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Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1909-10, Collections de BAnQ.

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[" H WL \u2018 2 : ie cie .LOU jé oh ; Botte 0 ai ne ; ve Pres LNT bo J , Hees dnt ge delta craie ot a late fohét.A idl i - = \u2014\u2014 ar A Let nue 4 1d 7 ê., st, \u2014 NOTRE ROMAN COMPLET Un SForcier du Ghibet Par CHARLES GAREY 2e Année - No 10 opulalne LITTÉRAIRE ILLUSTRE A AE i MENSUEL.Le chevreuil, protégé par la nature et par la loi, abonde dans les Highlands d'Ontario (ser- vis par le Grand-Tronc) Sommaire: D\u2019Argenson: Le rougissement des feuilles; E.Jolicler: Un beau devoir; Pierre Voyer: La grande chasse; Mistigris: L\u2019élevage de la truite; Emile Lippi: Pars! Rapport du Quatrième Concours de Photographies a : A HY TR HHH rah TE I TET CP STENT TPN Ip 0 HH 10 A HL Ta af RHA Le temps des fraicheurs Le temps des Rhumes.Ne vous alarmez pas si vous prenez le rhume : rien de plus facile que de vous en délivrer.C'est l\u2019affaire de quelques doses de prop Mathieu {FOIE DE HORDÉE au Goudron, à l\u2019Huile de Foie de Morue et autres produits médicinaux éprouvés.I! soulage, soutient, guerit.Il ne désappointe jamais quant à ses effets rapides, en quelque sorte immédiat.En vente partout Quand vous avez mal à la Tête \u2014 recourez sans hésiter aux \u2014 Poudres Nervines DE MATHIEU qui guérissert radicalement : MIGRAINE, NÉVRALGIE, FAFIGUE, SURMENAGE, ETAT FIEVREUX.POUDRES NERVINES © De MATHIEU _ Pour tous les Maux de Tête et Névralgie.Jerget Névra , oC gg, oom Pise Une Elles ne contiendent ni opium, ni morphine, ni chloral.15 cts.la boîte de 18 Poudres.\u2014 EN VENTE PARTOUT.COMPAGNIE J.L.MATHIEU, propriétaire, Sherbrooke, P.Q.Le développement de la Poitrine est un des attributs de la beauté il fait ressortir la sveltesse de la taille.On lobtient \u2018par l\u2019usage régulier et persévérant des Pilules Persanes de Tewfik Pacha de Téhéran (Perse) Elles corrigent les caprices de la nature en développant, raffermissant et reconstituant le Buste chez la Femme et la Jeune Fille.$1.00 la boite; 6 boites pour $5.00 Mme Suzanne D.ecrit :\u2014\" J'etais incred 1le et apres un essai convaincant des PILULES P£RSANES, je me fe'icite de les avoir esssyees.\u2014 Je m'en trouve admlrablement bien.\u201d SOCIETE des PRODUITS PERSANS Boite Postale 1031, Dépt.A., Montréal.4 TEL: ST-LOUIS 1067 RAOUL LEBŒUF Entrepreneur Plombier ~~ Possur d\u2019Appareils a Gaz et Eau Chaude Réparations de toutes sortes une spécialité.Brûleurs et Manteaux à Gaz à bas prix.EZ lini rire A ng = - Ii FU 1195 ST-HUBERT, Pres Rachel, - MONTREAL, grr it lib oi, hn nina ins Pre te te art tt ta itn re A BA oni .pi 2 ; i ii i ari Jib i id i Sr ps i td te is i du ci iin Bi i oe WN 1 } 3 ! 1 PROVINCE DE QUEBEC | \u2019 (CANADA) | Brillant avenir pour les colons et les industriels.1 TERRES POUR COLONS | Il y a plus de six millions d\u2019acres de terres arpentées et divisées en E.lots de ferme à vendre dans et pour la Province de Québec.H Le prix de ces terres varie de vingt à cinquante sous l\u2019acre.i Les colons qui désirent se créer un établissement peuvent acheter un lot E de cent acres dans l\u2019une des fertiles régions suivantes :\u2014 É 1.Région du Lac St-Jean et du Saguenay.> 2.de l\u2019Outaouais et du Témiscamingue.À 3.\u201c du Saint-Maurice.EB 4.Les cantons de 'Est.\u2014 P 5.La région de la Chaudière.i\" 6.Le bas du fleuve Saint-Laurent, (côté sud).7.La vallée de la Matapédia.«8 La Gaspésie.iE Quelques-unes de ces régions offrent des avantages exceptionnels.E CONCESSIONS FORESTIERES Les concessions forestières ou la permission de couper du bois sur les terres de la Couronne se vendent à l\u2019enchère publique.: .Avis de ces ventes est donné dans les journaux du pays.E Ces concessions forestières comprennent, selon les régions, toute espèce i: de bois: épinette blanche, épinette noire, cèdre, érable, merisier, hêtre, E.sapin, tremble, etc.i Elles sont sujettes à une rente foncière de quatre piastres par mille, i payable avant le ler Septembre de chaque année.E | POUVOIRS HYDRAULIQUES È .Ÿ Pour faciliter le développement industriel dans ia province, le départe- E ment cède ou loue les cascades ou chutes formées par les rivières ou les E lacs.Le H Le prix de ces concessions varie suivant l\u2019importance et la puissance des E pouvoirs hydrauliques.| i Pour renseignements plus précis sur la valeur des terrres et des bois, et E des pouvoirs hydrauliques, demandez un exemplaire du \u201c Guide de Colon \u201d i .| | ; MINISTERE DES TERRES ET DES FORETS, A QUEBEC.i J) | 8 = 1 | q dû PIE CANTON RATE ACTE ÿ i de RE fi, ao Ce = - = © EF Re Gy NB GS D 3 oY 5 vd 7 We BY ef Pars p % V& G3 | Puisque mes prières sont vaines, 5 D L\u2019implacable destin te forçant à partir, G \u2019 Pars.mais pour soulager mes peines \\3 = Promets-moi de garder toujours mon souvenir.M > y De ce quai d\u2019où je vois encore, oO o Entre tes blanches mains le mouchoir s\u2019agiter; Ÿ & : Sur les flots que le soleil dore \\ 5 Je regarde, en pleurant, le bateau t\u2019emporter.O Dieu! que du ciel tes étoiles, ! Sur cette immense mer conduisent le vaisseau; .& Ce Et qu\u2019une brise enflant ses voiles hi P > Le pousse vers le port sur de tranquilles eaux.- | & & 4 Le jour le soleil qui se lève, À & De ses tièdes rayons épanouit la fleur; on Ainsi de mon coeur, comme en réve, je eu) Part un rayon d\u2019amour épanouir ton coeur.j EN © | Emile LIPPI. La Revue PARAIT TOUS LES MOIS ABONNEMENT : Canada et Etats-Unis: Un An: $1.00, - Six Mois: - - - 50 cts Montréal et Etranger: Un An: $1.50 - - Six Mois: - - 75 cts Par Poste = - = = = = = = = - le No 15 cts POIRIER, BESSETTE & Cie Editeurs-Propriétaires, 200, Boulv.St-Laurent, MONTREAL Vol.2, No 10, Montréal, Octobre 1909 Le Rougissement des Feuilles OUS sommes à l\u2019époque de l\u2019année N où les feuilles aux verts si variés, durant Jl\u2019été, changent plus ou moins de couleur.Les unes y gagnent en beauté, d\u2019autres y perdent, mais pour toutes c\u2019est le déclin fatal.C\u2019est comme les dernières rutilances-de ce qui fut un grand panorama, et ce sont les tons rouges flambants ou les ors les plus éclatants qui retiennent davantage l\u2019oeil arrêté sur ce grand et singulier spectacle d\u2019une forêt en octobre.Je connais des gens qui ont réuni de bien belles collections de ices feuilles d\u2019automne avec leurs teintes bigarrées, leurs nervures vertes ou jaunes se détachant sur fond rouge, leurs nuances délicates variant en gammes infinies.\u2018 .Quatrelles nous apprend que ce ne sont pas, seulement, les feuilles prêtes à tomber ou déjà enlevées par le vent qui peuvent acquérir des tons rouges.Tous ceux, dit-il, qui ont exploré les régions alpines ou les régions polaires ont pu remarquer qu\u2019un grand nombre de plantes, dont les Gch te it ii Hy itd de ane dltt wal AL UC OL LR ISRAEL tt els tt CR ey att gt tb heh?TRAN KEGEL GEHL Bh RAI Populair feuilles sont parfaitement vivantes et en pleine végétation, acquièrent des tons rouges plus ou moins étendus, plus ou moins foncés.Les savants nous apprennent que le rou- gisement des feuilles est dû au froid, lequel produit en elle une substance nommée anthocyane.Gaston Bonnier a découvert qu\u2019une lumière intense et prolongée produit \u2018également le rougissement des feuilles.D\u2019autre part, je lisais ces lignes dans un numéro d\u2019octobre 1908 des \u2018\u2018 Annales \u2019\u2019, de Paris: \u2018\u201c M.R.Combes a fait voir que, 'dans tous les cas où se forme l\u2019anthocyane, il s\u2019est produit une modification dans la composition \u2018des feuilles.Ainsi, lorsque les feuilles deviennent rouges, soit par le froid, soit par la lumière intense, soit par leur vieillissement à l\u2019automne, soit encore par une sorte de maturation hâtée des feuilles sur une :branche qu\u2019on décortique à la base, M.Combes a constaté qu\u2019il s\u2019accumule dans ces feuilles une proportion anormale de sucres.(Ce serait un trouble dans l\u2019assimilation du sucre, une sorte de diabète de la feuille qui provoquerait la production de cette substance rouge.\u201d Il m\u2019a paru intéressant de réunir ces faits et ces constatations, en ce numéro d\u2019octobre de notre revue.Car combien de fois n\u2019ai-je pas vu des gens, instruits ou non, admirer cette métamorphose dans la coloration de la feuille, puis l\u2019expliquer de cent manières plus ou moins fantaisistes.- N\u2019est-ce pas un peu le rôle de notre revue de vulgariser un peu les petits et grands problèmes naturels, en prenant le soin de ne pas se servir\u2014-suivant l\u2019expression de Sarcey\u2014de mots qui soient plus grands que les choses?- D\u2019Argenson. (Le résultat d\u2019une semaine de chasse dans les Highlands d\u2019Ontario servis par le Grand Tronc) - La Grande Chasse Par Pierre Voyer ANS le numéro de septembre de la Revue Populaire, j\u2019ai parlé du parti qu\u2019une de nos grandes compagnies de chemin de fer tirait de l\u2019alpinisme pour, à la fois, utiliser les grandioses Montagnes Rocheuses et tirer des revenus là où on ne lui prévoyait que des déficits.Dans des numéros précédents, nous avons parcouru ensemble, et comme à vol d\u2019oiseau, d\u2019autres contrées canadiennes, telles que le Nouvel Ontario (Ontario Highlands), qui, jadis, semblaient devoir rester inaccessibles et déserts, malgré leurs beautés naturelles et d\u2019une originalité si remarquable.Et nous avons vu que, grâce - à l\u2019industrie et au savoir-faire des hauts officiers actuels du 'Grand-Tronc, ces mêmes contrées, de sauvages et vierges qu\u2019elles menacaient de rester longtemps encore étaient devenues des endroits de villégiature où le confort moderne le plus complet et la nature la plus vraie, la moins violée ge rencontrent partout sur une superficie de centaines et de centaines de milles.Et comme voici l\u2019époque où les amateurs de la grande chasse s\u2019apprêtent à partir\u2014le sont peut-être déja\u2014pour les régions où il y a encore du gros gibier, j'ai pensé à dire un \u2018mot de l'hygiène et de la chasse, en ouvrant une parenthèse pour ces mêmes Highlands.Il y a six ans, je passai une partie d\u2019octobre et de novembre dans le Nouvel Ontario, faisant la navette entre Mattawa et Blind River, poussant des pointes vers le nord et vers le sud.Je n\u2019y vis pas de bien grandes villes, de fait pas une seule ayant quelque importance au point de vue du chiffre de la population.Mais ce qui ne laissait pas de me surprendre, c\u2019était de voir dans chacune de mess fi dè fa gr Paie détresse Sl.Sued af) ce / cad aloe grind Le chevreuil, protégé par la nature et par la loi, abonde dans les PARA] + as yh .ap QE a D'OR + iE al tse eh Ips ied riety 4s ii ti i RR a eR 4 Pt he on i RA fia ah Rtn hEr HL ATEN PENSE hh hb Ea + Dre +, in see oy ils dive ROR i ps ni ste, di La grande Chasse ces \u201c\u201c villettes\u2019\u2019 et dans presque chaque village de grands et beaux hôtels, munis de tout le nécessaire et de tout le superflu, dénonçant de toutes façons une grande prospérité.Et ces hôtels étaient remplis de gens fort affairés, dépensant largement, portant beau et parlant haut.On aurait dit, sans la langue, des Méridionaux de France.Ce ne pouvait être des politiciens, 1a plupart des membres de cette \u2018\u2018 confrérie\u2019 m\u2019étant connus, au moins de vue.Et rien n\u2019indiquait qu\u2019ils fussent tous des voyageurs du commerce.Ceux-ci ont tant de façons de vous laisser savoir, même sans le dire, ce qu\u2019ils sont et ce qu\u2019ils font.Je finis par apprendre que c\u2019était 1a l\u2019invasion ordinaire des amateurs de grande chasse, de nemrods qui accouraient de tous les points de l\u2019Amérique du Nord, quelques-uns même ayant quitté la vieille Europe pour venir assouvir des, goûts de grand sportisme synégétique qui trouvent vis par le 7 vf ue a Til fi ae fini iff 43 uid Ris i He ii Sb Ln To iii i i fini de moins en moins, là-bas, de quoi se satisfaire.J\u2019appris aussi que cette invasion était comme une marée apportant avec elle les éléments de la moitié de la prospérité de cette région, où l\u2019exploitation minière ne battait encore que son \u2018commencement.Tout ou presque tout cela était dû à la Compagnie du Grand-Trone qui, après avoir mis les Highlands d\u2019Ontario en mesure de recevoir les chasseurs les plus entreprenants, avait fait, dans l\u2019univers entier, une réclame intelligente et sincère pour ces mêmes Highlands.Et comme cette réclame avait été soutenue par les résultats; comme les friands de fortes émotions, de grosses pièces et de régions à la fois primitives et confortables avaient trouvé là plus même qu\u2019on ne leur avait promis, il était arrivé que leurs récits décuplaient annuellement l\u2019invasion tandis que, d\u2019autre part, grâce à la nature particulière du sol et à des lois sages et sérieusement observées, le gros gibier ne diminuait pas, au contraire.Grand-Tronc) ; du iat rt Highlands d\u2019Ontario (seront a Hr RERO PATIO OR Fu MOTTE ATOS CEST Ga La Revue Populaire = Et je me pris à penser à nos régions du nord québecois, pour ne mentionner que celles-là, où la richesse aurait pu être apportée à saison fixe si on avait su respecter les lois de la nature et celles que l\u2019homme a promulgjées pour la protection du gros gibier.: Aujourd\u2019bui, nous nous reprenons.Une protection systématique et vigilante s\u2019exerce.Espérons qu\u2019avant longtemps nous pourrons, nous aussi, appeler vers nos Highlands les riches nemrods qui sément sauraient que faire, je me rappelai que nos pères, qui avaient besoin du gibier pour la chair et pour la toison, lui durent également une vigueur qui va, hélas! se perdant bien vite.Nous, les fils des trappeurs, nous ne tirons plus même aux moineaux.Nous nous sommes hités de détruire les plus belles espèces de nos forêts plutôt par astuce qu\u2019autrement, et nous avons perdu jusqu\u2019au goût du gibier qui fut en honneur sur nos tables.On me permettra d\u2019analyser ici un arti- Un camp de chasseurs sur la rivière Maganetawan, (servi par le Grand-Tronc) l\u2019argent de toutes façons parmi de rustiques populations à l\u2019époque où c\u2019est pour elles le chômage aggravé de l\u2019entrée en dure saison.> Et en voyant partir, pour le Parc Algonquin et autres champs de prouesses, ces hommes qui allaient demander aux saines fatigues de la chasse un retour de vigueur plutôt que du gibier dont ils ne cle d\u2019un savant observateur qui se cache sous le pseudonyme de Dr Nemo et qui énonce, avec autorité, des vérités où nous pouvons toujours prendre notre large part.Nous sommes, \u201cdisait-il, en pleine saison de chasse; or, pour nous autres citadins, habitués à fouler l\u2019asphalte uni des trottoirs, \u2018quoi de meilleur que d\u2019aller courir les champs! Certes, les premières sorties n\u2019iront pas sans une fatigue appréciable.Quand il faudra lever le pied plusieurs milliers de Ne; Dla 0 i tien Yr An + Cote ot pled pt i RT TT sr eg co it Hi Tue pdt dl pe Qu til Aelia tay dal hciatiteisict ii vtt ie fd Chasse La grande Comme tout appareil mécanique, les muscles s\u2019usent au fonctionnement quoti- Iois pour dranchir les mottes de terre des labourés, quand il faudra franchir Iles haies, sauter les fossés, revenir vingt fois sur ses pas à travers des récoltes plus ou moins fournies, la journée ne laissera pas que d\u2019être pénible.Mais après deux ou trois jours de repos, quel délassement, quelle liberté dans les mouvements! Des muscles que vous avez habitués à exécuter des mouvements limités sont forcément surpris d\u2019un travail aussi inaccoutumé.i dien.La nature heureusement pourvoit à cette usure, et chacune des fibres musculaires se rénove par des cellules nouvelles au fur et à mesure de la destruction des parties usées.Chaque fois qu\u2019il y a fonctionnement musculaire, on observe la formation de substances qui, en abondance, assez grande, finissent par fatiguer le muscle, par empêcher sa contraction.Ce sont ces subs- 1 Caribous a la nage dans le lac Tamagami près du Camp Cochrane, (servi par le Grand-Tronc) Les déchets de tous genres qui sont venus encombrer leur jeu rationnel ont besoin de s\u2019éliminer; d\u2019où courbature rénale, élimination urinaire plus chargée.Il faut que l\u2019organisme se purge, à proprement parler, de tous les résidus laissés en place par plusieurs mois de repos.C\u2019est cet excès de travail des premiers jours qui, parfois, fait diminuer l\u2019ardeur des disciples de Saint-Hubert.Mais qu\u2019ils Aaillent progressivement, qu\u2019ils s\u2019entraînent petit à petit, comme il est nécessaire de le faire pour tout exercice pénible, et la fatigue cessera d\u2019être perçue.+ tances fatigantes dont il s\u2019agit de faciliter l\u2019élimination.L\u2019une d\u2019elles a pu être plus facilement isolée.C\u2019est l\u2019acide lactique.Lorsqu\u2019on injecte de Jl\u2019acide lactique dans le corps d\u2019un muscle normal, on observe, au bout d\u2019un moment, que sa contractilité diminue de force et disparaît.,.De même, d\u2019ailleurs, si on injecte dans ce muscle du sang provenant d\u2019autres muscles fatigués.Au contraire, veut-on rendre aux fibres musculaires leur énergie première, il suffit d\u2019opérer une sorte de lavage de ce muscle avec du sang frais ou la solution de TETE RAT ne IY \" PRR RAT RER ET ETT STRAY SERA oY RC TT I TT ET if SREB RAG RRR ONE A Site : : wt Hh PS AE .COL vane La Revue Populaire sérum physiologique.Les premiers jours d\u2019exercice, un citadin ne pourra donc jamais éliminer tous les résidus qu\u2019il a accumulés pendant le travail tranquille de ses bureaux.Ces premiers jours, fatalement, à côté de la fatigue banale, il y aura courbature lombaire, urines chargées, mais quelques jours de repos dans l\u2019intervalle des sorties et l\u2019entraînement faisant son oeuvre, la sensation de fatigue sera de moins en moins pénible.Donc, en envisageant la chasse au point de vue de son rôle hygiénique, on peut.dire que c\u2019est un exercice qui convient à.tous les âges et que son action est particulièrement bienfaisante chez les tempéraments goutteux, graveleux, rhumatisants: ou arthritiques.Nous n\u2019irons pas jusqu\u2019à promettre que: les crises (douloureuses n\u2019apparaîtront pas, mais du moins aura-t-on chance de les atténuer notablement et de favoriser la dépuration rénale.Ainsi ce sport est de tous les âges, et s\u2019il développe les jeunes, il permet aux générations plus anciennes de conserver pendant longtemps les privilèges de la santé et les agréments du mouvement facile.Le 0 SOUVENIR- ACTUALITE Reproduction d\u2019une très vieille photographie représentant les Pères du Quatrième Concile de Québec, tenu à Québec le 7 mai 1868.Se lit de gauche à droite: Mgr Lynch, évêque de Toronto; Mgr Farrell, évêque de Hamilton; Mgr Jos.Larocque, évêque de St-Hyacinthe; Mgr Taché, évêque de St-Boniface; Mgr I.Bourget, évêque de Montréal; Mgr Baillargeon, archevêque de Québec; Mgr Guigues, évêque d\u2019Ottawa; Mgr T.Cook, évêque de Trois- Rivières; Mgr Pinsonnault, évêque de Birtha et Mgr J.Langevin, évêque de Rimouski.10 EE Le TORE ETI TPE RIT ELITE TS EE TE TER ENCRES AE ORE EEE CEE OR EEE RSS RE AE 5 © (La truite: de l\u2019oeuf au poisson intégral) L'Elevage de la Truite Par Mistigris E poète Ausone vivait il y a près de seize cents ans.Il paraît qu\u2019il fut le premier à parler de la truite.C\u2019est du moins ce qu\u2019assure sir John Lemoine, de Québec, en son instructif ouvrage \u201cChasse et Pêche au Canada \u201d.La truite eut aussi ses bardes en notre pays.Hélas! cela n\u2019a pas empêché sa décadence.Et cette décadence, elle ne la doit pas à son inconduite, à quelque oubli prolongé de la loi naturelle de croître et de propager.C\u2019est nous qui, là encore, sommes les coupables.La truite est donc une autre de nos richesses que nous avons exploitée presque jusqu\u2019à extinction.Il fut un jour, encore bien présent à ma mémoire, où, à Québec, on servait à midi de merveilleuses truites fraîches de la nuitée.\u2018C\u2019est dire qu\u2019il ne fallait pas, comme aujourd\u2019hui, faire des lieues et des lieues en chemin de fer pour trouver ou la pécher.En ce temps-là, Baptiste partageait son activité entre deux besognes bien typiques: celle de détruire le succulent saumon di- minutif\u2014ainsi qu\u2019on a appelé un jour la truite\u2014comme s\u2019il se fut agi d\u2019un ennemi dont l\u2019existence mettait la sienne propres en péril; la deuxième de ces nobles et méritoires ibesognes était d\u2019abattre tous les jeunes érables desquels il pouvait trouver deux sous pièce les jours de fête nationale.C\u2019était là sa bonne manière de célébrer le Grand Patron.À choisir, j'aime encore mieux la manière qu\u2019a Paddy de célébrer le sien et qui ne va pas plus loin, AIT PRET NE PE dans la voie de la malfaisance, qu\u2019à coiffer un castor trop petit et 4 ingurgiter des coups trop grands.Grâce à ces deux nobles besognes, en bien des endroits Baptiste en arriva vite à n\u2019avoir plus de la truite que le même vague souvenir qui lui reste de g'antique rhum blanc, et à ne plus se sucrer le bec qu\u2019avec du sucre anglais, comme disent encore les anciens dans certaines paroisses.Des efforts assez heureux ont été faits pour remettre en existence les érablières dévastées.Et l\u2019on s\u2019oceupe de repeupler de truites les lacs qui autrefois en débordaient quasiment.La pisciculture est aujourd\u2019hui une science bien établie, bien positive, dirai-je, absolument sortie, pour quelques poissons, du moins, de la période du tâtonnement expérimental.Il y a une trentaine d\u2019années, nous dit M.Edmond Renoir, que la pisciculture -a passé, en France, du laboratoire des savants à l\u2019établissement où on la traite industriellement et commercialement.Le poisson auquel on s\u2019est le plus adressé ést la truite; truite commune, truite des fontaines, truite arc-en-ciel seront bientôt aussi répandues qu\u2019elles l\u2019étaient peu il y a quelque temps.Les unes ont été importées d\u2019Amérique, notre truite commune pê- chée de façon désordonnée devenait une rareté: l\u2019abondance revient et si l\u2019on y 11 Gilg i - Ss a NS THOR 3 A Te 9 8 $ SETS N 3 8 OR Ÿ & - .ER\u2014 ae > ss Sw sas Ji PE soucie w # = A \u201c - ee S oF a 12 3 = = La Revue Populaire $ x $ 8 ES «+ : ER % 8S £3 se x Si se\u201d ses su Un rendez-vous de sports: Le lac Saint-Ignace, dans le Nouveau-Québec \u2014 Fy Des vs = .ven L'Elevage de tient la main, l\u2019excellent manger constitué par la truite, que les Anglais appellent lord King Speckleblack (seigneur roi taché de noir) sera commun.Le même \u2018écrivain fait aussi un exposé des méthodes d\u2019élevage; je ne puis qu\u2019en donner les grandes lignes.Les moeurs des poissons à l\u2019état de nature ont été étudiées.On sait que telles espèces pondent dans des conditions et des endroits déterminés; que notamment la truite, qui nous occupe, recherche des eaux limpides, tranquilles, coulant doucement sur un fond de gravier lisse pour y la truite .d\u2019une propreté rigoureuse, sans la moindre vase, voilà les conditions normales dans lesquelles s\u2019effectue la reproduction naturelle de la truite et dont il faut se rapprocher en matièrè d\u2019élevage si l\u2019on veut réussir.On dispose donc, dans une pièce maintenue à une température aussi égale que possible des bacs, dont le fond est formé par des baguettes rondes de verre blanc sur lesquelles viennent se \u2018poser les oeufs fécondée.C\u2019est alors qu\u2019on les pose un à un sur les baguettes de verre dans les bacs.Ces bacs Bacs d\u2019incubation de la truite déposer ses oeufs.Tous les poissons n\u2019opèrent pas de la même façon.Chez les carpes, les oeufs se fixent sur un point, et leur adhérence est telle, que même un courant rapide ne peut les en détacher.Les oeufs de truites restent libres.Les poissons ont donc une tendance à préférer comme frayère le fond calme d\u2019un ruisseau garni de sable et de cailloux.Ils fouillent ce sol par des mouvements répétés et le remuent assez pour le débarrasser du sable et former de véritables nids entre les pierres.C\u2019est là que les oeufs viennent tomiber, et qu\u2019ils resteront le temps nécessaire à l\u2019incubation.Eau claire, aérée, à faible courant, fond ont une petite épaisseur d\u2019eau courante.On les étage de manière qu\u2019ils se déversent les uns dans les autres et que le mince filet d\u2019eau amené au bac supérieur suffise à alimenter tous les autres.Le temps total de l\u2019incubation est de 80 à 90 \u2018jours.Il importe de visiter quotidiennement les bacs afin de rejeter les oeufs morts, qui se couvriraient vite de moisissure et contamineraient tout le contenu des appareils.Les oeufs non fécondés, ou oeufs morts deviennent opaques, tandis que les autres revétent les couleurs les plus variées, en raison de la nourriture de la mère; il y en a ide rouges, de jaunes, de marbrés, de nacrés.13 RAI CRT Pa HERG / i noe Teme - RRO TO TROT AT FH REA RST aR Gite] i .La Revue Les oeufs fécondés laissent apercevoir à leur surface un point noir qui est tout l\u2019espoir du pisciculteur.Au bout de 33 à 35 jours cet oeuf ,vivant, mais inerte, va s\u2019animer, et l\u2019on assistera aux plus curieux phénomènes.Rien n\u2019est intéressant comme de suivre les différentes phases de l\u2019éclosion, de deviner le poisson dans cet oeuf immobile, mais \u2018qui bientôt subira sa première métamorphose.Ce qu\u2019on voit tout d\u2019abord de ce poisson est étrange comme tout ce qui concerne ce monde des eaux toujours si bizarre et si déconcertant.Lorsqu\u2019on parle d\u2019oeuf, la pensée est ramenée vers les oiseaux qui sortent tout vivants de leur coquille, tandis qu\u2019il n\u2019en est pas de même ici, et il faudrait plutôt comparer l\u2019oeuf de la truite à la graine d\u2019où sort le germe qu\u2019elle nourrit pendant un certain temps.Le cas est le même.Lorsque l\u2019oeuf éclôt, il ne sort d\u2019abord qu\u2019une tête, avec ses deux gros yeux, reliée par un fil à ce qui est encore l\u2019oeuf, mais qui va devenir une sorte de poche ou de vésicule, servant de réserve alimentaire au poisson nouveau- né.Pour les esprits superficiels, le personnage est grotesque: deux yeux énormes, ressemblant à des verres grossissants piqués sur une vessie et ayant la prétention de vivre, cela paraît singulier?C\u2019est une merveille de la nature! Ce poisson, car désormais c\u2019en est un, est destiné à vivre dissimulé sous les pierres pendant de longues semaines, au fond de la rivière où le sort l\u2019a placé, s\u2019il ne veut pas être, dans l\u2019instant, la proie des ennemis nombreux qui guettent ce frai appétissant.Il faut qu\u2019il vive dans sa retraite, et la poche nourricière sera là; il y pourra puiser jusqu\u2019au jour où devenu assez grand, assez fort, assez vif, il lui sera permis de circuler un peu partout, étant capable de fuir ses dangereux voisins.Et ses yeux, ces gros yeux de crapaud, ces yeux disproportionnés de taille, avec un corps qui n\u2019existe pas, ces yeux qui tiennent toute la tête, Croyez-vous que ce ne soit pour rien qu\u2019ils affectent cette forme?Ces yeux-là sont de véritables micros- Populaire copes qui leur permettent d\u2019apercevoir les plus petits infusoires, les seuls que les poissons naissants puissent ingurgiter par leur bouche microscopique.Pendant tout le temps qu\u2019ils sont nantis de cette poche nourricière, on les voit tantôt couchés sur le flanc, tantôt s\u2019agitant avec rapidité, pour retomiber bientôt sur le côté.Tandis qu\u2019ils sont dans cet état, ils exigent des soins constants, on doit les visiter tous les jours, afin de jeter les morts par-dessus (bord.Ajouterons-nous que toutes ces manipulations doivent être faites avec des précautions infinies, soit qu\u2019on touche aux oeufs, soit qu\u2019on s\u2019adresse aux petits êtres qui ne tiennent à la vie, c\u2019est le cas de le dire, que par un fil! La période de formation: totale comprend donc l\u2019incubation de l\u2019oeuf ou état embryonnaire, qui dure 30 à 35 jours; le second \u2018état, qui suit l\u2019éclosion, 8 jours; le troisième, dans lequel la queue apparaît, le corps se dessine, et la vésicule se place en équilibre au-dessous et au milieu de la ligne dorsale à la place \u201cde l\u2019abdomen, d\u2019une durée de 15 jours; le quatrième, qui voit le corps se former presque compléte- ment et la poche diminuer en s\u2019aplatissant, durée 8 à 12 jours; le cinquième, où l\u2019alevin fait s\u2019est débarrassé de sa vésicule.Total 80 & 90 jours.L\u2019oeuf a séjourné dans les cuvettes ou tamis des bacs, l\u2019alevin vit dans les casiers de ces mêmes bacs un certain temps, puis il va changer complètement d\u2019existence.On va le sortir de cette \u2018\u2018 nursery \u201d où on le tenait à une température constante, où on l\u2019entourait de soins méticuleux, où l\u2019on veillait à ses moindres mouvements.Il va sortir de la chambre close et connaître les joies du grand air.- Quelques chiffres intéressants: on calcule que sur trois millions d\u2019oeufs traités, il en survit le tiers, soit un million, et qu\u2019à deux ans on retrouve sur ce chiffre 30,000 truites.C\u2019est encore un fort joli résultat et la pisciculture constitue une industrie lucra- 14 if te su Oo \u2019 était \u2018prêt à les recevoir.Aussitôt que les regards du docteur tombèrent sur le visage du grand lama, sa conviction fut faite; il se trouvait en présence d\u2019un homme extrêmement malade, et qu\u2019un miracle seul pouvait sauver.Les signes d\u2019une ardente fièvre étaient sur ses joues; les yeux étaient vitreux; le corps si faible que l\u2019action seule de lever Ila main était presque devenue impossible.Et cependant, avec une énergie merveilleuse, avec une force extraordinaire de discipline et de contrôle sur soi-même, le malheureux n\u2019avait pas consenti à se décharger en quoi que ce fut des devoirs de son pontificat.Il se raidissait encore sur son trône sculpté enveloppé de sa robe safran, le plastron de métal autour du col, la mitre enrichie de pierres précieuses sur la tête.Autour de lui se trouvaient sept de ses lamas, faisant tourner \u2018sans repos sept moulins à prières qui rendaient un ronflement fatigant, et chantant d\u2019une voix lente, basse, monotone, la phrase de six syllabes mystiques: \u2018Om Mani Padme Hum \u201d.La lumière du jour était rigoureusement exclus de l\u2019appartement : l\u2019atmosphère était alourdie par la combustion de myriades de lampes à beurre, qui jetaient une lueur sépulcrale sur les vêtements pompeux du malade.\u2014Mon fils, dit-il à Farthingale d\u2019une voix pantelante et brisée, les mots ne venant qu\u2019avec difficulté, le ton si bas que son interlocuteur l\u2019entendait à peine, tu as été envoyé par le ciel pour me rendre la santé.Procède à tes incantations.\u2014Je n\u2019use pas d\u2019incantations, répondit » Farthingale.Cependant, j'ai acquis de l\u2019habileté dans l\u2019art de guérir et.\u2014 Peu importe ta méthode, interrompit le grand lama.Tu ag été envoyé pour me sauver.Sauve-moi.Je n\u2019ai pas à t\u2019interroger.\u2014 Mais je puis ne pas réussir! répondit prudemment Farthingale.\u2014Tu ne peux pas ne pas réussir!- répondit le moribond avec une sublime assurance.\u2014Je ne suis qu\u2019un homme, insistait le docteur, et ibien que résolu à tout faire pour vous guérir, 6 grand lama\u2019 je puis me tromper.Le \u2018\u2018 Kanpo \u201d faisait tomber sur lui un regard sévère.\u2014Ecoute-moi, dit-il.T1 a été \u2018écrit qu\u2019un homme blanc, accompagné d\u2019un homme de couleur, viendrait ici pour me rendre Ila santé.Si tu fais ce qui est écrit, tu es cet homme blanc.Si tu ne le fais pas, vous êtes tous deux des imposteurs et rien ne pourra vous empêcher de mourir dans les plus affreuses tortures.Soyez témoins de mes paroles, 6 lamas! Un cri sortit de la poitrine des sept prêtres attelés à leurs moulins à prières: \u201c Nous sommes témoins.s\u2019ils n\u2019accomplissent pas l\u2019oracle, ils mourront \u201d.Farthingale réfléchissait profondément, et ses réflexions ne prenaient pas précisément un tour joyeux.La seule joie de salut qui se présentât à lui et à son compagnon était la guérison du grand lama.Tous deux étaient tombés dans un odieux piège, que leur avait tendu la destinée stupide.Ils n\u2019avaient aucune pitié ni aucune grâce à attendre de ces fanatiques, s\u2019îls ne pouvaient pas être les Messies attendus.Et, pour ce faire, il fallait remettre sur pied un homme à moitié mort, qui ne se tenait plus debout que par un miracle d\u2019énergie; il fallait galvaniser un cadavre, rendre à la vie un moribond à peu près entré en agonie.Il y avait déjà loin de cette situation à ce qu\u2019on leur avait fait entrevoir la veille.Cependant l\u2019urgence même du péril réveilla dans les veines de Faäarthingale le sang anglo-saxon, audacieux et combattif, 38 qui sommeillait.\u2026.Il jeta un coup d\u2019oeil à Kumar, aussi impassible devant les menaces de mort qu\u2019il venait d\u2019entendre que si le grand lama l\u2019eut simplement invité à déjeuner.Celui-là, du moins, était un allié sur lequel il pouvait absolument compter.Puis il rejeta la tête en arrière, dans un mouvement de défi.\u2014 C\u2019est bien, \u2018dit-il.J\u2019essaierai de vous guérir.Mais si je dois lutter ici avec la mort, je veux du moins choisir mes armes et avoir le droit d\u2019exiger de tous une prompte et silencieuse obéissance.\u2014I1 en sera ce que tu voudras, pour toutes choses.\u2014 Donc, poursuivit le docteur, qu\u2019on arrête immédiatement ce bruit de prières et le son monotone de ces chants; que les lamas s\u2019éloignent; que la chambre soit débarrassée de cette horrible odeur de graisse brûlée.Les prêtres en robe \u2018jaune, immobiles, se regardaient l\u2019un l\u2019autre consternés.Cet audacieux étranger allait-il permettre aux mauvais esprits d\u2019entrer dans la demeure et d\u2019étendre leurs griffes maudites sur le chef vénéré?Et comment ces démons pouvaient-ils être efficacement \u2018éloignés, sinon par la prière par l\u2019incantation et par la flamme des lampes saîptes?L\u2019un d\u2019eux s\u2019avança pour protester; le \u201c Kanpo \u201d\u2019 lui-même l\u2019arrêta d\u2019un geste de sa main lasse.\u2014L\u2019étranger connaît ses voies, dit-il.Je lui ai promis qu\u2019il serait obéi.Qu\u2019il le soit.S\u2019il se trompe, c\u2019est au risque de sa vie.Les lamas cessèrent de murmurer.Les prêtres ouvrirent les fenêtres et la brise pure \u2018du matin remplaca bientôt dans Ila chambre du malade l\u2019épaisseur de miasmes qui contribuait dans une si forte mesure à le tuer.Puis ils s\u2019éloignèrent.Far- thingale et Kumar demeurèrent seuls avec leur patient.\u2014 Maintenant, commanda Farthingale, ôtons sans perdre un instant cette robe et cette mitre.T1 avait repris sans transition l\u2019assurance et l\u2019autorité du verbe de sa profession.Mana Fuyeh eut un geste vague de re- HI ari + it A st tty he a vi apte ir lei pin tt 0 RRR RS nh is i Un Sorcier du Thibet 39 PE PRIT EEE ET ER ET Ran THEE iii gid 0 bit ik Dore AR intl HI A ai LE ET Tile H fus; mais le docteur lui jeta un tel regard qu\u2019il n\u2019osa pas aller plus loin.Quelques instants après il était dévétu et placé dans un lit.Le médecin s\u20196tait penché sur son corps amaigri, tâtant le pouls, prenant la température, écoutant la respiration, examinant la gorge, auscultant et palpant, posant des questions rapides et attendant à peine la réponse, notant d\u2019un oeil exercé tous les symptômes propres à lui faire augurer la guérison ou la mort.\u2014C\u2019est encore plus grave que je ne le pensais, murmurait-il à l\u2019oreille de Ku- mar.Cet homme est à la période la plus avancée d\u2019une diphtérie d\u2019espèce maligne.Nous avons mille chances contre une pour ne pas réussir.Tl s\u2019agit de nous accrocher à cette chance: comme un homme à demi noyé s\u2019accroche à la paille entraînée par le courant.Pré- pare-moi de l\u2019eau chaude et va me chercher la boîte à médicaments; fais vite.Puis commença une lutte ardente, ininterrompue, sauvage, avec un ennemi infatigable et qui ne s\u2019éloignait jamais.Pendant deux jours et deux nuits, Farthingale ne s\u2019accorda pas une seule minute de repos.Il se tenait continuellement penché sur le moribond, tenant la mort suspendue au- dessus de lui, dans un effort constant et sans cesse renouvelé.Ni le moindre changement de température, ni la moindre variation du pouls n\u2019échappèrent à sa minutieuse investigation.Toujours en alerte, f1 prévenait les crises et en combattaït à l\u2019avance les effets.En une certaine occasion, et sans crainte de la contagion, il mit ses lèvres sur les lèvres livides du malade et le força à respirer en envoyant son propre souffle dans ses poumons.Le grand lama, qui s\u2019était déchargé de la responsabilité de guérir sur un autre, et qui était en outre plein de foi dans l\u2019augure prononcé par lui, se laissa faire d\u2019abord avec la plus extrême passivité.Puis il s\u2019agita et entra dans une période de délire qui dura plus de quarante- huit heures. La Revue Populaire L\u2019effort extraordinaire qu\u2019il avait fait pour accomplir ses devoirs et garder le prestige de son rang malgré la maladie, produisaît maintenant une réaction intense et une dangereuse révolte de tout le système nerveux.Le sommeil ne pouvait lui être imposé à aucun prix, et dans une veille douloureuse ce qui lui restait de force et de vitalité s\u2019épuisait rapidement.Les soporifiques étaïent impuissants à le calmer, et Farthingale se rendait bien compte maintenant, le coeur étreint d\u2019angoisse, qu\u2019à moins d\u2019un miracle l\u2019homme était définitivement perdu.Le soir du troisième jour, après un nouveau et patient examen du malade, Far- thingale se tourna vers Kumar.- \u2014J\u2019abandonne, dit-il d\u2019une voix calme.T.a membrane est déchirée; la neurasthénie est arrivée à son apogée et empêchera le grand lama de s\u2019en tirer.Je n\u2019y puis plus rien; nous n\u2019avons qu\u2019à attendre la mort.L\u2019indien réfléchit profondément pendant quelques minutes.Puis il étendit la main vers son maître.\u2014Laissez-moi seul avec lui, dit Sahib, demanda-t-il.Je connais un tour de ma-\" gie que les brahmes m\u2019ont appris pendant mon enfance, et qui pourrait nous être plus utile maintenant que toutes les drogues de ta boîte à médecines.Farthingale sourit, quoique la situation n\u2019eut rien de bien encourageant.Il était à bout de ressources.Le \u2018tour de magie\u201d de Kumar ne pouvaït aggraver l\u2019état du \u201c Kanpo \u201d, presque arrivé à l\u2019agonie.D\u2019autre part, quel que fut son dévouement pour son maître, l\u2019indien était toujours resté mystérieux envers lui sur certains points, et surtout en ce qui concernait les sciences occultes hindoues.Il acquiesca d\u2019un signe de tête, et laissa Kumar agir comme il l\u2019entendrait.Pour lui, magie ou non, la partie était bien définitivement perdue.En arrivant à la porte, toutefois il jeta un coup d\u2019oeil à son serviteur.Et il le vit, agenouillé sur le lit même du malade, les yeux puissamment fixés sur ses yeux, les mains faisant autour de la tête et du corps des passes mystérieuses, chantant une mélopée basse et gémissante.Cing minutes plus tard, Kumar lui faisait signe de rentrer.Mana Fuyeh dormait d\u2019un sommeil aussi paisible que celui d\u2019un enfant fatigué par ses jeux.y Le miracle se produit Pendant deux ans Farthingale et Kumar demeurèrent à Tso-ri-nia, et ces deux années furent considérés comme les plus heureuses de sa vie.L\u2019Am'éricain était las de son existence nomade, fatigué de misères et d\u2019efforts: la paix et le calme du monastère venaient s\u2019étenädre sur son âme comme un baume réconfortant.En outre, les religions mystiques de l\u2019Orient avaient toujours \u2018été pour lui un objet de curiosité passionnée; et là, dans cette lamaserie où un miraculeux hasard l\u2019avait conduit et fait accueillir tandis que l\u2019accès en était rigoureusement interdit aux autres blancs, il se trouvait à une intarissable source de \u201cdocuments où se délectait son esprit de savoir.On le laissait librement tout voir et tôut feuilleter; il vivait en compagnie de parchemins merveilleux, jeunes d\u2019antiquité, portant des sentences senscrites beaucoup plus vieilles que Salomon lui-même; il pouvait entendre à chaque heure des récits de traditions précieusement transmis \\de siècle en siècle; il trouvait à un degré idéal cette atmosphère de calme absolu, cette complète absence d\u2019incidents qui plaisaient tant & sa nature contemplative, et que jamais encore il n\u2019avait rencontrées nulle part.En ce qui concerne l\u2019Hindou, il eut été bien difficile de déterminer s\u2019il était satisfait ou non.A en juger d\u2019après son attitude, vivre ici ou là lui était entièrement indifférent.Hiver ou été, palais ou chaumières, croûtes de pain dur ou nourriture abondante et \u2018délicate, il ne.laissait jamais entendre une récrimination, pourvu que son maître fut content.Les deux hommes \u2018étaient devenus exté- 40 tion Cain 8lai Un dang iy lig f Tey ais 5 sente 1 Ppt a 0 Tans rad A Lith GLB RG a He tr Soy \u2018pete, bE IRN) : ba, BA QUE cit te Lt plate! nait capté tt .it it He aii tes bl! it ha aati slug Goede Polat gu Ly Un Sorcier du Thibet rieurement semblables à leurs frères de la lamaserie du lac Koko-nor.Ils portaient la grande robe jaune, suivaient le même régime frugal, s\u2019employaient quand c\u2019était Teur tour à manoeuvrer les moulins à prières, mais la plupart du temps restaient complètement libres \u2018de faire ce qu\u2019il leur plaisait.Le monastère où ils étaient entrés n\u2019avait rien, de bien tyrannique dans sa régle.L\u2019autorité de AMana Fuyeh, sauf en certaines occasions liturgiques, se montrait excessivement douce, et il n\u2019exigeait pas autre chose de ses prêtres que l\u2019obéissance stricte aux voeux aux quels ils s\u2019étaient volontairement assujettit., Ni le docteur Farthingale, ni Kumar n\u2019avaient donc à regretter leur entrée dans la confrérie des \u2018douze.L\u2019indien, possédant l\u2019antipathie instinctive des Orientaux pour la fatigue physique, passait la plus grande partie de ses heures en vagues méditations, les mains croisées dans ses manches, un regard oi- si£ sur les montagnes qui entouraient le lac.Farthingale, obéissant à l\u2019impulsion de son sang plus actif, dépensait presque tout son temps dans la bibliothèque du temple, penché sur des manuscrits anciens, écoutant les longs récits du \u2018\u2018 Kanpo \u201d, ou assistant aux diverses cérémonies du culte, les notant dans son esprit, les commentant en chargeant sa mémoire des documents les plus rares.Et, s\u2019il venait à ise fatiguer de ses occupations, d\u2019autres venaient à propos diversifier son existence monotone.Oshinima et Karama, deux des membres les plus jeunes de l'Association, possédaient des intelligences promptes à questionner, et s\u2019enquéraient avec beaucoup d\u2019ardeur des \u2018conditions de la vie américaine, Farthingale leur apprenait l\u2019anglais, et tous deux faisaient des progrès surprenants.(Lui-même se perfectionnait dans l\u2019idiome thibétain, qu\u2019il connaissait avant son arrivée à la limaserie, mais dont les ifinesses lui échappaient encore.Le savant voyant ainsi, sans hâte et sans regret, passer \u2018d\u2019agréables journées et bien- 41 RTE \u201d \u201d on try roe SHE SE IAE SHEET iit MEET ECRIRE } ent HEN as tt, tôt son plus cher désir fut de rester \u2018toujours à Tso-ri-nia, séjour de paix inaltérable, et, de ne plus jamais rentrer dans le tourbillon du monde, affolant et décevant.I1 avait rencontré, avec cette existence effacée, sans soucis et sans imprévus, ce qui pouvait le mieux lui convenir au monde.Les gens qui l\u2019avaient connu en Amérique concluaient naturellement de son long silence qu\u2019il était tombé wictime de son amour pour la science et que ses os blanchissaient dans un désert inconnu ou sur les flancs de quelque montagne sauvage.Farthingale le savait et ne s\u2019en troublait en aucune façon.Les liens qui l\u2019unissaient à son pays d\u2019origine iétaient excessivement légers et il avait trouvé à Tso-ri- nia l\u2019éden où s\u2019assemblaient les plaisirs intimes et profonds qu\u2019il avait toujours désirés.Et, selon, toute probabilité, il aurait vécu et il serait mort, comme un reclus totalement oublié, dans la robe jaune des Yoguis du lac Koko-nor, si un incident ne s\u2019était produit, un jour, qui devait avoir une influence considérable sur le reste de sa carrière.A peu près à l\u2019époque du second anniversaire de son entrée au monastère, il reçut un message urgent du \u2018 Kanpo \u201d lui demandant de se présenter sans délai à la résidence rouge.Il y fut sans perdre une minute et trouva le Grand-Lama en conférence animée avec son serviteur Ku- mar Sabhu.Depuis que le grand prêtre avait \u2018été guéri \u2018de son attaque de diphtérie, depuis qu\u2019il avait été si miraculeusement rappelé des portes du tombeau, prêtes à se fermer sur lui, il s\u2019était pris d\u2019une amitié profonde pour l\u2019indien et recherchait sa société.Il souffrait encore de longues insomnies et avait recours aux passes magnétiques du jeune homme pour amener sur ses paupières le sommeil qui le fuyait.En outre, il avait remarqué que les voix d\u2019en haut dont il recevait les inspirations et qui le dirigeaient dans le gouvernement.du monastère se (faisaient entendre avec.beaucoup plus de force et de netteté lorsqu\u2019il était sous l'influence hypnotique.TREE y 1.7 i D ie tu 4° i ptt hn ttt gh latotetsts a aéate te] [tt PA EG A ALLIE t \u2018 HAT na i ' 2 2 1 La Revue Populaire \u2019 Jusqu\u2019à l\u2019arrivée de Kumar ces voix n\u2019étaient parvenues à son oreille qu\u2019à intervalle éloigniés et dans certaines circonstances.À présent, sous l\u2019autorité des incantations du nouveau lama, il entrait en .communication avec elles en tout temps et, pour ainsi dire, quand il le désirait.Ce résultat merveilleux n\u2019avait pas été sans frapper profondément le chef de la confrérie de Tso-ri-nia.Farthingale qui, en qualité de docteur, y voyait un peu plus loin, n\u2019était pas sans se défier de l\u2019abondance et de l\u2019extrême à propos de ces oracles qui avaient doublé de nombre depuis que Kumar s\u2019était transformé en confident journalier; il y voyait nettement le résultat d\u2019une suggestion habilement appliquée; mais, comme rien dans ces communications soi-disant célestes n'avait jamais troublé sa quiétude personnelle, il laissait faire, souriant même à l\u2019adresse tout orientale avec laquelle son serviteur avait pris empire sur l\u2019esprit du chef de la lamaserie.Celui-ci, cependant, lui fit signe d\u2019approcher en hâte aussitôt qu\u2019il l\u2019aperçut.Il supprima complètement les formules d\u2019étiquette sans lesquelles il ne parlait jamais à un de ses inférieurs, même pour les choses les plus urgentes, et entra en matière,\u2018sur un ton fébrile et quasi- anxieux: \u2014iMon fils, dit-il d\u2019une voix haletante et gravement \u2018'émue, je viens de recevoir une communication de l\u2019Esprit Céleste qui te concerne.J\u2019éprouve le plus vif regret à te la transmettre, mais c\u2019est un ordre formel d\u2019En-Haut, et ni toi ni moi ne pouvons nous y soustraire.Toi et le compagnon qui t\u2019accompagnait ici lors de ton arrivée devez vous rendre immédiatement au pays oli tu wivais avant d\u2019entrer dans cette saînte confrérie.Pendant trois ans, vous y habiterez, répandant autour de vous les préceptes sacrés de notre religion.Puis, si le cie! le permet, vous reviendrez.Farthingale lança à son serviteur un regard de reproche.Mais Kumar paraissait suspendu aux lèvres du grand-prêtre, et se seraît bien gardé à ce moment, de jeter les yeux sur le (docteur.Celui-ci essaya alors de faire revenir Mana Fuyeh sur une décision qui ruinait si profondément ses espérances de repos et de paix.Serait-il possible, dit-il, que pour une fois, notre saint grand lama ait mal interprété les voix qui viennent d\u2019En Haut ?Ne serait-il pas sage ld\u2019attendre, pour exécuter un ordre \u2018aussi différent des ordres habituels, qu\u2019il ait été au moins répété par les messagers du Ciel?\u2019 Le \u2018\u2018\u2018Kanpo \u201c hochait Ia tête d\u2019un air inspiré.\u2014Non, mon fils, non, je ne me suis pas trompé.\u2018Et il est tém'éraire de douter ainsi de la puissante sagesse du Verbe.Donc, sans plus de \u2018discussion d\u2019un décret divin, toi et ton frère quitterez I'ile demain au lever \u2018du jour.\u201c\u201c Vous voyagerez pendant trois jours vers l\u2019est.Alors, vous rencontrerez une caravane partie ide la cité sainte ide Lhas- sâ, et qui se rend auprès des marchands de Shanghaï.Vous accompagnerez et continuerez votre voyage par les voies habituelles aux gens de ton peuple, 6 lama ! Vous aurez ide l\u2019or et des provisions en quantité suffisante pour ne pas souffrir de la faim jusqu\u2019au moment où vous vous joindrez à la caravane.\u201cMon âme se désole à la pensée de me séparer de vous, mais l\u2019ordre est formel, et il faut qu\u2019il s\u2019exécute à tout prix.Je vous recommande, mes fils, de rester exactement fidèles à vos voeux.Rappelez- vous surtout que vous avez juré de demeurer dans le célibat, et ne laissez pas errer vos regards sur les visages des femmes.La d'éception git dans leur sourire et l'hypocrisie dans leurs yeux.Evitez-les pour ne pas être tentés d\u2019oublier vos devoirs et pour ne pas vous exposer à la terrible vengeance des (douze.\u201cCette vengeance n\u2019atteindrait pas que vous, d\u2019ailleurs, elle frapperait avec a même sûreté et avec la même force les complices iqui vous auraient aidés au mal.Ainsi donc, si vous sentiez vos pas se diriger vers ces sentiers dangereux, retenez- les; aussi bien par crainte pour elles que par crainte pour vous-mêmes.poursuivit \u201c J\u2019ai confiance, cependant, 42 Sont our dy By laut Sa Seg pre ca putain Sepi s CRE IE eG le vieillard d\u2019un ton beaucoup plus doux, qu\u2019aucun de vous deux ne faillira.Vous êtes des hommes mûrs et saviez à quoi vous engageaient les promesses que vous avez librement faites.Vous avez été jusqu\u2019à cette heure soumis et vertueux, et je vous sais attachés à nos dogmes.\u201c\u201c Partez donc, et que la bénédiction du ciel reste avec vous.\u201d : Il n\u2019y avait évidemment rien à faire qu\u2019obéir.Le grand lama montrait en tout temps une douceur exemplaire, mais Far- thingale savait qu\u2019en ce qui concernait l\u2019obéissance aux \u2018\u2018voix divines \u201d il devenait absolument inflexible et intraitable.Ni raison ni protestations ne pouvaient alors prévaloir contre son in'ébranlable volonté.Quand il se trouva seul avec Kumar, cependant, le docteur ne put réfréner le torrent de récriminations amères qui depuis quelques minutes bondissaient à travers son esprit indigné.Tout était donc perdu et les rêves \u2018de tranquillité éternelle et la perspective d\u2019une \u2018étude chérie, il allait falloir reprendre des relations avec l\u2019hum'anité si fausse et si m'éprisable, alors que la solitude avait des charmes si durables et si parfaits.Et tout cela pour un caprice d\u2019esclave, pour une fantaisie injustifiable et sans but, 'pour le plaisir de créer l\u2019agitation et le mal.Farthingale était réellement furieux.Kumar se défen'dit d\u2019abord d\u2019avoir collaboré le moins du monde aux \u2018 communications célestes \u2019\u2019 qui causaient cet étrange voyage.\u2018Mais il ne fut pas difficile à son maître de le convaincre et dès lors il avoua froidement.\u2014Que dit le proverbe indien?Qu\u2019un oiseau n\u2019est pas fait pour vivre dans le trou d\u2019un rat.Tu es un oiseau, Sahib.Mais si tu veux devenir un rat, trois ans ne sont pas une éternité, et le trou sera toujours ouvert pour te recevoir, si tu tiens à y revenir.En plus, \u2018Sahib, ajouta-t-il en considérant son maître d\u2019un regard vague et hésitant, as-tu considéré que les années se succèdent et ique tu n\u2019as pas encore un fils pour jouer à tes pieds et donner un re HEGRE RL Un Sorcier du Thibet 43 TE BAI EEE Ve te tt, a lyse! .[A yal + .tht .[ET .2 0e R : ERI Hp HR TRA A) etes (CN pt tatotatatat, {HRY A the that A ais eat dati) but à l\u2019avenir?\u2014Je n\u2019en aurai jamais! déclara Far- thingale.Tu parais avoir oublié, toi, que nous sommes liés par des serments irrévocables.Et ne te souviens-tu plus, déjà, de ce que le \u2018\u2018 Kanpo \u201d wient ide dire?\u2014 Mais si nous étions libres?insistait l\u2019indien, le même regard étrange dans les yeux.Il est des lois plus hautes que celles du \u2018\u201c Kanpo ee seigneur, et j'ai souvent rêvé que je partagerais ma vie, jusqu\u2019à présent solitaire, et que je la prolongerais en créant une famille qui se souviendrait de moi.\u2014Je ne l\u2019avais jamais rêvé, moi, répondit brièvement le docteur.Et si tu es sage, tu m\u2019imiteras.Nous avons des choses plus sérieuses ià faire, en ce monde que la poursuite de chimères et de songes, comme des fillettes à la sortie du couvent.La conversation s\u2019arrêta la.Farthingale très juste, ne pouvait s\u2019empêcher de reconnaître que son serviteur, tout en lui attirant une aventure détestée, avait cru agir dans son intérêt, et le premier moment de colère passé, la bienveillance qui lui était habituelle, reprenait le dessus.Cependant, il se passa longtemps avant qu\u2019il put oublier l\u2019intervention malencontreuse de Kumar, et les relations entre les deux hommes perdirent un peu de sa confiance et de la cordialité dont elles avaient été empreintes jusque-là.Le lendemain matin, Farthingale, navré à la pensée de quitter pour si longtemps sa chère retraite, Kumar, impassible comme à l'habitude et veillant au bien-être du docteur, quittaient Tso-ri-niah pour rentrer dans le monde habité, si l\u2019on peut dire ainsi.Oshinima et Karana les accompagnèrent jusqu\u2019aux rives du lac, et 1a, des larmes sincères aux yeux, leur souhaitèrent bon voyage.De ce voyage lui-même, nous ne parlerons pas, car il fut à peu près vide d\u2019incidents dignes d\u2019être relatés.Farthingale l\u2019accomplit en gardant une humeur assez morose, et sans paraître apprécier beaucoup son retour à la civilisation.Son serviteur avait repris l\u2019allure ancienne, «dévouée et discrète, mystérieuse aussi un PR in Ÿ f A ik PT À dy oti deletes dette: MLR eb Ltt La Revue Populaire peu, et cherchait évidemment à faire oublier le mauvais tour qu\u2019avec les meilleures intentions du monde il avait joué à son maître.Mais ce \u2018qui parut extraordinaire, c\u2019est la réapparition à New-York d\u2019un homme qu\u2019on croyait mort depuis longtemps, quoique son départ fut resté, grâce à la grande notoriété du voyageur, dans toutes les mémoires.» 11 faut noter aussi les désappointements qu\u2019éprouvèrent les chercheurs d\u2019interviews sensationnelles et les admirateurs professionnels du héros, lorsque Farthin- gale rentra dans son pays natal.Le moderne Ulysse, comme on l\u2019appelait, refusa énergiquement \u2018de se laisser couvrir de gloire; il ferma sa porte, et tout ce qu\u2019on put apprendre ide ses aventures \u2018aurait tenu en douze lignes.Mais son livre, que le monde savant attendait avec avidité, est reconnu comme la discussion des religions occultes la plus complète et la plus autorisée qui ait jamais paru.On y chercherait vainement un mot, toutefois, relatif aux sources \u2018des documents qui y sont renfermés.Le projet du \u2018docteur Farthingale, en la publiant, n\u2019était pas d\u2019indiquer un but de promenade aux touristes, et par là même de gâcher le séjour enchanteur auquel il ne pensait jamais sans regret.Il ne voulait pas non plus être la \u2018cause d\u2019une invasion de sa chère île Tso-ri-niah par une armée de missionnaires.Il voulait bien partager sa science, mais non compromettre le repos qu\u2019il se promettait encore pour l\u2019avenir.Et il le désirait si ardemment ce repos, que les premiers mois \\de son séjour forcé en Amérique fut pour lui un supplice impatiemment supporté, quelque chose comme un'e période \u2018d\u2019exil au cours de laquelle il subissait un \u201c mal du pays \u201d véritable, la nostalgie de ses études interrompues et de la chère confrérie lointaine.Farthingale était seul au monde, il ne se connaissait pas de parents vivants; les amis qu\u2019il avait eu pendant sa jeunesse étaient devenus des étrangers pour lui à cause de ses longues absences, et engagés dans des préoccupations mondaines ou d\u2019affaires pour lesquelles il ne se sentait pas le plus léger intérêt.Et il ne lui restait plus que trois mois à attendre, l\u2019épreuve touchait à sa fin, la magie orientale qui n\u2019avait jamais cessé d\u2019exercer sur lui sa séduction allait le reprendre pour toujours sans doute, lorsqu\u2019il rencontra \u2018Marjorie Grantham.Inutile de chercher & traduire I'impression qu\u2019il recut de la vie de cette jeune fille; le monde fut créé à nouveau pour lui, ce jour-là.Ceci se passait à une soirée donnée en son honneur par son vieil ami Chester Lindwood.Farthingale détestait par-dessus toutes les choses la curiosité mondaine, le fait d\u2019étre examiné comme un animal étrange et surtout commenté par le bavardage des femmes, qu\u2019il n\u2019aimait pas; mais cette fois il lui avait été absolument impossible.de décliner l\u2019invitation.Il se trouvait là \u2018de très mauvaise grâce, le point de mire de l\u2019attention générale.Et son attitude laissait clairement deviner ses impressions.Debout dans un coin du salon, les talons joints, raide, il répondait sans grâce aux saluts idont il était accablé, et par monosyllabes secs aux questions qui lui \u2018étaient adressées.Il s\u2019ennuyait considérablement et n\u2019avait pas la force de le dissimuler.Soudain son regard \u2018fut attiré par une jeune fille qui arrivait tard et qui traversait la pièce pour aller saluer la maîtresse de la maison.\u2014 Lindwood, demanda-t-il! subitement pâle, la main crispée sur le bras de son ami, quelle est donc cette jeune personne! \u2014 Celle en bleue?\u2014 Maïs non, pas celle en bleu.Elle a vingt ans.Je vous parle de cette glorieuse créature en robe de satin jaune et dont les cheveux ont l\u2019air de rayons de soleil emprisonnés.\u2014Eh! eh'.sourit Lindwood, pour un célibataire endurci, ceci n\u2019est pas trop mal.Mais je vois de qui vous voulez parler maintenant et il est certain qu\u2019elle mérite en tous points votre admiration enthousiaste.C\u2019est Marjorie Grantham, fille 44 see OR TE OA PE ER TRS 8 _ A A A ai RE TTR] VE EE PRE TEA TR Ey A NE § a be i 1% qu & Te Ma fre x Tay fee it) lig ey Jog Baggs Noir Dr agg Ri, unique du vieil Hartrey Grantham, le richissime! Elle vient de rentrer d\u2019un voyage en Europe; au cour duquel, paraît-il, tout ce qu\u2019il y avait de comtes et äe ducs à marier séchait sur pied pour obtenir d\u2019elle un sourire.Mais elle ne l\u2019aurait accordé à chacun d\u2019eux, et le champ reste ouvert.Voulez-vous que je vous présente?Le capitaine O\u2019Harra avait dit la vérité en affirmant que rien ne pouvait détourner Farthingale d\u2019une \u2018décision prise après réflexion mure.Mais un miracle venait de se produire, car sa volonté de retourner à Tso-ri-niah fut immédiatement noyée dans une autre volonté, toute puissante, et née au moment même où ses yeux s\u2019arrêtèrent sur la grande beauté de Marjorie Grantham; celle de l\u2019épouser.C\u2019était évidemment Ia seule femme au monde que le Créateur eut faite en songeant À lui.Son rêve d\u2019ermite, la perspective d\u2019une existence consacrée à la solitude et à la science, les idées de départ qu\u2019il caressait au sein de la cohue élégante moins d\u2019une heure atparavant, s\u2019évanouirent comme fait un voile de brouillard sous l\u2019intense resplendissement de l\u2019astre du jour.-En quelques instants l\u2019homme de science froid et calculateur fut transformé en un amoureux ardent, enflammé, exalté, rempli de passion.Il connut la jeune file, et, sous l\u2019influence, sans doute, de son amour dominateur leurs relations prirent bientôt un tour cordial et familier.Farthingale reconnut à ldes signes certains, que ses sentiments \u2018étaient partagés et il faillit en devenir fou de bonheur, car il n\u2019avait pas encore osé dire les mots qui engagent.Et au moment ol ces mots montaient malgré lui à ses lèvres, où il allait les laisser échapper, le coeur battant tumultueusement, le \\désir exaspéré de garder pour lui seul l\u2019admirable créature, les menaces du \u2018\u2018 Kanpo \u201d\u2019 remontèrent à sa mémoire, tombant comme une douche sur son esprit enfiévré.\u201cCette vengeance n\u2019atteindrait pas que vous, \u2018d\u2019ailleurs; elle frapperait avec Ila méme force les complices qui vous au- Un Sorcier du Thibet 45 bec OUR fila SRE S kr LH PE OC teh EU LAC raient aidé au mal\u201d.Pour lui-même, le docteur ne craignait rien; son amour nouveau lui donnait l\u2019audace de tout braver; mais elle, cette jeune fille innocente et point même avertie, al- laît-il appeler sur sa tête le péril, allait-il la désigner comme victime à la fureur fanatique et inexorable des Yoguis?Non, mille fois non.Plutôt abandonner pour toujours les rêves de bonheur qu\u2019il venait de former et auxquels il tenait déjà plus qu\u2019à sa ipropre existence.C\u2019est à cette époque que son âme torturée et excédée avait éprouvé l\u2019impérieux besoin de partager son fardeau; c\u2019est à ce moment que Fartingale avait fait à Lind- wood la confidence que nous l\u2019avons vu répéter au chef des d'étectives dans l\u2019intérêt de l\u2019instruction.Mais le docteur n\u2019avait été ique fort peu apaisé \u2018par les conseils optimistes de son ami.\u2014Nous sommes à New-York ét nous sommes.au XXe siècle, c\u2019est vrai, avait-il songé, mais les nouvelles voyagent vite et vont loin.Qui sait, si celle-ci, sur l\u2019aile d\u2019un hasard détestable, n\u2019irait pas jusqu\u2019à la lamaserie?Et Mans Fuyeh a le bras long.Vaincu par ses scrupules, Farthingale essaya \u2018d\u2019oublier et de retourner à ses études, qui, jusqu\u2019alors, avaient suffi à emplir sa vie.Ce fut en vain.Le visage de Marjorie s\u2019interposait, wictorieux et souriant, entre ses yeux.L\u2019amour était devenu le plus fort, et tout ce qui ne s\u2019y rapportait pas lui paraissait indifférent ou vide.Mais voilà qu\u2019un soir, alors qu\u2019il forçait son attention sur un vieux manuscrit rapporté de Tso-ri-niah, il tomba sur une sorte de catalogue des lois des douze, «qu\u2019il n\u2019avait pas encore wu.Et en l\u2019examinant de plus près, il s\u2019aperçut que les lettres initiales des premières sentences formaient un mot thibétain.Farthingale, surpris, sentit, pour la première fois depuis de longs mois, s\u2019éveiller sa curiosité, Il suivit la rangée des premières lettres jusqu\u2019au bas de la page et découvrit iqu\u2019avec l'amour du mystère cher aux Orientaux un acrostiche avait été ji hl i.int LS ae bit Hite h GRIT ld I Taf FIRE an aR La Revue dissimulé dans le Code.A mesure qu\u2019il le déchiffrait, son animation augmentait; elle faisait place bientôt à l\u2019agitation, à l\u2019intérêt le plus anxieux.Et quand le travail fut terminé, le docteur se dressa, le visage couvert d\u2019une joie radieuse et criant dans un parfait transport de bonheur: \u2014Dieu soit loué!.Dieu soit loué! La semaine suivante, ses fiançailles avec Marjorie Grantham étaient officiellement annoncées.Le monde s\u2019étonna, mais il lui fut à peu près impossible de ne pas approuver.Comme fortune et comme situation sociale, aucun des deux époux n\u2019avait rien à envier à l\u2019autre et en échange de la jeunesse et de la radieuse beauté de la jeune \u2018fille, Farthingale apportait da célébrité de son nom, répandu à travers le vieux continent et le nouveau.\u2014Je pensais qu\u2019elle aurait épousé Dit- son, idit tout bas la société; mais.I1 fut décidé que les jeunes mariés s\u2019établiraient aux environs de New-York et, comme il n\u2019y avait aucune bonne raison de retarder la cérémonie, la date en fut fixée de manière à coïncider avec le vingt- deuxième anniversaire de miss Marjorie Grantham.Lorsque Kumar apprit ces nouvelles qu\u2019il était impossible de lui cacher, il s\u2019approcha un jour \u2018de son maître et lui dit, du ton de l\u2019alarme le plus grave: \u2014 Avez-vous sérieusement l'intention de placer ainsi votre tête dans la mâchoire du lion, maître! \u2014Si tu entends par là \u2018me demander quels sont mes projets vis-à-vis de miss Marjorie Grantham, je te répondrai que j'ai l\u2019intention de l\u2019épouser et que je l\u2019épouserai certainement.\u2014 Mais, avez-vous pensé aux douze, Sahib?Et oubliez-vous les paroles du \u2018\u201cKan- po >\u2019?\u2014Frcoute Kumar, répondit le docteur dont les sourcils s\u2019étaient froncés, je t\u2019ai pardonné de t\u2019être mêlé de mes affaires a4 Tsa-ri-niah, parce que sans toi je n\u2019aurais pas rencontré Mar., parce que je ne serais pas revenu en Amérique.Mais il faut ique tu comprennes nettement que Populaire c\u2019est assez d\u2019une fois et que, si la chose venait à se renouveler, je ne pardonnerais plus.Nous nous séparerions.D\u2019ailleurs, cette mauvaise habitude que tu as prise d\u2019intervenir dans mon existence m\u2019empêchera de te dire aujourd\u2019hui pourquoi j\u2019agis comme je le fait.Sache seulement que je ne cours aucun danger en me mariant.\u2014Aivez-vous parlé à miss Grantham Sahib, de votre affiliation avec les Yoguis et de vos voeux de célibat perpétuel?\u2014Non.'Ce serait l\u2019alarmer sans néêéces- sité.Je t\u2019assure, Kumar, ique ni elle ni moi ne nous exposons à aucune vengeance des douze et que leur punition ne peut pas s\u2019appliquer à mon cas particulier.De cette explication plutôt vague, l\u2019Indien dut se contenter.La veille même du mariage, comme noûs avons d'éjà eu l\u2019occasion de le relater.Far- thingale vint rendre comme il le faisait tous les soirs depuis quelque temps une visite à sa fiancée.\u2014Etes-vous \u2018bien certain, lui demanda- t-elle avec quelque autorité de ne garder au fond du coeur aucun regret?Je crains, parfois, que vous n\u2019éprouviez la nostalgie de votre vie ancienne et que vous n\u2019en veniez un jour à me considérer comme le géôlier de votre prison.\u2014Aibandonnez dès aujourd\u2019hui toute crainte de cette nature, lui répondit-il en riant.De tous les lieux que j'ai visités, un seul m\u2019avait inspiré le désir du retour, et maintenant que j'ai devant moi la perspective d\u2019une existence à passer auprès de vous, Marjorie, ce désir s\u2019est de lui-même évanoui.La seule pensée de repartir, à présent, m\u2019est odieuse.\u2014 DEEE Il laissa échapper un long soupir.\u2014Et pourquoi cette mélancolie?dit-elle en riant à son tour.Personne au monde n\u2019a le droit de vous faire aller Il où vous ne voulez pas aller, je suppose?Il ouvrait les lèvres pour répondre, mais il réfléchit et dit simplement, du ton le plus naturel qu\u2019il put prendre: \u2014Certainement non.Et il parla d\u2019autre chose.A ce moment, deux hommes à teint 46 fa de du wi vers La To ble on To, Le ie i gp Sb EE ; Lye) i by eu Un Sorcier sombre veillaient prudemment dans une des allées du Parc.Ç C\u2019étaient Oshinima et Karana, les deux lamas du lac Koko-nor que nous avons vus liés d\u2019amitié sincère avec le docteur Farthingale.\u2014Crois-tu qu\u2019il consente?demandait Oshinima en un murmure léger.Nous ne pouvons pas retourner vers le \u2018\u2018 Kenpo \u201d et lui avouer que nous avons failli à notre mission! Nous n\u2019y faillirons pas, répondit Ka- rana sur le même ton.N\u2019oublie pas ce que nous a dit Mana Fuyeh: \u2018\u2018 ce mariage doit être empêché à tout prix.\u201d A tout prix, répéta-t-il avec plus de foree.Tu comprends?* * % Le mystére qui entourait la disparition du docteur Farthingale devenait plus épais que jamais, à la suite de l\u2019appréciation de l\u2019attorney du district.Mais un résultat avait été atteint par l\u2019enquête et par les articles de Ditson : convaincre le public que cette disparition était le résultat du plus noir des crimes.Alors qu\u2019avant cette enquête et ces articles tout le monde parlait assez volontiers du \u2018\u2018 départ \u201d du docteur, ce mot avait été \u2018universellement remplacé dans les conversations par celui de \u2018 meurtre \u201d.La police elle-même se rangeait à l\u2019api- nion que ce mot devait contenir la véritable solution du problème.Et la seule personne iqui refusât encore de croire à Ila mort ide l\u2019homme disparu était Marjorie Grantham, sa fiancée.L\u2019événement déconcertante et tragique était naturellement \u2018tombé sur son âme avec une grande et douloureuse puissance d\u2019écrasement, et \u2018(depuis lors elle avait été dans un état d\u2019esprit étrange, participant à la fois idu rêve et de l\u2019absence, ainsi que de l\u2019intense distraction.La pauvre enfant était aussi la proie de craintes continuelles et d\u2019hallucinations maladives; mais elle ne cessa jamais de penser à l\u2019homme qu\u2019elle avait choisi pour époux, et de chercher à percer l\u2019ombre où PRICE CIARA PTE TTT aie ds hr COTA RHETT i TART REED SRR RI Ce ees erat hh state pates) lili TANT Lith, Li a copieur i dite tet Lalit gly ROLE hittin 1 ty BOL ida CE a de Lunhenny alaati Gb ASE A LT dt A M AA OA DE AA Vi du Thibet il avait été plongé.Jamais, à aucun moment du drame, elle n\u2019avait voulu envisager même l'hypothèse d\u2019un départ volontaire et d\u2019un abandon dont elle aurait pu être victime.Elle n\u2019admettait pas non plus, malgré l\u2019évidence qui paraissait s\u2019imposer à tous les autres, qu\u2019il eut été assassiné.Quelque chose de mystérieux, une voix confiante et forte, disait constamment à son esprit qu\u2019il était vivant encore.Il pouvait, s\u2019avoua-t-elle, être séquestré, car rien n\u2019aurait pu l\u2019empêcher de communiquer avec sa fiancée; il pouvait, même, se trouver aux prises avec un grand péril.Mais il n\u2019était pas mort; aucun indice n\u2019avait jamais été découvert de sa mort, l\u2019opinion publique s\u2019était faite sur des suppositions qu\u2019il lui était impossible d\u2019accepter comme des preuves.Et cependant l\u2019anxiété de la jeune fille était cruelle.Elle vivait dans une alarme continue, examinant sans arrêt les faits connus, prête à s\u2019élancer sur toute piste nouvelle, entendant, même en son esprit endolori, des appels d\u2019aide et de secours.Elle se levait, elle allait partir, elle allait répondre à la voix chère; elle allait remuer le monde pour découvrir l\u2019endroit d\u2019où elle était partie! Puis, la réalité l\u2019abattait.Elle ne savait même pas (de quel côté porter ses premiers regards.° \u2014Où irais-je'.Où?criait-elle à voix haute.Mais rien ne répondait à ses lamentations.La nuit elle ne pouvait pas dormir.Le seul instinct qui lui demeurât était l\u2019ins- tiniet de chercher; la seule volonté, celle d\u2019agir et de sauver son fiancé.Mais quand elle voulait suivre cette dernière impulsion, le chemin manquait devant elle, le bout du fil qui l\u2019a fait entrer (dans le coeur du mystère.Sa santé s\u2019altérait sous cette contrainte et sous cet effort.Et ce qui la soutenait encore, ctétait l\u2019espoir, si tenace aux coeurs de vingt ans, l\u2019espoir de pouvoir être utile un jour à l\u2019homme iqu\u2019elle aimait.Cette obsession \u2018dans l\u2019esprit, elle sui- 47 La Revue Populaire vait patiemment tous les développements de l\u2019enquête, notait avec soin le: moindre bruit qui lui arrivait du dehors.Aussitôt qu\u2019une bypothèse nouvelle apparaissait, se rapportant À l\u2019affaire qui passionnait encore toute la wille, elle en faisait une étude minutieuse en la rapprochant dans chacun de ses détails des découvertes déjà faites et quelque problématique que lui parut le résultat.Elle-même créait au sujet de la disparition de son fiancé des hypothèses quotidiennes et les comparaît laborieusement avec l\u2019ensemble des faits connus.Mais c\u2019était pour trouver à la fin que ses efforts comme ceux \u2018de la police, ne conduisaient qu\u2019à d\u2019amères déceptions.- Cependant, elle ne perdait pas courage.Chaque matin, en se levant, Marjorie se faisait apporter les journaux qu\u2019elle dévorait rapidement pour savoir si aucune découverte n\u2019avait été faite pendant la nuit; le soir, on l\u2019aurait trouvée encore penchée sur les feuilles, étudiant les suppositions émises par les aspirants Vidocq lancés sur cette ténébreuse affaire.Il lui paraissait impossible qu\u2019à la fin un rayon de lumière ne jaillit pas de cette énorme quantité d\u2019enquêtes consacrées à un seul sujet.Un dimanche, sa femme de chambre lui apporta une montagne de journaux.Elle ouvrit d\u2019abord celui où écrivait Ditson et y vit la reproduction d\u2019une photographie représentant la chambre d\u2019où Farthingale avait disparu.Elle aperçut, avec une émotion facile à concevoir et qui mouilla ses beaux \u2018yeux, son propre Portrait accroché à d\u2019un des murs et, au-dessous, un vase contenant une belle gerbe de roses.Elle était sa déesse, lui avait-il dit un jour, et tous les matins il faisait à son image un sacrifice de roses fraîches.Longtemps, \u2018Marjorie resta en contemplation devant cette photogravure un peu confuse, mais dont la trame espacée avait cependant permis la reproduction de Ila plupart ides \u2018détails de l\u2019ameublement.Hélas! cette chambre était vide, inexorablement vide! Et combien de temps le de- meurerait-elle encore?Tout à coup la jeune fille tressaillit.Quelque chose lui était apparu, sur l\u2019i- _mage imparfaite, iqui lui arracha presque > 48 un cri \u2018de stupeur.Mon Dieu!.Etait-ce possible?Elle se penchait et étudiait maintenant la page avec toute la puissance d\u2019investigation de ses regards.Oui, c\u2019était vrai.C\u2019était réel et visible.Devant elle, l\u2019image de son fiancé se révélait sur l\u2019illustration.La forme en était vague et quelque peu spectrale, mais c\u2019était indéniablement la silhouette, l\u2019allure de Farthingale, impossible de confondre avec la silhouette et l\u2019allure de toute autre personne.Il semblait à Marjorie qu\u2019un impalpable brouillard se fut tout à coup retiré de l\u2019image, découvrant des profondeurs dont l\u2019absence avait blessé sa vision et précisant des détails qui ne l\u2019avaient pas d\u2019abord frappée.° Elle se frotta les yèux et regarda de nouveau, dans la crainte d\u2019avoir été victime d\u2019une illusion d\u2019optique.Mais non.La figure grisâtre \u2018était là encore, c\u2019était bien la forme connue de son fiancé qu\u2019elle avait sous les yeux; le plus léger doute était impossible.Palpitante d\u2019un espoir nouveau, prise soudain d\u2019une fièvre de mouvement extraordinaire, Marjorie courut chez son père.\u2014 Papa, cria-t-elle, j\u2019ai découvert un indice, enfin! Et celui-là, il faudra bien qu\u2019il nous conduise à quelque chose.Grantham écouta son histoire, prit le journal et l\u2019examina à son tour, longuement et avec le plus grand soin.Le millionnaire était un esprit très positiviste, très réaliste et peu enclin à se laisser expliquer les choses de la vie autrement que par \u2018des témoignages tangibles et palpables.Les phénomènes spiritistes avaient toujours \u2018été traités par lui avec le plus parfait dédain.\u2014Mon enfant, je crois que tu t\u2019es trompée, finit-il par déclarer.Ce que tu vois là n\u2019est pas autre chose qu\u2019un défaut dans la photographure.En outre, ton désir = d\u2019arriver à la lumière t\u2019amène à des con- Ni du frég pol Tag - clusions absolument invraisemblables.Si Farthingale avait été dans la chambre le photographe l\u2019aurait vu et on ne le chercherait plus à l'heure actuelle.Cependant Marjorie insistait avec tant d\u2019opiniâtreté «que, pour la satisfaire et surtout pour ne \u2018pas la laisser s\u2019engager davantage dans une voie décevante, Grant- ham consentit äà faire appeler le photographe auteur du cliché.L\u2019arrivée de cet homme jeta sur la découverte de la \u2018jeune fille une lumière inattendue.\u2014 Miss Grantham, dit-il, est correcte en ses suppositions.Lie cliché original portait nettement la silhouette d\u2019un homme.Mais je ne pense pas qu\u2019il faille attacher = d\u2019importance a ce fait.Il expliqua alors que le négatif dont la photogravure avait été tirée, était taré d\u2019un de ces accidents très connus, assez fréquents en photographie et que l\u2019argot professionnel désigne sous le nom d\u2019\u2018\u2018images spirites \u201d.Ils sont la conséquence de la réverbération d\u2019un objet quelconque, voisin du sujet à photographier, dans le champ de l\u2019objectif, avec assez \u2018de puissance pour que la plaque en soit impressionnée.Et c\u2019est ainsi qu\u2019au développement, on voit apparaître sur le cliché des choses qui normalement ne devraient pas y être, puisque le viseur ne les découvrait pas au moment de la pose.Il cita des exemples très curieux et, entre autres, celui des épreuves 'photographiques du vieux pont à piétons qui allait autrefois du bas Broadway à la rue Fulton.Chacune de ces épreuves montrait la forme nébuleuse d\u2019une femme, \u2018flottant en l\u2019air au-dessus des passants.Des discussions à perte de vue s\u2019étaient ouvertes à propos de cette figure étrange.Les uns criaient à l'illusion d\u2019optique, et même à la fraude, sans pouvoir rien prouver d\u2019ailleurs.Les autres répondaient par cet argument, difficile à rétorquer.\u2018\u2018 Elle y est, puisque l\u2019oeil photographique, inaccessible à l\u2019erreur, la voit\u2019.Et les esprits enclins à l\u2019amour du surnaturel en con- Un Sorcier 49 du Thibet Teer 1g, hatred ited, diet tate ath i ght ticki talent JE I VT ER I cluaient à la présence sur terre d\u2019une race autre que la race humaine.Jusiqu\u2019au jour, cependant, où un observateur plus avisé que les autres se livra à une investigation détaillée des environs au lieu de s\u2019en tenir à l\u2019examen des objets situés devant l\u2019objectif.Il remarqua alors des ressemblances entre le fantôme photographique et une statue placée devant la façade d\u2019un bâtiment voisin.C\u2019était cette statue que, par -une réfraction spéciale \u2018de la lumière, venait impressionner la plaque sensible ibien qu\u2019elle ne fut pas dans le chamip direct de l\u2019objectif.C\u2019était une image \u201c\u2018 spirite \u201d.Depuis, on en avait produit bien d\u2019autres, et l\u2019expérience n\u2019avait plus rien qui surprit les professionnels.\u2014iDans le cas qui nous occupe, poursuivit l\u2019opérateur, la silhouette d\u2019un homme s\u2019est ind'éniablement montrée sur le cliché, mais la présence de cette silhouette est certainement dues à la cause que je viens de vous exposer, ou à une cause de même nature.Je possède encore le cliché et puis me livrer à un examen plus minutieux si vous le désirez, mais je ne crois pas qu\u2019il me conduise à «d\u2019autres \u2018conclusions.L\u2019homime regretta courtoisement qu\u2019un jeu de lumière étudié et connu eut pu, faire naître chez Mlle Marjorie Grantham une espérance décevante, mais fl affirma encore que le phantasme constaté sur le cliché ne pouvait venir que de la réflexion d\u2019un portrait de Farthingale sur un mur dans la partie de l\u2019atmosphère qu\u2019embrassait l\u2019objectif.Et d\u2019ailleurs, ajoutait-il, ce qui le prouvait surabondamment, c\u2019est que la chambre était parfaitement vide quand il en avait fait la photographie.T1 y était seul, et ne pouvait avoir le moindre doute à ce sujet.Cette explication rationnelle satisfit pleinement M.Grantham, qui oublia sur-le- champ l'incident, mais sa fille, quoiqu\u2019elle n\u2019eut pas discuté sur le moment, demeura mal convaincue.La vérité c\u2019est que l\u2019expression d\u2019\u2018\u2018 image spirite \u201d employée par le photographe avait fait naître en son es- prit tout un monde de conjectures nouvelles et qu\u2019elle étudiait avec une nouvelle ardeur.Bien que Farthingale sous le poids des serments par lesquels fl s\u2019était lié, lui eut confié peu de closes au sujet de sa vie à Tso-ri-niah, elle savait qu\u2019il était adepte d\u2019une religion mystérieuse et familière avec les lois qui gouvernent les phénomènes occultes contentes dans les ouvrages théosophiques sous le nom de mahatmas.Et ne se pouvait-il pas se demandait- elle avec anxiété, que le docteur, se rappelant le penchant actuel des journaux et du public pour l'illustration, toutes les fois que se produit un fait sensationnel, eut quoique matériellement absent, forcé son \u2018être astral à se tenir en permanence dans sa chambre et obtenu l\u2019étrange résultat que montrait la photographie?N\u2019était-ce pas un moyen\u2014le seul qui restât à sa disposition\u2014de lui donner l\u2019assurance qu\u2019il demeurait encore parmi les vivants; de lui fournir, peut-être, le fil et la clef du mystère de sa disparition ?Marjorie, qui avait hérité d\u2019une bonne part du tempérament de son père, avait toujours aimablement raïllé les théosophes, les spiritualistes et les fervents des divers systèmes qui cherchent à expliquer la vie autrement qu\u2019au moyen de bases matérielles; mais dans l\u2019extrémité cruelle où elle se trouvait réduite tout ce qui pouvait amener à une solution quelconque de l\u2019énigme lui paraissait digne d\u2019attention.En tout état de cause, concluait-elle, il ne icoutait rien d\u2019approfondir.Et elle était bien certaine à l\u2019avance d\u2019une chose: c\u2019est que si l\u2019esprit du docteur était dans la chambre avec la possibilité de se révéler, c\u2019était à elle qu\u2019il se révélerait le plus volontiers.En iconséquence, et sans rien dire à son père de ce qu\u2019elle voulait tenter, elle partit avec sa femme de chambre et se dirigea vers l\u2019Omar Khayyam, ol se trouvait l\u2019appartement du «docteur.Elle y trouva Kumar Sabhu, immobile et impassible, et qui gardait la porte, comme s\u2019il eut tout ignoré du drame et La Revue Populaire e comme si son maître n\u2019eut jamais quitté l\u2019hôtel.En fait, et les journaux l\u2019avaient déjà noté, la fidélité du jeune Hindou pour le docteur avait quelque chose de touchant.Ni nuit ni jour il ne quittait son poste, veillait sans un \u2018instant d\u2019inattention, pour le cas où Farthingale viendrait à réapparaître.Il salua profondément; & la manière orientale, en voyant approcher la jeune fille; mais avant de faire un seul mouvement pour ouvrir la porte, ses yeux se fixèrent sur ceux de Marjorie avec une puissance étrange et pendant un temps assez long.\u2014 Hélas, dit-il ensuite, la voix était basse, l'articulation très nette, le ton chaud et persuasif avec des vibrations particulières, hélas! Ils ne le trouveront pas.\u2018 Et c\u2019est vrai.La chambre était froide et déserte.\u2018Rien n\u2019y existait qui put faire supposer la présence actuelle d\u2019un être humain.Les yeux ardents, l\u2019âme agitée d\u2019une angoisse très douloureuse, la fiancée de Far- thingale regarda partout, fouillant tous les reculs \u2018des murailles et tous les coins d\u2019ombre.En vain! Peut-être la lumière venant de l\u2019extérieur était-elle trop vive pour lui permettre d\u2019apercevoir la forme astrale qu\u2019elle cherchait.\u2018Elle ferma les volets.Rien encore! Des poussières microscopiques dansaient une sarabande folle dans un rayon de soleil; une mouche captive bruissait contre un carreau; mais à part le bruit de ses ailes on n\u2019entendait aucun bruit, aucun son, aucun murmure.sens, même, qui nous avertit d\u2019approches immatérielles, et nous fait deviner de mystérieuses présences autour de nous, ne lui montrait .rien qui rappelât la silhouette si nettement enregistrée par la photographie.Cette silhouette était juste sous son portrait, et c\u2019est celui-là qu\u2019elle étudiait avec le plus \u2018d\u2019attention, les yeux tantôt demi-clos, tantôt largement ouverte, la + 50 Le sixième volonté tendue, les nerfs vibrants, dans l\u2019espoir de saisir quelque chose quoi que ce fût, une apparition fugitive et vague, un changement dans la teinte de la lumière.Effort futile et stérile! Le portrait souriait au-dessus d\u2019elle.Et sous ce portrait elle ne découvrait rien; rien que le vase de porcelaine et la gerbe de roses que Farthingale y déposait tous les \u2018matins.Mais Marjorie se leva subitement, du fauteuil où elle était assise.Son regard devint fixe et prit l\u2019expression de la stupeur.La jeune fille porta ses mains à sa poitrine, et tout à coup se mit à respirer bruyamment, comme si elle eut été gravement oppressée.Farthingale avait maintenant disparu depuis deux semaines entières, et les roses du vase étaient fraîches.fraîches comme si elles eussent été coupées une heure auparavant!.Avec la rapidité d\u2019un éclair, Marjorie se tourna vers l\u2019indien, qui l\u2019avait obséquieusement suivie lorsqu\u2019elle avait pénétré dans la chambre.\u2014Kumar, demanda-t-elle, désignant les fleurs, comment se fait-il que ces roses soient aussi fraîches?.Si le serviteur de Farthingale avait quelque reproche à redouter de sa conscience, il le dissimula parfaitement.11 n\u2019hésita pas plus d\u2019une demi-seconde, et simplement comme s\u2019il eut été surpris de la soudaine véhémence de la jeune fille.Puis il répondit assez facilement.\u2014dJes roses?.Ah! miss, je les remplace tous les jours, pour le cas ou le docteur sahib reviendrait.S\u2019il rentrait et apprenait que j'ai négligé de le faire, il se mettrait certainement dans une grande colère contre moi.C\u2019étaiît, en somme, une explication assez raisonnable, et Marjorie n\u2019aurait pro- baiblement pas poussé plus loin son investigation sur \u2018ce point,\u2018si une voix grave et ferme ne s\u2019était à cet instant élevée derrière l\u2019indien.\u2014Ceci est un mensonge, Kumar, disait cette voix et vous le savez bien.Je suis venu ici tous les jours depuis la dispari- Un Sorcier du Thibet tion du docteur Farthingale, et c\u2019est la première fois que je vois des fleurs nouvelles dans ce vase.Je l'ai particulièrement remarqué hier, où les roses étaient sèches et fanées.Celui qui parlait ainsi était Ditson, qui était entré dans la chambre sans être remarqué, et juste à temps pour entendre l\u2019assertion du domestique et pour la démentir.Kumar se tourna comme s\u2019il avait été frôlé d\u2019un fer rouge, et jeta un regard de rage concentrée sur le sagace reporter.Mais il reprit rapidement son masque de froideur et d\u2019impassibilité.\u2014Le sahib se trompe, répondit-il, avec calme.Il se peut que, distrait par mon inquiétude pour le docteur, j'aie oublié une fois ou deux de remplacer ces fleurs, mais ce ne serait pas une raison pour qu\u2019il faille douter de mes paroles.Et si ce n\u2019était pas moi qui eusse \u2018placé ici ces roses, puis- je demander au sahib qui se serait, à son avis?Et iquelles raisons pourrais-je avoir pour l\u2019avoir fait, autres que celles que j'ai données?Il s\u2019inclina dans un salut humble; mais ses lèvres portaient, dissimulé à demi, un sourire ironique qui signifiait nettement: \u2018\u201c Réponds-moi, si tu peux.\u201d Ditson prit Marjorie à part.\u2014I1 n\u2019en est pas moins vrai, lui dit-il & voix basse, ique cet incident ne me paraît pas \u2018clair et pourrait fort bien conduire a des conséquences importantes.Je n\u2019ai plus depuis quelque temps, grande confiance en maître Kumar, et j'avais déjà pris la résolution \u2018d\u2019avoir un oeil sur ses faits et gestes.N\u2019insistons pas sur ceci, cependant.Il ne faut pas que cet homme se sente surveillé, car il se tiendrait sur ses gardes.(Puis il ajouta à voix haute: \u2014Puis-je vous demander ce que vous faites ici, ce matin?En peu de mots, Marjorie lui dit l\u2019histoire de \u2018\u2018 l\u2019image spirite \u201d, à laquelle Dit- son parut prendre beaucoup d\u2019intérêt.\u2014Il y a plus de choses au ciel et sur la terre que nous n\u2019en rêvons en notre philosophie.J\u2019apprends tous les jours davantage, 3 51 La Revue Marjorie, qu\u2019il ne faut pas railler des choses simplement parce qu\u2019on ne les com- prenid pas.Il peut y avoir plus de résultats, au fond \u2018ide ceci, que n\u2019en ferait attendre ce qu\u2019on voit à la surface.Et la préoccupation du jeune homme se trahit immédiatement\u2014c'\u2019était dans sa nature active et pratique\u2014par des actes.Il prit la main de Marjorie et lui fit faire des.promenades en tous sens par la chambre.Puis tous deux essayèrent l\u2019effet de toutes les lumières et de toutes les ombres en ouvrant et en fermant successivement les volets des fenêtres.Mais aucune de ces espérances ne put leur montrer autre chose que leur présence et celle «de l\u2019indien.Tout à coup, Ditson s\u2019arrêta et se frappa le front.\u2014Faut-il que je sois bête, pensa-t-il, pour n\u2019avoir pas pensé à cela plutôt?\u2014Que voulez-vous dire?\u2014La photographie n\u2019a vu personne ici, n\u2019est-ce pas?\u2014Non.\u2014Et I'image que vous avez vue n\u2019a été montrée iqu\u2019avec le révélateur?\u2014Certainement.\u2014Eh bien! ne comprenez-vous pas, d\u2019après ceci, que l\u2019apparition, si elle existe, n\u2019est pas visible pour nos yeux humains et que l\u2019oeil photographique seul peut la voir?\u2014Ah! je comprends, s\u2019écria Marjorie, subitement intéressée.Vous voulez dire qu\u2019il nous faut rephotographier la chambre?\u2014Exactement.Je me demande si Far- thingale avait quelque chose qui ressemble à un objectif et à une chambre noire?\u2014Oui, oui, il avait un excellent appareil, Kumar, où est la machine à portraits du docteur?Kumar \u2018paraissait hésiter, il semblait même vouloir refuser ce qu\u2019on lui demandait.Il n\u2019osa pas, cependant, et apporta une jumelle de \u2018prix, tandis qu\u2019il indiquait à Ditson la porte \u2018du cabinet où Farthin- gale avait coutume de faire ses manipulations.Le reporter était un amateur photogra- Populaire 52 phe très expérimenté.En un temps très court il eut pris un cliché de la chambre et s\u2019enferma dans le cabinet avec Marjorie pour le développer.Tous deux penchés sur la plaque, où ne tombait qu\u2019un faible rayon de la lampe rouge, attendaient avec anxiété l\u2019apparition des ombres sur la couche crémeuse.Elle se produisit, enfin, et Ditson, passant la plaque devant la lumière, poussa un cri.Puis il donna le cliché à Marjorie, qui faillit le laisser échapper, tant fut grand son saisissement.Le journaliste ouvrit la porte, et l\u2019image se précisa par transparence à la lumière du jour.La silhouette qu\u2019ils avaient cherchée était là, avec leurs yeux humains il n\u2019avait pu apercevoir l\u2019homme mortel en chair et en os, mais l\u2019oeil mécanique de l\u2019objectif, qu\u2019il était impossible d\u2019illusionner, celui-là l\u2019avait vu et l\u2019avait reproduit immédiatement.Il était étendu sur un divan, \u2018dans l\u2019attitude d\u2019un profond sommeil, sa pose même constituant une preuve de son identité.Personne n\u2019aurait pu contrefaire cette pose spéciale, et qui était devenue familière à Farthingale en dormant Jlong- = temps à\u2018 même le sol nu.A cette vue, Marjorie laissa tomber la plaque de verre et courut instinctivement vers le meuble, où elle venait de voir son fiancé.Mais ses mains, agitées maintenant par la fièvre et par l\u2019angoisse, ne s\u2019arrêtèrent à rien, ne saisirent rien.La place occupée dans la photographie par le corps de son fiancé était dans la réalité intangible, impalpable à nos sens humains, vide, complètement vide, à \u2018part l\u2019air qui l\u2019emplissait au même titre que le démeurant de l\u2019espace.\u2014Quoi?.où est-il?.pantelait-elle, poursuivant avec des gestes fiévreux sa recherche inutile, tandis que Ditson, au moins aussi ému qu\u2019elle se tenait au milieu de la chambre, la bouche ouverte et les bras ballants.La voix \u2018de Kumar vint & ce moment frapper leurs oreilles.Il avait relevé Ile cliché que \u2018Marjorie avait laissé tomber à l\u2019entrée du cabinet noir et l\u2019examinait PIE gr di mi Lis i Mat ML hid Éét Un Sorcier du Thibet avec toutes les apparences de la consternation.\u2014C\u2019est un tour du mauvais esprit, criait-il.Le docteur Sahib n\u2019est pas ici.C\u2019est de la sorcellerie! Le docteur n\u2019est pass ici.L\u2019indien s\u2019élança vers le divan où l\u2019objectif avait montré la silhouette de l\u2019homme disparu, et y passa rapidement les mains \u2018dans toute la longueur du meuble.\u2014 Voyez, continuait-il à crier.Mon maître n\u2019est pas là.C\u2019est un tour que le mauvais esprit vous joue.Ne recommencez pas, pour l\u2019amour du ciel! Et tandis qu\u2019il parlait, ses \u2018doigts agiles, paraissant chercher comme l\u2019avaient fait ceux ide la jeune fille, se promenaient sur toute la surface du divan.Et si ce n\u2019avaït pas \u2018été aussi absurde, un observateur de ses gestes vifs aurait juré qu\u2019il défaisait \u2018des noeuds et desserrait des cordes.Puis, il se releva, regardant avec une fixité surprenante Marjorie Grantham et Ditson.Tout à \u2018coup, son doigt indiqua la région \u2018de la chambre au-dessus de l\u2019appareil photographique et il s\u2019écria: \u2014Regardez!.Regardez.fantôme du docteur.Involontairement, les autres acteurs de cette scène mystérieuse portèrent les regards sur le point qui leur étaït indiqué et, flottant dans l\u2019air comme une apparition spectrale, ils aperçurent distinctement la silhouette 'de Farthingale, la face livide et \u2018émaciée, les yeux clos, l\u2019apparence complète d\u2019un cadavre.Et, itandis même que leur attention était retenue par ce spectacle effroyable, tandis que durait leur stupeur, Kumar, poussant un grand cri de terreur, passa devant eux et gagna la porte.Comme il allait disparaître, Marjorie jeta par hasard les yeux sur lui.Pourquoi done, tout en fuyant, avait-il l\u2019air de porter un lourd fardeau?Et pourquoi donc, aussitôt qu\u2019il fut dans les couloirs, se mit- il à crier d\u2019une voix étrange, et qui s\u2019affaiblissait à mesure que l\u2019emportait sa course: Voilà le \u2014Je n'e tiens rien!.Je ne porte rien! 58 Il y eut un moment d\u2019indécision tragique dans la chambre à présent silencieuse, et d\u2019où le fantôme du docteur avait disparu.Le reporter tremblait comme une feuille; ses nerfs s\u2019agitaient en lui comme les cordes d\u2019une harpe heurtée; une sueur coulait par gouttes larges sur son front.T1 se dirigea vers la porte.\u2014J\u2019ai vu bien des spectacles affreux, disait-il \u2018d\u2019une voix blanche.Mais ce qui se passe ici m\u2019épouvante.Je l\u2019avoue.Je m\u2019en vais.Une lumière suibite avait envahi l\u2019esprit de Marjorie Grantham.\u2014Pas encore! dit-elle d\u2019un ton ferme et en saisissant par le bras le journaliste prêt à s\u2019éloigner.Je comprends tout, maintenant.Oh! ce 'misérable Kumar! Venez, ajouta-t-elle, d\u2019un ton impérieux.Nous n\u2019avons pas un instant à perdre.Il faut que nous arrivions à temps pour secourir le docteur Farthingale avant qu\u2019on ait pu lui faire \u2018du mal.\u2014Mais je ne comprends pas, disait Dit- son encore sous l\u2019impression \u2018des scènes effrayantes qui venaient de se dérouler sous ses yeux.\u2014Je vous expliquerai tout en chemin.Mais venez, pour l'amour de Dieu! Les minutes que nous perdrons ici sont précieuses.Il est suffisant, en ce moment, que je comprenne seule.Venez! La \u2018jeune fille, ayant entraîné le reporter gagna le rez-de-chaussée par l\u2019ascenseur de l\u2019hôtel et se hâta vers la cabine téléphoniqu'e, où elle se fit mettre en communication avec le commissariat central.Elle deman'da qu\u2019un agent fut immédiatement envoyé à la boutique de curiosités des Thibétains, avec ordre de soigneusement noter tout ce qu\u2019il! y verrait entrer et tout ce qu\u2019il en verrait sortir.Puis elle sauta dans un cab, y traîna son compagnon après elle, et donna l\u2019adresse de la même boutique de curiosités, avec promesse de tripler la course si l\u2019on ne perdait pas une minute.Et comme «ces choses se passaient un dimanche, où les rues sont libres de l\u2019encombrement qu\u2019y amènent les transac- PRE La Revue Populaire tions de la semaine, la route fut faite avec une assez grande rapidité.Marjorie bouillait; Ditson continuait à se demander le but de cette course désordonnée à travers la ville.La jeune fille voulut bien le lui expliquer, tandis que défilaient devant eux les bâtiments alignés et le fleuve des piétons revenant de l\u2019église.\u2014Vous avez entendu parler de ces fakirs hindous, dit-elle d\u2019une voix apre, qui, devant les yeux de toute une assistance et sans l\u2019aide d\u2019aucun \u2018des accessoires des prestidigitateurs, font croître un arbre, en quelques minutes, \u2018d\u2019une.graine enfoncée en terre, ou jettent le bout d\u2019une corde en l\u2019air et y grimpent, ou rendent la vie à un homme après l\u2019avoir découpé en petits morceaux avec leur sabre?Depuis des siècles les indiens assistent à ces tours de passe-passe et s\u2019en émerveillent sans avoir pu jamais en découvrir l\u2019explication.\u2014Oui, je sais.\u2014iMais n\u2019avez-vous pas entendu dire aussi que la solution de ces problèmes avait été trouvée?Que deux Anglais, tandis qu\u2019ils assistaient aux prétendus miracles, avaienit \u2018entrepris d\u2019en garder une trace durable, l\u2019un en faisant des croquis rapides \u2018de \u2018ce qui se passait sous ses yeux, et l\u2019autre en prenant des instantanés successifs?Quand tout \u2018fut terminé, les croquis montraient bien Jl\u2019arbre croissant, l\u2019homime grimpant et le cadavre ressuscité, mais la plaque ne montrait, elle, qu\u2019un vieil indien en loques, et complètement seul, jetant sur son auditoire des passes magnétiques.- \u2014 Oh! je le vois! s\u2019écria Ditson.Hypnotisme ?\u2014Exactement.Suggestion hypnotique.C\u2019est d\u2019une suggestion hypnotique que vous venez d\u2019être victime, de la part de \"Kumar, dans la \u2018chambre du docteur.M.Farthingale y était.Il y a \u2018été presque aussi longtemps que nous.Et si nous ne l\u2019avons pas vu, c\u2019est que nous en avons été empêchés par l'influence magnétique \u20act par la volonté de l\u2019indien.\u2014Alors, vous croyez qu\u2019au moment, où Kumar s\u2019est enfui dans le chambre il portait le doaoteur dans ses bras! \u2014Je le crois.Il nous a montré un fantôme qui n\u2019existait pas, et que nous avons vu cependant, pour détourner notre attention et avoir un motif pour se sauver.Mais il portait le docteur, et je n\u2019en veux pour preuve que son cri dans les couloirs de l\u2019hôtel: \u2018\u201c Je ne tiens rien!.je ne porte rien!\u201d.À quoi bon ce cri, s\u2019il n\u2019avait rien porté, en effet?11 hypnotisait les gens sur son passage, et personne, assurément, n\u2019a du voir qu\u2019il transportaît le corps \u2018d\u2019un homme.\u2014Et qui vous fait croire qu\u2019il le fait amener à la boutique de curiosité des Thibétains?\u2014Mon intuition féminine.Je ne sais pas comment je le sais, mais je le sais.Je suis certaine que ce misérable Kumar est le complice des deux autres, je suis certaine ique nous allons le trouver dans cette boutique, comme \u2018j\u2019étais certaine, malgré l\u2019incrédulité de mon père et malgré la théorie \u2018de \u2018\u2018 l\u2019image spirite \u201d\u2019, exposée devant moi par le photographe professionnel, que la silhouette découverte devait me con- = duire à quelque chose.On ne raisonne pas, avec les intuitions féminines; on les subit ou on les repousse.Mais il ne faut surtout pas les nier.Pour moi, le docteur Farthingale est là.Nous allons d\u2019ailleurs savoir si j'ai raison.La voiture arrivait alors à une petite rue malpropre du \u2018quartier syrien, où Oshini- ma et Karana avaient placé leur établissement.Devant la porte un agent de police en bourgeois allait et venait, surveillant avec obstentation ce qui se passait devant la maison.Il reconnut Marjorie Grantham et s\u2019approcha d\u2019elle.\u2014J\u2019ai l\u2019ordre, mademoiselle, dit-il, de vous rendre compte de ce que j'aurai vu jusqu\u2019à votre arrivée.Voici: personne n\u2019est sorti de la maison, personne n\u2019y est entré, sauf Kumar Saibhu, le serviteur indien du docteur, qui est arrivé dans un cab à toute vitesse, il y a cinq minutes à peu près.Il a toutefois fait des choses que j'ai trouvées assez drôles.Au lieu de (descendre directement de la voiture, il y est resté assis un bon mo- 54 \u2018 ment.leur [ni \u20ac Je Je d il me me $ sure i vrai bras vais jur nd Ïibr à Di trom suivt BT nie Tous ses 3 roa qi ment.Puis les Thibétains sont sortis de leur boutique, et il les a fait monter avec lui en leur disant: \u201c\u201c Vous voyez?.\u201d Je n\u2019apporte rien.Je n\u2019ai rien dans les bras.\u201d Et tout le temps qu\u2019il parlait, il me regardait droit dans les yeux, comme s\u2019il s\u2019était douté que j'étais là pour surveiller la maison.Je l\u2019ai regardé de plus près quand il est sortt du cab.et cétait vrai; il n\u2019avait absolument rien dans iles bras.Ee cependant, si \u2018mes yeux ne m\u2019avaient pas affirmé le contraire, j'aurais juré qu\u2019il transportait quelque chose de très lourd.Il peinaiît, et son allure, en marchant, n\u2019était pas celle d\u2019un homme libre (de tout son fardeau.\u2014Vous voyez, disait Marjorie \u2018Grantham à Ditson, mon intuition ne m\u2019avait pas trompée.Et maintenant, monsieur, pour- suivit-elle, en s\u2019adressant au détective, te- nez-vous prêt à gagner la récompense promise à celui qui trouvera le docteur Far- thingale, car dans moins de dix minutes vous le tiendrez sain et sauf en votre possession.Stupéfait\u2014on le serait à moins\u2014le policier suivit Marjorie Grantham et Ditson dans la boutique ide curiosités.En entrant, cependant, ils furent arrêtés par un épouvantable cri d\u2019horreur, et Kumar, apparut, la face bouleversée, agité d\u2019un frisson mortel, accourant vers eux.\u2014Oh! miss!.oh! miss!.criait-il ; ils l'ont tué!!! ils ont assassiné mon maître!.Oh! les démons!.Oh! les démons maudits!.Puis il donna cours & un véritable torrent \u2018d\u2019injures et \u2018de malédictions, mi-partie anglaises et \u2018hindoues.\u2014Allons! allons!.interrompit rudement le détective en le secouant par le bras.Assez ide ces jérémiaides et dites-nous ce qu\u2019il y a.\u2014Venez! répondit Kumar tremblant.Et voyez par vous-même! .Frissonnant et gémissant encore, ils les conduisit vers l\u2019arrière-magasin, où étaient empilées, ou plutôt jetées au hasard, les marchandises les plus hétéroclites; moulins à pierres, encensoirs en cuivre, jarres Un Sorcier du Thibet contenant des (baguettes d\u2019encens, robes thibétaines, paravents incrustés, tabourets polis, idoles grimaçantes, sabres enrichis de pierres précieuses.À terre, près de cette montagne (d\u2019objets exotiques une pièce de natte était déroulée, le bord couvrant un objet long et déjà sinistre.Kumar se baissa, releva cette natte et découvrit aux yeux agrandis par l\u2019horreur, de Marjorie, de Ditson, et du détective, le cadavre de Farthingale.L\u2019homme disparu était retrouvé enfin, mais dans quel effroyable état! Son corps froid et déjà rigide, baignait dans une mare de sang coagulé, tandis que des gouttes pourpres filtraient encore de .plus 'de cent coups de poignard.Le cadavre était ainsi dire haché par les couteaux des assassins, comme si ces derniers ne se fussent pas trouvés saitisfaits de lui avoir pris la vie, comme si leur vengeance avait voulu s\u2019assouvir encore alors qu\u2019il était mort.C\u2019était un spectacle d\u2019une sauvagerie insoupçonnée des civilisés, le témoignage d\u2019un acharnement et d\u2019une cruauté qui ne se peuvent rencontrer que chez les fanatiques orientaux.VI Qu'est-ce que sait l\u2019Indien C\u2019était, en vérité, un spectacle aussi odieux que pitoyaible.Il n\u2019y avait rien de surprenant à entenidre Kumar entamer son long chapelet de malédictions quand il l\u2019avait découvert, et à voir Marjorie Grant- ham, après un regard au cadavre mutilé, s\u2019abattre évanouie sur le plancher.Le \u2018détective et le journaliste eux-mêmes, tout habitués qu\u2019ils fussent par les devoirs ide leurs professions à ces scènes sanglantes, étaient visiblement atterrés.\u2014 Grand Dieu! s\u2019écriait Ditson, penché sur le corps immobile et l\u2019interrogeant comme s\u2019il eut pu en attendre une réponse.Qui a commis cet horrible crime?\u2014Qui s\u2019écria Kumar, la face agitée de fureur, les yeux luisants comme des charbons ardents.Qui aurait pu le commettre en dehors de ces chiens de Thibétains?.Ils l\u2019ont enlevé de sa demeure et l\u2019ont ame- La Revue Populaire né ici pour l\u2019assassiner!'.Ils \u2018étaient ici tout à l\u2019heure, et ils ne peuvent pas être bien loin encore.Venez.Que nous nous emparions d\u2019eux avant qu\u2019ils aient pu s\u2019enfuir.Il arracha un court poignard d\u2019un amas d\u2019armes orientales empilées près ide lui, et s\u2019élanca \u2018dans l\u2019escalier qui conduisait au premier, le détective le suivant par derrière.L\u2019appartement fut minitieusement fouillé, en vain; il en fut de même du second étage.Aucune trace \u2018des fugitifs ne put être découverte, 'bien \u2018qu\u2019on eut regardé partout et même déplacé certains meubles.Kumar, dans l\u2019apparence d\u2019une rage folle, quêtant comme un limier, les narines ouvertes, les yeux flamboyants, s\u2019engagea sur une échelle qui menait au grenier, prêt à se jeter sur les assassins au risque de sa vie.L\u2019homme de police le suivait avec difficulté, surpris d'e cette course sauvage.Mais le grenier était une grande salle mansaridée et vide.Et dans le toit, une énorme lucarne se voyait, par laquelle deux hommes pouvaient passer aisément à la fois et qui en cet instant était grande ouverte.\u2014Ah! s\u2019écria l\u2019indien sur le ton du désappointement le plus amer.Nous arrivons trop tard.Ils ont pu fuir! \u2014 Le détective grimpa cependant sur le lit jusqu\u2019à mi-corps, et observa pendant quelques instants les alentours de la maison.Ils ne montraient rien d\u2019anormal.La disposition des murailles et des toits indiquait seulement que les meurtriers avaient eu la plus grande facilité à s\u2019échapper par cette voie.\u2014Inutile d\u2019aller plus loin, observa philosophiquement le policier.Avec l\u2019avance qu\u2019ils ont prise, ce n\u2019est pas nous-même qui les arrêterons maintenant.Les deux hommes redescendirent au rez- de-chaussée, et un rapport sommaire fut envoyé au commissariat central.Quand ils rentrèrent dans la boutique des Thibétains, Marjorie, grâce aux soins empressés de Ditson et de la femme de chambre, reprenait connaissance.Immé- 56 RP TT ngs ne pe eth Eye, th ane ee APR ACTE ORVASE AE JM; HY Ht 7 p Jit TRE en 2 .diatement ses regards se dirigèrent vers Kumar, et aussitôt ils s\u2019emplirent d\u2019une expression de dégoût et de haine.\u2014Misérable traître! s\u2019écria-t-elle, pourquoi me torturez-vous ainsi?Je vous ordonne de cesser le jeu infûme que vous jouez en ce moment, je ne sais dans quel but criminel.Je veux que mes yeux voient ce qui est et non ce que vous voulez qu\u2019ils voient.Je veux que mon fiancé me soit rendu.L\u2019indien la considérait avec surprise.\u2014Miss!'.miss! s\u2019exclamait-il, ce que vous me demandez est impossible! Est-ce que vous ne voyez pas vous-même que le docteur est mort?Suis-je le grand Shiva, pour ressusciter ceux qui ont quitté la vie?\u2014I1 n\u2019est pas mort!.il n'est pas mort! .criait la jeune fille.Il nous apparaît seulement ainsi parce qué nous sommes sous votre influence maudite.Changeant de ton subitement, elle supplia: \u2014Oh! Kumar! ayez pitié et rendez-le moi.Voyez, je me mets à genoux devant vous.Qu\u2019est-ce que je vous ai fait et que vous a-t-il fait, lui, pour que vous vouliez aussi cruellement nous séparer! Si l\u2019un de nous a fait quelque tort, je vous le jure, vous en serez indemnisé comme jamais vous n\u2019auriez osé l\u2019espérer seulement.Je- vous pardonnerai toutes les souffrances qui ime sont déjà venues de vous.Mais ceci, oh' c\u2019est trop, Kumar, c\u2019est trop, je vous le jure.C\u2019est trop affreux! trop horrible! La jeune fille tomba dans une nouvelle crise de longs sanglots, tandis que ses yeux se portaient sur le corps sanglant, étenidu devant elle.\u2014 Miss Grantham, répondit gravement l\u2019indien, s\u2019il était en mon pouvoir de le rappeler parmi nous, personne n\u2019aurait a m\u2019en prier.J\u2019aimais mon maître autant qu\u2019aucun de vous.Mais cette puissance que vous 'm\u2019attribuez, je ne l\u2019ai pas.Croyez-moi, le (docteur Sahib est malheureusement bien mort.\u2014Tu mens, mis/-able coquin, tu mens! Tu mens comme tu 5 sentais en m\u2019affirmant qu\u2019il n\u2019était pas dans sa chambre, où tu À le cachais, cependant.L\u2019indien tressaillit involontairement à ces paroles.Il ouvrit la bouche pour répondre, mais une réflexion l\u2019en empêcha.Il demeura silencieux.\u2014Ah! ah! .je t\u2019ai surpris, \u2018cette fois, misérable charlatan! Tu ne m'attendais pas à voir tes machinations aussi comple- tement percées à jour.Mais, nous savons tout, à présent.Je te le dis, Kumar, tu peux dès aujour- d\u2019hui cesser tes \u2018manoeuvres hypnotiques, ou ta magie, comme il te plaira de l\u2019appeler.Car, \u2018quels que soient les tours de passe-passe qu\u2019il te plaise encore d\u2019imaginer, tu n\u2019arriveras pas à nous convaincre.Nous croyons que le docteur Farthingale est parfaitement sauif et vivant.Et nous persistons à le croire, même maintenant où nous avons son cadavre sous les yeux.Elle se tourna vers Ditson.\u2014Vous êtes bien de mon avis, n\u2019est-ce pas?\u2014 Tout à (fait, déclara-t-il, une lumière nouvelle, dans les yeux.Kumar est en train de jouer la partie qu\u2019il a gagnée déjà, mais avec d\u2019autres cartes.Seulement, cette fois, il perdra.Sergent, ajouta-t-il en s\u2019adressant au \u2018détective, connaissez- vous un photographe dans les environs?\u2014Oui, 'monsieur, à quelques pas d\u2019ici.Un Français.\u2014 C\u2019est bien.J\u2019y vais et je le ramène.Et si j'étais à votre place, sergent, je ne perdrais pas de vue ce camarade, dont la conduite me paraît de plus en plus étrange, et qui en sait probablement plus long qu\u2019il ne veut en dire sur la disparition du docteur Fartingale.Il en serait même l\u2019auteur principal que je n\u2019en serais, moi, pas le moins du monde surpris.Ne le laissez pas s\u2019envoler, nous aurons besoin de lui, sans doute, avant qu\u2019il soit longtemps.\u2014Je n\u2019ai rien à me reprocher, répondit Kumar, et je ne chercherai pas à m\u2019enfuir.Il y a plus de sept années que je suis dévoué à mon maître.J\u2019ai plusieurs fois risqué ma vie \u2018pour lui.\u2014iC\u2019est fort possible, mon brave garçon, et je ne prétends pas le contraire, répondit le reporter.Mais ton dévouement prend Un Sorcier du Thibet 57 parfois \u2018de singulières attitudes, et nous sommes à un de ces moments-là.Je serai de retour dans \u2018cinq \u2018minutes, Marjorie.\u2018Cinq minutes après, en effet, il rentrait, amenant avec lui un petit homme légèrement ahuri d\u2019avoir été cueilli au milieu de son déjeuner pour aller photographier des cadavres.On le fit entrer dans l\u2019arrière boutique où le corps \u2018de Farthingale avait été recouvert \u2018d\u2019une natte déroulée.Ditson releva brusquement cette natte et, découvrant ainsi le pauvre corps \\déchiqueté à coups de poignard, dit tout à coup à l\u2019opérateur: \u2014 Que voyez-vous?\u2014\u2014 Ah! c\u2019est affreux! s\u2019écria le Francais en reculant.\u2014Que voyez-vous'.Dites-nous ce que vous voyez! insista Ditson.\u2014iCe que je vois?Mais., un cadavre.un homme mort.Le reporter éclata de rire.Et ce rire prenait une consonnance lugubre, en présence de la victime d\u2019un crime odieux encore souple et point encore froide.Il avait une allure de folie ou de sacrilège.Le photographe s\u2019en montrait un peu scandalisé.Cependant, Ditson était tellement sûr de son affaire, à présent, qu\u2019il répondit, riant toujours: \u2014Allons donc!.Je vous parie cent dollars que cet homme est aussi vivant que vous et moi! L'opérateur le regardait maintenant comme s\u2019il eut douté \u2018de se trouver en face d\u2019un être doué de raison.\u2014 Mais.monsieur.comment serait- il vivant?La tête est presque entièrement détachée du tronc; le corps est couvert de blessures profondes et presque toutes mortelles.Parfaitement, la tête ne tient plus que par un fil et le reste est troué comme une écumoire.Mais prenez un cliché de tout et l\u2019objectif ne verra pas les choses de la même façon que nous.Mettez-vous en devoir \u2018d\u2019opérer, cher monsieur, le spectacle n\u2019a rien de bien réjouissant à cette heure, mais il perdra toute son horreur, croyez- moi, en passant sur la plaque sensible.Nous sommes tous victimes, en ce mo- A trees La Revue Populaire ment, d\u2019une simple illusion d\u2019optique.Doutant encore, mais impressionné par l\u2019assurance de Ditson, et mûÜû par sa propre curiosité, le Français prit deux clichés du tableau sanglant qui s\u2019étendait devant lui.Puis tous les acteurs de cette scène, à l\u2019exception de Kumar et du «détective qui -le surveillait partirent pour l\u2019atelier du photographe où devait avoir lieu le développement \u2018des plaques.Tandis qu\u2019il manipulait dans son cabinet noir, aussi intéressé que Ditson et que Marjorie elle-même, la jeune fille s\u2019était assise dans l\u2019atelier de pose, blanche comme une morte et agitée de frissons dou- - loureux.\u2014Ne perdez pas courage, lui disait le journaliste, à présent que nous avons fait le plus dur de la besogne et que nous sommes prêts à recueillir notre récompense.Vous comprenez bien qu\u2019en présence des preuves aussi fortes que celles que nous allons montrer, Kumar sera bien forcé d\u2019avouer la part qu\u2019il a prise à ce drame et de rendre la liberté à l\u2019homme qu\u2019il tient en ce moment, sous son pouvoir mystérieux.Allons, un peu de courage, Marjorie, oubliez les choses épouvantables que nous venons \u2018de voir, sous l\u2019empire de l\u2019illusion, et dites-vous que le docteur, aussi vivant que nous-mêmes, dînera ce soir entre nous.\u2014Je sais.je sais.répondit-elle en s\u2019efforçant de paraître brave.Je suis très certaine aujourd\u2019hui que tout ceci n\u2019est qu\u2019une oeuvre ide prestidigitateur, qu\u2019une tromperie futile.Et cependant, (un immense frisson l\u2019agitait encore) et cependant ice spectacle horrible a brisé mes nerfs.Je ne puis pas le cacher de devant mes yeux.\u2014Oui, c\u2019était affreux!.Si ce misérable indien est jugé comme il le mérite, il s\u2019en ira en prison pour le restant de ses jours.Je voudrais être celui qui prononcera sa sentence.Toutefois, rappelez-vous, Marjorie, que pour \u2018épouvantable qu\u2019il fut, ce tableau n\u2019était qu\u2019un phantasme, qu\u2019il n\u2019y avait rien là de réel et que le docteur Far- thingale est, en ce moment, aussi vivant que vous et moi.Le père de la jeune fille, qui avait été appelé par téléphone aussitôt après la découverte du cadavre, arrivait à ce.moment et Ditson le mettait au courant, le plus rapidement possible, de ce qui s\u2019était passé.\u2014Je jure bien que je n\u2019y comprends absolument rien, déclarait-il, lorsque le journaliste eut terminé son récit.Mais, ma chère enfant, ainsi que le dit M.Ditson, toute cette affreuse comédie me paraît être l\u2019oeuvre d\u2019un prestidigitateur, d\u2019une conjuration conduite par des moyens que notre civilisation ne connaît pas, et je ne vois \u2018pas qu\u2019il y ait lieu encore \u2018de se montrer trop alarmé ou découragé.A présent.que nous sommes sur la voie, que nous avons découvert le \u2018\u2018 truc \u201d, pour employer un langage familier, Edward ne tardera.pas à nous être rendu.\u2014Oh' je voudrais en avoir l\u2019assurance entière! gémit Marjorie en se tordant les mains.Je crois à nos découvertes, je crois que nous sommes sur la voie de la vérité, je crois que le docteur est vivant et qu\u2019il ne lui a pas été fait de mal et, malgré tout, j'ai peur d\u2019une déception qui me serait horriblement cruelle.A ce moment, le petit Français sortait de son laboratoire, une plaque encore toute mouillée dans chaque main.La jeune fille s\u2019élança vers lui, avec une interjection d\u2019impatience; mais il l\u2019évita et vint droit au reporter: \u2014Vous m\u2019assuriez, monsieur, que ce cadavre.\u2014Eh bien?\u2014Mais il est là, avec une exactitude bien sinistre!.Ditson s\u2019était emparé d\u2019un «des clichés et l\u2019examinait anxieusement, dans la lumières des vitrines de l\u2019atelier.Marjorie et son père se tenaient \\derrière lui, les yeux sur la plaque négative où apparaissaient en noir tous les détails éclairés de la boutique de curiosités.\u2014Mon Dieu!.s\u2019était écrié Ditson, et, s\u2019étant retourné vers Marjorie, il la vit tomber dans les bras de son père.Le cliché photographique montrait exactement ce que tous avaient vu dans le 58 DORE PAT er ve = \u201coo.\u2014_ cs B= ref St magasin des Thibétains; l\u2019oeil photographique qui ne peut influencer aucune cause extérieure et qui ne s\u2019illusionne Pas, avait vu comme l\u2019oeil humain.* La plaque sensible reproduisait avec une cruelle exactitude de d'étails la boutique encombrée d\u2019objets asiatiques, les armes étincelantes, les étoffes brochées et, au premier plan le cadavre affreux, presque sans tête, étendu dans un lac de sang.Ditson poussa un nouveau cri, et, sans attendre le retour à la conscience de Marjorie, sans s\u2019assurer même qu\u2019on s\u2019occupait d\u2019elle et iqu\u2019on la soignait il sortit de l\u2019atelier de police, «dégringola l\u2019escalier comme un fou et courut d\u2019une haleine jusqu\u2019à l\u2019échoppe des Thibétains.Là, de nouveaux personnages étaient ar- Tivés depuis son départ et, entre autres, le capitaine O\u2019Harra, qui se faisait rendre un compte d'étaillé des \u2018faits de la matinée par \u201cle détective chargé de surveiller Kumar.Celui-ci, impassible et muet maintenant s\u2019était assis sur un parquet d\u2019étoffe et attendait, la passivité des Orientaux dans le regard.Ah! vous voila! dit O\u2019Harra au journaliste essoufflé.Quoi de nouveau?\u2014Nouveau?.Vous n\u2019avez pas laissé l\u2019indien s\u2019échapper, au moins?\u2014Non.Il est là.\u2014Assurez-vous de sa personne.Je l\u2019ac- use, moi, Olivier Ditson, du imeurtre du docteur Farthingale! VII Un jugement A la suite dès évènements que nous venons de relater, le public se passionna plus qu\u2019il ne l\u2019avait fait encore \u2018pour l\u2019affaire Farthingale, comme on l\u2019appelait maintenant dans les journaux.\u2018Une symipathie profonide et unanime allait surtout à Marjorie Grantham dont la fidélité \u2018était fort admirée, et qui ne s\u2019était pas remise des chocs nerveux reçus dans cette dramatique matinée.Elle était à présent en proie à la fièvre et au délire.Et les choses étaient si graves que les Un Sorcier du Thibet docteurs appelés en toute hâte auprès d\u2019elle réservaient leur jugement.IIs \u2018disaient que la jeune fille, grâce à sa superbe vitalité, pouvait sortir vivante de l\u2019épreuve actuelle, mais ils n\u2019assuraient pas qu\u2019elle reviendrait à la santé avec sa raison.Quant à Kumar Sabhu, l\u2019opinion n\u2019hésitait pas à le charger du meurtre du docteur comme elle croyait aussi pleinement à la complicité des Thibétains.Tout fut mis en oeuvre pour les découvrir, les \u2018pistes les plus invraisemblables furent suivies; l\u2019effectif entier des détectives fouilla New-York et les environs dans ses moindres recoins.O\u2019Harra fut obligé d\u2019avouer encore son impuissance.Depuis que les fugitifs avaient passé la lucarne du toit de leur maison du quartier syrien, toute trace d\u2019eux était aussi bien effacée que s\u2019îils n\u2019eussent jamais existé.J\u2019ai couru après bien des criminels dans ma wie, disait l\u2019officier découragé, et j\u2019en ai connu qui étaient bien habitués à faire disparaître les indices de leur passage, mais je n\u2019en ai jamais trouvé qui disparaissaient aussi complètement de la surface de la terre, comme si la baguette d\u2019une fée les avait subitement rendus invisibles.Enfin, je tiens l\u2019Hindou, poursuivait-il dans le but de se réconforter quelque peu, et celui-là paiera pour les autres, s\u2019il ne finit pas par les dénoncer.Kumar était surveillé jour et nuit, et soumis aux interrogatoires les plus rigoureux; mais la discrétion mystérieuse de sa race, aussi bien que la promptitude de son esprit, lui permettait de garder son calme, et de ne répondre aux questions dont il était accablé que dans la mesure déterminée par lui-même, c\u2019est-à-dire de façon à ne pas \u2018jeter la moindre lumière sur la succession de faits étranges que l\u2019instruction voulait approfondir.Conséquemment, le public attendait avec une.impatience extrême le jugement Quand il fut ouvert, cinq jours seulement après la tragédie, une foule énorme et passionnée se \u2018battait pour entrer dans la salle d\u2019audience.L\u2019audience des témoins commença.En TT Tr TOON IUCN Pr HER] iM IH TON eff SES \u201cAY HL ow +.i La Revue Populaire l\u2019absence de Marjorie Grantham encore dangereusement malade, le plus important était sans contredit Olivier Ditson.Ayant donné.son nom, son âge et sa résidence, il expliqua qu\u2019étant journaliste, il s\u2019était intéressé à l\u2019affaire Farthingale, d\u2019abord par.goût professionnel, et aussi dans l'intérêt de l\u2019organe à la rédaction duquel il appartenaît.Puis il récapitula les découvertes successives qu\u2019il avait faites à l\u2019hôtel où il prenait son repas tous les matins, et qui l\u2019avaient mis sur la trace des Thibétains facteurs importants du problème dont la solution se poursuivait devant la Cour.Il railla légèrement, malgré son amitié pour O\u2019Harra, la facon dont les autorités s\u2019étaient laissé jouer par ces imprudents malfaiteurs.Pour lui-même il avait la grande satisfaction d\u2019affirmer qu\u2019il n\u2019avait jamais cessé de les chercher à la racine même de J'affaire, bien qu\u2019il eut été obligé d\u2019admettre depuis que, pour enlever le docteur, il leur avait fallu une aide venant de l\u2019intérieur même de l\u2019Omar Khayyam.En procédant par \u2018élimination, écartant de l\u2019affaire les locataires 'de la maison meublée qui n\u2019avaient aucun intérêt à s\u2019y.'mêler, qui, en outre, étaient des gens honorables et au-dessus ide tout soupçon, il était arrivé à ne garder sur sa liste de gens à surveiller que Kumar Sabhu et Georges Washington, le chasseur du hall inférieur.Pour diverses raisonis, cet enfant avait été rayé à son tour, et l\u2019inidien était resté seul sous le poids des soupçons du journaliste.Quand on lui demanda quelles étaient les raisons diverses qui l\u2019avaient déterminé à éloigner toute idée de complicité de Georges Washington, il répondit par sa jeunesse et par son inexpérience, qui l\u2019auraient inévitablement induit à se troubler, à se livrer au cours des interrogatoires très serrés dont il avait été l\u2019objet.Il ajouta que ce qui l\u2019avait assis dans cette opinion était la découverte de l\u2019amulettte indienne.Celle-ci, la preuve en était faite, n\u2019était la propriété d\u2019aucun des deux Thibétains.60 * ÆBlle ne pouvait donc appartenir qu\u2019à Ku- mar.Et c\u2019est sur le toit de la maison qu\u2019elle avait été trouvée.Ditson avait tenté, par tous les moyens possibles, de faire avouer à l\u2019indien qu\u2019il était le véritable possesseur du bijou de cuivre; il était obligé de convenir qu\u2019iln\u2019y était pas un parvenu.Kwmar s\u2019était montré en cette circonstance encore absolument impénétrable.- Croyant plus que jamais, toutefois, qu\u2019il était sur la bonne piste, Ditson avait surveillé de plus en plus étroitement l\u2019homme sur qui pesait ses soupçons; et c\u2019est alors qu\u2019il l\u2019avait surpris en flagrant délit de mensonge, affirmant à Marjorie Grantham qu\u2019il renouvelait tous les matins les fleurs de la chambre du docteur, alors qu\u2019il ne le faisait que de loin en loin.\u2014 Quelle était, selon vous, la raison de ce mensonge?demanda le président.\u2014Je ne la connais pas, Votre Honneur, répondit le témoin.Je n\u2019y fais allusion que pour montrer avec quelle facilité cet homme \u201cdit à l\u2019occasion autre chose que la vérité, et pour indiquer qu\u2019il peut avoir également menti en d\u2019autres circonstances.Quant au rapport qui peut exister entre le remplacement, quotidien ou non, \u2018de ces fleurs, et la \u2018disparition du docteur Farthingale.Je ne l\u2019ai pas encore déterminé.\u2019 .Le journaliste poursuivit sa déposition, chambre vide, où la silhouette du docteur était cependant apparue, puis ce qui s\u2019était passé au magasin de curiosités des Thibétains.Il dit la découverte du cadavre mutilé, l\u2019espérance conçue par Marjorie Grantham de se trouver encore en présence d\u2019une illusion d\u2019optique, l\u2019appel fait au photographe français pour connaître enfin la vérité, et la désillusion cruelle qui avait suivi cette expérience.\u2014 C\u2019est une suite bien curieuse d\u2019évènements, commenta l\u2019avocat-défenseur de l\u2019indien.Dites-nous, maintenant, monsieur Ditson, par quel enchainement de pensées vous avez été amené à en déduire la culpabilité de l\u2019accusé.La question était évidemment \u2018étrange et l\u2019accusateur public ne put se dissimuler ¢l la Qu tal Si Cre Ty EE satire ly ie Wh D dish ak baht t ain at nis entièrement sa surprise.Cette surprise était partagée par l\u2019auditoire.L'avocat n\u2019avait, jusqu\u2019alors, montré qu\u2019un intérêt très restreint aux déclarations du \u2018journaliste.Il ne s\u2019était même pas donné la peine de prendre des notes et avait paru écouter assez distraitement.Et tout à coup, sa curiosité paraissait s\u2019éveiller, il posait pour la première fois des questions; il s\u2019était penché en arrfère dans son fauteuil et examinait avec attention le témoin.\u2014J\u2019ai pris, comme point de \u2018départ, ré- ponidit Ditson avec assurance, et montrant avec fierté ces découvertes qu\u2019il avait été seul à faire, l\u2019affiliation aujourd\u2019hui connue du docteur Farthingale à une caste Teligieuse d\u2019Orient et la possibilité d\u2019une vengeance dirigée contre lui par les membres de cette société par la transgression d\u2019une de ses lois.J\u2019ai suivi cet ordre d\u2019idées, qui avait à mes yeux le grand avantage de prendre sa source dans un fait avéré, et d\u2019amener des déductions vraisemblables, et bientdt cette question s\u2019imposait à mon esprit.Si le docteur a commis une infraction aux règles de la confrérie à laquelle il s\u2019était affilié, comment cette confrérie pouvait- elle en être avisée?Sur le premier point, j'étais fixé; nous savons tous, par les confidences faites à M.Lindwood, qu\u2019en se mariant Farthingale s\u2019exposait à un péril de mort.Sur le second point l\u2019obscurité régnait; qui pouvait \u2018établir des communications entre New-York et le Thibet.Nous savons encore ceci: que Kumar Sabhu a accompagné et a seul accompagné la victime dans son voyage à travers la \u201c* contrée mystérieuse \u201d\u2019 où les blancs ne pénètrent qu\u2019au péril de leur vie, et d\u2019où ils reviennent rarement.Nous savons qu\u2019il était traité non pas en domestique, mais presque en ami et en confident par celui qu\u2019il devait trahir plus tard.Quoi de plus naturel, ceci étant donné, que d\u2019admettre l\u2019affiliation du serviteur, en même temps que celle du :maître, dans la secte orientale dont nous avons \u2018parlé.\u201cEt si nous l\u2019admettons, messieurs, la succession des faits de \u2018cette odieuse intri- Gt 4e Shh the led better Un Sorcier du Thibet 61 gue s\u2019éclaire instantanément.Kumar plus fidèle que le docteur aux voeux \\prononcés en Orient\u2014parce qu\u2019il est Oriental lui- même et idolâtre de naissance\u2014ne conçoit pas que son compagnon se soit laissé reprendre par la civilisation au point d\u2019oublier les promesses ifaites à quelque fétiche grossier.Et comme la trahison est dans son âme au même degré que dans toutes les âmes inférieures, il trahit.Puis ayant trahi, ayant appelé ici des émissaires qu\u2019il doit normalement considérer comme des archanges vengeurs, Ÿl les aida.\u201c\u201c De l\u2019amitié passée, il ne se soucie plus; des bienfaits reçus de cet homme qu\u2019il livre au poignard, il ne se souvient plus.Rien n\u2019est dans son esprit fanatique et barbare que l\u2019offense faite\u2014ou prémédi- tée\u2014envers la divinité à laquelle il croit.I1 ira jusqu\u2019au bout de son oeuvre détestable sans une hésitafion, sans une seconde de pitié.\u201cCependant cet homme vit depuis trois ans parmi nous.Il est intelligent et il sait fort bien que s\u2019il fait disparaître le docteur par les procédés accoutumés des assassins, il ne tardera \u2018pas à tomber entre les mains de la justice.Alors il invente quelque chose d\u2019infernal, quelque chose de wvéritablement digne du pays de mystère et de magie idont il sort.Avec l\u2019aide de ses complices, il organise un faux enlèvement, ide manière que les traces en subsistent, très claires.Et il garde dans sa chambre le docteur ligotté, caché à tous les yeux par l'influence hypnotique qu\u2019il possède à un rare degré et qu\u2019il fait agir -instantanément autour de \u2018lui.Il séquestrera ainsi son maître jusqu\u2019à ce que se présente une bonne occasion de la supprimer tout à fait.\u2018Les découvertes que j\u2019ai faites à l\u2019hôtel où ont habité les Thibétains; le pont de cordes où je les ai suivis, le bijou de cuivre, sur le toit, les marques laissées par les entablements des fenêtres, sous les corniches et sur les cheminées, autant d\u2019inidices truqués, messieurs, \u2018destinés à nous jeter sur une fausse voie, et qui nous y ont jetés en effet.\u2018 La partie jouée par ces misérables l\u2019a La Revue été avec une habileté «déconcertante, il faut bien l\u2019avouer.Et ils l\u2019auraient certainement gagnée sans l'intuition merveilleuse de miss :Marjorie Grantham, l\u2019amenant à découvrir surement ique le docteur Farthingale était encore dans sa chambre.° \u201cLe misérable avait trompé nos yeux, mais il n\u2019était pas parvenu à tromper l\u2019oeil photographique qui n\u2019a pas de nerfs et qui reste insensible à toute illusion.\u201c Alors Kumar, «désespéré, épouvanté peut-être en constataht que nous sommes sur la voie de la vérité, s\u2019affola.Il s\u2019enfuit, emportant Te corps que nous continuons à ne pas voir.Il le jette dans une voiture, criant à tous ceux qui l\u2019approchent: \u2018\u2018 Je ne porte rien!.je n\u2019ai rien dans les bras\u201d.Cette affirmation, de la pant de cet homme dont le pouvoir magnétique est immense, suffit pour que personne ne voie le docteur.Il l\u2019apporte à ses amis et leur explique en quelques mots la situation.La mort est décidée; elle suit, dans une forme atroce et tout à fait digne de ces brutes sanguinaires.\u201c Voilà, messieurs, comment jai été amené à croire cet homme coupable et à demander son arrestation.Pour moi, les choses se sont passées ainsi; elles ne peuvent pas ne pas s\u2019être passées ainsi.Ma conviction intime est que vous avez un meurtrier sous les yeux.L\u2019avocat de Kumar avait repris son attitude désintéressée et nonchalante.\u2014 Quelle heure était-il, demanda-t-il avec indifférence, quanid vous et miss Gran- tham avez photographié la chambre du docteur?\u2014Onze heures et demie, répondit promptement Ditson.\u2014\u2014Et vous êtes certain, d\u2019après ce que vous a révélé le cliché, que Farthingale était dans la chambre à ce moment-là ?\u2014A»bsolument certain.\u2014iBien.Voulez-vous me dire, maintenant quelle heure il était quand vous avez découvert le cadavre dans la boutique ide curiosités ?\u2014C\u2019était à peu près une heure et demie plus tard, c\u2019est-à-dire vers 1 heure.62 Populaire \u2014Merci! dit simplement l\u2019avocat.Il referma à demi les yeux et appuya de nouveau la tête au dossier de son siège.Un long mouvement de surprise avait agité le tribunal.Est-ce que le défenseur n\u2019allait vraiment pas se donner plus de mal?Est-ce qu\u2019il allait laisser si beau jeu à l\u2019accusation ?On passa, ensuite, à l\u2019interrogatoire du jeune messager Georges Washington, et après \u2018quelques questions de l\u2019accusateur public, l\u2019avocat de Kumar se mit en frais de le transquestionner Celui-ci, leva, soudain, des yeux méditatifs vers le plafond.Quand il les abaissa, pour considérer de nouveau le témoin, ses yeux avait pris la dureté- de l\u2019acier, la fixité du reflet des yeux de fauve.\u2014 Pourquoi donc?.(la question partit comme un coup de feu) pourquoi donc avez-vous avoué que vous pourriez dire autre chose, si vous n\u2019aviez dans la poche de l\u2019argent qui vous fait taire?\u2014iMoi!.moi!.répondit l\u2019enfant visiblement épouvanté.Moi!.Qui a pu vous raconter çà?Je n\u2019ai jamais dit de choses pareilles.\u2014 Vous les avez dites, je le sais.Et maintenant, répondez-moi.Ne regardez pas M.Ditson.Regardez-moi et répétez ce que vous avez dit à Georges Jones, l\u2019autre chasseur de l\u2019Omar Kihayyam.L\u2019accusateur public se leva pour protester.Maïs déjà l\u2019enfant avait faïbli devant le regard noir qui passait sur lui, et tremblant, bégayant, il sanglotait: \u2014Je dirai tout.Je dirai la vérité, Monsieur.\u2014Le témoin doit parler, M.l\u2019attorney général, prononça le président, vivement intéressé par l\u2019incident.Nous sommes ici pour faire \u2018éclater la vérité, quelle qu\u2019elle soit, et quelles que soient les personnes qu\u2019elle peut attteindre.Poursuivez.\u2014Alors, Georges, poursuivit l\u2019avocat d\u2019une voix moins rude, dites-nous d\u2019abord qui vous avait payé pour vous taire.\u2014I1 faut que je dise ça?\u2014Sans doute.L\u2019enfant cherchait à éluder la question où à répondre à côté.Mais il n\u2019était natu- ia at T - Un Sorcier du Thibet rellement pas habile et som interlocuteur eut facilement raison de lui.\u2014Allons! qui est-ce?\u2014C\u2019est M.Ditson, avoua le chasseur dans un murmure.\u2014Oh! Un extraordinaire mouvement de stupeur envahit instantanément la grande salle et fit rouler les épaules de l\u2019audience et de la cour, tandis que tous les yeux se fixaient sur le journaliste.Celui-ci tomba plutôt qu\u2019il ne s\u2019assit sur son siège, et mit son journal devant son visage pour échapper à cette curiosité.\u2014C\u2019est bien, dit l\u2019avocat, lorsque Ile brouhaha se fut apaisé, nous entrons enfin dans quelque chose de précis et \u2018de définitif.Vous voyez, Votre Honneur, que j\u2019avais raison de vous promettre des surprises et, maîntenant, Georges, racontez-nous l\u2019histoire entière, sans rien en cacher.Di- tes-nous ce que vous avez vu ou entendu dans la maison meublée, et que vous aviez gardé pour vous seul jusqu\u2019à présent, parce qu\u2019on vous aurait payé pour ça.Parlez; il ne vous arrivera aucun mal} \u2014Eh bien! Monsieur! il pouvait être 11 heures ou un peu plus tard, quand on m\u2019a sonné.C\u2019était M.Kingsbury qui demandait de l\u2019eau glacée.Il demeurait au même étage que le docteur et M.Ditson.Quand je suis monté, j\u2019ai vu le docteur Farthingale comme je vous vois maintenant.Georges Washington hésita.\u2014Est-ce qu\u2019il faut que je dise ça aussi?demanda-t-il en se tournant vers le tribunal.Le président lui dit oui d\u2019un signe de tête.\u2014Où avez-vous vu le docteur?répéta l\u2019avocat.\u201411 sortait de la chambre de M.Ditson.\u2014Bien.Combien M.Ditson vous a-t-il donné pour ne pas le dire?\u2014Cent dollars.Il est venu me trouver le lendemain matin et il m\u2019a demandé si j\u2019avais vu quelque chose.Je lui ai dit oui.Alors il m\u2019a dit de pas le répéter, que ça ne pouvait im\u2019attirer que des ennuis, ou me faire punir.Puis dl m\u2019a appris ce qu\u2019il 63 fallait dire quand on m\u2019interrogerait et.\u2014C\u2019est un mensonge! C\u2019est un exécrable mensonge!.La voix de Ditson s\u2019était élevée, pleine de colère et d\u2019indignation.Lui-même avait sauté debout, la face enflammée; les yeux ardents.\u2014\u2014Est-ce que vous croirez plutôt ce misérable que moi?cria-t-il encore.\u2014Asseyez-vous, ordonna, sévèrement le président.Ceci doit être examiné jusqu\u2019au bout.Continuez, Monsieur l\u2019avocat défenseur.\u2014Qu\u2019on appelle Timothée Griscom.Griscom était le- photographe qui avait pris le cliché de la chambre de Farthin- gale reproduit par le journal de Ditson, et qui avait fait naître dans l\u2019esprit de Marjorie l\u2019hypothèse suivant laquelle son fiancé était simiplement séquestré dans l'appartement.\u2014 Qui a développé la plaque dont l\u2019illustration a été tirée?lui demanda-t-on.\u2014Moi.\u2014Vous étiez seul?\u2014 Seul, à l'exception de M.Ditson.Et maintenant que je me souviens bien, il m\u2019a demandé de révéler cette plaque pour moi.Je le sais amateur très habile et consciencieux.Cependant, lorsque l\u2019image a Commencé à paraître, il m\u2019a rendu le cliché, et c\u2019est moi qui ai achevé le développement et qui ai opéré le fixage.\u2014Lui était-il possible, au \u2018début de la manipulation, de substituer une plaque quelconque à celle que vous lui donniez à développer?\u2014Possible! Peut-être.Maïs c\u2019est peu probable.Je ne vois pas pour quelle raison il l\u2019aurait fait.\u2014Pardon.Je ne vous demande pas si vous croyez ou non qu\u2019il l\u2019ai fait.Je vous demande s\u2019il pouvait le faire?\u2014 Oui.\u2014Bien.Maintenant, je désire savoir s\u2019il existe un procédé de superposition permettant d\u2019introduire dans le cliché négatif d\u2019une chambre vide l\u2019image d\u2019une personne qui paraisse se trouver dans cette chambre.7 \u2014Je ne pense pas, répondit le photogra- La 'Revue Populaire phe, qu\u2019en cette circonstance un semblable truc ait été employé.\u2014 Ah! monsieur, répon'dez donc à ce que je vous demande! Nous jouons la vie d\u2019un homme, ici! Le procédé dont je viens de vous parler, est-il connu des photographes?\u2014Oui.\u2014 Bien.Pouvez-vous jurer qu\u2019aucune substitution de plaques n\u2019a eu lieu dans votre laboratoire, le jour où vous y étiez enfermé avec M.Ditson?Griscom réfléchit un instant: \u2014 Non, finit-il par déclarer, je ne puis pas le jurer.L\u2019avocat se leva: \u2014S\u2019il plaît à Votre Honneur, dit-il, je crois avoir amplement démontré qu\u2019il n\u2019y a pas l\u2019ombre d\u2019une raison pour maintenir mon client en état de détention préventive.Je demande qu\u2019il soit sur-le-champ remis en liberté.Avant la olôture définitive de l\u2019affaire, je désire ajouter quelques mots, non pas dans l\u2019intérêt de mon client, \u2014ce serait, je pense, superflu, \u2014maîs dans l'intérêt \u2018de la justice.\u201c S'il plaît à Votre Honneur, nous avons écouté hier, le développement, long et détaillé, trés ardent aussi, et prononcé sur le ton d\u2019indignation la plus vertueuse, d\u2019une hypothèse bâtie sur un petit nombre de faits.Je désire présenter, aujourd\u2019hui, la théorie contraire, et demande à la cour de vouloir bien \u2018constater que mes arguments s\u2019appuieront sur des témoignages entendus de nous.\u201cJe vous prie d\u2019observer que Georges Washington, le chasseur de l\u2019'Omar Khayyam, a été acheté et empêché de dire tout ce qu\u2019il savait de cette affaire: que la personne qui avait açheté cet enfant, s\u2019est montrée d\u2019une ardeur extrême à établir des suppositions propres à illuminer le mystère; qu\u2019elle a établi ces suppositions de manière À pouvoir accuser trois personnes du meurtre du 'docteur, que cette personne, par sa situation sociale, avait toute facilité pour connaître le résultat des investigations ide la police; qu\u2019il lui était possible, si elle le jugeait bon, de prévoir les mouvements de cette même po- lice, et, jusqu\u2019à un certain point, de les empêcher ou d\u2019en annuler les effets; que, très fort amateur en photographie, il lui était facile de créer un fantôme propre à faire naître d\u2019irréalisables espérances au coeur de miss Marjorie Grantham; que, par une modification du même procédé, il pouvait aisément le convaincre que le docteur était encore dans sa chambre.Suivez cet homme avec moi, s\u2019il vous plaît.Je puis vous le montrer causant pour la dernière fois, avec Farthingale, faisant astucieusement ses préparatifs pour que le serviteur reste dans les ténèbres et ne sache rien du départ de son maître, préparatifs destinés aussi d\u2019ailleurs, à baser une accusation de ce serviteur si le mlan venait à échouer.\u2018\u201c Alors, il trompe Farthingale, on l\u2019enlève de la maison.Comment?Je n\u2019en sais rien.Je ne connais qu\u2019une chose: les précautions qu\u2019il a prises pour dissimuler ses traces.\u201c\u2018 Quelles sont ces précautions?Il a appris que deux Thibétains habitent un hôtel situé tout auprès du sien.Pour le bénéfice, ou plutôt pour l\u2019illusion de la police, il construit une chaîne d\u2019indices qui conduiront à l\u2019accusation de ces malheureux, mais qui, si on les examine sérieusement, ne conduisent à rien du tout.\u201cQuel est son \u2018dessein pendant qu\u2019il agit ainsi?demandez-vous.Tromper les détectives lancés à la recherche du \u2018docteur Far- thingale et gagner du temps.\u2018\u201c Puis, une fois encore, la chasse devient ardente pour lui.Ou peut-être est-il prêt pour son dénouement.Le rideau se lève; la scène s\u2019emplit de lumière, une audacieuse et nouvelle conception de criminologie se présente.Avec une cruauté qui n\u2019a d\u2019égale que son talent de prestidigitateur, il conduit une jeune fille devant le cadavre de son fiancé et l\u2019oblige à acceu- ser ce malheureux Hindou: \u201cC\u2019est une succession de crimes odieuse, vile, infernale.Il n\u2019y a là-dedans, je supplie Votre Honneur de le croire, ni magie orientale, ni sorcellerie d\u2019aucune sorte; il n\u2019y a que l\u2019exécution d\u2019un plan conçu par I\u2019ame la plus scélérate qu\u2019il m\u2019ait été don- 64 ge de fe ch, ha dé In Sor Me de Wy de Ve bey 9 snp gird Sh ip 8 that patate He patate darter ntti doa dali Un Sorcier du Thibet né encore d\u2019observer.\u201c Je ne vais pas, en ce moment, jusqu\u2019à affirmer que ma théorie soit excellente de tous points.Je dis :seulement qu\u2019elle est absolument probable et mieux étayée par les faits que celle de l\u2019accusation.\u201c\u201c Mais si cette théorie est juste, il en résulte que l\u2019homme qui a fait tout ceci est en même temps le véritable meurtrier de l\u2019infortuné Farthingale.Si cette théorie est juste, l\u2019homme qui a fait tout ceci\u2014 il s\u2019arrêta pour désigner le journaliste, immobile sur-son siège dans un coin du prétoire\u2014l\u2019homme qui a fait tout ceci, dis- je, n\u2019est autre qu\u2019Olivier Ditson, ici présent.\u201d L\u2019auditoire frémissait, à présent, et le président de la cour criminelle ne songeait plus en aucune façon à interrompre l'avocat.La minute était angoissante et chacun dans la salle le sentait, même l\u2019orateur en prenant la responsabilité d\u2019une accusation aussi grave.\u2018Il garda quelques instants le silence.Puis, d\u2019une voix solennelle et lente, il reprit: \u2014A une telle succession de 'bassesses et de crimes, messieurs, il faut un motif.Pour aussi bas qu\u2019un homme soit descendu, il ne tue pas pour le plaisir de tuer, et n\u2019accuse pas pour le plaisir d\u2019accuser.Le motif, le voiei.Ditson s\u2019était levé brusquement.\u2014Je demande, dit-il, tirant un carnet de sa poche, que tout ceci n\u2019aîlle pas plus loin.Je vais montrer à l\u2019avocat de la défense une pièce qui lui démontrera sur-le- champ l\u2019inanité ide son réquisitoire.Il m\u2019a plu de le laisser parler jusqu'ici, mais c\u2019était pour mieux le confondre.Voici.Le journaliste cessa de parler et une expression d\u2019intense surprise s\u2019étendit sur son visage.Puis il porta la main à ses lèvres, et s\u2019abattit en avant, sur le plancher de la salle, où son corps se tordit en convulsions.Kumar s\u2019élança et fut le premier auprès de lui, élevant la tête et ouvrant les vêtements.Mais Olivier Ditson n\u2019avait plus besoin d\u2019aucune aide humaine.Un dernier soupir s\u2019exhala de sa bouche.Il était mort.L\u2019Indien ouvrit ses doigts crispés et en retira unè petite fiole.\u2014Acide prussique! dit-il.Le sahib a préféré mourir qu\u2019attendre son jugement.VIII Un message du mort Avec la mort de Ditson, il sembla que la seule voie par laquelle pût arriver au jour la vérité concernant la disparition du docteur Farthingale fut à jamais barrée.Pour l\u2019esprit du public, versatile comme toujours, il avait transformé son ardente croyance en la culpabilité de Kumar en l\u2019absolue conviction de son innocence et toutes ses malédictions s\u2019en allaient vers le journaliste dont la mort défrayait toutes les conversations.Son suicide dramatique, arrivant aussitôt après la terrible accusation qu\u2019il avait entendue, ne laissait aucun doute à personne sur la part qu\u2019il avait prise au cri- -me.- \u2018\u201c La \u2018mort volontaire est un aveu \u201d, dit la sagesse des nations.L\u2019assentiment était presque unanime.Et si nous disons \u2018\u2018 presque \u201d\u2019, c\u2019est qu\u2019assez singulièrement, dans la masse des gens qui suivaient avec passion les déveloippe- ments de cette sensationnelle affaire deux personnes refusaient encore de croire à l\u2019avilissement de Ditson.C\u2019étaient le capitaine de police O\u2019Harra et le père :de Marjorie.Le scepticisme de l\u2019officier pouvait être aisément expliqué, peut-être; il devait lui être particulièrement désagréable de se ranger à une conviction qui détruisait toutes ses suppositions personnelles, et démontrait en outre qu\u2019il s\u2019était assez facilement laissé jouer.Les motifs du vieux Grantham étaient tout autres.\u2014Je ne puis pas le croire, répondait-il à ceux qui cherchaient à lui faire entendre raison.J\u2019ai trop bien connu le père pour me convainère aisément que le fils ait du sang de lâche et de traître dans les veines.Il est peut-être coupable, mais il n\u2019est plus là pour se défendre, et tant que des 65 RON ITU VAE AE in Sib ot Sh pou ste ty | agitated - 1, Ni ht E.BL a Ke a.; La Revue Populaire preuves plus fortes ne me seront pas fournies, je le considérerai comme innocent.Cependant, comme il a été dit, lui et le chef de la police persistaient seuls dans cette opinion.Le reste du monde mettait au compte d'Olivier Ditson, non pas le meurtre du docteur Farthingale, peut- être, mais tout au moins la responsabilité de sa disparition et, indirectement, le poids de sa mort.Et le reste du monde se rappelait volontiers que pendant des années le journaliste avait tenu son rang parmi les admirateurs de Marjorie Grantham et que l\u2019entrée en scène de Farthingale avait détruit toutes ses espérances.Et de là, sans doute, l\u2019isolement cruel qui se produisit autour du jeune homme après sa mort.Personne qui voulut assumer la responsabilité des démarches funèbres et osât donner les marques «d\u2019une sympathie un peu visibles.Brillant, d\u2019abord facile, habile causeur, complaisant au besoin, Ditson n\u2019avait jamais beaucoup recherché les amitiés durables et maintenant qu\u2019il s\u2019en allait dans une atmosphère de honte, il semblait qu\u2019il n\u2019y eut personne pour le regretter.Son corps, oublié, gisaît dans une boutique d\u2019entreprises de pompes funèbres.Et c\u2019est là que Hartley Grantham donna un témoignage évident de la foi qui restait en lui.\u2014Qu\u2019on le transporte chez moi, dit-il.T] est désirable, sans doute, que ses obsèques aient lieu avec le moins de bruit et d\u2019ostentation (possible, mais pour l\u2019amour de son père il aura des funérailles décen- ttes.En vérité, la présence du mort ne devait pas ajouter beaucoup à la tristesse qui avait envahi la demeure du millionnaire.On n\u2019y voyait que des visages navrés.Les médecins n\u2019avaient pas pu se \u2018prononcer encore sur les chances qu\u2019il y avait de guérir Marjorie.' La jeune fille était sensiblement dans le même état qu\u2019en sortant de l\u2019atelier du photographe.Elle n\u2019avait ni délire, ni flèvre violente, mais demeurait complète- \u2018ment inconsciente (de ce qui se passait au- .DI PIT PIR) Aree PRR) \"ré ARE SES CENTRE 66 tour d\u2019elle, les yeux vagues et la face sans intelligence.Et quand elle ne dormait pas, sa tête s\u2019appuyait au dossier \u2018de son fauteuil, tandis qu\u2019elle répétait continuellement \u2018d\u2019une voix lasse ?\u2014Pourquoi?.pourquoi?.;pourquoi?.Une infirmière expérimentée avait été auprès d\u2019elle, tous les secours de la médecine lui avaient été prodigués dès la première heure, mais les spécialistes avaient déclaré qu\u2019aucun changement ne se produirait avant trois ans.Et que serait ce changement?I1 était impossible de le déterminer à l\u2019avance.Et Hartley Grantham, désespéré, attendait.Il était, ce soir-là, assis dans sa bibliothèque, incapable id\u2019entendre autre chose que les bruits qui venaient de la chambre de la \u2018malade, brisé par les craintes continuelles dont son coeur était assailli.En vain, il cherchait à se rassurer en songeant à la robuste constitution de sa fille, tous les fantômes de la mort venaient flotter entre lui et son espoir.Et ce lui fut un véritable soulagement quand la sonnette retentit et qu\u2019on lui annonça le capitaine O\u2019Harra.\u2014Qu\u2019il entre! dit-il au domestique.Et bientôt le chef des détectives parut.\u2014Je vous demande pardon de vous déranger À cette heure, M.Grantham, mais mes hommes ont découvert, aujourd\u2019hui, une ou deux choses que je tenais à vous soumettre sans retard.Immédiatement après l\u2019audience, ce matin, j'ai fait faire une nouvelle perquisition dans les appartements de Ditson et du docteur F'arthingale.Dans le premier, nous avons trouvé le cliché pris par le journaliste et Miss Marjorie.Je l\u2019ai fait examiner par un expert photographe.Il affirme et affirmera sous la foi du serment qu\u2019en ce qui concerne ce cliché, il n\u2019y a pas eu double exposition ou superposition.Voilà donc Ditson lavé de ce chef.\u2014Tant mieux! \u2014iMais, monsieur, nous avons trouvé dans la chambre de Ditson, et dissimulée sous un tapis, une chose qui me fait douter de son innocence, et qui semblerait oo 3 Ta Un Sorcier prouver qu\u2019après tout il était bien au fond de la machination.\u2014Quoi donc?\u2014Cette lettre.En parlant ainsi, O\u2019Harra tirait de sa poche une enveloppe assez volumineuse et ouverte.Grantham examina le tout soigneusement.La lettre se composait de plusieurs feuilles couvertes d\u2019une écriture serrée.L\u2019enveloppe portait comme suscription: \u2018 Miss Marjorie Grantham.\u201d - \u2014Comment?s\u2019écria le millionnaire stupéfait.Que signifie ceci?On dirait l\u2019écriture de Farthingale.\u2014C'\u2019est son écriture, en effet.Cette lettre a été écrite par Ie docteur le soir même de sa disparition et évidemment con- ffée à Ditson pour qu\u2019il la remette à son adresse.Cependant elle n\u2019a pas \u2018été délivrée; elle a été ouverte, lue, puis cachée soigneusement.Et c\u2019est ce qui me fait.croire que l\u2019avocat de Kumar pouvait bien avoir raison en accusant Ditson du crime.\u2014(Grand Dieu! s\u2019écria le vieillard, tandis que l'hypothèse nouvelle prenait pour la première fois une valeur à ses yeux.Est- ce qu\u2019il y a des hommes aussi vils?\u2014 Lisez la letttre, répondit O\u2019Harra et peut-être le jugerez-vous plus vil encore.Grantham prit son lorgnon et chercha à - déchiffrer les lignes minces, \u2018mais les nouvelles qu\u2019il venait de recevoir l\u2019avaient tellement bouleversé qu\u2019îl ne put pas y parvenir.\u2014iLisez-moi cela, O\u2019Harra, dit-il.Je n\u2019y vois pas.Le chef des détectives lui reprit la lettre et commença: \u201cMa \u2018bien aimée Marjorie, \u201cJe vous écris ceci sous l\u2019empire de la ° désespérance la plus amère, et aussi de la \u2018fureur: et si je n\u2019avais pas une foi aussi grande en votre constance et en votre loyauté, je ne pourrais pas supporter sans doute, l\u2019&preuve que la fatalité injuste et cruelle m\u2019envoie.\u201cJe vois ma coupe de joie retirée de mes lèvres au moment où j'allais y boire et le suprême bonheur de ma wie, la douce espérance de vous nommer ma femme, re- du Thibet culé pour des mois, pour des années peut- être.\u201c Je sais à peine ce que je vous écris.Mon intelligence est stupéfiée, assommée, paralysée par le coup qui vient de me frapper si cruellement.Je vivrais dans le paradis grâce à votre chère présence et maintenant, sans transition, le voile de la plus amère déception s\u2019est étendu devant moi; la vérité infiniment douloureuse m\u2019est apparue.\u201c\u201cO fou! misérable fou que j'étais! Ecou- tez mon histoire, Marjorie, et, si vous le pouvez, pardonnez-moi.Au moins, croyez- moi innocent de toute intention de tromperie envers vous, car être condamné par vous serait le pire de mes supplices.\u201cIl y a quelques années\u2014peu importe quand et comment, car le temps dont je dispose est hélas! limité-\u2014dans mon désir constant de science, je me suis affilié à une secte ésetérique qui a pour premier article de ses lois le célibat \u2018perpétuel.En y entrant, je me suis lié par un serment terrible, engageant non seulement ma vie, dans le cas où je viendrais à me parjurer, mais aussi l\u2019existence de la créature innocente que \u2018j'aurais choisie pour compagne.\u201c\u201c Je songeais peu à lTimportance de ce lieu, à l\u2019époque où je l\u2019ai volontairement accepté.Je ne vous avais pas vue, et les femmes avaient \u2018jusqu\u2019alors tenu si peu de place dans mes préoccupations qu\u2019il ne me paraîssait pas possible de concevoir un jour ile désir de me marier.\u201c Jai voyagé, ensuite, j\u2019ai approché des hommes de tous pays et de toutes races, je suis rentré dans mon pays et dans la civi- sation sans éprouver le moindre regret de mon serment.Puis, un jour, je vous ai rencontrée, et j'ai compris au premier regard de vos yeux toute la grandeur de la faute que j'avais commise.\u201cLes portes du ciel étaient ouvertes devant moi et je n\u2019osais pas y entrer; le serment imbécile que j'avais fait autrefois m\u2019en \u2018barrait la route, je savais qu\u2019une vengeance inexorable s\u2019abattrait sur moi au premier pas que je tenterais vers le bonheur.\u201c Et croyez-moi, \u2018Marjorie, tout certain La Revue Populaire que j'étais de cette vengeance, je m\u2019y serais exposé, heureux encore \u2018de vous avoir tenue sur mon coeur et de vous avoir une fois appelée mienne.Mais l\u2019ardeur de mon amour, même, ne \u2018pouvait me faire oublier le péril où je vous exposais vous- même, en prononçant les mots qui auraient fait de vous ma femme, et je savais, en le faisant, appeler sur vous la mort aussi sûrement que si je vous avais poignardé moi-même.\u201cJe cherchai alors à chasser l\u2019amour de mon coeur, à me confiner dans les études qui m\u2019avaient passionné naguère, à vous oublier, et à attendre ainsi le temps où il me serait permis de retourner dans ma sauvage solitude.Ce fut impossible.\u2018\u201c Malgré tout, malgré la désespérance qui m\u2019avait gagné, malgré le danger qu\u2019il y avait à nous engager, malgré le dénouement terrible que je prévoyais pour motre roman; je ne pouvais pas me résoudre à me séparer de vous, à n\u2019être plus Tien pour vous.\u201cEt à ce moment, presque par magie, m\u2019a-t-il semblé, les nuages menacants qui masquaiernt l\u2019avenir furent subitement dis- pèrsés.Un soir que, penché sur d\u2019anciens manuscrits, je cherchais un \u2018dérivatif à mes pensées désolées, je trouvai un Code des lois de la confrérie à laquelle j\u2019appartiens, \u2018et découvris dans ses pages, à la manière orientale, un acrostiche, un chiffre, si vous préférez, qui annulait apparemment le serment antérieurement prononcé et me rendait la liberté de vous gagner et de vous donner mon nom, Marjorie.\u201cJe me crus sauvé, et vous seule comprendrez de quelles ardentes actions de grâces fut suivie cette \u2018découverte.\u201cJe télégraphiai immédiatement au Kanpo (le chef de l\u2019ordre auquel j\u2019appartiens) ce que je venais d\u2019apprendre et lui fis part de mon intention d\u2019abandonner mes voeux anciens.Le lendemain même, Je plaidais ma cause auprès de vous, j\u2019étais agréé, et depuis lors ma vie n\u2019était qu\u2019une suite d\u2019enchantements.\u201c Je ne vous avais jamais parlé de tout ceci, Marjorie, parce que je croyais être bien sûr de mon droit de vous épouser, et parce que je jugeais inutile de vous inquiété.La sécurité de l\u2019avenir me paraissait absolue; je vois maintenant que je faisais l'expérience \u201cd\u2019un bonheur trop grand pour durer.\u201c\u201c Aujourd'hui, vous me voyez anéanti parmi mes espérances en cendres; ma joie, mes rêves, les radieuses promesses de ma vie, tout est dispersé.Après vous avoir quittée, ce soir, j'ai -été accosté par deux membres de l\u2019ordre, émissaires du Kanpo, qui m\u2019ont fait comprendre que je m'étais trompé dans la traduction du chiffre, que le poids de mes serments pesait toujours sur moi, et que je ne les transgresserais qu\u2019au prix de la cruelle vengeance, destinée à vous frapper aussi.\u201cLe mot auquel j'avais donné la signification de \u2018\u2018 mer\u201d doit être rendu par l\u2019image \u2018mer de mort \u201d, et, constituée ainsi, la phrase veut dire que le tombeau .seul peut me relever de mes promesses.\u201cOh! fou.fou que j'ai été, de prononcer des paroles irréparables, et \u2018de me lier pour toujours avec ces fanatiques maudits! \u201cVoilà mon histoire, Marjorie.D\u2019abord, j'ai pensé retourner chez vous, et vous la dire de ma propre bouche.Et comme je voudrais vous voir une fois encore! \u2018Mais j'ai peur.\u201c Je sais que vous ririez du péril et demanderiez à le partager avec moi; j\u2019ai peur iqu\u2019à votre prière, et vos bras autour de mon cou ma résolution ne faiblisse.J\u2019ai peur d\u2019accepter.\u201cJe vous aime trop, cependant, Marjorie, pour vous exposer à un danger aussi certain.Ce serait de ma part un crime ; ce serait vous permettre le suicide.Je connais le pouvoir de la secte, et je sais qu\u2019à ses arrêts cruels personne ne saurait se soustraire.La pitié est inconnue, là-bas.\u201c Et cependant, il me reste une lueur d\u2019espoir.Le Kanpo m\u2019aime beaucoup; je lui ai sauvé la vie avec l'aide \u2018de Kumar.Peut-être cédera-t-il à mes instances et me relèvera-t-il de mes voeux.Car lui seul a le pouvoir de le faire.Je suis tout au moins déterminé à faire auprès de lui cette tentative.68 RC ER TEE CO RE by RF (YE PR AIP, DAN 7 n rien : # = = \u201cJe pars cette nuit sécrètement et silencieusement.Personne ne connaîtra le but de ce voyage ni ma destination.Et à vous surtout, ma bien-aimée, je désire ne rien en dire.Je sens bien que rien ne pourrait vous empêcher de me suivre.\u2018 Demain, vous apprendrez que j'ai mystérieusement disparu.Plus tard, des rumeurs d\u2019un caractère plus alarmant viendront jusqu\u2019à vos oreilles.Il se peut même qu\u2019on aille jusqu\u2019à vous montrer mon cadavre.Mais que votre coeur ne soit pas troublé, que votre foi ne soit pas ébranlée, même par le témoignage évident de vos sens.Doutez (de tout; -ne croyez rien, sauf que je suis vivant et que je reviendrai.\u201cLa tâche que j\u2019entreprends est difficile, mais restez assurée qu\u2019aucun danger physique ne me menace.Tout le temps de mon absence je serai sauf et protégé.Les phénomènes décevants qu\u2019on vous mettra peut-être sous les yeux ne sont que des illusions n'écessaires au succès de \u2018mes projets.\u201c\u201c Je vous envoie cette lettre par une des Tares personnes en qui j'aie toute confiance; je vous l\u2019envoie dans le but d\u2019apaiser votre douleur.Je serai certainement de retour dans un an, soit pour vous rappeler vos promesses, soit pour vous dire que je n\u2019ai pas réussi.\u201c\u201c Mais, je réussirai.Je le veux.Je n\u2019examine même pas la possibilité contraire.Courage, ma fiancée; nous serons heureux.Croyez-en moi, ayez confiance en moi: ne doutez jamais de mon retour.Je ne vous dis pas adieu, mais au revoir! Oh! si je pouvais vous voir un instant, un seul instant, avant de partir.\u2018\u201c A vous pour toujours, \u2018 Farthingale.\u201d Le capitaine plia la lettre et la remit dans son enveloppe.\u2014Un message venu de la mort, com- menta-t-il gravement.\u2014De la mort! s\u2019écria Grantham.Atten- dez-donc un instant.Laissez-moi relire attentivement ce qu\u2019il dit vers la fin de cette lettre.Je ne suis pas bien sûr qu\u2019il soit mort, \u2018moi, à présent.Voyez, où est- ce?.Ah! Ecoutez bien ceci, O\u2019Harra, et Un Sorcier du Thibet 69 dites-moi ce que vous en pensez \u2018\u2018 Demain, vous apprendrez que j'ai mystérieusement disparu.Plus tard, des rumeurs d\u2019un caractère plus alarmant viendront jusqu\u2019à vos oreilles.Il se peut même qu\u2019on aille jusqu\u2019à vous montrer mon cadavre.Mais que votre coeur ne soit pas troublé, que votre foi ne -soit pas ébranlée, même par le témoignage évident de vos sens.Doutez de tout; ne croyez rien, sauf que je suis vivant et que je reviendrai.\u2019 \u2014Mais, M.Grantham; vous-même vous avez vu le corps du docteur Farthingale.\u2014Vous voyez bien qu\u2019il dit à Marjorie de ne pas croire même à cette évidence.\u2014\u2014Comment! disait le \u2018policier stupéfait.Voulez-vous me donner à entendre que vous croyez le docteur vivant?\u2014Voyez, ce qu\u2019il dit.Et tirez-en vous même vos conclusions.\u2014Mais l\u2019identification du cadavre a été formelle! \u2014Peuh!.Lorsque Morgan a été assassiné par les Mason, sept cadavres différents ont été identifiés l\u2019un après l\u2019autre.O'\u2019Harra resta pendant quelques instants silencieux, ses lourds sourcils contractés par la multitude de pensées qui s\u2019agitaient dans sa cervelle.Puis 11 se dressa tout à coup: \u2014Par saint Georges, M.Grantham, je finis par croire que vous avez raison.Je vois l\u2019affaire entière, à présent.Farthin- gale n\u2019a jamais été ni enlevé, ni assassiné.Il est parti de sa propre volonté, et a idon- né cette lettre à Ditson pour qu\u2019elle soit remise à votre fille, Ditson l\u2019a ouverte et lue, puis 1 s\u2019est décidé, pour l\u2019avantage de ses projets personnels, à se servir des informations qu\u2019elle contenait.; \u201cJe pense qu\u2019il a d\u2019abord voulu dissimuler les faits, dans l\u2019espoir que leur enchaînement futur pourrait le servir.Puis il s\u2019est rendu compte que l\u2019hypothëse d\u2019un départ secret n\u2019amenait pas ce qu\u2019il attendait et il s\u2019est décidé à représenter le docteur comme ayant été assassiné, et c\u2019est dans ce but qu\u2019il a montré un cadavre quelconque.La mutilation de ce cadavre a été opérée dans le but d\u2019en prévenir l\u2019i- EEE pts 1 t i Ie: i X Te La Revue Populaire dentification et toute l\u2019histoire des \u2018\u2018 images spirites \u201d\u2019 inventée dans le but d\u2019égarer les soupçons.Hartley Grantham écoutait la tête basse.\u2014J\u2019ai peine, dit-il enfin, à mal penser de cet enfant; mais je crois, O\u2019Harra, que vous avez raison.: IX La révélation de minuit- \u2014Examinons cette affaire à fond, si vous le voulez bien, M.Grantham, répondit l\u2019officier de police.Soyons absolument certains d\u2019être dans le vrai avant d\u2019aller plus loïîn.Qui était le médecin du docteur F'arthingale ?\u2014\u2014Raymond, répondit le père de Marjorie, citant le nom d\u2019un des meilleurs praticiens de la cité.O\u2019Harra courut au téléphone et se fit mettre en communication avec le docteur Raymond.\u2014Docteur, lui \u201cdit-il, c\u2019est le capitaine chef de la police iqui vous parle.Pouvez- vous me \u2018dire si le docteur souffrait d\u2019aucune affection cardiaque?\u2014 Certainement non, répondit sans hbé- siter Raymond.Je l\u2019ai examiné moi-même, il y a moins de six semaines, en vue d\u2019une assurance sur la vie, et j\u2019ai donné un certificat attestant qu\u2019il était ahsolument exempt ide toute tare physiologique.J\u2019ai été confondu tout à l\u2019heure en apprenant par les journaux que son autopsie avait révélé la présence d\u2019un anévrisme.\u2014Merci.Ne vous tourmentez pas, docteur.Votre diagnostic était probablement le bon.Je vous expliquerai tout ça plus tard.Au revoir.(O\u2019Harra raccrocha les récepteurs et demanda l\u2019hôpital civil.\u2014\u2019Alô!.Le bureau des \u2018décès.\u2014A116! \u2014iLe bureau des décès?., Bien, je suis le capitaine O\u2019Harra, chef de la police.Voyez si vous n\u2019avez pas eu samedi dernier un mort par suite de rupture d\u2019un anévrisme.La réponse se fit attendre quelques instants.\u2014Oui, dit enfin le commis du bureau des décès.Mort par suite de rupture d\u2019anévrisme du coeur, un nommé John Buchanan, demeurant dans la Cinquante-hui- tième rue.Décès samedi.Durée de la maladie environ six semaines.Permis d\u2019inhumer désignant le cimetière de Little-Falls comme lieu de sépulture.L\u2019homme n\u2019avait ni famille, ni amis.C\u2019est un Chinois qui a demandé à diriger les formalités et les obsèques.\u2014Un Chinois?murmura Grantham.Qu\u2019est-ce que ce Chinois venait faire Ia.\u2014iLe signalement de John Buchanan ?demanda le chef des idétectives.Le signalement répondit assez exactement à celui du docteur Farthingale., \u2014 Bien.Merci.La communication avec le cimetière de Little-Falls, s\u2019il vous plaît: \u2014Allôb Le cimetière de Little-F'alls ?\u2014Oui.\u2014 C\u2019est le chef de la police qui vous parle.Avez-vous reçu, de l'hôpital civil, et par l'intermédiaire d\u2019un Chinois, le corps d\u2019un nomm#é John Buchanan?\u2014Oui.\u2014 Quel jour?\u2014 Lundi dernier.\u2014Bien.Merci.\u2014Voici ce qui pourrait clore la question de la substitution, dit Grantham.-\u2014Voäici ce qui la clôt absolument.Je suis maintenant certain que cette substitution a été opérée.Demain je ferai procéder à l\u2019exhumation; mais je vous parie dès à présent qu\u2019on ne trouvera rien dans le cercueil.La chose devient absolument claire pour moi, ajouta-t-il à titre d\u2019explication.Dit- son a trouvé un sosie de Farthingale en la personne de ce malade; mais pour pouvoir s\u2019en servir il lui fallait attendre que le malade meure.Et ceci nous fait comprendre pourquoi il a (découvert des pistes successives et nous a lancés dessus.Il gagnait du temps.Puis, quand l\u2019homme a fini par s\u2019en aller, qu\u2019y avait-il de plus aisé que de faire transporter son corps à la boutique des Thibétains, et d\u2019envoyer ey Qu 80 thi die fg Sr yy \u201cy Je .; .OR ARE ER RE NN tee tes cape re à use A RE es RY deri ld alee li réa stat a ! Shiite hiidathbtdh tis E dahl tat tt DA RE AS AN AAA EP AREA MR SA Un Sorcier au cimetière un cercueil vide, ou empli de briques et de papier?\u2014 (Mais, objecta Grantham, comment Farthingale aurait-il connu les plans de Ditson?Rappelez-vous qu\u2019il dit a Marjorie, dans sa lettre, qu\u2019on \u2018lui montrera peut-être son cadavre.L\u2019objection l\u2019embarrassait, évidemment.\u2018O\u2019Harra, qui s\u2019emballait un peu, s\u2019ar- réta.\u2014Vous ne pouvez pas supposer, \u2018poursuivit Grantham, qu\u2019il y ait eu entente entre Farthingale et Ditson.Si cela était, pourquoi ce dernier aurait-il caché la lettre?Le capitaine respirait péniblement.\u2014Je n'y comprends rien, finit-il par avouer.D\u2019ailleurs, je n\u2019ai jamais vu clairement la tête ni la queue de cette 'déplorable affaire.Je commence à croire que je.ne les verrai jamais.\u201cIl n\u2019y a plus qu\u2019une chance à connaître la vérité, M.Grantham, c\u2019est de la demander à Kumar, s\u2019il veut bien le dire.Et jusqu\u2019à présent je ne suis pas encore arrivé à le faire parler.Voulez-vous que je le fasse amener ici?Voulez-vous l\u2019interroger vous-même?N\u2019est-il pas trop tard pour vous?\u2014iPas du tout.Envoyez-le chercher.Un message fut envoyé au commissariat central où l\u2019Indien était encore retenu à titre de témoin portant ordre de le faire amener immédiatement à Thôtel Grant- ham.Un quart d\u2019heure plus tard il se présentait inmpassible et enfermé comme à l\u2019habitude.| \u2014Kumar, lui dit le père de Marjorie en entrant de suite au coeur de son sujet, nous venons \u2018de recevoir des informations qui nous incitent à croire que nous nous sommes trompés, et que le docteur Far- thingale n\u2019est pas imort.Il s\u2019arrêta, et examina la face de 1\u2019indien, y cherchant la trace d\u2019une émotion quelconque; mais s\u2019il espérait y lire la surprise, il fut complètement déçu.\u2014Je le savais, répondit froidement Ku- mar.\u2014 Vous saviez quoi?demandèrent ensemble O\u2019Harra et Grantham, haletants.71 RT Le IT TPP RITE LI A GT TEE RIRE RER TTR i Jit ; SAP AE AQU ÉTEND UOTE EU COCO GE dy ite a bee .= ee Ig.Coa alt va i shod.ne en eee ge Tet ae eee GE ey ee ey a tt tea te tee dba tee LL A Mis ito tt Siti as du Thibet \u2014Que le cadavre de la boutique des Thi- bétains n\u2019était pas celui du docteur sahib; que c\u2019était.comment appelez-vous ca?.un true.\u2014Pourquoi ne T\u2019avez-vous pas dit?Pourquoi avoir laissé se produire tout ce qui s\u2019est passé depuis?\u2014Parce que d\u2019abord, je ne savais pas.J\u2019ai été trompé comme les autres.Ce n\u2019est qu\u2019après mon arrestation que j'ai tout appris.Alors, je n\u2019aîi pas voulu parler.Le proverbe indien dit: \u2018\u2018 Une langue silencieuse sauve plus d\u2019existence qu\u2019une langue bruyante.\u201d \u2014 Comment avez-vous appris que ce cadavre n\u2019était pas celui du docteur?\u2014Quand le policeman l\u2019a retourné, j'ai vu qu\u2019il n\u2019y avait pas de grain de beauté à la nuque et mon maître en avait deux.Demdanez aux masseurs du bain ture sf je ne dis pas la vérité.\u2014 Quelle est donc votre opinion, Ku- mar?Où pensez-vous que soit votre maître?L\u2019indien eut un geste d\u2019ignorance profonde.: \u2014Qui pourrait le dire?.Peut-étre Dit- son sahib le savait-il; \u2018mais Ditson sahib est mort.Il ne parlera pas.O\u2019Harra tira de sa poche la lettre de Farthingale, Kumar s\u2019en saisit avidement les yeux brillants, toute son attitude révélait soudain la plus vive indignation.\u2014C\u2019est la main de mon maître! s\u2019écria- t-il.Oh! je la connais bien.\u2014 Ecoutez donc ce qui est \u2018écrit, Kumar, et dites-nous ensuite ce que vous en pensez.O\u2019Harra lut pour la seconde fois, à voix haute la lettre que'nous connaissons.Kumar resta profondément attentif tant que dura cette lecture, s\u2019animant de plus en plus à mesure qu\u2019on approchait de la fin.\u2014Où avez-vous trouvé cette lettre?'de- manda-t-il vivement lorsque le capitaine la pliait pour la remettre dnas sa poche.\u2014Sous un tapis, dans la chambre de Ditson.\u2014Ah!.g\u2019écria l\u2019indien, dont la respiration devint sifflante, c\u2019est donc bien ce PRIOR A FR RENTE PIE STI Pr A Hd ni TR hi GL jt Fu oo La Revue Populaire î a que l\u2019avocat et moi nous avions deviné.Ditson sahib était au fond de toute cette besogne diabolique.Et le maitre.Eh!.ajouta-t-il d\u2019une voix triomphante, le maître est tranquille et sauf à Tso-ri-niah! \u2014 Tso-ri-niah?demandèrent ensemble, O\u2019Harra et Grantham.Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ca?Kumar hésita un instant avant de répondre.\u2014Loin.au centre du Thibet, dit-il enfin et comme s\u2019il n\u2019eut pas osé rester complètement muet.\u2014Vous pensez que Farthingale est allé Ha! \u2014Si je le pensé?.Jen suis certain.Et il faut que j\u2019y aille aussi.Dites-moi, ajouta-t-il en s\u2019adressant à M.Grantham, quand y a-t-il un bateau pour Shanghaï?Le pére de Marjorie parut tout à coup saisi d\u2019une idée nouvelle.\u2014Kumar, dit-il, les médecins m\u2019ont con- seïllé d\u2019emmener ma fille pour un long voyage en mer \u2018aussitôt qu\u2019elle pourrait le supporter.Que diriez-vous si je vous proposais de partir avec vous quand vous quitterez New-York pour aller rejoindre le docteur?Vous gagnerez du temps, car mon yacht prendra une route plus directe, que celle des courriers et nous aurions, nous, le bénéfice de votre expérience.Jusqu\u2019au départ, vous pourriez demeurer ici.Qu\u2019en pensez-vous?Personne n\u2019observa ;a lueur de ruse qui passa \u2018dans les yeux de Kumar.Seigneur, je vous remercie, dit-il.Et j'accepte.Si vous n\u2019y voyez pas d\u2019objection, j\u2019entrerai immédiatement à votre service, avez-vous quelque chose à m\u2019ordonner dés maintenant?\u2014Non, je ne crois pas.Attendez, cependant.Je me rappelle que Jenkins se plaignait ice soir d\u2019un violent mal de dents.Pourriez-vous le relever et veiller cette nuit À sa place auprès du cercueil de M.Ditson ?\u2014Certainement, Sahib.Tout ce que vous pouvez désirer.Les choses furent ainsi arrangées, et un peu plus tard, lorsque O\u2019Harra fut parti et que Grantham s\u2019arréta un instant dans la chambre mortuaire, il y trouva l\u2019Hindou veillant, grave et silencieux comme à l\u2019habitude.Le père de Marjorie se pencha un instant sur la face immobile et dignifiée par la mort.\u2014Olivier Ditson, murmurait-il d\u2019une voix douloureuse, on dit que toute inimitié doit passer au bord du tombeau; mais si ma fille ne guérit pas, je ne pardonnerai jamais le coup dont tu l\u2019as frappée, et qui m\u2019a aussi atteint au coeur.Puis, il s\u2019éloigna et monta vers son appartement particulier.Au moment d\u2019y entrer, il aperçu la garde-malade et alla vers elle.\u2014Rien de nouveau, Monsieur, répon- dit-elle à son regard interrogateur.Vous savez que les docteurs ont fixé un terme de trois jours avant qu\u2019aucun changement puisse se produire.\u2014 C\u2019est vrai'.soupira le vieil homme.Et cependant j\u2019espérais qu\u2019elle irait un peu mieux.La tête basse, le pas légèrement traînant il entra dans sa ichambre à coucher.Graduellement la maison tomba au silence.Marjorie, couchée dans son lit, balançait la tête sur l\u2019oreiller, murmurant son incessant et pitoyable: \u2018\u2018 Pourquoi?.\u2026 Pourquoi?.\u201d Mais à la longue elle se calma et parut s\u2019endormir.L\u2019infirmière veillait, prête à s\u2019élancer au premier appel; mais elle était exténuée et se surprenant à fermer les yeux et à hocher la tête.\u2014 Jamais, je n\u2019x résisterai, pensa-t-elle.Elle baigna ses paupières dans l\u2019eau froide.Puis elle revint à sa place dans un fauteuil auprès 'du lit.Le sommeil la reprit immédiatement, malgré les efforts consciencieux qu\u2019elle faisait pour lutter contre lui.Elle laissa tomber sa tête en arrière et ferma les yeux, Puis elle les ouvrit et laissa retomber ses paupières.Sa respiration \u2018devint plus longue et plus profonde, son corps s\u2019abandonna; elle dormait.Soudain Marjorie Grantham ouvrit largement les yeux et, s\u2019asseyant sur son lit, 72 TIRE Ca ei AE HE VIR TARR Re Ter a dar jis our leur wl ony Son Tey; q's cé } {ery F Île | fh any leg di Elle rejeta d\u2019un mouvement brusque ses couvertures.Elle resta ainsi quelques secondes, surveillant d\u2019un regard anxieux, sa garde-malade.Alors elle descendit du lit, mit une robe de chambre et des pantoufles.Par quelle imipulsion de son délire était- elle conduite?Nul ne le sait.Mais il est certain \u2018qu\u2019il lui paraissait alors nécessaire de descendre à l\u2019étage inférieur.Elle gagna l\u2019escalier, ne faisant pas plus de bruit qu\u2019un chat, elle descendit, traversa la salle à manger, la bibliothèque et ne parut pas trouver ce \u2018qu\u2019elle cherchait.Alors, guidée par une faible lueur qui lui venait du salon où reposait le corps de Ditson, elle s\u2019avanca.Mais un instinct mystérieux devait l\u2019avertir de la présence d\u2019un danger quelconque, car, au lieu d\u2019entrer délibérément dans cette pièce, comme elle l\u2019avait fait jusqu\u2019alors, elle s\u2019arrêta prudemment aux lourdes portières et jeta un regard par leur imperceptible interstice.Et ce qu\u2019elle vit la saisit à un tel point qu\u2019il lui fallut toute la puissance de wo- lonté pour ne pas laisser échapper un cri.Son corps entier se mit à frémir douloureusement.La, devant elle, se tenait I\u2019Hindou, qu\u2019elle croyait être l\u2019assassin de son fiancé.Et cet homme paraissait parler à un cercueil.Le choc nerveux que ressentit la jeune fille lui rendit momentanément la raison et la mémoire.Elle ne douta pas un instant'que ce cercueil ne renfermât les restes de Farthingale.Mais, alors que faisait là Kumar, son meurtrier, qui aurait dû être en prison?Elle fut sur le point d\u2019appeler, de le dénoncer, de le faire chasser de l'hôtel.Mais les mots que prononçait l\u2019Hindou attirèrent son attention et elle demeura immobile.Pour Kumar, au moment ol Marjorie avait failli crier, il avait vivement levé la tête et jeté autour de lui un regard soup- conneux; mais bientôt il s\u2019était rassuré et avait repris son attitude primitive.Il tenait à la main une sorte de petit PVT REIN Un Sorcier du Thibet carnet rouge qu\u2019il avait retiré \u2018de son turban et qui offrait d\u2019étranges ressemblances avec celui que Ditson prenait dans sa poche un instant avant de mourir.Il le feuilletait et commentait à mi-voix ce qu\u2019il lisait sur chaque page.Enfin il se leva et l\u2019agita d\u2019un air de triomphe, au-dessus du visage même du mort.\u2014\u2014Oui, Ditson sahib, disait-il d\u2019un tom cruellement ironique, oui, tu étais rusé, mais tu ne t\u2019es jamais douté que Kumar était encore plus rusé que toi.Le proverbe indien dit: \u201cLe cobra est habile parmf les serpents, mais l\u2019oie sauvage est \u2018plus habile que le cobra.\u201d \u2018Marjorie mit les mains sur son coeur pour en comprimer les battements.Elle était évidemment près \u2018de découvrir un grand crime.\u2014Ditson ?.se demandait-elle avec étonnement, en enten'dant parler l\u2019indien.Est-ce que Ditson est mort?\u2026 Et pourquoi l\u2019aurait-on apporté ici! Pourquoi serait-ce Kumar qui le veille?Oa a-t-on mis le corps d\u2019Edouard?\u2018Mais elle interrompit ces réflexions pour écouter de nouveau.L\u2019indien tournait les feuilles du carnet et s\u2019adressait au mort immobile dans son cercueil.\u2014Tu étais fier, Ditson sahib.Mais là où tu gis maintenant s\u2019étendront à leur tour tous ceux qui veulent empêcher imon trf- omphe.Une expression de cruauté rusée s\u2019étaît étendue sur ses traits.\u2014Tu étais sage, Ditson sahib, mais où est ta sagesse maintenant?Oui, tu étais sage, répétait Kumar en poursuivant sa lecture.Tu avais tout écrit ici.Tout.Tu avais même obtenu de Ah Foug et de Wan qu\u2019ils me trahissent.Mais ne crois pas qu\u2019ils bénéficieront longtemps de leur trahison.Comme toi, Ditson, tous deux auront bientôt leur récompense.J\u2019ai bien fait de prendre ce carnet, ajou- ta-t-il en se parlant à lui-même.Et il est heureux que j'aie pu sortir des mains de la police en l\u2019ayant en ma possession! Je n\u2019aurais jamais su tous ces secrets.Mais maintenant, que vais-je en faire?pes : a3 \u2014 J x il.Hi ed » æ.Mi Wi iw Ng oi PET Zi Ge ai 4 dos es \u2019 iv Ht ik 4%: fi: 4! La da ia pl 2, EN He yy, or 3 Pigs 2 dr) 4 Wo.a ec, 7 ; Æ CE : de wi + 4 47 % 4 se F ve Pi x xX, 7 7 Es i 7 = up 2 wi en 4 LS FE WY 4 , 3.i - A ii a kn vor HR a ou HN pu PREMIERE MENTION: ir 4 0 ih \u201c Une digue \u201d, par Amateur Kodakiste.{i rt th 91 3 ! i Hl fiaty fi EE bl i +L th : : J : Lis i | it TN i TES mn i A id ig ik ' ! fi ok .Ht WHET ana ily hi Hi hg i hi La Revue Populaire + cd =; Po A as D Vi 3 A ae aan 27% 1 My 6 + x = * ] = \u201c3 sé Less 1 iY SX ; 8 ~ pt uP 3 ve, # ~ SR MN.PREMIERE MENTION: \u201c All aboard! \u201d par J.C.Désautels, St-Henri de Montréal.a ae TE > 3 oi a i ~ CAL = = tnt a x.t 75 + Na = Sa XL.+ ar Fad Fi Le.-¥ \u201c> 2 4 : \u201cAN + ob 0 4 La \u201c4.=e Kay À Ye = 25 He 2 Sa Bu ; , \u20ac ve oy - 135 A 5 A * a Let C2 & Gy x + + £ gm» > = 2 Eu Lie Sr wi em PREMIERE MENTION: By 66 Paysage sur la rivière Coaticook \u201d, par T.Demers, Coaticook.* 92 . 0 Re fo latitetat (RA nl dE ; ! de oh 1p, tt pelo He sy et ARS a W (AR 1 ; ih 0) ; NET és ,! | hy inte es ae sat ih nr te VA Prat Ver hs Xe 1 i a Wn Lu LA i iin 41 4 NRA) 1.ts yt pi! JA Hi ï \u201cN Photographies d\u2019Amateurs i ' ; Proust dé y $ è = \u201c2 \u201c> à i aa ; pe fie , na oF RY | a Es \"on > pote EX SA.ae it =) te i a For 1 \u201cay = CN po TROISIEME MENTION: \u201c En chaloupe sur le lac Masson \u201d, par Chs.Bailey, Montréal.- 94 .: \u2018 on ¢ | ; : \u2018 , Jie \u2019 Le I typ hy nde A} 4 + + ! (ANN) Shh + \u2019 * 3 iI tA si truth taht PRI CHE Ltt AR i h \u201c di sii ; sud us | .i + ii g i i \u2018 i Bs i Rt te | A af À _\u2014_ : ee 3 \u2014 ms = iffy 7 | ) i T1 I E .ll \u2014 - | | A É \u2014 \u2018 | __ T ll a / ~~ : ; \\ \u2014_\u2014 \u2014 t 7 \u2014_\u2014 \u201cé \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 =| T \u2014 | ni EN % kl IAIN A Ri .\u2014 \u2014_\u2014 Wall = D fy h S e | i he A de, x B Be RN: Qe 9 8 ; Re x 0B Le | an fie ¢ + , D ES & A 5 N + 3 RS R ; G Are & .% 4, [Ng 4 2 53 vs £5) | [> : + & ! à ; En Be fe f hy i i his gr fi i i \\ 95 El Ry, Bi | A A Qi J HH Gia A ÊF ce GRR.ih AE * wy a hi Hed fit + = Mt sp .0 es 4 {1 he VF Rei Ti it 1h Hyd hot hit fll hots ie itil Bi di jaf sine Sit - Qi 4 r La Revue Populaire A\u2019 ; 74 + mm 5 ! \u20ac be | i X È f i fa {# hi i 8 0 3 | fap ss he LS ha A $ rs Es ow ¥ \u2018 # ; T | ox ctl Ps SS Ê.Li a A so; - \u201cTE dl x\" iy +» £8 NE SR © compe EIT ~ eue US WEY PREMIERE MENTION \u201c Basilique Ste-Anne de Beaupré \u201d, par L.P.Lesage, Montréal.AY 12 M 3 A ; LA.- Ca à \u20ac Fa) x ih N ro - / ~¥ ® + 4p à # + | \u2014 » \\, ; 181 {1 TROISIEME MENTION: \u2018 Pêche par fillettes\u201d par M.Cardinal, Châteauguay.96 RPE 7 RTE ie EH lity a ri as eight Rit Photographies Ty! 1 LL .; en : 1 fy gtd tt ET deg Hate tt id id itt iid nih hey d\u2019 Amateurs TROISIEME MENTION: \u2018 Sur les bords du lac St-Michel , par Mlle EL.Pouliot, Québec.| W.LEGAULT | Horloger, Bijoutier et Opticien Tient un stock des plus variés et des plus modernes.Toutes réparations : celles des montres est une spécialité de l\u2019établissement.Le Département \u201cd\u2019Optique est complet, up-to-date et d\u2019après les procédés et formules basés sur l\u2019expérience.PRIX MODERES, 626, Parc Lafontaine, Montréal.© J Nos DENTS sont trés belles, naturelles garanties Institut Dentaire Franco- Americain, (Incorporé) 162, St-Denis, Montréal.9 RER RE TETE ER ER Y DE A AE PPT ANTE : Gti; ER ET Que Aux Photographes Amateurs Nous agrandissons, suivant promesse, l\u2019espace accordé à \u20aces concours ide photographies d\u2019amateurs.Le fait est que notre appel a été entendu près et loin.Les envois sont nombreux et marquent un soin plus grand.Nous aurons du nouveau à annoncer dans quelque temps à ce sujet.Comme toujours, le gagnant du premier prix a droit à $3.00, celui du second à $2 et l\u2019autre à $1.Aux gagnants qui restent au loin nous envoyons les montants; les autres n\u2019ont qu\u2019à se présenter à nos bureaux (200 boul.St-Laurent) et à \u2018établir leur droit.\u2014 L'H{manaeh du \u201c Samedi \u2019\u2019 N\u2019achetez pas votre Almanac avant d\u2019avoir vu celui que le \u2018 Samedi\u201d prépare pour 1910.f&'Ce sera le plus beau, le plus gros, le plus original, le plus illustré et le plus varié pour le prix.7 & La Revue Populaire Prof.Lavoie Fabricant - - Expert de Perruques et Toupets pour Dames et Messieurs Maison fondée en 1860 Cheveux teints dans toutes les nuances désirées.Coiffures pour Bals et Soirées ' Assortiment complet de Tresses en Cheveux, Naturels, Accessoires de Coiffure, Peignes et Ornements en Tous Genres pour Cheveux.Importalion directe de Paris, Londres, New.York.No 8, Rue NOTRE-DAME OUEST Coin Boul.Saint-Laurent, Montréal.z pa Fête Avis aux Dames et aux Jeunes Filles Dans ces jours de grande chaleur venez\u2019 vous asseoir à notre Fontaine au Soda, y goûter une bonne glace servie proprement par un homme d\u2019expérience, vous pourrez de cette façon jeter un coup d\u2019oeil plus à votre aîse sur ce qui peut vous plaire, et vous être utile.PARFUMS, SAVONS, POUDRE et tous Articles de Toilette propres à la femme.Articles photographiques \u2018de choix: Cameras, Films, Papiers à imprimer et tous autres accessoires.Une chose en plus, par message téléphonique nous envoyons chercher à domicile les ordonnances et les y reporter une fois remplies.Une visite est respectueusement sollicitée.S.MOISAN, Pharmacien, Angle St-Laurent et Sherbrooke Tel.Bell Est 4739 1 = \u2014 NL ) - = 98 LE JOURNAL INTIME DE L\u2019ABBE FERLAND OTRE grand historien, l\u2019abbé Fer- land, avait un penchant prononcé à la gaîté et s\u2019il n\u2019eut été prétre et grave écrivain, il eut été sans doute un écrivain humoristique de première force.C\u2019est ce qu\u2019on voit surtout en parcourant son petit journal privé où il consignait entre autres choses, les petits mots pour rire qu\u2019il entendait raconter ou les petites scènes amusantes dont il était témoin.Voici quatre anecdotes extraites de ce journal: \u201c Le recensement du comté de B.renferme le passage\u2019 suivant: \u2018\u201c_Nous-avons Été.à- la -maison de N.; nous avons frappé à la porte; elle était fermée, barrée en dedans, parce qu\u2019elle ne l\u2019était pas en dehors.Nous avons encore frappé, un chien s\u2019est mis à japper en dedans, nous nous sommes retirés attendu que c\u2019était un refus d\u2019obéir aux ordres de la Reine.\u201d \u2018\u201c\u201c M.S., seigneur de Saint.poursuit un habitant pour réparation d\u2019honneur.Dix louis ou réparation, pas de milieu, dit-il à l\u2019habitant; l\u2019un ou l\u2019autre.\u2014Eh bien, j\u2019aime mieux donner dix louis que de mentir! \u201d \u201c Je ne suis ni bleu, ni rouge, disait le Sr N.en se présentant aux électeurs de Saint.Virez-le à l\u2019envers, s\u2019écrie un original, et vous verrez que c\u2019est vrai, parce qu\u2019il est tout noir.\u201d \u2018\u201c Plusieurs messes avaient été chantées à.pour obtenir de la pluie dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps.Après une de ces messes, les géns \u2018en sortant de l\u2019église examinent le ciel; il était clair comme la veille; oh! s\u2019écrie l\u2019un d\u2019eux, voilà encore une messe de foutue.\u201d \u2014& \u2014Avocat, juge ou patissier, Commercant, notaire ou dentiste, Rentier, médecin ou banquier, Pourquoi penches-tu ton front triste?\u2014 Hé! ce qui fait mes yeux si creux, Et ee qui rend mon front si triste, C\u2019est qu\u2019en ce jour malencontreux Ma femme court chez la modiste ! EE ie al i te dr acer rit \u201caire ete ci (data ade): gleh ERAN RRR ELSE En Eel ig MLSE CG MR i el tigi.Liv tr hl! id htt ti LE ET AT À 1 NT \u201c| LA FARINE ROYAL HOUSEHOLD | ; OGILVIE | 5 A remporté les honneurs de la Table Royale.: G Elle a conquis, de lon.| gue date, les suffrages de la ménagère Canadienne.Elle setransforme\u2014 avec = un égal succés\u2014en un pain : riche, savoureux, au goût : d'amande, ou en pâtisseries légères d\u2019unesaveur exquise.Elle répond à tous les 4 besoins du ménage, parce- E: \u201ca ° .4 \u201d * 0 it ; qu'elle combine deux types de Farine en un seul\u2014progrès décisif : * accomph dans les méthodes de fabrication.i Q Par le choix du blé qui entre dans sa composition\u2014le plus E beau blé du Canada.\u2014 | 4 @G Par sa richesse en gluten, fibrine, albumine, caseine, amidon, , dextrine et cellulose ; en phosphates de potasse, de magnésie i: ; et de chaux\u2014priacipes essentiels a la formation, au dévelop- a » pement, 4 I'entretien de I'organisme humain.; : La FARINE ROYAL HOUSEHOLD z n\u2019a pas son égale, ni au Canada, ni ailleurs, comme pureté, comme qualité, comme uniformité de composition: ce sont la quelques-unes des raisons qui lui ont valu les plus hautes et les plus flatteuses appréciations et la confiance générale du public.EN VENTE PARTOUT = Che Ogilvie Flour Mills Company, Limited, MONTREAL =r WINNIPEG 99 it sf THT OT ROSE RER ET APR CEE CAT rey FREE RTE $C RER RE EE RET TE OR OO QUE CHE rss SES NN | Les temps frais et hu- NS pee Rar ree nas \u201d rms prime pr AS \u2014 CN CS .Er ow Ce Pe fe AEA = Ce TN CA CS .ui Pa i g \u2014\u2014\u2014\u2014 EE Pd = pre mides de l'automne prédisposent à toutes sortes d'indispositions qui sont la conséquence ordinaire d\u2019un refroidissement.C\u2019est le temps où il est bon d'avoir chez soi un verre de ces boissons de saison : Le Brandy Ph.Richard ou les Irish Scotch Whiskies de Mitchell.Le Meilleur Cognac Francais Le Brandy Ph.Richard un fin cognac, authentique, provenant des meilleurs districts de la Charente, un cognac âgé recommandable aux Gourmets comme aux malades.Scotch et Irish Whiskeys de Mitchell De vieilles Eaux-de-Vie ayant acquis toute leur maturité et possédant cet arome spécial qui caractérise les meilleures marques de liqueurs d\u2019Ecosse ou d'Irlande.es Demandez ces produits de choix a votre fournisseur.Epiceries, Vins & Liqueurs en Gros, Montréal.Laporte, Martin & Cie, Ltée, Entered March 23rd 1908 at the Post Office of St.Albans, Vt, U.-S.as second - "]
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