La tribune, 23 octobre 2021, Cahier 2
[" ZOMBIES, SURVIE ET COMÉDIE ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + MUSIQUE The War on Drugs UN NOUVEL OPUS + VOYAGES Bourlingueur DES ARRÊTS À NE PAS MANQUER + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air HUMILITÉ EN VÉLO DE MONTAGNE SEMAINE DU 23 AU 29 OCTOBRE 2021 DANSE Louise Lecavalier STATIONS EN MOUVEMENTS LE FILM BRAIN FREEZE P H O T O L O U S C A M B L E Roy Dupuis SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M2 PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE CENT MILLE CHANSONS Frida Boccara Un jour, un enfant (1969) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?RETAILLE D\u2019ENTREVUE SHERBROOKE \u2014 Depuis deux ans, la maison Annika Parance Éditeur a son adresse à Ogden, dans les Cantons-de-l\u2019Est.« M\u2019établir ici, c\u2019est un souhait que j\u2019avais depuis 15 ans.J\u2019ai trouvé l\u2019endroit que je cherchais environ un an et demi avant la pandémie.La COVID-19 m\u2019a complètement ancrée dans la région. » À la barre de son entreprise littéraire, Annika publie des livres de tous horizons et travaille avec des gens de la région, dont l\u2019imprimerie HLN, située à Sherbrooke.« Je f a i s a f f a i re av e c e u x d e p u i s longtemps. » Choisir d\u2019imprimer au Québec, sur du papier recyclé, c\u2019est un parti pris pour la proximité et pour l\u2019environnement.Les données précises figurent d\u2019ailleurs en toute fin du livre.« Je voulais que ce soit concret, qu\u2019on image l\u2019impact positif de faire imprimer ici. » On lui fait observer l\u2019agréable douceur du papier choisi, agréable à manipuler.« Le livre, c\u2019est un objet qu\u2019on veut rassurant, parce qu\u2019on souhaite que les gens aient envie d\u2019y revenir, de le retrouver.On y met tellement de cœur! » souligne-t-elle.KARINE TREMBLAY Coupée au montage de l\u2019entrevue du 9 octobre 2021.Annika Parance \u2014 PHOTO MONICK LANZA L\u2019iPod a officiellement 20 ans aujourd\u2019hui.C\u2019est en effet le 23 octobre 2001 que Steve Jobs a présenté à ses employés le tout premier modèle, lequel permettait d\u2019avoir 1000 chansons dans sa poche, grâce à un disque dur d\u2019une capacité de cinq gigaoctets (ce qui, à l\u2019époque, était évidemment énorme).Dans les treize années qui suivirent, l\u2019iPod Classic, vendu 500 $ au départ, connut plusieurs refontes et modèles, sa capacité maximale atteignant environ 40 000 chansons, jusqu\u2019à ce que la popularité de la diffusion en continu pousse Apple, excepté pour l\u2019iPod Touch, à cesser la production en 2014.Mais l\u2019appareil continue de survivre dans le marché de l\u2019usager auprès des personnes qui souhaitent rester propriétaires de la musique qu\u2019elles écoutent.On ne saura jamais si Jobs rêvait d\u2019une machine pouvant contenir 100 000 chansons, mais le cas échéant, celle de Frida Boccara aurait pu lui servir de slogan, avec ses « cent mille chansons rien qu\u2019à nous ».STEVE BERGERON EXPO Transition Les images grand format en noir et blanc de la photographe Arianne Clément dépeignent le rapport au corps, à la sexualité et à la sensualité des personnes de plus de 70 ans.Chacune d\u2019elle est accompagnée d\u2019un récit où le sujet se livre sur son intimité.L\u2019artiste de Shefford a fait le tour du Québec pour rencontrer ses modèles.Elle les a photographiés, mais elle leur a aussi cédé la parole.Recrutés sur les réseaux sociaux, « Les gens ont participé avec intérêt, ils voulaient remettre en question les stéréotypes sur le vieillissement », souligne-t-elle.Arianne Clément dépeint non seulement la beauté de ses modèles dans des séances de type boudoir, elle consacre également une partie de son œuvre à la réalité LGBTQ et au rapport au corps après un cancer du sein.Voyage au cœur de l\u2019intimité, Transition rassemble les portraits récoltés par trois artistes pendant plusieurs années de travail dans le cadre de trois projets distincts ancrés à un même fil conducteur.En plus des œuvres d\u2019Arianne Clément, on peut donc aussi admirer celles de Pascale Archambault et Amélie Pomerleau.Au Centre culturel Yvonne L.Bombardier de Valcourt jusqu\u2019au 12 décembre.ARIANE AUBERT BONN \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ARIANE AUBERT BONN Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Comme un premier rendez-vous, Mario Pelchat 2 Gin à l\u2019eau salée, Salebarbes 3 Mille ouvrages mon cœur, Salomé Leclerc 4 Grand voyage désorganisé, Patrice Michaud 5 Live au Pas perdus, Salebarbes 6 Petite nature, Émile Bilodeau 7 Dubois solide, Claude Dubois Chaos, Artistes variés 8 Le tour du grand bois, Édith Butler 9 Perséides, Cœur de Pirate 10 Mélodies country, René Turgeon \u203a NON FRANCOPHONE 1 Love For Sale, Tony Bennett & Lady Gaga 2 Senjutsu, Iron Maiden 3 Phœnix, Charlotte Cardin 4 In the Court of the Dragon, Trivium 5 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 6 Metallica, Metallica 7 Happier Than Ever, Billie Eilish 8 Mercury \u2014 Act 1, Imagine Dragons 9 Sticker - The 3rd Album, NCT 127 10 Colors II, Between The Buried And Me Salomé Leclerc \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ARCHIVES, JESSICA GARNEAU laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M3 ARTS SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 LaboKracBoom n\u2019entre dans aucune case, les cofondateurs et directeurs artistiques de la troupe sherbrookoise l\u2019ont réalisé chaque fois qu\u2019ils ont tenté de remplir une demande de subvention.Quinze ans après que les quatre amis aient lancé le projet dans l\u2019intimité d\u2019un loft, on se moque toujours des cases et des cadres, tout le plaisir est d\u2019en sortir! « On a commencé avec les spectacles dans la rue, et là ça se passe toujours très bien, les gens sont réceptifs, ouverts aux mélanges de disciplines.C\u2019est pour les spectacles en salles ou les demandes de subvention que les gens avaient besoin de nous mettre une étiquette.Mais bon, c\u2019est un peu du cirque, mais pas uniquement.C\u2019est beaucoup plus interdisciplinaire », explique Elise Legrand, danseuse, artiste multidisciplinaire, cofon- datrice et codirectrice artistique de LaboKracBoom avec deux des trois amis de départ.Si Bruno Gagnon a accroché ses accessoires, Simon Durocher- Gosselin et Cyril Assathiany sont toujours à l\u2019œuvre dans toute leur polyvalence et leur audace.Depuis la version pour la rue des Chroniques du laboratoire UNIK qui a lancé les quatre amis dans la création commune, les projets se sont multipliés, les prestations ici, mais surtout ailleurs, ont eu plusieurs vies.FAÇON LABOKRACBOOM « Ce qui fait notre marque, c\u2019est sans doute notre polyvalence, notre présence, notre sensibilité.Nous avons notre couleur, notre façon de mixer les arts de la rue, le cirque, le théâtre, la danse et d\u2019autres disciplines encore, mais à notre façon », fait valoir Simon Durocher-Gosselin.« Ce n\u2019est pas tant qu\u2019on cherche à faire les choses différemment, mais qu\u2019on tient à les faire à notre façon, renchérit Elise Legrand.On veut toujours trouver un fil narratif pour un spectacle, et chaque chose qui s\u2019y retrouve a ensuite un sens. » Ces spectacles, on s\u2019en doute, ne se montent pas en quelques semaines, d\u2019autant plus que chacun y met son bout de cerveau et que chaque décision doit faire l\u2019unanimité.« Une fois que c\u2019est fait, c\u2019est un univers complet qui se propose aux gens, et ils embarquent », note encore Legrand, soulignant qu\u2019il aurait été facile de s\u2019orienter vers un public jeunesse, mais qu\u2019on a délibérément décidé de s\u2019adresser à un auditoire élargi, en spectacles comme en cabarets.La compagnie installée entre les murs du Centre des arts de la scène Jean-Besré permet aussi à ses membres de développer des projets parallèles, en duo ou avec des artistes invités.Ainsi Legrand et Durocher-Gosselin ont-ils poussé les prouesses du corps en Chute libre au cours des dernières années, tandis que Cyril Assathia- ny continue de déplacer idées et marionnettes géantes sur scène.« Se laisser cette place pour nos projets plus personnels, ça permet de s\u2019exprimer ailleurs et de se nourrir », confie Simon Durocher-Gosselin.« I l y a tel lement de di f fé- rences de langages dans Labo- KracBoom, dans des disciplines complètement différentes, c\u2019est ce qui fait la richesse de la proposition », ajoute Elise Legrand.Encore à ses balbutiements au Québec en comparaison aux traditions européennes de longue date, les arts de la rue continuent de se bâtir un public, mais aussi de gagner leurs lettres de noblesse pour remplir les cases des demandes de subventions.« C\u2019est la clé de la création, notent les deux amis.Ça avance tranquillement.Mais on a la chance d\u2019en avoir beaucoup vu en Europe, ce qui nous permet de ramener ici quelque chose de différent. » « Il y a beaucoup à faire pour développer ce créneau sans rester dans le conventionnel, pour- suivent-ils en effleurant l\u2019idée d\u2019un éventuel festival à Sherbrooke.« Avec les espaces publics, il y a tellement de possibilités, tellement de racoins à habiter, l\u2019idée d\u2019un festival international des arts de la rue nous trotte toujours dans la tête.Ça peut prendre du temps, mais l\u2019idée n\u2019est pas folle, on en parle souvent avec la gang des Petites Lanternes.On ne sait jamais. » Il y a 15 ans, avec leur ami Bruno Gagnon, les artistes Simon Durocher-Gosselin, Cyril Aassathiany et Elise Legrand ont fondé la compagnie d\u2019arts de la rue Labo- KracBoom.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU NOTRE VIDÉO DISPONIBLE SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA Si le dernier cabaret de Labo- KracBoom remonte à 2018 et que la troupe n\u2019a pas eu le temps de célébrer en grand ses dix ans, on a décidé de ne pas passer tout droit pour la célébration des 15 ans du collectif.« On aurait aimé que ce soit plus majestueux, mais ce qui importe, c\u2019est de fêter », lance Simon Durocher-Gosselin, qui profitera des festivités pour présenter le premier jet d\u2019un spectacle familial en développement avec son duo À-Mât-Rue.Cette prestation offerte le samedi 30 octobre à 14 h viendra clore les célébrations qui s\u2019amorcent le jeudi 28 avec la présentation d\u2019une expo rétrospective du parcours de LaboKracBoom, puis d\u2019un 5@7 très festif et costumé auxquels les gens sont conviés de préférence costumés le vendredi 29.Le tout se déroulera comme de raison au Centre des arts de la scène Jean-Besré (CASJB) où LaboKracBoom a déposé ses pénates et ses échasses en 2015, au retour d\u2019une difficile et éreintante tournée en Ontario.« L\u2019annonce de notre déménagement au CASJB a probablement sauvé la compagnie et nous a permis d\u2019évoluer dans un environnement incroyable.C\u2019est vraiment une chance de pouvoir travailler dans cet endroit avec tous ces gens incroyables », s\u2019entendent Elise Legrand et Samuel Durocher-Gosselin.Les célébrations des « 15 z\u2019ans » de LaboKracBoom sont ouvertes à tous et l\u2019entrée est gratuite.SONIA BOLDUC EN ATTENDANT LE PROCHAIN CABARET, ON FÊTE?! 15 ANS DE LABO, DE KRAC, DE BOOM SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M4 GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Un mal étrange qui frappe soudainement une population, des citoyens forcés de se confiner à cause de ce qui se passe dehors, un personnage survivaliste qui fait des réserves, notamment de papier de toilette\u2026 Quand il a commencé à travailler sur son film Brain Freeze, en salle le 29 octobre, Julien Knafo ne se doutait pas qu\u2019il serait tant d\u2019actualité lorsqu\u2019il arriverait sur les écrans.Pour tout dire, le réalisateur montréalais s\u2019en serait bien passé! La réalité rattrape presque la fiction, en somme.« On est là où je n\u2019aurais jamais voulu aller, confirme Julien Knafo.Les gens m\u2019en parlent beaucoup.Oui, j\u2019ai un film qui est en phase avec son temps.Est-ce que je suis content de ça?Non! » Comédie d\u2019horreur campée sur la fictive Île-aux-Paons, Brain Freeze s\u2019approprie les codes du film de zombies.Dans un country club huppé, les riches de ce monde viennent jouer au golf et question de maximiser les profits, les proprios ont eu l\u2019idée d\u2019ouvrir leur terrain 12 mois par année.De là ce fertilisant dit révolutionnaire qui permet au gazon de faire fondre la neige et aux joueurs de s\u2019activer même au plus creux de l\u2019hiver.Quand ledit produit chimique se retrouve dans l\u2019eau, une partie de la population se transforme en zombies verdâtres et assoiffés.La course à la survie s\u2019entame donc pour un ado (Iani Bédard) et sa sœur encore bébé, qui trouveront un allié en un agent de sécurité survivaliste (Roy Dupuis) cherchant lui-même à sauver sa fille contaminée.ÉCRIRE POUR S\u2019AMUSER Julien Knafo a commencé à plancher sur le projet Brain Freeze il y a presque 10 ans.Sans être d\u2019emblée passionné par les zombies, il raconte s\u2019être laissé prendre au jeu.« Je me suis retrouvé à faire ce film parce qu\u2019à un moment dans ma vie, j\u2019essayais d\u2019écrire quelque chose de personnel et que rien ne sortait, raconte-t-il.Je sentais que j\u2019écrivais pour les institutions, je ne trouvais pas ma voix.Je me suis dit que j\u2019allais écrire pour m\u2019amuser.» Le scénariste et réalisateur se trouvait alors à L\u2019Île-des-Sœurs.Il a eu l\u2019idée d\u2019y inviter des morts- vivants dans une histoire qui se veut d\u2019abord amusante, mais qui aborde aussi des questions environnementales.« On me demande si je suis un cinéaste engagé, avance Julien Knafo.En fait, je suis un citoyen préoccupé.Mais je me vois plus comme un cinéaste populaire.J\u2019ai envie de faire des histoires qui sont divertissantes.C\u2019est ce qui arrive aux personnages qui est important pour moi.Après viennent se greffer certains thèmes, parce que je suis ouvert à ça et que ça me préoccupe.Des éléments d\u2019actualité, notamment le fameux mur de Donald Trump, ont guidé sa plume pour brosser un récit autour de ces insulaires coupés du monde.Quand le véritable confinement s\u2019est invité dans nos vies à cause de la COVID-19 \u2014 et est d\u2019ailleurs venu interrompre son tournage \u2014, Julien Knafo n\u2019en croyait pratiquement pas ses yeux, lui qui filmait déjà un contexte de quarantaine.Ajoutons que le personnage de BRAIN FREEZE LA RÉALITÉ RATTRAPE (PRESQUE) LA FICTION Pas particulièrement féru de films de zombies, Roy Dupuis a été séduit par le scénario de Brain Freeze, qui aborde aussi des questions environnementales.\u2014 PHOTOS LOU SCAMBLE laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M5 Dan (Roy Dupuis) faisait des réserves (notamment de papier hygiénique) avant qu\u2019on entende parler du coronavirus.« La seule chose qu\u2019on a rajoutée est cette fameuse phrase : \u201cça va bien aller\u201d! » rigole le réalisateur, qui se dit très fier de son film.« Même si les thèmes sont maintenant d\u2019actualité et que ça me fait chier! » nuance-t-il du même souffle.«?J\u2019AI TOUT VU?» Julien Knafo indique s\u2019être documenté avant de poser sa propre pierre dans l\u2019univers des zombies, très prisé dans la culture populaire.Des classiques de George A.Romero à la toujours très courue série The Walking Dead, il a tout vu.« Je me suis autoécœuré, illustre- t-il.Je l\u2019ai faite, ma recherche de zombies.J\u2019adorais les regards posés et ce qui a été mis dans ces morts-vivants.» Le réalisateur revient toujours à cette question, très présente dans les codes du genre.« Qui est le vrai monstre?Qu\u2019est-ce que ça génère chez les gens qui ont encore leur humanité?Dans beaucoup de films, ils deviennent pires que le monstre », illustre-t-il.Saluant au passage la contribution de Robin Aubert et de son film Les affamés (lire l\u2019autre texte), qui a ouvert des portes pour lui, Julien Knafo se dit confiant de l\u2019avenir des films de genre au Québec.« Je pense qu\u2019on a souvent confondu film de genre et produit hollywoodien, où les choses doivent se passer à telle ou telle minute, explique-t-il.Le film de genre, c\u2019est juste une histoire qui sort de l\u2019ordinaire.Ça peut être un western, un film d\u2019horreur\u2026 C\u2019est juste hors de la réalité.Pourquoi on aurait peur de ça?Il faut avoir des histoires qui sortent de l\u2019ordinaire.On n\u2019a pas toujours envie de parler de notre assiette de spaghetti! » Brain Freeze arrive au cinéma le 29 octobre.Julien Knafo, à gauche, a commencé à plancher sur le film Brain Freeze il y a presque 10 ans.Roy Dupuis, à droite, y campe un agent de sécurité survivaliste cherchant à sauver sa fille contaminée.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI QUÉBEC \u2014 L\u2019acteur Roy Du- puis ne se décrirait pas comme un amateur de films de zombies.Il se dit plutôt attiré par les bonnes histoires.C\u2019est ce qui l\u2019a poussé à se glisser dans les bottes de Dan, l\u2019agent de sécurité survivaliste de Brain Freeze.« Je trouve que dans ce genre, l\u2019emballage prend souvent le dessus sur le contenu, avance-t-il.Pour ce film, ce n\u2019était pas ça.Il y a une bonne critique sociale.Il y a un point de vue quand même écologiste.Je trouve que l\u2019histoire se tenait et elle m\u2019a donné le goût de jouer.Pour moi, c\u2019est ce qui compte quand je lis un scénario. » Connu pour son engagement environnemental, Roy Dupuis considère que toutes les occasions sont bonnes pour ramener le sujet à l\u2019avant-plan.Même sous les grognements de créatures devenues monstrueuses à cause d\u2019une multinationale qui vend des fertilisants.« C\u2019est juste d\u2019avoir le questionnement, ajoute-t-il.Je pense qu\u2019on est au courant que ça urge.Il faut agir et tout moyen pour rappeler ça est bon, même si on le fait en divertissant.Toute occasion de susciter des discussions sur ce qu\u2019on fait de correct ou de pas correct est bienvenue. » GENEVIÈVE BOUCHARD, LE SOLEIL ROY DUPUIS : L\u2019HISTOIRE AVANT TOUT TROIS FILMS DE ZOMBIES QUI ONT MARQUÉ L\u2019IMAGINAIRE LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (1968), GEORGE A.ROMERO Largement considéré comme le père de la culture zombie, George A.Romero, qui nous a quittés en 2017, a lancé son bal macabre en 1968 en lançant le premier film de la franchise La nuit des morts-vivants.Une bonne quantité de suites et d\u2019hommages arriveront dans les décennies suivantes.Duane Jones et Judith O\u2019Dea (photo) tiennent la vedette dans ce thriller où un groupe trouve refuge dans une grange pour échapper à des monstres cannibales.28 JOURS PLUS TARD (2003), DANNY BOYLE On a davantage affaire à une épidémie de rage, ici, mais l\u2019esthétique du zombie prime certainement dans ce saisissant film montrant le meilleur et le pire de la nature humaine.Si bien que les amateurs de la série The Walking Dead y ont trouvé d\u2019indéniables ressemblances, notamment dans l\u2019introduction des deux œuvres.Le long métrage de Danny Boyle vaut certainement le détour, ne serait-ce que pour ces images de Londres complètement désertée quand le personnage porté par Cillian Murphy (photo) se réveille de son coma, fin seul, après quatre semaines qui ont changé la face du monde.LES AFFAMÉS (2017), ROBIN AUBERT Des zombies québécois?Pourquoi pas?Robin Aubert s\u2019est attaqué au genre de manière très réussie avec Les affamés, un film qui allie le suspense et l\u2019épouvante avec des touches d\u2019humour.Si Marc-André Grondin (photo) tient le haut de l\u2019affiche, son personnage est entouré de femmes fortes, portées par des actrices de grand talent : Monia Chokri, Brigitte Poupart, Marie-Ginette Guay ou Micheline Lanctôt.Robin Aubert trouve un équilibre entre horreur et une certaine poésie et il ménage ses effets gore\u2026 Même s\u2019il y a évidemment quelques effusions de sang! GENEVIÈVE BOUCHARD, LE SOLEIL SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M6 MUSIQUE YVES BERGERAS Le Droit OTTAWA \u2014 À l\u2019heure où le « bonheur à toute épreuve semble l\u2019idéal à projeter », le 8e album d\u2019Alexandre Désilets, Les gens heureux, paru vendredi, jette des pavés dans les vitrines lisses et propres des réseaux sociaux où l\u2019on se presse d\u2019afficher et de mettre en scène des bonheurs de façade.Au détour des chansons \u2013 joliment enrubannées sous une image délavée de clowns tristes \u2013 les personnages, au « je », se désolent, qui de mourir à petit feu, qui de ramasser son cœur « En mille morceaux », qui de n\u2019avoir rien d\u2019autre qu\u2019un compagnon robotisé à caresser (Viva l\u2019avatar), qui de fuir les bleus de l\u2019hiver pour se jeter dans les bras d\u2019amours éphémères (Trop court l\u2019été), qui d\u2019avoir subi de la violence, etc.Et, bien que Désilets nous balance aux oreilles des mélodies toujours dansantes \u2013 paradoxe qui fait tout le sel et le poivre de ce disque au « fatalisme tendre » et à la plume adroite \u2013 le message est clair : malgré les sourires affichés, tout ce beau monde se sent bien « seul au milieu de la fête ».Désolé, Désilets?Pas tant que cela.Mais décillé, oui, sans doute.Se méfie-t-il des gens heureux?« D\u2019une certaine façon, oui, parce que ce n\u2019est pas normal.La vie, c\u2019est des vagues, des hauts et des bas.[\u2026] Dans notre société, c\u2019est mal vu, presque péjoratif, de parler de fatigue au travail, de dépression et de downs. » Ses chansons ne sont que « des constats, pas des critiques ».Qui portent de « la recherche du bonheur » en tant que quête constante et effrénée, irréfléchie et éreintante, et non « pas sur le bonheur » lui- même, nuance d\u2019emblée, en entrevue, le musicien \u2013 qui s\u2019est exilé aux Caraïbes avec sa petite famille, où il dit retrouver des joies plus simples que celles après lesquelles on court en Amérique du Nord.Rien qui trahisse non plus une éventuelle déprime passagère de sa part : « Je n\u2019étale pas mes émotions.Si je n\u2019allais pas bien, je ne le mettrais pas comme ça dans mes textes ».Lesquels ont d\u2019ailleurs été « écrits avant la pandémie », précise-t-il.Ce n\u2019est donc pas un disque de déprime post-confine- ment, mais bien un regard critique sur ce qu\u2019il perçoit comme une dérive de la société, prend-il garde d\u2019ajouter.« NORMOPATHIE DU BIEN-ÊTRE » À observer ses contemporains, il « regrette un peu » cette ambition « quasiment maladive », et devenue « manie », qu\u2019on a de « vouloir être heureux à tout prix » et de chercher à toujours le montrer en cachant la moindre saillie.Un excès qui contraste avec la grande « solitude contemporaine » que « tout le monde ressent », croit-il.« La façade d\u2019American Beauty, le bonheur permanent, c\u2019est une blague, image-t-il.Les gens pour qui le ciel est toujours bleu.ça cache quelque chose.Méfiance!, parce que quand ça va exploser.[Mais] c\u2019est comme si on était un peu devenus des normopathes. » Désilets, lui, préfère « les gens transparents, qui osent se dévoiler; il y a là une force de caractère que je trouve extrêmement attirante.Et c\u2019est ce que j\u2019ai voulu explorer ».En remède à cette « normopa- thie du bien-être », doc Désilets s\u2019autorise à prescrire d\u2019autre que ses petites pilules mélodiques enjouées.« L\u2019enrobage musical est pop dansant, malgré tout.C\u2019est vraiment la continuité d\u2019Extravangaza et de Down de nos High [ses deux précédents albums].Ce sont des textes que j\u2019avais mis de côté à l\u2019époque, parce que je les trouvais plus sensibles, et que je réservais pour ce projet. » PLUS EFFICACE, MOINS BIDOUILLÉ Malgré les sonorités pop et les textures synthétiques des chansons, la guitare acoustique et latine de Jean-François Beaudet \u2013 pilier de Belle et Bum, déjà complice des deux albums pré-cités \u2013 se fait encore plus centrale.Et elles sont tonifiées par une vibrante section rythmique, constituée de Rémy Malo à la basse et de Robbie Kus- ter à la batterie.Des textures trompeusement sobres, d\u2019ail leurs.La longue « période d\u2019explorations » sur le plan des arrangements et de « bidouillages » technologiques destinés à reproduire les sonorités en vogue, tout cela pour se donner une chance de passer à la radio, et qui avaient orienté la création de plusieurs de ses précédents opus, est terminée.« Ça ne paraît pas, mais il faut de grosses équipes pour rester à la fine pointe de ça. » Avec Jean- François Beaudet, « on a acquis une certaine expertise; on connaît mieux nos outils [et] on arrivait rapidement à nos fins, sans avoir à passer des heures à bidouiller » sur les logiciels, à chercher comment reproduire les références sonores désirées.Les gens heureux est marqué par l\u2019envie de revenir à une création plus « organique », durant les sessions en studio, plutôt qu\u2019à l\u2019étape de la postproduction.Le tandem s\u2019est ainsi efforcé de « garder les impros et la spontanéité », de privilégier les premières prises, et de faire jouer ensemble et non séparément les deux musiciens de la section rythmique.« On arrive mieux à livrer du premier coup ce qu\u2019on veut.[Du coup], on a essayé de prioriser le workflow, et que ça se fasse inconsciemment, comme de l\u2019écriture automatique. » Estimant avoir « atteint une certaine maturité », Alexandre Désilets a voulu « ajuster le tir », « simplifier », et « revenir à quelque chose qui [lui] ressemble » : une musique pop francophone tout à la fois « intelligente » et « accessible ».Désilet voit d\u2019ailleurs cette simplicité comme une forme d\u2019« honnêteté » nécessaire afin que l\u2019enrobage musical, ainsi dépouillé d\u2019esbroufe, soit au diapason de l\u2019introspection qu\u2019encourage sa thématique.LES GENS HEUREUX, D\u2019ALEXANDRE DÉSILETS L\u2019ÉLOGE DE LA TRISTESSE Pochette de l\u2019album Les gens heureux.\u2014 PHOTO FOURNIE Alexandre Désilets \u2014 PHOTO FOURNIE, ARIANE CHARBONNEAU laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M7 DANSE SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Louise Lecavalier rêve encore de cet absolu qui est le sien, celui d\u2019une chorégraphie qui aboutit dans un seul jet, un chemin qu\u2019elle pourrait emprunter sur tout son tracé sans jamais bifurquer.Mais les mouvements décident de tout et se dessinent dans les recoins de la création sans que la danseuse et chorégraphe ne puisse restreindre leurs rythmes intimes.Ainsi la dernière voie empruntée est-elle ponctuée de Stations qui servent de points de rencontre avec le spectateur.Mais avec soi surtout.« Chaque fois que je retourne en studio, j\u2019y trouve une nouvelle Louise, constate-t-elle.La création est exigeante physiquement, elle demande de la vitesse, de l\u2019énergie, mais c\u2019est un espace de découverte, ça m\u2019enthousiasme vraiment beaucoup.Elle me permet de montrer une partie de moi chaque fois plus modulée. » Et si la pièce est solide, fait-elle valoir, chacun pourra en faire sa lecture.« Après un spectacle, en Allemagne, un jeune homme en fauteuil roulant est venu me voir, il m\u2019a dit : \u2018\u2018Tu viens de raconter ma vie! \u2019\u2019 C\u2019était fascinant, il avait fort probablement un contexte de vie différent et peut-être plus difficile que le mien, mais il s\u2019était reconnu dans cette pièce.Ça m\u2019a beaucoup touchée », se rappelle l\u2019artiste toujours aussi volontaire et active la soixantaine désormais bien abordée.« Moi, je ne change pas, note-t- elle.Mais mon corps ne bouge pas de la même façon.L\u2019intensité est là, mais la recherche gestuelle est différente, elle m\u2019amène ailleurs. » Et chaque geste doit avoir un sens, et lorsque les sens se détachent, alors les stations se multiplient, et chacun y vivra l\u2019histoire à sa façon.« Je ne veux pas nommer ces stations et dire aux gens ce qu\u2019ils doivent voir. » REPÈRES EN MOUVEMENTS Les Stations, Louise Lecavalier les a nommées ainsi pour leur banalité de son quotidien mon- tréalais, mais aussi pour l\u2019étrangeté du mot associé au chemin de croix qui ornait les murs des églises de sa jeunesse.« Je trouvais que c\u2019était un concept et un mot étranges, puis je me suis éloignée de la religion plus tard, mais l\u2019étrangeté est restée et les stations sont aujourd\u2019hui des repères entre les petits points de la ligne de métro. » Les repères de Louise Cavalier, eux, sont toujours dans le mouvement, dans sa quête d\u2019absolu, parce qu\u2019il vaut mieux, dit-elle, voir grand pour accéder à une certaine dimension, que de voir trop petit pour arriver à bien peu.« Ce qui compte, c\u2019est le chemin.C\u2019est peut-être une bonne chose que chaque fois je n\u2019atteigne pas cette idée que j\u2019ai en tête, parce qu\u2019elle n\u2019est peut-être pas bonne au final.Mais cette idée permet d\u2019avancer, de créer. » Créer.Avant tout, c\u2019est ce qu\u2019elle aime.Dans son studio, c\u2019est un raffinement perpétuel du mouvement qui prime.Pour Stations comme pour tous les spectacles que Louise Lecavalier a proposés depuis l\u2019époque de La La La Human Steps, c\u2019est quand la chorégraphe assemblera toutes les pièces, quand les segments trouveront leur place que la pièce se révèlera.« C\u2019est alors une révélation pour moi également, admet Louise Lecavalier.On se servira alors des générales et des captations pour apporter encore quelques ajustements, des repères et des silences pour les spectateurs, puis la pièce apparaît, et je suis généralement contente. » Pour Stations, proposé en quatre segments distincts, Louise Lecavalier a de nouveau demandé à son ami Patrick Lamothe, grand amoureux de musique, de lui préparer quelques clés musicales pour lancer la recherche.Le saxophone, le jazz et la musique élec- tro se sont d\u2019abord faits belle place dans l\u2019univers de Lecavalier avant qu\u2019elle ne jette son dévolu sur le sax de Colin Stetson, In Touch de Suuns and Jerusalem in my Heart, Nerissimo de Teho Teardo et Blixa Bargeld et des musiques arrangées par son complice Antoine Berthiaume.« Les musiques finales, ça fait partie des décisions que je ne prends pas avant la fin, tant que tout n\u2019est pas naturel.Pour qu\u2019une pièce soit complète, tout doit s\u2019harmoniser. » C\u2019est une autre forme d\u2019absolu.STATIONS DE LOUISE LECAVALIER Sur le chemin de l\u2019absolu Louise Lecavalier poursuit sa quête d\u2019absolu dans une pièce chorégraphiée en un seul long segment.Mais c\u2019est le corps et le mouvement qui décident, et qui cette fois-ci proposent quatre Stations à découvrir et interpréter.\u2014 PHOTO FOURNIE, ALAIN LORTIE Vous voulez y aller?Stations Louise Lecavalier Mardi 26 octobre, 20 h Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M8 HUMOUR/THÉÂTRE SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Richardson n\u2019est plus un simple blagueur, il est devenu un Zéphir plus assumé.Passage remarqué dans l\u2019univers de Big Brother Célébrités?Métier qui rentre?Un peu des deux sans doute.Mais deux ans après la création de son premier one-man- show officiel, Blagueur, Richardson Zéphir a décidé de poursuivre l\u2019aventure en le renommant de son seul nom de famille.« C\u2019est sûr que le passage à Big Brother a changé la donne, les gens me connaissent davantage, ils me connaissent même intimement », explique celui s\u2019est retrouvé dans le dernier carré d\u2019as en compagnie de Kim Clavel, François Lambert et le grand gagnant de l\u2019émission présentée le printemps dernier sur Noovo, Jean-Thomas Jobin.Zéphir, évincé tout juste avant la grande finale, avait tout de même décroché le prix du public.« Mais ultimement, j\u2019ai changé le nom du spectacle parce que j\u2019ai changé beaucoup de numéros, reprend l\u2019humoriste et acteur.J\u2019avais créé le show en 2019, beaucoup de numéros n\u2019avaient plus rapport. » Richardson a donc conservé le meilleur du Blagueur original, quelques numéros de ses deux premières propositions de galas, puis greffé à ça un numéro sur Big Brother, un autre expliquant ses origines et son parcours, incluant un hommage à son idole de jeunesse, Eddie Murphy.« J\u2019ai aussi gardé quelques-uns de mes personnages, mais sans costumes, juste en acting out », précise celui qui s\u2019est fait connaître sur le web et en galas avec sa police sexy et son blackman hyper didactique, deux personnages qui désarçonnent.Mais qu\u2019ils portent ces personnages ou qu\u2019il interpelle à titre de Zéphir, l\u2019humoriste aime surtout discuter d\u2019enjeux de société, tout particulièrement de thématiques qui vont polariser.« Mais ce ne sont pas des trucs pour se fâcher, souligne-t-il.Moi, je ne suis pas fâché, je reste positif.Je veux que les gens se reconnaissent dans les histoires, mais en restant drôle.» Avant de partir en tournée au Québec, et en route vers la première médiatique prévue début 2022 à Montréal, Richardson Zéphir s\u2019est plongé dans le rodage de la nouvelle mouture en avril et mai derniers, tout juste après Big Brother Célébrités.« Je voulais retrouver mon niveau de jeu et mon efficacité comique, confie l\u2019humoriste.Là, ça se tient bien, mais ça peut bouger encore un peu, c\u2019est inévitable quand on suit l\u2019actualité. » Paral lèlement, Richardson Zéphir multiplie toujours les projets sur le web et à la télévision.Il a beaucoup tourné pour le Club Soly, et devrait être de retour dans son rôle du Caporal Zéphir pour la troisième saison de La Maison bleue à Radio-Canada.Richardson Zéphir, plus qu\u2019un blagueur Deux ans après avoir créé son one-man-show Blagueur, Richardson Zéphir l\u2019a remanié et rebaptisé de son seul nom de famille.\u2014 PHOTO FOURNIE, ÉTIENNE DUFRESNE ARIANE AUBERT BONN aabonn@latribune.qc.ca Initiative de journalisme local SAINT-CAMILLE \u2014 La pièce Tu te souviendras de moi de François Archambault sera présentée par Les Broches à foin à Saint-Camille à partir du 5 novembre.La mise en scène de Denis Clément et Marie Tison rassemble trois comédiens bénévoles, Annie Couture, Chantal Goupil et Renaud Trépanier.La production totalement locale se veut toutefois de calibre professionnel, souligne le metteur en scène Denis Clément.« Toute notre approche est celle d\u2019une troupe professionnelle et nos acteurs, bien qu\u2019amateurs, se pro- fessionnalisent en cours de processus », indique Denis Clément.Dans la pièce, un historien à la retraite atteint de la maladie d\u2019Alzheimer perd progressivement la mémoire et les membres de sa famille s\u2019échangent sa garde.Selon M. Clément, bien que le sujet puisse sembler lourd, c\u2019est avant tout une comédie humaine et sensible qu\u2019il souhaite livrer.« Ce n\u2019est pas didactique.On ne dit pas aux gens : voici la maladie d\u2019Alzheimer et voici ce qu\u2019on doit faire.Ça montre avec humour combien c\u2019est difficile de vivre avec un monsieur qui est atteint.C\u2019est touchant, c\u2019est drôle, c\u2019est comme ça qu\u2019on va aller chercher les gens.Nous les humains, on a tous une petite névrose, et c\u2019est ce qui rend l\u2019approche aussi intéressante en parlant des relations humaines. » « Ce n\u2019est pas du théâtre social qui se donnerait une mission, ajoute Marie Tison.Nous on lance plutôt des pistes de réflexion.C\u2019est avant tout une pièce artistique. » Le décor épuré de la production comporte quelques pièces de mobilier et des projections photographiques abstraites, permettant de centrer toute l\u2019attention sur les interactions entre les personnages.L\u2019évènement ne se limite pas qu\u2019à une interprétation théâtrale, souligne l\u2019équipe des Broches à Foin.Une exposition d\u2019objets dans le hall d\u2019entrée permettra de mettre en contexte les visiteurs.Puis, un espace sera aménagé pour le bar avec une ambiance conçue par les metteurs en scène avant d\u2019entrer dans la salle.COMMUNAUTÉ MOBILISÉE La production de Tu te souviendras de moi est appuyée par une forte collaboration du milieu, aussi bien par des bailleurs de fonds que par des offres de services.Une campagne de sociofinance- ment est également en cours pour boucler le budget, ce qui permet à l\u2019équipe de réalisation de rémunérer les professionnels engagés, de louer la salle et de vivre de son art.TU TE SOUVIENDRAS DE MOI REGARD THÉÂTRAL SUR LA MALADIE D\u2019ALZHEIMER L\u2019équipe qui présentera Tu te souviendras de moi de François Archambault en novembre à Saint-Camille.\u2014 PHOTO FOURNIE Vous voulez y aller?Tu te souviendras de moi Le P\u2019tit Bonheur de Saint-Camille 5, 6, 12, 13 novembre, 20?h 7 et 14 novembre, 14?h Entrée : 25 $ Vous voulez y aller?Zéphir Richardson Zéphir Jeudi 28 octobre, 20 h Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M9 THÉÂTRE David Bouchard incarne le personnage principal dans l\u2019adaptation théâtrale du roman de David Goudreault KIM ALARIE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 C\u2019est la réaction enthousiaste du public, après avoir lancé pour la première fois la célèbre ligne « C\u2019est documenté! », qui a fait réellement prendre conscience à David Bouchard de la portée de l\u2019œuvre qu\u2019il était en train d\u2019interpréter.Ça se passait sur la scène de la salle Octave-Cré- mazie du Grand Théâtre de Québec, au printemps dernier.Bien sûr, l\u2019acteur était très emballé quand le metteur en scène Hugues Frenette l\u2019a approché pour lui proposer le rôle principal dans l\u2019adaptation théâtrale du roman La bête à sa mère de David Goudreault puisque, comme bien d\u2019autres artistes, son agenda s\u2019était subitement dégarni en raison de la pandémie.Son bonheur a cependant atteint un autre niveau quand il a pris connaissance de l\u2019œuvre du Trifluvien d\u2019origine parce que non, il n\u2019avait pas encore lu le roman et ne connaissait que bien peu de choses sur l\u2019auteur.« Je ne sais pas j\u2019étais où! » lance-t- il un sourire dans la voix.Après des mois à faire siens les mots de Goudreault adaptés par la plume d\u2019Isabelle Hubert, il convient, au final, que ça lui a bien servi de les découvrir grâce à ce contrat.« C\u2019était bien d\u2019avoir un regard vierge plutôt qu\u2019un regard impressionné d\u2019avance », admet-il au fil de l\u2019entrevue téléphonique accordée au Nouvelliste.À titre comparatif, « c\u2019est comme quand on joue Hamlet, on l\u2019a tellement entendu au préalable! Tu as peut-être plus de misère à poser un regard frais sur le rôle et sur le texte.Je n\u2019avais pas trop cette dimension pendant que je le travaillais. » Il y a déjà un an, donc, qu\u2019il a plongé dans ce projet sans jamais trop se soucier des attentes que pourraient avoir les connaisseurs de l\u2019œuvre, ce qui aurait pu influencer son cheminement créatif.UNE JEUNE CARRIÈRE À 33 ans, David Bouchard concède avoir une jeune carrière.Ce rôle en solo représentait un défi autant par la nature sombre de l\u2019histoire que par la forme qui était donnée à la pièce.« Tous mes efforts créatifs de l\u2019année ont passé dans ce rôle-là », confie-t- il.« C\u2019est un défi que tu prends et que tu fais tout pour relever. » Occuper la scène seul pour la première fois de sa carrière aurait pu lui donner le vertige mais au contraire, il y voyait une certaine liberté.« Il n\u2019y a pas la contrainte de se synchroniser avec le reste de l\u2019équipe.Au niveau personnel et émotionnel, c\u2019est vraiment le fun d\u2019avoir une équipe, ça fait partie de notre métier et c\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles j\u2019aime ce travail, mais il y a une liberté qu\u2019on peut trouver en solo.Sur scène, tu dictes le rythme et tu peux le faire à ta manière complètement.Par contre, c\u2019est certain que tu peux aussi être stressé en pensant que si tu es off ce soir, personne ne va t\u2019aider. » C\u2019est davantage le propos du texte qui lui a tiré une réaction qu\u2019il n\u2019attendait pas.« Je trouvais ça rough! Je me disais : « Oh mon dieu, je vais être associé à cette affaire-là! Il tue des animaux! » Ce sursaut a vite été remplacé par sa grande curios i t é à e x p l o - rer ce type de p e r s o n n a g e , un criminel de p e t i t e e n v e r- gure, paumé, et par sa capacité assumée de le faire de façon convainc a n t e .« C o m m e acteur, je suis capable d\u2019aller là.Ça m\u2019intrigue et ça me fascine en fait.J\u2019ai envie de l\u2019expliquer et de le comprendre. » Le comédien aborde le personnage par son côté dérisoire ce qui lui permet d\u2019exploiter des filons d\u2019humour qui se tressent dans l\u2019histoire.« Il est tellement convaincu qu\u2019il est un caïd, un big shot, mais on voit de façon tangible que c\u2019est un criminel de bas niveau. » Il y a aussi dans le personnage, marqué par une enfance douloureuse, tout un éventail de nuances.« Outre la pitié qu\u2019on a, on voit qu\u2019il est brillant.Il avait certainement des troubles d\u2019apprentissage et il s\u2019est quand même plongé dans la lecture de plein de choses.Ses idées et ses réflexes sont niaiseux quand tu les regardes dans l\u2019ensemble mais quand tu regardes l\u2019action comme telle, je trouve qu\u2019il est quand même brillant.Il a de l\u2019esprit. » DAVID BOUCHARD LE PLAISIR DE LA DÉCOUVERTE David Bouchard dans la pièce La bête à sa mère qui sera présentée le 14 novembre à la salle Maurice-O\u2019Bready de Sherbrooke.\u2014 PHOTOS LE SOLEIL, ERICK LABBÉ Vous voulez y aller?La bête à sa mère Dimanche 14 novembre, 15 h Salle Maurice-O\u2019Bready Entrée : 47 $ (étudiants?: 37?$) SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M10 CINÉMA YVES BERGERAS Le Droit OTTAWA \u2014 Président d\u2019honneur du Festival du film de l\u2019Outaouais (FFO) qui se déroule en ce moment, Robert Charlebois, confirme en entrevue l\u2019«?accusation?» portée par le président du festival Didier Farré : il est un «?cinéphile averti?», boulimique de lecture, de grand écran et de séries télé.Et bien qu\u2019on ne voie pas très souvent sa tignasse frisottée au grand l\u2019écran, Charlebois a fait grâce de ses talents de comédien dans une dizaine de films.Si le confinement l\u2019a conduit à explorer davantage la webdiffu- sion et les récentes productions offertes sur Netflix (« Garou Ier » cite d\u2019emblée Ozark et Animal Kingdom) dont il apprécie les « paysages assez fascinants» qu\u2019offrent aujourd\u2019hui les drones, et toutes ces prises de vue tellement « incroyables » qu\u2019il se demande s\u2019« ils mettent de la drogue dans leurs caméras, ça attrape l\u2019œil, ils te montrent un frigo qui s\u2019ouvre, et t\u2019as l\u2019impression que c\u2019est du Kubrick ».Charlebois aime se placer bien « à l\u2019avant », lorsqu\u2019il visite le cinéma de Sainte-Adèle, son havre dans les Laurentides.Avide amateur de septième art, il consomme de tout, sans genre de prédilection en particulier, et en prenant soin de ne pas surai- guiser son œil critique.« La clef, pour nous émerveiller, nous les grands enfants que nous devrions tous être, c\u2019est de ne s\u2019attendre à rien.Quand on s\u2019installe devant l\u2019écran, il faut arriver avec son cœur d\u2019enfant.» Ce n\u2019est pas son œil qui se fait le plus critique, mais son oreille, confesse celui qui a signé la bande-son de cinq films au fil de sa carrière.BON PUBLIC Au cinéma, « i l n\u2019y a rien de condamnable ».Et Charlebois, bon public jusqu\u2019aux « extrêmes », aime tout.« Je me marre autant à voir OSS 117 que [j\u2019ai du plaisir devant] un film sérieux comme La révision de Catherine Therrien », long- métrage québécois ayant pour décor le milieu scolaire et ses tensions raciales, qu\u2019il a vu au dernier festival du film d\u2019Angoulême.« Une grosse comédie potache, c\u2019est bien, mais un film qui prend au cœur, aussi.J\u2019aime les deux.» Il confesse s\u2019émouvoir facilement, au cinéma.« Et j\u2019adore les films où on pleure et on rit en même temps.» Parmi ses plus récents coups de cœur figurent surtout des films français.Le président d\u2019honneur du FFO mentionne Aline, le clin d\u2019œil de Valérie Lemercier à la carrière de Céline Dion; Eiffel de Martin Bourboulon, dans lequel Romain Duris campe Gustave Eiffel et grâce auquel Robert Charle- bois ne « regardera plus jamais la tour Eiffel avec les mêmes yeux »; ou encore Sam, le dernier film de Yan England, réalisateur qui, malgré son jeune âge, a déjà « trouvé son style et son ton \u2014 et quand tu reconnais un cinéaste avec une signature, c\u2019est bon signe! » « Un autre film qui m\u2019a fait rire à mort c\u2019est L\u2019origine du monde avec Karine Viard et Hélène Vincent; c\u2019est irracontable et d\u2019une grossièreté pas possible.[\u2026] c\u2019est du slapstick à la Marx Brothers [mais beaucoup plus] scatologique! De la grosse provoc\u2019 féroce! » rigole-t- il, sans bouder son plaisir.LES SUPER-FRITES Les blockbusters américains de l\u2019heure, les batailles épiques livrées dans une surenchère d\u2019effets spéciaux ne passionnent en revanche guère Robert Charlebois.Parmi les superhéros franchisés, Seuls Groot et Rocket \u2014 l\u2019arbre et le raton laveur des Gardiens de la galaxie \u2014 sont parvenus à lui décrocher quelques sourires prépandémiques.Mais les Avengers et tous « ces films avec 4000 figurants tous faits à l\u2019ordinateur, puis 800 avions et 4000 porte-avions au lieu de 40.C\u2019est comme les super-frites : on sent que les mêmes découpes reviennent.C\u2019est le genre que j\u2019aime le moins.Ça me tombe même un peu sur la rate, ça! » reconnaît Charlebois, pourtant bédéphile notoire.GABRIELLE Charlebois a renoué avec la pratique de comédien en 2013.On l\u2019a aperçu dans le film Gabrielle, où il tenait son propre rôle (de chanteur populaire).Il conserve du film un souvenir particulièrement ému, car il a reçu énormément de témoignages de gens concernés par la déficience intellectuelle, sujet au cœur du film de Louise Archambault.Au festival d\u2019Angoulême, où le film avait été projeté, « les gens nous arrêtaient sur la rue, pour nous dire à quel point ça les avait touchés.» Les gens lui partageaient leur émotion par courrier.« J\u2019ai même reçu une lettre de Chine », partage-t-il en rendant à la réalisatrice les lauriers qui lui reviennent : « Tout ça, ce n\u2019est pas grâce à moi, mais grâce à Louise.Alors, bravo Louise! » Robert Charlebois, président d\u2019honneur du Festival du film de l\u2019Ou- taouais qui se déroule jusqu\u2019au 29 octobre, confesse s\u2019émouvoir facilement au cinéma.«?Et j\u2019adore les films où on pleure et on rit en même temps.?» \u2014 PHOTO SYLVA LE CINÉPHILE CHARLEBOIS laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M11 CINÉMA YVES BERGERAS Le Droit OTTAWA \u2014 Avec le recul, le film dont Robert Charlebois est le plus fier, et celui dont il garde les meilleurs souvenirs de plateau, c\u2019est aussi celui qu\u2019il a fait « le moins sérieusement, et par-dessus la jambe ».Il s\u2019agit de Un génie, deux associés, une cloche (1976), western spaghetti (de Damiano Damiani) produit par Sergio Leone.Le film, dont il eut l\u2019honneur d\u2019être « la cloche » du titre, voire « l\u2019âne » sur le plateau, réunissait Terence Hill, Miou Miou et Patrick McGowan.D\u2019abord, pour le fait d\u2019avoir eu la « chance de côtoyer tous ces grands acteurs ».Et puis.« se lier d\u2019amitié avec Sergio, ce n\u2019est pas rien », dit-il en se remémorant leurs virées à travers Rome pour se régaler des meilleures pizzas.Comme il était « le seul à savoir parler anglais sur le plateau », s\u2019est nouée une solide complicité avec Patrick McGowan.« Je sortais tous les soirs ou presque avec lui, et le tournage a duré trois mois.Il était au gin et tonic dès le matin [\u2026 et moi j\u2019essayais de le suivre et je finissais la journée à 4 pattes. » Il profitait de ses journées pour « apprendre à manier des chevaux ».C\u2019est long, passer trois heures dans le désert, quand tu n\u2019as rien d\u2019autre à faire qu\u2019attendre la prochaine prise.« J\u2019avais beaucoup de temps à perdre parce que dès qu\u2019il y avait le moindre nuage, Sergio ne tournait plus; les grands ciels bleus sans nuages, c\u2019est un peu sa signature. » « Un jour, Sergio Leone a demandé à la femme de Robert Charle- bois, Laurence, d\u2019organiser à Paris une grande soirée pour souligner la sortie de leur film.« Il y avait Henri Verneuil, Belmondo, Depar- dieu, etc.Et Sergio, en allant aux toilettes, me prend par l\u2019épaule et me dit : tu es un acteur passable et un \u201cChanteur ordinaire\u201d mais tu as une femme extraordinaire, alors tu es tout pardonné.Il ne s\u2019est pas trompé.la preuve, je suis encore avec elle! » [rires].EN ATTENDANT SPIELBERG Robert Charlebois a décliné quelques rôles au fil des ans, mais n\u2019a jamais trop cherché à explorer le volet cinématographique de sa carrière artistique.Pas même à travers les vidéoclips, dont il s\u2019est fait avare, car il ne trippe pas particulièrement sur le format.« Après Sergio Leone, tout le monde me proposait des choses [que je déclinais]; on peut presque dire que j\u2019attendais que Spielberg me téléphone! » raille-t-il (tout en confessant qu\u2019il dirait oui demain, si Spielberg l\u2019appelait).Il a ainsi snobé une offre de Marco Ferreri (La grande bouffe), dont le nom ne lui disait pas grand-chose à l\u2019époque.Un film pour lequel on l\u2019a considéré, «que j\u2019aurais aimé faire, et qui m\u2019a échappé», c\u2019est L\u2019été meurtrier (1983), avec Isabelle Adjani.C\u2019est finalement le chanteur Alain Sou- chon qui a hérité du rôle.Dans sa jeunesse, le Québécois avait pourtant considéré sérieusement cette avenue.Mais, estime-t- il aujourd\u2019hui, s\u2019il avait réellement voulu faire plus de cinéma, il se serait efforcé de lire toutes sortes de livres liés au métier et des tas de scénarios dans l\u2019optique d\u2019y trouver des rôles intéressants, au lieu d\u2019«attendre que ça [lui] tombe tout cru dans le bec».CHARLEBOISSCOPE Quoi qu\u2019il en soit, son penchant pour le Septième Art s\u2019exprime souvent sur scène.On sait qu\u2019en concert, il ne déteste pas cabotiner un peu, en comédien du dimanche.Et le spectacle avec lequel il est présentement en tournée, Robert en CharleboisScope, truffé de projections vidéo dont il a lui-même fait la sélection \u2013 un maelstrom d\u2019images d\u2019archives, de séquences d\u2019animation et d\u2019extraits de films dans lesquels il a joué \u2013 lui a permis de se replonger avec beaucoup de plaisir dans la partie « imagée » de son personnage scénique.LA BELLE ÉPOQUE DE LA CLOCHE Le film Un génie, deux associés, une cloche (1976) dont Robert Charlebois est le plus fier, et celui dont il garde les meilleurs souvenirs de plateau, c\u2019est aussi celui qu\u2019il a fait « le moins sérieusement, et par-dessus la jambe ».\u2014 PHOTO FOURNIE vieuxclocher.com I 819.847.0470 Nos spectacles débutent à 20h00 ouverture des portes à 18 h 45 RÉSERVEZ MAINTENANT / DE NOUVEAUX BILLETS mis EN VENTE.Anne-elisAbeth bossé les GRAnDes CRUes VEN.3 ET SAM.4 DÉCEMBRE MARC heRVieUX SAM.11 DEC.20H ET DIM.12 DÉC.15H loUis JeAn CoRMieR 30 OCTOBRE KeVin PARent 19 NOVEMBRE MARio JeAn VEND.26 ET SAM.27 NOVEMBRE MARtin Petit VEN.12 ET SAM.13 NOVEMBRE YVes lAMbeRt tRio MAR.28 DÉCEMBRE bRiMbelle DIM.14 NOVEMBRE eVelYne bRoChU VEN 29 OCTOBRE ARiAne MoFFAtt 20 NOVEMBRE RoCK stoRY VEND.10 DÉCEMBRE PeteR MACleoD JEUDI 16 - SAM.18 DÉCEMBRE MUsiQUes À boUChes DIM.28 NOVEMBRE boUCAR DioUF 4-5-6 ET 7 NOVEMBRE CE S OIR SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M12 MUSIQUE GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Beaucoup de choses ont changé depuis la parution du dernier album de The War On Drugs, A Deeper Understanding : citons une tournée internationale et un prestigieux prix Grammy pour la formation pilotée par Adam Granduciel, aussi devenu père dans les dernières années.Sans oublier une certaine COVID-19 qui a bouleversé nos vies.La formation américaine s\u2019est imposée sur la scène mondiale (elle avait fait très bonne impression au Festival d\u2019été de Québec en 2018) avec des sonorités indie- rock qui ne boudent pas certains accents psychédéliques.Le groupe nous revient le 29 octobre avec I Don\u2019t Live Here Anymore, un album qui sait se faire introspectif, mais qui présente surtout une facette plus entraînante que jamais.Nous avons joint Adam Grandu- ciel (Granofsky de son vrai nom), auteur-compositeur-interprète à la tête de The War On Drugs, afin de faire le point sur ce qui ressemble à un nouveau départ.Q Quels sont vos sentiments à l\u2019idée de présenter ces nouvelles chansons au moment où, espérons-le, la pandémie pourrait bientôt être derrière nous?R Je n\u2019ai jamais été aussi heureux de lancer un album.Ce n\u2019est pas parce que je pense qu\u2019il soit meilleur que les autres, même si j\u2019en suis très fier.C\u2019est seulement parce que tout le monde vient de passer deux années de merde, et ce, peu importe le niveau d\u2019inconvénients qu\u2019on a dû subir.Je voulais envoyer quelque chose dans le monde qui pourrait peut-être apporter de la joie.Quelque chose que certaines personnes pourraient avoir hâte d\u2019entendre.Quelque chose de positif, en somme, parce qu\u2019il y a tellement eu de négatif.Je suis excité parce que la pandémie a un peu brisé l\u2019aspect compétitif de l\u2019art.Tout le monde s\u2019en fout.Fais de la bonne musique.Ou n\u2019en fais pas, c\u2019est à toi de voir.J\u2019étais juste content de faire quelque chose qui me rendait fier.Q Justement, à quel point l\u2019album était-il avancé quand la COVID-19 a frappé?R Je n\u2019ai rien écrit pendant le confinement.Tout était écrit et je dirais qu\u2019on avait environ 60 % du travail de complété sur l\u2019album.Mais il restait beaucoup d\u2019éléments de base à régler, comme des arrangements et du mixage.L\u2019enregistrement des voix a aussi été fait pendant le confinement.On s\u2019approchait du but, mais rien n\u2019était encore terminé.Pendant l\u2019année et demie suivante, [le coréalisateur] Shawn [Everett] et moi avons amené l\u2019album dans une direction différente.Certaines chansons ont vraiment été modifiées.La pandémie a certainement influencé beaucoup de choses.Q Comme quoi, par exemple?R Pendant les six premiers mois de confinement, Shawn et moi essayions de travailler par cour- riel.Ça n\u2019allait nulle part.Nous nous sommes finalement vus en personne autour d\u2019octobre 2020.Nous avons passé trois semaines en studio avec des masques et des visières.Nous avions tous les deux un bébé à la maison.Nous avons vraiment été prudents.Mais quand nous avons pu être ensemble dans la même pièce, à prendre des décisions rapidement, nous avons pu rebrasser les cartes et le son a pris forme.Il y a une frustration qui a mené à ce moment : pendant la première partie du confinement, j\u2019avais plein d\u2019idées qui ne pouvaient pas se matérialiser parce que nous n\u2019étions pas ensemble et que ce sont des choses qui ne s\u2019expliquent pas vraiment au téléphone.THE WAR ON DRUGS GRISANTES RETROUVAILLES laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M13 MUSIQUE QUÉBEC \u2014 Depuis 15 ans, The War On Drugs s\u2019est imposé comme l\u2019un des groupes majeurs du rock actuel.Aux commandes, Adam Granduciel se démarque comme un leader créatif et fort indépendant.Ça n\u2019empêche pas l\u2019Américain de célébrer des influences comme Bruce Springsteen ou Bob Dylan.On entend bien des références dans ses chansons.Mais l\u2019apport va plus loin pour le musicien.« J\u2019écoute beaucoup de musique, je connais beaucoup de musique, j\u2019aime beaucoup de musique, évoque Adam Granduciel.Même si je ne sonne pas comme ces artistes, ils demeurent une inspiration.Ça peut venir des histoires derrière leurs albums, de leur façon de travailler en studio, de leurs liens avec d\u2019autres groupes. » Pour les mentors non officiels mentionnés plus haut, on tombe dans un autre registre.« Je sens qu\u2019avec Bruce Springsteen et Bob Dylan, j\u2019ai plongé tête première à différentes périodes de ma vie, ajoute Adam Grandu- ciel.J\u2019ai toujours connu Dylan, mais autour de 19 ou 20 ans, je l\u2019ai découvert sous un nouveau jour.Et j\u2019y suis allé à fond et j\u2019y ai trouvé un tout nouveau niveau. » Pour Springsteen, il a senti un déclic encore plus grand quand lui-même a souhaité immortaliser ses créations.« Quand j\u2019ai commencé à vraiment enregistrer de la musique, je suis retourné à Springsteen, précise Adam Granduciel.Bien sûr que je le connaissais bien.Mais je me disais que ce gars pourrait m\u2019enseigner à fabriquer un album.Il cherchait, lui aussi.Lui non plus ne savait pas ce qu\u2019il faisait.Mais il a fait Born to Run pendant que lui aussi apprenait à travailler dans un studio. » Auteur-compositeur-interprète à la tête de The War On Drugs, Adam Granduciel voit chez Springsteen une sorte de phare.Mais il décèle aussi un certain lien de parenté.« Il est le leader d\u2019un band, explique-t-il.Pendant que [The War On Drugs] a fait son chemin, je suis aussi devenu un leader de band pour ces gars.Je me sens lié à Springsteen, parce que je peux le voir comme une source d\u2019inspiration, mais aussi comme un guide.Comment laisser ces musiciens être eux-mêmes, mais aussi obtenir le son que tu veux?Il faut avoir un ego, mais aussi beaucoup de diplomatie.Il faut de l\u2019empathie, mais aussi de la confiance\u2026 C\u2019est tout ça! » GENEVIÈVE BOUCHARD, LE SOLEIL Cette frustration, voire cette anxiété, je l\u2019ai laissée aller en studio.Plusieurs chansons ont ainsi pris une toute nouvelle direction pendant que nous nous donnions la permission de nous engager dans des idées plus grandes.Nous les entendions ensemble.C\u2019est ainsi que la pandémie a joué un rôle dans l\u2019album.Ce n\u2019est pas comme si j\u2019avais écrit une chanson à propos des masques ou du confinement\u2026 Q Nous vous en remercions, d\u2019ailleurs! R Exactement (rires)! Ç\u2019a plus joué dans l\u2019expérience au quotidien.D\u2019être isolés, puis de vivre l\u2019excitation de se retrouver.Sans le confinement, nous aurions juste fait comme d\u2019habitude : terminer l\u2019album sans savoir s\u2019il était vraiment terminé.Ça nous a donné du temps pour travailler plus en profondeur.Q Vous êtes connu pour travailler souvent en solitaire quand vient le temps de créer des chansons.Vous avez un peu changé la formule, cette fois- ci.Quel en a été le point de départ?R Nous étions sur la route, juste après la sortie de l\u2019album précé- dent.Nous avions fait une tournée aux États-Unis, en Europe et en Australie.Je prenais des notes vocales dans mon téléphone.Je n\u2019écrivais rien encore, mais je cueillais des idées.Au début 2018, j\u2019ai loué un studio à New York pour y travailler avec Dave [Hartley] et Anthony [LaMar- ca], qui sont aussi dans le groupe.Ces gars sont de super musiciens et ils peuvent jouer de n\u2019importe quoi : batterie, basse, guitare, claviers\u2026 Tout! Nous sommes des amis, nous nous sommes dit que nous aurions du plaisir et que nous ferions de la musique sans nous imposer de règles.Nous avons été là pendant cinq jours.Au moins deux chansons sont nées de ces sessions.C\u2019est un peu comme ça que j\u2019ai voulu faire cet album : écrire à la maison, mais rassembler un groupe pour enregistrer des démos, faire avancer les chansons et voir où ça nous mènerait.C\u2019était fait de manière très amicale, très organique, sans ego.J\u2019ai quand même parfois retrouvé ce côté savant fou, seul en studio.Mais quelques titres de l\u2019album ont juste été enregistrés live avec les autres.J\u2019apprécie de plus en plus cette spontanéité de rassembler des musiciens dans une pièce et juste d\u2019appuyer sur « enregistrer ».C\u2019est sans doute une évidence pour bien des gens, mais je suis en train de le comprendre.Q Plusieurs chansons sur cet album suscitent un sentiment grisant, entraînant, qui appelle au rassemblement.En le terminant pendant que les concerts étaient interdits par l\u2019urgence sanitaire, aviez- vous en tête cette idée de retrouvailles avec le public en salles?R Je pense qu\u2019en ayant sous la main ce super groupe de musiciens, je savais que je voulais avoir des chansons qui sonneraient bien en spectacle.Je voulais qu\u2019elles s\u2019insèrent dans notre catalogue avec cette dynamique.Nous nous sommes réunis il y a quelques semaines pour répéter.J\u2019ai été vraiment surpris d\u2019entendre ces pièces se transformer avec un groupe qui joue live.Je me suis dit : « Man, ces chansons ont vraiment une énergie! » The War On Drugs \u2014 PHOTO SHAWN BRACKBILL «?Avec Bruce Springsteen et Bob Dylan, j\u2019ai plongé tête première à différentes périodes de ma vie?», évoque Granduciel.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, ALAIN ROBERGE LES MAÎTRES DYLAN ET SPRINGSTEEN SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M14 TÉLÉVISION JOSÉE LAPOINTE La Presse MONTRÉAL \u2014 En enfilant les patins de la championne olympique Frédérique Lessard dans la série Virage, Charlotte Aubin a relevé le plus grand défi de sa carrière, avec sérieux et intensité.Rencontre avec une comédienne de fond.Quand on lui demande si elle se sentait prête à porter une série sur ses épaules, Charlotte Aubin sourit.« C\u2019est ça qui se passe, hein?On dirait que je ne le réalise pas encore\u2026 Je suis comme : \u201cben non, ils sont très bons, tous les autres!\u201d » Mais pour répondre à la question : non seulement elle se sentait prête, mais elle en avait aussi envie.« Je pense que j\u2019étais rendue là.J\u2019avais le goût de prendre soin de l\u2019équipe, des textes, des gens, de ce personnage, de cette histoire.De le porter avec beaucoup de lumière. » Dans Virage, qui est diffusée sur Noovo depuis la mi-septembre, Charlotte Aubin incarne Frédérique Lessard, une championne olympique de patinage de vitesse sur courte piste qui, à 28 ans, vient de prendre sa retraite et de rompre avec son compagnon des 10 dernières années.Revenir dans la vie réelle sera un processus plein d\u2019obstacles, mais Charlotte Aubin a bien compris le désarroi de son personnage, autant que la réalité des athlètes olympiques.« Moi, à 30 ans, je ne veux plus jamais faire autre chose de ma vie! Je veux jouer, faire de l\u2019art, écrire, j\u2019ai l\u2019impression que j\u2019ai trouvé mon X.Et eux, à 30 ans, tout s\u2019arrête.Mais comment tu te prépares à l\u2019après quand tu es à 100 % dans quelque chose?Je n\u2019avais jamais compris ce dévouement total qu\u2019ils ont. » Une fois sortie de sa bulle sportive, Frédérique, « submergée par la vie » et sans outils pour « entrer dans le monde », agit pas mal comme une ado, constate la comédienne.« Pendant que tout le monde vivait ses expériences, elle faisait juste patiner et s\u2019arranger pour être la meilleure.Alors cette période exploratoire de l\u2019adolescence, elle la vit là, à la fin de la vingtaine.Et c\u2019est pas mal moins cute, mettons. » Son objectif : donner à Frede de la profondeur pour qu\u2019on s\u2019y attache quand même et qu\u2019on ait de l\u2019empathie malgré ses faux pas, ses maladresses, son manque de respect.« Parce que des fois, c\u2019est vraiment pas gentil\u2026 » explique la comédienne, qui s\u2019est inspirée de personnages féminins imparfaits comme Frances Ha, du film du même nom de Noah Baumbach (2013).« Je trouvais que s\u2019il n\u2019y avait pas de candeur, ou si elle se rendait compte de ce qu\u2019elle faisait, c\u2019est là qu\u2019elle devenait juste égocentrique et méchante.Mais il y a toujours une volonté de rattraper ses erreurs, qui fait en sorte qu\u2019on a envie de la suivre là-dedans. » SE CONSACRER CORPS ET ÂME Télé (Blue Moon, L\u2019échappée), cinéma (Ceux qui font les révolutions à moitié n\u2019ont fait que se creuser un tombeau), théâtre (Déterrer les os), poésie (un recueil, Paquet de trouble, publié en 2018), Charlotte Aubin aime se promener entre les médiums.« Pour moi, ce sont des vases communicants », dit la comédienne, qui sera en décembre de la distribution du nouveau film de Ken Scott, Au revoir le bonheur, et qui jouera en janvier à La Licorne dans l\u2019adaptation théâtrale de Deux femmes en or par Catherine Léger.« J\u2019ai l\u2019impression que tout est lié et que ça fait juste élever l\u2019interprète que je veux être. » Femme de mots et de paroles \u2014 « O u i n , j e p a r l e b e a u c o u p, hein? » \u2014, Charlotte Aubin préfère réfléchir et analyser en amont, question d\u2019être « dans l\u2019instinct, libre, disponible et fresh » une fois sur le plateau.Bref, elle aime se préparer plus que moins, et avec Virage, elle a été servie.Entraînement de patinage intensif, long travail sur le texte avec la réalisatrice Catherine Therrien, Charlotte Aubin a consacré plus de six mois à cette série dont l\u2019histoire est librement inspirée de la vie de la patineuse Marianne St-Gelais.« Je pensais juste entraînement, nutrition, texte, je parlais avec des athlètes.J\u2019étais toujours en train de baigner dans ce monde-là. » C\u2019est certainement le genre de projet immersif auquel rêve toute jeune comédienne.Elle en convient, c\u2019était un gros morceau.« De l\u2019action, du drame, du sport, une transformation physique\u2026 Quand tu es acteur, tu as le goût de te transformer jusque dans cette limite », nous dit Charlotte Aubin, qui a interprété elle-même la plupart des scènes de patinage, dont celles des départs.« Je pensais sans doute plus au personnage que je pensais à moi-même pendant le tournage. » Tiens, de quoi voir une similitude avec ce que vivent les athlètes, justement, qui se consacrent corps et âme à leur sport.« C\u2019est vrai qu\u2019il y a quelque chose de total.Un tournage, tu penses juste à ça, ça devient comme une bulle.Les gens avec qui tu travailles deviennent ta famille.Ce sont aussi des métiers très prenants, insécurisants par moments, où il y a une grande pression sur le corps, la performance.Je ne suis pas athlète, mais des fois, il y avait des zones émotives où je me disais : \u201cah, je connais ça\u201d. » « TÊTE D\u2019AFFICHE »?Charlotte Aubin est reconnaissante à Noovo d\u2019avoir fait confiance à une actrice qui « n\u2019est pas une tête d\u2019affiche », et fière du résultat.« Le travail acharné qu\u2019on a tous fait, on le voit à l\u2019écran. » L\u2019actrice espère maintenant que ce rôle pourra la propulser vers d\u2019autres projets d\u2019envergure.A-t-elle continué à patiner?« Non.Mais j\u2019attends mon prochain sport, mon prochain défi, tu comprends? » Disons\u2026 comme le saut à la perche?« Name it, je suis prête! » Elle rigole.« Si je jouais encore une sportive, il faudrait que ce soit un autre genre.J\u2019ai toujours rêvé d\u2019incarner une boxeuse, à cause de Million Dollar Baby [de Clint Eastwood]\u2026 J\u2019ai été fascinée par ce film.Mais je veux toutes sortes de défis, jouer des jeunes premières très dignes et douces autant que des petites bums.Ça m\u2019intéresse d\u2019explorer toutes les facettes et, à date, j\u2019ai eu bien de la chance.On m\u2019appelle pour des choses différentes. » Pour l\u2019instant, elle ne sait pas de quoi son année 2022 sera faite, mais elle fait confiance à la vie.« C\u2019est un métier comme ça.On va finir 2021, et après on verra.Je n\u2019ai pas peur et je pense que de belles choses vont arriver.Je le souhaite. » On n\u2019a pas trop d\u2019inquiétudes pour elle.Virage, tous les mercredis à 20 h sur les ondes de Noovo, ou en rattrapage sur le site de Noovo.CHARLOTTE AUBIN PARTIE POUR LA GLOIRE Charlotte Aubin est reconnaissante à Noovo d\u2019avoir fait confiance à une actrice qui « n\u2019est pas une tête d\u2019affiche », et fière du résultat.\u2014 PHOTO LA PRESSE, ALAIN ROBERGE laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M15 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Avec Ma Zoé, la réalisatrice, scénariste et actrice Julie Delpy pousse très loin la réalité de l\u2019amour maternel.Entre le drame familial et un glissement vers une science-fiction qui ne semble pas si lointaine, nous voilà devant un récit bouleversant à bien des égards, qui peut provoquer un certain malaise devant les enjeux qui sont explorés, mais pas jusqu\u2019au bout.Mieux vaut sans doute ne pas trop en savoir sur l\u2019intrigue pour se laisser prendre au jeu de Julie Delpy dans Ma Zoé.Mentionnons seulement que la réalisatrice nous amène dans le quotidien d\u2019une famille qui a récemment éclaté, avec des tensions qui sont encore vives entre deux ex-conjoints, Isabelle (Julie Delpy) et James (Richard Armitage).La question de la garde de leur adorable fillette Zoé (Sophia Ally) pose de nombreux problèmes.Ajoutons au lot des blessures qui n\u2019ont pas eu le temps de guérir, une méfiance mutuelle nourrie par deux parents aimants et attentionnés.Une tragédie viendra exacerber la situation.Et c\u2019est là que le drame familial glisse vers autre chose, plus près de la science-fiction.Scénariste, réalisatrice et actrice principale du film, Julie Delpy est complètement investie dans la proposition, à l\u2019image de son personnage, figure maternelle prête à tout pour arriver à ses fins.Une quête certainement touchante, mais aussi controversée, qui peut heurter certaines valeurs, doit-on ajouter.Ma Zoé se déploie en trois actes.Dans chacun d\u2019entre eux, Julie Delpy laisse au spectateur la responsabilité de se faire sa propre idée.Pas de musique pour inspirer une émotion, des plans larges qui, un peu comme au théâtre, ne dictent pas où le regard devrait se diriger dans les scènes tendues.Chacun a ses torts, rien n\u2019est tout blanc ou tout noir.À vous de juger et de choisir votre camp.Au-delà de relations interpersonnelles difficiles très bien jouées, filmées de manière distanciée et souvent froide, Ma Zoé est basé sur des enjeux éthiques qui ne sont pas tant mis de l\u2019avant dans le film.Il est question de technologie, de reproduction et, ultimement, d\u2019humanité.Julie Delpy explore davantage le côté émotionnel du personnage de la mère, lancée dans une mission qui peut sembler irrationnelle et à laquelle plusieurs n\u2019adhéreront pas.Surtout que les conséquences de son choix et de sa démarche ne sont pas développées.Nous voilà devant plusieurs points d\u2019interrogation.Encore ici, c\u2019est au cinéphile de les gérer.MA ZOÉ La maternité à l\u2019extrême Au générique Cote : ?Titre : Ma Zoé Genre : Drame Réalisatrice : Julie Delpy Acteurs : Julie Delpy, Richard Armitage, Sophia Ally et Daniel Brühl Durée : 1 h 40 Julie Delpy, Sophia Ally et Richard Ar- mitage campent une famille éclatée qui fera face à un drame encore plus grand dans Ma Zoé.\u2014 PHOTO TVA-FILMS Julie Delpy et Sophia Ally incarnent un duo mère-fille fusionnel dans Ma Zoé.\u2014 PHOTO TVA-FILMS 0078445 «Un CHEF-D\u2019ŒUVRE! Une SPLENDEUR!» Sophie Durocher, Le Journal de Montréal «Un film MAJESTUEUX!» Anik Moulin, Radio-Canada «Le film est GRANDIOSE!» François Lévesque, Le Devoir «EXCEPTIONNEL! EXTRAORDINAIRE! [.] absolument MAGNIFIQUE!» Richard Martineau, QUB Radio LesOiseauxIvres.com PRÉSENTEMENT AU CINÉMA JORGE ANTONIO GUERRERO HÉLÈNE FLORENT CL AUDE LEGAULT MARINE JOHNSON UN FILM DE IVAN GRBOVIC REPRÉSENTANT DU CANADA AUX OSCARSMD MEILLEUR FILM INTERNATIONAL SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M16 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune ÉRIC CLÉMENT La Presse MONTRÉAL \u2014 Même s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019érables aux Îles-de-la-Made- leine, l\u2019automne ne manque pas de couleurs.Des couleurs qui nous viennent d\u2019abord des Madeli- niennes et des Madelinots.De leur gentillesse et de leur goût de bavarder.Puis des maisons multicolores, des falaises rougeâtres, des sentiers verdoyants, des plages de sable doré, des promenades en mer.L\u2019automne, la perle du Nord est moins effervescente, mais ça fait vraiment du bien ! C\u2019EST TOUJOURS LE TEMPS D\u2019Y ALLER « On n\u2019a pas l\u2019heure aux Îles, on a le temps ! » On l\u2019a entendu souvent, ce dicton madelinot lors de notre séjour.Oui, il est encore temps de se rendre aux Îles-de-la- Madeleine cet automne.C\u2019est une bonne période.Les Madelinots ont plus de temps pour rencontrer les touristes, les relations y sont plus chaleureuses et plus détendues que pendant le tourbillon estival.Pour les amateurs de rencontres chaleureuses, les Îles sont un bol d\u2019air frais et de spontanéité.Isolés au cœur du golfe du Saint-Laurent, les courageux et dynamiques Madelinots ont des sourires et de la jasette à revendre.Vous les rencontrez dans la rue, devant un magasin ou dans les sentiers, et ils engagent spontanément la conversation.« C\u2019est-tu votre première visite aux Îles ?» Leur première question est un moyen d\u2019entrer en contact, avant de donner des conseils et, finalement, de parler de tout et de rien.En toute simplicité.Les Madelinots ont toujours des idées à vous suggérer.Leurs îles sont si vastes que les occupations ne manquent pas.À l\u2019automne, il y a encore suffisamment d\u2019activités pour profiter de la nature, des artistes et des plages, bien sûr.avec un coton ouaté et un coupe-vent ! L\u2019avantage de l\u2019automne, c\u2019est que les plages sont pour vous ! LES COUPS DE CŒUR DE NOTRE SÉJOUR SORTIE EN MER La mer, comme le vent, est omniprésente aux Îles.Elle est partout, sur les visages et dans le cœur des Madelinots.Une excursion en mer avec un chalutier est une véritable immersion dans le quotidien des pêcheurs et des mariculteurs.Notre promenade maritime avec Les Cultures du large, qui distribue ses huîtres dans les grandes villes du Québec, était une expérience fascinante pour comprendre l\u2019élevage des moules et des huîtres en haute mer.Le responsable de l\u2019entreprise, Christian Vigneau, nous a pris en charge sur son bateau Memquit pour aller à la rencontre des cages à huîtres plongées dans les eaux agitées de la lagune de Havre-aux- Maisons.Une promenade d\u2019une heure et demie avec dégustation à la clé de ces bivalves charnus et juteux qu\u2019il laisse croître de trois à LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE FÊTER L\u2019AUTOMNE « AUX ÎLES » laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M17 VOYAGES cinq ans.Une occasion de découvrir les défis de la mariculture dans une région où l\u2019hiver est coriace et la mer, souvent déchaînée.Récemment, des capteurs de vagues ont enregistré des hauteurs de 8 m ! SENTIERS ET BALADES Beau temps, mauvais temps, on s\u2019adapte, aux Îles.Et on bouge ! Car le temps change vite dans une journée.Il y a 235 km de sentiers pour s\u2019aérer l\u2019esprit.Et 13 étapes d\u2019un circuit intitulé Sentiers entre Vents et Marées (SEVEM).Structuré en 2017 par des bénévoles, il a rendu la visite pédestre des Îles aussi fluide et pratique que celle du chemin de Compostelle, dont il s\u2019inspire.Parmi les endroits qu\u2019on a adorés, mentionnons la Butte des demoiselles, à La Grave, un belvédère au panorama 360o d\u2019où les femmes de marins venaient jadis guetter le retour de leurs maris.La Butte à Monette, la Butte ronde et le sentier qui monte derrière le Fumoir d\u2019antan, tous trois à Havre- aux-Maisons, offrent aussi de belles perspectives.Aux Îles, chaque colline a été aménagée pour donner de beaux points de vue.Et les balades sur les plages sont toujours revigorantes, comme à l\u2019Anse-aux- Baleiniers, à Fatima, sur l\u2019immense plage de la Dune du Sud, à Havre- aux-Maisons, ou sur celle de Sandy Hook, près de La Grave.Il vous faudra aussi aller admirer le coucher de soleil au phare du Borgot, à l\u2019Étang-du-Nord.C\u2019est splendide ! LE VÉLO, POUR S\u2019ÉVADER Le vélo est agréable aux Îles.Une bande blanche le rend sécuritaire sur les voies principales.Il permet de sentir le vent salin, l\u2019odeur des conifères et les parfums de houblon quand on passe près de la Brasserie À l\u2019abri de la tempête ! Il est pratique et pas éreintant, les côtes étant peu nombreuses aux Îles.Quoique ! En fait, c\u2019est le vent, l\u2019ennemi du cycliste.C\u2019est pourquoi le vélo électrique y est de plus en plus utilisé.Nous en avons fait l\u2019expérience en louant un vélo à pneus surdimensionnés (fatbike) à Éco- vélo des Îles, à l\u2019Étang-du-Nord.Du pur bonheur de rouler dans les chemins et sentiers cyclables, mais surtout sur les plages.Les vélos y sont autorisés, pourvu qu\u2019on respecte les dunes.Quel plaisir de pédaler dans le vent, en frôlant les vagues et les pluviers qui sautillent sur le sable ! Surtout quand il n\u2019y a personne sur la plage du Corfu.et du sable à perte de vue ! TOURNÉE DES SAVEURS À tout seigneur tout honneur, une tournée des saveurs aux Îles commence par la Fromagerie du Pied-de-Vent, qui produit, depuis 1998, des fromages au lait cru de vaches canadiennes.Notamment son Pied-de-Vent, une pâte semi- ferme affinée en surface, et son Jeune-Cœur, une excellente nouvelle pâte molle.Le circuit se poursuit, toujours à Havre-aux-Maisons, au Barbocheux, où Sylvie Langford, son conjoint, Léonce Arseneau, et son fils, Léon-Charles, font déguster leurs bagosses, des alcools de petits fruits ou.de pissenlits.Un délice en apéritif et une occasion d\u2019entendre le barbocheux (Léonce) raconter ses histoires.La visite au Verger Poméloi (sur rendez-vous), une cidrerie-distillerie, est incontournable pour déguster cidres, digestifs et gins.Un passage à la ferme Aucoin des sangliers vaut le détour, notamment à cause de la jasette sympathique du propriétaire, Jeannot Aucoin.Le Fumoir d\u2019antan, à Havre-aux-Maisons, ravira les amateurs de poissons fumés.À Grosse-Île, les huîtres de la baie Old Harry vous seront racontées par l\u2019entrepreneur Alexandre Bra- zeau.Et pour voir des abeilles dans une surprenante ruche verticale, il faut se rendre à la miellerie Miel en mer, à Havre-aux-Maisons.VIRÉE DES ARTS Les artistes foisonnent aux Îles.En basse saison, il faut souvent prendre rendez-vous pour les rencontrer.Mais au moins, ils auront le temps de vous faire visiter leur atelier.C\u2019est le cas de Patrick Le Blond, artiste de Bassin qui crée de magnifiques céramiques murales, des vases et des sculptures avec des dessins inspirés de la nature et des animaux des Îles.Même chose pour Daniel Renaud, qui sculpte, à Bassin, des œuvres animalières ou abstraites dans l\u2019albâtre.Nous avions remarqué les toiles de Dominic Lefrançois au Château Madelinot.Il nous a montré, chez lui, de grandes acryliques qui s\u2019inspirent de l\u2019histoire et de la réalité sociale des Îles, les pêcheurs, les ouvrières travaillant dans les usines, etc.: « J\u2019essaie de joindre le passé et la modernité avec une touche de pop art », dit l\u2019artiste.Les Îles regorgent aussi de musées et centres d\u2019interprétation, tels que le Musée de la mer, à Havre- Aubert, le Musée des vétérans et le centre d\u2019interprétation des Mines Seleine, tous deux à Grosse Île.LIRE LA SUITE \u203a M18 Près de l\u2019Échouerie.\u2014 PHOTO LA PRESSE, ÉRIC CLÉMENT À nous la plage ! \u2014 PHOTO LA PRESSE, ÉRIC CLÉMENT SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M18 VOYAGES LES PLANS GOURMANDS Pour manger aux Îles, il faut avoir le réflexe de réser ver à l\u2019avance.Après, vous êtes partis pour vous régaler, car on y mange très bien.De mieux en mieux, nous a-t-on dit.Nous avons adoré le Resto Bistro Accents, notamment son savoureux filet mignon de loup-marin (phoque), plus tendre que du bœuf, servi saignant comme il se doit et accompagné de maïs, de courgettes et d\u2019asperges.Le chef Hugo Lefran- çois nous a enchanté avec ses calamars frits relevés à l\u2019asiatique, ses pétoncles en ceviche et sa chaudrée de fruits de mer.Au Quai 360, l\u2019ambiance décontractée et des plats exquis tels que le risotto au homard sont au menu.Un pur délice.Même chose au restaurant Eva, d\u2019Andréanne Cordeau et de Christopher Hayes, à l\u2019Étang- du-Nord.Une cuisine chaleureuse et goûteuse.Belle expérience au restaurant Chez Renard, où les jeunes propriétaires ont opté pour une formule créative proche des tapas.Le serveur vient même s\u2019asseoir avec vous pour présenter les choix de menus.Des petits plats de cuisine rustique, avec des produits locaux comme l\u2019agneau pré-salé.Enfin, belle découverte à l\u2019auberge de La Salicorne avec sa table typique des Îles et son ambiance très sympathique ! À SAVOIR AVANT DE PARTIR Même s\u2019il y a moins de touristes l\u2019automne, il faut quand même réserver à l\u2019avance.Le nombre l imité d\u2019hôtels et la pénurie de personnel nous obligent à contacter très tôt les entreprises (hébergement, restaurants, location de voitures, activités touristiques, etc.) pour vérifier les heures d\u2019ouverture et les disponibilités.Une fois le voyage planifié, il ne reste qu\u2019à réserver un billet d\u2019avion (Pascan, Air Canada et Pal Airlines font la liaison) ou qu\u2019à y aller en auto en empruntant le Madeleine II, le tout nouveau traversier de CTMA, à Souris (Île-du-Prince-Édouard).Une partie des frais de ce reportage a été payée par Tourisme Îles-de-la- Madeleine, qui n\u2019a exercé aucun droit de regard sur le contenu de ce reportage.ÉRIC CLÉMENT La Presse MONTRÉAL \u2014 Avec la crise de la COVID-19, les Madeli- nots ont constaté un intérêt plus marqué pour leurs îles.La pandémie et la suspension des voyages à l\u2019étranger ont fait que bien des Québécois ont choisi cette destination.L\u2019an dernier, de mai à octobre, près de 70 000 personnes l\u2019ont visitée, soit près de six fois la population.Une aubaine pour le tourisme, deuxième activité économique locale avec la pêche, qui vient avec son lot de défis.« Pendant cinq mois, l\u2019été dernier, je n\u2019ai eu que cinq tables de libres et c\u2019est parce que les gens avaient annulé », dit François Gaulin, copropriétaire du restaurant Quai 360.L\u2019affluence touristique a eu des conséquences compte tenu du manque de personnel.« Il m\u2019a manqué cinq cuisiniers », dit Hugo Lefrançois, qui doit former son personnel, car il ne parvient pas à en attirer de l\u2019extérieur.« Quand tu en trouves, on ne peut pas les loger à cause de la pénurie de logements.C\u2019est l\u2019enfer ! Cette année, une centaine de personnes des Îles ne sont pas parvenues à se loger [les logements étant occupés par des touristes] et ont dû être logées par la Croix-Rouge ! » « Sur-tourisme » ou manque de main-d\u2019œuvre ?Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, dit craindre le « sur- tourisme » de juillet et d\u2019août, qui donne l\u2019impression à un grand nombre de Madelinots de ne plus se sentir chez eux.« Un peu comme ça se produit en Europe, notamment à Venise », ajoute-t-il.Pour le maire des Îles-de-la- Madeleine, Jonathan Lapierre, le problème n\u2019est pas un trop- plein de touristes, mais un manque de main-d\u2019œuvre.« Avec la COVID-19, le nombre de personnes admises dans les restaurants était restreint l\u2019été dernier, dit-il.Il y a eu une impression de sur-tourisme mais ce n\u2019était pas nécessairement la réalité.À cause de la pénurie de main-d\u2019œuvre, les gens se sont rabattus sur les épiceries et les petits casse- croûtes, ce qui a donné cette perception.» Pour améliorer la situation, les élus et l\u2019Association touristique régionale travaillent donc pour que l\u2019afflux touristique soit mieux réparti durant l\u2019année.Et pour le problème de logements, le maire Lapierre rappelle que les Madelinots ont fait le choix de ne pas développer le secteur hôtelier avec des chaînes étrangères pour ne pas nuire à l\u2019authenticité des Îles, et permettre plutôt aux gens de louer leur maison aux touristes.« On a eu des problèmes l\u2019été dernier, mais la municipalité a donné deux arénas à des promoteurs privés afin d\u2019être convertis en logements, et on a mis 1 million pour de nouvelles constructions, dit le maire.Mais ça ne peut pas se régler en un an.On doit regarder le problème avec soin, car on dépend du tourisme.C\u2019est 100 millions dans notre économie locale, à égalité avec la pêche.On a bâti l\u2019industrie touristique des Îles sur la réputation des Madelinots et de la destination.Il faut donc y aller avec modération.» Trop de touristes aux Îles?SUITE FÊTER L\u2019AUTOMNE « AUX ÎLES » «?Depuis le 5 juin, on a été complets matin et soir.C\u2019est la première fois de ma vie que je ne mets pas les pieds à la plage cette année, tellement on était occupés.?» \u2014 Hugo Lefrançois, chef du Resto Bistro Accents Les poissons boucanés du Fumoir d\u2019antan.\u2014 PHOTO LA PRESSE, ÉRIC CLÉMENT Le phare du Borgot, à l\u2019Étang-du-Nord.\u2014 PHOTO LA PRESSE, ÉRIC CLÉMENT laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M19 VOYAGES PIERRE-MARC DURIVAGE La Presse PETITE-RIVIÈRE-SAINT-FRAN- ÇOIS \u2014 Attendu depuis longtemps, le Club Med Québec Charlevoix va finalement ouvrir ses portes à ses premiers clients le 3 décembre prochain.La Presse a eu accès aux espaces intérieurs du complexe hôtelier de 120 millions de dollars.Compte rendu.En photo, l\u2019architecture de l\u2019hôtel de 302 chambres lui donnait des allures d\u2019hôpital.En personne, il en va tout autrement, les textures et les volumes du bâtiment réalisé par la firme Lemay Michaud lui donnant une dimension humaine, tout en rappelant plusieurs éléments clés de l\u2019architecture traditionnelle québécoise \u2013 on a utilisé notamment des tôles d\u2019acier, de la pierre des champs, alors que du déclin de fibrociment vient habilement imiter le bois.À l\u2019intérieur, malgré l\u2019absence de mobilier dans les espaces communs, on a pu observer de près le travail réalisé par les architectes.La firme québécoise est d\u2019ailleurs la première dans l\u2019histoire du Club Med à s\u2019être chargée à la fois de l\u2019extérieur et de l\u2019intérieur.« À la demande du Club Med, on a fait notre tableau d\u2019inspirations de ce qu\u2019est le Québec pour nous, explique Katrine Beaudry, associée principale.On en a fait une grande courtepointe, que l\u2019on a roulée et envoyée en France.Ils ont craqué.Elle sera d\u2019ailleurs exposée dans le hall.» On réinterprète ainsi les codes traditionnels québécois, des tapis aux papiers peints, tous faits sur mesure.On a réussi à éviter le syndrome de la cabane au Canada.« On avait un cahier des charges, mais quand on a choisi Lemay Michaud, on les a laissés aller, dit Vincent Giraud, vice- président Canada du Club Med.Il était toutefois important de proposer une offre authentique, pas une caricature.» Les vues imprenables sur le fleuve et la montagne sont toutefois le véritable point fort du Club Med, et on l\u2019exploite à fond, que ce soit dans le restaurant principal (Le Chalet), dans la salle de spectacle polyvalente, sur les multiples terrasses, dans le spa ou dans la spectaculaire piscine \u2013 des surfaces vitrées entourent le vaste bassin de 23 mètres de long, ce qui en fait la plus grande piscine parmi les 24 Club Med de montagne au monde.Le Club Med Québec Charlevoix va en effet centrer son offre sur les activités sportives, des leçons de ski et de vélo de montagne faisant partie des forfaits vacances.« On est en fait une école de sport, une académie de sport, soutient le vice- président Canada de l\u2019entreprise de villégiature fondée en France.Pour le ski, par exemple, on travaille maintenant avec les écoles de glisse, nos moniteurs sont en fait des guides de montagne.Si vous êtes déjà expert, ils vont vous montrer comment faire des bosses, skier dans la poudreuse, aller dans les secteurs hors-pistes, c\u2019est une grande valeur ajoutée.» On trouve sur place un atelier de réparation de skis ou de vélo et une boutique de location.Il y a même une patinoire qui devient un terrain multisport pendant l\u2019été, des terrains de pétanque et de volleyball de plage, et un minigolf.Les prix pour un séjour varient d\u2019une semaine à l\u2019autre et selon les campagnes promotionnelles en vigueur, mais au moment de publier, un couple souhaitant y séjourner un week-end à la mi- janvier devait s\u2019attendre à payer un peu plus de 2600 $ pour un forfait tout inclus (y compris le forfait ski et leçons).PRODUITS LOCAUX À L\u2019HONNEUR C\u2019est le chef Roberto Piccinin- ni, qui a travaillé dans plusieurs Club Med, le dernier en date en Grèce, qui est aux commandes de la vaste cuisine.Il a toutefois été aidé en amont par Mathieu Mas- son-Duceppe, chef du Jellyfish à Montréal, à titre de consultant.On propose des menus découverte à partager au souper au restaurant Le Chalet, avec une attention particulière à la valorisation des produits locaux.Quant aux plats servis à la cafétéria du Marché, il s\u2019agira de mets internationaux, avec quelques thématiques ponctuelles rappelant les particularités culinaires du Québec.Le vaste endroit est par ailleurs entouré de cinq salles à manger thématiques rappelant des éléments propres au Québec et à la région.Une salle est aussi consacrée aux enfants et aux familles, où on pourra manger des plats à partager comme de la raclette et de la fondue au fromage.Un accès direct est en outre aménagé pour les enfants pris en charge par les éducateurs du Club Kids.Fait à noter, on servira de petites portions pour éviter le gaspillage, les déchets de table étant par ailleurs liquéfiés pour être envoyés dans une usine de biométhanisation.Enfin, des chambres modèles entièrement meublées étaient accessibles.Elles sont ergonomiques et décorées de façon originale, à défaut d\u2019être grandes.Plusieurs éléments décoratifs ont été créés sur mesure par des designers québécois.Maintenant, il s\u2019agira de voir si l\u2019établissement pourra ouvrir avec tous les employés nécessaires, l\u2019endroit étant lui aussi aux prises avec de graves problèmes de pénurie de main-d\u2019œuvre.« On est actuellement dans le temps fort de notre recrutement, dit Vincent Giraud.On organise des journées portes ouvertes au cours des prochaines fins de semaine, pendant lesquelles on compte réaliser 1500 entrevues pour pourvoir les postes toujours vacants.Il s\u2019agit surtout de valets de chambre et de métiers de la restauration.On est réalistes, c\u2019est un défi.» Le Club Med de Charlevoix doit ouvrir ses portes le 3 décembre.\u2014 PHOTO LA PRESSE CHARLEVOIX DANS LES COULISSES DU CLUB MED SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M20 VOYAGES O n rêve des montagnes Rocheuses.On retient pourtant beaucoup les lacs, quand on s\u2019aventure dans l\u2019Ouest canadien.Du moins, dans les parcs nationaux de Banff et Jasper, ce sont beaucoup les plans d\u2019eau qui nous attirent.À preuve, on parle d\u2019emblée du lac Louise et de son voisin, le lac Moraine.Pendant qu\u2019on y est, on risque une randonnée ou un arrêt rapide au lac Minnewanka.À Jasper, c\u2019est le lac Maligne qu\u2019on vante comme un des plus beaux des Rocheuses.Comme d\u2019habitude, à trop multiplier les épithètes, on risque surtout la déception.Et de l\u2019anticipation, il y en a dans les 45 minutes de voiture entre Jasper et le lac.En chemin, on croise des occasions de randonnée, notamment au canyon Maligne, où on peut observer des cascades et voir des fossiles.Un peu plus loin, le lac Medicine, qui s\u2019assèche presque complètement à l\u2019automne, est généralement rempli en été en raison de la fonte des glaciers.Il s\u2019impose dans le trajet puisque la route le longe en entier.Un arrêt photo est presque nécessaire.Cet été, une importante quantité de conifères qui l\u2019entouraient avait été calcinée.Les troncs noircis, élancés et chétifs, se tenaient encore en forêt dévastée, presque poétique.Il y a ce je- ne-sais-quoi du deuil et un petit quelque chose de la fascination qui se mélangent devant cette nature forte et vulnérable à la fois.Pendant quelques minutes, sur les berges, la route m\u2019a rappelé la Californie, même si le paysage n\u2019avait rien à voir.J\u2019ai eu cette vision d\u2019une route montagneuse entre San Francisco et le parc national de Yosemite qui surplombait des ravins.Un vertige soudain, quoi, de constater l\u2019absence de garde-fous pour nous protéger de nous-mêmes.Tout au bout de la route, le lac Maligne s\u2019enroulait à son tour dans le brouillard.Les sports nautiques et la croisière me faisaient moins envie devant les perspectives de pluie.La randonnée des Bald Hills, chaudement recommandée, paraissait moins enivrante avec la possibilité d\u2019en revenir trempée.Mais pour les traîne-savates comme moi, il restait encore la piste le long du lac jusqu\u2019à la boucle du lac Moose.Facile, elle n\u2019est longue que de 3,4 km.C\u2019était, je l\u2019avoue, mon prix de consolation.Je ne m\u2019étais pas rendu jusque-là pour rebrousser chemin sans avoir exploré un peu.On raconte qu\u2019il est commun, le long du sentier, de croiser des orignaux.Pas cette fois-là.Mais il y a bien eu le petit lac Moose lui-même, un peu plus grand qu\u2019un lancer de pierre, qui jouit d\u2019une popularité timide.Et la timidité, moi, j\u2019aime.J\u2019y suis arrivé dans le craquement d\u2019une brindille sèche sous mes bottillons.Sinon, j\u2019avais largué le bruit en marchant plus vite que lui.Il finirait bien par me rejoindre, mais malgré la présence de deux autres randonneurs, le silence prenait encore toute la place.Le vrai.Pas un sifflement d\u2019oiseau.Pas le son de l\u2019eau qui s\u2019écoule.Pas un bruit de semelle écrasant la pierraille.Instinctivement, tous se sont posés dans la plus grande délicatesse.Assis là, je me suis planté les yeux dans le silence.Je le voyais s\u2019étendre jusqu\u2019aux cimes du proche horizon.J\u2019osais à peine respirer de peur de le troubler.Même les mouvements de mon cou, de mes bras, paraissaient tonitruants.J\u2019avais trouvé le bout du monde.Pendant que d\u2019autres gravissaient une autre montagne, moi, je restais immobile pendant trente longues minutes avant de reprendre la route, juste quand le bruit me rattrapait, bien accroché aux sabots d\u2019un groupe qui l\u2019avait cueilli de bon chemin.Malgré les conditions météorologiques défavorables, d\u2019autres arrêts ont valu le détour entre Banff et Jasper.Notons les chutes Athabasca, hautes de 23 mètres, qui sont entourées de chemins bétonnés permettant aussi d\u2019apercevoir un canyon.Si on s\u2019y pointe après une journée complète en voiture, il est possible qu\u2019on se refuse de parcourir tous les sentiers pour apercevoir de nouveaux points de vue.Les chutes Sunwapta, elles, sont impressionnantes pour leur puissance.Un sentier mène jusqu\u2019au pied des chutes et il vaut semble- t-il la peine.Je ne m\u2019y suis pas rendu, me rendant compte au bout de 30 minutes de marche que je me trouvais seul en forêt.Dans la saison où les ours se montrent plus souvent aux yeux des visiteurs, je préférais ne pas me risquer.Après coup, on m\u2019a indiqué qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des importants habitats d\u2019ours dans le parc national Jasper.Il faut donc prévoir s\u2019y rendre à plusieurs.Plus près du lac Louise, le lac Émeraude, situé tout juste en Colombie-Britannique, dans le parc national Yoho, constitue un havre de paix où je n\u2019ai fait que passer.Si le café et le chocolat chaud, qu\u2019on aurait aimé siroter en fixant les eaux turquoise du lac, étaient infects, les cabanes du Emerald Lake Lodge m\u2019ont un peu fait rougir d\u2019envie.Je me suis noté qu\u2019il me faudrait y retourner pour une ou deux nuits, question de me réveiller sur les rives de ce lac où, autrement, il n\u2019y a que des infrastructures limitées pour les visiteurs.Pour les amateurs de sites exceptionnels, on s\u2019y trouve aussi à proximité des schistes de Burgess, un site argileux inscrit au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO depuis 1980 comme l\u2019un des plus importants dépôts fossilifères au monde.On y a découvert 150 espèces issues de 120 genres différents.Si on n\u2019accède pas aux schistes eux-mêmes, le simple fait de les savoir là, tout près, a suffi à m\u2019éblouir.Enfin, parce que l\u2019insolite me captive toujours un peu, j\u2019ai aperçu à la dernière minute la halte des tunnels en spirale.On y trouve un belvédère surplombant, bien caché dans les arbres, une boucle ferroviaire qui était destinée à négocier une pente trop raide.À l\u2019origine, celle-ci avait une inclinaison de 4,5 pour cent, soit la plus importante pour une voie ferroviaire sur le continent.Pour ralentir les trains, il a été décidé de leur faire traverser des lacets dans deux longs tunnels en spirale creusés dans les monts Cathedral et Ogden.Voir le train s\u2019enfoncer dans le tunnel et sa locomotive en ressortir en croisant les wagons de queue a rallumé l\u2019étincelle du gamin en moi.Il faut un peu de persévérance pour bien l\u2019apercevoir à travers les branches, et surtout la chance d\u2019être au bon endroit au bon moment pour voir passer un train, mais il n\u2019en fallait pas plus pour m\u2019impressionner.Les autres incontournables des Rocheuses JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR Le lac Émeraude, à la frontière de l\u2019Alberta et de la Colombie-Britannique, est un arrêt prisé à moins d\u2019une heure du village de Lake Louise.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU La lac Maligne, près de Jasper, est considéré par certains comme un des plus beaux des Rocheuses.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M21 H umilité.Le mot a tourné en boucle dans ma tête, en me rendant à un cours de vélo de montagne.L\u2019idée d\u2019essayer ce sport m\u2019avait déjà effleuré l\u2019esprit sans que je passe à l\u2019action.Jusqu\u2019à ce qu\u2019arrive cette invitation et le coup de pied qu\u2019il me fallait pour sortir de ma zone de confort, moi la contemplative pas casse- cou du tout.Mon amie (et collègue) Sonia racontait récemment comment son apprentissage de la poterie a été une leçon et un rappel que l\u2019on peut faire les choses pour le plaisir, sans penser uniquement au résultat et à la performance.En plein air, je ne suis pas dans la performance.Mais j\u2019avoue que cette fois- ci, le résultat m\u2019inquiétait un peu.La veille de mon passage à Bro- mont, mes « vieilles » amies m\u2019envoyaient des « GIF » (ces petites images animées) de cycliste qui se cassait la gueule, c\u2019est vous dire.J\u2019ai aussi imaginé ma saison de ski de fond anéantie pour un membre brisé, ça vous donne une idée.Mon humilité et moi, on s\u2019est donc rendu au mont Oak, un matin de septembre.Ian Hugues et sa conjointe Mélanie Roberge, le couple derrière Bikeskills, nous attendaient afin de nous enseigner les bases d\u2019une sortie en vélo de montagne.« Peu importe votre niveau, vous méritez la meilleure formation qui soit », a lancé d\u2019entrée de jeu Ian Hugues, ancien entraîneur de l\u2019équipe olympique canadienne de vélo de montagne.« La popularité du vélo de montagne est en train d\u2019exploser.Tout le monde devrait suivre des cours.Les débutants méritent d\u2019avoir un entraînement certifié », a-t-il souligné, pendant que j\u2019acquiesçais silencieusement.Ce n\u2019est pas moi qui allais le contredire là-dessus.Le groupe a été scindé en deux selon l\u2019expérience (zéro pour moi, est-ce nécessaire de le rappeler).À mes côtés, je retrouvais Caroline Cos- sette, déjà adepte, et la journaliste voyage et plein air Anne Pélouas qui, à 60 ans passés, m\u2019avait justement raconté récemment qu\u2019elle s\u2019était mise au vélo de montagne électrique il y a environ deux ans.Respect! Pendant deux heures et demie, Mélanie nous a enseigné comment ajuster notre vélo (électrique), les positions de base, la façon de moduler le freinage et d\u2019anticiper notre environnement, d\u2019amorcer un virage.Des apprentissages techniques dont je n\u2019aurais pas pu me passer.Lorsque j\u2019ai réussi à oublier la technique quelques minutes et réalisé que je pourrais terminer l\u2019activité sans visite à l\u2019hôpital, j\u2019ai constaté à quel point le mont Oak était magnifique en ce mardi matin ensoleillé.Le plaisir de se retrouver dans le bois, lui, est demeuré le même.« J\u2019aime fondamentalement être dans le bois, atteindre des sommets, avoir un point de vue quelque part.Je ne suis pas casse- cou, mais j\u2019aime le côté technique.On a quelque chose à apprendre », m\u2019a dit Anne après le dîner.« C\u2019est une activité sportive qui demande de bien le faire.D\u2019où l\u2019intérêt de suivre des cours plutôt que de s\u2019aventurer tout seul, parce qu\u2019on prend de mauvais plis.En ski de fond ou alpin, si tu n\u2019as pas pris de cours, tu vas toujours faire les mêmes erreurs.Je fais beaucoup la promotion de l\u2019initiation aux activités de plein air.C\u2019est la meilleure façon d\u2019avoir le maximum de plaisir, de bien le faire et de s\u2019améliorer.Si tu fais toujours les mêmes bêtises, tu te lasses et te dis que ce n\u2019est pas un sport pour toi. » C\u2019est justement lors d\u2019activités du genre avec des experts, dans le cadre de son travail, que l\u2019autrice (notamment chez Ulysse) a développé l\u2019intérêt pour ce sport.« Des cours comme ça, c\u2019est bien.Tu peux évoluer sur de bonnes bases. » Après avoir hésité avant de se lancer, elle a finalement fait l\u2019acquisition d\u2019un vélo électrique.« Ce n\u2019est pas juste une façon de faire moins d\u2019efforts : tu vas en faire plus, plus longtemps.Au lieu de peut-être penser juste à ton cardio, tu vas utiliser ton temps et ton énergie à améliorer ta technique », souligne cette touche-à- tout adepte entre autres de canot, de kayak, de randonnée, de ski de fond et de vélo de montagne.Au final, non seulement je suis revenue en un seul morceau, indemne pour ma prochaine saison de ski, mais en plus, j\u2019ai eu du plaisir.Prête à recommencer.bien entourée.*La journaliste était l\u2019invitée de Rocky Mountain, qui organisait l\u2019activité en collaboration avec Bikeskills.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram à isabelle.pion Humilité et adrénaline en vélo de montagne ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Mélanie Roberge de Bikeskills nous a enseigné les techniques de base du vélo de montagne.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ Non seulement j\u2019ai terminé l\u2019activité avec tous mes membres, mais en plus, j\u2019ai eu du plaisir.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ SAVIEZ-VOUS QUE\u2026 Bikeskills regroupe des entraîneurs professionnels de vélo, experts en enseignement technique, partout au Québec.Fondée en Colombie-Britannique, Rocky Mountain compte un bureau à Saint-Georges.L\u2019entreprise conçoit et fabrique des vélos pour les adeptes de tous les niveaux.Le Pitt stop Vélo-Café, à Bromont, est un lieu de rendez-vous pour les cyclistes, où on retrouve des services de mécanique et une boutique.Adepte de vélo ou pas, on y mange très bien et on y boit d\u2019excellents cafés, ai-je pu constater après notre sortie.ISABELLE PION SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS P artie intégrante de la culture bière, les nombreux festivals qui se donnent comme mission de vous faire découvrir des brasseries et des bières ont dû jongler avec les mesures sanitaires.Alors que certains ont préféré passer leur tour cette année, d\u2019autres y sont allés d\u2019une formule différente.Est-ce un succès ?Habitué des « sessions », nos voisins du Sud n\u2019ont pas eu trop de mal à profiter des nombreux festivals à capacité réduite en cette période estivale.Mais le Québec n\u2019avait pas encore tout à fait découvert le principe : une heure de début et de fin sur vos billets, vous invitant à profiter des installations sur place, à commander de la bière et à sortir gentiment afin de laisser la place à d\u2019autres festivaliers.Conditions sanitaires et capacité maximale obligent, les « sessions » sont donc devenues très populaires.DES ÉDITIONS LIMITÉES Mention spéciale au Festibière de Gatineau, qui a réussi à offrir une ambiance toute particulière et permettre à plusieurs de découvrir les bières du Québec.On pouvait également y faire du pédalo, embarquer dans la grande roue et profiter du choix musical.Si je me fie aux nombreux témoignages d\u2019habitués de l\u2019événement, cette cuvée 2021 risque d\u2019être étudiée pour les années futures.Même son de cloche du côté du Festibière de Repentigny, qui a offert un Okto en mode terrasse avec de la bière, bien sûr, mais surtout des activités et des spectacles d\u2019humour, se voulant donc plus un « party avec de la bière » qu\u2019un festival en tant que tel.Car rappelons que le but d\u2019un festival de bières est de mettre en relation les consommateurs et les brasseurs, dans un environnement agréable et de faire découvrir des bières, qu\u2019elles soient exclusives, originales ou non.C\u2019est à l\u2019événement Bière Garden que revient la palme cette année, avec un nouveau concept de festival « ambulant » et de lignes de fût exclusives ou presque.Quatre emplacements à travers le Québec ont reçu organisateurs et festivaliers, en partenariat avec quelques restaurateurs locaux.Seul bémol, le prix.Je comprends tout à fait qu\u2019il y ait des frais liés à l\u2019organisation d\u2019un événement ambulant, mais la psychologie du prix équivalent de la pinte en a freiné plusieurs.De toute façon, c\u2019était complet, signe que la formule intimiste plaît à pas mal de monde.Je serais donc peu surpris de les revoir l\u2019année prochaine.Par contre, déception du côté du Mondial de la bière cette année.Il y avait très peu de bières importées, même si l\u2019atout du Mondial est justement de pouvoir goûter des bières de partout dans le monde.Le service était défaillant, assez lent, mais surtout ne mettait pas la bière à l\u2019honneur, en la versant à l\u2019avance dans des verres en plastique\u2026 Une formule à revoir.Fort à parier qu\u2019on reverra plutôt le Mondial de la bière dans son ancienne formule.L\u2019AVENIR DE LA FORMULE « SESSION » La formule « session » est fort probablement là pour rester.Elle a beaucoup d\u2019avantages et permet de mieux contrôler les ventes et la variété de bières.Mais si vous désirez rencontrer le brasseur, celui- ci se fait de plus en plus rare.Le marché de la bière évolue et il est difficile d\u2019être présent à tous les événements.Mention spéciale à Foudres Unis de Frelighsburg.L\u2019événement, tant attendu par beaucoup d\u2019amateurs de bière, n\u2019a pas eu lieu cette année, mais la formule fonctionne et de nombreux brasseurs internationaux seront de la partie la prochaine fois.Même son de cloche du côté du festival Bières et Saveurs de Chambly, où les organisateurs ont préféré annuler l\u2019événement plutôt que de travailler sur une formule différente.Il faut dire que le festival est un succès chaque année et que c\u2019est le plus grand rassemblement de brasseurs.L\u2019année 2022 devrait donc être un retour à la normale\u2026 ou presque.Les festivals s\u2019en sont-ils bien sortis ?PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe@bieresetplaisirs.com MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale J e ne vois pas ce qui pourrait représenter le mieux ces temps pluvieux et venteux mouchetés de couleurs chaudes que du gin, du sirop d\u2019érable et du cidre dans un cocktail.Le temps maussade de la fin de semaine dernière m\u2019a inspiré cette création du moment qui, je dois bien vous l\u2019avouer, a rendu mon dimanche soir beaucoup plus doux.Pour la bâtir, je me suis basé sur la recette traditionnelle du fizz, apparue pour la première fois dans l\u2019édition de 1876 du Bartender\u2019s Guide de Jerry Thomas, le grand- père de la mixologie moderne.Énormément populaire aux États-Unis entre 1900 et 1940, plus particulièrement en Nou- velle-Orléans où un certain Henry Charles Ramos inventa le Ramos gin fizz, un fizz est simplement un sour allongé d\u2019un liquide pétillant.Ce que j\u2019adore de ce classique, c\u2019est sa polyvalence : vous prenez le spiritueux de votre choix, du jus de citron, du sucre, un blanc d\u2019œuf et de l\u2019eau pétillante.Voilà, le tour est joué! J\u2019ai ici poussé l\u2019audace locale en l\u2019allongeant plutôt de cidre québécois et en utilisant du sirop d\u2019érable.Par ailleurs, on ne peut passer sous silence l\u2019incroyable bonheur que j\u2019ai cette semaine d\u2019enfin lancer mon gargantuesque projet de livre, Tout sur les gins du Québec, dans toutes les librairies et Costco de la province.Pour célébrer le gin d\u2019ici et ses fabuleux artisans, je vous recommande de réaliser le fizz d\u2019octobre avec votre gin québécois vieilli ou forestier préféré.Fizz d\u2019octobre à l\u2019érable INGRÉDIENTS \u2022 2 oz de gin québécois (préférablement vieilli) \u2022 1 oz de jus de citron frais \u2022 0,5 oz de sirop d\u2019érable \u2022 1 oz de cidre pétillant \u2022 1 blanc d\u2019œuf \u2022 Noix de muscade (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un shaker, mélanger tous les ingrédients (sauf le cidre pétillant) sans glace.2 Ajouter de la g lace jusqu\u2019à remplir le shaker et mélanger de nouveau.3 Filtrer au tamis f in dans un verre haut rempli de glace.4 Compléter doucement avec le cidre pétillant et décorer de muscade râpée.Santé! FIZZ D\u2019OCTOBRE P H O T O A N N I E F E R L A N D P H O T O 1 2 3 R F laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M23 VINS A u-delà de la Californie, sur la côte ouest américaine, deux grandes régions de vin se démarquent.L\u2019Oregon pour la qualité exceptionnelle de ses pinots noirs et l\u2019État de Washington, son voisin, pour la grande diversité de cépages.Ceux-ci s\u2019épanouissent de façon surprenante sur le terroir improbable du désert volcanique de la Vallée de Columbia.Préparez-vous à un voyage gustatif mémorable.Le vin en Oregon fait partie d\u2019une histoire moderne qui a connu une grande évolution entre les années 1960 et maintenant.Comme pour la Californie, l\u2019engouement a débuté par un concours organisé en France en 1975 par Joseph Drouhin, pour découvrir le meilleur pinot noir du monde.David Leth qu\u2019on surnommait « papa pinot » en Oregon \u2014 car il avait fait le tour de la région pour découvrir le meilleur endroit pour réaliser son rêve de planter du pinot noir \u2014 envoie son vin et se classe deuxième au concours.À la suite de cette surprenante victoire, la famille Drouhin achète des vignes en Oregon et ainsi commence une étroite collaboration avec la Bourgogne.Bien qu\u2019on ait tenté d\u2019imiter la souveraine du pinot noir pendant des années, l\u2019Oregon se distingue aujourd\u2019hui par ses vins qui portent la signature de ses différents terroirs.La majorité des vignobles sont certifiés bio, en biodyna- mie ou même équitable selon la certification LIVE (Low Input Viticulture & Eonology) qui s\u2019applique autant à la vigne qu\u2019aux travailleurs.Un cheminement naturel pour l\u2019Oregon qui a gardé son âme beatnik et valorise un style de vie sain et avant-gardiste, typiquement « West Coast ».DROUHIN OREGON ROSE ROCK EOLA-AMITY HILLS CHARDONNAY 2017 42,25 $ \u2022 13909686 \u2022 13,9 % \u2022 1,3 G/L Au nez, on se croirait en Bourgogne.En bouche, le savoir-faire de la famille Drouhin s\u2019exprime sur un fruit blanc délicat comme la pêche blanche, un peu de rose et des notes élégamment boisées et longues en finale.En Oregon, le chardonnay correspond à seulement 7 % du vignoble.C\u2019est le pinot noir qui est le plus planté avec le pinot gris en deuxième place (14 %).EVOLUTION PINOT NOIR 2019 25,15 $ \u2022 13903612 \u2022 13,5 % \u2022 7,1 G/L Le pinot noir de la gamme Evolution est juteux et solaire.Le vin est fruité et facile à boire, sur des notes de kirsch et de tarte aux cerises, avec des tannins souples et légèrement grillés.Pour la petite histoire, Susan Sokol et Bill Blosser ont planté leurs premières vignes dans la vallée de Willamette en 1971.Aujourd\u2019hui, le domaine est géré par leurs enfants Alex et Alison Sokol Blosser qui assurent la pérennité du vignoble certifié B-Cor- poration, pour les générations à venir.CHÂTEAU STE-MICHELLE INDIAN WELLS CHARDONNAY 2018 26,95 $ \u2022 13887536 \u2022 13,5 % \u2022 4,1 G/L L\u2019Oregon et l\u2019État de Washington sont séparés en partie par la rivière Columbia qui débouche dans un grand désert au sol volcanique.La viticulture dans un climat désertique où les journées sont chaudes et les nuits sont très fraîches y est aussi récente.Elle s\u2019est beaucoup développée au cours des dernières années.Le Château Ste-Michelle est un des premiers vignobles de Washington et vinifie plusieurs cuvées dont celle-ci du terroir de Indian Wells.Un chardonnay qui offre un beau fruit auquel s\u2019ajoutent des notes élégamment boisées et de la richesse en bouche avec des notes tropicales presque herbacées et une fraîcheur surprenante pour Wa- hluk Slope, un des AVA les plus chauds de Washington.LONG SHADOWS MERLOT PEDESTAL COLUMBIA VALLEY 2015 96,25 $ \u2022 14204805 \u2022 14,8 % Un merlot élaboré par le célèbre œnologue Michel Rolland à Red Mountain, une petite colline où les sols sont pauvres et sablonneux, ce qui donne beaucoup d\u2019intensité aux saveurs.Nez de mûre, poivron rouge grillé, de l\u2019élégance, de la puissance et une finesse tannique fort agréable qui perdure longtemps.Un vin à laisser vieillir encore au moins huit ans.BETZ THE UNTOLD STORY COLUMBIA VALLEY 2018 38 $ \u2022 13997794 \u2022 13,6 % La famille Betz a comme philosophie qu\u2019il n\u2019y a aucun substitut pour la qualité.Chacun de ses vins raconte une histoire, celle- ci parle de réaliser ses rêves malgré l\u2019adversité car tout est possible.Le vin s\u2019ouvre sur des notes de violettes et de torréfaction avec une souplesse en bouche qui balance un fruit gourmand sur des tannins corsés mais accessibles.Parfait pour les viandes braisées.À boire maintenant et jusqu\u2019en 2028.Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca L\u2019Oregon se distingue aujourd\u2019hui par des pinots noirs qui portent la signature de ses différents terroirs.La majorité des vignobles sont certifiés bio, en biodynamie ou même équitable selon la certification LIVE (Low Input Viticulture & Eonology) qui s\u2019applique autant à la vigne qu\u2019aux travailleurs.\u2014 PHOTO OREGON WINE BOARD Périple gustatif mémorable Conférence virtuelle sur les changements climatiques L\u2019avenir du vin face aux défis climatiques est un enjeu de plus en plus important pour les vignerons du monde entier.Il est primordial de s\u2019informer et de trouver collectivement des solutions pour l\u2019avenir de la viticulture.L\u2019agriculture régénératrice, les cépages hybrides, la gestion de l\u2019eau et fonctionner à carbone zéro.Voilà l\u2019essence des conférences virtuelles qui seront présentées dans le cadre de l\u2019édition 2021 de Tasting Climate Change, présentée en ligne à partir du 8 novembre.Les billets sont en vente sur le site tastingclimatechange.com. SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M24 RÉGAL ET RESTOS RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil QUÉBEC \u2014 Quelques mois après le déclenchement de la pandémie, Manuel Bujold Richard a quitté le foisonnement de la grande ville montréalaise pour s\u2019installer sur la Côte-Nord.L\u2019artiste en art contemporain a délaissé ses pinceaux pour embrasser une tout autre forme d\u2019art : la production de sel de mer québécois comestible.Artiste « avec un background d\u2019entrepreneur », Manuel Bujold Richard a vu tous ses projets paralysés avec l\u2019arrivée de la COVID-19.« Je me suis assis et j\u2019ai essayé d\u2019imaginer ce que je pourrais faire.Je suis né en Gaspésie, j\u2019ai un attachement à la mer.C\u2019est un peu ce qui m\u2019a permis de prendre cette décision de partir en région.Il faut avoir les nerfs solides pour pouvoir quitter la ville, ça faisait presque 40 ans que je vivais à Montréal », raconte-t-il.Son choix s\u2019est posé sur la production de sel québécois, car « c\u2019est un besoin essentiel », qu\u2019on utilise au quotidien.« Pour avoir travaillé dans la restauration à quelques reprises, mais surtout pour avoir fréquenté des amis qui ont un restaurant, je trouvais ça épouvantable que tous les efforts faits pour présenter des plats avec des ingrédients locaux soient couronnés avec du sel français », explique M. Bujold Richard.Au lieu du sel de Camargue ou de Guérande, pourquoi pas alors du sel du Saint-Laurent?« Je me disais : on est capable de faire ça ici du sel comestible! Mais le nerf de la guerre, c\u2019est vraiment le climat. » En effet, la fleur de sel française est obtenue par l\u2019évaporation de l\u2019eau de mer dans des marais salants grâce à la chaleur du soleil \u2014 un lent processus qui permet de récolter le sel cristallisé.« C\u2019est un défi énergétique.Ici, si je faisais juste de l\u2019évaporation, je ferais faillite demain matin : ma facture d\u2019électricité serait épouvantablement élevée! » Mais Manuel Bujold Richard a eu l\u2019idée d\u2019utiliser à son avantage une ressource qu\u2019on retrouve en abondance au Québec : le froid.« Plus il fait froid, plus l\u2019eau de mer gèle et concentre le sel, ce qui permet d\u2019économiser de l\u2019énergie.C\u2019est comme de la cryoconcentration.Avec les grands froids, la molécule de sel va se séparer : H2O gèle et NaCl va se déposer dans le fond.C\u2019est le seul mode de production que j\u2019ai trouvé pour que l\u2019entreprise soit rentable. » Son entreprise, Sel Saint Laurent, a été enregistrée il y a un an et a commencé ses activités au printemps dernier, « vers la fin mars, début avril ».La production-test réalisée depuis a confirmé à M. Bujold Richard que tout se déroule selon ses attentes.« Cet hiver, je devrais faire assez de saumure (l\u2019eau de mer concentrée) pour pouvoir faire du sel pendant toute l\u2019année », signale-t-il.SEL SAINT LAURENT LE SEL DE MER COMME NOUVEL ART UN CHOIX MOINS POLLUANT Étant Gaspésien d\u2019origine, pourquoi Manuel Bujold Richard n\u2019a-t-il pas pris le chemin de son patelin natal pour lancer son entreprise?« La question est très bonne et oui, j\u2019aurais aimé ça retourner dans mon coin de pays, mais la différence avec l\u2019eau en Gas- pésie, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas le courant du Labrador.Il faut donc partir en bateau pour aller puiser l\u2019eau plus loin, et ce mode-là est polluant.J\u2019essaie de faire une entreprise sans hydrocarbures », explique le fondateur de Sel Saint Laurent.À Grandes- Bergeronnes, l\u2019objectif est de pouvoir tout faire à partir de la rive.« Ça me prend à peu près 500 m de tuyau, et la grosseur de la pompe est très petite.En Gaspé- sie, ce n\u2019est pas possible de cette façon : ça prendrait je pense 4,5 km de tuyau et la pompe serait énorme! » mentionne M. Bujold Richard.RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL «Ça va très, très vite.On a énormément de demandes de restaurants et de boutiques spécialisées.On a arrêté de prendre de nouveaux restos parce que je n\u2019ai pas encore une production assez grande.» \u2014 Manuel Bujold Richard, fondateur de Sel Saint Laurent 3 4 laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M25 RÉGAL ET RESTOS PROTÉGER LA BIODIVERSITÉ Basée à Grandes-Bergeronnes, entre Tadoussac et Les Escoumins, Sel Saint Laurent puise l\u2019eau de mer dans le parc marin du Saguenay\u2013 Saint-Laurent.« Il y a énormément de permis à aller chercher, entre autres celui de Pêches et Océans Canada.Comme il s\u2019agit d\u2019une aire marine protégée à cet endroit, il faut faire très attention de ne pas endommager l\u2019habitat des poissons et des mammifères marins.Je travaille avec des ingénieurs et des biologistes marins pour présenter la meilleure façon de faire pour avoir un minimum d\u2019impact », indique Manuel Bujold Richard.Son entreprise opère actuellement avec un permis temporaire, précise- t-il, et l\u2019eau est puisée en bordure du fleuve.« Les analyses sont très bonnes, mais l\u2019eau nécessite quand même beaucoup de filtration.Elle est traitée plusieurs fois afin d\u2019avoir une eau très pure avant la cristallisation. » Lorsque Sel Saint Laurent aura décroché le permis convoité, l\u2019entreprise puisera alors son eau à 200 m de profondeur, dans l\u2019eau cristalline du courant du Labrador.« Cette eau ne se mélange pas avec la couche sur le dessus.Théoriquement, selon les océanographes, elle n\u2019a pas été touchée par l\u2019ère industrielle, ce qui explique sa grande pureté. » Un test réalisé à la fin de l\u2019hiver dernier confirme que cette eau nécessite moins de filtration pour obtenir la pureté recherchée pour l\u2019extraction du sel.De plus, la récolte à cette profondeur est moins dommageable pour la biodiversité marine, car la lumière n\u2019y pénètre plus.« Il n\u2019y a plus de plancton.La base de la chaîne alimentaire part de là, donc ça nous évite de pomper la nourriture des baleines indirectement », explique M. Bujold Richard.FORTE DEMANDE En quelques mois, l\u2019engouement pour le Sel Saint Laurent est manifeste.« Ça va très, très vite.On a énormément de demandes de restaurants et de boutiques spécialisées.On a arrêté de prendre de nouveaux restos parce que je n\u2019ai pas encore une production assez grande », signale le propriétaire de Sel Saint Laurent.Le nombre de points de vente dans la province avoisine 80, indique-t-il, tandis qu\u2019entre 15 et 20 restaurants utilisent les flocons de Sel Saint Laurent à leur table.Dans la région de Québec, signalons les établissements du Groupe La Tanière (Tanière3, L\u2019Orygine, Légende), Le Clan, Chez Boulay, BÕ Cuisine d\u2019Asie, Kebec Club Privé et Sushi Nagano.Avec le déménagement tout récent de ses installations, Manuel Bujold Richard estime qu\u2019il devrait pouvoir quintupler sa production dès le mois prochain et offrir son produit dans une centaine de points de vente (principalement des épiceries spécialisées).Il espère voir son Sel Saint Laurent sur les tablettes des IGA, Metro, Provigo et cie l\u2019année prochaine.Le Sel Saint Laurent est en vente au prix de détail suggéré de 12,95 $ le paquet de 125 g.Info et liste des points de vente : selsaintlaurent.com SEL SAINT LAURENT LE SEL DE MER COMME NOUVEL ART DES FLOCONS DE SEL Sel Saint Laurent ne produit pas de la fleur de sel, mais plutôt des flocons de sel.« La fleur de sel, c\u2019est une granulométrie : c\u2019est des cubes très petits qui se joignent les uns aux autres à la surface de l\u2019eau à une certaine température, explique Manuel Bujold Richard.Les flocons de sel sont de forme pyramidale, beaucoup plus gros, beaucoup plus délicats aussi que la fleur de sel.Ça ressemble à du givre dans les fenêtres l\u2019hiver\u2026 Je pourrais en faire aussi de la fleur de sel, mais c\u2019est un choix que j\u2019ai fait, en utilisant le froid.\u201c Flocons de sel \u201d ça fait québécois, tandis que \u201c fleur de sel \u201d ça fait français », estime l\u2019entrepreneur, ajoutant que son produit de niche est « d\u2019une qualité beaucoup plus élevée que la fleur de sel française ».RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL 1 et 2Gaspésien d\u2019origine, Manuel Bujold Richard a choisi de s\u2019établir à Grandes-Bergeronnes, sur la Côte-Nord.4Sel Saint Laurent produit des flocons de sel.5On dénombre aujourd\u2019hui quelque 80 points de vente dans la province.\u2014 PHOTOS SEL SAINT LAURENT 3L\u2019engouement pour le Sel Saint Laurent est manifeste.1 2 5 SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M26 samedi 23 octobre 021 leSoleil 44 le p\u2019tit mag tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le canal squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Une semaine d\u2019actU L\u2019amyotrophie spinale est une maladie rare qui s\u2019attaque à tous les muscles.cette maladie peut s\u2019attaquer, par exemple, aux muscles nécessaires pour respirer ou avaler de la nourriture.ces handicaps sont irréversibles, cela veut dire qu\u2019ils restent pour toujours.L\u2019amyotrophie spinale peut même conduire au décès de certains enfants\u2026 Heureusement, il existe un médicament pour freiner l\u2019arrivée de nouvelles complications liées à l\u2019amyotrophie spinale.ce médicament s\u2019appelle le Zolgensma.Le problème c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit du médicament le plus cher du monde.chaque dose coûte 2,8 millions de dollars.\u203a Le ZoLgensma disponiBLe au QuéBec dès la semaine prochaine, des familles québécoises pourront obtenir ce médicament.Notre système de santé étant gratuit, ce n\u2019est pas les familles qui devront débourser 2,8 millions de dollars, mais bien le gouvernement.Fiou! ce traitement est disponible en ontario et en alberta depuis quelques mois déjà.inutile de te dire que des familles ont sauté de joie en apprenant la nouvelle.Les enfants qui sont atteints d\u2019amyotrophie spinale sont forcés de se rendre à l\u2019hôpital plusieurs fois par année.on leur fait des ponctions lombaires, c\u2019est-à-dire des opérations dans la colonne vertébrale.ces interventions peuvent être très traumatisantes et douloureuses pour les enfants.avec le Zolgensma, c\u2019est beaucoup plus simple, ils n\u2019ont qu\u2019à prendre le médicament une seule fois.\u203a L\u2019amyoTrophie spinaLe : une maLadie TrÈs rare seulement une personne sur 10 000 est atteinte d\u2019amyotrophie spinale.chaque année, au Québec, huit enfants naissent avec cette maladie.Nous ne savons pas toujours dès la naissance si l\u2019enfant en est atteint ou non.Plus on attend avant de traiter l\u2019amyotrophie spinale, plus elle s\u2019étend.alors, plus elle est dangereuse.Le Zolgensma n\u2019est pas parfait.Les enfants qui le recevront ne retrouveront pas les capacités qu\u2019ils ont perdues, mais, au moins, ils n\u2019auront plus de nouveaux effets négatifs de la maladie.d\u2019ici la fin de l\u2019année, une douzaine de personnes atteintes de cette maladie très rare pourront enfin recevoir du Zol- gensma.Quoique dispendieux, ce médicament va sauver de nombreuses vies! Par PhiliPPe Julien-Bougie Le médicameNt Le PLus cHer du moNde Pour sauver des Petits Québécois! a r c H i v e s L e Q u o t i d i e N , m i c H e L t r e m b L a y laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M27 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 23 octobre 20 1 45 le p\u2019tit mag savais-tu qu\u2019il existe des concours de citrouilles géantes?eh oui, ça existe dans 14 pays différents : Japon, australie, États-Unis, Finlande\u2026 et au canada! il y en a un ici au Québec, c\u2019est le Potirothon de Gentilly.Le Potirothon est un concours dont le but premier est de faire pousser la plus grosse citrouille possible.en fait, ce n\u2019est pas vraiment une citrouille, mais plutôt un potiron, qui lui ressemble et qui est dans la même famille de plantes, mais qui est beaucoup plus gros! chacune participant reçoit une graine de potiron.Pour cultiver de beaux et gros potirons, il faut en planter les graines à la fin du mois de mai, ou au début du mois de juin.il faut l\u2019arroser suffisamment, mais pas trop, pour ne pas le faire pourrir! \u203a Le concours 2021 cette année, la 1re position a été décernée à mario morin qui a cultivé un potiron de 416 kilos.c\u2019est environ le poids de deux frigos.L\u2019an dernier, aux États-Unis, travis Gienger a cultivé le plus gros potiron d\u2019amérique du Nord, il pesait 1065 kilos! \u203a une course de bateau-citrouiLLe! mais attends, ce n\u2019est pas fini\u2026 Quelques jours après la pesée des potirons, les équipes peuvent participer à une course de ba- teau-citrouille, eh oui, sUr L\u2019eaU! Les participants vident leur potiron pour le transformer en embarcation flottante.ils s\u2019affrontent ensuite sur un parcours d\u2019un kilomètre sur la rivière bé- cancour, près de Québec.\u203a un participant astucieux! L\u2019histoire du concours de la plus grosse citrouille a pris une tournure inattendue avec un fermier canadien, Howard dill.dans les années 70, il participait au concours de citrouilles géantes de sa ville, Windsor, en Nouvelle-Écosse.À l\u2019époque, on différenciait mal le potiron de la citrouille.il a vite découvert qu\u2019un certain type de «citrouille» de couleur orange pâle donnait des fruits plus gros et plus lourds que les autres.tu l\u2019auras deviné, c\u2019est le potiron! il a commencé à récolter les graines de son plus gros potiron, pour les planter au printemps suivant.Pour s\u2019assurer de la qualité de ses graines, il pollinisait lui-même les fleurs de sa plus grosse courge avec le pollen d\u2019une autre courge tout aussi grosse ou qui avait d\u2019autres traits qui l\u2019intéressaient (couleur orangée, écorce épaisse, belle forme, etc.).en peu de temps, dès 1980, il gagnait le concours pour plusieurs années d\u2019affilée! Par Lyn- die JuLien des citroUiLLes PLUs LoUrdes QUe deUx FriGos! 1 2 3 r F / m i L k o s Pfizer-bioNtech (pas facile à prononcer!) est une entreprise allemande qui a développé un des vaccins contre la coVid-19.au- jourd\u2019hui, cette entreprise a conçu un vaccin censé être adapté aux enfants de 5 à 11 ans.cette nouvelle formule du vaccin Pfizer a été soumise pour approbation à santé canada.en d\u2019autres mots, des scientifiques étudient le vaccin pour s\u2019assurer qu\u2019il ne représente pas un danger et qu\u2019il est utile à la santé des jeunes canadiens et canadiennes.c\u2019est la dernière étape avant qu\u2019il puisse être administré à la population.\u203a une nouveLLe recette! Les doses du vaccin pour enfant représentent le tiers de celles qu\u2019on donne aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans.À ce jour, Pfizer a livré plus de 46 millions de doses de son vaccin au canada! ce serait largement suffisant pour vacciner les enfants.cependant, d\u2019après le fabricant Pfizer, la formule du vaccin pour enfant a changé pour être adaptée aux 5-11 ans.il ne suffit donc pas de prélever des petites doses dans les vaccins qu\u2019on distribue déjà aux adultes.\u203a vérifier L\u2019efficacité! Le vaccin pour enfant est déjà commercialisé pour les personnes de plus de 12 ans depuis mai.il est distribué sous le nom comirnaty.Pfizer a donné à santé canada les résultats de ses propres vérifications sur les enfants.ces données montrent les mêmes résultats que pour les 16-25 ans.malgré tout, santé canada examinera avec une attention toute particulière cette nouvelle formule du vaccin.Pour qu\u2019il soit distribué, il faut que les avantages l\u2019emportent sur les risques.Quand on parle de risques, on parle des effets secondaires du vaccin.il est aussi important de se rappeler qu\u2019attraper la coVid-19 représente un risque, même pour les enfants.certaines personnes, dont des enfants, peuvent développer des symptômes graves à long terme.La mission de santé canada est donc d\u2019évaluer la meilleure solution pour protéger la population des dangers de la coVid-19.Par Marius GeLLner, JournaListe staGiaire UN VacciN coNtre La coVid-19 PoUr Les P H o t o F a c e b o o k d U P o t i r o t H o N d e G e N t i L L y a r c H i V e s L e Q U o t i d i e N , m i c H e L t r e m b L a y SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M28 LE P\u2019TIT MAG samedi 23 octobre 021 leSoleil 46 LE P\u2019TIT AG Voici une photo de mes deux petits-fils il y a quelques années.Suzanne Gingras le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.ES-tu obSErvatEur?SoLutIoN 1 les pommettes de la poupée 2 l\u2019heure sur le cadran 3 les dents de la petite fille 4 une partie du titre du livre 5 un pli de la couverture 6 les détails sur une des chaussettes de la maman 7 les motifs de la tête de lit \u203a CoStuMES D\u2019HaLLoWEEN! la fête de l\u2019horreur et des bonbons approche! Le Mag veut partager en photos les costumes de vos petits monstres, que ce soit ceux de cette année ou des années passées.sorcière, zombie, superhéros ou autre personnage populaire du moment?envoyez-nous des photos de vos enfants costumés, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com.Nous en publierons une sélection dans les prochaines semaines.Je vous présente mon joli poussin d\u2019amour! Elle s\u2019appelle Olie Pronovost et sur la photo elle a 10 mois.Grand-maman Jocelyne Poulin laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M29 ACTUALITÉS L\u2019 insomnie m\u2019embête rarement, mais elle s\u2019est pointée, samedi soir, sous la forme d\u2019un dilemme qui me gruge beaucoup d\u2019énergie mentale ces temps-ci.Où ma fille de- vrait-elle aller au secondaire?C\u2019est un beau problème, vous me direz, reste que les enfants \u2014 et leurs parents \u2014 ont le choix aujourd\u2019hui parmi un tas de programmes « particuliers ».Dans mon centre de services scolaire, par exemple, il y a un programme d\u2019éducation internationale (PEI), un Sport-Arts- Études et des « concentrations » en anglais, arts et technologies de l\u2019information, soccer ou musique. Ma fille de 11 ans ne s\u2019intéresse pas à tous ces programmes, mais il y en a plusieurs qui l\u2019inspirent.Et c\u2019est sans compter les écoles privées qui lui font de l\u2019œil avec leurs myriades d\u2019activités parascolaires et d\u2019équipements de haute technologie.Durant ma nuit blanche, je me suis demandé pourquoi diable ce choix m\u2019angoissait autant.Et je m\u2019en suis voulu d\u2019être encore aussi tiraillé par une croyance tenace. Comme beaucoup de parents, j\u2019ai été contaminé par l\u2019idée que le succès dans n\u2019importe quel domaine vient de la spécialisation hâtive.Si tu veux devenir bon, il faut que tu commences tôt, que tu focalises et que tu pratiques énormément.Sinon, tu ne pourras pas rattraper ceux qui ont bénéficié de cette longueur d\u2019avance. C\u2019est là que je me suis souvenu d\u2019une conversation que j\u2019ai eue il y a deux ans avec André Lachance, un gars de Québec qui est directeur du développement des affaires et des sports de Baseball Canada, a été entraîneur-chef de l\u2019équipe canadienne féminine de baseball et recruteur pour les Yankees de New York.André m\u2019avait mis en garde contre la spécialisation hâtive des enfants et des ados dans les sports : les risques plus élevés de blessures, d\u2019épuisement, d\u2019abandon.Et, cerise sur la coupe glacée : les enfants qui se spécialisent tôt dans un sport sont plus susceptibles d\u2019être sédentaires à l\u2019âge adulte.J\u2019aurais aussi pu songer aux leçons de mon propre parcours.J\u2019ai fait trois ans de sports-études en volleyball au secondaire.Après l\u2019école en accéléré le matin, je consacrais tous mes après-midis à faire des touches, des manchettes et smashs.Et presque toutes les fins de semaine, je participais à des tournois. Je garde d\u2019excellents souvenirs du sport-études, de mes coéquipiers et de la variété impressionnante de conneries qu\u2019on pouvait faire dans l\u2019autobus de l\u2019équipe.Mais je me rappelle aussi que, rendu au cégep, je n\u2019ai plus rejoué au volley.Faut croire que j\u2019en avais eu ma claque de cette monomanie sportive. Je réalise aussi aujourd\u2019hui que la focalisation sur un sport m\u2019a privé de la possibilité d\u2019explorer une foule d\u2019autres intérêts.Au secondaire, j\u2019aurais voulu essayer le badminton et le basket le midi.J\u2019aurais aussi aimé participer aux ateliers de dessin et m\u2019incruster dans un groupe de musique.Mais je n\u2019avais pas le temps, je dînais en quinze minutes et je montais dans un bus pour aller à l\u2019entraînement de volley. Avec le recul, je ne regrette pas mon expérience.Mais je réalise qu\u2019il y a un coût à la spécialisation : le manque de temps pour explorer d\u2019autres intérêts et développer d\u2019autres habiletés. Les enfants et les adolescents devraient focaliser sur l\u2019exploration, devenir des maîtres de l\u2019échantillonnage.Ils pourront se spécialiser un jour s\u2019ils en ont envie.Mais si leur horaire est très tôt saturé de la même activité, l\u2019échantillon ne sera pas assez grand pour vraiment décider. Je vous ai déjà raconté l\u2019étonnante éducation sportive de Roger Federer.Enfant, il a pratiqué le ski, la lutte, la natation, la planche à roulettes, le squash, le basketball, le handball, le ping- pong, le football et le badminton par-dessus la clôture de son voisin.Sa mère ne voulait pas lui enseigner le tennis.« Il m\u2019aurait trop énervée de toute façon.Il essayait tous les coups bizarres et ne renvoyait jamais la balle normalement », a-t-elle raconté à Sports Illustrated.Comme l\u2019a démontré de façon très convaincante le journaliste scientifique David Epstein dans son livre Range : Le règne des généralistes : Pourquoi ils triomphent dans un monde de spécialistes, la spécialisation hâtive n\u2019est pas la règle, mais l\u2019exception.Dans la plupart des domaines \u2014 en particulier ceux qui sont complexes et imprévisibles \u2014, les généralistes et non les spécialistes sont mieux préparés pour exceller, conclut Epstein.Ils sont plus créatifs, plus agiles et plus aptes à faire des connexions qui tombent dans l\u2019angle mort des spécialistes. Alors, note aux parents anxieux comme moi : relaxez, l\u2019adolescence, c\u2019est fait pour explorer.De toute manière, l\u2019avenir appartient aux généralistes.L\u2019avenir appartient aux généralistes L\u2019enfance et l\u2019adolescence sont des périodes propices à l\u2019exploration.\u2014 PHOTO123RF/METTUS MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS P ourquoi y a-t-il tant de personnes qui disent et même parfois écrivent « ça y tente pas » au lieu de « ça ne le tente pas »?Ou alors « ça y dérange pas » plutôt que « ça ne le dérange pas »?Jean-Jacques Simard Québec Il y a certains verbes avec lesquels persiste une forme de confusion quant au type de complément qui doit les accompagner.J\u2019avais d\u2019ailleurs abordé la question du verbe tenter dans ma chronique du 1er février 2008.En voici quelques extraits bonifiés.Quand on hésite entre « ça le tente » et « ça lui tente », c\u2019est parce que l\u2019on ne sait pas si le verbe tenter est transitif ou transitif indirect.Je sais, ça ne vous avance pas beaucoup.En plus clair, il faut se demander si tenter appelle un complément d\u2019objet direct (COD) ou un complément d\u2019objet indirect (COI).Doit-on dire « cela tente Pierre » ou « cela tente à Pierre »?Dans le premier cas, l\u2019action s\u2019exerce directement sur le complément (verbe transitif), et dans le second, indirectement (verbe transitif indirect).Pour obtenir réponse, il n\u2019y a pas 36 solutions : on regarde dans un dictionnaire.C\u2019est généralement une des premières informations données dans la définition des verbes.S\u2019il est écrit « v.tr. », c\u2019est un verbe transitif.Si on lit « v.tr.ind. », on se retrouve plutôt devant un verbe transitif indirect.Que mentionne donc le Petit Robert au verbe tenter?Que c\u2019est un verbe transitif, donc, dans le cas que vous soumettez, que quelque chose tente quelqu\u2019un, et non à quelqu\u2019un.Même chose pour déranger : quelqu\u2019un ou quelque chose dérange quelqu\u2019un et non à quelqu\u2019un.Ce séjour en Floride tente beaucoup Martin.Cette musique trop forte dérange Myriam dans sa lecture.Il existe un autre truc pour savoir si un verbe requiert un complément d\u2019objet direct, et ce, sans ouvrir le dictionnaire : mettre la phrase à la voix passive.En effet, seuls les verbes transitifs peuvent se transposer au passif.Martin est très tenté par ce séjour en Floride.Myriam est dérangée dans sa lecture par cette musique trop forte.« LUI » OU « Y » C\u2019est bien beau, tout ça, mais ça ne nous explique pas pourquoi des gens disent « ça y tente pas » et « ça y dérange pas ».C\u2019est simple : les verbes qui se construisent avec un COI appellent le pronom personnel lui (« je lui parle, elle lui dit »).Or, en français québécois, lui se transforme souvent en y à l\u2019oral (« j\u2019y parle, elle y dit »).Par conséquent, ces personnes disent « ça y tente pas » et « ça y dérange pas » parce qu\u2019elles pensent qu\u2019on devrait dire « ça ne lui tente pas », « ça ne lui dérange pas ».Mais la bonne construction avec un COD est d\u2019utiliser le pronom personnel le, ce qui donne « ça ne le tente pas, ça ne le dérange pas ».Ce y n\u2019a donc absolument rien à voir avec le véritable pronom personnel y, qui remplace habituellement un complément circonstanciel, le plus souvent de lieu, mais aussi un COI précédé de la préposition à.Dans ces cas-là, on ne pourrait pas remplacer y par lui.« Vas-tu à Québec?\u2013 Oui, je vais y aller. » « As-tu pensé à lui dire?\u2013 Non, je n\u2019y ai pas pensé. » J\u2019allume toutefois un feu jaune ici, car il y a un piège : plusieurs verbes se construisent à la fois avec des COD et des COI.Et parfois avec les trois types de compléments! En effet, si vous voyez la mention « v.intr. », qui signifie « verbe intransitif », cela veut dire que le verbe peut s\u2019employer soit sans complément, soit avec un ou des compléments circonstanciels.Le mot intransitif indique que l\u2019action ne « transite » pas vers un complément.Prenons, par exemple, le verbe parler, qui s\u2019utilise généralement avec un COI (« parler à quelqu\u2019un », « parler de quelque chose »).Mais il peut aussi se rencontrer avec un COD (« parler une langue », « parler l\u2019italien »), voire sans complément du tout (« je parle »).Il faut donc lire un peu plus que les premiers mots de la définition pour s\u2019assurer que le verbe soit bel et bien transitif ou transitif indirect dans le contexte qui nous intéresse.PALLIER, ENJOINDRE, SE RAPPELER Tenter et déranger ne sont pas les seuls verbes avec lesquels on hésite sur le type de complément approprié.Le verbe pallier, par exemple, se construit avec un COD (« pallier quelque chose »), mais beaucoup de gens pensent qu\u2019il faut un COI (« pallier à quelque chose »).Pour le verbe enjoindre, c\u2019est le contraire : on enjoint à quelqu\u2019un de faire quelque chose, alors que plusieurs écrivent « enjoindre quelqu\u2019un ».Mais l\u2019erreur la plus courante est très certainement « se rappeler de quelque chose ».Vous serez peut- être surpris d\u2019apprendre que nous devrions plutôt dire « se rappeler quelque chose ».Ce qui implique également qu\u2019il faudrait dire non pas « je m\u2019en rappelle », mais « je me le rappelle ».Sauf que, par mimétisme avec « se souvenir », on emploie erronément « se rappeler » de la même façon.Pour compliquer les choses, ajoutons qu\u2019il y a un certain nombre d\u2019exceptions, notamment lorsque le complément est un pronom personnel (« elle se rappelle DE vous ») ou un infinitif (« rappelle-toi DE bien verrouiller les fenêtres »).PERLES DE LA SEMAINE Réponses d\u2019examens sur l\u2019histoire médiévale.Y a toujours moyen de moyenâger.Depuis le Moyen Âge, les appareils électriques ont fait beaucoup de progrès.Les châteaux forts avaient des petites fenêtres en forme de meurtrissures [meurtrières].Pour prendre un château fort, il fallait mettre des sièges tout autour.Pendant la guerre de Cent Ans, les campagnes étaient terrorisées par des troupes de gangsters.L\u2019eau bouillante a été inventée par Godefroy de Bouillon.Source : Le sottisier du collège, Philippe Mignaval, Éditions Points, 2006 Veuillez prendre note que Séance d\u2019orthographe fera exceptionnellement relâche la semaine prochaine.Prochain rendez-vous les 6 et 7 novembre prochain.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca C\u2019est quoi, ce COI ?STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca P H O T O L A T R I B U N E , A R C H I V E S laTribune SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 M31 JEAN GOULET personnalité SABRINA LAVOIE sabrina.lavoie@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 En près de 50 années de carrière dans le milieu de l\u2019éducation, Jean Goulet aura partagé ses connaissances à près de 8000 étudiants.Des jeunes curieux et ambitieux qui lui auront permis de préserver « son cœur d\u2019enfant ».Mais l\u2019heure de la retraite a sonné pour le Sherbrookois de 72 ans.Un moment de répit qui sera grandement apprécié par celui qui a porté de nombreux chapeaux sur le campus de l\u2019Université de Sherbrooke (UdeS) allant de président du Syndicat des profs à vice-recteur.Après avoir fait un baccalauréat en mathématique et une maîtrise en informatique, Jean Goulet a enseigné pendant près de 10 ans au Collège Champlain de Lennox- ville, puis près de 40 ans à l\u2019UdeS où il a assumé en parallèle différents rôles, dont ceux de directeur de département et de doyen à la faculté des sciences (1997 à 2005).DE L\u2019ENSEIGNEMENT.En quittant l\u2019institution quelques années pour contribuer à la mise en place du gouvernement en ligne au Bureau de l\u2019innovation du ministère des Services gouvernementaux du Québec, Jean Goulet s\u2019est remémoré sa passion première : l\u2019enseignement.« D\u2019aussi loin que je me souvienne, j\u2019ai toujours été passionné par l\u2019enseignement.Lors de mes études en mathématique, je n\u2019avais aucune idée d\u2019où cela allait me mener.Je ne me posais même pas la question.Je savais toutefois que je voulais partager mes connaissances. » En 2010, Jean Goulet a par ailleurs reçu la première édition du Prix d\u2019excellence universitaire en enseignement remis chaque année à un professeur, un chargé de cours ou à une équipe de l\u2019UdeS.« C\u2019était un honneur pour moi », exprime celui qui aura toujours favorisé une approche pédagogique centrée sur l\u2019individu.« Même dans un auditorium avec 300 étudiants, j\u2019enseignais à chacun d\u2019entre eux séparément.Je n\u2019enseignais pas au groupe, mais bien aux individus.Et selon certains témoignages, les étudiants le ressentaient et l\u2019appréciaient. » Jean Goulet a également toujours eu le souci de se faire comprendre par toutes les manières possibles.« Je répétais mes explications, mais jamais de la même façon.Ça ne sert à rien de répéter deux fois la même notion aux étudiants.S\u2019ils ne comprennent pas, c\u2019est qu\u2019il faut l\u2019expliquer autrement.J\u2019avais du plaisir à le faire », raconte-t-il.À L\u2019ADMINISTRATION Depuis son retour à l\u2019UdeS en 2010, Jean Goulet a quelque peu délaissé l\u2019enseignement pour se concentrer sur son rôle de vice- doyen à l\u2019enseignement à la faculté des sciences (2010-2017) puis de vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales (2017-2021).« O n p eut dire que je suis quelqu\u2019un de projets et non d\u2019entretien, constate-t-il en riant.J\u2019aime la nouveauté, essayer de nouvelles choses.Si certains professeurs n\u2019ont eu qu\u2019un seul bureau dans toute leur carrière, ce n\u2019est évidemment pas mon cas. » Néanmoins, toutes les tâches menées par Jean Goulet ont un point commun : celui d\u2019avoir un impact sur l\u2019ensemble de la communauté.« Le rôle de doyen était sans doute le poste le plus névralgique alors que j\u2019aidais des professeurs afin qu\u2019ils puissent monter des projets et trouver du financement.J\u2019aimais beaucoup contribuer à leur succès. » .À LA RETRAITE Le 1er octobre dernier marquait la fin de la carrière de Jean Goulet au sein de l\u2019UdeS.« C\u2019était le bon moment, juge-t-il.Je n\u2019aurais jamais quitté le bateau pendant la tempête, mais maintenant que la situation épidémiologique est plus stable, mon départ s\u2019est fait naturellement. » Le Sherbrookois entend par ailleurs demeurer actif dans la communauté en restant notamment au conseil d\u2019administration du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke et en assumant son rôle de président pour Technoscience Estrie.Jean Goulet en profitera tout de même pour se reposer et passer du temps avec les membres de sa famille, dont ses petits-enfants.Il prévoit d\u2019ailleurs au cours des prochaines années faire quelques travaux de rénovation en plus de suivre des cours de cuisine.Et s\u2019il se dit profondément marqué par toutes ces belles années passées sur le campus de l\u2019UdeS auprès des étudiants et de ses nombreux collègues, Jean Goulet assure vouloir continuer à sa façon de faire briller l\u2019organisation.Jean Goulet et sa conjointe des 45 dernières années Jacinthe Dos- tie, diplômée de la faculté d\u2019éducation, ont par ailleurs fait un legs testamentaire d\u2019un montant de 100 000 $ à l\u2019institution d\u2019enseignement universitaire.« L\u2019UdeS m\u2019a beaucoup donné.On n\u2019a pas cessé de me répéter qu\u2019à la retraite je pourrai enfin faire tout ce qu\u2019il me plaît, mais c\u2019est ce que j\u2019ai fait ces 40 dernières années », confie l\u2019homme rempli de gratitude.Une carrière consacrée au milieu universitaire \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU REPÈRES Professeur d\u2019informatique depuis 1972 Doyen à la faculté des sciences (1997-2005) Vice-doyen à l\u2019enseignement à la faculté des sciences (2010-2017) Vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales (2017-2021) PARTENAIRES COMMANDITAIRES ViVement le retour s\u2019entretient avec la personnalité du Mérite estrien dès 15h regardez la capsule du Mérite estrien au téléjournal estrie 18h 0057510 SAMEDI 23 OCTOBRE 2021 laTribune M32 0076286 ERIE ELECTRONIQUE L IBRAIR IE MAISON PAT ISSER IE Agence voyage Mercedes Animatout Baumann Belle et Rebelle Biblairie GGC Biblairie Les Appalaches Bières dépot au Vent du nord Bijouterie Fernand Turcotte Bikini et Dentelle Boefish Boston Pizza Boucan Traiteur Boucherie Clément Jacques Boucherie du Terroir - Marché de la Gare Boucherie Face de boeuf Boulangerie Délices Granada Boutique Labonté pour L Boutique Alex Clusif Boutique Boba Linda Boutique Fan Club Boutique Glorius Boutique L\u2019Office Boutique OZ Boutique Piosa Boutique Pour Lui Boutique Roger Labonté 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