La terre de chez nous, 25 avril 1951, mercredi 25 avril 1951
[" VOL.XXIII \u2014 No 9 la terre de chez nous.l'hebdomadaire agricole français le plus important d'A mérique.est l'organe officiel et la propriété de l'Union Catholique des Cultivateurs REDACTION ET ADMINISTRATION 515.avenue Viger Montréal.(24).CANADA MONTREAL.MERCREDI, LE 25 AVRIL 1951 J 1 1 L\u2019A.B.C.des nouveües LA SEMAINE DE FIERTE La Semaine de fierté rurale or ganisêe ;xir la J.A.C.est commen cée.\u2014 l'ius de 400 paroisses niant testeront à cette occasion.il.Abel Marion était le confè render invité à l'ouverture officielle de la Semaine de fierté, à St-Martin de Laval.Le Conseil général de l'U.C.C.tient sa réunion régulière du printemps à l'Ecole d'agriculture le Ste-Martine, sous la présidence de M.Abel Marion.\t'\t, Les producteurs du Québec se préparent à vfrser une forte cou tribution au fonds de publicité pour la vente des produits laitiers.Ottawa s\u2019apprêterait à abolir les derniers obstacles à l'importation de la margarine au Canada.Les perspectives en aviculture s'améliorent toujours.La margarine Ottawa lèverait la derrière restriction On abrogerait- l\u2019article qui défend l\u2019importation de la margarine M.Marion parle à la jeunesse rurale Son Excellence Mgr Léger prononce le sermon en l\u2019église de St-Martin de Laval Le gouvernement s'apprête à faire disparaître de la loi fédérale sur les produits laitiers toutes les dispositions interdisant l\u2019importation de la margarine ou autre substitut du beurre.On a annoncé cette nouvelle peu réjouissante pour les producteurs de beurre en fin de semaine à Ottawa.Cette mesure sera probablement prise au cours de la session actuelle.D'après l\u2019information communiquée aux journaux, cela ne voudrait pas dire que le Canada ouvrirait toute grande et immédiatement la porte à la margarine, à l\u2019oléomargarine, à la \u201cbutterine\u201d et autres produits du même genre.Il y aurait cèrtaines restrictions que les informateurs autorisés ne précisent pas.On sait que l'importation de la margarine est de juridiction fédérale.Elle est prohibée par décret douanier édicte il y a une trentaine d'années.En 1948, la Cour suprême du Canada décidait que le Parlement canadien n\u2019avait pas le pouvoir d'interdire la fabrication, la distribution et la vente des succédanés du beurre au Canada.Portée en appel au Conseil privé de Londres par le gouvernement fédéral et certains groupements de producteurs et autres associations, notamment les Producteurs laitiers du Canada et la Fédération canadienne de l'agriculture, la décision de la Cour suprême a été maintenue par le Conseil privé.On sait que le gouvernement de la province de Québec a défendu à Londres le principe de la juridiction provinciale en matière de fabrication, de distribution et de vente de la margarine.Par ailleurs, une loi provinciale interdit la fabrication et la vente de la margarine dans les limites de la province de Québec.H restait la question de l\u2019importation qui est du domaine fédéral.Ottawa se prépare à faire disparaître tout ce qui s\u2019oppose à l\u2019importation des succédanés du beurre.Bien loin donc de se rendre aux instances répétées des producteurs de beurre contre l'importation des huiles servant à'la fabrication de la margarine, on faciliterait l\u2019entrée au pays non seulement des huiles végétales, mais du produit fini.Dimanche, le 22 avril, avait lieu, à \"St-Martin de Laval, diocèse de Montréal, l'ouverture officielle de la \"Semaine de fierté rurale\u201d, organisée par la J.A.C.L'église paroissiale récemment consacrée était remplie de jeunes et d\u2019adultes venus prier ensemble et recevoir les conseils de Son Exc.Mgr Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal.La messe d'ouverture fut célébrée par le R.P.L.Leroux, C.S.V., aumônier national adjoint de la J.A.C., assisté des abbés Léon Ilrault et Gérard Décary comme diacre et sous-diacre.Plusieurs prêtres et religieux avaient pris place au choeur et Son Exc.Mgr Léger insistait au trône.Après avoir expliqué que la fierté ne signifie par orgueuil mais plutôt une juste appréciation de son métier, de sa profession, de sa famille, de sa paroisse et de soi-même, Son Excellence fit l\u2019inven taire de notre christianisme en tant que ruraux.Il ne faut pas être catholique par tradition ou par rou tine; notre principale caractéristique c\u2019est d\u2019être disciples du Christ.Nous cherchons des chefs politiques, financiers, militaires, sportifs et autres; être catholique c\u2019est prendre le Christ comme chef.Appliquons-nous à \"connaître le Christ, Homme et Dieu.Comme Homme, Jésus a aimé son village et son pays; Il a eu pitié de Capharnalim et II a pleuré sur Jérusalem.Mgr Léger déclare que l'homme moderne a trois grandes passions: la travail, l'argent, les plaisirs.Et les jeunes qui courent après tout cela, quelle cité vont-ils bâtir?L\u2019archevêque de Montréal fait ensuite l'éloge de la vie rurale et cncoura ge )es jeunes à la véritable fierté rurale et chrétienne selon la formule, jaciste.M.MARION Le conférencier invité au banquet de cette importante manifestation qui groupait plus de 400 personnes était M.J.-Abel Marion, président général de l'U.C.C.et vice-président de la Fédération canadienne de l'agriculture.Par sa bonne humeur et quelques mots d'esprit le conférencier sut créer dès le début une atmosphère bien familiale.Il félicita les jacistes d\u2019avoir pris cette belle initiative et déclara: \u201cVous avez raison d\u2019être fiers, et plus encore que nous, les plus vieux.Aujourd\u2019hui, trop de jeunes, avant de travailler, cherchent a savoir \u201ccomment ça va payer\".On veut le maximum d'argent pour le minimum de temps et de travail et le plus de plaisirs possible\u2019!.M.Marion fit quelques considérations sur la vie à la cam pagne où les individus conservent encore leur liberté et prient ensemble à l'église paroissiale.La famille rurale demeure le grand pilier de notre race et la paroisse assure le développement de la famille.La J.A.C.a la grande mission d'assainir le milieu rural et de conserver les jeunes à la terre.A l\u2019issue de ce banquet des allocutions furent prononcées par M.Louis Jarry, maire de St-Martin; M.L.-P.Demers, député fédéral; Mme Philippe Lapointe, présidente générale de l'U.C.F.; M.l\u2019abbé Guy Racicot, aumônier de l'U.C.C.et de la J.A.C.pour le diocèse de Montréal et le R.P.J.-A.Poulin, aumônier national de la J.A.C.Le président national de la J.A.C., M.Jean-Guy Blouin, agissait comme mattre de cérémonie.(suite à la page 27) V ¦* ;>S ÉÉÜS Cette phot* a été prie# è St-Martin, comté de Laval, pendant que la président général de l'U.CX., M.Abel Marion, adressait la parole à l'ouverture officielle de la Semaine de Fierté rurale sous les auspices de la Jeunesse Agricole Catholique.A table, avec M.le curé Francoeur, le maire de la paroisse, M.Louis Jarry et Mme Jarry.\t(Photo Léveillé, Cartierville) Les cultivateurs souscriront de nouveau L'assemblée du pour la publicité des produits laitiers conseil général La perception se fera pendant le mois de juin -cent par 100 livres de gras, comme l\u2019an dernier province subdivisée en 20 districts Un - La ! Il est d'ores et déjà décidé que les producteurs laitiers de toutes les provinces du Canada seront invités, au cours du mois de juin prochain, comme l\u2019an dernier, à souscrire une certaine somme d\u2019argent en vue de l'organisation d'une campagne d'annonce en faveur des produits laitiers.La Fédération canadienne des producteurs laitiers, qui a pris cette initiative, demandera de nouveau à chacun de verser un cent par livre de gras, ou 3 cents et demi par cent livres de lait livré aux fabricants.On ne connaît pas encore le chiffre de l\u2019objectif fixé pour 1951.L'an dernier, les organisateurs de la campagne avaient fixé à $500,-000 le but à atteindre pour les 400,000 producteurs laitiers du Canada.On en a recueilli 65 pour cent, ou $318,000.Les contributions par province s\u2019établissaient LE PRIX DU BEURRE Une décision vendredi ?Le très hon.J*.C.Gardiner, ministre de l\u2019Agriculture, a annoncé qu\u2019il espère révéler vendredi de cette semaine le nouveau prix minimum du beurre.Le prix de soutien actuel est de 53 cents la livre et il prendra fin le 30 avril.On sait que les producteurs canadiens ont été unanimes i réclamer un prix minimum de 62 cents la livre.comme suit: Colombie, $15,000 ou 92 pour cent de son objectif; Alberta, $43,000 ou 90 pour cent de l'objectif; Saskatchewan, $16,000 (37%); Manitoba, $29,000 (82%); Ontario, $125,000 (82%); Québec^ $77,000 (environ 38%); Nouveau-Brunswick, $7,000 (51%); Nouvelle-Ecosse, $7,000 (71%) et Ile du Prince-Edouard, $9,000 (?%).Pour la province de Québec, un comité \u2014 le même que l'an dernier \u2014 s'occupe activement de l'organisation de la campagne.Il se compose de M.Jean-Baptiste Lemoine, pour l'U.C.C., M.Henri-C.Bols, pour la Coopérative fédérée, et M.P.-D.McArthur, pour l'Union provinciale des associations des producteurs de lait.Le secrétaire du comité est M.Léonard Roy, qui est en même temps le coordonnateur de la publicité française.Pour mener à bien la campagne de publicité commencée en 1950, la Fédération canadienne a eu 'e-cours à 80 journaux quotidiens, 270 hebdomadaires, 20 journaux agricoles, 4 revues féminines nationales, 14 revues ou journaux Industriels et 12 postes radiophoniques.Ces différents médiums ont publié ou diffusé 3,368 annonces dans les quotidiens et hebdomadaires, 23 annonces en couleurs dans les revues, 26 annonces dans les revues industrielles, 3,322 messages radiophoniques, et 1,260 minutes de commentaires radiophonl ques sur les produits laitiers.On estime généralement que cecte campagne a contribué dans une certaine mesure â faciliter l'écoulement des surplus de produits laitiers qui existaient l'an dernier.De ce seul point de vue, les producteurs qui ont souscrit peuvent être assurés qu'ils ont été remboursés plusieurs fois de la mini- (Suite à la page 27) A l\u2019Ecole d\u2019Agriculture de Sainte-Martine, sous la présidence de M.Abel Marion Les membres du consail général de l'U.C.C., sont arrivés ca matin t l\u2019Ecole d'Agriculture de Ste- Martine, convoqués an assemblée régulière \u2014 on sait que las règlements da l'U.C.C.exigent que le conseil se réunisse deux fois dans l'année, au printemps et è l'automne.Las séances qui dureront deux jours seront présidées par le président général, M.J.-Abel Marion.L'a'genda est très chargé, comme d'habitude, et comporte la présentation des rapports du secrétariat général et des divers comités du conseil général sur l'industrie laitière, l'éducation et la propagande, l'organisation des bûcherons, l'établissement rural et la coopération.Le Conseil général de l'U.C.C.est formé du président général, des deux vice-présidents, élus tous trois par le congrès général, des présidents diocésains ou régionaux élus par les congrès tenus en chaque région ou diocèse selon le cas, et des trois directeurs délégués par la Coopérative fédérée de Québec.Les aumôniers diocésains et régionaux assistent aussi aux séances.Au moment où nous allons sous presse, le Comité exécutif de l'U.C.C.est en réunion aux bureaux de l'U.C.C, avenue Viger.Les membres du comité sont M.J.-Abel Marion, président général; le R.P.L.Label, s.j., aumônier général; le R.P.E.Laçasse, s.j., aumônier général ad|oint; M.J.-B.Lemoine et M.Samuel Audette, vice-présidents généraux; MM.Benjamin Manseau, Gérard Gauthipr, Joseph Bouchard et Napoléon Mathieu, directeurs généraux, et M.Thuribe Belxile, secrétaire général. a LE 35 AVRIL 1951 Pag* 2 S LA TERRI DI CHEZ NOUS rr La paix au-dessus de tous les biens\" Exécré et décrié, le chardon nourrit quand même ce bel oiseau fin qu'est le chardonneret ! .Et ceci pourrait être nin hommage de l\u2019auteur aux lecteurs de cette rubrique ! Il y a des poètes qui ont chanté le mois d\u2019avril, mais ils ne vivaient pas au Canada.Quand on fait les semences, il ne faut pas oublier de semer aussi les chansons qu\u2019on recueille pendant la moisson.Un industriel de génie mettra sur le marché des bouses de vache ixirce qu\u2019elles pourraient se vendre meilleur marché que le beurre .Le Canada paye cher pour ses soldats et sa défense et nous le savons par les taxes.L\u2019industrie laitière veut se défendre par la publicité éducative et ce ne peut malheureusement être un secours gratuit.Ce qui nous rapporte le plus sur nos terres, c\u2019est encore ce que nous faisons nous-mêmes.De même itour la classe agricole en matière d\u2019organisation professionnelle ! Le FAUCILLEUR L\u2019Osservatore Romano est le journal officieux du Vatican.Dans son numéro du 2Jf février dernier, son directeur, le comte Della Torre, écrivait les lignes suivantes qui sont significatives et décisives: \"Le Samt-Siège n'a jamais à aucun moment désiré la guerre et ne la désirera jamais, même celle qui serait faite pour éliminer le péril communiste.Toujours, au contraire, il a invoqué et invoquera le maintien de la paix, fût-ce avec les puissances communistes, jusqu\u2019aux extrêmes limites des nécessités de conservation.Et cela parce que.d\u2019une guerre même victorieuse de la part des anticommunistes, le Samt-Siège n\u2019attend ni la sauvegarde de la religion, ni le triomphe du christianisme, ni la suprématie du catholicisme, mais au contraire le bouleversement de la foi religieuse, la négation de la bonne nouvelle chrétienne, le renforcement des esprits et des forces anticatholiques.\u2019\u2019 Ainsi l\u2019Eglise met au-dessus de tous les autres biens terrestres le maintien d\u2019une paix juste entre les peuples.Combien cependant ignorent cette attitude, surtout en certains pays oit des campagnes d\u2019opinion tenaces et mensongères présentent les faits sous un tout autre jour! Criblures La fête de Bille» La danse des heures Diifianche prochain, nous serons revenus au regime de l\u2019heure d\u2019été.Partisans et adversaires de l'heure avancée reprendront sans doute le débat où Ils l\u2019avaient laissé l\u2019automne dernier.Pourvu qu\u2019ils se contentent d\u2019en parler entre eux, plutôt que d\u2019inonder les journaux de lettres plus ou moins probantes .Une opinion qui saccrédite de plus en plus veut que l\u2019heure, avancée ou non, soit uniforme à la grandeur de la province.Et de peur qu\u2019on n\u2019y parvienne jamais par le seul consentement des gens, d\u2019aucuns votidraient qu\u2019une loi tranchât la question.Autrement, on aura encore l\u2019heure de la ville, celle du village, l\u2019heure des chemins de fer, celle de Radio-Canada, l\u2019heure de l\u2019église et enfin l\u2019heure déterminée d\u2019après le soleil ou, comme on dit parfois, \"l\u2019heure du Bon Dieu\".Il n\u2019est pas bon que l'homme soit trop libre, surtout lorsqu\u2019il s'agit de jouer avec les aiguilles de sa montre.Autrefois, au temps de la Confédération, c\u2019était la grande pagaille sur ce continent d'Amérique._ Chacun réglait sa montre d\u2019après le soleil, avec ce résultat que les seules compagnies de chemin de fer fonctionnaient d\u2019après soixante quinze heures différentes.Et ensuite, chaque localité et presque chaque ferme avait son heure propre.Un citoyen de Buffalo descendait à New-York à midi et quart, heure dv Buffalo, mais encore à temps pour s'inviter à diner chez un ami dont la montre ne marquait que Uh.40! Ces écarts provenaient du fait jusque alors plus ou moins compris que le soleil, fixe, n\u2019indique pas la même heure exactement à New-York qu\u2019à Buffalo.Tout simplement parce que la Terre est ronde et qu\u2019elle tourne autour du soleil.De plus, le soleil de midi varie avec les saisons.Celui qui entreprit de mettre de l\u2019ordre là-dedans est un petit maître d\u2019école américain du nom de Charles-Ferdinand Dowd avec son invention des fuseaux horaires.Mais il dût batailler des années durant avant de faire admettre son point de vue.Sa victoire ne fut complète que le jour où il réussit à convaincre les compagnies de chemin de fer des Etats-Unis.Il mourut en 1909 .sous les roues d\u2019un train express ! Sa propre montre l\u2019avait-elle trahi ?Aujour d\u2019hUi, seule une plaque fixée au mur d\u2019une église presbytérienne de Saratopa Springs rappelle à du rares visiteurs ce grand bienfaiteur de l\u2019humanité.Fuisse le sort être plus clément pour ceux que préoccupe aux dé pens de leur sommeil cette question de l\u2019heure solaire ou de l'heure avancée ! Léon NITROF La terre promise et donnée Un fils de cultivateur vivant avec son père travaille sans relâche à \u2022 l\u2019exploitation et l\u2019amélioration du bien familial.Avant de mourir, le père promet de lui léguer là terre.D\u2019autres héritiers attendent leur part.Quelle est la teneur du testament?Aucun enfant ne le sait.Nous reprenons le récit commencé la semaine dernière par ce jeune cultivateur qui est notre ami et dont nous connaissons la belle carrière.Donc, Monsieur, quelques heures après les funérailles, les enfants, moins le religieux et la religieuse, passèrent chez le notaire.J\u2019étais fatigué et énervé.Nous étions en plein temps des récoltes.Dieu merci, il n\u2019y avait pas de mouton noir dans notre famille, mais l'un de mes frères, le plus Jeune et par conséquent le plus choyé, n\u2019était pas l\u2019ennemi d\u2019une bonne chicane suscitée à propos de tout et à propos de rien.Toujours il réclamait sa part avec acrimonie et serait allé jusqu\u2019à exiger que l\u2019on coupât une citrouille en deux pour lui rendre justice.Un souvenir vous le peindra.Tout petit, quand il mangeait du lucre à la crème, il pleurait parce qu\u2019en le mangeant, le morceau de sucre diminuait de volume.Il aurait souhaité toujours en manger et qu\u2019il lui en restât toujours dans la main.Cela vous donne une Idée.Un jour \u2014 beaucoup plus tard mon frère le religieux laissa échapper un mot au sujet de Bébé Georges, ainsi que mes parents l'appelaient.\"Il a, dit-il, une fâcheuse propension pour la chicane\u201d.Propension?Ma femme, ancienne maîtresse d\u2019école, m\u2019expliqua ce mot, et quand par la suite, Bébé Georges commençait à tempêter, ma femme et mol nous nous entendions pour dire à mi-voix: Bon.voilà Georges qui propensionne.Et nous nous mettions à rire, même sous l\u2019oeil interrogateur du père.De la part de mon frère Hector, avocat à Montréal, je n'attendais pas d\u2019ennuis.Bien qu\u2019il exerçât une profession décriée à l\u2019envi, il n\u2019était pas homme à léser sa famille.Il m\u2019avait toujours témoigné de l\u2019affection et nos femmes s\u2019accordaient à merveille.Hector, d\u2019ailleurs, en un mois gagnait plus que moi en douze mois de labeur acharné.Trois de mes soeurs étaient mariées à des types paisibles, mais qui, sauf un, venaient rarement à la maison.A dire le vrai, nous ne savions pas ce qu\u2019ils pensaient, ce qu\u2019ils attendaient.L\u2019un d\u2019eux habitait Sherbrooke et venait à l\u2019occasion me donner un petit coup de main.Au total, les relations entre beaux-frères étaient d'un caractère agréable.Bon; nous voilà chez le notaire.Celui-ci, habituellement jovial, avait ce jour-là un air solennel et, sans préambule nous lut le testament.Tout m\u2019était légué à charge de payer aux autres pendant 7 ans des petites redevances dont le montant était fixe.J\u2019étais constitué exécuteur testamentaire.La soeur et le frère \u2014 Je veux dire ceux qui étaient entrés en religion \u2014 plus Hector, recevaient dans ies 30 jours quelques centaines de dollars chacun, et leur cas était réglé pour toujours.Aux trois autres, je devais payer pendant 7 ans, mais rien qu\u2019un an après la mort, une petite rente puisée à même les revenus de la terre et les restes de certaines économies.Suivaient des détails que je ne compris qu\u2019à moitié.A première lecture, ces charges me parurent éles'ées, puis j\u2019observai les figures des autres.Elles étaient fermées, sauf celle de Bébé Georges qui, séance tenante, manifesta une grande surprise.N\u2019ayant pas la part du lion, comme d'habitude, il s\u2019apprêtait à protester avec aigreur, j\u2019imagine, quand un regard sévère d\u2019Hector lui fit rentrer dans la gorge les mots désagréables qu\u2019il me réservait.Aussi étonné que les autres, j\u2019écoutais cette lecture, en me demandant pour quelles inexplicables raisons le père m\u2019avait-il tenu tout ça caché.Tous, nous avions sans doute des faces de bois et, la convocation terminée, sans mot dire et, espérons-le, sans maudire personne, nous quittâmes le notaire.Dehors, Georges n'attendait que le moment d'exploser, mais Hector, en homme de loi qui avait saisi l\u2019affaire tout d\u2019un coup, lui dit d\u2019une voix coupante: \u201cJe suis sûr que tu n as pas entendu la dernière clause.Non?Eh bien, il me semble qu\u2019elle s'adresse à toi.Ecoute: \u201cTout héri- tier qui contestera ce testament perdra automatiquement tous ses droits\u201d.Cela veut dire, mon Bébé, que tu dois te taire, et les autres aussi d\u2019ailleurs.Maintenant dans l\u2019énervement général, des détails importants vous ont plut-être échappé.D\u2019abord l\u2019exécuteur testamentaire a un an pour effectuer le premier paiement; de plus sa fonction d\u2019administrateur est valide pour l\u2019an et plus.Ces deux derniers mots: et plus, ont leur grande importance.Il n\u2019est pas tenu de faire îventaire, n\u2019a pas de caution à donner et n\u2019aura pas d\u2019intérêt à payer sur les petites redevances durant les 7 ans.D'ailleurs, par surcroît de précaution, la terre lui a été léguée antérieurement à titre de donation enregistrée pour services rendus, de sorte que nous n\u2019avons qu\u2019à nous incliner et nous taire\u201d.Ce discours jeta une douche froide sur ceux qui allaient s'échauffer.Hector reprit comme en se parlant à lui-même: \u201cCe testament est un petit chef-d\u2019oeuvre de Srudence.Parlez-moi des notaires de campagne: s ont le temps de tricoter des mailles serrées\u201d.Puis me regardant d\u2019un air que je ne lui connaissais pas, il ajouta: \"Franchement, mon cher, tu as pris tes précautions\u201d.Et les autres me regardèrent avec une sorte de défiance.Ces mots m\u2019allèrent au coeur et me firent une peine réelle.La vérité était autre: le père m\u2019avait soigneusement caché non seulement le détail mais la substance du testament.Pourquoi cette ca= chotterie?Une idée de vieux, il faut bien le dire.J\u2019en avais souffert et surtout j\u2019en souffrirais dans l\u2019avenir, car jamais Hector n'arriverait à comprendre que j\u2019avais été volontairement tenu dans l'ignorance.Il trouvait équitable la part qui lui revenait et allait même jusqu'à calmer les autres, mais il concluait que cette petite machination légale1 (au fond ce n\u2019était pas une machination) avait été ourdie par un habitant à son insu, et ça, ça chicotait le démêleur de loi qu\u2019il y a en lui, non le frère.Le résultat, pénible pour ma femme et pour moi, fut un refroidissement dans nos relations jusque-là si fraternelles.Repris par la ville, il nous oubliera vite, mais nous, nous en aurons du chagrin.Quo les choses tournent donc curieusement! Quant aux autres de la famille, mettons la situation au mieux et disons qu\u2019ils partirent plus ou moins contents.Bébé Georges, lui, est furieux.Que fera-t-il?Je n\u2019en sais rien.Ici, la maison reste la maison.Tous les enfants y sont les bienvenus.Mon ami se tut et nous restâmes tous deux rêveurs.Puis de concert, nous en vînmes aux conclusions qui serviront de leçon finale à ce récit vécu: (1) Il faut, dès qu\u2019on a quelque chose à donner après sa mort, faire son testament; (2) Faire son testament ne fait pas mourir, mais prévient d\u2019invincibles rancunes et de coûteux litiges.N\u2019allez pas porter votre travail à la rapace tribu des hommes de loi; (3) Un testament olographe, c\u2019est-à-dire écrit de sa main est valide, mais il est plus prudent de dépenser quelques dollars et de recourir aux lumières d\u2019un notaire; (4) L\u2019inflation monétaire qui sévit présentement devrait engager certaines gens ô reviser leur testament; (5) Si vous voulez que les héritiers se chicanent le moins possible, faites ajouter une clause à l\u2019effet que \"celui qui conteste le testament perd ses droits\u201d; (6) Pour protéger l\u2019exécuteur testamentaire, spécifiez qu\u2019il n\u2019aura pas à faire d\u2019inventaire ou donner de caution, et que scs droits s\u2019étendent \"au jour et au-delà de l\u2019an\u201d, c'est-à-dire pour toujours.(7) Répétons-le: faire son testament ne fait pas mourir.Armand LETOURNEAU \u2018 saint Isidore Quand, à l\u2019école, l\u2019institutrice pose la question \"Quel ast le patron des cultivateurs ?\" tous les élèves répondent : \"Saint Isidore I\u201d Et, pour une fois, la classe entière « 10 sur 10 I Car c\u2019est la bonne réponse.Il y a des siècles que le titre de \"patron des laboureurs\u201d est accolé au nom de saint Isidore.Mais depuis 1943, è la demande des évêques du Québec, saint Isidore a été fait patron principal de l\u2019Union Catholique des Cultivateurs et patron des ruraux de notre province.Comme agriculteurs, nous avons donc au ciel un saint qui fut de notre profession, qui reste notre modèle et qui intercède pour nous.La fête de saint Isidore a été fixée par Rome au 15 mai.Elle peut, selon le gré de la liturgie, être ramenée au dimanche précédent ou reportée au dimanche suivant.Mais le point important, c\u2019est de ne pas l\u2019oublier.De semaine en semaine, la \"Terre de Chez Nous\u201d se fait l\u2019écho des faveurs attribuées è l\u2019intercession du patron des laboureurs.Il est manifeste que le culte qui lui est rendu plaît au ciel et apporte des bénédictions.Reprenons donc cette année la tradition rastaurée at faisons las préparatifs nécassairas pour que la fête de lalnt Isidore ébranle toutes les paroisses.Ici et lè dé|è, la fêta de saint Isidore est dignement et bellement célébré*.Que cet exemple soit partout suivi I D.BEAUDIN \u201cL« problème» de» immigrant»\u201d Ce fut I* sujet d\u2019une conférence d* deux jours tenue à Montréal samedi et dimanche dernier*.Cette réunion eveit été convoqué* per l\u2019Action Catholique canadienne (section française).Elle groupait des représentants intéressés des corps publics et de nombreuses association!.Elle avait peur met d'or-dre : Les immigrants \"sent nos frères\".En cette dernière phrase, tient l\u2019essentiel.Lé est l'orisntation st lé sst le but.Et quand il est question d* frères, comprenons bien qu'il s\u2019agit d* FRERES CHRETIENS, car la religion seul* peut créèr la véritable fraternité des êmts.Il peut s'agir, en pratique, d'abandonner certaines préventions contre les immigrants.Et, au contraire, du moment qu'ils sont chez nous, il faut leur être accueillant at serviable.Cette attitude doit aider ceux qui sont catholiques à le de-fheurer et peut-être inciter un certain nombre de Néo-Canadiens à opter, au bout das années, pour la mentalité française.Voilà pourquoi il y a lieu de nous occuper des nouveaux venus et on doit regretter que cela n'ait pas été entrepris plus tôt.Nous n'entendons pas condamner par lè la position générale prise autrefois par le Canada français è l'égard de l'immigration.Nous y étions opposés pour de légitimes raisons de survivance et ces raisons sont aussi propres que celles qui ont inspiré les tenants de l'immigration massive.Ceux qui n'ont pas le sens des nuances auraient tort, d'ailleurs, de conclure que le Canada français ast maintenant converti du tout au tout.C'est une chose d'ouvrir les portes du pays sans discernement et c'en est une autre d* faire bon accueil aux nouveaux venus at de s* montrer fraternel envers eux.Cette distinction eit facilement compréhensible.Il n'est guère d'année où l'U.C.C.n'alt dit, en de fréquentes résolutions, son opposition è une immigration inconsidérée.Néanmoins, nous avons toujours prêché ici la charité et sa valeur sociale.Nous gardons bien le droit de nous opposer \u2014 au nom du Canada lui-même \u2014 à certaines politiques d'immigration, mais nous voulons pleinement assumer le devoir de traiter les Néo-Canadiens en égaux et en frèret chrétiens.D.B.Pour quelques dollars \"Est-ce que les gens des viller ont vraiment besoin qu'on leur dise de boire du lait, manger du beurre ou du fromage?Nous ne faisons pas tellement d'argent avec notre lait, faut-il qu'on vienne encore réduire le profit avec des frais de publicité ?\" Au cas où cette question se poserait dans l'esprit de quelques-uns à l'annonce de la prochaine souscription de la Fédération des Producteurs Laitiers du Canada, voici, é notre sens, ce qu'au moins il faudrait répondre.Trop longtemps le cultivateur s'est reposé sur l'idée qu'on ne peut pas se passer de denrées aussi essentielles que le lait, le beurre, les oeufs et la viande.Les statistiques prouvent que la consommation de ces denrées est variable.Chez nous, tout particulièrement, la consommation du lait nature et du fromage n'est pas ce qu'elle pourrait être.Une certaipe partie de notre population consent, par ignorance, à remplacer les aliments naturels par d'autres qui n'ont pas autant de valeur ou qui, en tout cas, ne proviennent pas de nos fermes à nous.La mère de famille qui donna à ses enfants autant ou plus de liqueurs douces que de lait a certes quelque chose à apprendre.Comme cette autre qui n'achète pas une livre de fromage par année.On aurait peut-être encore quelque chose à dire à celle qui s'empresse un peu trop de remplacer le beurre par autre chose.Enfin, bien des ménagères emploieraient plus de produits laitiers si elles étaient un tout petit peu meilleures cuisinières.Bref, il y a un gros travail d'éducation à faire en ce sens, dans les grandes villes surtout.Pouvons-nous attendre que d'autres s'en chargent à notre place ?C'est è nous, producteurs laitiers, de réagir et de prendre en mains nos propres intérêts.Il ne nous en coûtera que quelques dollars chaque année.\tG.-N.«FORTIN Un exemple au Maine En ces dernières années, les producteurs de patates de l'Etat du Maine ont mené è bien une entreprise semblable è celle de la Fédération Canadienne des Producteurs laitiers.On a commencé par retenir une fraction de cent pour chaque poche de patates expédiée sur le marché.Cette cotisation mlnlcne forma rapidement des millions de dollars avec lesquels on fit déferler sur tous Us Etats-Unis une vague de publicité en faveur de la patate du Maine.Et quand la demande pour ce produit fut solidement établie, on continua cette perception pour appliquer l'argent è la construction de magnifiques laboratoires de recherches qui contribuent è maintenir la qualité de la pomme de terre du Maine et sa reputation è l'extérieur.Les producteurs du Maine ne jouiraient probablement pas du tiers du quart de ce qu'ils ont aujourd'hui s'ils avaient attendu l'aide de l'Etat, tout-puissant mais fort lent.Ils ont agi en hommes d'affaires.G.-N.F.Nos 4-H sous \"\tf la hache.?Voici un Intéressant sujet de débat oratoire pour'las jeunes.Récemment, le \"Canadian Council for Boys' and Girls' Work\", soit la Conseil national da la Jaunasse ru-rale, lequel englobe les Cercles de Jeunes Cultivateurs dirigés pèr le ministère fédéral de l'Agriculture, a décidé de changer son nom pour un plus simple.Avec la permission du mouvement 4-H américain et I\tautorisation du secrétariat d'Etat, II\tvoudrai) s'appeler le \"Canadian Council of 4-H\".A première vue, personne ne s'en porterait plus mal.Les quatre H sont lè pour \"Head\" (tête), Heart\" (coeur), \"Hand\" (main) et Health\" (santé), et forment une belle devise.Mais, il y a un mais.Dans Québec, depuis quelques an-n*e*.l'Association Forestière Québécoise a mis sur pied les Clubs 4-H et avec grand succès.Les 4-H, comme on appelle les jeunes gens qui en font partie, sont, è tout p,r*\"^re, «Us scouts sans l'habit, et s efforcent de mettre en pratique ¦a belle devise que voici ! \"Honneur dans les actes\", \"Honnêteté «Uns les moyens\", \"Habileté dans le travail\", \"Humanité dans la conduite\".Leur devise et leurs buts généraux diffèrent en plu-tieurs points de ceux des mouve-ments précités.Accepteront - Ils «lu'on leur prenne d'abord leur nom, et qu'ensuite on ne les considère plus que comme les clubs forestiers juniors de la grande or-gan.sation 4-H?Si j'étais 4-H, Il >n» semble que j'aurais quelque chose à dire lè dessus.G.-N.F.ILa ü?ei*pe de Caliez ous MONTREAL.MERCREDI, LE 25 AVRIL 1951 Page 3 Hebdomadaire agricole fondé en 1929 cKuft&WuoÆuirftlJrt.™*b?o,MSS C«hXu?d°.inFS™Uére\u2018.ünl0n ABOE™ERNTD0.TlOOtas à un sol donné, peut-on rem- Tableau monlranl la ressemblance des semis herbagers recommandés dans Québec el trois Etais voisins (New-York, New-Hampshire el Vermont) Espèces herbagères Sois à lii/i i nr KtrtiU\u2019H llii'ii Quibec «IrulnlN ,1\u2019ro- j fonds pli 6.5 1 il h\t-\u2014 , N.\\ork \\ ermont Sols à J\u2019rop acides pauvre* et frais pour la luzerne.Moy-«\u2022 n n e ni e ii l bons.numineuses Graminées \t\t\to\t\t\t\t\t\t>> \t\t\tU.\t\t\t\t\t\tu \t\t\tes\t«o\t\tO\t3\t\t\u2022¦j O\tU\tO\t3\t3\t\tE\tes\tC\t3 E E R\tU 2
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