Le nouvelliste, 9 avril 2022, Cahier 3
[" + THÉÂTRE DES NOUVEAUX COMPAGNONS Un hommage à la hauteur de l\u2019accomplissement + HORTICULTURE Rempotez vos plantes d\u2019intérieur sans peine ARTS Le mystérieux pouvoir des objets LE CENTRE RAYMOND-LASNIER ACCUEILLE DEUX NOUVELLES EXPOSITIONS SEMAINE DU 9 AU 15 AVRIL 2022 CYNTHIA WU-MAHEUX ET MARC FOURNIER DE DISTRICT 31 COMME QUITTER UNE PARTIE DE SOI - P H O T O : S Y L V A I N M A Y E R SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E2 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Les comédiens sont familiers avec le deuil inscrit dans leur travail même.Deuils de projets artistiques arrivés à leur terme, des liens d\u2019amitié créés avec leurs collègues au cours de ceux-ci, de rencontres avec le public, deuils de personnages.Certains sont plus lourds que d\u2019autres comme celui de l\u2019émission quotidienne District 31 pour deux Trifluviens qui en ont été des piliers: Cynthia Wu-Ma- heux (Da-Xia) et Marc Fournier (Yves Jacob).Ni l\u2019une ni l\u2019autre interprète ne semblait abattu une dizaine de jours après le dernier jour de tournage le 25 mars.«C\u2019est vrai que c\u2019est un métier de deuils, convient Marc Fournier.Mais celui-ci est spécial en plusieurs points.D\u2019abord pour la durée du projet.Après six saisons, ils deviennent comme des collègues de bureau.L\u2019autre raison majeure, c\u2019est que c\u2019est la première fois que je vois se terminer une série dans laquelle je jouais un des premiers rôles.C\u2019est certain que tous ces gens vont beaucoup me manquer.» La Da-Xia de District 31 parle aussi de deuil sans qu\u2019il soit encore pleinement ressenti.«Dans ma tête, ce n\u2019est pas encore complètement assumé, je dirais.Entre autres parce que des épisodes continuent d\u2019être diffusés.Je me retrouve comme au terme de chacune des saisons précédentes alors qu\u2019on partait en vacances avant de reprendre la saison suivante.Je suis encore dans quelque chose de familier.Ce qui fait la différence, c\u2019est un petit vertige devant mon agenda qui présente beaucoup d\u2019espace disponible pour des projets à venir.» Les deux se comptent choyés d\u2019avoir fait partie d\u2019un truc tout à fait hors norme.«C\u2019est un très gros événement audiovisuel, estime la comédienne.Ça donne une visibilité et un contact tellement important avec le public.La série est carrément un phénomène télévisuel; c\u2019est beaucoup plus qu\u2019une bonne émission de télévision.» «Pour moi, ç\u2019a été un cadeau exceptionnel à tellement d\u2019égards, calcule Marc Fournier.J\u2019ai adoré travailler avec les membres de la distribution et toute l\u2019équipe.Faire partie d\u2019une série sur le long terme, travailler un personnage en profondeur comme j\u2019ai pu le faire avec Jacob, c\u2019est un privilège qu\u2019on n\u2019a pas souvent dans une carrière.» Ce que le sergent-détective du 31 retient plus que tout, c\u2019est cette distribution de haut calibre.«Au cours de cette expérience extraordinaire, j\u2019ai pu constater que ce sont les humains avec qui on partage l\u2019expérience qui sont les plus importants.J\u2019ai connu une équipe de purs passionnés, des guerriers.Il y régnait une ambiance comme on peut en trouver dans une équipe de hockey: on était ensemble, soudés à la vie à la mort! J\u2019ai côtoyé des humains magnifiques.Tout le monde était parfaitement conscient de l\u2019impact de la série et on cherchait constamment à donner le maximum au public qui nous suivait.» Marc Fournier se souvient de sa première fois sur le plateau, intimidé qu\u2019il était par cette équipe de feu.«Je me sentais tout petit.Gildor est venu me voir et il m\u2019a accueilli comme un père.Il m\u2019a dit «Bienvenue dans notre bateau».Moi, par la suite, j\u2019ai fait ça avec les nouveaux interprètes.J\u2019allais au-devant d\u2019eux pour les mettre à l\u2019aise, je leur faisais visiter le plateau.C\u2019était ce genre d\u2019équipe là qu\u2019on formait.» «C\u2019est une gang forte, une gang de cœur avec une si belle sensibilité, dit Cynthia Wu-Maheux après réflexion.C\u2019était un feu roulant, cette série, ça allait vraiment vite.Ce n\u2019était pas toujours évident et bien sûr, il y a eu des tensions sur le plateau à certaines occasions.Mais justement, l\u2019intensité du travail qui nous était demandé a certainement aidé à créer des liens très forts entre nous.On a fait la guerre ensemble.C\u2019est quelque chose qui va nous rester de cette merveilleuse expérience de groupe.» HUMANISER DES PERSONNAGES Les deux interprètes ont ceci en commun d\u2019avoir fait aimer leur personnage à l\u2019immense public des fidèles de l\u2019émission.«D\u2019abord, j\u2019ai découvert un très beau personnage et j\u2019ai profondément aimé la découvrir, la sonder.J\u2019ai essayé de la mettre au monde par le cœur, illustre la Tri- fluvienne d\u2019origine.Les réactions m\u2019ont confirmé que ça s\u2019est rendu jusque dans le cœur des téléspectateurs et ça, c\u2019est tellement satisfaisant pour une interprète.» «Lors de l\u2019audition initiale pour le rôle, se remémore-t-elle, la ligne qui la définissait c\u2019était simplement qu\u2019elle était one of the boys.C\u2019était une technicienne, un peu rough .Dans ses vêtements plutôt masculins, j\u2019ai tenté de lui donner quelque chose de sympathique par sa démarche, notamment.J\u2019ai voulu lui donner une touche d\u2019humour, ce qui est une part de moi.Elle était dès le départ un personnage central de par son rôle au poste du District 31 mais elle a vécu tellement d\u2019évènements forts et difficiles au cours de la série que c\u2019est normal que son humanité ait pris le dessus et qu\u2019elle ait touché le public.» Marc Fournier avoue ressentir une profonde fierté pour son travail d\u2019interprétation.Il a pris un personnage mal-aimé du public dans les premières saisons et en a fait un des préférés des fidèles.«Ce dont je suis le plus fier, c\u2019est que malgré ce que bien des gens pensent, mon personnage est demeuré le même pendant toute la série.C\u2019est seulement qu\u2019on a montré un autre côté de lui à mesure que la série progressait.Vers la fin du tournage, avec la réalisatrice Danièle Méthot, par CYNTHIA WU-MAHEUX ET MARC FOURNIER ABORDENT L\u2019APRÈS-DISTRICT 31 COMME QUITTER UNE PARTIE DE SOI Dans le rôle de Da-Xia Bernard, Cynthia Wu- Maheux a su conférer une humanité à un personnage qui l\u2019habite toujours.\u2014PHOTO: FRANÇOIS ROY, LA PRESSE leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E3 nostalgie, j\u2019ai réécouté le tout premier épisode dans lequel j\u2019ai joué.Elle était très étonnée et m\u2019a dit : «Tout ton personnage était déjà là dès la toute première scène.» Ça veut dire que je l\u2019avais bien cerné et que j\u2019y suis demeuré fidèle.» «Il faut dire que ça tient beaucoup à Luc Dionne.Quand tu travailles avec un scénariste sur une aussi longue période, il se crée un jeu d\u2019influences mutuelles: ton jeu a un impact sur le scénariste et vice-versa.Nous avons tous été incroyablement chanceux de travailler avec un gars aussi talentueux et sensible que Luc Dionne.Il a parfaitement compris ce que je cherchais à faire avec Yves Jacob, ma façon de dire les textes et il a adapté ses dialogues à ça.Ça rendait mon travail tellement plus facile.Je ne le remercierai jamais assez pour ça.» M a r c F o u r n i e r e n p r o f i t e d\u2019ailleurs pour bousculer une notion très largement répandue concernant la somme de travail.«Les gens disent à quel point c\u2019est une charge de travail épouvantable de jouer dans une quotidienne.Oui, c\u2019est beaucoup de boulot mais on s\u2019habitue.Je dirais que c\u2019est essentiellement un rythme de travail qu\u2019on prend.Les autres piliers de la série m\u2019ont beaucoup aidé là-dedans.On recevait les textes le jeudi pour la semaine suivante.Je les apprenais le jeudi et le vendredi puis le dimanche, je les répétais.Dans le fond, la vérité c\u2019est que je devais d\u2019abord apprendre des mots par cœur mais pour après aller jouer avec mes amis.» Il reste qu\u2019il a gagné énormément de confiance en lui à travers cet exercice assidu.«Après avoir fait ça, je sais que je suis outillé pour n\u2019importe quel défi.J\u2019ai notamment appris à quel point j\u2019aime mon métier.J\u2019y suis totalement à ma place.J\u2019ai réussi à m\u2019imposer au sein d\u2019une distribution extraordinaire et j\u2019en retire beaucoup de fierté.» ET MAINTENANT.Il y a eu un avant et il y aura un après-District 31 qui augure très bien pour les deux comédiens qui retrouvent quand même un aspect moins emballant de leur travail: l\u2019incertitude.«Pour l\u2019instant, je me repose, assure Cynthia Wu- Maheux, mais j\u2019ai d\u2019autres projets en marche.L\u2019année prochaine, je vais faire du théâtre notamment au Théâtre du Nouveau Monde et j\u2019ai aussi une websérie au programme.J\u2019espère qu\u2019on va m\u2019offrir des choses à la télévision mais je n\u2019ai encore rien de programmé officiellement.» «J\u2019ai la chance d\u2019avoir un éventail assez large de rôles sur ma feuille de route et on ne m\u2019a pas emprisonné dans un carcan.Par exemple, j\u2019ai fait partie de la distribution de Une autre histoire dans un personnage très différent de Da-Xia.» Il reste qu\u2019un personnage ne disparaît pas quand ses vêtements sont enlevés.«Elle m\u2019habite encore un peu.Elle a laissé une trace en moi: on a fait un bon bout de chemin ensemble.On s\u2019attache à un personnage parce qu\u2019on lui a donné vie, qu\u2019on lui a insufflé une certaine lumière qui venait de nous.Da-Xia a touché des gens, en a inspiré d\u2019autres et elle a été aimée du public.» On peut voir Marc Fournier dans Le bonheur de même que dans L\u2019Effet secondaire présentement et il travaille sur un rôle dans Les moments parfaits.«C\u2019est spécial parce que le soir du 25 mars, on avait notre party de fin de production pour District 31 mais j\u2019ai été très sage parce que dès le lendemain matin, je tournais dans Les moments parfaits.C\u2019est bon signe pour la suite.J\u2019ai fait plusieurs auditions pour des productions télé au cours des dernières semaines et il y a des possibilités au théâtre.Au cours de l\u2019été, je vais jouer Pédalo à Kingsey Falls et je vais aussi tourner la deuxième saison de Le bonheur.Je vais être assez occupé.» «J\u2019en profite pendant que ça passe parce que je sais combien c\u2019est fragile.En même temps, j\u2019ai développé d\u2019autres passions auxquelles je m\u2019adonne quand j\u2019ai du temps alors je ne suis pas mal pris.Je me suis remis à la guitare et il y a aussi le travail du bois que j\u2019aime beaucoup en compagnie de mon beau- père dans son atelier d\u2019ébénisterie en Mauricie.J\u2019aimerais d\u2019ailleurs y aller au cours de l\u2019été.si je peux me trouver du temps libre.» CYNTHIA WU-MAHEUX ET MARC FOURNIER ABORDENT L\u2019APRÈS-DISTRICT 31 COMME QUITTER UNE PARTIE DE SOI Le Trifluvien d\u2019origine Marc Fournier a fait partie d\u2019une équipe extraordinairement soudée dans District 31 dont le tournage s\u2019est terminé il y a deux semaines.- PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE « Pour moi, ç\u2019a été un cadeau exceptionnel à tellement d\u2019égards, calcule Marc Fournier.J\u2019ai adoré travailler avec les membres de la distribution et toute l\u2019équipe.Faire partie d\u2019une série sur le long terme, travailler un personnage en profondeur comme j\u2019ai pu le faire avec Jacob, c\u2019est un privilège qu\u2019on n\u2019a pas souvent dans une carrière.» \u2014 Marc Fournier SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E4 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Le Centre Raymond-Lasnier accueille deux nouvelles expositions mais quatre artistes.Une caractéristique commune du Cabinet et de Pourquoi tant de beauté sur l\u2019aile d\u2019un papillon?est que chacune réunit deux artistes ayant une pratique personnelle.Jointes l\u2019une à l\u2019autre, elles créent une œuvre propre avec une nouvelle facture et un autre sens.Dans le premier cas, Suzie Ber- geron et Éliane Sainte-Marie sont Trifluviennes et amies.Elles proposent aux visiteurs d\u2019entrer dans un cabinet de curiosités nourri de leur fascination pour les objets porteurs d\u2019émotions.La petite pièce qu\u2019elles ont aménagée regorge de petites créations.Foisonnement ne signifie pas ici capharnaüm, bien au contraire.Tout est peaufiné, soigneusement installé, minutieusement calibré pour quand même offrir un doux vertige au spectateur.«Nous collectionnons toutes les deux», plaident-elles pour expliquer cette fascination pour les objets ici accumulés.«On a chacune notre pratique, Suzie travaillant le papier et moi la broderie, précise Éliane Sainte-Marie, et comme on a certains thèmes communs, on aimait l\u2019idée de voir ce que donnerait de réunir tout ça dans une collection commune.» Le cabinet de curiosités les interpelle toutes deux par, notamment, l\u2019idée de nostalgie qu\u2019il implique.D\u2019où l\u2019aménagement de la pièce qui transporte son visiteur ailleurs et dans un autre temps.«On a bâti la pièce en fonction d\u2019assurer une cohabitation qui satisfasse nos deux visions», poursuit la brodeuse.«On a deux esthétiques très différentes, précise Suzie Bergeron.Une très schématique, l\u2019autre plus précise et il y a vraiment un dialogue qui se passe entre les deux.L\u2019assemblage s\u2019est fait naturellement même si on a défini des avenues.Le fait de se donner des contraintes facilitait l\u2019installation mais le visiteur finit par faire ses propres liens, je pense.» Il y est assurément invité.L\u2019installation provoque un effet instantané par l\u2019espèce de bombardement de stimuli initial.Une des beautés de la visite, c\u2019est que plus on s\u2019abandonne à l\u2019envie d\u2019examiner chaque pièce qui compose l\u2019installation, plus des couches d\u2019interprétation apparaissent.S\u2019impose assez rapidement l\u2019impression qu\u2019on pourrait y rester des heures à tout scruter de près autant qu\u2019à se laisser baigner dans la rêverie que suggère l\u2019ensemble.Réfléchir, aussi, à l\u2019indéniable pouvoir d\u2019évocation d\u2019un objet, à sa capacité de réveiller des souvenirs, une vague nostalgie ou d\u2019évoquer la notion même de temps.Les artistes aimeraient bien que la visite suscite la curiosité, l\u2019émerveillement.«Jusqu\u2019ici, on entend des gens qui trouvent tout simplement agréable d\u2019être à l\u2019intérieur de la pièce et ça, ça me réjouit énormément, révèle Suzie.Que les gens prennent plaisir à cohabiter avec les objets, à se laisser imprégner par ce qu\u2019ils évoquent, c\u2019est très satisfaisant.» Il n\u2019est pas superflu d\u2019ajouter qu\u2019il n\u2019y a derrière la démarche aucune injonction de la part des artistes qui s\u2019effacent derrière leur installation.Pas de message ou de prise de position idéologique, qu\u2019une bienveillante proposition faite à chacun de s\u2019abandonner à ce que ce foisonnement d\u2019objets joliment fignolés peut susciter de nostalgie, de plaisir ou, même, de méditation, pourquoi pas?Chacune des petites oeuvres qui composent l\u2019installation est offerte à la vente, comme quoi les deux artistes sont disposées à laisser partir ces objets qu\u2019elles ont pourtant mis temps et effort à mettre au monde.Chaque objet d\u2019une collection qui s\u2019en va laisse une place pour en ajouter un nouveau», philosophe Éliane.Chaque objet est important parce que porteur de son poids en souvenirs mais il ne peut pas non plus être une fin en soi.La vie est aussi riche de nouveaux souvenirs à se fabriquer.«J\u2019espère que les gens vont être si touchés par les objets qu\u2019à la fin de l\u2019exposition, le cabinet va être vide, dit Marie-Andrée Levasseur, directrice des arts visuels à Culture Trois-Rivières.Ça voudra dire que les visiteurs ont été interpellés personnellement par ce qu\u2019elles ont fabriqué.Si le rapport à l\u2019objet est si significatif que les gens décident de se l\u2019approprier, ce sera vraiment une réussite.» Dans la première salle du centre d\u2019exposition, l\u2019espace est offert à un couple de Québec, Hélène Choui- nard et Jean-Robert Drouillard réunis sous l\u2019appellation de Hélène et son mari.Ce qu\u2019ils marient aussi, ce sont leurs expertises, elle en céramique, lui en sculpture, dans une installation commune de grande envergure où, encore une fois, le spectateur est happé par la multiplication des objets qui acquièrent ainsi une autre signification.La couleur devient un facteur important, d\u2019où le titre, et les sculptures de Jean-Robert, qui accompagnent les céramiques d\u2019Hélène, viennent faire respirer l\u2019installation et lui donner une dimension humaine.Cette double immersion sera offerte à partir du dimanche 10 avril jusqu\u2019au 5 juin prochain au Centre d\u2019exposition Raymond-Las- nier dont l\u2019entrée est toujours libre.LE CENTRE RAYMOND-LASNIER ACCUEILLE DEUX NOUVELLES EXPOSITIONS LE MYSTÉRIEUX POUVOIR DES OBJETS Les Trifluviennes Suzie Bergeron (à gauche) et Éliane Sainte-Marie offrent aux visiteurs du Centre d\u2019exposition Raymond-Lasnier la fascinante et foisonnante découverte de leur cabinet de curiosités.\u2014 PHOTO: SYLVAIN MAYER.«Que les gens prennent plaisir à cohabiter avec les objets, à se laisser imprégner par ce qu\u2019ils évoquent, c\u2019est très satisfaisant.» leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E5 Le réalisme magique du premier roman de Paul Serge Forest, Tout est ori, raconte la vie des Lelarge, propriétaires des pêcheries du même nom.La cadette surprotégée de la famille, Laurie, personnage principal, est attirée par l\u2019étranger Mori Ishikawa, un Japonais prétendument envoyé commercial de leur principal acheteur international.Avec lui, elle vivra des premières fois et développera une obsession pour la couleur qu\u2019il a créée : l\u2019ori.C\u2019est avec un style cru, simple et précis que l\u2019auteur invite le lecteur dans l\u2019intrigue de cette « couleur de l\u2019existence humaine ».L\u2019histoire, entrecoupée d\u2019intermèdes littéraires informatifs sur les produits de la mer, présente la famille Lelarge, constituée d\u2019un orinomane désaxé, d\u2019un capitaliste ambitieux et d\u2019une zéniste délirante.Les Lelarge administrent tant bien que mal l\u2019héritage familial.Lorsque Florence, la fille aînée du capitaliste, quitte la Côte-Nord pour ses études, Laurie apprend à vivre seule et se tourne obsessive- ment vers l\u2019étranger japonais qui s\u2019immiscera dans son cœur et ses désirs sexuels.Mori, par ses expérimentations et ses secrets, intrigue cette comm u n a u t é fermée et tissée serrée.Toute l a c o m - m u n a u t é est suspicieuse, sur- t o u t F r é d é r i c G o y e t t e , fonct ion - n a i r e d e l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments, des événements étranges suivant l\u2019arrivée de Mori : vague d\u2019intoxications alimentaires, disparition d\u2019un travailleur de l\u2019usine, nouvelle couleur, vente de l\u2019usine, suicides.La curiosité de Goyette se transforme en acharnement policier, mais le suspense finit en queue de poisson.La culture québécoise est bien ancrée dans le vocabulaire de l\u2019auteur: « pédégé », « béëmme », «Sar\u2019h», « le bar à Ti-Claude », le surnom « Guenille ».Aussi, les descriptions de la Côte-Nord sont saisissantes.Il en va de même pour les fruits de mer, la pêche et le fonctionnement de ce commerce: réalité régionaliste peu connue, mais précisément rendue.La sexualité et les fluides corporels très explicites peuvent certainement rendre mal à l\u2019aise.L\u2019aspect philosophique tant attendu, et associé à la couleur ori, se transforme en capitalisme décevant et le lecteur, emporté dans un tourbillon de questions, reste dans l\u2019attente de réponses satisfaisantes.Si le but de l\u2019histoire reste un peu vague, embourbé dans les profondeurs marines, le récit demeure certainement ORIginal.LÉANE PARADIS Collège Laflèche Un récit ORIginal « Puisqu\u2019il faut un chef \u2026 » Ces quatre petits mots inscrits au testament du fondateur des Pêcheries Lelarge cèlent le destin d\u2019un village entier, et même du monde.C\u2019est à Baie-Trinité sur la Côte-Nord que nous invite l\u2019écrivain et médecin Paul Serge Forest, pour une tranche de vie à saveur de fruits de mer.Avec son premier roman, Tout est ori, le lauréat du prestigieux prix Robert-Cliche dévoile une histoire riche, surprenante et étrange, tout droit sortie du terroir québécois.Alors que Robert, fils aîné pragmatique du clan Lelarge, acquiert l\u2019entreprise familiale, l\u2019usine de fruits de mer connaît une prospérité sans pareille.Cependant, le succès attire des visiteurs indésirables tels Goyette, inspecteur en salubrité enquêtant sur une toxine « irregardable » ou l\u2019énigmatique Mori Ishikawa, une force tranquille de la nature en marche pour révolutionner l\u2019histoire.Alors que la ligne directrice du roman puisse sembler floue pour certains, c\u2019est dans le quotidien peu ordinaire des habitants de Baie- Trinité que le lecteur a le plaisir de s\u2019immiscer.En ne se limitant pas qu\u2019à un s eul protagoniste, Paul Serge Forest accorde autant d\u2019importance à l\u2019ensemble des personnages peuplant son récit tout en maintenant entre e u x u n e h a r m o - nieuse cohabitation, ou presque\u2026 D e plus, le détachement créé par la narration est magnifiquement rattrapé par l\u2019enivrante intimité qui se dégage des villageois, ainsi que par la familiarité de la langue; chacun peut s\u2019y reconnaître ou identifier un proche parmi Guenille, Sar\u2019h ou Ti-Toine le Bleuet.Les passages cocasses contrebalancent parfaitement les intermèdes plus pédagogiques qui entrecoupent le récit.Bien que le dénouement rehaussé d\u2019un soupçon de métaphysique soit plutôt brusque et déconcertant, l\u2019auteur explore néanmoins des concepts encore jamais abordés dans le domaine de la littérature.Tout est ori est rythmé par un enchaînement d\u2019événements aussi surprenants qu\u2019inattendus.« l\u2019ori, [\u2026] [est] la couleur de l\u2019existence humaine, du vouloir humain ressenti et exprimé par un mollusque.» Son style particulier sert bien le roman et apporte le « p\u2019tit quelque chose » qui laisse sa marque dans l\u2019esprit du lecteur.Bref, un roman haut en couleur et tout aussi foisonnant que l\u2019esprit de son créateur.KASSANDRE BROUILLARD Cégep de Trois-Rivières Irrésistiblement étrange Les passages cocasses contrebalancent parfaitement les intermèdes plus pédagogiques qui entrecoupent le récit.Bien que le dénouement rehaussé d\u2019un soupçon de métaphysique soit plutôt brusque et déconcertant, l\u2019auteur explore néanmoins des concepts encore jamais abordés dans le domaine de la littérature.La culture québécoise est bien ancrée dans le vocabulaire de l\u2019auteur: «pédégé», «béëmme», «Sar\u2019h», «le bar à Ti-Claude», le surnom «Guenille».Aussi, les descriptions de la Côte-Nord sont saisissantes.Mille secrets mille dangers Alain Farah ?26 février Valide, Chris Bergeron ?12 mars Mukbang, Fanie Demeule ?26 mars Là où je me terre, Caroline Dawson ?2 avril Tout est ori, Paul Serge Forest .9 avril CALENDRIER DES PUBLICATIONS \u2014 P H O T O : M E L A N Y B E R N I E R SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E6 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca CRITIQUE Il se sera fait attendre, ce retour en scène pour le Théâtre des Nouveaux Compagnons mais le public n\u2019y aura rien perdu.Le spectacle Juliette des sept allégresses qui célèbre les 100 ans de la compagnie trifluvienne, la plus vieille compagnie de théâtre amateur francophone en Amérique, est un réjouissant hommage non pas strictement à l\u2019organisme lui-même mais au théâtre dont il a été et continue d\u2019être un très fier ambassadeur.Le tout premier constat qu\u2019impose ce spectacle, c\u2019est que Patric Saucier à qui on a confié la création, tant pour l\u2019écriture que la mise en scène, était le bon choix.Il apporte à cet hommage une intelligence, une sensibilité et une originalité qui lui confèrent une dimension assez brillante.On aurait pu aborder les choses de façon plus convenue avec, par exemple, des extraits de pièces ayant marqué l\u2019histoire de la compagnie et ça aurait été très bien.Saucier a préféré donner à son hommage un côté résolument créatif qui sied parfaitement à l\u2019occasion tout en offrant une prometteuse perspective sur le futur des Nouveaux Compagnons.Juliette des sept allégresses est un défi d\u2019autant plus méritoire qu\u2019il s\u2019est buté aux contraintes pandé- miques qu\u2019on ne connaît que trop.Ce n\u2019est pas par manque de planification qu\u2019on célèbre son centenaire alors que la compagnie a 102 ans.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que les conditions de création n\u2019ont pas été optimales.Il régnait cependant sur la scène le soir de la première un enthousiasme qui a aisément fait oublier les imperfections que des répétitions assidues en présence auraient permis de gommer.La formule des tableaux successifs offre une variété de genres qui témoigne autant des multiples formes que peut prendre le théâtre que des succès des Nouveaux Compagnons au cours des décennies.Le texte de Patric Saucier regorge de belles trouvailles.Le tableau naïf initial rappelant une production des années 20 fait sourire d\u2019un bout à l\u2019autre.Dans un autre tableau, la confrontation de personnages tirés de pièces connues du répertoire mais n\u2019ayant rien à voir les uns avec les autres fait également rigoler franchement.À l\u2019inverse, l\u2019introduction du spectacle comme sa conclusion sur un monologue rappelant la nature et les pouvoirs du théâtre font prendre conscience tant de la valeur de l\u2019art lui-même que de celle de ses représentants.C\u2019est très bien écrit et riche de sens.Les emprunts à la grande dramaturgie de différentes époques sont judicieux et déclinent l\u2019amour sur plusieurs tons puisque derrière ce choix de Juliette comme figure de proue du spectacle se dessine forcément l\u2019idée de l\u2019amour.De l\u2019autre, du théâtre, de la vie.Ce détour pour rendre hommage au Théâtre des Nouveaux Compagnons n\u2019était pas évident mais force est d\u2019admettre qu\u2019il est juste.Il faut aussi louer la mise en scène de Patric Saucier, tout aussi riche que ses textes.On y sent un même souci de justifier chaque déplacement comme chaque idée, de leur donner du sens, même dans la simple évocation.Chacun pourra trouver dans Juliette des sept allégresses ses moments préférés parce qu\u2019ils sont nombreux et bien différents les uns des autres.Il reste que l\u2019intervention de comédiens professionnels connus pour réciter en extraits successifs la scène du balcon de Roméo et Juliette est un moment très fort, ce dont tout le monde conviendra sans doute.D\u2019accord, c\u2019est en vidéo et non, ils n\u2019ont pas joué avec les Nouveaux Compagnons mais ils célèbrent la vigueur de l\u2019organisme.Et puis, ils rendent hommage au théâtre ce qui est bien la raison d\u2019être des Nouveaux Compagnons depuis plus de cent ans.Personnellement, j\u2019adhère sans restriction à l\u2019idée.Le spectacle est ponctué de plusieurs de ces flashes porteurs, pas aussi spectaculaires que celui que je viens d\u2019évoquer mais remarquables néanmoins.Je pense à ce moment où, au début, plus d\u2019une vingtaine d\u2019interprètes déclinent en se dirigeant vers les coulisses l\u2019année et la pièce dans laquelle ils ont joué chez les Nouveaux Compagnons pour la première fois.Ça commence en 1952 pour aller jusqu\u2019à 2022.Simple et émouvant.Juliette des sept allégresses est un spectacle touffu et forcément inégal mais il constitue assurément un digne hommage à la compagnie et un très précieux moment de théâtre pour quiconque se réjouit qu\u2019on fasse encore et depuis si longtemps du théâtre amateur de qualité dans la région.La pièce sera présentée encore ce samedi, 19h30, de même que dimanche, 14h00, pour être reprise les jeudi 14, vendredi 15 et samedi 16 avril à 19h30, toujours à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.JULIETTE DES SEPT ALLÉGRESSES CÉLÈBRE LE CENTENAIRE DU THÉÂTRE DES NOUVEAUX COMPAGNONS UN HOMMAGE À LA HAUTEUR DE L?\u2019ACCOMPLISSEMENT La pièce Juliette des sept allégresses célébrant le centenaire du Théâtre des Nouveaux Compagnons regorge de trouvailles réjouissantes comme cette scène d\u2019un tableau évoquant une pièce des premières années de la compagnie trifluvienne.\u2014 PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS. leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E7 Cinq héros masqués en bédé 1 DEADPOOL : L\u2019ART DE LA GUERRE (2014- 2015), PETER DAVID & SCOTT KOBLISH Marvel nous invite à revisiter l\u2019œuvre de Sun Tzu à travers une aventure de Deadpool.Cet antihéros qui brise continuellement le quatrième mur vole le manuscrit du stratège chinois.Il provoque ensuite une guerre afin de tester les théories militaires et décrocher un contrat avec une maison d\u2019édition.VALÉRIE MARCOUX 2 PEAU D\u2019HOMME (2020), HUBERT & ZANZIM Dans ce conte détourné, Bianca reçoit une peau d\u2019homme qu\u2019elle revêt pour découvrir son futur mari.Or, elle constate plutôt l\u2019hypocrisie des hommes envers les femmes.Puis elle remarque que même les hommes sont soumis à des diktats genrés.Sous le masque de la masculinité, Bianca devient le héros d\u2019une révolte des mœurs.VALÉRIE MARCOUX 3 V POUR VENDETTA (1982-1989), ALAN MOORE ET DAVID LLOYD Publiée à partir de 1982, cette série dystopique portée au cinéma en 2005 se déploie dans une Angleterre fasciste autour du révolutionnaire V.Son masque à l\u2019effigie du rebelle Guy Fawkes a notamment été adopté par les activistes du mouvement Anonymous.GENEVIÈVE BOUCHARD 4 BURQUETTE (2008- 2010), FRANCIS DESHARNAIS Dans la foulée des débats autour des signes religieux et des accommodements raisonnables, le bédéiste de Québec Francis Desharnais a créé le personnage d\u2019Alberte, une ado dégourdie contrainte par son père de porter la burqa afin de calmer sa superficialité.GENEVIÈVE BOUCHARD 5 DETECTIVE COMICS #27 (1939), BOB KANE ET BILL FINGER Populaire morceau de la série Detective Comics, l\u2019album nº27 est reconnu dans l\u2019histoire puisqu\u2019on y retrouve pour la première fois Batman.Ce célèbre personnage qu\u2019on ne cesse de se réinventer depuis des décennies et dont le masque aux oreilles pointues a su contribuer à sa grande réputation.LÉA HARVEY DÈS LE 2 4 MA I 2 0 2 2 SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E8 ARTS MAGAZINE J\u2019 ai eu du mal à garder mon calme en voyant les premières minutes de Premier contact, la série documentaire de Canal D portée par Samian, dans laquelle six Québécois vivent une immersion en milieu autochtone durant 18 jours.C\u2019est que les participants affichent des préjugés avoués, parfois les plus persistants au sujet des autochtones.Du genre : «Quand je pense à un autochtone aujourd\u2019hui, c\u2019est les plumes, c\u2019est les tipis.» «Ils veulent prendre le beurre et l\u2019argent du beurre.Je pense qu\u2019ils demandent trop.» «Y vont-tu être capables de s\u2019adapter à la réalité des années 2000?» Et celle-ci, qui m\u2019a achevé : «Je pensais qu\u2019on les avait tous éliminés, honnêtement!» Pour vrai, j\u2019aurais lancé mon téléviseur par la fenêtre.Je me suis même demandé si j\u2019allais persister et voir le reste de la série.Mais je gardais en tête que tout ce monde finirait par s\u2019ouvrir à cette communauté qu\u2019il connaissait bien mal ou ne se donnait même pas la peine de découvrir jusque là.Le groupe sera reçu chez les Anishinaabe de l\u2019Abitibi et de la Haute-Gatineau, puis poursuivra son périple à Montréal avec la population autochtone urbaine, chez les Atikamekws; sur le territoire des Hurons-Wendats et dans la communauté d\u2019Odanak, chez les Abénakis.Ils vont tanner de la peau d\u2019orignal, vivre une expérience de guérison, assister à un pow-wow et cuisiner un plat traditionnel.Tout en confrontant leurs idées préconçues.Ceux qui vous apparaîtront sans doute comme les plus braqués, du moins au départ, sont Guy- laine, une éducatrice spécialisée de 52 ans, et Ghislain, un fonctionnaire retraité de 67 ans.Mais tous, à divers degrés, affichent une méconnaissance de la réalité autochtone, comme encore beaucoup trop de Québécois.Au fil des rencontres, certains mettront peu de temps à adoucir leurs propos, comme Michel, un courtier d\u2019assurances de Québec, 65 ans, fils d\u2019immigrant libanais.«Les Québécois ne sont pas racistes, parce que s\u2019ils étaient racistes, mon père n\u2019aurait jamais pu gagner sa vie», dit-il.Il devient très ému quand il entend que les autochtones des pensionnats se voyaient attribuer des numéros, une façon de nier leur culture.Déjà, on sent une ouverture chez l\u2019homme, qui convient que «l\u2019autre, on ne le connaît pas», en parlant des personnes issues de différentes origines.D\u2019autres persisteront dans le déni.Une magnifique rencontre au deuxième épisode sera toutefois déterminante, avec un survivant des pensionnats, Dominique Rankin, chef héréditaire et aîné de la nation Anishnabe, qui consacre ses énergies à la guérison et à la réconciliation.Un sage qu\u2019on écouterait durant des heures.Même Guylaine tombera sous le charme.Produite chez Nish Media, une boîte autochtone de Gatineau, en collaboration avec Bell Média et APTN, Premier contact est une adaptation d\u2019un format australien, First Contact, déjà repris au Canada anglais, où il a créé une certaine controverse.Samian, qui rencontre les participants au début et à la fin de l\u2019aventure, admet avoir eu du mal à garder son calme en entendant leurs réflexions; ça bouillonnait en-dedans.«Ça a été très très très dur.Mais j\u2019ai gardé mes opinions pour moi et leur ai laissé la parole», a-t-il confié en rencontre de presse, avant d\u2019ajouter : «C\u2019est quand même des choses que j\u2019avais entendues plusieurs fois et que j\u2019entends encore aujourd\u2019hui.» Ce qu\u2019il constate en donnant des conférences, c\u2019est que «nos jeunes peuvent en parler à leurs parents.Ça va dans l\u2019autre sens», se réjouit tout de même le rappeur et acteur.Chaque fois que j\u2019écris sur l\u2019horreur des pensionnats autochtones, je reçois des dizaines de courriels d\u2019incrédules, qui pensent que c\u2019est de la pure invention, ou à tout le moins exagéré.«Qu\u2019ont-ils à jouer les victimes au lieu de regarder vers l\u2019avant?» me demande-t-on.Ces messages manquent totalement de compassion.Parce qu\u2019on sait maintenant que les problèmes de toxicomanie et de santé mentale, disproportionnés chez les communautés autochtones, sont des conséquences directes de ce qu\u2019elles ont vécu dans ces pensionnats.Il faudra plus que des excuses pour en atténuer les effets dévastateurs.Espérons que cette série ne prêche pas seulement qu\u2019à des convertis et puisse convaincre mi- nimalement les moins radicaux, qui soulèvent des interrogations sur toute la question des impôts et des taxes et sur les territoires non cédés.Sans trop vous en dire sur le dernier épisode, c\u2019est tout de même encourageant de voir qu\u2019il y a de l\u2019espoir.Oui, les préjugés même les plus tenaces peuvent s\u2019atténuer quand on sort de l\u2019ignorance.La série de trois épisodes d\u2019une heure est diffusée depuis mercredi à 19h à Canal D, en reprise le samedi à 17h et le dimanche à 23h.Le premier épisode est disponible gratuitement sur Noovo.ca.Espérons que cette série ne prêche pas seulement qu\u2019à des convertis et puisse convaincre minimalement les moins radicaux RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com Premier contact : des préjugés tenaces Premier contact, la série documentaire de Canal D portée par Samian, dans laquelle six Québécois vivent une immersion en milieu autochtone durant 18 jours \u2014 PHOTO ARIANNE BERGERON leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E9 SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca Noël 2015.Benoît Brière et Jean-François Chicoine sont attablés avec leurs proches.L\u2019un et l\u2019autre sont devenus amis au fil du temps, les enfants du comédien ayant été patients du pédiatre.Ils sont attablés, donc ça discute joyeusement autour du pinot noir, et le docteur Chicoine raconte une anecdote au sujet de son regretté père, pédiatre avant lui.« Je lui ai lancé que ça ferait un maudit bon court métrage, se rappelle Benoît Brière.Il m\u2019a tout de suite répondu : \"Ok, je l\u2019écris, mais à condition que tu joues dedans et que tu le réalises.\" Et moi, le pinot aidant, j\u2019ai dit : \"Ben oui!\" » Le lendemain, 10 heures, le Dr Chicoine envoyait 45 pages de dialogue à son ami Brière.La suite tient aussi un peu du conte de Noël, Mourir en vie prenant l\u2019affiche des festivals depuis sa sortie l\u2019automne dernier, au Québec comme à l\u2019international, à Vienne, Atlanta et Houston, entre autres.« On est vraiment contents de la réponse.Des cinémas nous ont même proposé de le projeter avec d\u2019autres courts.C\u2019est trop rare qu\u2019on mette des courts à l\u2019affiche désormais », remarque le comédien et réalisateur, qui propose un film de 35 minutes mettant aussi en vedette Marcel Sabourin, Élise Guilbault et Dorothée Berryman.Dans l\u2019anecdote du docteur Jean- François Chicoine comme dans le film, un médecin retraité, malade et nouvellement veuf (interprété par Sabourin dans Mourir en vie), demande à son fils (Benoît Brière) de l\u2019aider à mettre fin à ses jours.Ça discute fort, ça jase doux aussi.« C\u2019est similaire à 97 pour cent », fait valoir le comédien, qui a aussi collaboré aux dialogues avant d\u2019amorcer le tournage, en pleine pandémie, avec une huitième version en poche, plus du financement et une équipe de rêve.« Ce projet a été une suite de rencontres incroyables, d\u2019occasions en or, de portes qui s\u2019ouvrent, un scénario de rêve », confie Benoît Brière, qui a coproduit le film avec Jean-François Chicoine, mais aussi Jean-Martin Bis- son et Paul Cadieux, ce dernier à la tête de Filmoption, qui agit également comme distributeur.BROUE DANS LE TOUPET Bisson et Cadieux, tour à tour, ont demandé à Benoît Brière à quoi ressemblerait son équipe de rêve.Outre les acteurs, le directeur photo Mario Janelle est vite arrivé dans le décor.« On s\u2019est retrouvé en huis clos, avec prises de vue anamorphiques effectuées avec de l\u2019équipement dernier cri, un vrai conte de fées.Moi qui pensais tourner ça avec mon cell, on était dans un autre monde », raconte l\u2019acteur-cinéaste, qui était encore sur un nuage lorsqu\u2019il a réalisé qu\u2019il n\u2019avait pas prévu de postproduction.C\u2019est là que Paul Cadieux est embarqué dans le projet et que le montage a été confié à Geoff Klein.« On a fait ça en deux semaines, sans trop dormir, lance Brière en riant.Le montage, la postprod, ç\u2019a été ma découverte.J\u2019ai eu un plaisir fou à fignoler.C\u2019était fou, mais ça vit.Ce projet vit aujourd\u2019hui. » Et Brière, lui, même s\u2019il a de la Broue dans le toupet jusqu\u2019en décembre \u2014 une centaine de représentations attend encore le trio qu\u2019il forme avec Martin Drainville et Luc Guérin \u2014 a assurément eu la piqûre pour la réalisation.Alors quand Paul Cadieux lui a demandé de se préparer pour un long métrage, il a commencé à plancher sur quelques idées qu\u2019il avait en tête.Pendant la tournée de Broue en Gaspésie et au Nouveau- Brunswick des prochaines semaines, il compte terminer une première version dialoguée.« Est-ce que ça va vivre?Et si oui, quand?Je ne sais pas.Mais ça remplit mon imagination et mes journées, c\u2019est très agréable », souligne Benoît Brière, qui a joué dans une vingtaine de films tout en menant au petit écran et sur scène une carrière tout aussi prolifique.NE PAS TROP NUIRE Celui qui a tourné avec nombre de réalisateurs croit fermement qu\u2019un bon cinéaste doit garder son monde heureux, respecter tous les corps de métier et faire confiance à leurs capacités de créateurs.« Pour Mourir en vie, je n\u2019ai pas cherché à copier le travail de réalisateurs que je connaissais, je me disais qu\u2019il fallait simplement que je me mette au service de l\u2019histoire.Ça, c\u2019est vrai, peu importe le média.Mais peut-être que, même inconsciemment, j\u2019ai tenté de reproduire leur façon de travailler.Un tournage, c\u2019est une aventure intense, tu veux arriver à un processus où tout le monde est heureux parce que ça va faire une énorme différence.C\u2019est une question d\u2019énergie.On est des créateurs, des livres ouverts, on se met à nu.Tu ne peux pas être entouré de gens qui vont tuer l\u2019atmosphère d\u2019un plateau.Si ça ne se passe pas, le spectateur va le sentir en regardant le film.Il ne saura pas ce qui cloche, mais il saura que quelque chose ne fonctionne pas. » « Arcand disait : \"Tu choisis les meilleurs de chaque corps de métier et t\u2019essaies de ne pas trop nuire.\" C\u2019est pas mal ça, rigole-t-il.Mon inspiration, c\u2019est le respect, le travail d\u2019équipe et le bonheur sur le plateau, peu importe où je me situe par rapport à la caméra. » MOURIR EN VIE Benoît Brière de part et d\u2019autre de la caméra SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E10 ARTS MAGAZINE SILVIA GALIPEAU La Presse Ce n\u2019est pas exactement un deuil.Ni seulement une perte.Il n\u2019y a pas de mot, en fait.N\u2019empêche que la peine, elle, est bien réelle : celle du deuil d\u2019un enfant qui n\u2019est pas à soi (et qui n\u2019est pas mort non plus!).Compliqué?Ça l\u2019est.Dans Les douze mois de Marie, publié ces jours-ci aux Éditions Mains Libres, la comédienne et autrice Marie-Chantal Perron signe un texte touchant, dur et vrai à la fois, bourré d\u2019émotions, sur une rupture amoureuse.Mais attention, pas celle que l\u2019on croit.Sa rupture (désunion?) ou son deuil, bon, faute d\u2019une meilleure expression, est tout autre.C\u2019est celle d\u2019une belle-mère et de la fille de son (ex) conjoint.Une femme et sa belle-fille, quoi.Un sujet inédit, assurément plus commun qu\u2019on croit.«Librement inspiré d\u2019une véritable histoire d\u2019amour», précise aussi le court ouvrage, tendrement illustré par Geneviève Boivin- Roussy, qui parvient ici, à travers les différents chapitres (divisés en mois, tel un calendrier), à décortiquer cette scission sans nom.En 12 mois, donc, on suit l\u2019héroïne (une certaine Marie, «parce qu\u2019on a toutes ce nom-là sur nos baptistaires!»), qui prend l\u2019inévitable et non moins déchirante décision de laisser son conjoint.Et ce, malgré tout l\u2019amour pour cette enfant (qui n\u2019est pas sienne) qui la retient.Et elle le dit si bien : «Prunelle, ma belle-fille, si belle, mais fille d\u2019une autre, par ton arrivée dans ma vie, tu me sacres belle-mère sans être belle ni mère de personne.[\u2026] Prunelle, ma petite fleur d\u2019amour, ma surprise de fou [\u2026] pardonne-moi.» Pour cause : le «lien invisible», comme le résume son autrice, qui en est ici à son second ouvrage sur le sujet (après Copine et Copine, en 2019) et que nous avons rencontrée la semaine dernière pour en discuter, n\u2019a pas davantage de termes pour le définir, l\u2019encadrer et encore moins le reconnaître.LE RÔLE «ÉJECTABLE» Qu\u2019est-ce qu\u2019un beau-parent, au juste?Un rôle «fabriqué de toutes pièces», comme elle dit, à la fois «flou», «ingrat», «sans droits», «hors des lois».«Une figure parentale éjectable.» Pire : éjectée.Quand rupture il y a.Et elle le sait trop bien.D\u2019où la douleur, anticipée et concrétisée.«Il y a de plus en plus, dans notre société, de familles recomposées qui se décomposent.Or, dans la décomposition, les enjeux pour les enfants et les beaux-parents ne sont pas légiférés.Comme société, il va falloir qu\u2019on se questionne\u2026» Sa fiction sent effectivement le fait vécu.Marie-Chantal Perron ne le cache pas.«C\u2019est sûr que c\u2019est un élan du cœur, confirme-t-elle.Si tu prends la peine d\u2019en parler, c\u2019est sûr que c\u2019est un enjeu dans ta vie.» Elle n\u2019en dira pas plus.Ou qu\u2019à demi-mot.«C\u2019est quelque chose qui est parti de moi, mais je me suis permis d\u2019aller dans la fiction pour garder une pudeur, ne pas aller dans le règlement de comptes, mais plutôt dans le questionnement.» ESPOIR Son histoire ose d\u2019ailleurs une lueur d\u2019espoir.«C\u2019est une fiction lumineuse pour donner espoir que ces liens survivent dans la vie, poursuit l\u2019autrice.Et c\u2019est aussi une façon de dire : un lien si puissant garde toujours une porte ouverte.» On devine que l\u2019écriture a eu l\u2019effet d\u2019un baume.«C\u2019est doux, l\u2019écriture, confirme Marie-Chantal Perron.Je n\u2019ai pas voulu une œuvre coup de poing, mais plutôt apporter des questionnements, dans la réparation et dans la fiction», insiste-t-elle.D\u2019ailleurs, elle conclut : «Si je peux faire évoluer ce petit bout, qu\u2019on comprenne que cette portion d\u2019amour dans une famille recomposée vaut la peine d\u2019être considérée, qu\u2019on n\u2019est pas juste un siège éjectable, alors j\u2019aurai atteint mon but.» «Il y a de plus en plus, dans notre société, de familles recomposées qui se décomposent.Or, dans la décomposition, les enjeux pour les enfants et les beaux- parents ne sont pas [prévus par la loi].Comme société, il va falloir qu\u2019on se questionne» \u2014 Marie-Chantal Perron MARIE-CHANTAL PERRON LE DEUIL DE LA BELLE-MÈRE Marie-Chantal Perron signe un premier récit sur le drame des parents (ici une belle-mère) qui n\u2019ont aucun droit sur les enfants (ici la fille de l\u2019ex-conjoint), à qui ils s\u2019attachent néanmoins, avec le temps.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E11 MUSIQUE Papillon de Nuit : The Night Butterfly HHH1/2 SOUL/R&B TANIKA CHARLES L\u2019artiste canadienne présente un troisième album lumineux dans lequel elle chante les bonheurs et les souffrances qui accompagnent l\u2019amour.Elle confère une âme et une authenticité à des textes qui oscillent entre le cliché et l\u2019intemporel.Des écrins musicaux simples et efficaces accueillent la voix expressive, à la fois riche et feutrée, de Tanika Charles.Sur des airs entrainants, comme celui de Paintbursh and a Palette, elle nous dévoile tout le groove dont elle est capable.Alors que l\u2019album semble s\u2019essouffler et devenir un peu prévisible, la chanteuse fait appel à DijahSB pour un court rap mémorable avant de clore ce disque en beauté en compagnie du multi-instrumentiste Khari McClelland.En plus de ces deux collaborations bien choisies, on retrouve en coulisses Robert Bolton, qui a déjà participé à la création de son album Run Soul sélectionné aux prix JUNO en 2017.VALÉRIE MARCOUX MUSIQUE Fluxus Pop HHH1/2 ÉLECTRO-POP RIP POP MUTANT Ce premier album solo d\u2019Alex Ortiz s\u2019ouvre sur un foisonnement de sons à travers lesquels on décèle une mélodie insaisissable.Follow Birds annonce la recherche d\u2019originalité qui guide son auteur-com- positeur.Ce premier morceau est suivi d\u2019autres plus dansants où la voix robotisée de l\u2019artiste multidisciplinaire semble nous parvenir de loin.Au cours des treize titres proposés, il chante et déclame des textes minima- listes en français, en anglais et en espagnol.Des guitares et une basse agréablement lourde accompagnent sporadiquement cette musique electro-pop où convergent les influences du post-punk et du new wave.Les rythmes répétitifs sont ponctués de fascinantes surprises.Adrian Popovich et Ortiz jouent pratiquement tous les instruments enregistrés, sauf quand les jumeaux du compositeur s\u2019invitent au piano, aux percussions ou aux synthétiseurs.Ils crient aussi quelques répliques, notamment dans Miro Milan.La fille d\u2019Ortiz chante également sur cet album exaltant qui s\u2019inspire du mouvement artistique Fluxus des années 1960.VALÉRIE MARCOUX MUSIQUE Promise HHHH FOLK-ROCK/ WORLD MICHAEL BEHARIE L\u2019improvisateur et compositeur Michael Beharie (Zs) propose un album de musique folk rock étoffé qui nous fait voyager du Pérou à l\u2019Inde grâce au Charago et l\u2019envoûtante flûte Bansuri de Laura Cox.Dans une atmosphère de chorale brumeuse mettant à profit la voix de Charlotte Mundy, Beharie nous invite dans une aventure musicale luxuriante où les sons électroniques de la TR-808 rencontrent ceux des cordes péruviennes.D\u2019une beauté particulière, Thakur met en valeur le talent des deux collaboratrices dans une courte pièce instrumentale.Ce morceau est suivi de la dansante August, alors que For Days plonge dans le rock en y entraînant avec art l\u2019instrument nord-indien de Cox.Malgré les différences notables entre les huit compositions de cet opus, le tout s\u2019agence de manière organique.De l\u2019intériorité à la communion, les textes de Beharie explorent avec sensibilité les thèmes de l\u2019intimité, de l\u2019authenticité, du sérieux et de la franchise.VALÉRIE MARCOUX LIVRE La jardinière des océans HHH JEUNESSE SARAH LALONDE, FRANCE CORMIER Feuilles de lierre, tiges d\u2019aneth, fleurs de lavande et autres plantes ne doivent pas être sous-estimées : leurs odeurs distinctives, goûts merveilleux et couleurs vives ont des charmes insoupçonnés.C\u2019est du moins ce que croit Gallia, une fillette qui, au lieu de suivre les traces de son papa pirate, préfère être la jardinière des océans.Sous la plume de Sarah Lalonde et les fabuleux dessins de France Cormier, on plonge ainsi dans les yeux de Gal- lia.Dans son monde merveilleux \u2014 quasi poétique \u2014 où les batailles se concluent sans perdant.Quoique simple, La jardinière des océans est un album jeunesse qui joue avec l\u2019idée qu\u2019on se fait des pirates et l\u2019amène complètement ailleurs.Dès six ans.LÉA HARVEY LIVRE Seuls HHH1/2 RÉCIT/DOCUMENTAIRE PAUL TOM, MÉLANIE BAILLAIRGÉ On dit parfois que les données et les statistiques sont froides et distantes.Celle qui ouvre Seuls, le documentaire de Paul Tom, est loin de l\u2019être : «Chaque année, plus de 400 jeunes d\u2019âge mineur arrivent seuls au Canada pour demander le statut de réfugié.» Si le chiffre est frappant, l\u2019œuvre de l\u2019auteur l\u2019est tout autant.Sensible et intelligente, l\u2019adaptation papier du film, magnifiquement illustrée par Mélanie Baillairgé, nous plonge dans l\u2019histoire de Afshin, Alain et Patricia.Trois enfants nés respectivement en Iran, au Burundi et en Ouganda, qui ont tout quitté et traversé des milliers de kilomètres pour rejoindre le Canada.Des récits de vie touchants et tragiques, mais aussi inspirants.LÉA HARVEY MUSIQUE Pax et Bonum HHHH STONER ROCK GROS MENÉ Gros Mené, c\u2019est l\u2019exutoire musical de Fred Fortin, le véhicule parfait pour se lâcher lousse avec son ami Olivier Langevin.Quand il y a suffisamment de chansons dans la marmite et que le presto vient près d\u2019exploser, le groupe enregistre un album, ce qui arrive à peu près tous les 10 ans.Cette fois, Fortin et sa bande souhaitent nous apporter paix et bonheur, avec une bonne dose de chaos en prime.On démarre sur les chapeaux de roues avec l\u2019histoire de Bonsaï, un nain star de porno.C\u2019est stoner à souhait, les guitares sont bien grasses, on reconnaît avec bonheur le son du Lac, tout comme l\u2019inimitable picking de Langevin.Preuve que le hard blues et le stoner rock sont de proches cousins, cette pièce, mais surtout les suivantes La Sarre et Télévision, est aussi animée sans gêne par le bottleneck du guitariste qui agit généralement à titre de leader du groupe Galaxie.Il s\u2019agit jusqu\u2019ici d\u2019une évolution sonore parfaitement conséquente, les surprises sont à venir ; car si le précédent album Agnus Dei était résolument rock, Pax et Bonum est un recueil d\u2019idées beaucoup plus hétéroclites.LA PRESSE MUSIQUE Unlimited Love HHH ROCK RED HOT CHILI PEPPERS John Frus- ciante est de retour après 16 ans d\u2019absence sur disque avec Red Hot Chili Peppers.Le réalisateur Rick Rubin aussi.Les conditions étaient réunies pour que le groupe de Los Angeles offre un album qui part à la recherche du temps perdu, c\u2019est-à-dire en quête de sa superbe passée.Unlimited Love est l\u2019album le plus mollo de RHCP, et de loin.Sur plus de la moitié des chansons, Anthony Kiedis chante tout doucement, mettant au jour un fond de tristesse que le groove des débuts du groupe masquait.Et quand la cadence s\u2019accélère, la basse trépignante de Flea et le jeu expressif de Chad Smith mettent du relief, sans pour autant vraiment propulser les chansons.Le retour de Frusciante a beau apporter des textures, des mélodies, de la dynamique aux chansons et même une énergie rock au disque, on reste finalement sur notre faim.Ce 12e album n\u2019est pas un naufrage.Pas des retrouvailles tripatives non plus.Red Hot Chili Peppers sonne comme Red Hot Chili Peppers\u2026 au tournant des années 2000.L\u2019étincelle en moins.LA PRESSE MUSIQUE Un homme et son piano HHH ½ POP P\u2019TIT BELLIVEAU Qu\u2019on avait hâte de retrouver les mélodies catchy (comme il dirait sûrement) et les rimes impossibles de P\u2019tit Belliveau.Si on le savait déjà extraordinaire compositeur, l\u2019artiste acadien vient de nouveau faire ses preuves avec le génial Un homme et son piano.Après Greatest Hits Vol.1, Jonah Guimond (de son vrai nom) parvient à prendre à la fois une trajectoire différente et à rester ancré dans cette unicité qui fait de lui un formidable auteur-compositeur-interprète.On ne retrouve plus autant le même enrobage instrumental résolument plus country.On ne perd rien, par contre, de la qualité de la production, de l\u2019inventivité des refrains et des couplets ou de la portée des paroles.On sent une œuvre plus proche des états d\u2019âme de l\u2019artiste que la précédente.Le rapport entre la composition électronique et celle plus organique est particulièrement intéressant dans la proposition de P\u2019tit Belliveau, qui a manifestement la tête pleine de bonnes mélodies et qui sait les présenter avec doigté.On aime avoir accès à cet univers, et on aime la façon dont il le fait partager.On a déjà hâte à la suite.LA PRESSE LIVRE Ton absence n\u2019est que ténèbres HHHH ROMAN JÓN KALMAN STEFÁNSSON Peu d\u2019écrivains ont le talent de l\u2019Islandais Jón Kalman Stefánsson pour narrer la vie rurale à la lisière du monde.Ton absence n\u2019est que ténèbres est une saga familiale logorrhéique de laquelle il est impossible de s\u2019extirper.On pourrait le traiter de divagation prolixe ; et pourtant, on est ensorcelé par ce chant mélancolique, incapable de s\u2019en détacher au fil des quelque 600 pages qui relatent les choix impossibles de cinq générations.Traversé de part et d\u2019autre par la pensée de Kierkegaard comme de la musique de Bob Dylan, Leonard Cohen, Les Beatles et Nick Cave, parmi tant d\u2019autres, ce roman, qui a remporté le Prix du livre étranger 2022 France Inter/Le Point, sonde l\u2019histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont dû prendre des décisions déchirantes \u2014 partir, se résoudre à son destin ou abandonner \u2014 et explore les paradoxes de l\u2019existence avec une universalité qui dépasse les frontières d\u2019une époque ou d\u2019un territoire.LA PRESSE Exceptionnel HHHHH?Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter?H Vu, lu, entendu cette semaine SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E12 ARTS MAGAZINE GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil « Je pense qu\u2019on est plusieurs al- lochtones à avoir honte de notre histoire, de la façon dont nos ancêtres ont agi.Là, je crois qu\u2019on est nombreux à vouloir retisser des liens avec les autochtones. » Ces mots sont ceux de l\u2019actrice Christine Beaulieu.Déjà préoccupée par la question, elle s\u2019y est immergée davantage en incarnant le personnage principal du film Nouveau-Québec de Sarah Fortin.« J\u2019ai toujours été très intéressée par les Premières Nations, ajoute- t-elle.Mais en même temps, il y a une timidité, une pudeur.J\u2019y vais vraiment doucement.J\u2019ai besoin de sentir que je suis la bienvenue et qu\u2019ils désirent aussi de leur côté me rencontrer.Ça se fait à deux. » Avec Nouveau-Québec, la cinéaste spécialisée en documentaire Sarah Fortin signe un premier long métrage de fiction.Elle y explore la relation complexe entre les populations autochtones et allochtones de Schefferville, 40 ans après la fermeture de la mine.Dans un contexte où les blessures sont encore vives, la réalisatrice a imaginé une sorte de huis clos des grands espaces.Sophie, l e p e r s o n n a g e i n c a r n é p a r Christine Beaulieu, se rend sur la Côte-Nord avec son amoureux (Jean-Sébastien Courchesne) afin d\u2019y répandre les cendres de son père, un ancien travailleur minier.Le séjour qui devait être bref sera prolongé par une enquête policière.Coincés sur place, les deux urbains seront appelés à côtoyer les résidents majoritairement autochtones qui ont continué d\u2019habiter les lieux après la fermeture de la mine.TROUS ET CICATRICES « Quand tu arrives là-bas, les paysages sont très troublants.Tu vois l\u2019histoire sous tes yeux.Il y a ces grands trous de mines qui se remplissent tranquillement d\u2019eau.Plus rien ne se passe autour », décrit Sarah Fortin.La réalisatrice évoque « des cicatrices énormes » qui ont été creusées sur le territoire.Mais aussi un sentiment d\u2019abandon.« On est partis, mais les Innus sont restés derrière avec la question : \u201cQu\u2019est-ce que vous nous laissez ?\u201d indique-t-elle.J\u2019ai l\u2019impression que ç\u2019a longtemps été ça, la relation entre les alloch- tones et les autochtones : on vous a promis des choses, on vous a blessés, et maintenant, on s\u2019en va et on s\u2019en fout. » Nouveau -Québ e c e x p l o r e cette question plus large à travers l\u2019expérience de Sophie, qui découvre à Scheffer ville une partie de la vie de son père qui lui était inconnue.Et là n\u2019est pas le seul dépaysement pour le personnage et son interprète dans ce film tourné sans maquillage, avec un grand souci de réalisme : le voyage comprend un très long trajet en train et un petit choc culturel à destination, dans une communauté où la langue innue prédomine.« C\u2019est spécial d\u2019arriver à Mati- mekush ou à Schefferville, parce que c\u2019est toi, l\u2019étrangère, illustre Christine Beaulieu.C\u2019est un sentiment qui est fort et je pense que c\u2019est important de le vivre de temps en temps.De changer de côté, de prendre une autre posture chez nous\u2026 » JEU NATUREL Plusieurs interprètes de Nou- veau-Québec ont d\u2019ailleurs été recrutés sur place par la réalisatrice, qui n\u2019a pas souhaité que leurs dialogues soient sous-titrés.« Nous, on a des formations pour tout.Ça vient avec plein de codes et on est pris avec.Eux, on dirait qu\u2019ils tassent tous ces codes et là, il se passe quelque chose qui est beaucoup plus fondamental à mes yeux.Et c\u2019est très, très fort. » \u2014 Christine Beaulieu « On voulait que ce soit reçu de la même manière que les personnages, qui sont exclus d\u2019une certaine compréhension, indique Sarah Fortin.D\u2019un côté, ça peut être frustrant.De l\u2019autre, on peut lâcher prise, se laisser bercer par ça et essayer d\u2019en apprendre des petits bouts. » C\u2019est ce que fera la nouvelle venue Sophie au contact de Jean-Louis, interprété par l\u2019acteur non professionnel Jean-Luc Kanapé.Le grand gaillard, qui œuvre dans la vie à la préservation des caribous, défend un rôle prédominant dans le film.Christine Beaulieu décrit cette expérience avec ses collègues non-acteurs comme « une leçon de jeu ».« Nous, on a des formations pour tout, observe-t-elle.Ça vient avec plein de codes et on est pris avec.Eux, on dirait qu\u2019ils tassent tous ces codes et là, il se passe quelque chose qui est beaucoup plus fondamental à mes yeux.Et c\u2019est très, très fort. » « Être un bon acteur, c \u2019est réussir à tout mettre de côté et vraiment se déposer dans la situation qu\u2019on est en train de créer, ajoute la comédienne.On dirait qu\u2019ils ne se sont même pas rendu compte qu\u2019ils le faisaient de façon naturelle.C\u2019était vraiment impressionnant. » ROSE PÂLE Si Nouveau-Québec se déploie comme une main tendue, le tableau que le film dépeint n\u2019est pas simple pour autant.Comme dans la vraie vie, il reste du chemin à faire pour arriver à la réconciliation.« Je n\u2019avais pas envie de faire un portrait à travers des lunettes trop roses, note Sarah Fortin.Je suis peut-être trop attachée au réel, j\u2019ai tendance à présenter les choses telles qu\u2019elles sont.Je n\u2019avais pas envie que tout se répare soudainement. » La réal isatr ice, qui tourne actuellement le documentaire Nitassinan avec la poétesse José- phine Bacon, pose quand même un regard optimiste vers l\u2019avenir.« J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il y a des choses qui se peuvent de plus en plus maintenant, avance Sarah Fortin.Les jeunes, actuellement, n\u2019ont pas le même rapport que leurs parents.Je vois beaucoup d\u2019espoir à travers eux, si on peut leur laisser le loisir de gérer leur territoire. » Christine Beaulieu abonde dans le même sens, citant le travail de son complice à l\u2019écran Jean-Luc Kanapé.« Son métier, c\u2019est de protéger le Pipmuacan, qui est un territoire pour le caribou forestier, souligne la comédienne.Je pense que le jour où on va tisser des liens, c\u2019est le jour où le gouvernement va décider de le protéger, le Pipmuacan.Il ne suffit pas de dire qu\u2019on veut créer une relation avec les Premières Nations.Il faut poser des gestes concrets q u i s o nt a l i g n é s av e c l e u r s valeurs. » NOUVEAU-QUÉBEC DES LIENS À RETISSER Christine Beaulieu interprète le rôle principal du film Nouveau-Québec, qui explore la relation complexe entre les populations autochtones et allochtones de Schefferville, 40 ans après la fermeture de la mine.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, DAVID BOILY La réalisatrice Sarah Fortin \u2014 PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E13 GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE Forte de son parcours dans le documentaire, Sarah Fortin propose avec Nouveau-Québec un premier long métrage de fiction d\u2019un réalisme frappant.Dans ce qui ressemble à un huis clos des grands espaces, la cinéaste nous emmène à Schefferville, à la rencontre de deux mondes pas si simples à réconcilier.Pas de coiffure ni de maquillage.Plusieurs acteurs non professionnels recrutés dans la région.Une sensibilité palpable pour la réalité des communautés autochtones qu\u2019elle a filmées\u2026 Sarah Fortin offre avec ce film un voyage vers une destination pas si éloignée, mais qui peut sembler étrangère à bien des égards.Trente ans après la fermeture d\u2019une mine qui a transformé le territoire et marqué la population majoritairement autochtone restée sur place, Sophie (Christine Beaulieu) retourne à Scheffer- ville pour y disperser les cendres de son père, un ancien travailleur minier.Accompagnée de son amoureux Mathieu (Jean-Sébastien Courchesne), elle compte profiter de son passage pour revi- siter ce lieu où elle a vécu une partie de son enfance.Le séjour du couple sera prolongé par un incident dramatique impliquant son oncle (Jean-Marc Dalpé).Coincés sur place, Sophie et Mathieu réagiront de manières bien différentes au dépaysement auquel ils sont confrontés.Dans ce secteur isolé de la Côte- Nord, au cœur des communautés innue et naskapie, leur langue n\u2019est pas celle qui domine.Leur présence attire les regards, ils essuient quelques moqueries, un peu de méfiance (surtout envers Mathieu, sur qui pèsent des soupçons).Pendant que son conjoint se braque et se replie sur lui-même, Sophie suivra une curiosité attisée par ce qu\u2019elle découvre sur son père en ces lieux qui lui ont été si chers.Ce sera fait un peu à tâtons, avec une pudeur dépeinte av e c j u s t e s s e p a r C h r i s t i n e Beaulieu.LA LANGUE INNUE SANS SOUS-TITRES Nouveau-Québec se décline comme une rencontre entre autochtones et allochtones, dans un contexte où les blessures du passé sont loin d\u2019être oubliées.Des liens se tissent, principalement entre Sophie et un résident du coin, Jean-Louis (Jean-Luc Kanapé), qui lui sert d\u2019abord de guide et d\u2019interprète.Ils développeront une complicité, mais celle-ci ne sera pas non plus idéalisée.D\u2019autres préfèrent carrément refuser la main tendue.Dans un souci de réalisme, Sarah Fortin garde une place à la langue innue, non sous-titrée, dans son film.Nous voilà comme Sophie, dépendant de Jean-Louis pour comprendre ce qui se dit autour d\u2019elle.La cinéaste laisse aussi beaucoup parler les images dans cet espace à la fois impressionnant de grandeur, mais portant les cicatrices laissées par l\u2019exploitation minière.Le décor devient un personnage en lui-même.Et si elle met en scène une histoire, Sarah Fortin n\u2019arrange pas avec la fille des vues une réconciliation qui ne se fera pas en claquant des doigts.Les enjeux sont complexes, les relations humaines aussi.La réalisatrice traite les uns comme les autres avec lucidité et respect.GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE L\u2019impression d\u2019une douceur paisible se mélange à un engagement presque militant dans le documentaire L\u2019acte de la beauté de Nicolas Paquet.Le réalisateur y met en évidence la pensée, mais aussi l\u2019action du philosophe paysan Jean Bédard, qui voit dans un retour à la terre une réponse à l\u2019urgence écologique.C i n é a s t e i n s t a l l é à S a i n t - Alexandre-de-Kamouraska, Nicolas Paquet explore des enjeux liés à la ruralité depuis plusieurs années.Les écrits de Jean Bédard avaient capté son attention depuis un moment quand le réalisateur s\u2019est invité avec sa caméra sur la ferme où le philosophe et sa femme ont créé le projet Sageterre.En ces lieux, l\u2019agriculture à hauteur d\u2019homme fait des petits dans les champs, mais aussi dans la tête de ceux qui y élisent domicile.Jean Bédard, dont les textes tirés du livre Journal d\u2019un réfugié de campagne servent de trame à L\u2019acte de la beauté, ne mâche pas ses mots pour dire que le temps presse en ce qui concerne l\u2019avenir de la planète.Il évoque une guerre mondiale de la consommation à laquelle il faut se préparer.Lui- m êm e d e ve nu paysa n , M. Bédard plaide pour une plus grande autosuffisance : produire soi-même ce que l\u2019on peut, acheter le moins possible et privilégier les achats locaux.Il insiste aussi sur la nécessité de se « collectiviser ».Concrètement, le tout s\u2019exprime avec Sageterre, devenue une fiducie d\u2019utilité sociale agricole (FUSA).Le terrain où M. Bédard et les locataires qui se joignent à lui cultivent les champs et élèvent des animaux est devenu un bien commun.La terre y est désormais protégée dans une structure qui dépasse l\u2019idée de propriété privée.IDÉALISME DÉCOMPLEXÉ La démarche associée à ce qui est décrit comme un lieu d\u2019apprentissage, de partage et d\u2019échange est teintée d\u2019idéalisme.On ne s\u2019en cache pas, notamment dans une assemblée de locataires où des idées presque révolutionnaires sont énoncées\u2026 Dans le sourire et la bonne humeur, précisons-le.Parce qu\u2019au-delà du sentiment d\u2019urgence et des prises de position sur notre société de consommation, une ambiance paisible transparaît dans le film de Nicolas Paquet.Celle-ci est inspirée par Jean Bédard lui-même, qui décrit inévitablement la nature en lien avec sa beauté.Le cinéaste a passé assez de temps à Sageterre pour capter les saisons qui passent, les travaux de ferme qui se suivent au même rythme.Sa présence discrète nous montre ces paysans plus ou moins expérimentés qui se salissent les mains dans la terre, qui prennent soin des animaux.Loin des exigences industrielles, cette routine devient une sorte de rituel à la fois simple, mais qui comporte ses écueils, qui demande du travail.Les résultats \u2014 appréciés même dans une assiette de frites \u2014 semblent franchement valorisants.Au générique Cote : ?1/2?Titre : Nouveau-Québec Genre : Drame Réalisatrice : Sarah Fortin Acteurs : Christine Beaulieu, Jean-Sébastien Courchesne et Jean-Luc Kanapé Durée : 1 h 36 Au générique Cote : ?Titre : L\u2019acte de la beauté Genre : Documentaire Réalisatrice : Nicolas Paquet Durée : 1 h 9 NOUVEAU-QUÉBEC Des blessures encore vives Les personnages portés par Jean-Luc Kanapé et Christine Beaulieu développent une complicité qui ne sera pas idéalisée dans Nouveau-Québec.\u2014 PHOTO FUNFILM L\u2019ACTE DE LA BEAUTÉ Réfléchir la terre et cultiver les idées L\u2019acte de la beauté s\u2019intéresse au projet Sageterre de Jean Bédard, au sein duquel la solidarité s\u2019allie à une agriculture à échelle humaine.\u2014 PHOTO SPIRA SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E14 ARTS MAGAZINE VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com Membre fondateur de Rush, Alex Lifeson a repris du service au sein d\u2019une nouvelle formation et se consacre surtout à la création plutôt qu\u2019à la performance.«Envy of None n\u2019est pas vraiment un band.Nous sommes quatre au- teurs-compositeurs qui se sont réunis pour faire ce projet», précise le guitariste.Alex Lifeson n\u2019est jamais monté sur scène avec ses complices Andy Curran, Maiah Wynne et Alfio Annibalini.D\u2019ailleurs, il ne le fera peut-être jamais.Envy of None ne prévoit pas faire une tournée ni nécessairement offrir un spectacle.«Je n\u2019ai pas vraiment envie d\u2019aller en tournée.Je ne pense pas qu\u2019Andy le veuille non plus, mais Maiah serait géniale.J\u2019adorerais faire quelque chose comme une seule soirée spéciale et l\u2019enregistrer», affirme le guitariste de 68 ans.La col lab orat ion entre ces quatre artistes a été initiée par le bassiste et membre fondateur de Coney Hatch, Andy Curran.Il a contacté son ami Alex Lifeson il y a six ans pour lui demander de jouer quelques lignes de guitare sur des compositions qu\u2019il travaillait informellement.Puis Curran a rencontré l\u2019au- trice-compositrice-interprète Maiah Wynne dans un concours de chanson auquel il participait à titre de juge.Le réalisateur et ingénieur de son Alfio Annibalini est éventuellement venu compléter cette formation musicale.La chanteuse américaine de 25 ans est en quelque sorte devenue la muse des trois musiciens.Maiah Wynne a déjà fait paraître des albums de musique folk par le passé et continue de travailler sur ses projets en parallèle à Envy of None.«Maiah est jeune, mais elle est très talentueuse et mature dans sa manière de faire ses arrangements et de concevoir sa voix.Ses paroles sont géniales, mais j\u2019étais surtout connecté à sa façon de chanter et aux mélodies qu\u2019elle utilise», partage Lifeson, inspiré par les multiples enregistrements que Maiah lui a transmis.Envy of None a composé et enregistré la majorité des 11 titres proposés sur ce premier album éponyme pendant la pandémie.Le nom du groupe a été proposé par le batteur David Steinberg qui les accompagne sur quelques pistes.«C\u2019est comme la couverture de l\u2019album, ce n\u2019est pas vraiment connecté à quoi que ce soit.Envy of None a un joli son quand on le prononce», soutient le guitariste.L e mu si c i e n e st f i è re m e nt conscient du peu de ressemblance entre la musique qu\u2019il a récemment produite et celle qu\u2019il faisait avec son groupe qui l\u2019a rendu célèbre.«Les chansons sont toutes très différentes.Ils vont du punk rock à l\u2019euro pop en passant par la country et l\u2019industriel.Il y a beaucoup de choses sur ce disque et ça s\u2019est fait très naturellement, indique Lifeson.J\u2019ai rarement travaillé avec d\u2019autres personnes en dehors de Rush avec qui j\u2019ai eu une telle expérience.» Le musicien affirme s\u2019être amusé à ce que sa guitare sonne le moins possible comme une guitare.De plus, il n\u2019offre qu\u2019un seul solo sur tout l\u2019album, soit dans Spy House.«J\u2019apprécie vraiment ce projet, car je ne me considérais pas tellement comme un guitariste, j\u2019étais plutôt un auteur-compositeur», déclare-t-il.L\u2019ART ET LES GUERRES Kabul Blues a été composé avant la prise de Kaboul par les tali- bans en 2021.Mais ce n\u2019est pas la première fois que cette ville et ce pays traversent des périodes troubles.«C\u2019est la pagaille en Afghanistan depuis longtemps, fait valoir le rocker canadien.Je voulais écrire un blues qui ait un côté exotique oriental tout en étant trippy.» Alors qu\u2019il évoque les guerres ENVY OF NONE LE NOUVEAU PROJET D\u2019ALEX LIFESON leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E15 qui ont ravagé ce terr itoire, impossible de ne pas mentionner celle qui est en cours en Ukraine.Alex Lifeson a d\u2019ailleurs fabriqué un drapeau ukrainien qu\u2019il a installé dans le champ de la caméra de son ordinateur pour démontrer sa solidarité envers ce peuple.«Mes parents sont venus de Yougoslavie après la guerre, partage le guitariste.C\u2019est horrible ce dont nous sommes témoins en Ukraine en ce moment.C\u2019est frustrant de ne rien pouvoir faire.» Bien qu\u2019il soit d\u2019accord avec les sanctions imposées contre la Russie, il croit que le boycottage des artistes russes est peut-être de trop.«J\u2019ai un peu de problèmes avec ça.Je ne pense pas que ce soit un problème russe.La plupart des Russes, quand ils parlent, sont arrêtés immédiatement.[Le problème], c\u2019est lui.C\u2019est [Poutine], soutient le musicien.Ici, à Toronto, j\u2019ai lu des articles sur des restaurants [russes] dont les vitrines ont été brisées et des choses comme ça.La plupart des Russes qui sont ici le sont parce qu\u2019ils ne veulent pas être en Russie.» HOMMAGE À NEIL PEART «Western Sunset est très chère à mon cœur», confie Alex Lifeson qui a composé cette douce ballade instrumentale en hommage à Neil Peart.Le batteur et parolier de Rush est décédé en janvier 2020 d\u2019un cancer au cerveau.L\u2019inspiration pour cette chanson lui est venue alors qu\u2019il rendait visite à son ami malade.«J\u2019étais sur son balcon à regarder le coucher de soleil», se souvient-il.«Quand nous avons su que Neil était malade, ç\u2019a changé beaucoup de choses.Nous nous sommes concentrés à passer du temps avec lui et à l\u2019aider autant que nous pouvions dans cette épreuve.» « Après son décès, je n\u2019avais pas vraiment envie de jouer de musique.Je pense que ça fait partie de la façon dont je vis mon deuil», explique le guitariste qui s\u2019est remis à la musique un an après le décès de son ami.C\u2019est à partir de ce moment que le projet de Envy of None est passé en seconde vitesse.L\u2019album éponyme est paru le 8 avril 2022 via Kscope.Puisque Alex Lifeson a eu beaucoup de plaisir à le faire, ce premier opus ne devrait pas être le seul.1 1 Envy of None réunit Alex Lifeson, Alfio Annibalini Andy Curran et Maiah Wynne.\u2014 PHOTO RICHARD SIBBALD 2 Alex Lifeson affiche les couleurs de l\u2019Ukraine sur Zoom.\u2014 CAPTURE D\u2019ÉCRAN ZOOM 2 «Les chansons sont toutes très différentes.Ils vont du punk rock à l\u2019euro pop en passant par la country et l\u2019industriel.Il y a beaucoup de choses sur ce disque et ça s\u2019est fait très naturellement, indique Lifeson.J\u2019ai rarement travaillé avec d\u2019autres personnes en dehors de Rush avec qui j\u2019ai eu une telle expérience.» \u2014 Alex Lifeson SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E16 ARTS MAGAZINE HORTICULTURE LARRY HODGSON Collaboration spéciale U n d e s a s p e c t s d e l a culture des plantes d\u2019intérieur est qu\u2019il faut les rempoter de temps en autre.Non pas que c\u2019est compliqué à faire, mais si l\u2019on retarde trop, cela peut endommager ou même tuer votre plante.Et comme le printemps est la meilleure période de l\u2019année pour l\u2019accomplir, voici un résumé de la technique.EST-CE QUE MA PLANTE A BESOIN D\u2019ÊTRE REMPOTÉE?Voici les principales raisons pour lesquelles il vaut la peine de rempoter votre plante.\u203a La plante est dans un pot sans trou de drainage.On en voit fréquemment en magasin depuis quelque temps.Tristement, ces plantes vivent rarement très longtemps dans la maison.Rempotez- les dans un pot plus approprié dès l\u2019achat.\u203a La plante sèche seulement quelques jours après un bon arrosage.C\u2019est signe que son terreau est rempli de racines et ainsi l\u2019eau appliquée est vite épuisée.Il lui faut plus d\u2019espace pour ses racines.\u203a Une croûte blanchâtre ou jaunâtre se forme sur les parois intérieures du pot.Il s\u2019agit de calcaire et signale que le terreau est trop riche en sels minéraux venant des arrosages et fertilisations passées.Ces sels deviennent toxiques aux racines à la longue.Dans ce cas, lors du rem- potage, faites tomber un maximum de terreau contaminé pour le remplacer par du frais.\u203a La plante ne tient plus debout.Elle est trop lourde du haut.Rempotez-la dans un pot plus gros et plus lourd.\u203aDes racines sortent des trous de drainage, une indication claire qu\u2019elles cherchent plus d\u2019espace.\u203a Le pot éclate ou est déformé.Il y a tellement de racines qu\u2019elles créent une pression sur le pot! \u203a La plante est dans le même pot depuis plus de 2 ans (5 ans dans le cas de succulentes).Il est toujours sage de rempoter une plante avant que les problèmes précédents n\u2019apparaissent! LA TECHNIQUE Assurez-vous d\u2019avoir sous la main un pot de taille appropriée, normalement 2,5 à 5 cm plus gros que le précédent.La matière dont le pot est composé a peu d\u2019importance (plastique, fibre de verre, terre cuite, etc.), mais il est vital qu\u2019il ait un ou plusieurs trous de drainage.Un pot sans trou peut toutefois servir de cache-pot.Il faut aussi du terreau.Un terreau d\u2019empotage commercial d\u2019une marque connue est habituellement un excellent choix, plus encore s\u2019il contient des mycorhizes (champignons bénéfiques).Un terreau pour semis peut aussi convenir.Évitez les terres à jardin, toutefois.Pour les orchidées, il faut un terreau spécial, identifié comme tel, à particules très grossières.Il existe aussi des terreaux pour cactées et autres succulentes, mais habituellement, elles réussissent très bien dans un terreau d\u2019empotage ordinaire.Aussi, idéalement vous aurez arrosé la plante 1 ou 2 jours à l\u2019avance.Ainsi, ses racines s\u2019agripperont moins au pot.VOICI COMMENT FAIRE Préparez du terreau dans un bol ou seau.Mélangez-y de l\u2019eau tiède et remuez avec une cuillère.Vous voulez la consistance d\u2019une éponge essorée.Certains jardiniers aiment bien aussi mélanger un peu d\u2019engrais tout usage au mélange.Sortez la plante de son pot.Pour ce faire, tenant solidement la base de la plante entre vos doigts, inversez le pot et frappez solidement sur le fond avec la paume de votre main.La motte de racines devrait alors s\u2019enlever facilement.Placez un filtre au fond du nouveau pot (un morceau de papier journal ou un filtre à café, par exemple).Ainsi, lors de l\u2019arrosage, le surplus d\u2019eau peut sortir, mais pas le terreau.Contrairement à la croyance populaire, aucune couche de drainage (de gravier, de tessons, etc.) n\u2019est nécessaire.Elle est même fortement déconseillée.Faites tomber environ 1/3 de l\u2019ancien terreau.(Presque tout le terreau s\u2019il est contaminé aux sels minéraux.) Utilisez à cette fin vos doigts, une baguette ou un crayon.S\u2019il y a des racines qui recouvrent le fond du pot ou qui en font le tour, coupez-les.Ce sont des racines d\u2019ancrage, nullement utiles à une plante qui pousse en pot.Versez du terreau humide dans le fond du pot, assez pour que la motte soit au même niveau dans le nouveau pot que dans l\u2019ancien.Centrez la motte sur la nouvelle couche de terreau.Ajoutez du terreau tout autour de la motte et au travers les racines, puis tassez légèrement.Arrosez bien.Placez la plante à l\u2019abri du soleil direct pendant une semaine ou deux, le temps qu\u2019elle s\u2019acclimate au changement.Retournez la plante à son emplacement d\u2019origine.Votre travail est fait! REMPOTEZ VOS PLANTES D\u2019INTÉRIEUR SANS PEINE 3 2 leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E17 SOINS SPÉCIAUX POUR LES CACTÉES ET SUCCULENTES Ces plantes de milieu aride préfèrent un milieu plutôt sec et leurs racines tendent à pourrir dans un terreau humide.Rem- potez-les alors dans un terreau sec et ne les arrosez pas avant 2 ou 3 semaines, le temps que toute blessure aux racines guérisse.Et voilà! Rempoter une plante n\u2019est pas plus compliqué que cela! ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE Les Mosaïcultures cherchent des bénévoles Les organisateurs de l\u2019exposition Mosaïcultures Québec 2022 lancent un appel à tous pour recruter plusieurs centaines de bénévoles.Installé au parc du Bois-de-Coulonge, à Québec, du 24 juin au 10 octobre 2022, cet événement rassemblera plus de 200 œuvres et sculptures horticoles.Des bénévoles de 18 ans et plus \u2014 passionnés de plantes et de fleurs \u2014 seront mis à contribution pour l\u2019accueil des visiteurs, les visites guidées, les premiers soins, etc.Des postes d\u2019horticulteurs professionnels sont aussi à combler.Info : mosaiculture.ca ou emplois@ mosaiculture.ca Vivaces à floraison prolongée La Société d\u2019horticulture et d\u2019écologie de Saint-Nicolas présentera le mercredi 13 avril, à 19h30, la conférence Vivaces à floraison prolongée.Jardins à floraison continue, avec Roch Giguère.L\u2019activité aura lieu au Complexe aquatique multifonction- nel 1065, route des Rivières, Lévis.Coût : 7 $ non-membre et 5 $ étudiant et membre d\u2019une société horticole.Réservation recommandée.Info : 418 831-4837, courriel shestnicolas@gmail.com ou site Web shorticulture.wixsite.com/ shestnicolas/activites-1 Cours «Aménager votre paysage» La Société d\u2019horticulture de Québec annonce une série de six cours portant sur l\u2019aménagement paysager et dispensés par Alain Lorange, architecte-paysagiste.Les cours auront lieu au Centre communautaire Marchand, 2740, 2e Avenue Est, Québec.Chaque cours a lieu un mercredi soir à 19h30 et se termine à 22h.Ils débutent le 20 avril 2022 et se poursuivent le 27 avril et les 4, 11, 18 et 25 mai 2022.Coûts : 125 $ pour les membres de la SHQ, 150 $ pour les non-membres; 220 $ pour un couple membre de la SHQ et 255 $ pour un couple non- membre.Notes de cours fournies.Info : contactez Jeannine Bourque au 418 524-4300 ou j.bour4@ videotron.ca.Date limite d\u2019inscription : 15 avril 2022.Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinier paresseux@yahoo.com.\u203a Quand vous éclaircissez les semis de légumes, sachez que la plupart des plantules supprimées \u2014 laitue, oignon, chou, bette à carde, etc.\u2014 sont comestibles et constitueront votre première récolte.\u203a Voici quelques semis à faire cette semaine ou la semaine prochaine : aneth, chou frisé, coréopsis, dahlia nain, giroflée des jardins, marjolaine, muflier, persil, tomates.\u203a Récoltez des tiges de chatons de saule pour donner un effet printanier à votre logement.\u203a Si des pucerons apparaissent sur une plante d\u2019intérieur, donnez-lui une bonne douche hebdomadaire jusqu\u2019à ce qu\u2019ils disparaissent.PEUT-ON CULTIVER UNE KUMATO?Q Est-ce que la kumato est cultivable dans nos potagers?Jean Demers R Non.Ce fruit au nom mystérieux est tout simplement une tomate hybride (So- lanum lycoperiscum \u2018Olmeca\u2019).C\u2019est une sélection espagnole aux fruits brun vert de taille moyenne souvent utilisée dans les restaurants chics ou vendue dans les supermarchés haut de gamme.Elle est plus riche en fructose que la plupart des autres tomates, ce qui lui donne un goût un peu différent.Son épiderme robuste et épais fait qu\u2019elle peut facilement voyager sans dommage et résiste longtemps sur les tablettes.Par contre, si l\u2019on peut cultiver d\u2019autres tomates dans le potager domestique ordinaire, pourquoi ne peut-on pas cultiver une tomate Ku- mato?C\u2019est n\u2019est pas parce que ce cultivar est de culture difficile ou limitée à un certain climat.C\u2019est plutôt parce que la plante est protégée par un brevet.Or, son propriétaire, la société agroalimentaire suisse Sygenta, conserve jalousement les droits de multiplication.Seulement un nombre très limité de producteurs serricoles soigneusement choisis à travers le monde sont autorisés d\u2019en produire.D\u2019ailleurs, toute la chaîne de production est fortement surveillée pour que la plante ne tombe pas dans les mains des compétiteurs.Si quelqu\u2019un avait accès à une branche, il pourrait facilement la bouturer.Cependant, seules les personnes autorisées peuvent même approcher la plante.Évidemment, Sygenta n\u2019a pas le contrôle sur les semences trouvées dans le fruit et quand vous trouvez une Kumato dans votre assiette au restaurant, rien ne vous empêche d\u2019en récolter une graine ou deux pour semer chez vous.Cependant, Kumato est un hybride.Si vous semez des graines, ils ne seront pas «fidèles au type» (ne seront pas exactement identique à l\u2019original).Ainsi, Sygenta peut demander un tarif exorbitant pour un fruit qui ne devrait pas valoir plus cher que toute autre tomate et les restaurants et épiceries haut de gamme jouent le jeu.Et c\u2019est le consommateur qui paie le prix de cette arrogance horticole.RÉPONSES À VOS QUESTIONS Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil, C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec)?G1K 7J6 La Kumato est tout simplement un cultivar spécifique de tomate brune.\u2014 PHOTO 123RF/ANDREY STAROSTIN CALENDRIER HORTICOLE 1 Rempoter une plante est un véritable jeu d\u2019enfants! Essayez et vous verrez! \u2014 PHOTO 123RF/LARISA ILINA 2 Les longues racines qui tournent autour du pot sont inutiles à la plante.Supprimez-les au sécateur.\u2014 PHOTO 123RF/ANDRII ZORII 3 Ne remplissez pas le pot jusqu\u2019au bord comme dans cette photo.Laissez un espace d\u2019environ 2 à 5 cm libre de terreau en surface pour faciliter l\u2019arrosage.\u2014 PHOTO 123RF/TATIANA FOXY 1 SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E18 ARTS MAGAZINE P our chaque grande cause humanitaire, l\u2019industrie de la bière s\u2019est retroussé les manches et a offert diverses initiatives pour lever des fonds, envoyer des vivres ou sensibiliser les gens.La guerre en Ukraine et la crise humanitaire qui en découle ont, encore une fois, motivé l\u2019esprit d\u2019entraide dans l\u2019industrie.UKRAINE PALE ALE LE CASTOR La microbrasserie Le Castor a distribué une bière de type « blonde hybride » en l\u2019honneur de l\u2019Ukraine et de son peuple.Tous les profits de la vente de cette bière sont versés à la Croix-Rouge d\u2019Ukraine.Sur l\u2019étiquette, un code QR vous dirige vers l\u2019Agence des Nations Unies pour les réfugiés.Il en reste encore chez votre détaillant préféré.UKRAINE LAGER BEEMER Du côté de la microbrasserie de Roberval, 100 % des profits seront versés à la Croix-Rouge canadienne.Selon la brasserie, les fonds permettront d\u2019offrir une aide d\u2019urgence, notamment sous forme de fournitures médicales essentielles, de soutien psychosocial, de nourriture, d\u2019eau potable, de vêtements, d\u2019hébergement, d\u2019articles d\u2019hygiène personnelle, de combustible et d\u2019autre matériel d\u2019urgence.La distribution de cette bière vient de commencer; vous devriez la trouver chez votre détaillant préféré également.COLLABORATION INTERNATIONALE La brasserie Pravda de Lviv, en Ukraine, a lancé un appel à toutes les brasseries du monde pour fabriquer leur recette phare : une Golden Ale houblonnée à froid.Les profits de chaque brassin sont reversés à des associations à but non lucratif qui viennent en aide à l\u2019Ukraine.Des centaines de brasseries ont répondu à l\u2019appel à travers le monde.Au Québec, c\u2019est du côté de la microbrasserie Le Laboratoire du brasseur, situé à Delson, que vous pourrez goûter la Putin Huylo très prochainement.Je ne peux les nommer toutes, mais de plus en plus d\u2019initiatives voient le jour dans le but d\u2019offrir les profits d\u2019un événement ou d\u2019une bière à des associations à but non lucratif qui viennent en aide au peuple ukrainien.Buvons pour la cause, c\u2019est une autre façon d\u2019aider.PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale J e sais : votre monde gravite actuellement autour de l\u2019érable.Sirop, tire, beurre, sucre mou; l\u2019érable est partout, comme la neige qui tarde à fondre.L\u2019érable est aussi et surtout un produit qui s\u2019agence merveilleusement bien avec les fruits et les goûts exotiques qui nous rappellent le Sud, que ce soit l\u2019ananas, le fruit de la passion, le kiwi ou la mangue.C\u2019est avec sa grande polyvalence à l\u2019esprit que j\u2019ai eu le goût de vous faire découvrir une variation du pina colada dans ce qu\u2019elle peut avoir de plus gourmand, en substituant la noix de coco par un yogourt à la vanille qui apporte une texture riche et onctueuse.Légère en alcool, cette pina cola- da aux notes de fraise et d\u2019ananas pourrait devenir votre classique préféré du printemps, lorsque la température se réchauffe et que vous êtes à la recherche d\u2019un cocktail plein de fraîcheur à réaliser avec notre or québécois.Santé! Pina colada à l\u2019érable INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz de liqueur d\u2019érable (ou liqueur de whisky à l\u2019érable) \u2022 2 oz de jus d\u2019ananas \u2022 2 oz de yogourt à la vanille \u2022 3 fraises, pilées \u2022 Fraises et feuilles d\u2019ananas (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un shaker, piler les fraises dans la liqueur d\u2019érable.2 Mélanger le reste des ingrédients avec de la glace.3 Filtrer au tamis f in dans un verre ou dans une canne de sirop d\u2019érable remplie de glace.4 Décorer de tranches de fraises.QUOI BOIRE À LA CABANE?P H O T O A N N I E F E R L A N D Des bières pour aider l\u2019Ukraine La microbrasserie Beemer de Roberval fait sa part pour aider l\u2019Ukraine.\u2014 PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE BEEMER Le Castor offre une bière blonde hybride pour aider le peuple ukrainien.\u2014 PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE CASTOR leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E19 1 4 P H O T O 1 2 3 R F / P E D R O B E N T O 0 1 PLANÈTE VINS NATALIE RICHARD Collaboration spéciale natalierichardmedia@gmail.com V o i c i m e s c o u p s d e cœur du moment avec quelques accords saisonniers.Bonne dégustation, en toute simplicité et sans oublier que le meilleur vin sera toujours celui que l\u2019on préfère et qu\u2019on savoure en bonne compagnie.1 MESTRES COQUET CAVA GRAN RESERVA 2015 25,95$ \u2022 13944529 \u2022 12 % \u2022 4,5 g/L Contrairement au prosecco italien qui est produit en cuve close, le cava espagnol est un vin effervescent élaboré selon la méthode traditionnelle, comme en Champagne, avec une deuxième fermentation en bouteille.Les cépages utilisés principalement sont le xarel-lo, le maccabeu et le parellada, comme dans cette cuvée exceptionnelle.Pourquoi?D\u2019abord, car on a très peu accès à des cavas millésimés, en l\u2019occurrence un 2015.Puis, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un Gran Reserva et comme la maison Mestres se spécialise dans les longs vieillissements, cette cuvée a passé 42 mois (ou 3 ans et demi) sur lies avant le dégorgement, ce qui en fait un vin hautement gastronomique.Les bulles sont fines et mettent en valeur des notes complexes de pâte d\u2019amande et de brioche sur une trame délicate d\u2019agrumes et de fruits blancs.Magique avec un vol-au-vent aux fruits de mer.Je profite de l\u2019occasion pour faire un court aparté sur la réglementation pour le vieillissement du cava, qui est toujours un minimum de 9 mois sur lies avant le dégorgement.Pour un Reserva, le minimum est de 15 mois et pour un Gran Re- serva, c\u2019est un minimum de 30 mois.Si la bouteille est millésimée, ça veut dire que tous les raisins utilisés pour l\u2019assemblage proviennent de cette même année de vendange.2 TELMO RODRIGEZ BASA RUEDA 2020 17,50$ \u2022 10264018 \u2022 13 % \u2022 1,7 g/L Coup de cœur pour ce vin aux notes de fleur blanche et de poire fraîche, d\u2019une bonne ampleur qui dévoile des notes de pêche et de fenouil.Le verdejo est un cépage qui pousse presque exclusivement dans la région de Rueda, en Espagne.Il a un profil aromatique enclin aux notes végétales et un peu comme le sau- vignon blanc, il s\u2019accorde merveilleusement bien avec les légumes du printemps comme les asperges, les petits pois, l\u2019endive et.bien sûr.le fenouil.Essayez-le avec du fenouil frais, arrosé d\u2019huile d\u2019olive et de sel.Il se marie aussi avec les fromages de chèvre, les fromages frais et le fromage en grain.Selon l\u2019occasion, pensez poireau, asperge ou artichaut vinaigrette.Et même avec une salade niçoise ou une bonne poutine, vous serez comblés.3 CLOS DES FOUS SUBSOLLUM PINOT NOIR 2018 25,05$ \u2022 12304335 \u2022 13,8 % \u2022 1,5 g/L J\u2019adore le travail de ce vignoble avant-gardiste et authentique du Chili.Leur philosophie est de produire des vins qui ont de la tension, issus de terroirs extrêmes et avec le minimum d\u2019intervention.Et parmi leurs différentes versions de pinot noir, toujours élaborées de façon à laisser s\u2019exprimer le terroir, Sub- sollum est mon préféré.Il offre des notes de cerise macérée, il est légèrement fumé et bien poivré en finale avec des effluves d\u2019estragon et plusieurs nuances de saveurs qui se déclinent en longueur.Tout à fait exquis avec un fromage comté et à table avec un poulet à l\u2019estragon.4 SILVIO GRASSO LANGHE ROSSO 2019 25,15$ \u2013 13616269 \u2013 13,5 % - 1,8 g/L Un assemblage très réussi de neb- biolo, syrah et merlot qui apportent chacun leurs caractéristiques complémentaires et de façon si harmonieuse qu\u2019on peut les distinguer en bouche, comme si leurs arômes respectifs venaient danser à tour de rôle pour le plus grand plaisir de notre palais.Somme toute, c\u2019est un vin puissant aux notes légèrement torréfiées et fumées qui appellent les grillades.À vos BBQ! 5 PLANETA FRAPPATO 2019 22,35$ \u2022 12640611 \u2022 12,5 % \u2022 2,5 g/L Le frappato est un cépage indigène de la Sicile, léger et d\u2019une bonne vivacité.Pour les saveurs, pensez grenade, poivre blanc et même des arômes de rose séchée en finale.C\u2019est un vin parfait pour accompagner une sauce bolognaise, surtout si on la sert sur une courge spaghetti, sinon l\u2019accord classique de la maison Planeta, avec des tagliatelle all\u2019amatriciana.6 CABRIZ ORGANIC DÃO 2018 18,35$ \u2022 13637879 \u2022 13,5 % \u2022 3,5 g/L Au Portugal, la région du Dão demeure un secret bien gardé.On y produit de superbes vins encore très abordables comme celui-ci, mi-tou- riga nacional, mi-aragonez (tempra- nillo).Cette cuvée s\u2019ouvre sur des notes de bleuet et de mûre d\u2019une envergure doucement épicée au palais et bien équilibrée sur des tannins soyeux et une bonne longueur bien juteuse en finale.Merveilleux avec des côtes levées de style asiatique ou un cari de légumes racines au lait de coco.À votre santé! BIO Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com.6 VINS COUPS DE CŒUR 5 2 3 6 SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E20 ARTS MAGAZINE Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 6 minutes \u2022 Quantité : 4 portions Sans œuf / Se congèle (sans l\u2019accompagnement) 1 Dans une g rande poêle, faire fondre un peu de beurre à feu moyen.Cuire les filets de saumon de 1 à 2 minutes de chaque côté.2 Ajouter l \u2019ail, l \u2019aneth ainsi que le zeste et le jus des agrumes.Saler et poiv rer.Porter à ébullition, puis laisser mijoter de 4 à 5 minutes à feu doux-moyen en retournant les filets à mi-cuisson, jusqu\u2019à évaporation presque complète du liquide.boutique.pratico-pratiques.com INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES P H O T O S T I R É E S M A G A Z I N E 5 - 1 5 , A V R I L 2 0 2 2 , V O L .1 2 , N O .1 1 1 SAUMON 4 FILETS ÉPAIS DE 150 G (1/3 DE LB) CHACUN, LA PEAU ENLEVÉE 2 AIL HACHÉ 5 ML (1 C.À THÉ) 3 ANETH FRAIS HACHÉ 15 ML (1 C.À SOUPE) 4 1 ORANGE ZESTE ET JUS 5 1/2 CITRON ZESTE ET JUS LA RECETTE DE LA SEMAINE SAUMON À L\u2019AIL ET AUX AGRUMES Salade de brocoli crémeuse au concombre \u203a 204 calories par portion Dans une casserole d\u2019eau bouillante salée, cuire 1 brocoli coupé en petits bouquets 2 minutes.Égoutter.Rincer à l\u2019eau froide et égoutter de nouveau.Dans un saladier, mélanger 125 ml (1/2 tasse) de vinaigrette crémeuse au concombre avec 80 ml (1/3 de tasse) de canneberges séchées, 45 ml (3 c.à soupe) d\u2019amandes tranchées, 2 oignons verts émincés et le brocoli.Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes, avril 2022, Vol.12, No.11.Publié par Éditions Pratico- pratiques.Vous pouvez utiliser 5 ml (1 c.à thé) d\u2019aneth séché au lieu de sa version fraîche.POUR ACCOMPAGNER PAR PORTION Calories.341 Protéines .31 g Matières grasses.20 g Glucides .8 g Fibres.2 g Fer.1 mg Calcium .51 mg Sodium .90 mg leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E21 PHOTO TIRÉE DU LIVRE JE VEUX UN BÉBÉ! - QUELLES HABITUDES DE VIE DE VIE ADOPTER POUR Y ARRIVER Préparation : 25 minutes Cuisson : 18 minutes Quantité : 4 portions INGRÉDIENTS \u2022 45 ml (3 c.à soupe) d\u2019huile de canola \u2022 1 petit oignon rouge \u2022 750 ml (3 tasses) de champignons blancs tranchés \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de fleur d\u2019ail \u2022 1 litre (4 tasses) de chou kale haché \u2022 250 ml (1 tasse) de tomates cerises de couleurs variées \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019origan séché \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de thym séché \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) de grains de coriandre moulus \u2022 7,5 ml (1/2 c.à soupe) de grains de fenouil moulus \u2022 1 citron (jus) \u2022 1 filet de morue de 400 g (environ 1 lb) \u2022 Sel et poivre au goût \u2022 125 ml (1/2 tasse) de persil italien frais haché grossièrement PRÉPARATION 1 Dans une grande poêle, chauffer la moitié de l\u2019huile à feu moyen.Cuire l\u2019oignon de 3 à 4 minutes en remuant.2 Ajouter les champignons et la fleur d\u2019ail.Poursuivre la cuisson 5 minutes.3 Ajouter le chou kale, les tomates et la moitié des fines herbes séchées et des grains.Prolonger la cuisson de 5 minutes.4 Ajouter le jus de citron et remuer.Retirer du feu, puis couvrir et réserver au chaud.5 Assaisonner le filet de morue avec le reste des fines herbes séchées et des grains.Saler et poivrer.6 Dans une poêle, chauffer le reste de l\u2019huile à feu moyen.Cuire le filet de morue de 5 à 8 minutes, en le retournant délicatement à mi-cuisson.7 Répartir la préparation au kale dans les assiettes.Garnir de filet de morue, puis de persil.boutique.pratico-pratiques.com MORUE AUX FINES HERBES ET CHAMPIGNONS À LA MÉDITERRANÉENNE Recette tirée du livre Je veux un bébé! - Quelles habitudes de vie de vie adopter pour y arriver.Publié par Éditions Pratico- pratiques.Plus de fibres Je vous conseille d\u2019accompagner votre repas de 125 ml (1/2 tasse) de cubes de patate douce rôtie ou de riz à grains entiers.PAR PORTION Calories.260 Protéines .24 g M.G.14 g Glucides .14 g Fibres.4 g Fer.4 mg Calcium.177 mg Sodium .97 mg Préparation : 15 minutes Cuisson : 22 minutes Quantité : 4 portions Végé INGRÉDIENTS \u2022 2 aubergines \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile d\u2019olive \u2022 Sel et poivre au goût \u2022 250 ml (1 tasse) de couscous \u2022 1/2 boîte de pois chiches de 540 ml, rincés et égouttés \u2022 3 tomates italiennes épépinées et coupées en dés \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de persil frais haché \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de menthe fraîche hachée \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019oignon vert haché \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de jus de citron frais \u2022 200 g (environ ½ lb) de halloumi (fromage à griller) tranché PRÉPARATION 1 Préchauffer le four à 205 °C (400 °F).2 Couper les aubergines en deux sur la longueur, puis inciser la chair de manière à former un quadrillage, sans la trancher complètement.3 Sur une plaque de cuisson tapissée de papier parchemin, déposer les aubergines, côté chair vers le haut.Arroser de 7,5 ml (1/2 c.à soupe) d\u2019huile.Saler et poivrer.Cuire au four 20 minutes.4 Pendant ce temps, mélanger le couscous avec 7,5 ml (1/2 c.à soupe) d\u2019huile dans un grand bol.Verser 250 ml (1 tasse) d\u2019eau bouillante sur le couscous.Couvrir et laisser reposer 5 minutes avant d\u2019égrainer le couscous à l\u2019aide d\u2019une fourchette.Laisser tiédir.5 Ajouter les pois chiches, les tomates, le persil, la menthe, l\u2019oignon vert, le reste de l\u2019huile et le jus de citron dans le bol.Saler, poivrer et remuer.6 Garnir les aubergines de préparation au couscous, puis de tranches de halloumi.7 Régler le four à la position «gril» (broil) et poursuivre la cuisson de 2 à 3 minutes, jusqu\u2019à ce que le fromage soit doré.boutique.pratico-pratiques.com AUBERGINES FARCIES AU TABOULÉ ET HALLOUMI P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E G A B R I E L L E V O L .1 0 , N O .0 4 Recette tirée du magazine Gabrielle Vol.10, No.04.Publié par Éditions Pratico- pratiques.PAR PORTION Calories.536 Protéines .22 g Matières grasses.22 g Glucides .65 g Fibres.14 g Fer.2 mg Calcium.319 mg Sodium .676 mg SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E22 ARTS MAGAZINE Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante UNE SEMAINE D\u2019ACTU «Vol de sirop d\u2019érable» fait probablement partie des infractions les plus bizarres et cocasses dont tu entendras parler.Mais on te parle aujourd\u2019hui d\u2019un cas en particulier qui a fait le tour du monde! Jeudi dernier, cette saga qui a duré dix ans s\u2019est enfin terminée.On te raconte ça! \u203a QUELS SONT LES FAITS?En 2011 et 2012, Richard Val- lières, originaire de la Beauce, a réussi à dérober une immense quantité de sirop à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec avec l\u2019aide de ses complices.Au total, il est estimé que près de 10 000 barils ont été volés à un entrepôt situé à Saint-Louis-de-Blandford, pour une valeur de\u2026 18 millions de dollars! Pour y arriver, les hommes prenaient les barils, les emmenaient en camion à une cabane à sucre où ils prenaient le sirop, puis remplissaient à nouveau les barils avec de l\u2019eau.À la fin, ils ne s\u2019en souciaient même plus, et ramenaient les barils vides! \u203a TRAHIS PAR DES BARILS VIDES! Le complot a été exposé au grand jour lorsqu\u2019à l\u2019automne 2012, alors qu\u2019un inspecteur venait faire l\u2019inventaire de l\u2019entrepôt.Ce dernier est presque tombé à la renverse en grimpant sur les barils, croyant qu\u2019ils étaient pleins! Une enquête a été ouverte, et les criminels ont été traduits en justice.Il a cependant fallu beaucoup de temps avant que le principal intéressé, M.Vallières, obtienne sa peine.\u203a DES PROCÉDURES JUDICIAIRES QUI S\u2019ÉTIRENT\u2026 Au Canada, la loi permet aux accusés de contester une décision de la cour s\u2019ils estiment qu\u2019ils ont été traités de façon injuste.Ainsi, en 2016, quand Richard Vallières est reconnu coupable devant jury «de vol, de fraude et de trafic de biens illégalement obtenus», il décide de contester cette condamnation.Deux autres contestations plus tard, c\u2019est finalement en Cour suprême, la plus haute instance juridique au Canada, que l\u2019affaire s\u2019est enfin conclue, jeudi dernier.Le juge Richard Wagner a effectivement tranché que M.Vallières devra payer un peu plus de 9 millions de dollars en amende, ou bien passer 6 ans en prison.Il était temps qu\u2019on en finisse!! \u203aUNE ESCROQUERIE DEVENUE CÉLÈBRE! Cette histoire folle, maintenant surnommée le «vol de sirop d\u2019érable du siècle», a inspiré plusieurs artistes et documentaristes.Ainsi, Netflix lui dédie un épisode complet de sa série Dirty Money (Argent sale).En 2016, le groupe canadien Trent Severn écrit également une chanson appelée Stealin\u2019 Syrup (Vol de sirop) inspirée de Richard Vallières et de ses acolytes.Finalement, un épisode de la série Elementary, met en scène un gang de rue qui décide de vendre du sirop d\u2019érable de contrebande plutôt que de la drogue! LAURENT CÔTÉ, JOURNALISTE STAGIAIRE UN VOLEUR DE SIROP D\u2019ÉRABLE PAIERA ENFIN POUR SES CRIMES! P H O T O 1 2 3 R F / O L I V K A 8 8 8 leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E23 La semaine dernière, des représentant.e.s des Premières Nations, des Inuits et des Métis se sont rendus au Vatican pour rencontrer le pape et lui demander de faire des excuses publiques pour la responsabilité de l\u2019Église catholique dans l\u2019existence des pensionnats autochtones au Canada.C\u2019est ce qu\u2019il a fait vendredi.\u203a LE VATICAN ET LE PAPE La Cité du Vatican est un mi- cro-État situé à Rome, la capitale de l\u2019Italie.Le Vatican est une monarchie absolue dirigée par le pape François.Le pape étant la personne la plus haut placée dans la religion catholique, ses excuses ont donc été faites au nom de l\u2019Église catholique complet.\u203a LES PENSIONNATS Entre 1870 et 1997, il y avait au Canada des écoles pour les enfants autochtones qui avaient été forcés d\u2019y vivre.Le but de ces pensionnats était d\u2019assimiler les autochtones, c\u2019est-à-dire de faire en sorte qu\u2019ils adoptent la culture, la langue et les coutumes des Blancs colonisateurs, en oubliant la leur.La vie dans ces écoles était très difficile, et malheureusement, beaucoup sont morts de violence, de faim ou de maladies.Au moins 150 000 enfants autochtones auraient été forcés d\u2019aller dans des pensionnats, et plus de 60 % de ces écoles étaient dirigées par l\u2019Église catholique.Certaines étaient financées et soutenues par le gouvernement du Canada.Le dernier pensionnat a fermé en 1931, au Nunavut.À l\u2019été 2021, 215 tombes d\u2019enfants ont été découvertes sur le site de l\u2019ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.Des centaines ont ensuite été repérées dans d\u2019autres provinces.Ces évènements ont relancé le débat et ont permis à la communauté autochtone d\u2019obtenir des excuses, notamment de Justin Trudeau, le premier ministre.Mais ce n\u2019était pas suffisant.Le pape, après avoir rencontré des représentant.e.s autochtones la semaine dernière, a demandé pardon publiquement au nom de l\u2019Église catholique.Il a également promis de venir au Canada pour rencontrer les membres des Premières Nations.Le pape François a ainsi admis la responsabilité des torts et des violences commises par les religieux de son Église.CHEYENNE OGOYARD, JOURNALISTE STAGIAIRE LE PAPE DEMANDE PARDON POUR LES PENSIONNATS AUTOCHTONES! P H O T O S A F P P H O T O W I K I M E D I A C O M M O N S Bruce Willis est un acteur hollywoodien très célèbre, surtout reconnu pour ses rôles dans des films d\u2019action.L\u2019acteur de 67 ans a mis fin à 42 ans de carrière cette semaine.Sa famille l\u2019a annoncé sur Instagram.En fait, il a été un peu obligé d\u2019arrêter de jouer dans des films parce qu\u2019il souffre d\u2019aphasie.\u203a D\u2019APHAQUOI?L\u2019aphasie est un trouble du langage qui rend la communication avec les autres un peu plus compliquée.Les gens qui en souffrent ont de la difficulté à s\u2019exprimer et à comprendre, que ce soit à l\u2019oral ou à l\u2019écrit.Il y a différents degrés d\u2019aphasie.Ça peut mener à une perte complète du langage.L\u2019aphasie apparaît souvent après un accident cérébral ou un traumatisme crânien.En d\u2019autres mots, il y a un choc sur le cerveau qui est assez fort pour créer une blessure dans la région qui contrôle le langage.Il y a deux sortes d\u2019aphasies plus communes.Les gens touchés par la première vont être capables de comprendre ce qu\u2019ils lisent et entendent.Ils gardent aussi leur capacité à structurer leurs pensées, mais s\u2019exprimer à haute voix et écrire devient plus difficile.Pour ceux qui ont la deuxième sorte d\u2019aphasie, beaucoup plus d\u2019efforts sont nécessaires pour décoder les mots, les images ou les sons.Quand ils s\u2019expriment, leurs phrases n\u2019ont aucun sens pour les autres, mais ils ne s\u2019en rendent pas compte.On ne connaît pas les détails de l\u2019aphasie dont est atteint Bruce Willis.\u203aUNE FILMOGRAPHIE REMARQUABLE! J\u2019ai compté pour toi, le nombre de films dans lesquels il est apparu depuis 1980 et le total est de 104.C\u2019est toute une carrière! Je tiens à préciser que ce sont en majorité des films d\u2019action ou de science-fiction qui s\u2019adressent surtout aux ados et aux adultes.Peut-être que ces films sont encore trop violents pour ton âge, mais c\u2019est à ta discrétion et à celle de tes parents.LYLOU NICASTRO, JOURNALISTE STAGIAIRE BRUCE WILLIS DOIT PRENDRE SA RETRAITE À CAUSE D\u2019UN TROUBLE DU LANGAGE SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E24 ARTS MAGAZINE LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 L\u2019insigne sur le chandail du vendeur 2 Une partie de la moustache du vendeur 3 La longueur du nez du client 4 La couleur d\u2019un des feux avant 5 Un des rétroviseurs 6 Une des poignées 7 La forme d\u2019un des phares carrés FAITES- NOUS RIRE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@ lesoleil.com En regardant un trou dans un morceau de jambon, Alex dit : «Heille, un jambon suisse» \u2014 Alex, 5 ans Comme on disait toujours «aller à la messe», un jour, en passant devant notre église : «Regarde, papa, une La Messe!» \u2014 Élaine, 4 ans Revenant de la garderie, Alice dit à sa maman : «Kiki (une amie) fait de la pieuvre (fièvre)» \u2014 Alice, 2 1/2 ans Justine est bien intriguée par la façon dont on fait les bébés.Sa mère, dans une étreinte, lui dit : «Comment est-ce que j\u2019ai bien pu fabriquer une si merveilleuse fille?» Justine répond : «Bien, je ne sais pas moi, maman.C\u2019est toi qui m\u2019a fabriquée dans ton cœur!» \u2014 Justine, 4 ans (maintenant 24 ans) Mamie Lu explique à Élodie le sens du mot «malheur», qu\u2019elle vient de lire dans une histoire.Élodie répond : «Oh, c\u2019est comme quand on rêve à un cauchemar, mamie?» \u2014 Élodie, 5 ans leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E25 BEAUTÉ INTÉRIEURE A vec sa série intitulée Architecture in Music, le photographe néo- zélandais Charles Brooks capte la beauté intérieure de certains des meilleurs instruments de musique au monde.Flûte, saxophone, grand piano, clarinette, violoncelle sont ainsi perçus sous un angle nouveau, inédit, qui fait penser tantôt à une vaste salle de concert, tantôt à une architecture contemporaine, voire futuriste.Ces surprenants clichés sont en fait des compositions de dizaines et même de centaines d\u2019images, soigneusement assemblées pour donner la sensation d\u2019espace et de profondeur.«En combinant des centaines de prises de vue avec une mise au point variable, je m\u2019assure que l\u2019ensemble de l\u2019instrument est net d\u2019un bout à l\u2019autre.Cela donne l\u2019illusion de l\u2019espace, incitant l\u2019esprit à croire qu\u2019il voit une vaste chambre dans laquelle vous pouvez marcher», décrit M. Brooks, qui se spécialise également dans les portraits de musiciens et qui est lui-même violoncelliste.Pour en voir davantage : charlesbrooks.info et @ charlescellist sur Instagram RAPHAËLLE PLANTE A Flûte en or 14 carats Burkart Elite Saxophone Selmer, 2021 Violoncelle Lockey Hill, vers 1780 \u2014 PHOTOS CHARLES BROOKS Grand piano Steinway Model D Grand piano Steinway Model D Grand piano Fazioli Guitare Taylor GS Mini SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E26 ARTS MAGAZINE L e mot s\u2019était passé, pour peu qu\u2019on se soit donné la peine de pousser les recherches avant de débarquer à Dubaï : parmi la cinquantaine de pavillons majeurs construits pour Expo 2020, une dizaine figurait sur toutes les listes d\u2019incontournables.Presque tous les pays avaient beau être représentés sur le site de plus de quatre kilomètres carrés, les foules s\u2019agglutinaient rapidement autour des mêmes pavillons, si bien qu\u2019il fallait prendre son mal en patience et attendre parfois jusqu\u2019à deux heures pour les découvrir.L\u2019un des grands défis demeurait de pouvoir visiter le pavillon du Japon, mon grand coup de cœur de tout l\u2019événement.L\u2019expérience proposée durait d\u2019environ une heure.Pour y accéder, des plages de rendez-vous s\u2019ouvraient sur l\u2019application mobile d\u2019Expo 2020 tous les matins, à 9h pile-poil, et s\u2019envolaient à la vitesse de l\u2019éclair.Pas le temps de niaiser, comme disait l\u2019autre.Après deux tentatives infructueuses de me faufiler dans le bâtiment nippon, reconnaissable à sa façade inspirée de l\u2019origami et campé dans un bassin d\u2019eau artificiel servant de climatisation naturelle, je me suis assuré d\u2019être sur le site dès l\u2019ouverture des portes, à 9h, et de ne lâcher mon téléphone qu\u2019une fois mon succès garanti.Le karma me réservant de bien vilaines surprises, la technologie n\u2019a pas collaboré.Ni pour moi ni pour personne.Il fallait donc faire la file à l\u2019ancienne, en personne, pour obtenir un billet.Bingo! Le Japon a compris comment garder l\u2019attention des foules, distribuant des téléphones à tous les participants pour rendre la visite interactive.L\u2019appareil enregistrait les choix des visiteurs de même que leurs mouvements.Par exemple, sur un écran de cordages, une projection illustrant divers pans de la culture japonaise servait d\u2019introduction avant d\u2019inciter les participants à choisir d\u2019instinct une saison qui les interpellait et à traverser l\u2019écran.Selon la saison choisie, le reste du parcours changeait.Dans une autre piè ce, des maquettes aux allures futuristes éblouissaient au premier coup d\u2019œil.Ce n\u2019est qu\u2019après deux ou trois clignements qu\u2019on réalise que les mini-écosystèmes, sous JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 1 COUP DE CHAPEAU AU JAPON ET À L\u2019ARABIE SAOUDITE leNouvelliste SAMEDI 9 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E27 3 Le pavillon de l\u2019Arabie saoudite a remporté le premier prix d\u2019architecture à l\u2019Expo 2020 de Dubaï.Il a aussi été le pavillon le plus visité.1 et 2 Au pavillon du Japon, des maquettes utilisaient des objets du quotidien pour recréer des milieux de vie, comme ici, où des assietttes remplacent une banquise et un chapeau agit comme une île déserte.\u2014 PHOTOS LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 4 La façade du pavillon du Japon est inspirée de l\u2019origami.des cloches de verre, ont été construits à l\u2019aide d\u2019objets du quotidien.Des boules de crème glacée agissent comme des planètes, un épi de maïs devient une fusée alors qu\u2019une pizza devient une grande roue dans un parc d\u2019attractions.La créativité de cette exposition m\u2019a tout simplement renversé.Mais il y avait plus direct aussi, comme ce miroir infini où défilaient les défis de l\u2019humanité \u2014 pollution, changements climatiques, etc.\u2014 en même temps que nos propres réflexions.Difficile d\u2019insister de façon aussi claire sur la cause des problèmes environnementaux.À la fin, tous les visiteurs étaient réunis autour d\u2019un écran sphérique représentant la Terre pour une activité virtuelle démontrant qu\u2019en unissant nos efforts, nous pourrions surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés.La leçon était somme toute efficace, et surtout, en droite ligne avec le thème de l\u2019expo : «Connecter les esprits, créer l\u2019avenir.» Le Japon, qui a remporté le prix pour la meilleure exposition d\u2019Expo 2020, prendra le relais de Dubaï pour organiser Expo 2025.Il s\u2019agissait donc d\u2019une belle vitrine pour promouvoir Osaka 2025, où la façade du pavillon actuel sera utilisée à titre de rappel.L\u2019autre grand coup de cœur de cette Expo, pour moi, aura été le pavillon de l\u2019Arabie saoudite, où la longue file d\u2019attente était constamment en mouvement.Parce qu\u2019il a su maximiser son espace, le grand pays arabe aura remporté le titre du pavillon le plus visité, avec plus de 4,6 millions de passages.Il a aussi remporté le premier prix d\u2019architecture avec son bâtiment incliné et recouvert de miroirs.Il s\u2019agissait du deuxième pavillon le plus imposant d\u2019Expo 2020.Orné de 650 panneaux solaires, il détient apparemment trois records Guinness, soit celui de la plus longue fontaine interactive verticale, avec 32 m, du plus gros plancher lumineux interactif et du plus grand écran digital en miroir.Celui- ci, où on pouvait s\u2019observer pendant qu\u2019on patientait, le jour, s\u2019animait de colorées projections en soirée.Voilà une des forces de ce pavillon, qui changeait d\u2019allure chaque fois qu\u2019on passait devant lui.Même quand les foules nous indisposent et qu\u2019on n\u2019en peut plus de se tenir debout, on s\u2019amuse devant l\u2019ingéniosité arabe.Le circuit de l\u2019exposition était conçu de manière à laisser circuler ceux qui veulent poursuivre leur chemin tout en gardant suffisamment d\u2019espace pour les autres, qui choisissaient de s\u2019attarder.D\u2019emblée, la fameuse fontaine verticale, en forme de cylindre, incitait les plus aventureux à sauter en son centre, sur une plateforme où on pouvait s\u2019entasser dans l\u2019espoir de rester bien au sec.Les plus lents en étaient quittes pour une petite ondée et des vêtements trempés.Je me suis contenté du rôle d\u2019observateur.Des escaliers roulants attiraient ensuite les foules dans une ascension à travers la culture et l\u2019histoire arabe.S\u2019ensuivait une kyrielle d\u2019images des beautés naturelles du pays sur un écran à 360 degrés et un plancher interactif.Ça fait beaucoup à regarder d\u2019un seul coup.Étrangement, ou pas, Riyad est en lice pour l\u2019obtention d\u2019Expo 2030.Si son pavillon 2020 servait à épater la galerie et à mousser une future candidature, c\u2019est réussi.VOYAGES 2 3 4 SAMEDI 9 AVRIL 2022 leNouvelliste E28 ARTS MAGAZINE J e l\u2019avoue, j\u2019hésite toujours un peu avant de vous parler des Sentiers frontaliers.Si Gosford n\u2019a plus besoin de présentation, d\u2019autres sommets qui recèlent autant de beautés ne sont pas encore envahis.Je ne suis jamais certaine de vouloir les ébruiter.Si je vous en parle, cette fois, c\u2019est que l\u2019immensité s\u2019ouvre un peu plus avec la création d\u2019un nouveau sentier menant au Pic Frontière (1175 mètres).Pic Frontière, ça sonne poétique, tout autant que Cap-Fron- tière.Juste le nom me donne envie d\u2019y aller.Je ne peux pas encore vous décrire la beauté de l\u2019endroit; je n\u2019ai pour le moment vu que des photos.Mais j\u2019entends bien passer par là dans les prochaines semaines.Un nouveau tronçon est acces- si b l e d e pu i s l \u2019au to m n e d e r- nier et permet de se rendre à ce sommet.Cela fait partie des nombreux projets menés par les Sentiers frontaliers, qui ont, avec l\u2019aide de différents partenaires (principalement le gouvernement du Québec), investi plus de 200 000 $.Ce réseau de près de 140 km chevauchant les MRC du Haut- Saint-François et du Granit permet d\u2019atteindre les plus hauts sommets du sud du Québec, dont le mont Gosford (1193 m), Cap- Frontière (1154 m) et, depuis cet automne, Pic Frontière.Et la beauté dans tout ça, c\u2019est que si vous faites un voyage de ran- do dans ce secteur, vous êtes à deux pas du parc national du Mont-Mégantic.«Le mont Gosford a la réputation d\u2019être le plus haut sommet du sud du Québec avec ses 1193 mètres d\u2019altitude, mais pas loin de là, il y a Pic Frontière.Si tu longes la frontière canado-américaine depuis la côte est, Pic Frontière est le plus haut point depuis la côte est et c\u2019est le dernier point d\u2019élévation important avant d\u2019arriver dans les montagnes de l\u2019Ouest canadien», me décrit la présidente des Sentiers frontaliers, Monique Scholz.On compte trois possibilités en été pour le découvrir.Enfiler quatre sommets (Gos- ford, Petit-Gosford, Cap-Frontière et Pic Frontière), pour un total de 32 km, à partir de l\u2019accueil du secteur mont Gosford (dans la ZEC Louise-Gosford, à Woburn).On peut stationner au pavillon Rose-Délima (secteur du mont Gosford, à Woburn) et faire un parcours de 22 km.ET FINALEMENT\u2026 «Pour quelqu\u2019un de moins ambitieux, mais qui a une bonne voiture, on peut continuer jusqu\u2019au stationnement Clearwater.C\u2019est 15 km d\u2019auto entre l\u2019accueil et le stationnement Clearwater.Ce printemps, les équipes de l\u2019Association Louise-Gosford vont vérifier la sécurité du chemin avant de commencer à envoyer des gens là-bas.Même quand ça va bien, je n\u2019irais pas en Smart.À partir de ce stationnement-là, on peut faire une boucle Cap-Frontière et Pic Frontière, ça fait environ 142 km.» Une belle fenêtre sur les sommets américains.et voisins.Je vous parle de cette nouveauté, mais il y en aurait long à dire sur l\u2019éventail de chantiers.L\u2019organisme a construit plus de 35 trottoirs et passerelles, reconfiguré certains tronçons du secteur, ajouté des toilettes sèches, installé des panneaux d\u2019interprétation\u2026 et c\u2019est sans compter les projets pour la suite.ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR POPULARITÉ ET DÉFIS La popularité croissante de la randonnée crée de nouveaux défis pour les Sentiers frontaliers.«Pour nous, il faut se rendre à une évidence.Jusqu\u2019à présent, on a utilisé la classification \u2018\u2018Sentiers peu aménagés\u2019\u2019 (selon Rando Québec).Avant, on appelait ça rustique.Dans certains secteurs où il y a des boucles et plus de monde, il va falloir qu\u2019on retourne à la table à dessin pour continuer d\u2019améliorer les aires de marche\u2026 C\u2019est un petit bémol», commente Mme Scholz.«On a un problème de dégradation des aires de marche dans certains secteurs en raison de l\u2019achalandage.On doit augmenter la classification.» L\u2019organisme aimerait créer dans le secteur de Chartier- ville une boucle qui permettrait d\u2019atteindre les sommets de Salmon Peak (1054 m) et du mont Trumbnell (997 m).«C\u2019est très excitant! Ce serait une porte d\u2019entrée pour la MRC du Haut- Saint-François.Ces deux som- mets-là, on passe par là lorsque l\u2019on est en longue randonnée.» Ce nouveau tronçon pourrait voir le jour en 2023 si l\u2019aide financière est accordée.LA TRIBUNE Le mont Gosford a la réputation d\u2019être le plus haut sommet du sud du Québec avec ses 1193 mètres d\u2019altitude.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, DAVID BOILY CAP SUR LA FRONTIÈRE "]
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