Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1948-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" par 0 N t> t = > > 206 À LA REVUE sf.\u201c4 À \u20ac PER Vv om LY = N «334 | IS «5 & CON \u20ac ql = y » À 2 Hye ; j tee NY) £2 i As > eo * > >, ; pe x ~ + lg ww 6 \"Ne 7 = \u201c2 ei Es a Jo ~ #e + f + +> Ei a, Ya Ne + ~, + A.Aeon : » Se 0e 3 EC 4 ux ++\" HE a, | aan % * > co ps = Fe #5 J J a LE Fe \u201c06 xs Ve Te es 5% - + 7 Se vi yk ra ot RS i i \"es + re JE + A4 ; wv Li Wk hed Phe) * y MONTREAL, SEPTEMBRE 1948 #4 7 = À Notre roman d'amour : at } 3 LA DAME ;t oy ae 2 oy AU CHAPEAU BLEU at, + esd £4 Ra a.RE Par Eveline Le Maire 4 tnd A À Gi Ca Lab q 4 x fo 3, wy We pd Ep $4 a 4 a La are à > AY 2, fi pg 4 Shy Jy Ma L RAYS Pope Cf t'a + ¥ 4 ; rm \"2 - @&« I ta 2006 .! lh UN PARQUET DE MARBOLEUM fait vraiment partie intégrante de la décoration de cette chambre, qui ferait l\u2019envie de bien des femmes.Ses couleurs chaudes et lumineuses, et ses incrustations artistement composées, ajoutent au charme de la pièce tout entière.En outre, un parquet de Marboléum est merveilleusement élastique et insonore.Marcher ne fatigue plus \u2014 mais délasse ! Et il suffit d\u2019un minimum d\u2019entretien pour préserver presque indéfiniment la belle apparence du Marboléum ! Le parquet ci-dessus est fait de Marboléum M/93 (une nouvelle teinte riche et chaude) avec incrustations de linoléum uni, de couleur ivoire.DOMINION OILCLOTH & LINOLEUM Company, Limited MONTREAL La Revue Populaire Dans la chambre de Madame comme dans toute autre pièce de la maison, les couleurs unies (nombreuses et toutes attrayantes) du linoléum Dominion Battleship et les discrètes marbrures du Marboléum offrent un choix illimité à qui veut déployer son originalité et son goût.Consultez votre marchand de linoléum \u2014 il saura vous proposer d\u2019habiles combinaisons de lignes et de couleurs.EEE Eee FAI jas UNSPLANCHER SOUPLE ET SUPERBE ds see el Montréal, septembre 1945 LA RECHERCHE DU BONHEUR « .° , LA On ne menerait pas une vie feconde et libre, on ne cherche- .9 .° \\ rait pas vraiment le bonheur, si l\u2019on ne reconnaissait pas a J ses semblables le droit d\u2019en faire autant.On ne jouit de ses & .\u201c e droits que dans la mesure ou l\u2019on accepte de ne jamais les exercer au detriment de ceux des autres.Lorsque pour vivre en homme libre on diminue un tant soit peu la liberte de quelqu\u2019un, on fausse l\u2019ideal pour lequel nos ancetres ont lutte.La Maison Seagram croit fermement \u2019 .« - que la moderation est la principale regle a observer dans la \u2019 ., recherche du bonheur.moderation dans la pensee, dans les actes et dans les habitudes.C\u2019est pourquoi, en ce qui a trait a l\u2019usage du whisky, la Maison Seagram a si souvent rs ° \u2019 ° repete ce conseil d\u2019en user avec moderation .ou pas du tout.Les bemmes qui ponsent à demain LA MAISON SEAGRAM Au cours des 35 dernières années, la fréquence de la mortalité chez les enfants de 1 à 14 ans a baissé de plus de 80 pour 100.Aujourd\u2019hui, les accidents, à la maison et à l\u2019extérieur, sont les principales causes de décès chez les enfants.De plus, chaque année, des milliers d\u2019enfants sont estropiés pour un temps ou pour toujours, par des accidents.Par bonheur, bon nombre d\u2019accidents peuvent être empêchés.Les parents peuvent contribuer largement à conserver la santé et le bonheur de leurs enfants, en enlevant les causes possibles d\u2019accidents et en imposant des règlements inspirés par le bon sens pour apporter de la sécurité.1.Les parents feront bien de tourner les manches de casseroles sur le poêle, de façon qu\u2019ils ne puissent être atteints; ils auront soin, également, de garder les allumettes en un lieu sûr, et de mettre un écran solide devant la cheminée ou devant une chaufferette découverte.3.Les enfants doivent apprendre à ne traverser les rues qu\u2019aux intersections; à obéir aux signaux de la circulation; à regarder de côté avant de s\u2019engager dans la rue; à se diriger contre la circulation, s\u2019ils doivent marcher sur la route.2.Les parents pourront aider à empêcher des chutes, s\u2019ils disposent d\u2019une pièce de débarras pour y mettre les jouets de façon que ceux-ci ne soient pas abandonnés sur les escaliers ou sur le plancher.Les fenêtres doivent être protégées et les passages bien éclairés.4.I! convient qu\u2019un adulte soit sur place lorsque les enfants jouent dans l\u2019eau ou près de l\u2019eau.Au cours de l\u2019hiver, les parents devraient vérifier l\u2019état de la glace où les enfants patinent.Les parents peuvent également faire beaucoup pour protéger leurs enfants, en leur enseignant des moyens prudents de travailler et de jouer.ependant, en dépit de vos précautions, votre enfant aura peut- être plus d\u2019accidents qu\u2019il ne faudra.En ce cas, il pourra étre sage de consulter votre médecin de famille.Afin d\u2019en apprendre davantage sur la manière de protéger votre enfant, demandez à la Metropolitan sa brochurette gratuite, intitulée: \u201cVeillez à la sécurité de votre enfant\u201d.Adressez-vous au département 98-Z, Direction Générale au Canada, Ottawa.\u2019 Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) New-York LE PRÉSIDENT: Leroy A.Lincoln LE PRÉSIDENT DU CONSEIL: Frederick H.Ecker Direction Générale au Canada: Ottawa Préservez vos enfants de la variole, de lo diphtérie, de la coqueluche, du tétanos, de la scarlatine.Dès maintenant, faites-les immuniser.Voyez votre médecin ou votre Unité Sanitaire.\u201c4 REVUE 41e ANNEE No 9 Littérature Lee ee encres Sous le signe de la Vierge Mode La vie prodigieuse des papillons, La Revue Populaire MONTREAL, SEPTEMBRE 1948 par Marcelle Lepage-Thibaudeau .10 Princesse sans couronne, .nouvelle par Lydie Lacaze .11 Ce dont on parle, _- c par Lucette Robert ennuis 12-13 M.Jean Lallemand chez lui .er 14 Sarah Bernhardt, par Claude Bénédick .ee 15 .; - NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR : ; LA DAME AU CHAPEAU BLEU i e Maire .16-17 Les catholiques ont repris leyf#fplace en Angleterre .18 Role et principe d'action vie chambre de commerce locale, : par Oscar Bin, L.S.C., CA.23 Mes meilleures recettes, par Mme Rose Lacroix Nos mots croisés La broderie, / par Mgre L.de Bellefeuille \u2026 Pour vous, Mesdames Modes Simplicity .Comment amuser les enfants .Le parapluie revient a la mode Chaussures d\u2019enfants, par Francine NOTRE COUVERTURE : PHOTO F.P.G.\u2014 A.MILLER LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9638% GEORGES POIRIER Président du conseil JEAN CHAUVIN Directeur Sec.de la rédaction.Gérald Danis Chef dv #irage.Odilon Riendeau Directeur artistique.Hector Bravit Pages féminines : Mme Jules Fournier, Mme Lucette Robert et Mlle Simonne Daigneault.FRED POIRIER Président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Culsine.Mme Rose Lacroix Sclences naturelles : Mme M.L.Thibaudeau Clnéma.Mme Giibert-Sauvage Broderle.Mme L.de Bellefouille ABONNEMENTS Canada Etats-Unls LI 1 J, $1.50 IT, J JT.TS, 2.50 2 UNS.\u2014 AU NUMERO : 20 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879, Autorisé comme envol postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa, vas Montréal, septembre 1948 LITTÉRATU canadienne et francaise La Société Royale accorde ses deux grands prix au chanoine Lionel Groulx et à Gabrielle Roy.© Texte de M.Arthur Saint-Pierre, M.S.R.C.Gabrielle Roy J\u2019ai l\u2019honneur et la très grande satisfaction de vous présenter, pour la médaille Lorne Pierce, Mme Gabrielle Roy-Carbotte, membre de notre section.Mon ignorance venant en aide a ma discrétion, je ne vous dirai pas a quelle âge Gabrielle Roy est devenue l\u2019un des premiers, le premier peut-être de nos romanciers canadiens de langue française.Ce qui est sûr, c\u2019est qu\u2019elle l\u2019est depuis quelques années déjà, et que l\u2019on a fini par le reconnaître assez généralement depuis au moins deux ans.Or, tous ceux qui ont eu le plaisir doublement rare \u2014 par son peu de fréquence et par sa qualité \u2014 de la connaître, vous affirmeront que c\u2019est là pour elle un honneur aussi précocement obtenu que richement mérité.\u201cBonheur d\u2019occasion\u201d, c\u2019est la peinture fidèle d\u2019un coin de l\u2019un des faubourgs ouvriers de Montréal, après dix longues années de dépression économique et de chômage ininterrompu.Certains se sont offusqués des couleurs sombres du tableau et de l\u2019aspect misérable des modèles choisis par l\u2019auteur.Il me paraît y avoir un bien singulier malentendu.Loin de faire tache dans la mosaïque.des groupes sociaux variés dont la population montréalaise se compose, comme celle de toutes les grandes villes, les personnages de \u201cBonheur d'occasion\u201d méritent non seulement la sympathie, mais l'admiration du lecteur averti et attentif.Compte tenu de la longue épreuve qu\u2019ils ont traversée, des conditions de vie abrutissantes qu\u2019ils ont subies et qui les oppressent encore, on s\u2019émerveille du souci de propreté physique et moral qu\u2019ils ont conservé, de la puissance et de la souplesse du ressort qui anime encore leur volonté.On les estime et on les aime d\u2019avoir presque complètement échappé aux tentations d'envie et aux prédications de haine qui, dans des circonstances souvent moins tragiques, en ont fait chaviré tant d\u2019autres.Ils sont capables, presque tous, d'optimisme et de gaité, et c\u2019est là quelque chose de vraiment extraordinaire.C\u2019est tout à l\u2019honneur de la population de Saint-Henri d\u2019avoir offert aux yeux clairvoyants et à l\u2019esprit critique qui l\u2019ont si attentivement regardé vivre, un spectacle où se montrent inévitablement bien des miséres et bien des faiblesses, mais rien ou presque rien de la dégradation sordide, de la déchéance crapuleuse ou sont descendus tant d\u2019autres milieux populaires pareillement éprouvés.Le secret de cette belle résistance, le puissant et merveilleux ressort qui Lire la suite page 84 nter 2 est, ar ve ho sen que Veal temp?put vous à ez beso: dont LOMBIER .u oigts .les ébouilla nt Ce robinet Zeon omique .VOTRE P Tez CONSULT CE SUJET Faites venir un exemplaire de \u201cProjets de cuisines et salles de bains modernes et pratiques\u201d.Cette brochure vous aidera à tirer le meilleur avantage possible de tout espace disponible dans la maison que vous vous proposez construire ou dans votre résidence actuelle.Puis le livret \u201cPlomberie et chauffage ur le foyer\u201d vous indiquera les nom- reux appareils qui sont actuellement fabriqués.Appareils sanitaires - Matériel de chauffage Robinetterie - Raccords - Tuyauterie La cuisine de Madame .TELLE QU\u2019ELLE L\u2019AVAIT PROJETEE les rêves deviennent des réalités lorsque la \u201cmaison de vos reves\u201d est munie d\u2019appareils Crane ELLES sont des plas pratiques les idées de Madame lorsqu\u2019elles s\u2019appliquent à sa cuisine.Car c\u2019est là qu\u2019elle-même ou sa cuisinière doit chaque jour passer une si grande partie de son temps.Tant de travail, de temps et de pas peuvent être épargnés dans la cuisine par une conception et du matériel modernes.L\u2019évier est le pivot de la cuisine.Lorsque vous choisissez un évier Crane, vous vous assurez une satisfaction durable.Naturellement, il vous faudra voir aussi à ce que votre approvisionnement d\u2019eau chaude soit abondant.Parmi les divers modèles procurables, choisissez l\u2019évier qui répond le mieux à vos besoins par sa grandeur, sa profondeur et sa superficie de travail.Les éviers Crane sont de fabrication solide et de belle apparence, et conçus pour un maximum d\u2019efficacité.Leurs surfaces resplendissantes sont des plus faciles à nettoyer.Mentionnez à votre architecte le type que vous avez choisi.Tout entrepreneur en plomberie et chauffage au Canada vous le fournira et vous le posera.1-8088F .CRANE LIMITÉE ET SES FILIALES CRANE LIMITÉE, Siège Social: 1170, square Beaver Hall, Montréal 2, Canada 18 succursales dans les villes du Canada et de Terre-Neuve e Les produits des filiales suivantes sont fabriqués selon les normes de qualité Crane: CANADIAN POTTERIES Limited WARDEN KING Limitée PORT HOPE SANITARY Manufacturing Co.Limited CRANE STEELWARE Limited ALLIANCEWARE Ltd.SERVICE NATIONAL PAR SES SUCCURSALES, LES GROSSISTES ET LES ENTREPRENEURS EN PLOMBERIE ET CHAUFFAGE a La Revue Populaire UM 12 pi \u201d Pia % a i tt Em Z hr, h on Ls ly Ie i i, Lf Lamp | / i i { Fi Li 18 i 4 i \u201cJ i 0 fi 4, 2 i 4 hy J | er cd i 2.ge PF, OULEZ-VOUS.nnaître les secrets de beauté les plus jalousement gardés\u2019 jusqu'ici?\u2018Adressez \u2018 tout simplement une carte.à Beauty Counselors, dsor, On ol.yous demanderez le ce de la Conseillère \u20ac de votre région, Celle-ci s'empressera # sé de vous rendre \u201cvisite avec sôn assortiment co plet.de cosmétiques Beauty Côunselo.Bt vous wader qu\u2019à.en faire l'essai, dans # Pin nme de votre foyer pour aussi découvrir combien: i \u201csoins de Fépiderme; à ia manière Beauty- Counselors, peuvent étre simples Ë et embellissants Notre Conseillère vous apprendra comment vous | maquiller dans tes les plus flatteuses ét comment accentuer = vos traits Un mot de vous et Beauty Counselors fera ressortir vote harme et votre beauté, sans vous obliger à acheter quoi que ce soit.; \u2018Quand l\u2019aimabl Conseillère passera vous voir.n'oubliez\u2019 pas \u201c l\u2019interroger sur Mosacta articles de toilette pour MESSIEURS ! £ Annonce.acceptée par le Canadian Medical Association Journal.D, OF CANADA LIMITED i WINDSOR, ONTARIO 5 4 8 j Bi esa PE Hi =\" Montréal, septembre 1948 SOUS LE SIGNE DE LA VIERGE E DIOCESE de Montréal et l'église Notre-Dame célèbrent le 12 septembre la fête du Saint-Nom-de-Marie, leur patronne.Le 21 septembre marquera le centenaire de l'installation du gros Bourdon dans la tour de la Persévérance.De là cette page en hommage à l'église-mère du Canaca, illustrée de photos inédites de notre collaborateur Armour Landiy.On sait que l'île de Montréal fut en 1642 consacrée à la Sainte Famille et placée sous la particulière protection de la Sainte Vierge.C\u2019est ce qui explique que le fondateur de Montréal, M.de Maisonneuve, lui ait donné le nom de Ville-Marie, nom que conserva Montréal jusqu'en 1701.Quant au gros bourdon, appelé gs i $Y 2 4 73 {er Jean-Baptiste, et pesant près de 25,000 livres, il fut hissé LUCE TE \u20ac NN (A au sommet d'une des deux tours voici cent ans.Avant cette opération, exécutée au moyen de câbles et de poulies empruntés à la compagnie de chemin de fer de Lachine, le bourdon avait été béni par Mgr Jean-Charles Prince, en présence de ses parrains, l'honorable Louis-Hippolyte Lafontaine et le maire, M.Joseph Bourret.Notre-Dame de Montréal est l'église-mère du Canada.La première chapelle construite par Paul de Chomedey de Maisonneuve, dès son arrivée en 1642, servit d'église paroissiale sous le titre de Notre-Dame.L'église actuelle (ci-d ) fut ée, on sait, en 1829.Le choeur et le maître-autel ) ornés de sculptures de Henri Bouriché.Au-dessous, l\u2019un des vitraux historiques dont l'église s'est enrichie en 1930 et 1931.Les onze verrières du rez-de-chaussée racontent l'histoire religieuse de Montréal; la première galerie en compte dix-sept autres.Au centre, les grands prophètes Ezéchiel et Jérémie, sculptés en bois par Philippe Hébert.D'autres artistes canadiens, tels Charles Gill, Ludger Larose, Delfosse, Franchére et Henri Beau, ont contribué à la décoration de la chapelle du Sacré- Coeur.Le groupe ci-dessus est au pied de la magnifique chaire de Notre-Dame.PHOTOS ARMOUR LANDRY La Revue Populaire aa à SE élicieuse robe de tulle blanc ornée d'une plume Robe de petit soir de dentelle mauve à double jupe.Joli\u2019 manteau du soir en velours noir à jupe circulaire autruche bleue retenue par un noeud de taffetas.Le large ceinturon est de taffetas mauve également.dont les manches sont ornées de poignets de renard noir.ne ceinture à rayures romaines et une écharpe \u201csont Elégante robe d'aprés-midi de lainage vert forét dont le D'allure très jeune, voici une magnifique robe de diner de s accessoires brillants qui égaient cette robe grise.drapé Watteau retenu sur le côté dissimule une poche.pure sole francaise à motifs de tartan rouge et noir.na à New Les couturiers américains, membres du New York Dress Institute, présentaient à New-York leurs dernières créations.La richesse des tissus rivalisait avec la sobriété de la coupe.Les velours, damassés, taffetas cloqués, peaux de soie, satins et failles rappelaient l'époque heureuse d'avant-guerre.Les dentelles et les perles apportaient leur note de féminité.Les couleurs gaies comme le py Emeraude, le bleu Royal, le rouge Grenadine contrastaient avec le brun{R Fatêt, le bleu Minuit, le pourpre et le gris rooans tous les tons e [Fümée, Grisaïlle, Bruine et Perle. Montréal, septembre 1948 Magnifique robe du soir en crêpe blanc brodé de perles Rappelant la silhouette Irene Castle, une élégante d'argent.Un boléro à larges manches complète l'ensemble.robe de diner de crêpe noir ornée de satin ivoire.engi ti a Des poches originales ornent ce costume de lainage gris.D'inspiration militaire, voici une robe-manteau de tar- Une écharpe de soie est retenue par un bijou délicat.tan brun et beige.La jupe est ouverte sur le côté.Une splendide création frène, cloche : de velours jaune à calotte drapée ; ornée de grosgrain et d\u2019une voilette.PHOTOS Une magnifique cloche de velours gene Pr é NEW YORK DRESS INSYITUTE plus éclatantes couleurs, légers comme les bri- brises, n'est-ce pas évoquer à la fois d'exquis «ableaux qui ont émerveillé nos yeux d'enfant s\u2019ouvrant à la lumière, à la beauté?Il ne semble pas sossible de séparer les papillons du lieu où ils nous sont apparus pour la première fois: un jardin enchanté où croissaient des roses peut-être ou des lis ou des pavots rutilants; l'or blond d'un champ sous l'ardeur splendide d'un midi estival, ou la fraiche frondaison d'un bosquet, d'une forêt mystérieuse.Cependant, en admirant les capricieuses évolutions du papillon, qui songe à lui arracher son secret ?Sous ses atours princiers, cache-t-il un coeur honnête ou une âme de brigand?Ce buveur insoucieux qui se désaltère de l'exquise liqueur sucrée enfermée dans les calices odorants et qui se fait volontiers messager d'amour, en transportant, accolé à ses barbillons, sur les pistils des fleurs femelles le pollen des fleurs mé- les, ne commet-l jamais de peccadilles ou de délits plus graves ?C'est à voir! Poser cette question, c'est précisément lever toute une armée de témoins hostiles, implacables : entomologistes, oiseaux et certains insectes qui constituent une police avertie et qui I'accusent véhémentement de multiples forfaits et réclament, avec énergie, sa juste condamnation.Mais quel crime peut perpétrer cet éblouissant seigneur qui ne porte sur lui aucune arme dangereuse et qui semble, par surcroît, n'avoir d\u2019autre souci que de folâtrer et de s\u2019enivrer de nectar ?N'y at-il pas l& un mystère fort intrigant ?En voici la clef ! Quand mâle et femelle se sont accouplés, le premier généralement attiré par l'odeur agréable que repand sa comparse, la femelle pond une grappe d'oeufs d'environ cent à quatre cents unités, selon les espèces.Cette grappe est engluée à la surface d'une feuille, ou y est attachée _ par des fils ténus, ou encore, est accolée à des branches, à des ramilles et enduite d'un vernis protecteur.Ce qui sort de cet oeuf n'est pas le beau papillon aux ailes diaphanes, en tous points semblables à ses parents, mais une larve que nous connaissons bien sous le nom de chenille.La chenille, voilà le camouflage sous lequel se travestit le papillon en mal de banditisme.C'est elle, la chenille, qui rampe sans bruit sur toutes les parties du végétal, en épouse les colorations pour se mieux dissimuler; elle qui s'y introduit pour mieux le détruire, elle qui, de ses fortes ma- choires, mordille, gruge, ronge et dévore insidieusement racines, ramilles, feuilles et qui, pour satisfaire un appétit d\u2019une voracité sans rapport avec sa taille, réduirait & néant le potager, le [le ces petits étres gracieux, parés des \u201cLA VIE DRODIGIEUSE DES DADILLONS Pan Mancelle Lepage- Thibaudeau Licenciée en sciences naturelles de l'Université de Montréal verger, la prairie, la forêt, si elle ne rencontrait sur son chemin aucun obstacle, aucun ennemi à l'affût.Cette chenille qui croit rapidement doit, en conséquence, muer de quatre à cinq fois avant d'atteindre son plein développement.Quand elle y est parvenue, elle choisit un endroit propice pour opérer en elle un changement plus considérable.Ce sera, selon les espèces, une surface quelconque, un trou dans la terre, une fissure dans un arbre, un rocher, une feuille vivante dont les bords seront habilement cousus et qui restera suspendue par son pétiole.Une fois glissée dans sa cachette, la chenille se tisse un cocon, sorte de maillot de fine soie dont elle s\u2019enveloppera entié- rement.Dans une sorte de léthargie, elle changera d'aspect et on lui donnera un nom différent.celui de chrysalide.Quelques espèces hivernent sous cette forme, mais d'autres accomplissent leur évolution en quelques mois seulement de réclusion.De ce mystérieux cocon où s'est enfermé un être maléfique sortira, enfin, un papillon qui passera sa vie éphémère en voltiges et cabrioles inoffensives, se posera gracieusement sur les corolles sans laisser soupçonner les dévastations accomplies lors de son stade larvaire.Tous ces changements successifs dans la vie du papillon s\u2019appellent des métamorphoses.Avez-vous jamais observé de près un papillon ?Son corps est composé de trois parties essentielles, elles-mêmes morcelées en anneaux : tête, thorax et abdomen.La tête porte des sortes de fouets ténus et mobiles, quelquefois terminés en massues, les antennes, siège principal de l'olfaction ; l'appareil buccal, un long tube enroulé en spirale, au repos, et qui se déroule pour s'\u2019introduire dans le coeur des fleurs et aspirer le nectar (ce tube peut être comparé à une paille à soda); enfin les yeux, composés de multiples hexagones minuscules ou facettes, dont l'acuité est inférieure à celle de l'oeil humain.A chacun des trois anneaux du thorax est fixée une paire de pattes locomotrices, et sur les deux derniers s'insèrent, en outre, les deux paires d'ailes formées d'un nombre incalculable d'écailles fines comme des poussières.Les couleurs qui les parent sont dues, pour une part, à des pigments, d'autre part, à la diffraction des rayons lumineux sur les écailles qui sont abondamment striées.Sur les segments postérieurs de l'abdomen se trouvent l'anus et l'orifice génital.L'anatomie interne des papillons est sensiblement la même que celle de tous les autres insectes.Nous ne signalerons que quelques détails susceptibles d'être observés par tout amateur.Les papillons n'ont pas de poumons et consé- Suite à la page 87 Montréal, septembre 1948 11 Belle comme une princesse de légende avec son teint de camélia et ses yeux d'émeraude foncée striés de points d'or, toutes les joies de la vie lui étaient promises.H! zuT! On y va.décréta Marthe ; et Suzanne ne répondit pas mais son sourire et son regard enthousiastes acquiesçaient largement.Seule, Francine résista : \u2014 Ça ne serait pas raisonnable .Nous risquerions d\u2019être en retard.\u2014 Oh! toi, Sainte Sagesse, tu es toujours la même ! .Tu as toujours peur de poser la pointe de ton pied en dehors du droit chemin.Ah! tu ne risques pas de t'égarer jamais dans les sentiers défendus ! Non.\u2014-Pour ce que j\u2019y récolterais.J\u2019en serais, ma foi, bien avancée !._ Allez! Ce n'est pas tout ca.II s\u2019agit de prendre une décision rapide.Il n\u2019est qu\u2019une heure et quart et, jusqu\u2019à deux heures et demie, nous avons largement le temps.Allez, tu viens, Francine ?\u2014 Qu'irai-je faire avec vous ?Mes moyens ne me permettent pas de telles fantaisies, vous le savez.Et puis d\u2019ailleurs, je n\u2019y crois pas.\u2014 Tu ne vas pas nous quitter, lâcheuse ! Allez! pas de résistance! On t'emmène avec nous chez Mme Léona, voyante épatante! C\u2019est si amusant ! Et puis, tu sais, si le coeur ten dit?.\u2014 Oui et si on se cotisait nous deux, pour lui offrir la consultation, veux- tu ?proposa Suzanne.\u2014 Bien sûr que je veux.Bonne idée ! approuva Marthe.\u2014 Non, non, refusa Francine.Merci mes petites chattes.C\u2019est inutile, puisque je n\u2019ai pas confiance, gardez donc vos sous.Files insistèrent encore.Si bien qu\u2019arrivées à destination, Sainte Sagesse suivant les deux folles, toutes trois montèrent un escalier feutré d\u2019une maquette marron et sonnèrent délibérément à la porte de l\u2019extra-lucide.Malgré leur apparente assurance, elles étaient bien un peu émues.L\u2019aspect mystérieux de l'appartement ajoutait encore à leur trouble.Aussi mal- .gré le refus que Mme Léona leur op- ; posa tout d\u2019abord, elles s\u2019obstinèrent si résolument, qu\u2019elles obtinrent \u2014 contre toutes les règles établies \u2014 la faveur unique de passer toutes les trois ensemble.La pythonisse les enveloppa d\u2019un regard professionnellement scrutateur.puis : ; \u2014 Laquelle commence, vous ?.demanda-t-elle en s'adressant tout de suite à Francine.Attirée sans doute par son étrange beauté que rehaussait noblement le reflet des sentiments qui lui avaient valu son magnifique surnom, elle semblait l\u2019envelopper d\u2019un fluide.La charmante fillette sourit en secouant négativement la tête, tandis que les deux autres éclataient de rire.\u2014 Notre amie Sainte Sagesse ne veut pas tenter le diable en violentant les secrets du destin, dirent-elles quand ce fut apaisée leur hilarité.Non, c\u2019est pour nous deux.\u2014 Bien.Que l\u2019une de vous prenne place ici, alors, prononça Mme Léona en désignant un fauteuil en face d\u2019elle.Elle commençait à triturer ses tarots.Mais elle les battait et les mélangeait machinalement.Car toute son attention et sa curiosité se concentraient involontairement sur le visage de Francine.« Vous mépriser ?Vous ne pouvez savcir à quel point je vous admire ! Ce n'est plus seulement pour votre beauté, maintenant.Le sentiment que l'éprouve est beaucoup plus grand et plus grave.» Dessin de Jean Millet.Etonnante ! cette petite !.Belle comme une princesse de légende avec sa chevelure auburn, son teint de camélia, ses yeux d\u2019émeraude foncée striés de points d\u2019or, sa bouche éclatante couleur de grenade bien mûre, sa distraction naturelle.Et qui n\u2019était pas même désireuse de connaître son avenir!.Les nécessités de sa profession obligèrent la voyante à s\u2019occuper de ses deux jeunes clientes.Mais malgré tout elle se sentait irrésistiblement attirée\u2019 par tant de charme allié à tant de simplicité et elle profitait de chaque occasion propice pour détourner les yeux de son travail et admirer cette admirable enfant.\u2014 Alors, c\u2019est bien vrai?Vous ne voulez rien savoir ?.insista-t-elle quand elle en eut fini avec les deux autres.\u2014 Oh! je ne voudrais pas que cela vous fâche, Madame .mais je ne crois pas beaucoup au surnaturel.Et c\u2019est tellement fantastique de prédire l\u2019avenir ! PRINCESSE SANS COURONNE par Lyd Le Lacaze Madame Léona la fixait dans ses yeux splendides au regard si émouvant et ce fut elle, peut-étre, qui subit une sorte de fascination.car elle déclara: \u2014 Eh ! bien, moi, je veux vous dire quelque chose quand même.Et gratuitement encore ! Comme cela, ma belle, vous ne risquez pas d\u2019être volée ! Donnez- moi votre main.Elle ne l\u2019avait toujours pas quittée du regard et lorsque la jeune fille posa sa main dans la sienne, elle tressaillit au toucher inaccoutumé : Francine avait des gants!.\u2014 Pas comme cela, dit Mme Léona, péremptoire.Enlevez votre \u2018gant de la main gauche.Sainte Sagesse étonnée et visiblement contrariée, eut un léger mouvement de recul; elle hésitait a dénuder sa main.Son regard, inquiet, malheureux, alla vers ses deux amies, comme un muet appel au secours.[ Lire la suite page 75] 05 DONI VAND Raymond Las Vergnas, critique du journal hebdomadaire, \u201cLes Nouvelles littéraires\u201d, vint se renseigner sur la vie des lettres dans notre province, il lui sembla logique de se rendre d\u2019abord dans la ville la plus française du pays, Trois-Rivières, dont la population est de 96 pour 100 française.Pour une image très belle que lui inspire le travail des draveurs, je me permets de citer ici le début de son article: \u201cBien qu\u2019elle soit industrialisée, la ville est riante dans un cadre doucement vallonné.On la sent d\u2019héritage bûcheron, et fidèle à ses origines.Vers elle continuent de descendre les \u201cdraveurs\u201d, lents cornacs des fluides cortèges de troncs flottants, ces draveurs qu\u2019a si bien compris et dépeints l\u2019abbé Savard et qui, une fois la tâche finie, repartent \u2014 en avion \u2014 jusqu\u2019au coeur de la forêt lointaine.\u201d Sur la beauté et l\u2019utilité de cette immense forêt, dense comme une forêt vierge, l\u2019Office national du Film a fait un documentaire remarquable car la Mauricie alimente la plus grande fabrication au monde de papier-journal .Trois-Rivières est surtout belle en été lorsque ses grands ormes étendent leurs branches et décalquent leur feuillage sur les murs blanchis des maisons centenaires.La vieille rue Notre- Dame enroule un capricieux lacet autour du couvent des Ursulines, construit en 1698, et dont la partie ancienne est tellement parfaite qu\u2019elle réussit à supporter l\u2019annexe qui la prolonge sans beauté.Un arbre patriarche, le plus ancien et le plus fort, jette son ombre sur une plaque de bronze qui rappelle la naissance du premier enfant de colon français, Godefroy de Linctôt, né en 1637, dans la ville de Laviolette © e e L'ancienne maison du major de Gannes, chevalier de St-Louis, construite en 1756, et rénovée d\u2019une façon intelligente et compréhensive Par l'historien Raymond Douville (qui l\u2019a achetée récemment) est au coin de la rue St-François-Xavier.En face est l\u2019ancienne église des Récollets devenue temple protestant avec la conquête.C\u2019est sur ses murs que fut affichée la proclamation d\u2019allégeance à l'Angleterre et elle abrita les troupes américaines du général Montgomery * e * En l'absence de l\u2019abbé Tessier (qui fixa de si belles images de son pays, sous le nom de Tavi),-je ne pouvais avoir de meilleur guide que Raymond Dou- ville, directeur, avec Clément Marchand, du Bien Public.L\u2019historien de \u201cLa vie aventureuse d\u2019Arthur Buies\u201d (épuisé) et d\u2019\u201cAaron Hart\u201d (Editions du Bien Public) a parlé de ses deux personnages avec une telle compréhension et une perception si subtile que je le soupgonne d\u2019être de ces \u201cvoyageurs assis\u201d -dont parle Colette.Leur imagination, retenue par une consciencieuse exactitude, les aide à découvrir la petite histoire, tellement plus vivante que Mlle Irène Moquin, chanteuse.\u2014 M.Clément Marchand, MSRC, directeur conjoint du Bien .Public avec M.Raymond Douville dont la maison apparaît ci-contre.(Gilles Richard.) \u2014 M.Emile Jean, O.B.E., administrateur du quotidien Le Nou - velliste des Trois-Rivières et président, pendant la guerre, d\u2019un important comité de publicité. 13 ON PARLE he + 11 Pan Lucette Robent le sec exposé des manuels.Je regrette de ne pouvoir vous dire ce qu\u2019un journaliste sédentaire et pondéré, comme M.Douville, a tiré de \u201cLa vie aventureuse d\u2019Arthur Buies\u201d, le plus fantaisiste de la confrérie, mais l\u2019histoire qu\u2019il écrivit d\u2019Aaron Hart, aventurier de génie, est d\u2019un intérêt captivant.Comme Rotschild, ce premier marchand juif au Canada s\u2019enrichit d\u2019abord dans les fournitures de l\u2019armée.Misant sur tous les tableaux (armée américaine et armée anglaise); faisant le trafic prohibé de l\u2019eau-de-vie afin d\u2019enlever le commerce des fourrures à ses concurrents; tous les moyens sont bons à la patiente et trouble ambition de l\u2019homme.Il finit par acquérir les plus belles seigneuries des Poulin de Courval, des Bécancour et le marquisat du Sablé qui appartenait aux Boucher de Niverville.M.Raymond Douville, qui vient de remplacer le regretté E.-Z.Massicotte à la Société des Dix, est également l\u2019auteur de Jean Riquart (Editions du Bien Public) et d\u2019une importante étude sur \u201cLes premiers Seigneurs et Colons de Sainte-Anne de la Pérade\u201d, place natale de l\u2019auteur.Il travaille actuellement à chercher les origines du Sieur de Falaise et de Chameley, ancêtre du major de Gannes, qui construisit la maison historique que M.Douville mérite d\u2019habiter.Mme Douville est la soeur d'Henri Beaulac, décorateur, boursier de l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Québec, professeur à l\u2019Ecole du meuble, après avoir étudié au New York Pratt Institute, et maintenant attaché à la Maison N.G.Valiquette, de Montréal \u20ac eo © Clément Marchand est le poète de la Mauricie.Il la chante dans les poèmes qui lui valurent le prix David, en 1939, comme dans les nouvelles en prose, \u201cCourriers des Villages\u201d, qui lui mérita le même honneur, en 1942.Malgré le titre révolutionnaire de son livre de vers, \u201cLes soirs rouges\u201d, il ne s\u2019agit pas du grand soir, bien que Clément Marchand ait entendu le Cri des Hommes et partagé \u201cles ferveurs et les espoirs des prolétaires\u201d.Sa pitié est celle du terrien devant la vie misérable des villes.Sa fantaisie sait allier la prose et la poésie, comme dans Vie d\u2019un quartier, et son oeuvre est significative de l\u2019homme qui sait voir et s\u2019émouvoir devant les êtres et les choses.M.Marchand est membre de la Société Royale du Canada depuis l\u2019an dernier * ¢ \u20ac \u201cOn ne présente pas M.l'abbé Tessier en Mauricie, pays qu\u2019il a tiré de sa léthargie\u201d, écrit Adrienne Choquette, dans \u201cConfidences d'écrivains canadiens- français\u201d.On sait que par ses écrits, son enseignement et ses remarquables photographies, il a fait connaître son pays, non seulement à ses compatriotes, mais à das étrangers de marque dont le plus récent est Maurice Genevoix, de l\u2019Académie française * ® © Adrienne Choquette vient de faire paraître un roman dont l'intrigue semble un peu romanesque à premier abord, mais que Jl\u2019analyse psychologique et la deuxième partie du livre portent au rang des meilleures oeuvres de notre littérature * © © Mme Claire G.Roy, qui écrivit un interview sur l'oeuvre Lire la suite page 82 M.Jean-Yves Landry (Gilles Richard).\u2014 Mille Aline Piché, peintre, et M.Alphonse Piché, poète.(Harvey Richard).Au centre, la petite rue Notre- Dame, aux Trois-Rivières, avec, à gauche, la maison récemment acquise par M.Raymond Douville; au fond, les Ursulines; à droite,: l\u2019ancienne église des Récollets, aujourd\u2019hui temple protestant. La salle à manger.M.JEAN LALLEMAND chez lui OUS AVIONS PUBLIÉ, il y a trois ans, quelques pièces de l\u2019appartement de M.Jéan C.Lallemand.Mais les exigences de son hospitalité l\u2019ont forcé à en élargir le cadre et la transformation est si heureuse qu\u2019elle méritait d\u2019être photographiée de nouveau.La petite antichambre et le vestiaire contigu sont égayés d\u2019un papier aux lignes verticales vertes et blanches.L\u2019éclairage indirect tombe d\u2019un double plafond creusé en forme de trèfle.Le plancher est un large damier noir et blanc.Une table ancienne =t Une chambre à coucher.deux chaises en acajou sculpté dont le siège est fait au petit point.Une très intéressante collection de lithogravures du Vieux Montréal et du Vieux Québec (début du 19e siècle) est encadrée de vert.Le salon, autrefois rectangulaire, se prolonge en équerre arrondie autour du piano à queue Steinway.Sur une console de bois doré et sculpté, une horloge ancienne et des urnes de cuivre.Un paravent peint sur parchemin.Les meubles sont des copies de meubles de style et le gris des tentures est Les plus grands écrivains et musiciens de passage à Montréal sont reçus chez M.Jean Lallemand, l\u2019un des hôtes les plus entourés de la société montréalaise. M.Jean Lallemand dans l'antichambre de son appartement.relevé par une draperie verte.Vous retrouvez cette note verte ici et là dans des carafes et des vases anciens et dans la couleur du tableau de Marc-Aurèle Fortin qui est au-dessus de la cheminée.Vous la voyez aussi, pendant la belle saison, dans les immenses fenêtres où s\u2019encadrent les arbres de la Côte des Neiges.La salle à manger a été entièrement reconstruite au-dessus du terrain des Sulpiciens, et le balcon surplombe le tertre érigé pour la représentation du \u201cSonge d\u2019une nuit d\u2019été\u201d, de féérique mémoire.Autour de la table où se sont réunis les plus grands écrivains de passage à Montréal, M.Lallemand a créé un décor digne des hôtes et de l\u2019amphitryon.Somptueux surtouts de porcelaine de Sèvres, urnes de Dresde, services de Duesbury et de Crown Derby voisinent avec la vaisselle plate d\u2018argent \u201cGeorgian\u201d pour flatter l\u2019oeil du convive.Comme tous les collectionneurs, M.Lallemand sait assembler d\u2019une façon heureuse cristaux et porcelaines de marques différentes.Coupes en vieux verre de Venise et verres à vin du Val St-Lambert scintillent à la lueur des bougies piquées dans des candélabres de la Renaissance italienne.Le maitre de la maison, n'admettant que cet éclairage dans la salle à manger, a acheté du collectionneur M.Paul Gouin, à Beaumanoir, deux appliques en bois doré et sculpté dont les branches servent de bougeoirs et qui sont accrochées sur des glaces biseautées.L'ange, oeuvre du sculpteur Jean-Baptiste Côté, est une figure de proue qui vient également de la collection Paul Gouin.Le plancher est en travertin rose, avec des incrustations de marbre jaune et or.Ces deux couleurs se répètent sur le coussin des chaises.Les tentures sont en soie brochée or et les murs sont roses.Dans la chambre à coucher de M.Lallemand, on remarque un très beau lit à colonnes, de style Chippendale, recouvert, comme la chaise longue, de chintz glacé vert olive et jaune serin.Sur une commode ancienne, des candélabres en argent massif, dont le travail d\u2019orfèvrerie est signé, datent du 17e siècle.À côté du portrait de Mme Fred Lallemand, peint par Géron, un crucifix d'ivoire sculpté est signé Boudry, et un cadre renferme la bénédiction du Très Saint-Père, le pape Pie XI, en reconnaissance de l'aide aux oeuvres de charité accordée par la famille.Le grand salon, vaste pièce qui se prolonge en équerre arrondie autour du piano à queue Steinway.Photos Miller.Les Jarmes humaines de \u201cRéjane, la iction parfaite de Bartet, ; She puissiez pas mourir, sonny = par votre sourire et ; vous.aviez charmé À xpr xprimait Maurice Rostand, au lendemain de la mort de l'illus comédienne, ta plus illustre peut-être qu\u2019il ait jamais eu, qui, \u2018durant ; demi-siècle, tint la vedette sur toutes les scènes du monde À tant.son génie que son.étonnante personnalité, demeure lun ges les Jas célèbres de son temps.ir inferprété.pour la première.fois le rôle del Y y le recevait dans sa loge, avee Victor \u201cHugo, Prince de Galles \u2018le futur Edouard VII) wait tenu à venir la félici citer \u2018lui-même, à 1922 où, infirme, portée dans- Ppalanquin, elle fit d*Athal composition si bouleversante que nul de ceux qui ont vue n\u2019a, \u201cpu -d\u2019oublier, c\u2019est une.longue suite de créations extraôrdinaires sur toutes scènes de \u2018Paris, upée riomphales A une équipe dép ourvue de elle parvenait .son propre génie | : personnages aussi conventionnels que ceux de ut Dame aux Camé \u2018 Éhloxandre Dumas fils ou de \u2018la \u201cThéodora\u201d de EE Ma maricé dans «son fameux ; Pans ses Mémoires, x, por Rostand écrit ucune autre, \u2018quelque grandes qu ; persorñnalité lus exceptionnelle \u2018a tray notre vivant, et du \u2018 Se \u2018génie de la Duse, nul plus que moi ne sait le geconnaltre, mais je s seperx ant ce qu'il y a dans le génie de Sarah Bernh i x se établir de cqmparaison, » ; lo publics : une y compris wune femme \u201cde 2 gt ans: et ce, fut, re acteur anglais 3 qu'illustre pebdent tant d'années Saroh Bernbariit.Avec fui, trols.célèbres soclétaires: Mortinelll et Miles 1 Goudeay et Kerjean.AY oi pa if 3 fl 9 iit i Ii # | = = | i i dh | i ji | UN û m Ji if i a+ [5 En i LS i wb tS i | ig) A i} + a hy i uni lei A al ial tm, = \\ \u20ac + w cy sa si 7 * - var rit 2 8 b, di 3 Lx SERN jl ii Re % A fi À LA ty { ko 5 va Nu \\ An - i ii SN i i: és Se oN Fra) \u201cwk EE © re 4-7 si sacs it pr sani tente fox fi a YY Sa LS dl + Ra PLA NOTRE ROMAN D'AMOUR, pan Eveline Le Maine Un joli visage à la portière d'un wagon, un teint de fleur.en voilà assez pour déclancher la plus jolie intrigue sentimentale.I L'ORAGE qui fit tomber comme grêle les prunes du verger de Clairemotte s'était déclaré quarante-huit heures plus tard, si les livres commandés à la librairie Bérot étaient arrivés au manoir vingt-quatre heures plus tôt, si Victorine n'avait pas déclaré qu'elle ne permettrait point qu'on l'aidât à faire ses confitures et qu'elle ne tolérait personne dans « sa» cuisine, ou si la T.S.F.avait annoncé, pour cette heure post-mérédienne, un programme plus attrayant, bien des émotions eussent été épargnées à Roselyne Dumail.et sa vie en eût été singulièrement simplifiée.Mais voilà ! Il faisait beau, Roselyne n'avait plus rien à lire, elle manquait des documents nécessaires pour travailler au livre qu'elle avait résolu d'écrire sur Delphine de Carigny, et ses tentatives pour s'intéresser aux choses ménagères avaient été repoussées ! Ne sachant que faire et attirée par les sourires d'un temps radieux, elle alla jusqu'au bout de l'avenue du manoir et s'assit sous un chêne pour voir passer les autos sur la route.Sur cette route, les passants étaient nombreux; la compétence de Roselyne trouva là de quoi s'exercer : l'oreille tendue à droite, puis à gauche.et l'oeil au guet sous les branches de son arbre, elle identifia à qui mieux mieux, Renaults, Citroëns, Hotchkiss, d'autres encore.Très amusée, elle eut soudain un large sourire : -\u2014 Une Peugeot.celle d'Hervé.= = \u2018 Il y avait tant de charme paisible dans Une auto grise descendait d'une allure race paysage recru de chaleur et de 3 \u2019 A Tage aor en jouir, Hervé mo: lentie.Elle s'arrêta sur un geste de Roselyne.déra sa vitesse.En méme temps, il se \u2014 Hello ! Rosie, que faites-vous la ?deman- tourna vers Rosie en souriant.I! vit fi ; alors les yeux humides et s'émut à da le conducteur, un jeune homme aux traits son tour.Dessin de T.E.D.nets.\u2014 Je vous ai entendu et reconnu.Hein, quel flair ! Vous reconduisez M.de Javrey à la gare ?\u2014 Oui, il prend le train de trois heures et demie.\u2014 Emportant le meilleur souvenir des quelques jours passés dans ce pays, Mademoiselle, et particulièrement du bon accueil que vos parents et vous-même avez bien voulu me faire mardi dans votre joli Clairemotte, dit un second jeune homme très distingué, assis à droite du conducteur.\u2014 Mon Dieu, Monsieur, que vous êtes poli ! Jamais je ne saurai vous répondre comme il le faudrait.Alors, vous partez ?\u2014 Oui, pour Lausanne.\u2014 Vous avez bien de la chance.Moi, si j'étais libre.\u2014 Vous aimez les voyages, Mademoiselle ?\u2014 A la folie.Mais je ne voyage jamais.\u2014 Faute d'aller en Suisse, Roselyne, vous pouvez du moins voir passer le train qui y va.Si vous n'avez rien de mieux à faire.\u2014 Cela, Hervé, c\u2019est une idée.Le temps de prendre un chapeau et de prévenir la famille.\u2014 Pas du tout ! venez sans chapeau.Thibaud serait furieux de manquer son train.\u2014 Oh ! furieux !.tu exagères.Sans écouter les protestations du très correct M.le Javrey, Roselyne, bondissante, disparut derrière les grands arbres de l'avenue.Elle revint très vite, toujours bondissante, NS coiffée d'une petite cloche de paille rouge dont \u2014 le reflet fardait son gai visage.Elle s\u2019engouf- Wa, fra dans la Peugeot, et la voiture reprit sa a course vers Montfort.i Toute réjouie par la présence d'Hervé Go- nin, elle ne pensait qu'au plaisir d'être là, près Lire la suite page 20 Le duc de Norfolk, premier duc et comte d'Angleterre, est catholique.es gleterre tiennent une place remarquable dans les trois fonctions de l\u2019Etat: législative, exécutive, administrative.Aussi bien au Parlement que dans l\u2019administration publique et la magistrature, les catholiques jouent un rôle de premier plan.Seul un poste d\u2019Etat ne leur est pas encore accessible, celui de Lord Chancelier, ou Ministre de la Justice.A la Chambre des Communes, 18 députés, d\u2019opinions politiques diverses, sont catholiques; neuf sont travaillistes, six conservateurs, deux nationalistes irlandais et un travailliste indépendant.Des six conservateurs, celui qui se fait le plus entendre est le colonel O.E.Crosthwai- te-Eyre, jeune député de 33 ans.Directeur d\u2019une grande maison d\u2019édition de Londres, le colonel, Crosthwaite-Eyre est entré à la Chambre des Communes il y a deux ans et demi, c\u2019est-à-dire après les élections générales qui ont suivi la dernière guerre.Par ses interventions brillantes et toujours opportunes, il s\u2019est déjà distingué sur les bancs de la Chambre.ES leur minorité, les catholiques d\u2019An- catholiques =ont repris leur place en Angleterre La Chambre des Lords qui compte 50 membres catholiques dont un descendant de Nelson, héros de Trafalgar.Un autre membre catholique du Parlement britannique est Christopher Hollis, homme trapu et de caractère batailleur, député conservateur de Devizes.Christopher Hollis est un converti au catholicisme.Fils d'un évêque anglican et frère d\u2019un autre évêque de l\u2019Eglise anglicane, il a été élu pour la première fois au Parlement en 1945; c\u2019est donc, relativement, un \u201cnouveau venu\u201d en politique.Il est également lié à la littérature.Directeur de deux grandes maisons d\u2019édition catholiques, il s\u2019est acquis une enviable réputation d\u2019écrivain, notamment par ses biographies de St.Erasme, de St.Ignace et de St.Thomas More.Parmi les députés catholiques, nous avons le Dr Morgan, qui a deux prénoms peu communs: Hyacinth Wenceslaus.Né aux Antilles, le Dr Morgan est un spécialiste des maladies industrielles; naturellement, il intervint fréquemmient dans le débat sur le projet de loi relatif à la sécurité sociale, votée par le Parlement l\u2019année dernière.Il est député de Rochdale, patrie d\u2019origine du coopératisme.Richard O'Sullivan, K.C.Les catholiques sont nombreux dans la magistrature et le barreau.Le député catholique le plus remarquable par son caractère est John McGovern, qui représente Shettlestone, l\u2019un des quartiers les plus pauvres de Glasgow.John McGovern est l\u2019un des membres les plus impétueux des Communes.Maitre-plombier de son métier, il prit part aux émeutes des chômeurs lors de la grande crise qui suivit la première guerre mondiale et fut arrêté deux fois.Elu député en 1931, il ne conserva son mandat que pendant un an; il fut, en effet, éconduit de la Chambre par huit huissiers, parce qu\u2019il refusa de se soumettre aux règlements que voulait faire appliquer le Président.Aujourd\u2019hui, il s\u2019est \u201cassagi\u201d sous l'influence modératrice de Westminster, mais si l\u2019occasion l\u2019exige, il sait toujours donner à ses discours de la violence et du mordant.A la Chambre des Lords, les Catholiques sont plus nombreux qu\u2019à la Chambre des Communes: 50 pairs, parmi lesquels le comte Nelson, descendant du héros de Trafalgar; Lord Lovat, le grand soldat écossais qui se distingua, pendant la dernière guerre, à la tête de ses commandos; le comte de Lothian, cousin d\u2019un des plus illustres ambassadeurs de Grande-Bretagne à Washington; et le comte de Perth, ministre des Affaires étrangères pendant la première grande guerre.Lord Pakenham est le seul ministre catholique dans le gouvernement actuel.Cet Irlandais de 42 ans est le frère et l'héritier présomptif du comte de Longford; c\u2019est également un grand économiste, doué d\u2019une fine intelligence.Adjoint de Sir Willam Be- veridge, il prit part à la rédaction du fameux rapport Beveridge, qui devait devenir le fondement de la Loi sur la sécurité sociale.en Angleterre.Lord Pakenham est chargé de l\u2019administration [ Lire la suite page 88 ] Base du Souper - - de la Soupe Crème de Champignons a viande et à la Hoaricots Verts Tomates farcies al chapelure Céleri, carottes en baguettes Fruits en Gelée De la Soupe pour commencer le diner Crème de Champignons e de Saumon Grillé avec Citron Tranch Salade de Concombres Petits Pois Un menu de lunch, avec de la Soupe Crème de Champignons Sandwich au Jambon et ù la Laitue avec Olives Pêche.Sorbet aux Framboises Vous aimerez tous ces REPAS \u201cÀ LA MINUTE\u201d Vous connaissez ; \u2014 ce onnaissez probablement déjà cette soupe délicieu d\u2019épaisse crème à he ange de champignons de couche > champignons qui y en jou de tendres morceaux de essayer les délici J utes.ussi, voudrez- et diner, ainsi que 1 menus ci-dessus, pour lunch, souper sauces qui se font vie recettes suggérées ci-dessous, pour encore essayé la sou \u2018css facilement.Si vous n'avez a pourquoi ne pas A rême de Champignons Campbell es agréables façons?Vous Vo ant \u2014 dune de ces vous e cest 4 EE vous permettre aussi souvent le Re (Ream oF SOUPE CREME DE CHAMPIGNONS § SHRoom Eambili, Préparée par Campbell's au Canada i» » Ab eee et Des champignons tendres et bons, Une crèm\u2019 riche et très épaisse, Font cette crème aux champignons» D'une exquise délicatesse ! à la King (20 minutes) en une boite de Soupe a Mélangez bi \\ Y Une sauce lisse et délicieuse (5 minutes) è de C pignons Campbell\u2019s avec 14, tasse de lait.Amenez au point d\u2019ébullition, ajoutez-ÿ trois oeufs durs coupés en tranches, et L4 tasse de piments guettes.Servez suf des Versez une boîte de Soupe Crème Ce pignons Campbell\u2019s dans une avec 1 cuillerée à soupé de jus provenant frites.Mélangez bien, et ajoutez de tomates 1, tasse de tez des tranches des gaufres et couvr lait.Faites chauffer.Puis met- de tomates chaudes sur ez de sauce.coupés en fines lan rôties, dans des croûtes de bouc ou tel qu'illustré ci-dessus.hées à la reine 20 \u201cCANADA DRY\u2019 meilleur Agfhaishioon i.à Toute hone! Le Canada Dry est apprécié des connaisseurs.Oui, la fameuse bouteille verte, dont l'étiquette présente une carte du Canada, contient un breuvage rafraîchissant qui fait les délices de tout le monde, à toute heure, en tout lieu.Vous trouverez beaucoup de Canada Dry frappé dans le prochain rafraîchisseur de liqueurs douces.Prenez-en un verre maintenant.8 8 ù 4 Av travail ou au jeu.chez soi ou.ailleurs La Revue Populaire LA DAME AU CHAPEAU BLEU * Suite de la page 17 de lui, d\u2019apercevoir son profil altier, d'entendre sa voix nette et brève faite pour commander, mais qui, à l\u2019occasion, savait aussi dire de jolies choses.Hervé, son meilleur ami.La minute du départ du train vient toujours trop lentement pour celui qui s\u2019en va comme pour ceux qui l\u2019ont accompagné à la gare.L'endroit est-il réfrigérant?On ne trouve plus rien à se dire, et les banalités échangées ne sont que des redites: : \u2014 Tu m'\u2019enverras un mot, n\u2019est-ce pas?\u2014 Bien entendu.Je n\u2019oublierai pas ta bonne hospitalité.\u2014 Ce train ne partirait-il pas à l\u2019heure?\u2014 Encore deux minutes à patienter, mon ami.Tu peux être sûr que.A ce moment précis.un délicieux visage parut à la portière du wagon voisin de celui où Thibaud a pris place: deux yeux cou'eur de pervenche, un teint de fleur, des cheveux dorés comme des épis mûrs sous un petit chapeau bleu de roi, formaient un ensemble ravissant qu\u2019une expression inquiète ne parvenait pas à rendre morose, et que complé/nit la grâce parfaite des deux mains qui tenaient une enveloppe d\u2019un gris doux, en vélin satiné.A la vue de cette jeune femme, le premier sentiment de Roselyne fut l\u2019admiration; le second, la jalousie.Du coin de l\u2019oeil, elle ohserva son compagnon.Il regardait l'apparition d\u2019un air charmé.laissant en panne la phrase commencée.Il rezarda, puis il sourit et fit un pas en avant: la jolie voyageuse venait de se pencher et s\u2019adressait à lui: \u2014 Monsieur! «Elle en a un toupet!» pensa Rose- lyne.\u2014 Monsieur, vous dites que le train part dans deux minutes.\u2014 Oui, Madame.\u2014 Ai-je le temps d\u2019aller mettre ceci dans une boîte aux lettres?\u2014 Je ne le crois pas.La boîte aux lettres est au bout du quai No 1.Il vous faudrait traverser deux voies et deux quais par le passage souterrain, à aller et au retour, longer les bôti- ments de la gare, et vous n\u2019avez plus d'une minute.< Quel verbiage! » pensa encore Rose- lyne.\u2014 En voiture! Messieurs les voyageurs, en voiture! déclamait un employé passant le long du train.\u2014 Mon Dieu! et cette lettre! fit la voyageuse avec une inquiétude accrue.Monsieur, oserai-je vous demander de vouloir bien la mettre dans la boîte aux lettres de la gare, pour qu'elle parte très vite?\u2014 Certainement, Madame.Soyez tout à fait tranquille, votre lettre partira par le premier train de sa destination.\u2014 Je vous suis bien reconnaissante, Monsieur.Vous me rendez un réel service.\u2014 J\u2019en suis très heureux, Madame.Ce qu\u2019il est ridicule!» pensa Rose- lyne, dépitée.Encore le salut de mains agitées, et ceux qui ne partaient pas tournèrent le dos à ceux qui partaient, pour descendre l\u2019escalier qui, par le souterrain, conduisait à la sortie.\u2014 Une jolie femme, hein, Roselyne! déclara Hervé plein d\u2019entrain.\u2014 Jolie?cela dépend des goûts, répliqua-t-elle avec mauvaise foi.En tout cas, elle est joliment mal élevée.\u2014 Comment cela, mal élevée?Cette jeune femme, ou jeune fille, m\u2019a semblé tout à fait correcte, au contraire.\u2014 Vous trouvez correct qu\u2019une jeune femme ou jeune fille comme vous dites, interpelle dans une gare un jeune homme qu\u2019elle ne connaît ni d\u2019Eve ni d\u2019Adam?\u2014 Sa raison était bonne.\u2014 Certaines gens ont toujours de bonnes raisons pour faire ce qu\u2019ils ne devraient pas faire.\u2014 Voyons, Roselyne, soyez juste.S'il est urgent que cette lettre parte très vite, il faut qu\u2019elle soit mise à la poste.C\u2019est un se«vice qu\u2019on peut demander à n\u2019importe qui.\u2014 Justement .Elle aurait pu me le demander à moi, mais elle s\u2019est adressée à vous, un jeune homme.\u2014 Les jeunes gens sont plus indiqués que les jeunes filles pour servir les dames, Roselyne.\u2014 Vous trouvez cela, vous?Naturellement, vous êtes flatté.Vous vous imaginez que cette personne vous a choisi par préférence, et que vous lui plaisez!.Les hommes sont si fats! Du coin de l'oeil, Hervé glissa vers sa compagne un regard amusé.Fat ou non, il attribuait une raison flatteuse pour lui à la mauvaise humeur de Ro- selyne.\u2014 Vous avez beaucoup d'\u2019imagination, fit-il flegmatique.\u2014 Moins que vous, mon cher.Hervé laissa passer la riposte, mais, excité par le démon de la taquinerie, il caressa l\u2019enveloppe à lui confiée, l\u2019approcha de son visage et remarqua, les narines frémissantes: \u2014 Parfum de lavande, délicat, subtil, du meilleur ton.\u2014 Il n\u2019est pas du meilleur ton de parfumer son papier à lettres, mon cher.\u2014 Aussi celui-là n\u2019a-t-il pas été parfumé, ma chère Roselyne.Il garde seulement la trace des doigts qui l\u2019ont touché.\u2014 Délicieux! Et.à qui envoie-t- elle ce message embaumé, votre jolie dame?Ce disant, elle tendit la main vers la lettre qu\u2019Hervé mit prestement hors de son atteinte.\u2014 Je ne commettrai pas l\u2019indiscrétion de lire cette enveloppe, dit-il.Roselyne s\u2019immobilisa à mi-descente de l'escalier souterrain.Les joues très rouges, le regard flamboyant, elle dit: \u2014 Merci de la leçon de discrétion: mais sur ce point, je suis aussi forte que vous, Hervé.À mon avis, on ne commet pas d\u2019indiscrétion en lisant une adresse destinée à être vue par tout le monde.\u2014 Pas tout le monde, Roselyne; l\u2019adresse n\u2019est là que pour le facteur, le concierge ou les domestiques.\u2014 En vous en chargeant, mon cher, vous assumez les fonctions de facteur ou de domestique.Vous avez donc tous les droits pour savoir ce qu\u2019il y a là- dessus.Auprès d\u2019eux, les voyageurs montaient et descendaient, ils ne les voyaient même pas.Hervé, très intéressé par le petit drame qui se jouait en Roselyne, tenait toujours la lettre à bonne distance de la curieuse, mais celle-ci, plus vive que lui, se haussa sur la pointe du pied et, lestement, s\u2019en empara.\u2014 Vous avez de charmantes ma- manières, mes compliments, gronda le jeune homme, furieux.Roselyne, déjà en bas de l\u2019escalier, courait vers la sortie, suivie de près par Hervé; elle grimpa quatre à quatre les marches qui conduisaient au quai No 1 et, en bonne lumière, lut l\u2019adresse convoitée: Baron Bruno de Roquemont, La Roncière, par Champuy (Yvonne) Montréal, septembre 1948 21 p=.\"ELLE À UNE CARROSSERIE \u2018UFEGUARD'\u2026 \u201cVOICI LE NOUVEAU ROULEMENT MID-SHIP*\" ET DES FREINS KING-SIZE\" À EFFET MAGIQUE, PLUS DOCILES DE 35p.100!\" \u2018\u2019Les mots \u2018roulement Mid-Ship' signifient que vous êtes porté entre les roues .précisément où la marche est lo plus ouatéel Six personnes s'assoient à l'aise à cet endroit littéralement 'bercé\u2019.Tout ie dégogement nécessaire pour les hanches et les épaules!\u201d COFFRE À BAGAGE PLUS SPACIEUX DE 57p.100 \" .\"LE CHAMP VISUEL EST PRESQUE LA LUNETTE ARRIERE EST AUSS! INTEGRAL .GRANDE QUUN PARE -BRISE !\" idan i EA tn us & parol latérale blonche et anneaux- garniture de roues chromés\u2014focultatifs moyennant supplément, dès qu\u2019ils seront disponibles.PN / EEC.A Nouvelle monture (Top-Side\u201d) du distributeur.B Nouvelle direction, facile et sans risques.\u20ac Nouveau système de graissage.D Nouveaux ressorts avant Hydra-Coil\u201d E Nouveau moteur V8 ford de 100 CV.F Nouvelle armature en bâti Ermé.G Nouveaux ressorts arrière Para-Vlex (parallèles).Lavenjy, vo rve une NouvE \u201cNOUVELLE DU SOL AU FAITE 1\u201d rr ended obits DE EE sab abl 22 Une livre de Luxe par Ganong Les Chocolats Ganong de l\u2019assortiment Delecto sont vraiment des chocolats de luxe.Mais il est bon de se payer un luxe, de temps à autre, surtout quand ce luxe coûte à peine plus cher que l\u2019ordinaire.Quand Madame a besoin de se remonter le moral .les Chocolats Ganong font le même office qu\u2019un chapeau neuf, mais à bien meilleur compte! Pour rendre un hommage mérité à une personne chère, et pour le rendre d\u2019une façon parfaite, il est d'usage d'offrir l\u2019assortiment Delecto, les chocolats de grand luxe Ganong.Chocolats Ganong ce qu\u2019il y a de meilleur au pays GANONG BROS.LIMITED, ST-STEPHEN, N.-B.\u2014 Champuy! prononga-t-elle.Son train est passé devant.Pourquoi n\u2019y a-t-elle pas laissé sa lettre?\u2014 Le rapide ne s\u2019y arrête pas.\u2014 Vous pensez à tout'.sauf à ceci: la recherche d\u2019une occasion de se faire remarquer d\u2019un jeune homme.\u2014 C\u2019est vous qui pensez à tout, même à l\u2019invraisemblable et à l\u2019absurde.\u2014 Trop aimable! Elle eut un petit rire moqueur qui exaspéra Hervé.\u2014 Quand vous aurez fini., pronon- ça-t-il d\u2019un ton sec.\u2014 Voilà.Baron Bruno de Roquemont.Il a un joli nom, le monsieur qui recevra cette lettre-là.\u2014 Plutôt rocailleux, ce joli nom.\u2014 Tout le monde ne peut pas s\u2019appeler Gonin.\u2014 Evidemment.\u2018 Ils se regardèrent d\u2019un air hostile pour la première fois depuis qu\u2019ils se connaissaient.Roselyne abandonna la lettre dérobée à la main tendue d\u2019Hervé.Il alla seul jusqu\u2019à la boîte aux lettres, tandis qu\u2019elle le regardait sans douceur.Lui, les yeux sur l\u2019adresse, admirait l'écriture nette, moderne, intelligente, qui avait tracé les mots qu\u2019il répéta pour les graver dans sa mémoire.«Baron Bruno de Roquemont.» \u2014 Et maintenant, filons, dit-il, quand il eut rejoint Roselyne.\u2014 Vous ne pouviez pas vous en dessaisir, remarqua-t-elle.\u2014 Comment cela?\u2014 Vous l'avez mise dans la boîte avec une lenteur! \u2014 J\u2019admirais l\u2019écriture.Il y avait une malice voulue dans cette réplique, Roselyne étant affligée d\u2019une écriture déplorable.\u2014Je m\u2019en doutais, dit-elle, vexée, tout n\u2019est-il pas admirable dans cette intrigante?\u2014 Vous manquez de charité, ma chère amie.\u2014 Et vous de politesse, mon cher ami.Le silence ne fut pas rompu avant que la voiture atteignit le sommet de la côte, d\u2019où l\u2019on voyait l\u2019avenue qui menait à Clairemotte.Il y avait tant de charme paisible dans ce paysage bourguignon recru de chaleur et de lumière, que, pour en jouir, Hervé modéra sa vitesse.L'action lénifiante du silence et du temps avait adouci son regard et desserré ses mâchoires.\u2014 Eh bien! Rosie, toujours fâchée?En même temps, il se tourna vers elle en souriant.Il vit alors les yeux humides, le nez trop rouge de sa compagne et s\u2019émut à son tour.\u2014 Je suis une brute, Rosette, dit-il, c\u2019est un peu votre faute, vous avez été si taquine, si agaçante! Ce que j'en dis n\u2019est pas pour m\u2019excuser, mais pour m'expliquer.Voulez-vous que je vous demande pardon?\u2014Il me faudrait, en ce cas, vous demander aussi pardon, Hervé.\u2014 Alors, on passe l\u2019éponge?\u2014 On passe l'éponge.\u2014 Nous sommes copains?\u2014 Nous sommes copains.Ils rirent de concert, les larmes disparurent comme par enchantement des yeux couleur de noisette, qui regardaient Hervé.Un point sensible restait pourtant au coeur de Roselyne: le démon de la jalousie veillait encore et la tourmentait.Ce fut lui qui l\u2019incita à dire, maladroite: \u2014Je suppose que le baron de Ro- quemont est le mari de cette femme?Car elle jugeait ce souvenir moins dangereux si la voyageuse était mariée plutôt que jeune fille.\u2014 Ne pensez donc plus à cette dame ni à ce baron, je vous en prie! Mais leurs pensées, aiguillées sur cette voie, poursuivirent leurs chemins parallèles jusqu\u2019à l\u2019arrivée à Claire- motte.\u2014 Voulez-vous faire une partie de tennis, boire quelque chose de frais ou La Revue Populaire vous reposer dans un fauteuil?demanda Roselyne.\u2014 Rien de tout cela, merci.J\u2019ai beaucoup à faire aujourd\u2019hui.\u2014 Alors, à jeudi, comme il était convenu.\u2014 À jeudi.Il partit en vitesse, mais quand, ayant rejoint la route, il eut mis entre Clai- remotte et sa voiture le somptueux rideau des chênes de l\u2019avenue, il ralentit un peu, tira de sa poche un agenda et écrivit: «Baron Bruno de Roquemont, La Roncière, par Champuy (Yvonne).» Pendant ce temps, Roselyne, dans sa chambre, écrivait les mêmes mots sur une feuille de papier qu\u2019elle glissa dans un tiroir de son bureau.Puis elle s\u2019examina longuement devant la glace d\u2019une psyché: silhouette gracieuse, à la fois svelte et robuste, visage net aux yeux francs, au teint mat, aux lèvres pulpeuses qu\u2019un sourire écartait sur des dents sans défauts.Le front pur et bien modelé, encadré par les cheveux d\u2019un brun doré, complétait un ensemble très jeune fille moderne, au meilleur sens du mnt.Roselyne tourna la-tête à droite, à gauche, sourit encore et soupira: \u2014 Décidément, elle est plus jolie que moi.\u2019 CHAPITRE Il A famille Gonin habitait, à trois kilomètres de Clairemotte, un château romantique qui faisait penser à celui de la Belle au bois dormant.Du château lui-même, fenêtres ouvertes, s\u2019échappaient des rumeurs de voix plus discrètes, parfois des rires, les auditions variées d\u2019une puissante T.S.F.ou les concerts à grand orchestre donnés par les disques d\u2019un gramophone.A coup sûr, Boisbénit, malgré son cadre, n\u2019était point le château de la Belle au bois dormant.Arrivé au château, Hervé monta au premier étage et se rendit dans la loggia.Le coin préféré des Gonin, cette loggia, vaste pièce ouverte sur les mystères des sous-bois dont elle n\u2019était séparée que par une balustrade de pierre ajourée.À cette place, la cure d\u2019air était possible par tous les temps, et les châtelains ne s\u2019en privaient pas.Mme Gonin y gardait en permanence sa table à ouvrage, le colonel en faisait son fumoir et sa bibliothèque de prédilection, et Hervé, quand il était là, y faisait de fréquentes stations.Ce jour de juillet où le soleil chauffait si fort, le jeune homme trouva quatre personnes réunies dans la loggia; son père, sa mère, son oncle Georges et sa tante Marie Matignot.\u2014 Déjà revenu, mon chéri?Hervé venait d\u2019apparaître et souriait à sa mère.\u2014 As-tu rencontré quelqu\u2019un à Montfort?demanda-t-elle.\u2014 Personne à Montfort, mais Rose- lyne au bout de l\u2019avenue de Claire- motte.Nous l'avons emmenée à la gare.Mme Gonin sourit, elle aimait Rose- lyne et voyait sans déplaisir que Rose- lyne aimait Boisbénit et ses habitants.Mais, prudente, elle ne disait rien, craignant de peser, ne [ût-ce que d\u2019un pétale de rose, sur les décisions d'avenir de son fils.Quand elle sut que les jeunes gens avaient emmené Roselyne à la gare elle répliqua: \u2014 Elle est souvent sur les routes, cette petite.\u2014 Sur les routes et ailleurs, dit le colonel; Roselyne a autant d\u2019ardeur pour les travaux intellectuels et les oc- -cupations ménagères que pour la promenade.Tout en regagnant sa chambre et en procédant à sa toilette, il croyait revoir le visage de Roselyne fâchée, sa [ Lire la suite page 26] Montréal, septembre 1948 23 ROLE ET DRINCIDES D'ACTION d\u2019une Chambre de Commerce locale Pan Oscan Blain, LSC, CAM.Oscar Blain est né à Montréal, le 3 mars 1899.Etudes primaires à Ste-Julie-de-Verchères et études classiques au Collège de Montréal et au Collège de St-Jean.Licencié en sciences commerciales (1924) de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal.Chef adjoint du secrétariat de la Société St-Jean-Baptiste jus- dirigé par les sentiments personnels qui me gouvernent et généralement en harmonie avec les directeurs d'organismes semblables ; encouragé par deux congrès auxquels j'ai assisté, j'ai décidé d'exposer les idées suivantes que j'ai résumées sous le titre de « Rôle et principes d'action d\u2019une chambre de commerce locale ».J'ai cru devoir prouver mes principes en partant d'une base solide pour éviter le plus possible toutes discussions qui entrai- nent des mésententes nuisibles et des résultats négatifs.| res par les conférenciers que j'ai eu l'occasion d'entendre ; I.On peut définir une chambre de commerce: Un groupe homogène de personnes qui habitent dans un endroit et s'associent : 1° pour étudier les problèmes sociaux que leur groupement soulève et proposer, sous forme de résolutions, le résultat de leurs études à ceux qui les dirigent ; 2° pour promouvoir certaines organisations tendant à améliorer le milieu où elles vivent, pour que chacune puisse y trouver un plus grand bien-être dans sa vie physique, intellectuelle et morale.II.Pour arriver à établir des principes de direction indiscutables, il faut remonter beaucoup plus haut que nous ne saurions le croire de prime abord.Nous oublions trop qui nous sommes.Comment alors, sans connaissance de soi-même et des autres, se respecter et respecter les autres dans leurs droits ?Reconnaissons, comme premier principe de direction, que l'individu est gouverné par des lois et arrétons-nous un instant à considérer l'individu comme un être à triple vie: matérielle, physique ou animale de par son corps: spirituelle ou intellectuel- - le de par son âme: sociale par le fait qu'il vit avec d'autres êtres semblables dont il dépend plus qu'il ne le croit, et qui ont _ eux aussi, leurs droits à la même existence.Cette triple vie est - \u201c soumise à l'empire de certaines lois naturelles, immuables, qu'on \u201cne peut tenter de modifier impunément.Par conséquent, toute \u201c5 \u2018loi secondaire imposée \u2018par les dirigeants à leurs semblables, doit être conforme aux lois naturelles, autrement elle lèse \u201c l'individu.; À \u2018- | Posons, comme second principe, I'obéissance aux lois.L'into _- dividu doit d'abord obéir aux lois que la nature lui impose, autre- ©.ment il souffre.Comme la perfection n\u2019existe pas, son obéissance est imparfaite et c'est la cause de sa mort, disons même de son { suicide.D'autre part, plus son obéissance est grande et parfaite, mieux et plus longtemps il vit.L'obéissance devient même une - e©bligation à cause des autres individus qu'infailliblement il lèse en commettant des actes contraires aux lois.Dans son intérêt d'abord et dans l'intérêt de tous, chacun doit donc, pour obéir le mieux possible, connaître les lois.i Un troisiéme principe se dégage par conséquent, lequel est de rechercher les moyens de connaître les lois.L'individu apprend à connaître les lois qui le gouvernent de ceux qui les étudient et qui ensuite lui transmettent par l'enseignement, le résultat de leurs études.Éd tt La Chambre de Commerce de Ste-Rose de Laval.De gauche à droite.M.Aimé Leroux, directeur, M.A.Savoie, vice-président, M.l'abbé Guèvremont, M.Oscar Blain, président, M.Joseph Ouimet, maire de la ville de Ste-Rose, M.L.P.Bertrand, directeur, M.Paul Couillard, membre, M.Fernand Drapeau, directeur.Au premier plan, M.Guy Rouleau, secrétaire.N'apparaissent pas sur cette photo les membres suivants du conseil d'administration : M.Léo Bonneville, directeur, M.L.P.Guay, membre.M.B.Pauzé, membre, M.J.P.Buner, directeur, M.James Stafford, directeur, M.J.Li bre, M.F.Dagenai: bre, et M.A.Labelle, membre.qu'en 1927.Assistant-gérant de la firme Beausoleil & Cie, \u2014 courtiers en valeurs.Comptable à son compte depuis 1931.Enseigne la comptabilité et la pratique des affaires à l'Ecole des Hautes Etudes de Montréal.Collabore à diverses revues.Premier pré terme en 1948.Membre de diverses sociétés.ident de la Chambre de C ce de Ste-Rose, réélu pour un deuxième Photo Blank & Stoller.a) Dans la vie physique, ce sont les spécialistes de toutes sortes, savants ou scientistes qui cherchent à trouver les meilleurs moyens de vivre et de prolonger l'existence.b) Dans la vie intellectuelle, ce sont d'autres savants éducateurs qui forment les premiers à la science et qui disciplinent l'intelligence par la logique et la morale auxquelles l'individu doit se soumettre, pour ne pas laisser la libre pensée égarer son jugement.Car sans son intelligence disciplinée, l'homme n'est plus qu\u2019animal ; il est même inférieur à l'animal dont l'instinct est un guide plus sûr qu'une intelligence déformée, mal formée ou dévoyée.c) Dans la vie sociale, les lois secondaires interviennent et sont là, les plus nombreuses.Elles sont émises à l'intention des individus qui ne veulent pas obéir aux premières, afin qu'ils ne gênent nullement les autres individus dans leurs actes personnels et respectent ainsi leur liberté.Elles sont émises en outre, pour aider chaque individu, dans un action solidaire et conjointe, à réaliser un milieu plus favorable à sa vie physique, intellectuelle et morale.Ces lois secondaires doivent donc être élaborées, avec la collaboration entière et complète des deux groupes de savants, sinon elles risquent fort d'entraver l'individu dans sa double vie personnelle ; elles doivent être promulguées pour être connues et expliquées le plus clairement possible, pour être bien comprises et, par conséquent, respectées.Comme quatrième principe, nous devons pratiquer le respect envers les éducateurs ; car si nous devons obéir aux lois, il s'ensuit que nous devons respecter ceux qui nous les enseignent.Le médecin, le chimiste, le physicien améliorent notre vie physique ; le curé et ses assistants, les maîtres dans nos écoles, nos collèges et nos universités améliorent notre vie intellectuelle et morale ; les deux groupes réunis améliorent le milieu social où nous vivons, c\u2019est-à-dire la société.Pouvons-nous maintenant, dans aucun acte de notre vie, soit comme individu, soit comme partie de la société, ignorer nos maîtres ?Ignorer son médecin, c\u2019est peut-être mourir d'indigestion aiguë.Ignorer son curé, c'est certainement mourir d'indigestion morale.Il est aussi absurde de laisser le curé dans son presbytère seul avec son bréviaire, que le chimiste dans son laboratoire seul avec ses cornues, ou le physicien dans son cabinet seul avec ses atomes.Nous risquerions fort alors de perdre, petit à petit, tout sens de la morale chrétienne et de ne pas agir autre- Suite à la page 70 24 La Revue Populaire DETTES de la SAISON - Gaby\" Morlay\" Georges.\u2019 Guetary.Suzy Carrier Danielle - Darrieux leurs s prévisions, \u2018dépasser en productions.de 7 « Qualité supérieure tout ce \u2018qui s'est fait jusqu'ici.Nous reverrons nos vedettes favorites dans des rôles a \u201cleur taille at à la mesure de leur talent véritable.lmiag ons dilgra\u2019 notre plaisir puisque ces chefs-d\u2019 oeuvre promis surpasseront les - éispaantes téalisations de la saison dernière | ! CHAR \u201c # .\u2018 Essayez fe PRET EST PRÉCIEUSE BRASSÉE ! Tôt le matin \u2014 le teint de Lizabeth éblouit déjà! \u201cFacile\u201d, dit-elle.\u201cUm traitement Woodbury est mon premier soin! Ma peau bien nettoyée est fraîche comme rosée!\u201d Les huiles pénétrantes du Cold Cream Woodbury nettoient l'épiderme jusqu'au fond des pores.VISION CHARMANTE !.qui retiendra le regard.\u201cLe travail au studio terminé\u201d, dit Lizabeth, \u201cj'ai rendez-vous avec Woodbury.doux et crémeux, il veloute la peau.\u201d Vrai secret de beauté\u2026 Quatre ingrédients spéciaux de Woodbury assouplissent et satinent la peau sèche.+ TOUJOURS BELLE ! Lizabeth tonifie sa beauté la \u201cPour obtenir cet Air toujours frais, faites l\u2019essai de mon DEMAQUILLAGE DE BEAUTÉ\u201d, dit Lizabeth.nuit.\u201cJe nettoie à fond avec la Crème puis « .j'étends une mince couche de Woodbury qui agit Etendez le Cold Cream Woodbury.ses riches huiles nettoient en profondeur.Essuyez et de coute la nuit.Au matin, un teint épanoui !\u201d Procurez-vous le Cold Cream Woodbury.nouveau Woodbury.quatre ingrédients spéciaux cor- Une crème si riche \u2014 à si bas prix! rigent la sécheresse.Essuyez \u2014 aspergez d\u2019eau froide.L\u2019épiderme resplendit de ce fameux éclat Woodbury 1\u201d / Woodbury BEC (/ Cream Woodbury dema quilag © de beaute Cold Cream FABRICATION CANADIENNE Spécial \u2014 pour peau sèche.Nettoyez au Cold Cream Woodbury.Adoucissez au Woodbury Special Dry Skin Cream.À base de lanoline elle pénètre et vivifie l\u2019épiderme. 26 sur la RIVIERA.boisemain & L'AMOUR A Eden Rock, Tom me prit la main et dit: \u201cQuelle main douce.Si je l\u2019embrasse encore je la garde.\u201d Et alors.Bien sûr, j'emploie et emploierai toujours fidèlement la Lotion Jergens.Et mes mains lui plairont toujours.Jergens vous aidera à capter et retenir l\u2019oiseau rare.Elle est plus sûre que jamais.Grâce à de récentes découvertes, la nouvelle Lotion Jergens rend vos mains encore plus douces, \u2018plus lisses, plus attrayantes.Elle protège plus longtemps.Des mains adorablement douces, grâce à la Lotion Jergens \"Hep\", dit Tom, \u201cprends- moi dans cette pose chère aux gens de ce pays.\u201d Il plaisantait, mais j'étais fière d'avoir confié mes mains à la Lotion Jergens.Parce que.\" \u2026 une nuit étoilée \u2014 Tom me dit: \u201cChérie, marions-nous.Je veux que le monde entier sache que ces mains adorables m\u2019appartiennent.\u201d Et \u2014 7 étoiles de Hollywood contre 1 pré- férent la Lotion Jergens a toute autre lotion.Et plus d\u2019un médecin traite l\u2019épiderme avec deux des ingrédients contenus dans la Lotion Jergens.Soulage les gerçures.Son emploi régulier a contribue à les prévenir.Ni 7 huileuse ni collante.f- 10¢ a $1.00.Elle a plus d'adeptes que toute autre lotion dans le monde.(FABRICATION CANADIENNE) La Revue Populaire LA DAME AU CHAPEAU BLEU * Suite de la page 22 lèvre au pli moqueur, l\u2019ombre qui voilait son regard; il croyait entendre la soudaine fêlure de sa voix, précurseur infaillible de l\u2019orage imminent, et voici que par contraste surgit l\u2019image de l\u2019étrangère au chapeau bleu.Maintenant qu\u2019il pouvait y penser à son aise, il s\u2019amusa à reconstituer le trop charmant visage: des yeux comme cela, une bouche comme cela, et des cheveux! et ce sourire! Revêtu d\u2019un costume léger, Hervé se rendit à la grande salle contiguë à la loggia.Décidé à se montrer généreux, il s\u2019approcha de l'appareil téléphonique, un bon sourire aux lèvres.Mais, au moment de décrocher le récepteur, il vit, par la porte ouverte, sa tante Marie à l\u2019ouïe subtile et à l\u2019esprit inquisiteur; alors il laissa retomber sa main et s\u2019en alla sur la pointe des pieds.Roselyne n\u2019aura pas aujourd\u2019hui le message qui l\u2019eût enchantée.Là-bas, à Clairemotte, devant un appareil en tous points semblable à celui de Boisbénit, elle se disait à cette même minute: « L\u2019appellerai-je?Ne l\u2019appellerai-je pas?» A ce moment, un appel de klaxon dans la cour, des rires, des voix animées, annoncèrent à Roselyne la venue d\u2019une bande d\u2019amis.Elle raccrocha le récepteur et s\u2019élança en courant à travers couloir, escalier, vestibule, pour recevoir dans ses bras deux jeunes filles en robes blanches qui parlaient à la fois.\u2014 Tu ne nous attendais pas! Ce sont les cousins qui ont voulu venir; ils sont arrivés hier, tu vois qu\u2019ils étaient pressés de vous voir, mes enfants.Si nous étions jalouses!.On joue au tennis?\u2014 Je comprends, fit une bonne grosse voix derrière le trio.C\u2019est le tennis qu\u2019ils étaient pressés de voir.Marie-Marthe Dumail, dix-sept ans, la soeur cadette de Roselyne, bonne fille sans prétentions et sans caprices, ne partageait pas les goûts de son aînée pour l\u2019automobile et la littérature.Elle avait deux passions: l\u2019eau et la musique.Aux premières heures du jour, elle s\u2019emparait du piano, malgré les protestations de sa soeur dont la chambre était située au-dessus de la salle d\u2019études.Pendant une heure, elle accumulait gammes et exercices, avant de descendre jusqu\u201dà l\u2019étang des Graves, au bout du domaine, où elle se livrait aux joies de la natation, de la pêche et du canotage, jusqu\u2019à l\u2019heure du déjeuner.Elle recommençait ce programme l'après-midi, tant que duraient les vacances.Pendant ce temps, Roselyne écrivait, lisait, voyait ses amies, se promenait en auto.La famille se retrouvait au complet à l\u2019heure des repas, et il n\u2019était pas toujours sûr que la soirée la gardât réunie.\u2014 Comment as-tu pu avoir des enfants aussi indépendants, toi qui es une grégaire, disait à Mme Dumai! sa jeune soeur, Ginette.\u2014 Elles tiennent de toi, ma chère, ou plutôt du grand-père d\u2019Argène à qui tu ressembles tant.\u2014 C\u2019est vrai que c\u2019est bon, la liberté, prononçait Mile d'Argène avec ferveur.Celle-ci qui, à trente ans, était encore célibataire, passait sa vie en voyages aux quatre coins du monde, voyages qu'elle entreprenait seule, quelquefois à l\u2019improviste.Et c'était miracle quand elle consacrait quelques semaines à sa soeur et à ses nièces qui l\u2019aimaient beaucoup.Cette année, les Dumail ont obtenu qu\u2019elle passit l\u2019été à Clairemotte entre un séjour au Maroc et une visite en Tunisie qu\u2019elle doit faire au cours de l\u2019automne.Sa présence n\u2019enchaîne pas la liberté de Roselyne et de Marie- Marthe; à leur complète indépendance s\u2019ajoute celle de la jeune tante éprise de bicyclette, de footing.\u2014 De rocking-chair, ajoute Marie- Marthe.Ceci même prouve qu\u2019elle aime le mouvement et l\u2019action, puisque, tout en se balançant, tante Ginette occupe ses doigts à des ouvrages dont les pauvres bénéficient.\u2014 Un peu chaud pour jouer au tennis, n\u2019est-ce pas?fit la tricoteuse.\u2014Ce n\u2019est pas cela, riposta Fanny qui ayant eu, la première, l\u2019idée de cette partie, tenait à avoir raison.C\u2019est Jacques qui fait bêtise sur bêtise.\u2014 Parce que j'ai trop chaud.\u2014 Si tu étais sergent de ville.\u2014Je ne serai jamais sergent de ville.I! fut alors décidé à l\u2019unanimité que la partie serait suspendue pendant la grande chaleur.Il y avait heureusement d\u2019autres distractions pour les cousins, au cours de cette semaine.\u2014 Ainsi, on donne à Montfort un film épatant, jeudi, déclara Josette.Nous devrions aller le voir, en bande.\u2014 C\u2019est que jeudi, les Gonin viennent déjeuner.\u2014 La barbe! prononce irrévérencieusement Michel.\u2014 Erreur! mon cher, intervient Marie-Marthe, les Gonin sont délicieux; demande plutôt à Roselyne.\u2014 Moi aussi, je trouve les Gonin charmants, reprend Josette.\u2014 Moi, je les trouve trop solennels, dit Fanny, surtout quand les Matignot sont là.Devant eux, j'ai toujours l\u2019impression qu\u2019il faut faire la révérence.\u2014 C\u2019est vrai qu\u2019ils «font» importants, approuve Marie-Marthe.On dirait qu\u2019ils transportent partout leur château avec eux.C\u2019est accablant! Tante Ginette, qui vient d\u2019apparaître, toute fraîche dans sa robe de linon lavande, rit de toutes ses dents blanches et de ses yeux bleus.\u2014 Vous feriez bien une exception pour Hervé, réclame-t-elle.\u2014 Naturellement! Hervé est un peu protocolaire en présence de sa famille, mais bon garçon par nature.\u2014 Un chic type! conclut Josette.Roselyne regarde sans douceur son amie dont l\u2019enthousiasme lui semble déplacé.Josette continue: \u2014 II ne nous gênerait pas en venant avec nous au cinéma jeudi.Si nous l\u2019emmenions?\u2014 Hervé n\u2019est pas un monsieur que l\u2019on emmène, reprend sèchement Rose- lyne, il a l\u2019habitude de faire ce qu\u2019il veut, et comme il veut.Ginette d\u2019Argène sourit imperceptiblement en regardant sa nièce favorite.Josette, plus enthousiaste que subtile, tient à son idée.\u2014 Nous pouvons toujours espérer qu\u2019il aimera venir avec nous.J\u2019aurai justement à lui remettre des invitations pour la kermesse.C\u2019est vrai, la kermesse! Cette fête qui avait lieu tous les trois ans, au mois d\u2019août, offrait un vaste champ à l\u2019activité des jeunes gens de la région.Les Dumail, les Verrier et leurs amis s\u2019en occupaient avec zèle.Les Gonin s\u2019y montraient moins enthousiastes depuis le départ d\u2019Isabelle, mais Hervé faisait de son mieux pour contribuer au succès de la fête.Il s\u2019agissait avant tout d\u2019y attirer beaucoup de monde, ou du moins beaucoup d\u2019argent, et l\u2019on comptait sur lui pour battre le rappel parmi les nombreuses relations de sa famille.C\u2019est pourquoi Josette jugeait extrêmement important de lui remettre sans délai des cartes d\u2019invitation. Montréal, septembre 1948 \u2014 Puisque nous le verrons jeudi.insista-t-elle.\u201c \u2014Il n\u2019est pas sûr que tu le voies jeudi, interrompit Roselyne impatientée.Quand les Gonin viennent déjeuner à Clairemotte, ils passent une grande partie de l'après-midi avec nous.Il serait malhonnête de les plaquer pour aller au cinéma.Ginette détourna adroitement l\u2019orage qui grondait, en parlant de la kermesse et en suggérant quelques projets susceptibles d\u2019aider à son succès.Jo- sette, bonne fille, recouvra son sourire, mais celui de Roselyne resta contraint.Quand ses amis, repus de biscuits et de sirop à l\u2019orange, eurent quitté Clai- remotte, son malaise durait encore.Un souvenir la génait, un souvenir bleu de roi, auquel s\u2019ajoutait la mine en colère de son ami Hervé.CHAPITRE II} E jeudi-là, toute la matinée, des nuages échevelés se poursuivirent au firmament, poussés par un inquiétant vent d\u2019ouest.\u2014 Il fera beau cette après-midi, affirma Victorine, la cuisinière de Claire- motte.Ces paroles consternèrent les Du- mail, les pronostics de Victorine étant toujours démentis par les événements.Et, de fait, vers midi, le vent redoubla, la poursuite des nuages devint une effroyable mêlée, et une lourde pluie commença à tomber.Elle trépignait avec rage quand arrivèrent les Gonin.Mme Matignot émergea la première d\u2019une auto noyée; le vaste parapluie du jardinier l\u2019abrita jusqu\u2019à la maison et retourna à l\u2019auto pour remplir le même office auprès de Mme Gonin et de ces messieurs.Hervé conduisit la voiture au garage et, à peu près sec sous son tren:h-coat, revint tranquillement à la maison.Tout allait bien; malgré la pluie, la bonne humeur régnait parmi ces gens distingués.À deux ou trois reprises, le jeune homme et Roselyne allèrent contempler derrière la fenêtre les roses penchées sous l\u2019averse.Ils auraient tant voulu trouver, dans le parc, l\u2019occasion d\u2019une bonne causerie amicale! La pluie les gênait et les irritait, mais Marie- Marthe, qui aimait l\u2019eau, ne trouvait pas si désagréable la vue des pelouses noyées.Dans le salon, l\u2019intérêt pris aux petits jeux s\u2019épuisait.C\u2019est alors que Ginette eut l\u2019idée malencontreuse d'\u2019aller chercher son livre de confidences.Cet objet, relié en cuir de Russie, était composé de feuillets dorés sur tranches, portant gravées une série de questions indiscrètes: « Quel est votre fleur préférée?Votre couleur?Votre parfum?Votre poète?Votre musicien?etc, etc.» \u2014 C\u2019est un peu démodé, confessa Mlle d\u2019Argène, mais ce livre m\u2019a été légué par une chère vieille amie.En souvenir d\u2019elle, et parce qu\u2019il est charmant, je voudrais le meubler de confidences sympathiques.Depuis longtemps, les Dumail avaient répondu aux questions posées, Mme Gonin fut sollicitée ce jour-là, et puis ce fut Hervé.; D\u2019abord, tout se passa bien.\u2014 Ma fleur?Celle du laurier.\u2014 Très bien, sourit Ginette, qui n\u2019ignorait pas les ambitions du jeune homme.\u2014Mon mets favori?Le pâté de poisson à la Clairemotte.\u2014 Qu\u2019il est aimable! dit Mme Du- mail, flattée.\u2014 Mon parfum! La lavande.Chose rigoureusement vraie, mal connue de ses amis, et qui fit se redresser Roselyne si brusquement qu\u2019elle heurta la main qui écrivait.Une ligne importune égratigna la page \u2018satinée.Hervé, qui avait horreur des ratures et du désordre, regarda sans douceur la cause du méfait; un sourire lui répondit, moqueur, plein de sous- entendus que, tout d\u2019abord, il ne comprit pas.Puis, comme un éclair, il se vit dans la gare de Montfort, portant à ses narines une enveloppe d\u2019un gris doux.«Elle y pense toujours! décidément, c\u2019est une rosse!» pensa-t-il, furieux.Il était plus fâché de cette persistance d\u2019un souvenir rancunier que de la tache sur la page de ses confidences.Aussi le désir d\u2019être désagréable à son tour inspira-t-il la suite de ses réponses.\u2014 Ma couleur?Bleu de roi, écrivit-il d\u2019une plume décidée.\u2014 Je le savais, dit Roselyne.Hervé n\u2019eut pas l'air d\u2019entendre.Il continua: \u2014 Ma qualité préférée?La douceur chez une femme.\u2014 Et chez l\u2019homme?demanda Rose- lyne, frémissante.\u2014 L'indifférence devant les caprices féminins.Roselyne fit demi-tour.Debout près de la fenêtre, elle déclara qu\u2019elle en avait assez d\u2019être entre quatre murs, et, trois minutes plus tard, on la vit passer, enveloppée d\u2019un imperméable, la tête haute dans son capuchon.Mme Gonin regarda Hervé.\u2014 Si tu l\u2019accompagnais.\u2026.\u2014 Merci bien! Je n\u2019ai pas pour la pluie un amour immodéré, moi.Les bridgeurs, la partie finie, se rapprochèrent de leurs amis.Le colonel réclama un peu de musique; Marie- Marthe se mit au piano, et, rendue à son plaisir favori, joua tout ce que l\u2019on voulut.On ne revit Roselyne qu\u2019à l\u2019heure du thé.Elle apparut souriante, bien coiffée, enchantée, dit-elle, d\u2019avoir pris l\u2019air.Justement, la pluie venait de cesser.\u2014 Cela va mieux, Roselyne?demanda à mi-voix Hervé, repentant.La fâcheuse disposition d\u2019esprit de la jeune fille lui fit voir là une provocation.\u2014 C\u2019est à vous qu\u2019il faut demander cela, pauvre âme en peine, riposta-t- elle d\u2019un ton glacé.« Décidément, elle a un fichu caractère, conclut-il, furieux derechef.Je crains que son mari ne soit pas heureux.» \u2014 Roselyne n\u2019a pas été polie, déclara Mme Matignot du fond de sa place dans la voiture.Où était-elle pendant que sa sbeur jouait du piano?Une jeune fille ne disparaît pas ainsi quand il y a des invités chez ses parents.\u2014 Elle avait besoin de prendre l\u2019air, expliqua Mme Gonin, indulgente et secrètement contrariée.\u201cLes mâchoires serrées, les mains crispées sur le volant, Hervé ne broncha pas.\u2014 Qu'est-ce qui t'a prise de nous plaquer comme cela?disait au même moment Marie-Marthe à sa soeur.\u2014 Tu serais bien gentille de ne pas te mêler de mes affaires, riposta Rose- lyne.\u2014 Alors, c\u2019est moi qui te demanderai la raison de ton absence pendant la visite de nos amis, reprit Mme Du- mail, sévère.\u2014 Suis-je en prison, ici?N\u2019ai-je plus le droit de sortir quand j'en ai envie?\u2014 Tu n\u2019as pas le droit d\u2019être impolie.\u2014 J'avais mal à la tête, j\u2019étouffais.\u2014 Tu n\u2019es pas malade, au moins?L'inquiétude évidente de s& mère, la douce voix de sa tantinette, agirent sur la colère rentrée de Roselyne comme le soleil de juin sur un morceau de glace.Elle ne répliqua rien, monta en courant à sa chambre, ferma la porte, et, seule avecc son chagrin, laissa couler sans contrainte les larmes qui l\u2019étouffaient.27 Au comble de la joie ! Réception au \u201cOld Mill\u201d près de Toronto, où la débutante Wood- bury, Joan Pauline Greer et Douglas Price ont souvent dansé au début de leur idylle.Clés 6 Loontaur UNE DÉBUTANTE WOODBURY SE MARIE Teint adorable \u2014 tout à fait Woodbury ! Joan entretient la fraîcheur de sa peau délicatement olivâtre au doux savon Woodbury.\u201cSa douceur invite au baiser,\u201d dit Doug.ACTE RE Un ingrédient de crème de beauté \u2014 employé dans les crèmes pour le visage \u2014 rend le savon Woodbury différent! Ultra- doux, il met en relief la beauté de votre peau délicate.Avant les fiançailles \u2014 comme tous les jours \u2014 c\u2019est le Cocktail Woodbury ! \u2018Une mousse abondante que je rince a chaud puis à froid,\u201d dit Joan.\u201cMa peau est un satin!\u201d Réves d\u2019avenir.Joan veut rester toujours jolie, en conservant son ravissant teint Woodbury que Doug aime tant! Pourquoi ne pas adopter la méthode des débutantes ?(Fabrication canadienne) 28 DONNE UNE CUISSON MAGIQUE \u2014 VOUS SAUVE UNE HEURE PAR JOUR i L.MARMITE PRESTO cuit par pression\u2014en minutes au lieu F d\u2019heures.Les résultats sont magiques\u2014la saveur et la couleur naturelles des aliments sont conservées; les précieuses vitamines et les substances minérales alimentaires sont sauvegardées\u2014le tout grâce à la cuisson R-A-P-I-D-E de la MARMITE PRESTO.Vous pouvez ainsi servir à votre famille des aliments plus nourrissants, plus appétissants et plus économiques.Et de nouvelles combinaisons de saveurs succulentes sont possibles grâce à votre merveilleuse MARMITE PRESTO.Mais ce qu\u2019il y a de mieux, c\u2019est que la cuisson rapide de la MARMITE PRESTO vous épargne jusqu\u2019à une heure par jour dans la cuisine.en comparaison des méthodes ordinaires.La MARMITE PRESTO vous affranchit donc de la cuisine\u2014vous donne plus de-loisirs.A Assurez-vous que vous obtenez la MARMITE PREsTO SURE, authentique.La seule marmite à pression possédant toutes ces caractéristiques de sûreté\u2014 fermeture hermétique Homec, + Jpdicateur à pression, soupape de sûreté, fonte d'aluminium paisse.MERVEILLEUSE pour MISE EN CONSERVE DE MÉNAGE Le coût des aliments augmente sans cesse.Mais vous pouvez épargner de l\u2019argent en faisant des conserves à la maison, de la maniére simple, SURE et facile, avec une MARMITE PRESTO.Avec la MARMITE PRESTO, vous conservez de petites quantités à la fois, quand cela fait votre affaire, alors que les fruits, les légumes et la volaille sont disponibles en abondance et coûtent moins cher.Le précieux livre de cuisine PRESTO donne des instructions complètes, illustrées et faciles à suivre, pour la mise en conserve.Vous en\u2019obtenez un exemplaire gratuit avec votre MARMITE PRESTO.Oui, madame, vous pouvez servir des aliments nourrissants et suffisants, sans dépasser les limites de votre budget, en faisant usage de la MARMITE PRESTO pour toute votre cuisson et votre mise en conserve.Vous épargnez sur le coût de la nourriture.Vous servez à votre famille des mets plus nourrissants, plus appétissants.Procurez-vous maintenant votre MARMITE PRESTO.AU CANADA, 9 MARMITES A PRESSION SUR 10 sont des .MARMITES Pres CHAPITRE IV E temps est divinement beau, ce soir.La tempête récente l\u2019a purgée de toutes ses poussières et de toutes ses lourdeurs.A Clairemotte, les plantes ressuscitées ont une exubérance de vie qui les couvre de fleurs: glaïeuls, reines- marquerites, balsamines se pressent en masses serrées de chaque côté de l\u2019allée qui conduit au belvédère, terrasse ombragée de noisetiers d\u2019où le regard se repose, au-delà du pré où paissent des vaches, sur la sapinière qui ferme horizon.\u2014 La paix.mure Ginette.Elle s\u2019est réfugiée là en l\u2019absence de ses nièces.Cette grande voyageuse, très sociable, a besoin de quelques heures quotidiennes de solitude et de silence; c\u2019est là que, de préférence, elle vient les chercher.Une broderie ou un stylo à la main, elle vit à nouveau les meilleures heures de sa vie; d\u2019autres aussi lui reviennent en mémoire, elle ne les chasse pas toujours, les souvenirs douloureux sont parfois les plus précieux.la divine paix! mur- La sagesse commande à Ginette de ne poser aucune question; d\u2019autre part, il faudrait de l\u2019air aux sentiments comprimés par l\u2019orgueil, car l\u2019orgueil de Roselyne est en jeu, c\u2019est certain: quand Roselyne a raison, elle n\u2019est jamais longtemps fâchée, son amour- propre ne souffre point.Or, cette fois, le nuage tient bon, elle n\u2019a donc pas tout à fait raison, son orgueil en est blessé.Justement, la voici.Délicieuse dans sa robe blanche, elle a un tendre sourire en apercevant Ginette.Celle-ci devine qu\u2019une question brûle les lèvres de sa nièce; elle veu- drait pouvoir répondre: « Oui, Hervé est venu tantôt.Il s\u2019est informé de toi.» Mais ce serait un mensonge, Hervé n\u2019était pas venu.Et pour éviter de prononcer le «non» qui s'impose, elle interroge Roselyne sans attendre de question.\u2014 Bon travail, chez Mme Jouvel?\u2014 Pas mal de bavardage.Nous avons tout de même fait quelque chose.Marie-Marthe est chargée de la pêche à la ligne.Tu penses si nous avons ri! Et Mme Jouvel me confie une boutique de friandises exotiques.Qu\u2019en penses-tu?\u2014 L'idée me semble bonne.Je te vois très bien, habillée en Tunisienne, vendant du loukoum et des dattes fourrées.\u2014 En Tunisienne?Mais je vendrai aussi du thé d\u2019Indochine, du touron d\u2019Espagne, du chocolat suisse, des noix de coco, et même du chewing-gum.\u2014 Voilà qui nous laisse le choix du costume, dit Ginette.\u2014 Alors, tu m\u2019approuves d\u2019avoir accepté?\u2014 Bien entendu.\u2014 Et tu m\u2019aideras?\u2014 Re-bien entendu.Justement, je viens d\u2019écrire à Thérèse.Elle a organisé quelque chose dans ce genre-là, l\u2019automne dernier.J\u2019ajoute un post- scriptum pour lui demander de m\u2019envoyer des idées par retour du courrier.C\u2019est ici que, chaque jour, Ginette vient écrire à ses amis.Elle a des correspondants aux quatre coins du monde.La lettre pour Thérèse, l\u2019amie préférée, est là, sous une feuille de papier buvard.Ginette la tire de son enveloppe non cachetée qui se trouve soudain sous les yeux de Roselyne.« Madame Drécourt, Saint-Jean (Yvonne).» \u2014 C\u2019est vrai! ton amie habite l\u2019Yvonne.\u2014 Oui, un joli coin que je revois toujours avec plaisir.\u2014 Dis-moi, tantinette, puisque tu vas souvent chez ton amie dans l\u2019Yvon- La Revue Populaire ne, tu dois connaitre un tas de patelins, par la.\u2014 Un tas! La hardiesse de l\u2019expression amuse Ginette.\u2014 As-tu déjà vu quelque chose qui s'appelle la Roncière, près de Cham- puy?| \u2014 C\u2019est bien possible, mais l\u2019Yvonne est un grand département.\u2014 Champuy est dans le Tonnerrois; ce ne doit pas être très loin de Saint- Jean.Tes amis connaissent peut-être cela?\u2014 Est-ce que la Roncière t'intéresse, chérie?\u2014 Pas du tout.\u2014 Alors?\u2014 Mais j'ai entendu parler d\u2019un baron de Roquemont, à la Ronciére.\u2014Et?.La question embarrasse Roselyne qui explique trés vite, soudain inspirée: \u2014 Je me demande si nous ne pourrions pas le «taper» pour la kermesse.Mme Jouvel nous a tellement recommandé de frapper a toutes les portes! \u2014 Tu as l\u2019étoffe d\u2019une femme d\u2019oeuvres, ma fille.\u2014 C\u2019est pourquoi je veux saisir toutes les occasions.Roquemont, cela ne te dit rien, à toi qui connais toute l\u2019Europe, et l\u2019Yvonne par-dessus le marché?\u2014 Roquemont .Cela me dit quelque chose, en effet.Attends! .Pierre Dré- court a dû prononcer ce nom.Quand, pourquoi?Je ne m\u2019en souviens plus.\u2014 Alors, tes amis connaissent ce baron.Comment est-il?A-t-il une femme, une fille, une soeur?\u2014Je n\u2019en ai pas la moindre idée.Je ne suis pas même certaine de l\u2019avoir entendu nommer.\u2014 Mais si, mais si, tu en es sûre.Ecoute, tantinette, tu vas être un amour.D'abord, voici une carte que tu glisseras dans ta lettre à Mme Dré- court; elle aura peut-être la bonne idée de nous envoyer une petite offrande.Ensuite, tu lui demanderas des conseils pour ma boutique.Enfin, tu mentionneras le baron Bruno de Ro- quemont, afin de savoir par elle si nous pouvons lui envoyer une invitation.C\u2019est drôle, quelque chose me pousse à «taper» ce bonhomme-là.Et tu demanderas le réponse par retour du courrier.Promis?\u2014 Quel crampon tu fais! Le sourire qui accompagne cette remarque corrige ce qu'elle a de désobligeant.\u2019 Si bien que, le soir méme, deux annexes furent ajoutées a la lettre destinée à Thérèse Drécourt: 1° une carte d'invitation a la.kermesse; 2° une note rédigée par Ginette, sur les indications précises de sa niéce Rose- lyne.\u2014 Et puis, ajouta celle-ci en cachetant l\u2019enveloppe, si tu connais, directement ou indirectement, d\u2019autres gens très importants dans la région, tanti- \u2018nette, ' indique-les-moi, pour que je leur écrive aussi.\u2014 Décidément, tu as tout de la femme d\u2019oeuvres, répéta Ginette, amusée.Thérèse Drécourt fut merveilleuse.Le surlendemain, Ginette recevait une lettre pleine d\u2019excellents conseils dont Roselyse allait faire son profit, et la promesse d\u2019un envoi de gâteaux au\u2019 miel, style marocain, qui avaient toujours un grand succès auprès des amateurs de douceurs exotiques.\u2014 Et puis?demanda Roselyne qui attendait surtout autre chose.\u2014 Voici: «Pierre, en effet, connaît un peu le baron de Roquemont, pour avoir chassé avec lui chez les Garnier.Ce monsieur, passant à Saint-Jean, est venu nous faire une visite, en mars dernier.C\u2019est un homme très distingué, qui rend de grands services dans sa région, comme son père, tué à Verdun, le faisait avant la guerre. [SP SOU co iakd alt) atteh, dde chtis dard dis net 4.Montréal, septembre 1948 «Je crois que votre nièce peut envoyer une carte de kermesse au baron, en se recommandant de mon nom si elle le désire.Le vôtre ne doit pas lui être tout à fait inconnu.Vous savez qu\u2019il revient souvent sur mes lèvres, et le baron a passé deux heures avec nous, quand il s\u2019est arrêté à Eaint- Jean.» \u2014 Cette chère Thérèse! Ginette est attendrie.profite pour dire: \u2014 Je me charge de tout.Et, radieuse, fredonnant un air de valse, elle court à sa chambre et s\u2019assied à son bureau.Un quart d\u2019heure plus tard, une enveloppe au nom du baron de Roque- mont contient une carte de kermesse, munie de cette indication: « De la part de Mademoiselle Roselyne Dumail, qui tiendra le comptoir de confiserie exotique, et vous sera reconnaissante d\u2019une visite ou de la moindre offrande.» A cette carte était jointe une lettre: Roselyne en « Monsieur, « Veuillez excuser la liberté que je prends en vous envoyant une invitation pour la kermesse organisée au bénéfice du dispensaire de Montfort.Mais votre générosité bien connue me fait espérer que vous ne refuserez pas de vous intêresser à une oeuvre, si nécessaire pour la santé de la classe déshéritée de notre ville.«Ma tante, Mlle d\u2019Argène, grande amie de Mme Pierre Drécourt, de Saint-Jean, veut bien prêter son concours et vous serait, comme moi, reconnaissante de votre visite.«Veuillez croire, Monsieur, etc.» De crainte d\u2019un regret, d\u2019un retour en arrière, ces faiblesses si fréquentes chez elle et dont elle a honte, Roselyne écrit en hâte l\u2019adresse du baron, cachette l\u2019enveloppe, sort en courant, enfourche sa bicyclette et va porter ce pli, avec un paquet d'invitations dû- ment adressées, à la poste de Mailly, voisine de Clairemotte.Ouf! la chose est faite.Entre temps, des colis arrivent à l\u2019a- .dresse de Rcselyne et de Ginette qui, docile, aux suggestions de sa nièce, s\u2019est adressée à plusieurs de ses amis.Celui de Thérèse Drécourt ne fut pas le moins agréable à recevoir.À ses gâteaux marocains, elle avait joint des pâtes d\u2019abricot de sa façon qui furent, pour les petites Dumail, une terrible tentation.; Mais tout cela ne satisfaisait pas tout à fait Roselyne, elle voulait autre chose.Enfin, la veille de la fête, son désir fut à moitié exaucé.Elle reçut, dans une enveloppe de vélin, un mandat de \u201c-eéent francs avec une carte du baron \u2018de Roquemont qui, «au regret de ne pouvoir aller à la kermesse de Mont- fort, remercie Mlles d\u2019Argène et Du- mail d\u2019avoir bien voulu penser à lui, les prie d\u2019accepter sa modèste contribution à leur bonne oeuvre et demande à Mlle d\u2019Argène de vouloir bien la rappeler au bon souvenir de M.et Mme Drécourt.» L'écriture était nette, distinguée, sans ratures.\u2014 Epatant, le baron, hein, tantinette ?Regarde cette carte, cette enveloppe \u2014 Et ce mandat! conclut Ginette en souriant.Il fut décidé séance tenante que M.de \u201c Roquemont recevrait après la fête une caisse de dattes fourrées et une carte de remerciements.; Roselyne a beaucoup de mal à penser à autre chose, quand, ses occupations lui permettent de penser, ce jour- là.Elle ne sait paë très bien pourquoi elle est' si \u2018contente de cette affaire, mais le fait est là, elle est \u2018conterite.Peut-être bien \u2018parce qu\u2019elle à \u2018réussi \u201cdans \u2018une\u2019 entreprise fui He Manquait PE d'audate : \u201cpeut-êtré parce qué, l\u2019a- \u201c\u2019géçant -Inéonnu \u2018qui \u2018entévrait' la voyageuse bleu de roi commence à perdre ' de son mystère et tend à n\u2019être plus l'inconnu, peut-être parce que l\u2019entrée dans son horizon d\u2019un personnage important et sympathique lui est agréable, ou peut-être tout simplement parce que le lustre de ce personnage fait pâlir celui d'Hervé.De toute évidence, une femme jeune, jolie, élégante, portant avec chic un chapeau bleu de roi, aimera mieux s\u2019appeler baronne de Roquemont que Mme Gonin.Il est également de toute évidence qu'elle doit préférer l\u2019homme important qui tient une place notoire dans sa région à un petit jeune homme qui n\u2019a même pas terminé ses études.Cette conclusion n\u2019apporte pas à Ro- selyne un apaisement complet.Serait- elle jalouse ?non pas seulement de ce qu\u2019elle aime, mais bassement jalouse ?.Elle en veut à cette voyageuse, qui sait plaire au petit jeune homme comme à l\u2019homme important.Furieuse contre elle-même de se sentir injuste, puisqu'il ne s\u2019agit plus seulement de la vieille amitié qui lui appartient et qu\u2019elle veut défendre, Rose- lyne s'applique avec rage à coller des emblèmes sur des lés d\u2019étoffe dont elle fera des oriflammes.Puis, accompagnée de Marie-Marthe, elle retourne à Mont- fort pour achever la décoration dont elle a la charge.CHAPITRE V RAÎCHE comme son nom, dans sa robe fleurie, Roselyne Dumail tient avec grâce son rôle de marchande de « douceurs exotiques ».Sa boutique décorée d\u2019oriflammes portant croissants, étoiles, dragons, chrysanthèmes, éléphants blancs, offre mille tentations aux passants que taquine le démon de la gourmandise.Ginette prête à sa nièce une assistance souriante et distinguée.La vente, qui s\u2019était ralentie pendant la demi-heure en Europe centrale de Mme Vincenot, va reprendre de plus belle.Roselyne s\u2019efforce d\u2019être aimable, mais sa gaieté, réelle au début de l\u2019après- midi, commence à s\u2019effriter.Il est clair que les bonnes amies doivent trouver singulier qu\u2019Hervé Gonin ne soit pas encore là.Il avait promis de venir de bonne heure, mais il est.si bizarre, depuis quelque temps! L\u2019autre jour, a Boisbénit où les Dumail ont goûté, on ne l\u2019a vu qu'd cing heures, ee qui a .contrarié sa mere.Et le colonel a expliqué : _- \u2014 Ce garçon est infatigable, il ne se repose jamais.Quand il ne travaille r pas dans sa chambre, il fait des courses insensées à pied, à cheval, à bicyclette, avec une bande de camarades venus camper dans la région.] Cela, Roselyne le savait déja.Quand il vient à Clairemotte, c\u2019est toujours en courant ; cette bande de campeurs est un désastre, cette année, pour les vacances des amies bourguignonnes.Rose- lyne, absorbée par les préparatifs de la kermesse, n\u2019a pas eu le temps d\u2019en trop souffrir, mais quand elle y pense, elle s\u2019irrite et cherche, à ce qu\u2019elle appelle l\u2019indifférence du jeune homme, des raisons que les autres ne soupçonnent pas.«Il est capable de ne pas venir, si la bande a décidé de l'emmener en promenade.Ce malheureux n\u2019a aucune volonté en face dé ces sauvages.Pourquoi ne pleut-il pas à torrénts, aujour- d\u2019hui ?On aurait supprimé, ici, les at- * tractions'de plein air, mais Hervé serait \u201cvenu.Ah! le voilà ! » \u2019 \u201c Cest 'bien'\u2018\u201clui qui arrive sans se \u2018presser, lui, plus chic que jamais dans \u2018le costume qui lui wa si bien.Il dis- tribüe sourires et poignées de main à _ droite et à gauche, laisse fleurir et dé- térer sa boutonnière par un essaim de fillettes qui boufdonnent autour de lui.?LOL LR 7e \u2018Quand vous achetez un Poêle FINDLAY, vous obtenez pour-vétré dollar une valeur beaucoup plus élévée.C\u2019est parce\u2019 qu\u2019eti \u2018Éetté ériode où les prix augmentent d\u2019une manière générale, ceux-des Poêles FINDLAY n\u2019ont pas été majorés dans-les mêmes proportions que nombre d\u2019autres choses que vous pourriez désirer Athetét: Sans compter qu\u2019ayec-FINDLAY, vous êtes assurés de.toûs les avantages offerts par-\u2018ces poêles fameux pour leur efficacité, leur \"4 haute qualité et leurs lignes modernes, * \u2018Quel que soit le type de.poêle.désiré 77- .bois, charbon, gaz ou -électricité\u2014 coms parez les valeurs actuelles et vous oipterez pour un FINDLAY.Votre vendeur\u2019 de, Findlay reçoit des expéditions limitées, mais régulières.Demandez-Jui de.vous .expliquer les avantages des modèles dont il dispose.3 21e Des poéles à gaz et des poêles combinés à et charbon peuvent être maïntenant obtenus pour usage avec gaz manufacturé, naturel ou propane (emboutesllé).: mt! i} a sv = laissez les Meth du Mww ajouter de l'éclat à vos pièces .le charme à Vos possessions \u2026 rendre votre entourage étincellant .& QUI COÛTE SI PEU! fescccesreccencannancacncccnonaoenan Preccccancas L'élégance et le charme, la couleur et la beauté, au lieu de murs mornes et ennuyeux - «C\u2019est ce qui vous attend lorsque vous décorez vos pièces avec le nouveau Papier Tenture Canadien différent.Observez jusqu\u2019à quel point l\u2019ensemble de votre foyer perd ce vieil air fatigué, est ravivé .au moyen du papier tenture qui donne aux mornes endroits la beauté .et ceci en un clin d'oeil, à si peu de frais! Visitez votre marchand de papier tenture dèe aujourd\u2019hui et voyez de vos propres veux combien les murs à motifs apportent cet AIR DE LUXE et ce,pour SI PEU DE FRAIS! Remplissez et Confiez à la poste le coupon pour l\u2019intéressant \u201cPortfolio of Home Decorating Ideas.\u201d rempli d'idées.Un guide de décars complet.Veuillez inclure 25c pour obvier aux dépenses de manutention et de la poste,en partie.CANADIAN WALLPAPER MANUFACTURERS LIMITED, Dept.S-4801, Metropolitan Building, Toronto 1, Ont.Veuillez trouver inclu 25c.Veuillez m'envoyer votre \u201cPortfolio of Home Decorating Ideas.\u201d Nom______._ Adresse __ æens.=c\u2014.\u2014\"_ Sods fo Fain Toman vou donne TOUS LES TROIS PRODUITS DE CANADIAN WALLPAPER MANUFACTURERS LIMITED LR WALLPAPERS y _ FABRIQUES AU CANADA PAR THE REG.N.BOXER COMPANY LIMITED, .STAUNTONS LIMITED .THE WATSON, FOSTER COMPANY LIMITED \u2014 > Il se défend mollement contre les vendeuses de billets de tombola, de nougat, de cacahuètes, et, les moins encombrées, arrive à la boutique de Roselyne qui, depuis qu\u2019il est là, ne l\u2019a pas quitté des yeux.\u2014 Ah! vous voilà ! dit-elle d\u2019une voix dont elle ne soupçonne pas l\u2019aigreur.Je ne vous attendais plus.Enfin, mieux vaut tard.3 Il est venu à cette fête avec de bonnes intentions.L\u2019amie de vacances a été négligée depuis quelque temps, il n\u2019a fait à Clairemotte que de courtes visites, ayant donné le plus clair de son temps à la bande de campeurs intrépides qui compte plusieurs de ces amis parisiens.Il sait pourtant que sa présence est chère à Roselyne ; de son côté, un de ses plus grands plaisirs a toujours été de la retrouver dans cette campagne bourguignonne où se passe le meilleur de ses vacances.Comment se fait-il que, cette année, un tel plaisir le tente moins ?Pourquoi ce malaise qu\u2019il essaie d\u2019expliquer par une sorte de rancune contre la mauvaise humeur de Roselyne ?Rancune ?Non, ce n\u2019est pas cela, Ro- selyne lui est bien trop chère.Aucune aigreur contre elle ne saurait persister dans le coeur de son ami.C\u2019est un mauvais vent qui souffle, voilà tout.Il est donc venu à la kermesse, plein de bonnes intentions, un peu confus d'arriver tard, mais ce n\u2019est pas de sa faute.Il a une raison qui intéressera Roselyne quand il la lui expliquera.Pour se faire pardonner, il achètera tout ce qu\u2019elle voudra lui vendre, il l'emmènera au buffet, chez la sorcière, à la loterie, pendant que tanti- nette gardera la boutique, et il aura le plaisir de la voir sourire, consolée des déceptions dont, récemment, il a été la cause.Mais toute sa mansuétude tourne à l\u2019aigre, malgré lui, comme le lait où vient de tomber le jus d\u2019un citron, quand Roselyne déclare d\u2019une petite voix acide : « Je ne vous attendais plus.Enfin, mieux vaut tard.» Paroles innocentes, mais c\u2019est le ton qui fait la chanson.«Mieux vaut tard.» \u2014 Que jamais, achève Hervé en persiflant.Je me croyais en avance, ajoute- t-il avec mauvaise foi.\u2014 Le temps ne vous a pas semblé long.\u2014 En effet.Pourquoi cette méchanceté ?Il ne comprend pas, ne se reconnaît pas lui- même.\u2014 Heureusement, reprend Hervé, que votre boutique m\u2019offre encore un peu de choix.Si la provision de citrons, de bananes, de noix de coco est encore abondante, les sucreries deviennent rares, et c\u2019est justement là que vont les préférences d\u2019Hervé.Comme il veut être généreux, malgré sa mauvaise humeur, il avance la main vers la plus belle caissette de dattes fourrées.\u2014 Pas celle-là, objecte Roselyne, frémissante.\u2019 La vivacité du geste qui défend l\u2019objet étonne et blesse le client sérieux.\u2014 Pourquoi pas celle-là ?\u2014 Elle est déjà vendue.Un petit temps.\u2014 Au baron Bruno de Roquemont.En préparant son petit effet, Rose- lyne s\u2019est dit : « Quelle sera sa réaction, quand je prononcerai ce nom ?S'il l\u2019a oublié, je le verrai bien, et je serai heureuse.Mais il ne l\u2019a certainement pas oublié.» En effet, ce nom dit quelque chose à Hervé, car il tressaille en l\u2019entendant prononcer.Pourtant, il demande, goguenard : \u2014 Le baron Bruno de Roquemont ?Qu'est-ce que c\u2019est que ça?La Revue Populaire \u2014 Un charmant jeune homme qui m\u2019a envoyé cent francs pour ma kermesse.Je peux bien lui réserver une boîte de dattes.\u2014 Mes compliments, Roselyne, vous savez vous débrouiller.Le visage de la jolie vendeuse vient de prendre la couleur d\u2019une rose de Bengale : Hervé a tout compris.Il sait maintenant, elle en est sûre, que le souvenir de la belle voyageuse la poursuit, qu\u2019elle s\u2019est accrochée au fil conducteur qui pouvait lui permettre de savoir quelque chose d\u2019elle, cette adresse sur une enveloppe, et qu\u2019elle est capable de machinations insoupçonnées pour satsfaire sa curiosité et nourrir sa jalousie.« Roselyne, je vous vois sous un jour que je ne connaissais pas, et j'en ai du chagrin.» La vendeuse lit tout cela dans les yeux d'Hervé, et son orgueil se rebiffe.\u2014 En effet, dit-elle, je sais me débrouiller quand j\u2019assume des responsabilités.\u2014 Des responsabilités ?répéte Hervé sans comprendre.\u2014 Ne savez-vous pas, mon cher, que j'avais à assurer le succès de mon comptoir, afin d'apporter beaucoup d\u2019argent au dispensaire ?: \u2014 Je vois! Vous avez pris un Bottin de la région et frappé à toutes les portes.Travail d\u2019Hercule, ma chère.Pourquoi ne m\u2019avez-vous pas demandé de vous aider ?J\u2019aurais pu vous fournir quelques bonnes adresses : celle de Mlle de Fougeray, par exemple.Mille de Fougeray ! Roselyne, le souffle coupé, attend que la foudre tombe sur son étalage de fruits exotiques et de confitures de rose.Elle n\u2019a pas le moindre doute sur l\u2019identité de Mlle de Fougeray ! Reprenant l\u2019expression d\u2019Hervé, elle demande enfin : \u2014 Mlle de Fougeray, qu\u2019est-ce que c\u2019est que ça ?\u2014 Demandez-le au baron de Roque- mont, ma chère amie.Roselyne reste muette ; la foudre attendue vient de tomber.Et elle doit se retenir à quatre pour ne pas jeter sa boîte de loukoum à la figure d\u2019Hervé.Sans mot dire, elle se rend au buffet, escortée par le traitre, ainsi le nomme- t-elle en son coeur ulcéré.Lui, trés aimable, invite Marie-Marthe qui ne montre aucun zèle pour le succès de sa pêche à la ligne, abandonnée par elle à des amies plus consciencieuses.Il choisit une table, y fait asseoir les deux soeurs et se procure les meilleurs gâteaux.Tout en taquinant Marie-Mar- the, il pense : « Quel aplomb, tout de même, d\u2019avoir écrit à ce baron de Roquemont! Il faut qu\u2019elle soit folle ! Pourquoi a-t-elle fait cela ?» Sans s\u2019apercevoir qu\u2019il vient de mettre dans son thé un troisième morceau de sucre, bien qu\u2019il préfère le thé à peine sucré, il continue : «Je l\u2019avais bien vu, ce nom lui plaisait.Elle est, comme tante Marie, hypnotisée par les titres de noblesse.> Roselyne, tout en mangeant, poursuit un véhément monologue intérieur.«Mlle de Fougeray, c\u2019est décidément plus harmonieux que Mme Gonin ; baron de Roquemont aussi, d\u2019ailleurs.Comment a-t-il fait son compte pour découvrir ce nom, sans aucune donnée ?Faut-il que le souvenir de çette femme le poursuive ! Il n\u2019y tenait plus, il a voulu savoir, il sait.» « J\u2019avais bien deviné, continue la voix intérieure de Roselyne, la raison de son air absent, de son indifférence à peine polie pour Clairemotte et ses habitants: cette femme.Il était absorbé par son enquête qui n\u2019a pas dû être facile ; il lui a fallu déployer des qualités, de ruse, une ingéniosité que je >\" ed / ô 2 mm LIVING ROOM_FURNITURE Nn WF 70% ra GD QUE ae N y ; V of y J \u20ac 4 N\\ i Wy > >, CL NWP 5) > oF BY \\; ge = ~ V i pid prog Bh sem ea 2% po 7 -\u2014v So #7 À ES I\u201d, a ja \"+ Q =» o HU foo ve 32 L'élégant Du-Val \u201cTraveller\u201d, vec fourreau.assorti, fait dans ; une mallette de 21\", N est présenté en couleurs solides: noir, märine, brun et vin, avec poignée courte et embout de tons opposés, Aimez-vous un\u201c parapluie tommodé à carcasse pliante?Choisissez alors le Du-Val \u201cBunty\u201d.Fermé, il fait juste dans un sac à main.Ouvert, it a toute l'envergure d\u2019un parapluie ordinaire: Dessins et couleurs \u201cagréables.DURABLE UMBRELLAS SOMMER BLDG: ROOM 4, 423 MAYOR STREET, MONTREAL, P.Q.parapluie porterez Votre.parapluis Du-Val ajoute une note altrayanie à votre costume.Voici de superbes.parapluies Du-Val pour tous ves goûts.Vous pouvez paraîire si élégante avec un beau porapluie Du-Val peint à fa main! De superbes motifs\u2019 floraux sont réellement peints à l'huile, à la main, sur de Jo rayonne noire ou \u2018Marine.Le parapluie idéal comme cadeau! Du-Val vous offre des fissus importés.de France ef de Suisse.«des tartors, carreaux, rayures, bordures superbes \u2018ainst que des \u2018couleurs solides; avec une.variété de poignées -dis- tinetives, de styles individuels PRODUITS DU-VAL: Vêtements pour hommes et femmès, vêtements de pluie, de sport, de loisir, sace à main, parapluies, ceintures ne lui connaissais pas.D'ailleurs, est-ce que je le connaissais, ce garçon-là ?Je le croyais franc, sincère, bon camarade, et je m'aperçois qu\u2019il est curieux, cachottier et, qui pis est, complètement idiot.» Elle lève pour regarder l\u2019être nouveau qu\u2019elle vient de découvrir.Silencieux comme elle, il semble loin de la jolie fille assise en face de lui.\u2014 À quoi pensez-vous, Hervé ?\u2014 J\u2019allais vous poser la même question.\u2014 Vous ne me répondez pas, mais je comprends tout de même.\u2014 Oh! je sais, vous êtes très intelligente.Elle voit dans cette réplique des sous-entendus blessants et répond par le même sous-entendu : \u2014 Pas plus que vous, Hervé.\u2014 Trop aimable ! \u2014Il me reste à vous remercier de cet excellent goûter et de votre générosité à mon comptoir, que je vais aller rejoindre illico.\u2014Il faut que vous fassiez un tour de kermesse avec moi.\u2014 Mille grâces, mais assez de corvées pour aujourd\u2019hui.Elle veut dire ainsi que l\u2019homme épris de Mlle de Fougeray ne peut considérer que comme une corvée le son de promener Mlle Dumail ! Lui, il comprend que la corvée est pour elle, et, blessé, n\u2019insiste pas.\u2014 À votre gré, Roselyne.Elle avait espéré un peu d\u2019insistance, ou du moins un mot de protestation polie.Cet acquiescement sec et rapide lui semble une abominable injure.Sans un mot, elle s\u2019éloigne, mais, au lieu de tourner à droite, dans la direction de son comptoir, elle se dirige ostensiblement sur la gauche, sous l\u2019oeil offensé d'Hervé Gonin.CHAPITRE VI A CAISSE de dattes, munie de la carte de Mlles d\u2019Argéne et Dumail, fut portée le jour même à la gare de Montfort.Une enveloppe couleur de rose séchée, mise à la poste à la même heure, contenait, traduit en une prose distinguée, tout ce que la reconnaissance peut inspirer d\u2019aimable à une jeune fille bien élevée.« Votre générosité, Monsieur, m\u2019a profondément touchée.En frappant à votre porte, nous savions comment nous serions accueillies, car vous n\u2019êtes pas un inconnu pour nous.Nos amis Drécourt, etc, etc.» Roselyne n\u2019était pas tout à fait sûre d\u2019avoir eu raison d'écrire cette lettre.Elle y pensa beaucoup, avec un malaise sans cesse grandissant, si bien que, dès le lendemain, elle ne pensa plus qu\u2019à cela.Son imagination romanesque lui représentait le baron quelquefois blond, plus souvent brun, toujours grand, mince, jeune, grave, avec des traits nets, énergiques, et une parfaite distinction, recevant la lettre couleur de rose séchée.Elle le voyait surpris, puis charmé, en reconnaissant l\u2019écriture de sa correspondante.Il déchirait alors l\u2019enveloppe, ou la fendait avec un petit poignard damasquiné.Son visage revétait, une expression amusée, il souriait, pensait: «Elle est gentille», à moins que.Cet «a moins que.» revenait, hélas! très souvent dans les excursions imaginatives de Roselyne; «à moins que» le même visage ne revêtit une expression étonnée, réprobatrice, et qu\u2019il pensât : « Pourquoi cette lettre ?je ne l\u2019attendais pas! Elle s\u2019imagine peut- être que je vais lui répondre, entreprendre une correspondance avec elle parce que j'ai accueilli poliment sa requête .bien indiscrète.Je n'aurais pas dû.Ah! si ce n\u2019avait été pour les Garnier! Une autre fois, je ferai le La Revue Populaire mort.» Pour oublier cette sorte de gens qui cherchent à s\u2019introduire dans la vie du prochain, il jetait au panier la lettre couleur de rose séchée et prenait dans un tiroir de son bureau une autre lettre, plusieurs autres lettres d\u2019un gris doux et fleurant bon la lavande.Il fallait ensuite un grand moment à Roselyne pour se rendre compte qu\u2019elle était seule dans sa chambre, ou entourée de sa propre famille, dans le jardin, loin du baron de Roquemont, et que la scène des lettres d\u2019un gris doux, ou couleur de rose séchée, ne s'était déroulée que dans son imagination.Elle revenait sans peine aux choses présentes, mais le visage aux traits nets, qu\u2019elle avait créé, restait en elle, souriant, narquois, ou froidement indiffé- rent, son plus fidèle compagnon.Cette présence se faisait parfois indiscrète.Elle gênait la Roselyne écrivain, ou aspirait à l\u2019être.Quand celle- ci, revenue à son bureau en face de sa page blanche, essayait d'évoquer les personnages dont elle voulait écrire l\u2019histoire, elle retrouvait parmi eux, au premier plan, son baron de Roque- mont.Une lettre de lui l\u2019eÂût délivrée de cette obsession, ou même quelques mots sur une carte, un simple accusé de réception du colis de dattes, avec un bref remerciement.Mais rien.Ce silence lui semblait la preuve du peu de cas que le baron faisait de Mlle Dumail ; plus de doute, la démarche de celle-ci avait été mal interprétée.« Décidément, je n\u2019ai pas de chance ! Le baron me juge très mal, et Hervé pis encore.» C\u2019est du moins la conclusion qu\u2019elle tirait de l\u2019absence du jeune homme.Il faut dire, à la décharge de l\u2019infidèle, qu\u2019à l\u2019occasion de l'ouverture de la chasse, Boisbénit avait reçu un supplément d'hôtes dont les maîtres de céans devaient s'occuper.La famille Gonin au complet ne pouvait ni s \u2019égailler ni s\u2019adjoindre des étrangers, sous peine de manquer à ses traditions qui la voulaient, pendant quelques jours, étroitement unie et sans alliage.A vrai dire, l\u2019ami de toujours avait une place de plus en plus réduite dans l'esprit de ,Roselyne, très tourmentée par la pensée de sa lettre au baron.Quand elle était avec Ginette, elle rôdait souvent autour de ce sujet de conversation.Bien entendu, il n\u2019était pas question de la lettre tenue secrète jusque-là, mais elle voulait savoir tout ce que les Drécourt avaient pu dire ou laisser entendre de leur généreux voisin.Justement, un mot de Thérèse vint donner un nouvel essor aux pensées de Roselyne.Mme Drécourt disait que son mari chassait en Sologne où il avait rencontré le baron de Roquemont, en- trainé comme lui par leur ami Gar- nier.\u2014Il est en Sologne ! voilà pourquoi il ne répond pas! s\u2019exclama Roselyne, radieuse.Il n\u2019a sans doute pas reçu notre caisse.Tantinette fit remarquer à sa nièce que M.de Roquemont n\u2019avait pas à répondre, mais elle convint qu\u2019un accusé de réception du colis s\u2019imposait.Il fallait donc attendre.Cette patience fut récompensée le lendemain.Le courrier, guetté par Rose- lyne, apporta à Clairemotte la lettre désirée.Malheureusement, Marie-Mar- the était là.Curieuse comme une chouette, elle déchiffra le timbre de la poste: « Loir-et-Cher », et s\u2019étonna : \u2014 Qui peut d'écrire de ce lointain pays ?\u2014 I s\u2019agit encore de la kermesse, très probablement.Et Roselyne remonta dans sa chambre pour lire sa lettre en paix. Montréal, septembre 1948 - Drapery fab rics ICS ICS g Fobri \u2018Fabrics Bruck \" Dre ss Su snd | 2 4 © 1 >) 2 { te Création originale de Juno Doro UNE CoutEction CtAssiquE DE Tissus B I 1 C- Le vif plaisir que vous ressentez devant une collection de beaux livres.F A RRR 1 eG vous le ressentirez à la vue de cette superbe collection de tissus Bruck.L'élégante gamme de tissus d'automne Bruck servent d'inspiration aux grands artistes de la couture canadienne .les décorateurs à la mode et les mères de famille soucieuses d'élégance savent que la marque Bruck est synonyme de la plus haute qualité.Charmées par la beauté de ces tissus de confection canadienne, vous leur accorderez votre préférence .leurs dessins vifs et coquets donneront une note de fraîcheur à votre home\u201d.BRUCK MILLS LIMITED - Montreal et Toronto Les tissus Bruck se vendent à la verge dans tous les grands magasins.33 34 UNE TARTE À SON mieux demande une cuisson parfaite, et une cuisson parfaite exige un four parfait.Vous cuirez certainement les tartes à la perfection dans le four d\u2019un poêle McClary à gaz ou électrique.Le four McClary est complètement revêtu de couches de \u2018\u201cFiberglas\u201d qui l\u2019isolent d\u2019une façon permanente.Avec le nouveau \u2018\u2018contrôle de la chaleur du four\u201d, vous serez sûre d\u2019avoir exactement la température que vous voulez.Vous aimerez le gril du McClary, en émail porcelaine, sans fumée ni odeur; la surface de cuisson pratique et efficace.Et vous aimerez aussi le modèle bien équilibré de ces poêles, ainsi que la beauté de leur surface émaillée et résistante aux taches.Un siècle d\u2019expérience est à l\u2019appui de chaçue poêle McClary.Voyez votre marchand McClary.FOURNAISES M [ LA R APPAREILS DE CLIMATISATION produils de GENERAL STEEL WARES < Ÿ LIMITED POELES-REFRIGERATEURS VALITY Toute rose d\u2019émotion, elle sourit a son miroir, délivrée de la crainte qui l\u2019avait tourmentée ; être si mal jugée par M.de Roquemont que tout espoir de savoir de lui.beaucoup de choses, fût perdu.Et ce qu\u2019elle lut la combla de joie.« Mademoiselle, « Une lettre de ma mère me rejoint en Sologne et m\u2019apprend l\u2019envoi, de votre part et de celle de Mlle d\u2019Ar- gène, d\u2019une caisse de délicieuses dattes fourrées.Votre lettre, retenue quelques jours a la Ronciére, m\u2019arrive en même temps que celle de ma mère.«Je ne puis vous dire assez combien je suis touché de votre amabilité, touché et confus, car ma modeste contribution à votre bonne oeuvre était entièrement désintéressée.Si j'avais prévu la récompense de ma « générosité », comme vous voulez bien le dire, jau- rais prié Mlle d\u2019Argène et vous-même d'accepter l\u2019objet acquis par mon offrande, au lieu de m\u2019en faire l\u2019envoi.« Veuillez donc accepter en même temps que mes remerciements, mes regrets d\u2019avoir été si peu prévoyant.«J'ai eu le plaisir de parler quelquefois de Mlle d\u2019Argéne et de votre famille avec M.Drécourt qui chasse en Sologne avec moi.Vous recevrez demain la preuve que nous n\u2019avons pas été des chasseurs trop maladroits.Nous aurions voulu être plus généreux, mais le gibier n\u2019est pas abondant, cette année.« Veuillez agréer, Mademoiselle, etc.» «Ah! cela! cela l\u2019Etais-je bite de me faire tant de souci! Mme de Sévigné a bien raison : « Si l\u2019on pouvait avoir un peu de patience, on s\u2019épargnerait bien du chagrin.» Quel succès, quel triomphe ! Que ne puis-je aller raconter cela à Ginette !.Mais il faudrait lui montrer cette lettre.» La mine joyeuse de Roselyne fut rencontrée au jardin par tantinette qui s\u2019en réjouit.Leur bonne humeur mutuelle se traduisit en gais propos coupés de rires, en rappels plaisants des incidents de la kermesse, et en jolis projets pour l\u2019après-midi : une séance de cinéma, à Montfort, suivie d\u2019un goûter chez le pâtissier.\u2014 Après-demain, ce sera le déjeuner des Gonin.D\u2019autres projets suivirent.\u2014 Et puis, je penserai à mon départ.\u2014 Oh! non, tantinette, pas encore ! \u2014 Pas encore tout de suite, mais tu sais que je ne tiens jamais bien longtemps en place.Il y a eu hier six semaines que je suis à Clairemotte.\u2014 Si tu nous aimais, tu resterais toujours avec nous.\u2014 Si je vous aimais ! Les yeux gris de tantinette, ses yeux profonds et tendres, s\u2019arrêtent avec émotion sur le gracieux visage de Rose- lyne.Peut-elle dire de quel secours lui ont été les caresses de l\u2019enfant qu\u2019elle aime, aux heures d'agonie qu\u2019ont traversées ses vingt ans ?Alors que, blessée dans son orgueil et dans son coeur, elle se repliait, farouche, sur son douloureux secret d\u2019amour, alors qu\u2019elle ne croyait plus en personne, que le monde pour elle était vide, et son avenir comme un grand trou d\u2019ombre, la petite Roselyne de huit ans, sévèrement grondée par son père pour un mensonge qu\u2019elle avait commis, la petite Roselyne, humiliée, honteuse d\u2019elle-même, avait cherché autour d\u2019elle, de ses yeux en larmes, le secours qui la tirerait de son désespoir.Sa mère et sa grand-mère étaient là, Ginette aussi, avec son coeur en lambeaux.La sensibilité exaspérée de l\u2019enfant devina-t-elle une détresse qui ressemblait à la sienne ?C\u2019est vers Ginette qu\u2019elle s\u2019élança en criant : \u2014 Console-moi ! La Revue Populaire La jeune tante referma ses bras sur ce chagrin trop lourd, le petit coeur tumultueux battit contre son coeur bles- é, les sanglots enfantins s\u2019y répercutèrent au point qu\u2019elle croyait sangloter aussi.Elle ne dit rien, mais la caresse de ses bras et de ses lèvres apprenait à l'enfant, mieux qua par des mots, qu\u2019elle était plainte, aimée tout de même, et pardonnée.De ce jour, tantinette fut la confidente de Roselyne, sa chérie.Il y avait chez la petite fille tant de confiance, une telle certitude d'être aimée, que la tendresse fleurit de nouveau dans le coeur qu\u2019un orage avait dévasté.Ginette retrouva le goût de vivre, elle s\u2019intéressa peu à peu aux belles choses de ce monde, et quand la mort de sa mère la rendit entièrement libre et de nouveau meurtrie, elle s\u2019évada de ses souvenirs et de ses regrets en parcourant la terre.A trente et un ans, elle connaissait à peu près toute l\u2019Europe, l\u2019Afrique du Nord, l\u2019Egypte, la Palestine.Maintenant, elle rêvait de la Perse et de I'Inde.Mais elle aimait à venir se reposer dans sa patrie, à des foyers amis: celui de sa soeur, de Thérèse Drécourt, d\u2019autres encore, où sa présence était toujours désirée.La blessure de son coeur s\u2019était cicatrisée, mais elle en gardait un cuisant souvenir, aussi sa raison montait-elle auprès de lui une garde farouche.Il y avait en elle un fond d'inquiétude qu\u2019elle rassurait par son amour de la liberté.Roselyne admirait passionnément sa jeune tante si jolie, qui avait vu tant de choses et savait si bien les dire.Pendant les journées d\u2019hiver qui enveloppaient Clairemotte de solitude et de silence, elle déplorait plus que jamais l'humeur voyageuse de tantinette.Ce serait si bon de l\u2019avoir là, habile à tous les travaux, à tous les jeux.Avec elle, le soleil serait dans la maison.\u2014 Si tu nous aimais, tu resterais toujours avec nous.\u2014 Chérie, quand tu auras mon âge, tu seras certainement une jeune femme heureuse, mère de famille.Mais si, par quelque dessein de la Providence, il devait en être autrement, tu comprendrais que, nous autres, nous ne pouvons Être que des passantes, qui s\u2019attardent quelquefois, je le veux bien, mais qui partiront un jour.Et le rythme de la vie de famille ne szra pas changé parce qu\u2019elles ne seront plus là.On nous aime bien, mais on a d\u2019autres devoirs, d\u2019autres soucis, d\u2019autres joies, et l\u2019on ne prête qu\u2019une oreille bienveillante, amicale, mais souvent distraite, à nos devoirs, à nos soucis, à nos joies.Alors, si nos chères mamans ne sont plus là, nous finissons par garder tout cela pour nous.\u2014 Est-ce que nos devoirs, nos soucis et les tiens ne sont pas mêlés, tanti- nette ?\u2014 Parce que nous nous aimons, et que ta mère est ma soeur, ils se confondent quelquefois, se rencontrent souvent, mais.\u2014 Mais ?\u2014 Ils ne sont pas les mêmes, chérie.Et quand on est égoïste comme moi, il y a des jours où l\u2019on se compare au meuble d\u2019une chambre bien ordonnée, tiens, cette petite étagère où tu mets un vase de fleurs et que tu as placée là parce que tu la trouves gentille, qu\u2019elle est un souvenir de tante Jeanne, mais que tu pourrais supprimer sans en être gênée le quart d\u2019une seconde.\u2014 Je serais désolée si elle n\u2019était plus là, fit Roselyne, émue.\u2014 Pas longtemps, elle ne te sert à rien.\u2014 Veux-tu dire que tu ne sers à rien ici, Ginette ? Montréal, septembre 1948 \u2014 Non.Je puis rendre quelques services ; mes récits de voyage vous amusent, ce qui me flatte, car il m'\u2019est arrivé ailleurs de les « rentrer », comme dit Marie-Marthe, ils n\u2019intéressaient personne.Mais vient un jour où nous avons tout dit: voyages, anecdotes, questions de famille, opinions, relations communes, le cycle est complet.Il s\u2019agit maintenant de ne pas rabâcher.Et je pense à la Perse, à l'Inde, à la Chine, voire aux deux Amériques.Ce n\u2019est pas parce que je vous aime moins, mes chéris, c\u2019est par un instinct de défense, pour que vous m'\u2019aimiez toujours.\u2014 Et parce que tu es plus heureuse en voyage qu\u2019avec nous.\u2014 Il ne s\u2019agit pas d\u2019être heureuse, il s'agit de vivre.Les tendres yeux gris semblent voir des choses que Roselyne ne voit pas.Pour la première fois, celle-ci trouve étrange l'existence que Ginette a choisie.Elle voudrait le lui dire, mais une timidité nouvelle lui impose silence.\u2014 Tu es ma chérie, prononce-t-elle, câline.Roselyne allait protester, quand la voix de la cuisinière retentit en clameurs aiguës : \u2014 Mesdemoiselles, Mesdemoiselles ! Il vient d\u2019arriver un colis pour vous ! Roselyne bondit, ivre de joie, suivie par Ginette étonnée.\u2014 Je l\u2019ai porté a la cuisine, expliqua la cuisinière.Victorine le flairait déjà, devinant qu\u2019il était de son ressort.Ginette continuait à n\u2019y rien comprendre.Tandis que Roselyne s\u2019attaquait aux noeuds et aux ficelles, elle disait : \u2014 Un moment, voyons ! Ne sois pas si pressée.Laisse-moi voir d\u2019où cela vient.Oh!.Cri de surprise justifié par la lecture de quelques mots tracés sur une étiquette : «Envoi de MM.Drécourt et de Roquemont, X.(Loir-et-Cher).» \u2014 Je savais bien qu\u2019il répondrait, dit Ginette d\u2019une voix vibrante, mais je ne pensais pas que ce serait de cette façon.\u2014 Comment aurions-nous pu le penser ?conclut Roselyne.Réponse logique, mais qui, depuis une heure, ne la concernait plus.Quatre beaux perdreaux furent tirés de leur gangue de feuillage et de paille ; Victorine décida qu\u2019ils seraient servis rôtis, sur des croûtons.Mme Dumail, convoquée, l\u2019approuva, plus intéressée par l\u2019amabilité des donateurs que par cet apport au menu du lendemain.Quand Marie-Marthe, repue de musique, rejoignit sa famille, elle fut mise au courant de l\u2019événement.Tantinette vanta l\u2019amabilité de ces messieurs qui, chassant en Loir-et-Cher, avaient pensé à leurs vendeuses de la kermesse.\u2014 Si tous ceux à qui nous avons envoyé quelque chose étaient aussi reconnaissants!.\u2014 Loir-et-Cher ?reprit Marie-Mar- the.Alors, ce sont eux qui t\u2019ont écrit ce matin, Roselyne ?L'embarras de Roselyne fut visible pour Mlle d\u2019Argène qui n\u2019insista pas.Très discrète \u2014 meuble inutile peut- être, mais jamais gênant \u2014 elle attendait toujours les confidences sans les provoquer.Mais à son désir d\u2019être secourable se mélait aujourd\u2019hui une curiosité inquiète: Roselyne, à dessein ou non, lui avait caché quelque chose ; de quoi s'\u2019agissait-il?A cette petite trop sensible, l'ombre ne valut rien.Il fallait à son coeur de l\u2019air et de la lumière, comme à ses yeux et à ses poumons.L'heure du déjeuner qui les réunit de nouveau n\u2019était pas propice aux confidences.Ce fut seulement le soir, au retour de Montfort où Marie-Marthe les avait accompagnées, que Ginette put se trouver seule avec Roselyne, dans le petit salon fleuri de glaïeuls et de balsamines.\u2014 Je t\u2019admire, dit la nièce.Tu es d\u2019une discrétion ! Tu ne me demandes même pas de quelle lettre a parlé Marie-Marthe, ce matin.Ah! celle-là, tu ne diras pas qu\u2019elle te ressemble ! \u2014 Non, je ne le dirai pas.\u2014 Tantinette, tu penses que je suis une cachottière, et je ne sais quoi encore.C\u2019est ainsi que tu me juges, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Je ne juge personne quand je ne sais rien.\u2014 Tu es une chérie, je te l\u2019ai déjà dit, et notre conversation de ce matin, qui m'a prouvé ta confiance en moi, me met devant la nécessité de te faire un aveu : c\u2019est vrai, je t'ai caché quelque chose.Oh! ce n\u2019est pas grave.Jai écrit à M.de Roquemont pour lui annoncer la caisse de dattes, et, poliment, il m\u2019a répondu.Voilà tout.\u2014 C\u2019est tellement simple, Rosette, que je ne comprends pas pourquoi tu ne m\u2019en as pas parlé.\u2014 Moi non plus.\u2014 Je disais bien que tu étais une petite fille compliquée.Roselyne, dépouillée soudain de l\u2019entrain qui la rendait si brillante, n\u2019était plus, en face de Mlle d\u2019Argène, qu\u2019une jeune fille sérieuse, aux yeux rêveurs où un regard attentif discernait une ombre.«Elle est mieux que jolie.Tant de charme ! Mais je n\u2019aime pas cette om- bre-la.» Ginette secoua son inquiétude.D'un ton léger, elle demanda à voir la lettre de M.de Roquemont, admira l'écriture distinguée du signataire, se déclara flattée d\u2019avoir été un sujet de conversation entre les deux chasseurs, loua la rédaction du billet, et conclut : \u2014 Si Marie-Marthe n\u2019avait pas gaffé, m'\u2019aurais-tu montré ceci ?\u2014 Je n\u2019en suis pas très sûre.\u2014 Il serait sans doute plus exact de dire que tu es sûre du contraire.Pourquoi ?\u2014 Je craignais de n\u2019avoir pas été tout à fait correcte, tu m\u2019aurais peut-être blamée.\u2014 Suis-je si sévère ?Ta lettre m\u2019aurait semblé superflue, mais pas incorrecte, si elle exprimait seulement ta reconnaissance et annonçait natre envoi.Disait-elle autre chose ?\u2014 Non.\u2014 Alors, tu n\u2019es pas tout à fait aussi simple que tu le crois, Rosette ; des mystères pour si peu de chose! À moins que.C\u2019est bien tout, n\u2019est-ce pas ?Ginette n\u2019ignore plus rien de la correspondance échangée entre sa nièce et le baron.Rosette a pu dire sans mensonge : «c\u2019est tout», mais elle n\u2019a pas osé prononcer comme Ginette : «c\u2019est bien tout», et, malgré sa confession, elle garde un malaise de son manque de loyauté.CHAPITRE VII N IMMUABLE protocole présidait aux réceptions de Boisbénit.Elles commençaient en juillet, un mois après l\u2019arrivée des Gonin au château, Les voisins les plus proches étaient reçus les premiers à déjeuner, l\u2019après-midi donnant plus de temps que la soirée pour tant de propos à échanger, après une longue séparation.Deux thés suivaient, offerts à deux séries d'invités.Il y avait plus de boutonnières à rosettes ou à ruban rouge, et plus de face-à-main, au premier, moins de chapeaux au vestiaire, et plus de talons Louis XV, au second.Ensuite, la canicule apparaissant au calendrier, venaient les diners.Généralement, les Matignot étaient la.Septembre revoyait les déjeuners : celui qui suivait l\u2019ouverture de la 35 DUN GOUT SI AGREABIE.DUNE EFFICACITE PARFAITE Son goût est nouveau comme la fraicheur matinale pénetrante\u2026 elle nettoie les dents complètement donnant une beauté éclatante à votre sourire.La nouvelle pâte dentifrice Avon sera appréciée par toute la famille.Et elle vous est apportée directement à domicile par la Représentante de la Maison Avon.Faites-lui bon accueil lorsqu\u2019elle vous rendra visite.Bienvenue au charme souriant.MONTREAL ° NEW YORK WINNIPEG + HAMILTON + WINDSOR + VANCOUVER « EDMONTON TORONTO + LONDON e QUEBEC 36 eee EEE\u201d te dh Comment obtenir des need i idee tied Be ee ee p= a (Combien de fois avez-vous acheté une paire de nylons et avez eu une échelle la première ou la deuxième fois que vous les avez portés?.trop souvent, probablement! Certains défauts sont cachés! Même sous la forte lumière du comptoir des bas vous ne pouvez pas les découvrir! Pourtant, il existe un moyen sûr d\u2019obtenir des nylons impeccables.Achetez des nylons éprouvés! N\u2019achetez que des nylons qui ont été examinés pour découvrir les défauts\u2014 cernes, boudins, fils tirés.Des dispositifs spéciaux MERCURY vérifient vos nylons de cette façon et trient même ceux qui ont les plus petits défauts! C\u2019est pourquoi chaque paire de nylons qui vous parvient est absolument parfaite.Malgré l\u2019usage et les lavages, ils restent parfaits plus longtemps.Demandez donc toujours des nylons MERCURY .les nylons qui, vous le savez, sont impeccables! Et vous aimerez le TALON FRANCAIS Mercury! Il moule le talon, épouse la cambrure, flatte la cheville! Pour de la belle LINGERIE, choisissez aussi Mercury! Pour les gens chic .C'est tt te tte A A ddd hh pp pp y Fabrication exclusive par Mercury Mills Limited, Hamilton, Canada = =r \u2026 \u2014 + ee ee di ee EE 0 re chasse ; un autre avant le départ des Matignot.Parfois, en novembre, les voisins et amis étaient de nouveau conviés à un déjeuner d\u2019adieu qui précédait de quelques jours le départ des Gonin pour Paris.Au déjeuner «de chasse », les convives étaient toujours nombreux.Mme Gonin disait que l\u2019animation de la se- rraine d\u2019ouverture, où toute sa famille était là, où la maison grande ouverte bourdonnait de la cave au grenier, où le travail des domestiques s\u2019accomplissait à un rythme accéléré, donnait à Boisbénit un élan qui durait encore après le départ des invités.On n\u2019arrête pas d\u2019un coup brusque une auto lancée à plein gaz.Le déjeuner de chasse bénéficiait de cet élan : la machine était montée, il fallait en faire profiter les amis.La forêt qui cernait le château semblait avoir entrée libre dans la vaste salle à manger aux murs tapissés de verdures flamandes.C\u2019était la même fraîcheur, les mêmes reflets, le même horizon enchevêtré que dans les sous- bois, \u2014 sous-bois criblés de rayons à l'heure méridienne où commenca le premier déjeuner de septembre.La pelouse était une sorte de clairière prise à la forêt.Le soleil y faisait des visites matinales prolongées en été jusqu\u2019à deux heures après-midi.Une ombre chaude y régnait ensuite, et le mystère sylvestre la reprenait le soir, aux dernières heures du jour.De cette place, le château vu de biais, avec sa tourelle au premier plan, ses murs blonds à demi conquis par l\u2019étreinte patiente d\u2019un empelopsis que l'automne empourprerait, et le cercle enchanté de ses frondaisons, avait son air le plus « Belle au bois dormant », disait Ginette.Le miroir d\u2019eau qui, sur la gauche, reflétait entre les saules le sommet de la tour et les toits du logis plongeant tête baissée dans l\u2019eau verte épinglée de nénuphars, achevait cette impression de domaine enchanté.«Le baron de Roquemont en a-t-il autant à offrir à sa bien-aimée ?pensait Roselyne.Pour posséder cela, peut- être consentirait-elle à devenir Mme Gonin.» Et un renouveau de jalousie lui mordit le coeur.Mais pourquoi s\u2019inquiéter ?La Roncière a certainement son charme et le baron a une autre valeur qu\u2019Hervé ; le baron galant homme, bon fils, bon voisin, d'une importance reconnué et agissante ; quelqu\u2019un! Aujourd\u2019hui, elle le voit blond aux yeux gris pleins de rêve, très grand, la tête de plus qu\u2019Hervé qui, pourtant, est de belle taille; un sourire grave se joue sur ses lèvres, d\u2019un charme nostalgique.On dirait un roi en exil.\u2014 Une cigarette, Roselyne ?\u2014 Volontiers.Ah! qu\u2019il ressemble peu à cette majesté errante, le garçon sportif, aux traits volontaires, au regard dépouillé de rêve, qui lui présente un porte- cigarettes, en la considérant d\u2019un air moqueur.Nul doute que Mlle de Fou- geray ne lui préfère le baron! Le groupe de jeunesse s\u2019est placé à distance respectueuse de celui des parents.Ginette est invitée à s\u2019y joindre, mais le général Jouvel, qui la trouve charmante, l\u2019a accaparée, et compare ses vieux souvenirs d\u2019Algérie à ceux de fraîche date qu'elle évoque pour lui.Il s'efforce de tenir à distance Mme Vincenot alertée ; heureusement, celle- ci vient de trouver un auditeur stable dans le président Ricard, dont les digestions laborieuses s\u2019accommodent assez bien d\u2019un ronron monocorde dans leur voisinage immédiat.Paul Arbel, content d\u2019être là, regarde Roselyne avec plaisir.Le jeune Re- gnaud fume avec importance une cigarette offerte par Hervé.Il voudrait La Revue Populaire éblouir Marie-Marthe, fait l\u2019homme, mais cela ne prend pas.\u2014 Vous allez être au pain sec ce soir, lui lance la malicieuse, comme il vient de lui confier qu\u2019il a rendez-vous avec des étudiants, de beaucoup ses aînés.\u2014 Au pain sec, moi ?\u2014 Parfaitement.Au déjeuner, Madame votre mère vous a fait des signes désespérés pour que vous ne repreniez pas de chevreuil, ce que vous avez feint de ne point voir.Votre père vous a regardé d\u2019un air furibond quand votre stupide fou rire vous a contraint à quitter la table.Quel gosse ! \u2014 C\u2019est bien votre faute ! \u2014 Je ne vous cacherai pas que je m'attendais un peu à cette remarque injuste.\u2014 Vous avouez! Et.c\u2019est tout?\u2014 J\u2019allais oublier que vous avez épluché votre poire en la tenant entre vos doigts, au profond chagrin de Madame votre mère, déjà nommée.\u2014 J'ai fait cela, msi?-\u2014 Oui, vous.Le pire, c\u2019est que vous n\u2019avez pas l\u2019air de vous en souvenir.La qualité et la quantité de ce que vous aviez absorbé depuis une heure vous avaient transporté dans un nir- vâna où n\u2019ont plus accès nos contingences mondaines.\u2014 Comme vous êtes moqueuse, Ma- rie-Marthe ! \u2014 Moi?pas du tout.Je reconnais avec vous que les châtelains de Bois- bénit nous ont traités avec munificence.Tout était exquis, notamment ce plat de perdreaux que le pauvre M.Leba- rois aurait tant aimé.Victorine devrait bien en prendre la recette, au cas où le baron de Roquemont aurait la bonne idée de faire à Roselyne de nouvelles libéralités.Hervé, qui écoutait en souriant le babillage de Marie-Marthe, resta pantois, au moment de porter sa cigarette à ses lèvres.Il regarda la jeune bavarde d\u2019un air interrogateur, puis Roselyne qui fumait avec nonchalance, et demanda : \u2014 Le baron de Roquemont?.\u2014 Nous a envoyé quatre beaux perdreaux, oui, mon cher.Vous vous demandez qui est ce baron?Je n\u2019en sais pas plus que vous.Interrogez Rose- lyne.Celle-ci continuait à se taire, un vague sourire aux lèvres.Hervé, exaspéré, serra les mâchoires sans ajouter un mot.\u2014 Mais les perdreaux que nous avons dégustés ici étaient meilleurs que les siens, ajouta aimablement Marie-Mar- the.\u2014 Est-ce vous qui les avez tués ?demanda Paulette Ricard.\u2014 J'en ai tué quelques-uns, mais je ne sais pas lesquels.\u2014 Comment peut-on tuer des bêtes innocentes ! s\u2019exclama Marie-Marthe.\u2014 En ce cas, comment peut-on manger des bêtes innocentes ! railla Hervé.Une discussion s\u2019ensuivit, l\u2019éternelle querelle qui met aux prises les chasseurs et les amateurs de gibier à l\u2019âme compatissante.Marie-Marthe, paradoxale, affirma que si l\u2019on peut manger un perdreau parce qu\u2019il est déjà tué, il n\u2019en est pas moins horrible d\u2019avoir tiré sur lui.Paulette Ricard déclara qu\u2019elle mourrait de faim plutôt que de tuer un poulet.Paul Arbel, qui n\u2019avait jamais l\u2019occasion de chasser, prit le parti des jeunes filles; le lycéen, celui d\u2019Hervé qu\u2019il admirait.Roselyne ajouta qu\u2019il ne fallait pas chercher à comprendre, puisque les chasseurs sont généralement des hommes pacifiques et excellents comme M.Matignot, le colonel Gonin.\u2014 Et le baron de Roquemont, acheva Hervé.\u2014 Justement.Les deux jeunes filles allèrent donc dans les sous-bois touchés d\u2019or par l\u2019approche de l'automne.La gentille drill Montréal, septembre 1948 Paulette et ses propos n\u2019eurent pas la chance d\u2019intéresser Roselyne, elle préférait le spectacle sylvestre si émouvant de vie bruissante, de mystérieuse somptuosité.L\u2019odeur des champignons et des feuilles mortes la ramenait aux temps insouciants des fins de vacances, quand Hervé, libéré da ses cousins et cousines, l\u2019emmenait dans les bois, à la recherche des girolles et des «cornes d\u2019abondance » qu'ils rapportaient le soir, dans la cuisine voût\u2018e dont les cuivres étincelaient sous les rayons du soleil couchant.A cette époque, ils se tutoyaient.Hervé était très gentil pour elle; ils se disputaient bien un peu, elle était susceptible, ombrageuse, et lui, taquin, autoritaire, mais sa force lui plaisait, et le cadre où il vivait lui donnait un prestige qu\u2019elle subissait sans en convenir.Il avait fait plusieurs fois des projets d\u2019avenir dont elle n\u2019était pas exclue; la pensée de vivre toujours avec lui était souvent revenue dans ses rêves de jeune fille.L\u2019affection que lui témoignaient le colonel et Mme Go- nin donnait à ces rêves une consistance qui avait fixé sa vie, et quand sa raison lui soufflait à l\u2019oreille : « Hervé ne t'a jamais rien dit, rien demandé, » elle répondait: «Il attend son heure, la plus belle.» «Il sera difficile à satisfaire .Peut- être croit-il pouvoir prétendre à une héritière importante, mieux pourvue que moi de hautes relations capables de l\u2019aider dans sa carrière .Mlle de Fou- geray, par exemple.» Roselyne se sent lasse, lasse à pleurer.Elle vient de mesurer tout ce qui lui manque pour satisfaire aux calculs d\u2019un homme ambitieux et sans coeur.Pour qu\u2019il choisit sa petite amie de vacances, il faudrait qu\u2019il l\u2019aimât pardessus tout.S'il l\u2019aimait par-dessus tout, il la traiterait avec plus d'indulgence, ou plutôt, il ne la jugerait pas.L'amour est aveugle.Tandis qu\u2019Hervé est bien trop clairvoyant: aucun des défauts de Roselyne ne lui échappe, aucun n\u2019est excusé.Sous les arbres pointillés d\u2019or, des mots émus sont promoncés, un visage sans autre grâce que celle de la jeunesse revêt la beauté de son masque d\u2019amour.Heureuse Paulette qui n\u2019a pas fourvoyé son coeur sur des chemins arides et sans issue ! Mais à dix- neuf ans, les chemins sans issue ne sont pas le Destin; il est loisible de revenir en arrière et d\u2019en choisir de plus beaux.Depuis trois semaines, le baron de Roquemont a trop occupé les pensées de la jeune fille pour n\u2019être pas là, présent, quand elle appelle au secours.S\u2019il n\u2019est pas pour Mlle de Fougeray, ce qu\u2019elle espère et craint à la fois, Roselyne peut bien en rêver un peu.En attendant de le savoir, elle se servira de lui pour intriguer Hervé qui se dépite \u2014 c\u2019est visible, et son mutisme à ce sujet en fait foi, \u2014 des cordiales relations établies à son insu entre le propriétaire de la Roncière et Mlle Du- mail aînée.Quand Paulette eut délivré son coeur de son secret d'amour, Roselyne, qui en avait assez de ses confidences et de sa société, proposa de rentrer au château.Hervé proposa à ses amis de leur montrer des photographies rapportées d'Angleterre où il avait passé les vacances de Pâques, et qu\u2019il venait enfin de classer.Roselyne dissimula le plaisir qu\u2019elle éprouvait de cette proposition.Depuis plus d\u2019un mois, elle n\u2019était pas entrée dans le studio d\u2019Hervé si occupé d\u2019ailleurs, si peu désireux de sa présence, et elle animait tant cette pièce moderne, fauve et or, faite pour les travaux de l'esprit et le plaisir des yeux, avec ses livres précieux, ses gravures.ses rares bibelots d\u2019un goût parfait ! Ce jour-là, une botte de dahlias s\u2019y épanouissait dans une urne de bronze posée sur un escabeau d\u2019acajou.La fenêtre ouverte encadrait un paysage de verdure troué de lumière où l\u2019oeil pouvait découvrir, entre les ramures ingénieusement élaguées, la riche palette d\u2019un parterre.L'air chargé d\u2019effluves sentait déjà l\u2019automne.\u2014 C\u2019est ici chez vous ?demanda Paulette qui pénétrait dans cette pièce pour la première fois.\u2014 Oui, chez moi.Il offrit des sièges à ses visiteurs et prit dans la bibliothèque un album qu\u2019il posa sur son bureau.Roselyne s\u2019en approchait, quand un haut-le-corps la redressa en face de la cheminée où, dans un cadre de cuir, souriait un gracieux portrait.Elle se crut d\u2019abord le jouet d\u2019une hallucination, mais, en se penchant un peu, elle reconnut, à n\u2019en pouvoir douter, la jolie voyageuse du train de Lausanne.C\u2019était bien elle, c\u2019était bien sa.grâce distinguée, ses traits fins dans l\u2019ovale parfait du visage ; c\u2019était bien son sourire, mais plus heureux, épanoui sur les dents sans défaut.Et pour qu\u2019aucun doute ne subsistait dans l\u2019esprit de Ro- selyne, c\u2019était bien le même chapeau, ce petit chapeau de bon faiseur qui, dans la réalité et dans la mémoire de Roselyne, était bleu de roi.La gorge étranglée, incapable de prononcer un mot, elle eut la force de s'asseoir à côté de Paulette Ricard.De l\u2019air de quelqu\u2019un dont la conscience est pure, mais l\u2019esprit ailleurs, Hervé com- mengça ses explications.Roselyne vit défiler sous ses yeux des paysages, des monuments, des villages, des groupes de jeunes gens, jusqu\u2019à des chevaux, des chiens, des troupeaux de moutons, la collection anglaise d\u2019Hervé Gonin.Beaucoup de mots frappèrent ses oreilles, mais elle s\u2019inquiétait peu des idées qu\u2019ils exprimaient.Il lui efit été difficile de répéter la moindre phrase entendue ce jour-là.Elle n\u2019essayait même pas de comprendre ce qui se passait en elle ; un seul sentiment surgissait de ce chaos.«Il ne m\u2019a jamais parlé d\u2019amour, mais je croyais à son amitié.Si j'étais un peu son amie il ne m'aurait pas caché cela.» Cela, c'était sa folle passion pour Mlle de Fougeray, ses fiançailles prochaines, peut-être même accomplies, car un jeune homme n\u2019a pas chez lui à la place d'honneur le portrait d\u2019une jeune fille qui ne lui est rien.Hervé n\u2019est pas de ceux qui se parent de leurs relations féminines ; aucune photo de ce genre, chez lui, pas même celle des amies de toujours.Celle de Roselyne n\u2019y a pas droit de cité.D'ailleurs, a-t-il jamais manifesté le désir de posséder une photo de Roselyne ?\u2014 Comment trouvez-vous ce pointer ?vient de lui demander Hervé.\u2014 Très intéressant.\u2014I appartient a sir Reginald, qui en.est fier.C'est une béte merveilleuse.Suit une anecdote opinion.\u2014 Mes amis anglais m\u2019ont promis un fils de ce chien, l\u2019année prochaine.\u2014 Vous n\u2019avez pas besoin de lui pour être bon chasseur, remarque aimablement Paulette ; les perdreaux de notre déjeuner en sont la preuve.\u2014 D\u2019autant plus, reprend Roselyne, que le gibier n\u2019est pas abondant cette année.C\u2019est du moins ce que me dit M.de Rogquemont dans sa dernière lettre.Ces mots ont été prononcés avec une feinte indifférence.Hervé les accueille par une approbation.\u2014 Parfaitement juste.Et merci, Mesdemoiselles, de vos compliments.illustrant cette 37 Je nettoie ma baignoire en vitesse, Bannies, ces égratignures qui retiennent lo saleté \u2014 et ralentissent la besogne ! sw Fin et blanc, le \u201cBon Ami nettoie en un clin d'oeil.creme ré et vos mains resteront satinées! Certains nettoyeurs contiennent des substances rudes et sableuses qui égratignent la surface nettoyée.Ces marques presque invisibles retiennent la crasse et rendent le travail plus pénible.Le \u201cBon Ami\u201d nettoie rapidement et sans risque.Le lustre de vos baignoires, lovabos et éviers de cuisine est totalement protégé.Plus de frottage à tour de bras ni de caustiques qui rougissent et abiment les mains! En outre, le \u201cBon Ami\u201d polit fout en nettoyant et rend les surfaces vraiment étincelantes.À lo cuisine comme dans lo salle de bain, le \u201cBon Ami\" est commode et sans risque.Présenté sous deux formes: en poudre, dans une boite & couvercle perforé, et en pain, économique et commode.Fabrication canadienne 38 Le Savon flétrit la chevelure, Halo l\u2019embellit! Oui, même les meilleurs savons ou shampooings au savon, laissent une pellicule savonneuse qui assombrit l\u2019éclat naturel de votre chevelure.© Halo ne contient pas de savon.Fait d\u2019un nouvel ingrédient breveté, il ne peut former de pellicule savonneuse ternissante.® Halo fait ressortir le beauté naturelle de votre chevelure, dès le premier essai, et lui donne un éclat radieux.@ Aucun rinçage au citron ou vinaigre n\u2019est nécessaire.Halo se rince rapidement et complètement! @ Il produit des montagnes de mousse odorante et riche, même dans l\u2019eau la plus dure.Il rend vos cheveux propres, leur donne un lustre naturel éclatant! @ Il emporte avec lui, comme par enchantement, les odieuses pellicules! @ Il laisse la chevelure douce et obéissante, facile à placer! @ Achetez Halo à n\u2019importe quelle pharmacie ou au comptoir de cosmétiques.HALO REVÈLE LA BEAUTE NATURELLE DE VOS CHEVEUX! CHAPITRE Viil ANTINETTE a raison: Roselyne est une jeune fille compliquée.Plus simple, elle aurait demandé a Hervé par quel miracle le portrait de la voyageuse de Lausanne se trouvait sur la cheminée de son studio et par quel moyen il avait découvert son nom.Mais cette fagon de procéder était bien trop facile, surtout pour quelqu\u2019un qui n\u2019est pas sans reproche : l\u2019affaire Roquemont pouvant, à priori, laisser supposer autant de duplicité que l'affaire Fougeray.Elle n\u2019a donc rien demandé, mais reste dévorée du désir de savoir, sûre d\u2019une seule chose : un lien sentimental attache Hervé à l\u2019inconnue, leur entente est certaine, comme le prouve d\u2019une façon éclatante le portrait en question.Très bien! Puisque Hervé aime les aventures et les aventurières \u2014 que sait-il de cette personne?\u2014 il ne faut pas contrarier ses goûts.Dans quelque temps, les Gonin enverront un petit carton annonçant les fiançailles de leur fils avec Mlle de Fougeray \u2014 les Matignot seront enchantés de ce nom! \u2014 et les Dumail y répondront par des félicitations.Mme Gonin sera sans doute un peu gênée quand elle reverra ses amis, car elle a toujours témoigné à Roselyne une préférence qui aurait pu donner à celle- ci des idées.On lui fera voir qu\u2019elle s\u2019est trompée, car elle recevra à son tour \u2014 Dieu veuille que cela ne tarde pas! \u2014 l'annonce des fiançailles de Roselyne avec M.X., Y., Z., peut-être de Roque- mont.Pourquoi pas?Ce gentilhomme deviendra libre par le mariage Gonin-de Fougeray, il est déjà libre.Et quand Roselyne veut quelque chose!.Il n\u2019y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.Pour commencer, la baronne éventuelle va chasser de son coeur le malaise qui ressemble à du chagrin, et qui s\u2019apparenterait à du regret si Hervé valait la peine d\u2019être regretté.Elle va être très heureuse et entretenir en elle la bonne humeur qui la rend charmante, et puis, elle va faire des plans, des projets.Le lendemain même du déjeuner à Boisbénit, elle affirme à tantinette qu\u2019elles sont bien en retard pour remercier le baron de son gracieux envoi, et qu\u2019il leur faut, sans délai, s\u2019acquitter de ce devoir.Tantinette, approbatrice, ajoute que ce devoir s\u2019étend à Pierre Drécourt; c\u2019est deux lettres qu\u2019elles devront écrire aujourd\u2019hui.\u2014 Partageons-nous donc la besogne.Bien entendu, toi, tu écriras à M.Dré- court, et moi, je me charge du baron.\u2014 Cette perspective semble ne pas te déplaire.\u2014 Pourquoi me déplairait-elle ?Ce monsieur est aimable, généreux.Je serais contente de le connaître.\u2014 Voilà un désir qu\u2019il ne faudrait pas exprimer trop fort devant ce vieil Hervé.\u2014 Je voudrais bien savoir ce que tu veux dire! riposte violemment Rose- lyne.En quoi mes goûts, mes désirs, mes préférences intéressent-ils Hervé Gonin ?\u2014 J'avais cru .ou plutôt, j'avais supposé.\u2014 Tu as mal cru, mal supposé, et cela m\u2019étonne de toi, Ginette, toi qui as un si bon jugement, d\u2019habitude.\u2014 Eh bien ! eh bien ! chérie, qu\u2019est-ce qui te prend ?Que s\u2019est-il passé entre Hervé et toi ?\u2014 Ce qui s\u2019est passé ?Mais absolument rien, trois fois rien, cent fois rien ! C\u2019est inimaginable ! Je n\u2019ai plus le droit de m\u2019intéresser a qui que ce soit parce que M.Hervé Gonin fait partie de nos relations ! Laissant sa tante stupéfaite, elle sort en claquani la porte.La Revue Populaire Rentrée dans sa chambre, elle considère dans la glace de la psyché son visage que la bonne humeur devait rendre charmant, et qui est crispé, chargé de nuages, horrible ! Elle a honte d\u2019elle- même, de sa faiblesse à tenir ses bonnes résolutions, de sa violence, de sa maladresse, et la pensée de la chère Ginette si rudement traitée la désole.Toutefois, elle n\u2019a pas le courage de lui faire des excuses ni celui de voir qui que ce soit en ce moment.Son inconcevable emportement, si court qu\u2019il ait été, à détraqué son équilibre, il lui faut quelque temps pour le rétablir.Elle s\u2019enferme dans sa chambre, s\u2019installe à son bureau.La tête entre les mains, elle s\u2019efforce de penser à son livre, de ne penser qu\u2019à cela.L'idée de ce livre lui a été suggérée par une vieille gravure trouvée au grenier un jour de mauvais temps.Dérangée par la pluie dans ses projets de plein air, Roselyne avait résolu d\u2019employer sa réclusion à la confection d\u2019un sac à ouvrage pour une vente de charité ; elle en trouverait les éléments dans les vieux coffres du grenier.Et c\u2019est au fond de ces coffres qu\u2019elle découvrit la gravure en question.Trente centimètres sur vingt.Elle représentait une jeune femme coiffée d\u2019anglaises et vêtue à la mode de 1840.Tête penchée, elle écoutait une muse drapée à l\u2019antique et couronnée de fleurs, qui lui parlait à l\u2019oreillee A droite, sur un socle de pierre, une statue d\u2019Apollon pudiquement voilée.Au fond, un paysage romantique.Le tableau plut à Roselyne, bien qu\u2019elle le jugeât démodé.Le regardant de plus près, elle lut un nom qui s\u2019y trouvait imprimé : « Delphine de Cari- gny et la muse.» Delphine de Carigny! Ce nom avait frappé bien souvent les oreilles de Ro- selyne enfant; grand-mère Dumail et grand-tante Ogier le prononçaient avec une componction, une sorte de ferveur qui faisaient sur la petite fille une vive impression.Leur grand-mère, sa trisa- jeule, avait connu cette femme célèbre dans son cercle provincial, elle était même un peu leur cousine.Sa beauté, son talent, ses malheurs et surtout son amitié avec Lamartine, avaient mis à son front une auréole qui n\u2019était pas encore entièrement oubliée.Ses oeuvres étaient conservées dans les bibliothèques des vieilles familles du pays : deux volumes de poésies, Un autre de contes, un roman, plusieurs volumes de souvenirs ; et sa correspondance pieusement recueillie par une de ses nièces dévouée à sa mémoire.Les Souvenirs, surtout, étaient charmants, et dignes d\u2019être relus, car Mme de Carigny avait eu un «salon» fréquenté par les beaux esprits du temps et par tous les gens distingués de la région.Roselyne l\u2019avait à peu près oublié.Grand-mère et grand-tante étaient mortes, personne n\u2019évoquait plus le temps de leurs aïeules, et la vie apportait à chaque journée tant de choses neuves à dire, à faire, à penser, que les anciens souvenirs n\u2019y trouvaient plus de place.Près de la lucarne d\u2019où tombait la lumière diffuse d\u2019un ciel chargé de nuages, Roselyne, tout son intérêt subitement éveillé, vit mieux le visage de la fameuse Delphine.Elle ne l\u2019avait pas imaginé si beau, si touchant ; peut-être, jusque-là, n\u2019avait-elle pas vraiment cru à sa réalité ?Prompte à l\u2019enthousiasme comme à la colère, elle éprouva pour cette femme remarquable un véritable coup de foudr:.Elle emporta son image comine une proie, la mit dans sa chambre à la place d\u2019honneur, chercha et trouva la plupart de ses oeuvres qu\u2019elle lut avec passion.Et elle en parlait sans cesse, ce qui agaçait Marie-Marthe. A \u2014 Montréal, septembre 1948 \u2014 A ta place, dit la cadette, si je me piquais comme toi de beau style et de belles lettres, j\u2019extérioriserais mon emballement en noir sur blanc, ce qui aurait l'avantage de rendre la paix à mon prochain tout en m\u2019offrant l\u2019occasion de passer moi-même à la postérité.Roselyne haussa les épaules, mais les paroles de Marie-Marthe germèrent en son esprit, l\u2019idée s'implanta d\u2019écrire pour les générations futures l\u2019histoire de Delphine de Carigny et de son influence sur la société de sa province.Bien entendu, Roselyne ne se contenterait pas de compiler les Mémoires et la Correspondance de Delphine, elle évoquerait ses propres souvenirs de famille, interrogerait de vieilles cousines, se documenterait dans les bibliothèques.Sans tarder, elle composa un plan et se mit à l\u2019oeuvre.Douée d\u2019un style agréable et facile, et de beaucoup d\u2019imagination, elle avait toujours rêvé d'écrire un livre.Son admiration pour son inspiratrice donna des ailes à ce rêve ; elle crut s'envoler vers la gloire et la fortune.Mais elle rencontra bientôt des difficultés inattendues.Impossible de trouver le volume II des Souvenirs.Il manquait à la bibliothèque de Montfort et aucun des amis interrogés ne possédait cet ouvrage.D'autre part, dans la correspondance, il y avait bien des trous, des obscurités, des écheveaux à débrouiller.L'inexpérience de Roselyne fut mise à rude épreuve ; ce n\u2019est pas si facile d\u2019écrire un livre! Elle se découragea, reprit confiance, laissa tout 1%, recommenga.D\u2019abord acharnée à l\u2019ouvrage, elle passait maintenant des semaines entières sans toucher à son manuserit.Mais aujourd\u2019hui, Roselyne est bien décidée à mettre sur pied la fameuse rencontre de Mme Récamier et de Mme de Carigny.Les notes prises à la bibliothèque de Montfort sont justement classées.Les notes de Roselyne indiquent Ballanche, Ampère, le comte de Ro- vère.Ce nom, beaucoup moins célèbre que les premiers n\u2019est pas inconnu de Roselyne, grand-mère Dumail la plusieurs fois prononcé, et M.Dumail, interrogé, a pu se rappeler que le comte de Rovère était un parent de Mme de Carigny.Il y avait autrefois des Ro- vère dans l'Yonne; qu'\u2019étaient-ils devenus ?Les yeux de Roselyne s\u2019animent, ses narines palpitent, un sourire provocant se joue sur ses lèvres.Et, bientôt, sa main armée d\u2019un stylo vole sur une page blanche, mais cette page blanche n\u2019appartient pas à son manuscrit.Elle retrouva sa jeune tante à l\u2019heure du déjeuner.Avant de s'asseoir à la table de famille, elle embrassa Ginette et recut en retour un tendre baiser.\u2014 Oh! oh! combien touchant! s\u2019exclama Marie Marthe.La conversation roula sur la réunion de la veille ; Roselyne, pleine d\u2019entrain, prétendit s'étre fort amusée.Marie- Marthe déclara s\u2019être ennuyée à dix- huit francs de l'heure, toutefois sans rien regretter, ses papilles gustatives ayant été pleinement satisfaites.\u2014 Eugénie est un cordon bleu, dit Mme Dumail, je regrette que Victorine refuse systématiquement d\u2019utiliser les recettes que je lui apporte de Bois- bénit.\u2014 Orgueil, ma chère maman, amour- propre, jalousie, vanité ! Le monde n\u2019est pas beau, fit comiquement Marie-Mar- the.\u2014 Je suis bien de ton avis, approuva Roselyne.\u2014 Ce qui me flatte.Mais qu'\u2019est-ce qui me vaut un tel honneur?Roselyne resta coite.La petite phrase était sortie de son coeur sans préméditation.Marie-Marthe la regardait, malicieuse ; elle expliqua : \u2014 On découvre des tas de choses quand on se documente pour écrire un livre d\u2019histoire.\u2014 Ah! c\u2019est ton livre! \u2014 Oui, j'ai travaillé ce matin.\u2014 Et tu as découvert les secrets de la vilenie humaine ?\u2014 Je cherche à les découvrir.Marie-Marthe pouffa dans sa serviette; elle n\u2019avait aucune confiance dans les dons d\u2019historien de sa soeur, et la façon dont celle-ci se prenait au sérieux l\u2019amusait.Roselyne, offensée, pinça les lèvres, mais Ginette raconta une scène comique qui s\u2019était passée la veille entre !e docteur Gerval et Mme Regnaud au cours de la partie de bridge, et M.Dumail, qui en avait été témoin, ajouta son grain de sel à ce récit.Le déjeuner s'acheva dans une parfaite harmonie.\u2014 Alors, chérie, tu as bien travaillé?\u2014 Bien ?.chose.\u2014 Moi, jai écrit à Pierre Drécourt.Veux-tu lire ma lettre ?\u2014 Inutile.Je te crois sur parole.Tante et nièce échangeaient ces propos dans le vestibule, au sortir de lu salle à manger.Ginette, qui se dirigeait vers la porte du jardin, se retourna, surprise: Roselyne montrait en courant l\u2019escalier qui conduisait à sa chambre.\u2014 Tu ne viens pas au jardin ?\u2014 Non, je vais à Montfort.Ginette connaissait trop l\u2019esprit d\u2019indépendance de ses nièces pour s\u2019étonner de les voir agir sans en avertir leur entourage.Roselyne continua : \u2014 Pendant que je suis en veine de travail, je veux faire quelques recherches à la bibliothèque.Après un sourire à tantinette, elle continua à grandes enjambées son ascension.Trois minutes plus tard, elle revenait, coiffée d\u2019un petit feutre du même beige que son tailleur, une serviette de cuir sous le bras, et, à toutes pédales, gagnait la route de Montfort.Elle arriva à la bibliothèque où sa carte d\u2019étudiante lui donnait droit d\u2019entrée, juste à l\u2019heure où s\u2019en ouvraient les portes.Habituée de ce lieu, elle eut vite fait d\u2019obtenir quelques volumes d\u2019aspect fort sérieux qui devaient être rarement consultés, à en juger par l\u2019état de neuf de leur reliure.Roselyne en parcourut deux sans y rien trouver d'intéressant, mais au troisième, son visage s\u2019éclaira.Enfin j'ai fait quelque Se référant aux pages indiquées, notre historien en jupons apprit qu\u2019un aïeul de l\u2019auteur de ce livre avait fréquenté chez le comte de Rovère qui l\u2019avait un jour présenté à la belle Mme de Carigny.Plus tard, ce même aïeul avait rencontré chez le comte un de ses voisins, le baron Louis de Roquemont gentilhomme de la cour de Charles X, retiré en province à la suite d\u2019une blessure qui l'avait rendu manchot.Ce personnage n\u2019était mentionné qu\u2019une fois, mais il n\u2019en fallut pas plus à Roselyne pour être pleinement satisfaite.Eur-le-champ, elle tira de sa serviette le brouillon de lettre écrit dans la matinée, remplit les blanes qu\u2019elle y avait laissés, ajouta quelques lignes, en biffa d\u2019autres, rectifia, corrigea, relut, fit une copie de ce brouillon sur une feuille de beau papier apporté dans la serviette de cuir et, sans se presser, après avoir mis ceci à la poste, elle remonta à bicyclette et rentra à Clairemotte.Quand elle eut rangé ses notes et son manuscrit, elle se mit à la recherche de Ginette.Celle-ci était dans sa chambre, près de la fenêtre.Du bout de son crayon, elle trarsit une ligne sinueuse sur une carte d\u2019Europe étalée devant elle.\u2014 Qu'est-ce que tu trames! jeta Roselyne en refermant la porte.39 Quand bébé est maussade à cause de la \u201cConstipation des enfants\u201d Ti \u201cC'est le laxatif préparé spécialement pour les enfants et les nourrissons.De nouveau présenté dans la bouteille format des familles.\u201d WY UAND votre bébé a perdu son beau sourire .quand il est rechigneux, agité, mal en train à cause de la \u2018\u201c\u2018constipation des enfants\u201d, faites ce que toute maman bien avisée doit faire \u2014 donnez-lui du Castoria! Achetez dv Castoria\u2014aujour- d\u2019hui même à la pharmacie voisine.Et n\u2019oubliez pas de demander le laxatif préparé spécialement pour les enfants.Et rappelez-vous que la bouteille de famille économique Actif et efficace \u2014 et pour- est de retour sur le marché! tant si doux, il ne dérange pas les systèmes digestifs délicats.Préparé spécialement pour les enfants \u2014 ne renferme aucune drogue drastique, ne cause pas de coliques ou de malaises.Goût si agréable \u2014 les enfants l\u2019aiment et le prennent volontiers, sans se faire prier.CASTORIA Le laxatif SUR préparé spécialement pour les enfants ; Big i ov Pind COAL aR ESN gia i RE Mg Se ee procede xe su ui = = & #, fe & ¥ ® a \u201c 4 4 é ?\u201c ¥ i 2 @ > $ \u2018 2 4 v é £ # # 2 qe ta Gt Oe AE CHER NE pe x he sy sage Un autre excellent produit pour la \u201cprotection des bébés\u201d Employez Z.B.T.\u2014 la poudre pour bébés faite à base d'huile d'olive 40 C\u2019est facile d\u2019egayer et d\u2019embellir votre intérieur avec des C\u2019est étonnant ce que les miroirs rendent la vie d'intérieur plus Ils doublent la lumière, transforment et embellissent les intérieurs, anciens et nouveaux .et font paraître les pièces deux fois plus grandes! Un miroir rond au-dessus de la table du vestibule n\u2019est qu\u2019un exemple de la magie que crée les miroirs.Mais il est important de choisir le bon miroir pour la bonne place.agréable.Afin d\u2019obtenir le meilleur effet de vos beaux miroirs, suivez les Conseils que vous donne à ce sujet le Livret GRATUIT Hobbs sur les Miroirs.Vous serez surprise de voir comme il est facile, avec des miroirs, de donner un nouvel aspect à votre intérieur.mise soignée.\u201cTout intérieur devrait avoir au moins un grand miroir,\u201d disent les dessinateurs bien connus.Un grand miroir rehausse le charme d\u2019une pièce «.et permet i la famille \u201c= entière d\u2019avoir toujours une verez dans le Livret Gratuit Hobbs sur les Miroirs quelques bons conseils sur l\u2019usage des grands miroirs.Suspendez un miroir Peacock entre deux lits.Vous aimerez la réflexion douce de la lumière .le charme et la beauté que cela donne à la chambre à coucher.Votre Livret Hobbs sur les Miroirs vous donne if de nouvelles idées, approuvées par les dessinateurs, Demandez un exemplaire du Livret GRATUIT Hobbs! Vous trou- Hobbs Glass Limited, Dept.42.1, London, Ontario Provision limitée AUJOURD'HUI | \u2014 Postez le bon \u2014 | | Veuillez m'envoyer, sans aucune obligation de ma part, un exemplaire ET PARAISSENT PLUS SPACIEUSES AVEC DES MIROIRS.\" Veuillez m'adresser ce livret à: (Ecrire en lettres moulées) NOM.vs0cconcasconvac 00 desanoos san cese nes se css 0 7 | gratuit du livret, \u201cFAITES QUE VOS PIECES SOIENT PLUS CLAIRES | | I | I RUE.n00cewsnossasasec coca ec eco cena san 00000 Ville.0 0000 sea cases.LL.sr sPrOV.00.cac 00000000 Mon marchand de meubles est: arcs cecennencac 00.000 100102300000 00200000 U 00 \u2014\u2014===-==\u2014-\u2014\u2014 ee mme mm me re \u2014 Je voyage.\u2014 Voyage rétrospectif, ou d\u2019anticipation ?\u2014 Un peu rétrospectif.\u2014 Et beaucoup d\u2019anticipation, j'ai compris.Roselyne se pencha vers sa tante et demanda doucement : \u2014 N\u2019y a-t-il donc rien qui puisse te fixer quelque part ?\u2014 Pourquoi me fixer ?\u2014 Rien ni personne ?Vois-tu, tanti- nette, je me dis quelquefois que nous sommes trop heureux ici, c\u2019est pourquoi tu ne tiens pas à nous.\u2014 Que veux-tu dire ?\u2014 Ceci: que si nous étions malheureux, tu ne nous abandonnerais pas.Pour te fixer quelque part, il te faudrait une peine à bercer, un chagrin à consoler.Tu veux bien te sacrifier pour créer ou recréer du bonheur là où il n\u2019y en a pas, mais ici tu penses : «A quoi bon?Ils sont heureux sans moi.» Est-ce vrai ?\u2014 Ce n\u2019est pas tout à fait faux.\u2014 Chérie, je renonce à te convaincre, nous ne te retiendrons pas de force.Je ne souhaite même pas que tu te fixes chez nous, si ce devait être comme consolatrice.Prépare donc en paix ton beau voyage.Où iras-tu ?Ginette porta son crayon sur la carte à l\u2019endroit de la Tunisie.\u2014 Probablement là, mais pas tout de suite.Je vais d\u2019abord chez Thérèse.\u2014 Bien entendu ! Elle est une si bonne amie ! \u2014 Je vais lui écrire ce soir.\u2014 Ah! non, ce n\u2019est pas pour entendre parler de ton départ que je suis venue chez toi, Ginette, mais pour te raconter quelque chose de très intéressant.Tu sais, mon livre.\u2014 Oui.\u2014 Je suis allée tantôt faire des recherches à la bibliothèque de Mont- fort.\u2014 Je le sais aussi.\u2014 Eh bien! tu ne devinerais jamais ce que j'ai découvert.\u2014 Alors, je suppose que tu vas me le dire ?\u2014 Le comte de Rovère, parent de Delphine de Carigny, était le voisin d\u2019un baron de Roquemont.\u2014 Est-ce que cela est de quelque intérêt pour ton livre ?\u2014 De quelque intérêt! Il est probable que le comte de Rovère, présent à la rencontre Récamier-Carigny, a dû en connaître les détails et en parler à son voisin, le baron de Roquemont.Alors, ne vois-tu pas qu\u2019il peut en rester quelque chose dans les archives des Roquemont ?\u2014 Bref, tu veux interroger sur ce point le baron Bruno.\u2014 C\u2019est déjà fait.La lettre de remerciement.Quelle bonne occasion! J\u2019y ai intercalé le récit de ma découverte, et mon désir de savoir si la famille de Roquemont a conservé le souvenir du comte de Rovère et de Delphine de Carigny.Décidément, ce baron intéressait follement Roselyne; elle cherchait toutes les occasions de s\u2019oceuper de lui, disons mieux, de l\u2019occuper d\u2019elle.\u2014 Je vois, dit pensivement Ginette, ce baron est en train de devenir pour toi une sorte de Providence CHAPITRE IX 30P LOIN ! Qu'est-ce que je disais ?La balle, mal lancée par Rose- lyne, alla buter contre le treillis qui emprisonnait le tennis et défendait le verger contre les incursions des balles égarées.Ce coup malheureux terminait la partie en faveur de Marie- Marthe et d\u2019Hervé.Roselyne ramena du bout du pied, jusqu\u2019au centre du court, la balle qui avait consommé sa défaite, et rejoignit Ginette sur le banc accoté au treillis.De là, elle regarda Hervé très en forme, plus en train qu\u2019il n\u2019avait été depuis un mois.La Revue Populaire Il était venu à Clairemotte disant : «Je passe, a-t-on besoin d\u2019un quatrième au tennis ?» Justement, on avait besoin d\u2019un quatrième.Roselyne se crut d\u2019abord revenue aux bons jours d\u2019autrefois.Hervé se montrait ardent au jeu, gai camarade, simple, bon enfant ; le cher vieil Hervé des vacances heureuses.Elle s'épanouit à cette résurrection, mais, après le premier set, il y eut un temps de repos.Pendant ce repos, Hervé, assis sur un banc entre Roselyne et Marie-Mar- the, essuya son front humide de sueur avec un mouchoir de soie tiré de sa poche ; or, ce mouchoir sentait la lavande; de plus, il était bleu! Roselyne en eut le souffle coupé, et \u2014 Ginette n\u2019a-t-elle pas dit que c\u2019est une petite fille compliquée ?\u2014 elle suspecta aussitôt l\u2019attitude de son compagnon.Sa gaîté revenue lui sembla intempestive.N\u2019avait-elle pas une cause secrète ?N\u2019était-il pas sous le coup d\u2019un bonheur trop grand pour rester inexprimé ?«Je passe, il me faut du mouvement autour de moi, il me faut parler, rire, entendre rire, sans quoi jétouffe.Je passe ! les petites Dumail sont là, c\u2019est mieux que rien.» Et c\u2019est ainsi qu\u2019il est entré à Clairemotte.La bonne humeur de Roselyne ne résiste pas à cette conviction.À la reprise du jeu, les balles sont lancées d'une main moins sûre; elle commet des fautes, s\u2019en irrite, la partie ne l\u2019intéresse plus.Et quand Marie-Marthe lui propose un autre double, elle refuse, se prétendant fatiguée.«Bien entendu, pense-t-elle, Hervé ne s'en inquiète pas; il est bien trop égoïste pour s'inquiéter de Roselyne ou de qui que ce soit au monde quand un état d\u2019euphorie le transporte sur des rives enchantées.Il pousse même l\u2019inconscience jusqu\u2019à proposer un «simple» à Marie-Marthe qui accepte.» \u2014 Restes-tu?demanda Roselyne à Ginette.\u2014 Oui.Hervé a de beaux revers, son jeu m\u2019intéresse.\u2014 Moi, j'en ai assez, je m\u2019en vais.Le jeune homme la vit s\u2019éloigner d\u2019un pas rapide ; il haussa les épaules, manqua la balle lancée par son adversaire et reprit son jeu avec un nouvel entrain.Décidément, pas aimable, la petite voisine.Il était venu, si content de pouvoir passer deux heures avec elle, décidé à être gentil, à lui faire oublier l\u2019espèce d\u2019abandon où il l\u2019avait laissée depuis quelques semaines! Ce n\u2019était pas sa faute, elle le comprendrait peut- être, il regrettait tellement d\u2019avoir été taquin, irascible.Mais, de son côté, elle avait été si aigre, si agaçante ! Devait- il comprendre qu\u2019elle le serait toujours parce que sa nature le voulait ainsi ?Le rire s\u2019éteignit sur ses lèvres et dans ses yeux; ses mâchoires se serrèrent dans le mouvement, qui lui était familier aux heures de mécontentement, et Marie-Marthe fut effrayée de la violence de ses coups.\u2014 Voyons, Hervé, on dirait que vous assommez quelqu\u2019un, vous jouez beaucoup trop fort! Confus, il se modéra et gagna la partie sans catastrophe.Aussitôt, il voulut s\u2019en aller, mais Ginette et Marie-Marthe insistèrent pour qu\u2019il prit le thé avec elles.Un peu par lâcheté, un peu par politesse.un peu parce qu\u2019il avait faim, il suivit tante et nièce au salon.Agacée par les manigances de Jo- sette, par l'accueil sympathique que leur fait Hervé, et le peu d\u2019attention qu'il lui accorde à elle-même, Rosely- ne éprouve soudain le désir de taquiner l\u2019héritier de Boisbénit.Mais elle ne trouve rien qui puisse servir son dessein.Furieuse de son impuissance, elle se mêle à peine à 'a conversation, cherchant toujours quelque moyen d\u2019atteindre son adversaire Montréal, septembre 1948 sans se départir d\u2019une parfaite correction.Son demi-mutisme irrite Hervé.« Boude-t-elle ?ne boude-t-elle pas ?Quel charmant caractère ! Pas de doute, c\u2019est à moi qu\u2019elle en a.Qu\u2019est-ce que je lui ai fait ?» La-dessus, il tourne un peu plus le dos à Roselyne et se précipite vers Jo- sette qui lui tend sa tasse vide.La conversation se poursuit très animée, sans que Roselyne y prenne part.Il est question d\u2019une jeune cousine des Verrier, qui déjà mère de quatre filles, vient d\u2019en mettre au monde une cinquième.Elle était si bien décidée à avoir un fils que, par superstition, elle n\u2019avait pas voulu entrevoir une minute la perspective d\u2019une nouvelle fille.« Quand il fallut la déclarer à la mairie, grand embarras! Roger n\u2019est pas un nom qui puisse convenir à une fille.La jeune maman, accablée, ordonna d\u2019une voix dolente de donner le saint du jour pour patron à l\u2019enfant, puisqu\u2019il était dans les desseins de la Providence de ne tenir aucun compte des désirs humains.Si la Providence avait décidé que l\u2019enfant fût une fille et naquit une semaine plus tôt qu\u2019on ne l\u2019attendait, c\u2019est qu\u2019elle avait de bonnes raisons pour cela; il ne fallait pas la - contrarier.» Josette, pleine d'entrain, était fort drôle en faisant ce récit.Roselyne fut la seule à ne pas en sourire.\u2014 Et comment s\u2019appelait le saint du jour ?demanda Hervé.\u2014 Le saint était une sainte, sainte Reine.La petite a eu de la chance, le lendemain, c\u2019était saint Cloud.Comment s\u2019en serait-elle tirée ?\u2014 On aurait pu l\u2019appeler Claude, suggéra Fanny.\u2014 Non, non, protesta Marie-Marthe, le pauvre saint Cloud aurait été volé, privé de sa cliente, il y a un saint Claude pour ceux qui veulent ce nom- là.On ne triche pas avec les saints.D'ailleurs, je trouve que Cloude ferait un nom très gentil.\u2014 Tu dis des bêtises.Le démon de la taguterie excita Roselyne.Comme une balle, l\u2019occasion désirée lui arriva bondissante sur une question de Josette.\u2014 Et toi, quels sont tes noms préférés ?\u2014 Pour un garçon, Bruno.\u2014 Bruno! Je n\u2019y aurais jamais pensé.Hervé tourna la tête, le pli de sa lèvre s'accentua, ses yeux brillèrent; on eût juré qu\u2019il se moquait.\u2014 Et vous, monsieur Hervé ?demanda Josette qui voulait absolument intéresser le jeune homme à la conversation, et peut-être s'attirer quelque amabilité.\u2014 Pas de préférence pour les garcons; Diane pour les noms de filles.Ceci fut dit avec une telle assurance, une telle conviction, que Roselyne en recut un coup au coeur.\u2014 Un peu païenne, votre préférence dit-elle.\u2014 En tout cas, c\u2019est un nom de jolie femme, reprit-il d\u2019un ton qu\u2019elle fut seule à comprendre.Ginette cita une de ses amies dont la tante s\u2019appelait Diane.Mme Dumail, très jolie, laissa voir, cependant, qu\u2019elle préférait les noms vraiment chrétiens.Et comme les jeunes filles se levaient pour aller au jardin, Roselyne, passant près d\u2019Hervé, ne put se tenir de lui demander : \u2014 Alors, elle s'appelle Diane ?\u2014 Ne le saviez-vous pas ?Roselyne se mordit les lèvres.Evi- demment, elle aurait dû le savoir par le baron son ami.\u2014 Je ne suis pas curieuse, riposta-t- elle.\u2014 Pas possible ! Mots extrêmement déplaisants à entendre.Roselyne aurait prononcé quelque parole acide sans Ginette qui lui fit remarquer qu\u2019elle oubliait son écharpe.\u2019 «Bruno\u2026 Pourquoi Bruno?pensait la jeune tante.Je ne lui ai jamais entendu prononcer ce nom-là, sauf quand il est question de M.de Roquemont Elle pense beaucoup trop à ce monsieur, beaucoup trop.Et elle ne l\u2019a jamais vu.Qu\u2019y a-t-il là-dessous ?» CHAPITRE X MADEMOISELLE, «Mon modeste envoi.ne valait pas les remerciements que vous avez bien voulu m'adresser, mais je suis heureux de savoir qu\u2019il a été bien accueilli.« Permettez-moi de vous féliciter de de votre vocation littéraire, et surtout de votre vocation d\u2019historien, car le travail que vous avez entrepris est bien un travail d\u2019historien.«Si vous aviez l\u2019occasion de venir un jour dans notre voisinage, je me ferais un plaisir de vous ouvrir ma bibliothèque.Elle contient, outre cette correspondance, nombre de livres écrits par des hommes de ce pays, et sur ce pays, introuvables ailleurs, car ils n\u2019intéressent pas les « étrangers », comme disent volontiers nos paysans, et qui contiennent des détails inconnus dont votre travail serait sans doute facilité.« Veuillez me faire savoir, Mademoiselle, si vous désirez que je vous envoie mes documents, et agréez mes respectueux hommages.» Roselyne, rouge de plaisir, apporte cette lettre à sa tante qui repasse un corsage dans son cabinet de toilette.\u2014 Que dois-je faire ?\u2014 Le remercier.\u2014 Bien entendu, mais dois-je accepter qu\u2019il m\u2019envoie ses documents ?\u2014 C\u2019est bien délicat.\u2014 N'est-ce pas ?Ce serait prendre là une lourde responsabilité.De tels papiers, conservés depuis plus d\u2019un siècle, ont, pour les Roquemont, une valeur qui me gêne.Ils peuvent se perdre, s\u2019 égarer, être exposés, en voyage ou ici, à des accidents imprévus.Comme tu le dis, c\u2019est bien délicat.La mine soucieuse de Roselyne, un pli à son front, une certaine raucité de sa voix, amènent un sourire sur les lèvres de Ginette.\u2014 Parle franc, chérie, je vois très bien ce que tu veux.\u2014 Moi ?\u2014 Toi.Tu veux aller à la Roncière, et, pour cela, un seul moyen : te faire inviter chez Thérèse.\u2014 Eh bien! oui, je voudrais aller à la Roncière.Pense donc, cette bibliothèque unique, ces lettres précieuses, et certainement autre chose encore, cat les lettres ne constituent pas tous les souvenirs de relations établies entre des voisins amis, on peut en trouver encore dans des actes de vente, de location, de baptême, de mariage, que sais-je ?\u2014 Bref, il est nécessaire que tu ailles à la Roncière, et cette nécessité te comble de joie.Je voudrais bien avoir le fin mot de cette affaire-là.\u2014 Et moi, je voudrais bien savoir ce que tu vas imaginer.Roselyne riait; Ginette, sérieuse, ne répliqua rien.Elle remit son fer au contact du courant électrique, tout en écoutant Ro- selyne.\u2014 Tu n\u2019as qu\u2019à expliquer la vérité à Mme Drécourt.la vérité toute nue.Si elle t'aime, elle m\u2019invitera à passer quelques jours à Saint-Jean.\u2014 La chose me semble facile.Thérèse sera heureuse de te voir, elle sait ce que tu es pour moi.Roselyne alla porter son ravissement dans le jardin.Tout en cueillant les fleurs destinées à la table de la salle à manger, elle se créait un nouveau portrait de M.de Roquemont.Trois coups.pressés, puis, plus lentement : « Un, deux, trois, c\u2019est pour moi.» 41 Le seul savon qui vous pare | \u2019 i n Voulez-vous vous impres i charme conquerant 2 de jeunes filles popu : émane de tout votre être» : AY brise til qu\u2019une i subtil q à attirera Un parfum qu vous 1 vous 8 ui chante tous le .en à se marient gecrètem une valeur qu \u2018on er dans un les jeunes filles Cashmere Bouquet de l\u2019arome 4 un arome © , ares.d sr des parfums dre à trou est loin de s\u2019atten on.Depuis 78 ans, ait de ulaires ont f être féminine, r ori.Pou fav us chaque jour aut : merveilleux sav pop Jeur savon séduisante.C ashmere IL VOUS IMPREGNE DE L\u2019AROME QUI ENCHANTE TOUS LES HOMMES Bouquet» EL pour l'apres-bain / P aptes DJAN ; Appliquez un nuage soyeux de la Poudre de Talc Cashmere Bouquet .Elle finit d\u2019assécher, protège contre l\u2019irritation, et vous enveloppe de l\u2019arome exquis de Cashmere Bouquet.POUDRE DE TALC CASHMERE BOUQUET 42 LE CIVISME c'esl une foule de peliles choses/ Un bon mot peut faire tant de bien Règle générale, nous sommes trop portés à critiquer et à chercher les défauts au lieu des bonnes qualités d\u2019autrui.Ne vaudrait-il pas beaucoup mieux oublier ces petites choses agaçantes et ces légers ennuis .et savoir reconnaître le mérite?Un bon mot peut facilement devenir une source d\u2019encouragement et même d\u2019inspiration.C\u2019est peu de chose en soi qu\u2019une parole bienveillante, mais elle peut faire tant de bien.Vous faites preuve de civisme quand vous vous intéressez à quelqu\u2019un et que vous lui dites un mot d\u2019encouragement.Vous pouvez participer à cet effort de service public.Prenez note de quelques petites choses qui, à votre avis, contribuent au civisme.Publiée sous les auspices de The BRADING BREWERIES LIMITED Cette série d'annonces est conçue dans le but d\u2019aider à faire de votre localité le meilleur des endroits où vous puissiez vivre, RSC SO SR O 0% OR 5 BRK QO RD Q 0 QO AO RS .QR Cette cloche dont le son vibrant s\u2019étend à un kilomètre sert à tous les appels, à tous les rassemblements, car l\u2019amour de la liberté qui caractérise la famille Dumail, disperse ses membres aux quatre coins du domaine.Trois fois par jour, elle sonne les repas, à toute volée.Volée plus modeste quand des visiteurs arrivent à l\u2019improviste.En outre, il y a des appels individuels, trois coups pressés suivis de coups lents: un pour Madame, la plus souvent demandée; deux pour Monsieur; trois pour Roselyne; quatre pour Ma- rie-Marthe.Celle-ci ne répond jamais.Roselyne, au contraire, quitte tout pour accourir.\u2014 Que me veut-on ?Mme Dumail, dans la salle à manger, remplit de grappes vermeilles un panier d\u2019osier.\u2014 J\u2019ai besoin de toi, ma chérie, il y a des courses à faire.Tu prendras l\u2019auto, mais sois prudente, tu es souvent distraite.Rien ne pouvait être plus agréable à la jeune fille qu\u2019une telle mission.\u2014 Demande à Ginette de t\u2019accompagner, cela la distraira.\u2014 Avec plaisir.Où devrons-nous aller ?\u2014 Au village.Je viens de terminer des rangements et j'ai mis de côté plusieurs choses à donner.Voici les paquets.Celui-ci pour Pauline Béjot, il paraît qu\u2019elle n\u2019a plus de draps de rechange ; avec son malade, tu comprends ! Ceci pour la mère Louise : des lainages, elle est si frileuse! Ce paquet pour M.le curé : il a des pauvres honteux qui ne demandent jamais rien.Tu lui donneras en même temps cette bouteille de vin vieux, mais à condition qu\u2019il le boive lui-même, tu le lui feras promettre.Voici encore un panier de raisin pour soeur Jeanne; et, au retour, tu porteras celui-ci à Mme Gonin.Ils n\u2019en ont pas de cette espèce à Boisbénit.Et tu diras à ces dames que je compte sur elles dimanche.Roselyne eut vite fait de sortir l\u2019auto du garage, d\u2019y placer les paquets, pendant que Ginette, appelée à grands cris, achevait sa toilette.Elles partirent.Roselyne, heureuse de tenir le volant et de manoeuvrer des pédales, prit le chemin le plus long pour aller au village: d\u2019abord la grande route jonchée de feuilles tigrées vert et or; puis le sentier herbu qui montait en zigzaguant entre des talus couverts de prunelliers et de ronciers chargés de fruits.Il était dix heures quand elle tourna dans l'avenue en pleine forêt qui aboutissait au château.Le miroir d\u2019eau prenait de biais les rayons solaires et les rejetait à droite, de façon à éclairer, en dessous, les ramures des deux hêtres géants.On eût dit la caverne d\u2019Ali-Baba ruisselante de joyaux: topazes, émeraudes, rubis, en grappes, en girandoles, à profusion.Deux chiens-loups que la nuit seule libère de leurs chaînes accueillent l\u2019automobile par des aboiements forcenés; on ne s'approche pas de ces bêtes-là, mais, très aimable, le Ric de Mme Go- nin arrive en frétillant.\u2014 Mes petites amies, quand vous au - rez achevé de rendre vos devoirs à Dicky, veuillez entrer chez moi, je vous rejoins dans un instant.D'une fenêtre du premier étage, Mme Gonin sourit à ses visiteuses.Comme tout le monde à Boisbénit Roselyne savait ce que Mme Gonin entendait par «chez moi».Elle précéda Ginette dans le hall d\u2019entrée, dit «salles des gardes », traversa la salle à manger et s'arrêta dans une pièce qui paraissait petite, en comparaison de celles qui venaient d\u2019être parcourues, pièce intime et charmante, tapissée de toile verte.Des rideaux de chintz vert fleuri de bouquets de roses, des fauteuils recouverts du même tissu y mettaient une note joyeuse; La Revue Populaire des roses encore sur le tapis; une table à ouvrage près de la fenêtre, un bureau, une petite bibliothèque tournante, une commode étroite en bois de rose, un seul tableau représentant un paysage printanier, complétaient le mobilier de ce «chez moi» que rendaient vivant des photographies dans leur cadres, un bouquet de roses et d\u2019héliotropes dans un vase de cristal sur la cheminée, et, sur la table à ouvrage, un tricot blane traversé de longues aiguilles vertes.\u2014 C\u2019est bien elle, prononça Ginette.\u2014 Oui, on la retrouve partout à Boisbénit, mais surtout ici.\u2014 Excusez-moi, mes petites amies, mes devoirs d\u2019état m\u2019ont retenue longtemps, ce matin.Ah! le métier de maîtresse de maison n\u2019est pas une sinécure ici! Il faut ensuite que je me rendre présentable.Quel beau raisin ! Roselyne, tu diras à ta mère que je suis ravie.À Boisbénit, les treilles n\u2019ont pas eu de chance, cette année.La conversation engagée sur la question fruits et légumes se poursuivit amicale.Au bout de quelques minutes, Ginette voulut partir.\u2014 Vous avez tant de choses a faire, chère Madame ! \u2014 Puisqu\u2019elles sont faites! Si vous attendez un peu, vous pourrez voir le colonel et Hervé.Ils font une promenade à cheval, mais ne tarderont pas a rentrer.Ginette s\u2019était levée: bougea pas.\u2014 Nous ne sommes pas tellement pressées, dit-elle à sa tante, et puisque Mme Gonin assure que nous ne la dérangeons pas.Ginette n\u2019était pas d\u2019un caractère contrariant.Elle reprit place dans son fauteuil.\u2014 Si nous ne voyons pas Mme Ma- tignot ce matin, jespère que nous serons dédommagées dimanche.Maman m\u2019a chargée de vous rappeler qu\u2019elle vous attend ce jour-là.Il est maintenant question du départ de Ginette, de la Tunisie où sa fantaisie va l'emmener dans quelques Roselyne ne semaines; Mme Gonin rappelle ses souvenirs d\u2019Algérie.\u2014 Les voila! Son oreille a perçu le pas des chevaux sur le sable des allées.Les trois femmes s\u2019approchent de la fentre au moment ou le colonel et son fils, beaux cavaliers, longent le miroir d\u2019eau.Des signaux s\u2019échangent : \u2014 Bonjour, bonjour! Ginette et Ro- selyne sont la.Devant la porte du château, les cavaliers mettent pied à terre.Un domestique corduit leurs montures à l\u2019écurie.«Il est vraiment trés bien, aujour- d\u2019hui, pense Roselyne en regardant Hervé, svelte, élégant, dans sa tenue de cheval.Le baron est-il aussi agréable a regarder ?» : Sans doute, mais autrement, peut-étre mieux encore.Ces messieurs sont chez Mme Gn- nin.Le panier de raisin, posé sur la commode, est tout de suite apprécié.Hervé prend une grappe qu\u2019il mange à belles dents.\u2014 Mon petit, tu vas aller avec Ro- selyne porter ce raisin à l\u2019office, at vous irez chercher des noix pour rem- : plir le panier que nous restituons à Mme Dumail.Les voilà maintenant, l\u2019un tenant une gaule, l\u2019autre le panier vide, sous les grands hêtres, dans la caverne d\u2019Ali- Baba.L\u2019herbe, la mousse et les feuilles mortes forment un tapis où leurs pieds s\u2019enfoncent ; autour d\u2019eux, des bruits d\u2019ailes, le passage d\u2019un oiseau dans les branches précipite la chute de petites voiles d\u2019un jaune doux; des baies rouges ou noires, perles de jais ou de corail, constellent les buissons; le ruisseau à qui le printemps fait um: cortège d\u2019anémones, coule entre des rives 43 Montréal, septembre 1948 00, Le \u2014 I =?= = S = % i pen ve Q % 2e Le\" 3 Eng) 4 22 > ZZ Dy =) tl pt] (Fo y , pr] a sy) horse = en a M.(romane creo ) onnée de lus rais Lapp réciation goût - - et de votre votre jugeme t a & % (A 4 UE VOUS vo1s À & \u201c $ £7 UNE CONDUIS q9 A A A PR LE ns avoir Jo urnée Te sler tou I xist \u20ac un chang® ua Se ire une itesses ai seulement ations \"exp riment bonnes ment auton Itat de seP re us prenez les 15\u20ac ous le vou gens » Voilà pou quot BORD hoses e Chryster 5 .CHRYSLER CORPORATION OF CANA] CITC ip Ed A Li a LIMITED 9 WINDS ad Ei - NE CAMOUFLEZ PAS UN VILAIN TEINT! Presque toutes les femmes ont à se plaindre de petits ennuis de ce genre.Si votre peau est rude, sèche ou affligée de petites éruptions, ne cherchez pas à masquer ces imperfections passagères.Ne recourez jamais aux cosmétiques pour camoufler un vilain teint.Vous ne ferez qu\u2019empirer les choses.ESSAYEZ CES Q sipies moyens D'EMBELLIR VOTRE TEINT! Des épreuves solgneusement vérifiées donnent un teint plus frais, plus velouté et plus séduisant à 4 femmes sur 5.Voici un traitement de beauté domestique dont les résultats sont vraiment étonnants.4 sur 5 des femmes qui l\u2019ont suivi, pendant deux semaines seulement, se flattent d\u2019avoir aujour- d\u2019hui un teint infiniment plus agréable! Essayez-le vous-même.Procédez LE MATIN 1.Se baigner le visage à Feau chaude.Appliquer Noxzema sur une serviette mouillée et s\u2019en laver le visage en frictionnant légèrement.2.Appliquez une mince couche de Noxzema qui servira de fond à votre poudre et gardera votre \u201c maquillage en place.LE SOIR 3.Répéter le nettoyage du matin: Noxzema sur serviette humide.Assécher gentiment.&, Faire pénétrer Noxzema dans la peau en la massant légèrement en remontant et vers davantage sur les boutons.l\u2019extérieur.En appliquers- a ces 4 petites opérations tous les jours, pendant 14 jours.Voyez ainsi par vous-méme comment Noxzema aide à faire disparaître les éruptions ainsi qu\u2019à adoucir un teint sec et rude.Vous comprendrez ainsi pourquoi cette célèbre crème médicamenteuse est la favorite des actrices de Broadway, des modèles et des jolies femmes de partout.Commencez dès maintenant ce traitement Noxzema 4-opérations\u2014 et vous en verrez le résultat d\u2019ici 14 jours! GREASELESS OXzEM\u201d [ Aux pharmacies et magasins à rayons 194.43¢, 63¢ et $1.29 encombrées de branches mortes et d\u2019ombelles flétries.Ils marchent côte à côte, muets, puis des phrases banales sont prononcées.\u2014 Vous êtes matinale aujourd\u2019hui, Roselyne.\u2014 Comme tous les jours.\u2014 Vous ne sortez pas si tôt, d\u2019habitude.: \u2014 Pas pour venir à Boisbénit, c\u2019est vrai.\u2014 11 fait beau ce matin.\u2014 Délicieux.Votre promenade a cheval vous a-t-elle mené loin ?\u2014 Jusqu\u2019à Bernon.\u2014 Un joli coin.Et voici les noyers dont les branches s\u2019affaissent sous le poids des balles vertes craquelées, à la précieuse amande.Armé de sa gaule, Hervé en fait tomber assez pour que le panier de Rose- lyne soit plein à déborder.Ils les ramassent ensemble et, la besogne achevée, se reposent un moment, assis sur un tertre.Quand retrouveront-ils cette solitude enchantée, propice aux confidences ?Depuis un mois, Roselyne attend d\u2019Hervé un mot qui dissipe son malaise vivace ou ralenti, mais toujours présent.S\u2019expliquera-t-il aujourd\u2019hui ?\u2014 Votre tante va partir, la mienne aussi, dit-elle pensivement, les vacances s'achèvent.\u2014 N\u2019étes-vous pas toujours en vacances, Roselyne ?\u2014 Je pourrais vous dire que j'ai des cours, des leçons, des oeuvres que l\u2019été met en veilleuse, mais ce n\u2019est pas de cela qu\u2019il s\u2019agit.J\u2019appelle vacances le temps qui apporte ici des éléments nouveaux, et l\u2019état d\u2019esprit qui en découle.C\u2019est la présence des voisins de campagne, surtout quand ils ont des invités.Pour vous, c\u2019est la mer, la montagne, Boisbénit, et d\u2019autres lieux enchanteurs.Vous n\u2019êtes pas à plaindre, Hervé.\u2014 J\u2019en conviens.\u2014 Moi non plus, d\u2019ailleurs.J'aime assez Clairemotte pour m\u2019y plaire toute l\u2019année.Pourriez-vous en dire autant de Boisbénit ?Il jette autour de lui un regard plein d\u2019amour.\u2014 Je tiens terriblement à Boisbénit.mais pour y vivre douze mois par an!.Je ne vois pas l'hiver ici, la neige, la pluie, les corbeaux, la solitude !.\u2014 La solitude n\u2019est pas de rigueur, Hervé, elle n\u2019existe pas quand la maison a ses hôtes.\u2014 Oui, une famille nombreuse.\u2014 Où règnent l\u2019entente, la bonne humeur, la tendresse.Hervé lance de côté un regard ambigu.\u2014 Joli tableau, à condition que l\u2019entente soit parfaite, et la bonne humeur inaltérable, ce qui ne court pas le monde.\u2014 Est-ce pour moi que vous dites cela ?\u2014 Pas spécialement.\u2014 Mais tout de même un peu.Oh! je sais, vous trouvez mon caractère exécrable.Sans doute Mlle de Fouge- ray est-elle plus favorisée que moi sous ce rapport.Pan! un déclic, et l\u2019esprit de taquinerie renverse toute gentillesse en Hervé Gonin.\u2014 Sans doute aussi M.de Roque- mont est-il plus aimable que moi, riposte-t-il.Comment va ce cher baron ?\u2014 Très bien.Je puis vous en donner des nouvelles toutes fraîches, ayant reçu de lui une bonne lettre ce matin.\u2014 Quelle blague ! \u2014 Une blague ! Tenez, mon cher.D'un geste rapide, Roselyne tire de son sac l\u2019enveloppe de vélin qu\u2019elle n\u2019a pas eu le temps de ranger avant de sortir.\u2014 Voyez, jugez, est-ce une blague ?Vous savez lire: Champuy (Yonne) ; La Revue Populaire la date, celle d\u2019hier.Et de ce côté, ce cachet de cire mordorée, fait apparemment avec une bague; y voyez- vous une éminence rocheuse avec chape d'argent?voyez-vous ce torti del baron ?Si Marie-Marthe était là, elle ajouterait : « Cela vous en bouche un coin », mais ce serait pure bravade, car rien en Hervé ne montre qu\u2019il ait été touché.\u2014 Ainsi, vous vous promenez avec ses lettres ?demanda-t-il moqueur.Ce monsieur doit être flatté.\u2014II ne peut être flatté d\u2019une chose qu\u2019il ignore.\u2014 Comment donc! On peut la lui faire savoir.\u2014 Par Mlle de Fougeray sans doute.\u2014 Justement.Diane ne refusera pas.\u2014 Ah! vous dites «Diane».C\u2019est drôle.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que, moi, je dis « Bruno >.\u2014 Moi, je ne trouve pas cela drôle.Ils se regardent, l\u2019air hostile, dévorés de rancune et de curiosité, résolus à mourir plutôt qu\u2019à poser les questions qui les éclaireraient.\u2014 Et.à quand le mariage ?deman- da-t-elle d\u2019une voix très calme.\u2014 Cela ne.vous regarde pas, riposte- t-il rudement.\u2014 Ah! Oh! très bien.Offensée, elle se dresse de toute sa taille.Sans tourner la tête, elle s\u2019en va, suivie de loin par Hervé qui porte le panier de noix.La gaule oubliée git de gingois sur le tertre, à côté des feuilles et des mousses écrasées.CHAPITRE XI RSÈNE, le facteur est-il passé ?\u2014 Oui, Mademoiselle.Il y a une lettre pour Mlle d\u2019Argène.Roselyne bondit jusqu\u2019au vestibule, saisit la lettre en question, y jette un coup d'oeil et la rapporte a Ginette.Ce dernier dimanche du séjour de tantinette à Clairemotte, les Dumail et les Gonin se sont rencontrés à la sortie de l\u2019église, au village, brève rencontre puisque l\u2019on doit se revoir à Claire- motte dans l\u2019après-midi.Hervé a prévenu qu\u2019il arriverait tard: il part dans quelques jours pour la Savoie.En Roselyne, le désir d\u2019aller à Saint- Jean vient de se décupler.«Il part dans quelques jours.Pour la Savoie ! sans explications ! Moi aussi, je veux partir, je pars, et je ne crains pas de m'expliquer.» Voilà pourquoi elle est si heureuse de la réponse de Thérèse Drécourt : un bon «oui» enchanté.« Vous devancez mon désir, ma chère Ginette, car j'avais l'intention d\u2019inviter votre nièce à venir quelques jours avec nous, pendant votre séjour à Saint-Jean.Nous vous attendons toutes deux avec joie.» L'autorisation de Mme Dumail est vite ebtenue.Roselyne, si troublée depuis une heure, sent enfin le sol sous ses pieds.Les Gonin et les Matignot arrivérent a quatre heures, suivis de prés par le docteur et Mme Gerval, flanqués de Mme Vincenot.Cette grande voyageuse, qui ne possédait pas d\u2019auto, appréciait fort celle de ses amis et ne manquait pas d\u2019en profiter chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présentait.Ajoutons que si cette occasion faisait l\u2019endormie, elle avait mille et une manières de la réveiller.A cause des Matignot, les Verrier n\u2019étaient pas invités, la jeunesse pourtant ne manquait pas à a réunion.Quelques amies des petites Dumail, Paul Arbel et Jacques Regnaud étaient là.Le temps, très rafraîchi, ne permit qu\u2019une courte promenade dans le parc.Quatre amateurs de tennis engagèrent Lire la suite page 50 PTT TOUT NT Montréal, septembre 1948 records acmirsteurs\u2026 se dirigent d\u2019abo Des tons chauds de rouge et bleu, un mélange harmonieux de brun-roux et de vert-bruyère\u2014la grande variété de couleurs solides ou mariées À des teintes douces vous permet de trouver la couleur idéale pour votre maison, rd\u2026sur le toit a LES BARDEAUX D\u2019ASPHALTE (B.P.) parent avec éclat les maisons canadiennes.LS attirent tous les regards avec leurs couleurs riches et brillantes \u2014couleurs qui conserveront leur éclat des années durant.Sous un \u201ctoit B.P.\u201d s\u2019épanouit un sentiment d\u2019agréable sécurité; plus d\u2019inquiétudes sur les étincelles dangereuses, plus d\u2019inquiétudes sur les rigueurs de la température.Les bardeaux d\u2019asphalte B.P.sont fabriqués pour vous protéger contre les froids extrêmes, les pluies torrentielles et les chauds rayons d\u2019un soleil d\u2019été.Que vous soyez à recouvrir votre toit actuel ou projetiez d\u2019en poser un nouveau, vous voudrez profiter de la sécurité supplémentaire, la beauté, la protection que vous apportent les bardeaux d\u2019asphalte B.P.Votre distributeur dispose d\u2019un stock considérable et d\u2019une grande variété de couleurs.Informez-vous auprès de lui ou écrivez-nous directement (Boîte Postale 6063, Montréal, P.Q.) Les bardeaux d\u2019asphalte B.P.sont manufacturés par les fabricants des célèbres revêtements \u201cInsul-Bric\u201d, de la planche \u201cInsul-Board\u201d, des tuiles d\u2019asphalte et d'autres matériaux de construction offerts aux Canadiens clairvoyants, 46 a0 | 4 | Py» \u2014 & Yous les Rencontrezlousles Jours ls sy connaissent en fait de bon café Prenez Jean Martin .dirigeunt la circulation avec un oeil vif et beaucoup de sang-froid \u2014 doux, enjoué .mais la terreur des chauffeurs imprudents.Dites-nous pourquoi vous exigez le Maxwell House, Jean C\u2019est le Maxwell House, Jean.Les cafés de choix de l\u2019Amerique Latine qu\u2019il contient sont soigneusement sélectionnés pour leur saveur extra.C\u2019est exuet! Les propriétés spéciales de ces cafés extra- savoureux sont réunies par des experts en un mélange Maxwell House suprêmement délicieux.Le Maxwell est aussi Dien ë 3 Empaquëlageb: of satisfaisa et ean ; Moutures: Filtre et Ordinaire C\u2019est parce que la Torréfaction Radiante du Maxwell House développe toute la saveur de ce merveilleux GT mélange Maxwell House.& [ 2 Le Maxwell House est acheté et NE , savouré par plus de gens que EE SACS DOUBLES toute autre marque de café au DE EN GLASSINE monde, quel qu'en soit le prix.N Mouture à ER Toutes Fins CAFE \u201cnu vo MAXWELL HOUSE els \" .Se foit instantanément Bon jusqu'à la Dernière Goutte | dans la tasse MH-168MF Un Produit de General Foods La Revue Populaire (ONSERVES, GELÉES, MARINADES ET MARMELADES La profusion de fruits et de légumes qui inondent les marchés, les jardins et les vergers offre aux maîtresses de maison l\u2019occasion de mettre en valeur leurs talents culinaires.Que de préparations aussi belles que bonnes elles peuvent faire pour garnir le garde-manger! Quelle variété de goûts, de couleurs et quelle tentation pour les appétits les plus rebelles! Lorsque les froidures de l'hiver ralentiront toutes les fonctions de l\u2019organisme et que ces merveilles de la nature ne seront plus qu\u2019un souvenir, avec quelle joie nous les dégusterons.Les conserves consistent à soustraire des produits périssables à l\u2019action des micro-organismes, bactéries, levures et moisissures; on y réussit par la chaleur dans le cas des conserves et par la concentration du sucre dans les gelées et les confitures.Les marinades doivent leur conservation au vinaigre; les levures et les moisissures s\u2019attaquent rarement aux produits conservés dans le vinaigre excepté lorsque la concentration n\u2019est pas suffisante ou que la cuisson incomplète n\u2019a pas annihilé les fonctions végétatives des légumes ou des fruits.On ne prendra jamais trop de précaution pour conserver ces denrées et il ne faut pas perdre de vue que la moindre négligence peut entrainer de grandes pertes.Certaines maîtresses de maison réussissent à merveille ces diverses confections, il n\u2019y a aucune raison pour que toutes n\u2019en fassent pas un succès.Je ne donnerai pas de recettes de conserves proprement dites, vous devez avoir en main un guide sous forme de brochures distribuées gratuitement par le Ministère de l\u2019Agriculture à Ottawa à toute personne qui en fait la demande.Mon cours portera surtout sur les gelées, les marinades et les confitures.La gelée peut se faire suivant deux méthodes reconnues également efficaces: La méthode lente et la méthode rapide.Dans le premier cas, seuls les fruits riches en pectine tels les pommes, les groseilles, le raisin, les prunes, les atocas, les coings peuvent être employés et ces fruits ne doivent pas être trop mûrs, autrement, le principe gélifiant qui les caractérise a perdu son pouvoir et la gelée ne se solidifie pas.x La seconde méthode consiste a ajouter au jus de fruits de la pectine commerciale que l\u2019on peut se procurer sous deux formes: en poudre et en sirop.Je n\u2019expliquerai pas cette méthode parce qu\u2019elle est bien détaillée dans un petit feuillet qui accompagne le produit.Il s\u2019agit de suivre à la lettre les instructions pour réussir.Cela permet TARTE AU CITRON MERINGUEE Mêler 7 c.à soupe de fécule de maïs, 1!4 tasse de sucre et 4 c.à thé de sel.Ajouter deux tasses d\u2019eau bouillante et faire cuire jusqu\u2019à épaississement en brassant constamment.Ajouter 3 jaunes d\u2019oœufs légèrement battus auxquels vous aurez ajouté un peu du mélange chaud.Brasser pendant deux minutes.Ajouter L4 de tasse de jus de citron, 2 ce.à soupe de beurre et 1 c.à soupe d\u2019écorce de citron râpée.Verser le mélange dans une croûte de tarte et garnir de méringue.Faire dorer au four modéré (350°F.).Photo Sunkist. Montréal, septembre 1948 4 =» EEE Cueillis et mis en boîtes au moment fugitif de la parfaite saveur.pois sucrés, tendres, avec toute la délicatesse de goût que donne la fraïcheur de la vigne.Maintenant chez votre épicier.UN POTIN RADIOPHONIQUE DE FRED WARING: Bon nombre de nos auditeurs à la radio se demandent où nous avons puisé la chanson \u2018\u2018fo-fi-fum-fe* de Green Giant que nous jouons à notre émission NBC, tous les vendredis matin.Eh bien, elle provient d'une conversation animée que nous eûmes, il y a un- peu plus d\u2019un an, au cours d\u2019un voyage en chemin de fer.Nous avions tâché d\u2019imaginer comment tout un Glee Club de joyeux Green Giants sonnerait à l'oreille.Après avoir griffonné quelques mots et fredonné un air, nous avons finalement composé notre chanson qui fut aussitôt lancée sur les ondes \u2014 et c\u2019est depuis lors la marque de fabrique radiophonique de Green Giant.Foods of Canada, Limited, Ste-Martine, Québec 48 Unyez comme VOUS OBTENEZ BEAUCOUP PLUS D'UN REFRIGERATEUR WESTINGHOUSE Vous serez fière de votre nouveau réfrigérateur Westinghouse installé dans votre cuisine.Mais cette fierté n\u2019est rien comparée au plaisir que vous aurez à en découvrir tous les jours les nombreux avantages, la commodité, l\u2019économie, le fonctionnement impeccable.PLUS DE PROTECTION pour vos aliments .grâce au contrôle \"\u201cTRUE-TEMP\u201d .de Westinghouse, le seul qui permette de choisir le degré de température où vous voulez conserver les aliments.PLUS DE COMMODITÉS.grâce au garde-viande couvert, à l\u2019humitiroir à couvercle de verre, au congélateur Sanalloy extra-rapide pour les aliments et les desserts congelés, à la porte-étagère où ranger les menus articles.PLUS D'ÉCONOMIES .Par l\u2019élimination de la perte des aliments .par la diminution du coût de fonctionnement (seulement quelques cents par semaine) et par le service durable et impeccable du mécanisme économique et doublement automatique.PLUS POUR VOTRE ARGENT .Constatez-le vous-même en allant voir ce magnifique réfrigérateur Westinghouse \u201cTRUE-TEMP\u201d fabriqué au Canada chez votre marchand Westinghouse.CANADIAN WESTINGHOUSE COMPANY LIMITED « MONTREAL, HAMILTON, CANADA Westinghouse\u201d La Revue Populaire % lb.de fromage Canadien Kraft 4 tasse de lait 3 c.à soupe de beurre 4 oeufs Sel, poivre Gelée de fruits Faire fondre le fromage au bain-marie.Ajouter graduellement le lait, en brassant constamment.Battre les jaunes d'oeufs, assaisonner et mêler lentement au fromage fondu.Incorporer les blancs d'oeufs battus en neige et verser dans une poêle où vous aurez fait fondre le beurre.Cuire lentement.Mettre au four doux (300°) pendant quelques minutes pour faire sécher le dessus.Etendre la gelée sur une moitié de l\u2019omelette, recouvrir de l\u2019autre moitié et servir très chaud.Photo Kraft Cheese PEN d'employer des fruits à maturité avancée ou de faire de la gelée avec n'importe quel jus de fruit sans se préoccuper si ce fruit est riche en pectine, cette dernière étant ajoutée.GELÉE DE POMMES La plupart des pommes sont riches en pectine surtout celles qui ne sont pas trop mûres et quand elles sont trop mûres, leur acidité se transforme en amidon; on dit alors qu\u2019elles sont farineuses et le succès de la gelée est compromis car la pectine n\u2019est pas suffisante pour faire de la belle gelée, il faut en plus de l\u2019acide et du sucre.L\u2019extraction du jus est une opération importante.Si le jus cuit longtemps dans une trop grande quantité d\u2019eau et à grande ébullition, les propriétés du jus se trouvent altérées.La cuisson de la gelée doit aussi se faire dans une marmite assez grande pour que l\u2019ébullition se fasse librement à grand feu, c\u2019est très important.Certaines personnes préparent une trop grande quantité de gelée a la fois dans une marmite trop petite.L\u2019ébullition se produit, la gelée menace de déborder, alors, on diminue la chaleur et il en résulte une faible ébullition qui prolonge la cuisson.Dans la plupart des cas, la gelée ne prend pas ou elle ressemble à une tire épaisse.Comme dernier conseil, les verres qui contiennent la gelée doivent être stérilisés.Ces explications concernant la gelée sont suffisantes pour assurer le succès à toute personne qui voudra tenter l'aventure.Quelques mots sur les marinades.Pour répondre à des demandes réitérées de la part de mes aimables lectrices, je donnerai aussi des recettes de fruits confits marinés; ces fruits sont cuits dans un sirop vinaigré et épicé au goût.Je terminerai avec quelques recettes de confitures délicieuses.GELÉE DE POMMETTES Laver des pommettes, les couper en 2 ou en 3 sans les peler ni enlever le coeur parce que la pelure et les pépins contiennent de la pectine.Les pommettes donnent une gelée plus colorée que les pommes blanches ou légèrement teintées.Couvrir d\u2019eau à l\u2019égalité, jamais plus et laisser mijoter c\u2019est-à-dire cuire à petit feu jusqu\u2019à ce que les pommes soient tendres sans qu\u2019elles soient réduites en purée.Faire égoutter dans deux épaisseurs de coton clair.Laisser égoutter sans presser le sac si l\u2019on veut obtenir une gelée limpide et très claire.Mesurer le jus qui doit être légèrement sirupeux et ajouter de 34 à 1 tasse de sucre.Il est préférable de faire bouillir le jus 8 à 10 minutes pour le concentrer avant d'ajouter le sucre, ce qui doit être fait par petite quantité à la fois pour ne pas arrêter l'ébullition.Laisser bouillir à grand feu jusqu\u2019à ce que la gelée atteigne le degré de cuisson suffisant pour se solidifier.Si l\u2019on a un thermomètre, il doit enregistrer 220° F.; à défaut, je suggère un petit truc qui réussit bien.Il s\u2019agit de plonger la cuillère dans la gelée, de la soulever: quand le jus forme des gouttes qui se rejoignent sur le côté de la cuillère pour n\u2019en former qu\u2019une seule, la gelée est à point.Bien entendu, la gelée doit être écumée durant l\u2019ébullition.Quelquefois, on ne réussit pas à enlever l\u2019écume entièrement, il est bon alors de la couler si l\u2019on veut qu\u2019elle soit claire et transparente, Une gelée réussie doit pouvoir se démouler et garder sa forme sans être trop ferme ni sirupeuse.La gelée se fait toujours de la même manière, on peut aussi mélanger des saveurs différentes.Le résidu des pommes égouttées peut être passé en purée additionné de 34 de tasse de sucre par tasse de pulpe.Cuit jusqu\u2019à ce que ce soit épais et transparent ou encore, on peut faire une seconde extraction de jus en faisant cuire les pommes de nouveau avec un peu moins d\u2019eau.Cette seconde extraction sera moins savoureuse mais on pourra mélanger ce jus à d\u2019autres plus concentrés et ainsi on pourra tout utilisé.Lire la suite page 59 Bout assez d\u2019eau en trois minutes pour quatre tasses de thé \u2014 Voilà l\u2019avantage que vous donne la Bouilloire rapide G-E.$14.50 Auto- Une Couverture Avec le Grille- tique G-E vous don- De ia plus merveilleuse Pain G-E Jes, ro nuit de sommeil imagi- ties sont juste nable.\u2014 De $42.50 & point.De $9.95 & $54.50 $14.95 Une Horloge G-E pour régler vos besognes de cuisine.N'a jamais besoin d\u2019être remontée, passer Poids - Plume réglée ou huilée, De $6.95 à DE réduit d'un tiers $9.50 \u2014 Plus la taxe.le temps de votre re- cee a u e passage.$12.95 e À Le nouveau Fer à Re- Ce radio Combiné, Modèle de Table de $89.50 est des plus merveilleux pour les disques et le divertissement radiophonique \u2014 autres Radios, Modèles de Table de $28.95 à $149.50 Radios-Phonographes General Electric munis du merveilleux Reproducteur Electroni- que.De $249 à $1210 L'Aspirateur G-E donne à vos tapis cette \u2018nouvelle apparence\u2019\u2019.$84.50.Mo- dele cylindrique à Avec ce merveilleux Agitateur, mettez fin aux idées noires qu'apporte la journée de la lessive._ De $139.50 à $164.50 Tous les Poêles G-E sont munis des merveilleux Eléments Calrod à Haute Tension.$198 à $369 ; Le G-E, \u2018\u2018Réfrigérateur que la plupart des ménagères désirent le plus.\u201d De $299.50 à $359.50 Avec le Chauffe- Eau Automatique | G-E vous obtiendrez toute l'eau chaude vous désirez.© Ne serait-il pas merveilleux si tous les jours de l\u2019année foyer 100% électrifié.Aujourd\u2019hui, nombreux sont les époux qui travaillent à la réalisation d\u2019un tel projet \u2014 ils achètent un appareil majeur cette année, un autre l\u2019année suivante et ainsi de suite jusqu\u2019à ce que la maison de leur rêve soit réalité.étaient jours de congé ?Eh bien ! il peut en être ainsi grâce aux appareils General Electric qui simplifient la tâche de la ménagère en endossant la majeure partie des travaux du ménage et assurément, tous les soucis que lui cause l'entretien de sa mai- Le marchand G-E de votre voisinage fut choisi pour son pon \u2014 lui accordant plus de liberté \u2014 des heures plus expérience et son habilité.Fiez-vous donc à ses conseils eureuses libérées de la besogne quotidienne.pratiques, lesquels tout en vous aidant à dresser les plans Pourquoi donc ne pas voir votre marchand G-E dès main- de votre nouveau foyer électrifié selon votre budget actuel, tenant et discuter avec lui la possibilité de posséder ce sauront vous faire épargner.CANADIAN GENERAL ELECTRIC ©% Siège Social : Toronto \u2014 Bureaux de Ventes d\u2019un Océan à l'Autre LE BILLET DE BONJOUR TOUT LE MONDE: Comme le temps file! Voici septembre, voici la rentrée des classes, et nous souhaitons la bienvenue aux voisins et amis qui reviennent de voyages lointains, des camps d\u2019été et des cottages.Pour votre bienvenue, je propose un dernier dîner dehors\u2014et c\u2019est si amusant de tout préparer! La vieille table rugueuse de l'atelier de peinture du sous-sol a été mise dans le garage et recouverte de papier crêpe.Sur cette table, apparaîtront des plats de viande et de légumes fumants sortant directement du four; d\u2019énormes saladiers de salade croquante avec tout un choix de sauces; de minuscules petits pains chauds enveloppés dans une serviette de table amidonnée; des fruits, des crackers et du fromage\u2014et, à la dernière minute, un café noir bien chaud.Il y aura aussi des plateaux individuels\u2014car c\u2019est un dîner où chacun se servira et où la maîtresse de maison\u2014(c\u2019est moi)\u2014 Pourra s\u2019asseoir avec ses invités sur une chaise confortable et jouir du soleil couchant au-delà du mur du jardin.MAIS ASSEZ DE MES \u201cFAITS ET GESTES\" \u2014 il est temps d'offrir nos FELICITATIONS A: DORIS ROSS Apt.18, 326 Broadway Avenue, Winnipeg, Manitoba qui gagne le chèque de $100.00 pour le concours de juin se rapportant au Boeuf Epicé York.Nous avons reçu tant de délicieuses recettes, pour plats chauds ou froids, que nous avons passé des jours dans nos cuisines à les essayer et à y goûter.Doris Ross mérite certainement les plus sincères félicitations pour la création d\u2019un mets que le jury a proclamé le meilleur et, par conséquent, le gagnant.Voici comment elle fait ses: ASPICS DE BOEUF EPICE YORK BRENDA YORK Vous Pouvez Gagner $100.00 UN PRIX POUR CHAQUE PERSONNE QUI ÉCRIT ! 2 cuillerées à soupe de gélatine 4 cuillerées à soupe d\u2019eau froide 2L4 tasses (1 boîte de 20 onces) de jus de tomates 1 feuille de laurier 1 tranche d\u2019oignon de 4 pouce 4 clous de girofle entiers Lé cuillerée à thé de sel 1 cuillerée à soupe de sucre 2 cuillerées à soupe de jus de citron JA tasse de marinades sucrées coupées ; en dés 1 boîte de Boeuf Epicé York, en dés 1 oeuf dur Méthode : Faites tremper la gélatine dans l\u2019eau froide pendant 5 minutes- Faites mijoter ensemble, pendant 5 minutes, le jus de tomates, la feuille de laurier, l\u2019oignon, les clous de girofle, le sel et le sucre.Retirez du feu.Ajoutez la gélatine au mélange à la tomate chaud et remuez jusqu\u2019à complète dissolution.Ajoutez le jus de citron et faites refroidir jusqu\u2019à ce que le mélange soit partiellement pris.Ajoutez les marinades sucrées et le Boeuf Epicé York, Rincez à l\u2019eau froide 8 à 10 petits moules à gelée.Mettez une tranche d'oeuf dur dans chaque moule et remplissez avec le mélange à la gélatine.Faites refroidir jusqu\u2019à consistance ferme.Démoulez sur de la laitue et servez avec de la mayonnaise.Des biscuits au fromage chauds accompagnent à merveille les Aspics de Boeuf Epicé York.CE MOIS-CI, NOUS OFFRONS ENCORE $100.00 COMME PREMIER PRIX pour la meilleure recette employant du Shortening Domestic.Ce concours devrait être très intéressant\u2014car je sais que toutes\u2014 vous aussi bien que moi\u2014nous nous remettons 3 faire des friandises allée chantes, dont nous avons été privées pendant la pénurie de sucre et de shortening.Dites-moi donc, dans une lettre, ce que VOUS faites avec ce shortening favori\u2014le Domestic.La meilleure recette gagnera $100.00\u2014et il se peut que ce soit la vôtre! IL Y À AUSSI DES PRIX DE CONSOLATION.Toute personne qui m'\u2019écrira recevra, de Canada Packers, un bon qu\u2019elle pourra échanger GRATIS, chez son boucher ou son épicier, pour un paquet de 1 livre de Shortening Domestic.NOUS STIPULONS que toutes les lettres deviennent notre propriété et ne peuvent être retournées.Envoyez autant de recettes que vous le désirez pour gagner le Premier Prix mais nous ne promettons qu\u2019un seul bon par personne.PAS BESOIN D\u2019ETIQUETTES.Si deux recettes sont jugées de valeur égale, c\u2019est celle qui sera reçue la première qui remportera le Premier Prix de $100.00.DATE DE FERMETURE: Pour avoir droit au Premier Prix de $100.00\u2014 ainsi qu\u2019à un Bon Gratuit\u2014le cachet de la poste, sur votre lettre, devra porter une date antérieure au 30 septembre 1948, à minuit.Le nom de la personne qui gagnera le Premier Prix sera annoncé dans ma rubrique de décembre.Guettez-la! ADRESSEZ VOTRE LETTRE A: BRENDA YORK, Reporter des \u201cGourmandises\u201d, Clinique Alimentaire, Canada Packers Limited, Dept.C, + rue Mill, Montréal, P.Q.Avez-vous essayé ceci: ° LE CLOU DE LA SOIREE: Mélangez bien ensemble 1 boîte de lait condensé sucré et le jus de 2 citrons.Versez sur un lit de gaufrettes Graham (dans un récipient plat en pyrex).Mettez un autre lit de gaufrettes, et recouvrez d\u2019un glaçage au beurre.Laissez reposer 24 heures à la température de la pièce.Coupez en doigts ou en carrés\u2014et soyez prête à recevoir des compliments.LES SECRETS DU LAVAGE: Pour la belle lingerie en soie noire, il faut se servir de Savon en Paillettes Maple Leaf, et ajouter un peu de vinaigre à la dernière eau de rinçage.Les combinaisons en biais devraient être repassées sur le biais, suivant le droit fil du tissu.Conseil d\u2019une lectrice.C'EST TROP FORT: Vous aimez les oignons mais ne pouvez en manger?Alors, coupez-les en quatre et faites-les tremper dans du lait pendant une heure avant de préparer la salade.Ça réussit! CONCOMBRE FANTAISIE: Pelez le concombre et pressez-le dans le sens de la longueur avec les dents d\u2019une fourchette avant de le découper en tranches, de façon à en festonner le bord.Si vous laissez la pelure, lavez-le et faites la même chose! C\u2019est plus attrayant! MAMAN SAIT TOUT: et elle emploie toujours du Shortening Domestic dans ses gâteaux.Ecoutez ce conseil de Maman! Et maintenant, je vous dis au revoir\u2014car nous avons énormément à faire dans les cuisines d\u2019essai de Canada Packers, avec tout ce que nous avons projeté pour l\u2019E.C.N.Si cela vous est possible, venez nous y voir, dans le Food Products Building, où nos diététistes démontreront un grand nombre des merveilleuses recettes que vous m\u2019avez envoyées pour les Aliments de marque York et Maple Leaf.En attendant, n\u2019oubliez pas de m\u2019envoyer votre recette pour le Shortening Domestic.Et n\u2019oubliez pas non plus de mettre votre lettre à la poste avant le 30 septembre 1948 à minuit.Bonne chance, et au mois prochain, 4 + Votre Reporter des \u2018Gourmandises\u2019, La Revue Populaire LA DAME AU CHAPEAU BLEU * Suite de la page 44 une partie, Roselyne et Ginette revinrent au salon pour y servir le thé.« Cing heures et demie, viendra-t-il ?ne viendra-t-il pas ?» pensait Rosely- ne.Les joueurs de tennis, conduits par Marie-Marthe, entrèrent en tumulte, réclamant à boire et à manger.Le regard réprobateur de Mme Matignot ne les empêcha pas de dévorer tout ce qui se trouvait sur les plats à gâteaux, si bien que, un quart d\u2019heure plus tard, Hervé fut conduit par Roselyne devant un buffet dévasté.\u2014 Je suis désolée! Justement, il y avait du gâteau au citron ! C\u2019est votre faute; pourquoi venez-vous si tard ?Hervé déclara en souriant que l\u2019absence de gâteaux n\u2019avait aucune importance; l\u2019heure du goûter était passée et celle du dîner approchait Au fond du coeur, il était outré: si Ro- selyne avait eu un peu d\u2019égards pour lui, elle aurait su lui réserver une part de ce gâteau au citron dont Victorine avait le secret; elle savait combien il en était friand.Mais elle avait bien autre chose en tête ! Il refusa dignement les gaufrettes qu\u2019elle alla chercher dans les réserves de la maison, consentit tout juste à boire quelques gorgées de porto, affectant de laisser son verre à demi plein.Roselyne ne se doutait pas de l\u2019état d\u2019esprit du jeune homme, mais elle constatait son peu d\u2019entrain.« Encore fâché, encore sous l\u2019influence des paroles échangées vendredi; ce serait plutôt à moi d\u2019être fâchée, il a été si grossier ! » A vrai dire, elle usait bien de ce droit d\u2019être fâchée, car vingt fois par jour elle sentait la colère l\u2019envahir, au rappel du: «Cela ne vous regarde pas ».prononcé sur quel ton, grand Dieu! Mais elle appelait cette colère une juste indignation.Il s\u2019était assis sur un canapé près de la table dévastée.Elle y prit place à côté de lui.\u2014 Je craindrais d\u2019être accusée de me mêler de ce qui ne me regarde pas =i je vous interrogeais sur votre voyage en Savoie.\u2014 Je m'excuse, Roselyne, d\u2019avoir été trop vif.\u2014 Vous avez été impoli, mais franc, ne vous excusez pas.Marie-Marthe assure que rien n\u2019est si beau que la vérité.Je disais donc que je n\u2019ai aucun droit de regard sur vos déplacements.Vous devez aller en Savoie, c\u2019est bien, allez en Savoie, partez et revenez quand vous voudrez, ce n\u2019est pas mon affaire.\u2014 Evidemment.\u2014 Mais au cas où vous seriez encore ici jeudi, m\u2019autoriseriez-vous à dire à M.le curé que vous le conduirez à Chantenoy ?\u2014 A Chatenoy ?Comment ?Pourquoi ?Parce que c\u2019est la fête du Pére supérieur, et que M.le curé assiste tous les ans à cette fête.Papa l\u2019a conduit l\u2019année dernière, il ne peut lui rendre le même service cette année.\u2014En ce cas, remplacez-le, votre science de chauffeur émérite aura là un généreux emploi.\u2014 En effet, mais il m\u2019arrive un em- péchement, une invitation imprévue.Moi aussi, j'ai des amis à visiter.\u2014 Votre vénéré pasteur sera déçu.\u2014 Pourquoi est-ce à moi de me dévouer pour notre vénéré pasteur, comme vous dites si bien ?Et que ne prê- chez-vous d\u2019exemple ?La parodiant, il ajouta : \u2014 Est-il indispensable que vous partiez avant jeudi ?\u2014 Moi, c\u2019est différent, je ne suis pas libre.Je pars avec Ginette.Sans cetie circonstance, j'aurais pu choisir mon jour; étant invitée par Bruno une fois pour toutes, je serai toujours bien accueillie chez lui.A cause de Ginette, je suis obligée de partir mercredi.\u2014 Vraiment ?Eh bien, moi, a cause de Diane, je suis obligé de partir mardi.Ils se regardérent, frémissants.oublieux de leur entourage.Grice au ciel, personne ne se souciait d\u2019eux.La conversation se faisait par groupes sympathiques.On avait mis Mme Vin- cenot devant un stéréoscope monumental rempli de vues variées qu\u2019elle reconnaissait au passage avec des cris de joie.Il lui arrivait bien de se tromper, \u2014 sur les photos, rien ne ressemble autant à une ville qu\u2019une autre ville, \u2014 mais personne ne s\u2019en apercevait.Et, verbeuse, elle expliquait, expliquait, expliquait.Jacques Kegnaud aidait Marie-Mar- the à débarrasser le piano à queue des tasses qui l\u2019encombraient, puis à l\u2019ouvrir.Et la musicienne de la famille, priée par ses amis, s\u2019assit devant le clavier.\u2014 À quand ?demanda Hervé à Ginette en prenant congé.\u2014 A l\u2019année prochaine, ici, je l\u2019espère bien.- \u2014 Vous emmenez Roselyne mercredi?\u2014 Oui, mes amis Drécourt désirent la connaitre.Un petit déplacement lui fera du bien.Aprés s\u2019étre assuré, d\u2019un regard, que Roselyne était assez loin de lui pour ne pas l\u2019entendre, il continua : \u2014 Dans quelle région vos amis Dré- court habitent-ils ?Dans l\u2019Yonne.Il allait poursuivre son enquête, mais Mme Vincenot, mains tendues, souhaita à Ginette toutes sortes de bonheurs et manifestait le désir ardent de la voir bientôt revenir.Quand les autres visiteurs furent partis, Mme Matignot embrassa Mlle d\u2019Ar- gène et les membres féminins de £a famille.On se congratula, on échangea des promesses.Tout cela était sincère, et l\u2019on se sépara en exprimant beaucoup de regrets.Une déception attendait Roselyne à Saint-Jean.M Drécourt n\u2019était pas là.\u2014 Pierre est navré, dit Thérèse, sur le quai de la gare, après avoir embrassé Ginette.et assuré Roselyne de sa joie de la connaître.Pierre est navré, mais un télégramme reçu ce matin l\u2019a obligé à partir pour Paris sans délai.Il se réjouissait tant de vous voir toutes deux aujourd\u2019hui ! \u2014 Rien de fâcheux ?\u2014 Non, une affaire concernant l\u2019usine.Il y a souvent chez nous des imprévus de ce genre.\u2014 Quand revient-il ?\u2014 Peut-étre demain, mais il se peut qu\u2019il ait à pousser jusque dans le Nord, ce qui serait bien fâcheux pour nous, puisqu\u2019il a l\u2019auto.Tout en parlant, elles se dirigèrent vers la sortie.Un domestique charge les bagages sur une brouette dont le grincement accompagne le trio dans le court trajet de la gare à la maison Dré- court, maison solide, bien coiffée de tuiles anciennes d\u2019une rose de fleur fanée, largement assise sur une terrasse qui domine à l\u2019ouest la vaste cour d\u2019entrée meublée de marronniers et de tilleuls en pleine force.Les deux amies retrouvées évoquent, les souvenirs de leurs années au couvent, à Notre-Dame de Sion.C\u2019est là qu\u2019elles se sont connues et liées d\u2019amitié pour toujours.La vie les avait séparées, puis, après la mort de sa mère.Ginette retrouva par hasard, dans une petite station montagnarde ou elle s\u2019était réfugiée, Thérèse qui, mariée toute jeune, était déjà mère de deux enfants.L'amitié de la jeune femme, sa bonté, surent Montréal, septembre 1948 adoucir la douleur farouche de cette âme deux fois blessée.La vie désormais ne les séparerait plus.Roselyne prêta une oreille distraite à la conversation des deux amies; les enfants lui posaient mille questions concernant les agréments de Claire- motte.Y avait-il comme à Saint-Jean une rivière toute proche ?des ruches à miel ?des chiens, des chats ?Ÿ avait- il des trottoirs dans les rues ?\u2014 Mais non, Clairemotte n\u2019est pas une ville, pas même un village, il n\u2019y a pas de rues.C\u2019est seulement une grande maison avec un jardin, un parc, des bâtiments de ferme \u2014 Saint-Jean n\u2019est pas un village, vous savez, dit Robert, l\u2019aîné, avec un orgueil.C\u2019est un chef-lieu de canton.Nous avons des trottoirs et deux rues pavées.Roselyne poussa un «oh!» admiratif qui combla d\u2019aise le petit garçon.Thérèse disait : \u2014 Si nous parlions de vous, mademoiselle Roselyne ?\u2014 Dites « Roselyne », nette.\u2014 Bien volontiers.Il paraît, Rosely- ne, que vous êtes une jeune savante éprise de recherches historiques, et que vous préparez un livre sur une femme poète de votre région ! \u2014 Je dois vous sembler ambitieuse, Madame.\u2014 Je vous trouve admirable.Tant de jeunes filles, de nos jours, ne pensent qu\u2019à la toilette, au plaisir, au flirt! Il est réconfortant de savoir qu'il existe des jeunes filles de vingt ans, gracieuses, jolies assez bien situées dans la vie pour prendre du bon temps, comme on dit, et qui n\u2019en assument pas moins une tâche sérieuse, intelligente, et y trouvent leur plaisir.Je suis sûr que vous travaillez beaucoup.\u2014 Jusqu'ici, Madame, j'ai réuni mes informations, ce qui n\u2019a pas toujours été facile.Quand je serai suffisamment documentée, je commencerai la rédaction de mon étude, mais comme Ginette vous l\u2019a écrit, ma documentation est incomplète.\u2014 Je le sais, et je bénis la bonne chance qui vous a mise sur la piste de renseignements à découvrir dans notre région.\u2014 Ainsi, vous croyez, Madame, que je pourrai aller à la Roncière ?\u2014 Certainement.Si mon mari rentre demain, il téléphonera à M.de Roquemont pour lui rappeler l\u2019invitation qu\u2019il vous a faite, et lui demander son jour.\u2014 Mais.objecta-t-elle, si M.Dré- court ne rentre pas demain ?\u2014 Nous attendrons son retour.\u2014 C'est que\u2026 je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité.Thérèse se récrie.Roselyne vient seulement d\u2019arriver, il ne faut pas parler de départ aujourd\u2019hui.Roselyne, résignée, renonça à entendre parler de M.de Roquemont ce soir-là.La petite Mme Giraud avait le don d\u2019accaparer la conversation sans qu\u2019on s\u2019en aperçut.Son entrain, sa bonne humeur faisaient oublier la course des aiguilles sur le cadran de !a pendule, si bien qu\u2019il était l'heure de la retraite quand elle se décida à s\u2019en aller.Dans son lit blane cue des mousselines tombant d\u2019un petit baldaquin ennuageaient Roselyne ne s\u2019endormait pas.Une sorte de lassitude découragée avait succédé à l\u2019entrain qui l\u2019animait au départ de Montfort.Elle se demandait ce qu'elle était venue faire à Saint- Jean.Ses plans, ses projets ne lui semblaient ni pratiques ni raisonnables.Delphine de Carigny et son salon ne l\u2019intéressaient plus.L'équilibre instable de sa bonne humeur était bouleversé par la chiquenaude d\u2019une déception.Sans pouvoir trouver le sommeil, elle se tournait et se retournait sur son oreiller, irritée par le parfum de lavande dont les draps étaient impré- conseilla Gi- gnés.Ce parfum lui apportait trop de pensées qu\u2019elle voulait chasser et qui, bientôt, s\u2019imposèrent, à l\u2019exclusion de toutes autres : Hervé à Annecy, en face de Diane de Fougeray.Que fait-il à cette heure ?S\u2019efforce- t-il, lui aussi, de chercher un sommeil qui le fuit?Non, non, les journées se prolongent davantage quand on les passe avec la bien-aimée.Peut-être, à cette minute, échangent - ils des serments et des baisers dans un parc, au clair de lune.La nuit est belle; la Savoie offre aux amoureux un cadre grandiose, les montagnes, les torrents.Que regarde-t-il en ce moment ?Elle, sans doute, rien qu\u2019Elle, le reste n\u2019existe pas pour lui.Roselyne s\u2019étonne, son oreiller est humide, ses joues sont inondées de larmes.Cependant, elle ne pense pas avoir pleuré.CHAPITRE XII NE PELOUSE, UN espace sablé qu\u2019abritent deux acacias et un prunas, des fleurs encore: dahlias, hortensias, reines-marguerites, asters et puis, les zinnias.Roselyne admire; Clairemotte n\u2019en possède pas de plus beaux Il y a là des nuances qu\u2019on ne voit nulle part, qu\u2019il faudrait chercher dans de vieilles et précieuses soieries, dans les pastels du XVIIIe siècle, ou dans quelque reflet d\u2019aurore, les matins embués que les citadins ne connaissent pas.\u2014 Qu\u2019en dis-tu ?\u2014 Ravissant ! I] faut que nous ayons celui-ci l\u2019an prochain.Ginette ne se trompe pas à l\u2019air enjoué de sa chérie.Que se passe-t-il donc dans ce coeur tourmenté ?\u2014 Rosette, tu n\u2019as pas besoin de me dire que tu es déçue, je le supposerais même si je ne le voyais pas.\u2014 Qu'est-ce que tu vois ?\u2014 Ceci, l\u2019absence de Pierre te navre, je ne prendrai pas la peine de te dire pourquoi.\u2014 Conviens que c\u2019est la déveine, tan- tinette.Ce n\u2019est pas sans raison que je tai chargée de l\u2019indiscrète mission de me faire inviter ici.Je trouve Saint- Jean un endroit très sympathique, =t ton amie une femme charmante, mais j'aurais pu les ignorer toute ma vie sans en souffrir.\u2014 Tandis que tu souffrirais de ne pas connaître M.de Roquemont.Est-ce cela ?\u2014 J'ai mon livre à écrire, tantinette, et le baron peut m\u2019y aider.\u2014 Ma chère petite, tu ne m\u2019as jamais dit de quelle façon tu as connu l\u2019existence de M.de Roguemont; tu conviendras que je puis m\u2019étonner de l\u2019intérêt qu\u2019il t\u2019inspire\u2026 Dis-moi, l'as-tu déjà vu ?\u2014 Jamais.Ce monsieur, sollicité comme bien d'autres, a participé mieux que bien d\u2019autres à une bonne oeuvre.De fil en aiguille.Tu sais le reste.\u2014 Qui, mais l\u2019origine ?Pourquoi l\u2019as- tu sollicité ?\u2014 Son nom, lu par hasard, me plaisait.Faut-il s'expliquer davantage ?Tan- tinette est si discrète! et Roselyne a besoin de parler.Flle raconte donc l\u2019histoire de la lettre, à la gare de Montfort, sans faire mention de sa jalousie, ni de l\u2019aigre scène avec Hervé, qui s\u2019en est suivi.\u2014 Après le départ du train, ajoute- t-elle, nous avons pris le passage souterrain pour sortir.Hervé tenait l\u2019enveloppe très élégante, beau papier, belle écriture, si lisible que le nom et l\u2019adresse du destinataire sautaient aux yeux.Ce nom et cette adresse m'ont plu; je n\u2019ai pas eu de peine à m\u2019en souvenir quand Mme Jouvel m\u2019a demandé de «taper » mon prochain.L'explication est plausible, Roselyne est si romanesque! Elle est trés capable de s\u2019emballer sur un nom, Dieu sait pourquoi.Ne rêverait-elle pas de Léger, délicieux\u2014 fait avec la \u2018MAGIC\u2019 A VOICI UN GATEAU EXQUIS pour les jours frais d\u2019automne! C\u2019est un merveilleux gâteau \u2018Magic\u2019 à texture fine et savoureuse dont un étage est au chocolat et l\u2019autre doré\u2014le tout recouvert d\u2019un succulent glaçage blanc, avec éclaboussures de chocolat liquide qui donnent au gâteau un aspect encore plus appétissant.Les résultats sont toujours satisfaisants quand la Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019 entre dans la recette.Pure et de confiance, la \u2018Magic\u2019 vous assure une pâte excessivement légère et donne plus de saveur à toutes vos pâtisseries.C\u2019est pourquoi les autorités canadiennes en art culinaire recommandent la \u2018Magic\u2019 pour obtenir une mie plus légère et plus savoureuse.Achetez de la Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019 aujourd\u2019hui même et employez-la pour toutes vos Fitis- series! Gâteau au chocolat 2/3 tasse shortening 1/2 c.à thé sel 1 1/2 tasse sucre 1 tasse lait 3 oeufs 1 c.à thé vanille 3 tasses farine à 1 carré (1 once) gâteaux* tamisée chocolat non 3 c.à thé Poudre à sucré Pâte \u2018Magic\u2019 Glagage bouvilll 1 carré (1 once) chocolat semi-sucré Crémez shortening et sucre.Ajoutez les oeufs un à un, battant après chacun.Tamisez ensemble farine, poudre à pâte et sel; ajoutez au mélange crémeux en alternant avec le lait.Ajoutez la vanille.Faites fondre le chocolat non sucré.Partagez la pâte en deux.À une moitié, ajoutez le chocolat fondu.Versez dans 2 moules Un exquis gâteau garni de chocolat.à gâteau de 9\u201d graissés; cuisez 30 min.à four modéré (375° F.) ou jusqu\u2019à cuisson parfaite.Laissez tiédir 5 min, démoulez; laissez refroidir sur un support en broche.Etendez le glaçage entre les étages du gâteau, sur le dessus et les côtés.Faites fondre le chocolat mi-sucré et versez sur le dessus et les bords du gâteau.Glaçage bouilli 1 tasse sucre 1/3 tasse eau 1 c.à thé vinaigre Quelques grains de sel 2 blanes d\u2019oeufs 1/2 c.à thé essence amandes Mélangez sucre, eau et vinaigre; portez à l\u2019ébullition.Faites bouillir à 238° F.(ou jusqu\u2019à ce que le siro fasse des fils en tombant de la cuiller}.Ajoutez le sel.Battez les blancs d'oeufs ferme.Ajoutez graduellement le sirop, battant constamment, j usqu\u2019à ce que le glaçage se tienne.Ajoutez l\u2019essence d\u2019amandes, Suffisant pour glacer un gâteau à 2 étages de 9°\u2019 de diamètre.*Si l'on utilise une farine à toutes fins, la quantité dans la recette devra être de 214 tasses an lieu de 3 tasses.51 52 Les draps \u201cColonial\u201d TEX-MADE font un décor très agréable à l\u2019oeil pour toute ménagère qui a la bonne fortune de pouvoir les mettre à sécher le jour du blanchissage! D\u2019un blanc immaculé, ils sont à la fois résistants et plus doux qu\u2019un duvet.Quel que soit votre budget, les draps TEX-MADE sont dans vos moyens, car nous en offrons de toute qualité conforme à vos besoins.Le drap Colonial est la marque tout à fait supérieure.Le drap Hospital est ultra-solide et résiste à l\u2019usage le plus abusif.Le drap Bungalow est le plus populaire dans le domaine des prix raisonnables, et le Four Star est un drap des plus utiles, mais de prix extrêmement modique.Dans tous les grands magasins \u2014 de l\u2019Atlantique au Pacifique.te osÉE MARQUE of \u201cEST SYNONYME DE QUALITÉ SUPÉRIEURE\u201d faire sienne cette adresse qui lui plaît tant?Il semble bien que l\u2019ami Hervé soit en défaveur depuis quelques semaines, le beau nom du propriétaire de la Roncière n\u2019en serait-il pas la cause?Quoi qu\u2019il en soit, il serait dommage que cette enfant fût totalement déçue en rentrant chez elle sans avoir vu la Roncière et le baron Bruno, son regret entretiendrait chez elle une pensée dont la réalité la délivrerait sans doute plus facilement.Dans la matinée, Roselyne, après avoir joué au ballon avec les enfants, rentra à la maison pour y chercher son sac à ouvrage et un livre, le temps très doux l\u2019invitait à s\u2019installer au jardin sous les acacias.La porte du bureau, donnant sur le vestibule, était ouverte; Roselyne vit Thérèse, l\u2019écouteur à l\u2019oreille, devant l\u2019appareil téléphonique.Ginette était là; elle fit un signe, Roselyne entra.\u2014 Neuf heures trente-cing.Entendu ; merci.\u2014 Voilà, ajouta Thérèse en raccrochant le récepteur.Nous n\u2019avons pas beaucoup de chance, ma petite amie, mais je ne me décourage pas.J\u2019ai téléphoné tout à l\u2019heure à nos amis Gar- nier pour les inviter à venir passer l'après-midi avec nous, demain.Ils habitent à cinquante kilomètres d\u2019ici, mais à huit kilomètres seulement de la Roncière.Je pensais leur demander de vous emmener, de vous offrir l\u2019hospitalité, et, après entente avec M.de Roquemont, de vous faciliter l\u2019accès de sa bibliothèque.Ils sont délicieux et vous auraient gardée jusqu\u2019à ce que nous puissions aller vous chercher.\u2014 Je suis confuse de vous donner tant de soucis, bafouilla Roselyne, rouge comme une cerise.Vraiment, ce n\u2019est pas la peine.\u2014 Je tiens beaucoup à favoriser votre histoire de Delphine de Carigny dont je connais quelques poèmes.Mais mon projet n\u2019est pas réalisable : les Garnier ont chez eux des parents de Bretagne, une famille de six personnes, et des invitations pour toute la semaine.Donc, il leur est impossible de venir à Saint-Jean.\u2014 Ce sera pour une autre fois, prononça d\u2019une voix blanche Roselyne, désolée.\u2014Pas du tout! J\u2019ai parlé à Mme Garnier des recherches que vous avez à faire dans la biblothèque de M.de Roquemont.Elle m'a engagée à téléphoner à la Roncière.J'y avais déjà pensé.Auparavant, autre téléphone à la gare, pour savoir s\u2019il existe un moyen pratique d\u2019aller d\u2019ici à Champuy.Ils ont été d\u2019une complaisance ! n\u2019est- ce pas, Ginette ?\u2014 En effet.\u2014 Après avoir bien cherché, ils m\u2019ont dit que l\u2019on peut aller à Champuy et même jusqu\u2019à la Roncière en prenant ici le train de 9 h.3\u2019 pour Maloy.Un autocar qui part de Maloy à 10 h.d\u2019 passe à la Roncière vers 11 h.35.Vous voyez que ce n\u2019est pas très difficile, d\u2019autant moins que Ginette vous accompagnera.\u2014 Mais non, je ne veux pas vous la prendre ! \u2014 Chérie, tu m\u2019as été confiée.Je ne te laisserai certainement pas aller seule sur des routes inconnues, ni chez des gens que nous n\u2019avons jamais vus.Inutile de regimber.\u2014 Alors, ma petite amie, cela vous va ?Le lendemain, 8 h.30.Ginette et Reselyne sont déjà prêtes à partir.Par le fenêtre de la salle à manger où, avec Thérèse, elles se sont attardées.elles regardent sans plaisir le ciel capitonné de nuages d\u2019où tombe en virevoltant une pluie légère, aérienne, si contente d\u2019être là qu\u2019elle semble bien vouloir s\u2019y établir.Un coup de sonnette à la grille d\u2019entrée; c\u2019est le facteur.Jean-Luc s\u2019élance à sa rencontre.La Revue Populaire \u2014 Une lettre de papa et une autre pour vous, maman.Une carte postale pour Roselyne.Cette carte, envoyée à Clairemotte, a suivi la destinataire à Saint-Jean.Au recto, une vue du lac d\u2019Annecy; au verso, quelques mots à côté de l\u2019adresse : « Rien arrivé en Savoie, temps délicieux; je vous souhaite un heureux voyage.Hervé.» «Quel toupet, non, mais quel toupet! «Temps délicieux!» Croit-il, par hasard, que je ne comprends pas ?Ce n\u2019est pas de la température qu'il s\u2019agit «Temps délicieux!» Je sais fort bien ce que cela veut dire.» \u2014 Voici quelque chose pour vous, mes petites amies, s\u2019exclame Mme Dré- court qui, réservant la lettre de son mari pour la bonne bouche, vient d\u2019ouvrir l\u2019autre enveloppe.Quelques lignes de l\u2019aimable Mme de Roquemont.Ecoutez-les : «Madame, j'ai essayé en vain de vous téléphoner cette après-midi.» \u2014 Pendant que nous nous promenions, sans doute, et la bonne au lavoir.Ah! la maison est bien gardée ?«Je voulais vous dire que, après réflexion, je crois qu\u2019il sera difficile à vos amies de prendre l\u2019autocar de 17 h.40.C\u2019est demain la grande foire de Cham- puy; la voiture sera envahie dans ce bourg, et ces demoiselles s\u2019y trouveraient très mal, au cas où elles pourraient y pénétrer à la halte de la Roncière.«Je ne puis les faire conduire à Champuy, mon fils ayant emmené l\u2019auto, mais je leur propose très simplement de me faire le grand plaisir de rester avec moi jusqu\u2019au lendemain.Mlle Dumail aura ainsi plus de temps à donner au travail qui l\u2019intéresse, et pourra voir un peu le paysage environnant, très agréable en cette saison.«Inutile de me répondre, c\u2019est oui.« Croyez, Madame, etc.» \u2014 Qu'en dites-vous ?\u2014 Jamais de la vie! Nous allons téléphoner à cette dame.\u2014 Pourquoi?La chose est raisonnable, et Mme de Roquemont sera si contente! On le lit entre les lignes.Comme je vous l\u2019ai dit, la pauvre femme paralysée des deux jambes, mène une vie de recluse.Elle a eu de grands malheurs: son mari tué à la guerre, mort d\u2019un fils de vingt-quatre ans; aussi n\u2019y a-t-il jamais de réceptions à la Roncière.Son fils Bruno n\u2019aime que la vie calme et retirée.Votre présence sera une distraction pour l\u2019infirme ; je comprends qu\u2019elle en soit enchantée.Des marqueteries, des bois de rose, une toile de Jony ancienne, de vieilles soies brochées, des fleurs partout, et la plus charmante petite vieille dame à cheveux blancs, assise dans une bergère Louis XVI, font un ensemble \u2014 ce mot étant pris dans son sens moderne \u2014 parfaitement réussi.\u2014 Ah! voici mes voyageuses ! s\u2019exclame la petite dame en tendant aux arrivantes deux mains exquises sculptées dans l'ivoire.Vous excuserez une infirme clouée sur son fauteuil de ne pas se lever pour vous accueillir.J\u2019espère que vous n\u2019êtes pas trop fatiguées de votre voyage ?\u2014 Un si court voyage! répond la souriante et infatigable Ginette.\u2014 Je sais, je sais, on trouve aujour- d\u2019hui que tous les voyages sont courts.Le siècle de la vitesse! Pour moi qui ne suis jamais allée plus loin que Lyon au sud et Dieppe au nord \u2014 mon mari ne voulait jamais sortir de chez lui \u2014 ce que vous avez fait ce matin ne me semble pas négligeable! Je suis très contente que vous ayez accepté mon invitation.4 \u2014C\u2019est nous qui sommes Charmées, Madame.\u2014 Laquelle de vous est la licenciée, l\u2019érudite, la savante amie de notre chère poétesse, Delphine de Carigny ?Un rire frais lui répond. Montréal, septembre 1948 \u2014 S'il y a une savante ici, Madame c\u2019est bien ma tante Ginette qui a vu toute l\u2019Europe, un joli morceau de l\u2019Afrique, la Palestine et la Syrie.Quant à la licenciée, amie de Mme de Cari- gny, c\u2019est moi.\u2014 Oh! vraiment; vous avez tant voyagé ! fait la vieille dame en regardant Ginette avec admiration.Tournée vers Roselyne, elle ajoute : \u2014 Et clest vous, petite demoiselle, vous si jeune, qui avez entrepris un ouvrage d\u2019érudition ?Roselyne, flattée, accepte ce grand mot sans protester.Elle tient à l\u2019estime de cette petite dame aux yeux candides, et si fraîche sous ses cheveux blancs.Elle tient aussi à une justification sérieuse des raisons qui l\u2019ont amenée à la Roncière.\u2014 Grace à vous, Madame, dit-elle, mon travail sera bien plus complet et plus facile.J\u2019espère que M.de Roque- mont ne me trouvera pas trop indiscrète d\u2019être venue ici en son absence ?\u2014 II regrettera beaucoup, dit la baronne d\u2019un air ravi tout à fait incompatible avec les mots prononcés; il sera désolé de ne pas vous voir, mais cela ne fera pour vous aucune différence.Sa bibliothèque vous est ouverte.« Aucune différence!» pensa Rose- lyne avec un regain d\u2019amertume.Une voix mâle se fait entendre.\u2014 Le déjeuner va être prêt, Madame la baronne.Dois-je conduire ces demoiselles à leurs chambres ?\u2014 Mes petites amies, reprend la baronne, installez-vous ; ensuite, descendez à la salle à manger où le déjeuner sera servi à midi.Je ne puis, hélas ! vous accompagner.J'avais pensé vous faire déjeuner ici, auprès de moi.\u2014 Nous en serions ravies, Madame.\u2014 Angéline dit que c\u2019est impossible.\u2014 Ces demoiselles n\u2019ont pas encore pu ôter leurs chapeaux, Madame.\u2014 C\u2019est vrai, je vous retarde ! Allez vite vous installer.Ginette et Roselyne suivent le dragon qui explique : \u2014 Si on la laissait, elle parlerait comme cela tout la journée, pendant que le rôti se dessèche et que vous mourez de faim.\u2014 Nous ne mourons pas de faim, assure Roselyne.\u2014 Elle est comme ça, repartit l\u2019autre; il ne faut pas lui en vouloir, la pauvre! Elle est si souvent seule, elle qui aimait tant la société ! Un soupir ponctue cette phrase; les jeunes filles, trop bien élevées pour poser une question, se demandent si cette femme charmante, éprise de société, n\u2019a ni parents ni amis qui puissent égayer sa solitude.\u2014 Comment trouves-tu Mme de Ro- quemont ?demande Roselyne quand elle retrouve Ginette dans sa chambre.\u2014 À priori, délicieuse, et la maison le serait également si.\u2014 C\u2019est cela, si.Comme le rez-de-chaussée, les deux , chambres octroyées n\u2019ont d\u2019autre luxe que la solidité des meubles et une extrême propreté.Tout bibelot en est sévèrement banni mais la vue qui s\u2019encadre dans les fenêtres ouvertes suffit à leur don-er l\u2019air joyeux : des lignes souples, des bois chevauchant les coteaux, une vaste pr-irie où paissent des vaches; plus près la rivière ourlée de saules et de peupliers.Le parc descend jusque-là, drapé de verdure, sillonné d\u2019allées blondes, ponctué de boc- queteaux, encerclé sur la gauche par un épais taillis d\u2019où s\u2019élancent de hauts sapins et des bouleaux géants.Ginette a un sourire pour ce spectacle.Revenue dans sa chambre, elle dit : \u2014 Il manque quelque chose dans cette maison.\u2014Ce n\u2019est pas cela, intervient Ro- selyne.Je trouve plutôt, moi, qu\u2019il y a quelque chose ici.Quoi?Je ne peux pas le dire, je le sens.\u2014 Tu es une imaginative, riposte Ginette en riant.\u2014 En tout cas, la vieille dame est bien mignonne, et, avec elle, nous n\u2019aurons pas à chercher de sujet de conversation.La salle à manger est une longue pièce lambrisée de chêne; une belle orfèvrerie brille derrière les vitres de deux buffets sculptés.Sur la table, deux couverts sont mis face à face : belle porcelaine unie, lourde argenterie sans fioriture, linge sans défaut, même sévérité cossue que partout ailleurs.\u2014I n\u2019y a donc pas de fleurs à la Roncière ?demande Roselyne quand la jeune femme de chambre a disparu après le dernier service.\u2014 Pardon, il y en a dans le boudoir de Mme de Roquemont.\u2014 Curieux, n\u2019est-ce pas ?La vieille dame aime les jolies choses, les fleurs, les festons et les astragales, on en a mis partout.\u2014 J'imagine qu\u2019autrefois toute sa maison était ainsi et que le dragon a fait des réformes là où elle ne peut les voir, afin de simplifier le service.Quoi qu\u2019il en soit, le dragon n\u2019a pas marchandé sa peine en ce qui concerne le déjeuner servi aux invités.Mme de Roquemont est ravie des compliments et des remerciements qui lui sont faits à cette occasion.\u2014 Angéline est une perle, au moral, s'entend, honnête, propre, dévouée, un peu tyran, mais elle a tant de responsabilité! C\u2019est elle qui dirige tout, ici.Que deviendrai-je si je ne l'avais pas ! La Providence a eu pitié de moi en me donnant Angéline.Vous avez dû voir, déjà, comme ma maison est bien tenue.\u2014 On y chercherait en vain un grain de poussiére, Madame.\u2014 Jen étais sûre.Et puis, elle ne manque pas de goût: voyez les jolis tons de rose qu\u2019elle a groupés ici.Di- tes-moi\u2026 Quelles fleurs a-t-elle mises sur la table du déjeuner ?Roselyne, ahurie, regarde Ginette souriante.Elle va donner une réponse définitive, quand la jeune tante s\u2019empresse.\u2014 Des reines-marguerites et des asters.\u2014 Pas mal, mais pourquoi n\u2019a-t-elle pas choisi des roses comme celles-ci ?Peut-être n\u2019y en avait-il plus, nous sommes en automne, et Angéline me réserve toujours ce qu\u2019il y a de mieux ici.Oh! je suis gâtée.Mais je lui dirai que les roses sont pour mes hôtes, j'y tiens.Et dans vos chambres ?\u2014 Nous supplions Angéline de ne pas mettre de fleurs dans nos chambres, Madame.La nuit, on ne les voit pas; le jour, nous sommes ailleurs.\u2014 Vraiment ! On voit bien que vous n\u2019aimez pas les fleurs comme moi.J\u2019en veux partout.Autrefois, le vestibule ressemblait à une serre.Je suis sûre que c\u2019est moins joli, maintenant.\u2014 Tout est parfait, Madame, et nous ne savons comment vous remercier.\u2014 Je le sais, moi.En restant avec moi le plus longtemps possible.Ginette ne pense plus: «Il manque quelque chose, ici », mais avec Rosely- ne: «Il y a quelque chose », mais quoi?Tout en conseillant à l\u2019érudite d\u2019aller travailler dans la bibliothèque, Mme de Roquemont l\u2019a retenue auprès d\u2019elle par son bavardage.Elle rappelait ses souvenirs de jeunesse, ses premières impressions à la Roncière et les splendeurs du jardin de roses que son mari avait fait faire pour elle.Puis elle s\u2019étendit sur les mérites de ce mari qui la laissa veuve avec deux enfants de huit et quatorze ans.Il semblait que les souvenirs de la vieille dame, très frais jusque-là, se fussent un peu brouillés à partir de ce malheur; à moins que, par pudeur, elle préférât garder pour elle seule l\u2019écho de sa vie endeuillée.pr Pre Le FNS AGA A DE lal LEVURE \u201cFLEISCHMANN'S® ® Servezune fournée d\u2019appétissants petits pains, et la surprise vous vaudra des éloges de vos convives.Ces pains seront délicieux et faciles a faire si vous employez la Levure Séche Fleisch- mann\u2019s Royal qui léve vite.La Levure Séche Fleischmann\u2019s Royal conserve toute sa vigueur durant des semaines, sans réfrigération.Vous n\u2019êtes pas obligée de courir au magasin à la dernière minute, vous pouvez toujours en avoir sous la main.Achetez-en une provision pour un mois dès aujourd\u2019hui et vous ne serez plus prise au dépourvu.Demandez à votre épicier la Levure Sèche Fleischmann\u2019s Royal qui lève vite.paquet- carré de levare dans Toute recette 54 Les usines de la maison VIAU sont le domaine par excellence des biscuits délicieux.On y fabrique, depuis 80 ans, les biscuits, les bonbons et les chocolats les meilleurs et les plus nourrissants qui soient.VIAU possède d\u2019ailleurs un outillage des plus perfectionnés qui lui permet de faire des produits de première qualité.VIAU 80 ANNÉES D'EXCELLENTE RENOMMEE + BISCUITS + BONBONS e CHOCOLAT Exigez nos fameux biscuits Sandwich et Social Tea POPULAIRE = Canada Etats-Unls nu un T an \u2026 u 2 ans .= J IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.un 2 a \" Nom.a 2 n M Ade u B : a a Vile, Provin a 975-985 rue de Bullion MONTREAL 18, P.Q.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Brusquement, elle en vint à l\u2019heure présente.\u2014 Mon fils Bruno est si bon ! Il méritait si bien d\u2019être heureux.CHAPITRE XIII ANS les tasses roses, le thé de Chine embaumait.La vieille dame le buvait à petites gorgées, les yeux mi-clos, avec des mines de chatte coquette.Roselyne, qui la regardait la trouvait charmante.Elle en oubliait les fines pâtisseries apportées par le dragon, mais la vieille dame y faisait honneur.Elle reposa sa tasse vide su?le plateau, avec un soupir de conterte- ment, et mit sa petite main très blanche sur celle de « l\u2019érudite ».\u2014 Vous avez assez travaillé aujour- d'hui, mon enfant.Allez vous détendre dans le parc avec votre chère tantinette.Si le parc ne vous suffit pas, il y a de jolies promenades à faire, aux environs ; mais, voyez mon égoïsme, je serais bien contente de vous avoir un peu à moi quand vous aurez pris l\u2019air\u2026 La promenade aux environs serait alors pour demain.\u2014 Demain ?Nous serons parties, Madame, riposta Ginette.\u2014 Voulez-vous bien vous taire! Ma petite amie Roselyne n\u2019a pas eu le temps de vider l\u2019armoire aux archives, j'en suis persuadée.Je vous garde jusqu\u2019à ce qu\u2019elle ait tout vu.\u2014 Je pense avoir tout vu demain, Malame.\u2014 Erreur! Je ne vous permets pas de vous tuer au travail.Prenez votre temps, mon enfant, si vous voulez faire plaisir à une pauvre solitaire infirme.Ginette, consultée du regard, paraissait si enchantée de Mme de Roque- mont que Roselyne ne douta pas de son plaisir à prolonger son séjour à la Roncière.Elle prononça une phrase vague qui ne refusait pas et disait merci.Les deux jeunes filles descendirent avec précaution le dangereux escalier.Sorties par la porte du sud-ouest, elles se trouvèrent dans un joli parterre que limitait un petit mur enguirlandé de lierre, et si bas que l\u2019on pouvait s\u2019y asseoir.De cette place, elles regardèrent, charmées, le paysage doré, creusé d\u2019ombres violettes que, des fenêtres de leurs chambres, elles avaient admiré.Puis, lui tournant le dos, elles firent face à la maison.Ce côté sud-ouest, flanqué de deux pavillons en saillie, semblait plus important que la façade nord- est.Il devait avoir grande allure, vu d\u2019en bas, où coulait une rivière.\u2014 Une vraie gentilhommière, dit Ro- selyne.\u2014I est moins château historique que Boisbénit, mais plus plaisant, dit Ginette.\u2014 Boisbénit est plus beau, répartit Roselyne.\u2014 J'aimerais mieux vivre ici, reprit tantinette.Boisbénit m'\u2019étouffe.Elles descendirent les chemins de sable à travers la pelouse et prirent à gauche une allée de tilleuls qui marquait la fin du taillis venu des hauteurs du domaine.Elles pensaient arriver ainsi à quelque espace aéré, tapissé de mousse.où elles auraient pu s\u2019asseoir, mais à peine avaient-elles fait une cinquantaine de pas qu\u2019elles rencontrèrent des broussailles de plus en plus serrées, bientôt inextricables, où elles cherchèrent vainement la trace d\u2019un passage.Les ronces et les épines étouffaient le taillis avec tant d\u2019autorité que même la vue ne trouvait aucune issue, aucune perspective, à travers leur enchevêtrement.\u2014 Ce parc n\u2019est pas si bien tenu, di- rent-elles en revenant sur leurs pas.Ce qu\u2019elles virent ailleurs leur plut davantage.De l\u2019autre côté de la pelouse, un verger tendait au soleil déjà bas ses arbres vigoureux, en plein rapport, et le potager témoignait, par la La Revue Populaire beauté de ses produits de l'effort con sciencieux de son jardinier.\u2014 Celui-ci a la même conception du devoir que le dragon, l\u2019utile passe avant l\u2019agréable.Sauf l\u2019étroit parterre que l\u2019on peut voir des fenêtres de Mme de Roquemont, aucune grâce dans ce domaine, pas une fleur, pas un coin plaisant où l\u2019on peut se reposer en rêvant.\u2014 I est clair que les fleurs d\u2019en haut, si bien soignées, ne sont là que pour la vieille dame.\u2014 Eh bien! que dites-vous de la Roncière ?demanda celle-ci quand ses Visiteuses furent revenues auprès d\u2019elle.\u2014 J'ai déjà déclaré à Roselyne que j'aime la Roncière, répondit Ginette.\u2014 Je suis ravie ! \u2014 Le joli jardin que l\u2019on trouve en sortant est un endroit où je pourrais passer des heures; les fleurs sont si belles, et quelle vue! \u2014 C\u2019est mon plaisir de me faire porter sur mon balcon, et de regarder ce jardin quand le temps est très beau, dit Mme de Roquemont.Ma bonne Angé- line, mes coussins sont fort bien placés, laissez-les ainsi.Vous pouvez aller vous occuper du dîner.Mais Angéline, que ces demoiselles avaient trouvée auprès de sa maîtresse, ne s\u2019en allait pas.Elle allait, venait, semblait chercher quelque objet introuvable.\u2014Et le rond-point aux muguets, qu\u2019en dites-vous?On l'appelle ainsi, mais on y trouve aussi des violettes, des pervenches; c\u2019est une vraie corbeille fleurie au printemps.En cette saison, il a un autre charme.Et comme les jeunes filles se taisaient, elle ajouta : \u2014 Depuis notre malheur, le château a perdu toute animation, dit tristement la vieille dame.La dureté des temps a obligé nos meilleurs amis à quitter le pays; ils ont été remplacés par des nouveaux riches qui ne trouvent aucun agrément dans ma société: c\u2019est d\u2019ailleurs bien réciproque.En outre, mon état de santé m\u2019eût empêchée de reprendre nos réceptions, même si mon fils en avait eu le désir.«Nous avons eu autrefois de belles fêtes ici, des dîners, des pique-niques, des parties de chasse ; nous célébrions la Noël avec une grande pompe ! » Vint le récit d\u2018une certaine chasse plus mémorable que les autres.L'heure du dîner interrompit ce bavardage; les invitées descendirent à la salle à manger.La femme de chambre les servit en souriant, mais quand, ayant apporté le dessert, elle eut regagné la cuisine, le dragon fit une entrée timide dont elle s\u2019excusa.\u2014 Je dérange ces demoiselles.\u2014 Approchez-vous, madame Angé- line, si vous avez quelque chose à nous dire, ne craignez pas de parler.\u2014 Je voulais.je crois que ces demoiselles comprendront.qu\u2019elles ont «déjà compris.Quand Mme la baronne a parlé de fleurs, j'ai deviné que ces demoiselles l\u2019avaient laissée croire qu\u2019il y en avait dans la salle à manger.Et puis, ce soir, pour le rond point aux muguets\u2026 Alors, ces demoiselles ne s\u2019étonneront pas si je leur demande de dire toujours comme Madame, qu\u2019il y a des fleurs, que tout est joli, gai, tout.enfin.\u2014Je veux bien, répliqua Ginette, quoique je ne comprenne pas, car il n\u2019y a pas de fleurs dans cette pièce.\u2014 C\u2019est M.le baron qui ne veut pas.\u2014 Ah! c\u2019est M.le baron ! répéta Ro- selyne, impressionnée.Et pourquoi ne veut-il pas ?\u2014 C\u2019est depuis leur malheur.Ginette, contrariée de la question de sa nièce qu\u2019elle jugeait indiscrète, ot craignant qu\u2019elle n\u2019en posât une autre, s\u2019empressa : \u2014 Vous avez dit «le rond-point aux muguets », nous n\u2019avons rien vu qui y ressemble. Montréal, septembre 1948 \u2014 Je sais, j'ai guetté ces demoiselles, je les ai vues tourner dans l'allée de tilleuls; elles n\u2019ont vu que des broussailles qui les ont empêchées de passer.\u2014 En effet.\u2014 Madame ne le sait pas; M.le baron veut qu'on lui laisse croire que tout est comme autrefois.C'est comme les fleurs.Monsieur n\u2019a pas voulu qu\u2019elle en soit privée, elle les aime tant, la pauvre femme ! Autrefois, il y en avait partout.Après le malheur, M.le baron a fait tout arracher, excepté ce que Madame pouvait voir.Très vite, comme elle craignait d'en avoir trop dit, Angéline sortit, laissant en face de leur dessert, Ginette et Ro- selyne intriguées.Huit heures du matin.Roselyne vient de se réveiller.Qu\u2019elle a donc bien dormi! Il faut dire que la soirée d'hier a été un merveilleux soporifique.La conversation de Mme de Roquemont n\u2019intéresse pas Roselyne tandis que Ginette semble y prendre un plaisir extrême.Roselyne, enfant heureuse, gâtée par la vie, ne sait pas, comme sa tante, quelle forme divine peut prendre la charité dans un regard ému, une oreille attentive, une question délicatement posée.Se déclarant fatiguée, elle a pris congé de bonne heure et, sans avoir eu le temps de mettre de l\u2019ordre dans ses pensées, elle s\u2019est endormie.Ce matin, le temps est radieux.La jeune fille voudrait s\u2019en réjouir, mais elle ne se réjouit pas; quelque chose la gêne : une déconvenue, une déception?Ce ne peut être cela.Elie savait bien que le baron serait absent et elle a trouvé ici le plus aimable accueil; la maison est charmante, la vue que l\u2019on a, délicieuse, la table est bonne, et la vieille dame est une chérie malgré sa fatigante verbosité.\u2014 Entrez, entrez, ma petite amie, dit la voix de la baronne, je ne suis pas tout à fait prête, moi, mais cela ne vous choquera pas, je l\u2019espère, de me voir en robe de chambre.J'attends mon déjeuner qu\u2019Angéline va chercher a la cuisine.Si vous le voulez bien, elle montera le vôtre sur le même plateau, et nous déjeunerons ensemble.Cela vous va ?Elle entre donc, accueille le plateau appétissant avec un plaisir qui flatte Angéline et enchante Madame, et, tout en beurrant des tartines, on commence à causer.Les excellentes conditions de repos réunies à la Roncière sont d\u2019abord évoquées : silence, literie parfaite, aération idéale, etc.\u2014 Tous vos invités ont déjà dû vous le dire, Madame.\u2014 Mes invités! ils sont rares.Le temps des réceptions est passé.Je ne quitte pas ma chambre.Mes vieux amis sont morts ou ont quitté la région.Mon fils reçoit de temps en temps quelques amis, je ne les connais guère, et bien peu passent la nuit au château.Depuis nos malheurs, Bruno n\u2019aime plus le monde.«Elle ne dit pas «le malheur », remarque Roselyne.\u2014 Cependant, insiste la curieuse, vous avez bien encore des amis fidèles ?\u2014 Fidèles ! Il y avait bien les cousins de Sens; une question d\u2019héritage nous a brouillés, j'en ai beaucoup souffert.Quant aux Vaudoire, ils habitent trop loin maintenant pour venir voir une infirme\u2026 La Roncière manque d\u2019agrément pour la jeune génération.Roselyne ferme un moment les yeux, se met dans l\u2019état d\u2019esprit de celui qui se jette à la mer, et demande : \u2014 Et Mlle de Fougeray, ne vient-elle pas non plus ?\u2014 Mlle de Fougeray ?De qui vou- lez-vous parler ?\u2014 Mais., balbutie-t-elle, désemparée une amie de votre famille, je suppose.\u2014 Ne confondez-vous pas avec une autre famille ?\u2014 Ainsi, vous ne connaissez personne de ce nom-là ?\u201cfermages.\u2014 Non, personne.«Eh bien! alors! pense Roselyne.Serait-ce une amie clandestine ?Re- cevrait-il ses lettres en cachette ?» \u2014 Je me serai trompée, dit-elle pour Mme de Roquemont.Celle-ci trouve dès lors sa petite amie singulièrement distraite.Son déjeuner mangé et bu, Roselyne s\u2019esquive : « Une lettre à écrire avant le retour de Ginette», et la baronne pense que cette petite est bien gentille, mais ne vaut pas sa jeune et jolie tante.Dans la bibliothèque, un message s\u2019élabore, nécessitant cinq ou six brouillons : «Séjour exquis dans une demeure ravissante ! » \u2014 Je peux dire ce que je veux, cette Diane, qui n\u2019est jamais venue ici, ne me contredira pas.« Bon souvenir d\u2019un lieu de délices.» \u2014 Non, ce n\u2019est pas encore cela.«Merci de votre aimable carte.Enchantée de mon voyage et de mes hô- tes.Vous souhaite même plaisir.» CHAPITRE XIY OSELYNE attend, sur la route, presque inquiète.\u2014 Je me demandais si tu n\u2019étais pas perdue.Tu viens de l\u2019église ?\u2014 Oui, une charmante église que tu iras voir avant notre départ.\u2014 Alors, c\u2019est toujours demain, ce départ ?\u2014 Bien entendu.Pourquoi cette question ?\u2014 Parce que j'aurais bien voulu connaître le baron.Peut-être qu\u2019en attendant un peu.\u2014 C\u2019est impossible, nous serions indiscrètes.D'ailleurs, tu ne te plais pas ici.\u2014 Je pourrais sans doute m\u2019y plaire si le baron Bruno était là.\u2014 Ce n\u2019est pas sûr.En tout cas, nous abuserions de l\u2019amabilité de Mme de Roquemont en prolongeant notre séjour à la Roncière.Je préférerais même partir aujourd\u2019hui.\u2014 Qu\u2019est-ce qui te prend?Il est bien convenu que nous restons jusqu\u2019à demain, j'ai encore des notes à prendre et cette église à voir.\u2014 Tu pourrais faire cela avant cinq heures.\u2014 J'avoue ma surprise : la Roncière et la vieille dame te plaisaient follement hier, et aujourd\u2019hui, tu en as assez.Serais-tu capricieuse ?Roselyne a filé sans explications après avoir installé sa tante dans un bon fauteuil, en face de la baronne.On a compris qu\u2019elle allait se livrer à ses importants travaux.Dans la bibliothèque, elle commence par relire ses notes de la veille, puis elle regarde les images d\u2019un beau livre: « L'histoire du costume en France», et finit par ouvrir l\u2019armoire aux archives.Le rayon du haut a été exploité hier; le second semble l'asile de vieux livres de comptes qui n\u2019ont rien à voir avec Delphine de Carigny.Au-dessous, c\u2019est du moderne, des devis d\u2019architectes, des mémoires de plombier, des comptes de Il serait indiscret d'y jeter les yeux.Et puis voilà dans ce carton des lettres qui, selon toute apparence, doivent porter des dates récentes.Roselyne va fermer ce carton quand son regard accroche un bas de page sorti de l'alignement.Elle se rappelle trop bien l\u2019écriture de Diane et son papier gris, pour ne pas les reconnaître aussitôt.La fameuse lettre! Quelle rencontre ! En secouant le carton, elle dégage un peu plus la feuille satinée\u2026 Non, non, elle n\u2019y touchera pas, elle ne fait que secouer le carton.Elle pourrait lire une ligne, elle ne la lira pas, mais, Seigneur, vous qui voyez tout, vous savez maintenant jusqu\u2019où peut aller l\u2019héroïsme de Roselyne Dumail dans la pratique de la vertu! : Nos étudian tes initiées ! \u201cOui, Lison, essaye-les \u2014 j'en ai déjà fait l'expérience!\u201d \u201cMais, comment les appelles-tu ces merveilleuses serviettes?\u201d \u2018Modess EXTRA-DOUCE \u2014 et, crois-moi, elles sont extra douces.Aucune crainte d\u2019échauffaison.\u201d Ainsi, le propos circule d\u2019étudiante en étudiante \u2014 d\u2019école en école.Fiez-vous i ces adolescentes d\u2019être au courant d\u2019une nouvelle en primeur \u2014 très souvent bien avant leurs mères.Le secret du confort-sans-échauf- faison des nouvelles serviettes EXTRA-DOUCE repose uniquement dans la fabrication de leurs bords.Le tour de chaque serviette Modess EXTRA-DOUCE est composé d\u2019ouate supplémentaire .confort supplémentaire au siège de toute échauffaison.Chaque ouate supplémentaire agit de façon à rendre le milieu de la serviette plus absorbant, tout en conservant les bords secs et doux .et des bords secs et doux ne peuvent provoquer d\u2019échauffaisons.Marchez à votre aise! Exigez les nouvelles Modess Extra-Douce Et quelle parfaite sécurité! La triple couche protectrice à l\u2019extérieur de chaque serviette Modess EXTRA-DOUCE vous garantit contre tout accident.Aussi, jamais les Modess EXTRA- DOUCE ne vous trahiront.Aucune silhouette! Les Modess EXTRA-DOUCE, souveraines en confort et sécurité, sont maintenant en vente.Achetez votre boîte aujourd\u2019hui même.55 56 CONGA RED\u2014 qui fera battre \u2014 son coeur au rythme du tam-tam! CONGA RED\u2014 Aussi souverain que le pouvoir magique de l'envoûtement.Qui peut résister si vous parez vos lèvres de cette nouvelle teinte de rouge à lèvres ?ROUGE POUR LA FIGURE CONGA RED harmonisé un rouge-rubis exotique, ensorceleur POUDRE POUR LA FIGURE dans des teintes qui rehausseront votre maquillage Conga Red Pink Mist ® Peach Rachel ® Copper Tan @ Stardust @ Rose Rachel Brunette ® Naturelle ddl de Aguichant comme un mouchoir qu'on Collier, bracelet, laisse tomber au hasard.boucles d'oreilles et épingle qui harmonisent .améthyste, simili-semence de perles.CORO (CANADA) LIMITED Toronto, New York, Chicago, Los Angeles, San Francisco, Miami, Dallas, London, England.0 Nes Pt e La lettre ! il la garde dans son armoire aux archives comme une chose précieuse.Roselyne s\u2019est trompée en croyant que le baron a cessé d\u2019aimer Diane de Fougeray; il l\u2019aime encore, le malheureux! c\u2019est donc elle qui l\u2019a abandonné.Quel charme diabolique cette femme possède-t-elle, pour que tous les hommes soient ainsi à ses pieds ?Pauvre Raselyne ! la vie lui semble soudain un fardeau trop lourd, sa Delphine de Carigny l\u2019exaspère, elle n\u2019a plus qu\u2019un désir, s\u2019asseoir dans ce fauteuil, et dormir.Le bruit de la porte ouverte par une main solide la fait se redresser brusquement, confuse d\u2019être surprise dans une attitude paresseuse, elle qui passe dans la maison pour une savante, livrée à de grands travaux.Dans son for intérieur, elle accusait le dragon, mais ce n\u2019est pas Angéline qui s'approche, c\u2019est un homme jeune, de taille moyenne, sérieux, au regard surpris et peu avenant.« Evidemment, c\u2019est lui, ce ne peut être que lui.Qui donc se permettrait d\u2019entrer ici en maître ?» \u2014 Monsieur de Roquemont ?demanda Roselyne d\u2019une voix mal assurée.\u2014 Lui-même.A qui ai-je l\u2019honneur ?.\u2014 Je suis Roselyne Dumail.\u2014 Oh! vraiment ! j'ignorais\u2026.\u2014 Que nous étions ici ?\u2014 Oui.Je rentre d\u2019un voyage d\u2019affaires, et mon courrier ne m\u2019a pas suivi.La voix était distinguée et le ton froid.Roselyne reprit : \u2014 Et vous trouvez votre maison envahie! Je passais quelques jours à Saint-Jean, chez les Drécourt, vous m'\u2019aviez écrit.\u2014 C\u2019est juste.Avez-vous pu trouver ici les renseignements dont vous aviez besoin ?\u2014 Il y a dans vos archives des choses très intéressantes.\u2014 Excusez-moi votre travail.De toute évidence, il se moquait.Ro- selyne prit la chose avec bonne humeur.\u2014 Monsieur, laissez-moi ma reconnaissance.\u2014 En quoi l\u2019ai-je méritée ?\u2014 En quoi?Vous avez répondu généreusement à mon appel en faveur de notre dispensaire.\u2014C\u2019est vous qui avez été généreuse.\u2014 Moins que vous, et j'avais com mencé par être indiscrète.\u2014 On n\u2019est jamais indiscret quand on se dévoue à une bonne oeuvre.\u2014 Puis cet envoi de gibier! Et enfin votre invitation à puiser dans vos archives, qui répondait à une nouvelle demande.indiscrète.\u2014 Pas du tout, il est naturel de rendre service à un confrère.\u2014 Un confrère ! Un rire fusa, jeune frais, mal encadré par le décor sévère de la bibliothèque.Le discret sourire qui se jouait sur les lèvres du baron s\u2019effaça comme par enchantement, un pli se forma à son front dont toute jeunesse sembla bannie.«Qu'ai-je fait.que je n\u2019aurais pas dû faire?» pensa Roselyne, inquiète.Le baron la regardait, mais on eût dit qu\u2019il ne la voyait pas.Dans la chambre de Mme de Ro- quemont, la fenêtre est grande ouverte; une couverture de laine enveloppe l\u2019infirme, très sensible aux changements de température.Ginette, qui ne craint pas l\u2019air frais, trouve double avantage à cette aération : elle respire mieux et la malade se tait, non par goût, mais par prudence; elle garde même un mouchoir sur sa bouche.Il a été convenu, avant l'ouverture de la fenêtre, que Ginette parlerait de ses voyages pendant les minutes de silence imposées à la baronne, et elle s\u2019acquitte de cet agréable devoir avec une gentillesse, une intelligence qui rad'avoir interrompu vous dire La Revue Populaire 7 vissent l\u2019écouteuse.Or, c'est là un succès sans précédent car, d\u2019ordinaire.Mme de Roquemont n\u2019écoute que par politesse ceux ou celles qui s\u2019avisent de discourir en sa présence.Ginette vient d\u2019aborder le récit de ses impressions d\u2019Egypte quand Angé- line fait irruption dans la chambre.\u2014 Madame ! M.le baron est rentré.\u2014 M.le baron.vous dites, M.le baron! Ah! mon Dieu! Le mouchoir est loin des lèvres libérées, la couverture s\u2019est écroulée sur les genoux de la frileuse, laissant son buste vêtu de flanelle, dangereusement exposé aux attaques sournoises de l\u2019air venu du dehors.Ginette est troublée.Elle ne s\u2019attendait pas à semblable nouvelle, persuadée que le baron, caché dans son parc, ne reparaîtrait pas au château avant Je départ des visiteuses.L\u2019agitation de la maîtresse et de la servante ne l'étonne qu'à moitié.Ces femmes savaient sans doute, comme elle, qu\u2019il se cachait, et maintenant qu\u2019il revient, elles ne comprennent plus.\u2014 Vous l'avez vu, Angéline, qu\u2019a-t il dit?\u2014 Je ne l\u2019ai pas vu, Madame, j'ai vu son pardessus et son chapeau dans le vestibule.; \u2014 Angéline, allez au-devant de lui ; cherchez-le.Il est peut-être dans sa chambre.Vous lui direz que nous avons du monde, vous le préviendrez.« Donc, pense Ginette, elles supposent qu\u2019il ignore notre présence à la Roncière, elles font mieux que supposer, elles savent.La lettre, le téléphone ont été faits sans lui, après son départ ; alors, ce n\u2019est pas pour nous fuir qu\u2019il est parti.Mais elles ont profité de son absence pour nous inviter à résider au château.Et voici qu\u2019il rentre à l\u2019improviste ! Tout est clair: elles ne sont pas sûres qu\u2019il sera satisfait de nous voir chez lui, elles sont affolées.» Par discrétion, elle se leva.\u2014 Permettez-moi, Madame, d\u2019aller terminer une lettre.\u2014 Allez, ma chère enfant, dit la vieille dame avec un soupir de soulagement.Mais le mouvement de retraite opérée par Mlle d\u2019Argène est coupé net par l\u2019entrée dans la chambre du mai- tre de la Roncière, La voix mal assurée de Mme Roque- mont se fait entendre.\u2014 C\u2019est toi, Bruno ! Je ne t'attendais pas aujourd\u2019hui.Mais quelle heureuse chance! Tu peux ainsi faire la connaissance de Mlle d\u2019Argène qui est arrivée hier avec sa nièce, pour faire des recherches.\u2014 Je sais.J\u2019ai vu Mlle Dumail dans la bibliothèque.\u2014 Ah! tu sais.tu as vu.Laissant la baronne a son émoi, M.de Roquemont se tourne vers Ginette.\u2014 Mes hommages, Mademoiselle.L'accueil manque de chaleur.Ginette ne s\u2019en offusque pas ; elle sent que Roselyne et elle-même ont mal choisi leur temps pour venir à la Roncière.L'homme qui, par correspondance, s\u2019est montré si aimable, a, pour être si froid et si sombre, quelque raison que Ginette associe à la scène dont elle fut le témoin dans les broussailles du parc.Elle ressent pour cet homme qu\u2019a marqué une mystérieuse épreuve une sympathie mêlée de pitié, son coeur s\u2019émeut, et quand il prononce: «Mes hommages ».elle a un beau sourire pour lui répondre : \u2014 Et moi, mes excuses, Monsieur.Vous devez nous trouver d\u2019un sans- gêne, ma nièce et moi! \u2014 Mon fils vous a invitées, dit la baronne avec empressement ; il s\u2019attendait à votre visite.\u2014 Justement, dit Ginette, toujours souriante, M.de Roquemont s\u2019attendait à notre visite, et nous venons quand il est absent ! Il peut penser que nous ne sommes pas aimables\u2026 Mais nous n\u2019avons pas choisi notre moment, Montréal, septembre 1948 Monsieur, ce sont les circonstances qui nous ont dirigées.Le charme simple de Ginette, sa voix chaude et prenante, la sympathie qui émane d\u2019elle, agissent sur le baron Bruno comme un baume sur une plaie.Un vrai sourire passe sur ses lèvres, et son visage en est transformé.Ginette a devant elle un homme jeune, aimable, digne auteur des lettres que Roselyne a si souvent relues.\u2014 Je suis heureux, réplique-t-il, avec un peu d\u2019effort, de la bonté des circonstances qui m'ont fait avancer mon retour de quarante-huit heures.\u2014 Moi aussi, s\u2019écrie la baronne, ra vie, la présence de ces jeunes filles à la Roncière est si délicieuse ! M.de Roquemont a pour sa fragile et pitoyable maman un regard attendri.Pauvre petite maman recluse, et malgré tout si vivante! Avec quelle philosophie souriante elle accepte son triste sort! Le déjeuner a réuni, dans la salle a manger, le baron et ses invitées.Rose- lyne, qui a un plan, parle avec autorité de Delphine de Carigny.du comte de Rovere.et de la société provinciale au cours du XIXe siécle.Son hôte lui donne la réplique avec courtoisie, sans craindre, pourtant, de redresser les erreurs qui se glissent dans les jugements de l'historien en herbe.Roselyne ne se rebiffe pas, la science de M.de Roquemont lui inspire un respect qui lui défend de soutenir ses propres opinions avec trop d\u2019âpreté.D'ailleurs, ce qu\u2019elle veut, c\u2019est amener la conversation sur Diane de Fou- geray ; c\u2019est bien pour cela qu\u2019elle a entamé, entre la carpe aux champignons et les tomates farcies, le récit de ses travaux historiques.Le baron vient de citer une anecdote sur une famille aujourd\u2019hui éteinte, alliée aux Carigny.\u2014 Savez-vous, demande Roselyne, si notre poétesse connaissait les Fouge- ray ?\u2014 Fougeray ?Je ne sais pas.Je n'ai jamais rencontré ce nom dans mes papiers de famille, mais Delphine a eu tant de relations que nous ne connaissons pas! « Comme il est habile! pense Rose- lyne.\u2026.Il ne dira rien.» Le baron reprend : \u2014 Vous manque-t-il un chaînon qui pourrait s\u2019accrocher aux Fougeray ?Où avez-vous découvert ce nom-là ?\u2014 On rencontre beaucoup de noms quand on fouille les bibliothèques ! Je croyais que la famille de Fougeray avait des liens avec ce pays.\u2014 C\u2019est possible, mais je ne puis vous renseigner, ne connaissant personne de ce nom.Roselyne ne comprend plus.Le ba- ren n'a certainement pas la tête d\u2019un monsieur qui vient de dire un mensonge.Pourtant elle sait, à n\u2019en pas douter, qu\u2019il est en correspondance assidue avec Diane de Fougeray.Il y a décidément des choses mystérieuses dans cette maison.CHAPITRE XV ANTE ET NIÈCE ont pris congé des Roquemont en promettant d\u2019écrire et de ne pas oublier le chemin de la Roncière.\u2014 Puisque vous séjournez quelque temps à Saint-Jean, Mademoiselle, il faudra revenir me voir.Votre présence m\u2019a fait un si grand plaisir que vous ne voudriez pas ne m\u2019en laisser que le regret! Il me faut l'espoir d\u2019une nouvelle visite.Ce disant, la vieille dame fixait sur Ginette des yeux brillants d\u2019émotion.\u2014 Elle est exquise, remarqua Mlle d\u2019Argène en s\u2019éloignant.Roselyne eut un rire plein de sous- entendus ; elle commençait à trouver singulière la sympathie de tantinette pour la Roncière et ses habitants.Le retour à Saint-Jean fut cordial.En montant dans l\u2019auto que son père conduisait, Roselyne fut saisie par le souvenir d\u2019un autre départ de cette gare\u2026 La voiture appartenait à Hervé, et elle-même, par inadvertance, s'était mise au volant.Elle était alors de fort méchante humeur.Chose curieuse, aujourd\u2019hui, elle n\u2019a plus du tout envie de conduire ; peu à peu, elle s\u2019est détachée de ce sport qui l\u2019a passionnée.Ce qu\u2019on peut changer, en quelques semaines ! \u2014 Alors, tu es dans la lune?demande Marie Marthe.\u2014 Moi ?\u2014 Moi! c\u2019est tout ce que tu trouves à répondre quand on te parle.Comment est-il, ce baron ?\u2014 Parfait.Une distinction, une érudition ! \u2014 Bel homme ?\u2014 Pas exactement beau, mais bien.Racé, sympathique, une figure intéressante, des yeux profonds.\u2014 Tu es amoureuse.C\u2019est bien ce que je pensais.\u2014 Perds-tu la tête ?\u2014 Pas du tout.J'ai toujours eu l\u2019idée que Delphine de Carigny n\u2019était qu\u2019un prétexte.\u2014 Tu raisonnes comme une pantoufle.\u2014 Comme une pantoufle.et comme Hervé.\u2014 Hervé! Je voudrais bien savoir ce qu\u2019il vient faire là-dedans.\u2014 Pas si fort ! Hervé a bien le droit d\u2019avoir ses opinions.Comme il me disait ce matin.\u2014 Tu l'as vu, ce matin ?\u2014 Quitte ce ton courroucé, ma noble soeur.Pourquoi n\u2019aurais-je pas vu Hervé ce matin?Il s\u2019est arrêté à Clairemotte en rentrant à Boisbénit, car lui aussi, il a voyagé.Roselyne est contrariée de se sentir si émue ; elle veut prendre un air in- différent, mais c\u2019est difficile, son coeur bat trop fort.Elle s'attendait si peu à entendre prononcer le nom d\u2019Hervé qu\u2019elle croyait à cent lieues de Claire- motte ! \u2019 Sa gorge se desserre, elle peut demander : \u2014 Qu'a-t-il dit ?\u2014 I a demandé si tu étais revenue; quand je lui ai répondu que non, il a ri.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je suppose qu\u2019il a pensé que tu te plaisais là-bas, et que cela l\u2019amusait.\u2014IIl est facile à amuser, riposta Ro- selyne.La voici de nouveau toutes griffes dehors, son émotion envolée.Comment dormir quand le cerveau est le champ clos d\u2019une sarabande où se mêlent les tours de Boisbénit, les mystères de la Roncière, les bavardages de la vieille dame, les lettres de Diane de Fougeray, la réserve distinguée du baron, les propos stupides tenus par Hervé à Marie-Marthe, tout cela bien malaxé avec un point acide qui, lorsque l\u2019on s\u2019y arrête, forme une sorte de cocktail où domine l\u2019amertume, n\u2019est pas tout à fait sans agrément : «Il se creuse la tête pour savoir comment j'ai fait la connaissance de Bruno.Qu\u2019il cherche, qu'il cherche! ce n\u2019est toujours pas moi qui le lui dirai.Pendant ce temps, il ne pense pas à sa belle » Bruno, elle veut s\u2019hypnotiser sur ce nom.À force de le vouloir, elle le voit empressé, attentif, désireux de lui plaire, au point d\u2019en oublier jusqu\u2019au nom de la belle Diane, mais, de cette conclusion, Roselyne ne peut être comptable, elle était au royaume des songes quand celui-ci vint la caresser.Au réveil, elle ne le retrouva pas.En toute bonne foi, il lui fallait admettre que le baron n\u2019avait pas semblé particulièrement impressionné par son confrère en jupons.«Il a été plutôt froid, au début: ensuite, il s\u2019est dégelé, mais je n\u2019y suis pour rien, c'était déjà fait quand nous nous sommes revus à l\u2019heure du déjeuner.» dans \u201cThe Mark of Cain\u2019\u2019, une réalisation de Seul Kleenex a le paquet distributeur.Une assurance de propreté et de commodité.Pas de perte! Pas de désordre! Tirez un tissu et un autre vient à sa suite, prêt à servir.Trois formats: petit, mouchoir et pour hommes.\u201cPLUS DOUX\u201d dit Hazel Court* bles et les peaux les plus d \u201cPLUS BLANC\u201d dit Rosamund John* Les tissus Kleenex sont m KLEENEX\u2014CHOIX DE 9 Kleenex est fait de Cellucotton\u2014 substance absorbante et moelleuse \u20145 fois plus absorbante que la ouate .doux pour les nez sensi- dans un moulin canadien ultra-moderne pour les rendre tout blancs.Le paquet cacheté, breveté, assure des tissus absolument bygiéniques.*Présentement en vedette dans des réalisations de J.Arthur Rank 57 Une étoile dont l'ascension est rapide, Sally Gray, qui est actuellement en vedette J.Arthur Rank.\u2018\u2019Je suis plus satisfaite que jamais\u201d, dit Miss Gray, \u201cparce que le paquet de Kleenex est si commode.Jaime Kleenex\u201d parce qu'il est si doux, si fort, si économique!\u201d \u201cPLUS FORT\u201d di Jean Kent* élicates.Chaque feuille simple de Kleenex est plus épaisse et plus forte que les tissus ordinaires.Chaque tissu Kleenex est double, donnant ainsi une force et une absorption supérieures.aintenant traités .«Marque déposée CANADIENS SUR 10 58 LE CHATEAU DE WINDSOR .Un lieu de séjour favori des Rois d'Angleterre depuis Guillaume le Conquérant.Ses remparts et ses grands appartements d'Etat ont été les témoins de scènes de triomphes et de conflits, de spectacles pompéux faisant partie des traditions glorieuses qui sont essentiellement anglaises ANGLAISE La préférence pour la moutarde comme condiment et dans la préparation des aliments favoris est aussi anglaise que les puissants murs des ancients châteaux.Et, naturellement, la moutarde d'Angleterre a une saveur et un piquant qui lui sont propres.Dans les marinades, par exemple, la Moutarde D.S.F.Keen ou Colman donnera à vos recettes favorites le meilleur goût, plus de piquant, et l\u2019assurance du succès.Pour obtenir beaucoup de nouvelles et délicieuses recettes, écrivez à Reckitt et Colman (Canada) Limited, Station T, Montréal, et demandez un exemplaire du livre de recettes superbement illustré et intitulé \u201cL\u2019Art Culinaire\u201d.F-32C KEEN = COLMAN #7 MOUTARDE DSF D'ORIGINE ANGLAISE ras, olmanis Et elle a un sourire en se rappelant les attentions dont Ginette fut comblée par la vieille dame, sous l\u2019oeil ému du baron.Tout en donnant libre cours à ses pensées.Roselyne se hâtait à sa toilette afin d\u2019aller voir Marie-Marthe avant que celle-ci ne fût happée par les exigences de son programme quotidien.Mais la houle sonore des gammes et des exercices vint bientôt avertir la maisonnée que Mlle Cadette n\u2019entendait pas être dérangée.Il eût été vain de la poursuivre ou de l\u2019attendre, mieux valait revoir les notes prises à la Roncière, et les classer.- Ce travail durait encore quand Ro- selyne fut demandée au téléphone.La voix d\u2019Hervé répondit à son : « Al- 16 ».\u2014 C\u2019est vous, Rosie ?Comment allez- vous ?\u2014 Admirablement bien.Je suis ravie de mon voyage.\u2014 Vous me l'avez écrit.Merci de votre carte; jolie propriété, la Roncière.\u2014 N\u2019est-ce pas ?Et il y a une vue! Le château domine la vallée, on a sous les yeux une campagne ravissante, des champs, des prés, une rivière bordée de saules.\u2014 Ma chère Rosie, vous ne savez probablement pas que j'ai horreur des descriptions.Quand j'en rencontre dans \u2018mes lectures, il faut qu\u2019elles aient un intérêt exceptionnel pour que je m\u2019y arrête un instant.\u2014 Or, comme ce n\u2019est pas le cas pour les miennes, il est préférable que je me taise.Compris.\u2014 Vraiment, Rosie.Admettons que je sois un maladroit, et ne vous fâchez pas.\u2014 Où voyez-vous que je sois fâchée ?Et vous, êtes-vous content de votre voyage ?\u2014 Je suis enchanté.\u2014 Parfait.Et à quand le mariage ?\u2014 Vous voulez dire «les fiançailles » ! \u2014Ne sont-elles pas encore célébrées ?\u2014 Non, pas encore.\u2014 Qu'est-ce que vous attendez ?\u2014 Mais.cela ne dépend pas de moi.\u2014 Comment! la belle Diane se fe- rait-elle tirer l\u2019oreille ?\u2014 Oh! pas du tout.\u2014 Alors ?Est-ce votre famille ou la sienne qui met des bâtons dans les roues ?\u2014 Sa famille est trop satisfaite de ce projet pour faire la moindre objection.Quant à la mienne, je ne puis vous dire ce qu'elle en pense.car je ne lui en ai pas encore parlé, mais je suis persuadé qu\u2019elle n\u2019apportera aucun obstacle à sa réalisation.\u2014 Vous ne lui en avez pas encore parlé ?\u2014 Non, Diane désire que la chose reste secrète encore quelque temps.Aussi vous demanderais-je, Rosie, de n\u2019en souffler mot à personne.Puis-je compter sur votre discrétion ?\u2014 On peut toujours compter sur ma discrétion, Hervé.Mais.dites-moi, ce désir de garder la\u2026 chose secrète.Ne serait-ce pas à cause du baron de Ro- quemont ?\u2014 Oh! non, pas du tout.\u2014 Que dit-elle de lui ?\u2014 Rien qui puisse troubler votre admiration pour ce monsieur.\u2014 Oh! je n\u2019avais aucune crainte à ce sujet.\u2014 Très bien.Et lui, vous a-t-il parlé d\u2019elle ?\u2014 Non.\u2014 Alors, à quand le mariage ?car je suppose que les fiançailles sont célébrées.; \u2014 Permettez-moi d\u2019être aussi discrète que vous.Roselyne hésite.Elle sent bien qu\u2019en parlant, c\u2019est plus à un désir de vengeance qu\u2019à son devoir qu\u2019elle obéira.Elle ne tient pas à l'amour d'Hervé, dest entendu, mais elle tient à son estime, elle aurait du chagrin qu\u2019il la La Revue Populaire détestât, et en détruisant ce qu\u2019il considère comme son bonheur, elle attirera sûrement sa haine.Mieux vaut réfléchir encore.Aujourd'hui, elle ne sait pas, elle voit trouble; il y a en elle trop de chagrin.\u2014 Eh bien! Rosie, c\u2019est tout ?Vous ne dites rien.\u2014 Je n\u2019ai rien de plus à dire, Hervé.\u2014 Etes-vous fatiguée ?\u2014 Non, pourquoi ?\u2014 Tant d\u2019heureuses émotions, cette semaine! Et vous n\u2019avez pas votre voix de tous les jours.\u2014 Vous devez savoir par expérience qu\u2019on a toujours assez de force pour supporter le bonheur.Quant à ma voix, c\u2019est peut-être par comparaison avec celle d\u2019une autre que vous la trouvez inharmonieuse.\u2014 Rosie, le bonheur ne vous rend pas aimable.Marie-Marthe vous a-t-elle fait part de ma visite hier ?\u2014 Certainement.Cette visite a été très instructive pour elle, elle sait maintenant que j'ai mauvais caractère, ce qu\u2019elle ignorait jusque-là.\u2014 Marie-Marthe a dénaturé mes paroles, à moins que ce ne soit vous.Or, je n\u2019ai ni le goût ni le temps d\u2019une discussion ! Je vous téléphone ce matin pour vous dire adieu, puisque je n\u2019ai pu le faire hier.Je pensais rester encore une quinzaine de jours à Boisbénit, mais on m\u2019appelle a Paris.Il s'agit d\u2019une situation, un stage plutôt, une vraie chance d'où peut dépendre ma carrière.Je pars tout à l'heure, sans pouvoir retourner à Clairemotte.Croyez à tous mes regrets.\u2014 Croyez aux miens, Hervé.Et mes félicitations pour votre heureuse chance.Tous les bonheurs à la fois ! \u2014 Du moins quelques-uns.Merci, Rosie, et bonne chance à vous-même.A l\u2019année prochaine, quoi qu\u2019il arrive ; vous reviendrez toujours à Clairemotte, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Comment pouvons-nous savoir ce que nous ferons l\u2019année prochaine ?tant d\u2019événements nous guettent d\u2019ici là! \u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Hervé, Marie-Marthe ne m\u2019a pas dit que vous partiez aujourd\u2019hui.Le savait-elle ?\u2014 Non, je devais d\u2019abord le dire à mes parents.Au revoir, Roselyne.\u2014 Au revoir, Hervé.Roselyne raccrocha le récepteur, sa main tremblait.\u2014I part.C\u2019est fini.Puisqu\u2019il ne pleut pas, puisque le soleil brille sur les dahlias en fleurs, pourquoi fait-il si froid et si sombre à Clairemotte, ce matin ?Je ne le verrai plus.CHAPITRE XVI OSELYNE traîne partout un incurable ennui, pourtant elle fait bon visage à sa famille et à ses amies, et elle écrit à Ginette des lettres qui laissent croire que l\u2019épistolière est tout à fait heureuse.Elle reçoit en retour de vagues missives qui ne disent pas grand-chose : tout le monde va bien à Saint-Jean, il fait beau ou il pleut, les dahlias sont défleuris, et les soirées deviennent trop fraîches pour que l\u2019on reste au jardin.Les enfants ont dit ceci ou fait cela.M.de Roque- mont est venu hier, il a demandé des nouvelles de Roselyne.Même ceci n'arrive pas à la tirer de son apathie.«Et puis, chérie, je suis encore ici.Thérèse ne veut pas me laisser partir, et les événements politiques ne m\u2019incitent guère à entreprendre un grand voyage.On n\u2019est nulle part aussi bien qu\u2019en famille.«Avant de prendre mes quartiers d'hiver, Dieu sait où, je retournerai Lire la suite page 63 Montréal, septembre 1948 MES RECETTES DE CUISINE {suite de 1e p.41 FRUITS MARINES 3 tasses de vinaigre de cidre 5 tasses de sucre 1 tasse d\u2019eau 10 clous de girofle 2 citrons 1 c.à thé de muscade 2 bâtons de cannelle Faire un sirop avec le sucre, le vinaigre et l\u2019eau.Mettre les épices dans un petit sac et les citrons tranchés sans les peler.Quand le sirop est bouillant, y faire cuire des pêches et des prunes préalablement ébouillantées et pelées jusqu\u2019à ce que les fruits soient tendres.Ne pas en faire cuire trop à la fois, juste pour couvrir la surface de la casserole.À mesure que les fruits sont cuits, les mettre dans des pots stérilisés et couvrir de sirop jusqu\u2019à ce que le pot déborde.Fermer immédiatement.On peut mariner de cette façon des abricots, des poires pelées et des petites tomates jaunes et vertes.MARINADE DE CONCOMBRES MURS Choisir des gros concombres jaunes.Les peler et les couper en tranches d'un 4 pouce d\u2019épaisseur.Laisser tremper 24 heures dans une légère saumure préparée avec Ja de tasse de sel pour 4 tasses d\u2019eau.Egoutter, enlever le centre ou la partie molle et cuire dans de l\u2019eau claire 20 minutes.Egoutter et faire cuire comme les fruits dans la marinade sucrée.C\u2019est délicieux.Ces fruits sont excellents et accompagnent très bien les viandes froides et les salades.LES CORNICHONS SUCRES 6 pintes de petits concombres 415, pintes d\u2019eau 2 tasses de sel 6 tasses de sucre 1 gallon de vinaigre 1 gros paquet d\u2019épices à marinades 2 c.à tb.de graines de moutarde 2 bâtons de cannelle Laver les concombres et les mettre dans une jarre ou un grand plat.Faire une saumure avec 41% pintes d\u2019eau bouillante et 2 tasses de sel.Verser chaud sur les concombres et laisser reposer toute la nuit.Le matin, rincer à l\u2019eau froide et égoutter.Faire une marinade avec le sucre, le vinaigre et les épices.Ÿ mettre les concombres et laisser cuire 5 à 8 minutes pour les attendrir.Mettre immédiatement dans des pots stérilisés et couvrir de marinade bouillante.On peut mariner des concombres plus gros et les couper en bouts d\u2019un pouce mais il faut que les graines ne soient pas trop grosses.LES DILL PICKLES Les dill pickles sont des concombres verts d\u2019un pouce de grosseur environ et de 5 à 6 pouces de longueur qui doivent leur nom à l'herbe aromatique qui se nomme en français fenouil ou aneth et avec laquelle on les prépare.1 gallon de concombre 2 tasses de gros sel 114 gallon d\u2019eau 4 tasses de vinaigre feuilles de fenouil ou d\u2019aneth Laver les concombres.Faire une saumure avec le sel, l\u2019eau et le vinaigre et porter à l\u2019ébullition.Placer dans un jarre des concombres, couvrir de feuilles de fenouil, continuer ainsi jusqu\u2019à ce que la jarre soit remplie.Verser au-dessus la marinade et mettre une pesée pour s\u2019assurer que les concombres trempent dans la marinade.Laisser macérer 3 ou 4 semaines.Les concombres sont ensuite prêts à servir.MARMELADE DE CAROTTES 2 tasses de carottes fraîches râpées le jus et l'écorce râpée de 2 citrons 2 tasses de sucre Mélanger les ingrédients et faire cuire jusqu\u2019à ce que le mélange soit épais et transparent.Mettre aussitôt dans des petits pots stérilisés, paraffiner, couvrir, conserver au frais.MARMELADE D'ORANGES ET DE CAROTTES 3 oranges fermes et juteuses 1 citron \u2014 sucre 6 carottes moyennes Couper les carottes en petits dés et faire cuire jusqu\u2019à ce que tendres avec juste assez d\u2019eau pour qu\u2019elles ne collent pas.Couper les oranges et le citron en petits morceaux, ajouter le zeste du citron râpé.Mélanger aux carottes cuites.Mesurer et, à chaque tasse, allouer 34 de tasse de sucre.Cuire le mélange jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit épais et transparent.Verser dans de petits pots stérilisés, paraffiner, couvrir et conserver au frais.CERISES EN GELÉE 2 tasses de jus de pommes 2 tasses de sucre 1 tasse de cerises dénoyautées Bouillir le jus de pommes 10 minutes.Ajouter le sucre et les cerises.Cuire jusqu'à consistance de gelée.Verser dans de petits pots stérilisés, paraffiner, couvrir et conserver au frais.Les cerises doivent être fraîches et à l\u2019aide d\u2019un petit appareil spécial, on enlève le noyau, ce qui peut se faire à l\u2019aide d\u2019un petit couteau pointu.ONNE sauce! Plus que cela, c'est \u20ac ment bonne arnation non dilué, raffiné d'après un procédé \u2019 4 A o ee pomogénisé pour ire extrandisse et crime .JP fer perc merveille ux mélange velouté / Régalez-vous en avec lec rie ses \u20ac picées -.des côtelettes de porc, du pou- Carmo des s ambourgeois.Employez aussi 1 à purée mousseline, dans sous les mets qui demande ; nt du lait .velouté! - - pour cet incomparable mélange SAUCE VELOUTEE A LA CREME Ye tasse de Si lisse et si savoureuse! casse 1S, praisse de saucisses Va cuillerée à thé de sauce 4 casse de farine y Worcestershire 5 cure à ché de sel 5 se d eau de cuisson de TY É i \u2018 i ere 2 he de poivre 2 tasses de ad Carnation n ui lect ge en dilué >on maires chauffer la graisse.Mélangez- Res ments.Ajoutez le liquide et le Lait Carnati co ez cons amment au-dessus d\u2019un feu doux j qu'à eee clange cpaississe et fasse des bul- Jusqu'à coma etre pour 214 tasses.Pour plus de Coma odd à sauce peut être faite dans la servi à la cuisson des saucisses, y la farine et les contenant U de vitamine D par Pine un lait que tout médecin connaît.\"p, 7 ovenant de Vaches bien Nourries\u201d Ly. ; tits or.EE [SE 60 La Revue Populaire Pour un diner chie 2575 No 2575.\u2014 Très élégante dans sa simplicité, voici une robe de dîner que vous ornerez d\u2019une étroite ceinture dorée.Grandeurs 34 à 36.Métrage requis pour taille 38: 5% v.en 35\u201d, 53 v.en 39\u201d, 5 v.en 41\u201d, 334 v.en 50\u201d.Prix 25¢ No 2581.\u2014 Cette charmante robe au corsage froncé et décolleté en V peut être faite en deux longueurs, pour le jour ou pour le soir.Grandeurs 34 à 44.Métrage requis pour taille 36: 55% v.en 35\u201d, 5 v.en 39\u201d, 455 v.en 41\u201d.Prix 25g SI vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis à l'adresse suivante: Patrons de Lo Revue Populaire, Dominion Patterns, Ltd., 74 Yorkville Avenue, Toronto 5, Ont.Si vous hobltez les Etats-Unis, adressez-vous & Simplicity Patterns, 200 Madison Avenue, New York City, U.S.A. Montréal, septembre 1948 \u2018Ant \u2014g FD Lilly; \\ » I ( | ( a2 } / LA ANDY ROSE QQ 5 x 7 | tf, Nd A) Ld 2) 7 GJ A Q % FE) 1K A 159) Us f =A > Co Se L 4 Ah Fak \u201c Dri : art LRH nor) LE 62 La Revue Populaire CALVERT 1622 YOUNG 1799 .hommes d\u2019Etat, siégérent tous deux sur le Conseil Exécutif et furent, tour a tour, orateur de l\u2019Assemblée Législative.George fonda le journal \u201cNova Scotian\u201d, alors que Sir William devint Premier Ministre et plus tard, Juge en Chef, poste qu\u2019il occupa durant vingt- et-un ans.Nous avons bien là une famille n 1818, John Young, immigrant écossais, adressa les \u201cLettres d\u2019Agricola\u201d aux journaux de la Nouvelle- Écosse; elles eurent pour effet de stimuler l\u2019effort agricole de cette province.Ses fils, Sir William et George Renny, avocats et canadienne vraiment distinguée.Les familles célèbres font les grandes nations OMME d\u2019État anglais distingué et Secrétaire d\u2019Etat sous Jacques Ier, Calvert, chef de la célèbre famille Calvert, fonda des colonies à Terre- Neuve et au Maryland dés les premiers jours du 17iéme siécle.Calvert et ses descendants incitérent leurs colons a déblayer et a cultiver leurs terres.La famille Calvert introduisit aussi des principes de liberté et de tolérance, jusque là\u2018inconnus dans ORD 7 CALVE le Nouveau-Monde.Ces idéals furent poursuivis par les générations qui se succédèrent depuis l\u2019ère de la famille Calvert.La famille est la pierre angulaire des grandes nations.Que chacun de nous diffuse au sein de la grande famille canadienne les mêmes concepts de liberté et de tolérance que préconisa la famille Calvert, il y a plus de trois cents ans.CANADIAN Canadian Whisky WHISKY 2 Blondod and Boctiod Matured in Oak Cache Gad Gta Conenment À as 3 Supervision.Xi DISTILLERS (Canada) Limited AMHERSTBURG + ONTARIO Montréal, septembre 1948 LA DAME AU CHAPEAU BLEU \u201cÀ Suite de la page 58 peut-être à Clairemotte, si l\u2019on y veut bien de moi.J'ai envie de vous voir, surtout toi, ma chérie, toi qui m'\u2019as souvent intriguée, et même inquiétée cet été.J\u2019ai eu plusieurs fois l\u2019impression que tu avais quelque chose à me dire, une confidence à me faire, mais tu ne me l\u2019as jamais faite, et je reste inquiète et intriguée.«J'ai cru autrefois que ton sentiment pour Hervé méritait un jour un autre nom que celui d\u2019amitié, et puis, j'ai cru m'être trompée; Hervé semblait tirriter, et tu me parlais souvent de M.de Roquemont.Rappelle-toi combien il a occupé tes pensées, rappelle- toi tes expédients pour arriver à le connaître.Tes plans ont réussi, en es-tu heureuse ?Tu ne me l\u2019as pas dit, ni quel mobile te poussait à agir.« Je l\u2019avais un peu oublié ; ces jours- ci j'y pense de nouveau.Dis-moi ce qui se passe dans ton cerveau et dans ton coeur, ma Rosie.Dis-moi si je puis t'aider à être heureuse.>» Roselyne ferma la lettre d\u2019une main qui tremblait; ses yeux étaient plus brillants que de coutume ; si Ginette était là, des choses seraient dites et le coeur trop chargé reprendrait peut- être son rythme normal ; il n\u2019est pas nécessaire que l\u2019on soit heureux pour que le coeur cesse d\u2019être un poids insupportable dans la poitrine, il suffit parfois qu\u2019un autre coeur comprenne notre peine.Ginette, qui a souffert, sait voir des choses que les autres ne soupçonnent pas, elle expliquerait certainement Roselyne à elle-même, et l\u2019aiderait à sortir du marasme où elle est plongée.Quand Ginette sera là, tout ira mieux ; quand Ginette sera là ! En attendant, c\u2019est Marie-Marthe que l\u2019on rencontre, surtout quand il s\u2019agit d\u2019aller chez les Gonin.Quand elles sont chez les Gonin, on dirait que Marie-Marthe s\u2019applique à rendre tangible le souvenir d\u2019Hervé.Sans avoir l\u2019air d\u2019y toucher, elle amène la conversation sur le sujet cher à Mme Gonin, et Roselyne recueille avidement, sans poser de questions, tous les détails qui sont alors donnés : \u2014 Hervé est enchanté de sa situation, c\u2019est vraiment le pied à l\u2019étrier.Ce cher enfant si travailleur méritait bien une telle chance, mais on sait trop que la chance ne récompense pas toujours aussi bien le mérite.La Providence s\u2019en est mêlée.Et viennent les perspectives, prochaines et éloignées, réservées à l\u2019héritier de Boisbénit.Mais pas un mot, pas une syllabe pouvant se référer à Diane de Fougeray.Aussi, cette après-midi de novembre où le colonel a révélé les secrètes ambitions et les regrets de sa soeur, Rose- lyne, n\u2019y pouvant plus tenir, se leva, sollicitée par le beau temps, dit-elle.L\u2019automne était tellement joli! Il fallait voir où en étaient les travaux du magicien qui transformait en or et en rubis, les sinoples de l\u2019été.La petite soeur emboîta le pas à son aînée et continua la conversation.« C\u2019est ici que nous avons cueilli tant de noisettes, l\u2019année de mon bachot, ici qu\u2019il m\u2019a dit que ma nouvelle coiffure m\u2019allait bien; il était si gentil dans ce temps-là! Pourtant, il n\u2019a jamais été complimenteur.Parce que cette coiffure lui plaisait, j'ai décidé de l\u2019adopter pour toujours: Mais je la changerai, oh! je la changerai.La, nous avons eu une grande discussion sur l\u2019aristotélisme, c\u2019était l\u2019année de ma philo.En ai-je dit, des bêtises ! «Et voici la place où, un soir, je me suis fait mal en butant contre une racine ; sans lui, je serais tombée, mais il m\u2019a soutenue.».Roselyne respire mal, elle étouffe.Appuyée au tronc d\u2019un chêne, et les yeux fermés, elle croit sentir autour de ses épaules le bras doux et fort qui l\u2019a secourue, elle croit entendre une voix lui dire : « Vous êtes-vous fait mal ! Reposez- vous un peu.» Elle se rappelle avec quel soin il l\u2019a fait asseoir, et la joie profonde qui lui rendait si facile à supporter la douleur de son pied.Et puis le retour à petits pas, lui la portant presque, sa reconduite à Clairemotte, en auto, et ses visites quotidiennes, toujours accompagnées de fleurs et de fruits, pendant la semaine d'immobilité.qu \u2018elle eut ensuite à subir.Les yeux toujours fermés, Roselyne, qui se croit seule, ne sait pas qu\u2019elle pleure, mais Marie-Marthe la regarde et soupire : «Est-elle sotte! mon Dieu, est-elle sotte ! Ceux qui se moquent des amoureux ont joliment raison.» Mais il fait déjà sombre dans ce bois ; elle se hâte, la cloche du château l\u2019appelle, c\u2019est l\u2019heure de la tasse de thé.Elle franchit en courant le terrain découvert où s\u2019étale le miroir d\u2019eau, et arrive dans le salon qui précède la loggia au moment où Mme Gonin demande des nouvelles de Ginette.\u2014Oui, jai des nouvelles, répond Mme Dumail ; bonnes, mais pas excellentes.Je n\u2019ai pas trouvé dans la lettre reçue ce matin son équilibre habituel.Elle dit n\u2019avoir plus envie d\u2019aller \u2018en Tunisie, ses projets sont vagues.\u2014La globe-trotter se fatiguerait- elle ?\u2019 \u2014 J'ai toujours dit que tantinette était une fausse nomade, proclama Marie- Marthe.Elle me fait penser à un personnage de Jules Verne qui va partout pour échapper à l'assassin qu\u2019il a lui-même appointé; ce n\u2019est pas par amour des voyages que le Chinois circule ainsi, mais par inquiétude, pour sauver sa vie.Roselyne dirait bien quelque chose, mais ce qui vient d\u2019effleurer son esprit est si vague, si vague ! Marie-Marthe, prompte aux réalisations, ferait d\u2019un nuage une forteresse.Elle s\u2019approche de la mère d\u2019Hervé, lui sourit tendrement, dose dans sa tasse le lait et le sucre, selon les goûts qu\u2019elle connaît, et va s'asseoir auprès de Mme Dumail, pendant que sa cadette met quatre morceaux de sucre dans la tasse du colonel, en cachette de Mme Gonin qui juge cette dose exagérée.Par une pente naturelle, la conversation nocturne à Hervé.Il est content de sa nouvelle tâche, Mme Gonin craint un excès de fatigue, car il travaille en même temps à une thèse.Le colonel assure que la santé de son fils, et son intelligence, lui permettent de mener à bien sa double besogne.Roselyne s'efforce de découvrir dans les paroles de l\u2019un et de l\u2019autre, dans leurs silences, dans le son de leurs voix, quelque allusion à de possibles fiançailles.Le secret d\u2019Hervé en est-il vraiment un pour sa mère ?Rien ne fait supposer qu'elle sache quelque chose.Pourtant une phrase prend Roselyne à la gorge et l\u2019étrangle : \u2014 Ce qui me fait plaisir dans la tournure qu\u2019ont prise les événements, c\u2019est que mon grand aura plus tôt que nous ne le pensions la possibilité de fonder un foyer.\u2014Y, pense-t-il ?demande Mme du- mail d\u2019une voix que l'oreille exercée de ses filles trouve mal assurée.63 .NOS MOTS CROISÉS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10, Il, 12, 13, 4, 15, 16, 17, + A NAN BR U N o o Li HORIZONTALEMENT 1\u2014Partie repliée d\u2019un habit.\u2014 Marteau d\u2019une cloche.\u2014 Symbole du manganèse.2\u2014Copie.\u2014 Méthode particulière.\u2014 -Ancien nom du hêtre.3\u2014Circonscription locale.\u2014 Instrument d'appel.\u2014 Stupide.4\u2014Terre entourée d\u2019eau.\u2014 Evéne- ment fortuit.\u2014 Sans surcharge.\u2014 Indulgence.5\u2014Négation.\u2014 Presqu\u2019ile montagneuse du Japon.\u2014 Endroit public où l\u2019on danse.6\u2014Expansion d\u2019un gaz.\u2014 Ce qui est dû tous les ans pour des fonds.T\u2014Récepteur d\u2019ondes hertziennes.\u2014 Situé.\u2014 Dans la gamme.8\u2014Planchers des différentes batteries d\u2019un navire.\u2014 Posséda.\u2014 Exprime le mécontentement.9\u2014Très petit golfe.\u2014 Formation géologique.\u2014 Animal contractile.\u2014 Déguisement.10\u2014Adjectif numéral.\u2014 Plat personnage.\u2014 Nombre de chiens courants dressés pour la chasse.11\u2014Pronom personnel.\u2014 Ce qui constitue l\u2019individualité, \u2014 Brin de chanvre soufré.12\u2014Matière gluante.\u2014 Qui est garantie par un contrat d'assurance.13\u2014Toile de lin très fine.\u2014 Canal qui conduit l\u2019eau dans les marais salants.\u2014 Interjection.14\u2014Enveloppes du grain dans les épis.\u2014 Marque le soulagement.\u2014 Légumineuse.\u2014 Circonstance.15\u2014Rameau imparfaitement élagué.\u2014 Brûle-bout.\u2014 Plaque cornée du sabot d\u2019un animal.16\u2014Au bout de peu de temps.\u2014 Peaux des fruits.\u2014 Avantager.17\u2014Dans.\u2014 Ruse.\u2014 Acte de pouvoir exécutif.VERTICALEMENT 1\u2014Imprégné d\u2019huile de ricin.\u2014 Suspension momentanée d\u2019une action.\u2014 Animal.2\u2014Saint, martyrisé en Afrique en 205.\u2014 Action de distribuer les À cartes.\u2014 Moine anglais, surnommé le Docteur admirable.3\u2014Qui se meut avec célérité.\u2014 Compact.\u2014 Bonnet de police.4 Une saison.\u2014 Démonstratif.\u2014 Morceau de musique religieuse.5\u2014Ie de l\u2019Atlantique.\u2014 Qs des parties latérales de la poitrine.\u2014 Paquet.\u2014 Seizième lettre de l\u2019alphabet grec.6\u2014Nom vulgaire de toutes les plantes marines.\u2014 Eux.\u2014 Mot arabe signifiant fils.7\u2014Parfum.\u2014 Rond-point où aboutissent des allées.8\u2014Bateau plat.\u2014 Balle pour jouer à la paume.\u2014 Esclave syrien, chef de la première guerre Servile.9\u2014Petit d\u2019âne.\u2014 Posséda.\u2014 Double coup de baguette.\u2014 Menottes.10\u2014Mouvoir.\u2014 Métra et Strauss en ont écrit de célèbres.\u2014 Petite pièce du golf.11\u2014Entreprendre.\u2014 l\u2019usage.12\u2014Unité de mesure agraire.\u2014 Article contracté.\u2014 Eau salée concentrée par l\u2019évaporation.13\u2014Négation.\u2014 Bénéfices.\u2014 Supérieures des couvents.\u2014 Etui.14\u2014Extrémités.\u2014 Célébrer.\u2014 Fer de la charrue servant à ouvrir le sol.Détérioré par 15\u2014Petite ouverture en long.\u2014 Arrogante.\u2014 Siège supérieur de justice.16\u2014Butte naturelle.\u2014 Pleine d\u2019énergie.\u2014 Brunie.17\u2014Gros nuage épais.\u2014 Grande étendue de terre.\u2014 Très peu fréquenté.~ M A mi2/o|z 2/CjAI/T|O É N D Oo R mimlZz|{Dfm uis[a[-] vo PA DEMANDEZ TOUJOURS qe ZEST LE VERITABLE .I N 2 em \u2014 CEUX QUI S'ABONNENT À CES TROIS GRANDS MAGAZINES s\u2019assurent une lecture abondante, régulière et variée.S'abonner au SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM, c\u2019est pour la somme modique de $5.50, remplacer, dans une large mesure, les sorties coûteuses et les distractions onéreuses.Bref, s\u2019abonner à nos trois magazines, c\u2019est s'informer intelligemment tout en se distrayant.COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.50 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.OO IMPORTANT\u2014Veuillez indiquer d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Localiité serres Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975-985, rue de Bullion, Montréal 18. 84 Photo non retouchée VIEILLE .à 26 ans ! Sa vilaine peau \u2014 sèche, ridée et sans vie \u2014 la vieillit de plusieurs années! Alors qu\u2019il est si facile de cacher son âge avec l\u2019usage quotidien du Cold Cream Noxzema.Cette précieuse crème à triple action nettoie à fond.renouvelant la texture de la peau.Elle adoucit la rugosité de la peau et en estompe les petites rides.Elle stimule \u2014 en donnant au teint défraîchi un éclat nouveau.Essayez le Cold Cream Noxzema pendant 10 jours! Et vozs vous trouverez plus fraîche, plus jolie et plus jeune! 19¢, 33¢, 59¢ aux pharmacies et magasins a rayons.NOXZEMA cold cream \u201cLa \u2018Riga\u2019 est ce que j'appelle un excellent remède.Quard la constipation me déprime, la \u2018Riga\u2019 me remet VITE.Les enfants aiment la Limonade Purgative Riga, elle a si bon goût et contribue à les tenir réguliers.Mais ouil la Limonade Purgative Riga est un bon laxatif\u2014demandez-la à votre marchand.\u201d SF ruraanve RIGA Mal de té e Rien n'est plus pénible FN ue les maux de tête.ourquoi souffrir?.La udre Lambly soulage instantanément le mal d'oreilles, le mal de dents, la névralgie, les douleurs du dos, de l'estomac, des 7etz/ intestins.POUDRES \u2019 CONTRE LE MAL DE TETE 7 a empêché cette petite section d\u2019humanité de tomber au niveau de l\u2019animalité, c\u2019est, incontestablement, dans ses croyances et dans ses pratiques religieuses qu\u2019il faut le chercher.Et c\u2019est sans doute le seul reproche vraiment grave que l\u2019on puisse faire à l\u2019auteur, de ne pas l\u2019avoir vu, ou l\u2019ayant vu, de ne pas l\u2019avoir mis en lumière.\u201cBonheur d\u2019occasion\u201d n\u2019en reste pas moins une grande oeuvre dans sa forme et dans son fond, par sa technique et par le souffle de vie dont l\u2019auteur a su l\u2019animer.Du Canada français, où l\u2019admiration presque unanime de la foule et des experts n\u2019a pas tardé à l\u2019entourer, sa réputation s\u2019est rapidement répandue chez nos voisins des Etats-Unis, qui lui ont fait l\u2019honneur de la traduction et de l\u2019adaptation au cinéma; puis, en France, où le Prix Fémina est venue mettre le sceau à sa gloire.Absente en France, Mme Roy n\u2019a pu se joindre à nous aujourd\u2019hui.En lui décernant la médaille Lorne Pierce in-absentia, la Société Royale pose un geste qui les honore toutes les deux.° Texte de Mgr Olivier Maurault, p.s.s\u2026 M.S.R.C.Le chanoine Lionel Groulx En décernant la médaille Tyrrell au chanoine Lionel Groulx, la Société Royale du Canada reconnait les mérites du plus grand historien contemporain du Canada français.Le chanoine Groulx est né aux Chenaux de Vaudreuil, en 1878, d\u2019une famille de cultivateurs.I] fit ses humanités au Collège de Sainte-Thérèse et ses études de théologie au Grand Séminaire de Montréal.Ordonné prêtre à Valleyfield en 1903, il y enseigna les lettres une année, se rendit à Rome, y prit ses doctorats en philosophie et en théologie, puis étudia quelques mois à l\u2019Université de Fribourg, en Suisse, et rentra au pays en 1909.Jusqu\u2019en 1915, il enseigna à Valleyfield la rhétorique et l\u2019histoire.Il fut alors chargé de la chaire d\u2019histoire du Canada à l\u2019Université de Montréal.Il l\u2019occupe encore après trente-trois ans, ayant jeté, par son enseignement, un grand lustre sur notre Faculté des Lettres.Il a récemment créé, hors des cadres de l\u2019Université, un Institut d'histoire de l\u2019Amérique française pourvu d\u2019une remarquable revue du même nom.Déjà, en 1917, il avait dirigé la revue d\u2019Action française à laquelle succéda, vingt ans après, l\u2019Action Nationale.Ses publications personnelles sont nombreuses: en 1916, les Rapaillages et en 1922, Chez nos ancêtres, recueils de récits du terroir; deux romans à thèse, l\u2019Appel de la Race et le Cap Blomidon; en 1924 et 1936, deux volumes Notre maître le passé, en 1935 Orientation, en 1937 Directives recueils d\u2019articles.Mais ce sont ses cours d\u2019histoire qui constituent son oeuvre principale: Nos luttes constitutionnelles (1916), La Confédération canadienne (1918), La naissance d\u2019une race (1919), Lendemain de conquête (1920), Vers l\u2019émancipation (1921), l\u2019Enseignement français au Canada (1931), La découverte du Canada (1934).L'auteur travaille depuis à reviser ses livres afin A IE Ee de nous en donner une édition définitive.Le chanoine Groulx croit tialité en histoire, mais non sibilité.Il juge les faits, les condamnant ou les louant, selon le cas.L\u2019un de nos critiques, Henri d\u2019Arles, a écrit \u2019impar- al à l\u2019impas- \u201c de lui: .il est l\u2019historien le plus complet et le plus sûr de notre génération, l\u2019un des meilleurs \u2014 sinon le meilleur \u2014 que nous ayons eus.\u201d Oli- var Asselin ajoute: \u201cLa qualité mai- tresse de l\u2019oeuvre historique de l\u2019abbé Groulx est la vie.Pareil don d\u2019évocation ne s\u2019est pas rencontré chez aucun de ses devanciers.Il sait voir et il sait rendre.Je salue en lui un maître de la recherche historique, un maître du style, un maître de la vie spirituelle, un maître de réflexion et d\u2019énergies patriotiques.\u201d Grand dommage qu'il ne soit pas là pour recueillir vos applaudissements! LA MINUIT Par Félix-Antoine Savard Les Editions Fides présentent LA MINUIT, le nouveau livre de l\u2019abbé Félix-Antoine Savard.Cette oeuvre longtemps attendue est singulièrement puissante par les idées et les passions qu\u2019elle met en jeu.D'une très forte densité spirituelle, le roman emprunte à la mer et aux champs de notre pays cette poésie neuve, admirablement imagée qui fait le charme de Menaud.Le sujet est le drame universel de l\u2019âme chrétienne et du matérialisme contemporain.La réponse que propose LA MINUIT est celle que les humbles, les pauvres de chez nous ont trouvée dans les enseignements et les promesses du Christ.Aucun écrivain, croyons-nous, n\u2019a su traiter avec autant de maîtrise, de façon aussi sobre, aussi concrète et poétique, un sujet d\u2019une telle puissance et d\u2019une telle édification.Geneviève, le caractère central du récit, est soeur de ces figures émouvantes que la civilisation a créées comme des symboles de ses doutes, de ses angoisses et de sa confiance en Dieu.LA MINUIT : un grand livre à lire et à méditer.(Volume de 176 pages, en vente partout et chez FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1, au prix de $1.50.) LES HABITS ROUGES Par Robert de Roquebrune ques mois.Nous assistons à cet échauffement des esprits qui précéda les troubles de 1837, au soulèvement des Patriotes et finalement à leur écrasement par les Habits Rouges.Avec une impassibilité déconcertante, l\u2019auteur nous présente les principaux acteurs du drame, puis il s\u2019efface complètement.Mais, il nous décrit si bien ses personnages, il leur prête un langage si conforme à leurs convictions que nous les voyons évoluer devant nous.Ainsi l\u2019art de Robert de Roque- brune s'apparente beaucoup à celui du théâtre.Le détachement de l\u2019auteur du drame qu\u2019il évoque est si complet qu\u2019il n\u2019y a L'action du roman se passe en quel- | La Revue Populaire Comme c'est gent.en CANARI \u2014 notre premier favori\u201d Nouveaux mariés?Vous remplissez votre foyer de gaieté et de soleil\u2014et le canari vous donnera du soleil dans son chant toute l'année durant! Le canari à la voix dorée est un heureux cadeau pour de nouveaux mariés.Un simple régime alimentaire aux graines de BROCK pour OISEAUX conservera le chanteur bien ; portant et joyeux.AUDE BROC ihr ik Traitement sommaire ies BRÛLURES «: ÉCORCHURES La gelée de pétrole \u201cVaseline\u2019 calme l\u2019irritation, protège contre l\u2019infection, accélère la guérison.Ayez-en toujours a la maison, Le TRAITEMENT SOMMAIRE par excellence pour brûlures, coupures, égratignures et 100 autres usages.En bocaux: 154, 20¢ et 30¢; en tubes: 204, 25¢ et 30¢.GELEE DE PETROLE Vaseline MARQUE DEPOSEE pol d\u2019 TTT Canada Etats-Unis s\u2019il s'agit d\u2019un renouvellement.SHNHANRCDENNEHEREEE EE a B u a a à O Important:\u2014Indiquer d'une croix = a -u un un B = [ = POIRIER, BESSETTE & CIE, Lice.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q. Montréal, septembre 1948 pas de personnages antipathiques dans son livre.Le notaire Cormier, Armont- gorry, Brown, Papineau, Jérôme de Thavenet, Nelson, Cotineau sont des patriotes qui ont des griefs certains contre l\u2019Angleterre, des griefs qui les poussent à la révolte ; Colborne, le Colonel Wetherall, Lord Gosford, le Lieutenant Fenwick sont justifiés de mater la rébellion au nom de la couronne.Le romancier ne se prononce ni pour les uns, ni pour les autres.Puis, dans ce décor sanglant se noue une idylle : Henriette de Thavenet croyait aimer Brown, mais, à la bataille de Saint- Charles, elle s'aperçoit que c'est un poltron et elle doit le tirer pour l\u2019empêcher de fuir.Et, elle portera le deuil non d\u2019un patriote, mais de Fenwick, le beau lieutenant des habits rouges.Ce livre est écrit avec un art consommé.En quelques traits, l\u2019auteur évoque un paysage, sculpte une physionomie, insuffle une âme.La phrase fortement ossaturée est toujours classique, limpide, dépouillée de vains ornements.Ce n\u2019est pas un mince éloge pour l\u2019auteur d\u2019avoir été comparé à Mérimée.Le roman «Les Habits Rouges» demeurera un classique de notre littérature.(Les Editions Fides) ELie GOULET (La Revue Dominicaine) LA PETITE FADETTE Par George Sand Une édition nouvelle de ce roman paysan, abondamment illustré d\u2019une façon fine et moderne par Fernande Vézina-Simard, vient d\u2019être lancée par Les Editions Variétés.C\u2019est une histoire fraîche et limpide dont tous les enfants qui auront le bonheur de la lire, garderont un heureux souvenir.Avec La mare au diable, La petite Fadette est le plus charmant des romans paysans de George Sand.On y sent tout l\u2019amour que l\u2019auteur éprouve pour sa terre du Barry, ses paysages harmonieux et on y décèle en même temps sa familiarité avec les moeurs de ses habitants.Dans une famille de paysans, deux jumeaux grandissent côte à côte, se témoignent l'affection la plus tendre.Ce sentiment est même poussé à l\u2019extrême chez l\u2019un deux quand il voit son frère porter attention à une petite fille des environs, la petite Fadette, dont la grand-mère avait une réputation de sorcière.Les deux jeunes gens s'aiment cependant d\u2019un amour naïvement exprimé que George Sand traduit dans des dialogues pleins de charme.La vieille sorcière meurt, mais les parents du jeune homme voient d\u2019un très mauvais oeil l\u2019inclination de leur fils pour la petite Fadette.Celle-ci a sa fierté et préfère quitter le pays et son fiancé pour aller servir en ville.Elle en revient transformée, non seulement embellie, mais ayant perdu ses allures de sauvageonne.De plus, le sort l\u2019a rendue riche, car son avare grand-mère avait économisé un véritable trésor.Rien ne s\u2019oppose plus au mariage d\u2019un des jumeaux, tandis que l\u2019autre se consolera de sa séparation d\u2019avec son frère en s\u2019engageant dans l\u2019armée.(Un volume de 160 pages.Prix $0.75, par la poste $0.85.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.) LA COMPAGNIE BRADING PUBLIE DEUX CARTES DE VACANCES DE LA PROVINCE DE QUEBEC Les distributeurs pour la province de Québec de la brasserie Brading a Ottawa, c\u2019est-à-dire, la Canadian Breweries (Quebec) Limited, vient de publier deux cartes de vacances en quatre couleurs, afin d\u2019encourager les touristes à visiter les lieux historiques de la province de Québec et aussi ses beaux endroits de villégiature.Ces cartes représentent la deuxième et troisième publication d\u2019une série qui eut pour début la carte de vacance Brading pour la région de l'Outaouais et de la Gatineau.Sur l\u2019une de ces cartes sont indiqués les principaux points d\u2019intérêt de Montréal, des Lau- rentides, et des cantons de l\u2019Est; sur l\u2019autre, ceux du Bas St-Laurent et du Saguenay.Les endroits de villégiature, les routes principales, les fleuves, les lacs et les chemins de fer, ainsi que les ponts internationaux, les traverses, les clubs de golf, et les industries principales y sont indiqués.Les cartes de vacances Brading seront distribuées aux hôtels, aux endroits de villégiature, aux bureaux de renseignements, les Chambres de Commerce, les ports d\u2019entrée de la province de Québec, ainsi que les compagnies de transport et les agences de voyage en sont pourvues afin de renseigner nos amis des Etats-Unis et tous les touristes qui voyagent dans le Québec.De plus, un nombre considérable de ces cartes sera distribué dans les grandes villes américaines, surtout dans les états qui touchent aux frontières de la province de Québec, et aussi dans toutes les autres provinces du Canada.e CANADA 1948 (édition française) L'édition française de Canada 1948 vient de paraître.Cet ouvrage est la revue officielle de la situation actuelle et des progrès récents publiée d\u2019ordre du ministre du Commerce.Sous un format commode et fort attrayant, ce manuel de poche contient des renseignements officiels à jour.D\u2019une consultation facile, il a été préparé à l\u2019intention particulière des hommes d\u2019affaires, des étudiants, des conférenciers et de tous ceux qui s\u2019intéressent aux progrès du Canada.Canada 1948 est un volume de quelque 260 pages qui contient, en plus de ses chapitres réguliers, des articles spéciaux sur les relations extérieures du Canada, les voyages et l\u2019unité nationale et l\u2019industrie du bois.Le texte en est abondamment illustré de quelque 100 gravures dont 11 planches en couleurs.Il contient en outre 100 tableaux statistiques ainsi que des diagrammes et graphiques et deux cartes hors-texte.Voici une émunération des chapitres réguliers : 1.Population ; 2.Statistiques démographiques, Santé publique; 3.Services de bienfaisance sociale, Affaires des anciens combattants ; 4.Relevé de la production ; 5.Agriculture ; 6.Forêts; 7.Pécheries; 8.Fourrures; 9.Mines et minéraux ; 10.Forces hydrauliques ; 11.Manufactures ; 12.Transports et communications ; 13.Commerce extérieur, Prix et régie des prix, Coût de la vie; 14.Commerce extérieur, Paiements internationaux ; 15.Construction ; 16.Travail ; 17.Comptes nationaux, finance publique ; 18.Régime bancaire, Assurance; 19.Education, Culture, Science.Canada 1948 est dès maintenant en vente au prix de 25é l\u2019exemplaire, chez I'Imprimeur du Roi, à Ottawa.Les commandes doivent être adressées à l\u2019Imprimeur du Roi, a Ottawa, en même temps qu\u2019une remise de 25¢ par bon de poste ou mandat payable au Receveur général du Canada.Les timbres-poste ne sont pas acceptés.Si l\u2019on envoie des pièces de monnaie, celles-ci devront être placées entre deux cartons dont les bords seront ensuite collés ensemble.NEW-YORK WASHINGTON TORONTO DÉPOSITAIRES AU CANADA LillicO UMITED 380 ouest, rue Adelaide, Toronto 85 LE NOUVEL ENSEMBLE DE SECRÉTAIRE ET DE CHAISE QKANAGAN La plus récente addition au groupe de bois \u201cVista,\u201d l\u2019ensemble de secrétaire et de chaise Okanagan joint admirablement l\u2019utile à dignité de dessin .un heureux complément de tout ameublement.En montre dans les bons magasins de meubles.® LIVING ROOM FURNITURE WATERLOO, ONTARIO MONTREAL, QUEBEC 4 7 86 _ Rp ee cette nouvelle huile pour bébés protège, et aussi nourrit la peau de votre bébé Protège .la zouvelle Huile Mennen pour Bébés à base de lanoline aide à protéger votre bébé.Nourrit .La nouvelle Huile Mennen pour Bébés est riche en lanoline, substance incomparable.Assouplit la peau de votre bébé, aide à l'empêcher de devenir sèche, irritée, crevassée et rêche.Nouveau parfum de fleurs fraîches.Commencez à employer la Nouvelle Huile Mennen pour Bébés à base de lanoline\u2014 aujourd\u2019hui! nouvelle MENNEN riche en lanoline huile pour bébés 34MF Votre amie.Vous désirez lui plaire, hien siir.Mais le temps vous a peut-être manqué, et c\u2019est très compréhensible : surcroît de travail, obligations sociales et quoi encore! Toujours est-il que vous êtes là, à vous demander ce que vous pourriez bien offrir à cette bonne amie.Rassurez-vous donc, le problème n\u2019est pas si grave.LE FILM + C\u2019est simple, économique, pratique et vous avez la certitude d'atteindre votre but sans plus hésiter.Vous n\u2019avez qu\u2019à remplir tout simplement le coupon d\u2019abonnement ci-dessous.Notre roman pour août: LA BELLE DU FAR-WEST par GENEVIEVE LECOMPTE i, TI IKIITIICECCEEXT [Hn Canada et Etats-Unis LI $1.00 2 ans.O IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d\u2019un renouvellement.Nom.Adr Ville .Province LTS TARY IRL | JR | 3 Sard La Revue Populaire américains, il faut une grande variété de jouets pour les tout petits.C\u2019est que leur courbe d\u2019attention est extrémement courte.L'intérêt suivi qu\u2019un enfant porte à un jouet dure en moyenne de sept minutes pour ceux de deux ans, à treize minutes pour ceux qui ont atteint l\u2019âge respectable de cinq ans.Il y a, bien sûr, des variations individuelles.Mais l\u2019enfant, incapable d\u2019un effort de concentration qui le fatigue, aime à changer d\u2019activité.|) des statistiques faites récemment dans les jardins d\u2019enfants Rappelez-vous cela, jeunes mamans, et sachez aussi qu\u2019il vaut mieux acheter plusieurs jouets peu coûteux, qu\u2019un joujou cher qui ne sera pas apprécié plus longtemps pour cela, et qui parfois sera si compliqué qu\u2019il amusera beaucoup plus le papa que le jeune destinataire du cadeau.Notons aussi qu\u2019il vaut toujours mieux donner la préférence à un jouet qui stimule l\u2019activité, pourvu que les grandes personnes n\u2019en soient pas incommodées, plutôt qu\u2019à celui qui ne sollicite qu'une attitude passive de la part de l\u2019enfant.Dans un programme de jeux bien conçu, il faut faire figurer plusieurs catégories de jouets.D\u2019abord ceux qui réveillent l\u2019activité musculaire et constructive de l\u2019enfant, tels que trains, balles, bicyclettes, trottinettes, brouettes et autres instruments de gymnastique facile.Ensuite des jouets de ménage qui nourrissent les facultés d\u2019imitation et permettent la construction, dans un décor qu\u2019il dispose à sa guise, d\u2019une comédie imaginée entièrement par l'enfant: poupées, ameublements en miniature, cuisines, téléphones, ustensiles de ménage, etc.Cette énumération me rappelle la remarque d\u2019une grand\u2019maman qui trouvait triste de voir sa petite-fille jouer à épousseter ou à essuyer la vaisselle, ce qui était tout de même une manière efficace d\u2019aider sa maman accablée de besogne.Je pense que la bonne grand-mère avait tort de s\u2019attendrir.De menues besognes ne fatiguent pas une petite-fille si elles ne se prolongent pas et si elles ne sont pas prises sur le temps que la petite devrait passer au grand .air.Pour ma part, je me dis souvent que si j'avais été habituée à considérer que laver la vaisselle en sortant de table était aussi obligatoire que d\u2019aller se brosser les dents, bien des tâches me parai- traient aujourd\u2019hui plus faciles.Mais revenons à nos moutons qui, en l'occurrence, sont des joujoux.La catégorie principale est celle du matériel brut grâce auquel se développe l\u2019imagination créatrice du petit.Dans cette catégorie nous trouvons l\u2019argile et autres pâtes à modeler, les blocs de construction, les crayons de couleur, les peintures, les découpages, pour lesquels des ciseaux sans pointes sont indispensables.Tous ces jouets, dits actifs, stimulent la pensée, l\u2019attention, l'imagination, l\u2019invention.Tandis qu\u2019un jouet mécanique qu\u2019on remonte avec une clef ne demande qu\u2019une attitude passive du spectateur.Au bout de quelques minutes l\u2019enfant s\u2019en détournera parce que seuls les adultes peuvent être intéressés par l\u2019ingéniosité d\u2019une mécanique.L'enfant qui vit encore dans le monde des fées ne s\u2019étonne de rien.\u201cFrancine Montréal, septembre 1548 la transpiration dit Jeanne Gagnon Garde-malade \u2018Diplômée de Montreal + contredit, \"Je trouve que Veto est, sans dit, le désodorisant le plus offices a Ye s+ mais employé.Doux, moë e x bo et facile à appliquer Veto enraye toute moiteur et suPP oui vraiment l\u2019odeur sous les bras.© oh sans aucun doute, Veto est mon dorisant idéal.\u201d Seul VETO, et aucun autre désodorisant, contient DURATEX, ingrédient nouveau, sûr, exclusif © Veto est différent de tout autre désodorisant que vous ayez employé auparavant.® Veto, et Veto seul, contient Duratex, nouvel ingrédient sûr, exclusif.© N'obime pas la linge.© Sûr pour toute peau normale.© Veto est plus crémeux \u2014 se répand, pénètre immédiatement .complètement.Au comptoir de la pharmacie et des cosmétiques \u2014 25é 396 596 Reconnu inoffensif aux tissus Fy Li place que l\u2019eau.riences médicinales.doryphores.sirop d\u2019érable.sucre.mais une mouffette.\u2014Les sapins sont moins frappés de la foudre que les autres arbres parce que ce sont des résineux et que la résine est mauvaise conductrice de l\u2019électricité.\u2014Les yeux d\u2019un chat ne brilleraient pas dans une chambre noire où ne pourrait entrer aucune lumière parce qu\u2019il faut un minimum de lumière, si faible soit-elle, pour la réfléchir.\u2014Le meilleur moyen de faire rendre le plus de jus possible à un citron est de le mettre un instant dans l\u2019eau chaude.\u2014Les ongles des pieds poussent plus vite que ceux des mains.\u2014Un morceau de glace plongeant dans un verre d\u2019eau en augmente- t-il le volume quand il fond?Au contraire, la glace occupe plus de \u2014Le cours des jours d\u2019un calendrier se renouvelle exactement de la même façon tous les vingt-huit ans.\u2014Le caviar est fait avec les oeufs de l\u2019esturgeon.La femelle du sarigue, à l'instar du kangourou, transporte sa progéniture dans une poche qu\u2019elle a sous le ventre.\u2014Le cobaye est souvent employé pour la vivisection et les expé- \u2014Les Romains apprirent aux Gaulois l\u2019art de fabriquer le savon.\u2014La tortue possède le privilège de vivre au delà de cent ans.\u2014La musique de notre hymne national \u201cO Canada\u201d a été composé par Calixa Lavallée et les paroles par le juge Routhier.\u2014Le doryphore désigne l\u2019insecte qui ravage les pommes de terre et que nous appelons \u201cbête à patate\u201d.Durant l'occupation de la France par les Allemands, ces derniers étaient appelés par les Français des \u2014Il faut environ 30 gallons d\u2019eau d\u2019érable pour faire un gallon de \u2014Avec un gallon de sirop d\u2019érable on fait sept livres et demie de \u2014L\u2019animal que nous appelons \u201cbête puante\u201d n\u2019est pas un putois, \u2014 Avant le milieu du dix-huitième siècle, le sucre n\u2019était employé dans le Royaume-Uni que dans les médicaments.\u2014Les grenouilles des îles Salomon pèsent jusqu\u2019à deux livres.\u2014Le corps humain a environ deux millions de glandes sudoripares (glandes qui sécrètent la sueur à sa surface).Comment assurer à vos YEUX FATIGUES un prompt repos YEUX FATIGUÉS?Calmez-les et rafraîchis- sez-les avec deux gouttes de Murine sûr et doux, dans chacun\u2014Vous obtenez un .SOULAGEMENT RAPIDE.Instantanément, vos yeux se sentent rafraichis.Murine, melange habile de 7 ingrédients, nettoie et calme les yeux qui sont fatigués par le surmenage ou l'exposition au soleil.au vent et à la poussière.MURINE POUR LES YEUX Avez-vous des cadeaux à faire?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D'ABONNEMENT LAV quemment ne respirent pas par la bouche.A la base de chacun des anneaux de son corps et de chaque c6té on peut facilement voir de petites ouvertures appelées stigmates.C\u2019est par là que l\u2019air s\u2019introduit ; il chemine ensuite dans des sortes de canaux appelés trachées qui se ramifient dans tous les organes internes.Un gros vaisseau central joue le rôle de coeur et irrigue toutes les parties d\u2019un sang jaunâtre.Mâles et femelles sont quelquefois dissemblables.Certaines femelles sont dépourvues d\u2019ailes.La taille et la cou - leur peuvent différer chez l\u2019un et l\u2019autre sexe.On compte actuellement plus de cent vingt mille espèces de papillons qui sont nommés et classifiés et les savants les réunissent tous sous le nom d\u2019ordre suivant: Lépidoptères.On les divise encore en Papillons de jour et en Papillons de nuit.Les premiers, comme leur nom l\u2019indique, sont actifs à la lumière et se reconnaissent à leurs ailes relevées, quand ils sont au repos.Les EEE EP A ET E DRODIGIEUSE DES DAD » derniers, qui préfèrent les aventures nocturnes, se reposent les ailes étendues.Le nom d\u2019espèce se rapporte quelquefois plus spécialement au papillon : monarque, sphinx, phalènes, noctuelles et autres.D\u2019autres fois le nom se rapporte davantage à la chenille: les tondeuses, le ver charpentier, les chenilles à tente.Il arrive aussi que papillon et chenille de la même espèce aient chacun son nom.Ainsi les Phalènes sont les papillons issus de chenilles arpenteuses.Faut-il enrober les Papillons dans la réprobation que s\u2019attirent, par leurs méfaits, les insectes qui, selon Howard, constituent une \u201cmenace\u201d pour l\u2019humanité ?Certains savants répondraient affirmativement, sans hésiter, croyons- nous.Mais les poètes protesteraient et, avëc eux, tous ceux qui sont fascinés par ces vivants joyaux sertis de jade, de topaze, de geai, de saphir qui se posent gracieux et avides sur les fleurs.aj:utant à leur éclat et à leur charme.87 bon sûr j'emoloie too Tami! Comment pourrait-elle mener une vie aussi active si elle ne pouvait compter sur Tampax \u201cces jours-la\u201d?.Tampax est la méthode différente de protection menstruelle dont vous avez entendu parler.Ce tampon se porte intérieurement supprimant ainsi ceintures, épingles et serviettes externes.C\u2019est un produit tout à fait moderne.Inventé par un médecin, Tampax est maintenant en vente à presque toutes les pharmacies et comptoirs de produits sanitaires\u2014où que vous demeuriez.On peut en dire long au sujet de Tampax! Fabriqué de coton hydrophile pur, chaque Tampax est comprimé en un mince applicateur le rendant facile d\u2019emploi.Vous n\u2019avez pas à toucher le Tampax même et vous en oubliez la présence lorsqu'il est en place.Il ne peut causer de plissements tévélateurs sous vos toilettes.Et, lorsque le temps d\u2019en disposer est venu, l\u2019encombrement de Tampax n\u2019est que d\u2019un quinzième des autres produits.N'\u2019irrite pas.Pas d\u2019odeur.Facile d\u2019en disposer.Se porte dans la baignoire ou sous la douche.Des millions de femmes ont recours à Tampax tous les mois.La boîte économique suffit pour environ 4 mois.Trois degrés d'absorption, au choix\u2014régulier, super, junior.Canadian Tampax Corporation Limited, Brampton, Ont.NI CEINTURES NI EPINGLES NI BANDES NI ODEUR Cette publicité est acceptée par le Journal de I Association Médicale Américaine CANADIAN TAMPAX CORPORATION Limited, Brampton, Ont.; Envoyez-moi sous pli personnel un paquet d'essai de Tampax.J'inclus 10c.pour frais d\u2019envoi et j'indique le format désiré: ( ) RÉGULIER ( ) Super ( ) Junior Nom ee rene (écrire bien lisiblement) Adresse.Ville Prov.TX-4e-1F 88 COMPAREZ (Is sont forts parce qu'ils sont à l'épreuve de la pression*.Ils sont doux parce que la mine est soumise au procédé colloidal*.Ils sont parfaits pour le bureau et la maison.\u201cBrevet Venus exclusif VELVET VENUS PENCIL CO.LTD., TORONTO, ONT.Si vous avez aux alentours de Montréal.\u201c PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR 9363 7662, rue St-Denis, Montréal Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT M.et Mme Jean Désy accueillent le cardinal Tisserand et le Nonce Apostolique.LE CANADA 2RECOIT L'ITALIE E ler juillet dernier, jour de sa fête nationale, le Canada recevait à Rome, dans les jardins de l\u2019Ambassade, les représentants les plus marquants de la société italienne.Mille invités du monde diplomatique, politique, religieux, militaire, industriel et artistique se pressaient Via Mercadante.Cette réception soulignait, en plus de la Fête du Canada, l\u2019élévation de la Légation canadienne au rang d\u2019ambassade et le rapprochement canado-italien.La presse italienne consacra, le lendemain, de longs articles élogieux à l\u2019adresse de notre ambassadeur, S.E.M.Jean Désy et de Madame Désy, deux hôtes parfaits, et signalait particulièrement la place de plus en plus grande qu\u2019occupe le Canada dans le monde occidental.LES CATHOLIQUES ONT REPRIS LEUR PLACE.Suite de la page 18 de la Zone britannique d'occupation en Allemagne.Nous avons enfin, comme catholique éminent, le Grand Maréchal d\u2019Angleterre (titre héréditaire), le premier duc et comte du pays, le Duc de Norfolk.C\u2019est au Duc de Norfolk, en sa qualité de Grand Maréchal, qu\u2019incombe l\u2019organisation compliquée de la cérémonie du couronnement du roi Georges VI, en 1936.Le Due de Norfolk remplit scrupuleusement ses fonctions parlementaires; il assiste fréquemment aux séances de la Chambre des Lords, notamment lorsque le débat porte sur le sujet qui l\u2019intéresse le plus, l\u2019agriculture.II est lui-même agriculteur: pendant la derniére guerre, il était Secrétaire parlementaire du ministre de I\u2019Agriculture.Dans la plupart des branches de l\u2019Administration publique, vous trouverez un très grand nombre de catholiques, dont plusieurs occupent des postes élevés; ils ont formé d'ailleurs une Association des Fonctionnaires Catholiques, qui s\u2019étend de plus en plus.Au Foreign Office, ou Ministère des Affaires étrangères, nous relevons, entre autres, le nom de Sir Robert Lockhart, qui fut sous-secrétaire d\u2019Etat, et celui d'Ivone Kirkpatrick, qui devint sous- secrétaire d\u2019Etat aux Affaires étrangères il y a deux ans et élevé à la pairie.Les catholiques sont également nom - breux dans les administrations municipales dont la responsabilité s\u2019accroît au fur et à mesure que sont mises en application les diverses mesures prévues par la loi sur la sécurité sociale et sur l\u2019éducation.Citons notamment le nom de Sir Patrick Dollan, spécialiste des questions du logement et des transports.Parmi les gens de loi, nous trouvons de nombreux catholiques, avoués, avocats, juges.C\u2019est ainsi que le Maître des Rôles (juge de la Chancellerie adjoint au ministre de la justice) est un ca- | tholique, Lord Greene, comme l\u2019était l\u2019un des juges les plus célèbres d\u2019avant- guerre, Lord Russell of Killowen, mort l\u2019année dernière.La Revue Populaire FORTIFIEZ VOTRE SANTÉ les femmes doivent être Toutes en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.AIDE À ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES nerveuses, Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5\u20ac en timbres et Nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUBREUIL 6901, Ave de Chateaubriand Case Postale, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5¢ pour échantillon du Traitement Myrriam Dubrevil avec brochure.(Pour Je Canada seulement).NOM .n\u2026ononoumvensentancansencentenncan=amnenn=n \u2014 Adresse _.\u2026onsesscoceneancennenncan ent navervsennans VIDE _.u.\u2026onsecseorsaemenenmancanermennennenncernenementeus PROVINCE _.\u2026unsrosenummenreneennennannsen en en anne - bt?a mmr 00 Montréal, septembre 1948 ~ \u2014 \u2014 \u2014 A pour 5 Le DU | | DETÉTE Mal de Tête?Pour un soulagement ra- | pide procurez-vous INSTANTINE.Pour un soulagement sûr procurez-vous INSTANTINE.| Pour un soulagement prolongé procurez-vous INSTANTINE! | Oui, plus de gens découvrent | tous les jours que l\u2019INSTANTINE est une chose qu'il faut prendre pour arrêter le mal de tête VITE! | Car INSTANTINE contient trois in- | grédients médicinaux éprouvés qui apportent du soulagement presque immédiatement.Et la soulagement | persiste! Pour soulager vite la douleur | achetez INSTANTINE aujourd\u2019hui! Anstantine 12 COMPRIMES POUR 25c AVIS IMPORTANT À nos Lecteurs et Dépositaires POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que\u201d notre maison, lo maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS | MAGAZINES, qui sont LE FILM LA REVUE POPULAIRE LE SAMEDI Nous n'avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 Comme on ne peut plus se fier aux pronostics de Dorval, autant s\u2019armer d\u2019un parapluie.E parapluie était un accessoire de grande pompe, chez les Assyriens, réservé à l\u2019usage du souverain.Ce n\u2019est qu\u2019au XVIème siècle que l\u2019Europe en fit la découverte; l\u2019usage du parapluie se généralisa à la fin du XVIIème siècle et au siècle suivant, on frabrique des parapluies de soie que soutenaient de petits bâtonnets faits avec des fanons et baleine, d\u2019où l\u2019expression baleines de parapluie.Quant au parasol, il semble être en usage en Chine depuis un temps immémorial.Le parasol qu\u2019on appelle plus communément ombrelle, était en outre, chez diverses nations anciennes, une marque de dignité.Aussi, dans un grand nombre de monuments peints ou sculptés de l\u2019ancienne Egypte, de la Perse et de l\u2019Assyrie, voit-on les rois entourés de serviteurs dont l\u2019un tient un parasol.De nos jours encore, le sultan du Maroc a seul le droit de se servir d\u2019un parasol qu\u2019on étend sur sa tête, quand il donne des audiences publiques.En Grèce, dans certaines fêtes de Dionysos, de Demeter, d\u2019Hermès, etc, on déployait un parasol au-dessus de la statue de la divinité.Néanmoins, chez les Grecs, le parasol était surtout un objet de toilette féminine.Le parasol grec ne se fermait pas; de plus, au lieu de le porter elles-mêmes, les dames athéniennes le faisaient porter par une esclave.Les matrones romaines suivirent plus tard le même exemple.L'usage du parasol se maintint en Italie après la chute de l\u2019empire, mais, dans le reste de l\u2019Europe, il fut exclusivement réservé aux cérémonies du culte, où il tenait lieu du dais actuel, et, après l\u2019invention de ce dernier appareil, vers le XIIIème siècle, il resta encore longtemps un des insignes de la papauté.C\u2019est à partir du XVIe siècle que le parasol a commencé à figurer, en dehors de l'Italie comme objet de toilette.Il se répandit d\u2019abord en Espagne et en Portugal; puis il fut introduit d\u2019Italie en France par des dames de la suite de Catherine de Médicis.Quant au parapluie, son usage chez nous date seulement du XVIIème siècle: cet instrument ne diffère guère du parasol que par ses dimensions.En outre, à la différence de celui-ci il est également employé par les deux sexes.Notre photo-reporter, Armour Landry a su grouper, comme dans une nature-morte, quelques-uns des plus jolis parapluies DU-VAL, fabriqués par Durable Umbrellas, une mai:on canadienne dont les parapluies se vendent aussi bien en Europe que dans tout le Commonwealth britannique.Au Canada, c'est dans la province de Québec et sur le littoral du Pacifique qu'il s'en vend le plus.Est-ce une mauvaise note pour notre température ou un indice de prudence chez les nôtres ?{Photo DU-VAL) 89 Baignez vos cheveux de Soleil « Couleur! Une Radieuse Couleur.quelle que soit la teinte de vos cheveux .par l\u2019emploi du \u201cMake-up\u201d Hair Rinse Marchand.Faites valoir la teinte naturelle de votre chevelure, accentuez-la ou dissimulez-en les mèches grises.De magnifiques reflets .Chaque Rinse Marchand enlève toute trace de savon et rend vos cheveux plus souples et plus faciles à coiffer.Il fait plus qu\u2019un rinçage au citron ou au, vinaigre, votre chevelure recouvre son lustre et sa couleur.Après chaque shampooing, faites dissoudre le Rinse dans de l\u2019eau tiède et brossez ou versez sur vos cheveux.+ Inoffensif, d\u2019un usage facile à la maison oe Ce n\u2019est ni un décolorant, ni une teinture permanente La couleur disparaît facilement en lavant Neuf teintes magnifiques MARCHAND\u2019S \u201cMake-Up\u201d HAIR RINSE 2 rinçages 15c.5 rinçages 35c P.S.\u2014Si vous désirez blondir vos cheveux, employez le Marchand\u2019s Golden Hair Wash.POPULAIRE \u20ac DOPURAI E coupon d'abonnement : Canada Etats-Unis = Tan co $1.50 lan.$2.00 B 20m.2.50 2 ans.3.50 : O Important indiquer d'une croix s'il s'ag un renouvellement.a : NOM _.uevsscooscenermecnensannemmennçnten=en-aunnnn reorons » = Adresse .eeecercemreecncsmserassosasen: ue = = B Ville rere Prov.cre | » POIRIER, BESSETTE & CIE, Lice 975, rue de Buflion.Montréal, P.Q. Chaussures d'Enfants, \u2026n srancine N Chine et au Japon, les fillettes ont les pieds entourés de bandelettes très serrées, afin que ces pieds restent toujours minuscules.Il est évident que nous n\u2019avons jamais connu chez nous pareil traitement.Il n\u2019en reste pas moins vrai que les femmes, aujourd\u2019hui grand-mères, ont eu jadis la coquetterie d\u2019avoir la taille fine, la main et le pied petits.Pour arriver à ce résultat, elles ont porté des chaussures trop serrées et qui les ont blessées.Les statistiques suivantes en sont la meilleure preuve: Elles nous apprennent que 90% des femmes âgées de cinquante ans et plus, et 85% de celles qui ont de trente-cinq à cinquante ans, se plaignent de quelque défaut dans la conformation des pieds, défaut certainement attribuable au fait qu\u2019elles ont porté des chaussures trop étroites ou trop courtes.Il va de soi que les mamans, qui s\u2019achetaient ce genre de chaussures, s\u2019efforçaient aussi de les faire porter à leurs enfants.Il leur arrivait, quand elles faisaient pour l\u2019un d\u2019eux l'acquisition d\u2019une paire de souliers, de demander au vendeur la pointure des souliers achetés l\u2019année précédente, avec le secret espoir que l'enfant pourrait encore les mettre.Là encore des statistiques précises condamnent formellement cette manière de procéder.Elles nous affirment que le pied d\u2019un enfant de deux à six ans peut changer en deux mois, celui d\u2019un enfant de six à dix ans, en trois mois; quand on a de dix à douze ans, on est exposé à renouveler ses chaussures tous les quatre mois, et tous les cinq mois quand on est âgé de douze à quinze ans.Entre quinze et vingt ans, le pied grandit encore de six mois en six mois.Règle générale, les enfants d\u2019aujourd\u2019hui sont très confortablement chaussés.On peut attribuer cette heureuse amélioration au fait qu\u2019ils pratiquent beaucoup plus de sports que leurs aînés et qu\u2019il leur serait impossible de faire même une longue marche, s\u2019ils portaient des souliers trop courts ou trop étroits.Les sports ont de même contribué à mettre à la mode les grosses chaussures que les jeunes filles portent l'hiver, soit pour le ski, soit pour la marche, et que nos aïeules auraient sûrement repoussées à cause de leur forme sans élégance.Voici quelques conseils très pratiques se rapportant aux chaussures d\u2019enfants: Surveillez la croissance et enlevez à un enfant une chaussure qui le blesse, même si elle est encore toute neuve.Exigez qu\u2019un enfant marche bien droit et sans tourner la pointe des pieds trop en dehors.Non seulement cette démarche est peu gracieuse, mais elle est préjudiciable à la cheville et au métatarse.Ne lui laissez pas porter des bas trop grands qui font des plis à l\u2019intérieur de la chaussure.Faites-lui prendre chaque jour un bain chaud et coupez vous-même les ongles avec soin.N\u2019achetez jamais une chaussure sans que le vendeur n\u2019ait pris la mesure exacte des pieds de votre enfant.Une fois chaussé faites-lui faire quelques pas dans le magasin et faites-le tenir sur la pointe des pieds, avant d\u2019arrêter définitivement votre choix.Veillez à ce que les talons de ses souliers soient toujours en bon état et bien égaux pour que la cheville ne tourne pas.Quand un enfant a été sérieusement malade, n'exigez de lui qu\u2019un minimum d\u2019effort physique tant que durera la convalescence.Enfin, il est recommandé de consulter, de temps à autre, un pédicure, durant la période de croissance d\u2019un enfant, surtout si ce dernier témoigne peu d\u2019entrain pour la marche, la course et les jeux de plein air.Les trois modèles de chaus:ures d'enfants qui illustrent cette chronique sont de la Savage Shoe Co., Ltd., une manufacture canadienne dont les produits se vendent dans tout le Commonwealth britannique et aux Etats-Unis.Ci-dessous, une paire de \u2018'Jumping Jacks'\u2019, pour jeunes enfants.La Revue Populaire NOS VIEILLES FAMILLES Pan Emile Falandeau DALPE M.A.D., rue Dalhousie, Ottawa, Ont.Il y a deux souches différentes des familles actuelles \u201cDalpé\u201d.I] nous est impossible de retracer telle famille à tel ou tel ancêtre, avant de faire une recherche ascendante, par les mariages de vous à votre premier ancêtre.Pas ici, en tout cas, où l\u2019espace nous manque.Voici les informations que nous connaissons au sujet des deux souches de ces familles 1.Jean Delpué (devenu: \u201cDalpé\u201d par la suite) né vers 1648.Il était le fils de Jean Delpué et de Marguerite Delnau, demeurant dans la paroisse de Rodez, capitale de l\u2019ancienne province de Rouergue et réunie à la couronne française par Henri IV en 1589.Rodez est actuellement le chef-lieu du département de l\u2019Aveyron.Le 19 novembre 1674, à Montréal, Delpué épousait une Canadienne : Renée Lorion, fille de Mathurin Lorion et de Jeanne Bisette.Jean Delpué est décédé avant 1691, car sa veuve convolait à la Pointe-aux- Trembles de Montréal, le 9 juillet 1691, avec Jean Le Tellier, lui-même veuf de Marie Gratiot.2.François Delpée, dit St Cerny \u2014 ou Sincerny.\u2014 Il naquit vers 1648, et il était le fils de Jean Delpée et de Jeanne (nom de la mère non mentionné dans l\u2019acte).Il était âgé de 34 ans au mariage et ses parents demeuraient à St Cerny, en ancienne province du Périgord (acte).Dans les Bottins de France on ne trouve pas ce nom de paroisse.(Dans le Département de la Dordogne, formé par les anciens gouvernements de la Guienne et de la Gascogne, nous avons retracé une paroisse de \u201cSaint- Cernin\u201d.) Le 30 août 1682, à Sorel, François Delpée épousait Marie Couc, fille de Pierre Couc et de Marie Met-8-meg- 8-k.MORRIER Mme A.St-0., Victoriaville.Tes familles actuelles du nom \u201cMor- rier\u201d remontent à deux sources différentes.Il est donc impossible de diriger le lecteur vers telle ou telle souche.Il faudrait auparavant faire la recherche en passant par vous, votre père, votre grand-père, votre aïeul, bisaïeul, trisaïeul et ainsi de suite jusqu\u2019à sa souche.Ce serait une affaire commerciale, que nous ne pouvons pas entreprendre ici.Nous vous donnons toutefois les informations des deux souches.Elles se lisent ainsi: 1.Pierre Mourier, né vers 1650, était le fils de Jean Mourier et de Marie Chauveau, demeurant dans la paroisse de Saint-Jean.de Channemet.D.T.Vol.I, page 448.Le 26 avril 1677, à Québec, Pierre Mourier épousait une compatriote; Suzanne Le Valet, fille de Philippe Le Valet et de Blanche Le- court, du diocèse de Lizieux, en ancienne province de Normandie.2.Jean Mourier-dit-Verron, né vers 1630, du mariage de Jean Mourier et d\u2019Anne Caron (nom de l\u2019endroit non mentionné dans l\u2019acte de mariage).Le surnom de Verron signifie fort probablement l\u2019endroit d\u2019origine.Il y a deux paroisses de ce nom: Véron, dans le département de l\u2019Yvonne et Verron, dans le département de la Sarthe.Le 29 octobre 1678, en l\u2019église de la Sainte-Famille, en l\u2019Ie d\u2019Orléans, Jean Mourier épousait une Canadienne, Marie Minaud, fille de Jean Minaud et de Jeanne Caillé.Un drame ensanglanta cette famille, le 27 décembre 1682, alors que deux enfants furent brûlés à mort dans la maison de leurs parents.: Jean Mourier s\u2019éteignit à Saint-Jean, Ile d\u2019Orléans, et fut inhumé, le 18 août 1705, à l\u2019âge de soixante-quinze ans.FORGUES M.Y.F., Montréal.Les origines de votre famille se résument ainsi : Jean-Pierre Forgues dit Monrougeau (ce surnom proviendrait du fait qu\u2019il devait avoir la figure ou les cheveux roux).Jean-Pierre Forgues faisait partie du régiment de Carignan.Comme on le sait, les cadres du régiment de Carignan étaient formés par des cadets de grandes familles françaises.Jean-Pierre Forgues était dans la compagnie La Durantaye (Le Régiment de Carignan, par Roy et Malchelosse).Né en France, vers 1635, il était le fils de Jacques Forgues et Catherine La- molle, paroisse Saint-Jean, ville de Montréal-des-Rivières au diocèse de Comminges (département actuel de la Haute-Garonne).Le 16 octobre 1668, à Québec, J.-P.Forgues épousait Marie Robineau, veuve de Jean Robert.Du mariage Forgues- Robineau naquirent cinq enfants: trois garçons et deux filles.Votre premier ancêtre décéda à Saint-Etienne de Beaumont, où il fut inhumé le 30 mai 1703.BAZINET Mme C.B., Ottawa.La souche de votre famille se lit ainsi : Antoine Bazinet dit Tourblanche, (ce qui signifie tout simplement qu\u2019il était soldat), né vers 1644, du mariage de Jean Bazinet et de Marguerite Dussault, paroisse de Saint-Antoine-de-la-Tour- Blanche, diocèse de Périgueux.A Montréal, le 6 août 1647, Antoine Bazinet épousait une Canadienne, Françoise Jannot (Jeannotte actuel), née le 21 janvier 1658, à Montréal, de Marin Jannot dit Lachapelle et de Françoise Besnard. = id 3 Montréal, septembre 1948 gi - Dovez tranquille \u2014 avec les Davage Pour des formes correctes, un bon usage, une belle apparence et une réelle valeur, les mères exigent partout des Chaussures par Savage.ia ES M EE Vous trouverez des Chaussures Savage dans les marques ci-dessous bien connues: RESEARCH HURLBUT SANDY SAVAGE JACK & JILL MICKEY MOUSE RED SCHOOL HOUSE = PRESTON, ONTARIO Les jeunes .m n \u2014 1AT1C0S les plus heureuses ont Île désire de tout son coeur .+» à la mariée ce qu\u2019e de l\u2019argenterie Community qui symbolise l'hospitalité - - - le cadeau qu\u2019elle gardera précieusement, pour toujours.t distinguées, durable, Aux lignes gracieuses \u20ac Community est, par tradition, un heureux début dans un nouveau foyer.Votre marchand vous montrers la fameuse Couche Supplémentaire d'argent massif durable, x modèles Community, à des prix pour être .Donnez - Jes quatre beau: modiques- Comme cadeau utile.fière quand vous recevez., choisissez un seryice d\u2019argenterie complet dans les modèles Commumity! ; : (Pas de Tage d'Achat} \"; Si c\u2019est Community*.- - c\u2019est de bon gout! QUI SOIT = «+o + ONEIDA C ic da GL OMMUNITY, LIMITED NAG ly ice ARA FALLS, C , CANADA *MARQU ES DEPOS EES D'ON EIDA LTD.DROITS RESERVES 1948 ONE IDA LTD - of "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.