Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1910-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" NOTRE ROMAN COMPLET Marguerite de Roberval PAR L.H.TACHE.3e Année - No 7 - Juillet, PER 1910 2 | Fl LLUSTRE MENSUEL.3 Le rucher d\u2019un amateur (voir intérieur) Sommaire: D\u2019Argenson: Les petits jardins: Vieux Zouave: Fred Landry; P.Voyer: De chez les abeilles; J.Yves: Sur la route; E.-Z.Massicotte: Marchez-vous?; B.Sulte: Dieu protège le roi; Mistigris: \u2018Un pique-nique dans le Rang du Bord de l\u2019Eau: E Liane: Fille des Etats; Vacances de Pointillon; Le Tricolore; Distributions de prix; Leurs projets d\u2019été; Un beau sauvetage; En marge de la comète \u2018Trop d\u2019une bonne chose; La Marseillaise; Te Bon Oncle, etc.Poirier, Bessette et Cie, Edit.-Propriétaires, 200, Bld St-Laurent, Montréal \u2019 a i _ A NN ES I EE ER PE RATS IN TETE NS ER RTE FRI fo Viti i Ni AH + La 4 75 6066 5 j NL © + 74 72 4 VAUT AU, NV\" A ; Ni # © AY AY VW AY ay AV AT XK > 4 YS NW WW vw.Se > VaVaVaAVYAVAVAV AY e - \u2014 Ua B 4 A X - a Buste p Q .7 À\" e .?e % Bien Dessiné ; + S MA .Tait valoir la OR 9 .beauté, la e Yi grice de J 4 + la Taille be! .L ç D es 4 ° NS Pil | i NS \u201c© P Za SX J hon léger Rhume, lorsque vous , er sanes 5 © igez, favorise le dé EX 5 veloppem 7 Nd de la Consompti a ppement D de Tewfik Pa- be ption ; à plus forte raison, SA cha ae Tene: Vy, Cc - .GS \u2019 erse, .onvient-il de (0 ont pour effet de développer 1 29 soigner sérieuse- Y% mer le re EIT excessive aise Oe © : p.a ; m5 ri- > ment une Toux > angles disgracieux Crau es et d'effacer les 74 © Reb ee ou une jeune femm parent une jeune Ng NA ebelle aux remè- NA Prix: e.> 4 Ya d .© rix: $1.00 la boîte: 6 b ; ba es simplement 4 Me An : boîtes pour $5.00.DAQ 74 \\ calm 74 \\ dre 1 gela V., écrit: \u201cJe vi \u2019 ee + ants et de ee PILUL quatrième boîte a viens de pren- >.LS faire prend VS 1 JES PERSANES; I e vos fameuses © v, ce p re ré- @ eux\u2014j\u2019en suis enchantée effet est merveil- XY p 4 guliérement aux Ye S ! © VA m \\Y; SOCIE % X alades be Th des PRODUITS PERSANS CS % Sé î .X i De: LE PS oîte Postale 1031, % pu PPS A > Dépt.A, Montré De |.tegen EV HY » 7 * - Montréal.1% pA IL |E MATHIEU'S dl we 7% 7% 7 7 4 {Lil HI 9.9.VW AVA VA WAAAY AV Ww Z %! ME syrup of Tar 1 Irop rx TOT TATOTOTOTeTOTO IITA IO Yo iE + TEL AVAVAVAVAV.LS SV NZ : .\\Y Wi bl > ST-LOUIS 1067 Pe! SA rares! 3 : Nd be AN ane Ottawa.Canada.© © © 5 J.L.MATHIEU B U NA PA Vi P Phormecoutet (rame.PA D a be S .N IE Sherbrooke, au MA A 4 LE Goudron, à »X ENTREPRENEUR Ye! Oo I'Huil e Da PLOMBIER DA ° iledeFoie @ Ce % 4 vk © autres E .YY reils 3 Gaz et D4 PS, xtraits Médici + E ; +, PU qui soul aux, pg au Chaude DA Ya oulage im i 78) Za + g médiatement, soutient 0 Réparatio: SL D {remonte l\u2019organisme et hâ | eo! ns de @ + à et hâte la guérison » toutes sortes 3 > e toutes les Maladies d coos %! 0.une + x N N : NS d D VENTE PARTOUT Pe! Brûleurs et Man- C5 Nu GUE NA teaux a >< 78) RISSEZ Yotre MA G Gaz a @ Nu NEVRALGIE avec ies POUDRE: MIGRAINE, Ded bas prix A D utres Drogues dangereuses.de Chloral D © pu 25 cts la Boite de 18 Po ds N¢ > eo udres Nervines + 1 N° p% CIF J.LMATHIE D Ye! CS U, Prov: +R D IX SRERBROOKRE.P ETAIRE XX UE RA CHEL A @ PQ.© EST, y% IN ntre St- ré © St-Amdré et St-Hubert) De 4 : Va AW AW AWA dA ©, RS Le p ges \u2014 a.en \u2018A ue _\u2014 -_ \u2018 > 7 er rte rar, The Ca AGENCE CANADIENNE DE PUBLICITE mm ROYAL TRUST BUILDING, 107, rue St-Jacques, MONTREAL, Place des Annonces dans tous les Journaux du Canada, aux prix les plus bas.Contrôle l\u2019insertion des annonces et ne soumet à ses clients que des factures accompagnées de feuilles justificatives d\u2019insertions.Ses clients comprennent le Haut Commerce Canadien et représentent un capital dépassant $10,000,000.00.Plans et Devis de Publicité au Canada gratis sur demande.Les Rédacteurs\u2014experts en Publicité et le personnel d\u2019Artistes attachés à l\u2019Agence s'occupent de la préparation des annonces, des illustrations adaptées aux goûts du public Canadien et les campagnes de publicité ainsi dirigées ont toujours donné les résultats les plus satisfaisants.Notre expérience et nos services sont à la disposition de toute maison désirant étendre\u2018 pratiquement et judicieusement ses affaires au Canada.ee Références: La Banque Nationale, Montréal.Avant de placer vos ordres d\u2019annonces, écrivez-nous\u2014il y va de vôtre intérêt.nadian Advertising Ltd.NET RRNA RRL Re IH so Hiab Cy TY RNCTEREIEUR ho M : d iS / * + | Cout Invite a Partir a Un splendide azur sans nuage = L\u2019air est doux, la terre est fleurie, * Et l\u2019oisif heureux démérage, 3 Fuyant la cité qu\u2019il décrie.; Le départ résonne, et varie 4 Ses accords qu\u2019il fait retentir # En fanfare allègre et nourrie, Ee Partons, tout imvite a partir! 4 C\u2019est l\u2019appel vibrant du voyage.# Tous les champs ont leur broderie, Ke Un murmure \u2018éclôt du feuillage, # Le ciel d\u2019un azur d\u2019armoirie 4 Aux lointains riants s\u2019appariz; 4 L\u2019air, les eaux semblent s\u2019assortir A De clarté qui chante et sourie.3 Partons.tout invite a partir! ÿ C\u2019est la fuite en un clair sillage of Vers de frais décors de féerie; io Tout.s\u2019auvre et s\u2019offre: vallon, plage, 3 Lac, forét, montagne, prairie.A La lutte apaisant sa furie 4 Laisse enfin goûter et sentir hi L\u2019oubli, la paix, la réverie;, - \u2014- of Partons, tout invite à partir! - L Chère aimée, en ta causerie be Ton regard laisse aussi sortir a Le désir ardent gui nous crie: Partons, tout invite à partir! a Jean-?larie Mestrallet.4 a # # 4 x : # : a i fo ie 4 RY \u201cia sé 8 Hi 4 i ER RII [UH Ly AN SY VA | it LLRs ut nity Sat PARAIT TOUS LES MOIS ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis: Un An: $1.00, - Six Mois: - - = 50 cts Montréal et Etranger: Un An: $1.50 - - Six Mois: - - 75 cts Par Poste - - = = = = «=== le No 15 cts POIRIER, BESSETTE & Cie Editeurs-Propriétaires, 200, Boulv.St-Laurent, MONTREAL Tél.Bell Main 2680 Vol.3, No 7, Montréal, Juillet 1910 Les Petits Jardins + Je ne veux qu'un arpe .t.Pour le mesurer mieux, Je dirais à l\u2019enfant, la plus belle à mes yeux : \u2018\u2019Miens-toi debout devant le s 'leil qui se lève.\u201cAussi loin que ton ombre ira sur le gazen, + Aussi loin je voudrai boraer mor horizm.\u201cTout bonheur que Ja main n'atteint pas n'est qu'un rêve.\u201d dans la vie\u2019\u2019, Mme Félix-Faure- Goyau dit, après avoir parlé des jardins mentionnés dans l\u2019histoire ou les doctes rapports: \u2018\u201cCe-ne sont point de pareils jardins qui m'\u2019intéressent aujourd\u2019hui ; ce sont de tout petits enclos, à la verdure timide, ayant\u2019 pour unique richesse une tonnelle, quand ils peuvent avoir une tonnelle; de petits morceaux de terre exposés à tous les rayons et à tous les souffles du vaste ciel, cultivés selon l\u2019esprit de ce bon jardinier qui disait : La plus belle fleur, c\u2019est \u2018\u2018une belle légume!\u201d Les petits jardins! Voici que dans Montréal, là où il y a une piécette de terrain bien au soleil, on en crée.C\u2019est peut-être la cherté du légume qui a dé- [) tu une étude sur \u2018\u2018La femme \u201c1a Revue Populaire terminé ce bel engouement; mais il n\u2019importe : jardiner est bon, est beau, est utile.Je voudrais que, comme à Détroit, un règlement municipal autorisât les pauvres à mettre en potager tout terrain vacant.Dans notre banlieue, où les lopins sont assez vastes, presque chaque famille a son jardin; elle a aussi ses poules.Je me fournis d\u2019oeufs au Boulevard St-Denis et en toutes saisons j'ai ce qu\u2019il y a de mieux.A Québec, quand j\u2019étais jeune, mes parents avaient deux potagers: l\u2019un à côté de notre demeure, l\u2019autre dans un assez vaste champ, éloigné de deux ou trois arpents et loué, par carrés uniformes, par le gouvernement fédéral.L\u2019oeuvre des petits jardins est devenue très populair@ dans tous les pays civilisés.Elle devient rapidement un article des programmes scolaires.Un écrivain dit: \u2018\u201cJe préfère les jardins utiles aux jardins délicieux.Les enfants et les hommes ont besoin de respirer l\u2019air pur, et le contact de la terre leur est bienfaisant.Qu\u2019ils se penchent vers elle, qu\u2019ils lui donnent un peu de travail, elle ne sera pas ingrate ; à son tour elle leur offrira ses dons.Le jardinage est une distraction saine.Qui possède .un jardin a la faculté de remplacer, au moins pour quelques instants, l\u2019atmosphère fiévreuse.et enfumée des chambres et des ateliers, par une atmosphere fraiche et vivifiante,\u2019\u2019 Résultat inattendu mais parfaitement prouvé: trois grands ennemis sont attaqués par l\u2019Œuvre du Jardin Ouvrier, en France : la mortalité infan- ti e, l\u2019alecoolisme et la tuberculose.Des rapports officiels l\u2019attestent.Ma foi ! on n\u2019en demandait pas tant aux petits jardins, mais, certes, ce surplus de bienfaits est précieux par-dessus tout.D'Argenson. Premier voyage d\u2019été DE CHEZ LES ABEILLES Par Pierre Voyer bord de l\u2019\u2018\u2018Empress\u2019\u2019.\u2014Pendant A que 1\u2019élégant et rapide bateau nous ramène d\u2019Oka à Montréal, pourquoi ne jetterai-je point sur le papier, comme ça, à la franquette, quelques-unes des impressions que Je rapporte d\u2019un premier séjour à la Trappe?Tout m\u2019y invite: le mouvement rythmé et très doux du bateau qui émoustille le cerveau; deux ou trois petits documents que j'ai dénichés là- bas; le besoin de \u2018\u2018boucler\u2019\u2019 sans plus de retard l\u2019article promis, pour après- demain, à la Revue Populaire, et, non moins, le charme même du sujet qui s\u2019impose en quelque sorte.J\u2019ai choisi un titre qu\u2019il convient de prendre, à la fois, au réel et au figuré.Au figuré, car ils méritent bien le traditionnel qualificatif d\u2019abeilles, ces religieux, ces étudiants qu\u2019une fois encore j\u2019ai vus livrés à un travail incessant mais accompli avec.allégresse, varié mais visiblement ordonné en tout, compliqué mais accusant chez les exé- eutants, soit une maîtrise très sûre, soit une application fort méritoire.Et ON EC GRO EE EE IE RER PE PE AGILE il faut aussi prendre mon titre au sens réel, puisque l\u2019abeille\u2014l\u2019abeille vraie\u2014 a accaparé mon attention, à l\u2019Institut et au Monastère, cette année.L\u2019an dernier, ce fut un petit jardin dont je vous touchai un mot ; aujourd\u2019hui, c\u2019est surtout à un petit rucher naissant, régi par un élève qui me touche de très pres, qu\u2019est allée ma sollicitude.Et je prophétise, a coup sûr, qu\u2019une autre fois, ce sera un poulailler minuscule mais exubérant de vie.Et puis, il y a autre chose: je suis un \u2018\u2018mellivore,\u2019\u2019 un grand mangeur de miel.Je n\u2019oublie jamais que je lui dus, au sortir d\u2019une maladie plus déprimante que grave, les meilleurs éléments de reconstitution ; je n\u2019oublie pas non plus que, du témoignage des chimistes les plus autorisés, le miel renferme autant de matière nutritive que la meilleure des huiles de foie de morue, tout en étant un p\u2019tit brin plus mangeable, comme diraient nos gens du Rang du Bord de l\u2019Eau; et j\u2019oublie encore moins que l\u2019industrie apicole est, de- De chez les abeilles puis quelques années, en bel essor dans beaucoup de nos paroisses.x kX Ma première notion du miel remonte au temps de ma première jeunesse, pour préciser, à la vingt ou vingt-cin- quième maladie d\u2019une tante que je ne me rappelle pas avoir vue, une seule fois, autrement que préparant, prenant, ticle.Personne ne savait au juste où ça :se vendait, et je reçus le mandat vague mais assez logique de prendre la Grand\u2019Rue (nom populaire de la rue St-Jean à Québec), d\u2019entrer dans toutes les \u2018\u2018groceries\u2019\u2019 et toutes les \u2018\u2018apothicaires\u2019\u2019 tant que je n\u2019aurais pas trouvé et, entre temps, de ne pas me faire écraser par les voitures.Ce danger s\u2019éliminait en grande partie de lui- même à cette époque, en raison même Vue du rucher d\u2019un amateur louangeant ou débinant une tisane ou un médicament.Un médecin ayant prescrit du miel, j\u2019entendis ce mot pour la première fois; il exerca sur moi une impression d\u2019autant plus forte que des femmes se mirent à chuchoter : \u2014Elle doit être bien basse pour que le docteur la mette au miel\u2026 Je fus choisi pour aller chercher l\u2019ar- de la remarquable rareté des voitures.Tout jeune que je fusse, je savais déjà qu\u2019une \u2018\u2018grocerie\u2019\u2019 se reconnaissait, selon la mode d\u2019alors, par des cones de sucre blane posés dans la vitrine, et les \u2018\u201capothicaires\u2019\u2019 par des bocaux colorés, Je ne me rappelle pas très bien au bout de quel nombre de minutes ou d\u2019heures Je pus trouver du miel, mais je me souviens comme si c\u2019était d\u2019hier que par, PEN (TTA) MET Dh .I RI i H TITY RENTRER IE RE PRET RATES OR ET OR ee La Révue Populaire tout, ou presque, on me dit : \u2018\u201cŸ a donc quelqu\u2019un de malade chez vous?\u2019 et que là où j\u2019obtins du miel, l\u2019opération consista à mettre une espèce de graine de lin visqueuse et verdo-brunâtre dans un flacon à cornichons.Chez ma tante, on manipula le miel comme si c\u2019eut été du poison vif, avec des précautions qui ne laissèrent pas de me mettre un peu d\u2019orgueil au coeur d\u2019avoir pu porter, sans catastrophe, une pareille matière.Eh bien, aujourd\u2019hui, en 1910, en disparaître, et, d\u2019autre part, la possibilité d\u2019obtenir du miel bon et pur augmentant, la consommation en aceroit de jour en jour.La falsification du miel \u2019 a peut-être nui à celui-ci autant que l\u2019ignorance.Je lis dans un des documents que j\u2019ai ici (Grandeur et Décadence du Miel, par Brillaud de Laujordière) : \u201c\u201cD\u2019ou vient que le miel est ainsi tombé dans l\u2019oubli en France?C\u2019est, sans doute, parce qu\u2019on le connaît mal.Demandez ce que c\u2019est que le miel.La \u201c On fournit un peu de cire aux abeilles pour les aider à commencer la saison plein vingtième siècle, dans bien des familles des villes et des campagnes subsiste cette conviction que le miel, c\u2019est rien que pour les malades.Que dis-je.Des gens, chez qui pareille ignorance est impardonnable à cause de leur instruction et leur état, s\u2019étonnent quand je leur apprends que le miel entre couramment dans mon programme d\u2019alimentation.Dieu merci! cette ignorance tend a ATE os Ww: p er Rat ye, Sh [TOI PRIS PPT Orr IS Ege hear) A } al vii OB a8: IR si NS ro fie Wh M HAE hd HA ha \u2019 qe dik dE EEE PER HNILHPRRIEY ; ob BREET G4 plupart des gens vous diront : \u2018\u201c C\u2019est une affreuse mixture qu\u2019on vous sert dans les restaurants de troisième ordre !\u2019\u201d Ou bien : \u2018\u201c\u2018Ah! oui, le miel, un remède de bonne femme pour les brûlures et les contusions\u2019\u2019.Combien d\u2019entre eux connaissent le miel, le vrai, celui que l\u2019abeille tire du nectar des fleurs?Cette ignorance est regrettable.Il serait à souhaiter que cet aliment si parfaitement hygiénique, si De chez les abeilles savoureux quand il est authentique, fût mieux apprécié de nos jours.\u2018\u2018Mais comment le réhabiliter?Nous sommes enclins, en France, à pratiquer ce que j\u2019appellerais la politique des bras au Ciel.\u2018\u201cQui nous tirera de là ?\u201d?clamons-nous volontiers, quand les choses ne vont pas à notre gré.Qui nous tirera de là?Mais nous-mêmes.Pourquoi voulez-vous que le voisin intervienne quand 1\u2019intéressé se dérobe?C\u2019est donc aux apiculteurs qu\u2019il ap- tre les lanceurs de spécialités pharmaceutiques ou autres.D\u2019accord.Aussi, nous ne parlons pas de la publicité proprement dite.Cherchez seulement l\u2019appui de la presse.Les journaux agricoles ne vous refuseront pas leur concours.Essayez d\u2019intéresser le corps médical à vos efforts.Entendez-vous pour publier à frais communs\u2014la dépense ainsi répartie serait minime pour chacun\u2014pour publier, dis-je, des brochures, de petits tracts où vous ferez H est facile de manier les abeilles.partient de mettre fin à la crise dont ils souffrent.S\u2019ils faisaient pour ce produit, si digne d\u2019être recommandé, la centième partie de la propagande à laquelle certaines drogues plus ou moins bienfaisantes doivent leur célébrité, quel succès! J'entends bien l\u2019objection : Mais nous ne disposons pas de capitaux, disent nos apiculteurs, nous ne pouvons faire pour le miel les saeri- fices d\u2019argent que peuvent se permet- ITT ER CE TRE Po PATIO LUGE RPE SOR ore 4 A = on % em q JR.od quand on sait s\u2019y prendre ressortir les avantages du miel au double point de vue alimentaire et thérapeutique.Enfin, donnez-nous de bon miel et employez la meilleure des réclames, celle qui ne coûte rien, celle qui consiste à ne négliger aucune occasion de faire déguster ses produits.Que d\u2019incrédules vous convertirez ! \u2018\u201c\u201cEn se concertant pour la vente, en mettant en commun leur expérience et leur activité, les apieulteurs sortiront CREER FRIGO PE LRO EEE RE TT TT NI TINT EEE ET gi Te ee sm = PR ENS IE si UP; depart La Revue de l'impuissance à laquelle leur isole- \u2018ment les condamne.Syndicats ou coopératives?Les circonstances leur indiqueront la forme à adopter.\u201d Ici, dans notre province, nous avons l\u2019Union Expérimentale, dont le siège principal est à l\u2019Institut agricole d\u2019O- ka, d\u2019où je reviens en ce moment, \u2014 Union qui, pour être de fondation récente, fait déjà sentir, un peu partout, Populaire , L\u2019hydromel posséde toutes les qualités physiologiques et hygiéniques du vin.Il se conserve facilement.C'est donc une \u2018excellente boisson pour la consommation familiale.Si la récolte excède les besoins de la ferme, on vendra le surplus et, soyez-en certain, les amateurs ne manqueront pas.La fabrication de l\u2019hydromel peut se faire sur une plus grande -échelle là où les apiculteurs ont constitué des syndicats.Ils peuvent alors employer des procédés perfectionnés, grâce à l\u2019emploi d'appareils dont l\u2019achat serait trop dispendieux pour les fabricants 1so- Extraction du miel à l\u2019aide d\u2019un cylindre rotatif \u2014Emmagasinage du mic! son influence bienfaisante et qui ne tardera pas à devenir un canal des plus utiles et des plus directs entre les apiculteurs et le grand jardin public.M.de Laujardiere dit encore: \u2018\u2018I.\u2019apiculteur peut aussi tirer profit des dérivés du miel, par exemple, le transformer en hydromel, boisson obtenue par la fermentation du miel dissous dans l\u2019eau, breuvage agréable et sain.Pp 5 PR EE TIRER CU DEEE ORPI CP EEE : eo HH) y 5 ( + EE UNE ; P A EE OO NE EE QT TRE CE CRETE PES lés.\u2018\u201cLe bas prix du sucre permet au- jJourd\u2019hui à la confiture de faire au miel une redoutable concurrence; en revanche, l\u2019industrie lui offre des débouchés chaque jour plus larges: la parfumerie, la teinturerie l\u2019utilisent, la pâtisserie également : rien que la fabrication du pain d\u2019épice en emploie de grandes quantités.- it + rate ER ep n ELETE | His ARENT TOT CRRA TRS De chez les abeilles \u201c\u2018Enfin, le miel peut encore servir à la conservation des matières végétales.Ce n\u2019est pas là un procédé nouveau.Aux premiers siècles de notre ère, Columelle le préconisait dans son traité sur les arbres.Enduites de miel, les graines supportent mieux les longues traversées.Cette substance les empé- che de germer et les protége efficacement contre les variations de la température.Aujourd\u2019hui, nous expédions souvent des semences dans les pays les plus lointains, cette utilisation du miel n\u2019est pas sans intérêt.Rendons done au produit de nos ruches la faveur dont 1l Jouissait jadis.Tout le monde s\u2019en trouvera bien, producteurs et consommateurs.Lorsque les bergers antiques voulaient faire honneur à leurs hôtes, ils leur offraient des coupes pleines d\u2019un miel couleur d\u2019or.De nos Jours, l\u2019hospitalité comporte des rites plus somptueux.Mais le miel, j'entends celui que font les abeilles avec le nee- tar des fleurs, est apprécié des délicats.Au point de vue hygiénique, aucun aliment n\u2019est meilleur.Ne me dites pas que c\u2019est là invention de nos médecins modernes en quête de nouveaux remèdes pour le traitement des belles neurasthéniques.J\u2019invoquerais le témoignage d\u2019Hippocrate.Celui-ci, qu\u2019on a appelé le père de la médecine, tenait le miel en grande estime.Il ne se bornait pas à l\u2019ordonner à ses malades, lui-même s\u2019en délectait.T1 le considérait comme une des causes de sa longévité.\u201d * * Au nombre des autres documents sur l\u2019abeille que j\u2019ai là, dans ma sacoche de voyage, se trouve une étude tour à tour possédée, perdue et retrouvée : \u201c\u201cKeeping bees for profit\u201d, par Frank G.Herman.Je l\u2019analyserai un de ces matins pour le profit des apiculteurs amateurs.Cette étude se termine par une démonstration à l\u2019adresse de ceux qui trouvent que l\u2019organisation d\u2019un rucher coûte trop cher.\u2018\u2018Commencez par une seule ruche, dit-il en substance ; par l\u2019essaimage cette ruche première vous dotera, avec le temps, d\u2019un petit domaine apicole.Mais n\u2019oubliez pas que l\u2019essaimage doit se produire en bonne saison.\u2019\u2019 Pour mieux graver cet avertissement dans l\u2019esprit des aspirants apiculteurs, il le met en vers: À swarm of bees in May Is worth a load of hay.À swarm of bees in June Is worth a silver spoon, But a swarm in July Is not worth a fly.J\u2019ai aussi l\u2019ingénieuse thèse de Camille Flammarion \u2018\u2018Le vrai socialisme est celui des abeilles\u2019\u2019; et j\u2019ai l\u2019étude \u2018\u201cpoivre et sel\u2019\u2019 de Jean Frollo, sur l\u2019intelligence de l\u2019intéressante bestiole.Nous voici done avec tout plein de matériaux pour le jour où, l\u2019occasion se présentant, nous reviendrons à cette question éminemment, et à un égal degré, utile et agréable.11 i \u2018 RENN \u2018 \u2018 Bu verre pat TE YF dp MARCHEZ - VOUS ?Par E.-Z.Massicotte \u2018\u2018Si vous êtes assez heureux, éeri- vait un jour, sous le pseudonyme de Trottain, mon ami le plus intime, pour demeurer à 20,40 ou 60 minutes de marche de votre ouvrage, faites-vous le trajet à pied, soir et matin?\u2018\u2018Je parierais dix contre un que vous préférez 1\u2019atmosphére douteuse des *\u2018p\u2019tits chars\u2019\u2019 \u2018au grand air pur et vivifiant.Et je gagnerais neuf fois sur dix parce que tout le monde n\u2019a qu\u2019une voix pour s\u2019exclamer: \u2018\u2018Marcher! C\u2019est bien fatigant, et.puis on n\u2019a pas le temps\u2019! \u201cCette raison n\u2019est pas millionnaire, mais on s\u2019en contente.Aussi que voyons-nous: les gens sortent pour aller travailler, s\u2019amuser ou rendre visite, aussitôt le tramway.Quelle aberration !\u201d\u201d À OÙ \u201c\u201c Autrefois, raconte un auteur français, il en était tout autrement, pour un oui, pour un non, on prenait son baton de route et l\u2019on partait.Quelles jolies promenades avec des heures de doux repos au coin d\u2019un bois, au bord d\u2019une aimable rivière, le long d\u2019une prairie, au revers d\u2019un coteau.C\u2019était ainsi que s\u2019en allait Jean-Jacques Rousseau et tant d\u2019autres avee lui!\u201d % x x De tout temps; les vrais Canadiens ont été de rudes marcheurs et la distance ne les a jamais effrayés.En voulez-vous des exemples?Il n\u2019y à qu\u2019à prendre au hasard.Les trois frères Lemoyne : d\u2019Ibervil- le, de Sainte-Hélène et de Maricourt > NTI TER TREATY Sit A quittèrent Montréal avec une troupe de Canadiens, pendant l\u2019hiver de 1686 et s\u2019en allèrent à pied, à la Baie d\u2019Hudson, guerroyer contre l\u2019ennemi.Voilà une petite marche qui serait peu gous tée par les clients des tramways, n\u2019est- ce pas?Passons un siécle.Vous savez peut- être qu\u2019il n\u2019y avait, vers 1770, qu\u2019un seul collège dans la Nouvelle-France et qu\u2019il était à Québec.Or, de quelle fa- con, les écoliers du district de Montréal se rendaient-ils à la vieille capitale, au commencement de l\u2019année scolaire et comment en revenaient-ils, pour goûter les vacances dans leurs familles ?\u2026.Le plus souvent à pied! Ecoutons le meilleur de nos historiens, l\u2019abbé J.B.À.Ferland, nous dé- ecrire un de ces voyages d\u2019étudiants : \u2018\u201cRéunis dans la chapelle du séminaire, les voyageurs saluaient, par un cantique, la protectrice des pèlerins ; puis la bande Joyeuse défilait ; elle poussait un cri d\u2019adieu au milieu de la grande cour, et comme une volée d\u2019outardes, se dirigeait vers l\u2019ouest, qui pour elle renfermait la terre promise.\u2018\u201c\u201cAvec six semaines de vacances à l\u2019horizon, un léger paquet sur les épaules, et un coeur bondissant de plaisir, le jeune étudiant marchait lestement, tantôt au refrain de quelque chanson populaire, tantôt au milieu des gais propos et des rires bruvants de ses compagnons.Vers le milieu du jour on s\u2019arrêtait sur le bord d\u2019un ruisseau, ou au pied de quelque orme séculaire ; les sacs se vidalent et les provisions étalées sur l\u2019herbe disparaissaient rapidement devant l\u2019appétit des voyageurs.Le soir on frappait à la porte d\u2019une de ces blanches maisons qui bordent le Marchez-vous grand chemin depuis Québec à Montréal; le costume de Séminariste proeu- rait partout un accueil favorable et une bienveillante hospitalité.La grande chambre était mise à la disposition de messieurs les écoliers ; pour eux, le feu pétillait plus ardent dans la cheminée, la nappe la plus blanche était étendue sur la table, et les omelettes les plus rebondies se succédaient dans la poêle.\u2018\u201cC\u2019était dans la grange, sur le foin nouveau que les voyageurs allaient se reposer des fatigues de la journée ; avee l\u2019air frais en abondance, ils dormaient plus à l\u2019aise, et n\u2019avaient pas à redouter de visiteurs incommodes.\u2018\u201cAu soleil levant tous étaient sur pied ; lorsque, après un bon déjeûner, Modèle de chaussure pour longue marche.le trésorier de la bande offrait à la maîtresse du logis de payer les dépenses causées par lui-même et ses compagnons, il était arrêté par un refus, que suivait une invitation de ne pas oublier la maison quand ils descendraient.\u2019\u2019 Que penseraient les douillets papas et mamans d\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019ils voyaient leur progéniture chérie, partir pour un voyage de 180 milles, dans ces conditions?Sautons au siècle suivant.C\u2019est en 1815, que Jean-Baptiste Lagimodière fit le trajet, sans compagnon, et à pied, de Winnipeg à Montréal.Parti le premier novembre, il était dans la future métropole le six janvier 1816, ayant parcouru 1800 milles, malgré la boue, la neige -et les glaces.Dans les Cantons de l\u2019Est, il y a cinquante ans, M.St-Amant nous apprend 13 qu\u2019il \u2018\u201cn\u2019était pas rare de voir un cultivateur charger deux minots de blé sur son épaule et les transporter au moulin à travers la forêt.\u201d Tous les Montréalais de mon âge ont vu, autrefois, de bonnes vieilles campagnardes de Lachine, de St-Laurent ou de la Pointe-aux-Trembles, pour ne citer que ces endroits, venir à Montréal faire leurs emplettes et accomplir le trajet, aller et retour, en \u2018\u2018foot train\u2019 : Veut-on un exploit contemporain.En 1907, le R.P.Frs-Xavier Fafard, un Oblat, est parti du Fort Albany, près de la Baie d\u2019Hudson, et il s\u2019est rendu à \u2018Témiseamingue nord, en raquette, soit une distance d\u2019environ 500 milles.Le Père Fafard était accompagné de deux guides sauvages et de trois courriers postaux.Voici comment il explique sa manière de voyager qui est celle des Sauvages.\u2018\u201cPetites étapes et repos fréquents.Le lever a lieu à 5 heures.On prend une tasse de thé chaud, du lard et des galettes, puis on se met en marche.À 9 heures; nouveau déjeuner et nouvelle marche.Il se prend ainsi cinq ou six repas par jour, suivis d\u2019autant de marches.La journée finit vers 4 heures et demie de l\u2019après-midi.On procède alors à établir le campement pour la nuit.On couche à la belle étoile, dans un trou, sur un lit de branches et bien enveloppés.On s\u2019habitue très vite à ce régime qui est très hygiénique.\u201d\u201d Le Père Fafard ajoute \u2018\u2018qu\u2019il n\u2019a pas attrapé le moindre rhume, la moindre indigestion, le moindre mal de tête de tout le trajet.\u201d Enfin, il y a un mois, à peine, la presse quotidienne nous apprenait qu\u2019un jeune compatriote, M.Emile Thériault, avait franchi, à pied, la distance qui sépare Montréal de Los An- geles.Il est admis que l\u2019homme a besoin d\u2019exercice.Sans cela, il s\u2019amollit, s\u2019affaiblit, s\u2019ankylose: surtout il devient AY ss ca bn Peu RESTE La Revue Populaire un terrain tout préparé à recevoir les maladies qui guettent les paresseux et les sédentaires.Mais quel exercice choisir?La plupart des individus ne peuvent jongler avec les poids, manier le fleuret, faire de la natation, de la lutte ou de la boxe! Il n\u2019y a que la marche qui convien- Cadran du pédomètre.ne à tous indifféremment, car c\u2019est l\u2019exercice rationnel le plus simple, le plus salutaire, le plus à la portée du public en général.Avec la marche pas d\u2019appareils coûteux à acheter, pas de local à aménager, pas de professeur à payer: la rue, la route, le chemin, le sentier sont là et vous n\u2019avez qu\u2019à mettre un pied devant l\u2019autre.al, LE Toutefois, pour être vraiment béné- ficiable, la marche doit réunir certaines conditions: surtout elle ne sera pas occasionnelle, mais quotidienne ; il faut qu\u2019elle fasse partie de la routine journalière et rien n\u2019assure mieux sa permanence que l'habitude de faire à pied, le trajet entre son domicile et le bureau, l\u2019atelier ou le magasin.En Angleterre, terre classique des 14 \u2018\u2018pedestrians\u2019\u2019, la majeure partie des employés demeurant dans un rayon de six milles de leur ouvrage, se font un plaisir de marcher matin et soir.Ils usent peut-étre plus de chaussures que celui qui se fait voiturer, mais en revanche ils s\u2019évitent de payer des hil- lets de tramway et des comptes de médecins, ce qui compense amplement.bd % DS Aux Etats-Unis, on adopte de plus en plus la coutume de voyager à pied, durant les vacances et un auteur américain, M.Eugène Lamb Richards, a publié naguère dans 1\u201d\u201c Atlantic Monthly\u201d\u2019 des conseils très judicieux sur la manière de faire de longs trajets.Il recommande, par exemple, de ne pas se lancer dans des marches de plusieurs jours, sans préparation.On doit s\u2019habituer à marcher quatre milles par I Ne \\ à Lil Le mécanisme du pédomètre.jours, au moins, avant d\u2019entreprendre des pérégrinations.De plus, il conseille l\u2019usage d\u2019une chaussure spéciale.Depuis quinze ans, ce monsieur occupe ses loisirs à marcher et quoique âgé il accomplit aisément 40 à 50 milles dans une journée.Or, après maintes expériences, le genre de chaussure qu'il préfère est celui qu\u2019on verra dans l\u2019il- lustration de la page 13.Elle diffère des autres en ce que le bout de la semelle repose à plat sur le sol et qu\u2019elle n\u2019a pas de talon; enfin, elle ne comporte aucune doublure.En Europe, on a imaginé, avec sue- cès, des chaussures ajourées qui permettent à l\u2019air de circuler sur le pied, ce qui contribue beaucoup à diminuer la sensation désagréable que produit parfois la sudation.Les grands marcheurs ont toujours deux paires de chaussures, une à semelles et à empeignes minces, l\u2019autre à semelles et à empeignes fortes.Cela, non seulement pour être chaussé suivant la température, mais encore pour changer aux stations de repos, dans le but d\u2019alléger la lassitude des membres inférieurs.Au sujet des voyages de plusieurs jours, M.Richards prévient les novices que la troisième journée est à redouter.Après 72 heures de route, plusieurs sont atteints de courbature, s\u2019ils ne se sont pas entraînés soigneusement.Chaque fois qu\u2019on a terminé une marche un peu longue et que la chose est possible, il est excellent de se baigner à l\u2019eau tiède ou, sinon, de se frictionner, sans eau, avec une brosse ou une serviette rude.%* x ck Lorsqu\u2019on s\u2019adonne à l\u2019exetcice de la marche on aime à pouvoir apprécier la distance parcourue, mais cela n\u2019est pas toujours facile.Voilà pourquoi, il a été inventé un instrument qui fait le caleul automatiquement et avec précision.Cet instrument se nommie le pédomè- tre et il a l\u2019apparence d\u2019une montre.Avec lui, on sait combien de milles ou de fractions de mille on a fait en une heure, une journée, une semaine, ou plus.Au recto, l\u2019instrument est muni d\u2019un cadran sur lequel sont tracés des chiffres.Les gros chiffres indiquent la quantité de milles, de 1 à 10; quant aux petits chiffres, ils enregistrent les dizaines de mille de 10 à 100.ea plgleté ce étend dE dei I tte à à ihe it \"an detec, tit dE dr ARENA ; Fl Ls ai hi Marchez-vous Le mécanisme du pédomètre est aussi simple qu\u2019ingénieux.À chaque pas, un levier s\u2019abaisse et fait avancer la roue d\u2019un cran, mais comme les pas d\u2019un petit homme et d\u2019un homme de haute stature ne sauraient être identiques, il faut, avant de se servir du pé- domètre, mesurer la longueur de son pas, d\u2019un talon à l\u2019autre, puis, fixer le régulateur en conséquence.* #%* ok Supposons maintenant, que vous marchez tous les jours, mais que vous aimeriez, le dimanche, ou les jours de congé, à faire de jolies promenades; pour ceux-là, et qui résident à Montréal ou les environs, j'ai dressé une liste de routes où ils pourront porter leurs pas avec agrément.Toutes joignent l\u2019utile à l\u2019agréable, autrement dit, le pittoresque à la salubrité.1\u2014En premier lieu, le Mont-Royal, le parc idéal des marcheurs.Parcourez- le en tous sens; ses beautés sont toujours nouvelles et vous ne vous lassé- rez pas de leur faire la cour.Il en existe une carte, en vente chez les libraires, qui vous indiquera tous les sentiers, en sorte que vous ne courrez aucun risque de vous égarer.2.\u2014Du terminus des tramways, A Verdun, jusqu\u2019au tramway de Lachine- Montréal, prés de la Dominion Bridge.3.\u2014Du pont Victoria, par St-Tiam- bert, et Longueuil et retour par le bateau.4\u2014De Viauville à la Pointe-aux- Trembles.5.\u2014Du terminus des tramways, à la Longue-Pointe, au Bout de l\u2019île.6.\u2014Du terminus du tramway a Car- tierville, par le chemin Saint-Laurent jusqu\u2019au chemin de fer de ceinture.7 \u2014Le tour de la montagne, en partant de la rue Mant-Royal jusqu\u2019au chemin de la Côte des Neiges, ou jusqu\u2019à la rue Décarie, à Notre-Dame de Graces.8.\u2014~Du terminus du tramway, a La- chine, jusqu\u2019à Dixie, aller et retour.9.\u2014Du Bout de 1\u2019Ile au Sault au Ré- RE Sti gle 2 1 rir J EE a i any + La Revue Populaire \u2018 collet, par la Rivière des Prairies.10.\u2014Du Sault au Récollet à Cartier- ville.11\u2014De Montréal à Lachine par le chemin du coteau (upper Lachine road).12.\u2014De l\u2019écluse de la rue des Seigneurs, ou de l\u2019écluse de la Côte St- Paul, à Lachine, le long du canal.Ces trajets sont choisis de telle façon que vous puissiez, en partant le matin, être revenu pour midi à votre domicile, à condition, cependant, d\u2019effectuer le retour, en tramway.Mais pourquoi ce retour à midi et surtout en tramway, me demanderez- vous?Pour plusieurs raisons: d\u2019abord pour permettre au marcheur de prendre le principal repas de la journée dans sa famille; ensuite, pour qu\u2019il puisse se mettre à table reposé ; enfin, parce que souvent on a diverses fonctions sociales à accomplir durant l\u2019après-midi.Ceux qui ne sont pas libres l\u2019avant- midi, pourront partir vers les trois heures, au déclin du soleil.Une de ces marches, une fois par semaine, sera suffisante pour la plupart.*® 0% Ù Allez-y progressivement.Il en est de la marche comme de toutes les bonnes choses; il ne faut pas en abuser.Savoir s\u2019arrêter à temps est une des qualités de l\u2019homme bien équilibré.Au début, surtout, ménagez-vous.Avec de la patience, vos muscles se fortifieront et il vous deviendra possible de faire une dizaine de milles très facilement.Le grand Gladstone a, pendant longtemps, parcouru ses dix ou douze milles par jour, et c\u2019est à cet exercice qu\u2019il attribuait sa verte et remarquable vieillesse.La vitesse moyenne à laquelle vous pourrez prétendre est de vingt minutes au mille.Si vous êtes bien doué, vous tâterez du 15 minutes et même du 12 minutes, (1) mais ces vitesses ne conviennent pas à tous les âges, ni à tous les tempéraments.Une fois 1\u2019habitude de la marche acquise, ces excursions matinales, ces promenades en plein air, ces simples marches quotidiennes vous seront si bénéficiables que vous sentirez une nouvelle jeunesse renaître en vous.La vie vous paraîtra plus belle, meilleure même, parce que l\u2019exercice merveilleusement sain que vous prendrez calmera votre nervosité, facilitera votre sommeil et vous fera goûter la douceur du repos bien gagné.(1) Un calligraphe bien connu de Montréal, M.Gascon, a fait des marches à une allure encore plus rapide, sans en ressentir aucun mauvais effet, mais c\u2019est un amateur passionné et toujours remarquablement en forme. .LP 2 a\u2019 + Lee + en ie D i - aes a Conte oR te he ren ih ge Ts Ne Tee Te ste, ee ~ Trop d'Une Bonne Chose AR une radieuse matinée, Yvonne P Dupont et Maurice Lenoir prenaient leur bain.Imprudente comme il sied a une excellente nageuse, Yvonne avait a s\u2019éloigner du rivage une tendance contre quoi protestait la sollicitude de son fiancé.Mais, à une remontrance de Maurice, la jeune fille se contenta de répondre par un éclat de rire de joyeux défi, en piquant de plus belle vers le large.Maurice voulut s\u2019élancer pour la distancer.Il donna un puissant coup de jarret.V\u2019lan! la ¢rampe, la terrible crampe! \u2014Yvonne, put-il crier, arrêtez, je vous prie.Soudain, il se sentit abandonné de toute force, prêt à couler.Yvonne avait retourné la tête : \u2014Qu'\u2019est-ce qu\u2019il y a?Il balbutia : \u2014Rien.rien!.Une petite cram- \u2014 Mais reposez-vous.Vous avez pied Il y avait pied en effet, dans la zone où nageait Maurice ; malheureusement il se trouvait juste au-dessus d\u2019un trou, si bien que, se laissant aller, au lieu de prendre contact avee le sol, il plongea sous l\u2019eau en avalant une forte gorgée de l\u2019amer liquide.La connaissance lui échappa.Quand il rouvrit les yeux, il était étendn sur le sable du, ri-: vage, entouré de baigneurs.Yvonne, sur les épaules de laquelle on avait jeté un peignoir, penchait vers lui son: joli visage tout pâle, et c\u2019est le regard chargé d\u2019amour et d\u2019anxiété de la jeune fille que le premier regard de Maurice rencontra.Ce n\u2019avait été qu\u2019une alerte ; en deux 17 brasses vigoureuses Yvonne était arrivée sur lui au moment où il allait disparaître.N\u2019empêche que, sans le secours d\u2019Yvonne, Maurice, paralysé par sa crampe, se noyait bel et bien dans son trou, comme un petit lapin.À quel degré d\u2019adoration devait dès lors monter l\u2019amour du jeune homme, dans son élan de reconnaissance vers sa belle, à qui il devait la vie! Après l\u2019ovation spontanée qui fut faite à la courageuse jeune fille, pensez quelles scènes d\u2019émotions suivirent et accompagnèrent le retour des fiancés au sein de leurs familles ! Sur ces entrefaites M.Lenoir, le père, était parti pour Paris.Quand il revint, il rapportait un petit écrin; le ministre de l'Intérieur avait décerné une médaille de sauvetage à Mlle Dupont.Ce fut Maurice auquel échut le privilège d\u2019attacher de ses doigts tout tremblants de délicate émotion le ruban aux trois couleurs sur le corsage de sa fiancée.\u20140\u2014 Toute médaille à son revers: la médaille de sauvetage comme les autres.Quand les deux familles réintégrèrent la capitale, le bruit de la jolie aventure les y avait précédées, et ce fut toute une nouvelle série de congratulations.Très simple, Yvonne commençait à se lasser d\u2019une admiration qui la faisait un peu considérer en bête curieuse partout où elle allait.Quant à Maurice qui, dans le début, avait toujours renchéri bien haut sur les éloges adressés à sa fiancée, Maurice se prenait à trouver ce tapage excessif.Certes, la PTT MERE OO TA Ie Tr Ts HY RE i ort \u201chts TRE [LET La Revue Populaire conduite d\u2019Yvonne avait été superbe, absolument superbe; mais l\u2019outrance des louanges fait suspecter leur sincérité et dans le monde on manquait vraiment de mesure et de discrétion en la circonstance.Mais ces petits ennuis n\u2019avaient altéré en rien la sérénité des rapports des deux tourtereaux quand la malheureuse question de la médaille vint porter entre eux une note de désaccord et provoquer un premier échange de paroles, sinon vives, du moins dépour- \u2018vues de leur ton de tendresse ou d\u2019enjouement habituel.Ce n\u2019était certes pas l\u2019intention d\u2019Yvonne d\u2019arborer son ruban à Paris, mais par déférence envers certaines maîtresses de maison qui avaient insisté gracieusement pour qu\u2019elle s\u2019en parât en venant chez elles, elle dut plusieurs fois se résigner à le porter.Elle en appela gentiment un jour à Maurice : \u2014Voyons, fit-elle un jour, n\u2019est-ce pas que c\u2019est ridicule de mettre mon ruban pour aller demain dîner chez tante Eugénie ?\u2014Mais non, ma chère, au contraire, vous avez bien mérité cette distine- tion.\u2014Tiens, vous dites cela d\u2019un drôle de ton.oo Ca y était: la premiére pique.Quelques jours après, attaque inverse, et nouvelle petite pique.\u2014 Alors, décidément, ma chère Yvon- 4 ne, remarqua sarcastiquement Maur- ce, vous ne portez plus jamais votre ruban?\u2014 Mais, mon cher, je vous ai dit que Je trouvais ça un peu ridicule.\u2014Pourquoi?Si ca rend ridicule quelqu\u2019un, ce n\u2019est que moi, n\u2019est-ce pas?\u2014Oh! Maurice! Cette fois un froid suivit qui dura deux jours entiers entre les amoureux.Il se dissipa, mais le nuage qui avait passé avait emporté avee lui le charme de jadis, désormais disparu.\u2014O0\u2014 Primitivement fixé pour la première semaine d\u2019octobre, le mariage avait été reporté à la fin du mois, d\u2019une commune entente, parce qu\u2019on n\u2019aurait pas eu assez de monde à la messe.À propos de la mort d\u2019une cousine de province, les Dupont demandèrent qu\u2019on reculât encore la date d\u2019un mois ; puis, à la requête des Lenoir, alors, la cérémonie se trouva ajournée au printemps.Cependant, les fiancés convenaient eux-mêmes qu\u2019il était préférable d\u2019attendre la saison nouvelle, quand Maurice serait débarrassé de ses vingt- huit jours de service militaire.Bref, deux ans après cette aventure, Yvonne et Maurice ont fini par se marier tout de même et très heureusement tous les deux.mais pas ensemble.\u201c td 18 ai ses ot Lee EEE Tr CES Ta des RCN a arquerite d de Roberval par Louis B.Cache bre PROLOGUE Par un soir d\u2019octobre 1539, Georges de Roberval descendait distraitement la rue St-Denis.à Paris.T1 venait de quitter son ami Gontran de Kermer qui partait.cette nuit là même, pour un long voyage tout-à-fait inattendu.Georges et Gontran s\u2019étaient connus six ans auparavant, par suite d\u2019un de ces hasards qui enchaînent à toujours deux existences, de méme qu\u2019ils mettent aussi parfois entre les hommes une barrière infranchissable Depuis lors, ils ne s\u2019étaient pas quittés.On était à cette époque glorieuse du seizième siècle, où la France et l\u2019Italie, après s\u2019être rencontrées les armes à la main, rivalisaient maintenant sur un autre terrain ; ou un grand pape et un grand roi présidaient dux destinées de deux grandes nations qui se disputaient la palme dans les arts et la littérature; où toute une génération ardente, ambitieuse, enthousiaste, se levait au soleil de la Renaissance et s\u2019inspirait des oeuvres de ceux qui devaient rester les maîtres dans l\u2019avenir, M.de Roberval et M.de Kermer se préparaient une carrière brillante, l\u2019un dans les lettres, l\u2019autre dans la diplomatie.Vivant de la même vie, partageant les mêmes idées, possédés tous deux d\u2019une noble ambition, ils voyaient 19 chaque jour se resserrer les liens de leur amitié.Ils avaient les mêmes joies, les mêmes tristesses.Pas un rêve n\u2019était formé par un que l\u2019autre n \u2018encourageât.La douleur ne frappait jamais qu\u2019à demi, chacun des deux en prenant une part.Gontran avait vingt-six ans, Georges deux années de moins.Le premier avait les cheveux noirs, les yeux noirs, le teint des hommes du midi.Sa haute taille indiquait la force.Sa figure respirait je ne sais quelle fierté et quelle franchise qui commandaient la sympathie et le respect.M.de Roberval était bond, pâle, délicat.Dans son erand oeil bleu flottait vaguement la fatigue, l\u2019ennui.Il semblait que ce jeune homme fût trop faible pour supporter la vie avec ses déboires et ses larmes.Autant M, de Kermer était gai.entraînant plein de fougue, autant M.de Roberval était sombre et mélancolique.La nouvelle du départ de son ami avait profondément affecté Georges.Gontran s\u2019en allait, sans dire où.ni pour combien de temps.Ce voyage que rien n\u2019avait fait présager et dont la cause était gardée secréte, brisait bien des projets dont la réalisation avait été révée par les deux jeunes gens.Tout en marchant, M.de Roberval pensait à ces choses.Jl arrivait au fleuve, On était à la veille d\u2019un ouragan et il faisait une profonde obscurité.Le vent ne soufflait point.Pas un \"bruit dans la ville que les vibrations du bef- La Revue Populaire froi qui, de temps à autre, se pralon- geaient dans l\u2019espace.Des éclairs fréquents traversaient le ciel: alors pendant deux secondes la rue se déroulait aux yeux du jeune homme comme un immense ruban de deuil: De chaque côté, semblables à de lugubres apparitions, se dressaient les maisons et les édifices.Puis tout rentrait dans la nuit.C\u2019était le fantastique apaisement qui règne parfois dans l\u2019air, à l\u2019heure où la tempête va déchaîner les éléments.George traversa le pont au Change.Sur chaque grève on apercevait a distance irrégulières, des fanaux qui répandaient une pâle lumière à travers l\u2019épaisseur des ténèbres.La Seine cou- l'ait silencieuse dans son lit Tesserré, et la couleur assombrie de ses eaux se confondait avec l\u2019obscurité de la nuit.Le jeune homme enfla la rue de la Barillerie.A peïne avait-il fait quelques pas qu\u2019un homme vint le heurter violemment.Le choe fut d\u2019autant plus rude que Goerges n\u2019avait pas entendu marcher.\u2014 Tonnerre! faites donc attention, gronda brusquement une voix dans l\u2019ombre., \u2014Tiens! de Forgues, s\u2019écria Georges de Roberval.Que diable faites-vous ici à cette heure.par un temps pareil?_\u2014 Comment, c\u2019est vous! répliqua Henri de Forgues.Je rentrais chez moi quand j\u2019ai laissé tomber un objet que je n\u2019ai encore pu retrouver, grâce à cette maudite nuit qu\u2019il fait.Que Satan m\u2019emporte si l\u2019on peut y voir à deux pas.\u2014 Cherchons alors.Ce n\u2019était pas chese facile.Une minute se passa.Les deux hommes se mouvaient sans se voir.\u2014 Où done êtes-vous, demanda M.de Forgues?\u2014 Ici, répondit Georges.En ce moment la nue se fendit, et un éclair \u2018ilumina la ville.M.de Roberval, courbé sur le pavé, s\u2019efforcait de distinguer les objets.Derrière lui, tout droit, son manteau rejeté en arrière, se tenait Henri de Forgues.Un poi- gnard étincela dans sa main levée.Ce fut l'affaire d\u2019une seconde, le bras s\u2019abattit avec force et l\u2019arme pénétra entre les deux épaules de Georges qui tomba raide.A vingt pas s\u2019éleva un cri: cri de rage, de désespoir, de vengeance.Et une ombre s\u2019élança vers le lieu de la scène.> Le bruit de'la fuite de l\u2019assassin se perdaït déjà dans la nuit.Comme si ce crime eût été un signal, la tempête éclata tout-à-coup.Le tonnerre se prit à gronder dans les cieux, la pluie à tomber à torrents, le vent à souffler avec violence.L\u2019inconnu n'eut pas de peine à soulever le corps de la victime.Comme eût fait une mère, il s\u2019agenouilla dans l\u2019eau, dans la boue, et souleva la tête de M.de Roberval. A Ç 4 Ge oe = = ) .Wi ef, 4) 7, =F = a Se) Æ 9 [2A (2 7 A TN A a Pa i! - ¥ ss RE A Zz 0 Lay go 7 A Ww LA 7 1 mn (Là CG 2 \u201ca 7 A4 3 2 x 4 on ZN % RA a GE L N° ON a 2 ou TR ee pr 3 * nas = E) ot es Zh = ZA pp i 4 À T5 A, \u2014 a CU Ge REPT =.a.Ê A 5 Fn ROSE = \u2014 \u2014 \u2014\u2014d 5 EP a ZA 5/6 % a \u20ac 0 g.i.\u2014_ fer pe \u2014 Moi, mon vieux, sans l\u2019antagonisme de deux formidables éléments, je ne idis pas que je serais premier ministre, non, mais pas 'mal proche.\u2014 Quels sont ces deux éléments?\u2014 Ma belle-mère d\u2019abord, puis la police.0 IN} : +3 2 ; \u201c8 ov de 14 ÿ a PSS at .Chez les fonctionnaires Les Vacances de Pointillon M.Leponceau.\u2014Tiens! Vous parlez seul, monsieur Bouffalou?M.Bouffalou, (levant le nez spirituellement).\u2014C\u2019est que je le suis, monsieur le sous-chef.Mon collègue, M.Pointillon, prend ses vacances à partir d\u2019aujourd \u201chui.M.Leponceau.\u2014Je n\u2019y pensais plus.M.Pointillon est absent pour longtemps?M.Bouffalou \u2014Pour un mois.M.Leponceau.\u2014Diable! Cela va désorganiser tout mon service.Je croyais que M.Pointillon ne prenait jamais de vacances.M.Bouffalou \u2014 En effet, depuis vingt-cinq ans qu 11 appartient à l\u2019administration, il n\u2019a jamais voulu user de cet avantage; mais, cette année, il s\u2019est décidé à faire comme les autres.M.Leponceau.\u2014 Drôle d\u2019idée! Enfin, c\u2019est son droit, à cet homme! Vous les prendrez, vos vacances, vous, monsieur Bouffalou?M.Bouffalou.\u2014Certainement! Aussitôt que M.Pointillon sera revenu.À ce propos, je voulais vous demander quelque chose.M.Leponceau.\u2014 Dites, Bouffalou! M.Bouffalou \u2014 Voici.Ma femme est à la campagne, très loin de Paris; je ne peux aller la retrouver le dimanche.D\u2019autre part, un mois, c\u2019est bien long à attendre.Ne pourriez- -vous pas m'\u2019accorder quatre à cinq jours pour aller la voir?M.Leponceau.\u2014En 1\u2019absence de M.Pointillon! Vous n\u2019y pensez pas! monsieur 31 M.Bouffalou \u2014 Aucune affaire gente ne nécessite ma présence.M.Leponceau.\u2014Il pourrait en venir.M.Bouffalou \u2014C\u2019est peu probable.D'ailleurs, une affaire urgente qu\u2019on laisse vieillir n\u2019est bientôt plus urgente.M.Leponceau.\u2014Trés juste ! Pourtant, s'il venait du travail, je serais obligé de l\u2019exécuter moi-même.Ce n\u2019est pas que je n\u2019en aurais pas le temps.Mais, vous comprenez, je ne peux pas faire votre ouvrage.M.Bouffalou \u2014Ca, c\u2019est vrai.M.Leponceau.\u2014Croyez que je le regrette beaucoup, mais ce n\u2019est pas possible! (Mettant un dossier sur la table.) En attendant, voici un certain nombre de pièces qu\u2019il faudrait classer et.(Lentement la porte s\u2019ouvre.M.Pointillon entre en hésitant.) M.Pointillon, (avee la voix émue qu\u2019aurait un criminel) \u2014Bonjour, messieurs! M.Leponceau.\u2014 Comment, c\u2019est vous, monsieur Pointillon ?On vient de me dire que vous étiez en vacances! M.Pointillon \u2014En effet, je suis en vacances.M.Leponceau \u2014Vous êtes en vacances et vous venez au ministère ! M.Pointillon.\u2014 Oui, monsieur le sous-chef.M.Leponceau \u2014Vous avez peut-être oublié quelque chose ?| M.Pointillon \u2014Je n\u2019ai rien oublié.M.Leponceau.\u2014 Alors, ce n\u2019est pas la peine de venir.ur- IL TST TOR RENE HET TRI finn GHIA LA GEL HE FIT ! Pot Er. La Revue Populaire M.Pointillon\u2014Peut-être.Mais il faut cependant, il faut que j\u2019y vienne.: M.Leponceau, (étonné) \u2014 Vous ne reviendrez pas cet après-midi ?M.Pointillon, (très ferme) \u2014S1 vous permettez, je reviendrai.M.Leponceau, (de plus en plus étonné) \u2014 Mais vous ne reviendrez pas demain ?M.Pointillon \u2014Toujours si vous permettez, j'ai cette intention.M.Leponceau, (ironique).\u2014Et pendant tout votre mois de vacances, sans doute?M.Pointillon \u2014Cela me ferait grand plaisir.M.Leponceau.\u2014 Vous êtes en démence, monsieur Pointillon.M.Pointillon \u2014Mais non, monsieur le sous-chef, je suis en vacances.Lais- sez-moi seulement vous expliquer.Depuis vingt-cinq ans que j\u2019ai l\u2019honneur d\u2019appartenir au ministère des affaires hyperboréennes, bureau des archives, première section, je n\u2019ai jamais manqué un seul jour a mon devoir.M.Leponceau.\u2014dJe le sais.Vous étes un employé modéle.M.Pointillon.\u2014Je n\u2019al méme jamais pris de congé en dehors du dimanche et des fétes légales.M.Leponceau.\u2014Il n\u2019est pas de zèle plus louable.M.Pointillon \u2014Enfin, je n\u2019ai jamais pris de vacances annuelles.Ma présence au ministère est une habitude indéracinable.Ajoutez à cela que je suis célibataire, sans famille.Bref, je m\u2019ennuie chez moi, je m\u2019ennuie partout, sauf ici.Cette année\u2014je ne sais vraiment pas pourquoi\u2014j\u2019ai voulu profiter de la liberté à laquelle j\u2019avais droit.Eh bien! je ne peux pas! C\u2019est plus fort que moi: il faut, oui, il faut que je vienne au bureau.Voilà ! M.Leponceau, (abasourdi) \u2014 Alors, si je comprends bien, vous me demandez l'autorisation de passer vos vacances ici?M.Pointillon\u2014 C\u2019est cela même.J\u2019alme cette pièce, cette table, ces casiers, l\u2019atmosphère qu\u2019on respire en ce ST lieu, tout ce qui m\u2019entoure d\u2019habitude, en un mot.M.Leponceau \u2014Ma foi! Je ne vois pas d\u2019inconvénient à ce que vous veniez, matin et soir, au ministère, pendant votre mois de vacances.M.Pointillon, (avec élan).\u2014 Oh ! merci, monsieur le sous-chef ! M.Leponceau\u2014J\u2019y vois même des avantages.Ainsi, voilà M.Bouffalou qui désire quatre ou cinq jours de congé pour aller voir sa femme.Je les lui accorde.M.Bouffalou, (avee élan) \u2014 Oh ! merci, monsieur le sous-chef ! M.Leponceau.\u2014Pendant son absence, M.Pointillon fera son travail.M.Pointillon, (brusquement ).\u2014Per- mettez! Je suis en vacances, n\u2019est-ce pas?M.Leponceau.\u2014Assurément.M.Pointillon.\u2014Done, je n\u2019ai pas a faire le travail de M.Bouffalou.M.Leponceau.\u2014 Mais puisque vous désirez passer votre mois ici.M.Pointillon\u2014Je désire venir tous les jours ici, c\u2019est vrai, mais pas pour travailler.M.Leponceau.\u2014 Pour quoi alors ?M.Pointillon \u2014Pour passer mes vacances, parbleu! M.Leponceau, (furieux).\u2014Ah! ca! monsieur Pointillon, je commence à croire que vous vous payez ma tête! M.Pointillon\u2014 Monsieur le sous- chef, j\u2019ai trop de respect pour votre personne.Mais, d\u2019autre part, je suis fort de mon droit.Vous m\u2019accordez un mois de liberté, je le prends et le passe ici, mais je ne travaille pas, je refuse de travailler.M.Leponceau \u2014 Mille millions de pétards de veau! Je vous dis que vous vous f.ichez de moi! Ce n\u2019est pas naturel de vouloir venir au ministère quand on n\u2019y est pas obligé.Vous êtes un faux bonhomme, un hypocrite, un employé rebelle et traître\u2026 M.Pointillon, (avee douleur) \u2014Oh ! monsieur le sous-chef ! M.Leponeeau.\u2014 Mais je ne me laisserai pas faire.Pour commencer, vous, faire 7 x 7 LE ar = EI.57 Xs Box Rw wl EE i ; = 3 pairs See il + \u201c art CN frais atts lel Bed oh ELS hn ditt) foe didn ae di fe : .iy .PR ; ce furent KA iii gh PRES PRE PART Les vacances de Pointillon monsieur Bouffalou, vous allez me faire le plaisir de filer immédiatement voir votre femme.Vous resterez avec elle tout le mois, tout le mois de vacances de M.Pointillon.Et, quand ce mois sera fini, vous resterez encore tout le suivant, votre mois de vacances à vous.M.Bouffalou, (sautant sur son chapeau).\u2014Oh! merci! merei! M.Leponceau, (au comble de la rage) \u2014 Quant à vous, monsieur Pointil- lon, asseyez-vous, prenez ce dossier.Il faut qu\u2019avant midi il soit classé, enregistré, coté, ete., ou je me plains à M.le directeur, mille millions de pétards : » de veau, et je vous.fais ficher dedans!.M.Pointillon, (avec désespoir).\u2014 Mais puisque je suls en vacances! M.Leponceau.\u2014Certainement, vous êtes en vacances, mais cela ne m\u2019empêchera pas de vous faire travailler quatre fois plus que tout le reste de l\u2019année.Ca vous apprendra à venir ici pendant votre congé, employé rebelle et traître ! hypocrite! faux.bonhomme!.(Il sort avec majesté, suivi de M.Bouffalou.) M.Pointillon, (s\u2019éeroulant).\u2014ll n\u2019y a plus d\u2019administration ! Qui, uy ih aks N in ÿ .W cer ETRE RR: IL Rh.PRT.{iy ys fi, LA ROSE (Ecrit en 1524) Mignonne, allons voir si la rose ce matin, avait déclose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu cette vesprée, Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au votre pareil.La! voyez comine en peu d\u2019espace Mignonne, elle a dessus la place, Las! Las! ses beautés laissé choir! O vraiment marâtre nature, Puisqu\u2019une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir.pe: pe à Ronsard.\u2018 wil wp \\ To el re x\" By ys [Ee Ded !, .ge Li ct TS MR At Li in ds i On x A + E 8 A Br pt fe\u2019 , , : ba) : ~ YI EN =D EZ 74 , J; y vn 4 fe N NE NI N 12 (86 \\ mh NÉ RL RO.Ee &° CHEZ LES PROSORITS La \u201cMARSEILLAISE\u201d ironie de la destinée, cet étre paisible, timide et inoffensif se trou- vait-il parmi nous, parmi ces détenus politiques dont le passé tragique et la résignation stoïcienne semblaient symboliser vraiment toutes les misères et toutes les angoisses de notre peuple ?Personne n\u2019en a jamais rien su; mais, du premier jour, il inspira à tous une violente antipathie, un mépris que nul ne parvint à dissimuler.Cette hostilité générale ne l\u2019empêchait point de rechercher notre société: la tristesse de l\u2019exil est tellement atroce! le pain des proscrits tellement amer, lorsqu\u2019ils n\u2019ont même pas un compagnon d\u2019infortune avec lequel on puisse le partager! Lui aussi, il redoutait par-dessus tout l\u2019abandon, la solitude morale, mais c\u2019est en vain qu\u2019il nous appelait ses amis, ses chers camarades: chacun se détournait de lui.Les détails qu\u2019il nous donnait sur ses parents, sa pauvre mère, ses frères, qui avaient dû mourir d\u2019inquiétude et de chagrin, tous ces racontars larmoyants ne parvenaient qu\u2019à nous agacer davantage.On finissait par le chasser.Le lendemain, il recommencait ses doléances, avec une résignation, une tristesse infinies, dont nous comprimes plus tard, trop tard, hélas! l\u2019intensité et la sincérité.P AR quel malentendu, par quelle Cependant, les prisonniers politiques de la prison de X.décidèrent une grève de famine.On sait en quoi cette grève consiste.Dans les bagnes ou les prisons de Russie, lorsque les détenus ne peuvent obtenir justice, lorsqu\u2019on repousse quelque réclamation qu\u2019ils estiment 1égi- time, ils refusent toute nourriture, et ils se laissent mourir de faim, tout simplement.Les autorités locales sont bien obligées alors de faire une enquête, car cette espèce de suicide collectif produirait la plus fâcheuse impression dans le pays et en haut lieu.Notre souffre-douleur fut épouvanté en apprenant cette résolution votée à l\u2019unanimité, et à laquelle tous les détenus, sous peine d\u2019être disqualifiés, devaient se soumettre.Il était aussi gourmand que poltron.Nos lamentables repas étaient pour lui le seul moment agréable de la journée.Que faire, que devenir, à quel parti se ranger?Et, en tout cas, que d\u2019épreuves nouvelles et inévitables! Il m'interrogea d\u2019un ton craintif et désolé : \u2014Resterez-vous longtemps sans manger?\u2014Tres longtemps.Il soupira profondément.\u2014Et vous ne mangerez rien en cachette?\u2014Rien.mais, madame votre ma- 4 LE \" RAR RARE ER bte te Lavi adaene c'était pe ad ryt Mra RN La \u2018\u2018Marseillaise*\u2019 man vous expédiera sans doute un colis de bons gâteaux.Il pâlit, baissa les yeux, et ne répondit rien.\u2014D'ailleurs, rassurez-vous, lui dis-je, il n\u2019a jamais été question de vous demander le moindre sacrifice.\u2018\u201c\u201cVous n\u2019êtes pas des nôtres\u2026 H me regarda avec une expression inoubliable de reproche et de douleur, hocha la tête et s\u2019éloigna sans répondre.Mais le lendemain, le poltron, comme nous l\u2019avions surnommé, s\u2019approcha d\u2019un groupe où l\u2019on diseutait violemment la manifestation prochaine et dit humblement : \u2014Camarades, je veux souffrir et mourir avee vous! \u2014Toi, on ne te demande rien! Va-t- en! \u2014Non pas.Je reste.Vous verrez, ajouta-t-il en suppliant, je ne mangerai plus rien, tant pis si je crève de faim le premier.29 als als ale = \u201c °° Et il tint parole, à l\u2019étonnement général.Seulement, comme il 1\u2019avait prévu, étant le plus faible, le plus débile de nous tous, le septième jour de notre supplice volontaire, le jour même où, à bout de forces, nous résoliimes de cesser une lutte inégale, notre pauvre chien battu sentit ses forces le trahir.H tomba dangereusement malade; on le porta à l\u2019infirmerie.Le soir même, le bruit se répandait qu\u2019il était à l\u2019agonie.Quelques mauvais plaisants essayèrent de ricaner encore, mais l\u2019un de nous, un des doyens de l\u2019exil et dont l\u2019autorité était grande sur les proscrits, un de ceux qui ne riaient jamais, les arréta net: \u2014 Plus de railleries! C\u2019était un camarade, et il meurt pour nous.Allons Jui dire adieu.Le mourant divaguait, et ce délire de la dernière heure était lamentable et incohérent, comme l\u2019existence entière de celui que nous avions méconnu.Il parlait à haute voix, s\u2019adressant à je ne sais quel témoin invisible, il parlait de tout ce qu\u2019il avait aimé ici bas, sur cette terre de douleur et d\u2019esclavage : de ses livres favoris, de sa mère, des frères absents qui connaissaient son innocence.Et, en un suprême élan de tendresse désespérée, il faisait -appel à sa chère patrie d\u2019adoption, à cette France généreuse et lointaine qu\u2019il aimait vraiment comme une seconde patrie, dont il nous parlait souvent, et qu\u2019il ne devait plus revoir.Quel désespoir vibrait encore dans l\u2019adieu suprême que cette âme déjà prête à s\u2019envoler pour la patrie éternelle lui adressait de loin.Nous étions tous debout autour de son lit d\u2019agonie.Il avait retrouvé sa présence d\u2019esprit ; sa fin fut lucide et très douce.Avant de fermer les yeux pour toujours, il nous regarda fixement, d\u2019un regard apaisé où brillait un grand pardon.Sa voix, qui nous parlait déjà de l\u2019autre rivage, prononça ces paroles \u2014 les dernières : \u2014Camarades ! le jour des funérailles vous chanterez la \u201c\u2018Marseillaise\u2019\u2019 Je.je le veux.Nous tressaillimes alors de remords et d\u2019émotion.\u2018\u201cVous chanterez la Marseillaise.*% x Le pauvre mort fut obéi.Je me souviens encore de ces tristes et belles funérailles d\u2019un proserit.Tee convoi se dirigeait vers le cimetière de la prison.Un grand silence planait sur l\u2019immensité des steppes.Et soudain, l\u2019immortelle chanson d\u2019espérance, de liberté et de révolte s\u2019éleva vers les cieux.Les camarades du poltron, maintenant, chantaient la \u2018\u2018Marseillaise\u2019\u2019 \u2014\u2014 pt 55 IR a BELEN HN 4 % ! ® =n / y \u2014 5 = Toy 22 2 2 \u2014 ~~ EF \u2014\u2014 A Un Beau Sauvetage \"BE jour ou Firmin Allatrousse eut B l\u2019idée de se promener sur les quais en pleine inondation, il eut une heureuse idée.On le flanqua à l\u2019eau.Comment et pourquoi?Vous allez le deviner bien vite.Avant d\u2019être à l\u2019eau, Firmin Alla- trousse avait sa montre et sa bourse.Quand il y fut, il ne les avait plus.Lorsque j'aurai ajouté qu\u2019à cette heure le quai était désert, et l\u2019ombre propice, vous aurez compris que ce \u2018\u201con\u2019\u2019 était figuré, en l\u2019espèce, par un de ces gentlemen sans scrupules qui sont désignés sous le nom d\u2019apaches.L\u2019infortuné Firmin n\u2019avait méme pas essayé de lutter.Son antagoniste était deux fois plus grand et plus gros que lui.Il s\u2019était exécuté sur-le-champ, avec une bonne volonté qui avait attendri le rôdeur.\u2014A la bonne heure! avait fait ce dernier, en empochant montre et bourse.Tu es un bon type.Aussi, je paye un verre.Tiens, va boire un coup! Et là-dessus, d\u2019une tape amicale formidable sur l\u2019épaule, il avait fait eulbu- ter son client dans le jus.Puis, satisfait de son geste, qu\u2019il qualifiait en lui-même de \u2018\u2018beau travail\u2019\u201d, l\u2019apache s\u2019apprêtait à regagner des quartiers propices à la noce qu\u2019il envisageait, grâce à l\u2019argent de son bourgeois, lorsque.Lorsqu\u2019une ronde apparut à l\u2019entrée du quai.Ronde mixte de gardiens de la paix, de pontonniers, de soldats, parcourant les rues inondées à la recherche de sinistrés à sauver et.de malfaiteurs à prendre.S\u2019enfuir?Impossible!.+ Lutter?Fo- lie!.Simuler l\u2019honnête citoyen?Pas meéche!.Le client était 1a, qui barbotait dans le bouillon.Il avait dû se racerocher à une corde, un anneau.Ou bien, l\u2019eau, ayant envahi le quai, était peu profonde à cet endroit?.Toujours est-il qu\u2019il braillait & croire que Mou- net-Sully lui-méme était englouti sous les flots.J\u2019aurais dia lui serrer le kiki.avant! murmura le doux gentleman.On n\u2019 pas idée de faire une musique pareille.dans des quartiers honné- tes! Cependant, la ronde approchait, il fallait aviser.Avec une décision remarquable, lui aussi il se jeta à l\u2019eau, se laissa porter par le courant, et fort bon nageur du reste, s\u2019en fut à la dérive jusqu\u2019à l\u2019endroit où Firmin Allatrousse attendait la mort, cramponné au parapet du quai.Arrivé là, il se cramponna également et se mit À beugler à ses côtés.Même, trouvant que Firmin beuglait plus fort que lui, il lui plongea à deux ou trois reprises la tête sous les flots.Il avait pour cela ses raisons.Cependant, entendant ces appels désespérés, gardiens de la paix, \\pontonniers et soldats s\u2019étaient élancés.Le sauvetage, pour eux, ne fut qu\u2019un jeu.Moins d\u2019une heure après, tout le monde se retrouvait au poste de police le plus voisin.Firmin Allatrousse n\u2019ayant pu encore retrouver la parole\u2014et pour cause \u2014ce fut l\u2019anonyme gentleman qui raconta l\u2019histoire.Cet anonyme gentleman, qui se dé- HERE EEE RIE STRAT RS Le 0 Teh 7 \u20ac clara être un pauvre \u2018\u2018ouverrier\u2019\u2019 sans travail, regagnait péniblement son domicile, la tête vide et le ventre creux, lorsque saisi par le vertige.vertige de faim et de misère.il avait glissé, était tombé à l\u2019eau!.Ne sachant pas nager, il était perdu!.\u2026 A ce moment, un inconnu, celui qui se trouvait là, reprenant à peine ses sens.s\u2019était courageusement jeté à l\u2019eau.Malgré sa petite taille et sa débilité, grâce à une énergie surhumaine, 11 avait rejoint le malheureux ouverrier à demi-submergé.Bravant mille fois la mort, ce nain avait saisi ce colosse\u2026 et, dans un effort sublime.Au son de cette voix, que la reconnaissance mouillait de larmes émues, Firmin Allafrousse était revenu à lui.Stupéfait, puis indigné, puis attendri, il avait entendu le récit de l\u2019apache, incapable de protester, à cause de la suffocation d\u2019abord, ensuite à cause d\u2019un sentiment complexe qui peu à .peu envahissalt son ame.Se pouvait-il que les choses se fussent passées ainsi?.En ce cas, lui, Firmin, eût été un héros! À vrai dire, Un beau Sauvetage VERS D'ALBUM Cachez-vous quelquefois, dans les pages d\u2019un livre il lui semblait bien qu\u2019elles s\u2019étaient passées autrement.Mais était-il sûr de sa mémoire, de son bon sens.La secousse, l\u2019émotion, n\u2019avaient-elles pas Bref! lorsque le brave ouverrier, ayant terminé le récit de son sauvetage inespéré, le commissaire de police s\u2019approcha et chaudement félicita Firmin Allafrousse, celui-ci ne put trouver un mot de protestation.Il laissa dire.et le commissaire, et les bons agents, et cette bonne fripouille d\u2019apache, lequel, à son tour, vint se jeter à ses pieds et lui baiser les mains.Peut-être cet apache psychologue avait-il lu le voyage de M.Perrichon et s\u2019en était-il inspiré dans une improvisation aussi rapide que géniale.Cela prouverait, en ce cas, que les lectures ont du bon.Quoi qu\u2019il en soit, le beau dévouement de Firmin fut signalé à qui de droit, et son nom fut compris dans la première promotion de nominations à la croix de la Légion d\u2019honneur.Ainsi s\u2019explique cette phrase du début de notre histoire : \u2018\u2018 Lorsque Firmin Allafrousse eut l\u2019idée de se promener sur les quais, en pleine inondation, il eut une heureuse idée.\u2019 Une fieur du matin cueillie aux rameaux verts?Quand vous rouvrez la page, après de longs hivers Qu\u2019une odeur d\u2019amitié s\u2019exhale de ces vers.| ) Aussi pur qu\u2019au jardin son parfum vous enivre.Après ces jours bornés qu\u2019ici mon nom doit vivre Actualité: 4 juillet \u201cLhe Star Spangled Banner\u201d (Traduction unique) Oh! dites, voyez-vous, aux lueurs du matin, Ce drapeau que vos cris ont salué dans l\u2019ombre: -Dont les plis étoilés, défiant le destin, Hier sur nos remparts flottaient dans la nuit sombre?Le foudroyant éclair de la bombe dans lair, Nous le montrait debout, cet étendard si cher.Sur un sol fier et libre, à nos yeux dévoilée, Se dresse-telle encor, la bannière étoilée?Dans je brouillard des murs, vaste linceul mouvant Où nos fiers ennemis reposent en silence, Quel est donc cet objet que, sur ces murs, le vent À son gré nous dérobe où sous nos yeux balance?Oui\u2019! déjà le Soleil s\u2019éclaire à son réveil; Il se mire déjà dans l\u2019océan vermeil, C\u2019est elle: qu\u2019elle brille au grand jour dévoilée, Sur ce sol libre et fier, la bannière étoilée! Où sont-ils ces guerriers qui tous criaient bien fort Qu\u2019en nous pulvérisant sous sa puissante étreinte, La guerre écraserait nos maisons, notre port?Leur sang a _de-leuürs pas lavé la vie enipreinte! \u2014\u2014 Ts n\u2019échapperont pas, ces serfs, ces vils soldats, LL Aux faveurs de la fuite, à la nuit du trépas.Tandis qu\u2019elle se dresse en triomphe étalée, Sur ce sol libre et fier, la bannière étoilée! Qu\u2019il seit toujours vainqueur, 1\u2019homme libre placé Entre une injuste guerre et sa maison chérie! Que notre peuple heureux par le Ciel exaucë, Bénisse le Seigneur qui sauve sa patrie.Nous vaincrons: il le faut, du bon droit c\u2019est le lot; Notre devise est: \u201cDieu! notre foi vient d\u2019en haut\u201d.Et nous verrong flotter en triomphe étalée Sur ce sol libre et fier, la bannière étoilée! PAR RIRE eipaatit, ei ots 4 Salter eth yt ini tres tite Lesion at Suh RAHA {ke ar Ea Actualité: 14 Juillet Waris et France (Fragments ) Salut à toi, Paris, coeur et cerveau du monde, Gouffre dont le vertige attire l\u2019Univers, Qui divinement bon et savamment pervers, Entraîne la pensée humaine dans ta ronde! Depuäs des ans, si loin qu\u2019on ne les compte plus, Tu marches en avant, apôtre d\u2019espérance, Condensant en toi seul tout le sang de la France, Et broyant ses enfants dont tu fais tes élus; Tu marches.le Progrès sur tes pas se soulève, Et répand sur la terre entière tes trésors; Mais ce qu\u2019on aime en toi,, ce ne sont pas tes ors Ni tes richesses.c\u2019est la splendeur de ton rêve.Tu n\u2019es pas seulement notre Patrie-à nous, La capitale aimée et la mère chérie, Notre orgueïil éternel, notre gloire inflétrie, Devant qui, pleins d\u2019espoir, nous sommes à genoux.Tous les savants, tous les penseurs, tous les poètes, Ceux dont les fronts partout se dressent triomphants, O Paris' tous ceux-là se disent tes enfants Dont le divin génie a caressé les têtes.Ou que le sort ait fait éclore ces réveurs, C\u2019est toi que leur regard reconnaissant contemple, Tu demeures leur but et tu restes le temple Vers qui, sans s\u2019assouvir, se tournent leurs ferveurs! F.Huard.SERS % à 59 FRED LANDRY Par Le Vieux Zouave (Pour la \u2018\u2018Revue Populaire\u201d) Il peut bien y avoir, de par le monde, plus d\u2019un homme de ce nom, mais celui de qui je veux vous parler aujourd\u2019hui mérite, je crois, que nous lui accordions une petite place dans l\u2019histoire de nos braves et courageux voyageurs canadiens.Je fis la connaissance de mon héros d\u2019une manière assez imprévue.C\u2019était en 1871, et comme vous le voyez il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une histoire précisément moderne, je veux dire récente.J\u2019étais à cette époque à St-Louis, Missouri.Un soir que nous étions à prendre notre repas, nous entendîmes le tocsin nous avertir que le feu s\u2019était déclaré dans une maison sise sur une rue voisine de notre pension.Naturellement cet appel coupa court à notre appétit, et, sans même prendre nos chapeaux, nous sortimes, comme, jadis, de la salle d\u2019étude pour nous rendre sur le jeu de balle.En arrivant au lieu du sinistre, nous vîmes les flammes s\u2019échapper du deuxième étage, et nous entendîmes des cris de détresse sortant comme au milieu de ces flammes.Il était facile de comprendre que plusieurs personnes y allaient de leurs vies.Les pompiers étaient sur les lieux, préparant leurs engins de combat, mais ils se trouvaient un peu plus loin, au coin d\u2019une rue transversale.Je m\u2019élancai.dans la maison ?oh! non, pas si vite que cela ; A VEZ-VOUS connu Fred Landry?la rue m\u2019offrait une bien plus grande sécurité; je m\u2019élancai dans la direction des pompiers, dans le but de leur faire exercer leur héroisme en sauvant quelques vies qui menacaient de s\u2019éteindre bien avant le feu.Le sauvetage était bien plus dans leur ligne que dans la mienne.J\u2019avais bien vu en partant un grand jeune homme enjamber la fenêtre après avoir brisé de sa main les montants du chassis, mais je ne fis pas autrement attention à ce geste, vu que l\u2019excitation et mon héroïsme de commande me poussaient ailleurs.Quand je revins, une question de deux minutes, je vis le corps d\u2019une femme passer par la fenêtre et tomber inanimé sur le pavé.Le jeune homme, qui se trouvait à l\u2019intérieur, n\u2019y mettait pas plus de façons.Notre bravoure se trouva tellement surexcitée, qu\u2019entre nous (quatre ou cing,) nous faillimes écarteler la pauvre femme dans le but très louable, d\u2019ailleurs, de l\u2019éloigner de la maison.Un instant de plus, et un jeune enfant arriva par le même chemin et de la même manière que la femme.Et les braves dont j\u2019étais, de transporter le jeune rejeton dans un lieu de sûreté.Presque aussitôt on entendit une voix semblant venir de la fenêtre qui, deux fois, avait servi d\u2019exit.Cette voix était sourde, comme étouffée, mais je compris parfaitement que l\u2019on disait : \u2018\u2018Cré bonguienne! venez done me donner un coup de main, vous autres.\u2019\u2019 J \u2026- Fred Landry ne traduis pas; c\u2019était bien cela: Cré bonguienne ! Ce mot fut pour moi toute une révélation.Du terroir, comme diraient nos stylistes du jour.Il n'y avait pas à s\u2019y méprendre, c\u2019était un Canadien, très canayen avec cela; une espèce de Canadien errant, comme je l\u2019étais moi-même.Encore une fois notre courage se trouva réveillé et d\u2019autant plus, cette fois, que, d\u2019une part, l\u2019appel était sérieux, et que de l\u2019autre il y avait peu de danger, en somme, à porter secours.Le jeune homme avait demandé de l\u2019aide pour sa troisième charge, car cette fois, il ne s\u2019agissait plus d\u2019un enfant.Il était écrasé au bas de la fenétre, suffoqué par la fumée et peut-être éreinté par l\u2019homme qu\u2019il avait descendu du deuxième étage.Cet homme était un Allemand ; il paraissait peser dans les deux cents.Le jeune Canadien était dessous.Les pompiers, arrivés sur ces entrefaites, hâlèrent mon Allemand par la fenêtre, et notre compatriote put se relever et sortir lui-même, mais passablement éclopé.La foule fit une véritable ovation au jeune homme, mais il ne parut pas s\u2019apercevoir qu\u2019on l\u2019acclamait comme un héros.Il semblait nous dire: \u2018\u201c C que je viens de faire là, je ne l\u2019ai pas fait pour la galerie.\u201d\u2019\u201d Ne voulant pas tirer de l\u2019arrière, je m\u2019avançai vers lui et lui demandai s\u2019il aimerait à prendre un petit verre de cognac pour se remettre de ses émotions, et lui de répondre : \u2018\u2018Ben sûr, je ne crache pas dedans, et j\u2019ai de plus la gorge bien asséchée par la fumée.\u2019 C\u2019était clair et précis.J\u2019appris alors que son nom était Fred Landry, mais je n\u2019ai jamais su si Fred était une abréviation d\u2019Alfred ou bien de Frédéric.I] ne paraissait pas le savoir lui- même ; alors je n\u2019insistai pas.Fred était seulement de passage à St-Louis.Le but de son voyage était le \u2018\u2018far west\u2019\u2019, à la recherche de quoi?je ne pus jamais tirer la chose au clair.Mais, un jour, il me montra une carabine à laquelle il paraissait tenir beaucoup.Landry était d\u2019une naïveté qui nous 61 mettait très à l\u2019aise, avec lui.Ses manières angulaires ne manquaient pas d\u2019un certain cachet d\u2019originalité et, en l\u2019étudiant de près, on découvrait que si l\u2019écorce était rude, le coeur était bon.Il m\u2019avait laissé entendre qu\u2019il avait dessein d\u2019essayer sa carabine dans les prairies de l\u2019ouest.Comme je lui faisais remarquer que, de fait, le bison était un beau gibier, il ajouta : \u2018\u201cOui, et le sauvage est aussi un beau coup de fusil.\u201d\u201d Il ne paraissait pas haïr l\u2019Indien, et j'ignore s\u2019il en avait jamais rencontré; mais il semblait connaître le mot de Mark Twain, à savoir qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019un bon Indien et que c\u2019était celui qui était mort.Quatre ou cinq jours après l\u2019épisode que je viens de raconter, Landry vint me serrer la main, m\u2019annoncant qu\u2019il partait avec une petite caravane pour le Nord-Ouest.Quelque temps auparavant Landry m'avait dit être originaire de Kingsey qui compte encore aujourd\u2019hui plus d\u2019une famille de ce nom.: Il y a une dizaine d\u2019années je fis la rencontre à l\u2019Hôtel Riendeau, à Montréal, d\u2019un Canadien arrivé des Montagnes Noires.Après avoir causé de mines, de sauvages, etc, je rappelai qu\u2019en 1871 j'avais eu des velléités de visiter ces lointains pays, mais que j'avais résisté à la tentation ainsi qu\u2019aux sollicitations d\u2019un jeune homme qui quittait St-Louis pour ces régions nouvelles.J\u2019allai même jusqu\u2019à prononcer le nom de Fred Landry.\u2018\u2018Fred Landry?s\u2019é- eria l\u2019autre, mais je l\u2019ai connu à peu près une année après son départ de St- Louis.\u201d\u201d \u2018\u201cEh! bien, lui dis-je, parlez- moi donc de ce garçon-là.Il ne manquait pas de courage quand je le rencontrai, et il disait que si jamais il rencontrait des Indiens tant soit peu hostiles, il leur ferait faire le grand plongeon.Naturellement c\u2019était un coup de vent, mais tout de même il \u2018 Rs.ee Be ian pe \u201cA TERT Ee - La Revue Pcpulaire n\u2019était pas peureux.\u2019\u2019 \u2018\u2018Pour ce qui est de cela, reprit le voyageur, Landry était loin d\u2019être peureux: au contraire, c\u2019était la bravoure personnifiée.Dans tous mes voyages, et dans mon expérience dans l\u2019ouest, je n\u2019ai jamais vu un homme s\u2019élancer aussi bravement dans le danger, ou exposer sa vie aussi gaîment, aussi froidement.Dans les mines nous l\u2019appelions le \u2018\u2018Dare Devil\u201d\u2019 et je vous assure qu\u2019il n\u2019avait pas volé son nom.Vous pouvez d\u2019ailleurs en juger par ce qu\u2019il a fait lors de son passage parmi nous.En 1872 j'étais à travailler dans une mine située dans le fin fond de ces Black Hills.Un soir, après notre repas, comme nous étions à allumer nos pipes, et à nous étendre sur les branches fraîches de sapin, nous entendimes un craquement, comme celui que peut faire un ours qui casse sous ses pas les branches sèches qui jonchent la forêt.Instinetivement nous mîmes la main sur nos carabines, toujours à notre portée, lorsque nous vimes un homme qui s\u2019avançait vers nous.Il s\u2019approcha et, sans plus d\u2019introduction, demanda l\u2019hospitalité pour la nuit.Les visiteurs dans ces régions perdues sont assez rares.Ils sont toujours bien reçus, vu qu\u2019ils nous apportent presque toujours des nouvelles du pays non oublié.Après un copieux souper, (il devait rompre un jeûne de deux ou trois jours), il alluma son brûle-gueule et s\u2019étendit comme nous.Il ne parut pas très enclin à répondre aux questions qui se croisaient comme un feu de tirailleurs.La fatigue aidant probablement, il excita la curiosité plutôt qu\u2019il ne la contenta.L\u2019un de nous lui demanda s\u2019il voulait s\u2019engager pour travailler dans les mines.\u201c\u2018 Je travaillerai bien quelques jours, dit Fred Landry, car c\u2019était bien Fred Landry, mais, au fond, j'aime mieux faire la chasse.\u201d\u2019\u201d \u2018\u2018\u201cQuant à la chasse, fit quelqu\u2019un, il y a beaucoup de gibiers par ici.\u201d\u201d \u2018\u201cQuelle sorte, demanda Landry.\u201d \u2018\u2018\u201cDu gibier à longue crinière et à deux jambes: des sauvages.\u2019 \u2018\u2018Des sauvages?dit Landry.C\u2019est un beau gibier : je ne mange pas de ce gibier-là, 62 mais c\u2019est tout de même un beau coup de fusil.\u2019 Landry paraissait tenir au luxe d\u2019un coup de fusil sur les sauvages.Evidemment les hommes du chantier prenaient Landry pour un \u2018\u2018frais\u2019\u2019, un \u2018\u2018\u201cgreen\u2019\u2019, un \u2018\u2018tender foot\u2019\u2019, comme on disait là-bas ; et les remarques que l\u2019on faisait de tout côté paraissaient bien être inspirées par cette conviction.Pendant trois ou quatre jours on s\u2019amusa beaucoup aux dépens de Landry.C\u2019était une course aux mots fins et piquants.C\u2019était à qui frapperait le plus juste et ferait plus rire les compagnons.Dans cette lutte inégale, on ne vit jamais Landry s\u2019émouvoir plus d\u2019un trait que d\u2019un autre; sa cuirasse paraissait être impénétrable.Un soir, le contremaître demanda un homme de bonne volonté pour aller porter certains papiers à un camp situé à cinquante milles plus loin dans les montagnes.Les sarcasmes piquants et les mots fins cessèrent du coup, comme par magie.\u2018\u2018\u201cQui ira porter ces papiers à l\u2019autre camp?\u201d répéta le contremaître.Un silence de plomb aec- cueillit la demande et plus d\u2019un baissa 1 ¢ téte, signe évident que la proposition avait rien de bien alléchant.\u2018\u2018Il faut pourtant que ces papiers-là partent, continua le contremaître.Je ne demande qu\u2019un seul homme, parce que nous ne pouvons pas tous y aller, et que cinq ou six attireront plus l\u2019attention des sauvages qu\u2019un seul homme et ne se défendront pas mieux.Il y a à mi-chemin une cinquantaine de sauvages campés sur la route.Les montagnes, les précipices et les torrents empêchent tout détour sur la route, et comme il faut passer tout droit, un seul homme, par ruse, s\u2019en tirera tandis que plusieurs seraient vite aper- cus.\u201d\u201d Tout de suite Landry se leva et dit d\u2019un ton calme et un peu nonchalant: \u2018\u2018Si vous voulez vous fier & moi, je porterai bien vos papiers aussi loin que je le pourrai, et, si je ne me trompe, je passerai ou bien un autre ne passera pas.\u201d\u2019 On était tout oreilles.\u2018\u2018Est- ce que tu n\u2019as pas peur, mon jeune dei, nr: pl l'a felis Fix oat ar ti, ind Hp Thé Man, pie hid: itt Lan; de pm 500 tgh Une In rt de lation not la 7 Wate 5 Ing j | ne, homme \u2019\u2019, demanda le contremaître.\u2018\u201c\u2018Peur! répondit Landry; la peur, je ne connais pas cela, moi, et je ne me sens aucune disposition à faire sa connaissance.\u2019\u2019 Le lendemain, au petit jour, quand nous nous éveillames, nous vimes Landry qui était a faire la toilette de sa carabine.Il paraissait porter une grand soin à son astiquage, et rien n\u2019indiquait chez lui qu\u2019il allait entreprendre un voyage aussi périlleux.Pendant le déjeuner, la conversation ne fut pas précisément gaie ; personne ne semblait être à l\u2019aise, sauf Fred Landry.Le croiriez-vous, monsieur ?Eh! bien, ce jeune homme avait l\u2019air de quelqu\u2019un qui vient de recevoir une invitation pour aller à une noce.\u2018Depuis la veille Landry avait grandi dans l\u2019estime de ses compagnons, moins toutefois quelques jaloux, quelques peureux qui chuchotaient que Landry était un imbécile et qu\u2019il ne soupcon- nait pas le danger.Le contremaitre donna ses instructions, comme aussi la direction du chemin à suivre, sans oublier non plus d\u2019indiquer à peu près l\u2019endroit où campaient les sauvages.\u2018\u2018En arrivant vis-à-vis le camp, dit-il, en te baissant beaucoup, tu as une bonne chance de passer.\u201d\u201d Pour toute réponse Landry lui dit: \u2018\u2018Je ne marche pas à quatre pattes, moi.\u2019\u2019 Landry partit done avec un petit sac de provisions, sa carabine, sa pipe, son tabac et les papiers.Je vous avouerai que ce départ produisit sur nous une impression pénible.On éprouvait un certain degré d\u2019inquiétude pour le sort de ce jeune homme, mais l\u2019humiliation pesait encore plus lourdement sur notre fierté personnelle.Le voyage devait durer à peu près quatre jours, et ee furent pour nous de longs jours.Rendus au cinquième, comme nous n\u2019avions pas de nouvelles Fred Landry de Landry, le contremaître décida de pousser une pointe discrète vers le campement indien, convaineu en lui- même de ne retrouver que le cadavre de l\u2019audacieux.Après plusieurs heures de marche, on apercut un individu assis sur un trone d\u2019arbre, ayant une carabine sur ses genoux et fumant tranquillement sa pipe.Il paraissait guetter quelqu\u2019un sur un plateau qui s\u2019étendait du pied de la falaise ou il était assis.Ce plateau était une petite pres- qu\u2019ile en partie cernée par une rivière ou plutôt par un rapide tout à fait infranchissable.Pour sortir de ce plateau d\u2019ailleurs déboisé, il fallait remonter jusqu\u2019aux pieds de la falaise qui servait de forteresse à notre homme.Celui-ci, en entendant du bruit, se retomba et apercut le contremaitre et ses hommes.-\u2018*Cré bonguenne ! Arrivez done, vous autres, nous cria-t-il, je les tiens.\u201d\u2019 \u2018\u2018Tu les tiens?Qui?Quoi?\u201d demanda le contremaître.\u2018\u201cMais les sauvages, parbleu! je les tiens prisonniers.\u2019\u2019 Cette prétention nous parut ridicule au dernier point et l\u2019idée nous vint à tous que le garçon avait complètement perdu la carte.Tout de même, il fallut bien en convenir, il disait vrai.Les Indiens était bel et bien prisonniers dans leurs tentes.\u2018\u2018Ce n\u2019est pas facile qu\u2019ils s\u2019échappent, dit Landry, car aussitôt que l\u2019un d\u2019eux risque un oeil, bang! il a une balle dans le coco.À l\u2019heure qu\u2019il est, ils sont fatigués de ce jeu-là et ils sont bien sages, bien tranquilles.\u201d\u201d \u2018\u2018En as-tu tué plusieurs comme cela, s\u2019enquit le contremaitre.\u2019\u2019 \u2018\u2018Ils ont bien jeté une dizaine de corps dans la rivière.Mais regardez, ajouta- t-il, en montrant du doigt, ils n\u2019ont pas été capables d\u2019y lancer ceux-là.\u201d\u2019\u201d Nous vimes de fait sept ou huit cadavres échelonnés du bas de la falaise jusqu\u2019aux tentes.°° Voyez-vous, reprit Landry, comme je passais ici, il y à quatre ou cinq jours, j éveillai ces lurons qui sortirent de leurs tentes et commencèrent à m\u2019envoyer leurs balles.Puis ils montèrent à l\u2019assaut, et pendant un certain temps je crus qu\u2019ils La Revue Populaire parviendraient à arriver jusqu\u2019à moi.Mais je tirai si dru et si juste que c\u2019était joli de les voir rouler jusqu\u2019en bas.Vous comprenez que je n\u2019avais pas les moyens de manquer une seule balle et je vous assure que\u2018\u2018c\u2019a chauffé\u2019\u2019 pendant quelques minutes.D\u2019ailleurs il fallait bien leur répondre, car autrement c\u2019en était fait de moi.Si je les avait fuis, ils auraient pu me suivre et me faire de la misère.Dans ce cas-là ma mère aurait couru grand risque de ne pas revoir son petit Fred.\u2019\u201d \u2018\u201cEt les papiers, s\u2019informa le contremaître.\u2019\u201d \u2018\u201cComme je finissais de faire parler ma carabine, un messager est arrivé ici: il allait à votre camp chercher les papiers; je les lui ai remis.Il est retourné pensant bien que je retournerais moi-même à mon camp.Mais j\u2019aime trop la compagnie des sauvages pour les laisser si vite que cela.11 était tout de même temps que vous arriviez car mes provisions s\u2019en allaient, surtout mon tabac.\u2019 On retourna au camp sans être aucunement molestés des sauvages.Ceux-ci avaient eu une cruelle expérience de ce que peut un homme qui ne connait pas ce que c\u2019est que la peur et qui, de plus, refuse de faire sa connaissance.Landry passa encore quelques jours avec nous, mais la vie nomade lui souriait bien davantage que le travail aux mines.Je puis vous certifier que lors de son départ les pointes fines et piquantes étaient bien émoussées et que personne ne s\u2019est plus avisé de lui demander, comme dans les premiers temps, s\u2019il savait comment c\u2019était fait un sauvage.LES SOUVENIRS Lorsque nous vieillissons, tout lointain souvenir Nous est fidèle encore, en dépit des années: Les fleurs de notre avril en vain se sont fanées, Leurs images en nous ne se peuvent ternir.Mais au contraire, hélas! voulons-nous retenir De nos impressions les plus récemment nées, Elles s\u2019effacent vite et meurent condamnées, Moins anciennes dans l\u2019âme, à plus tôt y finir.Comme un prompt échanson qui, sans reprendre haleine, Passe devant la coupe et la tient toujours pleine, Le temps passe et remplit la mémoire à plein bord, Le souvenir nouveau, c\u2019est la dernière goutte Qui sous le moindre heurt s\u2019en échappe d\u2019abord Tandis que la première au fond demeure toute.Sully-Prudhomme, les IN Wo Li te \u201cel ids, J 6 as 1, te ht, iv da 1p), kell h L bt ry 3 ; be Ba ; at, : St hy : pe in {n iy A ; IL N'Y A PLUS D\u2019ENFANTS | a mp / A 7 : { A rd d vtt ; \u20ac eu £a.es er dl.7) 3 A = \u2014\u2014\u2014\" rar A + # Tal J.a = i$ 5 (RE Vs > / A RE: I} et / h ! { 4 vs ZN = 2 a AN 7 / «Ye Bm i 2, \u2014 5 LN 7 LN i ty A fad = ; = =f E ; ; Bi, LH =.Tiel Lui.\u2014Tu n\u2019étais pas si fière que cela durant les vacances de l'année .dernière.» io te Elle.\u2014Apprenez, monsieur, que je marche sur mes dix ans et que je he = dois penser à l\u2019avenir sérieusement.te \u201cXD TN i i Hl y ii pt Ni flit iH va 4 an i h \u2018 i A ; 65 i ; | | or Hey : if Ms vy eH Un be EE E = = = CONVERSATIONS ° 9 \u2018 Leurs Projets d'Ete \u2014Où nous \u2018\u201ccomptons\u2019\u2019 passer cet _ plus.Quel plaisir pouvez-vous éprouver été?répondit Mme A., franche et malicieuse.Oh! c\u2019est bien simple.A Caucheville.\u2014Où le placez-vous?\u2014Str la côte normande.\u2014Qu\u2019en faites-vous?\u2014Un trou, assez cher.\u2014Comment l\u2019aimez-vous?\u2014Passionnément.\u2014 Vous louez ?\u2014dJ\u2019ai fait bâtir.\u2014Vous êtes done bien riche?\u2014Une demi-pauvre.\u2014Et qu'est-ce que c\u2019est que votre galetas ?\u2014Une maison blanche a pans de bois avec des roses et des coeurs découpés dans les volets.\u2014 Vous voyez la mer?\u2014Des caves.» \u2014Qu\u2019est-ce que ça doit être du grenier?\u2014L\u2019Angleterre.\u2014Compliments.C\u2019est une belle vue.Et voilà combien que vous.?\u2014Dix ans.\u2014Dix ans?Seigneur! Dix ans que vous \u2018allez au même endroit ?\u2014Eh bien! oui.Où avez-vous mal?Est-ce que vous n\u2019habitez pas Paris depuis plus?\u2014Ce n\u2019est pas la même chose.Paris, c\u2019est Paris.Tandis que, la campagne.\u2014Vous l\u2019abhorrez?Je le sais.\u2014Non.Mais je ne l\u2019adore pas non 1 3 ve 66 à voir toujours mêmes lieux et mêmes gens, à tourner dans la même cercle, à retrouver à poste fixe les mêmes visages ?\u2014I y aura bientôt dix-sept ans, cher ami, que je pratique le vôtre, et non seulement je ne suis pas prés d\u2019en .être dégoûtée, mais, à chaque instant, J'y découvre un agrément plus vif encore que la première fois.\u2014 Parce que je fais miroir, madame.C\u2019est vous que vous apercevez dans mes yeux.Mais ne lâchons pas la question.15 juin., vous êtes sur le point de partir.Eh bien! vous n\u2019ignorez rien, aujourd\u2019hui, de ce qui vous attend pendant les deux mois.\u2014Trois.\u2014 lues trois mois de votre villégiature ?\u2014Rien, en effet.Le papier de ma chère petite musique est réglé d\u2019avance.Je pourrais, séance tenante, vous énoncer le programme, l\u2019ordre et la marche des humbles choses à venir.Et vérifiez à l\u2019automne: tout se sera réalisé.\u2014C\u2019est effrayant.N\u2019y a-t-il pas là de quoi désarconner le plus solide ?Comment ?Renoncer de prime abord à l\u2019inconnu ?\u2014Je n\u2019en ai jamais eu soif.\u2014Se résigner à la monotonie, plus encore: la vouloir, la délibérer, l\u2019or- LL ms 4 3 .il \u201cfo oF a) (an dent leg te, \u201cge THN lap 0 455 dd it ES =o Leurs projets d'Eté ganiser, s\u2019interdire la ravigotante se- éousse des surprises?\u201411 me déplait d\u2019étre secouée, et j\u2019ai- méfiance des surprises.J'ai observé que, neuf fois sur dix, elles étaient désagréables, à commencer par les plus carabinées de toutes, qui sont la naissance et le mariage.Quant à la der- niére, je veux dire la mort, il faut croire qu\u2019elle est bien rude, puisque personne n\u2019en est encore revenu.\u2014Cependant, à votre âge, pourquoi s\u2019enterrer ?\u2014Pour prendre racine.Je n\u2019ai rien du lierre.Je ne vis qu\u2019où je m\u2019attache.\u2014 Mais le changement ?\u2014T'aisez-vous! J\u2019en ai l\u2019_épouvante et je m'imagine que de cette malsaine et perpétuelle envie de changer découlent la plupart de nos malheurs.Elle est de source diabolique.Toujours ce mot à la bouche, cette pensée dans les veux avides, ce désir dans les coeurs inquiets.Changer! A quoi bon?D\u2019autant que les hommes n'obéissent pas seulement à cette manie quand le sort leur est difficile ou contraire et qu\u2019ils auraient presque une excuse d\u2019en chercher un meilleur, mais même aussi en pleine félicité, alors que tout marche au gré de leurs plus déraisonnables sou- haïts! C\u2019est la folie de changer pour changer, uniquement.Si, encore, on était sûr de rencontrer plus satisfaisant! Mais c\u2019est chaque fois la même chose, quand ce n\u2019est pas pire, et ce Jeu de hasard par excellence est rarement celui de qui perd gagne.Non, quand on a la chance insigne, providentielle, de posséder dars un coin un bonheur de quatre sous un peu médiocre et qui ne fait pas d\u2019esbroufe, la sagesse est de s\u2019y confiner.En dépit du vers fameux, ce n\u2019est pas l\u2019ennui, mais la paix, la sainte paix, qui \u2018\u201cnaquit, un jour, de l\u2019uniformité\u201d\u201d.\u2014Pourtant, vous aurez beau vanter les mornes délices de la vie sédentaire et glorifier la routine, vous n\u2019empé- cherez pas qu\u2019il y ait des étres, comme moi et beaucoup d\u2019autres, parfaitement équilibrés, qui ne sauraient vous suivre dans vos sentiments casaniers et pour qui ce sera une allégresse toujours vivifiante de voir chaque été des pays neufs.\u2014Tous les pays se ressemblent.\u2014De loin, quand on les considère à votre manière, sans y mettre les pieds.\u2014De loin, c\u2019est quelque chose, et, de près, ce n\u2019est rien.\u2014Vous blasphémez! Alors, Venise?Constantinople?Ça ne compte pas?\u2014Si.Ça compte double.Avant d\u2019avoir expérimenté les ineffables joies de l'huître humaine, je ne suis pas toujours restée collée à mon rocher.Comme tout le monde, j\u2019ai visité à fond\u2014 en un jour\u2014quelques villes qui m\u2019ont vue plutôt que je ne les ai vues moi- même.J'ai traversé ainsi Rome, Venise, Florence, Grenade, Athènes.L'\u2019a bc du voyage.\u2014Eh bien?\u2014Cela m\u2019a largement suffi.\u2014 Vous n'avez jamais eu envie de retourner au moins dans ces paradis enchanteurs ?\u2014Quelquefois.Une envie folle.Mais Je me suis bien gardée d\u2019en rien faire pour ne pas détériorer mes anciennes émotions.\u2014Et vous n\u2019avez pas été tourmentée du souci d\u2019en éprouver d\u2019autres, ailleurs?\u2014Non.\u2014Vous n\u2019êtes vraiment pas curieuse! \u2014Pour l\u2019avoir trop été.Personne n\u2019a eu plus d\u2019ardeurs aventurières, n\u2019a plus frémi aux mots sacrés et effarants de départ, de chemin de fer, de navire, n\u2019a énergiquement bâti plus de beaux projets que moi, quand j\u2019avais vingt ans.Je me souviens de mes impatiences.Je n\u2019entendais pas déserter ce monde sans l\u2019avoir parcouru.Le soir, -dans mon lit de jeune fille, étroit comme la couchette d\u2019un paquebot, je me jurais de ne pas mourir avant d\u2019avoir vu les Indes, Java, Sumatra, le Japon, la cruelle et froide Chine aux prunelles encloisonnées, la voluptueuse Taïti et les régions tropicales où les fascinatrices étoiles brillent et brûlent ainsi 67 La Revue Populaire que des yeux d\u2019amour, où le papillon se déploie, en \u2019claquant, comme un grand éventail.Les monts Himalaya n\u2019arrêtaient pas ma course.Penchée sur les cartes d\u2019atlas aux clairs lavis ou pressant du doigt la miroitante surface de la mappemonde, j'ai goûté, à prononcer tout haut des noms sonores de pays lointains, d\u2019indicibles extases.Et puis, le mari est venu.les enfants., les affaires quotidiennes.Chaque jour, j\u2019ai rogné un peu plus court les ailes de mes rêves.Ah! j'en ai rabattu de mes panthères noires! et que j'ai donc mis d\u2019eau dans mes bayadères! Adieu, les Indes! J\u2019ai des cheveux blancs.\u2014Combien?\u2014Deux.\u2014On ne les voit pas.\u2014Parce que je leur ai recommandé de se cacher.Et, depuis, j'ai savouré d\u2019autres délices, bien plus profondes, à retourner prosaïquement, chaque été, dans \u2018\u2018ma Normandie\u2019, qui \u2018\u2018ne m\u2019a pas donné le jour\u2019\u2019.Les boeufs des verts paturages m ont appris à rumi- -ner mes sensations.J\u2019ai fait sur place des découvertes charmantes là où je pensais n\u2019avoir plus jamais rien de nouveau à trouver; j'ai connu jusqu\u2019à l\u2019ivresse les renaissantes attractions du vieux, du déjà vu.Et je suis heureuse.Je resterai, jusqu\u2019à la fin, celle \u2018\u2018 qui va tous les ans au même endroit\u201d\u201d.\u2014Et moi, madame, avec une égale impénitence, je me vante de n\u2019avoir jamais été, depuis vingt- -cinq ans 3 \u2018en ai cinquante,\u20143 la même plage, à la même ville d\u2019eaux, dans le même pays.\u2014Comme je vous plains! Une idée!.Etes-vous allé à Caucheville ?\u2014Non.\u2014Eh bien! venez-y! \u2014Soit.Mais je vous préviens que je n\u2019y retournerai jamais.\u2014Je l\u2019espère bien.Si vous y reveniez, je n\u2019y reviendrais plus.VERS LA FRAICHEUR Traversons le verger où les vieux espaliers S\u2019écroulent sous le poids des fruits que l\u2019été garde; La chaleur est intense et l\u2019abeille bavarde Arrête jusqu\u2019au soir ses ébats familiers.Descendons en courant les brûlants escaliers Que tapisse la menthe, où le vif lézard darde Sa tête d\u2019émeraude: indiscret, il regarde, Puis glisse prestement le long des groseilliers.Au profond du taillis, je sais un large hétre, Abri mouvant et sûr, d\u2019où s\u2019épandront peut-être Le caime enveloppant et la douceur des nids.Viens \u201d.Sens-tu la fraîcheur de l\u2019ombre colossale?Vois: le soleil s'arrête aux rameaux réunis, Et nous voilà bien seuls dans cette agreste sadle! Baronne de Baye.68 Et des Coeardes le 14 juillet (Monologue) Vous m\u2019arrétez, m'sieur l'commissaire, Parce que j'ai pas d\u2019profession Ni d\u2019domicil\u2019 c'est pas.à faire.Car enfin, voyons, raisonnons.J'ai jamais eu !a moindre flemme, Et j'accepte tous les travaux.Exempl\u2019, tenez; en iplein Carême, Je venils du buis, l\u2019jour des Rameaux.J'aurais pu m\u2019mettr\u2019 dans la bâtisse, Mais j'connais rien au bâtiment, Et j\u2019crains gue 1'platre me salisse.J\u2019suis propr\u2019; c¢\u2019est mon tempérament.Aussi, comme je n\u2019ai pas d'rentes, Pour me fournir un gagne-pain, Je vends, sans payer de patente.J'vends d\u2019la moru\u2019 l\u2019Vendredi-Saint.M\u2019sieur l\u2019commissaire, y faut pas croire Qu\u2019ca soit facil\u2019 de s\u2019employer.Un feignant, moi!.C\u2019est des histoires.Je pass\u2019 mon temps a travailler.A tous les métiers je m\u2019exerce, Car je suis fort et courageux; Je m\u2019emmploie à tous les commerces: Le jour de Pagu\u2019s, je vends des oeufs! Vous me r\u2019lâchez!'.m\u2019sieur l\u2019commissaire, Je vous r\u2019merci\u2019 du fond du coeur!.Merci!!.Je m\u2019en vais me refaire.Une existence de labeur.Je m\u2019en vais prendre un métier stable, M\u2019engager d'ans de grands travaux, Et j\u2019vendrai, commercant notable, Du mouron pour les p'tits oiseaux.Vous voyez bien, m\u2019sieur l\u2019commissaire, Que vous n\u2019pouviez pas me r\u2019tenir! J\u2019aim\u2019 la liberté!\u2019 j'ai l\u2019âme fière! Vous m\u2019relachez!.J'vais vous bénir!.Etre en état d'vagabondage?.Ah! c\u2019était trop fort!.En effet, Voyez si j'ai l\u2019coeur à l'ouvrage: J\u2019vends des cocard\u2019s, l\u2019quatorz\u2019 Juillet! + fe TR a Hit tet GEER TA UCHR Sn En Marge de la Comète La Fin d'un Observatoire ES astronomes de l\u2019Observatoire de | Paris ne passent pas toutes leurs nuits à filer des yeux la comète ; ils ne sont point vêtus de robes noires étoilées d\u2019or; ils ne sont point coiffés de hauts chapeaux pointus en forme d\u2019éteignoirs et constellés aussi d\u2019astres à cinq pointes en papier d\u2019argent; ils ne passent point leur vie au bout de leurs lunettes.Ils habitent une sorte de couvent lointain, dont les minarets, contrairement à ceux des autres cultes, sont ronds comme des demi courges.Auprès de lui, des hôpitaux, un couvent, quelques maisons où vivent des gens calmes, comme MM.Camille Flammarion, Suarès et Maurice Maindron.De l\u2019autre côté du bâtiment et du jardin, la solitude du boulevard Arago, propice aux amoureux.Le lieu est désert.Parfois l\u2019on y voit de vieux messieurs maniaques qui viennent mettre leur montre à l\u2019heure \u2018\u2018exacte\u2019\u2019 qu\u2019indique la pendule du concierge, des dames qui, jusque devant la grille, apprennent à monter à bicyclette, à l\u2019ombre discrète des grands marronniers, des journalistes qui veulent savoir si l\u2019on a vu la comète, de quelle couleur elle était, et si elle doit nous faire mourir.Le soir, nulle lumière ne décèle la présence d\u2019ê- tres vivants, nulle ombre aux rideaux d\u2019un savant sous la lampe.La maison est vieille, froide, silencieuse.On n\u2019y est point tenté de rire, - 70 PRP i a EO RETR Cr TAT TT Per] DORE EE ee Ben AT EEE Re ni de parler à voix haute.L\u2019herbe pousse entre les pavés de la cour, où Le Verrier caleule encore sur son piédestal orné de signes astrologiques.Le vestibule, en voûte, est glacial: le trou qu\u2019on y avait creusé pour étudier la chute des corps (vingt-sept mètres, messieurs) fait penser à d\u2019insondables oubliettes.Le grand escalier montre des murs dignes de Pierrefonds.Cela tient du couvent et du châteaufort.Mais, au premier, changement d\u2019atmosphère ; hautes salles aux parquets bien cirés, véritable vestibule d\u2019académie, orné de mappemondes antiques et de télescopes démodés.C\u2019est l\u2019étage officiel et administratif.À gauche, secrétariat; à droite, direction.Devant les fenêtres de plain-pied, s\u2019étend la belle terrasse, et nous voici devant les bosquets d\u2019un palais italien.\u2018\u2018Dehors, c\u2019est le printemps\u2019\u2019, un parfum de feuilles chaudes et de lilas, des pépiements d'oiseaux, des sentiers d\u2019ombre verte.Vers la gauche, un gros tuyau; conduite de gaz?télescope géant?non: c\u2019est la Mire.Des arceaux de lierre la soutiennent.Un peu plus loin, un toit, plus loin, à gauche, à droite, des cabanes, des maisons qui glissent sur des roulettes, comme eelle du berger.x Dans \u2018la grande bâtisse de Perrault, au seeond étage, se trouvent des cham- js ei mans fn, 4 10 Ir dau me pui à dé ls à me Iv: sèm il La Fin d\u2019un Observatoire bres meublées de livres, de tables, de chaises et de savants.C\u2019est dans une de ces chambres que sur de grandes feuilles de papier écolier l\u2019affable astronome Bigourdan et ses aides caleulent les rapports des astres.Et ici ce n\u2019est plus le couvent ni le château-fort, ni le palais italien.On se croirait plutôt dans le couloir d\u2019un quelconque hôtel.Il n\u2019y manque que les souliers à la porte.Enfin, au troisième, les coupoles.C\u2019est la maison de la science au loin [dardée Vers l\u2019unité de toutes les idées.Elles sont trois, ces coupoles qui de loin inquiètent les passants.Deux grandes: coupole de l\u2019Est, qui tourne électriquement sur elle-même, coupole de l\u2019Ouest.Toutes deux renferment des équatoriaux dont la gueule passe par une trappe que l\u2019on amène devant le point à explorer.Les lunettes obéissent à des forces cachées qui les élèvent et les abaissent.Le mobilier est claustral : une table, une chaise.C\u2019est là qu\u2019observent le plus les astronomes.La troisième coupole, la plus petite, n\u2019est plus utilisée.On pourrait la louer aux poètes.Des observateurs, le publie sait peu de choses.La maison serait vide de tout autre hôte que le concierge\u2014qui n\u2019est plus, comme jadis, membre de l\u2019Académie des Sciences\u2014qu\u2019on ne s\u2019en apercevrait point.Pourtant, il y a là un personnel assez nombreux, qui travaille beaucoup, qui fait des quantités de calculs et donne à l\u2019imprimeur des masses de rapports.Outre le directeur, il y a six astronomes titulaires, qui sont chefs de service, dix astronomes adjoints, six aides astronomes, des stagiaires (il n\u2019y a plus d'élèves astronomes), cinq employés scientifiques, trois calculateurs.Car les astronomes ont des calculateurs attachés a leurs personnes pour vérifier et corriger les observations qu\u2019ils ont eux-mémes réduites.Tout ce personnel est réparti en sept services dont il faut connaitre les noms car ils ont un petit parfum de dignités chinoises et nous évoquent le chef des Odeurs suaves.Les sept chefs de service sont les six astronomes titulaires mandarins à bouton d\u2019or et un adjoint.Chacun a un ou plusieurs aides.Il y a le Service d\u2019Astronomie Théorique, le Service des Equatoriaux de la Terrasse supérieure, le Service de la Carte du Ciel et de l\u2019Atlas de la Lune, le Service du Cercle Méridien du Jardin, le Service de Spectroscopie et d\u2019Astronomie Physique, le Service de la Salle Méridienne et de l\u2019Heure (qui veille à l\u2019heure sidérale et à la Salle des Trois Pendules), le Service des Cal- euls.Oh! baiser le bout de la tresse du mandarin père de l\u2019Atlas de la Lune et Maître de la Salle des Trois Pendules! Saluer M.Bigourdan qui est un autre \u2018\u201cchef des rayons\u2019\u2019 sidéraux que Chan- tecler ! En ce moment, les \u2018\u2018 chefs des rayons\u2019\u2019, soit presque tous occupés à regarder la comète, les uns pour la repérer, d\u2019autres pour la photographier, d\u2019autres pour analyser son spectre lumineux.Seuls s\u2019en désintéressent le chef des Pendules et le chef de l\u2019Atlas de la Lune.x Et l\u2019on s\u2019imagine encore que les astronomes sont des gens de chenêts, qui n\u2019ont pas d\u2019aventures ni d\u2019histoire.Les astronomes ne passent point leur vie confortablement installés et les pieds à bonne température.Ils doivent à l\u2019Observatoire six heures de travail de jour ou trois heures de travail de nuit, chaque service a toujours, à tour de rôle, un homme de quart au haut du mât.Ils doivent obéissance à maints décrets (dont le dernier, de février 1907, a paru en même temps que la nomination de Sarah Bernhardt comme professeur au Conservatoire).Par les nuits froides, on est glacé, dans les belles coupoles.Impossible de faire de feu, de chauffer, car l\u2019air chaud sortirait par la fente destinée à laisser le champ libre au télescope, et 71 La Revue Populaire sa vibration brouillerait aux yeux de l\u2019observateur l\u2019aspect de l\u2019infini.De plus, il faut régler à la main les vis de métal des appareils, ce qui gèle les doigts.Tous les astronomes se souviennent ainsi d\u2019heures très pénibles, passées à attendre quelque soleil lointain, tandis qu\u2019ils avaient le nez en bois, les pieds en glaçons, et que le Luxembourg désert et défeuillé grelottait sous la bise ou brillait sous la neige.Et il ne se passe pas une nuit, quand de ciel est clair, où il n\u2019y ait ainsi sur la ville au moins un veilleur de l\u2019infini.Puis, il y a la fatigue, fatigue des yeux, fatigue de l\u2019attention.On compte, en général, qu\u2019un homme ne peut pas observer utilement plus de cinq heures dans la même nuit.Un astronome doit aussi se surveiller constamment, être maître de ses forces comme un athlète.Pour pouvoir observer, il faut ne pas avoir trop bien dîné : cela enlève de la netteté à l\u2019oeil.Il ne faut pas être nerveux.li ne faut _ pas avoir bu de café.Il faut avoir le moins possible de cette imagination qui fait voir trop de canaux dans Mars et qui augmente d\u2019une facon exagérée 1*\u201céquation personnelle\u2019\u201d du savant.Parfois, malgré toutes les précautions, on commet des erreurs, mais ce ne sont pas des erreurs d\u2019imagination.On ne se trompe qu\u2019à cause des corrections omises, de la réfraction, de la collimation et autres choses sérieuses.Les astronomes ne rêvent pas.Malgré les lilas de leur jardin et le spectacle de la course des mondes multicolores, ils ne rêvent pas.Ils comptent.Ils regardent.Ils situent d\u2019après les cercles irréels qui partagent le ciel.Ils repèrent, ils mettent en place, ils sont, plutôt qu\u2019autre chose, les arpenteurs du ciel, les hommes que les autres hommes ont préposés au cadastre des mondes.Lorsqu\u2019ils ont fait une observation, ils la rapportent au centre de la terre, pour qu\u2019elle concorde avec celles qu\u2019on a pu faire à Greenwich, à Pétersbourg ou à Harvard.En trois observations, ils déterminent aujour- d\u2019hui le plan, son inclinaison, et l\u2019orbite d\u2019un astre.Le calcul constitue d\u2019ailleurs la partie la plus respectée de leur travail et ils citent avec fierté Le Verrier qui découvrit Neptune sans mettre l\u2019oeil à un télescope, avec des chiffres, sur du papier.Pour tant de peine, ils n\u2019ont pas, généralement, de récompense glorieuse.Avoir son nom écrit là-haut ! Rarement, après des années de recherches, on découvre un astre nouveau.Le ciel est si battu! Ou alors, c\u2019est une toute petite chose, au bout du monde.Quand quel- qu\u2019un aperçoit une comète nouvelle, ce quelqu\u2019un est parfois un chef de gare du Transvaal! Le principal résultat que l\u2019on obtient, c\u2019est, au bout de l\u2019an, ce volume d\u2019annales où se lisent des noms poétiques: Persée, Andromède, la Vierge, Pégase, mais alourdis de mots trop savants et de signes mystérieux, et suivis d\u2019interminables colonnes de chiffres qui se ressemblent tous et ne varient, pendant une demi-page qu\u2019aux déei- males.x Rien de toutes ces petites misères n\u2019influe sur l\u2019humeur des astronomes.Ils ne sont même pas distraits comme Arago qui résolvait des problèmes sur le dos des passants.Quelques-uns, les vieux, portent la redingote noire, la - éravate noire et le faux-col évasé.Les autres sont des hommes comme vous et moi (dans astronome, il y a homme) et il n\u2019est pas bien sûr que tous soient d\u2019irréprochables bourgeois.Il y a de la grandeur dans leur vie.Nous les admirons.Nous nous imaginons que l\u2019astronome, pareil au pêcheur à la ligne de Jean Richepin, \u2018\u2018naît et meurt vierge et martyr.\u201d\u2019 Nous avons pour eux un peu de respect que nos pères avaient pour les astrologues, et beaucoup d\u2019un respect plus moderne, parce que nous ne comprenons rien à leurs chiffres, à leurs parallaxes, à leurs périhélies et à leurs solstices.Nous nous en remettons à eux du soin de a p18 p pf» dessus pou\" Cast\u201d q sales: ots 8 piste Ue ale. = de regarder le ciel, comme les rois s\u2019en remettaient aux nonnes du soin de faire leurs prières.Pensons-nous à jeter un coup d\u2019oeil, de temps en temps, au- dessus de nos tétes?Et savons-nous reconnaître Sirius de Jupiter, Véga de Cassiopée ?Quand nous avons dit des étoiles : \u2018Oh! comme il y en a ce soir\u201d, nous avons exposé tout ce qui nous reste de la cosmographie apprise à l\u2019école.Peu nous importe, puisque nous Oh! le jardin de mon grand\u2019père Avec ses douze érables verts Où les étés et les hivers Les oiseaux chuchotaient: espère! .{M n\u2019était pas majestueux Ce petit coin de la nature; Mais l\u2019âÂme se sentait plus pure Dans ce décor mystérieux.A droite était la vieille vigne Toujours stérile de raisins.Je vois encor tendre les mains De mon grand\u2019père, en geste digne.A gauche pendaient des cerises Où le soleil jouait gaiement, L\u2019agge de ce vieillard tout 'blanc Palftait fière avec les brises.Et ces deux petits ronds de terre Sem'és de résédas, d\u2019oeillets, Savaient presque tous les secrets De ce vrai penseur solitaire.La Fin d\u2019un Observatoire Le Jardin de Mon Grand'Père (Pour la Revue Populaire) avons nos veilleurs, sur les tours des Observatoires.Nous dormons bien tranquillement ou dans une salle de théâtre nous apprécions des étoiles plus à notre portée.Les astronomes sont 13 pour regarder venir la fin du monde et pour nous avertir de l\u2019heure où nous devrons regarder en l\u2019air, pour voir une fusée pas comme les autres.Sentinelles de l\u2019infini, veillez! Oh! ces souvenirs de jeunesse Près de la massive maison Où fleurissaient à foison L\u2019honneur, l\u2019amour et la noblesse.Divin retour vers le passé Qui ressuscite en la mémoire La courte mais sublime histoire De ce travailleur terrassé.O vieilles choses d'isparues : Vignes, érables et bouleaux, Brins d\u201dherbes et petits oiseaux, Dites, qu\u2019êtes-vous devenues?Quand je passe prés de la maison Ou s\u2019amoncelle un mur de brique Je m\u2019incline; et toute ma raison Pense au grand\u2019papa Dominique.Ernest Martel.Montréal, 1910.| TT TT TR EL CN LT OPW ROSE (ERY THT CIS PTIT y 4 ; À A » 4 i\u2018 i ; ORIGINE D'UN HYMNE Par D\u2019Argenson nous parle des origines du \u2018\u2018God Save the King\u2019\u2019, ce qui est une actualité; permettez que je vous dise un mot de celle de la \u2018\u2018Marseillaise\u2019\u2019, ce qui, aux environs du 14 juillet, est une autre actualité.Que n\u2019a-t-on pas écrit la-dessus! On est allé jusqu\u2019a en nier la paternité à Rouget de l\u2019Isle.Or, on vient de mettre au jour l\u2019histoire de cet hymne, écrit par Rouget de l\u2019Isle lui-même.Je la résume : Etant à Strasbourg avec son régiment, il logeait chez le maire Diétrich; dans sa chambre il y avait un clavecin.A table on causa des malheurs de la patrie et Diétrich regretta que les troupes n\u2019eussent pas un chant propre a les enflammer.Sachant que de l\u2019Isle était poète et musicien, il lui dit: \u2018\u2018Pourquoi n\u2019en eompo- sez-vous pas un?\u2019\u2019 Sans répondre, le militaire alla courir la ville, cherchant l\u2019inspiration.\u2018\u201c Je rentrai, dit-il, et me jetai sur mon clavier.Je débutai d\u2019abord par des accents vigoureux et confus.Puis je cherchai en même temps les vers et la mélodie.Mes tempes battaient la fièvre.Le clavecin frémissait sous mes doigts.Je commencai par un appel aux armes; je fis entendre ensuite la voix des vieillards, rappelant aux jeunes hommes qu\u2019eux aussi avaient été jeunes, vaillants et vainqueurs.Puis vint l\u2019invocation à la patrie, et j\u2019entonnai d\u2019une voix forte le dernier couplet: DE l\u2019article qui suit, M.Sulte Ameaur sacré de la patrie, Conduis, soutiens nos bras vengeurs.A ce moment, un tonnerre d\u2019applaudissements éclata au dehors.Je m°é- aa .\u2019 at Er 74 veillai comme d\u2019un songe.Il faisait jour.M.Dietrich était sous ma fenêtre avec un officier supérieur et plusieurs centaines de citoyens et de volontaires.Ils m\u2019écoutaient et répétaient déjà à demi-voix mes inspirations.En même temps, ma porte s\u2019ouvrait, et les musiciens du Grand-Théâtre entraient et s\u2019emparaient de mon manuscrit.Quand la ville fut éveillée, le tambour rassembla sur la place les volontaires qui par- talent pour la frontière.Le chef fit faire le carré et placa au centre les musiciens.Trois mille voix entonnèrent ce chant que j\u2019appelais: \u2018\u2018La Romance des armées\u2019\u2019.Arrivé au dernier couplet, Klé- ber s\u2019écria d\u2019une voix de stentor: \u2018\u2018A genoux, mes enfants !\u2019\u2019 Les têtes se découvrirent, chacun s\u2019agenouilla, et un choeur formidable lança jusqu\u2019aux cieux les derniers vers.Le canon d\u2019au- delà du Rhin avait redoublé et nous amenait le bruit de le bataille ; le tocsin sonnait.Je vivrais cent ans que je verrais devant moi cette grande scène.\u2019 Transporté a Marseille, cethymne y reçut son titre définitif.De 121] gagna Paris qui lui donna la consécration finale.À un parisien, Rouget de l\u2019Isle écrivit alors: \u2018\u201cMa poésie est bien faible, je le sais, mais elle respire partout l\u2019amour de la patrie.J\u2019ai voulu apprendre aux soldats qu\u2019il faut mourir plutôt que de voir le sol de la patrie foulé par l\u2019étranger.C\u2019était là toute ma pensée.\u2019\u2019 Mais Jourdan, le vainqueur de Fleurus, donna la note juste en disant : \u2018Avec 10,000 soldats et la \u2018\u2018Marseillaise\u2019\u2019, je me fais fort de battre quarante mille hommes.\u201d ar cr \u2014\u2014 puny pee st Ear sate py 1 EB Le ME Boal inn oy puit a diay DIEU PROTEGE LE ROI Par Benjamin Sulte L HISTOIRE n\u2019a pas daigné nous\u2019 dire l\u2019origine du \u2018\u2018God save the King,\u201d\u201d mais la fatale légende s\u2019en est mélée, et quand une fois ce chiendent a pris racine quelque part, il est à peu près maître du terrain.Dans les \u2018\u201cNotes & Queries\u2019\u2019, J'ai vu au moins cinquante articles qui tous ont la prétention de nous éclairer sur le sujet, mais on n\u2019y trouve pas de preuve directe.Les auteurs apportent à tour de rôle des raisonnements, des suppositions, ou encore ils indiquent des sources que J'ai pris la peine de consulter et qui, toutes, ne répondent.pas à la question.Dans les livres, méme absence de preuve et mêmes racontars sans fondement.On est surpris de la naïveté des historiens qui répètent sur un ton sérieux et affirmatif des légendes sorties on ne sait d\u2019où et, de plus, visiblement absurdes.Un auteur anglais m\u2019a même envoyé copie d\u2019un air noté, ancien de plus d\u2019un siècle et qu\u2019il regarde comme la base du \u2018\u2018God save the King\u2019.Or, il ne s\u2019y trouve qu\u2019un passage de quatre notes ayant de la ressemblance avec ce que nous chantons actuellement.D\u2019après ce système, je me charge de trouver la \u2018\u2018Claire fontaine\u2019\u2019 dans n\u2019importe quel opéra.Faire la part du vrai et du supposé, nettement et en dernier ressort est impossible.Cependant mon travail, ne sera pas perdu: j\u2019ai conscience qu\u2019il renferme de bons éléments.Voyons cela : Le premier nom que l\u2019on mentionne toujours dans cette dispute est celui de Jean-Baptiste Lulli, né à Florence en 1633, devenu en 1661 chef de \u2018\u2018 la bande de violons\u2019\u2019 de Louis XIV et décédé dans cet emploi en 1687.Avec ce musicien il faut citer le poète Isaac de Benserade, un Normand, né en 1612, mort en 1691.Un jour que les élèves du couvent de Saint-Cyr donnaient une fête au roi, on chanta, au moment de son entrée dans la salle, des vers de Bensera- de sur lesquels Lulli avait composé de la musique.Madame de Sévigné qui était présente observe que c\u2019était \u2018\u2018une sorte de motet.\u2019\u2019 Il n\u2019est rien resté de cette musique.Mais les vers ont été répétés, de mémoire probablement, ce qui fait que nous en avons deux textes pour un: Grand Dieu gardez le roi, Grand Dieu sauvez le roi, Vive le roi! Que toujours glorieux Louis Victorieux Voye ses ennemis Toujours soumis, Voici l\u2019autre version : Grand Dieu sauvez le roi, Grand Dieu vengez le roi, Vive le roi! Que toujours glorieux Voye ses ennemis Toujours soumis Vive le roi.Pas de rimes féminines.C\u2019est comme dans l\u2019italien et l\u2019anglais.Cent cinquante ans plus tard, 1\u2019auteur des mémoires de la marquise de Créqui se permettait de dire, sans explication, que les notes de Lulli et les mots de Benserade avaient été transportés en Angleterre.De la musique de Lulli nous ne savons rien, mais les vers de Benserade ont une forte ressemblance avec Je \u2018\u2018God save the King\u2019\u2019 actuel.Je dis actuel, parce que ce chant n\u2019a pas toujours été le même.Ceci demande examen : L\u2019une des sources que j\u2019ai consultées dit que \u2018\u2018en 1741, a l\u2019oécasion de la victoire remportée par l\u2019amiral Vernon sur les Espagnols, à Portobello et que toute l\u2019Angleterre fêta, un musicien du nom de Henry Carey composa ce chant, c\u2019est-à-dire les paroles sur de vieux airs populaires anglais et les chanta en public.Un comédien s\u2019en empara, les chanta au théatre chaque fois que le souverain ou sa famille faisait son entrée.On l\u2019imprima pour la première fois dans le \u2018\u2018Gentleman\u2019s Magazine\u2019\u2019 en 1745, avec sa forme initiale et définitive.\u2019\u2019 Carey vécut de 1696 a 1743.On a publié plus de deux cents ouvrages de lui.Il se tua à la suite d\u2019une déception d\u2019amour.Sa vie s\u2019était passée dans la misère.Le \u2018\u2018Gentleman\u2019s Magazine\u2019\u2019 d\u2019octobre 1745, page 552, dit que c\u2019est un morceau pour deux voix, paroles et musique telles que chantées dans tous les théâtres.I God save great George our King Long life our noble King God save the King.And him vietorious Happy and Glorious God save the King.Long to reign over us.God save the King.II O Lord our God arise Scatter his ennemies And make them fall Confound their polities Frustrate their knavish tricks On him our hope we fix.O save us all! La Revue Populaire HI The choisest gifts in store On George be pleas\u2019d to poor.Long may he reign.May he defend our laws And ever give us cause To say with heart and voice : God save the King! Carey n\u2019a certainement pas trouvé \u2018\u2018la forme initiale et définitive, pour deux raisons: lo c\u2019est la coupe des vers de Benserade et la même pensée; 20 ses vers s\u2019ajustaient sur une musique dont rien (sauf quatre notes) ne ressemble au \u2018\u2018God save the King\u2019 actuel: J\u2019ai copié cette musique.Il serait possible que l\u2019air en question traînât dans la foule depuis longtemps\u2014 mais ce n\u2019est pas celui que nous chantons à présent.Les paroles de Carey datent de 1741.Il les a écrites pour célébrer un triomphe des armées anglaises, puis, la fête passée, on n\u2019en parla plus.Elles auraient été oubliées totalement sans une circonstance extraordinaire qui bouleversa le royaume en 1745 : le prince Charles-Edward Stuart marchait sur Londres à la tête des Ecos- sais.Les troupes de George IT étaient engagées dans la guerre des Pays-Bas.La situation devint tellement critique que la famille royale prépara un bâtiment dans le but de fuir en Hollande.Une société chorale se forma parmi les jeunes gens de la noblesse pour chanter des couplets patriotiques dans les théâtres, et la composition de Carey fut admise au programme.Le \u2018\u201cGentleman\u2019s Magazine\u2019\u2019 suivit le mouvement, il publia paroles et musique, comme on l\u2019a vu plus haut.Haendel, à cette époque, était âgé de soixante ans et se trouvait passablement usé.On a dit qu\u2019il emprunta la musique de Lulli (où la prenait-il) et traduisit les paroles de Benserade.C\u2019est un malentendu.Haendel a fait un autre \u2018\u2018God save the King\u2019\u2019 dans un de ses opéras.Carey est l\u2019auteur des paroles de 1741 reprises en 1745 par des amateurs, mais non pas encore revêtues de la reconnaissance officielle comme on le prétend.Au cours de 1\u2019effervescence de 1755 l\u201d*\u2018 Academy of Ancient Music,\u201d de Londres, imprima un \u2018\u2018Latin Chorus\u2019\u2019, que je trouve dans \u2018\u2018Notes and Queries\u2019\u2019 de 1876, page 343 et qui se lit comme suit : O Deus optimé, Salvum nunc facito Regem nostrum ; Sit laeta victoria.Comeo et gloria.Salvum jam facito In dominum.Exurgat Dominus; Bebelles dissipit, Et reprimat ; Dolos confondit ; Fraudes depellito ; In te sit situ spes: O! salva nos! Voilà bien encore la coupe et l\u2019idée de Benserade.Quant à la \u2018\u2018musique ancienne\u2019\u2019 je ne l\u2019ai pas et ne saurais rien en dire, excepté que notre air actuel s\u2019adapte sur ces vers latins.Après un long silence, les strophes de Carey reparaissent à Londres, en 1776, au fort de la cerise américaine, dans un concert et c\u2019est un nommé Hugh Cox qui leur prête sa musique.Celle-ci ne nous est pas connue.Après cette apparition la nuit se fait de nouveau sur le éhant national.Il n\u2019y a aucune trace de son existence jusqu\u2019à 1830, où l\u2019on dit que Meyer- Dieu protège le Roi beer arrangea les notes dont nous nous servons, mais dans une composition à lui et non pas pour l\u2019usage des autorités britanniques.Ce qui s\u2019en suivit n\u2019a jamais été expliqué.Je suppose un instant que l\u2019adoption officielle date de la reine Vie- toria et ne va pas plus loin en arrière.Le \u2018\u2018God save the Queen\u2019' se trouve être comme le roastbeef d\u2019Angleterre, une chose récente, du moins en ce qui regarde la sanction du souverain et l\u2019usage obligatoire dans les occasions officielles.Pourtant, je me trouve en présence d\u2019une contradiction.Dans le cours de l\u2019année 1812, un Canadien (qui ne signe pas) produit une traduction de l'hymne national.Voyez : Grand Dieu, pour George Trois Le plus chéri des rois Entends ma voix.Rendu là, sa lyre perdit le fil de l\u2019histoire et tomba dans le genre du mirliton.Cette tentative fait voir que les rimes de Carey ou le Chorus Latin n\u2019étaient pas oubliés et qu\u2019on les chantait sur l\u2019air que nous avons actuellement.D'où vient cet air?C\u2019est aussi vers le même temps que l\u2019on adapta cet air au cantique : \u2018\u2018Nous vous invoquons tous.\u2019 Alors que devient Meyerbeer dans tout cela?S\u2019il a publié de la musique semblable au \u2018\u2018God save the King\u2019 actuel, c\u2019est qu\u2019il l\u2019a emprunté des Anglais. amccmm0 00e 0 tue oe.JTS\" a DT mime saree ET aren OER Sea im TE * al 2 Salon Ss CS > REA SN ° AE Es ag a.= S (ue * = Distributions de Prix solennité qui n\u2019a pas été inventée par un imbécile.L\u2019inventeur de la distribution de prix devait même être un malin psychologue.Il avait compris que les bonnes actions, n\u2019en déplaise à MM.les moralistes, ne portent presque jamais leur récompense en elles-mêmes.Les bonnes actions portent leur récompense sous leur bras, si c\u2019est un livre, et à leur boutonnière, si c\u2019est une décoration.Evidemment, l\u2019idée de la première distribution de prix a dû venir au premier pédagogue à la suite d\u2019une conversation analogue à celle-ci, qu\u2019il eut avec un jeune potache de son temps : \u2014 Mon petit ami, c\u2019est l\u2019heure de la U NE distribution de prix est une classe, il faut venir apprendre un tas de belles choses.\u2014dJ\u2019aime mieux aller jouer.\u2014C\u2019est une préférence qui est de ton age; cependant, pour t\u2019encourager, si tu veux venir en classe, on te donnera un beau livre quand tu auras hien travaillé.\u2014J\u2019aime mieux aller jouer.\u2014Ce livre sera plus beau que les livres que tu vois partout.Il sera d\u2019un rouge vif avec de l\u2019or dessus.\u2014AÂAvee de l\u2019or?.qui brille?.Ca m\u2019est égal, j'aime mieux aller jouer.\u2014Attends, ce n\u2019est pas tout.Ce beau livre, on te le donnera devant beaucoup de monde: devant tous tes petits camarades, devant tous leurs parents, devant tous les professeurs.Tu monteras sur une estrade élevée on tout le monde te verra recevoir ton Cr, NE 78 beau livre.\u2014Tout le monde me verra recevoir mon livre rouge avec de l\u2019or dessus?Alors, je veux bien aller un pen en classe avant d\u2019aller jouer.La distribution des prix état Inventée.J\u2019avoue sans facons que, lorsque j'5- tais petit garçon, sans la distribution des prix, \u2018\u201cje n\u2019en aurais pas fichu un coup\u2019\u2019, comme on dit au régiment.Beaucoup trop absorbé par l\u2019art de construire des catapultes à lancer des boulettes de papier mâché, j'étais, pendant huit mois, un des anneaux de la queue de la classe.Quand arrivait le mois de juin, le temps juste d\u2019expédier sur le pion quelques hannetons bourdonnants, et je me mettais à bûcher ferme les compositions des prix.Il était généralement trop tard.Les gros prix me passaient devant le nez et force m\u2019était de me consoler avec un prix sans importance qui provoquait annuellement dans ma famille un accès de découragement bien légitime: régulièrement, je décrochais le premier prix de lecture ou le second de gymnastique.La qualité de mes prix m\u2019importait peu, d\u2019ailleurs.Je savais que je monterais sur l\u2019estrade comme les autres, et qu\u2019une fois dans la rue mon humble prix anonyme tirerait l\u2019oeil des passants ni plus ni moins qu\u2019un premier prix d\u2019excellence.Aussi, quand, vêtu de neuf et assis sur les banquettes de velours rouge à crépines d\u2019or, je voyais toutes les \u2018\u2018grosses légumes\u2019\u2019 gravir ra ated sah majestueusement les marches de l\u2019estrade aux sons de la \u2018\u2018Marseillaise\u2019\u2019, J'éprouvais une réelle fierté à penser que j'allais jouer mon rôle dans cette solennité.Les discours commencaient : \u2014 Mesdames, messieurs, mes- chers enfants.Pendant dix ans, j\u2019ai assisté à toutes les distributions de prix de l\u2019ex- école Monge, aujourd\u2019hui lycée Carnot ; J'ai done \u2018\u2018avalé\u2019\u2019 au moins une vingtaine de discours.Eh bien!\u2014et j\u2019en demande humblement pardon à toutes les sommités qui les ont prononcés \u2014 je n\u2019en ai jamais entendu un mot.Je me souviens seulement que l\u2019on applaudissait très fort quand c\u2019était fini.L'idée ne m\u2019est jamais venue alors que ces applaudissements constituaient une marque d\u2019approbation pour cette éloquence laborieusement préparée ; j\u2019al toujours cru, dans ma candeur, que l\u2019on applaudissait parce que le monologue \u2018\u2018rasoir\u2019\u2019 était fini, et que l\u2019on allait pouvoir passer à d\u2019autres exercices.Alors, commencait la lecture du pal- mares.Les noms s\u2019égrenaient interminablement et c\u2019était le remue-ménage des grands et des petits lauréats allant recevoir leurs livres.Il y en avait qui avaient mal entendu; on était obligé de leur expliquer là-haut, bien en vue, qu'ils s\u2019étaient trompés.Ca n'était pas Morillot (Auguste), c\u2019était Moril- lot (Eugène).Alors, Morillot (Auguste) redescendait piteusement, l\u2019oreille basse, et se heurtait à Morillot (Eugène), qui ne regardait pas devant lui, cherchant niaisement dans l'immense salle le sourire approbatif de sa famille.Il y en avait de surpris, d\u2019hésitants, d\u2019ahuris, de haletants, de défaillants, qui, une fois en possession de leurs prix, tournaient sur eux-mêmes, paraissant attendre qu\u2019on les reconduisit eu qu\u2019on leur indiquât par où ils étaient venus.Il y en avait d\u2019éveillés, aux allures vives et décidées, qui escaladaient les marches deux à deux et avaient l\u2019air Distributions de Prix de dire, en arrivant: \u2014Hé ben, me v\u2019là!.Ousqu\u2019est mon bouquin ?Il y en avait qui, en montant, manquaient une marche et tombaient.Ils se retournaient vers le public et riaient.D'autres, embarrassés par leurs prix, tombaient en descendant.Ils s\u2019époussetaient lentement en souriant niaisement aux sommités de 1\u2019estrade, au lien de s\u2019esquiver.Enfin, c\u2019était à moi: \u2014Premier prix de lecture, Machin, Michel.Un vertige me prenait.Il me semblait qu\u2019à ce moment-là toute la salle se levait et que chacun disait : \u2014Le voilà, celui qui lit si bien! Et je montais sur l\u2019estrade, troublé à ce point que, si l\u2019on eût mis entre mes mains, au lieu d\u2019un livre, l\u2019objet le plus hétéroclite et le plus ridicule, je l\u2019eusse rapporté avee précaution à ma place en le serrant fièrement sur mon coeur.Après chaque premier prix, une musique militaire jouait quelques mesures.Il me semblait, chaque fois, que ma fanfare à moi avait été spécialement brillante.Je dois dire que mon prix de lecture prit une fois, cependant, une réelle importance.Ce fut une année où la distribution des prix était présidée par M.Legouvé.Je ne savais pas, alors, que M.Legouvé était le premier lee- teur de son temps et avait éerit sur l\u2019art de la lecture.Heureusement! car la peur qu\u2019il me fit lire un paragraphe m\u2019aurait empêché d\u2019arriver jusqu\u2019à lui.Dans mon ignorance, je lui pris le livre des mains avec un regard un peu effronté, qui voulait dire : \u2014Oui, mon vieux!.premier prix de lecture!.Et, si je te lisais quelque chose, je t\u2019en boucherais un coin!.L\u2019excellent vieillard comprit-il ce regard?Peut-être! Et c\u2019est peut-être pour cela qu\u2019il suivit, avec un sourire bienveillant, lui, l\u2019impeccable et célèbre lecteur, ce petit confrère bafouilleur, qui regagnait sa place, fier comme Artahan!. TIR RTE PRIE PT te PIV ITI So \u2018 DOCUMI i ane en LE TRI sus du torrent qui mugit, dans le vieux bourg devenu fortin, les soldats de France sont cramponnés.La grande armée battit en retraite, les oubliant.Seuls, ils restent à cent lieues de la patrie, au coeur du pays allemand.A perte de vue, les tentes ennemies sont éparses, les troupes grouillent, les fusils se dressent, les canons luisent.Depuis vingt-six jours, une poignée d\u2019hommes arrête une armée devant ce fortin où flotte le drapeau aux trois couleurs.Le feldmarschall dit à son officier : \u2014Va, dis-leur que j'ai pitié d\u2019eux.Qu\u2019ils rendent leurs armes et leur drapeau.Ils seront ramenés à la frontière, libres, à condition de ne resservir d\u2019un an.Le parlementaire monte, protégé par le drapeau blanc.Il demande à parler au général.Deux loqueteux à peau de parchemin lui bandent les yeux et l\u2019introduisent.Les yeux ouverts, il voit un homme.Des yeux de feu brillent dans un visage jaune au-dessus d\u2019une moustache qui grisonne.Des habits usés flottent autour d\u2019un corps desséché.Une écharpe tricolore ceint ce qui, jadis, était un ventre.Le parlementaire fait son discours.Le général dit : \u2014dJe sortirai libre, avec armes, bagages et drapeau, ou je ne sortirai pas.Le parlementaire, répond avec dédain : \u2014IIl te faudra céder.Ne torture pas tes hommes en vain.S\u2019ils t\u2019entendaient, ils te maudiraient.Le général crie : \u2014Nous allons voir.Holà! Soldats! Six squelettes surgissent, l\u2019arme au bras.| A-HAUT, sur le roc à pic, au-des- va | | | COLORE | \u2014Voulez-vous rendre armes et drapeau?Vous aurez a manger.De douze yeux caves, douze éclairs jaillissent.Le parlementaire se pense le condamné que douze fusils vont fusiller.Le général dit: \u2014Va-t\u2019en! Nous restons ici.Les yeux bandés, le parlementaire s\u2019en va et fait son rapport au feldmars- chall.Dans le fortin, le général lit une proclamation.Il dit aux soldats les offres de l\u2019ennemi, et comment elles furent repoussées.On entend un claquement d\u2019os.Ce sont des mains qui applaudissent.Le général dit : \u2014 C\u2019est jour de liesse.Quel est l\u2019ordinaire ?\u2014Deux tiges de botte, et un verre d\u2019eau pourrie.Qu\u2019on ajoute un demi-quart de mulet crevé.Et puis, vive la République ! Seize autres jours, le siège dure.Le feldmarschall mord sa moustache avec rage.Etre arrêté ainsi ! Combien d\u2019hommes, dans le fortin?Nul ne le sait.Pas moyen de les laisser derrière.Jour et nuit, le canon tonne.Là-haut, cela répond toujours.L\u2019assaut est impossible.Et les vieux murs bravent les boulets.Dans le fort, les soldats ont faim.Chaque jour, le feu en tue quinze ou vingt ; dix-autres s\u2019abattent qui ne se lèveront plus.Le reste plaisante.L\u2019un dit: \u2014Je vois le Jour à travers ton dos.L\u2019autre répond : \u2014T\u2019échauffe pas: tu prendrais feu ; t\u2019es trop sec.Mais, aux bras émaciés, pendent des fusils qui savent tuer.Voici l\u2019ordre de l\u2019archidue: coûte que coûte, il faut le rejoindre.La rage au coeur, le feldmarschall renvoie le parlementaire.Les yeux bandés, il entre dans la place.Sont-ce des ombres Jeu fi Le | Cela .SLR or ett), qui l\u2019escortent?A peine s\u2019il entend leurs pas.Les yeux ouverts, il voit une figure effrayante.Est-ce bien un homme?Une voix de caveau parle : \u2014Que veux-tu?\u2014Rends la place, tu sortiras libre avec armes, bagages, hommes valides et drapeau.La voix gronde : \u2018 \u2014C\u2019est bien.Demain matin, à neuf heures, nous évacuerons le fort.Neuf heures.Demain matin, à neuf heures, nous évacuerons le fort.Neuf heures.L\u2019arme au bras, les troupes alliées se rangent en bataille.Mais un brouillard épais dort sur le camp.En vain les yeux s\u2019efforcent, les oreilles se tendent.On ne voit rien, on n\u2019entend rien.Que font-ils done, ceux du fortin?Tout à coup, c\u2019est une stupeur, et l\u2019on murmure: \u2014Les voila! Dans la brume, quelque chose bruit, quelque chose glisse.En téte, un fan- tome de tambour grésille comme un tison mourant.Derrière, se profile un spectre avec une écharpe tricolore.tLe hi sueur» Pa Te tie, Le Tricolore SOIR D'ÉTÉ Le soir majestueux descend avec lenteur.\u2026 Puis, douze ombres suivent.Ensemble, elles ont dix-neuf jambes, vingt bras, \u2018six capotes et trois souliers.Au-dessus, comme un nuage tricolore, flotte le haillon formidable.Les troupes alliées présentent les armes; les officiers saluent de l\u2019épée.Muettes, les apparitions se perdent dans la brume.Au lointain s\u2019évanouit un soupir de \u2018\u2018Marseillaise\u2019\u2019.Quand cela a passé, il y a une odeur de mort.Les chevaux s\u2019ébrouent comme auprès des cadavres.Dans les oreilles, le bruit singulier des pas demeure: cliquetis d\u2019armes ou claquement d\u2019os?Un frisson court à travers les rangs.Sont-ce bien des hommes qui ont défilé?L\u2019armée s\u2019ébranle à leur suite.Elle n\u2019en trouvera aucun sur sa route.Jamais personne n\u2019en reverra un seul.Jamais on ne saura si ce sont des vivants qui ont quitté le fort, ou si ce sont les morts qui avant le grand sommeil, se sont levés encore une fois pour remettre à la France le drapeau qu\u2019elle leur avait confié.Et tout s\u2019immobilise en une vaine attente: Arbre muet, fleur lasse, étoile palpitante Semblent extasiés de silence charmeur.Le pin n\u2019a plus de geste et l\u2019orme, sans rumeur, N\u2019a point gardé l\u2019écho de la brise attristante.Un peu de jour s\u2019attarde en la nuit hésitante Car l\u2019horizon pâlit sur le soleil qui meurt.Un astre d\u2019or qui tremble à travers le feuillage Laisse venir à moi son lumineux sillage Et mon rêve ébloui vogue dans la clarté! Je ne sais plus mes maux: la paix m\u2019envahit toute.Mais, du morne rocher, sur l\u2019eau filtre une goutte Qui tombe comme un pleur dans la sérénité.Hélène Séguin. Sele ve jd) qu\u2019il m > _\u2014 , core lui GES 5 _ \u2014SE Fo 4 SO -_ Png = À pe LA caer.x) 3 ny Ely == a 4 a A Ea \u2014 TE = = Nel = ps le aN Gé = Éd Ni .; EE = CR 3p ÿ \u2014_\u2014 \u2014_\u2014 à | D ses E \u2014 EE ay ear, EE 3» ta di ee 2D Ce mme 3 LEP fr Ji 7 ) N me SE Ce Roel } NA A Vif { LE -< a Y enseigne la natation La\" i an lift A a af SN À i £ / j | ! | i (\\ / ; 4 I pi , / (¥ | fi» \u2018 IV j 7 / A iv T1 est très spirituel et tre Sg eZ Fe NZ _a SUR LA PLAG I Lui.\u2014Qui va vous montrer à nager cet é ae 4 \u201c1 \" OF eg \"sy es s entendu 59 Pe 2 sal { y a ron I ; 4 Elle \u2014Si monsieur Gustave Chose vient ici cet PF i t a 8 CE i} Ke LP) Ney Ke NC i PT === i ~ \\C\u2014\u2014\u2014\u2014\" === - > ly a er Ça fait d - e annee, = eja ce trois aus sera en EE ee ee EEE ee tt ms a ea pa my pea ss \u2014 mm bp ES em bed mt \u2014 =, rf PS pd : Lo CE EE EEE BARRE ADN ity 6a atet vp tele hatelitabitel ltl pel EL Uf Li ie, acts pleurer, TERRE IRN Croquis d Eté SUR LA ROUTE de petits sentiers zigzaguant à travers la forêt.O la gloire des petits sentiers étroits, pleins de trous et de cailloux, se cathant sous les \u2018sapins et sous les bouleaux, grimpant hardiment les montagnes entre les huis- sons et les rochers, dévalant en pentes sans souci des fondrières et des précipices et parveñäant à leur but à travers des milliers de difficultés!.O la poésie des petits sentiers si capricieux, si familiers, si remplis d\u2019imprévus, où les araignées tissent les fils de la Vierge que les brumes du matin argentent ét couvrent de perles; où l\u2019on relève la trace du lièvre qui ne doit pas être loin, embusqué à l\u2019abri d\u2019un arbre ou d\u2019un rocher.Ils ne voulaient pas mourir, les petits sentiers; quelques- uns même ne sont pas encore morts et ils regardent, moqueurs, les routes modernes et les \u2018\u2018chemins du roi\u2019\u2019 hlanes A UTREFOIS, nos routes, c\u2019était Par Jean Yves 83 et poudreux dont les anneaux serpentent à présent partout \u2026 Il y avait autrefois une race d\u2019hommes qui vivaient librement dans le vaste pays que Cartier avait divisé en royaume de Saguenay, de Canada et d\u2019'Hochelaga ; c\u2019était\u201d ces féroces indiens que nous ne connaissons plus au- Jourd\u2019hui que dans les romans d\u2019aventures et dont, tout au plus, nous vovons mourir à nos portes, les derniers sur- vivaiits, énveloppés dans le manteau de leur gloire ancestrale.Pauvres débris! À ces fiers enfants des bois qui possédaient autrefois le pays tout entier, il ne reste plus que quelques petits coins de terre où la civilisation, lour commune ennemie, est venue les relancer.Ceux que nous voyons encore aujourd\u2019hui, derniers restes des puissantes tribus iroquoise, huronne et montagnaise, se.sont accommodés à leur nouvel état de'vie ; insensiblement La Revue Populaire ils ont perdu leurs habitudes, leur langue; toutes les vieilles traditions si suavement entachées de la poésie des choses anciennes.Mais ces pauvres fidèles des Manitous conservent toujours quand même leurs goûts nomades; la grande vie errante et libre les fascine.C\u2019est au milieu de ces inextricables fouillis de branches et de feuilles qu\u2019ont été tracées nos premières routes.Ils ne veulent pas s\u2019attacher à leur demeure d\u2019un jour et, quand vient l\u2019hiver, ils s\u2019en vont là-bas, bien loin, dans le nord immense, avec les bêtes sauvages, où ils sont bien.et ils s\u2019en vont par de petits sentiers tels qu\u2019en tra- caient leurs pères.Les petits sentiers n\u2019ont donc pas voulu mourir tout a fait avee leurs fondateurs.Longtemps ensuite nos grand\u2019pères s\u2019en sont allés, à travers leurs méandres, à pieds ou à califourchon sur leurs paisibles chevaux, au village prochain, acheter leurs provisions, vendre les produits de leur terre.Les découvreurs de l\u2019Amérique avaient devant eux le pays entier.On ne trouvera jamais à quel endroit exactement leurs pas hardis tracèrent le premier chemin.Nos archéologues, au reste, n\u2019ont pas cherché encore à nous éclairer sur ce point.Là, pourtant réside tout l\u2019historique intéressant de nos routes, éar, pour nos chemins et.nos routes postérieurs, nos gouvernements les établirent, au moins en principe, et n\u2019en eurent point la primeur.Un matin, le petit sentier venait des\u2019éveiller d\u2019un songe\u201d\u2019agréable et il écoutait les oiseaux se chicaner \u2018 au- dessus de lui, en séchant au soleil matinal la rosée qui humectait ses accotements lorsqu\u2019il tressaillit soudain Des troupes d\u2019hommes arrivèrent qui jetèrent par terre tous les grands arbres qui l\u2019ombrageaient ; ils fouillèreñt ses entrailles et en enlevèrent tous les: cailloux ; ils arrachèrent sans pitié les herbes qui le couvraient \u2018en certains endroits et aplanirent à coups de pie et de pelle les trous et les bosses dont il était si fier.Ses accotements où poussaient des bluets et des framboises furent recouverts en quelques heures: d\u2019une épaisse couche de petits cailloux et de sable pris on ne sait où.Le petit sentier, qui souffrait beaucoup se renfrogna et devint laid.Tl résista encore tant qu\u2019il put: mais: bientôt arrivèrent de grosses charrettes qui l\u2019écrasèrent sans pitié ; et il se laissa mourir.Pauvre petit sentier! x x * Le Canada étale une grande variété- de paysages.L\u2019un, le plus commun, est la forêt ; non pas la forêt de France: faite de chênes, d\u2019ormes et de hêtres élancés, mais la forêt touffue et profonde, hérissée par les cimes altiéres des cédres, des pins, des érables, des bouleaux et des trembles au milieu d\u2019une plantureuse végétation d\u2019arbustes, sur le flanc et le sommet des collines ou des montagnes, dessinant des courbes ou des voûtes immenses sur le bleu net du ciel ;\u2014ou bien ce sont les fourrés odorants de sapins et d\u2019épinettes éternellement verts.C\u2019est au milieu de ces inextricables fonillis de branches et de feuilles qu\u2019ont été tracées nos premières routes ; elles servent aux pionniers et on les appelle routes de colonisation.Elles sont bat- Sur tues par les lourdes charrettes des colons qui y transportent les effets né- \u2018cessaires à leur défrichement et à leur première culture.Elles existent encore dans les centres colonisateurs.Vu leur continuel mauvais état, elles sont un grand sujet de doléances de la part de ceux qui sont\u201d obligés de s\u2019en servir.Et, vraiment, si l\u2019on ne savait pas qu\u2019elles deviendront bientôt routes ca- rossables, on se demande si les anciens petits sentiers, si bien battus, ne valaient pas mieux.Les voyageurs fulminent contre leurs cahots, leurs orniéres, leurs fon- drieres qui engouffrent les voitures ou les font rebondir jusqu\u2019a en perdre I\u2019équilibre; ils tempétent contre les plongeons de certaines descentes, les bosses formidables de dos d\u2019âne qui esquintent les chevaux, brisent les voitures et fourbissent les voyageurs.Et avec cela, la chaleur atroce, suffocante, enfermée depuis des mois dans ces fourrés, véritables fournaises, et l\u2019essaim sanglant et bourdonnant des \u2018\u2018 mouches noires\u2019\u2019, maringouins, et \u2018\u2018 bru- lots\u2019\u2019 qui livrent au malheureux voyageur et à son cheval une guerre d\u2019atroce cruauté.Oh! ces horribles voyages de trois, quatre lieues, dans ces précipices, au temps des mouches; pendant lesquels on est obligé d\u2019habiller les chevaux de feuillages pour les préserver des féroces \u2018\u201ctaons à cheval\u2019\u2019 et d\u2019où l\u2019on sort ensanglantés, boursoufflés, défigurés, aveuglés, altérés; seuls nos braves colons peuvent en dire toute l\u2019horreur\u2026 Pendant l'hiver, qu\u2019il s\u2019en est passé de terribles drames sur ces routes désertes qui seules reliaient, il n\u2019y a pas encore bien longtemps, les principaux centres!.Durant deux jours et deux nuits la neige est tombée lentement, à flocons pressés et épais, couvrant tout de son linceul immaculé.La forét et la route disparaissent sous de perpétuels rideaux mourants.a chaque coup de la brise, tout s\u2019enfuit, sans bruit, sous le linceul; tout s\u2019enveloppe d\u2019un silence étrange et mystérieux, d\u2019une infinie mélancolie.Puis, toute la route cette neige est devenue subitement \u2018\u201cboulante\u2019\u2019, épaisse, et le vent s\u2019est élevé, par bouffées d\u2019abord, ensuite par rafales prolongées, qui n\u2019annoncaient rien de bon.Quelques heures après, c\u2019est la tempête d\u2019hiver dans toute sa sublime horreur.Tout disparaît dans les tourbillons de la poudrerie ; durant de longues heures, habitations, arbres, bêtes et gens sont perdus, enfouis et noyés dans des rafales effroyables, dans.les halètements furieux de la tourmente.Mais, seuls, peuvent nous dire le: danger et les traîtrises de ces grandes colères de notre nature hibernale, ceux qui, dans la nuit et dans la solitude, à.des milliers d\u2019arpents de toute habitation, se sont trouvés, sur nos anciennes routes de colonisation ensevelis dans.le tourbillon, paralysés par le froid, allant à l\u2019aventure, à pied ou trainés par de pauvres chevaux épuisés, aveuglés, marchant la tête baissée, se laissant guider au petit bonheur, mena- cant à chaque instant de s\u2019abattre pour ne plus se relever.Dans les chaudes cuisines des habitants des villages; auprès du bon feu que le vent qui entre par la cheminée fait hurler et crépiter sinistrement, on parle tout bas des: malheureux voyageurs qui se débattent C\u2019est qu\u2019on est en plein dans les foins.en ce moment dans la tourmente, et l\u2019on adresse au ciel, pour\u2019 eux, une prière ardente\u2026 à X Mais pourvu qu\u2019on ait l\u2019épiderme un > La Revue l\u2019opulaire peu résistant, on trouvera que nos routes, même les plus défectueuses, ne sont pas sans charmes; ne présenteraient- - elles que celui de l\u2019imprévu, que l\u2019on y rencontre à chaque pas, il faudrait les aimer malgré leurs grands défauts.En pleine forêt, au bord des lacs tranquilles et déserts, sur les berges abruptes des rivières, l\u2019incendie a laissé des traces désolantes.Parfois la forêt est une ruine de troncs calcinés, de géants renversés les uns sur les autres comme des cadavres sur un champ de .bataille ou dressant vers le ciel leurs bras dénudés et noireis.T1 reste encore dans ces décombres une grandiose idée de la vieille forét, vietime du fléan.F \u201cNous sommes dans le voisinage d'un colon.En automne, le soleil a fané les feuilles, desséché les herbes qui poussaient: à l\u2019ombre des dômes de verdure ; les réseaux de végétation qui s\u2019entrelacent dans le sol s\u2019enflamment aisément et l\u2019imprudence ou la malveillance allume chaque année, l\u2019un de.ces désolants feux de forêt qui amènent d\u2019irréparables désastres.Mais la verdure des cèdres et des sapins que ne visite point l\u2019étincelle ennemie ne change pas.Rien ne saurait la ternir; et ce n\u2019est que sur les lisières des routes poudreuses d\u2019été que les bourrasques les voilent légèrement de poussière, lavée bientôt par les ondées abondantes des orages\u2026 Tout à coup, le paysage sourit ; à l\u2019orée d\u2019un vallon hoisé et dans l\u2019écar- een Ke.Ps 86 tement de hauts rochers presque perpendiculaires, un gracieux petit lac ap- parait en forme de fève.Plus loin, un bout de clôture en \u2018abattis\u2019, un morceau de terre semé nous annonce que nous sommes dans le voisinage d\u2019un colon.On ne le voit pas toujours le \u2018\u2018camp\u2019\u2019 du colon, caché la plupart du temps derrière un pan de forêt.Quelques animaux domestiques paissent, parqués dans des enclos formés de rondins superposés les uns sur les autres, ou folâtrent au grand air de la liberté, en pleine forêt ; et longtemps, l\u2019on entend la mélancolique clochette du troupeau tintinnabulant sous bois.Ce vestige de vie dure peu.Tout à coup la route s\u2019enfonce de nouveau, dans les profondeurs d\u2019une autre forêt inexploitée, silencieuse, sauvage, sans maison de garde, sans cabane de bu- cheron, donnant en plénitude son impression de repos, de grandeur, d\u2019indépendance, que l\u2019on ignore partout ailleurs.Il est vrai que le temps n\u2019est pas loin ou elle s\u2019animerd du bruit de la\u2019 hache ; ses beaux arbres tomberont et se laisseront traîner vers les rivie-, res veisines qui, chemins qui marchent, les conduiront flottants aux scieries meurtrières.Plus loin, la route, toujours, nous fera\u2019 voir la forêt au sommet d\u2019un plateau.sur la pente d\u2019un ravin; elle semble, là, un ornement et offre une nhysionomie de paysage.Elle ajoute à l\u2019aorément l\u2019utilité et la richesse.Le défrichement déjà commence à lui faire découvrir un terrain neuf, généreux, riché pour la culture de tous les produits agricoles.Aimez-vous un autre aspect du sol canadien?La rorite se charge de nous le montrer.Voici de longues étendues de terrain aride, rocailleux et ineulte.I] ne pousse ici, dans les interstices des rochers que quelques herbes folles, auelaues arbustes rachitiques.Nos vastes terrains agricoles dispensent ces régions de tout labeur de culture; la honne terre qui abonde fait dédaigner la mauvaise et l\u2019ingrate.Ces terres désolées nous ont fait dé- sur sirer, n'est-ce pas, les plaines fertiles : la vue des forêts devient monotone et nous aimerions promener nos yeux, après la verdure des bois, sur l\u2019or des blés et des chaumes.C\u2019est encore la bonne route qui va réaliser ce désir naturel.Que ce soit sur l\u2019une ou sur l\u2019autre rive du Saint-Laurent, sur les bords du Richelieu ou au sommet des rives escarpées du Saguenay, la route, en effet, battue à présent et bien pavée nous sert bien.Elle nous laisse voir, ici, un vaste champ de chaume à l\u2019horizon duquel se profilent des mamelons verdoyants ou les crètes lointaines des Laurentides.Parfois, la plaine est tout unie jusqu\u2019à son bord extrême ; les nuages pèsent sur la terre et lé soleil se lève droit au-dessus d\u2019un sillon.Il y a de loin en loin des bosquets d\u2019arbres abritant des habitations; et, à partir de ces habitations, jusqu\u2019à la route, des bandes se déroulent en guérets ; c\u2019est l\u2019été.Au printemps, la culture bat son plein.Dans les champs, les vi- - goureux petits chevaux canadiens tirent la charrue, tournant la glèbe avec une sorte de lenteur active, pendant que l\u2019on entend les chants des oiseaux, les cris des travailleurs et les mugissements des troupeaux qui paissent éparpillés aux environs.\u2018 Charmes des moissons! Poésie des semailles ! La route, la route civilisée pour ainsi dire, offre encore bien d\u2019autres attraits.Au moment où l\u2019on se \u2018\u201c met en route\u2019\u2019 l\u2019oeil peut jouir tout de suite d\u2019une foule de jolis spectacles : horizons délicatement nuancés, prairies vertes où paissent nos chairs de demain, landes sauvages barriolées de fleurs multicolores; choses de fermes entrevues; grâce d\u2019un frais visage, étonnement admirable d\u2019un marmot innocent qui vous regarde passer avec de grands yeux encore mouillés d\u2019un récent chagrin.Tiens ! on aperçoit là-bas, par-dessus la route \u2018qui passe\u2026 des arbres, la pointe effilée d\u2019un clocher, sentinelle de la paix, témoin muet et si vénérable de la vie entière.Le voyageur fixe sur lui un regard reconnaissant et se dit : Tel village ; tant de milles de fait.on arrive bientét.Un paysan passe et enlève son chapeau.Vous le méritez, mais ce n\u2019est pas a vous que s\u2019adresse son salut.Au côté de la route, une grande croix noire dresse ses bras vers le ciel.Dans notre pays, si catholique, les croix, les grandes croix noires, en bois, en plâtre ou en pierre, plantées partout dans les campagnes, le long des routes, au bord des lacs et des rivières, sur les collines ou dans les champs, les croix restent debout, au milieu de leur enclos de palissades, toujours vénérées, toujours saluées, toujours pieusement entretenues.Toujours elles étendent leurs grands bras sous l\u2019ombre savoureuse des arbres et dans le frémissement des champs rayonnants des cha- Jeurs d\u2019été, ou, en hiver, dans le calme des plaines immaculées ou sous les poudreries aveuglantes de la tourmente Toujours elles restent debout, au-dessus des misérables diseus- sions humaines, au-dessus des haines, au-dessus des blasphèmes, au-dessus des amours; étendant leurs bras sanglants, parlant toujours le même langage divinement miséricordieux.joie, espoir et consolation des uns; effroi, terreur perpétuelle des autres.Ces croix ont des significations ; elles rappellent des événements que les gens connaissent auxquels ils pensent quand ils passent et les attachent à cés domaines qu\u2019elles surveillent et protègent.Il y a aussi le long de la route les poteaux télégraphiques et téléphoniques qui s\u2019en vont à la file .indienne, tout unis avec leurs maigres cheveux, reliant les villages.Leurs bois, frémissant sous la brise, qui les fait bourdonner, laissent croire aux enfants qu\u2019ils murmurent les messages transmis par les fils.Curieux, retenant leur souffle, quelques- -uns y collent leurs oréilles pour surprendre le'sens ld La Revue Popuiaire de ce mystérieux fredon.Mais ils écouteront longtemps encore avant d\u2019en rien saisir qu\u2019un petit chatouillement.Et que dire des hôtes de la route : piétons, voituriers, cyclistes, automobilistes, troupeaux, qui la parcourent en tous sens depuis qu\u2019on l\u2019a tracée ?Voici venir une grosse charrette, eri- arde, pesamment chargée et traînée par un vieux cheval qui n\u2019en peut plus, mais.C\u2019est un \u2018\u2018habitant\u2019\u2019 qui va porter quelques-uns de ces produits au village prochain.Il est musclé, bien pris, avec un teint fortement basané.mins.Au commencement, elle était toute neuve, reluisante, raide ; le temps l\u2019a usée, n'importe elle ne cassera pas encore, du moins, ses oceupants ne semblent pas le craindre et le petit cheval qui la traîne ne lui en imprime pas moins d\u2019inquiétants.soubresauts chaque fois qu\u2019un vigoureux coups de fouet vient le réveiller\u2026 Ah! mais qu\u2019il y a done du monde aujourd\u2019hui sur la route!\u2026 C\u2019est qu\u2019on est en plein dans - les foins, et précisément, en voici un \u2018\u201c voyage\u2019\u2019 devant nous.La charge II y a de loin en loin des bosquets Pendant qu\u2019il guide son cheval pour la \u201c\u201crencontre,\u2019\u2019 il vous regarde longuement pour voir s\u2019il vous connaît ; puis, quel que soit le résultat de ses investigations, il vous salue d\u2019un petit coup bref de la tête, ou en touchant le bord de son large chapeau de paille.Encore une \u2018\u2018rencontre\u2019\u2019.C\u2019est un \u2018\u2018quat\u2019roues\u2019\u2019, cette fois, une \u2018\u2018planche\u2019\u2019 qui ploie effroyablement sous le poids de cinq personnes.A chaque cahot de | aroute la planche touche à terre ; mais elle est éprouvée par quinze années de service; elle a porté la famille sur bien d\u2019autres che- Aisi d\u2019arbres abritant des habitations.oscille à droite et à gauche au gré des ornières etil se fait un bruissement comme celui de milliers d\u2019insectes.La charrette craque quand elle passe près de nous; et la monstrueuse charge projette au loin une grande ombre qui oscille aussi d\u2019un côté et de l\u2019autre du chemin ; on sent encore l\u2019âcre et pénétrante odeur du foin.Plus loin, nous passons un -homme en \u2018\u201cmanche de chemise\u2019\u2019 qui marche vite et pesamment.Il porte une faulx sur ses épaules et vous regarde distraitement en passant.On l\u2019attend probablement dans la prairie voisine où l\u2019on Sur entend des cris et des bruits d\u2019instruments aratoires.Une femme, la tête enveloppée d\u2019un châle, nous regarde curieusement en marchant, au risque de choir dans le fossé d\u2019à côté.Elle est un arpent derrière nous et elle se retourne pour regarder encore.Décidément, elle ne nous connaît pas.Un gamin, vêtu comme son père, dont il a probablement les bottes, se range à -côté du chemin, s\u2019arrête, met les mains dans ses poches et observe en souriant : \u201c\u2018\u201cOù vont-ils et qui sont-ils ceux-là ?\u201d\u201d semble-t-il-se demander.La voiture s\u2019arrête tout d\u2019un coup.Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a done?.Il faut laisser passer un troupeau que trois ou quatre gamins font traverser, en criant, de l\u2019autre côté du chemin.Les vaches, étonnées d\u2019être ainsi dérangées dans leurs paisibles: habitudes, fourragent de la corne et meuglent, humant l\u2019odeur de l\u2019herbe; les moutons bêlent tragiquement ; et les cochons, inquiets et furieux, geignent\u2026 Tiens! un colporteur.Où va-t-il ; d\u2019où vient-il, ce Juif errant?Il marche, ployé, la langue dehors, sous son lourd paquet de marchandises \u2018\u2018bonne marché\u2019\u2019.Quand il est plus riche, il a un cheval très maigre qui traîne ses ballots.Le colporteur vit de la route comme d\u2019autres vivent d\u2019un champ.Au trot menu, toujours chargé de petits paquets, souvent en retard le postillon se hâte.lentement \u2018d\u2019arriver au village suivant.Celui-là connaît la route pouce par pouce.Tout le monde le connaît aussi et on lui donne, en passant, des lettres et des paquets qu\u2019il remet fidèlement à destination.la route C\u2019est un bon diable, joyeux, qui chante tout le long du chemin.Vers les 4 heures, à grands cris joyeux, dévalent sur la route des écoliers, garçons et filles, petits sacs au dos.Les garçons, par bandes, jouent ; les filles, par petits groupes, récitent en choeur, la voix égale, une leçon difficile.Ces petits sont la joie de la route.A notre passage, ils se rangent a droite et à gauche, bien alignés, et crient la voix aiguë: \u2018\u2018Bonjour Msieurs!\u2019\u201d Si la voiture ne va pas trop vite, les plus turbulents se mettent à la suivre, au trot, l\u2019oeil joyeux, contents de dépenser leurs forces et de se dégourdir de l'\u2019inaction des longues heures passées, assis, sur les bancs de l\u2019école.A bout de souffle, ils s\u2019arrêtent tout d\u2019un coup, s\u2019asseyent au bord du chemin et attendent leurs compagnons.Enfin, l\u2019on croise un cantonnier, humble pionnier dela route.Il comble les fossés, remplit des ornières d\u2019un geste lent et continu, suivant sa journée.Près d\u2019une clôture, plus loin, son chien dort sur son paletôt et garde le petit paquet qui renferme le diner de son maître.Quand l\u2019eantonnier, de bon matin, Arrive le long de la grand\u2019route Sur le talus y s\u2019repose un brin, Le cantonnier casse une croute.De tous ces gens, la route prend une âme si le mot âme peut s\u2019employer à propos d\u2019une chose pour définir l\u2019imprévu spécial qui grise un peu tout homme qui se met \u2018\u2018en route.\u2019 Dans le Rang du Bord de l\u2019Eau UN PIQUE-NIQUE Par Mistigris nos gens du Rang du Bord de l\u2019Eau: s\u2019ils ne reniflent pas sur l\u2019ouvrage, ils ne perdent pas non plus une occasion de s\u2019amuser.- Ainsi, l\u2019autre jour, après les premiers foins, ils sont allés en pique-nique.Toutes nos connaissances en étaient, sauf la Louise qui est \u2018restée malade\u2019\u2019 (ce qui met un \u2018\u2019compérage\u201d\u2019 à l\u2019horizon) et la mère Cantin.Celle- ci attend sa bru de Québec et fait un | L FAUT leur reconnaître ceci, à grand ménage: un vrai \u2018\u2018ravaud des fêtes\u2019\u2019, a dit Prosper, son vieux.Ces vides ont été avantageusement .comblés par Tanisse Bérubé et sa femme, venus de Fall River où la belle saison met du slack dans les facteries.C\u2019est chez Casimir Maillat qu\u2019a eu lieu le pique-nique.Maillat vit comme un sauvage, c\u2019est vrai; on l\u2019a vu reprocher aux gens jusqu\u2019à l\u2019eau qu\u2019ils buvaient à son puits, c\u2019est encore plus vrai; il fait payer pour les pique-niques sur sa terre et les pique-niqueurs sont obligés de lui acheter une partie de leurs provisions, ca c\u2019est su et connu.Mais la terre de Maillat est propice aux pique-niques.On y trouve des bosquets assez défardochés pour y pénétrer sans s\u2019abîmer et assez touffus pour y conter fleurette sans être dévisagé par tout à chacun; et puis il y a un étang et un canot, et, encore, suprême détail! une balancine double et patente.Maillat commande done la.situation, En tout, invités et survenants, on 90 comptait trente-trois personnes.Sauf Monsieur et Madame Rochette, en sel- qué double, et Tanisse et sa femme, qui ont loué le quat\u2019 ressorts du forgeron, tous avaient réussi à se loger dans deux charrettes à foin.Les ridelles n\u2019étaient pas hautes et la route se trouvait pas mal bossée, surtout dans le bout de traverse; mais, Dieu merci! personne n\u2019a été perdu en chemin.On aurait dit des paquets de teignes ; surtout dans la voiture des amoureux.Jamais \u2014 c\u2019est Lésime Gauquier qui en fit la judicieuse remarque, \u2014ja- mais on n\u2019avait vu les jeunes gens soutenir le sesque avec une pogne pareille.\u2014Et pourtant, cré vindicte! on n\u2019était pas des manchottes de not\u2019 temps! \u2014C\u2019est vrai ça comme y a du tabac dans ma blague.Seulement, au jour d\u2019aujourd\u2019hui, les filles en ont pas aussi épais sur le corps.C\u2019en prend moins long pour les protéger.\u2014Du temps des erinolines, done!.Je me rappelle une fois, on.Mais, crac! voila la charrette des amoureux sens dessus dessous et toute la charge sur le sol, méme quelques couples dans le fossé.Heureusement il n\u2019y eut rien de cassé nulle part, et, tout compte fait, les amoureux des deux sexes laissérent entendre que si c\u2019était à recommencer, ils voteraient pour.= \u2014On aurait dû y aller en douceur ici, puisqu\u2019on passait devant chez ce flandrin de Lanouette, fit remarquer Lésime.Ça aime mieux moisir que de = FOE.se ER : Un pique-nique tenir son bout de route en ordre.Il est tellement vagnolle, tellement lambin que son graîn a pas tant seulement commencé à épier.Mais personne n\u2019osa trop parler, car Lanouette pouvait étre dans le voisinage; et comme c\u2019est un plaideux, le Rang aime mieux endurer.Enfin, tout notre monde arriva au Bocage sain et sauf, et de bonne humeur, excepté la femme à Tanisse qui ressentait une douleur au \u2018\u2018reinqué\u2019\u2019, rivés les premiers, se sont emparés de la \u2018\u201cbalancine\u2019\u2019.Quant à Tanisse, il frotte le dos de sa femme avec de l\u2019eau de r\u2019source.Il paraît que c\u2019est encore meilleur que de l\u2019eau de pluie.De tout temps, le principal article d\u2019un programme de pique-nique eana- dien a été le \u2018\u2018snack\u2019\u2019 du midi.Ça bat, pour l'appétit, un repas de noces en hiver, même quand il y a quinze milles entre l\u2019église et la maison de la marée A ce pique-nique il y avait, on Ke sait, trente-trois personnes et, en réunissant les provisions apportées par chacun, on aurait pu en nourrir, ze On l\u2019a vu reprocher aux gens jusqu\u2019à l\u2019eau qu\u2019ils buvaient à son puits ayant perdu, depuis longtemps, l\u2019habitude des cahots; dans les \u2018\u2018States\u2019\u2019, voyez-vous, comme dit son mari, les chemins sont lisses comme des ardoises.Pendant que les plus vieux songeaient tout de suite à la mangeaille, les jeunes s\u2019éparpillèrent, mais pas trop au loin, car c\u2019est la femme.à Lésime qui est chargée de la morale, et elle sait par coeur les recommandations de Monsieur le Curé.Elle n\u2019endure pas les dévergondés.Toine Lahaie et Phirine Bérubé, ar- \u2018\u201cforcail\u2019\u2019, cent cinquante.Mais, comme toujours, il y avait ex un oubli, un grave, cette fois-ci; pas un seul tire-bouchon dans la \u2018\u2018gang.™ Pas de tire-bouchon, en pique-nique, c\u2019est presque \u2018\u2018aussi pire\u2019\u201d que pas d\u2019accordéon, décrète Toine Lahaie qui, pour ne pas être tout à fait un mexæ- bre inutile, offre d\u2019aller emprunter ee- lui de Gaudiose Lefranceis qu\u2019on vost faucher là-bas.\u2014Lefrançois et son tire-bouchom, c\u2019est éomme Saint Roch et son chieæ- ça se Jâche pas. F i.ki | \u201cH en id all RET CE RETA I tu PTE EEE ER ES Gi -Ghercher l\u2019Eau\u201d.La Revue -Populaire Et dans le temps de dire trois fois : \u2018\u2018ciseaux!\u2019\u2019 Toine: et Phirine allérent l\u2019instrument .et revinrent avec, en plus, Lefrançois qui salua la compagnie en passant sa manche sur son nez et ne refusa pas de prendre une bouchée, \u2018\u2018rien que.pour montrer qu\u2019il n avait pas dédain de l\u2019ordinaire des gens du bas du Rang du Bord de C\u2019est une solide fourchette, Lefrançois, bien qu\u2019il ne se serve que de son couteau à ressort, et, à part cela, c\u2019est un \u2018\u2018chanteux\u2019\u2019 rare.Comme il est garçon et qu\u2019il essayait de \u2018\u2018brin- cher\u2019\u2019 avec Phirine Bérubé, Toine gâta la fin du repas par des pointes qui n\u2019avaient pas leur place.Ce qui amena la mère Gauquier à dire entre le haut et le bas: \u2014Après tout, Toine est pas encore marié avec la Phirine, et il y en a ben manque, dans la paroisse, qui feraient un meilleur parti que lui.Elle devrait Jui donner la pelle pendant \u2018\u2018qu\u2019a n\u2019a encore en belle\u2019 \u2018( Sur les entrefaites, Lefrancois déclara qu\u2019il ne voulait pas ambitionner, mais, si on le voulait absolument, il allait chanter une «petite chanson.Sa cc sés, dont chacun fut comme une \u2018\u2018pique\u2019\u2019 pour Toine, le dernier finissant par ces deux vers lancés avec un brio \u201cde cor de chasse: L\u2019amour est un érésipèle ; Quand il démange il faut se gratter.C\u2019en était la moitié de trop! Aussi, Toine, qui suffoquait, déclara que le sarouet commençait à frédir, qu\u2019on n\u2019était pas loin sans orage et qu\u2019il allait atteler.\u2014C\u2019est la jalousie qui le gavagne, fit la mère Gauquier.\u2014Rien qu\u2019à voir on voit ben, corrobora l\u2019ex-veuve Rochette.Toujours est-il qu\u2019on ramassa les afficots pendant que les jeunes gens faisaient quelques steps sur l\u2019herbe\u2014 rien que pour dire qu\u2019on avait dansé un peu,\u2014et vers neuf heures tout le monde a été rendu chez soi, un peu moulu et pas mal fané mais, à tout prendre, content de la journée.Chemin faisant, Toine bougonna un petit bout de temps, mais Phirine lui ayant dit sur un ton see comme bardeau : \u2018\u201cJe vous \u2018\u201crequiens\u2019\u2019 pas, vous petite chanson, vinguenne ! eut vingt- savez.\u2019\u2019 il se mit a parler comme du deux couplets, plus ou moins improvi- monde.SOUVENIRS Jai la mémoire des parfums, de la musique Et des couleurs.Pour évoquer les jours défunts, Coupez des fleurs, j'ai la mémoire des parfums.J\u2019 ai la mémoire aussi de la musique, Certain rythme magique Réveille le passé dans mon coeur nostalgique; \u2018 Coupez des fleurs, faites de la musique | \u2018J\u2019ai la mémoire des couleurs, Assez pour rappeler quelqu\u2019un ou quelque chose.Je me'souviens que par un crépuscule rose, Ma promise riait et que j\u2019étais en pleurs.\u201cJai la mémoire des couleurs.Maurice Vaucaire.\u2014 \u2014 \u2014 (fm se rm pref pee pepe pd SUR GEORGES V U N jour, l\u2019escadre de la Méditerranée faisait son charbon dans les eaux turques.Les représentants du sultan vinrent saluer l\u2019amiral, le duc d\u2019Edimbourg, et demandèrent à présenter leurs devoirs au petit-fils de la reine Victoria, aujourd\u2019hui Georges V.Le duc fit appeler son neveu.Et les fonctionnaires, en voyant un jeune gamin en tenue de chauffeur, le bourgeron bleu couvert de poussière, la figure noire de charbon, se crurent vie- times d\u2019une mauvaise plaisanterie.Georges V a toujours eu un faible pour la \u2018\u2018chauffe\u2019\u2019.Et lorsqu\u2019il revint, en 1908, du Canada, ou il avait assisté aux fétes du tri-centenaire, le prince de Galles tint a revétir la cotte bleue et a manier une derniére fois la pelle a charbon.SUR EDOUARD VII E DOUARD VII, alors qu\u2019il était \u201cprince de Galles, avait su, dit l\u2019*\u201cOpinion\u2019\u2019, de Paris, gagner la sympathie des Canadiens-Français, sujets loyaux, mais quelque peu froids.La reine Victoria l\u2019y avait envoyé pour prendre contact avec toutes les parties de son futur Empire, comme il devait y envoyer son fils, aujourd\u2019hui Georges V.L\u2019impression de ces deux \u2018\u201ctournées\u2019\u2019 fut bien différente sur les bords du Saint-Laurent.= - A Québec, sa- courtoisie, sen aisance, lui gagnérent Ja \u201c\u201cvieille capitale\u201d un.\u2018\u201cjolly\u2019\u2019 gas, le fils à la reine d\u2019Angle- | A pe | RR 4 ASH 2 gs.3 A SAS ON ae FAITS ET ANECDOTES Ps EE 7 terre\u2019\u2019, dit un \u2018\u2018habitant\u2019\u2019 (paysan), qui l\u2019avait approché.À Montréal, la ville des gros marchands anglais, on organise une réception à laquelle toutes les personnalités de la région sont conviées ; au moment de souper, le prince de Galles va offrir son bras à Mademoiselle de Rocheblave, qui n\u2019était ni très considérable, ni très jeune, mais représentait une famille de la vieille France.Monté sur le trône, Edouard VII fut d\u2019emblée plus populaire au Canada français que ne l\u2018avait été son auguste mère.Il aurait voulu assister lui-même au tri-centenaire de Champlain à Québec en 1908; il y.délégua son fils, mais, ainsi qu\u2019à sa précédente visite, les Canadiens-Français n\u2019ont pas été conquis par ce jeune homme, un peu incolore, qui prononçait fort correctement des discours bien appris.Aussi les vieux de là-bas doivent-ils regretter \u2018\u201c\u2018le jolly gas\u2019\u2019 qui était le père du \u2018roi d\u2019Angleterre\u2019\u2019, comme ils appellent leur souverain.LES \u201cGREEN BACKS\" EU de personnes savent que c\u2019est de P leur couleur même que les green backs tiennent ce nom baroque.Ils sont imprimés à l\u2019encre verte.Pourquoi ?Pour éviter la contrefaçon.En 1857, un nommé Stacy J.Edson inventa une encre particulière qu\u2019il appela anti-photographique, parce que la photographie est impuissante.à- reproduire les signes \u2018tracés - \u2018avec cette: \u201ceïiore sur le papier.Le 30 juin de la dite année, l\u2019inven- La Revue Pcpulaire teur prenait un brevet d\u2019invention, qu\u2019il ne tarda pas à vendre à la Compagnie des bank-notes américains.L\u2019encre verte avec laquelle Je papier- monnaie est imprimé défie non seulement l\u2019art photographique, mais encore, jusqu\u2019à ce jour, n\u2019a pu être attaquée avec succès par les alcalis.Il est donc fort difficile de contrefaire les green backs.La date de la prise du brevet d\u2019invention par M.Stacy J.Edson était imprimé en tout petits caractères et sur chaque green back.\u201cCanadien.\u201d LES DOUKHOBORS INSI qu\u2019on le sait, plusieurs milliers A de paysans russes, appartenant a la secte des Doukhobors, sont venus, vers 1899, se fixer au Canada.Dans le village JQu\u2019ils construisirent sur la terre qu\u2019on leur avait donnée, ils décidèrent de vivre suivant les principes communistes de leur religion.Ils mirent en commun leurs champs, leurs troupeaux et leurs biens, renoncèrent à toute nourriture animale pour ne vivre que de lait et de légumes, abolirent les formalités du mariâäge et élirent un \u2018\u2018prophète\u201d\u2019 qui fut la seule autorité reconnue.Cela dura ainsi pendant plusieurs années.Puis, quelques fanatiques eurent l\u2019idée que la vie qu\u2019ils menaient n\u2019était pas encore celle que commandait leur religion.Ils disaient que les bêtes n\u2019étaient pas faites pour travailler pour les hommes et que les exploiter était chose impie.Bref, un jour, deux mille hommes, femmes et enfants, abandonnèrent leur village, se dépouillèrent de leurs vêtements et partirent tout nus, vers le sud, à la recherche du royaume de Dieu.Ils n\u2019allèrent pas loin.Arrêtés à une quarantaine de milles de leur village, ils furent embarqués, de force, dans un train et ramenés chez eux.Dégrisés par cette aventure, ils reprirent \u201cleur vie, aujourd\u2019hui ils ne se souviennent méme plus de leur escapade.FRERE CONTRE FRERE l\u2019ouverture du premier parlement Canadien à Québec, en 1792, l\u2019Assemblée Législative fut appelée à élire son président (speaker).Ce choix mit aussitôt en évidence l\u2019antagonisme des deux races.MIM.Duniére et \u201cde Bonne ayant proposé à ce poste M.J.A.Panet, un des représentants de Québec, le parti anglais proposa successivement MM.Grant, MoeGill et Jordan; M.Panet fut finalement élu sur une division de 28 contre 18.Des seize membres anglais, pas un ne vota pour M.Panet.Tandis que deux Canadiens- Français votèrent contre lui, l\u2019un de ces derniers était le frère du candidat, M.P.L.Panet.\u2018Celui-ci, dans le discours qu\u2019il fit pour appuyer M.Grant, remarqua que M.J.A.Panet ne connaissait pas la langue anglaise, que le Canada était une colonie anglaise, que la langue de la métropole était l\u2019anglais et il termina en disant: \u2018Je suis d\u2019opinion que c\u2019est une nécessité absolue pour les Canadiens d\u2019adopter la langue anglaise et je pense qu\u2019il n\u2019est que décent que le président que nous avons à choisir puisse s\u2019exprimer en anglais lorsqu\u2019il s\u2019adressera au représentant de notre Souverain\u201d.Une telle conduite, inqualifiaible envers un frère, était en même temps une lâchete envers les Canadiens, ses compatriotes; le mépris des membres des deux origines en fut la récompense.P.T.Bédard. 0 tht 5 ve + : 5 AP 14 ; Lt {sty sit RK] uh i d J, i) el : i i ; i a hy st Ee vv Eh y h fs a \u2018on, iy 1 ht ty le ; dy SSD is NN A SNS WN t \u2014= = 3 î er tags - Se SS nk %&/ ox) fa A YR il >\" N I Er.pi - y { «000 pr : fy 2-4 \u20ac \u201c4 x 2 AE = / \u2014 hy 7 7 H Fe ss vs ~~ ya ~ Ww G 7 A 7 oo { 3 4 ei 5 = (| res LS ip\u2019 \\ rid ot, ig = by À AN ; | \\ | \\ ¢ \\ XE, a Va Ne [Heh VA i A \u20ac \\ \\\\ He _ fi p a Ÿ ; se eS EE : Q \\ y N 2e 7 Ÿ 7 I { JL ; gi A > th ; A » W\\ C= ; ; \\ : pi he lt Hi ii Ritin he hi 1 i hil 4 ty Jit hit Hi hdyipt tv! \"MN vi 25 1 ht ih Hit } ih 3h Ur 7 Yt iH ile 4 i di hin! À gt \"M ÿ ih fi in if IRIN in x liv ye if 1 Us he ar pou PR Mesdames et Mesdemoiselles Lorsque vous désirez un excellent breuvage froid, bien aromatisé, une crème parfaite, de délicieux bonbons, venez vous asseoir à notre Fontaine au Soda.Dans nul autre endroit vous ne pourrez être mieux ni plus promptement servies.Nous avons aussi à votre disposition: PARFUMS, SAVONS, POUDRE et tous Articles de Toilette propres à la femme.Articles photographiques de choix: Cameras, Films, Papiers à imprimer et tous autres accessoires: : Détail à noter: En nous prevénant par téléphone nous envoyons chercher à domicile les ordonnances et les y reporte?une fois remplies.Votre visite est respectueusement sollicitée.S.MOISAN, PHARMACIF IV, Angle St-Laurent et Sherbrooke Tel.Bell Est 4739 | W.LEGAULT | Horloger, Bljoutier « Opticien Tient un stock des plus variés et des plus modernes.Toutes réparations celles des montres est une spécialité de l\u2019établissement.~~ Le Département complet, up-to-date et d\u2019aprés les procédés et formules basés sur l\u2019expérience.PRIX MODERES, d'Optique est 626 PARC LAFONTAINE, MONTREAL.fara créant, Zige Zags L\u2019espérance est un puissant stimulant pour des coeurs qui n\u2019ont pas encore été désenchantés par l\u2019expérience.+e L\u2019incertitude est peut-être le sentiment le plus aifficile à supporter.& Il y a des chasseurs si enragés qu\u2019ils tireraient même sur la colombe portant une branche d\u2019olivier.4 Il y en a qui, apparemment, ont la conscience nickelée.Jin Hate 2 F3 Ÿ } SS ki: IS SES NS \u2014Ce pauvre bébé ne fait que pleurer, je vais chanter pour l\u2019endormir.\u2014Oh! mais non, laisse-le plutôt crier.e L\u2019esprit lent est souvent d\u2019une intelligence sûre.e Un vieux dicton: \u2018\u2018Gouverne tes lèvres - comme si elles étaient les portes d\u2019un palais renfermant un roi.\u201d \u20ac La charité qui a pour habitude de commencer par soi se relâche de cette règle, et le fondement E ; dans ce cas ça coûte cher.96 a: sa Le grand bonheur de la\u2019 richessé est de donner.| ) e \u2018Des idées brillantes sont mortes de l\u2019effort que l\u2019on a tenté pour les rendre plus reluisantes.: 4 Payer une dette avant le temps ne parait pas toujours aussi beau qu\u2019on le croit.4 I] est aussi facile de gâter un homme mûr qu\u2019un bébé.+ L'amour sans la courtoisie est chose impossible.\u20ac \u2018 Souvent la science d\u2019un expert n\u2019est guère au-dessus de l\u2019ignorance populaire.& La nature a fait du travail une nécessité; le plaisir en a fait un devoir et l\u2019habitude en fait un plaisir.e 1] est sage de ne pas chercher à pénétrer un secret et honnête de H\u2019en pas révéler.\u2014\u2014\u2014\u20140\u2014\u2014\u2014\u2014 LES CARNETS ILLUSTRES DE MISTIGRIS Dans notre magazine hebdomadaire \u2018\u201cLe Samedi\u2019?Nos lecteurs seront heureux d\u2019apprendre que, depuis quelques semaines, Mistigris, l\u2019auteur des Scènes du Rang du Bord de l\u2019Eau, publie dans chaque numéro du \u2018\u2018Samedi\u2019\u2019, sous le titre \u2018\u2018A travers la vie,\u201d\u2019 des études sério-comi- ques illustrées.Au nombre de celles déjà parues, il y a \u2018\u2018Souvenirs du Nord-Ouest\u201d\u2019 (à continuer), le \u2018\u2018Droit de fouiller dans les poches du mari\u201d, le \u2018Droit de battre sa femme\u201d, etc.Ceux qui aiment le genre de Mistigris sont donc invités à se procurer le \u201c\u201c Samedi\u2019 de chaque semaine.Pere Gueri de I'lvrognérie Sauve son père de la fin des ivrognes.Echantillon gratuit de Prescription sans goût \u2018\u2018Samaria \u2019\u201d ar- réte sa passion de boire et commence une guérison complète.\u201cTout espoir d\u2019empêcher mon père de bôi- a re semblait perdu, % et nous en\u2019 ressentions tous le \u2018déshonneur.Alors que tout allait de pis en pis, une amie m\u2019a recommandé le \u2018\u2018Sa- maria\u201d.J\u2019ai appris que J ik OAL vous offriez un échantil- a DNS lon gratuit, et que le remède étant sans goût pouvait être administré secrètement.Je me suis décidée à l'essayer et j'en suis bien aise depuis.Le traitement complet que je lui ai donné l\u2019a complètement guéri et je suis heureuse de dire qu\u2019il ne boit plus de whisky.Quelle bonne idée j'ai eu de vous écrire! A présent nous sommes tous heureux.Men père dit que, de bonne volonté, il n\u2019aurait jamais cessé de boire.\u201d § et brochure contenant tous Paquet a essai les détails, témoignages et prix, dans une enveloppe ordinaire cachetée, envoyés sur réception d\u2019un timbre de 2 centins.Core respondance confidentielle.Adressez: THE SAMA- RIA REMEDY CO., 14 Jordan Chambers, rue Jordan, Toronto, Can.DEVELOPPEZ VOTRE BUSTE 50c PAQUET GRATIS Pour 10c en timbres ou argent pour défrayer la distribution, nous enverrons un paquet de 50c du traitement merveilieux du Dr Catherine E.Kelly pour rendre le buste replet et ferme; aussi notre brochure \u201c La Forme Parfaite\u2019\u2019.Elle s\u2019est servie de ce traitement elle-même et il a amélioré non seulement les proportions de son développement mais aussi celles de ses clientes, de 4 à 7 pouces, Ecrivez au- jourd\u2019hui.DR KELLY Company Dept.359b, * Buffalo, N.Y.Nos DENTS sont très belles, naturelles garanties Institut Dentaire Franco- | Americain, (Incorporé) 162, St-Denis, Montréal.[Es aa LL ge gt afc tinh EERE EIEN , RECTIFICATION, ET AUBAINE POUR NOS LECTEURS \u2014\u2014 En parlant du Premier Prix remporté par M.Pierre Voyer ( Mistigris) dans le Concours sur l\u2019Hiver Canadien, notre revue (No de mai) a fait savoir que ce trophée avait été manufacturé par la Hemming Manufacturing Co, de Londres et Mont- - wéal, ce qui pouvait laisser croire que le siège principal de cette célèbre maison est à Londres.Il n\u2019en est rien.C\u2019est à Montréal qu\u2019est la sour- te première de tant de travaux d\u2019art aus se répandent dans le monde entier.Les chefs de cette maison ne sont pas de ceux qui croient le Ca- rada inférieur pour la productiou ar- %istique; ils prétendent même que la rigueur et l\u2019originalité du Canadien ri assurent la supériorité sur l\u2019Européen exténué et rouillé.La Maison Hemming a surtout deux spécialités: \u2018les Emaux Chamièvé et -ce qui est tonnu sous le nom de \u2018\u2018Depos-Art\u201d et, dans ces deux lignes, elle l\u2019emporte sur tout ce que l\u2019Europe et les Etats-Unis produisent.Et ses arti- eles sont presque totalement l\u2019oeuvre de Canadiens français et anglais qui se sont façonnés et perfectionnés- dans cet établissement.Nous avons reçu une bien jolie brochure décrivant les méthodes du \u2018\u2018Depos-Art\u2019.Brochure que chacun de nos lecteurs.peut recevoir gratuitement en s\u2019adressant à cette maison à la fois si avancée dans la production artistique et si généreuse dans son encour ragement à notre littérature et Favancement du Canada.A NOS CONFRERES Cn certain nombre de confrères ne reçoivent la \u2018\u2018Revue Populaire\u201d qu\u2019à la condition expresse d\u2019en publier régulièrement les sommaires.Quelques- ans négligent de le faire ou ne le font qu'irrégulièrement.Avis est donné que Te service d\u2019 échange Jeur sera refusé s\u2019ils ne remplissént pas leur engagement.PIRATES RE EE PRET RIT ET TER TOO ET ONU re frei : SR Et AERA AEE IEEE AEN ETI Ls Li Pourquoi ne pas nS vous abonner a i, Revue Populaire, le seul vrai magazine de langue française en Amérique?T1 est illustré avec goût.Il publie un 1oman complet dans chaque numéro.Il contient un choix superbe d\u2019articles instructifs et amusants.I1 donne 100 pages de texte et de gravures par mois.Il ne coûte qu\u2019un dollar par année ou 50c par six mois.Si vous \u2018désirez passer d\u2019agréables moments procurez- vous cette publication.(F7 tl ~~ | d\u2019abonne- COUPON D\u2019ABONNEMENT Adresse.ccviiii iii Ce coupon n'est valable que \u2018pour les \"personnes demeurant aux Etats-Unis et au Canada (Montréal Ci-contre veuillez trouver la somme de.excepté.) ARAMA RAAAARAAARARARARRR ARAAARRAAARAAARRARAARARAA : : 3 i ; : 2 3 : : i ment à la Revue Populaire.IL : : fn PROF.IA V.Mais Satisfaction assurée son fondée en 1860 - Perruquier Perruques et Toupets pour Dames et Messieurs.SPECIALITE Cheveux.teints de toutes les couleurs, coiffures pour Bals et Soirées.a, Londres et New-York.8, NOTRE-DAME 3 | ) } } Ut SANS AVEC 1 Toujours en mains un assorti- Aussi Peignes et Ornements de })} ment complet de Perruques, Tou- tous genres pour cheveux, ainsi {)} pets, Tresses et Boucles en che- que les articles de toilettes des ) ; veux naturels.meilleures marques pour l\u2019Em- ) Importateur direct de Paris, bellissement du Teint et Conser- ) vation de la Chevelure.MONTREAL, CAN.Le = Nouveau Feuilleton Sensationnel ! \u2014 Le Meilleur ouvrage de Debans Acheté pour Toms | RS ' de l'auteur directement.® Hi Guettez-en le commencement 99 NIQUE, N .CURE SE A pis - CE NNR A hl RT Ro RY ay IL SERS ET It oe A OÙ CRU WL ETE NOR ide FRE APTE 3 Ce Me MNP ANNAN MESDAMES ! Pour vos empesages, pour la facillté et I\u2019économie du repassage, = \u2014.\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 - n\u2019employez que Li impois de Riz Remy Médaille d\u2019Or, Paris 1867.Grand Prix, Paris 1889 Hors Concours, Paris 1900 EGONOMIE 20°/, d'économie d'Empois sur tous les | autres Empois.FAGILITE L\u2019Empois de riz Rémy s\u2019emploie à froid: plus besoin de chauffer ni de faire bouillir votre empois.BLANCHEUR L'Empois de riz Remy donne une blancheur immaculée, supérieure à celle des empois de blé ou de blé-d'inde.SOUPLESSE Les cols et les chemises ne sont à la.fois glacés et souples qu'avec l\u2019Empois de riz Rémy.L'\u2019'EMPOIS REMY COMMUNIQUE AUX TISSUS LE PLUS BEAU BLANC MAT 1VEC UNE RAIDEUR ELASTIQUE.Trois grandeurs: 144 15, 1 1b, Demandez-les à votrè fournisseur; nous vous garantissons entière satisfaction.Distributeurs Généraux : Laporte, Martin et Cie, Ltée.EPICERIES, VINS ET LIQUEURS EN GROS, MONTREAL.Entered March 23rd 1908 at the Post Office of St.Albans, Vt.,, U.-S., as second class matter under Act of March 3rd 1879."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.