Le nouvelliste, 10 avril 2021, Cahier 3
[" SEMAINE DU 10 AVRIL AU 16 AVRIL 2021 + LIVRE Thaïs Barbieux LA VOIE DE LA LIBERTÉ + LIVRE Gérald Gaudet À LA RENCONTRE D\u2019UNE ÉPOQUE MISE EN DANGER DE WILLIAM CLOUTIER À STAR ACADÉMIE DU STRESS ET DE LA FIERTÉ POUR LA CONJOINTE DU VICTORIAVILLOIS DAVID LAVERGNE BIEN DES CORDES À SA GUITARE \u2014 P H O T O F O U R N I E SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E2 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca On connaî t David Lavergne comme le chanteur du groupe Bears of Legend mais l\u2019autre passion professionnelle qui consume son temps est plus discrète : il est le fondateur et maître d\u2019oeuvre de La Tanière, maison de production de disques et de spectacles.«Mon père m\u2019a toujours conseillé de diversifier mes sources de revenus dans la vie.Ça fait longtemps que j\u2019ai décidé qu\u2019en plus d\u2019être musicien, je serais aussi agent, gérant d\u2019artistes, producteur et diffuseur.» Par contre, malgré un carquois plein de flèches, il ne pouvait prévenir le gel des activités artistiques en présence à partir de mars 2020.Le chanteur a dû se résigner à l\u2019inactivité au cours de la dernière année mais le gestionnaire a pris la relève malgré des mois difficiles.«Entre mars et octobre 2020, on vivait dans le doute et sans revenu.Les premiers six mois de la crise ont été extrêmement arides et inquiétants.Tous les gens que je voyais dans l\u2019industrie se demandaient ce qu\u2019ils pourraient faire d\u2019autre dans leur vie.» «Je suis tellement passionné par ce que je fais que quand tout s\u2019est arrêté et qu\u2019il ne me restait rien d\u2019autre à faire que d\u2019annuler des spectacles, j\u2019étais vraiment démotivé.» Il n\u2019a été démuni qu\u2019un temps.Il est retourné à l\u2019université poursuivre une maîtrise jadis abandonnée quand Bears of Legend s\u2019est mis à lui réclamer trop de temps et d\u2019énergie.Conséquent avec ses champs d\u2019intérêt, il s\u2019est attaqué à une étude sur les effets de la pandémie sur la santé mentale des intervenants du monde de la musique au Québec.«On a fait un grand sondage auprès d\u2019artistes, propriétaires de salles de spectacles, gérants, producteurs, etc.Notre hypothèse de base, c\u2019est que la pandémie a exacerbé des problèmes qui existaient déjà au sein de la communauté artistique.On connaît les facteurs de risques pour la santé mentale et on sait que les gens du milieu y sont particulièrement exposés par la précarité de leur emploi, la fragilité des revenus, les heures de travail irrégulières, l\u2019absence d\u2019assurances dans bien des cas, l\u2019exposition aux critiques, etc.» «On espère que les résultats auxquels on va en arriver vont donner des munitions aux différentes organisations pour mieux soutenir les artistes et les intervenants dans le cadre de la crise mais pour le futur également.» David Lavergne dit le faire pour se sentir utile.Ce qu\u2019il tirera des données qui restent à être analysées nourrira l\u2019agent et le producteur qu\u2019il est également.«Dans notre boîte, ces derniers mois, on a vraiment travaillé fort à éplucher tous les programmes de subventions pour aider nos artistes.On a pris les bouchées doubles.» «Je ne pense pas que la pandémie a, à elle seule, mis à terre beaucoup d\u2019artistes : ils étaient déjà fragiles.Ils se sont cependant rendus compte à quel point ils sont dépendants de bien des facteurs et que leurs revenus mais aussi leur passion, tiennent à pas grand-chose.Un virus peut faire tout basculer.» LA TANIÈRE Créée en 2012 comme agence de spectacles pour les Bears of Legend, l\u2019animal a évolué.«Au départ, je négociais directement avec les diffuseurs, je vendais les spectacles des Bears.On a ajouté le volet production en investissant pour monter les spectacles, sortir des albums, etc.Aujourd\u2019hui, La Tanière, c\u2019est surtout une boîte de production de spectacles.On produit les Bears, mais aussi Bleu Jeans Bleu, Andréanne A.Malette, QW4RTZ, MISC et plusieurs autres.Nous sommes producteurs de leurs spectacles donc on engage les musiciens pour les tournées, on représente les artistes pour vendre les spectacles dans des salles ou des festivals.» Ça, c\u2019est le rôle.Il y a aussi l\u2019orientation.« Notre couleur, c\u2019est qu\u2019on ne travaille qu\u2019avec des artistes ayant un profil d\u2019au- toproducteurs.Ça veut dire qu\u2019ils gèrent eux-mêmes leurs finances, leur promotion.Si on prend Andréanne ou QW4RTZ, ce sont des gens extrêmement travail- lants, très sérieux côté financier, des machines de promotion.C\u2019est aussi le cas de Bleu Jeans Bleu, des gars qui gèrent très bien leurs projets.Regroupés chez nous, ils ont accès à des subventions auxquelles ils n\u2019auraient pas droit s\u2019ils étaient complètement indépendants.» « Ce qu i n ou s d i st i ngu e d e plusieurs boîtes, estime David Lavergne, c\u2019est qu\u2019au lieu d\u2019engager des employés pour gérer les projets des artistes, i ls le f o n t e u x- m ê m e a v e c n o t r e soutien.» Le premier mandat de la firme est venu en 2015.David estime à environ cinq ans le temps pour qu\u2019une boîte ait la crédibilité pour accéder à toutes les nécessaires subventions gouvernementales.La Tanière y est arrivé avant la crise, heureusement.«Depuis octobre, on a été très proactifs pour obtenir le maximum d\u2019aide.Le bruit s\u2019est répandu dans le milieu.Présentement, on refuse beaucoup de demandes d\u2019artistes.Les derniers qu\u2019on a signés, c\u2019est le duo de danse Janie et Már- cio gagnants de Révolution.» S\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019à son patron, La Tanière se l imiterait aux artistes avec lesquels elle travaille déjà.Il ne sert à rien de grossir au détriment d\u2019une qualité de vie.«On se démarque bien, on fait partie des bons joueurs dans l\u2019industrie et surtout, on épaule bien nos artistes.» Le patron tient férocement à la saveur humaine de son boulot.«Je connais personnellement chacun des diffuseurs avec qui on fait affaire.Ce sont des amis, vraiment.On s\u2019appelle, on jase, on rêve ensemble.On a le même but : faire vivre des expériences le fun au public.» Lui-même reste discret, il est plus payant pour tout le monde que la lumière soit sur les artistes.« Mon rôle, c \u2019est de les faire rayonner.» C\u2019est fait le plus simplement possible pour que les sous aillent aux artistes.Ça veut dire peu d\u2019employés, pas de bureau sur le Plateau, à Montréal.«Je travaille depuis le grenier de ma maison à Saint-Boniface.On n\u2019a qu\u2019une seule employée présentement et elle est à Montréal.Pendant dix ans, la seule salariée était Jacynthe, l\u2019accordéoniste des Bears.Elle a eu un enfant récemment et voulait du temps pour s\u2019y DAVID LAVERGNE BIEN DES CORDES À SA GUITARE leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E3 consacrer.» Dans ses meilleures années, La Tanière a quand même supervisé jusqu\u2019à 350 spectacles.«On aurait pu être quatre ou cinq employés qui n\u2019auraient jamais manqué d\u2019ouvrage.On a investi en technologies pour automatiser des opérations.Ainsi, notre commission demeure raisonnable; c\u2019est plus d\u2019argent pour les artistes.Ils voient tous nos états financiers et savent précisément où va l\u2019argent.» ET LES BEARS?Avec tout ça, on en oublie que le groupe Bears of Legend a lui aussi été stoppé dans son parcours.«Les Bears, c\u2019est une belle histoire, dit son chanteur.Ça fait dix ans qu\u2019on roule, les sept ensemble, et on a l\u2019impression qu\u2019on vient de commencer.Notre bien-être personnel a toujours été la priorité.Certains ont eu des enfants récemment; ça remet le groupe en perspective.Il n\u2019est la première source de revenus pour aucun de nous.La musique est un trip de gang, quelque chose qu\u2019on adore mais on ne brisera pas des familles pour ça.» En ce moment, le septette souhaite offrir une digne fin à la tournée A Million Lives interrompue en mars 2020.Le 10 avril, ils seront au Cabaret de l\u2019Amphithéâtre Cogeco pour deux représentations, à 16 h et 18 h 30 et il reste des billets.«Il devrait y avoir d\u2019autres dates pour clore une tournée extraordinaire.Après, on verra selon les disponibilités de chacun : peut-être qu\u2019on pourrait se pencher sur un nouvel album.» Le plus étonnant, c\u2019est que privé de sa guitare depuis un an, David Lavergne ne la pleure même pas.«Je suis aussi passionné de production que je le suis de musique.L\u2019idée de monter au grenier le matin m\u2019enthousiasme comme un enfant.Je vois chaque jour sur mon téléphone où jouent les artistes de La Tanière.Juste de savoir qu\u2019on leur permet le plaisir de jouer sur scène dans les meilleures conditions, ça me fait profondément plaisir.La business est sous-jacente aux grandes amitiés qui nous lient.» Chanteur du groupe Bears of Legend et dirigeant de la maison de disque et de production de spectacles La Tanière, David Lavergne voue une égale passion aux deux pôles de sa vie professionnelle.Par la force des choses, l\u2019Orchestre symphonique de Trois-Rivières consolidera davantage sa vocation d\u2019orchestre régional en présentant son concert Gershwin et Beethoven au Centre des arts de Shawinigan ce dimanche, à 14 h 30.La complexité de la situation de l\u2019orchestre limité tant par les mesures sanitaires que par la fermeture de la salle Thompson, a forcé le changement du lieu de présentation.On se souvient que le concert du mois de mars avait dû être carrément annulé, une première pour l\u2019orchestre triflu- vien cette saison, devant l\u2019impossibilité de trouver une salle adéquate pour le présenter.Le déménagement à Shawinigan, le temps d\u2019une représentation, a aussi forcé la direction artistique à changer le programme de ce qui sera le cinquième grand concert de la saison.Au lieu d\u2019offrir Nielsen et Poulenc.La connexion surprenante, on a opté pour un programme moins exigeant en termes d\u2019effectifs de façon à permettre à tous les musiciens de prendre place de façon sécuritaire sur la scène de la salle Philippe-Filion.On ne peut pas dire que le public y soit perdant puisqu\u2019on lui offrira un menu alléchant.On pourra entendre cinq courtes mais enlevantes pièces de Johann Strauss (Die Fledermaus, Trisch-Trasch-Polka, Perpetuum mobile, Pizziccato-Polka ainsi que Unter Donner und Blitz) qui se marieront au célèbre Rhapsody in Blue de George Gerschwin qui lui-même précédera la non moins célèbre Symphonie no 5 en do mineur de Beethoven.Le hasard faisant parfois bien les choses, on a opté pour un programme enjoué et accessible qui sera au diapason de la générosité de Dame Nature.Comme soliste, on a fait appel au jeune pianiste québécois Wonny Song.Ce concert sera présenté devant 188 spectateurs.Initialement, la grande salle du Centre des arts devait être en mesure d\u2019accueillir 219 personnes mais les changements aux mesures sanitaires apportées au cours des derniers jours par le gouvernement québécois ont amené des modifications dans la configuration de la salle.Désormais, on doit assurer un minium de deux mètres de distance entre chaque spectateurs, ou bulle familiale, et ce, tout autour de chacune de ces bulles.Au moment d\u2019apporter les modifications, tous les billets pour le concert n\u2019avaient pas encore trouvé preneurs mais en abaissant le nombre de place à 188, tous les sièges disponibles sont maintenant occupés.C\u2019est donc à guichet fermé que l\u2019OSTR et son chef attitré Jean- Claude Picard reprendront contact vivant avec le public mauricien.FRANÇOIS HOUDE Concert de l\u2019OSTR à guichets fermés Alors que les salles de spectacle et de cinéma ont pu recommencer à accueillir des spectateurs il y a quelques semaines lors du retour de la région en zone orange et que le tout se déroulait rondement, voilà qu\u2019une autre tuile s\u2019est abattue sur les organisations qui doivent revoir l\u2019aménagement des salles en raison de nouvelles mesures annoncées un peu plus tôt cette semaine.En effet, c\u2019est que le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures obligeant les propriétaires de cinémas et de salles de spectacle à appliquer une distanciation de 2 mètres, au lieu de 1,5 mètre entre chaque personne comme c\u2019était le cas depuis quelques semaines déjà.«Pour nous, en ce qui a trait à la distance latérale, ça ne cause pas de problème, car on avait déjà le deux mètres.Mais c\u2019est au niveau de la distance à 360 degrés que ça se complique.On doit donc laisser plus d\u2019espace de distanciation, donc on doit revenir au modèle qu\u2019on avait il y a plusieurs mois», explique la directrice des arts de la scène de Culture Trois-Rivières, Mélanie Brisebois.Résultat, Culture Trois-Rivières doit revoir la capacité de ses salles, ce qui représente dans certains cas, par exemple pour la salle du Cégep de Trois-Rivières, une diminution de près de 50 % des places disponibles.Ainsi, alors que cette salle pouvait accueillir depuis sa réouverture environ 218 personnes, elle peut maintenant en accueillir 112.Ces nouvelles mesures touchent donc 11 spectacles pour le mois d\u2019avril, alors que 10 spectacles subiront les mêmes impacts pour les mois de mai et de juin.Ainsi, cela veut inévitablement dire que certains spectateurs ne pourront plus assister en aussi grand nombre aux spectacles prévus.Dans cette optique, Culture Trois-Rivières doit donc contacter les spectateurs par ordre de priorité, en fonction de la date d\u2019achat afin de trouver une alternative.Parmi les alternatives, Culture Trois-Rivières mentionne tenter d\u2019ajouter des supplémentaires pour les spectacles affectés.Cependant, certains spectateurs pourraient ne pas être relocalisés.Le cas échéant, un remboursement est toutefois possible, assure Culture Trois- Rivières.AMÉLIE HOULE Culture Trois-Rivières doit diminuer sa capacité d\u2019accueil de près de 50 % SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E4 ARTS MAGAZINE MARIO BOULIANNE mboulianne@ledroit.com C\u2019est un fait, la pandémie a permis à plusieurs de sauter sur les freins.Pour les créateurs, c\u2019est même une évidence et Louis-Jean Cormier n\u2019y échappe pas.Avec la sortie de son quatrième a l b u m s o l o p r é v u e p o u r l e 16 avril, Cormier revient à la réalisation\u2026 et aux claviers.Disparues dans Quand la nuit tombe, un album sorti au début de la pandémie, les guitares sont toujours absentes sur la douzaine de pistes que présentent Le ciel est au plancher.Enregistré dans l\u2019espace du studio Dandurand à Montréal \u2014 copropriété de Cormier \u2014, l\u2019album a été coréalisé avec François Lafontaine, complice de Louis- Jean Cormier depuis les premiers accords de Karkwa.Ce disque s\u2019installe comme une suite au précédent, au travers de sonorités de jazz, mêlant les talents d\u2019échantillonneurs du duo Cormier-Lafontaine et de la rythmique des percussions franchement « karkwesque » de Robbie Kuster.COMME UN FILM L\u2019album s\u2019est construit lentement, suivant un storyboard dessiné par Louis-Jean, Lafontaine et Kuster.« On a eu une approche cinématographique avec ce disque, confie au Droit l\u2019auteur-compo- siteur.On a concocté l\u2019album à trois, François, Robbie et moi.On a presque tout enregistré live pour ensuite ajouter les chœurs et les cuivres.D\u2019ailleurs, ce fut une expérience extraordinaire avec les cuivres.» La trame de l\u2019album amène le public de Sept-Îles à Montréal.Louis-Jean Cormier explique ce voyage du nord au sud par le décès de son père et sa volonté de revenir aux sources.« C\u2019est le disque dont je suis le plus fier quant à la direction artistique, explique-t-il.On s\u2019est fait un plan de match, on a visualisé un décor.Et on l\u2019a bâtit comme un road trip, avec ce concept de géo- localisation qui s\u2019inscrit d\u2019ailleurs sur deux titres.» Sur la chanson Marianne par exemple, les références s\u2019entremêlent, faisant ainsi revivre sa « première blonde » tout en s\u2019adressant à Rebecca, celle qui partage sa vie.Comme le soleil de l\u2019ouest derrière la fumée, Je voudrais qu\u2019on arrête de se cacher, a-t-il écrit faisant ainsi état du dévoilement au grand jour de sa relation avec l\u2019animatrice Rebecca Makonnan On y retrouve même un clin d\u2019œil à Leonard Cohen, avec un petit bout de texte en anglais emprunté au classique de Cohen, So Long, Marianne.« C\u2019est la première fois que j\u2019écris un texte en anglais et que je le chante », confie-t-il.Bien entouré de sa garde rapprochée formée de Marc-André Larocque, Guillaume Chartrain, Alex McMahon, Daniel Beaumont et, bien sûr, François Lafontaine.Louis-Jean Cormier raconte la douleur de la perte de son père dans cet album.LE DEUIL Et, c\u2019est avant tout à son père qu\u2019il a voulu rendre hommage avec ce disque.« Mon père est décédé en janvier 2020, il avait 85 ans, raconte l\u2019auteur-compositeur.Je lui dois beaucoup dont certainement cette méticulosité dans mon travail et cette quête de la perfection qui peut rendre fou mon entourage.» Louis-Jean décrit son père Marcel comme un homme de principe, de musique et de cœur.« Depuis son départ, je ressens de plus en plus sa présence, croit- il.Son décès m\u2019a mis dans les mains cette quête sur la vie que Louis-Jean Cormier lancera, la semaine prochaine, son quatrième album solo intitulé Le Ciel est au plancher.\u2014 DOMINIQUE LAFOND L\u2019IMAGE DU PÈRE LOUIS-JEAN CORMIER leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E5 Et qu\u2019en est-il de Karkwa?Une question facile et nécessaire, lorsqu\u2019on discute avec Louis-Jean Cormier.Et la réponse ne vient pas aussi rapidement que prévu.On le voit esquisser un sourire, faire une pause et lancer : «?on travaille (toujours) sur quelque chose?», avoue-t-il, hésitant à se compromettre.Étant copropriétaire du s tu d io Da n dur a n d avec quelques-uns de ses camarades du mythique groupe, il y a là une liberté de créer qui n\u2019implique rien d\u2019autre qu\u2019un peu de disponibilité «?On a tous, chacun de notre côté, un agenda relativement chargé, explique-t-il.On a des trucs en chantier, mais on n\u2019a surtout pas d\u2019échéancier.Si l\u2019album arrive, il arrivera, mais à son rythme.?» Lors du lancement de sa plateforme Le 360, on a pu assister à une séance d\u2019enregistrement où les membres de Karkwa étaient réunis dans le studio montréalais.On a pu les observer dans un moment de création et, devant la caméra et à micro ouvert, Louis-Jean Cormier a lancé un «?pourquoi pas?» bien senti.«?C\u2019est certain que de retrouver ces gars-là, ça fait un bien énorme, ajoute-t-il.C\u2019est facile de travailler avec eux, de se laisser inspirer.Je crois sincèrement qu\u2019on est sur le point d\u2019arriver avec un projet signé par Karkwa.?» À suivre.MARIO BOULIANNE, LE DROIT .ET KARKWA?j\u2019ai traduite sur le disque avec l\u2019aide de mes camarades.» La démarche du deuil est inscrite en lettres majuscules dans cet album, et Cormier l\u2019avoue d\u2019emblée.« C\u2019est certain que la perte de mon père fut un déclencheur pour l\u2019écriture de ces chansons- là, avoue-t-il.Mais, c\u2019est également une démarche qui fait suite à Quand la nuit tombe que nous avons sorti il y a un peu plus d\u2019un an.» L\u2019ESPRIT DE GROUPE Sur cette longue balade entre le ciel et la terre, on est accompagné par le piano de Cormier, le Wurlitzer et les synthés de Lafontaine ainsi que la trompette d\u2019Andy King et le saxophone d\u2019Erik Howe, deux « Anglos de l\u2019Ouest » qui ont été invités à participer à la production de l\u2019album par François Lafontaine.« Avec Erik et Andy, on s\u2019est un peu éloigné de notre clique habituelle, ajoute Cormier.Ce sont deux références de François.Il les a invités à se joindre à nous, et ils ont accepté sans savoir trop dans quoi ils s\u2019embarquaient.On leur a fait entendre les maquettes et on a ensuite passé deux jours à enregistrer tout ça, sans aucune partition.On voulait laisser place à l\u2019improvisation surtout parce qu\u2019on avait envie de jouer dans des zones plus jazz.Finalement, on ne s\u2019est vraiment pas trompé.» Le ciel est au plancher est un album accompli, qui s\u2019accroche à un fil conducteur qui s\u2019étire jusque dans l\u2019intimité de son auteur-compositeur.Dans ce qui pourrait, à la première écoute, se révéler du chaos, surgit un grand sentiment d\u2019apaisement.On applaudit aussi l\u2019idée d\u2019y avoir mis à profit la voix de Marie- Pierre Arthur.On peut l\u2019entendre sur plusieurs titres dont 138, L\u2019ironie du sort et Les lignes de ta main.Enfin, cette touche de jazz en filigrane surprend, sans doute un peu, mais nous rapproche d\u2019une perfection signée Cormier.MARIO BOULIANNE mboulianne@ledroit.com « Le 360, c\u2019est comme faire le tour de ce que le monde des arts peut offrir.» Au d é b u t d e l a p a n d é m i e, Louis-Jean Cormier laissait germer l\u2019idée d\u2019une plateforme web axée sur la création artistique et ses créateurs.Avec le lancement de Le 360 en mars dernier, ce beau rêve est devenu réalité, et ce, au cœur même du studio qu\u2019il a bâti, rue Dandurand, à Montréal.Appuyé par l\u2019équipe de Les yeux boussoles, le réalisateur Alex Doucet et de nombreux amis-col- laborateurs, Louis-Jean y propose un tour d\u2019horizon riche et intime de son univers musical et de ceux d\u2019artistes qui l\u2019inspirent.« C\u2019est comme une activité de fan club , sans être un fan club, tente-t-il d\u2019expliquer.J\u2019ai des fans partout dans la francophonie et même ailleurs qui veulent accéder à mon contenu, des trucs que j\u2019ai fait à la télé ou à la radio.Avec Le 360, je peux rendre accessible tout ce contenu et encore plus.» Au fil des ans, avec la série Microphone présentée à Télé- Québec, Cormier a reçu des dizaines d\u2019artistes venus ainsi revisiter de grandes chansons québécoises.Même chose à la radio où il a animé La Chaîne musicale sur les ondes de Radio- Canada.À chaque fois, derrière le micro ou devant la caméra, il mettait en valeur le talent d\u2019ici.Au menu des six chaînes de Le 360, des collabos, des rencontres \u2014 dont celles savoureusement intéressantes avec Philippe Far- lardeau, Maude Landry et Mehdi Boussaidan \u2014, des classes d\u2019artisans et des moments en coulisses.« Le 360 , c \u2019est l\u2019envie d\u2019être libre, d\u2019être maître à bord, de créer un terrain de jeu numérique indépendant, autosuffi- sant et fabriqué ici », précise l\u2019artiste.De plus, pour chaque abonnement, 1 $ sera remis à l\u2019organisme Jeunes musiciens du monde dont Louis-Jean est le nouveau porte-parole.«On est loin de nos objectifs d\u2019abonnement en ce moment, mais le travail se fait, lentement, mais sûrement», espère-t-il.Une immersion totale donc, pour le ou la curieuse de musique et de création artistique qui voudra se laisser inspirer ou simplement se plonger dans une mer de connaissances, autant avec l\u2019auteur-compositeur qu\u2019avec plusieurs artistes de grand talent qui visiteront Le 360 de Louis- Jean Cormier.LOUIS-JEAN SUR SON 360 Avec sa nouvelle pla- teforme web Le 360, Louis-Jean Cormier propose une série de rencontres avec des artistes qui l\u2019inspirent tout en offrant aux mélomanes un lieu de découvertes.\u2014 LE 360 «?C\u2019est le disque dont je suis le plus fier quant à la direction artistique.On s\u2019est fait un plan de match, on a visualisé un décor.Et on l\u2019a bâtit comme un road trip, avec ce concept de géolocalisation qui s\u2019inscrit d\u2019ailleurs sur deux titres.?» \u2014 Louis-Jean Cormier SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E6 ARTS MAGAZINE La conjointe de William Cloutier vit intensément l\u2019aventure Star Académie FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Star Académie fait vivre des émotions fortes non seulement aux participants mais à bien des proches des candidats.Il y a fort à parier que nul n\u2019a vécu aussi intensément cette aventure que Sara Dagenais, la conjointe de William Cloutier, le concurrent originaire de Victoriaville.La chose est d\u2019autant plus vraie que cette semaine, le jeune homme de 25 ans a été mis en danger par les juges pour une seconde fois depuis le début de l\u2019émission.Il y a cependant une autre énorme raison pour laquelle l\u2019intensité est plus forte pour Sara: elle a donné naissance au deuxième fils du couple au moment même où papa faisait son entrée au manoir qui accueille et emprisonne presque les participants.La bonne nouvelle, c\u2019est que le petit Éloi se porte bien, aussi bien que sa maman qui concède cependant qu\u2019elle vit des montagnes russes émotionnelles depuis quelques semaines.«Il ne fait pas de doute que nous vivons une des plus grandes aventures de notre vie, confiait-elle depuis le domicile familial jeudi dernier.On voit tout ça de façon très positive: c\u2019est un grand tremplin pour William et une chance inespérée de vivre une expérience extraordinaire.Disons que ça va nous faire une très belle histoire à raconter à Éloi quand il sera plus grand.» La jeune maman admet que son conjoint lui a fait vivre pas mal de stress.«Ça fait deux fois qu\u2019il est en danger et c\u2019était la quatrième fois cette semaine qu\u2019il était en évaluation auprès de juges; à chaque fois, c\u2019était vraiment stressant.Ça me fait des semaines pas reposantes avec Liam et Éloi qui me tiennent déjà très occupée.Heureusement, j\u2019ai un très bon soutien autour de moi.C\u2019est éprouvant, mais ça va.» Pour ceux qui se demandent comment Sara arrive à suivre les péripéties quotidiennes de son amoureux, elle dit avoir établi une petite routine.«Comme les émissions quotidiennes sont à 19 h 30, je m\u2019installe dans la chaise berçant après le souper, je donne à boire à Éloi en écoutant l\u2019émission et à la fin, je le couche.Bien souvent, je me couche moi aussi!» UN PARCOURS IMPRESSIONNANT Elle convient d\u2019emblée qu\u2019elle n\u2019est en rien objective dans son évaluation mais estime que son William connaît un parcours exceptionnel.«Depuis le début, de semaine en semaine, il applique à la lettre ce que les juges lui demandent.Chaque semaine, ses prestations m\u2019impressionnent.Je suis vraiment fière de lui et je sais que lui va être très content de son aventure quand ça va se terminer.» De son point de vue unique, elle note des choses que le public ne peut savoir.Ainsi, elle trouve que son conjoint n\u2019exprime pas complètement sa personnalité naturelle.«Dans la vie, Will est très extraverti.C\u2019est celui qui fait toujours des blagues qui est toujours en train de rire.On a moins vu ça de lui à la télévision.Par contre, on voit bien comment il est rassembleur et proche des autres.Il a toujours un bon mot pour chacun et ça aussi, c\u2019est bien lui.» Tout en s\u2019occupant d\u2019Éloi qui réclame un peu d\u2019affection pendant notre entrevue, Sara énumère les forces de son conjoint.«D\u2019abord, il est très polyvalent : il peut très bien chanter tous les styles de musique.Lors des variétés du dimanche, il n\u2019a pas fait un seul faux pas.Il sait se fondre aux artistes invités et les accompagner pour les faire ressortir aussi bien que lui ressort.» «Je trouve aussi qu\u2019il a beaucoup de charisme et qu\u2019il est très attachant mais là, c\u2019est mon chum : ce serait bizarre que je dise autre chose!» Elle note aussi sa facilité à s\u2019exprimer verbalement lors de différentes interventions et estime que sa formation de comédien constitue un bon avantage.«Il était comme ça avant ses trois ans à l\u2019école de théâtre mais avec les apprentissages scolaires en plus, ça ne peut que l\u2019aider.» Si elle avoue un certain stress quand on évoque le spectacle de dimanche prochain qui décidera de la poursuite ou non de l\u2019aventure pour son chum, Sara se montre néanmoins très confiante.«William, c\u2019est sous pression qu\u2019il fait ses meilleures performances.Il va être très stressé avant de monter sur scène et va rester dans sa bulle mais dès que c\u2019est primordial pour lui de briller, c\u2019est là qu\u2019il est à son meilleur.Je ne suis pas trop inquiète pour dimanche.» Heureusement, selon elle, les juges ont bien saisi qui est William.«Je dirais que plus l\u2019aventure avance, plus ils voient son potentiel.On a entendu Ariane dernièrement dire combien elle est surprise par lui; épatée, même.Au début, je pense qu\u2019ils n\u2019avaient pas perçu l\u2019étendue de son potentiel mais il a quand même toujours eu de bons commentaires.Moi, je le vois évoluer d\u2019une semaine à l\u2019autre et je trouve qu\u2019il prend beaucoup de confiance.» «Will est le genre de gars qui se remet beaucoup en question et je vois que c\u2019est une aventure qui va lui démontrer qu\u2019il est vraiment à sa place dans le monde de la musique et que c\u2019est ça qu\u2019il doit faire dans la vie.» Ce que la maman d\u2019Éloi et Liam voit dans le futur de son amoureux, c\u2019est non seulement une carrière en musique mais plus spécifiquement du côté des comédies musicales.«Ce que les téléspectateurs ont peut-être moins vu, c\u2019est qu\u2019il a une formation d\u2019acteur en plus de super bien chanter alors, je le verrais très bien dans des comédies musicales.Comme il fait déjà du doublage de voix, il pourrait très bien faire du doublage dans des films d\u2019animation pour enfants où il pourrait mettre à profit ses talents de chanteur.» Même si ses obligations maternelles l\u2019accaparent beaucoup, Sara a pu constater que le Centre-du- Québec est derrière William de façon enthousiaste.«J\u2019ai reçu tellement de messages d\u2019encouragement par Internet, c\u2019est incroyable! Je n\u2019ai même pas eu le temps de tous les lire.Je suis allée faire des courses avec Liam l\u2019autre jour et des gens le reconnaissaient parce qu\u2019il l\u2019ont vu lors d\u2019un court topo à l\u2019émission.Je sens tellement que le public est derrière William et je les en remercie.Ça m\u2019aide énormément et ça m\u2019encourage.» Il faut bien comprendre que la petite famille est privée de papa depuis le début de Star Académie.«J\u2019ai très hâte qu\u2019il revienne à la maison, dit sa conjointe, mais en même temps, je veux qu\u2019il reste le plus longtemps possible là-bas.Je suis déjà très contente qu\u2019il se soit rendu aussi loin : ça aurait été très décevant s\u2019il avait dû quitter lors de la première mise en danger à la semaine 3.Là, on approche des demi-finales : c\u2019est vraiment l\u2019fun pour lui.» S\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019à elle, Sara aimerait que William soit sauvé par le public ce dimanche.«Au manoir, ils n\u2019ont que 5 minutes d\u2019accès aux réseaux sociaux par jour, alors, il ne peut pas constater tout l\u2019amour qu\u2019il reçoit.S\u2019il était sauvé par le public, je pense que ça lui donnerait un très gros élan de confiance.» «On ne peut rien prévoir.Les autres concurrents en danger sont tous tellement bons.Je suis confiante que William va livrer une performance à la hauteur mais pour le reste, tout peut arriver.J\u2019espère simplement que les gens vont voir ce que moi, je vois de lui.» Et si elle se languit de serrer son amoureux dans ses bras, elle préfère le voir poursuivre l\u2019aventure jusqu\u2019au bout.«J\u2019ai tenu le coup pendant deux mois, alors, ce ne sont pas deux ou trois semaines de plus qui vont faire une grosse différence.» Le Victoriavillois d\u2019origine William Cloutier est mis en danger cette semaine à Star Académie.Sa conjointe espère de tout coeur que le public va le sauver.DU STRESS ET DE LA FIERTÉ leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E7 FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Après Écrire, aimer, penser, sorti en 2019, Gérald Gaudet reprend aujourd\u2019hui la formule des entretiens avec des auteurs dans Parlons de nuit, de fureur et de poésie.Entretiens sur la lecture et la création littéraire.On dit entretiens mais il conviendrait peut-être mieux de parler de rencontres, d\u2019explorations de l\u2019univers intime de chaque auteur.D\u2019une plongée non seulement dans leur écriture mais dans les coins les plus reculés de leur inspiration.Cette fois, il propose des rencontres avec dix-huit artistes : Martine Audet, Joséphine Bacon, Marjolaine Beauchamp, Vic- tor-Lévy Beaulieu, Yves Bois- vert, Dany Boudreault, Jonathan Charette, Jean-Marc Desgent, Yan Giroux, François Guerrette, Benoit Jutras, Kevin Lambert, Pierre Ouellet, Chloé Savoie- Bernard, France Théorêt, Élise Turcotte, Laurence Veilleux et Maude Veilleux.La seule nomenclature propose déjà une surprise : à travers des poètes ou romanciers apparaît Yan Giroux, cinéaste.Gérald Gaudet justifie ainsi cette apparition.«Quand j\u2019ai vu le film À tous ceux qui ne me lisent pas de Yan Giroux inspiré par Yves Boisvert, j\u2019ai été profondément bouleversé.J\u2019en suis sorti en me disant qu\u2019il me fallait absolument parler avec Giroux.Il n\u2019est pas écrivain mais a saisi des aspects essentiels de Boisvert.» Lecteur avide et passionné, Gérald Gaudet fait preuve d\u2019une remarquable ouverture d\u2019esprit pour sonder chez chacun l\u2019essence de leur expression littéraire.«Ces écrivains appartiennent à leur époque.Ils ont tous été rencontrés assez récemment et je trouve intéressant de sentir ce qui vibre à un moment de notre histoire et qui donne cet imaginaire-là, cette émotion- là.Il y a un sentiment d\u2019époque qui se dégage du livre et chaque écrivain y apporte sa nuance.On retrouve un fond commun à tous, mais ils représentent des variations autour de la même problématique existentielle de notre époque.» Gaudet aborde dans ce bouquin des écrivains redoutables au sens littéral du terme.Des artistes qui témoignent parfois de la laideur du monde sans filtre pour exprimer leur propre rage.Or, l\u2019intervieweur arrive toujours à dépasser la rugosité et même la brutalité apparente pour accéder à leur intimité.«Certains d\u2019entre eux me faisaient peur, avoue-t-il.Je craignais qu\u2019ils réagissent aussi violemment à la rencontre qu\u2019ils le font dans leur œuvre.Mais dès que j\u2019ai senti quelque chose de vulnérable et de profondément humain en eux, je me suis senti en confiance et eux aussi.J\u2019y ai vu des humains qui voulaient parler à un autre humain et les conversations ont été très belles.Même que Jean-Marc Desgent, François Guérette en ont été particulièrement reconnaissants.Je crois qu\u2019Yves Boisvert l\u2019aurait aussi été.» Il serait naïf de croire que c\u2019est une question de chance : Gérald Gaudet sait se frayer un chemin vers l\u2019intimité.Sa culture, son intelligence mais surtout sa bienveillance semblent amadouer tout le monde.«Ils se sentent accueillis, dit-il.Un des thèmes dominants de ce livre, c\u2019est l\u2019extrême solitude que connaissent les auteurs.Kevin Lambert parle longuement de la difficulté de se sentir à sa place.Il nous dit que l\u2019acte d\u2019écrire en est un terriblement solitaire mais convient que la littérature est aussi un acte de communication.Il tend la main dans l\u2019espoir d\u2019être reçu par les lecteurs, lui qui ne trouve guère d\u2019écho dans la société qui l\u2019entoure.» Si la littérature est le cœur de l\u2019ouvrage de quelque 310 pages, Gaudet va plus loin.«Je vais dans l\u2019œuvre mais dans ce qui a précédé l\u2019œuvre également.Je m\u2019intéresse aux motivations profondes.Par exemple, quand je plonge dans les écrits de Marjolaine Beauchamp qui parle du monde des drogués, des prostitués, d\u2019un monde très dur, elle y exprime sa sensibilité envers ces gens que la société rejette.Elle vibre à leur humanité.Ça m\u2019intéresse.» «Les gens dont elle parle et auxquels elle s\u2019attache possèdent une pulsion de vie incroyable pour continuer à vivre malgré leur souffrance et la cruauté de leur existence.Dans ce désir de vivre malgré tout, il y a quelque chose d\u2019universel qui nous rejoint tous.C\u2019est cette pulsion de vie qui fait qu\u2019on écrit.» Ou qu\u2019on lit, peut- être aussi.Il est admiratif de ces écrivains qui plongent si loin en eux- mêmes pour dire l\u2019inexprimable.Si ces écritures ne ressemblent pas à la sienne, il demeure complètement ouvert.«Il y a le plus souvent une fureur chez les auteurs que je rencontre ici, les Guérette, Desgent, Charette ou Boisvert.Il y a chez eux une fulgurance, une déflagration qui exprime un sens du sacré.Ils sont tous dans la fulgurance et de ce fait, du côté de la beauté.Une beauté qui transcende la misère et la souffrance qu\u2019ils décrivent.Tous les auteurs rencontrés sont animés d\u2019une flamme qui me touche.» «Je cherche constamment à aller au cœur des choses.Oui, il est difficile d\u2019entrer dans un dialogue profond avec quelqu\u2019un, mais humblement, j\u2019ai l\u2019impression que j\u2019y arrive un peu.Ce que j\u2019aime de ces rencontres c\u2019est qu\u2019elles m\u2019entraînent loin de moi, qu\u2019elles me tirent vers le haut.Au départ, je suis attiré par ce qui me sort de moi.» Cela dit, son regard est large, panoramique.À la fureur de certains, à la passion dévorante de Victor-Lévy Beaulieu, il marie la bienveillance de Joséphine Bacon.«Elle est une force tranquille.Elle exprime dans un tout autre registre quelque chose de fondamental.Elle aussi transcende la réalité pour nous parler de respect, de dévotion envers les ancêtres et les racines.» « Le livre n\u2019est pas que succession d\u2019entrevues réunies au hasard.Ce n\u2019est pas seulement parce que j\u2019admire ces auteurs que j\u2019en parle mais parce qu\u2019ils offrent des points de vue qui se recoupent dans des thèmes qui marquent le livre.Toute la succession est réfléchie.Ce n\u2019est pas pour rien que je commence avec l\u2019entrevue de Victor-Lévy Beaulieu et que je termine avec Joséphine Bacon.Le premier est fasciné par l\u2019identité ambivalente du Québec d\u2019une certaine époque qui n\u2019arrivait pas à se situer.La seconde est en équilibre précaire entre deux cultures : celle de ses ancêtres et la nôtre qu\u2019elle a apprise à l\u2019école.Entre les deux, on a Kevin Lambert qui parle de l\u2019identité sexuelle et de sa fluidité dans le monde actuel.» Identité, donc, transcendance, communion, beauté.La littérature ici proposée est aussi riche que les individus qui lui donnent vie.Gérald Gaudet en est le témoin et propose un accès intelligent et inspiré.Parlons de nuit, de fureur et de poésie.Entretiens sur la lecture et la création littéraire est publié chez Nota bene.GÉRALD GAUDET PUBLIE PARLONS DE NUIT, DE FUREUR ET DE POÉSIE À la rencontre d\u2019une époque Gérald Gaudet présente un nouveau bouquin d\u2019entretiens avec des auteurs d\u2019ici qu\u2019il admire.\u2014 PHOTO: SYLVAIN MAYER.«Ces écrivains appartiennent à leur époque.Ils ont tous été rencontrés assez récemment et je trouve intéressant de sentir ce qui vibre à un moment de notre histoire et qui donne cet imaginaire-là, cette émotion-là.Il y a un sentiment d\u2019époque qui se dégage du livre et chaque écrivain y apporte sa nuance.» SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E8 ARTS MAGAZINE Thaïs Barbieux publie L\u2019enfant aux pieds d\u2019argile KIM ALARIE kim.alarie@lenouvelliste.qc.ca Dans un autre contexte, la rencontre aurait pu se tenir au pied d\u2019une grande épinette ou sur le bord d\u2019un lac où miroite un soleil radieux, l\u2019ambiance aurait été parfaite pour jaser avec Thaïs Barbieux.Pandémie oblige, c\u2019est finalement au téléphone qu\u2019elle racontera le processus qui l\u2019a amenée à publier un 9e livre ce printemps.Un peu moins pittoresque, mais tout aussi inspirant.L\u2019enfant aux pieds d\u2019argile raconte le parcours d\u2019une jeune fille marqué par l\u2019intimidation de ses pairs à l\u2019école et le vide laissé par un père absent.On la suit de sa naissance à sa propre maternité à travers des événements grandement inspirés de la vie de l\u2019auteure.«Je me mets à nue comme jamais avec ce livre.Évidemment, les thèmes sont très réels.L\u2019abandon du père, la marginalisation, la boucle de la naissance et de la maternité\u2026 tout ça est véridique au niveau des émotions et des sensations.Bien sûr, j\u2019y ai ajouté de la fantaisie.» «J\u2019ai été intimidée enfant.J\u2019ai fait le secondaire à la maison pour plein de raisons, mais surtout parce qu\u2019un moment donné c\u2019était trop!» Tous ces souvenirs ont remonté et entraîné avec eux un lot d\u2019émotion quand elle a vu sa fille faire son entrée à l\u2019école.Thaïs Barbieux a choisi de déverser tout ce bagage qu\u2019elle trimballait dans un médium qu\u2019elle affectionne particulièrement, l\u2019écriture.«J\u2019ai choisi de le rendre par une écriture intuitive sans chercher trop à comprendre.D\u2019où le surréalisme qui est présent.Ça part de mes blessures, mais je ne voulais pas trop aller dans le « yark » de la chose!», confie celle qui n\u2019avait pas planifié ce dernier bouquin qui s\u2019est pointé comme une surprise.«C\u2019est un livre qui n\u2019était pas planifié sur ma feuille de route de projets.C\u2019est vraiment un élan que j\u2019ai eu et j\u2019ai choisi de ne pas faire de compromis sur le style ou sur les thèmes.» Les projets ne manquent pas pour cette artiste multidisciplinaire qui a grandi au sein de la Troupe Caravane fondée par sa mère, Sarah Barbieux, il y a 40 ans.Elle touche à plusieurs formes d\u2019expressions artistiques, mais la pandémie aura exacerbé son goût pour l\u2019écriture.Au fil des années, elle a appris, en accumulant notamment les lettres de refus des maisons d\u2019édition, qu\u2019elle avait envie de liberté dans ses créations littéraires.C\u2019est pour cette raison qu\u2019elle avait créé sa propre maison d\u2019édition en 2013.«J\u2019ai le véhicule des Éditions de l\u2019Exil qui me permet de mener à terme un projet de livre et de l\u2019avoir en main.Je ne suis pas distribuée, mais au moins, je suis indépendante», se félicite celle qui a ainsi pu choisir le visuel de couverture de son livre inspiré de sa fille et réalisé par son beau-père Sylvain Chiasson.Elle ne cache pas envoyer encore ses projets dans des maisons d\u2019édition établies.«Quand je vois qu\u2019il y a un potentiel, que ça pourrait attirer l\u2019attention, je tente le coup», lance-t-elle en espérant toujours être publiée.D\u2019un autre côté, elle avoue ne pas se plier à tous les compromis pour que cela se produise.«Je ne mets pas toutes les chances de mon bord, mais c\u2019est mon plaisir d\u2019écrire et, surtout, de le faire comme j\u2019ai envie.» Il y a aussi la possibilité d\u2019aller où l\u2019inspiration la mène qu\u2019importe le style.«J\u2019explore et c\u2019est une grande partie de mon plaisir! Je ne me cantonne pas dans un style.Je suis très polyvalente, je peux faire de la poésie, des pièces de théâtre, de la science-fiction humoristique.», énumère celle qui se qualifie aussi de bonne lectrice de romans autant de classiques que de nouveautés qui attirent son attention.Avec le temps, Thaïs Barbieux a appris à savourer cette liberté qu\u2019elle a choisie au prix de plusieurs compromis.Au début, comme elle avait des moyens financiers extrêmement limités, elle a décidé de faire une reliure artisanale pour ses ouvrages.Né d\u2019une nécessité, elle en était un peu gênée jusqu\u2019à ce qu\u2019elle y voit une certaine noblesse.Maintenant, elle y voit une signature, un signe distinctif dans la lignée de cette tendance qui valorise le fait main et la consommation responsable, deux valeurs très chères à son cœur.Son esprit créatif peut donc gambader en paix, Thaïs Barbieux s\u2019est donné les moyens pour qu\u2019il en soit ainsi.Les ouvrages publiés par les Éditions de l\u2019Exil sont disponibles sur le site www.editionsdelexil.com Thaïs Barbieux présente son plus récent livre L\u2019enfant aux pieds d\u2019argile.LA VOIE DE LA LIBERTÉ «J\u2019explore et c\u2019est une grande partie de mon plaisir! Je ne me cantonne pas dans un style.Je suis très polyvalente.» leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E9 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca Le territoire est partout dans les projets de Jean-François Létourneau.Après avoir publié l\u2019essai Le territoire dans les veines et après avoir lancé en 2019 avec les Marchands de mémoire le livre audio Sur les traces du territoire, voilà que l\u2019Es- trien propose Le territoire sauvage de l\u2019âme, un premier roman qui explore encore une fois le riche filon du paysage dans lequel on s\u2019ancre.«Je ne l\u2019avais pas pensé comme ça, mais c\u2019est vrai que ça a donné une sorte de cycle créatif autour du territoire, un cycle où j\u2019ai utilisé trois formes pour creuser le même filon de façon très différente», résume l\u2019auteur et enseignant au Cégep de Sherbrooke.L\u2019essai s\u2019est avéré un exercice plus intellectuel tandis que le collectif des Marchands portait l\u2019idée territoriale dans la sphère du partage entre amis.Publiée chez Boréal, la toute neuve plaquette plante, elle, ses racines dans l\u2019intime et le versant émotif des choses.«Signer un roman, c\u2019est un rêve que je portais depuis que je suis jeune et qui s\u2019est finalement concrétisé grâce à un drôle de concours de circonstances.L\u2019écrivain Louis Hamelin a eu l\u2019idée de la nouvelle collection L\u2019œil américain.Il m\u2019a demandé si j\u2019avais des manuscrits qui traînaient.» Ça tombait bien, il en avait, et deux plutôt qu\u2019un.«Le premier ressemblait davantage à un recueil de nouvelles dont certaines se passaient dans le Nord.L\u2019autre était un carnet de réflexions sur la nature, le coin que j\u2019habite.» GUILLAUME EN DEUX TEMPS Hamelin a parcouru les deux avant de suggérer de les amalgamer.Parce qu\u2019il y avait cet écho entre les thèmes, les personnages.Résultat : un roman où l\u2019histoire se découpe en deux temps.O n s u i t l e p e r s o n n a g e d e Guillaume dans le blanc décor du Nord, où il a enseigné il y a plusieurs années, mais on le retrouve aussi dans le paysage forestier de l\u2019Estrie, où il habite désormais avec son amoureuse et leurs trois enfants.Les allers-retours dans le temps et sur le continent tissent la trame du récit.«Mon carnet était rédigé au \u201cje\u2019\u2019, mais en cours d\u2019écriture, le personnage de Guillaume s\u2019est imposé, j\u2019ai délaissé l\u2019autofiction pour raconter son histoire.» Si les chapitres qui en résultent sont aussi enracinés, c\u2019est que l\u2019auteur avait tout un vécu dans lequel puiser, lui qui a fait ses premières armes d\u2019enseignement à Kuujjuaq.L e s a u r o r e s b o r é a l e s q u i embrasent le ciel, le désert de glace qui se découpe à l\u2019horizon, l\u2019immensité floconneuse, le froid de la toundra : tout est magnifiquement raconté, avec poésie et grand sens de l\u2019évocation.«Je parle d\u2019un territoire que je connais bien.Les scènes nordiques sont inspirées de ce que j\u2019ai vu et vécu là-bas, mais j\u2019ai évidemment intégré de la fiction et des anecdotes pour donner de la couleur et du relief», dit celui qui a passé quatre ans dans le climat polaire.«Lorsque j\u2019ai terminé mon baccalauréat, j\u2019avais envie de faire mon stage ailleurs.Je me suis retrouvé dans le Grand Nord.» Le peuple qu\u2019il a découvert et qu\u2019il dépeint traverse les jours avec humour.Tout le temps.«C\u2019est vraiment un trait culturel qui est très présent.Ça fait partie de leur façon d\u2019être, de voir, de faire face aux difficultés.Et il y en a, des difficultés! Mais dans le processus d\u2019écriture, j\u2019ai volontairement occulté les problèmes sociaux qu\u2019on rencontre là-bas.» COMME UNE LETTRE AUX GENS DU NORD Il a préféré pointer la capacité des Autochtones à tout tourner en dérision, les gens comme le reste.«Au cours de la dernière année, j\u2019ai beaucoup repensé à cette façon qu\u2019ils ont d\u2019affronter les tempêtes.En riant de tout.L\u2019humour, c\u2019est une forme de résistance.C\u2019est étrange parce que j\u2019avais beaucoup voyagé auparavant, et j\u2019allais en Amérique du Sud pratiquement chaque été, mais c\u2019est là, dans le Nord, dans mon propre pays, à deux heures d\u2019avion de Mont réal, que j\u2019ai vraiment compris ce qu\u2019était un choc culturel.» Il a pris conscience, aussi, du poids du passé.«Je l\u2019expliquais dans mon essai : c\u2019est hyper formateur de se sentir ainsi étranger chez soi.Tu repasses l\u2019histoire de l\u2019Amérique à partir d\u2019une autre perspective.Et tu réalises que tu es le \u201cmaudit Blanc\u2019\u2019, tu appartiens à cette lignée-là, même si tu n\u2019as rien à voir avec ce qui s\u2019est joué avant toi.Tu te fais des amis, bien sûr, tu t\u2019intègres à cette communauté d\u2019accueil, mais ce sentiment-là, il faut quand même que tu vives avec.» Et un jour, tu finis par partir, toi aussi.Tu retournes dans le Sud parce que c\u2019est là que sont tes racines.Ce jour-là est douloureux.On le lit, on saisit.L\u2019auteur n\u2019esquive pas la tristesse du départ.Le sentiment de culpabilité qui fait son nid à l\u2019idée de quitter un village, ses gens, des amis.«Ce roman, c\u2019est aussi une façon d\u2019envoyer une lettre d\u2019amitié aux familles que j\u2019ai côtoyées.On passe à Kuujjuaq, on y évolue pendant quatre ans, on tripe, c\u2019est marquant dans notre parcours.On oublie que des gens vivent là-bas.Pour eux, ce n\u2019est pas une expérience.Tant de gens passent et repartent que c\u2019est difficile de gagner la confiance des Inuits.Ils te voient comme quelqu\u2019un qui va finir par quitter aussi.Au fil du temps, ils t\u2019accordent leur confiance, tu t\u2019intègres.Et un jour, tu es comme les autres, tu les abandonnes.Ce livre-là, même s\u2019il ne se rend pas jusqu\u2019à eux, c\u2019est ma façon de leur dire : voyez tout ce que vous m\u2019avez transmis.» Cette idée de la transmission habite d\u2019ailleurs tout le récit.Parce que, au-delà du territoire, ce qui niche au cœur des deux histoires imbriquées, c\u2019est la mémoire.Celle de ceux avant nous.Et celle qui englobe tout ce qu\u2019on souhaite léguer à ceux après nous.En librairie à partir du 13 avril L\u2019auteur et enseignant estrien Jean-François Létourneau.Son roman est aussi une lettre d\u2019amitié aux gens de Kuujjuaq avec lesquels il a vécu pendant quatre ans.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY JEAN-FRANÇOIS LÉTOURNEAU ENTRE MÉMOIRE ET TERRITOIRE SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E10 ARTS MAGAZINE Prix littéraire des collégiens En marge de la remise du Prix littéraire des collégiens, Le Nouvelliste s\u2019est associé au Cégep de Trois-Rivières et au Collège Laflèche pour publier les critiques des romans en lice pour ce prix.Ce sont les professeurs qui ont choisi les textes parmi ceux rédigés par les étudiants.LES ŒUVRES 20 FÉVRIER Tireur embusqué 27 FÉVRIER Un joie sans remède 13 MARS Chasse à l\u2019homme 3 AVRIL Le Mammouth 10 AVRIL Ténèbre KAWCZAK, Paul, Ténèbre, Saguenay, La Peuplade, 2020, 303 p.MARILYSON RENAUD Cégep de Trois-Rivières L\u2019expédition est longue et dangereuse, mais amoureuse.Le roman Ténèbre, de Paul Kawczak, entraîne le lecteur dans un voyage hors du commun où un géomètre, nommé Pierre Claes, est mandaté par son roi Léopold II, en 1890, afin de tracer les frontières de l\u2019état indépendant du Congo.Xi Xiao, un bourreau chinois pratiquant un art qui sort de l\u2019ordinaire et amoureux de cet aventurier, accompagne Pierre Claes dans son périple.Le Chinois pratique l\u2019art de la découpe h u m a i n e .E n t ra ç a n t à l \u2019e n c r e u n tatouage sur le corps, il délimite le parcours que sa lame empruntera pour effectuer son œuvre meurtrière.Il l\u2019exécute avec une telle précision et une telle délicatesse que ses exécutions donnent l\u2019effet au lecteur qu\u2019il y a une sorte d\u2019attirance et de passion entre la mort et la victime, qui ne ressent aucune douleur.Pierre Claes, souffrant de la malaria, en fait la demande à son bourreau.Il fera tracer le chemin de sa mort par son compagnon qui ne réussira pas à achever la demande de son amant: «Xi Xiao n\u2019eut pas le courage de perdre ce corps que son art métamorphosait bien au-delà de ses possibil ités de tristesse.» Ce passage parmi plusieurs aurait pu choquer les lecteurs, mais l\u2019auteur réussit à jumeler amour et torture.Les liens entre les personnages sont accrocheurs et intrigants.Le médecin, Vanderdorpe, en est un exemple représentatif.Amoureux d\u2019une dénommée Manon Blanche, il quitte sa femme et son fils afin de conquérir son cœur.Après plusieurs tentatives de séduction, Manon ne l\u2019aime toujours pas et Vanderdorpe se retrouve seul et finit par rejoindre l\u2019Afrique.L\u2019intrigue donne au lecteur l\u2019envie de poursuivre l\u2019expédition jusqu\u2019au bout.Kawczak aborde les thèmes de la maladie, de l\u2019amour, de la violence directement liée au racisme colonial : «Sept mains alignées au sol.Fraîchement tranchées.Le sang, les mouches et, pourtant encore, l\u2019odeur de la vie».Il réussit à plonger le lecteur dans u n e a v e n t u r e a y a n t u n e f i n p l u s qu\u2019inattendue.Un art meurtrier CORA-LEE VILLEMURE Collège Laflèche « Au ciel , l \u2019Europe à l\u2019envers s\u2019abattait sur la Terre, si proche que l\u2019on en distinguait chaque corps, chaque bâtisse, chaque champ.L\u2019Europe chutait comme un théâtre mort.» Cachée des manuels scolaires, la monstruosité de la colonisation européenne de l\u2019Afrique est pour une rare occasion mise sur papier dans le roman de fiction historique Ténèbre de Paul Kawczak.Ce dernier peint honnêtement et sans censure le tableau d\u2019une prise de pouvoir violente et d\u2019un racisme extrémiste.Kawczak, par des lignes fortes et émouvantes, abandonne le lecteur dans l\u2019imprévisibilité maladive de la jungle congolaise à l\u2019époque de l\u2019hégémonie européenne.Septembre 1890, Pierre Claes, un jeune géomètre belge assoiffé d\u2019aventure, entame son épopée au cœur du Congo.Mandaté par le roi Léopold II pour découper géographiquement ce territoire, il traverse les terres d\u2019une Afrique récemment colonisée.Un voyage double commence : celui au cœur de l\u2019Afrique et celui dans l\u2019âme d\u2019un être désabusé, mais non déshumanisé.Un voyage où l\u2019amour, la haine et la mort se confondent.Par une justesse accablante, Kawzcak crée le film barbare de ce phénomène historique honteux, qui mène le lecteur à des haut-le-cœur envers sa propre espèce.Il i l lustre sans équivoque la source du poids émotionnel extrêmement dense des communautés afrodescendantes en abordant le racisme, la colonisation brutale et l\u2019homopho- bie.De plus, ce passé soulève des questionnements primordiaux sur les comportements actuels.La complexité et le développement psychologique des personnages principaux sont, sans aucun doute, l\u2019intrigue la plus captivante.Kawzcak s\u2019improvise psychanalyste en modulant efficacement la chronologie du roman, jonglant entre le passé et le présent pour expliquer la nature des protagonistes et les racines de leur mal-être.Ces intrusions, dans les épreuves a n t é r i e u r e s t r a g i q u e s, f o n t naître de véritables liens avec les personnages : un puzzle spirituel passionnant à résoudre.Malgré l\u2019atrocité des actes commis, l\u2019œuvre relève d\u2019une sen- sibi l i té à f leur de peau, une sensibilité chaude comme le vent d\u2019Afrique.L\u2019 intensité progressive des événements, la fin inattendue, la pertinence et la qualité des séquences descriptives explicites sont certainement les points audacieux d\u2019un roman réaliste et d\u2019un auteur incorruptible.En 1880, sur les terres vierges de l\u2019Afrique, commençait le viol collectif de la colonisation.Le viol de l\u2019Afrique L\u2019intrigue donne au lecteur l\u2019envie de poursuivre l\u2019expédition jusqu\u2019au bout.Kawczak aborde les thèmes de la maladie, de l\u2019amour, de la violence directement liée au racisme colonial Par une justesse accablante, Kawzcak crée le film barbare de ce phénomène historique honteux, qui mène le lecteur à des haut-le- cœur envers sa propre espèce. leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E11 YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com À la faveur du mouvement de (ré) conciliation entre le Canada et les Premières Nations, l\u2019universitaire Emmanuelle Dufour faisait paraître, le 7 avril, C\u2019est le Québec qui est né dans mon pays!, une bande dessinée permettant de mieux comprendre les relations entre Autochtones et Allochtones.Et de comprendre tout court ces voisins qui, malgré une volonté accrue d\u2019améliorer le dialogue, souffrent toujours d\u2019une certaine «invisibilité », aux yeux du peuple colonisateur.Voyant là un «rendez-vous manqué», l\u2019auteure propose dans ce livre des pistes de compréhension accessibles à tous.ainsi qu\u2019une généreuse médiagraphie pour l\u2019usage de quiconque souhaite pousser plus loin la réflexion.Québécoise de souche, Emma- nuelle Dufour est d\u2019ailleurs partie de sa «propre méconnaissance» des peuples avec qui elle partage le territoire.Un constat qu\u2019elle a réalisé au contact des Maoris, en Nou- velle-Zélande, explique au détour des pages \u2014 car elle n\u2019hésite pas à mettre en scène ses propres interrogations tant que celles-ci servent le fil de récit, le storytelling étant, pour des raisons d\u2019efficacité, au centre de sa démarche narrative.Lors de son voyage, effectué en 2004, elle s\u2019est sentie incapable de répondre aux questions que lui posait une fillette autochtone curieuse de comparer son expérience de vie avec celle de ceux qu\u2019elle considérait comme ses lointains cousins nord-américains.Mais ce sentiment de culpabilité ne nourrit que le déclic initial, et son livre s\u2019affranchit du sentiment de honte pouvant découler des comportements de ses ancêtres colonisateurs.Honte et culpabilités étant des sentiments «contre-productifs», qui encouragent le repli identitaire davantage qu\u2019ils ne favorisent «la rencontre» de l\u2019autre, Emmanuelle Dufour préconise la «responsabilisa- tion individuelle et collective».Son livre cherche à encourager une attitude positive et «constructive», ce pas vers eux, qui romprait avec les ancestrales postures de cohabitation contrainte et distante.Ce qu\u2019attendent les communautés autochtones, explique-t-elle, c\u2019est que le peuple colonisateur procède à un «auto-examen sur tous les plans: individuels, collectifs, institutionnels et systémiques».Et ce, «avant d\u2019entamer le processus de rencontre».«Ils ne quémandent pas» qu\u2019on s\u2019intéresse à eux, nuance-t-elle ; «ils aspirent à une justice sociale qui ne peut que s\u2019opérer à travers un processus d\u2019introspection et de responsabilisation».Cet auto-examen, poursuit Emmanuelle Dufour, consiste à accepter d\u2019«explorer l\u2019histoire coloniale» du pays avec des yeux neufs, moins ethnocentristes, pour mieux «déconstruire» les termes «galvaudés» et les images stéréotypées qu\u2019ont «nourries le système d\u2019éducation et les médias de masse».POLYPHONIQUE La BD (ici, l\u2019art séquentiel prend en réalité la forme d\u2019un «carnet de rencontres») donne la parole à une cinquantaine de «contributeurs» \u2013 chercheurs, intellectuels, artistes ou militants \u2014 pour moitié Autochtones, pour moitié Allochtones.Emmanuelle Dufour alterne donc entre le «je» et le «il» et «elle», pronoms toujours singuliers.Il n\u2019y a pas «une» parole autochtone, pas plus qu\u2019il n\u2019y a une Nation, et l\u2019ouvrage se veut le miroir avisé de cette diversité polyphonique.«Ce n\u2019est pas une BD qui parle d\u2019eux dans un nous inclusif», éclaire l\u2019auteure.De page en page, elle a le sentiment d\u2019ouvrir «des fenêtres» sur la (ou sur des) réalité(s) autochtone(s), à mesure qu\u2019elle relaie les propos éclairants \u2014 exprimés parfois avec humour, parfois avec circonspection, souvent avec sagesse \u2014 de multiples leaders et personnalités «inspirantes», dont le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador Ghislain Picard, le musicien Florent Vollant, la commissaire (de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées) Michèle Audet, l\u2019artiste Ellen Gabriel, etc.La BD lève au passage un voile sur plusieurs initiatives réparatrices ou médiatrices, dont l\u2019éphémère Collège Manitou et le centre d\u2019apprentissage Kiuna , ou encore la grande marche Innu Meshkenu.Elle n\u2019oublie pas d\u2019évoquer les cicatrices des pensionnats autochtones ni l\u2019impact des travaux de la Commission Viens (Commission d\u2019enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès).Un impact mitigé, à en juger par les propos relayés dans le livre d\u2019Emmanuelle Dufour, pour qui la «rencontre» tant espérée n\u2019a jamais eu réellement lieu, les Québécois ayant été eux-mêmes longtemps freinés dans leur élan par le paradoxe de «leur double posture de colonisateur et de colonisé».MÉDIATRICE Tout en prenant grand soin de ne jamais s\u2019approprier les propos autochtones, la dessinatrice \u2014 qui est aussi une anthropologue diplômée \u2014 se pose plutôt en médiatrice: en «facilitatrice».Mi-conteuse, mi-rapporteuse, elle cherche à faire de sa publication un outil d\u2019«éveil» permettant d\u2019initier la réflexion, de faciliter la compréhension des attentes et points de vue autochtones, pour, au final, faciliter l\u2019érection de ponts entre les cultures.et «sortir de l\u2019impasse».«Je ne souhaite pas raconter l\u2019histoire des Premiers Peuples, mais seulement qu\u2019on examine ensemble leur histoire.Je pars de mon expérience d\u2019Allochtone», je me sers de mon exemple pour parler de l\u2019Autre», en travaillant en «cercles concentriques», pour finir par observer, avec le recul, de ce qui est «institutionnel et systémique».«Mais l\u2019objectif de son livre n\u2019est pas de répondre aux questions, mais bien d\u2019en provoquer de nouvelles», ajoute-t-elle.C\u2019est le Québec qui est né dans mon pays! HHHH1/2 EMMANUELLE DUFOUR 208 pages; Écosociété Emmanuelle Dufour voit sa BD comme un outil de «dialogue» ayant pour «objectif l\u2019encouragement à une guérison» mutuelle.«J\u2019essaie juste de faire ma part [dans la] préparation à la rencontre» avec les communautés autochtones.\u2014COURTOISIE Malgré des progrès notables, l\u2019histoire des Premières Nations demeure assez mal enseignée dans les écoles québécoises, reflet de notre «méconnaissance» générale, estime en entrevue téléphonique Emmanuelle Dufour.Difficile de «comprendre la relation» entre Allophones et Autochtones alors que «notre histoire commune est pleine de trous» qu\u2019on a trop longtemps comblés par des clichés grossiers, argue-t-elle.Des gravures de martyrs des Pères Lalemant et Bréboeuf aux représentations réductrices de la Crise d\u2019Oka, en passant par Lucky Luke et Yaka- ri, son livre C\u2019est le Québec qui est né dans mon pays s\u2019amuse à retracer quelques stéréotypes, pas toujours inoffensifs.Apprendre à classer les Nations dans un tableau synthétique, en fonction de critères géographiques et de leur type d\u2019habitat, est loin d\u2019être suffisant pour comprendre la culture autochtone, argue-t-elle.«Le pan le plus important à enseigner, c\u2019est la période avant la crise d\u2019Oka, tout ce qui a chamboulé la relation [entre les peuples] et qui est à l\u2019origine des enjeux auxquels font face le Québec et l\u2019ensemble du Canada» depuis 20 ans, estime l\u2019auteure, qui consacre un long chapitre à la \u2018crise d\u2019Oka\u2019 et à ses conséquences désastreuses sur la relation multilatérale.L\u2019expression fait d\u2019ailleurs sourciller nombre d\u2019Autochtones, qui préfèrent parler du \u2018siège de Kanesatake\u2019, rappelle Mme Dufour.Ce problème de vivre ensemble «nous concerne tous» et il est temps de briser ce cercle vicieux, poursuit-elle.Il semble urgent, à ses yeux, de «déconstruire le malaise et la honte coloniale», panser les cicatrices et faire \u2013 comme l\u2019ont fait les Premières Nations \u2013 «preuve de résilience», afin de pouvoir amorcer un dialogue serein et pacifié, témoigne-t-elle.Autrement dit: «faire le ménage pour qu\u2019une nouvelle parole puisse résonner», annonciatrice d\u2019une véritable réconciliation.YVES BERGERAS, LE DROIT UNE HISTOIRE COLONIALE «PLEINE DE TROUS» À LA RENCONTRE DES PREMIÈRES NATIONS EN BD LE QUÉBEC QUI EST NÉ DANS MON PAYS! SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E12 ARTS MAGAZINE MARIO BOULIANNE mboulianne@ledroit.com Comme le printemps, Filpo arrive avec la fonte des neiges.Ce nouveau groupe formé d\u2019anciens membres de Cherry Chérie se démarque nettement des origines rock\u2019n roll rétro de cette formation pour entrer dans une vibe de rock plus lourd.Avec ce premier album intitulé Printemps, Filpo plonge directement dans une mouvance indie très contemporaine et assume pleinement cette nouvelle signature sonore.«Ce n\u2019est vraiment pas du Cherry Chérie, clame Paolo Philpot.J\u2019ai abordé l\u2019écriture des chansons comme un projet solo, mais qui se décline en band.C\u2019est une tout autre façon de faire qui, là aussi, se démarque de la signature Cherry.» Avec ce premier effort en studio qui se complète en 10 chansons, Filpo a de grandes ambitions.Pao- lo (guitare) et le bassiste Gabriel L\u2019Heureux, tous les deux anciennement de Cherry Chérie, ont recruté le claviériste Paul Aubry et le batteur Gabriel Lapointe pour former Filpo.Et c\u2019est au studio de Pierre Du ches ne, à Shefford dans les Can- tons-de-l\u2019Est, que le quatuor mont- réalais a entrepris l\u2019enregistrement de Printemps.«Ce fut un long, très long processus, explique Paolo Philpot.On a mis notre album dans les mains d\u2019un grand réalisateur, mais aussi un homme très méticuleux qui ne laisse rien au hasard.Pierre (Duchesne) est derrière les plus grands albums réalisés au Québec et ce n\u2019est pas un hasard.» En choisissant de confier la réalisation de leur premier opus à Duchesne, Philpot et les autres membres du groupe espèrent amener ce projet dans une ligue à part.DES COLLABORATIONS La chimie opère bien malgré que le projet en soit encore à ses premiers accords.Il faut dire, par contre, que les musiciens se connaissent depuis un temps, déjà.Printemps devient ainsi un album de renouveau qui, en plus de voir se reconnecter de vieilles amitiés, témoigne de la naissance de plusieurs nouvelles collaborations.On y reconnaît d\u2019ailleurs la présence de l\u2019auteur-compositeur- interprète belge Témé Tan sur Apparition et Incendie.«Cette collabo est très anecdotique, raconte le guitariste lors de l\u2019entrevue avec Le Droit.On a croisé Témé lors du passage de Cherry en Chine.Par la suite, on a gardé contact et lors de l\u2019enregistrement de l\u2019album, on a appris qu\u2019il était au Québec, chez un de ses compatriotes qui habite ici.«On lui a donc lancé l\u2019invitation, qu\u2019il a acceptée, sans trop savoir ce qu\u2019il aurait à faire sur l\u2019album.Quand on lui a appris qu\u2019il devait écrire et chanter quelques couplets sur nos chansons, il a pris ça très au sérieux et le résultat fut très surprenant.C\u2019était parfait.» Laura Babin, sur Comme une plume et Laisse couler, de même que Roxane Reddy sur Endorphine et Je rentre à la maison, viennent aussi prêter leurs voix au projet.«Avoir des choristes sur l\u2019album est un grand luxe, ajoute Paolo.Étant donné que les autres gars du band ne chantent pas, la voix de Laura et celle de Roxanne apportent une tout autre dimension à ces chansons-là.» EN SOLO Filpo est un projet beaucoup plus près de l\u2019auteur-compositeur que de celui d\u2019un band proprement dit.De son propre aveu, Paolo Philpot confie que Printemps est un album qui lui ressemble beaucoup et qui aborde des sujets qui lui sont propres.«Pour ce disque, je suis parti de mon côté, c\u2019était une démarche plus personnelle dans le processus d\u2019écriture, explique Paolo.J\u2019ai juste voulu écrire des chansons, sans me poser de questions, sans savoir si c\u2019était pour Cherry Chérie ou pour un autre projet.Et dès les premiers instants en studio, ouf ! que c\u2019était différent.Autant dans le songwriting que dans la livraison des chansons.» Sans être le projet solo de Paolo Philpot, Printemps s\u2019y rapproche beaucoup, même dans le nom du groupe (Filpo) qui rappelle celui de son leader.«Ce qui est bon à savoir c\u2019est que le nom Filpo ne vient pas de moi, confie-t-il.C\u2019est sorti d\u2019un brainstorming et à ce moment, j\u2019étais très mal à l\u2019aise avec ce nom.On a dû me convaincre que c\u2019était ce nom- là qu\u2019il nous fallait.» LA SUITE L\u2019album, sorti le 2 avril dernier, a été précédé par deux extraits : Endorphine et Comme une plume.Le groupe prévoit lancer un autre simple \u2014 Incendie \u2014, qui pourrait être accompagné d\u2019un vidéoclip.«Au-delà de la production de l\u2019album, le projet a pris un certain temps à s\u2019articuler, se rappelle Philpot.Il fallait trouver le moment et la manière de le présenter au public.C\u2019est difficile de lancer un nouveau projet dans le contexte actuel, mais en même temps, ça fait énormément de bien et on avait tous besoin de ça.» Les 10 pièces de l\u2019album ont aussi un potentiel certain lorsque viendra le temps de les assumer sur scène.Avec un son très rock contemporain malgré l\u2019intention vintage ains que la présence accentuée de la section rythmique, Filpo revendique une belle énergie qui sera sans aucun doute palpable en spectacle.D\u2019ailleurs, le groupe prépare un lancement virtuel accessible gratuitement à partir de leur page Facebook, dont la date reste à déterminer.Ce sera alors l\u2019occasion de constater le potentiel scénique de cet album.«Étant donné qu\u2019on ne peut pas le présenter en personne, on fait comme tout le monde et on le lancera sur le Web, ajoute Paolo.Pour l\u2019instant, aucune date de spectacles ne pourra être annoncée tant que les restrictions sanitaires seront en vigueur.Il faudra nous suivre sur nos réseaux sociaux pour connaître la suite des choses pour nous.» Enfin, selon Paolo Philpot, une autre saison pourrait succéder à Printemps.«Il n\u2019est pas dit que ça s\u2019arrêtera ici.Je crois que ce premier jalon n\u2019est que le début pour Filpo.» Avec ce premier album intitulé Printemps, Filpo plonge directement dans une mouvance indie très contem poraine et assume pleinement cette nouvelle signature sonore.\u2014 PHOTO JULES BÉDARD FILPO NOUVEAUTÉ DU PRINTEMPS leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E13 VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com Détenteur de plusieurs disques platine et or, Chevelle a de nouveau été propulsé au sommet des palmarès après la parution de NIRATIAS le 5 mars.À peine une semaine après sa sortie, son neuvième album s\u2019est hissé au top 10 du Billboard 200, des cimes rarement atteintes par les œuvres rock des dernières années. NIRATIAS a également été catapulté dans les palmarès des albums rock, hard rock et alternatif les plus vendus en mars.Cet album émerge après un processus de création qui s\u2019est étiré sur quatre années.«Nous avions terminé la plus grande partie en 2019, mais puisque nous sommes allés faire des tournées, nous avons continué d\u2019écrire et ça a donné un album beaucoup plus fort», explique Sam Loeffler en entrevue téléphonique avec Le Soleil. « Nos deux derniers albums étaient plutôt du côté métal de notre musique, donc nous avions l\u2019intention d\u2019écrire un disque plus mélodique pour celui-ci», ajoute le batteur de Chevelle.La formation originaire de Chicago n\u2019avait pas offert de nouvel album enregistré en studio depuis la sortie de The North Corridor en 2016. Avant le lancement de NIRA- TIAS, acronyme de Nothing Is Real and This Is a Simulation (Rien n\u2019est réel et ceci est une simulation), Chevelle avait offert quelques chansons en primeur.Self Destructor a été largement apprécié par les fans et Peach a fait l\u2019objet d\u2019excellentes critiques dès sa sortie.On vante la «voix émotionnelle, douloureuse et tendue» de Pete Loeffler, ainsi que son talent de guitariste. « P e t e e s t n o t r e a u t e u r - compositeur.[\u2026] C\u2019est la partie préférée de Pete.Il a écrit toutes les chansons que nous avons publiées», commente son frère, humble quant à son rôle dans le processus créatif.«Je suis juste là pour l\u2019aider à atteindre le niveau supérieur.» Verruckt, pièce instrumentale qui ouvre l\u2019œuvre, donne le ton de NIRATIAS qui, tout en tendant vers le mélodique, ne renie pas le côté pesant de Chevelle.«Il y a un côté mélodique, comme dans nos premiers albums, mais souvent, nous revenons à la musique heavy parce que c\u2019est ce que nous aimons jouer.Comme la pièce Mars Simula.» SCIENCE-FICTION Verruckt n\u2019est pas le seul morceau instrumental; Sleep the Deep semble confirmer l\u2019intention de Chevelle d\u2019explorer d\u2019autres dimensions, affirmant ses affinités pour l\u2019univers de la science-fiction.«Nous aimons vraiment la science- fiction et l\u2019idée de voyager hors de la Terre.[\u2026] Cet album traite en quelque sorte de l\u2019idée de partir et de trouver un autre endroit, que ce soit parce que vous avez détruit celui-ci et que vous ne pouvez plus y être ou simplement parce que vous voulez un nouveau départ ailleurs.» La pochette créée par Boris Vallejo rappelle l\u2019esthétisme des illustrations de science-fiction populaire autour des années 70.Aujourd\u2019hui âgé de 80 ans, Vallejo a d\u2019ailleurs marqué ce style en produisant des illustrations de bandes dessinées (Flash Gordon), des films (Barbarella), et des couvertures de magazines (Heavy Metal). So Long, Mother Earth est un des morceaux préférés du batteur autour duquel leur nouvel essai a pris forme. «Nous l\u2019avons terminé et nous l\u2019avons envoyé à notre producteur Joe Baressi qui nous a dit à quel point il était excité par la direction que prenait l\u2019album avec cette chanson», raconte Sam. Le bassiste des 15 dernières années, Dean Bernardini, a pris congé de la formation après sa tournée de 2019 pour se concentrer sur sa famille.Il a enregistré quelques morceaux de NIRATIAS, puis Pete a pris la relève pour terminer le tout.Pour celle qui doit commencer à la fin du mois de juin, Kemble Walters, guitariste et chanteur de Aeges, accompagnera Chevelle. Cette tournée marquera l\u2019achèvement de NIRATIAS pour le batteur.«[L\u2019album] ne peut pas vraiment se concrétiser sans que nous jouions les chansons en direct.[\u2026] Nous avons parlé de faire des spectacles en webdiffusion, mais je pense que c\u2019est un peu comme regarder You- Tube et cela ne donne pas l\u2019impression d\u2019être dans un vrai spectacle.Alors nous nous sommes dit : pourquoi donner aux gens une version édulcorée de ce que nous faisons, attendons et donnons-leur la version complète.» CHEVELLE PLUS MÉLODIQUE, TOUJOURS HEAVY Les frères Sam et Pete Loeffler forment le cœur de Chevelle.\u2014 PHOTO JOSEPH COULTICE SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E14 ARTS MAGAZINE ÉRIC MOREAULT Le Soleil Nathalie Baye occupe une place prépondérante dans le premier long métrage de Nicolas Maury.Une mère, mais pas n\u2019importe laquelle : celle de Maury, l\u2019acteur, qui joue le Garçon chiffon de sa comédie aux accents psychodramatiques.À l\u2019écouter en entrevue, on pourrait le croire quand il raconte son envie de filmer le visage de son actrice pour «?se rapprocher d\u2019elle?».Mais il y a plus : un désir de réparation?! Le Français insiste : « La fiction répare la réalité ».Et il en a fait le thème principal de son histoire, celle de Jérémie, un jeune trentenaire dont la carrière ne décolle pas.Ce qui lui laisse beaucoup de temps pour s\u2019imaginer que son copain le trompe.Dépité, il quitte Paris et retourne chez sa mère, dans le Limousin.Pour se réparer, évidemment.Nicolas Maury choisit Nathalie Baye pour incarner cette figure maternelle.Pourquoi ?Il a de la difficulté à répondre, cherche ses mots, trouve que c\u2019est compliqué à expliquer.Puis se lance : « C\u2019est un visage au paysage changeant.Elle est à la fois très concrète et très abstraite.[\u2026] Je voulais m\u2019approcher d\u2019elle.» Le duo s\u2019était croisé sur le plateau de Dix pour cent, sans plus.Elle, icône du grand écran, quatre fois César d\u2019interprétation, qui jouait\u2026 la mère dans Juste la fin du monde (2016) de Xavier Dolan.Lui, acteur montant qui mène une prolifique carrière au cinéma, à la télé et au théâtre.I l s s o n t m a i n t e n a n t a s s i s ensemble dans la loge d\u2019un hôtel parisien pour une entrevue en visio- conférence.Nicolas Maury visiblement inquiet de discuter avec des journalistes.Vrai que Garçon chiffon détonne.Son protagoniste dépressif, jaloux maladif, agace ou ravit, c\u2019est selon.Il a tout de même obtenu le sceau de la sélection officielle Cannes 2020 et été nommé au César du meilleur premier film.Passer derrière la caméra n\u2019est pourtant pas une envie subite.En fait, celle-ci remonte à son enfance alors que Nicolas Maury se racontait des histoires en jouant dans sa chambre.« De là à dire que je réaliserais, il y a un énorme pas.C\u2019est une continuité.Ça ne vient pas contredire ce que j\u2019étais avant.Par contre, ça me répare avec beaucoup de choses.» Il a beau se draper de fiction, ce premier essai demeure très personnel.S\u2019il lui a fait du bien, croit-il que Garçon chiffon peut en faire autant avec ses spectateurs ?« C\u2019est peut-être un peu présomptueux », murmure Mau- ry.« Réparer, je ne sais pas.Mais prendre conscience.La jalousie, c\u2019est quelque chose qui ronge.Je pense que c\u2019est un film qui peut faire du bien », soutient Baye, discrètement élégante dans un chandail blanc à col noir.La jalousie.Celle qui naît de l\u2019insécurité et d\u2019une dépendance affective.Ou de la blessure de la tromperie.Réelle ou imaginaire.« J\u2019ai été jalouse comme tout le monde, mais ça ne m\u2019a jamais envahi, souligne Nathalie Baye.Par contre, j\u2019ai beaucoup souffert de la jalousie de certains de mes compagnons.À chaque fois, que j\u2019ai eu des crises de jalousie, la personne était complètement à côté de la plaque (rires).C\u2019est épouvantable de se justifier de quelque chose qu\u2019on n\u2019a pas fait.Comment voulez- vous vous en sortir ?» Justement, Nicolas Maury a voulu « présenter un nouveau visage de la jalousie ».Rien de moins.« J\u2019ai vécu cet état d\u2019inquiétude, qui est un mot trop faible.On a l\u2019impression, quand on est jaloux, de vraiment voir.Des fois, on voit ce qui n\u2019est pas alors que, des fois, on voit ce qui est \u2014 c\u2019est bien ça le problème.«Si on décortique la moindre chose, ça peut rapidement devenir un enfer.Mais ce n\u2019est pas non plus à bannir : c\u2019est le symptôme d\u2019autre chose.C\u2019est un chemin très épineux, une façon de rencontrer, par forcément folle ou irrespectueuse pour l\u2019autre, de prendre à bras le corps le désastre aussi dans cette société qui dit qu\u2019il faut être comme ça dans son travail, comme ça dans son couple ou dans sa famille.«Jérémie [son personnage], ce qui est assez beau, c\u2019est que c\u2019est la même personne tout le temps.Jusqu\u2019à l\u2019insupportable.J\u2019ai voulu témoigner de cette jalousie qu\u2019on ne doit pas seulement voir comme un vilain défaut, un péché même.» COMME XAVIER DOLAN Voilà pour le fond.Côté forme, Mau- ry a porté un soin indéniable à filmer Nathalie Baye, bien sûr, mais aussi Arnaud Valois (son copain) et Laure Calamy, qui a le droit à une scène mémorable de pétage de plomb.«J\u2019ai joué ou tourné avec des partenaires comme Xavier Dolan, c\u2019est passionnant d\u2019être dirigé par un acteur qui réalise.Il y a cette expression : \u201cOn est du métier.\u201d Nous avons un langage commun, qui est irremplaçable.Il y a des réalisateurs qui ne sont pas acteurs qui ont plus de mal à nous parler», estime Nathalie Baye.Puisqu\u2019on évoque le cinéaste québécois, il y a des parentés, dans un tout autre registre esthétique, avec J\u2019ai tué ma mère, dans cette idée de vouloir exister à l\u2019écran.La comparaison fait tiquer Maury, probablement par peur qu\u2019on lui accole une étiquette de drama queen, qu\u2019il ne peut raisonnablement éviter.Il s\u2019en défend, d\u2019ailleurs : «Je suis plus proche d\u2019un cinéma asiatique.Je suis très inspiré par Hong Sang-soo, par [Hiro- kazu] Kore-eda, par ces histoires h u m a i n e s, t ro p h u m a i n e s » , explique-t-il en citant aussi Judd Apatow pour sa «gourmandise des seconds rôles».Mais «j\u2019aime les dialogues.Peut-être avons- nous cette chose en commun», concède-t-il ensuite.«Ils sont très différents», souligne son actrice.Certes.Maury n\u2019a pas la personnalité flamboyante ni l\u2019esthétique correspondante comme en témoigne Garçon chiffon.Et il a surtout attendu beaucoup plus longtemps avant de se lancer à l\u2019eau.«Un premier film, c\u2019est quelque chose de très particulier, relève Nathalie Baye.Nous avions une bonne équipe et tout le monde avait le goût de donner le meilleur de ce qu\u2019il pouvait.C\u2019est un terme galvaudé, mais il avait quelque chose d\u2019assez magique.Je pense que tout le monde était assez conscient que nous faisions un film important.Je n\u2019ai pas toujours senti ça sur d\u2019autres films.» Garçon chiffon est présentement à l\u2019affiche NICOLAS MAURY FILMER LE VISAGE DE NATHALIE BAYE Garçon chiffon est le premier long métrage de Nicolas Murry.Il joue également au côté de Nathalie Baye.\u2014 PHOTO AXIA FILMS «?C\u2019est un visage au paysage changeant.Elle est à la fois très concrète et très abstraite.[\u2026] Je voulais m\u2019approcher d\u2019elle.?» \u2014 Nicolas Maury en parlant de Nathalie Baye leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E15 ÉRIC MOREAULT emoreault@lesoleil.com CRITIQUE Les cinéphiles d\u2019ici peuvent enfin visionner Nomadland, avant la soirée des Oscars où il se retrouve en compétition pour six prix, dont meilleurs film et réalisatrice ainsi que meilleure actrice pour l\u2019incroyable Frances McDormand.Le superbe drame de Chloé Zhao mérite amplement son Lion d\u2019or 2020 et la dithyrambe de critiques.Méditation intime sur le deuil et la survie, il évoque aussi le destin de ceux qui refusent la tyrannie capitaliste.En 2011, la US Gypsum décide de fermer son usine à Empire, Nevada, et, conséquemment la ville (le même funeste sort que Gagnon, au Québec, en 1985).Pour Fern (McDormand), la fatalité s\u2019avère immense.Son mari Bo vient de mourir et elle perd aussi tout son réseau.La sexagénaire investit ses économies dans l\u2019achat d\u2019une camionnette et part sur la route afin de trouver des emplois temporaires \u2014 à commencer par un boulot dans un centre de distribution Amazon\u2026 Nomadland documente les aléas de ce difficile périple et les rencontres de Fern avec des personnes contraintes, comme elle ou par choix, de tirer un trait sur le métro-boulot-dodo pour épouser le nomadisme.Farouchement indépendante, Fern refuse (poliment) toutes les mains qui lui sont tendues, même dans les moments plus difficiles.Dave (David Strathairn), qui lui ouvre pourtant son cœur, ne réussit pas à percer sa carapace.L\u2019idée éculée que nous perdons notre vie à la gagner prend ici tout son sens parce que Noma- dland n\u2019est pas un film à thèse.Ces nomades des temps modernes existent \u2014 Chloé Zhao a adapté l\u2019essai Nomadland : Surviving America in the Twenty-First Century de Jessica Bruder.Et mis à part McDor- mand et Strathairn, tous les autres y jouent leur propre rôle (à peu de chose près).Pour augmenter la véracité de la mise en scène, la cinéaste a opté une approche documentaire, dans la lignée de son long métrage précé- dent, The Rider, qui a terminé dans le top 10 de beaucoup de critiques en 2018.Nomadland présente ainsi l\u2019envers du décor de la Van Life, vendu comme un idéal de liberté et de vie sans contraintes à voyager.Pour Fern, il ne s\u2019agit pas d\u2019un choix, mais d\u2019une nécessité.Pour paraphraser, elle n\u2019est pas une sans-abri, mais une sans-maison.Loin de l\u2019esthétique léchée des pubs et des vidéos sur les réseaux sociaux, Chloé Zhao et son directeur photo Joshua James Richards ont souvent opté pour des tonalités hivernales ou nocturnes, malgré plusieurs magnifiques plans solaires des paysages sauvages de l\u2019Arizona et du Dakota du Sud.La cinéaste joue d\u2019ailleurs du contraste entre ces grandes étendues, cadrées très large, et des plans rapprochés de Fern dans l\u2019exiguïté de sa camionnette.Sa solitude est accentuée par la mélancolique trame sonore néoclassique de Ludovico Einaudi.Malgré le doigté de Chloé Zhao, ce film n\u2019aurait pas une telle résonance sans la présence de l\u2019exceptionnelle Frances McDormand dans le rôle- titre.Gagnante de l\u2019Oscar pour Fargo (1996) et Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri (2017), elle pourrait compléter sa triple couronne, bien que la compétition soit très relevée.Au fond, la chose importe peu : Nomadland mérite toutes ses accolades.Il faut savoir reconnaître un vrai film quand on en voit un.Nomadland est présenté au cinéma et sur Disney +.NOMADLAND SUR LA ROUTE Au générique Cote : HHHH Titre : Nomadland Genre : Drame Réalisatrice : Chloé Zhao Acteurs : Frances McDormand, David Strathairn, Charlene Swankie Durée : 1 h 48 Frances McDormand et David Strathairn dans Nomadland \u2014 PHOTO SEARCHLIGHT PICTURES PRÉSENTEMENT AU CINÉMA leclubvinland.com LeClubVinland UN F I LM DE BENO I T P I LON SÉBAST IEN R ICARD GUY THAUVETTE FAB IEN CLOUT IER FRANÇOIS PAP INEAU ÉMIL IE B IBEAU RÉMY GIRARD ARNAUD VACHON « Un ?lm FAMILIAL, un BEAU ?lm québécois ! » Catherine Richer, ICI PREMIÈRE « Sébastien RICARD est MAGISTRAL ! » Anne-Andrée Daneau, RDI ?« Dans la lignée de LA SOCIÉTÉ DES POÈTES DISPARUS, LES CHORISTES et CINÉMA PARADISO.» Maxime Demers, Le Journal de Montréal SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E16 ARTS MAGAZINE SAMEDI 10 AVRIL 2021 leSoleil M18 Leonard Cohen sur un fil HHH PHILIPPE GIRARD Plutôt qu\u2019en biographe pointilleux, c\u2019est avec l\u2019esprit rêveur des poètes que le Québécois Philippe Girard a choisi de raconter en bulles et en dessins la vie du Montréalais, dans Leonard Cohen sur un fil, titre clin d\u2019œil au célèbre Bird on a Wire.Girard débute son récit en 2016 : à la veille de sa mort, Cohen se casse la gueule de son lit, et finit sa nuit allongé sur le sol, seul.S\u2019ensuivent, par retours en arrière, des saynètes, réelles ou métaphoriques, qui entraînent le lecteur sans but ni chronologie apparents, au détour des trottoirs de Westmount, des couloirs de l\u2019Université McGill, des ruelles grecques, des studios d\u2019enregistrements et d\u2019un sanctuaire bouddhiste.Il en ressort une impression d\u2019errance \u2014 désagréable?Non, au contraire : adéquate pour ce Juif errant, voyageur en éternelle balade.Entre signes et présages, ces fragments finissent par dresser un portrait touchant du poète montréalais, et une ode à ce spleen \u2014 cette «impression de vivre un automne perpétuel» \u2014 qui nourrira toute son œuvre d\u2019angoisses aussi élégantes que placides.Girard en profite pour chatouiller du crayon les talons d\u2019Achille de ce Cohen au regard de chien battu : son état semi-dépressif permanent, ses idées suicidaires, les pilules et l\u2019alcool \u2014 qui peut-être magnifient la tristesse de ses chansons.sans oublier les femmes, au contact desquelles le grand timide se change en séducteur.Girard ne fouille rien, préférant rester dans l\u2019évocation, au fil de tranches de vie bien racontées, où trouvent tout de même place quelques anecdotes croustillantes.Leonard Cohen sur un fil se balade parmi les démons du passé.Un itinéraire un peu flou en apparence, mais rêveur, surtout.Et zen.Et réussi.YVES BERGERAS, LE DROIT Radium Girls HHH CY Radium Girls retrace l\u2019horrible histoire \u2014 parfaitement authentique \u2014 d\u2019une poignée de femmes qui, employées d\u2019une manufacture américaine de montres, au tournant des années 1920, peignaient au radium les chiffres des cadrans.C\u2019était cool, le glow in the dark, à cette époque où les propriétés du radium \u2014 récemment découvert par Marie Curie \u2014 étaient méconnues.Loin de se soucier des radiations, on croyait même heureux d\u2019ajouter du radium dans certains produits cosmétiques et autres potions médicamenteuses.Le radium étant cher, l\u2019entreprise exige de ces femmes la plus grande parcimonie : elles doivent appliquer la méthode «lip, dip, paint», c\u2019est-à-dire constamment affiner, du bout des lèvres, la pointe de leur pinceau.Ce faisant, ces Ghost Girls (ainsi surnommées car elles brillent, la nuit venue) ingurgitent à leur insu, lentement, mais sûrement, un poison qui va les «dissoudre» de l\u2019intérieur, les tuant à petit feu.S\u2019emparant de ce fait-divers, Cy raconte avec légèreté l\u2019amitié de ces femmes, puis leur coûteux délabrement physiologique, et enfin leur combat juridique \u2014 à l\u2019heure où les lois du travail ne reconnaissent pas comme dangereuse la source de leur calvaire.Pour cela, elle n\u2019utilise pas les pinceaux, mais seulement les crayons de couleur \u2014 du mauve et du «vert radium», essentiellement.Cy réussit très bien à planter le décor historique \u2014 l\u2019émancipation de la femme à travers le travail et le droit de vote ou les costumes de bain (qui s\u2019écourtent) et le Charleston.L\u2019auteure ayant occulté certains des aspects les plus édifiants de son sujet, la portée documentaire du récit perd un peu de son impact, à nos yeux.Reste que quiconque n\u2019a jamais entendu parler de ces radium girls trouvera en ce récit un excellent point de départ pour découvrir ces femmes sacrifiées sur l\u2019autel du progrès.YVES BERGERAS, LE DROIT Vinland HHH 1/2 YVES MARTEL ET PATRICK BOUTIN-GAGNÉ Ayant ouvert Vinland un peu à reculons \u2014 les récits sur les Vikings se sont multipliés, que ce soit à la télé, en saga romanesque (Ken Follett) ou en jeux vidéos (Assassin\u2019s Creed), on finit par saturer.voire en avoir plein son casque \u2014 je me suis vite laissé amadouer par cette BD qui s\u2019intéresse non pas aux raids sanglants des églises anglo-saxonnes, mais à l\u2019exploration des côtes de Terre-Neuve vers l\u2019an 1000, un demi-siècle avant qu\u2019un certain Christophe Colomb ne «découvre» le continent américain.Le scénariste Yves Martel débute d\u2019ailleurs son récit par les fouilles archéologiques lancées à l\u2019Anse-Aux-Meadows dans les années 60, signe qu\u2019il n\u2019est pas là pour badiner avec la Grande Histoire.L\u2019impression sera confirmée par le fascicule historique de quatre pages qui clôt la BD, rappelant en quoi certains des personnages rencontrés au fil des pages sont des figures tout ce qu\u2019il y a de plus historiques.C\u2019est le cas de Bjarni Herjólfsson, premier Scandinave à avoir aperçu le Canada, alors appelé Vin- land \u2014 terre du vin \u2014 et de Leif Erikson, qui poursuivra plus tard son aventure.Aux dessins, Patrick Boutin- Gagné (la série La bête du lac), nom associé au cinéma d\u2019animation et aux jeux vidéo, porte à Vinland le même soin dont il avait fait preuve dans l\u2019album qu\u2019il avait consacré à l\u2019exploration de la Nouvelle-France par Jacques Cartier.Yves Martel et lui offrent un récit dynamique qui distille habilement des détails sur les us et coutumes des Vikings, éclairant le lecteur sur leur langue ou leurs traditions maritimes, sans que cette approche didactique ne pèse sur la lecture.YVES BERGERAS, LE DROIT Comment ne rien faire HHH GUY DELISLE Guy Delisle propose une énième édition, à nouveau augmentée, de Comment ne rien faire, recueil colligeant de nombreux courts récits, planches et strips parus dans diverses revues au cours des dernières années.Si certains de ces travaux, dans lesquels il continue de se mettre en scène, restent dans la lignée graphique de ses titres phares (Shenzen, Pyongyang; Chroniques de Jérusalem) et sa série Le guide du mauvais père, d\u2019autres récits lui permettent d\u2019ouvrir l\u2019éventail de sa palette, et d\u2019alterner entre les traits minimalistes et les crayonnés plus travaillés.Au fil des dessins en noir et blanc, on croit reconnaître des clins d\u2019oeil à Manu Larcenet, Jake Raynal ou Didier Comès; mais qu\u2019importe le style, pourvu qu\u2019on ait l\u2019ivresse.Et Delisle, en mixologue averti, dose bien ses ingrédients, proposant des historiettes tantôt charmantes, tantôt absurdes (comme ce guide de l\u2019oisiveté, qui donne à l\u2019ouvrage son titre), parfois plus profondes ou même étranges, mais toujours souriantes.Cette sympathique compilation n\u2019a d\u2019autre prétention que de divertir; elle donne surtout envie de se replonger dans ses ouvrages plus ambitieux.YVES BERGERAS, LE DROIT BD EN QUATRE TEMPS leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E17 l S leil SAMEDI 10 AVRIL 2021 M 9 ARTS MUSIQUE Toute beauté n\u2019est pas perdue HHHH POP-ROCK FRANCO VINCENT VALLIÈRES Avec ses textes inspirés, ses mélodies hameçons et ses arrangements travaillés, le nouveau Vincent Vallières frappe dans le mille.On reconnaît sa signature sur cet album où les cordes ont beau jeu, mais on remarque aussi le pas plus loin, qui le révèle dans d\u2019autres teintes et d\u2019autres thèmes.Au fil des chansons où la grisaille s\u2019invite parfois (Elle n\u2019entend plus battre son cœur), où les ruptures cisèlent le cœur (Le jardin se meurt, Le paysage de ton silence), où le regard attendri du père se dessine (La somme, On dansera sous la pluie) et où l\u2019amour se peut encore (Entre les étoiles et toi), on dénote un dénominateur commun : le temps qui défile est partout présent dans ce nouvel opus.Qui porte aussi le sceau du réalisateur André Papanicola et du directeur artistique Martin Léon.Le fil conducteur, universel, se déploie jusqu\u2019en toute fin de piste où, surprise, la voix de Marjo se joint à celle du chanteur pour la touchante Tout n\u2019est pas pour toujours.Un bijou.Comme tout le disque.KARINE TREMBLAY, LA TRIBUNE MUSIQUE Printemps HHH CHANSON POP LOIG MORIN Loig Morin est un drôle d\u2019oiseau.Depuis une dizaine d\u2019années, le Breton s\u2019est installé à Vancouver où il a continué à enregistrer des chansons\u2026 en français! Citadelle (2019) avait particulièrement attiré mon oreille en raison du climat diffus des compositions et de la sensibilité de la plume.Or, Printemps marque un retour à un son nettement plus pop, où les claviers et les rythmes électroniques tiennent le haut du pavé.Gardons-nous de poser un jugement définitif puisqu\u2019il s\u2019agit, semble-t-il, du premier de quatre albums pour autant de saisons.D\u2019où la légèreté, voire les arrangements kitsch (La bête), de ces morceaux pétillants.Loig Morin a une voix traînante au timbre chaud qui fait écho à Bashung et à Murat.Il n\u2019était pas nécessaire d\u2019y accoler la voix agaçante de femme enfant de Maude G.L.Dans le même registre, Romance à l\u2019italienne, en duo avec Jill Barber à la Vanessa Paradis, s\u2019avère plus réussie.Dans l\u2019ensemble, ce n\u2019est pas mauvais, mais on sait que Morin peut faire beaucoup mieux que ce Printemps un peu mièvre.ÉRIC MOREAULT LIVRE La désidérata HHHH ROMAN MARIE- HÉLÈNE POITRAS On a envie de dévorer chaque chapitre de La désidérata.Au propre comme au figuré.Les 184 pages du nouveau livre de Marie-Hélène Poitras sont remplies d\u2019odeurs et de montagnes de nourriture.Si les liquides visqueux et les parfums âcres prennent toutefois à la gorge, les grandes tablées alléchantes où trônent gibiers dépecés, fruits confits, noix grillées et sauces bien grasses ouvrent l\u2019appétit.Mais il y a aussi, dans ce roman aux allures de conte, une tension bien palpable qui tient le lecteur en haleine.Parce que le village de Noirax, et plus précisément le domaine de la Malmaison, cache les souvenirs de plusieurs femmes au funeste sort.À l\u2019image d\u2019une forêt enchantée qui prend des airs maléfiques, Marie- Hélène Poitras conjugue comptines pour enfants, magie, abondance et désirs dans un monde où les loups ne sont jamais bien loin, toujours tapis dans l\u2019ombre.LÉA HARVEY LIVRE Les singes bariolés HHH ½ ROMAN BERNARD GILBERT Le quatrième roman de Bernard Gilbert a de quoi quelque peu turlupiner les écoanxieux et les lecteurs qui ont peur de la mort puisqu\u2019il aborde de front l\u2019échec collectif devant la crise climatique et l\u2019extinction de l\u2019espèce humaine.Les 432 pages de l\u2019ouvrage, divisé en neuf sections, posent toutefois des questions importantes quant aux enjeux environnementaux d\u2019aujourd\u2019hui.Après la découverte des singes bariolés, un primate rayé qui communique avec l\u2019Homme par la pensée, un culte lui est consacré par les protagonistes de Bernard Gilbert.Ces derniers s\u2019interrogent ainsi sur la place que nous occupons sur Terre et l\u2019autorité que nous exerçons sur la nature.Sans être alarmiste, l\u2019écrivain allie brillamment connaissances générales et fiction afin d\u2019offrir au public une œuvre philosophique et divertissante.De quoi revoir globalement nos comportements actuels d\u2019un point de vue différent et, qui sait, peut-être même les changer.LÉA HARVEY LIVRE La pierre du remords HH Roman ARNALDUR INDRIDASON Regrets, abandons, mélancolie : La pierre du remords creuse ce qui ronge les âmes jusqu\u2019à faire mourir à petit feu.Ce troisième roman d\u2019Arnaldur Indridason consacré à Konrad \u2013 détective veuf et retraité hanté par son passé \u2013 pèse lourd, mais s\u2019embourbe dans ses fils narratifs.Une vieille femme est retrouvée morte, étouffée par un sac de plastique, et c\u2019est Marta qui mène l\u2019enquête.Or, la victime, Valborg, avait joint Konrad peu avant sa mort, lui demandant de retrouver un enfant qu\u2019elle avait donné en adoption au début des années 1970.Il avait refusé.Pris de remords, le retraité mène son enquête parallèlement.Indridason prend soin de faire peser le passé sur le présent des personnages, de décortiquer leurs blessures mal pansées.Il multiplie les sauts dans le temps, s\u2019attarde à des histoires parallèles et effleure la souffrance de femmes victimes de la violence des hommes.Tout ça est dense.Sauf que la peinture sociale ne suffit pas à racheter les longueurs et les pistes qui ne mènent nulle part.LA PRESSE MUSIQUE Zoom In HH 1/2 Rock RINGO STARR À 80 ans, on ne se refait pas.Surtout quand on s\u2019appelle Ringo Starr, et qu\u2019on est bien reposé sur ses lauriers.Comprendre que l\u2019ancien batteur des Beatles ne surprend ni ne déçoit les attentes, sur ce 21e effort en solo, qui est en fait un minialbum de cinq chansons.Le programme a le mérite d\u2019être varié : un rock enjoué par-ci (Teach Me to Tango), un reggae par-là (Waiting for the Tide to Turn), une ballade boboche en guise de premier simple (Here\u2019s to the Nights).Mais on reste dans le très prévisible, malgré la dizaine d\u2019invités surprises (Paul McCartney, Dave Grohl, Sheryl Crow, Lenny Kravitz, Robbie Krieger) qui font une apparition éclair.Pour la petite histoire : Zoom In a été enregistré pendant le confinement.Dans la série «album COVID fait par un ancien Beatle», on lui préférera toutefois l\u2019étonnant McCartney III, lancé en décembre par Sir Paul.Mais ne boudons pas notre plaisir : du bon vieux Ringo, c\u2019est quand même plus rigolo qu\u2019un sac de Ringolos.Quoique\u2026 LA PRESSE MUSIQUE À tous les bâtards HHH 1/2 CHANSON- POP- ÉLECTRO- RAP EDDY DE PRETTO Eddy de Pretto arrive avec son deuxième disque, À tous les bâtards, dédicacé aux marginaux et aux «puckés».Pour pousser la création, la coqueluche française a choisi de pousser la note \u2013 «ouh ouh ouh» et autres voyelles allongées \u2013 et de faire planer les claviers.On le préfère dans le mitraillage, à la frontière du rap, comme sur la nostalgique Créteil Soleil, centre commercial de sa ville natale, ou dans les couplets de l\u2019explicite À quoi bon?.Côté textes s\u2019estompent alors les comparaisons d\u2019usage \u2013 et dangereuses \u2013 avec Brel, Barbara, Brassens, Nougaro et autres intouchables.Parce que, oui, Eddy de Pretto maîtrise le verbe, mais il préconise les allitérations et les for- mules-chocs, plutôt que l\u2019économie de mots et les élans poétiques.Malgré quelques agacements, que ce soit les passages «premier degré» ou des sonorités soul et pop un peu plaquées, les récits de l\u2019auteur- compositeur font écho et honneur à une jeunesse multiple, qui tourne le dos aux modèles uniques.Vive les «bâtards» ! LA PRESSE LIVRE Annie Muktuk HHH ROMAN NORMA DUNNING Ça se passe au nord du 58e parallèle.Au pays d\u2019Annie Muk- tuk, mais aussi d\u2019Elipsee, de Husky et de ses trois épouses, Tetuk, Alaq et Keenaq.Un pays aride où les prénoms ne sont jamais correctement prononcés, quand ils ne sont pas carrément modifiés.Un monde où les femmes sont des «sauvagesses», habité par ses traditions, écorché vif par la colonisation.Rare incursion dans l\u2019univers inuit, Annie Muktuk et autres histoires propose une série de récits et légendes, à la fois drôles et violents, divertissants et dérangeants, mettant en scène des personnages colorés archi-attachants, tantôt naïfs, tantôt porteurs d\u2019une sagesse supérieure.C\u2019est ainsi qu\u2019il est question d\u2019ivresse et d\u2019amour, de vieillesse et de mort, de sexe et de violence, et encore et toujours d\u2019amour (charnel, fraternel, amical).Le dernier récit, sur le déracinement et l\u2019éducation des enfants, ne vous laissera pas indifférent.C\u2019est dur, sachez-le.Et ça sonne surtout tristement vrai.Cela dit, et même s\u2019il est beaucoup question du rapport à l\u2019autre (le Blanc), rien n\u2019est non plus manichéen dans le texte, qui se lit par moments comme de la poésie.LA PRESSE LIVRE La vie en relief HHH 1/2 ROMAN PHILIPPE DELERM Il n\u2019a que 70 ans, mais l\u2019écrivain Philippe Delerm est déjà fort troublé par ce temps qui passe trop vite.Dans La vie en relief, il annonce que l\u2019âge le rend «plus fébrile, plus maladroit, plus raide, plus irritable à la moindre contrariété matérielle».Constatant une certaine flétrissure du caractère comme du corps, il ne peut regarder la mort en face, mais essaie plutôt de l\u2019apprivoiser en écrivant.En se retournant aussi, usant de ses souvenirs et de ses acquis comme d\u2019un baume, un bagage réconfortant.Les plus belles lignes du récit sont quand il parle de l\u2019écriture, de la sensibilité de l\u2019écrivain, cette sensibilité qui permet de convertir en mots toute chose et tout sentiment de la vie.Vieillir, c\u2019est savoir savourer les bons moments, sentir le bonheur dans des moments d\u2019exception avec la famille et les amis.Elle est peut- être involontaire, mais il y a indéniablement dans cet ouvrage une certaine amertume.Une nostalgie, une aigreur face au trépas, mais toutes trois mêlées à une véritable rage de vivre et de savourer les bienfaits de l\u2019existence.LA PRESSE Exceptionnel HHHHH?Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter?H Vu, lu, entendu cette semaine SAMEDI 10 AVRIL 2021 leSoleil M18 ARTS Leonard Cohen sur un fil HHH PHILIPPE GIRARD Plutôt qu\u2019en biographe pointilleux, c\u2019est avec l\u2019esprit rêveur des poètes que le Québécois Philippe Girard a choisi de raconter en bulles et en dessins la vie du Montréalais, dans Leonard Cohen sur un fil, titre clin d\u2019œil au célèbre Bird on a Wire.Girard débute son récit en 2016 : à la veille de sa mort, Cohen se casse la gueule de son lit, et finit sa nuit allongé sur le sol, seul.S\u2019ensuivent, par retours en arrière, des saynètes, réelles ou métaphoriques, qui entraînent le lecteur sans but ni chronologie apparents, au détour des trottoirs de Westmount, des couloirs de l\u2019Université McGill, des ruelles grecques, des studios d\u2019enregistrements et d\u2019un sanctuaire bouddhiste.Il en ressort une impression d\u2019errance \u2014 désagréable?Non, au contraire : adéquate pour ce Juif errant, voyageur en éternelle balade.Entre signes et présages, ces fragments finissent par dresser un portrait touchant du poète montréalais, et une ode à ce spleen \u2014 cette «impression de vivre un automne perpétuel» \u2014 qui nourrira toute son œuvre d\u2019angoisses aussi élégantes que placides.Girard en profite pour chatouiller du crayon les talons d\u2019Achille de ce Cohen au regard de chien battu : son état semi-dépressif permanent, ses idées suicidaires, les pilules et l\u2019alcool \u2014 qui peut-être magnifient la tristesse de ses chansons.sans oublier les femmes, au contact desquelles le grand timide se change en séducteur.Girard ne fouille rien, préférant rester dans l\u2019évocation, au fil de tranches de vie bien racontées, où trouvent tout de même place quelques anecdotes croustillantes.Leonard Cohen sur un fil se balade parmi les démons du passé.Un itinéraire un peu flou en apparence, mais rêveur, surtout.Et zen.Et réussi.YVES BERGERAS, LE DROIT Radium Girls HHH CY Radium Girls retrace l\u2019horrible histoire \u2014 parfaitement authentique \u2014 d\u2019une poignée de femmes qui, employées d\u2019une manufacture américaine de montres, au tournant des années 1920, peignaient au radium les chiffres des cadrans.C\u2019était cool, le glow in the dark, à cette époque où les propriétés du radium \u2014 récemment découvert par Marie Curie \u2014 étaient méconnues.Loin de se soucier des radiations, on croyait même heureux d\u2019ajouter du radium dans certains produits cosmétiques et autres potions médicamenteuses.Le radium étant cher, l\u2019entreprise exige de ces femmes la plus grande parcimonie : elles doivent appliquer la méthode «lip, dip, paint», c\u2019est-à-dire constamment affiner, du bout des lèvres, la pointe de leur pinceau.Ce faisant, ces Ghost Girls (ainsi surnommées car elles brillent, la nuit venue) ingurgitent à leur insu, lentement, mais sûrement, un poison qui va les «dissoudre» de l\u2019intérieur, les tuant à petit feu.S\u2019emparant de ce fait-divers, Cy raconte avec légèreté l\u2019amitié de ces femmes, puis leur coûteux délabrement physiologique, et enfin leur combat juridique \u2014 à l\u2019heure où les lois du travail ne reconnaissent pas comme dangereuse la source de leur calvaire.Pour cela, elle n\u2019utilise pas les pinceaux, mais seulement les crayons de couleur \u2014 du mauve et du «vert radium», essentiellement.Cy réussit très bien à planter le décor historique \u2014 l\u2019émancipation de la femme à travers le travail et le droit de vote ou les costumes de bain (qui s\u2019écourtent) et le Charleston.L\u2019auteure ayant occulté certains des aspects les plus édifiants de son sujet, la portée documentaire du récit perd un peu de son impact, à nos yeux.Reste que quiconque n\u2019a jamais entendu parler de ces radium girls trouvera en ce récit un excellent point de départ pour découvrir ces femmes sacrifiées sur l\u2019autel du progrès.YVES BERGERAS, LE DROIT Vinland HHH 1/2 YVES MARTEL ET PATRICK BOUTIN-GAGNÉ Ayant ouvert Vinland un peu à reculons \u2014 les récits sur les Vikings se sont multipliés, que ce soit à la télé, en saga romanesque (Ken Follett) ou en jeux vidéos (Assassin\u2019s Creed), on finit par saturer.voire en avoir plein son casque \u2014 je me suis vite laissé amadouer par cette BD qui s\u2019intéresse non pas aux raids sanglants des églises anglo-saxonnes, mais à l\u2019exploration des côtes de Terre-Neuve vers l\u2019an 1000, un demi-siècle avant qu\u2019un certain Christophe Colomb ne «découvre» le continent américain.Le scénariste Yves Martel débute d\u2019ailleurs son récit par les fouilles archéologiques lancées à l\u2019Anse-Aux-Meadows dans les années 60, signe qu\u2019il n\u2019est pas là pour badiner avec la Grande Histoire.L\u2019impression sera confirmée par le fascicule historique de quatre pages qui clôt la BD, rappelant en quoi certains des personnages rencontrés au fil des pages sont des figures tout ce qu\u2019il y a de plus historiques.C\u2019est le cas de Bjarni Herjólfsson, premier Scandinave à avoir aperçu le Canada, alors appelé Vin- land \u2014 terre du vin \u2014 et de Leif Erikson, qui poursuivra plus tard son aventure.Aux dessins, Patrick Boutin- Gagné (la série La bête du lac), nom associé au cinéma d\u2019animation et aux jeux vidéo, porte à Vinland le même soin dont il avait fait preuve dans l\u2019album qu\u2019il avait consacré à l\u2019exploration de la Nouvelle-France par Jacques Cartier.Yves Martel et lui offrent un récit dynamique qui distille habilement des détails sur les us et coutumes des Vikings, éclairant le lecteur sur leur langue ou leurs traditions maritimes, sans que cette approche didactique ne pèse sur la lecture.YVES BERGERAS, LE DROIT Comment ne rien faire HHH GUY DELISLE Guy Delisle propose une énième édition, à nouveau augmentée, de Comment ne rien faire, recueil colligeant de nombreux courts récits, planches et strips parus dans diverses revues au cours des dernières années.Si certains de ces travaux, dans lesquels il continue de se mettre en scène, restent dans la lignée graphique de ses titres phares (Shenzen, Pyongyang; Chroniques de Jérusalem) et sa série Le guide du mauvais père, d\u2019autres récits lui permettent d\u2019ouvrir l\u2019éventail de sa palette, et d\u2019alterner entre les traits minimalistes et les crayonnés plus travaillés.Au fil des dessins en noir et blanc, on croit reconnaître des clins d\u2019oeil à Manu Larcenet, Jake Raynal ou Didier Comès; mais qu\u2019importe le style, pourvu qu\u2019on ait l\u2019ivresse.Et Delisle, en mixologue averti, dose bien ses ingrédients, proposant des historiettes tantôt charmantes, tantôt absurdes (comme ce guide de l\u2019oisiveté, qui donne à l\u2019ouvrage son titre), parfois plus profondes ou même étranges, mais toujours souriantes.Cette sympathique compilation n\u2019a d\u2019autre prétention que de divertir; elle donne surtout envie de se replonger dans ses ouvrages plus ambitieux.YVES BERGERAS, LE DROIT BD EN QUATRE TEMPS SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E18 ARTS MAGAZINE HORTICULTURE LARRY HODGSON Collaboration spéciale L e bégonia tubéreux (Begonia × tuberhybrida) est parmi les bulbes d\u2019été les plus populaires.Sa capacité de produire de belles grosses fleurs très colorées pendant tout l\u2019été même dans les emplacements assez ombragés où si peu de plantes fleurissent bien en fait une vedette.Mais pour les avoir en fleurs dès le début de l\u2019été, il faut démarrer ce bégonia à l\u2019intérieur plusieurs semaines d\u2019avance, habituellement au moins 6 à 8 semaines avant la date du dernier gel, soit au mois d\u2019avril dans la plupart des régions du Québec.RÉCUPÉRATION OU ACHAT?Si vous avez déjà des tubercules de l\u2019an dernier, il suffit d\u2019aller les chercher au sous-sol.Sinon, des tubercules de bégonia sont en vente dans toutes les jardineries.Certaines offrent même de petits plants de bégonias tubéreux en mini-mottes, déjà en croissance et prêts à repiquer dans un pot de 15 cm.Parfois, ces petits plants sont même en bouton! Le tubercule ressemble à un bol charnu brun : sa surface supérieure est concave.C\u2019est dans ce creux qu\u2019on voit déjà, en avril, les petites pousses roses qui deviendront les futures tiges florales.Elles sont actuellement au beau fixe : elles attendent la plantation et l\u2019arrosage pour continuer leur croissance.PLANTATION À cette fin, prenez un pot de 15 cm (6 po) et remplissez-le de terreau d\u2019empotage humide jusqu\u2019à environ la mi-hauteur.Placez le tubercule au centre, sur le terreau, prenant soin de diriger le côté concave vers le haut.M a i n t e n a n t , ajoutez du terreau en recouvrant à peine le tubercule.Arrosez légèrement, en prenant soin de ne pas laisser d\u2019eau dans le «creux» du tubercule à ce stade.Placez le pot dans un emplacement bien éclairé et de 21 à 24°C pour stimuler le démarrage.Lorsque le plant commence à produire des feuilles, ce qui peut prendre une semaine ou deux, augmentez graduellement les arrosages, juste assez pour garder le sol légèrement humide en tout temps.Si possible, aussi, baissez la température à ce stade à environ 15 °C la nuit.Cela n\u2019est pas obligatoire, mais donnera des plantes plus compactes et denses.Quand les nouvelles pousses auront environ 15 cm de hauteur, rajoutez du terreau au pot, le comblant jusqu\u2019à 1 cm du bord.La partie de la tige qui se trouvera couverte de terreau produira alors des racines, ce qui donnera une plante plus solide, moins susceptible de casser au vent.ACCLIMATATION Quand les températures extérieures se réchauffent, vous pouvez commencer à acclimater votre bégonia aux conditions de plein air.Sortez- le par une journée assez chaude (15 °C ou plus), le plaçant à l\u2019ombre au début, puis rentrez la plante le soir si la température doit descendre sous 15 °C.Répétez quotidiennement, augmentant graduellement l\u2019intensité lumineuse chaque jour, et ce, pendant une semaine environ.La plupart des bégonias tubéreux préféreront une plantation à l\u2019ombre partielle, mais les bégonias multiflores (de type Non Stop) peuvent tolérer le plein soleil.REPIQUAGE ET ENTRETIEN Quand il n\u2019y a plus de risque de gel et que la température nocturne dépasse fidèlement 15 °C, vous pouvez repiquer votre bégonia tubéreux en pleine terre ou encore en jardinière.Plantez les variétés retombantes dans un panier suspendu ou une balconnière.Pendant l\u2019été, arrosez et fertilisez le bégonia tubéreux comme n\u2019importe quelle annuelle.Et à l\u2019automne, bien sûr, n\u2019oubliez pas de rentrer le tubercule après le premier gel.Vous le garderez en dor- mance, au sec, dans votre sous-sol pendant l\u2019hiver.AUTRES BULBES À DÉMARRER DANS LA MAISON Il n\u2019y a pas que les bégonias tubéreux à réveiller au printemps.Le même genre de régime (plantation à l\u2019intérieur tôt au printemps pour donner une avance à la saison) s\u2019applique aussi aux autres bulbes gélifs que vous avez gardés en repos dans le sous-sol pendant l\u2019hiver : cannas, callas, caladiums, dahlias, glaïeuls, alocasias, etc.Il est temps de les réveiller aussi! RÉVEILLEZ VOS BÉGONIAS TUBÉREUX Saviez- vous que?Les fleurs du bégonia tubéreux sont comestibles?Elles offrent un délicieux goût acidulé aux salades et aux smoothies, sans parler de leurs très jolis coloris! 1 Les bégonias tubéreux les plus populaires sont les Non Stop.Ils offrent des fleurs plus petites, mais plus abondantes sur un plant compact plus robuste.\u2014 PHOTO 123RF/IRINA BORSUCHENKO 2 Un tubercule de bégonia \u2014 PHOTO WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM 3 Certains bégonias tubéreux ont un port retombant et conviennent parfaitement aux paniers suspendus.\u2014 PHOTO 123RF/ANNA GRIGORJEVA 2 1 3 leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E19 RÉPONSES À VOS QUESTIONS CALENDRIER HORTICOLE ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE Radio CKIA et Facebook Live L\u2019émission radiophonique et virtuelle le Jardinier paresseux avec Larry Hodgson est offerte gratuitement les mercredis à 10h à CKIA-FM 88,3 et sur www.facebook.com/ JardinierParesseux.Formation en ligne, Les fines herbes de la terre à la table Lili Michaud agronome propose une formation de trois heures partagées en 10 leçons de 10 à 25 minutes que vous pourrez suivre au moment qui vous convient et à votre rythme.Vous apprendrez à cultiver, multiplier, récolter, conserver et finalement à utiliser les fines herbes en cuisine.De plus, vous aurez accès à des documents PDF.Coût : 30 $ + taxes.Info : lilimi- chaud.com Pour toute activité \u203a Voici quelques semis à faire cette semaine : aneth, chou frisé, coréopsis, dahlia nain, giroflée des jardins, marjolaine, muflier, persil, tomates.\u203a Pensez rempoter vos plantes d\u2019intérieur au moins une fois tous les trois ans.\u203a Récoltez des branches de chatons de saule pour donner un effet printanier à votre demeure.\u203a Vérifiez l\u2019état de votre gouttière et nettoyez-la si elle est encombrée de feuilles ou de brindilles.CULTIVEZ LE GINGEMBRE AU QUÉBEC Q J\u2019ai accès à un potager domestique.Je me proposais de mettre en terre quelques bulbes de gingembre acheté à l\u2019épicerie afin de voir si je pourrais avoir quelques bons résultats.Est-ce que notre climat est propice à ce genre de culture?Si oui, est-ce que le sol aura besoin d\u2019une préparation spéciale?Et quel type d\u2019engrais serait approprié?Georges Paquet R Le gingembre (Zingiber officinale) est une plante tropicale très mal adaptée à notre climat, mais on peut réussir sa culture en plein air en faisant très attention.Il faut d\u2019abord trouver un rhizome de gingembre viable.Ceux de l\u2019épicerie ont souvent été traités pour ne pas germer et alors ne peuvent pas servir.Le rhizome doit montrer de petites pointes de croissance.Vous aurez plus de chance avec un rhizome vendu dans un magasin d\u2019alimentation naturel.Aussi, il faut démarrer la culture à l\u2019intérieur, de préférence en avril, car sinon la saison de culture en plein air est trop courte pour permettre le développement de rhizomes récoltables.Coupez le rhizome en sections, chacune avec un bourgeon (pousse), et empotez les sections dans des pots de terreau.Placez les pots au soleil dans un endroit chaud (22-25 °C) et gardez le terreau humide.Des feuilles vertes apparaîtront assez rapidement.Il peut être nécessaire d\u2019utiliser un humidificateur pour empêcher l\u2019assèchement des feuilles.Ne repiquez pas les plants au jardin tant que l\u2019air n\u2019est pas bien réchauffé, peut-être à la mi-juin.Plantez les petits gingembres à la mi-ombre en pleine terre ou en pot dans un sol bien drainé enrichi en compost et continuez d\u2019arroser dès que le terreau approche le point de sécheresse.Vous pourriez ainsi récolter au mois de septembre, quand les nuits rafraîchissent, des rhizomes moins gros que les originaux (climat oblige), mais utilisables.Quant à l\u2019engrais, toute variété conviendrait.L\u2019idée que les plantes aient une préférence pour un engrais ou un autre est largement un mythe soutenu par les fabricants d\u2019engrais.HAIES AUTRES QUE LE THUYA Q Nous voulons planter une haie à la limite de notre terrain et le chemin de gravier.Elle doit être compacte, haute de 1,2 m maximum et large de 45 cm maximum.Bien sûr, on va la tailler au besoin pour conserver les dimensions requises.Mais autre que le cèdre, avez-vous d\u2019autres idées?Linda R En fait, il existe des centaines de choix! Presque tout arbuste à feuilles caduques conviendrait.D\u2019ailleurs, le «cèdre» (en fait, un thuya; le cèdre ne pousse pas au Québec) est un très mauvais choix pour une haie, étant très difficile à récupérer quand quelque chose va mal.Et près d\u2019un chemin, il risque d\u2019être rapidement abîmé par la neige et le gravier lancés par la voirie l\u2019hiver.Si une haie d\u2019arbustes est ainsi brisée, vous n\u2019avez qu\u2019à la tailler et elle récupérera rapidement.La haie de thuyas ne récupérera jamais.Un rhizome de gingembre en formation à la base des tiges de la plante.\u2014 PHOTO 123RF/ALLA SRAVANI VOICI QUELQUES CHOIX \u203a Caragana de Sibérie (ph) zone 2 \u203a Chèvrefeuille \u2018Freedom\u2019 (Lonicera \u2018Freedom\u2019) zone 4 \u203a Cotonéaster à haies (Cotoneaster lucidus) zone 2b \u203a Épine-vinette de Thunberg (Ber- beris thunbergii) zone 4 \u203a Gadelier alpin (Ribes alpinum) zone 4b \u203a Lilas nain (Syringaspp.) zone 3 \u203a Physocarpe nain (Physocar- pusspp.) zone 2b \u203a Potentille arbustive (Potentilla fruticosa) zone 2 \u203a Rosiers arbustifs (Rosaspp.) zones 2, 3 ou 4, selon la variété \u203a Saule arctique (Salix purpu- rea\u2019Nana\u2019) zone 2 \u203a Spirée (Spiraeaspp.) zones 2 ou 3, selon la variété \u203a Symphorine (Symphoricarpos- spp.) zones 2, 3 ou 4, selon la variété \u203a Viorne obier nain (Viburnum opu- lus\u2019Nanum\u2019) zone 2b Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec)?G1K 7J6 SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E20 ARTS MAGAZINE P H O T O M A Ë L L A L E P A G E MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale V ous ne le saviez peut- être pas, mais le monde (enfin, au minimum, quelques personnes) célébrait hier la plus populaire de toutes les créatures magiques : la licorne.Pour souligner la journée mondiale en son nom, parce que je suis nostalgique et parce que je suis en situation d\u2019infériorité numérique masculine dans ma famille, j\u2019avais envie de nous faire revivre l\u2019aventure Pinkaroo.Qu\u2019est-ce que le Pinkaroo?C\u2019est un concept de bar éphémère sur l\u2019avenue Maguire que mon équipe et moi avons opéré en février et mars 2019.Pour ceux et celles ayant eu la chance de nous visiter, il s\u2019agissait d\u2019une incursion complète au pays des licornes : cocktails brillants, murs roses, sirop de licorne, menu « conte de fée », beignes à cornes, musique des années 70 et 80, pots de barbe à papa, etc.Le bar éphémère était ouvert à toute la famille et l\u2019ensemble des profits générés par l\u2019initiative a été remis à la Fondation Rêves d\u2019enfants.J\u2019ai donc décidé cette semaine de partager toutes les recettes qui étaient servies au bar Pinkaroo sur le site Web de Monsieur Cocktail*.Je profite de l\u2019occasion pour vous offrir la plus populaire de toutes, qui nous rappelle que le printemps s\u2019en vient et que le rosé trônera bientôt sur nos patios et nos balcons.Fruité, acide et complexe, ce cocktail tout en légèreté rappelle la sangria.Pinky Swear INGRÉDIENTS \u2022 2 oz de vin rosé \u2022 0,75 oz de gin \u2022 0,5 oz de sirop de licorne (ou sirop de fraise) \u2022 0,5 oz de sirop de licorne rose (ou liqueur de rhubarbe) \u2022 0,5 oz de jus de citron \u2022 Barbe à papa bleue (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un shaker, mélanger tous les ingrédients avec de la glace.2 Filtrer au tamis fin dans un verre muni d\u2019un gros cube de glace.3 Décorer de barbe à papa bleue.Santé! *Pour les recettes du Pinkaroo, consultez le site Web monsieur-cocktail.com AU PAYS DES LICORNES P H O T O M A Ë L L A L E P A G E A vez-vous déjà remarqué le sceau d\u2019une médaille d\u2019un concours sur l\u2019étiquette de vos bières préférées?Fort probablement, puisque les brasseries gagnantes d\u2019un concours s\u2019empressent d\u2019en informer le public.Les médailles, ça fait vendre.Mais est-ce vraiment un gage de qualité?Des concours internationaux de bière, il y en a beaucoup.J\u2019ai d\u2019ailleurs participé à bon nombre d\u2019entre eux en tant que juge, et la liste de nouveaux concours organisés dans le monde ne cesse d\u2019augmenter.Mais seriez-vous en mesure d\u2019en énumérer un?Difficile n\u2019est-ce pas?Rassurez-vous, il est très rare qu\u2019un concours ne fasse parler de lui qu\u2019autrement que par les médailles qu\u2019il décerne.Il est donc plus facile de retenir une bière qui a gagné un concours \u2014 peu importe le nom du concours \u2014 que le concours lui-même.Et les organisateurs le savent.Nous voilà donc devant une redoutable machine promotionnelle, qui décerne des médailles à qui veut bien participer, à la condition de se classer parmi les finalistes de chaque catégorie.Saviez-vous que j\u2019ai obtenu la troisième place d\u2019une épreuve d\u2019athlétisme, le 100 m départ arrêté?Combien de concurrents dans cette magnifique épreuve?Trois! Il n\u2019empêche que j\u2019ai gagné la médaille de bronze d\u2019un concours d\u2019athlétisme.Au diable les détails.Les concours de bière, c\u2019est un peu la même chose.Bien des concours n\u2019indiquent pas le nombre de bières participantes et de ce fait, il peut être très facile de gagner une médaille dans la catégorie visée.Le meilleur exemple est le World Beer Awards, concours britannique créé en 2007, qui consiste à remettre des prix annuellement, dans plus de 80 catégories, chacune étant évaluée par pays, suivi d\u2019une évaluation des meilleurs du pays par catégorie.Soit un potentiel de plusieurs centaines de médailles par an.Le bémol, c\u2019est que nous ne connaissons absolument pas le nombre de bières inscrites à ce concours.Si quelques bières sont présentées dans une catégorie, leurs chances de gagner une médaille sont donc très élevées.Il suffit ensuite à la brasserie de diffuser un communiqué de presse invitant le public à découvrir « la meilleure bière de sa catégorie » et le bouche-à-oreille s\u2019occupe du reste.QU\u2019ATTENDRE D\u2019UN CONCOURS DE BIÈRE?Tout d\u2019abord, pour démontrer le sérieux de la démarche, il est important que les organisateurs du concours diffusent le nombre de bières en lice dans une même catégorie.Je vous rappelle ma médaille de bronze en athlétisme.Mention spéciale au World Beer Cup \u2014 organisé par l\u2019Association américaine des microbrasseries \u2014, qui dévoile toujours le nombre de bières inscrites dans chaque catégorie.La médaille d\u2019or dans la catégorie American Pale Ale, devant 1500 autres bières, est vraiment un gage de qualité.La qualité du jury va également influencer la notoriété du concours.Plus le jury comporte des professionnels qualifiés \u2014 brasseurs, sommeliers, biérolo- gues, etc.\u2014, plus le concours est reconnu dans le milieu.Enfin, l\u2019obtention des médailles doit être basée sur un cahier des charges bien précis, qui tient compte de la qualité globale de la bière et de l\u2019expérience de dégustation.J\u2019ai déjà vu des membres d\u2019un jury refuser de donner une médaille à une bière, même si celle-ci était troisième finaliste, car le produit n\u2019était pas à la hauteur de ce que l\u2019on demandait à une bière.QUELQUES BIÈRES MÉDAILLÉES À DÉCOUVRIR SCOTCH ALE MICROBRASSERIE GAINSBOURG La gagnante de la catégorie « Scotch Ale » au World Beer Cup 2018 (l\u2019édition 2020 ayant été annulée) devant 70 autres bières.Une Scotch Ale comme on les aime, sucrée, ronde, chaleureuse, sur des notes de sucre candi, sans tomber dans l\u2019amertume.KIRKE MICROBRASSERIE CORSAIRE Médaille d\u2019argent au WBC 2018 devant 42 autres bières.Dans la catégorie « Ordinary Bitter », cette Kirke a offert une belle note céréalière en entrée de bouche, un équilibre très agréable et un taux d\u2019alcool modéré.Une de mes bières préférées au Québec depuis longtemps.LA SAISON DU TRACTEUR TROU DU DIABLE Médaille d\u2019argent au concours European Beer Star, en Allemagne, dans la catégorie « Saison belge ».Ce concours est reconnu pour la qualité globale du jury qui le compose.La bière idéale pour ses notes douces de céréales, les arômes épicés de la levure et son équilibre.Les concours, une nouvelle approche marketing \u2014 PHOTO INTERNET PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@gcmedias.ca leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E21 1 2 4 3 5 NATALIE RICHARD Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca E n Toscane, l\u2019appellation Brunello di Montalci- no est située au sud de Sienne, dans un rayonnement de 3500 hectares autour du spectaculaire village médiéval de Montalcino qui sied sur une colline habitée depuis l\u2019époque des Étrusques.Il suffit de parcourir les collines de la bucolique vallée d\u2019Orcia pour être éternellement empreint de la particularité de cette terre aux paysages parmi les plus emblématiques de la région.C\u2019est dans la magie intemporelle de ce terroir que la famille Biondi- Santi donne naissance en 1864 à un clone du sangiovese, considéré comme supérieur et qu\u2019on appellera le «brunello».Sa peau plus épaisse produit un vin très tannique avec beaucoup de caractère.Mais c\u2019est aussi l\u2019altitude et le climat, plus doux et plus sec que dans les autres régions de Toscane, qui font une différence majeure, en plus que l\u2019appellation exige que les vins soient composés à 100 % de sangiovese, contrairement à un minimum de 80-85 % réglementé pour les Chiantis.Quoi qu\u2019il en soit, le Brunello donne tout son sens au mot «sangiovese» qui se traduit par «sang de Jupiter», car outre une distinctive élégance, il produit des vins puissants qui marquent le temps et qui s\u2019espèrent, avec un potentiel de garde pouvant aller jusqu\u2019à 50 ans.Un petit rappel pour la température de service qui est de 18°C, sur un accord idéal de viande et de gibier sur le grill ainsi qu\u2019avec des fromages âgés et à pâte ferme.Voici quelques suggestions de vins à mettre au cellier pour mieux apprécier cette prestigieuse appellation d\u2019Italie.Salute! 1 CAMPOGIOVANNI SAN FELICE BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 ?,? $ \u2022 ? ?\u2022 ?,? % \u2022 ?g/L Dans plusieurs régions, le millésime 2015 est considéré comme remarquable, donc d\u2019emblée un millésime de garde pour les grands vins comme celui-ci du vignoble San Felice qui cumule les éloges, incluant une vingtième position en 2017 dans le Top 100 du prestigieux magazine Wine Spectator, pour le 2012.On trouve maintenant le 2015 qui présente un superbe potentiel avec des notes déjà complexes de fruits noirs et d\u2019épices, grâce à un vieillissement de 36 mois en barrique de chêne de Slovénie et une autre année en bouteille.Un vin puissant et charnu avec des notes de terre, de cerise noire et de cuir qui mérite vraiment d\u2019être attendu encore au moins huit à dix ans, ou jusqu\u2019en 2035.2 FORNACINA BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 ? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % \u2022 ?g/L Un domaine boutique de 5 hectares en culture biologique qui donne un petit rendement entre 20 et 25 000 bouteilles par année.Leurs vins vieillis dans de grands foudres de chêne de Slovénie, offrent justement une grande complexité aromatique plutôt que d\u2019être trop marqués par le bois.Salinité, cèdre, réglisse, olive noire au nez et en bouche, où s\u2019ajoutent des notes de fruits noirs et de torréfaction.Un vin dont on peut humer longtemps la complexité qui se développera encore davantage avec les années.À boire entre 2022 et 2035.3 POGGIO LANDI BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ? % \u2022 ?,?g/L Ce Brunello a la particularité d\u2019être issu d\u2019un vignoble situé entre 300 et 500 m d\u2019altitude, en plus d\u2019avoir maturé pendant 38 mois en fûts de chêne français, plutôt que slovène comme le veut la tradition, en plus de six mois en bouteille.Le bouquet intense de fruits rouges et noirs se décline sur les épices, le poivre noir, la réglisse et des notes vanillées sur une longue finale.Le Wine Spectator et James Suckling lui ont accordé 93 points.À boire idéalement entre 2022 et 2035.4 FATTORIA DEI BARBI BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % \u2022?,?g/L Probablement le plus traditionnel de cette sélection et primé à maintes reprises depuis le premier millésime du Blu Label, produit depuis 1892.Un nez de boîte à tabac et de cacao qui démontre puissance et élégance avec une complexité de fruits noirs bien tanniques qui promettent de se bonifier avec le temps.Un vin qu\u2019on doit attendre au moins jusqu\u2019en 2030 en notant que la maison lui donne un potentiel de garde pouvant aller jusqu\u2019à 50 ans.5 ALTESINO ROSSO DI MONTALCINO 2018 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % ?,?g/L Plus simple et plus gourmand avec un nez de noisette torréfiée qu\u2019on retrouve en bouche en plus de la framboise noire et des grains de café en finale d\u2019une belle longueur, assez boisée et bien corsée.Agréable à boire maintenant, mais il reste toujours préférable de l\u2019attendre encore quelques années, son potentiel de garde est de 10 ans, selon le millésime.BIO Pour en savoir davantage, suivez-moi sur www.sommeliereaventuriere.com Une vue du spectaculaire village médiéval de Montalcino, parmi les paysages les plus emblématiques de la Toscane en Italie.Le climat y est plus doux et plus sec.\u2014 PHOTO PAR SHELBY KNICK L\u2019EMBLÉMATIQUE BRUNELLO DI MONTALCINO SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E22 ARTS MAGAZINE SAMEDI 10 AVRIL 2021 leSoleil M52 RÉGAL leSoleil SAMEDI 10 AVRIL 2021 M53 RÉGAL Préparation : 25 minutes \u2022 Marinage : 6 heures \u2022 Cuisson : 15 minutes \u2022 Quantité : 4 portions INGRÉDIENTS \u2022 4 poitrines de poulet sans peau \u2022 Sel et poivre au goût Pour la marinade \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de tequila \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de jus de lime frais \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019ail haché \u2022 ½ oignon haché \u2022 Sel et poivre au goût Pour la salsa \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de coriandre fraîche hachée \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile d\u2019olive \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de jus de lime frais \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de zestes de lime \u2022 2 avocats coupés en dés \u2022 1 tomate italienne épépinée et coupée en dés \u2022 1 jalapeno haché \u2022 ½ oignon rouge coupé en dé \u2022 Sel au goût PRÉPARATION 1 Dans un bol, mélanger les ingrédients de la marinade.Ajouter les poitrines de poulet dans le bol et remuer pour bien les enrober de marinade.Couvrir et laisser mariner de 6 à 8 heures au frais.2 Au moment de la cuisson, préchauffer le barbecue à puissance moyenne-élevée (environ 220 °C \u2013 425 °F).3 Égoutter le poulet et jeter la marinade.Saler et poivrer les poitrines.4 Sur la grille chaude et huilée du barbecue, déposer les poitrines de poulet.Fermer le couvercle et cuire de 15 à 18 minutes en retournant les poitrines quelques fois en cours de cuisson, jusqu\u2019à ce que l\u2019intérieur de la chair du poulet ait perdu sa teinte rosée.5 Dans un bol, mélanger les ingrédients de la salsa.Servir les poi- dients de la salsa.Servir les poitrines de poulet avec la salsa.recettesjecuisine.com/fr/ POULET MARGARITA ET SALSA D\u2019AVOCATS PAR PORTION Calories .598 Protéines .64 g M .G .29 g Glucides .18 g Fibres .9 g Fer .2 mg Calcium .52 mg Sodium .135 mg P H O T O S T I R É E S D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , M A I 2 0 2 1 , V O L .1 1 , N O .1 2 Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 11 minutes Quantité : 4 portions Végé / Sans noix / Sans œuf PRÉPARATION 1 Dans une poêle, chauffer un peu d\u2019huile d\u2019olive à feu moyen.Faire dorer les cubes de tofu sur toutes les faces de 2 à 3 minutes.2 Ajouter les champignons et l \u2019oignon.Cu i re de 1 à 2 minutes.3 Ajouter les poivrons et poursuivre la cuisson 2 minutes.4 Verser la sauce dans la poêle.Saler, poivrer et remuer.Porter à ébullition, puis laisser mijoter de 6 à 8 minutes à feu doux.5 Au moment de servir, parsemer de parmesan.5ingredients15minutes.com/fr/ 1 TOFU FERME COUPÉ EN CUBES 1 BLOC DE 454 G 2 CHAMPIGNONS BLANCS 1 CONTENANT DE 227 G COUPÉS EN QUATRE 3 2 POIVRONS ROUGES COUPÉS EN DÉS 4 SAUCE BASILIC DÉLICES D\u2019AUTREFOIS 1 CONTENANT DE 700 ML 5 PARMESAN RÂPÉ 125 ML (1/2 TASSE) LA RECETTE DE LA SEMAINE TOFU CACCIATORE PRÉVOIR AUSSI : \u2022 1 oignon coupé en dés Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes, mai 2021, Vol .11, No .12 .Publié par Éditions Pratico- pratiques .INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES PAR PORTION Calories .335 Protéines .27 g Matières grasses .15 g Glucides .28 g Fibres .4 g Fer .6 mg Calcium .330 mg Sodium .753 mg Préparation : 25 minutes Cuisson : 28 minutes Quantité : 6 à 8 portions (16 croûtons) INGRÉDIENTS \u2022 1 magret de canard d\u2019environ 400 g (environ 1 lb) \u2022 Sel et poivre au goût \u2022 225 g (1/2 lb) de morilles fraîches coupées en deux \u2022 2 pommes rouges coupées en fins quartiers \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de sirop d\u2019érable ou de bouleau \u2022 125 ml (1/2 tasse) de crème à cuisson 15 % \u2022 16 biscuits Breton \u2022 250 ml (1 tasse) de micropousses au choix PRÉPARATION 1 Laisser tempérer le magret environ 15 minutes avant la cuisson.2 Éponger la viande à l\u2019aide de papier absorbant, puis couper l\u2019excé- dent de gras.3 À l\u2019aide de la pointe d\u2019un couteau, pratiquer de légères incisions en formant un quadrillage sur le gras du magret, sans entailler la chair.Saler et poivrer le magret.4 Déposer le magret côté gras dans une poêle.Cuire environ 10 minutes à feu moyen, jusqu\u2019à ce que le gras soit mince et croustillant.Réserver l\u2019excédent de gras fondu pendant la cuisson dans un petit bol.5 Retourner le magret côté chair et poursuivre la cuisson environ 10 minutes, jusqu\u2019à ce que la température interne de la viande atteigne 58 °C (137 °F) sur un thermomètre à cuisson.Le canard devrait être moyennement ferme au toucher et rosé à l\u2019intérieur.6 Déposer le canard sur une grille.Couvrir d\u2019une feuille de papier d\u2019aluminium, sans serrer.Laisser reposer 5 minutes.7 Dans la même poêle, cuire les morilles et les pommes de 4 à 5 minutes.Ajouter un peu de gras de canard réservé au besoin.8 Déglacer avec le sirop en raclant le fond de la poêle avec une cuillère en bois afin de détacher les sucs de cuisson.Laisser réduire 2 minutes.9 Verser la crème dans la poêle.Saler et poivrer.Laisser mijoter quelques minutes, jusqu\u2019à ce que la sauce ait réduit et ait épaissi.10 Trancher le magret en 16.11 Garnir les biscuits d\u2019une tranche de canard, de sauce aux morilles et aux pommes et de micropousses.CROÛTONS DE CANARD AUX MORILLES Recette tirée du livre Cuisine sauvage \u2014 Explorer, récolter et cuisiner la forêt boréale .Publié par Éditions Pratico- pratiques .P H O T O T I R É E D U L I V R E C U I S I N E S A U V A G E - E X P L O R E R , R É C O L T E R E T C U I S I N E R L A F O R Ê T B O R É A L E Recette tirée du magazine Je cuisine, Barbecue & Fumoir, mai 2021, Vol .17, No .01 .Publié par Éditions Pratico- pratiques .P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E J E C U I S I N E , B A R B E C U E & F U M O I R , M A I 2 0 2 1 , V O L .1 7 , N O .0 1 Salade de tomates Dans un saladier, mélanger 60 ml (1/4 de tasse) d\u2019huile d\u2019olive avec 45 ml (3 c .à soupe) de basilic frais émincé, 30 ml (2 c .à soupe) de jus de citron frais, 15 ml (1 c .à soupe) de miel et 15 ml (1 c .à soupe) de moutarde à l\u2019ancienne .Ajouter 20 tomates cocktail coupées en quatre, 1 oignon vert émincé, 125 ml (1/2 tasse) de cheddar coupé en dés et 30 ml (2 c .à soupe) de persil frais haché .Saler, poivrer et remuer . leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E23 SAMEDI 10 AVRIL 2021 leSoleil M52 RÉGAL l S leil SAMEDI 10 AVRIL 2021 M5 RÉGAL Préparation : 25 minutes \u2022 Marinage : 6 heures \u2022 Cuisson : 15 minutes \u2022 Quantité : 4 portions INGRÉDIENTS \u2022 4 poitrines de poulet sans peau \u2022 Sel et poivre au goût Pour la marinade \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de tequila \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de jus de lime frais \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019ail haché \u2022 ½ oignon haché \u2022 Sel et poivre au goût Pour la salsa \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de coriandre fraîche hachée \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile d\u2019olive \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de jus de lime frais \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de zestes de lime \u2022 2 avocats coupés en dés \u2022 1 tomate italienne épépinée et coupée en dés \u2022 1 jalapeno haché \u2022 ½ oignon rouge coupé en dé \u2022 Sel au goût PRÉPARATION 1 Dans un bol, mélanger les ingrédients de la marinade.Ajouter les poitrines de poulet dans le bol et remuer pour bien les enrober de marinade.Couvrir et laisser mariner de 6 à 8 heures au frais.2 Au moment de la cuisson, préchauffer le barbecue à puissance moyenne-élevée (environ 220 °C \u2013 425 °F).3 Égoutter le poulet et jeter la marinade.Saler et poivrer les poitrines.4 Sur la grille chaude et huilée du barbecue, déposer les poitrines de poulet.Fermer le couvercle et cuire de 15 à 18 minutes en retournant les poitrines quelques fois en cours de cuisson, jusqu\u2019à ce que l\u2019intérieur de la chair du poulet ait perdu sa teinte rosée.5 Dans un bol, mélanger les ingrédients de la salsa.Servir les poi- dients de la salsa.Servir les poitrines de poulet avec la salsa.recettesjecuisine.com/fr/ POULET MARGARITA ET SALSA D\u2019AVOCATS PAR PORTION Calories .598 Protéines .64 g M .G .29 g Glucides .18 g Fibres .9 g Fer .2 mg Calcium .52 mg Sodium .135 mg P H O T O S T I R É E S D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , M A I 2 0 2 1 , V O L .1 1 , N O .1 2 Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 11 minutes Quantité : 4 portions Végé / Sans noix / Sans œuf PRÉPARATION 1 Dans une poêle, chauffer un peu d\u2019huile d\u2019olive à feu moyen.Faire dorer les cubes de tofu sur toutes les faces de 2 à 3 minutes.2 Ajouter les champignons et l \u2019oignon.Cu i re de 1 à 2 minutes.3 Ajouter les poivrons et poursuivre la cuisson 2 minutes.4 Verser la sauce dans la poêle.Saler, poivrer et remuer.Porter à ébullition, puis laisser mijoter de 6 à 8 minutes à feu doux.5 Au moment de servir, parsemer de parmesan.5ingredients15minutes.com/fr/ 1 TOFU FERME COUPÉ EN CUBES 1 BLOC DE 454 G 2 CHAMPIGNONS BLANCS 1 CONTENANT DE 227 G COUPÉS EN QUATRE 3 2 POIVRONS ROUGES COUPÉS EN DÉS 4 SAUCE BASILIC DÉLICES D\u2019AUTREFOIS 1 CONTENANT DE 700 ML 5 PARMESAN RÂPÉ 125 ML (1/2 TASSE) LA RECETTE DE LA SEMAINE TOFU CACCIATORE PRÉVOIR AUSSI : \u2022 1 oignon coupé en dés Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes, mai 2021, Vol .11, No .12 .Publié par Éditions Pratico- pratiques .INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES PAR PORTION Calories .335 Protéines .27 g Matières grasses .15 g Glucides .28 g Fibres .4 g Fer .6 mg Calcium .330 mg Sodium .753 mg Préparation : 25 minutes Cuisson : 28 minutes Quantité : 6 à 8 portions (16 croûtons) INGRÉDIENTS \u2022 1 magret de canard d\u2019environ 400 g (environ 1 lb) \u2022 Sel et poivre au goût \u2022 225 g (1/2 lb) de morilles fraîches coupées en deux \u2022 2 pommes rouges coupées en fins quartiers \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de sirop d\u2019érable ou de bouleau \u2022 125 ml (1/2 tasse) de crème à cuisson 15 % \u2022 16 biscuits Breton \u2022 250 ml (1 tasse) de micropousses au choix PRÉPARATION 1 Laisser tempérer le magret environ 15 minutes avant la cuisson.2 Éponger la viande à l\u2019aide de papier absorbant, puis couper l\u2019excé- dent de gras.3 À l\u2019aide de la pointe d\u2019un couteau, pratiquer de légères incisions en formant un quadrillage sur le gras du magret, sans entailler la chair.Saler et poivrer le magret.4 Déposer le magret côté gras dans une poêle.Cuire environ 10 minutes à feu moyen, jusqu\u2019à ce que le gras soit mince et croustillant.Réserver l\u2019excédent de gras fondu pendant la cuisson dans un petit bol.5 Retourner le magret côté chair et poursuivre la cuisson environ 10 minutes, jusqu\u2019à ce que la température interne de la viande atteigne 58 °C (137 °F) sur un thermomètre à cuisson.Le canard devrait être moyennement ferme au toucher et rosé à l\u2019intérieur.6 Déposer le canard sur une grille.Couvrir d\u2019une feuille de papier d\u2019aluminium, sans serrer.Laisser reposer 5 minutes.7 Dans la même poêle, cuire les morilles et les pommes de 4 à 5 minutes.Ajouter un peu de gras de canard réservé au besoin.8 Déglacer avec le sirop en raclant le fond de la poêle avec une cuillère en bois afin de détacher les sucs de cuisson.Laisser réduire 2 minutes.9 Verser la crème dans la poêle.Saler et poivrer.Laisser mijoter quelques minutes, jusqu\u2019à ce que la sauce ait réduit et ait épaissi.10 Trancher le magret en 16.11 Garnir les biscuits d\u2019une tranche de canard, de sauce aux morilles et aux pommes et de micropousses.CROÛTONS DE CANARD AUX MORILLES Recette tirée du livre Cuisine sauvage \u2014 Explorer, récolter et cuisiner la forêt boréale .Publié par Éditions Pratico- pratiques .P H O T O T I R É E D U L I V R E C U I S I N E S A U V A G E - E X P L O R E R , R É C O L T E R E T C U I S I N E R L A F O R Ê T B O R É A L E Recette tirée du magazine Je cuisine, Barbecue & Fumoir, mai 2021, Vol .17, No .01 .Publié par Éditions Pratico- pratiques .P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E J E C U I S I N E , B A R B E C U E & F U M O I R , M A I 2 0 2 1 , V O L .1 7 , N O .0 1 Salade de tomates Dans un saladier, mélanger 60 ml (1/4 de tasse) d\u2019huile d\u2019olive avec 45 ml (3 c .à soupe) de basilic frais émincé, 30 ml (2 c .à soupe) de jus de citron frais, 15 ml (1 c .à soupe) de miel et 15 ml (1 c .à soupe) de moutarde à l\u2019ancienne .Ajouter 20 tomates cocktail coupées en quatre, 1 oignon vert émincé, 125 ml (1/2 tasse) de cheddar coupé en dés et 30 ml (2 c .à soupe) de persil frais haché .Saler, poivrer et remuer . SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E24 ARTS MAGAZINE en mode virtuel JOËL MARTEL jmartel@lequotidien.com @joelmartel A près plusieurs semaines au cours desquelles les jeux produits au Québec ont été à l\u2019honneur dans cette chronique, nous nous pencherons cette semaine sur Watch Dogs : Legion, un titre d\u2019Ubisoft qui a fait son apparition à la fin de 2020.On peut dire de la franchise Watch Dogs qu\u2019elle n\u2019a pas toujours eu la vie facile.Les joueurs et les joueuses qui ont connu l\u2019époque de la sortie du premier chapitre se souviendront certainement que ce titre avait reçu un accueil très mitigé, et ce, notamment en raison des attentes du public qui étaient peut-être un peu trop intenses.Le studio montréalais d\u2019Ubisoft était toutefois parvenu à corriger le tir quant au deuxième chapitre qui proposait une mécanique de jeu beaucoup plus diversifiée, sans compter la reconstitution de la ville de San Francisco, qui était tout simplement à couper le souffle.Pour ce qui est du troisième chapitre de la franchise Watch Dogs, celui-ci a été développé par le studio d\u2019Ubisoft de Toronto et, disons-le, on peut parler ici d\u2019un défi amplement réussi.Tout comme dans les deux premiers chapitres, Watch Dogs : Legion nous propose une immersion dans le monde des pirates informatiques.Or, cette fois-ci, il est possible d\u2019y incarner une multitude de protagonistes.L\u2019histoire se déroule donc à Londres, peu après une attaque terroriste qui a semé le chaos dans la capitale.Alors qu\u2019une organisation de pirates terroristes nommée DedSec est pointée du doigt par les services secrets comme étant responsable de cette attaque, un autre regroupement de hackers, Zero Day, semble collaborer avec Albion, une entreprise privée de type paramilitaire, ainsi qu\u2019avec Broca Tech, une compagnie technologique qui a bien des choses à cacher.Votre mission consistera donc à enquêter pour DedSec afin d\u2019arriver à prouver l\u2019innocence de votre organisation, tout en découvrant les nombreuses manigances qui ont pu motiver cette attaque terroriste.Au tout début de Watch Dogs, on vous invitera à sélectionner un personnage parmi quelques choix, mais ne vous cassez pas trop la tête à ce sujet, étant donné que bien d\u2019autres personnages s\u2019ajouteront à votre équipe au cours de votre aventure.Outre quelques rares missions qui vous imposeront de recruter un type de personnage en particulier, il n\u2019en tiendra qu\u2019à vous de décider quels individus formeront votre équipe.Dès que vous aurez arrêté votre choix sur un personnage, vous devrez mener votre petite enquête à son sujet afin de savoir de quelle façon vous pourriez lui rendre service, puis une fois que vous aurez répondu à ses besoins, celui-ci se fera un plaisir d\u2019intégrer votre équipe.Comme chaque personnage a sa spécialité bien à lui, plus vous recruterez de membres et plus vous serez en mesure de vous adapter selon les missions à remplir.À titre d\u2019exemple, tandis que certains personnages se débrouilleront mieux dans les combats à mains nus, d\u2019autres vous permettront de pirater plus facilement certains types de drones.Un peu à l\u2019image du second chapitre, Watch Dogs : Legion permet aux joueurs et aux joueuses d\u2019avoir recours à diverses approches afin de remplir chaque mission.Est-ce que vous piraterez les caméras et le système de sécurité pour vous faufiler à l\u2019intérieur d\u2019un bâtiment ou vous choisirez de faire tout le boulot à l\u2019aide d\u2019un drone que vous introduirez par les systèmes de ventilation ?Ten- terez-vous de vous glisser dans ce bâtiment en jouant au jeu du chat et de la souris avec les gardiens de sécurité ou est-ce que vous choisirez plutôt d\u2019utiliser la méthode Far West en tirant sur tout ce qui bouge ?C\u2019est vous qui serez en mesure d\u2019en juger ! Il faut au moins une bonne trentaine d\u2019heures pour compléter l\u2019histoire de base de Watch Dogs : Legion et, même si certaines missions peuvent commencer à sembler répétitives en fin de parcours, le scénario très bien ficelé fait en sorte qu\u2019on reste bien accroché jusqu\u2019à la conclusion.Si vous avez envie d\u2019un jeu dans lequel vous pourrez vous défouler tout en utilisant une panoplie de gadgets technologiques, Watch Dogs : Legion risque fort bien de vous satisfaire.Vivement un quatrième chapitre ! Watch Dogs : Legion, un défi réussi Le troisième chapitre de la série Watch Dogs se déroule à Londres après une attaque terroriste qui a semé le chaos.\u2014 PHOTOS COURTOISIE UBISOFT leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E25 l Soleil SAMEDI 10 AVRIL 2021 M43 LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 Un tache sur la joue de la vache 2 Les rayures blanches de la tuque 3 Le cordon du masque 4 L\u2019œillet de la laisse 5 Un bouton du manteau 6 La salive de la vache 7 Les dents de l\u2019homme C\u2019EST PLATE.QU\u2019EST-CE QU\u2019ON FAIT?Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com FAITES- NOUS RIRE «Maman est-ce qu\u2019on va à l\u2019épicerie des animaux?» (en parlant de l\u2019animalerie) «Les autos ça vit dans la rue, hein maman?» \u2014 Camille, 2 ans (maintenant 12 ans) Apprends à créer une BD! Pas question de laisser la pandémie ruiner le plaisir des amateurs de bandes dessinées! Le Festival Québec BD a préparé de nombreuses activités sur Internet ces prochaines semaines.Parmi elles, il y a les Tutos BD (tutos comme dans tutoriels).C\u2019est un atelier en ligne gratuit où tu pourras apprendre «des trucs pour créer tes propres planches, développer des personnages ou écrire tes scénarios».Ç\u2019a lieu tous les samedis matin dès 10h sur la page Facebook du festival ou en reprise sur sa chaîne YouTube.Ce samedi 10 avril, c\u2019est le créateur des séries Aventurosaure et Étienne et Charlot, Julien Paré-Sorel, qui animera l\u2019atelier.Info : quebecbd.com FRANCIS HIGGINS SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E26 ARTS MAGAZINE SAMEDI 10 AVRIL 2021 leSoleil M44 LE P\u2019TIT M G leSoleil SAMEDI 10 AVRIL 2021 M45 LE P\u2019TIT MAG Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé- Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Mardi, le premier ministre du Québec François Legault a annoncé que les gyms fermeraient leurs portes le 8 avril.Cette mesure permet d\u2019éviter de créer des sources importantes de contamination à la COVID-19.Ces dernières semaines, de nombreux cas se sont déclarés à la suite d\u2019une contamination au club Méga Fitness Gym, dans la région de Québec.Le propriétaire de ce club dit avoir bien respecté les consignes de sécurité, mais les autorités ont des doutes sur ses paroles, car le club a été le lieu de plusieurs éclosions.\u203a PRÈS DE 200 CAS LIÉS À CE GYM! Les spécialistes estimaient mercredi que 195 cas sont directement liés à la fréquentation du Méga Fitness Gym.C\u2019est ce que l\u2019on appelle les cas «primaires».De plus, comme ces personnes ont pu circuler avant de savoir qu\u2019elles étaient porteuses du virus et elles ont créé d\u2019autres cas, que l\u2019on appelle des cas «secondaires».Il y a quatre jours, les spécialistes avaient compté 224 cas secondaires en lien avec le Méga Fitness Gym.Et le bilan risque de s\u2019alourdir pour faire plus de 420 personnes malades.\u203a NON-RESPECT DES MESURES! Une équipe de la Santé publique est allée faire une inspection dans ce club le mardi 30 mars dernier.Leurs constats n\u2019étaient pas très positifs.Ils ont dit : «Cette visite a permis de constater d\u2019évidentes lacunes sanitaires : pas de contrôle de la présence de symptômes à l\u2019arrivée de la clientèle et des travailleurs, clients qui s\u2019entraînent à moins de deux mètres l\u2019un de l\u2019autre, protection individuelle inadéquate des travailleurs sur place».En réaction, il a été ordonné au propriétaire du club Méga Fitness Gym de fermer son établissement dès le lendemain, le mercredi 31 mars.C\u2019est une affaire à suivre, en espérant que les malades guérissent vite et bien! PRUNE LIEUTIER LE POINT SUR L\u2019IMPORTANTE ÉCLOSION DANS UN GYM! P H O T O L E S O L E I L , P A T R I C E L A R O C H E La semaine dernière plusieurs pays fêtaient le 1er avril, une journée consacrée aux farces et aux canulars! Plusieurs entreprises ont décidé de suivre la tradition et de faire des farces à leurs clients! Mais certaines ont un peu raté leur coup\u2026 C\u2019est notamment le cas d\u2019une entreprise française spécialisée en livraison de plats de restaurants à domicile.\u203a 700 $ EN PIZZAS?! Le 1er avril, cette entreprise située en France a décidé d\u2019envoyer à tous ses clients un message les informant que leur commande de 38 pizzas aux anchois et de 50 sauces piquantes était en route! Évidemment, personne n\u2019avait passé pareille commande, surtout que le montant total indiqué sur le reçu était de 466 euros, soit près de 700 $ canadiens! Il s\u2019agissait d\u2019un poisson d\u2019avril de la part de l\u2019entreprise! Deux heures après ce premier message, l\u2019entreprise en envoyait un autre pour reconnaître que c\u2019était simplement une petite blague.Mais de nombreuses personnes avaient eu le temps d\u2019avoir très peur! Certaines ont pensé qu\u2019ils s\u2019étaient fait voler leur carte de crédit.D\u2019autres ont essayé sans relâche de rejoindre l\u2019entreprise par téléphone et sur les réseaux sociaux.\u203a DES CLIENTS MÉCONTENTS! Dès qu\u2019ils ont appris qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un poisson d\u2019avril, la grande majorité des clients piégés ont été fâchés! Il n\u2019est en effet pas très drôle de faire croire à quelqu\u2019un qu\u2019il vient de perdre près de 700 $, en particulier dans une période qui est difficile pour de nombreuses personnes à cause de la pandémie de COVID-19.L\u2019entreprise s\u2019est par la suite excusée pour ce poisson d\u2019avril raté, mais a sans doute perdu plusieurs clients au lieu d\u2019en gagner! PRUNE LIEUTIER Depuis plusieurs années, trouver une place en garderie pour leurs jeunes enfants est un véritable casse-tête pour de nombreux parents.Près de 50 000 enfants se trouveraient ainsi sur les listes d\u2019attentes pour trouver une place en garderie.Peut-être en as-tu entendu parler si tu as des petits frères et sœurs?\u203a PIRE ENCORE DEPUIS UN AN! Ce manque de places s\u2019est aggravé en 2020! À cause de la pandémie de COVID-19, environ 1500 garderies ont fermé leurs portes, car elles n\u2019ont pas reçu de soutien financier du gouvernement pour compenser des pertes financières lorsqu\u2019il a fallu fermer pour quelques mois.\u203a LES FINANCES DES FAMILLES AFFECTÉES! L\u2019impossibilité pour les parents de placer leurs jeunes enfants crée de nombreux problèmes.En effet, certains parents n\u2019ont pas pu retourner au travail à la fin de leur congé parental et doivent donc désormais vivre sans salaire en attendant qu\u2019une place se libère dans une garderie proche de chez eux! \u203a LES PARENTS SE MOBILISENT! Pour protester contre cette situation et faire pression sur le gouvernement pour que des mesures soient prises, des parents ont créé le mouvement #MaPlaceAuTravail.Près de 4500 parents, grands- parents et éducatrices en font partie, et le mouvement continue de grossir.Les parents espèrent de l\u2019aide du gouvernement et du ministre de la Famille, Mathieu La- combe.Ils ont même déjà suggéré plusieurs solutions que le gouvernement pourrait mettre rapidement en place pour régler cet important problème.PRUNE LIEUTIER PLACES EN GARDERIE\u2026 LES PARENTS SE FONT ENTENDRE! Depuis quelques semaines, des syndicats représentant des dizaines de milliers d\u2019enseignants et enseignantes du Québec se sont prononcés en faveur d\u2019une grève générale illimitée à partir du 31 mai prochain.Voyons ce que tout cela veut dire\u2026 \u203a EN COLÈRE! POURQUOI?Les enseignants sont en effet très fâchés car ils estiment que le gouvernement du premier ministre François Legault ne leur offre pas des conditions de travail acceptables et des augmentations de salaire à la hauteur de leurs attentes.Ils trouvent également que les écoles manquent de ressources et ont beaucoup de besoins qui ne sont pas remplis.Ils savent aussi qu\u2019ils ne sont pas assez payés si on compare leur salaire à celui des enseignants des autres provinces du Canada.Le président du SERQ, un des syndicats qui regroupe des enseignants de Québec, a dit : «Ce n\u2019est pas ce qu\u2019on veut, faire la grève.Mais avec l\u2019offre du gouvernement, les gens sont découragés.On n\u2019a pas le choix, il va falloir qu\u2019on prenne le système d\u2019éducation sur nos épaules et qu\u2019on se batte si on veut l\u2019améliorer».\u203a UNE GRÈVE?QUAND ET COMMENT?À partir du 31 mai, les enseignants pourraient se mettre en grève.Personne ne peut prédire combien de temps elle durerait.Cela dépend des négociations entre les enseignants et le gouvernement.Les enseignants ne font pas ce genre de chose de gaieté de cœur.Ni parce qu\u2019ils veulent nuire aux élèves.Quand un groupe de travailleurs et travailleuses utilisent ce moyen, c\u2019est pour forcer le gouvernement à négocier avec eux et à trouver des solutions.En ce moment, les enseignants trouvent que le gouvernement ne les prend pas au sérieux.Il faut donc espérer les deux parties trouvent un accord rapidement! PRUNE LIEUTIER GRÈVE POSSIBLE DES ENSEIGNANTS : CE QU\u2019IL FAUT SAVOIR UN POISSON D\u2019AVRIL RATÉ! I L L U S T R A T I O N D E M A R I E - M I C H E L L E L A F L A M M E UNE SEMAINE D\u2019ACTU P H O T O 1 2 3 R F / A L E X A N D R E R M O L A E V P H O T O 1 2 3 R F / F O O D A N D M O R E leNouvelliste SAMEDI 10 AVRIL 2021 ARTS MAGAZINE E27 SAMEDI 10 AVRIL 2021 leSoleil M44 LE P\u2019TIT MAG Soleil SAMEDI 10 AVRIL 2021 M45 LE P\u2019TIT MAG Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé- Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Mardi, le premier ministre du Québec François Legault a annoncé que les gyms fermeraient leurs portes le 8 avril.Cette mesure permet d\u2019éviter de créer des sources importantes de contamination à la COVID-19.Ces dernières semaines, de nombreux cas se sont déclarés à la suite d\u2019une contamination au club Méga Fitness Gym, dans la région de Québec.Le propriétaire de ce club dit avoir bien respecté les consignes de sécurité, mais les autorités ont des doutes sur ses paroles, car le club a été le lieu de plusieurs éclosions.\u203a PRÈS DE 200 CAS LIÉS À CE GYM! Les spécialistes estimaient mercredi que 195 cas sont directement liés à la fréquentation du Méga Fitness Gym.C\u2019est ce que l\u2019on appelle les cas «primaires».De plus, comme ces personnes ont pu circuler avant de savoir qu\u2019elles étaient porteuses du virus et elles ont créé d\u2019autres cas, que l\u2019on appelle des cas «secondaires».Il y a quatre jours, les spécialistes avaient compté 224 cas secondaires en lien avec le Méga Fitness Gym.Et le bilan risque de s\u2019alourdir pour faire plus de 420 personnes malades.\u203a NON-RESPECT DES MESURES! Une équipe de la Santé publique est allée faire une inspection dans ce club le mardi 30 mars dernier.Leurs constats n\u2019étaient pas très positifs.Ils ont dit : «Cette visite a permis de constater d\u2019évidentes lacunes sanitaires : pas de contrôle de la présence de symptômes à l\u2019arrivée de la clientèle et des travailleurs, clients qui s\u2019entraînent à moins de deux mètres l\u2019un de l\u2019autre, protection individuelle inadéquate des travailleurs sur place».En réaction, il a été ordonné au propriétaire du club Méga Fitness Gym de fermer son établissement dès le lendemain, le mercredi 31 mars.C\u2019est une affaire à suivre, en espérant que les malades guérissent vite et bien! PRUNE LIEUTIER LE POINT SUR L\u2019IMPORTANTE ÉCLOSION DANS UN GYM! P H O T O L E S O L E I L , P A T R I C E L A R O C H E La semaine dernière plusieurs pays fêtaient le 1er avril, une journée consacrée aux farces et aux canulars! Plusieurs entreprises ont décidé de suivre la tradition et de faire des farces à leurs clients! Mais certaines ont un peu raté leur coup\u2026 C\u2019est notamment le cas d\u2019une entreprise française spécialisée en livraison de plats de restaurants à domicile.\u203a 700 $ EN PIZZAS?! Le 1er avril, cette entreprise située en France a décidé d\u2019envoyer à tous ses clients un message les informant que leur commande de 38 pizzas aux anchois et de 50 sauces piquantes était en route! Évidemment, personne n\u2019avait passé pareille commande, surtout que le montant total indiqué sur le reçu était de 466 euros, soit près de 700 $ canadiens! Il s\u2019agissait d\u2019un poisson d\u2019avril de la part de l\u2019entreprise! Deux heures après ce premier message, l\u2019entreprise en envoyait un autre pour reconnaître que c\u2019était simplement une petite blague.Mais de nombreuses personnes avaient eu le temps d\u2019avoir très peur! Certaines ont pensé qu\u2019ils s\u2019étaient fait voler leur carte de crédit.D\u2019autres ont essayé sans relâche de rejoindre l\u2019entreprise par téléphone et sur les réseaux sociaux.\u203a DES CLIENTS MÉCONTENTS! Dès qu\u2019ils ont appris qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un poisson d\u2019avril, la grande majorité des clients piégés ont été fâchés! Il n\u2019est en effet pas très drôle de faire croire à quelqu\u2019un qu\u2019il vient de perdre près de 700 $, en particulier dans une période qui est difficile pour de nombreuses personnes à cause de la pandémie de COVID-19.L\u2019entreprise s\u2019est par la suite excusée pour ce poisson d\u2019avril raté, mais a sans doute perdu plusieurs clients au lieu d\u2019en gagner! PRUNE LIEUTIER Depuis plusieurs années, trouver une place en garderie pour leurs jeunes enfants est un véritable casse-tête pour de nombreux parents.Près de 50 000 enfants se trouveraient ainsi sur les listes d\u2019attentes pour trouver une place en garderie.Peut-être en as-tu entendu parler si tu as des petits frères et sœurs?\u203a PIRE ENCORE DEPUIS UN AN! Ce manque de places s\u2019est aggravé en 2020! À cause de la pandémie de COVID-19, environ 1500 garderies ont fermé leurs portes, car elles n\u2019ont pas reçu de soutien financier du gouvernement pour compenser des pertes financières lorsqu\u2019il a fallu fermer pour quelques mois.\u203a LES FINANCES DES FAMILLES AFFECTÉES! L\u2019impossibilité pour les parents de placer leurs jeunes enfants crée de nombreux problèmes.En effet, certains parents n\u2019ont pas pu retourner au travail à la fin de leur congé parental et doivent donc désormais vivre sans salaire en attendant qu\u2019une place se libère dans une garderie proche de chez eux! \u203a LES PARENTS SE MOBILISENT! Pour protester contre cette situation et faire pression sur le gouvernement pour que des mesures soient prises, des parents ont créé le mouvement #MaPlaceAuTravail.Près de 4500 parents, grands- parents et éducatrices en font partie, et le mouvement continue de grossir.Les parents espèrent de l\u2019aide du gouvernement et du ministre de la Famille, Mathieu La- combe.Ils ont même déjà suggéré plusieurs solutions que le gouvernement pourrait mettre rapidement en place pour régler cet important problème.PRUNE LIEUTIER PLACES EN GARDERIE\u2026 LES PARENTS SE FONT ENTENDRE! Depuis quelques semaines, des syndicats représentant des dizaines de milliers d\u2019enseignants et enseignantes du Québec se sont prononcés en faveur d\u2019une grève générale illimitée à partir du 31 mai prochain.Voyons ce que tout cela veut dire\u2026 \u203a EN COLÈRE! POURQUOI?Les enseignants sont en effet très fâchés car ils estiment que le gouvernement du premier ministre François Legault ne leur offre pas des conditions de travail acceptables et des augmentations de salaire à la hauteur de leurs attentes.Ils trouvent également que les écoles manquent de ressources et ont beaucoup de besoins qui ne sont pas remplis.Ils savent aussi qu\u2019ils ne sont pas assez payés si on compare leur salaire à celui des enseignants des autres provinces du Canada.Le président du SERQ, un des syndicats qui regroupe des enseignants de Québec, a dit : «Ce n\u2019est pas ce qu\u2019on veut, faire la grève.Mais avec l\u2019offre du gouvernement, les gens sont découragés.On n\u2019a pas le choix, il va falloir qu\u2019on prenne le système d\u2019éducation sur nos épaules et qu\u2019on se batte si on veut l\u2019améliorer».\u203a UNE GRÈVE?QUAND ET COMMENT?À partir du 31 mai, les enseignants pourraient se mettre en grève.Personne ne peut prédire combien de temps elle durerait.Cela dépend des négociations entre les enseignants et le gouvernement.Les enseignants ne font pas ce genre de chose de gaieté de cœur.Ni parce qu\u2019ils veulent nuire aux élèves.Quand un groupe de travailleurs et travailleuses utilisent ce moyen, c\u2019est pour forcer le gouvernement à négocier avec eux et à trouver des solutions.En ce moment, les enseignants trouvent que le gouvernement ne les prend pas au sérieux.Il faut donc espérer les deux parties trouvent un accord rapidement! PRUNE LIEUTIER GRÈVE POSSIBLE DES ENSEIGNANTS : CE QU\u2019IL FAUT SAVOIR UN POISSON D\u2019AVRIL RATÉ! I L L U S T R A T I O N D E M A R I E - M I C H E L L E L A F L A M M E UNE SEMAINE D\u2019ACTU P H O T O 1 2 3 R F / A L E X A N D R E R M O L A E V P H O T O 1 2 3 R F / F O O D A N D M O R E SAMEDI 10 AVRIL 2021 leNouvelliste E28 ARTS MAGAZINE Pour ne pas revivre les déceptions de 2020, des vacanciers s\u2019y sont pris très tôt cette année pour réserver leurs séjours au Québec.Résultat : beaucoup de chalets sont déjà loués et les places de camping disparaissent comme neige au soleil.Est-il déjà trop tard pour planifier ses vacances?Heureusement, non?! Mais\u2026 SIMON CHABOT La Presse La Gaspésie a beaucoup fait parler d\u2019elle, l\u2019été dernier, quand des hordes de touristes qui n\u2019avaient pas retenu leur hébergement ont transformé des plages en campings sauvages.La crainte d\u2019avoir du mal à se loger l\u2019été prochain a dopé les locations de chalets là-bas.À la mi-mars, révèle un sondage de Tourisme Gaspésie, près des trois quarts des chalets affichaient complet, ou presque complet, pour la période du 15 juillet au 15 août.La situation est exceptionnelle, mais il serait bête de conclure que la Gaspésie déborde déjà.« On est loin, vraiment loin, d\u2019être plein », affirme Stéphanie Thibaud, directrice marketing de Tourisme Gaspésie, qui redoute l\u2019effet potentiellement décourageant pour les visiteurs des reportages sur la grande popularité de sa région.Pour la même période, les réservations sont d\u2019ailleurs nettement moins nombreuses dans les gîtes, par exemple.Pour 73 % d\u2019entre eux, le taux de réservation est inférieur à 25 %.Il reste aussi pas mal de disponibilités dans les campings et les hôtels.Et c\u2019est d\u2019autant plus vrai avant le 15 juillet et après le 15 août.Les réservations sont en avance à la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), confirme le porte-parole Simon Boivin.Pour l\u2019hébergement comme pour les activités.N\u2019empêche, une recherche rapide à sepaq.com montre que de nombreux emplacements de camping, parmi les 7000 du réseau, demeurent libres, même pour les vacances de la construction.« Soyons réalistes, dit M. Boivin, ce sera un peu plus difficile de trouver un chalet ou du prêt-à-camper pour de longs séjours pendant la haute saison, mais ceux qui sont prêts à essayer autre chose, parfois dans un parc situé un peu plus loin, ont encore beaucoup de choix. » Même son de cloche dans les campings privés.« Les réservations se font plus vite, mais au bout du compte, on ne s\u2019attend pas à une grande augmentation par rapport à l\u2019été dernier », dit Simon Tessier, PDG de Camping Québec, qui regroupe près de 1000 établissements.Si certains campings affichent complet pour les longs week-ends et les vacances de la construction, les vacanciers ne devraient pas se laisser décourager.« Il y a aussi des annulations, alors il faut rappeler, dit M. Tessier.Et s\u2019ils sont prêts à s\u2019ouvrir à d\u2019autres campings, ils vont finir par trouver. » DAVANTAGE DE PROPOSITIONS La demande est forte, aussi, du côté des voyagistes, qui ont toutefois revu leur offre à la hausse pour l\u2019été à venir après avoir été pris un peu de court en 2020.Voyages Gendron reprendra ainsi dès le mois de mai ses voyages de groupe en autocar, qui avaient tous été annulés l\u2019an dernier.« Les tarifs demeurent compétitifs, même si les véhicules doivent rester à moitié remplis, considérant la subvention de 25 % d\u2019Explore Québec », explique Marc-Olivier Gagné, directeur développements numériques de l\u2019entreprise.Au menu : de courts séjours à Québec, en Abitibi-Témis- camingue, dans Charlevoix, dans le Bas-Saint-Laurent et même le tour de la Gaspésie.« Les forfaits individuels aux Îles- de-la-Madeleine [avec vol, hébergement, voiture et activités sur place] se vendent aussi très bien », ajoute M. Gagné.Et pour l\u2019instant, il reste des disponibilités, surtout en début de saison, pour ces voyages qui profitent d\u2019une subvention de 250 $ sur le prix du billet d\u2019avion.Terres d\u2019Aventure Canada, qui a anticipé l\u2019enthousiasme des vacanciers, a multiplié les places offertes, notamment pour ses forfaits en petit véhicule récréatif, qui mettent en valeur la nature et les producteurs locaux, au Québec et dans l\u2019Ouest canadien.RÉSERVER\u2026 QUITTE À ANNULER?Comme l\u2019évolution de la situation sanitaire reste imprévisible, certains vacanciers hésitent à réserver dès maintenant des séjours qui pourraient devoir être annulés.Agences, locateurs et hébergements en sont conscients et beaucoup d\u2019entre eux offrent des politiques d\u2019annulation très souples.Comme l\u2019an dernier, la SEPAQ créditera les vacanciers pour des séjours qu\u2019un changement de directives du gouvernement rendrait impossibles.Et les réservations de camping y sont presque entièrement modifiables ou remboursables jusqu\u2019à cinq jours avant le début du séjour, peu importe les raisons.Bien sûr, ces conditions varient énormément d\u2019un endroit à l\u2019autre, mais Dany Papineau, président de la plateforme de location québécoise WeChalet, invite les gens à profiter de cette flexibilité pour faire des réservations sans attendre.« L\u2019annulation est possible sans frais parfois jusqu\u2019à 24 heures avant le séjour pour les chalets sur notre plateforme, dit-il.Aussi, comme nous sommes situés au Québec, nous sommes au diapason de l\u2019évolution des règles de santé publique. » Beaucoup de chalets, parmi les plus beaux et les plus abordables, ont déjà trouvé preneur pour la belle saison, mais de nouvelles adresses font leur apparition chaque jour sur WeChalet, précise M. Papineau.« La forte demande observée depuis un bon moment se maintient, mais on peut toujours trouver un endroit pour ses vacances », évalue-t-il.TOURISME URBAIN ET ATTRACTIONS L\u2019été dernier, les touristes ont boudé la métropole, épicentre de la pandémie au pays, qui a été privée de ses évènements culturels.Il est encore tôt pour savoir de quoi l\u2019été prochain sera fait en ville, mais Montréal ne risque pas de manquer de chambres d\u2019hôtel pour ceux qui voudraient y passer un moment.Si les établissements en région « semblent connaître des réservations intéressantes » pour l\u2019été, les choses ne s\u2019améliorent pas pour les hôtels en secteur urbain, confirme par écrit Nicolas Dufour, directeur des communications et relations médias pour l\u2019Association hôtellerie Québec.Du côté des attractions, comme les jardins zoologiques ou les parcs aquatiques, par exemple, il est un peu tôt pour acheter ses billets, constate François-G.Chevrier, directeur général d\u2019Événements attractions Québec.Le gouvernement n\u2019a pas fini de déterminer les conditions d\u2019ouverture pour tout le monde, mais les capacités d\u2019accueil seront assurément réduites, comme l\u2019an dernier.Il serait donc sage de faire ses réservations dès l\u2019ouverture des billetteries, dans au plus quelques semaines, croit M. Chevrier.S\u2019ÉQUIPER TÔT Une fois vos vacances réservées, il ne vous restera plus qu\u2019à trouver une tente, puis des vélos ou un kayak pour des excursions\u2026 Surtout, n\u2019attendez pas trop avant de vous les procurer, car une pénurie s\u2019annonce.« On a des défis de livraison, confirme Emmanuelle Ouimet, PDG des magasins de plein air La Cordée.Il manque de conteneurs pour transporter le stock et les chaînes de production ont été affectées par la COVID, en particulier pour l\u2019aluminium, qu\u2019on trouve dans des composants de tentes, de canots, de kayaks et de vélos, par exemple. » Même si La Cordée pense bien obtenir la plupart des produits commandés, elle a décidé de ne pas faire de prévente, pour éviter les déceptions en cas de retard.« Les gens peuvent s\u2019inscrire pour recevoir un courriel quand le matériel va arriver en magasin dans quelques semaines.Ensuite, ça risque de partir vite », lance Mme Ouimet.La situation est « particulièrement tendue » pour les vélos, précise Pierre-Marie Legrain, copropriétaire de Dumoulin Bicyclettes.« Il y a eu un boom et c\u2019est difficile d\u2019avoir des stocks », dit-il.Pour certains types de vélos (électriques, hybrides ou de cyclotourisme notamment), la pénurie est particulièrement prononcée.Selon le commerçant, des modèles populaires pourraient même ne pas réapparaître en magasin avant\u2026 2023 ! Si vous avez déjà un vélo, prenez- en bien soin, conseille M. Legrain.« On va être en mesure de faire la plupart des réparations, précise-t-il, mais on manque aussi de pièces.Il faudra parfois trouver des solutions B ou des solutions C. » JAMAIS TROP TÔT Depuis un an, la pandémie semble avoir poussé les Québécois à se faire plus prévoyants.Les stations de ski, qui ont profité d\u2019un très bel hiver côté enneigement, continuent de le constater.Déçus de n\u2019avoir pu acheter un abonnement ou des billets quotidiens vendus en nombre limité, de nombreux skieurs se ruent sur les abonnements pour l\u2019hiver prochain.« Nos ventes sont largement en avance, constate Marc-André Meunier, directeur marketing et communications à Bromont, montagne d\u2019expériences.On observe un effet de l\u2019accès limité à la montagne cet hiver.Face à l\u2019inconnu, des skieurs préfèrent ne pas prendre de risques pour l\u2019an prochain. » À Mont Sutton et Sommet Saint- Sauveur, l\u2019engouement est non moins manifeste pour les abonnements de 2021-2022.À La Cordée, des clients se montrent aussi proactifs en vue de l\u2019hiver prochain.« Pour ne pas être pris de court comme l\u2019automne dernier, nous avons passé des commandes de ski de fond pour l\u2019année prochaine, explique la PDG Emma- nuelle Ouimet.Eh bien, on commence déjà à les vendre ! » «Les réservations se font plus vite», admet Simon Tessier, PDG de Camping Québec.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE VACANCES D\u2019ÉTÉ À VOS MARQUES, PRÊTS.RÉSERVEZ! 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