La feuille d'érable, 1 janvier 1887, samedi 1 janvier 1887
[" \u2018 \\ VILLE DE NEW YORK, le ler A ORGANE DES CANADIENS A NEW YORK ET AUX ENVIRONS.VOL.L] The English version of our new venture will be found on the fifth and following pages.LA CANADIENNE.Sur Yair de : La Huronne.ler COUPLET.Ravissante est la Canadienne Avec ses yeux pleins de douceur, Son teint rosé, son port de reine Qu\u2019admire le fin connaisseur.En robe de soie ou d\u2019indienne, Elle plait toujours au galant ! Fatons Paimable Canadienne.Amis, en ce beau jour de l'an ! 2ime COUPLET.Jadis, sur le champ de bataille, Elle cueillit plus d\u2019nn laurier, Et de nos jours elle travaille A maintenir l\u2019ordre au foyer ; De notre foi c\u2019est la gardienne, Le champion ferme et vaillant! Fêtons l\u2019aimable Canadienne, Amis, en ce beau jour de Van! 3me COUPLET.Regardez-la dans une fête ; Rire et parler avec chaleur ; Puis souvent faire la conquête De celui qu\u2019elle à pour causeur ! On la proclame magicienne, Certes, c\u2019est bien l\u2019équivalent Fôtons l\u2019aimable Canadienne, Amis, en ce beau jour de Tan! Aime COUPLET.Charitable autaung que gentille, Elle visigro Fans On le fer ror pétille, Of lo bonkenr Mais ne uit! Et l\u2019or de cetts\"bumule chrétienue Arrache au pauvre un noble élan Ah! oui, fêtons la Canadienne, Amis, en ce beau jour do Van! J.B.CAOUETTE.SOYEZ LES BIENVENTUS.Compatriotes dn Canada, les Canadiens de New York vous saluent et vous souhaitent la bienvenue ls plus cordiale parmi eux, Vous vvnez nous visiter en raquettes, tant mieux, ear vous apportez avec vous le symbole de notre marche rapide en Amérique.Vous venez secouer chez nous les neiges de notre cher pays, merci, et dérouler à nos yeux l\u2019image de ln patrie absente, mille fois merci.AL! cest en pareille circonstance qu\u2019il fait bon d\u2019être Canadien, Et Josette et Lisette, comment les avez-vous laissées ?Avez-vous froid ?pardon, j'oubliais que sous votre capot d\u2019étotie bat un cœur français.Resterez-vous longtemps parmi nous?Oh! si on pouvait seulement vous reconduire jusqu'a chez vous! Ne partez pas surtout saus vous rendre compte de nos Œuvres, Car nous avons notre église à présent, des prêtres de chez nous, notre couvent, nos religieuses, notre Société St.Jean-Baptiste, notre petite bande de la cité, notre journal LA FEUILLE D\u2019ÉRABLE, tout comme à Montréal et à Québec.Et si votre visite se fait longue et que vous en ayez le temps nous irons tous ensemble au pied de la Statue de la Liberté, dire à la France que vous venez de ce pays de quelques arpents de neige incomparable aux baisers de la l\u2019ompadour, mais que vous êtes restés Français quand même, sous la tutelle de notre sainte aïlleule l'Eglise.Puis quand vous retournerez là-bas, vous direz à vos amis qu\u2019il y a des Cana- diens-français à New-York, des conservateurs du précieux dépôt, qu® vous les avez vus, et que nous leur souhaitons une bonne et heureuse aunée.Le J + un 2 117 L \u2014\u2014 LEON BOSSUE DIT LYONNAIS, REDACTEUR-PROPRIETAIRE.ERASTUS WIDNLATIN, PRESIDENT DU CANADIAN CLUB.L'homme le plus affairé de la ville de \u2019 New York est M.Kras- TUS WIMAN, le président dn CANADIAN CLU8, dont nous donnons le portrait, et sa vie est une preuve de ce que l\u2019on peut devenir par l\u2019industrie, l\u2019honnêteté et la per- sevérance.Sun bis- foire est presque un roman.M.Wimau est né à Toronto, Ont, et à l\u2019Âge de seize ans ne gagnait que $1.50 par semaine.Il débuta par l\u2019imprinmierie, qui a fais tant de malheureux, devint reporter des marchés de céréales, et acquit par co travail une telle réputation que l'u- gence commerciale de MM.Dun & Cie, se l\u2019associèrent en qualité de commis aux écritures; son neti- vité et ses talents attirèrent bientôt l\u2019attention de ses minitres qui lui confièrent Viyg- portante responsabilité de leur bureau à Montréal.Au début de la guerre les revenus de lu maison baissèrent par suite de la stagnation des affaires et ce fut le jeune Wiman qui la releva par sa sage direction des affaires de la maison en Canada.En 1865, on l\u2019appela à New York, à l\u2019agence centrale, où on lui confia un poste important avec $5,000 d\u2019appointements par au.À cette époque la maison n\u2019avait que soize bureaux, tandis qu\u2019en ce moment ses ramiifications s'étendent par tous les pays du monde.L'agence commerciale Dun & Wiman est aujourd\u2019hui une des plus importantes maisons de commerce du continent, et cela grâce à l\u2019esprit d\u2019entreprise et aux grandes connaissances de M.Wiman, qui est des récoucHiations co 4merr/ales.NOS VISITEURS.Détails Complets sur lu Fete du G Courant.Jeudi, le G courant, nous auvons la visite du club de raquettes \u201cLe Cana dien\u201d de Montréal, qui se fait accom- paguer du magnifique corps de inusique de 1x Cité, au nombre de cinquante.Et \u201cLe Canadien \u201d ne vient pas senl, il aura pour compagnons de route nne délégation de presque tous les clubs de raquettes de la province de Québec.Ceux dont les noms suivent ont déjà formulé leurs in- tentious de prendre part à cette grande fete Canadienne à New York, et accom.pagueront en corps ou par délégation nos sportmen du club ¢ Le Canadien\u201d dans leur visite en cette ville: \u2014 MoNTRÉAL\u2014 Montreal, St.George, Emerald, Le Trappeur, Argyle, Crescent, Gordon, St.Charles, Garrison Artillery, Prince of Wales, Royal Scots, Hawthorne, Royal, Hally, Lachine, Lilac, Etoile, Le Chasseur, et Le Canadien, de St, Henri.Quésrec.\u2014 Québec, Aurora, Waverloy, Emerald, Le Canadien, Lévis, Voltigeurs, Union Commerciale, Montaguais, Huron, Jacques Cartier, Frontenac.Et les clubs \u201cLe Canadien,\u201d de Sorel; \u201cIroquois,\u201d de Troy, N.Y.; \u201c Le Trappeur\u201d et \u201c Le Canadien,\u201d de St.Hyacinthe; \u2018Le Canadien\u201d et \u2018\u2018 Frontenac,\u201d d\u2019Ottawa; \u201cSt.Jean Baptiste\u201d et \u201cSt, Maurice,\u201d des Trois Rivières; aussi de Valleyfield, DBeauharnois, L\u2019Assomption, et Sherbrooke.Le départ aura lieu de Montréal le 5 janvier à 4:30 heures de l\u2019après-midi par le Vermont Central, et ils arriveront à New York le 6 au matin.lls seront reçus à la gare par la députation suivante, qui leur servira d\u2019escorte pendant leur séjour parmi nous: a LL A ) a M.W:.han ex! jusqu\u2019à 1 d\u2019une activité étonnante.Il s'occupe de tout, surveille toutes ses opérations, et son solide juge- meut le fait triomplher sûrement de toutes les chauces du hasard.six enfants, deux filles qui font leur éducation en France, et quatre garçons qui semblent avoir hérités des beaux talents de leur père, qui possède en outre le don prodigienx des affaires, le secret - à la té*v do trop de gonres d'ifaires pour les énumérer tontes, qu\u2019il nous suffise de dire qu\u2019il est actuellement le président de la compagnie télégraphique Great North Western du Canada, et qu\u2019il vient justement d\u2019être nommé le vice-président des fètes du carnaval à Montréal, ce qui devra en assurer doublement le succès.vents considérables qui l\u2019ont rendu plusieurs fois millicnaire, toutes choses canadiennes et profite de toutes les occasions pour faire honneur & notre pays.Nous devons lui rendre cette justice et l\u2019en remercier, il s\u2019est toujours montré furt sympathique à l\u2019élément canadien-français et souscrit généreusement à toutes nos œuvres.reconnu de la colonie canadienne aux Etats-Unis.M.Wiman est âgé de 51 ans, a M.Wiman a des re- Il prend le plus grand intérêt à C\u2019est le chef naturel et COMITE DE RECEPTION, Canadian Club.R.B.Cummings, M.D., Secrelaire.Edward Litchfield, Jolin R.Steven, LE.E, Williams, Vincent W.lox, Jackson Wallace, Tucker David, Arnold J.Gates, President.Thonus W.Griftitlr, Saram R.Ellison, M.D., James Hagan, C.J.Rochenberg, W.W.Scott, William J.Palmer, Eugene M.Cole, A.M Stewart.J.Thompson Willing, F.t.Gillespie, James I.Longley.Club de Raquettes Oritani.M, Buleh, Wilson À.Short, W.J.Weldon, G.M.Fairchild, jr., I.W.Bingiey.LL, Willimms.Dr, Frank Ferguson, Jumes Fraser, Win.B, Ellison, Jackson Wallace, Wim, Po Ellery, Colonie Canadienne-Francaise, L.Bossue dit Lyonnais, Secretaire, Joseph I, Dalbee, T.Baillargeon, P.Fabien Delfausse, Elzéar Drolet.Joseph Payez, sr, l'resident.Rev.F, Tétreau, Stanislas Vian, Joseph Sausville, Maxime Délaurier, La délégation escortera nos visiteurs Phôtel Metropolitan, coin de Prince St.et Broadway, où ils doivent demeurer durant leur visite.Voici le programme officiel de la journée : 7 A, M\u2014Réception à la gare de la 42¢ rue par la colonie canadienne-française, le club de raquettes Oritani et lo Canadian Club, qui escorteront les visiteurs jusqu\u2019à hotel en passant par la Cinquième avenno, à travers Madison Square et par Broadway jusqu\u2019à l\u2019hôtel Metropolitan.8.30 A, M.\u2014Déjeûner à hotel, 10.30 A.M.\u2014Visite du pont de Brooklyn.Mini \u2014Réception à l\u2019Hôtel-de-Ville par M.le Muire Hewitt.> 12.30 P.M\u2014 Visite à la Bourse ; les excursionnistes chanteront dans la galerie des visiteurs.\u201d une où deux chansons canadiennes.\u2018 1,30 p, M\u2014Lunch à l\u2019Lôtel.3,00 P.M.\u2014 Visite au Parc Central), laissant l\u2019hôtel à 3 Leures précises; si le temps le permet et qu\u2019il y ait de la neige, les excursionistes exécutes.ront leurs évolutions sur raquettes.Ses 5.00 P.M.\u2014Réception par la colonie Canadienne- Française à l\u2019église des Canadiens, 76e rue, où on ; ,; exécuteræ le petit programme suivant : Entrée\u2014\u201c Vive la Canadienne,\u201d Fanfare des Canadiens de New York.Réponse par la bande de la Cité.- \u2018 Addresse de bienvenue par M.l\u2019abbé Tétreau.Chœur: \u2018Echos du Pays,\u201d par les élèves de l\u2019école canadienne, Rafraîchissements et discours ad libitum.Gabriel Dumout viendra saluer les visiteurs.{L'organisation complète de cette réception inx.ê time a été confiée à MM.Lemay, Jalbert, La- violette, L.Gibeau, Moisan, Ménard, Davis, C.Courteau, Drolet et Pilon.) 7.30 p.M.\u2014Départ pour Steinway Hall, oll sera exécuté le programme suivant : Adresse de Bienvenue par M.Joseph Payez, sr., Président du Comité de Réception de la colonie Canadienue-française de New York.Adresse de Bienvenue par M.Wiman, le Président du Canadian Club.Réponse par M.Achille Dorion, le Président du club de raquettes \u2018 Le Canadien,\u201d de Montréal.Ouverture par la Lande de la cité.Tableau vivant par le clud de raquettes.Chausou par le chœur du club de raquettes.Lecture par M.J.W.Bengough, le caricaturiste bien connu du \u201cGrip \u201d de Toronto, Canada.00% Musique par la bande de la cité.Tableau vivaut par le club des raquettes.A 11.00 P.M.-\u2014Eouper offert par le Club de raquettes Oritani à/hôtex Metropolitan.siscours et chansons.Rr Tous les canadiens sans distine- oo tion d\u2019origine sout invités à la fête du jour et à celle du soir.On peut .se procurer des billets d\u2019admission a et obtenir toute autre information en saddressant 4 MM.Erastus Wiman, le président du Canadian Club; G.M.Fairchild, jr., le président du elub de raquettes Orinani, et Léon Bossue dit Lyonnais, le secrétaire du comité de réception de lu colonie cauadienne- française.Les excursionnistes passeront | deux jours avec nous.Le 6 et le 7 | courant nous seront done en plein Canada.et Gr AVANT TOUT JE SUIS CANADIEN! Originaire de la France, Aujourd'hui sujet d\u2019Albion A qui donner la préférence De lune où l\u2019autre nation?.Mais n\u2019avons-Nous pas ju vous prie, Encore de plus puissants lieus ?A tous préférons lu patrie : Avant vout soyons Canadiens ! +.Que tous les canadiens-français acceptent l'invitation qui leur est faite et as- - sistent a la soirée qui sera donnée Jeudi, le 6 courant, a Steinway Hall, en l\u2019hou- neur des clubs de raquettes du Canada, Nous avons besoin plus que tout autre, nous canadiens-français, de nous montrer au grand complet parce que nous sommes une minorité dans la ville, et parce que notre élément est complètement isolé sur ce continent; nous avons besoin de temps à autre de passer nos forces en revue pour Hainteuir notre courage à la hauteur voulue, et pour nous convaincre de plus en plus que nonobstant les circonstances contraires qui nous entourent, nous ne somes pas entamés.Nous en avous besoin, surtout, pour prouver à.ceux qui prédisent notre absorption com- zd me race distincte sur ce continent, que - loin de s\u2019affaiblir, notre élément grandit n et se développe plus rapidement que tous fe ceux qui l\u2019entourent, et cela sans recevoir \u2014 \u2014\u2014\u2014 , à aucune accession du dehors. x A0 +; La feuille d'Erable, ORGANE DES OANADIENS A NEW YORK.SAMEDI, LE ler JANVIER 1887.A NOS LECTEURS.Nous présentons aujourd\u2019hui, à titre d\u2019étrennes, le premier numéro de LA FEUILLE D\u2019ERABLE, qui cette fois naît viable.Encouragé par le bon accueil qui a été fait à nos deux premiers numé- ros-programme, et cédant aux vives sollicitations de nos compatriotes et amis, nous avons décidé de continuer la publication de LA FEUILLE D\u2019ERABLE, comptant bien sur l\u2019encouragement auquel on nous donne le droit d\u2019espérer.LA FEUILLE D\u2019ERABLE sera publiée mensuellement et paraîtra le 1er de chaque mois.L\u2019abonnement est de 50 cents par an, payable invariablement d\u2019avance.Nous avons toujours regardé comme assez inutile an début d\u2019un journal ce que le rédacteur dans son article \u2014 programme y dit, y explique d'avance au lecteur, car celui-ci est en droit de lui répondre comme Alceste à Oronte : Nous verrons bien! Mais en tout cas, si la générosité publique et les circonstances le veulent, nous précherons: 1°.La paroisse canadienne-francaise, cette image réduite de la patrie ; l\u2019école française et catholique, l\u2019arche sainte de notre avenir; nous efforcant de sauvegarder partout et toujours le pacte d\u2019alliance indestructible scellé dès les premières pages de notre histoire entre nos croyances religieuses et nos aspirations nationales.2°.De continuer sans faiblesse ct sans fanfaronade à nous développer dans le sens qui nous est propre.Ce que nous ambitionnons n\u2019est pus :) i 4 a is y ps pi 0 2 emcrmet Faurchèdo fr tous ses moments de loisirs sont employés à rendre à la lumière les pages onbliées de l\u2019histoire du Canada.M.Fairchild est un écrivain d\u2019un rare talent et d\u2019un patriotisme sincère; il a publié plusieurs ouvrages remarquables sur le Canada dans les journaux de New York, dans lesquels il révèle un rare talent pour la description ; il travaille en ce moment: Snow Shoe Trails Through Canada où seront reproduits ses meilleurs écrits et qui doit être sous peu livré à la publicité.M.Fairchild est marié à une jeune Québecquoise, petite-lille du Nestor de la presse Canadienne, le le patriote John Neilson.Amateur de chasse, «le pêche ct de tous les délassements qui tendent à développer les forces physiques M, Fairchild, passe chaque été, pendant la saison de la pêche, quelques jours dorés, à son manoir sekruourial de Deschambanlt, en pléine villégiature et où il a une ferme modèle de 600 arpents, pour l\u2019élévation d\u2019animaux de race ct pour améliorer l\u2019agriculture en général.Hospitalier, généreux, artiste, travailleur, érudit, homme de clifires, esprit très observateur, M, l'airchild est un de ceux «qui font honneur à notre pays, nous devons lui rendre ce compliment.BRA d vant que par, NS, ( NS SON! NY La raqnette n\u2019est pas nue invention (\u2019hier.Le baron Le Ilontan nous en donne la description suivante dans son livre: Nouveaux Voyages dans l\u2019Amerique Septentrionale, publié en 1702, et auquel nous empruntons Je dessin original de celle dont on se servait à cette époque : ù (Se NAL SN WW Jai été pendant tout ce temps-là, à la chasse aux orignaux avec les sauvages dont je vous ai dit plusieurs fois que j'apprenais le langage.Cette chasse se fait sur les neiges avec des ra- quetles tolles que vous les voyez «dessinées sur ce papier.Elles ont deux pieds et demi de lon- guonr et quatorze pouces de largeur, le tour de la raquette est de Lois fort dur, d\u2019un pouce d\u2019épaisseur, qui relient les mailles de la manière de colle dont on se sert pour jouer à la paume, à la tour Mule : 5 quil d'étofre de , ouleurs qui je Ceinture de corde t Panie get YER ant bat le_dertiere.réserve co celles-ci sont faites de cordes de boyanx et les autres de petits lacets de peaux de cerfs où d\u2019orignaux.Vous y voyez deux petites barres de bois qui les traversent, afin qne les mailles tenant à plusieurs endroits soient plus roides et plus stables.Le trou qui est à l\u2019endroit où vous déconvrez ces lenx courroies, est le lieu où l\u2019on met la pointe du pied, afin qu\u2019étant bien attaché par ces ligatnres qui sont deux tours au dessus du talon, le pied soit ferme par le bout qui a chaque pas que l\u2019on fait sur la neige s\u2019enfonce en ce trou.On marche bien plus vite avec ces machines sur la neige qu\u2019on no le ferait avec des souliers sur le chemin battu.Elles sont si nécessaires qu\u2019il serait impossible, non seulement de chasser et d\u2019aller dans les bois, mais même d\u2019aller aux églises, pour pen qu\u2019elles soient éloignées des habitations; car il y a ici ordinairement trois ou quatre pieds de neige pendant l\u2019hiver.x ere \u2014 CHOSES ET AUTRES.On est prié de nous communiquer les addresses de tous nos compatriotes qui habitent la ville de New York et ses environs.x\" M.l\u2019abbé Corriveau est en ce moment à Québec, chez ses parents.Nous lui soubaitons heureux voyage et prompt retour.xx On porte à 12,000 le chiffre de la population canadienne-française à New York, et nous ne croyons pas que ce chiftfre soit exagéré.* * M.Napoléon Sarony,dont la réputation d\u2019artiste à franchi les mers, est un canadien-français qui g'enorgueillit de l\u2019être.Ce n\u2019est pas d\u2019ailleurs le seul artiste qu\u2019ait produit le Canada.* * * Notre fanfare canadienne, organisée il n\u2019y a que six semaines par un groupe de jeunes gens de notre colonie, la plupart sans aucune notion de musique, joue déjà de manière à donner les plus belles espérances.* * x M.l\u2019abbé Tétreau, MM.Jos.F.Dalbec, Dr.Fontaine, Dr.P.E.Marier, Casimir Villeneuve, Etienne Lebel et H.Pinsonneault viennent d\u2019être nommés membres honoraires du club de raquette Le Canadien de Montréal.* x # Il est du devoir de chacun de nos compatriotes qui ont des achats à faire, de consulter nos pages d\u2019annonces et d\u2019accurder leur patronage A ceux qui ont eu le patriotisme et le bon esprit d\u2019annoncer dans LA FEUILLE D\u2019ÉRABLE, * * M.T.Sarony-Lambert, le président du club démoeratique des Canadiens-français de New- York, est un orateur fort éconté, qui entonne la note gaie avec beaucoup de verve et d'esprit.On se plaint de ne pas l\u2019entendre plus souvent.#% % * Au nombre des Canadions-français qui out su se créer une belle position à New-York, se trouve M.Olivier Le Compte, barbier-coiffeur, qui est établi ici depuis bon nombre d\u2019années.M.Le Compte est l\u2019inventeur et le fabricant d\u2019un tonique pour la chevelure, très en vogue, et dont la vente Jui rapporte chaqueænnée un revenu considérable.=~ - * y M.Jos.F.Dalbec, le nouveau président de Ja Société St.Jean Baptiste de New York, est né à L\u2019Assomption, P.Q., en 1831, Il vint s\u2019établir aux Etats-Unis bien jeune et est depuis dix-neuf ans employé de la municipalité de New-York.Le nouveau titulaire est un travailleur infatigable.Nous croyons Lien que sous sa conduite Ia Société va prendre un nouvel essor et devenir société représentative, grande par le uombre, forte par ses aspirations.Le chapitre des étrennes.Deux gamins sonnent.Une Lonne va ouvrit : \u2014 Bonjour, madame! C\u2019est pour les étrennes.Vous savez, je suis celui qui vous a fait une commission la semaine dernière; même que vous m\u2019a\u2026 vez tiré les oreilles, parce que je m'étais amusé eu route, , \u2014 Ah! et toi?demanda-t-elle an second gamin.\u2014 Moi, je suis celui qui l\u2019avait fait amuser.+ x * M.David Roussean, électricien Lien connu et justement apprécié de tous, a généreusement offert nun panier de champagne à la réception qui sera faite par les Canadiens-français aux clubs de raquettes dn Canada.M.Stanislas Vian, le trésorier do la Société St.Jean Baptiste, qui fait i New York de bonnes et solides affaires, va con- tribner un énorme gâteau, aux armes du club \u201cLe Canadien\u201d do Montréal.La subseription paraît généreuse, la réception ne peut manquer d\u2019être grandiose.* * * Lo Société St.Jean-Baptiste de la ville de New York a été fondée le 2U mai 1850, et est par conséquent la plus ancienne de toutes les sociétés canadiennes-françaises aux Etats-Unis.Elle a eu à soutenir depuis sa fondation bien des échecs dont elle a su lienreusement triompher.Elle entre aujourdhui dans une nouvelle phase qui va Jui valoir bon nombre d\u2019adbérents.Son encaisse la met à l\u2019abri de toutes les éventualités et l'harmonie qui règne parmi ses membres va lui assurer de longues aunées de prospérité.* * * M.Joseph Payez, sr., le président actif du comité de réception de la colonie canadienne-fran- çaise est né à Montréal en 1838, Il vint à New York en 1869 prendre la direction des atelierstypogra- phiques de l\u2019agonce mercantile Dun & Wiman, position qu\u2019il occupe encore aujourd\u2019hui.Les ateliers à la tête desquels se trouve placé M.Payez sont considérés comme les plus importants a \u201cÀ f me pe I I 4 i 3 + LA FEUILLE D\u2019'ERABLE\u2014Ier JANVIER 1887.de la ville.Il suffira pour gen convaincre d\u2019apprendre que dans un seul livre qui y est publié quatre fois l\u2019an, il entre cinquante tonnes de caractère agate, probabiement la plus grosse fonte que possède aucune imprimerie aux Etats- Unis.M.Payez est le type du parfait gentil- homune et fait le plus grand honneur à nos nationaux.* * Nous avons pris la détermination de continuer la publication de LA FEUILLE D'ÉRABLE à la suite des paroles encourageantes qu\u2019on a bien voulu nous adresser et de l\u2019aide pécuniaire qu\u2019on a si généreusement promis de nous donner, On comprendra facilement que nous avons besoin au début de notre œuvre plus que l\u2019appui moral de nog compatriotes.Les œuvres d\u2019ordinaire se créent avec quelque chose de plus substantiel.Nous recevrons donc avec empressement et reconnaissance toute obole, quelque légère qu\u2019elle soit, que l\u2019on voudra bien verser dans la caisse de LA FEUILLE D\u2019ÉRABLE, en outre de sa souscription personnelle.Nous comptons bien aussi que chacun d\u2019entre nos compatriotes se fera un plaisir en même temps qu\u2019un devoir de se constituer notre agent autorisé auprès de ses amis et connaissances pour nous recueillir de nouveaux abonnés et des annonces.M.L\u2019ABRÉ F.TÉTRHAU est né à St.Charles, sur les bords de 17 rivièze Richelieu, en 1850, et est donc Âgé de 36 aus.5 manifesta de bonne heure de belles dispositions pour l\u2019étude, et ses parents se croyant trop pauvres pour le doter d\u2019une éducation classique, ce fut le collège de Nicolet qui s\u2019offrit d\u2019instruire gratuitement le jeune Tl'étreau.Cette institution qui a plus d\u2019un ucte de pareille générosité à son avoir, peut se vanter de n'avoir pas, cette fois du moins, hébergé un ingrat, car M.l'abbé Tétreau ne manque jamais une ocea- sion de faire l\u2019éloge de cette institution dévonée et do.la remercier publiquement de lui avoir ouvert la carrière qu\u2019il poursuit aujourd\u2019hui pour le plus grand bien des hommes et la plus grande gloire de Dieu.Ordonné prêtre à St.Grégoire en 1874, il alla à Gentilly où il fut vicaire pendant deux ans, puis passa une troisième année « Stanfold.Sa grande piété et son grand sens pratique attirèrent l\u2019attention de son évêque, qui lui confia au commencement do 1377 la desserte de la paroisse de St.Wenceslus, dans le district des \u2018Trois-Rivières, où il fut curé pendant six ans.Avant son arrivée en cette parvisse on disait ln messe dans une chapelle; il comprit bien les désavantages que cela offrait ct se mit en frais d\u2019y construire une église confortable et nu presbytère, Il eut beau suceès; lu paroisse qui ne comptaient que 400 communiants à son arrivé et quatre écoles, vit augmenter le nombre de ses commumniants à 700 et le nombre de ses écoles à sepl.Il quitta cette paroisse en 1883 dans un état prospère pour venir à New York seconder l\u2019œuvre si généreuse des Canadiens-Français.Notre congrégation n'était pas à cette époyne précisément ce que l\u2019on serait convenu d'appeler en pleine voie de prospérité, elle souffrait des embarras inévitables au début de toute œuvre religieuse.Au lieu do le décourager, lu situation qui s\u2019offrit lui plût, puisqu\u2019elle allait donner libre cours à son indomptable énergie.Avec nous que depuis hier pour ainsi dire, il a déjà accompli des merveilles.Notro congrégation compte aujourd\u2019hui 2,000 communiants et va augmentant d\u2019aunéo en année, ninsi que l\u2019attesto 1e petit tableau que nous en faisous.En 1883 il y fut fait 12 mariages ot 40 Laptômos 25 En 18868 \u2014 \u2014 - 90 \u2014 En 1885 \u2014 \u2014 40 -\u2014 118 \u2014 En 1888.\u2014 \u2014 52 \u2014 132 \u2014 Non satisfait d\u2019avoir fondé uno école laïque pour l'instruction de nos enfants, M.l\u2019abbé Té- treau vient de doter sa paroisse d\u2019une succursale de la Congrégation Notre-Dame de Montréal, et la colonie canadienue-française de New-York pos- sdde aujourd\u2019hni un couvent qui lui fait le plus grand honneur, une institution où nos enfants peuvent recovoir dans les deux langues unc éducation à la fois chrétienne et supérieure.Ilya aujourd\u2019hui à l\u2019académie de nos bonnes sœurs, l\u2019école élémentuire.Grâce à la prévoyante diree- tion de M.l\u2019abbé Tétreau, les dames religieuses de l\u2019académie Villa Maria viennent de se procurer un local plus grand qui va leur permettre d\u2019y recevoir tous ceux qui en font la demande et qui en ont été privés par suite de l\u2019exiguïté du local Qu'ils occupaient auparavant.Pendant les trois années qu\u2019il a passé parmi nous, il a non seulement libéré notre congrégation de toutes ses dettes flottantes mais réussi, après avoir su s\u2019attirer les sympathies de M.Hoguet, un homme bien cher à tous les Canadiens, a réduire le capital de $3,000 et diminuer l\u2019intérêt que l\u2019on payait sur la dette capitale qui était de six par cent à quatre et demi par cent.Nous devons aujourd\u2019hui $40,000\u2014voilà le chiffre rond de notre dette.M.l\u2019abbé Tétreau est un prêtre dévoué, un patriote éclairé, un missionnaire dans toute la force du terme, qui se rit des difficultés et des obstacles qu\u2019on se plait à lui opposer.Caractère riche, homme du monde avec ses ouailles, généreux à l\u2019extrôme, il est pour nos familles le père des pères et pour nos Ames le veritable envoyé de Dieu.\u2014\u2014\u2014\u2014_ BONNE ET HEUREUSE ! On n\u2019entend que cette exclamation, au grand jour du jour de l\u2019an comme disent les campagnards.\u201cOui, je vous lu souhaite bonne ot heureuse !\u201d À pareille époque l\u2019œil de Vobservateur ne manque pas de discerner les bons côtés de lu nature humaine.Quelques jours auparavant, ou se disputait de droite et de gauche; aujourd\u2019hui on s\u2019embrasse, ou rit jusqu\u2019aux larmes.Il semble que le jour de l\u2019an est le seul où l\u2019on soit obligé de se montrer sociable à l\u2019égard de son prochain.* LE J\u2019aperçois là-Las sur la route deux campagnards, deux bons habitants, qui vont dans un moment se rencontrer.Ceux qui connaissent Pierre et Zéphirin savent que Dame Chicane leur fait l\u2019amour plus d\u2019une fois dans l'année.En effet, les procès vont leur train, bon au mal an, dopuis le 2 Janvier jusqu\u2019à lu Saint-Sylvestre.Ces gens-là plaident on ne sait trop pourquoi, probablement pour s\u2019être volé des dindes.Les voilà qui vout se rencontrer.Or, il ne faut pas l\u2019oublier, c\u2019est le ler Janvier.S\u2019abordent-ils pour se souhaiter la bonue aunée ?C\u2019est douteux.Zéphirin marche à pas comptés dans la direction où s\u2019avance Pierre, et feint de ne pas le regarder, afin de n\u2019y être obligé que par surprise.Pierre en fait uutant de son côté.Chacun d\u2019eux récapitule mentalement les torts do son adversaire, et se demande s\u2019il ne vaudrait pas mieux sauter pardessus la coutume du jour de Pan, et passer outre le plus fièrement du monde.Lorsque soudain ils se leurtent l\u2019un à Pautre, et une éclatante bonne et heureuse sort en même temps des deux poitrines! L'amour propre à peut-être Lien joué son petit rôle dans cet élan unanime de courtoisie; mais enfin c\u2019est fait.Pt Pierre et Zéphirin, les deux plus vieux ennemis qui furent jamais, s\u2019en vont bras dessus bras dessoug trinquer a la nouvelle chez le cabaretier le plus proche.nn Si nous passons maintenant à ces deux époux, Paul ot Françoise, qui, quoique mariés depuis à pcine un an, ont vu bien des nuages obseureir Péclat de leur lune de nuel, déjà bien éloignée, NOUS avous encore une sciue intéressante i décrire.C\u2019est qu\u2019en effet l\u2019amonr est si volage, si perfide, qu\u2019il abandonne ses victimes aussitôt après les avoir blessées.Du nombre de ces dernières sont notre Paul et notre Françoise, charmant couple qui au premier jour de leur union s'étaient juré amour et fidélité.Or, La Fontaine Pa dit: \u2018\u20ac Chez les amis tout s'excuse, tout passe ; Chez les amants, tout plaît, tout est parfait : Chez les époux tout ennuie ot tout lasse.Le devoir nuit: chacun est ainsi fait\u201d Le devoir nuit: chacun est aiusi fait! Et ce devoir, on l\u2019a perdu de vuo bien des fois, sinon bien gravement, du moins un peu plus que légèrement.On n\u2019w pas été tout-à-fuit aussi assidu à rendre des soins à sa compagne qu\u2019on Pavait promis.Des absences fréquentes et non motivées, des impatiences saus cause aucune; et dans les rapports mutnels, un abaissement graduel de température au thermomètre de la politesse, de ln courtoisie réciproque: tels sont les indices d\u2019un désaccord imminent dans le jeune ménage Paul-Françoise.Car de même que l\u2019eau bouillante s\u2019attiédit, puis devient froide, l\u2019amour le plus incaudescent subit des changements successifs de température, si l\u2019on n\u2019a soin de l\u2019activer, et passe rapidement du chaud au froid.Heureusement qu\u2019eitre cos diverses phases se place le providentiel Jour de Udn.Or, la nuit du 31 décembre, Paul et Françoise ont fait chacun un rêve éblouissant.Ils se sont vus transportés aux premiers jours do leur union : 1à point de disputes ni de Louderies, mais tont en blanc et rose.Et tandis qu\u2019ils jouissent encore de ce petit rêve de béatitude, le coup de minuit qui l\u2019apparition de la nouvelle année, les tirent de leur sommeil et les rappellent à la réalité.Cependant la nouvelle année commence : on laisseront- ils passer les premiers moments sans leur adresser au moins le salut de bienvenue ¥ \u2014 Non, assurément.Et Paul et Françoise, qui veulent finir lenr rêve comme ils l\u2019ont commencé, s\u2019embrassent bien tendrement en se la souhaitaut bonne et heureuse.* *® # Enfin, voici le dernier tour de serutin; et c\u2019est pour les domestiques, car il ne faut oublier personne.La paresse, la gourmandise, quelquefois même l\u2019insolence, sont les défauts ordinaires de maître Jacques.Mais voici bientôt venir le temps des étrennes.Question d\u2019être sage.Du temps de Molière, Harpagon \u201cavait toujours une querelle toute prête à faire à ses valets dans le temps des étrennes, pour trouver uue raison de ne leur donner rien.\u201d Et même lorsqu\u2019il mourut, on lui fit l\u2019épitaphe suivante : \u201cTei git, sous ce marbre blanc Le plus avare homme de Rennes, Qui, pour ne point donner d\u2019étrennes, Mourut expres le jour de Yan.\u201d Et Jacques, qui connaît cette aventure, s\u2019y prend plusieurs jours à l\u2019avance pour se corriger, Aussi, voyez quelle activité, quelle adresse, quelle exactitude dans son travail! puis quelle courtoi- que dis-je Ÿ quelle humilité devant son maître! Quantum mutalus ab illo Jacobo! C\u2019est le plus fidèle, le plus dévoué des serviteurs.Par bonheur pour lui, il sert un maître généreux qui, le jour des étrennes arrivé, récompense Phypo- crite au-delà de son mérite, Et maintenant, maitre Jacques, bonne et heureuse! Jacques fait des promesses et reçoit ses étrennes, Promesses vaines ou sincères, le Jour de Pan est nu merveilleux jour, car il récoucilie les cœurs les plus antipatiques, et c\u2019est, à proprement parler, lo seul ou bien des gens se croient tenus d\u2019être sociables à l\u2019égard du prochain.: B.J.New-York, le ler Janvier 1887.\u2014\u2014\u2014\u2014
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