La tribune, 10 avril 2021, Cahier 2
[" P H O T O D O M I N I Q U E L A F O N D ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air L\u2019AVENTURE SUR DEUX ROUES DANS LES CANTONS + VINS Planète vins SAVOUREUSE TOSCANE MUSIQUE Pièce sur pièce ET DE DEUX.SUR TROIS?! + EN CUISINE Plus qu\u2019un jardin DISCUSSION AVEC EMMANUEL BILODEAU SEMAINE DU 10 AU 16 AVRIL 2021 DEUIL AU CŒUR ET QUÊTE SUR LA VIE LOUIS-JEAN CORMIER SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M2 EXPO Passion pastel Originaire de Saint-Hubert mais vivant à Magog depuis 2002, Viviane Leblanc est titulaire d\u2019un baccalauréat en beaux-arts de l\u2019Université Bishop\u2019s, développant des affinités particulières avec le dessin et la peinture, notamment la peinture sur le motif, c\u2019est-à-dire en plein air devant le sujet ou à l\u2019intérieur à partir de clichés.Pour l\u2019artiste, qui aime interpréter les paysages qui l\u2019entourent, cette pratique apporte un sentiment de liberté et permet d\u2019accroître le sens de l\u2019observation.Après avoir exploré l\u2019huile, l\u2019acrylique et d\u2019autres techniques pour créer des tableaux figuratifs, elle privilégie maintenant le pastel sec, éprouvant un grand plaisir à découvrir les différents effets visuels propres à cette matière.En presque dix ans de pratique, Viviane Leblanc a exposé surtout en Estrie, dans la région montréalaise et dans Charlevoix.À la bibliothèque Françoise-Maurice de Coaticook, jusqu\u2019au 10 juin 2021.PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE BAUDELAIRE Serge Gainsbourg Serge Gainsbourg No 4 (1962) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?LE DISQUE DE LA SEMAINE Exceptionnel ?Excellent ?Bon ?Passable ?À éviter?POP-ROCK FRANCO Toute beauté n\u2019est pas perdue VINCENT VALLIÈRES Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Dubois solide, Claude Dubois 2 Incarnat, Ariane Moffatt 3 Les nuits de Repentigny, Les Cowboys fringants 4 Léda, Irvin Blais 5 Immersion, Angèle Dubeau et la Pietà 6 Acrophobie, Roxane Bruneau 7 Inscape, Alexandra Stréliski 8 Je n\u2019veux pas dormir ce soir, Jean-Pierre Ferland 9 À la croisée des humains, Lynda Lemay 10 Autoreverse Face 2, 2Faces \u203a NON FRANCOPHONE 1 The Bitter Truth, Evanescence 2 Chemtrails over the Country Club, Lana Del Rey 3 After Hours, The Weeknd 4 Justice, Justin Bieber 5 Raised under Grey Skies, JP Cooper 6 Duets, Sting 7 Clouds (The Mixtape), NF 8 Three Little Words, Dominique Fils-Aimé 9 Take Me to Your Leader, Cubby V 10 Who by Fire \u2013 Live Tribute to Leonard Cohen, First Aid Kit Ariane Moffatt \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND Fou comme plusieurs petits bonheurs ont pris toute leur importance depuis un an.Parce qu\u2019il nous reste la vie (et quand même bien d\u2019autres choses), une soirée dans l\u2019univers de Félix Leclerc pourrait s\u2019avérer plus qu\u2019appropriée.C\u2019est ce qu\u2019offrira le comédien et chanteur Stéphan Côté avec sa prestation en trio Il était une fois.Félix!, le vendredi 16 avril à la salle Montignac de Lac- Mégantic.Accompagné de Mario Légaré et de Jean-François Groulx, l\u2019artiste donnera un spectacle à la fois conte, tour de chant, poésie et hommage, dans l\u2019univers du chansonnier de l\u2019île d\u2019Orléans, qu\u2019il fréquente depuis plus de 20 ans.Il reste encore quelques billets à vendre sur le site du Comité culturel Mégantic.STEVE BERGERON Les petits bonheurs Stéphan Côté \u2014 PHOTO JEAN DESJARDINS Deux cents ans après sa naissance (9 avril 1821), Charles Baudelaire continue d\u2019être célébré.Dans toute l\u2019histoire de la littérature française, c\u2019est certainement le poète qui a le plus inspiré les musiciens, et ce, avec un seul recueil, Les fleurs du mal, qu\u2019il a peaufiné et enrichi pendant presque 30 ans, de 1840 jusqu\u2019à sa mort en 1867.Des compositeurs comme Chabrier, Fauré, Duparc, d\u2019Indy, Chausson, Debussy, Berg ont tous signé des mélodies sur ses poèmes, avant que les chanteurs populaires s\u2019en mêlent (à commencer par Ferré, qui lui a consacré trois vinyles).Iconoclaste, Gainsbourg a enrobé de jazz le poème Le serpent qui danse sur son opus 4 en 1962, le coiffant du titre Baudelaire.Plus près de nous, les Colocs ont fait une version reggae de Paysage sur l\u2019album 2116.Même Galaxie évoque les fleurs du mal dans sa chanson MDMA, abréviation scientifique de l\u2019ecstasy.STEVE BERGERON Canards en excursion à la bergerie \u2014 PHOTO COATIC\u2019ART Verre de bière à Bordeaux \u2014 PHOTO COATIC\u2019ART Avec ses textes inspirés, ses mélodies hameçons et ses arrangements travaillés, le nouveau Vincent Vallières frappe dans le mille.On reconnaît sa signature sur cette galette où les cordes ont beau jeu, mais on remarque aussi le pas plus loin, qui le révèle dans d\u2019autres teintes et d\u2019autres thèmes.Au fil des chansons où la grisaille s\u2019invite parfois (Elle n\u2019entend plus battre son cœur), où les ruptures cisèlent le cœur (Le jardin se meurt, Le paysage de ton silence), où le regard attendri du père se dessine (La somme, On dansera sous la pluie) et où l\u2019amour se peut encore (Entre les étoiles et toi), on dénote un dénominateur commun : le temps qui défile est partout présent dans ce nouvel opus.Qui porte aussi le sceau du réalisateur André Papani- colaou et du directeur artistique Martin Léon.Le fil conducteur, universel, se déploie jusqu\u2019en toute fin de piste où, surprise, la voix de Marjo se joint à celle du chanteur pour la touchante Tout n\u2019est pas pour toujours.Un bijou.Comme tout le disque.KARINE TREMBLAY laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M3 LIVRES KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Le territoire est partout dans les projets de Jean- François Létourneau.Après avoir publié l\u2019essai Le territoire dans les veines et après avoir lancé en 2019, avec les Marchands de mémoire, le livre audio Sur les traces du territoire, voilà que l\u2019Es- trien propose Le territoire sauvage de l\u2019âme, un premier roman qui explore encore une fois le riche filon du paysage dans lequel on s\u2019ancre.« Je ne l\u2019avais pas pensé comme ça, mais c\u2019est vrai que ça a donné une sorte de cycle créatif autour du territoire, un cycle où j\u2019ai utilisé trois formes pour creuser le même filon de façon très différente », résume l\u2019auteur et enseignant au Cégep de Sherbrooke.L\u2019essai s\u2019est avéré un exercice plus intellectuel tandis que le collectif des Marchands portait l\u2019idée territoriale dans la sphère du partage entre amis.Publiée chez Boréal, la toute neuve plaquette plante, elle, ses racines dans l\u2019intime et le versant émotif des choses.« Signer un roman, c\u2019est un rêve que je portais depuis que je suis jeune et qui s\u2019est finalement concrétisé grâce à un drôle de concours de circonstances.L\u2019écrivain Louis Hamelin a eu l\u2019idée de la nouvelle collection L\u2019œil américain.Il m\u2019a demandé si j\u2019avais des manuscrits qui traînaient. » Ça tombait bien, il en avait, et deux plutôt qu\u2019un.« Le premier ressemblait davantage à un recueil de nouvelles dont certaines se passaient dans le Nord.L\u2019autre était un carnet de réflexions sur la nature, le coin que j\u2019habite. » Hamelin a parcouru les deux avant de suggérer de les amalgamer.Parce qu\u2019il y avait cet écho entre les thèmes, les personnages.Résultat : un roman où l\u2019histoire se découpe en deux temps.GUILLAUME EN DEUX TEMPS On suit le personnage de Guillaume dans le blanc décor du Nord, où il a enseigné il y a plusieurs années, mais on le retrouve aussi dans le paysage forestier de l\u2019Estrie, où il habite désormais avec son amoureuse et leurs trois enfants.Les allers-retours dans le temps et sur le continent tissent la trame du récit.« Mon carnet était rédigé au je, mais en cours d\u2019écriture, le personnage de Guillaume s\u2019est imposé.J\u2019ai délaissé l\u2019autofiction pour raconter son histoire. » Si les chapitres qui en résultent sont aussi enracinés, c\u2019est que l\u2019auteur avait tout un vécu dans lequel puiser, lui qui a fait ses premières armes d\u2019enseignement à Kuujjuaq.Les aurores boréales qui embrasent le ciel, le désert de glace qui se découpe à l\u2019horizon, l\u2019immensité floconneuse, le froid de la toundra : tout est magnifiquement raconté, avec poésie et grand sens de l\u2019évocation.« Je parle d\u2019un territoire que je connais bien.Les scènes nordiques sont inspirées de ce que j\u2019ai vu et vécu là-bas, mais j\u2019ai évidemment intégré de la fiction et des anecdotes pour donner de la couleur et du relief », dit celui qui a passé quatre ans dans le climat polaire.« Lorsque j\u2019ai terminé mon baccalauréat, j\u2019avais envie de faire mon stage ailleurs.Je me suis retrouvé dans le Grand Nord. » Le peuple qu\u2019il a découvert et qu\u2019il dépeint traverse les jours avec humour.Tout le temps.« C\u2019est vraiment un trait culturel qui est très présent.Ça fait partie de leur façon d\u2019être, de voir, de faire face aux difficultés.Et il y en a, des difficultés! Mais dans le processus d\u2019écriture, j\u2019ai volontairement occulté les problèmes sociaux qu\u2019on rencontre là-bas. » COMME UNE LETTRE AUX GENS DU NORD Il a préféré pointer la capacité des autochtones à tout tourner en dérision, les gens comme le reste.« Au cours de la dernière année, j\u2019ai beaucoup repensé à cette façon qu\u2019ils ont d\u2019affronter les tempêtes.En riant de tout.L\u2019humour, c\u2019est une forme de résistance.C\u2019est étrange parce que j\u2019avais beaucoup voyagé auparavant, et j\u2019allais en Amérique du Sud pratiquement chaque été, mais c\u2019est là, dans le Nord, dans mon propre pays, à deux heures d\u2019avion de Montréal, que j\u2019ai vraiment compris ce qu\u2019était un choc culturel. » Il a pris conscience, aussi, du poids du passé.« Je l\u2019expliquais dans mon essai : c\u2019est hyper formateur de se sentir ainsi étranger chez soi.Tu repasses l\u2019histoire de l\u2019Amérique à partir d\u2019une autre perspective.Et tu réalises que tu es le \"maudit blanc\", tu appartiens à cette lignée-là, même si tu n\u2019as rien à voir avec ce qui s\u2019est joué avant toi.Tu te fais des amis, bien sûr, tu t\u2019intègres à cette communauté d\u2019accueil, mais ce senti- ment-là, il faut quand même que tu vives avec. » Et un jour, tu finis par t\u2019en aller, toi aussi.Tu retournes dans le Sud parce que c\u2019est là que sont tes racines.Ce jour-là est douloureux.On le lit, on saisit.L\u2019auteur n\u2019esquive pas la tristesse du départ.Le sentiment de culpabilité qui fait son nid à l\u2019idée de quitter un village, ses gens, des amis.« Ce roman, c\u2019est aussi une façon d\u2019envoyer une lettre d\u2019amitié aux familles que j\u2019ai côtoyées.On passe à Kuujjuaq, on y évolue pendant quatre ans, on tripe, c\u2019est marquant dans notre parcours.On oublie que des gens vivent là-bas.Pour eux, ce n\u2019est pas une expérience.Tant de gens passent et repartent que c\u2019est difficile de gagner la confiance des Inuits.Ils te voient comme quelqu\u2019un qui va finir par les quitter aussi.Au fil du temps, ils t\u2019accordent leur confiance, tu t\u2019intègres.Et un jour, tu es comme les autres, tu les abandonnes.Ce livre-là, même s\u2019il ne se rend pas jusqu\u2019à eux, c\u2019est ma façon de leur dire : voyez tout ce que vous m\u2019avez transmis. » Cette idée de la transmission habite d\u2019ailleurs tout le récit.Parce que, au-delà du territoire, ce qui niche au cœur des deux histoires imbriquées, c\u2019est la mémoire.Celle de ceux avant nous.Et celle qui englobe tout ce qu\u2019on souhaite léguer à ceux après nous.L\u2019auteur et enseignant estrien Jean-François Létourneau vient de signer son premier roman, Le territoire sauvage de l\u2019âme.Un lancement en ligne sur Facebook, en direct de la librairie Appalaches, aura lieu le mardi 13 avril à 17 h 30.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY JEAN-FRANÇOIS LÉTOURNEAU ENTRE MÉMOIRE ET TERRITOIRE JEAN-FRANÇOIS LÉTOURNEAU Le territoire sauvage de l\u2019âme ROMAN Boréal 144 pages En librairie à partir du 13 avril SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M4 MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 C\u2019est un fait : la pandémie a permis à plusieurs de sauter sur les freins.Pour les créateurs, c\u2019est même une évidence et Louis- Jean Cormier n\u2019y échappe pas.Avec la sortie de son quatrième album solo prévue pour le 16 avril, Cormier revient à la réalisation\u2026 et aux claviers.Disparues dans Quand la nuit tombe, un album sorti au début de la pandémie, les guitares sont toujours absentes sur la douzaine de pistes que présentent Le ciel est au plancher.Enregistré dans l\u2019espace du studio Dandurand à Montréal \u2014 copropriété de Cormier \u2014, l\u2019album a été coréalisé avec François Lafontaine, complice de Louis- Jean Cormier depuis les premiers accords de Karkwa.Ce disque s\u2019installe comme une suite au précédent, au travers de sonorités de jazz, mêlant les talents d\u2019échantillonneurs du duo Cor- mier-Lafontaine et la rythmique des percussions franchement karkwesque de Robbie Kuster.COMME UN FILM L\u2019album s\u2019est construit lentement, suivant un story-board dessiné par Cormier, Lafontaine et Kuster.« On a eu une approche cinématographique avec ce disque, confie l\u2019auteur-compositeur.On a concocté l\u2019album à trois.On a presque tout enregistré live pour ensuite ajouter les chœurs et les cuivres.D\u2019ailleurs, ce fut une expérience extraordinaire avec les cuivres.» La trame de l\u2019album amène le public de Sept-Îles à Montréal.Louis-Jean Cormier explique ce voyage du nord au sud par le décès de son père et sa volonté de revenir aux sources.« C\u2019est le disque dont je suis le plus fier quant à la direction artistique, explique-t-il.On s\u2019est fait un plan de match, on a visualisé un décor.Et on l\u2019a bâti comme un road trip, avec ce concept de géo- localisation qui s\u2019inscrit d\u2019ailleurs sur deux titres.» Sur la chanson Marianne par exemple, les références s\u2019entremêlent, faisant ainsi revivre sa « première blonde » tout en s\u2019adressant à Rebecca, celle qui partage sa vie.« Comme le soleil de l\u2019ouest derrière la fumée / Je voudrais qu\u2019on arrête de se cacher », a-t-il écrit, faisant ainsi état du dévoilement au grand jour de sa relation avec l\u2019animatrice Rebecca Makonnen On y retrouve même un clin d\u2019œil à Leonard Cohen, avec un petit bout de texte en anglais emprunté à l\u2019indémodable classique So Long, Marianne.« C\u2019est la première fois que j\u2019écris un texte en anglais et que je le chante », confie-t-il.LE DEUIL Bien entouré de sa garde rapprochée formée de Marc-André Laro cqu e, G u i l lau m e Char- train, Alex McMahon, Daniel Beaumont et, bien sûr, François Lafontaine.Louis-Jean Cormier raconte la douleur de la perte de son père dans cet album.Et c\u2019est avant tout à son père qu\u2019il a voulu rendre hommage avec ce disque.« Mon père est décédé en janvier 2020, il avait 85 ans, raconte l\u2019auteur-compositeur.Je lui dois beaucoup, dont certainement cette méticulosité dans mon travail et cette quête de la perfection qui peut rendre fou mon entourage.» Louis-Jean décrit son père Marcel comme un homme de principe, de musique et de cœur.« Depuis son départ, je ressens de plus en plus sa présence, croit-il.Son décès m\u2019a mis dans les mains cette quête sur la vie que j\u2019ai traduite sur le disque avec l\u2019aide de mes camarades.» La démarche du deuil est inscrite en lettres majuscules dans cet album, et Cormier l\u2019avoue d\u2019emblée.Un fil conducteur qui s\u2019étire jusque dans l\u2019intimité de son auteur-compositeur.LOUIS-JEAN CORMIER L\u2019IMAGE DU PÈRE «?Mon père est décédé en janvier 2020, il avait 85 ans.Je lui dois beaucoup, dont certainement cette méticulosité dans mon travail et cette quête de la perfection qui peut rendre fou mon entourage.?» \u2014 Louis-Jean Cormier laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M5 « C\u2019est certain que la perte de mon père fut un déclencheur pour l\u2019écriture de ces chansons- là, avoue-t-il.Mais c\u2019est également une démarche qui fait suite à Quand la nuit tombe.» L\u2019ESPRIT DE GROUPE Sur cette longue balade entre le ciel et la terre, on est accompagné par le piano de Cormier, le Wurlitzer et les synthés de Lafontaine ainsi que la trompette d\u2019Andy King et le saxophone d\u2019Erik Howe, deux « Anglos de l\u2019Ouest » qui ont été invités à participer à la production de l\u2019album par François Lafontaine.« Avec Erik et Andy, on s\u2019est un peu éloigné de notre clique habituelle, ajoute Cormier.Ce sont deux références de François.Il les a invités à se joindre à nous, et ils ont accepté sans trop savoir dans quoi ils s\u2019embarquaient.On leur a fait entendre les maquettes et on a ensuite passé deux jours à enregistrer tout ça, sans aucune partition.On voulait laisser place à l\u2019improvisation, surtout parce qu\u2019on avait envie de jouer dans des zones plus jazz.Finalement, on ne s\u2019est vraiment pas trompé.» On souligne aussi l\u2019idée d\u2019y avoir mis à profit la voix de Marie- Pierre Arthur.On peut l\u2019entendre sur plusieurs titres dont 138, L\u2019ironie du sort et Les lignes de ta main.Louis-Jean Cormier a remporté en 2020 le Félix de l\u2019album de l\u2019année, adulte contemporain, de même que celui de l\u2019auteur-compositeur de l\u2019année.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE, ÉRIC MYRE Rebecca Makonnen et Louis-Jean Cormier lors d\u2019un souper-bénéfice pour la Chapelle du rang 1 de Lac-Mégantic, en septembre 2019.Derrière, on aperçoit aussi le député Louis Lemieux.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY OTTAWA \u2014 «?Le 360, c\u2019est comme faire le tour de ce que le monde des arts peut offrir.?» Au début de la pandémie, Louis- Jean Cormier laissait germer l\u2019idée d\u2019une plateforme web axée sur la création artistique et ses créateurs.Avec le lancement du 360 en mars dernier, ce beau rêve est devenu réalité, et ce, au cœur même du studio qu\u2019il a bâti, rue Dandurand, à Montréal.Appuyé par l\u2019équipe des Yeux boussoles, le réalisateur Alex Doucet et de nombreux amis collaborateurs, Louis-Jean propose un tour d\u2019horizon riche et intime de son univers musical et de ceux d\u2019artistes qui l\u2019inspirent.« C\u2019est comme une activité de fan-club, sans être un fan-club, tente-t-il d\u2019expliquer.J\u2019ai des fans partout dans la francophonie et même ailleurs qui veulent accéder à mon contenu, des trucs que j\u2019ai faits à la télé ou à la radio.Avec Le 360, je peux rendre accessible tout ce contenu et encore plus.» Au fil des ans, avec la série Microphone présentée à Télé- Québec, Cormier a reçu plusieurs artistes venus revisiter leurs grandes chansons.Même chose à la radio où il a animé La chaîne musicale sur les ondes de Radio-Canada.Chaque fois, derrière le micro ou devant la caméra, il mettait en valeur le talent d\u2019ici.Au menu des six chaînes du 360, des collabos, des rencontres \u2014 dont celles savoureusement intéressantes avec Philippe Far- lardeau, Maude Landry et Mehdi B oussaidan \u2014, des classes d\u2019artisans et des moments en coulisses.« Le 360, c\u2019est l\u2019envie d\u2019être libre, d\u2019être maître à bord, de créer un terrain de jeu numérique indépendant, autosuffisant et fabriqué ici », précise l\u2019artiste.Pour chaque abonnement, 1 $ sera remis à l\u2019organisme Jeunes musiciens du monde, dont Louis- Jean est le nouveau porte-parole.« On est loin de nos object i f s d \u2019a b o n n e m e n t e n c e moment, mais le travail se fait, lentement mais sûrement.» MARIO BOULIANNE, LE DROIT LE 360 DE LOUIS-JEAN Et qu\u2019en est-il de Karkwa?Une question facile et nécessaire, lorsqu\u2019on discute avec Louis-Jean Cormier.Et la réponse ne vient pas aussi rapidement que prévu.On le voit esquisser un sourire, faire une pause et lancer : «?On travaille (toujours) sur quelque chose?», avoue-t-il, hésitant à se compromettre.Étant copropriétaire du studio Dandurand avec quelques-uns de ses camarades du mythique groupe, il y a là une liberté de créer qui n\u2019implique rien d\u2019autre qu\u2019un peu de disponibilité.«?On a tous, chacun de son côté, un agenda relativement chargé, explique-t-il.On a des trucs en chantier, mais on n\u2019a surtout pas d\u2019échéancier.Si l\u2019album arrive, il arrivera, mais à son rythme.?» Lors du lancement de sa plateforme Le 360, on a pu assister à une séance d\u2019enregistrement où les membres de Karkwa étaient réunis dans le studio montréalais.On a pu les observer dans un moment de création et, devant la caméra et à micro ouvert, Louis-Jean Cormier a lancé un «?pourquoi pas?» bien senti.«?C\u2019est certain que de retrouver ces gars-là, ça fait un bien énorme, ajoute-t-il.C\u2019est facile de travailler avec eux, de se laisser inspirer.Je crois sincèrement qu\u2019on est sur le point d\u2019arriver avec un projet signé par Karkwa.?» À suivre.MARIO BOULIANNE, LE DROIT ET KARKWA?\u2014 PHOTO CAPTURE D\u2019ÉCRAN DE LE 360 LOUIS-JEAN CORMIER Le ciel est au plancher POP-ROCK FRANCO Simone Records Sortie le 16 avril Louis-Jean Cormier lancera, la semaine prochaine, son quatrième album solo intitulé Le ciel est au plancher.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M6 ARTS SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Les bases du projet lancé l\u2019été dernier s\u2019étant avérées d\u2019une solidité à toute épreuve, les morceaux taillés dans le quotidien et l\u2019amour par le duo Pièce sur pièce, alias les Sherbrookois Stéphanie Blanchette et Olivier Brousseau, continuent de s\u2019empiler dans le coffre à musique.Assez pour que le second volet de leur trilogie musicale soit paru vendredi.Rappelons que trois microalbums sont prévus dans la première année de vie de ce duo lancé entre deux vagues d\u2019une pandémie qui dure trop longtemps.Autour du couple complice qui entremêle voix, compositions et instruments gravitent des comparses et amis de toujours qui ont déjà collaboré au succès du EP1 lancé en septembre 2020.Le prolifique Jean-François Létourneau signe les textes de La Domline, Étonne-toi pas et Ma vie en rivière, et la parolière Mélanie Noël réitère aussi avec Champ de tir.Maxime Cournoyer et Sylvain Manceau s\u2019amènent avec respectivement Pièce A et Pièce B, qui inaugurent ce second rendez-vous.« On est très fidèles aux gens qui nous entourent.Ce sont aussi des amis », lancent d\u2019une même voix Stéphanie et Olivier, qui retrouvent ainsi le musicien Mathieu Perreault, ses guitares, sa baryton et son didgeridoo, ainsi que le percussionniste et réalisateur Jimmy Lord, du Studio Plante Verte, là où les deux albums ont été réalisés.« O n a b e a u c o u p e x p l o r é musicalement, et on a eu l\u2019occasion d\u2019enregistrer toutes les chansons ensemble, ce qui est vraiment une chance incroyable », ajoute encore Olivier Brousseau.BIEN TREMPÉ Après avoir trouvé un son bien à eux pour ce projet et les albums qui en découleraient, Stéphanie Blanchette et Olivier Brousseau ont maintenu le cap pour EP2, bien trempé dans le folk, avec un petit grain de voix plus rugueux de Stéphanie dans un Champ de tir qui interpelle.Des chansons que le duo sher- brookois se prépare à interpréter sur scène, éventuellement, à la première occasion.D\u2019ici là, des spectacles virtuels seront proposés et le premier extrait de ce EP2, Étonne- toi pas, sera accompagné d\u2019un clip tourné par Alexandre Lacasse, celui-là même qui avait réalisé Le grand déraillement, version vidéo, chanson du premier microalbum écrite par David Goudreault et qui connaît encore une belle écoute sur les radios commerciales.« C\u2019est un peu pour ça qu\u2019on a légèrement retardé la sortir du deuxième : pour laisser vivre le premier, expliquent Blanchette et Brousseau.Ç\u2019a été tellement un bel accueil, on se laisse porter par ça pour la suite des choses.On a déjà quelques textes de côté pour le troisième qui devrait sortir d\u2019ici la fin de 2021.On verra ensuite pour le support physique, que ce soit en vinyle ou en CD.La demande est là, notre envie de le faire aussi.» PIÈCE SUR PIÈCE Taillés dans l\u2019amour et le quotidien Olivier Brousseau et Stéphanie Blanchette déposent quelques morceaux de plus à leur projet Pièce sur Pièce lancé l\u2019été dernier.\u2014 PHOTO PIÈCE SUR PIÈCE MONTRÉAL \u2014 Offre acceptée est une nouvelle production originale dans laquelle nous suivons six acheteurs à la recherche de la propriété de leurs rêves.Après chaque visite dans la maison que leur propose leur agent, ils doivent décider s\u2019ils font une offre ou non.Dans un marché où la surenchère est fréquente, ils sont loin d\u2019être assurés que leur offre sera acceptée et font tout pour tirer leur épingle du jeu.La série s\u2019avère une radiographie assez exacte de la situation actuelle.Le premier épisode nous amène dans les condos montréalais et les maisons de la couronne nord.Les mardis à 20 h 30 dès le 13 avril à Canal Vie.JOSÉE LARIVÉE, LA PRESSE CANADIENNE \u2014 PHOTO CANAL VIE COIN TÉLÉ PIÈCE SUR PIÈCE EP2 FOLK FRANCO Production Pièce sur Pièce S E N T É DANS L E P R É RE D E CAD Concert rock pour petits de 2 à 6 ans et leur famille ! À cheval sur le show rock et l\u2019installation muséale, Le Potager raconte en chansons et en images les mains qui sèment, qui arrosent, qui récoltent, l\u2019espoir que ça grandisse, le chemin des vers de terre et le plaisir de croquer, si la carotte le veut bien\u2026 Samedi 1er mai et Dimanche 2 mai à 9h30 et 11h Centre des arts de la scène Jean-Besré 250, rue du Dépôt, Sherbrooke Billetterie dès le 12 avril à 12h 819 822-1313 I cotescene.ca/petits-bonheurs Idéation, écritures et mise en scène Karine Sauvé et Érika Tremblay-Roy I Musique Guillaume Gilbert I Visuel peint et animation Élise Lafontaine et Jean-Philippe Thibault I Lumières Andréanne Deschênes I Interprétation Simon Bergeron, Fred Giguère et Guillaume Gilbert Une Création 0060861 laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M7 LIVRES YVES BERGERAS Le Droit OTTAWA \u2014 À la faveur du mouvement de «?(ré)conciliation?» entre le Canada et les Premières Nations, l\u2019universitaire Emma- nuelle Dufour faisait paraître cette semaine C\u2019est le Québec qui est né dans mon pays!, une bande dessinée permettant de «?mieux?» comprendre les relations entre autochtones et allochtones.Et de «?comprendre-tout-court?» ces voisins qui, malgré une volonté accrue d\u2019améliorer le dialogue, souffrent toujours d\u2019une certaine «?invisibilité?» aux yeux du peuple colonisateur.Voyant là un « rendez-vous manqué », l\u2019auteure propose dans ce livre des pistes de compréhension accessibles à tous.ainsi qu\u2019une généreuse médiagraphie pour quiconque souhaite pousser plus loin la réflexion.Québécoise de souche, Emma- nuelle Dufour est d\u2019ailleurs partie de sa « propre méconnaissance » des peuples avec qui elle partage le territoire.Un constat qu\u2019elle a réalisé au contact des Maoris, en Nouvelle-Zélande, explique-t-elle au détour des pages \u2014 car elle n\u2019hésite pas à mettre en scène ses propres interrogations.Lors de son voyage en 2004, elle s\u2019est sentie incapable de répondre aux questions que lui posait une fillette autochtone curieuse de comparer son expérience de vie avec celle de ceux qu\u2019elle considérait comme ses lointains « cousins » nord-américains.Mais ce sentiment de culpabilité ne nourrit que le déclic initial, et son livre s\u2019affranchit du sentiment de honte pouvant découler des comportements de ses ancêtres colonisateurs.Honte et culpabilités étant des sentiments « contre-productifs », qui encouragent le repli identitaire davantage qu\u2019ils ne favorisent « la rencontre » de l\u2019autre, Emmanuelle Dufour préconise la « responsabi- lisation individuelle et collective ».Son livre cherche à encourager une attitude positive et « constructive », ce pas qui romprait avec les ancestrales postures de cohabitation contrainte et distante.Ce qu\u2019attendent les communautés autochtones, explique-t-elle, c\u2019est que le peuple colonisateur procède à un « auto-examen sur tous les plans : individuels, collectifs, institutionnels et systémiques ».Et ce, « avant d\u2019entamer le processus de rencontre ».« Ils ne quémandent pas qu\u2019on s\u2019intéresse à eux, nuance-t-elle : ils aspirent à une justice sociale qui ne peut que s\u2019opérer à travers un processus d\u2019introspection et de responsabilisation.» Cet auto-examen, poursuit Emmanuelle Dufour, consiste à accepter d\u2019« explorer l\u2019histoire coloniale » du pays avec des yeux neufs, moins ethnocentristes, pour mieux déconstruire les termes galvaudés et les images stéréotypées qu\u2019ont nourries le système d\u2019éducation et les médias de masse.POLYPHONIQUE La BD (ici, l\u2019art séquentiel prend en réalité la forme d\u2019un « carnet de rencontres ») donne la parole à une cinquantaine de contributeurs (chercheurs, intellectuels, artistes ou militants), pour moitié autochtones, pour moitié allochtones.Emmanuelle Dufour alterne donc entre le « je » et le « il » et « elle », pronoms toujours singuliers.Il n\u2019y a pas « une » parole autochtone, pas plus qu\u2019il n\u2019y a une nation, et l\u2019ouvrage se veut le miroir avisé de cette diversité polyphonique.« Ce n\u2019est pas une BD qui parle d\u2019eux dans un nous inclusif », éclaire l\u2019auteure.De page en page, elle a le sentiment d\u2019ouvrir des fenêtres sur la ou sur des réalités autochtones, à mesure qu\u2019elle relaie les propos éclairants (exprimés parfois avec humour, parfois avec circonspection, souvent avec sagesse) de multiples personnalités « inspirantes », dont le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador Ghislain Picard, le musicien Florent Vollant, la commissaire de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées Michèle Audet, l\u2019artiste Ellen Gabriel, etc.La BD lève au passage un voile sur plusieurs initiatives réparatrices ou médiatrices, dont l\u2019éphémère Collège Manitou, le centre d\u2019apprentissage Kiuna ou encore la grande marche Innu Meshkenu.Elle n\u2019oublie pas d\u2019évoquer les cicatrices des pensionnats autochtones ni l\u2019impact des travaux de la « Commission Viens » (Commission d\u2019enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès).Un impact mitigé, à en juger par les propos relayés dans le livre d\u2019Emmanuelle Dufour, pour qui la « rencontre » tant espérée n\u2019a jamais réellement eu lieu, les Québécois ayant été eux-mêmes longtemps freinés dans leur élan par le paradoxe de « leur double posture de colonisateurs et de colonisés ».MÉDIATRICE Tout en prenant grand soin de ne jamais s\u2019approprier les propos autochtones, la dessinatrice \u2014 qui est aussi une anthropologue diplômée \u2014 se pose plutôt en médiatrice, en « facilitatrice ».Mi- conteuse, mi-rapporteuse, elle cherche à faire de sa publication un outil d\u2019« éveil » permettant d\u2019amorcer la réflexion, de faciliter la compréhension des attentes et points de vue autochtones, pour faciliter l\u2019érection de ponts entre les cultures.et « sortir de l\u2019impasse ».« Je ne souhaite pas raconter l\u2019histoire des premiers peuples, mais seulement qu\u2019on examine ensemble leur histoire.Je pars de mon expérience d\u2019allochtone, je me sers de mon exemple pour parler de l\u2019Autre.» L\u2019objectif n\u2019est pas de répondre aux questions, mais d\u2019en provoquer de nouvelles, ajoute-t-elle.Malgré des progrès notables, l\u2019histoire des Premières Nations demeure assez mal enseignée dans les écoles québécoises, reflet de notre « méconnaissance » générale, estime Emmanuelle Dufour.Difficile de « comprendre la relation » alors que « notre histoire commune est pleine de trous » qu\u2019on a trop longtemps comblés par des clichés grossiers, argue-t-elle.Des gravures de martyres des pères Lalemant et Brébeuf aux représentations réductrices de la crise d\u2019Oka, en passant par Lucky Luke et Yakari, le livre s\u2019amuse à retracer quelques stéréotypes, pas toujours inoffensifs.« Le pan le plus important à enseigner, c\u2019est avant la crise d\u2019Oka : tout ce qui a chamboulé la relation [entre les peuples] et qui est à l\u2019origine des enjeux auxquels font face le Québec et l\u2019ensemble du Canada », estime l\u2019auteure, qui consacre un long chapitre à la crise d\u2019Oka \u2014 appellation que boudent nombre d\u2019autochtones, qui préfèrent parler du « siège de Kanehsa- take », rappelle Mme Dufour \u2014 et à ses conséquences désastreuses sur nos relations multilatérales.Ce problème de vivre ensemble « nous concerne tous » et il est temps de briser ce cercle vicieux, poursuit-elle.Autrement dit : « Faire le ménage pour qu\u2019une nouvelle parole puisse résonner », annonciatrice d\u2019une véritable réconciliation.Emmanuelle Dufour voit sa bande dessinée comme un outil de dialogue ayant pour «?objectif l\u2019encouragement à une guérison?» mutuelle.«?J\u2019essaie juste de faire ma part [dans la] préparation à la rencontre?» avec les communautés autochtones.\u2014 PHOTO ÉDITIONS ÉCOSOCIÉTÉ EMMANUELLE DUFOUR C\u2019est le Québec qui est né dans mon pays! BANDE DESSINÉE Écosociété 208 pages C\u2019EST LE QUÉBEC QUI EST NÉ DANS MON PAYS! UNE BD POUR STIMULER LA RENCONTRE SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M8 MUSIQUE MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 Formé d\u2019anciens membres de Cherry Chérie, Filpo se démarque nettement du rock\u2019n roll rétro de sa formation d\u2019origine, pour entrer dans une veine de rock plus lourd.Avec ce premier album intitulé Printemps, le groupe plonge directement dans une mouvance indie très contemporaine et assume pleinement cette nouvelle signature sonore.« Ce n\u2019est vraiment pas du Cherry Chérie, clame Paolo Philpot.J\u2019ai abordé l\u2019écriture des chansons comme un projet solo, mais qui se décline en band.C\u2019est pour moi une tout autre façon de faire qui, là aussi, se démarque de la signature Cherry.» Avec ce premier effort en studio qui se décline en dix chansons, Filpo a de grandes ambitions.Pao- lo (guitare) et le bassiste Gabriel L\u2019Heureux, tous les deux anciennement de Cherry Chérie, ont recruté le claviériste Paul Aubry et le batteur Gabriel Lapointe.Et c\u2019est au studio de Pierre Duchesne, à Shef- ford dans les Cantons-de-l\u2019Est, que le quatuor montréalais a entrepris l\u2019enregistrement de Printemps.« Ce fut un long, très long processus, explique Paolo Philpot.On a mis notre album dans les mains d\u2019un grand réalisateur, mais aussi un homme très méticuleux qui ne laisse rien au hasard.Pierre [Duchesne] est derrière les plus grands albums réalisés au Québec et ce n\u2019est pas un hasard.» En choisissant de confier la réalisation de leur premier opus à Duchesne, Philpot et les autres membres du groupe espèrent amener Filpo dans une ligue à part.DES COLLABORATIONS La chimie opère bien, malgré que le nouveau groupe en soit encore à ses premiers accords.Il faut dire, par contre, que les musiciens se connaissent depuis un temps déjà.Printemps devient ainsi un album de renouveau qui, en plus de voir se reconnecter de vieilles amitiés, témoigne de la naissance de plusieurs nouvelles collaborations.On découvre d\u2019ailleurs la présence de l\u2019auteur-compositeur-interprète belge Témé Tan sur Apparition et Incendie.« Cette collabo est très anecdotique, raconte Paolo Filpo.On a croisé Témé lors du passage de Cherry en Chine.Par la suite, on a gardé contact et, lors de l\u2019enregistrement de l\u2019album, on a appris qu\u2019il était au Québec, chez un de ses compatriotes qui habite ici.On lui a donc lancé l\u2019invitation, qu\u2019il a acceptée, sans trop savoir ce qu\u2019il aurait à faire sur l\u2019album.Quand on lui a appris qu\u2019il devait écrire et chanter quelques couplets sur nos chansons, il a pris ça très au sérieux et le résultat fut très surprenant.C\u2019était parfait.» Laura Babin, sur Comme une plume et Laisse couler, de même que Roxane Reddy sur Endorphine et Je rentre à la maison, viennent aussi prêter leurs voix.« Avoir des choristes sur l\u2019album est un grand luxe, commente Paolo.Étant donné que les autres gars du band ne chantent pas, la voix de Laura et celle de Roxanne apportent une tout autre dimension.» EN SOLO Filpo est un projet beaucoup plus près de l\u2019auteur-compositeur que de celui d\u2019un band proprement dit.Paolo Philpot confie que Printemps est un album qui lui ressemble beaucoup et qui aborde des sujets qui lui sont propres.« Pour ce disque, je suis parti de mon côté.C\u2019était une démarche plus personnelle dans le processus d\u2019écriture.J\u2019ai juste voulu écrire des chansons, sans me poser de questions, sans savoir si c\u2019était pour Cherry Chérie ou pour un autre projet.Et dès les premiers instants en studio, ouf! que c\u2019était différent.Autant dans l\u2019écriture que dans la livraison des chansons.» Sans être le projet solo de Paolo Philpot, Printemps s\u2019en rapproche beaucoup, même dans le nom du groupe (Filpo) qui rappelle celui de son leader.« Ce qui est bon à savoir, c\u2019est que le nom Filpo ne vient pas de moi, confie-t-il.C\u2019est sorti d\u2019un brainstorming et, à ce moment, j\u2019étais très mal à l\u2019aise avec ce nom.On a dû me convaincre que c\u2019était ce nom- là qu\u2019il nous fallait.» LA SUITE L\u2019album, sorti le 2 avril dernier, a été précédé par deux extraits : Endorphine et Comme une plume.Le groupe prévoit lancer un autre simple (Incendie), qui pourrait être accompagné d\u2019un vidéoclip.« Au-delà de la réalisation de l\u2019album, le projet a pris un certain temps à s\u2019articuler, se rappelle Philpot.Il fallait trouver le moment et la manière de le présenter au public.C\u2019est difficile de lancer quelque chose de nouveau dans le contexte actuel, mais, en même temps, ça fait énormément de bien et on avait tous besoin de ça.» Avec un son très rock contemporain malgré l\u2019intention rétro ainsi que la présence accentuée de la section rythmique, Filpo revendique une énergie qui sera sans aucun doute palpable en spectacle.D\u2019ailleurs, le groupe prépare un lancement virtuel accessible gratuitement à partir de leur page Facebook, dont la date reste à déterminer.Ce sera alors l\u2019occasion de constater le potentiel scénique de cet album.« Étant donné qu\u2019on ne peut pas le présenter en personne, on fait comme tout le monde et on le lancera sur le web, ajoute Paolo.Pour l\u2019instant, aucune date de spectacles ne pourra être annoncée tant que les restrictions sanitaires seront en vigueur.Il faudra nous suivre sur nos réseaux sociaux pour connaître la suite des choses pour nous.» Selon Paolo Philpot, une autre saison pourrait succéder à Printemps.« Il n\u2019est pas dit que ça s\u2019arrêtera ici.Je crois que ce premier jalon n\u2019est que le début pour Filpo.» Composé de Gabriel Lapointe, Paolo Philpot, Gabriel L\u2019heureux et Paul Aubry, le groupe Filpo présente un premier album, Printemps.\u2014 PHOTO JULES BÉDARD FILPO NOUVEAUTÉ DU PRINTEMPS FILPO Printemps ROCK FRANCO Coyote Records «?Ce fut un long, très long processus.On a mis notre album dans les mains d\u2019un grand réalisateur, mais aussi un homme très méticuleux qui ne laisse rien au hasard.Pierre [Duchesne] est derrière les plus grands albums réalisés au Québec et ce n\u2019est pas un hasard.?» \u2014 Paolo Philpot laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M9 HUMOUR ARIANE GOBEIL Le Quotidien SAGUENAY \u2014 La vedette du Web Mathieu Dufour, alias Math Duff, lance la série J\u2019travaille icitte?!, en collaboration avec Juste pour rire.Chaque semaine, l\u2019humoriste originaire de Jonquière fera l\u2019expérience d\u2019un nouveau lieu, comme s\u2019il y travaillait.Dans le premier épisode, diffusé le mardi 6 avril, à 21 h, il était accueilli à Hôtel Escad et son ami Pier-Luc Funk est venu le rejoindre pour cette aventure.« C\u2019est vraiment comme si j\u2019y travaillais, mais je ne m\u2019en vais pas là pour apprendre le métier.C\u2019est plus de réaliser des rêves dans ce lieu-là », raconte Mathieu Dufour.Ayant lui-même occupé certains emplois qu\u2019il qualifie « d\u2019un peu absurdes », le jeune humoriste s\u2019inspire de ces expériences dans cette série où il prend plaisir à découvrir des lieux de rêve.Bien que l\u2019artiste de la relève ait plusieurs projets à son actif, J\u2019travaille icitte ! est sa première création originale.La carrière de Mathieu Dufour a connu une véritable ascension au cours de la dernière année.Le comique compte 173 000 abonnés sur Instagram et s\u2019est fait remarquer avec son talk-show quotidien Show-rona Virus.Récipiendaire de l\u2019Olivier de l\u2019artiste COVID de l\u2019année le mois dernier, l\u2019humoriste s\u2019est dit très heureux de cette reconnaissance, d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un honneur obtenu grâce au vote du public.« C \u2019e st v ra i m e n t u n e b e l l e marque d\u2019amour parce que c\u2019est le seul trophée qui était voté par le public.Ça veut vraiment dire beaucoup pour moi.Je trouve ça cool que les gens aient pris de temps d\u2019aller voter et aient embarqué dans mes folies dans la dernière année.Je trouve ça cool aussi parce que le trophée est unique, c\u2019est un Olivier avec un petit masque ! », fait-il remarquer.AMATEUR DE STAR ACADÉMIE Cet hiver, il fait également partie de l\u2019Escouade Star Académie, une expérience qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à renouveler.« J\u2019aime vraiment ça! Toutes les semaines, on fait des petites folies pour encourager les candidats.C\u2019est vraiment l\u2019fun.À la base, je suis un grand fan de Star Académie.Quand ils m\u2019ont appelé pour me proposer de faire ça, je capotais.» Pour cette série, lui et son équipe de l\u2019Agence Feedback ont l\u2019entière liberté dans tout le processus de production et dans le choix des contenus.« On a tout fait de A à Z.On a des réunions pour faire le contenu, on brainstorme pour voir ce qu\u2019on va faire dans ce lieu-là.On va visiter le lieu une semaine avant le tournage.On se rassoit pour voir ce qu\u2019il est possible et ce qu\u2019il n\u2019est pas possible de faire.Tout est pensé.Sur le tournage, mon équipe est là avec moi.On a des idées de plans de caméra.Je suis même allé m\u2019asseoir en salle de montage pour aider.» Lorsque Juste pour rire l\u2019a approché pour collaborer au projet J\u2019travaille icitte !, il n\u2019en croyait pas ses oreilles.Il apprécie cette chance de pouvoir réaliser une websé- rie avec une grande liberté de production.« J\u2019ai vraiment été surpris.C\u2019est vraiment une grosse marque de confiance.Au début j\u2019étais comme : \"Êtes-vous sérieux ?\" De me donner carte blanche comme ça, de pouvoir faire ce que je veux, c\u2019est vraiment rare que ça arrive.J\u2019étais vraiment content et, rapidement, je me suis mis en mode okay, on le fait.» VÉRONIQUE CLOUTIER Mathieu Dufour s\u2019est dit très satisfait de la première émission et de la réponse du public.« Ça dépasse mes attentes ! C\u2019est la première fois que je suis autant investi dans un projet.C\u2019est vraiment mon petit bébé, on y croit et on a beaucoup de plaisir.Je suis très content de la réponse des gens.» L\u2019humoriste garde le secret quant à l\u2019identité des invités qui partageront l\u2019écran avec lui dans les prochains épisodes, à l\u2019exception de la participation de Véronique Cloutier, qui a été annoncée.« Il n\u2019y a pas d\u2019invités toutes les semaines.Je voulais me laisser la possibilité, dans un lieu ou deux, de ne pas avoir d\u2019invité, de juste découvrir et m\u2019amuser là- dedans », précise-t-il.Jusqu\u2019à maintenant, quatre épisodes ont été enregistrés et il en reste trois à tourner.« On ne sait pas si on va en faire plus.Encore une fois, on a la liberté de faire un peu à notre tête à ce niveau-là.» Mis à part J\u2019travaille icitte !, Math Duff travaille sur plusieurs projets humoristiques qu\u2019il ne peut pas encore dévoiler.« J\u2019ai plein d\u2019autres projets sur la table, dont certaines qui s\u2019en viennent pour l\u2019été.Sinon, j\u2019ai tourné une autre série web qui va sortir à la fin avril sur le milieu de la mode.J\u2019aime ça, la mode, les designers, les vêtements, et ça me tentait d\u2019en apprendre un peu plus, donc je suis parti à la rencontre de ce milieu.» Chaque semaine, un nouvel épisode de J\u2019travaille icitte ! sera diffusé sur la plateforme mathieu- dufour.hahaha.com et accessible pour une durée de soizante-douze heures seulement.J\u2019TRAVAILLE ICITTE! Carte blanche pour Mathieu Dufour L\u2019humoriste Mathieu Dufour anime depuis cette semaine la websérie J\u2019travaille icitte! \u2014PHOTO BERTRAND EXERTIER Mathieu Dufour a été sacré artiste COVID de l\u2019année au dernier gala Les Olivier.\u2014 PHOTO INSTAGRAM «?C\u2019est vraiment comme si j\u2019y travaillais, mais je ne m\u2019en vais pas là pour apprendre le métier.C\u2019est plus de réaliser des rêves dans ce lieu-là.?» \u2014 Mathieu Dufour SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M10 THÉÂTRE MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 La Sagouine ne se plaint jamais.C\u2019est un exemple de résilience, mais aussi une femme forte et très lucide.Voilà le personnage que Lorraine Côté veut incarner sur scène.La comédienne originaire du Lac- Saint-Jean est seulement la deuxième actrice à assumer ce rôle en 50 ans.Elle avoue d\u2019ailleurs ressentir une certaine pression.« Prendre ce rôle porté brillamment pendant 50 ans par Viola Léger, ce n\u2019est pas rien, confie la comédienne.On a beau se dire que c\u2019est un rôle comme les autres, ce n\u2019est pas le cas du tout.Il faut se rendre à cette évidence.» Lorraine Côté a d\u2019abord pu présenter la pièce cinq fois en septembre dernier au Grand Théâtre de Québec, avant la remise sur la glace des événements culturels.La tournée a repris en mars, lors du deuxième déconfinement.« On devait en réalité faire un mois avant de partir en tournée », précise l\u2019actrice.Née de l\u2019imaginaire d\u2019Anto- nine Maillet, La Sagouine est une figure très populaire au Québec et dans l\u2019ensemble de la francophonie.Cette pauvre Acadienne née près de la mer, qui ne sait ni lire ni écrire et passe ses journées à frotter les planchers, a une langue aussi riche que bien pendue, et elle pose sur l\u2019humanité un regard lucide.On pourrait même dire qu\u2019elle est la voix du peuple.« Elle a une âme d\u2019enfant, ne se plaint jamais et fait contre mauvaise fortune bon cœur, d\u2019ajouter la comédienne.Ce qui ressort, c\u2019est la beauté de la langue, sa musicalité également.C\u2019est une langue vraiment magnifique.Et ça parle de choses tellement fondamentales.» La Sagouine a eu douze enfants, dont neuf sont morts en bas âge.Les trois survivants sont nés en été, ce qui a permis aux bébés de prendre des forces avant l\u2019hiver.« C\u2019est une vie de misère, mais à laquelle la Sagouine semble s\u2019adapter tant bien que mal, explique la comédienne.Elle n\u2019est également pas trop croyante.Bien sûr, elle parle de Dieu, mais sans doute parce que c\u2019était la norme à l\u2019époque.Elle est plutôt redevable à la vie.» Lorraine Côté adore la Sagouine.Elle avait très hâte de présenter sa version au public.« Disons que je commençais à en avoir assez de me parler toute seule, dans mon salon, dit-elle avec humour.Il est temps que les spectacles recommencent, que l\u2019on aille à la rencontre des gens.» LES CONSEILS DE L\u2019AUTEURE Mise en scène par Patrick Ouellet, cette nouvelle mouture de La Sagouine prend quand même ses distances vis-à-vis la lecture qu\u2019en faisait Viola Léger.Le metteur en scène a ajouté un personnage, Gapi, le mari de la Sagouine.On a aussi modifié le costume de l\u2019Acadienne et la comédienne a également forgé son propre accent.« J\u2019ai une bonne oreille, mais je me suis plus inspiré de l\u2019accent de Mme Maillet que de celui de Viola, explique-t-elle.Mais, comme on me l\u2019a expliqué, il y a plusieurs accents en Acadie.Et il serait impossible de tous les reproduire dans un seul personnage, alors j\u2019ai trouvé le mien.» Pour son rôle, Lorraine Côté a également consulté l\u2019auteure.Si elle a déjà dit que tout le monde n\u2019est pas « digne » de jouer la Sagouine, Antonine Maillet est cependant enchantée que ce soit la comédienne Lorraine Côté qui l\u2019incarne cette fois.« Il faut que la Sagouine vive après Lorraine Côté, La comédienne Lorraine Côte incarne la Sagouine dans une nouvelle production du théâtre du Trident soulignant les 50 ans de l\u2019oeuvre et du personnage.\u2014 PHOTO NICOLA-FRANK VACHON La Sagouine telle qu\u2019incarnée par Lorraine Côté.\u2014 PHOTO STÉPHANE BOURGEOIS Antonine Maillet, auteure de La Sa- gouine.\u2014 PHOTO ARCHIVES LE DROIT, ÉTIENNE RANGER LA SAGOUINE ET LA BEAUTÉ DE LA LANGUE «?Elle a une âme d\u2019enfant, ne se plaint jamais et fait contre mauvaise fortune bon cœur.Ce qui ressort, c\u2019est la beauté de la langue, sa musicalité également.C\u2019est une langue vraiment magnifique.Et ça parle de choses tellement fondamentales.?» \u2014 Lorraine Côté laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M11 THÉÂTRE OTTAWA \u2014 Publié par Antonine Maillet en 1971, La Sagouine est avant tout un recueil de seize monologues inspirés par une femme qui a vraiment existé.Sarah Cormier est une Acadienne qui, selon son histoire relatée à l\u2019auteure par son petit-fils, aurait eu douze enfants dont seulement trois auraient survécu aux hivers rigoureux.C\u2019est après avoir envoyé quelques textes à Radio-Canada que Mme Maillet met son personnage en scène, d\u2019abord avec des lectures que l\u2019auteure fait elle- même, et ensuite dans un livre.La vie simple de la Sagouine (fille de pêcheur de morue et femme de pêcheur d\u2019éperlans devenue laveuse de planchers à 72 ans) séduit bon nombre de lecteurs et lectrices.À travers ses monologues, cette Acadienne, dont on ne connaîtra jamais vraiment le vrai nom, parle sans crainte, dans son langage local (le chiac), de la religion, de la difficulté à vivre, des pauvres et des riches, de la justice.Elle devient ainsi la voix de tout un peuple.Même si c\u2019est Antonine Maillet qui a donné vie à la Sagouine, c\u2019est la comédienne Viola Léger qui l\u2019a incarnée.Le personnage a d\u2019abord été conçu au départ pour la radio, mais c\u2019est au théâtre que la vieille Acadienne a connu la gloire.La pièce a aussi eu droit à ses adaptations télévisuelles.En 2020, Lorraine Côté a repris le «?torchon?» de la laveuse de planchers.Viola Léger fut auparavant la seule comédienne à interpréter le rôle (tant en anglais qu\u2019en français) de ce personnage venu de Bouctouche, au nord de Moncton.Mme Léger l\u2019a jouée plus de 2000 fois, tant au Canada qu\u2019aux États-Unis et en Europe.Il aurait été impossible de présenter l\u2019ensemble des monologues écrits par Antonine Maillet.Ceux-ci, mis bout à bout, représentent onze heures de spectacle.Comme il n\u2019y a aucune suite logique entre eux, il est donc possible de faire un choix de textes chaque fois que la pièce est montée.MARIO BOULIANNE, LE DROIT PLUS DE 11 HEURES DE MONOLOGUES Vous voulez y aller?La Sagouine Dimanche 25 avril, 15 h Salle Maurice-O\u2019Bready Entrée : 47 $ (étudiants : 37 $) La comédienne Viola Léger inarnant la Sagouine en 2012.\u2014 PHOTO THÉÂTRE DU RIDEAU VERT après Viola Léger et après Anto- nine Maillet », avait dit l\u2019écrivaine en entrevue à la société d\u2019État.« Mme Maillet n\u2019a pas encore vu notre version, mais elle en a entendu un extrait audio, ajoute Mme Côté.Devant mes questionnements et surtout ma nervosité face au personnage, elle m\u2019a dit de ne pas trop m\u2019en faire et de jouer la pièce comme si c\u2019était la première fois qu\u2019on la présentait.J\u2019avoue que ça m\u2019a drôlement rassurée.» Quant au personnage de Gapi, il est incarné par le musicien Stéphane Caron.Ses interventions sont « sonores et musicales », dira la comédienne.« Patrick [Ouellet] ne veut pas trop en parler parce qu\u2019il veut garder la surprise, confie-t-elle malgré tout.Je crois que ça va surprendre les spectateurs et aussi donner un nouveau souffle à la pièce.Sans la dénaturer, ça va probablement faire une coupure avec ce que Viola a porté pendant un demi-siècle.» vieuxclocher.com I 819.847.0470 Les spectacLes sont de retour! pour l`instant, nos spectacles débuteront à 19h rÉserVeZ tÔt! Les pLaces sont LIMItÉes.réservations par téléphone ou sur le site web présente GuILLauMe pIneauLt 24 aVrIL BrIMBeLLe 25 aVrIL 14h oLIVIer MartIneau 1er MaI VIncent VaLLIères 21 MaI catherIne Major 28 MaI Marc herVIeuX 10 aVrIL et 18 juILLet Les Grandes crues 16 et 17 aVrIL 14 et 15 MaI phILIppe Bond 30 aVrIL, 13 au 17 juILLet MIke Ward 8 MaI phIL roY 7 MaI 2frères 22 MaI Matt hoLuBoWskI 29 MaI jean-françoIs MercIer 23 aVrIL ce soIr SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M12 MUSIQUE ISABEL AUTHIER La Voix de l\u2019Est GRANBY \u2014 Il y a longtemps qu\u2019on n\u2019avait pas pris des nouvelles de Michaël Rancourt.Malgré un important ralentissement de ses activités professionnelles au cours de la dernière année, l\u2019imi- tateur-chanteur-humoriste préfère voir le verre à moitié plein.Il prépare même un nouveau spectacle.L\u2019artiste naviguait sur un bateau de croisière dans les eaux du Mexique lorsque la pandémie a mis la planète sens dessus dessous.Ce qui devait être un contrat de travail et de plaisir ne s\u2019est pas tout à fait passé comme prévu.Après avoir accosté le 1er mars 2020, il est revenu chez lui juste avant que le Québec se mette en pause, le 13 mars.« Je n\u2019ai pas recommencé à travailler depuis.En 2020, 35 spec- t a c l e s é t a i e n t p ré v u s, d o n t certains au Casino de Montréal et au Capitole de Québec, mais ils n\u2019ont pas eu lieu.J\u2019ai donné quelques spectacles d\u2019entreprise MICHAËL RANCOURT Voir le verre à moitié plein Michaël Rancourt profite de l\u2019accalmie ambiante pour concocter son prochain spectacle.\u2014 PHOTO LA VOIX DE L\u2019EST, ALAIN DION DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Il y avait déjà le duo Sophie & Fiachra.Voici Grosse Isle, où l\u2019Irlandais et la Jeannoise joignent leur destinée musicale à celle d\u2019André Marchand.Ils officialisent ainsi une collaboration amorcée depuis des lunes et, tant qu\u2019à mettre les petits plats dans les grands, pourquoi ne pas offrir de nouveaux enregistrements?Les voici donc qui sortent l\u2019album intitulé Le bonhomme sept heures / The Bonesetter, musiques traditionnelles du Québec et de l\u2019Irlande, jumelées à des compositions originales.Des instrumentaux tantôt rythmés, tantôt mélancoliques, cohabitant avec des chansons qui, parfois, laissent croire que nos ancêtres avaient un côté trash.Un cas éloquent, à cet égard, est celui de Je veux m\u2019y marier.Le ton est enjoué, mais après quelques couplets, on réalise que le personnage campé par Sophie Lavoie assume pleinement ses choix.On lui dit que son futur époux est un alcoolique ?Elle boira autant que lui.Il aime un peu trop la compagnie des femmes ?Elle se trouvera des compagnons d\u2019occasion.Et ainsi de suite.« La mélodie est belle.Je la fredonne souvent à la maison, mais mes enfants trouvent que le texte est rough, surtout à la fin, quand la femme dit qu\u2019elle va casser le cou de son mari.J\u2019ai apporté un changement en pensant à eux.C\u2019est moins raide », raconte la musicienne.Plus triste parce qu\u2019elle témoigne d\u2019un fait réel survenu en 1847, À Grosse Isle est une composition de Sophie Lavoie renouvelant le genre de la complainte irlandaise.Il y est question de Sarah MacDonald, une femme qui a perdu cinq filles lorsque le bateau porteur de son rêve américain s\u2019est abîmé au large de Gaspé.À l\u2019opposé, Jack the Lad éveille le souvenir des veillées d\u2019antan, au temps d\u2019avant la radio.Il s\u2019agit d\u2019un reel que les amateurs de trad connaissent autant chez nous que sur l\u2019île d\u2019émeraude.La version livrée par Grosse Isle se moule à un enregistrement du violoneux André Alain.Elle témoigne d\u2019une manière différente de s\u2019approprier cette musique.« C\u2019est du traditionnel irlandais, sauf que le phrasé est croche, un peu débalancé, ce qui était courant au Québec, rapporte Sophie Lavoie.En Irlande aussi, ça arrivait, mais à un moment donné, cette pratique a été abandonnée, parce que les interprétations ont été standardisées.C\u2019était une façon, pour eux, de préserver la culture.» UN DISQUE SUR QUATRE BLOCS Après Un Canadien errant en 2016, puis Portraits en 2019, Sophie, Fiachra et André ont travaillé d\u2019une manière différente afin de produire le premier album de Grosse Isle.Puisqu\u2019il y avait la pandémie, ce qui a réduit considérablement les possibilités de sorties, le trio a pris son temps.Au lieu de s\u2019imposer un sprint de deux semaines en studio, il a espacé ses visites.« Au début de la crise, nous avons commencé à répéter les pièces, avant de procéder aux enregistrements à partir de septembre.Le fait de répartir le travail sur quatre blocs nous a donné plus de temps pour essayer des choses, comme pour Sur le bord du rivage.Les paroles sont identiques, mais j\u2019ai modifié la mélodie », fait observer la violoniste.Plusieurs des pièces proviennent des archives compilées par Marius Barbeau dans la première moitié du XXe siècle.Le couple possède tant de ces recueils, sans parler de ceux qui fleurent bon l\u2019Acadie, qu\u2019il n\u2019a pas eu besoin de hanter les centres d\u2019archives pour dénicher des trésors méconnus.« Il y a tant que choses que je trouve belles et que je n\u2019ai pas eu l\u2019occasion de chanter », constate Sophie Lavoie, qui a hâte de reprendre la route avec les titres regroupés sur le nouvel opus (en passant, cet enregistrement appuyé par La Compagnie du Nord est offert sur les plateformes numériques).Les dates s\u2019accumulent discrètement.L\u2019été 2021 s\u2019annonce plus occupé que le précédent.« Nous avons appris de nouvelles choses pendant la crise, comme donner des spectacles virtuels.C\u2019est ainsi que nous avons pu participer à un festival écossais, de même qu\u2019à un événement organisé aux États-Unis.Mais jouer devant du vrai monde, ça nous manque », reconnaît volontiers la Jeannoise.De Sophie & Fiachra à Grosse Isle André Marchand, Sophie Lavoie et Fiachra O\u2019Regan forment le groupe Grosse Isle, dont le premier album est sorti récemment.Intitulé Le bonhomme sept heures / The Bonesetter, il comprend des airs trad du Québec et de l\u2019Irlande, ainsi que des compositions originales.\u2014 PHOTO GROSSE ISLE GROSSE ISLE Le bonhomme sept heures / The Bonesetter TRADITIONNEL La Compagnie du Nord laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M13 MUSIQUE MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 Même si le public québécois l\u2019a adopté lors de la dernière saison de La voix, Vidjay Rangaya roule sa bosse depuis quelque temps déjà.Originaire de l\u2019Estrie, c\u2019est là qu\u2019il a fait ses premiers pas en musique.Après des études collégiales en jazz pop, il s\u2019est engagé sur une voie professionnelle lui permettant d\u2019assouvir sa passion pour la musique.Quant à son passage à La voix, dans l\u2019équipe de Pierre Lapointe, il considère ce hiatus comme une belle carte de visite.« À l\u2019époque, je m\u2019inscrivais dans presque tous les concours qui se présentaient à moi, dit-il.Comme auteur-compositeur, je voyais dans ces occasions une façon de me faire connaître des gens de l\u2019industrie et aussi du public.Pour La voix par contre, je me suis rapidement rendu compte que c\u2019était un très gros plateau, qui semblait plutôt réservé à des chanteurs ou des chanteuses qu\u2019à des auteurs-com- positeurs comme moi.Par contre, ultimement, ce fut une expérience très enrichissante.» Après un premier effort studio en 2018 (un microalbum éponyme) et Le temps des perdus, galette lancée en 2019, le musicien revient avec le premier extrait d\u2019un nouveau disque à venir.Transparent est le titre de ce premier jalon qui conduira à la sortie d\u2019un opus prévu pour septembre prochain.Installée dans un rock indie parfois vaporeux et très pesant, la pièce met la table pour ce qui viendra.« Je crois que Transparent offre un bon aperçu de ce que sera l\u2019album, confie Vidjay.Par contre, je dois dire que nous irons aussi dans des endroits différents, des ambiances qui changent et qui inviteront les gens à visiter mon propre univers.» TRAVAIL D\u2019ÉQUIPE L\u2019auteur-compositeur-interprète aime bien travailler en équipe, même si son projet musical porte son nom.Appuyé par ses camarades de la première heure, Ran- gaya met la table avec sa musique, pour ensuite partager le travail d\u2019écriture avec son partenaire de plume.« J\u2019ai toujours écrit mes textes avec Mathieu Audet, explique-t-il.Par contre, pour ce nouvel album, les textes sont partis de moi, de ma propre expérience.Ensuite, avec Mathieu, on a peaufiné l\u2019écriture pour en arriver à un produit final qui convient parfaitement aux mélodies que j\u2019ai composées.On s\u2019est échangé la balle, comme ça, pour l\u2019écriture de toutes les chansons de l\u2019album.» Pour le travail en studio \u2014 et aussi sur scène \u2014, Vidjay s\u2019entoure des mêmes musiciens depuis des années.Marcus Quirion (guitare), Simon Bilodeau (batterie) et Julien Thibault (basse), anciens membres de la formation Édwar 7, l\u2019accompagnent d\u2019ailleurs à toutes les étapes de la réalisation.Même que Marcus Quirion est le réalisateur de ses albums, un travail qui s\u2019est fait au Bolo Tie Studio à Saint- Venant-de-Paquette, en Estrie, et qui appartient également au guitariste.« On interagit comme un band, ajoute-t- i l .J \u2019arr ive ave c des maquettes en studio, sans leur avoir fait entendre à l\u2019avance.On écoute tout ça pour ensuite travailler les chansons une à la fois.Parfois, la version qui est enregistrée n\u2019a rien à voir avec l\u2019originale.C\u2019est l\u2019apport de tous et de chacun qui fait que la chanson s\u2019installe et trouve sa place.» Ce travail d\u2019équipe est très important pour Vidjay.Il aime sentir que le groupe se met au service de la chanson.« Quand tu lances un disque ou que tu enregistres une chanson, tu dois porter l\u2019œuvre que tu as créée, confie-t-il.Une chanson, tu l\u2019assumes longtemps.Tu la présentes en spectacle.Tu la portes en toi.Alors, il est important que le travail de création se fasse dans les bonnes conditions et avec les bonnes personnes.» DES SURPRISES Après la sortie de Transparent, Vidjay Rangaya prévoit lancer un autre titre au cours des prochaines semaines, sans en dévoiler les détails.On comprend qu\u2019un vidéoclip pourrait aussi être dévoilé.« On a quelques trucs en chantier, mais il est encore trop tôt, avoue-t-il.Mais tout ça s\u2019inscrit très bien dans notre stratégie.En ce moment, en raison de l\u2019incertitude qui plane à cause de la pandémie et des restrictions sanitaires, il n\u2019est pas très prudent de trop en faire ni de planifier plusieurs événements.On se garde une marge de manœuvre.» Il ne serait pas impossible que Vidjay et sa bande s\u2019inscrivent dans une démarche virtuelle au cours des prochaines semaines, c\u2019est-à-dire de présenter des spectacles en ligne, autant pour maintenir l\u2019intérêt que pour présenter du nouveau matériel.VIDJAY RANGAYA L\u2019EFFET DE SURPRISE Vidjay Rangaya, qu\u2019on a pu apprécier lors de la dernière saison de La voix, s\u2019apprête à sortir un deuxième album.Le premier extrait, Transparent, a été lancé récemment.\u2014 PHOTO JEAN-FRANÇOIS GRATTON virtuels dans le temps de Noël, certains en direct de la maison.J\u2019ai aussi participé à deux spectacles dans des hôtels Jaro à Québec.Au moins, il y avait du monde! » raconte-t-il.Nul besoin d\u2019être devin pour comprendre qu\u2019après 33 ans de scène, Michaël Rancourt a dû apprivoiser le silence et l\u2019absence soudaine du public.L\u2019entertainer s\u2019ennuie de son monde.« J\u2019adore ce que je fais.Je suis encore sur mon X et les gens sont au rendez-vous.Ils sont mon carburant.Je n\u2019ai jamais été une vedette, je fais peu de télé, mais j\u2019ai toujours été là.Je suis un chanceux à travers tout ça », fait remarquer le Granbyen, qui peut compter sur une solide base d\u2019admirateurs.Et parce qu\u2019il produit lui-même ses spectacles, il doit maintenant jongler avec tous les imprévus et les reports de l\u2019an dernier.« Présentement, je replace des shows de 2021 en 2022.C\u2019est fou! » Heureus ement, les chos es recommencent à bouger un peu.Les années jukebox, de Piaf à Sinatra, qu\u2019il présente depuis au moins trois ans, reprendra vie dans des salles à capacité réduite.Les voix de Charles Aznavour, Elvis Presley, Édith Piaf, James Brown, Pierre Lalonde et autres icônes des années 1950 et 1960 résonneront à nouveau, portées par son groupe de musiciens.TOME 2 En raison du franc succès de ce concept, il mijote d\u2019ailleurs un second « tome » dans lequel il pourra imiter d\u2019autres chanteurs de cette époque qui l\u2019allume tant.Les Bobby Darin, Righteous Brothers, Tony Roman, Ricky Nelson, Jacques Brel et compagnie sont dans son collimateur.« Je suis un gars nostalgique dans la vie.En ce moment, je suis en pleine sélection de nouvelles chansons que je n\u2019ai pas encore faites.On parle des plus grands classiques de ces chanteurs », laisse entendre l\u2019artiste de 57 ans.L\u2019étape de la recherche est donc en cours.Michaël Rancourt s\u2019est même acheté un rutilant jukebox, qu\u2019il écoute pour trouver l\u2019inspiration.L\u2019écriture des textes de transition humoristiques viendra plus tard.Le titre aussi.Il doit d\u2019abord honorer ses engagements pour Les années Jukebox, de Piaf à Sinatra, avant de passer au prochain, qu\u2019il croit pouvoir lancer en 2022 ou 2023.Bref, Michaël Rancourt préfère se projeter dans l\u2019avenir, sans trop s\u2019apitoyer.Son côté optimiste prend naturellement le dessus.« Je n\u2019ai jamais été anxieux dans la vie, mais j\u2019avoue qu\u2019au début de la pandémie, j\u2019ai trouvé ça un peu rock\u2019n\u2019roll de ne pas savoir ce qui s\u2019en venait.Finalement, j\u2019ai réalisé que je pourrais faire un peu moins de spectacles.Je travaillais trop! Mais je ne me verrais pas faire autre chose.C\u2019est un heureux problème.» Michaël Rancourt sera en spectacle à la Salle Laurent-Paquin d\u2019Acton Vale le 24 avril à 19 h.Billets : sallelaurentpaquin.com SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M14 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil QUÉBEC \u2014 L\u2019attente fut longue pour Les choses qu\u2019on dit, les choses qu\u2019on fait \u2014 on ne calcule plus le nombre de fois où la sortie fut reportée.En France, le nouveau film d\u2019Emmanuel Mouret (Madame de Joncquières, L\u2019art d\u2019aimer) a obtenu des critiques dithyrambiques et douze nominations aux César.Voici enfin ce chassé-croisé amoureux, plein de verve et d\u2019intelligence, sur nos écrans.Le Soleil s\u2019est entretenu avec le réalisateur par visioconférence à propos d\u2019amour, de désir et sur ce qui guide notre vie pour être quelqu\u2019un de bien.Q Ce long métrage s\u2019inscrit en droite ligne avec les thèmes abordés dans votre filmographie.Mais j\u2019aimerais que vous nous racontiez comment vous est venue l\u2019idée de celui-ci, à propos d\u2019un jeune homme qui se retrouve seul avec la femme de son cousin à la campagne pendant quatre jours.R Ce sont souvent des idées de situation.Là, ce sont deux principales idées.Celle d\u2019un type qui invite son cousin (Niels Schneider), qui vient de vivre des déboires amoureux, en vacances.Le cousin se retrouve avec la femme de l\u2019autre, dans un cadre idyllique, et ils vont faire connaissance \u2014 le spectateur imagine qu\u2019il peut se passer des choses\u2026 L\u2019autre situation est celle d\u2019une femme trompée, blessée, qui fait un geste de bonté à travers une manipulation.C\u2019est parti comme ça : des situations que je marie.Q J\u2019ai été surpris par le fait que le personnage de Niels Schneider ne correspond pas à ceux qu\u2019il joue habituellement.Comment l\u2019avez-vous choisi pour ce rôle?R Moi aussi, j\u2019ai été surpris.C\u2019est Niels qui m\u2019a contacté pour me demander de faire une lecture pour le personnage.Je lui ai dit : « Je suis désolé, le rôle n\u2019est pas pour toi.» J\u2019ai cherché, cherché, je ne trouvais pas.Je suis retourné vers Niels en lui disant : « Je ne suis pas convaincu du tout, mais faisons une lecture avec Camilia [Jordana, qui joue la femme du cousin].» Et il a été formidable.Je n\u2019aurais jamais pensé que cette part de fragilité, de maladresse, de timidité, marche aussi bien.Q Le titre du film, est-ce un clin d\u2019œil à «?faites ce que je dis, mais pas ce que je fais?»?R Non, le titre avait un aspect ironique.Parce que, bien évidemment, on ne peut pas faire tout ce qu\u2019on dit.L\u2019écart entre la promesse et ce qu\u2019on fait\u2026 Dans ce titre, on tient presque le paradigme de plein de petites fables, de petites histoires : quelqu\u2019un a dit ça, mais ne l\u2019a pas fait.Ça permet aussi au spectateur de se concentrer sur ce qui est dit et de s\u2019amuser à voir les écarts.Il y a quelque chose de très réconfortant (je parle pour moi, mais j\u2019imagine pour bien d\u2019autres) de voir des personnages qui ne font pas ce qu\u2019ils disent.C\u2019est là où le cinéma, au lieu d\u2019être moralisant, est réconfortant.Q La structure narrative est basée sur le récit dans le récit, par l\u2019entremise des personnages qui racontent des histoires, dont le spectateur devient le confident.Avez- vous pris un soin particulier avec cet aspect?R J\u2019aime bien les parenthèses dans les parenthèses.Tout ça a un aspect ludique, mais j\u2019aime bien que le fait de se raconter crée aussi une histoire entre deux individus.Cette idée, aussi, que nous sommes tous plus ou moins influencés par les histoires.Soit par le fait de le dire ou par l\u2019histoire elle-même.Chacun d\u2019entre nous est le personnage principal de sa vie, mais on est aussi le narrateur de sa propre vie.À défaut d\u2019y donner du sens, lui donner une allure.Et comme chaque fois il y a de nouveaux éléments qui changent notre vie, il faut qu\u2019on réécrive le roman de sa vie.Pour ça, on a besoin de sources d\u2019inspiration : les histoires qu\u2019on nous raconte, les livres, le cinéma, les séries\u2026 Q Vous évoquez à nouveau amour, désir, infidélité\u2026 Les relations entre individus se retrouvent au cœur de votre cinéma.Qu\u2019est-ce qui vous intéresse autant dans ces thèmes?R Ce sont les situations qui m\u2019intéressent, comme je disais.Et l\u2019excitation de mettre des personnages en place.Le vrai moteur est de l\u2019ordre du plaisir.Ensuite, qui dit désir dit attente.Quand il y a du désir, il y a du suspense.Et le suspense, c\u2019est le plaisir du cinéma \u2014 on joue avec les attentes du spectateur.Le domaine du désir, de l\u2019amour, du sentiment, est un domaine où les morales, les règles, les opinions varient, sont fluctuantes, ne sont pas partagées par tout le monde.Ce ne sont pas des lois gravées dans le marbre.Mes personnages se posent souvent des problèmes moraux et sur la façon, grosso modo, d\u2019être quelqu\u2019un de bien, de bien conduire sa vie.Dans des moments critiques, est-ce se résigner aux règles d\u2019usage ou est-ce se laisser guider par son désir qui nous grandit, nous donner plus de joie à être?Ce sont souvent des personnages partagés entre un grand souci des autres et celui de vivre.Q Dans cette optique, tout en comprenant la dynamique du récit de ce long métrage, est- ce que vous avez voulu volontairement créer des duos aux antipodes, qui ont des positions très opposées sur ces questions?R Oui, il y a une volonté de créer des contrastes, que chaque personnage incarne des couleurs différentes.Cette variété de tempéraments permet de créer une image, à la fois chatoyante et complexe, de notre petit théâtre sentimental.Ce qu\u2019il y a d\u2019intéressant au cinéma, c\u2019est de nous laisser entraperce- voir la complexité du monde et, en même temps, de pouvoir accepter le monde dans cette complexité plutôt que de vouloir tirer des conclusions.Q Au fond, vos personnages doivent, tout au long du film, résister \u2014 ou pas \u2014 à leurs pulsions.R Ce sont des personnages qui essaient de prendre sur eux.C\u2019est cruel, parce que malgré leur bonne volonté, la douleur demeure.J\u2019ai plutôt tendance à croire que la très grande majorité est de bonne volonté.Nous pourrions en discuter longuement.Les choses qu\u2019on dit, les choses qu\u2019on fait prend l\u2019affiche le 16 avril.EMMANUEL MOURET LE FILM QU\u2019ON IMAGINE, LE FILM QU\u2019ON FAIT Emmanuel Mouret \u2014 PHOTO AFP, JOEL SAGET Camélia Jordana et Niels Schneider dans une scène de Les choses qu\u2019on dit, les choses qu\u2019on fait.\u2014 PHOTO LAURENT DESMET laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M15 CINÉMA ANDRÉ DUCHESNE La Presse CRITIQUE MONTRÉAL \u2014 Mine de rien, William Shatner a passé la barre des 90 ans il y a quelques semaines.On dit mine de rien, car à le voir aller dans Senior Moment, on ne le croirait pas, tellement ce Mon- tréalais d\u2019origine tient la forme.Est-ce suffisant pour faire de ce long métrage un bon film?Pas du tout.Rempli de clichés dignes de mauvaises pièces de théâtre d\u2019été, farci de quelques passages de « vieux mononcles » et bidouillé de ressorts dramatiques usés, Senior Moment arrachera peut-être quelques sourires.Campé dans la ville californienne cossue de Palm Springs, le film explore pourtant un thème des plus intéressants : le désir des personnes âgées refusant qu\u2019on les range dans la case du « passé ».Les personnages de ce film veulent vivre au présent, dans la pleine mesure de leurs moyens, et que leur entourage les considère comme des individus à part entière dans la société.Qui oserait contester cela?D\u2019ailleurs, l\u2019amour naissant entre Victor (Shatner) et Caroline (Jean Smart) est beau à regarder, notamment par une scène de baiser des plus sympathiques.On a envie de croire à cet amour et aux autres sentiments qu\u2019il draine, telle la jalousie enfantine de Victor.Malheureusement, le reste de la proposition n\u2019est pas à la hauteur.Ainsi, l\u2019histoire secondaire de la voiture volée que Victor cherche à récupérer est davantage plaquée qu\u2019approfondie, comme si les scénaristes n\u2019avaient plus d\u2019idées.Dans le rôle de Salvatore Spinelli, meilleur ami (et pire conseiller) de Victor, on retrouve Christopher Lloyd.On lui a toutefois créé ici un personnage désespérément caricatural.Aimable, Senior Moment est donc un film qui ne fera pas date.Senior Moment est présenté en vidéo sur demande.SENIOR MOMENT Aimable mais sans envergure Jean Smart, Christopher Lloyd et William Shatner dans une scène de Senior Moment.\u2014 PHOTO SCREEN MEDIA FILMS ANDRÉ DUCHESNE La Presse CRITIQUE MONTRÉAL \u2014 Qui, dans son enfance, n\u2019a pas rêvé de devenir un superhéros afin de remettre à leur place les méchants de la cour d\u2019école harcelant les plus faibles?C\u2019est là l\u2019essence de cette comédie de superhéroïnes dont l\u2019approche est très différente des films du même genre.Ici, le pouvoir est entièrement au féminin et fait abstraction des diktats de l\u2019apparence et de la société.Lydia (Melissa McCarthy) et Emily (Octavia Spencer) forment un couple déluré de vieilles amies forcées d\u2019affronter le gang des Mécréants, dont le « King » (Bobby Cannavale) est candidat à la mairie.Une des qualités de Thunder Force, c\u2019est qu\u2019il ne se prend pas du tout au sérieux.Au lieu d\u2019avoir une orgie d\u2019effets spéciaux, on nous propose des segments terre à terre.C\u2019est tantôt très gamin (Emily joue à Fortnite avec la fille de Lydia) et tantôt attendrissant.En fait, sans trop insister, le film s\u2019intéresse aux amis d\u2019enfance qui se retrouvent après avoir suivi des parcours très différents.Ce qui nous ramène à la cour d\u2019école.Le film emprunte aussi beaucoup à la bande dessinée, par exemple dans les génériques d\u2019ouverture et de fermeture, ainsi que dans les personnages de la méchante Laser (Pom Klementieff ) et du très ambivalent The Crab (Jason Bateman).Dans l\u2019ensemble, le résultat est correct.Le ton n\u2019est pas toujours juste, les gags manquent parfois de fini.Les meilleurs punchs passent par les mots (les boutades) et non par la mise en scène, parfois incertaine.En fait, ce film aurait gagné à être vu en groupe, dans une salle de cinéma.Son impact aurait sans doute été plus efficace.Thunder Force est présenté en vidéo sur Netflix.THUNDER FORCE Comme dans la cour d\u2019école Melissa McCarthy et Octavia Spencer en superhéroïnes justicières dans Thunder Force.\u2014 PHOTO HOPPER STONE, NETFLIX Au générique Cote : ?Titre : Thunder Force Genre : Comédie Réalisateur : Ben Falcone Acteurs : Melissa McCarthy, Octavia Spencer et Jason Bateman Durée : 1 h 47 Au générique Cote : ?1/2?Titre : Senior Moment Genre : Comédie romantique Réalisateur : Giorgio Serafini Acteurs : William Shatner, Jean Smart et Christopher Lloyd Durée : 1 h 32 PRÉSENTEMENT AU CINÉMA leclubvinland.com LeClubVinland UN F I LM DE BENO I T P I LON SÉBAST IEN R ICARD GUY THAUVETTE FAB IEN CLOUT IER FRANÇOIS PAP INEAU ÉMIL IE B IBEAU RÉMY GIRARD ARNAUD VACHON « Un ?lm FAMILIAL, un BEAU ?lm québécois ! » Catherine Richer, ICI PREMIÈRE « Sébastien RICARD est MAGISTRAL ! » Anne-Andrée Daneau, RDI ?« Dans la lignée de LA SOCIÉTÉ DES POÈTES DISPARUS, LES CHORISTES et CINÉMA PARADISO.» Maxime Demers, Le Journal de Montréal 0062169 SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M16 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Moffie retient l\u2019attention non pas tant pour l\u2019originalité de son sujet que l\u2019angle qu\u2019il adopte, avec bravoure : comment un gai peut-il survivre à son service militaire obligatoire?Surtout s\u2019il se retrouve dans un milieu non seulement hautement homophobe et brutal, mais au racisme affiché \u2014 l\u2019action se déroule pendant l\u2019apartheid.Afrique du Sud, 1981.Au moment où Nicholas (Kai Luke Brummer) s\u2019apprête à partir pour l\u2019armée, son père lui remet une revue érotique.Son seul malaise (que le paternel ne décode pas) suffit à nous faire comprendre son orientation sexuelle (dissimulée).Le conscrit doit subir un entraînement en vue de son affectation à la frontière avec l\u2019Angola, pays sous la coupe de révolutionnaires communistes.Il se lie d\u2019amitié avec Michael (Matthew Vey), un jeune homme qui partage son dédain pour le service militaire.Ce qui les aide à survivre à un sergent aussi imbécile que tyrannique.Non content de dénigrer constamment ses recrues, Brand (Hilton Pelser) vocifère des épithètes racistes (sur le « danger noir ») et homophobes dès qu\u2019il le peut.Souvent en gros plan pour un maximum d\u2019impact sur le spectateur, qui se sent traîné de force au camp (et qui adopte ainsi le point de vue du jeune homme).Pour survivre, Nicholas doit demeurer invisible.Il le comprend de façon brusque lorsqu\u2019un mof- fie (efféminé en afrikaans) se suicide devant le bataillon\u2026 Seul problème, le soldat commence à éprouver des sentiments pour Dylan (Ryan de Villiers), au corps sculptural et à la sympathie évidente.À son retour de permission, ce dernier s\u2019est volatilisé et le sergent ne veut rien dire! AUTOBIOGRAPHIQUE Pour son quatrième long métrage, Oliver Hermanus ne met pas de gants blancs.Son film, cru et intense, ne laisse aucun répit au spectateur, soumis à la même propagande que ses protagonistes (donc certains qui y adhèrent avec entrain).Son déroulement en deux parties (entraînement et patrouille), ainsi que le personnage du sergent Brand, dont l\u2019instruction se base sur les injures et l\u2019humiliation, ressemblent à s\u2019y méprendre à Full Metal Jacket (1987).Mais comme le classique de Kubrick, il s\u2019agit d\u2019une adaptation.Or, ce qui s\u2019avère plus terrifiant dans ce cas-ci, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit un récit autobiographique\u2026 André Carl van der Merwe s\u2019est inspiré de son journal tenu pendant son service pour rédiger Moffie.Le film est évidemment ancré dans son époque, mais il avance une vérité intemporelle : personne n\u2019en revient indemne.La principale habileté d\u2019Her- manus, connu aussi pour Beauty (Cannes, 2011) et La rivière sans fin (Venise, 2015), réside dans le fait qu\u2019il évite de donner toutes les réponses au spectateur.Le non-dit occupe une place importante, à l\u2019image de la fin ouverte qui clôt de façon fort habile le récit.Moffie, projeté en première mondiale à Venise en 2019, offre aussi un rare point de vue de l\u2019intérieur sur l\u2019apartheid, celui de jeunes gens qui se retrouvent happés par la machine à haine.Moffie est présenté en vidéo sur demande sur Apple TV et sera disponible sur le site d\u2019IFC Films Unlimited l\u2019été prochain.MOFFIE Service militaire, homophobe et raciste Nicholas (Kai Luke Brummer) découvrira tout le racisme et l\u2019homophobie de l\u2019armée sud-africaine lors de son service militaire obligatoire.Heureusement qu\u2019il y a Dylan (Ryan de Villiers).\u2014 PHOTO IFC FILMS UNLIMITED Au générique Cote : ?1/2?Titre : Moffie Genre : Drame Réalisateur : Oliver Hermanus Acteurs : Kai Luke Brummer, Matthew Vey et Ryan de Villiers Durée : 1 h 39 ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Les cinéastes mettent beaucoup d\u2019eux dans un premier long métrage.Encore plus s\u2019ils s\u2019attribuent le rôle principal comme Nicolas Maury dans Garçon chiffon \u2014 malgré que nous ne soyons pas dans l\u2019autofiction à la J\u2019ai tué ma mère de Dolan.La comparaison n\u2019est pas fortuite, même si leur registre esthétique se trouve aux antipodes : il s\u2019agit du genre de film qui provoque généralement une réaction épidermique.Jérémie Meyer, jeune trentenaire angoissé et efféminé, conduit \u2014 maladroitement \u2014 le spectateur à une réunion des Jaloux anonymes (c\u2019est pas parce qu\u2019on rit que c\u2019est drôle).L\u2019acteur entretient des doutes sur la fidélité d\u2019Albert (Arnaud Valois).Plus son copain vétérinaire prend ses distances, plus Jérémie s\u2019enfonce, allant même jusqu\u2019à installer une caméra pour le surveiller.La séparation devient inévitable et le Parisien d\u2019adaptation va trouver refuge chez sa mère, dans le Limousin, pour se réparer et trouver un sens à sa vie.Bernadette (Nathalie Baye) va tenter de l\u2019aider du mieux qu\u2019elle peut.Ce retour à la maison offre plusieurs moments burlesques, notamment avec la grand-mère démente, et le film ressemble parfois à un jeu de pistes.Jérémie répète le rôle de Moritz dans L\u2019éveil du printemps (1891) de Frank Wedekind, jeune homme mélancolique dans un monde hostile.Il multiplie aussi les références à Vanessa Paradis (avec qui il a joué dans Un couteau dans le cœur) \u2014 enfant, il l\u2019imite chantant Marilyn devant le miroir; adulte, il va voir Noce blanche (1989) au cinéma.REMARQUABLE NATHALIE BAYE Outre la jalousie, Garçon chiffon creuse beaucoup le rapport à la mère, surprotectrice ici, peut-être parce qu\u2019elle a mal aimé cet enfant capricieux.Parlant de mère, Nathalie Baye offre une prestation remarquable, aussi convaincante que touchante.Notamment dans une longue conversation où ses aveux à son fils servent de révélateur.Puisque Garçon chiffon adopte le point de vue de Jérémie, Mau- ry prend un soin particulier à filmer Baye, avec amour.L\u2019apprenti cinéaste se débrouille d\u2019ailleurs plutôt bien, alliant travellings délicats à des plans-séquences bien chorégraphiés.Autre point positif : le polissage des personnages secondaires, notamment Sylvie, la réalisatrice hystérique.Laure Calamy a droit à une scène mémorable de pétage de plomb.Soyons honnête : Jérémie ne s\u2019avère pas particulièrement attachant.Au mieux, on ressent une forme de pitié pour lui.Ce protagoniste dépressif, jaloux maladif, agace ou ravit, c\u2019est selon.Cet effeuillage de l\u2019âme, où Maury incarne un personnage fragile et dépassé par ses émotions, apparaît trop égocentrique pour réellement atteindre sa cible.Sans parler de la fin discutable.Garçon chiffon est présenté au cinéma.GARÇON CHIFFON Maudite jalousie Garçon chiffon a obtenu le sceau de la sélection officielle Cannes 2020 et été nommé au César du meilleur premier film.\u2014 PHOTO AXIA FILMS Au générique Cote : ?Titre : Garçon chiffon Genre : Comédie dramatique Réalisateur : Nicolas Maury Acteurs : Nicolas Maury, Nathalie Baye et Arnaud Valois Durée : 1 h 50 laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M17 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Les cinéphiles d\u2019ici peuvent enfin visionner Noma- dland \u2014 avant la soirée des Oscars où il se retrouve en compétition pour six prix, dont ceux du meilleur film, de la meilleure réalisatrice ainsi que celui de la meilleure actrice pour l\u2019incroyable Frances McDormand.Le superbe drame de Chloé Zhao mérite amplement son Lion d\u2019or 2020 et la dithyrambe de critiques.Méditation intime sur le deuil et la survie, il évoque aussi le destin de ceux qui refusent la tyrannie capitaliste.En 2011, la US Gypsum décide de fermer son usine à Empire, Nevada, et, conséquemment, la ville.Pour Fern (McDormand), la fatalité s\u2019avère immense.Son mari Bo vient de mourir et elle perd aussi tout son réseau.La sexagénaire investit ses économies dans l\u2019achat d\u2019une camionnette et part sur la route afin de trouver des emplois temporaires \u2014 à commencer par un boulot dans un centre de distribution Amazon\u2026 Nomadland documente les aléas de ce difficile périple et les rencontres de Fern avec des personnes, contraintes comme elle ou par choix, de tirer un trait sur le métro- boulot-dodo pour épouser le nomadisme.Farouchement indépendante, Fern refuse (poliment) toutes les mains qui lui sont tendues, même dans les moments plus difficiles.Dave (David Strathairn), qui lui ouvre pourtant son cœur, ne réussit pas à percer sa carapace.L\u2019idée éculée que nous perdons notre vie à la gagner prend ici tout son sens parce que Noma- dland n\u2019est pas un film à thèse.Ces nomades des temps modernes existent \u2014 Chloé Zhao a adapté l\u2019essai Nomadland : Surviving America in the Twenty-First Century de Jessica Bruder.Et, mis à part McDor- mand et Strathairn, tous les autres y jouent leur propre rôle (à peu de chose près).REFUGE POUR SANS-MAISON Pour augmenter la véracité de la mise en scène, la cinéaste a opté pour une approche documentaire, dans la lignée de son long métrage précédent, The Rider, qui a terminé dans le top 10 de beaucoup de critiques en 2018.Nomadland présente ainsi l\u2019envers du décor de la van life, vendu comme un idéal de liberté et de vie sans contraintes à voyager.Pour Fern, il ne s\u2019agit pas d\u2019un choix, mais d\u2019une nécessité.Pour paraphraser, elle n\u2019est pas une sans-abri, mais une sans-maison.Loin de l\u2019esthétique léchée des pubs et des vidéos sur les réseaux sociaux, Chloé Zhao et son directeur photo Joshua James Richards ont souvent opté pour des tonalités hivernales ou nocturnes, malgré plusieurs magnifiques plans solaires des paysages sauvages de l\u2019Arizona et du Dakota du Sud.La cinéaste joue d\u2019ailleurs du contraste entre ces grandes étendues, cadrées très largement, et des plans rapprochés de Fern dans l\u2019exiguïté de sa camionnette.Sa solitude est accentuée par la mélancolique trame sonore néoclassique de Ludovico Einaudi.Malgré le doigté de Chloé Zhao, ce film n\u2019aurait pas une telle résonance sans la présence de l\u2019exceptionnelle Frances McDormand dans le rôle principal.Gagnante de l\u2019Oscar pour Fargo (1996) et Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri (2017), elle pourrait compléter sa triple couronne, bien que la compétition soit très relevée.Au fond, la chose importe peu : Nomadland mérite toutes ses accolades.Il faut savoir reconnaître un vrai film quand on en voit un.Nomadland est présenté au cinéma et sur Disney +.NOMADLAND La route comme maison Frances McDormand et David Strathairn dans une scène de Nomadland.\u2014 PHOTO SEARCHLIGHT PICTURES Au générique Cote : ?Titre : Nomadland Genre : Drame Réalisatrice : Chloé Zhao Acteurs : Frances McDormand, David Strathairn et Charlene Swankie Durée : 1 h 48 VALÉRIE MARCOUX Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Des plans fixes sur la spectaculaire nature québécoise ouvrent ce road film des Cowboys Fringants, qui nous emmène en tournée aux quatre coins de la province.Seuls les musiciens sont mis en scène dans ces paysages qui évoluent, passant du magnifique panorama du rocher Percé au spectacle d\u2019une station-service abandonnée. Sans présence humaine, la nature apparaît grandiose, alors que nos infrastructures ont moins fière allure.Elles conservent pourtant un charme nostalgique qui épouse de façon authentique la musique de la formation québécoise.L\u2019ensemble est mis en valeur par des prises de vue efficaces, certaines par drone, et une qualité d\u2019image remarquable (4K). Plus le visionnement avance, plus l\u2019empreinte de l\u2019humanité occupe une grande place dans les lieux vides qui accueillent la prose parlée et chantée par le charismatique Karl Tremblay et ses coéquipiers.Fidèles à leur style, les artistes semblent à l\u2019aise, sans prétention, et une forte camaraderie se dégage de la production. En plus de L\u2019Amérique pleure (titre à succès de leur dixième album Les antipodes paru en 2019) qui ouvre et clôt le film, on a droit à des classiques qui ont fait la popularité du groupe.Étoile filante, En berne et Toune d\u2019automne figurent parmi les 16 morceaux interprétés.On ne peut qu\u2019apprécier l\u2019agencement minutieux des textes avec les paysages captés, qui rehausse la charge émotive de l\u2019ensemble. Par exemple, difficile de rester de marbre en entendant les paroles presque prophétiques de Plus rien, chantées au milieu d\u2019un vaste champ dont l\u2019immensité étourdissante fait paraître les artistes petits et fragiles comme des mouches.UNE CHUTE COMME PUBLIC À défaut de public, les artistes jouent souvent en cercle, comme autour d\u2019un feu de camp, ajoutant une dimension intime aux prestations enregistrées dans des lieux qui évoquent le road trip : camping, cantine, motel, roulotte et station-service sont autant de cadres utilisés durant cette tournée sans admirateurs. Notamment, après l\u2019interprétation de L\u2019hiver approche au bord d\u2019une roulotte, les grondements d\u2019une chute et de rivières remplacent avec brio les applaudissements de la foule. En 20 ans, on a maintes fois pu constater la puissance de l\u2019échange d\u2019énergie entre les Cowboys Fringants et leur public.Cette fois, c\u2019est le vide et l\u2019absence de ce public qui donne l\u2019intensité aux compositions. Ces rues et bâtiments abandonnés ne sont pas sans rappeler des scènes qui ont marqué l\u2019imaginaire des Québécois lors des premiers confinements de 2020.Des lieux grouillants de vie sont devenus soudainement déserts.Ce vide rempli d\u2019appréhension, les Cowboys ont su l\u2019utiliser pour faire résonner leurs chansons engagées. L\u2019Amérique pleure est présenté au cinéma.L\u2019AMÉRIQUE PLEURE \u2013 LE FILM L\u2019intensité du vide Dans L\u2019Amérique pleure \u2013 le film, les Cowboys fringants ont mis en scène leurs chansons dans un Québec en grande partie confiné.\u2014 PHOTO LES COWBOYS FRINGANTS Au générique Cote : ?Titre : L\u2019Amérique pleure \u2014 le film Genre : Documentaire Réalisateur : Louis-Philippe Eno Durée : 1 h 20 SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M18 PLEIN AIR L e paysage défile devant moi, au volant de ma voiture, me rappelant du même coup la quantité de décors estriens jusqu\u2019ici inexplorés.Et puis, disons-le, une piste cyclable surchargée, ça donne envie de sillonner les rangs peu passants.Les vélos connaissant le même sort que les skis de fond, je me suis ruée sur le premier gravel bike disponible il y a deux semaines, en faisant le pari que j\u2019allais redécouvrir ma région autrement cet été.Vivre l\u2019aventure au gré des rangs de terre et des chemins méconnus : c\u2019est ce qu\u2019avaient envie de faire découvrir Julien Lamarche et Jérémie Bourdages-Duclot, deux cyclistes aguerris, en créant le Collectif de vélo d\u2019aventure des Cantons.Avec leur confrère Phil Archam- bault, ils proposent des circuits estriens où rouler et même s\u2019arrêter pour la nuit.Le site internet propose trois trajets et l\u2019objectif est de le bonifier au fil des suggestions.« La racine de ça, c\u2019est qu\u2019il existe déjà plusieurs routes répertoriées de bikepacking.Les plus proches sont au Vermont et en Ontario.Au Vermont, il y a la Green Mountain Gravel Growler.Elle fait la tournée des microbras- series vermontoises et passe dans les forêts nationales.Quand la COVID est arrivée, tout le monde a dû annuler ses voyages.On avait lancé une page (Facebook) de communauté de bikepacking des Cantons pour trouver des gens, partager des itinéraires, des endroits où aller rouler.On était plusieurs à se dire que ce serait l\u2019fun d\u2019avoir notre version de la route du Vermont, mais en Estrie.Comme tout allait être annulé, tout le monde a commencé à pondre ses idées.Au final, c\u2019est une route très collaborative.On a tracé une route brassicole, la Boucle brassicole des Cantons, qui relie 20 microbrasseries dans la région, peut-être même plus maintenant, sur 630 km.C\u2019est écœurant! » s\u2019enflamme Jérémie Bourdages-Duclot, qui s\u2019est départi de sa voiture il y a deux ans.« Ma blonde et moi, on est 100 % transport actif. » « J\u2019ai déjà fait quelques petits voyages de cyclotourisme, indique Julien.Ce que j\u2019ai découvert à travers le vélo d\u2019aventure, c\u2019est la capacité de faire de petites sorties de fin de semaine et d\u2019aller faire une aventure de deux ou trois jours sans avoir besoin de prendre des vacances. » Le Richmondais s\u2019intéresse aussi à l\u2019aspect utilitaire de cette activité, mais aussi son côté plus sportif.Le site permet de découvrir les trajets construits avec l\u2019application Ride with GPS.« Ce qui est bien avec les nouvelles applications, c\u2019est vraiment une navigation point par point, décrit Julien.Elle va carrément te L\u2019Estrie, mecque du gravel bike.et du vélo d\u2019aventure Enfourcher sa monture peut prendre des airs de micro-aventure.\u2014 PHOTO FOURNIE, JÉRÉMIE BOURDAGES-DUCLOT ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M19 PLEIN AIR guider : tourne à gauche, tourne à droite.Et c\u2019est lié à un GPS.On a voulu répertorier différents points d\u2019intérêts (.) Les chemins qui se trouvent là, c\u2019est sûr que ça passe.On peut identifier les différents campings, s\u2019il y a des fermes avec des produits intéressants, des fromageries. » Ils ont choisi cette application, mais il en existe plusieurs autres, note Jérémie.L\u2019Estrie est la mecque du gravel bike, plaide le duo.« Il y a des gens qui viennent de Montréal et de Québec juste pour ça. » Le territoire, largement privatisé, entraîne néanmoins certains défis lorsqu\u2019on veut sortir des chemins battus.« C\u2019est difficile d\u2019avoir accès aux chemins de quatre roues ou hors route parfois, de pouvoir camper dehors (.) On veut essayer de se positionner comme interlocuteur légitime pour parler du vélo d\u2019aventure avec des acteurs régionaux, comme les propriétaires, Domtar, Estrie à cheval », note Jérémie.Les tronçons proposés ont été vérifiés pour les droits de passage.Les créateurs du site demandent aux cyclistes de respecter les accès privés et de suivre les principes Sans trace.« Comme n\u2019importe quelle pratique de plein air, si on encourage les gens à essayer le sport et le circuit sans nommer qu\u2019on s\u2019attend à ce qu\u2019ils soient respectueux de l\u2019environnement, il risque d\u2019y avoir des répercussions négatives sur la pratique.Avec les principes Sans trace, une référence dans le monde du plein air, on se dit qu\u2019en partageant ça, on encourage les gens à adopter des pratiques viables à long terme pour la région.C\u2019était important pour nous, quand on a fondé le Collectif, qu\u2019on aborde la pratique de manière respectueuse envers les propriétaires, les droits de passage, une pratique qui ne laisse pas de déchet derrière soi.On voulait se positionner comme des interlocuteurs qui encouragent le développement responsable de l\u2019activité.C\u2019est quelque chose d\u2019important dans notre philosophie », renchérit-il.Camper tout en se déplaçant à vélo devient de plus en plus accessible pour ceux et celles qui souhaitent se lancer.« Ce qu\u2019on trouve, avance Julien, c\u2019est que Vélo Québec a beaucoup travaillé sur la certification Bienvenue cyclistes.C\u2019est très peu connu.Personnellement, dans les trajets, je trouve que c\u2019est un outil tellement simple.Dans les parcs de la Sépaq, par exemple, tu peux te présenter sans avoir réservé et ils sont obligés de te trouver un endroit (.) Il y a des chemins plus sauvages qu\u2019on a trouvés, mais il y a des boucles plus accessibles pour les gens qui veulent savoir où dormir et qui veulent être rassurés. » Il fait allusion à la boucle des deux parcs nationaux, soit du Mont-Mégantic et Frontenac.« C\u2019est ce volet qu\u2019on veut mettre de l\u2019avant, des micro-aventures.Je réalise que je peux aller vivre des aventures à vélo une fin de semaine, en travaillant cinq jours par semaine, et avoir cette impression de découvrir vraiment de nouveaux coins et de petits villages.On roulait lundi dans le coin de Martinville.C\u2019est un nom sur une carte, et finalement tu finis par découvrir plein de petits rangs », note Julien.Éventuellement, ce bon temps à rouler pourrait être partagé en groupe.« On a commencé il y a deux ans, on avait fait une ride collective dans le coin de Lennox- ville et de Waterville.On a hâte que ça se déconfine, de faire des événements, des sorties en gang », lance l\u2019éducateur physique.Pour en savoir plus : veloaventurecantons.ca Page Facebook Communauté de bikepacking des Cantons www.routeverte.com/se-loger Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : isabelle.pion Julien Lamarche et Jérémie Bour- dages-Duclot, deux des cyclistes derrière le Collectif de vélo d\u2019aventure des Cantons.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ La boucle des vieux cimetières, un des trajets élaborés par le Collectif.\u2014 PHOTO FOURNIE, JÉRÉMIE BOURDAGES-DUCLOT L\u2019Estrie est la mecque du gravel bike.\u2014 PHOTO FOURNIE, JÉRÉMIE BOURDAGES-DUCLOT « J\u2019ai déjà fait quelques petits voyages de cyclotourisme.Ce que j\u2019ai découvert à travers le vélo d\u2019aventure, c\u2019est la capacité de faire de petites sorties de fin de semaine et d\u2019aller faire une aventure de deux ou trois jours sans avoir besoin de prendre des vacances. » \u2014 Julien Lamarche SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M20 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune Le Mag vous entraîne dans une tournée des suites d\u2019hôtels les plus luxueuses de Québec.Parce qu\u2019on est tous un peu curieux et que ça fait du bien de rêver\u2026 PHOTOS LE SOLEIL, ERICK LABBÉ SUITES DE LUXE FRANCIS HIGGINS Le Soleil Il faut une bonne dose d\u2019envergure et de luxe pour qu\u2019une suite d\u2019hôtel soit digne du sobriquet «royale».Or, du chic, la suite royale de l\u2019Hôtel Port-Royal en a à revendre, même si elle aime se faire discrète au cœur du Vieux- Port de Québec.« Certains endroits en mettent parfois trop, mais ici ce n\u2019est ni chargé ni quétaine.C\u2019est beau, fin et délicat.On a l\u2019impression d\u2019être ici comme à la maison », affirme avec fierté Agnès Mar- soin, directrice générale de l\u2019établissement et notre guide dans cette visite.Difficile de la contredire, la suite royale \u2014 un espace de 300 mètres carrés niché dans un bâtiment historique du Vieux- Québec distinct de l\u2019hôtel \u2014 est élégante sans être clinquante.Explorons\u2026 PARLONS DÉCO Dès la sortie du petit ascenseur « parisien » qui mène au deuxième étage, c\u2019est un hall et un HÔTEL PORT-ROYAL UNE OASIS DE LUXE ET DE GRANDEUR QUI DORT ICI?À noter : l\u2019adresse de cette suite royale est tenue secrète afin de protéger l\u2019intimité des célébrités qui louent l\u2019endroit, à l\u2019occasion.Tout ce qu\u2019on peut révéler est qu\u2019elle ne se trouve pas dans le bâtiment principal de l\u2019hôtel.Quand elle n\u2019est pas occupée par les VIP de ce monde, elle accueille des mariages \u2014 « pour une expérience de princesse », dit Mme Marsoin \u2014, des fêtes, des cocktails d\u2019affaires et des partys de Noël.long couloir bercé de lumière qui attendent les visiteurs de la suite.On note la richesse de la décoration, choisie sans abuser : grand miroir, œuvres d\u2019art (couvercles de citernes métalliques et statue), le premier de deux immenses puits de lumière qui laissent filtrer partout les rayons du soleil, etc.De part et d\u2019autre, trois des quatre chambres à coucher de la suite, chacune avec sa salle de bain privée au marbre de Carrare.Plus loin, la grande pièce principale rassemble les aires de vie.D\u2019abord, une salle à manger et sa longue table de bois blanc pouvant accueillir 12 convives (sous de massifs luminaires de fer et de verre).Ensuite, un salon dont le point central est sans conteste le piano à queue noir, sans pour autant négliger les fauteuils et le divan de cuir, les tables basses viriles, le foyer au gaz et la bibliothèque qui longe le mur courbé.DEUX CUISINES La suite royale ne compte pas une, mais deux cuisines.La première, qui fait partie de l\u2019aire ouverte, se distingue par sa taille, ses tons de noir et de blanc, son îlot titanesque et son coin déjeuner.La seconde, surnommée « cuisine traiteur », se cache derrière une porte battante.Elle possède tout le nécessaire pour la préparation d\u2019un chic souper loin des regards, tout en profitant de la vue sur le bassin Louise.2 3 laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M21 VOYAGES 4 La grande cuisine avec son îlot géant.6 La «?cuisine traiteur?», derrière une porte battante, comporte tout ce qu\u2019il faut pour préparer des repas en toute discrétion.1 La très grande suite royale est élégante sans être clinquante.3 Une des chambres à coucher.2 Le long couloir pour pénétrer dans la suite fait son effet avec ses œuvres d\u2019art, son puits de lumière, ses luminaires et ses portes de verre travaillé.5 Le grand miroir convexe de la salle à manger.UNE OASIS DE LUXE ET DE GRANDEUR TERRASSE PRIVÉE La terrasse sur le toit \u2014 réservée aux clients de la suite \u2014 est une véritable oasis urbaine en hauteur, tout équipée en été : douche extérieure, coin-cui- sine, pompe à bière, fleurs, palmiers et même une salle de bain.Sans oublier la vue sur les rues du secteur historique du Vieux- Port, au pied des fortifications.L\u2019endroit mesurant 185 mètres carrés peut accueillir une cinquantaine de fêtards en temps normal.COMBIEN ÇA COÛTE?Une nuitée dans la suite royale de l\u2019Hôtel Port-Royal coûte entre 2000 $ (au printemps) et 3800 $ (en été), voire 4000 $ (pendant les Fêtes).Une option peu commune s\u2019offre à ceux dont le portefeuille frôle la crise de panique devant pareille facture : on propose aussi chacune des chambres individuelles sur les sites Expedia et Booking.«?C\u2019est comme un B & B de luxe.On loue seulement une chambre et on partage les parties communes avec d\u2019autres clients, explique Mme Marsoin.Avec un peu de chance, on peut être seul dans tout la suite seulement pour le prix d\u2019une chambre.?» Prix de l\u2019option : 500 $ à 800 $.À SAVOIR Hôtel Port-Royal 144, rue Saint-Pierre, à Québec leportroyal.com 418 692-2777 1 4 5 6 SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale V ous ne le saviez peut- être pas, mais le monde (enfin, au minimum, quelques personnes) célébrait hier la plus populaire de toutes les créatures magiques : la licorne.Pour souligner la journée mondiale en son nom, parce que je suis nostalgique et parce que je suis en situation d\u2019infériorité numérique masculine dans ma famille, j\u2019avais envie de nous faire revivre l\u2019aventure Pinkaroo.Qu\u2019est-ce que le Pinkaroo?C\u2019est un concept de bar éphémère sur l\u2019avenue Maguire que mon équipe et moi avons opéré en février et mars 2019.Pour ceux et celles ayant eu la chance de nous visiter, il s\u2019agissait d\u2019une incursion complète au pays des licornes : cocktails brillants, murs roses, sirop de licorne, menu « conte de fée », beignes à cornes, musique des années 70 et 80, pots de barbe à papa, etc.Le bar éphémère était ouvert à toute la famille et l\u2019ensemble des profits générés par l\u2019initiative a été remis à la Fondation Rêves d\u2019enfants.J\u2019ai donc décidé cette semaine de partager toutes les recettes qui étaient servies au bar Pinkaroo sur le site Web de Monsieur Cocktail*.Je profite de l\u2019occasion pour vous offrir la plus populaire de toutes, qui nous rappelle que le printemps s\u2019en vient et que le rosé trônera bientôt sur nos patios et nos balcons.Fruité, acide et complexe, ce cocktail tout en légèreté rappelle la sangria.Pinky Swear INGRÉDIENTS \u2022 2 oz de vin rosé \u2022 0,75 oz de gin \u2022 0,5 oz de sirop de licorne (ou sirop de fraise) \u2022 0,5 oz de sirop de licorne rose (ou liqueur de rhubarbe) \u2022 0,5 oz de jus de citron \u2022 Barbe à papa bleue (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un shaker, mélanger tous les ingrédients avec de la glace.2 Filtrer au tamis fin dans un verre muni d\u2019un gros cube de glace.3 Décorer de barbe à papa bleue.Santé! *Pour les recettes du Pinkaroo, consultez le site Web monsieur-cocktail.com AU PAYS DES LICORNES P H O T O M A Ë L L A L E P A G E A vez-vous déjà remarqué le sceau d\u2019une médaille d\u2019un concours sur l\u2019étiquette de vos bières préférées?Fort probablement, puisque les brasseries gagnantes d\u2019un concours s\u2019empressent d\u2019en informer le public.Les médailles, ça fait vendre.Mais est-ce vraiment un gage de qualité?Des concours internationaux de bière, il y en a beaucoup.J\u2019ai d\u2019ailleurs participé à bon nombre d\u2019entre eux en tant que juge, et la liste de nouveaux concours organisés dans le monde ne cesse d\u2019augmenter.Mais seriez-vous en mesure d\u2019en énumérer un?Difficile n\u2019est-ce pas?Rassurez-vous, il est très rare qu\u2019un concours ne fasse parler de lui qu\u2019autrement que par les médailles qu\u2019il décerne.Il est donc plus facile de retenir une bière qui a gagné un concours \u2014 peu importe le nom du concours \u2014 que le concours lui-même.Et les organisateurs le savent.Nous voilà donc devant une redoutable machine promotionnelle, qui décerne des médailles à qui veut bien participer, à la condition de se classer parmi les finalistes de chaque catégorie.Saviez-vous que j\u2019ai obtenu la troisième place d\u2019une épreuve d\u2019athlétisme, le 100 m départ arrêté?Combien de concurrents dans cette magnifique épreuve?Trois! Il n\u2019empêche que j\u2019ai gagné la médaille de bronze d\u2019un concours d\u2019athlétisme.Au diable les détails.Les concours de bière, c\u2019est un peu la même chose.Bien des concours n\u2019indiquent pas le nombre de bières participantes et de ce fait, il peut être très facile de gagner une médaille dans la catégorie visée.Le meilleur exemple est le World Beer Awards, concours britannique créé en 2007, qui consiste à remettre des prix annuellement, dans plus de 80 catégories, chacune étant évaluée par pays, suivi d\u2019une évaluation des meilleurs du pays par catégorie.Soit un potentiel de plusieurs centaines de médailles par an.Le bémol, c\u2019est que nous ne connaissons absolument pas le nombre de bières inscrites à ce concours.Si quelques bières sont présentées dans une catégorie, leurs chances de gagner une médaille sont donc très élevées.Il suffit ensuite à la brasserie de diffuser un communiqué de presse invitant le public à découvrir « la meilleure bière de sa catégorie » et le bouche-à-oreille s\u2019occupe du reste.QU\u2019ATTENDRE D\u2019UN CONCOURS DE BIÈRE?Tout d\u2019abord, pour démontrer le sérieux de la démarche, il est important que les organisateurs du concours diffusent le nombre de bières en lice dans une même catégorie.Je vous rappelle ma médaille de bronze en athlétisme.Mention spéciale au World Beer Cup \u2014 organisé par l\u2019Association américaine des microbrasseries \u2014, qui dévoile toujours le nombre de bières inscrites dans chaque catégorie.La médaille d\u2019or dans la catégorie American Pale Ale, devant 1500 autres bières, est vraiment un gage de qualité.La qualité du jury va également influencer la notoriété du concours.Plus le jury comporte des professionnels qualifiés \u2014 brasseurs, sommeliers, biérolo- gues, etc.\u2014, plus le concours est reconnu dans le milieu.Enfin, l\u2019obtention des médailles doit être basée sur un cahier des charges bien précis, qui tient compte de la qualité globale de la bière et de l\u2019expérience de dégustation.J\u2019ai déjà vu des membres d\u2019un jury refuser de donner une médaille à une bière, même si celle-ci était troisième finaliste, car le produit n\u2019était pas à la hauteur de ce que l\u2019on demandait à une bière.QUELQUES BIÈRES MÉDAILLÉES À DÉCOUVRIR SCOTCH ALE MICROBRASSERIE GAINSBOURG La gagnante de la catégorie « Scotch Ale » au World Beer Cup 2018 (l\u2019édition 2020 ayant été annulée) devant 70 autres bières.Une Scotch Ale comme on les aime, sucrée, ronde, chaleureuse, sur des notes de sucre candi, sans tomber dans l\u2019amertume.KIRKE MICROBRASSERIE CORSAIRE Médaille d\u2019argent au WBC 2018 devant 42 autres bières.Dans la catégorie « Ordinary Bitter », cette Kirke a offert une belle note céréalière en entrée de bouche, un équilibre très agréable et un taux d\u2019alcool modéré.Une de mes bières préférées au Québec depuis longtemps.LA SAISON DU TRACTEUR TROU DU DIABLE Médaille d\u2019argent au concours European Beer Star, en Allemagne, dans la catégorie « Saison belge ».Ce concours est reconnu pour la qualité globale du jury qui le compose.La bière idéale pour ses notes douces de céréales, les arômes épicés de la levure et son équilibre.Les concours, une nouvelle approche marketing PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@gcmedias.ca \u2014 PHOTO INTERNET laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M23 VINS E n Toscane, l\u2019appellation Brunello di Montal- cino est située au sud de Sienne, dans un rayonnement de 3500 hectares autour du spectaculaire village médiéval de Montalcino qui sied sur une colline habitée depuis l\u2019époque des Étrusques.Il suffit de parcourir les collines de la bucolique vallée d\u2019Orcia pour être éternellement empreint de la particularité de cette terre aux paysages parmi les plus emblématiques de la région.C\u2019est dans la magie intemporelle de ce terroir que la famille Biondi-Santi donne naissance en 1864 à un clone du sangiovese, considéré comme supérieur et qu\u2019on appellera le « brunello ».Sa peau plus épaisse produit un vin très tannique avec beaucoup de caractère.Mais c\u2019est aussi l\u2019altitude et le climat, plus doux et plus sec que dans les autres régions de Toscane qui font une différence majeure, en plus que l\u2019appellation exige que les vins soient composés à 100 % de sangiovese, contrairement à un minimum de 80-85 % réglementé pour les Chianti.Quoi qu\u2019il en soit, le Bru- nello donne tout son sens au mot « sangiovese » qui se traduit par « sang de Jupiter », car outre une distinctive élégance, il produit des vins puissants qui marquent le temps et qui s\u2019espèrent, avec un potentiel de garde pouvant aller jusqu\u2019à 50 ans.Un petit rappel pour la température de service qui est de 18 °C sur un accord idéal de viande et de gibier sur le grill ainsi qu\u2019avec des fromages âgés et à pâte ferme.Voici quelques suggestions de vins à mettre au cellier pour mieux apprécier cette prestigieuse appellation d\u2019Italie.Salute! CAMPOGIOVANNI SAN FELICE BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 68,75 $ \u2022 634881 \u2022 12,5 % \u2022 1 G/L Dans plusieurs régions, le millésime 2015 est considéré comme remarquable, donc d\u2019emblée un millésime de garde pour les grands vins comme celui-ci du vignoble San Felice qui cumule les éloges, incluant une vingtième position en 2017 dans le Top 100 du prestigieux magazine Wine Spectator, pour le 2012.On trouve maintenant le 2015 qui présente un superbe potentiel avec des notes déjà complexes de fruits noirs et d\u2019épices, grâce à un vieillissement de 36 mois en barrique de chêne de Slovénie et une autre année en bouteille.Un vin puissant et charnu avec des notes de terre, de cerise noire et de cuir qui mérite vraiment d\u2019être attendu encore au moins 8-10 ans, ou jusqu\u2019en 2035.FORNACINA BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 52 $ \u2022 11195325 \u2022 14,5 % \u2022 2 G/L \u2022 BIO Un domaine boutique de 5 hectares en culture biologique qui donne un petit rendement entre 20 et 25 000 bouteilles par année.Leurs vins vieillis dans de grands foudres de chêne de Slovénie, offrent justement une grande complexité aromatique plutôt que d\u2019être trop marqués par le bois.Salinité, cèdre, réglisse, olive noire au nez et en bouche, où s\u2019ajoutent des notes de fruits noirs et de torréfaction.Un vin dont on peut humer longtemps la complexité qui se développera encore davantage avec les années.À boire entre 2022 et 2035.POGGIO LANDI BRUNELLO DI MON- TALCINO 2015 49,25 $ \u2022 13913562 \u2022 14 % \u2022 2,8 G/L Ce Brunello a la particularité d\u2019être issu d\u2019un vignoble situé entre 300 et 500 m d\u2019altitude, en plus d\u2019avoir maturé pendant 38 mois en fûts de chêne français, plutôt que slovène comme le veut la tradition, en plus de 6 mois en bouteille.Le bouquet intense de fruits rouges et noirs se décline sur les épices, le poivre noir, la réglisse et des notes vanillées sur une longue finale.Le Wine Spectator et James Suckling lui ont accordé 93 points.À boire idéalement entre 2022 et 2035.FATTORIA DEI BARBI BRUNELLO DI MONTALCINO 2015 49,85 $ \u2022 11213343 \u2022 13,5 % \u2022 1,9 G/L Probablement le plus traditionnel de cette sélection et primé à maintes reprises depuis le premier millésime du Blu Label, produit depuis 1892.Un nez de boîte à tabac et de cacao qui démontre puissance et élégance avec une complexité de fruits noirs bien tanniques qui promettent de se bonifier avec le temps.Un vin qu\u2019on doit attendre au moins jusqu\u2019en 2030 en notant que la maison lui donne un potentiel de garde pouvant aller jusqu\u2019à 50 ans.ALTESINO ROSSO DI MONTALCINO 2018 27,45 $ \u2022 11472345 \u2022 13,5 % \u2022 2,4 G/L Plus simple et plus gourmand avec un nez de noisette torréfiée qu\u2019on retrouve en bouche en plus de la framboise noire et des grains de café en finale d\u2019une belle longueur, assez boisée et bien corsée.Agréable à boire maintenant, mais il reste toujours préférable de l\u2019attendre encore quelques années, son potentiel de garde est de 10 ans, selon le millésime.L\u2019emblématique Brunello di Montalcino Une vue du spectaculaire village médiéval de Montalcino, parmi les paysages les plus emblématiques de la Toscane.\u2014 PHOTO @ SHELBY KNICK NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M24 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine SHERBROOKE \u2014 Le titre de l\u2019émission le dit : C\u2019est plus qu\u2019un jardin, ça va bien au-delà des plants de tomates et de basilic qu\u2019on fait pousser sur le balcon, le temps d\u2019une saison.C\u2019est l\u2019idée d\u2019une vague de fond qui induit des changements profonds.C\u2019est aussi une vision citoyenne qui repense nos habitudes de consommation.C\u2019est enfin une inspiration pour nourrir un mouvement collectif.Et c\u2019est un peu pour toutes ces raisons qu\u2019Emmanuel Bilodeau et sa famille ont sauté à pieds joints dans le projet télévisuel qu\u2019on leur a présenté en avril dernier, au début de la pandémie, et qui vient d\u2019arriver en ondes sur Unis TV.L\u2019association ne surprend pas ceux qui connaissent un peu le parcours du comédien à la fibre environnementaliste bien développée.Après tout, celui-ci a déjà accolé son nom à des organisations comme Équiterre.Ce qui est nouveau, cette fois, c\u2019est qu\u2019il a accueilli les caméras chez lui, dans le cocon des Laurentides qu\u2019il partage avec Édith Cochrane et leurs trois enfants.Le temps d\u2019une saison, la famille s\u2019est prêtée au jeu de l\u2019émission.Expérimentations jardinières, alimentaires et écolos de tous genres ont meublé les semaines au chalet devant l\u2019œil d\u2019une équipe télévisée.« Ouvrir ainsi les portes de notre intimité familiale, ce n\u2019est pas notre tasse de thé, habituellement.Mais dans un contexte de confinement, et dans la mouvance collective où il y a un buzz jardinier, où on sent un intérêt pour tout ce qui touche à l\u2019autonomie alimentaire, on trouvait que le projet tombait pile.C\u2019est une émission qui se veut accessible et inspirante pour la population générale, ça nous plaisait de faire partie d\u2019une aventure télévisée du genre qui, par l\u2019exemple, donne des outils concrets. » Une autre famille, qui vit à Belœil, a aussi participé aux tournages.Jean-Martin Fortier et Dany Bou- chard (de L\u2019Académie potagère de Saint-François-Xavier-de-Bromp- ton) accompagnent tout ce beau monde de semaine en semaine.En tout, 13 épisodes ont été captés.On l\u2019a vu lors de la première émission diffusée jeudi dernier, la tribu Bilodeau-Cochrane s\u2019est dotée d\u2019un poulailler.Une première expérience animalière qui a ravi le clan.« On ne savait pas si on allait aimer prendre soin des animaux au quotidien, mais on s\u2019est vraiment attaché aux poules, le projet a été très porteur. » L\u2019élevage de grillons, qu\u2019on verra plus tard au cours de la saison, s\u2019est avéré moins heureux.« L\u2019idée de départ était d\u2019en faire une farine.Même si ça ne nous tentait pas tant que ça, on s\u2019est lancé\u2026 et on a réalisé que ce n\u2019était pas pour nous.D\u2019abord, des grillons, ça ressemble un peu à des coque- relles, et ça commande beaucoup de soins.Leur chant est charmant, cela dit, on les entend et on a un peu l\u2019impression de vivre en Guadeloupe, mais ce sont de petites bêtes fragiles.Leur vie ne tient pas PLUS QU\u2019UN JARDINET QU\u2019UN SHOW DE TÉLÉ « Tout ça, tous ces projets, on les a faits ensemble, en famille.On a appris, on a aussi transmis quelque chose aux enfants.C\u2019est vrai que c\u2019est plus qu\u2019un jardin.C\u2019est de la joie. » \u2014 Emmanuel Bilodeau laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M25 EN CUISINE à grand-chose.On a perdu notre élevage en chemin.On laisse ça à d\u2019autres! » Au fil des rendez-vous télévisés des prochaines semaines, les Bilo- deau-Cochrane vont notamment tâter la déshydratation et la fermentation d\u2019aliments, apprivoiser le jardinage dans leur périmètre ombragé et expérimenter la toilette à compost, « une petite révolution sanitaire qui gagnerait à être mieux connue tellement c\u2019est fantastique\u2026 et sans odeur », assure Emmanuel.Fana de boulange, celui-ci s\u2019est aussi lancé le défi de construire un four à pain carboneutre, qui utilise les branches de bois mort tombées sur le terrain.« C\u2019est une autre façon d\u2019être autonome.Été comme hiver, quand l\u2019électricité fait défaut, et ça arrive fréquemment dans notre coin, on peut cuisiner une miche ou un repas en cocotte.C\u2019est aussi ça, l\u2019indépendance alimentaire.Parce qu\u2019on prend vite conscience que sitôt que la technologie fait défaut, on est désemparés, on perd nos moyens. » Il y a un savoir-faire et des connaissances à se réapproprier.« On réalise que nos ancêtres en connaissaient beaucoup.Dans le partage des tours de main et des ressources, il y a quelque chose qui se tisse dans notre lien aux autres.Tu vois, notre four à pain, c\u2019est de l\u2019autonomie possible pour notre famille, bien sûr, mais aussi pour le voisinage.Le fait d\u2019avoir ça chez nous peut profiter à d\u2019autres.Ça nourrit une forme d\u2019entraide, de partage, d\u2019esprit de communauté. » Ça nourrit aussi un certain contentement.« Je pense qu\u2019une des voies inévitables pour tendre vers plus de calme, de bonheur et d\u2019équilibre passe par le fait de ralentir, de faire les choses nous-mêmes. » C \u2019e s t v r a i aussi en cuisine.« Préparer les repas, c\u2019est récurrent, ça revient trois fois par jour.Si on le fait pour se débarrasser et qu\u2019on n\u2019y prend pas plaisir, ça peut très vite devenir assez harassant. » A contrario, si on en prend son parti et qu\u2019on décide de faire de ce temps obligé un moment agréable avec ses proches, la perspective devient a u t r e .L a valeur qu\u2019on accorde à l \u2019a c t i v i t é q u o t i - d i e n n e aussi.« L e s médecins le disent : m a n g e r l e m o i n s transformé possible, en cuisinant maison est un gage de meilleure santé.On gagne donc à prendre le temps, à faire de cette activité quotidienne un heureux moment à laquelle on donne une bonne vibe.Et si en plus on apprête des ingrédients qui viennent de notre jardin, c\u2019est doublement satisfaisant.Et pas besoin d\u2019avoir une immense terre pour se lancer.Chacun peut y aller à sa mesure.Un coin de balcon, quelques plants en pots, c\u2019est un début, déjà », dit celui qui avait déjà l\u2019idée de cultiver un bout de terre avant même que la production le contacte, le printemps dernier.« On avait commencé des semis dans la maison avec les enfants.Sauf qu\u2019on n\u2019avait pas réfléchi à l\u2019endroit où on ferait pousser tout ça.Notre terrain des Laurentides est ombragé, ce n\u2019est pas vraiment pas l\u2019idéal pour un potager.À la fin, on a bien récolté quelques tomates, mais nos carottes étaient minuscules. » Il a donc fallu repenser les cultures en fonction du sol et de l\u2019ensoleillement.« On a finalement misé sur des vivaces comestibles, des champignons, du gingembre, certains arbustes.Ça nous a permis de voir que même si on ne peut pas envisager de faire un jardin classique sur cette terre-là, il y a moyen d\u2019avoir du fun quand même. » L e s a n e c d o t e s d u g e n r e s\u2019enchaînent au fil de la discussion.Pendant la saison de tournage, il y a eu plusieurs projets heureux, d\u2019autres moins concluants, mais aucun n\u2019a entamé l\u2019enthousiasme du comédien.« Tout ça, tous ces projets, on les a faits ensemble, en famille.On a appris, on a aussi transmis quelque chose aux enfants.C\u2019est vrai que c\u2019est plus qu\u2019un jardin.C\u2019est de la joie. » Questions, commentaires, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine Les comédiens Édith Cochrane et Emmanuel Bilodeau participent à la nouvelle émission C\u2019est plus qu\u2019un jardin, diffusée sur Unis TV, avec leurs trois enfants, Siméon, Paul-Émile et Adélaïde.\u2014 PHOTO UNIS TV Dans le cadre de l\u2019émission C\u2019est plus qu\u2019un jardin, la famille Bilodeau-Cochrane s\u2019est lancée dans l\u2019élevage de poules pondeuses.\u2014 PHOTO UNIS TV JARDINER AU LIEU DE GAZONNER C\u2019est le beau temps de l\u2019année où, entre deux saisons, les amoureux des projets maraîchers bichonnent leurs semis en rêvant au jardin nourricier qu\u2019ils vont cultiver pendant l\u2019été.Emmanuel Bilodeau fait (un peu) partie de cette frange qui gagne toujours davantage d\u2019adeptes.« Ça calme les angoisses, mettre les mains dans la terre.Ça permet de t\u2019ancrer et de t\u2019amener ailleurs tout à la fois.Et c\u2019est bon pour la planète et l\u2019environnement.Si chacun cultive davantage de plantes sur son terrain, ça ajoute à la biodiversité de notre environnement. » S\u2019il n\u2019en était que de lui, on dirait adieu au vert gazon façon terrain de golf qui sévit à l\u2019envi, en ville comme en banlieue.« Pourrait-on se dire qu\u2019on arrête ça, les monocultures gazonnées?Je pense d\u2019ailleurs que les municipalités devraient être plus proactives dans ce dossier et encourager les potagers de façade.Imaginez le résultat si on convertissait nos grands carrés de pelouse en jardins. » KARINE TREMBLAY P H O T O S 1 2 3 R F Vous voulez regarder?C\u2019est plus qu\u2019un jardin Le jeudi à 20 h Unis TV (plusieurs rediffusions en semaine dont le dimanche, à 17 h 30) Les Bilodeau-Cochrane, en train de démystifier les bases de la culture du potager.\u2014 PHOTO UNIS TV SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M26 RÉGAL ET RESTOS RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil QUÉBEC \u2014 Signe printanier sans équivoque, les arrivages de crabe des neiges font le bonheur des amateurs depuis déjà deux semaines.Et bientôt, ce sera au tour du homard du Québec de faire son arrivée dans les poissonneries.Et vous, êtes-vous plus crabe ou homard?Le Mag a posé la question à Myriam Cyr Desbois et Janie Labrie, respectivement directrice générale des Pêcheries Raymond Desbois et cheffe du restaurant La Gaspésienne 51.Les deux jeunes femmes avouent leur penchant pour le crabe, vedette incontestée du printemps.« Lorsqu\u2019on reçoit nos premiers crabes, c\u2019est vraiment la folie! » signale Myriam Cyr Desbois, évoquant les longues files devant sa poissonnerie de Sillery lors de la première fin de semaine où le crustacé était à l\u2019honneur.C\u2019est que contrairement au homard, le crabe ne se garde pas bien en vivier, indique-t-elle.Il y a donc une fenêtre d\u2019environ deux mois pour se procurer du crabe frais.La durée de la pêche n\u2019est pas fixe, elle prend fin lorsque le quota des prises est atteint.Et cette année, le quota des crabiers gas- pésiens est en baisse de 26 % par rapport à l\u2019année précédente.Consolation : le prix est en forte hausse.« Depuis le début de la saison, la pêche est bonne, donc on s\u2019attend à ce que notre quota soit atteint plus vite si ça se maintient », indique Mme Cyr Desbois.L\u2019entreprise familiale Pêcheries Raymond Desbois \u2014 qui porte le nom du grand-père de Myriam et a été reprise par son père Bertrand \u2014 possède une dizaine de bateaux de pêche et approvisionne directement la poissonnerie en crabe, crevette, homard, flétan, turbot et morue, entre autres.La jeune femme pêche elle aussi, notamment le thon vers la fin août.Pour le homard, les pêcheurs disposent de deux mois pour faire le plein du crustacé, selon le nombre de cages qu\u2019ils ont l\u2019autorisation d\u2019installer.La pêche commence fin avril en Gaspésie, le 1er mai à Anti- costi où Les Pêcheries Raymond Desbois ont leur permis.« Le homard peut se garder jusqu\u2019à environ un mois en vivier.Plus longtemps, il devient trop faible, car il ne se nourrit pas », signale Myriam Cyr Desbois.Si la poissonnerie en propose même l\u2019hiver, c\u2019est en raison de la pêche hivernale en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, précise-t-elle.GOÛT DÉLICAT OU PLUS PRONONCÉ Comment savourer son crustacé favori?La cheffe Janie Labrie donne quelques conseils.Elle est à la barre des cuisines de La Gas- pésienne 51, restaurant spécialisé dans les poissons et fruits de mer appartenant aux Pêcheries Raymond Desbois et attenant à la poissonnerie.« Le crabe a un goût très délicat, il faut faire attention de ne pas le dénaturer.On le sert tel quel, en l\u2019accompagnant par exemple d\u2019un beurre citronné avec câpres ou d\u2019un peu de mayo épicée ou thaï », indique Mme Labrie.« Pour faire des crab cakes, j\u2019utilise simplement la chair de crabe mélangée avec du beurre, du jus de citron, de l\u2019échalote, le tout recouvert de chapelure panko », révèle-t-elle.Dans sa gue- dille au crabe, la cheffe ajoute de petits morceaux de pomme et du céleri-rave ou du céleri.Contrairement au homard, au goût plus prononcé et dont la chair est plus ferme, le crabe n\u2019est pas le meilleur candidat pour ajouter à des pâtes ou à un risotto puisque sa chair se défait facilement et qu\u2019on la perdra à travers les autres ingrédients, note Janie Labrie.Plus polyvalent, le homard frais n\u2019en d e m e u r e p a s moins un délice à savourer sans g r a n d a r t i - fice.La cheffe s i g n a l e t o u - t e f o i s l \u2019 i m - portance de r e s p e c t e r les temps de cuisson, qui varient pour les pinces et la queue (voir autre texte).À La Gaspésienne 51, le homard Thermidor a la cote : coupé en deux sur le sens de la longueur, il est recouvert d\u2019une sauce crémeuse et fromagée puis gratiné.La cheffe aime aussi proposer le crustacé en club sandwich \u2014 avec tomate et bacon, bien sûr! Janie Labrie a un véritable coup de cœur pour le homard fumé, en particulier les CRUSTACÉS PRINTANIERS Myriam Cyr Desbois et Janie Labrie \u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M27 RÉGAL ET RESTOS pinces, selon une technique qu\u2019elle a adoptée récemment.Signalons que La Gaspésienne 51 n\u2019exclut pas d\u2019offrir à nouveau des mets pour emporter si la fermeture des restaurants se prolonge une fois de plus.Info : lagaspesienne51.ca et La Gaspésienne 51 sur Facebook QUÉBEC \u2014 Vous préférez faire cuire vos crabes ou vos homards vivants à la maison?Voici le mode d\u2019emploi, gracieuseté de Myriam Cyr Desbois et Janie Labrie.D\u2019abord, vos crustacés vivants doivent idéalement être cuits le jour même.Une fois achetés, si vous devez attendre quelques heures avant la cuisson, gardez-les au frais au frigo ou dans une glacière avec de la glace \u2014 ne pas les mettre dans l\u2019eau du bain! Il faut éviter que vos précieux spécimens meurent avant la cuisson, auquel cas leur chair serait gâchée.« Si un crabe meurt plusieurs heures avant la cuisson, il devient noir et dégage des toxines », signale Myriam Cyr Desbois.Même vivant, s\u2019il est cuit avec sa tête, il se conservera ensuite beaucoup moins longtemps, ajoute-t-elle.CRABE La première étape avant de faire cuire le crabe est donc de séparer les sections de pattes du corps.On enlève ensuite les petites branchies grisâtres à l\u2019aide d\u2019un couteau, puis on rince doucement sous l\u2019eau.La cuisson se fait à l\u2019eau salée : 3/4 tasse de gros sel (ou de sel de table) pour 4 litres d\u2019eau.« Il faut que ça goûte la mer! » précise Mme Cyr Desbois.On plonge les sections de crabe dans l\u2019eau bouillante; il faut calculer 12 minutes de cuisson à partir du moment où l\u2019eau bout à nouveau.« Les crabes n\u2019ont pas besoin d\u2019être immergés, ils peuvent cuire à la vapeur dans un chaudron couvert », indique la cheffe Janie Labrie.On dépose ensuite les sections de crabe quelques minutes dans l\u2019eau glacée afin d\u2019arrêter la cuisson et de permettre à la chair de se détacher plus facilement.Selon Mme Labrie, le crabe est meilleur dégusté froid, on n\u2019en apprécie que mieux son goût délicat.HOMARD Très semblable à la cuisson du crabe, celle du homard ne nécessite pas qu\u2019on lui enlève d\u2019abord la tête, mais\u2026 il est recommandé de cuire les pinces et la queue séparément pour un résultat optimal.« Les pinces prennent plus de temps à cuire que la queue, surtout si elles sont grosses.C\u2019est souvent le fait que la queue est trop cuite qui la rend plus coriace », indique Janie Labrie.Pour tuer le homard avant de lui enlever la queue, il suffit de couper la tête en faisant une incision entre les deux yeux à l\u2019aide d\u2019un gros couteau tranchant.« C\u2019est normal qu\u2019il continue de bouger un peu ensuite, à cause des nerfs », précise la cheffe.Dans une casserole d\u2019eau bouillante salée, on fait cuire les pinces (sans les élastiques!) et le corps 12 minutes pour un homard de 2 livres \u2014 toujours à partir du moment où l\u2019eau recommence à bouillir.Ajuster le temps si le homard est plus ou moins gros.Pour la queue, il faudra plutôt compter de 5 à 7 minutes pour un homard de 2 livres.Si on préfère tout de même le cuire entier, compter de 10 à 15 minutes.Plonger ensuite le homard dans l\u2019eau glacée pour arrêter la cuisson.RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL Note : Une fois cuits, les sections de crabe et le homard se conservent 4 à 5 jours au réfrigérateur.Décortiquée, la chair se congèle aisément (idéalement sous vide).CUISSON : MODE D\u2019EMPLOI Plus de 40 % de pertes cuit.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET P H O T O S F O U R N I E S P A R L A G A S P É S I E N N E 5 1 SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M28 leSoleil samedi 10 avril 2021 M43 le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 un tache sur la joue de la vache 2 les rayures blanches de la tuque 3 le cordon du masque 4 l\u2019œillet de la laisse 5 un bouton du manteau 6 la salive de la vache 7 les dents de l\u2019homme C\u2019Est pLatE.qu\u2019est-Ce qu\u2019on fait?Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com faItEs- Nous rIrE «Maman est-ce qu\u2019on va à l\u2019épicerie des animaux?» (en parlant de l\u2019animalerie) «Les autos ça vit dans la rue, hein maman?» \u2014 Camille, 2 ans (maintenant 12 ans) Apprends à créer une BD! Pas question de laisser la pandémie ruiner le plaisir des amateurs de bandes dessinées! le Festival Québec Bd a préparé de nombreuses activités sur internet ces prochaines semaines.Parmi elles, il y a les Tutos Bd (tutos comme dans tutoriels).C\u2019est un atelier en ligne gratuit où tu pourras apprendre «des trucs pour créer tes propres planches, développer des personnages ou écrire tes scénarios».Ç\u2019a lieu tous les samedis matin dès 10h sur la page Facebook du festival ou en reprise sur sa chaîne YouTube.Ce samedi 10 avril, c\u2019est le créateur des séries Aventurosaure et Étienne et Charlot, julien Paré-sorel, qui animera l\u2019atelier.info : quebecbd.com Francis Higgins laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M29 LE P\u2019TIT MAG samedi 10 avril 2021 leSoleil M46 LE P\u2019TIT MAG Crème glacée donne environ 500 ml de crème glacée IngrédIents \u2022 6 jaunes d\u2019œuf \u2022 ½ tasse de sucre de canne \u2022 1 tasse de lait 3,25, tiède \u2022 2 tasses de crème 35 %, tiède \u2022 2 c.à thé d\u2019essence de vanille \u2022 ½ tasse de garniture au choix : chocolat noir, chocolat au lait, beurre d\u2019érable, beurre d\u2019arachide, noix, fruits, etc.Méthode 1 Dans un bol, fouette ensemble les jaunes d \u2019œufs et le sucre jusqu\u2019à ce que le mélange blanchisse.Verse dans une casserole à fond épais et allume le feu à température moyenne.2 Toujours en fouettant, incorpore la crème, le lait et la vanille.Laisse cuire en remuant souvent avec une maryse ou une cuillère de bois, environ 15 minutes.Le mélange est assez cuit lorsqu\u2019il a épaissi et qu\u2019il peut napper le dos d\u2019une cuillère.3 À travers un tamis f in, verser le mélange dans un moule à gâteau en métal de 9 po de côté.Recouvre la surface d\u2019une pellicule plastique et dépose-le au réfrigérateur pendant une heure ou jusqu\u2019à ce que le mélange soit froid.4 Mets su ite le mélange au congélateur une à deux heures, jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit assez solide dans être dur.5 À l \u2019a ide d \u2019une fourchet te, gratte la crème glacée pour la réduire en pet its morceaux .Ajoute les garnitures désirées et mélange bien.Remets le moule au congélateur pour une autre heure.Tu peux aussi verser la crème glacée et les garnitures dans le bol d\u2019un mélangeur sur socle pour bien mélanger, puis reverser la crème glacée garnie dans le moule à gâteau.6 Ressort le moule une dernière fois, gratte bien la crème glacée avec la fourchette pour incorporer encore de l\u2019air et év iter d \u2019avoir un bloc de crème gelée! Remets la c rème g lacée au congéla- cée au congélateur pour deux autres heures.7 Vide le moule à gâteau et garde ta crème glacée dans un pot hermétique\u2026 Au congélateur! Les P\u2019TiTs CUisTOTs sophIe grenIer-héroux Collaboration spéciale a s-tu un al iment qui t\u2019apporte du réconfort?Quelque chose qui , automatiquement, te fait du bien, te fait sourire?Moi, c\u2019est la crème glacée.J\u2019ai une foule de souvenirs associés à ce joyeux plaisir.La rencontre de mon meilleur ami autour d\u2019un pot de Häagen Dazs, le gelato dégoulinant à la fraise que mes filles dévoraient en Italie, un détour pour aller manger une molle avec une personne que j\u2019affectionne ou encore les regroupe- fectionne ou encore les regroupements spontanés à la crémerie du quartier avec les voisins.À chaque cornet, sa dose de joie, de réconfort.Et ce qui est aussi très heureux, c\u2019est de partager sa propre création glacée! C\u2019est ce que je te propose ce mois-ci.Une crème glacée faite maison sans sorbetière qui devient comme une crème molle de luxe! J\u2019y ai mis tout ce qui peut faire plaisir : du beurre d\u2019érable, du chocolat et des arachides salées.La fête en pot, quoi! Je m\u2019en vais d\u2019ailleurs à l\u2019instant en porter à un ami pour son anniversaire.Bonne popote! RéconfoRtante cRème glacée Mets-y ta touche personnelle! Ce qui est chouette avec cette recette, c\u2019est que tu peux l\u2019agrémenter avec ce que tu aimes le plus! lors de la prise de photos, j\u2019en ai fait une toute garnie et une autre à l\u2019érable en ajoutant des filets de sirop et des morceaux de tire.la seule chose à éviter, c\u2019est d\u2019incorporer du liquide, comme le jus des fruits surgelés par exemple.Ça ajouterait des cristaux de glace à ton résultat final qui pourrait devenir très dur et difficile à servir.Sophie Grenier-héroux (Collaboration SpéCiale) PHotos le soleil, Yan doublet SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS P ourquoi disons-nous « grand-maman » plutôt que « grande-ma- man »?Pourtant, il n\u2019y a rien de plus féminin qu\u2019une maman.Il doit y avoir une mystérieuse explication à cette anomalie\u2026 Paul-Arthur Huot Québec Si vous y songez, il vous viendra à l\u2019esprit qu\u2019il n\u2019y a pas que dans le mot grand-maman que l\u2019adjectif grand reste au masculin devant un nom féminin.On dit aussi grand-tante.Avez-vous déjà assisté à une grand-messe?Ou alors avez-vous déjà prévenu un de vos enfants de faire attention sur la grand-route?Peut-être connaissez-vous quelqu\u2019un qui a reçu la grand-croix, décoration la plus élevée de la Légion d\u2019honneur.Si vous êtes un jour monté à bord d\u2019un voilier, avez-vous entendu le capitaine réclamer que l\u2019on hisse la grand-voile?Et vous êtes-vous demandé pourquoi certaines personnes portaient le patronyme de Grandmaison au lieu de Grandemaison?Ce grand masculin devant des noms féminins se rencontre également dans certaines expressions figées, comme « grand-chose », « avoir grand- peur » ou « à grand-peine ».Dans leurs enquêtes linguistiques publiées sur leur site internet, les Éditions Druide ont produit un article très complet sur la question.On y explique qu\u2019en ancien français, l\u2019adjectif grand était invariable.À l\u2019époque, on l\u2019écrivait d\u2019au moins trois façons différentes (gran, grand et grant) et on disait « un ome grant » et « une feme grant ».D\u2019ailleurs, ça ne vous rappelle pas le conte du Petit chaperon rouge, dans lequel le personnage de la grand-mère est désignée par le nom de « mère-grand »?C\u2019est finalement l\u2019orthographe avec un d qui s\u2019est imposée, ce qui était plus fidèle à la racine latine.Quant à la féminisation en grande, elle s\u2019est amorcée au XVIe siècle, une époque où l\u2019on a fait de même avec plusieurs adjectifs dont la forme latine différait entre le masculin (en -us) et le féminin (en -a).Mais certains mots et expressions sont passés entre les mailles du filet, dont grand-mère.Peut-être êtes-vous déjà tombé également sur une graphie comportant une apostrophe plutôt qu\u2019un trait d\u2019union (grand\u2019messe, grand\u2019rue, grand\u2019mère\u2026).Cette orthographe n\u2019est plus recommandée de nos jours, même s\u2019il en reste des traces.Voyez-vous, l\u2019apostrophe signifie qu\u2019on a enlevé une ou des lettres, comme le l\u2019 remplaçant le ou la.Mais comme il n\u2019y a jamais eu de e dans le grand de grand-mère et de tous les autres, cette apostrophe a été jugée illogique.Dernière question : doit-on mettre un s à grand lorsqu\u2019on emploie le mot grand-mère et ses semblables au pluriel?Les avis sont partagés.Le Dictionnaire de l\u2019Académie estime que grand devrait rester invariable, puisqu\u2019on ne fait pas non plus l\u2019accord au féminin.D\u2019autres jugent que cela n\u2019a rien à voir, étant donné qu\u2019il s\u2019agit en fait du vieil adjectif gran qui, de toute façon, restait invariable en genre, mais pas en nombre.On devrait ainsi écrire « des grands-mères ».En fait, vous trouverez des sources qui acceptent les deux, comme Usito.Vous avez donc la possibilité de faire comme bon vous semble.Une de vos récentes manchettes prêtait à confusion : « Une audace qui dessert la communauté ».Qu\u2019en pensez-vous?Bernard Chaput Sherbrooke Ce titre a depuis été changé par « Une audace au service de la communauté », ce qui est plus près de ce que souhaitait l\u2019auteur.Notre webmestre a simplement mélangé les deux sens du verbe desservir, lesquels sont effectivement contradictoires.La Banque de dépannage linguistique comporte d\u2019ailleurs une fiche pour prévenir cette confusion.En fait, il y a deux desservir, chacun ayant sa propre étymologie.Le plus courant et le plus récent (XIVe siècle) est celui formé du verbe servir précédé du préfixe dé-, et qui est l\u2019antonyme de servir.Il signifie principalement « nuire à une personne ou à une cause » ou « débarrasser une table ».Le titre initial dans La Tribune risquait donc d\u2019être compris comme « une audace qui nuit à la communauté ».Mais notre webmestre souhaitait plutôt que le verbe soit perçu dans le sens d\u2019« assurer un service », comme lorsqu\u2019on parle d\u2019un moyen de transport.Dans ce cas-ci, desservir provient du latin deservire, qui voulait dire « servir avec zèle » et qui est apparu dès le XIe siècle.En latin, le préfixe dé- pouvait avoir un rôle de renforcement, et il reste quelques traces de cet usage dans quelques mots commençant par dé- (par exemple délivrer, qui vient du latin deli- berare, lui-même formé de dé- et liberare, mais qui n\u2019est pas l\u2019antonyme de libérer pour autant).Pour éviter toute confusion, on limite l\u2019utilisation du deuxième verbe desservir à des contextes très précis : « assurer le service religieux », « donner accès à un lieu », « assurer un service de distribution » ou « faire le service en parlant d\u2019une voie de communication, d\u2019un moyen de transport ».Voici les quatre exemples que donne la BDL.Ce prêtre desservait plusieurs villages de la région.Le corridor à votre droite dessert toutes les salles de réunion.C\u2019est ce bureau de poste qui dessert le quartier où j\u2019habite.Quelle compagnie de transport dessert la région de Charlevoix?PERLES DE LA SEMAINE Examens d\u2019histoire par des jeunes qui pensent que nous descendons des hommes de gros moignons.C\u2019est en y mettant les doigts que les premiers hommes ont découvert les propriétés du feu.Ils construisaient des menhirs couchés pour le plaisir de les mettre debout.Du temps de la préhistoire, on fabriquait tout en pierre, même les meubles.Les enfants de la préhistoire avaient de la chance, car ils n\u2019avaient pas besoin d\u2019apprendre l\u2019histoire.Les premiers hommes étaient vêtus de peaux de bêtes pour mieux s\u2019intégrer au paysage.Source : Le sottisier du collège, Philippe Mignaval, Éditions Points, 2006.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Cours de grand-mère STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca LECTURE DE POÉSIE AU CENTRE DES ARTS DE STANSTEAD Les poètes Flavia Garcia et Noé- mie Pomerleau-Cloutier seront les invitées de la lecture de poésie du 10 avril à 14 h au Centre des arts de Stanstead.Comme toujours, la prestation, tout à fait gratuite, sera accessible sur l\u2019application Zoom.Le lien figure sur la page Facebook du Centre des arts de Stanstead.L\u2019animation a été confiée à Shelley Pomerance.Noémie Pomerleau-Cloutier est originaire de la Côte-Nord et habite Montréal.Elle est formatrice en alphabétisation populaire.Citoyenne féministe et engagée, elle s\u2019engage entre autres pour l\u2019accès à l\u2019éducation à tout âge et dans des projets qui démocratisent la poésie.Elle a publié deux recueils à La Peuplade, Brasser le varech (octobre 2017), qui traite du deuil par la botanique, et La patience du lichen (mars 2021), qui s\u2019intéresse au lien entre territoire géographique et territoire intime en Basse-Côte-Nord.Originaire de Buenos Aires, Fla- via Garcia vit, enseigne, écrit et chante au Québec, où elle s\u2019est établie il y a plus de trois décennies.Détentrice d\u2019une maîtrise en enseignement des langues de l\u2019Université McGill, elle travaille comme professeure titulaire en francisation.Depuis 20 ans, elle se consacre parallèlement à la poésie et à la chanson, en tant que poète, traductrice, parolière et interprète.En 2016, elle a publié Partir ou mourir un peu plus loin (Mémoire d\u2019encrier), et, en 2021, Fouiller les décombres (Mémoire d\u2019encrier).En 2019, elle a lancé son premier album, La gente de mi ciudad.SUPPLÉMENTAIRE DE BEATLES SYMPHONIQUE L\u2019Orchestre symphonique de Sherbrooke annonce une supplémentaire du concert Beatles symphonique, présenté le samedi 8 mai prochain, et mettant en vedette les chanteurs Kim Richardson, Antoine Gratton et Marc Déry.La nouvelle représentation aura lieu le même jour et au même endroit (salle Maurice- O\u2019Bready), mais à 15 h.Les billets sont déjà en vente.GUYLAINE TANGUAY POUR LANCER L\u2019ÉTÉ AU CCUS La chanteuse country Guylaine Tanguay offrira quatre prestations sur autant de samedis de suite, en juin et juillet prochain, à la Petite Salle du Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke.L\u2019artiste présentera son spectacle À deux mètres du bonheur, spécialement adapté aux consignes sanitaires actuelles, comme si elle était chez elle, accompagnée simplement de son guitariste.Les billets seront mis en vente le samedi 10 avril à midi.STEVE BERGERON ARTS EN BREF Guylaine Tanguay \u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, DAVID BOILY laTribune SAMEDI 10 AVRIL 2021 M31 MICHEL PIORO-LADRIÈRE innovation ALAIN GOUPIL alain.goupil@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Les technologies quantiques sont appelées à révolutionner plusieurs aspects de notre vie quotidienne.Tous les scientifiques impliqués dans ce domaine travaillent à réaliser le fameux ordinateur quantique capable de mettre au point de nouveaux matériaux, d\u2019améliorer la force des médicaments, d\u2019accélérer les progrès de l\u2019intelligence artificielle et de répondre à de nombreuses questions fondamentales à propos de l\u2019univers.Parmi tous ces scientifiques qui œuvrent vers cet objectif commun se trouve un chercheur et professeur du département de physique de la faculté des sciences de l\u2019Université de Sherbrooke.Son nom : Michel Pioro-Ladrière.Directeur adjoint de l\u2019Institut quantique de l\u2019UdeS, Pr Pioro- Ladrière est un expert en technologies de spin qubits.Après avoir obtenu son doctorat en physique expérimentale de l\u2019Université de Sherbrooke (2005), il a été accueilli comme boursier postdoctoral à l\u2019Agence japonaise de la science et de la technologie de 2005 à 2009, où il a été le pionnier d\u2019une approche micro-aimant pour réaliser des rotations de spin unique efficaces.Cette approche est maintenant utilisée dans le monde entier dans la recherche sur le traitement de l\u2019information quantique basée sur la spin.Depuis son retour à Sherbrooke en 2009, il a notamment travaillé en collaboration avec l\u2019Institut canadien de recherches avancées pour lancer le premier programme de recherche au Canada qui utilise les composants trouvés dans les micropuces d\u2019aujourd\u2019hui pour créer un ordinateur quantique.Des géants de l\u2019informatique tels qu\u2019Intel et IBM utilisent aujourd\u2019hui les résultats de ses recherches.Plus globalement, le Pr Pioro- Ladrière s\u2019est fixé comme objectif de « contribuer à créer un écosystème pour accélérer le développement des technologies quantiques. » En ce sens, il a été l\u2019architecte de plusieurs demandes de subventions stratégiques pour l\u2019UdeS, incluant la subvention Apogée (33,5 M$ sur 7 ans), l\u2019une des plus importantes de l\u2019Université de Sherbrooke, et qui a mené à la création de l\u2019Institut quantique, qui aura pignon sur rue à la fin de l\u2019été.Parallèlement à ses travaux, il a rédigé plus de 70 articles qui ont paru dans plusieurs revues scientifiques de renommée internationale, dont Nature, Nature Physics et Physical Review Letters.Pour l\u2019article publié dans Nature, son équipe de recherche de l\u2019Université de Sherbrooke s\u2019est associée à un groupe australien de l\u2019Université New South Wales pour réaliser un calcul quantique à des températures cent fois plus élevées que les réalisations précédentes.Cette découverte pourrait faciliter le développement des futures générations d\u2019ordinateurs quantiques.À terme, elle permettra de profiter du savoir-faire de la microélectro- nique pour voir émerger les pleines fonctionnalités des ordinateurs quantiques par la mise au point de circuits hautement intégrés.Ce tour de force a été rendu possible par la mise en commun de deux technologies quantiques, soit les micro aimants développés à Sherbrooke et les puces à base de silicium purifié fabriqué en Australie.Cet article a fait partie des dix découvertes de l\u2019année, selon Québec Science.Le jury, composé de scientifiques et journalistes, a déclaré que « cette prouesse technique époustouflante nous rapproche un peu plus de l\u2019avènement de l\u2019ordinateur quantique, qui promet de révolutionner notre monde. » Au même moment, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et l\u2019UK Research and Innovation (UKRI) reconnaissaient l\u2019expertise du chercheur et de ses collaborateurs dans le déploiement industriel des technologies quantiques.Cette reconnaissance s\u2019est traduite par la création d\u2019un consortium qui permettra à de jeunes pousses établies à Sherbrooke de poursuivre le développement de produits de pointe et de composantes de base pour les capteurs quantiques et le futur ordinateur quantique.L\u2019AVENIR EST À LA COLLABORATION Michel Pioro-Ladrière dit accorder une grande importance à la collaboration avec d\u2019autres groupes de recherche pour accélérer les découvertes dans son domaine.« Je crois beaucoup à l\u2019idée que le rôle de la science est d\u2019apporter un bénéfice à la société.Si on veut maximiser l\u2019impact de la science sur la société, il faut aussi changer nos façons de faire de la recherche.L\u2019article dans Québec Science en est un bon exemple, dit-il.Cet article- là a été écrit en collaboration avec deux groupes de recherche expérimental qui, normalement, seraient en compétition.Or, plutôt que de compétitionner l\u2019une contre l\u2019autre, on a décidé de collaborer pour aller encore plus loin et plus vite. » Selon lui, la science se doit d\u2019être plus collaborative et plus inclusive.« La compétition, c\u2019est bon, mais ça prend encore plus de collaboration.La collaboration est d\u2019autant plus importante que les nouvelles découvertes aujourd\u2019hui se font de plus en plus aux frontières de la multidisciplinarité », souligne-t-il.D\u2019où l\u2019importance, dit-il, en tant que professeur, de placer les étudiants au cœur de la recherche.En commençant par « personnaliser » leur parcours.« Je commence par leur demander ce qu\u2019ils veulent faire dans la vie.Ensuite, mon rôle est de leur fournir les conditions favorables à l\u2019atteinte de leurs objectifs. » Cette approche permet à ses étudiants de devenir eux-mêmes, éventuellement, des acteurs de changement.« La façon traditionnelle de former des étudiants, c\u2019est dans le but d\u2019en faire des professeurs.Or, la réalité du marché de l\u2019emploi, c\u2019est que 15 % seulement deviendront professeur.Alors que le marché de l\u2019innovation, lui, est complètement ouvert. » C\u2019est la raison pour laquelle, dit-il, il est important de former des chercheurs qui vont faire une différence dans la société de demain.La science, vecteur de changements \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU REPÈRES Né à Kinshasa, au Zaïre, en 1976 (45 ans) Arrivé au Québec en 1980 Enfance à Shawinigan Père de trois enfants : deux filles et un garçon, âgés de 4 à 10 ans Doctorat en physique de l\u2019Université de Sherbrooke (2002\u20132005) Meilleure thèse de doctorat de la faculté des sciences de l\u2019Université de Sherbrooke Maîtrise en physique (2000\u20132002) PARTENAIRES COMMANDITAIRES Écoutez l\u2019estrie s\u2019entretient avec la personnalitÉ du MÉrite estrien dès 15h30 regardez la capsule du MÉrite estrien au tÉlÉjournal estrie 18h 0057510 SAMEDI 10 AVRIL 2021 laTribune M32 0062222 Bon applicable sur un chargeur de niveau 2 pour véhicule électrique PRIX DE VENTE DU EX TOURING 35 598$ Réductions et remises jusqu\u2019à "]
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