Perspectives, 25 avril 1981, samedi 25 avril 1981
[" ge ë fy N & = mow ne 44 pu al Ai ES i E x RÉ io.i 2 # ky pa À i : o a.+ -.£ = ares wr Be ner | ! - » | 5 Nk 1 i cs A - o pa) ! =; A ?ae 5 a ny , a NATIONAL PROVISATION À\" - > pit $ Ea IM ae) ; 7 af sie ae § mammemr a mt HE vo re Sn That # ste }R se à # Ps == ic fis en oY a Fe 3 Lh : = Rai Vn.; ae Fa pa \u20ac Pa vi Cat HI oF mots Fa ol ES HY CA 6 Les ; 2 fa 3 fwe.fa AL a Sig vey 4, += N Fa an le Be, ow Te Nr Pe ST mm ate ét LS de Ds EN i The, | Si Ro i.rane pL TT A Fx: = PE ue - a Rae ma 5 cag Ae Coy a3 ES Ww + £4 pr % Ÿ # A v oe a pi I I~ ne pa PR ~- a kt ve Hé x ae ce 5 = HAL Mua, oN Pa \u2014\" @ \u201cae, 4: ©) tN i a 4 sa OPÉRATION: COMBATTRE L'ÉROSION DES BERGES DE LA CHÂTEAUGUAY 5 ne des causes importantes de la dégradation de nos cours d\u2019eau est l\u2019érosion due au déboisement des rives.À cause de cette érosion, il se déverse dans l\u2019eau de grandes quantité de terre et de matières végétales.Ces substances solides rompent l\u2019équilibre fragile du milieu aquatique et, par conséquent, entraînent la dégradation progressive du cours d\u2019eau.Les sceptiques n\u2019ont qu\u2019à regarder une rivière peu après une bonne précipitation: ils y découvriront une eau trouble et brunâtre qui n\u2019a rien à voir avec l\u2019eau cristaline que chantent les poètes! Le déboisement quasi systématique de nos berges, provoqué par la construction de routes et d\u2019habitations et par l'exploitation agricole, explique donc que de nombreux cours d\u2019eau du Québec souffrent de l'érosion et de tous les maux qui en découlent.A ce chapitre, la rivière Château- guay est particulièrement touchée.Aux Etats-Unis, où cette rivière prend sa source, les autorités voient à sa protection; ses rives sont richement boisées et ses eaux plus que limpides.Au contraire, dès que la rivière franchit la frontière, sa dégradation s\u2019amplifie de plus en plus, atteignant son paroxysme a la hauteur de Chateauguay ou les égouts crachent sans arrêt les eaux usées d\u2019une ville en pleine explosion démographique.Heureusement, le gouver- nemént du Québec a déjà fait part de ses projets afin d\u2019enrayer la pollution qu\u2019entraînent ces égouts.___ Quant à la pollution engendrée par l'érosion, des citoyens de Châ- teauguay, adeptes de la Guérilla verte, se sont regroupés pour former le Commando des planteux.Incorporée depuis le 21 mars 79, cette association sans but lucratif a comme principal objectif le reboisement des erges de la rivière Châteauguay.Dans un premier temps, ses membres ont pris connaissacce de différents dossiers sur le sujet.Puis, à l\u2019aide de spécialistes de l\u2019environnement, les responsables du Commando ont dressé la liste de quelques arbres reconnus pour bien s\u2019adapter aux rives d\u2019un cours d\u2019eau.Les arbres retenus pour la plantation 3e divisent en deux groupes: d\u2019une part, les gros arbres qui s\u2019intégrent facilement aux lieux humides, comme les peupliers et les saules géants, et dont les racines retiennent très bien les berges en s\u2019enracinant en profondeur.D'autre part, les arbustes comme le cornouillier, la spirée et les saules arbustifs, dont les racines constituent un filet serré, solidement accroché aux racines des gros arbres, filtrant ainsi les eaux d'écoulement de surface.Ces arbustes, qui préfèrent également les lieux humides, ont une croissance prodigieuse et la capacité de se multiplier à un rythme très rapide.Dans un deuxième temps, le Commando des planteux passe plus concrètement à l\u2019action.Du mois de septembre aux premières neiges de décembre, des bénévoles récoitent dans la région des branches de ces différentes espèces et les coupent en boutures d'environ un pied.Puis ces boutures sont enfouies dans des boîtes de sable qu\u2019on entrepose dans une cave en terre battue, où la température est idéale pour la conservation.En tout, 20 000 boutures attendent ainsi patiemment la venue du printemps afin que des mains généreuses les portent en terre.Durant l\u2019hiver, de nombreux articles dans les journaux locaux invitent les citoyens à se joindre au Commando des planteux.Dès janvier, on longe fréquemment les berges afin de déterminer précisément les endroits où un reboisement s\u2019impose.On fait également des recherches pour savoir à qui appartiennent les terrains visés par la plantation.Parallèlement, on se met à la recherche de planteuses manuelles.Les coûts étant trop élevés pour une association sans le sou, un des membres du Commando en fabrique quelques-unes: une planteuse est simplement une tige de fer dont une extrémité se terminant en T sert de poignée pour les deux mains; à environ huit pouces de l\u2019autre extrémité, une autre tige sert d'appui pour les pieds.Le gouvernement a prêté au Commando les autres planteuses qui manquaient pour mener à bien l\u2019opération.Puis arrive enfin le printemps.En ouvrant les boîtes de sable, on découvre des boutures bien en santé, avec des bourgeons prêts à éclore.Les membres du Commando surveillent attentivement la venue de la débâcle puisque c\u2019est elle qui doit donner le signal de départ pour les grandes manoeuvres de reboisement.Dès le passage des dernières glaces, alors que le niveau de l\u2019eau est encore haut, les volontaires du Commando des planteux arpentent les rives par équipes de deux.Pendant que l\u2019un creuse les trous à l\u2019aide de la planteuse, l\u2019autre dépose une bouture dans chacun des trous, en prenant soin de tasser délicatement la terre autour.Un premier groupe se charge de planter les arbustes directement sur la ligne des eaux, alors qu\u2019un deuxième groupe plante les gros arbres quelques pieds en retrait du rivage.En tout, une soixantaine de bénévoles, incluant les jeunes du mouvement .Environnement-Jeunesse de Châteauguay, ont réussi l\u2019exploit de planter à la main 20 000 boutures la première année.Malgré la boue, la pluie, le froid, les sols rocailleux et les eaux glaciales, tous les membres du Commando des planteux ont gardé le sourire aux lèvres et la joie au coeur, sachant l'importance du geste accompli.De toutes ces boutures, plusieurs ne résisteront pas aux conditions difficiles qu\u2019entraînent les sécheres- ses, les débâcles ou, plus tragiquement, l'empiètement de l\u2019homme sur la nature.Car il y a encore trop de propriétaires riverains et de municipalités qui semblent ignorer l'importance des arbres le long des cours d\u2019eau.On coupe les arbres avec insouciance et on effectue des travaux de remplissage à coups de bulldozer afin de gagner un peu plus de terrain sur le milieu naturel.Mais tout remplissage substantiel augmente sa puissance érosive.Si rien ne retient la terre, la rivière continuera à gruger inlassablement les berges.Par son geste, le Commando des planteux n\u2019a pas la prétention de régler les problèmes d\u2019érosion de la rivière Châteauguay.Les milliers de boutures qui ont résisté à leur première année de vie et d'intempéries auront besoin encore de plusieurs années avant de pouvoir assumer pleinement leur rôle.Mais il y a si longtemps qu\u2019on a commencé à dénaturer les berges de nos cours d\u2019eau qu\u2019il faudra patience et femps pour renverser la vapeur et rééquilibrer le milieu.Il va sans dire que cela demandera plusieurs autres plantations et en ce sens, le Commando des planteux entend continuer a assumer son rôle.Cette année, on tente une nouvelle expérience: les boutures sont prélevées sur les arbres directement au printemps plutôt qu\u2018a l'automne, Cette méthode permet évidemment d'éviter les ennuis d'entreposage mais exige une plus grande disponibilité de la part des bénévoles.Comme on le voit par cette aventure écologique, il est possible, pour des citoyens, d\u2019intervenir collectivement à l'amélioration de leur environnement naturel sans pour cela dépendre des subsides gouvernementaux.En plus de donner un coup de pouce à la nature, chacun retire de ce geste la plus grande satisfaction.TEXTE ET PHOTOS MICHEL PRÉVILLE LOS ANGELES DOO ANS ET AUTANT DE VISAGES HO fil i BANK » AMEMCA L.A., sans auto vous n'êtes rien»; lieu commun cruellement vrai- C\u2019est une des disgrâces de Los Angeles, catalogne faite de grandes cités cousues les unes aux autres, parcourues par des kilomètres d\u2019autoroutes suspendues au- dessus des quartiers, parfois enchevêtrées comme du spaghetti.La ronde infernale et bruyante des automobiles dégage un smog brunâtre qui s\u2019installe à demeure dès que le vent ne souffle plus.Un zéphyr qui vient du Pacifique.Tout se dégage.Et si l\u2019on arrive à s\u2019extirper du flux de voitures qui filent à grande vitesse, à quitter le freeway, on trouve, ombragées de palmiers, des zones urbaines d\u2019un calme impressionnant.On se rend compte alors que Los Angeles est bâtie dans un des plus beaux sites du monde: sous un ciel parfois lumineux, entre le Pacifique et le désert, garni de collines, entouré de montagnes, et, de plus, coupé en deux par un haut relief.On s\u2018aperçoit que les autoroutes n\u2019ont pas entièrement anéanti les havres de paix ni la race piétons.Voici quelques spécimens réchap- pés du génocide groupés dans un des îlots invraisemblablement cal Panorama du centre ville, avec sa grappe d'hôtels et de restaurants (ci-contre).Ci-dessus: Malibu Beach, paradis du surfing.Mickey Mouse à accueilli plus de 185 millions de visiteurs depuis l\u2019ouverture de Disneyland en juillet 1955. feiss 43 =! ER 5 É Le #35 i < y In te LE ae a; 2 LE aly ob LE 7 AT var 3 3 31 7 at & x Hh RL A rel 3\u20ac Re 3x i JE > op a gel) à a.5 ve f hg, Coe ries RA i pe a ce pe EAE Py a.pee a pi 7 ei Ea J \u201c3 4 és EY pe ta ge oY WEL > HB A x3 Yk ot Ce RE FR «AFS a a 3 = SREY Kd vo La ki FL = rd ere pic: X ores vr es } | \u2026 A = Ty $F : a i + A Ir LY P04 Ti Le 3 oll i 5 n> 2] 2 2% 3 pi ai 23, Ef + Li a = ead + | 2° L ES PS a or > \u201c4351 pe er x An nt re A.Pr \u20ac AS 2 = \u2014 ae?wb \u201c Pa = pas % _ nf 2), te SE ed 2% a i ?i Mice, \u201ci ; a > a es i { & As av £ nk - EB #3 5 i Wh ar agp GL Nr we sd Ra se 3 os a # aE fc pr >\" 2 y ê f.Apr 6 Xe » (3 I = > EN wi Bt ¢ 1 v ., o 2 > = vk > Eze + ee vs TN Au es Ds WV ~ +4 a) oe : i # i a ; EXTRA DOUCE ê 1 2, ci T ow oo abe 7 er TL 5 ee VA = i 147 i) gE rs .te Leurs aies ls ta RAS i = re dé À cos Sat a AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que danger pour la santé croît avec l\u2019usage-\u2014éviter d\u2019inhaler.Moyenne par cigarette\u2014Régulier: \u201cgoudron\u201d 10 mg, nicotine 0.8 mg.~~. LOS ANGELES mes de la monstrueuse conurbation.Nous sommes au Pueblo.Ici tout a commencé, il y a juste 200 ans.C'était en 1781.Onze familles venues du Mexique ont décidé de s\u2019installer sur les rives sablonneuses d\u2019une petite rivière.Ils bâtissent des maisons et une église faites d\u2019ar- ile et de roseaux.Le nom de cette ourgade: Nuestra Senora de la Reina de los Angeles de la Porziun- cula.Pas étonnant qu\u2019il ait été abrégé en Los Angeles.Et comme cela était encore trop long, on en a fait «L.A.» (prononcé éllé).Cent ans plus tard, le chemin de fer transcontinental arrivait, six ans après le mandat du maire Prudent Beaudry, né à Sainte-Anne-des-Plai- nes (Terrebonne).On découvrait du pétrole dans les sables.La richesse pour les 5 700 Angelenos.Aujour- d\u2019hui, avec ses banlieues, L.Acompte sept millions d\u2019habitants.ans un petit parc a la croisée de plusieurs autoroutes, le Pueblo original a été reconstitué, sans doute de mémoire.Vestige de l\u2019ancien ca- mino real, rue unique, pavée de briques rouges, abritée de treilles, ra- fraichie par des fontaines, coupée par une placette fleurie ombragée par de trés grands arbres et dotée d\u2019un kiosque à musique où nichent des tourterelles.Une église, un temple, quelques maisons de bois à balcons où l\u2019on trouve restaurants his- pano-mexicains, boutiques de souvenirs bric-à-brac, ateliers d'artisans.L\u2018une d\u2018elles, la Casa Abode, bâtie en 1818, est la plus vieille maison de la ville.On en a fait un musée.Certaines pièces sont encore meublées comme elle l\u2019était du temps qu\u2019une famille cossue habitait ses chambres disposées autour d\u2019un patio dans une langueur très mexicaine.Les vrais Chicanos de L.A.ne vivent pas là.On les rencontre dans le quartier du square Pershing, à l\u2019ombre d\u2019une petite futaie de gratte-ciel, rares constructions verticales d\u2019une ville vouée à l\u2019horizontalité.Des restaurants sortent de caractéristiques odeurs de tacos, d\u2019enchiladas, de burritos.Les juke-boxes sont réservés à la musique mariachi.Il vaut mieux parler espagnol qu\u2019américain.Autre ambiance, autre décor dans la ville multiforme: au bord du Pacifique, au sud de la plage de Santa Monica, voici Venice, quartier amphibie, sillonné de canaux où se reflètent les façades colorées de villas un peu folles et des vergers de palmiers et d\u2019orangers.Beaucoup de terrains pour les caravanes, ce qui donne au lieu un aspect un peu romanichel.Sur une aire de béton, face à la plage, 300 jeunes dansent sur des airs de rock.Mais pas un bruit.Ils sont tous montés sur des patins à roulettes de caoutchouc et portent aux oreilles des écouteurs à transistors.Je regarde cette disco en plein air, attablé à la terrasse d\u2019un restaurant où l\u2019on m'\u2019a servi pour cinq dollars une bouteille d'excellent rouge californien dont on jurerait qu\u2019il vient du Beaujolais.Dans le ciel, ce jour-là d\u2019un azur parfait, des cerfs- volants luisent très haut.Passe doucement le dirigeable qui fait de la ré- piaillements de goélands comme dans un film bien réussi.Autre espace de quiétude, le campus, hier si mouvementé, de University of California, Los Angeles (UCLA).Installé dans un grand parc semé d'eucalyptus gigantesques; bien sûr, de grands stationnements et une centaine de bâtiments futuristes où se crée le savoir, le campus est parcouru par une gent studieuse Canadian Élu.Son bon gout prouve le vôtre.ale gourdu meilleurs e HS Qu ON Pret « À Br mT Te Bw 0 clame pour une marque de pneus, |l croise les paraphes de buée laissés par d'innombrables jets.Seul bruit, un peu de vent dans les palmes et les cris des oiseaux de mer.C'est aussi cela Los Angeles.C\u2019est plus loin, passée une autoroute fiévreuse, l'immense Marina del Rey, la plus grande du monde et pourtant si intime où se rangent les embarcations des plaisanciers du Pacifique dans un décor fortement inspiré des petits ports du Maine qui fait croire que l\u2019on se trouve soudain à Kennebunk.Petits restaurants et et \u2018excentrique, le plus souvent sur des bicyclettes roses, prêtées par l'université à condition qu\u2019elles ne sortent pas du périmètre.Au sud, UCLA touche Westwood, vert quartier latin aux ressources innombrables: librairies aux soldes étonnants, magasins d'alimentation macrobiotique, boîtes à jazz, boutiques de vêtements démentiels, des étalages pleins de gadgets, cafés bourdonnants de conversations.Au nord de l\u2019université, le boulevard Sunset.38 kilomètres de long; vers la mer, il tirebouchonne lon- guement dans une sierra semi-habi- tée; à son début, près du Pueblo, il traverse des zones d\u2019entrepôts.Par le travers de l'avenue Highland, c'est le grand chic.Là où il faut voir et être vu.C\u2019est Hollywood dont le nom s'étale en lettres géantes et lumineuses érigées sur le versant de la montagne.Les rues mènent à de grands jardins ceinturés de murailles de houx et de cyprès où se cachent des villas aux architectures extravagantes.Sur les trottoirs, des gamins vendent aux touristes des plans mensongers des demeures habitées par les vedettes, inutiles si l\u2019on veut voir de près Barbra Streisand, Telly Sava- las ou Bo Derek.Pour contempler sûrement Steve McQueen, Mary Pickford ou Jean Harlow, rien ne vaut le musée de cire où ces stars sourient éternellement à leur public.Pas non plus d'étoiles au grand jour dans les studios que l\u2019on peut visiter.Dans ces temples de I'imaginaire, on n\u2019assiste pas a la réalisation de films; on est convoqué pour ressentir l\u2019illusion du tournage: doublures de vedettes qui évoluent face à de fausses équipes techniques.Des petits trains parcourent de vieux stocks de décors et les visiteurs charmés se trouvent dans un village de la ruée vers l\u2019or à l'heure de l'attaque des Indiens, sur le pont de la rivière Kwai à l'instant où il s'écroule, dans l'incendie d\u2019Atlanta ou près des dents des requins de Jaws.e vrai spectacle, ce sont les émissions de télévision mais il faut retenir bien a I'avance les laissez-passer qui permettent de participer à l'émission The Price is Right ou voir Johnny Carson.Pour revivre les rêves oubliés, rien, bien sûr, ne vaut Disneyland.On y prend le bain de foule.C'est le seul endroit où l\u2019on voit tant de piétons à la fois.Malheur à qui s\u2019égare à pied dans certains quartiers de la ville.Pas de commerces, pas de passants, pas de policiers \u2014 ils font leur ronde en voiture sur les autoroutes.Les kiosques à journaux sont remplacés par des machines à sous qui distribuent aussi bien le Christian Monitor que le Gold Coast Free Press rempli d\u2019ahurissantes petites annonces.Tous les Angelenos ne sont pas des anges.Ainsi peut-on se sentir seul dans une ville de sept millions d\u2019habitants, au milieu de trois millions d'autos, dans une cité qui compte 33 aéroports et le plus grand hôtel du monde: 801 chambres et dans ses restaurants, toutes les cuisines des cinq continents.Et pourtant, il y en a des attractions.Entre Chinatown, le quartier \u2018japonais, les musées, les salles de concert, le Queen Elizabeth, Mari- neland et autres endroits à voir absolument, j'en ai compté 104! LOUIS-MARTIN TARD PSITT! LES JOIES DU DU DU VOYAGE | Louis-Martin Tard \u2014 Faut-il aimer voyager pour être chroniqueur de tourisme?\u2014 Oui, bien sûr, répond, étonné de la question, Louis-Martin Tard qui signe le reportage sur Los Ange- les (page 4).D'ailleurs on ne fait bien que ce qu\u2019on a envie de faire.\u2014 Mais ne se fatigue-t-on pas de voyager?\u2014 Je ne fais pas que ça: je travaille en communications à l\u2019Université de Montréal Les voyages viennent comme une bouffée d'air frais.Vous savez, je suis journaliste depuis bien longtemps.Je suis entré dans le métier par la petite porte en 1936.J'avais 15 ans.C'était un autre siècle \u2026 Les deux choses honorables dans la profession: être grand reporter et avoir son billet quotidien.\u2014 Vous avez été grand reporter?\u2014 Oui, en politique et actualité internationale.Et j'ai eu mon billet quotidien, au Devoir.En même temps je faisais de la radio chez Mi- ville.De toutes ces formes de communication, la plus agréable est encore la chronique de voyage, qui me permet de garder un pied dans le Journalisme.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019un bon voyageur, ou touriste?\u2014 Le voyage est un cadeau que vous fait la vie.Et ce cadeau n\u2019est hélas pas donné à tout le monde.Pour profiter de ce cadeau, \u2018il faut être présent au monde, attentif aux gens du pays qu\u2019on visite.\u2014 Et le mauvais?\u2014 C'est celui qui ne se renseigne pas avant de partir, ou qui part sur une impulsion et accumule tous les risques.Celui qui part à contre-sai- son.Celui qui, sur place, reste dans un grand hôtel cosmopolite et n\u2019en sort pas.Ce n'est pas la peine de faire 10 000 kilomètres pour aller jouer aux cartes dans un decor standard, ne rencontrer que des barmans.\u2014 Si on vous donnait le choix, dans quel pays aimeriez-vous vous établir?\u2014 La ville qui me fascine le plus au monde, c'est Rome.Quand j'y suis, je sens que je suis Romain, que je l\u2019ai toujours été.\u2014 Vous parlez italien?\u2014 Un peu.Je parle aussi mal italien qu'anglais ou espagnol.Pour- tant je n\u2019ai aucun mal à communiquer.Tout à Rome me semble familier.Je suis en parfait accord avec le petit peuple romain.\u2014 Ÿ a-t-il un secret de bien voyager?\u2014 Oui, c'est de ne jamais tout voir.De sorte qu\u2019on a toujours un bon prétexte pour y retourner.\u2014 Vous n\u2019êtes pas blasé?\u2014 Ah non! On ne peut pas être à la fois bon voyageur et blasé.\u2014 Et le plaisir de raconter ce qu'on a vu?\u2014 Voyager, c\u2019est être présent au monde; écrire sur son voyage, c\u2019est être présent aux autres.C\u2019est faire partager sa découverte.Mais il ne faut surtout pas «faire guide».ll faut donner aux gens le goût de choisir eux-mêmes, de découvrir eux-mêmes.\u2014 Au fond, voyager, c\u2019est flâner! \u2014 Oui.Et je suis payé pour flâner! Heureux homme! JEAN BOUTHILLETTE Un prét personnel Commerce.Ça vous porte fruit D BANQUE DE COMMERCE CANADIENNE IMPÉRIALE @ LE MAGAZINE est publié chaque semaine par Perspectives Inc.231, rue Saint-Jacques, Montréal, PQ.H2Y 1IM6 Tél: 282-2224 Président et directeur général: Jean-A.Dion Rédaction Rédacteur en chef: Jean Bouthillette Rédactrice en chet adjointe: Thérèse Dumesnil Rédacteur-réviseur: Édouard Doucet Conception graphique Directeur artistique.Pierre Legault Graphiste.Jean-Marc Martin Chef de la fabrication: Louise Lambin Doucet Secrétariat Liliane Bitursi ® Françoise loannidès * Gisèle Payant Service de la publicité Directeur: Lorne Treger Chargés de comptes: Michel Brunette ® Camille Deschénes Coordonnatrice des ventes: Johanne Tessier 231 rue Saint-Jacques, Montréal, P.Q.H2Y 1M6 Tél: Directeur régional (Ontario): Denis Kelly * Chargée de comptes.36 King Street East, 4th floor, Toronto, Ont.M5C 1E5 Tél.282-2224 Diane Soucie 363-8064 Conseil d'administration Président: Charles d'Amour Vice-président: Guy Pépin * Secrétaire: Gaston Vachon *® Trésorier: Denis Lacasse ISSN 0380-6790 Un salon au féminin Le Salon de la femme a lieu au Vélodrome olympique de Montréal du 24 avril au 3 mai.À part les exposants commerciaux, on y verra plusieurs stands offrant des activités socio-culturelles.Par exemple, Cen- traide présentera au public ses 160 organismes et leurs services.Le Département de santé communautaire, qui regroupe plusieurs hôpitaux, offrira des consultations sur la médecine préventive.Le personnel du cé- gep du Vieux-Montréal animera un cours de sexologie.L'Acdi fera connaître les femmes du tiers monde dans un village reconstitué où on pourra déguster des mets exotiques.De plus, l'organisme Cytologie- Québec reprendra cette année son service de dépistage du cancer qui a HENRIETTE MAJOR rendu bien des services au cours des précédents salons.La directrice du salon, Jacqueline Vézina, a déjà fait partie du monde du spectacle.Elle nous promet un véritable décor de théâtre pour ce Salon de la femme 81.LECTRIC SHAVE\" FAIT DRESSER VOS POILS.POUR UN RASAGE DE PLUS PRES.Votre visage mérite bien un petit investissement.Lectric Shave en occurrence! Faites le test suivant: appliquez de la lotion Lectric Shave sur un côté de votre visage.puis rasez-vous au rasoir electrique.Comparez alors les deux côtés de votre visage.Celui humecté de lotion Lectric Shave devrait vous paraître plus lisse au toucher.Pourquoi?Parce que Lectric Shave fait hérisser vos poils, ce qui vous permet de vous raser de plus près, plus rapidement et sans irritation.S+ vous estimez que Lectnc Shaye ne vous bermel pas un rasage de plus pres nous vous rembioutserons le prix d achat 1 vous suflit d'envoyer votre bouteille de Lectric Shave entamee et votre recu.avec le prix d'achat encercie a garantie Lectrii Shave TheJ B Wilhams Company.Inc 515 Rue Ste-Catherine Quest Bureau 425 Montréal Quebec c H3B 185 5 Sivous n'êtes pas satisfait, nous vous rembourserons! Bon appétit La participation du ministère de l\u2019Agriculture au Salon de la femme tourne autour du thème de l\u2019alimentation.Des groupes de l\u2019Age d\u2019or sont invités à l'heure de la soupe: après leur avoir servi une soupe aux légumes maison, on leur donnera des menus comprenant les aliments qui conviennent à leur âge.Chez votre boucher, vous pourrez assister à des démonstrations de coupes de viandes.À l\u2019Heure de la détente, on aura l\u2019occasion de déguster des fromages du Québec.Mais le clou de cette exposition, c\u2019est le résultat du concours de recettes; on a reçu de partout à travers le Québec des recettes qu\u2019on a jugées d\u2019après leur originalité.La principale condition du concours était d'utiliser des produits québécois.On primera une recette gagnante par jour, et, à la fin, le lauréat du grand prix sera choisi au hasard.Bon appétit! La sécurité de l\u2019enfant La dix-huitième Semaine de la sécurité de l'enfant au Conseil canadien de la sécurité aura lieu du 1er au 7 mai 1981.Elle portera principalement sur la sécurité en milieu scolaire.Que ce soit au terrain de jeu, à l\u2019intérieur des édifices ou sur le chemin de l\u2019école, les enfants doivent être capables d'identifier les situations dangereuses et de les éviter.Mais cela n\u2019est pas toujours possible.La surveillance, à différents degrés, joue un rôle important dans la prévention des accidents aux enfants.Apprenez aux enfants les princi-_| sair le thème «le pales règles de sécurité pour ES \u2018des Communications».tons.Dites-leur de traverser les rues aux passages pour piétons seulement, ou bien aux endroits où se trouvent des patrouilles d\u2019écoliers ou un gardien.Expliquez-leur l\u2019autorité qu\u2019exercent ces personnes.Ai- dez-les a apprendre la signification des feux rouge, vert et jaune ainsi que les panneaux de signalisation.Une fois que les enfants maitrisent les regles de base, emmenez-les faire quelques tournées dans la circulation.Faites avec eux le parcours de l\u2019école, aller et retour, plusieurs fois.Conseil canadien de la sécurité, 1765, boul.Saint-Laurent, Ottawa, K1G 3V4, Vieillir sans vieillir Qui êtes-vous?Si vous répondez: «Je suis juge ou plombier ou banquier ou jardinier, etc.», une retraite mal fichue vous attend.Puisque toute votre vie vous avez fait attention au rôle joué, non à vous-même, et que, votre fonction disparue, vous vous trouverez devant un vide effrayant.Situation sans issue?Que non! Marcel Colon, dans Vieillir sans vieillir, propose aux retraités une «vieillardise» en danger de bonheur.Pas de recettes magiques.Uniquement un état d'esprit pour souhaiter «être étonné, demain et toujours».Préface, fraîche comme un zéphyr, de Jacques Boulerice.Editions Mille Roches, C.P.323, Saint-Jean-sur-Ri- chelieu, 138625 (9,50 $).Les foires en congrès Le Salon international du livre de Québec fêtera du 28 avril au 3 mai 1981, au Centre municipal des congrès de Québec, son 10e anniver- x D'autre part, M.Lorenzo Mi- chaud, directeur général du Salon international du livre de Québec, annonce que l\u2019assemblée de l\u2019Union des foires internationales récemment réunié en congrès à Berlin a accepté à l'unanimité sa proposition de tenir son 48e congrès au Château Frontenac du 5 au 10 octobre 1981.Cet événement réunira pour la première fois en Amérique du Nord les représentants de plus de 250 salons et foires de par le monde répartis dans cinq continents.Création Québec 81 Le Centre culturel de l\u2019université de Sherbrooke et le Centre Saidye- Bronfman de Montréal annoncent la tenue de Création Québec 81, un événement majeur dans le domaine des arts visuels.La fle Biennale de la peinture constitue le premier volet de ce projet d'envergure provinciale.La Biennale se tiendra au centre Saidye- Bronfman du 17 mai au 5 juillet prochain, dans le but de faire un tour d\u2019horizon de la production artistique de la province et, tout particulièrement, des nouvelles tendances dans le domaine de la peinture.Le deuxième volet, le Ille Concours d\u2019estampe et de dessin, aura lieu au Centre culturel de l\u2019université de Sherbrooke du 7 juin au 28 août 1981; on y verra des oeuvres créées sur papier, estampes de tout genre et dessins.Pour attribution à l\u2019occasion de Création Québec 81, dix-sept prix totalisant 16 000 $ sont offerts par le Service de l\u2019environnement visuel du ministère des Affaires culturelles.- Dossier Baie-James Le magazine Okapi paraît deux fois par mois avec des jeux, des histoires, des bandes dessinées pour les 10-14 ans.Au centre, on trouve toujours un dossier complet sur un grand sujet.Cette fois, c\u2019est Baie-Ja- mes.Jacqueline Kerguéno, journaliste de Bayard Presse, a réalisé pour la première fois un reportage sur Baie- James spécialement conçu pour les enfants.De très belles illustrations en couleur et des photos accompagnées de textes expliquent simplement, mais avec beaucoup de précision, ce qui se fait à Baie-James, comment on y vit, comment on y travaille.La curiosité des enfants y trouve son compte.C\u2019est également un dossier qu\u2019on peut utiliser en activité pédagogique dans les écoles.Le lancement de cet ouvrage aura lieu aux chantiers de Baie-James le 28 avril.On peut se procurer ce magazine chez les libraires; d'autre part, les éditions Héritage distribueront le dossier séparément, sous une couverture différente.+ Rien ne peut remplacer le bon service! ® > çÇ 2 PAYEL: PAPIER PEINT ENTREE 9 PEINTURE SORTIE 661 peut être frustrant de se retrouver seul, sans conseil, dans certains magasins où les bons [ = prix ne sont pas {\u2014 Ady).toujours synonymes «4% 1 (MA, de bon service.Chez Sherwin-Williams l'un ne va pas sans l'autre.Vous êtes le client.Vous pouvez donc prendre votre temps et poser des questions.Notre personnel se fera un plaisir de vous donner des conseils et même des brochures gratuites pour vous venir en aide.Tout ça parce que nous croyons qu'avec de bons produits (et un petit coup de main) vous pourrez bien faire les choses en beauté \u2026du premier coup.9ÿ Vous serez fier de votre choix Woon cde.ede aL an ond Pour faire les choses en beauté ve, TS IES mi SNE Oe LE SHES % YEE i xy m2 ss \u2018a ov y a SR ci (53 A LA: A PE i en) > pa TA y En \\ AL ~~ A i 3 ¢ = Quand les tableaux s a niment _ SEE @ a ma 3 ¢.I © = vig SE 4.> #,; ao | - - Pe: pie 4: $s- 7 4 va JE vs } ¢ x @ Pass LUTE SOBRE EWS TL LEY TR + È \u201c+.@ > à.2k $0 3 a 8 hr \u20ac » oi |! LS ve ¥ 2 i A.5 \u2018 Bn wl Da w/o at % Le A me EE 3 & | i po yo 2 , hd A ar a ~ / Avatars dela Bossue à Ps = od ombrelle, de Jean Dallaire (ci-contre) et d\u2019un portrait de Théophile Hamel (à droite).> - - En haut: les he marionneftistes eux- ai ~~ mêmes deviennent personnages.A Ny Le D 38 A & = a.EL Es = or pe 10 Raconter omment! marionnettes l\u2019histoire de l\u2019art au Québec?C'est le en pari que tiennent jusqu\u2019au 3 mai au Musée des beaux-arts de Montréal les marionnettistes du Théâtre de l'Avant-Pays.Prenant la relève des conservateurs, ils font en sorte que l\u2019oeuvre des Légaré, Hamel, Krieg- hoff, Dallaire, Borduas et Riopelle ne soit plus un secret.de polichinelle pour le public nombreux qui se presse au spectacle.Sur la scène de l\u2019auditorium du Musée, le rideau s'ouvre.Grâce à la baguette magique du Théâtre de l\u2019Avant-Pays, le musée devenu lieu de l\u2019action s\u2019anime sur une folle nuit.Les tableaux prennent vie.Peintres fantômes masqués mènent le bat et le gardien de nuit est emporté bien malgré lui dans tout ce brouhaha.Dans la Couleur chante un pays \u2014 c'est le titre de la pièce \u2014, certains tableaux du musée ont été fidèlement recréés en trois dimensions.Patiemment on a reproduit les modèles de Théophile Hamel, les paysans de Krieghoff, les personnages de rêve de Dallaire.Le afond de scène» participe à la mascarade où se succèdent une «galerie» de rôles et d'acteurs puisqu'\u2019ici le manipulateur fait corps avec son pantin dirigé ouvertement.La musique et l\u2019audio-visuel soulignent pour leur part l'atmosphère de chaque époque.Dans.la Couleur chante un pays, la Dame au manteau noir de Morrice rencontre un peintre académique, défend l\u2019art vivant.Les personnages de Suzor-Côté et de Clarence Gagnon débordent du cadre.Osias Le- duc et Adrien Hébert défilent avant l\u2019entracte.Soudain, 1940.C'est l\u2019arrivée de Pellan.Avec ce dernier, en compagnie de Riopelle et de Borduas, les peintres vont affronter le terrible monstre de la grande noirceur.C\u2019est une marionnette géante de huit pieds qui volera en éclats.de lumière.Leurs boucliers et bannières portent les couleurs des plasticiens.La pièce finit sur l\u2019accalmie de Lemieux.On y verra un magnifique Dallaire.«Bien que le personnage «sorti» de la toile de Dallaire, la Bossue à l'ombrelle, nm\u2019apparaisse que cinq minutes pendant le spectacle, cela m'a pris au moins 200 heures pour le fabriquer», nous explique Diane Bouchard.Cette dernière a écrit une partie de la pièce tout en participant à sa production et y jouant.Pour elle, on l\u2019aura deviné, la marionnette «c\u2019est de l\u2019art plastique en mouvement», De là à recréer avec cette forme d'expression l\u2019histoire de notre peinture, il n\u2019y avait qu\u2019un pas.Ce ne sont pas que les enfants qui s\u2019en réjouissent puisque la Couleur chante un payss\u2018adresse à tous.RENÉ VIAU 25 Ls AL Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l'usage \u2014 éviter d\u2019inhaler.Moyenne par cigarette \u2014 Format King Size: \u201cgoudron\u201d 11 mg, nicotine 1.0 mg, Régulier: \u201cgoudron\u201d 9 mg, nicotine 0.9 mg. 12 A PARIS, BORDEAUX, POITIERS, MARSEILLE.a France, c\u2019est la plus grosse patinoire qu\u2019on aura jamais euel» Cette déclaration surprenante ne nous vient pas d\u2019un joueur de hockey mais d\u2019une comédienne: Francine Ruel.Joueuse à la Ligue nationale d'improvisation, elle est de la délégation spéciale partie récemment, et jusqu\u2019à la fin de mai, pour une première tournée en France.Douze joueurs qui forment deux équipes, leurs deux entrai- neurs, arbitre, juges de lignes, animateur et organiste trimbaleront de ville en ville, durant six semaines, ce spectacle original.Bordeaux, Paris, « FA % 3 por] Poitiers, Marseille sont les principaux centres ou ils donneront une vingtaine de représentations, sans compter les matchs que voudront bien leur disputer les comédiens locaux invités à former des équipes.Pour initier ces derniers à cette forme d'improvisation, la L.N.l.donnera aussi quelques ateliers.Seront donc de la partie des vétérans dont la réputation n\u2019est plus à faire comme Marcel Leboeuf (meilleur compteur de la saison dernière), Diane Miljours, Jocelyne Goyette, Yves Desgagnés, Michèle Deslau- riers, Gyslain Tremblay, Normand Bratwaite, Robert Gravel, Héléne Mercier, Johanne Fontaine, lacques L'Heureux et Francine Ruel.Le défi qui les attend la-bas ouvre des perspectives emballantes mais comporte aussi une part d\u2019inquiétude.|| ne s\u2019agit pas d'aller jouer une pièce québécoise, cela s\u2019est déjà fail et on connaît les réactions auquelles le public français nous a habitués.Cette fois, la troupe apporte avec elle un concept théâtral très nouveau pour les Français.La filiation avec le hockey d\u2019une part et la forme d'improvisation que pratique la L.N.I,, d\u2019autre part, vont à l'encontre de la tradition littéraire française; pas de texte appris par coeur, pas de mise en scène, pas d'accessoires.De plus, à la L.N.l., la participation des spectateurs est un élément très important.il est donc inquiétant pour les comédiens de ne pas savoir comment les Français vont réagir.L'ambiance qui rappelle aux Québécois celle du Forum n\u2019aura pour les Français qu'une vague signification.Quant au contenu, pour Francine Ruel, «c\u2019est évident qu\u2019il va falloir qu\u2019on change notre jeu pour qu'ils nous comprennent.Tous les gags qu'on a passés ici, toutes les choses que le public québécois reconnaissait, ça ne marchera pas nécessairement là-bas».Si ce spectacle est fait d\u2018improvisation, le jeu, lui, nécessite tout de même une certaine préparation. | Comme le soulignait Yves, «la L.N.I., c\u2019est un peu une synthèse quotidienne de I'actualité: le public lit les journaux le matin et le soir, au spectacle, il entend parfois parler des mémes nouvelles.Pour cette raison on lit des magazines et journaux français, on relit Tintin et Astérix, on fouille un peu l\u2019histoire, on se tient au fait de l\u2019actualité».Un des aspects très importants de cette aventure, c'est l\u2019enrichissement personnel que les comédiens y trouveront, «Que ça marche ou pas, Uss! intéressant pour nous dans notre cheminement de comédiens.» TEXTE ET PHOTOS JACQUES BLOUIN 14 MAURICE CHAMPAGNE-GILBERT u téléphone, la fragilité de sa voix m'avait surprise puis, quand il est venu me porter son livre, ce sont d\u2019abord ses cheveux blancs que j'ai vus.L'espace d\u2019une seconde, là entre les deux portes, j'ai cru qu'un moine se tenait devant moi.Sans doute à cause de cette auréole de cheveux au-dessus du front dégarni, de ce regard tranquille derrière les rondes lunettes d\u2019intellectuel et, peut-être aussi, à cause de cette cape brune qui l\u2019enveloppait, inattendue, anachronique.Mais, même si certains qualifient son dernier livre de «bible des relations humaines», même si concevoir et rédi- ger cette brique de plus de quatre cents pages fut presque un travail de moine auquel il a consacré deux ans de sa vie, l\u2019épithète de chevalier conviendrait beaucoup mieux à Maurice Champagne-Gilbert.Le titre de son ouvrage, la Famille.et l'homme à délivrer du pouvoir (Le- méac 1980), porte déjà tout le sens du combat de cet homme, grand défenseur des droits.Droit pour tous «à être et à être heureux».\u2018avoue avoir retardé quelque temps avant de me décider à plonger au coeur de la brique.Ecrit par un universitaire docteur ès lettres, diplômé en psychologie et en philosophie et qui, de plus, fut pendant cing ans (de 1971 à 75) directeur de la Ligue des droits de l'homme et, pendant trois ans (de 75 à 78), vice- président de la première Commission des droits de la personne au Québec, La famille.et l'homme à délivrer du pouvoirme paraissait un essai difficile à aborder.Probablement trop théorique, dogmatique et empirique.Mes appréhensions n\u2019étaient que préjugés.Emerveillement, chaleur, je suis entrée dans cette forêt d'écriture et de pulsions de vie comme on entre dans le regard intérieur.Attirée par mes propres chemins, j'ai ouvert le livre au chapitre de l'amour puisque l'amour c\u2019est la vie, au chapitre de l\u2019autonomie puisque l'autonomie c\u2019est la gratuité de l\u2019amour, l'amour en liberté.Et, dans ces pages, j'ai reconnu la douleur et l\u2019extase de chaque homme et de chaque femme à bâtir sa cathédrale, celles de l'enfant et de l'adolescent à naître puis à renaître.Ce livre se lit comme le roman de la tendresse à inventer, comme la rage d'un homme contre cette civilisation mâle d'oppression.«La tendresse, pour moi, c'est la passion en douceur, quand elle s\u2019articule, s'étend et se détend.La tendresse, c\u2019est ce que je vis avec mes enfants et avec les gens qui prennent le temps de s\u2019arrêter aux êtres, de pénétrer dans l\u2019infinitude et le mystère déroutant, fragile de l\u2019autre.J'arrive encore très mal à dire la tendresse uniquement par le biais des mots.je rêve de pouvoir la dire un jour comme les musiciens le font.Dans des adagios incroyables!» Une maison quelque part à Saint- Hilaire, une maison où se devinent la présence amoureuse d\u2019une femme, la turbulence des enfants.Maurice Champagne-Gilbert me sert le café dans la salle de séjour au décor de poutres et de bois blond, habitée pour l'instant du seul éclat de nos voix.Par moments, quand nous faisons silence et que l'homme descend lentement en lui à la recherche de ses temps intérieurs, j'entends le tic-tac des horloges placées çà et là dans la pièce.Au mur, sur le rebord de la cheminée ou au centre des tables.Ces horloges venues de difféæ Photos Gilles Savoie Ar.-
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