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Titre :
La gazette littéraire : journal mensuel de critique et d'information littéraire
Éditeur :
  • Montréal : [La gazette littéraire],1934
Contenu spécifique :
jeudi 14 juin 1934
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La gazette littéraire : journal mensuel de critique et d'information littéraire, 1934-06, Collections de BAnQ.

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[" LA GAZETTE LITTERAIRE Paraît le deuxième jeudi de chaque mois.GERARD LAVALLEE Rédacteur Journal mensuel de critique et d'information littéraire VOL.I \u2014No 5 5 sous le numéro MONTREAL, 14 JUIN 1934 Après quatre cents ans La survivance de notre nation reste intimement liée au relèvement de notre niveau de culture sance nationale\u201d, lutte depuis quelques mois contre les innombrables dangers qui nous menacent, en commençant par ceux que notre paresse intellectuelle a enfanté d juis 30 ans.\u2014.L\u2019ennemi intérieur est plus terrible et le plus sournois.\u2014 C\u2019est pourquoi la tâche devient rude.\u2014 Quand on songe que plus de trois millions de canadiens-français s\u2019abrutissent depuis des années à des passe-temps américains, igorant totalement et de plein gré toute idée de culture, si mince soit-elle, il y a de quoi se désespérer.En marge de toutes les études parues et à paraître, des discours pleins de patriotisme de circonstance qui seront débités à l\u2019occasion des fêtes du quatrième centenaire de la découverte officielle de notre pays, il convient, après avoir dressé le bilan où se trouvent consignés les résultats pratiques de cette découverte et s\u2019être félicité d\u2019avoir si bien su conserver nos traditions ancestrales, de jeter un regard en avant pour voir si cette survivance tant vantée n\u2019est pas à son déclin.Il faut une certaine hardiesse pour lancer des accusations directes et le seul résultat qu\u2019elles apportent, en général, est de ne point réussir à convaincre ceux qui sont butés dans l\u2019erreur.\u2014 Il vaut donc mieux recourir à la persuasion lente pour que l\u2019auditeur rebelle ne se bouche pas les oreilles, comme il faut déguiser la vertu pour mieux convertir.\u2014 De simples constatations feront peut-être réfléchir certains lecteurs et même leur dévoilera ce qu\u2019on leur dissimule, l\u2019agonie de notre survivance.QUI N\u2019AVANCE PAS RECULE! antiques et trop vieux pour être d\u2019usage, niveau de culture ne lui permet pas de un peu ridicule, sinon suspect, car celui réagir contre l\u2019emprise étrangère, qui préfère au plaisir ineffable de dévorer l'asphalte des routes, à la pour- ventions modernes, sont vaines devant Toutes les conquêtes, toutes les in- , m \u2019 ill g m - - \u201cNous sommes trop pauvres ;les livres coûtent cher !\u201d Voilà le prétexte commode pour rester ignorants.\u2014 En général, les canadiens sont plus fortunés et vivent dans plus de luxe que les français.\u2014 Mais ils n'ont pas conservé de ces derniers les pratiques d\u2019économie qui font l\u2019unique force de la France, ni cette sobriété de leurs ancêtres.\u2014 Le désir de jouissances matérielles, de luxe ou de confort font oublier qu\u2019il existe d\u2019autres plaisirs infiniment supérieurs et autrement utiles pour la sauvegarde de notre nation : la lecture intelligente et l\u2019étude.Pendant ce temps, on croit avoir fait \u2022beaucoup pour sa race en contribuant à l\u2019érection d\u2019un monument à un héros qui ne se donnerait même pas la peine d\u2019être héros s\u2019il savait ce que nous faisons des biens acquis par son héroïsme, ou bien encore en écoutant quelques discours patriotiques qui soulèvent bien durant trois minutes notre patriotisme, un point, c\u2019est tout.Durant ce temps, nos adversaires nous conquièrent plus facilement par notre indifférence à notre détresse intellectuelle, qu\u2019avec tous les canons et tous les ostracismes d\u2019antan.Nous les laissons faire main basse sur tout car ils ont une façon si polie de nous arracher nos biens et nous consommons notre suicide, le coeur léger, l\u2019âme sereine, pourvu que nous n\u2019ayions pas manqué le défilé de la Saint>Jean-Baptiste.Voilà où en est notre survivance.\u2014 Nous noub gonflons la poitrine d\u2019aise en lisant la statistique qui proclame le nombre infime de nos illettrés.\u2014 Si nous établissions maintenant le nombre des \u201clettrés\u201d qui ignorent tout de la lecture, ce ne serait pas un dégonflement, mais une véritable pulvérisation de cet orgueil puéril.\u2014 Nous serions infiniment heureux si un pour cent des canadiens savait s\u2019intéresser à sa propre culture.\u2014 Il faut, hélas ! réduire encore au centième cette unité trop généreuse.Il n\u2019est peut-être pas encore trop tard pour s\u2019amender.L\u2019avenir est aux jeunes et s\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019autres raisons plus sentimentales, nous souhaitons que le dégoût des choses qu\u2019affectionnèrent ceux de l\u2019autre génération leur laissera enfin la liberté de \"songer à leur intelligence.RS \u2022 il -.Y.% ¦ M y Y* -1 .j fi:.¦ 9 m# Y ## *\u2022 * Ce temps heureux n\u2019est plus où pour vivre et prospérer le canadien n\u2019avait qu\u2019à savoir son pater, avoir un bon fusil pour trouver la peau de l\u2019iroquois menaçant sa cabane et, à l\u2019occasion, s\u2019exercer au tir sur les cibles vivantes amenées d\u2019outre-frontière par Braddock, Arnold, Wolfe et même le \u201cglorieux\u201d Georges Washington.\u2014 Ces touristes d\u2019autrefois ne mettaient nullement en danger notre peuple, le plomb qu\u2019ils envoyaient si gauchement étant moins de conséquences que les bobines de leur fabrication déroulées de nos jours dans nos cinémas.Après la conquête, (dans vingt-cinq ans, il faudra célébrer cet événement), les conditions ne changèrent guère; les canadiens réussirent encore à vivre heureux en se bornant à peiner dur pour amasser un petit bien, un Ave et un vieux fusil à pierre pour redresser les torts causés par le secrétaire Ryland, et le bon moyen de conserver sa langue maternelle était tout simplement de ne jamais apprendre l\u2019anglais.\u2014 Ils obtinrent plus de cette façon que jamais ils n\u2019auraient eu l\u2019outrecuidance de demander à Louis XIV et à ce bon Colbert.\u2014 Une élite intellectuelle, infiniment supérieure en nombre et en qualité, toute proportion gardée, à la nôtre d\u2019aujourd\u2019hui, conservait intact notre patrimoine littéraire.m .7 1 m s -< \" Hi i 1 ¦ JACQUES CARTIER (1491-1557) L\u2019original de ce portrait par François Riff est exposé à l\u2019hotel de \u2018ville de St.Malo.\u2014 On doit noter qu\u2019il n\u2019est supposé exister aucun portrait authentique de Cartier.* * * Pour le malheur du canadien-français, le vingtième siècle est arrivé avec son cortège mécanique, les inventions américaines, la spéculation, les bonnes routes, l\u2019automobile, la radio, la diplomatie et sa petite fille la guerre, enfin, partout le pied prit la place du cerveau qui ne conserva d\u2019usage que pour l\u2019organisation de vastes entreprises d\u2019escroquerie, d\u2019oppression ou de politique.\u2014 L\u2019intellectuel est devenu un meuble inutile, un de ces articles encore trop jeunes pour être suite de kilomètres fuyants, celui de lire et de s\u2019instruire, doit être un anarchiste, un malade, de la graine de révolutionnaire.Il n\u2019est point d\u2019exemple dans l\u2019Histoire pour démontrer qu\u2019un peuple a pu étendre son influence sur ses voisins ou même réussir à conserver à l\u2019intérieur sa domination, s\u2019il reste étranger ou indifférent aux choses de l\u2019esprit, si son l\u2019abaissement de l\u2019intelligence.Nous constatons déjà les effets désastreux de notre faiblesse intellectuelle, mais l\u2019avenir nous réserve encore pire si nous persistons à préférer la matière à l\u2019esprit.\u2014 Il reste cependant un espoir; un mouvement de réaction se produit chez ce qui nous reste d\u2019élite.Un nouveau journal qui s\u2019intitule à bon droit \u201cOrgane de culture française et de renais- Gérard LAVALLEE. r Montréal, 14 juin 1934 \u201cLa Gazette Littéraire\u201d Page 2 tirer des leçons dont Von peut assez facilement deviner le destinataire.\u201cQuelle étonnante et proeiigieuse fortune, s\u2019é-rrie-t-il, que celle du Portugal du quinzième et du seizième siècle ! Et quelle leçon pour les petits peuples, enclins à se retrancher derrière leur jeunesse et leur faiblesse numérique, pour excuser leur médiocrité !\u201d Prêtre, et parlant d\u2019un marin chrétien, il se garde bien de faire plus grande qu\u2019elle ne le fut en réalité la part de l'élément religieux dans l\u2019audacieuse entreprise.Il la met à sa place et lui donne son importance vraie, sans plus.En ce domaine comme partout, il s\u2019efforce tout simplement à serrer d\u2019aussi près que possible la vérité, point les choses comme il les souhaiterait, mais comme elles lui paraissent avoir été.Avec un clair récit de ce que fut vraiment l\u2019oeuvre de Cartier, y compris la lamentable aventure de Roberval, avec le résumé de ce que vit ici le découvreur, le livre de M.l\u2019abbé Groulx nous apporte, et toute l\u2019entreprise de Cartier serait autrement inexplicable, de larges aperçus d\u2019histoire générale.Et, d\u2019un certain point de vue, ce n\u2019est pas là sa moins intéressante partie.// LA DECOUVERTE DU CANADA JACQUES CARTIER LA GAZETTE LITTERAIRE // Journal mensuel de critique et d\u2019information littéraire.// // Paraît le 2èv%e jeudi de chaque mois par l\u2019abbé Lionel GROULX.Publiée par \u2018La Gazette Littéraire Enrg.Geo.-H.Méthot,, directeur-propriétaire, Gérard Lavallée, rédacteur.Est-il téméraire de supposer que, pour employer une formule qui est aujourd'hui à la mode en France, le Canadien moyeu, celui qui ne garde qu\u2019un assez vague souvenir de ses études primaires ou secondaires et qui, pris par la besogne quotidienne et distrait par mille choses diverses, n\u2019a pas eu ou n\u2019a pas pris le temps de rafraîchir ces études, est-il téméraire de supposer que ce Canadien français moyen n\u2019entretient sur la découverte et les voyages de Cartier que d\u2019assez sommaires Quelques dates, quelques vignettes émouvantes ou pitjto-resques, n\u2019est-ce point, avec un vif sentiment d\u2019admiration et de gratitude, l\u2019essentiel de son bagage en cette matière ?Voici que l\u2019occasion lui est offerte de lire, en quelque deux cent cinquante pages d\u2019une langue claire et rapide, non seulement le récit des voyages de Cartier, mais celui des événements qui les ont préparés ou précédés.Rédaction et administration : 1750, rue Saint-Denis, Montréal.Prix de l\u2019abonnement: 50 sous par année TARIF DES ANNONCES 1.000\tlignes .3.000\tlignes .5,00\u2018ï lignes .10,000 lignes .9c la ligne .8c la ligne 7c la ligne 6c la ligne notions ?\u2022 \u2022 \u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 \u2022 \u2022\u2022\u2022 Il ne voit \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022«\u2022\u2022 \u201cLa Gazette Littéraire\" est imprimée par L'Eclaireur de Montréal, Inc,.Sur l\u2019histoire des Cabot, par exemple, on a publié d\u2019abondantes études.En quelques pages, Fauteur, qui par devoir d\u2019état a pris la peine de lire tout cela, vous dira ce qu\u2019il en faut retenir, ce qui paraît légende ou vérité ditions antérieures à Cartier, sur les courses présumées des Scandinaves, des Normands et des Bretons, vous trouverez pareillement dans ce livre l\u2019essentiel de ce qui paraît aujourd\u2019hui acquis.Vous aurez surtout la joie de voir la grande aventure du Malouin s\u2019insérer dans l\u2019histoire universelle, s\u2019y classer à sa place comme une conséquence et comme un principe.LE CANADA ET SON HISTOIRE Sur les expe- L9important ouvrage de M.Emile YAILLANCOURT: LA CONQUETE DU CANADA PAR LES NORMANDS, (couronné par l'Aca- et le CHAMPLAIN de M.Constantin-Weyer; demie française) (dans les Grandes Figures Coloniales).Ce grand mouvement des découvertes, cette poussée vers les terres et les mers inconnues, qui devait révéler au Vieux monde tant de pays nouveaux et renouveler la face de l\u2019univers, c\u2019est l\u2019une des choses les plus passionnantes qui soient.Mais l\u2019auteur, esprit philosophique, habitué à chercher le pourquoi des choses, ne se contente pas de décrire ces courses prodigieuses, dont l\u2019audace émerveille et stupéfie presque, quand l\u2019on songe aux pauvres moyens dont disposaient les découvreurs; il en marque les causes profonde.Et c\u2019est une belle page de philosophie historique, une page qui peut engager l\u2019esprit en d\u2019abondantes et fécondes réflexions, tôt l\u2019expérience.A ce qui parait n\u2019être au premier abord qu'un simple recensement de l\u2019appoint fourni à la colonisation canadienne par l'une des provinces de France, M.Vaillancourt n\u2019a pas craint d'appliquer, après l\u2019avoir audacieusement détourné à Augustin Thierry, ce titre claironnant d\u2019épopée : LA CONQUETE DU CANADA PAR LES NORMANDS.Quiconque serait tenté de juger de l\u2019étiquette un peu ambitieuse n\u2019a qu\u2019à parcourir ces pages qu\u2019elle recouvre, et il n\u2019aura plus aucune hésitation à reconnaître qu\u2019il était impossible d\u2019en traduire avec plus ceux, Anglais, Portugais, Espagnols, de bonheur et le sens et la portée.\tItaliens dont l\u2019audace et l\u2019effort ont con- tribué à déchirer le voile qui dérobait l\u2019Amérique au Vieux monde, il parle avec la plus visible équité.Sur la hardiesse, sur l\u2019esprit d\u2019entreprise sur les prodigieuses courses des Portugais, notamment, il a des pages très émouvantes, d\u2019où il ne se défend point de Ardemment patriote, l\u2019auteur n\u2019a point voulu dépouiller au profit de son héros les navigateurs d\u2019autres race.De tous _ 1 C\u2019est bien en effet l\u2019histoire d\u2019une conquête qui nous est retracée.Même sous la forme purement graphique que l\u2019auteur a choisis et qu\u2019il a délibérément détachée de tout appareil littéraire, nous en suivons pour ainsi dire pas à pas la marche progressive, il nous semble assister à ses péripéties diverses.Conquête pacifique sans doute, mais non moins aventureuse peut-être et non moins héroïque- que celle de l\u2019Angleterre par les hordes de Guillaume le Conquérant ou celle des Deux-Siciles par les reîtres de Robert Guiscard.Qu\u2019y a-t-il de plus admirable en effet dans l\u2019histoire de tous les peuples que cet essaimage de la France du Nord, il y a déjà près de trois siècles, vers un continent encore inconnu, par dessus l\u2019immensité des mers ?.Quel est celui qui sent battre en sa poitrine ce coeur normand qui ne faiblit jamais et qui ne brûle pas, du désir d\u2019aller voir sa Normandie, le pays qui lui a donné le jour ?Tous nous irons, mais nous n\u2019y irons plus en tâtonnant comme autrefois, à la façon d\u2019un orphelin qui ne peut même plus retrouver les cendres éteintes de son propre foyer.Grâce à M.Vaillancourt, nous serons conduits sans effort et presque par la main jusqu\u2019au hameau béni d\u2019où nos aïeux ont pris leur essor vers nos rives nouvelles et dont nous rêvons surtout d\u2019embrasser la terre sacrée.D\u2019autre viendront sans doute qui, avec la même piété, poursuivront le même travail pour les diverses provinces de France et qui écriront tour à tour la conquête du Canada par les Picards, la conquête du Canada par les Poitevins, la conquête du Canada par les Bretons.Sou-haitons-le afin que tous les fils qui nous attachent à la France, notre mère, soient de toutes parts et définitivement renoués.En attendant, les Normands sont servis, et, comme l\u2019un d\u2019eux, j\u2019en remercie chaleureusement celui à qui ils le doivent, Emile Vaillancourt, lui-méme le plus Normand des Normands.Extrait de la préface.Faites-en plu- Omer HEROUX.\u201cLe Devoir\u201d JACQUES CARTIER par Charles de la Roncière En écrivant la vie de Jacques Cartier, grâce à de laborieuses recherches documentaires et cartographiques, M.de la Roncière a pu reconstituer les étapes du navigateur, retracer ses tentatives de colonisation, raconter ses relations, tantôt amènes, tantôt belliqueuses, avec les Peaux-Rouges qui habitaient cette Nouvelle-France et dont plusieurs furent ramenés à Saint-Malo.de François I et Henri II empêchèrent à cette époque de prendre pied solidement au Canada, mais la voie était tracée, l\u2019élan donné, et, grâce à la ténacité des pécheurs bretons qui ne lâchèrent pas Terre-Neuve et ses abords, l\u2019idée coloniale put être reprise plus tard dans les parages par les Champlain et les Montcalm.\u201cLes Fiches\u201d Les difficultés intérieures des règnes memes (Commandant de Courtois).Cette notice bibliographique du Commandant de Courtois devrait s\u2019ajouter de plus de détails importants et nous croyons utile d\u2019ajouter ces quelques noM.Charles de la Roncière, qui nous a donné d\u2019intéressants ouvrages sur le Canada, ancien président de l\u2019Académie de Marine et Conservateur à la bibliothèque Nationale, dispose à portée de sa main de la plus riche documentation qui soit sur les affaires du Canada.\u2014 Il en a tiré profit à notre grand avantage et nous devons lui en exprimer toute notre reconnaissance ne rapportait, comme témoins de l\u2019existence d\u2019êtres humains, que des lacs à attraper des bêtes sauvages, une aiguille à repriser les filets et des bois sculp- Ce n\u2019était pas là travail de découvreur à proprement parler, pas plus que le Général Nobile n\u2019a pris effectivement possession du Pôle Nord au nom de son pays en lançant son vaste drapeau du bord du dirigeable d\u2019Amutidsen.En 1501, Caspar Corte-Réal, envoyé par le roi Manoel du Portugal, longea le continent à son tour jusqu'aux glaciers mouvants entrevit le fleuve Canadien, ramena quelques indigènes du Nouveau-Monde mais ses recherches en restèrent là.Jacques-Cartier est donc le véritable découvreur qui eut le courage dé pénétrer à l\u2019intérieur du pays sauvage, jusqu\u2019à Hochelaga et y faire plusieurs voyages succssifs et même y passer l\u2019hiver à ses risques et périls, objectif premier ait été de découvrir un nouveau pays de l\u2019or, et qu\u2019il ait lui-même couru à la recherche du fameux passage vers la Chine, les documents ne laissent aucun doute là-dessus, anmoins, devant l\u2019irréalisation de ce rêve puéril, au lieu d\u2019abandonner comme see prédécesseurs les terres nouvelle», Jacques Cartier jeta les bases premières de cette colonie que Champlain devait par la suite établir définitivement.tes tés Aegidius FAUTEUX.?Puisque nous sommes au chapitre de l\u2019Histoire, nous reprenons avec plaisir un autre livre sur une des figures les plus importantes de la Colonie du Canada; le CHAMPLAIN de M.Constantin-Weyer.\u2014 Après Jacques Cartier, Champlain est peut-être l\u2019homme auquel les canadiens doivent le plus, celui qui a su le mieux apporter des résultats pratiques en commettant le moins d\u2019erreurs.\u2014 Le livre se dégage de la formule habituelle des biographies romancées en faisant la part plus large à la documentation et aux commentaires des textes nombreux laissés par le fondateur de l\u2019établissement français de Québec.\u2014 Dans sa préface, l\u2019auteur s\u2019excuse de reprendre, après l\u2019ouvrage si complet de Dionne, la vie de Champlain, mais il se justifie de donner réponse aux idées développées par Parkman et qui déforment encore aujourd\u2019hui le jugement des Américains sur la France.\u2014 Il est important de leur donner enfin le vrai visage de la France canadienne.Ce vrai visage, c\u2019est Champlain.En reprenant son Jacques Cartier, il aurait été facile au polémistes de l\u2019affaire du Monument Cabot à Montréal de confondre les partisans de Cabot et de tous les \u201cdécou- Il examina la côte vreurs\u201d qui précédèrent Cartier, est bien admis que cet italien à la solde de l\u2019Angleterre cherchant le II passage vers la Chine, constata à son grand désappointement que les terres se prolongeaient vers le nord.Que sort Cabot vira de bord probablement au 56° de latitude, c\u2019est-à-dire à la hauteur du Labrador.\u2014 Il pointa vers le sud en longeant le littoral américain et à la hauteur de Cuba, il mit le cap sur l\u2019Angleterre.\u2014 Il avait planté, au Labrador, une grande croix flanquée des léopards britanniques et du lion de Saint Marc, et reconnu la côte poissonneuse de Terre-Neuve.Maie il n\u2019avait rencontré aucun indigène et + + + Dans cette même collection où sont déjà parus JACQUES CARTIER et CHAMPLAIN, paraît en France le livre de Litchtenberger : MONTCALM .disponible, d\u2019en remettre l\u2019étude au prochain numéro, de la GAZETTE LITTERAIRE.de soulever le plus vif intérêt chez nous en raison même de l\u2019esprit dans lequel son auteur l\u2019a rédigé.Né- Nous sommes contraints, en raison de l\u2019espace limité Cet ouvrage des plus importants ne manquera pas \u2022k Montréal, 14 juin 1934 \u201cLa Gazette Littéraire\u201d s LES LIVRES OU\u2019IL FAUT AVOIR LUS ¦ M.Edmond Jaloux a justement noté que \u201cle thème fondamental des oeuvres de M.Julien Green, c\u2019est la solitude.Solitude en quelque sorte préétablie, solitude presque indépendante des circonstances.\u2014 Qu\u2019il s\u2019agisse de MONT-CINERE, du VOYAGEUR SUR LA TERRE, de LA TRAVERSEE INUTILE, d\u2019ADRIENNE MESURAT, il est toujours question d\u2019un être voué à un isolement sans issue, isolement aussi tragique, aussi définitif que celui de Rodion Raskolnikof après l\u2019assassinat des deux femmes dans un élan désespéré et à peine conscient, se rue sur son père et le jette au bas de l\u2019escalier; pour ne plus être seule que la fille de MONT-CINERE épouse le premier paysan venu; dans le même sentiment, que le personnage de.LA TRAVERSE INUTILE prend la mer et le héros du VOYAGEUR SUR LA TERRE se crée un interlocuteur qui n\u2019est visible qu\u2019à ses yeux\u201d.C\u2019est pour ne pas être seul que le nouveau personnage créé par M.Julien Green, Manuel, LE VISIONNAIRE, fait surgir en marge de sa vie banale et vide et triste d\u2019humble employé de librairie un monde imaginaire et romanesque.Dans ce jardin secret dont lui seul a la clef, Manuel vient promener ses regrets de la vie qu\u2019il aurait voulu vivre.Ses mains moites y trouvent la caresse des fleurs et des feuilles que la réalité lui a refusée, ses pauvres poumons étriqués, blessés, y prennent, à la dérobée, un peu d\u2019air d\u2019une réconfortante fraîcheur.Il est malade, sans grâce.Qui pourrait l\u2019aimer?Et lui est amoureux.Puisque la vie ne peut faire une place à sa passion, c\u2019est dans le domaine merveilleux de l\u2019illusion qu\u2019il lui donnera le moyen de parcourir la course à laquelle elle a droit.Aux heures où Manuel peut s\u2019évader de son désert sentimental, il se réfugie donc dans l\u2019asile d\u2019un journal irréel.Ce qu\u2019il imagine reste teinté aux couleurs de son âme et le château qui sert de cadre aux intrigues nées de son cerveau ensorcelé par la tristesse n\u2019est pas un palais radieux de Mille et une nuits ; les créatures qui s\u2019y meuvent et le fascinent sont elles aussi conduites par des destins cruels.Mais la grande force du rêve, par le seul fait de mener ailleurs, est d\u2019ouvrir du moins la porte au solitaire.LE VISIONNAIRE, par Julien Green.Le prix du premier roman décerné au frère de M.François Mauriac INDIVIDU, par Raymond Housilane.Derrière le pseudonyme littéraire de Raymond Housilane, chacun sait aujourd\u2019hui que cherchait à se dérober le frère même de M.François Mauriac, quand sa première oeuvre romanesque.INDIVIDU, remportait dans une Revue un accueil confirmant le choix du Jury.\u2014 C\u2019est pour ne plus être seule que Mlle Mesurât, \u2022 \u2022 \u2022 L\u2019impossibilité d\u2019être vraiment, entièrement soi-même, un individu : voilà l\u2019idée centrale qui mène le livre.On naît marqué, étiqueté.On croit pouvoir choisir, du moins, sa route, sa place dans la vie.Les jeux sont faits, sans nous, en dehors de nous, ait, reste dans son espèce, dans sa classe, dans sa famille, les brancards ; vous n\u2019y changerez rien, tentatives d\u2019être un individu, nous nous heurtons au monde et nous nous blessons.Plus tard les coups seront plus douloureux et les plus durs des hommes seront bien obligés de reculer.Déclarer la guerre au monde, refuser toute solidarité, ne vouloir qu\u2019être soi?Voyez Tiburce mourant d\u2019être seul.Illusions ! Chacun, quoi qu\u2019il en Ruez dans Dès l\u2019enfance, à nos premières ?
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