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Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier 3
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
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La tribune, 2021-05-22, Collections de BAnQ.

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[" ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + TÉLÉVISION Rock et Belles Oreilles LE TOP 40 DES 40 ANS + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air DE LA VAN À LA MAISON + VOYAGES Bourlingueur ISRAËL, ENCORE ET TOUJOURS SEMAINE DU 22 AU 28 MAI 2021 LIVRES David Goudreault QUAND LES PARENTS SE RÉPARENT APPELS À ART VIRÉ P H O T O J E S S I C A G A R N E A U TÉLÉPHONEXQUIS Pascale Rousseau et Mélanie Noël SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M2 EXPO À l\u2019origine Enseignante de mathématiques à la retraite, Ghislaine Riendeau a troqué la craie pour le pinceau il y a plus de 15 ans déjà.Inspirée par l\u2019art rupestre et les civilisations anciennes, l\u2019artiste lévisienne fait partager un univers créatif qui oscille entre l\u2019abstraction lyrique et la figuration.Ses tableaux aux tons chauds contrastés de blanc éthéré rappellent les scènes tribales découvertes sur les parois ornées des grottes de Lascaux.Les traces humaines et animales semblent littéralement incrustées dans ses toiles.Acrylique, feuille d\u2019or, empâtement à base de ciment, lavis et transparence donnent naissance, entre autres, à de fougueux chevaux et à des oies blanches.Paléolithique et contemporanéité s\u2019entrecroisent dans cette exposition qui propose une lecture sur l\u2019essence même du mystère de la vie et de l\u2019humanité.Au Centre culturel Yvonne L.Bombardier, jusqu\u2019au 15 août.PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE SOCIETY Eddie Vedder Into the Wild (b.o.f.) (2007) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 La vivisection des sens, Koko et ses machines 2 Inscape, Alexandra Stréliski 3 Dubois solide, Claude Dubois 4 Star Académie 2021, Artistes variés 5 Le temps des autres, Tire le coyote et Jeannot Bournival 6 L\u2019anthologie \u2014 50 chansons, Michel Louvain 7 Haute mère, Lynda Lemay 8 Immersion, Angèle Dubeau 9 Le ciel est au plancher, Louis-Jean Cormier 10 Toute beauté n\u2019est pas perdue, Vincent Vallières \u203a NON FRANCOPHONE 1 Phœnix, Charlotte Cardin 2 Nostalgia 2, Marc Hervieux 3 Nostalgia, Marc Hervieux 4 Van Weezer, Weezer 5 Fortitude, Gojira 6 Now or Nowhere, Damn Truth 7 Life by Misadventure, Rag\u2019n\u2019Bone Man 8 The Battle at Garden\u2019s Gate, Greta Van Fleet 9 Live at Knebworth 1990, Pink Floyd 10 Everyday Son, David Lafleche Marc Hervieux \u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, DAVID BOILY SHERBROOKE \u2014 La pomme n\u2019est pas tombée très loin de l\u2019arbre dans le cas d\u2019Étienne Saint-Amant : son père Laurier Saint-Amant était professeur de physique au Cégep de Sherbrooke.« Mon initiation à la physique et à l\u2019informatique a pratiquement été préscolaire.Je me souviens d\u2019avoir écrit en langage informatique directement d\u2019un magazine à l\u2019ordinateur (mon père s\u2019était abonné à Compute!).Je dessinais des avions avec des codes informatiques », raconte l\u2019artiste scientifique, qui présente en ce moment, et pour la première fois au Musée des beaux- arts de Sherbrooke, une exposition solo, baptisée Géométries naturelles.« Mon père avait son laboratoire au cégep et il avait construit son propre sismographe.Il avait d\u2019ailleurs détecté un tremblement de terre à San Francisco dans les années 1980.Je me rappelle que ça me fascinait : mon père était capable de fabriquer une chose qui écoute le ventre de la terre et qui peut détecter où ça s\u2019est passé! » raconte-t-il.Ancien élève du Séminaire Salésien, Étienne Saint-Amant a entièrement suivi son cheminement scolaire ici.« Je suis vraiment full Sherbrooke, poursuit-il, du séminaire au cégep, jusqu\u2019à ma maîtrise.J\u2019ai d\u2019ailleurs encore des partenariats à l\u2019Université de Sherbrooke.Je suis parrainé par le Centre de calcul scientifique de l\u2019UdeS.» L\u2019an dernier, Étienne Saint-Amant avait justement dévoilé sa première œuvre supercalculée : une animation extrêmement détaillée de l\u2019œuvre Idéaux impossibles.STEVE BERGERON Coupée au montage de l\u2019entrevue du 15 mai 2021.Étienne Saint-Amant \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ RETAILLE D\u2019ENTREVUE Les changements climatiques ont longtemps été l\u2019arbre qui cachait la forêt, celle de l\u2019effondrement de la biodiversité, inévitable si rien n\u2019est fait.Heureusement, de plus en plus de gens s\u2019engagent pour mieux protéger les espaces sauvages.Il reste que la pandémie aura probablement été la plus grande leçon des dernières années pour l\u2019être humain, qui s\u2019aperçoit qu\u2019à force de gruger dans les aires vierges, il peut tomber sur des virus capables de le détruire.En cette Journée mondiale de la biodiversité, prenez donc le temps d\u2019écouter les paroles d\u2019Eddie Vedder à propos de cette société qui en veut toujours plus.Le chanteur de Pearl Jam l\u2019a interprétée pour le film Into the Wild (Vers l\u2019inconnu), inspiré de l\u2019histoire vraie d\u2019un homme qui a tout abandonné pour vivre une vie sauvage, mais qui s\u2019aperçoit, à la fin, que la société ne pourra changer que si des gens comme lui y demeurent.STEVE BERGERON \u2014 PHOTO CENTRE CULTUREL YVONNE L.BOMBARDIER laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M3 ARTS DE LA SCÈNE ÉMILIE PINARD-FONTAINE emilie.pinard-fontaine@latribune.qc.ca MAGOG \u2014 Après une année haute en rebondissements, Bernard-Y.Caza, directeur général et artistique du Vieux Clocher de Magog, se réjouit de l\u2019arrivée de l\u2019été.Il propose une programmation variée et distancée qui verra le retour de plusieurs habitués sur la scène de la rue Merry.M. Caza est satisfait de la réponse du public depuis la réouverture en mars dernier.« Le public est très, très heureux! Les gens sortent enfin de chez eux, peuvent voir les artistes qu\u2019ils aiment beaucoup et ça se passe dans le bonheur », lance-t-il.Il faut dire que, malgré la distanciation et la réduction du nombre de places, le Vieux Clocher conserve son aménagement par tables qui favorise une ambiance conviviale.Les gens finissent même par oublier qu\u2019ils portent le masque et se laissent porter par l\u2019atmosphère décontractée, observe-t-il.Les artistes aussi sont très heureux de retrouver la scène.Certains croyaient initialement qu\u2019il manquerait d\u2019ambiance ou de contact avec le public, mais ils ont été agréablement surpris.Dans les prochains mois défileront entre autres sur scène Sam Breton (Au pic pis à \u2018 pelle, du 6 au 10 juillet et du 27 au 29 juillet), Philippe Bond (Merci, du 13 au 17 juillet), Les Grandes Crues (Su\u2019l gros vin, du 10 au 14 août), Guillaume Pineault (Détour, les 30 et 31 juillet) et P-A Méthot (Faire le beau, du 3 au 7 août).Bernard Caza est particulièrement fier d\u2019accueillir André-Philippe Gagnon pour son retour sur scène au Québec.En chanson, il recevra aussi les 2Frères en duo (22  mai, 1er et 29 août) et Vincent Vallières en solo (21 mai et 15 août) en formules plus intimes.L\u2019été sera donc bien rempli, avec entre six et sept spectacles par semaine.En attendant que les mesures sanitaires s\u2019allègent, M.  Caza réitère l\u2019importance d\u2019acheter les billets à l\u2019avance parce que les places s\u2019envolent rapidement, étant donné leur nombre limité (150 actuellement).Avec la la vaccination et le déconfinement, il a tout de même confiance de pouvoir augmenter ce nombre au cours de l\u2019été ainsi que de rouvrir le bar afin de pouvoir offrir l\u2019expérience complète du Vieux Clocher.RETOUR AU BERCAIL Après bientôt 40 ans à la tête de la salle de spectacles, M. Caza se réjouit de voir revenir des artistes qu\u2019il considère comme nés au Vieux Clocher.Heureux d\u2019avoir programmé Marc Dupré pour un spectacle exclusif de cinq soirs du 20 au 24 juillet qui donnera naissance à un album live, le directeur rappelle que « c\u2019est vraiment ici [que Marc] a commencé ses premiers spectacles ».Même scénario pour Louis-José Houde qui sera en rodage pour trois dimanches, les 8 et 22 août ainsi que le 5 septembre, pour présenter un nouveau spectacle composé de matériel créé lors de sa précédente tournée.« Lui aussi il a commencé sa carrière au Vieux Clocher de Magog et au Vieux Clocher de Sherbrooke », précise-t-il.Malgré leurs carrières fulgurantes, ces artistes de renom, r e m a r q u e B e r n a r d C a z a , retrouvent la sensation de proximité et de franchise avec le public lorsqu\u2019ils reviennent.« C\u2019est un moteur pour faire évoluer un spectacle.C\u2019est pour ça que les gens aiment tellement venir au Vieux Clocher roder ou fignoler des numéros. » Lorsqu\u2019il regarde le chemin parcouru lors des 40 dernières années, Bernard Caza considère que ce fut toute une expérience et un privilège d\u2019être aussi près de l\u2019effervescence du milieu des arts de la scène au Québec.Alors que le cinquantième anniversaire du Vieux Clocher se dresse dans un horizon de trois ans, M. Caza a l\u2019intention de conserver son poste tout en continuant de s\u2019amuser autant.L\u2019espoir qu\u2019il porte pour sa salle de spectacles est « de rester dans le coup ».En effet, il souhaite conserver les vieux amis « qui prennent plaisir à revenir sur la scène du Vieux Clocher », tout en demeurant « un moteur pour faire découvrir de nouveaux artistes au public ».VIEUX CLOCHER 2.0 Le Vieux Clocher ajoute également une corde à son arc en se munissant d\u2019équipements afin d\u2019enregistrer les spectacles pour les présenter en webdiffusion, en direct ou en différé.Cet équipement permettra entre autres aux musiciens de la région d\u2019enregistrer leurs vidéoclips ou encore de diffuser leurs spectacles à plus large échelle.M. Caza souligne la qualité d\u2019enregistrement, avec des images en haute définition, et de l\u2019acoustique du Vieux Clocher.Il considère cet ajout comme un pas vers l\u2019avant : « C\u2019est l\u2019avenir, c\u2019est faire en sorte que les artistes puissent rayonner encore plus. » En effet, de plus en plus d\u2019artistes sont découverts par le web et se créent ainsi une carrière et une clientèle.Bernard Caza souhaite donc contribuer à sa façon : « Ce sera une façon de plus de les aider à atteindre leurs objectifs. » Bernard-Y.Caza soulignera en août ses 40 ans à la barre du Vieux Clocher de Magog.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE 2Frères \u2014 PHOTO KIM GAUDREAU André-Philippe Gagnon \u2014PHOTO MÉLANY BERNIER Sam Breton \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, MAXIME PICARD Louis-José Houde \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, MAXIME PICARD PROGRAMMATION ESTIVALE DU VIEUX CLOCHER DE MAGOG CÉLÉBRER LA PROXIMITÉ AVEC LES ARTISTES SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 C\u2019est bien connu  : les créations sont souvent la somme d\u2019une multitude d\u2019influences, surtout à notre époque, où la diffusion des œuvres n\u2019a jamais été aussi étendue.Chaque chanson, chaque toile, chaque trame musicale, chaque pièce de théâtre porte en elle un tableau admiré, une plume adulée, un film frappant, une chorégraphie significative.Cette contagion s\u2019exerce souvent de manière inconsciente et n\u2019est pas toujours perceptible dans le résultat final, car les égéries se mélangent les unes aux autres pour donner quelque chose de nouveau.Mais en cette période où le contact avec l\u2019art a souvent été entravé, Mélanie Noël et Pascale Rousseau ont eu l\u2019idée de brusquer les choses : et si on forçait ces rencontres, en demandant à des artistes de réagir directement à une autre œuvre, sans en connaître l\u2019auteur, dans un temps et un espace limité?Mieux : et si on lançait une chaîne de créations, une œuvre inspirant une autre œuvre, laquelle en inspirerait une autre, et ainsi de suite?Le fruit de cet exercice pourra être vu et lu dès le 27 mai à la galerie d\u2019art Antoine-Sirois de l\u2019Université de Sherbrooke.Ce Téléphonexquis, amalgame de téléphone arabe et de cadavre exquis, y sera exposé jusqu\u2019au 31 juillet.« Je pense que l\u2019étincelle de départ vient d\u2019un sentiment de bouillonnement artistique en ce moment en Estrie.Cette impression est peut-être issue du fait que je suis très près de ce milieu et que je constate une grande variété de talents dans la région, par exemple aux soirées Littérature et autres niaiseries.Nous avons eu envie de créer des liens entre tous ces artistes, parce qu\u2019ils en avaient besoin plus que jamais dans ce contexte », explique Pascale Rousseau, graphiste de formation, aujourd\u2019hui conseillère en production vidéo à l\u2019Université de Sherbrooke.FILS INVISIBLES Les deux amies, qui se connaissent depuis que Pascale a travaillé au quotidien La Tribune, ont commencé à en discuter au début de la pandémie, alors que la marche était la seule activité qu\u2019elles pouvaient pratiquer ensemble.« C\u2019est pendant une de ces marches que nous avons conclu que c\u2019était le meilleur moment pour concrétiser notre idée », poursuit Mélanie Noël, autrice et journaliste à La Tribune.« Tous les artistes étaient confinés, plusieurs avaient perdu leurs contrats, les salles d\u2019exposition étaient fermées et les salons du livre, annulés.L\u2019occasion était trop belle de les faire travailler ensemble, à distance.De leur permettre de faire partie d\u2019un grand tout, mais si chacun était seul de son côté.À la fin de l\u2019expérience, certains ont d\u2019ailleurs écrit qu\u2019ils avaient senti les fils invisibles entre eux.En tant que commissaires, nous avons simplement dirigé la conversation.» Le thème proposé aux artistes s\u2019est imposé de lui- même : 2020.Pascale Rousseau et Mélanie Noël se sont amusées à jongler avec ce chiffre.D\u2019abord en divisant le nombre d\u2019artistes participants en deux groupes de vingt : d\u2019un côté, les littéraires (au sens large du mot, car des chansonniers, des scénaristes et des auteurs de théâtre ont aussi été conviés), et de l\u2019autre, les artistes en arts visuels.Ce qui a donné, à la fin, une « quarantaine » d\u2019œuvres.Les littéraires devaient faire tenir leur création en 200 mots maximum.Ceux des arts visuels disposaient d\u2019un espace de 20 pouces carrés.Chacun avait cinq jours pour « répondre ou réagir » à l\u2019œuvre de l\u2019autre.Très vite, il est apparu aux deux instigatrices qu\u2019il était préférable de ne pas révéler aux participants la personne derrière l\u2019œuvre inspiratrice.« On voulait que les artistes répondent à l\u2019œuvre et non à l\u2019artiste », expliquent-elles.Elles ont eu la confirmation qu\u2019elles avaient fait le bon choix lorsqu\u2019une des artistes, quand elle a appris qui avait créé l\u2019œuvre l\u2019ayant inspirée, a avoué qu\u2019elle aurait figé si elle l\u2019avait su.« Une chance que vous ne me l\u2019avez pas dit : j\u2019aurais été tellement intimidée! » cite Pascale Rousseau.«MERCI D\u2019AVOIR SCRAPÉ MA SEMAINE!» Certains participants ont effectivement atteint une notoriété débordant la région, tels David Goudreault, Hélène Dorion, Mylène Gilbert- Dumas, Véronique Grenier, Patrick Nicol ou Ariane DesLions.Mais tous sont avant tout des artistes bien connus de ceux et celles qui s\u2019intéressent au milieu culturel estrien.« La plupart ont accepté de façon spontanée, quitte à chambouler leur horaire.Deborah Davis nous a remerciées d\u2019avoir scrapé sa semaine pour ça! » raconte Mélanie Noël.« On pensait que la démarche en déstabiliserait certains, mais non : la plupart ont été fidèles à leur personnalité artistique et à leur signature, tel un besoin de rester soi- même et de se réfugier dans ce qu\u2019on connaît déjà.» « Nous avons fait toutes sortes de jumelages, tantôt en pensant qu\u2019une personne entretiendrait la même trame narrative, tantôt en supposant qu\u2019elle allait la briser complètement et aller à l\u2019autre bout du spectre.Les surprises ont quand même été nombreuses.Nous avons essayé d\u2019a v o i r l a p l u s grande variété de voix possible, parfois en sollicitant des artistes peu connus d e n o u s - m ê m e s » , d \u2019a j o u t e r P a s c a l e Rousseau.Au moment d\u2019écrire ces lignes, le vernissage du 27 mai avait été reporté au 8 juillet en raison des consignes sanitaires en vigueur.TÉLÉPHONEXQUIS ACTION CRÉATION Pascale Rousseau et Mélanie Noël, commissaires de l\u2019exposition Téléphonexquis.\u2014 PHOTO JESSICA GARNEAU STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M5 « J\u2019ai d\u2019abord vu des carrés, une pile de papiers, quelque chose de rangé et de lourd.Tranquillement, la mer comme une pensée après coup, puis des corps, lentement \u2013 j\u2019ai mis du temps \u2013 qui demandaient à surgir.Voilà ce que j\u2019ai vu, mais faut dire que mes yeux étaient fatigués avant de regarder, épuisés par une année qui avait été vide, pourtant, mais tellement bruyante.» PATRICK NICOL Bribes de la quarantaine LIRE LA SUITE \u203a M6 ET M7 QUELQUES DÉFINITIONS TÉLÉPHONE ARABE Le jeu du téléphone arabe consiste à faire circuler une phrase de bouche à oreille à travers une file de joueurs.À la fin de la file, la phrase doit être dite à haute voix.Mélanie Noël et Pascale Rousseau en ont surtout retenu l\u2019idée que chaque personne répète ce qu\u2019elle croit avoir entendu ou perçu.« La nuance la plus importante, dans notre cas, est que ce n\u2019est pas une réinterprétation mais une réponse, comme s\u2019il y avait eu un dialogue entre les deux?», insiste Pascale Rousseau.CADAVRE EXQUIS Selon Antidote, un cadavre exquis est un «?jeu littéraire où chaque participant ajoute un mot à une phrase dont il ignore le contenu, ce qui donne lieu à des rapprochements de mots fantaisistes?».Une façon courante d\u2019y jouer est de faire circuler une feuille de papier entre plusieurs personnes, chacune écrivant une phrase sur une seule ligne, sauf le dernier mot, placé sur la ligne suivante.La feuille est ensuite pliée pour que le joueur suivant ne voie que le dernier mot.STEVE BERGERON Création de Do Lessard, en réponse au texte de Patrick Nicol.\u2014 ILLUSTRATION FOURNIE Nous avons demandé aux artistes du Téléphonexquis de nous confier leurs sentiments et réactions lorsqu\u2019ils et elles ont reçu l\u2019oeuvre censée leur inspirer une réaction ou une réponse.La plupart ont accepté de se confier sur ce moment particulier, tantôt excitant, tantôt vertigineux, lorsqu\u2019ils et elles ont pris le relais, la main tendue vers une feuille blanche, une toile vierge, une carte mémoire vide, un curseur qui clignote et qui attend.Leurs réponses vous donneront tout un éventail de ce que peut vivre une personne sur le point de créer, à commencer par celles de l\u2019écrivain Patrick Nicol et de l\u2019artiste-peintre Do Lessard, dont voici en primeur les réalisations, la toile du second étant inspirée du texte du premier.STEVE BERGERON « Le texte que j\u2019ai reçu est presque angoissant.Je l\u2019ai lu et j\u2019avais envie de fuir, de me cacher.C\u2019est un peu ce que j\u2019ai fait : je me suis caché dans mes peintures, dans un univers où je crée l\u2019espace et le temps.C\u2019est donc surtout en réponse émotionnelle au texte que j\u2019ai créé, plus qu\u2019en m\u2019inspirant de ce que le texte raconte.L\u2019artiste peintre qui se rentre la tête dans sa toile.On le voit seul dans son atelier sombre avec la lumière qui émane de la fenêtre.La fenêtre qui représente le monde extérieur.J\u2019ai essayé de lui donner l\u2019effet de vitesse, comme si nous étions dans un TGV et que le paysage déferlait très rapidement par le hublot, comme lorsque tout se passe beaucoup trop vite en dehors et que les mauvaises nouvelles s\u2019accumulent sans arrêt.Le temps s\u2019arrête dans la toile de l\u2019artiste.» DO LESSARD SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M6 ARTS « À ce moment précis, j\u2019étais au cœur des traitements.Je venais de traverser une série de complications de la chimio et j\u2019avais vraiment eu peur de mourir.Je pensais à la mort chaque jour.Je restais longuement avalée par cette idée de ma disparition.Ma pensée planait sur ce à quoi ça devait ressembler, tranquillement s\u2019éteindre.Je pensais à mes enfants bien sûr aussi.Quand j\u2019ai reçu l\u2019œuvre, elle s\u2019est d\u2019abord adressée à ma logique.Puis mon vécu s\u2019est accolé dessus et je me suis mise à y voir un point focal se rétrécissant de plus en plus, ne laissant finalement voir que l\u2019essentiel, peut-être.Je me suis imaginée que ça pouvait ressembler à ce qu\u2019on voyait quand on s\u2019avançait vers la mort.Et ça m\u2019a apaisée.Les mots sont venus ensuite.» NATHALIE PLAAT « C\u2019était comme si on me tendait un témoin de course à relais : ne fallait pas l\u2019échapper! Je devais d\u2019abord bien le saisir puis le garder avec moi quelques jours, le temps de m\u2019en inspirer et produire mon œuvre.Je savais que je n\u2019étais pas le premier coureur ni le dernier mais que chaque porteur du témoin était important\u2026 » MICHEL CARON « Je me suis sentie nerveuse et excitée comme un enfant qui déballe un cadeau.C\u2019était un mélange de joie et de surprise, une impatience de jouer à mon tour.Je me suis laissée aller en associations d\u2019idées avec tout ce que l\u2019œuvre m\u2019évoquait, j\u2019y voyais la cohabitation de quelque chose de très lumineux et optimiste, avec un brin d\u2019incertitude.» L\u2019ÊTRE PERSANE « Comme d\u2019habitude, j\u2019ai éprouvé un doute sur ma capacité à éprouver les choses correctement.Alors j\u2019ai fait comme d\u2019habitude : j\u2019ai remodelé ce doute pour en faire quelque chose de confortable.?» MATHIEU K.BLAIS « J\u2019ai tout de suite trouvé l\u2019œuvre magnifique\u2026 et déstabilisante! Elle représentait vraiment notre état actuel.Un monde beau mais froid et solitaire.Un monde qui a perdu pied, qui a perdu son sens.Un monde qui a basculé.?» TOMAS JENSEN «?J\u2019ai eu le sentiment de reconnaitre la plume d\u2019une amie.Sans en être complètement certaine, j\u2019ai décidé que j\u2019abordais le texte comme si c\u2019était son œuvre, tout en l\u2019unissant à ce qui nous unit, elle et moi, à travers les aspérités de la vie.Je me suis laissée habiter par le texte et j\u2019ai laissé les mots faire naître des images qui venaient aussi à la rencontre de ce que l\u2019année 2020 avait été pour moi.J\u2019ai voulu prendre soin d\u2019exprimer ce que me transmettait l\u2019autrice, quelque chose d\u2019immensément triste ou vain comme peut l\u2019être notre regard sur la vie lorsqu\u2019on se frappe à notre propre impuissance.Par contre, lorsque les filles m\u2019ont dit que mon œuvre était une brèche de lumière dans une suite d\u2019œuvres plus sombres, j\u2019ai compris que la lumière qui m\u2019habite à travers une heureuse année s\u2019est faufilée dans l\u2019expression d\u2019un état plus vulnérable.?» DEBORAH DAVIS «?En recevant l\u2019œuvre, je me suis senti traversé de sensations contradictoires, des picotements à la racine des cheveux et un bouillonnement dans le cerveau, une sorte de métamorphose du regard qui montre que tout se transforme tout le temps.?» ÉTIENNE BEAULIEU «?Je m\u2019étais imaginé bien des choses, j\u2019avais pensé à une mise en scène qui irait avec plein de sentiments.J\u2019ai dû complètement revoir ça après avoir reçu le texte.Ma vision n\u2019était pas la sienne.Et je devais sortir de ma zone.J\u2019ai adoré.?» ANNICK SAUVÉ « Quand j\u2019ai lu le texte, mon petit souffle est devenu court.Même si j\u2019allais bien, les mots sont venus chatouiller l\u2019anxiété cachée au creux de mon ventre, mettre en relief le manque de perspective et la routine des petits riens que nous impose cette pandémie.J\u2019ai eu besoin d\u2019aller vers un geste d\u2019amour et me connecter à une source de lumière, à un être de lumière pour réparer la cassure.Etty Hillesum est venue tout naturellement, cette femme de lettres qui a fait un spectaculaire et inspirant plongeon en elle-même et qui comme plusieurs Juifs est morte à Auschwitz, le 30 novembre 1943, après avoir passé plusieurs mois dans un camp de transit.Etty disait?: \"L\u2019amour comme seule solution.?\" Je l\u2019ai écoutée.?» ADÈLE BLAIS «?On m\u2019a proposé un bel univers plein de possibilités; une forêt aux couleurs particulières, une ambiance enchantée et angoissante à la fois.Je m\u2019y suis plongé, au bras d\u2019une amie imaginaire, et j\u2019en suis ressorti avec un poème.?» DAVID GOUDREAULT «?Un sentiment d\u2019être seule mais reliée à une chaîne de poètes par la pensée et la volonté de trouver du sens, de témoigner d\u2019un moment particulier.?» AMÉLIE POMERLEAU «?Intériorité, des perles de silences, un étrange arrêt sur l\u2019image, la douceur opaque d\u2019une solitude inhabituelle qui nous enveloppait.?» SYLVAIN LEBLANC laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M7 ARTS D\u2019AUTRES TÉMOIGNAGES SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA SHERBROOKE \u2014 C\u2019est bien beau, la littérature et les arts visuels, mais Mélanie Noël et Pascale Rousseau ont eu envie que leur Téléphonexquis déborde de ces deux formes d\u2019art.Elles se sont alors tournées vers la danse, demandant à Nicolas Zemmour et Élise Legrand, deux interprètes estriens, d\u2019élaborer un duo en s\u2019inspirant des 40 créations.Leur chorégraphie a été filmée et sera projetée dans l\u2019exposition.«?C\u2019est une façon de briser symboliquement la quarantaine, d\u2019aller vers le mouvement et la liberté, telle une prise de pouvoir sur quelque chose qui nous été imposé?», résument-elles.Mélanie Noël et Pascale Rousseau ont ajouté, dans l\u2019Espace Invitation de la galerie Antoine-Sirois, une autre chaîne d\u2019artistes dont les points de départ sont les créations de Geneviève Dupont-Daigneault et de L\u2019être persane.Mais cette fois, c\u2019est le grand public qui a été sollicité pour continuer la chaîne.Une quarantaine de personnes ont répondu à l\u2019appel.«?L\u2019exercice du téléphone exquis pourrait d\u2019ailleurs être reproduit dans plusieurs milieux : un centre d\u2019aînés, une classe de 1re année ou d\u2019université, dans une entreprise, un voisinage, etc., pour créer un sentiment d\u2019appartenance?», souligne Mélanie Noël.Autre fait intéressant : il sera possible de visiter l\u2019exposition en audio.Chaque artiste du volet littéraire a été enregistré en train de lire son texte.Il suffit d\u2019apporter ses écouteurs et son cellulaire pour vivre l\u2019expérience de cette façon.L\u2019exposition est également accompagnée d\u2019un livre regroupant tout son contenu.Les commissaires ont aussi prévu un itinéraire immersif, sur réservation, au cours duquel il sera possible de visiter Téléphonexquis en 40 minutes.Les lectures des auteurs préenregistrées seront entrecoupées de moments de silence, pendant lesquels un projecteur sera dirigé vers l\u2019œuvre d\u2019arts visuels inspirée du texte qui vient d\u2019être lu.Le duo travaille également sur des suites, afin que l\u2019exposition continue à avoir une vie en dehors de la colline universitaire, voire à l\u2019extérieur de Sherbrooke.Rien n\u2019est encore confirmé, mais toutes deux espèrent avoir de belles annonces à faire prochainement.STEVE BERGERON POINT D\u2019ORGUE DANSÉ «?Lorsque j\u2019ai reçu l\u2019œuvre, j\u2019ai retrouvé les émotions qui m\u2019avaient habitée durant les mois précédents.Je regardais l\u2019œuvre et m\u2019y promenais comme si je faisais le chemin à rebours jusqu\u2019en mars 2020, alors que nos vies ont basculé, et que le monde, tel que nous l\u2019avions connu et vécu, se refermait.Je me suis laissée inspirer par l\u2019œuvre et aussi par les images intérieures du confinement, jusqu\u2019à ce que les mots les transposent.Il s\u2019agissait pour moi de laisser l\u2019univers de l\u2019œuvre picturale et celui de mon intériorité se rencontrer à travers un texte.?» HÉLÈNE DORION «?Au moment où j\u2019ai accepté de participer à ce projet, je me suis promis de trouver une manière d\u2019aborder ma relation avec la terre à bois où j\u2019ai marché pendant les confinements.Le lendemain, quand j\u2019ai reçu l\u2019œuvre, je n\u2019en croyais pas mes yeux : c\u2019était ma forêt que je voyais là!?» MYLÈNE GILBERT-DUMAS «?Le texte que j\u2019ai reçu incarnait mon état d\u2019esprit dans la saison hivernale d\u2019isolement forcé.Je me sentais en symbiose avec cette prose qui reflétait mon état d\u2019hibernation dû à la pandémie, attendant le printemps et la permission de pouvoir passer à autre chose.?» STÉPHANIE MORISSETTE «?Quand j\u2019ai déballé l\u2019œuvre, je me suis mise toute de suite à farfouiller pour tenter de découvrir l\u2019identité de l\u2019artiste, comme s\u2019il m\u2019était impossible d\u2019y répondre sans véritablement savoir de qui elle provenait.Ensuite, j\u2019ai eu le vertige! J\u2019ai eu peur de ne pas être à la hauteur\u2026 de ne pas savoir rendre hommage à la magnificence de cette œuvre qui me précédait.Puis j\u2019ai décidé de me laisser prendre au jeu, de jouer moi aussi! Les mots sont venus à moi.J\u2019ai pu tracer les contours de mon indignation et ajouter mon regard et ma voix à ceux des autres.?» ARIANE DESLIONS «?En apercevant l\u2019œuvre, j\u2019ai d\u2019abord ressenti un stress, une angoisse.Un besoin de saisir l\u2019œuvre immédiatement, une volonté de l\u2019aimer, de ne pas juger, d\u2019être inspirée instantanément.Efficacité même en création.Après j\u2019ai respiré.J\u2019ai regardé l\u2019œuvre à nouveau et je l\u2019ai laissé me porter, doucement.?» MYLÈNE RIOUX «?Soulagement et connivence! Le texte résonnait tellement avec mes paysages intérieurs.Je me suis sentie choyée de partager ce même rapport (apaisant et joyeux) à la nature avec l\u2019auteur et soulagée de pouvoir travailler en continuité avec ma démarche picturale.?» CYNTHIA TOUCHETTE PHOTOS JESSICA GARNEAU SAUF HÉLÈNE DORION (MAXYME G.DELISLE) SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M8 LIVRES KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 David Goudreault écrit depuis des années.Beaucoup.Tous les jours.Des romans, du slam, des chansons et des recueils de poésie sont nés dans la foulée.Mais signer un livre jeunesse, ça, c\u2019est une première pour l\u2019auteur sherbrookois qui lancera le 25 mai La réparation de mes parents.Publiée chez D\u2019eux, l\u2019histoire qu\u2019il a imaginée aborde la question de la séparation des parents avec autant d\u2019humour que de sensibilité.Probablement parce que le récit s\u2019ancre à un certain vécu.« Disons que c\u2019est une autofiction qui trempe sa plume dans la réalité », résume Goudreault, pour qui il était important d\u2019écrire ce livre-là.« Pour mes enfants, d\u2019abord, mais aussi pour les autres jeunes qui vivent ou ont vécu la rupture de leurs parents », résume celui qui est papa d\u2019un garçon et d\u2019une fille.Le frère et la sœur du livre, c\u2019est d\u2019ailleurs un peu beaucoup eux.On les reconnaît tant dans le coup de crayon que dans la personnalité qu\u2019ils affichent.« Mon lectorat cible, c\u2019étaient mes enfants.Je souhaitais leur parler de l\u2019éclatement de la famille, oui, mais je voulais aussi leur raconter une histoire intéressante.La séparation des parents, c\u2019est le sujet qui traverse le livre.Mais l\u2019intrigue véritable, au fond, elle est ailleurs. » Ailleurs dans un bocal de verre, autour de Grobetta, poisson bleu par qui arrive le comique comme le plus dramatique.« L\u2019intrigue véritable est liée au poisson qui disparaît.Le lecteur se demande : mais où est-il parti? » Avant qu\u2019il ne s\u2019évanouisse dans la nature, l\u2019animal de compagnie a quand même campé ses couleurs.On n\u2019a pas affaire ici à un banal poisson qui se contente de remuer les nageoires dans sa maison vitrée.Non.Grobetta a des sentiments et de l\u2019ambition, lui qui rêve de devenir astronaute.C\u2019est à travers lui que passent les enjeux plus délicats de la crise familiale.C\u2019est lui qui ressent (et nomme) les émotions plus difficiles.La petite «  entourloupette psychologique » permet, mine de rien, de toucher à différents enjeux sans tomber dans le prêchi-prêcha.«  Disney exploite souvent ce mécanisme : faire vivre les émotions plus intenses au personnage le plus drôle.Ça devient un ressort humoristique auquel on injecte une touche de tragédie. » DE L\u2019HUMOUR, DE LA TENDRESSE Allié des enfants, le poisson fugueur et féru de voyages a également permis à l\u2019auteur de s\u2019amuser avec la langue en développant un champ lexical à saveur maritime.« Ça amène un autre ton, d\u2019autres strates.Tout en étant divertis, les enfants apprennent quand même l\u2019essentiel de ce qui les concerne.Il y a plusieurs messages au fil des pages.Ils comprennent que ce qui arrive n\u2019est pas de leur faute, par exemple.Ils réalisent aussi que, si le lien entre les parents s\u2019est brisé, celui qui unit chacun d\u2019eux aux enfants n\u2019est pas entamé. » Le récit permet enfin de saisir l\u2019idée qu\u2019une fois passée la tempête qui suit la fin du sentiment amoureux entre les parents, il y a des embellies.Une amitié possible, même.« C\u2019est une belle histoire de rupture.Et au final, c\u2019est une belle histoire tout court, qui permet un bon moment de lecture, peu importe la situation familiale qui est la nôtre », remarque David Goudreault, qui a bien sûr « testé » son histoire auprès de ses enfants.La narration, sympathique, les a fait rire.Sitôt le livre terminé, ils voulaient le recommencer.« Je m\u2019attendais à ce que ça les remue un peu, j\u2019ai été heureux de découvrir qu\u2019ils étaient ailleurs, qu\u2019ils retenaient surtout l\u2019humour et la tendresse familiale.J\u2019ai vu que l\u2019histoire fonctionnait.Après ça, c\u2019était important pour moi qu\u2019ils soient fiers de la façon dont je les représente. » Comme c\u2019était important, aussi, que la maman de ses enfants lui donne son aval.« Elle a été la première lectrice.C\u2019est quelqu\u2019un de qui je suis encore très proche.Elle a abordé le tout avec beaucoup d\u2019ouverture, en étant consciente que c\u2019était d\u2019abord un objet littéraire, mais également un outil pour nos enfants et pour tous les autres qui plongeraient le nez dans l\u2019album. » À LA DÉFENSE DU LIVRE JEUNESSE L e s i l l u s t r a t i o n s , signées France Cormier, campent une famille métissée, avec un papa à la peau blanche et une maman à la peau noire.Là encore, c\u2019est ancré à la réalité.« Tant qu\u2019à mettre mes enfants en scène, je souhaitais les représenter avec justesse.J\u2019ai partagé ma vie pendant 10 ans avec une femme noire, je suis sensible à la question de la représentation et de la diversité dans les œuvres culturelles.Dès le départ, j\u2019ai été enchanté par les dessins de France.Elle a vraiment capté et respecté la personnalité de chacun.Elle est venue ajouter des couches à l\u2019histoire avec différents détails qui bonifient la lecture. » Le projet, qui s\u2019est échelonné sur deux ans, est le fruit « d\u2019un vrai beau travail d\u2019équipe ».« Je suis plutôt solitaire et je fais souvent cavalier seul dans mes projets.Mais avec la préparation de mon récent disque et avec ce livre- là, j\u2019ai vécu deux superbes expériences de création à plusieurs. » Tellement superbes qu\u2019elles lui donnent envie de recommencer.« L\u2019aventure de ce livre jeunesse, c\u2019est un gros coup de cœur et je souhaite en écrire d\u2019autres.Surtout que je mesure maintenant toute l\u2019importance de la littérature jeunesse. » Maintenant seulement?« Avant, je considérais l\u2019importance de la chose, oui, mais avec un peu de recul.En allant donner des ateliers dans les écoles primaires, j\u2019ai constaté la disparité qui existe entre les bibliothèques. » Au fil des discussions qu\u2019il a eues avec l\u2019éditeur et ancien enseignant Yves Nadon, sa vision s\u2019est encore précisée.« Le livre jeunesse, c\u2019est le parent pauvre de la littérature, alors que c\u2019est un moment crucial pour accrocher les jeunes lecteurs.Si on veut que notre culture soit vivante, avec un imaginaire riche, il faut investir la littérature jeunesse.J\u2019ai envie de parler de cet enjeu, de monter au front.Je n\u2019en fais pas un nouveau cheval de bataille, mais je me range du côté de ceux qui croient à la littérature jeunesse.Et je vais en parler lorsque j\u2019ai une tribune. » L\u2019auteur sherbrookois David Goudreault signe un premier livre jeunesse, qui aborde la séparation avec humour et sensibilité.Offert dès le 25 mai, La réparation de mes parents sera officiellement lancé le 31 mai, à la Librairie Appalaches de Sherbrooke, lors d\u2019un 16?h à 18?h.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY \u2014 PAGE FOURNIE PAR LES ÉDITIONS D\u2019EUX DAVID GOUDREAULT RUPTURE, RÉPARATION ET POISSON BLEU DAVID GOUDREAULT La réparation de mes parents Illustrations de France Cormier JEUNESSE D\u2019eux 36 pages Sortie le 25 mai laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M9 LIVRES SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Mai 2018.Julie Myre-Bisaillon publie son premier livre, Des réguines et des hommes, où elle raconte, dans une série de tableaux remplis d\u2019humour, le quotidien de Chum, un maraîcher patenteux qui achète un pas pire paquet de réguines en ligne, et Chérie, sa blonde qui a décidé d\u2019en faire son lot, d\u2019en rire\u2026 et d\u2019en écrire.Au même moment, Julie Myre- Bisaillon s\u2019apprête, avec le Chum- maraîcher, à ouvrir un resto fermier pour la période estivale, mais n\u2019en dit pas plus.Suspense.Quelques semaines plus tard, le Cuisinier déchaîné s\u2019installe dans la cour de la microbrasse- rie 11 comtés, à Cookshire-Eaton.Succès immédiat et retentissant qui rallie la communauté du Haut- Saint-François.Mais pas que.On vient de partout, c\u2019est un peu fou, et défilent donc nécessairement sur la terrasse de bois, dans la garnotte et sur le béton du salon de dégustation, autant de gens et d\u2019anecdotes mêlant l\u2019ordinaire au pas croyable.Des gens et des anecdotes dont s\u2019est inspirée Julie Myre-Bisail- lon, on s\u2019en doute bien, pour son second bouquin qui sort des fourneaux ces jours-ci, trois ans après Des réguines et l\u2019ouverture du resto, et au cœur duquel trônent Des bières et des femmes, un titre qui dit tout, ou presque.C\u2019est à la patronne de la micro- brasserie que l\u2019autrice a confié le rôle de narration, histoire de faire le lien entre les deux commerces plantés comme un seul dans la même cour et de mêler les cartes un peu, tout en conservant le ton gentiment baveux, les dialogues punchés et les regards tout en humour sur le quotidien.« J\u2019avais d\u2019abord prévu écrire une suite aux Réguines avec le quotidien de la vie, mais on a finalement décidé d\u2019aller un peu ailleurs avec l\u2019aventure du resto », explique l\u2019autrice-restauratrice-prof-cher- cheuse, qui avait déjà sa matière à écriture au terme du premier été de service aux tables et de gestion de réservations.FOND DE VRAI « Je suis plus une fille de musique que de littérature, alors je monte ça comme un album, par petites histoires que je colle ensemble, raconte Julie Myre-Bisaillon.Ces personnages existent pour vrai, que ce soit du resto ou de mon passé, et je pars de ma rencontre avec eux pour raconter des situations qui sont arrivées là, mais mêlées avec mon enfance rurale à moi.Y a toujours un fond de vrai, mais quoi?Ça, le lecteur ne le sait pas trop. » Ainsi se côtoient les brasseurs et restaurateurs, les employés, les habitués et les clients plus ou moins commodes issus de la rura- lité ou qui débarquent du 514 pour s\u2019y plonger le temps d\u2019une bière, d\u2019un burger ou de demandes spéciales pas toujours bienvenues.« J\u2019avoue que je marche souvent sur une ligne mince et que certains personnages passent un peu au cash, mais c\u2019est toujours raconté avec autant d\u2019amour que d\u2019humour », assure celle qui s\u2019est elle- même remise en question comme cliente.« Ça m\u2019a changée, avoir un resto.Des petites demandes spéciales, j\u2019en fais plus tellement, je comprends comment ça peut désorganiser une cuisine, surtout quand elle est aussi petite que la nôtre.Je pense que les restaurateurs vont se reconnaître un peu, mais les clients aussi, qu\u2019ils soient difficiles ou non. » SE RENCONTRER À LA MICRO Qu\u2019on s\u2019y reconnaisse ou pas, on a envie d\u2019y être, de goûter la bouffe et la bière locales, de jaser sur le bord du feu, peut-être même de boire un peu trop et de tenter de cerner qui est qui dans cette grande mixité de personnages.Les régions changent, croit Julie Myre-Bisaillon, originaire de Maniwaki, et de retour en milieu rural depuis quelques années après avoir tant aimé la ville.«  Les jeunes reviennent ou viennent s\u2019y installer, ça amène de la diversité partout, note-t-elle.Et les micros, ici comme ailleurs dans toutes les régions, sont devenues au cours des dernières années les nouveaux points de rassemblement.En milieu urbain comme à Montréal, les gens y vont pour s\u2019y reconnaître.Mais en région, on y va pour se rencontrer, il y a davantage de mixité sociale.On se rassemble pour prendre une bière et jaser, peu importe la classe sociale, le métier, le genre, les idées.C\u2019est rassembleur et extraordinaire. » Si Des bières et des hommes se retrouvera sur les tablettes dès le 26 mai, le lancement, lui, se fera dès que les règles sanitaires permettront un rassemblement sur la terrasse du Cuisinier déchaîné, à Cookshire.Dès que ce sera fait, Julie Myre-Bisaillon recommencera à plancher sur l\u2019adaptation en websérie de son premier roman, qui avait été amorcée en 2019 et mise en veilleuse avec la pandémie.JULIE MYRE-BISAILLON Des bières, des femmes et des anecdotes croustillantes Julie Myre-Bisaillon (deuxième à partir de la gauche) en octobre 2018, en compagnie de l\u2019équipe d\u2019alors de la microbrasserie Les 11 comtés et du restaurant Le Cuisinier déchaîné?: Mathieu Garceau-Tremblay, maître brasseur,Yannick Côté, cuisinier, et Émilie Fontaine, copropriétaire.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, STÉPHANIE VALLIÈRES JULIE MYRE-BISAILLON Des bières et des femmes RÉCIT Hurtubise 252 pages Après le succès retentissant de son roman Des réguines et des hommes en 2018, Julie Myre-Bisaillon ramène sa gang vers le lecteur avec amour et humour dans Des bières et des femmes.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ « J\u2019avoue que je marche souvent sur une ligne mince et que certains personnages passent un peu au cash, mais c\u2019est toujours raconté avec autant d\u2019amour que d\u2019humour. » \u2014 Julie Myre-Bisaillon SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M10 TÉLÉVISION R BO a eu 40 ans samedi dernier.Pour moi qui glisse régulièrement des citations du groupe dans mes conversations, et qui se fait de moins en moins comprendre par mes plus jeunes amis et collègues, c\u2019est un événement qui mérite d\u2019être souligné.Lundi à 21 h, Noovo propose RBO \u2013 Top 40, un combo de sketchs marquants et de moments qu\u2019on avait visiblement effacés de notre mémoire.Comme le pâté chinois, certaines parodies sont encore meilleures réchauffées et on constate que Chantal Francke offrait certainement les meilleures imitations, que ce soit pour Nathalie Petrowski ou Janine Sutto et ses sandales Cucu-Massage.C\u2019est après le remontage des deux premières saisons de Rock et Belles Oreilles à Télévision Quatre-Saisons, signé Yves P.Pelletier et déposé sur Crave avant les Fêtes, que Noovo a eu l\u2019idée de demander ce « top 40 » au groupe.Le « maigre » du groupe s\u2019est donc replongé dans les archives pour établir des catégories telles que « Tounes traduites », « Moins pires imitations de Guy », « Vieux prô- grammes » et « Moments sexys ».Le tout est entrecoupé de commentaires rigolos de Guy, André, Bruno et Yves, qui les ont enregistrés séparés par des plexiglas.Parmi les 40 positions, la catégorie « Ça se fait p\u2019us » est particulièrement éloquente.Si RBO faisait encore des sketchs en 2021, ceux des Outgames et du hockey des aveugles seraient-ils encore possibles?100 MÈTRES RAIES Pour André Ducharme, la question revient sporadiquement, mais la réponse évolue.« Jusqu\u2019à il n\u2019y a pas longtemps, je répondais toujours qu\u2019on referait les mêmes maudites affaires.Mais je suis obligé de moduler ma réponse, de dire qu\u2019on ferait autre chose avec le même esprit en s\u2019ajustant.En même temps, on s\u2019est toujours ajustés, on a toujours travaillé en fonction de l\u2019époque dans laquelle on était.Le RBO de 1985 et celui des Bye Bye de 2006 et 2007, c\u2019est différent.» On lui cite souvent ce sketch sur les Outgames au Bye Bye 2006, avec l\u2019épreuve du 100 mètres raies, le témoin lubrifié dans la course à relais et les « fesses saillantes » du jour.« Les gens oublient que les Outgames ont réellement existé, on n\u2019a pas inventé ça.Quand on l\u2019a fait, il n\u2019y a pratiquement eu que des réactions positives, y compris de la communauté gaie.Pour le hockey des aveugles, les non- voyants nous ont donné un prix, ils l\u2019ont trouvé drôle.Les gens qui s\u2019offusquent d\u2019un gag présentement ne sont pas nécessairement les personnes visées », remarque André Ducharme.Étrangement, ce ne sont pas ces sketchs plus proches du burlesque qui me font grincer des dents quand je les revois aujourd\u2019hui.Pour une histoire de poids, une parodie de Marie Denise Pelletier qui bat la mesure en tapant du pied et passe au travers du plancher, jure beaucoup plus avec notre époque.« Je ne suis pas certain qu\u2019on referait un sketch comme celui-là, mais ça ne veut pas dire qu\u2019on ne ferait pas de sketchs edgy, on frapperait juste ailleurs.» « Quand on voit un vieux sketch d\u2019Olivier Guimond avec Manda Parent qui fait la belle-mère avec son rouleau à pâte, ça non plus, personne ne ferait ça au- jourd\u2019hui », croit le « petit » de RBO.BRÛLER LA CHANDELLE PAR LES TROIS TROUS Certaines choses peuvent mal vieillir.D\u2019autres, au contraire, ont toujours leur pertinence.La catégorie « Toujours d\u2019actualité » en cite quelques exemples, comme « Villa des Tivieux », « Hérouxty- ville » et « Je suis une irréductible » de Roberta Palmer, qui dénonçait l\u2019exploitation du corps de la femme dans le clip de Robert Palmer.« Ces derniers jours, on m\u2019a beaucoup parlé du sketch d\u2019Anti Palestine », confie André Ducharme.Si un sketch a marqué l\u2019humoriste, c\u2019est cette parodie de 110 % au Bye Bye 2007, « 10 % de quotient », avec Yves en Jean Pagé, Bruno en Gabriel Grégoire, Richard Z.en Wayne Z.Laveu- glette et surtout Guy A.en Jean Perron, qui « brûle la chandelle par les trois trous ».« C\u2019était complètement fou parce que Guy changeait de texte à chaque prise.Chaque fois qu\u2019il sortait un perronisme, on ne l\u2019avait pas déjà entendu, on se retenait pour ne pas rire, on a eu vraiment de la misère à le tourner.» a aussi pris un immense plaisir à personnifier Lucien Bouchard qui incite vigoureusement la population à « travailler! », mais aussi à jouer la famille du bon vieux temps et « Jack Travis, détective privé ».« Nos derniers sketchs étaient meilleurs que nos premiers », a-t-il constaté en visionnant les archives.COCO TONELLE Évidemment, il lui démange de ne pouvoir se moquer de ce qu\u2019on vit présentement, notamment des complotistes et de leurs théories farfelues.« J\u2019aurais du fun avec cette matière-là », admet-il.Les gars de RBO ont-ils renoncé pour de bon à reprendre du service?Il ne faut jamais dire jamais, mais.« Je nous verrais mal avec des costumes et des perruques.Peut-être que ce serait ridicule.Notre avenir est probablement plus sonore que visuel! » RBO \u2013 Top 40 plaira certainement aux irréductibles, même si j\u2019aurais aimé y revoir Joe Bocan portant du Coco Tonelle à Ad lib, de même que Richard Glenn et sa femme Glose.Glose Glenn.En terminant, j\u2019aurais une demande spéciale : qu\u2019on ajoute sur Crave les saisons de Rock et Belles Oreilles à TVA et à Radio-Canada, comme on l\u2019a fait pour les années de TQS.Il y a là encore plusieurs classiques qui méritent certainement d\u2019être revus.RBO et « l\u2019humour qui se fait p\u2019us » Un des sketchs qui marqué André Ducharme est la parodie de 110% au Bye bye 2007.\u2014 PHOTO ICI TÉLÉ Guy A.Lepage, Richard Z.Sirois, Yves P.Pelletier, Bruno E.Landry et André G.Ducharme, à une autre époque.\u2014 PHOTO VIEUX CLOCHER DE MAGOG RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com «C\u2019était complètement fou parce que Guy changeait de texte à chaque prise.Chaque fois qu\u2019il sortait un perronisme, on ne l\u2019avait pas déjà entendu, on se retenait pour ne pas rire, on a eu vraiment de la misère à le tourner.» \u2014 André Ducharme laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M11 MUSIQUE STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Sally Folk l\u2019a annoncé elle-même sur les réseaux sociaux quelque temps après l\u2019événement : au début de 2019, elle a vécu un deuil périnatal.Sa petite Élisabeth a rendu l\u2019âme après six mois de grossesse.C\u2019est quand même une Sally Folk pimpante qui nous parle, au bout du fil, de la sortie de son cinquième album, Ô Psychologue, le 21 mai.Il faut dire que la vie de la chanteuse, déjà maman une fois, a été illuminée par l\u2019arrivée d\u2019une petite Iris au début de 2020, même si cela n\u2019a pas effacé la douleur de la perte.Le contrecoup, en plus d\u2019avoir forcé l\u2019artiste à un moment de recul, aura laissé son empreinte sur le plus récent opus, bien qu\u2019il ne l\u2019aborde pas de front.« En fait, il n\u2019y a que la chanson Les clefs qui parle vraiment de ça.Pour le reste, on retrouve la Sally Folk qui a toujours surfé sur les désamours et les déchirures amoureuses.Sauf que, cette fois-ci, le ton est moins joueur.J\u2019ai l\u2019habitude de faire beaucoup d\u2019ironie et de sarcasme.Cet album est plus sensible, plus introspectif, sans que je l\u2019aie fait exprès. » S\u2019il y a un fil conducteur à Ô Psychologue, c\u2019est, comme le laisse supposer la chanson-titre, la santé mentale, chaque chanson traitant d\u2019un aspect différent.Dans À nu, la chanteuse aborde le besoin d\u2019amour, d\u2019attention et d\u2019approbation que cache le fait de se montrer dénudée, surtout pour une femme (une façon, pour elle, d\u2019admettre son rapport difficile avec la critique dans sa vie personnelle).Sur Les amourettes, elle aborde les relations éphémères, rapides et désespérées, poussant parfois à poser toutes sortes de gestes pour plaire.Que diable m\u2019emporte, dont le clip a été tourné dans Charle- voix, traite du comportement passif agressif, de la violence dans le fait d\u2019être ignorée ou abandonnée.LA TÊTE SOUS L\u2019EAU Deux mois après avoir entamé le travail sur son opus 5, soit peu de temps après la fin imprévue de sa grossesse, Sally Folk a dû se rendre à l\u2019évidence : elle n\u2019allait pas bien.« J\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir la tête en dessous de l\u2019eau.Je connais mes fragilités, et j\u2019ai vraiment eu le sentiment que je faisais une dépression.J\u2019ai donc tout arrêté pendant plusieurs mois et j\u2019ai décidé d\u2019aller consulter.C\u2019est là que tu te rends compte de tout ce qui ne fonctionne pas et que tu as mis sous le tapis depuis trois ou quatre ans.C\u2019est drôle, parce qu\u2019on peut avoir plein de choses qui ne vont pas bien dans sa vie, que ce soit le travail, les amours, la famille, etc.Mais on continue.Jusqu\u2019à ce qu\u2019un événement incontournable se produise, et celui-là, tu ne peux pas faire semblant qu\u2019il n\u2019est pas arrivé.Et il te force à tout repenser. » Celle qui avait jusqu\u2019à maintenant lancé des opus rapprochés \u2014 seulement dix-huit mois séparent Sally Folk (2013) de Deuxième acte (2015) \u2014 a aussi constaté son essoufflement et le besoin de reprendre le pouls de sa carrière.Ô Psychologue paraît donc un peu plus de quatre ans après Troisième acte, aidé en cela par la pandémie, la sortie ayant été repoussée de l\u2019automne 2020 à ces jours-ci.Et ce n\u2019est pas Sally Folk qui va s\u2019en plaindre.« Je n\u2019aurais pas imaginé que ce serait aussi long, mais c\u2019est une bonne chose d\u2019avoir attendu.Même si l\u2019album était prêt depuis un an et demi, nous l\u2019avons rouvert, changé, peaufiné », dit celle qui reprendra les spectacles en septembre.Après autant de remous, l\u2019artiste a eu besoin de stabilité, raison pour laquelle elle s\u2019est tournée vers la même équipe de collaborateurs, dont Michel Dagenais comme réalisateur, arrangeur et compositeur, de même qu\u2019Anique Granger et Virginie Bilodeau aux textes, pour « quand elle tombe en panne ».« Même si c\u2019est important pour un artiste de se réinventer à chaque album, je savais que je pourrais le faire avec Michel, car il avait un nouveau studio et s\u2019était beaucoup formé en mixage.Je sentais qu\u2019on arriverait à repousser nos limites dans cette continuité.Et en musique, d\u2019avoir des collaborateurs à 1000 pour cent, qui comprennent ton projet et savent où tu veux t\u2019en aller, c\u2019est très précieux et difficile à trouver. » THÉRAPIE-CAFÉ Son autre ancrage, c\u2019est justement cette thérapeute qui l\u2019a aidée à remonter à la surface, qui est devenue son amie et qui lui a inspiré la chanson-titre, sur laquelle on retrouve le ton un peu espiègle qu\u2019on lui connaît.« Ça parle de ce moment où tu as réglé tout ce que tu avais à régler et que tu retournes voir ta psychologue, juste avec l\u2019envie de prendre un café avec elle, parce que c\u2019est devenu ta copine.Tu t\u2019aperçois qu\u2019il te fallait simplement l\u2019œil d\u2019une personne neutre, qui ne te connaît pas depuis longtemps, mais qui arrive dans ta vie quand tu en as besoin, qui écoute tout ce que tu as à dire et t\u2019aide à faire une synthèse.C\u2019est juste que tu avais la face trop collée dessus. » Cette chanson a donné lieu à une dizaine de capsules web avec l\u2019humoriste Laurent Paquin, ce dernier jouant le rôle du psychologue.Comme si Sally Folk avait quand même eu besoin de lâcher son fou quelque part, à défaut de son album.« Si tu ne m\u2019as jamais vue en spectacle, tu ne peux pas savoir qu\u2019il y a un côté très humoristique dans mes interventions.Cela me permet de balancer l\u2019atmosphère déchirante de plusieurs chansons.Beaucoup de gens me disaient, après les shows, qu\u2019ils ne s\u2019attendaient pas à autant de stand-up.Ce côté drôle, j\u2019ai eu envie de le faire connaître et d\u2019en donner un avant-goût.Je cherchais un relecteur pour mes textes et j\u2019ai eu recours aux services de Christian Viau, qui a travaillé beaucoup avec Laurent.Nos agents se sont parlé et Laurent a accepté.Je me suis trouvée très chanceuse qu\u2019il me fasse une petite place dans son horaire! » SALLY FOLK REMONTÉE EN SURFACE \u2014 PHOTO CRILA LAFORÊT SALLY FOLK Ô Psychologue POP-ROCK FRANCO Spectra Musique SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M12 CINÉMA FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Les Trois Accords se lancent dans le cinéma.Pas dans la fiction (même si leurs chansons témoignent résolument de leur penchant pour la fantaisie), mais dans le spectacle musical filmé.Les Trois Accords : Live dans le plaisir est à l\u2019affiche depuis vendredi dans des cinémas de tout le Québec.L\u2019idée remonte à l\u2019automne 2020 alors que tout le monde se demandait si les spectacles en présence allaient reprendre.Les Drum- mondvillois ne savaient pas plus que quiconque ce qu\u2019il adviendrait de la tournée Beaucoup de plaisir, entreprise à la suite de la sortie de l\u2019album éponyme.La captation visuelle constituait une avenue.Louis-Philippe Eno, le réalisateur du film et de clips des Trois Accords, a présenté son projet en décembre.« Quand l\u2019idée de tourner aux studios Mel\u2019s a été amenée, on a tout de suite vu un très grand potentiel, dit le batteur Charles Dubreuil en entrevue.Rendu là, il ne manquait plus grand-chose pour tout attacher ça.On a une totale confiance en Louis.Restait à trouver l\u2019environnement visuel qui viendrait enrober chaque chanson.» La formule est ce qui se rapproche le plus de la prestation en direct, puisque malgré les apparences, les 18 chansons qui constituent ce spectacle ont été enregistrées en une seule journée.Chacune en prise unique.Pourtant, l\u2019enrobage visuel dont parle Charles Dubreuil suggère un projet infiniment plus complexe.Les musiciens se sont pourtant tout simplement produits devant un très grand écran incur vé, d\u2019une largeur d\u2019une quinzaine de mètres, projetant des images spectaculaires, très léchées, témoignant néanmoins de l\u2019esprit déjanté du groupe.PAPILLONNER Musicalement, la prestation papillonne à travers le répertoire, démontrant toute la richesse en succès populaires.La production de ce groupe qui refuse obstinément de se prendre au sérieux reflète un admirable sens du hit.Seulement, ce papillonnage est soumis à une volonté de donner aux vieux airs un reflet d\u2019au- jourd\u2019hui.« C\u2019est un exercice de style, convient le guitariste Alexandre Parr.On trouvait intéressant de partager avec le public ce qu\u2019on aurait fait avec Hawaïenne ou Saskatchewan en 2021.Ça nous challenge.» « Le résultat, ajoute Simon Proulx, apporte un autre éclairage.Ça met en relief différentes qualités des chansons.Dans le cas d\u2019une super- dansante, les gens ne se sont peut- être jamais attardés aux textes, alors que là, en modifiant l\u2019approche, on peut le mettre en valeur.» Le plus bel exemple est soulevé par Charles Dubreuil.« Quand tu écoutes la nouvelle version de Je me touche dans le parc, très dénudée, tu découvres la profondeur du texte.On se rend compte que c\u2019est un appel à l\u2019aide très mélancolique, alors que dans sa version originelle, c\u2019est une chanson dansante que les gens prennent à la légère.» La liste initiale des chansons retenues était plus longue que ce qu\u2019on retrouve dans Live dans le plaisir, mais, comme en laboratoire, elles ont fait l\u2019objet de tests.Étaient-elles enrichies par une relecture 2021?« En studio, il y a des chansons pour lesquelles ont avait des idées et d\u2019autres, vraiment pas, confie le chanteur.Certains tests n\u2019ont simplement pas marché.On ne cherchait pas à faire des tounes qui seraient meilleures que les versions originales, mais des relectures intéressantes.» Pour cet exercice sur grand écran, le groupe s\u2019est enrichi de deux ajouts non négligeables en Mélissa Lavergne aux percussions et Gabriel Gratton aux claviers.La réalisation musicale a été confiée à Gus Van Go.Rien n\u2019a été modifié en studio au terme des enregistrements, tiennent-ils à préciser, expliquant ainsi la présence de deux collaborateurs supplémentaires pour une latitude musicale supplémentaire.« On a travaillé fort en amont, dit le guitariste.On était en forme, solides.Dans un autre contexte, on aurait pu travailler autrement, mettre de l\u2019énergie dans la postpro- duction, mais on recherchait le feeling du direct.Pas question de faire ça à la manière d\u2019un vidéoclip avec du lipsynch.C\u2019est une vraie performance qu\u2019on veut offrir au public.» Les plus malins des spectateurs noteront peut-être que, dans Je me touche dans le parc, la voix de Simon se pare d\u2019un grain inhabituel, celui des fins de soirée.C\u2019est que c\u2019est la dernière chanson enregistrée au cours de cette harassante journée d\u2019enregistrement.UN VISUEL FRAPPANT Ce que les spectateurs ne pourront manquer, c\u2019est la facture visuelle donnée, grâce aux puissantes images offertes par les écrans géants qui mériteraient bien de remporter un prix de meilleur rôle de soutien.« Moi, je trouve que tout ça représente bien le groupe, analyse Simon.Autant sur le plan visuel que par les interventions entre les chansons, on retrouve une folie en concordance avec l\u2019univers des Trois Accords, mais qu\u2019on n\u2019aurait pas pu offrir dans un spectacle en direct.Je suis content de ces choix- là.C\u2019est un film très Trois Accords.On a bien réussi à transposer l\u2019esprit du groupe dans un autre média.» « Par le format choisi et grâce à la direction musicale bien claire de Gus, on présente aux gens une sorte de regard intérieur sur notre travail.Visuellement, c\u2019est sophistiqué, mais ça reste essentiellement une séance de travail.Je trouve ça cool que les gens soient témoins de nos véritables échanges sur le plateau, la façon qu\u2019on a de se parler de musique.» Une des beautés de la démarche, c\u2019est que les musiciens ne se sont pas sentis contraints par un média lourd.Nos trois interlocuteurs affirment unanimement que leur folie est intacte.« Au contraire d\u2019être contraints, on en a fait un peu plus que ce qu\u2019on imaginait au départ, explique le batteur.On avait en tête un format télé avec une quarantaine de minutes de prestation.On en a enregistré davantage pour avoir le luxe de laisser tomber ce qui marchait moins, mais quand l\u2019idée de le présenter dans les salles de cinéma a été évoquée, on avait du matériel en masse.On s\u2019était donné toute la latitude artistique qu\u2019on pouvait souhaiter.Au final, on a l\u2019impression très claire que le concept se tient parfaitement dans les 74 minutes que dure le film.» L\u2019opération n\u2019est pas mercantile.Les trois musiciens rigolent à la seule idée qu\u2019ils puissent en tirer des profits substantiels.« C\u2019est un projet super intéressant, mais ça coûte cher.Je pense que ceux qui vont faire le plus d\u2019argent là- dedans, ce sont les techniciens », plaisante Alexandre.LIVE DANS LE PLAISIR «?UN FILM TRÈS TROIS ACCORDS?» Appuyés par un enrobage visuel impressionnant, les Trois Accords revisitent plusieurs de leurs succès dans leur tout nouveau documentaire musical, Les Trois Accords : Live dans le plaisir.\u2014 PHOTO LE NOUVELLISTE, FRÉDÉRIQUE MÉNARD-AUBIN laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M13 vieuxclocher.com I 819.847.0470 Les spectacLes sont de retour! dès le 28 mai, nos spectacles débutent à 20h rÉserVeZ tÔt! Les pLaces sont LIMItÉes.catherIne Major 28 MaI Matt hoLubowskI 29 MaI MIcheL barrette 30 MaI ÉcoLe natIonaLe de L\u2019huMour 5 juIn coMpLet arnaud soLY 4 juIn bILLY teLLIer 18 et 19 juIn bLeu jeans bLeu 12 juIn sIMon LebLanc MardI 22 juIn Monsieur Tout le Monde 0065860 SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M14 CINÉMA FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Tant de gens se désolent de vieillir alors que d\u2019avancer en âge peut aussi être la promesse de magnifiques cadeaux.Pour les acteurs, cela peut prendre la forme de rôles reflétant leur maturité, dans le jeu comme dans leur vie même.Dans Les vieux chums, dernier film de Claude Gagnon à l\u2019affiche depuis vendredi, Patrick Labbé rencontre un des plus beaux rôles de sa carrière.C\u2019est celui d\u2019un homme en phase terminale de cancer, qui revient dans le Saint-Hyacinthe qui l\u2019a vu naître et grandir pour y revoir les lieux, mais surtout les gens qui ont jalonné sa route.Boucler la boucle, dit-il lui-même.Il retrouve Jacques, un proche ami, qui l\u2019accompagnera dans l\u2019ultime portion du parcours.Voilà un personnage, mais surtout une mise en scène qui poussent le jeu dans les plus subtiles nuances de la sobriété.De l\u2019honnêteté la plus profonde, même.Un beau rôle.Pourtant, l\u2019acteur quinquagénaire a d\u2019abord décliné l\u2019offre de Claude Gagnon.« Je sortais de l\u2019aventure de District 31 quand j\u2019ai lu le scénario des Vieux chums, dit-il pour expliquer ce refus étonnant.Je m\u2019étais beaucoup entraîné physiquement pour le personnage de policier et Claude m\u2019en offrait un d\u2019homme très diminué physiquement.Je ne m\u2019imaginais pas faire cette transition, je ne le sentais pas.Claude a insisté.On s\u2019est rencontré pour un dîner.Il m\u2019a expliqué sa vision et ç\u2019a été un coup de foudre.» L\u2019acteur a alors relu le scénario avec d\u2019autres yeux après avoir appris que c\u2019est une histoire que Claude Gagnon a vécue.« Sa vision était toute en lumière, dans la beauté, dans la vie, malgré le sujet.D\u2019ailleurs, même si c\u2019est un thème qui paraît sombre, le tournage s\u2019est fait dans le plus grand plaisir.Claude a rendu ça très lumineux.» Labbé dit même que c\u2019est après avoir vu le film qu\u2019il a réalisé que, malgré le deuil et les conflits familiaux, c\u2019est la notion de compréhension, d\u2019accueil de l\u2019autre qui domine.« Ce n\u2019est pas lourd », résume-t-il tout simplement.L\u2019interprète a également été séduit par la perspective de jouer en compagnie de Paul Doucet.« Ce sont Claude et Paul qui m\u2019ont convaincu et, avec le recul, je comprends que ce rôle est arrivé à un très bon moment dans ma vie.Je me suis simplement abandonné à la vision de Claude, à ce qu\u2019il me demandait.Toutes ses indications étaient parfaitement justes et motivées.C\u2019était précisément ce dont j\u2019avais besoin.» Le film a été réalisé dans des conditions particulières.Un budget famélique de quelques centaines de milliers de dollars.« On n\u2019a certainement pas fait ça pour l\u2019argent, rigole l\u2019interprète.Par contre, personne n\u2019était pressé d\u2019arrêter le travail à 17 h.Ainsi abordé, le boulot prend une tout autre dimension.» HONNÊTETÉ C\u2019est assurément un rôle nourri par l\u2019expérience de l\u2019interprète.« Tout ce que je souhaite, c\u2019est d\u2019avoir rendu ne serait-ce qu\u2019un centième de tout ce que Claude avait en tête pour ce personnage.Ce n\u2019est pas qu\u2019une question d\u2019être satisfait de ma performance : j\u2019ai voulu plaire à cette tête de cochon qui a tant insisté pour me confier le rôle.C\u2019est un film écrit avec un scalpel, poursuit-il avec une évidente admiration dans la voix.On y décèle énormément de nuances significatives.Ma job, c\u2019était d\u2019être disponible à ce qu\u2019on me demandait, à toute cette richesse.C\u2019est une œuvre qui est tellement précieuse et personnelle pour Claude.C\u2019était une énorme responsabilité qu\u2019il m\u2019a confiée et je l\u2019ai abordée avec toute l\u2019honnêteté dont j\u2019étais capable.» « Il est rare que j\u2019aie l\u2019occasion de participer à ce genre de projet et j\u2019en suis extrêmement fier.Je suis plus habitué aux plateaux de télévision et il est indéniable que cette expérience-ci a été marquante dans ma carrière.Je suis content que mes enfants aient désormais cette référence-là de moi.» Avec un personnage qui est de toutes les scènes ou presque, qui parle peu, mais tutoie constamment la lentille, l\u2019interprète devait adopter une approche minima- liste.« Il fallait que je joue le moins possible pour rendre la fragilité de Pierrot.J\u2019ai souvent eu peur de verser dans le cliché.J\u2019étais condamné à une profonde honnêteté.Quelque part, je me demande même si, dès le départ, je n\u2019ai pas eu peur de cette profonde mise à nu et que ce soit la raison pour laquelle j\u2019ai commencé par refuser le rôle.» Ce film très pudique, économe d\u2019effets comme de paroles, mais riche de sens, sort aussi à un moment moins qu\u2019idéal, Patrick Labbé ne le nie pas.« Je souhaite seulement que les gens aillent le voir pour se laisser bercer par cette histoire magnifique.C\u2019est une œuvre unique et je trouve ça l\u2019fun qu\u2019on puisse encore avoir accès à du cinéma comme ça en 2021.» UN DOCUMENTAIRE On a envie de croire que Patrick Labbé en est à cette exigence d\u2019authenticité dans sa vie puisqu\u2019un autre projet auquel il se voue ces temps-ci est empreint de beaucoup de sincérité : il travaille sur un documentaire télé en trois épisodes portant sur l\u2019anxiété chez les adolescents.« C\u2019est un projet qu\u2019on a entrepris il y a cinq ans et qui m\u2019est très cher.On y fait un portrait d\u2019une douzaine de jeunes de 12 à 20 ans aux prises avec des problèmes d\u2019anxiété.Des jeunes qui ont des parcours différents, mais un même intérêt pour le jeu.» « Ça fait des années que je suis à la tête de Camp de Base, un camp de vacances dans lequel j\u2019amène les jeunes à travailler le jeu d\u2019acteur.On essaie, par toutes sortes d\u2019outils, de leur permettre d\u2019explorer leurs émotions profondes et les exprimer.Certains vivent des problèmes d\u2019anxiété.On les aide à trouver leur X, à prendre conscience du présent, à le vivre intensément en jouant ce qui les éloigne de leur anxiété.C\u2019est une expérience très enrichissante, qui crée des petits moments de magie.C\u2019est vraiment beau; ça me tient très à cœur.» Il en est présentement à tourner les dernières scènes et ignore le moment de la diffusion, mais l\u2019espère pour décembre prochain, à TVA.Vedette du nouveau film de Claude Gagnon Les vieux chums, Patrick Labbé y aborde un rôle de maturité comme il n\u2019en avait encore jamais connu dans sa carrière.\u2014 PHOTO MAISON 4:3 PATRICK LABBÉ HISTOIRE D\u2019UN RÔLE MARQUANT laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M15 CINÉMA FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Pour Paul Doucet, le film Les vieux chums est «?un projet de cœur?».Une façon de dire que ce n\u2019était pas un contrat vraiment lucratif, mais l\u2019interprète qu\u2019il est a été totalement conquis, tant par ce scénario que par celui qui l\u2019a écrit et porté à l\u2019écran, Claude Gagnon.C\u2019est par agents interposés qu\u2019il a su que le réalisateur avait un rôle pour lui.« Je l\u2019ai appelé sans rien savoir du projet qu\u2019il avait en tête, raconte-t-il.Il m\u2019a rapidement séduit par deux aspects : l\u2019aspect humain au centre de son histoire et le fait qu\u2019il voulait Patrick Labbé dans le rôle principal.Patrick est un superbe acteur qui a trop peu fait de cinéma à mon avis.» Doucet et Labbé gardent tous deux en souvenir un très heureux tournage à Halifax il y a plusieurs années pour la série Octobre 70.Ils y avaient scellé, sans doute autour de quelques pintes de bière dans l\u2019un ou l\u2019autre des nombreux pubs de la ville, une amitié durable.Cette histoire de retrouvailles de deux vieux amis ne pouvait que les interpeller.Par ailleurs, ce récit d\u2019accompagnement d\u2019un ami vers une mort imminente a eu une résonance dans le cœur de Doucet.« Il arrive des étapes dans la vie où certaines questions nous interpellent davantage.À 55 ans, l\u2019idée de la maturité, du corps qui vieillit, de l\u2019inexorabi- lité de la mort, ça m\u2019habite davantage.J\u2019ai vécu le départ d\u2019un proche pas longtemps avant ce tournage et je savais que ça s\u2019en venait pour mon père également.Tout cela était bien présent dans mon esprit.» Ajoutez à cela l\u2019engagement de longue date du comédien au sein de la Fondation Charles-Bru- neau qui vient en aide aux enfants atteints de cancer et on comprend que ce rôle avait plusieurs aspects susceptibles d\u2019interpeller profondément l\u2019interprète.« Toutes les expériences de notre vie nourrissent l\u2019acteur », dit-il.Certaines plus que d\u2019autres, aurait-il pu ajouter.LE LUXE DU TEMPS Au même titre que Patrick Labbé, Paul Doucet s\u2019est réjoui au plus haut point d\u2019avoir du temps pour échafauder son personnage.« En amont et entre les prises, pour réfléchir, répéter, se tromper, pour discuter.C\u2019est devenu très rare dans notre boulot.Patrick a vécu ce qui est sans doute l\u2019exemple le plus probant, en jouant dans District 31.C\u2019est un rythme de tournage effréné.» Le comédien voit quand même un autre côté à la médaille.« Quand, dans une série, on est associé avec un personnage assez longtemps, ça devient un peu une seconde nature.On a moins besoin d\u2019analyser et de réfléchir aux motivations du personnage.Ç\u2019a été le cas pour moi avec Georges Sainte-Marie dans Unité 9.Je garde en souvenir une journée de tournage où j\u2019avais 17 scènes à enregistrer! Toutes se tournaient dans la chapelle du centre de détention, mais, pour des raisons de logistique, elles couvraient l\u2019équivalent de la moitié d\u2019une saison.Il fallait se mettre dans le contexte de l\u2019évolution du temps entre chacune.Avec la relation entre les personnages qui évoluait à travers ça.Tu as beau vérifier pour savoir où en est ton personnage, tu n\u2019as ni le temps ni le choix de le connaître intimement et de t\u2019abandonner à ses réactions.» Le tournage des Vieux chums était pratiquement à l\u2019opposé, avec des journées de tournage de deux scènes, par exemple.« On a pris trois jours pour tourner une longue scène.C\u2019est vrai qu\u2019elle est cruciale, mais il reste que c\u2019est complètement autre chose que ce qu\u2019on fait habituellement.On était une si petite équipe que même les interprètes s\u2019adonnaient à toutes sortes de tâches techniques sur le plateau.On aurait quasiment pu me donner des crédits de technicien au générique parce que j\u2019ai traîné des projecteurs, roulé des fils, collaboré aux éclairages, etc.Ce côté artisanal ajoute à la qualité du film, je pense.Il est imprégné de cette solidarité.Tous les membres de l\u2019équipe ont le sentiment d\u2019avoir fait quelque chose de spécial qui a tissé de profondes amitiés.» Le tout, autour d\u2019une riche histoire d\u2019amitié et de deuil.« Le film traite de toutes sortes d\u2019aspects de l\u2019amitié et de la réalité masculine, analyse Doucet.C\u2019est super-inté- ressant de voir toutes les couches de sens que Claude a su inscrire dans son scénario.Plus on y réfléchit, plus on explore le texte et plus on trouve du sens nouveau.C\u2019est là toute la qualité de son écriture et de son cinéma.C\u2019est fabuleux.» « Comme interprète, avec un canevas aussi solidement installé, tu as la liberté de t\u2019abandonner.C\u2019était, pour nous, un magnifique terrain de jeu.C\u2019est un peu, je pense, ce qu\u2019on recherche toujours dans notre boulot.» Se le remémorer lui amène cette réflexion : « Notre travail est toujours une exploration, une étude de l\u2019expérience humaine.C\u2019est ce qui fait que c\u2019est un si beau métier.On se penche sur des sujets dramatiques qu\u2019on n\u2019aura peut-être jamais à vivre, mais qu\u2019on peut quand même connaître intimement.» INCARNER.UN COMÉDIEN Si le cinéma est plutôt bienveillant à son égard, Paul Doucet a la chance d\u2019avoir une carrière plurielle qui le fait jouer régulièrement à la télévision ou fréquenter les planches du théâtre de temps en temps.Malgré la pandémie, il a même pu voir la concrétisation d\u2019un rêve : la création d\u2019un spectacle solo.Ça s\u2019appelle Trajectoire(s) de Paul Doucet et c\u2019est un spectacle né d\u2019une résidence de création en Gaspésie.Il en est sorti un spectacle hybride où le comédien parle du parcours d\u2019un comédien, de ses influences, des rôles joués et à jouer.Il s\u2019y permet même de chanter.Le spectacle, présenté dans quelques salles du Bas-Saint- Laurent et de la Gaspésie, vient d\u2019arriver au terme de cette première tournée.Le comédien ne demande rien de mieux que de lui donner un second souffle aussitôt que les salles de spectacles reprendront leurs activités de façon plus intense.La chance lui sourit par ailleurs puisqu\u2019il vient de terminer le tournage d\u2019un film en anglais, Snow Angel, d\u2019un duo formé de Catherine Bérubé et Gabriel Allard.Finalement, il commencera bientôt le tournage d\u2019une série télé dont il ne peut cependant rien révéler pour l\u2019instant.Les terrains de jeu ne manquent pas pour Paul Doucet.PAUL DOUCET On n\u2019explore bien qu\u2019avec le cœur Dans ce qu\u2019il appelle un projet de cœur, Paul Doucet a l\u2019occasion d\u2019explorer les profondeurs de l\u2019amitié masculine avec Les vieux chums, à l\u2019affiche depuis le 21 mai.\u2014 PHOTO MAISON 4:3 «?Comme interprète, avec un canevas aussi solidement installé, tu as la liberté de t\u2019abandonner.C\u2019était, pour nous, un magnifique terrain de jeu.C\u2019est un peu, je pense, ce qu\u2019on recherche toujours dans notre boulot.?» \u2014 Paul Doucet SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M16 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 C\u2019est l\u2019histoire de deux hommes qui ne savent pas dire non.Et qui, par conséquent, n\u2019acceptent jamais un «?non?» comme réponse.Surtout quand il s\u2019agit des enfants et des ados autistes dont ils s\u2019occupent avec un énorme courage et autant de don de soi.Un sujet lourd, traité avec beaucoup de doigté et d\u2019humanité par Olivier Nakache et Éric Toledano, et le soutien indéfectible de Vincent Cassel et Reda Kateb.Avec Intouchables (2011), le duo de cinéastes français avait déjà exploré la vie de gens dont on parle peu.Cette fois, la paire va encore plus loin pour décrire la réalité de ces jeunes différents et de leurs parents, qui sacrifient souvent une grande partie de leur vie.Hors normes s\u2019inspire librement du combat quotidien de Stéphane Benhamou et de Daoud Tatou, qui dirigent chacun une association d\u2019aide à Paris, et de leur improbable amitié.Des rôles endossés avec brio respectivement par Cas- sel, sous le nom de Mario, et par Kateb, qui joue Malik.Le long métrage immerge le spectateur au sein du quotidien fébrile de deux hommes, qu\u2019on voit souvent évoluer en parallèle, alors qu\u2019ils doivent composer avec un surplus d\u2019enfants, parfois turbulents, et un manque de personnel (et de locaux appropriés).Le leitmotiv : « Je vais trouver une solution.» Évidemment, l\u2019administration de la santé leur fait des misères parce que leur modèle ne rentre pas dans les cases.L\u2019absurdité bureaucratique à son paroxysme, qu\u2019on caricature à peine\u2026 DÉFAVORISÉ ET DÉPASSÉ Non contents de venir au secours de ces « cas lourds » que le système refuse de prendre en charge, Mario et Malik forment aussi des jeunes défavorisés pour les épauler.On suit d\u2019ailleurs le parcours de Dylan (Bryan Mialoundama), complètement dépassé par l\u2019ampleur de la tâche et de ses responsabilités, mais qui va (évidemment) cheminer tout au long du récit.Si on ne savait le scénario inspiré du réel, on accuserait certainement les deux cinéastes d\u2019exagérer \u2014 d\u2019autant qu\u2019il met en scène un Juif et un Arabe qui collaborent dans l\u2019harmonie (on leur sait gré de ne pas avoir accentué cet aspect).Ce qui ne les empêche pas, parfois, de jouer sur les bons sentiments.Reste que le résultat est souvent émouvant, jamais didactique.Avoir fait appel à de jeunes autistes, dans leurs propres rôles, augmente la crédibilité et la véracité de la démarche.Ce qui force d\u2019ailleurs les « vrais » acteurs à marcher sur la corde raide de l\u2019improvisation.Il se dégage une forme de fébrilité, renforcée par l\u2019utilisation fréquente de la caméra portée et un montage nerveux.Il faut aussi souligner la présence d\u2019une riche galerie de personnages secondaires.Nakache et Toledano désamorcent parfois la grande charge dramatique en ayant recours à l\u2019humour, sans jamais appuyer sur le trait \u2014 de façon plus subtile qu\u2019Intouchables, d\u2019ailleurs.Il y a des aspects réducteurs dans ce plaidoyer pour le « vivre ensemble ».Et la conclusion, maladroite dans sa volonté de présenter un film réconfortant, gâche un peu la démarche.N\u2019empêche : nul ne peut douter de la pureté des intentions des réalisateurs de mettre en lumière à quel point nous détournons souvent, et trop facilement, le regard.Sans jamais chercher à nous culpabiliser.HORS NORMES La bonté à l\u2019état pur Au générique Cote : ?1/2?Titre : Hors normes Genre : Comédie dramatique Réalisateurs : Olivier Nakache et Éric Toledano Acteurs : Vincent Cassel, Reda Kateb et Bryan Mialoundama Durée : 1 h 54 Hors normes, avec Reda Kateb et Vincent Cassel, s\u2019inspire de la véritable histoire de Stéphane Benhamou et Daoud Tatou, qui s\u2019occupent de jeunes autistes en région parisienne.\u2014 PHOTO MK2 MILE END FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste CRITIQUE TROIS-RIVIÈRES \u2014 Le récit du scénariste et réalisateur Claude Gagnon avec Les vieux chums est relativement simple à dessiner, parce que son film est tout de dense simplicité.Il se passe d\u2019effets de caméras ou de ruses narratives.Il est ici question de l\u2019essentiel : la vie, la mort, l\u2019amitié, la colère, le legs.Au-delà des évènements, des actions, Claude Gagnon se penche sur les émotions des hommes avec intelligence et sensibilité.Quand Pierrot (Patrick Labbé) débarque à Saint-Hyacinthe, à peine a-t-il fait quelques pas dans la ville où il a grandi qu\u2019il croise des amis perdus de vue.Quand il retrouve son plus vieil ami, Jacques (Paul Doucet), on apprend que Pierrot souffre d\u2019un cancer, qu\u2019il est en phase terminale et que ce retour à la maison est sa façon de fermer sereinement la boucle d\u2019une vie tumultueuse.Jacques est aux antipodes, bouleversé et profondément révolté par la nouvelle.Il décide d\u2019accompagner son vieux chum.Mais Pierrot a un plan quant à cette fin de vie, qui implique un voyage et il compte sur Jacques pour l\u2019accomplir.Claude Gagnon a le mérite de ne pas tenter de tout expliquer.Il exprime la profonde colère qui habite Jacques mais ne cherche pas trop à nous en faire connaître l\u2019origine.Ce qu\u2019on peut comprendre, c\u2019est que la colère est le dernier ancrage de la peur.Ce sont l\u2019idée de l\u2019amitié virile et du pouvoir que la mort peut avoir sur le parcours des vivants qui l\u2019intéressent ici.La beauté du scénario, ce sont ses couches de sens à travers lesquelles se dessine une grande bienveillance, une lumière.Au-delà de ce qu\u2019on perçoit se cache une autre vérité plus discrète mais plus riche.Les vieux chums est un film sans prétention teinté même d\u2019un certain humour qui se voit avec le cœur et se digère avec le temps.TOUTE LA PLACE AU PROPOS La mise en scène se caractérise par sa simplicité pour laisser toute la place au propos.Si la caméra élargit son cadre pour adopter le regard de Pierrot, le plus souvent, elle témoigne simplement et scrute les visages, surtout celui de Patrick Labbé, qui connaît probablement ici son plus riche rôle au cinéma.Il joue en retenue en faisant de la douleur physique de son Pierrot sa justification.L\u2019acceptation de sa mort prochaine lui donne une sérénité qu\u2019il n\u2019aurait pu imaginer avant.Il est soutenu par Paul Doucet, irréprochable en ami révolté.Claude Gagnon a certainement le sens de la distribution.Il a trouvé au personnage du père de Jacques, discret mais néanmoins important quant au sens de cette histoire, un rôle parfait pour Pierre Curzi, qui cumule avec beaucoup de doigté la sérénité et le malaise du père qui voit son fils lui échapper.Malgré la gravité, le film baigne dans une lumière (morale et physique pour la dernière portion) assez remarquable.C\u2019est une production à contre-courant mais d\u2019une redoutable pertinence dans le contexte actuel.LES VIEUX CHUMS Le sens de l\u2019inéluctable Patrick Labbé et Paul Doucet incarnent les deux principaux personnages du dernier film de Claude Gagnon, Les vieux chums, qui vient de prendre l\u2019affiche.\u2014 PHOTO MAISON 4:3 Au générique Cote : ?1/2?Titre : Les vieux chums Genre : Drame psychologique Réalisateur : Claude Gagnon Acteurs : Patrick Labbé, Paul Doucet et Luka Limoges Durée : 1?h?49 laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M17 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Vous connaissez cette tendance de certains fast-foods à servir des proportions gargantuesques?On assiste au même phénomène à en mettre plus que le client en demande dans le cinéma hollywoodien.Et L\u2019armée des morts (Army of the Dead), qui marque le retour de Zach Snyder à la réalisation après un drame familial, en est la parfaite incarnation.Cette tendance à l\u2019inflation se retrouve en général dans la débauche d\u2019effets spéciaux, les scènes toujours plus violentes et la longueur indécente.Tout à fait ce film de zombies, et Snyder, spécialiste du genre qui a commencé sa carrière avec le remake de Zombie de George A.Romero, en respecte tous les codes.Dont les giclées de sang dans la caméra, le sous-texte critique sur le capitalisme exacerbé (l\u2019action se déroule à Las Vegas) et l\u2019angle sociopolitique (une nette allusion au trumpisme et à l\u2019immigration).Dans cette optique, il n\u2019est guère surprenant qu\u2019il mette en scène des super-zombies génétiquement modifiés qui se déplacent à la vitesse de l\u2019éclair et font preuve d\u2019un minimum d\u2019intelligence.Était-ce une raison pour étirer ce film d\u2019horreur fantastique sur deux heures quinze minutes?Absolument pas.À commencer par la trop longue mise en place qui nous présente les personnages \u2014 de façon superficielle (une constante chez Snyder).Un comble\u2026 FILLE ACCESSOIRE Le long métrage repose surtout sur Scott Ward (Dave Bautista), un ex-militaire qui a contribué à l\u2019évacuation d\u2019une petite partie de la population de Las Vegas lors de l\u2019invasion des zombies.La ville du vice et du kitsch (les allusions sont nombreuses) est maintenant enclavée.Ward reçoit une offre d\u2019un propriétaire de casino pour récupérer 200  M$ dans une chambre forte avec groupe de mercenaires.Le spectateur sait dès ce moment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un prétexte pour mettre la main sur un bien beaucoup plus précieux\u2026 En parallèle, Snyder et ses coscénaristes ont greffé une histoire de relation brisée père-fille entre notre héros musclé et Kate (Ella Purnell).Bénévole dans le camp de réfugiés accolé à Las Vegas, Kate n\u2019hésite pas à pratiquer le chantage émotif.Ça va, mais ce pan du récit, accessoire, aurait facilement pu être sacrifié au montage.Que ce soit avec L\u2019homme d\u2019acier (2013) ou Batman vs Superman (2016), Snyder nous a habitués à la flamboyance dans les scènes d\u2019action.Il est, sans conteste, un grand spécialiste des effets de manche (avec ses mouvements de caméra) qui masquent la vacuité de sa réalisation et qui se résument souvent à multiplier les gros plans.Il loge à l\u2019enseigne du divertissement à budget faramineux et non à celle du cinéma\u2026 Notons tout de même, au rayon des réussites, la diversité de la distribution et la trame sonore aux nombreux clins d\u2019œil (Bad Moon Rising, The End et, inévitablement, Zombie des Cranberries\u2026).Est-ce bien utile de signaler les incongruités et les invraisemblances, qui vont avec le genre, ou l\u2019interminable finale mélo qui ouvre toute grande la porte à une suite?L\u2019armée des morts est présenté sur Netflix.L\u2019ARMÉE DES MORTS  Plus que le client en demande L\u2019armée des morts, plus récent film de Zach Snyder, donne sans complexe dans la surdose.\u2014 PHOTO NETFLIX Au générique Cote : ?Titre : L\u2019armée des morts Genre : Drame d\u2019horreur Réalisateur : Zach Snyder Acteurs : Dave Bautista, Ella Purnell et Ana de la Reguera Durée : 2 h 15 0065286 SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M18 FRANÇOIS-OLIVIER ROBERGE Le Soleil J e n\u2019aimais pas courir.Je préférais enfourcher mon vélo, avaler les kilomètres dès l\u2019arrivée du printemps.Visiter de nouveaux lieux, s\u2019y arrêter le temps d\u2019un café ou d\u2019un Perrier.Je préférais enfiler mes patins à roues alignées, pour des déplacements en vitesse, avec fluidité.Pourquoi marcher lorsque l\u2019on peut rouler?Je préférais.1er ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR : LES ENFANTS Puis, janvier 2016.Nous devenons d\u2019heureux parents.Avant même d\u2019être père, mes visions de vie paternelle rimaient avec balade en poussette.Ma Bugaboo runner serait ma Ferrari dotée d\u2019un moteur pas-à-pas et d\u2019un siège de luxe pour bébé.Le printemps est arrivé avec le chapitre « papa seul à la maison » du congé parental.Des mois remplis d\u2019heures en solo avec petit.Lui, notre poussette de jogging et moi, à nous promener de sieste en sieste.La course s\u2019est imposée d\u2019elle-même.La routine s\u2019est installée, et s\u2019est poursuivie même après le retour au boulot.2e ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR : LE SUIVI GPS Durant trois ans, la majorité des sorties se faisaient donc avec bébé 1, puis bébé 2, puis bébé 1 et 2 ensembles.Le cellulaire et son GPS étaient toujours dans la poussette pour suivre nos traces.Je me suis tranquillement pris au jeu des statistiques et de la progression.La montre d\u2019entraînement a remplacé le cellulaire et est devenue une dépendance.Allô Strava! 3e ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR : L\u2019ÉPIPHANIE Alors que la course s\u2019inscrivait de plus en plus dans ma vie, j\u2019ai augmenté mon volume d\u2019entraînement grâce au retour du boulot à la course une ou deux fois semaine.Coureur navetteur.Par un après-midi de printemps radieux, à mi-parcours, j\u2019ai eu une révélation.Je courais, sans aucune douleur.Aucune tension dans les genoux, les chevilles, le bas du dos.Rien qui ne cloche.Rien.Une vivifiante légèreté.L\u2019esprit alerte entre le bureau, la famille et les projets.À ce moment, à ce moment bien précis sur le chemin du Sault à Saint-Romuald, j\u2019étais devenu un coureur.LE COIN DU PSY Une chronique sur la motivation est le prétexte parfait pour renouer avec celui qui a été mon psychologue sportif dans ma vie de patineur de vitesse.Bruno Ouellette fait de la motivation et de la performance son gagne-pain, sa passion et sa spécialité.Je viens de décrire les raisons bien personnelles m\u2019ayant mené à la course, mais les grandes motivations pour continuer à cumuler les heures me sont vagues, plus floues : la santé, le dépassement, la liberté, le besoin de bouger\u2026 « Il y a deux grandes catégories de motivations, les autonomes et les contrôlées », a commencé le psychologue.S\u2019entraîner pour l\u2019amour de l\u2019activité.Le bonheur à l\u2019état pur.Parce que l\u2019on adore courir.Garder la forme parce que l\u2019activité physique fait partie de ses valeurs, de qui l\u2019on est.Ce sont des exemples de motivations autonomes.Notre courrier des lecteurs en est bien rempli.Courir pour une reconnaissance.Pour se trouver bon, beau, parce que l\u2019on aime ce que l\u2019on dégage : une personne athlétique! Pour le regard de l\u2019autre.C\u2019est la motivation contrôlée.À l\u2019extrême, elle passe par la gloire, les médailles et le succès! Le psychologue précise que la motivation n\u2019est pas blanche ou noire.On peut, par exemple, s\u2019entraîner pour le plaisir d\u2019être dehors, bouger, dépenser de l\u2019énergie, et être également motivé par l\u2019allure que l\u2019on projette ou par un pouce en l\u2019air sur une application de partage de données d\u2019entraînement.Je salue ici mes quelques fidèles sur Strava! Frank, Math, David, Douce, Vince, Olivier, Emmanuelle, Félix, Simon et les nouveaux! Kudos à vous! Bruno Ouellette souligne également à grand trait l\u2019importance de la progression comme facteur de motivation.« Sentir que l\u2019on s\u2019améliore par rapport à soi, insiste-t-il, c\u2019est déterminant! » Enfin, si le thème de la motivation est un vaste terrain de jeu, l\u2019influence en est l\u2019un des joueurs clés.L\u2019influence parentale, l\u2019influence des amis, l\u2019influence d\u2019une communauté.L\u2019influence des touchants textes reçus et publiés dans ces pages et sur le Web.Votre influence.Notre influence pour une communauté active.Une communauté active et belle, quoi.Allez, on se croise dehors.POURQUOI JE COURS?Même si pour plusieurs, certaines motivations pour courir sont la santé, le dépassement, la liberté ou le besoin de bouger, celle de l\u2019influence en est l\u2019un des joueurs clés.\u2014 PHOTOS LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE ET PASCAL RATTHÉ « Sentir que l\u2019on s\u2019améliore par rapport à soi, c\u2019est déterminant! » \u2014 Bruno Ouellette CADENCES laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M19 PLEIN AIR Suspendre le temps, loin des courriels « Je cours parce que je n\u2019ai pas le temps.Pas le temps de manger, ou juste un peu.1000 courriels.Cinq appels Teams, 10-12 messages textes, 2 appels.Un aller-retour à la garderie, vite vite, faut faire le souper.Puis.2 chaussures de course, 1 montre.5 km pendant lesquels il n\u2019y a pas vraiment de chiffres, juste des oiseaux et de l\u2019asphalte.Je cours pour suspendre le temps, finalement, entre la course quotidienne qu\u2019est la vie, il y a la course à pied pour calmer mon esprit surchauffé.» Laurie Couture, Saint-Nicolas Let\u2019s go! On s\u2019inscrit « Le tout commence avec une phrase de ma blonde du genre « let\u2019s go! On s\u2019inscrit! Ma mère le fait! » « Ouin\u2026 Pas le choix ! C\u2019est quoi son \u201cpace\u201d, à ta mère?» Donc là, obligatoirement je dois user mes nouveaux souliers vieux de 5 ans, parce que ce n\u2019est pas vrai que la madame va manger son yogourt gratis avant moi.Une fois accomplie, je réalise que tout le processus m\u2019a rendu plus heureux que de passer des heures devant mon iPhone qui perd sa charge plus vite que mon «?pace?».Le lendemain, je pense aux efforts fournis, les sourires récurrents, la fierté générée et je comprends une chose : non, je ne reviendrai pas derrière! Je veux aller plus loin, plus vite.En fait, plus vite que la décharge de mon cellulaire.» David, Sainte-Catherine- de-la-Jaques-Cartier La plus belle forme de méditation « Enfiler mes espadrilles et enchaîner les foulées est sans contredit synonyme de la plus belle forme de méditation pour moi! C\u2019est ma façon de conserver mon équilibre mental : un moment où le temps s\u2019arrête, où je peux connecter avec moi-même et m\u2019évader du quotidien.Sentir le vent sur mon visage, admirer le lever du soleil, écouter le gazouillement des oiseaux, sentir l\u2019odeur du gazon encore imbibé de la rosée du matin : c\u2019est remercier la vie pour ce qu\u2019elle a de plus beau à m\u2019offrir; à nous offrir.Je cours aussi pour repousser mes limites et sortir de ma zone de confort : une compétition avec moi- même, contre moi-même.C\u2019est le plus beau sentiment d\u2019accomplissement! Et que dire de la sensation de bien-être d\u2019après-course : c\u2019est magique! » Gabrielle Juneau, Québec Merci papa « J\u2019ai toujours vu mon père courir, dans les années 70, 80, 90, 2000.Quand c\u2019était pas la mode pis quand ça l\u2019était.Je le suivais en vélo quand j\u2019étais petite puis adolescente ça ne m\u2019intéressait plus.À 21 ans, je suis devenue une maman monoparen- tale avec un bébé d\u2019un an.J\u2019ai recommencé à suivre mon père à la course, cette fois-ci avec mes espadrilles.Je n\u2019ai jamais cessé depuis, j\u2019ai 42 ans.Depuis tout ce temps, je cours pour calmer mes états d\u2019âme, pour évacuer le stress de la journée, pour m\u2019aider à passer à travers certaines journées difficiles, pour rire avec mes amies, pour relever des défis auxquels je n\u2019aurais jamais imaginé que j\u2019étais capable de faire comme 2 demi-marathons.Merci papa d\u2019avoir inscrit cette discipline de vie dans mon ADN.» Dominique Landry, Sainte-Marie VOS MOTIVATIONS À LIRE Bruno Ouellette suggère deux livres «?pertinents?» pour les lectrices et les lecteurs de cette chronique : Running Flow et Le Pouvoir des habitudes : changer un rien pour tout changer.FRANÇOIS-OLIVIER ROBERGE (COLLABORATION SPÉCIALE) Chers lectrices et chers lecteurs, vous êtes inspirants! «?Pourquoi je cours?» La question est simple et complexe à la fois et vous êtes touchants. SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M20 PLEIN AIR À la barre de l\u2019émission La belle vie sur Unis TV, Julien Roussin Côté sillonne les routes depuis un bail déjà.Les kilomètres avalés à travers le Québec, le Canada et les États-Unis depuis qu\u2019il a un jour vendu son condo de Rosemont l\u2019ont habitué au mode de vie mi- nimaliste.Une façon de vivre qui se reflétera dans la maison écologique que lui et sa douce ont commencé à se construire dans le secteur de Bolton-Est dans les Cantons-de-l\u2019Est.« Beaucoup de choses se passent dans ma vie.Entre autres, il y a un enfant qui s\u2019en vient.Ça change des choses.Le fait que j\u2019aie eu 40 ans cette année\u2026 » énumère le visage de Go-Van avec sa blonde, Karolina Krupa.L\u2019idée du point d\u2019ancrage a émergé, un camp de base en vue de l\u2019arrivée du petit capitaine en route, comme ils se plaisent à l\u2019appeler.La future demeure sera plus spacieuse qu\u2019une van, certainement, mais elle aura néanmoins quelques similarités : la fenestration abondante sur une nature généreuse, et la quantité de choses qu\u2019on pourra y stocker devrait être somme toute limitée.« On ne met pas derrière nous le nomadisme », assure-t-il au bout du fil.Cette façon de vivre a justement nourri la réflexion du couple, qui souhaitait réduire son empreinte avec une maison écoresponsable, en diminuant par exemple sa consommation d\u2019énergie et en récupérant l\u2019eau de pluie.Entre autres choses.« Ça nous a amenés à découvrir de belles innovations dans le monde de la construction.Beaucoup de gens s\u2019intéressaient au sujet et nous posaient des questions.C\u2019est l\u2019fun de partager ce qu\u2019on apprend dans une nouvelle plateforme : campdebase.eco, qui parle d\u2019autosuffisance, de sujets connexes aux maisons.On réfléchit notre maison dans un écosystème, ce n\u2019est pas seulement quatre murs et un toit.Ça amène de la fraîcheur dans le monde de la construction. » À quel point la vie en van influence les plans de la nouvelle résidence?« Beaucoup! On l\u2019a réalisé récemment (.) On n\u2019a pas énormément de stockage, par exemple.On n\u2019a pas de pièce de débarras ou de grandes armoires dans la cuisine.On va avoir le minimum.C\u2019est quand même pensé\u2026 On a cette règle-là, dans une van : quand quelque chose de nouveau entre, il faut que quelque chose sorte.Ça ne veut pas dire qu\u2019on jette : on aime donner une deuxième vie, le redonner à quelqu\u2019un, le prêter à quelqu\u2019un qui en a besoin.On a gardé un peu cette approche-là. » « Il y a aussi la connexion avec la nature.Souvent les gens vont mettre leurs fenêtres ou leurs portes directement sur la rue.On est carrément à l\u2019inverse et on pense en fonction du soleil, parce qu\u2019on a une approche solaire passive. » Campdebase.eco s\u2019intéresse au projet de Julien Roussin Côté et de sa conjointe, mais pas que.Il s\u2019attarde à d\u2019autres projets et fait d\u2019ailleurs un clin d\u2019œil à l\u2019artiste Pilou, qui vit à Saint-Adrien.Petit retour en arrière, pour ceux qui ignorent la genèse : en 2013, Julien Roussin Côté achète un condo.Rapidement, la nouvelle propriété crée un sentiment d\u2019emprisonnement, celui de « s\u2019être mis entre quatre murs blancs à Rosemont ».« Je n\u2019ai rien contre ça.Pour des gens, c\u2019est super.Moi, ça ne m\u2019a pas donné l\u2019effet escompté.J\u2019ai senti que j\u2019avais besoin de quelque chose d\u2019autres.Je cherchais à être plus minimaliste, à diminuer mon empreinte écologique\u2026 J\u2019avais déjà une réflexion en cours (\u2026) Je l\u2019ai habité un peu.En janvier 2015, je suis parti avec l\u2019idée de changer d\u2019air.J\u2019avais besoin de ça.Je suis parti en disant : on verra bien! » On connaît la suite : la vie en vanlife a donné un livre et s\u2019est transposée à la télé\u2026 L\u2019émission en est à sa deuxième saison sur Unis TV.Cette fois, c\u2019est la construction de leur maison qui inspirera une deuxième série télé sur Tout.tv, qui devrait être présentée cet automne.« C\u2019est quelque chose d\u2019assez court, c\u2019est cinq épisodes de huit minutes.C\u2019est l\u2019histoire de Karoli- na et moi, qui faisons la transition de la vanlife à ce camp de base.Ce n\u2019est pas un show de construction, mais de life style, qui se base sur ce projet.On a bien hâte de commencer à faire le montage.On a tellement fait de recherches depuis deux ans, ce sont des choses qu\u2019on veut quand même partager. » Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur instagram à isabelle.pion ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR De la van au camp de base Julien Roussin Côté et sa conjointe Karolina Krupa.\u2014 PHOTO KAROLINA KRUPA (@KAROLINAKK) RÉINVENTER LE CAMPING L\u2019animateur participera à une séance d\u2019idéation organisée avec Design Thinking, en collaboration avec la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), le 25 mai à compter de 17 h 30.Julien Roussin Côté observe que la popularité de la vie sur roues a monté en flèche.Les voyageurs ne veulent pas toujours s\u2019ancrer temporairement dans les campings traditionnels.De l\u2019autre côté, on a vu des craintes s\u2019élever devant ceux et celles qui s\u2019installaient un peu partout.Il faut que l\u2019industrie du camping s\u2019adapte, avance Julien Roussin Côté.« Je pense que cette réflexion va dans le bon sens\u2026 » Selon le responsable des médias, Simon Boivin, la Sépaq n\u2019a pas de projet spécifique lié à la van life dans les cartons, mais il s\u2019agit d\u2019une belle occasion afin de voir quelles pistes de réflexion pourront émerger.ISABELLE PION Vous voulez en savoir plus : campdebase.eco www.tv5unis.ca/la-belle-vie-avec-go-van/ laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M21 VOYAGES J e n\u2019avais pas réellement gardé contact avec Dana après l\u2019avoir rencontrée en Chine en 2012.Nous partagions le même dortoir dans une auberge de jeunesse de Shanghai, où je venais tout juste d\u2019arriver, désorienté.Nous avons partagé le trajet en train jusqu\u2019à Hangzhou, où elle rejoignait un ami qui l\u2019attendait à la gare.Nos routes se sont séparées là, ont convergé par hasard quelque trois semaines plus tard, dans le brouhaha de Pékin.Deux aiguilles dans la même botte de foin.Et après, le silence intercalé de photos publiées sur Facebook, où nous suivions le parcours de l\u2019autre à distance.Six ans plus tard, alors que j\u2019immobilisais ma voiture de location dans le stationnement du parc national de Banias, dans le nord d\u2019Israël, j\u2019ai pu capter le wi-fi d\u2019un bus de touristes qui se préparait à partir.« Où es-tu?Appelle-moi dès que tu peux », m\u2019écrivait Dana.Pour combler les interstices de ces six années, précisons que Dana est Israélienne d\u2019origine.Même si elle n\u2019y vivait plus en 2018, j\u2019avais pris le risque de l\u2019informer du périple dans lequel je m\u2019embarquais.Toutes les suggestions seraient les bienvenues.Retour au parc national, donc, où j\u2019ai déclenché la sonnerie de son téléphone.« Ne va pas au sud.C\u2019est trop dangereux.Ne va pas au sud de Tel-Aviv. » Elle s\u2019inquiétait.Un tir de mortier avait atteint une zone résidentielle vers Beer-Sheva, à l\u2019est de Gaza.J\u2019avais considéré passer par là dans les jours qui suivraient.« Si tu entends une alarme, suis la population locale.Elle te dira où te mettre à l\u2019abri. » Le moment était un tant soit peu surréaliste.Avant de partir pour Israël, où je rêvais d\u2019aller depuis des années, quelques attaques survenues dans le petit pays avaient fait les manchettes à l\u2019international.Attaque au couteau, attaque à la voiture bélier.Jérusalem avait vu l\u2019un de ces actes barbares.J\u2019avais cherché à savoir quel risque je courais de partir pour le Moyen- Orient.Je ne comprenais par ailleurs pas vraiment où je pourrais me mettre à l\u2019abri si un conflit éclatait.Ce jour-là, je m\u2019étais aventuré dans le Golan, à la frontière de la Syrie, en suivant les recommandations de Riki, la propriétaire de l\u2019hôtel où je dormais.Selon elle, on ne notait aucune alerte pour un tir de roquette dans la région depuis deux semaines et la virée valait le détour.Les routes à l\u2019est de Safed étaient pourtant relativement désertes, à part quelques camions blancs des Nations unies et un groupe de démineurs sur le bord de la route.J\u2019ai retrouvé une foule au sommet du mont Bental, où il est possible de visiter d\u2019anciens bunkers israéliens.Surtout, on pouvait voir une fumée se dégager du côté syrien.Et il suffisait de tendre l\u2019oreille pour entendre des détonations.Sans savoir précisément d\u2019où elles venaient ou s\u2019il s\u2019agissait de frappes militaires, il y avait de quoi laisser songeur.En retournant vers l\u2019intérieur des terres, en passant par la forteresse de Nimrod, j\u2019avais reçu ce message de Dana.Nos routes ont été loin de se croiser de nouveau, mais au début de la pandémie, il y a un an, mon amie est rentrée dans ses terres natales.De silence en publications de photos sur Facebook, je vois grandir ses enfants que je n\u2019ai jamais rencontrés.La semaine dernière, les enfants assoupis, sages en images, dormaient dans l\u2019abri où la petite famille s\u2019était réfugiée.Ces jours-ci, dans leur hameau entre Tel-Aviv et Gaza, ils entendent les sirènes les implorant de se mettre à l\u2019abri.Quand je vois les pluies de roquettes, comme des feux d\u2019artifice maîtrisés par le Dôme de fer, je ne peux m\u2019empêcher de penser à ces gens que j\u2019ai un jour croisés.À Dana qui me vantait justement, en 2018, l\u2019efficacité du fameux « Dôme de fer ».À ces enfants du camp de réfugiés d\u2019Aïda, à Beth- léem, qui s\u2019amusaient à voler ma casquette pour tuer le temps.Quand les conflits éclatent là où on est passé, le bruit des bombes, on l\u2019entend plus fort à la vue des reportages télévisés.Haïfa et Akko, deux villes paisibles du nord, sont maintenant en proie à d\u2019importantes violences.Jérusalem, où j\u2019ai vu le même jour les célébrations du ramadan et du shabbat, est soumis à de fortes tensions.Cette vieille ville, réel délice pour les sens, autant la vue, l\u2019odorat que l\u2019ouïe, ne vibre plus de la même joie.L\u2019envie d\u2019y arpenter à nouveau les marchés, de retourner vers Tibériade, de découvrir le Négev, devra patienter.La Terre sainte n\u2019aura pas été une révélation religieuse.Pas au sens propre.Mais le contact de l\u2019autre, les rencontres, la richesse historique, eux, sont inversement proportionnels à la grandeur du pays.Parce que dans ma vie il y a un avant Israël et un après, j\u2019aurai toujours dans les cartons d\u2019y retourner, de m\u2019y installer un temps pour regarder le temps qui passe.Pour y prendre la mesure du temps passé.En espérant que la paix et le calme volent plus haut que les roquettes, j\u2019attends que la poussière qui retombe soit celle du temps et non des bâtiments qui s\u2019effondrent.Et j\u2019ai une pensée pour ceux comme Dana et ces enfants de Palestine, qui souhaitent la même paix plus tôt que tard.Les roquettes d\u2019Israël L\u2019Esplanade des Mosquées a été l\u2019objet de tensions, à Jérusalem, au cours des dernières semaines.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU Le centre historique d\u2019Akko, ou Acre, est un site de plus en plus prisé par les touristes.Des confrontations violentes y ont éclaté récemment.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale V ous connaissez ma passion pour ces breuvages découverts durant mes nombreux voyages.En comptant l\u2019étrangeté familière du lait au riz mexicain (horcha- ta), la popularité de l\u2019orgeat et de l\u2019anis en France ou le lassi indien que l\u2019on aimerait confondre avec le smoothie, mais qui détonne franchement par une complexité aromatique recherchée, on répertorie près de 300 catégories de breuvages non alcoolisés dans le monde.L\u2019un de mes breuvages préférés (qui me permet d\u2019oublier, pour un moment, la violence de mes allergies printanières) restera toujours l\u2019agua fresca.Ce mélange tout en fraîcheur, à mi-chemin entre la limonade et l\u2019eau infusée, permet d\u2019utiliser des fleurs (eau de rose, fleur d\u2019oranger) et des épices (cannelle, piments, vanille) pour sortir des sentiers battus.Je vous ai justement présenté, l\u2019année dernière, une « eau fraîche » à base de fraise, de lavande et de menthe.Pourquoi ne pas y ajouter du piquant?Le piment jalapeño frais se marie divinement au melon d\u2019eau.À déguster sans modération les deux pieds dans votre piscine fraîchement ouverte.Pour un brin d\u2019exotisme supplémentaire, ajou- tez-y 1 oz de tequila blanche 100 % agave bleue.Et si vous ne savez pas quoi faire avec le reste de votre piment, pilez les rondelles restantes dans l\u2019eau, achetez-vous du poisson et des crevettes et faites-vous un classique mets mexicain de bord de mer, l\u2019aguachile.L\u2019accord avec l\u2019agua fresca au melon est indéniable.L\u2019illusion de voyage, de crème solaire et de plage ne saurait être plus convaincante.Agua fresca au melon INGRÉDIENTS \u2022 1 oz de grenadine du terroir Monsieur Cocktail (ou du marché) \u2022 1 oz de jus de lime \u2022 4 oz d\u2019eau glacée \u2022 6 cubes de melon d\u2019eau, pilés \u2022 Rondelle de piment Jalapeño (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un verre, piler les cubes de melon dans le sirop.2 Ajouter le reste des ingrédients, remplir de glace et mélanger à la baguette ou à la cuillère.3 Décorer d\u2019une rondelle de piment Jalapeño.4 Pour une version très piquante, piler la rondelle de piment avec le melon.Santé! CÉLÉBRER LE MELON ET MES ALLERGIES P H O T O A N N I E F E R L A N D J\u2019 aime les gins.Que ce soit le classique London Dry Gin ou l\u2019une des très nombreuses versions contemporaines aux aromates variés, le gin est le spiritueux qui me présente la plus belle touche de fraîcheur pour un taux d\u2019alcool élevé.Et si vous aussi vous aimez le gin, vous aimerez les bières qui s\u2019inspirent du gin.Se servir un verre de gin, profiter de ses arômes et découvrir son mélange de botanique est un geste agréable pour tout amateur de ce spiritueux.Depuis quelques années, la botanique dans le gin lui a permis de se tailler une place non négligeable parmi les alcools préférés des Québécois.J\u2019ai eu l\u2019occasion de goûter à des centaines de gins parmi toutes mes visites de distilleries et j\u2019y ai décelé un point commun : l\u2019amour du distillateur pour son choix d\u2019aromates.Que ce soit les gins aux épices boréales, très tendance au Québec, ou les gins aux notes d\u2019agrumes et de fleurs, plus courants dans les distilleries modernes, il y a un gin pour chacun de nous.De plus en plus populaires, les bières aux aromates habituellement utilisés pour distiller du gin font leur apparition sur les tablettes de vos détaillants favoris.Bières et gin, ce n\u2019est pas nouveau.En Europe du Nord, il n\u2019était pas rare de voir quelques consommateurs de café y plonger un petit verre de distillat à base de genièvre qu\u2019on appelle peket ou jenever.De là à le mettre dans la bière, l\u2019idée n\u2019était pas si saugrenue et plusieurs le faisaient.D\u2019autres ont préféré l\u2019accompagner de leur bière.Le petit verre d\u2019alcool à côté de sa bière préférée, ça se voyait assez souvent.Puis, un jour, la « Gin Ale » est apparue.Au Québec, la marque Amiral a été la première à proposer sa « Gin Ale », une bière composée des ingrédients habituels, avec une touche « gin » grâce à l\u2019ajout de la baie de genièvre, de muscade, de coriandre, de clou de girofle, de cannelle, de cardamome, de zeste d\u2019orange et de citron.Au nez, les aromates du gin sont bien présents, le produit rappelle effectivement le spiritueux.En bouche, la bière est sèche, laissant aux aromates toute la place nécessaire pour s\u2019exprimer.C\u2019est définitivement la référence dans le genre, d\u2019autant plus qu\u2019Amiral se targue d\u2019avoir proposé la première « Gin Ale » au monde.Elle a longtemps été la seule « Gin Ale » disponible sur le marché, mais de plus en plus de bières avec ajout d\u2019aromates utilisés dans les gins font leur apparition.LE BILBOQUET GIN ALE, COLLABO NOROI Il est tout d\u2019abord intéressant de voir que le terme « Gin Ale » est utilisé ici, soulignant la très rapide appropriation du terme pour en définir le style.Ensuite, cette collaboration entre la distillerie Noroi et la brasserie Le Bilboquet \u2014 qui partagent également les mêmes bâtiments \u2014 présente non pas une interprétation d\u2019un London Dry Gin, mais plutôt celle du Gin Noroi, aux notes d\u2019agrumes et de fleurs plus prononcées.On retrouve effectivement, en aromatique, la signature particulière du Gin Noroi, distillé à froid selon un procédé sous-pres- sion unique au Québec.AMIRAL PRÉSENTE SA GIN IPA Fort du succès de sa Gin Ale, Amiral propose sa Gin IPA, remplie des mêmes aromates que sa version plus douce, mais avec une dose de houblons classiques contemporains (Nugget, Mosaic, Eldorado, Citra, Hallertaueur, Chinook et Cascade), donnant un mélange d\u2019arômes d\u2019agrumes et une amertume bien franche.Pendant ma dégustation, j\u2019ai adoré voir les arômes et le goût de la bière évoluer en fonction de sa température.Une bien belle expérience.D\u2019AUTRES BIÈRES AUX AROMATES DE « GIN » Vous l\u2019aurez compris, les bières aux notes aromatiques de gin sont surtout des bières qui utilisent de la baie de genièvre et des agrumes.Plusieurs brasseries, sans les nommer « Gin Ale », n\u2019hésitent pas à ajouter quelques épices, souvent en collaboration avec des distilleries locales.Mention spéciale à la Wabassol du Temps d\u2019une pinte, à la P\u2019tit Blanc de Dieu du Ciel! et à la Carcajou du Corsaire.Le gin se transporte dans la bière PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@gcmedias.ca \u2014 PHOTO 123RF laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M23 VINS J\u2019 adore cette période de l\u2019année où les vins rosés arrivent de partout pour ensoleiller notre printemps.Frais et polyvalent, le rosé est un vin qui s\u2019harmonise avec tout, de l\u2019apéro au repas, des fromages aux fruits de mer, du barbecue au pique-nique, de la terrasse à la plage et même dans la piscine, il est toujours parfait! Beau temps mauvais temps, voici mon palmarès de la saison pour mieux boire la vie en rosé.LE PIVE BRUT 23 $ \u2022 14 493 310 \u2022 12,5 % \u2022 9,1 G/L \u2022 BIO On l\u2019aime d\u2019amour ce vin effervescent qui nous transporte en Camargue dès la première gorgée.À la fois ensoleillées et salines, ses bulles délicates expriment les plus belles qualités du grenache gris et noir, complétées par la syrah qui vient couronner le tout.Une très belle bouteille à offrir et à partager avec ceux qu\u2019on aime.LE LOUP BLANC LE RÉGAL 2020 20,35 $ \u2022 12 883 429 \u2022 13 % \u2022 1,2 G/L \u2022 BIO Dans le sud de la France, le grenache est la fondation du rosé.Assemblé ici avec 10 % de cinsault, c\u2019est vraiment un régal.À la fois floral et marqué d\u2019une empreinte minérale soutenue, il est parfait pour apaiser une soif de loup et offre assez de complexité pour marier un repas convivial.CHÂTEAU DE CARTES VIN GRIS 2020 21,95 $ \u2022 14 559 358 \u2022 10,5 % \u2022 4,1 G/L Inspiré des rosés de Provence et délicatement pressé pour conserver une couleur très pâle, voire gris, ce millésime est particulièrement délicieux.Frais, fruité et léger en alcool, il est très agréable pour se désaltérer à n\u2019importe quelle heure qui vous inspire un moment de farniente.Le Château de Cartes est un des vignobles phares de la route des vins de Brome-Missis- quoi dans les Cantons-de-l\u2019Est.PLANETA SICILIA 2020 16,95 $ \u2022 12 818 361 \u2022 12,5 % \u2022 1,8 G/L Depuis le premier millésime, et ce, chaque année, ce rosé sicilien me fait voyager.Sans doute parce qu\u2019on a rarement la chance de déguster le nero d\u2019Avola de cette façon.Légèrement pressé, il retient ses arômes de cerise noire et de réglisse qui viennent subtilement s\u2019amouracher de la syrah qui compose 50 % de cet assemblage.Pour l\u2019accord ultime, essayer-le avec les pasta alla trapanese, un pesto d\u2019amandes.C\u2019est tout simplement divin! MICHEL GASSIER COSTIÈRES DE NÎMES BUTI NAGES 15 $ \u2022 427 625 \u2022 13,5 % \u2022 1,2 G/L \u2022 BIO À la fois croquant, gourmand et velouté, avec beaucoup d\u2019ampleur aromatique, ce rosé demeure un de mes préférés chaque année.Un classique finalement! Et tellement de qualité pour un prix si doux.Un vin parfait à l\u2019apéro avec des charcuteries et pour accompagner les pâtes, les poissons grillés et les salades.80 % grenache, 20 % syrah.ROSELINE 15,30 $ \u2022 534 768 \u2022 13,5 % \u2022 1,3 G/L Un grand classique pour vivre la Provence dans un verre.L\u2019assemblage traditionnel des rosés de la région soit, cinsault-grenache- syrah-carignan, lui confère son style et son goût signature qui nous transporte littéralement au bord de la Méditerranée devant un plateau de fruits de mer et un coucher de soleil.GÉRARD BERTRAND CÔTE DES ROSES 18,35 $ \u2022 13 845 791 \u2022 13 % \u2022 1,6 G/L Une autre belle et bonne bouteille à offrir quand on est invité à un BBQ \u2013 parce qu\u2019elles vont revenir ces soirées festives en famille et entre amis! Et en attendant, on ne s\u2019empêchera pas de déguster ce rosé aux notes de fraise, de framboise et de melon qu\u2019on apprécie pour sa fraîcheur, mais aussi pour sa texture bien représentative du terroir du Lan- guedoc.Incursion dans le monde du rosé NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Frais et polyvalent, le rosé est un vin qui s\u2019harmonise avec tout, de l\u2019apéro au repas, des fromages aux fruits de mer, du barbecue au pique-nique, de la terrasse à la plage et même dans la piscine, il est toujours parfait! \u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, NATALIE RICHARD SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M24 RÉGAL ET RESTOS Qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019une sortie au restaurant demeurera mémorable?Ce qu\u2019on y mangera, sans aucun doute, l\u2019ambiance aussi\u2026 sans oublier le service qu\u2019on y recevra.Un serveur pressé et bête comme ses pieds, ou plutôt souriant et attentionné, fera une grande différence à la fin de la soirée.Et qui de mieux pour parler de ce volet essentiel de la restauration que deux finalistes dans la catégorie service en salle aux Lauriers de la gastronomie! BRILLER PAR LE SERVICE RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil Amélie Pruneau a un sourire dans la voix quand elle parle de son métier qu\u2019elle aime tant.La pétillante femme de 40 ans fait carrière dans le milieu de la restauration depuis plus de 20 ans.«?J\u2019ai commencé à 16 ans dans un truck stop sur le boulevard Sainte-Anne, mais ça ne compte pas là!?» dira-t-elle en riant.Elle a en effet parcouru bien du chemin entre cette première incursion dans un restaurant et son travail actuel au réputé Bat- tuto dans la capitale.Amélie a notamment œuvré au défunt La Noce (aujourd\u2019hui Les délices d\u2019Ariana, sur René-Lévesque) avant d\u2019être recrutée au Clocher Penché, où elle est restée neuf ans.« Ça a été très formateur.Les anciens proprios Eric [Villain] et Steve [McCandless] sont des profs en cuisine et ils mettaient l\u2019accent sur la formation continue.On goûtait aux plats, j\u2019ai fait mon cours en sommellerie, des formations sur le café et le thé\u2026 Et j\u2019ai côtoyé une équipe d\u2019expérience, souligne Amélie Pruneau.Le service, c\u2019est aussi savoir faire des accords avec le vin, les cocktails, avoir le souci du détail, par exemple monter une table et que tout soit droit.» Quand ses amis Guillaume St-Pierre et Paul Croteau lui ont parlé de leur projet d\u2019ouvrir le Battuto, Amélie a sauté sur l\u2019occasion de travailler à leurs côtés.Pascal Bus- sières complète le trio d\u2019associés \u2014 il était d\u2019ailleurs en nomination aux Lauriers dans la même catégorie qu\u2019Amélie en 2019 \u2014 et la serveuse est comme le 4e mousquetaire de la bande depuis l\u2019ouverture en décembre 2016.« Le Battuto, c\u2019est la consécration! On est tous des gens de métier, tout est parfait : la qualité des produits, les gars en cuisine sont des machines, les plats sont beaux et bien dressés, en salle c\u2019est petit donc on ne fait pas de pas pour rien, c\u2019est super ergonomique, il y a une belle ambiance et on travaille vraiment en équipe », s\u2019enthousiasme Amélie, qui n\u2019a pu travailler que quelques mois au restaurant depuis le début de la pandémie.Pour elle, le fait d\u2019avoir un menu et une carte des vins qui changent régulièrement est stimulant puisque cela amène constamment des apprentissages.« Il faut aimer ce que tu présentes, et les gars c\u2019est vraiment bon ce qu\u2019ils font! » Et la popularité du restaurant italien de Saint-Roch ne se dément pas depuis son ouverture, les clients devant réserver des semaines, voire des mois d\u2019avance.« On le sait que ça fait longtemps qu\u2019ils attendent pour venir et on veut que l\u2019expérience soit à la hauteur.» La clé pour faire son métier?« Il faut avoir une bonne intelligence émotionnelle et sociale, aimer les gens et s\u2019intéresser à eux, sinon à la longue c\u2019est ce qui fait que tu deviens aigri.Il faut apprendre à travailler sous pression, et à développer son tact », souligne Amélie.Alors qu\u2019un client désagréable pourrait faire perdre à d\u2019autres leur sang-froid, la serveuse voit plutôt cela comme un défi : « Je vais être tellement smatt! Je suis contente si j\u2019arrive à le désamorcer ».Comme quoi sa bonne humeur contagieuse permet d\u2019en amadouer plus d\u2019un.AMÉLIE PRUNEAU ET LA NAISSANCE DU BATTUTO Gnudi \u2014 PHOTO RESTAURANT BATTUTO Amélie Pruneau \u2014 PHOTO LE SOLEIL ERICK LABBÉ laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M25 RÉGAL ET RESTOS Les propriétaires du Côté Est mettent les produits locaux à l\u2019honneur de leurs assiettes.\u2014 PHOTO JHA PHOTOGRAPHIE Le lauréat du Laurier pour le service en salle en 2021 se trouvera-t-il en-dehors de la métropole?En fait, il y a fortes chances qu\u2019il s\u2019agisse plutôt d\u2019une lauréate, puisque quatre des cinq finalistes sont des femmes.Aux côtés de Perle Moren- cy et d\u2019Amélie Pruneau, on retrouve donc Sophie Al- laire du restaurant La Belle Histoire, à Sainte-Margue- rite- du- Lac- Masson dans les Laurentides, Mélanie Blan- chette du Bouillon Bilk et du Cadet à Montréal, et Alex Win- nicki du Satay Brothers à Montréal.On saura lundi qui d\u2019entre eux succédera à Denis Lessard (Le Serpent à Montréal; lauréat 2019) et à Alexandre Van Huynh (Montréal Plaza; lauréat 2018).La sélection des lauréats repose à parts égales sur le vote du jury \u2014 composé de six membres liés au milieu de la gastronomie \u2014 et sur le vote de la Brigade des Lauriers, qui rassemble près de 5000 professionnels de l\u2019industrie au Québec.Cette année, le Gala des Lauriers de la gastronomie est gratuit et ouvert à tous : il se déroulera en studio avec plusieurs personnalités de l\u2019industrie et le public est convié à y assister de façon virtuelle, dès 18?h, au lauriers.ca/gala2021.RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL UNE LAURÉATE HORS MONTRÉAL?PATRICIA RAINVILLE Collaboration spéciale Passer la porte du Côté Est de Kamouraska, c\u2019est un peu comme rentrer à la maison.C\u2019est en ces mots que la copropriétaire, Perle Morency, explique le sentiment qu\u2019elle veut partager avec les clients du bistro situé en plein cœur du pittoresque village du Bas-Saint-Laurent.Nommée dans la catégorie Meilleur service aux Lauriers, Perle Morency s\u2019est dite très, mais vraiment très surprise de voir son nom dans la liste des nommés.« Le Côté Est a été et est en nomination dans la catégorie du meilleur restaurant, mais je ne croyais pas voir mon nom dans cette catégorie! C\u2019est vraiment une méga et belle surprise et j\u2019en suis très fière », souligne Perle Morency, qui se fait un devoir d\u2019offrir une expérience unique à ceux et celles qui s\u2019attablent dans la magnifique maison située à quelques pas à peine du Saint-Laurent.« Honnêtement, ça finit très souvent en party, au Côté Est! En tout cas, lorsqu\u2019on n\u2019est pas en pandémie, évidemment », souligne l\u2019autodidacte, en riant.Copropriétaire du restaurant avec Kim Côté depuis 2012, Perle Morency estime qu\u2019œuvrer dans l\u2019univers de la cuisine, c\u2019est un peu comme raconter une histoire.Une histoire, bien souvent, inspirée par les beautés du fleuve.« Nous voulons offrir un repère, un endroit où les gens se sentent comme chez eux.On connaît très bien nos produits et on explique aux clients d\u2019où ils viennent et qui sont derrière ce qu\u2019ils s\u2019apprêtent à manger, que ce soit des producteurs locaux et des maraîchers d\u2019ici », explique Perle Morency.D\u2019ailleurs, le chef et copropriétaire du Côté Est, Kim Côté, était au large lors de l\u2019entrevue accordée au Soleil.Parti aux Îles-de- la-Madeleine, l\u2019homme pêchait lui-même ce qu\u2019il concoctera au cours des prochains mois.« Il est parti rejoindre des amis pêcheurs là-bas.Pour lui, c\u2019est important de participer à la pêche et c\u2019est super pour nous, puisqu\u2019on ne peut pas mieux connaître ce qu\u2019on cuisine et ce qu\u2019on sert! » raconte celle qui, comme tous ses collègues restaurateurs, a vécu une dernière année en dents de scie.Au moment d\u2019écrire ces lignes, la restauratrice avait encore dû fermer sa salle à manger, puisque le Bas- Saint-Laurent venait de basculer en zone rouge.« Ç\u2019a été une année difficile et énormément énergivore.Juste au niveau de l\u2019administration et avec tous ces documents à remplir, ça été pas mal athlétique! Mais on s\u2019est vite retroussé les manches en continuant d\u2019offrir un service personnalisé.Et pour l\u2019instant, on se refait une beauté pour la réouverture », note Perle Morency.Être nommée aux Lauriers reste un énorme privilège pour elle.« C\u2019est vraiment super excitant, mais il faut aussi faire attention, puisqu\u2019il y a d\u2019excellents restaurateurs qui ne sont pas nommés et qui font pourtant un travail remarquable.Je le vois comme un grand privilège et j\u2019en suis reconnaissante », explique celle qui prend également beaucoup de plaisir à partager son savoir avec les plus jeunes et avec ceux qui se lancent dans ce domaine, qui est loin d\u2019être facile.C \u2019e st l e 2 4 m a i q u e Pe r l e Morency saura si elle remporte le titre dans la catégorie du meilleur service et si son restaurant sera sacré le meilleur au Québec.D\u2019ici là, la copropriétaire s\u2019active à préparer la magnifique terrasse qui fait le bonheur des Kamouraskois et des nombreux touristes en saison estivale.PERLE MORENCY ET LE REPÈRE DU CÔTÉ EST Perle Morency est en nomination dans la catégorie Meilleur service.\u2014 PHOTO JHA PHOTOGRAPHIE Le Côté Est est situé au coeur du magnifique petit village depuis 2012.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, PATRICIA RAINVILLE SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M26 samedi 22 mai 021 leSoleil 40 Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Le premier ministre, François Legault a annoncé mardi son plan de déconfinement pour le Québec.et cette annonce a de quoi réjouir bien des gens qui sont fatigués de rester chez eux.\u203a Les caricaTurisTes s\u2019amusenT! Comme tu peux le constater, les caricaturistes ont été bien inspirés par le plan de déconfinement du gouvernement.Jean isabelle a représenté m.Legault en train d\u2019essayer de monter son barbecue avec un plan très compliqué.aussi compliqué que le plan pour réduire les mesures sanitaires et ainsi permettre aux Québécois de se rassembler pour un souper de grillades! andré-Philippe Côté lui, a fait un dessin qui veut dire «on y est presque!» il reste encore quelques jours et quelques conditions avant qu\u2019on puisse se réunir autour d\u2019une table avec des amis ou des membres de notre famille autre que ceux qui composent notre bulle.\u203a Toujours prioriser L\u2019exTérieur! Bonne nouvelle, les rassemblements de huit personnes dans les cours arrière des maisons seront autorisés à compter du 28 mai.sens-tu déjà l\u2019odeur des grillades sur le barbecue?entends-tu les discussions animées entre amis?C\u2019est connu et documenté, le virus se transmet moins facilement à l\u2019extérieur.C\u2019est pour cette raison que le gouvernement favorise les activités extérieures plutôt qu\u2019intérieures dans son plan de déconfinement.Voici d\u2019autres nouvelles du plan de déconfinement qui pourraient t\u2019intéresser : Les camps de jour et les camps de vacances pourront accueillir les enfants cet été.d\u2019ici la fin du mois d\u2019août, 75 % des enfants de 12 ans et plus recevront leurs deux doses de vaccin.À partir du 25 juin, les personnes ayant reçu deux doses de vaccins pourront se voir à l\u2019intérieur sans masque et sans distanciation.\u203a super imporTanT de respecTer Le pLan! Le docteur arruda et le premier ministre Legault l\u2019ont bien dit.il est important de respecter le plan et de suivre les étapes de déconfinement si on ne veut pas vivre une autre vague et devoir se reconfiner.Les étapes et les dates annoncées n\u2019ont pas été mises là par hasard et c\u2019est pour notre sécurité et surtout, pour que tout se passe bien que les experts ont élaboré un plan en plusieurs étapes.Ce sont de très bonnes nouvelles qu\u2019on attendait depuis longtemps! Ça fait du bien n\u2019est-ce pas?PhiliPPe Julien-Bougie un déConFinemenT insPiranT C a r i C a T u r e a n d r é - P h i L i P P e C ô T é , L e s o L e i L Tu connais Farah alibay?C\u2019est une ingénieure aérospatiale qui a grandi au Québec, à Joliette, et qui pilote maintenant le robot Persévérance sur la planète mars.C\u2019est comme conduire une voiture téléguidée qui se trouve sur une autre planète.Pas banal comme métier! nous sommes très chanceux! Fa- rah alibay a accepté de répondre aux questions des jeunes lecteurs du P\u2019tit mag.envoie-nous ta question, dis- nous ce que tu voudrais savoir sur elle, son métier ou son parcours! il s\u2019agit d\u2019une exclusivité! ne rate pas ta chance et envoie ta question à Farah par courriel.nous en choisirons plusieurs! Tu pourras voir ses réponses en vidéo, dès le 3 juin! Pour envoyer ta question : jeunesse@cn2i.ca (merci d\u2019écrire ton nom, ton âge et ta ville!) Pose Ta QuesTion À Farah aLiBay! Une semaine d\u2019actU P h o T o s F o u r n i e s P a r L a n a s a laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M27 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 22 mai 20 1 41 e Parions que tu n\u2019as jamais entendu parler du Tlatolophus galorum! C\u2019est le nom qu\u2019on a donné à la nouvelle espèce de dinosaure découverte au nord du mexique.Les os de la queue du Tlatolophus ga- lorum ont été trouvés en 2013.il a fallu huit ans de recherches pour que les paléontologues puissent enfin dire qu\u2019ils ont découvert un nouveau dinosaure.Les paléontologues sont ceux qui étudient les dinosaures.Ce sont des scientifiques qui sont aussi historiens! Lorsqu\u2019ils trouvent des os de dinosaures, ils découvrent parfois des espèces qui nous étaient encore inconnues.\u203a Une bibitte sociale! Tlatolophus est un dérivé de tlah- tolli qui veut dire «mot» en nahua, la langue d\u2019un groupe autochtone au mexique.et de lophus qui veut dire «crête» en grec.Pourquoi avoir «mot» dans son nom?Parce que cet animal était un grand communicateur! «Nous savons qu\u2019ils avaient des oreilles capables de recevoir des sons à basse fréquence, donc ce devaient être des dinosaures paisibles, mais communicatifs.[ils] émettaient des sons forts pour effrayer les carnivores ou à des fins de reproduction», explique l\u2019institut national d\u2019anthropologie et d\u2019histoire mexicain.et pourquoi crête?Parce qu\u2019on croit que ce reptile avait une crête colorée.Une crête c\u2019est ce qu\u2019on trouve sur la tête de certains oiseaux et qui ressemble drôlement à la coupe d\u2019elvis Presley.si la crête rouge des coqs ne fait que quelques centimètres, celle du Tlatolophus galorum faisait un mètre et 32 centimètres.Ça te donne une idée de sa taille.\u203a Préservé toUt ce temPs Les scientifiques suggèrent que les os trouvés en 2013 datent de 72 à 73 millions d\u2019années.Cet animal à grosse crête serait sûrement mort dans une étendue d\u2019eau riche en sédiments.il a donc été recouvert de terre.en étant enseveli, il a été conservé et protégé tout ce temps.\u203a QUi est ce rePtile?Les recherches permettent de déterminer que le Tlatolophus galorum était herbivore, donc qu\u2019il ne se nourrissait que de plantes.On dit aussi qu\u2019il était pacifique.malgré sa taille phénoménale, il n\u2019était pas méchant.On en saura sans doute encore plus dans les prochaines années, car ce dinosaure n\u2019a pas fini de faire travailler les scientifiques! PhiliPPe Julien-Bougie Un noUveaU dinosaUre décoUvert aU MexiqUe! Jeudi dernier, le tableau du célèbre peintre Pablo Picasso intitulé Femme assise près d\u2019une fenêtre (Marie-Thérèse) a été vendu à 103,4 millions de dollars américains (ce qui équivaut à 126 millions de dollars canadiens).Cette vente a eu lieu lors d\u2019une enchère organisée chez Christie\u2019s, à New York.Christie\u2019s est l\u2019une des plus grandes maisons de vente aux enchères dans le monde.elle vend des œuvres d\u2019art, des tableaux, du mobilier, des bijoux et du vin depuis que James Christie, son fondateur, a tenu sa première vente à Londres en 1766.\u203a le Peintre le PlUs riche de l\u2019histoire! Tu as certainement déjà entendu parler de lui! Pablo Picasso est un peintre espagnol qui a vécu entre 1881 et 1973.ses toiles sont encore très appréciées, même si certaines d\u2019entre elles ont été peintes il y a plus de 100 ans! dans le monde, seulement 14 tableaux ont dépassé les 100 millions de dollars aux enchères.de ce nombre, Picasso en compte maintenant cinq.C\u2019est un record! Comme Picasso est décédé, l\u2019argent des ventes est donné à sa succession c\u2019est- à-dire ses héritiers.ses enfants et petits-enfants reçoivent les sous.ils doivent en redonner une partie au gouvernement et ensuite ils se séparent les montants.\u203a le doUble dU Prix estimé! L\u2019œuvre vendue récemment représente marie-Thérèse Walter.On dit quelle était la muse de Picasso.Cela veut dire la femme qui lui donne de l\u2019inspiration.il y a huit ans, son propriétaire actuel avait acheté la toile dans une vente organisée à Londres pour 49 millions de dollars américains.disons qu\u2019il a fait une bonne affaire.lyndie Julien, Journaliste stagiaire 100 miLLiONs $ POUr UN PiCassO! i L L U s T r a T i O N d e L U i s V .r e Y / i N a H , s e L O N L e s i N d i C a T i O N s d e s C H e r C H e U r s P H O T O s f O U r N i e s P a r L a N a s a P h o T o A F P SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M28 LE P\u2019TIT MAG samedi 22 mai 021 leSoleil 42 \u2019 I le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 la queue du chat 2 un pion en plus sur la planche de jeux 3 une liasse d\u2019argent manquante 4 la boucle d\u2019oreille de la dame 5 les cheveux roses de la fille 6 les pieds du garçon 7 le sourire du papa Simon est déçu de voir que la chaîne de son vélo a encore déraillé.Je propose de l\u2019aider.Il répond: «Non, je suis capable de la railler tout seul» \u2014 Simon, 6 ans «Grand-maman, il est bon ton yogourt aux fleurs!» Tenant son berlingot de yogourt à la vanille, il regardait la fleur sur l\u2019emballage.\u2014 Thomas, 3 ans (aujourd\u2019hui 13 ans) Blanche, ma petite- fille, m\u2019a dit qu\u2019elle a regardé le film «Denis la p\u2019tite fesse».Je lui ai fait répéter trois fois le titre du film et elle a toujours répondu : «Denis la p\u2019tite fesse» C\u2019était bien sûr le film Denis la petite peste.\u2014 Blanche, 3 ans Mon neveu à la maternelle : l\u2019enseignant e leur fait écouter un segment du Boléro de Ravel.Elle leur demande s\u2019ils connaissent ce morceau de musique.Il répond : «Oui, c\u2019est le Rodéo de Gravel» \u2014 Guillaume, 6 ans (aujourd\u2019hui 41 ans) En décrivant comment manger une cuisse de poulet : «C\u2019est facile, on prend la cuisse par la main» \u2014 Olivier, 4 ans faItEs- Nous rIrE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com Mon petit-fils ayant reçu en cadeau d\u2019anniversaire un tricycle rouge et un casque, je lui dis à quel point ce cadeau est magnifique! Il me répond : «Quand tu vas être petite grand-maman, je vais te le prêter!» \u2014 Jasmin, 3 ans laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M29 ACTUALITÉS Prêts à redémarrer ?M aintenant que le plan de déconfine- ment est annoncé et qu\u2019on vogue, plein d\u2019espoir, vers un « retour à la normale », le moment de la question piège est peut-être venu : mais à quoi, au juste,  voulons-nous que notre « vie normale » ressemble?  À force d\u2019être confinés, on a eu le temps d\u2019y réfléchir, d\u2019imaginer en quoi notre normalité pourrait s\u2019améliorer.C\u2019est comme le début d\u2019une nouvelle année.Mais on hésite à prendre des résolutions.On n\u2019est pas censés faire ça juste au Nouvel An?  Eh bien non.Consciemment ou pas, les gens prennent des résolutions à longueur d\u2019année, a montré la chercheuse en sciences comportementales Katy Milkman, dont je vous parlais la semaine dernière.  À leur anniversaire, au début de l\u2019année scolaire, au début d\u2019une saison, au début d\u2019un mois ou même le lundi, les gens ont le sentiment qu\u2019ils peuvent remettre le compteur à zéro, et ils se fixent de nouveaux objectifs.Les moments de « rupture » ou de « discontinuité » dans nos vies ont aussi tendance à propulser le changement.Un déménagement, un mariage, une séparation, une maladie, la naissance d\u2019un enfant, un changement de boulot, un déconfinement : tous ces moments sont perçus comme des redémarrages.L\u2019effet peut être puissant.Parfois, une date significative sur le calendrier ou l\u2019impression d\u2019un nouveau départ suffisent à nous botter les fesses pour qu\u2019on devienne une meilleure version de nous-mêmes, ont montré les recherches de Mme Milkman et d\u2019autres chercheurs.  Dans son livre How to Change : The Science of Getting from Where You Are to Where You Want to Be, Katy Milkman explique que ces nouveaux départs offrent une sorte de table rase mentale.« Les gens se sentent éloignés de leurs échecs passés; ils se sentent comme une personne différente \u2014 une personne avec des raisons d\u2019être optimiste pour l\u2019avenir », écrit Mme Milkman, qui est pro- fesseure à la Wharton School de l\u2019Université de Pennsylvanie.  Le déconfinement marque un autre chapitre de nos vies.Et même si ça vous semble juste une transition, vous serez probablement plus enclins à changer.Ne soyez pas gênés d\u2019en profiter.  L\u2019effet des nouveaux départs peut aussi donner un coup de pouce à votre organisation.Katy Milkman a par exemple collaboré avec Google, où les employés ne profitaient pas de généreux programmes mis sur pied pour les aider à épargner pour la retraite, passer moins de temps sur les réseaux sociaux, bouger plus, manger mieux ou cesser de fumer.Pour remédier à ce problème, les programmeurs de Google ont mis sur pied un « moteur de moments » qui repère les étapes clés où les employés sont plus disposés au changement, comme une promotion ou un changement de département, raconte Mme Milkman dans son livre.  Mais pas besoin d\u2019un outil aussi sophistiqué pour repérer les occasions de redémarrer.Au début du mois, par exemple, c\u2019était mon 39e anniversaire.Inspiré par la chronique du collègue Fran- çois-Olivier Roberge et des amis qui joggent depuis longtemps, j\u2019ai décidé d\u2019apprendre à courir avant mes 40 ans.   J\u2019y vais lentement, en alternant les minutes de marche et les minutes de course, mais j\u2019avance.Regardez-moi bien dans six mois, je vais être capable de me rendre au dépanneur sans m\u2019essouffler.  Je vous le disais la semaine passée : c\u2019est très dur d\u2019adopter de nouvelles habitudes et, surtout, de les maintenir.Dans six mois, mes espadrilles abandonnées se conteront peut-être de me dévisager.  Mais il y a de l\u2019espoir.Katy Milkman raconte que les journalistes lui brandissent souvent un sondage qui montre que 80 % des gens échouent à tenir leurs résolutions du Nouvel An.Reste que 20 % des gens tiennent le coup jusqu\u2019à la fin de l\u2019année, leur répond-elle.Et elle ajoute une citation de l\u2019acteur David Hasselhoff (Bay Watch) qui a déjà dit : « Si tu ne joues pas, tu ne peux pas frapper un coup de circuit ».  C\u2019est peut-être comme ça qu\u2019il faut envisager le déconfinement.On peut enfin revenir au marbre.Êtes-vous prêts à vous élancer?À notre anniversaire, au début d\u2019une saison ou même le lundi, on peut remettre le compteur à zéro.Le déconfinement peut constituer un nouveau départ psychologique.Pourquoi ne pas en profiter pour commencer à courir?\u2014 PHOTO 123RF/IVANKO BRNJAKOVIC MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 On l\u2019a souvent vu sur scène comme comédien dans la capitale.On a entendu ses créations au théâtre comme concepteur sonore.Voilà que Vincent Roy ose enfin un microalbum à son nom.Ça s\u2019intitule Amelia, en hommage à sa sœur.Et ça résonne très près du cœur.Dans des sonorités électros pla- nantes, l\u2019auteur-compositeur- interprète nous invite dans son passé, dans sa famille, dans son Bas-Saint-Laurent qui lui est si cher.« J\u2019aime sortir de moi quand je fais du théâtre.La musique, c\u2019est plus un canal intime.Je le fais dans un esprit de communiquer tout simplement, dans une idée de douceur et de féminité à travers ma musique.» Comme comédien, on a eu l\u2019occasion de voir Vincent Roy dans des pièces assez dures.On pense notamment à Bonne retraite, Jocelyne, de Fabien Cloutier, dans laquelle son personnage se faisait passablement malmener.On a aussi pu entendre ses conceptions sonores dans plusieurs œuvres qui n\u2019étaient pas les siennes.Sans dire qu\u2019il cherche un exutoire dans sa création musicale, il reconnaît aimer varier les plaisirs artistiques.« C\u2019est drôle à dire, mais je pense que je me tanne vite, lance-t-il.J\u2019ai besoin que ça bouge.J\u2019ai besoin de m\u2019exprimer de différentes manières.Il y a plusieurs formes d\u2019art qui m\u2019intéressent et plusieurs interprètes en moi, aussi.J\u2019ai l\u2019impression que ça me donne l\u2019occasion de m\u2019exprimer le plus sincèrement possible.» « Ça faisait longtemps que j\u2019avais envie de me commettre un peu plus et de faire un album vraiment pour moi, pour me détendre, pour me mettre moins de pression au quotidien.» UN UNIVERS CINÉMATOGRAPHIQUE Inspiré notamment par sa sœur, ce premier album de Vincent Roy, Amelia, se décline comme un hommage à ses racines.Ça s\u2019exprime dans une électropop toute douce, dans des superpositions de voix, dans un univers cinématographique.« Il y a quelque chose de contemplatif, de minimaliste.Je pense que c\u2019est teinté beaucoup de mon parcours théâtral », observe le créateur.Après avoir porté ses chansons une première fois sur scène, Vincent Roy pensait avoir tout dit.Une certaine COVID l\u2019a ramené à ses calepins et à ses machines.« À cause de la pandémie, je suis retombé en phase avec ce que je voulais dire.De retrouver mes proches, de donner de l\u2019amour aux gens que j\u2019aime, de retourner chez moi\u2026 Tout ce qu\u2019on a hâte de faire en ce moment.» résume-t-il.Vincent Roy raconte ne s\u2019être pas tout à fait senti à sa place avant de lancer son projet solo.Mais le besoin était bien là.« C\u2019est un peu plus compromettant, je dois dire, évoque-t-il.L\u2019album a été composé entre plusieurs conceptions sonores [au théâtre], sur pratiquement cinq ans.Ce n\u2019est pas juste parce que j\u2019avais d\u2019autres affaires.Je pense que je me sentais un peu imposteur de me mettre les deux pieds vraiment là-dedans et d\u2019arriver comme ça dans le milieu musical, de façon très autodidacte.Mais là, je me sens fin prêt à explorer ce pan-là de ma créativité.» Vincent Roy, l\u2019acteur, nous prépare un spectacle solo.Le musicien se sent aussi inspiré.D\u2019autres projets sont à venir.Y a t-il une logique qui explique pourquoi l\u2019adjectif « arrière » reste invariable?Il me paraît erroné d\u2019écrire « mes arrière-grands-parents ».Louis Lemieux Sherbrooke La logique est très près de celle de grand dans grand-mère, dont je parlais il y a quelques semaines.Si vous vous rappelez bien, je disais que l\u2019on peut choisir d\u2019accorder ou non l\u2019adjectif grand dans ce mot (« des grand-mères » ou « des grands- mères »), les avis des principaux ouvrages de référence étant partagés sur cette question.L\u2019argument de ceux qui optent pour l\u2019invariabilité est que ce mot est déjà invariable en genre (on ne dit jamais grande-mère).Aussi bien, donc, le garder invariable en nombre également.C\u2019est le même raisonnement qui s\u2019applique avec arrière, à la différence que, cette fois, tout le monde est d\u2019accord.Peut-être que cela ne vous paraît pas forcément évident, parce que si arrière pouvait se mettre au féminin, cela donnerait le même mot à cause de sa finale en e.Mais qui dit arrière dit avant.Et vous admettrez très rapidement que le mot avant ne s\u2019accorde pas en genre dans des mots composés tels avant- garde, avant-première, avant- scène, avant-veille\u2026 Je vois déjà vos sourcils relevés si vous tombiez sur un avante-première.Et entre garder un mot invariable en tout temps ou le garder invariable en genre seulement (ce qui n\u2019est pas impossible, mais plus rare), laquelle des deux options est la plus simple à retenir et à appliquer?Cette invariabilité des adjectifs arrière et avant doit être observée même quand l\u2019adjectif est placé après.Voyez.Cette année, je dois uniquement changer mes pneus avant.Les meilleures joueuses de cette équipe sont celles des positions arrière.Notez que, sur cette question, je suis légèrement en désaccord avec la Banque de dépannage linguistique, qui estime que, dans les mots composés avec arrière comme arrière- grand-père, arrière-boutique ou arrière-pensée, le mot arrière est adverbe, ce qui justifie de le garder invariable.Mais la définition du mot arrière dans ces mots est bien plus près de celle de l\u2019adjectif (« qui est situé derrière ») que de celle de l\u2019adverbe (« dans une direction opposée »).Donc, je persiste et signe : arrière et avant sont ici des adjectifs invariables, non des adverbes.Remarquez, il est normal de perdre un peu son latin avec ces mots, qui font partie de ceux qui accumulent les fonctions.Non seulement avant et arrière peuvent être adjectifs et adverbes, mais ils peuvent aussi être prépositions et noms.Sans oublier toutes les locutions qu\u2019ils peuvent former (« en arrière de », « en avant », « avant que », « mettre en avant », etc.).En somme, les seules situations où avant et arrière peuvent s\u2019accorder, c\u2019est lorsqu\u2019ils sont employés comme noms, surtout dans les vocabulaires sportif ou militaire.L\u2019armée avait assuré ses arrières [territoire en dehors de la zone d\u2019opérations militaires] pour se replier en cas de défaite.Lors de cette finale de l\u2019Euro, la ligne des avants de l\u2019équipe adverse n\u2019avait pas été difficile à déjouer.PERLES DE LA SEMAINE Pardonnez-moi de prêcher pour ma paroisse, mais l\u2019avantage des petites annonces dans les journaux, c\u2019est qu\u2019au moins une personne repasse sur votre texte.Infoman nous a encore fait présent, la semaine dernière, d\u2019une belle cuvée de petites annonces en ligne.Gasobeau à patio 10 pieds carrés, toit en tôle Bisique de 26 pousses pour faire de lexexiste Clavier gaimeur water plouf Chaise pour exercice hadominos Deux mayo de bain presque jamais portés Grand mophone Casse-tête, manque environ dix pièces Ti ou de checheu (tuyau de sécheuse) L\u2019âme de scie 12 pouces Machine pour acné du sommeille Collier anti-aboiement pour chier Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Retour vers l\u2019arrière VINCENT ROY TOUT PRÈS DU CŒUR Vincent Roy présente Amelia, un premier album de créations musicales.\u2014 PHOTO LAURIE FOSTER laTribune SAMEDI 22 MAI 2021 M31 PILOU arts TOMMY BROCHU tommy.brochu@latribune.qc.ca SAINT-ADRIEN \u2014 Pierre-Philippe Côté, Pilou ou Peter Henry Phillips?Musicien, producteur ou entrepreneur?Homme de région et de valeurs, celui qui a remis Saint-Adrien sur la carte fait son bonhomme de chemin depuis longtemps.L\u2019amour de la musique se cultive depuis longtemps dans le cœur de celui qui a grandi à Val-des-Sources.D\u2019aussi loin qu\u2019il se rappelle, Pierre- Philippe Côté aime les arts.« Il y avait un piano chez moi, chez ma grand-mère, et chez mes tantes, raconte-t-il.J\u2019ai toujours aimé pianoter et chanter.C\u2019était moi le cousin dans le party de Noël qui voulait monter un spectacle.Ç\u2019a été naturel, il s\u2019est adonné que j\u2019aimais faire de la musique, de la peinture, danser, bouger. » « J\u2019ai la chance d\u2019avoir une grand- mère et des parents qui sont sensibles à l\u2019art et au beau, poursuit-il.J\u2019ai écouté de la musique classique, de l\u2019opéra.J\u2019ai eu la chance d\u2019aller dans des musées avec ma grand- mère qui était une érudite, qui connaissait l\u2019histoire de l\u2019art et qui tripait sur les opéras. » Et ses voisins à Val-des-Sources ont enrichi sa culture.« Ils avaient des cassettes et faisaient des mix- tapes », se rappelle-t-il.Pilou a pu compter sur de très bons mentors dans son parcours.« J\u2019ai eu des maîtres comme Raymond Nadeau, un saxophoniste de jazz monumental.Il respirait la musique et il l\u2019a léguée à beaucoup de jeunes », dit-il, expliquant que c\u2019est le contrebassiste Mathieu Dasy, qui était son « coach » à l\u2019Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke, qui lui a vendu le programme du conservatoire.« Et au secondaire, j\u2019ai eu des enseignants qui m\u2019ont encouragé, précise-t-il.La culture était déjà importante pour moi.J\u2019étais impliqué à la radio étudiante, au conseil étudiant, on faisait des midis culturels où on faisait des spectacles.La passion des arts et de la culture m\u2019a toujours allumé. » Et ensuite arrive DJ Champion et le grand succès Alive Again, qui a été un tremplin pour Pilou.« C\u2019est un artiste qui était déjà reconnu internationalement.Il est venu me chercher comme ça, il cherchait une nouvelle voix pour le projet.Il s\u2019adonnait que je jouais dans un bar à côté de chez eux avec mon groupe.Je suis allé chez lui le lendemain et on a écrit Alive Again », raconte-t-il, le sourire aux lèvres.FIBRE ENTREPRENEURIALE Si la fibre artistique vibre en Pilou depuis sa tendre enfance, son goût pour l\u2019entrepreneuriat date des mêmes années.«  Ça part de ma grand-mère.Elle était une entrepreneure, une femme pour la justice sociale, qui a travaillé avec des groupes de femmes communistes, qui a fait des voyages humanitaires au Nicaragua dans le temps que ça ne se faisait pas, qui est retournée au cégep à 55 ans.Une battante, une fonceuse », dit-il, se rappelant avoir passé plusieurs étés avec elle.«  Elle m\u2019a légué beaucoup de confiance en l\u2019humanité. » Et dans le milieu des affaires, Pilou se voit comme un « entrepreneur par nécessité ».« J\u2019ai un plan.Si je ne le fais pas, ça ne se fera pas, pense l\u2019artiste qui peut travailler de 80 à 100 heures par semaine.Si je ne mets pas en place des conditions gagnantes, ça ne se fera pas non plus », pense celui qui veut travailler avec ses équipes pour « mettre en place des conditions gagnantes ».« Oui j\u2019ai investi beaucoup, mais ce sont mes couilles qui sont sur la bûche, continue Pilou.C\u2019est moi qui suis dans les marges.Les gens ne se rendent pas compte des sacrifices qu\u2019on peut faire. » Et malgré ses 1001 projets, est- ce que Pilou a encore le temps de créer?« On y travaille, assure Pilou.Je me rends compte que j\u2019ai envie de faire de la musique, de prendre le temps de créer.Actuellement, je suis en mode consolidation et entourage pour avoir un cercle près de moi, qui va réussir à me protéger de tout ce qui arrive. » « J\u2019ai envie d\u2019être un acteur de changement.Je peux le faire avec la musique, mais plus concrètement, dans le monde physique, j\u2019ai envie de le faire avec des entreprises comme Projet BTU, avec ma maison d\u2019édition Birdhouse Publishing, le studio Le Nid, le BEAM (Bureau estrien de l\u2019audiovisuel et du multimédia).J\u2019ai imaginé ces entreprises et je me suis entouré pour pouvoir les réaliser », résume-t-il, ajoutant que le BEAM appartient à ses membres, et qu\u2019il souhaite être dans la vision, mais pas nécessairement dans la réalisation des choses.Entrepreneur artistique ou artiste-entrepreneur?\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY REPÈRES Né à Timmins en Ontario, mais a grandi à Val-des-Sources A décidé de quitter Montréal lors d\u2019un voyage en Chine.Il s\u2019est ensuite installé à Saint-Adrien.Sa conjointe, Geneviève Boivin-Roussy, possède une galerie d\u2019art à Danville et est comédienne PARTENAIRES COMMANDITAIRES Écoutez l\u2019estrie s\u2019entretient avec la personnalitÉ du MÉrite estrien dès 15h30 regardez la capsule du MÉrite estrien au tÉlÉjournal estrie 18h 0057510 SAMEDI 22 MAI 2021 laTribune M32 0063956 13 000$ DE REMISES GOUVERNEMENTALES 3 000$ DE RÉDUCTION SUR MODÈLES SÉLEC.500$ CRÉDIT BORNE ÉLECTRIQUE 0$ D\u2019ACOMPTE 2,99% D\u2019INTÉRÊTS /SEM 99$ LOCATION 48 MOIS À PARTIR DE 2 285$ D\u2019ACOMPTE 2,99% D\u2019INTÉRÊTS /SEM 55$ LOCATION 60 MOIS À PARTIR DE AUSSI OUVERTS CE LUNDI FÊTE DE S PATRIOTES de 9h à 17h "]
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