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Titre :
Le nouvelliste
Éditeur :
  • Trois-Rivières :Le nouvelliste,[1920]-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le nouvelliste, 2021-07-03, Collections de BAnQ.

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[" SEMAINE DU 3 AU 9 JUILLET 2021 \u2014 P H O T O : S T É P H A N E B O U R G E O I S AMOS DARAGON: LE PHÉNIX UNE DEUXIÈME ÉDITION ÉLECTRISANTE SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E2 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Preuve qu\u2019il y a toujours deux faces à une médaille, l\u2019interruption de la présentation du spectacle Le Phénix à Shawinigan pendant une année complète a eu son bon côté : le metteur en scène Bryan Perro a pu retravailler son spectacle et le peaufiner comme jamais il n\u2019avait pu le faire pour un autre.Présentée à l\u2019été 2019 au Centre des arts de Shawinigan, cette transposition de l\u2019univers d\u2019Amos Daragon à la scène a évidemment été forcée à la pause en 2020.Ses concepteurs ne pouvant contenir leur hâte de reprendre ce spectacle à grand déploiement devant public avaient programmé neuf représentations en décembre dernier à un moment où les augures semblaient meilleurs.La pandémie réservait une déconvenue aux diffuseurs en imposant la fermeture des salles.L\u2019équipe du Phénix a profité des neuf dates réservées pour monter neuf représentations sans public.Que du fignolage; un luxe que seules les plus ambitieuses productions peuvent se permettre et encore.«Neuf générales, on n\u2019a jamais ça, convient le metteur en scène.Ça a permis de retravailler le spectacle en profondeur.Quand j\u2019ai présenté les spectacles d\u2019Amos Daragon à la Cité de l\u2019énergie, on montait le spectacle la première année avec le souci de bien livrer la marchandise.À la deuxième, on se concentrait sur comment il pouvait être meilleur.On corrigeait le tir, on retravaillait ce qui méritait de l\u2019être et à la troisième année, le spectacle était mature .On n\u2019avait plus besoin de corriger grand- chose, simplement de le remettre sur les rails.C\u2019est à la troisième saison que le spectacle était au plus près de ce que je voulais offrir au départ.» «Grâce au travail supplémentaire qu\u2019on a pu faire cet hiver, j\u2019en suis là pour Le Phénix : il est présentement là où je souhaitais qu\u2019il soit quand je l\u2019ai conçu.» NOUVELLE MOUTURE Au chapitre des changements, il faut noter les chorégraphies qui ont été modifiées notamment parce qu\u2019elles ont été confiées à Vincent Desjardins et ses danseurs du Studio District V.«Ç\u2019a été un choix déchirant parce que j\u2019aimais beaucoup le groupe avec lequel on a travaillé mais il y a un aspect logistique qui s\u2019est imposé.Vincent a ses propres locaux où il pouvait travailler avec ses danseurs pendant la pandémie.Les interprètes de la version initiale provenaient, pour plusieurs, de l\u2019extérieur; pas facile de les réunir pour travailler en pleine pandémie.Comme, en plus, Vincent était à proximité, ça facilitait les choses.» «Il y a aussi une raison artistique, poursuit Perro.Je voulais retravailler les chorégraphies.On a carrément refait une scène et modifié plusieurs choses qui me chicotaient sur l\u2019ensemble du spectacle.Vincent amène une dynamique, une énergie nouvelle à l\u2019aspect danse du spectacle qui est quand même central.Le spectacle était bon; là, il est carrément électrisant, nettement plus enlevant.» «Tout se passe dans la vitesse, dans l\u2019impulsivité mais en même temps, les danseurs de Vincent apportent une harmonie par le synchronisme des chorégraphies de groupe.Ça contribue à créer tout un univers fantastique qui correspond très précisément à l\u2019esprit du Phénix.Je trouve qu\u2019avec cette nouvelle version, on est un peu ailleurs même si c\u2019est essentiellement le même spectacle.» Côté visuel, Perro remarque que l\u2019édition 2021 est nettement plus près de l\u2019esthétique manga dans laquelle il souhaitait faire baigner ce spectacle emblématique tiré du septième tome des aventures littéraires d\u2019Amos Daragon.«C\u2019est difficile à décrire, dit-il, lui qui est pourtant rarement à court de mots.Il faut voir le spectacle pour bien saisir mais je dirais que ça se rapproche davantage de la bande dessinée.Ça tient aux éclairages élaborés, aux costumes mais aussi au mouvement constant alors que tout se passe dans la vitesse.» «Vincent a d\u2019abord vu le spectacle et est arrivé avec ses propositions et son approche qui se sont avérées très justes.Avec les huit danseurs de District V qui apportent leur maîtrise du hip-hop, il y a une nouvelle harmonie dans les chorégraphies de groupe qui donne une dynamique vraiment réussie à l\u2019ensemble.» Bien sûr, la trame du Phénix demeure inchangée.Le spectacle repose sur les mêmes neuf scènes qui sont autant de passages pour Amos Daragon et son fidèle compagnon Béorf pour traverser les enfers.C\u2019est la même entraînante musique de Jeannot Bournival qui accompagne le duo dans les épreuves et les affrontements avec des monstres tous plus impressionnants les uns que les autres.La distribution comporte toujours trois comédiens, Jessica Léveillée Lemay, Serge Baril et Gabriel Frappier, huit danseurs du Studio de danse District V ainsi que deux figurants.«Tout est désormais vraiment bien ficelé sur scène et je pense que la conjoncture est favorable parce que la vente de billets va très bien.On les écoule à un rythme continu chaque jour.Il est assez évident que les gens ont hâte de retrouver un divertissement sur scène en particulier un spectacle familial de grande ampleur comme celui-là.» «D\u2019ailleurs, on a pu le vérifier quand on a procédé à la mise en vente de billets pour la programmation de l\u2019automne, récemment.Des gens étaient installés en file avec leur chaise de parterre à la porte de la billetterie avant même qu\u2019elle n\u2019ouvre ses portes! Je n\u2019avais jamais vu ça.» Pas moins de 23 représentations sont au programme de cette deuxième saison du jeudi au dimanche entre le 8 juillet et le 15 août.Le nombre est considérable.«Si on calcule qu\u2019on peut accueillir un maximum de 250 personnes par représentation cet été, ce n\u2019est pas Les fans d\u2019Amos Daragon retrouveront avec plaisir les trois protagonistes habituels dans Le Phénix, à savoir, de gauche à droite: Béorf, Amos et Mastagane le boueux.\u2014 PHOTO : STÉPHANE BOURGEOIS AMOS DARAGON: LE PHÉNIX UNE DEUXIÈME VERSION PLUS ÉLECTRISANTE «Grâce au travail supplémentaire qu\u2019on a pu faire cet hiver, j\u2019en suis là pour Le Phénix : il est présentement là où je souhaitais qu\u2019il soit quand je l\u2019ai conçu.» leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E3 tant que ça, plaide le directeur général et artistique du Centre des arts.Lors de la première saison, on avait une salle Philippe-Filion complète à remplir et on avait connu un très beau succès.» Nul n\u2019est besoin de spécifier que tant que les normes sanitaires continueront de s\u2019imposer, elles seront respectées à la lettre.Cela se traduit par une distance de 1,5 mètre entre les personnes avec port du masque (fourni par le Centre des arts) lors des déplacements même s\u2019il sera permis de tomber le masque pendant la représentation.«Je pense vraiment qu\u2019on a passé l\u2019étape où les gens étaient craintifs de se présenter en salle pour voir des spectacles.On a présenté deux concerts de l\u2019Orchestre symphonique de Trois-Rivières dans un parfait respect des contraintes sanitaires alors, le protocole est bien intégré par le personnel.Tout le monde sent bien qu\u2019on vit un nouveau départ dans le monde culturel à l\u2019échelle de la province.Il doit se faire graduellement, évidemment, mais il est en marche.» LA CHINE?On se souviendra que ce nouvel opus des aventures d\u2019Amos Dara- gon avait initialement été conçu pour voyager.En Chine, plus précisément, où des portes s\u2019étaient entrouvertes.Le projet n\u2019est pas mort mais disons qu\u2019il est stagnant.«Nous avons toujours un agent et des contacts avec des producteurs là-bas.Les contacts demeurent cordiaux et même positifs.Seulement, nous sommes tributaires des relations diplomatiques entre le Canada et la Chine qui ne sont toujours pas très bonnes à l\u2019heure actuelle.Tant que les choses ne se replaceront pas à un niveau politique qui est bien au- dessus de nous, rien ne pourra avancer.On avait établi un bon réseau là-bas mais le temps passe et rien ne peut bouger.Il ne faut pas non plus oublier qu\u2019un grand nombre de spectacles n\u2019attendent qu\u2019un feu vert pour s\u2019attaquer à l\u2019immense marché chinois.Enfin, on reste patient et on attend la suite des choses.» Il reste que dans les bureaux de Culture Shawinigan, on tient à donner une vie supplémentaire à cette production.«On espère le présenter à des groupes scolaires l\u2019hiver prochain et on va élaborer une stratégie pour le présenter dans d\u2019autres villes de la province.Je sais qu\u2019il a le potentiel pour intéresser beaucoup de monde parce que la version 2021 est vraiment au point.Il faudra aussi voir quelle sera la situation au Québec à l\u2019automne.» AMOS DARAGON: LE PHÉNIX UNE DEUXIÈME VERSION PLUS ÉLECTRISANTE C\u2019est à un spectacle haut en couleur que le public est convié cet été au Centre des arts de Shawinigan pour la deuxième saison de Amos Daragon: Le Phénix.\u2014 PHOTO : STÉPHANE BOURGEOIS SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E4 ARTS MAGAZINE SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M8 leSoleil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M9 «Elles sont vraiment belles et on se reconnait, franchement, ce sont bien nos gueules», s\u2019exclame-t-il.C\u2019est un mélange de texte et de visuel réussi  : le lecteur est immergé dans les eaux profondes des péripéties des aventuriers.Des moments de frayeur, jus qu\u2019au moment de ré con - fort avec les chatons, le lecteur ressent tout cela un peu comme s\u2019il naviguait sur l\u2019Atlantique à bord de L\u2019égaré II.KON-TIKI DU PAUVRE L\u2019expédition a été accomplie par des Québécois d\u2019adoption, sur un radeau où flottait le fleurdelisé.Pourtant, l\u2019exploit est peu relaté de nos jours.En entrevue, l\u2019auteur du livre soutient que c\u2019est probablement l\u2019origine française des trois compagnons qui a nui à l\u2019enracinement de l\u2019histoire : «Des Français, établis au Québec, qui partent en radeau de Halifax [.] donc il n\u2019y a pas un fort lien patrimonial», explique-t-il.Pour Henri, ce sont plutôt les journaux anglais qui sont à blâmer, puisqu\u2019ils ont décrit l\u2019exploit comme un simple «Kon-Tiki of North Atlantic».Sans parler de la presse française qui, avant le départ, surnommait l\u2019expédition «Le Kon-Tiki du pauvre».Le Kon-Tiki est le nom d\u2019un radeau qui a traversé l\u2019océan Pacifique en 1947.Cependant, les caractéristiques du radeau et le but de l\u2019expédition étaient très différents.Questionné sur ses regrets, Henri affirme qu\u2019il ne changerait rien et qu\u2019il suivrait le même chemin si tout était à refaire.Son voyage lui a permis d\u2019opérer «une catharsis» et de «régler le problème [des traumatismes de la guerre] à 100%».Il ne changerait rien, excepté une chose : le destin de son radeau.Après le périple, il reçut un appel d\u2019un ministre québécois, qui le suppliait de ramener le radeau au Québec.Ce qu\u2019il fit en croyant qu\u2019on l\u2019aiderait à lui trouver un endroit convenable.Cependant, ce que le ministre avait oublié de mentionner, c\u2019est que Beaudout devrait se débrouiller et payer de sa poche pour faire exposer son radeau.Autre détail que le ministre avait oublié de mentionner  : à l\u2019époque aucun musée maritime n\u2019existe au Québec.Après plusieurs péripéties, le pauvre L\u2019égaré II s\u2019est retrouvé dans la cour du motel-camping L\u2019égaré sur la route 138, près de Neuville.Le radeau décrépit inévitablement avec les années qui passèrent.Sans personne pour lui trouver un endroit digne de son histoire, le radeau finira\u2026 coupé en planches pour former la clôture d\u2019un voisin.Que les gens puissent admirer la grandeur réelle du radeau et se l\u2019imaginer affrontant l\u2019océan, voilà le dernier rêve de M.Beaudout.Avis aux intéressés : le navigateur possède encore les plans originaux du radeau.Il attend le jour où quelqu\u2019un de passionné se présentera pour le reconstruire et ensuite lui donner une place où il ne sera plus jamais égaré.ARTS FÉLIX LAJOIE flajoie@lesoleil.com En 1956, Henri Beaudout prépara un radeau pour traverser l\u2019Atlantique.Il avait tout calculé et tout préparé.Après 89 jours en mer, il réussit comme prévu et L\u2019égaré II accosta en Angleterre.Malheureusement, Henri n\u2019avait pas méticuleusement préparé le retour du radeau au Québec, et la route 138 s\u2019avéra trop rude pour ce dernier.C\u2019est une aventure complètement folle, mais nullement improvisée.De la première idée, jusqu\u2019à l\u2019arrivée de l\u2019autre bord de l\u2019océan : tout était calculé.Le livre L\u2019égaré (2021), paru récemment aux éditions Glénat, raconte cet incroyable défi accompli par Henri Beaudout et ses comparses. Le Soleil a pu s\u2019entretenir avec l\u2019auteur et surtout le capitaine de l\u2019expédition, Henri Beaudout, aujourd\u2019hui âgé de 94 ans.La première fois que l\u2019idée de cette aventure germa dans son esprit, il se trouvait sur un gigantesque paquebot qui traversait l\u2019Atlantique.En pleine tempête, le navire encaisse de multiples vagues à la fois et Henri peut presque le sentir se tordre sous la force de l\u2019Atlantique.C\u2019est à ce moment qu\u2019il comprit : pour traverser l\u2019océan en toute sécurité, un navire parfait devrait épouser les vagues de manière à ne jamais en affronter plus d\u2019une à la fois.Un tel navire pourrait affronter toutes les tempêtes sans jamais chavirer.Cette «forteresse flottante», il allait la mettre à l\u2019épreuve pour valider sa théorie, selon laquelle «un esquif largué entre le 45e et le 50e de latitude nord devrait obligatoirement se rendre en Europe, et dans un laps de temps maximum de 100 jours».Océanographe amateur à ses heures, il avait déterminé que le courant chaud du Gulf Stream le porterait inévitablement à bon port.Il construit le radeau dont il rêvait selon des dessins techniques bien précis.Neuf troncs de cèdre rouge, 1000 mètres de corde, une cabine en tressé, une voile et des vivres allaient faire l\u2019affaire.Le plus difficile dans la préparation fut de trouver des compagnons de voyage aussi déterminés que lui.Mais justement, d\u2019où venait cette détermination qui a poussé Henri à organiser et accomplir une pareille expédition?C\u2019est que l\u2019homme, ayant participé à la Deuxième Guerre mondiale, était troublé par les traumatismes du combat.Il avait définitivement besoin d\u2019affronter l\u2019océan pour trouver une raison d\u2019être dans ce monde où il ne trouvait pas sa place.PLONGÉE DANS L\u2019AVENTURE Écrit par Ryan Barnnet, l\u2019ouvrage L\u2019égaré inclus avec le texte des images originales de l\u2019expédition.De magnifiques bandes dessinées sont aussi présentes pour illustrer les détails que les aventuriers n\u2019ont pu capturer sur le moment.Des illustrations d\u2019une grande qualité, de l\u2019avis même d\u2019Henri : À son arrivée en Angleterre, L\u2019égaré II comptait à son bord 3 hommes\u2026 et 2 chats ! En effet, Henri avait planifié d\u2019apporter des animaux sur le radeau, en l\u2019occurrence deux chatons : Puce et Gui- ton.Avant le départ, il eut le malheur de soulever ce fait lors d\u2019une entrevue avec la CBC.Lorsqu\u2019elle fut mise au courant, la SPA monta aux barricades arguant que les félins allaient mourir noyés.La société alerta les autorités et la police montée fit quelques fouilles pour épargner ce voyage aux chatons, dont une sur le radeau la veille du départ.Henri les avait finalement bien cachés, les félins sont arrivés à bon port avec les marins.Lorsqu\u2019on interroge Henri à ce sujet, il répond simplement que «c\u2019étaient des mascottes [\u2026] tous les grands explorateurs ont apporté des mascottes avec eux».Des mascottes qui se sont toutefois avérées utiles, puisqu\u2019elles ont servi de baromètres vivants tout au long du voyage.«Lorsque la pression [atmosphérique] chutait, les chatons allaient tout de suite se réfugier dans leur nid dans la cabine\u2026 alors on allait les rejoindre parce qu\u2019on savait qu\u2019on allait bientôt affronter une grosse tempête», explique Henri.Selon celui-ci, le voyage s\u2019est bien passé pour les deux félins.Une photo originale dans L\u2019égaré montre les deux chatons qui jouent ensemble gaiment sur le pont du radeau.Qu\u2019ils aient passé un beau voyage ou non, leur destin s\u2019avéra favorable une fois arrivés en Angleterre.En effet, ils furent adoptés par le Duc de Bedford, un cousin de la Reine d\u2019Angleterre.Ils passèrent le reste de leurs jours sur le domaine de 1200 hectares de l\u2019abbaye de Woburn.Le duc et la duchesse firent même amarrer un petit radeau sur leur lac, où les chats élurent domicile.FÉLIX LAJOIE DE CHATONS DE NAUFRAGÉS\u2026 À CHATONS DE LA ROYAUTÉ 1 L\u2019égaré II a traversé l\u2019Atlantique en 89 jours avec trois hommes et deux chatons.\u2014 PHOTO HENRI BEAUDOUT LE RADEAU QUI SURVÉCUT À L\u2019ATLANTIQUE, MAIS PAS À LA 138 3 Des bandes dessinées illustrent les détails de l\u2019aventure.\u2014 GLÉNAT 2 Henri Beaudout en 1956 \u2014 PHOTO HENRI BEAUDOUT 1 2 3 leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E5 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M8 S leil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M9 «Elles sont vraiment belles et on se reconnait, franchement, ce sont bien nos gueules», s\u2019exclame-t-il.C\u2019est un mélange de texte et de visuel réussi  : le lecteur est immergé dans les eaux profondes des péripéties des aventuriers.Des moments de frayeur, jus qu\u2019au moment de ré con - fort avec les chatons, le lecteur ressent tout cela un peu comme s\u2019il naviguait sur l\u2019Atlantique à bord de L\u2019égaré II.KON-TIKI DU PAUVRE L\u2019expédition a été accomplie par des Québécois d\u2019adoption, sur un radeau où flottait le fleurdelisé.Pourtant, l\u2019exploit est peu relaté de nos jours.En entrevue, l\u2019auteur du livre soutient que c\u2019est probablement l\u2019origine française des trois compagnons qui a nui à l\u2019enracinement de l\u2019histoire : «Des Français, établis au Québec, qui partent en radeau de Halifax [.] donc il n\u2019y a pas un fort lien patrimonial», explique-t-il.Pour Henri, ce sont plutôt les journaux anglais qui sont à blâmer, puisqu\u2019ils ont décrit l\u2019exploit comme un simple «Kon-Tiki of North Atlantic».Sans parler de la presse française qui, avant le départ, surnommait l\u2019expédition «Le Kon-Tiki du pauvre».Le Kon-Tiki est le nom d\u2019un radeau qui a traversé l\u2019océan Pacifique en 1947.Cependant, les caractéristiques du radeau et le but de l\u2019expédition étaient très différents.Questionné sur ses regrets, Henri affirme qu\u2019il ne changerait rien et qu\u2019il suivrait le même chemin si tout était à refaire.Son voyage lui a permis d\u2019opérer «une catharsis» et de «régler le problème [des traumatismes de la guerre] à 100%».Il ne changerait rien, excepté une chose : le destin de son radeau.Après le périple, il reçut un appel d\u2019un ministre québécois, qui le suppliait de ramener le radeau au Québec.Ce qu\u2019il fit en croyant qu\u2019on l\u2019aiderait à lui trouver un endroit convenable.Cependant, ce que le ministre avait oublié de mentionner, c\u2019est que Beaudout devrait se débrouiller et payer de sa poche pour faire exposer son radeau.Autre détail que le ministre avait oublié de mentionner  : à l\u2019époque aucun musée maritime n\u2019existe au Québec.Après plusieurs péripéties, le pauvre L\u2019égaré II s\u2019est retrouvé dans la cour du motel-camping L\u2019égaré sur la route 138, près de Neuville.Le radeau décrépit inévitablement avec les années qui passèrent.Sans personne pour lui trouver un endroit digne de son histoire, le radeau finira\u2026 coupé en planches pour former la clôture d\u2019un voisin.Que les gens puissent admirer la grandeur réelle du radeau et se l\u2019imaginer affrontant l\u2019océan, voilà le dernier rêve de M.Beaudout.Avis aux intéressés : le navigateur possède encore les plans originaux du radeau.Il attend le jour où quelqu\u2019un de passionné se présentera pour le reconstruire et ensuite lui donner une place où il ne sera plus jamais égaré.ARTS FÉLIX LAJOIE flajoie@lesoleil.com En 1956, Henri Beaudout prépara un radeau pour traverser l\u2019Atlantique.Il avait tout calculé et tout préparé.Après 89 jours en mer, il réussit comme prévu et L\u2019égaré II accosta en Angleterre.Malheureusement, Henri n\u2019avait pas méticuleusement préparé le retour du radeau au Québec, et la route 138 s\u2019avéra trop rude pour ce dernier.C\u2019est une aventure complètement folle, mais nullement improvisée.De la première idée, jusqu\u2019à l\u2019arrivée de l\u2019autre bord de l\u2019océan : tout était calculé.Le livre L\u2019égaré (2021), paru récemment aux éditions Glénat, raconte cet incroyable défi accompli par Henri Beaudout et ses comparses. Le Soleil a pu s\u2019entretenir avec l\u2019auteur et surtout le capitaine de l\u2019expédition, Henri Beaudout, aujourd\u2019hui âgé de 94 ans.La première fois que l\u2019idée de cette aventure germa dans son esprit, il se trouvait sur un gigantesque paquebot qui traversait l\u2019Atlantique.En pleine tempête, le navire encaisse de multiples vagues à la fois et Henri peut presque le sentir se tordre sous la force de l\u2019Atlantique.C\u2019est à ce moment qu\u2019il comprit : pour traverser l\u2019océan en toute sécurité, un navire parfait devrait épouser les vagues de manière à ne jamais en affronter plus d\u2019une à la fois.Un tel navire pourrait affronter toutes les tempêtes sans jamais chavirer.Cette «forteresse flottante», il allait la mettre à l\u2019épreuve pour valider sa théorie, selon laquelle «un esquif largué entre le 45e et le 50e de latitude nord devrait obligatoirement se rendre en Europe, et dans un laps de temps maximum de 100 jours».Océanographe amateur à ses heures, il avait déterminé que le courant chaud du Gulf Stream le porterait inévitablement à bon port.Il construit le radeau dont il rêvait selon des dessins techniques bien précis.Neuf troncs de cèdre rouge, 1000 mètres de corde, une cabine en tressé, une voile et des vivres allaient faire l\u2019affaire.Le plus difficile dans la préparation fut de trouver des compagnons de voyage aussi déterminés que lui.Mais justement, d\u2019où venait cette détermination qui a poussé Henri à organiser et accomplir une pareille expédition?C\u2019est que l\u2019homme, ayant participé à la Deuxième Guerre mondiale, était troublé par les traumatismes du combat.Il avait définitivement besoin d\u2019affronter l\u2019océan pour trouver une raison d\u2019être dans ce monde où il ne trouvait pas sa place.PLONGÉE DANS L\u2019AVENTURE Écrit par Ryan Barnnet, l\u2019ouvrage L\u2019égaré inclus avec le texte des images originales de l\u2019expédition.De magnifiques bandes dessinées sont aussi présentes pour illustrer les détails que les aventuriers n\u2019ont pu capturer sur le moment.Des illustrations d\u2019une grande qualité, de l\u2019avis même d\u2019Henri : À son arrivée en Angleterre, L\u2019égaré II comptait à son bord 3 hommes\u2026 et 2 chats ! En effet, Henri avait planifié d\u2019apporter des animaux sur le radeau, en l\u2019occurrence deux chatons : Puce et Gui- ton.Avant le départ, il eut le malheur de soulever ce fait lors d\u2019une entrevue avec la CBC.Lorsqu\u2019elle fut mise au courant, la SPA monta aux barricades arguant que les félins allaient mourir noyés.La société alerta les autorités et la police montée fit quelques fouilles pour épargner ce voyage aux chatons, dont une sur le radeau la veille du départ.Henri les avait finalement bien cachés, les félins sont arrivés à bon port avec les marins.Lorsqu\u2019on interroge Henri à ce sujet, il répond simplement que «c\u2019étaient des mascottes [\u2026] tous les grands explorateurs ont apporté des mascottes avec eux».Des mascottes qui se sont toutefois avérées utiles, puisqu\u2019elles ont servi de baromètres vivants tout au long du voyage.«Lorsque la pression [atmosphérique] chutait, les chatons allaient tout de suite se réfugier dans leur nid dans la cabine\u2026 alors on allait les rejoindre parce qu\u2019on savait qu\u2019on allait bientôt affronter une grosse tempête», explique Henri.Selon celui-ci, le voyage s\u2019est bien passé pour les deux félins.Une photo originale dans L\u2019égaré montre les deux chatons qui jouent ensemble gaiment sur le pont du radeau.Qu\u2019ils aient passé un beau voyage ou non, leur destin s\u2019avéra favorable une fois arrivés en Angleterre.En effet, ils furent adoptés par le Duc de Bedford, un cousin de la Reine d\u2019Angleterre.Ils passèrent le reste de leurs jours sur le domaine de 1200 hectares de l\u2019abbaye de Woburn.Le duc et la duchesse firent même amarrer un petit radeau sur leur lac, où les chats élurent domicile.FÉLIX LAJOIE DE CHATONS DE NAUFRAGÉS\u2026 À CHATONS DE LA ROYAUTÉ 1 L\u2019égaré II a traversé l\u2019Atlantique en 89 jours avec trois hommes et deux chatons.\u2014 PHOTO HENRI BEAUDOUT LE RADEAU QUI SURVÉCUT À L\u2019ATLANTIQUE, MAIS PAS À LA 138 3 Des bandes dessinées illustrent les détails de l\u2019aventure.\u2014 GLÉNAT 2 Henri Beaudout en 1956 \u2014 PHOTO HENRI BEAUDOUT 1 2 3 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E6 ARTS MAGAZINE LÉA HARVEY lharvey@lesoleil.com Comment fête-t-on deux anniversaires aussi importants?Assez modestement en temps de pandémie, affirme Yves Beauchemin.Le Soleil a pu prendre des nouvelles de l\u2019auteur qui s\u2019est exilé dans sa maison de campagne des Cantons-de-l\u2019Est il y a 15 mois.Question de se protéger de la COVID-19, mais aussi pour se pencher sur un nouvel ouvrage.«J\u2019ai fêté au chalet, avec des amis qui ont essayé de me réconforter en me disant que je n\u2019avais que la moitié de ma vie de fait.Moi j\u2019ai des doutes.Et j\u2019espère ne pas me rendre aussi loin que ça parce que sinon dans quel état je vais me retrouver!» raconte en riant Yves Beauchemin, au bout du fil.La pandémie, il l\u2019a au fond vécue «un peu comme tout le monde» avec le moral qui a connu ses hauts et ses bas et le confinement qui nous a tous empêchés de voir nos proches.Comme pour bien d\u2019autres écrivains, les mois qui viennent de s\u2019écouler auront toutefois été salutaires d\u2019un point de vue professionnel : lui donnant du temps pour rédiger les pages de son prochain ouvrage, son dernier d\u2019ailleurs, selon lui.Même si prononcer une telle chose lui fait un peu peur, admet-il.Si L\u2019Enfirouapé, Le Matou et Juliette Pomerleau, ses trois premiers romans, lui valent à eux seuls plusieurs récompenses dont le prix France-Québec 1975 et trois prix du grand public au Salon du livre de Montréal, ses débuts de carrière ne se résument pas, pour lui, à une suite de succès faciles.«J\u2019ai travaillé comme un démon sur mon premier roman, à peaufiner le style, les phrases, les mots.J\u2019ai fait la tournée des éditeurs et il a été refusé partout!», explique- t-il, rappelant que les éditions La Presse lui ont donné sa toute première chance, grâce à Henri Tranquille, un libraire qui l\u2019a mis en contact avec Alain Stanké, alors directeur de l\u2019entreprise.D\u2019autres défis pointent toutefois le bout de leur nez dans les années qui suivent : la machine à écrire qui demande beaucoup d\u2019énergie, sur tout lorsqu\u2019on rédige 500 ou 600 pages de texte, les négociations avec les maisons d\u2019édition, etc.Même après la publication du Matou, qui est salué par la critique et le public, Yves Beauche- min conserve certaines craintes: « La hantise après un succès comme cela, c\u2019est de se dire \"Est- ce que je suis l\u2019écrivain d\u2019un seul livre?\" Ça arrive des fois.» Une peur que l\u2019Histoire aura classée non fondée, étant donné le triomphe de Juliette Pomerleau, qui lui vaut l\u2019accès en finale du Prix Goncourt 1989.Après 50 ans de métier, l\u2019auteur qui estime avoir écrit 6504 pages durant ces décennies, est donc prêt à admettre qu\u2019il a eu «une carrière de gars chanceux puisque [il a] pu vivre de [sa] plume».FAIRE VIVRE LE ROMAN Si l\u2019œuvre de Beauchemin offre aux universitaires de la matière à analyser et à décortiquer, l\u2019auteur ne crée pas quant à lui de fictions avec des messages en particulier.Il ne croit d\u2019ailleurs pas du tout aux «romans à thèse».«On écrit un roman pour faire vivre aux gens une expérience humaine et esthétique.Maintenant, si vous êtes habité par une idée ou une conviction, ça va nécessairement ressortir dans le roman.Parce qu\u2019on se livre beaucoup [en tant qu\u2019auteur]», affirme-t-il.Ce qui demeure «extraordinaire», pour lui, c\u2019est que la littérature nous permet de vivre différentes vies à différentes époques, et ce, le nombre de fois qu\u2019on le désire.UN GRAND CHAGRIN Passionné par cet art qu\u2019il pratique depuis cinq décennies, l\u2019octogénaire n\u2019a toutefois qu\u2019une seule grande tristesse : ne jamais avoir pu écrire le quatrième tome de Charles le téméraire.«Charles le téméraire a été publié en trois parties, mais je voulais en rédiger une quatrième.[\u2026] On suit le Québec pendant 30 ans et je souhaitais terminer ce dernier tome avec l\u2019indépendance du Québec.Ça aurait fait une maudite belle fin!» confie l\u2019homme qui s\u2019est toujours affiché comme étant politiquement engagé envers le mouvement indépendantiste.Pour lui, il n\u2019est donc pas question de «composer un monde imaginaire» et de «fuir la réalité dans le rêve».«Je ne peux pas l\u2019écrire.Je ne pourrai jamais l\u2019écrire.Si [l\u2019indépendance] se produit, ce ne sera pas de mon vivant.Et ça, c\u2019est un grand chagrin de ma vie.C\u2019est un chagrin de romancier et un chagrin de citoyen.» Ce qu\u2019on lui souhaite pour les années à venir?Être en mesure de terminer son nouvel ouvrage et de conserver sa lucidité.À cet âge vénérable, dit-il, chaque année de plus, en bonne santé, est un cadeau.LÉA HARVEY Yves Beauchemin a eu 80 ans.\u2014 PHOTO MARTINE DOYON YVES BEAUCHEMIN 50 ANS DE MÉTIER «On se livre beaucoup [en tant qu\u2019auteur]» \u2014 Yves Beauchemin leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E7 NAOMI ET MEGANE CHAURET CLAUDIA BLAIS-THOMPSON cbthompson@ledroit.com Elles sont passionnées par les histoires de guerriers, de rois et de monarchie où les jeux de pouvoir sont dignes d\u2019un épisode de The Crown.Les héros qui composent la mythologie grecque n\u2019ont plus de secrets pour elles.Naomi et Megane Chauret sont avant tout des sœurs qui s\u2019inspirent de ces mondes pour mettre sur papier leur imaginaire respectif.La première plonge ses jeunes lecteurs dans le royaume de Tre- vion où se croisent romance et aventures.Le tout est supporté par un univers médiéval dans l e q u e l l e s a rc s e t l e s é p é e s accompagnent des personnages aristocrates rebelles.L a s e c o n d e m e t p l u t ô t e n scène un monde fantastique de magie et de créatures étranges.Le premier tome présente Rose, une couturière de Paris qui se retrouve à Cataracta, un univers qui l\u2019amènera à combattre des sirènes et à s\u2019al l ier avec des pirates pour retrouver son chemin.Les Gatinoises viennent de terminer chacune leur série jeunesse.Naomi, 21 ans, affirme sans détour être en deuil de Mila- Rose, son personnage principal de sa série Princesse promise, qui la suit depuis 2016.Son sentiment d\u2019accomplissement est partagé par sa sœur, Megane, 19 ans, qui conclut, elle aussi, sa trilogie, Cataracta.Les sœurs Chauret inventent des décors de royaumes et de c o n t r é e s i n c o n n u e s d e p u i s qu\u2019el les ont appr is à é cr ire.Pour tuer le temps durant les vacances d\u2019été et les congés scolaires, Megane s\u2019est également mis au dessin.Chaque chapitre de Cataracta débute d\u2019ailleurs par une illustration qui appuie un moment de la scène.« J \u2019essaie de décrire le plus possible la scène avec une illustration, raconte Megane.C\u2019est vraiment bien placé par rapport au texte et à l\u2019histoire.» En plus d\u2019être passionné par les constructions imaginaires, le duo partage également la même maison d\u2019édition, les Éditions AdA, qui publient notamment de la littérature jeunesse.« C\u2019était toute une surprise, surtout les deux », souligne Megane.Elles savent d\u2019ailleurs comment tirer avantage de ce lien qui les unit et qui façonne leur complicité en s\u2019encourageant et en agissant comme « bêta lectrice ».« Quand Megane a f ini son premier jet, je le lis et je le commente.Notre mère est notre deuxième bêta lectrice », mentionne de son côté Naomi.LES LÉGENDES DE VOYAGES Comme plusieurs générations, Naomi et Megane ont grandi en regardant les classiques de Disney.Blanche-Neig e et les Sept Nains , Merlin l\u2019Enchanteur, La Petite Sirène et La Belle et la Bête sont certainement des contes populaires qui nourrissent encore leur imaginaire et qui inspirent leur œuvre.Mais leur mère y est aussi pour quelque chose.« Elle nous racontait des histoires le soir et au bord du feu aussi el le nous racontait les mythologies grecques et des légendes », racontent-elles.Comme Bram Stoker pour Dracula, les nombreux voyages en Europe et ses châteaux médiévaux épiques inspirent la fratrie.Elles se laissent porter par la liberté des voyages pour mieux rendre compte de la monarchie et les manigances de la cour royale qui composent aussi leurs histoires empreintes de romantisme et de mystère.DES ATELIERS D\u2019ÉCRITURE Naomi et Megane trouvent le temps de poursuivre leurs études, de travailler et d\u2019offrir des ateliers d\u2019écriture dans les écoles pour les 8 à 12 ans.Enseignés de façon virtuelle, ces ateliers permettent aux élèves de cultiver et expérimenter un imaginaire et d\u2019en apprendre davantage sur le monde littéraire.Avec leur parcours, les sœurs Chauret souhaitent encourager la lecture chez les plus jeunes, mais surtout les motiver et les persuader de se lancer sans crainte dans l\u2019écriture.« On regarde d\u2019abord le fil classique d\u2019une histoire, mais ensuite on aime aussi développer les personnages.On essaie de leur donner des idées pour nourrir leur imagination.[.] On aime ça voir des jeunes qui sont intéressés par l\u2019écriture, ça leur donne espoir que c\u2019est possible.» En attendant la publication de leur dernier roman, elles penchent sur d\u2019autres projets d\u2019écriture et tentent de surfer sur la vague qui se dessine pour elles tout en continuant de rêver de romance et d\u2019aventures.Les sœurs Megane et Naomi couchent sur papier leur imaginaire respectif.\u2014 LE DROIT, PATRICK WOODBURY HISTOIRES DE SŒURS ET DE ROMANCES «?Quand Megane a fini son premier jet, je le lis et je le commente.Notre mère est notre deuxième bêta lectrice.?» \u2014 Naomi Chauret SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E8 ARTS MAGAZINE LÉA HARVEY lharvey@lesoleil.com Jusqu\u2019au 12 septembre, les vacanciers qui troqueront momentanément leur lieu de résidence pour la métropole auront l\u2019occasion de visiter Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones.Réalisée en collaboration avec la fille du grand peintre, Yseult Riopelle, l\u2019exposition phare du Musée des beaux- arts de Montréal (MBAM) met en lumière la fascination de l\u2019artiste pour le Nord et ses habitants.Bien que présenté au deuxième étage du pavillon Michal et Renata Hornstein, l\u2019art de Riopelle accueille les curieux dès leur entrée puisque trône, en haut de l\u2019immense escalier central, Point de rencontre \u2013 Quintette.La création de 1963 donne d\u2019ailleurs le ton à la visite.Toute désignée pour ouvrir le bal, l\u2019œuvre composée de cinq tableaux a été conçue par Riopelle à Paris et commandée pour l\u2019aéroport Pearson de Toronto, nous explique Jacques Des Rochers, cocommissaire de l\u2019exposition avec Andréanne Roy.En langue huronne, Toronto peut se traduire par «point de rencontre».Le titre de la peinture fait ainsi référence au nom de la ville ontarienne qui a été à une certaine époque un carrefour important pour les autochtones.Ce genre de liens entre l\u2019art de Riopelle, les Premières Nations, le peuple inuit et le Nord, on en croisera des dizaines dans les différentes salles de la rétrospective.Qu\u2019on parle de livres, d\u2019amis, de lettres, de revues ou d\u2019objets autochtones tels qu\u2019un ulu, l\u2019exposition retrace «l\u2019influence et l\u2019esprit» de ses oeuvres à travers près de 160 créations et grâce à plus de 150 artefacts et documents d\u2019archives.C\u2019est d\u2019ailleurs à se demander comment il est possible que cette fascination \u2014 qui transcende visiblement l\u2019art de Riopelle, de 1950 à la fin des années 70 \u2014 soit présentée pour la toute première fois au public.«L\u2019œuvre de Riopelle est immense! On peut l\u2019exposer sous divers angles», affirme M.  Des Rochers, tout en soulignant le flair d\u2019Yseult Riopelle qui travaille sur «la recherche et l\u2019édition du catalogue raisonné» des œuvres de son père depuis des dizaines d\u2019années.Le début de la visite met d\u2019ailleurs en contexte cette passion en rappelant l\u2019époque et les connaissances qui gravitaient autour du peintre.Lorsqu\u2019il habite Paris après la Seconde Guerre mondiale, Riopelle entre en contact avec bon nombre d\u2019artistes surréalistes dont André Breton, qui démontre RIOPELLE, LE NORD ET SES CULTURES 1 2 leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E9 un fort intérêt «pour les arts non occidentaux».En présentant Weather Spirit, un masque créé par l\u2019artiste contemporain Beau Dick, récemment décédé en 2017, M.Des Rochers souligne que de telles œuvres issues du 20e ou du 21e siècle ponctuent la visite afin de remettre en contexte le travail de Riopelle.Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones illustre également l\u2019influence qu\u2019a eue l\u2019entourage de l\u2019artiste sur ses toiles et sculptures.Parmi les intellectuels mentionnés lors de l\u2019exposition, on note les anthropologues et ethnologues Marius Barbeau, Jean Malaurie et Claude Lévi-Strauss, mais aussi ses fidèles amis : l\u2019écrivain et historien français George Duthuit et le restaurateur Champlain Charest.Les séries Jeux de ficelles (1971- 1972), Rois de Thulé (1973) et Icebergs (1977), exposées au MBAM, sont d\u2019ailleurs issues de voyages en hydravion qu\u2019il a fait dans le Grand Nord avec Champlain Charest.À travers les immenses toiles et les traditionnels bronzes en forme de hiboux \u2014 une figure chère pour l\u2019artiste \u2014, on retrouvera La Fontaine, une sculpture restaurée par le musée et présentée pour la toute première fois au public.AIMER LA NATURE, MAIS AUSSI LA CULTURE Au-delà des titres de toiles qui réfèrent à la nature ou à la toponymie de différentes communautés, Riopelle avait une réelle passion pour la culture des Premières Nations, affirme Jacques Des Rochers.Selon lui, l\u2019artiste observait d\u2019ailleurs le monde et l\u2019environnement avec une sensibilité semblable à celle des autochtones.«À mon avis, un pan de l\u2019œuvre foisonnante de Riopelle reflète une proximité, sinon une homologie avec l\u2019attitude autochtone, la manière d\u2019observer et d\u2019interpréter in situ dans la nature.Bref, une culture ensauvagée de l\u2019œil.Elle se caractérise par un sens de l\u2019observation minutieuse et par une présence harmonieuse dans l\u2019environnement, parce que ceux- ci sont nécessaires à la survie dans les territoires», écrit d\u2019ailleurs le sociologue de l\u2019art originaire de Wendake, Guy Sioui Durand, dans le catalogue de l\u2019exposition.Outre les différents contacts q u \u2019e l l e a e u s a v e c c e r t a i n s membres des communautés, l\u2019équipe du MBAM a mis sur pied la série Au regard d\u2019artistes autochtones.Accessible sur son site Web, le projet permet ainsi de visionner six capsules de quelques minutes où des créateurs wendat, anishinaabe ou encore atikamekw analysent les œuvres de Riopelle.Les frais de déplacement ont été payés par le Musée des beaux-arts de Montréal.4 Beau Dick (1955-2017), Weather Spirit, [Esprit du temps], bois, cuir, brindilles, peinture \u2014 SUCCESSION BEAU DICK 1 Vue de l\u2019exposition Riopelle.À gauche, Pangnirtung (triptyque), 1977, huile sur toile.À droite, au premier plan, La Fontaine, vers 1964-1977, plâtre peint, cordage.\u2014 PHOTO MBAM, DENIS FARLEY 5 L\u2019exposition Écologies, ode à notre planète, avec ses oeuvres imposantes et colorées, a de quoi impressionner toute la famille.Sur la photo, Adrian Stimson (né en 1964), Irrémédiablement perdus, 2010, bison naturalisé, peaux de bison, bois, mousse de polyuréthane, résine de polyester, peinture alkyde.\u2014 PHOTO MBAM, DENIS FARLEY En parallèle à Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones, le MBAM présentera jusqu\u2019au 27 février 2022 Écologies : ode à notre planète.L\u2019exposition, qui porte sur l\u2019environnement et l\u2019impact de l\u2019humain sur celui-ci, cherche à faire réfléchir ses visiteurs, voire à les confronter, mais aussi à les faire rêver.Les 90 œuvres, issues de la collection du musée et dont certaines n\u2019avaient jamais été montrées auparavant, allient ainsi la beauté de la nature à la crise environnementale, explique Iris Amizlev, conservatrice des arts interculturels au MBAM.En plus des créations portant sur la disparition des espèces, la destruction des territoires autochtones, la pollution des eaux ou encore le réchauffement climatique, certaines abordent aussi de front notre production de déchets et la deuxième vie que l\u2019on pourrait donner à quelques-uns d\u2019entre eux.Parmi les créateurs exposés, on retrouve notamment BGL, Giuseppe Penone, Adrian Stimson, Shuvinai Ashoona, Lorraine Gilbert et Jessica Houston.Le film Requiem pour un glacier y est également présenté.Le projet, réalisé par l\u2019artiste Paul Walde ainsi que 50 musiciens, rend hommage au glacier Farnham, en Colombie- Britannique, menacé par le réchauffement climatique.Une station de villégiature devait y prendre place.La construction controversée a finalement été annulée.L\u2019endroit a été nommé «aire protégée».LÉA HARVEY ÉCOLOGIES : ODE À NOTRE PLANÈTE 4 5 3 Les masques (triptyque), 1964, huile sur toile \u2014 PHOTO MNBAQ, IDRA LABRIE 2 L\u2019esprit de la ficelle, 1971, acrylique sur lithographie marouflée sur toile \u2014 PHOTO ARCHIVES CATALOGUE RAISONNÉ JEAN PAUL RIOPELLE 3 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E10 ARTS MAGAZINE L\u2019APRÈS-COVID DES ARTISTES GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com Avec un album libérateur (Notre- Dame-des-Sept-Douleurs) encore tout chaud et des envies créatives de le porter sur scène, Klô Pelgag s\u2019est fait couper les ailes par la COVID.Elle a pris une première revanche haute en couleur avec la captation de Vivre, Le spectacle spectral diffusé en ligne au printemps et qui aura «d\u2019autres vies», nous promet sa créatrice.«C\u2019était le projet le plus important pour moi cette année.Ç\u2019a un peu consolé les déceptions par rapport à la pandémie», décrit celle qui renoue ces jours-ci en personne avec un public toujours distancié, mais plus masqué.«Ça change tout de voir le sourire des gens et leurs expressions.Je suis vraiment contente, on n\u2019y croit presque pas, en fait\u2026 Il y a une sorte de trauma, on dirait.Mais on va triper!» ajoute l\u2019autrice- compositrice-interprète, qui se produira notamment au Festival d\u2019été de Québec, à la Noce de Saguenay et au Festif! de Baie-Saint-Paul pendant la belle saison, avant de repartir vers l\u2019Europe plus tard cet automne.Q Est-ce que la pandémie va changer quelque chose à votre pratique artistique future?R J\u2019avais déjà l\u2019intention de faire moins de tournées.Je suis une nouvelle maman, ça change les choses.J\u2019étais déjà dans un questionnement comme ça.C\u2019est sûr que j\u2019aimerais diversifier ma façon de faire mon métier.J\u2019aimerais essayer d\u2019autres trucs et être peut-être plus en studio à écrire de la musique pour divers projets que de faire la roue album- tournée-album-tournée.Je pense que ça fait partie du métier de musicien de se remettre toujours en question.C\u2019est quand même une hygiène de vie qui est complètement différente de celle d\u2019autres métiers.J\u2019aime travailler avec des gens.Faire des rencontres, ça amène quelque chose dans ta propre création.C\u2019est vers là que je veux aller, même si c\u2019est le fun d\u2019avoir une liberté totale dans ce qu\u2019on fait quand on a notre propre projet.Je pense que d\u2019avoir un mélange des deux, ça serait la perfection.Q Envisagez-vous l\u2019avenir avec optimisme ou pessimisme sur le plan professionnel?R Je pense que ç\u2019a été vraiment dur pour le milieu.Ç\u2019a brassé plein de questions.Notre métier est très précaire et fragile.Je pense que plusieurs personnes ont pris cette pause-là pour repenser à leurs affaires.Plusieurs sont retournés aux études ou sont partis ailleurs.J\u2019ai beaucoup pensé aux gens qui sortaient leur premier disque pendant la pandémie.C\u2019est tellement important de faire de la tournée avec un premier disque.Pour moi, ç\u2019a été énormément formateur.En même temps, ce sont des expériences.C\u2019est un métier qui est difficile à plein de niveaux.Ça fait partie de la chose.Et ce n\u2019est pas comme si on ne le savait pas que c\u2019est difficile.Il y en a qui sont plus privilégiés et qui ont pu continuer à travailler.Pour d\u2019autres, ça s\u2019est arrêté complètement.Q Quels gestes voudriez-vous que l\u2019État pose pour votre milieu?R Heureusement qu\u2019il y a eu des aides gouvernementales, parce qu\u2019il y a des gens qui en ont eu vraiment besoin.En même temps, il n\u2019y a rien d\u2019agréable à attendre et à ne pas savoir.On a été vraiment dans une situation où rien n\u2019était clair.Et on dirait que personne ne se forçait pour que ce le soit plus.Il y a eu certaines déceptions par rapport à la façon dont des acteurs du gouvernement ont parlé de ce qu\u2019on fait et à quel point ils sont déconnectés de ce qu\u2019on fait.On a un peu vu que quand tu ne t\u2019intéresses pas à quelque chose, tu n\u2019en parles pas avec respect tant que ça.Ç\u2019a été un peu décourageant de voir à quel point des gens qui sont censés appuyer cette branche de notre société n\u2019y connaissent absolument rien.Peut-être que ça serait le fun que ça ait suscité un déclic.[\u2026] Ça serait bien que la pandémie nous ait appris des choses, qu\u2019on retire du positif de ça et que ça serve à quelque chose pour le futur au lieu de créer des fossés.Nous sommes dus pour des élans de solidarité.Q Selon vous, quelle sera la place de l\u2019émergence dans l\u2019agenda culturel des diffuseurs?R Ça serait intéressant de poser la question aux diffuseurs.Est-ce qu\u2019ils sont prêts à faire un effort pour intégrer des projets plus neufs?Je ne sais pas trop comment ils s\u2019organisent pour que tout fitte, avec les reports et tout.Mais je ne pense pas non plus qu\u2019on va tout rattraper.Je pense qu\u2019on a perdu une année.Personnellement, je vois ça comme ma deuxième année de tournée.Et je ne pense pas tourner trois ans avec cet album.À un moment donné, je vais être rendue ailleurs.Q Quelles seraient, selon vous, les innovations mises de l\u2019avant pendant la pandémie qui auront une pérennité dans l\u2019après-COVID?R Les captations de spectacles, je trouve ça intéressant quand même.Avant, il y avait déjà des shows captés avec soin.Il y a des archives qui existent de prestations des Beatles, de vieux spectacles mythiques qui ont laissé une trace.Ça serait le fun de continuer de le faire.Ensuite, des spectacles uniquement virtuels filmés dans une salle de spectacle de façon discutable, je ne pense pas que ça va me manquer.J\u2019ai apprécié de voir des spectacles que je n\u2019aurais pas pu voir.Mais je trouvais que le rendu visuel n\u2019était pas à la hauteur.Je pense qu\u2019il y a toujours moyen de bien faire les choses.[\u2026] Mais c\u2019est certain que c\u2019est très coûteux.Peu de gens peuvent s\u2019offrir ça.Nous, ça s\u2019est produit à cause de la pandémie et sur le long terme, on va y arriver.Mais c\u2019est tout un projet.Et ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on pourrait refaire en temps réel.KLÔ PELGAG FAIRE MIEUX «Ça serait bien que la pandémie nous ait appris des choses, qu\u2019on retire du positif de ça et que ça serve à quelque chose pour le futur», pense Klô Pelgag.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E11 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M18 ARTS LIVRE Wanted Lucky Luke HHH 1/2 BÉDÉ MATTHIEU BONHOMME Cinq ans après J\u2019ai tué Lucky Luke, Matthieu Bonhomme s\u2019attaque à une nouvelle relecture «adulte» du mythique personnage.C\u2019est ce qu\u2019il y a de fascinant dans ce deuxième essai très réussi.Le bédéiste joue des codes établis par Morris autant qu\u2019il s\u2019amuse à détourner ceux du western.On remarquera son travail sur la «lumière» dans les cases, majoritairement orangée du soleil couchant ou bleutée nocturne.Dans ce récit simple et dans le ton, l\u2019homme qui tire plus vite que son ombre apprend dès le début que sa tête est mise à (fort) prix.Il doit aussi composer avec trois cow-girls (blonde, brune et rousse) qui désirent le conquérir.Les clins d\u2019œil pullulent, tant au 7e art qu\u2019à la série de bédés, sans jamais toutefois que ce soit une entrave pour les néophytes.Ce Wanted Lucky Luke se dévore d\u2019un trait, mais on se surprend à le feuilleter ensuite pour admirer les détails.ÉRIC MOREAULT LIVRE Au nord de ma mémoire HHH POÉSIE MATTIA SCARPULLA Après son tout premier roman, Errance, publié en 2020, Mattia Scar- pulla retrouve ses lecteurs avec un nouveau recueil de poésie.L\u2019auteur d\u2019origine italienne, qui vit au Québec depuis près de dix ans, nous revient avec une œuvre qui creuse des thématiques familières à sa plume telles que les luttes sociales, l\u2019immigration ou encore les combats idéologiques.L\u2019artiste ira même jusqu\u2019à dédier un de ses poèmes aux Pussy Riot dès la page 33.Un élément qui peut paraître surprenant au tout début de l\u2019ouvrage, mais qui, après lecture, fait du sens dans Au nord de ma mémoire.Le fait est que Mattia Scarpulla réserve à son public de puissants passages qui ont de quoi mettre le feu aux poudres.Le livre d\u2019environ 140 pages porte une poésie franche et prenante qui a de quoi éveiller la conscience.LÉA HARVEY LIVRE Anan II \u2013 La prêtresse HHH ROMAN LILI BOISVERT Lili Boisvert avait causé une agréable surprise avec Anan I \u2013 Le prince, le premier tome d\u2019une trilogie annoncée où elle explore avec un talent certain le genre merveilleux (« fantasy »).Elle continue de déployer l\u2019univers que son imagination débordante a créé avec La prêtresse, le deuxième tome de la trilogie.Lili Boisvert fait montre encore une fois d\u2019une belle maîtrise de l\u2019action et des rebondissements; une fois la lecture entamée, difficile de lâcher l\u2019ouvrage.Avec son écriture précise et descriptive qui nous permet de réellement plonger, elle tire plusieurs ficelles à la fois et sait créer des revirements surprenants.Cela dit, on s\u2019y perd parfois un peu entre Ourans, Anasques, Inares et rebelles et les tenants et aboutissements de toutes ces intrigues, alors que la finale nous amène sur de nouveaux chemins et prépare le terrain pour l\u2019ultime tome de cette trilogie.Bref, une lecture trépidante, qui saura plaire aux amateurs du genre et qui constitue également une belle introduction pour ceux qui connaissent moins ce type d\u2019univers.LA PRESSE LIVRE Le silence HH 1/2 ROMAN DON DELILLO On passe une grande partie de nos vies l\u2019œil rivé sur un écran, grand ou petit.Qu\u2019arri- verait-il si on en était privé, si une panne majeure déconnectait l\u2019humanité d\u2019un seul coup?Don DeLillo (Bruit de fond, Outremonde) s\u2019est amusé à l\u2019imaginer dans Le silence.L\u2019auteur pousse sa logique jusqu\u2019à l\u2019extrême, où des humains condamnés à se faire face s\u2019abîment dans le néant ou tentent de le meubler de mots qui ne veulent pas dire grand-chose.Ou ne trouvent écho chez personne.Il y a de la sagacité dans cette démonstration par l\u2019absurde, qui fait écho par la bande aux discours techno- anxieux et critiques des réseaux (sociaux, entre autres).Un certain humour, même.Le silence finit toutefois par tourner à vide.Mettre en scène l\u2019ennui n\u2019est pas la meilleure manière de l\u2019éviter.LA PRESSE MUSIQUE Back of My Mind HHHH 1/2 R&B H.E.R.Peu d\u2019artistes aussi jeunes que H.E.R.\u2014 Gabriella Sarmiento Wilson, 23 ans \u2014 peuvent se vanter d\u2019avoir jeté les bases solides d\u2019une carrière qui s\u2019annonce longue et couronnée de succès.L\u2019interprète californienne l\u2019a fait avec une franche humilité et un rare panache, et redouble la mise avec son premier album studio.Dans son parcours sans faute, tout est travaillé avec sagesse, profondeur et discrétion.La parolière \u2013 guitariste douée de surcroît \u2013 s\u2019épanouit devant nos yeux.Chaque morceau offre une nouvelle confidence.Les textes des 21 pièces empreintes d\u2019empathie restent en tête longtemps après l\u2019écoute (voir l\u2019impressionnante Lucky).Paradise rend justice au côté sensuel du R&B sans tomber dans la prose sirupeuse.C\u2019est tout bon, sur toute la ligne.LA PRESSE MUSIQUE Jordi HH POP MAROON 5 Serait-ce le creux du déclin de Maroon 5 ?Avec Jordi, le groupe mené par Adam Levine signe un album futile et monotone.Des succès radiophoniques fades et répétitifs s\u2019enchaînent.Le plus récent opus est porté à bout de bras par des vedettes qui tentent de sauver les meubles, sans succès.Les talents de Megan Thee Stallion, de H.E.R., du regretté Juice WRLD, du rappeur BANTU et de la grande Stevie Nicks sont gaspillés dans les méandres des mélodies répétitives et de l\u2019autotune.La thématique a pourtant fait les beaux jours de Maroon 5.Mais la formule est périmée.LA PRESSE MUSIQUE Peace or Love HHH 1/2 FOLK KINGS OF CONVENIENCE On est en terrain connu dès qu\u2019on met l\u2019oreille à Peace or Love, premier album de Kings of Convenience en 12 ans.Ces guitares acoustiques qui scintillent calmement, ce duo de voix, très posées, s\u2019entendaient déjà dans le folk d\u2019appartement de Riot on an Empty Street, disque qui a fait connaître le groupe norvégien en 2004.Le nouveau ne réinvente rien.On ne va pas s\u2019en plaindre.Que les deux complices flirtent avec la musique brésilienne ou fassent du folk confortable comme un tapis à poil long, ils posent des atmosphères réconfortantes.Et leur mélancolie n\u2019est jamais pesante, contrebalancée par ce qu\u2019il y a de rond et de romantique dans les voix.Le duo fait peu de faux pas.Ceux qui ont aimé Kings of Convenience il y a 15 ans risquent d\u2019apprécier.Et se réjouir de retrouver Feist sur Love Is a Lonely Thing.Innover, c\u2019est bien.Peaufiner, ça peut être suffisant et juste faire du bien.LA PRESSE MUSIQUE Cœur HHHH POP CLARA LUCIANI S\u2019il y a un album qui commence l\u2019été en beauté, c\u2019est certainement ce Cœur de la Française Clara Luciani, véritable bijou pop jusque dans ses moindres détails.En 11 chansons ciselées, qu\u2019elle a composées avec le jeune prodige SAGE, aussi réalisateur de l\u2019album, l\u2019auteure-compositrice-interprète vole loin au-dessus de la mêlée avec une production extrêmement léchée.Sur fond de piano ou de riffs de guitare, (très) disco, funk ou mélancolique, sa voix ronde et chaleureuse nous emmène partout, nous caresse et nous blesse un peu parfois, portée par des textes sensuels et subtils.Difficile de choisir notre morceau préféré dans le lot tellement ils ont tous un petit je-ne- sais-quoi.Entre le langoureux Sad & Slow en duo avec Julien Doré; le tube absolu Le reste; Le chanteur et sa grandiloquence tout droit sortie des années 1970; Bandit et sa naïveté amoureuse, notre Cœur balance.Classique et actuel, irrésistible et intelligent, voilà un album aussi léger que nourrissant livré par une chanteuse impériale.LA PRESSE LIVRE Bartleby mon frère HHH THÉÂTRE DANIEL PENNAC Attention, un Pennac peut en cacher un autre; et celui-ci s\u2019avère clairement différent.Un livre très court, mais qui nécessite de chausser plusieurs paires de lunettes pour espérer y voir clair.Accrochez-vous : Bartleby mon frère est l\u2019adaptation théâtrale de l\u2019essai Mon frère, de Daniel Pennac, où il met en vis-à-vis Bernard, son frère aîné victime d\u2019une erreur médicale fatale, et Bartleby, personnage de la nouvelle éponyme de Melville célèbre pour son mantra « I would prefer not to ».La lecture préalable de Bartleby de Melville est-elle indispensable à une meilleure compréhension de la pièce?Oui, sous peine d\u2019y perdre son latin.Cette adaptation (certes originale) de l\u2019essai Mon frère apporte-t-elle un nouvel éclairage?Pour l\u2019apprécier, il faudra venir bien préparé, si l\u2019on espère pouvoir distinguer correctement qui est quoi dans ce tableau multicouche.LA PRESSE LIVRE Terra Alta HHH 1/2 ROMAN JAVIER CERCAS Les vraies blessures, ce sont celles que personne ne voit, écrit Javier Cercas dans Terra Alta.Encore une fois, l\u2019écrivain espagnol, qui nous avait charmés et captivés avec L\u2019imposteur et Le monarque des ombres, fait mouche.Le livre plaira aux amateurs de roman policier autant qu\u2019à ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019Histoire avec un grand H.Dans un village de Terra Alta, petite région de Catalogne, un riche couple de personnes âgées est sauvagement assassiné dans son domaine.L\u2019homme, Francesco Adell, est un puissant industriel, autant respecté que craint, voire haï.Fort d\u2019un acte héroïque récent, le policier Melchor Marín quitte son commissariat de Barcelone pour aller participer à l\u2019enquête policière.À partir de là, Javier Cer- cas construit un scénario efficace qui tient en haleine.Parsemant sans outrance son roman d\u2019une violence aussi sourde que brutale.Avec habileté, Cercas insère un peu de politique pour épicer autant qu\u2019échafauder son histoire.Lui donnant du corps avec les indépendantistes catalans, le franquisme et la guerre d\u2019Espagne (1936-1939) loin d\u2019être disparue des mémoires.Une lecture d\u2019été apaisante et enrichissante.LA PRESSE Exceptionnel HHHHH?Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter?H Vu, lu, entendu cette semaine SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E12 ARTS MAGAZINE ÉRIC MOREAULT emoreault@lesoleil.com Les aficionados réclamaient depuis des années un long métrage centré sur Natasha Romanoff.Le voici enfin (après un retard pan- démique)! Film revenant sur le lourd secret de la Veuve noire qui signifie pour Scarlett Johans- son la fin de sa présence (sous toutes réserves) au sein de l\u2019univers cinématographique Marvel (UCM).L\u2019actrice a d\u2019ailleurs rendu un adieu vibrant à la franchise en conférence de presse précédant la sortie de Black Widow, dans son titre original.«J\u2019aime notre famille Marvel et je sais à quel point il s\u2019agit d\u2019une expérience spéciale que de tourner ces superproductions.C\u2019est un endroit invitant, chaleureux et unique», a-t-elle assuré.La déclaration s\u2019avère intéressante dans la mesure où son personnage ne reviendra plus et que l\u2019Américaine a, en parallèle, continué une foisonnante carrière, autant dans le cinéma indépendant (Under the Skin, Jojo Rabbit ou Une histoire de mariage, les deux derniers lui v a l a n t u n e n o m i n a t i o n a u x Oscars) que populaire.Johansson ne s\u2019était pas gênée non plus pour dénoncer la sexualisation de Natasha dans Iron Man 2 (2010), le premier des Avengers où elle apparaît.Douce revanche, dix ans plus tard, La veuve noire, long métrage avec une forte empreinte féministe, la présente comme un personnage loin d\u2019être unidimensionnel et avec d\u2019importantes lignes de fai l le l iées à sa «famille» recomposée.Cette dernière se retrouve au cœur de cette intrigue où le passé refait surface et où elle doit affronter ses démons \u2014 et sa «sœur» Yelena (Florence Pugh).«Nous voulions mettre [Natasha ] au c e nt re, tou t en n ou s assurant que son trauma ne monopolise pas le récit \u2014 en misant sur l\u2019humour», a soutenu la réalisatrice Cate Shortland (Berlin Syndrome) au cours de la conférence de presse par visio- conférence à laquelle Le Soleil a assisté.L\u2019action se déroule après Capitaine América : La guerre civile.Les Avengers se sont séparés, victimes de luttes internes, «et, pour la première fois, Natasha se retrouve seule, explique Scarlett Johansson.Elle réalise que toutes ces possibilités qui s\u2019offrent à elle sont étouffantes.Elle est pleine de doutes.Ce qui laisse beaucoup d\u2019espace pour que des choses s\u2019y insinuent.» La complexité de La veuve noire, dans un univers de personnages stéréotypés, joue beaucoup dans la sincère affection que lui portent les spectateurs.«Natasha a beaucoup d\u2019intégrité et elle n\u2019a pas peur d\u2019admettre ses torts, estime Scarlett Johansson.Elle est curieuse à propos des autres et c\u2019est ce qui la fait ressortir du lot des superhéros.» L\u2019air de rien, l\u2019actrice de 36 ans a endossé le costume dans neuf films (moins, toutefois, que les 12 de Robert Downey Jr.en Tony Stark).On ne joue pas un rôle aussi longtemps sans qu\u2019il en reste quelque chose.«C\u2019est une si large tranche de ma vie d\u2019adulte\u2026 Je suis moins terrifiée et je suis plus à l\u2019aise à l\u2019idée de prendre des risques.» «PASSÉ, PRÉSENT ET FUTUR» Outre de mettre le personnage de Natasha Romanoff /La veuve noire au centre de l\u2019histoire, entourée de sa «sœur» et de sa «mère», deux femmes fortes, cette première superproduction du volet IV de l\u2019UCM permettait aussi de revisiter «le passé, le présent et le futur de notre univers», a expliqué le producteur Kevin Feige.Il se distingue également parce que Cate Shortland succède à Anna Boden comme réalisatrice au sein de l\u2019UCM (bien que cette dernière était épaulée par son complice Ryan Fleck).Comme Chloé Zhao et Nia DaCosta, qui joindront bientôt ce cercle restreint, la metteuse en scène australienne vient du cinéma d\u2019auteur.«De plusieurs façons, c\u2019était tout de même similaire.Tu oublies l\u2019infrastructure parce que tu es enthousiasmée par ce qu\u2019accomplissent tes acteurs.Mais tu dois marcher pendant 20 minutes, à travers 500  camions et 400 personnes pour vivre ce moment.Il y a aussi beaucoup de réunions et Kevin m\u2019a donné des conseils au début pour me guider, surtout que je suis très timide.«Mais ce qui était bien, c\u2019est que j\u2019ai appris à déléguer et à m\u2019appuyer sur ceux qui m\u2019entourent.D\u2019autant que c\u2019était des gens très décents qui n\u2019avaient qu\u2019un seul objectif : faire un bon film avec moi.J\u2019ai aimé l\u2019expérience.» La veuve noire est présenté au cinéma et sur Disney+ avec l\u2019accès Premium dès le 9 juillet.LA VEUVE NOIRE L\u2019ADIEU VIBRANT DE SCARLETT JOHANSSON À MARVEL leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E13 CRITIQUE Il est rare que la petite et la grande histoire se fondent ensemble sans heurts dans un long métrage.Beans fait donc figure d\u2019exception.L\u2019œuvre de Tracey Deer, sacré meilleur film aux Écrans canadiens, montre les impacts considérables de la crise d\u2019Oka à travers les yeux d\u2019une préado qui franchit le seuil tumultueux entre l\u2019innocence de l\u2019enfance et la violence du monde «adulte».À l\u2019été 90, la candide Beans (Kiawenti:io Tarbell), 12 ans, s\u2019apprête à entrer dans une prestigieuse école secondaire privée lorsque dégénèrent les affrontements entre les Warriors mohawks et la Sûreté du Québec.Sa vie à Kahnawake en est profondément bouleversée \u2014 d\u2019autant que son adolescence fait des siennes.Elle délaisse sa sœur adorée (Violah Beauvais) au profit d\u2019une amie délurée plus âgée (Pau- lina Alexis).Sa mère Lily (Rainbow Dickerson), enceinte de huit mois, tente du mieux qu\u2019elle peut de protéger sa progéniture alors que leur réserve est assiégée.La tristement célèbre crise d\u2019Oka sert de toile de fond à ce récit initiatique.La réalisatrice a décidé d\u2019adopter le point de vue de son alter ego (elle a vécu beaucoup des événements dépeints), ce qui change fortement la perspective du spectateur, qui voit le déroulement de l\u2019intérieur et non de l\u2019extérieur (représenté ici par des archives télévisuelles).L\u2019impact de certaines scènes recrées, notamment lorsque femmes et enfants se font lapider par des «citoyens» déchaînés, devient presque intolérable.Parce que la détresse y apparaît d\u2019admirable façon, certes, mais surtout pour sa démonstration implacable du racisme d\u2019une frange de la population québécoise.L\u2019insertion des images d\u2019archives, dans ce contexte, frappe encore plus fort.À ce propos, le film dépeint Lily comme une vraie Mère courage.Il est fascinant de voir à quel point elle évolue dans une société matriarcale \u2014 les femmes n\u2019hésitant d\u2019ailleurs pas à s\u2019interposer entre policiers et Warriors pour faire descendre la tension lorsque l\u2019affrontement armé semblait inévitable\u2026 Nul ne saurait contester l\u2019honnêteté de la démarche de Tracey Deer, mais épouser le point de vue d\u2019une préado de 12 ans n\u2019excuse pas un certain manichéisme lorsqu\u2019elle illustre les réactions des allochtones et des policiers.Alors que la réalisatrice veut démontrer le biais médiatique pendant la crise d\u2019Oka, Beans adopte une monstration qui manque de nuances \u2014 sauf vers la fin où Tracey Deer a retenu des témoignages d\u2019époque et qui évoque l\u2019appui d\u2019une partie de la population blanche.La validité de la démarche contextuelle demeure hautement éclairante sur l\u2019impact que peut avoir un tel affrontement, qui exacerbe le racisme ambiant \u2014 des deux côtés.La réalisatrice montre aussi, sans concessions, les travers de la communauté de Beans.Une approche de cinéma-vérité qui prend racine dans le passé de documentariste de Tracey Deer.Dans ce film féminin et féministe, d\u2019une certaine façon, notons les superbes performances de Kiawenti:io Tarbell, Rainbow Dickerson et Violah Beauvais.Elles s\u2019avèrent d\u2019un naturel confondant (la petite Violah en particulier).En entrevue, Tracey Deer souhaitait que nos dirigeants puissent voir le film.J\u2019ajouterais que tous les Québécois devraient le voir au cinéma (surtout les ados, qui vont s\u2019identifier autant que dans La déesse des mouches à feu) afin de combattre certains préjugés.Et pas seulement pour la perspective inédite sur un pan très important de notre passé récent : le prenant film, avec un arc dramatique bien tendu, est vraiment très bon.ÉRIC MOREAULT Beans est présenté au cinéma BEANS L\u2019ADOLESCENCE DERRIÈRE LES BARRICADES Au générique Cote : HHH1/2 Titre : Beans Genre : Drame Réalisatrice : Tracey Deer Acteurs : Kiawenti:io Tarbell, Rainbow Dickerson, Violah Beauvais Durée : 1h32 Kiawenti:io Tarbell, Violah Beauvais et Rainbow Dickerson dans Beans.\u2014 PHOTO METROPOLE FILMS Quiconque a déjà vu Natasha Ro- manoff (Scarlett Johansson) en action dans un film Marvel a certainement remarqué la pose adoptée par le personnage au moment des combats : accroupie sur un genou, une main à l\u2019avant au sol et une autre à l\u2019arrière dans les airs.Une signature ridiculisée en deux temps, trois mouvements par sa «sœur» Yelena dans La veuve noire! Florence Pugh en avait encore les larmes aux yeux en conférence de presse.Dix ans de travail «à développer cette pose iconique» réduits à néant, soupirait Scarlett Johansson, mi- blagueuse mi-sérieuse\u2026 Dans la mythologie Marvel, Yelena se veut la deuxième incarnation de la Veuve noire \u2014 le film sert donc d\u2019introduction pour le personnage et son actrice.La Britannique de 25 ans s\u2019y glisse avec aisance.«Dès le début dans le scénario, il était évident qu\u2019il y a quelque chose de spécial entre elles.Malgré ses grands talents, [Yelena] incarne cette jeune soeur agaçante qui lui dit ses quatre vérités toujours au mauvais moment.«[La réalisatrice] Cate Short- land m\u2019a aidée à dénicher les bizarreries en elle et à m\u2019appuyer dessus.On peut voir qu\u2019elle évolue pour trouver sa personnalité» \u2014 Yelena est conditionnée depuis sa jeune enfance par Dreykov, le vilain de l\u2019histoire.L\u2019actrice des Quatre Filles du docteur March (Greta Gerwig, 2019) devait composer avec un rôle très physique et développer une complicité tangible à l\u2019écran avec Scarlett Johansson.La meilleure façon d\u2019y arriver ?En commençant le tournage avec la spectaculaire scène où les deux sœurs, qui se retrouvent après des années de séparation, se livrent à un combat de la mort dans un appartement de Budapest.«Il n\u2019y avait pas de meilleures façons de briser la glace», dit Florence Pugh, pince-sans-rire.«C\u2019est un affrontement émotif, précise Scarlett Johansson.Elles expriment leurs frustrations et il y a une lutte de pouvoir, une véritable surprise [de se retrouver], de l\u2019affection aussi.C\u2019était unique.» La passation d\u2019un flambeau en quelque sorte, tant au sens propre que figuré\u2026 ÉRIC MOREAULT UNE «POSE ICONIQUE».RIDICULISÉE! Natasha Romanoff (Scarlett Johansson, en haut) retrouve sa «soeur» Yelena (Florence Pugh, ci-dessus à droite).\u2014 PHOTOS DISNEY SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E14 ARTS MAGAZINE ÉRIC MOREAULT emoreault@lesoleil.com CRITIQUE Poly convie toute la famille à un véritable voyage dans le temps grâce à la magie du cinéma \u2014 celle des images, pas des effets spéciaux ! Dans ce récit initiatique rétro au charme un brin suranné, une jeune Parisienne délocalisée sur la Côte d\u2019Azur va se porter à la rescousse d\u2019un poney maltraité par le méchant directeur d\u2019un cirque ambulant\u2026 Cécile (Elisa de Lambert) boude en ce début d\u2019été radieux des années 1960.Sa mère Louise (Julie Gayet) revient dans ses Cévennes natales après son divorce.La fille de 12 ans trompe son ennui et sa solitude en lisant Alice au pays des merveilles, offert par son père\u2026 Jusqu\u2019à ce que le cirque débarque dans son (nouveau) village.Cécile se rend rapidement compte que Poly est molesté pour le contraindre à effectuer son numéro.L\u2019ingénieuse fillette kidnappe le cheval au nez et à la barbe de l\u2019inquiétant Brancalou (Patrick Timsit).Elle ne tardera pas à obtenir l\u2019aide de tous les enfants du coin pour le cacher, mais la dissimulation ne durera qu\u2019un temps.Le duo devra alors prendre la fuite, les employés du cirque à leurs trousses.Le scénario simpliste, pour ne pas dire manichéen, risque d\u2019en faire tiquer certains.Comme souvent dans le genre, les enfants sont dégourdis (même si la naïveté de Cécile fait sourire), les adultes, bêtes et méchants.On exagère à peine.À vouloir tourner un long métrage «comme dans le temps», Nicolas Vanier pousse de plus le bouchon trop loin dans sa description caricaturale des gens du cirque, surtout son directeur, et des niais gendarmes (une paire qu\u2019on croirait téléportée de la série de films du même nom avec Louis de Funès).D\u2019autant que, de l\u2019autre côté, il propose une thématique en avance sur son temps avec le véganisme et le féminisme.Après avoir constaté les maltraitances dont est victime Poly, tous les enfants arrêtent de manger de la viande! Cécile va jusqu\u2019à barbouiller de graffitis la boucherie locale.Plus plausibles, toutefois, les déclarations de Louise sur l\u2019émancipation de la femme, mais le contraste demeure frappant avec la reconstitution.Mais comme toujours chez le réalisateur de Belle et Sébastien (2013), les images de nature, du cheval et des enfants sont superbes.On peut difficilement critiquer Vanier sur sa bienveillance.Et tous vont adorer la complicité entre Poly et Cécile \u2014 les petites maladresses d\u2019Elisa de Lambert contribuent au naturel de leur relation.De toute évidence, Vanier cherche à évoquer avec Poly une époque insouciante où les jeunes avaient plus de liberté et, donc, de possibilités pour s\u2019amuser, explorer et faire l\u2019apprentissage concret du monde qui les entoure.En résulte un long métrage certainement anachronique et pas dépourvu de charme pour autant.Un film familial qui rend le cœur léger, l\u2019espace d\u2019une représentation.Ça aide à passer outre les défauts.Poly est présenté au cinéma Elisa de Lambert et le poney Poly \u2014 PHOTOS TVA FILMS Au générique Cote : HH1/2 Titre : Poly Genre : Aventures Réalisateur : Nicolas Vanier Acteurs : Elisa de Lambert, Julie Gayet, Patrick Timsit, François Cluzet, Durée : 1h42 POLY UN CHARME RÉTRO LaParfaiteVictime-le?lm.com un ?lm de MONIC NÉRON ÉMILIE PERREAULT produit par DENISE ROBERT LA PARFAITE VICTIME PRÉSENTEMENT AU CINÉMA ?« On est à la fois TROUBLÉ et CHOQUÉ.» ELIZABETH LEPAGE-BOILY, CINOCHE « Un ?lm NÉCESSAIRE.BOULEVERSANT.» RIMA ELKOURI, LA PRESSE « Un ?lm À VOIR ! » PAUL ARCAND, PUISQU\u2019IL FAUT SE LEVER - 98.5 FM « Un ?lm NÉCESSAIRE qui ne laissera PERSONNE INDIFFÉRENT.» SALUT BONJOUR, TVA « Des témoignages qui vont DROIT AU CŒUR.» ÈVE-MARIE LORTIE, TVA ?«COUP-DE-POING! » ÉRIKA BISAILLON, LE SOLEIL leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E15 ÉRIC MOREAULT emoreault@lesoleil.com BILLET On dirait un mauvais titre de film, mais il s\u2019agit bel et bien d\u2019une revanche sur la COVID-19 pour le Festival de Cannes.La pandémie a forcé, l\u2019an passé, l\u2019annulation du plus prestigieux événement cinématographique au monde \u2014 une première depuis la Seconde Guerre mondiale\u2026 Alors que la vaccination permet, dans les pays occidentaux, à un certain retour à la «normale», tous les yeux de la planète seront tournés vers la Croisette.Le Festival est intercalé du 6 au 17 juillet (plutôt qu\u2019à la mi-mai comme d\u2019habitude) entre deux des plus grandes manifestations sportives du monde : l\u2019Euro et les Jeux olympiques.La première a accueilli, sauf en Hongrie, les supporteurs dans des jauges réduites; la deuxième se déroulera avec seulement des spectateurs locaux, à la moitié de sa capacité.Pas besoin de dire que les règles sanitaires seront strictes à Cannes.Outre le masque dans les salles, on exigera des tests aux 48 heures pour ceux qui n\u2019ont pas leurs deux doses réglementaires de vaccin\u2026 Pour l\u2019anecdote, on annonçait, il y a peu, plus de 4000 membres de l\u2019industrie et des médias (dont le représentant du Soleil).On est loin des quelque 18 000 festivaliers habituels! Le glamour en pâtira : il serait illusoire de croire que le tapis rouge et ses 24 «marches de la gloire» accueilleront autant de vedettes que lors des éditions précédentes \u2014 le public ne pourra s\u2019agglutiner comme à l\u2019habitude à proximité, donc pas de bain de foule improvisé pour les acteurs\u2026 DES FILMS, DES FILMS, DES FILMS\u2026 Le délégué général Thierry Fré- ma u x e t s e s s é l e c t i o n n e u r s doivent tenter de réaliser la quadrature de l\u2019écran géant en conjuguant films à paillettes et des œuvres significatives.Parfois dans le même long métrage comme, espère-t-on, The French Dispatch, qui propose une affiche de rêve.Mais est-ce que Wes Anderson et ses acteurs Benicio del Toro, Andrien Brody, Frances McDor- mand, Bill Murray ou Owen Wilson vont traverser l\u2019Atlantique?Au moins, Léa Seydoux demeure à proximité\u2026 Remarquez, comme journaliste, on voit rarement la montée des marches puisque nous patientons dans une autre salle pour une projection de presse.Ma plus mémorable?Xavier Dolan pour Mommy (2014).J\u2019en ai encore la chair de poule seulement en évoquant ce souvenir inoubliable.Parlant de frissons, c\u2019est justement la découverte des films qui demeure mes moments forts de mes séjours au Festival de Cannes (j\u2019en serai à ma huitième présence pour cette 74e édition).Comme Mommy, applaudi spontanément en plein milieu de la projection.Ou Mad Max : La route du chaos de George Miller, présenté en 2015 hors compétition.Sa force frénétique s\u2019est révélée tellement inattendue que beaucoup de festivaliers étaient sous le choc.Il y a, rarement, des œuvres qui procurent une émotion telle que les mots manquent pour en décrire la magnitude.Ce moment béni que je m\u2019efforce de vous communiquer du mieux que je peux parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une incroyable communion où je me sens vivant comme rarement.Comme l\u2019espèce de transe dans laquelle m\u2019avait plongée Le fils de Saul de László Nemes, Grand prix à Cannes en 2015, puis Oscar du meilleur film étranger en 2016.Vous aurez compris mon impatience de savourer la cuvée 2021.Outre Anderson, la compétition accueillera 24 prétendants à la Palme d\u2019or, parmi lesquels Audiard, Ozon, Moretti, Verhoe- v e n , C a r a x (e n o u v e r t u r e ) , Dumont, Serebrennikov, Farha- di\u2026 C\u2019est très costaud.Tellement qu\u2019on a créé cette année une nouvelle section, Cannes première, pour ceux qui n\u2019ont pas réussi à s\u2019y faufiler, mais dont les films sont attendus avec impatience.On y retrouve, entre autres, Mathieu Amalric et Arnaud Desplechin.La section hors compétition regorge aussi de propositions alléchantes, dont celles d\u2019Emma- nuelle Bercot, Andrea Arnold, Todd Haynes et Tom McCarthy.D é j à q u e s e c o m p o s e r u n horaire est un véritable casse-tête en temps normal, on ne risque pas d\u2019attraper un coup de soleil.Plutôt un manque de sommeil! J\u2019ai terriblement hâte de vous entretenir de tout ça sur nos diverses plateformes, avec un petit regret  : contrairement à d\u2019habitude, il n\u2019y aura pas de cinéaste québécois.Enfin, il y a Aline de Valérie Lemercier, une coproduction avec la France inspirée de Céline Dion.C\u2019est déjà ça de pris.À moins que ma guigne des voyages m\u2019en empêche, je vous envoie un premier compte-rendu mardi matin.LA REVANCHE DU FESTIVAL DE CANNES HHHH « KIAWENTIIO EST SENSATIONNELLE » NOW MAGAZINE « ANCRÉ dans le conteste de la crise d\u2019oka en 1990 beans porte la colÈre fÉroce des justes combats » SCREEN DAILY MAINTENANT EN SALLE AU CINÉMA DÈS LE 14 JUILLET COUREZ LA CHANCE D\u2019ASSISTER À LA PREMIÈRE en compagnie de l\u2019équipe du ?lm RÉALISATION RICARDO TROGI SCÉNARIO LOUIS MORISSETTE, JEAN-FRANÇOIS LÉGER ET FRANÇOIS AVARD LeGuideDeLaFamilleParfaite.com Le concours aura lieu du 2 au 4 juillet.Le tirage aura lieu le 5 juillet.30 gagnants se mériteront une entrée pour deux personnes.La valeur totale des prix est de 600 $.LE MARDI 13 JUILLET À 19H AU CINÉMA FLEUR DE LYS PARTICIPEZ AU : les?lmsopale.com/concours LOUIS MORISSETTE ÉMILIE BIERRE XAVIER LEBEL CATHERINE CHABOT SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E16 ARTS MAGAZINE HORTICULTURE LARRY HODGSON Collaboration spéciale L\u2019 ombre sèche  : le terme gerce le sang des jardiniers.Le milieu où rien ne pousse\u2026 mais est-ce si vrai que cela?Un des environnements les plus difficiles à gérer pour le jardinier qui veut améliorer l\u2019effet de son aménagement paysager est au pied des grands arbres aux racines peu profondes : un milieu que les jardiniers appellent couramment «ombre sèche».Là, les plantes ont deux contraintes majeures : elles doivent s\u2019adapter à un éclairage faible \u2014 et pourtant, toute leur énergie vient du soleil! \u2014 et aussi à un sol où l\u2019eau et les minéraux, nécessaires à la croissance de toute plante, sont volés par les arbres au- dessus si dominants.Même dans la forêt naturelle, peu de plantes poussent dans un milieu semblable\u2026 mais malgré tout, il y a moyen de réaliser de très beaux aménagements à l\u2019ombre sèche si vous savez comment faire.COMMENT PLANTER À L\u2019OMBRE SÈCHE Déjà, planter à l\u2019ombre sèche est plus compliqué que planter au soleil.Voici comme réussir.Il faudrait accepter de trancher quelques racines.Sinon, comment voulez-vous creuser un trou de plantation?Il vous faudra donc non pas seulement une pelle, mais sans doute un sécateur ou même une hache.Évidemment, si vous rencontrez une très grosse racine en creusant, il vaut mieux modifier un peu votre plan de plantation et planter un peu plus loin, mais pour les racines de taille modérée ou petite, allez-y, coupez! Dites-vous bien que l\u2019arbre réagira à cette taille en produisant plus de racines que jamais, donc, non, vous ne l\u2019endommagez pas.Préparez un trou plus large que la normale.Il doit être aussi profond que la motte de racines de la plante est haute, mais trois fois plus large.L\u2019idée est d\u2019éloigner les racines des arbres de la nouvelle plante le plus longtemps possible tout en en offrant à la nouvelle plante les meilleures conditions possibles pour le déploiement de nouvelles racines.Tapissez le trou de papier journal, de tapis de coco ou de carton.L\u2019idée est de créer une barrière temporaire qui ralentira le retour des racines des arbres.Cela donnera à votre plante le temps de s\u2019établir sans concurrence raci- naire.Vous ne voulez pas d\u2019une barrière permanente (géotex- tile, etc.), car elle empêchera les racines de votre plante de prendre de l\u2019expansion à l\u2019avenir.Et vous ne pourrez pas empêcher les racines d\u2019arbre de revenir un jour.Essayez et vous verrez : même le géotextile le plus robuste finit par céder à leur pression.Plantez uniquement des végétaux relativement matures.Ce point est plus important que vous ne pourriez penser! Les jeunes plantes, même celles «qui tolèrent l\u2019ombre sèche», auront beaucoup de difficulté à s\u2019établir dans un secteur qui sera rapidement envahi de racines d\u2019arbre.Mais une plante adulte, profitant déjà d\u2019une grosse masse de racines, sera mieux capable de résister à l\u2019envahissement à venir.Entretenez bien la nouvelle plantation la première année, arrosant au besoin, appliquant un bon paillis, etc.Cela donnera à la plante le temps de s\u2019adapter à ses nouvelles conditions avant que les racines d\u2019arbres reviennent.PLANTES POUR L\u2019OMBRE SÈCHE Il va sans dire qu\u2019il faut choisir pour ces emplacements des p la nte s q u i p e uve nt to lé re r l\u2019ombre sèche! Voici quelques suggestions.\u203a Actée (Actaeaspp.) zone 2 \u203a Asaret du Canada (Asarum canadensis) zone 2 \u203a Aspérule odorante (Galium odoratum) zone 3 \u203a Barbe de bouc (Aruncusspp.) zone 3 \u203a Bugle rampante (Ajuga reptans) zone 3 \u203a Buis (Buxusspp.) zone 4 à 8, selon l\u2019espèce \u203a Cierge d\u2019argent (Cimicifugaspp.) zone 3 à 5, selon l\u2019espèce \u203a Épimède (Epimediumspp.) zone 4 à 6, selon l\u2019espèce \u203a Fougères (Filicophytes) zone 1 à 9, selon l\u2019espèce \u203a Géranium à gros rhizome (Geranium macrorrhizum) zone 3 \u203a Hellébore (Helleborusspp.) zone 3 à 6, selon l\u2019espèce \u203a Herbe aux écus (Lysimachia nummularia) zone 3 \u203a Hosta (Hostaspp.) zone 3 \u203a If (Taxusspp.) zone 4 à 6, selon l\u2019espèce \u203a Lamier maculé (Lamium maculatum) zone 2 \u203a Pachysandre du Japon (Pachysandraterminalis) zone 4 \u203a Petite pervenche (Vinca minor) zone 4 \u203a Pulmonaire (Pulmonariaspp.) zone 3 \u203a Sceau-de-Salomon (Polygonatumspp.) zone 2 à 4 \u203a Smilacine (Maianthemumspp., anc.Smilacinaspp.) zone 3 \u203a Thé des bois (Gaultheria pro- cumbens) zone 2 \u203a Tiarelle (Tiarellaspp.) zone 3 \u203a Trille (Trilliumspp.) zone 2 à 5, selon l\u2019espèce \u203a Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia) zone 3 \u203a Violette (Violaspp.) zone 2 à 5, selon l\u2019espèce COMMENT JARDINER À L\u2019OMBRE SÈCHE 2 Le pachysandra du Japon (Pachysandraterminalis) est un excellent couvre-sol qui tolère très bien l\u2019ombre sèche.\u2014 PHOTO SB JOHNNY, WIKIMEDIA COMMONS 3 Le sceau de Salomon (Polygonatum multiflorum) tolère très bien l\u2019ombre sèche.\u2014 PHOTO 123RF/GERT-JAN VAN VLIET 1 Il est possible de créer de magnifiques jardins au pied des arbres si l\u2019on choisit les bons végétaux et les plantes convenablement.\u2014 ILLUSTRATION 123RF/ MICHAEL SHAKE 1 2 3 leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E17 RÉPONSES À VOS QUESTIONS Formations horticoles en ligne L\u2019agronome Lili Michaud offre des formations en ligne que vous pouvez suivre à votre rythme dans le confort de votre foyer.Au programme: Les ravageurs et les maladies au potager, Le compostage domestique, Les fines herbes de la terre à la table, Le potager: planification, aménagement et entretien et Les trucs de culture de 25 légumes, de l\u2019ail à la tomate.Coût: 25 $ et 30 $ + taxes.Pour information et inscription : www.lilimichaud.com Entrée gratuite au Domaine Joly-De Lotbinière Le Domaine Joly-De Lotbinière offre l\u2019accès gratuit au site et au Centre d\u2019interprétation le premier dimanche de chaque mois, dont le 4 juillet.Info: 418926- 2462 ou www.domainejoly.com.Radio CKIA et Facebook Live L\u2019émission radiophonique et virtuelle le Jardinier paresseux avec Larry Hodgson est offerte gratuitement les mercredis à 10h à CKIA-FM 88,3 et sur www.facebook.com/JardinierParesseux.CALENDRIER HORTICOLE Pour toute activité horticole, écrivez- nous à courrierjardinierparesseux@ yahoo.com.\u203a Pour prévenir les maladies foliaires, essayez d\u2019arroser sans mouiller le feuillage de vos plantes.\u203a Si votre sol est sablonneux, arrosez plus souvent, mais moins longtemps afin de maintenir une certaine humidité dans les 20 premiers centimètres du sol.\u203a Quand vos laitues et radis commencent à monter en graine et devenir amers, semez-en de nouveau.\u203a Faites tomber les coléoptères (chrysomèles) striés ou tachetés de vos concombres ou courges dans de l\u2019eau savonneuse ou récoltez-les avec un aspirateur manuel.ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE POLLINISER SOI-MÊME EN L\u2019ABSENCE D\u2019ABEILLES Q Cette année, nous ne voyons aucune abeille butiner dans les fleurs dans notre jardin de Saint-Urbain (Charlevoix) ni même simplement voleter dans les champs.Pourtant les fleurs ne manquent pas.Comment se fera la pollinisation des potagers?Devrons-nous la faire nous- mêmes manuellement?Maria R Puisque les abeilles sont les principaux pollinisateurs de plusieurs légumes, il faudrait effectivement faire la pollinisation vous-même.Évidemment, les légumes-feuilles (laitue, chou, bette à carde, etc.) et les légumes-racines (carotte, radis, pomme de terre) n\u2019ont pas besoin de pollinisation, mais certains légumes- fruits, oui.Pas de problème pour les pois et les haricots, qui s\u2019autopolli- nisent.Dans le cas des tomates, des aubergines et des poivrons, la fleur a seulement besoin d\u2019autre secouée pour déplacer le pollen des anthères de la fleur au stigmate : on peut le faire en faisant vibrer une brosse à dents électrique contre la fleur.Par contre, pour les cucurbitacées (concombres, courges, melons, etc.), il vous vaudrait transférer physiquement du pollen du centre d\u2019une fleur mâle au centre d\u2019une fleur femelle (on distingue les femelles des mâles par le petit ovaire en forme du fruit à venir à sa base).On peut le faire avec un petit pinceau ou un coton- tige.Il faut passer tous les jours, car les fleurs de ces légumes ne durent qu\u2019une journée.S\u2019IL FAUT DÉPLACER UNE PIVOINE Q Est-il vrai qu\u2019il soit déconseillé de déplacer les pivoines ?J\u2019ai trois plants de pivoines côte à côte, mais seulement une fleurit bien, alors qu\u2019une ne fleurit qu\u2019un peu et la dernière, pas du tout.Le feuillage est très beau.Les plants sont placés à la mi-ombre.Que puis-je faire?Carole Brière R En fait, on peut transplanter les pivoines, mais souvent elles réagissent mal aux changements.Mais je soupçonne que votre emplacement soit trop ombragé pour ces plantes qui préfèrent huit heures et plus de soleil par jour.Donc, si vous voulez une belle floraison, il faudrait y voir.La meilleure période pour le faire est à la fin d\u2019août, en septembre ou octobre, quand la plante se prépare à la dormance : le choc sera alors moindre.Idéalement, vous diviserez vos plantes, car diviser une plante la rajeunit et les jeunes spécimens réagissent mieux à la transplantation que les plantes matures.Déterrez alors les plantes et faites tomber la terre pour voir comment les diviser.Il vous faudrait des divisions avec 3 à 5 «yeux» (ainsi appelle-t-on les gros bourgeons enfouis dans le sol).Replantez-les au soleil dans un sol riche et bien drainé, les replaçant de façon à ce que les yeux soient à 2 à 5 cm de la surface.Si vous la plantez trop profondément, la pivoine peut ne jamais fleurir et ne produira alors que du feuillage.Comblez le trou de la terre prélevée, arrosez\u2026 et patientez.Dès le printemps suivant, il devrait y avoir une ou deux fleurs par plante et le nombre ira en augmentant avec le temps.Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec)?G1K 7J6 Deux fleurs de concombre femelles : notez l\u2019ovaire en forme de concombre à leur base.\u2014 PHOTO 123RF/VALERIY PETROV Les pivoines préfèrent huit heures et plus de soleil par jour. SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E18 ARTS MAGAZINE SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M42 RÉGAL NATALIE RICHARD Collaboration spéciale natalierichardmedia@gmail.com O ui ça existe.Vive les trouvailles réconfortantes et faciles à boire! C\u2019est l\u2019été et on a envie de voyager léger alors voici une sélection de quelques bons vins de camping, de pique-nique et de barbecue qui sont satisfaisants et sans prétention.Entre l\u2019Italie, le Portugal et la France, on s\u2019allège tout en faisant plaisir à nos papilles! 1 I STEFANINI II SELESE SOAVE 2020 15,25 $ \u2022 13841431 13 % \u2022 3,9 g/L Le même vin dans un nouvel habillage en collaboration avec le designer graphique québécois Simon Roy pour ce délicieux Soave vif, salin et sec aux notes de pêche, de melon et de zeste de tangerine.Du pur gar- ganega à savourer avec des pâtes au citron, du poisson ou vos plats végétariens préférés.2 CADEMUSA PINOT GRIGIO CATARRATTO TERRE SICILIANE 11,25 $ \u2022 13862451 12,5 % \u2022 3 g/L La Cantina Ermes est une très grande cave coopérative de Sicile qui compte plus de deux mille vignerons et membres actifs engagés dans une démarche environnementale et biologique.Le volume permet d\u2019offrir un prix imbattable pour le niveau de qualité offert dans les gammes Vento di Mare et Cademusa.Ce dernier, un assemblage de pinot grigio et catar- ratto, offre la fraîcheur de l\u2019altitude avec une douce amertume provenant d\u2019une légère macération pelliculaire au pressage.Un vin d\u2019apéro, de sandwichs d\u2019été et de tomates bocconcini.Si vous préférez le rouge, le Cade- musa nero d\u2019Avola et syrah est aussi très bon, d\u2019un fruit gourmand et d\u2019une bonne structure de par son passage de six mois en barriques françaises.Et toujours d\u2019un rapport qualité-prix inégalable à 10,65 $.3 CABEÇA DE TOIRO DO TEJO RESERVA 2019 15,75 $ \u2022 14145622 13 % \u2022 2,9 g/L Au Portugal, les vins de la gamme Cabeça de Toiro proviennent du domaine Quinta S.Joao Batista, situé à côté d\u2019une réserve naturelle où sont élevés des chevaux et des taureaux, d\u2019où l\u2019inspiration de son nom.Le vin est un assemblage du cépage autochtone fernao-pires (aussi appelé Maria Gomez), de chardonnay et de sauvignon blanc.On trouve des notes de fleur d\u2019oranger, de pêche et d\u2019agrumes bien balancées sur une texture ample et soyeuse.Un excellent vin pour accompagner la pieuvre grillée ou des brochettes de poulet sur le grill.4 QUINTA DA ALORNA CARDAL 2019 12,60 $ \u2022 10838675 13 % \u2022 2,8 g/L Un classique portugais très apprécié dans la gamme des petits prix, bien corsé avec une concentration de fruits noirs qui fera honneur à vos burgers, vos brochettes de porc souvlaki et même les légumes grillés.À découvrir si ce n\u2019est pas déjà sur votre liste.5 FIRRIATO NARI SICILIA 9,95 $ \u2022 11905809 13,5 % \u2022 2,3 g/L Nari est le mot choisi pour illustrer le nez du vin et ses arômes qui sont ici à la fois floraux et épicés sur des notes de cerise noire et des tannins assez puissants pour plaire aux amateurs de vins corsés.Un vin parfait pour accompagner les grillades, la pizza et le fromage 14 arpents de la fromagerie Médard.6 CALVET ROSÉ 2020 20,15 $ \u2022 14686621 12,5 % \u2022 1,2 g/L \u2022 1,5 L Le rosé parfait pour relaxer au bord de la piscine, en pique-nique ou en bateau grâce à son format compact, incassable et facile à servir.Le sachet compte 1,5 litre, ce qui équivaut à deux bouteilles de vin, encore une fois fort pratique quand on est nombreux.Sinon, le vin se conserve encore plus longtemps dans ce type d\u2019emballage bien hermétique.Un bon rosé de vacances! Santé! DE BONS VINS À 15?$ ET MOINS BIO Pour en savoir davantage, suivez-moi sur www.sommeliereaventuriere.com C\u2019est l\u2019été et on a envie de voyager léger alors voici une sélection de quelques bons vins de camping, de pique-nique et de barbecue qui sont satisfaisants et sans prétention.Entre l\u2019Italie, le Portugal et la France, on s\u2019allège tout en faisant plaisir à nos papilles! \u2014 PHOTO 123RF/ ANYKA 6 5 4 3 2 1 leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E19 Des finissants mettent du piquant dans la gamme des sauces Pat BBQ Les amateurs de sauce BBQ pourront découvrir, dès la mi-juillet, une nouvelle saveur qui s\u2019ajoutera à la gamme Pat BBQ.Il s\u2019agit d\u2019une sauce épicée à l\u2019orange créée par quatre finissants du programme Innovation- Solutions-En- trepreneuriat du Col lège Notre-Dame de Rivière- du-Loup.Cette sauce sans gluten ni sel ajouté présente un goût relevé.Moins sucrée que les autres produits de la marque, elle est légèrement acidulée et sa saveur est rehaussée par l\u2019amertume de l\u2019orange.Elle est assez polyvalente pour être utilisée comme marinade ou comme trempette.L\u2019entreprise s\u2019est engagée dans une première production de 4000 bouteilles de 350 ml.Pour chaque bou- teil le vendue, 1 $ sera versé à la Fondation du Col lège Notre-Dame.Fabriquée et embouteillée à l \u2019usine de Pat BBQ de L\u2019Isle-Verte, la nouvelle sauce à l\u2019orange sera disponible en ligne (www.patbbq.com) et dans les 800 points de vente au Québec.JOHANNE FOURNIER (COLLABORATION SPÉCIALE) P H O T O C H O I X D U P R É S I D E N T AU GÂTEAU AU FROMAGE JAPONAIS AU YUZU DE PC Ce printemps, la marque Choix du Président (PC) a lancé en fanfare un nouveau gâteau au fromage de style japonais à l\u2019agrume yuzu dans les marchés Provigo et Maxi.L\u2019idée est belle, car le yuzu a la cote, ces temps- ci.Le goût de cet agrume d\u2019origine asiatique tombe quelque part entre le citron, la lime et la mandarine, faisant de lui un favori chez de nombreux foodies.Suffit d\u2019avoir visité quelques chaînes dédiées à la bouffe sur les réseaux sociaux pour avoir vu passer ce petit fruit jaune dans le vent.Et pour y avoir aussi croisé des exemples de gâteaux au fromage japonais, célèbres \u2014 avec raison et mérite \u2014 pour leur texture unique si légère qu\u2019ils jigglent au moindre mouvement.Il n\u2019en fallait pas plus pour que Le Mag en fasse le test, deux fois plutôt qu\u2019une.Malheureusement, on ne trouve à peu près rien de cette petite magie culinaire en extirpant le dessert de sa boîte.Une fois décongelé en tout respect des recommandations, ce gâteau sans croûte n\u2019a rien de mieux à proposer qu\u2019une texture floconneuse, loin de la touche mousseuse et soyeuse qu\u2019on espérait.Et le yuzu?On le goûte à peine.Même au petit prix de 6,99 $ pour 420 grammes, on ne saurait recommander.Consolez-vous, car PC se reprend néanmoins d\u2019agréable manière avec son gâteau au fromage à la gousse de vanille et au mascar- pone.Celui-là \u2014 sur les tablettes depuis quelques années déjà \u2014 vaut la découverte.FRANCIS HIGGINS ON A GOÛTÉ A vez-vous remarqué l\u2019arrivée d\u2019un nouveau style au Québec?Les Oat Cream IPA possèdent une belle présence d\u2019avoine, du lactose et des arômes intenses de fruits et de houblons.Un style assez récent, dérivé de la IPA contemporaine.Basée sur le principe d\u2019un houblonnage intense, d\u2019une faible amertume et d\u2019une texture riche et crémeuse, l\u2019Oat Cream IPA est composée des ingrédients habituellement réservés à la New England IPA, avec une touche d\u2019avoine et de lactose.Son taux d\u2019alcool est assez élevé sur l\u2019échelle des IPA.On est donc tout aussi proche de la Milkshake IPA que de la Double IPA contemporaine.Les premières bières de ce style sont apparues aux États- Unis; la brasserie Other-Half en compte quelques dizaines différentes.L\u2019ajout d\u2019avoine dans la bière ne date pas d\u2019hier.Habituellement associé aux stouts, il offre une légère douceur qui permet d\u2019atténuer l\u2019âcreté des céréales torréfiées.Comme cette âcreté se trouve également dans certains houblons, surtout avec le temps, plusieurs brasseurs ajoutent des flocons d\u2019avoine dans leur brassin afin de profiter des doux effets de celui-ci.L\u2019ajout de lactose dans l\u2019Oat Cream IPA permet également d\u2019intensifier les notes sucrées en fin de bouche et donc de s\u2019approcher d\u2019un liquide riche et crémeux.CARACTÉRISTIQUES D\u2019UNE BONNE OAT CREAM IPA La bière étant montée sur un cadre de New England IPA, on se doit de faire attention au houblonnage à cru de la bière et d\u2019y déceler des notes puissantes de houblons, surtout sur les arômes de fruits tropicaux et d\u2019agrumes, par exemple.Les cultivars de houblons utilisés doivent dominer les arômes de la bière et ne pas se substituer à ceux de la levure, de l\u2019alcool ou du sucre ajouté, par exemple.C\u2019est en bouche que la différence doit se sentir entre une Milkshake IPA, une New England IPA et une Oat Cream IPA.Cette dernière doit offrir une texture riche, crémeuse, mais également légèrement soyeuse.On ne doit pas tomber dans l\u2019excès de sucre ajouté \u2014 comme le lactose \u2014 ou celui de la boisson aqueuse.Envie d\u2019essayer?Procurez- vous la Nord-est Magnétique du projet EXP, brassée chez Emporium.La meilleure Oat Cream IPA québécoise que j\u2019ai bue jusqu\u2019à présent.De la crème d\u2019avoine dans la IPA La Nord-est Magnétique du projet EXP, brassée chez Emporium.\u2014 PHOTO SITE WEB P H O T O 1 2 3 R F / I R O C H K A PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@gcmedias.ca SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E20 ARTS MAGAZINE SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M44 RÉGAL leSoleil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M45 RÉGAL P H O T O S T I R É E S D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , J U I L L E T 2 0 2 1 , V O L .1 2 , N O .0 2 Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 7 minutes \u2022 Quantité : 4 portions Végé / Sans noix / Sans œuf PRÉPARATION 1 Dans une grande casserole d\u2019eau bouillante salée, cuire les épis de maïs de 7 à 8 minutes, jusqu\u2019à tendreté.Égoutter.Refroidir sous l\u2019eau froide et égoutter de nouveau.2 À l\u2019aide d\u2019un couteau, égrainer les épis de maïs.3 Dans un saladier, mélanger le maïs avec la feta, les tomates, l\u2019oignon vert et la vinaigrette.5ingredients15minutes.com/fr/ 1 4 ÉPIS DE MAÏS 2 FETA AUX HERBES ET AUX ÉPICES DANS L\u2019HUILE ÉMIETTÉE ½ CONTENANT DE 265 G 3 12 À 15 TOMATES CERISES COUPÉES EN DEUX 4 OIGNON VERTHACHÉ 80 ML (1/3 DE TASSE) 5 VINAIGRETTE ITALIENNE AUX FINES HERBES 80 ML (1/3 DE TASSE) LA RECETTE DE LA SEMAINE SALADE ESTIVALE AU MAÏS Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes, juillet 2021, Vol. 12, No 02.Publié par Éditions Pratico- pratiques.INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES Préparation : 20 minutes Cuisson : 10 minutes Quantité : 4 portions Végé INGRÉDIENTS \u2022 250 ml (1 tasse) d\u2019edamames décortiqués surgelés \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile de sésame \u2022 500 ml (2 tasses) d\u2019ananas coupé en dés \u2022 3 œufs battus \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019ail haché \u2022 3 oignons verts émincés \u2022 1 poivron rouge coupé en dés \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de gingembre râpé \u2022 750 ml (3 tasses) de riz cuit \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de tamari \u2022 5 ml (1 c.à thé) de sriracha PRÉPARATION 1 Dans une casserole d\u2019eau bouillante salée, cuire les edamames de 3 à 5 minutes.Égoutter.2 Pendant ce temps, chauffer l\u2019huile à feu moyen dans une grande poêle.Faire dorer l\u2019ananas de 2 à 3 minutes.Réserver l\u2019ananas dans une assiette.3 Dans la même poêle, cuire les œufs de 1 à 2 minutes en remuant, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient brouillés.Réserver dans une assiette.4 Dans la même poêle, cuire l\u2019ail, les oignons verts, le poivron et le gingembre de 1 à 2 minutes.5 Ajouter le riz et poursuivre la cuisson de 2 à 3 minutes.Verser le ta- mari et la sriracha.Cuire de 3 à 5 minutes en remuant, jusqu\u2019à ce que le riz commence à être croustillant.6 Ajouter l \u2019ananas, les œufs et les edamames.Chauffer de 1 à 2 minutes.lesrecettesdecaty.com/fr/ RIZ FRIT AUX EDAMAMES ET ANANAS P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E G A B R I E L L E V O L .9 , N O .6 PAR PORTION Calories.426 Protéines .15 g Matières grasses.13 g Glucides .63 g Fibres.4 g Fer.6 mg Calcium.73 mg Sodium .999 mg Préparation : 15 minutes Cuisson : 2 minutes Quantité : 2 portions INGRÉDIENTS \u2022 1 bifteck de surlonge de bœuf de 225 g (1/2 lb) et d\u2019environ 2 cm (3/4 de po) d\u2019épaisseur \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) d\u2019épices à steak \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) d\u2019huile de canola \u2022 500 ml (2 tasses) de bébés épinards \u2022 45 ml (3 c.à soupe) de feuilles de coriandre fraîche \u2022 45 ml (3 c.à soupe) de feuilles de basilic thaï frais \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de fèves germées \u2022 Sel et poivre au goût \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019arachides rôties hachées Pour la vinaigrette : \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de sauce soya réduite en sodium \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de vinaigre de riz \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) de moutarde de Dijon \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) de gingembre haché \u2022 5 ml (1 c.à thé) d\u2019ail haché \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) d\u2019huile de sésame \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) de sriracha \u2022 1/2 piment thaï épépiné et haché \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019huile végétale PRÉPARATION 1 Dans un bol, mélanger les ingrédients de la vinaigrette, à l\u2019exception de l\u2019huile végétale, avec 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019eau.Fouetter de 2 à 3 minutes, puis incorporer l\u2019huile en filet en fouettant constamment jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une texture onctueuse.Réserver au frais.2 Assaisonner le bifteck avec les épices à steak.3 Dans une poêle, chauffer l\u2019huile à feu moyen-élevé.Cuire le bifteck de 1 à 2 minutes de chaque côté.Déposer le bifteck dans une assiette et le couvrir d\u2019une feuille de papier d\u2019aluminium, sans serrer.Laisser reposer 2 minutes avant de le couper en lanières.4 Dans un saladier, mélanger les épinards avec la coriandre, le basilic et les fèves germées.Ajouter les lanières de bœuf.Saler, poivrer et remuer.Verser la vinaigrette et remuer.Garnir d\u2019arachides rôties.lesrecettesdecaty.com/fr/ SALADE DE BŒUF À L\u2019ASIATIQUE P H O T O T I R É E D U B O O K A Z I N E L E S P L A I S I R S M I N C E U R D E C A T Y , N O .4 , V O L .3 Recette tirée du bookazine Les Plaisirs minceur de Caty, No.4, Vol.3.Publié par Éditions Pratico- pratiques.PAR PORTION Calories.406 Protéines .39 g M.G .24 g Glucides .9 g Fibres.2 g Fer.5 mg Calcium.63 mg Sodium .984 mg Recette tirée du magazine Gabrielle Vol.9, No.6.Publié par Éditions Pratico- pratique. leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E21 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M44 RÉGAL l S leil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M45 RÉGAL P H O T O S T I R É E S D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , J U I L L E T 2 0 2 1 , V O L .1 2 , N O .0 2 Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 7 minutes \u2022 Quantité : 4 portions Végé / Sans noix / Sans œuf PRÉPARATION 1 Dans une grande casserole d\u2019eau bouillante salée, cuire les épis de maïs de 7 à 8 minutes, jusqu\u2019à tendreté.Égoutter.Refroidir sous l\u2019eau froide et égoutter de nouveau.2 À l\u2019aide d\u2019un couteau, égrainer les épis de maïs.3 Dans un saladier, mélanger le maïs avec la feta, les tomates, l\u2019oignon vert et la vinaigrette.5ingredients15minutes.com/fr/ 1 4 ÉPIS DE MAÏS 2 FETA AUX HERBES ET AUX ÉPICES DANS L\u2019HUILE ÉMIETTÉE ½ CONTENANT DE 265 G 3 12 À 15 TOMATES CERISES COUPÉES EN DEUX 4 OIGNON VERTHACHÉ 80 ML (1/3 DE TASSE) 5 VINAIGRETTE ITALIENNE AUX FINES HERBES 80 ML (1/3 DE TASSE) LA RECETTE DE LA SEMAINE SALADE ESTIVALE AU MAÏS Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes, juillet 2021, Vol. 12, No 02.Publié par Éditions Pratico- pratiques.INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES Préparation : 20 minutes Cuisson : 10 minutes Quantité : 4 portions Végé INGRÉDIENTS \u2022 250 ml (1 tasse) d\u2019edamames décortiqués surgelés \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile de sésame \u2022 500 ml (2 tasses) d\u2019ananas coupé en dés \u2022 3 œufs battus \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019ail haché \u2022 3 oignons verts émincés \u2022 1 poivron rouge coupé en dés \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de gingembre râpé \u2022 750 ml (3 tasses) de riz cuit \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de tamari \u2022 5 ml (1 c.à thé) de sriracha PRÉPARATION 1 Dans une casserole d\u2019eau bouillante salée, cuire les edamames de 3 à 5 minutes.Égoutter.2 Pendant ce temps, chauffer l\u2019huile à feu moyen dans une grande poêle.Faire dorer l\u2019ananas de 2 à 3 minutes.Réserver l\u2019ananas dans une assiette.3 Dans la même poêle, cuire les œufs de 1 à 2 minutes en remuant, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient brouillés.Réserver dans une assiette.4 Dans la même poêle, cuire l\u2019ail, les oignons verts, le poivron et le gingembre de 1 à 2 minutes.5 Ajouter le riz et poursuivre la cuisson de 2 à 3 minutes.Verser le ta- mari et la sriracha.Cuire de 3 à 5 minutes en remuant, jusqu\u2019à ce que le riz commence à être croustillant.6 Ajouter l \u2019ananas, les œufs et les edamames.Chauffer de 1 à 2 minutes.lesrecettesdecaty.com/fr/ RIZ FRIT AUX EDAMAMES ET ANANAS P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E G A B R I E L L E V O L .9 , N O .6 PAR PORTION Calories.426 Protéines .15 g Matières grasses.13 g Glucides .63 g Fibres.4 g Fer.6 mg Calcium.73 mg Sodium .999 mg Préparation : 15 minutes Cuisson : 2 minutes Quantité : 2 portions INGRÉDIENTS \u2022 1 bifteck de surlonge de bœuf de 225 g (1/2 lb) et d\u2019environ 2 cm (3/4 de po) d\u2019épaisseur \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) d\u2019épices à steak \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) d\u2019huile de canola \u2022 500 ml (2 tasses) de bébés épinards \u2022 45 ml (3 c.à soupe) de feuilles de coriandre fraîche \u2022 45 ml (3 c.à soupe) de feuilles de basilic thaï frais \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de fèves germées \u2022 Sel et poivre au goût \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019arachides rôties hachées Pour la vinaigrette : \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de sauce soya réduite en sodium \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de vinaigre de riz \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) de moutarde de Dijon \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) de gingembre haché \u2022 5 ml (1 c.à thé) d\u2019ail haché \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) d\u2019huile de sésame \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) de sriracha \u2022 1/2 piment thaï épépiné et haché \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019huile végétale PRÉPARATION 1 Dans un bol, mélanger les ingrédients de la vinaigrette, à l\u2019exception de l\u2019huile végétale, avec 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019eau.Fouetter de 2 à 3 minutes, puis incorporer l\u2019huile en filet en fouettant constamment jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une texture onctueuse.Réserver au frais.2 Assaisonner le bifteck avec les épices à steak.3 Dans une poêle, chauffer l\u2019huile à feu moyen-élevé.Cuire le bifteck de 1 à 2 minutes de chaque côté.Déposer le bifteck dans une assiette et le couvrir d\u2019une feuille de papier d\u2019aluminium, sans serrer.Laisser reposer 2 minutes avant de le couper en lanières.4 Dans un saladier, mélanger les épinards avec la coriandre, le basilic et les fèves germées.Ajouter les lanières de bœuf.Saler, poivrer et remuer.Verser la vinaigrette et remuer.Garnir d\u2019arachides rôties.lesrecettesdecaty.com/fr/ SALADE DE BŒUF À L\u2019ASIATIQUE P H O T O T I R É E D U B O O K A Z I N E L E S P L A I S I R S M I N C E U R D E C A T Y , N O .4 , V O L .3 Recette tirée du bookazine Les Plaisirs minceur de Caty, No.4, Vol.3.Publié par Éditions Pratico- pratiques.PAR PORTION Calories.406 Protéines .39 g M.G .24 g Glucides .9 g Fibres.2 g Fer.5 mg Calcium.63 mg Sodium .984 mg Recette tirée du magazine Gabrielle Vol.9, No.6.Publié par Éditions Pratico- pratique. SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E22 ARTS MAGAZINE SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M36 LE P\u2019TIT M G leSoleil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M37 LE P\u2019TIT MAG Ethan Bear est un défenseur pour les Oilers d\u2019Edmonton et en plus d\u2019avoir un nom de famille super cool, il est un modèle pour les jeunes joueurs de hockey.\u203a DES ORIGINES EN SASKATCHEWAN Né à Regina en Saskatchewan, Bear est d\u2019origine crie.Plus précisément, il fait partie de la nation Ochapo- wace.Plus jeune, Bear s\u2019inspirait des joueurs de hockey autochtones.Parmi eux, vous connaissez sûrement le gardien de but des Canadiens, Carey Price.Ethan Bear est très fier de ses racines cries.Lors d\u2019un match hors concours, il a fait écrire sur son chandail son nom avec des lettres traditionnelles cries.À ce jour, Bear redonne à sa communauté en dirigeant chaque été un camp de hockey pour les jeunes à Ochapowace.\u203a CONTRE LE RACISME Récemment, Bear a été victime d\u2019une vague de haine sur les réseaux sociaux.Il a commis une erreur en plein match, ce qui a aidé l\u2019équipe adverse à éliminer son club des séries de la coupe Stanley.Il a reçu de nombreuses insultes racistes à la suite de tout cela.Heureusement, plusieurs joueurs et admirateurs se sont portés à sa défense.Bear, quant à lui, a publié une vidéo dans laquelle il explique qu\u2019il est fier de son héritage.Il fait appel à tous pour réduire le racisme dans le sport, mais aussi dans la société en général.\u203a UN MODÈLE D\u2019AVENIR Plusieurs jeunes joueurs ont été inspirés par des modèles comme Ethan Bear.Du nombre, il y a l\u2019attaquant Conner Roulette, qui est parmi les espoirs les plus prometteurs de la Ligue nationale de hockey.Les joueurs comme Ethan Bear sont de beaux modèles pour tous les jeunes, autochtones ou pas! GABRIEL BENOIT, JOURNALISTE STAGIAIRE UN HOCKEYEUR VEDETTE D\u2019ORIGINE CRIE Naomi Fontaine est actuellement une des plus grandes écrivaines au Québec.C\u2019est une Innue qui a grandi sur la réserve d\u2019Uashat, sur la Côte- Nord.Une réserve, c\u2019est un territoire , une communauté où vivent exclusivement des autochtones.C\u2019est entre autres la vie au quotidien dans les réserves que Naomi Fontaine décrit dans ses livres.Elle prône aussi la réconciliation entre les Premiers peuples et le reste des Québécois et Québécoises.\u203a DU SUCCÈS À UN JEUNE ÂGE Après avoir grandi dans la communauté innue de Uashat, Naomi est allée étudier à l\u2019Université Laval, à Québec, pour devenir enseignante de français au secondaire.C\u2019est son professeur d\u2019écriture qui a remarqué qu\u2019elle avait beaucoup de talent, et qui l\u2019a encouragée à écrire un livre.En 2011, à seulement 23 ans, Naomi a publié son premier roman, Kuessipan, qui parle de la vie dans la réserve où elle a grandi.Ce livre a même été adapté en film en 2019 et a remporté plusieurs prix importants! Malgré tout ce succès, Naomi est restée profondément attachée à sa communauté : elle est retournée à Uashat pour devenir enseignante.Grâce à son travail, elle aide des jeunes à apprendre le français dans la communauté où elle a grandi.Elle a deux enfants qu\u2019elle élève seule, mais bien entourée de sa famille qu\u2019elle adore.Elle n\u2019a pas arrêté d\u2019écrire pour autant! Depuis ce temps, Naomi a publié deux autres romans.Manikanetish raconte l\u2019histoire d\u2019une enseignante de français qui travaille auprès d\u2019enfants innus et Shuni qui parle d\u2019une amitié entre une Innue et une Blanche.Elle a gagné plusieurs prix littéraires pour ses ouvrages.\u203a UNE VOIX IMPORTANTE Naomi Fontaine est importante au Québec parce qu\u2019elle donne une voix aux autochtones, qui sont trop souvent oubliés.Mieux comprendre leur réalité pourrait permettre à tout le monde de vivre plus en harmonie.C\u2019est ce que fait Naomi Fontaine dans ses livres : elle décrit la réalité des Innus en sortant des stéréotypes, pour permettre aux Québécois et Québécoises de découvrir ce qu\u2019est la vie dans une réserve autochtone.Je te préviens : certains thèmes abordés dans les livres de Naomi sont durs.Elle peut parler d\u2019alcoolisme ou de violence, par exemple.Mais si tu te sens d\u2019attaque, n\u2019hésite pas une seconde et commence un de ses romans! Ils sont particulièrement bien écrits, et très fascinants.En plus, ils te permettront d\u2019en apprendre davantage sur la réalité des populations autochtones au Québec.VIOLETTE CANTIN, JOURNALISTE STAGIAIRE NAOMI FONTAINE, L\u2019ÉCRIVAINE DU QUOTIDIEN AUTOCHTONE Le défenseur Ethan Bear est fier de ses origines.\u2014 PHOTO ARCHIVES NHLI, ANDY DEVLIN Jusqu\u2019à l\u2019âge de 5 ans, Natasha a grandi avec ses grands-parents à Pessamit sur la Côte- Nord.Elle est ensuite déménagée à Baie-Comeau pour entrer l\u2019école.À cette époque, elle ne parlait qu\u2019innu.Elle a dû apprendre à parler français très rapidement.À l\u2019adolescence, Natasha a réalisé qu\u2019elle ne parlait qu\u2019en français à l\u2019école et même à la maison avec ses parents.C\u2019est à cette époque qu\u2019une petite voix l\u2019a poussée à se reconnecter à ses racines innues, entre autres grâce à l\u2019art.La poésie est la première forme d\u2019art qu\u2019elle a explorée.\u203a QUI EST-ELLE?Natasha est une artiste multidisciplinaire, c\u2019est-à- dire qu\u2019elle touche à plusieurs formes d\u2019arts.Elle est poète-interprète, comédienne, artiste en arts visuels, et plus encore.Elle explique qu\u2019il n\u2019est pas rare que les artistes autochtones soient multidisciplinaires.À travers son art, Natasha milite pour les droits autochtones et environnementaux.Elle dénonce entre autres la discrimination et le racisme qu\u2019elle a elle-même subi dans son parcours scolaire et personnel.Natasha Kanapé Fontaine souhaite que les jeunes ne se laissent jamais dire qu\u2019ils sont incapables d\u2019atteindre leurs rêves, parce que c\u2019est faux.LYNDIE JULIEN, JOURNALISTE STAGIAIRE Ashley Callingbull fait partie de la Nation Crie d\u2019Enoch en Alberta.En 2015, elle a remporté le prix de Mme Univers lors d\u2019un concours de beauté.Elle est devenue la première femme autochtone et la première Canadienne à remporter le titre.Le concours de Mme Univers se démarque des autres concours de beauté puisqu\u2019il cherche à honorer des femmes mariées qui sont impliquées dans une cause qui leur tient à cœur.Depuis son titre de Mme Univers, Ashley est devenue une influen- ceuse.On compte près d\u2019un million d\u2019abonnés sur son compte Insta- gram.Elle est aussi actrice et a participé à la télé-réalité The Amazing Race Canada, avec son père Joel.\u203a UNE ENFANCE DIFFICILE Mme Callingbull explique qu\u2019elle a connu une enfance très difficile.En plus de vivre dans la pauvreté, elle a aussi subi des abus physiques et sexuels.Malgré toutes ces épreuves, c\u2019est le fait même qu\u2019elle soit une femme autochtone qui lui a donné la force de continuer.Elle explique qu\u2019elle s\u2019est tournée vers sa culture et ses traditions pour guérir ses blessures d\u2019enfance.\u203a UNE VOIX POUR CELLES QUI N\u2019EN ONT PAS Après avoir remporté le titre de Mme Univers, Ashley Callingbull a décidé d\u2019utiliser sa plateforme pour faire avancer la cause des femmes autochtones en dénonçant le traitement de celles-ci au Canada.Elle donne aussi des conférences pour parler de ses expériences et pour donner espoir à d\u2019autres jeunes autochtones qui vivent des situations difficiles.Ashley Callingbull est véritablement un bel exemple de beauté intérieure tout autant que de beauté extérieure.FÉLIX LALIBERTÉ, JOURNALISTE STAGIAIRE ASHLEY CALLINGBULL, BELLE À L\u2019INTÉRIEUR COMME À L\u2019EXTÉRIEUR! PHOTO ASHLEYCALLINGBULLOFFICIAL.COM \u203a EXTRAIT « Elle avait l\u2019écoute facile.Le jugement absent.J\u2019avais la parole continue.Nos rêves de gamines en commun.Elle n\u2019avait jamais peur dans la forêt, même en pleine nuit.J\u2019avais la certitude qu\u2019elle me protégerait des ours parce qu\u2019elle était la fille du pasteur et que ses prières seraient exaucées, contrairement aux miennes, moi, fille de personne.Lorsqu\u2019elle est partie, on s\u2019est promis de s\u2019envoyer des lettres.Mais on ne s\u2019est jamais écrit.On avait peu à se dire, tout compte fait» \u2014 Shuni, de Naomi Fontaine P H O T O N A O M I F O N T A I N E DES AUTOCHTONES D\u2019EXCEPTION ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Ces dernières semaines, nous avons appris beaucoup de choses troublantes et tristes au sujet des autochtones.À la suite de la découverte de tombes d\u2019enfants sur les terrains d\u2019anciens pensionnats autochtones, les communautés des Premières nations, des Inuits et des Métis ont suggéré que nous fassions tous un effort pour mieux les connaître.Nous avons donc décidé de faire quelque chose de positif pour faire rayonner des personnes autochtones exceptionnelles.En voici quelques-unes ici, choisies et présentées par nos journalistes stagiaires.NATASHA KANAPÉ FONTAINE, LA GRANDE POÉTESSE INNUE PHOTO AUDET leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E23 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M36 LE P\u2019TIT MAG l S leil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M37 LE P\u2019TIT MAG Ethan Bear est un défenseur pour les Oilers d\u2019Edmonton et en plus d\u2019avoir un nom de famille super cool, il est un modèle pour les jeunes joueurs de hockey.\u203a DES ORIGINES EN SASKATCHEWAN Né à Regina en Saskatchewan, Bear est d\u2019origine crie.Plus précisément, il fait partie de la nation Ochapo- wace.Plus jeune, Bear s\u2019inspirait des joueurs de hockey autochtones.Parmi eux, vous connaissez sûrement le gardien de but des Canadiens, Carey Price.Ethan Bear est très fier de ses racines cries.Lors d\u2019un match hors concours, il a fait écrire sur son chandail son nom avec des lettres traditionnelles cries.À ce jour, Bear redonne à sa communauté en dirigeant chaque été un camp de hockey pour les jeunes à Ochapowace.\u203a CONTRE LE RACISME Récemment, Bear a été victime d\u2019une vague de haine sur les réseaux sociaux.Il a commis une erreur en plein match, ce qui a aidé l\u2019équipe adverse à éliminer son club des séries de la coupe Stanley.Il a reçu de nombreuses insultes racistes à la suite de tout cela.Heureusement, plusieurs joueurs et admirateurs se sont portés à sa défense.Bear, quant à lui, a publié une vidéo dans laquelle il explique qu\u2019il est fier de son héritage.Il fait appel à tous pour réduire le racisme dans le sport, mais aussi dans la société en général.\u203a UN MODÈLE D\u2019AVENIR Plusieurs jeunes joueurs ont été inspirés par des modèles comme Ethan Bear.Du nombre, il y a l\u2019attaquant Conner Roulette, qui est parmi les espoirs les plus prometteurs de la Ligue nationale de hockey.Les joueurs comme Ethan Bear sont de beaux modèles pour tous les jeunes, autochtones ou pas! GABRIEL BENOIT, JOURNALISTE STAGIAIRE UN HOCKEYEUR VEDETTE D\u2019ORIGINE CRIE Naomi Fontaine est actuellement une des plus grandes écrivaines au Québec.C\u2019est une Innue qui a grandi sur la réserve d\u2019Uashat, sur la Côte- Nord.Une réserve, c\u2019est un territoire , une communauté où vivent exclusivement des autochtones.C\u2019est entre autres la vie au quotidien dans les réserves que Naomi Fontaine décrit dans ses livres.Elle prône aussi la réconciliation entre les Premiers peuples et le reste des Québécois et Québécoises.\u203a DU SUCCÈS À UN JEUNE ÂGE Après avoir grandi dans la communauté innue de Uashat, Naomi est allée étudier à l\u2019Université Laval, à Québec, pour devenir enseignante de français au secondaire.C\u2019est son professeur d\u2019écriture qui a remarqué qu\u2019elle avait beaucoup de talent, et qui l\u2019a encouragée à écrire un livre.En 2011, à seulement 23 ans, Naomi a publié son premier roman, Kuessipan, qui parle de la vie dans la réserve où elle a grandi.Ce livre a même été adapté en film en 2019 et a remporté plusieurs prix importants! Malgré tout ce succès, Naomi est restée profondément attachée à sa communauté : elle est retournée à Uashat pour devenir enseignante.Grâce à son travail, elle aide des jeunes à apprendre le français dans la communauté où elle a grandi.Elle a deux enfants qu\u2019elle élève seule, mais bien entourée de sa famille qu\u2019elle adore.Elle n\u2019a pas arrêté d\u2019écrire pour autant! Depuis ce temps, Naomi a publié deux autres romans.Manikanetish raconte l\u2019histoire d\u2019une enseignante de français qui travaille auprès d\u2019enfants innus et Shuni qui parle d\u2019une amitié entre une Innue et une Blanche.Elle a gagné plusieurs prix littéraires pour ses ouvrages.\u203a UNE VOIX IMPORTANTE Naomi Fontaine est importante au Québec parce qu\u2019elle donne une voix aux autochtones, qui sont trop souvent oubliés.Mieux comprendre leur réalité pourrait permettre à tout le monde de vivre plus en harmonie.C\u2019est ce que fait Naomi Fontaine dans ses livres : elle décrit la réalité des Innus en sortant des stéréotypes, pour permettre aux Québécois et Québécoises de découvrir ce qu\u2019est la vie dans une réserve autochtone.Je te préviens : certains thèmes abordés dans les livres de Naomi sont durs.Elle peut parler d\u2019alcoolisme ou de violence, par exemple.Mais si tu te sens d\u2019attaque, n\u2019hésite pas une seconde et commence un de ses romans! Ils sont particulièrement bien écrits, et très fascinants.En plus, ils te permettront d\u2019en apprendre davantage sur la réalité des populations autochtones au Québec.VIOLETTE CANTIN, JOURNALISTE STAGIAIRE NAOMI FONTAINE, L\u2019ÉCRIVAINE DU QUOTIDIEN AUTOCHTONE Le défenseur Ethan Bear est fier de ses origines.\u2014 PHOTO ARCHIVES NHLI, ANDY DEVLIN Jusqu\u2019à l\u2019âge de 5 ans, Natasha a grandi avec ses grands-parents à Pessamit sur la Côte- Nord.Elle est ensuite déménagée à Baie-Comeau pour entrer l\u2019école.À cette époque, elle ne parlait qu\u2019innu.Elle a dû apprendre à parler français très rapidement.À l\u2019adolescence, Natasha a réalisé qu\u2019elle ne parlait qu\u2019en français à l\u2019école et même à la maison avec ses parents.C\u2019est à cette époque qu\u2019une petite voix l\u2019a poussée à se reconnecter à ses racines innues, entre autres grâce à l\u2019art.La poésie est la première forme d\u2019art qu\u2019elle a explorée.\u203a QUI EST-ELLE?Natasha est une artiste multidisciplinaire, c\u2019est-à- dire qu\u2019elle touche à plusieurs formes d\u2019arts.Elle est poète-interprète, comédienne, artiste en arts visuels, et plus encore.Elle explique qu\u2019il n\u2019est pas rare que les artistes autochtones soient multidisciplinaires.À travers son art, Natasha milite pour les droits autochtones et environnementaux.Elle dénonce entre autres la discrimination et le racisme qu\u2019elle a elle-même subi dans son parcours scolaire et personnel.Natasha Kanapé Fontaine souhaite que les jeunes ne se laissent jamais dire qu\u2019ils sont incapables d\u2019atteindre leurs rêves, parce que c\u2019est faux.LYNDIE JULIEN, JOURNALISTE STAGIAIRE Ashley Callingbull fait partie de la Nation Crie d\u2019Enoch en Alberta.En 2015, elle a remporté le prix de Mme Univers lors d\u2019un concours de beauté.Elle est devenue la première femme autochtone et la première Canadienne à remporter le titre.Le concours de Mme Univers se démarque des autres concours de beauté puisqu\u2019il cherche à honorer des femmes mariées qui sont impliquées dans une cause qui leur tient à cœur.Depuis son titre de Mme Univers, Ashley est devenue une influen- ceuse.On compte près d\u2019un million d\u2019abonnés sur son compte Insta- gram.Elle est aussi actrice et a participé à la télé-réalité The Amazing Race Canada, avec son père Joel.\u203a UNE ENFANCE DIFFICILE Mme Callingbull explique qu\u2019elle a connu une enfance très difficile.En plus de vivre dans la pauvreté, elle a aussi subi des abus physiques et sexuels.Malgré toutes ces épreuves, c\u2019est le fait même qu\u2019elle soit une femme autochtone qui lui a donné la force de continuer.Elle explique qu\u2019elle s\u2019est tournée vers sa culture et ses traditions pour guérir ses blessures d\u2019enfance.\u203a UNE VOIX POUR CELLES QUI N\u2019EN ONT PAS Après avoir remporté le titre de Mme Univers, Ashley Callingbull a décidé d\u2019utiliser sa plateforme pour faire avancer la cause des femmes autochtones en dénonçant le traitement de celles-ci au Canada.Elle donne aussi des conférences pour parler de ses expériences et pour donner espoir à d\u2019autres jeunes autochtones qui vivent des situations difficiles.Ashley Callingbull est véritablement un bel exemple de beauté intérieure tout autant que de beauté extérieure.FÉLIX LALIBERTÉ, JOURNALISTE STAGIAIRE ASHLEY CALLINGBULL, BELLE À L\u2019INTÉRIEUR COMME À L\u2019EXTÉRIEUR! PHOTO ASHLEYCALLINGBULLOFFICIAL.COM \u203a EXTRAIT « Elle avait l\u2019écoute facile.Le jugement absent.J\u2019avais la parole continue.Nos rêves de gamines en commun.Elle n\u2019avait jamais peur dans la forêt, même en pleine nuit.J\u2019avais la certitude qu\u2019elle me protégerait des ours parce qu\u2019elle était la fille du pasteur et que ses prières seraient exaucées, contrairement aux miennes, moi, fille de personne.Lorsqu\u2019elle est partie, on s\u2019est promis de s\u2019envoyer des lettres.Mais on ne s\u2019est jamais écrit.On avait peu à se dire, tout compte fait» \u2014 Shuni, de Naomi Fontaine P H O T O N A O M I F O N T A I N E DES AUTOCHTONES D\u2019EXCEPTION ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Ces dernières semaines, nous avons appris beaucoup de choses troublantes et tristes au sujet des autochtones.À la suite de la découverte de tombes d\u2019enfants sur les terrains d\u2019anciens pensionnats autochtones, les communautés des Premières nations, des Inuits et des Métis ont suggéré que nous fassions tous un effort pour mieux les connaître.Nous avons donc décidé de faire quelque chose de positif pour faire rayonner des personnes autochtones exceptionnelles.En voici quelques-unes ici, choisies et présentées par nos journalistes stagiaires.NATASHA KANAPÉ FONTAINE, LA GRANDE POÉTESSE INNUE PHOTO AUDET SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E24 ARTS MAGAZINE leSoleil SAMEDI 3 JUILLET 2021 M35 LE P\u2019TIT MAG LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 Une noix de coco en plus 2 Une feuille du palmier 3 La barbe de l\u2019homme plus longue 4 Des bulles d\u2019air en plus 5 Une nageoire sur le poisson 6 Le message dans la bouteille 7 Un poisson en plus dans le banc de gauche C\u2019EST PLATE.QU\u2019EST-CE QU\u2019ON FAIT?DÉCOUVRE.LES SECRETS DE TA VILLE Ça t\u2019intéresse de découvrir tous les secrets qui se cachent derrière les recoins de ta ville?Les petits rendez-vous d\u2019histoire te proposent trois parcours interactifs à faire avec ta famille pour découvrir le patrimoine du Vieux-Beauport, de Sillery et du Cap-Blanc.Il te suffit d\u2019apporter un téléphone intelligent, et tu pourras réaliser les énigmes, les jeux-questionnaires et autres! Cette activité est offerte aux enfants de 4 à 10 ans.Pour plus de détails, c\u2019est ici : rvhqc.com/#!/index.LAURIE WIELAND Mon petit-fils aime sucer et croquer des glaces : «Non, grand- maman, pas celle-là, elle est collante» \u2014 Laurent, 2 ans Arrivés au centre commercial quelques minutes avant l\u2019ouverture des magasins, je propose de faire du lèche-vitrines en attendant.La réponse ne tarde pas : «NON! Déjà qu\u2019on doit porter un masque!» \u2014 Tristan, 9 ans FAITES- NOUS RIRE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E25 SAMEDI 3 JUILLET 2021 leSoleil M56 LE MAG DES MOTS PAS DANS LEUR ASSIETTE O année 2013 fut une année de «crap» pour Marie-Claude Marquis, notamment marquée par une peine d\u2019amour.«Quand je ne me sens pas bien, je fais beaucoup d\u2019écriture automatique; j\u2019écris sans me relire dans un cahier», explique-t-elle.Son cahier de 2013 a été le point de départ pour la création de ses assiettes aux messages émotifs, parfois irrévérencieux, présentées pour la première fois en 2014.«Mon but était de les briser, mais finalement, logistiquement, ça ne fonctionnait pas dans mon installation, alors je les ai seulement accrochées», raconte- t-elle.Grande amatrice de marchés aux puces et de friperies, elle déniche dans ces lieux les assiettes antiques qu\u2019elle enjolive avec de la typographie.«J\u2019aime le contraste entre le vieil objet romantique et des phrases punchées», partage l\u2019artiste.Pour en voir plus : instagram.com/marimarki VALÉRIE MARCOUX L\u2019 PHOTOS MARIE-CLAUDE MARQUIS SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E26 ARTS MAGAZINE G eneviève Fournaise a la bougeotte.La Bromptonvilloise d\u2019origine ne fait pas que cumuler les étampes sur son passeport : elle aime poser ses bagages longtemps et arrimer le rythme de sa vie à celui de sa terre d\u2019accueil.Après avoir vécu à Montréal, en Australie et au Bélize notamment, c\u2019est à Anticosti qu\u2019elle a décidé de s\u2019installer, après être tombée amoureuse de l\u2019île en 2009-2010 et y avoir travaillé.Certains pourraient avoir peur du temps qui s\u2019égrène lentement dans la petite communauté de 175 citoyens.Ou encore de son accessibilité limitée.Pas Geneviève Fournaise, qui souligne au passage avoir aimé son hiver dans ce lieu où le nombre d\u2019habitants diminue pendant la saison froide.Elle y a déposé ses valises en octobre dernier après avoir passé sept ans au Bélize, où elle a gagné sa vie dans le domaine du tourisme.Elle a connu dans ce pays d\u2019Amérique centrale les premières secousses de la pandémie.« Il n\u2019y avait plus de travail.Je donnais des cours de français parallèlement avec l\u2019office de tourisme et pour des resorts.Ils ont tout fermé.Il n\u2019y avait plus d\u2019économie, il n\u2019y a pas de filet social, il n\u2019y a pas d\u2019aide comme ici.J\u2019ai décidé de revenir près de ma famille et de mes amis.Anti- costi me revenait toujours en tête parce que ça faisait 10 ans que je n\u2019étais pas venue ici.Je me demandais comment j\u2019allais faire pour revenir.Je me suis dit que j\u2019allais le faire pour mon quarantième anniversaire.Je suis arrivée un jour avant\u2026 J\u2019étais en quarantaine, mais je me disais : \u2018\u2018c\u2019est pas grave, je suis à Port-Menier!\u2019\u2019 » Comme la saison touristique tirait à sa fin, Geneviève Fournaise ne misait pas trop sur ses chances de trouver un emploi.Et pourtant.En janvier, elle entrait dans ses nouvelles fonctions comme responsable du département de tourisme à la municipalité de L\u2019Île- d\u2019Anticosti et chargée de projet, mettant ainsi à profit l\u2019expérience acquise au fil des années.« Les milieux isolés, ça vient me chercher.Je me retrouve dans ça.Quand je suis revenue du Bélize, j\u2019avais besoin de voir les couleurs de l\u2019automne, de voir ma famille.J\u2019avais un besoin viscéral d\u2019être avec les miens et j\u2019avais un appel pour Anticosti, mais je suis rentrée avec aucune intention et tout s\u2019est fait tout seul.Je sens vraiment que je suis à ma place.Ça a été mon premier hiver en huit ans.J\u2019ai adoré mon hiver ici, ça a été extraordinaire, et reconnecter avec les gens, j\u2019ai vraiment aimé ça. » « L\u2019hiver, on vit pratiquement en autarcie.Quand les premiers touristes arrivent, c\u2019est comme les outardes qui reviennent », image d\u2019ailleurs le maire de L\u2019Île-d\u2019Anti- costi, John Pinault.« Les gens ici sont quand même solitaires à leur façon.Ils n\u2019ont pas peur de se retrouver seuls.Je suis une personne comme ça, j\u2019ai besoin de mes moments pour me retrouver.Mais ce n\u2019est pas fait pour tout le monde.Moi, j\u2019ai toujours été dans des milieux isolés, dans le désert australien, dans des villages mayas au Mexique\u2026 Je savais que j\u2019étais bien dans cet environnement-là », précise Geneviève.« Le temps passe incroyablement vite à s\u2019occuper.J\u2019avais des oncles chasseurs qui me demandaient ce que j\u2019allais faire.Pour moi, c\u2019était l\u2019inverse dans ma tête : j\u2019allais chercher des fossiles, pêcher au lac Georges\u2026 » Elle a trouvé à Anticosti les grands espaces, un terrain de jeu exceptionnel pour le plein air, « un milieu intemporel », où elle peut se ressourcer.« Tous les jours, on a un petit sourire, quelque chose qui nous rappelle pourquoi on est ici. » Envie de vous mettre dans l\u2019ambiance?https://www.lafabriqueculturelle.tv/ balados/46/anticosti-et-ses-histoires Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram à isabelle.pion S\u2019offrir Anticosti pour ses 40 ans De Bromptonville à Anti- costi en passant par l\u2019Australie et le Mexique, Geneviève Fournaise a beaucoup voyagé.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR « Les milieux isolés, ça vient me chercher.Je me retrouve dans ça.Quand je suis revenue du Bélize, j\u2019avais besoin de voir les couleurs de l\u2019automne, de voir ma famille.J\u2019avais un besoin viscéral d\u2019être avec les miens et j\u2019avais un appel pour Anticosti, mais je suis rentrée avec aucune intention et tout s\u2019est fait tout seul.Je sens vraiment que je suis à ma place. » \u2014 Geneviève Fournaise leNouvelliste SAMEDI 3 JUILLET 2021 ARTS MAGAZINE E27 ISABELLE PION isabelle.pion@latribune.qc.ca PORT-MENIER \u2014 On ne peut pas parler d\u2019Anticosti sans parler de sa richesse fossilifère, ce qui pourrait lui permettre d\u2019accéder au statut de site du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.C\u2019est la municipalité de L\u2019Île-d\u2019Anticosti qui a entrepris des démarches afin que l\u2019île obtienne ce prestigieux titre.D\u2019ailleurs, si vous arrivez à détacher votre regard de l\u2019horizon et que vous regardez sur les rives, vous pourrez dénicher différents fossiles, nous montre le géologue André Desrochers.Grâce à ses attributs statigraphiques, on décrit Anticos- ti comme «  le meilleur laboratoire naturel du monde pour l\u2019étude d e s f o s - siles  ».Des chercheurs d e p a r t o u t s\u2019y intéressent d\u2019ailleurs pour la paléontologie.Le territoire insulaire est reconnu grâce à ses couches sédimentaires pour la période allant de l\u2019Ordovicien au Silurien, il y a environ 447 millions d\u2019années.Cette période géologique coïncide avec un point critique, soit le premier événement de l\u2019extinction massive du vivant, indique M. Des- rochers, statigraphe et directeur scientifique du comité de pilotage de la proposition d\u2019inscription d\u2019Anticosti.En décembre dernier, Québec a fait d\u2019une partie d\u2019Anticosti une réserve de biodiversité projetée, assurant notamment la protection de la diversité des fossiles de l\u2019île.Pour cheminer à travers le long processus du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO, Anticosti devait d\u2019abord se retrouver dans la liste indicative du Canada, ce qui est chose faite depuis 2017.L\u2019ajout d\u2019un lieu à la liste mondiale passe d\u2019abord par l\u2019inscription sur la liste indicative d\u2019un pays.C\u2019est pour ses exemples représentatifs des grands stades de l\u2019histoire y compris du « témoignage de la vie » que la candidature a été sélectionnée en fonction de l\u2019un des critères qu\u2019elle devait satisfaire.Pour figurer sur la liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle et satisfaire à au moins un des critères de sélection.La proposition d\u2019inscription doit être déposée d\u2019ici la fin de l\u2019année 2021.Cette candidature devrait être étudiée par le comité du patrimoine mondial en 2022 et la décision devrait ensuite être rendue au plus tard à l\u2019été 2023.Le territoire proposé touche l\u2019ensemble du rivage et un corridor ciblé à l\u2019intérieur de l\u2019île.La Municipalité y voit, du même coup, une occasion de développer une nouvelle stratégie touristique.La journaliste était l\u2019invitée de la Sépaq.ANTICOSTI AU PATRIMOINE MONDIAL DE L\u2019UNESCO?Les fossiles sont facilement visibles à Anticosti, si l\u2019on se donne la peine d\u2019observer le sol.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION André Desrochers, statigraphe et directeur scientifique du comité de pilotage de la proposition d\u2019inscription d\u2019Anticosti.\u2014 PHOTO LA PRESSE, DAVID BOILY Anticosti pourrait offrir le deuxième itinéraire de Grande randonnée (GR) au Québec dans quelques années.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION Imaginez quelque 475 km de sentiers sur les côtes anti- costiennes, s\u2019engouffrant aussi à l\u2019intérieur du territoire insulaire.C\u2019est le projet caressé par la municipalité de L\u2019Île-d\u2019Anticos- ti, en collaboration avec la Sé- paq pour une portion du tracé.« On a commencé par le nord parce c\u2019est le plus difficile.Sur le côté sud, il y a beaucoup d\u2019anciens sentiers qu\u2019il faut réhabiliter un petit peu.Ça me tient beaucoup à cœur », décrit l\u2019infatigable maire de L\u2019Île-d\u2019An- ticosti, John Pinault, qui aspire à obtenir une accréditation de GR (grande randonnée).Au Québec, c\u2019est le sentier international des Appalaches \u2013 Québec (SIA-Qc) (650 km) qui est devenu le premier itinéraire de grande randonnée (GR) en Amérique du Nord.Les GR sont homologués par la Fédération française de la randonnée pédestre.Certains tronçons seront multiusages.Le projet a démarré il y a trois ans.« On a sous-estimé le temps que cela prendrait, juste en permis et en droits de passage », dit-il en citant les démarches auprès de différents ministères.On peut compter cinq autres années avant que le réseau ne soit complété, mais le maire estime qu\u2019une première portion pourrait être ouverte en 2022.ISABELLE PION UN PROCHAIN GR AU QUÉBEC? SAMEDI 3 JUILLET 2021 leNouvelliste E28 ARTS MAGAZINE S aint-Raphaël, Saint- Damien-de-Buckland, Sainte-Euphémie-sur- Rivière-du-Sud : j\u2019aime regarder les noms des villages défiler quand je découvre une nouvelle région du Québec.Ça me démontre l\u2019étendue de mon ignorance de la géographie du Québec et me donne un tas d\u2019idées pour des weekends à me perdre là où je ne suis jamais allé.La route 281 me menait récemment dans un secteur de Bellechasse que j\u2019ai attendu trop longtemps pour explorer.Et je suis passé tout droit, comme à mon habitude dans ces trajets- là, à l\u2019entrée du parc des Chutes d\u2019Armagh.C\u2019est là que l\u2019Hôtel UNIQ avait dressé sa quinzaine de tentes lotus pour son premier de trois arrêts estivaux.L\u2019Hôtel UNIQ, pour « unités nomades insolites québécoises », prend la route pour un deuxième été.Une deuxième fois, il faut composer avec la pandémie : une bonne et une mauvaise nouvelle pour un hébergement nomade qui plante ses racines temporaires dans des sites où le prêt-à-camper n\u2019est pas monnaie courante.Le concept est parfait pour les temps de pandémie : le camping permet la distanciation, le contact avec la nature, tout en partageant un espace commun avec d\u2019autres touristes.Les temps sont néanmoins incertains alors que plusieurs attendent la dernière minute, et les consignes les plus récentes, avant de réserver leur hébergement pour l\u2019été.Au parc des Chutes d\u2019Armagh, c\u2019était le calme plat.Le stationnement, idéal comme point de départ pour explorer les pistes cyclables de la région, est demeuré presque vide pendant tout le séjour.Les tentes, érigées dans un arboretum, étaient suffisamment distancées pour assurer un certain calme à tous les visiteurs.Chaque unité était munie d\u2019une lampe, d\u2019un lit double, d\u2019un miroir et de deux chaises.Tout est toujours désinfecté entre chaque client, assure Myriam Corbeil, désormais l\u2019unique propriétaire de l\u2019Hôtel UNIQ.Il faut deux jours pour dresser le village en entier, qui est aussi composé d\u2019une tente commune, à trois minutes de marche, pour assurer la quiétude de ceux qui se reposent.Sous le chapiteau, on fournit l\u2019eau potable, les essentiels pour cuisiner, et des tables pour manger.C\u2019est aussi là, le soir, que s\u2019allume un feu autour duquel les clients peuvent se rassembler et faire connaissance.L\u2019aspect social est un des atouts du concept.Myriam Corbeil indique par ailleurs choisir les sites où elle arrêtera sa caravane en fonction d\u2019au moins trois critères : l\u2019absence de moustiques, la présence de toilettes et de douches et la température selon le moment de l\u2019année.Elle recommandait néanmoins d\u2019amener tuques, mitaines et manteaux à Armagh, village d\u2019environ 1500 âmes, pour les frisquets mercures nocturnes.Une couverture chauffante était offerte en location pour les plus frileux.L\u2019an dernier, j\u2019avais vécu l\u2019expérience de l\u2019Hôtel UNIQ au parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean.J\u2019ai retrouvé le village temporaire avec le même enthousiasme cette année pour découvrir un parc et une région que je ne connaissais pas.Le piège, c\u2019est justement de ne pas se garder de temps pour découvrir le site où sont plantées les tentes.C\u2019est là une des raisons pour lesquelles un séjour doit compter au minimum deux nuits.Au parc d\u2019Armagh, par exemple, le barrage, le tunnel piéton et les sentiers de marche, comme l\u2019ancienne gare, valent tous qu\u2019on leur accorde un minimum d\u2019attention.Du premier été pandémique, où trois semaines d\u2019activités ont été annulées en raison d\u2019un passage en zone rouge, Myriam Corbeil a tiré quelques enseignements.« J\u2019ai compris que je ne me lancerais pas dans l\u2019événementiel comme je voulais le faire à la base.Ce serait beaucoup trop de travail de déménager d\u2019un site à l\u2019autre toutes les semaines.Avant la COVID, nous avions des ententes avec plusieurs festivals.Je ne suis pas certaine que nous serions passées au travers s\u2019il n\u2019y avait pas eu la pandémie.Le plus grand stress pour cette entreprise, c\u2019est le déménagement de sites. » Le plan initial visait l\u2019installation d\u2019une trentaine de tentes dans dix festivals différents en 2020.L\u2019équipe de l\u2019Hôtel UNIQ avait finalement pris la route pour quatre destinations avec dix tentes seulement.L\u2019expérience avait été concluante.My- riam Corbeil a d\u2019ailleurs remporté une bourse lui permettant un accompagnement par 450 professionnels de l\u2019entrepreneuriat.Son entreprise a aussi été sacrée PME de l\u2019année en tourisme par la Jeune Chambre de commerce du Québec.Cette année, trois sites ont été choisis pour des périodes de deux mois chacun.Le convoi a déjà quitté le parc d\u2019Armagh pour se diriger en Gaspésie, à la Seigneurie du lac Matapédia, où les touristes sont attendus jusqu\u2019au 30 août.« Avec l\u2019engouement de l\u2019an dernier pour la Gaspésie, c\u2019était certain que je visais cette région- là cette année. » En septembre et au début octobre, les tentes de l\u2019Hôtel UNIQ seront offertes au Domaine Saint-Bernard, dans les Lauren- tides.« Comme une partie de ma clientèle vient de Montréal, je voulais un site où il était naturel pour eux de se rendre. » Pour bonifier l\u2019expérience, My- riam Corbeil tente de conclure des ententes avec des producteurs locaux pour offrir des repas ou des activités spontanées qu\u2019elle a baptisées « activités pop-up ».« La nourriture doit être commandée et on va la chercher pour les clients.On ne fait toutefois pas le service.J\u2019ai aussi un partenariat local pour le cocktail d\u2019arrivée que j\u2019offre aux visiteurs.Pour les activités, j\u2019essaie d\u2019en avoir une par jour, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une projection sur la tente commune, un chansonnier, un sport, pour donner l\u2019occasion de faire quelque chose à l\u2019extérieur des tentes. » Lors de mon passage, une activité de planche à pagaie, avec Paddlepassionqc, avait été organisée.Les repas étaient préparés sur demande par la boulangerie Le Vieux Buckland alors qu\u2019un chansonnier d\u2019Armagh a interprété du Daniel Bélanger et du Paul Piché pour la Saint- Jean-Baptiste.Ces moments de courte durée ont certainement agrémenté le séjour.L\u2019Hôtel UNIQ compte par ailleurs deux employés pour assurer le service aux clients.« Je veux apporter le bien-être en nature, offrir une forme de relaxation », raconte Myriam Cor- beil, qui étudie au doctorat en psychologie du travail, question de se garder bien occupée.Pour la relaxation, c\u2019est réussi.La proximité avec la nature, le rythme des activités qu\u2019on organise à notre guise et la découverte d\u2019une région riche en agro- tourisme m\u2019ont donné l\u2019impression d\u2019avoir pris deux semaines de vacances.Peut-être qu\u2019il était temps, avec le déconfinement, de mettre le cap sur l\u2019ailleurs pour recharger les batteries.Deux dodos dans un arboretum à un jet de pierre des chutes d\u2019Armagh auront fait le travail.Le journaliste était l\u2019invité de l\u2019Hôtel UNIQ.Le deuxième été pandémique de l\u2019Hôtel UNIQ JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR L\u2019Hôtel UNIQ avait planté ses tentes dans l\u2019arboretum du parc des Chutes d\u2019Armagh, en juin.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU "]
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