La tribune, 26 juin 2021, Cahier 3
[" ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air DÉPAYSEMENT À ANTICOSTI + VINS Planète Vins LE QUÉBEC DANS NOTRE VERRE CINÉMA Beans LA CRISE D\u2019OKA DANS DES YEUX D\u2019ADO + EN CUISINE Nouveauté littéraire LES REMÈDES DE GRAND-MÈRE SEMAINE DU 26 JUIN AU 2 JUILLET 2021 ANDRÉ-PHILIPPE GAGNON DU MONDE DANS LA VOIX \u2014 PHOTO MÉLANY BERNIER SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M2 PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE WILD HORSES The Rolling Stones Sticky Fingers (1971) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Modulation, Sef Lemelin 2 Immersion, Angèle Dubeau et la Pietà 3 Dubois solide, Claude Dubois 4 Inscape, Alexandra Stréliski 5 La vivisection des sens, Koko et ses machines 6 Reflection I, Louis-Étienne Santais 6 Digital et analogue, Total Gipsy 8 Les nuits de Repentigny, Les Cowboys fringants 9 Pianoscope, Alexandra Stréliski 9 Toute beauté n\u2019est pas perdue, Vincent Vallières \u203a NON FRANCOPHONE 1 Phœnix, Charlotte Cardin 2 Standing under Bright Lights, Alex Henry Foster 3 My Lullaby, Jonathan Roy 4 The Chaos Chapter : Freeze, Tomorrow X Together 5 Jordi, Maroon 5 6 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 7 No Gods No Master, Garbage 8 Evermore, Taylor Swift 9 Nostalgia 2, Marc Hervieux 9 Taste of Love, Twice Adam Levine, chanteur de Maroon 5.\u2014 PHOTO MIKE SEGAR, ARCHIVES REUTERS SAGUENAY \u2014 François Girard est l\u2019un des 18 lauréats de l\u2019Ordre des arts et des lettres du Québec, édition 2021.Le cinéaste originaire de Saint-Félicien, qui est aussi metteur en scène à l\u2019opéra et au théâtre, a reçu cette récompense le 9 juin, en mode virtuel.Appelé à commenter cette nomination, celui à qui on doit, entre autres, les films Le violon rouge, Hochelaga, terre des âmes et Le chant des noms, a relevé le fait que la décision a été prise par un jury de pairs.« C\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles je suis touché.On forme une communauté d\u2019électrons libres.On est isolés les uns des autres et c\u2019est encore plus vrai ces temps-ci. » Sa deuxième pensée fut pour le regretté Serge Bouchard.Le Jeannois venait d\u2019arriver à Los Angeles quand il a appris la nouvelle.« J\u2019ai été attristé par son départ.Il a été une inspiration importante pour moi, mon mentor dans le cadre du projet Hochelaga.Une amitié est ainsi née, ce qui m\u2019a beaucoup touché.Je lui dédie ce moment de joie. » Il dit avoir été influencé par l\u2019œuvre de Serge Bouchard, « un être de mémoire au même titre que l\u2019historien Jacques Lacour- sière, disparu il y a quelques jours ».Le rôle qu\u2019assumaient ces personnes lui apparaît plus essentiel que jamais.« La mémoire est attaquée.Elle devient ténue, alors que, pour comprendre qui on est, on a le devoir de se souvenir.On a besoin de remettre les pendules à l\u2019heure et Serge était un grand horloger. » DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN Coupée au montage de l\u2019entrevue du 12 juin 2021.François Girard \u2014 PHOTO YVES LACOMBE RETAILLE D\u2019ENTREVUE En 1987, les Nations Unies ont déclaré le 26 juin Journée internationale contre l\u2019abus et le trafic de drogues.Pas seulement pour en décourager la consommation, mais aussi la production, car dans certains pays, il est plus payant de cultiver des plantes hallucinogènes que vivrières.Quel lien avec Wild Horses des Rolling Stones?Selon la légende, le refrain (« des chevaux sauvages n\u2019auraient pu me tirer d\u2019ici ») est la première chose que Marianne Faithfull, amante de Mick Jagger peu avant, aurait dite en sortant d\u2019un coma toxique, après avoir avalé cinquante cachets dans du chocolat fondu.Certes, les drogues ont parfois favorisé la création artistique, mais à quel prix?Profitez-en plutôt pour célébrer les 50 ans de Sticky Fingers, disque marquant rendu notamment célèbre par la véritable fermeture- éclair sur la pochette, un concept signé Andy Warhol.STEVE BERGERON EXPO Gantez-vous! Une histoire de gants Déjà dans l\u2019ancienne Égypte, les gants étaient un accessoire de costume usité.Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir les restes d\u2019une paire dans la tombe du pharaon Toutankhamon.À partir du XVIIe siècle, les gants sont devenus un marqueur de statut social, laissant entrevoir la richesse du porteur.Ils s\u2019accompagnaient d\u2019une longue liste de « règles » à suivre pour les femmes qui en portaient.Les livres d\u2019étiquette victorienne leur conseillaient de « ne jamais sortir sans gants ».Aujourd\u2019hui, ces accessoires sont surtout utilisés à des fins de protection et de sécurité dans de nombreuses sphères : la santé, les sports et plusieurs métiers.L\u2019exposition présente des gants confectionnés avec une multitude de matières et de styles, tout en mettant en évidence leur contexte d\u2019utilisation et leur époque.Au Musée Beaulne de Coaticook, jusqu\u2019au 28 novembre 2021.\u2014 PHOTO MUSÉE BEAULNE laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M3 ARTS DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Le 30e Festival des arts de Saint-Sauveur sera mémorable à plus d\u2019un titre pour Guillaume Côté.La compagnie qui porte son nom, Côté Danse, effectuera sa première sortie publique à la faveur d\u2019un spectacle intitulé +(dix).Comme lui-même fait partie de la distribution, en compagnie de ses camarades Martha Hart, Kelly Shaw, Benjamin Landsberg et Rakeem Hardy, les représentations données les 4, 5 et 6 août marqueront également son retour sur scène.Il n\u2019a pas dansé devant des spectateurs depuis le début de la pandémie, en effet.Les œuvres que les amateurs ont pu découvrir au cours de cette période, dont un charmant numéro exécuté dans les rues de Toronto, ont toutes été captées par une caméra avant de vivre sur la toile.Pour mettre fin à cette longue absence, il était donc approprié d\u2019emprunter la voie tracée par un projet éminemment personnel.« Ça faisait longtemps que je voulais fonder cette compagnie.Le festival me donnera l\u2019occasion d\u2019effectuer un décollage en douceur avant que nous partions en tournée.Comme cette production est portée par de jeunes danseurs, il sera plus facile de la promener un peu partout.Les agendas seront moins compliqués à gérer », souligne le Jeannois.La nécessité de fonder Côté Danse est devenue évidente à partir du moment où il a produit ses propres spectacles, parallèlement à son travail au sein du Ballet national du Canada.Accoler son nom à ces projets le rendait mal à l\u2019aise.C\u2019est pourquoi ce ne sera plus lui, mais la nouvelle entité qui les amènera dans l\u2019espace public.Dans la même foulée, elle prendra Krypto sous son aile.« Nous n\u2019avons pas présenté cette création depuis la première tenue dans le cadre du festival, en 2019.Elle fera l\u2019objet d\u2019une tournée qui se déroulera en mars prochain », annonce Guillaume Côté.« LE SYNDROME DE L\u2019APPARTENANCE » D\u2019autres productions figurent dans les cartons de Côté Danse, dont une qui se concrétisera en septembre, à Toronto.Baptisée Touch, elle prendra forme dans un hangar où seront projetées des images à 360 degrés.« Ce spectacle immersif s\u2019articule autour du concept du toucher, ainsi que des relations.Il y aura deux danseurs et la musique a été composée par Antoine Bédard.On lui doit aussi celle de Frame by Frame, le projet que j\u2019ai fait avec Robert Lepage », note le Jeannois.Pu is qu \u2019on pa rle d e Ro b e r t Lepage, il prêtera son concours à une autre œuvre associée, cette fois, à la compagnie Côté Danse.Tout ce qu\u2019on peut confirmer, c\u2019est qu\u2019elle verra le jour dans un horizon de deux ou trois ans.« Son agenda est rempli tellement longtemps d\u2019avance.Ce n\u2019est vraiment pas pour tout de suite », lance Guillaume Côté d\u2019un ton enjoué, en parlant de l\u2019homme de théâtre.Dans l\u2019immédiat, c\u2019est +(dix) qui retient l\u2019attention du danseur.Sur une musique de Son Lux, un groupe de Los Angeles, il a imaginé une chorégraphie de 70 minutes dont la source est l\u2019Odyssée d\u2019Ulysse.Ce personnage qui a erré pendant dix ans avant de revenir chez lui a fait naître une réflexion sur le cycle de la vie, en perpétuel recommencement.La facture sera contemporaine, avec une esthétique classique.« Chacun vit ses aventures, mais à un moment donné, on souhaite revenir à la maison.C\u2019est le syndrome de l\u2019appartenance, qui ne se rapporte pas uniquement à un lieu physique.Il embrasse aussi les gens, de même que la communauté à laquelle on se sent attaché, et je trouve que ça tombe bien dans le contexte de la pandémie, énonce Guillaume Côté.J\u2019ai vraiment hâte de danser ça au sein de la nouvelle compagnie. » La mise en place de la compagnie Côté Danse permettra à Guillaume Côté de produire plusieurs créations dans les prochaines années, tout en remettant sur les rails le projet Krypto.\u2014 PHOTO KAROLINA KURAS SAGUENAY \u2014 « On a souffert pendant un an.On revient de façon graduelle en ce qui touche la logistique, mais pas sur le plan artistique.Je suis tellement heureux de présenter neuf magnifiques spectacles en présence, surtout que c\u2019est l\u2019année du 30e anniversaire », commente le directeur artistique du Festival des arts de Saint-Sauveur, le danseur Guillaume Côté.Rappelons qu\u2019en 2020, cet événement n\u2019a accueilli aucun spectateur en chair et en os.Tout s\u2019était passé en ligne, mais on avait créé de l\u2019émerveillement en tournant des chorégraphies dans des lieux naturels, avec l\u2019appui de différents compositeurs.Ces nouvelles manières de faire ayant montré leur potentiel, on en retrouvera la trace dans la programmation 2021, où elles cohabiteront avec des propositions au caractère plus familier.Dans le volet virtuel, l\u2019un de ses principaux axes sera la série En tandem.Elle amènera le cinéaste Ben Shirinian à tourner quatre courts métrages favorisant des maillages improbables.L\u2019un d\u2019eux mettra en cause le chorégraphe Jera Wolfe et la poète Natasha Kanapé Fontaine.Il y aura aussi l\u2019étonnant jumelage du contre-ténor Daniel Taylor et de l\u2019artiste multidisciplinaire Andrea Pena, originaire de la Colombie.Guillaume Côté fait également partie de ce projet auquel l\u2019Orchestre Métropolitain, de même que le designer Yao South, ont prêté leur concours.« Notre tournage a été effectué dimanche, au Théâtre Gilles-Vigneault de Saint-Jérôme.Je portais un costume très original afin de réimaginer l\u2019œuvre de Debussy Prélude à l\u2019après-midi d\u2019un faune », raconte le danseur.Quant au quatrième duo, il regroupe son collègue Frédérick Gravel et le Gireh Gospel Choir.Pour voir ces films, deux options existent.Soit on se rend à Saint- Sauveur, où ils seront projetés à la belle étoile, soit on procède en ligne.Or, ce sera pareil pour les dix œuvres retenues dans le cadre de la compétition FASS Forward, qui constitue un ajout à la programmation.« Nous avons reçu de super-beaux films sur la danse, ce qui reflète l\u2019intérêt qu\u2019a suscité ce média pendant la pandémie.Les dix meilleurs seront diffusés », signale Guillaume Côté.DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN 30E FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR Riche programmation sur fond de prudence Angèle Dubeau sera de retour au Festival des arts de Saint-Sauveur avec le groupe La Pietà.Ce concert tenu le 7 août sera axé sur l\u2019album Immersion.\u2014 PHOTO LUC ROBITAILLE GUILLAUME CÔTÉ UN FESTIVAL ET UNE NOUVELLE COMPAGNIE SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 C\u2019est comme Laurel sans Hardy, Ding sans Dong, Dominic sans Martin.André- Philippe Gagnon sans Stéphane Laporte, vraiment?C\u2019est ce que nous annonce l\u2019affiche de Monsieur Tout le monde, plus récente création scénique du célèbre imitateur québécois.Au lieu du fidèle auteur qui a formé un tandem de feu avec l\u2019humoriste, au fil de plus de 35 ans de carrière figurent plutôt, au générique, Sylvain Larocque, Jean Kohnen, Guy Lévesque (à la mise en scène).et André-Philippe Gagnon lui-même.« C\u2019est la première fois que je m\u2019investis autant dans les textes, mais j\u2019ai su très tôt ce que je voulais, et surtout quel ton je voulais.Ça avait alors déjà cliqué avec Jean [Kohnen], qui est un des principaux gars derrière Les Gags Juste pour rire (il en a écrit, joué et réalisé).Alors je n\u2019ai pas vraiment eu besoin de demander à Stéphane, qui a d\u2019ailleurs ses propres projets lui aussi.En ce moment, il est en pause de la Semaine des 4 Julie, mais il a encore la radio et ses chroniques dans La Presse.Alors ces jours-ci, quand on s\u2019appelle, c\u2019est plus pour jaser de hockey que de spectacles », explique André- Philippe Gagnon en entrevue téléphonique.L\u2019imitateur a finalement attendu un an avant d\u2019effectuer ce retour sur les planches prévu pour le printemps de 2020.Une année dont il a profité pour retravailler le spectacle, lequel a changé de nom dans l\u2019intervalle.Je suis André-Philippe Gagnon a fait place à Monsieur Tout le monde.André-Philippe le présente comme son tour de scène le plus intime jusqu\u2019à maintenant.« En partie parce que je me raconte plus que précédemment, mais surtout parce que c\u2019est un spectacle sur le ton de la conversation.Le simple fait de parler beaucoup avec une personne nous en apprend beaucoup sur elle, par exemple lorsque j\u2019aborde les chansons qui sont rattachées à des moments importants de nos vies et que je raconte mes propres souvenirs musicaux (évidemment avec plein d\u2019imitations).Ou alors quand je relate des anecdotes de carrière, dont ce spectacle pour les troupes canadiennes à Kandahar : avant d\u2019atterrir, les lumières de l\u2019avion se ferment pour que l\u2019appareil ne soit pas vu de l\u2019ennemi.Et toi, tu t\u2019en vas donner un spectacle sur une scène surélevée, avec 100 000 watts d\u2019éclairage et du son qui te rendra audible à cinq kilomètres. » se remémore-t-il en riant.En somme, on sera loin du standup comic où les numéros se succèdent frénétiquement et passent du coq à l\u2019âne.André-Philippe s\u2019est organisé pour créer le plus de connexions possible avec ses spectateurs, par exemple en leur faisant ANDRÉ-PHILIPPE GAGNON IMITATION ET CONVERSATION STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca P H O T O M É L A N Y B E R N I E R « C\u2019est la première fois que je m\u2019investis autant dans les textes, mais j\u2019ai su très tôt ce que je voulais, et surtout quel ton je voulais.Ça avait alors déjà cliqué avec Jean [Kohnen].Je n\u2019ai pas vraiment eu besoin de demander à Stéphane, qui a d\u2019ailleurs ses propres projets lui aussi [.].Alors ces jours-ci, quand on s\u2019appelle, c\u2019est plus pour jaser de hockey que de spectacles. » \u2014 André-Philippe Gagnon laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M5 prendre conscience que tout le monde a déjà été imitateur dans sa vie, d\u2019un parent, d\u2019une sœur, d\u2019un ami, d\u2019une collègue.« Moi, c\u2019était mon cousin et son rire particulier.Tout le monde aussi a déjà essayé de faire son propre Séraphin ou son propre Elvis.Tout le monde a également sa propre playlist dans son cellulaire ou son portable.Moi aussi, j\u2019ai la mienne, sauf qu\u2019elle est dans ma tête. » Bref, « tout le monde » au sens où André-Philippe Gagnon peut imiter presque qui il veut \u2014 environ 75 chanteurs dans ce spectacle-ci, plus une poignée d\u2019imitations parlées, dont, inévitablement, le premier ministre François Legault \u2014, mais aussi avec cette idée de rappeler qu\u2019il n\u2019est pas différent de ce public dont il s\u2019est éperdument ennuyé pendant la pandémie.DU CHOC AU VIRTUEL Pour un gars non seulement habitué à la scène, mais surtout à se produire aux quatre coins du monde, le confinement et la fermeture des frontières se sont d\u2019abord vécus comme un choc.« Et c\u2019est probablement pour me protéger de ce choc que je me suis tout de suite activé pour créer un show virtuel. » En bonne compagnie (In Good Company en anglais) a tout de suite remporté un vif succès auprès des entreprises à qui il était destiné, parce qu\u2019il s\u2019agit presque d\u2019une formule sur mesure.Des informations très précises sont recueillies dans chaque société cliente pour être intégrées à la prestation web d\u2019André-Philippe.« On se moule à la compagnie et à sa réalité.On vérifie toutes les informations scrupuleusement pour être certains qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019anachronisme et que l\u2019on prononce bien les noms de tout le monde.Les clients n\u2019en reviennent pas de nous voir si engagés. Le résultat, c\u2019est que ça rapproche les gens lorsqu\u2019ils voient que l\u2019on parle d\u2019eux. » C\u2019est cette expérience qui a donné à l\u2019imitateur le goût d\u2019un spectacle qui irait davantage vers l\u2019auditoire.« Avoir des gens devant soi, il n\u2019y a rien qui bat ça.Recevoir la pulsion d\u2019un public, l\u2019entendre réagir, ça fait non seulement partie du plaisir, mais de ce qu\u2019est fondamentalement un spectacle.Alors j\u2019ai très, très hâte. » Un premier test à Sorel le mois dernier lui a confirmé qu\u2019il est sur la bonne voie.« Il y avait seulement 84 personnes et la salle était complète! raconte-t-il en rigolant.Nous avons seulement peaufiné des petites affaires ensuite.C\u2019est un spectacle que j\u2019espère habiller à mesure que les consignes sanitaires vont s\u2019alléger », ajoute l\u2019homme de 58 ans, qui devait initialement avoir cinq musiciens pour l\u2019accompagner et parlait même d\u2019un écran géant.« Mais en ce moment, il me faudrait un stade pour accueillir toute ma gang! » commente-t-il en exagérant volontairement.ANDRÉ-PHILIPPE GAGNON IMITATION ET CONVERSATION Stéphane Laporte et André-Philippe Gagnon à l\u2019époque où l\u2019imitateur faisait la première partie de la tournée Let\u2019s Talk about Love de Céline Dion, en 1998-1999.L\u2019humoriste a répété l\u2019expérience en 2016.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, DENIS COURVILLE SHERBROOKE \u2014 Revenu pour de bon de Las Vegas depuis 2009, André-Philippe Gagnon est désormais aux premières loges pour voir l\u2019évolution de la scène québécoise et ajouter de nouvelles figures à ses quelque 500 imitations.Patrice Michaud, Hubert Lenoir et Tire le coyote (qu\u2019il rapproche de la voix d\u2019un des frères Gibb des Bee Gees) font partie de sa cuvée 2021, à qui il greffe aussi quelques vedettes émergentes du côté anglophone, comme Rag\u2019n\u2019Bone et Milky Way.Ses enfants Camille, 26 ans, et Jules, 23 ans, agissent régulièrement comme premier public lorsque leur papa souhaite ajouter une corde à son arc.« Tous les deux sont très au fait ce qui se passe.Ce sont aussi de grands amateurs de musique.Alors ça arrive que je leur envoie une petite idée.Quand je vois que ça fonctionne et que ça les titille, je me dis que je suis sur une bonne piste. » Quant à la voix, elle ne saurait mieux se porter depuis que l\u2019humoriste a abandonné la cigarette pendant qu\u2019il était à Las Vegas.L\u2019air sec, la perspective d\u2019être perçu comme un vieux cendrier par ses enfants et la peur de se retrouver avec un filet éraillé à la Wayne Newton l\u2019ont convaincu d\u2019écraser pour de bon.« Depuis, j\u2019ai pu comprendre ce que je faisais de mieux, les facteurs de respiration, le rôle des sinus. » Il est aussi plus aux aguets de l\u2019évolution des voix de ceux qu\u2019ils imitent.Car, oui, nos voix changent avec les années, les hormones et.les dentiers.« Par exemple, Serge Savard avait une voix plus grave quand il racontait ses années à Winnipeg », dit-il en adoptant aussitôt le timbre grave et caractéristique de l\u2019ancien joueur du Canadien, avant de le rehausser de plusieurs tons : « Au- jourd\u2019hui, quand on entend sa voix dans ses annonces, on a l\u2019impression qu\u2019il y a un peu plus de plastique dedans, dit-il.J\u2019imite aussi Elvis Gratton dans mon spectacle, dont la voix n\u2019a plus rien à voir avec celle de Julien Poulin d\u2019aujourd\u2019hui! » STEVE BERGERON Vous voulez y aller?Monsieur Tout le monde André-Philippe Gagnon Samedi 26 juin, 20 h Du 29 juin au 3 juillet, 20 h Vieux Clocher de Magog Entrée : 47 $ L\u2019AVIS DES ENFANTS, LA VOIX SANS FUMÉE « J\u2019imite aussi Elvis Gratton dans mon spectacle, dont la voix n\u2019a plus rien à voir avec celle de Julien Poulin d\u2019aujourd\u2019hui. » \u2014 André-Philippe Gagnon SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M6 MUSIQUE ÉMILIE PINARD-FONTAINE emilie.pinard-fontaine@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 La 21e édition de l\u2019École de chant choral s\u2019amorce ce samedi à l\u2019Université de Sherbrooke (UdeS).Cette semaine de chants et d\u2019apprentissages pour les étudiants à la maîtrise en direction chorale permettra au public sherbrookois d\u2019assister à trois représentations de chant choral, dont une en salle, une première au Canada depuis plus de quinze mois.« Ça va super bien, le chant choral à l\u2019Université de Sherbrooke.Alors qu\u2019en Ontario, depuis le début de la pandémie, ils n\u2019ont pas le droit d\u2019ouvrir leur bouche.Donc, c\u2019est beaucoup d\u2019émotions, parce que le chant choral est encore un peu en mode éteint dans plusieurs parties du monde », s\u2019exclame Robert Inga- ri, professeur titulaire à l\u2019École de musique de l\u2019UdeS et chef de chœur.Inscrite dans le cadre de la maîtrise en direction chorale, l\u2019École d\u2019été de chant choral est un stage intensif d\u2019une semaine lors duquel ont lieu des répétitions et des ateliers de direction chorale.« C\u2019est une formation musicale qu\u2019on suit toute la semaine.Ce n\u2019est pas juste du chant, c\u2019est beaucoup de techniques.Il y a des ateliers de technique vocale pour les chefs de chœur et il y a des conférences aussi », précise-t-il.Pour cette 21e édition, l\u2019École d\u2019été est composée de quinze chefs de chœur de la maîtrise en direction chorale ainsi que de treize choristes chevronnés provenant de plusieurs régions du Québec.« Je ne peux même pas exprimer le bonheur que j\u2019ai [à l\u2019idée de tenir l\u2019École d\u2019été].Je suis heureux pour tout ce qui est spirituel et musical, mais je suis heureux aussi juste sur le plan pratique, parce qu\u2019à un moment donné, on commence à cumuler tellement de choses en retard qu\u2019on ne sait plus quoi faire avec », confie-t-il.La cohorte 2021 présentera, à la fin de la semaine, deux concerts au grand public : un récital en diffusion sur Twitch le 2 juillet, dirigé par les quinze chefs de chœur en formation, ainsi qu\u2019un concert- gala présenté le 3 juillet à la salle Maurice-O\u2019Bready du Centre culturel de l\u2019UdeS.« C\u2019est la fin d\u2019une grosse année, d\u2019un gros processus, et on se libère un peu.Le programme principal de chant choral cette année, c\u2019est Retour à la lumière.Donc les textes de toutes les œuvres que je vais diriger le 3 juillet portent un peu sur la lumière, le positivisme.Ce sont vraiment de super-beaux textes profanes et sacrés.C\u2019est un programme fait pour vraiment donner un peu d\u2019espoir à tout le monde », exprime le chef de chœur.Les billets pour le concert-gala sont en vente dès maintenant à la billetterie du Centre Culturel de l\u2019UdeS au coût de 10 $.RARE COLLABORATION Un second récital, Souvenirs d\u2019un paysage, donné par Catherine Elvira Chartier, soprano, et Carmen Picard, pianiste, sera aussi proposé gratuitement sur la plateforme Twitch le lundi 28 juin.Le cycle en douze mouvements a été composé par Robert Ingari lui-même.« Catherine Elvira Chartier m\u2019a toujours demandé de lui écrire quelque chose.Je n\u2019ai jamais eu le temps.Mais on était tous un peu perdu au mois d\u2019avril 2020 et j\u2019ai dit : si tu veux vraiment que je compose pour toi, c\u2019est maintenant ou jamais ! Parce que j\u2019ai le temps, j\u2019ai l\u2019envie, je suis emprisonné chez nous comme tout le monde et je souhaite me plonger dans un projet créatif », explique-t-il.RETOUR À LA LUMIÈRE Un premier spectacle de chant choral MONTRÉAL \u2014 Voici l\u2019émission estivale qui promet de faire vibrer la fibre nationale des Québécois.Le concept de La belle tournée se dessine en un trio d\u2019enfer, soit un spectacle tout en chansons, une région-vedette différente chaque semaine et, à l\u2019animation, le Guy Jodoin que tout le monde aime.En plus des prestations musicales, les artistes partageront leur lien avec la région à l\u2019honneur.Pour lancer la série, le premier spectacle se déroulera en Estrie, avec notamment Vincent Vallières, Marc Dupré et Patrice Michaud, et la scène sera montée devant l\u2019emblématique lac Memphrémagog.Dans les émissions suivantes, Guy Jodoin part en tournée vers la Mauricie, Montréal, l\u2019Outaouais, la Capitale-Na- tionale, Charlevoix, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint- Laurent, l\u2019Abitibi, le Saguenay?\u2014 Lac-Saint-Jean, et pour la dernière, les Laurentides.Dès le lundi 28 juin à 21 h sur les ondes de TVA, et en reprise le dimanche suivant (4 juillet) à 18 h à Télé-Québec.JOSÉE LARIVÉE, LA PRESSE ANADIENNE COIN TÉLÉ Guy Jodoin \u2014 PHOTO TÉLÉ-QUÉBEC Robert Ingari se réjouit de la tenue de l\u2019École d\u2019été en chant choral et de la présentation du concert final, Retour à la lumière, devant des spectateurs.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Catherine Elvira Chartier \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M7 vieuxclocher.com I 819.847.0470 Nos spectacles débutent maintenant à 20h00 ouverture des portes à 18 h 45 RÉSERVEZ TÔT! LES PLACES sont LIMITÉES.8, 22 août et 5 sept.16 h et 20 h 16 h et 20 h SAM.2 OCTOBRE CETTE SEMAINE COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET Mike Ward Philippe bond Guillaume pineault Philippe laprise ET SES jOyEux luRONS les grandes crues vend 10 sept et sam.11 sept mar.13 Au 17 JUILLET sam.17 juIllET ven.30 et sam.31 juIllET jeu.26 au sam.28 AOûT du mar.10 au jeu.12 AOûT, ven.13 ET sam.14 AOûT mar.6 au sam.10 juIllET mar.27 au jeu.29 juIllET Ce sOIr et du mardI 29 juIN au sam.3 juIllET mar.20 au sam.24 juIllET mar.3 au ven.6 AOûT sam.7 AOûT mar.17 au sam.21 AOûT vend.3 sept Merci Détour 3 humoristes lavés, distancés et testés 100% comiques! Su\u2019l gros vin Au pic pis à pelle Monsieur Tout le Monde (en rodage) au vieux clocher de Magog Faire le beau Une belle soirée Sam breton ANDRÉ-PHIlIPPE gagnon Marc dupré SPECTAClE ExCluSIf P-A méthot Simon gouache Dominic paQuet COMPLET EN PRIMEUR COMPLET COMPLET 0070797 SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M8 MUSIQUE KIM ALARIE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Du temps.Louis-Philippe Cantin, du groupe Perséide, n\u2019en a pas manqué l\u2019été dernier.La Covid l\u2019a privé de son emploi dans un café du centre- ville de Trois-Rivières et de son gagne-pain comme sonorisa- teur.Une claque au visage.Mais il avait du temps, beaucoup de temps.Ces heures récupérées, il a décidé de les consacrer à la création.À la nourrir et à la matérialiser.« Je partais avec un sac à dos, des romans, des fois un instrument de musique, et j\u2019essayais de trouver des lacs tranquilles en Mauricie.J\u2019essayais de me perdre au fond d\u2019une route de gravelle où il n\u2019y avait pas un chat et je passais la journée là, à retomber dans les romans fantastiques que je lisais quand j\u2019étais jeune.Ç\u2019a certainement alimenté l\u2019écriture du prochain album. » Ré su l t at d e c e s e s ca pa d e s improvisées : le groupe a lancé deux extraits, Au-dessus des chalets et Dormir.Deux pièces qui s\u2019inscrivent dans ce thème très cher à la formation triflu- vienne, celui de l\u2019évasion, et qui demeurent bien ancrées dans le style musical psychédélique qui lui est propre.« C\u2019est le style musical qui a le plus marqué mon imaginaire, autant par les textes que les textures apportées », confie Louis- Philippe Cantin, qui écrit les textes de la formation.« Dans le dernier album, on abordait aussi le thème de l\u2019évasion.C\u2019est vraiment le nerf de la guerre pour Perséide, mais c\u2019était plus cryptique.La musique avait des passages plus progressifs.On avait une toune de 8 minutes et une toune de 11 minutes! C\u2019est le fun, faire ça, mais le disque comporte beaucoup de tonalités mineures et ça en fait un album assez dark, mettons », analyse-t-il en mentionnant que la musique est créée de façon collaborative avec le reste du groupe, composé de Samuel Milette (basse), Olivier Durand (guitare), Adrien Lauture (batterie) et Daniel Qui- rion (claviers).DE L\u2019AUTRE CÔTÉ DU REFLET Si les deux chansons sont le produit d\u2019une période bien difficile que le monde de la musique a traversée dans les derniers mois, elles n\u2019en sont néanmoins pas le reflet sombre.« O n avait le goût de faire l\u2019inverse.Des tounes plus courtes, des accroches, quelque chose de plus lumineux et de plus facile à comprendre.J\u2019adore la pop.Je n\u2019ai aucun complexe à simplifier mon approche.Je pense même que c\u2019est plus difficile de bien le faire. » « Ça faisait longtemps que je travaillais à simplifier les textes.Oui, c\u2019est le fun d\u2019être cryptique, d\u2019être dans une poésie pétée, mais c\u2019est cool aussi d\u2019être simple sans être quétaine.Ce n\u2019est pas à moi de décider si c\u2019est quétaine ou pas, mais je pense que je par viens à bien canal is er » , explique-t-il.Quand on lui demande de partager le plus bel endroit qu\u2019il a découvert lors de son vagabondage créatif l\u2019été dernier, il se garde bien de laisser couler le moindre indice.Par contre, il insiste sur les bienfaits que ses escapades lui ont procurés, autant pour l\u2019album à venir que pour son propre bien-être.« Il y avait dans tout ça l\u2019idée de voyager, au sens propre comme au sens figuré, sans nécessairement aller très loin.J\u2019en ai quand même profité pour aller jusqu\u2019à Natashquan, mais mon quotidien, c\u2019était surtout de m\u2019évader en Mauricie.Par la suite, tu regardes ton environnement différemment.Chaque élément de verdure ou chaque animal que tu croises devient un réfé- rent à ces moments-là.L\u2019esprit peut continuer à bouger! Quand je suis chez moi, je garde cette mémoire-là ouverte et ça me permet de m\u2019évader quand même. » Au dire de l\u2019auteur, Au-dessus des chalets et Dormir sont un bon échantillonnage de ce que sera le prochain album, enregistré bientôt, et ce, même si ces deux morceaux, qu\u2019il qualifie d\u2019électrons libres, ne s\u2019y retrouveront pas faute de place.« L\u2019écriture continue et il y a plein de choses qui se rajoutent.C\u2019est la première fois que j\u2019ai trop de stock et qu\u2019il faut choisir. » Avoir du temps, ça amène ce genre de situation.Louis-Philippe Cantin (voix, guitare), Guillaume P.Trépanier (graphisme), Samuel Milette (basse), Olivier Durand (guitare), Adrien Lauture (batterie) et Daniel Quirion (claviers) composent Perséide.\u2014 PHOTO PERSÉIDE DES ÉCLATS DE LUMIÈRE POUR PERSÉIDE MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 Ils s\u2019appellent les Fils du Diable, mais rassurez-vous, ils n\u2019ont de diabolique que le nom.Marc Angers, Robert Langlois et Hugo St-Laurent forment un trio de musique trad qui, là aussi, n\u2019a de traditionnel que le nom.Le trio qui roule sa bosse depuis près de trois ans a osé un premier microalbum que le groupe a lancé le 7 mai dernier.Une petite galette de six titres qui décrit à merveille le son et l\u2019énergie que cette fratrie offre à son public sur une scène.« Marc et moi avions ce désir de lancer un nouveau projet ensemble après notre collaboration dans Bodh\u2019aktan, confie Robert Lan- glois.On avait bien envie de monter un trio qui pourrait facilement se déplacer sur toutes les scènes.Hugo nous a rejoints en cours de route. » La recette des Fils du Diable est assez simple : un violon, celui de Marc Angers, un clavier, assuré par Hugo St-Laurent, et une basse doublée d\u2019une grosse caisse, jouées par Robert Langlois.Trois ingrédients qui ont comme résultat d\u2019épicer un plat drôlement festif.« Tout se passe en spectacle, pour les Fils du Diable, d\u2019ajouter le violoniste.Malgré le fait qu\u2019on vient de lancer un premier microalbum, on a déjà une vie bien établie sur scène.Depuis 2017, on compte plus de 150 shows au Québec ainsi qu\u2019en Floride, où on représente le Canada sur le site d\u2019Epcot [Disney]. » COMME SUR SCÈNE Il était primordial pour le trio que les chansons enregistrées sur l\u2019album soient les mêmes qui sont interprétées sur scène.« Avec les années, on a trouvé notre son en spectacle, et il était important de reproduire la même énergie sur disque, affirme Hugo St-Laurent.On a bien fait quelques arrangements pour offrir une bonne qualité sonore sur l\u2019enregistrement, mais les chansons sont quasiment les mêmes lorsqu\u2019on les joue sur scène. » C\u2019est Robert Langlois qui a réalisé LES FILS DU DIABLE Du trad à saveur pop laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M9 MUSIQUE MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 Il est facile de comprendre que, pour une artiste solo, la vie de groupe a de quoi séduire.Pour Marie-Pierre Arthur, c\u2019est une évidence et elle n\u2019hésite pas à vouloir s\u2019y plonger.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019elle a fait en retrouvant ses deux complices de toujours, le claviériste François Lafontaine et le guitariste Oliver Langevin, pour l\u2019enregistrement de la chanson Tout recommence lancée il y a deux semaines sur toutes les plateformes.« Il y avait cette musique qui dormait depuis un bon moment et je savais que Marie et Olivier l\u2019aimaient, confie François Lafontaine.Nous avons donc décidé de nous réunir, comme un band, l\u2019instant d\u2019une chanson, juste pour voir. » « On a beaucoup de choses en banque.Des mélodies et des refrains qui attendent dans des tiroirs.» \u2014 François Lafontaine Enregistrée au Studio Planet de Montréal en avril dernier, la chanson devient un point d\u2019ancrage pour le trio qui, avec l\u2019aide du batteur Robbie Kuster, pourrait pourrait se diriger vers une création plus intensive.« Peut-être que oui, répond Marie-Pierre Arthur. On a toujours travaillé ensemble.Ce n\u2019est donc une surprise pour personne que l\u2019on se retrouve pour une toune.Et si le temps le permet, on va assurément remettre ça. » L\u2019auteure-compositrice-inter- prète était bien au courant que cette musique existait et que François n\u2019attendait que le bon moment pour la sortir.« Faire un truc collectif nous a fait beaucoup de bien, surtout en ce moment, confie-t-elle.On a vraiment travaillé comme un band.Il manquait juste un appel à Robbie pour que tout se mette en place. » S\u2019ENVOYER DES IDÉES DE TOUNES « On a beaucoup de choses en banque.Des mélodies et des refrains qui attendent dans des tiroirs, ajoute le claviériste.Pour l\u2019instant, je vais reprendre la tournée avec Marie-Pierre et il est évident qu\u2019on va en reparler et échanger des idées. » Comme d\u2019habitude, Olivier Lan- gevin ne sera pas très loin.« Ça fait des années qu\u2019on se croise, qu\u2019on collabore, qu\u2019on joue ensemble, complète le guitariste.Je prends la route cet été avec Fred Fortin, mais on va rester connectés.On va s\u2019envoyer des idées de tounes tout l\u2019été. » La chanson aura aussi une vie sur scène puisque Marie-Pierre Arthur a bien l\u2019intention de l\u2019interpréter lors de ses passages dans les festivals.« Je vais la faire sans Olivier, dit la bassiste avec un clin d\u2019œil à son ami guitariste.En fait, il ne manquera que lui puisque François et Robbie seront avec moi. » PRENDRE LE TEMPS Depuis le début de leur carrière respective, les trois amis ont accumulé un nombre impressionnant de kilomètres.De tournée en tournée, de festival en festival, ils ont tous les trois parcouru le Québec de fond en comble, et plus d\u2019une fois.« Faire un truc collectif nous a fait beaucoup de bien, surtout en ce moment.» \u2014 Marie-Pierre Arthur « La pandémie nous a arrêtés, ce qui nous a permis de terminer ce projet et de travailler sur d\u2019autres, renchérit François.Mais, pour ma part, j\u2019ai bien l\u2019intention de profiter de l\u2019été, chose que je n\u2019ai pas faite depuis des années.Je vais encore prendre la route, bien sûr, mais pas au même rythme. » C\u2019est aussi dans les visées de Marie- Pierre Arthur.Mais pour l\u2019heure, elle a confirmé sa présence à plusieurs festivals dont la Saint-Jean à Laval (23 juin), le Festival de la chanson de Tadoussac (26 juin), le Festival en chanson de Petite-Vallée (2-3-4 juillet), la Noce à Saguenay (8 juillet) et Le Festif ! à Baie St-Paul (24 juillet).« Je vais terminer, comme si je n\u2019avais rien arrêté, la tournée de mon dernier album (Des feux pour voir) que j\u2019ai lancé en janvier 2020, faire quelques festivals et condenser tous les projets que je dois terminer, dit-elle.Ensuite, je vais prendre une pause en septembre pour amorcer l\u2019écriture de nouvelles chansons. » Et on verra bien si Tout recommence sera le début d\u2019une nouvelle aventure pour ces trois compagnons de route.ARTHUR, LANGEVIN ET LAFONTAINE Comme un band François Lafontaine, Marie-Pierre Arthur et Olivier Langevin ont lancé conjointement la chanson Tout recommence.Un projet de groupe loin d\u2019être terminé.\u2014 PHOTO LEPETITRUSSE ce premier effort en studio avec l\u2019aide de Fred St-Gelais au mixage et au matriçage.Lors du processus, Marie- Pier Arès s\u2019est ajoutée à l\u2019équipe afin de préparer le lancement et la mise en marché de l\u2019album autoproduit par les Fils du Diable.« Dans les faits, cet album devait sortir il y a un an déjà, mais on a repoussé tout ça en raison de la pandémie et des contraintes qui y étaient reliées, ajoute le bassiste.On a donc profité de ce temps d\u2019arrêt pour continuer le travail sur les chansons.Fred et moi avons aussi travaillé à distance pour réussir à coucher six chansons sur l\u2019album. » Le microalbum éponyme est gravé dans cette mouvance : une musique qui raffole des reels de violon appuyés par une rythmique bien sentie et des accords de piano qui mènent la danse.« Mais il aurait été mal avisé de sortir l\u2019album sans pouvoir l\u2019assumer sur scène, ajoute Marc Angers.On a donc pris la décision de retarder son lancement afin de nous donner la chance de le présenter en spectacle. » UNE LÉGENDE Les Fils du Diable s\u2019accompagne d\u2019une légende qui se décline dans la mise en scène de leurs prestations.Imaginé lors d\u2019un voyage en Nouvelle-Orléans, l\u2019univers est autant sonore que visuel.« Avant que tout soit mis en pause l\u2019année passée, nous avions travaillé avec Martin Larocque pour la mise en scène, explique Marc Angers.Quand nous allons reprendre la tournée en salle (on espère à l\u2019automne), on pourra amener les gens dans notre univers à la fois pop, trad et cajun.Un mélange qui, on ose le croire, n\u2019est pas offert au Québec. » Les trois « flibustiers des enfers » ont plusieurs titres dans leur manche.Ils ont plusieurs autres chansons en création, qui sont presque prêtes à être lancées.« Nous allons probablement offrir un autre disque dans les prochains mois, voire au début de l\u2019année prochaine, confie Angers.Il n\u2019y a rien de décidé encore, mais une chose est sûre : on n\u2019en restera pas là.Et lors de nos prochains shows, on va sûrement glisser quelques-unes de nos nouvelles tounes pour les tester et voir comment le public réagit.D\u2019ailleurs, c\u2019est toujours comme ça que nous avons mesuré l\u2019impact d\u2019une nouvelle chanson.Ensuite, on la peaufine. » Des six titres qui composent l\u2019album, la pièce Pour deux est le premier extrait qui a trouvé sa place dans les rotations de certaines radios.La Devil Zydeco, État d\u2019urgence, Le Dancing king, Clin d\u2019œil et Lever les voiles complètent la sélection.Toutes ces chansons sont en écoute libre sur le site internet du trio ainsi que sur les plateformes de téléchargement et d\u2019écoute.LES FILS DU DIABLE Les Fils du Diable TRAD FRANCO D\u2019Angers Musique SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M10 ARTS ÉMILIE PINARD-FONTAINE emilie.pinard-fontaine@latribune.qc.ca SAINT-VENANT-DE-PAQUETTE \u2014 « La seule chose qui m\u2019intéresse, c\u2019est l\u2019humain et l\u2019émotion », lance l\u2019artiste multidisciplinaire Normand Achim.Avec sa nouvelle exposition Désormais, l\u2019avenir se mesure à la montée des eaux, présentée à la Galerie d\u2019art de la Sacristie de Saint-Venant- de-Paquette, l\u2019artiste explore poétiquement et photographiquement le processus de la grossesse, tout en se penchant sur le monde qui attend l\u2019enfant à naître.Cette exposition est née à la fois d\u2019une demande de Richard Séguin et d\u2019une intuition, à la suite de l\u2019annonce de la grossesse de son amie Judith Ruel.« Ça fait quand même sept ans que Richard Séguin m\u2019a demandé d\u2019exposer.Pour moi, c\u2019était une grosse commande, parce que j\u2019avais pas mal arrêté de faire des expositions », précise d\u2019entrée de jeu Normand Achim.Si l\u2019idée initiale était de venir travailler à Saint-Venant-de-Paquette sur les saisons et sur les quatre points cardinaux, l\u2019artiste n\u2019a pas hésité une seconde à changer ses plans lorsque Judith Ruel lui a annoncé qu\u2019elle était enceinte.« Après coup, je me suis posé la question : qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec ça ?Parce que faire une exposition juste sur une femme enceinte, ça ne me tentait pas.Aussi belle qu\u2019elle soit et aussi extraordinaire que l\u2019événement soit, moi, ça me touchait partiellement.Ce qui me EXPOSITION À LA GALERIE DE LA SACRISTIE L\u2019art intuitif de Normand Achim SAINT-VENANT-DE-PAQUETTE \u2014 Richard Séguin, David Goudreault, Marcus Quirion, Alicia Deschênes et plusieurs autres fouleront les planches du Musée-Église de Saint-Venant-de-Paquette au cours de l\u2019été.Afin de sauver la saison, étant donné le nouveau report de la Grande Nuit de la poésie, les Amis du patrimoine ont décidé de mettre en valeur les talents du village et ils ont, pour ce faire, impliqué l\u2019ensemble de la communauté.« C\u2019est fabuleux ! C\u2019est un village qui met ses talents en valeur pour une saison complète.Tout tourne autour de la littérature, de la poésie.C\u2019est pour ça qu\u2019on a.On reste dans la littérature et la mise en valeur de notre langue, c\u2019est génial ! » s\u2019exclame Sylvie Cholette, directrice générale des Amis du patrimoine.La programmation composée de six spectacles et de huit conférences (trois sont déjà passés) s\u2019étale sur quatorze vendredis précédés de 5 à 7 tapas au Café- Délice la Maison de l\u2019arbre.« Avec les tapas, on va faire le tour des pays.Chaque semaine, un pays est représenté et le menu est inspiré de celui-ci », précise la directrice générale.Avec les mesures sanitaires en place, ce sont deux cents billets qui seront en vente, au coût de 10 $, pour chaque soir de présentation.Spectacles, contes, poésie et conférences sont à l\u2019honneur avec parfois des formules hybrides.Richard Séguin (20 août) présentera entre autres sa conférence Retour à Walden, PROGRAMMATION ESTIVALE DU MUSÉE-ÉGLISE DE SAINT-VENANT Mettre en valeur la communauté touche beaucoup dans la vie, c\u2019est l\u2019émotion, les êtres humains.Donc, j\u2019ai décidé de faire des stations.Une station, c\u2019est la grossesse, et la station suivante, c\u2019est ce qui va arriver à cet enfant-là, ce qui l\u2019attend dans notre monde troublé à souhait », exprime-t-il.Il tient d\u2019ailleurs à souligner la présence primordiale de Judith Ruel tout au long du processus créatif.« C\u2019est difficile à souligner, parce que c\u2019est moi qui expose, ce n\u2019est pas elle, mais les photos ne seraient pas ce qu\u2019elles sont sans son engagement », mentionne-t-il.MARIER POÉSIE ET PHOTOGRAPHIES Pour son exposition, Normand Achim a choisi d\u2019allier écriture poétique et images photographiques prises avec sa vieille Rolleiflex 1952 ainsi que sa Nikon numérique.« Ce qui m\u2019intéresse, même dans la photo, c\u2019est la poésie.Pas pour que ce soit joli, mais pour secouer.Donc, c\u2019est sûr que, dans les images, j\u2019essaie à l\u2019occasion de montrer ce qu\u2019on ne voudrait pas voir, ou de montrer différemment ce qu\u2019on voudrait voir », confie-t-il.S\u2019il craignait initialement l\u2019écriture par manque de confiance, il se rend compte qu\u2019aujourd\u2019hui, celle- ci prend de plus en plus de place dans son travail créatif.« L\u2019 idé e de col ler les deux ensemble m\u2019est venue naturellement.Je ne me suis pas vraiment posé la question : ça faisait sens.Par contre, c\u2019est difficile à doser.Ce n\u2019est pas simple parce qu\u2019il faut toujours garder un équilibre entre « Ce qui m\u2019intéresse, même dans la photo, c\u2019est la poésie.Pas pour que ce soit joli, mais pour secouer.» \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD Sylvie Cholette annonce une programmation estivale qui met en valeur les talents de la communauté de Saint-Venant-de-Paquette.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD Richard Séguin \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ Marcus Quirion \u2014 PHOTO JEAN-FRANÇOIS GRATTON laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M11 ARTS les deux », précise-t-il.Avec le report de l\u2019exposition d\u2019un an, l\u2019artiste multidisciplinaire a réfléchi à ce qu\u2019il pourrait ajouter afin d\u2019amener l\u2019exposition à un autre niveau.« J \u2019ai eu l\u2019 idée de faire des retables.C\u2019est un truc du Moyen Âge.Je les ai faits à ma manière et c\u2019est devenu des cabinets de curiosités », mentionne-t-il.Il a ainsi prévu l\u2019exposition selon un parcours qui oblige les gens à s\u2019approcher et à se reculer, afin de changer leur perspective.Les retables doivent entre autres être ouverts et fermés par les visiteurs.RÊVE DEVENU RÉALITÉ La place grandissante de l\u2019écriture dans son travail artistique a aussi permis à Normand Achim de réaliser un rêve d\u2019adolescence.« Je suis devenu parolier de Fannie Gaudette, qui est une pianiste classique.Moi, quand j\u2019étais ado, c\u2019est ça que je voulais faire », précise-t-il.Pour celui qui considère que l\u2019ensemble de sa vie est cerné par la lenteur, l\u2019exposition et la sortie du disque de Fannie, qui est prévue en février 2022, donnent l\u2019impression d\u2019atteindre un apogée.sur les pas de Thoreau, qu\u2019il agrémentera aussi de chansons.David Goudreault (2 juillet), Marcus Quirion (9 juillet), Louise Marois (23 juillet), Alicia Deschênes (30 juillet), Jipé Dal- pé (6 août) et André Duhamel (27 août) sont aussi déjà annoncés.Quatre artistes restent à confirmer.Si les spectacles sont prévus au Musée-Église, il est « fort possible que certaines présentations se passent sur des sites de poésie », précise Mme Cholette.Particulièrement lorsque de plus petits groupes seront attendus.Jipé Dalpé \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Pour poursuivre l\u2019idée de mettre en valeur le village, le site éphémère du Sentier de la poésie abordera, dès le 24 juin, l\u2019histoire de Saint-Venant.« Ça va être des photos du village d\u2019il y a 100 ans.Il va y avoir aussi des textes écrits par les personnes âgées du village.On a mis tout le monde dans le coup ! » s\u2019exclame Sylvie Cholette.TIRER PROFIT DE LA PANDÉMIE Même si la Grande Nuit de la poésie et les événements-béné- fices qui rassemblent beaucoup de spectateurs ont été reportés, Saint-Venant-de-Paquette a su tirer son épingle du jeu en attirant davantage de visiteurs en 2020.« Les gens veulent sortir, aller sur des lieux où ils peuvent être à l\u2019extérieur.Alors on a tout de suite réagi, on s\u2019est adapté très rapidement, on a été créatifs.On a placé des tables de pique-nique dehors.On s\u2019est arrangé pour que le restaurant fonctionne et les gens ont embarqué tout de suite ! » lance Sylvie Cholette.ÉMILIE PINARD-FONTAINE NOTRE VIDÉO DISPONIBLE SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA L\u2019exposition de Normand Achim allie poésie et photographie dans une exploration artistique de la grossesse et du monde qui attend l\u2019enfant à naître.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD 0063210 Trente céramistes à découvrir! Quand l\u2019art de la céramique se met à table au jardin, une expérience immersive pour célébrer l\u2019arrivée de l\u2019été.CÉRA MYSTIC à Way\u2019s Mills 2 au 11 juillet 2021 2133, chemin de Way\u2019s Mills Municipalité de Barnston-Ouest Entrée libre SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M12 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil QUÉBEC \u2014 En 1990, à l\u2019été de ses 12 ans, Tracey Deer est catapultée au milieu de la tristement célèbre crise d\u2019Oka.Pendant trois décennies, la réalisatrice mohawk va poursuivre une quête d\u2019extériorisation, soit que la jeune fille qu\u2019elle était puisse avoir une voix et être comprise.Chose faite avec Beans, saisissant et puissant long métrage couronné très récemment, avec raison, du prix du meilleur film aux Écrans canadiens.La récompense agit comme un baume dans le contexte.L\u2019écriture du scénario, avec Meredith Vuch- nich, fut pénible en raison de ce qui remontait à la surface.Tracey Deer y a consacré dix ans.Difficile de ne pas y voir une catharsis.« Absolument.Mon sentiment de sécurité et mon estime de moi-même ont été foulés au pied.J\u2019ai eu une adolescence très sombre et j\u2019ai même développé des idées suicidaires à 15 ans. » Tracey Deer souligne que, même si ce très personnel premier long métrage de fiction présente le conflit entre les Mohawks et les Québécois allochtones en toile de fond, il s\u2019agit d\u2019abord et avant tout du récit initiatique de Beans « dans ce pays hostile envers les siens et l\u2019impact que ça a sur elle ».Son alter ego va perdre son innocence lorsque la situation dégénère et que son adolescence fait des siennes.VOITURES LAPIDÉES Le film présente d\u2019ailleurs une séquence-choc lors de l\u2019évacuation des femmes et enfants de Kahnawake.Le convoi de voitures est lapidé par des résidents déchaînés de Châteauguay, sous l\u2019œil impassible des policiers de la Sûreté du Québec.Ça, Tracey Deer l\u2019a vécu.Il y a d\u2019autres incidents recréés pour le long métrage auxquels elle n\u2019a pas participé, mais qui s\u2019y sont réellement déroulés, images d\u2019archives à l\u2019appui.Avec le recul, les réactions racistes choquent.Il y a eu des avancées, reconnaît Tracey Deer.« Malheureusement, les choses ont peu changé, constate-t-elle.Même si c\u2019est un film d\u2019époque, il correspond à ce qui se déroule encore à travers le pays [le gazoduc bloqué par les Wet\u2019suwet\u2019en en 2020, par exemple].C\u2019est une tragédie qu\u2019en 30 ans, nous ayons si peu progressé.Je demeure optimiste, mais il y a tellement à faire! » Cette honnêteté, la réalisatrice l\u2019a aussi transposée dans le film.Le portrait de sa communauté n\u2019est pas toujours reluisant.« Ma carrière est bâtie sur la vérité.J\u2019ai sans cesse essayé de rejoindre TRACEY DEER Un film pour bâtir des ponts ASTROLab Centre culturel et du patrimoine Uplands Centre culturel Yvonne L.Bombardier Centre d\u2019interprétation duMarais Galerie d\u2019artAntoine-Sirois Galerie d\u2019art Foreman de l\u2019Université Bishop\u2019s Lieu historique national de Louis-S.-St-Laurent MaisonMerry, lieu demémoire citoyen deMagog Mhist -Musée d\u2019histoire de Sherbrooke MNS² -Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke Musée Beaulne Musée Bruck Musée Colby-Curtis Musée de l\u2019ardoise Musée de l\u2019ingéniosité J.Armand Bombardier Musée des beaux-arts de Sherbrooke Musée historique du comté de Brome Musée international d\u2019art naïf deMagog MuséeMissisquoi Parc historique de la Poudrière deWindsor Presbytère de Racine TANTÀ musees.qc.ca Pour vivre un moment d\u2019évasion et participer à la relance culturelle de votre région, visitez les musées qui vous entourent.Ils ont tant à offrir, il y a tant à découvrir.#MuséesQc En partenariat avec : 0068059 laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M13 CINÉMA deux publics.Celui de l\u2019extérieur, avec qui je tente de construire des ponts.Et mon peuple.C\u2019est important de se regarder dans le miroir.Les films m\u2019ont toujours motivée à devenir ce que je suis.J\u2019espère que celui-ci fera la même chose. » BESOIN DE PLUS D\u2019ALLIÉS Beans peut contribuer à faire changer les mentalités chez les Canadiens et les Québécois, estime-t-elle.« Nous avons besoin de plus d\u2019alliés.Les choses doivent changer.Je veux que les spectateurs tombent en amour avec Beans et sa famille, puis aient le goût de se battre pour changer les choses dans la réalité », dit- elle en soulignant les conflits qui se déroulent encore à la grandeur du pays.Tous les chefs de parti, et les députés fédéraux et provinciaux, devraient voir le film, souhaite la cinéaste à ce propos.Dans ce contexte, la réalisatrice était parfaitement consciente du potentiel explosif de Beans, des deux côtés de la barrière.« Absolument.Je ressens ce sentiment pour chacune de mes créations \u2014 je veux qu\u2019elles nous challengent.C\u2019est marcher sur une ligne très étroite.J\u2019espère que le film ne retraumatisera personne ni ne repoussera les gens dans leurs préjugés extrêmes, mais qu\u2019il nous rapprochera. » « C\u2019est impossible, toutefois, de savoir comment chaque personne va recevoir et interpréter le film.J\u2019ai fait du mieux que j\u2019ai pu.Mais j\u2019avais ça en tête dans chaque choix que j\u2019ai fait. » UNE BONNE CRISE La crise d\u2019Oka aura eu ça de bon : c\u2019est à ce moment que Tracey Deer a su qu\u2019elle deviendrait cinéaste.Elle s\u2019est consacrée au documentaire pendant dix ans.Puis a frappé un mur.« Ce sont de vraies personnes et de vraies histoires qui t\u2019habitent pendant deux, trois ans à chaque film. » Elle décide alors de se « reconnecter à la voix de la petite fille qui rêvait de devenir réalisatrice ».D\u2019abord un court métrage, qui servira de rampe de lancement à la série Mohawk Girls, diffusée de 2014 à 2018.Puis, une chose en amenant une autre, elle joint en 2019 l\u2019équipe de scénaristes d\u2019Anne with an E pour la troisième saison sur CBC et y développe un personnage autochtone, une Mi\u2019kmaq jouée par Kiawenti:io Tarbell, et qui décrochera le rôle- titre de Beans.Pas de favoritisme, toutefois, précise Tracey Deer.La jeune fille est passée par tout un processus d\u2019audition, qui comprenait aussi des rencontres avec les parents.La production voulait s\u2019assurer que les acteurs ne soient pas choqués par le contenu parfois sombre et violent du drame.Sauf qu\u2019à quelques semaines du tournage, Tracey n\u2019avait toujours pas déniché sa perle rare pour interpréter Ruby.Comme elle est directement inspirée de sa jeune sœur, elle voulait une petite « solaire ».Elle sera servie avec la lumineuse Violah Beauvais.La concrétisation de Mohawk Girls et, encore plus, de Beans marque la fin d\u2019une étape pour la cinéaste.« C\u2019est le temps de définir de nouveaux objectifs », rigole- t-elle.Même si elle développe un autre long métrage (Inner City Girl), qu\u2019elle a démarré une série et décroché un contrat de réalisation avec Amazon.« Je veux continuer à écrire des histoires qui me passionnent et espérer qu\u2019elles peuvent faire une différence. » Beans prend l\u2019affiche le 2 juillet.La réalisatrice Tracey Deer (à droite) espère que le fait de montrer la Crise d\u2019Oka à travers les yeux des enfants et adolescents (ici Violah Beauvais et Kiawenti:io Tarbell) qui l\u2019ont vécue de l\u2019autre côté des barricades aidera à ouvrir le cœur des gens qui avaient gardé une opinion défavorable envers les Premières Nations.\u2014 PHOTO SÉBASTIEN RAYMOND En 1990, les tensions sont vives entre les Mohakws de Kanesatake et les Québécois allochtones d\u2019Oka.La situation va s\u2019envenimer lorsque la municipalité octroie un permis à un promoteur pour l\u2019agrandissement du golf et un projet domiciliaire sur un terrain litigieux (la fameuse pinède).Tout dégénère lorsque la Sureté du Québec tente de démanteler une barricade installée par les Guerriers.C\u2019est la fusillade.Le caporal Marcel Lemay est mortellement atteint, un événement qui déchaine les passions de part et d\u2019autre.Ce qui distingue Beans des reportages ou documentaires sur la crise d\u2019Oka réside dans le fait qu\u2019il adopte le point de vue d\u2019une préado de 12 ans (et montre les impacts sur elle).« C\u2019est difficile de fermer son cœur à une enfant. » Ça, et le fait que la réalisatrice a décidé d\u2019insérer des images d\u2019archives qui nous rafraîchissent la mémoire ou donnent du contexte pour les plus jeunes.« Ç\u2019a toujours fait partie de ma vision pour le film.La première raison était vraiment de contrebalancer le récit propulsé par les médias à l\u2019époque.Parce que c\u2019était tellement différent de ce que j\u2019ai vécu cet été-là.Je voulais aussi que les spectateurs constatent que c\u2019étaient des faits réels.Certaines des scènes dégueulasses que nous avons recréées deviennent faciles à rejeter : \u201cOh, je suis certain qu\u2019elle exagère, ça ne devait pas être si grave.\u201d Avec ces archives, j\u2019espère que ce sera plus difficile à écarter pour les spectateurs. » « Troisièmement, comme il s\u2019agit de la perspective d\u2019une fille de 12 ans qui n\u2019a pas le portrait global, nous ne savons que ce qu\u2019elle sait, poursuit Tracey Deer.Pour vraiment comprendre ce qui se passe, il fallait une mise en contexte. » ÉRIC MOREAULT, LE SOLEIL La crise d\u2019Oka dans l\u2019œil de Beans SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M14 CINÉMA ÉRIKA BISAILLON Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le documentaire La parfaite victime, en salles le 30 juin, veut lever le voile sur les failles et la réticence aux changements de notre système judiciaire en matière de violences et d\u2019agressions sexuelles.Les journalistes et réalisatrices Monic Néron et Émilie Perreault mettent en lumière des manquements du processus judiciaire en matière de défense des victimes d\u2019agressions sexuelles.Elles jettent un regard critique sur les difficultés qu\u2019éprouvent les plaignantes à « passer à travers l\u2019entonnoir du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) », afin de se rendre devant les tribunaux.« Ce film nous ouvre les yeux sur les vrais problèmes du système et nous permet de mieux les comprendre et de cerner les possibles solutions », estime la productrice Denise Robert, qui a l\u2019habitude des documentaires coup-de-poing (Les voleurs d\u2019enfance, Dérapages).« Je suis tombée en bas de ma chaise quand j\u2019ai su que les victimes ne sont pas représentées par un avocat et qu\u2019elles sont considérées comme des témoins.C\u2019est un film qui mérite d\u2019être en salle pour permettre d\u2019avoir un débat de société pour faire avancer notre système judiciaire », insiste-t-elle.« On a voulu comprendre pourquoi tant de gens tournent le dos au système judiciaire.» \u2014 Monic Néron Pendant trois ans et demi, les coréalisatrices se sont penchées sur le parcours de victimes au sein du processus judiciaire dans la foulée du mouvement #MoiAussi.Il en résulte que ces victimes ont un point commun : elles sentent toutes la contrainte d\u2019être perçues comme « parfaites » par le système.Monic Néron, autrefois affectée aux affaires judiciaires, relativise : « J\u2019ai travaillé dans les palais de justice pendant six ans et il y a de bonnes choses qui se font.Il y en a, des procureurs dévoués et qui ne comptent pas leurs heures pour accompagner les victimes.Mais malheureusement, c\u2019est le système au complet qui est problématique et un examen de conscience social est nécessaire pour combattre le problème systémique de violence sexuelle. » LA GENÈSE D\u2019UN LONG PROCESSUS Après s\u2019être penchées sur l\u2019affaire Gilbert Rozon en 2017, Monic Néron et Émilie Perreault ont uni leurs forces pour aiguiser davantage leur réflexion.« Dans les semaines qui ont suivi, nos boîtes courriel se sont remplies d\u2019histoires, de témoignages, d\u2019expériences de toutes sortes.Ce qui ressortait, c\u2019était que le processus pouvait être aussi traumatisant pour certains que l\u2019agression en soi, note Monic Néron.On a voulu comprendre pourquoi tant de gens tournent le dos au système judiciaire. » On découvre donc à l\u2019écran les différentes étapes par lesquelles Sophie, Lily, Marcel et Elena ont dû passer pour mener leur cause devant la justice.Certains avec succès, d\u2019autres moins.Criminalistes, psychiatres, juges et procureurs du DPCP se prêtent également au jeu, afin de donner leur éclairage sur le fonctionnement du système judiciaire en matière d\u2019agressions sexuelles.« Ce qui m\u2019a le plus marqué, c\u2019est le courage des victimes qui ont accepté d\u2019aller à la caméra, mais également des autres intervenants du système qui savaient que ce ne serait pas toujours simple pour eux, souligne Émilie Perreault.Et c\u2019est important d\u2019entendre la résistance.Il ne faut pas croire que tout le monde est d\u2019accord avec un tribunal spécialisé en matière d\u2019agressions sexuelles », poursuit-elle.LE DOS DU DOUTE Le documentaire remet également en question la notion de doute raisonnable.« Le doute raisonnable peut avoir le dos large et il varie d\u2019une personne à l\u2019autre selon des biais inconscients et nos bagages personnels.C\u2019est une notion subjective d\u2019un district [de police] à l\u2019autre », critique Monic Néron.Émilie Perreault précise qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup de causes d\u2019agressions sexuelles qui se rendent devant les tribunaux.Dans les faits, environ 50 % des agressions sexuelles se concluent en condamnation, « mais ces statistiques s\u2019adressent aux plaintes qui ont passé l\u2019entonnoir du DPCP », note-t-elle.Le documentaire montre la difficulté des victimes à franchir cette première étape de l\u2019autorisation, essentielle pour la poursuite du dossier.« Les vagues de dénonciation sur les réseaux sociaux étaient des systèmes d\u2019alarme.On ne change pas les choses en ne brassant pas la cage\u2026 Avez-vous déjà vu des changements sociaux qui ne partent pas d\u2019un ras-le-bol?Ce qu\u2019on veut, c\u2019est que les gens s\u2019approprient cette indignation et que ça provoque des changements de société », insiste Monic Néron.Selon Émilie Perreault, la honte change graduellement de camp.« Le silence ne sert que l\u2019agresseur.Il faut donc lever le silence sur ce problème de société.On ne veut pas de tribunal populaire et c\u2019est pourquoi le système doit changer.On a beaucoup libéré la parole, mais maintenant, il faut libérer l\u2019oreille. » LA PARFAITE VICTIME Quand la honte change de camp Les journalistes et réalisatrices Monic Néron (à gauche) et Émilie Perreault (à droite) en compagnie de la productrice Denise Robert.\u2014 PHOTO LA PRESSE, HUGO-SÉBASTIEN AUBERT Dans le film La parfaite victime, les journalistes et réalisatrices Monic Néron et Émilie Perreault mettent en lumière des manquements du processus judiciaire en matière de défense des victimes d\u2019agressions sexuelles.\u2014 PHOTO FILMS SÉVILLE laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M15 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le rire s\u2019avère l\u2019antidote idéal à la déprime.Surtout s\u2019il se double d\u2019une véritable source de réflexion sur nos travers sociaux.Albert Dupontel, un grand maître du genre, s\u2019inscrit dans une lignée de créateurs originaux et brillants, décalés tout en visant dans le mille \u2014 un exploit, quand on y pense.Adieu les cons vient de remporter sept Césars et un immense succès en salle malgré la pandémie.Ce film sardonique met en scène une quadragénaire (Virginie Efira) rendue malade par son travail, et qui décide de partir à la recherche de son fils placé en adoption de force alors qu\u2019elle avait 15 ans.Elle est secondée dans sa quête par un fonctionnaire dépressif (Dupontel) et un archiviste aveugle (Nicolas Marié)! Le réalisateur, terré dans un endroit injoignable, semble-t-il, a bien voulu répondre aux questions du Soleil par courriel.Q D\u2019où est née l\u2019inspiration de cette tragi-comédie?R Et si quelqu\u2019un qui ne peut pas vivre rencontrait quelqu\u2019un qui ne voulait pas vivre, que lui dirait-il?De ce petit pitch scénaristique, j\u2019ai cherché les archétypes contemporains et sociaux qui pouvaient faire vivre l\u2019histoire, aussi improbable soit-elle.Q Comme vos films précédents, Le vilain, Au revoir là-haut ou 9 mois ferme, il est beaucoup question de filiation dans la quête de Suze, qui tente de retrouver son fils.Est-ce qu\u2019il y a une raison en particulier pour aborder ce thème?R Aucune raison particulière si ce n\u2019est vraisemblablement une névrose obsessionnelle.Aucune raison particulière donc.J\u2019ai été aimé, éduqué, choyé.À tel point que, quand mon père a vu Bernie, il m\u2019a dit « qu\u2019est-ce que je t\u2019ai fait? » Q Votre film repose à nouveau sur un personnage féminin fort.Qu\u2019est-ce qui vous inspire chez les femmes?Et pourquoi avoir choisi Virginie Efira pour interpréter Suze?R L\u2019homme et la femme sont intellectuellement inaboutis l\u2019un sans l\u2019autre.Un rôle féminin me permet d\u2019exprimer mes immenses lacunes dont je n\u2019ai que l\u2019intuition dans mon quotidien et que les actrices expriment très concrètement.Virginie faisait partie d\u2019un petit groupe d\u2019actrices qui me donnaient envie (artistiquement bien entendu) et elle s\u2019est prêtée avec beaucoup d\u2019humilité aux essais à l\u2019issue desquels la caméra a pointé son évidence pour le rôle.Q Vous interprétez JB, un dépressif victime du jeunisme qui le conduit sur le bord de l\u2019épuisement professionnel et l\u2019entraîne à devenir pirate informatique pour la bonne cause.Avez-vous envisagé un autre acteur ou il vous semblait impératif de jouer ce rôle?R L\u2019inhibé dépressif est un rôle que je connais bien au quotidien et depuis fort longtemps.Cela aurait été du gâchis de se priver de cette immense masse d\u2019informations personnelles.Q Impossible de passer à côté du choix de Nicolas Marié, qui apparaît dans tous vos films sauf un.Son personnage d\u2019aveugle lui a d\u2019ailleurs valu un César.Est-ce que votre relation dépasse le cadre professionnel ou vous éprouvez une totale confiance en lui?R Je le connais depuis 30 ans et ai toujours été très admiratif de son talent d\u2019acteur.Bizarrement, il n\u2019est arrivé que tardivement sur le projet, car j\u2019avais imaginé M. Blin plus jeune (ce qui était une erreur).Son interprétation et sa joie de jouer m\u2019ont comblé au-delà de mes espérances.Q Vous aimez pratiquer le mélange des genres.Adieu les cons affiche toutefois un peu plus de réalisme.Est-ce le récit qui imposait ce choix ou un parti pris de mise en scène?R Le récit imposait ce choix naturellement.Je me suis borné à exacerber un certain « réalisme poétique », humble héritage des grands cinéastes des années 1930 (Renoir, Carné, Duvivier etc.).Q Après plusieurs nominations aux Césars depuis Bernie (1997), vous décrochez ceux du scénario avec 9 mois ferme et de la réalisation avec Au revoir là-haut.Cette fois, vous réussissez le triplé : film, scénario et réalisation.Est- ce un accomplissement ou les récompenses ne sont pas votre tasse de thé?R Je trouve cela gentil, mais j\u2019ai du mal à imaginer être le « meilleur » alors qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019une question de goût.Tout en étant donc très content de cette reconnaissance (surtout pour les gens de mon équipe), je m\u2019abstiens pudiquement des cérémonies.Q Les clins d\u2019œil aux Monty Python sont nombreux (Adieu les cons est même dédié à Terry Jones).Est-ce une source d\u2019inspiration?R Plus qu\u2019une source d\u2019inspiration.Ils ont nourri mon imaginaire d\u2019adolescent, puis de jeune adulte, et y ont même été un réconfort moral total à des moments où la vie se montrait un peu sévère.Ma grande chance d\u2019artiste fut de pouvoir les croiser et de pouvoir travailler un peu avec eux.Adieu les cons est présentement à l\u2019affiche.ALBERT DUPONTEL LE RÉCONFORT DANS L\u2019ABSURDE Albert Dupontel a réalisé Adieu les cons, un film couronné de sept Césars, dont ceux du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario.\u2014 PHOTO ADCB FILMS, JÉRÔME PRÉBOIS 0070579 SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M16 N ous ne sommes pas encore parvenus à Port-Menier que déjà, les cerfs de Virginie nous distraient.Ici, pas de feu de signalisation, mais les cerfs ou les bernaches peuvent parfois venir perturber la circulation.Avec cette faune omniprésente, il faut toujours se rappeler qu\u2019il faut partager la route.« On est en minorité ici », nous rappelle Vicky Bélanger, coordonnatrice au service à la clientèle chez Sépaq Anticosti.L\u2019aéroport derrière nous, on aperçoit les maisons de Port-Me- nier, seul village de l\u2019île.Avec l\u2019air salin qui nous enveloppe et ce renard déambulant dans le petit hameau, on se sent déjà ailleurs.Chez nous, en pleine Côte-Nord.La plus grande île du Québec offre sa part de dépaysement, à deux heures d\u2019avion de Québec ou trois de Montréal.Ici, pas de réseau cellulaire.En grimpant un sentier, loin du wi-fi de l\u2019auberge de Port-Menier où nous logeons, je m\u2019étonne d\u2019entendre un texto rentrer.Une tour cellulaire doit cependant être construite en 2022.Hélas, soupire le maire, John Pinault, en soulignant néanmoins que ce service est réclamé par sa population, soit quelque 175 habitants.Le village abrite un dispensaire, un magasin général, une caisse populaire et l\u2019écomusée d\u2019Anticosti, un véritable coffre aux trésors racontant l\u2019histoire peu banale de l\u2019île, narrée par Sonia, l\u2019employée passionnée du musée.En déambulant dans les salles, on en apprend sur l\u2019intérêt des Allemands envers ce lieu pendant la Seconde Guerre mondiale, sur le rôle qu\u2019ont joué les Sœurs de la charité en éducation et, évidemment, sur le célèbre Henri Menier, l\u2019industriel français qui a acquis l\u2019île en 1895 et dont le nom est partout.Son influence se ressent encore de nombreuses façons, notamment par la manière dont il a modelé la faune insulaire en introduisant les chevreuils (les lièvres également), ou en donnant vie au village qui porte son nom.On retrouve encore aujourd\u2019hui les traces de son manoir, un « pavillon de chasse », sur le site du château Menier.L\u2019île est unique à bien des égards.Sa plateforme littorale, « pire qu\u2019un haut-fond », communément appelée reef, a causé bien des surprises aux marins.À marée basse, en apercevant les vagues qui se cassent au loin, on peut imaginer comment ce reef a pu jouer de mauvais tours aux navigateurs, avec les vents et les marées.Avec plus de 400 naufrages survenus entre 1690 et 1982, Anticosti « l\u2019inaccostable » est décrite comme le cimetière du golfe.Ces naufrages peuplent aujourd\u2019hui d\u2019innombrables contes et légendes.Parmi les nombreuses épaves qui ceinturent l\u2019île, à deux pas de sites de camping, le Wilcox est un ancien dragueur de mines de la Seconde Guerre mondiale qui a servi dans les environs de la Colombie-Britannique.Amené au Québec en passant par le canal de Panama, le navire a été utilisé par l\u2019entreprise Consolidated Bathurst afin de ravitailler l\u2019île.Il s\u2019est échoué en 1954 lors d\u2019une tempête.Les tentatives de le remettre à l\u2019eau sont restées vaines.Anticosti, c\u2019est aussi un univers faunique bien particulier.Évidemment, le cerf de Virginie est roi.On en apercevra à plusieurs reprises en vélo électrique, au fil des 12 km entre Baie-Sainte-Claire et Port-Menier.Certains détaleront à notre vue, mais d\u2019autres se laisseront photographier.Un curieux Le cerf de Virginie est roi à Anticosti.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Inoubliable Anticosti laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M17 PLEIN AIR viendra d\u2019ailleurs interrompre les joyeuses discussions à l\u2019heure de l\u2019apéro, en nous observant à travers la porte vitrée de l\u2019auberge de Port-Menier.L\u2019ours est disparu, et vous ne risquez pas de tomber face à face avec une moufette ou un porc-épic, ni même un raton laveur.Pas d\u2019écureuil non plus.Par contre, on dénombre entre autres des castors, des loutres, des rats musqués et des orignaux, et l\u2019île est prisée pour taquiner le saumon.Si vous êtes attentifs, vous pourrez observer des phoques ou des pygargues à tête blanche.On retrouve la plus grande population de cette espèce ailée à l\u2019est du Canada.INVITATION À LA CONTEMPLATION Les amoureux de randonnée seront servis.Le parc national d\u2019An- ticosti compte 125 km de sentiers.Difficile de passer à côté de certains attraits : parmi eux, la chute Vauréal, qui atteint 76 mètres, et qui est plus haute que les chutes Niagara.Les falaises de Baie-de-la-Tour, découpées par le bleu du ciel et de la mer, me rappellent un peu celles du parc national Forillon, en Gaspésie.Le sentier des Télégraphes (une boucle de 5 km), après une courte montée, permet d\u2019avoir une vue d\u2019ensemble sur ce chef-d\u2019œuvre naturel.Tout, ici, invite à la douceur et à la lenteur.Le regard sur le golfe du Saint- Laurent donne envie de laisser le temps filer tranquillement.Les sentiers appellent également à la contemplation.On est à mille lieues des grands sommets, mais on peut plutôt s\u2019aventurer aux abords de canyons, de grottes et aux pieds des falaises, des particularités de la formation géologique de l\u2019île.On tombe amoureux d\u2019Anticosti pour toutes ces raisons, mais aussi pour sa gastronomie et ses résidents.Le gigantesque homard qui se retrouve dans nos assiettes (le plus gros jamais mangé, je le jure) a été pêché ici, quelque part en face de l\u2019auberge Port-Me- nier.L\u2019établissement fait la part belle aux produits locaux, des pétoncles de Havre-Saint-Pierre aux crevettes nordiques de la Gaspésie.Dans un avenir pas si lointain, on pourra découvrir les huîtres du maire d\u2019Anticosti, John Pi- nault, qui planche sur une culture ostréicole.Les Anticostiens mis sur notre route sont clairement des passionnés et des amoureux de leur territoire.Peut-il en être autrement dans ce monde rythmé par le travail saisonnier, où les visites sur le continent varient au gré des avions et des bateaux?Je ne crois pas, non.On a paré Anticosti de bien des qualificatifs : l\u2019île sauvage, l\u2019inac- costable\u2026 Pour moi, elle sera l\u2019inoubliable.La chroniqueuse était l\u2019invitée de la Sépaq.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur instagram : isabelle.pion LA SEMAINE PROCHAINE ANTICOSTI, TERRE FOSSILIFÈRE ETLE BONHEUR EN MODE INSULAIRE Le Wilcox, l\u2019une des nombreuses épaves qui ceinturent Anticosti.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION Incendiée en 2011, sise à l\u2019ouest de l\u2019île, l\u2019auberge de Port-Menier reprend vie cet été en accueillant ses premiers clients, qui peuvent profiter de 16 chambres avec vue sur la mer.La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) offre une formule tout inclus comprenant le vol de Montréal, Québec ou Mont-Joli pour cinq nuits, avec trois repas par jour.Sur place, différentes activités sont proposées, dont le prêt de vélos électriques pour explorer les environs, de même que le prêt de kayaks et de surfs à pagaie au lac du Ruisseau.Une journée d\u2019excursion permet de découvrir le parc national d\u2019Anticosti, au centre de l\u2019île, et du même coup quelques-uns des grands attraits, comme la chute Vauréal et le canyon de l\u2019Observation.Moyennant des frais supplémentaires, il est aussi possible de louer un camion sous réserve de disponibilité.Ce type de location est un élément essentiel à considérer, étant donné que beaucoup d\u2019attraits et de sentiers, pour les amateurs de plein air, se retrouvent à plusieurs kilomètres de Port-Menier.C\u2019est sans compter qu\u2019une toute petite portion de la chaussée est asphaltée (dans le secteur du village) dans l\u2019ensemble des quelque 267 km de route.L\u2019artère principale, la Transanticostienne, s\u2019étire d\u2019un bout à l\u2019autre de l\u2019île.Mieux vaut être bien chaussé pour y circuler : les risques de crevaison sont bien réels.Les véhicules sont munis de radio émetteur-récepteur.Les réservations sont complètes pour la saison 2021\u2026 et même pour 2022.Les réservations en vue de l\u2019été 2023 ouvriront au printemps 2022.Le tarif est de 1495 $ en basse saison en occupation double (à partir de Mont-Joli) et de 1635 $ en haute saison (20 juillet au 29 août).La Sépaq offre aussi la location de chalets, d\u2019un forfait à l\u2019auberge McDonald et du camping, trois formules encore disponibles pour 2022 au moment d\u2019écrire ces lignes.Pour 2021, des sites de camping sont encore disponibles.L\u2019île recense aussi des pour- voiries pour les amoureux de la chasse et la pêche.La Municipalité de l\u2019Île-d\u2019An- ticosti (dont Port-Menier est la principale agglomération) compte de son côté Le camping du château (cinq sites rustiques), et l\u2019auberge Pointe-Ouest, à 16 km de Port-Menier.Les gens peuvent arriver par voie aérienne ou par bateau, avec le Bella-Desgagné.Si vous comptiez partir avec pitou, sachez que les chiens sont interdits sur l\u2019île.Un règlement interdit leur présence « afin de préserver certaines caractéristiques écologiques et fauniques ».ISABELLE PION L\u2019AUBERGE DE PORT-MENIER REPREND VIE L\u2019auberge de Port-Menier de la Sépaq.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION Les falaises de Baie-de-la-Tour peuvent évoquer celles du parc national Forillon.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M18 L a pandémie aura ironiquement été riche en parutions de toutes sortes pour voyager par procuration.Ou peut- être les remarquions-nous davantage, coincés que nous étions entre les quatre murs monotones de notre zone rouge.Carolyne Parent, qui bourlingue depuis 25 ans dans les pages du Devoir et du magazine Elle Québec, entre autres, jure pourtant qu\u2019il ne faut voir aucune préméditation dans l\u2019arrivée sur les tablettes d\u2019Un monde à voir, sa collection de 100 aventures pour un temps nouveau du voyage.« Ça fait 25 ans que je suis pigiste dans l\u2019univers du voyage.Je voulais me faire plaisir et l\u2019idée de départ était de publier mes plus belles histoires en carrière.La pandémie est arrivée et je trouvais que j\u2019étais à côté de la plaque.Ce n\u2019est pas vers ça que s\u2019en va le voyage.Notre vie est en changement.Tout est en mutation et ça se répercutera sur le voyage.J\u2019ai donc voulu présenter 100 aventures qui ont du sens », résume-t-elle.Elle cite un texte sur l\u2019Uruguay, où elle nous entraîne dans un parc où on loge dans d\u2019anciennes bicoques de pêcheurs converties en dortoirs alimentés à l\u2019énergie solaire.Ou encore Christiania, le quartier « utopique » de Copenhague où on cherche à adopter un mode de vie durable.Carolyne Parent le dit ouvertement, son recueil n\u2019est pas un guide de voyage.Il cherche plutôt à inspirer le lecteur à voyager autrement, à chercher des expériences différentes plutôt que de s\u2019agglutiner avec des milliers d\u2019autres touristes dans une capitale photographiée à outrance.Le graphisme du bouquin, coloré à souhait et mettant en valeur de magnifiques photos, donne envie de dévorer les aventures de l\u2019auteur avec les yeux d\u2019abord, avant de se laisser emporter par les mots qui résument des histoires hors de l\u2019ordinaire.Dès l\u2019introduction, je me suis trouvé une parenté avec la journaliste, qui parcourait le monde bien avant que j\u2019obtienne mon premier passeport.Les façons de voyager ont changé, convient- elle.Avant, on tenait un journal de nos aventures.Aujourd\u2019hui, plus personne n\u2019a le temps de consigner des notes à propos des lieux qu\u2019on coche plutôt sur notre bucket list.J\u2019ai souri, alors que je garde encore des cahiers barbouillés que j\u2019ai remplis avec soin les premières fois que j\u2019ai pris l\u2019avion.Il est vrai que j\u2019en ai perdu l\u2019habitude.J\u2019ai aussi aimé le regard que Carolyne Parent pose sur l\u2019étranger, sur l\u2019autre et son milieu de vie.Comble du hasard, nous avons tous les deux choisi la Pologne pour notre premier voyage solo en Europe.« J\u2019avais 17 ans.Je me suis envoyé une carte postale par jour pour en faire un journal de voyage.Ma mère me disait que je me prenais pour une journaliste. », raconte-t-elle en riant.Même en admirant les beautés connues des destinations populaires, Carolyne Parent se permet quelques regards de côté et ramène des souvenirs inusités.Qu\u2019elle nous raconte les chevaux sauvages de Corolla, en Caroline du Nord, le sanctuaire de papillons d\u2019El Rosario, au Mexique, ou les cérémonies initiatiques au Sénégal, elle nous livre ce qu\u2019on n\u2019a pas encore vu ou lu du reste du monde.« Je voyage pour rencontrer des gens.Avant, il y avait une hiérarchie du voyage.On ne partait pas à Paris avant d\u2019avoir vu New York.Maintenant, on a perdu un peu le désir du voyage, cette envie de s\u2019imprégner, de lire avant de partir, d\u2019écouter la musique du pays, de goûter sa cuisine.Avant, le voyage commençait bien avant qu\u2019on soit assis dans l\u2019avion.Il faudrait un retour du balancier, qu\u2019on retire de nos voyages plus qu\u2019une belle photo sur Instagram.Il faut arrêter de toujours recréer les mêmes choses. » Mais n\u2019y a-t-il pas un danger à partager des secrets, des histoires de « sentiers moins fréquentés » et d\u2019en faire la nouvelle saveur à la mode?« Là où il y a un os dans la moulinette, c\u2019est dans la gestion des foules, des files d\u2019attente.Il a fallu limiter le nombre de visiteurs au Machu Picchu et dans le vieux Dubrovnik.Ce que tout le monde prône, c\u2019est de diversifier davantage.Oui, allez voir Dubrovnik parce que vous avez aimé Game of Thrones, mais après allez dans l\u2019arrière-pays croate.Le tourisme de demain passe par la gestion du flux touristique. » Ce contrôle du flux ne risque-t- il pas de tuer la spontanéité qui, le plus souvent, est à l\u2019origine des plus belles expériences de voyage?« Il faut laisser place à Éclairage sur le tourisme de demain JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune Carolyne Parent célèbre 25 ans de voyage en lançant Un monde à voir, 100 aventures à vivre au temps nouveau du voyage.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY « Cet été, on explore le Québec, on achète local, et quand on repartira à l\u2019étranger, on pourra appliquer la même philosophie.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on dort dans un tout inclus qu\u2019on ne peut pas en sortir une journée pour aller voir ce qu\u2019il y a de l\u2019autre côté de la porte. » \u2014 Carolyne Parent laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M19 VOYAGES l\u2019imprévu, sinon, on est encore dans la consommation.On trouve néanmoins de belles adaptations, comme Amsterdam, qui a créé des excursions pour ramasser le plastique dans ses canaux.Le tourisme est une business qui accapare les ressources, mais il faut respecter les communautés et chercher à quitter les endroits en les laissant dans le même état ou mieux que quand on les a trouvés. » Parmi les petits gestes simples qui peuvent changer les choses, celui de voyager avec ses déchets.« Si on sait que les infrastructures de récupération sont inexistantes dans le pays qu\u2019on visite, on peut revenir avec notre plastique.Si tout le monde allégeait ses bagages de un ou deux kilos, il y aurait une différence énorme sur le carburant consommé par les avions. » Ce que la pandémie aura changé pour Carolyne Parent, qui raconte pas moins de 55 destinations dans son ouvrage publié aux éditions KO?« J\u2019aurai envie de voyager plus longtemps, de m\u2019incruster, de savourer chaque nanoseconde.J\u2019ai envie de réaliser des rêves. » Si l\u2019Iran caracole en tête des pays qu\u2019elle souhaite visiter, elle attendra peut-être que les relations internationales s\u2019adoucissent avant de s\u2019y pointer.« Je voudrais aller à Fribourg-en-Bris- gau, en Allemagne, pour voir leur écoquartier.J\u2019ai envie de mettre les projecteurs sur des mouvements comme ça. » Il y aura peut-être un peu de l\u2019Asie, aussi, un continent où elle se sent chez elle.« Je ne sais pas si c\u2019est à cause du bouddhisme, mais les gens y sont souriants.Il n\u2019y a jamais de problèmes.Tout finit toujours par s\u2019arranger.Ça nous change de notre société de performance.Ce qui me frappe ici, c\u2019est comment on ne communique pas entre nous. » Tout en suggérant des façons plus conscientes de voyager, comme le séjour chez l\u2019habitant, Carolyne Parent insiste pour dire qu\u2019elle ne veut faire la morale à personne.« Nous sommes tous des touristes qui souhaitons arriver quelque part avant les autres touristes.Seulement, je pense que nous pouvons tous être des touristes mieux informés pour nous assurer que nous savons vraiment à quoi nous souscrivons.J\u2019espère qu\u2019un quart de siècle de bourlingue peut apporter un éclairage sur le voyage de demain.Je trouve fantastique tout ce qui se trame et j\u2019ai confiance que nous allons tous mieux voyager.L\u2019industrie a capté ce message.Cet été, on explore le Québec, on achète local, et quand on repartira à l\u2019étranger, on pourra appliquer la même philosophie.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on dort dans un tout inclus qu\u2019on ne peut pas en sortir une journée pour aller voir ce qu\u2019il y a de l\u2019autre côté de la porte. » 2 Sur 100 résumés d\u2019aventures, trois concernent le Bhoutan, un petit pays d\u2019Asie.\u2014 PHOTO FOURNIE 1 Carolyne Parent a pu assister à une partie d\u2019une cérémonie initiatique au Sénégal.\u2014 PHOTO FOURNIE 3 À Corolla, en Caroline du Nord, il est possible d\u2019observer des chevaux sauvages.\u2014 PHOTO FOURNIE 1 2 3 SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M20 COCKTAILS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale J\u2019 aime l\u2019été, le soleil et la montée en popularité de la légendaire sangria, ce cocktail léger en alcool, rafraîchissant et aimé de tous.Après une mode douteuse durant laquelle les sangrias se sont drapées de couleurs vives et frivoles : bleu, vert et mauve pour ne nommer que ceux-là, je vote pour vous faire découvrir ou redécouvrir la tradition espagnole de macération, où les jus et liqueurs fluos sont remplacés par des rondelles d\u2019agrumes.Ces versions roses et blanches s\u2019exprimeront définitivement mieux par un beau soleil ardent d\u2019après-midi accompagné d\u2019un rosé de Provence et d\u2019un sauvignon blanc, respectivement.Et pour ceux qui ne jurent que par la sangria rouge, je vous invite à explorer les nombreuses variations sur le site de Monsieur Cocktail et même, pourquoi pas, essayez notre version prête-à-boire aux bleuets sauvages du lac St-Jean! Je tiens à vous remercier pour votre fidélité et votre curiosité au fil des semaines, et je suis très heureux de vous annoncer que j\u2019accueillerai une nouvelle cuvée dans la famille Plante dans les jours qui viennent, je tirerai donc ma révérence pour la majeure partie de l\u2019été afin de m\u2019occuper à fond de mes deux petites filles et je vous revois dès la fin d\u2019août pour d\u2019autres suggestions cocktails et petits bouts d\u2019histoire! Je vous souhaite le plus inoubliable des étés, gorgez-vous de moments avec vos proches, et arrosez-les d\u2019un bon verre concocté maison! Sangria blanche à la pêche INGRÉDIENTS \u2022 2 tasses de vin blanc avec ou sans alcool \u2022 1/3 tasse de sirop de pêche \u2022 1 citron, en rondelles * \u2022 1 tasse d\u2019eau pétillante \u2022 Quartiers de pêche (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un pichet, ajoutez tous les ingrédients (sauf l\u2019eau pétillante).2 Laissez reposer quelques heures au réfrigérateur.3 Avant de servir, remplir le pichet de glace et ajouter l\u2019eau pétillante.4 Décorer de quartiers de pêches.* Pour une version rapide, remplacer les rondelles de citron par 1/4 tasse de sirop de citron et servez aussitôt.Sangria rosée au litchi INGRÉDIENTS \u2022 2 tasses de vin rosé avec ou sans alcool \u2022 1/3 tasse de sirop de litchi \u2022 1/2 pamplemousse, en tranches * \u2022 1 tasse d\u2019eau pétillante \u2022 Litchis (pour décorer) PRÉPARATION 5 Dans un pichet, ajoutez tous les ingrédients (sauf l\u2019eau pétillante).6 Laissez reposer quelques heures au réfrigérateur.7 Avant de servir, remplir le pichet de glace et ajouter l\u2019eau pétillante.8 Décorer de litchis entiers.* Pour une version rapide, remplacer les tranches de pamplemousse par 1/4 tasse de sirop de pamplemousse et servez aussitôt.Santé! ROSE ET BLANCHE \u2014 PHOTO MAËLLA LEPAGE HYUNDAIMAGOG.COM Ces offres sont accessibles à tout particulier qualifié qui prend possession d\u2019un modèle Hyundai neuf sélectionné chez un concessionnaire participant du 1er au 30 juin 2021.*Tucson Essential FWD 2022 = 79$ par semaine à la location pendant 60 mois à 4,49%, 1605$ comptant.Prix à l'achat à partir de 30 138$.Sujet à approbation de crédit.Détails en concession.Les Taxes et frais de couleur en sus.Kona Essential FWD 2022 = 58$ par semaine en location 48 mois (208 paiements) au taux de 3,99%, 1995$ comptant.Prix à l'achat de 24 438$.Sujet à approbation de crédit.Limite de 16 000km par année, 0,12$ par km excédentaire à la location.Détails en concession.Les Taxes et frais de couleur en sus.Elantra Essentiel 2021 = 50$ par semaine en location 48 mois (208 paiements) au taux de 1,49%, 1195$ comptant.Location avec 16 000km/an, 0,15$ du km excédentaire.Prix au comptant de 20 438$.Frais de transport et préparation inclus.Sujet à approbation du crédit.Taxes en sus.Modèles illustrés à titre indicatif seulement.Détails en concession ou sur hyundaimagog.com.Modèles illustrés à titre indicatif seulement.1,49% | 1 195$ d\u2019acompte Prix au comptant: 20 438$ mois 48 pendant (208 semaines) /sem.50$ Location à ELANTRA Essential 2021 Prix au comptant: 30 138$ 4,99% | 1 605$ d\u2019acompte mois 60 pour (260 semaines) /sem.79$ Location à TUCSON Essential 2022 Prix au comptant: 24 438$ 3,99% | 1 995$ d\u2019acompte mois 48 pour (208 semaines) /sem.58$ Location à KONA Essential 2022 sur modèles sélectionnés.0% Location ou financement à partir de 0067919 laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M21 VINS A lors que le week-end de notre Fête nationale bat son plein, c\u2019est l\u2019occasion de découvrir de nouveaux produits québécois.Les vignobles ont recommencé à accueillir les visiteurs sur les routes des vins de notre belle province, et si on ne part pas à l\u2019aventure, on trouve de plus en plus de produits de chez nous sur les étagères : vins, spiritueux et coolers 100 % Québec.On aime ça! La preuve, le dernier rapport annuel de la SAQ indique que les produits d\u2019ici ont enregistré une hausse des ventes de 27 % en volume.LE SAVIEZ-VOUS?À titre informatif et pour le plaisir de se souvenir, la SAQ qui célèbre ses 100 ans cette année, portait à l\u2019époque le nom de Commission des liqueurs et offrait 23 marques de vin et 39 de spiritueux à ses débuts en 1921, alors que la prohibition régnait encore sur l\u2019ensemble des provinces canadiennes, sauf en Colombie-Britannique.Notre société d\u2019État, qui est aujourd\u2019hui un des plus grands acheteurs au monde, a commercialisé au cours de l\u2019année dernière 15 800 produits de 82 différents pays, de quoi nous faire voyager! ISLE DE BACCHUS \u2013 LE BRUT DE BACCHUS 2017 28 $ \u2022 ISLEDEBACCHUS.COM \u2022 12 % \u2022 12 G/L On fait d\u2019excellents vins effervescents au Québec et en voici un autre bel exemple.Le millésime 2017 qui vient d\u2019être dégorgé en 2021, est élaboré selon la méthode traditionnelle (comme en Champagne) avec du vidal et geisenheim.Les bulles sont fines et croquantes, dans une finale acidulée de bergamote qui harmonise l\u2019approche florale provenant du geisenheim, un hybride allemand dérivé du riesling et du chancellor, qui est aussi un hybride d\u2019origine française.Un plaisir qui vaut définitivement l\u2019escapade vers l\u2019île d\u2019Orléans pour s\u2019en procurer et même en déguster un verre avec un plateau de fromages ou charcuteries, sur la superbe terrasse du vignoble qui surplombe le fleuve et le coucher du soleil.Le vin est aussi disponible en ligne, via www.isledebacchus.com.LA CANTINA VALLÉE D\u2019OKA CHARDONNAY 2020 23,95 $ \u2022 13 835 841 \u2022 13 % \u2022 1,5 G/L Délicatement boisé et d\u2019une belle ampleur qui offre des notes de poire subtilement vanillées, un millésime à la fois vif et soyeux qui confirme le pari du vigneron Daniel Lalande d\u2019apprivoiser le chardonnay dans la Vallée d\u2019Oka.Le vin est disponible au vignoble ou sur commande en ligne pour l\u2019instant tout comme leur pinot noir 2019 qui mérite aussi d\u2019être mentionné pour sa qualité et le plaisir qu\u2019on prend à le boire.Les deux vins seront disponibles en SAQ en septembre.LÉON COURVILLE VIGNERON CUVÉE DÉTENTE 2020 15,95 $ \u2022 11 686 626 \u2022 12 % \u2022 3,5 G/L Parfaitement situé dans les hauteurs face au lac Brome dans les Cantons-de-l\u2019Est, le Domaine Les Brome est un des sites les plus enchanteurs pour partager une bouteille de vin sur sa grande terrasse avec vue sur les vignes, les montagnes et le lac.En été, sa cuvée rosé est devenue un classique.Heureux mariage de seyval noir, de chaunac et Maréchal Foch, elle donne tout son sens au mot détente avec son cocktail rafraîchissant de petits fruits rouges comme la canneberge, la fraise, la groseille et même des notes de rhubarbe en finale.Simple, coquet et désaltérant.DOMAINE L\u2019ANGE-GARDIEN CÔTE-DE-BEAUPRÉ 16,90 $ \u2022 14 646 961 \u2022 12 % \u2022 2,2 G/L À flanc de colline devant l\u2019île d\u2019Orléans, le Domaine l\u2019Ange-Gar- dien produit des vins qui cumulent les médailles depuis 2004.Le vignoble est accueillant avec de belles terrasses pour déguster une sélection de leurs nombreuses cuvées comme ce rouge de soif, bien équilibré et parfait pour les BBQ, avec sa fraîcheur balsamique, légèrement boisé avec la belle amertume du noyau de cerise sauvage en finale.Ses produits sont aussi disponibles au Marché de Ste-Foy, à Québec.AU PIED DE COCHON GIN DE MONONCLE BIÈRE D\u2019ÉPINETTE 18,20 $ \u2022 14 700 121 \u2022 7 % \u2022 140 G/L (4 X 355ML) Une nouveauté de la Cabane du Pied de Cochon.Les adeptes de l\u2019émission Un chef à la cabane reconnaîtront le cocktail en honneur du mononcle de Martin Picard, à base de bière d\u2019épinette et de leur gin Mononcle bien marqué par le genièvre et le sapin baumier.Un mix qui rappelle la lavande et la gomme à savon, encore plus rafraîchissant quand on l\u2019allonge avec du soda.MENAUD VODKA 60,75 $ \u2022 14 016 505 \u2022 40 % D\u2019une grande finesse et d\u2019une élégance inégalée pour une vodka, Menaud valorise son terroir de Charlevoix et distille à partir de grains de l\u2019Isle-aux- Coudre, légèrement filtrés à froid, pour conserver le caractère distinctif des saveurs du blé et du seigle qui révèlent également des arômes de fruits secs.Le Québec à l\u2019honneur ! Cette magnifique vue du fleuve du domaine Isle de Bacchus de l\u2019île d\u2019Orléans nous donne envie de découvrir les vignobles qui ont recommencé à accueillir les visiteurs sur les routes des vins de notre belle province.\u2014 PHOTO VIGNOBLE ISLE DE BACCHUS NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M22 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine SHERBROOKE \u2014 Ma grand-mère faisait un sirop pour le rhume à base d\u2019alcool et prisait la gomme de sapin ou d\u2019épinette pour contrer le mal de gorge.Elle avait connu les fameux cataplasmes de moutarde qui réchauffent les poumons malades.Et elle insistait : quand on était fiévreux, valait mieux porter du rouge.Elle tenait ça de sa mère.Qui tenait ça de sa mère avant elle.Pourquoi du rouge?Ce n\u2019était pas tellement clair.Mais parcourir le livre Les remèdes de grand-mère au Québec m\u2019a rappelé tout ça.Le récent bouquin de Mia Dan- sereau-Ligtenberg est né de ses recherches de maîtrise en histoire : « Chez nous, les plantes médicinales ont toujours eu une place; je m\u2019intéressais depuis longtemps à l\u2019herboristerie.Pendant mon baccalauréat, je suis tombée par hasard sur des archives des grands journaux comme La Presse et La Patrie qui avaient un vaste lectorat.J\u2019ai été surprise de voir qu\u2019on y publiait des remèdes de grand-mère.Ceux- ci se transmettaient donc non seulement de bouche à oreille, mais aussi à travers les médias distribués à large échelle.Je me suis mise à m\u2019intéresser au sujet. » Elle a vite constaté qu\u2019il existait peu de données.Il y avait là un filon à explorer.« En général , dans les manuels d\u2019histoire, on parle assez peu de ce qui concernait la sphère privée comme la famille ou le travail des femmes dans la maison. » Les recettes de remèdes prisées par nos aïeules pour soigner leur maisonnée constituent un savoir qui s\u2019est perdu en chemin, quelque part après la Deuxième Guerre mondiale.En partie, du moins.« Ce que j\u2019avais envie de faire, c\u2019était de déterrer ce savoir, montrer un pan plus original de notre passé.Je sais combien l\u2019histoire peut paraître barbante quand on apprend seulement des dates, au secondaire.J\u2019avais envie d\u2019aller dans une autre sphère, vulgariser le fruit de mes recherches et faire, en quelque sorte, un livre de curiosités.Parce que les remèdes de grand- mères, c\u2019est tout un monde auquel on n\u2019a plus accès de nos jours. » LA PHARMACOPÉE VERTE DE NOS AÏEULES L\u2019orme rouge, les fleurs de sureau, la bourrache, les flocons d\u2019avoine, la passiflore et la rhubarbe sont quelques-uns des éléments de la pharmacopée d\u2019autrefois que Mia Dansereau-Ligtenberg expose dans son original manuel très joliment illustré par Mathilde Cinq-Mars.Certains chapitres sont plus succincts et passent en revue les remèdes prescrits autrefois pour différents maux.D\u2019autres, plus touffus, permettent une plongée dans l\u2019histoire des guérisseuses d\u2019autrefois.0070563 Votre guide découverte des microbrasseries d\u2019ici.À consulter sur le web ou dans la section Éditions spéciales de notre app.N U M É R I Q U E N U M É R I Q U E N U M É R I Q U E N U M É R I Q U E N U M É R I Q U E N U M É R I Q U E laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M23 EN CUISINE Un monde qui a néanmoins laissé des traces.Et pas que dans nos mémoires.« PIusieurs médicaments sont issus de la nature.De nombreuses grandes compagnies pharmaceutiques analysent encore les composés biochimiques des plantes », note l\u2019auteure et agricultrice biologique établie en Mauricie.« Mais c\u2019est vrai qu\u2019il y a aussi des choses absolument loufoques, poursuit-elle.Je pense par exemple à ce qui est associé aux rituels.Ou à certaines pratiques qu\u2019il fallait faire à un moment précis de l\u2019année.Quand on prétend que pour faire disparaître une verrue, il fallait la toucher avec un morceau de tissu rouge, le tourner ensuite trois fois autour d\u2019un barreau de chaise et aller l\u2019enterrer dans le jardin\u2026 disons que c\u2019est assez farfelu! » Dans ces prescriptions un brin irrationnelles (n\u2019est-ce pas?), le religieux s\u2019entremêlait souvent au mysticisme, les propriétés médicinales des végétaux étaient auréolées d\u2019une certaine aura magique.« Les remèdes de grand-mère, en fin de compte, c\u2019est souvent un mélange de beaucoup de choses. » Un mélange pas toujours ragoûtant.Je pensais jusqu\u2019alors que la cuillère d\u2019huile de foie de morue quotidiennement administrée aux enfants dans différents romans d\u2019époque constituait le summum du dégoûtant.Je n\u2019avais rien vu.Les rognons de castor (qui figurent parmi la liste des remèdes d\u2019antan) me font grimacer davantage encore.« Dans les recettes que j \u2019ai dépoussiérées, il y en a une qui m\u2019a particulièrement marquée.Un tonique pour les poumons fait à base d\u2019œufs dont on avait percé la coquille et qu\u2019on laissait macérer dans le jus de citron pendant deux jours, sur le comptoir.On pilait tout ça, on filtrait, et on mélangeait avec de l\u2019huile de foie de morue, du brandy et du miel.Ça ne devait pas avoir grand effet sur les poumons, mais ça devait retourner un estomac à l\u2019envers\u2026 » Entre le folklore et les croyances incongrues, il y a des connaissances qui valent encore le coup d\u2019œil et l\u2019intérêt.« Certains trucs étaient pleins de bon sens », rappelle Mia Dan- sereau-Ligtenberg, en donnant l\u2019exemple des tisanes de jeunes pousses de sapin, qui étaient préparées chaque printemps.« C\u2019était une nécessité parce qu\u2019elles permettaient aux gens d\u2019aller chercher une bonne dose de vitamine C après un hiver à manger davantage des légumes racines.Je trouve qu\u2019il y a quand même un certain savoir à se réapproprier.Évidemment que les maladies graves, on ne les soigne pas avec des herbes.Mais savoir que telle ou telle chose peut être bénéfique quand on a un léger rhume ou un petit bobo, ça a du bon. » Parmi toutes les herbes qu\u2019elle connaît et cultive, l\u2019auteure affiche une préférence pour la calendula.« On l\u2019appelle aussi souci.Avec un procédé de macération, j\u2019en fais une huile qui est bonne pour tous les petits bobos.Comme je travaille en agriculture, j\u2019ai souvent de petites égratignures et cette huile fonctionne à merveille, autant pour moi que pour ma fille de deux ans.Et en tisane, c\u2019est aussi une plante formidable, à la fois calmante et apaisante.Autre coup de cœur : les fines herbes.« Elles sont extrêmement accessibles, elles sont faciles à cultiver et elles ont plein de propriétés.Une tisane de thym et de miel, pour le mal de gorge, ça fait des miracles.Le romarin et l\u2019origan aussi.La camomille est bonne pour la digestion.Et la lavande est vraiment apaisante.Des recherches sont d\u2019ailleurs menées auprès des animaux anxieux, avec lesquels on l\u2019utilise.Les résultats sont là.On voit que c\u2019est plus qu\u2019un effet placebo. » Questions, commentaires, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine L\u2019auteure et agricultrice Mia Dansereau-Ligtenberg.\u2014 PHOTO FOURNIE En apprendre davantage sur les propriétés médicinales des plantes qui nous entourent, c\u2019est aussi se réconcilier avec plusieurs végétaux qui poussent abondamment dans le paysage et qui sont souvent perçus comme de mauvaises herbes.Les pissenlits et le plantain, par exemple.« La majorité de ce qu\u2019on considère comme des mauvaises herbes, tout ce qui pousse dans les fossés et les craques de trottoir, ce sont généralement des plantes utiles qui sont pleines de ressources et qu\u2019on gagne à découvrir. » MIA DANSEREAU-LIGTENBERG Les remèdes de grand-mère au Québec Éditions Marchand de feuilles 190 pages P H O T O 1 2 3 R F SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M24 HORTICULTURE LARRY HODGSON Collaboration spéciale L es hostas (Hosta spp.) sont parmi dles vivaces les plus populaires au Québec et la plupart des jardiniers les connaissent bien\u2026 ou plutôt, il pensent bien les connaître.Mais que savent-ils vraiment sur les hostas?Voici quelques croyances populaires à son sujet qui ne sont pas tout à fait vraies! MYTHE 1 : LES HOSTAS AIMENT L\u2019OMBRE En fait, ils tolèrent l\u2019ombre, mais ils seraient plus à l\u2019aise à la mi-ombre ou même, pour beaucoup de culti- vars, au soleil.Dans la nature, en Chine et au Japon, on les trouve souvent au plein soleil dans les prés, à côté des hémérocalles.Planté davantage au soleil, un hos- ta sera souvent plus coloré que la même variété placée à l\u2019ombre.Les hostas jaunes, en particulier, ont des couleurs plus vives dans des endroits assez ensoleillés.MYTHE 2 : LES HOSTAS SONT SUJETS AUX LIMACES En fait, certains hostas le sont et leurs feuilles sont généralement percées de trous laissés par ces mollusques, mais d\u2019autres ne sont jamais touchés.En général, les variétés à feuilles épaisses sont résistantes et c\u2019est aussi le cas des hostas bleus, car leurs feuilles sont couvertes d\u2019une couche cireuse qui semble dissuader les limaces.Si vous avez un problème avec des hostas aux feuilles trouées, la solution est facile : remplacez-lez par des variétés résistantes.Le pépiniériste saura vous diriger vers les meilleurs choix.MYTHE 3 : IL FAUT DIVISER LES HOSTAS TOUS LES 3 À 5 ANS Je vois même des l ivres qui insistent, mais en fait, moins on les divise, plus ils sont denses et beaux.Certains spécimens vivent 60 ans et plus sans division et sont toujours en parfait état.La seule raison vraiment logique pour diviser un hosta est afin d\u2019utiliser les repousses pour produire de nouveaux hostas.MYTHE 4 : ENLEVER LES FLEURS DES HOSTAS LEUR DONNE PLUS DE VIGUEUR En fait, que vous défleurissez vos hostas ou non ne semblent pas affecter leur croissance, que ce soit pour le meilleur ou le pire.Beaucoup d\u2019hostas ont une floraison assez insignifiante et si vous voulez la supprimer, il n\u2019y a pas de problème à le faire.Par contre, certains hostas ont une floraison qui est vraiment remarquable, que ce soit par son apparence ou son parfum\u2026 ou les deux.Pourquoi se donner la peine de planter des hostas aux fleurs éblouissantes et parfumées comme l\u2019hosta plantain (Hosta plantaginea) ou H.\u2018Fragrant Bouquet\u2019 si vous avez l\u2019intention de les couper?MYTHE 5 : IL NE FAUT PAS FERTILISER LES HOSTAS PANACHÉS, SINON ILS VERDIRONT Il est très commun que les hostas panachés soient plus vivement coloré au début de l\u2019été et que leurs blancs et jaunes verdissent un peu par la suite.Aussi, les hostas bleus perdent peu à peu ce coloris au cours de l\u2019été, car la couche cireuse blanche qui leur donne leur coloration fantastique s\u2019amincit.Mais cela arrivera que vous les fertilisez ou non.Et ce léger verdissement n\u2019est qu\u2019un changement temporaire; ils reprendront leur coloration spectaculaire originale au printemps prochain.MYTHE 6 : IL FAUT SUPPRIMER LES FEUILLES DES HOSTAS À L\u2019AUTOMNE, SINON ILS S\u2019ÉTOUFFERONT Vous pouvez supprimer les feuilles des hostas à l\u2019automne si vous le voulez, mais les laisser sur place ne leur nuit pas, car les feuilles se décomposent et disparaissent toutes seules.Il est incroyable de voir comme de si grosses feuilles réussissent à disparaître complètement en seulement quelques mois! Même que les hostas qui n\u2019ont pas été «nettoyés» sont plus vigoureux qui ceux qui ont subi ce ménage, car leurs feuilles enrichissent le sol en se décomposant\u2026 et il n\u2019y a rien qui fertilise mieux une plante que son propre feuillage décomposé.MYTHE 7 : LES HOSTAS SONT STRICTEMENT ORNEMENTAUX En fait, les hostas sont comestibles et sont cultivés comme légumes au Japon.Les pousses de printemps, appelées urui, sont même vendues dans les supermarchés.Les fleurs aussi sont comestibles.Sachez toutefois que les hostas contiennent des saponines qui sont légèrement toxiques pour de nombreux animaux domestiques, comme les chiens, les chats et les chevaux, et qui sont encore plus toxiques pour les poissons.Les hostas : maintenant que vous en savez plus à leur sujet, vous allez davantage les apprécier! 7 MYTHES SUR LES HOSTAS 1 Les hostas n\u2019ont pas besoin de fleurs pour donner de la couleur au jardin.\u2014 PHOTO WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM 3 Certains hostas sont troués par les limaces, mais pas tous.\u2014 PHOTO 123RF.COM/ANTHONY BAGGETT 2 Les hostas panachés sont généralement plus colorés au début de la saison.\u2014 PHOTO WWW.PERENNIALRESOURCE laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M25 ACTUALITÉS Ogunquit, mon amour L\u2019 autre jour, en zieutant les bières de micro- brasseries à l\u2019épicerie, je suis tombé sur l\u2019Ogu- nquit 3000, une NEIPA brassée par la Barberie, enjolivée par des vagues bleues et des parasols jaunes et rouges sur la canette. Jusque-là, j\u2019avais du mal à trancher parmi les dizaines des déclinaisons de broue sur le mur.Mais quand j\u2019ai aperçu cette bière nommée en l\u2019honneur de la destination vacances de mon enfance, mon cœur a choisi à ma place.Traditionnellement, dans ma famille, c\u2019est cette semaine qu\u2019on paquette les valises, les glacières et les chaises pliantes dans le coffre de l\u2019auto et qu\u2019on file vers le Maine tôt le matin.Mais avec la frontière fermée, on a passé notre tour cet été.Bon, j\u2019avoue que, ces dernières années, on séjournait à Old Orchard Beach, avec son kitchis- sime parc d\u2019attraction qui ravissait les enfants.On n\u2019était pas trop dépaysés pour la Saint-Jean : on logeait avec une majorité de Québécois en gougounes au magnifique motel Kebec 2, au bord de la mer. Mais Old Orchard est une destination relativement récente pour moi.Durant toute ma jeunesse, mes parents nous amenaient en vacances, mon frère et moi, à Ogunquit.On logeait dans un motel plus ou moins recommandable à Wells et on passait nos journées sur la plage de sable fin d\u2019Ogunquit. On faisait du bodyboard dans la mer glaciale jusqu\u2019à friser l\u2019hypothermie.On improvisait des matchs de volley-ball de plage Québec contre USA.On essayait d\u2019amadouer les mouettes avec nos restes de kiwis.On creusait des troisièmes liens dans le sable.Puis, en fin d\u2019après-midi, on rinçait le sable entre nos orteils et on s\u2019offrait une dernière baignade à la piscine du motel. En début de soirée, on s\u2019improvisait une randonnée hors-piste sur les rochers de la Marginal Way, le sentier pédestre en bord de mer qui relie le centre-ville d\u2019Ogunquit et Perkins Cove.Dans ce village de pêcheurs, on s\u2019arrêtait pour manger des lobster rolls et une crème glacée trois boules et magasinait des t-shirts I love Maine.Épuisés, on revenait au stationnement en trolley, somnolant sur les bancs en bois de ce pittoresque bus rouge.Dans ma tête, tous ces souvenirs ont soudé l\u2019association entre vacances et Ogunquit.Chaque année où je n\u2019y vais pas, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il manque quelque chose à mes vacances. Ma blonde, qui n\u2019a pas la même tradition familiale, a du mal à saisir pourquoi je tripe autant à faire six heures de route pour me lancer dans une mer glaciale.Et je vous avoue que je m\u2019expliquais mal ma fixation sur Ogun- quit avant de comprendre qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un cas flagrant de topophilie. On peut tomber amoureux de quelqu\u2019un.Mais on peut aussi tomber amoureux d\u2019un lieu.On appelle ça la « topophilie ».Le géographe sino-américain Yi- Fu Tuan, qui a popularisé ce mot, a défini la topophilie en 1974 dans un livre éponyme comme « le lien affectif entre les gens et le lieu ». La topophilie est une sorte de mémoire géoaffective.Si vous avez adoré votre échange scolaire à l\u2019Université de Regina, la capitale de la Saskatchewan deviendra peut-être une ville canadienne incontournable pour vous.Ce ne sera peut-être pas la beauté époustouflante de la ville qui vous convaincra d\u2019y retourner, mais ses souvenirs.C\u2019est peut-être une forme de nostalgie, mais la nostalgie mérite des visites de temps à autre.Près de 30 ans plus tard, je souris encore en écoutant Amazing, Crazy, ou Cryin » d\u2019Aerosmith, parce que c\u2019est au son de ces chansons que j\u2019ai dansé d\u2019inoubliables slows à la disco de l\u2019école en sixième année, avec celle qui allait devenir ma première blonde, durant trois semaines en sixième année.Je ne ferais pas jouer ces tounes chaque jour, mais quand je les entends à la radio, je me sens le cœur léger comme un p\u2019tit gars de 11 ans dans les bras de la fille la plus populaire de la classe. Durant la pandémie, le télétravail a incité des employés à suivre leurs inclinaisons topophiliques et à retourner vivre dans le patelin où ils ont grandi.Certains sont heureux d\u2019avoir renoué avec la forêt, le fleuve, les montagnes ou, au contraire, la vie urbaine.D\u2019autres se sont rendu compte que leur mémoire géoaffective n\u2019aurait pas dû être leur seul guide.Notre amour pour un lieu peut être assez fort pour provoquer un déménagement.Mais parfois, il ne suffit pas à nous rendre heureux.Les amis et le travail priment sur le paysage et les souvenirs. Pour des vacances en famille, par contre, l\u2019affection qu\u2019on porte à lieu est un gage de bonheur, un peu comme retrouver un premier amour.Et si la frontière est fermée?On ferme les yeux et on prend une gorgée d\u2019Ogunquit.La plage d\u2019Ogunquit est synonyme de vacances pour bien des Québécois.\u2014 PHOTO 123RF/WANGKUN JIA MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M26 ACTUALITÉS R écemment, en lisant l\u2019article portant sur la députée Catherine Fournier, j\u2019ai sursauté en lisant « faire cavalière seule ».Cela me semblait étrange.Cette expression n\u2019est-elle pas invariable?Anne Grenier Québec Effectivement, lorsqu\u2019on regarde dans les dictionnaires, « faire cavalier seul » est une expression qui devrait rester figée au masculin.Aucune forme féminine n\u2019est citée.Mais ne sautez pas trop vite aux conclusions.On pourrait en effet prendre le mors aux dents et croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un autre exemple de supériorité du masculin sur le féminin, ces messieurs ayant longtemps été dominants dans tout ce qui est équestre, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019armée, de la chevalerie, des transports ou du sport (chasse à courre, polo, rodéo, hippisme, sauts d\u2019obstacles, etc.).Et ce, même si les femmes ont depuis longtemps pris leur place dans la plupart de ces sphères d\u2019activité.Mais « faire cavalier seul » ne provient d\u2019aucun de ces domaines.Il faut plutôt regarder du côté de la danse.Le cavalier en question, c\u2019est celui qui accompagne une femme, plus précisément dans un bon vieux quadrille, cette danse d\u2019origine française encore bien vivante dans le folklore québécois.Le « cavalier seul » est en fait le nom d\u2019une figure (ou d\u2019un pas) dans un quadrille où l\u2019homme doit danser en solo.Cette expression a fini par prendre un sens figuré pour parler de quelqu\u2019un qui souhaite « agir seul, en isolé, se mettre à l\u2019écart ».Maintenant, est-ce si grave si le ou la journaliste a féminisé l\u2019expression?J\u2019ai plutôt envie d\u2019inclure cette tournure dans les écarts que permet le style journalistique à l\u2019occasion.Surtout qu\u2019il n\u2019y a aucune ambigüité de sens ici : on comprend très bien ce que l\u2019auteur a voulu exprimer.On peut aussi supposer que, si le quadrille était encore à la mode, il aurait évolué suffisamment pour voir apparaître des figures de danse où ce sont ces dames qui devraient danser en solo dans certains pas et qu\u2019il y aurait donc aussi une figure nommée « cavalière seule ».En fait, cela existe peut- être déjà, mais je ne m\u2019y connais pas assez en danse folklorique.Dans ce domaine, j\u2019ai le plus souvent pratiqué le n\u2019importe quoi.Le mot « hôte » me laisse fort perplexe.Ce terme désigne à la fois la personne qui reçoit ou celle qui est reçue, ce qui peut provoquer de la confusion.Par exemple, dans la phrase « Monsieur X est l\u2019hôte de Monsieur Y », on ne sait pas si M. X reçoit M. Y ou l\u2019inverse.Pourquoi l\u2019usage a-t-il accepté ce double sens, plutôt que d\u2019avoir créé deux mots différents?Jean Dufresne Sherbrooke Cette double acception est très ancienne, assez ancienne pour que la plupart des dictionnaires usuels et des ouvrages de difficultés refusent de s\u2019aventurer à l\u2019expliquer.Il semble toutefois, lorsqu\u2019on retrace l\u2019étymologie du mot oste, que les deux définitions aient fait leur apparition en français à peu près à la même époque.Le Trésor de la langue française situe au début du XIIe siècle l\u2019apparition du mot au sens de « celui qui donne l\u2019hospitalité ».La seconde définition, « celui qui reçoit l\u2019hospitalité », est datée de.1165.Il faut donc remonter plus loin si l\u2019on souhaite trouver un coupable, et ça, seulement une poignée de spécialistes et blogueurs osent le faire.D\u2019abord, Jean Pruvost, lexicologue et chroniqueur linguistique du Figaro, et Bruno Dewaele, ancien champion des Dicos d\u2019or, des Championnats d\u2019orthographe et de la Dictée des Amériques, nous confirment que c\u2019est la faute du latin hospes, d\u2019où vient le mot hôte, et qui portait déjà les deux valeurs.Jean Pruvost remonte plus loin, jusqu\u2019au verbe hostire, signifiant compenser, égaliser.Le nom dérivé de ce verbe, hostis, désignait donc la « personne accueillie en égale ».Le blogue de Welkom Actualités (anonyme) ajoute que hos- pes porte, en plus, la notion de « maître de l\u2019hôte [accueilli] » à cause de la racine indo-européenne pot (maître).D\u2019où les deux sens fusionnés dans le mot.Le plus drôle, c\u2019est que hostis désigne en quelque sorte l\u2019étranger et nous a donné plusieurs mots comme hostile, hostilité et ost (mot médiéval signifiant armée).Hospes est venu contrebalancer tout ça en nous léguant des termes plus conviviaux tels hôpital, hospice et hôtel.Welkom Actualités mentionne que le mot grec xenos se traduit aussi à la fois par hôte et étranger.C\u2019est bien beau, toutes ces tentatives de trouver la source du problème, mais ce dernier reste entier : que faire avec ce mot qui signifie à la fois une chose et son contraire?Les ouvrages de difficultés vous diront deux choses : d\u2019abord, lorsqu\u2019il est question de la personne qui reçoit l\u2019hospitalité, employez donc les mots invité et invitée, pour éviter toute confusion.D\u2019ailleurs, cette deuxième définition du mot hôte tend à être de moins en moins utilisée.Ensuite, sachez que le féminin hôtesse n\u2019est valide que lorsque vous parlez d\u2019une personne qui offre l\u2019hospitalité ou l\u2019accueil (telles les hôtesses de l\u2019air).Si vous parlez d\u2019une femme qui est accueillie ou hébergée, vous devez dire « une hôte ».PERLES DE LA SEMAINE Exercice de diction : il n\u2019était pas nécessaire que nous catéchisassions les enfants si jeunes.Pour échapper à Hérode, Jésus s\u2019est déguisé en agneau de Dieu, et ses parents, en bœuf et en âne.Dans le pays de Jésus, il n\u2019y avait pas beaucoup d\u2019herbe, il y avait surtout des cailloux qui servaient à lapider les femmes adultères.Les rois mages ont dû courir à fond la caisse pour suivre l\u2019étoile filante.L\u2019Ascension est le jour où le Christ s\u2019est évaporé.Le Nouveau Testament comprend les Évangiles, les Actes des apôtres et l\u2019Apocalypse Now.Source : Le sottisier du bac, Philippe Mignaval, Hors collection, 2007.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca.À cheval sur le cavalier STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Le féminin hôtesse n\u2019est valide que lorsque vous parlez d\u2019une personne qui offre l\u2019hospitalité ou l\u2019accueil (telles les hôtesses de l\u2019air).\u2014 PHOTO 123RF L\u2019expression «faire cavalier seul» ne provient pas de la cavalerie ni des sports équestres, mais du quadrille français.\u2014 PHOTO WIKIMEDIA COMMONS, THE REMINISCENCES AND RECOLLECTIONS OF CAPTAIN GRONOW (1892) laTribune SAMEDI 26 JUIN 2021 M27 JEAN LACHARITÉ personnalité SERGE DENIS serge.denis@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 C\u2019est un lieu commun pour la plupart des syndicalistes de carrière qui commentent leur engagement : ils y sont entrés par accident et sont restés par nécessité.Rien de tout ça pour Jean Lacharité, qui annonçait sa retraite en janvier aux 300 000 membres de la Confédération des syndicats nationaux après 40 ans d\u2019implication.« En mai 1972, j\u2019étudiais au Séminaire de Saint-Georges-de-Beauce quand le gouvernement québécois a emprisonné les trois chefs syndicaux, se rappelle-t-il en entrevue téléphonique depuis sa résidence de Montréal.On était quelques- uns à manifester sur le campus pour protester contre l\u2019attitude du premier ministre même si on était dans un collège privé et non syndiqué », s\u2019amuse-t-il presque cinquante ans plus tard.À l\u2019Université de Sherbrooke, où il étudie en économie, au baccalauréat puis à la maîtrise, le jeune revendicateur ne compte pas s\u2019arrêter là.Avec des camarades, il monte aux barricades pour exiger des cours d\u2019économie marxiste et la cogestion du département, rien de moins! « C\u2019était dans l\u2019air du temps, reconnaît-il sans le moindre regret.Le département a refusé.Alors on est allés en grève.On a occupé les bureaux des profs et on s\u2019est fait sortir par la police.On a eu notre cours d\u2019économie marxiste, mais pas la parité dans la gestion du département.On a quand même eu deux sièges! » SECONDE FAMILLE L\u2019enthousiasme du militant ne s\u2019émousse pas quand il entre au Cégep de Sherbrooke en 1978 pour enseigner les sciences économiques.Moins de deux ans plus tard, on le retrouve comme responsable de l\u2019information dans l\u2019exécutif syndical, alors affilié à la Centrale de l\u2019enseignement du Québec (CEQ).Il lui faudra un peu plus de dix ans pour faire passer les enseignants du Cégep à la CSN, qui deviendra vite sa seconde famille.« Mes parents ont beaucoup insisté pour que je me scolarise et ils avaient bien raison.J\u2019ai adoré mes études à l\u2019Université de Sherbrooke.Mais je dois dire que la plus belle université pour moi dans ma vie, et je suis un peu ému de te dire ça, ç\u2019a été la CSN, lance le syndicaliste avec une voix qui fait ses 67 ans pour la première fois de l\u2019entretien.Et je le dis aux ouvriers : même si vous n\u2019êtes pas allés à l\u2019université, profitez des apprentissages que le syndicat vous offre.Pour moi, ç\u2019a été une université de la vie exceptionnelle », s\u2019emporte-t-il.À l\u2019évidence, Jean Lacharité a le syndicalisme heureux malgré ses nombreux coups de gueule qui ont marqué sa carrière.« Durant toutes mes années à Sherbrooke et au national, j\u2019ai toujours dit aux représentants patronaux qu\u2019on pouvait avoir plein d\u2019intérêts convergents et que nous devons travailler ensemble.Mais ç\u2019a toujours été clair que je devais défendre mes convictions et mon monde, c\u2019est-à-dire nos membres.Et quand on aura des divergences, on se le dira de façon respectueuse, que ce soit avec le premier ministre ou n\u2019importe quel patron.De ce point de vue, j\u2019ai réussi, je pense, parce que j\u2019ai amené des employeurs et des politiciens à me faire confiance. » TRANSFORMATION L\u2019ex-enseignant est fier d\u2019avoir pu contribuer à des avancées qui débordent largement de ses fonctions syndicales, notamment quand il a fallu serrer les coudes pour relever le défi collectivement de la persévérance scolaire.« Ça m\u2019a permis d\u2019avoir une relation extraordinaire avec les dirigeants des commissions scolaires, avec la Conférence régionale des élus et avec la Chambre de commerce, notamment.On avait formé une table de concertation pour lutter contre le décrochage scolaire.Nous avons travaillé très fort et nous avons obtenu des résultats. » Jean Lacharité le sait plus que quiconque : le syndicalisme a subi une transformation complète depuis 40 ans.Et pour le mieux, assure-t-il.« D\u2019abord, c\u2019est beaucoup plus civilisé avec les employeurs.Je ne dis pas qu\u2019il n\u2019y a plus de conflits.Je pense au Coq rôti où ç\u2019a duré quatre ans et demi.Mais c\u2019est l\u2019exception qui confirme la règle.Mais à 95-98 pour cent du temps, les conventions collectives se règlent sans le moindre moyen de pression.Et s\u2019il y a beaucoup moins de conflits de travail, ça ne veut pas dire que les syndiqués sont moins combatifs.Tant qu\u2019ils se sentent respectés, on trouve pas mal tout le temps un terrain d\u2019entente.Quand il n\u2019y a pas de respect, c\u2019est là que la guerre prend.« Une autre chose qui a changé, c\u2019est le respect qu\u2019il y a entre les syndicats, reprend-il.On respecte la liberté d\u2019association.Il ne se fait plus d\u2019intimidation.Quand la syndicalisation a commencé dans le domaine de l\u2019hôtellerie dans les années 1970-1980, c\u2019était épouvantable.Il y avait des fiers-à-bras.On ne voit plus ça.Les syndicats ont beaucoup changé, et dans le bon sens », insiste-t-il.Et ils sont plus essentiels que jamais, prend-il soin d\u2019ajouter.40 ans d\u2019indignations heureuses \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU REPÈRES Né en 1953 à Saint-Victor-de-Beauce Cadet d\u2019une famille de trois enfants Il devient enseignant au Cégep de Sherbrooke en 1978 Élu président de son syndicat, puis secrétaire général du conseil central de l\u2019Estrie en 1997 et président en 2004, il passe les 10 dernières années à titre de 2e vice-président de la Centrale Représente la CSN au sein de la Confédération syndicale des Amériques Commentateur sur les ondes du 107,7 Père d\u2019un garçon originaire du Chili, grand-père depuis bientôt 10 ans PARTENAIRES COMMANDITAIRES Écoutez l\u2019estrie s\u2019entretient avec la personnalitÉ du MÉrite estrien dès 15h30 regardez la capsule du MÉrite estrien au tÉlÉjournal estrie 18h 0057510 SAMEDI 26 JUIN 2021 laTribune M28 Ces offres sont accessibles ?tout particulier quali?qui prend possession d\u2019un mod?le Kia 2021/2022 neuf s?lectionn?chez un concessionnaire participant du 1er au 30 juin 2021.Le concessionnaire peut vendre ou louer ?prix moindre.Forte LX BM 2021 = 49$ par semaine ?l\u2019achat avec ?nancement 0% pendant 84 mois, 995$ d\u2019acompte.Le paiement af?ch?inclut un boni d\u2019?t?de 500$.Bas?sur un prix au d?tail de 19 655$.Sujet ?approbation de cr?dit.D?tails sur place.Taxes et frais de couleur en sus.Seltos LX AWD 2021 = 278$ par mois en location 60 mois, 1995$ comptant et taux de 2,99%.Le paiement af?ch?inclus 1% de taux de r?duction ?d?lit?aux propri?taires Kia actuels.Limite de 16 000km par ann?e, 0,12$ par km exc?dentaire ?la location.Sujet ?approbation de cr?dit.D?tails sur place.Taxes et frais de couleur en sus.Sportage LX AWD 2022 = 288$ par mois ?la location 36 mois, 1995$ d\u2019acompte et 0% d\u2019int?r?t, incluant 1% de r?duction sur le taux offert aux propri?taires Kia actuels.Bas?sur un prix au d?tail de 29 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