisations du céramiste Jean-Jacques Spénard, des Trois-Rivières.Photos d'Armour Landry, gérant du Syndicat d'initiative de la Mauricie. ss rss JANVIER 1941 il LE HOUX ET LE GUI par MARCELLE LEPAGE Licenciée en sciences naturelles de l'Université de Montréal ÉCEMBRE ! « Comme la neige à neigé, » dirait Nelligan ! Elle a chu, à grains pressés, poussée par la rafale impitoyable qui soufflait du Nord-est ou, ses blancs flocons, tournoyant dans l'espace sous l'action de souffles plus légers, se sont écrasés lentement, douillettement sur le sol.Petit à petit, d'un geste brusque ou caressant, la neige a enveloppé toute chose : la terre nue, les gazons jaunis par les gelées précoces, elle a encapuchonné les toits des maisons dont les volets sont clos désormais, frangé les rameaux dépouillés et barbouillé de givre les vitres des fenêtres.La nature canadienne, drapée de blanc, sommeille.Seuls, dans les bois, les Pins altiers, les Sapins et les Epi- nettes, les Thuyers, les Ifs profilent des silhouettes encore pleines de sève, de vie.C'est précisément a la persistance de leur sombre et opulente verdure que, la Noël venue, Sapins et Epinettes doivent l'accueil chaleureux dont ils sont l'objet dans les foyers américains.Transformés alors en univers féériques où se coudoient des astres et des esprits célestes, des fruits pleins de soleil et des flocons de neige, des résilles de givre, des personnages aussi disparates que fantastiques et «le petit Jésus » entouré de sa cour de bergers et de mages, ils font le bonheur des enfants qui se pâment d'admiration devant eux, parce qu'ils y voient, dans leur naïve candeur, la puissance et la tendresse de l'Enfant-Dieu.Autres pays, autres coutumes! En France, le Houx dit « piquant» ou «à feuilles épineuses », symbolise les joies de la Nativité.On connaît le Houx par les dessins qu'on en a vus sur les cartes de souhaits qui s'échangent à Noël ou par les reproductions artificielles qu'on en fait.Cet arbuste qui peut atteindre jusqu'à vingt ou trente pieds de hauteur se trouve en abondance dans les bois, les forêts, les montagnes de France, de Suisse ou de Belgique, mais il ne croît pas au Canada.Ses feuilles plus longues que larges, aiguës, coriaces, épaisses, luisantes, dentées et armées d'épines, comme l'indique le nom de l'espèce, persistant tout l'hiver, en dépit des froids rigoureux, sont très caractéristiques.Les fleurs, de jolies fleurettes blanches, qui s'épanouissent d'avril à juillet, peuvent présenter pour le profane quelque analogie avec celle du Myosotis, si l'on excepte, toutefois, le nombre des pétales qui est de quatre pour le Houx et de cing pour le yosotis.Les unes et les autres sont dites fleurs en roues.Par ailleurs, Myosotis et Houx sont des espèces totalement différentes.Aux fleurs succèdent, à partir d'août, de septembre ou d'octobre, selon l'altitude, les petites baies sphériques, écarlates qui garnissent ensuite l\u2019arbuste, l'hiver durant.On peut imaginer sans peine, quel aspect pittoresque, quel éclat doivent présenter, dans les paysages, les Houx couverts de leur feuillage vernissé, piqué à profusion des fruits rutilants, lorsqu'ils se détachent, isolés ou en buissons, sur les neiges étincelantes.Voilà, sans doute, pourquoi l'on en a fait, avec tant de pertinence, un symbole d'allégresse: Les maisons de France en sont parées à Noël.Dans les Vosges, c'est le Houx qui est l'arbre de Noël traditionnel.Les Canadiens continuent, peut- être, cette tradition en décorant à Noël, leurs maisons et leurs tables de branches de Houx artificiel.Plus ancienne est la tradition anglaise du Gui dont l'origine remonte aux Gaulois.Et d'abord, saviez-vous que cette petite plante ligneuse, mesurant de un à deux pieds, ne peut vivre par elle-même ?N'ayant pas de racine, elle ne peut croître en pleine terre.C'est sur les branches des arbres tels que le chêne, l'orme, le tilleul, le pommier, le poirier, le châtaignier et beaucoup d'autres espèces qu'il faut la chercher.Ici, au Canada ?\u2014 Non pas, dans les pays européens seulement.La graine germant sur l'hôte d'occasion, enfonce dans l'écorce qu'ils digèrent sur leur passage des prolongements qu'on a appelés des suçoirs, au moyen desquels le Gui puise la sève brute circulant dans l'arbre qu'il parasite.Grâce à cette usurpation de substances nourricières, il épanouira ses touffes de rameaux qui se divisent en fourches successives, donnent naissance à de minuscules fleurs G.Bernier Une branche de Houx G.Bernier Gui parasite sur une branche d'arbre jaunâtres, et, enfin, à de petits fruits blancs, charnus et visqueux.Phénomène remarquable, le Gui n'a pas d'orientation.Le géotropisme qui s'exerce normalement sur les plantes n'a aucun effet sur lui.C'est pourquoi, on trouve ses bouquets verts disposés en tous sens sur les rameaux des arbres.La propagation de cette petite plante toujours verte, méme dans la saison froide, est assurée par les oiseaux, les grives surtout qui, avalant les fruits, rejettent les noyaux avec leurs excréments.Ceux-ci se collant aux rameaux permettent à la graine de germer sur l'écorce.Est-ce à cet extraordinaire moyen de conservation, ignoré par les Gaulois, que le Gui doit le prestige immense qu'il eut naguère et qu'il a conservé, en partie, encore aujourd\u2019hui ?\u2014 On a sans doute trouvé du surnaturel dans cette façon de vivre.Quoi qu'il en soit, on lit dans les auteurs anciens que le Gui croissant sur le Chêne était recueilli tous les ans par les Druides qui devaient revêtir pour cette cérémonie une robe blanche et user d'une serpe d'or.On immolait ensuite deux taureaux blancs, on festoyait et l'on chantait des hymnes en l'honneur de la divinité, sous le Chêne qui avait donné naissance à la plante mystérieuse.Au premier jour de l'an, le Gui ainsi solennellement recueilli était distribué au peuple qui le recevait et le gardait comme une chose sacrée.En Angleterre, en Irlande, le Gui jouit encore d'une grande popularité.On en échange des tranches entre parents, entre amis, au début de l'an nouveau, et ces branches sont conservées comme des talismans.Aussi le Gui qui ne croît pas sur les Iles Britanniques, fait-il l'objet d'un commerce considérable entre la France et Albion.Divers dictons, tous plus savoureux les uns que les autres, ont été transmis de génération en génération.En voici quelques-uns puisés au hasard dans divers auteurs et cités par Rolland : « Placé dans la chambre, le 31 décembre, le Gui porte bonheur pour l'année suivante.» « Le Gui porte malheur.si on l'a coupé avec un instrument tranchant, mais il porte bonheur s'il a été arraché.» « Contre le mal caduc, réciter le Pater en buvant un breuvage où on fait bouillir du Gui pris sur le Chêne le jour de la Saint-Jean avec du levain de farine de seigle ».La France a partagé ces naïves croyances : En Bretagne, on place une touffe de Gui au-dessus de la porte des écuries pour protéger les animaux contre les maladies contagieuses.En 1906, un auteur écrivait : « On vend à Paris, en hiver, depuis une vingtaine d'années, du Gui en guise de porte-bonheur.» Et il ajoutait : « C'est une importation d'Angleterre.» Le Canada ne semble guère avoir été impressionné par la tradition du Gui.Est-ce à cause de la difficulté d'établir, d'un continent à l'autre, le commerce de la petite plante qui cache en ses rameaux touffus les bons et les mauvais sorts ?Peut-être ! Nous sommes à la veille de Noël et de l'An neuf! Bientôt, les joyeux carillons de nos clochers égrèneront dans les plaines canadiennes les Alléluias triomphants ?Dans.les parterres, les maisons, se dresseront les arbres de Noël symboles de nos réjouissances.Il faudra penser, alors, que là-bas, en France, en Angleterre, en Pologne, en Grèce, maintenant, en Allemagne et peut-être en Italie, bien des clochers resteront muets .Il y aura des Noëls bien tristes, et l'année nouvelle, débutera pour plusieurs sur des ruines et des deuils cruels.Quels talismans enverrons-nous aux pays dévastés par la terrible guerre qui semble ne pas vouloir épargner personne ?La prière fervente de nos tout-petits, agenouillés devant le « petit Jésus » de la Crèche, ne serait-elle pas le plus sûr des porte- bonheurs ? 12 Les Coeurs Relfleurissent EAN-MarC frappa sur son verre pour appeler le garçon.Mais le coup fut si hésitant, si discret que personne n'y prit garde et le jeune homme, décontenancé, continua d'égrener au creux de son assiette, les grains d'or d'une grappe.Décidément, il le constatait une fois de plus, ses habitudes campagnardes ne coîncidaient guère avec les habitudes parisiennes.À cette heure matinale.midi à peine, le restaurant était presque vide.Dans un angle de la vaste salle encerclée de glaces, un groupe de trois hommes parlait affaires en déjeunant.Dans l'angle opposé, une femme seule, une femme trop teinte et trop fardée, semblait attendre et, nerveuse, se polissait les ongles.Une chaleur lourde emplisait la pièce.On entendait, à travers les vitres embuées de brume, le roulement sourd des voitures sur le boulevard.Pourquoi Jean-Marc était-il venu s'attabler dans ce restaurant ?Pourquoi, maintenant, éprouvait-il un étrange malaise et comme une hâte subite de fuir?Il n'osait pas se l'avouer et cependant le passé s'imposait à sa mémoire trop fidèle.C'est là que, trois ans plus tôt, au lendemain de son mariage, le hasard l'avait conduit avec Raymonde, avec sa femme ; c'est là qu'ils avaient fait, tête à tête, une dinette d'amoureux triomphants.à la fois et timides.Trois ans! Court espace de temps pour qui fut heureux ! Calvaire infiniment long pour qui eut, comme Jean-Marc, la douleur de voir expirer sa femme entre ses bras, après quelques mois à peine d'ivresse épanouie ; pour qui ne voulut pas, comme Jean-Marc, oublier la disparue et ne vécut depuis lors qu'avec son souvenir ! Trois ans ! Et cependant, autour du jeune homme rien n'avait changé, semblait-il.Il reconnaissait la banalité de la salle trop luxueuse et, dans la glace qui lui faisait face, il retrouvait sa propre image, toujours pareille à elle-même, ses cheveux drus et bruns dressés sur un front large, sa barbe courte, taillée en pointet, encadrant le visage, au teint mat, son nez étroit et volontaire, sa bouche charnue \u2014 par contradiction \u2014 d'homme gourmand de la vie, sa carrure enfin que la trentaine dépassée depuis peu conservait élégante dans sa force nette.Peut-être, s'il s'était regardé de plus près, Jean- Marc eût-il remarqué, sur le velours sombre de ses prunelles, un voile de mélancolie poignante qui, jadis, n\u2019y était pas, n'y pouvait pas être.ais assis trop loin de la glace pour un examen si minutieux, il conserva son impression première d'immuabilité, cette impression dont tout autre se serait justement enorgueilli et dont lui, ce matin, se désespérait.ui, rien n'avait changé.Mais la chaise qui lui faisait vis-à-vis, la chaise où s'était assise Raymonde était vide.Habitué sans cesse à évoquer la morte, Jean- Marc chercha une ombre diaphane, voulut forcer le fantôme lointain à surgir, à reprendre place devant lui.Vraiment.L'atmosphère factice du restaurant ne pouvait être favorable à un tel dilettantisme de la douleur.Le jeune homme ne vit rien de l'autre côté de la table, si ce n'est, là-bas, la femme trop teinte, trop fardée.Elle continuait de polir ses ongles, sans impatience maintenant, et regardait Jean-Marc en souriant.Il eut un geste brusque de révolte et frappa son verre d'une telle\u2019 force que le garon accourut.\u2014 Vite, l'addition ! dit-il.Je suis pressé.Il paya, mit hâtivement son manteau et sortit.Un pale soleil d'hiver jouait dans les devantures des magasins et accrochait les lambeaux de clarté aux branches dépouillées des arbres.Les passants, frileux, pressaient le pas.Emmitouflées dans des fourrures, les passantes ne montraient que leurs nez roses et leux yeux aiguisés par le froid.La poussière soulevée par l'aigre bise avait, aux lèvres, un goût de sel, Jean-Marc partit, d'une allure rapide, droit devant lui.Nulle obligation ne l'appelait, nulle visite ne l'attirait.Il ne possédait à Paris ni camarade, ni relation.Në campagnard, il l'était demeuré obstinément.Son enfance s'était passée sur le domaine de son père, sur le plateau qui domine, à l'ouest, la vallée de l'Eure Sa jeunesse s'était écoulée au lycée d'Evreux, puis à l'Ecole de Grignon Son père était mort dans l'intervalle.Frappée par ce deuil, Mme Morel n'avait pas tardé à rejoindre son mari dans le petit cimetière rustique, tout mangé de plantes champêtres et d'herbes folles, qui dort à l'ombre étroite d'un clocher de village.Énfin, Jean-Marc s'était marié avec la fille d'un propriétaire voisin.Son bonheur l'avait enchaîné davantage au sol natal.Son malheur ne l'en avait pas éloigné.L'atavisme, l'habitude, le goût de la solitude, la passion de la terre, de la belle terre à blé magnifique et féconde, tenaient à ce point l'âme du jeune homme qu'il ne pouvait concevoir une existence différente de la sienne.Ce jour-là encore, il se demandait quelle aberration subite, imprévue et vaine l'avait poussé tout à coup à fuir sa maison normande pour venir, hésitant et dépaysé, traîner son douloureux ennui parmi les coudoiements brutaux, le mouvement, les bruits de la capitale.S'il eût été capable, à ce moment, d'une analyse- plus perspicace, Jean-Mare se tüt expliqué les ressorts secrets de son acte.Nulle folie ne l'avait conduit, mais uniquement, l'obscur désir de revoir le cadre où s'était déroulée, au lendemain de son mariage, la première semaine de son bonheur.C'est pourquoi, sans y penser, il était descendu, près de la gare Saint-Lazare, à l'hôtel, où, trois ans plus tôt, il était venu s'installer avec Raymonde.C'est pourquoi, tout à l'heure, il avait recherché le restaurant où sa femme et lui avaient déjeuné un jour.C'est pourquoi enfin il suivrait maintenant la route parcourue autrefois, la longue enfilade des boulevards, tout bruissants de promeneurs et de voitures dans la clarté fugace de cet aprés-midi de janvier.Mais les mémes décors revus, les mémes gestes renouvelés inclinérent son esprit a dévider le fil de ses souvenirs.Après leur repas d'amoureux et leur flanerie au long des rues parisiennes, Raymonde et Jean-Marc s'en étaient allés rendre visite à un vieil ami de pr M.Morel.Il s'appelait Alexandre Bertin, était veuf depuis de nombreuses années et, à soixante ans bientôt, vivait en philosophe parmi ses livres et ses chats familiers, dans une maison ancienne \u2014 du quartier Saint-Georges, rue d'Aumale.wn Le jeune homme, esclave de la force inconsciente qui le poussait, n'hésita pas.Il héla un auto et se fit conduire chez M.Bertin.( Là encore, il retrouva les ombres intactes du passé.Après un escalier sombre aux marches ouatées de tapis, la porte s'ouvrit sur une figure d'autrefois, à peine plus ridée, celle d'une vieille servante à bonnet.Elle introduisit le visiteur dans le salon.Jean-Marc eut tout juste le loisir de reconnaître les meubles patinés par le temps, les tableaux poudrés de cendre dans la demi-obscurité de la pièce, les bibelots rares et précieux.Sur le seuil, M.Bertin venait d'apparaître, les mains tendues vers le jeune homme et, sur les lèvres, un sourire d'infinie bonté.C'était un homme vieilli prématurément.Ses cheveux blancs, sa barbe blanche faisaient ressortir davantage les boursouflures lourdes de ses paupières, les deux sillons qui creusaient profondément ses joues.Mais sa taille était demeurée droite et ferme, comme celle d'une victime du destin qui se refuse à plier sous ses coups.\u2014 Ah! mon enfant ! s'écria-t-il, que je suis content de vous voir ! Depuis trois ans, vous m'avez bien négligé, mais je vous pardonne.Je vous pardonne parce que je sais quel malheur vous a frappé: parce que revit en vous l'image de votre père, le plus cher de mes amis d'autrefois ; parce qu'enfin n'est-ce pas ?il faut toujours pardonner.Et il serrait entre ses mains les doigts du jeune homme, le regardant fixement dans les yeux, jusqu'au fond de l'âme.Jean-Marc balbutia : \u2014 Votre générosité me touche et je vous en remercie.En effet, j'avais préparé toutes sortes d'excuses à faire valoir devant vous.Mais votre étreinte, vos paroles les rendent bien inutiles.Puisque vous ne me tenez pas rigueur de mon abandon, souffrez que je n'insiste pas! \u2014 Vous êtes là et cela suffit.Ils prirent place, côte à côte, devant la cheminée où flambait, à l'ancienne mode, un grand feu de bois.Un long silence passa, pendant lequel on n'entendit que le pétillement des biiches et le tic tac lent d'une pendule découpant les minutes.Jean- Marc murmura, le premier : \u2014Vous comprenez mon émotion, n'est-il pas vrai ?La dernière fois que je vous ai rendu visite, ma femme était à mes côtés, nous étions heureux.13 ROMAN COMPLET par ROGER REGIS DESSIN DE F.-L.NICOLET Notre joie se répandait en bavardages un peu fous.Aujourd'hui.aujourd'hui.\u2014 Mon pauvre enfant, je vous comprends et je vous plains.Epanchez sans crainte ni honte votre peine ! Les cœurs qui ont souffert \u2014 comme le mien \u2014 sont faits pour partager les confidences douloureuses.\u2014 Ah! mon vieil ami, mon très cher ami, vous êtes sage autant que bon.Vous devinez quelle contrainte a été la mienne de ne pouvoir, depuis trois ans, avouer à qui que ce soit mes angoisses secrètes.Ces angoisses m'étouffent.J'ai voulu les crier au vent, aux arbres, à la nature.Mais la nature est indifférente aux chagrins des hommes.Je me suis tu.Comme le jeune Spartiate qui cachait sous les plis de sa robe le renard volé et conservait un visage souriant malgré les crocs et les griffes de la bête labourant ses entrailles, j'ai tenu enfermée.au plus profond de moi-même, ma douleur.H£las ! voici trop de temps que cette douleur me mord et me ronge.Je n'en puis plus ! Je n'en puis plus.M.Bertin se pencha vers Jean-Marc et, d'un geste paternel, posa le bras sur son épaule, attira Vers lui cette tête d'homme rude soudain transformée par les larmes avec peine contenues.Subjugué par cet affectueux enlacement, Jean- Marc reprit : \u2014 Puisque vous avez conn* Raymonde, vous savez combien elle était belle, tes!- délicate et charmante.Je l'avais épousée par amoum.Quand nous fûmes mariés, cet amour devint vite une passion tyrannique, exclusive, merveilleuse, Elle était mon unique raison de vivre, elle était toute ma vie.Je n\u2019existais réellement que dans l'ombre de ma femme.Ses gestes, sa voix, son sourire bornaient mon univers.C'était un bonheur si complet qu'aucun au monde ne pouvait lui être comparé.J'en éprouvais, du moins, l'orgueilleuse assurance et, sans doute, le destin en jugeait ainsi puisqu'il décida, pour me châtier, d'y mettre un terme.\u2014 N\u2019accusez pas le destin, mon enfant! Vous êtes trop jeune encore et vous ignorez ce que l'avenir vous réserve ! \u2014 Un matin, de décembre, quatre mois après notre mariage, nous partimes, Raymonde et moi, pour la chasse.Elle aimait entre toutes ces courses à deux, fusil au poing, à travers la plaine rase, dans l'air vif qui flagelle et stimule.Depuis une heure peut-être nous marchions.Devant nous se dressa une haie qu'il fallut franchir.Je sautai le premier, puis je tendis la main à ma femme.Quelle imprudence commit-elle ?Quel geste maladroit ou quelle fatalité en fut la cause ?Je ne sais, mais soudain la gâchette de son arme se rabattit, Raymonde recu la charge en pleine poitrine .Ah! Le cri fusa dans le salon silencieux, comme le gémissement d'une bête blessée.Jean-Marc avait laissé tomber son front entre ses paumes frémissantes.Ce fut auprès un long silence qu'il poursuivit, d'une voix plus basse : \u2014 Vous dire ce que j'ai ressenti alors est impossible.Ma femme est morte, là, entre mes bras, sur la terre glacée, dans l'immensité de la plaine déserte.Toute ma vie, je reverrai les yeux de la malheureuse, des yeux chavirés de souffrance, de grands yeux noirs éperdûment rivés sur moi.Au moment même d'expirer, elle semblait encore me demander pardon de ne m'avoir pas donné tout l'amour, tout le bonheur auquel j'avait droit ! Dans la cheminée, une bûche s'écroula, faisant jaillir des gerbes d'étincelles.M.Bertin rétablit l'équilibre rompu et, le tisonnier à la main, fourragea parmi les braises. 14 \u2014 Permettez-moi, continua le jeune homme, de ne pas insister sur les heures cruelles qui suivirent.Avec Raymonde, étaient morts ma foi, mon courage, ma volonté.Tous les ressorts intimes de l'être s'étaient brisés en moi.Je m'enfermai farouchement, à la Haullerie, dans ma maison solitaire.Je cessai brusquement de m'occuper de mon exploitation.Je vendis -mon bétail et mes machines.Je congédiai mes ouvriers, mes servantes et ne gardai prés de moi quun vieil homme, le père Hauguet.Il m'avait vu naître et m'aimait comme son propre fils.Il resta l'unique compagnon de mon veuvage, le seul domestique de ma demeure trop grande et trop vide.« Et les mois passèrent.Mes terres en friche ne m'intéressaient plus.Je les laissai envahir par les chardons et les herbes sauvages.Tel un prisonnier, je vécus volontairement reclus entre ces murs qui avaient abrité, quatre mois durant, une joie surhumaine et cachaient maintenant mon désespoir.En vain, les années firent tourner le cycle habituel des saisons, je demeurai ainsi qu'aux premières semaines de l'épreuve.Aujourd'hui encore, je n'ai pas changé, je n'ai rien oublié.« Non, je n'ai rien oublié.Je vis uniquement dans le souvenir de Raymonde.Sa pensée est toujours en moi comme une plaie impossible à uérir, une plaie dont le moindre Bert fait sentir la présence dans la chair.Je retrouve son image obsédante partout où je vais, mais surtout dans les pièces où elle a passé, sur les meubles qu'elle a touchés, au creux des fauteuils où elle s'est assise.La nuit même n'interrompt pas cette hantise inexorable.Mes rêves sont remplis sans cesse de son fantôme et, quand je me réveille, parfois, dans les ténèbres, je tends les bras vers les pâles clartés tombant de la fenêtre comme si j'apercevais tout à coup l'ombre fugitive de Raymonde et la pouvais raisi.» Jean-Mar- \" glisser ses mains sur s \u2026 et, redressant la tête, it d'une voix plus ferme mais non oins douloureuse : \u2014 Voilà où j'en suis! Voilà ce que je n'ai jamais osé avouer à personne ! C'est un mélancolique soulagement que j'éprouve à vous confier ce secret, mon vieil ami.Mais j'ai\u2019 trop abusé déjà de votre complaisance.Excusez mes plaintes ! Je les tairai désormais.Allons ! je suis venu vous rendre visite pour m'informer de votre santé, pour vous* prouver que mon affection, malgré les apparences, vous est toujours fidèle.C'est fait.Je vais m'en aller cee M.Bertin saisit vivement le poignet du jeune homme prét a se lever et répliqua : \u2014 Pas encore ! Vous m'avez parlé avec franchise, mon enfant.Il me faut vous répondre de même.Ecou- tez-moi ! Rien n'est plus poignant que votre malheur.Mais songez à ceci : vous avez trente ans.\"Trente ans! croyez-vous qu'à cet âge, il soit permis de renoncer à vivre d'une vie normale, de s'abimer dans une farouche délectation de la douleur ?Non.Deux devoirs vous l'interdisent avec une force égale : le devoir social envers les autres hommes, le devoir moral envers vous-même.« Nous ne sommes plus à une épo- ue où l'individu ait le droit de s'en- ermer égoïstement dans un passé mort.Pour tous les Français, la guerre a créé des obligations impérieuses.Pour les êtres \u2018jeunes comme vous, cette obligation est de travailler, de produire.De votre père vous avez hérité un vaste domaine agricole.Ce serait un crime de le laisser volontairement stérile.Ce domaine n\u2019est, en quelque sorte, qu'un usufruit passager entre vos mains.Il appartient aussi aux ouvriers qui doivent l'exploiter et en vivre.Il appartient au pays tout entier qui en attend une part de subsistance.«Quant au devoir moral envers vous-même, toutes les religions, toutes les philosophies vous l'indiquent.À trente ans, on ne se suicide pas intellectuellement.Votre amour pour Raymonde a été de ces rares amours ui marquent un cœur au fer rouge.Soit Le souvenir de votre femme peut demeurer en vous comme une relique très précieuse, mais, à cause d'elle, il n\u2019est pas permis que tout votre avenir avorte.Le nature l'a si bien compris qu'elle nous a fait ce don étrange, en apparence injuste et révoltant, en réalité nécessaire autant que sage : l'oubli ! \u2014 Et quoi! interompit Jean-Marc avec vivacité, vous voudriez que j'oublie Raymonde ?\u2014 Oui.\u2014 C'est imposible ! \u2014 Vous en avez été incapable jusqu'à ce jour parce que vous possédez une sensibilité aiguë, peu commune chez les hommes de votre âge.Mais demain, mais plus tard, il vous faudra coûte que coûte, oublier.Pourquoi ne pas vous y résoudre dès maintenant ?Acceptez d'avance cette fatalité bienfaisante ! \u2014 Jamais ! \u2014 Oh! le mot imprudent ! le mot présomptueux ! Ceux qui le prononcent le plus farouchement sont souvent les plus hâtifs à se contredire.Croyez-m'en ! Si vous vous entétez aujourd'hui dans votre désespoir, c'est que votre orgueil se sent flatté d'une telle fidélité dans le souvenir, c'est que vous trouvez une satisfaction secrète à souffrir, à rechercher sans cesse de nouveaux motifs de souffrance.Il y a un sadisme de la douleur, un sadisme malsain qui insulte à l'ordre établi des choses.Mais un être comme vous jeune et fort ne peut rester longtemps contaminé par une maladie morale de ce genre.Oubliez ! C'est plus que votre droit, mon enfant ; c'est votre devoir! \u2014 Comment pouvez-vous me parler ainsi, vous qui, après dix ans et plus, plewrez encore Mme Bertin, vous qui, sans relâche, vivez au milieu des souvenirs de votre chère morte, comme un dévot prosterné parmi les objets de son culte ?\u2014 Parce que moi, je suis vieux, Et, à la vieillesse seule, est permise la religion du passé.La jeunesse, au contraire, se doit à l'avenir.Pour marcher vers lui, allons ! redressez- vous, levez hardiment les yeux ! \u2014 Je ne peux pas.Dès demain même, je reprends le train pour ma solitude normande, je m'enferme' de nouveau dans ma prison, ma prison amie où tout évoque à ma mémoire l'image de Raymonde.\u2014 Auparavant, je vous en prie, tentez un essai loyal! Je possède quelques relations à Paris.Restez ici \u201c une semaine ou deux! Je vous présenterai dans des familles où vous serez accueilli comme si vous étiez réellement mon fils.On vous aidera à oublier.On vous prouvera qu'il y a encore, dans la vie, de la douceur, de l'espoir, du soleil, des sourires de jeunes filles.\u2014 Oh! non, surtout, je ne veux pas ! \u2014 Allons donc! Là est l'unique remède.Seul l'amour d'une femme peut remplacer un amour défunt.Mon enfant, mon enfant, écoutez- moi! C'est votre père, c'est votre mère qui vous parlent par ma bouche.S'ils étaient vivants, s'ils se trouvaient là, appuyant votre front rebelle sur leur poitrine, vous vous laisseriez bercer par la tendresse de leur voix suppliante .De grosses larmes coulèrent des yeux de Jean-Marc, des larmes qu'il ne cherchait plus maintenant à cacher.C'était bh crise fatale que M.Bertin attendait.Il se pencha davantage vers le jeune homme et murmura: \u2014 Vous voulez bien, n'est-ce pas ?rester quelques jours de plus à Paris?Pour moi, pour vous-mêmes, faites cet effort ! \u2014 Oui, fit l'autre dans un souffle, je le ferai.Ils n'en dirent pas davantage.Les doigts unis, les deux hommes demeurèrent longtemps immobiles, muets, suivant des yeux la danse rouge des flammes, perdus dans l'ombre descendante du soir où vivait seulement le tic tac de la pendule grignotant les minutes.M.Bertin et Jean-Marc dînèrent tête à tête.Après quelques instants de gêne, le hasard d\u2019un mot jeté à l'aventure leur fournit un sujet de conversation.Dix heures sonnaient quand ils se séparèrent.Sur le seuil, en serrant la main de son jeune ami.M.Bertin dit seulement : \u2014 À demain, compte sur vous ?\u2014 Comptez sur moi ! répliqua Jean- Marc.Et il s'éloigna lentement par les rues endeuillées de nuit.Mais bientôt il pressa le pas, quand il sentit tomber sur lui la clarté brutale des globes électriques, alignés au long des rues passantes.Il avait hâte maintenant de se retrouver seul dans sa chambre d'hôtel.Il voulait dormir, dormir.Cependant, dès que la porte se fût refermée sur la pièce banade et froide, une émotion pathétique l'étreignit.Ici encore, il rencontrait, présent de nouveau, le fantôme de la morte.Cette chambre avait abrité jadis les premières nuits de leur voyage de noces dans la capitale.Et c\u2019est pourquoi il y était tout exprès revenu.En vain des indifférents, des inconnus avaient passé aprés eux, s'étaient regardés dans cette glace, s'étaient assis devant cette table, cette glace rappelait invinciblement chacun des gestes de Raymonde.Là, elle s'était arrêtée, le coude haut, le visage tendu dans une moue gamine pour velouter ses joues de poudre.Jean-Marc crispa les poings, fit trois pas rapides comme pour bousculer les ombres ressurgies dans la chambre de l'amer souvenir.Mais les ombres déchirées se reformaient derrière lui.Ses yeux se voilaient.Le sang battait la charge le long de ses tempes en fièvre.Alors, vaincu une fois encore, il s'écroula au bord du lit et râla : \u2014 Pardon, Raymonde ! Je ne veux pas t'oublier, je ne t'oublierai pas! emain matin, je fuis cette ville qui veut m'arracher à toi.Je vais te retrouver, là où tu es, là où tu m'attends.n'est-ce pas?Je II LA HAULLERIE E LLES sont moins rares qu'on ne le croit, les gentilhommières provinciales où se maintient la tradition de la famille de vieille souche vivant sur sa terre et ne vivant que d'elle.Avec les révolutions successives il est vrai, les nobles ont fait place bien souvent à des bourgeois et ceux-ci, reprenant le rôle de leurs devanciers, en ont adopté aussi les habitudes et les principes.Ils se sont enracinés peu à peu sur le sol nouveau qu'ils exploitaient ; mais, plus souples que les autres, ils ont su accommoder la règle de leur existence avec les transformations sociales.LA Revue POPULAIRE C'était le cas de la famille Morel.Un arrière grand-père de Jean-Marc, basochien à Evreux, avait profité de.la déconfiture des derniers possez- seurs pour acheter, à peu de frais, La Haullerie et ses dépendances.Le porteur de robe était devenu un manieur de charrue.Bien vite il s'était passionné pour cette vie large, facile et saine.en avait transmis le goût à ses descendants.Et, depuis un siècle, ces bourgeois devenus terriens poursuivaient de façon moderne la tâche de leurs prédécesseurs défaillants.\u2018 Seigneurs sans titre, propriétaires sans privilège, ils\u2019régnaient sur la ré- ion sans la dominer, imposaient leur orce aux voisins sans les humilier.Jean-Marc lui-même jusqu'à la catastrophe qui avait rompu le rythme de sa vie, était demeuré fidèle aux obligations léguées par ses parents.Maintenant, la volonté en déroute, le cœur battant sans cesse d\u2019une révolte impuissante, il éprouvait un amer plaisir à voir ses terres retourner en jachère perpétuelle et ses bois s\u2019embroussailler.Cependant, il ne les abandonnait pas.Au lendemain de sa conversation avec M.Bertin, à Paris, et contrairement à la promesse donnée, le jeune homme avait repris le train, avait regagné La Haullerie et là, avait retrouvé l'atmosphère mélancolique, tragique presque, qui convenait à son désespoir têtu.Le domaine, tout d'un tenant, s'étendait au sud de la forêt d'Evreux.Ça et là, entre des herbages et des champs, s'égaillaient des boqueteaux aux chênes centenaires, derniers témoins de la forêt plus vaste sur laquelle le sol arabe avait été conquis.a maison, mi-ferme, mi-château, se cachait derrière un rideau d'arbres entre un bois de sapins et un bosquet d'acacias.Elle était, cette maison, sans style particulier.Mais, flanquée de deux tourelles et coiffée d'un haut toit d'ardoises, elle avait la gravité austère des demeures anciennes.Ses pierres grises portaient la marque des longs étés qui les avaient brûlées, des longs hivers qui les avaient mordues.Elle semblait enfin, avec ses portes closes, ses fenêtres fermées sur l'ordre de Jean-Marc, endormie pour un.sommeil sans éveil.Lorsque le jeune homme y revint, la tristesse de la saison ajoutait encore à la tristesse du paysage.Une lumière blafarde tombait du ciel, voûté de nuages épais.Puis, jusqu'à la fin de janvier, la pluie tissa sur les choses environnantes un voile de brume.Février et mars dévidèrent ensuite leurs jours mornes.Il y eut des vents furieux qui faisaient gémir les toitures et craquer les branches dépouillées.Il y eut des froids aigus qui perçaient les vieilles murailles et glaçaient Jean-Marc et son unique compagnon dans les quelques pièces trop hautes et trop larges où se calfeutrait leur hivernage.Enfin, pen- - dant quelques semaines, la neige couvrit la plaine de son manteau d'argent.Avril vint, d'abord aussi rigoureux.Mais, à l'improviste, un rayon de soleil gicla comme un fluide mystérieux.La neige fondit brusquement.À la pointe des arbres, des bourgeons apparurent.On sentit glisser dans l'air un souffle tiède et parfumé, le souffle précurseur du printemps.Malgré son enlizement farouche, Jean-Marc ne fut pas insensible à cette première caresse du renouveau.Il cessa de passer des journées entières, assis devant le feu, un livre qu'il ne lisait pas tombé au creux des genoux, et rêvant.Il prit l'habitude de s'approcher des fenêtres et de regarder, au dehors, la soudaine ré- (Lire la suite page 16) } \u2014 Janvier 1941 Matinées Musicales pour Par Thérèse Fournier ONSIEUR Wilfred Pelletier est l'animateur de ces matinées.Des personnes qui le connaissent bien assurent que nulle entreprise artistique n'est plus près de son cœur.Il les a créées, il les continue avec autant d'enthousiasme que de dévouement et il est permis, sans exagération, de se demander si elles pourraient survivre sous une direction autre que la sienne.Ces matinées sont offertes à la jeunesse écolière par les Concerts Symphoniques de Montréal, sous la direction de M.Pelletier et ont toujours un président d'honneur.Le conseil d'administration qui seconde le directeur se compose de Mme Henri Geoffrion, de Mlles Marie Bourbeau et Hélène Grenier et de M.Pierre Béïque.Quarante-deux concerts ont eu lieu jusqu'à présent, à raison de huit par saison.C'est dire qu'ils ont débuté à l'automne de 1935.En janvier 1936, on a inauguré des concours écrits qui sont donnés à chaque concert.Les concurrents, âgés de 6 à 18 ans, sont divisés en trois catégories.À la fin de l'année, douze prix en argent, soit quatre par catégorie, d'une valeur de $25 a $5.offerts par des amis de la musique, sont décernés aux jeunes auditeurs.A chaque matinée musicale, on remet à chacun des enfants un dépliant qui est un résumé clair et complet d'un sujet musical de nature a les instruire tout en les intéressant : tableau comparatif des arts, histoire de la musique ou de ses instruments, biographies de musiciens.Vingt-cinq dépliants ont paru jusqu'à date.Il est permis de supposer qu'ils ont été rédigés par Mlle Hélène Grenier, conservatrice de la bibliothèque de la Commission Scolaire, laquelle partage avec Mlle Marie Bourbeau la tâche délicate de la correction des devoirs, tandis que Mme Henri Geof- frion s'occupe des abonnements.Elle le fait d'ailleurs avec un tel succès que toutes les places, y compris les chaises supplémentaires qu'on installe tant bien que mal sur l'estrade, sont toujours vendues avant l'ouverture de la salle.L'orchestre des Matinées Musicales comprend une quarantaine de musiciens des Concerts Symphoniques.Ces concerts présentent un enseignement vivant que le directeur réussit à mettre à la portée de ses jeunes élèves.Chaque matinée comporte une leçon d'orchestration pendant laquelle il s'agit de reconnaître les divers 15 la J eunesse Se Photos Conrad Poirier, La Revue Populaire.instruments, une entrevue de M.Pelletier avec un musicien qui a joué un rôle important dans l'histoire de la musique à Montréal, l'auditfon d'un artiste invité qui toujours offre gratuitement son concours ou parfois d'un enfant qui a remporté en musique des honneurs exceptionnels, enfin la rédaction, séance tenante, du concours.Une moyenne de 800 enfants assistent, dans un religieux et attentif silence, à ces fêtes de l'art et de la jeunesse.ll paraît que les petites filles sont en majorité et l'on assure que c'est parce que les élèves des collèges #lassiques n'ont pas congé le samedi.La raison est excellente, mais n'y en aurait-il pas une autre ?elle qui fait que les conférenciers parlent devant des auditoires presque exclusivement féminins et que les libraires vous disent que leurs meilleurs clients sont des femmes ?Quant à moi, il ne me déplait pas de le penser. 16 surrection des choses.Il s'y intéressa.Souvent méme, il jeta sur ses épaules une lourde cape et sortit, par les chemins encore englués de boue, au hasard d'une promenade qu'il croyait indifférente mais que provoquait l'inconscient épanouissement de son être.Et, au retour, il disait au père Hau- guet : \u2014 As-tu vu les lilas, Désiré ?Ils sont déjà couverts de feuilles ! Ou bien encore : \u2014 Le long des haies, les épines blanches sont en fleurs ! Désiré hochait la tête, souriait et répondait, avec les clignements d'yeux d'un philosophe qui en sait plus long qu'il ne veut dire : \u2014 Rien ne meurt, m'sieur Jean! Tout revit quand la nature le veut ! C'était un paysan, fils de paysans comme les autres.Mais ayant été berger dans sa jeunesse, il avait occupé ses longs loisirs dans la solitude de la plaine à lire, pêle-mêle, les livres les plus divers qu'il pouvait emprunter.Puis, promu par M.Morel au rôle de majordome, il avait entendu ses maîtres parler, discuter, juger.Peu à peu, il avait acquis de la sorte des connaissances dont il s'enorgueillissait.Et sa sagesse normande, simple et retorse tout ensemble, en faisait un conseiller souvent utile.Ce n'était point là, il est vrai, la raison pour laquelle Jean-Marc, après son deuil, l'avait conservé près de lui.Seule en était cause l'affection sincère qui les liait l'un à l'autre.Dans cet homme de soixante ans, au torse dur comme un vieux chêne, au visage cuit par les canicules, aux yeux d'enfant, bleus et limpides sous la grisaille des sourcils, Jean-Marc croyait retrouver, en plus rude, en moins équarri la silhouette de son père.Si celui-ci eût vécu encore, il eût eu cette apparence fruste, et le même âge.Et puis Désiré, témoin fidèle de l'histoire familiale, n'en évoquait-il pas sans cesse les détails avec les mêmes gestes que M.Morel, avec les mêmes mots ?Sans le chercher, il était un rappel vivant du mort, il résumait à lui seul tout un passé.Jean-Marie, ce matin-là, venait de s'attabler dans la salle commune où il avait coutume, au saut -du lit, de boire son café.Tout à coup Désiré qui le servait, s'écria : \u2014 Dites donc, m'sieur Jean! Sa- vez-vous la nouvelle ?\u2014 Laquelle ?\u2014 Eh bien, voilà! Depuis huit jours, Le Mesnil a de nouveaux locataires.Situé à une demi-lieue de La Haul- lerie, Le Mesnil ressemblait fort à celle-ci.Mais, à la suite de liquidations judiciaires, le domaine avait été morcelé, vendu par lots.Il ne restait plus, autour de la maison, qu'un jardin étroit.Un bien sans terre, aux yeux des paysans, est un bien sans valeur.Le Mesnil n'avait pas trouvé d'acquéreur et, depuis la guerre, demeurait clos, abandonné, dédaigné.Une fois seulement, des Parisiens y étaient venus passer quelques mois de vacances.On ne les avait pas revus.La maison maintenant paraissait morte à jamais.La chèvrefeuille et le lierre envahissaient les murs.L'herbe poussait dans les allées du jardin.Le vent faisait claquer les volets mal joints.\u2014 Qui diable! murmura Jean- Marc, a bien pu venir nicher dans cette vieille masure ?» \u2014 Hé! parbleu! comme l'autre année, des gens de Paris ! Le jeune homme eut un mouvement fébrile de contrariété.Sur ce plateau normand où le destin l'avait fait naître, ses voisins étaient des paysans.Il les connaissait tous et, LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 14) depuis longtemps, s'accommodait de leurs défauts comme de leurs qualités.Parmi ces dernières, la moindre n'était pas la discrétion.Depuis la mort de Raymonde, nul n'avait cherché à forcer la porte de La Haullerie, nul n'avait troublé sa solitude hargneuse.De quoi sont capables, au contraire, des Parisiens en villégiature, des Parisiens perdus dans une campagne uniquement laborieuse ?Déjà Jean- Marc imaginait les nouveaux hôtes du Mesnil venant lui rendre visite, l'attirant chez eux, s'efforçant de nouer des relations contre lesquelles sa misanthropie s'insurgeait à l\u2019avance.La curiosité l'emporta cependant et le jeune homme demanda ! \u2014 Les as-tu vus, ces gens ?Sais- tu qui ils sont ?\u2014 Non ! répondit Désiré, je ne les ai point vus.Mais on m'a dit qu'ils étaient très riches, très riches! Ils s'appellent Andral.Le « messieur » est banquier à Paris.On ne l'a rencontré qu'une fois, en automobile.Il est reparti aussitôt.Mais sa « dame » est restée, et sa «demoiselle ».Ils n'ont pas amené avec eux de domestiques, mais ils ont engagé des gens du pays.Il paraît qu'ils veulent remettre en état toute la maison, le jardin également, transformer enfin Le Mesnil comme on voit des villas, dit- on, au bord de la mer.\u201c \u2014 Tout cela est possible ! Mais je ne comprends pas que des Parisiens élégants viennent s'installer ici, surtout à cette époque de l'année ! \u2014 Moi non plus ! fit Désiré.Mais faut croire qu'ils ont des raisons ! Le dialogue s'arrêta net, Jean-Marc acheva de boire son café, alluma sa pipe, fit quelques pas de long en large, à travers la salle où le grand feu de bois flambait dans l'âtre allumait des clartés sur le dallage rouge et aux angles des meubles rustiques.Puis, toujours songeur, il s'approcha de la fenêtre.Chaque jour, se faisait plus manifeste le triompha du renouveau.Un soleil, chaque matin plus tiède, plus lumineux, vernissait les feuilles nouvelles des lilas et des acacias, dorait le gravier menu des allées, caressait là-bas, à l'horizon les herbages verts, les sillons bruns des dernières semailles, et, par place, les pièces de « navette » en fleurs, semblables à de grands tapis de safran.Des pigeons battaient de l'aile au bord des gouttières.On entendait le crit claironnant d'un coq saluant le réveil du printemps.Assis près de la cheminée, un bol entre les genoux, le père Hauguet trempait une longue miche de pain dans son café et mangeait lentement, religieusement.Mais, du coin de l'œil, il surveillait son maître, cherchait à deviner ses pensées.\u2014 Ce beau-temps là ne vous tente point ?dit-il enfin.\u2014 Si! Tu as raison, fit l'autre.Je vais prendre un peu l'air.\u2014 Et comme s\u2019il avait honte tout à coup de laisser paraître son instinctif contentement, Jean-Marc se hata de jeter un manteau sur ses épaules et de sortir.Tout d'abord, il fit le tour de La Haullerie, s'arrêta au seui des communs, veufs de bétail, vides de machines, et jeta un regard au chenil désert.Depuis l'accident où Raymonde avait trouvé la mort, son mari avait pris la chasse en haine, il ne possédait plus ni chien ni fusil.Mais à sentir sur ses membres la caresse émouvante du bel avril, Jean-Marc se découvrit soudain un impérieux appétit d'espace libre et de marche légère, de forces physiques à dépenser.Devant lui s'ouvrait l'allée bordée de sapins qui conduisait dans la plaine.Il s\u2019y engagea hardiment.Où allait-il?I] ne le savait pas.Et cependant une volonté mystérieuse le dirigeait.Les brindilles mortes craquaient sous ses pas rapides.li ne baissait plus la tête ainsi qu'autrefois.Il regardait, droit devant lui, comme s'il cherchait, au delà du rideau d'arbres noirs, un point caché dans l'éloignement.Ce fut seulement quand il l'aperçut qu'il se rendit compte du but de sa promenade.Il allait au Mesnil; il voulait rôder alentour de cette maison, hier inhabitée, pour en découvrir peut-être les nouveaux hôtes.Cependant, à mesure que Jean- Marc approchait, son ardeur tombait : il apercevait mieux l'inutilité d'un tel espionnage, et son ridicule.À quoi bon s'inquiéter de voisins qui, sans doute, ne se souciaient pas de lui ?Pourquoi courir le risque de se trouver face à face avec eux alors qu'il songeait uniquement à les fuir?Mais, dans les grandes crises de l'âme \u2014 et le jeune homme traversait précisément l'une d'elles \u2014 la justesse d'un argument peut nous convaincre ; elle ne nous dirige pas.Comme si nous voulions défier, jusqu'à l'absurde, le destin, nous prenons un cruel plaisir à agir, parfois, à l'encontre de nos désirs secrets et de notre raison.Jean-Marc poursuivit donc sa route, jusqu'au bout.Un mur bas, surmonté d'un palis, enclosait le jardin du Mesnil et permettait d'entrevoir la maison à travers les bouquets d'arbres et les bosquets de plantes vivaces.Le promeneur s'approcha lentement, du pas absorbé d'un chasseur qui suit une piste, longea la clôture, découvrit une haie vive qui le cachait et s'arrêta, aux aguets.Toutes les fenêtres de l'habitation étaient grandes ouvertes.On entendait sortir du rez-de-chaussée la chanson monotone d'un ouvrier, scandée d'allègres coups de marteau.Des rideaux frais posés vêtaient les vitres.D'une cheminée montait, dans l'air pur du matin, une fumée légère et bleue.Au bas du perron, un jardinier arrachait les herbes folles des allées, puis ratissait doucement le gravier remis au jour.À remarquer chacun de ces menus détails Jean-Marc eut l'impression très nette que les habitants du Mes- nil en prenaient possession pour un long séjour.Comme l'avait dit le père Hauguet, ils voulaient transformer la morne demeure en une villa plaisante à l'œil et confortable.Mais soudain le jeune homme tressaillit.Sur le seuil de la maison, une forme claire venait d'apparaître ; une voix inattendue, mélodieuse et pleine dans le grand silence, s'élevait : \u2014 Eh bien! mon ami, ce travail avance-t-il ?Le jardinier releva la tête, et s'appuyant sur son rateau, répondit : \u2014 Oui, mam'zelle ! Seulement c'est long.c'est long! Ÿ a quasiment plus de mauvaises herbes ici que dans un vieux cimetière ! \u2014 Je le sais.Mais je compte sur vous.Je veux que ce jardin soit nettoyé avant la fin de la semaine.Il me faut des fleurs partout, partout, vous entendez ?Si vous allez vite, vous n'aurez pas à vous en repentir ! La voix était étrange, impérative, presque dure quand elle prononçait : « Je veux, il faut!» et soudain insinuante, carcssante dans les finales La Revue PopuLAIRE alanguies.Au reste, la méme antithe- se se remarquait dans l'apparence physique de celle qui parlait ainsi.Grande et mince, elle avait, dans toute sa personne, quelques chose d'harmonieux et de souple, d'enlaçant et de délié qui faisait songer aux vierges fluides, presque immatérielles de certains primitifs italiens.Ses cheveux étaient d'une blondeur languide ; ses prunelles bleues, d'une douceur de rêve.Mais, quand un éclair passait dans ces yeux tout à coup fixes et hardis, on y lisait une volonté presque brutale.En même temps se dessinait avec plus de netteté la forme énergique des lèvres, un peu charnues, et du menton brusque.Et cette beauté complexe, déconcertante avait plus d'attrait qu\u2019une beauté plus régulière, plus unie.Ce fut sans doute cet ensemble de charme et de force qui retint Jean- Marc à son poste de puéril espionnage.Toute apparition féminine évoquait en lui, d'habitude, de si brûlants souvenirs qu'il détournait les regards et fuyait.Cette fois, il ne broncha pas et s'attarda à contempler, dans le jardin du Mesnil, sous l'auréole lumineuse du matin de printemps, cette jeune fille blonde et jolie, plus troublante qu'une énigme.De la maison, cependant, une autre voix appela : \u2014 Henriette, Henriette ! L'inconnue fit volte-face et disparut dans le vestibule.Ce fut comme si le soleil se cachait.Quelques instants encore, Jean-Marc demeura immobile, les yeux rivés sur ce porche sombre qui avait happé tout à coup la blondeur claire, la silhouette mince et fuyante.Puis, lentemènt, la tête basse, le jeune homme s'en revint vers La Haullerie.111 UNE FAMILLE PARISIENNE Crux qui connaissent les milieux financiers de Paris ne peuvent ignorer la banque « Gabriel Andral ».Certes elle n'est pas de ces établissements somptueux qui s'érigent, dans le centre de la capitale, comme des palais ou des forteresses.Flle reste fidèle à la maison plus modeste où elle fut établie pour la première fois, boulevard Haussmann, lors du percement de cette voie sous le Second Empire.Mais nombreux sont les clients qui l'apprécient pour ses traditions d'honneur et d'expérience avisée.Quoique restreint, son renom est de ceux qui ne se discutent pas.Et son directeur actuel, petit-fils du fondateur, ne fait qu'accroître son prestige.Philibert Andral comptait alors cinquante ans.Le souci des affaires et le manque d'exercice avaient vieil- .li ses traits avant l'âge, alourdi s-r- tout sa carrure puissante.Mais une flamme de jeunesse brillait toujours dans ses regards et, quand il souriait, On retrouvait sur son visage les signes manifestes de qualités insoupçonnées au premier abord, la douceur, la pitié agissant, la bonté.Il avait fait, de bonne heure, un mariage d'amour et n'avait pas eu à sen repentir.Mme Andral aimait son mari, pour lui-même, avec un attachement sincère.Presque tout de suite, une fille leur était née, resserrant plus fortement encore les liens qui les unissaient.Enfin, dans cette famille privilégiée, tout semblait concourir à enchaîner le bonheur.Mais le bonheur parfait peut-il exister?Une seule cause de tristesse endeuillait le cœur du père et de la fille, la mauvaise santé de Mme Andral. See JANVIER 1941 Celle-ci, depuis dix ans bientôt, languissait.En vain avait-on fait appel aux spécialistes les plus réputés.Aucun n'avait pu dompter cette maladie étrange, malade sans douleur vive, sans accès lancinant, mais qui affaiblissait peu à peu la malade, sorte d'anémie physique et d'aveulissement moral tout ensemble.Mme Andral restait, pendant des journées entières, étendue sur une chaise longue, immobile et révant.Elle se plaignait d'être sans force, sans désir, d'avoir perdu le goût de vivre et, parfois, sans cause apparente, de subites crises de larmes la secouaient toute.Entre sa mère toujours égrotante et son père sans cesse absorbé par la direction de la banque, Henriette Andal dut se développer, dès son jeune âge, selon son instinct personnel et dans une indépendance presque complète.Pour une jeune fille de caractère chancelant et de valeur médiocre, cette libre éducation aurait pu avoir les pires résultats.Mais, par une bienveillance propice du destin, Henriette était douée précisément des qualités d'esprit et de cœur les plus propres à s'épanouir dans ces conditions peu communes, à faire d'elle une femme moderne, loyale, active et sage.Energique jusqu'à l'entêtement, perspicace avec précocité, hardie et prudente tout à tour, elle ne se contenta pas de parfaire son instruction laissée à sa fantaisie.Dès ses dix- huit ans, elle prit en main, à la place de sa mère, le gouvernement familial ; elle commanda, dirigea, ordonna chaque chose.Son père lui-même, émerveillé d\u2019une intelligence si lucide, d'une volonté si tenace, fut heureux de lui abandonner les soucis matériels de l'existence.Parfois enfin, il lui demadait son avis pour la solution de problèmes délicats soumis à sa décision de financier.Maîtresse de maison avant l'heure, gardienne vigilante d'une malade dif- icile à apaiser, conseillère toujours présente aux instants de doute, Henriette atteignit ainsi ses vingt ans.Sa beauté, la fortune qu'on savait devoir lui revenir, attirèrent autour d'elle de nombreux prétendants.Mais ceux- ci ne furent pas de ceux qui peuvent plaire à une jeune fille si fortement trempée.Elle les écarta, avec douceur en souriant.Dans son entourage, on déclara : \u2014 Mlle Andral ne se mariera jamais.Elle a trop d'orgueil.Nul homme ne trouvera grâce à ses yeux.Non, Henriette était sans orgueil.Elle avait conscience, certes, de sa valeur personnelle, mais elle admettait chez les autres une valeur égale.L'idée du mariage ne la préoccupait point, mais elle ne l'écartait pas de parti pris.Elle souhaitait, au contraire, de trouver un mari qui satisfit ses aspirations secrètes.Elle voulait seulement qu'il ne lui fût pas inférieur et, par une contradiction plus apparente que réelle, par un obscur appétit de dévouement propre à tous les cœurs féminins, elle désirait que ce mari eût besoin d'elle pour réparer une injustice du sort, disgrâce physique ou morale, quelle qu'elle fat.: Cette raison seule l'avait empé- chée, jusqu'à ce jour, d'admettre l'offre d'un de ces jeunes gens trop heureux, trop riches et trop neutres qui aspiraient à sa main.Cing années s'écoulèrent encore sans qu'aucun événement notable vint troubler le cours de cette triple existence.M.Andral continuait de faire prospérer sa maison ; Henriette affirmait de plus en plus sa froide logique et sa grâce enveloppante ; me Andral achevait de s'alanguir (Photo La Revue Populaire) SOINS MATERNELS par FRANCINE | EST essentiel de donner à un enfant de bonnes habitudes et cela dès l'âge le plus tendre.C'est par la régularité à observer un programme fixé à l'avance qu'on y parviendra.H est donc entendu que tous les soins prodigués à l'enfant doivent avoir lieu à des heures régulières.[I en est de même pour son sommeil.Le bébé mis au lit chaque jour à la même heure et on le laissera couché pendant un temps déterminé, même s'il refuse de s'endormir.Son bain, ses sorties, ses jeux, son sommeil ainsi que tous les soins qui lui sont nécessaires doivent se dérouler avec précision et régularité.Les premières années de la vie d'un enfant sont très importantes.S'il est bien soigné durant ses premières années et si on lui inculque de bonnes habitudes dès les premiers jours de sa fragile existence, on peut être assuré.qu'il aura beaucoup plus de chance de grandir et de se développer normalement.D'autre part, une alimen\u2018ation négligée et irrégulière, le réveil à n'importe quelle heure, les promenades au moment où l'enfant devrait dormir ont une mauvaise influence sur son caractère en le rendant irritable et de mauvaise humeur Au contraire, un enfant auguel on fait prendre des habitudes de régularité, d'obéissance et de contrôle de soi sera plus facile à soigner, en cas de maladie, et ces habituedes seront de nature à faciliter ou à hâter sa guérison.Selon les experts qui ont préparé le manuel médical de la Société Canadienne de la Croix-Rouge, la journée d'un nourrisson doit se dérouler comme suit : 6 Heures : premier allaitement.9 Heures : Bain suivi d'un second allaitement, sommeil jusqu'à midi.Midi : repas de midi suivi d'une promenade et d'un somme.3 Heures : allaitement, suivi d'un moment de veille.6 Heures : repas du soir et coucher.10 Heures ou minuit : allaitement de nuit.Ce programme ne fait aucune mention des visites et pourtant il est tout naturel que la nouvelle petite maman désire faire admirer à ses amies sa poupée vivante.Il faut aussi s'arranger pour faire plaisir aux grand'mères qui sont beaucoup moins sévères, pour ne pas dire parfaitement déraisonnables, que dans leur jeune temps.Il semble bien qu'entre 4 heures et 6 heures le bébé vêtu de ses plus beaux atours, que d'ailleurs la mode tend de plus en plus à simplifier, puisse faire son apparition dans le salon, à condition que la séance ne se prolonge pas outre mesure.Il ne faut jamais qu'un enfant soit énervé avant d'être mis au lit, sans quoi il aura un sommeil agité qui ne lui fera aucun bien.Le bébé doit prendre chaque jour un bain complet, sauf pendant la pre- 17 La maman s'efforcerd de conserver aussi propres que possible les jouets et tout ce que l\u2018enfant peut toucher ou porter à ses lèvres.mière semaine de son existence, alors wun bain d'éponge est suffisant.\u2018heure du bain varie selon les occupations de la maman.Avant le repas de 9 heures du matin semble être le moment le plus favorable parce que cela permet à l'enfant de se rendormir plus facilement, mais il va de soi que si la jeune mère doit alors préparer le déjeuner de son mari cette heure ne l'accommodera pas du tout.Elle peut dans ce cas remettre le bain à la fin de l'après-midi, avant le repas de 6 heures.L'essentiel est qu'elle choisisse une heure fixe et qu'elle s'y tienne.\u2019 Outre l'irrégularité de la vie quotidienne, il existe une foule de prati- ues, malheureusement fort répan- ues, qui sont nuisibles à l'enfant et ne devraient jamais être tolérées.Ce sont : des jeux excitants tels que le saut, le balancement violent, les surprises qui l'effraient.Il faut aussi éviter les compagnies trop nombreuses et les caresses trop tendres qui risqueraient de lui transmettre un rhume ou tout autre microbe.Les objets qu'on laisse à sa portée peuvent être cause d'accidents sérieux ou simplement porteurs de germes parce qu'il les met irrésistiblement dans sa bouche.Il va sans dire que la mère veillera avec un soin tout spécial à la propreté irréprochable du biberon.Elle s'efforcera aussi de conserver aussi propres que possible les jouets, la literie, enfin tout ce que le bébé peut toucher ou porter à sa bouche.L'enfant doit être habitué à considérer le médecin comme son meilleur ami, à se laisser examiner et soigner par lui.Plus tard, quand il sera assez grand pour répondre lui-même à ses questions, on doit lui enseigner à le faire en toute franchise et sans la moindre timidité.Lorsqu'une mère appelle un docteur au chevet de son enfant, le premier soin du praticien est de se rendre compte de la température interne, puis de regarder la gorge du malade.Ces deux examens sont généralement très compliqués : l'enfant ne sait pas ce qu'on lui veut, il est effrayé, se débat, se défend ; ce n'est qu'en le maîtrisant, souvent difficilement, que le médecin arrive à ses fins.Le temps de celui-ci est précieux, il ne peut pas le perdre en précautipns oratoires ou en amusements trompeurs.Il est bon d'habituer les enfants, avant que ce ne soit une nécessité, à ne pas être surpris par ces pratiques qui les effraient d'autant plus que c'est un étranger qui les exerce.H est facile à une jeune mère de prendre la température d'un enfant gai et bien disposé ; de le faire assez souvent pour que le petit ne soit pas ému inutilement.L'introduction d'une cuiller dans la bouche devient toute naturelle lorsque la mère en aura fait l'essai sur l'enfant bien portant : d'abord, sans insister, avec une petite cuiller à café, puis en faisant ouvrir la bouche plus grande à l'aide d\u2019une cuiller à thé ; quelques jours après, ce sera la cuiller à dessert que la mère emploiera, en apprenant à l'enfant, en s'amusant, à bien abaisser la langue.Viennent une forte temp\u2018rature et un inquiétant mal de gorge, elle ne regrettera pas tout le mal qu'elle s'est donne pour apprendre a son cher trésor a ouvrir la bouche toute grande ! 18 toujours étendue, au creux des coussins, dans une mollesse mélancolique et sans révolte.Cependant, après un hiver plus rigoureux, sa santé ne tarda pas à donner des craintes plus vives.Un nouveau médecin fut consulté.Il décida sans ambage : Co ~ Mme Andal ne souffre réellement d'aucune maladie grave.Mais elle fait de la neurasthénie.Il n'y a qu'un remède, quitter Paris.Elle éprouve ici une délectation morbide à la réclusion et au silence parce qu'elle sait que toutes les distractions lui sont possibles.Ces distractions, il faut l'en éloigner au plus vite pour quelle en retrouve le désir.Voici onc ce que je préconise ! Une cure de plusieurs mois en province, dans la solitude la plus complète.Henriette n'hésita pas davantage et dit à son père : \u2014 Le docteur a raison.Nous allons suivre ses conseils.Il est facile, par une agence, de louer quelque part, n'importe où, une propriété qui répondre aux conditions requises, Nous nous y installerons, ma mère et moi, aussitôt.Avec un carnet de chèques, je me charge de tout.\u2014 Tu es la meilleure des enfants, répondit M.Andral en embrassant sa fille.Va, décide à ta guise ! J'ai confiance en toi.Huit jours plustard, les deux femmes partaient en auto pour Le Mes- nil et commençaient de transformer la vieille demeure délabrée.Mme Andral eut d'abord quelques instant de découragement, mais, peu à peu, elle s'intéressa à sa nouvelle résidence.Elle prit plaisir aux travaux qu'Henriette dirigeait.Elle découvrit enfin, pour la première fois de sa vie, la beauté émouvante du printemps dans la paix sauvage de a nature libre.\u2014 Ah! soupirait-elle, comme les Parisiens ont tort de n'aller a la campagne qu'à l'époque des vacances, quand les moissons sont faites et les champs tondus à ras, quand les arbres jaunissent, quand les fleurs sont mortes ! Le premier samedi qui suivit leur départ, M.Andral vint rejoindre sa femme et sa fille.Il passa près d'elles vingt-quatre heures, constata avec satisfaction que tout allait\u2019 pour le mieux, puis regagna Paris.Au Mesnil, la vie continua de s'organiser.IV UNE PANNE D'AuTo J EAN-Marc, ayant fait à Evreux quelques achats indispensables, s'en revenait au trot paisible de son cheval, Pour ces trajets, les seuls qu'il fit encore de temps à autre, il n'avait conservé qu'une charrette anglaise toute démodée.Il y attelait une bête lente et poussive, âgée de dix ans bientôt.Mais, très douce, familière des chemins du pays, on lui pouvait abandonner les rênes.Que le conducteur révât ou.somnolât, elle-s\u2019en allait de son pas.trottinant et sûr, droit au but qu'on voulait atteindre.\u201cOr, selon son habitude, Jean-Marc rêvait.Rêve imprécis et berceur, sorte d'anéantissement hypnotique dans la quiétude de la nature.De chaque côté de la route, les taillis tendaient le rideau délicat de leurs jeunes verdures.Des profondeurs de la forêt venaient, par vagues successives, des parfums de résine et des relents d'humus millénaire, à \u2018quoi se mêlaient les odeurs plus acides de champs proches, odeurs de pousses neuves et de fleurs sauvages.Dans le soir déclinant, le soleil de mai versait sa lumière généreuse.Jean-Marc rêvait, lorsqu'un arrêt brusque du cheval le fit tressaillir.Sur un des bas-côtés herbeux, une auto était rangée, une auto de tourisme, mince et cambrée comme une bête de chasse.Debout devant elle, une forme féminine agitait les bras.Le jeune homme reconnut sa voisine du Mesnil, celle qu'il avait épiée, quelques semaines plus tôt, à travers la haie protectrice et dont la voix étrange l'avait troublé.Il s\u2019apprêtait à sauter à bas de la voiture quand la jeune fille marcha franchement à sa rencontre.\u2014 Je vous en prie, monsieur, dit- elle avec une audace charmante, veuillez excuser mon indiscrétion ! Il m'arrive l'aventure la plus ridicule du monde.Voici un quart d'heure que je suis en panne, et quelle panne ! Une panne d'essence, tout bêtement! Vous êtes le premier voyageur qui passe sur cette route.Je m'adresse à vous.Jean-Marc fut ému d'entendre de nouveau cette voix tour à tour insinuante et hardie.Il répliqua cependant avec calme : \u2014 Je suis à votre service, mademoiselle.\u2014 Je ne doute pas de votre complaisance, monsieur, mais, avant de continuer permettez-moi de me présenter, à la bonne franquette .\u2014 Inutile ! Vous êtes MHe Andral, et, depuis un mois, vous habitez au Mesnil.\u2014 Tiens ! Gomment le savez-vous ?\u2014 Tout se sait à la campagne, surtout quand on est voisin.Je suis Jean-Marc Morel, de la Haullerie.\u2014 Charmée, monsieur, de faire votre connaissance ! Ma mère et moi, nous avions déjà entendu parler de vous par les gens du pays engagés à notre service.Seulement je ne me doutais pas que notre première rencontre aurait lieu de la sorte! \u2014 Le hasard est grand.\u2014 Et la Normandie est petite.Il y eut un court silence.La jeune fille caressait de la main la croupe luisante du cheval.Jean-Marc, gêné par cette présence si proche, n'osait regarder en face son interlocutrice, et, par contenance, rassemblait lentement les guides.Dans l'immense paix de la nature vide, on entendait bruire le vol bourdonnant des insectes.La première, Mlle Andral reprit : \u2014 Puisque je m'adresse à un voisin, je suis moins honteuse de mon audace.Voici ce que je vais me permettre de vous demander ! \u2014 Dites vite ! \u2014 Voulez-vous aller jusqu'au Mes- nil faire part de mon aventure et dire qu'on m'envoie, sans tarder, quelques bidons d'essence ?\u2014 Rien de plus simple! Je ferai même mieux : ces bidons je les rapporterai.\u2014 Oh! monsieur ce serait abuser de votre obligeane ! Je ne veux pas vous faire perdre votre temps.\u2014 Mon temps n'a pas de valeur.Je ne saurais l'employer plus utilement.\u2014 Eh bien ! soit ! J'accepte.Vous êtes le plus galant des voisins.À charge de revanche, bien entendu, quand il.vous plaira de nous mettre à l'épreuve ! Jean-Marc allait fouetter son cheval quand une dernière question lui monta aux lèvres : \u2014 Vous allez bien vous ennuyer, fit-il, sur cette route déserte, Le Mes- nil se trouve à une bonne lieue d'ici et mon unique HP ne trotte pas vite.Qu'allez-vous faire en attendant mon retour ?\u2014 Moi ?Je vais lire.\u2014 Lire ?\u2014 Mon Dieu! oui.Evidemment, j'ai l'air d\u2019une jeune fille un peu excentrique parce que je me promène, toute seule, en automobile.Mes parents, en effet, me laissent une grande liberté et j'en profite, vous voyez ! Cependant, si j'apprécie l'indépendance, les sports, le mouvement, tout ce qui est à la mode de nos jours, je n'en goûte pas moins les plaisirs de l'esprit.J'emmène toujours avec moi un bon compagnon.Tenez ! Le voici! Et, de la poche de l'ample manteau qui l'enveloppait toute, Mlle Andral sortit un volume à couverture jaune fané, maculé et portant la trace de nombreuses lectures.\u2014 Allez ! dit-elle, et ne vous pressez pas ! Je vais m'asseoir au bord du fossé, à l'ombre des arbres, et j'aurai toute la patience qu'il faudra.Au moment de s'éloigner, Jean- Marc eut enfin le courage de regarder la jeune fille franchement.Sous l'ombre du feutre en forme de casque, on n'apercevait que la clarté vive des yeux, la pourpre des lèvres, l'ovale diminué du visage.Mais, ainsi que d'un foyer de chaleur irradient de brilants rayons, il se dégageait, de cette figure jeune et charmante, une impression de force joyeuse, de beauté, d'intelligence et d\u2019enchantement.\u2014 À bientôt ! dit Jean-Marc.\u2014 À bientôt ! dit Mlle Andral.Le cheval, tout surpris du coup de fouet qui le cingla, partit d'un trot vif, inhabituel.Le jeune homme voulut retourner à son rêve.H ne le retrouva pas.La nature, vide tout à l'heure, était peuplée maintenant par le souvenir aigu d'une passante.À l'immobilité des bois et des champs, à leur silence, se superposaient l'image émouvante et vivante d'Henriette Andral, l'écho sonore de ses paroles.Jean-Marc souhaita en vain de se révolter contre cette emprise soudaine.Tout le long du chemin, jusqu'au Mesnil, il eut devant les yeux le visage souriant et fier de la jeune fille; il entendit chanter a ses oreilles la voix harmonieuse.A la porte du jardin, un domestique accueillit le visiteur imprévu.En quelques mots, celui-ci expliqua le motif de son voyage.On mit dans la voiture les bidons réclamés.Puis, aussitôt, Jean-Marc fit volte-face.Un nouveau coup de fouet relança le cheval peu coutumier d'une telle hâte.Le retour s'acheva sans que le jeune homme songeât à chasser sa hantise.\u2014 Déjà! s\u2019écria Mlle Andral, en se levant de la banquette de terre où elle était assise.En vérité, vous avez médit de votre unique HP.Il possède, d'ailleurs, une incontestable supériorité sur les miens : il n'a jamais de panne ! Jean-Marc sauta de la voiture sans répondre.Il attacha la bête à un arbre de la route et, saisissant les bidons, s'offrit pour aider la jeune fille à remplir le réservoir.Mais elle protesta vivement : \u2014 Laissez! Laissez, je vous en prie ! J'ai l'air d'une sotte pour m'être mise dans ce mauvais cas.C'est un enseignement.On ne m'y reprendra plus à oublier ma provision d'essence.Mais croyez bien que je ne suis pas une automobiliste trop maladroite: Si je sais conduire, je sais aussi réparer, sans l'aide de personne, et de pires désastres que celui-ci ! Laissez! Laissez! Je tiens beaucoup à payer, toute seule, la faute de mon étourderie.Subjugué par cette volonté souriante, Jean-Marc céda et, tandis que Mlle Andral s'activait autour de l'auto, il put, tout à l'aise, admirer ses gestes précis, harmonieux et vifs, empreints d'une grâce ailée jusque dans cette besogne vulgaire.Il admira de même la cambrure de sa taille élégante et flexible se dessinant parfois, en éclair, sous l'ampleur du manteau, à chacun de ses mouvements.La Revue PopuLaire \u2014 Allons ! fit la jeune fille enfin, tout est prêt maintenant.Il ne me reste plus, monsieur, qu'à vous remercier.Le soir tombait.Les deux jeunes gens, immobiles, face à face, se regardaient en silence comme s'ils ne trouvaient pas les derniers mots d\u2019adieu convenant à l'épilogue d\u2019une telle rencontre.Un souffle plus frais inclinait les herbes et faisait vibrer les feuilles menues à la pointe des branches.On entendait, dans le bois proche, le piaillement en crécelle d'une pie.De la forêt et de la terre roulaient, plus vivaces, les odeurs de résine et d'humus, de plantes et de fleurs sauvages.Jean-Marc murmura : \u2014 Vos remerciements sont inutiles, mademoiselle.N'importe qui, à ma place, eût agi de même.Elle fixa ses regards sur lui, profondément, et répliqua : \u2014 Je ne crois pas.Puis, souriante de nouveau : \u2014 Mais je ne veux pas vous déplaire en insistant, continua-t-elle.Admettons que votre obligeance est celle qui se doit entre voisins.Seulement des voisins comme nous, des voisins qui se rencontrent aujourd'hui sur la route et s'y rencontreront demain, n'ont pas le droit de rester étrangers.Ma mère sera très heureuse de vous connaître.Quand vien- drez-vous lui rendre visite ?Une brume passa sur les yeux du jeune homme.Il balbutia : \u2014 Excusez-moi ! Ce n\u2019est pas possible, \u2014 Pourquoi donc?\u2014 Eh quoi! Ne savez-vous pas le deuil cruel qui m'a frappé ?\u2014 Si ! Vous l'avez dit vous-même: tout se sait à la campagne.Nous avons été tout émues de votre douleur.Nous la comprenons, nous la respectons.Mais Le Mesnil, retraite d'une malade en traitement, n'est pas une maison si gaie que votre légitime tristesse s\u2019y puisse sentir mal à l'aise.L'amitié la plus discrète vous y recevra.Venez, monsieur, venez ! \u2014 Non, non, je ne peux pas ! Mlle Andral saisit la main du jeune homme, la secoua d'un vigoureux shake-hand et conclut : \u2014 Je m'en voudrais de vous désobliger.N'en parlons plus ! Rappelez- vous seulement que notre modeste demeure vous est ouverte, s'il vous convient de changer d'avis, un jour, plus tard.Et Jean-Marc, sans savoir quelle force inconnue le poussait à repon- dre ainsi, laissa tomber ces mots : \u2014 Peut-être ! Mais l'autre déjà, ayant pris place dans l'auto, embrayait.La voiture démarrait.Sur la route nette comme un billard, elle filait, élastique et sûre, bondissante et rapide.Immobile, près de son cheval, Jean-Marc, la regardait s'éloigner.De la conductrice, il ne voyait qu'une écha flottante, soulevée par le souffle de la marche.Bientôt, dans le lointain, entre la double rangée d'arbres, il n'y eut plus qu'un petit nuage rond et blanc, de poussière.Vv LE PIÈGE Jean-Marc Morel à M.Alexandre Bertin, à Paris.La Haullerie, le 15 mai.« Mon cher, mon grand ami, |L SERA toujours dit que vous me considérerez comme un oublieux, un malappris et que, toujours, je vous devrai des excuses.(Lire la suite page 22) au goût.Admirez la riche couleur Voyez tous les visages s\u2019éclairer aimant le poulet, elle aimera tout ae AIDE-MEMOIRE: Chaque fois que vous renouvelez votre garde-manger, à cette saison-ci surtout, voyez à ne pas oublier la soupe.Et surtout des soupes aussi appétissantes que la Soupe aux Légumes Campbell et la Soupe au Poulet et au Riz Campbell.sans parler de la célèbre Soupe aux Tomates Campbell.Ayez-en toujours sous la main.Les soirs que le vent d\u2019hiver RÉCONFORTANTE et délicieuse COUPE AU dorée de son bouillon de poulet.POULET ET d\u2019un sourire.Toute votre famille AU RIZ * L autant la Soupe an Poulet et au GC ; ed, \u20ac Riz Campbell.GS pS Gardez ces 3 soupes sous la main souffle en tempéte, régalez-vous-en au foyer.Moins de courses a faire au magasin, dans les mauvais temps.Avec une bonne soupe pour commencer, tous les repas sont bons.Les meilleurs plats ne sont plus ceux qui vous donnent le plus de mal.Le mot d\u2019ordre pour cet hiver: de la bonne soupe Campbell le midi et le roir! LES SOIRS D'HIVER, pour oublier les rigueurs de la saison et vous remettre en train, rien de mieux qu\u2019une appétissante assiettée de Soupe aux Tomates Campbell, odorante et fumante.Préparée avec du lait, vous en faites une crème de tomates, plat doublement nourrissant pour les repas de l\u2019hiver.is\u201d \u201c SOUPE AUX LEGUMES NOURRISSANTE .A tel point que les mamans en parlent comme \u2018d\u2019un repas presque complet en elle-même\u201d.Ce qui veut dire qu\u2019une pareille soupe\u2014avec ses quinze légumes et son fortifiant bouillon de boeuf canadien\u2014sim- plifie beaucoup la préparation d\u2019un repas de l'hiver.ROUGE-ET-BLANC VÉRIFIEZ L'ÉTIQUETTE | 1 1 5 Encore une piroueite Et je rentre au gîte Où m'attend 1me assiette De ma soupe favorite! OUP, A WA2BELL Soup COMPANL CO ey 20 Debutantes de la Saison Mile Ursula Tétreau, fille du juge et de Mme Maurice Tétreau.Studio Rice.La Revue POPULAIRE Mile Régine Marin, fille du docteur Albéric Marin et de Mme Marin, décédée.Photo Marcelle Mlle Françoise Béique, fille de M.et Mme Fred.Béique.Photo Garcia.Mlle Renée Hill, fille de M.et Mme A.-S.Hill.Studio Notman.Mile Peggy Paré, fille de M .et de Mme A.Paré.Photo Garcia.droite, de haut en bas : Mile Denyse Quintal, fille du capitaine et de Mme Henri Quintal.Photo Harvey Rivard, Trois-Rivières.Mlle Elizabeth Mile Aline Dansereau, Macdonald, ê ; a fille du capitaine et de Mme A.de Léry Macdonald.fille de M.et Mme Lucien Dansereau.Studio Notman.Mile Monique Jobin, fille de + M.et de Mme André Jobin.Studio Nakash, chez Eaton.Mile Jeanne Amiot, fille du docteur et de Mme Gilles Amiot, Studio Nakash, chez Faton.de Valleyfield.Famous Studio.Mlle Jacqueline Charten, fille de M.et Mme Pierre Charton.Studio Rice.Beauregard-Vaillancourt. JANVIER 1941 VOTRE CORRESPONDANCE par FRANCINE (C'est peu de chose qu'une feuille de papier dans une enveloppe close.Ét cependant, cette lettre qui révèle votre personnalité a tant d'importance ! Soignez-la dans les moindres détails.Ecriture jolie, bonne orthographe sont des qualités qui nous classent dans l'esprit de nos correspondants, mais le choix du papier, de l'encre, de la disposition d'une lettre parleront autant en notre faveur que la façon dont elle est rédigée.On dit qu'il faut toujours soigner la première impression que l'on fait sur les gens auxquels on est présenté, Il en va de même de la première lettre qu'on adresse à un inconnu.C'est sur elle qu'il vous jugera.Combien de lettres sollicitant un emploi ont été mises au panier et sont restées sans réponse à cause d'une faute de syntaxe ou d'orthographe, d'une tache d'encre, ou encore d'une tenue qui se voulait par trop originale ! Je vous conseille donc de résister aux séduisantes innovations de format ou de couleur, et d'adopter pour votre correspondance, bloc ou feuille pliée en deux, un papier de bonne qualité, de format moyen, aux bords nets (les bords déchiquetés et la bordure blanche restent du domaine de la fantaisie) et dans les tons classiques : blanc, bleu, beige ou gris.On peut ou non avoir ses initiales gravées, mais sur le papier seulement, jamais sur l'enveloppe.Quand il s'agit de papier d'affaires, il est entendu qu'on n'y met jamais de monogramme, mais il est toujours permis de faire graver son adresse, généralement à droite et en haut du papier.Ne commencez votre lettre qu'à environ deux pouces à deux pouces et demi du haut de la feuille.Réservez en bas et sur le côté un espace d'au moins trois quarts de pouce.Evitez de croiser votre écriture en écrivant en travers de la feuille.Ayez une signature simple, sans paraphe ni fioriture.Que vos enveloppes soient toujours assorties au papier.Si elles sont doublées, que cette doublure soit de teinte discrète.Ecrivez l'adresse assez bas et collez le timbre bien droit en haut et à droite.Pour répondre à la demande faite par le service des postes, inscrivez votre nom et votre adresse au verso de l'enveloppe.Une lettre de condoléances doit toujours être rédigée sur papier blanc.Ce sont là de petites règles de bonne éducation qu'il ne faut pas négliger.N'oubliez pas encore une fois qu'une lettre est une ambassadrice.Elle va se présenter à votre place.Il ne faut pas qu\u2019elle donne de vous une idée de mauvais goût ou de négligence.Si vous écrivez à une intime, soignez quand même votre lettre, tout comme vous mettriez une toilette fraîche pour la recevoir ou lui rendre visite.Le papier à lettre de qualité ou les cartes de correspondance repré- senfent une dépense nécessaire, mais je vous conseille d'avoir pour écrire aux fournisseurs et pour vos intimes, si vous leur adressez de fréquentes et longues missives, un papier moins onéreux dont leur amitié saura très bien se contenter.Souvenez-vous aussi d'un charmant usage qui a son prix : une lettre confiée à une personne doit être remise ouverte, c'est une marque de confiance à laquelle cette personne doit immédiatement répondre par la réciproque en cachetant la lettre devant vous.Un dernier conseil en terminant : Pour bien écrire il faut être installé confortablement.Réservez donc, si possible, dans un -coin de votre demeure, si petite soit-elle, une table ou un bureau où vous trouverez sous la main tout ce qu'il vout faut.Que stylo et encrier soient toujours propres et remplis, la plume nette et glissante.Ayez quelques feuilles de uvard neuves et des crayons bien taillés.Dans un tiroir, rangez en ordre : papier à lettres, cartes-lettres et cartes de visite dans leur boîte afin de ne pas les éparpiller et qu'ils soient immaculés.Ayez aussi un bloc- notes pour ne pas être tenté de gâcher une feuille de papier à lettres lorsque vous avez un renseignement à griffonner ou des idées à classer.Que timbres, plumes, mines de rechange, attache-papier, étiquettes, etc., soient rangés séparément.Il existe chez tous les papetiers de charmantes bibliothèques en miniature où chaque livre minuscule contient les accessoires de bureau nécessaires.Enfin, n'oubliez pas que s'il est une supériorité qui n'a jamais été contestée aux femmes, depuis leur grande ancêtre, Mme de Sévigné, c'est bien celle du style épiscolaire.Malgré les facilités dangereuses que nous offrent téléphone et télégraphe, restons fidèles à la vieille tradition qui faisait de la femme quelquefois banale en conversation, une agréable correspondante.L'ÉTIQUETTE DE LA TABLE p ARMI les pièges nombreux dont est parsemée la première année de votre vie mondaine, il n'en est peut- être pas de mieux dissimulés et en même temps de plus gênants que ceux réservés par un grand diner de cérémonie.Bien entendu, il vous est parfois arrivé d'assister à des repas de famille remarquables par l'abondance et l'excellence des mets.L'épreuve qui vous attend maintenant est toute différente.Vous n'y avez pas été préparées par le régime du pensionnat qui consistait en un service peu compliqué de plats simples et souvent répétés, non plus que par nos vacances à la campagne où, afin d'être plus tôt libre, on était d'accord pour économiser vaisselle et argenterie.Les hôtesses modernes, au contraire, prennent plaisir à multiplier les services et à disposer le couvert de façon à ce que la place de chaque convive ressemble à un arsenal resplendissant et compliqué, si bien qu'en vous asseyant vous vous demandez avec inquiétude quand et comment vous vous servirez de toute cette brillante coutellerie.(Lire la suite page 62) 21 *KATERINE ALDRIDGE et BUDY ROGERS dans leur succés de 20th Century Fox \u201cGolden Hoofs\u201d.Vous aussi, en employant Jergens, vous aurez de douces mains exquises.di conseille (LLG TS (vedette de 20th Century-Fox) Voici comment bien des jeunes filles évitent les mains rêches et les gerçures C'EST SI FACILE ! Et rapide ! Appliquez la Lotion Jergens régulièrement \u2014 surtout après vous être lavé les mains.Cette Lotion renommée procure la moiteur embellissante et léniflante si nécessaire aux mains de jeunes filles.(L'eau, le vent, le froid dessèchent tellement I'épidermel) Deux des ingrédients de la Lotion Jergens sont ceux que bien des médecins emploient pour rendre à la peau cassante ou gercée sa douceur agréable.Ne colle pas ! Même un premier essai réussit ! Ne tardez pas à acquérir de douces mains enchanteresses en vous servant de la célèbre Lotion Jergens, 50¢, 25¢.104 \u2014 $1.00 aux comptoirs de cosmétiques.POUR LES MAINS DOUCES, ADORABLES Gratis! Flacon DE POCHE Adressez ce coupon aujourd'hui (Collez sur une carte postale) The Andrew Jergens Company Ltd, 4620 Sherbrooke St.Perth, Ontario Veuillez bien m'envoyer gratis mon flacon de poche de Jergens Lotion ! Nom Adresse SE Ville Provi (FABRICATION CANADIENNE) 22 «Lors de ma visite à Paris, au commencement de cette année, je vous ai faussé compagnie avec la désinvolture d'un Huron ou d'un Iroquois.Dans un mot hâtif, je vous ai donné comme raison de ma fuite inattendue un télégramme me rappelant en Normandie.Plus de quatre mois ont passé.Je n'ai plus osé vous envoyer de mes nouvelles.De nouveau, j'éprouve des remords.Allons ! Encore une fois, que votre grande bonté me pardonne ! «Je vous ai menti, hélas ! Aucun télégramme ne m'a fait revenir.Mais, le soir même de notre longue conversation et malgré vos pressants conseils, je ne me suis pas senti le courage d'engager la lutte contre le passé.J'ai fui comme un lâche.Je me suis enfermé dans ma vieille demeure toute remplie des souvenirs de la chère morte.« Jusqu'aux premiers jours du printemps, rien n'a changé dans mon existence solitaire et mélancolique.Mais voyez comme le hasard.se rit de nos volontés ! Ces tentations contre quoi je me révoltais, ces tentations ue je croyais éviter en m éloignant de Paris, elles sont venues m'assail- Hr, ic) même, dans ma retraite.« [1 serait trop long de vous conter en détail par suite de quelles circonstances je me trouve jeté tout à coup en plein drame psychologique.Sachez seulement que, dans la propriété voisine de La Haullerie, s'est installée une famille parisienne.Mme Andral, femme d'un banquier de la capitale, fait là une cure de repos.Sa fille lui tient compagnie.Celle-ci à vingt-cinq ans, une beauté prenante, un charme impérieux que je ne parviens pas encore à définir.Nous nous sommes rencontrés.J'ai eu l'occasion de lui rendre un léger service.Mlle Andral, qui doit s\u2019ennuyer sans doute, en a profité aussitôt pour m'inviter chez sa mère.«J'ai refusé, sans lui dire pourquoi.Elle connaît, d'ailleurs, mon veuvage et mon persistant chagrin.Elle a insisté.Je me suis défendu comme un enfant têtu.Mais, depuis cette rencontre (elle date de huit jours, tout juste), une étrange crise d'âme me bouleverse.«Je n'aime pas cette jeune fille.Comment l'aimerais-je ?Je la connais à peine et son audace paisible, souriante, tyrannique me fait peur.Je ne l'aimerai jamais.Pas plus elle qu'une autre.Tous les sentiments affectifs sont usés en moi.Rien ne les fera revivre.Et pourtant, je vous le con- fese, je ne pense plus à Raymonde avec cette fidélité, cette continuité qui faisaient jusqu'ici mon cher tourment.«Il arrive parfois, trop souvent à mon gré, que l'image d'Henriette Andraf se dresse dans ma mémoire à la place consacrée, hier encore, à la disparue.Avec une précision déconcertante, je me souviens des traits de son visage, d'un mot qu'elle a dit, d'un geste qu'elle a fait, d'un mouvement qu'elle a esquissé.Chacun de ces brefs rappels pénètre mon cœur et le blesse.Mais si je cherche à les en arracher, je n'y parviens pas.Il semble, au contraire, que dans ce combat contre moi-même, mes efforts implantent plus vigoureusement les flèches aiguës du souvenir.« Comment expliquer un tel changement dans mes habitudes de tristesse ?Quelle force inconnue possède donc cette jeune fille pour s'imposer ainsi à moi et troubler le cours de mes douloureuses rêveries ?Encore une fois, je ne l'aime pas, puisque je la crains ; je ne l'aimerai jamais, puisque mon mal est sans guérison ! « Dans le désarroi où je suis, je m'adresse à vous, mon grand et cher ami.Eclairez-moi, conseillez-moi ! LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 18) «Que dois-je faire?M'éloigner de La Haullerie où tout me retient et m'attache ?Ce n'est guère possible, car je retrouverais ailleurs cette impression d'abandon, d'arrachement dont j'ai tant souffert à Paris.Me cacher plus étroitement dans ma maison?Je vis déjà comme le plus austère des reclus.Il suffit que je tente une courte promenade aux alentours pour qu'un nouveau hasard me remettre en présence de Mlle Andral.Aller hardiment lui rendre visite, affronter l'ennemie en face et me rendre compte ainsi de sa faiblesse, de son impuissance contre moi?Assurément, ce serait là le parti le plus sage.Il me prouverait la vanité de mes craintes, l'inconsistance de mes ima-* ginations.«Oui, mais voila! Je suis trop lâche pour oser ce dernier moyen, le seul utile, le seul capable de mettre fin à ma hantise.Alors ?Je ne sais plus.«A vous de me répondre, mon cher ami ! Dans votre affection avertie et prudente, vous trouverez peut- être ces mots qu'il faut me dire.C'est avec cet espoir que je me résous à cette lettre pleine de ridicules aveux et que je vous envoie mon fidèle souvenir.« JEAN-Marc.» M.Alexandre Bertin à M.Jean-Marc Morel, à La Haullerie.Paris, le 18 mai.« Mon cher enfant, « Sachez une fois pour toutes, et n'en doutez plus, que je n'ai ni à vous pardonner ni à vous excuser, mais seulement à vous plaindre et à vous rendre service s'il est possible ! Votre détresse morale explique suffisamment vos sautes brusques d'humeur, vos contradictions, l\u2018illogisme de votre conduite.Vous êtes malade d'âme et, des malades, on accepte tout.« Donc, entre nous, qu'il ne soit plus question d'indulgence, mais uniquement de franchise ! Vous me demandez mon avis.Le voici ! «Si vous étiez un homme comme les autres, j'entends un homme en qui la douleur n'a pas annihilé l'énergie naturelle, je vous dirais : soit que vous vous entêtiez dans votre chagrin, soit que vous acceptiez la loi d'oubli et que vous soyez prêt a tenter une existence nouvelle, il ne faut pas hésiter ! Allez chez Mile Andral ! Nouez avec elle les relations de bon voisinage qui s'imposent dans la solitude de votre campagne normande! « Si vous croyez qu'il y ait là un danger, s'il vous paraît hasardeux d'approcher cette jeune fille.tant mieux ! Vous l'avez reconnu vous- même : pour se défendre, il faut connaître son ennemi.À fréquenter chez Mille Andral, vous vous apercevrez bien vite qu'elle n'a pas, sans doute, l'intention de s'imposer dans votre vie.Qui sait ?elle est peut-être fiancée, ou à la veille de l'être.Une Parisienne aussi entourée que cette jeune fille n'a pas dû attendre l'occasion d'une villégiature en province pour sentir battre son cœur et forger des projets d'avenir, « À la voir, à lui parler, vous ne tarderez pas à en recueillir l'assurance.Que voulez-vous de plus ?N'est- ce pas cela que vous pouvez souhaiter ?« Seulement, voilà! Pour accomplir ce geste nécessaire, pour rendre visite, de temps à autre, à Mlle An- dral, il faut un certain courage.Et ce courage, vous ne l'avez pas.Vous êtes lâche (je répète votre mot et le prends à mon compte) vous êtes lâche comme le sont précisément certains hommes qui devraient être les plus incapables de lâcheté.\u2014 C'est votre cas, Jean-Marc, et vous l'avez si bien senti que l'aveu en a jailli spontanément de votre plume.Vous êtes lâche devant la vie.Vous ne trouverez jamais le courage d'affronter Mlle Andral.« Dans ces conditions, il ne vous reste que deux ressources : venir passer quelques semaines à Paris ou bien vous terrer, comme une bête sauvage, dans votre retraite.Choisissez! Pour ma part, je ne vous le cacherai pas, je préférerais la pre- miére solution.Elle me permettrait de vous serrer la main d\u2019une façon plus réelle, plus agréable que je ne le fais ici.« Votre vieil ami, « A.BERTIN.» Quand il reçut cette dernière lettre, Jean-Marc se trouvait dans son fumoir de La Haullerie.C'était, avec sa chambre et la salle commune où il prenait ses repas, la seule pièce qu'il consentit encore à habiter.Etroite et haute, elle ressemblait à un long couloir mal éclairé par une fenêtre unique.Un des murs, le plus long, était couvert d'une immense bibliothèque aux livres poussiéreux.Sur l'autre face, une grande cheminée béait, surmontée d'une glace au train verdi.De chaque côté, des trophées de chasse pointaient leurs cors et leurs ramures.Le jeune homme murmura : \u2014 Pourquoi M.Bertin me traite-t- il de lâche avec tant d'insistance ?Puis, il froissa nerveusement la lettre qu'il venait de lire, se leva du fauteuil, fit quelques pas, revint vers la fenêtre et, des doigts, tambourina sur les vitres.Au dehors, le soleil coulait sur les bois et sur la plaine comme une grande nappe d'or liquide, On entendait, dans les arbres proches, le concert pépiant des oiseaux ivres de lumière.\u2014 Lache! Lache! répéta Jean- Marc.Non, je ne l'ai jamais été, je ne le suis pas.Je le lui dirai, je le lui prouverai.oi, avoir peur du sourire d'une femme, de ses regards! Tudieu! On verra bien.Je vais au Mesnil de ce pas! Et, saisissant son chapeau, il partit, & grandes enjambées, tout droit vers la maison des Andral.VI DANS LE JARDIN FLEURI Dès que Jean-Marc eut quitté les terres qui étaient les siennes, dès qu'il fut sorti de cette zone sauvage dont il s'était volontairement entouré, il éprouva une instinctive émotion à découvrir l'éternel épanouissement de la nature.Les seigles, déjà hauts, jaunissaient.Les blés, courts et drus, pointaient leurs lances fines, d'un vert métallique, presque bleu.Et, par places, les pièces de sainfoin étalaient la somptuosité de leurs tapis de pourpre et de rose.Pour la première fois depuis bien longtemps, le jeune homme ressentit une joie douce à constater ce renouvellement.Mais, tout ensemble, il se rendit compte de la vanité de ses désirs.L'homme qui souffre ne peut contraindre les choses à partager sa douleur.Elles ne se laissent pas as- La Revue PoPULAIRE servir.Elles continuent, hors de lui, sans lui, le cours inchangé de leur vie profonde.À tout autre époque antérieure, il se fût révolté.Aujourd'hui, Jean- Marc acceptait franchement l'inévitable.À droite, à gauche du chemin de terre, il regardait avec complaisance les moindres parcelles fécondées et prospères ; il appréciait en connaisseur les promesses des épis et, parfois, il s'arrêtait pour contempler l'immensité de la plaine, semblable, en cette fin de mai, à un jardin sans limite.Quand il arriva au Mesnil, un tel apaisement était en lui que sa main ne trembla pas pour tirer la cloche d'appel, que son cœur ne battait pas d'un rythme plus vif.Cette première visite lui paraissait le geste naturel d'un voisin qui vient, chez des voisines, présenter ses devoirs.Chez les Andral, sans doute, on pensait de même.Le domestique, en ouvrant la porte, ne fut pas étonné.I conduisit le visiteur derrière la maison, à l'ombre d'un bosquet de tilleuls et d'épines roses.La, autour d'une table rustique, des fauteuils d'osier étaient rangés en cercle.Sur l'un d'eux, Mme Andral était assise et travaillait à un ouvrage de broderie.Près d'elle Henriette lisait.\u2014 Ah ! voici mon sauveur ! s'écria la jeune fille en allant aussitôt à la rencontre du nouveau venu.Hâtez- vous ! Ma mère veut vous remercier de votre obligeance à mon égard.Jean-Marc s'inclina et baisa la main blanche, un peu sèche, de Mme An- dral.Cele-ci cependant se répandait en paroles nombreuses : \u2014 Je suis ravie de faire votre connaissance, monsieur, Ma fille m'a dit avec quel empressement vous l'avez tirée d'un mauvais pas.Son sans- gêne a dû vous choquer peut-être.Il ne faut pas lui en vouloir.À cause de ma longue maladie, elle a été habituée à agir librement, à sa guise, presque comme un garçon.Je vous suis d'autant plus reconnaissante de n'avoir pas hésité à lui rendre service.Asseyez-vous, je vous prie ! Et, comme le jeune homme s'informait de sa santé, elle continua : \u2014 Votre pays est le pays des résurrections.C'est Henriette qui l'a choisi.Elle m'a contrainte pour m'y amener, Maintenant, je reconnais qu'elle avait raison.Depuis que je me trouve au Mesnil, je me sens déjà toute transformée.Je passe des nuits excellentes, je reprends goût à la vie, je ne m'ennuie plus.Mes douleurs étranges ont presque entièrement disparu.Et vous voyez, monsieur, je m'occupe, je travaille! Quelques mois encore de cette existence et je redeviendrai une femme comme les autres ! Tandis qu'elle parlait, Jean-Marc regardait Mme Andral.Dans ses traits amenuisés par l'âge, mais demeurés beaux et purs sous les bandeaux de cheveux gris, il retrouvait les traits délicats d'Henriette.L'ensemble de la physionomie, languide et comme abandonnée, n'avait rien, il est vrai, des signes d'audace et de volonté qui se lisaient clairement sur le visage de la jeune fille.Cette volonté, cette audace, celle-ci les tenait de l'atavisme paternel.Mais ces deux femmes réalisaient ce prodige, assez fréquent en somme, de se ressembler sous des apparences différentes.On apporta le thé.Henriette remplit les tasses et les offrit, Jean-Marc, peu habitué aux complications mondaines, se vit fort embarrassé de toutes les choses fragiles qu'on mit entre ses doigts.Pendant ce temps, Mme Andral, curieuse, l'interrogeait sur La Haullerie et sur la vie qu'il y menait.I! dut répon- JANVIER 1941 dre, mais il le fit par monosyllabes, redoutent, sans cesse, quelque question trop intime dont il se fût effarouché.La jeune fille se rendit compte de cette crainte et de cet embarras.Elle intervint et prit la parole : \u2014 Ma mère, dit-elle avec un sourire ironique mais sans méchanceté, ne parvient pas à comprendre comment on peut vivre toute l'année à la campagne.Pourtant elle a déjà découvert ici les charmes du printemps.Le reste viendra.Pour moi, je vous l'avoue, malgré mes allures up to date, je trouve qu'il n'est pas d'existence plus passionnante que celle du propriétaire qui exploite son domaine.Jean-Marc fut touché de ce secours inattendu.Il répondit : \u2014 C'est étrange, en effet, de votre part.Vous n'en avez, mademoiselle, que plus de mérite.\u2014 On n'a pas de mérite à admirer le travail des autres.En tout cas, mon impression est sincère.Quoi de plus beau que de suivre la lente évolution de la nature, que d'aider celle- ci de tout son intelligente, de toute sa force ?Depuis les premières pousses hésitantes du blé qui lève jusqu'aux lourds épis dorés qu'on jette sous la batteuse, depuis les fleurs roses des pommiers jusqu'aux fruits rouges et jaunes qu'écrase le pressoir, quel cycle merveilleux, combien plus empoignant, plus vrai, plus vivant que notre folle agitation des villes ! \u2014 Oui, oui! opina Jean-Marc, flatté dans son amour-propre de terrien.\u2014 Alors, demanda Mme Andral, pourquoi laissez-vous votre propriété en friche ?Une fois encore, la jeune fille coupa court aux questions indiscrètes.\u2014 Puisque vous pensez comme moi, dit-elle vivement, \u2014 et vous ne pouvez pas penser autrement! \u2014 vous ne sourirez pas de mes prétentions horticoles.Voulez-vous que je vous fasse voir mon jardin ?Si vous avez visité Le Mesnil autrefois, vous ne le reconnaîtrez plus.J'aime tout ce ui croît, tout ce qui verdoie, mais jadore les fleurs par-dessus tout.Il n'y a pas de beauté comparable à la leur.Faute de mieux, elles résument pour moi la nature entière.Ve- nez-vous, monsieur ?\u2014 Avec plaisir.Il se leva et suivit la jeune fille, heureux d'échapper a l'inquisition maladroite de Mme Andral.Au reste, dès les premiers pas, il fut stupéfait.Le jardin, jadis à l'abandon, envahi par les herbes sauvages, ressemblait maintenant à une grande corbeille fleurie.La volonté d'Henriette avait fait ce miracle.Taillés et soignés avec art, les chèvrefeuilles et les glycines qui s\u2019y trouvaient déjà accrochaient au long des murs leurs volutes épanouies, leurs pétales ivoirins et leurs grappes mauves.Sur les gazons, tondus à ras, s'arrondissaient des parterres d'œillets blancs, de capucines et des rosiers.Des rosiers surtout, il y en avait une abondance multicolore.Ici et là, tantôt rampant sur le sol, tantôt montant vers le ciel comme des gerbes de fusées, les espèces les plus diverses se mélaient, s'unissaient dans une apothéose de couleurs.Certaines étaient roses ainsi que des chairs d'enfant ; d'autres, comme teintes d'un sang généreux, presque noires ; d'autres pâles, à peine safranées ; et d'autres encore, plus dorées que la peau lumineuse des Mauresques.Le parfum des œillets et le parfum des roses, plus violents, dominaient.Dans la chaleur tiède de la fin du jour, ils s'exhalaient de cet enclos de rêve comme monte l'encens d'une cassolette.Et, dans le vertige de l'heure et du lieu, on ne savait pas si l'on était plus ébloui de couleurs vives que grisé d'odeurs pénétrantes.Jean-Marc regardait, silencieux, incapable de trouver le mot juste pour exprimer ses sensations confuses.Sans cesse il tournait les yeux vers sa compagne comme si les beautés diverses de ce jardin se fussent toutes concentrées en la personne de celle qui les avait fait surgir.Et, à part soi, il songeait : \u2014 C'est une magicienne.La nature, elle-même, semble lui obéir ! Henriette parut deviner sa pensée.\u2014 Je vous en prie, fit-elle, ne me complimentez pas ! Ma part est mince dans cette transformation que vous admirez.Un peu de décision suffit, un peu d'argent et quelques semaines aussi du travail du jardinier.\u2014 Oui, mais cette décision, il faut l'avoir, et ce sens de l'harmonie, et cet art de la composition ! J'avoue que ce n'est pas mon fait.\u2014 Toute à votre disposition, cher monsieur, pour vous offrir mes conseils, le jour où il vous plaira d'en créer autant à La Haullerie ! Le jeune homme se laissait aller peu à peu au vertige enivrant des fleurs, à l'emprise de cette jeune fille dont chaque mot, chaque geste l'enveloppait plus étroitement.Mais la dernière phrase prononcée par Henriette, l'arracha tout à coup à son mol abandon.Brutal et douloureux, le souvenir ressuscita.Jean-Marc eut un sursaut et, d'une voix âpre, déclara : \u2014 Je vous remercie, mademoiselle, mais, tant que j'y vivrai, La Haulle- rie restera telle qu'elle est ! Ils se turent et continuèrent, à pas lents, leur promenade, Il n\u2019y avait plus, semblait-il au jeune homme, de clarté vive dans le ciel, plus de fleurs épanouies au long des allées, plus de parfums flottant dans l'espace.Lorsque, sous le bosquet d'épines roses et de tilleurs, ils retrouvèrent Mme Andral, celle-ci ne fut pas sans remarquer l'étrange mutisme des jeunes gens.Elle tenta, par son bavardage, de ramener le sourire sur les lèvres de sa fille et d'effacer le pli soucieux qui barrait le front de leur visiteur.Puis un doute la prit.Elle crut être cause de cette réserve soudaine et, soupçonnant déjà chez Henriette quelque projet encore inavoué, elle résolut de lui laisser la place libre.\u2014 Excusez-moi de vous fausser compagnie, dit-elle à Jean-Marc.Mais je suis obligée de prendre soin de ma santé.L'air du soir a des trai- trises.Je ne reste pas ici davantage.Ce ne serait pas prudent.Et, comme le jeune somme s'inclinait, elle ajouta : \u2014 Maintenant que vous connaissez le chemin du Mesnil, vous nous ferez le plaisir, je pense, de revenir en voisin, le plus souvent possible ?\u2014 Certainement .vous êtes trop aimable !.murmura-t-il d'une voix contrainte.Mme Andral disparut.Seuls de noûveau, Jean-Marc et Henriette demeurèrent face à face, toujours muets.Par grandes vagues ondulantes, le parfum des œillets venait jusqu'à eux, puis le parfum des roses.Une ombre bleue tombait des arbres inclinés et, sur le gravier roux, les derniers rayons du soleil semaient de menus cercles d'or, semblables à des louis jetés par une main prodigue.Ce silence cependant devenait pénible à la longue.Pour le rompre, Jean-Marc saisit le livre que la jeune fille, à son arrivée, avait posé sur la table.Il lut le titre : « Poésies choisies de Théophile Gautier ».\u2014 Tiens! fit-il, vous aimez les vers ?23 LA FARINE \u201cCHEF ROYAL\u201d (ROYAL HOUSEHOLD) donne de meilleurs résultats à la cuisson Ce concours est organisé par \u201cThe Ogilvie Flour Mills Company Limited\u201d, \u201c 2 A : afin de faire connaître à un plus grand nombre de ménagères canadiennes, les meilleurs résultats obtenus à la cuisson par l\u2019emploi de la Farine \u201cChef Royal\u201d (Royal Household)\u2014la farine de qualité si recherchée qu\u2019elle fut choisie pour l\u2019usage sur le Train Royal lorsque Leurs Gracieuses Majestés visitèrent le Canada, ainsi que par la Marine Royale.A l\u2019ouverture d\u2019un sac de Farine \u201cChef Royal\u201d (Royal Household) vous verrez sa supériorité\u2014par sa texture fine, blanche comme neige.Quand vous en ferez de la LISTE DES 133 PRIX distribués chaque mois Les prix suivants seront attribués chaque mois, pendant six mois, aux vainqueurs de ce concours:\u2014 PREMIER PRIX.$100.00 en espèces SECOND PRIX.50.00 en espèces TROISIEME PRIX 25.00 en espèces 10 PRIX, chacun de 10.00 en espèces 20 PRIX, chacun de 5.00 en espèces 100 PRIX de.2.50 en espèces REGLEMENTS DU CONCOURS 1.Découpez la marque * Chef Royal\u201d ou \u201cRoyal Household\u201d du fond d'un sac et envoyez-la avec le coupon à Concours Ogilvie Flour Mlils Company Limited, B.P.6094, Montréal.(A \u2018défaut \u2018d\u2019une coupure de sac, joignez une fiche de vente de votre épicier prouvant un achat récent de Farine \u2018Chef Royal\u201d ou \u2018Royal Household'.) Ecrivez d'une façon lisible votre nom et votre adresse sur le coupon ci-dessous, ou utilisez une autre feuille de papier si vous le préférez.; 2.Chaque mois un certain nombre d'inscriptions seront appelées au concours, et les élus recevront une lettre contenant une question très simple.Les différents prix seront accordés suivante le mérite de la réponse.En cas d'égalité deux prix seront attribués.La décision des juges sera sans appel.On ne tiendra compte d'aucune réclamation ou correspondance au sujet de ce concours.3.Chaque concours mensuel prendra fin le dernier jour du mois à minuit.Les inscriptions reçues après cette date (le timbre de la poste fera foi) seront inscrites pour le concours du mois suivant.oo 4.Le nombre d'inscriptions est illi- mité\u2014vous pouvez en envoyer chaque mois.5.Les juges, au nombre de trois, seront choisis par \u201cThe Ogilvie Flour Mills Company, Limited\", parmi des personnes impartiales.Aucun employé, ni aucun membre de la famille d'un employé de \u201cThe Ogilvie Flour Mills Co.Ltd.,\u201d ou de son agence de publicité ne sera admis à participer à ce concours.B.P.6094, Montréal.Qué.nom pâte vous sentirez sa supériorité\u2014par ses caractéristiques de légèreté, de manipulation facile, et quand vous mangerez ces pains croustillants, ces délicieuses pâtisseries et gâteaux sortant de votre four, vous gofterez sa supériorité\u2014par la saveur appétissante dont raffolera toute votre famille.Il en demanderontet en redemanderont.La Farine \u201cChef Royal\u201d (Royal Household) est meilleure parce qu\u2019elle résulte d\u2019une sélection méticuleuse de blé canadien, lavé et moulu scientifiquement par les minotiers les plus anciens et les plus expérimentés au Canada.Elle subit dix-neuf opérations de nettoyage différentes et est finalement tamisée à travers une soie pour obtenir la farine légère, propre et de qualité de cuisson parfaite qui ne désappointera vos talents de cordon bleu, Il est plus difficile à satisfaire que vous pour la cuisson A chaque mouture qui passe dans \u2014 les moulins de \u201cThe Ogilvie gr À Flour Milis Company Limited\u201d, 7 un échantillon est prélevé et est Te 7 panifié d\u2019aprés les méthodes les 2) 7 plus strictes, par un expert.La V7 7 fonction de celui-ci est de s\u2019as- NE surer de facon absolue que le / produit de cette mouture possède les qualités de cuisson requises pour satisfaire totalement ceux = qui emploient la Farine \u201cChef \u2014 Royal\u201d (Royal Housebold).Chaque sac approuvé par wi est une garantie de bons résuirats à la cuisson, THE OGILVIE FLOUR MILLS CO., LIMITED Les farines \u201cChef Royal\u201d* (Royal Housebold) - Ogilvie Oats Ogilvie Blendies MONTREAL, FORT WILLIAM, WINNIPEG, MEDICINE HAT, EDMONTON Moncton, Québec, Ottawa, Toronto, Régina, Moose Jaw, Saskatoon, Calgary, Vancouver, Victoria 40-71F \u2014\u2014\u2014 \u2014-FORMULE D\u2019INSCRIPTION AU CONCOURS- \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 (Vous pouvez employer un autre papier pour votre inscription si vous le préférez).CONCOURS, The Ogilvie Flour Mills Co., Limited, découpés du fond d\u2019un sac (ou une autre preuve d\u2019achat).Veuillez inscrire mon Ci-inclus veuillez trouver les mots \u201cChef Royal\u201d ou \u201cRoyal Household\u201d | ans votre concours.Je déclare accepter les règlements du concours.SI C'EST \u201cOGILVIE\u201d \u2014 C\u2019EST BON 24 \u2014 Mon Dieu, oui! J'aime tout ce qui est beau ! avoua-t-elle.Il ouvrit le volume, feuilleta quelques pages et, ses yeux, guidés par le hasard, se fixèrent sur ses mots : Le cœur de l'homme est plein d\u2019oubli ; C\u2019est une eau qui remue et ne garde aucun pli.D'un geste sec, il ferma le livre, prit son chapeau et dit : \u2014 Je vous demande pardon, mademoiselle, de vous avoir retenue si longtemps.Permettez-moi de me retirer ! Elle ne répondit pas, mais tendit la main hardiment.Dans sa poigne robuste, il sentit frémir cette petit main fine et nerveuse.Aussitôt, il laissa retomber ses doigts.Puis il partit, sans qu'aucune autre parole n'ait été échangée entre eux.\u2018Tout le long du retour, Jean-Marc ne cessa de songer à cette furtive êtreinte.Parfois, il murmurait : \u2014 M.Bertin a raison.Je tremble devant Henriette.Je suis lâche ! VII LUCIENNE ANGEBAULT ENDANT quinze jours, Jean-Marc fut en proie aux sentiments les plus contradictoires, Deux âmes différentes, semblait-il, luttaient en lui et se déchiraient.L'une, jeune, sensible aux conseils silencieux des choses, avides de printemps, de lumière, assoiffée d'espoir et de vie; l'autre farouchement attachée à sa douceur ténébreuse.Le jeune homme écoutait tout a tour ces deux voix.La première disait : « Pourquoi t\u2019obstines-tu a fermer les yeux sur la vérité ?Une clarté nouvelle a traversé ta route.Elle t'appelle, elle t'attire.Un instinct plus ort que tous les raisonnements te pousse vers cette jeune fille, digne en tous points d'être aimée.Et que tu veuilles ou non, tu l'aimes! Tu l'aimes avec ce qui est resté intact en toi d'ardeur et de vigueur saine.Elle t'aime aussi ou, du moins, elle est à la veille de t'aimer.Laisse faire le destin qui t'emporte et ton cœur refleurira comme refleurissent, en ce mois triomphant, les roses qu'on croyait épuisées ! » Mais la seconde murmurait aussitôt : : « Prends garde! Tu es le jouet d'une imagination fantasque.Mille Anral te connaît à peine.Elle ne peut éprouver à ton égard qu'une sympathie vague, vite effacée, demain, quand elle aura regagné Paris.Pourquoi t'aimerait-elle ?Toi-même tu ne peux l'aimer, tu ne le dois pas! Sou- viens-toi de Raymonde ! Souviens- toi des serments faits et refaits sans cesse devant la terre froide où elle dort ! Ton existence est liée à jamais à la mémoire de cette morte.Rien ne pourra te la faire oublier, pas même un nouvel amour.Oserais-tu offrir à une vivante ton cœur tout meurtri, ton cœur tout rempli d'une autre image, que le fantôme du passé surgirait encore entre ses baisers et les tiens ! » Jean-Marc approuvait l'une, puis aussitôt se laissait ressaisir par l'autre.Il décidait de se rendre de nouveau au Mesnil.Mais, le chapeau sur la tête, la canne à la main, prêt à partir, il s'attardait à rôder autour de la Haullerie, crispait les poings, Fauchait d'un geste rageur la cime haute des herbes sauvages et rentrait s'enfermer dans la solitude morne de son repaire.La lutte cependant ne pouvait se prolonger.Cet état nouveau, plus cruel que son état antérieur, ruinait ses dernières énergies, enfiévrait son être, cernait de bistre ses yeux luisant d'une flamme maladive.Ne sachant enfin où découvrir une direction, un secours, n'osant les demander par lettre à M.Bertin, Jean- Marc résolut de rendre visite au père de Raymonde.M.Angebault habitait à trois lieues de La Haullerie, près de Dam- ville, une propriété de grande enver- ure, exploitée suivant les méthodes les plus modernes.Veuf depuis de nombreuses années, il vivait seul avec sa fille aînée (la morte était la cadette) et, gros mangeur, gros buveur, épris des plaisirs faciles, bornait ses désirs à la conquête du gain et à la satisfaction brutale de ses appétits.Jean-Marc n'avait jamais sympathisé avec son beau-père.Les liens fragiles qui les unissaient s'étaient relachés encore depuis que Raymonde n'était plus là.À peine les deux hommes se rencontraient-ils trois ou quatre fois par an.Mais, dans la détresse où se trouvait Jean-Marc, il lui parut tout à coup nécessaire de chercher un appui dans cette maison où sa femme était née, avait passé son enfance et sa jeunesse, d'où il l'avait emmenée, la main dans la main, en un jour de bonheur trop rapide.Il partit donc, dans sa charrette au cheval trottinant, par une matinée fraîche et délicatement ouatée d'une brume qui imprécisait les lignes et les teintes.Les parfums de la nuit flottaient encore sur les champs.Derrière les voiles blancs de l\u2019horizon, le soleil ressemblait à une grande rose lumineuse se balançant sur une tige invisible.Le long du chemin, le jeune homme savoura cette douceur exaltante des premières heures du jour.Mais quand il arriva au but, les odeurs traînantes s'étaient résorbées et, sur le brouillard évaporé, montait l'astre brûlant des midis.On le reçut avec un étonnement jovial.\u2014 Eh quoi! s'écria M.Angebault en frappant sur l'épaule de son gendre, vous n'avez donc pas oublié tout à fait le chemin qui conduit ici ?Quel bon vent vous amène?.Auriez-vous un service à me demander ?Allons ! nous causerons de cela tout à l'heure.Vous êtes là, je vous garde.Bien entendu, vous restez à déjeuner avec nous ?Jean-Marc ne se déroba pas à l'invitation, mais ajouta simplement : \u2014 Je ne viens pas par intérêt, du moins comme vous le pensez.Mais, depuis quelques semaines, ma solitude me pèse plus que de coutume.J'ai éprouvé le besoin de revoir des figures amies, les seules personnes qui aient connu Raymonde, qui l'aient aimée.Où pourrais-je trouver mieux que chez vous ?.\u2014 C'est parfait ! Le temps est superbe.Allons respirer un peu l'air des champs ! Vous verrez mes blés.Pendant deux heures, ils se promenèrent côte à côte le long des pentes vertes courant à travers la plaine.M.Angebault parlait, expliquait, pérorait.Il était fier des résultats de sa culture et le faisait bien voir.On eût dit, à l'entendre, qu'il débitait une conférence devant un public d\u2019admirateurs.Ce fut seulement aux dernières minutes du retour qu'il parut se souvenir de son gendre, marchant près de lui.\u2014 Et vous, dit-il brusquement, que devenez-vous ?Toujours la même chose ?Vous vous entêtez à ne plus travailler, à laisser vos terres en friche?Quelle idée bizarre ! Je comprends que vous regrettiez Raymonde, mais sa mort n\u2019est pas une raison pour que votre domaine reste toujours à l'abandon.Il faut vivre, que diable ! Et vivre.c'est agir, c'est lutter, c'est créer de la richesse.Fichtre! nous sommes à une époque où l\u2019on a, plus que jamais, besoin d'argent ! Jean-Marc eut un geste vague de dédain.L'autre continua : _ \u2014 Après tout, j'ai tort de me mêler de vos affaires.je n'ai jas de petit- fils dont l'avenir doive me préoccuper.Faites comme il vous plaira, mon cher ! Pour moi, je ne suis pas encore las de l'existence.Malgré mon âge, j'y découvre encore bien des satisfactions.oo Et il eut un gros rire qui sonna, provocant et cynique, dans la solitude chaude des champs.Au seuil de la salle a manger, Lu- cienne Angebault attendait les deux promeneurs.Elle ressemblait étrangement à Raymonde.Petite comme sa sœur et brune comme elle, elle avait la même chevelure de ténèbres encadrant le même ovale aigu où les yeux luisaient d'une flamme sombre, où le carmin des lèvres saignait comme une plaie ouverte.Mais l'approche de la trentaine, le dépit de son inutile beauté et surtout une profonde rancune contre le destin et contre les hommes ajoutaient à sa physionamie un caractère particulier.| Le visage de Raymonde, jadis, n'exprimait que douceur heureuse, naïve, épanouie.Celui de Lucienne, aujourd'hui, portait la marque de ses sentiments secrets, ironie, orgueil froissé, malignité tenace et froide.La jeune fille sourit cependant à son beau-frère et s'informa de sa santé, de ses occupations avec une sollicitude pressante.Puis on se mit à table.Le repas fut copieux.M.Angebault, mangeant ferme et buvant sec, discourut avec une faconde qui épargna toute conversation aux deux jeunes gens.Enfin, le café bu, il se leva et, prétextant un rendez-vous urgent à Damville, il disparut.près un silence, Jean-Marc murmura : \u2014 Je sais que la chambre de jeune fille de Raymonde est demeurée telle quelle était autrefois.Voulez-vous m'y conduire, Lucienne ?Lucienne regarda son beau-frère avec surprise et demanda : \u2014 Que voulez-vous donc voir dans cette chambre ?Il hésita un instant à répondre.Puis : \u2014 Ne vous moquez pas de moi, je vous prie ! Il me semble que, là, où ma femme a vécu, là où subsiste encore le reflet, l'ombre, le fantôme de sa jeunesse, je trouverai un je ne sais quoi de tendre et de fort qui me conseillera, me guidera.\u2014 Jusqu'à ce jour, pourtant, vous avez agi selon une volonté très nette.\u2014 Peut-être.Mais maintenant je suis tout désemparé.Je m'en vais à la dérive comme un bateau sans pilote.Et partout, partout autour de moi, je n'aperçois que des écueils.La jeune fille prit un air grave et répliqua : \u2014 Non, mon ami, je ne vous conduirai pas dans la chambre de Raymonde.Cette visite n'aurait d'autre résultat que d'aviver votre douleur.Et cette douleur, voici trop longtemps que vous l'entretenez en vous comme un présent funeste.D'autres ont dû déjà vous le dire.Après eux, je vous le répéterai.Quel qu'ait été votre amour, vous n'avez pas le droit de lui sacrifier votre présent, votre avenir.Il faut vivre, et vivre, c'est espérer ! À rencontrer sans cesse, sous des formes nouvelles, les mêmes conseils d'oubli, Jean-Marc sentit s'effondrer les dernières résistanes de sa pudeur d'âme.Une femme était près de lui, qui se penchait, pitoyable à son an- La Revue POPULAIRE goisse, attentive à sa misère, presque maternelle.Elle seule pouvait le comprendre.Alors, tout d'un trait, il ouvrit son cœur et parla.Il avoua les doutes dont il était torturé.Il dit son désir de rester fidèle à la morte et, en même temps, l'inclination chaque jour plus vive qui le poussait vers Mille Andral.Enfin, il conclut : Puis-je aimer cette jeune fille ?Dois-je me remarier ?Tandis qu'il parlait, Lucienne s'était transformé peu à peu.Son vi- sae, d'abord attendri, avait repris son masque hautain ; ses yeux, leur lueur incisive et mauvaise.Elle avait éloigné sa chaise d'un mouvement fiévreux.Tout à coup, elle se leva.Vous avez raison, fit-elle.Montons dans la chambre de ma sceur! Elle marcha vers le vestibule.Il la suivit.En silence, ils gravirent le large escalier dont les marches usées par le temps craquérent sous leurs pas rapides.Ils parcoururent un long couloir ou flottaient les odeurs particulières aux anciennes demeures, ces odeurs de fruits mûrs, de cire aigre et de poussière tiède.Brusquement Lucienne ouvrit une porte et s'effaça.: Le jeune homme pénétra, le premier, dans une pièce étroite, tout en- grisaillée par l'ombre des rideaux tirés sur la fenêtre.Au dehors cependant le soleil brillait d'un tel éclat que ses rayons perçaient l'étoffe épaisse.Sa lumière diffuse permettait de distinguer nettement les meubles poudrés d'une cendre fine, le lit vêtu d'une large housse comme un catafalque et les dessins de la tapisserie où alternaient des bouquets de fleurs et des vols de colombes.Une tristesse si poignante se dégageait de ces choses délaissées qu'elle eût suffi, à elle seule, à émouvoir le jeune homme.Mais plus que la tristesse des choses inanimées, Jean- Marc crut voir se lever devant lui l'image irréelle d'une jeune fille qui lui souriait et lui tendait les bras, petite image frêle et tremblante, vite effacée par le tournoiement des atomes dans un rais de soleil.Il courba les épaules et, pour cacher son trouble, laissa tomber son visage entre ses mains.Pour lui, rien n'existait plus au.monde que son amour désespéré.Il s'y abimait avec la volupté déchirante de ceux qui se plaisent à sentir saigner toutes les Fibres de leur étre.ais, dans le grand silence pathéti- ue, voici qu'un souffle léger vint rôler son oreille, la voix de Lucien- ne murmura : \u2014 Vous voyez bien, mon ami, que tout vous attache encore à Raymonde, que vous ne pouvez pas l'oublier! Soyez fier de votre constance ! Elle doit être votre orgueil, votre raison de vivre.Ne vous abaissez pas à en aimer une autre ! Par elle vous souffririez d'autre façon, plus cruellement, plus laidement.Jean-Marc ne répondit pas.Bercé par ce murmure qui s'harmonisait avec la voix secrète de sa conscience, il savourait l'âcre saveur des larmes.Dans un souffle plus tétu, plus hésitant, Lucienne poursuivit : \u2014 Non, n'aimez pas une autre, une étrangère! Mais si, quelque jour, vous êtes las de votre solitude, aimez une femme qui ait connu Raymonde, avec qui vous puissiez parler d'elle sans honte, qui vous aidera enfin à porter jusqu'au bout votre peine.Il ne parut pas saisir l'allusion mais continua de s'abandonner à la douceur de cette voix insidieuse.\u2014 Jean-Marc, disait-elle, vous savez quelle affection j'ai pour vous! Ecoutez-moi, croyez-moi! (Lire la suite page 26) JANVIER 1941 es Recelles MENU DE DINER par Mme ROSE LACROIX CouPeE AuX PAMPLEMOUSSES Disposer joliment dans une coupe des sections de pamplemousses débarrassées de toute membrane.Ajouter quelques cubes d'ananas, et garnir de feuilles de menthe fraiche.e CorNETS DE HOMARD AUX AMANDES Etendre de la pâte (feuilletée ou brisée) très mince, et tailler des bandes de 1 pouce de largeur.Enrouler autour de cornets de fer-blanc ou de ros papier.Cuire à four chaud 500°.Démouler au sortir du four et garnir de homard aux amandes.Homarp Aux AMANDES 2 cuillerées à table de beurre 2 cuillerées à table de farine V2 tasse de crème Ya tasse de lait Va de tasse d'amandes taillées en filets 1 tasse de homard de conserve Faire une Béchamel avec beurre, farine, lait et crème ; bien assaisonner.Y joindre les amandes et le homard.Servir dans les cornets de pâte et garnir d'une touffe de persil.FiLers DE Porc GRILLES Choisir 3 beaux filets de porc, enlever la peau mince qui les recouvre pour qu'ils conservent leur forme en cuisant, les enduire de beurre et les faire griller.Une belle grillade s\u2019obtient en plaçant les pièces à griller 2 à 3 pouces sous la flamme.La porte du four doit rester entr'ouverte pour chasser la vapeur qui se dégage de la cuisson.Faire bien dorer sur un côté d'abord ; saler, poivrer, retourner et laisser dorer également l'autre côté.Assaisonner.Abaisser la chaleur, et continuer la cuisson 4 d'heure à feu doux.Cela prendra à peu près 14 heure en tout.Servir sur plat chaud avec une garniture de bananes.Séparer des bananes en deux sur la grosseur les creuser légèrement les passer dans le beurre fondu.Placer dans un plat à gratin, les couvrir de canneberges, 1 tasse environ, et 15 tasse de sucre.Humecter le tout avec du jus de citron (14 tasse environ).Après cuisson au four, servir en garniture autour des filets, avec des croquettes de pommes de terre à l'indienne.POMMES DE TERRE À L'INDIENNE 3 tasses de pommes de terre en purée 2 cuillerées à table de beurre 2 jaunes d'œufs Jus d'oignon 1 cuillerée à table de persil haché fin Quelques grains de cayenne Faire cuire les pommes de terre dans leur pelure, les passer au presse-purée ; ajouter le beurre, les jaunes d'œufs, les assaisonnements, et bien battre.Façonner en boudin, tailler en longueur de 3 pouces, badi- eonner de jaune d'œuf délayé avec i cuillerée a table de lait; passer dans la panure fine, et cuire dans la grande friture, au four ou a la poéle.SALADE DE CHou-FLEUR ET DE TOMATES Ebouillanter les tomates pour les peler.Les couper en deux, et couvrir le dessus de chou-fleur coupé finement, pour imiter des amandes.Garnir d'une rosace de mayonnaise et d'une petite touffe de persil.Dresser le tout sur feuilles de laitue ou d'endives.MonNT-BLANC 4 blancs d'œufs l tasse de sucre en poudre Battre les blancs en neige très ferme, avec L4 de cuillerée à thé de sel.Ajouter le surre graduellement, par petites quantités, et en battant bien.Quand la meringue est bien ferme, y incorporer L4 tasse sucre en repliant la pâte tout comme on fait pour incorporer des blancs d'œufs dans un gâteau des anges- Marquer des rondelles de 714 pouces de dia- mêtre sur des feuilles de papier blanc.Mettre la meringue dans un cornet de papier.Couvrir de merin- ue entièrement une rondelle.On ormera ensuite 4 ou 5 anneaux de 1 pouce de largeur environ, mais ayant le même diamètre.Déposer les feuilles de papier sur une tôle et cuire à four très doux 250°, jusqu'à ce que la meringue soit sèche, et légèrement dorée.Démouler au sortir du four.Superposer les anneaux sur la rondelle pleine, et préparer une autre meringue avec 4 œufs seulement et 1 tasse de sucre, et garnir le pourtour et le dessus.Remettre au four pour sécher et dorer.Après refroidissement, remplir de crème fouettée et gun de cerises rouges et vertes.ervir très froid.La crème fouettée doit être ferme.Choisissez parmi 12 Sortes Délicieuses TOMATE ET RIZ À LA CRÈME.Légumes de choix, poudre de petit lait et farine de soya y sont ajoutés pour fournir une alimentation mieux équilibrée \u2014 une saveur plus riche, PEN « POMMES DE TERRE EN DES A LA CREME.Du lait, de la crème, du beurre et de la levure de bière rendent cet aliment plus énergétique et plus nutritif.LEGUMES VERTS A LA CREME.Cet aliment résout le probléme de faire aimer les légumes verts aux enfants! C'est un mélange succulent de chou frisé, laitue verte, asperges vertes, petits Pois, lait et crème., Ê LÉGUMES EN DES À LA CREME.Lait, riz, et légumes de choix en dés ou hachés.L'addition d\u2019un concentré de levure en rehausse la valeur diététique, AGNEAU ET FOIE AVEC LEGUMES.Cet aliment comprend de la viande et du foie d'agneau, et du foie de poulet.Il est utile pour prévenir l\u2019anémie et y remédier.Des légumes de choix en améliorent la saveur et la teneur en vitamines., BOUILLIE DE LEGUMES, FARINE ET POULET.Faite avec de la viande et du bouillon de poulets sélectionnés, des légumes savoureux, de la farine Durum, du germe de blé et du lait.Voici un bon moyen de donner plus de céréale à bébé! Il s\u2019en régalera! Un autre pas Dans là Bonne Direction\u2014 Nouveaux Aliments Heinz pour Enfants! 25 Heinz fournit maintenant des Mets bien équilibrés et très nutritifs spécialement créés pour les Bébés qui ont passé l\u2019âge des Purées.QUAN D votre bébé est d'âge à , prendre des repas plus copieux\u2014servez-lui des Aliments Heinz pour Enfants! Appuyés par la même réputation de qualité gui, depuis 70 ans, a inspiré con- ance aux femmes qui achétent les Purées Heinz, ces nouveaux aliments sont scientifiquement préparés avec art et avec soin.Ils fournissent, aux bébés énergiques, les repas plus grossiers et très nourrissants que leur petit corps actif demande! Faites faire à votre enfant un autre pas dans la bonne direction, en commandant un assortiment d\u2019Aliments Heinz pour Enfants, pratiques et prêts-à-servir ! 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Jean-Marc n'est plus là ?Mais, lorsqu'il se fut rapproché de Lucienne, il remarqua le trouble inhabituel de ses prunelles sombres.*\u2014 Qu'est-ce qui se passe ?deman- da-t-il.Pourquoi fais-tu, toi aussi.cette mine d'enterrement ?Elle répondit d'un ton sec ?\u2014 Mais il n'y a rien.Jean-Marc est parti tout à l'heure.Voilà tout ! \u2014 Et c'est son départ qui t'a transformée ainsi ?.\u2014 Moi?Tu veux rire! Je suis comme de coutume.Il insista.Enfin elle laissa tomber ces mots d'une voix sourde : \u2014 Eh bien! oui.Après tout, il faut que je te prévienne.Jean-Marc et moi, nous avons longuement causé ensemble.Tu ne devinerais jamais ces qu'il m'a avoué.Ce n'est plus l'homme inconsolable que nous avons toujours connu.Il a fait la connaissance d'une jeune fille qui habite aux environs et.figure-toi!.il songe à l'épouser .\u2014 Ah! le gaillard! Voyez-vous cela ?Allez vous fier aux apparences ! \u2014 Tu ris.Moi, je trouve cela indigne de sa part.\u2014 Pourquoi : indigne ?~ Comment! Après la grande douleur qu'il affecte depuis des années, après ses crises de désespoir.ses serments de fidélité au souvenir, changer tout à coup, oublier \u2026.\u2014 Que veux-tu?Il n'y a pas de chagrins éternels.À son âge, ce garçon a bien le droit de refaire sa vie.\u2014 Non.Quand on prétend aimer comme il a aimé, on n'a pas ce droit.\u2014 Et tu le lui as dit ?LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 24) \u2014 Oui.\u2014 Tu lui as conseille de ne pas épouser la jeune fille en question ?\u2014 Oui.\u2014 Ah ça! Mais es-tu folle ?Pour quel motif, à quel titre lui as-tu parlé ainsi ?Lucienne fut lente à répondre.Appuyée au tronc rugueux d'un pommier, les traits crispés, son visage pâle, pâli encore par l'ombre verte des feuilles, elle semblait contenir avec peine l'ardeur des sentiments violents qui l'agitaient.Elle respira fortement .puis.tout à cou \u2014 Pourquoi ?fit-elle.Tu ne l'as donc pas deviné encore ! Tu n'as pas compris que je l'aime ?Je l'aime et je le hais tout ensemble.Tantôt je rêve des plus douloureux sacrifices pour qu'il soit heureux ; tantôt ma rancune souhaite pour lui les pires catastrophes.À vrai dire, je ne sais plus ce que je veux tant je souffre.Mais, après tout le mal qu'il m'a fait, le voir épouser une étrangère, le perdre une seconde fois.jamais, jamais ! M.Angebault regardait Lucienne avec un étonnement ébahi.Peu curieux, il n'avait jamais cherché à connaître le secret de ses proches.Peu perspicace, il n'avait jamais lu dans cette âme fermée.Ennemi enfin des complications qui pouvaient bouleverser le calme de son existence, il éprouvait, en présence de sa fille et de cette explosion soudaine d'accents passionnés, une impression d'effroi presque comique.Il balbutia: \u2014 Mais depuis Jean-Marc ?Elle se redressa et répondit, avec la même flamme \u2014 Depuis le premier jour où il est entré dans cette maison.Je croyais alors être le but de ses visites.C'était mon droit puisque j'étais l'aînée.J'espérais qu'il allait demander ma main.Touchée aussitôt par ce qui me plaisait en lui, je m'abandonnais au rêve absurde qui devait briser mon existence.Mais ce n'est pas moi que Jean-Marc a aimée, ce n'est pas moi qu'il a épousée .Je suis restée seule, accablée et meurtrie.J'ai refusé toutes les occasions de mariage qui se sont présentées ensuite.Et le temps à passé.Raymonde est morte.Jean- Marc, libre de nouveau, n'a pas songé un instant qu'il trouverait ici des bras pour le consoler, pour le bercer, les miens .\u2014 Lucienne ! \u2014 Hé oui! Tu veux savoir la vérité.Je te la dis.Voici trop longtemps qu'elle m'étouffe ! \u2014 Parle plus bas, je t'en prie ! \u2014 Enfin, pour la première fois au- jourd'hui, je me suis trouvée seule à seul avec Jean-Marc.Il m'a prise pour confidente.Il m'a révélé ses espoirs et ses doutes.En vérité, j'aurais été bien sotte de ne point profiter d'une occasion si favorable.Te l'ai détourné de la voie où il voulait s'engager.Je lui ai fait comprendre.(la-t-il compris ?je n'en sais rien encore) qu'il ne devait pas chercher ailleurs une femme puisque j'étais là, moi.toute prête à prendre la place de la disparue.C'est une revanche que m'offre le destin.Je veux l'avoir et je l'aurai.ou j'en mourrai ! M.Angebault sursauta.Incapable de suivre sa fille dans les méandres de ces pensées tragiques, il se donnait une contenance en frappant le sol de sa canne et cachait sous un gros rire, l'ennui causé par ces aveux.\u2014 Mourir ! mourir ! s'exclama-t-il.Rien n\u2019est plus ridicule que de parler ainsi, à ton âge ! On ne meurt pas quand aimes-tu parce qu'un garçon vous dédaigne.Tu es assez riche pour trouver alentour un mari à ta guise.S'il le faut même, nous irons nous installer à Evreux.Je n'hésiterai jamais à faire ce qui est utile pour assurer ton bonheur.Lucienne continuait de balancer la tête d'un air farouche, niant tout, refusant tout, obstinée dans sa passion aveugle.L'autre reprit \u2014 Allons |! Chasse vite ces idées noires ! On ne peut pas avoir le goût de mourir quand il fait si bon de vivre.Regarde autour de toi ! Jamais le printemps n'a été si délicieux ! M.Angebault n'était pas, somme toute, un mauvais homme.Sous son égoisme de Normand jouisseur et son apparence nonchalente, se cachait un un cœur sensible aux tristesses des siens.Ceci est encore, il est vrai, une forme de l'égoïsme.S'il souffrait de ces tristesses, c'était plus peut-être pour lui-même que pour les autres.Mais tel quel, il se sentait, ce jour- là, réellement ému.Et, comme Lu- cienne s'entêtait dans son mutisme dédaigneux, il eut recours au dernier argument qu'il tenait en réserve : \u2014 J'ai déjà eu le malheur, dit-il, de perdre une fille.Tu ne voudrais pas laisser ton vieux père tout seul, abandonné, sans personne qui l'aime?Lucienne alors eut l'air de céder à cet appel.Elle s'avança vivement, enlaça M.Angebault et, mettant un baiser sur le poil rude de ses joues, murmura à son oreille : \u2014 Pardonne-moi! je ne sais pas ce que je disais.C'est un vent de folie, en effet, qui a soufflé dans ma tête.Mais ce vent a passé.N'en parlons plus ! Déjà rasséréné, il répondit : \u2014 Ah! mon enfant, je suis bien content de voir que tu redeviens raisonnable ! Et, reconquis aussitôt par sa gaieté un peu vulaire, il conclut : \u2014 L'amour, vois-tu, le grand amour, il faut s'en méfier comme de la peste.Il ne fait faire que des bêtises.Il tourne la cervelle des innocents qui s'y laissent prendre.Il est cause de tous les ennuis, de toutes les catastrophes .Crois-en ma vieille expérience : on n'a pas besoin d'aimer pour être heureux.IX L'INSTINCT SECRET Dès que la voiture fut sortie de la propriété de M.Angebault, Jean- Marc laissa flotter les guides sur le dos du cheval et celui-ci prit son petit trot lent mais sûr que rien ne pouvait plus dévier.Dans cette fin du jour lumineuse et chaude, une poussière d'or vibrait sur l'infini des champs.Le jeune homme, libre de suivre des fantaisies de sa pensée revécut mentalement les dernières heures écoulées.Tout d'abord, il en ressentit une impression de douceur et d'apaisement.En la personne de Lucienne Angebault, il avait rencontré quel- qu'un qui le comprenait, qui le plaignait, qui l'encourageait dans ses résolutions héroïques.Ne lui avait-elle pas dit, avec une fermeté lucide: \u2014 Tout vous attache à Raymonde.Ne vous abaissez pas à en aimer une autre ! Puis, peu à peu, le souvenir se précisa dans l'esprit de Jean-Marc.Îl se revit, seul près de sa belle-sœur, dans la chambre de la morte.Il se rappela les autres phrases prononcées, les gestes faits par Lucienne pour poser La Revue PopuULAIRE la main sur son épaule, pour appuyer le front contre le sein.Et tout à coup, il découvrit le mobile secret de ces estes, le sens caché de ces paroles.ne onde d'émotion pudique incendia son visage.Hé quoi! Luienne l'aimait, elle aussi! Lucienne ne craignait pas de le lui dire et de tendre ce piège à sa naïveté : « Epousez-moi ! Je remplacerai Raymonde.Nous parlerons ensemble delle!» L'exaltation qui soutenait l'âme de Jean-Marc tomba brusquement.Aussitôt il conçut pour sa belle-sœur une aversion méprisante.I] se retrouva enfin plus solitaire, plus triste, plus désespéré que jamais.Pendant les jours qui suivirent la visite à M.Angebault, cette sensation, presque physique, d'écroulement persista.À quoi bon lutter, pensait-il, puisque les hommes se rient de moi et m'abandonnent, puisque les femmes n'ont que des tendresses intéressées ?Au long des heures brûlantes de la journée, il recommença de s'enfermer farouchement dans l'ombre poussiéreuse de son cabinet.Le soir seulement, après dîner, quand la frai- cheur tombait sur la plaine, il s'en allait faire une courte promenade aux environs de La Haullerie pour se dégourdir les jambes et s'emplir d'air pur les poumons.Mais il ne voyait rien autour de lui, il ne songeait à rien, il ressemblait à un fauve en cage tournant sans cesse dans le même cercle de barreaux épais et ne découvrant jamais d'issue.Or, un soir qu\u2019il s'était éloigné lus que de coutume et s\u2019attardait au ord d'une route, le bruit croissant le tira de sa rêverie sans objet.Une auto approchait, ronronnante et rapide.Il reconnut bientôt la voiture de Mlle Andral.C'était elle en effet.La jeune fille était assise au volant, seule comme d'habitude.À son tour, elle reconnut Jean-Marc et, quand elle fut à sa hauteur, s'arrêta.\u2014 Eh bien ! dit-elle aussitôt, que devenez-vous ?Voici trois semaines au moins qu'on ne vous a vu! Fau- dra-t-il toujours vous accabler de reproches pour votre négligence envers vos amis ?Le jeune homme balbutia de va- ues excuses, toujours les mémes, et enriette, charitable, feignit d'y ajouter foi.Mais elle reprit, sur le mode souriant : \u2014 Vous êtes un entêté \u2014 comme moi ! Vous ne voulez agir qu'à votre guise \u2014 comme moi ! Et vous redou- tezl les question indiscrètes \u2014 comme moi! Vous voyez bien que nous sommes faits pour nous entendre ! Immobile devant la voiture, il avait posé la main sur le capot.Sous ses doigts, il sentait vibrer doucement le moteur à la façon d'une bête frémissante et domptée et ces vibrations assourdies se transmettaient tout le long de ses membres comme si la machine, avide de course folle et d'espace, voulait lui communiquer son ardeur.Enhardi, il leva les yeux et regarda la jeune fille.Ainsi qu'à leur première rencontre, sur la route d'E- vreux, l'ovale de son visage paraissait aminci par l'ombre nette du feutre; ses claires prunelles en semblaient plus grandes, plus lumineuses: Jean-Marc murmura : \u2014 Je vous comprends très bien, mademoiselle, et j'admire votre joie de vivre, si belle et si saine.Mais vous, hélas ! vous ne pouvez pas me comprendre, vous ne le pourrez jamais! Il faudrait que vous eussiez beaucoup souffert.Tel n'est pas votre cas, heureusement ! Peu importe d'ailleurs! Il n'est pas nécessaire d'avoir des âmes pareilles pour être amis! JANVIER 1941 \u2014 Merci pour cette bonne parole ! Mais les paroles ne prouvent rien.J'exige de votre amitié un geste plus convaincant.\u2014 Lequel ?\u2014 Montez près de moi! Nous allons faire un tour aux environs.\u2014 Où donc?\u2014 Vous le verrez bien.Tous les soirs, je profite des dernières heures du jour, les meilleures en cette saison, pour prendre la voiture et me promener.\u2019l'antôt ici, tantôt là, je vais au hasard, à la découverte, et je ne reviens jamais bredouille.Parfois, je rapporte de ma course rapide le souvenir d'un point de vue pittoresque, d'un hameau à toits de chaume perdu dans la verdure, d'un sous-bois mystérieux ou d'un clair ruisseau coulant au pied d'un vieux moulin.Parfois aussi, je rapporte quelque chose de plus prosaïque et de plus utile.Allons ! montez vite ! Sans réfléchir à ce qu'il faisait, Jean-Marc obéit.La jeune fille embraya.L'auto bondit, trouant l'air, bousculant l'espace.Les deux jeunes gens se taisaient.Mlle Andral semblait avoir oublié son compagnon.Toute au vertige de la vitesse, les mains crispées sur le volant, les yeux fixés sur le lointain de la route, elle tendait sa volonté, sa présence d'esprit à n'être que le cerveau intelligent de cette machine aveugle et brutale.Elle faisait corps avec elle et, comme elle, paraissait n'avoir plus que des sensations physique de légèreté impétueuse et de griserie dans la fraîcheur parfumée du soir.Ces sensations, Jean-Marc les éprouvait, lui aussi.Mais, par contre, il ne pouvait distraire sa pensée en éveil de la jeune fille assise à ses côtés.Sans cesse, il tournait la tête à demi pour la regarder.Il sentait parfois son coude frôler le coude proche et, parfois, l'écharpe flottante de Mlle Andral, chassée par le vent de la course, venait caresser son visage.Son imagination alors précisait ses rêves.Qu'était-il en somme ?Une âme sans ressort à laquelle s'imposait l'énergie tenace d'Henriette.Flle voulait pour lui, elle décidait pour lui, elle le contraignait à agir selon son désir propre.Cette fuite à deux à travers la plaine ressemblait à un enlèvement.Et lui, faible, irrésolu, s'abandonnait à cette force agissante.Enfin il découvrait la volupté secrète de n'être plus qu'un jouet entre les petites mains blanches d\u2019une femme.Un dernier sursaut de son libre arbitre lui fit cependant demander : \u2014 Où allons-nous ?Mais elle répondit, avec un sourire ambigu qui fit briller la nacre humide de ses dents sur la pulpe rose de ses lèvres : \u2014 Encore une fois : rez bien ! Et, comme si elle avait deviné les pensées intimes du jeune homme, Mille Andral ajouta : \u2014 Laissez-vous conduire ! Ce soir, vous êtes mon prisonnier.De nouveau, ils se turent et l'auto poursuivit sa route, au bruit ronronnant de son moteur.Dans le ciel, les lueurs attardées du soleil flottaient comme des écharpes roses.Ils traversèrent un boqueteau sous un tunnel de verdure.Enfin ils arrivèrent à l'orée d'un village humble et charmant, un vrai village de Normandie, avec ses maisons coiffées de paille rousse, ses clos de pommiers touffus, ses haies vives et sa mare où s'abreuvait un troupeau de vaches.Devant la première porte, la voiture stoppa.Mlle Andral sauta à vous le ver- terre et, montrant la masure consentit à expliquer : \u2014 Ici habite une brave femme, veuve d'un pauvre journalier qui a été tué récemment dans un accident.Elle a bien du mal à élever ses quatre marmots.On me l'a signalée.Ma mère a tricoté des lainages pour les petits.Je les apporte, avec un petit viatique pour la maman .Voulez- vous m'attendre un peu ?La jeune fille prit, sous le siège, un paquet soigneusement ficelé et pénétra dans la maison.Jean-Marc demeura immobile, suivant du regard le vol oblique des hirondelles qui fuyaient, se poursuivaient, se croisaient dans les hauteurs du ciel, avec des cris d'allégresse.Un murmure venait, par instant, de la porte large ouverte.Puis, il y eut des rires légers.Soudain Henriette parut sur le seuil.Elle tenait dans ses bras un enfant d'un an à peine, blond et rose, et dont les grands yeux étonnés s'ouvraient a l'immensité des choses.Sur sa bouche entr'ouverte tremblait encore, comme une goutte de lumiére, un peu de lait.En le montrant au jeune homme, Henriette s'écria : \u2014 Est-il beau ! Est-il fort, ce petit dernier! Rond de partout comme une pomme, on a envie de le croquer ! Jean-Marc ne put s'empêcher de sourire à cette exubérance, à ces mots d'une naïveté risible et délicieuse que comprennent seulement les mères ou celles qui le seront.Puis, tandis que la jeune fille continuait de bercer l'enfant d'un geste tendre et posait sur ses joues des baisers sonores, il l'observa avec une gravité revenue.Chez Mille Andral, il reconnaissait cet élan de tout l'être, bien des fois remarqué ailleurs, cette secrète attirance, cette passion obscure et prophétique qui décèle, au cœur des jeunes filles saines et droites, l'instinct encore confus de la maternité.Cependant, comme la scène se prolongeait Jean-Marc se hasarda à rappeler l'heure.\u2014 Vous avez raison, dit Henriette.Rentrons vite ! Elle reporta dans la maison et rendit à sa mère le doux fardeau.Puis, vive, joyeuse, transfigurée, elle reprit place au volant et l'auto, après un savant virage, reprit plus rapide, le chemin du retour.Mais Henriette, maintenant, ne cessait de parler : \u2014J'adore les enfants, disait-elle, tous, les pauvres comme les riches, mais, plus que les autres, les tout jeunes, ceux qui tettent encore.Quand je sens contre ma poitrine ces petits membres frêles et potelés, cette tiédeur innocente qui s'abandonne, quand j'embrasse leurs yeux purs, leurs joues rondes, leurs mains que n'ont pas déformées encore les rudesses de la vie, je ne sais ce qui se passe en moi.cela me remue jusqu'aux entrailles ! De cent façons diverses, elle développa les mêmes idées, trouvant plaisir à les exprimer sous les formes les plus spontanées, les plus naïves.Mais, tout à coup, elle interrogea : \u2014 Et vous ?N'auriez-vous pas été heureux d'avoir des enfants ?La question cruelle et douce tout ensemble, venait au moment précis où Jean-Marc, dans le secret de son être, évoquait des pensées semblables, plus viriles, non moins troublantes.Il répondit dans un souffle : \u2014 Oui.Et leur émotion, à tous deux, fut si profonde que, jusqu'à la croisée des chemins où Jean-Marc descendit, ils n'osèrent plus, ni l'un ni l'autre, prononcer un mot.X LA LETTRE ANONYME p HILIBERT Andral était venu passer deux jours au Mesnil.Ses visites étaient fréquentes mais rapides.Chaque fois, avec une joie sincère, il constatait une régulière amélioration dans la santé de sa femme.Pendant quelques instants, il trouvait plaisir à examiner les embellissements de la maison et du jardin.Il en félicitait Henriette et l'interrogeait sur ses projets à venir.Puis, aussitôt, il commençait de s'ennuyer.Cet homme actif, habitué au mouvement et au bruit de Paris, entraîné à la fièvre incessante des affaires, ne pouvait goûter le charme languissant de la campagne.Sans doute, s\u2019il eût possédé là le centre de sa vie, il aurait su s'y créer des occupations.Mais, pendant les quelques heures qu'il y demeurait, du samedi matin au dimanche soir, il éprouvait une impression de désœuvrement.Il se sentait désaxé.Inconsciemment, il souhaitait de voir surgir quelque événement imprévu qui lui donnât des motifs d'agir et de lutter.Il en était ainsi à chacun de ses séjours et, ce matin-là, plus encore que de coutume.Coude à coule avec Henriette, il se promenait le long des allées fleuries.En vain la jeune fille s'efforçait- elle de soutenir la conversation, racontant les milles petits faits insignifiants de son existence quotidienne.I ne l'écoutait pas.Sa pensée était là-bas, derrière les comptoirs de sa banque où les billets, les chèques, les titres font, tout le jour, un bruit de soie froissée.Un coup de sonnette tintant à la grille du jardin, fit enfin diversion.enriette s'empressa d'aller ouvrir.Le facteur, sa bicyclette à la main, lui tendit une liasse de papiers en disant : \u2014 Pour sûr, mam'selle, vous recevrez quasiment plus de courrier qu'un minisse ! Elle revint sur ses pas et rejoignit son père.\u2014 Tu vois, s'écria-t-elle, qu'on commence à me prendre au sérieux ! On a su, je ne sais comment, les petites transformations que j'ai faites ici.Il n'y a pas de jour que je ne reçoive d'Evreux, de Caen ou de plus loin encore, des offres de service et des catalogues de pépiniéristes.Re- arde ! Ce que le brave homme de acteur appelle un courrier de ministre, ce ne sont que des imprimés ! D'un geste rapide du pouce, elle faisait sauter les bandes, M.Andral répondit : \u2014 Cependant, tu n'as pas l'intention, j'imagine, de t'installer en Nor- mandie pour le restant de tes jours ?\u2014 Certes non ! Mais tant que la santé de maman sera en jeu, il est préférable que nous y restions.Tout à coup, parmi les catalogues qu\u2019elle examinait brièvement, la jeune fille découvrit une enveloppe, d'aspect vulgaire, et dont l'écriture maladroite, inconnue d'elle, la surprit.\u2014 Tiens ! une lettre! fit-elle.Tu permets ?.Que diable ! peut bien m'écrire ?Elle ouvrit et lut.Ft, à mesure qu'elle lisait, son visage d'abord étonné se crispait d'une émotion visible.M.Andral s'en aperçut et demanda : \u2014 Qu'est-ce que c'est ?\u2014 Oh! rien ! répondit-elle avec un sourire de mépris.Moins que rien ! Une lettre anonyme ! Elle lui tendit la feuille zébrée de hachures volontairement malhabiles.M.Andral lut à son tour : Pour plus de chic et de confort consul lez LA CORSETIÈRE DE CHARIS chez vous Depuis dix ans, les clientes de Mme E.Campbell reçoivent à domicile ses conseils de corsetière experte.Elle est une des nombreuses femmes compétentes et fiables qui dispensent dans presque toutes les localités du Dominion te ) Mme E.Campbell Toronto service à domicile de Charis.Le Service de corsetière Charis à domicile est entièrement personnel.Charis a créé la méthode pour trouver les imperfections plastiques et le vêtement de fond approprié.Votre Corsetière Charis a la compétence voulue pour savoir exactement ce qu\u2019il vous faut, pour voir à ce que le vêtement de fond soit bien ajusté et pour qu\u2019il vous donne toujours satisfaction, Il y a un grand choix de vêtements de fond Charis.pour tous les âges et tous les types physiques; nombreuses caractéristiques pratiques, telles \u2018que la Ceinture intérieure (Inner Belt) Bend-Easy.Prix à compter de $3.95, y compris le service person- ner de votre Corsetière Charis.Vous pouvez lui téléphoner au Bureau de Charis (liste ci-dessous), ou en écrivant à la plus proche adresse ci-dessous.CH/ARLS FABRICATION CANADIENNE Charis Ltd., New Toronto, Ontario CHARIS DE MONTREAL 1117 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal, P.Q.221 Edifice Drummond Tél.: Plateau 3322 CHARIS D'OTTAWA 105 Edifice Birks Ottawa, Ontario Tél.: 2-5179 : CHARIS DE QUEBEC 251, rue St-Joseph Québec, P.Q.Téléphone 6567 CHARIS DES TROIS-RIVIERES 444, rue Des Forges Trois-Rivières, P.Q.Téléphone 2626 Si vous désirez adopter la profession rémunératrice de corsetière, postez ce coupon, CHARIS LTD., Dépt P-11 New Toronto, Ontario Veuillez me dire comment je puis devenir une Corsetière Charis.Nom Adresse Ville Province 28 CHURCH & DWIGHT LIMITED, LE SODA A PATE ''COW BRAND\" AIDE EFFICACEMENT A SOULAGER L'INDIGESTION HYPERACIDE.LE MAL DE GORGE ET LES RHU- C'EST AUSSI UN REMEDE D'URGENCE SUR CONTRE BRULURES, MORSURES D'INSECTES, URTICAIRE.GARDEZ-EN UN PAQUET DANS LA PHARMACIE DE FAMILLE.a SN il.DWIGHTS , 4 LOW BRAND, BONATE pE SOUP = POUR RENDRE LES BISCUITS AU THE PLUS LEGERS ET PLUS SAVOUREUX, EMPLOYEZ LE SODA A PATE, COW BRAND\u2018 COMME ST | fat NE = \u201cTE 2 Y EI ON PEUT EMPLOYER DU LAIT FRAIS DANS N'IMPORTE QUELLE RECETTE AU LAIT SUR, EN Y AJOUTANT OR NAIGRE OU DIVERS JUS DE BROCHURETTES GRATUITES contenant nos plus nouvelles recettes et décrivant les utilisations médicinales du Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d seront envoyées gratis sur demande.Remplis- Dépt.R-5! 27 15, rue Reading, Montréal, Nom.Adresse (VEUILLEZ ÉCRIFE VOS NOM ET ADRESSE EN MOULE 113) ) sez ce coupon et mettez-le A la poste.| à N7 « Mademoiselle, « Prenez garde ! Vous vous engagez dans un chemin dangereux.Tout le monde raconte, dans le pays, que vous voulez épouser M.Jean-Marc Moral.Peut-être réussirez-vous, car vous avez, dit-on, une beauté et une fortune également capables de le séduire.Mais, si ce mariage se faisait, vous vous repentiriez bien vite.M.Morel n'est pas un homme à aimer deux fois.Il n'oubliera jamais sa première femme et ne tardera pas à prendre en haine la seconde.C'est votre propre malheur que vous feriez en lui accordant votre main.Arrêtez- vous tandis qu'il en est temps encore.C'est le conseil désintéressé que vous donne « Une amie sincère ».M.Andral éclata de rire.Puis, se tournant vers sa fille : \u2014 Comment se fait-il que cette lettre ait l'air de te troubler ?dit-il.Elle ne signifie rien.Tu n'as jamais eu l'idée, je pense, d'épouser ton voisin ?Ce billet est l'œuvre d'une détraquée, d'une folle.Il n'y a qu'à le déchirer Bien vite et à n\u2019en plus parler.Henriette cependant restait grave et songeuse, Son père alors insista : \u2014 Je ne t'ai jamais demandé aucun compte de tes affaires personnelles.Mais je te vois aujourd'hui si troublée que tu me permettras bien, pour une fois, de te questionner.Que s\u2019est- il passé entre M.Morel et toi ?à jeune fille répondit, avec cette fierté généreuse qui rayonnait d\u2019elle- méme quand ses sentiments secrets étaient en jeu : \u2014 Oh! rien que je puisse avouer la tête haute ! Et elle répéta à son père ce qu'elle lui avait déjà dit : sa première rencontre avec Jean-Marc sur la route d'Evreux, le service rendu, la visite du jeune homme, les nouvelles rencontres suscités par le hasard, l'amitié enfin, simple et cordiale, qui s'était nouée entre eux.Puis elle conclut : \u2014 Jamais M.Morel ne m'a fait la cour.Le pauvre garçon ! Il est bien loin de penser à moi, lui qui ne peut se consoler de la mort de sa femme.De mon côté, je n'ai rien fait qui puisse l'encourager.Tu me connais assez pour savoir que, si libre, si indépendante que je sois, j'estime trop la loyauté pour m'abaisser à des calculs retors, à des pièges indignes.\u2014 Je te crois, fit M.Andral.Tu es une honnête fille et je n'en doute pas.Mais il peut arriver parfois qu\u2019en dépit de nos habitudes de droiture, certains sentiments obscurs, mal définis, insoupçonnés de nous-mêmes, nous inclinent, sans que nous nous en rendions compte, à des paroles, à des gestes qui aient, aux yeux des autres, une signification révélatrice.On peut confondre l'amitié et l'amour.Un si frêle espace les sépare ! On peut aimer enfin sans savoir que l'on aime ! \u2014 Moi, aimer Jean-Marc ?\u2014 Peut-être.\u2014 Non, je ne l'aime pas.Elle prononça ces mots d'un ton brusque, d'une voix autoritaire et nette qui semblait vouloir rompre la discussion.M.Andral s'arrêta et réfléchit.Pour gagner du temps, il se pencha vers un rosier et respira longuement l'haleine pénétrante et sucrée qui s'exhalait des corolles.Puis, se redressant, il déclara : \u2014 Dans ces conditions, tu sais ce qui te reste à faire ?\u2014 Quoi donc ?\u2014 Il est inutile de prêter davantage le flanc à la médisance.L'amitié qui te lie à ton voisin est de trop fraîche date pour ne pouvoir se rompre aisément, Au reste, ce garçon, sans cesse occupé d'une morte, ne doit pas être un compagnon bien gai, bien agréable pour toi\u2026 Puisque tu ne l'aimes pas, cesse de le voir ! \u2014 Cesser de voir Jean-Marc ?\u2014 Assurément ! \u2014 Non.Et elle baissa la tête, faible et vaincue tout à coup.Les paroles de son père avaient dessillé ses yeux, éclairé sa conscience, mis en pleine lumière le sentiment caché jusqu'alors au plus profond d'elle-même.Henriette toutefois n'était pas de celles qui cherchent à se mentir.Bien vite, elle recouvra son bel ofgueil et it : \u2014 Eh bien! oui, je l'aime ! Je m'étais trompée sur le sens véritable de la sympathie qui m'entraîne vers lui.Au moment où tu me conseilles de le perdre, je vois nettement, pour la première fois, à quel point je tiens à Jean-Marc.Pourquoi ne l'avoue- rais-je pas ?Je l'aime, parce qu'il ne ressemble pas aux autres, parce que son âme douloureuse a besoin d'être consolée, parce que c'est un être franc, sincère, plus proche de la nature que tous ces prétendants frelatés qui, à Paris, m'ont fait la cour.Je l'aime enfin parce que, pour le conquérir, il y a une lutte à livrer ! M.Andral eut un sourire et répliqua : \u2014 Allons ! Je constate que tu es bien de mon sang ! Jouer la difficulté est un attrait pour toi, triompher un palisir, Va ! Je ne vois aucun inconvénient à ce que tu épouses M.Morel puisque tu l'aimes avec cette flamme magnifique.Fais ce qu'il faut pour l'amener à demander ta main ! Tu n'emploieras, je le sais, que des moyens loyaux.Quant à moi, je ne souhaite que ton bonheur.Je t'approuve d'avance.Si je puis t'aider, je suis là ! Henriette embrassa son père avec une fougue qui le fit sourire de nouveau.Puis, tous deux, à pas lents, ils continuèrent leur promenade.Ils étaient pareillement heureux, elle par le seul fait de la révélation surgie des mystères de son cœur : lui d'avoir découvert, dans la solitude monotone du Mesnil, un sujet d'excitation pour son esprit.La jeune fille cependant commençait de déchirer en menus morceaux et de jeter au vent la lettre zébrée d'une écriture maladroite.\u2014 Les lettres anonymes, fit M.An- dral, causent habituellement bien du mal.Cele-ci avoue-le, aura été bienfaisante.\u2014 Tout se transforme en effet selon les hasards contraires.Et, montrant les débris de papier blanc épars sur l'herbe verte et sur le gravier d'or, elle ajouta : \u2014 Ne dirait-on pas les pétales blancs tombés d'un rosier effeuillé par le vent ?Le présage de malheur, par un inattendu revirement du destin, était devenu un présage de bonheur.XI RÊvE D'ÉTÉ Dans l'orangerie de La Haullerie, vide de ses caisses et dont les volets clots entretenaient la fraîcheur, Jean-Marc nettoyait sa bicyclette.Juillet touchait à sa fin.Une chaleur d\u2019étuve pesait sur la plaine normande.Les foins coupés, dressés en meules minuscules, ressemblaient a de longues rangées de ruches sans abeilles.Les grands bras tournants des moisonneuses commencaient de tracer de larges sillons dans l'océan des blés et, par places, la terre, dépouillée de son manteau d'or mouvant, montrait sa peau craquelée, rasée de frais, flétrie et comme morte.LA Revux PopuLAIRE Pour qu'on pût en faire tourner les roues dans le vide, la bicyclette était suspendue au plafond par deux crochets de fer.Dans le clair-obscur, les aciers luisaient, vaguement.L'atmosphère était imprégnée d'une odeur fine et douce, tant ces murs avaient abrité longtemps des orangers.Et, tandis que le soleil, au dehors, dardait ses rayons sur les champs brûlés, par l'été, la pièce sombre et tiède paraissait, {par contraste, un endroit très calme, très reposant, un peu mystérieux, en endroit favorable aux rêves.Un genou en terre, le jeune homme s'activait autour de la machine.Les parties nickelées soigneusement frottées, la poussière enlevée du cadre, des jantes, des pignons, il humectait d'huile, maintenant, les moyeux.Enfin son travail fut fini.Mais, avant de quitter la salle, il voulut s'asurer une dernière fois du parfait équilibre des roues.Sous son impulsion vigoureuse, elles se lancèrent dans une rotation rapide, régulière, bruissante.On aurait dit le murmure continu de la brise à travers les feuilles des peupliers.On aurait dit surtout que cette machine immobilisée vivait soudain, courait à travers le libre espace.Cette apparence fut si vive que Jean-Marc se sentit troublé.T1 oublia que les murs de l'orangerie l'emprisonnaient dans son ombre fraîche.Il s'imagina bien en selle, légèrement vêtu, alerte et fort, roulant sans fin sur une route unie, toute droite, élastique.Selon son habitude, il s'était levé, le matin, de bonne heure.Avant que la grosse chaleur du jour commençât de cuire la plaine, il était parti, sans but, sans pensée, par les grands chemins.De l'herbe molle de rosée, des arbres, des haies en fleurs s\u2019exhalaient des parfums pénétrants.Les hirondelles volaient haut dans le ciel.Des alouettes chantaient, montant, droites, dans l'air, comme d'harmonieuses flèches.Il allait, sans effort, bercé par le murmure des roues, tout son être abandonné à la sérénité de la nature.Mais soudain il aperçut une autre bicyclette venant à sa rencontre.Aussitôt il reconnut Lucienne Ange- bault.Ils ne s'étaient pas revus depuis la visite de Jean-Marc à son beau-père et l'étrange tête à tête dans la chambre de la morte.La jeune fille cependant fut telle que si leur dernière rencontre eût daté de la veille.Elle mit pied à terre et, s'avançant vers le jeune homme, elle dit simplement, la main offerte : \u2014 Nous avons eu la même idée, je le vois.Pour se promener, rien ne vaut cette heure matinale.Il balbutia : \u2014 En effet.Mais, sur la défensive aussitôt, il n'ajouta rien.Ce fut Lucienne qui continua, sur le mode plaisant : \u2014 Où allez-vous ?Nulle part, je pense.Moi de même! Alors nous pouvons y aller de compagnie.Il eut un sourire contraint et répliqua : \u2014 Soit ! Ils partirent côte à côte, sans échanger un mot de plus.Les roulements des deux machines brussaient dans le silence.Jean-Marc regardait droit devant lui pour oublier sa compagne obstinée.Lucienne, de temps en temps, tournait la tête vers lui et souriait, guettant l'instant favorable pour reprendre la parole.Mais les minutes fuyaient.Aucun Événement ne survenait.Insensiblement, ils étaient parvenus vers l'ouest, à l'extrémité du pla- (Lire la suite page 37) JANVIER 1941 S'il est un homme au monde qui soit en même temps très détesté et très aimé, c'est bien M.Churchill.I! va sans dire que ce n'est pas par les mêmes gens.Véritable incarnation de la ténacité britannique, le grand homme d'Etat est, de plus, doué d'un sang-froid à toute épreuve et d'une profondeur de vue qui ne le laisseront jamais prendre au dépourvu.Dans la guerre actuelle, ce sont là des qualités très précieuses et que nul autre, parmi les nations belligérantes, ne possède au même degré.En 1931, il y a donc neuf ans, Churchill disait ceci : \" Les ombres inquiètes de Pierre le Grand et de Frédéric le Grand rêvent, moroses, dans les provinces baltes de la Russie et les plaines de la Silésie : l'affirmation de l'Italie par Mussolini crée une situation tendue aux rivages méditerranéens tandis qu'à l'est la bolchévique Russie, vaste, pouilleuse, haineuse, presse de tout son lourd poids asiatique sur le côté le plus faible de l'Europe.\" On ne pouvait mieux prévoir la situation que cet état de choses a créé aujourd'hui.Ne craignons rien, Churchill saura sortir avec honneur et gloire du terrible bouleversement.29 30 La Revue POPULAIRE Ci-dessous, Betty Grable présente une charmante jaquette de renard jaune, pour l'après-midi et les petites sorties du soir.Comme on peut s'en rendre compte par cette photo, le manteau court et les manches sont très amples ; on peut donc l'endosser par-dessus un costume ou une robe de tissu lourd.Sur la page ci-contre, Ann Sheridan sert de modèle pour une jaquette plus longue (renard platine) ; cette jaquette ne se porte cependant que le soir, à moins de ne pas avoir une autre fourrure.Ci-dessus, une luxueuse mante de renard argenté portée par Ann Sheridan à une récente réception chez Claudette Colbert.Le renard argenté est une variété plus dispendieuse dont les plus beaux spécimens viennent du Canada, surtout du Québec et de l'Île du Prince-Edouard.Il se porte de préférence avec une robe du soir blanche, ivoire ou bleu pâle.Cette longue cape aux lignes verticales a une élé- lance et une richesse qui, à Hollywood, distinguent la grande vedette de la modeste artiste presque inconnue. JANVIER 1941 Ci-dessus, un élégant manteau d'hermine qui est aussi très pratique pour aller au bal par temps froid.Avant d'acheter un manteau du soir, il ne faut pas -oublier que nos hivers sont très rigoureux et qu'il est imprudent de retourner chez soi, après avoir dansé pendant plusieurs heures, avec un manteau qui protège insuffisamment contre les refroidissements.Ci-contre un joli manteau de seal d'Hudsonportépar Rosalind Russell, une des artistes les mieux habillées de Hollywood.Pour les personnes dont le budget est assez modeste, ce manteau reste le plus pratique: Il se porte le jour aussi bien que le soir, et on peut également le porter en voyage.Photos Warner, M.-G.-M.et Paramount.[i 31 i es em A 32 Le coiffeur fait sur le sommet de la tête de petits anneaux fenus verticalement.Puis il relève les cheveux sur les côtés pour en faire de grosses boucles.Après les avoir bien peignés à l'arrière, il fait des anneaux maintenus avec des broches.Lorsque les cheveux sont séchés, le coiffeur les peigne à la Pompadour avec de jolies vagues.Sur le sommet de la tête, il place une fleur, de préférence une gardenia.Photos M.-G.-M.posées par Virginia Grey.UNE CREATION DE LARRY GERMAINE, CELEBRE COIFFEUR DE HOLLYWOOD La Revue POPULAIRE 5.Soigneusement peignée à l'arrière, la coiffure se termine par un ourlet orné de boutons de gardenias. De l'avis des experts, c'est cette blonde personne qui a le plus beau teint parmi les artistes de Hollywood.Ce n'est pas un mince éloge puisque sous le soleil californien les \" beauties\u201d fleurissent comme les marguerites dans nos champs .Virginia Bruce est née à Minneapolis, fille d'un important courtier en assurances, du nom de Earls F.Briggs.Elle venait de terminer ses études dans un high school dans le Dagota-Nord lorsque ses parents allérent habiter Los Angeles.Et elle allait s'inscrire à l'Université de la Californie lorsque le metteur en scène William Beaudine lui fit signer un contrat.Elle tourna quelques films, joua sur des scènes new-yorkaises et retourna enfin à Hollywood.Et bientôt elle épousait John Gilbert, son partenaire de \" Downstars \" : elle en eut un fils.Depuis cinq ans, Virginia Bruce a tourné dans une trentaine de films.Aujourd'hui, n'étant liée par aucun contrat, elle n'accepte que les rôles qui lui plaisent.En décembre 1937, elle devenait Mrs J.Waiter Buben, et, par sa carrière et par son mari, elle est maintenant reconnue comme l'une des personnalités les plus marquantes de Hollywood.33 34 du JA AP | Zn 2 écheveaux de Coton en Brins \"Anchor de Clark, F.524 (vert jade) 1 écheveau de Coton en Brins Anchor\u201d de Clark, F.731 (émeraude foncé) Sole taffetas couleur rouille.1 alguille & broder de Milward, No 6 1 aiguille à tapisserie de Milward, No 22 La broderie se travaille avec 4 brins de fil.Tracer deux motifs sur le revers comme indiqué sur la photographie.Gully BRODERIE Le motif des deux bandes entrelacées consiste en deux rangs de points de chainette, que l\u2019on surjette ensemble à l'aide d'une aiguille sans pointe, tel qu\u2018indiqué sur le diagramme |.Le diagramme Il, qui sert aussi de modèle grandeur nature pour le dessin, indique la façon de disposer les couleurs.Le point de surjet se travaille avec du fil de la même couleur que la chaînette.Finir l'enveloppe par un rang de points de chainette couleur vert jade, tout le tour du bord extérieur de l'enveloppe.La Revue PopuLAIRE JANVIER 1941 35 ROBES JEUNES POUR LES JEUNES 3615 \u2014 Robe-tablier pour jeune fille, gr.12 à 20.Pour un 12 : 24 v.de 35\u201d, 2% v.de .39\u201d ou 134 v.de 54\u201d.20 cents.a, 3624 \u2014 Robe amincissante, gr.12 à 20.Pour un 14 : 344 v.de 35\u201d, 27% v.de 39\u201d ou 2 v.de 54\u201d.Aussi un patron de jaquette.25 cents.3621 \u2014 Robe élégante et simple, gr.12 à 20.Pour un 16 : 37 v.de 35\u201d, 334 v.de 39\u201d ou 214 v.de 54\u201d.Ceinture de votre choix.20 cts.3606 \u2014 Robe-tablier, blouse et bouffants, gr.2 à 8 ans.Pour un 4, la blouse : 74 v.de 35\u201d ou 34 v.de 39\u201d.La robe-ta- blier : 115 v.de 35\u201d ou 134 v.de 39\u201d ou 1 v.de 54\u201d.Les bouffants : 34 v.de 35\u201d ou % v.de 39\u201d, 15 cents.3625 \u2014 Blouse et jumper pour fillette, gr.6 à 14 3625 3606 ans.Pour un 10 : la blouse, 114 v.de 35\u201d ou 1 v.de 39\u201d.La boucle : 54 v.de ruban de 14\u201d.Une fer- meture-éclair de 8\u201d pour le côté de la blouse.Le jumper : 2 v.de 35\u201d, 134 v.de 39\u201d ou 1% v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 6\u201d pour le dos du jumper.15 cents.3615 Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l\u2019adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Lid., 489 Coliege St., Toronto, Ont. 36 SOYEZ SIMPLEMENT CHIC À VOTRE TRAVAIL 3612 \u2014 Robe pratique, gr.12 à 20.Pour un 14 : 334 v.de 39\u201d ou 2% v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 9\u201d.Ceinture et foulard de votre choix.20 cents.3616 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.14 à 40.Pour un 16 : 315 v.de 39\u201d ou 254 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 9\u201d.25 cents.3620 \u2014 Robe amincissante, gr.14 à 40.Pour un 18 : 334 v.de 39\u201d ou 234 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 9\u201d.20 cents.3623 \u2014 Robe aux lignes modernes, gr.12 à 20.Pour un 12 : 314 v.de 39\u201d ou 244 v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 36\u201d.Ceinture de votre choix.25 cents.Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l' Patrons de \"La Revue Populaire\u2019, Dominion Patterns, Ltd., 489 College St., Toronto, Ont.LA Revue PoruLArE adresse suivante : \u2018an JANVIER 1941 LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 28) teau.Là, tout à coup, la route dévalait en pente raide vers le creux de la vallée où couraient les eaux de l\u2019Iton.Elle descendait, cette route, en lacets brusques cachés parmi l'épaisseur des bois.Les arbres en voûte se croisaient au-dessus d'elle, formant un tunnel de fraîcheur et d'ombre.Et c'était comme un mystérieux gouffre blanc ouvert dans la nuit impénétrable des feuilles.Jean-Marc en connaissait les embûches et, méfiant, commença de freiner.Lucienne, au contraire, attirée, semblait-il, par la secrète beauté de cette descente inattendue, pesa sur les pédales et s'élança.\u2014 Prenez garde! cria le homme.Elle ne parut pas l'entendre et continua.\u2014 Prenez garde ! cria-t-il plus fort.En vain.La jeune fille pédalait, pédalait.H s'élança derrière elle.Mais Lucienne avait déjà une telle avance qu'au premier coude du chemin elle disparut.Une fois encore, il distin- ua entre les branches sa silhouette ugace penchée sur le guidon.\u2014 Arrêtez! Arrêtez! cria-t-il encore.Nul écho ne répondit.Jean-Marc redoutant l'accident inévitable au bas de la côte, laissa fuir sa bicyclette à toute allure.Le vent de la marche sifflait à ses oreilles.À chaque tournant, il se penchait sur le côté pour éviter le dérapage et, à part soi, il songeait : ~ C'est stupide de filer ainsi grand on ne sait pas où l'on va! uel casse-cou à l'arrivée ! Enfin le dernier tournant fut franchi.Tout au bas, sous les derniers arbres, près du ruisseau serpentant dans l'ombre, il aperçut Lucienne, assise sur le bord du chemin, sa bicyclette renversée à côté d'elle.Il freina peu à peu et sauta à terre.\u2014 Vous êtes tombée, je parie ?\u2014 Oui, mais sans me faire trop de mal ! \u2014 Pourquoi ne m'avez-vous pas écouté ?Ce que vous avez fait là est très dangereux.\u2014 Peut-être ! Mais c'est très amusant aussi ! Il se pencha vers elle et demanda : \u2014 Où souffrez-vous ?- \u2014 Je ne souffre pas.J'ai simplement une égratignure, 13, au coude .Elle lui tendit son bras gauche où la peau meurtrie se teintait d'un peu de sang.\u2014 C'est tout ?\u2014 C'est tout, je vous le jure.Il la regarda des pieds à la tête, surpris et troublé.La robe ne portait pas trace de poussière.Le chapeau, ien en place, ne semblait pas avoir pâti de la chute.Aucune émotion ne se lisait sur le visage de la jeune fille.Elle avait seulement des regards plus brillants qui se fixaient avec hardiesse sur les yeux du jeune homme et ses joues, pâles d'habitude, étaient colorées d'une roseur vivace.Jean-Marc eut l'impression rapide d'un mensonge, d'une petite comédie jouée pour un but indistinct encore.ais il n'insista pas dans son en- quéte et dit : \u2014 Reposez-vous ! votre.d'eau.Il alla tremper son mouchoir dans le ruisseau et revint le poser, ruisselant, sur le bras qu'on lui offrait.Le sang disparut.\u2014 Allons ! fit-il, demain vous ne vous en souviendrez plus ! \u2014 De ce bobo, sans doute ! Mais je n'oublierai pas vos bons conseils, jeune Je vais laver égratignure avec un peu vos soins .et la charmante promenade que nous venons de faire ! Et, comme il se taisait, elle ajouta : \u2014 Vous devez être fatigué, vous aussi! Venez vous asseoir ici, près de moi! Il n'y a pas de siège plus confortable que cette herbe épaisse comme de la mousse.Et l'endroit est trop délicieux pour qu'on ne prenne pas la peine de le contempler.Il obéit et regarda alentour.Le val étroit, bordé de hauts peupliers frémissants, ondulait entre la pente des bois et des prairies.La rivière en suivait les méandres, semblables à une couleuvre d'argent endormie au soleil.Mais, un peu plus loin, son cours s'élargissait.Un gué de grosses pierres plates le traversait.Sur sa rive, un vieux moulin laissait pendre sa roue immobile sur le miroir brisé des eaux.Tout était silence, calme, beauté apaisante et sereine.L'air semblait plus pur, la fraîcheur des arbres plus délicate, les parfums des fleurs sauvages plus enivrants et plus subtils.Jean-Marc cependant ne put résister à la curiosité qui le tourmentait.Il questionna : \u2014 Dites-moi, Lucienne, quelle idée étrange vous a prise tout à l'heure ?Pourquoi vous êtes-vous élancée sur cette descente dangereuse et rapide que vous ne connaissiez pas ?Elle tourna vers lui son visage où la bouche s'entr'ouvrait dans un sourire ambigu et répondit : \u2014 Je ne sais pas.C'est un instinct qui m'a poussée.J'aime le risque.pour satisfaire un caprice, je n'hésite jamais.Il me semblait qu'il serait agréable de filer, à toute vitesse, entre les arbres, le long de cette route inconnue.Je suis partie.Quand une raison plus grave est en jeu, je ne suis pas différente.Je m'élance, tête baissée, sans réfléchir, vers le but à atteindre.\u2014 C'est de la folie! On se casse les reins à avoir de telles fantaisies.\u2014 Qu'importe ?À quoi bon vivre si c'est pour se soumettre sans cesse aux événements ?Le hasard n\u2019est jamais bienveillant.Il faut le dompter.\u2014 C'est peut-être vrai pour les graves circonstances de la vie.Mais vous n'êtes pas, j'imagine, devant l\u2019une d'elles.Une promenade à bicy- dlette n'est qu'un passe-temps, un sport, un plaisir, rien de plus.\u2014 Qu'en savez-vous ?\u2014 Qu'est-ce donc alors ?\u2014 Ce qui semble un jeu peut cacher, sous une apparence frivole, un problème angoissant à résoudre.On peut rire et souffrir tout bas.On peut aimer et ne montrer aucun signe qui décèle cet amour caché.Or si j'aimais .C\u2019est une supposition que je fais en ce moment.Si jamais quelqu'un qui ne m'aime pas, croyez- vous que je balancerais à risquer ma vie pour montrer la force de mes sentiments et pour vaincre?Non, j'aurais toutes les audaces.comme je les ai eues tout à l'heure, bien petitement ! ;Ç Devant l'attaque directe, et qu'il comprit enfin, Jean-Marc eut un geste d'énervement.Il arracha une poignée d'herbe qui se trouvait sous ses doigts et, l'ayant pétrie entre ses paumes, la jeta loin de lui, sur la route.Décidément, il ne pouvait plus éviter l'inévitable explication.S'il se taisait, il lui faudrait, demain ou quelque autre jour, entendre de nouveau sa belle-sceur parler avec des mots insidieux d'un sentiment qui le révoltait.Alors, regardant droit devant lui les deux bicyclettes couchées dans la poussière comme deux bêtes Vvain- cues, il dit : \u2014 Voulez-vous m'écouter, Lucien- ae, sans m'interrompre ?Le sujet est si délicat, si nouveau pour moi que j'ai besoin de toute ma présence d'esprit.D'autre part, je ne voudrais pas vous peiner, ni vous froisser .La vérité est parfois cruelle, mais elle est préférable au mensonge.\u2014 Parlez ! fit-elle d'une voix rauque.\u2014 Lucienne, il ne faut pas m'aimer! J'ai cru n'avoir en vous qu'une amie et j'ai eu le tort de m'abandonner aux paroles tendres que vous avez murmurées à mon oreille, le soir où nous avons rendu visite à la chambre de Raymonde.Depuis lors, j'ai réfléchi, j'ai analysé mes sentiments, je vois clair enfin.Je ne puis rien vous offrir de ce que vous cherchez ! Vous surtout, Lucienne, je ne puis vous aimer selon votre désir.\u2014 Pourquoi donc ?\u2014 Vous me rappelez trop ma chère morte.Il y aurait dans notre amour quelque chose de sacrilège, semble-t-il.Nos deux existences, si nous les liions l\u2019une à l'autre, seraient empoisonnées par la hantise incessante des souvenirs.Croyez-moi, Lu- cienne, restons ce que nous sommes et rien de plus! C\u2019est la seule façon de ne pas attirer le malheur sur nos têtes ! La jeune fille eut un ricanement amer.Puis, saisissant tout à coup le bras de son compagnon, elle s'écria : \u2014 Tout ce que vous venez de dire, ce sont des phrases destinées à me leurrer.Soyez franc plutôt! Vous ne m'aimez pas parce que vous en aimez une autre ! \u2014 Vous aimez, Mlle Andral, votre voisine.\u2014 Si j'en aimais une, en effet, ce serait elle.\u2014 Ne mentez pas ! Vous l'aimez déjà et, avant peu, j'en suis sûre, vous l'épouserez ! Ils s'étaient levés et, debout, face à face, se défiaient ainsi que deux adversaires.Leurs regards se croisaient comme deux lames aiguës.De leurs bouches, les mots jaillissaient avec des sifflements de colère.\u2014 Je l'épouserai, jeta Jean-Marc, je l'épouserai si cela me plait.Je n'ai pas de compte à vous rendre.\u2014 C'est votre droit.Moi j'aurai alors celui de vous hair.\u2014 À votre gré ! \u2014 Et de vous le prouver.\u2014 Si le cœur vous en dit ! Rapide, elle fit quelques pas en arrière, releva sa bicyclette couchée sur la route et l'enfourcha.Un dernier remords poussa Jean- Marc à crier : \u2014 Lucienne, ne partez pas encore! Ne nous quittons pas en ennemis ! Mais elle ne l'écoutait plus et filait, le long du ruisseau, sur le sentier courant à l'ombre des hauts peupliers.Un moment, il songea à la poursuivre.Puis il eut un geste las.À quoi bon ?On ne commande pas plus la haine que l'amour.Alors, lentement, il reprit le chemin de La Haullerie.Le jeune homme fut tout surpris de se retrouver, seul, devant sa machine, dans l\u2019orangerie aux.volets clos, aux murs imprégnés d'un discret parfum.Comme au sortir d'un réve, il se frotta les yeux.Devant lui, les roues d'acier tournaient dans le vide avec le bruit doux de la brise à travers les feuilles, le murmure du vent dans les roseaux.Il comprenait.Ce bruit, ce murmure avaient évoqué dans son esprit la rencontre faite réellement, le matin même.En quelques secondes, il venait de revivre sa promenade avec Lucienne, la descente au- (Lire la suite page 39) 37 \u201cLa politesse a des limites \u2014 je ne veux plus danser avec Lise !\u201d Chaque jour.avant chaque rendez-vous.que Mum prévienne l\u2019odeur de vos aisselles.Protégez votre popularité ! EN HIVER \u2014- alors que la vie mondaine- est si active \u2014 on est souvent porté à oublier l\u2019odeur des aisselles.Les personnes.qui en sont affligées ne remarquent peut-être: aucune humidité, mais il est certain qu\u2019il peut se produire plus d\u2019odeur parce que les.vêtements sont alors plus lourds et les.maisons plus chaudes.Mum est le plus employé des désodorants- \u2014 en hiver aussi bien qu\u2019en été.Voici pourquoi ! MUM EST RAPIDE ! Une demi-minute pour l\u2019appliquer et il protège les aisselles pendant des heures.MUM EST FIABLE ! Le sceau de l'American: Institute of Laundering vous prouve que Mum n\u2019endommage pas le linge.Même après.le rasage, Mrm n\u2019irritera pas votre peau.MUM EST SUR! Sans arrêter la transpiration, Mum prévient l'odeur, tout le jour ou toute la soirée.( C\u2019est pourquoi les hommes.aussi aiment Mum!) Achetez aujourd hut Mum a la pharmacie.L\u2019usage régulier du- Mum sauvegardera votre popularité pendant tout l'hiver ! ÉTÉ COMME HIVER \u2014 MUM VOUS PROTEGERA ! Pour serviettes hygiéniques Toutes les femmes préférent Mum pour serviettes hygiéniques.Il est doux, sûr, empêchent l\u2019odeur.Soyez prudente.employez aussi Mum de cette façon.chasse l\u2019odeur de transpiration FABRICATION CANADIENNE 38 Les Mots Croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d GRANDE SERIE \u2014 No 51 \u2018Solution du problème du mois dernier.\u2014 2.12.13.14.15.16.Houilles menues.z|-|» AIT [SZ = |e =|s | w|z>|>j>1< + w a|Z[n|n|[wn]-]17{14}»| 1 #15 9.) T À £É|S IQ Al lé { lv N ç J / - 13.= x L E v - ~ 4 4 14 £ VE =: 710 Ê FIN] IS ¢ i IL © | CLIN i6.EF \\ q « ô + 17.A > f 5 = \\ .la MN HOBRGE AT ANNE] \u20ac > y \u2014 ) \\ NX 19, vl Tr 20 > d 2 TI 23 0 GI |A 17.Plate-forme flottante.\u2014 Faisceau harengs à fumer.\u2014 Vigoureux.14.Coups de baguette.\u2014 Enclos de plusieurs choses liées ensemble.\u2014 Négation.boisé.\u2014 Terme du jeu de piquet.\u2014 Rendu moins aigu.\u2014 Singe dit _ LL, ; \u2014 Sommeil profond.\u2014 Richesse.; ; 5.Enlevées.\u2014 Préposition latine si- Pp aussi capucin.\\ ; LL , gnifiant entre.\u2014 Souple.\u2014 Met- 5 Principe de la vie.\u2014 Qui fane Possessif.be Ce qui vent jopres.tre les rênes.l'herbe fauchée.\u2014 Machine qui \u2014 Du verbe aimer.\u2014 Angle.6.Conifères toujours verts.\u2014 Pos- réduit les métaux en grandes feuil- Préfixe.\u2014 Colère \u2014 Ordre \" sessif.\u2014 Vésicules de fiel de quel- les.\u2014 Port de Finlande.prescrit des cérémonies religieu- ques animaux.\u2014 Gamin de Pa- .; ses.\u2014 Homme très avare.\u2014 Pui- ris.16.Qui se rapporte au jarret (pl.).né.\u2014 Qui rend service.\u2014 Genre 04 ; 7.Adresse.\u2014 Tête.\u2014 Ancienne ca- d'anacardiacées des régions chau- 20.Conjonction.\u2014 Anneau muni pitale du Béarn.\u2014 Entendu.\u2014 des.\u2014 Ancienne forme de oui.dune queue a vis.\u2014 Fleuve de Pillage d'une ville.- 17 Particule of > : \\ .Particule affirmative.\u2014 Démons- _ fa _ 8.Borner.\u2014 Opprobre.\u2014 Eau sa- tratif.\u2014 Saison.\u2014 Terme du jeu En les.\u2014_ Plante ombellifère odo- lée des marais salants.\u2014 Mesure de tennis.\u2014 Choisi.guerre chez les Gaulois.\u2014 Con- itinéraire chinoise.18, V Gicatrice saillante j i : ; .\u2014 Cicatri 2 jonction.; 9.Terme dont se servent les co- Tout ce qui se dit et s'écrit et qui Cheval.\u2014 La plus petite monnaie chers.\u2014 Ruban fort étroit dont n'est point vers.\u2014 Un des fils chez les anciens Grecs (pl.).on borde un étoffe.\u2014 Chirurgien de Jacob.; \u2026 \u201c idoptè qui s'occupe des dents.\u2014 Roman- Pare i EE te cler suisse (1857-1910).19.Rivière de France.\u2014 Danse d'un \u2014 vagistrat qui g ns mouvement très vif, \u2014 Posé, sé- province.10.Terminaison.\u2014 Crochet de fer.rieux.\u2014 Fut cause de \u2014 Exsudat pathologique.= Re- : : latif aux habitants de la Haute- _ égati 20.Note.\u2014 Caser.\u2014 Première fem- VERTICALEMENT Ecosse.\u2014 Negation.me.\u2014 Symbole chimique du cal- 11.Inférieur.\u2014 Nation organisée.\u2014 cium.Sorte de canon-révolver.\u2014 Pos- Pronom personnel.\u2014 Partie d'une | sessif.\u2014 Justement applicable.voile.21.Note.\u2014 Jeune noble placé près ; ; ; un prince.\u2014 Réunion de plu- 2.Père de Jason.\u2014 Qui termine.12.Etoffe qui se met en tas et forme sieurs fils de caret.\u2014 Eau char- \u2014 Amalgame d'étain.une espèce de bouchon.\u2014 Varia- gée d'acide carbonique.\u2014 T'oi.i i i tion, différence.\u2014 Gant qui ne 3.Moi.1.Courage.\u2014 Partie qui couvre que l'avant-bras.22.Coups de la main.\u2014 Paysages.S étend de la COTE \u201cRe Ry \u2018 \u2014 Petite brosse en soie de porc, quand I est oasis.\u2014 Rol Lgyp- 13.Poil des paupières.\u2014 Se dit des à l'usage des orfèvres.tien.\u2014 Infinitit.oiseaux qui perdent leur plumage.; ; 4.Métal précieux.\u2014 Baguettes à \u2014 Ville de premier ordre.\u2014 Pos- 23.Nom vulgaire du trèfle.\u2014 Meu- laquelle on enfile par la tête les sessif.ble.\u2014 Enduire de couleur. zs JANVIER 1941 LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 37) dacieuse jusqu'au fond du val, le | dialogue échangé, la fuite de la jeune fille.Les roues, ayant cessé de tourner, oscillaient maintenant prêtes à s'ar- réter.Jean-Marc, avec une amertume poignante, songeait a sa solitude.Tout l'abandonnait.Et, pourtant, il se sentait au cœur un impérieux besoin de tendresse consolante et berceuse.Les roues ne bougeaient plus.Le silence était complet.Il se redressa, tendit les bras en un grand geste impuissant comme s'il n'avait à saisir, à serrer sur sa poitrine, que le vide.Mais la porte de l'orangerie s'ouvrit toute grande et, dans le flot de lumière surgie la silhouette pesante du père Hauguet apparut.\u2014 M'sieur Jean, murmura-t-il, on vient d'apporter cette lettre pour vous.On attend la réponse.Le jeune homme décacheta fébrilement l'enveloppe et lut : « Cher monsieur, « Ma mère me charge de vous demander si vous voulez nous faire le laisir de venir diner ce soir au esnil, en voisin.Je ne veux pas douter de la réponse que vous donnerez au porteur et je vous prie de croire à nos meilleurs sentiments.« Henriette ANDRAL.» Il n'hésita pas un instant et déclara : \u2014 Dites que j'irai.C\u2019est entendu ! Et aussitôt, il consulta sa montre pour voir combien de temps lui restait avant de partir.Puis il sortit et teferma violemment la porte de l'orangerie comme s'il voulait emprisonner pour toujours le mauvais rêve de cette fin du jour.XII Sous LES ETOILES [ NTRE le perron du Mesnil et la porte du jardin, grande owverte comme pour mieux recevoir l'hôte attendu, Henriette Andral errait d'un pas nonchalant.Dès qu'elle aperçut Jean-Marc, elle alla vers lui, la main offerte, le sourire aux lèvres.Dans cette soirée de juillet finissant, le soleil attardé jetait sur les choses une poussière d'or.La jeune fille en était tout enveloppée.Flle semblait vêtue, non d'une robe légère, taillée par des mains parisien- fies, mais d'une tunique de lumière.Et sa peau colorée, ses prunelles ardentes, l'or blond de ses cheveux reflétaient des rayons.Emu par cette apparition merveil- feuse, le jeune homme eut un élan joyeux pour se hâter vers son amie et pour serrer la main qu'on lui tendait.\u2014 Enfin, dit Henriette, vous renoncez à votre sauvagerie et ce n'est plus par surprise qu'on obtient de vous quelques heures de voisinage ?Les yeux bien dans les yeux, il osa répondre : \u2014 C'est un miracle, n'est-ce pas ?Mais, des miracles, vous seule êtes capable d'en faire ! \u2014 Que vous voilà transformé, mon cher ! Eh quoi! Vous savez aujour- d'hui tourner un compliment ?Je ne vous reconnais plus ! \u2014 Ne plaisantez pas ! La galanterie, c'est vrai, n'a jamais été de mon domaine.Mais ce soir, je suis sincère en vous parlant comme je le fais.Il LE en vous une force qui m\u2019attire.ous ordonnez et j'obéis.Vous décidez et je m'incline.Votre billet m'a surpris tout à l'heure au milieu d'un mauvais rêve, je suis accouru, Que vous ne me reconnaissiez pas, je le comprends : je ne me reconnais plus moi-même ! Ils se turent et, côte à côte, se dirigèrent vers la maison.Dans un petit salon, sobrement meublé de rotins légers et de tentures claires, Mme Andral était assise.Elle eut pour Jean-Marc quelques phrases aimables et discrètes.Puis oh passa à table.Le dîner fut souriant, presque gai, Henriette raconta ses randonnées aux environs et, de même qu\u2019elle trouvait des termes exquis pour décrire les paysages, elle découvrit des mots amusants, tout em- patoisés d'accent normand, pour ré- pêter les conversations échangées au cours de ses visites charitables, avec les humbles habitants de la plaine.Le repas fini, on alla prendre le café dans le jardin, sous la tonnelle d'épines et de tilleuls.Une odeur sucrée tombait des branches lourdes, mêlée aux parfums proches des roses.Mais avec l'ombre montante du soir, une fraîcheur soudaine balaya les effluves chauds.Mme Andral, toujours craintive, prétexta du souci de sa santé et prit congé du jeune homme en s'excusant.Après une dernière poignée de main, elle disparut.Les deux jeunes gens se trouvèrent seuls.Ce tête à tête, qui n\u2019était pas le premier, n'aurait pas dû les émouvoir.Cependant ils se sentirent gênés tout à coup.Peut-être en étaient cause les sentiments secrets dont ils étaient, ce soir, agités.Peut-être simplement sous le dôme épais des arbres.2° : Henriette enfin murmura : \u2014 Je vous croyais un fervent fumeur.Pourquoi n'allumez-vous pas une cigarette ?\u2014 Puisque vous m'y autorisez.Et bientôt, il y eut, dans la nuit, une petite étoile rouge, tantôt vive, tantôt languissante, une étoile de plus parmi le poudroiement lointain des arbres.Henriette cependant n'oubliait pas le but qu'elle voulait atteindre.Depuis la lettre anonyme venue la troubler tout à coup dans sa quiétude et la conversation qui en avait résulté avec M.Andral, elle avait songé souvent au grave problème de son avenir sentimental.Elle ne doutait plus de son amour pour Jean-Marc.Avec toutes les aspirations secrètes de son être, elle rêvait de le conquérir.Mais, toute surprise d'aimer pour la premier fois, elle se découvrait une femme nouvelle.Elle avait peur d'échouer dans sa tentative.Une pudeur singulière lui faisait craindre un mot, un geste qui la dénonçât.Elle ne retrouvait plus son habituelle énergie.Après avoir longtemps hésité, la jeune fille se décida à ne pas employer d'autres armes que la franchise.\u2014 Voulez-vous me permettre de vous parler sérieusement ?dit-elle.\u2014 Je vous écoute ! répondit l'autre.\u2014 Îl faut que je vous mette au courant d'un minime incident que vous ignorez.Ces jours derniers, j'ai reçu une lettre, une lettre sans signature, mais qui provenait, à n'en pas douter d'une femme, et d'une femme qui ne doit pas habiter bien loin d'ici.\u2014 Ah! soupira Jean-Marc, saisi d'une appréhension soudaine.\u2014 Ces lettres-là, continua Henriette, ont toujours la colère ou la haine pour mobile.Celle-ci toutefois avait un sens particulier, et qui me touchait.Elle me révélait une vérité que je ne soupçonnais pas encore.Cette LE SAMEDI L'HEBDOMADAIRE POUR TOUS NORMA SHEARER - Pour la lectrice : Le feuilleton Le roman d'amour complet Le carnet éditorial Les notes encyclopédiques Les entrevues des artistes de la radio Pour le lecteur : © Le feuilleton © Le carnet éditorial Le Sport, par Oscar Major, le plus célèbre chroniqueur sportif de chez nous e L'Actualité, par le Globe-Trotter Pour l'enfant Coupon d'abonnement Les deux pages de contes Les jeux de société Les notes encyclopédiques L'article documentaire de Louis Roland (aussi intéressant et instructif pour le père et la mère que pour l'enfant).Ci-inclus la somme de $3.50 pour 1 an, $2 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats- Unis : $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d'abonnement au magazine LE SAMEDI NOM oem Adresse .Localité \u2026 Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.Pa 975, rue de Bullion, Ry Montréal, Canada.\u2014\u2014\u2014 r= [en \u2014\u2014\u2014 40 vérité, je vous la dirai tout à l'heure.Sachez d'abord que ma correspondante inconnue me faisait part d'une réflexion commune, disait-elle, à tous les gens d'alentour.On a remarqué nos rencontres, vos visites ici, je ne sais quoi encore.Bref on en éonclut que, si je vous marque quelque amitié, c'est par intérêt.| \u2014 Quel intérêt, mon Dieu ?\u2014 Pour me faire épouser.\u2014 Par moi ?\u2014 Oui.\u2014 La chose est impayable.Celle qui vous a écrit une telle insanité ne vous connaît guère.Qu'aviez-vous besoin de venir dans cette solitude campagnarde pour découvrir un mari, vous Flenriette, qui devez avoir, à Paris, tant de soupirants, vous qui possédez tant de dons capables de plaires, la beauté, l'intelligence, la fortune ?\u2014 Vous croyez donc, Jean-Marc, que je ne suis pas une intrigante ?\u2014 Vous voulez rire?\u2014 Que je ne l'ai jamais été jusqu'à ce jour?Que c'est une très réelle sympathie, uniquement, qui me fait rechercher votre présence?Qu'aucune arrière-pensée n'a été en moi ?\u2014 Parbleu ! C\u2019est l'évidence même! \u2014 Je suis heureuse de vous l'entendre dire, car me voici plus à l'aise maintenant pour continuer.Mais Henriette ne continua pas tout de suite.Un trouble inattendu retenait les paroles sur ses lèvres et ce fut après une longue hésitation qu'elle reprit, hachant les mots de silence émus : \u2014 Eh bien ! voila.Cette lettre anonyme a eu le curieux effet de me faire réfléchir.Certes, le reproche adressé, je ne le mérite pas.Mais n avais-je pas, sans le vouloir, sans le savoir, mis contre moi les apparences.C'est ce que je me suis demandé .Et bientôt il m'a fallu le reconnaître, je n'aurais pas été avec vous, Jean-Marc, comme je l'ai été, si je n'avais ressenti à votre égard que es sentiments ordinaires.tte vérité découverte tout à coup, je ne peux plus vous la taire.Ce d'est pas de l'amitié qui me pousse vers vous, rest.\u2014 Henriette ! \u2014 Oh je vous en prie, Jean-Marc, ne m'interrompez pas encore ! Comprenez ce qu'un tel avez me coûte ! ombre cache mon visage, mais je rougis, je le sens bien, en vous parlant et, seule, cette ombre me donne la hardiesse nécessaire \u2026.Un long silence passa.Dans l'air apaisé de la nuit, les feuilles n\u2019avaient pas un frisson.Seules, au loin, les reinettes des champs jetaient leur note cristalline, mélancolique comme un soupir d'amour.Sous la voûte des arbres, seule bougeait la lueur de la cigarette, jetant par intervalles son éclat rouge et brusque.Henriette reprit à voix plus basse: \u2014 Ce n'est pas la coutume que les jeunes filles fassent spontanément de telles confidences.Mais c\u2019est pour moi une question de loyauté.Je ne vous aimais pas hier ou, du moins, je ne le savais pas.Aujourd'hui, je vous aime, j'en suis certaine, et, si vous m'aimez vous-même, je suis prête à vous tendre la main .\u2026.\u2014 Henriette ! \u2014 Voilà ce que je devais vous dire.À vous de décider ! Mais réfléchissez avant de me répondre ! Si l'amour que je vous offre vous convient, tout est parfait, nous continuons à nous voir; de plus en plus souvent, jusqu'au jour où notre mariage pourra être fixé.Dans le cas contraire, vous le comprenez bien, je n'oserai plus reparaître devant vous.Il faudra briser immédiatement l'amitié, si jeune et si belle, qui nous lie.Nous devrons redevenir, pour toujours, des étrangers.La cigarette, jetée d'un geste vif sur le gravier, fit une petite tache pâlissante.On entendit plus distinctement la plainte harmonieuse des rainettes, dans le lointain.Jean-Marc cependant demeurait immobile, les coudes appuyés aux bras du fauteuil d'osier, les doigts crispés sous la pointe aiguë du menton.Son cœur battait étrangement.De souffrance ou de joie ?Il ne savait pas.Le flot tumultueux des souvenirs montait en lui.Non les souvenirs habituels de son existence meurtrie par un inconsolable deuil, mais les souvenirs plus proches de ces derniers mois.Il se rappelait chacune des rencontres, chacune des heures passées avec Henriette et c'était pour en éprouver une sorte d'ivresse enveloppante et délicate.Mais il se rappelait aussi sa visite chez les Ange- bault, le premier tête à tête avec Lu- cienne, la promenade à bicyclette, la chute simulée et la tentative hardie, faite par sa belle-sœur, pour l'attirer vers une décision qu'il réprouvait.Et c'était soudain, sur son cœur, comme une main de glace qui se posait.Instinctivement, il comparait l'amour des deux jeunes filles.Aussi sincères sans doute l'une que l'autre, la première s'offrait avec une douceur craintive, une honnêteté rougissante et loyale ; la seconde avec une audace impérieuse et tyrannique.L'une l'attirait, le charmait ; l'autre lui faisait peur et l'éloignait par la violence même de ses sentiments.Pouvait-il hésiter entre elles?Pourtant il ne se décida pas encore.Il venait soudain de deviner l'auteur de la lettre anonyme reçue par Henriette.Ce ne pouvait être que Lucienne.Il seconnaissait à cet acte son âme sournoise, tenace et dédaigneuse des moyens.Son aversion se it plus vive et ce fut comme un mouvement de fuite, un appel vers une protection autre qui le fit s'écrier enfin : \u2014 Ne rougissez pas, mon amie, d'avoir parlé comme vous l'avez fait! Votre franchise augmente encore, s'il est possible, l'estime que je vous porte.C'est pourquoi je vous répondrai avec une franchise égale.Moi aussi, je vous aime, Henriette, je vous aime d'amour, réellement, fermement.La jeune fille tressaillit dans l'ombre.Il continua : \u2014 Il faut que je vous l'avoue cependant.Une doute me torture encore.Il ne suffit pas d'aimer pour rendre heureuse celle que l\u2019on aime.Or, la crise douloureuse que j'ai traversée, cette crise que vous devinez, que vous comprenez sans que j'y insiste, m'a marqué si profondément que je ne me crois plus capable de cet abandon de l'être qui fait le bonheur.Je ne suis plus un homme comme les autres, plus jamais je ne le serai.\u2014 Ne préjugez pas de l'avenir, mon ami ! \u2014 Hélas ! L'avenir ne peut être que semblable au présent.Pour vous aimer, Henriette, oui, je vous aime, je vous aime avec tout ce qu'il y a de meilleur en moi, mon esprit et mon cœur.Mais si j'acceptais de lier mon destin au vôtre, quel insupportable compagnon je vous infligerais ! Un compagnon sans cesse distrait, maussade, silencieux, un compagnon assiégé toujours par les souvenirs du passé ! Dans ces conditions, ai-je le droit d'accepter un mariage qui serait, de votre part, un sacrifice ?.Je ne le crois pas ! \u2014 Et s'il me plaisait à moi de faire ce que vous appelez un sacrifice ?\u2014 Vous le regretteriez ! \u2014 Allons donc ! Moi aussi, Jean- Marc, j'ai réfléchi au problème qui nous occupe Tout ce que vous avez dit est vrai, du moins pour l'heure présente.Mais demain peut être dif- férent d'aujourd'hui.Et il le sera si vous le voulez! Seulement il faut changer votre genre de vie, il faut renoncer à votre paresse, à vos inutiles et décevantes rêveries, à votre lâche soumission.Ce que je vous offre, ce n'est pas uniquement l'union de nos deux existence, c\u2019est aussi l'association de nos deux volontés, de nos deux énergies.\u2014 Je m'ai plus ni l\u2019une ni l'autre.\u2014 Eh bien! moi, j'en aurai pour deux ! Et, dans la nuit transparente, elle lui tendit la main.Il vit ce geste et ressentit une émotion pathétique.Ces petits doigts blancs et fins, cette paume large ouverte, c'était le secours offert au désespéré cramponné au bord du gouffre ; c'était le don entier fait de soi pour sauver une vie en péril.Le jeune homme se pencha, prêt à répondre à ce généreux appel.Mais, au moment de tendre le bras, une crispation soudaine dees muscles, l\u2019arrêta.A l'horizon, la lune s'était levée.Son disque d'argent avait roulé peu à peu jusqu'au haut du ciel et ses rayons, maintenant, coulaient sur les choses en nappes fluides, les baignant de vapeurs légères.De l'infini des champs, des arbres proches, du jardin fleuri de roses, tout un peuple de fantômes blancs se levait et glissait, tantôt net, tantôt imprécis, selon les jeux changeants du clair de lune.On eût dit que tous les morts endormis sous la terre sortaient, ce soir-là, de leurs tombeaux et promenaient à travers la plaine, pour on ne sait quel mystérieux sabbat, leurs ombres vêtues de suaires lumineux.Parmi ces silhouettes traînantes, Jean-Marc crut reconnaître Raymonde.Oui, il crut voir sa femme, la face exangue sous les ténèbres des bandeaux noirs, un peu de sang tachant les commissures des lèvres et, dans les prunelles agrandies par la supré- me épouvante, l'ardente supplication des regards pour une prière muette.Le jeune homme repoussa le fauteuil et se leva.Henriette, ne comprenant pas encore, se leva à son tour et s'avança vers Jean-Marc, \u2014 Que faites-vous ?dit-elle.Pourquoi vous taire tout à coup ?\u2014 Je m'en vais.\u2014 Je ne vous laisserai pas partir sans que vous m'ayez répondu.Et elle saisit les mains du jeune homme entre ses doigts crispés.\u2014Je vous en prie, laissez-moi fuir ! Fuir ce qui me torture, vous, Henriette, que j'aime et redoute tout à la fois! Me fuir moi-même, moi et mes folles pensées, et mes souvenirs angoissants qui renaissent, implacables, dès que je veux les écarter.\u2014 Où irez-vous ?A La Haullerie, vous ne trouverez pas l'oubli.Vous le savez bien, puisque c'est là que vous avez souffert et que vous souffrez encore ! \u2014 J'irai ailleurs, très loin, n'importe où ! \u2014 Vos souvenirs vous suivront.\u2014 Peut-être les perdrai-je en route.C'est une dernière expérience à tenter.Qui sais si l'absence ne guérira pas mon mal?\u2014 Et si vous guérissez, Jean-Marc, consentirez-vous à vous rappeler ce que je vous ai dit ?Reviendrez-vous près de moi ?M'écouterez-vous enfin quand je vous dirai : nous sommes faits l'un pour l'autre.Voici mon cœur qui ne bat que pour vous.Ap- LA Revue POPULAIRE puyez-y le vôtre fermement ?Voici ma main : prenez-la ! Il réfléchit un instant, puis répliqua : \u2014 Oui, Henriette, en ce cas, je reviendrai.\u2014 Vous me le promettez ?\u2014 Je vous le jure.Elle relâcha son étreinte.Leurs doigts unis se séparèrent.Mais leur trouble, à tous deux, était si émouvant qu'ils demeurèrent face à face, immobiles, comme frappés de stupeur d'être descendus si profondément dans le mystère de leur conscience.Une clarté sereine continuait cependant de luire dans les yeux de la jeune fille.Elle reprit après un silence : \u2014 Je vous attendrai, Jean-Marc, comme on attend un fiancé que l'on estime et que l'on aime.Mais, pendant votre absence, je ne veux pas rester inactive.Pour se remettre complètement, ma mère a besoin de prolonger son séjour ici pendant des mois et des mois encore.Mes journées désormais seront bien vides sans vous.Voici donc une proposition que j'ai à vous faire.Je l'ai longuement mûrie.Mon père, à qui j'en ai parlé, m'approuve et met à ma disposition son appui.Puisque vous partez, mon ami, voulez-vous me louer La Haullerie et toutes les terres qui l'entourent.\u2014 À vous ?\u2014 Oui.\u2014 Qu'y ferez-vous ?\u2014 Vous le verrez bien.Mon prix sera le vôtre.Les conditions seront celles que vous fixerez.Je vous rendrai le domaine le jour même où il vous plaira d'y revenir.Mais, d'ici là, j'aurai le droit d'agir chez vous à ma guise.Ne craignez rien ! Je respecterai la maison, je la laisserai en l'état, elle et tout ce qu'elle contient.\u2014 Mais je ne comprends pas.\u2014 Ne cherchez pas à comprendre! Un mot de vous seulement à votre notaire et je m'arrangerai avec lui au mieux de nos intérêts communs.Je ne vous demanderai en plus qu'une chose : c'est de mettre à ma disposition votre vieux serviteurs, le père Hau- guet.J'aurai besoin de ses services.\u2014 Quel étrange idée ! \u2014 Etrange et même folle, peut- être, en apparence ! Peu importe ! Accepterez-vous ?\u2014 J'accepte.Dès demain, mon notaire sera averti.\u2014 Je vous remercie, Jean-Marc, de votre confiance et je vous assure que vous ne le regretterez pas.Allez sans souci où votre fantaisie vous conduira ! Vous me retrouverez ici, toujours fidèle.Il fit un pas en arrière pour s\u2019éloigner, mais le trouble de tout son être était dominé maintenant par une exaltation singulière, un désir impérieux d'espoir et de tendresse.Il tendit les bras vers la jeune fille.Elle répondit à son muet appel et, entre deux baisers, laissant tomber sa tête sur 1'épaule de Jean-Marc, elle murmura : \u2014 Vous verrez, mon ami, que l\u2019avenir sera meilleur ! Un jour viendra, plus proche que vous ne croyez, où nous serons heureux ! Mais déjà, il s'était arraché des bras, si doux et si forts, qui l'enserraient.A pas trébuchants, il s'enfuyait par la route toute baignée de clair de lune.Son ombre marchait devant lui.Il ne la voyait pas.Mais il avait également cessé de voir les silhouettes blanches des fantômes suscités par les rayons nocturnes et leur magie.Pour la première fois, une sorte de paix enveloppante, un engourdisse- { w JANVIER 1941 ment voluptueux et pur noyait son cœur.XIII UNE ALLIANCE IMPRÉVUE peus huit jours Jean-Marc avait pris le train à la petite station proche de La Haullerie, et, depuis huit jours, Désiré Hauguet cherchait dans sa vieille tête toujours raisonneuse, les motifs de cette fuite nouvelle.Avant de plier bagage, le jeune homme lui avait dit : \u2014 J'ai loué mes terres à Mlle An- dral, notre voisine.Elle va donc venir ici commander, ordonner à sa guise.Je sais combien tu m'es dévoué.Donne m'en une nouvelle preuve ! Obéis- lui comme tu m\u2019obéirais à moi-même! Tout ce que tu feras pour elle, c'est pour moi que tu le feras.Puis-je compter sur toi ?D'une voix sincère, pondu : \u2014 Oui, m'sieur Jean ! J'serai votre homme jusqu'à la mort, vous l'savez ben ! Mais, maintenant qu'il se trouvait seul, l'ancien chef de culture des Morel, sans rien renier de sa promesse, ressassait de sombres pensées.Il n'avait pas été sans surprendre, à certains mots échappés des lèvres de son maître, le sentiment mystérieux qui poussait celui-ci vers Mile Andral.Un moment même, ayant cru à un mariage prochain, il avait éprouvé pour la jeune fille une affection reconnaissante.Tout ce qui pouvait plaire à Jean-Marc, tout ce qui pouvait l'arracher à sa tristesse lui était cher.Mais quel mal lui avait-elle donc fait tout à coup pour qu'il abandonnât de nouveau La Haullerie?Quel mal plus profond que les autres pour qu'il semblât renoncer à jamais au domaine paternel ?C'est ce que Désiré ne parvenait pas à comprendre.En lui, renaissaient les habituels réjugés contre les femmes de Paris.1 en voulait à Henriette du revirement de son maître.Il l'imaginait volage, coquette, paresseuse et fausse, pis encore! Il n'était pas loin au- jourd'hui de la détester.Au fond de lui-même, cependant, un dernier doute subsistait.Puisque Jean-Marc avait consenti à lui céder -ses terres, il fallait assurément qu'il n'eût point de motif de lui tenir rigueur.Peut- être l'aimait-il encore.De quel droit en ce cas, Désiré ne l'aurait-il pas aimée, lui aussi ?Dans cette alternative poignante pour son esprit simpliste, le père auguet résolut d'attendre les événe- ments.Des impressions de sa première rencontre avec la jeune fille devait résulter le jugement qu'il porterait sur elle.Il attendit donc.Une semaine en- tiere s'écoula de torpeur sous les effluves chauds de l'été, et de silence.Enfin, par une matinée d'août, éblouissante et sereine, l'appel impératif d'une trompe d'auto le fit tressaillir.Il courut jusqu'au perron.De la voiture arrêtée, Mlle Andral descendait.Dès le premier coup d'œil, elle parut si belle au père Hauguet que, frappé de stupeur, il n'osa faire un mouvement ni prononcer un mot.Déjà la jeune fille montait les marches et s'avançait vers lui avec une gravie souriante, une émotion visi- le dans les regards.Il eut un geste de recul.Elle avança encore jusqu'à l'ombre fraîche du vestibule et tendit la main.Ce geste fut si vrai, si spontané, si généreux que Désiré se sentit, d'un seul coup, conquis.Il laissa tom- (Lire la suite page 43) il avait ré- Ce DÉPÔT est installé à la chambre 70, au rez-de-chaussée de l'édifice de la Sun Life.I fait partie des services auxiliaires de l'armée canadienne, depuis le 20 novembre 1939.J'entre dans une pièce qui semble petite parce qu'elle est encombrée.Mme Mitchell, l'âme dirigeante de l'organisation, m'apparaît derrière une pile de livres.Toute souriante, elle vient à moi et, avec le sens pratique si nécessaire pour mener à bien la tâche qu'elle a entreprise, elle me conduit sans préambule devant une grande boîte remplie de revues et me dit : \u2014 Je vous attendais avant de fermer ce colis afin de vous montrer ce qu'il renferme.Vous verrez que nous nous efforçons d'introduire de la variété dans notre choix avec I'espoir de satisfaire tous les goûts.\u2014Je vous en prie, ne déplacez rien ! tout est si bien emballé.\u2014 Cela ne sera pas nécessaire pour vous renseigner.Une liste du contenu de cette boîte est collée sur le couvercle.J'y lis le nom de plusieurs périodiques canadiens, anglais, français et américains.Le Samedi; Le Film et surtout La Revue Populaire dont les mots croisés sont, paraît-il, très appréciés des soldats, occupent une place d'honneur.\u2014 Ie ne vois pas d'adresse ?\u2014 Nous n'avons pas la permission de l'indiquer à l'avance, mais je puis vous affirmer que cette boîte et ses voisines s'en vont outre-mer.\u2014 Cela veut-il dire seulement en Angleterre ?\u2014 Non, en Islande aussi.Les livres et les revues rédigés en français qui parviennent en Angleterre sont partagés entre les camps et les hôpitaux militaires canadiens, mais les soldats du Général de Gaulle en reçoivent aussi une bonne provision.Ce sont peut-être les seules publications françaises qui leur parviennent.\u2014 Les livres que nous avons reçus jadis de France nous ont apporté de si grandes joies qu'il n'est que juste de partager avec des soldats français qui luttent comme nous pour la liberté notre très mince bagage littéraire.Les Canadiens français devraient avoir à cœur d'acquitter ainsi, dans une infime mesure, une immense dette de reconnaissance .Mais tous Au dépôt central des livres et des revues par THERESE FOURNIER vos envois ne sont pas aussi considérables ?\u2014 Non, bien sûr.Ceux que nous destinons aux soldats qui font actuellement leur entraînement au Canada contiennent chacun environ une centaine de livres et de revues.\u2014 Vous les expédiez aux divers camps du Québec et de l'Ontario ?\u2014 H en part pour tous les points du Canada, de Halifax à Victoria.Nous les choisissons d'après les requêtes qui nous sont adressées et on nous répond par de chaleureuses lettres de remerciements.Aimeriez- vous à en lire quelques-unes ?\u2014 Je ne voudrais pas être indiscrète.\u2014 Du tout.Mme Mitchell me tend alors une lettre du camp Borden, une autre d'un hôpital militaire de Toronto auxquelles j'emprunte les deux citations suivantes : «En vous remerciant pour votre deuxième envoi de livres et de magazines français, nous tenons à ajouter que la lecture de ces publications est très populaire dans notre camp.Nous recevons aussi de Toronto de généreux envois, mais il est bien rare qu'une revue ou un livre français s'y glisse.Il nous faut donc compter presque exclusivement sur les citoyens de Montréal pour en fournir à nos soldats.» « Je tiens à vous remercier, au nom du comité de la Croix-Rouge de Toronto pour la magnifique boîte d'ouvrages français que vous nous avez envoyée.Avant sa venue, nous n'avions qu'un très petit nombre de livres à prêter à nos malades cana- diens-français, aussi ont-ils accueilli votre envoi avec enthousiasme.Ils aiment la lecture et elle les aide à traverser des journées qui sans elle seraient parfois monotones.» Je demande alors : \u2014 Quels livres nos soldats préfè- rent-ils ?\u2014 Un grand nombre aiment les romans policiers.Les magazines illustrés distraient les malades sans les fatiguer.Toutes les revues sont reçues avec reconnaissance, surtout quand elles présentent à leurs lecteurs, telle La Revue Populaire, un roman complet dans chaque numéro.Il est évident que si un feuilleton se pour- (Lire la suite page 62) 41 aa SA \"On a dû lui donner « BOVRIL\" THE DE BOEUF CONCENTRE 40-19F Ea \u2014\u2014 AGENTS SECRETS Hommes de 17 ans et plus demandés immédiatement pour s\u2019entrainer Détectives (Service Secret).Cours par correspondance.Pour renseignements gratuits, écrivez à M.S.Julien Boîte 25, Station T.Montréal.Ne souffrez plus Grâce au Traitement Médical F.Guy C'est le remède connu contre les périodes douloureuses, douleurs dans la tête, les reins ou les aines, etc.Envoyez cinq (5) cents en timbres et nous vous enverrons GRATIS une brochure avec échantillon du Traitement Médical F.Guy.BUREAU Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL Boîte Postale 2353, Place d'Armes 5941 Avenue Delorimier Montréal, P.Q. 42 La REvuE POPULAIRE IEN que le Canada soit en guerre et que des milliers de jeunes gens soient enrégimentés, rien ne fait craindre que les skieurs soient moins nombreux aux cours de la prochaine saison.Plus encore que dans le passé, on invitera les tout jeunes à participer aux diverses épreuves de ski.Les organisateurs de concours, les hôteliers, tout comme les autorités des voies ferrovières du Canadien National, se préparent activement à recevoir un nombre de skieurs encore plus considérable que dans le passé.Le nord de Montréal est qualifié à juste titre de « paradis du skieur ».Il reçoit un nombre si gran de visiteurs à chaque fin de semaine que es compagnies de transport ferroviaire mettent à la disposition de ceux-ci quelque 25 trains de neige.Plus de 200,000 skieurs prirent place dans ces trains l'an dernier.Déjà, les premiers rapports de l'enneigement intéressent les enthousiastes.Une foule de gens, en quête d'exercices, de ors ii = distractions, de soleil et d'air frais, sont impa- : REE To in tients de retourner sur les pentes accidentées «des pays d'en haut».Shawbridge, Saint- Sauveur, Morin Heights, Montfort ou Rawdon attendent la visite des citadins.Rawdon n\u2019est qua 42 milles de Montréal par les voies du anadien National.Le touriste américain en particulier préfère cet endroit à tout autre parce u'il l'a beaucoup fréquenté au cours de l'été.es services de l'hôtellerie sont des plus excellents, les pistes des plus pittoresques dans ce magnifique coin de Laurentides.Photos C.N.R.SAINT-SAUVEUR, à 51 milles de chemin de fer de Montréal, était voici dix ans un humble petit village des Laurentides, à peu près ignoré.Son nom est aujourd'hui familier à tous les skieurs de l'Est du Canada et des Etats-Unis.Les hôtels élégants, les auberges et les pensions y abondent.Trois descentes célèbres, appelées côtes 68, 69 et 70.Cinq remonte-skieurs (skitos).A cinq cents pieds de la gare ou le C.N.R., pour accommoder les skieurs, maintient un wagon-buffet sur une voie d'évitement, du samedi au dimanche soir. JANVIER 1941 LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 41) ber dans la petite main blanche sa grosse poigne calleuse et balbutia : \u2014Mam'selle .mam'selle Henriette murmura : \u2014 Vous savez sans doute pourquoi je viens ici, mais vous le savez mal.J'ai peur que vous me considériez comme une ennemie, alors que je suis précisément le contraire.Il faut que nous nous expliquions sans retard.Ce sera facile d'ailleurs et, j'en suis sûre, nous nous entendrons à merveille.N'avez-vous pas pour M.Morel une grand affection ?Et, plus bas, elle ajouta : \u2014 Moi aussi ?Désiré s'effaça pour laisser passer la jeune fille.Ils pénétrèrent dans la salle commune et s'assirent, de chaque côté d'une table, comme le font deux hommes qi vont parler affaire.Les mains bien à plat sur le bois, les yeux fixés dans les yeux de son interlocuteur, Mlle Andral reprit : \u2014 Sachez ceci tout d'abord : si j'ai loué La Haullerie, ce n'est pas par intérêt personnel, mais uniquement dans le but de rendre service à votre maître.Le déséquilibre moral dont il souffre vient de son inaction.Il faut lui redonner le goût de vivre et de travailler.Or c'est un terrien, comme tous les semblables, épris de ses terres.L'abandon où il les laisse depuis son veuvage est, quoi qu'il en pense, passager.Si, à son tour, il pouvait voir son domaine transformé, rajeuni, en pleine exploitation, s'il - retrouvait ses étables pleines, ses champs ensemencés, sa maison et les alentours égayés par la chanson joyeuse des outils et la voix des travailleurs, il se laisserait entraîner par ce renouveau, il poursuivrait l'œuvre commencée en son absence, il serait sauvé.Le père Hauguet eut une surprise heureuse d'entendre exprimer tout haut, en termes corrects et précis, ce qu'il pensait tout bas depuis longtemps, et d'une façon confuse.Il approuva de la tête à plusieurs reprises et ajouta : \u2014 Ah manm'selle, parlez ben ! Encouragée, la jeune fille continua : \u2014 Cette œuvre, voulez-vous que nous l'entreprenions tous les deux, de compagnie ?Vous posédez ce que je nai pas, la science de la culture.Moi, je fournirai l'argent.Pour cet usage, mon père ma ouvert un compte en banque où je pourrai puiser largement.Je serai votre caissier, simplement.Vous, vous commanderez, vous serez vraiment le maître de ce domaine où vous avez toujours vécu.Et, quand M.Morel reviendra, nous pourons lui dire : votre bien prospère, reprenez-le | Désiré s'était levé brusquement.Lançant sur la table un grand coup de poing, il s'écria : \u2014 Ah ! la belle idée, la riche idée que vous avez eue là, mam'selle ! Hier soir, je me méfiais de vous, je me demandais ce que vous pourriez ben faire ici.Mais, an'hui, je vous suis tout plein dévoué, comme si qu'vous seriez notr'maîtresse pour de vrai.Et vous l'êtes.Tudieu! Y a deux fois plus de bonnes choses dans votre petite tête grosse comme le poing que dans ma vieille caboche de paysan ! \u2014 Puisque nous sommes d'accord, le traité est conclu.Quand commen- çons-nous ?\u2014 Tout de suite.\u2014 Vous avez raison.Il faut éta- glir le devis des premiers frais d'établissement, arrêter la liste des machines, des engrais, des semences, comme vous du bétail à acheter, fixer le nombre des ouvriers nécessaires.De son sac à main, elle sortit un petit carnet et, sur la table rustique, penchés l'un vers l'autre, la fille du banquier et le rude travailleur liés tout à coup par le même idéal, la même soif de dévouement, se mirent à aligner des chiffres.XIV Deux LETTRES Jean-Marc Morel à Mlle Andral Houlgate, le 13 août.(C'est toujours une chose troublante que d'écrire pour la première fois à une correspondante nouvelle.Vous en voyez la preuve ici-même.Je ne sais quel nom vous donner.Les mots cérémonieux me paraissent ridicules; les autres, plus sincères, je n'ose pas les tracer.«Et pourtant, au cours de notre dernière conversation, le soir lumineux et tiède de notre tête à tête sous les tilleuls, je me suis hasardé, à plusieurs reprises, à vous appeler : mon amie ! Ne l'êtes-vous pas en effet et ne m'avez-vous pas autorisé à le croire ?Mais quelle différence il y a entre prononcer un mot, et, de la plume, en tracer chaque lettre sur le papier! Le premier geste a toute l'inconsistance du souffle qui passe ; le second toute la gravité de l'acte qui demeure.C'est, en somme, un peu du destin qui se décide.« Eh bien! pardonnez cette supré- me hésitation et, tout bien pesé, per- mettez-moi de vous dire : mon amie ! Vous l'êtes, je n'en doute plus.Pour ma part, je n'ai pas de plus cher désir que de vous convaincre de mon amitié.Le pacte que nous avons conclu ne peut être scellé d'un mot plus doux .Mon amie ! Vous êtes mon amie ! Et c'est à mon amie que j'écris pour la première fois ! «Je ne vous demanderai rien de ce que vous faites en mon absence.Mais, maintenant que je me trouve loin de vous, loin de tout ce qui a été mon existence ancienne, j'éprouve l'impérieux besoin d'adresser mes impressions à une confidente attentive, indulgente et sans raillerie.Les voici donc, pêle-mêle, telles qu'elles me viennent à l'esprit ! « Pourquoi, en quittant mon repaire de sauvage, je suis venu m'installer, en pleine saison, sur une plage à la mode ?Par désir du contraste, parbleu ! et pour m'étourdir.« À vrai dire, Houlgate ne me satisfait pas pleinement.Je n'ai point de reproche à lui faire.Elle est telle, cette plage, que je la pouvais prévoir.Mais la vie mondaine, bruissante et joyeuse qu'on y mène choque encore mes goûts attardés de silence et de calme.J'ai besoin d'un effort de volonté pour m'y contraindre.Avec l'entêtement d\u2019un malade qui suit un régime rigoureux, je cherche l'accoutumance et l'appel, chaque jour, avec ardeur.« Parfois, cependant, je cède à un regain de misanthropie et c'est alors que j'apprécie mon choix : à peu de distance d'Houlgate se trouve la petite ville ancienne de Dives.Là je vais passer mes accès taciturnes.« Dives, en effet, malgré les usines et les maisons ouvrières qui enlaidissent ses faubourgs, a conservé, du temps fabuleux où Guillaume le Conquérant s'y embarquait pour l'Angleterre, un caractère d'art ancien, désuet, étrange et sombre, qui convient à mes promenades moroses.Son église a je ne sais quoi de rude à la this et d'exotique qui rappelle les forteresses sarrasines.Le cimetière qui l'entoure et ses noirs cyprès font songer aux cimetières d'Îtalie.Sa halle, avec sa charpente aux poutres gigantesques, son toit immense aux tuiles ocrées, roussies, mangées de soleil, transporte le passant en plein moyen âge.Il n'est pas de rues enfin où l'on ne découvre quelques vieilles reliques évocatrices du passé, un porche roman, une grille de fer forgé, une enseigne de marchand, sculptée en plein cœur de chêne.«Et puis, pour le marcheur infatigable que je suis, les environs d'Houlgate, montueux, accidentés, boisés, offrent maints buts de promenade.Un entre autres me séduit.C'est, au sommet d'un haut éperon qui domine le pays une ferme d'autrefois transformée à l'usage des touristes.« Le long d'une terrasse, de petites tonnelles sont disposées où l'on peut s'isoler en contemplant le paysage.J'y fus hier, pendant une heure.Parmi la verdure et les fleurs, j'avais l'impression de la solitude.Seuls montaient, dans l'air léger, des rires d'enfants jouant au alentours.Je regardais à mes pieds.La colline descendait en pente raide, toute feuillue d'arbres et d'arbustes, jusqu'aux prairies, vertes d'un vert liquide, d'un vert d'étang immobile sous le soleil.Plus loin, c'était la mer, bleue, frangée d'argent, et le ciel à demi voilé de brumes transparentes.Toutes ces immensités, vertes, bleues et grises, me donnaient le vertige de l'infini.Je ne me lassais pas de les contempler et, plus ému au contact de la nature, plus sensible aux mouvements intimes de mon être, je pensais à vous.« Voici le grand mot lâché ! Oui, mon amie, je pensais à vous, sans cesse, avec une obstination tenace, avec une joie un peu amère et délicieuse pourtant.«Il faut que je vous fasse cet aveu.À La Haullerie, votre souvenir me hantait souvent, mais, chaque fois, je refusais à m'y attarder, je le repoussais comme le premier symptôme d'un mal dont je ne voulais pas souffrir.Peut-être mon amitié incomplète, hésitante encore n'était point mûre pour cette délectation de la pensée, cette « gourmandise de l'esprit > selon le mot perspicace de Maupassant.Peut-être, plus simplement, était cause de mon reploiement l\u2019idée que vous étiez là, toute proche, visible quand je le voudrais, aussi souvent qu'il me plairait.« Maintenant au contraire, vous êtes ici, je suis ailleurs.Des lieues nous séparent.J'ai l'impression de vous avoir perdue.Et comme un naufragé tente de se retenir au moindre étai flottant à sa portée, je me raccroche désespérément à votre image gravée en moi, au souvenir de vos moindres paroles, de vos plus menus gestes, des plus simples détails de votre personne.« Ainsi je me rappelle la façon dont vous tendez la main, large ouverte, un peu haute, plus pour donner, semble-t-il, que pour recevoir.Je me rappelle, le jour où vous m'avez fait visiter votre jardin plein de roses, un rayon de soleil venant caresser le lobe de votre oreille et y posant, comme un bijou précieux, une goutte de lumière.Je me rappelle la forme de vos chapeaux, la couleur de vos robes, un petit ruban vert que vous glissez comme signet entre les pages du volumes que vous lisez.Je me rappelle cent autres choses encore.Et, cette monnaie de souvenirs, je la collectionne avec avarice, je la thésaurise.Je crois ainsi amasser'la plus somptueuse des fortunes.(Lire la suite page 48) 43 CES MÈCHES GRISES.VOUS vieillissent vite PEUVENT REPRENDRE LEUR COULEUR NATURELLE AVEC EVAN WILLIAMS Tunisian Henna F ortifiez votre santé les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Employez LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL Toutes VOUS POUVEZ AVOIR UNE BELLE APPARENCE AVEC LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C'est un tonique reconstituazt et qui aide à développer les chars.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes mai- lres et nerveuses, déprimées et fai- les.Convenant aussi bien à la jeune fille qu'à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES : MAIGRES GRATIS : Envoyez 5¢ en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'é- pulsement nerveux, quel que soit leur âge.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Heures de bureau : Jeudi et samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.\u201cSYSSSNUNUSSUNNUGNRARNAUUVSUVSE Mme MYRRIAM DUBREUIL 5941, Avenue Delorimier, Boîte Postale 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Cl-inclus 5c pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.Adresse Ville ________ 0 Prov. 44 LA Revue PopruLAIrRE Menu PuNncH 2 tasses jus de pamplemousses, 6 bouteilles de raisin (grape juice), 2 tasses de bon vin de Porto, 2 tasses d'eau gazeuse : Bien mêler, ajouter l'eau gazeuse à la dernière minute, et servir glacée SALADE À L'ANANAS ET AU FROMAGE 1 tasse jus d'ananas, 114 c.table de gélatine, 24 tasse d'eau froide, LA tasse jus de citron, 34 tasse fromage à la crème, 1 tasse ananas coupé en dés, 15 tasse céleri, V4 tasse noix pacanes, quelques filets de piment rouge : \u2014 Faire tremper la gélatine dans 4 c.à table d'eau froide, 5 minutes.D'autres part, faire chauffer le jus d'ananas et le reste de l'eau jusqu'au point d'ébullition, ajouter le jus de citron et diviser le mélange en 2 parties.Laisser refroidir un peu.Dans une partie, ajouter le fromage défait en crème, et bien mêler.Dans l'autre, mettre les ananas, le céleri et les noix.Paser des petits moules individuels à l'eau froide, déposer au fond, soit une cerise découpée en filets, une rondelle d'olives farcies, des filets de piment verts.Déposer dessus le mélange de fromage, environ 4 pouce, couvrir de l'autre mélange et terminer par le mélange de fromage.Laisser prendre bien ferme et démouler sur laitue.Servir avec une rosace de mayonnaise à l'huile à laquelle on aura ajouté de la crème fouettée aromatisée au jus de citron et légèrement colorée en vert.© PeTITs PAINS FOUuRRES Ouvrir des petits pains sur la lon- ueur, les beurrer et les fourrer de Blanc de poulet.Beurrer légèrement l'ouverture, et passer dans le persil frais finement haché.© SANDWICHS VARIÉS « ROULES » Choisir du pain blanc à sandwich et le tailler en tranches minces sur la longueur.Couvrir du mélange suivant : 6 jaunes d'œufs cuits c.table de beurre, 44 c.thé moutarde française, 1 c.table sauce anglaise, et sel au goût.\u2014 Etendre ce mélange sur la tranche de pain, y placer des olives farcies l\u2019une à côté de l'autre et rouler très serré, jusqu\u2019à ce que le rouleau ait environ 2 pouces de diamètre.Laisser reposer au frais, et découper en tranches de 14 pouce.En préparer avec les blancs d'œufs passés au tamis, L4 tasse mayonnaise, des petits cornichons hachés fin.Procéder de la même manière que ci-haut.® SANDWICHS « RUBAN » 5 tranches de pain blanc de 14 pouce épais, 4 tranches de pain brun, 1 tasse langue cuite, 2 c.table cor- urs, 2 - e réception pour un thé par Mme Rose Lacroix Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de la REVUE POPULAIRE et du SAMEDI nichons hachés fin, mayonnaise pour lier la pâte, tranches de fromage.Beurrer le pain, garnir d'une pâte faite avec langue, marinade et mayonnaise.Placer au-dessus 1 tranche de pain brun, puis 1 tranche fromage.Placer sur le fromage 1 tranche de pain blanc, le côté beurré sur le fromage.Garnir cette tranche du premier mélange et répéter les garnitu- res jusqu'à ce que tout le pain soit employé, terminant avec du blanc.Presser, envelopper et laisser reposer quelques heures.Tailler en tranches minces.e SANDWICH Rouré au CÉLERI Tailler de minces tranches de pain blanc, beurrer de beurre et de froma- Photo Empire Tea Bureau SANDWICHS ASSORTIS Photo La Revue Populaire prise à l'Ecole Ménagère Provinciale, de 5 à 7 ge, saupoudrer de cacahuètes (peanuts) râpées et rouler très serré autour d'un bâtonnet de céleri.Garnir de persil.° GARNITURES DIVERSES Champignon : 14 livre champignons hachés finement et 1 c.table oignon râpé sauté au beurre, 1 c.table crème : bien assaisonner de sel et poivre.Refroidir et en garnir des sandwichs.Sardines : 1 boîte sardines, 2 jaunes d'œufs durs et écrasés, 2 c.table mayonnaise, 1 c.table sauce Chili.On peut varier avec anchois, crevettes.Tomates et piments verts: 2 tomates, enlever graines, hacher fin ainsi que piment et oignons, saler, poivrer et lier avec mayonnaise.Eten- dre entre 2 rondelles de pain beurré et placer entre 1 feuille de laitue.SANDWICH À LA MuscADE OU À LA CANNELLE 2 c.thé cannelle ou muscade pour L4 tasse sucre.Saupoudrer ce mélange sur des tranches de pain beurré.Rouler ou découper de formes\u2019 fantaisistes.Griller.e T'ARTELETTES AUX CERISES À LA GELÉE Préparer la pâte suivante : 1 jaune d'œufs, 6 c.table beurre, 1 c.thé sucre, l tasse farine : \u2014 Défaire beurre en crème juste assez pour le mêler à l'œuf.Ajouter farine et sucre.À l'aide d'une fourchette, travailler le tour pour en faire une pâte assez ferme.Laisser refroidir au besoin.En prendre une petite boule, la placer dans un petit moule à gâteau et l'étendre avec les doigts de façon à ce que le moule soit entièrement et également couvert de pâte.Cuire au four à 350°.Garnir après refroidissement, de crème pâtissière, de gelée et de meringue.Remettre au four pour dorer la meringue.° GÂTEAUX Fourrés Faire cuire dans des petits moules ronds de la pâte à gâteau.Refroidir, creuser et garnir de crème pâtissière, les coller 2 à 2, les badigeonner de gelée et les passer dans du pralin.Faire des choux à la crème très petits, les fourrer de crème au beurre, et les passer dans du fondant au chocolat.LJ MANIÈRE DE GRILLER LES SANDWICHS Sur un gril dans four à griller, ou au grille-pain, ou sur fer à gaufre.On peut aussi faire griller les tranches de pain séparément, et chaque personne peut garnir ses rôties avec la préparation\u2019 qui lui convient, et qui doit être préparé d'avance.L'idéal est d'avoir une plaque chauffante électrique à griller les sandwichs. i r\u2014 sus ess Voici ce qu'il y a de NOUVEAU en Performance ! LES MOTEURS A TETE EN L PONTIAC sont une importante caractéristique des Pontiac 1941 .fameux depuis longtemps par leur performance silencieuse, douce et puissante .sûrs d\u2019année en année .et encore plus améliorés pour réaliser un record d\u2019économie d\u2019essence et d\u2019huile.Vous serez entièrement satisfait de la puissance facile et abondante .du départ fulgurant .de la facilité avec laquelle ce fameux moteur tourne toute la journée sans le moindre soupçon d\u2019effort.Une démonstration prouvera tout ce que nous disons de ce puissant bloc moteur.- LES PRIX COMMENCENT PARMI LES PLUS BAS pour la nouvelle Pontiac torpédo \u201cFleetleader\u201d sensationnelle.Offertes en deux séries, les Pontiac torpédos \u201cFleetleader\u201d débordent de caractéristiques de l\u2019ordre du moteur à tête en L, du type de genoux mécaniques le plus avancé, des nouvelles carrosseries Fisher à visibilité complète .avec marchepieds dissimulés.Juste un peu plus chères que les autos les moins coûteuses, les Pontiac six torpédos de luxe sont d\u2019une élégance superbe et entièrement équipées.Ne manquez pas de les voir et de les conduire.LE NOUVEAU STYLE TORPÉDO joint une brillante beauté aux nombreuses caractéristiques désirables de la Pontiac.On a tiré tout le parti possible des avantages que présente le style torpédo pour construire des carrosseries plus longues, plus basses, plus larges, non seulement pour amplifier la distinction de la Pontiac, mais pour y réaliser plus de spaciosité, de confort, de sûreté et de commodité.Tous les modèles ont des marchepieds dissimulés, soustraits à la poussière, à la boue, à la glace et à la neige .ce qui favorise l\u2019apparence générale de la Pontiac tout en rendant l'entrée et la sortie plus faciles et plus sûres.LES GENOUX MÉCANIQUES DU TYPE LE PLUS AVANCÉ sont d'équipement régulier dans toute la ligne 1941 .une caractéristique indispensable au maximum de confort sur la route.Les genoux mécaniques, la suspension équilibrée, un centre de gravité abaissé, un éliminateur de balancement, des cadres solides et d\u2019autres caractéristiques Pontiac spéciales réalisent un roulement d\u2019une douceur presque incroyable.La facilité de contrôle fait une joie du pilotage.Les intérieurs sont richement aménagés et capitonnés.Si vous cherchez le summum de confort, une beauté de distinction, la performance et la VALEUR.voyez la Pontiac d\u2019abord! 40 L\u2019ÉCOLE MÉNAGÈRE PROVINCIALE L'Ecole Ménagère Provinciale (461 est, rue Sherbrooke, à Montréal) est une école de formation féminine spécialisée.Sa directrice, Mme Rose Lacroix, tient la chronique culinaire, depuis plusieurs années, à La Revue Populaire et au Samedi.Les cours variés que comporte son programme répondent à tous les besoins de lo femme moderne.Les parents qui peuvent donner cette formation à leurs jeunes filles au sortir de leurs études leur procurent une mine de connaissances précieuses qui leur permettent de faire face à la vie en leur apprenant à manier avec méthode et habileté les humbles outils qui assurent le bonheur des fa:rilles, La nutrition, l'art culinaire.la coupe et la couture, l'hygiène, l'économie domestique, le soin et l'éducation des enfants, le budget et la comptabilité se partagent les heures de façon à ce que toutes les théories soient appliquées sous forme d'exercices pratiques, variés et intéressants.Photos La Revue Populaire L'Ecole Ménagère Provinciale, angle Sherbrooke et Berri.A l'arrière, l'aile nouvelle, inaugurée en 1934.Nos diverses photos ont été prises au eours de démenstrations culinaires données par Mme Rose Lacroix et ses assistantes, ainsi qu'aux leçons de couture, et de chimie | En bas, à gauche, l'heure du thé dens les selons de l'Ecole.LA Revue POPULAIRE JANVIER 1941 Nos Arts Domestiques DANS ce dernier article à propos du dessin tel que nous le rencontrons dans les tapis crochetés, il est bon de résumer dans les grandes lignes ce que nous avons déjà dit, en insistant plus particulièrement sur ce qui a rapport au ton et à la couleur.Nous avons vu comment le dessin débute avec des éléments très simples, telle la ligne pointillée : comment on peut le développer en lui appliquant les principes du dessin qui sont l'équilibre et la répétition, et ainsi de suite; comment un modèle abstrait en vient à revêtir des formes naturelles bien que toujours le motif géométrique soit à la base de tout dessin bien exécuté.Dès l'instant où le détail sans importance est accentué et où l'objet devient naturiste, le dessin est de plus en plus médiocre.Le modèle ne doit pas seulement être longuement médité et élaboré car la beauté de l'ensemble dépend, en une large mesure, des tons que l'on emploie.Ces tons ou valeurs sont les parties foncées, claires ou neutres d'un dessin.Tout comme un musicien se sert de la gamme des notes pour graduer les tons, de même l'artiste a à sa disposition une échelle des valeurs qui va des blancs au noir.Il y a en tout neuf degrés de valeur, cependant il serait sage de réduire cette échelle à trois ou quatre tons afin que le travail de l'artisan garde sa simplicité.chelle des valeurs 1, 2, 3, 4 (voir dessin).Comme le peintre impressioniste français Renoir le disait : « La lumière est le personnage principal d'un tableau ».Il nous faut donc respecter le blant parce qu'il attire toujours l'attention.Quand vous désirez faire ressortir certaines parties d'un dessin, servez-vous soit de clair sur du foncé ou de foncé sur du clair (1 sur 4 ou 4 sur 1), la majeure partie du dessin devant être exécutée dans les valeurs 2 sur 3 ou 3 sur 2, à votre convenance.Avant de commencer un dessin, il est bon de faire un plan en tenant compte des quatre valeurs.Songez à l'équilibre et au rythme des tons, tout comme vous penseriez à l'équilibre et au rythme des formes.Le rapport qui existe entre les divers tons est le facteur de base qui fait la beauté véritable d'un ouvrage.Après que les tons ont été choisis, la couleur complète l'exécution en lui apportant le charme et la grâce.Les couleurs ont un caractère très personnel et chacun de nous a sa couleur préférée.Les couleurs se divisent en familles ou groupes : les couleurs chaudes et les couleurs froides.Chacune a son échelle de valeurs que lui fournissent les tons grisâtres ou neutres.Les couleurs chaudes sont : le rouge, l'orange, le jaune et toutes les teintes qui en sont des dérivés dégagent une impression de gaieté et de joie.Les couleurs froides sont le bleu, le violet, le vert, etc, et leurs composés suggèrent une sensation de réserve digne.Chacun des groupes a besoin de se mêler un peu à l'autre pour faire ressortir ses meilleures qualités.Par exemple, une combinaison de bleu, gris-bleu et prune, aura besoin d'une Septième et dernière leçon du cours d'arts domestiques, à l'usage de la Canadienne française, préparée par la Canadian Handicrafts Guild.touche de rose ou d'orange brûlé qui lui communiquera un peu de chaleur.De même, les rouges et les bruns réclament une touche de bleu-vert ou de vert frais pour faire ressortir la richesse de leurs tons.Il est difficile de poser des règles fixes qui soient propres à développer le sentiment de la couleur.Il s\u2019acquiert par la pratique, mais il est bon de se souvenir que plus une surface est grande plus les couleurs sont neutres ou grisâtres, et que plus une surface est petite plus les couleurs sont brillantes.La meilleure manière de bien lier les couleurs entre elles est d'observer ce qui se passe dans la nature.Regardez une feuille d'automne et remarquez les merveilleuses teintes brunes, rouges et jaunes qui s'y mêlent.Voyez les rochers avec leurs tons gris-bleu, gris-vert, rose clair ou crème, tachetés parfois de noir ou d'orange.Observez la variété de dessins et de couleurs que nous présentent les ailes des papillons, l'exquis coloris du plumage des oiseaux, les teintes délicates des fleurs printanières et la richesse de coloris d'un jardin en été, au moment du plein épanouissement de sa floraison, car un jardin offre un parfait spécimen de cou- (Lire la suite page 61) 47 REVEILLEZ LA BILE DE VOTRE FOIE \u2014 \u2014et vous sauterez du lit \u2018gonflé à bloc\u201d Il fout que le foie verse deux livres de bile dans l'intestin chaque jour.Si cette bile n\u2019afflue pas librement, vos aliments ne se digèrent pas.Ils se putréfient et se corrompent dans l\u2019intestin.Des gaz vous gonflent.Vous vous constipez.Les polsons se répandent dans tout l\u2019organisme et vous vous sentez abattu, déprimé et vous broyez du noir.Un simple mouvement des intestintins n\u2019atteint pas toujours la cause; il vous faut quelque chose qui agisse sur le foie.Seules les bonnes vieilles Petites Pilules Carter pour le foie ont le pouvoir d'assurer le libre afflux de bile qui vous remettra d\u2019aplomb.Inoffensives, végétales, douces, pour faire couler la bile, demandez par leur nom les Petites Pilules Carter pour le Foie \u2014 Carter Little Liver Pills.Refusez catégoriquement toute imitation.25¢.FAITES VOTRE PROPRE BRITANNIQUE \u2014IRRÉTRÉCISSABLE-\u2014 INDÉLÉBILE 36 ou 54 pouces de large.Dans fous les magasins ou chez Geo.L.Hollond, 1011, édifice New-Birks, Montréat a LA BEAUTE PHYSIQUE C'EST LA JOIE DE VIVRE Etes-vous déprimée ?Nerveuse ?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments ?Souffrez-vous de maigreur ?De vertiges ?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraicheur ?C\u2019est alor: que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifis cause de pénibles désordres dans votre orgsa- nisme.Faites alors votre cure de désintoxicatior naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA\u201d élimineront tous ces poisons.De jour en jou: vos chairs se développeront et redeviendroni plus fermes, votre teint g'éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cing sous pour échantillon de notre produit SANO \u201cA\u201d Mme CLAIRE LUCE, LES PRODUITS SANO ENRG.5920, Ave Durocher.Casier Postal 2134 (Place d'Armes) Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous Votre nom Votre adresse ARRÊTÉE RAPIDEMENT DÉMANGEAISO Soulagement rapide aux démangeaisons de l'eczéma, des éruptions et autres affections cutanées provenant de causes externes.Une bouteille de 35c chez les pharmaciens vous convalncra, ou votre argent remis.F 48 « Mais c'en est une en vérité, puisque je puis, grâce à elle, trouver quelque joie à la vie.«Que vous dire de plus, mon amie ?La vue sans cesse changeante des choses se déroulant devant mes eux et l'analyse de mes pensées intérieures, toutes tournées vers vous, ce sont là les deux uniques occupations de mon existence nouvelle.Elles suffisent pour le moment à remplir le vide de mes journées.Nulle ne me tente en dehors d'elles et je n'ose souhaiter rien d'autre, si ce n'est la charité d'une brève réponse, si vous le voulez bien à cette trop longue divagation.Mais le voudrez- vous ?.« Votre ami respectueux, «J.-M.MogeL.» Henriette Andral à Jean-Marc Morel.Le Mesnil, le 17 août.« Mais certainement je le veux, mon ami! Après l'engagement que nous avons pris l\u2019un vers l'autre, il ne serait pas logique que nous tirions chacun de notre côté et que nous jouions aux indifférents.Mais cette raison n\u2019est pas la vraie qui m'incite à vous écrire aujourd'hui.C'est bien plutôt la joie de vous donner de mes nouvelles après avoir reçu des vôtres.« Ce que vous dites de votre villégiature à Houlgate m'enchante.J'y ai passé moi-même une saison, il y a quelques années, mais je n'ai pas vu alors le pays avec les mêmes yeux que vous.Trop de plaisirs frivoles m'avaient distraite.Je ne m'inquiétais pas plus des vieilles pierres de Dives que des agrêments du paysage.Pour bien comprendre la nature, pour bien pénétrer la beauté des choses anciennes, il faut, je crois, avoir le cœur ému par quelque sentiment secret.En ce temps-là, je n'étais qu'une enfant insouciante et rieuse.Comment me serais-je attachée à des impressions d'art ou de poésie ?« Vous, heureusement, vous savez voir et admirer, vous savez même décrire.Je vous en félicite.Conti- \u2018nuez ! Profiter de votre voyage ! Les âmes inquiètes comme la vôtre doivent s'apaiser hors du cadre habituel de leurs préoccupations.Je n'insisterai pas sur ce sujet, souhaitant seulement que cette paix bienfaisante et tant cherchée vienne le plus tôt qu'il se pourra.« Pour moi, à vous parler franc, je n'ai guère le temps de penser, à rêver.D'abord, comme de coutume, j'ai le souci de ma mère à soigner, e ma maison à tenir.Et puis j'ai entrepris une œuvre nouvelle qui accapare tous mes instants disponibles, Il est trop tôt pour que je vous en parle déjà.Souffrez que, sur ce point, je garde le silence.Mais le résultat est net: du matin au soir, je ne trouve pas une minute de loisir.La méthode est excellente pour ne pas sennuyer.Je vous la recommande.« Vous, hélas ! vous pensez trop.\u2018Ma vanité devrait être flattée d'apprendre que votre esprit se reporte sans cesse vers moi.Mais, quel que soit l'objet de vos méditations, vous exagérez.Un terrien comme vous ne devrait être qu'une sorte de paysan du Danube.T'out au contraire, vous me semblez un cérébral comme j'en ai peu connu.Votre imagination, toujours en éveil, ctée autour de vous un monde irréel dont, seules, vous intéressent et vous passionnent les apparences douloureuses.Vous vous acharnez a des évocations inutiles.De là vient votre mal.LES COEURS REFLEURISSENT (Suite de la page 43) « Suis-je bonne psychologue ?Je ne sais.Mais, puisque nul autre n\u2019est là pour vous donner conseil, croyez-en mon humble expérience ! Ne vivez pas toujours dans le passé ! Celui d'hier est aussi loin de nous que celui d'il y a vingt ans.Rien ne le peut ressusciter.Il n'a pas plus de consistance qu'une cendre froide coulant entre les doigts; il ne laisse pas plus de trace qu'elle.\u2014 Alors ?C'est bien simple : vivez dans le présent.C'est la règle commune aux pauvres humains, ceux qui n'ont de souci que pour la lutte quotidienne, ceux que ne hantent pas les dlivagations de l'esprit.Cependant, si l'imagination, est plus forte en vous que votre volonté, eh bien! vivez dans l'avenir ! « L'avenir c'est le refuge à la fois des fous et des sages.Ils se rencontrent là dans une même exaltation qui les transporte hors du temps, leur fait oublier les tristesses actuelles de leur sort, leur donne le courage d'attendre\u2019 des jours meilleurs.« Qu'importent les espoirs déçus! Toute notre vie ne se passe-t-il pas à espérer ?T'out notre bonheur n'est- il pas fait du lendemain qui viendra?Regardez la nature ! Elle nous donne le plus salutaire exemple. » 2 WN JANVIER 1941 NOS COLLABORATEURS Nous avons publié dans La Revue Populaire de décembre 1940, un article intitulé : \u201c La Vie dans un Phare \u201c.Son auteur : Damase Potvin.Cet article constituait un des chapitres d\u2018un très intéressant ouvrage que vient de publier M.Damase Potvin sur les \u201c Îles du Saint-Laurent \u201c.Il a obtenu beaucoup de succès auprès de nos lecteurs et lectrices et plusieurs d\u2019entre eux nous ayant demandé un aperçu de la biographie de ce célèbre journaliste et homme de lettres de Québec, le voici : « Né le 16 octobre 1882 à la Baie des Ha! Ha! dans le Saguenay, M.Potvin fit ses études commerciales et classiques au collège de Chicouti- mi.Dès cette époque il débutait dans la littérature par une chronique écolière versée chaque mois dans l'Oiseau Mouche, journal de la maison.En 1905 il réalisait son premier rêve professionnel en fondant à Chicoutimi le premier journal de la région Le Travailleur ; il dirigea ensuite pendant un an Le Progrès du Saguenay.Puis il vint à Québec où il tut assistant-rédacteur a La Semaine Commerciale et à La Vérité puis rédacteur en chef au Quotidien, de Lévis.C'est alors qu'il fonda Le Petit Québecois, qui fit grand bruit à Québec a cette époque.Les chroniques qu'il a signées du pseudonyme de Jean Yves ont agité l'opinion d'alors et valu à leur auteur de mémorables altercations, notamment de la part de la Vigie.atre pacifique, Damase Potvin alla chercher le calme et le bonheur dans le Devoir.à Montréal.C'était en 1909.Il y fonda une revue Je vois tout et versa d'abondantes et spirituelles chroniques dans Le Samedi et La Revue Populaire, que dirigeait Pierre Voyer.En 1910, Germain Beaulieu, qui présidait l'Ecole Littéraire de Montréal, l'admit au nombre de ses immortels.Mais on revient toujours avec plaisir aux lieux qui nous ont vus naître.En 1912 Damase Potvin entre à la rédaction de L'Evénement, à Québec et pendant onze ans il y met son Graindesel gaulois sous forme de billets du soir.Il passa ensuite au Soleil puis a La Presse ou nous lisons chaque jour sa lettre de Québec sous le seing de Jean Sainte-Foy.Entre temps il a collaboré au Pays Laurentien, au Colon, de Roberval, à La Vie Canadienne de l'abbé D'Amours, à L'Oeil, d'Ernest Tremblay, à L'Eclair, etc.En janvier 1911 M.Potvin épousa Mademoiselle Blanche Gingras, fille de Monsieur J.-M.Gingras, de Québec, qui fut sa digne inspiratrice.Damase Potvin a toujours été un travailleur infatigable.Secondé par sa compagne distinguée, il n'a point perdu l'enthousiasme de ses débuts ni songé un seul instant à se séparer de cette autre compagne de toutes les heures, sa chère plume.Sa collaboration assidue à nombre de journaux et de revues ne l'ont pas non plus empêché de donner à notre littérature historique et romanesque d'excellents et nombreux ouvrages.En 1908, il publie son premier roman du terroir, Restons chez nous, qui fut reproduit en feuilleton dans Le Moniteur de Hawkesbury: en 1910, un roman de mœurs politques intitulé Le Membre, sous le pseudonyme de Graindesel, et, en 1912 un grand roman du terroir, L'Appel de la Terre, que la critique autorisée salua de façon unanimement élogieuse.Vers le même temps, il écrit en collaboration avec Alexandre Villan- dry, \u2014 le regretté et si talentueux Major Plante, \u2014 un drame intitulé Deux Aventuriers et représenté plusieurs fois sur la scène du Théâtre Populaire, à Saint-Roch de Québec.En 1916 c'est une courte étude historique ayant pour titre L'Appel des souvenirs, et, en 1917 il fonde avec Edmond Chassé une petite revue, Le Cri.En 1920 : son Tour du Sa- guenay, historique, légendaire et descriptif, qui fut traduit en anglais par M.W.O'Farrell et publié par la Canada Steamship Lines en 1922.L'année suivante, Damase Potvin nous donnait un nouveau grand roman du terroir, Le Français.Puis, cette année-là, grâce à trois nouvelles canadiennes, il recevait le deuxième prix, celui du Ministère de l'Instruction Publique de Paris, dans le concours annuel de la Société des Ecri- vains \u201cdes Provinces de France, ce qui lui valait en plus la distinction de lauréat de cette Société pour l'année.A la même époque il collabore avec Alonzo Cing-Mars pour tirer de Maria Chapdelaine, un drame en cing actes qui ne fut jamais représenté, les auteurs n'ayant pu s'entendre avec l'éditeur de Louis Hémon.En 1924, Damase Potvin publie La Baie, récit d'un vieux colon qui fut des vingt et un fondateurs du Saguenay; en 1926 c'est un recueil de nouvelles canadiennes : Sur la Grand'Route : en 1928, une étude historique ayant pour objets Les Ilets Jérémie et Louis Jobin, sculpteur sur bois : en 1929, En Zigzag sur la Côte et dans l'Ile, relation de voyage vers le bas Saint-Laurent et Anticosti.Enfin, il a publié en 1931, Plaisant Pays de Saguenay.Damase Potvin avait fondé, avec MM.Georges Morisset et Alonzo Cing-Mars, la Société des Arts, Sciences et Lettres, le 12 décembre 1917.Il en est resté jusqu'en 1933 l'Archiviste assidu et goûté.Sa chronique hebdomadaire et son rapport annuel étaient devenus un régal intellectuel impatiemment attendu à chaque terme.En 1918 il prit la direction littéraire du Terroir, qu'il avait également fondé.Fidèle à son esprit d'entreprise il créa, avec Eugène Rouillard, Nazai- re Levasseur et Charles de Guise, la Presse Associée de Québec.En 1916, il était président de la Galerie de la presse à la Législature et il en est le secrétaire perpétuel.Il est aussi secrétaire du Club des Journalistes de Québec depuis plusieurs années.Et il représenta en 1924 et 1925 à Québec la Société des Gens de Lettres de Paris ainsi que l'Association des Auteurs dramatiques de France.I fut notre meilleur agent de liaison intellectuelle avec l'ancienne mère- patrie.En effet, Damase Potvin a documenté, pendant plusieurs années, nombre d'écrivains européens qui ont étudié notre pays et ont écrit articles et livres sur le Canada.» ALPHONSE DESILETS.Lt grandes artères.d oT eT mer Grâce à l\u2019empire \u20ac ve la Grande Bretagne exerce sur les mers, les exportateurs canadiens sont libres de continuer à mener une offensive active, pour l\u2019acquisition de marchés pour les produits canadiens, dans les pays où nos ennemis jouissaient auparavant de précieux débouchés d'exportation.Des attachés commerciaux canadiens sont établis dans les centres importants des Antilles, de l\u2019Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud.Ils sont prêts et en mesure d\u2019aider les maisons canadiennes, de toutes les facons, à mener à bien cette offensive commerciale de guerre.Les demandes de renseignements ou d\u2019assistance en certaines situations, adressées au Service des Attachés Commerciaux du Canada par des firmes individuelles, recevront toute l\u2019attention qu\u2019elles méritent.TCAI7F TT [ MINISTERE a Lt , 56 LA Revue PopuLAIRE 1.Présentation des amateurs av programme.2.L'annonceur ou le maître de cérémonie, Alfred Goulet.3.Le pianiste accompagnateur, Billy Munro.4.Air de ballet.5.Le \u2018\u2019 crooner \u2018\" Martini chantant une romance où il met toute son âme.6.Le pianiste et son fils, dans un tour de chant.7.Fernand Saint-Jacques, chanteur, s'accompagne à la fois d'une guitare et d'une harmonica.8.La surveillante chargée de maintenir l'ordre dans les coulisses.9.Le soldat dans son grand air d'opéra.La foule lui adjugea le premier prix.10.Pas de soirées d'amateurs sans claguettes (tap dance).11.Les \"' os\", castagnettes faites avec des os.\u2014 Les soirées d'amateurs dans les grands cinémas des quartiers populaires connaissent, depuis le major Bowes, une vogue sans pré- cédent.Notre reporter-pho- tographe Henri Paul a pris ces photos des coulisses du Théâtre Impérial, à Montréal. JANVIER 1941 rig At RÉ Un jeune couple de duettistes-compositeurs.e Les Sweet Caps enregistrent constamment des points.En fait, elles présentent une combinaison tellement insurpassable de qualités conquérantes qu\u2019elles sont devenues les cigarettes les plus populaires au Canada: toujours fraîches, toujours agréables, répondant sans cesse à votre attente la plus optimiste, \u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\u201d.Maux de Tête Douleurs Périodiques \u201c oy © Soulagés par D (NS R sANTALGINE La distribution des prix à la fin de la représentation.C'est le public même qui choisit les gagnants par la chaleur et l'intensité de ses applaudissements.Nos Solliciteurs d\u2019'Abonnements TOUS nos solliciteurs d'abonnements sont munis de reçus officiels imprimés au nom de Poirier, Bessette & Cie, Limitée, et aussi d'une lettre d'introduction signée du gérant de la circulation, M.Odilon Riendeau.NOUS mettons ainsi le public en garde contre les faux solliciteurs qui pourraient se réclamer de notre maison sans y avoir droit.Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film sont édités par Poirier, Bessette & Cie.Ce sont les trois seuls magazines que nous possédons.Une gagnante toute heureuse de son succès.La petite danseuse dans sa loge, avec sa maman, se démagquille.fr\u2014\u2014\u2014\u2014 58 CITRONS : Pour conserver un citron, sus- pendez-le au bout d'un fil ; s\u2019il est entamé, mettez-le de telle sorte que la face sectionnée soit en bas.BOUTONS : Vous avez des boutons au front et au menton et il va de soi que vous employez une poudre dermo- phile.N'oubliez pas aussi: d'éviter les chapeaux dont la coiffe enserre le front; de passer souvent Photo Castoria - onseils Pratiques par Francine à l'éther sulfurique ou à l'alcool la passe de devant du chapeau ; d'éviter les manteaux à cols relevés qui frotteraient le visage, et les cols de fourrure, surtout les fourrures a longs poils.COSMETIQUES : Pour préserver votre coiffeuse des taches que pourraient y laisser certains cosmétiques, la recouvrir d'une feuille de cellophane de même dimension que le dessus de ce meuble et l'y fixer avec de petits clous ou broquettes.Une feuille de celluloïd clouée au mur au-dessus de l'évier de cuisine ou près de la cuvette à laver préservera le mur qui est exposé à se faire éclaboussé.TISANES : Après le dîner prenez une tasse de tisane avec une potion calmante.Il est préférable d'attendre une heure et demie après ce dernier repas et d'absorber le breuvage avant de vous coucher.Le tilleul, La RevuE POPULAIRE la tisane de feuilles d'oranger, la tisane d'églantier sont spécialement indiqués, possédant déjà en eux-mêmes des propriétés calmantes.Ne versez pas la potion lorsque l'influsion est bouillante, ce qui pourrait amoindrir les vertus du médicament, mais quand le liquide est encore bien chaud.FURONCULOSE : Si vous avez en ce moment des tendances a la furonculose, cessez de vous épiler les sourcils jusqu'à ce que vous soyez guérie.Vous risqueriez de provoquer des clous qui, à cet endroit, sont particulièrement douloureux et dangereux.VALISES : Avant de ranger les valises, prenez soin de les aérer ; frottez-les avec du cirage jusqu'à ce qu'elles soient brillantes.Elles se conserveront mieux.SACS EN CAOUTCHOUC : Pour empêcher les côtés des sacs en caoutchouc, soit à glace, soit à eau chaude, de coller ensemble, saupoudrer à l'intérieur un peu de poudre de talc avant de les serrer.BROSSES : Savez-vous nettoyer les brosses avec du son ?Trempez-les dans le son et frottez-les l'une contre l'autre.Elles seront bien dégraissées.LAIT FRAIS : Pouf\u201d ever les taches de lait frais sur l'étoffe, il vous suffira de les frotter avec un linge mouillé, au moment de l'accident.SF ° BOCAUX A CONFITURES : Sur les bocaux à confitures, collez des étiquettes avec du blanc d'œuf ; c'est un procédé simple et propre.PANIERS EN FIL DE FER : Les paniers à papiers en fil de fer dont on se sert dans les bureaux d'affaires peuvent encore avoir leur emploi quand ils sont bosselés et déformés.On les utilisera comme paniers pour les légumes conservés à la cave et on les lavera de temps à autre avec la lance d'arrosage.BOUCHONS DE LIEGE : Pour réduire l'épaisseur d'un bouchon, ne coupez pas le liège tout autour ; faites simplement une entaille à l'intérieure APRES L\u2019EXTRACTION D'UNE DENT : Au cours de la journée, vous pouvez absorber deux ou trois comprimés d'aspirine ou de l'analgésique, afin de prévenir les réactions douloureuses.De plus, vous n'oublierez pas de faire des bains de bouche au moins toutes les heures avec de l'eau bouillie additionnée d'un peu d'eau oxygénée. JANVIER 1941 VOCABULAIRE DU SKI SORTES : Skis de saut Skis de fond Skis de tourisme Skis de slalom PARTIES : Surface Queue Pointe ou spatule BOIS : Frêne Hickory ou noyer blanc d'Amérique ACCESSOIRES : Fixation (et non harnais) La fixation comprend : Un étrier de sécurité Une double courroie passant dans la mortaise Un dispositif permettant une tension diagonale Une talonniére a ressort Une courroie entourant le coup de pied Arétes artificielles ou carres (edges) Métalliques ou non, à profils, en angles, en T, en diagonales, en coulisses.Bâtons Les bâtons comprennent : Un pommeau Une dragonne en cuir (courroie) Un disque Presses Anti-dérapant (ski-stop) DIVERS : Farts (mélange de cire et de goudron dont en enduit les skis) D'où : farter.Laque (vernis) Lunettes de montagne Guêtre de toile Sac fe porte au dos) Moufles (gant où il n'y a de séparation que pour fo pouce) mitaine Musette (petit sac de toile) Visière avec protège-oreilles Serre-tête Veste de toile (windbreaker) Chausser ses skis, les déchausser TECHNIQUE : La montée (en escalier, en\u2019 demi- escalier, en ciseaux) La descente ( en ligne droite, en biais ) Demi-tour Virage Freinage NEIGE : Collante \u2014 Croûtée \u2014 Gelée dur Névée (de printemps) \u2014 Mouillée \u2014 Fraîche humide \u2014 Poudreuse \u2014 Sèche \u2014 Pistes (et non trails).(L'Office de Linguistique de la Société des Ecrivains canadiens.) LES EXPOSITIONS DU MOIS Nous avons visité à Montréal, en cours de décembre, trois expositions particulières importantes, celles des peintres Adrien Hébert, Rodolphe Du- guay et Marc-Auréle Fortin.Le premier, membre associé de l'Académie Royale du Canada, expose au Saint- Antoine Art Repositery, place Victoria ; le second a tenu son exposition aux Galeries Morency (458 est, rue Sainte-Catherine) du 23 novembre au 8 décembre, et le troisième, Fortin, à l'Art Français (370 ouest, rue Laurier) que dirige M.Éouis À.Lange.Nous publierons dans La Revue Populaire de février quelques photos prises par notre repor- ter-photographe des expositions Hé- BERT ET DuGuay qui ont remporté toutes deux un succès des plus intéressants.Voici ce que Lucien Desbiens, dans Le Devoir, dit du Salon Fortin: «La réputation de Marc-Aurèle Fortin est établie depuis longtemps, à l'étranger comme chez nous.Il ne saurait donc être question de découvrir ce peintre, de même que son œuvre.La manière de Fortin lui est propre, Inutile de chercher à la rattacher à une école en particulier.Quand on voit une peinture de Marc- Aurèle Fortin, on est empoigné ou abasourdi, on s'emballe ou on s'indigne, mais on se dit, songeant à l'auteur : il ne pouvait faire autrement.Il fallait qu'il en fût ainsi.Cette impression s'impose à ce point que si, d'aventure, Fortin nous brosse un paysage d'été fort beau, fort régulier, selon les règles établies, on se dit in petto : il a manqué son coup ; ou bien il veut se moquer de nous.Si Fortin s'est taillé une place à part non seulement dans la peinture canadienne, mais dans la peinture tout court, c'est qu\u2019il est resté lui- même, qu'il a gardé à son pinceau la même vigueur conquérante, le même mépris des règles, la même passion des chocs brutaux de la couleur.» LE JUS DE RAISIN Plusieurs lectrices nous ayant demandé des recettes de jus de raisin, nous nous sommes procuré celles-ci du Ministère de l'Agriculture d'Ottawa : LA FABRICATION DU Jus DE RaIsIN Voici trois recettes pour la fabrication du jus de raisin qui sont recommandées par la Section des consommateurs du Service des marchés du Ministère fédéral de l'Agriculture.La première et la deuxième recettes donnent un jus concentré qui doit être dilué avant d'être servi.Dans la troisième méthode il faut employer une très grande quantité d'eau et il en résulte que le jus est prêt à être servi après coulage ; il faut également plus de bocaux lorsqu'on prépare le jus de raisin de cette façon, mais ce jus a le goût et la couleur des raisins frais.On peut faire des jus de trois couleurs différentes en se servant de raisins bleus, verts et rouges.Jus pE Raisin (lère méthode) Lavez et écrasez les raisins.Faites chauffer lentement sur feu doux ou dans un four à 200 °F.pendant 10 minutes.Si vous les faites chauffer au-dessus du feu, ne les laissez pas bouillir.Laissez égoutter toute la nuit.Ajoutez 14 tasse de sucre pour chaque tasse de jus.Faites bouillir jusqu'à ce que le sucre soit dissous.Versez dans des bocaux stérilisés.Bouchez partiellement et stérilisez pendant 5 minutes.Jus DE RAISIN (2e méthode) Ecrasez les raisins.Ajoutez 1 chopine d'eau pour 8 pintes de raisins.Mettez la chaudière dans un four à 200° F., ou par-dessus une deuxième chaudière contenant de l'eau bouillante pendant 15 minutes.Laissez égoutter le jus à travers un sac à gelée toute la nuit.Laissez reposer le jus 3 heures après que le sac est enlevé.Versez le jus soigneusement dans des bocaux stérilisés, en ayant soin de ne pas brasser le sédiment.Bouchez partiellement.Stérilisez 30 minutes dans un bain-marie ou 35 minutes dans le four à 275° F.Bouchez.Si vous désirez avoir un jus sucré, mettez 14 tasse de sucre pour 1 tasse de jus.Ajoutez au jus après égouttement.Amenez au point d'ébullition pour faire dissoudre le sucre et continuez comme il est indiqué ci-dessus.On peut obtenir un jus de deuxième qualité avec les méthodes qui précèdent en ajoutant 2 pintes d'eau à la pulpe égouttée et en faisant bouillir lentement pendant 20 minutes.Egout- tez et stérilisez comme pour la pre- miére extraction.Jus DE Raisin (3e méthode) 1 pinte de raisins 1 tasse de sucre Eau bouillante Lavez les raisins et enlevez-les de la tige.Mettez-les dans un bocal d'une pinte propre, chaud, stérilisé.Ajoutez le sucre et l'eau bouillante de façon à remplir le bocal jusqu'au bord.Bouchez et serrez dans un endroit frais.Le jus est prêt à être employé au bout de trois mois.59 Cette merveilleuse [ Jeunesse.aventure .la NE connaissez-vous pas dans votre entou- .rage de ces femmes \u2014 peu importe leur âge \u2014 qui semblent douées d\u2019une jeunesse éternelle ?Leur regard exprime la joie de vivre, leur- sourire a cette qualité indéfinissable des choses neuves, leur moindre geste remue de l'aurore autour d'elles.Ont-elles un secret ?une formule ?.Non pas, mais elles ont recours à FEMOL pour s'affranchir des malaises particuliers à leur sexe et peuvent traverser la vie un sourire aux lèvres.FEMOL n'est pas un simple calmant : ce concentré végétal va à la source du mal, soulage la douleur, tonifie les organes et les rend plus \u2018aptes à remplir leurs fonctions naturelles.Ne souffrez plus inutilement tous les mois ou aux époques difficiles de votre vie.Demandez aujourd\u2019hui même une boîte de FEMOL à votre pharmacien.ADOLESCENCE - MATERNITÉ - RETOUR D'ÂGE FEMOL CONCENTRE PUREMENT VÉGÉTAL INSTITUT CAZO 637, rue Craig ouest, Montréal.LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Ci-inclus veuillez trouver la somme de 85.00 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines: LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Ville ____._ \u2014 Province POIRIER, BESSETTE & CIE.Ltée 9T5, rue de Bullion, Montréal, Canada Cent Arpents de Neige EPUIS quelques hivers, grâce à la vogue croissante du ski de cross-courtry, les régions les plus favorables des Laurentides pour la pratique de ce sport deviennent de mieux en mieux connues.C'est ainsi qu'à la suite de la signalisation de la piste de la Feuille d'Erable, les skieurs ont pu découvrir et apprécier à sa - juste valeur le magnifique territoire de collines déboisées et de pentes rapides qui s'étend entre Ste-Adèle et Ste-Agathe.C\u2019est la que se trouvent les monts Fitzgerald, Marguerite, « JC.» et Loup-Garou, où les fervents de la descente peuvent vraiment mettre leur habilité à l'épreuve.On vient de créer au cœur de cette région, qui passe pour la plus belle du Nord, un centre de ski d\u2019un genre nouveau qui ne devrait pas manquer de jouir cet hiver d'une popularité méritée.Il porte l'appellation de « Sun Valley Farm » et se dresse sur la pente sud du mont Marguerite, entre le lac Milette et le fameux mont Fitzgerald.Comme le nom l'indique, c'est d'abord une ferme, avec dépendances, champs et bétail, mais une ferme moderne avec une vaste Le domaine de Sun Valley Farm offre aux skieurs des pentes très variées où chacun peut s'exercer à la descente suivant ses copacités.maison parfaitement aménagée offrant tout le confort d'hôtelleries beaucoup plus prétentieuses.Les visiteurs y trouveront, dans un décor d'une grande beauté pittoresque, une atmosphère champêtre reposante, en même temps que des pentes rapides et des sentiers de toutes sortes pour les excursions de cross-country.L'établissement compte, en plus de la maison de ferme, un magnifique chalet de style norvégien qui a été accroché au flanc du mont Marguerite, à 1500 pieds d'altitude, et d'où la vue embrasse un panorama vraiment incomparable.Vue générale de la ferme, y compris la maison et ses dépendances groupées harmonieusement cu fond de La RevuE POPULAIRE Du sommet du mont Marguerite, qui domine Sun Valley Farm, la vue se porte jusqu'au Mont-Royal, à 50 milles de distance.Por temps clair, on y distin- que en effet le dôme de l'Oratoire Saint-Joseph.la vallée.Photos C.P.R. JANVIER 1941 nommé Attaché honoraire des musées nationaux français.Enfin, depuis son retour d'Europe à Montréal, en septembre 1935, il est professeur de l'art au collège Jean de Brébeuf.La Peinture moderne est non seulement un ouvrage de choix à cause de son sujet et des qualités de son auteur, mais aussi par une présentation luxueuse.Il comprend un grand nombre de photographies de peintures parfaitement reproduites et il est imprimé sur un excellent papier.Il est écrit dans une langue élégante, simple et vivante.Une vaste documentation bien ordonnée renseigne le lecteur sur toutes les opinions importantes qui ont été formulées par les critiques d'art sur le sujet.Maurice Gagnon consacre, bien entendu, une importante partie de son livre à l'étude des peintres français et étrangers depuis le milieu du siècle dernier.La peinture canadienne fait cependant l'objet de quelques-unes des pages les plus intéressantes de son ouvrage.Ses notes sur Cosgrove et Marc-Aurèle Fortin, son chapitre sur le peintre Pellan, tout ce qu'il dit de la peinture canadienne comporte des idées et des jugements qu'il importe de connaître.Cet ouvrage, édité par les Editions Bernard Valiquette, 1564, rue Saint- Denis, à Montréal, y est en vente ainsi que dans toutes les bonnes librairies.Quoi DIRE, COMMENT DIRE ET Quoi FAIRE Le docteur L.-P.Mercier, de Hull, vient de publier, avec l'approbation des autorités ecclésiastiques, une petite brochure sur l'éducation sexuelle.Quoi dire à l'enfant qui, aussitôt son intelligence éveillée, commence à poser des questions sur sa naissance ?Quoi dire aux adolescents pour leur expliquer, sans les troubler, le changement qu'ils sentent se produire en eux et pour les prévenir contre les multiples tentations contre lesquelles ils auront désormais à se défendre ?Comment remplir ce difficile devoir d'éducation, auquel les parents ne peuvent se soustraire sans se char- get d'une responsabilité terrible ?C'est à ces questions que le docteur Mercier a voulu donner une solution générale.C'est dire que son ouvrage peut intéresser tous les pères et toutes les mères, C'est écrit avec simplicité et le souci constant d'être pratique.Le permis d'imprimer accordé par les autorités ecclésiastiques suffit à indiquer qu'on ne trouvera dans ces pages aucune indélicatesse d'expression, aucune exagération, rien qui ne soit conforme à la morale chrétienne.Son honneur le magistrat Achim, aussi de Hull, a préfacé la brochure.Voici ce qu'il écrit sur le style et l'esprit Quoi dire, comment dire : «Le chemin de l'auteur était semé d'écueils ; il fallait tout dire sans défaillance, mais il fallait aussi beaucoup gazer.Quel tact ne lui a-t-il pas fallu déployer pour ne pas donner du front contre l'écueil de la vulgarité ?Pour être réaliste sans bruta- lite 7 » Le volume est en vente aux Editions Bernard Valiquette, 1564, rue Saint-Denis, à Montréal.STYLISTIQUE CANADIENNE par l'abbé Etienne Blanchard, p.s.s.Quand les Canadiens français apprennent leur langue, ils ont à vaincre deux difficultés principales qui sont l'anglicisme et la pauvreté du vocabulaire.Le langage courant chez LITTERATURE CANADIENNE (Suite de la page 54) nous est, en effet, farci d'anglicismes et vicié par une faiblesse d'imagination et un manque de propreté des termes qui se marquent par l'emploi abusif des auxiliaires et la répétition constante de mots et de formules vagues.La Stylistique canadienne, cinquième édition du «Manuel du bon parler» sera d'une aide efficace aux écoliers et aux étudiants de même qu'à toutes les personnes plus âgées désireuses d'améliorer sans cesse leur langue.Dans cette brochure de 112 pages, M.l'abbé Blanchard indique la correction d'une foule d'anglicismes de mots et de tournures couramment entendus.D'autre part, l'auteur donne les verbes propres qu'on devrait le plus souvent employer au lieu des auxiliaires «être» et «avoir» et des verbes «dire», « mettre », « faire » et autres passe- partout.Un autre défaut commun de notre langue écrite est l'emploi abusif des incidentes commençant par «qui», «que» et «dont».La Stylistique canadienne donne un grand nombre d'exemples pratiques d'expression et de vocable précis et élégants par lesquels on peut souvent remplacer avec avantage ces incidentes.La Stylistique canadienne, publiée par les soins des Editions Bernard Valiquette est en vente à cette maison, au numéro 1564, rue St-Denis, à Montréal, ainsi que dans toutes les bonnes librairies au prix de 20¢ l'unité.COURRIERS DES VILLAGES par CLEMENT MARCHAND Depuis longtemps, on considère Clément Marchand comme un des espoirs de notre littérature.Ses récits pittoresques, ses contes écrits dans une langue savoureuse, originale et forte, ses poésies d'une grande puissance évocatrice, l'ont fait connaître bien avant qu'il rende public son premier ouvrage.Cet ouvrage, attendu d'un nombreux public, les Editions du Bien Public viennent de le publier, sous le titre « Courriers des Villages ».C'est un splendide volume agrémenté d'illustrations de l'artiste Rodolphe Du- quay.ous ceux qui liront cet ouvrage approuveront d'emblée ce jugement qu'a déjà porté le critique Valdombre sur l'auteur de « Courriers des Villages» : « Extrêmement sensible à tout ce qui respire à la campagne, Clément Marchand s'en découvre au- jourd\u2019hui le peintre incontestable, comme jamais il nous fut donné d'en glorifier un seul depuis les commencements de notre littérature.» Il est vrai qu'aucun écrivain de chez nous n'avait su encore décrire avec autant de richesse verbale, de colori et de verve la vie canadienne.Ses récits de la terre sont de ceux dont s'enorgueilliraient les lettres de n'importe quel pays.C'est pourquoi nous croyons que toutes les familles devraient posséder un exemplaire de « Courriers des Villages », pour faire aimer la terre, la terre du Québec, chantée par un grand écrivain.« Courriers des Villages », volume de 232 pages, avec illustrations de Rodolphe Duguay, est en vente chez l'éditeur, 1563, rue Royale, Trois- Rivières, et dans toutes les librairies assorties, au prix d'un dollar I'exemplaire.CLEMENT MARCHAND Poète, romancier et conteur, M.Marchand dirige avec M.Douville le *' Bien Public **, ebdomadaire des Trois-Rivières.61 NOS ARTS DOMESTIQUES (Suite de la page 47) leurs brillantes entourées par la foule de tons neutres des divers feuillages.Contemplez un instant le paysage et vous remarquerez de belles et harmonieuses combinaisons de couleurs.Vous comprendrez alors que votre pays, avec ses saisons changeantes, nous fournit une infinie variété de sujets et de nuances.Vous comprendrez aussi que c'est notre tâche à nous, travailleurs dans le domaine de l'art mondial, de nous tourner vers cette source d'inspiration à la beauté étrange et dominatrice, de prendre là des leçons de formes, de tons et de couleurs, d'y retrouver partout exprimés les principes du dessin, de lui emprunter des bribes de sa merveilleuse beauté et de la traduire avec une matière quelconque : peinture, laine, toile, bois, pierre ou métal.En agissant ainsi nous parviendrons à créer quelque chose d'excellent, inspiré par la terre de chez nous, et nous contribuerons a faire de nos arts et métiers l'expression même de la vie canadienne.La Canadian Handicrafts Guild est l'intermédiaire grâce auquel nous pouvons travailler à conserver et à faire connaître l'âme canadienne de notre artisanat, surtout par la confection des ravissants et pratiques tapis crochetés.Ainsi nos foyers canadiens s'embelliront du travail exécuté par nos artisans qui savent regarder, comprendre et reproduire les beautés de leur propre pays.PETITS CONSEILS ENCORE UNE SEMAINE Nous n'avons pas besoin de rappeler à nos lectirces qu'il ne leur reste plus que quelques jours pour acheter tous leurs cadeaux.Si leur choix n'est pas encore arrêté, le plus simple est de parcourir leur exemplaire de La Revue Populaire de décembre et de s'inspirer des nombreuses annonces qu'elles y trouveront.On y remarquera entre autres choses, de nombreuses annonces \u2018d'articles de toilette, de produits de beauté et de parfum.C'est ce que les femmes, en général, préfèrent acheter pour elles-mêmes ou offrir en étrennes à leurs parents ou à leurs amies.Nous leur signalons tout particulièrement les produits Yardley's, dont le choix de cadeaux pour dames et messieurs, présentés dans de jolis empaquetages de fantaisie est considérable ; ainsi que les divers produits Elizabeth Arden et Helena Rubinstein.° CASSEROLES : Une bonne précaution, notez-le, est de garnir anses ou manches de casserole avec de la ficelle ; ainsi, vous ne vous briilerez pas.e REVEILLE-MATIN : Si le timbre de votre réveille-matin est trop bruyant, enroulez une bande d'élastique autour de la cloche.Si l'élastique est étroit le son sera légèrement atténué et si l'élastique est large la sonnerie sera presque complètement assourdie.TACHES DE GRAISSE : Vous pouvez faire disparaître les tache de graisse fraîches en les saupoudrant immédiatement de sel fin qui absorbera tout. 62 Quelques personnes vous diront que le mieux est de ne pas vous hater et d'imiter les gestes de la mai- tresse de maison.Ce conseil n'est pas facile à suivre : la maîtresse de maison est peut-être placée loin de vous, ou bien la décoration de table vous empêche de la bien voir, ou encore votre manège pourrait être remarqué _et votre lenteur risquerait de retarder le service.Des partisans de la simplicité vous suggéreront de demander tout bonnement quel est le mets qu'on vient de placer devant vous et de quelle manière il vaut mieux l'attaquer.Il faut être très jeune, et surtout très jolie, pour se permettre semblable remarque.Dans ce cas, il vaut mieux l'adresser à mi-voix à un intime et ne pas prendre l'assistance à témoin de son embarras.Evidemment, il peut arriver à tout le monde de renverser son verre et de laisser glisser sa serviette à terre.Mais il n'est pas impossible, si l'on sait se servir à propos et avec adresse des instruments mis à notre disposition, de ne pas tacher la nappe, éclabousser de sauce son voisin, se barbouiller la figure et les doigts.La première question qui se pose est la suivante : doit-on ou ne doit- on pas prendre certains aliments avec ses doigts ?Pour y répondre, commençons par les hors-d'œuvre.Si on les apporte dans le salon, il va de soi qu'on a ses doigts pour unique fourchette.S'ils sont servis à table, il faut les prendre avec la petite fourchette qui est à votre gauche.Si elle ne suffit pas, laissez-en dans votre assiette, mais n'appelez jamais un couteau à votre aide.Les huîtres, les crevettes, etc, s'avalent d\u2019une bouchée au moyen de la petite fourchette placée à droite du couteau à viande.Pour mangez le potage, on se sert de la cuiller à forme arrondie, même si elle semble peu proportionnée aux délicates tasses à bouillon ou à la modeste quantité de potage qui couvre à peine le fond de votre assiette.Les petits pains, les biscuits ou les biscottes remplacent presque toujours le pain ordinaire.Les croûtons de pain grillé se mettent dans la soupe.Certains plats d'entrée cachent des embiiches.Il en est ainsi des \u2018asperges et des artichauts.Il n'est pas incorrect mais extrêmement dangereux de prendre les asperges avec ses doigts et la prudence la plus élémentaire recommande de se servir d'une fourchette.Si l'on passe une sauce avec les artichauts, mettez-en une ou deux cuillerées sur le bord de votre assiette.Si vous ne voyez venir ni sauce, ni mayonnaise, mé- fiez-vous : elle se cache au cœur de l'artichaut.Prenez les feuilles une à une, trempez-les délicatement dans la sauce, mangez la partie tendre de la feuille et replacez la partie dure sur votre assiette.Quant on sert du poisson, on devrait mettre un couteau et une fourchette à poisson à la disposition des convives.Il arrive cependant que vous deviez vous tirer d'affaire, tant bien que mal, avec seulement une fourchette.Vous aurez alors soin de séparer tout de suite les arêtes de la thair, à l\u2019aide de la fourchette seule.Il n'y a que pour le homard ue l'on tolère l'intervention des oigts.Vous voilà maintenant en présence d'une aile de perdrix ou de poulet, ou encore d'un demi-pigeon.Vos doigts peuvent-ils intervenir ?Hélas! non, c'est absolument défendu, à moins toutefois que votre hôtesse ne vous y invite et ne vous en donne elle-même l'exemple.Autrement, ef- L'ETIQUETTE DE TABLE (Suite de la page 21) forcez-vous de trouver le joint qui facilitera votre tâche, débattez-vous de votre mieux et le plus discrètement possible.Le service de la salade n'est pas lui non plus de tout repos, surtout si celle-ci est ferme et croquante.Elle peut alors vous jouer de très vilains tours.Les endives, la laitue, les asperges, la chicorée, etc.se mangent à la fourchette et se découpent de même sans l'intervention du couteau.Comme on apporte en même temps que le dessert la cuiller ou la fourchette dont il faut se servir pour le manger, il n'y a pas de difficultés sérieuses de ce côté.Faites attention de ne pas tacher avec du jus de fruit les belles serviettes en toile damassée ou brodée qui sont l'orgueil de la maîtresse de maison.Un gâteau dont la glace est collante se prend avec une fourchette.Quoiqu'il en soit.déposez-le sur votre assiette et non pas sur la nappe.Il faut découper les fruits avec le couteau, puis les manger avec la fourchette, même s'ils nous semblent alors beaucoup moins savoureux que quand nous allions les cueillir à l'arbre.Enfin, le fromage à la crème doit être beurré sur un biscuit a l'aide d'un couteau.Je laisse à mes jeunes lectrices qui, j'en suis convaincue, ne manquent ni de savoir faire, ni d'ingéniosité, le soin de substituer d'autres exemples pratiques à ceux que je viens de leur citer.L'UNIVERSITE LAVAL (Suite de la page 5) qui s'efforcent de propager et de faire rayonner autour d'eux les immortels principes de la sociologie catholique.Que les temps sont changés, me suis-je dit au premier abord, en entendant ces jeunes remplis d'ardeur m'énoncer tous ces programmes, me détailler toutes les initiatives ! Mais après la soirée, m'en retournant chez moi par l'historique rue des Remparts qu'une froide lune d'arrière-saison éclairait de pâles rayons, encore plus glacés de s'être baignés dans les eaux du Saint-Laurent, il m'est revenu qu'après tout, entre les étudiants de 1940 et nous, leurs aînés, l'esprit n\u2019est pas aussi différent qu'on pourrait l'imaginer.Ils ont pour eux le nombre, c\u2019est entendu, et le progrès moderne leur assure des conditions de vie et de travail que nous n'aurions même pas osé imaginer.En outre, l'ambiance qui les entoure et le rythme d'existence de la société actuelle ont developpé en eux un ecuriosité intellectuelle, une soif de connaissances et un goût de la spécialisation qui nous ont évidemment fait défaut.Ils sont plus réalistes, plus compréhensifs, peut- être plus studieux et, dans un certain sens, plus ambitieux que nous ne l'avons été.\u2018Tout ceci est vrai mais ce qui ne n'est pas moins, c'est que leur cœur, Dieu merci, est encore frère du nôtre.Il est enthousiaste et vibrant, simple et joyeux, tendre et sentimental.Voilà pourquoi nous pouvons encore nous comprendre sans peine et nous aimer sans arrière-pensée.Au contact de leur merveilleuse jeunesse, nous nous souvenons avec émotion de la nôtre et nous souffrons de penser qu\u2019elle va leur échapper aussi vite qu'elle nous a fui.Puissent- ils au moins, si la chose est possible, sentir encore mieux que nous le prix inestimable de ce trésor unique, et fasse également le Ciel que l'existence leur permette d'en tirer meilleur parti qu'il me nous fut donné de le faire ! AU DEPOT CENTRAL DES LIVRES ET DES REVUES (Suite de la page 41) suit dans plusieurs numéros nous faisons de notre mieux pour réunir la collection en un même colis.Malheureusement, nous ne l'avons pas toujours au complet.\u2014 Rien de lourd à transporter comme des livres.Pouvez-vous à la rigueur les envoyer chercher ?\u2014 Certainement.Il n'y a qu'à nous téléphoner : PL.5594 et nous enverrons prendre à domicile tout paquet de quelque importance.Nous acceptons aussi avec reconnaissance des jeux de cartes et n'importe quels autres jeux qui ne sont ni trop lourds ni trop encombrants, pourvu qu'ils soient complets.\u2014 Je ne manquerai pas de le dire à nos lecteurs.J'aimerais aussi à leur faire connaître les noms de vos collaboratrices.Je sais que Mme Pierre Casgrain a consenti, malgré ses nombreuses occupations, à accepter la présidence d'honneur de votre comité.\u2014 Oui, et son acceptation a été pour nous un encouragement et une aide.Si vous désirez transcrire la liste des autres membres, la voici : Présidente de l'Exécutif : Mme R.-M.Mitchell; vice-présidente : Mme L.-N.Panneton ; trésorière et assistante de Mme Mitchell : Mlle Gertrude Jarvis; secrétaire française: Mme Roger Dufresne ; secrétaire anglaise : Mlle Greta Finley.Le comité comprend : Lady Marler, Mlles Greta Finley, A.-G.Jarvis, Gertrude Bell, Albertine Chené, Florence Ewing, Mmes H.-F.Parker, J.-M.Humphrey, T.Caverhill, P.Alymer ; Mlle Marthe Simard est en charge du petit groupe de la Ligue de la Jeunesse Féminine qui apporte son concours à cette organisation et dont les représentantes sont : Milles Lau- rette McNichols, Louise Beaulieu, Audrey Davis et Hélène Casgrain.Pour que ma visite soit complète, Mme Mitchell me conduit ensuite chez les chefs du service auxiliaire en charge des livres et des revues, à savoir le capitaine Normand Southward et le major Bernard Languedoc.Eux aussi me répètent que les publications en langue française sont très en demande et je promets de le redire de leur part aux lecteurs de La Revue Populaire.LA Revue POPULAIRE LES MIETTES DE L\u2019HISTOIRE Franchise Le roi Victor-Emmanuel II, l'aïeul du roi d'Italie actuel, était galant homme et fort buveur, gai, plein d'entrain et toujours de bonne humeur.Il aimait à causer avec ses sujets, et, comme son petit-fils, il avait l'habitude de sortir seul et sans aucun apparât.Un jour, à Courmayeur, le bruit se répandit de son arrivée.Une paysanne curieuse demanda à le voir.On la renvoya, mais comme elle insistait, le tumulte qu'elle faisait était tel, qu'il attira l'attention du roi.\u2014 Qu'y a-t-il?demanda-t-il.On le lui expliqua.\u2014 Qu'elle entre, cette brave femme ! fit le souverain en riant.Il ne sera pas dit que j'ai refusé de me montrer à une femme et surtout à une femme qui désire me voir.La paysanne entra.Victor-Emmanuel s'attendait à la voir se prosterner et lui présenter un placet, comme cela arrivait fréquemment.Au lieu de cela, la brave femme regarda tout autour d'elle, demandant où était le roi.~ Mais c'est moi, fit Victor- Emmanuel, qui suis le roi, ma bonne dame.Stupeur de la paysanne.\u2014 C'est vous, le roi?\u2014 Mais oui! \u2014 Pas possible ! \u2014 Mais si, pourquoi en doutez- vous ?, \u2014 Ah! s'écria-t-elle en italien, si j'avais été reine, je n'aurais pas voulu épouser un homme aussi laid ! Victor-Emmanuel rit énormément, car cet accès de franchise le ravissait.Sa simplicité le faisait aimer de tous et ceux qui l'approchaient avaient toujours avec lui leur franc- parler.Ce qu'était Dagobert pour ses contemporains Demandez à un enfant ce qu'était le roi Dagobert, il sourit.car la vieille chanson populaire n\u2019éveille dans sa pensée qu'une image grotesque ; mais ouvrez les chroniqueurs semi-barbares, qui nous ont dit le peu que nous savons sur le septième siècle, et vous y lirez ces mots : « Le roi Dagobert, ardent, beau, et si célèbre que nul avant lui, entre tous les rois des Francs, ne peut lui être comparé.» (Vie de saint Floi, évêque de oyon, par Ch.Barthélemy.) Les louanges exagérées ne flattent que les sots Henri IV, fatigué d'un longue traite qu'il avait été obligé de faire pour aller secourir Cambrai, passa par Amiens.Un orateur, qui vint le har- ranguer, commença par les titres de très bon.très grand, très clément, très magnanime .\u2014 Ajoutez aussi, dit le roi, et très fatigué.Ce prince n'aimait pas les louanges; il disait qu'elles seraient d'un grand prix, si elles nous donnaient les perfections qui manquent, au lieu qu'elles nous ôtent souvent celles que nous avons. Balla LA REVUE POPULAIRE 1941 JANVIER 1941 1941 FEVRIER 1941 1941 MARS 1941 sale [2 [3a Teles] 1 Tt Teele 1 1 5/ 6/7) 8] 9 #11 21 3|4|/5]6 «7-8 2 3 4 |[50 [2 1 |2-| 3 112 34 5 #6 #7 6 7] 8 |+8- 10 Ft 2 415|/6,/7)8 «10 8 9(10|11|12|%3< 14 1314/15/16 17 +&19 1112/13/14, 15 +617 15(16(17|18|19 2021 20212223 24 25-26 18,19/20)21 22/23) 24 22/23/24 25/26 2#% 2 2712812930 son 2% 25126127128 129 30 Zi 29130 32 122 100 leu 1941 JUILLET 1941 1941 AOÛT 1941 1941 SEPTEMBRE 1941 8 | | 11 2 3 |-# 5 Sola] ren wll 2 $.| 1] 2 3 4 |: 6 6 7) 8, 9 10-41-12 3/4, 5) 6,7 849 7189 10/11 13 13/14 15/16/17 |-+&|19 10111213 (14 5 ¥6- 14/15/16, 18 194 20~ 2012122 /23 24 2526 17|18,19,20)21 22-23 212223) 24,25 26-27 27\\128129130/31|.2.122.*|25/26/27|\\28 298430 28129130 10102 1941 OCTOBRE 1941 1941 NOVEMBRE 1941 1941 DECEMBRE 1941 Dim.Lun.Mar.Mer.Jeu, Ven.Sam.Dim.Lun.Mar.Mer.Jeu.Ven.Sam.Dim.Lun.Mar.Mer.Jeu.Ven.Sam.2 +50 |+2>| 11 2 | 4 So etn [WP] ts 1 2, 1/2|3) 4 5 6 5 6,7, 8) 9 4611 213|/4|5 6 +:7< 8 7\\8|9 10,11 F213 12/13/14)15/16 #18 9 |10)11,12/13 #4 15 14115 /16/+%|18 + 26- 19/20/21) 22 23/2425 16/1718 ,19|20 2%) 22 21122 23/24 2526) 27 26127/28/29/30 8k| 2.4124125126127 2829 281291301311 .5.1.% 1.2. res Fm > ly SN _\u2014 J momie CET a .- \u2014- I NJ \u2014\u2014\u2014 Xi.= er Le Canada persisteT\u2026 quand même ! Le plus grand service que nous, de l\u2019arrière, puissions rendre à notre pays dans cette période critique, c\u2019est de continuer notre train de vie comme à l\u2019ordinaire \u2014 tant dans nos demeures qu\u2019à nos affaires.Le conflit actuel est une guerre commerciale, une guerre de nerfs autant qu\u2019un conflit armé.Il est d\u2019importance primordiale que les affaires soient maintenues au niveau normal \u2014 et ceci pour trois raisons principales : \u2014 1.Pour pouvoir assurer la nourriture, le vêtement, l'abri et les moyens d'existence à ceux qui sont restés au foyer.2.Pour être en mesure de fournir \u201c le nerf de lo guerre \u201d \u2014 l'argent autant que les hommes et les munitions.3.Pour assurer que dès la fin des hostilités le commerce canadien soit en état de reprendre son cours normal d'avant-guerre, sans crise, sans dépression.Nous, au Canada, ne vivons pas dans la crainte constante de \u201craids\u201d subits.Le danger de manquer d\u2019aliments ou d\u2019autres nécessités de la vie n\u2019existe pas chez nous.Pourtant, toute déviation dans notre façon normale de vivre \u2014 tout surachat, toute accumulation anormale de marchandises quelconques \u2014 peut disloquer l\u2019industrie aussi efficacement que le pourraient les bombes.créer un état de panique qui occasionnerait le chômage, la hausse désordonnée des prix, la misère.Soyons normaux \u2014 dans nos pensées comme dans nos actions.Adoptons, nous aussi, la devise britannique : \u201cLes affaires comme à l'ordinaire\u201d.Achetons et vendons normalement afin que le Canada soit puissant pour la guerre et solide pour l\u2019après-guerre.Texte préparé par et publié sous les auspices de ADVERTISING and SALES EXECUTIVES CLUB OF MONTREAL Un organisme consacré à l'avancement des connaissances dans la publicité et la vente.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 "]
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