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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2020, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXVII, n?10 Montréal, décembre 2020 PATRICK NORMAN interviewé par notre camelot Dossier société : Séparés par la pandémie Martin Winckler Un médecin qui dérange ! B enoît est un gars vrai, comme il le dit lui-même, et personne ne pourrait le contredire.Il n\u2019a pas été gâté par la vie et même s\u2019il est « magané », il reste optimiste et réaliste.À la suite d\u2019une cascade d\u2019événements malheureux, Benoît s\u2019est retrouvé à vivre dans la rue en plein hiver.Il était dans la mi-tren- taine.Il avait perdu son emploi et s\u2019était séparé de sa conjointe.Son appartement a passé au feu et il se disputait en cour pour la garde de son enfant.Lui-même confronté à des problèmes de santé mentale, Benoît a milité dans des groupes d\u2019aide pour redonner aux gens le contrôle de leur médication.Comme certains médicaments lui causent des désagréments, il se propose d\u2019en diminuer la consommation, sous supervision, dans un centre de traitement des dépendances.Par la même occasion, il souhaite se défaire de la cigarette qu\u2019il avait abandonnée pendant six mois avant la COVID.Quand Benoît s\u2019est ressaisi, il a d\u2019abord trouvé à L\u2019Itinéraire un endroit où manger un bon repas.Puis, lui est venu le goût d\u2019écrire dans le magazine.« Ça me gratifie d\u2019écrire.Ça flatte mon ego d\u2019être publié dans L\u2019Itinéraire et ça me permet de rencontrer du monde.» Benoît a la faculté de voir le bon côté des choses.« Tant qu\u2019il y a de la vie, il y a de l\u2019espoir.Mais faut être réaliste.Comme je suis influençable, je dois faire attention à mes fréquentations.» « Dans la rue, je me suis mis à boire de façon déraisonnable.J\u2019ai aussi connu la drogue et j\u2019ai contracté l\u2019hépatite C.Comme je suis influençable, j\u2019avais de la misère à faire la différence entre ceux qui voulaient mon bien et ceux qui voulaient mes biens.» « La vie continue.un jour à la fois.» Camelot n° 334  \u2022 Âge 63 ans Point de vente MÉTRO HENRI-BOURASSA / IGA PROMENADE ONTARIO L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction MILTON FERNANDES ETIENNE DELORIEUX | UNSPLASH Benoît Chartier Nez Bouche Portons-le bien Pendant toute la durée de notre déplacement.18 façons inutiles de porter le couvre-visage LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste-accompagnateur KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants CARLA BRAGA Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, DANIELA ARANIBAR Bénévoles à la rédaction Photo de la une DAVID HIMBERT ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social ISABELLE LACHARITÉ, GABRIELLE GODIN Intervenantes psychosociales PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projet \u2013 Distribution MATISSE LO GIUDICE Préposé à l\u2019entretien ménager CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs MIVILLE TREMBLAY EMNA BRAHAM SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en di culté et ofert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes ain de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution inancière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019appui inancier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne relètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 Vous tenez entre les mains (ou vous regardez sur votre écran) la dernière édition de L\u2019Itinéraire de 2020.Un beau numéro, varié, avec des sujets qui sauront vous intéresser, j\u2019en suis sûre.Prenez l\u2019entrevue de notre camelot Jean-Claude Nault avec la légende du country, Patrick Norman.Non seulement c\u2019est une lecture inspirante, mais derrière se trouve surtout la mission de L\u2019Itinéraire à l\u2019œuvre : mettre le camelot au cœur du magazine.Pour ce faire, nous avons accompagné et formé Jean-Claude, qui, au fil des ans, a acquis assez d\u2019expérience, de compétences et d\u2019estime de soi pour réaliser un reportage selon les règles de l\u2019art.Nous sommes fiers de ses accomplissements, comme ceux de tous nos autres camelots.Une année à oublier ?Beaucoup diront que 2020 est une année à oublier.Or on sait très bien qu\u2019on en parlera encore longtemps.On racontera à nos petits-enfants, « j\u2019y étais moi, en 2020 ! » Mais pour l\u2019instant, la meilleure chose, c\u2019est de rester dans le moment présent.Parce que personne ne sait de quoi demain sera fait.Ce n\u2019est pas toujours facile, surtout quand on est loin des gens que l\u2019on aime.C\u2019est le cas de beaucoup de personnes, dont ces familles et amoureux qui témoignent dans nos pages de la douleur de vivre séparés les uns des autres en raison des fermetures de frontières.Et l\u2019assouplissement des règles permettant des réunions familiales de 10 personnes pour fêter Noël du 24 au 27 décembre n\u2019arrangera rien pour ces gens-là.Les aéroports qui fourmillent habituellement de voyageurs pendant les Fêtes seront cette année exceptionnellement tranquilles.C\u2019est une triste réalité pour beaucoup d\u2019entre nous qui ne pourrons pas voir nos proches pour Noël.Mais disons-nous qu\u2019il y en aura d\u2019autres.Relativisons un peu Même avant la pandémie, on ne savait pas de quoi demain serait fait.D\u2019où l\u2019importance de vivre une journée à la fois.Demandez-le à notre camelot Roger Perreault, qui en est le plus brillant exemple.On lui a dit que ses jours étaient comptés, mais notre ami, qui manie si bien la plume, fait mentir tous les pronostics.Lisez son très émouvant témoignage en page 30 pour saisir l\u2019importance d\u2019apprécier chaque jour comme si c\u2019était le dernier.Aidez-nous à poursuivre notre travail ! Pour soutenir tous les camelots, il y a toute une équipe derrière eux.Notre job, c\u2019est d\u2019aider les Jean-Claude, Roger, Cécile, Yvon, Diane, Mathieu, Daniel, Christian, Joseph, Sylvie, Linda, Bill et une foule d\u2019autres camelots à sortir de la rue ou à l\u2019éviter, de leur offrir de l\u2019aide alimentaire et un toit au-dessus de leur tête, entre autres besoins de base.On les aide à améliorer leur qualité de vie, on leur offre un milieu où ils ne se sentent plus exclus et ont un sentiment d\u2019appartenance.On les accompagne dans l\u2019acquisition de compétences qui leur permettent de trouver, ou de retrouver une estime de soi qui leur a trop souvent fait défaut.Cette équipe de cœur est composée d\u2019employé.e.s qui travaillent dans un édifice, que l\u2019on doit chauffer, éclairer et entretenir et pour lequel il faut payer des taxes, entre autres nombreuses dépenses.J\u2019ai un souhait pour Noël : aidez-nous à continuer de les aider.Un don, aussi modeste soit-il, fait toute la différence, je vous l\u2019assure ! Sachez, chères lectrices et chers lecteurs, qu\u2019en appuyant L\u2019Itinéraire, vous faites partie de la solution.Merci et passez un beau mois de décembre.À l\u2019année prochaine ! Décembre 2020 Volume XXVII, no 10 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Merci pour tout ! Milton Fernandes 8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Un site de consommation contrôlée Laurent Soumis 11  En toute liberté Deux Amériques, deux vérités Mathieu Thériault 21  Comptes à rendre Le lit Ianik Marcil 22  Societé Vivre separés par la pandemie Alexandra Guellil 30  Témoignage Ma résilience Roger Perreault 32  Dans la tête des camelots Votre année 2020 en un mot 34  Martin Winckler Un médecin qui dérange ! Karine Bénézet 40  Suggestions de lecture 42  Bande dessinée Siou 44  Détente Décembre 2020 Volume XXVII, no 10 Mots de camelots 22 30 3 3 Zoom sur Benoît Chartier 9 Agathe Melançon 9 France Lapointe 9 Daniel Prince 28 Marc Sénécal 28 Nicole Giard 28 Bill Economou 29 Cécile Crevier 29 Céline Marchand 29 Manon Fortier 23 camelots ont participé à cette édition 12 Jean-Claude Nault À la une Avec ses plus de 50 ans de carrière, Patrick Norman n\u2019est rien de moins qu\u2019un livre d\u2019histoire de la musique québécoise.Pendant près de deux heures, l\u2019artiste a répondu aux questions de notre camelot Jean-Claude Nault, qui s\u2019était préparé à l\u2019entrevue en lisant la biographie Patrick, Yvon et vous qui parcourt la vie personnelle et professionnelle de cette légende du country. Traduction Alexandra Guellil SUISSE Zurich et le coronavirus À Zurich, la pandémie a révélé d\u2019autres problèmes sociaux.Dès les premières semaines, on croisait des centaines de visages fatigués dans les files interminables dans la rue Langstrasse de Zurich.Des repas chauds et des sacs de produits essentiels, qui coûtent environ 50 francs suisses (71 $ CA), étaient distribués.L\u2019initiative était organisée par Sr Ariane Stoöcklin, qui travaille comme assistante sociale dans les rues de la ville depuis des années.Elle savait que la pandémie allait en aggraver les problèmes qui existaient déjà.Elle a un talent pour organiser les choses ainsi qu'une facilité à déléguer, expliquer et encourager.Sa motivation vient de son vécu : avec un frère qui a connu la rue, dont elle a longtemps été sans nouvelle, et ne sachant pas s\u2019il était toujours vivant.Cette période de sa vie a eu un grand impact et l\u2019a conduite à devenir travailleuse sociale dans la rue.Rappelons qu\u2019en Suisse, les besoins ne sont pas apparus au premier confinement.De nombreuses personnes ont perdu leur emploi peu rémunéré.Certaines d\u2019entre elles étaient sans-papiers, travaillaient dans la restauration ou avaient des employeurs privés qui ne souhaitent plus avoir de contacts avec des étrangers.Les travailleuses du sexe ont, elles aussi, perdu leur emploi.(Surprise / INSP) M A R C B A C H M A N N | P H O T O S U R P R I S E Avec la chaleur du cœur Comme activité pour se préparer aux Fêtes, je vous suggère d\u2019envoyer des cartes de Noël à tous les gens que vous connaissez.Et dans le cœur des festivités, prenez le temps de saluer et de sourire au plus grand nombre de personnes possible quand vous marchez sur la rue, car c\u2019est le seul moment \u2014 à part chez vous \u2014 où vous ne portez pas nécessairement le masque.Ça fait toujours chaud au cœur de voir s\u2019illuminer un visage, de recevoir « un comment ça va ?» dans le contexte d\u2019une pandémie qui semble s\u2019éterniser.Si vous avez accès à l\u2019informatique, vous pouvez toujours faire vos rencontres de famille par Zoom.J\u2019ai entendu parler que d\u2019autres personnes l\u2019avaient fait lors de la fête de Pâques.Cela permet de voir plus de gens en même temps et de s\u2019envoyer des bisous virtuels.Pour surmonter l\u2019isolement, soyez créatif et pensez aux autres.Admirez les flocons de neige qui tombent.Comment se dirigent-ils vers la terre ?De haut en bas ?En biais ?Comment sont-ils : collants, fondants, gros, petits ?Quelques-uns ou une tonne ?Quelle épaisseur de flocons se retrouve sur le trottoir ?Un peu, beaucoup, sur les branches des arbres ?Contemplons ce qu\u2019il y a autour de nous tout en prenant de grandes respirations pour remplir nos poumons et les vider tranquillement à plusieurs reprises.Sentons les conifères dans les parcs et regardons les vitrines comme des œuvres d\u2019art.Donc, l\u2019activité du temps des Fêtes que je vous conseille est de savourer et de savoir s\u2019émerveiller de chaque petit moment qui passe avec amour.Joyeux temps des Fêtes ! Un Noël particulier Déjà, les Noëls traditionnels ne sont plus ce qu\u2019ils étaient.Cette année, ce sera encore plus différent.Ça va être plus dur, car on ne pourra peut- être pas aller fêter dans les centres de femmes, par exemple, et à L\u2019Itinéraire.Cette année, je vais mettre quelques décorations comme des petites lumières qui clignotent dans mes fenêtres et un sapin pour donner de la couleur à ce Noël et mettre un peu de gaieté et de lumière.Ce que j\u2019aimerais durant le temps des Fêtes, ce serait de faire des activités à l\u2019extérieur comme patiner au lac des Castors sur le Mont-Royal et aller glisser.J\u2019aime ça avoir les joues toutes froides et rougies après être allée dehors.Ça me rappelle quand j\u2019étais petite.Je vais aussi porter une plus grande attention à mes clients de L\u2019Itinéraire.Car eux autres aussi ils auront besoin d\u2019être réconfortés.J\u2019ai le souhait qu\u2019il n\u2019y ait pas de terrorisme et autres événements tragiques et que tout mon monde soit heureux.On va quand même passer un beau Noël.FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL / MENTANA DANIEL PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE / FABRE / MONT-ROYAL ET MASSON / 3E AVENUE AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX Noël en quarantaine En ce Noël de pandémie, nous ne serons sûrement pas en famille pour célébrer le temps des Fêtes comme on l\u2019aurait voulu et comme nous l\u2019avons toujours fait.Pour mettre un peu d\u2019ambiance festive quand même, je vous suggère quelques idées d\u2019activités.Il y a toujours les films classiques de Noël.Il est possible de regarder ces films avec des gens avec qui on vit, ou bien à distance.Il s\u2019agit de se brancher par téléphone et de regarder le film en famille en même temps.En attendant le 25 décembre, on peut aller prendre des marches pour voir des lumières de Noël dans les rues, si la température le permet.S\u2019il y a beaucoup de neige, on pourra faire des bonhommes, des forts, ou bien les deux.S\u2019il fait trop froid, il y a d\u2019autres activités qu\u2019on peut faire à l\u2019intérieur comme faire des biscuits en famille (à distance par appel vidéo avec la famille élargie).Cette année, chacun aura ses biscuits ! Il y a toujours aussi le classique de faire des cartes de Noël personnalisées et de les envoyer à ceux qu\u2019on ne pourra pas voir au cours du mois.Il est aussi possible de faire des voyages virtuels par internet, connaître des pays qu\u2019on n\u2019aura pas les moyen de visiter pour rêver un peu et se réchauffer la couenne.Finalement, le traditionnel réveillon devra sûrement être célébré à distance lui aussi, ou devra être plus petit.Les gens devront attendre pour recevoir leurs cadeaux, s\u2019ils ont été gentils durant l\u2019année bien sûr ! Sur ce, je vous souhaite un très beau Noël ! THAÏLANDE Elles veulent du changement ! Napawn Somsak est montée sur scène vêtue de son uniforme scolaire pour dénoncer le sexisme dans la société thaïlandaise.Elle en a profité pour décrier un tabou de longue date sur le traitement de la princesse qui a été déchue de ses titres après avoir épousé un étranger.Depuis plusieurs mois, la Thaïlande est secouée par des manifestations exigeant le départ du premier ministre Prayut Chanocha.Un grand nombre de jeunes thaïlandaises appellent publiquement au changement et demandent au public de signer des pétitions pour la dépénalisation de l\u2019avortement et de la prostitution.Devant une foule de plus de 2000 personnes dans la province de Chiang Mai, la jeune femme de 18 ans a exigé de savoir pourquoi les femmes étaient moins bien payées que les hommes et pourquoi elles ne pouvaient pas être ordonnées dans le monastère bouddhiste influent.« Si nous pensons que tout le monde est égal et qu\u2019 il est nécessaire de réformer la valeur du patriarcat dans la société thaïlandaise, alors personne, y compris la monarchie, ne devrait être exempté », plaidait-elle lors des manifestations.(Reuters / INSP) A T H I T P E R A W O N G M E T H A | R E U T E R S L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo. Deux Amériques, deux vérités Au moment d\u2019écrire ces lignes (mi-novembre), deux semaines se sont écoulées depuis le scrutin présidentiel.Donald Trump n\u2019a toujours pas reconnu officiellement sa défaite.Lui et sa garde rapprochée continuent de répéter que les élections ont été frauduleuses et truquées, avec l\u2019appui bien sûr des médias « fake news » et de différentes forces obscures.Difficile de deviner de quoi les deux prochains mois seront faits, mais il est peu probable que l\u2019homme quitte sans faire de vagues, en admettant humblement sa défaite.Un fait reste profondément troublant.Même si Trump quitte la présidence en se pliant aux traditions démocratiques, le trum- pisme, lui, est bel et bien là pour rester.Car dans ce scrutin qui a battu tous les records de participation depuis que les femmes ont le droit de vote (plus de 66 % des Américains ont voté), on ne peut ignorer que plus de 72 millions d\u2019électeurs ont choisi de soutenir le clown orange.Les États-Unis n\u2019ont jamais été aussi désunis.On le sait depuis longtemps, il y a deux Amériques.En gros, il y a la côte Ouest et le Nord-Est américain qui sont démocrates et progressistes, et les États du centre et du sud qui sont républicains et conservateurs.Il y a les grandes villes et les régions rurales qui sont tout aussi divisées.Sur la question raciale, 90 % des Noirs et deux tiers des Latinos ont voté Biden.Ces lignes de fracture \u2014 et il y en a d\u2019autres \u2014 ne sont pas nouvelles, mais elles n\u2019ont jamais été aussi marquées.Détester son prochain Un des principaux legs de Trump aura été de cantonner chaque camp dans des positions plus irréconciliables.L\u2019autre côté n\u2019est plus seulement dans l\u2019erreur, c\u2019est un ennemi qui fraude le système et qu\u2019il faut abattre.On l\u2019a vu lors des débats, Trump a donné son appui aux milices armées d\u2019extrême droite pour qui toutes les minorités sont des nuisances et des cibles mouvantes.Plus que jamais, la parole raciste, xénophobe, paranoïaque, complotiste et anti-média est décomplexée, déchaînée et influente.On peut se rassurer en pensant que la vaste majorité de ses 72 millions de supporteurs vont attendre leur revanche aux prochaines élections.Mais c\u2019est plutôt la minorité de supporters indéfectibles, les plus enragés et les plus fanatisés, qui m\u2019inquiète.Ceux-là \u2014 et Trump n\u2019a de cesse d\u2019alimenter leur paranoïa \u2014 croient dur comme fer qu\u2019on leur a volé la victoire, que les dés étaient pipés et que tous les médias étaient de connivence.Dans leur logique, ils ont le devoir légitime et patriotique de se battre pour que triomphe « leur » justice.Si Trump continue d\u2019alimenter leur rage et leur fanatisme \u2014 il a dit aux Proud Boys de se tenir prêt à agir [Stand back and Stand by] \u2014 il ne faudrait pas se surprendre si certains groupes recourent à des moyens extrêmes.Et quand on sait à quel point les Américains sont lourdement armés, les scénarios les plus sombres peuvent être envisagés.Et si d\u2019aventure l\u2019armée doit sortir Donald de la Maison blanche, il est quasiment certain qu\u2019on sera dans un quasi-guerre civile.Les mondes parallèles Des centaines de milliers de personnes croient que les Démocrates dirigent un réseau de pédophiles à partir du sous-sol d\u2019une pizzeria qui n\u2019a même pas de sous-sol.Vu d\u2019ici, on se demande comment autant de gens peuvent être aussi caves.À tous ceux-là, je recommande l\u2019écoute de Social Dilemma (Derrière les écrans de fumée en français) sur Netflix.À part l\u2019aspect ironique du documentaire où un géant du web dénonce l\u2019influence machiavélique des autres géants du web, on comprend mieux pourquoi ceux qui pensent que les démocrates ou les progressistes mangent des cadavres de bébés chaque jour au déjeuner se disent entre eux : « Comment ceux qui ne nous croient pas peuvent être aussi caves ?» L\u2019héritage probablement le plus durable des années Trump est justement la création de ces deux « réalités » qu\u2019alimentent malsai- nement les réseaux sociaux.Il y a désormais une réalité alternative \u2014 un deuxième monde parallèle \u2014 dans laquelle les gens s\u2019enferment en n\u2019ayant plus de contact avec les gens de « l\u2019autre bord ».Pour faire simple, Trump a laissé l\u2019Amérique avec une chicane sur le chauffage : la moitié de la population est sûre qu\u2019il fait moins 30° C ; l\u2019autre se croit en pleine canicule ! Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault R A I S I N G T H E F L A G O N I W O J I M A , J O E R O S E N T H A L Un site de consommation contrôlée qui fait office « d\u2019unité de débordement des mesures hivernales » et qui « a hébergé les personnes atteintes de la COVID » durant la première vague de la pandémie.« Le projet du Royal Victoria est déjà inclusif, poursuit-elle.(On y accueille tant des hommes, des femmes, allochtones et autochtones) Les services de santé y sont déjà implantés.Ça nous permet de démarrer plus rapidement, surtout avec l\u2019arrivée du temps froid.» Le mélange des clientèles « Il y a différentes zones au sein de l\u2019ancien hôpital qui ont été établies avec un logisticien du CIUSSS-Centre-Sud pour s\u2019assurer qu\u2019on respecte toutes les règles et les normes de prévention et de contrôle des infections, poursuit-elle.Il n\u2019y a pas de potentiel de contamination puisque tout a été pensé pour éviter ce genre d\u2019événement.» Sur place, les usagers auront accès à des intervenants psychosociaux .Les équipes de santé seront sur place avec une infirmière en lien avec un médecin partenaire.Les services de santé plus spécialisés seront dispensés à proximité.Élaine Polflip concède que le programme \u2014 qui nécessite l\u2019adhésion volontaire des participants \u2014 ne conviendra pas à tout le monde.« Mais ça répond aux besoins de plusieurs qui n\u2019arrivent pas à dormir dans les refuges ou intégrer des hébergements à cause de leur consommation sévère et chronique d\u2019alcool.» Pour l\u2019instant, le projet reste « un projet pilote ».« On va peaufiner notre programme et s\u2019ajuster au fur et à mesure.On pourra rajouter des lits avec le temps.Des lits seront réservés aux femmes sur un étage séparé des hommes.On y accueillera aussi les personnes trans, les personnes non-binaires, et les personnes autochtones.» Pour cette raison, on hésite pour le moment à parler du coût par personne.« Par contre, des études ont montré que c\u2019est plus avantageux au niveau des coûts (économiques et sociaux).Un programme de gestion de l\u2019alcool diminue les interactions avec la police et les services d\u2019urgence qui peuvent mener à des arrestations ou conduire à des hospitalisations.C\u2019est ce qu\u2019on appelle en français, cost effective (rentable).» Avec l\u2019ouverture d\u2019un centre d\u2019hébergement dans un hôtel de la Place Dupuis et d\u2019une halte-répit au Grand Quai du Port de Montréal, la population itinérante de la métropole aura cette année plus d\u2019options pour passer au travers de l\u2019hiver.D\u2019ici quelques semaines, une autre ressource sera offerte aux personnes plus vulnérables : celle du programme de gestion de l\u2019alcool implanté dans l\u2019ancien hôpital Royal Victoria.À travers le monde, plusieurs grandes villes se sont dotées depuis longtemps de leur propre wet shelter, un site de consommation contrôlée d\u2019alcool pour ceux qui ont des problèmes chroniques.Au pays, il y en a notamment à Ottawa et à Toronto.On y offre le gîte et le couvert, en plus de l\u2019accès aux services des milieux communautaires et de santé.Celui de Montréal aura sa particularité, explique Élaine Polflit, coordonnatrice au CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal.« Ce n\u2019est pas un wet shelter où les personnes apportent leur alcool et peuvent le boire sur place.Les personnes hébergées auront accès à des doses prédéterminées par une équipe clinique.C\u2019est vraiment un programme balisé qui fait l\u2019objet d\u2019une approche individualisée.».Trois ans plus tard La promesse d\u2019une telle ressource ne date pas d\u2019hier.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s\u2019était commise dès 2018.Lors d\u2019une entrevue avec les camelots-rédacteurs de L\u2019Itinéraire, en avril 2019, elle avait même assuré que cela se ferait en cours d\u2019année.« Mais on a un travail à faire au niveau de la cohabitation, avait-elle plaidé.Parmi la population, il y en a qui ont beaucoup de questions.» Près de trois ans plus tard, le choix du site de l\u2019ancien hôpital Royal Victoria n\u2019est pas motivé par la question de l\u2019acceptabilité sociale, assure Élaine Polflit.« Ce n\u2019est pas tant le côté de l\u2019acceptabilité sociale qui a dirigé notre choix, mais plus l\u2019opportunité.On était déjà sur place avec notre partenaire communautaire (la Mission Old Brewery).» Il est important de préciser que le Royal Victoria n\u2019est plus un centre hospitalier.« C\u2019est un centre d\u2019hébergement multifonctions » J E A N G A G N O N | W I K I P E D I A C O M M O N S Élaine Polflit Coordonnatrice du Continuum Populations vulnérables et Intervention de crise Du CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal 11 itineraire.ca 10 itineraire.ca Décembre 2020 Décembre 2020 Laurent Soumis Lorsque Patrick Norman a ouvert la porte de sa maison pour accueillir le camelot-rédacteur de L\u2019Itinéraire, Jean-Claude Nault avait des étoiles dans les yeux et les mains un peu moites.Après tout, ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019on a la chance de rencontrer une de ses plus grandes idoles ! D\u2019autant plus qu\u2019avec ses 50 ans de carrière, Patrick Norman n\u2019est rien de moins qu\u2019un livre d\u2019histoire de la musique québécoise.Pendant près de deux heures, l\u2019artiste a répondu aux questions de Jean-Claude, qui s\u2019était préparé à l\u2019entrevue en lisant la biographie Patrick, Yvon et vous qui parcourt la vie personnelle et professionnelle de cette légende du country.Au il des ans, l'auteur-compositeur-interprète a su conquérir des fans de tous horizons, notamment grâce à son émission Pour l\u2019amour du country.Sa longévité, sa ténacité, mais surtout son grand talent de guitariste et sa voix de velours lui ont valu le respect de ses pairs.Or ça n\u2019a pas toujours été le cas.Si Patrick Norman, ou Yvon Éthier de son vrai nom, a soufert de son look des années 80 que lui-même juge suranné, aujourd\u2019hui, l\u2019artiste et l\u2019homme s\u2019assument pleinement.Entrevue.QUAND PATRICK SE RÉCONCILIE AVEC YVON Camelot métro Champ-de-Mars Mis en forme par Josée Panet-Raymond Propos recueillis par Jean-Claude Nault DAVID HIMBERT de l\u2019enfance, ça sauverait beaucoup d\u2019argent et des problèmes à résoudre plus tard.Tout ça m\u2019a suivi jusque dans mon adolescence.Jusqu\u2019à ce que je découvre la guitare.J\u2019y ai pris plaisir et elle m\u2019a ouvert une porte ou deux\u2026 Et vous dites que Patrick s\u2019est réconcilié avec Yvon.Qu\u2019est-ce que ça veut dire ?J\u2019avais beaucoup de conflits intérieurs quand j\u2019étais jeune, je me jugeais très sévèrement, j\u2019avais une faible estime de moi.Ça m\u2019a suivi longtemps.Et quand j\u2019ai commencé ma carrière, il a fallu que je me batte contre ça.À mes débuts, on ne voulait pas de moi dans le show business.On me traitait comme un artiste de troisième ordre.J\u2019avais la perruque, je faisais de l\u2019embonpoint.Mais je me suis mis à avoir des hits dans les années 70 dont avec Mon cœur est à toi, qui a été en première position à l\u2019émission Jeunesse animé par Jacques Salvail.Puis j\u2019ai enregistré le thème du film Papillon, en trois langues, chanson qui a fait le tour du monde.Trop longtemps, je me diluais.Je voulais plaire au public, aux producteurs, aux palmarès, aux radios.Je travaillais pour plein de monde en même temps.Mais moi, Yvon Éthier, j\u2019ai été mis de côté dans la vie de Patrick Norman tout ce temps-là.Vous venez d\u2019une famille de musiciens.Comment avez-vous appris à jouer de la guitare ?D\u2019aussi loin que je me souvienne, mon père avait une guitare dans les mains.Et chaque fois qu\u2019il jouait, je m\u2019assoyais à côté de lui plutôt que de jouer aux camions avec mes petits cousins et cousines.Les dimanches, quand il sortait sa guitare, tout le monde venait autour de lui pour chanter.Un jour il m\u2019a donné son pick et il m\u2019a dit de gratter les cordes pendant que lui faisait les accords.J\u2019étais trop petit pour la tenir moi-même.Vers neuf ans, il a posé sa guitare sur mes genoux et a placé mes doigts entre les frettes.Je n\u2019oublierai jamais le premier accord que j\u2019ai joué : un sol ordinaire.J\u2019ai su tout de suite que c'était réglé pour moi.Dans votre livre, tantôt c\u2019est Patrick Norman qui parle, tantôt c\u2019est Yvon Éthier.Pourquoi ?Premièrement, ce livre, c\u2019est l\u2019idée de Carmel Dumas.On est amis depuis 30 ans et elle m\u2019a parlé de faire une rencontre entre Patrick et Yvon.Ces deux-là sont liés depuis plus de 50 ans, ils ont traversé des tempêtes, eu des succès, vécu des périodes creuses, fait faillite\u2026 des épreuves comme beaucoup de monde d\u2019ailleurs.Et aussi parce qu\u2019on est deux là-de- dans : Yvon Éthier qui paie les comptes et sort les vidanges et Patrick Norman qui a la gloire, la guitare, les feux de l\u2019action puis qui pogne les filles.Ça n\u2019a pas été dur pour moi de choisir la vie que je voulais.Mais ç\u2019a fini par créer des problèmes à la longue, des discordes, des incompatibilités.Bien longtemps, j\u2019ai vécu une double vie.En 1969, Yvon Éthier, un petit gars qui a toujours été timide, a revêtu les habits de Patrick Norman.À partir de ce moment-là, Patrick n\u2019avait plus besoin d\u2019être gêné.Je savais qu\u2019Yvon était toujours en dedans de moi, mais j\u2019avais une armure qui ne laissait rien paraître.Enfant, je me tenais tranquille dans mon coin, je n\u2019allais pas vers les autres.Mais ç\u2019a fait de moi une victime parce que ça attirait ceux qui étaient un peu vilains et malicieux.Ceux qui vous tapochent, qui vous crient des noms.Vous savez, on devrait étudier ces comportement-là [l\u2019intimidation] à partir Dans le respect des plus strictes mesures sanitaires, un écran en plexiglas les séparant, Patrick Norman a répondu aux nombreuses questions de notre camelot Jean-Claude, qui était visiblement heureux de rencontrer l\u2019une de ses plus grandes idoles.La rédactrice en chef, Josée Panet-Raymond l\u2019accompagnait pour l\u2019occasion.itineraire.ca Décembre 2020 14 En 1986, vous recevez votre premier disque d\u2019or avec des ventes de 300 000 copies de l\u2019album mettant en vedette le hit Quand on est en amour.C\u2019est la consécration.Et pourtant vous étiez snobé par la communauté artistique comme étant quétaine.Vous avouez que votre look était votre talon d\u2019Achille.Aujourd\u2019hui, tout le monde vous respecte et reconnaît que vous êtes un des meilleurs musiciens au Québec.Qu\u2019est-ce qui a changé ?C\u2019est ma façon de me faire percevoir, et j\u2019en prends le blâme.Aujourd\u2019hui, je me regarde et je me dis, ben voyons donc, je n\u2019en reviens pas du style que j\u2019avais ! Dans le fond, je ne me sentais pas faire partie de la gang.Mais ce qui m\u2019a permis de persévérer, c\u2019est que j\u2019avais l\u2019étincelle ; j\u2019ai compris que j\u2019étais heureux quand je faisais de la musique.Et puis, il n\u2019y aurait personne qui allait me dire « on ne veut pas de toi ».Quand j\u2019ai gagné le Félix du microsillon le plus vendu au Québec, en 1987 il y a deux personnes qui sont venus me voir.René Angélil m\u2019a donné la main et m\u2019a félicité pour Quand on est en amour.Et il y a eu Pierre Bertrand, de Beau Dommage, un groupe avec lequel j\u2019ai grandi et que j\u2019admire beaucoup, qui m\u2019a dit « J\u2019aime ce que tu fais, ta façon d\u2019aborder la guitare.Ne lâche pas ! ».Ces deux-là m\u2019ont vraiment touché et ça m\u2019a permis d\u2019endurer tous les autres enfoirés.Vous souvenez-vous quand vous avez découvert votre talent, votre style ?Quelques années plus tard, j\u2019allais chez mon oncle Albert, le frère de ma mère, à toutes les fins de semaines, parce que mon cousin Pierrot avait une pile de guitares électriques avec un ampli.Je capotais ! On pratiquait des pièces des Ventures et de Dwayne Eddy.Aussi, mon oncle Albert, un grand amateur de musique, arrive avec un long jeu de Chet Atkins, Finger Style Guitar.Quand il a mis ça sur le pick-up\u2026 Ah ben tabarnouche, j\u2019ai reçu le coup de masse ! Ç\u2019a été pour moi révélateur; je ne savais pas qu\u2019on pouvait faire sonner une guitare comme ça.Je ne savais pas comment il faisait, parce qu\u2019il jouait avec un pick à pouce, mais moi, avec mon pick ordinaire, je suis arrivé à le faire pareil.Qu\u2019est-ce qui vous a lancé dans la musique ?Dans ma jeunesse, il y a quelques personnes qui m\u2019ont encouragé, m\u2019ont donné un élan.Il y a eu mon oncle Oscar, qui m\u2019a dit que j\u2019avais une belle voix et il m\u2019a acheté un micro.Il a reconnu ma passion.Et il y a le cousin de ma mère, Gilles Wistaff, joueur d\u2019accordéon, qui était impressionné par ma capacité de suivre le temps, d\u2019embarquer aux bons endroits.Il m\u2019a payé des cours de solfège au conservatoire, mais moi, ça ne m\u2019intéressait pas de lire la musique, je voulais juste jouer.Je suis autodidacte, j\u2019ai toujours joué par cœur, par oreille.Plus tard, Claude St-Jean [ancien agent et propriétaire du célèbre steakhouse où Patrick a longtemps joué en début de carrière] me paiera des cours de chant, Ça m\u2019a beaucoup aidé à placer ma voix.Vous avez réalisé un rêve en rencontrant Chet Atkins, votre mentor, à Nashville.Quel impact a-t-il eu sur vous ?On s\u2019est rencontré brièvement lors de mon premier voyage au Grand Ole Opry à Nashville en 1971.Mais c\u2019est en 1991, lorsque j\u2019ai participé à un hommage à la légende Hank Snow qu\u2019on s\u2019est vus.On a joué ensemble et le « maître de tous les pickers » a même signé ma Gretch.C\u2019est comme rencontrer Beyoncé aujourd\u2019hui ! J\u2019ai aussi rencontré les grands, comme Bobby Bear, Brenda Lee, Jerry Reed, Charlie Pride\u2026 des grosses pointures.Mais le point tournant, ç\u2019a été dans les années 90 quand je suis allé en Louisiane enregistrer deux albums.Le premier, Whispering Shadows (en anglais) et Passion Vaudou.Ç\u2019a changé comment je me percevais et comment les autres me percevaient.Il y a eu les critiques dont tout le monde avait peur : Claude Rajotte avec son fameux Le cimetière du CD qui m\u2019a souvent planté avec de bons coups de masse, et Sylvain Cormier [critique de musique au Devoir] qui ne me manquait pas non plus.Eh bien, ils ont compris que j\u2019avais ma place.Ils ne me voyaient plus de la même façon.Faut se méfier des préjugés ! En tant que société, ça nous a fait commettre de graves erreurs.Avec ces albums, comme d\u2019autres que j\u2019ai faits par la suite, et dont je suis très fier, les autres musiciens ont vu que j\u2019étais un vrai tripeux de guitare, quelqu\u2019un qui s\u2019amusait à faire de la musique et ils ont voulu s\u2019amuser avec moi.Votre émission Pour l\u2019amour du country, malgré son grand succès a été annulée après 16 ans en 2019.Comment avez- vous vécu ça ?C\u2019est sûr que ça n\u2019a pas été facile.À chaque enregistrement, j\u2019allais m\u2019immerger dans la musique.J\u2019allais fraterniser et frayer avec des musiciens extraordinaires.Des passionnés, autant l\u2019équipe technique que les musiciens.Le public était merveilleux.Ah ! les jams qui suivaient.C\u2019était magique ces soirées-là.Chaque année, on avait tellement de plaisir à se retrouver.Ç\u2019a été une belle aventure ! Sous les prix et disques d\u2019or et de platine, Patrick Norman tient affectueusement la Gibson de son père, guitare qui l\u2019a accompagné tout au long de sa carrière et à qui il a même consacré une chanson.Patrick a épousé Nathalie Lord « la femme de ma vie » en 2017, complice tant dans la vie que dans la musique.itineraire.ca Décembre 2020 17 itineraire.ca Décembre 2020 16 Vous avez déjà connu une période difficile à la suite de votre premier divorce, que vous qualifiez d\u2019autodestruction.Comment vous en êtes-vous sorti ?Je m\u2019haïssais, je me faisais violence.Je me tenais avec de mauvais compagnons.Je ne dormais pas et je ne prenais pas soin de moi.Je me disais que ce n\u2019était rien que ça que je méritais.Mais c\u2019est aussi une période où j\u2019ai commencé à comprendre des choses à propos de moi-même.Faut dire aussi que la musique a toujours été là, constante.Ça m\u2019a permis de réaliser que je faisais du bien.Un soir, une femme que je ne connaissais pas m\u2019a appelé après un spectacle à un bar où je jouais à Gatineau.Elle m\u2019a dit que la chanson Qui est le gagnant l\u2019avait tellement touchée qu\u2019elle avait décidé de donner une deuxième chance à son couple.Elle m\u2019a remercié de lui avoir redonné espoir.Ç\u2019a replacé l\u2019aiguille de ma boussole à la bonne place.Intérieurement, je savais que j\u2019étais meilleur que ça.Ça m\u2019a remis au diapason avec moi-même.Il a fallu que je passe par là.Il y a un message fort là-dedans\u2026 Écoute, quand t\u2019es découragé, quand t\u2019es à terre, quand t\u2019es le dernier des trous de cul, comme je l\u2019ai été, le fait de ruminer, ça ne fait que mettre de l\u2019huile sur le feu.Mais c\u2019est exactement à ce moment-là que tu dois te lever et aller aider quelqu\u2019un sans rien demander en retour.Ç\u2019a a un effet d\u2019enchaînement : tu vas prendre de la valeur à tes propres yeux, puis ça va te donner le goût de continuer.Aider quelqu\u2019un qui en arrache, ça te remonte.C\u2019est exactement ce que font les camelots et les gens impliqués à L\u2019Itinéraire, des gens qui sont sur le terrain.Ils ont trouvé le bonheur d\u2019être à la bonne place.Yvon Éthier/Patrick Norman en quelques dates Né le 10 septembre 1946 (74 ans) Sa carrière débute en 1969 Premier disque d\u2019or en 1972 avec Mon cœur est à toi Premier disque platine en 1977 avec Let\u2019s Try Once Again 1986 : son plus grand succès Quand on est en amour vendu à 300 000 copies 6 Félix en carrière dont le plus récent : l\u2019album de l\u2019année/country (Si on y allait), 2020 Parmi les événements les plus marquants de sa vie : « Le moment où mon père a placé une guitare sur mes genoux pour la première fois » « La première fois que j\u2019ai entendu du Chet Atkins chez mon oncle Albert » « La fois que j\u2019ai rencontré Chet Atkins mano à mano en 1991 » « Quand j\u2019ai fait une tournée avec Gilbert Bécaud dans les années 70 » « Quand j\u2019ai vu le guitariste George Benson au Esquire Show Bar.D\u2019autres shows épiques : les Everly Brothers, Neil Sedaka, les Platters (les originaux) » « Quand j\u2019ai rencontré Nathalie Lord ! » Souvenir du mentor de Patrick Norman, le légendaire Chet Atkins, qui a signé sa Gretch (4e guitare à droite).Décembre 2020 itineraire.ca 18 Patrick, Yvon et vous Propos recueillis et mis en forme par Carmel Dumas Éditions Un monde différent, 2020 Des services adaptés à leur réalité Pour que la rue ait une issue.Pour faire un don : 514 845-2108 poste 316 maisondupere.org itineraire.ca Décembre 2020 21 Car il est là le problème.Ces décideurs ne centrent leurs décisions que sur leurs profits, qu\u2019ils soient financiers ou politiques.Aujourd\u2019hui et maintenant, leurs actions ne se rapportent qu\u2019au court terme, parce qu\u2019on ne sait pas, de toute façon, de quoi sera fait demain.La destruction tranquille Mon amie a pleuré en regardant ces photos parce qu\u2019elle a réalisé violemment que le lendemain serait vide.La maison de ses ancêtres n\u2019existerait plus.Un vide complet, des décennies effacées.Un silence assourdissant.À jamais.On oublie que nous sommes ensemble dans le désastre.Comme le chantait Harmonium ( L\u2019Exil ) : « C\u2019est juste en tombant / Qu\u2019on partage le même cri ».Elle était en colère parce que dans notre coin de planète, le passé dont on s'enorgueillit (allez relire ce qui est écrit sur la plaque d\u2019immatriculation de votre voiture), c\u2019est franchement de la frime.Nos pauvres vieilles pierres, pas si vieilles, sont délaissées au gel de l\u2019hiver de notre mémoire, qui les fait craquer.On préfère se réfugier dans la chaleur sèche de nos condos de carton-pâte.Sur cette photo, on voit quelques meubles, écrivais-je, qui sont détruits par les pelles mécaniques.En haut à gauche, quand on y porte attention, on y voit une commode et un lit, tout croches, prêts à être broyés par les machines \u2014 il y a encore une catalogne sur le matelas.C\u2019était le lit de la grand-mère de mon amie.Elle a vu passer la photo sur Facebook.Une maison ancestrale en train de se faire démolir par de gros engins mécaniques.La maison était littéralement coupée en deux.On voyait la moitié des pièces, y compris les meubles tout croches, renversés par les pelles mécaniques.C\u2019était la maison de ses ancêtres, où sa grand- mère avait vécu.C\u2019était une très belle maison canadienne, toute blanche, nichée dans un paysage magnifique de Lanaudière.Quelques heures plus tard, il n\u2019en restait qu\u2019un tas de matériaux indistinct, qui finira dans un centre d\u2019enfouissement, je présume.L\u2019histoire bâtie de plusieurs générations d\u2019une même famille au dépotoir.Pourquoi détruire cette belle vieille maison ?Elle n\u2019était pas à l\u2019abandon, elle était une vieille dame fière et solide.Mais des gestionnaires à courte vue de la municipalité l\u2019ont fait exproprier pour qu\u2019on y bâtisse, sur son vaste terrain, des cages à poule.Pardon, pas des cages à poule, des cages à humains.Des résidences pour personnes âgées, construites pour ne durer pas trop longtemps, au coût le plus bas possible.De toute manière, ces gens-là vont mourir dans pas si long, pourquoi penser à long terme ?Vivre l\u2019instant présent Nous vivons dans une société qui valorise le court terme, à tout prix, c\u2019est le cas de le dire.Les entreprises privées n\u2019en n\u2019ont que pour le pourcentage de profit du prochain trimestre.Au diable le développement à long terme.Les partis politiques n\u2019ont d\u2019yeux que pour les sondages qui présagent, ou pas, leur score aux prochaines élections.Au diable la préservation des écosystèmes et la santé de nos petits-enfants.C\u2019est dans l\u2019air du temps.Il suffit de lire quelques publications de psycho pop pour s\u2019en convaincre.Particulièrement les images partagées sur les réseaux sociaux, accompagnées de messages soi-disant inspirants.« Il importe de vivre le moment présent ! », dit cette femme qui embrasse un arbre.Il ne faudrait surtout pas vivre dans le passé et encore moins dans un avenir inconnu.Hic et nunc, comme on le disait en latin : ici et maintenant.Être zen au son d\u2019une petite rivière qui coule et après moi, le déluge pour le reste.Surtout après moi.Le lit ?n° 153 ?Laury Bacro et Mariana Racine Méndez ?organisatrices communautaires au RAPSIM proposé dans les hébergements d\u2019urgence.En contexte de crise sanitaire, les campements permettent d\u2019assurer le respect des règles et apportent ainsi un sentiment de sécurité.Le sentiment d\u2019appartenance à un quartier, à une communauté d\u2019entraide informelle et à des services connus vient aussi jalonner le discours des personnes présentes en campement.Les travailleur.se.s de rue et les intervenant.e.s de proximité présent.e.s sur le terrain efectuent un travail remarquable, dans le respect de l\u2019autodétermination des besoins.La reprise de pouvoir des populations marginalisées passe aussi par la capacité à énoncer ses besoins et à trouver des solutions adaptées.Que cela soit d\u2019avoir accès à un logement, à une structure d\u2019hébergement temporaire avec accompagnement, à un lit pour la nuit ou encore de rester pour l\u2019hiver.Une responsabilité collective Nous voulons avertir les lecteur.trice.s face aux discours, qui à l\u2019image du maire de Hull (Gatineau), reportent la responsabilité des campements aux personnes et aux organismes qui viennent en aide aux personnes sur place.La responsabilité, bien loin d\u2019être individuelle ou du côté des diférentes solidarités qui se manifestent, est en réalité collective.Faire disparaître les campements de l\u2019espace public ne fera pas disparaître le problème.Il propulsera les personnes déjà à risque vers plus d\u2019isolement et les pousseront à se déplacer dans un endroit caché.On parle ici de crise du logement, de crise sanitaire mondiale, de revenus trop peu élevés, de parcours de vie marqués par diférents obstacles\u2026 et surtout, on parle ici de citoyens et de citoyennes comme vous et moi, de dignité humaine, de droit à la sécurité et à la vie privée.L\u2019ensemble de la population montréalaise a le pouvoir d'améliorer les conditions de vie des personnes en situation d'itinérance.En exigeant de nos gouvernements des services d'urgence à l'année.En exigeant des investissements importants dans les logements, sociaux, transitoires, avec soutien communautaire.En favorisant la concertation et en mettant en place des solutions adaptées aux besoins locaux.En reconnaissant le droit d'occuper l'espace public et en facilitant la cohabitation sociale.Soyons solidaires.Cette année, dans le cadre des mesures hivernales, il y a plus de services que par le passé à Montréal.On compte un hôtel converti en refuge au centre-ville et neuf haltes-chaleur dans diférents quartiers, certaines avec des matelas pour s\u2019y reposer en plus d\u2019un système de navette.Cette augmentation des services est positive et démontre une reconnaissance : l\u2019itinérance se vit partout à Montréal.Par contre, cette tendance à réléchir en fonction de la température oblige les organismes communautaires à mettre en place des services pour ensuite les enlever alors qu\u2019ils savent que les besoins sont présents à l\u2019année.C\u2019est une méthode qui garde les personnes en situation d\u2019itinérance dans une incertitude constante.Les gens n\u2019ont même pas la certitude d\u2019avoir un endroit pour se réchaufer tout l\u2019hiver (comme les inancements vont seulement jusqu\u2019au 31  mars).La météo pour sa part ne s\u2019est pas engagée à un mois d\u2019avril chaud et ensoleillé.De plus, si les mesures hivernales permettent de répondre à un certain nombre de besoins, elles ne répondent pas à tous les besoins.En efet, d\u2019une part, on peut penser qu\u2019il manquera de places cet hiver.Si l\u2019on se ie au nombre de 6 000 personnes en situation d\u2019itinérance estimé par la mairesse, les 1 650 places du plan hivernal ne suiront pas.D\u2019autre part, la nature des services ne couvre pas tous les besoins.Les besoins sont pluriels : lieu de répit, hébergement d\u2019urgence, logement temporaire, transitoire, social ou avec soutien communautaire.Il est important de reconnaître les trous de services et d\u2019élaborer des réponses en partenariat avec le milieu communautaire répondant aux besoins clairs exprimés par les personnes.Des campements qui en disent long Malgré les mesures hivernales en place, certaines personnes n\u2019iront pas dans les refuges cet hiver.Des campements se retrouvent sur l\u2019ensemble du territoire montréalais, comme à Québec, à Gatineau, ou encore dans l\u2019ensemble des villes du Québec, dans les bois, etc.Ce que nous dit ce phénomène, qui n\u2019est pas nouveau, c\u2019est la volonté des personnes qui les habitent d\u2019avoir une installation qui ressemble davantage à un « chez-soi » que ce qui est L\u2019hiver est là et les besoins demeurent 1er décembre 2020 Chronique payée ÉCONOMISTE INDÉPENDANT I A N I K M A R C I L C O U R T O I S I E « Le temps est venu de rentrer au pays », insistait solennellement Justin Trudeau le 16 mars 2020.Ce jour-là, il annonçait l\u2019état d\u2019urgence sanitaire et la fermeture des frontières canadiennes aux non-résidents canadiens.Plus tard, on a promis une entrée prioritaire aux citoyens canadiens, résidents permanents ainsi qu\u2019aux membres de leur famille immédiate.Promesse vaine puisque des mois après cette annonce, des couples et des familles vivent encore un quotidien par procuration sur Teams, Zoom, Messenger ou Whatsapp.KYLER TRAUTNER, ANDREI VALENTIN | UNSPLASH PHOTOMONTAGE | CARLA BRAGA Journaliste, responsable des dossiers société par Alexandra Guellil Vivre par la pandémie séparés Ce samedi-là au parc Jarry à Montréal, Jean-Brice Bamouni téléphone à sa femme, Sadiatou IIboudo, qui se trouve au Burkina Faso.Leur complicité nous fait presque oublier qu\u2019ils vivent séparés l\u2019un de l\u2019autre depuis des mois.Sadiatou attend son visa d\u2019entrée au pays.Avec la pandémie et la fermeture des frontières, toutes les demandes d\u2019immigration, qu\u2019elles soient liées à une résidence permanente ou à un parrainage, ont été retardées, forçant des familles et des couples à vivre séparés, sans vraiment savoir quand ils se reverront en personne.En janvier 2021, cela fera 24 mois que Jean-Brice et sa femme attendent un signe concernant leur demande de parrainage.L\u2019homme ne comprend pas pourquoi les choses trainent autant au bureau des visas de Dakar, au Sénégal, qui traite les demandes du Burkina Faso où se trouve sa femme.Ceci alors même que le bureau de Paris est réputé pour être rapide dans le traitement des demandes.« Une de mes connaissances n\u2019a toujours eu aucune nouvelle alors que sa demande a été déposée en octobre 2018, explique-t-il.Je ne comprends pas pourquoi ça traîne autant alors qu\u2019à Paris, même en temps de COVID, ça semble être plus rapide.On dirait que le fonctionnement n\u2019est pas le même dans tous les bureaux de visas d\u2019Immigration Canada.» Lorsque Jean-Brice se connecte pour visualiser le dossier de sa femme, il semble qu\u2019il ne se soit rien passé depuis le 24 août dernier, date d\u2019approbation de son certificat de sélection du Québec.Pourtant, la visite médicale a été effectuée et les frais ont été payés.Il ne manque donc, logiquement, que la toute dernière vérification des autorités.« On envoie des courriels et personne ne nous répond.On appelle et la ligne est surchargée.» Chose étonnante, lorsque Jean-Brice a contacté sa députée, on l\u2019a informé que son dossier a été reçu au bureau des visas de Dakar, le 16 septembre, soit plusieurs mois après son envoi.« Ce que je comprends, c\u2019est que cela a pris sept mois pour que le dossier soit transféré à Dakar.Entre le mois de mars et de septembre, pendant qu\u2019on attendait un retour, il ne s\u2019est rien passé.» « C\u2019est elle ma famille ! » Jean-Brice et Sadiatou n\u2019ont pas d\u2019enfant.Ils gèrent la distance comme ils peuvent par des appels et des messages quotidiens.En temps normal, l\u2019homme rentre au pays chaque année, retrouver ses parents et sa femme, ce qui n\u2019est pas possible cette année.« On s\u2019appelle tous les jours, mais ce n\u2019est pas évident, car on n\u2019est pas sur le même fuseau horaire.On s\u2019écrit, on fait des appels vidéo.Elle vit chez mes parents donc le contact est là.Et même si on a été habitués à vivre loin, ce n\u2019est pas toujours simple.» Depuis le 8 juin, un citoyen canadien et sa famille immédiate peuvent en théorie obtenir un visa pour rentrer au pays.Ce qu\u2019on a oublié de préciser, c\u2019est que ce visa n\u2019est pas valable pour tous et qu\u2019il peut être refusé par les agents frontaliers, s\u2019il y a déjà un processus d\u2019immigration d\u2019enclenché.Au pays depuis 2002 et citoyen canadien depuis un an, Jean-Brice se questionne beaucoup sur ce qu\u2019il qualifie d\u2019injustice.Alors il agit, joint des groupes de soutien et des élus, se déplace à Ottawa le temps des manifestations pour faire bouger les choses.Il espère qu\u2019une enquête sera faite sur le fonctionnement des bureaux de visas qu\u2019il juge disparate à travers le monde.« On aurait dû être prioritaires » Cette incompréhension est aussi partagée par Misha Pelletier qui est devenue l\u2019une des modératrices du groupe Facebook Spousal Sponsorship Advocates.La pandémie a révélé des pratiques ancrées dans le système d\u2019immigration canadien qui, selon les critiques, est discriminatoire à l\u2019égard des voyageurs originaires des pays en développement.Mohammed Jihed, le mari de Misha, est Tunisien.Ils se sont rencontrés à Montréal en 2017, ont habité ensemble après six mois et ont fait une demande de parrainage l\u2019année suivante.Le visa de son mari a expiré et il a dû rentrer en Tunisie cette même année, après leur mariage en juin.Ils sont eux aussi à la dernière étape du processus, la vérification des autorités.Quand toutes les frontières ont fermé, Misha a été choquée.« On est une famille, on est mariés, ce n\u2019est pas correct, on aurait dû être prioritaire, insiste-t-elle.On s\u2019est fait la promesse qu\u2019on serait ensemble à la vie, à la mort, mais notre vie est sur écran depuis 10 mois.Mon fils de huit ans ne parle pas à son beau- père parce qu\u2019 il n\u2019est pas à l\u2019aise avec les écrans.Il croit parler à un robot.» Pour tenir, Misha et son mari s\u2019envoient des messages tous les jours, mais au fond d\u2019eux, ils espèrent un miracle pour passer le temps des Fêtes ensemble.Partir en Tunisie impliquerait une quarantaine à effectuer dans les deux pays, à l\u2019aller et au retour, ce qui est impossible en deux semaines de vacances.De gauche à droite Karine Cloutier, Misha Pelletier, Roxane Walsh et famille, avec un portrait en carton grandeur nature d'Edward, ainsi que Jean-Brice Bamouni.« On a raté notre anniversaire de mariage, je n\u2019ai pas été à ses côtés au décès de son oncle et il n\u2019était pas là pour l\u2019anniversaire de mon garçon.L\u2019engagement dans la cause me permet de ne pas déprimer, mais cette absence, ça fait vraiment mal.» - Misha Pelletier « On vient tous de quelque part.J\u2019ai fait des études, je suis travailleur autonome.Ma femme, c\u2019est elle ma famille, je veux juste être avec ma famille.» - Jean-Brice Bamouni MIKAËL THEIMER 25 itineraire.ca 24 itineraire.ca Décembre 2020 Décembre 2020 En quête de réhabilitation Roxane et Edward ont pour leur part une histoire peu ordinaire.La pandémie a rallongé les délais dans le traitement de leur dossier et ils attendent l\u2019approbation d\u2019une demande de parrainage depuis décembre 2019.Leur certificat de sélection du Québec a pris huit mois à être émis.Ils vivent depuis des mois une vie familiale dans l\u2019attente.Edward a quitté la République dominicaine à 20 ans pour vivre le rêve américain sous une fausse identité.Dans son pays d\u2019origine, il était ingénieur en téléphonie.À Boston, sans parler anglais, ses options étaient limitées.Il a fini par vendre de la drogue, s'est fait arrêter et a fait trois ans de prison avant d\u2019être libéré pour bonne conduite.Il dit avoir travaillé fort pour payer sa dette à la société et se faire pardonner ses erreurs aux États-Unis.Ce qui a finalement été fait.Edward est entré au Canada en 2011, à pied, des États-Unis.Il s\u2019est présenté lui-même à l\u2019Agence des services frontaliers Montréal pour demander un statut de réfugié qui lui a été refusé au bout de trois ans.Il enclenche une demande de parrainage avec Amélie, sa première conjointe.Ensemble, ils deviennent les parents d\u2019Alycia.Leur relation se solde par un échec à force d\u2019attendre les papiers d\u2019Edward.L\u2019homme demande une réhabilitation, qui est elle aussi refusée.Un an après sa séparation avec Amélie, il rencontre Roxane et ses deux enfants, Alexander et Calista.Comme leur père est décédé, les enfants n\u2019ont qu\u2019Edward comme figure paternelle.Roxane et Edward sont tombés amoureux, se sont mariés et ont eu Gabriela.Edward a dû quitter le Canada en 2017 à la suite d\u2019un refus à ses premières demandes de réhabilitation et de parrainage qui, elle, a été annulée.« Il y a de l\u2019 injustice quelque part, s\u2019 il ne se qualifiait pas pour l\u2019asile, pourquoi a-t-on pris trois ans à le lui dire ?En trois ans, on travaille, on se fait des amis, on fonde une famille et on croit qu\u2019on peut rester au pays », questionne sa femme.L\u2019amour vaincra Dans l\u2019angle mort des couples mariés, il y a ceux qui ne le sont pas, mais qui sont, eux aussi, séparés par la pandémie.Karine Cloutier et Chris Gatti sont ensemble depuis quatre ans.Avant mars 2020, ils vivaient déjà une relation à distance et se voyaient à leur rythme en fonction de leurs contrats, l\u2019un à Brattleboro, dans le Vermont, et l\u2019autre à Montréal.Jusqu\u2019à la fin du printemps, ils ont écrit la date du 21 de chaque mois sur un calendrier en espérant une réouverture des frontières.Mais plus ça allait, plus ça devenait lourd.« On ne savait pas et on ne sait toujours pas quand on se reverra physiquement.Je ne peux pas me permettre de faire un voyage en avion à 500 $ quand ça me prendrait quatre heures en voiture.Et c\u2019est trop risqué avec la COVID avec ma mère qui est en CHSLD.» Karine et Chris ont trouvé le groupe Facebook Faces of Advocacy qui rassemble des couples comme eux.Plusieurs demandaient une exemption lorsqu\u2019on a annoncé que les familles immédiates, mariés et conjoints pourraient se retrouver.Comme ils n\u2019ont jamais habité ensemble, Karine et Chris n\u2019étaient pas admissibles.« C\u2019était comme si notre relation ne valait rien aux yeux du gouvernement parce qu\u2019on n\u2019avait pas de papier pour la prouver.On a été exclus et c\u2019est vraiment venu me chercher dans mes valeurs.En 2020, le gouvernement nous dit que, comme nous ne sommes pas mariés ou conjoints de fait, « Si j\u2019étais seule, je partirais » Lorsque son mari est parti, Roxane a pris congé de son travail d\u2019enseignante et l\u2019a rejoint.Mais, on ne peut pas vivre en dehors du Québec plus de six mois sans perdre la couverture d\u2019assurance maladie.Et, c\u2019est ce qui est arrivé quand le couple s\u2019est lancé dans une nouvelle demande de résidence temporaire avec réhabilitation en plus d'une demande de visa visiteur.Dans tout ce processus, il faut prouver la bonne foi du requérant avec des experts.Les témoignages de la famille, des amis ou d\u2019un employeur, quoique fiables, ne suffisent pas.Même si Edward affirme n\u2019avoir jamais consommé de drogue, il a pris sur lui, fait un examen psychologique et suivi des thérapies dans un centre pour dépendances.Puis, la pandémie est arrivée et les frontières ont fermé.Roxane est rentrée au pays avec les enfants, mais son mari n\u2019a pas pu les suivre.En avril, on leur a finalement dit qu\u2019Edward ne pouvait pas profiter d\u2019une exemption, que le processus devait suivre son cours.Roxane est devenue monoparentale contre son gré.« Je n\u2019ai plus le budget pour emmener les enfants avec moi.On vit séparés et on ne sait pas vraiment quand on se reverra.On cherche toujours à savoir s\u2019 il sera réhabilité au Canada.Il s\u2019est fait pardonner aux États-Unis.Son erreur ne représente pas la personne qu\u2019 il est.On ne peut pas payer toute sa vie une erreur faite 15 ans plus tôt dans un autre pays.Notre vie est totalement bouleversée, entre le dossier d\u2019 immigration, la quarantaine à effectuer en raison de la COVID-19, les charges quotidiennes, je ne sais plus où donner de la tête ! » Roxane a pensé maintes fois à tout abandonner pour vivre en République dominicaine, un pays qu\u2019elle connaît très bien.Mais, elle y croit encore et agit en tant que maman en pensant aux enfants et à leurs perspectives d\u2019avenir.Son aîné Alexander a un autisme léger menant à des problèmes d\u2019adaptation sociale et des difficultés d\u2019apprentissage.Calista et Gabriela n\u2019ont pas vu leur père depuis des mois, voire même des années pour Alycia, même si les liens sont maintenus par Whatsapp et Messenger Kids.comme ça ne fitte pas dans la case, notre relation n\u2019a pas le droit d\u2019exister alors qu\u2019elle est totalement importante, valable et essentielle.Une relation long terme à distance avec deux nationalités est aussi valable qu\u2019un papier de mariage ! » Chris et Karine n\u2019ont pas eu à apprendre à vivre à distance.Le couple connaissait toutes les applications possibles et inimaginables pour se joindre.Mais il leur fallait une routine pour tenir malgré les médisances de certains qui ne comprenaient pas pourquoi ils s'acharnaient, pourquoi ils ne se quittaient pas.Alors ils ont commencé à s\u2019éloigner un peu plus des autres et à prévoir des rendez-vous quotidiens, le temps d\u2019un café ou d\u2019un repas, chacun devant son écran.Le couple s\u2019est quand même vu en personne à quelques rares occasions, chacun de son bord de la frontière, à Stanstead, derrière la ligne jaune, mais le retour à la réalité a été trop difficile.Alors pour tenir le coup, Karine a créé une sorte de slogan sur les réseaux sociaux : L\u2019amour vaincra.Le 2 octobre, le gouvernement a finalement entendu les revendications de Faces of Advocacy.Mais Karine et Chris étaient, au moment de l\u2019entrevue, encore dans l\u2019attente d\u2019une exemption de visa.Leur demande a été envoyée le 19 octobre et depuis, ils cessent de faire des plans pour éviter d\u2019être déçus et se concentrent sur ce qu\u2019ils peuvent contrôler comme leurs projets professionnels.« Déménager en République dominicaine, ça veut dire abandonner une maison familiale, une carrière, faire de gros changements pour les enfants.Des fois, je me demande si toute cette bataille en vaut vraiment la peine.Je pense aux enfants, ils n\u2019auront pas les mêmes opportunités si nous partons.Si j\u2019étais seule, je partirais.» - Roxane Walsh « On prend nos décisions ensemble, on se raconte nos vies.On a longtemps été dans une période d\u2019attente.On a fini par se dire qu\u2019on se retrouvera quand ce sera possible.J\u2019ai juste hâte de revoir mon chum physiquement.Je nous souhaite collectivement de l\u2019humilité pour comprendre qu\u2019on ne sait pas toujours ce que vivent les autres et que l\u2019on cesse d\u2019 invalider leur expérience.» - Karine Cloutier Alexander (14 ans), Gabriela (2 ans), Calista (9 ans), Roxane, Alycia (8 ans), et Amélie, l\u2019ex-conjointe avec une représentation d\u2019Edward.MIKAËL THEIMER 27 itineraire.ca 26 itineraire.ca Décembre 2020 Décembre 2020 Cinq plans pour Noël Certains politiciens ont laissé entendre qu\u2019il y a des chances qu\u2019on doive passer Noël tout seul cette année.Ces politiciens ne savent pas.Ils n\u2019ont jamais vécu la solitude pour pouvoir la connaître.Pourtant il y a beaucoup de gens comme moi qui la vivent.C\u2019est un vide qu\u2019on a à l\u2019intérieur.C\u2019est d\u2019une grande tristesse.Chaque minute que je passe avec mes amis (ou ma famille si j\u2019en avais une) doit être appréciée et savourée.J\u2019aurais aimé ça, mais cette année je dois faire une prière pour un miracle contre le coronavirus.Noël seul, c\u2019est sûr qu\u2019il y a des gens qui vont être en manque de câlins.Je n\u2019haïrais pas ça recevoir des câlins.Peut-être aimerais-je qu\u2019on me propose d\u2019en avoir plus souvent ! Voici donc mes plans pour Noël : \u2022 Plan A : J\u2019ai de la peinture à faire car le concierge a de la difficulté à rénover mon appartement.Comme ça, moi je vais continuer.\u2022 Plan B : Je vais réparer un trou dans le mur que deux hommes, amis du propriétaire et envoyés par lui, n\u2019ont pu réparer, car la locataire précédente les a empêchés de le faire.\u2022 Plan C : Je vais réparer le bas de ma porte qui a deux pouces de moins que prévu et qui laisse passer la neige dans mon appartement.\u2022 Plan D : Je n\u2019ai pas de moustiquaire à ma fenêtre.J\u2019ai acheté un filet en attendant.Je prendrai les mesures pour en acheter une, pour ne pas que les indésirables entrent chez moi.Je ferme aussi la porte de mon cœur aux personnes indésirables ! \u2022 Plan E : Je vais écouter des films et encore des films puisque j\u2019aime la variété.Chers lecteurs, je tiens à vous dire que, même si parfois je suis distante, à cause du chagrin ou autre, c\u2019est parce que j\u2019ai une grande sensibilité à l\u2019intérieur que je ne montre pas, mais je vous aime tous.MARC SÉNÉCAL CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL 2020 : une année de toute beauté ! J\u2019ai vécu toutes sortes de défis depuis le début de la pandémie, dont un accident qui m\u2019a causé un grave traumatisme crânien.Ma vie a été en danger pendant deux semaines.Depuis lors, je récupère.Je veux remercier le personnel hospitalier et tout spécialement mon ami Serge Thibault qui m\u2019a appuyé durant cette période.Mes salutations les plus distinguées et mes remerciements les plus sincères vont à mes nombreux clients qui m\u2019ont encouragé en se procurant une copie du magazine ou du recueil de textes sélectionnés (Sentinelles).Je serai fidèle au poste en décembre.Je vous invite à venir me rencontrer, à me saluer et à profiter de l\u2019une ou l\u2019autre de nos publications.Je prends plusieurs modes de paiements.Au plaisir de vous rencontrer au Métro Longueuil.Je veux aussi remercier l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire pour le support et la distribution de cartes d\u2019épicerie.L\u2019équipe s\u2019est vraiment démenée pour aider les camelots durant cette période difficile.Merci et Bonne année.Les Fêtes en pandémie J\u2019ai recommencé à vendre le magazine le 8 septembre dernier.J\u2019ai suivi une formation pour les consignes; c\u2019était obligatoire.J\u2019avais hâte de revoir quelques clients, car la plupart de mes anciens clients font du télétravail maintenant.Cela n\u2019est pas facile avec le masque, le lavage des mains et la distance de deux mètres, mais on n\u2019a pas le choix.J\u2019espère que ça va finir un jour.Si le Québec a 500 nouveaux cas de COVID par jour ou moins, on pourra sauver les fêtes de Noël.On ne sera pas une gang, seulement un petit nombre, environ dix personnes.Je ne sais pas si mon frère va pouvoir m\u2019emmener car on serait peut-être trop nombreux.Je vais rester à la maison avec un bon souper et une bouteille de vin.Je vais faire cuire un poulet avec des patates, comme on a déjà mangé aux Fêtes dans le passé.Et je vais écouter des cantiques de Noël.J\u2019espère que mes clients reviendront en janvier.Je pense en particulier à deux d\u2019entre elles.L\u2019une que j'appellerai Madame x\u2026 travaille dans un bureau à Montréal.Elle a été un moment à l\u2019Île-des-Sœurs, mais elle s\u2019ennuyait trop.Elle est revenue à Longueuil.Elle m\u2019apportait toujours des surprises.Par exemple, un café, ou un kit qu\u2019on donne dans les avions\u2026 Elle m\u2019embrassait tous les jours.Elle me disait : « Je suis contente de te voir ! » Une autre de mes clientes a eu des billets pour un spectacle de Ginette Reno, à la Place des arts.J\u2019y ai été avec elle, son mari, et Yvon (un camelot).Quand il faisait beau elle prenait son bicycle pour aller travailler.Je la voyais rouler à vélo même quand il pleuvait ! J\u2019espère que toutes les deux n\u2019ont pas attrapé la COVID.Je ne les ai pas vues depuis le début de la pandémie.J\u2019aimerais les voir, leur dire bonjour.Je pense à tous mes clients que je ne vois pas.Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes, en espérant que 2021 soit une bonne année et qu\u2019on puisse casser la vague avec un vaccin, le plus tôt possible ! NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL Deciding what to pursue in life When my family first moved in the New Bordeaux area in 1981, we felt good living here.My parents were determined to buy a nice house, even better than before where they could raise us.That became a reality.When I went to school, there were certain subjects that interested me more than others, such as geography, history and math.During the latter part of the high school years, I thought of becoming an engineer.A few months before going to college, I needed to make a decision, which program to enroll in.At that time, I believed everything would work out well, but unfortunately it didn't.The college program was difficult and I needed to be more serious about it.At 17 years old, I wasn't sure what to do with my life and sometimes there was a desire to have fun with friends on Friday and Saturday nights.Some people know from a young age what their passion is and they pursue it and succeed.When I was older, it became evident that pursuing a career meant working hard.My parents worked hard many years in the same field of work and did well.When I graduated college and university, there was more instability in the job market, which made my life more difficult.I worked in a number of different companies, never staying anywhere more than three years and missed very few days of work.Some good friends helped me find jobs, but other times I had to do it on my own.Later on, I realized that if someone doesn't have a solid career or a business, he can have a more difficult life.BILL ECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER Profitons de ce qui est bon J\u2019ai une pensée particulière pour ceux qui traversent cette pandémie seuls et ceux qui ont perdu des êtres chers.Pour ces personnes, le temps des Fêtes sera sans doute un moment qui sera assez difficile.J\u2019envoie une belle pensée pour tous ces gens et je demande à l\u2019Univers de leur envoyer de l\u2019amour et du réconfort.Je suggère à ces gens d\u2019essayer certaines activités, selon leurs envies et ce qui leur est accessible.Prendre de l\u2019air tous les jours est excellent pour le moral.Plusieurs personnes se sont mises en retrait à cause de la pandémie.Par contre, il faut faire bien attention de prendre soin de soi-même malgré tout.Les sports d\u2019hiver sont une belle option ; le patin, le ski de fond, la raquette, la pêche sur glace et la glissade sont tous des passe- temps qui peuvent se faire seul ou en famille.Pour les moins sportifs, la marche est aussi une alternative intéressante.L\u2019air d\u2019hiver est toujours bon.Si on veut rester à l\u2019intérieur, il y a aussi beaucoup de possibilités.Écouter des films ou s\u2019adonner à la lecture d\u2019un bon livre sont des activités classiques, mais qui restent tout de même très populaires.Les jeux de société peuvent bien se jouer en petits groupes familiaux.En jouant, on peut faire ressortir l\u2019enfant en nous, et ce, peu importe l\u2019âge.Si on veut un peu de compagnie, on peut adopter un animal dans un refuge.Celui-ci pourra devenir un membre de la famille.Finalement, je vous propose une activité toute simple : mettez de la musique et dansez ou chantez comme si personne ne vous regardait ! Cette activité peut se faire seul ou en famille et à n\u2019importe quel âge.Sur ce, je vous souhaite un très Joyeux Noël, une Bonne Année et beaucoup de courage.Nous allons tous passer à travers ce temps difficile ! MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND CÉLINE MARCHAND CAMELOT PROMENADE MASSON Simonaque J\u2019ai toujours travaillé dans ma vie.Surtout avec le public.J\u2019ai travaillé dans des magasins à rayons comme Rossy où j\u2019étais préposée aux cabines d\u2019essayage.Au Greenberg sur la Plaza Ontario aussi.J\u2019ai été serveuse et maintenant je suis camelot à L\u2019Itinéraire.Je connais bien les gens, et depuis le début du confinement, je remarque que plusieurs personnes ne vont pas bien mentalement.Je travaille quotidiennement dans la rue devant une grosse épicerie Metro Morgan d\u2019Hochelaga-Mai- sonneuve alors j\u2019en vois du monde.Dernièrement j\u2019ai été témoin d\u2019actes de délinquance et d\u2019agressivité envers un chauffeur dans l\u2019autobus 34 que je prends pour aller acheter mes exemplaires du magazine.Il y a plus d\u2019agressivité dans la rue aussi.Seuls et enfermés depuis trop longtemps, des gens virent fous et sont violents.On dirait que le gouvernement ne fait rien.Il y a déjà très peu d\u2019intervenants pour les personnes atteintes de maladies mentales\u2026 On voit du monde qui consomme de la drogue sans même se cacher, des gens qui hurlent sur la place publique.On dirait que politiciens n\u2019ont pas l\u2019air de se soucier de ces nombreuses personnes en détresse.C\u2019est très difficile en ce moment.Si au moins on nous montrait de belles choses à la télévision.Des histoires d\u2019amour ou des comédies par exemple.On nous montre plutôt comment devenir malade, voleur, violeur.Comment devenir égocentrique et violent.Même aux nouvelles.J\u2019ai hâte en simonaque que ça finisse pour retrouver un peu de beauté et de bienveillance autour de moi.CÉCILE CREVIER CAMELOT ÉPICERIE MORGAN A D I L B O U K I N D Saisir toutes les chances Cette réflexion et des lectures sur la résilience m\u2019ont amené à modifier ma vision des choses, à adopter des comportements nouveaux, à appréhender la vie différemment.Je ne devais pas me laisser arrêter par ce que je ne pouvais pas faire, par ce que je ne pourrai pas faire.Au contraire, j\u2019allais désormais saisir toutes les chances de faire des choses.Différentes souvent, mais tout de même fort valables.Par exemple, après m\u2019être imposé ce qu\u2019il fallait pour y arriver, j\u2019avais décidé de partir cet été en voyage.Destinations prévues : Espagne et Allemagne, deux des pays européens devenus par la suite les plus touchés par la pandémie de la COVID-19.Alors, bien sûr, adieu voyage du moins pour cette année.Comment maintenant passer toutes mes journées à ne rien faire d\u2019habituel, confinement oblige.J\u2019ai commencé à faire de longues promenades qui sont devenues une découverte de Montréal pour en tirer, finalement, un grand plaisir.Vous qui pensez que Montréal est ordinaire, revoyez vos paramètres.Il y a tellement de choses à découvrir : une rue, un édifice, un petit parc de quartier, une cour, une ruelle, un monument ou une sculpture.C\u2019est tout de même mieux que s\u2019ennuyer à se demander ce qu\u2019on aurait pu faire si\u2026 Que me réserve aujourd\u2019hui ?C\u2019est ce qui permet de goûter les moments présents plutôt que de les rêver.J\u2019ai mis en pratique l\u2019adage qui veut que notre coffre-fort ne suive pas notre corbillard.Pourquoi vivre en fonction d\u2019un futur incertain, de ce qui « pourrait peut-être, si seulement ça pouvait ?» En me levant le matin, je ne me demande plus ce que je vais faire, mais bien que ferai-je de ce qui m\u2019est offert.Le soir, je prends un moment pour apprécier la chance que j\u2019ai eue de vivre cette journée et ce qu\u2019elle m\u2019a apporté.Et vous savez quoi ?Je m\u2019en sens nettement mieux.Au cours de l\u2019été, L\u2019Itinéraire a publié dans une de ses éditions électroniques un Zoom sur moi.Il traitait de mon état de santé qui, je dois l\u2019avouer, n\u2019est guère reluisant : cancer du sein \u2013 eh oui ça existe aussi chez les hommes \u2013 du foie et des poumons, glaucome, lymphœdème.Et récemment, deux hernies.Ah, à part ça, ce n\u2019est pas pire ! Or, il semble que cet article ait étonné.Certains lecteurs se sont dits surpris de ma façon de réagir à mon état de santé.Que je puisse conserver un certain stoïcisme et même, à l\u2019occasion, faire un peu d\u2019humour à ce sujet.Tout a débuté lors d\u2019une rencontre avec une psychologue dans le cadre de mes traitements pour le cancer.Dans nos échanges, nous en sommes venus à parler de la mort relativement prochaine qui m\u2019a été annoncée (on parle de quelques mois).Comme je ne semblais pas trop heurté par cette nouvelle quand même peu anecdotique (comme blague du jour on a connu mieux), elle m\u2019a alors parlé de ma résilience.La rage de vivre Quand elle m\u2019a expliqué en quoi consiste cette résilience, j\u2019ai pris conscience que je possédais un peu de cette qualité que Boris Cyrulnik, psychologue clinicien, décrit comme « la capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comporte normalement le risque grave d'une issue négative.« Les gens qui se sortent de cette situation sont ceux qui refusent leur rôle de victime passive, qui ont des rêves fous et de l\u2019humour.Ces blessés de l\u2019âme, dit-il, ont transformé leur souffrance en une rage de vivre.Ce sont des créateurs et pour l\u2019être, il convient d\u2019être un peu marginal, de marcher sur un sentier de montagne et pas sur l\u2019autoroute.Les résilients, à cause des difficultés qu\u2019 ils ont traversées, ont quitté les chemins balisés.» Faites ce qui vous fait du bien Brigitte Lavoie, une autre psychologue, disait dans une conférence : « C\u2019est dans des cas de souffrance extrême que les êtres arrivent à trouver en eux des forces insoupçonnées, des capacités qui étaient là en eux qu\u2019 ils ignoraient.Donnez-vous la permission de faire ce qui vous fait du bien.» J\u2019ai réalisé que cela correspond pas mal à mon expérience et que, malgré tout ce qui a pu m\u2019arriver dans la vie, j\u2019ai toujours été chanceux.Étudiant, deux fois, au cégep et à l\u2019université, j\u2019ai été sur le point de devoir cesser mes études, faute de ressources financières.Les deux fois, sans que je ne les sollicite, des emplois m\u2019ont été offerts et m\u2019ont permis de poursuivre.J\u2019ai aussi perdu des emplois, par ma faute et en raison de problèmes personnels.Chaque fois ou presque, une opportunité s\u2019est présentée, souvent avec des conditions meilleures.par Roger Perreault  Camelot à la distribution J\u2019ai eu le goût d\u2019écrire ceci simplement comme un encouragement à apprécier la vie, à l\u2019envisager comme ce qu\u2019elle est vraiment : une expérience unique.31 Décembre 2020 itineraire.ca NATALIA LOPES (UNITED NATIONS COVID-19 RESPONSE) | UNSPLASH Sans aucun doute, les camelots sont des personnes résilientes ! Alors qu\u2019il serait aisé de ne parler qu'en des termes peu élogieux de l\u2019année 2020, les camelots, pour la plupart, savent trouver la petite joie dans les grands malheurs, le positif dans le bouleversement ou simplement le moral en temps de pandémie.Votre année 2020MOT en un Dure J\u2019ai trouvé l\u2019année 2020 dure.Quand ça fait 25 ans que tout tourne, que tu travailles, et que paf ! la pandémie te tombe dessus.Tu te sens déconnecté.J\u2019ai trouvé ça dur de m\u2019y habituer, mais quelque part, ça m\u2019a reposé un peu.On travaille tellement\u2026 je m\u2019étais laissé envahir.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU RIDEAU VERT ET CHAMBORD / FLEURY Le courage Des mots, il y en a plein : Abstinence, aide, chamboulement, crainte\u2026 Mais celui qui domine l\u2019année 2020 est : courage.Le courage d\u2019arrêter de boire, de se lever et d\u2019affronter les journées qui se répètent ; le courage d\u2019aider, d\u2019écouter les autres, de donner ; le courage de se regarder.Et pour tout le monde : le courage d\u2019avancer, celui de mettre son masque et de laisser sa peur de côté ; de décorer sa maison même si tu n\u2019auras pas de Noël en famille.ANNE-MARIE WISEMAN CAMELOT MONT-ROYAL / FABRE Suspense Suspense.On ne sait pas de quoi demain va être fait.On ne sait pas si on va pouvoir visiter notre mère vieillissante dans un autre pays.On ne sait pas si on va se revoir\u2026 Si je devais résumer en une phrase 2020, je dirais : une péripétie de mauvaises nouvelles\u2026 Mon bilan de l\u2019année, c\u2019est : ne pas mourir en 2020, c\u2019est déjà un exploit.MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT Amour Mon mot pour décrire 2020 ?Amour.Je suis amoureuse.J\u2019ai un copain avec qui je suis retournée en février.On s\u2019est séparé et perdu de vue pendant 35 ans.C\u2019est sûr qu\u2019en ce moment on ne se voit pas à cause de la COVID, parce qu\u2019il est un peu fragile au niveau de la santé, mais on se parle souvent.DIANE CURADEAU CAMELOT ET PRÉPOSÉE À LA CUISINE Joyeuse ! 2020, je dirai que plein de belles choses se sont passées quand même.Je le ressens comme ça.Puis je suis avec mon amoureux depuis 12 ans, on a repris le travail.J\u2019adore vendre mes revues même si en ce moment, j\u2019en vends pas beaucoup.Puis, c\u2019était ma fête en octobre alors tout ça me rend joyeuse.SUZANNE LEBLANC CAMELOT SAINT-DENIS / ONTARIO Complexe J\u2019essaye de ne pas trop me plaindre, parce que pour certains, c\u2019est bien plus difficile que pour moi.Mais je n\u2019avais jamais vu ça, une pandémie, c\u2019est complexe, et d\u2019une manière assez intense.Ajoutez à ça les personnes récalcitrantes aux mesures\u2026 je suis flabbergasté.Mais je garde le moral et je joue de la guitare.Je fais deux ou trois heures par jour, ça me vide tellement l\u2019esprit.RICHARD CHABOT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE Détraquer La COVID m\u2019a causé beaucoup de tort.Elle est venue détraquer mes valeurs, ma joie de vivre, ma capacité d\u2019avancer.Avant je disais que l\u2019argent ne comptait pas, mais il est arrivé un moment où mon frigidaire était à zéro.À un moment donné, t\u2019as besoin de vivre, de manger.Mais on dit de moi que je suis une femme forte.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND itineraire.ca itineraire.ca Décembre 2020 Décembre 2020 33 32 Marc Zafran, ou Martin Winckler, l\u2019auteur-médecin du célèbre best-seller La maladie de Sachs, nous ofre aujourd\u2019hui C\u2019est mon corps, un guide qui répond en 500 pages aux questions de santé que les femmes peuvent se poser.Le périple du corps féminin y est décortiqué, illustré et expliqué de long en large, sans omettre bien sûr les conseils et mises en garde face aux abus et dérives de certains médecins.Un pavé supplémentaire dans la mare du milieu médical qui lui a déjà valu le titre de « démagogue ».Un médecin qui dérange ! par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation SARAH ROULEAU itineraire.ca Décembre 2020 34 Depuis 10 ans, Marc Zaffran vit au Québec.Autant d\u2019années qu\u2019il consacre exclusivement à sa carrière d\u2019auteur.Celui qui se qualifie d\u2019« écrivain transgenre », faute de s\u2019attarder sur un unique style littéraire, se sait décalé et critiqué lorsqu\u2019il dévoile au grand public des pratiques immorales de certains médecins.En 2016, Martin Winckler publiait Les Brutes en blanc.Un ouvrage sur les rouages de la maltraitance médicale, révélée au grand public.Démagogue, vraiment ?Cette « bombe » lui attira les foudres de bon nombre de ses confrères.Mais « si des gens puissants sont horripilés, c\u2019est qu\u2019on a dû dire ce qu\u2019 il fallait », dit-il, « fier » d\u2019avoir soulevé la colère de l\u2019Ordre des médecins de France [ équivalent du Collège des médecins du Québec ] avant d\u2019ajouter un « qui se sent morveux se mouche » aux indignés qui auraient peut-être quelques confessions à faire.Depuis, sa réputation de démagogue est une sorte de seconde peau.On l\u2019aura compris, Marc Zaffran dérange.Pourtant c\u2019est une vision éthique et respectueuse de la médecine qui l'anime depuis le début.En fait, depuis son enfance, façonnée par un environnement aimant dans lequel le respect de tous \u2014 et des femmes « qui n\u2019avaient rien à envier aux hommes » \u2014, précise-t-il, était un acquis.Martin Winckler auteur-médecin « Zaza » À l\u2019entendre parler de son père, Ange Zaffran méritait son prénom.Surnommé « Zaza » par ses proches, le père de l\u2019auteur était « un modèle » pour lui.Médecin également, il exerçait avec beaucoup de « bonté » et « sans jugement », sûrement du fait de son passé modeste et de son statut de Pupille de la nation, « fils de tué de la guerre 14-18 », confie l\u2019auteur.Si le fait est tragique, il lui offrira la chance de devenir étudiant boursier en médecine.Il exercera comme pneumologue en Algérie avant de quitter cette terre pour un cours passage en Israël puis pour la campagne française où il s\u2019installera définitivement avec sa famille comme médecin généraliste dans la seconde moitié des années 60.Il avait alors 49 ans.« Nous vivions dans la maison de l\u2019ancien médecin, entre l\u2019église et le presbytère, se souvient Marc Zaffran.Le cabinet médical de mon père était au rez-de-chaussée.Au bout d\u2019un couloir se trouvait un rideau par lequel je regardais discrètement le soir pour voir si des gens entraient dans la salle d\u2019attente.L\u2019un des souvenirs marquants qu\u2019 il me reste est d\u2019entendre un patient quitter le cabinet et dire à mon père : \u201c Je me sens beaucoup mieux depuis que je vous ai parlé.\u201d » Cette scène, entre autres, signera le début d\u2019une longue carrière de médecin humain et respectueux de ces patients et notamment de ces patientes dont il a beaucoup appris en s\u2019intéressant de près à leur santé.Mais ce sont aussi d\u2019innombrables constats et expériences horrifiantes qui forgeront le médecin et militant qu\u2019il est.Forger le forgeron Marc Zaffran n\u2019arrive pas sans bagage à la faculté de médecine.Son père l\u2019avait déjà alerté sur les enjeux de pouvoir du milieu médical.Cependant, s\u2019il n\u2019était pas complètement naïf, il pensait retrouver chez la majorité des médecins les mêmes valeurs qu\u2019il avait vu son père défendre.Or, « ça n\u2019a pas été le cas.Beaucoup de mes enseignants étaient cyniques et avaient un mépris souverain pour les patients.Je suis tombé de haut.» La déception fut grande, mais pas la plus choquante.« L\u2019un de mes plus intenses souvenirs est l\u2019histoire d\u2019une femme venue porter plainte contre un gynécologue à l\u2019époque où mon oncle était secrétaire du Conseil de l\u2019ordre à Alger.Cette femme avait un handicap cognitif modeste.La croyant stupide, le gynécologue l\u2019a fait s\u2019allonger sur la table d\u2019examen, lui a mis le drap sur la tête et l\u2019a violée.La femme avait peut-être un handicap cognitif, mais elle était mariée, et savait parfaitement ce qu\u2019est un sexe d\u2019homme.Je me rappelle avoir demandé à mon oncle ce que le Conseil avait fait et l\u2019entendre me dire : \u201c bah, on s\u2019est arrangé à l\u2019amiable, on a enterré l\u2019affaire sinon sa carrière aurait été foutue \u201d.Et moi lui répondre, horrifié : \u201c Mais il fallait qu\u2019elle soit foutue ! \u201d » Ça se passe de mots.Dénoncer librement Pas étonnant que ni lui ni son père avant lui n\u2019aient souhaité se tailler une place de choix auprès d\u2019une institution prestigieuse comme l\u2019Ordre des médecins.« Quand on sait que les cotisations de l\u2019Ordre national des médecins de France servent essentiellement à ce que les membres du Conseil s\u2019en mettent plein les poches, plutôt qu\u2019à poursuivre les délits des médecins, à lutter contre les violences sexuelles faites par les médecins\u2026 vous vous dites que dans la majorité du corps professionnel il y a un problème, sachant que les membres du conseil sont élus par leurs pairs.» Droiture professionnelle et Conseil de l\u2019ordre n\u2019auraient, semble-il, pas fait bon ménage : « C\u2019est parce que je n\u2019ai pas eu de statut dans une institution que je peux dire ce que je veux.Personne ne peut me virer », exprime Marc Zaffran.C\u2019est donc à travers sa deuxième passion, l\u2019écriture, que la liberté de dénonciation de l\u2019auteur frayera son chemin.Une passion qu\u2019il entretient depuis son plus jeune âge, livre dans une main et carnet de notes dans l\u2019autre.Jeune garçon, il lisait et réinventait « les fins de livres qui ne [lui] plaisaient pas, ou prenai[t] un personnage abandonné et racontai[t] son histoire ».La littérature française, anglophone, américaine, entre autres lectures, nourriront l\u2019écrivain.Et particulièrement les œuvres de Perec et d\u2019Azimov, deux auteurs aux genres très différents qui l\u2019ont largement influencé au point d\u2019emprunter le nom de l\u2019un des personnages clés de Georges Perec : (Gaspar) Winckler comme nom de plume.S\u2019installer au Québec En 2009, Marc Zaffran a 54 ans.L\u2019immigration au Québec marque un tournant dans sa vie comme l\u2019aura été l\u2019installation en France pour son père\u2026 sensiblement au même âge.Il cesse la pratique de la médecine et se consacre à l\u2019écriture.C\u2019est tout un cheminement personnel et sa perception de la culture française qui dessineront ce nouvel itinéraire.Et pour le mieux : « ici, c\u2019est encore plus moi qu\u2019avant, et un moi réconforté et conforté par un environnement bien plus accueillant, bienveillant et ouvert que celui dans lequel j\u2019écrivais auparavant.» Un « espace mental plus large » où ses particularités sont considérées « comme des richesses » et non comme « antirépublicaines et antilaïques », ajoute celui qui « n\u2019en pouvait plus de la France ».Pour preuve, Le chœur des femmes, un roman sur la transmission de l\u2019éthique médicale rédigé au Canada alors qu\u2019il était engagé comme chercheur indépendant au CRÉUM (Centre de recherche en éthique de l\u2019Université de Montréal).Un roman qu\u2019il n\u2019aurait « peut-être pas osé écrire [s\u2019 il] n\u2019avai[t] pas été là ».Par ailleurs, Le chœur des femmes est en cours d'adaptation, en BD, et devrait paraître en avril 2021.MICHEL GILET ALAIN GAHAGNON Marc Zaffran (au centre), entouré de sa sœur (à gauche), de son frère (à droite) et de ses parents.COURTOISIE 37 itineraire.ca 36 itineraire.ca Décembre 2020 Décembre 2020 C'est mon corps  C\u2019est mon corps regroupe les réponses aux questions les plus récurrentes que les femmes peuvent se poser sur leur santé, de la puberté à la ménopause : Faut-il consulter un gynécologue chaque année ?Est-il normal d\u2019avoir mal pendant les règles ?Le désir sexuel est-il juste une histoire d\u2019hormones ?L\u2019équivalent de 10 années de consultation médicale regroupées en 500 pages.Mais ce guide ne se limite pas à décortiquer et à expliquer le corps féminin dans toute sa complexité.Il bouscule le classique diktat du médecin tout-puissant pour laisser place à la connaissance et à la liberté de choix.Le tout avec une grande simplicité qui s\u2019adresse tant aux femmes qu\u2019aux soignants.Dans une langue vulgarisée, luide et accessible, le manque d\u2019éthique médicale et les violences obstétricales y sont alors mis à nu avec autant d\u2019honnêteté que sont expliquées les cystites, les règles ou l\u2019IVG (interruption volontaire de la grossesse).Prendre soin de son corps féminin est une « charge physiologique » qui mérite d\u2019être expliquée et accompagnée sans tabou pour Martin Winckler.Les clichés se doivent d\u2019être déboulonnés et le savoir d\u2019être partagé, surtout s\u2019il met en jeu la santé et la liberté des individus.Du même auteur La maladie de Sachs, P.O.L., 1998.Les Brutes en blanc : pourquoi y a-t-il tant de médecins maltraitants ?, Flammarion, 2016.Le Chœur des femmes N.éd., Gallimard, 2017.Ateliers d\u2019écriture, P.O.L., 2020.Après son rapport d\u2019activité, L\u2019Itinéraire publie ses résultats inanciers MICHEILE HENDERSON | UNSPLASH L\u2019Itinéraire n\u2019est pas riche, mais sa situation financière est saine.C\u2019est le résultat du travail de ses camelots et de ses employés, des subventions gouvernementales, des dons généreux et de la gestion prudente et proactive de sa direction.Normalement, les états financiers sont divulgués au printemps lors de l\u2019Assemblée générale, mais la COVID-19 empêche encore la tenue de cet événement.Pour plus de transparence, le conseil d\u2019administration du Groupe communautaire les rend publics aux lecteurs et lectrices de L\u2019Itinéraire.En voici les faits saillants : Au cours de l\u2019année financière terminée le 31 mars 2020, L\u2019Itinéraire a enregistré des revenus de 1,7 million $, en hausse de 37 % par rapport à l\u2019année précédente.Les dépenses ont atteint 1,5 million $, en hausse de 18 % par rapport à 2019.L\u2019Itinéraire a donc dégagé un surplus de 186 101 $, contre un déficit de 35 413 $ un an plus tôt.La différence entre les deux années s\u2019explique principalement par la nouvelle subvention fédérale du programme Connexion compétence, qui a financé les activités de réinsertion sociale d\u2019Autochtones au Café de la Maison ronde du square Cabot, et par les dons liés à la pandémie, qui ont débuté en mars, le dernier mois de l\u2019année financière.L\u2019actif, soit la valeur de tout ce que possède l\u2019organisme, s\u2019établit à 1,1 million $, tandis que le passif, soit la valeur de ce qu\u2019il doit, atteint 1 million $.La différence entre les deux montants, soit 110 169 $, constitue l\u2019actif net ou la valeur comptable de L\u2019Itinéraire.L\u2019immeuble est le principal élément de l\u2019actif, tandis que l\u2019hypothèque est le principal élément du passif.Il est bien sûr bien trop tôt pour faire le bilan de l\u2019année financière en cours, mais on peut néanmoins dire que la situation financière reste maîtrisée à ce jour, quoique toujours fragile.L\u2019Itinéraire a encore besoin de la générosité de ses donateurs et de l\u2019appui des gouvernements pour continuer à soutenir activement ses camelots à travers les épreuves de la COVID-19.Signé par le Conseil d\u2019administration : Jessica, Yvon, Nick, Miville, Sophie, Emna, Daniel, Jean-Paul et Jean-Claude.38 itineraire.ca Décembre 2020 C'est mon corps Martin Winckler L'iconoclaste, 2020 Fabliau des Temps Nouveaux  Fabliau des Temps Nouveaux.Un court récit dont la conscience politique et écologique trace son sillage à travers l\u2019aventure de Pain Chaud, le ils pétri d\u2019une boulangère, et de ses acolytes : Chat, Barbeau, Violette et Rossignol.Un livre pour les 7 à 77 ans.Au il de cette histoire qui se lit aussi bien qu\u2019elle se conte, les cinq galopins partent à la rencontre de la Terre et de la manière dont l\u2019homme l\u2019a façonnée, accompagnés entre autres du Temps, du Passé, de L\u2019Avenir dont la sagesse guidera les pas des cinq disciples pour aboutir, après d\u2019éreintantes découvertes et de l\u2019indignation, à une note d\u2019espoir lumineuse.Antonine Maillet, la plus connue des écrivaines acadiennes, installée à Montréal, et auteure de La Sagouine, nous régale par son amour et sa maîtrise de la langue, des archaïsmes et des passés simples oubliés\u2026 qui font la singularité du français acadien.Une œillade à son « pays », sa culture, mais aussi à la vie que la toute dernière phrase du livre souligne fort bien : « En songeant que la vie fut ton plus grand cadeau,/ Emmène-la avec toi jusques en Temps Nouveaux. ».\u2013 Karine Bénézet Réussir à la façon d\u2019Ali Nestor Laissez-moi vous raconter une histoire incroyable.Cette histoire concerne la vulnérabilité et la façon dont on décide de la canaliser.Elle touche aussi de près aux choix que l\u2019on fait.Ali Nestor est bien plus qu\u2019un entraîneur de boxe et d\u2019arts martiaux.C\u2019est un coach, au sens réel.Sur le ring, il apprend aux jeunes à boxer dans les règles de l\u2019art et en classe, il leur enseigne à faire des choix pour se donner une chance de réussir.Ali Nestor n'est pas du genre à raconter son passé facilement.Pas pour rien qu\u2019il a pris autant de temps à livrer ses souvenirs dans ce livre.Son histoire est aussi celle de ces jeunes qui ont su comment utiliser leurs peines, leurs colères et leurs frustrations pour se reconstruire.Et comme l\u2019auteur prévient dans son livre ceux et celles qui réduiraient « cette histoire à la violence des gangs de rue » , prière de vous souvenir « qu\u2019un enfant de 14 ans ne décide pas d\u2019être dans la rue et d\u2019en faire sa carrière » .Ne devrait-on pas plutôt l\u2019encourager au mieux lorsque jeune est « tiraillé par des sentiments inconnus », et qu\u2019il choisit la boxe pour contrer ses démons.\u2013 Alexandra Guellil 41 itineraire.ca Décembre 2020 Fabliau des Temps Nouveaux Antonine Maillet Éditions Leméac, 2020, 72 pages Suggestions de lectures Moi, Ali Nestor : petit prince de la rue Ali Nestor Libre Expression, 2020, 257 pages © P H O T O : C E N T R E S T - P I E R R E MÉTRO BEAUDRY 1212, rue Panet, Montréal (Québec) H2L 2Y7 · 514.524.3561 · centrestpierre.org 16 salles climatisées et lumineuses pouvant accueillir des groupes en respectant la distanciation physique Aménagées selon vos besoins et service clé en main Service de webdiffusion \u2014 Tarif préférentiel sur approbation WIFI et lien internet haute vitesse filaire dans toutes les salles Ouvert 7 jours et 7 soirs | Stationnement payant Service et équipements disponibles sur place \u2014 Des frais peuvent s\u2019appliquer.L\u2019endroit par excellence pour vos assemblées de membres, rencontres d\u2019ordre professionnel, syndical, formations, conférences de presse et réunions d\u2019équipe ! \u2014 APPELEZ-NOUS AU 514 524-3561 \u2014 Une équipe dédiée à votre confort PRÈS DES GRANDS MÉDIAS À DEUX PAS DU CENTRE-VILLE Le Centre St-Pierre est ouvert et sécuritaire ! Meilleurs vœux Que cette période vous apporte santé, paix et petits plaisirs au quotidien Valérie Plante Mairesse de Montréal et de l\u2019arrondissement de Ville-Marie Robert Beaudry Conseiller de la Ville District de Saint-Jacques Sophie Mauzerolle Conseillère de la Ville District de Sainte-Marie Cathy Wong Conseillère de la Ville District de Peter-McGill Richard Ryan Conseiller de la Ville désigné District du Mile-End Anne-Marie Sigouin Conseillère de la Ville désignée District de Saint-Paul \u2013 Émard \u2013 Saint-Henri Ouest @centrevillemtl 311 /centrevillemontreal montreal.ca/ville-marie 20-COM-130 @centrevillemontreal Illustration : Sophie Benmouyal SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX BD publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! Grille numéro : 72657 3 8 5 9 8 4 1 7 9 3 5 2 1 6 4 5 3 9 6 1 8 6 2 9 7 4 6 5 3 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solutions dans le prochain numéro Perses Espaces de temps Enleva Germandrée Confirmera Distille Inscription funéraire Espadon Sortie Expulser Caractère germanique Quantité Luth Largeur Cale Dans Prière Salve Autochtones Bourres Bleu Règle Radote Halera Langue Crie Signification Deux Vignobles Érigée horizontalement 1.Exprimes.2.Renouvellement d\u2019une souscription.3.Liaisons.- Rauque.4.Ténias.- Cinquante-cinq.5.Pronom.- Poisson.6.Note.- Aire de vent.- Irritants.7.Sternum.- Avironna.- Cale.8.Fixer.- Baser une estimation sur ce que l'on croit sûr.9.Individu qui esploite un moulin.- Disposa par couches.10.Existes.- Défectuosité.- Enveloppe.verticalement 1.Qui rappelle la chenille.2.Expulsions d'étrangers.3.Amalgame d'étain et de mercure.- Lu.4.Effondrement.5.Ronflement continu.- Vallée fluviale.6.Encarter.- Erbium.7.Pronom indéfini.- Oui.- Cheminée.8.Roue à gorge.- Se drogua (se .).9.Inflexible.10.Présenter.- Pieu.11.Aire de vent.- Habillé.12.Stère.- Estimerai.Préjudices Sensibles Chant Précieux Action d\u2019encaustiquer Projections simultanées Cruauté Primate Continuèrent Couvrir une chienne Fabuliste grec Plante Garderie Type Étreindre Enzyme Crochet Tibia Pronom Presque Vision Félin Repousse Fleur Écossais Trou Face Réprimés L M C P E R F R N E E S U E O S P E V A E R S O S P R S E R N O C E A S E E S M E E I L S A G R S R E T R A D E U D R E E R N T M A T N I E R E F R O I C T E 1 3 7 5 6 2 5 1 3 4 7 9 8 6 6 3 4 5 8 9 2 7 1 8 9 7 6 1 2 3 5 4 3 4 5 1 2 8 6 9 7 9 8 2 7 6 4 1 3 5 7 1 6 9 5 3 4 2 8 5 6 8 2 9 1 7 4 3 4 7 9 8 3 6 5 1 2 1 2 3 4 7 5 8 6 9 - Novembre 2020 Merci pour tout ! Milton Fernandes détente DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vériication de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019ofre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Bien emmitouflé dehors ou confortablement assis chez soi , quand le mercure descend, rien de mieux qu\u2019un bon café pour se réchauffer.M ARCHAND DE B O NHEUR , M ARCHAND DE CHALEUR ?! 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