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Titre :
La voix de l'Est
Éditeur :
  • Granby :La voix de l'Est,1935-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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La voix de l'Est, 2021-11-06, Collections de BAnQ.

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[" ARTS CINÉMA GOURMAND BIÈRES VINS VOYAGES SORTIES + MAISON Architecture UN CHALET SUR RAIL + RÉGAL En cuisine TRUCS ANTI- GASPILLAGE + IMPRO La Buck LE JOYEUX RENDEZ-VOUS DU DIMANCHE UNE ODE À LA TERRE GILLES VIGNEAULT ARTS Musique LEUR BAPTÊME À L\u2019ADISQ \u2014 L A P R E S S E , M A R C O C A M P A N O Z Z I SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M2 ARTS ET SPECTACLES YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com Pour parler de Comme une chanson d\u2019amour, son tout nouvel album, lancé la semaine où il soufflait ses 93 ans, Gilles Vigneault reçoit.Chez lui.Pas de Zoom ni d\u2019écrans interposés.Rien au téléphone, début de surdité oblige.Rien que des conversations entre quatre z\u2019yeux et Joreilles, avec une minuscule poignée de journaliste invités dans son local de répétition de Saint- Placide.Des intervieweurs dûment vaccinés, et bien conscients du privilège que nous fait le vénérable Vigneault, à vouloir lire les questions sur nos lèvres, et ce, le jour même de son anniversaire.Le cadeau, c\u2019est lui qui nous l\u2019offre.Lui, le vénérable chêne.Lui, l\u2019intarissable ruisseau de paroles.Si l\u2019on s\u2019amuse ainsi à l\u2019habiller d\u2019eau et de feuilles, c\u2019est que la nature est le grand décor et le cœur de ses nouvelles compositions : 10 chansons originales où les saisons et les quatre éléments primordiaux prennent la parole pour vivifier la fibre environnementale des jeunes et des moins jeunes.Sur l\u2019album, dont Jim Corcoran a pris la direction artistique \u2014 assisté de Claude Champagne, coréalisa- teur \u2014 figure aussi Joreille, un mini- conte évoquant la peur, ancestrale et viscérale, de l\u2019Autre, qui dévore l\u2019âme et tétanise.Quasiment pas de personnages, au détour de ces chansons.Très peu de gens.Juste du Pays.La Nature, n\u2019est-ce pas la seule chose qui mérite d\u2019être chantée, quand on a déjà tant dit ou tout écrit?Ça et l\u2019Amour et le Langage.ces deux oiseaux-là sont à ses yeux, au même titre que Monsieur l\u2019Air ou Madame l\u2019Eau, deux «éléments» fondamentaux de plus, à dire en majuscules.GÉANT À HAUTEUR D\u2019ENFANCE Cet album juvénile (et non enfantin), c\u2019est un retour à l\u2019essentiel.Au fondamental.À la source de toute vie.Les textes résonnent d\u2019ailleurs moins comme un avertissement (ce qu\u2019ils sont pourtant) aux humains que comme l\u2019héritage de tout ce que Vigneault, géant à hauteur d\u2019enfance, veut laisser aux générations futures, en cas de disparition prématurée.Oh, ce n\u2019est pas pour demain la veille! promet Vigneault, fringant, et déjà prêt à remettre le couvert l\u2019an prochain.Mais c\u2019est indéniablement à l\u2019Enfance que s\u2019adressent les poétiques allégories de Comme une chanson d\u2019amour.Pour s\u2019en convaincre, il suffit de voir son visage s\u2019 i l luminer lorsqu\u2019on évoque ce garçon de 9 ans de notre entourage \u2014 appelons-le Nathanaël \u2014 qui aime entonner les premiers couplets de Quand vous mourrez de nos amours.«Si l\u2019une de mes chansons, ou l\u2019un de mes refrains, quel qu\u2019il soit, survit dans la tête et l\u2019âme d\u2019un enfant, [voilà] une promesse d\u2019immortalité \u2014 qui en vaut bien d\u2019autres, se réjouit Gilles Vigneault.[C\u2019est] une pérennité que même l\u2019imprimé ou le gravé sur disque n\u2019arrive pas à perpétuer.Cet enfant-là aura peut- être l\u2019occasion d\u2019être le grand-père de quelqu\u2019un.et de lui chanter à son tour cette chanson.Ce qui perpétue une chanson, c\u2019est la mémoire des gens.Alors ça, c\u2019est un cadeau extraordinaire.[.] Vous lui direz ça, à Nathanaël.» ENFANTS, VOUS SEREZ NOS VEILLEURS « Écrire, c\u2019est se projeter sur l\u2019Autre dans un miroir.qui nous renvoie la plupart du temps [notre] image.Et c\u2019est pour ça que j\u2019ai écrit là-dedans une lettre GILLES VIGNEAULT UNE LETTRE D\u2019AMOUR À LA TERRE «SUR DES AIRS DE FIN DU MONDE» Pour Gilles Vigneault, «composer une chanson et chanter, c\u2019est un acte politique, aujourd\u2019hui.N\u2019importe où dans le monde.[.] La minute qu\u2019on parle de notre situation, et de la situation de l\u2019Autre sur la planète Terre, alors, là, ça devient politique.» C\u2019est un geste politique, dit-il, que de s\u2019adresser aux enfants.À l\u2019heure où les adultes regardent, les yeux pleins de promesses, ces lointaines galaxies, croyant y entrevoir la planète qu\u2019ils présagent terra-formable, Vigneault le Veilleur se pique de s\u2019adresser à tous les petits Nathanaël du monde, pour leur dire : «Méfie-toi de faire trop confiance à la possibilité de ces autres \u201cterres\u201d soi-disant habitables, [car] la chaloupe pour y aller n\u2019est pas bâtie et je ne pense pas qu\u2019elle sera bâtie dans le siècle qui vient.Tu n\u2019iras pas, et moi non plus; ni mes arrière-petits-enfants.» «Nous avons sous nos pieds et nos orteils curieux de pas nouveaux, de chemins neufs, une planète immensément habitable.et proche.Peut-être qu\u2019il faudrait commencer par [prendre soin de] celle-là.N\u2019est-ce pas, Nathanaël?» LE DROIT laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 ARTS ET SPECTACLES M3 anonyme  : [ la chanson titre] Comme une chanson d\u2019amour qui est une lettre d\u2019amour à la planète Terre.» Sa chanson Le veilleur met en scène Joreille, qui zyeute et tend l\u2019oreille pour le bien de l\u2019humanité.Ce personnage «important», qui apparaît aussi dans le conte introduisant la chanson, permet à Vigneault de «parler de la peur».Joreille «dit entre autres que quand on voit pas très bien ce qui nous fait peur, on doit regarder à l\u2019intérieur de soi.Et on découvre que c\u2019est la peur de l\u2019Autre, de l\u2019étranger, de ce qu\u2019on ne connaît pas.Et la peur de soi- même.[Celle] qu\u2019on se fabrique pour se faire peur.» «J \u2019ai donné un gros travai l \u2014  une grosse job comme on dirait à Natashquan \u2014 au Veilleur, [ce] personnage que je m\u2019efforce d\u2019être», poursuit Gilles Vigneault, en souvenir de ce «vieux professeur de Rimouski qui s\u2019appelait Georges Beaulieu, et qui, m\u2019ayant donné à traduire quelques vers de Virgile, m\u2019avait dit  : \u201cVous [les jeunes générations] serez des sur veillants.Vous serez nos veilleurs.\u201d» Son enseignant lui avait fait traduire le chant de Custos, tiré des Géorgiques de Virgile.«Le Veilleur, c\u2019était quelqu\u2019un qui s\u2019informait : \u201cCustos Quid De Nocte?\u201d [en latin  : Veilleur, qu\u2019en est-il de la nuit ?] Et Custos, le veilleur, répondait: \u201cJe ne vois rien venir dans la plaine; j\u2019ai regardé au loin : tout est calme!\u201d Autrement dit : il n\u2019y a pas de guerre, pas d\u2019ennemis.Tout a l\u2019air tranquille.Dormez en paix, je veille! Et je l\u2019ai appelé Joreille, lui qui zyeute déjà profondément, avec son espèce de vieux télescope.» DOMPTER LA PEUR La peur, Gille Vigneault n\u2019en est pas exempt.Oh! pas la peur d\u2019être rendu au bout du chemin, d\u2019avoir atteint «le sommet» et de commencer à crapahuter de «l\u2019autre côté de la montagne».Après tout, la mort, «ce n\u2019est pas la fin de moi, c\u2019est une étape.Nous sommes les étapes les uns des autres.Ce n\u2019est pas la fin de tout, puisque Nathanaël va continuer» à fredonner une de mes chansons.Ce qui l\u2019«inquiète», c\u2019est plutôt « la p eur el le-même».La peur d\u2019avoir peur.Et «d\u2019oser des choses».«C\u2019est quelque chose d\u2019intérieur, que non seulement le Veilleur éprouvait, mais que j\u2019ai, moi aussi» et qui nourrit «cette vieille, vieille, peur humaine de tout ce qui nous est étranger, et qui nous semble automatiquement étrange et inquiétant.«La peur paralyse l\u2019envie de connaître l\u2019Autre.[.] Quand on se connaît, on est un petit peu resp onsable de la p ersonne qu\u2019on vient de rencontrer.Et elle aussi \u2014 on ne le sait pas toujours \u2013 est responsable de nous.Par exemple, tu es responsable de moi, en ce moment.» sourit-il, en fin renard st-exupéryien.L\u2019autre grande crainte \u2014 intolérable \u2014 de Gilles Vigneaut, c\u2019est celle de devoir partir avec l\u2019impression qu\u2019il laisse une «cabane en désordre».Bien entendu, le poète évoque ici, par métaphore, la planète \u2014 et non quelque paperasse testamentaire.JOSÉE LAPOINTE La Presse Jim Corcoran a réalisé le nouvel album de Gilles Vigneault, un honneur pour lequel il voulait se montrer à la hauteur.Il nous a parlé de cette expérience unique.Q C\u2019était émouvant de travailler sur ce projet?R C\u2019est chargé d\u2019émotion, c\u2019est sûr.C\u2019est émouvant de beauté, touchant par une sorte de transparence.Au premier contact, Gilles m\u2019a juste récité ses textes.Je n\u2019avais pas encore entendu la musique et j\u2019étais déjà saisi.Mon attachement au projet, c\u2019est d\u2019abord et avant tout ses mots.Q Vous aviez conscience d\u2019avoir quelque chose de précieux entre les mains?R Au début, je lui ai demandé : «Mais pourquoi moi?» Il a dit : «Je veux aller ailleurs.» J\u2019étais légèrement intimidé à l\u2019idée de participer à ce disque, et d\u2019essayer de voir ce qu\u2019il voulait dire par «aller ailleurs».Q C\u2019est vrai que c\u2019est vaste.R Vaste et attrayant, mais il fallait faire attention.Je ne voulais pas m\u2019éloigner de Gilles au nom du mot «ailleurs».Et ce qu\u2019on a trouvé, avec le temps et beaucoup de travail avec lui, parce qu\u2019il était tellement vaillant et travaillant, est plus près de l\u2019origine, plus près de Gilles que jamais.Je voulais que ce disque soit à la fine pointe de la technologie et j\u2019ai vu que j\u2019avais l\u2019équipe avec moi.Claude Champagne, le technicien, un ami de longue date de Gilles, qui a assuré la qualité sonore.Julie Thériault, qui signe les arrangements.Il n\u2019y a rien d\u2019ostentatoire ou de grandiose, c\u2019est touchant du début à la fin.Une élégance\u2026 Q On dirait que sa voix est plus fragile.R J\u2019ai réalisé qu\u2019il n\u2019avait pas chanté depuis un bout, alors j\u2019ai suggéré que Monique Fauteux l\u2019aide à la réchauffer.Il disait  : «Non, non, c\u2019est trop tard, je n\u2019ai jamais eu une belle voix\u2026» Je lui ai dit : «Je ne veux pas la changer, je veux juste l\u2019entraîner!» Monique lui faisait faire des vocalises par Zoom, et, chaque jour d\u2019enregistrement, il commençait par 20 minutes d\u2019échauffement.C\u2019est ce qui fait que sa voix demeure si belle.C\u2019est celle qu\u2019il a maintenant, qu\u2019il possède pleinement.C\u2019est pour ça que c\u2019est touchant aussi.Parce que c\u2019est une sagesse, c\u2019est assumé.Q C\u2019est très impressionnant à entendre.R Moi, j\u2019avais des frissons.Le privilège que j\u2019avais! Le journaliste qui peut passer quelques heures avec lui se sent privilégié\u2026 moi, j\u2019ai passé 15 mois! Des fois on travaillait, on répétait, on discutait, je voyais qu\u2019il était épuisé\u2026 et là, il se mettait à raconter des histoires.Je me disais : Corcoran, t\u2019es chanceux, tsé.Q Ce sont des arrangements très contemporains que vous avez faits.R Je n\u2019aurais pas voulu que ce soit autrement.Il fallait que ça sonne comme les meilleurs disques d\u2019aujourd\u2019hui, parce que Gilles le mérite, et qu\u2019on avait l\u2019équipe pour le faire.Il n\u2019y a rien de vieillot.Jamais il n\u2019y a eu d\u2019hésitation de sa part, il voulait avancer.Mais il y avait toujours une discussion.Des fois, je faisais des propositions et il disait : «Pas sûr.» C\u2019était un work in progress et, ultimement, c\u2019est lui qui décidait.Mais il était bien plus disponible que je pensais qu\u2019il allait l\u2019être.Q Il vous a fait confiance.R Oui.Et il a fait preuve d\u2019audace! D\u2019habitude, ses disques, c\u2019est piano-voix.Là, il y a des chansons avec de la harpe, du hautbois, un quatuor à cordes\u2026 C\u2019est très dénudé, jamais il n\u2019est enterré, jamais ce n\u2019est gonflé.Ce sont les mots, les intentions, les sentiments de Gilles qui sont soutenus.Avec Claude, on s\u2019est assurés qu\u2019il n\u2019y ait pas un mot qu\u2019on manque.Q Un jour, allez-vous vous pincer en vous disant : «j\u2019ai fait ça dans ma vie»?R Dans ma carrière, on m\u2019a proposé des choses extraordinaires.Il y a 30 ans, Nelligan.Il y a quelques années, Miron.Et là, Vigneault m\u2019appelle?Je remercie le cosmos.Je n\u2019ai pas couru après ça, mais ça m\u2019oblige à être à la hauteur de ce qu\u2019on me confie.Et il me confiait beaucoup, ses textes et ses chansons, il ne fallait pas les gâcher! Je suis très, très fier\u2026 et j\u2019essaie de contenir mes superlatifs.Q Avoir une telle ouverture à 93 ans, c\u2019est fascinant.R C\u2019est très inspirant.Je me dis : mais qu\u2019est-ce que je vais faire dans 20 ans, moi?Gilles, c\u2019est un phénomène.En mars, on avait placé des dates pour enregistrer des voix.Et puis, il m\u2019appelle et il me dit  : «Jim, je ne peux pas chanter cette semaine.» Je me dis : oh boy, il y a un problème\u2026 «Les sucres ont commencé.Il faut que je fasse les sucres.» Je l\u2019aurais serré dans mes bras.Ça, c\u2019est la vie, ça, c\u2019est ailleurs.Il est ailleurs, Gilles.Et il fallait l\u2019accompagner pour que l\u2019ailleurs qu\u2019on propose soit aussi beau que l\u2019ailleurs qui existe déjà en lui.JIM CORCORAN Mettre en valeur les mots de Vigneault Pour pour réaliser son nouvel album, Gilles Vigneault a choisi Jim Corcoran.\u2014 PHOTO ANGELO BARSETTI-CARON Gilles Vigneault a reçu une poignée de journalistes à l\u2019occasion du lancement de son nouvel album de chansons originales, Comme une chanson d\u2019amour. \u2014 LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M4 ARTS ET SPECTACLESMA PREMIÈRE NOMINATION À L\u2019ADISQ VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com CRi avait déjà ressenti une grande fierté quand la version de Fous n\u2019importe où qu\u2019il a réalisé avec Charlotte Cardin était en nomination pour la chanson de l\u2019année au gala de l\u2019ADISQ de 2019.Cette année, il accède à un autre niveau de reconnaissance.CRi et son album Juvénile se sont retrouvés en nomination pour trois Félix, notamment dans la prestigieuse catégorie de Révélation de l\u2019année dont le gagnant sera dévoilé dimanche soir.Christophe Dubé progresse joliment dans son objectif de démocratiser la musique électronique au Québec.En tout cas, il a su se démarquer dans cet univers musical comme l\u2019indique le Félix de l\u2019Album de l\u2019année \u2013 Musique électronique qu\u2019on lui a remis lors du gala diffusé mercredi soir.Juvénile est également apprécié hors de la province.Il a récolté une nomination aux JUNO et à la SOCAN.«La musique électronique est un style extrêmement populaire ailleurs dans le monde, affirme CRi.Au Québec, la musique électronique rayonne moins.[Les artistes] qui rayonnent ne sont pas nécessairement connus au Québec même s\u2019ils sont hyper connus ailleurs.» La pochette, réalisée par William Arcand, a récolté une nomination, bien que le Félix ait été remis lundi aux concepteurs de celle de l\u2019album de Klô Pelgag, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.La photo et tout le matériel visuel LE TRIPLE BAPTÊME DE CRi La pochette de l\u2019album Juvénile (à droite) de CRi était en nomination au Premier Gala.\u2014 XAVIER CYR BASIA BULAT : UNE PREUVE D\u2019AMOUR Montréalaise d\u2019adoption, Basia Bulat était en nomination pour le Félix de l\u2019Artiste de l\u2019année ayant le plus rayonné hors Québec.«C\u2019est comme si ma ville d\u2019adoption m\u2019aimait en retour!» lance la multi-ins- trumentiste native de Toronto, pour qui cette première nomination à l\u2019ADISQ a une grande valeur sentimentale, même si le trophée a finalement été remis à Charlotte Cardin lors du gala de mercredi.«Ça fait tellement de bien d\u2019être reconnue comme ça! J\u2019ai déménagé ici à temps plein en 2014, donc Mont réal est ma maison depuis, mais j\u2019ai fait la majorité de ma musique à Montréal depuis le début», souligne l\u2019artiste folk, dont le cinquième album, Are You in Love?(2020), était en nomination aux JUNOS, tout comme ses deux précédents.Basia Bulat a réussi à rayonner hors Québec sans en sortir.«[Mon label Secret City Records et mon manager] ont fait un excellent travail, même si mon album est sorti pendant la pire semaine de la pandémie [le 27 mars 2020]», se souvient l\u2019autrice-compositrice-interprète.Love Is at the End of the World a soudainement pris une signification particulière pour ses admirateurs.«C\u2019est la chanson à propos de laquelle beaucoup de gens m\u2019écrivent encore», témoigne l\u2019artiste qui a développé sa présence sur le Web pour entretenir ses liens avec son public.Récemment, elle est redevenue plus discrète puisqu\u2019elle est accaparée par sa toute dernière création : une petite fille de six mois qu\u2019on entend gazouiller à l\u2019autre bout de la ligne durant l\u2019entrevue téléphonique.Le premier spectacle de Basia Bulat depuis la pandémie a été au Festival de jazz de Montréal.«C\u2019était très émouvant, car cela a toujours été un rêve pour moi de jouer sur la scène extérieure de la Place des Festivals», partage l\u2019artiste, qui se sent plus que jamais à la maison dans la métropole.VALÉRIE MARCOUX Toujours les mêmes au gala de l\u2019ADISQ?Pas du tout! Quarante sont nommés pour la première fois cette année \u2014 un record.Que ce soit au Premier gala de mercredi ou à la 43e édition, Le Soleil s\u2019est entretenu avec quatre artistes pour mesurer leur enthousiasme et leur fierté.R I C H M O N D L A M laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 M5 ARTS ET SPECTACLES LES FILLES MONTAGNES : UN ALBUM QUI RÉSONNE «Je trouve ça beau que cette catégorie soit dans le gros gala.Elle ne l\u2019a pas toujours été», souligne Viviane Audet dont Les filles montagnes est en nomination pour l\u2019Album de l\u2019année \u2013 Musique instrumentale.Inscrite à la dernière minute, la compositrice accueille avec joie cette première nomination solo.«C\u2019est vraiment une super belle surprise!» s\u2019exclame Viviane Au- det qui sort tout juste du studio d\u2019enregistrement où elle travaillait sur la trame sonore prochain Rafaël Ouellet.C\u2019est d\u2019ailleurs grâce à lui qu\u2019elle a fait ses débuts comme actrice en 2006, puis comme compositrice de musique de film en 2012.Depuis 10 ans, Viviane Au- det compose essentiellement pour les autres.Avec Les filles montagnes (2020), elle s\u2019est replongée dans sa musique façonnée en 2019 pour le documentaire de Judith Plamondon, Polytechnique, ce qu\u2019il reste du 6 décembre.Sans avoir vu les images du long métrage, Viviane Audet a pris l\u2019imposant dossier de recherche de la réalisatrice et a demandé qu\u2019on lui en lise le contenu alors qu\u2019elle improvisait au piano.Il lui restait beaucoup de «retailles» de cette séance qui n\u2019avaient pas été utilisées pour le film, explique-t-elle.Depuis sa sortie, son album résonne avec d\u2019autres tragédies, souligne la compositrice en faisant référence aux féminicides qui affligent le Québec.Récemment, la musicienne a lancé une version longue de la pièce Elles \u2014 50 secondes étaient trop peu pour exprimer toute la colère ressentie devant ces crimes.Les filles montagnes s\u2019avère son premier effort entièrement instrumental, mais pas le dernier.«Je me rends compte qu\u2019avec la musique instrumentale, je peux dire bien plus d\u2019affaires qu\u2019avec les mots.Ça m\u2019a pris du temps à le comprendre», révèle la compositrice qui prépare un nouvel album inspiré d\u2019un piano blanc abandonné.VALÉRIE MARCOUX IRVIN BLAIS : LE COUNTRY, PLUS VIVANT QUE JAMAIS Avec Irvin Blais en nomination pour le meilleur album country de l\u2019année aux côtés de Léa Jarry et d\u2019Alex Burger, deux jeunes étoiles montantes de la musique country aussi en lice pour le prestigieux Félix de Révélation de l\u2019année, le public québécois semble renouer avec ce style musical parfois caricaturé.«C\u2019est pas de la musique quétaine qu\u2019on fait, c\u2019est de la musique que t\u2019aimes, souligne Irvin Blais en entrevue au Soleil.Le country a toujours été en vie, c\u2019est juste qu\u2019on ne le médiatisait pas.Les promoteurs découvrent la musique country, mais nous, les gens des régions, on sait que cette musique est écoutée.» Irvin Blais est aussi honoré de monter sur la scène du gala de l\u2019ADISQ ce dimanche que de recevoir sa première nomination (il a obtenu mercredi le prix du public de la première nomination).Avec 14 albums à son actif et une carrière bien établie, le vétéran de la musique country québécoise s\u2019est inscrit pour la première fois cette année au fameux gala afin de faire plaisir à ses nombreux admirateurs qui désiraient le voir à la télévision dans un grand événement, évoque l\u2019artiste qui met un point d\u2019honneur à rester accessible et disponible pour parler avec ses fans.Pour franchir cette nouvelle étape de sa carrière, l\u2019auteur- compositeur-interprète s\u2019est associé pour la première fois au producteur Martin Leclerc pour l\u2019aider à atteindre ses objectifs et concocter LÉDA.Cet album est dédié à sa belle-sœur décédée d\u2019un cancer au printemps 2020.Prolifique, Irvin Blais a composé une trentaine de chansons pour n\u2019en retenir que 12, celles qui évoquent avant tout la bienveillance de Léda.VALÉRIE MARCOUX entourant le premier effort de CRi ont été conçus en une journée autour d\u2019un gros aquarium, se rappelle l\u2019artiste qui s\u2019est immergé complètement dans l\u2019eau froide au fil des essais.«Pour moi, l\u2019eau représente le commencement; l\u2019être humain commence sa vie dans un liquide.C\u2019était aussi une manière de plonger ma tête dans le passé.Juvénile est une ode à mon enfance, à tout ce qui m\u2019a formé», partage Christophe Dubé.Le flou et les dégradés de couleurs sont également des éléments importants pour l\u2019artiste qui voulait une pochette à l\u2019image de sa musique qui n\u2019est pas découpée de manière chirurgicale.«Ça module, c\u2019est rond.Des fois, tu es un peu perdu et finalement tu rentres dans quelque chose», décrit-il.EN ATTENDANT DE DANSER Heureux de ses nominations qui arrivent à point pour célébrer le premier anniversaire de Juvénile, CRi était tout de même déçu de ne pas encore avoir eu l\u2019occasion de faire danser collectivement ses fans au Québec.«Dans les formes de mes chansons, j\u2019ai vraiment pensé à comment une foule réagirait.C\u2019est un album qui est fait pour ça», explique l\u2019artiste qui est fier d\u2019avoir entièrement réalisé Juvénile au Québec, même s\u2019il a signé avec une maison de disque londonienne.CRi a fait des spectacles dans plusieurs villes aux États-Unis, il se prépare à aller jouer en Angleterre et au Mexique, mais il doit encore attendre pour faire danser les gens d\u2019ici.«Un show de musique électronique assis, c\u2019est comme regarder un film les yeux fermés : ça ne fait aucun sens», affirme l\u2019artiste qui a décidé de reporter ses spectacles prévus cet automne, moins d\u2019une semaine avant que le gouvernement annonce le retour officiel de la danse à l\u2019intérieur à partir du 15 novembre.En attendant, CRi a devancé la sortie du vidéoclip de Signal, pièce sur laquelle il collabore avec Daniel Bélanger.IMPROBABLES COÏNCIDENCES Alors que Juvénile fêtait sa première année d\u2019existence le 16 octobre, Rêver mieux de Daniel Bélanger célébrait ses 20 ans.«On a sorti nos albums exactement la même date.Honnêtement, je ne le savais pas du tout, on n\u2019a pas fait exprès», promet celui qui n\u2019a jamais caché son admiration pour cette icône de la musique québécoise.Si on accepte cette synchronicité comme une coïncidence, elle n\u2019est pas la seule qui semble lier l\u2019album mythique de Daniel Bélanger \u2014 qui vient d\u2019obtenir la certification double platine de Music Canada \u2014 et Juvénile.«Je l\u2019ai composé presque entièrement à la Coop [Le] Symphonique à Montréal, là où Daniel [Bélanger] a aussi enregistré Rêver mieux.Tout ça n\u2019est pas voulu», insiste-t-il.Avec Travelling, Daniel Bélanger est pour sa part en nomination à l\u2019ADISQ dans la catégorie Album de l\u2019année \u2013 Musique instrumentale.NOMINATION À L\u2019ADISQ «Un show de musique électronique assis, c\u2019est comme regarder un film les yeux fermés : ça ne fait aucun sens» \u2014 CRi, à propos de ses spectacles qu\u2019il devait faire au Québec A R C H I V E S L A P R E S S E , A L A I N R O B E R G E P H O T O L A U R E N C E L A B A T SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M6 ARTS ET SPECTACLES YVES BERGERAS Le Droit La chanteuse Renee Wilkin publiait mercredi La peau étoilée d\u2019Anicée, deuxième tome d\u2019une collection de récits jeunesse prônant « l\u2019acceptation de soi et l\u2019inclusion », et visant à mettre en lumière « la diversité sous tous ses angles » et les questions d\u2019ordre identitaire.La peau étoilée d\u2019Anicée met en scène une jeune fille issue d\u2019une union métissée, et qui, fraîchement débarquée dans une nouvelle école, est un peu mal à l\u2019aise avec les questions et commentaires sur la couleur caramel de sa peau, l\u2019épaisseur de ses cheveux ou la présence de taches de rousseur sur son visage.Elle préférerait qu\u2019on s\u2019intéresse aux choses qui la représentent, notamment son talent au soccer.Le livre fait suite au Cœur rouge et or de Nestor, paru en mai dernier.Il y était question d\u2019identité de genre, en compagnie d\u2019un jeune personnage préférant les poupées aux petites autos.Les deux bouquins sont illustrés par Annie Boulanger.Au détour du deuxième tome, on croise d\u2019ailleurs Nestor, ainsi que Marion, à qui l\u2019autrice consacrera le troisième opus de cette collection intitulée Petits géants (éditions Boomerang Jeunesse), dans le livre Le joli bedon rond de Marion \u2014 où il sera question de diversité corporelle, sujet sur lequel s\u2019est prononcée à maintes reprises Renee Wilkin, habituée aux vêtements amples.et aux commentaires pas toujours civils.« Les sujets que j\u2019ai choisis, j\u2019en parle en connaissance de cause », fait valoir la chanteuse et autrice d\u2019origine gatinoise, qui est aussi maman de deux enfants métissés : Éli et Marcus.« Dans le personnage du frère d\u2019Anicée, Élie, on reconnaît mon fils Éli.Et mon plus jeune se reconnaissait beaucoup en Nestor. » « À travers l\u2019expérience d\u2019Anicée, je voulais refléter une situation que mes enfants vivent quand ils arrivent dans de nouvelles classes et qu\u2019ils se font de nouveaux compagnons.Les trois récits, ce sont mes yeux de maman qui observent ça. » Les questions abruptes auxquelles Anicée est confrontée à l\u2019école, « ce sont de petits incidents qui ne cachent pas de mauvaises intentions, bien sûr, mais quand c\u2019est fait à répétition, ça peut être un peu désagréable pour celui ou celle qui vit ça » au quotidien.L\u2019autrice évite d\u2019adopter tout ton moraliste, pour chercher plutôt à dédramatiser les choses.« On essaie d\u2019être rigolo, sans prise de tête. » Par exemple, Anicée et sa nouvelle camarade de classe, Magalie, vont faire ensemble une présentation orale destinée à montrer que, malgré toutes leurs apparentes différences, les deux amies sont très similaires.Pour Renee Wilkin, « le mot grosse n\u2019est pas une insulte, mais juste un adjectif » et elle ne s\u2019interdit pas, en famille, de faire de l\u2019humour sur son corps.« Ne pas faire de blague, ce n\u2019est pas la solution », croit-elle.Pas à long terme.« Mais, dans la sphère publique, j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est encore trop tôt, surtout pour les personnes racisées, les autochtones et les personnes qui ne se définissent pas par leur genre biologique.Ils et elles ont été longtemps intimidés, stigmatisés ou mis à l\u2019écart », évoque-t-elle au sujet de l\u2019affaire judiciaire entre Mike Ward et Jérémy Gabriel, sur laquelle elle a une opinion très mesurée.Aux yeux de Renee Wilkin, l\u2019important est de montrer d\u2019autres modèles aux enfants, pour qu\u2019ils apprennent tôt à relativiser ce qui est « normal », voire normatif.Dans le cas de ce deuxième tome, il s\u2019agit de la réalité « que les autres amis non racisés ne connaissent pas ».SUCCÈS AU QUÉBEC.ET À L\u2019INTERNATIONAL Ses livres bénéficient d\u2019un tirage de 4000 exemplaires au Québec, plus 2000 en Europe, où le premier opus a été republié par l\u2019éditeur belge Kennes.« On ne parle pas encore de réimpression, mais ça va très bien.En France aussi, les livres ont très bien fonctionné.On ne savait pas trop à quoi s\u2019attendre parce qu\u2019ici, j\u2019ai un public, mais [pas] là-bas. » Le succès en librairies est tel que Renee Wilkin songe déjà à étoffer sa trilogie de deux autres titres.Le quatrième tome pourrait réunir les trois protagonistes autour d\u2019une histoire de Noël, s\u2019avance-t-elle en rappelant que, dans chacun des trois livres, les deux personnages moins centraux « font une petite apparition ».Le suivant pourrait traiter d\u2019homoparentalité, laisse-t- elle entendre.Un projet de traduction pour les marchés anglophone et hispano- phone est déjà bien amorcé.Le premier tome a, lui, fait l\u2019objet d\u2019une adaptation en format audionumé- rique, lue par Frédérique Dufort.Les deux premiers tomes de la collection Petits géants seront également bientôt exposés dans des salons du livre organisés à Shanghai et à Dubaï.Les œuvres qui seront envoyées là-bas ont été sélectionnées par le consulat général du Canada, à la grande surprise de l\u2019au- teure, qui convient que « ce sont des thématiques un peu plus délicates pour certains pays » ou certaines cultures de réputation plus rigoriste.« J\u2019ai le cœur gonflé à bloc depuis le début de cette aventure », avoue- t-elle, heureuse de participer à sa façon à la sensibilisation des jeunes esprits, en les exposant aux différences à travers des livres qui, par la bande, cherchent à « briser les stéréotypes » et à « favoriser l\u2019estime de soi ».RENEE WILKIN PEAUX MÉTISSÉES ET BEDONS RONDS Renee Wilkin \u2014 BERTRAND EXERTIER RENeE WILKIN ET ANNIE BOULANGER La peau étoilée d\u2019Anicée JEUNESSE Éditions Boomerang Jeunesse 32 pages ARTS VISUELS Au Centre culturel Yvonne L.Bombardier de Valcourt, il est possible de voir la saisissante exposition Transition jusqu\u2019au 12 décembre.La photographe Arianne Clément y présente 40 clichés de ses séries « 100 ans, âge de beauté », « L\u2019art de vieillir » et en primeur « L\u2019art de vieillir queer », ainsi que l\u2019installation « Les amazones » avec des survivantes du cancer du sein.Vous y découvrirez aussi des œuvres des artistes Pascale Archambault et Amélie Pomerleau.C\u2019est gratuit.Le Musée Bruck présente, jusqu\u2019au 18 décembre, l\u2019exposition collective Tissu & Fibre mettant en vedette une trentaine d\u2019artistes et un éventail de créations (peinture, sculpture, photographie et art textile) ayant pour thèmes les mots « tissu » et « fibre ».On peut s\u2019y rendre du jeudi au samedi de 12 h à 16 h.Les Sheffordois Joseline Lara- mée (peinture et sculpture), Alain Limouzin (impression numérique, dessin et peinture) et Marie-France Paquette (collage numérique) unissent leurs trois univers distincts en présentant Éléments 3 chez Boréart jusqu\u2019au 21 novembre.L\u2019Espace UP2 Meet de Bromont vous invite à l\u2019exposition Ce qui ne tient qu\u2019à un fil de l\u2019artiste peintre contemporaine Marie-Claire Plante, qui se déroule jusqu\u2019au 22 janvier prochain.Jusqu\u2019au 7 novembre, la Galerie Art Plus de Sutton rend hommage à l\u2019artiste Liz Davidson à travers l\u2019exposition Au-delà des limites.Jusqu\u2019au 1er décembre, le Centre d\u2019art de Dunham reçoit le sculpteur Marek Latzmann et son exposition Readymades, qui servent à rien, où les choses ordinaires se métamorphosent en œuvres d\u2019art.Le vernissage se tient ce samedi 6 novembre de 14 h à 16 h.MUSIQUE Sur la scène Davignon présente Saratoga le samedi 6 novembre à 20h à l\u2019église Emmanuel de Cowansville.Billets : lepointde- vente.com Joseph Edgar s\u2019arrête à la Maison de la culture de Waterloo le vendredi 12 novembre à 20h.La première partie sera assurée par Rick et les bons moments.Billets : reseau.ovation.ca HUMOUR Guillaume Pineault présente Détour le samedi 6 novembre à 20h au Théâtre des Tournesols de Cowansville.Billets : tournesols.tuxedobillet.com ENVIE DE SORTIR ? laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 ARTS ET SPECTACLES M7 OLIVIER PIERSON olivier.pierson@lavoixdelest.ca Il était temps! Après presque deux ans sans jouer, nonobstant quelques tentatives virtuelles durant la COVID, la BUCK est de retour à Granby.mais dans un autre lieu que le défunt Pub du Village, qui fut longtemps son adresse fétiche.La Distillerie de la Chaufferie est désormais le nouveau terrain de jeu de cette ligue d\u2019improvisation qui vient d\u2019entamer sa 22e saison.Les traditionnelles joutes ont repris en fanfare lors de la fin de semaine de l\u2019Action de grâce.«Le public est venu nombreux pour l\u2019ouverture de notre saison», se réjouit Jean-Philippe Locas, qui voit dans cet engouement la preuve \u2014 s\u2019il en était besoin \u2014 que les amateurs se languissaient de renouer avec ces soirées déjantées nimbées de convivialité.Le camp de recrutement organisé une semaine avant ce premier match est venu corroborer ce constat, mais du côté des joueurs cette fois, qui avaient eux aussi hâte de se réconcilier avec l\u2019action.«On a reçu 36 personnes, ce qui est assez rare pour être souligné, alors que nous n\u2019avions que 20 places disponibles», souligne le coorganisateur de ces rendezvous avec Michaël Robert.«On a reçu 36 personnes au camp de recrutement des joueurs, alors que nous n\u2019avions que 20 places disponibles» \u2014 Jean-Philippe Locas, un des deux organisateurs de la ligue d\u2019impro la BUCK Dans cette histoire de déménagement, les astres se sont alignés avec un bon coup de pouce de la providence.«Quand j\u2019ai contacté la Chaufferie, ils m\u2019ont dit qu\u2019ils songeaient justement à proposer des soirées d\u2019impro.C\u2019était l\u2019accord parfait», raconte celui qui possède une compagnie en domotique.Pour ne rien gâcher, l\u2019établissement de la rue Cowie offrait un cadre idéal pour ce genre de rendez-vous.«Le set-up de la salle est parfait, le public est proche de nous, on ressent vraiment ses réactions.» La BUCK n\u2019a eu qu\u2019à s\u2019équiper en matériel audio et en éclairage, même si dans ce dernier registre des ajustements restent à faire.DE L\u2019ACTION UN DIMANCHE SOIR Pour l\u2019exercice 2021-2022, cinq équipes de quatre joueurs, dont la plupart sont originaires de Granby, vont s\u2019affronter chaque dimanche soir, de 20h à 22h, sous le regard sans complaisance de l\u2019arbitre Catherine Trudeau.Il en sera ainsi jusqu\u2019au 17 avril \u2014 excepté les relâches liées à Noël et au Nouvel An \u2014, date de la grande finale.Celle-ci sera suivie, une semaine plus tard, du Match des Étoiles, tandis que le 1er mai ponctuera pour de bon la saison, avec la soirée de gala et sa remise traditionnelle de trophées.Il n\u2019en coûtera qu\u2019un modeste 5 $ (dont 2 $ iront dans les poches de la distillerie pour la mise à la disposition des locaux) aux amateurs comme aux néophytes pour assister à ces soirées d\u2019impro accessibles aux 18 ans et plus.Jean-Philippe Locas ne cache d\u2019ailleurs pas sa volonté d\u2019attirer un plus large public, en plus de leurs partisans habituels, même si le dimanche soir se prête davantage aux soirées devant la télé qu\u2019aux sorties entre amis.La mise en sommeil du Palace, pour cause de travaux, pourrait aussi leur être profitable, selon lui.LA BUCK DE RETOUR DANS UN NOUVEAU DÉCOR L\u2019ambiance est assurée avec la BUCK, qui attire en moyenne entre 40 et 50 personnes à ses soirées d\u2019impro.Dimanche passé, l\u2019affluence a toutefois pâti de l\u2019Halloween et des mauvaises conditions météo.\u2014 LA VOIX DE L\u2019EST, JESSY BROWN Jean-Philippe Locas devant la Distillerie de la Chaufferie, nouveau terrain de jeu de la ligue d\u2019improvisation la BUCK.Rendez-vous est donné au public chaque dimanche soir de 20h à 22h.\u2014 LA VOIX DE L\u2019EST, ALAIN DION Le rideau de la saison d\u2019impro 2021-2022 tombera le 1er mai prochain avec une soirée de gala propice à la remise des trophées.\u2014 FOURNIE PAR LA BUCK (RIZLANE ABDESSAMAD) Le rôle d\u2019arbitre sera assuré cette saison par Catherine Trudeau, une des figures incontournables de la BUCK.\u2014 LA VOIX DE L\u2019EST, JESSY BROWN SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M8MAISON Un peu partout sur la planète, des projets architecturaux d\u2019exception étonnent, fascinent, choquent parfois\u2026 mais ne laissent assurément pas indifférent! Le Mag met en lumière certaines de ces réalisations.Cette semaine, la cabine polyvalente ANNA.VUE D\u2019AILLEURS RAPHAËLLE PLANTE rplante@lesoleil.com Conçue par le designer néerlandais Caspar Schols, la cabine en bois ANNA a été pensée pour connecter l\u2019humain avec la nature.La structure posée sur une plateforme s\u2019ajuste au gré de ses activités ou des conditions météorologiques.Ainsi, le micro-chalet comprend deux enveloppes : l\u2019extérieure en bois et l\u2019intérieure en verre.Celles- ci glissent sur des rails pour permettre diverses configurations.Lorsque tout est fermé, ANNA ressemble à une petite maison plutôt conventionnelle.Mais la cabine peut se séparer en deux, laissant un espace ouvert sur la nature au centre.Pour observer le ciel ou les étoiles sans frissonner, suffit de faire glisser l\u2019enveloppe de verre sur les rails pour recouvrir l\u2019espace central.Cette structure peut aussi se déployer à l\u2019extrémité de la cabine.L\u2019idée d\u2019ANNA est d\u2019«inviter les gens à vivre à l\u2019extérieur et à créer une connexion plus profonde avec la nature, soi-même et les autres.Nous pensons que l\u2019amélioration de cette sensibilité se traduira par plus d\u2019amour et de soins pour la nature, la planète et pour les gens en général», souligne Caspar Schols.La cabine est conçue pour les climats tempérés (entre -5 et 35 °C) et est résistante aux forts vents ainsi qu\u2019aux bordées de neige.Elle comprend une salle de bain intérieure avec douche et toilette, tandis qu\u2019une baignoire est intégrée dans la plateforme.On y retrouve également une cuisine tout équipée, des espaces de rangement, et il est possible d\u2019accueillir jusqu\u2019à deux lits king ainsi qu\u2019une installation de chauffage central.ANNA est construite avec des matériaux naturels : l\u2019extérieur est en bois de mélèze de Sibérie, tandis que le contreplaqué de bouleau, de couleur claire, est utilisé à l\u2019intérieur.Le premier endroit pour découvrir cette cabine hors du commun est la forêt de Holenberg, dans la réserve faunique de Maas- horst, aux Pays-Bas.Sur le site cabin-anna.com, on indique qu\u2019il sera «bientôt» possible de réserver ANNA à différents endroits dans le monde.La cabine peut aussi être conçue dans une version autonome, qui inclut notamment des systèmes d\u2019énergie solaire et de traitement des eaux usées.SUCCÈS HORS FRONTIÈRES Le créateur d\u2019ANNA , Caspar Schols, n\u2019avait aucune formation en architecture lorsqu\u2019il a conçu en 2016 un projet de cabine pour UNE CABINE QUI S\u2019AJUSTE À LA NATURE 1 2 laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 M9 MAISON sa mère.Celui qui a d\u2019abord étudié en physique a alors imaginé la Garden House, qui a jeté les bases pour ANNA par la suite.Cette construction a retenu l\u2019attention et s\u2019est même retrouvée parmi les projets architecturaux les plus populaires des Pays-Bas en 2017.À peu près à la même époque, M.Schols a reçu une bourse pour étudier à l\u2019Architectural Association de Londres.En 2021, la cabine ANNA a remporté le prix du projet de l\u2019année aux Architizer A+ Awards.Ces prestigieux prix internationaux d\u2019architecture sont décernés à des projets d\u2019exception parmi plus de 5000 candidatures provenant d\u2019une centaine de pays.Source : v2com et cabin-anna.com 1et7 La cabine ANNA a été conçue aux Pays-Bas.\u2014 PHOTOS TONU TUNNEL 5 Les différentes configurations possibles \u2014 ILLUSTRATION CABIN-ANNA.COM 2,3,4et6 La construction polyvalente permet de créer une connexion plus profonde avec la nature.\u2014 PHOTOS JORRIT \u2018T HOEN 6 5 3 4 7 SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M10 RÉGAL S \u2019il y a bien une recette que je ne m\u2019attendais pas à découvrir ces dernières années, c\u2019est le mélange de poivre dans une bière.Et s\u2019il y a bien un type de bière que je ne m\u2019attendais pas à apprécier, c\u2019est la bière au poivre\u2026 Le poivre est une épice connue dans le monde de la gastronomie ; il n\u2019est jamais bien loin du sel.Alors que le sel est un rehausseur de saveurs, le poivre a plutôt tendance à nous offrir des notes épicées et variées, en fonction du type de poivre utilisé.Le fameux poivre noir est le plus utilisé, mais il se divise en de nombreuses sous-catégories, d\u2019appellations différentes et d\u2019origines multiples.Dans le monde de la bière, les brasseurs s\u2019amusent à utiliser du poivre pour rehausser les notes épicées de la levure, par exemple, ou celles du seigle, le plus souvent.On y trouve donc autant de styles différents que de poivres différents.Il y a cependant une tendance qui veut que les bières de type saison ou rousses soient les plus utilisées.Historiquement, certaines bières se sont démarquées dans le marché au Québec.Mention spéciale à la Route des Épices de Dieu du Ciel ! , une bière de seigle avec ajout de poivre noir et de poivre vert pendant le brassage.Elle présente de belles notes poivrées et une finale sur le piquant, sans tomber dans l\u2019excès.La saison Voatsiperifery, du nom du même poivre, brassée par Brouhaha dans les installations de la coopérative MaBras- serie, est également reconnue au Québec comme l\u2019une des premières à avoir démocratisé les bières au poivre.Le fameux poivre sauvage de Madagascar apporte une complexité en bouche qui n\u2019a d\u2019égal que l\u2019incroyable buvabilité de la bière.À l\u2019époque, c\u2019était ce que j\u2019appelle un OVNI brassicole, une bière qui propulse la culture bière ailleurs.Aujourd\u2019hui, des bières aux poivres, il y en a bien plus.Si on se réfère au nombre de nouveautés disponibles chaque année, c\u2019est tout à fait normal que ce type de bière si particulier soit également en hausse.POIVRE BRASSERIE MENAUD Menaud a pour habitude de présenter des bières avec une touche particulière sur le terroir local et cette bière de seigle n\u2019y échappe pas, en vous proposant une touche poivrée provenant du poivre d\u2019Aulne de Charlevoix.Qu\u2019est-ce que du poivre d\u2019Aulne ?C\u2019est tout simplement le fameux poivre des dunes de plus en plus populaire dans la cuisine gastronomique québécoise.ROUSSE POIVRÉE RUISSEAU NOIR Cette bière basée sur une recette un peu plus anglaise est appuyée par une belle assise de malts caramélisés, et le poivre vert utilisé est importé d\u2019Inde.Il est intéressant de voir que de nombreuses brasseries sont heureuses de travailler avec du poivre vert plutôt qu\u2019un poivre noir, par exemple.Dans ce cas- ci, la bière présente des notes d\u2019épices, certes, mais ne tombe pas dans l\u2019excès du piquant en fin de bouche.PALE ALE AU POIVRE LES TROIS MOUSQUETAIRES Prenez une Pale Ale américaine et son amertume bien soutenue et ajoutez-y une belle dose de poivre.Vous voilà face à une des rares bières amères qui présentent également des notes épicées, bien balancées en finale.L\u2019idée est intéressante, car l\u2019amertume et le piquant, c\u2019est une idée d\u2019accord de contraste très souvent appliquée par les amateurs de bière.Cette bière réunit les deux.On mange quoi avec des bières au poivre ?Des plats épicés bien sûr, pour apprécier la réson- nance de l\u2019accord.Mais pourquoi ne pas inverser le principe d\u2019accord de contraste en présentant un plat sucré \u2014 mijoté par exemple \u2014 devant une bière au poivre qui rehaussera le tout ?Bière et poivre Les brasseurs s\u2019amusent à utiliser du poivre pour rehausser les notes épicées de la levure, par exemple, ou celles du seigle, le plus souvent.\u2014 123RF PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 M11 RÉGAL NATALIE RICHARD Collaboration spéciale natalierichardmedia@gmail.com B ien sûr que l\u2019on peut encore boire du blanc à l\u2019automne.Et comme on a envie de s\u2019emmitoufler un peu, on choisira des cuvées rondes et voluptueuses, à la robe dorée et brillante pour ensoleiller notre palais.Question de faire voyager nos sens et de boire le monde, voici quelques-uns de mes meilleurs choix de cette saison.1 FAMILLE PERRIN CÔTE DU RHÔNE NATURE 2020 19,05 $ \u2022 14 727 518 \u2022 13,5 % 1,2 g/L La cuvée Nature est produite avec une grande majorité de grenache blanc avec un peu de viognier, de marsanne et de roussanne.Un vin savoureux qui s\u2019ouvre comme un grand bouquet de fleurs, d\u2019une élégance soyeuse en bouche avec des notes d\u2019abricot et de poire sur une belle finale acidulée qui fait durer le plaisir.À noter que ce n\u2019est pas un vin «nature», on utilise le terme ici pour signifier qu\u2019il est issu de l\u2019agriculture biologique.Un des piliers de la vallée du Rhône, la famille Perrin vinifie dans les règles de l\u2019excellence depuis cinq générations.Propriétaire du Château de Beaucastel, les Perrin produisent aussi les très bons vins d\u2019entrée de gamme de La Vieille Ferme, en plus de gérer les domaines du Clos des Tourelles et de Miraval, le vignoble de Brad Pitt, acheté en 2011 avec son ex-femme Angelina Jolie qui a finalement vendu ses parts au Groupe Stoli, en octobre dernier.2 TREANA MARSANNE- VIOGNIER CENTRAL COAST 2019 29,95 $ \u2022 875 096 \u2022 14,5 % 5,2 g/L Un nez réconfortant aux arômes de beurre et de caramel salé, suivi d\u2019une bouche ample et riche aux saveurs de pêche et de mandarine.La finale complexe et distinctive se décline en plusieurs paliers de saveurs incluant la mangue et le citron Meyer.C\u2019est du grand vin d\u2019automne, enveloppant et aussi réconfortant que notre doux chandail de laine préféré.3 BODEGA AVANCIA CUVÉE DE O GODELLO VALDEORRAS 2019 29,85 $ \u2022 14 729 986 \u2022 14,2 % 1,4 g/L Une nouveauté de l\u2019Espagne verte, un godello capiteux au nez de fleur de miel et aux saveurs de coing, de zeste d\u2019orange avec un léger penchant vers le pamplemousse et une finale minérale et saline qui donne soif.Du soleil et de la mer.Un grand coup de cœur! 4 GRAN PASSIONE VENETO 2020 17 $ \u2022 14 195 582 \u2022 12,5 % \u2022 4,3 g/L Un blanc enveloppant grâce à un parfait assemblage de chardonnay et de garganega, ce cépage italien des vins du Soave, en Vénétie.Le mariage passionné et passionnant offre des notes de pêche, de melon miel et d\u2019amande sur une finale valorisée par la rondeur et les accents acidulés du chardonnay.5 UNOAKED CHÂTEAU DES CHARMES CHARDONNAY VQA ESTATE GROWN & BOTTLED 2018 15,10 $ \u2022 13 796 124 \u2022 12,5 % \u2022 1,6 g/L Originaire de France, la famille Bosc est une des pionnières du domaine vinicole de la péninsule du Niagara.À notre plus grand bonheur, leurs vins sont de plus en plus présents chez nous, malgré que les quantités demeurent restreintes.Bien que cette cuvée n\u2019ait pas connu le bois, la bouche est riche et onctueuse, sur des notes de fruits exotiques comme l\u2019ananas et le kiwi, avec une bonne longueur qui donne l\u2019eau à la bouche.On trouve rarement de si bons chardonnays à un prix si doux.6 DOMAINE LAFAGE CÔTES CATALANES CUVÉE CENTENAIRE 2020 18,55 $ \u2022 13 227 845\u2022 13 % 2,6 g/L Au Domaine Lafage, Jean-Marc et Éliane sont la septième génération d\u2019une famille de vigneron du pays catalan, grandie en plein cœur du Roussillon.Leurs vins sont l\u2019expression d\u2019une mosaïque de terroirs et cette cuvée centenaire provient de vignes qui ont entre 90 et 100 ans.De vieilles vignes de grenache et de roussanne, des cépages réconfortants et chaleureux qui nous vont si bien à l\u2019automne.On trouve une bouche pleine de soleil avec l\u2019abricot et la prune jaune, pointés d\u2019une note poivrée en finale.Un blanc d\u2019automne par excellence qui accompagnera aussi bien un pavé de saumon qu\u2019un filet de porc.À votre santé! BIO Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com.BLANC SUR ROUGE, RIEN NE BOUGE 1 2 3 4 5 6 En automne, on a envie de s\u2019emmitoufler un peu donc on choisira des cuvées plus rondes et voluptueuses, à la robe dorée et brillante pour ensoleiller notre palais.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE NATALIE RICHARD LA GRANDE DÉGUSTATION Cette année encore La Grande Dégustation s\u2019invite chez vous en format virtuel avec neuf ateliers gratuits sous forme de Facebook Live, du 15 au 21 novembre prochain.Voyagez en saveurs avec les experts qui animeront vos papilles vers la France, la Californie, l\u2019Espagne, l\u2019Italie et le monde.Les produits en dégustation sont disponibles à la SAQ.Pour tous les détails, consultez www.lagrandedegustation.com SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M12 RÉGAL KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca EN CUISINE Florence-Léa Siry plaidait pour la réduction du gaspillage alimentaire bien avant que l\u2019idée ne trouve un écho fort dans la population.«Je faisais de l\u2019économie familiale en revalorisant les pertes alimentaires, ni plus ni moins», expose la pro de la cuisine zéro gaspi, qui a vu la société changer au fil de la dernière décennie.C\u2019est la popularité du mouvement zéro déchet qui a en quelque sorte amené dans son sillon l\u2019importance de réduire la quantité de denrées qui prenaient le chemin de la poubelle.«J\u2019ai lancé mon entreprise, Chic frigo sans fric, il y a déjà 10 ans.À l\u2019époque, le gaspillage alimentaire, c\u2019était un concept qui n\u2019était pas très évocateur pour une majorité de gens.Le premier livre que j\u2019ai écrit sur le sujet, il y a six ans, il ne s\u2019est d\u2019ailleurs pas vendu.J\u2019avais racheté les exemplaires à l\u2019éditeur avant qu\u2019ils ne soient envoyés au pilon, en me disant que j\u2019allais les vendre dans mes conférences.» Les temps changent, la société aussi.La consommation zéro gaspi rejoint maintenant une frange beaucoup plus large dans la population.Florence-Léa Siry est bien placée pour le mesurer, elle qui multiplie les conférences et qui vient de lancer son cinquième bouquin, Défis zéro gaspi.CONTRER LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES «Avant, les gens ne se sentaient pas du tout concernés lorsque j\u2019abordais le sujet du gaspillage alimentaire.Mais depuis cinq ans, je dirais, l\u2019importance d\u2019agir pour lutter contre les changements climatiques a changé la perspective», note-t-elle en soulignant que les scientifiques du Project Drawdown ont établi qu\u2019une diminution du gaspillage alimentaire pouvait avoir une réelle incidence.«C\u2019est une façon simple et concrète qui a une véritable portée et qui permet à chacun de faire sa part.À force d\u2019être sensibilisés là-dessus, les gens essaient de trouver des solutions.Mon but, c\u2019est de leur montrer que ce n\u2019est pas compliqué, et que ça peut même être le fun», note l\u2019autrice et entrepreneure.Elle persiste et signe : cuisiner en mode vide-frigo, ce n\u2019est pas compliqué, du moment qu\u2019on a organisé un peu son environnement pour se faciliter les choses lorsque vient le temps de passer aux fourneaux.«C\u2019est pour ça que j\u2019ai découpé l\u2019info par zones de conservation (comptoir, frigo, garde-manger, congélo) plutôt que par aliments.Ça permet aux gens de faire le tour de leur cuisine, d\u2019évaluer leurs besoins, de faire l\u2019inventaire de ce qu\u2019ils ont, de ce qu\u2019ils utilisent, et de s\u2019organiser en conséquence.» Après ça, la créativité a le champ libre pour s\u2019exprimer, à partir de ce qui est à portée de main.«Je propose mes bons trucs et des canevas de recettes qui sont modulables selon les goûts de chacun.C\u2019est une cuisine d\u2019assemblage qui est rapide à faire», mentionne celle qui a testé ses recettes une fois.et puis une autre! «J\u2019ai eu la chance de collaborer avec le Marché Second Life.Ils me donnaient de la nourriture et d\u2019une fois à l\u2019autre, je ne savais pas ce que j\u2019allais recevoir.J\u2019ai donc vraiment mis le concept à l\u2019épreuve.» CANTINE-ÉCOLE Cette façon de cuisiner sans gaspiller, Florence-Léa l\u2019a un peu beaucoup développée alors qu\u2019elle était cantinière sur les plateaux de tournage.«J\u2019ai fait ça pendant 15 ans.Les conditions sont tellement difficiles sur un plateau qu\u2019on apprend à composer avec toutes les situations.Moi, j\u2019ai vite décidé que ce n\u2019était pas parce que je n\u2019avais pas d\u2019électricité, pas d\u2019eau et pas de temps que je ne pouvais pas cuisiner un bon repas», image-t-elle en riant.À ces «conditions de brousse», la contrainte économique s\u2019est ajoutée et a pris de l\u2019ampleur au fil des ans.«Cuisiner sans gaspiller, c\u2019est venu en raison du contexte dans lequel j\u2019étais.J\u2019ai commencé sur les plateaux alors que j\u2019avais 14 ans.J\u2019ai vu les budgets diminuer dans le milieu au gré du temps, j\u2019ai constaté que c\u2019était de plus en plus difficile dans l\u2019industrie.Il fallait arriver à faire autant, avec moins d\u2019argent.J\u2019avais l\u2019option d\u2019aller chez Costco pour acheter du prêt-à-manger, FLORENCE-LÉA SIRY FAÇON ZÉRO GASPI 1 2 3 laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 M13 RÉGAL mais ça ne m\u2019intéressait pas.Je voulais nourrir les troupes avec des plats que je faisais moi-même.J\u2019ai choisi de m\u2019épanouir davantage dans la contrainte, en prenant la posture de tourner ça à mon avantage.J\u2019ai commencé à cuisiner les aliments en entier et à réutiliser les restes pour concevoir de nouveaux plats, de façon à ce qu\u2019il n\u2019y ait pas de pertes.» L e pie d de céler i était par exemple utilisé en entier, de la branche à la feuille.Les restes de riz et de légumes mariés à un œuf se transformaient en galettes salées.«J\u2019ai vite constaté que je faisais des économies considérables en fonctionnant de la sorte.J\u2019arrivais à confectionner trois repas par jour pour chacun et une table de collations avec une somme de 10 $ par personne.C\u2019était moins que ce coûtait un trio chez McDo.Ça m\u2019a amenée à réaliser que le gaspillage alimentaire coûte cher.Les statistiques montrent qu\u2019en moyenne, chaque foyer gaspille pour 1100 $ par année.» C\u2019est beaucoup.Et ce n\u2019est pas si complexe d\u2019inverser la tendance.«J\u2019ai réalisé que les gens avaient besoin d\u2019outils au terme du défi vide-frigo de janvier, qui consistait à cuisiner avec ce qu\u2019on avait chez soi avant d\u2019aller acheter davantage de nourriture et pendant lequel j\u2019ai reçu une avalanche de questions, commentaires et témoignages.J\u2019ai même atteint le million de vues sur ma page Facebook.C\u2019est là que l\u2019idée de ce livre-ci a germé.» Avec Guillaume Cantin de La Transformerie, Florence-Léa Siry est aussi porte-parole du prochain Défi Zéro Gaspi 2022 (sur le Web : florenceleasiry.com/defi-zero- gaspi), orchestré en collaboration avec Recyc-Québec.«Le but, ce n\u2019est pas juste de créer des contenus, mais aussi d\u2019instaurer un mouvement social.C\u2019est un événement rassembleur qui va se déployer sur une année, pendant laquelle les gens auront un défi à relever chaque mois.On va les accompagner avec des trucs, des recettes.On va aussi documenter l\u2019expérience en sondant les participants à trois reprises.À partir de ça, on va être en mesure de créer des outils qui répondent encore davantage à leurs besoins, de continuer à les nourrir.en bonnes idées!» Info : chicfrigosansfric.com Questions, commentaires, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine 1 Florence-Léa Siry a lancé son entreprise, Chic frigo sans fric, il y a déjà 10 ans.\u2014 JOSIANNE DE LA SABLONNIÈRE 4 Les tortillas peuvent se décliner de différentes façons, selon ce qu\u2019on a au frigo.Ici, des tortillas au chou-fleur, au maïs- lime-cumin, patate douce-lime, chou kale et épices à grillades ainsi que betterave-pesto asiatique.\u2014 ARIEL TARR 2 Mme Siry suggère de préparer ses propres mélanges d\u2019épices, qu\u2019on peut ensuite utiliser dans différentes recettes.\u2014 JOSIANNE DE LA SABLONNIÈRE 3 Craquelins maison.\u2014 ARIEL TARR Défis zéro gaspi FLORENCE-LÉA SIRY LES ÉDITIONS DE L\u2019HOMME 160 PAGES PRATIQUES CANEVAS Biscuits touski, muffins, gra- nolas, croustade et pouding au pain en version salée, fricots, gratin, plaques et pâtés vide- frigo, sauces et trempettes variées, compotes et chutney sont quelques-uns des 31 canevas de recettes que propose Florence-Léa Siry dans son nouveau manuel pratique.«Ce sont des bases avec lesquelles les gens peuvent s\u2019amuser en variant les épices, les herbes, les ingrédients.Ça leur permet d\u2019être créatifs et de composer avec ce qu\u2019ils ont dans le frigo ou le garde-manger.» L\u2019approche est ludique.Et accessible, insiste Florence- Léa, qui détaille aussi 12 défis qui font la démonstration que moins gaspiller n\u2019est pas synonyme d\u2019ennui dans l\u2019assiette.Dans tout ça, y a-t-il des recettes plus compliquées que d\u2019autres?«En fait, tout est relativement simple, mais avec celle des craquelins, je dirais que la recette de tortillas est probablement l\u2019une des plus audacieuses du livre dans la mesure où les gens ont plutôt tendance à acheter ces items en épicerie au lieu de les fabriquer eux-mêmes.Mais il suffit de faire cette recette une fois pour voir à quel point c\u2019est facile et combien le résultat est délicieux, bien meilleur que d\u2019autres versions toutes faites.En plus, on peut adapter la recette selon ses goûts personnels en variant les épices, les fines herbes, les légumes utilisés.» KARINE TREMBLAY, LA TRIBUNE Tortillas Envie de tenter le coup de la tortilla maison?Voici la recette mise au point par Florence-Léa.INGRÉDIENTS \u2022 1 part de farine \u2022 1 part de purée de légumes ou de légumes trop cuits écrasés \u2022 Sel, au goût \u2022 Assaisonnements (épices, herbes fraîches, zeste) \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de gras par tasse (250 ml) de farine (facultatif) PRÉPARATION 1 Dans un robot culinaire, déposer la farine et la purée de légumes.Mélanger.2 A j o u t e r l e s e l e t l e s assaisonnements.3 Mélanger jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une pâte bien lisse.Si la pâte est trop collante, ajouter un peu de farine.Il faut que la pâte se détache naturellement des parois du contenant.4 Transvaser la pâte dans un bol.Laisser reposer la pâte pendant environ 20 minutes, en la recouvrant d\u2019un linge pour éviter qu\u2019elle sèche.5 Tailler en 6 à 12 morceaux égau x .Former de pet ites boules de pâte et bien les enfariner pour éviter qu\u2019elles collent au rouleau à pâte.6 Sur une surface l isse et farinée, rouler pour obtenir une tortilla d\u2019environ 2 mm d\u2019épaisseur.7 Déposer les tortillas dans une poêle bien chaude et cuire environ 2 minutes de chaque côté, ou jusqu\u2019à ce que de petites bulles d\u2019air apparaissent dans la pâte.8 Déposer les tortillas dans u ne assiet te et recouv r i r d\u2019un linge à vaisselle propre afin qu\u2019elles conservent leur humidité.Recette de Florence-Léa Siry, tirée du livre Défis zéro gaspi 4 SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M14 LECTURE KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca Quand la pandémie a imposé à chacun de rester chez soi, Anaïs Barbeau-Lavalette et sa tribu ont quitté la ville et mis le cap sur la « maison bleue ».Un lieu qu\u2019elle connaît depuis ses premières années.Situé dans la campagne estrienne, le paisible havre a aussi accueilli un couple d\u2019amis et leurs enfants.À neuf dans le refuge, ils ont dessiné les contours d\u2019un confinement d\u2019exception.En dehors du rythme habituel, dans ce cocon de nature, la lenteur a repris ses droits.Petit à petit, un récit a commencé à faire son nid dans l\u2019imaginaire de l\u2019auteure et cinéaste.Le lumineux Femme forêt a été écrit dans la foulée.« Ce n\u2019est pas du tout un roman de pandémie, mais cette pause d\u2019un quotidien où tout va vite, cette immobilité imposée m\u2019a permis de me connecter sur l\u2019essentiel, de rencontrer ma sève, mon noyau. » Et de revenir à une phrase qui l\u2019habite au quotidien depuis six ans.Depuis ce moment où elle a mis un point final à La femme qui fuit avec cet énoncé fort qui fermait la dernière page : « Je suis libre ensemble, moi. » « Je ne l\u2019ai pas réalisé avant d\u2019arriver à la fin de l\u2019écriture de Femme forêt, mais j\u2019ai l\u2019impression que ce récit répond exactement à ça, d\u2019une certaine façon, que ce livre s\u2019inscrit dans la continuité de cette idée en posant les questions : comment on fait pour être la femme qui reste?Comment, en étant issue d\u2019une lignée d\u2019abandonnés des deux côtés, on s\u2019invente des racines et on les cultive ensuite?Comment on fait pour être en lien amical, familial amoureux, d\u2019une façon profonde, qui n\u2019est pas forcée?J\u2019ai l\u2019impression que le cœur de mon livre, c\u2019est tout ça. » C\u2019est aussi le panorama de l\u2019enfance.Celle qui se déploie autour de soi.Et celle qu\u2019on porte à l\u2019intérieur.« En revenant me poser dans ce décor, j\u2019ai réalisé que, même si j\u2019y avais passé ma jeunesse, j\u2019étais complètement analphabète du territoire qui m\u2019entourait.Je ne connaissais pas le nom des arbres, des fleurs.Et je connaissais à peine le nom des gens qui habitaient depuis toujours dans cette vallée. » Le temps de la lenteur a permis à l\u2019écrivaine d\u2019aller à la rencontre de ce qui pousse, les gens autant que les plantes.« Du coup, ça m\u2019a permis d\u2019être en complète résonance avec les questions que je me posais sur mes racines : est-ce qu\u2019elles sont solides?Est-ce que je suis là pour rester?Et bien sûr que ça va bien au-delà de mon histoire personnelle, parce que le thème de l\u2019ancrage est universel. » DE L\u2019ORDINAIRE, DU MERVEILLEUX Au fil des pages et des fragments qui se font écho, l\u2019écrivaine raconte son clan, les moments pétris d\u2019ordinaire et de merveilleux qui ont été vécus dans le nid de la forêt.Elle fait aussi briller une kyrielle de personnages colorés, aux parcours atypiques.« Je n\u2019ai pratiquement rien inventé.J\u2019ai croisé des histoires richissimes, singulières.Des histoires de survie, aussi.C\u2019était plus grand que la fiction et aller vers ces magnifiques personnages me reliait beaucoup au vivant, ça me faisait revisiter mon histoire personnelle, mais ça me reconnectait aussi au côté éphémère de la vie.On meurt, on va mourir un jour. » Cette conscience exacerbée du caractère provisoire de la vie appelle une façon d\u2019entrevoir la suite.« Ça pose une question, encore une autre : comment on l\u2019honore, ce passage-là?Une des réponses que moi j\u2019ai trouvées, c\u2019est de glorifier l\u2019ordinaire.De m\u2019emparer du réel, et de le magnifier, d\u2019être souveraine là-dedans.On est les dessinateurs de notre vie et ça, je le dis souvent à mes enfants : c\u2019est vous, les chefs de votre bonheur.Ceci dans la mesure où c\u2019est possible, évidemment, parce que, pour avoir côtoyé beaucoup de détresse et bon nombre d\u2019écorchés, je sais que c\u2019est un privilège », expose Anaïs.Cette façon de voir et de transcender le banal traverse en entier Femme forêt.Comme une feuille d\u2019or qui viendrait accrocher le regard et éclairer certains pans du paysage.« Ça, c\u2019est la maman qui parle.Mon seul pouvoir de résistance, pendant cet exil, c\u2019était de laisser une empreinte profonde et durable de cet arrêt-là à mes enfants.Et ça ne se passait pas seulement dans les instants de bonheur ou de douceur, parce que mes enfants ont côtoyé la mort comme jamais auparavant pendant cette période.Mais quelque part, j\u2019avais envie de tenir les rênes pour que ce vécu soit important, et qu\u2019ils retiennent cette idée que la beauté, on la fabrique en regardant les gens et les choses d\u2019une certaine façon. » Et en les racontant sur papier ensuite, aussi.ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE FEMME DE CŒUR ET DE FORÊT Anaïs Barbeau-Lavalette \u2014 ÉVA MAUDE TC Anaïs Barbeau-Lavalette Femme forêt RÉCIT Marchand de feuilles 304 pages Une année Romain Gary Ce n\u2019est pas un hasard si les mots de Romain Gary sont mis en exergue en ouverture de Femme forêt : « Ne dis pas forcément les choses comme elles se sont passées, mais transforme-les en légendes. » Il y a sans doute là un écho au fait qu\u2019Anaïs Barbeau- Lavalette est en train de terminer le film Chien blanc, inspiré du roman du même nom.« Ça a été mon année Romain Gary, je dirais.On est dans les dernières étapes du montage et du son.Ça prend beaucoup de mon espace mental.Le tournage aura été épique, mais je suis très fière de ce projet », dit celle qui s\u2019est imprégnée de l\u2019œuvre de l\u2019écrivain pour donner vie à sa bobine.« J\u2019avais déjà beaucoup lu Gary.Travailler si longtemps sur mon film m\u2019a évidemment amenée à me replonger dans son univers.Mis à part l\u2019acuité de sa pensée, je retiens de lui son intelligence vraiment avant-gardiste. » Pour nourrir sa démarche et sa réflexion, la réalisatrice a pu rencontrer le fils de l\u2019écrivain (et de l\u2019actrice Jean Seberg), Diego Gary.« C\u2019était vraiment émouvant.Il a eu deux parents assez particuliers, qui ont marqué l\u2019histoire.Il habite à Barcelone et il ne parle à personne.C\u2019est un ermite, en quelque sorte.Je me sentais donc privilégiée de le rencontrer, et on a eu une belle connexion.Ça a nourri le film, et puisque c\u2019est une biographie, ça a ancré tous les personnages », résume celle dont les précédentes productions sont mises en vitrine au Cinémania, ce week-end, où on lui rend hommage en présentant une rétrospective de ses œuvres.KARINE TREMBLAY « Ce n\u2019est pas du tout un roman de pandémie, mais cette pause d\u2019un quotidien où tout va vite, cette immobilité imposée m\u2019a permis de me connecter sur l\u2019essentiel, de rencontrer ma sève, mon noyau. » \u2014 Anaïs Barbeau-Lavalette laVoixdel\u2019Est SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 M15 CINÉMA FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste CRITIQUE Si les bulletins d\u2019information regorgent d\u2019occasions de se forger des opinions tranchantes sur nombre de grands enjeux, les invitations à réfléchir en profondeur, quitte à ne pas arriver à se positionner, sont plus rares.Le cinéma nous en offre une : ça s\u2019appelle Une révision et ça raconte une histoire qui se déroule, on le devine, dans le monde de l\u2019enseignement.Étienne Brasseur (Patrice Robi- taille) est un professeur de philosophie plutôt allumé, capable non seulement de rendre Spinoza digeste pour ses étudiants du collégial, mais de le faire dans une certaine bonne humeur.Ce côté léger de sa personnalité masque à peine une grande rigueur intellectuelle qui se manifeste particulièrement dans la correction des travaux.Dont celui présenté par Nacira (Nour Belkhiria).La jeune femme de religion musulmane a eu la mauvaise idée d\u2019utiliser une citation du Coran comme argument de sa démonstration.Le professeur le rejette en bloc, ce qui plombe sérieusement la note.Nacira plaide auprès de son professeur : on ne peut balayer un argument et tout un travail sur la seule base que son autrice est croyante.Le prof se rebiffe, la nécessaire exigence de son boulot l\u2019y contraint.Il ne peut marcher sur sa conscience professionnelle ni sur sa rigueur intellectuelle simplement pour être au diapason de ses supérieurs qui font de la réussite une priorité du collège.Le dilemme devient insoutenable quand on comprend que tout l\u2019entourage d\u2019Étienne l\u2019incite à plier et que si l\u2019étudiante obtient gain de cause devant le comité de révision, un troisième échec pour Étienne, il perdra son emploi.C\u2019est le nouveau règlement.Ah oui : notre philosophe vit également une rupture amoureuse; rien pour atténuer son vertige.Ne peut-il faire preuve d\u2019un peu de souplesse comme tout le monde le lui suggère?Il semblerait que non.PARLER BEAUCOUP, PARLER BIEN Les scénaristes Louis Godbout et Normand Corbeil, tout comme la réalisatrice Catherine Ther- rien, invitent les spectateurs à un débat fort intéressant.Dans toute la première portion du film, il est éloquemment exposé, avec moult références à de grands penseurs (Denys Arcand est collaborateur au scénario).Comprenez que, dans Une révision, on parle beaucoup et bien.Au point que plane au-dessus des trente premières minutes la menace que ça devienne assommant.Heureusement, le scénario s\u2019aère et une bienfaitrice accélération des événements dans le récit donne un second souffle captivant au film.L\u2019intrigue secondaire qui relance ce récit est cependant expédiée avec une certaine désinvolture.Dommage.D\u2019autant qu\u2019elle entraînait Une révision à un autre niveau par une observation plus sensible du personnage d\u2019Étienne Brasseur, révélant plus de nuances dans sa personnalité.Ça ne signifie pas que le débat de fond qui nous est offert n\u2019est pas assez riche et pertinent pour ternir un film de 90 minutes.Loin de là, mais une fois clairement exposé, on a beau le reprendre par toutes sortes de chemins, il appartient au spectateur de se l\u2019approprier.Cela dit, la conclusion de l\u2019affaire devant le comité de révision du collège réserve une surprise qui pourrait ébranler ce même spectateur dans ses positions.À la fin, Une révision livre une charge assez lourde contre notre système d\u2019éducation (d\u2019autres institutions nous viennent aussi à l\u2019esprit) contre la tendance à privilégier les apparences aux enjeux de fond.La démonstration est efficace et trouve un agréable écrin dans ce film dont la valeur tient d\u2019abord et avant tout à son scénario.UN ROC, UNE RÉVÉLATION, UNE DOUÉE Il est, cela dit, défendu par de très solides interprètes à tous les niveaux.Patrice Robitaille fait preuve d\u2019un très grand talent que son expérience a peaufiné jusqu\u2019à un niveau absolument remarquable.Son travail est nuancé, naturel et jamais trop appuyé.Il est un roc sur lequel le film repose.Autour de lui, personne ne détonne, signe d\u2019une direction très maîtrisée de la part de Catherine Therrien.Nour Belkhiria est une charmante révélation dans le rôle de Nacira.Si la jeune femme n\u2019était que convaincante en étudiante opiniâtre, ce serait déjà beaucoup, mais elle est réellement attachante en orpheline de mère en quête d\u2019elle-même.L\u2019interprète a su rendre avec justesse la fraîcheur, la fragilité qui la caractérisent, au même titre que sa rectitude morale.C\u2019est un riche personnage qui exigeait une interprète capable de nuances subtiles.Rose-Marie Perreault continue d\u2019impressionner, avec son jeu très naturel, qui révèle ici pas mal de finesse.Son personnage d\u2019étudiante qui s\u2019amourache de son professeur portait en lui l\u2019écueil du cliché.Elle l\u2019évite et donne à sa Maude une subtile dimension supplémentaire faite de sincérité et de vulnérabilité.La jeune interprète est, décidément, très douée.En somme, Une révision est un film intelligent, impeccablement mené à défaut d\u2019être carrément exceptionnel.Son propos est pertinent et il interpelle, ce qui est manifestement l\u2019intention de ses créateurs, qui se réjouiraient sûrement de savoir qu\u2019il suscite des discussions dans la voiture en sortant de la salle et bien après.UNE RÉVISION LE PLAISIR DE LA RÉFLEXION Rose-Marie Perreault, derrière, et Nour Belkhiria forment un beau duo d\u2019amies dans Une révision.\u2014 ÈVE B.LAVOIE.Dans le rôle d\u2019un professeur de philosophie rigoureux et intègre, Patrice Robi- taille offre une interprétation très convaincante.\u2014 LES FILMS SÉVILLE Au générique Cote : ?Titre : Une révision Genre : Drame Réalisatrice : Catherine Therrien Acteurs : Patrice Robitaille, Nour Belkhiria et Rose-Marie Perreault Durée : 1 h 36 SAMEDI 6 NOVEMBRE 2021 laVoixdel\u2019Est M16 LE BOURLINGUEUR À l\u2019âge de 16 ans, Gabriel A n c t i l , a u j o u rd\u2019 h u i journaliste et écrivain, partait sac au dos pour deux mois d\u2019exploration en Europe.Son goût de l\u2019ailleurs lui venait entre autres de Jack Kerouac, qu\u2019il avait découvert deux ans plus tôt, ou d\u2019Hemingway, qu\u2019il lisait déjà.«Je me suis rendu compte que si je voulais avoir des histoires à raconter, il faudrait que j\u2019accumule mes propres expériences.Des expériences uniques.Quelqu\u2019un qui reste dans sa maison toute sa vie n\u2019a pas grand-chose à raconter», explique-t-il.Ce vécu sur la route, qui se poursuit depuis, il le raconte dans un condensé de 40 récits préalablement imprimés dans Le Devoir, Espaces ou Nouveau Projet, un bouquin publié aux éditions Somme Toute.Sillonner les chemins du monde nous lance sur la trace de grands écrivains, de bouleversements politiques, ou simplement dans la surstimulation des sens dans un monde de nouvelles expériences.«L\u2019idée de base, c\u2019était de plonger le lecteur dans l\u2019esprit du voyage.Ce que je recherche quand je pars, c\u2019est l\u2019expérience, la curiosité vers l\u2019ailleurs.Je me dis qu\u2019il y a peut-être 1 % des lecteurs qui choisiront la même destination que moi, mais les autres 99 %, je veux leur offrir de voyager dans leur imaginaire.J\u2019espère qu\u2019en me lisant, les gens auront les mêmes démangeaisons que j\u2019ai dans les jambes à l\u2019idée de partir.Pour moi, les articles de voyage sont la forme la plus littéraire du journalisme.J\u2019essaie toujours de décrire les perceptions des cinq sens.» Dans la première partie du recueil, le voyageur aborde les auteurs et les artistes qui ont tantôt inspiré un itinéraire, tantôt fait l\u2019objet d\u2019une découverte le long de la route.De Toulouse, il raconte la vie de Saint- Exupéry.À Key West, au sud de la Floride, il rencontre Michel Tremblay qui lui fait revivre l\u2019époque où les bateaux de croisières n\u2019avaient pas encore transformé l\u2019île en paradis de touristes.Il nous amène aussi voir les peintres de Charlevoix ou ceux de la Provence.«Je suis un boulimique culturel.Je suis très curieux de tout dans la vie.Certaines lectures ou certains films m\u2019ont poussé à visiter des pays en particulier.Key West était très présent dans mon imaginaire à cause de l\u2019œuvre de Tremblay.Ce sont des endroits que j\u2019avais en moi depuis ma jeune vingtaine.» Mais l\u2019inverse est aussi vrai.Il y a un peu, beaucoup de découvertes qui surviennent dans la préparation d\u2019une escapade.«Je vais toujours essayer de m\u2019imprégner des grandes œuvres qui ont traversé un pays.J\u2019ai l\u2019impression que ça m\u2019aide à mieux capter l\u2019esprit du lieu.» Pas étonnant que ce grand baroudeur s\u2019arrête souvent dans les librairies, partout dans le monde, pour acheter les œuvres des auteurs locaux.«Il m\u2019est arrivé d\u2019acheter des livres pour enfants dans une langue que je ne comprenais pas juste parce que je le trouvais beau.» Lui-même s\u2019est permis d\u2019écrire à l\u2019étranger, à Banff, en Haïti, à Barcelone, pour prendre un recul nécessaire à la création.De Barcelone, il a pu assister aux élections ayant précédé le référendum de la Catalogne, un moment immortalisé dans la deuxième section du livre : celle aux récits politiques et historiques.On y fait par ailleurs des incursions à Berlin, à Tunis et à Istanbul.Et il y a ce troisième volet, plus personnel, plus sensoriel, où le lecteur fera la connaissance des deux héritiers de Gabriel Anc- til.«Les textes comportant le plus d\u2019émotion sont ceux avec les enfants.À travers leurs yeux, je peux revivre des premières découvertes.» Que dire de cette désintoxication des écrans induite par un séjour aux Îles-de-la-Madeleine?Le goût du vent, les couleurs des couchers de soleil, les grandes plages où on peut marcher à l\u2019infini sans rencontrer âme qui vit  : toutes ces premières fois prennent un sens différent dans la contemplation des enfants.«Ça me permet d\u2019arriver avec un regard plus naïf et plus spectaculaire.Je peux aller dans des zones où je n\u2019irais pas si je ne parlais que de mon expérience à moi.» Un de ses enfants ayant maintenant 16 ans, Gabriel Anctil réalise que de prendre le large aussi tôt dans la vie, comme il l\u2019a fait, n\u2019est pas nécessairement adapté pour toutes les personnalités.Mais mine de rien, les pommes ne sont, semble-t-il, pas tombées loin de l\u2019arbre.«Je leur ai transmis l\u2019amour du voyage.Ils l\u2019ont capté presque immédiatement.Les deux veulent faire le tour du monde.» Ce n\u2019est sans doute pas le paternel qui les découragera.«Voyager, c\u2019est une ouverture vers les autres.Plus on voyage, plus on se rend compte qu\u2019on est à peu près tous pareils.C\u2019est pour ça que c\u2019était si difficile que tous les voyages arrêtent brusquement à cause de la pandémie.Il y a aussi une découverte de soi.On nous projette notre propre image, une perspective différente sur notre vie.C\u2019est ce qui m\u2019a permis de réaliser que Montréal est une des villes les plus cools au monde.On y trouve la culture, la qualité de vie.Nous sommes choyés et chanceux de vivre ici.» Gabriel Anctil, qui a profité de la pandémie pour.écrire, publiera quatre ou cinq livres dans la prochaine année.Des livres pour enfants comme des livres pour adultes.Mais il a ces fourmis dans les jambes qui le pousseront bientôt vers le large.«J\u2019ai besoin de sortir du pays.» Le Grand Canyon sera sans doute une destination des prochains mois.Mais le rêve de découvrir Mexico pourrait l\u2019emporter et devenir réalité avant tout autre départ.«J\u2019ai envie d\u2019y aller depuis longtemps.Mexico, c\u2019est Frida Kahlo et Diego Rivera.C\u2019est aussi toute une culture culinaire.» Le confinement de la pandémie aura néanmoins permis de raviver la nervosité des expéditions en terres inconnues.«Les prochains voyages, je les apprécierai plus.Je les tenais peut-être pour acquis.» La confection d\u2019un recueil qu\u2019il avait en tête depuis longtemps aura donc servi d\u2019antidote, en même temps qu\u2019il lui redonnait le goût de partir.«En le relisant, je constate que c\u2019est comme le résumé des cinq dernières années de ma vie.» GABRIEL ANCTIL, BAROUDEUR BOULIMIQUE DE CULTURE Journaliste, écrivain et grand voyageur, Gabriel Anctil lance Sillonner les chemins du monde, un recueil de 40 récits de voyage.\u2014 JORGE CAMAROTTI JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca "]
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