La bonne fermière et la bonne ménagère : revue de l'école et du foyer, 1 mars 1932, Mars
[" : a 63 \"oo ANNÉE-\u2014No 345 SIx MOIS OÙ TDR soe i Pa 3 La \u20ac toi et onne Menager ENREGISTREE » REVUE DE L'ÉCOLE ET DU FOYER ORGANE DES CERCLES DE FERMIÈRES ET DES ÉCOLES MÉNAGÈRES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC tel \u201cLe Labour\" dans I'lle d\u2019Orléans, par Charles Huot.Ce tableau ge trouve au musée national à Ottawa.ee re rire rer = \u2018 £ ÉDITEUR\u2014PROPRIÉTAIRE: LA PETITE.EPARGNE NATIONALE, LIMITÉE force Quemec Power Quésec, CANADA x; Les Ecoles de Coupe et de Couture du Bp va de l'instruction Publique \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 CES COURS SONT GRATUITS | 4e _.Le Département de I'Instruction Publique de Québec, § par son \\ Service d'Enseignement ; Ménager, ait donner ds ours gratuit de coupe et de couture à travers La Province durant bu oo ou dix mois chaque année.Ces cours, à la foi théoriques et démonstratifs, ont pour but d'aider les faille de Ia ville et dé Ia campagne à réaliser des économies sur le vêtement et la lingerie domestiques.Les mères \u201cde famille et les jeunes filles qui apprennent à coudre épargnent de cent piastres à trois cents pases chaque année en tant en confectionnant de leurs propres maine leur Hingere per sonnelle, celle de leurs familles et des personnes qui dépendent de lear protection, _ Les femmes qui ont appris à tailler et à coudre savent mieux ; quand cles y dint obligées, et peuvent mieux choisir en tenant compte de la qualité des tissus et de la valeur de la : \u201cconfection.3 encore cles évitant den errors d'aenis0t ét des sig qu'a pen vent utiliser pour d'autres besoins.Ps ue D 2e ; Fs : Les MattressesCouturières di Service de l'Ensigrenènt Ménager: aù Dipastement de iE l'Instraction Publique, interprètent les modes actuelles en tenant compte des conditions écono- ; Re.miques locales.Plusieurs milliers de personnes ont suivi le leurs leçons, depu depuis trois ans, ans, et toutes .\u201c+ affirment que cet enseignement leur a été d\u2019un prix inestimable.e.Les cours donnés sous sous J'autorité : EE du Département de l\u2019Instruction Publique sont de deux sortes: cours dhrégés vu spéciaux dune ia \u201c aæmaine, et cours complets de seize à dix-huit leçons.Ces cours sont gratuits.; C Pour obtenir es cours de couture gratuit l faut en faire la demande, en en fourrissant 1a 5 liste d\u2019au moins vingt personnes qui s\u2019engagent 2 les suivre et en assurant au Département de - f'Tüstruction Publique que la salle, dûment meublée et aménagée, sera fournie gratuitement par 2e al localité ou la a paroisse intéressée.on peut adresser toute e communication à ce ® Sujet, 2 au: Service de L'Enseignement Ménager - Depa rtement de l'instruction n Publique.; rx EC LA BONNE FERMIÈRE ET LA BONNE MÉNAGÈRE 1 Département de l\u2019Instruction Publique bei de la Province de Québec AUX ÉCOLES, COUVENTS ET ACADÉMIES QUI DEMANDENT UNE SUBVENTION COMME ÉCOLES PRIMAIRES MENAGERES L\u2019enseignement ménager est inscrit au programme d\u2019études comme matière facultative à partir de la troisième année jusqu\u2019à la sixième année inclusivement, et comme matière obligatoire pour les septième La majorité des couvents voulant se prévaloir de la subvention, que le Gouvernement de cette Province a accordée jusqu'ici aux maisons d'éducation qui ont donné des cours ménagers, le Surintendant de a r Instruction Publique veut bien continuer d\u2019accorder cette subvention aux conditions suivantes :\u2014 A \u2014L'institution subventionnée devra avoir une maitresse d\u2019enseignement ménager munie d\u2019un - diplôme ou d\u2019un certificat de compétence de l\u2019une ou de l\u2019autre des institutions suivantes: Institut Pédagogique de la Congrégation Notre Dame de Montréal; Ecoles Ménagères Provinciales de Montréal; Ecole Ménagère Régionale des Ursulines de Roberval, Lac St-Jean; Ecole Normale Classico-Ménagère de St- ~~ Pascal, comté de Kamouraska; Ecole Ménagère (anglaise) du Collège Macdonald, Ste-Anne-de-Bellevue, \u201c\u2014 comté de Jacques-Cartier; Ecole Ménagère Régionale des SS.Grises de la Croix de Montebello, comté de © Papineau; Ecole Ménagère Régionale des SS.de la Présentation, Sutton, comté de Brome; Ecole Ménagère \u201c- Régionale des SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie, Ste-Martine de Châteauguay; Ecole Ménagère Régio- _nale des SS.Grises de l\u2019Hôpital Général de Montréal; Ecole Ménagère Régionale des SS.de la Providence, Ste-Ursule de Maskinongé; Ecole Ménagère Régionale des SS.du Bon Pasteur, St-Georges de Beauce; - École Ménagère Régionale des SS.de Ste Anne, St-Jacques-l\u2019Achigan, comté de Montcalm; Ecole Ménagère Régionale des SS.du St Rosaire, Mont-Joli, comté de Matane; Ecole Ménagère Régionale des SS.de L'Assomption, Nicolet; Ecole Ménagère Régionale des SS.de la Charité de St- Louis, Loretteville, comté de Québec; Ecole Ménagère Régionale des SS.de Ste-Croix, Nominingue, comté de Labelle; Ecole Ménagère \u2026 \u2018spéciale des SS.de Notre-Dame du Perpétuel-Secours, à St-Damien de Bellechasse; Ecole Ménagère i Régionale des Filles de Jésus, Cap-de la-Madeleine, P.Q.B\u2014 Recevoir, en tout temps jugé nécessaire par le Département, la visite de l\u2019Inspecteur de l'En- - seignement ménager et se conformer à la direction de cet officier: état indiquant comment la subvention à été employée; © D.\u2014Suivre le programme adopté par le Conseil de I'Instruction Publique et faire profiter toutes les élèves, externes comme pensionnaires, des cours ménagers.Il est même à souhaiter que les élèves des classes C.\u2014Faire an Directeur de l'Enseignement ménager un rapport général annuel accompagné d\u2019un inférieures au cours moyen bénéficient de cet enseignement.La subvention qui est de $200.par année, durant les dix premières années et de $100.par année pour les dix années subséquentes, sera répartie comme suit: une moitié pour aider à payer le salaire de la direc- _ trice ou du professeur d'enseignement ménager; l\u2019autre moitié pour acheter ou entretenir le matériel requis \u2018aux cours d'application pratique.Aucune partie de la subvention ne doit être employée pour la réparation, \u201cla transformation ou la construction des bâtisses.; \u2026 CYRILLE-F.DELAGE, Eire TES LATE ce ri ode i de PI truction P bliqu 2 Sud mes = #u + rn mt PTI ope \"7 wit æ 4 -.zd } tes, oem age 1 da era Hp HRM Le 4 oe Reid Ir ee ave IG J 23 oF py nd ed ve vas ar so\u201d gt Fag, Se pes wa aids eI wi wk + i we ik be hes Eo Sgr ® JE aps 57 ue 4 oe Ai a ah TO ov iy ven, Ty 25 SE Reg is a ! s a, ae A \u201cge Pre da i Th a] llr Bl + SE i mm ia join ise hi a LE se id {id prot Ag Bw be À, a ki wr % sa Fan Pi We sa à SE Wa 4 i \u201c1e, 4 \u2018 ; a Xe acte «se, qe Kor # #5; oh LE ROCHER ET LE VILLAGE DE PERCE LA GASPESIE \u201cIl n\u2019est pas de pays, pas d'endroit sur la terre Où souffle un vent plus pur, où vit plus de beauté.\u201d (Blanche Lamontagne-Beauregard, \u2018Ma Gaspésie\u201d) _J| \u2014\u2014| ter eo rt rt 0 EE A =\u201d \u2014\u2014\u2014 fm we afl LA BONNE FERM ERE ET LA BONNE MENAGERE Administrateur : EDOUARD MARCOTTE Chambre 300 Édifice Québec Power Québec, Canada Education familiale, Economie domestique, Agriculture, Epargne, Sociologie et Littérature.ENREGISTRÉE Directeur: ALPHONSE DESILETS 18, rue Ste-Famille Québec, Canada Téléphone 2-1014 13ième année, \u2014 No 3, 4 et 5 \u201cFaire aimer l'existence en la rendant meilleure.\u201d À la gloire d\u2019une Éducatrice rifié, c\u2019est celui du dévouement à l'éducation de l\u2019enfance.Mère _St-Raphaël, fondatrice et première supérieure de l\u2019École Ménagère de Roberval, au Lac-Si-Jean, fut l\u2019initiatrice de l'éducation familiale en notre pays.Voulant imiter le geste héroïque et généreux de la fondatrice de son Ordre, la Vénérable Mère Marie de l\u2019Incarnation, Mère Si-Raphaël quitiait le Vieux Monastère des Ursulines de Québec, au mois de mai 1882, avec six autres ursulines, pour ouvrir à Roberval la première École Ménagère Agricole du Canada.Elle n\u2019ignorait rien des misères et des épreuves qui l'aitendaient dans cetie mission lointaine, alors, et sûrement difmicile.Mais elle était courageuse, enthou- siasie, el convaincue de l'utilité de sa mission.Par sa confiance en Dieu et par son énergie personnelle, elle devait réussir l'œuvre entreprise et la voir fructifier.En effet, celte mission de Mère St-Raphaël, à Roberval, était la réalisation d\u2019un besoin urgent à cette époque: la formation d\u2019une élite de femmes, instruites de leurs devoirs d\u2019épouses, de mères de familles, de ménagères parfaites et de collaboratrices utiles aux travaux du colon, du cultivateur el de l\u2019ouvrier.Ceite éducation professionnelle de la femme, dès l\u2019école, avait préoccupé les éducateurs religieux et laïques depuis longiemps au Canada fraiiçais.Mais, c\u2019est surtout vers 1880, alors qu\u2019un grand mouvement de réveil national s\u2019effectuait dans notre Province, que les autorités civiles et religieuses résolurent de perfectionner notre sysième éducatif.Ils voulaient ainsi préparer des générations nouvelles plus éclairées, des ouvriers plus compétents, des agriculteurs plus renseignés, des artisans plus consciencieux, et, leur donner des collaboratrices précieuses par leurs habitudes d'ordre, de savoir-faire, d'économie et de prévoyance.On comprend déjà que l\u2019idée des écoles ménagères venait de naître.Mère Si-Raphaël, ursuline de Québec, fut chargée de tenier la première expérience à Robersal.Elle se traça un plan d'action et son programme d'éducation et d'instruction ménagères attira des milliers de Jones filles à l\u2019École Ménagère Agricole du Lac-St- ean.Les services rendus, pendant les vingt premières années, à la région du Nord, par celle institution nouvelle, furent si éclatants et si nombreux dans toutes les classes de iu société que, plus de quinze communautés enseignantes de notre Province, et plusieurs instituts de Belgique, de\u2019 France ei des Etats-Unis, vinrent se S IL y à un genre de féminisme qui vaut d'être glo- renseigner à Roberval sur le programme et les méthodes de la première École Ménagère canadienne.Puis l\u2019on vit naître chez-nous les écoles ménagères de St-Pascal, de Montréal, de Sutton, de St-Damien, de Montébeillo, de Sie-Martine, bientôt suivies de plus de 150 autres, distribuées dans tous les comtés de la Province de Québec, Aujourd'hui, 40,000 jeunes filles reçoivent une formation technique ménagère qui en fera des femmes, des épouses, des maîtresses de maisons habiles, économes, soigneuses et parfaitement distinguées.Le Département de I Instruction Publique de Québec a tracé un programme d'économie domestique et rendu obligatoire l\u2019enseignement ménager dans tous les cou- venis et académies de jeunes filles qui sont sous le contrôle du Conseil de l\u2019Instruction Publique.Les écoles ménagères supérieures et les écoles primaires ménagères sont dirigées et subventionnées officiellement._ Il y aura cinquante ans cetie année que la première École Ménagère a été fonsiée au Canada.Cet anniversaire donnera lieu, à Roberval, à des fêtes grandioses.Les anciennes élèves de celle maïson se soni groupées en comités régionaux, sous la régie d\u2019un Comité général, afin d'assurer le succès des Noces d'Or de leur Alma Mater.Cette célébration revêt une importance Dius grande encore si l\u2019on songe qu\u2019elle sera la commémoration d\u2019un mouvement éducationnel nouveau, et qui servit d\u2019exemplaire non seulement à tout le pays mais même à l'étranger.Aussi bien les autorités religieuses et civiles en matière d'éducation, des Evêques, des Ministres, des députés, des éducateurs et des éducatrices en grand nombre, ont accordé leur généreux paironage a celle célébration.Un accueil vraiment familial, une hospitalité généreuse, attendent les anciennes qui reviendront, le 20 juin prochain, vers I\u2019 Alma Mater si chère au cœur de toutes.Cette grande féte de famille sera d\u2019autant plus joyeuse el réconforlante que les anciennes s\u2019y retrouveront plus nombreuses.Nous devons ce témoignage de gratitude à l'affection, au dévouement infatigable, de nos éducatrices les Ursulines de Roberval.Et pour leur prouver notre reconnaissance nous voulons leur offrir un présent à la fois pratique et durable.\u2019 Maintenant, on peut se demander pourquoi nous aitirons I altention publique en général sur ce qui sera célébré, au monastère et dans la ville de Roberval, en juin de celte année.Québec, Mars, Avril et Mai 1932 v fa CG cale 5 em ; À # Re a ae 1 4 He dé ré ST yin w .I .SR Yigg bia _ Lo E 5 # NE 4 La 30NNE FERMIRRE BT LA BONNE MENAGRRE i È TT 2 Es ik > = 2 = Bai in tt 2 Her, sn 3 | Voici notre réponse.Elle est celle des éducateurs, des .Or, nos écoles ménagères n'ont pas d'autre bui que | sociologues, et même des économistes qui sont au fait de d'enseigner aux femmes de demain ce qu'il faut savoir la situation présente.Nous ne faisons que rapporier et faire pour bien conduire sa maison.Les hommes ~~.ce qui est constaté chaque jour dans la moyenne de nes\u2019 : \u201c réfléchis, les maris sérieux recherchent ces femmes dé familles, el ce que nous onl avoué des centaines dob- lite.Ils les attendent de nos maisons d'éducation.Et \u2014 servateurs dignes de confiance.les jeunes filles qui ont poursuivi des études sérieuses Quand le bon-sens, le.modération, l\u2019équiiibre el le dans nos écoles ménagères, et qui son! munies des con-\u2026\u2026\u2026 savoir-faire d\u2019une femme, s'ajoutent à l'esprit d'ini- naissances requises en économie domestique, peuvent | : tiative et à l'énergie de l\u2019homme, la famille jouit d'aune Agurer avec autant d'avantages à la cuisine quay salon, : | + aisance qui peul être modérée, mais qui n\u2019en est pas à la machine à coudre qu'au piano, à là Isngeris qu'à\" 1 | moins réelle et constante.Dans les foyers où règne une la salle de banquet.20° SE 1 4?I femme consciente de tous ses devoirs et qui sail les oo Notre Ecole Ménagère des Ursulines de Roberval fut 6 ; accomplir en temps el lieu, il est bien rare qu\u2019on me la première à donner aux jeunes filles du Canada cette | b trouve pas la paix ei le bonheur de vivre.Nous savons éducation privilégiée.Mère Si-Raphaël, qui en.fut.des familles nombreuses où les revenus sont bien limi- l'imtrairice, à bien mérité de son pays.Son œuvre pré jf tés; pourlant on n\u2019y croise jamais la gêne ni la misère.sente un inlérét qui déborde les (imiles de son temps et C\u2019est que, dans ces foyers, la mère et ses filles sont - de sa province.En rappelant ses mériles nous aitt ; femmes ingénieuses, averlies, lravaillantes, actives.rons [attention sur une gloire canadienme-française.C\u2019est que ces femmes, insiruites dans des écoles ména-.L'écrivain de chez-nous, qui vient de publier l'histoire gères, savent coudre, cuisiner, lever, repriser; c'est que \u201cde sa vie ei de son œuvre, aura proclamé avec raison que.À parfaitement renseignées sur la conduite du ménage, \u201céelte humble religieuse est \u2018une grande Canadienne\u201d.elles savent prévoir el choisir, c'est que leurs achats sont Nous voudrions que toutes nos compatriotes de la + brofitables, leur travail manuel rémunéraieur et écono- Province de Québec s'unissent pour lui rendre, en juin : mique.En vraies reines du foyer domestique, ces fem- : \u2026 brochain, un juste hommage de reconnaissance \u201cAr | mes savenl gouverner leur vie quotidienne de façon à: tionale.= ~~: on { | rendre profitable chacun de leurs talents et chacune de in, or Cb leurs connaissances ménagères.Celles qui ont à leur emploi des serviteurs ont raison plus que tout autre ; de savoir travailler si elles veuleni que le sereice soit ~~ une économie de forces el d'argent.Le i Pillage et Duperie ; \u201cLA VIE Da MBSE SAINT-RAFHARL pat M.2.LA Le directeur de l'enseignement ménager, M.Alphonse.Phonse Desilets, avec une préface de 1! n Cyrille-F.De- Désilets, met nos ruraux en garde contre les touristes améri- \u2018lâge, surintendant de l\u2019Instruction pyblique, forme un beau ; cains qui viennent rafler chez nous, à vil prix, les vieux meubles, les vieux ustensiles de cuisine et la vieille vaisselle qui sont pourtant de véritables trésors, dont ils ont hérité avec la maison ancestrale.: Beaucoup de ces meubles et de cette vieille vaisselle qui ~~ = exercent tant d\u2019attraits chez les antiquaires américains, et.qu\u2019ils se procurent parfois pour une bouchée de pain, furent °° transportés de Normandie et de Saint-Onge avec nos premiers colons.Ils ont été transmis dans une même famille, \u201cvolume de 168 pages, illustré, et se vend au prix de $1.00 \u201c pour l\u2019édition ordinaire, et $2.50 pour l'édition de luxe reliée, | Cet ouvrage se vend $9.00 à la douzaine, ou $60.00 par cent de génération en génération, jusqu'au jour où, découverts (Cot par les touristes, ils étaient promptement brocantés et expé- ix mirobolants.\u2018 est dans nos vieilles c'est dans les villages ga des C geables.d\u2019échanger pour des meubles sortant flambant neufs de la fabrique et une vaisselle complète, mais de qualité quelcon que, un vieux bahut ou une soupière du 17e siècle.08 Plusieurs associations nationales ont entrepris une cam- gne afin d'éclairer nos ruraux sur la valeur des richesses ~~ FTUVERLEUL OU SUIVTE CCS COMIS.ie les institutrices possédant un diplôme d\u2019 conserver.Ce qui fait le charme de tant de foyers à la cam- mai SEs me a pagne, ce qui les distingue et conserve leur caractère propre, c\u2019est tantôt l'horloge ancienne, c\u2019est tantôt ce litmonumen- - 5 5 \u201cLes institutrices qui auront suivi ces cours ét istoriques qu\u2019ils possèdent et qu'ils devraient pieusement tal et profond, c\u2019est tantôt Je vaissellier massif ouvré par les artistes de jadis, c\u2019est tant de vieilles choses.\" Plusieurs manoirs heureusement ont conservé leur cachet.On a eu soin d\u2019y garder les meubles venus d\u2019une autre époque et chère à notre souvenir: Ces manoirs sont protégés contre la convoitis et le peu de scrupule de beaucoup d'étrangers.Il s\u2019agit dé protéger et de défendre tous les foyers de la campagne contre ce vandalism diés à New-York, Boston ou Chicago où ils commandaient 2 5 roisées \u2018du bas Saint-Laurent, = iens, c\u2019est même dans l\u2019Ile Bonaventure que les incursions des chercheurs furent domma- La plupart de nos gens étaient heureux souvent isme d'un nouveau = A ment ménager aux institutrices du 4 au 15 juillet ._\u2026 Rétribution demandée: $10.00.ième année, à passer des examens qui leur donneront | ÿ Régionale) donneront des cours abrégés d'Enseigne= ! d\u2019application dans une classe ménagère seront admises, la mond Miguet, et à laquelle étaient mtteniiges: HD a EEE, ever ui TA.due axles régitièré du Colt \"de Fermitres à Péribonca, tenue le 5 mars, sous la de Mme Éd- tes: Mmes Jean > praia Med ca Shag ts toe = conseilleres; Joseph Potvin, bi .Eva Bouchard, sec.-trés.et & provinciale, \u201dFyrent adoptées plusieurs utions qui dénotent le grand intérêt que nos fermières prennent à cultiver chez les jeunes \u2026 filles de chez-nous le goût des travaux et arts domestic ues et tout ce qui est de nature À assurer la prospérité de la deasique oi faite à M.le Directeur de ces cours.des npkrations de -eoupe fermières et : anciennes dès \u2026 de cartes dont les recettes seront ea y aura chants etle C fileuses.thier, Elie Bergeron, lothécaire-ectic et Mile formant quorum: wee oo ce Madame Onésime Peiohet; | Lectrice; Madame Ernest Blais, Sec.-Trés; Jeudi, le 3 mars, nous avons en notre assemblée régulièté - sous les auspices de Mme Honoré Loubier, toujours bien accueillante, et tout en se réunissant on en profita pour fui rendre un petit service; la journée se passa agréablement à échiffer et à faire des carreaux pour couvre-pieds dans du Vieux linge de lainages, journée pratique et de bel exemple qui s\u2019y trouvaient assez ses, sur 21 pour les jeunes, membres qui font partie du cercle, 19 étaient présentes.On.- fit en même temps la rafie d\u2019un sucrier, don de Mme la Présidente et qui fut gagné par Mile Estelle Rousseau.Le succès dépassa espérances.Merci à toutes.La réunion se tér- Tout en étant fidèles à notre devise: \u201cPar la Croix et Ia *, nous travaillons la main dans la main et si nous ; rencontrons des difficultés nous savons les surmonter grâce - SH _ &la bonne entente et à l\u2019union qui caractérisent notre cercle.Co et couture soiest Fu Surintendant de l'Instruction es 2 Ursufines de Roberval os 8 vanissent et rivalisent de zèle pour l'organisation d'une partie ih : ete Pers ; \u201cA WU 3 sa en plus un con ; 19 Mars 1932.2 + Mme ONGSIME PELCRAT, B.Lerue pe de cites Aucune crainte, 1 om en ur Do fidéle a sa devise.Prière, union et labeur\u2014oui, prière fer- i vente, union intime et labeur incessant.I1 est vrai que nous 4 N'avons pas d'actions éclatantes à relater mais il me fait ps dti don Va, ja ne rite a dT, que nous oornmes plus Jarnale \u2018ose dire, puisque nous \u2018travaillons pour la terre et le foyer tout en travaillant pour Dieu et nos enfants.Au cours du mois de Février, ue un peven retard, nous ee ne Honoré Loubier, ävons fait l'élection des te cédant sa charge, les membres ont fait une lui offrir un petit cadeau, surprise qui était un - collecte pour ; service à fruits et service à sorbets en cristal vert pale et qui : de Qu IA remerci en TE, he au nom de toutes.L'élection donna le résultat suivant: Madame Treffié Blais, présidente; Madame Honoré Lou- oo Plot ten.Lint L A Mit une.7 wente de travaux manuels pour le mois de juillet.1sept.: .| œ remerciai pour la générosité apportée à cette vente et - \u201cJ'en fis connaître les recettes et les dépenses.En sept.aussi, Ce une de nos fermières nous quittait pour entrer dansla vie.5 aus, emportant nos meilleurs souhaits et un petit sonne ne pouvait plaider gnorance).Le 17, c'était notre.Exposition\u2014soit dit sans orgueil, nous eûmes notre partde de mentionner les petites activités déployées au cours -, de 1931.Une assemblée a eu lieu à tous les deux mois, et j\u2019in- __ sistai chaque fois sur l\u2019assistance des membres, tolérant \u201c- dant les raisons valables des absentes.En mars, je faisais \u201clecture d'une lettre intéressante de Mlle Vaillancourt\u2014nous \u2026, faisions quelques changements su sur la liste d\u2019exposition= \u201d supprimant les tricots fil section ouverte des nappes de Lots oe To: Une nouvelle.ce placés par les coussins\u2014.fermière prenait pla nos rangs.À l\u2019assemblée de mai, - il fut décidé que nous prendrions part à l'Exposition de Qué- J ; bec a nôtre fut de au 17 septembre, Nous ible aux questions | au sujet 7 de l\u2019Agriculture.projeta une.cadeau\u2014 souvenir, comme c\u2019est l\u2019habitude.chez nous.Je succès\u2014le public pouvait apprécier la culture, les conser- ; ves, les travaux du métier, couture, broderie, Tatgommatage \u2018 4 \u201c Les jugements furent portés d\u2019après une grande expériencé Exposition (per- 08 Messieurs les Juges et Mile es : : | firent des des tent compte en cherchant Po ORO at d'es tenir tent compte = ea heat | i i | | T 8 La Bonne FERMIRRE BY LA BONNE MENAGRRE l\u2019amélioration dans la culture comme dans les travaux mal\u2019invitation aimable et pressante de -Xavier nuels.8 Fermières ont pris part à l\u2019 ition du comté sur En novembre, je fis appel pour les cotisations payables ati * ler déc.Le 24\u2014c\u2019était une \u2018\u2018partie de cartes\u201d\u2019\u2014afin de mettre quelques sous dans notre petite caisse dépouillée.En Janvier, j'offris mes souhaits à mes consœurs; et je lus la réponse donnée par M.le Curé, notre aumônier, à l'offrande de nos vœux de bonheur.Lecture aussi fut faite de la lettre de Mlle Vaillancourt, contenant bons souhaits et choses intéressantes.Ce jour 12 nous souhaitions la bienvenue à deux nouvelles Fermières et avons parlé longuement des travaux d\u2019exposition et d\u2019une vente de travaux manuels, comme l\u2019an dernier\u2014Puisse-t-elle avoir du succès! Nous nous quittions ensuite avec invitation d\u2019être présentes à la prochaine.EVANGÉLINE PoULIOT, Présidente.Au Cercle de Fermières, Grandes Bergeronnes RAPPORT DES TROIS PREMIERS MOIS Notre Cercle a pris naissance fin de décembre 1931 (27).C\u2019est donc dire qu\u2019il est bien jeune.Probablement le benjamin de tous.Cependant ses membres, au nombre de 60, sont très heureuses de faire partie de la grande famille de ces aimables Cercles et les saluent bien cordialement.Co Le 27 décembre 1931, à une assemblée générale, sous la présidence de notre Curé, Rév.J.Thibault, qui a bien voulu accepté d\u2019être notre Aumônier, ont eu lieu les élections de notre bureau de direction au scrutin secret :\u2014 0 Madame Charles Lapointe a été élue présidente et.conseillère provinciale; Madame Victor Guay, vice-présidente; Mile Lydia Thibault, sec.-trésorière; Mlle Antonia Tremblay, bibliothécaire; Directrices: \u2014 Mesdames Louis = Brisson, Edgard Desbiens et Albert Simard.od Notre Cercle ne compte donc rien d\u2019intéressant que ses débuts qui promettent beaucoup cependant.eT Le 9 février, conférence de Monsieur l\u2019Agronome L.Lan.gevin qui nous encouragea dans la préparation du programme de l\u2019année et dans la participation de chaque membre pour son bon fonctionnement.Plusieurs concours ont étéorganisés.En particulier: un grand concours de jardins auquel il sera donné au moins $40.00 en prix.Trois autres petits concours ont aussi: été organisés pour encourager notre programme de l\u2019année et nos réunions:\u2014 CL = Avril: tapis de tous genres, Juillet : tricots.LS HTH Septembre: Conserves.: Spe En terminant je souhaite donc bon courage et succes à tous nos membres.Pr prior: LYDIA THIBAULT, Sec-trésorière.Le Confrère | x Cette anecdote a eu pour théâtre un restaurant des boulevards inaccessible aux petites bourses.; ; ! i LG Un monsieur et une dame venaient de déjefiner eornéctement, sans plus; le garçon présenta une addition de 200 fr.ce oF Le monsieur fit appeler le gérant: \"Se CE co \u2014Allez dire au patron qu'il me fasse les prix doux, je suis un confrère.Quelques minutes plus tard, le gérant revient avec une nouvelle addition: 100 francs.: 5 ee Le monsieur sourit et pays.LARGES Et comme le gérant lui demandait: i: \u2014Quel établissement dirigez-vous?|.\u2026 .: \u2014Moi, répondit-il, mais.aucun! \"1 72 \u2014 Mais vous m\u2019avez dit que vous êtes un confrère ?\u2014Oui, je suis un voleur, comme vous.\u201c Fleurs de Silence et de Solitude 1 MES ma a Un nouveau manuel de flore canadienne Par Ie R.Père Louis-Marie, 0.CANS son Histoire des Moines d'Occident, Montalem- bert a rapporté que les sciences métaphysiques, naturelles et exactes, se sont élaborées en dans les clottres d\u2019abord.C\u2019est dans la solitude des cellules, dans le silence des bibtio- thèques monastiques, dans les ermitages de la Grande-Char- treuse, que les religieux de Saint-Benoit et ceux de Saint- Bruno ont conçu patiemment les systèmes sur lesquels s\u2019échafaudent et se superposent depuis douze siècles, toutes les spéculations du génie moderne.La méditation dans l'isolement explique mieux que la paresse et que la nécessité passagère le fondement des lois qui sont la clef de nos connaissances humaines.Tant il est vrai que nos temps n'ont rien inventé qui ne fut découvert en principe et connu bien avant nos applications de modes si variés.Tant il est vrai aussi que l\u2019agitation, l\u2019énervement et le bruit n\u2019ont rien produit d'utile et de durable et que len œuvres de génie sont nées d\u2019une longue patience.on Aussi les sciences naturelles, et notamment 1a botanique, ont vu le jour entre les mains des herboristes silencieux de l\u2019antiquité.Elles se sont développées par la recherche et l\u2019observation des moines, perdus dans la solitude des forêts de la Gaule et de la Germanie.Toute la flore européenne avait été cueillie, et classifiée dans les monastères, avant que Linné en Suède, ou Jussieu en France, ou Ehrhart et Humboldt en monde végétal._ Au Canada, ce sont encore des chercheurs patients et silencieux qui nous ont recueilli les trésors que la Providence fait surgir du sol vierge et cultivé.Parmi eux, les Provancher, les Marie-Victorin et les Père Louis-Marie, sont des prêtres ou des religieux voués à l\u2019éducation de la jeunesse.Leur exemple entraînera-t-il quelques nouveaux disciples, quelques Jeunes savants de demain, vers la gloire d\u2019édifier des œuvres méritoires pour l\u2019avancement des sciences et le bien-être de l'humanité ?| Se des oiqu\u2019il en soit, les ouvrages comme la \u201cFlore-Manuel\u201d du Père Louis-Marie constituent une mine précieuse de connaissances dont profiteront les chimistes, les apothicaires, les teinturiers, les horticulteurs, les fleuristes, les ingénieurs forestiers et tous les agronomes pour qui le moindre brin d'herbe doit être objet de soilicitude.Ea upa t avec méthode, récision et clart § les , ai 4 végétales de n notre sol ee Pare Louis-} ni Jar aly | piste, a fait ceuvre de savant.Dans sa modestie de religieux il n\u2019a eu de plus chère ambition que d\u2019être utile à ses élèves en agronomie.Mais nous savons que déjà son ouvrage a Été Étudié avec soin par les dirigeants de l'instruction publique, et qu\u2019on a pressenti l\u2019importante étendue des services qu\u2019il F difficile rendra en matérialisant le contact d\u2019une science \u2018 avec les applications pratiques dans nombre de domaines.N.B.\u2014La \u201cFlore-Manuel de la Province de Québec\u2019, par le Père Louis-Marie, O.C., est en vente au prix $1.l'ex- __emplaire, ou $9.00 la douzaine, chez les li get 2 Ins, -titut Agri à d\u2019Oka, La Trappe, comté des Deux-Mon- pu RE ES NE EL TEE Fa A A A Ly au sein des foules LA BoNNs FEnurère ET LA BONNE MÉNAGÈRE 9 NOTRE MAITRE LE PASSÉ \u201cC'était Anne de Bretagne.\u201d Par Alphonse Desilets (Droits réservés) est, nous raconte Anatole LeBraz, une vieille superstition bretonne qui défend d\u2019occuper une maison neuve * avant qu'une personne amie en ait franchi le seuil et prononcé, devant le brasier ardent, des paroles de bon présage.: La chaire d'histoire de la Société des Arts, Sciences et Lettres est une maison neuve, et le conférencier de ce soir eût hésité à en franchir le seuil si l\u2019accueil généreux de son président n\u2019était un présage de votre parfaite indulgence.D'ailleurs, peut-on ne pas se sentir à l'aise, même sous le feu ardent des plus jolis yeux doux, lorsqu'il s'agit d'évoquer le souvenir d\u2019une reine aimée, dont l\u2019image a souri dans nos rêves d'enfants, et dont le nom revient toujours dans les tendras chansons et les complaintes maternelles: STE S - \u201cC'était Anne de Bretagne, LA 7 \u2014 \u201cDuchesse en sabots, Rn \u201cEn sabots, mirlitontaine.\u201cVive les sabots de bois!.\u201d Qui d\u2019entre nous n\u2019a savouré le charme exquis, la douceur émotive et la touchante simplicité de ces berceuses d\u2019autrefois?On dirait que, d'avoir i les océans, et d\u2019avoir voltigé des lèvres de nos grand\u2019mères autour des berceaux de nos petits, elles ont récupéré toute la fraîcheur et toute la grâce - de leurs origines populaires.-D\u2019Anne de Bretagne, le nom fut airisi sur toutes les lèvres £ l\u2019image dans tous les cœurs.Car, elle incarne pour nous, Français de Nouvelle-France, toute une époque d\u2019'héroïsme et de merveilleux.Elle apparaît, avec son équipage de féerie, à l'arrière-plan du tableau inoublié, où s'illustre la naissance d'une nation nouvelle sur un soi vierge encore.Et cette grande dame, cette reine toute puissante, mais bonne aux les gens, s\u2019avance glorieuse au bras dès rois, et souriante ulaires.« Pour l\u2019historien elle occupe une place unique dans le cadre Qui.s\u2019étend, par exemple, de Jeanne d'Arc à François ler, et de Christophe Colomb à Jacques-Cartier.Elle naquit à Nantes, capitale présomptve du duché de Bretagne, en 1477, et.mourut au château de Blois, sur les bords de la Loire, en l\u2019année 1514.= : - Pour comprendre le caractère de la reine Anne et pour s\u2019expliquer toute l'affection dont le peuple breton entourait sa \u2018bonne duchesse\u201d, il faut rouvrir au moins quelques pages de _ Fhistoire de la Bretagne.\u2018En ce temps-là les Bretons ne voulaient pas être Français.Au temps des Celtes, leurs ajeux, ils avaient été chassés des Hes britanniques par l\u2019invasion des Saxons, devenus les Anglais, et laissaient là-bas, sous une nouvelle domination, leurs frères écossais et irlandais.« En traversant la Manche, @ clans celtiques se joi- \u201cgnirent à ceux des pays de G et de Cornouailles.C\u2019était après | romaines.La gloire envahissante de Te £ es conquêtes - Jules César avait déjà pili devant le prestige du Roi Arthur, et Merlin I'enchanteur et les chevaliers de la Table Ronde, gvaient fait oublier les derniers vestiges de la religion des i Les dolmens et les menhirs n'étaient déjà plus que \u2018des souvenirs d\u2019une croyance abolie\u2026 - D'ailleurs, les Bretons s\u2019étaient convertis au christianisme avant de quitter la Grande-Bretagne Leur s'établir en Armorique.Ils avaient été prêchés par Saint-Gildas, catéchisés par Saint-Hervé, et baptisés par Saint-Patrice, Saint-Judicaël et.le bon Saint-Floi.Mais depuis leur débarquement sur le littoral des Gaules, les Bretons avaient vu leur terre nouvelle envahie par les Francs et par les Normands, leurs voisins immédiats.Ils avaient connu la trop vaillante épée de Roland et ils avaient été vaincus, vers l\u2019an 800, par les armées de Charlemagne.Mais, peu à peu, et grâce à la vaillance des rois Morvan, No- minoé et Alain le Grand et des premiers ducs de Bretagne, l\u2019Armorique vit bientôt sa puissance s\u2019unifier en même temps que s\u2019affermissait sa situation politique et économique.Durant le Moyen-Âge, les Bretons acceptèrent le régime de féodalité, mais ils l\u2019humanisèrent.Aussi de profondes et louables traditions s\u2019ancrèrent dans les mœurs.L'amour de la patrie et la croyance religieuse la plus solide sont restés deux vertus nationales indéfectibles chez les Bretons.Les historiens La Boderie, Daru, Don Morice, Le Jean, Dottin et Danio, les poètes Hersart de la Villemarqué, Jean Meschinot, Anatole LeBraz et Charles Le Goffic, ont convenu d\u2019une voix urtanime que l'attachement opiniâtre de la Bretagne à ses coutumes et à ses traditions peut, à lui seul, expliquer l\u2019entêtement du caractère, et les-alternatives de guerres désastreuses et de paix constructive, qui furent le partage de la race bretonne.Dans ses \u201cEtudes sur histoire de France\u201d, Chateaubriand fait un portrait saisissant de I\u2019Ame bretonne; \u201cD\u2019une imagination vive, et néanmoins mélancolique, d\u2019une humeur aussi mobile que leur caractère est obstiné, les Bretons se distinguent par leur bravoure, leur fidélité, leur esprit d\u2019indépendance, leur attachement pour la religion, leur amour pour leur pays.Fiers et susceptibles, sans ambition et peu faits pour les cours, ils ne sont avides ni d\u2019honneurs ni de places.is aiment la gloire, pourvu qu\u2019elle ne gêne en rien la simplicité de leurs habitudes.Dans les lettres, les Bretons ont montré de l\u2019instruction, de l\u2019originalité, de la grâce, de la finesse; témoins: Hardoin, Madame de Sévigné, Duclos et Sainte- Foix; ils ont donné à la France l\u2019un des plus grands peintres de mœurs, après Molière, Alain-René LeSage.Dans les armes leurs guerriers ont quelque chose d\u2019à part qui les distingue au premier coup d\u2019œil des autres guerriers; sous Charles V, du Guesclin et ses compagnons Clisson, Beauma- noir, Tinteniac; sous Charles VII, Tanneguy-Duchâtel; sous Henri III, La Noue, également respecté de la Ligue et des Huguenots; sous Louis XIV, c\u2019est Duguay-Trouin; sous \u2018Louis XVI, de Lamothe Piquet et du Couëdic; pendant la Révolution française, Charette, d\u2019Elbée, LaRoche jacquelein, puis La Tour-d\u2019Auvergne.Tous ces soldats eurent des traits de ressemblance; et, par un genre d'illustration peu commun, ils furent peut-être plus estimés de l\u2019ennemi qu\u2019admirés de leur patrie\u201d.Est-il besoin de rappeler ici que l\u2019auteur de cette honorable citation, l\u2019immortel glorificateur du \u201cGénie du Christianisme\u201d, était breton lui-même et qu\u2019il est né à Saint-Malo où il a ses monuments, près de celui de Jacques-Cartier ?Nous pourrions ajouter à cette nomenclature les noms d\u2019illustres femmes qui ont auréolé la Bretagne de vertus et de ualités r uables.Rappelons seulement le souvenir je Jeanne de Montfort et de anne de Penthiève qui précédèrent d\u2019un siècle le règne à la fois glorieux et tragique d'Anne de Bretagne. ut 2 TUN ng ap ky 10 LA BONNE FERMIÈRE ET LA DONNE MÉNAGÈEE La Bretagne est une presqu'île située à l\u2019extrémité nord ~ ouest de la France.Elle eut son dernier roi, qui fut Nominoë, vers l\u2019an 936.Elle ne sera plus désormais qu\u2019un duché, jus- laquelle elle avait lutté durant près de onze siècles.Aujourd'hui, la Bretagne, province française, est divisée en cinq départements, qui sont les Côtes-du-Nord, le Finistère, l\u2019Hle-et-Vilaine, la Loire-Inférieure et le Morbihan.Mais la Bretagne se modernise, hélas ! elle aussi.N\u2019a-t-elle pas pris desalluresquelque peu américaines, depuis qu\u2019elle a construit à Plougastel, de béton armé, le \u2018\u201cplus grand pont monde Isolée du reste du territoire, baignée par la et les vagues toujours furieuses de la Mer du Nord, tourmentée par les vents incessants qui soufflent de l\u2019Adriatique, la Bretagne est restée la terre abrupte et sévère des rudes pa , des marins aventureux, des fiancées mélancoliques, veuves et des orphelins aux profondes nostalgies.Un grand poète parnassien, José-Maria de Hérédia, en a gravé l\u2019image dans un sonnet célèbre, qui est un du plus beau ciselage : a \u201cPour que le sang joyeux dompte I'esprit morose, \u201cIl faut, tout parfumé du sel des goémons, ~~ \u201cQue le souffle atlantique emplisse tes poumons; .\u201cArvor t'offre ses caps que la mer blanche arrose.\u201cL\u2019ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose.~~.\u201cLa terre des vieux clans, des nains et des démons, \u2026 \u201cAmi, te garde encor, sur le granit des monts, \u2026 _.\u201cL\u2019homme immobile auprès de l\u2019immuable chose.\u2018Viens.Partout tu verras, par les landes d'Arèz, : .\u201cMonter, vers le ciel morne, infrangible cyprès, ~~.\u201cLe menhir sous lequel git la cendre du brave.\u2018Et l\u2019océan qui roule, en un lit d\u2019algues d\u2019or, \u201cIs la voluptueuse, et la grande Occismor, ja \u2018\u2019Bercera ton cœur triste à son murmure grave.*{?}.En 1477, Louis XI étant roi de France et Edouard IV, roi d'Angleterre, le duc François II régnait sur la Bretagne.Le 75 janvier de cette année, dans une des ces périodes de paix dont jouissait si rarement la Bretagne, Marguerite de oix, épouse du duc François, donna le jour à une fille.\u201cCet événement, disent les chroniqueurs, combla de joie le duc, qui n\u2019avait point d\u2019héritiers.Comme il aimait la magnificence et les plaisirs, il célébra par des fêtes et des réjouissances extraordinaires la naissance de cette enfant, et les Bretons partagèrent sincèrement le bonheur de leur souverain.François donna à sa fille un nom vénéré en Bretagne, celui d\u2019Anne, voulant ainsi la placer dès sa naissance sous la protection de l\u2019auguste patronne de la Bretagne, saint Anne d\u2019Auray.Il confia son éducation à Françoise de Dinan, comtesse de Laval, femme d\u2019un rare mérite, qui l\u2019éleva comme une princesse destinée à rêgner un jour.\u201d (x) Co _Cependant, le duché de Bretagne, inquicté par plusieurs siècles de convoitises circonvoisines, était encore sous la menace de guerres prochaines.Aussi le duc François entrete- nait-il des relations suivies d'alliance avec le roi d\u2019Angleterre, contre le roi de France et contre les Normands ses plus menaçants adversaires.Il fiança sa fille Anne, encore au berceau, avec le prince de Galles, qui mourut vers le même temps.que son père le roi Edouard.Louis XI lui-même étant décédé peu après le premier fiancé de la petite duchesse, la Bretagne put respirer en paix et l\u2019avènement de Charles VIII au trône de France, malgré les troubles domestiques du duc François avait suscités en Bretagne, vit s\u2019esquisser la première phase d\u2019un roman d\u2019amour latonique entre le duc d'Orléans qui devait être plus tard Louis XII, et la petite duchesse Anne de Bretagne, dont la jeunesse était déjà rayonnante de charmes et de beauté; La succession du trône de Bretagne fut assurée à la jeune duchesse, par l'assemblée des ts généraux le 8 février 1486.- .2 LE avait alors neuf ans.Une petite sœur que la faiblesse Anne de Bretagne Pie Trophées.lui était née dù nom d'Isabelle.Le duc François fit une déclas ene ration aux états de Bretagne, laquelle il résotut pour assurer la tranquillité de son fiche et le bonheur de ses peu- _ ples, la couronne serait dévolue à l'atnée de ses filles s'il qu'en 1491, alors qu\u2019elle s\u2019unira librement à la France contep # \u2018Inourait sans laisser d\u2019enfant mâle.Il devait en être ainsi.Dans la même année, François II tomba malade et Madame de Beaujeu, alors régente de France fit marcher une armée contre la Bretagne.Mais le duc François guérit et organisa.contre ia régente, une ligue dans laquelle entrérent I\u2019 d'Autriche Maximilien, roi des Romains, le roi de Navarre, les ducs d'Orléans, de Lorraine et de Foix, les comtes d\u2019An- gouléme, de Nevers et de Dunois, ainsi que bea de seigneurs bretons et s, qui contestaient les prétentions outrées de Madame de Beaujeu.Cependant la régente n\u2019en fut que plus ardente à poursuivre son attaque et le 28 juillet 1488, à Saint-Aubin-du-Cormier, en Bretagne, une bataille décisive donna la victoire aux armées françaises.Le duché de Bretagne passait ainsi à la discrétion du roi de France Le 21 août 1488, par le désastreux traité du Verger, Charles VIII déterminait donc ses prétentions sur toutes les possessions du duc François II et forçait celui-ci à ne marier ses filles qu\u2019avec le consentement du roi vainqueur.Cette condition parut au dernier duc de Bretagne la plus cruelle et la plus dure.Elle renversait tous ses projets.François II mourut de chagrin quelques semaines après cette convention qu'on avait fait ratifier par les états généraux de Bretagne.: Le duché de Bretagne allait néanmoins persister.était âgée de onze ans, fut reconnue duchesse régnante.elle n\u2019était en Âge de gouverner: Elle resta sous la tutelle dumaréchal de Rieux et sous la conduite de lacomtesse de Laval.Depuis un siècle, et surtout pendant le règne de François II, le duché de Bretagne avait prospéré dans tous les domaines, intellectuel, artistique, commercial, agricole et industriel.\u201cA cette époque, les Bretons échangeaient leurs produits avec le monde entier; leurs flottes de commerce protégées pat des navires de guerre, allaient en Angleterre, en Suède, al en Norvège, au Portugal et même plus loin, dans les pays du \u2018 Levant, où une bulle du Sixte IV leur donnait accès.: La Bretagne it une industrie de tissa ge très prospère.; François II, aidé son ministre Pierre Landais, lui donna un nou et à Nante, tandis renornmées.verre et enlumineurs travaillaient, protégés par leur souve= in.(À Qui jeunes artisans tries artistiques ont été continuées par quelqu descendantes des premiers maîtres de Quimper, de Dinard, Le de St-Malo et de P ) .C'est sous le régne de François II, que fut constrait lechd- = ~ teau de Nantes, (fameux par ses prisons) et si magnifique que; us tard, le Roi Henri IV s\u2019écriait en le voyant: \u201cVentre \u2014 de petits sires que les Ducs de Bretagne!\u201d Dès 1484, des imprimeries avaient été fondées : en Bretagne, perfectionnant les vieux systèmes de gravure int-Gris! ce n\u2019étaient sur bois, employés par les moines bretons.(Car de nombreux fmonastères existaient en Bretagne, i vaisselle d'argent\u201d.x) ja 5 : ag si 2 - Mais cette aisance populaire n\u2019allait pas durer malgré les conditions du traité de 1488 entre le ME a iti vel essor.fabriques de soie furent créées à Vitré .qu\u2019à Rennes on fabriquait des tapisseries Des lois très sages favorisaient l\u2019agriculture ét: - les Bretons exportaient, (alors,) beaucoup de blé.François If n'oubliait pas non plus les arts: de nombreux peintres sur des ateliers de poterie, de vaisselle et d\u2019argenterie existaient, et là, comme ailleurs, des centaines de ~ ers, enlumineurs, meubliers, ébénistes et sculpteurs, y faisaient un sérieux apprentissage.Ces indus» 3 depuis plusieurs siècles \u2026\u2014 - déjà, notamment la Chartreuse de Sainte-Anne d'Auray, & - = leur influence morale et intellectuelle n\u2019était pas moins consi- .dérable que celle des universités de Nantes et de Rennes.} A cette époque \u2018le peuple breton était devenu si riche que 5 l\u2019on n\u2019eût pas trouver un seul petit village qui ne fut pleinde Roide France | = outveey 5 oa ph Nt 067 7 \u2019 ; M La Bonne Famataz zT LA Bonsez M£NacènE ee 18 \u201cappellera au dehors ceux.i vivent de In terre, elle 'atten- =: Non, ce ne sera qu'un seve! : | ar on aide et son confident, pour Si heureux cependant qu'il fut du i t moral É.A lui a ce qu'elle E entend faire de I\u2019 t de terre, pour situer ici ou là l'ense- & mencement du jardin potager.À cette époque aussi s'accuses ront de nouveau les sympathies pratiques des voisins, qui ajouteront discrètement à leurs travaux annuels du printemps la culture charitable de cette pauvre glèbe.* Le calme et une aisance relative .tmons-Rouges\u201d durant les beaux mois Éui vont venir.2 .\u201c\u201c À la fin du mois de juin, un soir, Cécile Pèlerin, assise à 14 fenêtre de aa maisonnette, regardait avec un amour plus intense son fils Jean dont i i couronnés, à la e joie é&inonsieur le curé, sous les yeux attendris des villageois, au coûrs de la distribution sol .fant s'amuser à lancer du rivage de petits galets qui s\u2019en al- jatent ricochant deux ou trois fois sur le miroir rutilant de \"onde endormie, pour s'y engouffrer ensuite, qui, un peu plus tt, qui, un peu plus tard, mais infailliblement: A son esprit le mon! ors de son pauvre cœur touj er: deuillé, com Vina finale de tous nos efforts et de toutes nos scène parfois sereine et riante aussi de notre vie.demi, et d'une voix tendrement viendra ainement où de nouveaux soucis vont naître, où \u201cil faudra définitivement orienter l\u2019orphelin dans son avenir.Ses succès rapides à l'école élémentaire, sa : temps fait place à celui des efforts _ d\u2019être ainsi appelé à monter un jour, peut-être, au niveau d'esprit de I\u2019 Au logis maintenant, l\u2019entretemps des classes reste rempii nues de l\u2019avenir, et de choses, hélas! trop connues du Lc _ jour a V'esprit de la pauvre pereant tout 2 coup son ciel baset morne, © + ==Savez-vous, maman, lui avait dit Jean, un soir, e malheur et en me disant :\u2014 Jean, quand tu seras prétre!\u201d.; dur, l\u2019ignare, Pantel, Tai.Jean Pèlerin, prêtre un jour! Elle, un j LI des prix, qui avait eu lieu dans 'aprés-midi.Elle voyait l\u2019en- comme un regret vague et mal compri de l'inanité E cee dre et i ter la vi i npris inter- in, son front 8 brit, ses yeux se fermbrent 4 prendre et interpréter vie comme il aura compris et inter mue: + 771 1-\" \" Au reste, une considération plus certaine, sinon plus terre à terre, devait faire songer à modifier, à quelque temps de là, Ce train de vie.\u2014 ou Qui voulaient bien, à cette occasion, féliciter comme toujours un 5 fa lia it Pilerin en aura bientdt seize; et rien n'avait troublé durant lait rompre ( ette exis \u201ctence.Or, précisément, plusieurs choses allaient s'y prêter ce laps de temps la sérénité toujours quelque peu empreinte de tristesse régnait aux \u2018\u2019Pignons-Rouges\u201d.Mais l'heure plus l\u2019enfant, mais disons plutôt le j homme.off on ot piel Ep ; pla eur au travail, les aptitudes plus que moyennes .\u201cde son intelligence, tout chez lui avait concouru à captér l'estime du public, et plus que toute autre, celle du vieux \u2018curé qui valait bien une affection toute paternelle.Entre le - prêtre et soni élève, les entretiens étaient enus plus sérieux: : ; qui, À y avait plus de trente ans, Sen (ait AC Hes des.7 mme le plus cultivé de tous ceux qu'il lui - d'autres chercher fortune dans les villes industrielles des avait été jusqu'd présent donné de voir et d\u2019entendre.© \u201cdans doute des effusions d'amour maternel et filial; mais que d'heures aussi s'écoulent silencieuses, pour l\u2019un devant ® livre, et l'autre, à l'évocation secrète de choses incon- Le beau rêve d'avenir, il s'était inopinément offert un mère comme un rayon de soleil de moi monsieur le curé?Hier, me patlant un.mé \"man ou governor, au i ., it accusait quand comme le maitre actuel d\u2019une concerne qui lui re nécessairement, et celui qu\u2019on appelle béné i où il est chargé d'aller annoncer quel- plus souvent appelé pour les consoler, l a = \u201cTu en verras bien d'autres, va, mon peu comme ca, des choses trates don, oo eer quel: es familles du - Toutefois, d'un tempérament \"culture eft fait des plus généreux.Il le prouvera, pr exem et intellectuel de son élève, le prêtre s'inquiètera bientôt du résultat de son zèle, du mode tant soit peu inconsidéré de son action charitable.Cet enfant, ainsi élevé, n'aura pas joui des amusements de l'enfant.Retenu trop tôt et trop longtemps dans l'orbite, chez lui, d\u2019une âme toujours en deuil, chez son pr , d\u2019une intelligence trop au-dessus de son niveau, il n'aura rien connu des folâtreries de l'enfance, qui s\u2019évaporent sous l\u2019ardeur du grand jour, mais qui sont à la vie ce que la rosée et les clairs rayons du matin sont à Pélaboration des fleurs et des fruits.a Le = Et quand, une couple d'années plus tard, le vieux pré- teur enfin s'apercevra que cette plante sauvage s'est Étiolée en serre chaude, ne sera-t-il pas déjà tard?En - outre, Jean n\u2019aura-t-il pas déjà revêtu la mentalité de l\u2019homme instruit seul, qui n\u2019a pas suffisamment pratiqué la vie d\u2019ensemble à l\u2019école, au collège surtout, où les caractères, comme sous un frottement inévitable, perdent forcément ce qu\u2019ils auraient naturellement pu offrir de trop anguleux.Hl sera intelligent, digne, brillant, soit!\u2014mais aussi, probablement, entier, personnel dans ses déterminations, seul à com- prété sa Les vacances d\u2019été s\u2019ouvraient et tous Ceux l'adolescent pour son travail et ses succès, ne manquaient \u201cplus d'ajouter Tu avait besoin de repos! C\u2019était connu; le médecin du e n\u2019avait-il pas affirmé, dans an moment d'humeur, que malgré tous ses progrès intellectuels, à ce jeu-là, le fils de la veuve Pelerin ne ferait qu'un neurasthé- del rè \u2018un peu avec la monotonie de cette exis- \u2018 n'est Assagi de heure par I'épreuve, de moitié dans tous les soucis dont s\u2019ordonne le train de vie de l\u2019humble maisonnée, il se Jean, par ses études et son développement pb i \u2018trouve pour \u2018ainsi dire émancipé de la sujétion puérile et naturelle qui s\u2019impose aux autres étudiants de son age.On opi \u201c lei permettra donc de faire des projets, d\u2019émettre de ens \u20ac : ; eux: .nions, d'en venir même à des décisions qui eussent paru interm- programme des études primaires avait depuis assez long- = t i | premières classes d\u2019humanités, C'était toujours un plaisir pour le veillard de revenir avec cet \u201cenfant intelligent sur les brisées maintenant lointaines de ses _ premiers personnels chez et pour Jean, c'était un honneur, qu\u2019il n\u2019aurait pu de lui-même convoiter, ives ailleurs.Or, voici venir l'heure où le caractère déjà de Jean va s'affirmer pour la première fois.États-Unis, se trouvait alors en villégiature avec les siens; - \u2018aux bains de mer de Cacouna.Autant le fils Pèlerin, victime du Mmalheur que nous connaissons, avait été élevé dans la réserve et le ment, autant le cousin Dupin, fils unique \u201c Aussi lui, avait grandi jusque-là dans l\u2019opulence du parvenu - et la semi-liberté de l'éducation familiale de nos voisins.Fier de ses capitaux, assuré d\u2019un avenir doré, il a de bonne :- heure su compter sur lui-même, traiter son père commeun \u2026 écesseur au négoce ou à l\u2019industrie qui procure l'argent, familial: il a su vivre enfin comme.certaines qualités d'un cœur bien né que la bonne | une première fois, au grand effarement édifié J oi le jour où, descendant de sa superbe limousite - a a= 14 LA BONNE FERMIÈRE BT LA BoNNE MENAGRRR frappant aux Pignons-Rouges, i! demandera sans vaine jactance à embrasser sa bonne tante Pèlerin et son cousin Jean.Il y avait si longtemps que leur parenté s'était perdue là-bas qu\u2019on ne savait plus compter sur aucune sympathie pratique des Dupin.Voir ces parents fortunés revenir à eux, braver généreusement le respect humain et l\u2019inégalité du sort, accuser, \u2014disons cela, \u2014le meilleur côté peut-être de la mentalité américaine, devait produire un effet étrange sur l'esprit de ces deux pauvres, et sur la destinée de Jean.Emile Dupin est un jeune homme instruit.Il termine des études médicales poursuivies, ici et là, dans les universités les plus célèbres de la grande république, au gré de ses caprices et des ressources paternelles.Avant d\u2019aller parfaire toutes ses connaissances de haute pacotille dans les hôpitaux et les laboratoires les plus renommés d'Europe, avant de réaliser que \u2018la science creuse la vie mais ne la comble pas\u201d, il entend bien, puisqu\u2019il en a le temps et les moyens, faire son tour complet d\u2019Amérique, comme l'artisan français faisait autrefois son tour de France.Et cette année même, il suivra les cours de Laval à Québec.Voilà comment, entraîné à la fois par les réminiscences et les suggestions paternelles, comme aussi dans le mouvement du tourisme américain, il lui a plu de s'offrir le spectacle de la belle nature laurentienne; de se donner du grand air, dans cette patrie de ses pères, dont on lui a parlé souvent là-bas, à l'ombre des grandes usines où l\u2019on n\u2019entend que bruits mécaniques, où l\u2019on ne s\u2019entretient que de richesses et de gains, et \u201cdont les murs si élevés dérobent la vue du ciel\u2019 Les premiéres entrevues des Dupin et des Pèlerin furent sans doute la cause d\u2019une émotion béate pour ceux-ci, et pour les premiers remplies d\u2019une bonté quelque peu tarée d\u2019orgueil satisfait.Mais dans cette première visite chez sa tanté et son cousin, Emile Dupin eut bientôt fait, quant à lui personnellement, parsa conversation et ses manières désinvoltes, de rompre, de fondre plutôt la glace qui retenait tout d\u2019abord les pauvres gens dans une gêne presque apeurée.L\u2019on était parents, quoi! et l\u2019on allait bien s\u2019amuser! Dés le lendemain, ce fut avec enchantement, et crainte aussi, que la veuve et soa fils prirent place dans l\u2019o opulente limousine pour aller tendre au père et à la mère d\u2019Emile leurs civilités apparentées, puisqu\u2019on voulait bien ne pas les dédaigner.Heureusement, les cœurs canadiens se reconnurent et battirent à l\u2019unisson sous leurs défroques pourtant si disparates.La voix mystérieuse de la patrie leur parla délicieusement d\u2019une communauté de sentiments, de souvenirs, de bonheurs juvéniles que les hasards fortunés ou méchants de la vie n\u2019avaient pas su détruire chez aucun d\u2019eux.Oh! oui, comme l\u2019on allait bien s'entendre durant cette villégiature, d\u2019une part au noble plaisir de réjouir des malheureux, et de l\u2019autre, sous l'emprise de cœurs généreux.Le jour tombait lorsque la voiture des Dupin stoppa de nouveau aux Pignons-Rouges.Une allégresse qu'ils n\u2019auraient pu rêver chantait dans l\u2019âme de la veuve et de son fils.Tout riait comme jamais auparavant autour d\u2019eux dans la nature.C'était pourtant la même maisonnette, pauvre et seule, qu\u2019ils voyaient là, devant leurs yeux illuminés de j joie, les mêmes buissons d\u2019 \u2019aubépine au ras des fenêtres, et derrière, le profond vallon qui s\u2019enténèbre déjà dans l\u2019arc de la Mon- tagne-Ronde; c'était la grève en avant, avec ses sables d\u2019or et ses galets que le flot montant couvre de caresses accoutumées; c\u2019était la route, la bonne route longue, courbe, tant de fois parcourue à pied sec ou boueux, ruban blanchâtre que la puissante machine semblait tout à l'heure dévider comme l\u2019araignée fait de son fil; mais combien tout cela apparait aujourd\u2019hui clair et réjouissant, à ces pauvres yeux qui devant tout cela ont tant pleuré.\u201c_\u2014Voyez donc, ma bonne tante, là-bas, sur l'ile, cette lumière subite! \u2014Ah! oui, cher enfant, c\u2019est-le phare qui s\u2019allume!.\u201d Quelques instants plus tard, l\u2019automobile dévalait en ronflant sous la falaise de la Pointe-Sèche, tandis que, aux Pignons-Rouges, close, deux Ames, \"différemment im- prossionnées sie dette journée de bonheur mais traversées soudain par un triste sauvent, tient ms en prière pour les morts! Cette première semaine des- vacances, remplie d'une à agitation si insolite pour les Pêlerin, devait voir surgir encore un projet troublant pour eux, et d\u2019une conséquence qu\u2019ils ne reconnaîtront que tardivement.Emile Dupin n\u2019est après tout que l\u2019un de ces touristes américains qui, par milliers, .viennent chaque année prodiguer chez nous leur admiration de commande avec leur argent.Les sentiments personnels qui peuvent parler au cœur de son Son Ree et de sa mère, qu\u2019il simulera peut-être de partag éférence ou pour ne pas y contredire, à son for mrs bello tout d'abord ne diront presque rien, à Jui qui est né et qui a vécu jusqu'à présen un autre ciel.fà pour lue le désir irrésistible de passer outre aux choses du village natal de sa famille, pour voir ailleurs et voir encore; de poursuivre un itinéraire et un programme, afin d\u2019avoir plus tard à en parler sciemment.L'ac- cointance momentanée de ses parents canadiens ne sera qu\u2019un épisode de voyage, une sorte d\u2019idylle d\u2019amour familial, impromptue et passagère.Il a déjà tant voyagé, tant vu, tant Le au contraire, n\u2019est qu un primitif, ne connaissant guère que les choses concrètes de son village et le rêve ténu qu\u2019a pu laisser dans son esprit la lecture des livres.La maladie qui s'annonce chez lui ne fera qu\u2019accentuer l\u2019irréalisme de son rêve, maintenant surtout que la vue du bonheur apparent de la vie a éveillé en son esprit une appétence qu\u2019il nesoupçonnait pas encore.Ce projet qui s'offre aux deux cousins, au touriste riche, la passion du wv voyage et du mouvement, à l\u2019autre dénué, rêveur et maladif, c\u2019est une croisière de quelques semaines dans les eaux laurentiennes.Ce sera, n\u2019est-ce pas, à la fois, agréable et salutaire ?Emile s'enquerra à loisir des attraits si vantés du paysage cänadien, sur les rives du grand Saint-Laurent, celles du sauvage Saguenay, les îles du golfe, la côte du Labrador peut-être.Jean, dont la complexion s'est anémiée dans la réclusion de ses jeunes années, retrouvera sur les eaux de mer la vigueur de ses pères.Ce tait une grave détermination à prendre toutefois au gré de la mère Pèlerin, qui tout d\u2019abord en fut comme abasourdie et n\u2019y entendit rien; elle qui tient rancune à la mer de lui avoir ravi et de garder toujours le bonheur et la moitié de sa vie.Jamais elle n\u2019a voulu permettre à Jean d'exposer ses jours aux perfidies de l\u2019onde, et pour solutionner cette grave objection, il faudra tout au moins que monsieur le curé fournisse l'appoint de toute son autorité et de sa clairvoyante sympathie.Effectivement, monsieur le curé s'est inquiété dans à solitude de son presbytère, de l\u2019absence de Jean lui man que depuis une presbytère, de Où lui à bien dit ce Qu ÿ avait de nouveau chez les ane On Mais ne voir aux offices du dimanche ni la mère ni le fils lui fut d'un mauvais présage; cela l\u2019inquiéta comme l\u2019appréhension d\u2019un nouveau malheur.Personne n\u2019avait pu lui apprendre qu\u2019ils avaient passé ce en haute société, les hôtes très honorés de ieurs parents riches; sous les yeux ébahis des paroissiens de Ca- couna, à l\u2019église de cette paroisse comme dans Jeu, superbe La maladie de Jean se serait-elle aggravée ?.Les nouveaux venus se feront-ls pour son élève d'un coti merce fatal qui détruirait toute son œuvre ?Que d\u2019inquiétudes tout à coup dans cette ême placide affublée d\u2019un amour Le lendemain ap Eom, deux voitures fort \u20ac fret \u2014 autres mœurs.Je ne sais bo patrie de ses pères Luh, ed > \"Een nd babe reg on guide RH LE gi ait AE - GE NW eas5 LA Boraut Famatre Er LA BONNE MÉNAGÈRE .15 Ho ee ; : a.\u201c Celui-ci tout d\u2019abord, dans la candeur de son humilité, a Peru quelque peu s\u2019intimider aux'ouvertures si américaines d\u2019 Dupin, qu\u2019on lui a présenté et qui s\u2019est délicatement excusé de s\u2019y trouver en costume de cy iste, ~ \u2014Qu\u2019a cela ne tienne, monsieur\u201d, lui répond-il, en ressaisissant l\u2019ascendant de son caractère et de son âge.\u201cVous ne voulez pas refuser de croire que j'ai été jeune aussi, un jour, - et que j'aurais bien aimé les amusements qui vous sont permis.Mon plus vif regret, sous se rapport, ce serait de n\u2019étre plus jeune et d\u2019avoir toujours été pauvre.- \u2014Ohi! ne regrettez rien de tout cela, Monsieur le curé, puisqu'il est vrai, comme vous l\u2019enseignez, que le bonheur du riche n\u2019est qu'un leurre et la jeunesse toujours plus ou moins \u201c \u2014Imprévoyante, voulez-vous dire peut-être.Mais j'entends que yous parlez déja comme un vieux.Seriez-vous Ha , trop peu, je le crains bien.Vous aurez plutôt Ame pardonner d\u2019étre jeune.= - \u2014Ét vous n\u2019avez pas voulu vieillir plus que cela sans voir ia patrie de vos pères?Voilà qui est bien.J\u2019ai connu les vôtres autrefois, et vous vous honorerez des bons souvenirs qu\u2019ils nous ont laissés.Et que dites-vous de la vie cana- : \u2014Ce que j'en ai vérifié jusqu\u2019à présent répond bien à ce : \u201cQu'on m\u2019en avait appris, et je l\u2019admire.Peut-être que l'étude plus prolongée et plus approfondie modifiera cette première - impression chez moi qui ne suis pas né canadien.Autre pays, s bien encore ce qui pourrait femporter dans mon humble personnage, ou de l\u2019atavisme \u201c æanadien ou de l\u2019ambiance américaine.2 - \u2014-Tiens! tiens! permettez-moi de vous le dire, sans plus \u2018tarder.C\u2019est facile à voir,\u2014en quoi je vous félicite aussi, \u2014 vous Pts À es ei n fronçaie D votre parler & bons parents humbles, bien ais par .C A Jon ie trouve pas jours hélas! çhez vos congénères \u201cOh! cela, monsieur, tient à deux causes qui me laissent % peu de mérite.Là-bas, si l'on excepte certaine pluto- eratie qui recherche les oripeaux aristocratiques ou nobiliai- \u201c tés, les classes moyennes préfèrent aux reliefs du lignage la valeur personnelle due à l'effort, au mérite ou au talent d\u2019un chacun, au titre de vicomte ou de marquis, par exemple, celui du.parvenu, du bachelier, ou du simple athlète.Aussi en avons-nous des champions de toutes sortes! Partant, les mérites individuels y aplanissent plus .facilement les iné- \u2018Quant à mon parler français, si je n\u2019ai ; 1 fait comme d'autres qui poussent l'ignorance ou la stupidité jusqu\u2019à tra- \u201c Vestir leurs noms de famille, je le dois en premier lieu à ma\u2019 mère dont l'instruction bien française, puisée dans l\u2019un de \u201cvos couvents, veilla constamment à préserver notre langue au foyer contre la contamination apportée de l\u2019école ou de \u201c\u2026 la rue.Je le dois ensuite, je veux encore vous l\u2019avouer, à la fréquentation chez une famille de parisiens immigrée chez \u2018 nous, et restée réfractaire au travestissement du langage.Co Comme vous le voyez, il ne me reste plus rien de vos éloges \u201cet vous ne ferez pas de moi pour cela un bien grand patriote \"De mieux en mieux, mon cher.Et pour toi, Jean, voilà ha qu plus belle leçon que je n'aurais te donner sur le respec qu'il faut avoir pour sa mère et la desamère.: © \u201cAu fait, maintenant, que faisons-nous de Jean qui veut être malade ?\u201c* | = \u2014Jean, je l'emmène, pour le présent, si vous le voulez bien, parcourir un peu la patrie de ses , comme vous dites, et, plus tard, nous verrons, sous d'autres cieux, si la ; se refuse à le mettre en valeur.\u201d vieux curé hésite; son œil s\u2019est assombri; un nuage CCE pate évidemment dans son esprit, mais ce n\u2019est encore qu'un \u201cmage, il faut en sourire, et il reprend: \u201c\u2014Jean n\u2019est\u201dpas pressé; sa patrie non plus, et mieux il la connaîtra, moins il voudra, espérons-le, la déserter.Il fait si bon y vivre comme y ont vécu ses pères.\u2014Et comme ils y sont morts!.\u201d Ce mot est malheureux.Il faut rompre.\u201c\u2014 Soit, mon cher.Et quand partez-vous?Au premier bon vent ?\u2014Peu importe le vent.Le yacht est bon voilier avec machine auxiliaire.Si la brise ne donne pas, le moteur donnera.Nous partirons dans trois jours.Le temps seulement d\u2019armer et de ravitailler le vaisseau pour la course.Peut-être nous ferez-vous le plaisir, monsieur le curé, d'assister à notre partance au quai de Cäcouna, et ne pas oublier votre Adieu- vat! L'auto vous prendra et vous ramènera ici avec ma tante._ \u2014J'y serai, oui, j\u2019y serai.Pourvu que vous me promettiez bien de veiller comme un frère sur mon Jean, de lui bien faire aimer le Canada, sa patrie, sans trop lui parler des autres cieux qu'il ne connait pas et n\u2019aime pas plus que moi.La patrie! la patrie, mon cher! \u2014Mais la patrie, monsieur le curé, \u201c1a ol I'on est bien, là est la patrie!\u201d \u2014Non, mon cher, ah! non, dit le vieillard, en se levant brusquement pour prendre congé.Je vous souhaite d\u2019être bien à bord de votre yacht, sous le ciel canadien, sans rien oublier de ce qui reste aux Pignons-Rouges, et comme vous issez l\u2019être, sous d\u2019autres cieux; mais j'aurai l\u2019occasion, je l\u2019espère, de vous bien démontrer, à Jean et à vous-même, quoi qu\u2019en aient pu dire Pacuvius et après lui Ciceron, dont vous paraissez vous réclamer, que le patriotisme n\u2019est pas Pégoisme dans le bien-être et que d\u2019ailleurs l\u2019on ne saurait être tout à fait bien ni heureux sans la patrie! ITI PREMIERE ABSENCE DE JEAN Jean parti, sa mère réalisa ce qu\u2019elle n'avait pu comprendre dans l\u2019agitation des quelques jours qui venaient de s\u2019écouler.Le sort apparemment si heureux de sa sœur ainée, madame Dupin, la reconnaissance si publique et si généreuse de leur parenté, aux yeux des villageois, tout cela avait accaparé son esprit et l\u2019avait empêchée de réfléchir \u2018\u2018en son cœur\u201d sur le tournant où en était rendu son fils dans la vie.Flle n\u2019a presque rien dit à l\u2019encontre de la volonté de ce neveu qui lui a ravi momentanément son enfant, parce qu\u2019elle ne savait pas encore ce que lui vaudrait cette première absence de celui-ci; parce qu\u2019elle ne l\u2019a encore jamais vu partir; parce que sa vie decampagnardes\u2019est trouvée trop subitement envahie par un luxe de bien-être et de choses dites qui la surpassent.Mais sur le quai tantôt, quand elle a vu le vaisseau prendre le large, joyeusement pavoisé, à l\u2019émerveillement de la foule curieuse et badaude, elle a commencé à comprendre que de loin on lui faisait des adieux.Maintenant, après le départ de monsieur le curé, elle se retrouve seule au foyer de ses tristesses, avec la jeune voisine qui remplacera pendant ces jours son fils dans ses entretiens.Elle comprend mieux que la communauté de sentiments, entre mère et enfant, si intime et si absolue, qui faisait sa force et sa consolation, est pour la première fois en détresse; que dans les attaches si nombreuses et si fortes de leurs cœurs quelque chose s\u2019est irrémédiablement rompu.Cette première absence de Jean, cette cruelle séparation, qui l\u2019a donc ainsi voulue?Qui?Jean lui-même?Non.\u2014Mon- sieur le curé?Non! Le cousin Emile?Oui et non.\u2014Celui qui l\u2019a faite, à qui elle en veut, c\u2019est son mauvais sort à elle, sa triste destinée cachée pour le présent sous les traits d\u2019une affection charitable, que son cœur de mère saura bien reconnaître et.honnir durant les heures de solitude et d\u2019ennui. gr a 4 TH ge ie ow 16 La Bonne Femme 27 La Bore MENAGRRE Jean s\u2019en va dans une autre vie où sa pauvre mère ne pourra plus le suivre que de sa pensée et de ses regrets.On avait bien songé, il est vrai, aux premiers jours d'isolement qui la feraient souffrir.Monsieur le curé serait là pour la raisonner.Madame Dupin lui fera entendre que Jean n\u2019est plus un tout tit enfant; elle ira même jusqu'à lui laisser entrevoir que \"affection fraternelle s\u2019emploiera désormais à éloigner de la maisonnette aux pignons rouges le spectre de la pauvreté qui l\u2019a si longtemps hantée.Mais tout cela, c\u2019est pour le passé; c\u2019est pour l'avenir! Qui la consolera du présent ?Rose Després est une charmante enfant de seize ans dont la mère fut de tout temps l\u2019amie très intime de la veuve Pèlerin.Rose et Jean l\u2019orphelin s'étaient associés bien jeunes pour la randonnée quotidienne qui les menait aux leçons de catéchisme, et les conduisit finalement, le même jour, comme un frère et une sœur, à la table de leur première communion.Puis, à mesure qu\u2019ils avaient grandi avait aussi grandi la distance que leur imposait la réserve d\u2019une candeur pourtant toujours affectueuse.; À la place de Jean qui s'éloigne, Rose sera là, auprès de la veuve inquiète, constamment sous son œil dont les effluves d'amour maternel ne sauraient plus sur qui tomber.Elle lui servira de prétexte pour causer sans cesse de ce fils absent, tandis qu\u2019à l\u2019esprit de la jeune fille elle-même l\u2019image et le souvenir de l'ami d\u2019enfance voudront bientôt, secrètement, inconsciemment, s\u2019auréoler d'un sentiment jusqu\u2019alors inconnu.Monsieur le curé ne fut pas longtemps sans revenir faire .à madame Pèlerin des graves réflexions que lui avaient inspirées les derniers événements.Lui aussi, dans l'improviste du départ des deux jeunes gens, n'avait pas su comprendre tout d\u2019abord quel effet p ble aurait chez son élève cette diversion subite dans une vie si monotone.Cependant, il n\u2019a pas vieilli à l\u2019étude des âmes et des caractères sans avoir acquis l\u2019expérience qui fait prévoir les écarts de ceux-ci et les dangers que rencontrent celles-là, aux jours apparemment les plus sereins de la vie.\u201c_J\u2019ai pensé, madame Pèlerin, que vous seriez inquiète de Jean, et je suis venu vous en parler.\u2014Ah! j'aime si peu la mer.Il est parti peut-être trop vite.Je n\u2019ai pas eu le temps d\u2019y penser comme il le fallait.\u2014Non, non; n\u2019allez pas vous reprocher cela.La mer n'offre pas le plus grand danger qu\u2019il peut courir actuellement.Avec un bon vaisseau comme celui-là et les gens qui le conduisent, les périls de la mer sont peut-être les moindres à redouter.Il y en a un plus grand pour Jean.\u2014Mais quoi donc, monsieur le curé?Vous me faites bien C'est trop de plaisir pour commencer.I y a trop d'argent, trop de bonheur mondain tout à coup sous ses yeux, \u2014Si ce n'est que ça, le pauvre enfant en a vu si peu depuis qu\u2019il est dans ce monde i \u2014Précisément, ne va-t-il pas rester ébloui?Quand tout cela sera disparu, ne Verra-t-il pas tout jaune autour de lui comme il nous arrive quand nous avons eu l\u2019imprudence de regarder trop complaisamment le soleil ?; ,( à se passera.| se passera, chez vous, chez moi.Oui,et assez rapidement, parce que notre ceil a vieilli, qu\u2019il est tamisé par l\u2019âge et l\u2019expérience.Mais chez lui, il s\u2019y brûlera peut-être.\u201d ° Malgré lui le vieux curé se fait consolateur fatigant.Ce n\u2019est pas ce qu\u2019il aurait voulu auprès de cette pauvre mère i ne le comprendra qu\u2019à demi.Il se reproche intimement \"accuser droitement sa préoccupation toute personnelle; de chercher un épouvantail du côté où l\u2019œil et l\u2019esprit de la paysanne ne voient que consolation et bonheur.Comme ces cachotteries sont malheureuses, il parlera donc plus ouvertement.= EEN c .\u201c\u2014 J'avais mon secret, madame Pèlerin, Si va mie vous faire connaître à cette heure.Il me sem la prudence et de la persistance, nous aurions pu conduire * ean jusqu'au clergé.Mais, , voulez-vous, un jeune joan ua Ee re due \u2014Ce n\u2019est pas son cousin qui en empêchera.Au contraire, les Dupin pourraient nous aider.Ma sœur m'a bien dit qu\u2019elle ne nous abandonnera pas.\u2014Ce n\u2019est pas non plus du côté matériel que je vois l\u2019obstacle le moment.Oh! non.Je crains que ce jeune homme, élevé à l\u2019américaine, ne lui laisse dans l'esprit des choses i changeront ses idées: Voilà! Je ne puis pas oublier ses ères paroles, l\u2019autre jour, par exempie:\u2014La patrie, c\u2019est là où l\u2019on est bien! \u201cJ'ai vu alors dans l'œil de Jean comme un éclair qui me l\u2019orage.Trop tôt chercher les biens matériels, cela peut d'abord lui faire manquer son instruction et ensuite son vrai bonheur.Il sera mal situé, entre son cousin riche, suffisamment instruit déjà et nous, pour apprécier ce que valent indépendamment l\u2019une de l\u2019autre la richesse et l'instruction.Si encore ils en étaient au même point, au début tous deux de leur éducation, nous pourrions les associer aux mêmes études.Malheureusement pour Jean, il lui tardera plutôt de vieillir et de s'enrichir pour suivre son cousin.h \u2014Tout çà dans une vacance ?Je serai donc toujours mal- A 1a Vue de la pauvre femme qui pleure, le prêtre est décidément chagrin aussi fui de I\u2019 impair qu\u2019il com- \u201c\u2014Allons, je veux croire que je me suis trompé, madame Pêlerin.Il n\u2019y a pas lieu de nous attrister encore, plaise à Dieu.Après les vacances, Jean reprendra ses études, n'est-ce ?Nous verrons à le prévenir, à faire disparaître, s\u2019il le aut, effet qu\u2019aura pu exercer sur ses projets et son caractèré l\u2019influence de l\u2019autre retourné dans le grand monde où il l'oubliera sans doute.Vous m'\u2019aiderez; vous direz comme moi, et nous en ferons un homme sérieux.\u201d EA \u201cTout de même, en retournant au village tantôt, seul et à part soi, il donnera sans plus de contrainte libre accès dans son esprit à la hantise de sa reluctance contre le prestige de l\u2019argent.C\u2019est l\u2019ennemi contre lequel il aura à lutter, qu\u2019il voudrait défier en champ clos, pour mener à bien l'enfant que le malheur lui a confié, et l\u2019élever non: pour en faire un jouisseur mais un intellectuel, encore mieux, un apôtre, si possible, au service de Dieu d\u2019abord et de la patrie canadienne Us ce 50e (à sudore) \u2018 Le Lin AVIS =\" CCE an Nous désirons faire remarquer à nos abonnés que l'expédition de noire Revue se fait en bontre ot due forme, el que si certains abonnés'ne le reçoi- , vent pas, cola ne peul pas être \u2018aitribué à noire négligence ni au Bureau de Poste d'expédition, Om devra faire des recherches où.Burean-dé Posts local.=: Sh RE Cul PRESS PES LL Vie SU T ve \"AE Jar x > EPARGNE DANS L'ACHAT D'UNE AUTOMOBILE \u201c \u201c FORD \u201d EST LA MACHINE RECONNUE LA PLUS.ECONO- MIQUE ET NOUS POUVONS LA COMPARER A TOUTE AUTO: MOBILE D UXE J.AT.LAMBERT Représentan sp 33, rue de la Québec Tél 10 pre régner ESS et \u2014 .ave + nat i.Re DE Ee 50e 1 mes \u201c Comment Economiser \u201cNotre nouveau système très simple Tissus et les Couleurs.qui vous convien- ; neni le mieux, el vous fast bénéficier GRA- *- TUITEMENT de notre CONCOURS - .bour la confection de yore dered Ps > printemps.LE ¥ - Magasins \u201cSinger\u201d 5 \u201cdans la Province - de * Québec .A ; sous abprend à choisit lès Modèles, ls sur vos Vêtements émet as ns ce acier vote ; à jamais \u2026.Voici un livre d\u2019un genre absolument inédit, qui vous indique comment choisir, rapidement et sans erreur : - \u20187, Possible, les modèles, les tissus et les couleurs de tous vos vête- \u2026ments.Vous y trouverez 50 iikkièles-typegz- tous choisis par les - arbitres de la Mode, qui vous guideront utilement.Il fants, de rideaux, draperies, housses, etc.Ew Wardrobe\u201d, est graiuit.H suffit, pour l\u2019obtenir, d\u2019 apporter le : \u2018 ie \u2014er< coupon ci-dessous au plus proche Magasin Singer.La couturiè- ° x = re de cette Maison vous aidera alors à confectionner les divers # vêtements dont vous avez besoin.Elle vous apprendra com :.825, tue Lafontaine: 614, rus St-Francois 6.7.26, roe Labelle .a2 ment ajuster le modèle et finir élégamment les coutures et les | vous offre maintenant chacun des Magasins Singer.Vous y.\u2014 trouverez tout ce qui peut rendre votre tâche plus facile, y com- : SINGER s SEWING MACHINE COMPANY | 8 As Pétaénté dans n° imports quel Magasin Sings, os coupon denne dri Nit LE ge RRS veh i, \u201cde Pr r intemps .we oe \u201c | - æ \"Es ste - aussi nombre de suggestions et de modèles de vêtement fes | + = + Ca livre intitulé \u201cHow th Save Money on Your Spring | 3 pris js l'usage de Machines Electriques.Singer © modernes.; Tome To h - bords.N'hésitez pas à recourir à la coopération graiuite que 4 "]
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