La terre de chez nous, 10 novembre 1943, mercredi 10 novembre 1943
[" iL- 3 y DE CHEZ NOUS V:>l \\\\I \u2014 No « OTTAW \\.1.1 10 NOVKMIÎKK 194?» ADMINISTR ATION : il \\unUÏt!,\u201c' Le congrès général de la coopération L\u2019économie du charbon et aura lieu en fin de semaine à Québec le précepte Sous !es auspices du Conseil supérieur de la Coopération.\u2014 Son Eminence le cardinal Villeneuve et le premier ministre Godbout adresseront la parole.Conférence d\u2019ouverture prononcée par M.F.-A.Angers de l'Ecole des Hautes-Etudes Commerciales de Montréal.\u2014 Le thème sera l'inventaire de notre mouvement coopératif.\u2014 Allocutions de MM.Gérard Filion et Thuribe Belzile.\u2014 Présidence du R.P.Georges-Henri Lévesque, président du Conseil supérieur de la Coopération.[.,¦ c;n-|uiome congrès général de i-.wprntiou de la province se tien-,1n t Québec, au Palais Montcalm, je, u i ;\t]4 novembre prochain i\u2019.s auspices du Conseil supérieur de la Coopération.Chari'K* année, grâce à l\u2019intérêt qU-.|).¦ ¦ni les coopérateurs, ces rilin'- ont toujours un vif succès et rom m iique que les prochaines iont marquées d'un slices plu, .-datant encore.s,m Ki.iitience le Cardinal Villc-n,*uu- r l'honorable premier mini,îi M.Adélard Godbout, ont bien \\ ' i accepter d'y adresser |j |u.il - l.o congrès sera sous la pi.-.i I ¦ ¦¦ du It P.G.II.Lévesque.i i rieur de l\u2019Ecole des Sci'-iu \u2022- sociales de l\u2019Université [.aval ri président du Conseil su-liéri'- h d,- i Coopération.I.i i imYreiice d'ouverture sera pronoun- \u2022 par M.François-Albert Anger- de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal qui prise uei i une vue d'ensemble de notre économie provinciale.Cette inférence servira d'intro-iluctm m tlièmc général du con-pe.> i[.ii porte cette année sur l'inventaire de notre mouvement coopérai it l u tel inventaire permettra de mieux dégager la valeur sociale et 1 importance économique du ,e> teuc coopératif de notre économie 11 permettra également aux coopérateurs de mieux prendre conscience de leur force et du rôle important qu'ils auront à jouer da la reconstruction sociale d'après guetre.Tous ceux que la question inté-re,- .i invités à participer h ce conge- tout voici le programme détail! ¦ Vendredi, le 12 novembre L\u2019après-midi et le soir.\u2014 Ins cription des congressistes au Palais Montcalm, au Foyer.Ouverture: 8.00 heures p.m.Président: T.R.P.Georges Henri Lévesque, o.p., président du Conseil supérieur de la Coopération.a)\tDiscours d\u2019ouverture par le T.R.P.Georges-Henri Lévesque, o.p.président du Conseil supérieur de la Coopération.(b) Conférence: Situation économique de la province de Québec, par M.François Albert Angers, professeur à l'Ecole des Hautes-Etudes Commerciales c)\tFilms.Samedi, le 13 novembre Première séance d'études: 9.00 h.a.m.Président: M Samuel Audette, vice-président général de l'U.C.C.Rapports et discussions: a)\tCaisses populaires, par l'Ho-norablc Cyrille Vaillancourt, gérant général de la Fédération des Caisses populaires.b)\tMutuelle-Vie, par M Thuribe Belzile, secrétaire de la Mutuelle Vie de l\u2019U.C.C.c)\tMutuelles-Incendie, par M Victor Larochelle.d)\tCoopératives agricoles, par M.Roméo Martin, chef du service de l\u2019éducation à la Coopérative Fédérée.Deuxieme séance d\u2019études: 2.00 h.p.m.Président: M.l'abbé F.X Jean.Doyen de l\u2019Ecole d\u2019Agriculture de Ste-Anne-de-la-Poeatière.Rapports et discussions: a) Coopératives de pécheurs, par M.Alexandre J.Boudreau, secré- Il faut trouver plus de hommes pour travailler en forêt La coupc du bois est insuffisante à cause de la main-d'oeuvre.\u2014 Le cultivateur qui travaille en forêt continue d'accomplir un travail essentiel à la guer-re.\u2014 || faut s'adresser au bureau du Service sélectif le plus proche.taire des Pécheurs Unis de Québec.b)\tCoopératives de transport, par M.l\u2019abbé Guy Racicot.c)\tCoopératives forestières, par M.Zéphirin Rousseau, secrétaire-adjoint de la laculté des Sciences de l\u2019Université Laval.d ) Chantiers coopératifs, par M.l'abbé Emile Couture, curé de Ste-Anne de Roquemaure.e)\tCoopératives d'électricité, par M Albert Rioux, Docteur en Sciences sociales, politiques et économiques de l'Université Laval.Séance du soir: 8.00 heures p.m.Président: T.R.P.Georges-Henri Lévesque, o.p.président du Conseil supérieur de la Coopération.Allocution de Son Eminence le Cardinal Jean-Marie Rodrigue Villeneuve et de l'honorable Adélard Godbout, premier ministre.I,\u2019Education coopérative: rapports: a) Institutions d'enseignements, par le T.R.P.Georges-Henri Lévesque, o.p.ht Organisations coopératives, par M.Charles Gagné, président de la Corporation des Agronomes.c)\tOrganisations professionnelles, par M.René Monette, secrétaire de la Corporation des Agronomes.d)\tOrganisations diverses, par le R.p.D'Auteuil Richard, s.j., directeur de \u2018\u2018Relations\".e)\tInstitutions gouvernementales, par M.Jean-Charles Magnan, chef de la Division des Ecoles d'A-griculture.Dimanche, le 14 novembre Séance d'études: 9.:i0 heures a.m.Président: M.Alfred Carpentier, président général de la C.T.t .C.Rapports et discussions: a) Coopératiees de consommation, par M.Victor Barbeau, président de l\u2019Alliance des Coopératives de Consommation.b! Coopératives d'habitation, par (Suite à la page t!» LetTre de la Ligue du Dimanche au contrôleur du charbon au sujet du chauffage des églises.\u2014 Il ne peut être question de réduire le nombre des offices ou de les tenir l\u2019après-midi et le soir.\u2014 Nous avons grandement besoin de protection du Dieu Tout-Puissant à cette époque de péril et de désarroi.\u2014 Qu'on ferme d'abord les salles de spectacles et les lieux d'amusement.Voici le texte d\u2019tuie lettre adressée par ie Comité des Oeuvres catholiques de Montréal au contrôleur fédéral du combustible, M.J.Biunninq.Monsieur MJ.Biunning Contrôleur du charbon.Ottawa, Ont.Monsieur, Dans un communiqué récent, vous demandiez la collaboration des diverses Eglises pour l'économie du charbon et vous leur suggériez.de réduire leurs offices, par exemple, de n'ett avoir que le dimanche après-midi ou le dimanche soir.La Ligue du Dimanche regrette de ne pouvoir accueillir favorablement vos suggestions.H lui semble au contraire qu'en cette époque de péril et de désarroi, les maisons de Dieu devraient être ouvertes jour et nuit et que des foules de fidèles devraient s\u2019y succéder sans interruption pour demander au Maitre tout-puissant, qui est en même temps notre I\u2019ère, la protection dont nous avons si grandement besoin.Notre étonnement devant vos suggestions est d\u2019autant plus grand qu'on laisse ouverts le dimanche les lieux de spectacles \u2014 trop souvent des écoles de corruption \u2014 alors que la loi le défend expressément.La loi du dimanche (Statuts révisés du Canada, 1927) dit formellement à l'article sixième: \"Sauf les dispositions d\u2019une loi provinciale actuellement en vigueur ou qui pourrait le devenir.il est défendu, le dimanche, de prendre part ou d'assister a une lutte ou un jeu public, engages dans un but de gain, de prix ou de récompense, ou d'organisé un spectacle ou une réunion publics, d'y participer ou d'y assister, ex cepté dans une église, lorsqu'une contribution est exigée de façon directe ou indirecte, soit comme prix d\u2019entrée à ce spectacle ou a cette réunion, ou à tout autre endroit où ils ont lieu, ou pour privilège ou services rendus.\u201d Aucune loi provinciale, sauf celle de Québec, ne vient en oppo sition avec cette ordonnance.Et même dans Québec, la loi de l'observance du dimanche (Status refondus, 1925, chapitre 159), bien qu'elle ne prohibe pas toute reunion publique, déclare à l'article 3: \u201cqu'il est défendu, le dimanche.dans un but de lucre .de donner ou d'organiser des représentations théâtrales.\u201d Avant donc de vouloir restreindre les heures d\u2019ouverture des églises, ne serait-il pas plus logique et plus efficace de faire .om-plement observer les lois roncei nant les spectacles.I,e résultat qu\u2019on désire obtenir \u2014 l'economie du charbon \u2014 ne serait pas moindre; loin de là.Et surtout nous agirions ainsi en vrais chrétiens.La Ligue du Dimanche compte, monsieur le contrôleur que vous voudrez bien prendre en bonne part ces remarques et 1 vs mettre en pratique.I.e président du comité de Montréal, JA.R Lit SU'.K 11 .immédiatement || ,J\u2019 ' -'t.ùOO hommes pour tra-y1 '¦ ' ' >\u201di lorêt si l'on veut que \u2019 l\u20191 °'ltn¦¦.->n de pulpe et de pa-|l! \u2018\t\u2019\t\u2022 -Disante pour satisfaire ««besoin i,- ta nation en guer-I ci le est la déclaration émise 1,1 bureaux de l\u2019industrie à \u2022 lontieal.a ta suite de la récente çcmc' il h gouvernement de pla-''' h >'\"upc du bois au nombre tv:, .s essentielles à l\u2019ef- j1\u201d gué, re.\"Cette récente dé-i'\"\u2019'1 *' s\u2018\u2018ivice sélectif national ,l'\t' désormais la coupe .\t, l\u2019iilpe comme industrie n :a est il dit dans cette ».aiat\"\"\u2019.aidera sûrement à s.\u2019.l\u2018\t1 situation critique où ,, , M ; '''incitement l'industrie p, '/J' 1 \u2018d.du papier.La pul-tjii\t'fier entrent dans la '\"°\" de centaines d'objets \u2019>nrei à nos soldats.Depuis plusieurs mois, la coupe du bois est insuffisante à cause du manque de main-d'oeuvre; et cependant, la demande de bois de pulpe a substantiellement augmenté.Là où il faut dépenser cinq cordes de bois, on ne peut en couper que quatre.Les compagnies voient leurs réserves de bois diminuer dangereusement.Et même si l\u2019on pouvait couper autant de bois cet hiver qu'il en fut coupé l\u2019an dernier, il manquerait encore 1,250,000 cordes pour que la production de bois de pulpe puisse satisfaire aux besoins du Canada et des Nations Unies.\u201cD\u2019après les nouveaux règlements du Service Sélectif.Ic cul tivateur qui travaille en forêt continue d'accomplir un travail essentiel à la guerre.Le Gouvernement ÇSuite à la page S> Mise au point Dans notre numéro du 27 octobre, nous reproduisions le texte de la conférence prononcée au Congrès général de l\u2019U.C.C.par M.Cyrille Vaillancourt.Dans son préambule, notre reporter faisait dire a M.Vaillancourt \u201cque l'interdit sur les abattages était levé\u201d.Cela n'est pas tout à fait exact.Ce qui a été aboli, cc sont les quotas auxquels étaient astreints les détenteurs de permis et cet élargissement des règlements ne s\u2019applique qu'a l'abattage des porcs.Autrement dit, il faut encore détenir un permis de la Commission des Prix et du Commerce en temps de guerre pour abattre des pores, mais le détenteur d'un tel permis a maintenant le droit d'abattre un nombre illimité de porcs.La même erreur s\u2019est glissée dans notre numéro de la semaine deruiere.Les résultats du cinquième emprunt de la victoire La province de Québec a dépassé son objectif, soi> 112.27 pour cent.\u2014 L'Emprunt cher les militaires.\u2014 Près de $1,300 millions.\u2014 Félicitations du ministre des Finances, M.J.-L.Ilsley.\u2014 Objectif national largement dépassé.Dès samedi soir, les quartiers généraux nationaux du 5e ein prunt de la victoire étaient en mesure d\u2019annoncer que la nation canadienne avait souscrit au delà de l\u2019objectif national de $1 milliard $200 millions.Hier soir, le chiffre atteint était déjà de $1.-282,627,850 et il n\u2019est pas défini tif \u2014 loin de là, car il est encore bien des rapports à rentrer.Commentant le résultat obtenu, le ministre canadien des Finances, M.Ilsley, a félicité toute la population et il a dit que les Canadiens viennent de remporter un autre de ccs succès qui imposent leur nation à l'admiration des Nations-Unies.Le ministre des Finances a an noncé que les forces armées avaient contribué très généreusement au succès de eet emprunt eu sourexivaut $33,663,950, soit l'équivalent de 164 p c.de leur objectif.Le total des souscriptions effectuées durant la seule journée de samedi s'est élevé a $73,919.650.Les quartiers généraux décla rent toutefois que cea chiffres ne sont pas définitifs, un certain nombre de certificats étant eneo re entre les mains des vendeurs ou des diverses unités provincia les.Il en est de môme de l'ensemble de la province de Québec qui a fourni au 5e emprunt un mon tant total de $366.031.930 (dont $10.790.700 durant la journée de samedi), soit les 112.27 p.e.de l'objeetit provincial de $326 millions.Voici, sans ordre de préséance, les villes les plus populeuses du (Suite à U page S» 4^06 Page î LA TERRE DE CHEZ NOUS LE 10 NOVEMBRE 1943 1011 Hebdomadaire Agricole Fondé on 1929 iOu.au> u«icaomaciaii*; oigune otliciei de « Union de# Cultivateur# do la \u2022 erative Federee et des Cercle# de feimière# GERAFU FILION LS C.directeur.Abonnaient : loua le# membres de l\u2019Union Catholique des Cultivateurs, qui payent une cotisation annuelle do S3.00 icçoiyent le journal Les per-tonnes qui pour differentes raisons no peuvenl être membres de l\u2019U.C.C.oeuvmi s\u2019abonnet au tarif suivant SI.00 pai année \u2022 S2.S0 pour trois ans SI.50 par année à l'étranger Publicité : Le tarif de la publicité est de 20 cents la ligne agate ou $2.80 e pouce-colonne.Toute annonce ou tout avis d\u2019annulation doit arriver huit \u2022ours avant la daie de la publication.Le tirage de la \"Terre de Chez Nous\" ®st certifié par l'Audit Bureau of Circulations Correspondance : Pour toute question touchant la rédaction, l'administia* \u2022ion ou la publicité adressez vos lettres à \u2022 La \"TERRE DE CHEZ NOUS\" 515, ave Vlger.Montreal \u2014 Tél.LAnca»ter 6273 Imprimé au \"Syndical d'Oeurres Sociales Limite\".Ottawa.eRnumEff HéRDtttâF' fees m Une autre demande de rU.CC Les cultivateurs savent combien les restrictions de guerre ont profondément modifié l'ordre économique ancien.La libre concurrence, le jeu de la loi de l\u2019offre et de la demande sont des choses du passé.Tout est régi, contrôlé, réglementé.Les prix et les salaires sont en principe gelés au niveau de septembre 1941 et l'on n'y peut toucher sans un permis d'une commission de fonctionnaires.A la faveur de la guerre, le Canada est devenu sans le savoir un pays socialiste dans lequel, par définition, l\u2019Etat exerce un contrôle rigoureux sur toute la vie économique.Au nombre des centaines d\u2019ordonnances émises par la Commission des Prix et du Commerce en temps de guerre, il en est une qui est particulièrement attentatoire à la liberté démocratique et qui \"gèle\u201d pour la durée de la guerre tout progrès économique: c\u2019est celle qui défend depuis le 2 novembre 1942 l\u2019ouverture de tout nouveau commerce et de toute nouvelle industrie.L'on comprend aisément que l'Etat soit justifiable en temps de guerre d\u2019arrêter le développement de toutes les affaires qui n'ont aucun caractère essentiel; il en résulte une économie de main-d\u2019oeuvre et de frais de distribution, la main-d\u2019oeuvre pouvant être dirigée vers l\u2019armée ou les usines le guerre, l\u2019économie des frais de distribution freinant dans une\u2019 certaine mesure la hausse du coût de la vie.Mais l\u2019on saisit moins bien les motifs qui ont poussé les autorité de la Commission à étendre cette restriction au commerce coopératif.A notre avis, il n\u2019y en a qu'un: éviter les critiques du commerce capitaliste.Or il y a des raisons profondes pour lesquelles la Commission devrait laisser le champ libre au commerce coopé-ratif.La première, c\u2019est, que ce commerce ne se fait pas en fonction d\u2019un intérêt particulier, mais en vue du bien commun.Le commerce coopératif n\u2019enrichit personne, maLs il met un peu de bien-être partout.En temps de guerre, alors que le bien commun a la primauté sur tout, que tous doivent mettre leurs intérêts particuliers au service de la communauté, l'on devrait attacher une importance particulière à ce caractère fondamental du coopératisme.En second lieu, la coopération freine la hausse des prix et diminue le coût de la vie.En effet, la coopérative n'a pas d\u2019intérêt comme le commerçant ordinaire à majorer ses prix pour grossir ses profits.On en a eu un exemple frappant à la déclaration de la guerre; presque tous les marchands ont profité de la panique pour porter les prix du sucre à huit, dix et môme douze cents la livre, alors que les coopératives ont maintenu leurs prix stables et se sont bien gardées d'exploiter leurs sociétaires.Or, le Gouvernement s'acharne avec raison à freiner la hausse des prix pour éviter l\u2019inflation.Il nous semble qu'il trouverait un appui efficace dans les coopératives, qui précisément poursuivent le même but.Que l\u2019on permette l\u2019établissement de coopératives agricoles et de coopératives de consommation dans tous tes centres qui sont prêts à en fonder, et l\u2019on constatera que le travail des inspecteurs de la Commission des Prix sera singulièrement facilité et diminué.Enfin, il y a la ristourne qui, dans les coopératives, fonctionne sur le principe des vases communicants et tend sans cesse à rétablir l'équilibre entre le pouvoir d\u2019achat et le coût de la vie.Elles ne sont pas rares les coopératives de consommation de chez nous qui remettent annuellement à leurs sociétaires une ristourne de cinq a dix pour cent du montant total de leurs achats.Elles sont de plus en plus nombreuses les coopératives agricoles qui retournent à leurs membres de vingt-cinq à cent dollars chacun.Nous en connaissons même une qui a remis l\u2019an dernier à un seul de ses sociétaires un peu plus de six cents dollars.N\u2019esL-ce pas là la preuve que les coopératives sont les organismes les plus efficaces et les moins coûteux pour combattre l\u2019inflation ?Si les autorités de la Commission des prix avaient su ou compris ces choses, elles auraient sûrement prévu une exception à la règle générale en faveur des coopératives.Bien plus, elles feraient une propagande intense pour que le contrôle des prix par la cooperation remplace graduellement le coin,rôle par l'Etat et ses fonctionnaires.Le dernier congrès général de l'Union Catholique des Cultivateurs a passé une résolution pour demander à la Commission des Prix \"d\u2019enlever toute restriction à la fondation de coopératives agricoles et de coopératives de consommation\".Il y a des chances que ce voeu soit exaucé .à la fui de la guerre.Gérard FILION./ activité 4*A coopératif Si on en juge par les rapports que nous recevons de temps en temps, l\u2019activité des coopératives agricoles en 1942 a dépassé toutes les précédentes.Pour la première fois depuis onze ans, le nombre des membres a dépassé MO,000 et le chiffre total des affaires s\u2019est élevé à plus de $250 millions.Les ré-serves et surplus qui ont atteint $46 millions et l\u2019amélioration de la situation du capital de travail, indiquent que tout en élargissant le champ de leurs opérations, les coopératives ont renforcé leur structure financière.En 1942, 1,722 cooperatives ont fait rapport au gouvernement fédéral.Sur ce nombre, 558 ont manipulé des denrées alimentaires pour une valeur de $l'/j million.Les produits de pétrole vendus par 561 associations atteignent la valeur de $7 millions.Pour augmenter la production des récoltes et des bestiaux, les cultivateurs de 834 coopératives ont acheté pour $16 millions de grains, d\u2019engrais chimiques et de matériaux de pidvérisation sur une base d\u2019achats en commun.Voilà des chiffres qui méritent d'attirer notre attention parce qu\u2019ils nous prouvent bien la vigueur du mouvement dans le monde agricole.Près de 103,000 des téléphones au Canada, soit près de 6%, sont opérés par les coopératives rurales.Ces lignes téléphoniques représentent un placement total de $20,-000,000.Les pêches des doux côtes canadiennes se sont organisés en coopératives pour faire des conserves, vendre le poisson et acheter des agrès de pêche.En 1942, 67 coopératives de pêcheurs en Nouvelle-Ecosse, Québec et Colombie-Britannique, comptent 4,826 membres et font un chiffre d\u2019affaires de $2,628,380.Un conseil d\u2019actualité pendant les pluies de l\u2019automne: \u201cAcheté, vous une pipe ! \u201d Les bébés ne parlent pas.n, n\u2019en ont pas besoin.Leurs panm, les interprètent avec une éloquence farouche et intarissable ! L'intelligence est au cerveau ont-ils conté ?Une bagatelle pro-hablement, quelque chose connu» le pourboire que donne un \"om dollar-a-ycar man\" ! L'Emprunt rie ia Victoire csi souscrit.Le Canaria, fier de ce succès, sc félieite et l\u2019Angleterre songeant au don du milliard, nom félieite.Moment d\u2019émotion inten se ! Le FAUCI1 I.El'R Et déjà voilà dix ans .Mûrs pour l'abattoir Le petit pure maigrelet aux detu pourquoi on vous soigne si bien?\u2014 l'abattoir le plus vite possible.'\" uutres: Vault, tuns savoir C'est pour vous envoyer u Nous ne pouvons, cette semaine, publier sous cette rubrique les faits et nouvelles qui ont paru il y a dix ans, pour la bonne rai son que le numéro de la semaine correspondante de novembre 1933 n\u2019a pas paru.Vcici ce qu\u2019on lit dans le numéro du 15 novembre 1933: \u201cLes travaux du Congrès général de l\u2019U.C.C.ne nous ont pas permis de publier le numéro du 8 novembre.Nous nous en excusons auprès Je nos membres et de nos abonnés.\u201d Cette simple note nous montre combien les débuts de la \"Terre de Chez Nous\u201d on été humilies et quel était le dévouement de ses rédacteurs dont les activités \u2022 \u2018 se confinaient pas au journal loi-même.Us avaient bien d\u2019autres chats à fouetter et le journal était rédigé \u201cpar temps perdu\u201d comme disent nos gens.D\u2019ailleurs, ou n> perdait rien à attendre puisqu\u2019on prenait le temps de mûrir les sujets qui étaient ensuite exposés dans le journal.Combien les temps ont changé depuis! L\u2019U.C.C.peut aujourd'hui se payer le luxe d\u2019avoir des rédacteurs qui s'occupent exclusivement du journal sans avoir à régler les questions concernant la régie interne de l\u2019U.C.C.est un avantage et lin inconvénient, puisqu'il leur manque certaines données indispensables pour pouvoir écrire parfaitement en connaia-sanee de cause.n.iv. , F [0 NOVEMBRE 1943 LA TERRE 1)E CHEZ NOUS rage S DE U Wihim ricrrsl dans le temps le moins pressé sur la ferme; puis, il reste Keçcr.(\"est vrai qu\u2019x va à l\u2019école, mais il nent t'aider an bardas malin et soir.l\u2019icrn s'assit doucement dans la chaise berceuse et.de nouveau, hourra sa pipe.Eugénie reprit: \u2014 b- le parle de ça aujourd\u2019hui, parce nue si tu décides de l'en-vover il restf pas grand temps poui préparer son linge.\u2014t a va coûter cher ee cours-là, Çl relie année mes dépenses sont fortes.lean Paul m'a dit que ça routerait a peu près cent piastres Pour siv mois.(\"est pas exorbi-l int pour donner une chance à un irune homme qui veut s\u2019instruire sur les- choses de sa profession.\u2014t est drôle pareil; dans mon T avait pas d\u2019Ecole d\u2019Agri-culture, puis on cultivait la terre; \u201cI1 r vivait tout comme aujour- d hui.\u2014I es temps sont changés, 'erre.I.p science agricole fait , propres, les méthodes de cul-«re changent avec les généra *o\"s et g f.s, iniourtant.à mon ¦¦'K nue Jeun Paul, qui héritera o Pieu, rt.onaisse mieux son mé-lier.Une oeuvre d utilité publique M Oui.heu oa parlera de.ça Par Albert Rioux C\u2019est le titre d'une brochure que vient de publier M.Rodolphe I.uplante.Il ne s\u2019agit pas de l'enlèvement des vidanges, de l\u2019électrification rurale, de l'aqueduc municipal ou de l\u2019oeuvre de la maternité.Dans le choix de ee titre.M.Laplante s'est probablement inspiré d\u2019une résolution par laquelle le conseil municipal de St-Romuald louait, à raison de un dollar par an, le meilleur local de l'Hôtel de ville à la Caisse populaire considérée comme \u201cune oeuvre d\u2019utilité publique\u201d.Le maire et les conseillers n\u2019avaient certainement pas escompté, en posant ce beau geste, que la Caisse populaire deviendrait l'agent idéal de perception des taxes municipales.Comme il convient, c\u2019est M.Cyrille Vaillaneourt qui préface ce tract de 48 pages sur les Caisses populaires.M.Laplante est particulièrement qua lifié pour traiter d'épargne et de crédit, il fut pendant plusieurs années secrétaire et publiciste de la Banque Provinciale.Je le connus au bureau du président de cette institution qui m\u2019avait invité à lui rendre visite après une série d'articles que j'avais publiés dans le \u201cDevoir\u201d et la \u201cTerre de Chez Nous\u201d sur les caisses populaires, le crédit agricole, les banques et l\u2019agriculture.Après l'entrevue, qui fut plutôt orageuse, M.Laplante me dit: \u201cComme banquier je suis solidaire de mon patron, mais je sais bien que les cultivateurs et les ouvriers ne peuvent pas compter sur les banques.C\u2019est pour eux que M.Desjardins a fondé ses caisses d\u2019épargne et de crédit\u201d.C'est donc par conviction que M.Laplante a quitté la banque, qui était son gagne-pain, et qu\u2019il se dévoue gratuitement à l\u2019oeuvre des caisses populaires.Président de la caisse du crédit agri cole provinciale, directeur de l\u2019Union régionale de Québec, rédacteur de la revue \u201cDesjardins\", M.Laplante met son expérience bancaire et ses connaissances économiques au service du crédit coopératif.Dans sa brochure, M.Laplante brosse d'abord un court historique de la coopération d'épargne et de crédit à l\u2019étranger et au Canada.11 souligne le mérite du commandeur Desjardins, qui a bâti son oeuvre après avoir étudié toutes les organisations similaires d'Europe.Notre fondateur a profité des expériences de ses devanciers pour mettre sur Pied une institution plus parfaite, mieux adaptée aux conditions de notre pays et à la mentalité de notre peuple.L'auteur décrit ensuite l\u2019organisation et le fonctionnement de la caisse locale, de la caisse centrale, de l\u2019Union régionale et de la Fédération.Il présente surtout les caisses populaires comme des organisations de crédit.Mais l'argent qu\u2019elles prêtent, elles ont commencé par le recueillir chez leurs secrétaires.A mon avis, M.Laplante ne met pas assez en évidence le rôle de l\u2019épargne dans l'oeuvre des caisses.Plus que jamais une doctrine anti-épargne se propage dans toutes tes classes de la société.Il faudrait réfuter les raisonnements aussi faux qu\u2019ingénieux de cette philosophie qui présente l\u2019épargne comme un défaut et non comme une vertu: \u201cL\u2019épargnant est un faible: il a peur de la vie, de l'avenir\u201d; \u201cl'épargne restreint la consommation, donc la production\u201d; \u201cdépenser tout ce qu\u2019on gagne fait circuler l\u2019argent, fait prospérer l\u2019industrie et le commerce\u201d; \u201cla vente à crédit favorise les achats, stimule la consommation\u201d; \u201cpourquoi économiser durant la guerre quand on ignore ce qu\u2019il adviendra de nos épargnes?\u201d M.Laplante, sachant que je dénonçais les ennemis de l'épargne à la Semaine sociale de Valley field, me laissait peut-être la tâche de démolir ces fausses théories! Malheureusement, c\u2019est en lisant sa brochure que j'ai constaté combien cette réfutation aurait complété mon travail.C\u2019est dire que le tract de M.Laplante fait réfléchir .même sur les sujets qu\u2019il omet de traiter.L'auteur, qui est secrétaire du crédit agricole provincial, consacre quelques pages, dictées par son expérience, aux exigences et aux modalités du crédit à l'agriculture.Comme lui, nous croyons que le crédit serait un merveilleux instrument pour orienter la production.11 suffirait que l'organisme de prêt favorise les spécialités recommandées pâlies agronomes dans chaque région; il suffirait aussi que les caisses populaires contribuent intelligemment à la finance des coopératives agricoles.(Suite à la page 6) tll \u201cUne oeuvre d'utilité publique\u201d.Cette excel lente brochure de M.Rodolphe Laplante sur les Caisses populaires est en vente au Service de librairie de l'U.C.C.: 0.15 l\u2019unité.XV COMIQUEMENT PARLANT J,ctou.>L*xaciu\t' ' ^ Abel Marion ou le sens de l'hu/uus et de l'humour demain ~~H vaut mieux prendre une tmil de suite.m'endors.fan! m'en parle, que que je vais (uj dilVf ti'/'r .r,\u2018M rendu au mi- ° escalier; il se retourna JVt\u2019< un sourire dans le coin ' ,ovr*t.«I murmura: Iêe commencer à *\u20184>cr sen Imge! Je** BLANCHETTE (CotUbomticm\ts ta \"Ta/ra 4a l'Kaa Nona\") Rien n\u2019était plus conventionnel, c\u2019est-à dire, plus attendu, plus normal que la réélection de M.Abel Marion à la présidence de l\u2019U.C.C.Ce monsieur préside avec une autorité croissante une association qui va croissant en nombre et en influence.Il ne saurait être question de brosser ici un portrait, ni même d\u2019esquisser une silhouette de cet homme original et subtil, nuancé, et, à ses heures, volontiers sphynx (indevinable, si vous aimez mieux), comme le sont les vrais chefs.Car il est manifeste que M.Marion a l\u2019âme, a le cran et, pour tout dire, a la poigne d'un chef.Les progrès accomplis à l'U.C.C.depuis qu\u2019il a la main à la barre sont là pour l'attester.Dans les quelques ligues à notre disposition, nous nous bornerons à une esquisse très rapide où l\u2019on trouvera, espérons-ie, les traits dominants d\u2019une figure devejiue gros plan, comme on dit en terme de photographie.Monsieur Marion peut être defini comme suit: un homme qui a le sens de l'humus et le sens de l\u2019humour.Le sens de l\u2019humus, c\u2019est-à-dire le sens de la terre et de ceux qui la travaillent.Il a le goût du sol et la compréhension parfaite de ceux qui en tirent leur vie, c\u2019est-à-dire beaucoup de peines et quelques trêves joies.Il est le produit d'une longue hérédité terrienne; il en a la vigueur morale et le sens pratique.Il est riche d\u2019une sagesse paysanne faite de réalisme, de patience et de douce malice.En vrai ( eseendant de Normand, M.Marion est même retors.Nous en connaissons peu qui épousent plus pleinement la cause de \u201cl'habitant\" québécois.Comme bien peu, au figure et au concret, il chaasse les bottes de ce dernier, arpente ses citamps, s'assied à son foyer, parle sa langue, pense comme lui, se gratte la tête en face des mêmes problèmes.Il traduit bien la voix des guérets, la rumeur des fermes, la dolente philosophie des masses rurales, bref il a le sens de l\u2019humus, de la moite de terre, origine de toute vie.Certaines aspiration.' terriennes sont par état éparses, inexprimées, indisciplinées.Sous le faisceau d'un groupement qui grandit toujours, M.Marion réussit à leur donner corps et voix.Il se.lève, ose.propose, dispose et très rarement indispose II ramène une question à son point essentiel, conduit un débat avec art, pilote une délégation, revendique avec assurance, sème partout le fécond levain ic l\u2019accord en commun, de l\u2019union de tous pour tous.Il a aussi le ens de l\u2019humour.Humour, c'ost-à-Jire esprit.M.Marion en est surabondamment oourvu.Qui dit que la coopération se ramenait à une question d'esprit?Il en faut tellement pour enseigner aux autres à s\u2019accorder! Il en faut plus pour prêcher la paix que pour prêcher i* ~tyw/inau9c web Nouveaux progrès zizanie.Les ruraux sont au sein de la société ceux qui s'accordent le inoir.s oien.il faut des trésors de compréhension, de patience; il faut énormément de diplomatie pour parvenir à leur arracher un geste d'ensemble coordonné et soutenu.M.Marion, on s\u2019en doute, doit accorder journellement des violons qui sont loin de toujours vibrer harmonieusement.Le chef d\u2019orchestre ne.maiiip qu'un petit bâton, mais sans chef et sans petit bâton, il n\u2019y a pas d\u2019orehes*re.Sa conversation est pleine de mots fleurant le terroir, drus et colorés.Un langage à inspirer un Claude-Henri Grignon.Nous nous sommes permis de conseiller au jeune Louis-Philippe Poulin, une plume prometteuse à notre avis, de calquer on style sur la langue de son maître.Nous fîmes une fois en compagnie de M.Marion, un voyage de nuit entre Montréal et Québec.Joyeux souvenir.Ce .;oir-là il qualifia un orateur creux qui sévissait alors de \u201cpelleteux de boucane\u201d.D\u2019un avare il dit \u201cqu\u2019il ne donnerait même pas l\u2019eau où a cuit un oeuf\u201d.D\u2019une vache maigre, \u201cle feu prendrait après\u201d, dit-il.On vend maintenant dix fois plus de viande fraîche qu'aulrefois: le monde devient carnassier, conclut il.Et mille saillies de ce genre.Humus et humour bel alliage.On le rencontre aussi, enrichi de l\u2019apport scientifique, chez M.Adélard Godbout.Nous rappelons ce nom ici ,arce que le ; -emier ministre, a lui-même reconnu la valeur de M.\\oel Marion.Quelques mois après son retour au pouvoir, il créait ce dernier commandant de l\u2019Ordre du Mérite Agricole pour services exceo'ionnels.Puisque l\u2019auteur c'e ces lignes est quelques mois l\u2019an aviseur agronomique au Comité national des finances de guerre, il n\u2019est pas indifférent de noter ici que M.Marion nous honore de son adhésion.Il est membre d'un comité consultatif agrico.e.Dès octobre 1942.conseillant l'achat d\u2019Obligations de la Victoire, i) écrivait ce qui suit dan: \"I-a Terre de Chez Nous\u201d; \u201cObliges d\u2019épargner parce qu\u2019une fouie d'articles considères comme nécessaires à la vie en temps normaux.nr-dre social, nous souhaitons don* de nouveaux succès a l'L.L.C. IPage 4 LA TERRE 1>E CHEZ NOUS LE 10 NOVEMBRE La Coopérative Fédérée de Québec 1943 \u2014 « I i I i Deux vieilles histoires La première serait plutôt un fait vécu.On l'a rapportée souvent.Si nous le faisons ici même aujourd\u2019hui, c\u2019eôt avec l\u2019intention d\u2019illustrer les résultats que peuvent donner des entreprises coopératives.l Voici la première histoire.il y a environ quarante ans, vivaient en Belgique une vingtaine de familles qui y semblaient de trop.Ayant entendu parler des terres à bon marché de l\u2019Amérique du Nord, elles décidèrent d'y traverser et arrivèrent à New-York.Mais ce n\u2019était pas précisément l\u2019endroit des lopins de terre à prix réduit.Evidemment, c\u2019est des lots de colonisation qu\u2019elles avaient oui dire.Tout de même elles finirent par apprendre que là-bas vers le nord, dans le Maine, il y avait des fermes au sol rocailleux, sablonneux, en un mot si stérile que leurs propriétaires, n'en pouvant tirer leur subsistance, ne demandaient pas mieux qu\u2019à tout sacrifier pour émigrer vers des plages moins ingrates.C\u2019est là qu\u2019elles se groupèrent.Venus d'un pays où la coopération agricole exerçait déjà une heureuse influence, nos Belges étaient à peine installés qu\u2019ils se réunissaient pour délibérer et s'entendre comme cultivateurs.C'était en réalité une coopérative qu\u2019ils fondaient, quoique ia loi des Etats-Unis ne reçonnût pas encore ce genre d'associations.Que sèmeront-nous ici, se demandèrent-ils ?Après discussion, on se prononça en faveur de la pomme de terre dont on ferait une culture spéciale.De patates, on parla de longs mois en assemblées.On arrêta jusqu\u2019aux moindres détails de l\u2019attention qu\u2019on accorderait à cette culture.L\u2019engrais, le sol de telle ou telle condition plutôt, la semaine même des semailles, la varité du tubercule, tout fut fixé avec minutie afin que la récolte s\u2019exécutât tout comme si elle était faite sur une même ferme par un seul homme.Ce n\u2019est pas sans raison qu\u2019on tenait à l\u2019uniformité.Quand l\u2019organisation de cette culture fut terminée, les Belges mirent leurs voisins à même de se joindre à eux, mais ces derniers s\u2019en gardèrent bien.\"Des patates?Sont ils assez fous ?Des patates, répétaient-ils, nous en offrons seulement quelques centaines de minots au commerce et nous avons toutes les peines à nous en défaire; eux vont en avoir des milliers de minots; pour sûr qu'elles leur resteront.On sait bien, ils ne connaissent pas le pays\u201d.Ce qui n\u2019entrava nullement après tout les décisions belges.A l'automne, les prétendus maladroits ne manquèrent pas en effet d\u2019avoir des mi''\tits rie pommes de terre.Us l\u2019avaient pré-, a ^mme ils étaient vingt à solder les frais de l'annonce, ils ne les épargnèrent pas.Or, il s\u2019adonnait que Boston, entre autres villes, avait besoin de ce produit.Les chefs d\u2019une épicerie y ayant appris la bonne nouvelle, se dirent: \u201cAllons-y voir\u201d; et ils arrivèrent chez le premier Belge.I \u201cAvez-vous des patates à vendre, monsieur?\u201d I \u201cNon, monsieur, mais un tel en a\u201d.Us firent ainsi trois stations: même question, même réponse.Allons donc voir cet homme, conclurent les deux Bostonnais, puisqu\u2019il n\u2019y en a qu\u2019un qui ait ici des patates à vendre.Mais cet hommes ce qu\u2019ils n avaient pas soupçonné d abord, était le secrétaire-trésorier ou le gérant de la société, et son seul vendeur.Monsieur, recommencèrent ils, avez-vous des patates à vendre?\u201d Us avaient à peine terminé que notre homme leur montrait une belle patate.\"Des patates comme celle-ci?\u201d \u201cOui\u201d.Combien en voulez-vous?\u201d Combien de wagons\"?Quoi! toute la provision annuelle trouvée d'un seul coup! S\u2019ils furent surpris, eux qui.chaque année, avaient coutume de mettre de t >us côtés des agents sur le chemin, de les payer à gros salaires, leur faisant en réalité manger au moins la moitié des patates avant qu'elles ne fussent rendues à leur entrepôt.Grâce à la suppression de ces intermédiaires dispendieux et inutiles, cette fois les patates furent vendues par les fous de Belges à un prix inconnu jusque-là par les producteurs, et achetées moins cher que jamais par les consommateurs, et peut-être en plus les marchands avaient-ils encaissé plus de bénéfices que jamais.Et les intermédiaires, au lieu de- travailler là, ont travaillé ailleurs et ne s\u2019en sont sûrement pas portés plus mal.La deuxième histoire se raconte comme suit: Un Américain, dans un hôtel de Londres, demanda au déjeuner un oeuf à la coque.Le garçon apporta l\u2019oeuf et l\u2019Ainéricatn, remarquant que la coquille portait des marques d'identification, en demanda la raison.\u201cC\u2019est un oeuf du Danemark, monsieur.Les marques d'identification indiquent la localité d'où il provient.\u201d \u201cLes Danois sont intelligents! Je m\u2019en vais justement au Danemark\u201d.Et, en badinant, notre homme poursuivit: \u201cJ\u2019aurai peut-être le temps de m\u2019occuper plus au long de cette affaire.\u201d U prit note des signes que portait la coquille et continua son déjeuner.A Copenhague, plusieurs semaines plus tard, notre Américain aperçut un entrepôt.11 y vit une enseigne: \u201cCoopérative danoise d\u2019oeufs d'exportation\u201d.U se souvint de son déjeuner de Londres et résolut de poursuivre une petite enquête.Au commis, qui le reçut aimablement, il montra le bout de papier qu\u2019il avait apporté de Londres.Sans hésiter, le commis confirma les observations du garçon d\u2019hôtel.\u201cMonsieur, aimeriez-vous voir la ferme qui a expédié l\u2019oeuf en question?C\u2019est tout près de la ville\u201d.\u201cMais comment, vous savez exactement d'où provient cet oeuf?\u201d \u201cEvidemment, puisque c\u2019est enregistré sur la coquille, de même que la date de la ponte\u201d.\u201cU faut que je vois cette ferme\u201d, dit l'Américain.On se procura une voiture.Quelques instants plus tard, l\u2019Américain et l\u2019obligeant commis arrivaient à la ferme, où ils furent cordialement reçus par la femme du cultivateur.Après explications, la fermière et l\u2019Américain se rendirent au poulailler de dimensions imposantes.Là, désignant une poule à son visiteur, la fermière s\u2019exclama: \u201cMonsieur, voici l\u2019oiseau qui a pondu votre oeuf!\u201d La réussite des coopérateurs belges, telle qu\u2019illustrée par le fait raconté, n\u2019est pas un exemple unique des résultats obtenus par la pratique de la coopération, même si cette pratique n\u2019a que trop rarement atteint un tel degré de perfection.Cette histoire montre clairement que les entreprises coopératives agricoles ne sont pas uniquement des organismes de vente, mais que leur action est en fonction directe de l\u2019organisation de la production sur les fermes et îles lx-soins du marché.Nous pourrions donner à ce sujet de nombreux exemples.Nous y reviendrons un de ces jours.La deuxième histoire illustre un autre fait coopératif: l\u2019identification du produit de la ferme au marché et, par conséquent, la responsabilité du producteur lui-même.Le sens des responsabilités est une vertu du coopérateur et une des causes du développement et des succès de la coopération qui ne s\u2019arrête pas aux questions d'argent, mais veut atteindre tout l\u2019homme.Ces deux histoires ne sont pas nouvelles, mais il existe des vieilles choses qui gardent toute leur saveur et restent toujours d\u2019actualité.Roméo MARTIN, agronome, Chef du Service LducationneL La / progresse à St-Félix-de-Kingsey En 1918, il y a par conséquent vingt-cinq ans, on organisait a St-Félix-de-Kingsey, une coopérative agricole.Cette coopérative a.partenait en 1919, au groupe des locales affiliées à la \u201cConfédération des sociétés coopératives agricoles du Québec\u201d, d\u2019après le rapport annuel publié par l\u2019abbé Allaire.Cette société réorganisée en 19.10 sous l\u2019empire de la nouvelle loi, c\u2019est-à-dire avec des actions de $50 00 et un minimum de '>5 membres, vient de terminer ses activités après un quart de siècle Cet arrêt n\u2019est pas le résultat d'une faillite.Bien au contraire! Il marque un progrès indiscutable.Les premiers rapports que nous avons en main montrent qU*en 1932, la société coopérative agricole de St-Félix-de-Kingsey faisait pour $26.000.d\u2019affaires, dont la plus grande partie ($18.000) représentait des consignations.En 1941, la même société montra un chiffre total d\u2019affaires de $85.000, dont $40.000 sont des consignation.En passant, nous voulons noter la qualité du produit expédié par la coopérative de St-Félix.Sur 928 porcs envoyés sur le marché en 1943, 385 se classaient \u201cSelect\u201d et 448 \u201cBacon\u201d.En 1938, on organisait, à St-Félix-de-Kingsey, une autre coopé rative devant s'occuper, celle là, de produits laitiers.L\u2019existencr dans la même paroisse, de deux organismes coopératifs, était justifiée à cette époque par des raisons diverses, et.disonsle, par des difficultés d\u2019ordre local.La coopérative des produits laitiers de St-Félix est née assez pauvrement avec un nombre très restreint de sociétaires, les autres n\u2019ayant pas encore compris l\u2019importance de se grouper.Les dettes assez considérables que cette dernière socicté avait contractées lors de son organisation furent sans doute pour beaucoup dans la lenteur du recrutement.Depuis ses débuts, la coopérative des produits laitiers de Si-Félix a réussi à centraliser à son établissement la fabrication du beurre et du fromage.Elle possède maintenant un outillage de premier ordre et une installation qui peut prendre soin de la production locale pour en faire soit du beurre, soit du fromage, suivant le marché le plus avantageux.Le coût total de cet établissement est de $31.500.Grâce aux subventions régulières reçues lors de l\u2019aménagement dt la fromagerie particulièrement, et aux réserves de dépréciation accumulées chaque année depuis 1938, les valeurs immobilières figurent aux livres pour $17.000.En date du 22 octobre 1941, la coopérative des produits laitiers de St Félix n\u2019avait que St.000 de dette: elle possédait, par ailleurs, un actif disponible et réalisable de $3.700.A la même date, les sociétaires avaient fourni un capital ordinaire, pri vilégié et ristourne, $9.400.La réserve générale accumulée s'élevait à $7.400 et les surplus de la dernière année s\u2019établissaient à $5.800 En six années d\u2019opération, cette coopérative a fait réaliser $18.500 à ses membres.En juin dernier, les sociétaires des deux coopératives de St-Félix se réunissaient pour discuter de l\u2019opportunité de grouper les activités des deux organisations en une seule.Les difficultés du début étaient disparues et la situation financière de chacune des deux organisations ne laissait rien à désirer, l'inutilité pour les mêmes gens de faire partie de deux organismes coopératifs et de maintenir par conséquent deux administrations, était apparue clairement.On décida donc qu\u2019à l\u2019avenir il n\u2019y aurait plus qu'une seule société, l\u2019autre se rendant responsable des valeurs comme des redevances de la premicn Tout cela s\u2019est terminé d'une façon définitive le 4 novembre dernier et.depuis, il n\u2019y a plus à St-Félix qu\u2019une seule société, celle de-produits laitiers, qui s\u2019occupera à l'avenir de toutes les activité-coopératives de la paroisse.La vieille société organisée en 1918, n'existé plus et sa disparition, comme nous l'avons souligné, n\u2019a pas été provoquée par une faillite, puisque cette vieille société également n\u2019avait plus de dettes et qu\u2019elle avait fait gagner à ses membres, à compter de 1934, $5.700.Nous n\u2019avons pas sous la main le résultat des année5 antérieures.A St-Félix, la coopération a fuit d\u2019énormes progrès, grâce à la collaboration de chacun, à la bonne administration des entreprises, à l'étude de tous les problèmes qui se sont posés.11 ne faudrait pas oublier le dévouement non plus que le magnifique esprit coopératif et civique du plus grand nombre, en particulier des Francoeur, Pro vencher, Morin, Lebcl, etc.Nous croyons devoir féliciter bien sincèrement les coopcrateurs ri< St-Félix pour les magnifiques succès remportés déjà et pour ecus que l\u2019avenir leur réserve s\u2019ils veulent bien ne pas s'écarter déréglés de la prudence et de la bonne administration suivies jusqu\u2019ici.Le chemin parcouru est considérable, mais, sans vouloir atténuer les résultats obtenus, nous croyons que le chemin à parcourir est encore plus long.Avec l'expérience acquise et grâce au développement de I esprit coopératif, il ne fait pas de doute que\u2019le but sera atteint D autres initiatives ont éjà été prises et de nouveaux projets sent en voie de réalisation- Roméo MARTIN, agronome.Chef du Service Educationnel- 096 IE «0 NOVEMBRE 19-13 \u2022 LA TERRE DE C1IEZ NOÜS Race LA GUERRE [\u2019Allemagne est sur le déclin, mais la position du Japon reste forte Violation de la loi du dimanche dans notre pays ! TONDEZ vos VACHES i ! guei On ne peut se baser que sur des faits pour prévoir la fin de .irre \u2014 Les Russes devienn ent la puissance dominante en Europe comme en Asie.\u2014 La parfaite entente de Moscou pose des points d\u2019interrogation.\u2014 Pourquoi la France est-elle empêchée de jouer son rôle de grande puissance?\u2014 S\u2019il y a quarante nations unies, pourquoi trois d\u2019entre elles décident-elles pour toutes les autres?\u2014 Le rôle effacé du Canada en politique internationale.la De, prophètes continuent de .«jeter leurs douteuses lumières L la fin de la guerre.Ils ne «'entendent pas.Les uns disent uûe °ho\u201e.les autres, le contraire.Parmi eux, certains finiront par avoir rajs\u201en et s\u2019en vanteront.Ce ne sera pas nouveau.Donc les uns disent que l\u2019Alle-masne va crouler d\u2019une minute à l'autre.Les autres soutiennent que 1j guerre peut durer encore dix ans\u201d Qui faut il croire?Le simple bon sens nous dit qu\u2019il ne faut pas ouvrir l\u2019oreille trop large à de tels propos.Nous avons chance de serrer la vérité d\u2019assez près si nous interrogeons les faits eux-mêtnes et si nous demeurons en tout point objectifs.Nous baser sur l'opinion du voisin X .ou du soldat Y ., c'est ouvrir toutes grandes les portes à l\u2019erreur.Qui est l'ennemi ?Lorsqu\u2019il s'agit de désigner l\u2019ennemi, on parle toujours des Allemand» et des Japonais.Evidemment, l'Allemagne et le Japon sont les puissances les plus fortes du clan adverse.Cependant, en Europe, la Finlande, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, de gré ou de force, ont pris fait et cause pour l\u2019Axe et lui aident dans sa guerre contre les Alliés.Il n\u2019est plus besoin do parler de l\u2019Italie qui a accepté la défaite et dont le sort est connu de tous.En Asie, b Japon a rangé de son côté la Mandchourie ou Manchoukuuo, le Siam, une partie de la Chine et la Birmanie conquise.Ces divers Fiat» fournissent à l\u2019Axe une contribution dont il faut tenir compte, Il est certain, néanmoins, que les petits pays qui appuyent l'Allemagne ou le Jupon réclameront la paix à grands cris quand l'Allemagne ou le Japon tomberont.La position de l'Allemagne Quelle est la force actuelle
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