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Titre :
Le droit
Éditeur :
  • Ottawa :[Le droit],1913-
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Cahier 2
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  • Journaux
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quotidien
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Le droit, 2022-04-30, Collections de BAnQ.

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[" leDroit ÉDITION MAGAZINE SEMAINE DU 30 AVRIL AU 6 MAI 2022 + HUMOUR Cathy Gauthier UNE AUDACE DÉCAPANTE PAGE 8 MUSIQUE LIVRES CINÉMA LE P\u2019TIT MAG PLANÈTE VINS L E D R O I T , M A R T I N R O Y Noémie dit oui DIRE NON AU FLÉAU DE LA PROSTITUTION + ARTS VISUELS Stephane Alexis INTERROGER LES STANDARDS DE BEAUTÉ PAGE 4 PAGES 2-3 ET 12 On bouge pour les jeunes Propulsée par SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M2 ANICÉE LEJEUNE alejeune@ledroit.com Avec son premier long métrage, la réalisatrice Geneviève Albert voulait montrer, sans filtre, le visage de la prostitution juvénile.Et surtout celui des clients.Pendant 116 minutes, elle nous plonge dans une spirale infernale qui mènera Noé- mie (Kelly Depeault), 15 ans, à dire oui.Oui, à se prostituer pendant le Grand Prix de Formule 1, à Montréal.Un oui qui dit non, et qui en dit long sur l\u2019enfer que vivent ces filles qui se prostituent par dépit, par amour.Un amour ficelé par la manipulation.«Étrangement, on pointe rarement les clients comme étant à la source du problème.Pourtant, s\u2019il n\u2019y avait pas de clients, il n\u2019y aurait pas de prostitution, fait remarquer Geneviève Albert en entrevue avec Le Droit.Et, non seulement ils sont invisibles dans notre société, mais ils le sont aussi sur nos écrans.C\u2019est pour ça que j\u2019ai voulu leur donner un corps, un visage et qu\u2019on ne puisse pas s\u2019en détourner.Pour qu\u2019on voit à quel point ils sont ordinaires.» Peu d\u2019acteurs se sont présentés pour auditionner pour le rôle des clients qui, selon la réalisatrice, demande «un certain courage».Et il n\u2019était pas non plus question de prendre n\u2019importe qui.Donc après les auditions, Geneviève Albert les a rencontrés pour avoir «une discussion sur la prostitution».Mais malgré ce passage au peigne fin, elle a appris, une fois le montage bouclé, qu\u2019un des acteurs était «un vrai client de la prostitution».«Il n\u2019était pas question qu\u2019il se retrouve dans le film, par convictions, par respect pour Kelly (Depeault), par respect pour la prostituée qui se l\u2019ait tapé comme client», martèle Geneviève Albert.Alors, l\u2019équipe est retournée en montage pour retirer la scène.Le film raconte l\u2019histoire d\u2019une adolescente de 15 ans qui vit dans un centre jeunesse depuis trois ans.Quand sa mère décide de ne plus la récupérer, Noémie, abandonnée, fugue.Elle retrouve son amie Léa (Emi Chicoine), une ancienne du centre, qui l\u2019introduit à une bande de délinquants.Elle tombe rapidement amoureuse de Zach (James-Edward Métayer), qui derrière ses airs amoureux n\u2019est autre qu\u2019un proxénète.AMOUR PERVERS Noémie dit oui, c\u2019est sept années de travail où Geneviève Albert a fait des recherches, recueilli des témoignages, rencontré différents acteurs du milieu.Sept années, où elle a baigné dans cet univers parallèle, pourtant bien réel.En passant plusieurs mois dans un centre jeunesse, la réalisatrice a entendu parler de «ces jeunes filles qui se faisaient recruter à même les centres pour se prostituer».« La prostitution me touche depuis que je suis ado.C\u2019est un sujet tellement fort pour moi qu\u2019il s\u2019est imposé naturellement pour mon premier long métrage de fiction», confie la réalisatrice qui s\u2019est appuyée sur le témoignage de jeunes escortes et de survivantes de la prostitution pour écrire les rôles de Noémie et Léa.Pour le personnage de Zach, la réalisatrice s\u2019est inspirée «d\u2019un jeune pimp de 17 ans», qui n\u2019avait rien de l\u2019image qu\u2019on se fait d\u2019un proxénète.Un visage de plus en plus fréquent dans la prostitution, où la manipulation subtile a remplacé la violence physique.«Il m\u2019a raconté ouvertement toute son histoire.Et il m\u2019a désarçonnée.Il était super sympa, intelligent, charismatique.Il était aimable! C\u2019est là que j\u2019ai compris toute la perversité.» KELLY DIT NON Même si elle n\u2019avait pas écrit le rôle de Noémie en pensant à Kelly Depeault, Geneviève Albert a été immédiatement conquise quand elle l\u2019a vue dans La Déesse des mouches à feu, film qui l\u2019a consacrée Révélation de l\u2019année au dernier Gala Québec Cinéma.«J\u2019ai vu tout le talent de cette jeune actrice qui a débarqué sur nos écrans comme un feu d\u2019artifice, se souvient la réalisatrice.Je n\u2019avais aucun doute que c\u2019était elle, et seulement elle, qui pouvait porter ce rôle sur ses épaules.Elle est d\u2019une justesse inouïe.» Mais quand Kelly Depeault reçoit le manuscrit, elle refuse.Sa simple lecture l\u2019a traumatisée.«C\u2019était très détaillé, très clair.Et sans la vision de la réalisatrice, c\u2019est assez lourd NOÉMIE DIT OUI LES VISAGES DE LA PROSTITUTION AU GRAND JOUR La réalisatrice Geneviève Albert et l\u2019actrice principale de Noémie dit oui, Kelly Depeault \u2014 LE DROIT, MARTIN ROY leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M3 ANICÉE LEJEUNE alejeune@ledroit.com Si le choix de l\u2019actrice qui se glisserait dans la peau de Noémie s\u2019est imposé de lui-même pour la réalisatrice Geneviève Albert, trouver les acteurs qui allaient porter à l\u2019écran Slim (Maxime Gibeault), Léa (Emi Chicoine) et Zach (James-Edward Métayer) a été un long processus.« D è s q u e j \u2019a i v u M a x i m e Gibeault en audition, je me suis dit qu\u2019il sera [indétrônable] pour jouer Slim.Trouver Léa ç\u2019a m\u2019a pris du temps.Et pour chaque personnage, dès que j \u2019avais quatre ou cinq candidats, il y a eu des auditions mixtes pour voir la chimie avec Kelly», raconte Geneviève Albert.Dénicher l\u2019acteur qui incarnerait Zach, ce jeune pimp sympathique dont Noémie tomberait amoureuse n\u2019a pas été facile.Mais en rencontrant James- Edward Métayer, qui avait peu d\u2019expérience, la réalisatrice a été captivée par ce qu\u2019il dégageait.«Il y avait quelque chose de jovial dans son visage, une candeur.Et comme je ne voulais pas tomber dans le stéréotype du \u201cbad boy\u201d qui joue le \u201cpimp\u201d, il avait quelque chose qui ne s\u2019invente pas.» James-Edward Métayer, 23 ans, décroche donc son premier rôle au cinéma et interprète un jeune proxénète.«Quand je jouais ce personnage, c\u2019est venu me chercher.Mais c\u2019est important de le montrer.Et, j\u2019ai essayé de l\u2019incarner du mieux que je pouvais», confie James-Edward Métayer.Geneviève Albert avait une vision bien précisepour son premier film.Et pour être le plus proche de la réalité, la réalisatrice a beaucoup travaillé en amont du tournage avec les acteurs.«Pour certaines scènes, elle n o u s r a c o n t a i t t o u t c e q u i avaient autour.On a regardé des vidéos, lu des articles.On a tellement été sensibilisés que ça nous a mis dans une bulle», explique Emi Chicoine (Plan B, Embrasse- moi comme tu m\u2019aimes).Si toutes les scènes étaient répétées et très encadrées, les acteurs ont tout de même pu y apposer leurs couleurs et leurs personnalités.« O n a e u b e a u c o u p d e répétitions où on a reformulé pour que ce soit plus jeune, plus trash avec des mots qu\u2019on avait déjà entendus», se souvient Emi Chicoine.«S\u2019il n\u2019y avait pas beaucoup de latitude dans l\u2019intention, il y en avait beaucoup dans notre énergie, dans notre texte, ajoute Maxime Gibeault (Il était une fois les boys).Elle nous a fait confiance.On a eu beaucoup de liberté avec ce qu\u2019on disait.» Mais à l\u2019instar de Kelly Depeault, les trois acteurs se sentaient parfois comme des imposteurs en interprétant ces personnages fictifs, mais qui pourtant hors du plateau sont réels.«C\u2019est sûr que les personnages ne sont pas l\u2019fun, mais en même temps c\u2019est notre job.Et le film n\u2019est rien comparé à ce que ces filles vivent dans la vraie vie», lance Maxime Gibeault.Les trois acteurs, qui partagent l\u2019affiche de Noémie dit oui, s\u2019accordent pour dire que ce projet est important pour sensibiliser et faire avancer la cause.«Si on s\u2019en cache, on ne fera jamais les efforts nécessaires pour améliorer la situation», conclut James- Edward Métayer.UN LONG PROCESSUS Incarner la prostitution et intense, corporellement surtout», explique l\u2019actrice de 19 ans.Elle a accepté toutefois d\u2019aller prendre un café avec la réalisatrice.«Elle m\u2019a parlé de sa vision et de son désir de dénoncer la prostitution juvénile.Après notre rencontre, j\u2019étais partante parce qu\u2019elle voulait [axer son film] sur les hommes», raconte Kelly Depeault.DÉNONCER LES CLIENTS Même si elle a braqué sa caméra sur les clients, les montrant dans leur plus simple appareil, défilant impunément dans la coquette chambre d\u2019hôtel du centre-ville de Montréal, ils n\u2019en restent pas moins en position de dominants.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que veut dénoncer Geneviève Albert avec son film.«La prostitution, c\u2019est une relation de pouvoir et en tournant ma caméra vers les clients je veux qu\u2019on se questionne sur cette relation de pouvoir.Que ça fasse évoluer les consciences individuellement et politiquement.[.] Il faut que le silence collectif cesse.» Au Canada, l\u2019âge moyen d\u2019entrée à la prostitution se situe entre 14 et 15 ans.En plein milieu de l\u2019adolescence.Une adolescence brisée à jamais, une vie gâchée par des traumatismes physiques et psychologiques.Impossible de rester assis devant Noémie dit oui impassible.De la tristesse à la compassion, du désespoir à la révolte, de l\u2019indignation au dégoût, un raz de marée d\u2019émotions déferle intérieurement.Alors on ne peine pas à imaginer combien Kelly Depeault a pu être ébranlée en se glissant dans la peau de Noémie.MARQUÉE À JAMAIS Bien consciente qu\u2019elle n\u2019a fait que son métier, la jeune actrice garde néanmoins, un an après le tournage, des séquelles.Et elle a dû «se réapproprier [son] corps» et éprouve encore de la difficulté quand on la touche ou avec sa sexualité.«Ça n\u2019égalera jamais ce que vivent les prostituées.Mais en tournant une semaine, en costume, 14 h par jour, avec juste des hommes, où tu comptes les coups, et que tu as l\u2019émotion à mettre en plus [.] c\u2019est facile, comme jeune femme d\u2019imaginer, de se faire violer.Pendant le tournage, je faisais des cauchemars que je me faisais violer, confie Kelly Depeault.Et mon inconscient a fait en sorte que j\u2019ai cru que c\u2019était vrai.Je ne suis pas encore revenue à 100%.» Un traumatisme qui était difficile à anticiper aussi pour Geneviève Albert.«Kelly a joué un rôle, elle était en sécurité.Alors, on peut imaginer à quel point la prostitution est violente et que tu ne sors pas de là indemne.Cette violence j\u2019ai voulu la porter à l\u2019écran pour qu\u2019elle soit ressentie viscéralement par le public», insiste-t-elle.Noémie dit oui En salle depuis ce vendredi «C\u2019est sûr que les personnages ne sont pas l\u2019fun, mais en même temps c\u2019est notre job.Et le film n\u2019est rien comparé à ce que ces filles vivent dans la vraie vie.» \u2014 Maxime Gibeault James-Edward Métayer (Zach), Emi Chicoine (Léa), Maxime Gibeault (Slim) et Kelly Depeault (Noémie) partagent la vedette dans Noémie dit oui.\u2014 MARTIN ROY, LE DROIT SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M4 ARTS ET SPECTACLES Stephane Alexis, d\u2019Ottawa, utilise l\u2019art pour questionner l\u2019Autre, mais aussi pour se libérer et pour s\u2019évader de la réalité.\u2014 LE DROIT, ÉTIENNE RANGER CLAUDIA BLAIS-THOMPSON cbthompson@ledroit.com Stephane Alexis est de ces artistes qui se tournent vers la création pour s\u2019évader, pour s\u2019exiler dans sa tête.L\u2019artiste d\u2019Ottawa utilise aussi l\u2019art pour forcer l\u2019Autre à se questionner et l\u2019amener à mieux comprendre les communautés qui l\u2019entourent.Sa série de photographies Chains & Crowns, principalement inspirée du parcours capillaire de la mère de l\u2019artiste en arts visuels, interroge les standards de beauté qui jugent les cheveux crépus laids et peu soignés.«Ce projet traite des styles de cheveux noirs, de leur impact dans la culture et chez les gens issus de la communauté noire, indique l\u2019artiste de 28 ans.J\u2019ai moi-même vécu mes propres expériences avec mes cheveux, mais c\u2019est en parlant avec ma mère et d\u2019autres gens de leur relation amour-haine avec leurs cheveux que je me suis intéressé au sujet.» Plus de 40 photos sont présentement exposées à la galerie Pierre-François Ouellette Art contemporain, à Montréal, jusqu\u2019au 14 mai.Dans l\u2019oeil de Stephane Alexis, la lumière enveloppe la résilience des communautés noires et célèbre l\u2019héritage des coiffures.À coup de recherches et de discussions dans sa communauté pour guider l\u2019élaboration de son projet, Stephane Alexis s\u2019est intéressé à l\u2019origine des coiffures de la culture noire, symbole de créativité, mais aussi de résistance.«Lorsque j\u2019ai commencé à faire mes recherches sur ces coiffures, j\u2019ai rapidement réalisé que le passé n\u2019était pas aussi lointain que je le pensais, dit-il.J\u2019ai constaté qu\u2019il y avait plusieurs éléments persistants et que les traumatismes du passé avaient toujours des répercussions structurelles et psychologiques sur la communauté noire.» Chaque cliché de Chains & Crowns représente une différente coiffure noire, un portrait dont l\u2019identité est définie par les lignes et les tissages des coiffures.La singularité de ce projet réside dans le choix de l\u2019artiste de capturer seulement le derrière des têtes de ses modèles.Véritables sculptures, les têtes semblent flotter proposant une unicité pour chacune des photographies.«L\u2019objectif de ce projet est d\u2019apporter une nouvelle compréhension de la communauté noire à la communauté noire et aux membres extérieurs à cette communauté, indique Stephane Alexis.Je crois que la compréhension conduit à la familiarité, et la familiarité à la communauté.Si nous commençons à nous comprendre les uns les autres, nous aurons la possibilité de construire des communautés plus fortes pour nous et les générations futures.» LA PHOTOGRAPHIE COMME EXUTOIRE Très jeune, Stephane Alexis se réfugiait derrière un pinceau ou un crayon pour quitter, l\u2019instant d\u2019un croquis, la réalité dans laquelle il vivait.«Pendant les moments difficiles, je peignais, dessinais ou bricolais, raconte-t-il.J\u2019utilisais tout ce qui me tombait sous la main pour m\u2019éloigner de la réalité.» Tranquillement, la photographie s\u2019est présentée à lui comme quelque chose d\u2019inattendu.Entre capturer ses sorties entre amis et tenter de trouver des moyens créatifs pour représenter la communauté caribéenne canadienne, Stephane Alexis a navigué ainsi jusqu\u2019à ce que des portes se dessinent à l\u2019horizon.Diplômé en arts photographiques et production à la School of the Photographic Arts à Ottawa depuis 2020, Stephane Alexis a reçu plusieurs bourses du Conseil des arts de l\u2019Ontario.Il a notamment été choisi pour l\u2019exposition Karsh Continuum 2022 à Ottawa.Il a également été choisi par l\u2019artiste Eddy Firmin pour faire partie du Festival Art Souterrain à Montréal.La série Chains & Crowns est exposée jusqu\u2019au 30 juin au Complexe Guy-Favreau, près du métro Place-des-Arts, à Montréal.STEPHANE ALEXIS CRÉER POUR.Chaque cliché de Chains & Crowns représente une différente coiffure noire, un portrait dont l\u2019identité est définie par les lignes et les tissages des coiffures.\u2014 COURTOISIE, STEPHANE ALEXIS leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M5 ARTS GAËLLE KANYEBA gkanyeba@ledroit.com Le duo montréalais Coco Méliès, formé de Francesca Como et David Méliès, vient de lancer un nouvel album intitulé Nothing Goes to waste, une invitation à la résilience.Une fois de plus, le duo continue dans ce qu\u2019il sait faire de mieux, c\u2019est-à-dire embarquer le public dans un univers mélancolique et intimiste, aux influences indie-pop et folk.Dans un contexte où les conséquences de la pandémie continuent de planer, ce troisième album traite de la mort.Avec des titres tels que Remorse will end, Oh so quiet et Peacefully easy, le mélomane devrait regarder en lui et faire face à ses frayeurs, en toute humilité, dans le but de ressentir qui il est, étaye Francesca.«Il s\u2019agit des deuils que l\u2019on fait, de petites et grandes morts que l\u2019on traverse quand on essaye de se reconstruire.C\u2019est lorsqu\u2019on cherche à l\u2019intérieur de soi et on regarde qu\u2019est-ce qui va et ne va pas.Et de se mettre en action.Et toutes ces affaires qu\u2019on n\u2019a pas aimées dans le passé, il n\u2019y a jamais rien qui est perdu là-dedans», com- mente-t-elle en entrevue avec Le Droit.RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME Le projet s\u2019est amorcé en 2019.À cette époque, le duo avait déjà une idée plus ou moins précise de ce qu\u2019il voulait proposer à leur public.Mais,c\u2019était sans compter sur l\u2019arrivée de la pandémie.Pendant deux ans, Francesca a travaillé dans un CHSLD.Une expérience personnelle qui a considérablement influencé le projet, raconte l\u2019artiste.«La pandémie est venue mettre les choses aux clairs.J\u2019étais vraiment en grosse remise en question.Même après avoir composé les chansons, je me disais \u2018est-ce que j\u2019ai encore envie de faire ça ?Suis- je à la bonne place ?\u2019 [\u2026] quand je suis allé travailler en CHSLD, c\u2019est là que j\u2019ai vu ce qu\u2019était la vraie connexion humaine.Je trouve que tout est toujours dans le paraitre, surtout dans l\u2019industrie», explique Francesca.Finalement, cette remise en question aura été un terreau fertile pour le duo, puisque rapidement, les deux musiciens ont décidé d\u2019enregistrer l\u2019album, en une semaine, au studio d\u2019enregistrement Treehouse dans les Laurentides.DEUX ALBUMS PLUTÔT QU\u2019UN Pour Coco Méliès, c\u2019est l\u2019album qui représente le mieux leur univers et les facettes de leurs personnalités.Par conséquent, ce projet se déclinera en deux albums plutôt qu\u2019un seul, comme prévu au début du processus de création.La première partie, Nothing Goes Waste lancé le vendredi 29 avril, est celle qui représente le mieux l\u2019univers de Francesca Como alors que la deuxième partie qui est à venir permettra au public de mieux ressentir la plume et la sensibilité de David Méliès, la partie masculine du binôme.«Tous les albums précédents ont été conçus de la même façon.On aime dire en ping-pong.C\u2019est vraiment un travail de collaboration.Par contre, ici, sûrement à cause du contexte, ça se fait de façon très personnelle.Quand nous avons présenté nos chansons, on s\u2019est rendu compte qu\u2019il y avait un même fil conducteur.On vit ensemble, on est un couple, mais on interprète les choses différemment.[\u2026] et le prochain album sera le regard de Méliès», ajoute Francesca.Pour la sortie de l\u2019album, Francesca explique avoir mis les petits plats dans les grands.Le couple a demandé à six artistes visuels de faire une œuvre inspirée de l\u2019album et qui sera présentée au 435 Beau- bien, à Montréal, ce samedi.NOTHING GOES TO WASTE LA RÉSILIENCE DE COCO MÉLIÈS \u2014 CAMILLE GLADU-DROUIN SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M6 ARTS ET SPECTACLES ÉMILIE CÔTÉ La Presse Ce fut un beau moment d\u2019assister à la première vraie rencontre entre Martha Wainwright et Fanny Britt.La première vient de sortir son autobiographie Stories I Might Regret Telling You, et la deuxième en a assuré la traduction en français (Rien de grave n\u2019est encore arrivé, qui sort ce mardi).Entrevue sur la conciliation femme-travail-famille.Quand Martha Wainwright se fait dire qu\u2019elle dévoile peut-être trop de détails intimes dans son autobiographie, elle répond : «Je parle de ce que vivent beaucoup de femmes.» Après avoir été décrite comme «la fille de» et «la sœur de», Martha Wainwright est devenue «une artiste mère».Et elle rappelle qu\u2019il y a encore beaucoup de chemin à faire pour changer certaines mentalités.Pendant son divorce, un juge lui a déjà reproché de monter sur scène tard le soir.«Il m\u2019a dit : \u201cTu travailles la nuit.\u201d Est-ce bon pour des enfants?C\u2019était tellement choquant pour moi.» Le rock rime souvent avec excès et célébrité.Dans son livre, Martha Wainwright raconte ses virées à New York avec des fils de stars de la musique, dont Sean Lennon, Chris Stills et Harper Simon, et elle relate même avoir trouvé sa future bague de mariage par mégarde dans son appartement en cherchant sa réserve de substances illicites.S\u2019il y a une bonne dose de sexe, drogue et rock\u2019n\u2019roll dans Stories I Might Regret Telling You, c\u2019est avant tout un poignant témoignage sur la conciliation femme-travail-famille.Quand on fait partie de la dynastie McGarrigle-Wainwright, disons que l\u2019on fait référence à la famille au sens large, avec tout l\u2019amour, les conflits, les deuils et la pression que cela implique.La ramener toujours à sa famille?«J\u2019ai contribué au mythe», confesse en entrevue Martha Wainwright avec la même qualité que l\u2019on retrouve dans son livre, soit celle d\u2019exposer ses contradictions avec authenticité.Au-delà de toutes les anecdotes et expériences fascinantes vécues par Martha Wainwright, la force de son autobiographie réside dans sa plume insoumise.Que ce soit quand elle décrit un épisode violent avec sa mère ou quand elle confie d\u2019emblée à la première page du livre que son père voulait que Kate se fasse avorter quand elle était enceinte d\u2019elle.Martha Wainwright souligne qu\u2019elle a amorcé l\u2019écriture de ses mémoires avec un mari (et leur bébé), mais que les choses se sont gâtées par la suite.Cela a marqué l\u2019écriture du livre \u2014 il est beaucoup question de son divorce houleux avec Brad Albetta \u2014 et cela explique la deuxième partie, plus émotive.«Le grand défi pour moi était de raconter plein d\u2019histoires en une seule.Quand j\u2019ai commencé, j\u2019avais plusieurs voix en moi : the MARTHA WAINWRIGHT UNE PLUME LIBRE ET INSOUMISE Martha Wainwright en compagnie de la traductrice de son livre en français, Fanny Britt \u2014 LA PRESSE, PHILIPPE BOIVIN L A P R E S S E , P H I L I P P E B O I V I N leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS ET SPECTACLES M7 funny weirdo, la voix sérieuse\u2026 Je devais trouver la voix de l\u2019autrice.Je l\u2019ai trouvée en réécrivant et réécrivant.» Était-elle préoccupée par les répercussions que pourrait avoir son livre?«Je ne pense jamais aux réactions des gens», dit-elle.À la fin, elle a lancé à son éditeur : «Just do it, I don\u2019t care.I\u2019m done.» «Il faut assumer les choses et regarder vers l\u2019avenir.» UNE ÉCRITURE VIVE « C o n n a r d » , é c r i t M a r t h a Wainwright au sujet du critique qui a écrit en 2010 qu\u2019elle n\u2019aura peut-être jamais la plume de son père ou de son frère.Nous sommes alors à la quelque 200e page du livre, à la suite d\u2019un spectacle que Martha Wainwright a donné au Jazz Cafe, à Londres, alors qu\u2019elle vit quelque chose d\u2019 i n c o m m e n su rab l e : e l l e a accouché d\u2019un fils prématuré en Angleterre, tandis que sa mère, souffrant d\u2019un cancer, est en fin de vie à Mont réal.Les médecins ne permettent toujours pas au bébé de prendre l\u2019avion.Elle devra alors faire le deuil de ce qu\u2019elle aura vécu au moins une fois.«Ma joie d\u2019être mère en compagnie de ma mère», écrit-elle.Martha Wainwright a toujours voulu des enfants.Dans le livre, elle insiste sur le fait qu\u2019il y a peu de mères modèles en musique.«Pour moi, c\u2019était ma mère et ma tante, mais Kate et Anna ont dû travailler moins pour s\u2019occuper de leurs enfants.» Au f i l d e n o tre le c tu re, o n apprend que Martha Wainwright a refusé d\u2019être la choriste de Leonard Cohen.Si on s\u2019attend à croiser des noms comme Mark Ronson, Emmylou Harris, Linda Ronstadt ou feu Hal Willner, on s\u2019attend moins à ceux de Robert Plant et Jimmy Fallon, qui a séjourné au Motel des Pentes de Saint-Sauveur lors du mariage de Martha Wainwright.Il y a beaucoup d\u2019humour dans le name-dropping de cette dernière.Nous avons ressenti la même envie qu\u2019à la lecture de Just Kids de Patti Smith.Une envie se résumant à : «J\u2019aurais voulu être là.» TOURNÉE VERS L\u2019AVANT À un moment du l ivre, Martha confie s\u2019être sentie souvent «moyenne dans tout».Se sent- elle encore ainsi après la sortie de son livre, dont les critiques sont élogieuses?«Je me sens bien juste d\u2019avoir fini le livre après sept ans.Je parle de choses assez difficiles, donc c\u2019était toujours dans mon esprit.Cela remet un peu tout ce que je raconte dans le passé : d\u2019être dans l\u2019ombre de ma famille, ou du moins de le penser, la mort de ma mère, la relation avec mon père\u2026» «I had to get rid of the story and make room for my new family, dit-elle en anglais.Mes enfants, mon compagnon, ici\u2026» Ici, c\u2019est Ursa, la salle de spectacle (mais aussi le café et centre communautaire) qu\u2019elle a ouvert sur l\u2019avenue du Parc dans le Mile End, où nous l\u2019avons rencontré par un matin enneigé d\u2019avril (deux jours après voir vu des photos d\u2019elle et de son frère Rufus à Montauk pour Pâques).Si Ma r t ha Wa i nw r ig ht c i te les noms de Lou Reed et Pete Town shend dans son livre, elle énumère aussi ceux de Patrick Watson, Elisapie, Ariane Moffatt et celui de sa grande amie Ariel Engle (de La Force).Et en entrevue, elle vante le talent d\u2019artistes qui se sont produits chez Ursa, dont Anaïs Constantin, ainsi que les groupes Night Lunch, Bon Enfant et Choses sauvages.On a alors l\u2019impression d\u2019assister à la rencontre de deux univers.Martha Wainwright fait un pont incroyable entre le monde et la scène québécoise.Cet été, elle se produira un peu partout au Québec, dont au Festif ! de Baie-Saint-Paul et au Festival de la chanson de Tadoussac.QUI DE MIEUX QUE FANNY BRITT POUR LA TRADUCTION?«C\u2019est un vrai cadeau du ciel», lance-t-elle.Fanny Britt a souvent parlé de Martha Wainwright à la radio.Elle a même déjà dit qu\u2019elle rêvait de traduire ses mots.Quand Qué- bec-Amérique lui a demandé \u2014 pas plus tard que l\u2019automne dernier \u2014d\u2019assurer la traduction en français de Stories I Might Regret Telling You, elle a remercié le ciel malgré le très court délai.Fanny Britt a été élevée avec la musique des Sœurs McGarrigle.«C\u2019est une grande part de ma mémoire affective.» Plus tard, elle a été séduite par le mélange «de férocité et de fragilité» de Martha Wainwright en solo.Fanny Britt avait 27 ans quand elle s\u2019est séparée du père de son premier enfant.Elle se trouvait trop jeune pour vivre une telle épreuve.«Les chansons de Martha libéraient et légitimaient ma colère.J\u2019ai tellement écouté Ball & Chain.» Après avoir interviewé Fanny Britt, et avant de rencontrer Martha Wainwright, nous avons assisté à la première rencontre entre les deux femmes.«En fait, je l\u2019avais déjà rencontrée après un show, mais j\u2019étais tellement starstruck que j\u2019ai perdu tous mes moyens», a raconté Fanny Britt.C\u2019était beau de voir les deux femmes converser sur la signification de telle chanson ou encore sur la garde partagée.«La franchise par rapport à ton père et ta mère nous fait du bien.Cela nous réconcilie avec nos familles», lui a dit Fanny Britt.Quand nous avons quitté Ursa, Martha Wainwright n\u2019avait pas encore dit à Fanny Britt qu\u2019elle a beaucoup lu le livre Jane, The Fox and Me à ses enfants.Et souvent, qu\u2019elle n\u2019a pu s\u2019empêcher de verser une larme.Dans la version anglaise du livre de Fanny Britt Jane, le renard et moi, on parle de la musique des Sœurs McGarrigle.Pas de doute : Fanny Britt était celle qui devait traduire Stories I Might Regret Telling You.Pour avoir lu le livre dans les deux langues, sa traduction\u2026 rock! L A P R E S S E , P H I L I P P E B O I V I N UN CERTAIN SOUVENIR 10 JUIN SIMON GOUACHE UNE BELLE SOIRÉE 15 JUIN RACHID BADOURI LES FLEURS DU TAPIS 22 ET 23 JUILLET LES VOISINS 5, 6, 12 ET 13 AOÛT BILLETTERIE : 819 243-2525 SALLEODYSSEE.CA VOS PROCHAINS SPECTACLES MARIE MAI ELLE ET MOI SIMPLEMENT 29 MAI ZACHARY RICHARD DANSER LE CIEL 30 MAI 12 VOIX, UN PIANO SIGNÉ QUÉBEC ISSIME 2 JUIN THE BOX CLOSER TOGETHER 3 JUIN MARIANA MAZZA IMPOLIE \u2013 PARDONNE-MOI SI JE T\u2019AIME 4 ET 5 MAI ARTHUR L\u2019AVENTURIER AU BOUT DU MONDE EN AUSTRALIE 8 MAI DE 1 À 8 ANS LES HARDING 15 MAI 16 H ET 20 H P-A MÉTHOT FAIRE LE BEAU 18 MAI LES POLISSONS DE LA CHANSON UN HOMMAGE À GEORGES BRASSENS 21 MAI UNE SOIRÉE À L\u2019OPÉRA NATALIE CHOQUETTE, LYNE FORTIN, GINO QUILICO ET STEEVE MICHAUD 23 MAI KLÔ PELGAG NOTRE-DAME-DES-SEPT-DOULEURS 25 MAI TIRE LE COYOTE AU PREMIER TOUR DE L\u2019ÉVIDENCE 28 MAI SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M8 ARTS ET SPECTACLES VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com Est-ce qu\u2019on a plus de pudeur quand on devient maman?«Encore moins.Un coup que tu as accouché, il n\u2019y a plus rien qui te fait peur.Quand tu deviens mère, tu deviens une lionne», soutient l\u2019humoriste Cathy Gauthier qui sillonne le Québec pour présenter son nouveau solo, Classique.«C\u2019est mon plus cru, mais c\u2019est mon spectacle qui marche le plus.J\u2019entends des femmes siler; c\u2019est même plus des rires, elles silent!» affirme-t-elle.Ceux qui avaient été conquis par l\u2019humour sans filtre de La vache folle seront heureux de retrouver cette audace décapante dans son quatrième spectacle solo.L\u2019humoriste originaire de l\u2019Abi- tibi y aborde sa maternité sans tabous.De ses fausses couches à l\u2019absence de libido qui caractérise sa période post-accouchement, elle trouve une manière de rire des défis qu\u2019elle a traversés.Cathy Gauthier n\u2019était pas montée sur scène depuis 2017.Elle avait alors décidé d\u2019abandonner sa tournée Pas trop catholique pour se concentrer sur son projet familial.«J\u2019essayais d\u2019avoir un enfant, mais je faisais des fausses couches à répétition.Je pense que c\u2019était dû à un surmenage\u2026 Ça m\u2019avait fait beaucoup de peine d\u2019arrêter à l\u2019époque, mais j\u2019ai dû choisir entre finir ma tournée ou avoir un enfant», raconte la quadragénaire qui est maintenant mère d\u2019une fillette de quatre ans.Devenir maman procure encore plus de sens à l\u2019énergie qu\u2019elle investit dans son travail.«J\u2019ai une mission.Je pense beaucoup à [ma fille] quand je fais mes spectacles», indique Cathy Gauthier.«J\u2019ai besoin de m\u2019accomplir par le biais du travail.J\u2019ai besoin de l\u2019énergie que le public me donne.J\u2019ai besoin de cette adrénaline que le spectacle me procure», ajoute-t-elle.SEXE, MATERNITÉ ET SANTÉ MENTALE Avec Classique, elle devient une des rares femmes humoristes au Québec à produire quatre spectacles solos dans sa carrière.«Je pense que le public sent que je l\u2019aime vraiment.Je suis là parce que j\u2019ai besoin d\u2019être là.C\u2019est une thérapie pour moi et ça devient aussi une thérapie pour le public», estime Cathy Gauthier.Elle reçoit plusieurs témoignages de spectateurs qui ont été touchés et apaisés après avoir assisté à sa performance où elle exprime haut et fort ce que plusieurs tentent d\u2019étouffer.Après la maternité et la sexualité, le thème de la santé mentale prend une place importante dans Classique.Même si elle adore se retrouver sur scène, l\u2019humoriste ne cache pas le fait qu\u2019elle vit avec de l\u2019anxiété généralisée.Avec l\u2019expérience, Cathy Gauthier a développé des astuces pour gérer son stress.Certains auront peut-être de la difficulté à imaginer cette chimère mi-vache folle mi-lionne s\u2019adonner à la méditation avant d\u2019enflammer les planches de son humour cru, mais c\u2019est pourtant le cas.En plus de celle-ci et des exercices de respiration, elle a besoin d\u2019un peu de solitude avant de monter sur scène.«À partir de 19h, je m\u2019enferme dans ma loge et je demande que personne ne me dérange à moins d\u2019une urgence», explique-t-elle.Exception qui confirme la règle, Cathy Gauthier partage ces temps- ci sa loge avec l\u2019humoriste Silvi Tou- rigny qui assure la première partie de son spectacle.Au-delà de la complicité professionnelle, les deux femmes sont devenues de bonnes amies.«C\u2019est une personne qui m\u2019apaise beaucoup», confie-t-elle.UN SPECTACLE À SON IMAGE Classique est le premier spectacle autoproduit par l\u2019humoriste.Le titre évoque autant son désir de voir ce solo devenir un classique dans sa carrière que celui de revenir à l\u2019essence du stand-up.«Je n\u2019ai pas de gros décor, je n\u2019ai rien de flamboyant; c\u2019est moi qui habite la scène», explique la femme débordante d\u2019énergie qui effectue sa performance perchée sur des talons de 15 centimètres.Ces bottes font partie du costume qu\u2019elle enfile exclusivement pour monter sur les planches, précise cette comique superstitieuse.«C\u2019est comme mon costume de Superman.Quand je mets mon costume, je me transforme», dévoile Cathy Gauthier.Cette nouvelle autonomie lui a permis d\u2019organiser une première à son image.Plutôt que d\u2019investir dans un décor élaboré, elle a préféré gâter ses admirateurs en leur offrant notamment un verre de champagne.«Je suis une fille généreuse, très rassembleuse et je voulais que ça paraisse aussitôt que les gens franchissaient la porte du théâtre, pour qu\u2019ils se sentent dans mon univers, partage-t-elle.Ces coûts de production là, aujourd\u2019hui, il n\u2019y a aucun producteur qui veut s\u2019embarquer là-dedans.» À travers cette première expérience d\u2019autoproduction, l\u2019humoriste était bien heureuse de pouvoir compter sur son directeur de tournée «extraordinaire» avec qui elle travaille depuis 2009, Stéphane Caissy.Cathy Gauthier reviendra à la salle Odyssée de Gatineau le 14 mars 2023.Pour connaître toutes les dates de sa tournée : cathygauthier.com CATHY GAUTHIER LA MATERNITÉ SANS TABOUS «C\u2019est mon plus cru, mais c\u2019est mon spectacle qui marche le plus.J\u2019entends des femmes siler; c\u2019est même plus des rires, elles silent», raconte Cathy Gauthier à propos de son nouveau spectacle.\u2014 LE SOLEIL, YAN DOUBLET leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS ET SPECTACLES M9 DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com SAGUENAY \u2014 Plonger.C\u2019est ce que fait l\u2019adolescente aux contours flous qui apparaît sur la couverture de Musique, de Stéfanie Tremblay.Cheveux soulevés par le déplacement de l\u2019air, elle va s\u2019enfoncer dans ce récit poétique, celui d\u2019une Jonquié- roise attirée très tôt par la scène punk.Le verbe plonger s\u2019applique tout aussi bien à cet engouement qui, à vrai dire, ne s\u2019est jamais attiédi chez Stéfanie Tremblay.Si le désir de se laisser avaler, malaxer, brasser dans un mosh pit est devenu moins pressant au fil des ans, l\u2019autrice continue d\u2019enrichir sa collection de vinyles et de cassettes aux accents punk, tout en suivant le destin de ses anciens héros.Ceux, à tout le moins, qui sont toujours de ce monde.« J\u2019aime particulièrement le punk français, des groupes comme Les Wampas, La Souris Déglinguée, les Garçons Bouchers, Bérurier Noir et Parabellum.Je trouve que dans leurs textes, il y avait une belle poésie, une certaine rigueur dans la forme .» Plus près physiquement, il y avait les musiciens qui animaient la scène locale au tournant du millénaire.Eux et les adolescents qui dansaient sur leurs compositions formaient une communauté tissée serrée.Entrer dans cette constellation n\u2019était pas simple, cependant.Surtout pour une fille qui ne jouait d\u2019aucun instrument et qui n\u2019avait pas l\u2019âme d\u2019une chanteuse.« Dans le livre, je décris ma première expérience de mosh pit, à l\u2019occasion du festival Polliwog.J\u2019avais trouvé ça stressant, mais ça fait partie de l\u2019expérience d\u2019un concert, même si ce n\u2019est pas toujours sécuritaire, reconnaît l\u2019autrice.J\u2019en ai mangé, des coups de poing.» NAISSANCE D\u2019UNE VOCATION Une autre stratégie pour « faire partie de la gang » fut de prendre des photos pendant et après les spectacles.Comme ça se passait dans l\u2019ancien temps, celui de la pellicule qu\u2019on faisait développer à la pharmacie, l\u2019adolescente montrait ses images deux ou trois semaines plus tard.« Tout le monde voulait les voir », se souvient Stéfanie Tremblay.Ce qu\u2019elle ne pouvait anticiper, c\u2019est que ce hobby déterminerait son choix de carrière, centré sur les arts visuels.C\u2019est d\u2019ailleurs une exposition présentée à Québec qui a donné naissance au texte que la Peuplade vient de publier.Il accompagnait une sélection de 200 photographies tirées de sa collection punk, qui en comprend 2000.« Ce que j\u2019ai trouvé tripant, c\u2019est le travail réalisé avec les collègues de la maison d\u2019édition.On a enlevé des trucs.J\u2019en ai rajouté.On a aussi regroupé des photos dans des pages roses, comme celles des fanzines que vendait le poète Frank Laliberté, se remémore Stéfanie Tremblay.La première fois que j\u2019en ai acheté un, c\u2019était à un concert de WD-40.Ça avait été une révélation.Après, moi aussi, j\u2019en ai fait.» D\u2019AMOUR ET D\u2019AMITIÉ Dans Musique, il y a quelque chose de ce côté lousse, spontané, des fanzines.On y trouve des textes épousant la forme de récits et d\u2019autres, très courts, tenant parfois à l\u2019intérieur d\u2019une phrase.La langue est crue, bien sûr, mais ce serait une erreur de se laisser obnubiler par le versant glauque de la mouvance punk.« Mon livre est triste à 10 pour cent seulement.À la base, c\u2019est un livre d\u2019amour et d\u2019amitié.L\u2019amour des autres et de la musique.L\u2019amour adolescent qui prend toute la place.Il n\u2019y a rien de laid, là-dedans.Juste de la beauté et de la poésie », assure Stéfanie Tremblay, qui se dit excitée à l\u2019idée d\u2019être publiée par une maison d\u2019édition reconnue.C\u2019était son plus grand rêve et comme il lui reste plein d\u2019expériences à évoquer, Musique pourrait devenir le point d\u2019ancrage d\u2019une trilogie.Couvrant les années 2005 à 2012, son deuxième récit poétique sera prêt à la fin de 2023.Il s\u2019appellera Drogue et pourrait être jumelé à un album de chansons originales.« Quand j\u2019aurai fini le troisième livre, je serai enfin une adulte », lance l\u2019au- trice en souriant.MUSIQUE DE STÉFANIE TREMBLAY L\u2019ADOLESCENCE PUNK Quand elle s\u2019est initiée à la musique punk, Stéfanie Tremblay était trop jeune pour prendre conscience de la dimension politique du mouvement.Le ressentiment qu\u2019affichaient les jeunes issus des classes laborieuses, pour qui l\u2019avenir semblait irrémédiablement bouché, l\u2019adolescente n\u2019était pas outillée pour le comprendre.« Je trouvais ça beau, un écorché qui s\u2019exprimait de cette façon.Un musicien ou un membre du public.J\u2019étais impressionnée.Je voulais être ça, mais la réalité dans laquelle je vivais était différente, souligne-t-elle.Je venais d\u2019un milieu à l\u2019aise, sans être riche.Quand on rentrait chez nous, il y avait de la soupe faite par ma mère.On était aimés, ce qui n\u2019était pas le cas de tout le monde. » Dans le livre Musique, l\u2019autrice revient plusieurs fois sur le rôle des mères, en lien avec la scène punk.Elles étaient nombreuses à montrer plus que de la tolérance, une véritable ouverture face aux choix effectués par leurs enfants.« Dans le punk, la figure de la mère était importante, très présente », confirme Stéfanie Tremblay.Quand des jeunes assistaient aux pratiques des groupes locaux, par exemple, il n\u2019était pas rare que la mère de l\u2019un des musiciens vienne offrir des croustilles.Quant aux lieux où se vivait la musique, ils ne se trouvaient pas toujours où on les imaginerait.Les pratiques se déroulaient fréquemment dans les parcs industriels, là où on pouvait libérer des tonnes de décibels sans déranger personne.C\u2019est là que les musiciens et leur entourage passaient le plus clair de leurs fins de semaine.« En ce qui touche les spectacles, ça se passait beaucoup dans les salles communautaires et les sous-sols d\u2019église.Pour voir des groupes de la région, j\u2019ai été à Alma, Saint-Nazaire et Dolbeau, entre autres.J\u2019ai fonctionné comme ça de 13 à 30 ans, soit jusqu\u2019au moment où les musiciens ont commencé à avoir des enfants », relate Stéfanie Tremblay d\u2019un ton amusé.DANIEL CÔTÉ LES MÈRES, FIGURES MÉCONNUES DE LA SCÈNE PUNK Récit poétique centré sur la scène punk, Musique témoigne de l\u2019attachement de Stéfanie Tremblay envers cette communauté où elle a su trouver sa place.\u2014 PHOTO LE PROGRÈS, JEANNOT LÉVESQUE 12\u201314 MAI 29 $ © S a s h a O n y s h c h e n k o BILLETS À PARTIR DE Les Grands Ballets Canadiens deMontréal Avec l\u2019Orchestre du CNA Une première canadienne La Belle au bois dormant SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M10 ARTS ET SPECTACLES JOSÉE LAPOINTE La Presse Lydia Képinski avait fait une entrée fracassante dans le monde de la chanson il y a quatre ans avec son album Premier juin.Son intensité et son unicité sont toujours intactes dans Depuis, sorte d\u2019album de transe littéraire sorti vendredi.Premier juin, qui est sa date d\u2019anniversaire, était un album de jeunesse en forme de quête existentielle.Depuis est plus un récit d\u2019émancipation qui raconte ce qui s\u2019est passé\u2026 depuis, alors qu\u2019elle sait pas mal plus qui elle est et où elle va.«Depuis que je sais, je suis», c h a n t e d \u2019a i l l e u r s l \u2019a u t r i c e - compositrice-interprète dans l\u2019épique chanson thématique, qui ouvre l\u2019album.«Il n\u2019y a pas de point d\u2019interrogation.C\u2019est ça», explique la chanteuse, qui est arrivée en ce jeudi matin frisquet sur son vélo, robe noire et yeux charbonneux.Lydia Képinski aime le jeu et les mises en scène, jouer à la star glam sur les trottoirs gris d\u2019Outremont.Si Premier juin était une carte de visite, elle admet qu\u2019elle ne savait pas dans quoi elle s\u2019embarquait.«Je crée un produit culturel, mais je n\u2019avais pas réalisé que j\u2019allais en devenir un.» Elle a appris à nager à travers les «étrangetés» liées à son nouveau statut et à exister dans le regard des autres, avec ce que ça implique comme attentes et préjugés.«Depuis\u2026 Premier juin : tout ça fonctionne dans une phrase et c\u2019est ça, le concept.C\u2019est super autobiographique.C\u2019est ce qui s\u2019est passé, ça parle de la réalité.» L\u2019album est un voyage en 11 chapitres qui va de l\u2019exaltation du spectacle à un lendemain de veille monumental à l\u2019aéroport Charles-de-Gaulle, en passant par un séjour initiatique en Pologne, patrie de ses ancêtres paternels.«Tous les épisodes se sont passés, et c\u2019est même quasiment dans le même ordre ! C\u2019est original dans la façon que c\u2019est raconté, mais pas tant dans la fiction.Je ne suis pas si créative que ça\u2026» LITTÉRAIRE Pour écrire, Lydia Képinski a besoin de vivre.Et pour comprendre et mettre de l\u2019ordre dans ce qu\u2019elle a vécu, elle a besoin de l\u2019écrire et de le mettre en rimes, «sinon, c\u2019est un brouillon emmêlé».Parce qu\u2019autant elle aime soigner son écriture, autant elle aime aller au fond des choses.« Au fond des choses, oui\u2026 Hubert Aquin ! Je ne crois pas à ça, passer une semaine dans un chalet pour écrire un album.J\u2019ai des textes qui m\u2019ont pris un an et demi à écrire.» La pandémie lui a permis d\u2019être concentrée à 100 % sur la création de l\u2019album, à chercher, à réfléchir, à peaufiner chaque mot et chaque son, réfugiée dans son studio, sa «seule échappatoire».«C\u2019était comme une expérience de cloître, je me sentais comme une ursuline.J\u2019ai lu Marie de l\u2019Incarnation aussi et je me disais, c\u2019est quand même fou, tout ce qui peut se passer dans un esprit et un cœur.» Lydia Képinski est une des rares artistes à citer un mythique écrivain québécois qui s\u2019est suicidé et une missionnaire chrétienne bâtisseuse de la Nouvelle-France en moins de cinq minutes, et avec autant de naturel.Dans ses textes, très littéraires, les références à la mythologie et à la religion sont d\u2019ailleurs nombreuses.«C\u2019est peut-être mon background en cinéma, mais j\u2019aime voir les images, choisir les couleurs.J\u2019ai les références culturelles que j\u2019ai, j\u2019aime faire des ponts.» L e t o u t e n r o b é d a n s u n e ambiance épique faite de montées dramatiques \u2013 «J\u2019ai vraiment un côté Dalida, et je l\u2019assume complètement» \u2013, de ruptures de ton, de rebondissements ponctués d\u2019apaisements, de moments plus parlés et d\u2019explosions.« J \u2019a i é c o u t é b e a u c o u p d e musique classique dans ma vie.C\u2019est peut-être ça, le côté Rach- maninov, hollywoodien.Et Blaise [Borboën-Léonard], mon réalisateur, il a une formation d\u2019altiste au Conservatoire.Ça fait partie de nos références communes.» Mais les deux compères aiment aussi le rythme et la transe, et il y a étonnamment une grosse touche de disco dans cet album «pas trop introspectif et le fun», moins porté par la guitare et plus fondé sur les sons électroniques.«Ça m\u2019a manqué de danser avec mes amis pendant le confinement.Alors je faisais des beats le jour, et le soir, je les mettais dans mon système de son, je m\u2019étais acheté un kit de lumière, et je dansais.J\u2019ai recréé un club dans mon sous-sol.» CULTIVER SON UNICITÉ En quatre ans, Lydia Képinski a beaucoup appris sur ce milieu dont elle raconte l\u2019envers du décor : le danger de se «penser surhumaine», le narcissisme qui guette, l\u2019imposture \u2013 c\u2019est d\u2019ailleurs le titre d\u2019une de ses chansons \u2013 que tout ça peut représenter.«Je vois des gens autour de moi mal virer\u2026 Il y a genre 13 personnes avec qui j\u2019ai travaillé de près ou de loin qui ont été dénoncées il y a un an.C\u2019est très bizarre comme milieu, il y a vraiment un dark side.» C\u2019est «tout et son contraire», constate celle qui a remporté les Francouvertes en 2017 et qui en est cette année la porte-parole.Qu\u2019a-t- elle envie de dire à tous ces jeunes qui commencent ?«De ne pas trop écouter les conseils ! Tous ceux qu\u2019on m\u2019a donnés à l\u2019époque où je faisais des concours, certains se sont avérés super pertinents, d\u2019autres, impertinents.Mais je suis juste capable de le discerner aujourd\u2019hui.«C\u2019est dangereux d\u2019essayer de plaire à tout le monde.Je ne sais pas comment on peut faire de l\u2019art sur mesure.» Il faut cultiver son unicité, mais surtout, il faut y exceller, croit- elle.Par exemple, comme elle n\u2019a pas une «voix naturelle» de chanteuse, elle continue de suivre des cours, et comme elle sait que ses textes sont une de ses forces, elle soigne sa diction et prononce ses consonnes.Lydia Képinski apprend aussi à mieux diriger son ironie et sa répartie \u2013 dans Montréal me déteste, une partie d\u2019elle est d\u2019ailleurs «repentante» pour son côté parfois rugueux.Apprendre à mieux doser sa spontanéité sans se dénaturer est un autre pas vers la maturité\u2026 L\u2019est-elle un peu plus ?«Je fais des efforts tous les jours pour ne plus être un gros bébé !» En tout cas, elle est de retour «plus en forme que jamais» et «le plus près de la joie» possible.«J\u2019ai passé deux ans à faire un beau dessin, et là, on va le montrer.» Elle a hâte de reprendre les spectacles et espère que les gens «vibent» avec son album.« Je pense que personne ne va se sentir trahi.Tout le monde va être comme : OK, c\u2019est l\u2019évolution du Pokémon.C\u2019est la même chose, j\u2019ai juste évolué.» LYDIA KÉPINSKI L\u2019ENVERS DU DÉCOR La chanteuse Lydia Képins- ki fait paraître Depuis, un voyage en 11 chapitres qui va de l\u2019exaltation du spectacle à un lendemain de veille monumental à l\u2019aéroport Charles- de-Gaulle, en passant par un séjour initiatique en Pologne, patrie de ses ancêtres paternels.\u2014 CATHERINE LEFEBVRE leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M11 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M12 ARTS ANICÉE LEJEUNE alejeune@ledroit.com CRITIQUE Avec son premier long métrage, la réalisatrice Geneviève Albert montre sans ménagement la prostitution juvénile.Noémie dit oui dérange, bouleverse, dégoûte.Il met les émotions à mal, mais n\u2019en est pas moins crucial.Malgré sa brutalité le film est tout en subtilité, mettant sous les projecteurs ces clients on ne peut plus ordinaires, qui défilent dans la chambre d\u2019hôtel.L\u2019histoire suit la descente aux enfers de Noémie (Kelly Depeault) une ado difficile de 15 ans placée en centre jeunesse depuis 3 ans.Quand sa mère choisit de ne plus la récupérer chez elle, Noémie fugue.Elle retrouve sa meilleure amie Léa (Emi Chicoine), une ancienne du centre âgée d\u2019à peine 18 ans, qui la fera entrer dans sa bande.Une bande de jeunes proxénètes.Noémie tombe rapidement sous le charme du charismatique Zach (James-Edward Métayer).Jouant avec les émotions de Noémie, lui faisant miroiter monts et merveilles, il réussira à la convaincre de se prostituer pendant les trois jours du Grand Prix de Formule 1 à Montréal.Le film débute par l\u2019horrible abandon de Noémie par sa mère (Myriam Debonville), qui choisit son nouveau chum au détriment de sa fille.Malgré l\u2019insistance de la juge.Une scène déchirante où on assiste impuissant au début de la chute aux enfers de Noémie.Et Kelly Depeault, éblouissante dans La déesse des mouches à feu, livre ici une performance si intense, si juste, si sensible, qu\u2019elle réussit à nous arracher nos premières larmes du film.Quand elle s\u2019amourache de Zach, Noémie est catégorique.Elle ne veut pas être escorte.Ni pour une heure ni pour trois jours du Grand prix.Elle martèle qu\u2019elle n\u2019est pas une «pute».Mais quand elle cède et dit oui, un ami de Zach, débarque et la viole.Zach lui dira: «C\u2019est juste du cul, relaxe!» Une phrase qui frappera comme le ressac d\u2019une vague déferlante.Une déferlante d\u2019émotions qui submerge Noémie, mais aussi le spectateur.Si les scènes de sexe sont éprouvantes, les mots aussi sont troublants.Et accentuent toute la perversité qui se cache derrière ces pimps sympathiques qui manipulent les filles amoureuses pour les prostituer.D\u2019ailleurs, James-Edward Métayer qui joue son premier rôle au cinéma est convaincant.Si son charme jovial séduit Noémie, il réussit aussi à berner le spectateur avec ses airs inoffensifs.Emi Chicoine et Maxime Gibeault sont eux aussi naturels et justes dans leurs rôles respectifs de Léa, escorte, et de son chum, proxénète violent.Certaines scènes du couple sont d\u2019ailleurs saisissantes de réalisme.Prenant pour décor le week-end du Grand Prix de Formule 1 de Montréal où la prostitution juvénile se fait aller sans honte ni pudeur, la production a recréé le décor de débauches de fin de soirée sur la rue Crescent.On s\u2019y croirait.Film-choc qui n\u2019épargne pas le spectateur, Noémie dit oui montre surtout du doigt les clients.Ces grands absents quand on parle de prostitution.Alors, pour les scènes de sexe, Geneviève Albert a volontairement tourné sa caméra vers les clients.Les dévisageant, les mettant à nu au propre comme au figuré.Des hommes ordinaires sans scrupules qui viennent assouvir des fantasmes comme si de rien n\u2019était.Noémie voit ainsi défiler une trentaine de clients, de l\u2019homme d\u2019affaires marié au jeune puceau, en passant par un sadique, deux gros soûlons incapables de bander ou encore un touriste accroc aux filles de Montréal.Et pour rendre le tout bien concret, le film fait le compte après chaque client.Faisant défiler les passes comme des tours de pistes en F1.Un autre ressac d\u2019émotions.Les scènes ont été énormément préparées et répétées.Aucune place à l\u2019improvisation.On ne voit d\u2019ailleurs jamais Noémie et un client dans la même prise de vue.Et même si tout a été tourné avec soin et sans brutalité, on ressent toute la violence que vit Noémie.Et puis à ces clients quotidiens qui défilent, s\u2019ajoutent les viols collectifs infligés par les gars de la bande.Comme Noémie, on a envie de vomir.«Mais c\u2019est juste du cul, relaxe!» En portant la violence physique et psychologique vécue par ces escortes malgré elle, Geneviève Albert réussit avec sa caméra à la faire ressentir viscéralement au public.Un film éprouvant qu\u2019il faut voir pour comprendre et briser le silence, mais dont on ressort inévitablement ébranlé.Noémie dit oui est présenté au cinéma Au générique Cote : HHHH Titre : Noémie dit oui Genre : Drame Réalisatrice : Geneviève Albert Acteurs : Kelly Depeault, James-Edward Métayer, Emi Chicoine, Maxime Gibeault.Durée : 116 minutes NOÉMIE DIT OUI DIFFICILE MAIS CRUCIAL Kelly Depeault dans le rôle de Noémie.\u2014 PHOTO COURTOISIE Emi Chicoine et Maxime Gibeault.\u2014 PHOTO COURTOISIE eiffel-lefilm.ca ROMAIN DURIS EMMA MACKEY UN FILM DE MART IN BOURBOULON E I F F E L PRÉSENTEMENT au cinéma HHHH PREMIERE HHHH PARIS MATCH leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M13 ARTS MARC-ANDRÉ LUSSIER La Presse Dans Mémoire meurtrière (Memory), un film d\u2019action dont la tête d\u2019affiche est Liam Neeson, Monica Bellucci a l\u2019occasion de se glisser dans la peau d\u2019un personnage plus inhabituel pour elle.Livrant aussi les mots de Maria Callas sur scène depuis trois ans, l\u2019actrice italienne a maintenant le sentiment d\u2019avoir accès à d\u2019autres types de rôles.Et ça la ravit.Entretien.Elle a 57 ans.Et révèle son âge d\u2019entrée de jeu au détour de la conversation.Comme une espèce de fierté bien assumée d\u2019avoir traversé quelques décennies pour en arriver aujourd\u2019hui à une nouvelle période de sa vie d\u2019actrice, tout aussi riche, tout aussi emballante.Souvent citée parmi les plus belles femmes du monde, Monica Bellucci se livre sans faux fuyants, à un moment où l\u2019idée de casser son image de déesse ne lui déplairait pas du tout.«Dans Memory, j\u2019ai été intéressée \u2013 et inspirée \u2013 par la dualité du personnage qu\u2019on m\u2019a offert, explique-t-elle au cours d\u2019un entretien téléphonique accordé à La Presse.Il s\u2019agit d\u2019une femme manipulatrice qui, d\u2019un côté, a un côté monstrueux \u2013 on pourrait presque la qualifier de sociopathe \u2013, mais qui, sous d\u2019autres aspects, est très humaine.«Bien sûr, j\u2019avais envie de jouer avec Liam Neeson, sous la direction de Martin Campbell [Casino Royale], mais j\u2019ai aussi accepté ce rôle parce que je voulais rompre un peu le moule.Prendre de l\u2019âge se traduit pour moi en de nouvelles possibilités en tant que comédienne.Bien sûr, la beauté est une protection, mais elle peut aussi parfois devenir une prison.» LE LUXE DU CHOIX Elle affirme être bien consciente de sa chance.Et rend grâce au ciel d\u2019avoir encore le luxe de choisir ses rôles.«Même si les choses ont changé et qu\u2019il est moins compliqué qu\u2019avant pour les actrices plus mûres d\u2019obtenir des rôles qu\u2019à l\u2019époque où elles étaient pratiquement mises de côté dès qu\u2019elles atteignaient la quarantaine, ça reste quand même une grande chance d\u2019être encore là, d\u2019avoir encore plein de beaux rôles devant moi.C\u2019est vraiment lié à notre génération, je crois.» Sans vouloir faire de généralités, elle estime qu\u2019à cet égard, les actrices européennes semblent être plus choyées.«J\u2019ai tourné des fims anglo-saxons et américains, mais je n\u2019ai jamais fait partie du système hollywoodien, fait remarquer celle qui a en outre joué dans La Matrice et Spectre.Je n\u2019ai jamais vécu aux États-Unis non plus.Et il est vrai que quand on regarde toutes ces actrices merveilleuses que sont, par exemple en France, Cather ine D e n e uve, Isab e l l e Hupp er t , Nathal ie Baye, Charlotte Ram- pling et bien d\u2019autres, on se rend compte qu\u2019elles ont toujours accès à de très grands rôles.« Même chose en Angleterre pour Judi Dench ou Helen Mir- ren.J\u2019ai le sentiment qu\u2019en Europe, on permet davantage aux actrices d\u2019avoir de longues et belles carrières.» LES MOTS DE MARIA CALLAS Monica Bellucci a aussi ajouté récemment une nouvelle forme de représentation à son art.Il y a trois ans, le metteur en scène Tom Volf, jeune spécialiste de la vie de Maria Callas ayant notamment consacré un livre et un long métrage documentaire à la cantatrice à partir des propres écrits de cette dernière, a proposé à l\u2019actrice de monter sur scène.Dans Lettres et mémoires, Monica Bellucci prête sa voix aux mots de Maria Callas, dans un spectacle à caractère intimiste qui peut aussi se transformer en version orchestrale sur les plus grandes scènes.«Je n\u2019avais jamais fait de théâtre auparavant, révèle-t-elle.J\u2019ai accepté tout de suite, même si j\u2019avais très peur.Je ne pouvais pas dire non à un tel cadeau.«J\u2019ai joué pour la première fois dans la petite salle du Théâtre Marigny, à Paris, à l\u2019automne 2019.Pendant le confinement, nous avons décidé d\u2019adapter le spectacle en italien afin que je puisse aller le présenter dans mon pays.«Je ressens toujours une très grande émotion, chaque fois que je monte sur scène.C\u2019est très particulier comme sensation.Il y a quelque chose de tellement sincère, vrai, artisanal dans le processus, qu\u2019il n\u2019en résulte que du beau, même si c\u2019est terrifiant !» Dès qu\u2019elle a pu, l\u2019actrice est allée présenter Maria Callas-Lettres et mémoires en Italie.Elle s\u2019est également rendue en Grèce pour présenter la version avec orchestre sur la scène de l\u2019Odéon d\u2019Hérode Atti- cus, au pied de l\u2019Acropole.Une adaptation en anglais a par ailleurs été faite en vue d\u2019une éventuelle tournée en Amérique, pendant laquelle elle souhaiterait ardemment faire escale à Montréal.Mais à ses yeux, la version la plus «émotive» de la pièce reste celle qu\u2019elle livre dans la langue de Dante, aussi la sienne.«Quand j\u2019ai présenté le spectacle à Rome, j\u2019ai été très touchée, bouleversée même, parce que la ville m\u2019est très chère et que j\u2019y connais plein de gens.Ça m\u2019a fragilisée un peu plus émotionnellement qu\u2019ailleurs.«Quand je joue en français ou en anglais, le travail est peut-être un peu plus difficile, mais en même temps, la langue me sert de filtre protecteur on dirait.» L\u2019actrice voit l\u2019occasion de faire revivre une femme aussi inspirante que Maria Callas comme un grand honneur.« J e v i s u n e g r a n d e expérience en la faisant revivre sur scène, confie Monica Belluc- ci.Elle était si forte et si fragile à la fois.Le fait que je sois maintenant une femme plus mûre me fait m a i n t e n a n t c o m - prendre des aspects de la vie de cette femme que je n\u2019aurais sans doute pas compris de la même façon quand j\u2019étais plus jeune.«Avec l\u2019âge, on accède à des rôles différents.C\u2019est ce qui se passe aussi pour moi au cinéma.Et j\u2019en suis fort heureuse.» Mémoire meurtrière en version française prenait l\u2019affiche vendredi.MONICA BELLUCCI LA FORCE DE L\u2019ÂGE \u2014 A G E N C E F R A N C E - P R E S S E , B E N S T A N S A L L «J\u2019ai aussi accepté ce rôle parce que je voulais rompre un peu le moule.Prendre de l\u2019âge se traduit pour moi en de nouvelles possibilités en tant que comédienne.Bien sûr, la beauté est une protection, mais elle peut aussi parfois devenir une prison.» \u2014 Monica Bellucci SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M14 ARTS GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com Connue comme comédienne et chroniqueuse au petit écran, Rosalie Bonenfant fait son entrée au cinéma dans l\u2019univers sans compromis de la cinéaste Renée Beau- lieu.Un défi que l\u2019actrice de 25 ans a accepté dans un mélange d\u2019abandon et d\u2019enthousiasme, confirme la principale intéressée.Dans Inès , Rosalie Bonenfant incarne une femme au début de la vingtaine en perte de repères.Entre l\u2019adolescence et l\u2019âge adulte, elle se détache tranquillement d\u2019une relation fusionnelle avec son père, interprété par Roy Dupuis.Une santé mentale fragile et des problèmes de consommation de drogues vont la propulser dans tout un tourbillon.«Elle a certains traumatismes, résume l\u2019actrice.Ça fait en sorte que sa descente aux enfers est d\u2019autant plus violente.Mais on sent qu\u2019il y a quand même une énergie vitale enfouie quelque part en dessous de toute cette souffrance.Il y a une part de lumière dans sa volonté de trouver quelque chose à quoi s\u2019accrocher dans ce tumulte.» Ce premier rôle au cinéma, Rosalie Bonenfant savait qu\u2019il était pour elle.L\u2019actrice raconte en avoir été persuadée avant même de passer son audition.«Je ne suis pas arrivée là avec de petits genoux tremblants.J \u2019étais tellement convaincue, je me suis dit que j\u2019allais convaincre Renée», explique celle qu\u2019on peut notamment voir dans l\u2019émission Deux hommes en or, aux côtés de Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord.«J\u2019étais contente, parce qu\u2019Inès est un personnage qui a une grande intériorité, ajoute Rosalie Bonenfant.Le début de ma carrière a été marqué par le fait que je suis une fille qui a des opinions et qui veut se faire entendre.Mais comme Inès, j\u2019ai aussi cette part de vulnérabilité, de fragilité, de doute.J\u2019étais contente de pouvoir mettre ça de l\u2019avant.» Avant d\u2019embarquer dans le bateau, la réalisatrice Renée Beaulieu a demandé à son actrice principale d\u2019aller revoir son film Les salopes ou le sucre naturel de la peau, qui explorait de manière directe la sexualité féminine.Aux côtés des troubles de santé mentale et de l\u2019abus de substances, le thème est aussi développé dans Inès par la réalisatrice.«Elle m\u2019a dit : \u201csi tu embarques, ça doit être à 100%.Si tu n\u2019es pas prête à te lancer comme Brigitte Poupart s\u2019est lancée dans Les salopes, on va faire autre chose\u201d», cite Rosalie Bonenfant.Pour incarner cette Inès qui s\u2019émancipe, mais qui en même temps perd peu à peu l\u2019équilibre, celle-ci a misé sur la confiance et l\u2019abandon.«Je n\u2019avais rien d\u2019autre à faire que d\u2019être vraie, d\u2019être vulnérable, d\u2019être généreuse.Je pense que je n\u2019aurais pas pu faire ce projet en me regardant jouer et en essayant d\u2019être cute, observe-t-elle.Renée a une approche super rassurante en termes de responsabilisation.Je me suis toujours sentie sur le même pied d\u2019égalité que les gars avec qui je tournais des scènes plus difficiles.» PAS UNE VICTIME Cette idée de choix et de responsabilité, Renée Beaulieu l\u2019a justement mise au centre de son film Inès, dépeignant un moment crucial dans la vie de cette jeune femme.«C\u2019est quand même une étape importante ce passage de la vie adolescente à la vie adulte.Il y a cette prise de responsabilité.Je pense que c\u2019est assez commun de se sentir un peu perdu à ce moment-là.Ça ne prend pas grand-chose pour être encore plus perdu», indique la réalisatrice.Pour Renée Beaulieu, Inès n\u2019est toutefois pas une victime.Ni de son père, perçu par certains spectateurs comme abusif.Ni de ces hommes avec qui elle aura des relations sexuelles dans un état de grande vulnérabilité.«J\u2019aime marcher sur cette ligne délicate, un peu malaisante, si on veut.Je ne me positionne pas à la place de la pensée commune.La sexualité, on l\u2019évacue.» laisse tomber la cinéaste.« Pour moi , e l le est juste à l a re c h e rc h e d e l \u2019é q u i l i b re, reprend-elle.Elle retire du plaisir de ça.C\u2019est ce que j\u2019ai essayé de filmer.On a de la misère à voir ça autrement que comme de l\u2019abus.Mais c\u2019est ce qu\u2019elle veut.C\u2019est moins frontal que dans Les salopes, mais je l\u2019aborde.» Tout au long d\u2019Inès, la caméra suit de très près Rosalie Bonenfant.Le cinéphile est invité à partager, à ressentir le trouble qui habite son personnage.«On est collé sur elle.Soit on est derrière elle, soit on est face à elle.Et je pense qu\u2019on ne se rend pas compte quand on est entraîné dans son tourbillon, quand ses perceptions sont perturbées.On est avec elle là-dedans, on perd le Nord un peu», décrit Renée Beaulieu.«C\u2019est dur de ne pas avoir d\u2019empathie pour Inès, estime Rosalie Bonenfant.Quand on est dans la jeune vingtaine, on a souvent très peu d\u2019empathie pour soi-même.De se retrouver avec un personnage qu\u2019on a envie de serrer dans nos bras, c\u2019est une belle expérience.» Inès sera présenté au cinéma dès le 6 mai.RENÉE BEAULIEU ET ROSALIE BONENFANT LES VERTIGES D\u2019INÈS Rosalie Bonenfant avec la réalisatrice du film Inès, Renée Beaulieu.\u2014 LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M15 ARTS GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com CRITIQUE Dans Les magnétiques, le Français Vincent Maël Cardona brosse avec une énergie juvénile grisante un tableau puisé dans une époque révolue.Sacré meilleur premier film à la dernière cérémonie des César, le long métrage propose un retour dans les années 80 porté par la musique, dans la célébration d\u2019une ère analogique sur ses derniers milles.Beaucoup de choses vont changer pour le personnage principal du film de Vincent Maël Cardona.Philippe a poussé en Normandie, dans l\u2019ombre de son frère animateur de radio pirate.Timide et silencieux, le jeune homme a développé un don pour travailler le son et faire de la magie avec les outils de cette ère prénumérique : cassettes et autres bandes magnétiques, vinyles et cie.Ta n d i s q u e l e s a n n é e s 8 0 s\u2019ouvrent avec leur lot de promesses \u2014 «une décennie qui doit tout changer et qui ne changera que dalle», prédit d\u2019ailleurs le frangin \u2014, Philippe s\u2019émancipera en prenant un pas de côté.Amoureux de la copine de son frère (captivante Marianne campée par Marie Colomb), il trouvera sa voie (et sa voix.) pendant un service militaire à Berlin propice à tout sauf à entrer dans le rang.Encore une fois, ça se passera dans un studio de radio, dans une magnifique scène de performance sonore.On le comprend vite, la musique tient un rôle central dans Les magnétiques.Celle diffusée hors des canaux traditionnels par les jeunes récemment endeuillés par le décès de Ian Curtis de Joy Division, celle des «copains sous l\u2019acide» qui brassent la cage, celle venue d\u2019ailleurs qui ouvre les horizons.Avant l\u2019apparition du CD \u2014 et ce qui semble une éternité avant notre époque numérique de dématérialisation de la musique \u2014, le film fait la part belle aux technologies analogiques toujours reines au début des années 80.Les sons deviennent images dans les mains expertes du personnage de Philippe (et de l\u2019acteur Thimotée Robart), qui jongle avec les bandes, les micros, les haut- parleurs, les tables tournantes.C\u2019est beau à voir.À la patine des images volontairement jaunies se conjugue une sorte d\u2019urgence qui vient de l\u2019âge des protagonistes, mais aussi avec l\u2019époque dépeinte.On vous le disait, les temps changent dans Les magnétiques.On le voit dans le contexte politique français en toile de fond.Ça se confirme dans le personnage de Philippe, qui s\u2019inscrit dans un changement de mentalité par rapport aux modèles masculins avec lesquels il a grandi, notamment.Dans ce qui prend souvent des allures de clin d\u2019œil vintage, nous voilà devant des valeurs qui résonnent encore aujourd\u2019hui.Les magnétiques est présenté au cinéma.LES MAGNÉTIQUES GRISANT RETOUR DANS LE TEMPS Le personnage principal du film Les magnétiques trouve sa voie (et sa voix) à travers le son et les ondes radio.\u2014 PHOTO K-FILMS AMÉRIQUE GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com CRITIQUE Une mère monoparentale qui peine à joindre les deux bouts et dont le quotidien ressemble à une course folle.D\u2019une histoire en apparence banale, Éric Gravel a tiré un drame social enlevant avec À plein temps, où brille l\u2019actrice française Laure Calamy.L\u2019histoire racontée dans ce long métrage doublement récompensé à la Mostra de Venise se résume en grande partie à celle d\u2019une femme qui peine à se rendre au boulot.Le réalisateur Éric Gravel nous convie dans ses tracas somme toute communs à la manière d\u2019un film d\u2019action.Là réside tout le génie de cette expérience cinématographique essoufflante, mettant en exergue une pression ordinaire que personne ne devrait avoir à endurer.Séparée du père de ses deux jeunes enfants, Julie (Laure Cala- my) élève sa famille dans une jolie bourgade en périphérie de Paris, où elle travaille comme femme de chambre en attendant de se replacer dans son domaine.Des choix de vie qui viennent matin et soir avec un long trajet de train.Julie espère améliorer son sort en obtenant un autre emploi.Des démarches qui impliquent de s\u2019absenter de son travail actuel, ce qui n\u2019est pas simple.Et ses déplacements déjà lourds sont soudainement incroyablement compliqués par une grève dans les transports.Entre l\u2019argent qui manque, son ex qui ne répond pas au téléphone, sa patronne qui lui fait des problèmes et ces trains immobilisés, absolument tout semble s\u2019être ligué contre cette mère qui ne souhaite au final qu\u2019une vie plus paisible.La lumineuse Laure Calamy porte ce film haletant de splendide manière.La patience, la résilience et l\u2019énergie de son personnage forcent l\u2019admiration.On est de son côté, on se dit qu\u2019avec la poisse qui lui colle à la peau, on aurait sans doute baissé les bras bien avant.Ou au moins sévèrement pété un plomb.La course à obstacles à laquelle cette Julie s\u2019astreint a aussi de quoi faire réfléchir sur la valeur du temps, sur notre rapport au travail et à la qualité de vie.Parce que c\u2019est aussi à ça que nous ramènent les mouvements sociaux comme cette grève qui complique tant la vie de ceux qui, comme Julie, la subissent.Évitant d\u2019aborder un ton moralisateur, Éric Gravel nous fait vivre cette course contre la montre somme toute anodine (arriver à l\u2019heure au boulot, répondre aux attentes de l\u2019employeur, revenir pour faire souper les enfants, passer du bon temps en famille, etc.) comme une épopée, une mission.Le montage est dynamique, la musique signée Irène Drésel accentue le sentiment d\u2019urgence.Et dans ce rôle de super maman, Laure Calamy semble inébranlable, infatigable.Ça ne nous empêche pas de lui souhaiter enfin un répit.À plein temps est présenté au cinéma.Au générique Cote : HH HH Titre : À plein temps Genre : Drame Réalisateur : Éric Gravel Acteurs : Laure Calamy, Anne Suarez, Geneviève Mnich Durée : 1h28 LE FILM DE LA SEMAINE À PLEIN TEMPS SUPER-HÉROÏNE DU QUOTIDIEN Tout semble s\u2019acharner sur le personnage porté par Laure Calamy dans À plein temps.\u2014 PHOTO AXIA FILMS Au générique Cote : HHH1/2 Titre : Les magnétiques Genre : Drame Réalisateur : Vincent Maël Cardona Acteurs : Thimotée Robart, Marie Colomb, Joseph Olivennes Durée : 1h38 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M16 ARTS Cinq œuvres sur la danse 1 BILLY ELLIOT (2000), STEPHEN DALDRY Dans ce très beau film ancré dans l\u2019Angleterre des années 80, l\u2019amour de la danse sera source d\u2019émancipation pour un garçon élevé dans une famille de mineurs.Bien des stéréotypes à déboulonner en même temps qu\u2019une vision réductrice de la masculinité.GENEVIÈVE BOUCHARD 2 BALLERINA (2017), ÉRIC WARIN ET ÉRIC SUMMER Félicie est une orpheline bretonne qui souhaite devenir ballerine.Avec son fidèle acolyte, Victor, un jeune inventeur, elle met le cap vers la Ville Lumière.Son objectif : entrer à l\u2019Opéra de Paris.Cette coproduction France-Québec met de l\u2019avant les rêves, l\u2019amitié et la danse.LÉA HARVEY 3 RÉVOLUTION (2018- 19-21), DANIEL LAURIN ET JOSIANE LAMARRE Cette téléréalité a réussi un tour de force : rallier un large public autour de toutes les formes de danse, des plus traditionnelles aux plus contemporaines.La fougue des maîtres Lydia Bouchard, Jean-Marc Généreux et Les Twins y contribue pour beaucoup.RICHARD THERRIEN 4 DANSE LASCIVE (1987), EMILE ARDOLINO Patrick Swayze n\u2019a pas «laissé Bébé dans un coin» dans ce film culte, porté par une histoire d\u2019amour, des danseurs sexy et un discours sur la lutte des classes.Le couple qu\u2019il a formé à l\u2019écran avec Jennifer Grey et leur célébrissime chorégraphie ont marqué l\u2019imaginaire.GENEVIÈVE BOUCHARD 5 LOUISE LECAVALIER : SUR SON CHEVAL DE FEU (2017), RAYMOND ST-JEAN Avec Sur son cheval de feu, le public plongera dans les coulisses des performances de Louise Lecavalier.Ce documentaire fait une revue de son parcours et met de l\u2019avant l\u2019énergie, le travail et la passion que la danseuse déploie pour incarner son art.LÉA HARVEY 1 2 3 4 5 SOPHIE LACELLE-BASTIEN Le Lab - Le Droit Collaboration spéciale Dans cette dernière d\u2019une série de quatre chroniques, Le Droit vous propose quelques suggestions de balados-diffusions québécoises à écouter et qui se démarquent sous le thème du sport.L\u2019envie d\u2019aller faire son jogging n\u2019est pas toujours au rendezvous, mais si un balado nous accroche, sortir et faire de l\u2019activité physique peut sembler beaucoup plus tentant.Les prochaines suggestions sauront peut-être vous donner l\u2019envie de bouger! DRETTE SU\u2019L TAPE Drette su\u2019l tape, animé par l\u2019humoriste et grand connaisseur de hockey David Beaucage a été notre initiation aux podcasts.Chaque semaine, il invite une personnalité ayant un lien de près ou de loin avec le hockey et ils discutent de leurs souvenirs avec ce sport ou des anecdotes marquantes.Pour les grands connaisseurs ou pour ceux qui aimeraient le devenir.podcasts.apple.com SPORTIVES, POINT FINAL! L e s j o u r n a l i s t e s s p o r t i v e s Geneviève Tardif et Roseline Filion (aussi connue pour ses médailles olympiques en plongeon) ont lancé \u2014 il y a quelques semaines \u2014 ce nouveau balado et elles en sont déjà à leur 7e épisode.Les animatrices abordent des sujets délicats qui touchent les femmes dans le monde du sport.Ces capsules tentent de trouver des solutions à ces enjeux et surtout, à éliminer les tabous qui les entourent.Pas seulement pour les filles sportives, pour tous ceux et celles qui aimeraient aider à faire un changement.podcasts.apple.com GRAND ÉCART L\u2019a n i m a t e u r Je a n - Ph i l i p p e Wauthier est aussi un coureur.Il a décidé il y a maintenant plusieurs années de transposer sa passion dans ses 115 épisodes où il s\u2019entretient avec des entraîneurs, des coureurs, des nutritionnistes; tous ceux qui pourraient aider à notre quête de coureur par leurs expériences.Les épisodes d\u2019une trentaine de minutes vous en apprendront sur la motivat ion, les suppléments alimentaires, l\u2019entraînement après l\u2019accouchement, mais aussi quelques drôles d\u2019expériences de courses avec l\u2019attachant Bruno Blanchet! podcasts.apple.com DES BALADOS À ÉCOUTER AVANT ET PENDANT LE SPORT \u2014 123RF leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M17 MUSIQUE Dungeon Master HHH1/2 INDIE ROCK/ PUNK GUS ENGLEHORN L\u2019auteur-com- positeur-interprète né en Alaska dévoile un deuxième album de musique rock excentrique où règne un flamboyant esprit punk.Ludique et marginal, Dungeon Master s\u2019ouvre sur une pièce plutôt théâtrale mettant en valeur l\u2019expressivité de la voix haute du chanteur.Ses amusantes vocalises occupent le premier plan de chacune des dix compositions de ce sombre carnaval musical.Gus Englehorn s\u2019accompagne efficacement à la guitare alors que sa femme joue de la batterie.La voix de Estée Preda rejoint occasionnellement la sienne le temps de quelques harmonies sur leur musique agrémentée de synthétiseurs.Chaque titre est mentionné dans sa chanson de manière tautologique.Inspirés par le dadaïsme, les textes intriguent par leur étrangeté onirique alors qu\u2019ils se posent sur des mélodies syncopées, parfois inquiétantes ou étonnamment réjouissantes.VALÉRIE MARCOUX MUSIQUE Wax & Gold HHH1/2 R&B/ NÉO-SOUL SARAH MK Dix ans après son premier effort, l\u2019autrice-compositrice- interprète canadienne s\u2019allie au multi-instrumentiste Christopher Cargnello pour co-réaliser un deuxième opus de musique voluptueuse trempée dans le funk.Groovy et feutrée, celle-ci est un parfait écrin pour la voix polyvalente et enveloppante de cette artiste formée en chant jazz.On se prélasse volontiers sur les airs langoureux qui s\u2019imposent particulièrement dans la première partie de cet album, dont l\u2019ironique Pancakes for supper coécrite avec la talentueuse batteuse Salin Cheewapansri.La flûtiste Caro Dupont laisse également sa marque sur le son urbain et délicat de Goodbye.Dans Find the Words, le chanteur Clerel mêle sa voix claire à celle de Sarah MK pour un duo romantique et attendrissant.Avec ses textes comme avec sa voix, la chanteuse sait véhiculer de l\u2019émotion tout en y infusant son caractère et sa personnalité.VALÉRIE MARCOUX LIVRE Sur la route avec Bash?HHH1/2 ROMAN DANY LAFERRIÈRE Après Autoportrait de Paris avec chat et L\u2019exil vaut le voyage, celui qui affirme être un écrivain japonais nous revient avec de nouveaux dessins dans Sur la route avec Bash?.L\u2019ouvrage, qui se lit toutefois davantage comme un recueil que comme un roman, fait voyager le public aux quatre coins du monde.Le plongeant, finalement, dans l\u2019univers bien connu de l\u2019académicien : celui qui est bercé par la littérature, la musique et le café, mais surtout par un regard profond et actuel sur le monde.Qu\u2019on soit charmé ou non par les illustrations de Dany Laferrière, on admire ses portraits, ses paysages et les formes qu\u2019il peint à travers les pages.Des œuvres qui, tout comme ses mots, respirent à la fois la fougue et la sagesse d\u2019un grand artiste.LÉA HARVEY LIVRE L\u2019océan est mon frère HHH ROMAN JACK KEROUAC Alors que tous célèbrent, cette année, le centenaire de Jack Kerouac, voilà que Gallimard fait paraître un roman inédit en français.Premier manuscrit du célèbre auteur, écrit alors qu\u2019il n\u2019avait que 21 ans, L\u2019océan est mon frère s\u2019inspire de son expérience sur un navire de la marine marchande.Au fil des pages, les lecteurs plongeront ainsi dans les aventures d\u2019un matelot prénommé Wesley et de Bill Everhart, jeune professeur à l\u2019Université Columbia dont l\u2019avenir est tracé.Animé par l\u2019envie de liberté, Bill suivra son nouvel ami rencontré à New York pour partir en mer.Si on prend donc plaisir à découvrir cette première création de l\u2019artiste au succès international, une édition commentée aurait davantage été appréciée.Des éléments historiques ou plus contextuels accompagnant le texte original auraient mis de la chair autour de cette œuvre qui demeure inachevée par son créateur.LÉA HARVEY MUSIQUE Better in the Shade HHHH ALTERNATIF PATRICK WATSON Trois ans après le très intense Wave, Patrick Watson est de retour avec Better in the Shade, dans lequel il continue à creuser son sillon mélancolique, mais avec une touche de légèreté franchement agréable.C\u2019est clair, Wave était beaucoup plus dramatique que ce tout court album aérien.Mais même en mode mineur, l\u2019auteur-compositeur-interprète montréalais sait toujours créer des mélodies qui nous soulèvent et des ambiances qui nous enveloppent.La chanson-titre Better in the Shade, hommage aux petits gestes du quotidien, est vaporeuse et pleine de nuances.Height of the Falling, superbe duo avec Ariel Engle, est émouvante de douceur et de complémentarité.Little Moments est une montée comme lui seul en a le secret.En cinq chansons et deux pièces instrumentales, même si on en aurait pris plus, Patrick Watson reste toujours aussi réconfortant et sa musique, aussi bienfaisante.On ne peut que le remercier.LA PRESSE MUSIQUE Depuis HHH 1/2 POP ALTERNATIVE LYDIA KÉPINSKI Quatre années se sont écoulées depuis le très bon album Premier juin, qui nous a fait rencontrer officiellement Lydia Képinski.Voilà que l\u2019auteure-com- positrice-interprète nous raconte ce qui s\u2019est passé «depuis».La chronique de ses états d\u2019âme est plus rythmée, toujours aussi intense, d\u2019un mordant sans retenue.Après quelques pièces, on est de nouveau envoûtés pour sa voix, singulière oscillation entre un ton chanté et parlé, toujours agréable, même lorsqu\u2019elle ne fait pas ce qu\u2019on attend d\u2019elle.Sur Depuis, la musicienne surprend dans l\u2019utilisation de son principal instrument (sur la très belle Saison des huîtres, par exemple), comme elle le fait sur le plan des instrumentations.Cette qualité, que l\u2019on pourrait comparer à la brillantissime Klô Pelgag, est un des grands atouts de l\u2019œuvre proposée.La plume suit également cette courbe toujours changeante.Parfois très littéraire, aux références historiques, elle devient d\u2019autres fois truffée de jeux de mots et amusante.Qu\u2019il soit question de désir, de solitude, d\u2019amour déchu ou de la réalité d\u2019être artiste, Lydia Képinski est plus convaincante que jamais.LA PRESSE LIVRE La bibliothèque de Minuit HHH 1/2 ROMAN MATT HAIG Parfois, il suffit d\u2019une autre perspective pour juger sa vie différemment.Et peut-être qu\u2019en redisposant les pièces de son existence, comme des pions sur un échiquier, de nouveaux chemins se tracent et ouvrent ainsi une infinité de possibilités.Nora est une femme de 35 ans qui décide qu\u2019elle ne veut plus vivre à partir du jour où, après une succession de mauvaises nouvelles, elle sent qu\u2019elle est devenue «superflue pour l\u2019univers entier».Sous de faux airs de légèreté, le roman nous transporte dans un multivers entre la vie et la mort \u2014 une bibliothèque, en l\u2019occurrence, où Nora peut choisir parmi une collection de livres sans fin la vie qu\u2019elle aurait aimé avoir.Car derrière un ton candide se cache en fait de profondes réflexions sur l\u2019existence, émaillées de citations de Camus, Thoreau ou Sartre.Le roman ne fait peut- être pas de grandes révélations ; c\u2019est plutôt le genre de livre qui donne l\u2019envie de voir les choses différemment, une leçon à la fois.Mais son tour de force est certainement de parvenir à nous montrer la fragilité de ces bonheurs illusoires qui minent l\u2019existence, en posant des questions à la fois simples et si justes.LA PRESSE MUSIQUE Everything Was Beautiful HHHH ROCK SPIRITUALIZED On ne se trompe jamais avec Spiri- tualized, puisque Jason Pierce peaufine depuis plus de 30 ans un rock aérien et épique sans être ampoulé.On le constate encore dès Always Together With You, grandiose morceau d\u2019ouverture d\u2019Everything Was Beautiful : la montée est lente, soignée, et mène tout naturellement à un refrain qui éclate comme une fine pluie de mélodies dominée par des chœurs féminins.La griffe de Jason Pierce est si forte qu\u2019il peut tout s\u2019approprier \u2014folk nocturne, rock psychédélique, traits country soul, réminiscences shoegaze \u2014 et toujours sonner comme lui-même.Everything Was Beautiful ne détonne pas dans le parcours de Spiritualized, dont l\u2019univers sonore s\u2019enrichit et s\u2019étend sans cesse sans que son principal architecte ressente le besoin d\u2019afficher des ruptures de style radicales pour se donner l\u2019impression de progresser.Dire qu\u2019on sait à quoi s\u2019attendre avec ce groupe ne signifie toutefois pas qu\u2019on sait exactement ce qu\u2019on découvrira d\u2019un disque à l\u2019autre, sinon du rock mélodique d\u2019une rare élégance et capable de s\u2019affranchir de la gravité.Celle de la terre comme celle des choses terrestres.LA PRESSE LIVRE Bleu nuit HHHH ROMAN DIMA ABDALLAH Un homme dont on ignore le nom vit reclus dans son appartement de Paris.Voilà des années qu\u2019il n\u2019a pas mis le pied dehors, depuis que la seule femme qu\u2019il a aimée l\u2019a quitté.Lorsqu\u2019il apprend la mort de celle-ci, il est incapable de se rendre à son enterrement ; le lendemain, il sort et jette les clés de son domicile.La réalisation d\u2019être désormais sans abri le libère de toutes ses angoisses et il passe alors un contrat avec la rue : il promet d\u2019y rester si elle lui permet de se vider de ses souvenirs.La rue du Liban qu\u2019il évitait lors de ses marches revient soudain à sa mémoire, exhalant les effluves du passé : la crème de sa mère, le jasmin et la poudre de canon.Contre toute attente, ses plaies encore béantes nous ramènent au conflit qui a brisé des milliers d\u2019âmes dans le pays natal de l\u2019autrice (lauréate du prix France-Liban en 2020 pour son premier roman, Mauvaises herbes).C\u2019est ainsi qu\u2019une histoire insoupçonnée, à la fois cruelle et déchirante, se dévoile de manière singulière, d\u2019une métaphore à l\u2019autre, et révèle une écriture d\u2019une grande beauté qui redonne vie à tous ces oubliés traînant leurs blessures dans l\u2019anonymat des grandes villes.LA PRESSE Exceptionnel HHHHH?Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter?H Vu, lu, entendu cette semaine SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M18 ARTS STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca On connaît tous des gens doués pour le bonheur.Prenez Sébastien Lacombe.Avec tous les coups durs encaissés dans les dernières années, il pourrait facilement se laisser sombrer dans le verre à moitié vide.Ses parents ne sont déjà plus de ce monde.Pendant la pandémie, c\u2019est son frère aîné que le cancer est venu faucher, à seulement 52 ans.Les confinements à répétition et la fermeture des frontières ont coupé les ailes de son album en anglais Fly, qu\u2019il souhaitait faire déborder à l\u2019international et qu\u2019il s\u2019est résigné à lancer quand même en septembre 2020.Et tout ça, c\u2019était peu après avoir vu éclater son couple des vingt précédentes années (ce qui a inspiré l\u2019essentiel de Fly).Pourtant, le Montréalais arrive aujourd\u2019hui avec un opus 6 des plus lumineux, Le chemin des possibles, tourné vers l\u2019espoir, marqué par la foi envers l\u2019être humain et serti d\u2019émerveillement devant une vie qu\u2019il aime toujours, en dépit des coups durs.Ce serait toutefois l\u2019insulter de lui dire qu\u2019il a le bonheur facile.Le regard optimiste que Sébastien Lacombe parvient encore à jeter sur le monde est le fruit d\u2019un patient travail sur soi.«À mon dernier anniversaire, ma blonde [il partage maintenant la vie de la chanteuse Geneviève Toupin] a demandé à mes amis quelle était ma principale qualité.Plusieurs ont répondu la résilience.«Quand on regarde mon chemin sur Terre, on voit beaucoup de fatalités et d\u2019obstacles.La mort et les accidents font partie de la vie, mais justement, c\u2019est quand on s\u2019en rend compte qu\u2019on décide de la savourer davantage, qu\u2019on s\u2019aperçoit que de vieillir en santé est un privilège.«Avec les années, je suis capable d\u2019apprécier le bonheur quand il passe et j\u2019ai la complainte plus difficile.«J\u2019essaie donc d\u2019être le plus zen possible, poursuit-il.C\u2019est certain que ce n\u2019est pas toujours facile, mais c\u2019est ce que j\u2019essaie de partager dans mes chansons (sans pour autant faire la morale) : toujours se battre pour trouver un chemin vers une certaine lumière.» Et, facteur important dans l\u2019équation, il est père de deux garçons, à qui il dédie d\u2019ailleurs la dernière chanson, Avec ma guitare et mon harmonica.Entre la pandémie, la guerre en Ukraine et le réchauffement climatique, Sébastien Lacombe veut leur laisser un message d\u2019espoir.«Ce sont eux qui vont décider de l\u2019avenir dans lequel nous allons vivre, alors s\u2019ils arrivent la tête basse, quel courage va les guider?Leur mission sera probablement de sauver notre monde! «Pour moi, l\u2019environnement est le plus grand combat que nous devrons livrer bientôt, mais j\u2019ai quand même confiance en l\u2019intelligence humaine.On entend surtout parler des catastrophes dans les médias, mais il y a encore des gens qui font de belles choses, des scientifiques qui travaillent fort pour régler le sort de la pollution.«Bref, j\u2019ai encore beaucoup d\u2019espoir.J\u2019aime mieux regarder la lumière que la noirceur.» PROCHE AIDANT Les chansons du Chemin des possibles ont vu le jour en trois phases.Certaines sont nées dès 2019, notamment lors d\u2019une résidence de création d\u2019une dizaine de jours à la Maison SOCAN à Paris.Est arrivée ensuite la pandémie avec l\u2019annulation des spectacles de l\u2019album Fly et tout ce temps désormais libre pour écrire.Alors que le disque était avancé aux trois quarts, la récidive de cancer de son frangin Stéphane est venue brouiller les cartes.Sébastien s\u2019est même retrouvé principal proche aidant de son frère jusqu\u2019à ses derniers moments, en juin 2021.«Ça a été très intense.Je n\u2019ai pas eu le choix de prendre une pause et de vivre ce que j\u2019avais à vivre.Et comme l\u2019écriture est souvent pour moi un refuge et un exutoire après un grand choc, je n\u2019ai pas eu le choix de finir mon album avec ça.«Ça avait du sens, d\u2019une certaine façon, car c\u2019est un disque où il est beaucoup question de deuil, malgré toute la lumière qu\u2019il y a aussi.» Trois chansons sont directement inspirées de ces mois d\u2019accompagnement : Bats-toi encore, Les étoiles et Nous les vivants.La première était une façon, pour Sébastien Lacombe, de «conjurer le mauvais sort et de donner des munitions spirituelles à [son] frère».La seconde parle des derniers moments de sa vie : «Nous savions qu\u2019il ne restait que quelques jours à son passage sur terre.J\u2019avais alors envie de me tourner vers les étoiles.» Nous les vivants, écrite dans les jours suivant le décès, est la plus rayonnante des trois : le chanteur a justement souhaité faire ressortir toute la beauté des humains qui continuent d\u2019avancer malgré l\u2019adversité, une marche qui peut avoir comme moteur la mémoire de tous ceux qui ont vécu.Sébastien Lacombe a mis, en quelque sorte, le point final en réécrivant complètement Tout est parfait, alors qu\u2019elle était une des premières à avoir vu le jour.C\u2019est d\u2019ailleurs d\u2019elle que vient le titre de l\u2019album.«C\u2019est une chanson centrale du disque, qui parle de nos trajectoires, des épreuves qui les accompagnent et de notre vie que nous construisons étape par étape afin de construire tant bien que mal notre propre petit paradis sur terre.» SÉBASTIEN LACOMBE REGARDER LA LUMIÈRE Sébastien Lacombe, le Montréa- lais, arrive aujourd\u2019hui avec un opus 6 des plus lumineux, Le chemin des possibles.\u2014 PHOTO KATYA KONIOUKHOVA L\u2019ENVERS DES REVERS La genèse du Chemin des possibles n\u2019a heureusement pas été parsemée que de revers et d\u2019affliction.Il y a eu plusieurs moments mémorables, notamment ce séjour à la Maison SOCAN de Paris, qui lui aura inspiré deux titres : Far West, premier extrait de l\u2019album, et Un murmure dans le décor, coé- crite avec Clément NiLem Simounet.«J\u2019étais alors en pleine tournée du spectacle en hommage à Pink Floyd et à The Wall [il y tenait notamment le rôle de Pink], j\u2019avais un horaire totalement débile, mais je tenais à prendre ce temps d\u2019arrêt pour recommencer à écrire et jeter les bases de mes nouvelles chansons.«J\u2019y ai aussi rencontré Clément, un auteur-compositeur français avec qui je me suis trouvé beaucoup d\u2019atomes crochus.Il m\u2019a proposé une belle musique pour ma chanson, un blues mandingue qui m\u2019a permis de faire un petit clin d\u2019œil à mes précédents albums [Territoires et Nous serons des milliers].C\u2019est sûr que j\u2019ai allumé très vite.» Un murmure dans le décor est née de sa rencontre avec un musicien du métro de Paris.«J\u2019étais dans le train de banlieue, j\u2019arrivais avec mes valises et il est entré.Ce sont souvent des gens très colorés.«Évidemment, personne n\u2019écoutait.Moi, je l\u2019ai remarqué, il avait du talent, il jouait bien.et il m\u2019a inspiré cette chanson.» Pour son album, qu\u2019il a co- réalisé avec Olaf Gundel, Sébastien Lacombe s\u2019est aussi offert, pour la première fois, des arrangements de cordes.«Avant de commencer à enregistrer, je pense toujours à des directions sonores.Michael Kiwanuka, un artiste que j\u2019adore, et Bleu pétrole de Bashung sont sortis.Pour la première fois, j\u2019entendais du violon dans une de mes chansons.«J\u2019ai aussi poursuivi mon trip vocal amorcé sur Fly, en ajoutant un petit côté gospel que j\u2019adore.Avec Olaf, qui avait de très bonnes idées d\u2019arrangements de voix, et la collaboration de ma blonde Geneviève, j\u2019étais super bien entouré pour ça.» STEVE BER- GERON, LA TRIBUNE leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M19 1 2 3 4 MARIE-PIER NASSIF Collaboration spéciale E n attendant l\u2019arrivée des chaudes journées d\u2019été, pourquoi ne pas se laisser enthousiasmer par des vins qui font rêver de paysages idylliques aux plages de sable blanc et d\u2019eau cristalline ?Les vins provenant des îles, par opposition à des vignobles de terre ferme, sont méconnus.Mais ils gagnent à être découverts.Bien souvent, la brise saline laisse ses empreintes au passage et influence le produit final qui bénéficiera d\u2019une bonne miné- ralité.De plus, plusieurs îles ont des origines volcaniques \u2014 Canaries (Espagne), Santorin (Grèce), Sicile (Italie) \u2014 ce qui confère au vin des arômes distinctifs.Les forts vents et le climat marin des îles permettent de limiter les maladies fongiques et diminuer le recours aux produits chimiques.Aussi, grâce aux sols volcaniques, plusieurs îles ont été épargnées du phylloxéra, fléau qui a ravagé les vignobles européens au 19e siècle.Ces îles ont ainsi pu conserver des cépages traditionnels.Malheureusement, nos deux monopoles d\u2019État ne disposent pas de quantités abondantes de produits provenant de ces îles.Mais j\u2019en ai trouvé.1 SUERTES DEL MARQUÉS TRENZADO VALLE DE LA OROTAVA 2020, CANARIES (ESPAGNE) SAQ + ?\u2022 ?,?$ ?% \u2022 ?.?g/l \u2013 très sec Situées à une centaine de kilomètres à l\u2019ouest du Maroc, les Canaries produisent des vins méconnus, mais de grande qualité, d\u2019une belle fraîcheur et d\u2019une authenticité digne de mention, notamment grâce à des vignes centenaires.Le Trenzado, qui signifie « tressé », est produit sur l\u2019île de Tenerife par la maison Suertes del Marqués.Les vignes sont cultivées sur une importante structure volcanique, à une altitude variant entre 500 et 700 mètres, et sont âgées de 60 à 150 ans.Le vin est de couleur jaune pâle et d\u2019une grande brillance et belle limpidité.Les odeurs de souffre volcanique, de pierre à fusil, de notes grillées explosent au nez.Au-delà des cendres et de la fumée, d\u2019autres arômes qui rappellent le jasmin, la noisette, et le citron confit s\u2019échappent du verre.En bouche, le vin est sec, frais et d\u2019une agréable texture.Le fruit domine les saveurs, et l\u2019acidité et l\u2019alcool s\u2019harmonisent parfaitement, ce qui confère au vin une certaine rondeur.À servir avec des plats de riz, viandes blanches et légumes grillés.2 ARGYROS ATLANTIS 2020, SANTORIN (GRÈCE) SAQ + ?\u2022 ?,?$ ?% \u2022 ?.?g/l \u2013 très sec L\u2019histoire du vin en Grèce est aussi ancienne que celle du pays ! Et la qualité des vins s\u2019est nettement améliorée depuis l\u2019entrée du pays dans l\u2019Union européenne.L\u2019île de Santorin produit certains des meilleurs vins blancs de Grèce \u2013 surtout ceux issus du cépage assyrtiko, tel que l\u2019Atlantis.Les vignobles de Santorin font face à des conditions climatiques assez extrêmes.Il ne pleut pas du tout d\u2019avril à octobre.De plus, cette île repose sur un volcan, donc ses sols sont composés de cendre et de lave, presque incultivables.Pourtant, l\u2019assyrtiko mûrit admirablement et conserve une acidité qui fait saliver et donne du tonus au vin.Le Domaine Argyros, établit à Santorin depuis plus d\u2019un siècle, élabore l\u2019Atlantis, composé à 90% d\u2019assyrtiko.D\u2019un jaune pâle, le vin est d\u2019une impeccable brillance et limpidité.Au nez, il est très aromatique et diffuse un parfum floral, minéral et citronné.Il dégage également des effluves de pomme verte, de poire et d\u2019amande.En bouche, le vin est sec et l\u2019acidité domine, sans être trop mordante.La pêche blanche et les notes citronnées reviennent au goûté.L\u2019alcool est bien intégré et la finale, qui est de bonne persistance, se termine sur un côté salin accompagné d\u2019une légère astringence qui témoigne de la jeunesse de cette cuvée.Très digeste et d\u2019un excellent rapport qualité-prix, ce vin sera délicieux avec des fruits de mer, que ce soit des bouchées de pétoncle en apéro, une papillote d\u2019aiglefin aux herbes et légumes ou encore, un tartare de crevettes.À boire en jeunesse.3 BENANTI ETNA ROSSO 2019, SICILE (ITALIE) SAQ + ?\u2022 ?,?$ ?.?% \u2022 ?g/l \u2013 très sec L\u2019Etna, volcan toujours actif en Sicile, est devenu, au cours des 20 dernières années, une des régions vinicoles les plus prisées.Son terroir unique - un sol volcanique riche en minéraux - son altitude, ses variations de températures, sa pluviosité, ses vieilles vignes, conférent aux vins de belles particularités.Les vignobles de Benanti, situés sur trois façades du volcan, valorisent le caractère unique de plusieurs secteurs de l\u2019Etna.Ils sont tous composés strictement de variétés de cépages indigènes.La cuvée Etna Rosso est faite de nerello mascalese et de nerello cappuccio.Ce vin est d\u2019un rouge très pâle, cerise, presque translucide, qui pourrait étonner plusieurs d\u2019entre vous, mais elle est tout à fait normale, car ces deux cépages ne donnent pas des vins colorés.Au nez se dégagent des arômes de fruit rouge et d\u2019épices douces, de cerise amère, un peu de poivre, ainsi que des notes minérales.Il rappelle un peu le pinot noir.En bouche, le vin est très sec et frais, avec une légère astringence à l\u2019avant- plan.Les tannins sont serrés, mais s\u2019assouplissent après quelques minutes d\u2019aération.La cerise, la minéralité et les épices s\u2019unifient pour former un tout fort délicieux qui persiste longuement en bouche et qui se termine sur une belle finale de petits fruits amers.Vraiment très bien fait ! Il sera parfait avec les aubergines parmigiana, un carpaccio de bœuf ou un plat à base de champignons, comme un risotto.À servir légèrement frais.4 SELLA & MOSCA CANNONAU DI SARDEGNA RISERVA 2019, SARDAIGNE (ITALIE) LCBO & SAQ + ?\u2022 ?,?$ ?.?% \u2022 ?.?g/l \u2013 très sec Avec son climat méditerranéen, la Sardaigne baigne sous le chaud soleil, s\u2019expose au vent de mistral et repose sur des terres calcaires, ce qui permet de produire des vins riches, profonds et relativement puissants.Sa production vinicole est dominée en rouge par le cépage cannonau (35%) et en blanc par le vermentino (28%).Le canno- nau est donc hautement représentatif et emblématique de la Sardaigne.C\u2019est en réalité du grenache, importé d\u2019Espagne en.1354.Le cannonau n\u2019est jamais en rupture de stock : on en produit en moyenne plus de 850 000 caisses par année.La cuvée Cannonau Riserva est d\u2019un beau rouge rubis moyen.Le nez est, dans un premier temps, relativement discret, mais avec un peu d\u2019effort, les notes de fruit noir (mûre, cerise, prune) et rouge (fraise) se démarquent, de même que les accents de sous-bois, de terre et d\u2019épices qui signalent l\u2019élevage en fût de chêne.En bouche, le vin est sec, le fruit est bien présent, tout comme l\u2019alcool qui produit un effet de chaleur assez agréable en finale.Les tannins sont souples et, dans l\u2019ensemble, le vin est moyennement corsé.Voilà un bon rapport quali- té-prix qui saura plaire par sa constance et sa polyvalence.Il se retrouve dans les produits réguliers de la SAQ et de la LC- BO.Il agrémentera les repas à base de viande, tels qu\u2019une bavette de bœuf au vin rouge, des côtelettes de porc assaisonnées et grillées sur le barbecue ou des brochettes d\u2019agneau grillées à la méditerranéenne.À ouvrir une heure avant de servir.LA MER, LA BRISE\u2026 VIVE LES VINS INSULAIRES SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M20 LE MAG L e domaine de la production d\u2019alcool au Québec n\u2019a pas cessé de faire parler de lui cette semaine.En début de semaine, on apprenait la création d\u2019une grande consultation publique auprès de la filière des boissons alcooliques du Québec, commandée par l\u2019ITHQ et l\u2019ITAQ, puis la construction d\u2019une malterie à Bécancour par Innomalt.UN NOUVEAU LIEU DE FORMATION AU QUÉBEC ?L\u2019ITHQ \u2014 reconnu pour ses programmes de formation en tourisme et en hôtellerie \u2014 et l\u2019ITAQ \u2014 l\u2019institut de formation en lien avec les métiers de l\u2019agroalimentaire \u2014 ont invité toute la filière des boissons alcooliques à une grande consultation publique dans le but de mieux exprimer ses besoins et partager sa vision de l\u2019avenir afin de développer un lieu de collaboration qui puisse répondre à ses objectifs.Un comité d\u2019experts a été créé et étudiera les mémoires déposés par l\u2019ensemble de l\u2019industrie.Il présentera son rapport en août au ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec.Si on s\u2019intéresse aux documents de références déposés dans le cadre de cette consultation publique et qu\u2019on s\u2019arrête sur les défis et enjeux présentés à titre d\u2019étude, la motivation de cette consultation publique est la création d\u2019une entité de formation et d\u2019excellence dans le domaine des boissons alcooliques.Il y a cependant une curieuse démarche derrière ce projet, les délais de dépôt des mémoires et du rapport final étant très courts.Il y a donc un sentiment d\u2019urgence.Depuis deux ans, les métiers de l\u2019hôtellerie et de la restauration n\u2019ont plus vraiment la cote.Cela se voit également dans les demandes d\u2019admission aux programmes d\u2019hôtellerie.Même son de cloche du côté des programmes en agroalimentaire.Cette consultation publique va permettre de motiver le changement de mission des institutions qui l\u2019ont commandée.Ce n\u2019est pas une mauvaise chose en soi, car le Québec a bien besoin d\u2019une vision d\u2019excellence et de formation structurée en production d\u2019alcool.Il y a cependant un sentiment d\u2019incrédulité qui circule dans le milieu en ce moment; les courts délais de dépôt laissent croire que les prochaines étapes sont déjà sur la table et que le rapport motivera les décisions prises.Il existe déjà des offres de formation en production de bière, à Jonquière par exemple, mais il existe également des lacunes dans d\u2019autres secteurs.Souhaitons un mandat inclusif qui tient vraiment compte de la volonté de développer l\u2019excellence au Québec, pas uniquement de motiver le changement de mission de deux institutions gouvernementales.INNOMALT S\u2019INSTALLE À BÉCANCOUR En 2023, l\u2019entreprise Innomalt installera sa nouvelle usine dans le parc industriel de Bécan- cour.Une très bonne nouvelle pour la filière bière au Québec.Innomalt a réussi, en quelques années, à se positionner comme concurrent sérieux des malteries européennes qui ont plus d\u2019un siècle d\u2019expérience.Brasser de la bière demande du malt d\u2019orge.Chaque recette contient du malt de base et du malt de spécialité.Le malt de base permet de créer du sucre qui sera transformé en alcool, alors que le malt de spécialité est souvent lié à une recette de bière en particulier.Vienna Malt, Caramalt ou Special B ne sont que quelques malts utilisés en brasserie pour réaliser des bières d\u2019inspiration allemande, anglaise ou belge.Innomalt augmentera la production de sa gamme de malts de base \u2014 utilisée par l\u2019ensemble de la filière bière \u2014 et développera des malts de spécialité.Une excellente nouvelle pour la filière bière québécoise, puisque l\u2019orge utilisée est québécoise.La bière québécoise sera donc encore plus québécoise ! Une consultation publique et une nouvelle malterie Innomalt augmentera la production de sa gamme de malts de base, utilisée par l\u2019ensemble de la filière bière, et développera des malts de spécialité.\u2014 123RF PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M21 LE P\u2019TIT MAG LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 Le nœud papillon du Dr Smog 2 Le genou du patient en moins 3 La poche du veston en moins 4 L\u2019étoile jaune 5 La barbichette plus courte 6 Le poignet de chemise du bras droit 7 La cravate est plus longue FAITES- NOUS RIRE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@ lesoleil.com Ma fille demande à son fils ce qu\u2019il veut pour déjeuner.Et lui de répondre : «Je veux une toast en anglais (un muffin anglais)» \u2014 William, 3 ans «Papou! Le gazon, est-ce que c\u2019est de la peau de terre?» \u2014 Agathe, 4 1/2 ans «Toi grand-papa (82 ans), tu n\u2019es pas vieux, tu n\u2019as pas 100 ans» \u2014 Lexis ,7 ans Je lisais un livre à Romain sur les petits des animaux de la ferme.Je lui demande «le petit de la poule, c\u2019est?» : «Un chicken» \u2014 Romain 3 1/2 ans Élodie vient de recevoir un petit chien en cadeau de sa mère.Elle décrit à Papi son nouveau compagnon\u2026 «Il pèse 1 poids et quand il sera grand, il pèsera 3 poids» \u2014 Élodie, 6 1/2 ans SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M22 ACTUALITÉS Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante UNE SEMAINE D\u2019ACTU Dimanche se tenait le second tour des élections présidentielles en France, et c\u2019est Emmanuel Macron qui a été réélu, avec 58,5 % des voix.Son adversaire, Marine Le Pen, a récolté 41,5 % des voix.\u203a UNE SEMI-VICTOIRE POUR EMMANUEL MACRON Emmanuel Macron est le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans! Et pourtant, ce n\u2019est pas une victoire franche, car beaucoup de Français ont voté pour «le moins pire» plutôt que «pour le meilleur».Pour comprendre, il faut décortiquer les votes.Les voix qu\u2019Emmanuel Macron a reçues peuvent être divisées en deux parties.D\u2019un côté, il y a ce qu\u2019on appelle les «votes d\u2019adhésion».Ce sont les personnes qui votent pour M.Macron, dont les idées sont plutôt de centre- droite, car ils le soutiennent lui et son projet.Son parti est historiquement plus en faveur de programmes pour aider les groupes moins favorisés et de l\u2019immigration par exemple.De l\u2019autre côté, il y a les votes contre Marine Le Pen.En effet, beaucoup de gens ont voté pour Emmanuel Macron au second tour pour empêcher Mme Le Pen d\u2019être présidente.Marine Le Pen est considérée par beaucoup comme d\u2019extrême droite, c\u2019est-à-dire que ses idées sont conservatrices et contraires aux valeurs de la démocratie.Malgré cela, c\u2019est la première fois que son parti obtient autant de voix aux élections présidentielles.Ces chiffres ne prennent pas en compte l\u2019abstention et les votes nuls, qui représentent 28 % et 8,6 % des voix.Lorsqu\u2019on parle d\u2019abstention, on fait référence aux gens qui ne sont pas allés voter.Et un vote est nul lorsque quelqu\u2019un vote pour plus d\u2019une personne, puisque c\u2019est contre les règles, ce vote-là ne comptera pas.Ces deux pourcentages révèlent la colère des Français, et leur désir de ne voter ni pour Emmanuel Macron ni pour Marine Le Pen.Beaucoup de citoyens français ont été très déçus du premier mandat de M.Macron, mais refusent de voter pour un parti radical.Son objectif le plus important de Macron pour l\u2019instant est de regagner le soutien des Français, et surtout de les convaincre qu\u2019il va utiliser sa deuxième chance à bon escient.On lui souhaite donc bonne chance pour ce second mandat! CHEYENNE OGOYARD EMMANUEL MACRON GAGNE LES ÉLECTIONS EN FRANCE! PHOTO 123RF/SEZEROZGER P H O T O F L I C K R leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 ACTUALITÉS M23 Voici Patron (Cartouche, en ukrainien), un petit Jack Russell Terrier qui est devenu un héros ukrainien! Du haut de ses courtes pattes, Patron a peut-être sauvé bien des vies depuis le début du conflit entre la Russie et l\u2019Ukraine.Patron est un chien renifleur de deux ans.Sa spécialité est de pouvoir sentir les bombes et de prévenir son équipe.Équipé de sa veste de protection, il renifle le sol et reconnaît les odeurs d\u2019explosifs.Le petit chien travaille avec une équipe de déminage dans la ville de Tchernihiv.Cette ville du nord du pays a été assiégée par les forces armées russes durant un mois et a vécu beaucoup de destruction.Patron a permis de neutraliser 90 explosifs depuis le début de l\u2019invasion russe! Heureusement, Patron est bien récompensé pour tous ses efforts.Ses collègues lui donnent de la nourriture, surtout du fromage, à chaque bon coup.Mais ne t\u2019inquiète pas, ce n\u2019est pas un métier dangereux pour l\u2019animal puisque les mines antipersonnel ne se déclenchent qu\u2019avec un poids supérieur à 5 kilos.Et Patron en fait 4! Des photos et vidéos du Jack Russell ont fait le tour du monde.Plusieurs artistes ont créé des illustrations du brave chien pour honorer l\u2019importance de son travail.Il est même suivi par 120 000 personnes sur Instagram! \u203a COMMENT UN CHIEN PEUT- IL SENTIR DES BOMBES?Les chiens ont un odorat très développé, beaucoup plus que nous.Ils peuvent donc sentir des odeurs très subtiles, les différencier et les reconnaître.Les chiens renifleurs sont entraînés dès leur jeune âge à reconnaître des odeurs imperceptibles pour les êtres humains.En fait, l\u2019utilisation du flair des chiens est une des méthodes les plus efficaces pour déceler les bombes malgré toutes les nouvelles technologies! Les chiens ont 300 millions de cellules qui détectent les odeurs dans leur museau.En comparaison, nous n\u2019en avons que 6 millions.Et ce sont les chiens au museau plus long qui ont le meilleur odorat, comme Patron.Patron démontre qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019être bien gros pour faire une différence.Une compagnie de communication ukrainienne a partagé sur Twitter que, un jour, l\u2019histoire de ce héros à quatre pattes devrait être tournée en film! LYLOU NICASTRO, JOURNALISTE STAGIAIRE ON TE PRÉSENTE PATRON, LE HÉROS DE L\u2019UKRAINE! PHOTO TIRÉE DE LA PAGE INSTAGRAM DE L\u2019ANIMAL : PATRON_DSNS Il a été annoncé la semaine dernière que Guy Lafleur, ancien joueur étoile des Canadiens de Montréal \u2014 et, selon certains, meilleur joueur de tous les temps \u2014 est décédé à 70 ans d\u2019un cancer du poumon.Tu es trop jeune pour l\u2019avoir vu jouer, mais il est important que tu connaisses celui qu\u2019on surnommait le «Démon blond», car il a une grande place dans la culture québécoise.On te le présente.\u203a UN JOUEUR D\u2019UN CALIBRE INÉGALÉ Né en 1951 à Thurso, en Ou- taouais, c\u2019est un jeune Guy La- fleur de 19 ans qui est repêché par les Canadiens et qui fait ses débuts dans la Ligue nationale.Il y jouera pendant une vingtaine d\u2019années, entre 1971 et 1991.Durant cette période, il inscrira 560 buts et 793 passes pour un total de 1353 points, dont la grande majorité sous l\u2019uniforme des Canadiens de Montréal.Il demeure encore à ce jour le meilleur pointeur de l\u2019histoire de l\u2019équipe! Le Québécois aidera le tricolore à remporter cinq coupes Stanley, dont quatre consécutives (1977, 1978 et 1979).Il sera aussi le récipiendaire de sept trophées Molson.Un trophée Molson est une récompense qui est remise chaque saison au joueur ayant récolté le plus de points au système des trois étoiles d\u2019après-match.Selon ce système, la troisième étoile donne un point, la deuxiè me étoile donne trois points et la première étoile donne cinq points.En 1985, le chandail numéro 10 est retiré en l\u2019honneur de Guy Lafleur.Ce que ça veut dire, c\u2019est qu\u2019aucun autre joueur de l\u2019équipe ne pourra porter ce numéro sur son chandail lors d\u2019un match.Finalement, Guy Lafleur sera admis au Temple de la renommée en 1988.\u203a LE QUÉBEC TOUT ENTIER EN DEUIL Le premier ministre québécois, François Legault, a annoncé que des funérailles nationales auront lieu le 3 mai prochain pour célébrer la mémoire de Guy Lafleur.Il s\u2019agit d\u2019un grand hommage, car ce privilège n\u2019est accordé qu\u2019à très peu de personnes.En effet, pour recevoir des funérailles nationales, il faut avoir «joué un rôle majeur» au sein de la société en ayant marqué son domaine d\u2019activité.\u203a LES FANS AUSSI FONT LEURS ADIEUX Dimanche, à l\u2019occasion d\u2019un match au Centre Bell opposant les Canadiens aux Bruins de Boston, les partisans ont aussi voulu dire au revoir à leur héros\u2026 à leur manière.Durant plus de neuf minutes et de façon ininterrompue, on a pu entendre des milliers de personnes scander «Guy! Guy! Guy!» à tue-tête.La foule était tellement bruyante que l\u2019annonceur a dû s\u2019y prendre à trois fois pour reprendre le contrôle de l\u2019aréna et continuer avec la cérémonie d\u2019avant-match! Disons-lui donc merci et souhai- tons-lui un bon repos! LAURENT CÔTÉ LE HÉROS DU HOCKEY GUY LAFLEUR S\u2019ÉTEINT P H O T O A R C H I V E S L E S O L E I L SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M24 LE MAG VERS LE ZÉRO DÉCHET VALÉRIE MARCOUX Collaboration spéciale vmarcoux@lesoleil.com Avant de commencer activement à tendre vers le zéro déchet, j\u2019ai observé pendant plusieurs années les interactions des membres du groupe Facebook Objectif Zéro déchet - Ville de Québec.Cette communauté qui compte plus de 13 000 membres m\u2019a convaincu de passer à l\u2019action.À travers leurs publications, j\u2019ai vu qu\u2019il était possible d\u2019en faire plus et que ce n\u2019était pas compliqué.Je ne suis pas la seule à être inspirée par cette communauté  : en 2019, le groupe Objectif Zéro déchet - Ville de Québec était en nomination au Gala organisé par l\u2019Association Canadienne des Nations Unies de Québec dans la catégorie Lutte contre les changements climatiques.Maxence et Geneviève, deux des administrateurs actuels, avaient alors invité la fondatrice du groupe à assister avec eux à la cérémonie\u2026 Qui est-elle?Originaire de Saint-Agapit sur la Rive-Sud de Québec, Maryse Aubert a créé ce groupe Facebook en septembre 2014 alors qu\u2019elle commençait à s\u2019intéresser au zéro déchet.«On dirait que j\u2019avais besoin d\u2019extérioriser ça.Au début ça ressemblait quasiment à une page personnelle.J\u2019avais invité mes amis et je postais de temps en temps ce que je faisais parce que je trouvais ça trop intéressant, trop concret et facile à appliquer», raconte Maryse Aubert qui a géré ce groupe durant un an et demi.Au moment où elle déménage à Montréal, plus de 1000 personnes ont rejoint son groupe.La fondatrice publie alors un message afin de savoir si l\u2019une d\u2019el les s ouhaite prendre en charge la gestion de cette communauté.C\u2019est ainsi qu\u2019el le lègue son groupe à une inconnue, une certaine Marie-Pier, q u i e l l e au ssi a é ve ntu e l l e - ment laissé sa place à d\u2019autres administrateurs.DIFFÉRENTES VILLES, DIFFÉRENTES POSSIBILITÉS Maryse s\u2019installe dans la métropole au même moment où les épiceries en vrac se multiplient sur ce territoire.Un an auparavant, quand elle habitait à Québec, ce type de commerces était plutôt rare.«À Montréal, c\u2019était beaucoup plus facile», affirme-t-elle.D è s l o r s , M a r y s e p r e n d conscience que le milieu dans lequel elle vit influence grandement ses possibilités pour réduire ses déchets.Aujourd\u2019hui, elle habite à Chicou- timi et découvre les défis du mode de vie zéro déchet en région.«Ce n\u2019est pas Montréal, mais ça se fait quand même», témoigne la femme qui réussit à ne produire qu\u2019un petit sac de poubelles aux deux mois environ.Elle et son conjoint produisent aussi une à deux petites corbeilles de récupération chaque mois.Pour ce qui est des matières organiques, ils ont un composteur domestique sur leur terrain.Comme à Québec, leur municipalité ne collecte pas ces matières séparément pour l\u2019instant.«Les bacs bruns s\u2019en viennent en septembre! Ça va changer la vie de beaucoup de monde.Ça va réduire énormément la quantité de déchets qui vont être envoyés aux ordures», s\u2019enthousiasme-t-elle.La femme qui détient une formation en violon classique travaille présentement à L\u2019Épicerie communautaire La Recette.«Je suis chargée de projet pour développer l\u2019aspect environnemental de cette épicerie», explique-t-elle.Bien que le mode de vie zéro déchet soit un peu plus difficile à mettre en place loin des grands centres urbains, la proximité avec la nature donne encore plus envie OBJECTIF ZÉRO DÉCHET L\u2019ORIGINE D\u2019UNE COMMUNAUTÉ leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M25 LE MAG I L L U S T R A T I O N 1 2 3 R F / D A S H K de la protéger.«Ce qui me manquait à Montréal, c\u2019était l\u2019accessibilité à la nature.Là, on est servi.Ça me donne envie de moins consommer», se réjouit-elle.Maryse n\u2019a pas cédé à l\u2019envie de se procurer une voiture depuis qu\u2019elle habite à Chicoutimi.Elle continue de privilégier les modes de transport alternatif tout en empruntant occasionnellement la voiture de ses beaux-parents.L\u2019autopartage s\u2019avère bien utile en région, admet-elle.Un groupe Facebook semblable à celui qu\u2019elle a créé existait déjà quand elle s\u2019est installée dans la région.Zéro déchet Saguenay- Lac-Saint-Jean compte près de 3000 membres.Comme dans celui de Québec, on y trouve notamment une carte mise à jour par les administrateurs avec l\u2019aide de la communauté qui identifie les commerces et les ressources susceptibles d\u2019aider leurs membres à tendre vers le zéro déchet.L\u2019ÉVOLUTION DES PRÉOCCUPATIONS Maryse, qui fréquente ces communautés depuis 2014, remarque plus de souplesse de la part des membres.Elle est elle-même devenue moins exigeante et sévère envers sa propre personne au fil des années.«Fais au mieux avec le contexte et les limitations que tu as dans ta vie», est un discours de plus en plus répandu au Québec comme ailleurs.«[Sinon], on va écœurer les gens, leur ajouter de la charge mentale et ce n\u2019est pas très productif», souligne-t-elle.Elle note aussi que les membres ne se préoccupent plus uniquement du contenu de leur poubelle.Ils s\u2019intéressent aux déchets et à la pollution engendrés tout au long du cycle de vie d\u2019un produit.«Il y a de plus en plus de réflexions qui vont au-delà du zéro déchet.Je vois beaucoup de gens qui réfléchissent aussi au minimalisme», témoigne celle qui participe au défi Rien de neuf.Cette initiative de Zero Waste France qui enregistre plus de 75 000 participants propose de ne rien acheter de neuf \u2014 sauf des produits périssables comme la nourriture \u2014 pour une année.Maryse n\u2019en est pas à sa première participation, mais ce n\u2019est pas cette année encore qu\u2019elle atteindra l\u2019objectif.Depuis le début de 2022, elle a acheté deux produits neufs : un livre et du tissu.Tout de même, tendre vers cet idéal lui a permis non seulement de réduire sa consommation, mais aussi de réaliser à quel point acheter est un geste banalisé dans notre société.«Les premières années, j\u2019achetais des choses sans m\u2019en rendre c o m p t e t o u t s i m p l e m e n t » , partage-t-elle.Maryse se préoccupe de plus en plus des effets néfastes de notre exposition constante aux publicités.«Je trouve que la société est bombardée de marketing de toutes parts.C\u2019est difficile, pour moi et pour tout le monde, de résister à l\u2019envie d\u2019acheter des trucs», constate-t-elle.Grâce aux pionniers du zéro déchet, il est chaque jour plus facile de réduire sa production de matières résiduelles.Des produits, des services et des infrastructures ont été créés pour rendre cet objectif plus accessible.Maryse est heureuse de constater que le groupe qu\u2019elle a créé est encore aussi actif.La communauté joue un rôle important dans le mouvement zéro déchet.Elle permet de partager des astuces, de l\u2019information, de chercher des solutions et de s\u2019encourager.3 Ma bougie Frankenstein.\u2014 PHOTOS COLLABORATION SPÉCIALE VALÉRIE MARCOUX FAIS-LE TOI-MÊME La bougie Frankenstein Voici comment je réutilise mes fonds de bougie pour en faire des nouvelles! MATÉRIEL \u2022 Plusieurs fonds de bougie et bouts de chandelles \u2022 Une mèche \u2022 Un contenant \u203a Conservez vos fonds de bougie et vos bouts de chandelles jusqu\u2019à en avoir une quantité suffisante pour les faire fondre et remplir le contenant de votre choix.\u203a Vous pouvez réutiliser le pot dans lequel se trouvait une de vos bougies, valoriser une boite de conserve ou un contenant en verre; soyez créatif avec ce que vous avez sous la main! \u203a Le seul matériel qu\u2019il faudra vous procurer est une mèche.J\u2019ai bien tenté de fabriquer une mèche en bois à partir de ce que j\u2019avais chez moi, mais le résultat n\u2019était pas concluant.MARCHE À SUIVRE 1 Faites fondre vos restants de bougies et de chandelles dans un bain-marie.2 Placez une mèche au centre du contenant que vous désirez remplir.3 Stabilisez la mèche.J\u2019utilise personnellement une pince à cheveux.4 Versez délicatement la cire chaude.5 Laissez refroidir environ 12h, jusqu\u2019à ce que la cire soit bien solide.6 Coupez le surplus de mèche en vous assurant de laisser dépasser un pouce de celle-ci.\u203a Vous vous retrouverez alors avec un restant de mèche, mais sans socle au bout.On peut en confectionner un en utilisant les petits pots en aluminium des bougies à fondue.Percez un trou au milieu pour y coincer la mèche, découpez le rebord et taillez la base de la largeur désirée.Maryse Aubert, fondatrice du groupe Objectif Zéro déchet - Ville de Québec sur Facebook.2 Stabilisez la mèche.J\u2019utilise personnellement une pince à cheveux.1Récupérer vos vieilles bougies pour ensuite les faires fondent «Fais au mieux avec le contexte et les limitations que tu as dans ta vie, est un discours de plus en plus répandu au Québec comme ailleurs.» \u2014 Maryse Aubert, fondatrice du groupe Objectif Zéro déchet SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M26 LE MAG LAURIE WIELAND Collaboration spéciale L\u2019arrivée des beaux jours donne envie de revisiter son extérieur et d\u2019y aménager des espaces pour manger, boire un verre, passer de bons moments en famille ou entre amis, mais encore faut-il être bien installés.Le Mag vous présente donc les grandes tendances 2022 en mobilier extérieur et aménagement de jardin.Faire de son espace extérieur une extension de l\u2019intérieur de sa maison est une tendance ayant gagné en popularité au cours des dernières années, particulièrement depuis l\u2019arrivée de la pandémie.Les gens veulent se sentir bien à la maison et jusque dans la cour.VIVRE AU GRAND AIR Chez Jardin de Ville, créateur d\u2019extérieur établi à Québec depuis 1956, la tendance est aux installations qui permettent littéralement de «vivre au grand air», beau temps mauvais temps.Les matériaux, couleurs et styles de meubles extérieurs s\u2019agencent à ceux de l\u2019intérieur, créant ainsi un flux harmonieux entre les deux zones.Selon Francis Lucier, spécialiste marketing chez Jardin de Ville, les aménagements extérieurs ont maintenant tous l\u2019air de salons intérieurs.Les mots d\u2019ordre : simplicité et mobilité.«Cette année plus que jamais, on parle carrément de sortir l\u2019intérieur à l\u2019extérieur.Ça fait quelques années déjà qu\u2019on observe la tendance.Le mobilier extérieur, tant par ses formes que ses couleurs et ses matières, rappellent les allures classiques de mobilier intérieur.On vient mélanger les frontières et prolonge l\u2019intérieur vers le jardin, ça crée une harmonie et rend le tout encore plus accueillant», explique le spécialiste.Les matériaux sont choisis pour résister aux intempéries ainsi qu\u2019aux rayons UV.La majorité des structures de mobilier sont faites d\u2019aluminium, matériau extrêmement léger et résistant, puis les coussins sont revêtus de différents tissus pour l\u2019extérieur.Le choix d\u2019un parasol, d\u2019un auvent, d\u2019un abri jardin ou d\u2019une pergola permettent de «déjouer les caprices météo» et habille l\u2019espace.Tapis d\u2019extérieur, canapés, tables basses et coussins, de même que des luminaires et accessoires décoratifs sont utilisés pour créer des espaces pratiques, invitants et chaleureux.TECK ET MATIÈRES NATURELLES «En 2022, on crée des espaces q u i s \u2019 h a r m o n i s e n t c a r r é - ment avec la nature», ajoute Francis Lucier.Les matières écoresponsables de couleurs neutres ont encore et toujours la cote.Le teck, essence de bois exotique connue pour sa durabilité, ainsi que la fibre tressée s\u2019 invitent dans la cour pour s\u2019harmoniser avec l\u2019environnement, créant une ambiance douce et apaisante.Le gris, le beige et le grège, parfois accompagnés de blanc, le béton brut, les matières minérales et les tissus bien «texturés».Osez mélanger et laissez aller votre créativité! Côté tissus, priorité aux matières confortables et aux formes douces, on transforme les espaces en havre de paix.Chez Jysk, chaîne de magasins spécialisés en mobilier bien répandue à Québec, les couleurs claires et les matières naturelles sont au cœur des tendances.«Le bois de bambou et d\u2019eucalyptus, les composites de bois et les matières TENDANCES MOBILIERS EXTÉRIEURS BIEN, JUSQUE DANS LA COUR 1 4 5 leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M27 LE MAG «Le mobilier extérieur, tant par ses formes que ses couleurs et ses matières, rappelle les allures classiques de mobilier intérieur.On vient mélanger les frontières et prolonge l\u2019intérieur vers le jardin» \u2014 Francis Lucier, spécialiste marketing chez Jardin de Ville écoresponsables sont de plus en plus utilisés pour le mobilier extérieur.Exotiques et chaleureuses, ces matières apportent un style zen à la terrasse, au balcon ou au jardin», exprime Yanka Sasseville, conseillère déco chez .Le bois reste une matière indémodable en matière de jardin, quelle que soit l\u2019essence utilisée.«Certains vont même préférer utiliser le teck en accent au lieu d\u2019un look total, affirme de son côté Francis Lucier.La couleur du bois s\u2019affiche bien sur toute silhouette et se fond bien au décor.» Bien que les couleurs neutres qui révèlent une allure très épurée et minimaliste soient tendances, le noir demeure un incontournable, mais se mélange aux nouveaux tons.La sobriété et l\u2019élégance du noir apportent un contraste chic aux nuances naturelles inspirées des matériaux bruts.«Il faut oser les mélanges!» lance Mme Sasseville.Les couleurs vives ou pastel sont observées quant à elles en touche accent, dans les accessoires décoratifs, sur les coussins et parasols.Parmi les couleurs tendance en décorations pour la saison 2022, on retrouve notamment le vert sauge, le rose, le terracotta ainsi que les nuances de jaune.LA FONCTIONNALITÉ D\u2019ABORD «Aménagez un jardin qui sera tout aussi agréable que le confort de votre maison.Réchauffez l\u2019ambiance à l\u2019aide de lanternes, recevez en grand grâce aux tables extensibles et au mobilier modulable, créez des espaces tout aussi pratiques qu\u2019esthétiques», lance Francis Lucier de Jardin de Ville.Cette année plus que jamais, la mode est au «jardin adapté», confirme de son côté Yanka Sasseville.Tendance encore une fois inspirée de l\u2019intérieur, la terrasse dite évolutive grâce au mobilier modu- lable offre un luxe «en toute simplicité».Les designers misent sur la fonctionnalité, créant des modules pouvant offrir une multitude de combinaisons, un concept qui permet de s\u2019adapter à tous les espaces et de rendre l\u2019endroit plus convivial.«Ça s\u2019observe particulièrement pour les divans, où certaines assises seront complètement modulables.Il y a même des chaises longues pouvant être prolongées d\u2019une table intégrée, c\u2019est vraiment ingénieux», raconte M.Lucier.L\u2019optimisation serait la clé d\u2019un aménagement extérieur réussi.Pandémie oblige, la cour arrière sert maintenant plus que jamais de refuge en plein air pour se permettre de passer du bon temps et relaxer un brin.Certains en font même un espace de télétravail où profiter du beau temps.Chose certaine,les tendances 2022 offrent un éventail de possibilités.Place à la créativité! 2 Le canapé Strington de Jardin de ville, associant bois de teck et rotin \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 1 La chaise extérieure suspendue Gjern de Jysk \u2014 PHOTO JYSK 3 La Pergola Summer House de Jardin de Ville \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 4Chaises Adirondack Moderne chez Club Piscine Super Fitness \u2014 PHOTO CLUB PISCINE SUPER FITNESS 5Collection Abri jardin chez Jardin de Ville \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 6Chaise Transat, collection Flip de Cane-line chez Jardin de Ville \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 7 Le gazebo Villa Nueva chez Club Piscine Super Fitness \u2014 PHOTO CLUB PISCINE SUPER FITNESS 6 2 3 7 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M28 HORTICULTURE LARRY HODGSON Collaboration spéciale O n sait que les enfants aiment la pizza\u2026 mais souvent, pas trop les légumes.Pour les aider à adopter une alimentation plus saine, pourquoi ne pas travailler avec eux sur un petit projet estival : un mini-potager qui donnera une (ou plusieurs!) délicieuse pizza à la fin de l\u2019été?Tout en collaborant sur un projet stimulant, ils apprendront les rudiments du jardinage : la planification, la plantation, l\u2019entretien et la récolte.Une activité qui leur sera utile pendant toute leur vie! OÙ FAIRE VOTRE MINI-POTAGER?Il faut un emplacement très ensoleillé (au soleil une bonne partie de la journée).Le potager peut être en pleine terre (dans un véritable potager, dans un coin de la plate-bande, etc.) ou dans un pot de bonne taille comme un gros Smart Pot ou un bac en plastique.Ainsi, vous pourriez installer le potager sur un balcon, une terrasse ou n\u2019importe quelle autre surface plane.La terre doit être riche, meuble et bien drainée.On peut améliorer un sol trop lourd ou trop sablonneux avec du compost.Pour les potagers en pot, il se vend des terreaux d\u2019empotage d\u2019excellente qualité.Enfin, tout jardin doit avoir accès à de l\u2019eau.QUAND FAIRE VOTRE POTAGER?Si vous voulez démarrer le potager à partir de semences, il faudrait commencer au début de mai, en semant des graines de tomate, d\u2019origan, de basilic et de persil en pot dans la maison.Mais vous pouvez aussi acheter des plants et les repiquer.C\u2019est ce que je vais vous montrer dans cet article.Si oui, commencez en juin quand l\u2019air et le sol se sont réchauffés.En attendant, achetez les matériaux qui vous manquent.Aussi, un beau projet pour une journée pluvieuse du printemps serait de préparer une étiquette pour chaque plante au gré de la fantaisie des enfants! PRODUITS NÉCESSAIRES \u203a LES VÉGÉTAUX \u2022 1 plant de tomate italienne \u2022 1 plant d\u2019origan \u2022 1 plant de basilic \u2022 1 plant de persil \u2022 1 plant de romarin \u2022 5 ou 6 oignonets (vous utiliserez leurs feuilles comme oignons verts) Si vos enfants ont des ingrédients préférés (poivrons, piments, aubergines, etc.), ajoutez-les à la liste! \u203a LES MATÉRIAUX \u2022 Terreau (si vous jardinerez en pot ou bac) \u2022 Engrais biologique à dégagement lent \u2022 Étiquettes (fabriquées par les enfants, bien sûr!) \u2022 Transplantoir (truelle de jardin) \u2022 Tuyau d\u2019arrosage avec pistolet ou arrosoir \u2022 Cage à tomates Étape par étape 1 Si vous jardinez en pot, remplissez le contenant de terreau jusqu\u2019à 5 cm du bord.Ne placez pas de gravier au fond.2 En pot et au jardin, ajoutez quelques poignées d\u2019engrais bio à la terre et mélangez bien avec le transplantoir.3 Dépotez une première plante, la tournant à l\u2019envers en soutenant sa tige avec une main.Tapez sur le fond du pot avec la paume de l\u2019autre pour libérer sa motte de racines.Mieux vaut laisser cette étape à un adulte ou un grand enfant.4 Avec le transplantoir, creusez un trou assez large et profond pour contenir la motte de racines.Placez la plante dedans : la motte de racines doit arriver au même niveau dans le trou que dans le pot d\u2019origine\u2026 sauf pour la tomate.Enterrez sa motte et même la partie inférieure de sa tige, jusqu\u2019à la hauteur des premières feuilles.Chaque enfant pourrait creuser un trou, même un tout petit (avec un peu d\u2019aide!).5 Allouez 45 cm d\u2019espace pour la tomate, 15 cm pour les autres plantes.6 Comblez le v ide autou r de chaque plante avec de la terre.7 Tassez doucement la terre à la base de chaque plante avec la main.8 Dans les espaces entre les plantes, faites un trou de 3 cm de profondeur et plantez dans chacun un oignonet, le recouvrant de terre.9 Insérez la bonne étiquette près de chaque plante pour l\u2019identifier.10 Installez la cage à tomate pardessus la tomate, enfonçant les pieds dans la terre avec la plante au centre.11 Arrosez bien.COMMENT ENTRETENIR UN MINI-POTAGER 1 Arrosez abondamment, environ aux deux jours pendant les 10 premiers jours.Par la suite, dès que la terre est sèche au toucher.2 Arrachez toute mauvaise herbe qui s\u2019y installe.3 Si des branches de la tomate débordent de la cage, repoussez-les à l\u2019intérieur.4 Patientez! PRÉPAREZ VOTRE PIZZA! Quand les tomates sont mûres, environ deux mois après la plantation de votre potager à pizza, récoltez vos légumes et fines herbes et préparez votre sauce à pizza, vous rappelant que le plus longtemps la sauce cuit à feu doux, meilleure elle sera.N\u2019oubliez pas de prendre beaucoup de photos pour créer un souvenir dont les petits se rappelleront toute leur vie! LE POTAGER À PIZZA UN PROJET ESTIVAL POUR TOUTE LA FAMILLE 1 La pizza Margherita, avec des tomates italiennes et du basilic, est la pizza napolitaine classique.\u2014 PHOTO 123RF/VANKAD 2On peut créer un petit potager à pizza presque n\u2019importe où.\u2014 PHOTO FLICKR , JOHN ENGLART leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M29 LE MAG COMPOST ET PAILLIS Q Chaque printemps, je tamise mon tas de compost de l\u2019an passé.Je me demande si, après tamisage, je peux me servir du compost grossier non totalement décomposé comme paillis au jardin.Et aussi, est-il préférable de laisser sécher l\u2019herbe de tonte du gazon avant de s\u2019en servir comme paillis au jardin potager?Bruno Meunier R Ce serait une excellente idée.Le compost un peu plus durable aidera à remplir tous les rôles d\u2019un bon paillis : couvrir le sol de façon à empêcher la germination des mauvaises herbes, garder le sol plus frais, réduire l\u2019évaporation pour mieux espacer les arrosages, enrichir le sol en minéraux et beaucoup plus encore.Il peut effectivement être sage de laisser les résidus de tonte de gazon sécher un peu avant de les utiliser comme paillis, car, frais et humides, ils ont tendance à former des mottes dures qui ne laissent passer ni l\u2019eau ni l\u2019air, ce qui n\u2019est pas intéressant pour un paillis.Par contre, vous pourriez aussi mélanger les rognures encore fraîches avec un déchet brun, comme les feuilles mortes déchiquetées.Beaucoup d\u2019amateurs de compostage en ramassent à l\u2019automne et les mettent de côté en vue d\u2019une utilisation printanière et estivale.Le mélange des deux fait un excellent paillis! MOUSSE BLANCHE SUR UN TERREAU Q Mon terreau d\u2019empotage pour plantes se couvre d\u2019une espèce de mousse blanche sur le dessus.Est-ce dû aux mycorhizes contenues dans le terreau?Est-ce que ça altère la qualité de celui-ci?Alain Bigras R C\u2019est une moisissure, un type de champignon.Puisqu\u2019elle vit dans le terreau, il ne s\u2019agit pas d\u2019un champignon mycorhizien.On se rappelle que les champignons mycorhiziens vivent en symbiose avec les racines des plantes, pas avec la terre.Votre moisissure est sûrement saprophyte : un champignon qui vit de la matière morte, présente en abondance dans les bons terreaux.Il existe des milliers d\u2019espèces de ces champignons et leurs spores sont présentes partout, même dans l\u2019air que nous respirons.Ce type de champignon n\u2019est pas directement nuisible aux plantes.Il est même bénéfique, car il libère des minéraux que les plantes peuvent utiliser pour leur croissance.Par contre, parfois ils forment une masse dense qui réduit la circulation de l\u2019eau et de l\u2019air dans le terreau, ce qui est moins bénéfique.Pour cette raison, il serait utile de gratter la surface du terreau avec une fourchette pour la faire disparaître.Pour prévenir le développement futur de champignons dans le terreau, il peut être utile de laisser le terreau sécher davantage entre deux arrosages.Ces moisissures sont souvent associées avec un terreau constamment humide.Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec)?G1K 7J6 RÉPONSES À VOS QUESTIONS Les rognures de gazon fraîches sont souvent si humides qu\u2019elles s\u2019agglutinent et empêchent la circulation de l\u2019eau et de l\u2019air.\u2014 PHOTO 123RF/GUESSWHO CALENDRIER HORTICOLE Radio CKIA et Facebook Live L\u2019émission radiophonique et virtuelle le Jardinier paresseux avec Larry Hodgson est offerte gratuitement les mercredis à 10h à CKIA-FM 88,3 et sur facebook.com/ JardinierParesseux.Les semis intérieurs des plantes potagères Lili Michaud agronome vous propose cette formation en ligne de deux heures que vous pouvez suivre en tout temps.Un document PDF de 14 pages accompagne la formation.Coût : 30 $ + taxes.Info : lili- michaud.com Pour toute activité horticole, écrivez- nous à courrierjardinierparesseux@ yahoo.com.ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE \u203a Faites une esquisse d\u2019où dans vos plates-bandes il manque des bulbes à floraison printanière (tulipes, narcisses, crocus, etc.).Ainsi, à l\u2019automne, vous vous rappellerez où il faut en planter d\u2019autres! \u203a Voici quelques semis à faire à l\u2019intérieur au début de mai.Herbes : ciboulette, fenouil; légumes : courge, laitue, melon; fleurs : agérate, alysse odorante, célosie, cosmos, œillet d\u2019Inde, zinnia.\u203a Quand le sol est bien asséché, râtelez doucement le gazon pour enlever feuilles mortes, brindilles, saletés, etc.\u203a Levez les pavés devenus inégaux avec le temps et égalisez le substrat à leur base avant de les replacer.Le compost aidera à couvrir le sol de façon à empêcher la germination des mauvaises herbes, garder le sol plus frais, réduire l\u2019évaporation pour mieux espacer les arrosages et beaucoup plus encore.\u2014 123RF SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M30 LE MAG La malédiction du fonceur D ans le premier épisode de la nouvelle série française intitulée Drôle, sur Netflix, une Québécoise déclenche la chute d\u2019un homme adulé.Yolaine, c\u2019est son prénom, assiste à un cabaret d\u2019humour dans un comédie club de Paris.Sur scène, Bling, un humoriste qui a taquiné la gloire après son passage dans un film populaire, mais qui a du mal à retrouver l\u2019inspiration comique, improvise un numéro.À court d\u2019idées, il commence à se moquer des spectateurs et apostrophe Yolaine, comparant son prénom à une marque de lessive et lui demandant si elle porte des «strings mouton».Alors qu\u2019il s\u2019enfonce encore plus avec un gag de mauvais goût, Yolaine crie : «suivant !» \u2014 Qu\u2019est-ce que t\u2019as Yolaine?Tu veux le micro?C\u2019est ton spectacle?Il y avait ton nom sur l\u2019affiche?lui crie Bling.\u2014 Eh, non.Mais moi je fais pas semblant d\u2019être humoriste, rétorque Yolaine.L\u2019altercation verbale continue de plus belle, Bling gueulant à la Québécoise de sortir du club, et Yolaine le traitant de «gros misogyne de merde» qui ne fait rire personne.«Casse- toi, vas-y, on comprend rien quand tu parles!» l\u2019insulte Bling, avant qu\u2019elle lui jette sa bière au visage.Évidemment, dans la foule, un spectateur a filmé la scène, qui déferle ensuite sur les médias sociaux.C\u2019est le début de la débandade de Bling.Durant une bonne partie de la série, l\u2019humoriste tente désespérément de regagner son étoile, embauchant son ami comme scripteur fantôme et se gelant la fraise pour calmer ses angoisses.Dans un moment de candeur dans un autre épisode, Bling raconte qu\u2019après son fameux rôle dans le film, il a fait beaucoup de fric, se faisait reconnaître dans la rue et draguer par les femmes dans les bars.Après ce succès, Bling a ouvert avec sa soeur un comédie club.«J\u2019ai fait jouer les autres, raconte-t-il à Nezir, son ami humoriste.Et d\u2019un coup, je n\u2019ai pas compris comment ça s\u2019était passé, genre, je me suis réveillé et vous étiez tous meilleurs que moi.» Comme la drogue, le succès peut-être addictif.Ceux qui touchent ses privilèges scintillants et les perdent ensuite ont du mal à s\u2019en remettre.Parfois, ils passent le reste de leur vie à chercher en vain l\u2019exaltation de leurs triomphes professionnels passés.Dans son récent livre From Strenght to Strenght (De force en force), Arthur C.Brooks, professeur à la Harvard Business School et auteur d\u2019une fascinante chronique sur le bonheur dans le magazine The Atlantic, se penche sur ce phénomène qu\u2019il surnomme la «malédiction du fonceur».Dans la première moitié de leur vie, explique-t-il, les fonceurs, pétris d\u2019ambition, épousent une formule assez simple pour atteindre le succès : ils focalisent sur leur carrière, sacrifient leur vie personnelle, travaillent avec acharnement et montent dans la hiérarchie sociale.Après le succès, ils découvrent qu\u2019il ne reste plus grand-chose passé la jubilation initiale.Ils ne sont pas devenus vraiment plus heureux, finalement.Alors, ils repartent en quête d\u2019une nouvelle injection de succès.Mais parfois, leurs efforts ne fonctionnent plus.En fait, plus on vieillit, plus notre déclin professionnel devient inévitable, souligne Brooks, études à l\u2019appui.Les chimistes tendent à plafonner vers 46 ans; les physiciens vers 50 ans; les écrivains entre 40 et 45 ans; les professionnels de la finance entre 36 et 40 ans.Les humoristes?Aucune idée.Ces chiffres sont des moyennes, bien sûr, et il y a des exceptions notoires.Mais l\u2019intelligence brute qui nous permet d\u2019innover et de pondre des chefs-d\u2019œuvre à un âge relativement jeune baisse inexorablement à mesure que notre cerveau encaisse les décennies.Pour ne pas se laisser abattre par le déclin, dit Brooks, il faut apprendre à mettre à profit un autre type d\u2019intelligence, une intelligence forgée par l\u2019expérience : la sagesse.Et il faut trouver un moyen d\u2019en faire profiter les autres.L\u2019auteur donne l\u2019exemple de Jean-Sébas- tien Bach.Tôt dans sa carrière, il a été considéré comme le meilleur musicien de tous les temps.Mais même pour Bach, la célébrité et la gloire n\u2019ont pas duré.Quand le courant préclassique a pris le pas sur le baroque, Jean-Sébastien s\u2019est fait voler la vedette par son propre fils, Carl Philipp Emanuel Bach.Mais au lieu de devenir aigri d\u2019avoir perdu son trône, Jean- Sébastien Bach s\u2019est réjoui des succès de son fils et est passé d\u2019innovateur musical à maître de l\u2019enseignement, souligne Brooks.Il a consacré la dernière décennie de sa vie à son chef-d\u2019œuvre ultime, L\u2019art de la fugue, destiné à enseigner les techniques de composition du baroque.En général, note Brooks, plus on atteint un niveau élevé de succès, plus on tombe de haut.Mais, encore là, il y a des exceptions.Et Bach pourrait donner une leçon à Bling sur la manière de surmonter le déclin professionnel avec grâce.La malédiction du fonceur n\u2019est peut-être pas éternelle.Plus on atteint un niveau élevé de succès, plus on tombe de haut Durant une bonne partie de la nouvelle série Drôle, sur Netflix, l\u2019humoriste Bling tente désespérément de regagner son étoile.\u2014 PHOTO MIKA COTELLON, NETFLIX MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS leDroit SAMEDI 30 AVRIL 2022 M31 LE MAG Serrer les dents, ce n\u2019est pas ranger un dentier.\u2014 PHOTO 123RF P ourquoi dit-on « serrer quelque chose quelque part » au lieu de « ranger »?Étrange comme usage! Jacqueline Simard Québec Le québécisme serrer au sens de ranger est tellement bien implanté ici que les dictionnaires français n\u2019ont pas eu le choix de le faire entrer.Il s\u2019agit d\u2019un vieil usage que nous avons conservé (on le relève également dans les Antilles françaises), pendant qu\u2019en Europe francophone, il a presque disparu, laissant le champ libre à la définition la plus courante aujourd\u2019hui, celle de « tenir fermement, étreindre, presser ».Mais en réalité, le sens de ce québécisme est plus près de celui d\u2019origine, raison pour laquelle cette définition vient en premier dans le Petit Robert.En bas latin, serare voulait dire « fermer avec une barre ».Il était lui-même dérivé de sera, un mot pouvant signifier serrure, verrou, cadenas.Il y avait donc au départ une notion d\u2019enfer- mement, toujours présente dans l\u2019usage québécois, mais qui s\u2019est transformée en « maintien ferme » dans la signification plus courante.Bref, ce n\u2019est pas un usage si étrange que ça.Aujourd\u2019hui, on tente d\u2019éviter le verbe serrer au sens de ranger dans la langue soutenue, non pas parce qu\u2019il est erroné, mais à cause de la confusion qu\u2019il pourrait susciter.Serrer a évidemment de multiples autres définitions, dont au moins une comporte également une différence entre le Québec et la France.Je vais toujours me rappeler mon premier GPS, acquis il y a une quinzaine d\u2019années (avant l\u2019émergence des téléphones intelligents), et du jour où j\u2019ai modifié le réglage « français (Québec) » pour « français (France) ».C\u2019est à ce moment que j\u2019ai entendu pour la première fois la tournure « serrer à gauche, à droite », alors que, dans la version dite québécoise, on utilisait plutôt l\u2019anglicisme « garder la gauche, la droite » (« keep left, keep right »).Serrer peut en effet signifier « rapprocher » ou « mettre près l\u2019un de l\u2019autre », comme dans « serrer les rangs », « serrer les dents », « se serrer les coudes », « se serrer contre quelqu\u2019un ou quelque chose ».Je pressens votre prochaine question : est-ce que les expressions québécoises « tissé serré » et « tricoté serré » sont acceptables?Même si elles proviennent de l\u2019anglais « close knit » et « close weave », elles sont claires, justes et ne concurrencent aucune autre expression française, raisons pour lesquelles la Banque de dépannage linguistique les autorise.Et vous avez le choix de considérer serré comme un adverbe (donc de le laisser invariable), soit comme un adjectif (donc de l\u2019accorder).C\u2019est une famille tricotée serrée (ou serré).En lisant récemment qu\u2019un troupeau de volailles était peut-être touché par la grippe aviaire, j\u2019ai été très surprise de voir qu\u2019on pouvait utiliser ce terme pour des volatiles.J\u2019ai toujours cru qu\u2019un troupeau était constitué de bœufs, de vaches, de moutons, mais pas de poules.J\u2019ai fait plusieurs recherches pour trouver comment nommer un groupe de volailles, en vain.Pourriez-vous m\u2019éclairer?France Rousseau Sherbrooke Je crois savoir d\u2019où provient votre malaise.Le problème n\u2019est pas de recourir à troupeau pour parler de volatiles, mais bien de l\u2019utiliser précisément avec le mot volaille.Lorsqu\u2019on examine la définition du mot troupeau dans le Petit Robert, on peut lire ceci : « Réunion d\u2019animaux domestiques qu\u2019on élève, nourrit ensemble. » Aucune mention d\u2019exclusivité d\u2019emploi pour le bétail.Même que, si vous regardez un peu plus loin, vous trouverez dans les exemples « troupeau d\u2019oies ».Toutefois, lorsqu\u2019on jette un coup d\u2019œil au mot volaille dans le dictionnaire, on tombe sur ceci : « Ensemble des oiseaux qu\u2019on élève pour leurs œufs ou pour leur chair. » Autrement dit, le mot volaille contient déjà la notion de groupe, de troupeau.Quand on dit « la volaille », on parle la plupart du temps d\u2019un ensemble.Un troupeau de volailles, c\u2019est comme dire « un troupeau d\u2019un ensemble d\u2019oiseaux ».Le sens collectif est présent deux fois.Il y a donc pléonasme.Maintenant, si on regarde plus loin dans la définition de volaille, on s\u2019aperçoit qu\u2019on peut quand même dire « une volaille » pour désigner un oiseau de basse-cour.Cela peut légitimer « troupeau de volailles ».Mais il est normal que le malaise persiste, étant donné que ce mot est le plus souvent utilisé au sens collectif.Une façon d\u2019être moins indisposé par cette tournure serait de remplacer troupeau par élevage.Étant donné que poulets, dindons, pintades, canards et oies domestiques n\u2019ont pas la capacité de voler, on ne peut évidemment pas employer les mots vol ni volée, et encore moins nuée.Je connais une version de votre énigme d\u2019il y a deux semaines [celle du cavalier sot portant un seau et un sceau] qui se résout autrement.Il faut la faire oralement.Il est question d\u2019un chevalier sot, grand et mince (donc étroit).À la chute (dans tous les sens du terme), on mentionne que « l\u2019étroit sot tombe ».Michel Harnois Sherbrooke Bien joué! Voilà qui est beaucoup plus sensé comme réponse.Mais comme vous le mentionnez, il faut poser l\u2019énigme d\u2019une manière vraiment très précise.Quand on perd les détails, on peut en venir à chercher erronément une façon d\u2019écrire « les trois [so] », ce qui est impossible.PERLES DE LA SEMAINE Merci à Mylène Alarie, du Centre de services scolaire des Mille-Îles, pour l\u2019envoi de ces mots d\u2019enfants.« Comment s\u2019appelle le métier de la personne qui prend des photos?\u2014 Un photographrier! » « Qu\u2019est-ce qui a fait couler le Titanic?\u2014 Un ice pack! » « Comment s\u2019appelle le tuyau qui est dans la gorge par lequel passe l\u2019air pour se rendre dans les poumons?\u2014 La tranchée! » « Ma grand-mère est née dans les années 40-600. » « On est allés faire du ski à Saint-Terrebonne. » Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Serrer les dents ou ranger son dentier ?STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca SAMEDI 30 AVRIL 2022 leDroit M32 MERCI À NOS PARTENAIRES 2 au 15 mai AVOCATS LAWYERS Chefs de file Partenaires dÉfi Partenaires aPPui INSCRIVEZ-VOUS AUX DIFFÉRENTS DÉFIS TÉLÉCHARGEZ L\u2019APPLICATION Pour tous les détails: https://www.centraideeo.ca/evenements/on-bouge-pour-les-jeunes/ une invitation de Propulsée par On bouge pour les jeunes "]
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