Perspectives, 2 juillet 1966, samedi 2 juillet 1966
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Le : 7 ES i f i (e atl 7 3d is.© MY 1 =.\u201c\u20ac Sl aE > ES \u2014 Ln [EE Bb A ke ee 4 2201 Sat ar a) > \u2018 L'histoire de quatre petits frères et de leurs 400 amis C'est la visite mensuelle des petits frères et, au départ, à dr, le baiser, geste d\u2019amour envers cette vieille dame.par Denise Courtois \u201cLES FEMMES au centre, les hommes autour .saluez .tournez .\u201d Le banquet est terminé et le meneur scande maintenant la mesure, au son de la musique.Les pas résonnent; les rires fusent.Les danseuses minaudent, oubliant leur âge et celui de leurs cavaliers.Si les danseurs ont en majorité moins de 25 ans, leurs partenaires comptent au-delà de 60 printemps .Mais la joie est mutuelle en ce jour de Pâques, car ces dames sont les invitées des petits frères des Pauvres, jeunes gens qui consacrent leur vie aux vieillards.Entre eux et leurs vieux amis, c\u2019est une affaire de coeur qui a débuté à Montréal il y a près de quatre ans.Le tout a commencé à Paris, il y a 20 ans.La guerre venait de passer sur l\u2019Europe.Depuis six ans, Paris avait faim, Paris avait froid.Les vieillards solitaires mouraient chaque hiver par milliers, l\u2019estomac vide et les membres gelés.Quand une guerre se termine, les gens veulent vivre, pour rattraper le temps perdu.En 1946, à Paris, Armand Marquiset décida.lui, qu\u2019il ne pouvait vivre tant qu\u2019il serait entouré d\u2019autant de misère.Fervent catholique, il promit, dans la cathédrale Notre- Dame, de consacrer sa vie aux pau- 2 - PERSPECTIVES No 27, 2 juillet 1966 vres.Il en parla à quelques camarades, et, après trois jours de conversations et de prières, les petits frères des Pauvres étaient au travail, Tout en restant laïcs, un minimum de vie religieuse serait observé afin de ne jamais dévier du but fixé: pratiquer la charité et servir le Christ dans ses Pauvres, Ils les serviraient sans distinction de race et de croyance et se consacreraient d\u2019abord aux personnes âgées, alors les plus démunies et les plus abandonnées.Une grande aventure commençait, qui allait bientôt se dérouler aussi dans d'autres villes de France, puis en Belgique, au Maroc, aux Etats-Unis, et enfin à Montréal, à partir de l\u2019été 1962.Une maison ouvrira bientôt ses portes en Inde.A Montréal, ce sont également les vieillards qui bénéficient des soins des petits frères.Armand Marquiset lui- même est venu fonder la communauté et, pour la diriger.il l\u2019a laissée entre bonnes mains.Hubert de Ravinel, par exemple, a servi les Canadiens pendant deux ans et occupe à présent les fonctions de supérieur des petits frères de toutes les communautés.A l'heure actuelle, quatre petits frères oeuvrent à Montréal: deux Français: Marc Boisseau.29 ans, et Alain Brehier, 31 ans, Photos Pierre Gaudard et deux Canadiens: Jean-Claude Gué- Tin, 23 ans, de Valleyfield, et Jean- Pierre Ruest, 2! ans.de Saint-Jean d'Iberville.Ils s\u2019occupent, à des degrés divers, de 400 personnes âgées.Presque la moitié des Canadiens âgés vivent uniquement de la pension de vieillesse du gouvernement et sont dans la gêne.Leur pauvreté les confine dans des logements impossibles.Charles Renaud, ex-directeur du service de bien-être social de la ville de Montréal, déclarait récemment que \u201cle petit coin tranquille où flâner à l\u2019heure de la retraite, dont les travailleurs rêvent pendant leurs années laborieuses, c\u2019est trop souvent un sous-sol humide ou une chambre obscure, chaude lété et froide l\u2019hiver, dans des quartiers bruyants et surpeuplés, avec comme horizon les cheminées, les cordes à linge et les vadrouilles™.Cela peut être fort tragique, une fin de vie dans une grande ville.Bien des peuplades, dites sauvages, entourent leurs vieillards de respect et de soins mais, dans une grande ville moderne, qui a du temps pour les autres, surtout les vieux?On les voit bien, ces vieillards tremblotants, assis sans bouger dans les endroits publics, venus regarder vivre les autres, ou trottinant lentement le Suite page 4 ~y ad >, oF.= 5 oi ir 3 ee ea te 3 \"2 vi Jk i ps x Be Ass aa Lu pq 5 ; » : 2 Ly 5 : > w= ï ~~ Hs Ce à es TA » B @ 9 pa Ia ia 2 o Pre) Ed P PN wy : [CAR Lu {oan ER EN Lod Ë at > as Re x\" 2 < Er alar = ax at >a ~~ re al ze, - = + ns > \u20ac nur\u201d *.- RX % = a 4 = sa, ESL ut?s}.ad 3 a > 3 «a sf > A pe & Peis ~~ 18 LS 7, ; ES be tn a, iB BY 4 NEVE hr vm # a.5 \u201c.» Pets align ioe + Kho 4 ss VN, ad 5 I pee A ee, > a That vn 3 pre ht Nr 9 ede ha MR A Bgl ET 2H 35 ART wp > = wn, pen - \u201c eg pa he: rt taf rt.eX Pi lo I vo 2 2 gba.Tn + 2 7 PEA & 2- Sa A Le Te vo sgt ad $e 3 $ 3 PI us RE se re.os: x >] dae Ww q \u2014 \u201c28 - cr BR ue à 3 27307 ua Tu RISE pes Pa hy >.Pa = aa Ai 4 *æ - ci ox ¥ AY 4e a ; ye.ei 5e PE i x2 e 2 Fil Te ce) Eu 4 Ar Le I= mr ho WET permet 2 ee nr > 3 wa az Tt és 4 + Vs - ANN rad x \u201d = Sa gn 1.a0 + Prat Muda] a.a. Ci-dessus, Marc Boisseau, petit frère en charge de la communauté de Montréal, et Alfred Landry, auxiliaire, préparent les sacs de provisions qu\u2019ils chargent ensuite (ci-contre) dans leur camionnette.Ci-dessous, Marc fait la causette avec \u201cune vieille amie\u201d dont ses chats forment sa seule famille; ait bas de la page, Alfred visite un vieillard rendu sourd à la suite d\u2019une opération: tous deux parlent des dernières vacances dans les Laurentides.QUATRE PETITS FRÈRES Suite de la page 2 long des murs, de retour vers leur chambre vide.Ils ne disent rien.Ils se sentent trop coupables de cette vieillesse dont ils sont prisonniers, pour oser faire le premier pas à la recherche de ce contact humain tant désiré.Alors, on ne leur dit rien non plus, pas un mot gentil, même pas un sourire.On n\u2019ose pas.On craint des confidences, une requête.On n\u2019a pas le temps.Pour les gens en pleine force, en pleine activité, ils sont comme d'une autre race.L'agitation, la vitesse, la mécanisation surgies autour d\u2019eux les prennent au dépourvu.Le plus longtemps possible, ils luttent pour ne pas aller dans une institution.Etre libre, vivre chez soi, c\u2019est tout ce qui leur reste.Inévitablement, un jour ils sont seuls et ils ont mal.Et pas seulement les pauvres.Dans plus d\u2019une riche demeure, un vieillard pleure d\u2019être abandonné.Les petits frères ont visité pendant plusieurs années un veuf assez en moyens mais terriblement solitaire et malheureux, aussi quelle ne fut pas leur surprise.au moment de sa mort, de voir beaucoup de gens au salon funéraire et de ces s'entendre remercier par un élégant monsieur dans la trentaine.avant qu\u2019il ne remonte dans sa luxueuse voiture \u201cpour tout ce qu\u2019ils avaient fait pour son père du temps de son vivant.\u201d Presque tous les vieillards assistés par les petits frères sont pauvres et dépourvus.Leur vie n\u2019a été ni plus ni moins honorable que les vies qui se vivent à présent, vies banales, à petits salaires et nombreux revers, qui ne permettent jamais dé connaître l'aisance matérielle, ou simplement l\u2019épanouissement de la personnalité avant de s'enfoncer dans la vieillesse, absurde.cruelle, inéluctable.avec ses lendemains de plus en plus précaires, et.sur l\u2019horizon, la déchéance physique et la mort.C\u2019est la période de la vie où un être humain a le plus besoin des autres.C\u2019est tout cela qu\u2019Armand Marqui- set a si bien compris il y a 20 ans, puis tous ceux qui ont suivi son exemple.Une quarantaine de petits frères, dans dix communautés, s'occupent d'environ 10 000 pauvres, la plupart des vieillards.Ils les aident le plus possible matériellement, par des colis de nourriture, par des banquets, en les invitant chez eux par petits groupes pour un bon repas le samedi, en leur rendant des services, en leur offrant des vacances d'été; mais surtout, ils leur donnent leur temps, leur présence, leur amour.Avec le pain, ils donnent des fleurs.Des vraies, avec leurs couleurs et leur parfum.très souvent à la saison, et toute l'année pour les grandes occasions.Ils le font car \u2018à travers cette beauté, c'est le signe qu\u2019on les aime, qu'on n'a pas seulement pitié de leur estomac\u201d.Les vieilles amies gardent leurs fleurs des mois et des mois pendant l'hiver; c\u2019est la tendresse dans leur chambre.Rien de plus bouleversant que d'entendre un petit frère de Paris raconter la visite faite à un vieil aveugle une nuit de Noël.parce qu\u2019il ne pouvait venir au banquet: \u2018ses mains découvraient le contenu du colis de réveillon et il poussait des exclamations de joie, mais quand je lui dis \u201cvoici un bouquet de violettes\u201d, l\u2019aveugle le prit, l'écrasa contre sa figure, et pleura .\u201d.Les petits frères prodiguent aussi les fleurs de l\u2019affection, les baisers.Pour dire bonjour et au revoir à leurs vieux amis, ils les embrassent tendrement.comme les enfants et petits-enfants qu\u2019ils n'ont jamais eus.ou qu\u2019ils ont élevés et perdus, par la vie.ou la mort.Cet échange de baisers filiaux fait éclore du bonheur sur les vieux visages.\u201cTai retrouvé mon fils\u201d, dit un septuagénaire.\u201cLes seuls baisers que je recevrai jusqu'à ma mort\u201d.dit une veuve sans famille.Les petits frères de Montréal, aidés d'une dizaine d\u2019auxiliaires, visitent cent cinquante vieillards une fois par semaine, et cinquante autres une fois par mois.qui les appellent par leur prénom et s'attachent à eux de tout leur coeur.\u201cIls sont sincères, c\u2019est si rare\u201d, est un commentaire commun a leurs vieux amis, qui disent aussi: \u201cAvec eux, pas d'hypocrisie ni de prêchi-prêcha\u201d; \u201cils viennent nous voir par tous les temps, alors que rien ne les y oblige\u201d; \u201cils nous apportent leur gentillesse.leur gaieté\u201d: \u201cils sont jeunes, habillés comme tout le monde, affectueux.\u201d Ils aiment particulièrement le premier petit frère qui vient les visiter et, quand il part à l'étranger ou quand un frère français retourne servir dans son pays, c\u2019est un drame.lls éprouvent un grand chagrin et par la suite demandent sans cesse des nouvelles de leur favori.Trois Québécois sont \u201cen service\u201d en France: Roland Longpré et Jean-Claude Messier a Marseille, Nelson Saint-Gelais a Paris.Pour les petits fréres.leurs vieux amis sont \u201cleur famille nombreuse\u201d.À Montréal.pour 200 vieux qu\u2019ils visitent régulièrement, et 200 autres qui ont besoin de cette sortie pour leur réconfort moral, les jeunes gens organisent trois banquets par an.à Noël, à Pâques, et une fois l\u2019été à l\u2019île Sainte- Hélène.\u201cCela nous donne quelque chose à attendre, nous fait faire des rencontres, nous donne de la joie.des souvenirs, notre part de la vie, quoi\u201d, RR UY CT 0 ™ Nf FN er mem emp fem Smt ge gn a ep om ag = \u201c= © ™ SS CU \u2014 \u2014 LC a A 2 Sm rem mmm disent les invités.Les colis de nourriture sont appréciés: \u201cQuand on est à sa pension.c'est si difficile de joindre les deux bouts\u201d, mais encore plus important, \u201cils nous écoutent\u201d; \u201cpendant une demi-heure, on a droit à une vraie présence.\u201d Un jeune les fait bavarder de leur vie passée.les écoute raconter les petits événements de la semaine.Quand il fait beau, il offre son bras pour un petit tour dans la rue.\u201cC'est si beau la rue\u201d.soupire une vieille dame presque impotente qui sort rarement de sa chambre sur cour.Aussi.pendant ces quelques pas au bras d'un jeune homme qui lui donne son attention et l\u2019écoute parler de sa jeunesse, elle déborde de joie et de fierté, elle salue tous les passants.Brusquement, elle fait à nouveau partie du monde.JEAN-PIERRE, petit frère depuis deux ans, trouve ces bavardages intimes indispensables pour mieux comprendre les vieux amis et les aider à s\u2019adapter aux changements.On lui pose beaucoup de questions sur la politique.les mesures sociales.la nouvelle liturgie.Ces conversations peuvent aussi amener le vieillard à s'aider lui- même, à changer un point de vue, à mieux accepter la souffrance physique et même la mort.Car, lorsque les petits frères prennent une personne en charge, ils la suivent jusqu'au bout, à travers ses maladies.ses crises de désespoir.ses séjours à l'hôpital, et ils sont souvent les seuls compagnons des derniers jours.Il y a aussi les confidences amusantes.Aux banquets.les vieux messieurs seuls font parfois la cour aux vieilles dames.mais, tout comme à 20 ans, l\u2019amour est enfant de bohème et Madame, toujours fleur bleue, fuit le cavalier parce qu'il n\u2019est pas assez bavard\u201d ou \u201ctrop gros\u201d ou \u201cpas aussi plaisant que monsieur X .\u201d Une demoiselle de 83 ans hésita longuement avant d\u2019accepter leurs visites à domicile, parce que \u201cje me suis toujours méfiée des jeunes comme vous: on risque toujours de se retrouver avec un petit sur les bras!\u201d Une réflexion aussi cocasse est vraiment l'exception.La porte leur est grande ouverte chez leurs vieux amis, et ils se sont habitués à accepter une friandise, Une eau gazeuse, un café, pour donner à leurs protégés la joie de pratiquer l'hospitalité.Le luxe d\u2019une certaine octogénaire est d\u2019acheter une petite bouteille de bière toutes les semaines pour son petit frère, et tant pis s\u2019il n'aime pas la bière, ou s\u2019il craint d'avoir mauvaise haleine pendant les visites à d'autres vieux amis: il lui faut la boire! Reçus comme les enfants de la maison, en retour ils aident comme ceux- ci le feraient.Ils font les déménagements, assez fréquents chez les vieilles personnes en chambre.et les corvées qui vont de pair, laver les murs et les planchers, peinturer, planter les clous.suspendre les tableaux.poser les tentures.\u201cIl en est d\u2019adroits, d\u2019autres moins\u201d, d\u2019observer leurs vieux amis.On leur demande aussi.au besoin par téléphone, des conseils pour faire marcher radio et télévision.généralement des cadeaux de bienfaiteurs et pas toujours en état de marche.Le plus beau cadeau matériel des petits frères à leurs vieux amis, ce sont sûrement les vacances d\u2019été, qu\u2019ils leur offrent grâce aux bénéfices d\u2019un bazar annuel.Celles-ci coûtent toujours.au minimum, au moins six mille dollars.Trois fois dans l'été, un groupe va passer quatre semaines dans un chalet loué dans les Laurentides.Quelle joie de découvrir la campagne.le calme, la verdure.les oiseaux, après J\u2019asphalte.la chaleur, la foule et le bruit des quartiers populeux! Les villégiateurs se promènent à pied ou se reposent, Hs cueillent des fleurs, jouent aux cartes.bavardent, se content des histoires et font honneur à la cuisine des petits frères.Chacun a sa chambre privée.Hs réapprennent à respirer l\u2019air pur, et à rire sans souci de leur âge.Tout comme aux danses qui suivent les banquets, le petit coin de printemps qui veille en chacun éclate au contact de la jeunesse et de l\u2019entrain des petits frères.Dans les annales de ceux-ci, il y a Léonie, héroïne de 94 ans, qui, emmenée à la foire dans un village voisin pendant ses vacances.se mit allégrement à faire des cartons à la carabine, comme ses jeunes amis.Pour beaucoup de vieux, ce sont les premières vacances de leur vie.\u201cCe serait un conte de fées, si ce n\u2019était déjà le ciel\u201d, d\u2019opiner une nonagénaire qui, instinctivement, a saisi tout le \u201cgénie\u201d de la force qui anime les petits frères.S'ils sont capables d\u2019apporter aux vieillards, au terme de leur existence, un peu de vrai bonheur terrestre avant le grand départ, c\u2019est qu\u2019eux-mêmes s'inspirent du ciel.Ils vivent leur foi au sein du monde, au contraire de ceux qui s\u2019en retirent, et leur foi se concrétise en gestes positifs et ne se traduit pas uniquement en prières.Ils vivent sous le même toit, en communauté.et ensemble ils prient, et cherchent à dégager les traits d'une vie spirituelle commune centrée sur le service des pauvres.Ils n\u2019ont pas de formule fixe, établie une fois pour toutes; leur charité s\u2019épanouit sans cesse et cherche toujours de nouveaux moyens de se développer.Dans la franchise absolue, on recherche des solutions pratiques aux problèmes qui se posent chaque jour.Humains, religieux, financiers, les problèmes sont nombreux.Il faut beaucoup d\u2019argent; quatre à cinq mille dollars pour un banquet, vingt mille dollars pour un an de colis \u2014 environ 9 000 \u2014 , les fleurs, divers petits services, l\u2019entretien des deux voitures indispensables pour le transport des colis, pour emmener les vieux amis en vacances, pour les aider dans leurs déménagements ou les conduire et les rechercher quand ils vont à l\u2019hôpital.II y a aussi les frais de nourriture et de loyer de la communauté, même si celle-ci est logée dans une vieille maison de la rue Bleury, près Sainte-Catherine.au coeur du modeste quartier où demeurent.hélas, trop de personnes vieilles et pauvres.Tout cela représente un budget annuel de quelque 60 000 dollars.La vie en commun permet aux petits frères l'affrontement des caractères, pour redresser leur attitude personnelle et mieux servir leur idéal.pour entretenir la flamme et renouveler le courage quotidien.Mais.pas plus qu\u2019ils n\u2019essaient de faire les missionnaires auprès de leurs vieux amis, ils ne s'imposent l\u2019un à l\u2019autre de carcan ou d'exemple.L\u2019épanouissement spirituel reste une aventure personnelle.Selon leur désignation officielle, ils sont des laïcs consacrés .Quand ils sentent l'appel, à 18 ans minimum, ils sont assistants et partagent la vie d'une communauté pendant trois ans.Ensuite ils peuvent faire un stage de formation de 2 ans, généralement à l'étranger ou dans une autre ville.Après ce temps.ils prononcent publiquement à Notre-Dame de Paris le voeu de consacrer leur existence au Christ dans ses pauvres.En signe de cette alliance, ils reçoivent un anneau.Ils sont alors petits frères permanents et, annuellement, ils renouvellent leurs voeux personnels de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.Dans cet amour des pauvres, ils ne sont pas seuls.Ils sont aidés des auxiliaires.jeunes gens de 18 à 30 ans.qui ne prononcent pas de voeux et mènent une vie personnelle, professionnelle et familiale, mais consacrent le plus possible de leurs loisirs à aider les petits frères.S'ils veulent prendre une part plus active à la vie matérielle et spirituelle de la communauté, et s'engager plus profondément envers les pauvres, tout en gardant une vie personnelle, ils deviennent alors associés, et prononcent des voeux annuels en même temps que les permanents.Les petits frères parlent volontiers de \u201cleur triple famille\u201d.Ils se considèrent comme un Jien entre les vieux amis et les donateurs, les uns permettent aux autres de donner temps, argent, tendresse.Les donateurs permettent aux pauvres de recevoir ces témoignages d\u2019affection que sont les fleurs.les colis, les bons repas, toutes ces petites joies de la vie qu\u2019ils n\u2019ont parfois jamais connues.Heureux de donner à une oeuvre à laquelle ils croient, des bienfaiteurs remercient les jeunes gens \u201cde donner à leur pauvre argent le visage de l'amour\u201d.Depuis mai 1965, les petits frères ont l\u2019autorisation de faire des campagnes de souscription, et ils en ont fait une au temps de Noël, qui a rapporté une dizaine de milliers de dollars.Jusqu'en 1965, la seule rentrée de fonds canadiens était le bazar annuel, soit de 8 000 à 10 000 dollars.La différence entre ces sommes et les besoins est comblée par la maison mère de Paris.Toutefois, Montréal espère pouvoir suivre l'exemple de Chicago, qui.après sept ans d'existence.commence à se suffire à elle-même.Il y a aussi les amis des petits frères, qui forment le Comité.Ils organisent le bazar annuel, lancent la campagne de souscription, et s\u2019occupent socialement de l'oeuvre en général.Des amis aussi, les fournisseurs qui vendent au prix du gros le contenu des colis hebdomadaires.Lors des banquets, pour servir et desservir aux tables, pour véhiculer les vieillards, pour les distraire, des amis de tous les âges et de tous les milieux viennent prêter muin-forte.Des jeunes filles souriantes servent le vin et dansent aimablement avec les vieux messieurs.Les étudiants valsent gaiement avec les octogénaires.Quand un superbe brun de 19 ans vous dit qu\u2019il le fait \u201cparce que cela me rend heureux de les voir heureuses, donner du bonheur a tout un groupe c'est pour moi un stimulant\u201d, on est loin de la jeunesse délinquante qui remplit les faits divers des journaux.Les adultes aussi s\u2019aident souvent eux-mêmes en aidant les autres.Le témoin d\u2019un réveillon de Noël a rendu ce témoignage: \u201cCette nuit-là, c'est comme si un souffle d\u2019air pur avait fait irruption dans des coeurs jusque- là tristes et vides; pour avoir simplement prêté leur auto, leur temps, leur sourire, j'ai vu des hommes et des femmes retrouver quelque chose d\u2019indéfinissable qui leur manquait pour vivre et que vous appellerez comme vous voudrez, moi j'appelle ça de l\u2019amour.\u201d Cet amour, qui suffit à des milliers de vieux de par le monde pour que celui-ci perde son masque d'indifférence et d\u2019égoïsme.Cet amour, dont les petits frères font leur raison de vivre, même si l\u2019on a dit deux \u201cils sont bien un peu fous, avec leurs vieux\u201d.Surtout quand ils font la folie d'offrir une bague de diamant à l\u2019épouse lors des noces de diamants \u2014 si rares \u2014 d\u2019un de leurs vieux couples.Folie très douce, rappelant celle de saint François, leur ancêtre, et qui permet alors aux petits frères de lire sur un vieux visage, OÙ l\u2019émotion se marque si intensément, la certitude d\u2019avoir trouvé leur vérité.Les autres se sentent meilleurs, de savoir que les petits frères sont là, avec leur amour et leur foi inébranlable en la personne humaine.Sans regrets, mais avec une question au coeur.Marc, Jean-Pierre, Jean-Claude, Alain, à Montréal, sont heureux \u201cd\u2019avoir tout laissé pour les aimer\u201d mais se demandent de toute leur jeunesse \u201cpourquoi, après 20 siècles de christianisme, les vieux ne sont-ils pas plus aimés par les leurs, par leurs semblables, par les autres êtres humains?\u201d Les petits frères de Paris ont peut-être la réponse en demandant dans une récente brochure si \u201caux jeunes gens qui ont 20 ans aujourd'hui et qui sont le monde de demain, on enseigne, en même temps que les techniques et les sciences, à aimer les hommes, et les pauvres, leurs frères\u201d.4 PERSPECTIVES No 27, 2 juillet 1966 - 5 fi- JU y ÿ | M i | | y I > it WA Petits et grands projets du Centenaire LA CONFEDERATION canadienne allant avoir cent ans, il fallait absolument faire quelque chose de marquant pour commémorer cet événement et c\u2019est ainsi qu'est né le projet d\u2019organiser des fêtes.La Commission du centenaire, formée tout exprès à Ottawa, prit alors l\u2019initiative de faire payer en partie par le gouvernement fédéral des constructions ou des projets divers qui seraient réalisés à l\u2019occasion du centenaire.Les travaux de l\u2019Exposition universelle de Montréal accaparant tous les esprits.les réactions à l'initiative de la Commission furent plutôt réservées.Mais les municipalités se son: depuis ressaisies et plus de 77 projets qui coûteront plus de $27 000 000 ont déjà été approuves par le gouvernement du Québec.Pour la plupart.il s'agit de projets ordinaires en soi centres culturels.bibliothèques, audi tormums.centres recreatits, pisemes: mais a latitude laisse aux architectes fait que bei PERSPECTIVES No 17, D cuillet TOLE gd 1887 EI 7 ad feed + Éd l'embleme du Centenaire flotte au vent devant l'édifice du Parlement féderui.coup de ces constructions compenseront par leur audace architecturale ce qui manquait à l\u2019originalité de ces projets.Le plus original de ceux-ci, au Québec.est sans doute celui de transformer le traversier Arthur-Cardin en un théâtre flottant.qui remontera le Saint-Laurent et le Saguenav et à bord duquel seront données des pièces canadiennes.Le Théâtre de l'Escale aura une salle de 500 places.un fover-salle d\u2019exposition.douze cabines pour les comédiens et l\u2019équipage et même un restaurant et un bar.Le projet le plus ambitieux est celui du conservatoire de Québec actuellement en construction.qui deviendra le centre culturel de la capitale provinciale.Situé non loin des édifices du Parlement.il comprendra un grand auditorium de 1 700 places pour les spectacles d'opéra.de théâtre et les concerts: une salle - de 500 places.une salle d\u2019exposition, et le Conservatoire de musique et d\u2019art dramatique Suite page § So Sr NU tne.ES \\ fy; Mon EXTRA LONGUE Ù > Fi A CADEAUX POUR TOUS! 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