Le cri de Québec, 1 décembre 1932, Décembre
[" JÔÜ JOURNAL RÉGULIÈREMENT IRRÉGULIER mais paraissant au moins deux fois par mois DECEMBRE 1932 QUEBEC No.1 VOL.I LE \u201cCRI DE n COUPS DE MARTEAU eus SUR LA MARGOULETTE Voici un petit journal neutre, parfaitement neutre; sur tous les terrains : fédéral, provincial, municipal, économique, social, etc.Libre! Aucun lien! \"Attaché?\" demandera le Loup.\u2014 \"Non, x Nous courons où nous voulons.Son verre est petit, mais il boira dans son verre.Il commence humblement ; c'est très porté, en temps de cri Monsieur le Loup et c\u2019est la ville qui rame arable Entendu à la radio \u201cLe magasin est rempli de toutes ce tri rêne sortes de choses telles que ajustage ce montres Les drames de la rue: Les automobilistes qui ne veulent pas trop molester le budget de la ville feraient bien de passer au large des poteaux, surtout ceux du Québec Power qui, comme l\u2019on sait, sont solides à Québec.se J9 Il a Vespoir de grandir, encore qu\u2019il n'ait rien d'Espagnol.Car il est Canadien; plus particulièrement, Québécois; jusqu'au bout des ongles, jusqu\u2019au trognon.A mesure qu\u2019on le lira, d'ailleurs, on connaîtra la nature du bois dont il se chauffe; c\u2019est du bon bois, sec et vert.Plus particulièrement, il aimera à voyager un peu nos travers.Et voilà! Un point : c'est tout.Devise de l\u2019Exposition Provinciale pour 1933: \u201cAnnée de la Réorganisation-Direction-Nouvelle-Sang-Nouveau\u201d .Comme Motto : \u201cDix jours de Déficit.\u201d a travers Le \u201cSoleil\u201d publie depuis quelques Les Tours de Babel québécoises: semaines une comédie illustrée;, Le Palais Montcalm et le Réservoir \u201cC\u2019est mon Gendre\u201d, qui est bien S'il n\u2019y a pas confusion des langues, d\u2019actualité.il y a confusion des contrats.On SP dp*» and/' P \"Vil rr 11 pi\tfp»- ivoviîrj,\t-y-nif ât-vp dations si l\u2019on ne pose pas des murs de pour certains officiers de l\u2019Hô- Est-ce un nouveau prin- tel de Ville attendu que les bons Frères sont généralement forts calcul.FAUT PAS S\u2019EN FAIRE! Le voisinage de l\u2019Académie Corn- ciessus cipe d\u2019architecture préconisé par l\u2019architecte du Conseil de Ville?.Si nous avions à fonder* à Québec une ligue dans le but d\u2019éliminer autant que possible la déprimante impression que font peser sur les âmes la crise et la dépression économique que nous subissons, nous lui donnerions comme devise ces fameux mots du poilu français qui expriment tout un système de philosophie : \u201cFaut pas s\u2019en fairel\" en Quel est ce Québécois qui occupe haut poste\u201d et qui ploie sous le poids des titres ?.Les titres sont à la baisse: Un mathématicien a posé récemment à ses confrères un problème dont personne encore n\u2019a pu trouver la réponse : Quelle est la valeur de toutes les \u201cExcellences\u201d civiles québécoises pas compte de leur opinion personnelle ?.un La crise existe, c'est entendu; il y a dépression partout : dans le commerce, dans Vindustrie, dans l\u2019agriculture, c\u2019est vrai.Mais, Québec suit l\u2019exemple de Montréal mon Dieu, que l'on aime à se le dire et à s'en convaincre davantage, et a aussi son \u201cMaurice\u201d.quand on ne croit pas l'être suffisamment! Aussi, comme l'on s\u2019en fait! si l\u2019on ne tient Prochaine cause devant la Cour .\u2014.Mais on ne fait rien pour conjurer le mal, ou plutôt, pour faire en sorte que nous souffrions moins de l\u2019état de choses qui nous Municipale: \u201cLe Secretaire de la confond.\tChambre de Commerce vs le Secré- On a dit qu\u2019il y a une volupté dans la douleur; et nous éprou- taire tIe l\u2019Exposition Provinciale\u2019 .A quand le rapport des ingénieurs de la cité sur le coût de la municipalisation de l\u2019électricité à Québec ?Seigneur, que c\u2019est long!.Ces Clubs neutres sont bilingues, mais l\u2019Anglais prédomine en tout.C\u2019est souvent la faute des Canadiens vons assurément cette volupté à souffrir de la crise et de\\ la dépres-Nous sommes un peu comme le malheureux traqué dans les montagnes et dans la brousse et qui, à certains moments, mourant de faim, de fatigue et de soif, s'affale tout de son long dans un buisson, résolu de mourir, goûtant de ses souffrances comme une âpre joie dont il meurt lentement, avec volupté.Nous n osons rien faire pour réagir contre le cafard de la dé- sion Français.Nous sommes des vaincus, des arehi-vaincus, et l\u2019on saisit toutes les occasions pour le démontrer.L\u2019autre jour, l\u2019officier d\u2019un de ces Clubs \u201cneutres\u201d, un Canadien Fran-à la ville, çais, présentait notre chanteur Le- ( Suite à la page 3) Quand un \u201cextra\u201d de $8,000 ne marche pas, l\u2019on change de sujet et pression.Ce n'est pas tant des ennuis et des misères de la dé près-) pon monte un bateau sion que nous souffrons, mais de notre moral.Le moral n\u2019est pas jviais le bateau est chargé de terre bon; comme celui des civils de l'arrière, pendant la grande guerre, ce qui faisait dire aux braves poilus des tranchées : Pourvu qu'ils tiennent! vant son hôtel délabré et veuf de peinture, va-t-il se dire, parce que1 A quoi bon peinturer?\u201d .Oui, à quoi bon faire gagner quelque chose aux peintres, aux * t Nous ne tenons pas.N'est-il pas vrai que nous nous en faisons c\u2019est la crise : \u201cA quoi bon?trop à cause de cette crise?Avions-nous coutume de nous payer une fête, une réjouissance quelconque, un plaisir permis, un banquet à jardiniers, aux\tmenuisiers?\tA quoi bon, en somme,\tfaire\ttravailler telle ou telle occasion, cette année, on se dit : \u201cA cause de la crise, j les chômeurs nous supprimons cela.\" Et souvent, de l'argent que coûterait cette mentons-nous!\tEt\tpuis, gardons nos sous\tdans\tnos\tpoches.\tIl manifestation, et que nous serions capables de dépenser sans nous faut économiser,\tque\tdiable,\tc\u2019est la crise/.mettre sur la paille, nous ferions gagner nombre de personnes qui en seraient heureuses.Un banquet, par exemple, aiderait dans une garde au fond de leur gousset, l'argent ne circulera plus, et tant \u2018que mesure quelconque, à la vente des victuailles qu\u2019il y faudrait, ce qui l\u2019argent ne circulera pas, la crise durera; c'est comme une espèce dé{ ne ferait pas tort au commerce de l'épicerie, en particulier; et nous vérité de M.de La Palice.Ou plutôt, on est en train de tourner permetterions aux serviteurs de gagner un peu d\u2019argent.Parce que c\u2019est la crise, va-t-on arrêter tout travail qui n\u2019est pas absolument nécessaire?L\u2019hôtelier des campagnes, par exemple, de- Nous sommes en temps de crise.Pleurons, la- Et il devient évident que si tous ceux qui ont de l\u2019argent le dans un cercle vicieux.C\u2019est qu\u2019on s\u2019en fait trop.\u2018'Faut pas s\u2019en faire!\" Telle devrait être notre devise.Esope Lapurée r Page 2 LE CRI DE QUEBEC i ET VOILÀ ! IL SERAIT TROP TARD! LE CRI DE QUEBEC Régulièrement irrégulier VOIT TOUT; DIT TOUT La Société des Arts, Sciences et Lettres a entrepris, tout der- Naguère, pendant la guerre, nièrement, une campagne pour la ''refrancisation ' de la province.^ue e nme\\ \u2014 1 on voyait de bons Elle veut des enseignes commerciales bilingues dans les villes et de ourgeois de Quebec passer des beaux noms français à nos hôtels de campagne.\tjournées entières, à étudier les bul- Le geste est magnifique; mais nous doutons fort du résultat dé- etlns 0 lcie s de la guerre et 011 Ænmf (/ans /e sens que /'on uoudra/f.\tentendait donner, avec une im_ C'esf pu'// esf un peu fard.\tperturbable sérénité, avec une cons- Ef pu/s, /'on ne commencerai pas par /e bon 6ouf.\t^\t\"T Nous sommes déjà trop, hélas! à peu près totalement imprégnés !.e ou o mouvement des armees aides substances toxiques du \u201cqankeisme\u201d, et c'est un violent vomitif J,ee8: .°1\u2019 81 J etais a a.pla,fe^e pu'//nousfaudra/f.\t.Foshjeferaisplutotceci./-'Je Depuis des années, le cinéma judéo-américain nous empoison- m(T cemanc e pourquoi Jo ie a fait ne; et nous ne nous en apercevons pas.On nous sert ce poison com-\t\u2019 v \u2019\t; .* * * me avec un compte-goutte et il s'infiltre dans toutes nos veines sans .t on,en entendait, comme cela, puece/apara/sse.^\t, desjourneesentieres.Tant que nos jeunes snobinettes ne rêveront que de la pitoya-\t\\ UJ°UI U1; e memes inipoi an s ble anatomie d\u2019un Gary Cooper et autres acarus; tant que nos bondi Peisonnaê\u2019es e u ^on a si ua ion e-bourgeois de la haute s\u2019écraseront aux portes de nos théâtres pour conomiclue e °*1 c es commen ânes a//er s'esc/a/Fer deuanf /a ^ueu/e d'un doe E.Eroiun ef /es \"s/m/es.^ T';.^ ^ trenes\u201d d\u2019une Marie Dresler; tant que nos junes gens ne sauront\tCGUX qU ne ^eu en pas frissonner que devant le sourire d\u2019une des femmes fatales de Holley- es en eiuie' wood Vol.I, No.1\u2014Boîte Postale 02 Haute-Ville QUEBEC U FABLE D\u2019ACTUALITÉ En 1857, la Bourse subissait une crise assez comparable à la crise actuelle comme le prouve ce pastiche de La Fontaine, dû à la plume de Proudhon: La Coulisse, ayant monté En pleine sécurité, Se trouva fort dépourvue Quand la baisse fut venue.Pas d\u2019argent, plus de crédit, Pour payer, point de répit.Elle alla crier famine Chez la Banque sa voisine, La priant de lui prêter Quelques sous pour tripoter Jusqu\u2019à la hausse nouvelle: \u2014Je vous paierai, lui dit-elle, Fin prochain, délai légal, Intérêt et principal.La Banque n\u2019est pas prêteuse: C\u2019est là son moindre défaut: \u2014Que faisiez-vous au temps haut Dit-elle à cette emprunteuse.\u2014Chaque jour, à tout venant J\u2019achetais, ne vous déplaise.\u2014Vous achetiez, j\u2019en suis aise; Eh bien! vendez maintenant.C\u2019est ainsi que l\u2019autre jour, un hurluberlu a étalé dans le SOLEIL son opinion sur la crise.Cette dernière, pour lui, a les trois causes suivantes: Le Ford, le Cinéma et les Magasins à chaîne ! Voilà, c\u2019est réglé comme du papier à musique.Ne cherchons plus ailleurs.il n'y aura rien à faire pour \u201c désaméricaniser\" nos gens et \u201crefranciser\u201d notre province.Tout est déjà perdu; tout s en va à vau-l'eau! Ce qu'il faudrait avant tout ce serait de chasser du coeur de nos populations les idoles sacro-saintes du film parlant judeo-amé-ncain.Pour cette idolâtrie, on ne rougit même plus de rire de sa langue, de notre langue française; de l\u2019art français si conforme pourtant à notre mentalité latine.On préfère un bon coup de poing sur /a ^ agiterons en vain devant cette \u201cgoujaterie nationale\u201d tant que rè gnera cette exaltation apothéotique de produits qui ne s interrom pent pas une minute de fulgurer par dessus les oeuvres franchement', se d\u2019être de la bêtise et de la suf-artistiques, du haut de leur Thabor d'imbécilité .\tfisance; c\u2019est tout simplement de Insensiblement, grâce au cinéma américain, ce lupanar universel des intelligences, nous nous sommes pris à vivre la vie troublante américaine; insensiblement, nous avons adopté cette mentalité si terriblement pourrie du brutal matérialisme américain; insensiblement, nous nous sommes pris à nous passionner pour les exploits des castauds à lippes patibulaires des tripots de
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