Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1916-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" _.sAnnée-No 9 == } iptembre 1916 Notre roman complet : Le Premier Amour de Napoléon PAR H.DOURLIAC.L 1 numéro contient exceptionnellement 16 pages de plus qu\u2019à Minaire, soit cent soixante-quatre.On y trouve plus de qua- Vingts articles très intéressants et de nombreuses illustra- ms, POIRIER, BESSETTE & CIB Edit.-Propriétaires 200, Boulevard St-Laurent Montréal.Voir le sommaire complet d'autre part. BL oe ano ons) psc OO OR IOC A Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 191 a FOURRURES \"DESJARDINS\"( LES MEILLEURES - LES PLUS BELLES - LES MOINS CHERES il | 1 a j ' \u2014 3 - / > IL \u201crol : : - La 25 Te | 3 AA J > LANA A S A 1 wie = = E 7 a A 5 Hl | | cl ELL IAN ND MIN N WF a \u2014 ES tte.[4 14 Ra)! Ln THI NAN OFFER) 2 STFFFORLETE Spécialités: | Vieilles Fourrures Mouton de Perse J | remises à neuf Seal Hudson : et transformées Vison \u2018 | Il \\ au plus bas prix Martre _ Satisfaction Hermine garantie.GROS ET DETAIL.TEL.EST 1537 Les lectrices de la Revue Populaire qui ont besoin de FOURRURES pour ce hiver sont cordialement invitées à nous rendre visite avant de faire aucun acha Que ce soit pour acheter ou pour visiter seulement, elles seront les très bienvenue et seront reçues avec la même exquise courtoisie par notre personnel.| Qu\u2019elles voient et comparent; nous ne voulons pas autre chose.Nous sommes persuadés qu\u2019après avoir vu les magnifiques modèles que nous exposons cette an née, elles n\u2019hésiteront pas à nous donner la préférence, surtout lorsqu'elles connaî tront nos prix, qui sont extrêmement avantageux.L'espace nous étant mesuré, il nous est impossible de décrire ici les innombra bles articles que nous offrons à notre clientèle, MANTEAUX ou PARURES (Tours de cou, boas, manchons, etc), nous en avons par milliers et pour tous le goûts.VÆANEZ LES VOIR \\ CHAS.DESJARDINS & CIE, Limiter, 130, rue St-Denid \u2014 2 =: ol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 \u2018Librairie GRANGER FRÈRES Limitée Libraires, Papetiers, Importateurs 43, rue \u2018Notre.Dame Ouest, - - - - - - - - - MONTREAL \\ pot ey Let da dm Ena BF 4 TR RTE gl T1 > oi a En Hl \u2018 (FONDEE EN 1885) LA PLUS IMPORTANTE LIBRAIRIE ET PAPETERIE ie FRANCAISE AU CANADA | Vous Invite À Venir Visiter Ses Rayons De : Littératares canadienne et française ; oi Livres et articles religieux ; a Articles de fantaisie, d\u2019art, de jeux ; \u201c11 Fournitures de classes et de dessins ; Fournitures et articles de bureaux ; 1 Papiers peints etvitraux, tapisseries, rideaux etc.SAY \u2014 2 ! Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, S-ptembre 1916 *\" t = i; J Q 2 EN nu.Er ES NN SS 4 \u2014\u2014=IOEIOL\u2014\u2014\u2014\u2014JO0LJIO0 T=) Cf =\u2014th~/ \u2014\u2014IOIOE\u2014\u2014\u2014I0I0 = == RE = ZL = \u2014 \u2014 \u2014 _\u2014_ J \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014= === S==\u2014\u2014== Q == === == NEE 3 Na IR NS > ESS NO COUPEZ EN DEUX Votre lavage - Mais pas avec un couteau Vous pouvez diminuer de moitié le coût de votre blanchissage, en le confiant à une bonne buanderie qui vous le retournera blanc comme neige, bien empesé, et à un coût moitié moindre qu\u2019un blanchissage fait à la maison.~~ METTEZ-NOUS A L\u2019EPREUVE i I | TOILET LAUNDRY CO.Ltd TS Teinturiers Il | i I cts et Dégraisseurs a Sec.rie centre it Installation Lorean Electrique L'USINE LA PLUS MODERNE DU CANANA Approuvé par le bureau de santé.Service irréprochable 428 RUE RICHMOND, MONTREAL - TEL.UP.7640 gr OO OE O I OH OO EI O Oo O0 OT O Il ] FoR T0001 C10 OO TO 1 \u2014 4 \u2014 * foi.9, No 9 La Revue Populairo Montréal, Septembre 1916 SOMMAIRE DU NO DE I p/ne prédiction .l'Héroïsme dans les flammes .ga garde-robe d\u2019un cardinal .& ravaux féminins.Envelcppes pour serviettes de table .210000 Row'eaux pour aver Bavettes absorbantes .Pour marquer les cuillers .Crochet nouveau .Les Tragédies de la guerre.Histoire d\u2019e\u201cpion.Trois jours dans un trou d\u2019obus .Un duel en mer .o.| Excentricité de mi\u2018lionnaires .H Superstitions serbes .La terreur du Mexique .Li-Hung-Tchang et Bismark .fF Le gros canon de 161% pouces .L'art de la respiration .Roman: LE PREMIERE AMOUR DE NAPOLEON, par H.A.Dourliac .La musique comme médicament Une machine infernale au XVIE siècle Des oiseaux voraces .La danse du cobra .Le papier tourbe .Le plus vieil homme du monde .La torpille de Whitehead .ee ieee L\u2019astrologie du mois de Septembre .Le moulage en PAtre .4.2204 coe.Requisition: a Yallemande .MOSAIQUE : La léproserie de Robben .Che eas | Rivarol et l'homme volant .SEPTEMBRE 1916 MOSAIQUE : Le soin des livres (Suite et fin) L\u2019électricité comme anesthésique L\u2019éloge de la pipe Une tombe \u201cuxueuse Le peintre et le soldat Le record du baiser Les oiseaux qui La vraie piété La tombe liquide L\u2019origine du corset Curleuse découverte La femme la pus lourde t = Lo Lo La magie en famille 10 Traités de paix célébres Vengeance d'indienne to 15 Lo © =a O1 ww Lo L\u2019obus de T\u2019en fais pas.L'armée suisse L\u2019opinion d\u2019un espagnol Ils achèvent les blessés Les procédés des bandits sottises boches Les belges et les boches Fabrique de canons boches opérations chirurgicales .Un petit fait qui en dit long L'Humour chez les poilus La bonne nouvelle Lord Kitchener L\u2019Economie dans la cuisine fe magnétique L\u2019Ecrevisse L\u2019alcool de bois oA ARE Ss RSS 8 ! ; Nia: iN IR pi La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 Vol.9, No 9 THOMAS DUSSAULT, BOTTIER FASHIONABLE 281 RUE STE-CATHERINE EST, TEL.EST 2434 MONTREAL J 9 ) 2A (A } A Ge} z : | NN I a A \u2014\u2014\u2014 BOTTINES D\u2019AUTOMNE (Impermeables) \u2014 POUR \u2014 \u2014 DAMES, MESSIEURS et ENFANTS _\u2014\u2014 Bottines et Souliers de Toilette et de Soirée Es = \u2014_\u2014 \u2014 6 \u2014\u2014\u2014 \u201c HR . 2) Emma SSD == La À vue Populaire Vol.9, No 9 Momtréal, Septembre 1916 e ABONNEMENT.A POIRIER, BESSETTE & Cie, Para it tou S Editeurs-Propriétaires, Canada et Etats-Unis: 200, Boulv.St-Laurent, MONTREAL Un An: $1.00, \u2014 Six Mois: - - - 50 cts ° La REVUE POPULAIRE est expédiée Montréal et Etranger: l es mois par la poste entre le ler et le 5 de cha- Un An: $1.50 - - Six Mois: - - - - 75 cts que mois.Tout renouvellement d\u2019abonnement doit nous parvenir dans le mois même où il se termine.Nous ne garantissons pas l\u2019envoi des numéros antérieurs Une Drediction Larssons de côté les vulgaires cartomanciennes dont la plus \u201c clairvoyante \u201d n\u2019a jamais pu prédire la guerre actuelle.Laissons de côté ces professionnelles du boniment inepte et constatons d\u2019autre part que d\u2019autres personnes, mieux douées ou plutôt plus observatrices ont fait quelquefois de singulières révélations.Voici, par exemple, ce qui est arrivé à M.Bernard de Bulow alors qu\u2019il n\u2019était encore ni chancelier de l\u2019empire allemand, ni prince, ni ambassadeur, mais simple bourgmestre d\u2019une ville en son pays.Il rencontra, par hasard, une vieille bohémienne sur son chemin.Toutes ces vieilles-là se prétendent un peu sorcières et celle-là voulut le prouver.Elle fixa longuement M.de Bulow, lui prit la main qu\u2019elle étudia et lui raconta, en substance, ceci : Il serait un jour premier ministre et ambassadeur d\u2019un grand souverain puis il monterait plus haut encore; il deviendrait quelque chose comme le premier citoyen, le président d\u2019un Etat populaire après une catastrophe qui aurait bouleversé un grand empire.Sur le moment, M.de Bulow resta étonné, il fut même près de prendre cette prédiction pour wne plaisanterie.RE PSE POITRINE _ 2 Il oublia ensuite rapidement cet incident et n\u2019en parla jamais.Il avait à cela deux bonnes raisons: ne pas se faire moquer de lui et ne pas porter ombrage à ses supérieurs hiérarchiques.Il avait sans doute encore une troisième raison, meilleure encore; nous la dirons en terminant.\u201c Toujours est-il que M.de Bulow devint prince et chancelier, c\u2019est-à-dire grand personnage; il lui reste, pour accomplir la prédiction, de devenir président d\u2019une république.Or, une fois l\u2019empire allemand démembré, il n\u2019y aurait rien d\u2019impossible à ce que la volonté populaire \u2014peut-être pas de Prusse, mais des pays alliés\u2014 mette à la tête de l\u2019ancien royaume de Guillaume, transformé en république, un homme qui paraîtrait offrir quelques garanties de tranquillité.M.de Bulow pourrait peut-être bénéficier de ce choix et c\u2019est ce que nous verrons.Maintenant arrivons à la troisième raison dont je parle plus haut.Il est infiniment probable que la fameuse bohémienne n\u2019a Jamais existé et que l\u2019histoire a été fabriquée de toutes pièces par des partisans de M.de Bulow.C\u2019est pour cela que ce dernier n\u2019aurait eu aucune peine à l\u2019oublier\u2026 Rocrr FRANCOEUR.aa PESTS PTT La Revue Populaire Montréal, Septenibre 1916 On peut voir exposé aux Invalides à Pa- vis, un des avions \u2018du capitame Morris elorieuse nelique qui porte quatre cents traces de balles et d\u2019éclaits d\u2019obus.11 est difficile de rappeler tous les vois émouvants du capitaine Morris.Je me contenterai de montrer, par quelques exemples, l\u2019enduranice dont faisait preuve cet officier.Le 19 avril, il croisait, pendant huit heures trente-cing ,sur la partie du front qu\u2019il devait surveiller, et Jançait à lui seul quatorze obus dans sa journée sur des batteries conitre avions et sur un drachen.Lee soir, quand il rentraut, on constatait que son appareil revenait avec (douze nouveaux glorieux éclats.Car, à l\u2019escadrille.on tenait une comptabilité exacte et rigoureuse des traces laissées par le feu ennemi.Le 16 mai, au cours d\u2019une reconna\u2018ssan- ce, le capitaine Morris me parvenaiït à réintégrer les lignes que grâce à un hasard providentiel.Une poutre de son apparcil avait été sectionnée à son attache avec le plan im- férieur, les deux mâts correspondants avaient été complètement brisés et l\u2019aile gauche me s'était plus trouvée soutenue que par trois tendeurs.Ceux-ci avaient résisté, on ne sait comment, et, grâce à eux, le pilote avait pu ramener l\u2019avion blessé jusqu\u2019à son aérodrome.Tant de vaillance et de mépris du danger delvaient fatalement se traduire par une catastrophe.On ne passe pas impu- wément pendant des mois et des mois les lignes à moins de mille verges, on ne se livre pas à une attaque d\u2019un pont défendu par des canons spéciaux, parfois à 500 .eit 600 verges d\u2019aïtitsdie, sans avoir la con- vietion d\u2019y rester tôt ou tard.Lie capitaine Morris ne l\u2019ignoraît point.il n\u2019agissait pas ainsi par erânerie ou vai- 1e glowiole, mais il préférait ne pas reve-| TG.« vit nir un jour et être! sûr de terminer sa car-§§ rièrie avec la Joie du devoir accompli au delà de toute espérance.LE BOMBARDEMENT DE SAINT-QUENTIN A la suite d\u2019un premier bombardement.la gare de Saint-Quentin, brûla pendant| Vol.9, No 9 \u2026 {dx-huit heures.Le 25 mai, les mêmes pilotes y retournaientt pour recommencer.En arrivant sur 1\u2019objectif, les appareils « jles plus \u2018élevés étaient à 1,500 verges et se Tpréparaient \u2018à descendre encore pour ; {mieux assurer leur tir.J | Le capitaine Morris, lui, n\u2019était qu\u2019à (600 verges.Le point, visé n\u2019était pas idéfen- {du par des autos-canons, mais par des mitrailleuses qui, dès l\u2019arrivée de l\u2019escadrille, avaient commencé à faire retentir leur JV \u201cta, ta, ta,\u201d d\u2019une sinistre régularité.Soudain, l\u2019appareil de 1\u2019officier est atteint : ume commande est coupée net, le biplan perd \u2018de vitesse, s\u2019engage sur une alle et s\u2019effondre comme ume pierre.Les pilotes qui opèrent leur attaque voient avele terreur l\u2019avion de leur brave chef s\u2019écraser contre les dernières maisons de Saint-Quentin.Tous reviennent désespérés, les larmes aux yeux et rapportent le récit dramatique de la fin de leur capitame.Pour tous.il est \u2018Certain que l\u2019officier avait dû être tué sur le coup.Or, quelle n\u2019était pas la joie de l\u2019escadrille lorsque deux mols apres, elle recevait des nouvelles du capitaine Morris.Il avait été blessé commençait à se remettre, était très bien soigné, et sa guérison n\u2019était plus qu\u2019une question de temps, Depuis, une autre lettre arrivait, provenant du camp ou le pri- sonnter était interné et où il avait rietrou- vé, comme compaignons de captivité, d\u2019autres aviateurs, les lieutenants Pinsard.Ménard et le sergent Monuthier.UN AUTRE HÉROS Au capitaine Morris succéda à l\u2019escadrille M.F.8 le capitaîne Sallier.Cet officier, formé à l\u2019école de son prédécesseur avait unie rare conscience et ume \u2018haute \u2026! Idée du devoir.AAEM 14 sth id ALIS La Revue Populairo grièvement, mais 9 Montréal, Septembre 1916 Il tenait à êtue l\u2019instructeur de tous ses pilotels et observateurs ; il leur appremait lui-même en quoi consistait la guerre aérienne.Il les emmenait, les accompagnait.et par son entrain, sa bravowre, donnait du courage aux moins confiants, insufflait Un avion de bombardement à faible altitude.l\u2019héroisme à ceux qui semblaient craintifs.| Le capitaine Sallier prit part à toutes les expéditions de la M.F.8 ; il fut l\u2019un des héros des bombardements idala gare de Sa:nt-Quentin.Il sema la mitraille sur tous les points PER = ey EE es tr Eddie SET PEA ee PETER San Vol, 9, No 9 que le commandement indiquait et rentrait régulièrement ave des atteintes multiples dans son appareil.En septembre, quelques jours avant l\u2019attaque: de Chamipagne, le capitaine Sal- lier, accompagné d\u2019un jeune observateur.le lieutenant Le Gall, partait en reconnaissance.Au cours de sa randonnée, @ apercut un aviatik de chasse qui se piréci- pita vers lui pour lui couper la retraite et engager le combat.Biens entendu, les Francais n\u2019essaient pas de refuser la lutte, au contraire, Le lieutenant Le Gall actionne la mitra:lleu- se, tandis que le pilote cherche à placer son peu maniable biplan dans la position la plus favorable pour esquiver les balles L\u2019Allemand commence; À dérouler ses bandes.Ses projectiles sont explosibles.l\u2019un crève le réservoir id\u2019essence et enflamme le liquide.L\u2019AVION EN FEU L'avion prend feu.Le combat est ter- mmé.Clest la mort pour les Francais.Hetureux de son sueccés, 1\u2019enmemi s\u2019éloi- gnie là tire-d\u2019ailles pour porter la bonne nouvelle à ses chefs.Pendant ce temps l\u2019incendie gagne l\u2019appareiïl de Sallier et Le Gall.Ce! n\u2019est plus un avion, c\u2019est ume torche dont les flammes s\u2019élèvemit vers les cieux comme d\u2019immemnses bras dans un geste de douleur.Que font alors les deux aviateurs pendant les dernières secondes qui leur restent à vivre, malgré le feu qui les entoure et les brûle: déjà cœuellement ?Tous deux sont occupés à unie besogne admirable.Ils ont des documents importants & bord.Au lieu de se laisser mourir sans s\u2019occuper de ce qui arrivera par la suite, ils sonigent à la patrie.Leur geste suprême est pour la France.Ils se partagent les précieux papiers et.La Revue Populaire \u2018nous la plus Montréal, Septembre 19 § les déchirent en petits morceaux.D:} tranchées françaises les soldats assiste { à \u2018cette agonie.Et tandis que l\u2019avion vie | s\u2019écraser, monceau de débris carbonis.{ sur le sol ennemi, le vent pousse ve , grande partie des doc ments détruits par Sallier et Le Gall 1 moment ou la mort la plus affreuse s attinait à elle.C\u2019est ainsi que fut con | cet acte d\u2019héroisme gramdiose.: Du côté allemand furent aussi retrc- vés quelques fragments et nos adversaim surent apprécier la beauté du geste.e lendemain, le général commandant le s- teur situé en face du nôtre envoyait à sa collègue, par la voile des airs, une lette ainsi conçue : Le pilote et l\u2019obselrvateur de l\u2019avit M.F., abattu hier par l\u2019un de nos av, teurs, sont tombés héroiquement en æ truisant les papiers qu\u2019ils avaient à bob Ts ont été enterrés avec leis honneurs 1r$ litaires et leur tombe! a \u2018été décorée co# me celle des héros allemands.\u201d | \u20140: LA GARDE-ROBE D'UN CARDIN/ La garde-robe d\u2019un cardinal compre des vêtements de différentes couleu Tout cardinal est tenu d\u2019avoir un costs complet rouge cardinal, un autre violet# un troisième rose.Le port de ces dif4 rentes couleurs est prescrit par le rituel l\u2019Eglise pour les différentes saisons l\u2019année ecclésiastique.Le rouge est po toute l\u2019année excepté pendant l\u2019avent le carême où c\u2019est le violet qui est de gueur.Le rose n\u2019est porté que pendant troisième dimanche de l\u2019avent et le q trième dimanche du carème.15e \u2014\u2014 0 \u2014\u2014 \u2014 10 \u2014 Cet i ged ee aided eis ge RS 20 dn 5 TER DIX pr lem tim \u201cole if qu oe | pr ; itl | (A Vol.9, No 9 4 os 4 \u2018 a) o ?44 a BY 2 sa ol s TE 3 pd > >, on TF SE 7 Les Tra La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ENVELOPPES Pour SERVIETTES De TABLE Les enveloppes ont une grande utilité; elles servent à serrer, après le repas, ses serviettes pour les préserver de toute souillure.Chaque membre de la famille doit avoir la sienne; une petite initiale faite à l\u2019intérieur les distingue l\u2019une de l\u2019autre.Nous ne pouvions done manquer, chères lectrices, de vous en donner quelques modèles, Vous les faites en toile de fil un peu forte, quoique très fine, pour qu\u2019elles aient du soutien.La longueur sera 10 pouces et 5 pouces de haut.Pour la préparer, vous taillez un ree- tangle de 10 pouces de large et de 15 pouces de' haut, soit 10 pouces pour former la poche en cousant les deux côtés et 5 pouces pour rabattre sur le devant; sur cette partie, vous posez ou brodez la garniture; elle doit rester un peu plus courte que la poche.Vous pouvez acheter un transparent taillé comme le dessus mais un peu moins large.Comme toutes les enveloppes ont la méme dimension, ce méme transparent passe de l\u2019une à l\u2019autre.Les trois modèles que nous vous donnons sont d\u2019exécution facile.No 1\u2014 Broderie anglaise, feston et noeud formé de barrettes, Pour éviter de faire fromecer le tissu, brodez sans bâtir sur toile cirée.Sur le tracé des feuilles, passez un poïnt très court, fendez au milieu, avee l\u2019index, tenez le tissu dessous et brodez en prenant le coton et le bord du tissu qui se trouve dessous.Pour que les barrettes du noeud soient solides, faites-les au point de feston et avant de faire le bord, et, en faisant celui- ci, prenez-en le bout; le feston du tour se Hi of vl Bs! i ji pe ed EE IRS mee A RR Vol.9, No 9 fait la boucle en dedans afin de pouvoir découper le tissu.No 2\u2014l;e bord est orné de quatre carrés incrustés dans la toile par un point de feston dont la boucle tombe sur le filet; le feston fini, on découpe la toile.No 3.\u2014Celle-ci est la plus ouvragée ; les jours sont faits à même en sortant les fils sur un demi-pouce de large.Ce travail est facile, mais il y a une précaution à prendre à l\u2019angle des carrés : pour éviter de sortir le fil trop loin, \u2018\u201cil faut in- : diquer le point exæct de l\u2019arrêt et couper les fils avec les ciseaux\u201d.Pour confectionner ce jour, vous faites d\u2019abord le jour échelle en prenant peu de fils pour éviter que le tissu fronce quand vous ferez le second rang; ce rang se fait en passant un fil au milieu, prenant tantôt une barrette et tantôt trois que vous nouez en serrant le plus possible.Quand ce rang est terminé, vous passez un deuxième fil sur le premier, en cordant, et, arrivé aux trois barrettes, vous gontournez.trois fois en passant l\u2019aiguil'e tantôt sous un fil, tantôt sous l\u2019autre.La \u2018broderie est au plumetis.La fermeture des enveloppes se fait sous les deux coins du revers par une bride et un bouton.\u2014_\u2014 0 \u2014 ROULEAUX POUR LAVER \u2014 Une \u2018\u2018planche à laver sur des roues 7, voici quelque chose d\u2019extraordimaire, n\u2019est-ce pas ?et c\u2019est pourtant bien ce que notre gravure r: présente.En effet, deux rouleaux cannelés sont réunis ensemble dans un cadre avec \u2018une poignée au-dessus et c\u2019est ce qui fait \u2014 La Revue Populaire 12 Montréal, Septembre 1916 | | cette \u2018\u2019\u2019planche à laver sur des roues\u2019\u2019.Il faut bien savonner les vêtements que l\u2019on ! désire laver et les mettre ensuite sur sur | la planche à laver ordinaire ou sur d\u2019autre linge dams la cuve, les rouleaux sont ! alors passés sur ce linge dans tous les sens jusqu\u2019à ce que la saleté et la poussière en soient enlevées par la succion.Cette laveuse est spécialement bonne pour laver les couvertures en laine, la literie et les tapis.o\u2014\u2014\u2014 BAVETTES ABSORBANTES De grandes bavettes blanches en coton absorbant bordées au bord et autour du cou et attachées avec du padou, sont très propres pour un bébé; de plus elles protègent beaucoup et se lavent facilement.Elles ne coûtent que vingt-cinq cents et sont d\u2019un grand avan tage pour les mères occupées.oO POUR MARQUER LES CUILLERS lers et les plats lorsque vous allez en pique-nique, de maniere a ce que vous puissiez les reconnaître facilement, collez une petite bande de \u201c plaster \u201d sur la poignée de chaque cuiller et à l\u2019envers de chaque plat.Ecrivez ensuite votre nom avec de l\u2019encre indélébile.Les articles peuvent être lavés plusieurs fois avant \u2018que la marque disparaisse.Pour marquer les cuil- I Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 \u2018 Petits Travaux » 1 (eme Faciles oo Tel et Agréables gd | UNE TABLE A COUDRE 4 fs ps) | Voici un modèle de table très commode Mesures en pouces.ä îÜ ., 4 note: 17 x 1/ x 2T ji et très utile qui sera certainement appré- À Poteaux .1.111.VUS 14 x 21 , bi ., .9 morceaux .Ux 2 x 1442 gh clé par les dames.Il comporte deux ti- 1 dessus .% x 18 x 18 i .> + .AtA ile TL x - 2 A roirs destinés à y mettre les ustensiles de 2 à côtés mobiles .% x10 x18 ki ; .2 devants de tiroirs .%x 5 x 131, Ni couture, dés, fil, ciseaux, laine, coton, etc, 4 côtés de tiroirs .3% x 5 x 13 E co.4 a A 9 dparriaän a +tiroire 3 4A1L fi ainsi que tous objets destinés à être rac- Z derrières de tiroirs .% x 434 x 13 ; .«Al .2 fonds de tiroirs .Coe.x 12% x 13 a commodés.Il a aussi deux à-côtés mobiles 4 baguettes pour supporter les À qui se relèvent à volonté lorsqu\u2019on a be- VOUS LoL.cee KX 2 x TE À .3 panneaux de côtés .% x 9% x 14 gi! soin que le dessus soit plus long.2 consoles .Ux 3 x 4 i! A FRONT | Pl 18\u201d 2 18% Ë 2 Qu nmmy 2 refit No ro i.a \u201d T : T ] u \u2014 ay j 1 fi: sr LE O1 trl i 2 | nN 1 0 | qu: > © torsos oogs =+ [SoS or Li i \u2019 C ] DIITIIII ESS Bb): | | LE Fi! fli o O wv - kl \u201d pl hmmm t= emt RB BS Hh 3 HS | ; WoT i: 8 JT 2} N té} M: ELL So nN Ll RY: \u2019 2 ' re 4 il \u2014 na 135 TT Bi 3 ÿ i Jie 1\u201d bh: qe os sk ZN, \u201c [2 i.ale Hei SECTION AB RE: VE cu 7 5.1168 : \u2018Hi x Coupe et assemblage des matériaus.A r i T Voici la liste du matériel nécessaire à Placez les pieds exactement d\u2019équerre fi.gli sa construction.Les dimensions données les uns par rapport aux autres, leurs ex- i i fet 1a sont très exactes; aussi, si l\u2019on ne peut trémités coupées bien d\u2019aplomb.Comme i I pas se procurer toutes ces pièces prêtes ces extrémités ne seront pas visibles une E i i dans une scierie, il faut prendre les me- fois le meuble terminé, il n\u2019est pas néces- fi i sures un peu plus fortes dans chaque sens, saire de les polir.h pour permettre de les raboter et de les Mettez alors les morceaux en place pour i mettre à l\u2019équerre.tracer l\u2019emplacement des mortaises.Les 2 \u2014 18 \u2014 Vol.9, No 9 morceaux qui vont sur chacun des cotés et sur le derrière doivent se placer à plat sur leur côté de 2 pouces de large, car les rainures dans lesquelles devront rentrer les panneaux seront creusées sur leur côté de 75 de pouce.Quant aux 3 morceaux sur le devant, ils seront placés sur l\u2019autre sens, les tiroirs devant glisser sur leur côté qui a 2 pouces, le meuble terminé, ce seront leurs côtés de 75 de pouce qui seront visibles.Marquez les tenons 1 pouce par % sur chaque bout des morceaux qui vont sur les côtés et ceux qui vont sur le devant par 34 sur 75 de pouce, Coupez-les alors à la scie et polissez-les au ciseau.Marquez alors sur les pieds l\u2019emplacement des mortaises en prenant exactement la mesure des tenons correspondants.Une fois les mortaises creusées, ajoutez les morceaux, sans les coller tout d\u2019abord pour vérifier si tout est correct.Creusez alors sur les côtés où elles doivent être creusées les rainures dans les morceaux et dans les pieds.Entaillez-les à 14 de pouce de profondeur.Mettez alors la colle sur les joints et les rainures ajustez d\u2019abord les deux côtés de la table en les mettant bien d\u2019équerre et en les maintenant serrés jusqu\u2019à ce que la colle soit sèche.\u2018 Une fois les deux côtés bien secs, mettez la colle dans tous les autres tenons du devant et du derrière et aussi dans les rainures du panneau de derrière, ajustez le tout et fixez-le solidement et bien d\u2019aplomb.Attendez alors que tout soit bien sec.Les baguettes pour supporter les tiroirs, 2 de chaque côté sont alors fixées par des clous enfoncés dans les pieds.Enfin vissez le dessus avec des vis posées par en dessous à travers les morceaux qui supportent les panneaux et le mor- La Revue Populaire 14 Montréal, Septembre 1916 ceau qui est au-dessus du tiroir d\u2019en haut.Les 2 côtés mobiles sont fixés aux côtés du dessus chacun par 2 couplets posés par, en-dessous de façon qu\u2019il n\u2019y ait pas de joint quand les côtés sont relevés.Enfin on fixe les deux consoles desti nées à maintenir les côtés quand on veut les tenir ouverts.La table à coudre terminée.On termine par les tiroirs.Sur chacun des devants de tiroirs or entaille toute la hauteur des côtés inté rieurs sur une profondeur de 34 de poucs épaisseur qui est celle des côtés et jusqu\u2019 2-8 du bord extérieur.C\u2019est dans cette en taille que l\u2019on mettra les côtés et on les 1 fixera avec de la colle et des clous.Avant de les fixer il faut avoir soin di leur faire la rainure destinée à recevoi- le fond du tiroir.Cette rainure doit être faite à 14 de pouce du fond et doit avoi: ~~ See ol.9, No 9 A 4 de pouce de profondeur.Pareille rai- SUR \u201cÀ wre doit être faite à la même hauteur à intérieur du devant de tiroir.Le derrière du tiroir se pose sur le fond st doit s\u2019emboîter dans chacun des côtés lans une rainure de 14 de profondeur.On ne doit pas clouer le fond du tiroir pour éviter qu\u2019il ne se fende quand le bois travaille, on peut cependant l\u2019arrêter par un petit clou qui le fixe au derrière du ti- 4 TOil.Pour tirer les tiroirs on peut y mettre soit des boutons de bois, soit des anneaux métalliques.Pour finir le meuble on peut à volonté, simplement le passer à la cire ou y passer d\u2019abord une couche de \u201cshellac\u201d et deux couches de vernis pour obtenir une surface très polie.CROCHET QUI PENETRE DANS LE MUR AVEC UNE PENTE mun que l\u2019on enfonce dans les murs pour y suspendre de petits objets légers, tableaux, peintures, etc., sans abimer les murs et les tapisseries, est appelé à être remplacé par un nouveau modèle qui pénètre dans le mur à un angle incliné ce qui lui donne une plus grande solidité.Ce nouveau genre de crochet est muni d\u2019une tête en métal qui permet de l\u2019enfoncer à coups de marteau.L'ASSEMBLAGE DU BOIS I\u2019amateur qui construit une table, une chaise, ou quelque autre meuble nécessi- La Revue Populaire Le crochet com- Montréal, Septembre 1916 tant des mortaises pour assemblage, éprouve souvent une réelle difficulté à mener son travail à bonne fin.Avec le nouveau genre de joint ci-contre, toute difficulté disparait, en méme temps que le travail se fait beaucoup plus rapidement.Ce joint se compose de deux tubes métalliques réunis par une lame très résistante également de métal.Une des extrémités de ces tubes est coupante, de manière à s\u2019enfoncer facilement dans le bois.Un simple coup d\u2019oeil sur notre gravure fait voir le mode d\u2019emploi de ce nouvel accessoire et l\u2019on comprend qu\u2019un assemblage, fait de cette manière, présente toutes les garanties de solidité désirables.Ce procédé n\u2019est trouvé que depuis peu de temps, 1l est donc actuellement, peut- être assez difficile de se procurer ces joints chez le marchand de fer mais il est à présumer que la vente s\u2019en effectuera bientôt d\u2019une manière générale.Les amateurs en seront sûrement satisfaits. dr a COS Vol 9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembrc 1 916 + REGLEMENT DE COMPTE ee = ye 33 A gg 7 0 £3 » CS 7 Dv a LL Le 3 CS C0 4 Hy 5 \\ Re, 75 A a Lâche-les bandit boche, ils ont assez souffert Mes petits orphelins d'Alsace et de Lorraine; C\u2019est pour les arracher à tes griffes de fer Que mes poilus sans peur sont entrés dans l\u2019arène.fi 16 Ps TIN ERR PRIN RT A A RTE Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 LES SEPT MERVEILLES DU MONDE Le Mausolée ou Tombeau du roi Mausole, a Halicarnasse.Halicarnasse était située en Asie Mineure sur la cote sud-ouest de Carie, en un endroit fort pittoresque du golfe Céramique ou golfe de Cos.Patrie d\u2019Hérodote et de l\u2019historien De- nys, cette ville est aujourd\u2019hui connue sous le nom de Bodrun.Elle faisait jadis partie d\u2019une colonie dorienne dite Hexapole à cause des six villes Cnide, Halicarnasse, Cos, Jalyse, Camire et Linde qui la composaient.Fondée par les Doriens, elle eut ensuite des rois d\u2019origine carienne, dont Mausole.Il nous faut dire quelques mots sur ce roi dont le nom est devenu, avec une légère dérivation, le terme un peu pompeux appliqué aux tombeaux luxueux.En archéologie, on désigne du nom de mausolée les édifices qui abritent les restes des défunts en l'honneur desquels ils ont été élevés, tandis que le mot cénotaphe ne s'applique qu\u2019aux monuments vides dressés aux morts dont on n\u2019a pas le corps.La part que Mausole prit dans la révolte contre Artaxerxès Memnon, la conquête de l\u2019Ionie, de la Lycie, et de diverses Îles grecques, son action commune avec les Rhodiens et leurs alliés dans leur guerre contre Athènes, furent les princi- 17 \u2014 AN TIT foie Se ST RTE LEHI RTE TTY bi).Ema de a trees it 5 t 1 \u2018 EL 2 mR eat = ea, I = = Tou Vol.9, No 9 paux actes de sa vie.Ils furent glorieux, sans doute, mais le nom de ce roi est surtout passé a la postérité a cause de la tombe que la reine Artémise, son épouse, lui fit élever après sa mort, en 355 avant Jésus-Christ.Artémise s\u2019adressa pour la construction du Mausolée aux architectes Satyrus et Pythis et aux plus célèbres sculpteurs de l\u2019époque, à Scopas, à Leocharès, à Brya- xis et à Thimothéus.Le monument, qui avait été fait pour défier l\u2019injure des siècles et proclamer à la postérité la grandeur d\u2019un roi et l\u2019affection impérissable de son épouse, dura peu.Il fut détruit au cours du sac d\u2019Halicarnasse.Et lorsque Cicéron, qui visita cette ville, nous la décrit, il la donne comme déserte et ne mentionne pas le Mausolée.Pourtant, le touriste qui, de nos jours, va jusqu\u2019à Bodrun, peut encore y découvrir les anciens murs d\u2019Halicarnasse et les vestiges de quelques théâtres et de quelques temples.On est très exactement renseigné sur le Mausolée.Des fouilles entreprises\u2019 en 1857 ont permis de retracer son plan et donnèrent lieu à divers projets de reconstruction du monument.Depuis, de nouvelles études ont encore Jeté des lumières plus précises sur le Mausolée, en sorte que si la fantaisie prenait quelque milliardaire américain de s\u2019offrir la tombe d\u2019un roi, il pourrait faire reposer ses cendres dans l\u2019exacte copie d\u2019une des Sept Merveilles.Notre gravure antérieure aux travaux des archéologues contemporains, et visiblement inspirée par les descriptions incomplètes des auteurs anciens, offre forcément quelques inexactitudes.Elle donne pourtant un aspect général très impressionnant du monument.\u2014 18 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 Vous y voyez, en particulier, le noble péristyle quadrangulaire de colonnes doriques qui formait enceinte autour du | mausolée.Celui-ci s\u2019élevait au centre d\u2019u- | ne cour intérieure pavée de mosaïque et de larges plaques de marbre blanc et vert.Çà et là étaient disposées des statues et au-dessus du mausolée était placé un superbe quadrige ou char à deux roues attelé de quatre chevaux.Le roi Mausole, haut de dix pieds, les cheveux flottant sur les épaules, le visage garni d\u2019une barbe courte et épaisse, conduisait le char.La figure du monarque était massive, indiquant la force, la décision.Ses yeux étaient encadrés par d\u2019abondants sourcils, sa bouche était bien dessinée et calme.Si vous voulez vous représenter ce qu\u2019était exactement le mausolée, il vous faut supprimer par la pensée le dôme qui le domine sur notre gravure et le remplacer par le quadrige qui a été omis sur | l\u2019ancien document.(À suivre) oO UNE DIGUE IMMENSE Prés de New-York, il y a une digue im- | mense qui a plus d\u2019un quart de mille de longueur et une épaisseur de 216 pieds.Elle sert à détourner toute l\u2019eau de la ri- | viere \u201cCroton\u201d pour la faire passer dans des aqueducs qui la conduisent & New- York.C\u2019est cette eau qui alimente la vil- : le.À l\u2019endroit où l\u2019eau de la rivière Cro- - ton est arrêtée par cette digue, le niveau de l\u2019eau a été élevé et forme un lac qui est le plus grand lac artificiel connu; il contient une réserve continuelle de 40,- 000,000,000 de gallons d\u2019eau. 7 | 42 es: ; Une Bistoire d\u2019Espion Voici une \u2018histoire absolument vraie.Elle est arrivée à un officier francais il y à quelques mois.On dirait plutôt un roman dramatique et il y aurait certes là, la matière pour en faire un qui serait très émouvant.Bornons-nous à raconter les faits tels qu'ils se sont passés, sans y rien changer, sans y ajouter la moindre chose.D Le capitaine Belmont avait été grièvement blessé dans un combat en Champa- La Revue Populaire 1 Momiréal, Septembre 1916 de la Guerre gne.Relevé sur le champ de bataille, il fut porté à l\u2019hôpita! d'une petite ville voisine.Il y mourut que'ques jours après, sans avoir repris connaissance.Ses poches ayant été vidées dès son entrée, parmi ses papiers on avait trouvé une enveloppe à l\u2019adresse de sa femme, enveloppe à laquelle était jointe la note: \u201cPrière de faire parvenir en cas de blessure grave\u2019.L'administration envoya donc la lettre et un avis.Mme Belmont, qui habite Paris, eut le temps d\u2019arriver à X.avant que son mari ne fût mis en bière ; quand elle se présenta à l'hôpital, il venait d\u2019expirer.La religieuse qui avait soigné le capitaine la reçut.C\u2019était une femme d\u2019âge, respectable témoin de toutes les misères PES Ere ; NR See GERS a et Le Le Vol.9, No 9 humaines, et pleine de tact et de douceur.Cette épouse douloureuse, qui avait eu le courage.jusqu\u2019à présent, de contenir son chagrin, mais qui, aux premiers mots prononcés là, comprenant ique tout était fini, était tombée dans ses bras en gémissant, lui fit pitié.Elle prévit la minute épouvantable où la jeune femme se trouverait en face de son mari atrocement défiguré et verrait ee que la méchanceté humaine avait fait de celui à qui elle s\u2019était donnée, Elle ne pensa plus qu\u2019à lui éviter ce coup, et sut si bien parler, trouver si juste dans son tendre coeur les mots qu\u2019il fallait dire, qu\u2019elle arriva ,à convaincre la veuve de ne point voir le corps de son époux, afin d\u2019en conserver au dedans d'elle-même l\u2019image intaete.D Mme Belmont avait pris le voile de la veuve.Elle vivait seule dans cet appartement où elle avait été si heureuse, Elle avait repoussé l\u2019offre de sa mère qui lui proposait d'habiter avec elle ou de voyager.Car, au contraire, elle ne désirait aucune distraction: ce qu\u2019elle préférait, ce qu\u2019elle recherchait seulement, c\u2019était d\u2019é- tre seule, seule avec lui, seule avec son souvenir.Toute présence lui était importune, odieuse même, puisqu\u2019elle l\u2019arra- dhait à lui, à la pensée de lui.On eût dit que, sachant comibien le temps émousse l\u2019acuité du souvenir, Mme Belmont voulut, pendant que la mémoire fraîche lui restituait encore presque toute la présence de son mari, voulut comme se remplir et s\u2019enivrer d\u2019elle.Retenir le passé, vivre encore ce passé.Elle repoussait l\u2019avenir, les minutes qui, impitoyablement, l\u2019une après l\u2019autre, passent et font que ce qui est tout proche La Revue Populaire Montréal, Septembre 191@.5* devient un .peu plus éloigné, puis davanfi*- tage, et puis davantage encore,\u2014et bienÿr tôt lointain\u2014et plus, et plus encore, \u2014#s \u20ac puis indistinet à l\u2019horizon,\u2014et enfin invifl sible!.ne Elle vivait enfermée, cloitrée dans sof : appartement, n\u2019en sortant juste que s'i av lui était impossible de faire autrement FI\" Elle fouillait les armoires, sortait ses vê pe.tements, son linge, relisait ses lettresÿ \u201c songeant longuement, indéfiniment, s'* rappelant tout ce qu\u2019il disait, tout | qu\u2019il faisait, tout ce qu\u2019il avait fait ave@ !* elle, toute leur vie, toute cette existence qui avait été vraie\u2014et «qui, maintenant} était un rêve! C\u2019était la douceur de son désespoir.Mais quand elle se réveillait, quand elle ; \u2018 revoyait la vérité, quand elle se disait FF \u201cIl est mort! On l\u2019a tué!*\u201d\u2014et qu\u2019elle ii imaginait cela, alors elle avait des crise de larmes, se tordait les mains et ne pou Û vait pas comprendre cette injustice, cetf\" \u2018 abominable crime des hommes et de Dieulff cat D Il y avait trois mois que Mme Belmont était veuve, quand, un matin, comme on.lui apportait son courrier, elle éprouval- une grande stupeur.Il se trouvait 1a une: enveloppe, une large enveloppe à en-têtef# d'hôpital, et qui portait son adresse, \u2018dell l\u2019écriture de son mari\u2019\u2019.Les yeux fixes} « elle considérait ce papier, sans y oser touy | cher, elle ne respirait plus.Elle l\u2019ouvrit# cependant, et elle en tira une lettre qu\u2019eld le lut en croyant, à chaque ligne, qu\u2019elle allait devenir folle.Dans cette lettre, quif - était bien réellement du capitaine, celui-Ë « ci apprenait à sa femme qu\u2019il avait été blessé en Champagne ; évacué sur un hôpital de la côte normande, il n\u2019avait pu, N age : \u201cWl.9, No 9 \u201c\u201cMsque-là, écrire, ni prévenir, ayant été \u201c {trêmement bas, et inconscient pour \u2018= Ensi dire.Mais aujourd\u2019hui il était sauvé.TI écrivait quelques mots seulement, \u2018une écriture faible, mais il indiquait 176.\u201ca fbque de sa blessure, et c\u2019était la même \u2018it Mn\u2019avait dite la religieuse d\u2019X.Mme \u201c1 Pelmont, affolée, essayant pourtant de se \u201cIsFalmer pour comprendre, relut cette let- \u201cre dix fois.Elle ne s\u2019expliquait rien, » 2 hais si son mari, qui avait été mort, était x Jivant maintenant, c\u2019est qu\u2019un prodige, \u2018Jim miracle s\u2019était accompli: elle tomba à genoux avec effusion.\u2018 D uf Or ceux qui sont morts, hélas! ne res- si Buscitent pas.-+ 4 Voilà ce qui s\u2019était passé, -4xd Le capitaine Belmont n\u2019était jamais , \u2014Jmort, et ce n\u2019était pas lui qui avait ex- co Mais le mourant défiguré, -yftransporté à l'hôpital d\u2019X., où il avait - frendu le dernier soupir, \u2018était revêtu de l\u2019uniforme et possédait les papiers du capitaine._ Celui-ci, en effétFaconta à sa femme 1 que, læissé pour mort sur le champ de baa taille et y sortant d\u2019un long évanouisse- y ment, il s\u2019était trouvé déshabillé, tandis æ qu'un homme inconnu, coùvert de ses ef- , + fets, coiffé de son képi.et qui venait ma- \u201ca nifestement de le dépouiller, avant de s\u2019éloigner, le regardait.Le capitaine avait pu saisir son revolver, tombé à côté de lui, et le décharger dans le visage de l\u2019homme.Puis il avait défailli de nou- \u2026,ÿ Veau.Et c\u2019est pendant cette syncope que + les ambulanciers l\u2019avaient découvert et + emporté.Il supposait que l'homme, qui avait vo- .lé ses effets militaires et qu\u2019il avait tué, La Revue Populaire 3 Montréal, Septembre 1916 était un espion, lequel comptait, sous son déguisement; pouvoir plus facilement cir- euler dans nos lignes et observer ce qui s\u2019y passait.CDD Mais aujourdhui, \u2014 et voilà une des conséquences singulières de ce curieux épisode et l\u2019une des étranges situations qu\u2019a créées cette guerre \u2014 aujourd'hui, bien qu\u2019il soit vivant, le capitaine Belmont, son décès æyant été déclaré et officiellement inserit, ne possède plus d\u2019existence civile.Il n\u2019est plus.Il n\u2019a plus droit de signer, pouvoir ni qualité de recevoir, d\u2019acquérir, de vendre, de tester ou donner.Il est exclu de la société vivante.Et, bien qu\u2019il ne soit pas mort, sa femme est légælement sa veuve et, s\u2019il lui naissait un enfant, cet enfant serait posthume.Et, pour abolir cette situation absurde, pour rendre à M.Belmont sa personnalité civile, son droit d\u2019exister et la reconnaissance effective de cette existence, sans doute faudra-t-il bien des démarches auprès de fonctionnaires nonchalants et qu\u2019on dérange, et peut-être plus d\u2019un jugement.\u2019 \u2014 0 \u2014\u2014\u2014\u2014 LA TEMPERATURE DU CORPS Le corps de l\u2019homme peut endurer une température de 212 degrés de chaleur, la température qui\u201d est celle de l\u2019eau ibouil- lante, Ce fait est dû à 2 causes, d'un côté le corps est un mauvais conducteur de la chaleur et d\u2019autre part la transpiration produit un abaissement de température dans le corps, Des hommes ont pu résister durant plusieurs minutes à une chaleur de 300 degrés.= en Un i NS Vol.9, No 9 La Revue Populaire LA PIERRE A SAVON Sr HEZ les marchands de curiosités, on C trouve souvent des petites statuettes chinoises représentant des personnages ou des animaux et exécutées dans une manière qu\u2019on nous désigne comme étant la \u201cpierre à savon\u201d.Sa couleur est variable, tantôt blanche, tantôt bœune, tantôt rose, avec des veines analogues à celles que présente le marbre.Elle a aussi l\u2019aspect, le poli et le brillant du marbre, mâis elle est moins froide au toucher, moins lourde, et l\u2019on se renid compte qu\u2019elle est facile à entamer ; en fait, on peut la rayer avec l\u2019ongle.Statuette en pierre à savon.C\u2019est précisément en raison de la facilité avec laquelle elle se laisse tailler et graver qu\u2019on l\u2019a choisie pour la confee- tion de figures et d\u2019ornements délicieux qui peuvent se vendre à très bas prix.Il n\u2019y a guère que la main d\u2019oeuvre qui coûte, la pierre, elle, est très bon marché, c\u2019est purement et simplement du \u201ctale\u201d, \u201cun silicate hydraté naturel de magnésie\u201d, nous disent les chimistes.\u2014\u2014 23 Le tale est bien connu sous la forme d poudre blanche.Cette poudre vous l\u2019ave remarqué, a un toucher gras et savon neux.La même chose peut être dite d tale quand il est en bloc, d\u2019où vient qu\u2019ox l\u2019appelle pierre à savon.Les emplois du tale sont innombrables Montréal, Septembre 191# RI Il est usité dans les manufactures de pa pier pour donner du poïds, du brillant e du poli au papier ; on l\u2019utilise dans l\u2019ap prêt des cotons: on en ajoute aussi dans les savons, non seulement pour faire d poids, mais aussi en raison des qualités qu\u2019il possède pour nettoyer.On en fait des crayons blanes qui don nent une ligne plus fine que la craie : o.s\u2019en sert de base dans les poudres de ridf et les poudres dentifrices ; on l\u2019emploie pour l\u2019apprêt des peaux et dies cuirs.Il est généralement blarre avec une lé gère teinte.Après qu\u2019en l\u2019a taillé et gra vé pour en faire des statuettes, on le co lore au moyen d\u2019oxyides métalliques et c\u2019est ainsi qu\u2019on obtient les nuances sou vent remarquarbles dont nous parlions plus haut.: 0 LES EFFETS DES COURANTS ELECTRIQUES Les courants électriques en forme de vagues qui se succèdent rapidement, produisent l\u2019insensibilité d\u2019une douleur et agissemnit comme si la partie qui reçoit les courants étaït insensibilisée, par un autre liquide anesthésique comme l\u2019éther.Si l\u2019on applique les courants aux doigts ou au pouce, on peut transpercer ceux-ci avec une épingle sans ressentir de douleur. Leads \u201cfre.9, NO 9\" \u201d Jdeur des caractères me.La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 UNE EXPERIENCE TRES SIMPLE ET TRES CURIEUSE ETTE expérience ne réclame qu\u2019un matériel réduit à sa plus simple ex- ]pression.Il s\u2019agit de prendre un texte imprimé ; peu importe sa nature ; et on | pourrait méme dire peu importe la gran- : l\u2019effet sera le mê- Cepenidant, pour arriver à un résultat | plus frappant, il vaut mieux choisir un texte où les lignes soient très écartées les unes des autres, très imterlignées, comme disent les imprimeurs ; on pourra tout uniquement faire porter l\u2019expérienice sur un titre, sur ume ou deux lignes un peu isolées, et se détachant très nettement sur le papier.\u2014 Le second ustensile qui nous est nécessaire \u2014 et suffisant d\u2019ailleurs \u2014 sera une feuille de papier blanc, absolument quelconque : il est pourtant essentiel qu\u2019elle ne soit pas transparente par elle-même, car on ne se trouverait plus en présence de la particularité qui fait justement l\u2019amusant de la chose.On prendra done du papier à lettre ordinaire.Au surplus quand on aura bien compris la chose, on pourra expérimenter sur divers papiers.Ce qui est essentiel, c\u2019est que celui que l\u2019on choisit ne laisse pas normalement et à première vue deviner les caractères qui sont sur le papier que l\u2019on a pris comme sujet d'expérience : il est indispensable également que l\u2019opacité du papier ne soit pas exagérée.Sur notre texte imprimé, nos lignes de titre, par exemple, nous appliquons ume première fois la feuille de papier blanc, en la laissant demeurer immobile ; il 0 nous est impossible de lire la phrase, les caractères.Mais voici que, tout en continuant d\u2019appuyer sur la feuille de papier blame, non seulement de la main droite, mais encore d\u2019un ou deux doigts de la main gauche, nous lui donnons un monuve- ment alternatif de droite à gauche ; ou encore, nous lui imprimons une sorte de mouvement cireulaire à la surface du texte imprimé.La façon de faire transparaître les caractéres d'impression.Quel ne va pas être notre étonnement de voir pour ainsi dire la transparenice du papier s\u2019aceuser de facon instantanée et, grace à cette diminution d\u2019opacité, Tes caractères et les mots que nous ne pouvions lire, deviennent dès maintenant ab- solumient lisibles.On avouera que la eho- se est curieuse ; et lorsque nos lecteurs, suivant nos recommandations et indications, se livreront à cette expérience et verront la transformation se faire, ils ge- ront, tout comme nous, surpris du phénomène. Voi.9, No 9 Toutefois, \u2018en ces matières, ce n'est pas tout que d\u2019observer, il faut chercher à expliquer.Certaimes gens ont prétendu, ce qui n\u2019est pas tout a fait inexact, que l'espèce de feutre que constitue le papier, qu\u2019il s\u2019agisse die papier à lettre ou de papier de journaux, n\u2019est pas absolument hom'o- gène ; il présenterait donc des trous, de place en place ; et quand on premène le papier blane à la surface du papier imprimé, grâce à Cette persistance des impressions lumineuses dont nous avons eu souvent à parler, une série de trous du papier viendraient se présenter sSucCessi- vement et à intervalles extrêmement rapprochés devant les caractères id\u2019impression ; ils permettraient à l\u2019oeil de voir les caractères.; .Il nous semble qu\u2019invoquer ces trous \u2014 qui existent bien dans le papier, mais qui sont absolument minuscules \u2014 pour motiver l\u2019apparition des caractères d\u2019impression sur la feuille, c\u2019est aller bien loin.Ce qui est plus vrai, c\u2019est que, comme on peut s\u2019en renidre compte en examinant une feuille de papier au jour, même une feuille de papier qui semble absolument homogène, présente des- inégalités d\u2019opacité ; Ce sont des portions plus ou moins rapprochées les unes des autres qui offrent une transparence relativement beaucoup plus grande que le reste de la feuil- Île.\u2018 Par suite du déplacement del ces portions relativement transparentes, de leur passage très rapide et très répété sur le texte Imprimé comme conséquence toujours de la persistance des impressions lumineuses, notre oeil profiterait de ces sortes ide vitres ménagées dans la masse de la feuille de papier, et apercevrait alors les caractères d\u2019impression beaucoup mieux que quand le papier reste immobi- \u2014 La Revue Populaire f v le avec des portions très opaques toujouri sur les mêmes caractères, ou les même parties du texte imprimé.Cette explication ne vaut peut-être pas très cher, mais c\u2019est la seule qu\u2019on puisse trouver.En tout cas, cette petite expérience es facile à renouveler, et elle permet pressentir le monde qui nous demeure in connu dans les phénomènes de vision.UN ESSUIF-PLUMES PRATIQUE Dans certains grands établissements or\" a pris l\u2019habitudie de remiplaicer les essuie plumes par une simple patate dians un des petits compartiments d\u2019un écritoire.Dans cette patate sont plantées les plu mes et chaque personne qui prend un por te-plume, le repique dans la patate quand elle a fini de s\u2019en servir.Une patate ainsi piquée d\u2019une douzaine de porte-plumes ressemble assez à un porc-épic.On pré tend, et il est facile de se renidne compte de la véracité de cette assertion, que les plumes ainsi piquées dans une patate sont préservées d\u2019une façon piarfaite contre la rouille et les autres taches occasionnées d\u2019habitude par les acides de l\u2019encre.\u2014\u2014 0 Le lac Salawik, pres de \u2018\u2018Dawson\u2019\u2019 en Alaska, mesure plus de 60 milles d\u2019un côté à l\u2019autre.Un fait curieux c\u2019est que ce lac ne gèle pas l\u2019hiver dans un pays aussi froid.Il communique certainement avec l\u2019océan par des voies souterraines car Je niveau de ses eaux baisse en même temps que le flux et reflux de cet océan.Momntréal, Septembre 191@ ge TR di in 8 de i \" js los TaN h | Fol.9, No 9 [RAF Hi NH Cet | TROIS JOURS DANS UN TROU D\u2019OBUS = NM! = ER EN 7 un) .H REC ie A twa | \"ep \u201c Ÿnos troupes, tout en se repliant, se cré- { aient des abris; maïs les renforts ennemis !ne cessalent d\u2019augmenter.Nos adversai- \u2014 \" res lancaient dans la fournaise d\u2019énormes 4 ja Masses d'hommes, = id Malgré leur bravoure farouche, nos = troupes devaient, accablées par le nombre, ,;| céder peu à peu du terrain.C\u2019est ainsi Cl qu\u2019une compagnie d\u2019infanterie fut ame- 4 mée, sur la rive droite de la Meuse, aq abandonner F.7 af Elle se retira en bon ordre, sous la pro- i mb teetion d'une de ses sections qui, durant uit! plus de deux heures, ne permit pas à la ww ¥ Vague ennemie d\u2019avancer.Cette section gif avait subi des pertes sérieuses : élle ne +4 comptait plus qu\u2019un lieutenant et vingt- >j#| six hommes.a (Ces braves venaient de recevoir l\u2019ordre de se replier à leur tour-et, sur un signal, ils s\u2019étaient élancés pour rejoindre leur compagnie, quand un tir de barrage, subi- 3 | tement, leur coupa la route.nh (Couchés dans un champ, ils attendaient #*| Ja fin de la rafale, mais leur situation de- | venait critique.Pris entre deux feux, ils \u2018## allaient fatalement être anéantis, quand a#| leur lieutenant, qui venait d\u2019apencevoir ¥¥l une immense excavation toute proche a.produite par la chute d\u2019un 380, ordonna \u2014 25 | C'était au début de l\u2019attaque contre FVerdun.Depuis deux jours, l\u2019artillerie lourde allemande tonnait sans arrêt.W , y \u2026 Bouleversée durant des heures entières.par des 305 et des 380, les tranchées de | première ligne françaises étaient deve- fues intenables.Il fallut les évacuer.Sous une infernale ævalanche d\u2019obus, La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 e ~ à ceux qui l\u2019acconrpaignaient encore d'\u2019aller s*y réfugier.Quelques minutes plus tard, tous les , survivants de la section étaient réunis dans ce trou de 20 pieds de diamètre.Isolés au milieu de l\u2019ævalanche de mitraille qui s\u2019entrecroisait au-dessus, nos braves s\u2019ogcupaient d\u2019améliorer leur position.\u2026 Ils travaillaient fébrilement et bientôt l\u2019orifice ouvert par la marmite allemande se trouva protégé par une pile de sacs de terre et converti en abri assez sérieux.Fiers de leur oeuvre, les soldæts se groupèrent autour de leur chef et, quand celui-ci, après lEur avoir donné quelques instructions, ajouta: \u201c\u201c Nous résisterons ici jusqu'à la dernière extrémité\u2019, tous les hommés, dans un même mouvement spontané, répondirent : \u2014 C\u2019est entendu, mon lieutenant, vous pouvez compter sur nous.Dans la nuit qui suivit, le bombardement allemand redoubla de violence.De tous côtés, des incendies s\u2019allumaient.Terrés dans leur trou, prêts à répondre à toute menace de l\u2019ennemi, les hommes veillaient.Le jour les trouva à leur poste.Dans le village qu\u2019ils avaient quitté précipitamment après l\u2019avoir si longtemps défendu et dont ils n\u2019étaient séparés que par trois ou quatre cents verges, les Allemands avaient pris leur place.Y étaient- ils nombreux?Ils n\u2019en avaient aucune idée, Ils souffraient de leur inaction ; aussi étaient-ils décidés à profiter de l\u2019obseu- rité pour réintégrer nos lignes.Déjà, 1ls s\u2019entendaient en vue de cette expédition Vol.9, No 9 lorsqu\u2019une patrouille allemande apparut à l\u2019entrée du village.Il ne fallait pas \u2018hésiter.Le lieutenant désigna deux de ses meilleurs tireurs.Ce fut rapide.Deux Allemands s\u2019effondrèrent, les autres prirent la fuite.La riposte ne se fit pas attendre.Une grêle de .balles vint bientôt, en effet, s\u2019abattre sur le réduit.La Revue Populaire Montréal, Septembre 19] L\u2019eau qu\u2019ils avalent recueillie au fond leur trou et dont ils avaient empli leu bidons s\u2019épuisait.Coûte que coûte, il leur fallait rejoi dre leur compagnie.Ils attendaient moment propice.Mais les Allemands n°é taient pas disposés à les laisser échappes Pour les amener à capituler, ils comme cèrent par ceribler d\u2019obus leur réduit.U À l'aide de sacs de terre, le trou d'obus fut aménagé en abri sérieux.Autour d'eux.on se battait avec rage.A cing cents pas, ils distinguaient nos nouvelles tranchées et ils ne pouvaient s\u2019en approcher, car dès qu\u2019un homme se montrait \u2018hors de l\u2019excavation, celle-ci était aussitôt eriblée de balles.L\u2019aurore trouva les vaillants reeclus nerveux.Ils n\u2019avaient plus rien à manger.TIARA Cat ee ee be a RCA Sl Se PTR TREAT PRR TYAN même projectile tua trois hommes et en blessa deux autres, mais leurs compagnons préféraient mourir plutét que de se rendre.Croyant les avoir a leur merei, nos adversaires firent taire leurs camons, et de l'infanterie sortit du village.En courant, les Allemands se précipitèrent sur la poignée d\u2019hommes qu\u2019ils Ne RAS TT + 1 Vol.9, No 9 , \u201c4 espéraient bien atteindre, mais ceux-ci ou- \u201c4 vrirent un feu si violent et d\u2019une telle «précision que l\u2019ennemi ne put avancer.\u201cMs Dans leur trou, nos poilus, noirs de ~ \u201cUh poudre, affreux et magnifiques, exul- \u201c79 taient, Cependant, ils se savaient perdus: i ils n\u2019avaient plus de cartouches.Alors, savez-vous ce qu\u2019ils firent?AE Avec des mouchoirs, une ceinture de flanelle bleue et les pansements rougis par le sang des blessés, ils confectionnèrent un drapeau.Ils l\u2019ættachèrent à un fusil qu\u2019ils fixèrent entre des sacs de terre * 4 et, quand nos trois couleurs glorieuses y : flottèrent au-dessus de ces braves, leur à) { officier déclara : $ \u2014Puisque nous n\u2019avons plus de muni- { tions, nous allons laisser les Allemands «| S\u2019approcher jusqu\u2019à vingt pas et nous | nous jetterons sur eux à la baionnette.\u2014Nous vous su\u2018vrons, mon lieutenant, répondirent les hommes, Mais ces braves ne devaient pas mourir.+ Leur drapeau, que les balles ennemies { commencaient à déchiqueter, avait été i aperçu par nos observateurs.Des ordres avaient été donnés.\u2019 Brusquement, plusieurs de nos batteries \u2018 se mirent à cracher de la mitraille sur {! F.et, avant que lee Allemands eussent \u20ac eu le temps de répondre à cette rapide i offensive, un de mos bataillons parvenait ge à la hauteur du fortin, dont il délivrait i les défenseurs et, avec eux, s\u2019élancait à i l'assaut de F.qui resta entre nos 4 } mains.\u2014\u2014 0 De temps immémorial, les plumes chinoises ont été de simples petits pinceaux avec lesquels ils tracent ou, à proprement parler, delssiment les lettres curieuses de leur alphabet.\u2014 27 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 Un Duel de Trois Heures en Mer à Coups de Canon E duel de trois heures au canon entre le cargo français \u201cColbert\u201d et un sous-marin ennemi, est une histoire de la mer étrange, émouvante.Le \u201cColbert\u201d, 7,000 tonnes, est un navire de la Havre-Péninsulaire.Les officiers, au fumoir, les passagers, dans l\u2019entrepont, rêvent après déjeuner, bourrent leurs pipes, apprétent le bridge, échangent des souvenirs.Un obus tombe, au long du bord.Parti d\u2019où ?Nul ne sait.On pourrait croire à quelque illusion colleetive si une gerbe d\u2019eau, jaillie à tribord, et qui couvre l\u2019avant, ne donnait la certitude d\u2019une \u2018attaque.Trois minutes plus tard, second obus, par bâbord cette fois.Lie \u201cColbert\u201d est encadré.Le commandant -a*sauté sur la passerelle.L\u2019officier de quart lance à toute volée l\u2019impérieux message par T.S.F.\u201cSilence.Tous, écoutez ! Un sous-marin nous attaque !\u201d L\u2019horizon lisse, nu, ne rêvèle d\u2019abord rien.; Au porte-voix, le commandant, froid, résolu, transmet ses premiers ordres : tout le monde sur le pont, descendre les ea- nots de sauvetage ; chaque passager doit passer tout de suite sa ceinture de sauvetage.Des minutes passent, lourdes d\u2019angoisse, ffévreuses d\u2019apprêts.Loin, aux confins de l\u2019horizon, une forme dentelée a surgi.Le château du sous-marin, périscope et kiosque, émerge comme la tour d\u2019un manoir englouti.La coque ensuite se révèle avant d\u2019abord, puis arrière, sur un rythme d\u2019escarpolette ; puis les deux tourelles blindées.\u2014 PR PR EN EE SRE PEER EEE 5 ; » 11768 Le CET LAC CEE Vol.§, No 9 Le sous-marin en gurface se dessine gou- ple, long de près de 300 pieds, puissant, pareil à quelque croiseur de chasse.Lui aussi force de vitesse.Ses fumées de mazout tourbillonnemt, jaunes, épaisses, mêlées d\u2019étinicelles.Le commandant, à la jumelle, calcule Sa vitesse : 16 noeuds environ.Une rafale d\u2019obus, par salves de deux, continue vingt minutes durant, à emca- drer le transport.De nombreux ordres sont transmis tous les passagers dans les cales, \u2014 les canonniers à leur pièce, \u2014 n\u2019'ouvrir le feu qu\u2019au commandement, \u2014 et puisque le combat s\u2019annonce, arborer les couleurs de France.Surpris de ne recevoir aucune riposte, les pirates avancent avec des soins avantageux.Le \u201cColbert\u201d présente son arrière son canon reste encore masqué.Le sous- marin est à trois mille environ.Soudain une voix : \u201cOuvrez le feu!\u201d Le duel s\u2019engage.| Le tir ennemi \u2014 l\u2019allemand canonne à coup de 105 \u2014 se \u2018pricise.Un premier obus ouvre une bréche de 20 pouces.Un deuxième suit.Un troisième, par un extraordinaire hasard, vient de sectionner net 1\u2019antenne droite de la T.S.F.Dés ce moment, l\u2019appel du \u201cColbert\u201d ne peut plus être lancé.Loin en mer, les navires de toute classe, torpilieurs, chalutiers, vapeurs, qui ne cessaient de répondre en manière d\u2019encouragement : \u201cNous accourons !\u201d se taisent.Le brusque arrêt du message les impressionne : ils jugent que le Colbert vien d\u2019être torpillé.Avec une régularité de chronomètre, tes obus s\u2019abattent deux par deux à la minute.À 3h.40, un 105, bien pointé, broie la tuyauterie par où s\u2019échappe la vapeur.Des fumées brûlantes s\u2019évadent, en sifflant.Un brouillard blane couvre le pont.Jugeant que ce dernier obus vient d\u2019in- \u2014 La Revue Populaire Montréal, Septembre 19 cendier le cargo, les officiers du sous-m rin arrêtent le tir un quart d\u2019heure.submersible redouble de vitesse, au mas mum de ses moteurs.L\u2019homme de barre navigue dans ur bes d\u2019eau, et fixer sans erreur les éca du compas, le commandant fait dresser s i suffocante buée.Pour le garder des ge me Q æ = .* 8 la passerelle une vraie barrière de matelal .# De ce fortin de fortune, un mouchoir s la.bouche, il règle le tir de sa pièce.Cen cinquante coups sont ainsi tirés.Le sous-marin, étonné de cette lutte dg sespérée, veut se rapprocher pour mettr à coups de torpilles, la parenthèse supr@ - cadrer.Il ralentit.Ce duel au canon dure jusqu\u2019À 4 he res et demie.À ce moment, un floconne ment de fumées noires annonce du ren fort.Un chalutier apparaît.Il est arm d\u2019une pièce puissante.En avancant il o vre le feu.| Les pirates, jugeant le combat dange reux, prenment le parti de se dérober.Lies deux tourelles du croiseur sous-marin §\u2019s baissent :/ fuite, plongée.Une heure plus tard, des torpilleurs en patrouille rejoignent le \u201cColbert\u201d.Or compte les victimes : un mort, vingt bles sës, dont sept grièvement.Ces derniers transbordés, son amenés en hâte à Tou lon.Vaillance du commandant, bravoure de l\u2019équipage, sang-froid des canonniers, belle tenue des passagers, tels sont les éléments additionnés qui ont sauvé d\u2019une mort certaine le cargo combattant au parrainage illustre.0o\u2014 Cinquante et un ans auparavant, en 1865, le général William Booth l'Armée du Salut.fonda.me.Mais c\u2019est à nos obus alors de l\u2019er\u2026 dy æl % \u201cart Vel.9, No 9 \\ - S IL plaisait un beau matin à M.Carnegie, a M.Rockfeller ou a tout autre milliardaire de jeter à poignées par \u201cip ®t] Ci sf! vi) Ÿ l\u2019une de ses fenêtres le contenu d\u2019un de ses coffre-furts, il est fort probable que l\u2019opinion publique en serait fort émue et croirait celui-ci atteint d\u2019un soudain accès d\u2019aliénation mentale.Pourtant, au cours de ces dernières années, on a pu souvent constater, sous des * bl formes diverses, chez de rotores princes de l\u2019or, le désir immodéré de jeter leur ar- ZL Les invités d\u2019un millionnaire au milieu de tous les représentants de la basse-cour.gent simon par la fenêtre, du moins pour la réalisation des choses n\u2019ayant que le mérite de l\u2019excentricité.Savoir dépenser son argent n\u2019est, en effet, pas aussi aisé que l\u2019on pourrait se l\u2019imaginer lorsqu'on jouit de revenus aussi considérables que ceux des richissimes nababs du nouveau et de l\u2019ancien monde.Savoir transformer l\u2019or, en bien, en \u2014 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 EXCENTRICITE DE MILLIONNAIRES \u2014@ beau, en utile et aussi en agréable, n'est pas à la portée de tous, et on en trouve la preuve dans l\u2019emploi si souvent vain et futile, parfois stupide même, que les gens riches font de leur fortune.Doit-on rappeler à ce propos les banquets excentriques, organisés en Amérique ou en Angleterre par divers souverains du capital ; banquets équestres en gondoies, polaires, ou même champêtres, dans le genre de celui où l\u2019amphitryon ne trouva rien de mieux que de recevoir ses invités au milieu de tous les représentants de la basse-cour, depuis le pigeon pattu, jusqu\u2019au cochon rose.| Ce fut \u201cvery fine\u201d, assurérent les privilégiés, mais assurément moins délicat- que la facon dont M.Spiridinioff, millionnaire mosicovite bien connu, célébra ses noces d\u2019or.Deux cents personnes furent invitées aux réjouissances qui marquèrent cet événement et chacune de ces deux cents personnes recut a cette occasion une carte d\u2019invitation spéciale en or pur.Chaque carte pesait deux tiers d\u2019omce, la totalité de l\u2019or employé a donc été de plus de huit livres, soit environ $2680.Le métal fut transformé en cartes sur lesquelles on grava l\u2019invitation en émail.Ah ! qu\u2019il faut done être ingénieux quand on est trop riche ! \u2014_\u2014 OQ \u2014\u2014 Less personnes qui meurent d\u2019un cancer avant l\u2019âge de trente ans sont très rares.On estime que 97 pour cent des personnes qui meurent de cette maladie ont plus de trente années et 90 pour cent ont plus de quarante ans.t : :À \u2018 ; ! 1 Vol.9, No 9 Superstitions Serbes + N de nos compatriotes, qui a jadis combattu dans les Balkans, écrivait l\u2019autre jour la surprise qu\u2019éprouvaient la plupart de nos \u201cpoilus\u201d, en constatant que les farouches et glorieux guerriers serbes ne voudraient pour rien au monide s\u2019avancer au feu sans la protection hypothétique d\u2019amulettes et ide talismans., Pour qui connaît la Serbie, il n\u2019y a pas là de quoi s\u2019étonner outre mesure : mos alliés sont parmi les plus superstitieux des peuples d\u2019Europe.À certaines époques de l\u2019année, les fermiers serbes confectionnent des petites croix de bois qu\u2019ils placent dans leurs vignobles et dans leurs champs pour les protéger contre la grêle.\u2014 C\u2019est surtout le 24 avril, jour de la fête de saint Georges, que les superstitions populaires se donnent liïbre cours en Ser- bie.Toutes les femmes ont, ce jour-là, recours à maints çurieux procédés, renouvelés de la sorcellerie, et qui, telle est du moins leur conviction, les rajeunissent et embellissent leurs traits.Lia jeune fille qui désire un teint pâle va porter un bouquet de fleurs sous un rosier blanic et y laisse son bouquet toute une nuit.Celle qui souhaite, au contraire, des couleurs un peu vives, porte son bouquet sous un rosier rose.Au miatin, on va chercher les bouquets dont les fleurs sont éparpillées dans l\u2019eau d\u2019un bain.Les jeunes filles serbes qui désirent connaître de nom de leur futur mari, ramassent les premières mies de plain qui jonchent la nappe de la table, au moment du diner.Elles les plient alors dans leur mouchoir avec un petit morceau de bois, et le La Revue Populaire tout est placé sous leur oreiller quand el- \u2014\u2014 PRE RE PRICE AO 30 Montréal, Septembre 19 4 les se mettent au lit.Elles imaginent que leur futur mai leur apparaîtra dans un rêve, à minuil Et comme, pour venir les rejoindre, il e4 possible qu\u2019il ait à traverser l\u2019eau, À morceau de bois, placé avec les mies di pain, est supposé leur servir de bateau.Dans certaines parties de la Serbie, to maître de maison conduit un mouton l\u2019église, une fois 1\u2019an.On plaice un ciergy allumé sur la tête de l\u2019animal, que le prd tre bénit en récitant une dans laquelle il appelle la prospérité su les affaires du fermier.A la fin de cetté petite cérémonie, le mouton est tué et rô ti ; on le mange et on donne sa peau af prêtre.Si les Serbes n\u2019emploient pas 14 courte prièrdf marc de café ou la boule de cristal poux lire l\u2019avenir, ils ont, du moins, d\u2019autres procédés aussi singuliers, comme celui dq \u2018l\u2019os de mouton.| Quand on tue un mouton et quand or l\u2019a cuit, les os de l\u2019épaule de l\u2019animal sont toujours l\u2019objet d\u2019un examen rigou4 reux, car différents détails, que les initié Y peuvent \u2018apercevoir, ont la plus grosgel importance.| On affirme qu\u2019on parvient à découvrir sur la partie plate de l\u2019os de l\u2019épaule, sil l\u2019on aura proichaînement une guerre ou sil la paix va continuer.| Cela tient à une différence de couleur, | tantôt claire, tantôt sombre de certaines parties de l\u2019os.Auprès de la partie supé-! rieure de 1\u2019os, on peut observer de petits gi: trous qui, selon leur forme et leur posi-| tion, sont dénommés par les Serbes \u201cber-! t ceaux\u201d ou \u2018\u201c\u2018cercueils\u201d.Si les berceaux l\u2019emportent par le nombre, cest signe de | Jole ; dans le cas contraire, il faut s\u2019attendre a ides tristesses dans la maison, a moins qu\u2019on ne sache, a temps, conjurer le mauvais sort par quelque mesure efficace.\u2014\u2014 0 \u2014 i à 3 | | 2 Ms ypVol.9, 70 9 Xi \u201ca, C\u2019est des scorpions que nous voulons ug yparler.Une statistique révélait dernière- eg, ment qu\u2019au Mexique près de \u201cquatre mil- Ni de\u201d personnes mouraient annuellement par uy Suite de piqûres de scorpions.1: Dans la petite ville de Dorango, notam- ->yment, les scorpions fourmillent littérale- -riy ment, en déjpit des efforts qu\u2019on fait pour «ii S'en débarrasser.On calcule qu\u2019on y tue : y Chaque année plus de 150,000 de ces dan- #4 gereux animaux et pourtant leur nombre \u201cpyjne semble pas diminuer.we sir Pour se protéger contre les scorpions.Ua Les scorpions ont le corps très long et : leur abdomen, uni au thorax dans toute [Sa largeur, se rétrécit brusquement de manière à constituer une sorte de queue 7 grêle, composée de six anneaux dont le A dernier se termine par un crochet aigu ou , fun dard.Ce dard présente, au-dessous de la Ys pointe, plusieurs ouvertures qui communiquent avec une glande venimeuse.La piqûre ides scorpions rencontrés dans Ni La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 zu LA TERREUR DU MEXIQUE -\u2014_\u2014 le midi de l\u2019Europe ne paraît jamais être mortelle pour l\u2019homme, mais dans les pays chauds des deux hémisphères et particu- liérement au Mexique, si un médecin n'intervient pas à temps, une personne piïquée meurt environ douze heures après.Les scorpions du Mexique sont de couleurs variées.Quelques-uns sont presque transparents, d\u2019autres sont bruns ou presque noirs.Dans la journée ils se cachent dans des endroits obscurs.Au Mexique, il est absolument nécessaire de secouer ses chaussures avant de se les passer aux pieds, pour en rejeter le scorpion qui s\u2019y serait égaré.De même, il faut prendre de nombreuses précautions pour empêcher les scorpions d\u2019entrer dans les appartements Un procédé auquel on a très fréquemment recours pour empêcher les scorpions de monter sur les lits et se cacher dans les couvertures, consiste à faire tremper les pieds du lit dans des boîtes de fer- blane remplies de kérosène ou d\u2019acide sulfurique.\u2018 Pendant votre sommeil, le sconpion cherche à aller vous rejoindre : il grimpe jusqu\u2019au bord supérieur de la boîte et là, il fait un plongeon dans le liquide, où il périt.\u2014_\u2014 \u2014\u2014 L\u2019on dit souvent d'une personne très riche qu\u2019elle est riche comme Crésus.On a pu évaluer d\u2019après les documents historiques la valeur de la fortune de ce fameux riche qui s\u2019appelait \u201c\u201cCrésus\u2019\u2019.I! paraît que sa fortune était d\u2019environ :$20,000,000.\u2014 31 A + ï a + fn hi v bi I Ni Vol, 9, Nr 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 19 LI HUNG TCHANG ET BISMARCK J I HUNG TCHANG, dans ses \u201c Mémoires\u201d, raconte une visite qu\u2019il fit à Bismarck.\u201cIl m\u2019a, dit-il, fait boire de la bière, ce qui ne m'était jamais arrivé.Nous avons parlé de la politique internationale et de l'influence ailemande en Extrême- Orient.\u201cPour le moment, m\u2019a-t-il dit, vous ne nous voyez pas beaucoup parce que l\u2019Allemagne unifiée est encore une jeune nation.Mais le temps va venir où elle règnera sur l\u2019Europe.L\u2019Angleterre, malgré son bruit et sa fumée, a des centaines de points faibles et elle sait bien «qu\u2019un conflit avec une puissanice comme la nôtre pourrait être sa fin.Je hais ces ha- beurs d\u2019Anglais.\u201d Avant de prendre congé je dis au chan- «eller que certaines gens m\u2019appelaient le Bismarck asiatique.Le prince réfléchit comme s\u2019il pesait mes paroles, ses yeux brillèrent sous sés sourcils épais et, se penchant vers le capitaine Ruffbach, qui nous servait d\u2019interprète : \u201cDites à Son Excellence \u2018que les Francais ne prendraient pas cela pour un compliment.\u201d Je ris à mon tour ; nous nous serrâmes la main et nous convinmes que les Francais ne l\u2019aimaient pas.\u201cAinsi, reprit-il, on vous appelle le Bismarck asiatique ?Eh bien ! je vous assure, je ne compte pas qu\u2019on me nomme jamais le Li Hung Tchang d\u2019Europe.\u201d Ainsi.cette idée de régner sur l\u2019Europe a toujours hanté le cerveau des Boches.Toujours, ils ont jalousé le bruit et la fumée de l\u2019Angleterre ; toujours ils hableurs 'd\u2019Anglais.\u201d Aprés ont hai \u201cces avoir exhalé sa haine, Bismarek fait de \u2014 - mée elle chasse cette eau par ses évents of à \u2018te eau sont retenus dans son énorme bo 32 RATES AIR \\ l'esprit, au sujet des Francais, ce qui fa rire Li Hung Tichang.I n'y a cependa pas de quoi.Puis le fameux chancelier @.fer réfléchit qu\u2019en lui comparant Li Huff =~ Tchang on lui fait du tort, et il se veng a par une réplique que Li Hung Tcharf® prenid sans doute, lui ,pour un complimerg Parlant ensuite du fameux Krupp, Biff\u201d marck dit : Le bruit de ses usines est aÿ jourd\u2019hui un chant de paix ; mais df\"' main la voix de ses bouches de bron# \u201c peut terrifier l\u2019ennemi.\u201d pl \u2014_\u2014 0 \u2014\u2014 COMMENT SE NOURRIT LA BA % LEINE Les mâchoires d\u2019une baleine atteigne parfo!s la longueur de 20 p:eds et sa bo che quand elle est grande ouverte, peuk mesurer 12 peds de largeur par 18 d hauteur.Son gosier cependant est si pd tit qu\u2019un oeuf de poule y passerait diff cilement.Pour vivre la baleine remplif | sa bouche d\u2019eau puis après l\u2019avoir refe de cette façon tous les animaleules o | : petits poissons qui se trouvaient dans cet} che.Le travail d\u2019élimination de cettq grande quantité d\u2019eau est très lent; mai ; comme la baleine n\u2019a rien autre chose : - faire ce travail est continuel et elle mangé K si régulièrement qu\u2019elle æecuinule souven ; plus d\u2019une tonne d\u2019huile dans son volu - mineux système.; ol, 9, No à \u2018 La Revue Populaire Montréal.Septembre 1916 DETAILS SUR LE GROS CANON ALLEMAND DE 16 1-2 POUCES 20 eng wf À LT LH L'énorme obus que l\u2019on voit sur la gra- L'emplacement du canon est compiète- jure ci-dessus est un obus allemand, ce- ment miné et les ingénieurs qui ont char- ui que lancent leurs fameux canons de ge de la pièce, prêtent serment de faire- 1612 pouces.Cet obus offre un intérêt sauter ces mines pour détruire la pièce si out particulier en ce sens que c\u2019est le «geul de l\u2019espèce que nous possédions.Ce miiggros obus tiré d\u2019une distance de 715 miles est tombé dans un terrain mou près d\u2019un des forts extérieurs de Verdun et n\u2019a pas fait explosion.sn) On peut se faire une idée des dégâts que peuvent causer de pareils obus quand Ain les compare aux obus des canons de petit calibre dont on voit un specimen à droite et à gauche de la gravure.A droi- e se trouve un obus du 77 mm allemand \u2018Et à gauche un obus du glorieux 75 mm français.Ces deux canons ont à peu près e même diamètre, soit environ 3 pouces, nais le canon français est d\u2019une supériorité incontestaible et considérable sur le canon allemand, tant au point de la rapi- \u2018fdité du tir que de sa justesse et de sa pré Jcision.L'autre gravure représente un de ces ffameux canons monstres de 42 centimètres (1615 pouces) dont se servent les allemands pour envoyer ces obus.Les servants de ce canon de 1615 pou- «fees poytent des appareils protecteurs sur Bla bouche, les yeux, les oreilles et se cou- \u201c'Rchent la poitrine contre terre quand la , pièce est prête à partir, afin d\u2019éviter d\u2019ê@- Obus de 420 tombé près de Verdux; à gauche le , ; , petit obus du T5 français et a droite, Uobus tre blessés par le choc de la décharge.du TT allemand vol 9, No 9 eelle-ei est menacée d\u2019être prise.Voici les détails que donne le \u2018*New- York World\u2019, sur le fameux canon howitzer allemand de 42 centimètres (16,5 pouces).Poids du canon, 97 4-5 tonnes.Poids de la plate-forme, 4114 tonnes.Longueur du canon, 16 pieds 5 pouces.Poids de l\u2019obus, 2107 livres.Longueur de l\u2019obus, 4 pieds 10 pouces.Nombre de parties dans le canon, 172.Wagons nécessaires à son transport, 12.! Le fameux canon howitzer allemand Profondeur des fondations, 26 pieds.Distance a laquelle le cagon a tiré sur la ville de Liège, 12 milles.Le montage du canon prend 26 heures.Le pointage prend 6 lheures.L'homme qui fait partir le coup se tient à 300 verges.Toutes les fenêtres sont brisées dans un rayon de 24, milles.Chaque coup coûte 2600 dollars.Le nombre des hommes nécessaires pour le service du canon est de 200.La Revue Populaire 34 L\u2019ART DE LA RESPIRATION | | Savoir respirer est un art.Une person-| ne en santé qui respire normalement \u2018con-| somme 14 pintes \u2018d\u2019air a la minute.| Mais quand une personne se trouve dans un endroit où l\u2019air est moins abondant comme cela arrive souvent dans desf appartements trop peu aérés, nous absor-| bons, en respirant normalement moins| que les 14 pintes d\u2019air qui mous sont né-i cessaires Dès lors nous recevons d'ans les | poumons une quantité d\u2019oxygéne insuffi-| sante pour purifier le sang veineux.| Dès lors, à la longue, ce sang veineux | qui à la surface des poumons par son contact au moyen \u2018de millions de vaisseaux | sanguins impencejptibles ne peut plus recevoir assez d\u2019oxygène pour se transformer à nouveau en sang \u2018artériel, repasse | par le coeur sans etre absolument pur.| C\u2019est là une des grandes causes de l\u2019impu- | reté du sang.| Dans les cas ou l\u2019on se trouverait dans une de ces circonstances où l\u2019air est trop rare comme dans le cas où l\u2019air m\u2019est pas | pur, pour remédier à cette trop faible :do- - se d\u2019oxygène que l\u2019on'envoie dans les pou- | mons en respirant d\u2019une facon normale, , on (doit respirer un plus grand nombre de | fois à La minute de facon à absorber plus ! de 14 pintes d\u2019air.Absorbant plus que ces 14 pintes d\u2019air, qui, à l\u2019état pur, contiennent assez d\u2019oxygène pour purifier notre samig, on rattrape sur la quantité d\u2019air absorbé en plus, .l\u2019oxygène \u2018dont on serait privé en conti- | nuant de respirer d\u2019une façon normale, ré- talblissant ainsi l\u2019équilibre qui sans cela serait détruit.Montréal.Septembre 191 À LA WN TN \u2014 T7 4.RC av Vol.9, No 9 ROMAN COMPLET LE PREMIERE PARTIE ta DEUX ECOLIERS \u2014 Votre nom ?\u2014 Raoul de Montlaur.\u2014 Et vous ?Napoléon Bonaparte.Vous dites ?Napoléon Bonaparte, répéta laborieusement le mouveau, s\u2019efforcant d\u2019atténuer son accent corse qui lui faisait prononcer \u201cNapoléoné.\u201d Des rires fusèrent à travers la classe, des voix étouffées chuchotèrent : \u2014 Paille au nez ! Paille au nez ! Une rougeur brûlante monta au front de celui qu\u2019on affublait de ce sobriquet; il promena autour de lui un regard noir où passait un vague reflet de vendetta, mais il n\u2019était plus dans ses montagnes et, serrant les lèvres, il alla s\u2019asseoir sur un des derniers bancs, à la place désignée par le professeur, à côté du condisciple qui, ce 12 mai 1779, faisait avec lui son entrée à Brienne .\u2014 Tous deux paraissaient une dizaine d\u2019années, mais là s\u2019arrêtait la ressemblance et l\u2019air farouche, la mine chétive, le visage blême, les habits trop larges, l\u2019allu- \u2014 La Revue Populaire PREMIER AMOUR DE NAPOLEON ~ Par H A.DOURLIAC lait le titre de Montréal, Septembre 1916 re gauche du jeune insulaire contrastaient de façon pénible avec la tournure dégagée, la mise élégante, la jolie frimousse, le sourire gracieux, les manières parfaites de son compagnon, arrivé en droite ligne de Trianom, où il était l\u2019enfant gâté de la Reine.; Tous deux étaient ibons gentilshommes, mais l\u2019un appartenant à cette petite noblesse corse rattachée récemment à la grande famille francaise ; \u2014 l\u2019autre à la plus haute noblesse du royaume ; il remontait aux croisades et même au saint roi Louis, par les femmes, ce qui lui va- \u201ccousin du Roi.\u201d L\u2019un était fils de Charles de Bonaparte, l\u2019ami de Paoli, et son admirateur, qui avait lutté avec lui pour l\u2019indépendance nationale, combattu vaillamment à la tête de sa \u201cPiève\u201d (tribu) et, railié a la France, était mort récemment, député aux Etats, laissant dans la détresse une veuve et huit enfants dont deux, Napoléon et Elisa, avaient été admis comme boursiers à Bri- enne et à Saint-Oyr, grâce à la protection de M.de Marbeuf, gouverneur de l\u2019île ; ce qui, pas plus alors qu\u2019aujourd\u2019hui, n\u2019était privilège enviable, dans ce petit monde d\u2019écoliers qui a toute les vanités du grand.35 \u2014 RH HRN A.\"te in bh [] fa: a i ' W 0 Ir i sit: sarin ind + TL ai ASE Vol.9, No 9 L\u2019autre était 1\u2019unique héritier d\u2019un due et pair, aussi riche d\u2019honneurs que de titres et de biens, son arbre généalogique se perdait dans la nuit des temps et comptait un saint roi des ambassadeurs, des ministres, des maréchaux, des cardinaux, la bienheureuse Jeanne de Chantal, la délicieuse marquise de Sévigné dont on relit toujours les \u201cLettres\u201d et la spirituelle marquise de Créquy dont on ne lit pas assez les \u201cMémoires\u201d.Toutes les bonnes fées s\u2019étaient réunies autour de ce berceau, filleul de Marie-An- toinette et du Prince de Ligne, la vie dans laquelle il entrait par la porte d\u2019or ne lui promettait que des roses ; aussi lui souriait-il comme elle lui souriait.Tandis que son camarade rangeait méthodiquement dans son pupitre ses livres, cahiers, plumes, compas, modeste bagage d\u2019écolier, \u2014 lui, dédaigneux de ces soins vulgaires, promenait un oeil indolent autour de lui, échangeant un petit bonjour avee l\u2019un, un signe d\u2019amitié avec l\u2019autre et n\u2019écoutant guère le jeune répétiteur, frais émonfu des Minimes d\u2019Arbois, qui s\u2019appelait Pichegru et aspirait alors à la robe de moime, sans se douter qu\u2019il porterait un jour un autre uniforme.Raoul regrettait bien un peu Versailles, la cour, les princesses, dont il était l\u2019enfant gâté, mais, entre ces murs austères, il se trouvait aussi en bonne compagnie et en pays de connaissance Louis de Lescure, petit-fils de la duchesse de Dur- fort, Armand de Fronsac, petit-fils du maréchal de Richelieu, deux vieux amis de ya grand\u2019meére, et bien d\u2019autres empres- 36s a lui faire accueil.Puis son parrain affirmait que l\u2019on ne pouvait se préparer trop tôt au \u201cplus beau métier\u201d ; il l\u2019avait recommandé chaudement au supérieur, le père Patru, et assuré d\u2019un haut patronage, de fréquentes visites de force douceurs, et pour- \u2014 36 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 vu d\u2019une bourse rondelette le jeune éco- : lier n\u2019était pas bien 4 plaimdre.D\u2019ailleurs il était de ces heureuses natures qui s\u2019assimilent facilement à tous | les milieux et savent s\u2019y plaire parce qu\u2019ils savent y plaire .Le jeune favorisé : ancien à Brienne, ne sympathisait guère avec lui ; son île était loin, sà poche était vide, la pauvre famille s\u2019étant saignée à blanc pour compléter son modeste trousseau et celui d\u2019Elisa; il ne pouvait \u2018compter sur aucume faveur, le parloir ne devait guère retentir de \u2018son nom, destiné à emplir le monde, et dans ce milieu étranger, pour ne pas dire hostile, tout son être se contractait douloureusement.Son coeur \u2018était demeuré avec les siens dont il était séparé pour de longues années et, déjà il songeait à l'heure où, ses études terminées, il! aurait une carrière, de l\u2019angent et pourrait leur rendre un peu ce qu\u2019ils faisaient pour lui.Cet espoir seul le soutemait, lui communiquait une énergie au dessus de son âge et il se jurait de justifier la parole de son oncle l\u2019archidiacre : \u201cJoseph est l\u2019aîné de la famille, mais Napoléon en sera le chef !\u201d En attendant ses débuts à l\u2019école devaient être assez pénibles ; sans parents, sans amis, sans protecteurs, son âme ardente et sensible devait souffrir cruellement de son isolement, sa fierté ombrageuse de son dénuement et de sa condition de boursier.Parmi ces jeunes nobles, à l'école de Brienne comme à celle de Paris, il était de bon ton de jeter l\u2019argent par les fenêtres et le jeune Fronsae, trop ramgé, s\u2019attirait cette singulière mercuriale de son grand\u201d père #\u201cM\u2019sieur, quand on a l'honneur de porter notre nom, on peut faire des dettes, \u2014 Bonaparate, lui, était moins | il n\u2019avait qu un vague corres- | pondant, M.de Permon, dont le fils, son | Fu* es I 0) Vol.9, No 9 non des économies.\u201d Napoléon qui eut toujours l'horreur des dettes, devait connaître les affres de la pauvreté avant de s\u2019imposer par son mérite à ses compagnons plus fortumés.Pour l\u2019instant, il ne leur en imposait pas du tout, dès la première réeréation, il eut la révélation euisante de son infériorité sociale, qu\u2019il ne soupconnait guère en Corse, où sa famille tenait le premier rang.Tous ces petits bonhommes, courtisans en herbes, se pressaient autour du filleul de Marie-Antoinette et sollieitaient l\u2019honneur d\u2019une présentation, selon les règles minutieuses de l'étiquette d\u2019alors Leeseure ou Fronsac lui nommaient l\u2019un après l\u2019autre : le comte de Nansouty qui devait être chambellan de Marie-Louise ; M.de Bourrienne, qui devait être secrétaire de Napoléon et tamt d\u2019autres qui, plus tard, devaient invoquer près du maître de l\u2019Europe le souvenir de Brienne.Ernest de Permon, loin de rendre ce bon office au pupille de son père, s\u2019en était écarté après un bonjour très froid, ne se souciant pas de \u20ace piètre compagnon et il répondait avec désinvolture aux questions curieuses \u2014 Oh ! ce n\u2018est pas un ami, une simple connaissance : le fils d\u2019un petit hobereau, protégé de M.de Marbeuf et obligé de mon père lors de son séjour en Corse.Seul, rongeant son frein, masquant sous une impassibilité hautaine les froissements de son jeune orgueil, Bonaparte, assis au pied d\u2019un arbre, un livre ouvert sur les genoux, laissait sa pensée vagabonder, errer bien loin par-dessus la mer bleue, dans l\u2019île sauvage aux âpres montagnes, au peuple indomptable, où les femmes mêmes savaient manier l\u2019escopette, où sa mère avait suivi son mari à cheval dans toutes ses campagnes où, suppléant le père La Revue Populaire je bebkis atid thadbl tidied ithe HLH Mabe itt dt LHL MU ER ARN SH MEH MOEA CN SE LI A MERE Montréal, Septembre 1916 mort, avec une énergie virile, elle élevait péniblement les orphelins, et où il espérait bien rentrer, un jour, apportant la liberté, la fortune et la gloire.Sa patrie, sa famille, c\u2019était là son double objectif ; il les aimait d\u2019un amour ardent, rêvant pour elles de brillantes destinées, sans se douter de l\u2019auréole qu\u2019il allait mettre au front de l\u2019une, ni des couronnes qu\u2019il allait poser sur le front de l\u2019autre.\u2014 Je suis enchanté de vous voir des nôtres, Montlaur, dit gaiement le jeune Fronsac : vous nous apportez un petit air de Versailles, dont on se croirait à cent lieues.\u2014 Que fait le sa Majesté \u2014 La Reine ?Sa Majesté s\u2019ennuie.La guerre d\u2019Amérique dépeuple Trianon.\u2014 Si nous pouvions y faire nos premières armes ! roi ?chasse.\u2014 Ce serait plus amusant que les mathématiques.\u2014 Nous avons un excellent répétiteur.\u2014 Oh ! vous, Lescure, vous êtes aussi fort en sciences qu\u2019en lettres.~ \u2014 Aussi faible serait plus juste.\u2014 Moi, je préfère le latin, dit Bour- rienme.| \u2014 Moi, le gree, dit Nansouty.\u2014 Moi, le menuet, déclara gravement Raoul.On rit.\u2014 Et le jeune Paille au Nez, qui semble plongé dans son bréviaire, quelles peuvent bien être ses préférences ?\u2014 Demandons-lui ! Hé ! Paille au nez! \u2014 Paille au nez ! Paille au nez ! répétèrent les voix moqueuses.Il ne parut pas les entendre et, vexé de cette indifférence, Bourrienne, d\u2019un geste vif, lui lança une balle, qui fit choir le volume sur le sable.Rappelé brusquement à la réalité, il \u2014 87 \u2014 G > 4}, y + + À i a oh ib Vol.3, No 9 toisa le groupe hostile, son sourcil se from- ça.\u2014 Votre Gravité daignerait-elle nous dire quel ouvrage captive à ce point son intérêt ?\u2014 Ramassez, répondit-il froidement.\u2014 Un \u201cancien\u201d se baisser devant un \u201cnouveau\u201d ! \u2014 M.de Montlaur, qui est \u201cnouveau\u201d comme moi, peut le faire sans déroger.\u2014 La Corse aurait-elle vaineu la France et serions-nous réduits en vasselage ?demanda ironiquement le jeune prince.\u2014 Cela viendra peut-être, monsieur ; en attendant, j'ai pour moi le droit du plus faible et le plus faible ne doit jamais plier.Les quatre enfants étaient gentilshommes ; ils tressaillirent à cette réponse hautaine.\u2014 Vous avez raison pardon, monsieur dit Raoul avee une noble franchise.Et le saluant courtoisement, il s\u2019éloigna avec ses amis.Pâle, les dents serrées, Napoléon était demeuré immobile., \u2014 Que lisiez-vous donc là, mon- jeume ami ?Sans affectation, le répétiteur, qui avait suivi de loin cette petite scène, s\u2019était approché et intervemait à son tour.Son accent bienveillant calma soudain la colère bouillonnant au fond de cette âme d\u2019enfant.Il ramassa le volume et le lui présenta.\u2014 Les Hommes Illustres.Oh ! o h! c\u2019est le bréviaire de la gloire.Voudriez- vous être un de ces héros ?Les yeux du jeune Corse lancèrent une flamme., \u2014 Alors, il faut étudier beaucoup les mathématiques.\u2014 J\u2019étudierai.\u2014 Je vous y aiderai.L'enfant rentra en classe, un peu ré- 38 \u2014 RT ERR ie La Revue Populaire conforté et écouta la lecon avec une attention qui charma le professeur.Mais un nouveau tourment 1\u2019attendait.| I1 était de tradition à l\u2019Ecole de payer | sa bienvenue par une petite orgie de gâteaux, de friandises, commandés au por- | tier du collège qui en avait le monopole.| Quand le jeune Permon, dont la vani- | té méchante se plaisait à humilier moins fortuné que lui, mit charitablement Napo- | léon au courant de cet usage onéreux, celui-ci sentit une sueur froide perler à ses | cheveux et demanda avec angoisse : \u2014 Combien cela peut-il coûter ?\u2014 Mon Dieu ! mon cher, c\u2019est selon les moyens.un simple boursier peut se borner à un minimum d\u2019un louis Un louis ! | Le pauvre garçon n\u2019avait qu\u2019un petit écu, octroyé par la générosité maternelle, avec force recommandations de ne pas le dilapider \u2018! Mais il fit bonne contenance et dit \u2014 C\u2019est bien.- \u2014 Ce qu\u2019il souffrit pendant la fin de la semaine, il faut avoir mesuré tout ce qu\u2019une âme d\u2019enfant peut renfermer d\u2019amertume pour le comprendre.Il n\u2019osait aborder le cerbère, et pourtant le terme fixé approchait.Le samedi, ce fut le portier lui-même qui l\u2019appela : \u2014 M.de Montlaur m\u2019a fait sa commande pour demain : il serait temps de me faire aussi la vôtre, je ferais venir le tout ensemble.Très rouge, Napoléon balbutia une ex- «use.Ses parents ignoraient cette coutume et ne lui avaient pas donné l\u2019argent suffisant, il ne pouvait disposer que d\u2019un petit écu.\u2014 Ce sera maigre dit le bonhomme, mais bah ! votre camarade a bien fait les choses, ce sera une compensation.Il parlait sans malice, mais l\u2019humilia- \u2014 Momitréal, Septembre 1916 | ji Voi.9, No 9 tion trop forte fit jaillir des larmes de rage des yeux du jeune Corse et, mettant sa pièce d\u2019argent dans la main tendue, il s\u2019éloigna si précipitamment qu\u2019il faillit bousculer Montlaur qui passait.T1 eût voulu le tuer ! Avec l\u2019illogisme des enfants.hommes, c\u2019était à lui surtout qu\u2019il en voulait de l\u2019affront pressenti.Son insolente générosité accuserait encore sa parcimonie forcée ; il entendait d\u2019avance les rires étouffés, les allusions moqueuses.| Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi était- *{ il si pauvre au milieu de ces enfants ri- tif ches ?Toute la nuit, il rumina et remâcha | l\u2019herbe amère.Pour entrer au réfectoire, | il lui fallut plus de courage que pour w#:l franchir le pont d\u2019Arcole.æ:f Au dessert, on apporta une superbe pièce moulée, accompagnée de pâtisseries, @:f confitures, dragées, sirops, ete.\u2014 De la part de M.de Montlaur.«if Ty eut un tonnerre d\u2019applaudisse- i ¢ | ments.fe \u2014\u2014 De la part de M.de Buonaparte.Au lieu des huées ou des ricanements WF attendus, il y eut un mouvement de sur- | prise et des bravos aussi nourris.cal \u2014 Oh ! c\u2019est tout à fait galant, mes- «fl sieurs ! p Le second senvice était le pendant du 1: premier.\u2014 Mes compliments, mon cher, vous +f faites royalement les choses, dit Permon dépité.| pé Etourdi, confondu, Napoléon recevait af sans répondre les félicitations.a Raoul se pencha à son oreille.a \u2014 Excusez la liBerté, mon cher camai+ rade, c\u2019est le droit du plus riche ; vous | me rendrez cela quand la Corse aura conquis la France.La Revue Populaire et des \u2014 39 ititiciciitittaitistitiittitt dH EH LL Montréal, Septembre 1916 UNE MARQUISE \u2014 Monsieur de DU VIEUX TEMPS Montlaur au parloir.À la tête d\u2019une dizaine d\u2019élèves, armés de boules ide neïge, il livrait un furieux assaut à une forteresse défendue par le jeune Buomaparte, dont les soldats ripostaient avec ardeur.\u2014 Prenez le commandment, Fronsac, et tâchez d\u2019être plus heureux que moi, votre grand-oncle vous regarde, dit-il en riant.Et 1l suivit le portier, non sans un 1é- ger regret.Sa grand\u2019mère l\u2019attendait en compagnie d\u2019une fillette un peu plus âgée que lui qu\u2019il salua du titre de cousine, en s\u2019informant de leur santé.\u2014 Bonne, très bonne, mon cher enfant ; si cela continue, je serai capable de dépasser Fontenelle et de voir ma cinquième génération.\u2014 Dieu le veuille, madame souhaita-t-il avec chaleur en baisant la main ridée de son aieule.Renée Caroline de Froulay, veuve de Louis Marie de Créquy, était née sur la limite du XVIIe siècle et devait voir lau- rore du XIXe.C\u2019était une délicieuse octogénaire à qui l\u2019on eût pu appliquer ce joli portrait : \u201cJamais les grâces qui caractérisent la femme, vraiment femme, ne passent ; seulement elles changent de place.A mesure qu\u2019elle avance dans la vie, cet agrément des formes qui nous enchantent, ces lignes si légères, ces teintes si douces, toutes les grâces de la femme, enfin, émigrent du corps à l\u2019esprit.Jeunes, c\u2019est par les yeux, âgées, c\u2019est par les oreilles qu\u2019elles nous captivent et l\u2019on n'e cesse de les regarder avec plaisir que pour les écouter avec un intérêt mêlé de respect.\u201d Toute jeunette, elle avait été présentée à Louis XIV, qui lui avait baisé la main rene ee SO RENE eee ei pag RTS TE aan rt ae af SARE » e Me ee le a Te SA TAL 2X 1: # H 1 \u2019 + \u2018 3 i 1 & Voi.9, No 9 (elle ne devait jamais l\u2019oublier) ; elle avait vu de près le long règne de Louis XIV, véeu dans la familiarité des princes du sang, l\u2019intimité du duc de Penthièvre, patronné les philosophes, tout en abhorrant leurs maximes, protégé Rousseau, taquiné Voltaire, et elle \u2018devait survivre à la Révolution.Esprit vif et pénétrant avec une piété aussi solide que large et tolérante, un jugement ferme, une haute conscience de ses devoirs et de ses «droits, elle était aimée et respectée de tous.Jean-Jacques disait d\u2019elle \u201cC\u2019est le catholicisme en cornette et la haute noblesse en déshabillé.\u201d De toute sa famille, il ne lui restait que cet arrière petit-fils qu\u2019elle adorait sans le gâter, selon la forte discipline du vieux temps.\u2014 Vous êtes le dernier de notre maison, mon enfant, lui écrivait-elle ; aussi vous m'\u2019êtes doublement cher et je vous veux toujours digne de votre nom et de votre race.\u201d Iille n\u2019en avait pas moins pour lui toutes les sollicitudes et les complaisances des aieules et lui apportait tout un assortiment ide gâteaux et de confitures.\u2014 C\u2019est votre berçeuse, notre bonne Dupont, qui a envoyé ces deux pots de gelée pour vous, par le coche, de son pays du Maine.\u2014 Je fui écrirai pour l\u2019en remercier.\u2014 Vous ferez bien, Raoul ; comme l\u2019observe judieieusement mon wieil ami Cois- Tim: \u201cLa politesse doit être d\u2019autant plus grande qu\u2019elle s\u2019adresse à de plus petits,\u201d et les Dupont, en particulier, ont droit à tous nos égards.\u2014 Je ne l\u2019oublierai pas, madame.\u2014 Par exemple, ils ont pour nièce une vraie pimpêche, que j'ai dû éconduire pas plus tard qu\u2019hier.Sous prétexte que j\u2019a- La Revue Populaire vais signé à son contrat, à la considéra- \u2014 40 tion de ses dignes parents, elle est venue me prier d\u2019appuyer les prétentions nobi4 liaires de son mari, inspecteur des manu factures à Lyon, qui voudrait s\u2019enter su une famille de la Platiére.Mais com me vous avez chaud, Raoul ; il géle ce pendant a pierre fendre._\u2014 C\u2019est la chaleur du combat, madame.} \u2014 Vous vous battiez ?\u2014 À coups de 'boules de neige, rassu- rez-vous, et votre visite m\u2019a épargné l\u2019humiliation d\u2019une défaite.\u2014 Pour le petit-fils d\u2019un maréchal de France, c\u2019est peu honorable, en effet ! Quel est le vainqueur ?Votre ami Fron- sac., \u2014 Non, madame, un simple cadet def trés petite noblesse, dont le nom vous est certainement inconnu, mais qui pourrait bien être un second Fabert, tant il me semble fait pour commander.\u2014 Vous le nommez ?\u2014 Napoléor Buonaparte.C\u2019est un pro-ll tégé de M.de Marbeuf.\u2014 Un corse! Leur nation est qualifiée d\u2019\u201cinfâme\u201d sur le monument expiatoire élevé à Rome, à la requête de votre grand-père et ce n\u2019est pas relation dignej de vous.~ \u2014 Le grief remonte un peu haut, madame, il doit y avoir prescription ! ob-lif serva gaiement le jeune prince.En effet, cette échauffourée, qui avait failli déchaîner la guerre, ent son temps, & datait du Roi-Soleil.Une dispute ayant éclaté sur la place du palais F'arnèse, des gardes corses avaient été blessés ; leurs camarades furieux revinrent en force, tambours bat-, tants, et firent une décharge sur les fenê-' tres, malgré la présence de l\u2019ambassadeur.\u2018 Puis, rencontrant le carrosse de l\u2019ambas-: sadrice, ils l\u2019insultèrent, blessèrent sesj qui sel domestiques et tuèrent un page.trouvait à la portière.RO Montréal, Septembre 191 : Le ig S Hh.Es er yup 3 Mm Bit ag dame, SE 5e vi de off | ate ant Buell # 1 time im Vol.9, No 9 » Le lendemain, le düc de Créquy quittait Rome sans accepter aucune excuse.Le pape, Alexandre VII, qui n\u2019aimait pas la France et se plaisait à mortifier cette pétulante nation, voulut d\u2019abord te- mir tête à Louis XIV ; il arma des troupes et passa des revues sur le Monte-Ma- rio, où Grégoire II avait arrêté le roi des Lombards Luitprand.Mais ces soldats indisciplinés étaient un danger pour Rome ; et convaineu, par l\u2019ambassadeur de Venise, Basadona, de la mécessité d\u2019une réparation, le Saint-Père se décida à signer un traité à Pise, dans lequel il fut convenu qu\u2019un légat, le cardinal Chigi, serait envoyé à Versailles, que don Augustin et sa femme iraient au-devant de l\u2019ambassadeur et de l\u2019ambassadrice jusqu\u2019à Civita-Vecchia, que le Barigal perdrait son emploi, enfin qu\u2019une pyramide serait élevée devant le palais Farnêse avec une inscription des plus humiliantes pour les Corses, déclarés incapables de servir dans les Etats ecclésiastiques.Cet événement avait fait grand bruit alors et avait ajouté encore à l\u2019orgueil de Louis XIV ; mais près d\u2019un siècle avait passé là-dessus, le souvenir em était effacé et la pyramide démolie.La marquise, elle ,était trop pénétrée du respect dû à la Majesté royale et à son illustre Maison pour oublier pareil attentat.Bien qu\u2019il ne fût pas né alors, Buonapar- te, à ses yeux en était solidaire, et elle blâmait la légèreté de som petit-fils à cet égard, Aussi, soucieuse de s\u2019éclairer sur le compte du jeune insulaire, elle appela d\u2019un signe le Père Patru.Co \u2014 Nous avons à causer, enfants ; allez faire un tour dans le pare, ordonna-t-elle.Raoul obéit avec empressement et offrant la main à sa cousine, la conduisit à petits pas, à travers les allées ombreuses où se promenaient quelques\u2019 groupes de visiteurs.La Revue Populaire 41 } suit sich detalii Montréal, Septembre 191¢ \u2014 Ma grand\u2019meére a la rancune tenace, dit-il en riant ; pourtant ce Buonaparte lui plairait certainement, car elle aime les originaux et ce n\u2019est pas une figure banale.Avec l\u2019enthousiasme de son âge, il se lança dans un éloge de son compagnon, vantant surtout son mérite au jeu de barres et à la petite guerre, ce qui devait intéresser beaucoup une jeune fille ! Cependant elle l\u2019écoutait avec complaisance._ : Angélique de Courtenay descendait des empereurs d\u2019Orient.Grande, mince, élancée, avee un profil grec très pur, des mouvements harmonieux, une gravité précoce, elle tenait de son père, Charles Roger, des cheveux d\u2019or fin et des yeux noirs admirables, mais c\u2019était là tout son héritage.Elle vivait de la charité d\u2019une tante, aussi avare que riche, dont les singularités réjouissalent la cour et la ville et qui songeait à racheter la basilique de Sainte-So- phie beaucoup plus qu\u2019à assurer le sort de sa nièce.La pauvre petite.eût grandi sans une caresse, dans l\u2019isolement ct l\u2019a- \u2018bandon, sans les bontés de sa marraine, Mme de Créquy et l'amitié de son.cousin Raoul.\u2019 Il avait pour elle les attentions d\u2019un frère, mettait un frein à son exubérance, abandonnait ses yeux bruyants et demeurait parfois des heures, assis près d'elle, à lui faire la lecture ou à lui conter ses faits et gestes, plus soucieux ide son approbation ou de son blâme que de ceux de sa grand\u2019mère.Séparés depuis un mois, il essayait de la faire pénétrer dans ce monde nouveau du collège, dont 1l lui dépeignait les classes, le préau, les habitudes, les moeurs, les professeurs, les élèves, s\u2019étendant longuement sur celui qui déjà avait captivé son imagination, son coeur, et dont il eût voulu être l\u2019ami. Voi.9, No 9 \u2014 Mais, ce n\u2019est pas facile ! il est aus- 41 fier que pauvre et la moindre obligation lui pèse horriblement.J\u2019ai eu le malheur de lui rendre un léger service et j\u2019al tru qu\u2019il ne daignerait jamais me le pardonner .\u2014 C\u2019est donc une nature ingrate ?\u2014 Non, mais très ombrageuse.un vrai sauvage !.Si jamais il devient courtisan ! \u2014 Pourquoi vous attacher ainsi a lui ?tela paraît déplaire 4 votre grand mere.\u2014 Je ne peux pas m\u2019en empêcher.Les- sure et Fronsac sont autrement aimables et je ne m\u2019en soucie pas.\u2018Tandis que Buo- naparte ! \u2014 Quel âge a-t-il ?\u2014 Le mien ; mais il est plus petit.bien que souvent il semble plus.grand.Oh ! je voudrais vous le montrer.\u2014 Ce serait difficile.\u2014 Pardon, je suis un sot !.Des cris aigus l\u2019interrompirent.La Revue Populaire Dans le feu de l\u2019action, sans doute, un - projectile, contenant un caillou, avait atteint Lescure a \u2019arcade sourciliére, lui faisant une profonde entaïlle.Le sang avait jailli, effrayant tout ce petit monde et l\u2019on conduisait le blessé à l\u2019infirmerie, tandis que Buonaparte, en sa qualité de chef de camp, était mandé chez le principal.[ ~ Il exprima ses regrets de l\u2019accident, mais en assuma toute la responsabilité, se refusant à en nommer l\u2019auteur réel, qu\u2019il connaissait parfaitement.\u2014 Alors, c\u2019est vous qui paierez pour lui, à moins qu\u2019il ne se dénonce.Mais c\u2019était Ernest de Permon et, sûr de la discrétion de son camarade, (la délation n\u2019était pas encore à la mode), n\u2019était pas autrement fâché de lui voir endosser, à sa place, l\u2019habit de bure, punition fort usitée et sensible à ces jeunes amours propres.Montréal, Septembre 1916 Aucun ne l\u2019avait encore ressenti aussi # vivement.i 4 i i Pâle, l\u2019oeil fixe, Napoléon revêtit, gans un mot, cette livrée infamante ; mais ses) traits exprimaient un tel désespoir, que le # surveillant touché, crut le réconforter en: lui disant | \u2014 Ne vous désolez pas ainsi ; tous vos camarades y ont passé ou y passeront.\u2014 Eux, ce m\u2019est pas moi ! gronda-t-il les dents serrées.Cette orgueilleuse réponse lui aliéna les sympathies.Pareille arrogance convenait- ll: elle à ce pauvre boursier, fils d\u2019un simple gentillatre corse ?Et pour dompter cette tendance satanique en ajoutant à l\u2019effet moral, on lui enjoignit \u2018de \u2018traverser des | jardins réservés où se promenaient quelques familles.Frémissant de tout son être, il faillit céder à un irrésistible mouvement de révolte ; mais c\u2019était son avenir compromis, brisé peut-être et cerui des siens y | était attaché.Courbant le front grande allée d\u2019un pas automatique.Par il obéit, suivit la une chance inespérée, il n\u2019avait encore | rencontré personne et se flattait d\u2019attein-| dre le préau, quand soudain il se trouva | face à face avec Mlle de Courtenay, que| Montlaur avait abandonnée un instant, pour courir aux nouvelles.Assise aux pieds d\u2019un bon Saint-Jo- seph, elle regardait fixement Napoléon.Il salua d\u2019un geste bref.Elle ne répondit pas.Une flamme passa dans ée regard, d\u2019ai- -gle dont nul ne devait soutenir l\u2019éclat.il 42 Elle ne baissa pas le sien.Ce fut ume souffrance, aigué, intolérable, le fer rouge sur la plaie & vif.Il eut la sensation d\u2019être cloué au pilori devant cette figure hiératique qui le| considérait toujours.L\u2019humiliation fut trop forte pour cet-| = à 44 1 «lf at em apr 18 ÿ 57 Pa 22006 acer qu \u201828 Ts pair 0 Jo} grave, studieux Voi.9, No 9 te imagination ardente, qui s\u2019en exagérait la flétrissure.L\u2019orgueil d\u2019un homme bouillonnait sous ce front d\u2019enfant.Sa vue se troubla, les arbres, Saint-Joseph, tout se confondit et, chancelant, il s\u2019abattit lourdement sur le sol.Quand il reprit connaissance, à l\u2019infirmerie, Lescure, le front bandé, était penché sur lui.HW] \u2014 Etes-vous mieux?mon cher camarade, interrogea-t-il affectueusement.Il ne répondit pas, d\u2019abord ; mais il eut un mouvement de joie : on lui avait | ôté l\u2019habit de bure.\u201cL\u2019effet moral\u201d ayant un peu trop dépassé la mesure, le supérieur avait ordonné de lever la punition.\u2014 Votre dignité est sauvée, dit gaie- | ment Montlaur, nul ne vous aura admiré sous ce gracieux accoutrement.Mais Napoléon demeura soucieux.I songeait à l\u2019apparition qui l\u2019avait si profondément troublé.Réalité ou rêve ?| Trop fier pour questionner, il se renferma dans son mutisme, et Angélique était rentrée chez sa tante qu\u2019il ignorait encore son nom.» v À défaut de qualités plus sérieuses, le filleul du Prince de Ligne possédait déjà les qualités armables de son parrain, et le sens de 1\u2019admination et de l\u2019enthousiasme.Sans deviner, dans son modeste condisciple, le génie qui devait, un jour, boule- | erser le monde, il avait la vague \u2018conscience d\u2019une personnalité au-dessus des autres et s\u2019inclinait volontiers devant elle, malgré les préjugés du rang et de la naissance.Son esprit paresseux, insouciant et frivole s\u2019émerveillait de cet esprit ardent, : il subissait sans s\u2019en apercevoir l\u2019ascendant irrésistible et le CANTACUZENE ET COURTENAY | charme souverain qui émanent des grands 43 La Revue Populaire + Montréal, Septembre 191$ conducteurs d\u2019hommes et suscitent tant de dévouements.Napoléon ne le voyait méme pas.En dépit du prestige acquis rapidement auprès de ses camarades et de ses mai- tres.nar son ardeur au jeu et à l\u2019étude, c\u2019était toujours un isolé et la fleur d\u2019amitié ne s\u2019épanouissait pas dans ce coeur viril, où l\u2019amour de la gloire, de la patrie, de la famille tenait toute la place.Au reste, son caractère dominateur, sa nature ombrageuse, le prédisposaient peu à un sentiment, fait surtout d\u2019abnégation, où l\u2019âme se donne tout entière ; et jamais il n\u2019eût consenti à livrer à qui que ce fût une parcelle de son \u201cmoi,\u201d de ses aspirations, de ses rêves.D'ailleurs, il jugeait ses condisciples, les uns trop au-dessus de lui, par leur position sociale ; les autres, trop au-dessous par leur valeur intellectuelle ou morale, sans compter l\u2019abbîme que creusait alors la Méditerranée, entre le jeune insulaire et les représentants de la vieille France, et les mesquines jalousies qui, dans ce monde en miniature du collège, commencent déjà à percer contre ceux qui dépassent le niveau commun.Ce bas sentiment se manifestait surtout dans le clan du jeune Permon et autres parvenus, fils de fermiers généraux ou de traitants, qui s\u2019offusquaient «de la bienveillance particulière de ces Messieurs ide la haute noblesse pour le petit gentillâtre corse, qui n\u2019avait pas un sou vaillant.Fils d\u2019un premier commis aux Finances, dont les lettres d\u2019anmoblissement étaient encore toutes récentes, Ernest de Permon n\u2019en affichait pas moins des prétentions ridicules et se vantait bien haut de descendre des empereurs grecs, son père ayant, épousé une Cantacuzène.M.de Marbeuf, nommé gouverneur de la Corse, l\u2019avait emmené avec lui pour , l\u2019organisation et la perception des impôts SEVEN Addons aoa AI cea 7 Vol.3, No 9 et, reçu chez les Bonaparte, M.de Per- mon avait conservé avec eux des relations assez cordiales pous s\u2019offrir comme correspondant de Napoléon et d\u2019Elisa, pendant leur séjour en France.Ses enfants étaient du même âge, ce qui eut dû créer un lien de plus entre eux, mais infatués de la fortune et des relations paternelles.ils le faisaient maladroitement sentir aux deux orphelins et leurs airs protecteurs, leurs propos dédaigneux leur rendaient la maison insupportable La jeune Laure faisait étalage de ses jouets, de ses toilettes, de ses bijoux avec une coquetterie et une perfidie de petite femme, qui arrachaient parfois des larmes de dépit à la pauvre Elisa.Ernest, lui, jaloux de la suprématie de Napoléon à l\u2019Ecole, s\u2019en vengeait par des coups d\u2019épingles, des allusions transparentes \u201caux amitiés profitables\u201d, à la faveur réservée \u201caux mains des princes\u201d, ete ; Près de Montlaur, il employait une autre tactique : Napoléon était un révolté, un sauvage qui rongeait son frein, mais détestait la France et les Grands \u201cbien au-dessous de la Corse ou d\u2019un simple mathématicien.\u201d \u2014 Cela vous choque, Monsieur de Per- mon, moi pas, répondait en souriant le filleul de la Reine.J'aime que l\u2019on aime s0n pays, comme sa mère, par-dessus tout, fût-ce le royaume d\u2019Yvwetot, et il y a assurément moins d\u2019effort personnel à descendre de Louis le Gros, qu\u2019à résoudre un théorème.Et il lui tournait le dos.Malheureusement, Mme de Créquy ne partageait pas sur ce point les idées libérales de son petit-fils et, bien qu\u2019ouvrant largement la porte aux philosophes dont elle réprouvait les doctrines, elle n\u2019eût jamais consenti à inviter le Jeune Buona- \u2014 La Revue Populaire - Mme : de bonne constitution : parte, dont Raoul était un peu trop entiché à son avis.Quatre années s\u2019étaient jécoulées.De' l\u2019Ecole de Brienne, Napoléon était passé Montréal, Septembre 1916 à celle de Paris, avee dispense, sur cettel note élogieuse de M.de Kéralio à M.de Ségur, alors ministre de la guerre.\u201cM.de Buomaparte Napoléon, né le 158: août 1769, à Ajaccio.Taille quatre pieds] dix pouces, dix lignes, a fait sa quatriè ; santé excel lente ; caractére soumis ; honnéte et re connaissant ; conduite très régulière s\u2019est toujours distingué par son applica tion aux mathématiques ; il sait très pas sablement son Histoire et sa Géographie il est très faible dans les exercices d\u2019agré ment et pour le latin ; ce sera un excel lent marin ; mérite de passer a 1\u2019Ecolg de Paris.\u201d Il y retrouva la plupart de ses camara des de Brienne.Raoul l\u2019y avait suivi, pa grande faveur, car ses notes étaient moin brillantes, mais il n\u2019en était nullement j loux et l\u2019admirait de confiance sans son ger à l\u2019imiter.N\u2019était-il pas colonel d naissance ?Etait-ce ce privilège irritant qui élo gnait de lui le jeune insulaire ?Mais e dépit de maintes tentatives, il demeurai réfractaire simon hostile, à toutes le avances et Montlaur s\u2019en affligeait sincè rement.| \u2014 Je donnerais beaucoup pour gagne son\u2018 amitié, confiait-il à Angélique, ma il ne paraît pas se soucier de la mienng -\u2014 C\u2019est probablement un coeur froid \u2014 [mi ! Si vous lisiez ses narrations Le profeseur Dumanon dit que c\u2019est \u201c.granit chauffé à blanc.\u201d Tous, au reste, (sauf son professey d'allemand), lui prédisaient un honorab avenir et, si sa réserve farouche l\u2019emps chait de briller dans les salons mondaini parfois le trait profond tombé de ses I Ni Vol.9, No 9 ng VES minces, le tour original donné à sa \u201cpensée, frappaient l\u2019observateux qui demandait intrigué 3 J SVE Quel est done ce jeune homme ?ry Un protégé de mon père, se hâtait Vi de répondre Laure ou Ernest avec suffi- , sance.% i Lui ne s\u2019en inquiétait guère 3 l'opinion il de ce monde frivole et superficiel lui était fort indifférente.Malgré les apparences, le rang, l\u2019âge, nul ne lui semblait au-des- | sus de lui et il dissimulait parfois un sou- , / rire de dédain devant les airs condescem- dants à son égard.xs Elisa avait l\u2019épiderme plus sensible et i, elle fatiguait son frère de ses doléances.ag TT J\u2019aimerais mieux ne jamais sortir ji QUE supporter les humiliations de cette Th pécore, protestait-elle, révoltée des égrati- \u201c+ gnures de Mlle de Permon.Lui haussait les épaules, mais, compatissant aux faiblesses féminines, il se privait souvent de quelque achat utile, pour lui donner ce superflu plus que nécessaire à certaines natures avides de paraître.iy oa! BR Un premier janvier, il sacrifia l\u2019achat | d\u2019escarpins neufs à celui d\u2019une écharpe 5 convoitée par la coquette, et se présenta °, chez Mme de Permon avec des bottes.F - Ce fut un beau scandale ! A Laure qui méritait déjà son surnom de A «petite Peste\u201d, lui demanda ironiquement s\u2019il voulait faire concurrence au \u201cchat hotté\u201d et ce \u201cchat botté\u201d provoqua des a éclats de rire.i Ernest lui offrit obligeamment ses pan- : | toufles et Mme de Permon dut mettre un a terme à ces plaisanteries déplacées .A i \u2014 Vous étes bien bonne, madame, mais ;, ça ne me touche guère, déclara-t-il froi- + dement.Je n\u2019ai pas de souliers neufs, les vieux sont au raccommodage et j\u2019ai pré- are manquer de correction dans ma tol- 9 latte que dans ma conduite en mégligeant \u2014 4 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 de venir vous présenter mes devoirs au- jourd\u2019hui.Ce fut dit d\u2019un ton ferme qui en imposa aux rieurs.Ernest balbutia une excuse, Laure se pinca les lèvres.\u2014 Bélisaire n\u2019eût pas mieux répondu! s\u2019écria une petite vieille fort mâjestueuse, malgré les grands airs qu\u2019elle se donnait.Je vous souhaite sa carrière, monsieur, mais un meilleur maître que Justinien.\u2014 Il a été peut-être bien calomnié, madame.\u2014 C\u2019est le sort de tous les princes, j\u2019en sais quelque chose ! et je ne suis pas plus épargnée que mes ancêtres.Que pensez- vous de la chute de Byzance, monsieur ?Sensible à cette bienveillance et peut- être aussi au plaisir secret de prendre sa revanche de-l*humiliation subie, le jeune Corse se laissa emporter par son sujet et traça un tableau prestigieux de l\u2019Empire croulant, des inepties, des faiblesses sapant le trône de Constantin auquel les Tures n\u2019avaient eu qu\u2019à donner le dernier coup d\u2019épaule pour tout jeter bas, malgré l\u2019héroïsme de la dernière heure.\u2014 Bravo ! monsieur, je vous remercie au nom de mes aïeux.et je serais charmée d\u2019en causer quelquefois avec vous.Venez donc me voir, un dimanche.Jaloux de son indépendance, Napoléon s\u2019exeusa sur ses travaux à l\u2019Ecole, mais Son interlocuteur ne voulut rien entendre.\u2014 Je compte sur vous.Nous sommes faits pour nous entendre, vous comprenez les choses d\u2019Orient.et vous avez le profil grec ! Je n\u2019habite plus un palais mais Je possède encore quelques pièces curien- ses, débris de notre splendeur, que j'aurai plaisir à vous montrer.Vous demanderez Mille de Constantinople, ancien hôtel Blan- chefort, proche la Bastille.Elle le quitta avec sa promesse et un sourire aussi gracieux que le comporte ume bouche édertée. rt fac ato aac re ae Corne alee Vol.9, No 9 \u2014 Mes compliments ! Vous avez fait une conquête difficile, dit la jeune Laure, qui avait écouté, narquoise ; et notre noble cousine ne prodigue pas ses invitations.* \u2014 Cette demoiselle est votre parente ?\u2014 Oui, elle descend, comme nous, des empereurs d'Orient, ce pourquoi elle trouve bon d\u2019imiter Mlle de Blois ou Mlle de Chartres.Elle est trés riche, trés avare et trés exploitée.En flattant ses manies, on peut la mener loin, car elle tient dur comme fer à ses prérogatives et fait déployer le labarum dans son aledve quand elle est malade.Sous le ton railleur percait une envie mêlée d\u2019une involontaire déférence.En effet, la famille de Courtenay était une des plus illustres de l\u2019armorial et remontait à Pierre de France, septième fils de Louis le Gros, qui en avait pris le nom et les armes en épousant l\u2019héritière du domaine.Ses descendants avaient pris ume part glorieuse aux Croisades, donné un roi à Jérusalem et trois empereurs à Constantinople.La Revue Populaire Leur petite-fille possédait des millions dont elle faisait le plus détestable usage, se laissant duper par toutes sortes d\u2019aigrefins, juifs, arméniens, qui lui soutiraient de fortes sommes pour le rachat des captifs ou de la basilique de Sainte-Sophie.En revanche, elle était impitoyable à sa famille, avait refusé d\u2019assister en rien son neveu Charles-Roger, qui n\u2019avait pas cent écus de rentes, sous prétexte que le moindre argent lui était une occasion de péché, et s\u2019était résignée de fort mauvaise grâce à recueillir sa petite-nièce orpheline.{ | Dams ce siécle d\u2019originaux, c\u2019était assurément une ides figures les plus originales.\u2014 Vous ne vous ennuierez pas, conclut Mlle de Permon, elle est fort amusante et l\u2019on prétend que son hôtel renferme des \u2014\u2014 46 Montréal, Septembre 1914 merveilles.Vous nous raconterez cela, cay elle ne nous a jamais invités.Il y avait dans la remarque une nuanc« de dépit qui fit sourire Buonaparte ; mais intrigué par cette pointe de mystère et cé dant malgré lui à l\u2019attraction si puissan: te de l\u2019Orient il dit : | \u2014 J'irai.VISION D\u2019ORIENT L\u2019ancien hotel d Blanichefort était un vaste construction, parfaitement incon mode, où l\u2019on eût pu aisément loger us régiment et que Mlle de -Courtenay hab tait seule avec sa nièce et un petit no bre de serviteurs, dont la principale oceu pation consistait à ouvrir et fermer les fa uêtres (ce qui n\u2019était pas une sinéeure) e à allumer chaque soir des centaines d bougies, seul luxe de l\u2019excentrique prin cesse, qui intriguait fort le quartier.Entre la masse sombre de la forteres et le noir faubourg populeux, cette impd sante demeure, illuminée de mille feux sans que l\u2019on y vit entrer personne prove quait force commentaires.Les uns chwehd taient que l\u2019on y faisait le sabbat, d\u2019a tres que l\u2019on y fabriquait de la fauss monnaie ; ceux-ci avaient reconnu le fi meux Cagliostro dans un des rares vis teurs, ceux-là entendaient des gémissé ments d\u2019âmes en\u2018peine, et, au crépuseul les bourgeois prenaient l\u2019autre côté de rue et les bonnes femmes hâtaient le pa à moins qu\u2019une suave mélodie, s\u2019élevax tout à coup vers le ciel, n\u2019eût raison d leur terreur et ne.les retint subjugués.Alors, rudes travailleurs, bavardes con mères, marmots criards, moineaux piai leurs, tout se taisait, tels les oiseaux d bocage, quand s\u2019élève la voix pure du ro signol.\u2014 On croirait entendre sainte Cécill murmurait le chapelain de la Bastille, i terrompant son bréviaire.AU ~4 NN ~1 Ii f yy V % ( = i da ; A N y Es p Lok A pa; *% Voi.9, No 9 Et derrière leurs étroits barreaux, Jes tristes prisonniers écoutaient avidement cette harmonie, amollissant le coeur des geôliers eux-mêmes.\u2014 Elle ferait pleurer des pierres ! di- saient-ils parfois.Avait-elle conscience de la douceur et du réconfort qu\u2019elle versait ainsi dans les âmes, mais jamais à cette heure grise, si lourde à ceux qui souffrent, l\u2019artiste inspirée ne manquait à cette consolante mission.Un soir deux personnages à l\u2019allure mi- { litaire, venant en sens inverse, s\u2019arrêtè- : nd rent en même temps devant le lourd portail.\u2014 Après vous, monsieur, dit l\u2019un, s\u2019ef- mg façant courtoisement.ms \u2014 Après vous, monsieur, protesta l\u2019au- I i tre avec un mouvement de retraite.: Une exelamation l\u2019arrêta.\u2014 Quoi ?c\u2019est vous, mon cher camara- \u2014 Monsieur de Montlaur ! \u2014 Vous connaissez donc ma cousine ?\u2014 Mile de Constantinople est aussi votre cousine ?\u2014 Parfaitement.Ça remonte à Louis le ros, mais n\u2019importe.\u2014 À ce compte-là, nous sommes tous \u2014 Très judicieux, et pour ma part, je -+p}serais charmé du cousinage, monsieur de x #Buonaparte.\u201cad \u2014 Vous êtes cousin du Roi, monsieur, zadc'est plus flatteur, répliqua sèchement le + Jeune Corse.i \u2014 Allons, allons, ne vous fâchez pas ?jAu diable la parenté ; l\u2019amitié vaut mieux pt je voudrais être votre ami.\u2014 Nous ne sommes pas ennemis que je sache.Raoul n\u2019insista pas, et laissant retom- ydper le lourd heurtoir, il passa familière- \u201c Jnent son bras sous celui de Buonaparte, La Revue Populaire rocidheh ti tes GREC OS PISE SIC NES RES A ES SR gêné.\u2014 Laissez-moi vous servir d\u2019introdue- teur, dit-il gaiment, je suis un peu de la maison.Et faisant signe au valet de s\u2019écarter, il passa devant ,en habitué, souleva ume portiére de brocard et annonca d\u2019une voix claire.\u2014 Monsieur de Buonaparte Au fond de la salle nue et froide, brillamment illuminée, Mme de Constantinople était assise sur une sorte de trone byzantin ; des lions «dorés, semblablés.à ceux dont le rugissement effrayait jadis les ambassadeurs, étaient couchés à ses pieds et au-dessus de sa tête se déployaït le labarum.\u2014 Ho ! ho ! on vous fait les honneurs du grand jeu, dit Montlaur, réprimant son envie de rire.Mais Napoléon ne riait pas, lui.\u2018Très pâle, il regardait non ce singulier appareil, ni la vieille princesse falotte, parée comme une idole, ni (les automates rouillés, ni l\u2019étendard de Constantin, mais une figure hiératique, debout dans la pénombre, qui préludait sur sa harpe et s\u2019interrompit à leur entrée.Comme là-bas, dans les jardins de Bri- enne, il eût voulu être à cent pieds sous terre.Il n\u2019entendit pas un mot du compliment de la tante, il balbutia une réponse quelconque : déjà Raoul l\u2019entraînait vers la \u201cnièce.47 \u2014 Ma cousine de Courtenay vous connaît depuis longtemps, mon cher camarade.Une rougeur brûlante couvrit le front du jeune insulaire.\u2014 En effet, dit-il, avec effort, je crois avoir aperçu mademoiselle à Brienne.\u2014 Je ne puis pas en dire autant, monsieur, mais j'ai beaucoup entendu parler de vous.Raoul vous aime bien.Montréal, Septembre 1916 i.5 ay i i RE nd Ed aby Vol.9, No 9 \u2014 C\u2019est grand honneur pour moi.Son ton raide trahissait une sourde ran- eune, Bien qu\u2019il n\u2019en fût pas cause, il en voulait mortellement au jeune prince de l\u2019affront subi une seconde fois devant ce regard limpide.La vieille princesse n\u2019aimait pas que l'attention se détournât de sa personne ; aussi elle appela d\u2019une voix aigre : \u2014 Angélique.La jeune fille tressaillit, et, dans son empressement, faillit heurter Napoléon que Raoul écarta un peu brusquement.\u2014 Prenez garde, lui dit-il tout bas, elle est aveugle.Aveugle ! ! ! C\u2019était enfantin, égoïste, cruel même ! mais ce fut presque un soulagement.Elle ne l\u2019avait pas vu en habit de bure! Malgré son humeur sauvage, Napoléon revint souvent à l\u2019hôtel de Blanchefort.Mlle de Constantinople l\u2019avait pris en amitié et ses engouements, parfois moins justifiés, étaient toujours durables.Elle lui montrait les trésors cachés en cette vieille demeure délabrée et rapportés à @rands frais des quatre coins du monde, où les avait éparpillés un vent de destrue- tion.\u2014 Il pouvait fouiller la bibliothèque, compulser le chartrier, et son goût naturel pour l'Orient s\u2019exaltait au reflet de ce passé tragique.Au contact de Constantin, Théodose, (Justinien, Alexis, il s\u2019imprégnait d\u2019une sorte de fatalisme grandiose et parfois confondait leur destinée avec la sienne propre, écoutant complaisamment les divagations de la vieille princesse, qui rêvait tout éveilléé de restauration impériale et d\u2019une nouvelle impératrice Iréne couronnée à Sainte-Sophie.Mais il cédait à =ne attraction plus puissante encore, celle de deux grands yeux éteints, si éloquents ! dont le regard était absent, non l\u2019âme et qui avait \u2014 La Revue Populaire haoorsanoooccie ce Montréal, Septembre 1916 profondément troublé son coeur d\u2019enfant.Angélique n\u2019était pas heureuse.Sa eruelle infirmité lui rendait plus pénible encore sa triste condition d\u2019orpheline recueillie par charité.Sa tante ne lui témoignait nulle bienveillance et malgré les bontés de Mme de Créquy, l\u2019amitié de son petit-fils, elle eût été bien seule, sans sa harpe, confidente des illusions, des espoirs, des déceptions de cette vie emclose, condamnée à une éternelle nuit.Napoléon idevait en être le soleil.Quelle affinité pouvait exister entre cet être de rêve et l\u2019être d\u2019action qu\u2019était déjà le futur César.?f Pour elle, il était l\u2019inconnu, la chimère, l\u2019idéal plus nécessaire encore à ceux dont une dure réalité a trop tôt brisé Les ailes.Elle le comparait à ces paladins dont le chapelain lisait les hauts faits dans les vieilles chroniques, et les Beaudoin, les Dandolo et autres \u201cpreux et sages\u201d loués par Villehardouin, ne lui semblaient guèë re dépasser l\u2019écolier chétif courbé sur ses équations.~ Nul ne comprenait mieux ses aspira tions, ses révoltes insoupconnées, son am bition dévorante, et loin d\u2019arrêter son es sort, elle lui eût volontiers crié Plus haut ! Pour lui, elle était peut être plus enco re.Cette nature ombrageuse et concentré n\u2019en était pas moins avide de tendresse loin de ses parents.de son pays, réfractai re à l\u2019assimilation, à l\u2019amitié, il souffrait lui aussi, de son isolement, et son orguei qui lui faisait repousser les avances d Jeune prince, s\u2019amollit au contact de cett pauvre aveugile qui, elle, avait besoin d\u2019ê tre aimée, protégée, défendue.Sans doute, Raoul était pour elle u bon camarade, un frère affectueux ; Na poléon fut à la fois moins et plus, et natu 48 Vol.9, No 9 rellement elle se tourna vers l\u2019astre bienfaisant qui leur verse la lumière et la chaleur.Bien que relégué ainsi au second plan, Montlaur n\u2019en éprouvait nulle amertume, amusé de voir le mathématicien morose oublier ses théorêmes et la jeune fille sourire en reconnaissant son pas.D'ailleurs, malgré son scepticisme affecté et son apparence frivole, l\u2019esprit chevaleresque d\u2019antan refleurissait chez la noblesse d\u2019alors.On partait en Amérique eomme jadis en Palestine, on combattait pour la Liberté, comme jadis pour la Foi et sous le coquet habit a la francaise, le Jabot de demtelles, le galant tricorne, Raoul \u201cressemblait comme un frére a ce féal Olivier qui moult aimait Roland et la bel- dle Aude.\u201d =~ Mais Aude était la soeur d\u2019Olivier; Angélique n\u2019était que la cousine de Raoul.\u201c#CONSEIL _ IDE FAMILLE Messieurs, je vous ai réunis en conseil de famille, pour aviser aux mesures à prenldre contre mon petit-fils qui prétend faire un mairia- ge extravagant.Et la douairière courroucée désigna un siège à ses deux amis, le prince de Ligne et le comte de Narbonne, le tuteur et le parrain du jeune prince, qui s\u2019assirent en hochant la tête dun air dubitatif.| \u2014 Le mariage est la plus bouffonne des choses sérieuses, opina l\u2019un en chiquenau- dant son jabot.\u2014 Quelle mouche pique cet étourneau #demanda l\u2019autre.\u2014 Pire qu\u2019une corde, comte, une laisse ! M aspire au rôle de caniche.\u2014 Non ?4 \u2014 C\u2019est comme je vous le dis.4 Et tout d\u2019un trait, car son indignation tait grande, elle leur exposa la situation \u2014 49 La Revue Populaire TL EY + Montréal, Septembre 1916 contre laquelle, à son avis, point n\u2019était d\u2019autre remède que la Bastille.Le temps avait coulé ; les deux camarades de Brienne allaient sortir de d\u2019Eco- le militaire, l\u2019un avec un régiment, l\u2019autre avec une sous-lieutenance, mais tous deux allaient quitter Paris, à la profonde douleur de d\u2019orpheline dont il$ avaient adouci la triste vie.\u201cL'absence est le plus grand des maux,\u201d surtout lorsqu\u2019une cruelle cécité empêche de se racerocher à la correspondance, cette \u201cconversation prolongée\u201d, de mode, en ce siècle épistolier qui ne connaissait ni télégraphe ni téléphone.Réduite à la société d\u2018une vieille femme accariâtre, qui lui faisait payer cher ses aumônes, Angélique allait retomber dans la nuit profonde dont l\u2019amitié avait un instant soulevé la chape de plomb.Entre les deux jeunes gens, elle eût pu dire, comme une mère heureuse, entre ses deux fils \u2014 Je n\u2019ai plus mes yeux, j'ai les leurs.Maintenant c\u2019était fini.Raoul reviendrait peut-être encore quelques fois, si sa garnison n\u2019était pas trop loin de Versailles.Napoléon ne reviendrait sans doute jamais ! Et quelque chose se brisait en elle, à cette pensée.\u2018 Silencieuse, résignée, elle ne récriminait pas contre l\u2019injuste destin et souriait même à la joie débordante des jeunes gens étrennant ce premier uniforme, objet de tant de désirs ! \u201cJe me regardais dans tous les miroirs je me demandais si j'avais bien l\u2019air d\u2019un officier ?Une cocarde faisait le bonheur de ma vie !\u201d écrit le doux Florian.À cet égard, le plus grave est un peu eousin du joli dragon de Penthièvre.frre uma Lee Date \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2018 ir ni is : o i! \u201c Ri i i ; il t t + sf Vol.9, No 9 Cependant, parfois, aux accents douloureux de la harpe, qui pleurait sous les doigts légers, Buonaparte sentait une vague mélancolie embrumer son âme éprise d\u2019Ossian.Lui, qui détestait la musique, écoutait ces improvisations un peu confuses, ol passait an souffle de détresse poignante, avec la méme émotion que les chants du barde écossais, récemment traduits par Mac Pherson.| \u201d Il eût été digne d\u2019être votre frère, proclamait-il en lisant avec sa belle voix chaude quelque stance toute vibrante d\u2019âpre poésie à la jeune aveugle émue.Et Raoul l\u2019appelait en riant \u201cla fille de Fingall.\u201d \u2014 Avec votre longue tunique et votre voile blanc, il ne vous manque que le hennin pour évoquer les belles châtelaines du vieux temps saluant le départ du croisé.mais, vous savez, cousine, on revient de Palestine.: Elle secoua doucement sa tête blonde \u2014 Il ne faut pas pas trop demander ; j'ai, grâce à vous, des souvenirs dorés pour toute une vie.C\u2019est un trésor dont nul ne peut me dépouiller et que je porterai partout avec moi.\u2014 Pourquoi ne pas aller demeurer avec ma grand\u2019mère, qui vous aime comme sa fille ?\u2019 \u2014 Je ne suis pas sa fille, cousin, et ce serait désobligeant pour la parente qui m\u2019a recueillie sans asile et sans pain.\u2014 Elle vous le fait payer assez cher.\u2014 S\u2019il me parait trop amer, j\u2019aurai toujours un refuge dans la maison de Dieu.\u2014 Au couvent, vous ! \u2014 Pourquoi non ?c\u2019est l\u2019abri naturel des déshérités de la terre à qui le Père Céleste ouvre toujours ses bras.\u2014 Couper ces cheveux là, ce serait un meurtre ! protesta galamment le jeune \u2014 La Revue Populaire chait pas à lui plaire.É Montréal, Septembre 1916; £ prince, un tantinet voltairien, comme ceux de sa génération.\u2014 Ne faites pas ca ! dit impérieusement Buonaparte.Cette idée éveillait en lui une sorte dé jalousie inconsciente.Dans une pieuse reg traite, entourée de douces compagnes, Ang gélique serait moins seule avec ses souves nirs, vauvis que dans le vieil hôtel désertg tout ruil parlerait d\u2019eux.de lui !.@& Le sentiment qu\u2019il éprouvait pour elldg n\u2019avait pourtant rien que de fraternel, i le croyait du moins, et son charme très réel ne lui causait aucun trouble.Pour el le, il ne songeait pas à modifier ses ma, mières à la fois timides et rudes, il ne lu .faisait jamais un compliment, ne lui ap portait jamais une fleur, enfin ne cherg Mais il efit trouvé fort mauvais qu\u2019uny: autre lui plat ! | \u20ac Jusqu\u2019alors, Raoul n\u2019en avait pas dal: vantage témoigné le moindre souci.La céyf: cité d\u2019Angélique, qui la lui rendait pluff: chère et plus sacrée, l\u2019enveloppait d\u2019un - sorte de poésie immatérielle et peut-êtr Wu oubliait-il que c\u2019était une femme ?8 La pensée du couvent le révolta, d\u2019a%: bord, beaucoup moins que son compagnorgi Au fond, pouvait-elle faire mieux ?x Un mariage, dans sa position, était presg- que impossible, eût-elle tous les trésors d | Golconde, et elle risquait d\u2019être la proit de quelque aigrefin., \u2014 Evidemment, épouser une aveugl ce serait fou déclara Napoléon de so: ton net.Raoul ne répondit pas.pe.Il était à l\u2019âge de toutes les folies »- celle-là était trop généreuse pour ne pa - le séduire.a Réparer l\u2019injustice du Sort se substitue i.à la Providence, quelle plus noble tâch 4, pour un homme sensible ?( Roussea\u2019 \u2026 avait mis la sensibilité à la mode!) ' iy \u2014_\u2014 hu Vol.9, No 9 Arracher cette belle princesse a cette | vieille fée Carabosse qui la harcelait de ses méchancetés, quel plus joli rôle pour un Prince Charmant ?Tout chaud, tout bouillant, en véritable enfant gâté qui n\u2019hésiterait pas à demander la lume, il s\u2019ouvrit de ses intentions rd à sa grand\u2019mère qui commença par jeter les hauts cris.\u2018| Se moquait-il ?Avait-il la berlue.Certes, elle aimait et appréciait sa filleule, mais un Raoul de Créquy, prince de Montlaur, marquis de Sévigné, comte de Grignan pouvait prétendre à une autre alliance.| La contradiction eut son effet ordinaire et enracina davantage le jeune homme dans son projet.Par la naissance, la ibeauté, le mérite, Mlle de Courtenay était parfaitement digne d\u2019entrer dans sa maison et quant à sa disgrâce, c\u2019était un titre de plus à l\u2019amour d\u2019un homme de coeur, jaloux de la La Revue Populaire Momiréal, Septembre 1916 \u2014 En somme, marquise, Raoul pourrait faire pis.\u2014On voit tant de mésalliances et s\u2019il songeait à s\u2019encamailler.\u2014 F1 done ?\u2014 Tandis que les Courtenay descendent comme vous de Louis le Gros.\u2014 Vieille famille, marquise, vieille famille ! \u2014 Ils ont des fleurs de lys dans leurs armes.\u2014 Ce serait un mariage quasi royal.\u2014 A ne vous rien céler, marquise, je trouve ce projet trés chevaleresque et trés noble.\u2014 Il vous a gagné à sa cause, à ce que je vois ! \u2014 Pas lui, elle ; il m\u2019a suffi de la voir quelques fois chez vous, marquise, pour comprendre toutes les passions au\u2019elle peut inspirer et si j'étais jeune et libre.qui sait ! \u2014 Le fait est que mon pupille a bon lui faire oublier.\u2014 Bref ! il déraisonne, comme tous les amoureux, conclut la marquise en rapportant leur orageux entretien À ses auditeurs confondus, et il m\u2019a juré que, sur mon refus il s\u2019embarquerait avec Rochambeau goût, approuva M.de Narbonne en fai- A sant claquer sa langue.ili \u2014 Elle a de la race, de l\u2019allure, un È beau sang et vous donnerait des petits en- Eb fants superbes, ce qui n\u2019est pas toujours le cas de l\u2019armorial.:+ - et irait se faire tuer en Amérique.\u2014 Comment, Monsieur le maréchal, 3 syd \u2014 La mort est comme le chien de Jean vous donnez dans les idées nouvelles ?fp # de Nivelles.Mais elle était ébranlée, et quand Raoul FE 5 arriva à la rescousse, elle se laissa arra- fi 5 Elle s\u2019enfuit quand on l\u2019appelle, cher un demi-consentement, promit de ré- bi ct fléchir, d'examiner, de s\u2019enquérir des in- Er y y \u2014 Je ne m\u2019y fierais pas ! il est capable tentions de Mille de Courtenay à l\u2019égard E + de tout pour me faire endêver.de son neveu.y ; É \u2014 Le fait est qu\u2019il est fort opiniâtre ! \u2014 Car enfin, si je consentais à cette al- a gis.\u2014 Et que c\u2019est le dermier de sa race ! liance, disproportionnée déja sur tant de bi 29 \u2014 Il en abuse.points, il faudrait au moins que Ja dot fut E \u2014 Sams scrupule.raisonnable.E a \u2014 Je ne vois qu\u2019une ressource : une C\u2019était là considération fort indifféren- rE _,# lettre de cacheta \u2014 Ça ne réussit pas toujours, voyez M.de Richelieu.te à notre amoureux, mais il jugea inuti- | le de discuter et attendit plein d\u2019espoir le i résultat des négociations, qui, selon le \u2014 5 \u2014 Voi.9, No 9 protocole d\u2019alors, devaient se mener dans fin la chose mérite que l\u2019on y regarde à pie deux fois et je réserve ma réponse défini- fur tive.1 Il ne put en tirer autre chose et dut sell le plus grand mystère avant d\u2019y mêler les parties intéressées.Et chaque soir la harpe continuait de pleurer.PROPOSITION Mlie de Constanti- MATRIMONIALE nople avait une trop haute opinion de la grandeur de sa maison et un trop mince souci du bonheur de sa nièce pour témoigner la moindre joie de cette alliance inespérée, Cependant, au fonid, elle n\u2019eût pas été fâchée de se débarrasser d\u2019une tutelle encombrante et répondit :d\u2019assez bonne grâce aux ouvertures matrimoniales, mais au premier mot elle poussa les hauts cris.Voulait-on la dépouiller, la mettre sur la paille ! Etait-ce 1a, cet amour désintéressé que l\u2019on venait lui vanter ! Elle me donnerait pas un centime, \u201cpas un centime.\u201d Si Raoul aimait réellement Angélique, il l\u2019épouserait pour ses beaux yeux, ricanait-elle.Mme de Créquy faillit se facher tout net, mais les deux notaires gens pondérés, réussirent à calmer leur irascible cliente et proposèrent un nouvel arrangement.Mlle de Constantinople garderait tout son bien jusqu\u2019à sa mort, mais assurerait sa succession à sa petite nièce.\u2014 De cette façon l\u2019avenir seul serait engagé, insinua doucement l\u2019honnête tabellion.Mille de Constantinople hosha la tête d\u2019un air dubitatif et coupant son argumentation.\u2014 Tout cela est fort bien, mais, si je voulais me marier aussi moi ?\u2014 Vous, mademoiselle ?\u2014 Pourquoi non ?Il la regardait, tout effaré, réprimant une forte envie de rire.\u2014 Ce n\u2019est qu\u2019une supposition, mais en- \u2014 5¢ La Revue Populaire * 3 OC Montréal, Septembre 1916! contenter d\u2019une demi-promesse.Elle avait besoin de réfléchir, consulter] pas la principale intéressée, qui, à son avis, n\u2019avait pas voix au chapitre, mais| quelque sage conseiller.| Mandé à l\u2019hôtel était à l\u2019église ; il fut reçu par sa tante| plus solennelle, plus majestueuse et plus} ridicule encore qu\u2019à l\u2019ordinaire.a Ce n\u2019est pas un barbon, ni méme un de} ces légistes dont le poudreux savoir supplée à la neige des ans, mais un jeune of- ficrer de bonne mine, malgré son apparence chétive, sous Je sévère uniforme d'artil- .i lerie, qui parut quelque peu décu du téte à tête.| \u2014 Monsieur de Buonaparte, dit-elle, enff lui tendant une main ridée, qu\u2019il baisa res-| pectueusement, j\u2019ai une proposition vous faire pour laquelle je réclame toute votre attention.! \u2014 Je suis à vos ordres, mademoiselle.) \u2014 Depuis que je vous vois, je vous observe et je crois vous connaître mieux que) personne.Vous êtes ambitieux.\u2014 Est-ce un mal ?\u2014 Au contraire, si votre caractère est| à la hauteur de votre ambition.| \u2014 C'est-à-dire ?| \u2014 Marcher droit à son but, sans s\u2019em-@ barrasser de vains préjugés, de vans serupules, l\u2019oeil fixé sur son étoile.\u2014 Ainsi ferais-je.si j'avais une étoi-i le.| \u2014 Elle n\u2019est peut-être pas loin de vous,: minauda-t-elle.Il la regarda étonné.| \u2014 Je ne comprends pas.\u2014 Je vais done m\u2019expliquer sans amba-| ge.Malgré votre jeunesse relative, J'ai co Blamchefort, il s\u2019yR-.présenta à l'heure indiquée ; Angéliquel ie n- f = Lu: Vol.9, No 9 fiance en votre discrétion.Vous avez du mérite, de la gravité, des moeurs, vous ne ressemblez pas à cet étourneau de Mont- JJaur, vous iriez loin si vous aviez assez de fortune pour vous pousser dans le monde.\u2014 Hélas ! je suis pauvre.\u2014 Vous pouvez être riche demain.\u2014 Par quel moyen.\u2014 Par un mariage.1 \u2014 Oh ! mademoiselle, quelle famille ae- If eueitierait un officier sans sou ni maille, #44 qui n\u2019a que la cape et l\u2019épée ?t® __ Vous êtes de bonne noblesse, vous \u2018M avez du sang de condottière et de conquistador, vous pourrez être un conquérant.\u2014 Peut-être.\u2014 J'ai passé ma vie à chercher un homme sans jamais éteindre ma lanterne, je erois l\u2019avoir trouvé en vous.\u201cOn me dit folle, extravagante, avare, | parce que j\u2019entasse des millions dans mes caves et laisse mon hotel tomber en rui- Lo y \u201cnm \u201c1nd > mA a Fans fi te sub, ¢ 4M nes.On ne peut me comprendre.Vous me \u201c#4 comprenez, vous.Je veux être impératri- WE ce.Voulez-vous être empereur ?,f \u2014 Moi ! s\u2019écria Bonaparte abasourdi.#4 Sans s\u2019émouvoir, elle lui exposait ses #' raisons.Il avait la jeunesse, l\u2019audace, 4 l\u2019esprit aventureux, la décision qui convient à un chef ; elle avait le rang et la fortune qui lui permettraient de mettre en ®¥ valeur ses dons maturels, d\u2019établir les siens et d\u2019arriver au plus haut sommet.| \u2014 Sans doute, j\u2019ai soixante ans, à ne #3 vous le céler point, mais l\u2019on voit des ma- #1 riages plus disproportionnés pour de moindres avantages.Elle en parlait avec une assurance tranquille, comme si sa nef eût déjà franchi la Corne d\u2019Or et que le labarum flottât sur Byzance reconquise.Lui écoutait, sans soureiller, ses divagations.Bien qu\u2019il ne fût pas encore l\u2019homme sph Eu \u2014 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 qui, selon Barras, faillit épouser les goix- ante-dix printemps de la Montansier, cette idée saugrenue ne provoquait \u2018chez lui ni l\u2019indignation, ni le fou rire qu\u2019elle eût provoqué chez Raoul.Déjà il avait pour la femme un mépris tout oriental et la considérait volontiers comme un marchepied ; l\u2019intérêt de sa famille, habilement invoqué, n\u2019était pas \u2018sans Je toucher et la pensée \u2018de tout ce 53 qu\u2019il pourrait faire de grand avec le puissant levier qu\u2019on lui offrait n\u2019était pas sans lui donner un peu de vertige.Mais Angélique ?L\u2019opinion du monde, de ses camarades, de Montlaur ne l\u2018inquiétait guère, il eût bravé les railleries comme les boulets.Mais il reculait devant le jugement de cette pauvre aveugle, qui personnifiait sa conscience.Courtoisement, il remercia la vieille princesse de l\u2019honneur trop grand qu\u2019elle voulait lui faire et dont il se reconnaissait indigne.Elle l\u2019arrêta tout net et dit \u2014 Vous refusez ?tant pis pour vous :! Ce serait moindre folie que d\u2019épouser une aveugle.\u2014 Je ne veux épouser personne, décla- ra-t-il froissé de cette allusion maladroite.Elle le congédia d\u2019un geste d\u2019impératrice en disponibilité, et il se retira, très contrarié de ce ridicule incident, sans avoir pu voir sa gente amie.Le soir même Mlle de Constantinople furieuse, envoyait son consentement, au notaire.| | Il ne manquait plus que celui d\u2019Angélique.Cependant toutes les précautions prises n\u2019avaient pu empêcher le secret de transpirer et de parvenir aux oreilles de la famille de Permon, où il provoqua une stupeur indignée.Le prince de a Montlaur épouser une in Vol.9, No 9 aveugle.D\u2019abord cela impliquait un mauvais goût fort désobligeant pour toutes celles qui eussent pu aspirer à ce choix, et chacune, in petto, s\u2019en jugeait autrement digne.Puis la question d\u2019intérêt était des plus importantes.| La fortune considérable de la vieille princesse venait d\u2019un prince grec, Démé- trius Cantaeuzène, qui l\u2019avait instituée sa légataire universelle de préférence à ses autres cousins.\u2018Mme de Permon avait fait contre mauvaise fortune bon coeur, se flattant de regagner, pour ses enfants, l\u2019héritage convoité, à force de bons procédés et d\u2019égards envers la \u201cchère cousine\u201d.Pour Angélique, elle ne s\u2019en inquiétait guère; vu son infirmité, on paierait sa dot dans un couvent et tout serait dit.L'annonce du mariage projeté était donc un coup de foudre, réduisant à néant toute espérance, et le dépit fut d\u2019autant plus grand qu\u2019il fallait le dissimuler.On examinait vainement tous les moyens, plus ou moins louches, d\u2019intervenir avec efficacité, quand on annonça le lieutenant de Buonaparte qui, à la veille de partir pour Valence, faisait ses visites d\u2019adieu.\u2014 Par lui, mous trouverons peut-être un Joint, car il est des familiers de la maison et doit étre trés renseigné, insinua Ernest : si tu pouvais le sonder adroitement, petite soeur.\u2014 Tu as raison, fiez-vous à moi.Les compliments échangés, elle s\u2019arrangea pour attirer le jeune officier un peu à l\u2019écart, lui montrant une sympathie, un intérêt dont il était tout étonné, vu les traits perfides dont elle le criblait d\u2019ordinaire.Il lui en fit plaisamment la remarque.\u2014 TRISTE La Revue Populaire \u2014 On connaît le prix de l'amitié lorsqu\u2019elle vient à nous manquer et vous laisserez derrière vous un grand vide, lieutenant, dit-elle avec une nuance de mélancolie parfaitement jouée.\u2014 Je n\u2019ose m\u2019en flatter, mademoiselle.\u2014 Pourquoi ?avez-vous si peu conscience en votre mérite ?\u2014 Je l\u2019apprécie, comme vous, à sa juste valeur.et je n\u2019ai pas sujet de m\u2019en enorgueillir.\u2014 Avez-vous donc pris au sérieux quelques taquineries de pensionnaire, vexée d\u2019être traitée en petite fille.\u2014 Je ne crois pas avoir jamais manqué au respect que je vous dois.\u2014 Laissez 14 votre respect dont je n\u2019ai que faire ! J\u2019aurais voulu étre votre amie, vous n\u2019avez jamais voulu le voir ! Parfois déjà, elle s\u2019était amusée à faire la coquette avec lui pour lui rire au nez,| s\u2019il avait l\u2019air de s\u2019y laisser prendre : aussi se tenait-il sur la défensive.Elle s\u2019en aperçut et, haussant les épaules avec un joli geste mutin | \u2014 Les plus aveugles ne sont pas toujours ceux qu\u2019on pense.À propos, êtes- vous de la noce ?\u2014 Quelle noce ?\u2014 Ne faites pas le discret, vous, le confident des deux intéressés.\u2014 À qui faites-vous done allusion, mademoiselle ?questionna-t-il intrigué et vaguement inquiet.\u2014 A Mlle de Courtenay et M.de Mont- laur.| | Il fronca le sourcil à ces deux noms ainsi accolés et dit sèchement \u2014 Je ne vous comprends pas.\u2014 Soit ! mettons que je me suis trompée.Et, sans insister davantage, elle changea de conversation, et parla de la vie; de garnison, du régiment de Valence, tout| en l\u2019observant du coin de l'oeil.\u2014 ET PI EE Mont 9 nt, fi or it out eme te Vel.9, No 9 Distrait, préoccupé, il répondait à tort et à travers.; z Il la connaissait trop pour considérer ses paroles comme des propos en lair.Il y avait certainement là, une intention perfide.En dépit de son dédain réel et affecté pour le pauvre boursier, elle ne lui pardonnait pas son indifférence et s\u2019amusait à le faire souffrir.Car il souffrait et s\u2019efforçait vainement | de faire bonne contenance sous l\u2019oeil railleur qui 1\u2019observait.Aussi, dès qu\u2019il put le faire, sans incorrection, il se hâta de prendre congé, et de la fenêtre, elle put le voir s\u2019éloigner à grands pas dans la direction de la Bastille.Alors un sourire plissa ses lèvres minces.| Le mariage n\u2019était pas encore fait.UN DUEL Il marchait droit devant lui, à grandes enjambées, soucieux, absorbé, heurtant les passants, sans les voir, enfilant les rues au hasard.- Angélique mariée !.laur ! Il ne songeait même pas à discuter le fait.Et pourtant quelle apparence que le nouveau colonel, comblé de tous les dons de la naissance, de la fortune, de la jeunesse, fit une telle folie.et à ce Mont- Car c\u2019était bien une folie ! il ne ju- - geait pas la chose autrement que Mlle de Constantinople dont il comprenait maintenant les paroles énigmatiques et la singulière proposition.qu\u2019il avait peut- êtne été bien sot de refuser ! Puisque Angélique était une femme, comme toutes les femmes, sensibles à l\u2019appât d\u2019un nom, d\u2019un titre, d\u2019un tabou- \\ \u2014 55 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ret à la cour, pourquoi se soucier de son jugement ?Car enfin, elle n\u2019aimait pas Raoul, elle ne pouvait pas l\u2019aimer ! Et lui, cet étourdi, frivole et présomptueux, était-il capable de sentir le charme subtil et doux qui amollissait son coeur \u201c farouche ?Angélique épouser Montlaur ! Il en éprouvait une colère.absurde ! car au fond, que lui importait ! C\u2019était sincérement qu\u2019il avait répondu a cette odieuse fée Carabosse \u2014 Je ne veux épouser personme.Alors ?Non, il n\u2019aimait pas Angélique d\u2019amour ; pourtant depuis qu\u2019un autre en convoitait la possession, il devenait furieux, comme le chien du jardinier.Son sang bouillonnait ; il avait la tête en feu, les mains glacées : il arriva au faubourg populeux, parcouru si souvent d\u2019un pied léger sans que le tumulte de son âme fût encore calmé.| Avec sa nature fougueuse et concentrée à la fois, les passions devaient être chez lui plus violentes que tendres, mais le sentiment que lui avait inspiré la jeune aveugle n\u2019avait rien de matériel.Dans le nimbe de ses cheveux d\u2019or et le prestige de 1\u2019Orient, cette petite-fille d\u2019empereur lui était apparue comme une créature idéale, dont les longs doigts fuselés tenaient le fils de sa destinée et qui planerait sur sa vie comme un bon ange.Leurs âmes s\u2019étaient soudées à leur insu, par une sorte de communication mystérieuse, de lien mystique, et cet être d\u2019action avait besoin de cet être de rêve.Superstitieux, comme tous ceux de sa race, il croyait en elle autant qu\u2019en son étoile et une bouffée de colère lui montait au cerveau à la pensée du profanateur qui prétendait toucher à son idole byzantine.\u2014 à va i 3 + 8 gr ig À 13 NE } Vol.9, No 9 Parce qu\u2019il était tiré sur toutes les coutures, duc et pair, cousin du roi, héritier d\u2019un des plus grands noms du royaume, croyait-il done n\u2019avoir qu\u2019à se baisser pour cueillir ce lys virginal que lui-même osait à peine respirer ?Qu'est-ce qu\u2019un pauvre sous-lieutenant de fortune à côté d\u2019un colonel de haissan- ce qui serait maréchal, ambassadeur, ministre, plus tôt que lui capitaine.Oh ! s\u2019il était le maître, comme il balayerait cette valetaille dorée, sans autre mérite que ses ancêtres.Etre un \u201cdescendant,\u201d beau titre, ma foi ! Ce qui importe, c\u2019est de monter ! plus haut ! toujours plus haut ! | Ainsi ferait-il ! Non, ce coup brutal lui avait brisé les ailes ; il se sentait las, désemparé, meurtri, les jambes molles, la tête vide.Angélique mariée ! Et à ce Montlaur ! ! ! C\u2019était double trahison.Sa fierté ombrageuse l\u2019avait toujours La Revue Populaire .empêché de répondre à l\u2019amitié du jeune prince, mais, au fond, il n\u2019y était pas absolument indifférent et s\u2019il avait été seulement son égal.1 était de ceux qui se cabrent sous la main qui les caresse ; les procédés les plus délicats irritaient, chez lui une fibre secrète.Puis, s\u2019il avait conscience de sa supériorité réelle, il était forcé de reconnaître, chez le filleul de la Reine des qualités qui lui manquaient.La vanité et les prétentions d\u2019un Permon, lui faisaient hausser les épaules, mais la simplicité l\u2019aisance, l\u2019urbanité de Raoul le mettaient a supplice.\u201cA quoi bon l\u2019impertinence quand on a la politesse\u201d, dit Talleyrand.Beaucoup d\u2019êtres frustres ont cette impression et croient deviner un persiflage sous la courtoisie des manières et du langage.\u2014\u2014 Montréal, Septembre 1916 Bonaparte, avec sa sauvagerie native e sa rudesse montagnarde, était plus acces sible qu\u2019un autre à cette défiance, d\u2019autant qu\u2019il en goûtait la séduction.\u2014 Ceux-là savent flatter sans bassesse disait-il plus tard des hommes de l\u2019ancienne Cour, en appelant à la sienne, les Sé-R gur, les Montesquiou, les Narbonne.Mais, fait pour dominer, il souffrait de recevoir des faveurs au lieu d\u2019en accor-k der et Raoul, qui en avait vaguementE conscience, disait parfois dans un élan juvénile de son aimable nature \u2014 Je voudrais avoir un tort envers lui! Peut-être me le pardonnerait-il plus faci-B lement.I] n\u2019y paraissait pas à cette heure ! et sa rancune se donnait enfin libre cour contre le traître, le faux ami, qui, sournoisement, lui enlevait son bien.Car Angélique était à lui, rien qu\u2019à lui! il n\u2019admettait pas de partage, ni avec un époux, ni avec Dieu, et le mariage le révoltait plus encore que le couvent.La jalousie, le mépris, la colére, se ré- flétaient sur ses traits ravagés et le som-| bre éclat de sa prunelle effarouchait fillettes et marmots grouillant sur le pavé du Roi.\u2014 Il n\u2019a pas l\u2019air commode, marmottait une commère.\u2014 Peut-être un futur locataire de lai Bastille.De fait, s\u2019il eût tenu son rival dans le marquis !.Soudain, il s\u2019arrêta saisi.Raoul sortait de l\u2019hôtel de Blanchefort| \u201cet venait à lui la main tendue.56 Napoléon retira la sienne.Plus surpris qu\u2019offensé, l\u2019autre l\u2019inter- rogéa du regard, et, frappé de l\u2019altération| de ses traits, lui demanda avec intérêt.\u2014 Seriez-vous souffrant, mon cher ca-R marade ?\u2014 Non. \u201cio La 4 diy = yo % Ig Vol.9, No 9 \u2014 Alors auriez-vous quelque chose contre moi ?\u2014 Oui.\u2014 Quoi done, je vous prie ?\u2014 \u2018Ce n\u2019est pas le lieu de s\u2019expliquer.\u2014 Soit, il y à une ruelle déserte, là, tout proche.Contournant l'hôtel seigneurial, ils se trouvèrent entre un mur bas, percé d\u2019une porte de service, et les fossés de la Bastille.\u2014 De quoi s\u2019agit-il, voyons, ami ?dit affectueusement le jeume prince.\u2014 Je ne suis pas votre ami, je ne l\u2019ai jamais été, je ne le serai jamais.Il Jul eriait sa rancune avéc une âpreté féroce.\u2014 Je le regrettg.\u2014 Moi pas.À quoi bon d\u2019inutiles feintes ?tout nous sépare, patrie, naissance, fortune et je vous hais comme vous devez me haïr.\u2014 Non, je vous plains.\u2014 Je ne veux pas plus de votre pitié que de vos prévenances hypocrites «desti- | nées à cacher vos perfidies.\u2014 Voilà un mot de trop, monsieur.\u2014 Qu\u2019importe ! Au point où nous en Sommes, mieux vaut mettre masques et habits bas.\u2014 A vos ordres, mais encore serais-je curieux de connaître le motif de cette sotte querelle, observa tranquillement Mont- laur, qui en était à cent lieues\u2019et croyait presque à un accès de fièvre chaude: Son calme acheva d\u2019exaspérer le furieux et tirant son épée \u2014 Trêve de paroles.Si vous n\u2019êtes pas un lâche, vous me rendrez raison à l\u2019instant même.\u2014 Au pied de la Bastille, Si nous demafndions au nous servir de témoin.\u2014 Vous me feriez croire à une défaite.\u2014 Décidément vous avez besoin d\u2019une c\u2019est coquet.gouverneur de \u2014 57 La Revue Populaire ~ UNE PROMESSE Montréal, Septembre 1916 leçon, monsieur de Buonaparte, j\u2019qn suis fâché, pour vous.Et ôtant sa veste broidée, il salua son adversaire avec cette courtoisie qui ne l\u2019abandonnait jamais et tomba aussitôt en garde.S\u2019il m\u2019était pas de force en mathématiques, en revanche il était une des meilleures lames de l\u2019Ecole, son adversaire, au contraire, avait un jeu très inégal.Il attaquait avec toute la fougue de son caractère, l\u2019autre se bornait à parer négligemment, ce \u2018qui ajoutait à l\u2019exaspération de Napoléon et, se fendant à fond, il se fût embroché lui-même, si d\u2019un vigoureux coup de fouet, Raoul n\u2019eût lié son épée, qu\u2019il fit sauter à trois pas.Lie jeune Corse eut un yéritæble rugissement de lion blessé.: \u2019 Montlaur ramassa lui-même son armé, et la lui présentant avec sa bonne, grâce accoutumée.\u2014 Reprenez la, mon camarade ; elle vous servira mieux qu\u2019à me couper la gorge et oublions cette sotte querelle, je vous le demande sincèrement.Mais la plaie était trop cuisante, cette magnanimité y ajoutait encore.Pâles, les dents serrées, Bonaparte ne répondit pas et demeura immobile jusqu\u2019à ce qu\u2019il eût vu disparaître son vainqueur découragé ; alors, il serra les poings dans un accès de rage impuissante et, comme jadis à Brienne, il s\u2019abattit lourdement sur le sol.En quittant sa cousine, Raoul lui avait dit avec cette grâce exquise, qui le rendait si séduisant : \u2014 Mille de Constantinople a une communication a vous faire à laquelle mon bonheur est attaché.Je vous supplie de l\u2019écouter avec bienveillance et de songer que votre réponse fera de moi le plus heu- H «eh a i i Tt nw a, \"AS San Vol.9, No 9 reux ou le plus malheureux des hommes.Tl lut avait baisé le bout des doigts et l\u2019avait laissée vaguement troublée.Que pouvaient signifier ces paroles très claires pour une autre ?.elle n\u2019osait deviner !.Est-il question de mariage pour un aveugle ! Il avait fallu que sa tante elle-même vint lui confirmer la demande, avec les commentaires aigres-doux dont elle agrémentait ses discours, vantant sa générosité testamentaire, sans laguelle évidemment rien n\u2019eût abouti.\u2014 Vous pouvez me remercier et vous flatter d\u2019avoir de la chance, M.de Mont- laur ne vous épouse pas pour vos beaux yeux, il vous épouse c\u2019est le principal.Je ne vous demande pas ce que vous en pensez.vous devez être trop heureuse! mais il sied à notre dignité de ne pas montrer trop d\u2019empressement et demain seulement je ferai tenir notre réponse à mon notaire qui en avisera Mme de Cré- quy.Angélique demeura seule, des sentiments divers.Elle était profondément touchée de la démarche de son cousin.un peu étonnée aussi.On pouvait done l\u2019épouser, elle, que sa cruelle infirmité semblait condamner à un éternel célibat ; elle pouvait done, comme les autres femmes, avoir un foyer, un mari, des enfants.Sans doute, on le lui faisait assez qure- ment entendre, les avantages matériels pesaient dans la balance, mais enfin Raoul était riche, de haut lignage, il pouvait prétendre à mieux !.Comme c\u2019était bon et tendre à lui ! Princesse de Mont- laur ! elle devait être enchantée, ravie ! Et elle soupirait ! en \u2018proie à \u2014 La Revue Populaire 58 Montréal, Septembre 1916 \u2014 Ce ne sera rien, mademoiselle, une simple syncope, mais qui, trop prolongée, eût pu avoir de graves conséquences, avec un organisme aussi nerveux.Tenez, il ouvre les yeux.En effet, Bonaparte promenait autour de lui, ce regard trouble de ceux qui reviennent du pays des rêves.Un valet sortant par la petite porte, l\u2019avait trouvé évanoui et avait donné l\u2019alarme.La vieille princesse étant en visite, c\u2019était Angélique qui avait fait transporter le malade à J\u2019hôtel et envoyé quérir le médecin de la Bastille.Debout, au pied du divan, elle attendait, anxieuse, son arrêt, et respira profondément à ces paroles rassurantes.En la voyant ainsi immobile, silencieuse, le sourcil du jeune Corse se fronca et il dit d\u2019une voix sourde.\u2014 C\u2019est cet habit de bure qu\u2019elle regarde.Otez-le.il me brûle.Je ne veux pas rougir devant elle.Son humiliation enfantine se confon-§ dait avec celle de l\u2019heure présente ; il se croyait encore à Brienne, il oubliait les années écoulées, la cécité de la jeune fille.Elle lui prit la main à tâtons, et dit très douce : \u2014 À quoi pensez-vous ?Ne reconnais- sez-vous plus votre amie aveugle.\u2014 Aveugle ?.Ah ! oui, aveugle.Tant mieux.\u2014 Décidément, il n\u2019a pas lui faut du repos, du calme.\u2014 À défaut de sa famille absente, je | ù son ami, M.de; pourrais faire prévenir Montlaur.\u2014 Je vous le défends.À ce nom exécré, sa mémoire s\u2019était ré- j veillée, sa colère aussi, et, les poings cris; pés, il se dressait sur son séant.\u2014 Vous ne voulez pas encore les | idées bien nettes, observa le praticien, il voir Raoul a Ya bat Fo à Un Vol.9, No 9 questionna-t-elle surprise.\u2014 Ni lui, ni personne.\u2014 Pourquoi ?Mais déjà il s\u2019était ressaisi, et s\u2019expliquait d\u2019un ton posé, Il allait très bien et avec une voiture il rentrerait à l\u2019Ecole sans plus d\u2019embarras.Mais le docteur s\u2019y opposa \u2018énergiquement.\u2014 Vous êtes encore trop faible, lieutenant ; la tête vous tournerait au bout de quelques pas.Reposez-vous ici une couple d\u2019heures.D\u2019ici Jà, vous êtes mon prisonnier ou plutôt celui de mademoiselle.J\u2019en connais de plus à plaindre.Un lourd silence succéda à son départ entre les jeunes gens.Lui remâchait la honte de sa défaite, le double triomphe de son rival et l\u2019amour décu, l\u2019ongueil blessé se peignait sur ses | traits bouleversés.Elle n\u2019avait pas besoin de ses yeux pour lire dans cette âme troublée par une vio- | lente commotion, dont elle cherchait vainement la cause.+ ~ Jamais elle n\u2019eût soupçonné sa jalousie, sa colère contre Montlaur et certes la demande de ce dernier la surprenait moins encore que ne l\u2019eût surpris la révélation d\u2019un sentiment tendre, dans ce coeur viril ne battant que pour la gloire.Sans doute, il avait éprouvé quelque grave déception, subi quelque grave injustice et la contrainte imposée par la discipline avait dû provoquer cette réaction soudaine.Compatissante, elle bassinait son front brûlant, il l\u2019écarta presque brutalement.\u2014 Oh ! ami, c\u2019est donc bien grave ?dit-elle avec une douce autorité.Il ne répondit pas.\u2014 Voyons 2 qu\u2019y a-t-il ?ce Ÿ un passe droit ?\u2014 Une injustice, c\u2019est bien cela.une injusti- un passe-droit, oui, \u2014 59 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916- \u2014 En faveur d\u2019un de vos camarades { \u2014 Justement.\u2014 Que voulez-vous ?seul, sans protecteur, sans fortune, le mérite ne suffit pas.\u2014 Je m\u2019en aperçois.| \u2014 Mais il finit toujours par s\u2019imposer.Vous prendrez votre revanche.\u2014 Si je le croyais ! gronda-t-il, les dents serrées.\u2014 J'en suis sûre, moi.J'ai foi en votre avenir, comme j'ai foi en Dieu.Elle était si belle avee son front inspiré rayonnant d\u2019enthousiasme, qu\u2019il sentit mieux encore la douleur de la perdre et secouant la tête : \u2014 Moi, je n\u2019ai plus foi en rien, ni en personne.\u2014 Douteriez-vous de mon amitié ?\u2014 Je n\u2019al que faire de votre amitié quand un autre a votre amour ! Nierez- vous que vous épousiez M.de Montlaur ?Elle ne répondit pas.S\u2019exaltant davantage, il continuait avec une ironie amère.| \u2014 C\u2019est bien naturel! il sait plaire aux femmes, lui ! les flatter, les aduler, chi- quenauder son jabot, pirouetter sur ses talions rouges ! TI est riche, noble, élégant, il a tout, je n\u2019al rien ! Elle l\u2019écoutait, silencieuse, émue.Aimer, être aimée, rêve inconscient de toutes les créatures, d\u2019autant plus ardent qu\u2019il semble plus irréalisable.L'iamonutr ignoré, comme la lumière lui était soudain révélé.Napoléon l\u2019aimait !.comme Raoul ! plus que Raoul.peut-être !.\u2026.Et elle ?\u2014 Pauvre ami ! murmura-t-elle.Ce fut la goutte d\u2019eau qui fait déborder le vase.\u2014 Je ne veux pas plus de votre pitié que de la sienne ! rugit l\u2019orgueilleux insulaire.Et, affolé par le souvenir de son récent rt si i | LE maa PELLE EE PRD vind RARE Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916]: \" affront, en proie 4 une de ces terribles co- turait.Il elit encore préféré le cou-fi: 3 lères qui devaient faire trembler l\u2019Euro- vent ! et pourtant il eût peut-être étéB.3 pe, il allait, venait, comme un lion en ca- aussi jaloux du bon Dieu.oa {I 4 ge, exhalant sa rage, son humiliation, son Non ! décidément, il était trop malheu-§ Wu A désespoir avec une violence sauvage.reux ! ; ST 4 \u2014 Il m\u2019a fait grace !.oul !.il au- Epuisé, il se - tut, et l\u2019on n\u2019entendit x 3 rait pu me tuer.il s\u2019est borné à me dé- plus que sa respiration oppressée.but 2 sarmer !.et j\u2019ai dû subir son outra- Alors, ele s\u2019approcha doucement de lui, Bit 4 geante générosité.il m\u2019a rendu mom effleura son visage de ses doigts craim- pi 4 épée !.et je ne me la suis pas passée tifs.pi 3 au travers du corps !.Je suis un là- I] pleurait !.ne 3 che !.et vous pouvez me mépriser.Une joie extatique illumina les traitsB nm 1 rire de moi, avec lui !.Oh ! je l\u2019ééra- délicats de la fille des Césars.D\u2019un geste Bus 3 serai !.| | caressant, elle cueillit une de ces Larmes, Be 4 Oubliant toute mesure, il rugissait, la porta à ses lèvres et dit : i 9 frappait du pied, bousculait les meubles, \u2014 Napoléon, je ne me marierai jamais.bi ( â et si le fameux cabaret de Léoben se fut Et la harpe se tut, ce soir-là.- 3 trouvé sous sa main !.ol 3 Enfin, pâle, exténué, à bout de souffle, UN REFUS dl y avait cercle Ry 3 les jambes cassées, la téte vide, il s\u2019abat- brillant chez Mme de $ tit lourdement sur un siège.Créquy pour entendre la lecture de \u201cNu- Bi: 3 Qu\u2019allait-il devenir sans elle ?ma Pompilius\u201d dont le chevalier de Flo-H % Sans doute, il ne savait pas parler,aux rian venait d\u2019achever le manuserit et dont le 4 femmes, il ne lui avait jamais dit ce qu\u2019el- jl donnait la primeur à la vieille amie du 1 le était pour lui, la place qu\u2019elle -occupait duc de Penthièvre, son mrotecteur.1 dans son esprit et dans son coeur.Ces Bucoliques étaient alors fort à la i i Et pourtant ?\u2018mode ; la sensibilité, voire la sensiblerie, - i Dans son isolement farouche, il n\u2019en était du suprême bon ton, et le retour a ff, C avait pas moins besoin de tendresse.Seu- la Nature, une Nature passablement fac- 1 4 le, elle lui en avait donné l'illusion.Près tice avec ses bergéres en dentelles et ses li.: d\u2019clle, il avait oublié son pays, ses monta- moutons enrubannés, considéré comme le i.ä gnes, sa famille ; il s\u2019était attaché à elle remède à tous les maux qui désolent no- ; * étroitement, elle lui avait tenu lieu de tre pauvre humanité.Tronchin le recom- , 4 tout, il avait adopté ses ancêtres, cet Ô- mandait pour le physique, Rousseau, son ! 2 rient mystérieux, où elle eût dû régner et compatriote, pour le moral, et tous deux \u2018 È qu\u2019il eût été capable de conquérir pour avaient un grand succès, \" 4 elle ?Le doux Florian aussi et ses peintures À, j Figée dans son aptitude hiératique, elle optimistes avaient une exeuse ; il vivait | Re écoutait ce flux de paroles, divagations, en pleine Arcadie, à cette petite cour de , 3 plaintes, reproches, prières.Sceaux, reflet de l\u2019âge d\u2019or, où il trouvait ; 1 Certes, les anciens preux n'avaient pas dans la plus vénérable des Altesses, l\u2019ima- , 1 pour \u201cleur Dame\u201d, amour pias profond, ge de toutes les vertus.J 4 culte plus fervent.Dans son exil, il se Une assistance aussi nombreuse que À flattait qu\u2019il serait toujours tout pour el- choisie se pressait donc dans les salons de le et l'idée qu\u2019elle füt à un autre le tor- l\u2019hôtel de Feuquières où résidait la mar- | \u2014 6 \u2014 Re + \"FVoi.9, No 9 Ny guise ; le prinee de Ligne y taquinait me de Staël qui, à son gré, mêlait un _, (Peu trop la politique à la littérature.M.le de Narbonne disqutait avec Mgr d\u2019Autun les mérites d\u2019une religieuse, Marie Alaco- que, dont le futur prince de Bénévent poursuivait la béatification avec un 7èle (méritoire ; M.de Richelieu, jeune marié ectogénaire, négligeait sa troisième épouse pour faire les yeux doux à une ravissante créole, Mme de Beauharnais, dont le mari volage papillonhait autour de \u2018toutes les femmes jolies.Sa tante, lascom- did prit, critiquait tout bas l\u2019auteur, avec son wil ami Cubiéres, aussi mauvaise langue et presque aussi mauvais poéte qu\u2019elle-méme sur laquelle on faisait courir cette épi- Me gramme E ae dt Ne Eglée belle et poéte, a deux petits tra- a Fi [vers : \u2018él Fille fait son visage et ne fait pas ses ve dn [vers.| id] Au milieu de cette Joyeuse assemblée, #kl Montlaur allait, venait, gai, pimpant, frin- au à gant.t@} Il était rentré la veille, tout marri de \u201c#1 Vinqualifiable algarade de son ex-condis- ##{ ciple, mais, avec son aimable optimisme, #1; il avait cherché toutes sortes de raisons «1 pour l\u2019exeuser, sans rencontrer la vraie, \u201cet ayant appris que Bonaparte était œf souffrant, il en avait conclu que son pre- | mier diagnostic était juste : c\u2019était un wi; accès de fièvre chaude ! id, Aussi comptait-il aller prendre de ses rË| nouvelles, le soir même, lui porter l\u2019an- i nonce de son mariage et lui demander w\u2018 d\u2019être un de ses garçons d\u2019honneur.Quant à l\u2019idée d\u2019une rivalité secrète, #; elle ne s\u2019était même pas présentée à son i) esprit.A son avis, un amoureux devait #| avoir d\u2019autres manières, et il prenait fort $ \u2014 61 La Revue Populaire tesse Fanny, qui tenait un bureau d\u2019es- Montréal, Septembre 1916 au sérieux les théories mysogines du jeu- Corse, reléguant la femme au dernier rang de ses préoceupations.Tranquille, il attendait le consentement d\u2019Angélique, dont il ne faisait aucun doute, et qu\u2019il considérait comme une simple formalité.Ce n\u2019était pas fatuité de sa part, mais confiance juvénile ; l\u2019affection fraternelle, partagée jusque-là, lui semblant garam- te de l\u2019affection conjugale, à laquelle il eût été peu séant de demander les emportements et la fougue d\u2019une grande passion.Il serait un mari très tendre ; on- tourant sa femme de Falanterie, de petits soins ; elle, avec sa douce sérénit®, serait une compagne accomplie, sans la jalousie fatigante de cette jolie créole qui suivait le vicomte de Beauharnais d\u2019un oeil énamouré et inquiet.Cependant, mâlgré sa sécurité, il eût été bien aise d\u2019avoir cette réponse, qui devait lui permettre de commencer sa cour et d\u2019annoncer officiellement son mariage.Ce souci lui causait d\u2019involontaires distractions et, \u201cla nymphe Egérie\u201d ne suffisant pas à le retenir, il s\u2019esquiva discrètement pour aller en conférer un peu avec son ancienne berceuse de passage à Paris, qui avait toujours sa chambre à l\u2019hôtel.Les vieux serviteurs tenaient alors l\u2019emploi de confidents : devant eux, on pouvait penser tout haut ; la bonne Dupont, en particulier, avait pour son cher jeune prince une yéritable adoration et ne pouvait admettre que ce sentiment ne fût.pas partagé par tout l\u2019univers, aussi se gaussait-elle de ses craintes chimériques.Il eût fait beau voir qu\u2019Angélique ne le trouvât pas à son goût ! Bien sûr, elle ne pouvait l\u2019admirer \u201cde visu\u201d, et c\u2019était grand dommage, mais il suffisait de l\u2019entendre.\u2014 C\u2019est saint Jean Bouche d\u2019or! Tout i li i \u2018 Hi i! 1 : i i ee En ee er aL Vol.9, No 9 petit, quand il prenait sa voix câline, je ne savais rien lui refuser, confessait-elle justement à une belle jeune femme qui se leva pour prendre congé en voyant entrer Montiaur, Avec beaucoup de grace, il insista pour qu\u2019elle se rassit, et trouva un mot aimable pour la fillette qu\u2019elle tenait à la main.\u2014 Ma petite nièce, que ses parents me confient pour élever à la campagne, l\u2019air des villes ne lui réussit pas.\u2014 Elle ne sera pas à plaindre, si tu la gâtes autant que moi, ma bonne.\u2014 Oh ! ce n\u2019est pas la même chose, dit- elle sérieuse.La jeune mère embrassait la mignonne avec une ardeur contenue avant de s\u2019en séparer ; il les laissa à leurs effusions et, en descendant, rencontra un valet de chambre, une lettre à la main.La réponse attendue, sans doute.Il rompit le cachet avec une légère émotion à fleur de peau, et lut : \u201c Le pire aveugle est celui qui ne sait pas voir.Pendant que le \u201cPrince Chéri\u201d se métamorphose en caniche la \u201cBelle Zélie\u201d en rend un autre plus heureux et un gentil- lâtre Corse dame le pion à un cousin du Roi.\u201d Il froissa le papier.Vengeance de femme ! les termes ambigus, l\u2019exemple emprunté aux \u201cContes de Mme d\u2019Aui- noy\u201d, dénonçaient le procédé bien féminin quoiqu\u2019il ne fût pas l\u2019apanage exclusif du sexe.Sans doute le secret avait transpiré, Angélique faisait déjà des envieuses qui ne reculaient pas devant la calomnie odieuse et lache.Qui sait ?Une de ces belles mondaines, s\u2019attendrissant à de naives pastorales, en était peut-être l\u2019auteur.Fi ! Déchirant l\u2019avis anonyme, il haussa les épaules, et rentra au salon.\u2014 La Revue Populaire 62 Montréal, Septembre 1916 Florian achevait la lecture de sa dédicace à la Reine.De vous, de Louis, des Francais, On croira lire ici l\u2019histoire.et les applaudisements, les exclamations :WB \u201cDélicieux, charmant, exquis ! mêlés a bruit des chaises, au frou-frou des jug: pes, témoignaient du plaisir causé par ce régal littéraire.gée.Raoul se lanca dans la conversation gé4# nérale ; H se montra étincelant, plein d\u2019une verve, d\u2019un entrain légèrement fac tices, mais qui pouvaient tromper les plug clairvoyants et dont il se grisait lui-mê me.I1 riait, plaisantait, pirouettait avec cet te grâce qui lui gagnait tous les coeurs et de lui aussi, l\u2019on pouvait dire : \u2014 Délicieux, charmant, exquis ! Certes, l\u2018auteur de la lettre était parm les caillettes, caquetant autour de lui elle devait blémir de rage sous son rougel Sa grand\u2019mère suivait d\u2019un oeil amus@ ce marivaudage, quand un valet vint I dire un mot tout bas.Sans affectation, elle se leva, traverse les groupes en s\u2019y arrétant un peu, puis gagna discrétement ses appartements.Elle en ressortit au bout «d\u2019un quart R d\u2019heure et revint & petits pas, vers sa ber gère d\u2019où elle dirigeait la conversation avec ce tact et ce brio, apanage de certai nes douairières, que l\u2019âge ne peut leur en lever.Cependant, parfois, son regard se pc sait sur son petit-fils avec une ombre d\u2019in# quiétude.Peu à peu, les invités se retirèrent, le et peut-être aussi pa | le soulagement d\u2019une contrainte prolon4 salon se vida ; ils demeurèrent en tête à tête.Alors l\u2019appelant d\u2019un signe affectueux ing ès auf 0 J ar | lg par Mi i gH .pei ny fe 4 plu.LH oi (oh eu eh wl 0 wg a at iw § # À Gr , quit Vol.3, No 9 \u2014 Je viens de recevoir le réponse, Raoul.C\u2019est non.Elle l\u2019observait avec une légère angoisse, mais il supporta le choc en galant homme, le gourire aux lèvres.\u2014 Je le regrette madame, et je vous rends grâce de votre complaisance pour moi, en cette affaire.Je tâcherai de le reconnaître par un choix plus à votre convenance.Et, lui baisant la main, il se retira chez lui.Mais alors, le masque tombé, la nature reparut sous le vernis mondain et il s\u2019abandonna à un véritable désespoir d\u2019enfant gâté.Borapârte, Angélique, passèrent là un vilain quart l\u2019heure ; il ne trouvait pas Ce reproches assez forts pour leur duplicité ,dont il ne doutait plus à cette heure ! \u2019 Le vil soupcon, repoussé d\u2019abord avec dédain, s\u2019implantait maintenant dans son esprit.Bien aveugle, en effet, de ne pas avoir deviné un rival dans ce furieux qui se jetait sur son épée et qu\u2019il eût pu embrocher en tendant le bras ! \u2014 C\u2019est indigne ! indigne ! Moi qui l\u2019aimais tant ! Parlait-il de lui ou d\u2019Angélique ?Au fond, tout au fond de son être intime, peut-être souffrait-il plus dans son amitié que dans son amour, l\u2019une ayant jeté dans son âme des racines plus profondes que l\u2019autre, et il eût été fort capable d\u2019un sacrifice magnanime si Napoléon lui eût montré plus de confiance.Mais non! c\u2019était une âme close, réfractaire aux généreuses effusions et dont il s\u2019était vainement flatté de tirer le verrou ! \u2014 Moi ! qui l\u2019aimais tant, gémissait- il, , \u2014 .Mon pauvre petit ! qu\u2019est-ce que tu as ?La Revue Populaire IPAM EER HAN SPE EIN A Montæéal, Septembre 1916 La bonne Dupont, dont il avait oublié la présence, apparaissait sur le seuil, et, derrière elle, il pouvait apercevoir, au fond de la pièce voisine, le minois étonné d\u2019une fillette de deux ou trois ans, qui jouait avec des fleurs.\u2014 Ah ! ma bonne ! ma bonne ! je suis bien malheureux ! soupira-t-il, sans contrainte cette fois.Compatissante et maternelle, elle ber- ait sa peine comme lorsqu\u2019il était petit.Son cher jeune prince ! comment pou- vait-on le faire pleurer ! Elle en était bouleversée, révoltée ! et trouvait dans Son vieux coeur dévoué les paroles câlines et apaisantes.IL la laissait dire, sensible à \u2018cette humble sympathie de bon chien.Par la porte ouverte, la fillette regardait, très grave, le doigt dans sa bou- chette rose.Les grandes personnes ont donc aussi de gros chagrins comme les tout petits ?Elle, on la consolait avec une poupée, un bonbon, une caresse.Lui, elle eût bien voulu le consoler aussi ?| Et obéissant à l\u2019inspiration charmante de son petit coeur ingénu, elle choisit sa plus belle fleur, s\u2019approcha sur la pointe du pied.\u2014 Tiens, monsieur, ne pleure plus.Et elle lui mit une rose dans la main.\\ À DEUXIEME PARTIE Un nouveau siècle commençait.Marengo, don de joyeux avènement du Premier Consul, en avait marqué l\u2019aurore, et la République, lavée de ses souillures idans un bain de gloire, apparaissait, rayonnante, appuyée sur le jeune vainqueur.De Brienne aux Tuileries, la route n\u2019a- PS Hy RB: fi: i} Bi MH: a T EN of Ni.RE pe Ve.2, No 9 vait pas été longue : Toulon, Arcole, les Pyramides en avaient marqué les étapes, et, maître de la France, arbitre du mon- La Revue Populaire de le \u201cCorse aux cheveux plats\u201d n\u2019avait plus qu\u2019à étendre la main pour poser sur son front la couronne de Charlemagne.Vendémiaire et Brumaire avaient imposé silence aux factions royalistes et jacobines, la Vendée était pacifiée, la Révolution terrassée, l\u2019étranger vaineu, et, fasei- né, ébloui, le peuple qui avait fait tomber la tête du débonnaire Louis XVI au cri de \u201cLiberté\u201d, l\u2019oubliait déjà en acclamant son élu.Les prisons s\u2019ouwvraient, les immigrés rentraient, les affaires reprenaient, les finances se rétablissaient, le code s\u2019élaborait, la confiance renaissait, les balances remplacaient l\u2019équerre sur le sceau de l\u2019F- tat ; César, Auguste, Justinien semb- blaient réunis en un seul homme.mais quel homme ! L\u2019Orient et l\u2019Oceïdent retentissaient de son nom : l\u2019Arabe fataliste s\u2019inclinait devant \u201cSultan Kebir\u201d, l\u2019Italien saluait en lui un libérateur.Il avait détruit le prestige du Grand Seigneur, dicté des lois à Venise, imposé la paix à d\u2019Autriche et l\u2019irréconciliable Angleterre se décidait a Jui tendre la main.A cette heure, il se reposait de ses travaux sous les ombrages de la Malmaison.La Malmaison ! Certains noms sont évocateurs de joies ou de tristesses : Versailles rappelle surtout l\u2019horreur des journées d\u2019Octobre.Fontainebleau, la mélancolie des Adieux ; Chantilly résonne comme un appel de elairon ; la Malmaison comme les cloches d\u2019un beau soir.La Malmaison, cest le calme après la tourmente, l\u2019oasis après le désert, Ja halte reposante entre la ruée aux frontières et la course à travers le monde.La Malmaison, ce n\u2019est pas encore l\u2019Em- \\ \u2014 64 | | | Montréal, Septembre 1916 | pire, c\u2019est déjà l\u2019Empereur, mais 1\u2019Empe-| reur jeune, amoureux, fringant, qui joue aux quatre coins avec ses aides de camp,! taquine Eugène et Hortense, s\u2019amuse comme un sous-lieutenant, écoute l'Angélus.| respire les roses.La Malmaison, c\u2019est le Trianon de 1a] société nouvelle ou les robes blanches] commencent à se mêler aux uniformes,| où l\u2019élément féminin reprend sa place, oùf-; les graces de 1\u2019ancien régime refleurissentfy sous le nouveau.| Il y a soirée musicale dans ce cadre charmant : la Grassini, que le triomphateur a ramenée de Milan, se fait enten-{.dre et Méhul l\u2019accompagne au Clavecin.| Bonaparte la regarde plus qu\u2019il ne l\u2019é-| coute, car il n\u2019est pas musicien et chante] aussi faux que Louis XV.Joséphine, un] peu jalouse, est à demi couchée sur unel 3 athénienne, et, d\u2019un léger signe, rappelle sa fille qui s\u2019est attardée, dans le pare, avec deux autres élèves de Mme Campanl peut-être seule, avee l\u2019ancien évêquel d\u2019Autun, à pouvoir évoquer le salon de la Reine.Roustan son Mameluck, Baguette, le négrillon de Joséphine, mettent une note orientale dans ce coin de vieille France.| Talleyrand, Lebrun, Cambacérès, font] un whist avee Fouché, qui sourit dérrière ses cartes, comme s\u2019il lisait dans leur jeu Junot et Lefebvre, deux glorieux par4 venus, qui peuvent à bon droit se qualifier d\u2019\u201cancêtres\u201d, causent de bonne ami-# tié, tandis que leurs femmes, \u201cla petitel 0 Ï Peste\u201d et \u201cMadame Sans-Gêne\u201d, échangent en pines coups de griffes et coups de battoirs.Madame Laetitia, entourée de ses filles, Elisa Baceciochi, Caroline Murat, Pauline Leclere, regarde ses fils, Joseph, Lucien, Louis, Jérôme, avec leurs petites cours, reflet de la grande.Elle songe aux heures grises, aux heu+ ?of \u201cVol.9, No 9 \u2018res lourdes, & la pauvreté, presque la mi- .'R sere, et malgré sa foi aveugle dans l\u2019aigle \u2018À ses, elle était délicieuse puissant qui les emporte dans son vol au- | dacieux, elle a l\u2019effroi de la chute et se demande anxieuse \u2014 Tout cela durera-t-il ?Le morceau achevé, Bonaparte complimenta avec chaleur: la belle cantatrice ; \u201cÀ Joséphine ajouta quelques mots gracieux.:\u2014 Après le chant du cygne, nul ne devrait plus élever la voix et pourtant Hor- tense a là une romance de sa composition que je voudrais te faire entendre, dit-elle à son mari avec hésitation.\u2014 Mais pourquoi non ?Tous les oiseaux ont leur charme, protesta le Premier.Consul, qui n\u2019aïmait pas la musique mais aimait fort sa belle fille.Hortense prit sa harpe et préluda timi- % dement.Elle n\u2019était pas régulièrement jolie, mais elle avait beaucoup de charme.Sous ses cheveux blonds, ecouronnés de ro- et semblait un frais bouton à «côté de la maturité radieuse de sa mère.\u2014 Elle est gentille, H \u2018faudra bientôt la marier, dit Bonaparte, paternel, en fouillant les groupes d\u2019uniformes.Mais Joseph et Lucien avaient déjà pris femme, Berthier soupirait pour une séduisante veuve, Ney fleuretait avec une niece de Mme Campan, seuls Louis et Duroc étaient encore disponibles.T1 en était là de son inspection, quand il l\u2019abandonna brusquement et toute son attention se concentra sur la musique, qu\u2019il parut écouter avec une certaine émotion, au vif dépit de la Grassini : Partant pour la Syrie, Le jeune et beau Dunois Alla prier Marie De bénir ses exploits.Les paroles lui étaient inconnues, mais La Revue Populaire 65 Momtréal, Septaombre 1916 l\u2019air mélancolique avait déjà frappé son oreille jadis, dans un passé lointain, alors qu\u2019il étrennait son premier uniforme et partait non pour la Syrie, mais pour sa premier garnison.Dans une rapide vision, il revoyait le vieil hôtel délabré, les traits parcheminés de Mlle de Constantinople, le sourire de Montlaur, et les longues mains pales d\u2019Angélique errant doucement sur les cordes qui vibraient et pleuraient comme elle.De l\u2019ombre de la Bastille démolie, comment ce refrain désuet était-il venu jusqu\u2019à la Malmaison réveiller sous les doigts inconscienty d Hortense ce souvenir aboli ?\u2014 C\u2019est de vous, cette-romance ?de- manda-t-il à la jeune artiste, que chacun complimentait à l\u2019envie.\u2014 Certainement, appuya Joséphine, fière de som succes.\u2014 Pas tout à fait, ma chère maman : les paroles sont de M.de Laborde qui a eu la complaisance de les rimer pour moi.\u2014 Et la musique ?\u2014 Exie-ne m\u2019appartient pas absolument non plus.C\u2019est une réminescenee un peu confuse d\u2019un motif entendu jadis.\u2014 Quand cela ?\u2014 Quand j\u2019étais en apprentissage rue Saint-Honoré.oo En effet, sous la Terreur, après l\u2019exéeu- tion de leur père et pendant que leur mê- ve était en prison, la future reime de Hollande avait été placée chez une modiste et son frère chez un menuisier.Tous deux avaient été fort malheureux, la fillette surtout, dont l\u2019âme sensible et tendre ressentait vivement les horreurs de cette époque tragique, qui faisait tant d\u2019orphelins.Seule, séparée des siens, jetée dans\u2019un milieu vulgaire où nul ne pouvait la çom- prendre, le roulement des charettes, les 11 Hi +B qi 1.i I rer me AS Yn PR Pp Vol.9, No 9 cris de la populace, la vue des condamnés, tout cela avait produit chez elle un ébranlement nerveux des plus inquiétants et elle y aurait probablement succombé sans un dérivatif très puissant, dont elle dut la révélation à une pauvre voisine aveugle qui jouait divinement de la harpe.» \u2014 Vous la nommiez ?\u2014 Je ne me rappelle que son prénom : Mademoiselle Angélique ; mais ce devrait être une ci-devant, car on devinait en elle la personne de race.\u2014 Qu\u2019est-elle devenue .?\u2014 Je l\u2019ignore, et je voudrais bien la revoir, elle était si bonne pour moi.\u2014 J\u2019en toucherai deux mots à Fouché.Recommencez done cette romance, elle me plait beaucoup.Et tandis qu\u2019Hortense, rougissante et un pen confuse, redisait sans se faire prier la complaisante du Beau Dunois, Napoléon, les yeux mi-clos, fredonmait, à l\u2019ébahissement général : \u201cPartant pour la Syrie.\u201d UNE AUDIENCE C\u2019était l\u2019heure des La Revue Populaire DU PREMIER audiences du Premier - CONSUL Consul.Sous les lambris dorés des Tuileries, \u2014 où paradaient jadis, pages, écuyers, chambellans, \u2018dignitaires de tous rangs, \u2014 quelques rares valets permettaient au \u201cFaubourg\u201d de railler la mesquinerie de la maison consulaire, mais les solliciteurs, qui se pressaient en foule dans les antichambres, étaient aussi nombreux et aussi chamarrés qu\u2019à Versailles au petit lever du Roi.Diplomates, officiers, écrivains, artistes, grandes dames de la veille, princesses du fendemain, se regardaient en chiens de faience, car avee 1\u2019étiquette, déja tacitement rétablie, la question des préséances reprenait toute son importance.M.de Talleyrand, \u201cqui boitait méme \u2014 66 avec grâce\u201d, selon une de ses admiratri- § ces, causait familiérement avec M.de @ Montréal, Septembre 1916 | Narbonne, radié, grice a lui, de la liste g§- des émigrés, et qui avait eu ce cri du) coeur en touchant le sol natal : \u2014 \u201cMon | ami, il vaut mieux mourir sur l\u2019échafaud, dans sa patrie, que de devoir son existence à l\u2019étranger ; on peut désormais me | tuer, on ne me fera plus sortir de Fran-| : 2, ce.L\u2019ancien évéque d\u2019Autun et l\u2019ancien j chevalier d'honneur de \u201cMesdames\u201d, tan-| tes de Louis XVI, n\u2019avaient pas encore la | cinquantaine, mais semblaient des vieillards dans cette jeune Cour où tout était | : nouveau, les hommes et les choses, L\u2019un IF\" était mince, élancé, avec un visage doux, , spirituel et malicieux, un oeil bleu très | attentif à surprendre les mouvements des autres, une bouche souriante parce que le | sourire est presque toujours sans péril, une chevelure poudrée et encore tout épiscopale, mallgré les efforts constants j des perruquiers de monseigneur, et des ji mains charmantes, vraies mains de pré-, lat, dont il était fort coquet.L'autre était | les temps et l'ait pour plaire dans tous dans tous les lieux ; il joignait à un es prit cultivé les graces d\u2019un chevalier français et, à la profondeur d\u2019un philo-| sophe, toutes les qualités aimables.Brave, non moins habile Marie-Louise.Murat, dans un uniforme neuf, faisait la roue, en discutant une, question de service avee Eugène de Beauharnais, aussi séduisant que son père à son âge, et dont M; J\u2019aisance et la simplicité, dénotant d\u2019homme de race, causaient une secrète envie au fils du cabaratier de la Bastille.Chateaubriand, qui apportait au restau- | rateur de la religion les premiéres épreu- \u2014_\u2014 à négocier ji qu\u2019à combattre, il devait être un des hé-, ros de la Retraite de Russie et un des| artisans du mariage de Napoléon et de ; ve SA ÿves de \u201cson Génie de 4 questionnait sur leurs amis de Londres, gou il avait eu froid et faim, l\u2019abbé de Vol.9, No 9 Christianisme\u201d, Montesquiou, chargé d\u2019un message royal pour le \u201cMaître de l\u2019heure.\u201d Lebrun venait lui présenter une ode sur sa dernière victoire, Daunou un mémoire sur 1\u2019expédition d\u2019Egypte, Talma un pro- J jet de réorganisation du Théâtre-Fran- çais, car déjà sa prodigieuse activité s\u2019étendait à toutes les branches, et les arts, les sciences, la littérature étaient également l\u2019objet de sa sollicitude.Elisa et Pauline attendaient impatiemment leur tour ; l\u2019une, qui ne s\u2019appelait encore que Mme Bacciochi, ressemblait beaucoup à son frère ; elle avait un faible pour les gens «de lettres en général et | M.de Fontanes en particulier ; l\u2019autre, qui devait être bientôt la princesse Bor- ghèse, n\u2019aimait guère que sa jolie personne.qui le méritait bien à en juger par l\u2019admirable statue de Canova.Toutes | deux venalent soumettre à l\u2019arbitrage de leur frère un différend des plus graves, | au sujet d\u2019un certain cachemire, objet de leur convoitise, et sur lequel Joséphine avait jeté son dévolu, ce qui provoquait une véritable révolution de famille.Fouché allait de groupe en groupe, cauteleux et cynique, glissant tout bas, ici un avis, là une menace, et, par la reconnaissance ou la crainte, forcant les mains à se tendre, les lèvres à sourire.Le farouche proconsul, qui avait fait régner à Lyon, la \u201csalutaire Terreur\u201d, brûlé les livres saints sur la place des Terreaux et changé les Brotteaux en un vaste cimetière, n\u2019avait échappé qu\u2019à force d\u2019astuce à l\u2019\u201céchafaud réparateur\u201d de la réaction thermidorienne.\u201cC\u2019était un homme souffreteux, malingre, usé avant l\u2019âge, peu soigneux de sa personne, la face exsangue, les yeux ourlés de sang\u201d, mais d\u2019une grande puissance de travail.\u2014 67 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 Arrivé le premier à son bureau, il tenait ses employés en haleine et son hôtel de la Police générale était une sorte de gigantesque machine pneumatique naient aboutir toutes les délations.\u201c Alors tout le monde espionnait tout le monde, six étres en France, six seulement échappaient à cette surveillance : Fou- ché, sa femme et leurs quatre enfants.\u201d Car l\u2019ancien oratorien était marié, très bon époux et père tendre, comme la plupart des terroristes monstres sanguinaires dans la vie publique, doux et sensibles dans le privé.Quelques figures timides se dissimu- daient derrière les autres, essayant d\u2019échapper à son oeil inquisiteur ; c\u2018étaient d'anciens jacobins, des royalistes prêts à brûler ce qu\u2019ils avaient adoré pour obtenir soit une préfecture, soit un siège au Sénat, soit la radiation d\u2019un nom sur la liste des émigrés, soit la restitution de leurs biens confisqués.Un beau vieillard, habit civil, mais tournure militaire, venait d\u2019entrer au bras d\u2019un jeune homme en uniforme de simple dragon.Le futur due d\u2019Otrante me l\u2019eut pas plus tôt aperçu qu\u2019il s\u2019avança avec empressement »: \u2014 Pourrais-je vous être bon à quelque chose, monsieur le maréchal ¢ demanda- t-11 obséquieux.Le vétéran le toisa étonmé.\u2014 M.Fouché, murmura son jeune compagnon.Il eut un hautde-corps significatif et, tournant le dos à l\u2019ancien conventionnel: \u2014 Merci, monsieur, répondit-il sèchement, je ne viens pas en solliciteur.Au même instant l'huissier appela : \u2014 Monsieur de Ségur.C\u2019était, en effet, l\u2019ancien ministre de la guerre, qui avait signé l\u2019admission de Bo- où ve- Vol.9, No 9 naparte à l\u2019Ecoie militaire, sur le rapport élogieux de M.de Kéralio.Son petit-fils, avide de gloire, quel que fût le drapeau, s\u2019était récemment enrôlé sous celui de la République, qui était toujours celui della France.Lie Premier Consul en avait été flatté, \u2014 car il rêvait déjà de ramener à lui tous les grands noms de l\u2019ancienne Cour, pour ajouter à l\u2019éclâat de la nouvelle, et désireux de l\u2019en récompenser en la personne de son grand père, qui achevait sa longue carrière dans une honorable pauvreté, d\u2019un trait de plume, il avait rétabli sa pension.Une visite de remerciement s\u2019imposait et le vétéran de l\u2019ancienne France était devant ie Jeune héros de la nouvelle.Bonaparte ne dépassait guère la trentaine, mais son profil de médaille, sa physionomie grave et sévère le faisaient paraître plus âgé.Il avait des cheveux longs et plats, \u2014 une bouche fine et spirituelle qu\u2019égayait parfois un délicieux sourire, \u2014 un regard profond d\u2019un éclat et d\u2019une puissance extraordinaire ; enfin ce quelque chose de fatidique, d\u2019irrésistible, qui subjuge et qui dompte.Il était vêtu d\u2019un frac militaire vert, sans aucun autre ornement que deux grosses épaulettes d\u2019or ; il portait un gilet de piqué blanc, un pantalon vert et des bottes à retroussis jaune.Assis devant son bureau, il jouait avec une tabatière, mais il se leva pour aec- cueillir le maréchal et les deux hommes s\u2019examinèrent avec curiosité.L\u2019un chargé d\u2019ans et couvert de blessures, avait derrière lui une longue et glorieuse carrière : il avait fait les campagnes de Bohême, d\u2019Italie, de Flandre, s\u2019était distingué à Raucoux, à Lawfeld, à Clostercamp et avait été le chef suprême de l\u2019armée, où #l ne voulait que des gentilshommes.L\u2019autre, en moins de dix ans, avait mois- natn La Revue Populaire | Montréal, Septembre 1916 | I.sonné plus de lauriers que l\u2019octogénaire; Ÿ le canon de Vendémiaire l\u2019avait annoncé À.à la France, le canon de Lodi, à l\u2019Euro- # pe, le canon des Pyramides, au Monde, et des riantes plaines de la Lombardie aux sables brûlants du désert, il avait entrai- né ses troupes victorieuses, y puisant, en pleine roture, des colonels, des généraux, des maréchaux, des princes, des rois ! Iier, c\u2019était un pauvre petit lieutenant en second au régiment de La Fère, trai- nant son sabre de garnison, regrettant son pays, cherchant sa voie, composant un Essai sur les révolutions de la Corse, un :Mémoire\u201d à l\u2019Académie romans te d\u2019Essex, assistant écoeuré à ce \u201cler août\u201d qui balaie les Tuileries où il règne- ra un jour, et écrivant Jde soir à son fre- re : \u201cSi Louis XVI était monté à cheval, la victoire lui fût restée.\u201d Hier, c\u2019est le commandant d'\u2019artillerie, dont seul Dugommier ne méconnaît pas les avis, au siège de Toulon ; le général \u201ctrop jeune\u201d que l\u2019imbécile Aubry met en disponibilité, qui est réduit à emprunter un écu à Talïma, à mendier une culotte chez Mme Tallien, et dont on trace ainsi le portrait.\u201cC\u2019était bien l\u2019être le plus maigre, le de Lyon, des | : \u201cLe Masque prophète, Le Com- | plus singulier, de plus aimable.La redin- | gote qu\u2019il portait était tellement ripée.que j'eus peine d\u2019abord à croire que cet homme fût général.On le disait très pauvre et très fier, comme un Ecossais.Il refusait d\u2019aller être général dans la Vendée et de quiter l\u2019artillerie.\u201cC\u2019est mon arme\u201d, répétait-il souvent, ce qui nous faisait beaucoup rire.Il n\u2019avait nullement l\u2019air militaire, sabréur, bravache, grossier.À Il parlait beaucoup et s\u2019animait en parlant ; mais il y avait des jours aussi où il ne sortait pas d\u2019un morne silence.Il y | a des moments ou il prend l\u2019existence en horreur.\u201cPuisque rien n\u2019est plaisir pour \u2014 À Voi.9, No 9 | moi, pourquoi supporterais-je la vie ?\u201d Tantôt il rêve d\u2019aller à Constantinople ff réorganiser l\u2019artillerie du Sultan ! tan- | tôt il aspire à une honnête médiocrité : \u201cUn calbriolet avec un logement à portée de mes amis et je serai le plus heureux des hommes.\u201d \u201cComme dans le sommeil de da fièvre, il se retourne, s\u2019agite, se plaint.\u2019.\u201cIl se réveille roi !\u201d Septembre, qui a vu l\u2019avènement de la République, voit aussi poindre son successeur : en 1795, il mitraille les sections sur les marches de Saint-Roch ; moins de dix ans après, il forcera les portes de Notre- Dame, où le Saint-Père viendra, de Rome, le sacrer.| A cette heure, il n\u2019est encore que consul, mais son manteau de gloire vaut \u2018déjà | le manteau impérial.Le peuple, ébloui | par ses victoires au dehors, ne lui garde pas rancune de la répression énergique | au dedans, et les royalistes, eux-mêmes, | lui pardonnent Vendémiaire, où il les a étrillés, en faveur de Brumaire, où il a fait sauter les représentants par la fenê- | tre.blit se couvre de ridicule ; du moment où l\u2019on cesse de le craindre ,on cesse de l\u2019estimer.Le peuple adore la force comme une divinité.\u201d Et Bonaparte symbolise la force ! | M.de Ségur voulut le remercier ;il l\u2019interrompit avec beaucoup de grâce.\u2014 Monsieur le Maréchal, toutes les gloires de la France doivent lui être chères au même titre et votre nom, qui est un des plus glorieux de nos fastes militaires, m\u2019inspire une reconnaissance partieu- lière.Je ne saurais oublier votre bienveillance, qui a facilité mes débuts dans la carrière des armes, et je veillerai sur celle de votre petit-fils.La Revue Populaire \u201cEn France, tout gouvernemient qui fai-.69 \u2014 Montréal, Septembre 1916 Il reconduisit lui-même le vétéran surpris et charmé, jusqu\u2019au grand escalier d'honneur : La Garde consulaire prit les armes \u201cet l\u2019on erut voir l\u2019armée de Val- my et des Pyramides saluer l\u2019armée de l'ontenoy.\u201d Tout ému, le maréchal allait remonter en voiture, quand il croisa une chaise à porteurs au fond de laquelle on apercevait une figure ridée, vaguement inquiète.\u2014 Mme de Créquy ! \u201cTu quoque!\u201d s\u2019é- cria-t-il en la menaçant du doigt.\u2014 Eh ! oui, mon cher maréchal, moi aussi ! En quels temps vivons-nous, Seigneur ! \u2014 Est-ce aussi la reconnaissance qui vous amène chez le Premier Consul, marquise ?\u2014 Je n\u2019en suis encore qu\u2019à l\u2019intérêt, M.de Talleyrand a sollicité la restitutioh de mes bois, échappés à la bande noire, et un officier d'ordonnance est venu m\u2019apporter une lettre d\u2019audience.Je vais done affronter l\u2019ogre.\u2014 Un ogre fort aimable, vous savez ! \u2014 Je ne l\u2019aimerai pas plus pour cela.\u2014 Hé ! Hé ! je n\u2019en jurerais pas ! Il s\u2019est comporté fort honnêtement avec mot, me rappelant lui-même le pauvre élève de Brienne.C\u2019est méritoire au point où il en est ! \u2014 Ah ! Brienne !! Brienne! Qui m\u2019efit dit que je survivrais à mon petit-fils !.Vous êtes un heureux grand-père, monsieur le Maréchal ! \u2014 Oui, et pourtant, ce n\u2019est pas l\u2019uniforme que j\u2019eusse souhaité pour Philippe.Enfin ! Et il s\u2019éloigna avec un soupir.La porte du cabinet de Bonaparte s\u2019était refermée sur ses soeurs et une scène violente venait d\u2019éclater à l\u2019intérieur.\u2014 Joséphine a outrepassé ses droits, en achetant un châle que j'avais choisi.\u2014 Non c\u2019était à moi qu\u2019il appartenait. Vol.9, No 9 \u2014 Je l\u2019avais vu la première.\u2014 Moi, je suis l\u2019aînée.\u2014 Ce maréchal est un fourbe qui cherchait une surenchère.\u2014 Joséphine doit me le rendre.\u2014 Non, à moi ! Impuissant à rétablir le calme le vainqueur de l\u2019Europe ne savait laquelle entendre.Joséphine était aussi intransigeante que ses belles-soeurs \u2018et, pour avoir la paix, il dut promettre, à l\u2019une un collier de perles, à l\u2019autre, un braceïet de diamants dont elles daignèrent à peine se montrer satisfaites ; puis, excédé, il les mit à la porte et consultant sa liste : \u2014 Mme de Créquy ?Ça me reposera, dit-il.La vénérable douairière s\u2019était fait apporter en chaise jusqu\u2019au dernier salon, elle en sortit à l\u2019appel de son nom et, à pas menus, s\u2019avanca vers le successeur du Roi-Soleil, qui avait ébloui son enfance.Elle portait une longue jupe et un grand casaquin de taffetas carmélite, avec le coqueluchon et la mantille de dentelles.Elle fit une révérence digne du Grand Règne.Attendri par cette apparition d\u2019un autre âge, le jeune conquérant s\u2019empressa de la conduire à un fauteuil \u2014 Asseyez-vous, madame la marquise, lui dit-il avec beaucoup de respeet, \u2014 j\u2019ai désiré vous voir ,car je n\u2019avais jamais eu cet honneur.Vous avez cent ans ?\u2014 Qui, général.\u2014 Vous n\u2019avez pas émigré ?\u2014 dJ\u2019étais trop vieille.\u2014 Votre petit-fils est mort à l\u2019armée de Condé ?\u2014 Hélas ! \u2014 dJe le regrette pour vous et pour lui nous étions rentrés le même jour à Brien- ne.mais j'étais un piètre camarade pour le prince de Montlaur.\u2014 La Revue Populaire 70 Elle ne releva pas l\u2019ironie et \u2018dit simple- 7 ment : ; \u2014 Il m'avait quelquefois parlé de vous.\u2014 Alors, vous restez seule ?\u2014 Toute seule.une filleule ?.Mlle de Courtenay ?Qu\u2019est-elle devenue ?ps \u2014 Je l\u2019ignore général.En effet, avec une inconséquence bien maternelle, la douairière, mal résignée au mariage de son petit-fils, n\u2019en avait pas moins été froissée du refus de la jeune aveugle, qui eût dû être trop honorée d\u2019u-Ë ne pareille alliance, et une rupture complète entre les deux familles en avait été la suite.\u2014 ÀAÀ-t-elle émigré ?\u2014 Je ne sais.\u2014 N\u2019avait-elle pas une belle fortune du chef de sa tante.| \u2014 Non, général.À la suite de certains incidents, qui ne sauraient vous intéresser c\u2019est la famille de Permon qui a hérité de Mlle de Constantinople.\u2014 Vraiment ! Mme Junot ne s\u2019en est pas vantée.La \u201cpetite peste\u201d avait épousé le gou-B , verneur de Paris, qui devait être un jour due d\u2019Abrantès.\u2014 Alors, votre filleule aveugle et pau- fn vre à dû être fort à plaindre pendant la Révolution.\u2014 Peut-être a-t-elle péri aussi, murmura la marquise avec émotion.\u2014 Pour cela, non ! affirma nettement BF.de Premier Consul.Elle le regarda étonnée.\u2014Je vous la souhaiterais pour compa- # gne.vous seriez plus heureuse ensem- | ble.vous pourriez parler du passé.Avez-vous beaucoup souffert des lois ré-# volutionnaires ?\u2014 Aissez, général ; c\u2019est pourquoi je sollicite la restitution de quelques biens.Montréal, Septembre 1916 * MVol.9, No 9 fd \u2014 Accordé, madame la marquise, aceor- dé | | Elle se leva pour prendre congé.| \u2014 Voulez-vous me permettre \u2018de vous [baiser la main ?dit-il, très doux.llle se hâtait d\u2019oter sa mitaine de soie.2 \u2014 Laissez votre gant, ma bonne mère, laissez votre gant ! Et il appuya ses lèvres sur ces pauvres (1 doigts ridés qu\u2019avait baisés Louis XIV.J UNE FUTURE fl IMPERATRICE .! il faut la retrouver ; Hortense le désire, et moi aussi.les renseignements sont Bien général.ll un peu vagues.\u2014 Pour un aussi habile ministre ! \u2014 Je tâcherai de faire honneur à votre bonne opinion, général, et si Mile de w# Courtenay est vivante.\u2014 Elle est vivante.ME \u2014 Puis-je vous demander les raisons de il cette conviction, général ?ii 3 \u2014 Ce sont des raisons que vous ne sauriez comprendre, Monsieur Fouché.3% Comment expliquer à ce policier douche, dont il se servait en le méprisant, la wf nature du lien mystique qui l\u2019unissait à \u2018Angélique, et qui, il en était bien sûr, n\u2019aurait pu être rompu par la mort sans wf qu\u2019il en ressentit le contre-coup.Fouché sentit qu\u2019il ne fallait pas insister et s\u2019inclina avec un sourire énigmatique._\u2014 Soit, général.Maintenant, pourrais- «KR je Vous entretenir de choses plus graves.\u2014 Quoi encore ?\u2014 La sécurité du premier magistrat de y la République.oi \u2014 Encore une \u2018conspiration.\u2014 Ce n\u2019est pas la première, en effet.\u2014 Dame \u2018! c\u2019est votre épouvantail pour vous rendre indispensable.; \u2014 Je n\u2019ai pourtant pas inventé la bom- «J be de Chevalier qui a failli faime sauter la \u201c1 wf - \u2014 71 La Revue Populaire ANA MEM AL SM MHA MET Le AO ES EPL Montréal, Septembre 1916 Salpêtrière, ni le poignard d\u2019Aréna et de Ceraschi.Tant que vous n\u2019aurez pas fait déporter cette monnaie ide terroristes vous aurez tout à redouter.\u2014 Que faisiez-vous, pendant la Terreur, monsieur Fouché ?\u2014 Eh ! général, Je terrorisais comme les autres.\u2014 Et vous voudriez continuer ?moi pas.On a démoli, il faut rebâtir.\u2014 Pourvu que l\u2019on vous en laisse le temps.Bonaparte eut un geste d\u2019 impatience, puis résigné.\u2014 Voyons, de quoi s\u2019agit-il ?Mais il écoutait distraitement et voyant qu\u2019il ne pouvait réussir à fixer son attention, Forshé, dépité, referma son portefeuille et prit congé sans avoir terminé son rapport.\u2014 À quoi diable peut-il penser ?mar- mottait-il en humant une prise pour s \u2019é- claireir les idées.Demeuré seul, Napoléon rêva un instant, puis \u2018frappant sur un timbre : \u2014 Je ne recevrai plus personne.\u2014 Pas même moi ?Et, passant devant l'huissier impassible, Joséphine, entrée sans bruit, par une petite porte communiquant avec ses appartements, vint s'appuyer au fauteuil de son époux.Joséphine Tascher de la Pagerie était une de ces délicieuses créoles, dont le charme ensorceleur, la grâce languissante, le joli caquetage ont tant de séduction.A la fois très femmes \u2018et très enfants, elles ont le parfum capiteux et troublant des fleurs de leur pays, les couleurs brillantes, la puérilité gracile de l\u2019oiseau mouche ; ce ne sont pas ides êtres de rêve, mais des êtres de luxe, et, comme leurs frères ailés des îles, on ne saurait se les figurer autrement que dans une cage dorée.Joséphine donnait au plus haut point, paar me tw = on ine oe nao SE ig Ci [PT re see Rs RTT Party iy pr Res pa A RL E pet.JK à Voi.9, No 9 cette impression et ¢\u2019avait été une des causes de la passion du jeune général, qui trouvait en elle des raffinements et des délicatesses contrastant avec le milieu révolutionnaire et la rudesse des camps.Joséphine était née à La Martinique, le 23 juin 1763 ; sa famille était originaire de l\u2019Orléanais, comme celle du marquis de Beauharnais, gouverneur de l\u2019île, qui devait être son beau-père.Les commencements de sa vie furent heureux et paisibles ; elle reçut une éducation patriarcale et religieuse, étudiant peu, rêvant beaucoup.Elle aimait à regarder le ciel, à écouter le bruit des vagues, dans ces nuits radieuses des Antilles où da lune brille comme un soleil, \u2014 à chanter les airs du pays en s\u2019acecompagnant sur la guitare \u2014 à voir, le dimanche, les bamboulas des nègres exécutant leurs danses pittoresques, au son du tamtam, à la lueur des torches ; tout cela plaisait à son imaginia- tion naïve.et qui sait, elle aurait peut- être été plus heureuse si elle était toujours restée aux \u201cTrois-Slets\u201d, qu\u2019elle regretta plus d\u2019une fois sous Îles voûtes dorées des Tuileries.Mais sa tante, Mme de Renaudin, l\u2019appelait en France en vue «d\u2019un mariage avec le jeune Alexandre de Beauharnais.Elle y arriva, avec son père, en 1779, l\u2019année même où Napoléon faisait son entrée à Brienne.Selon une tradition locale, à la veille de son départ, une vieille négresse, qui passait pour devineresse, lui aurait dit : \u201cVous vous marierez bientôt, vous ne serez pas heureuse, vous deviendrez veuvie et alors vous serez reine de France !\u201d La première partie de la prédiction était accomplie, la seconde semblait en passe ide s\u2019accomplir Alexandre de Beauharnais, qui s\u2019était marié à dix-neuf ans, n\u2019avait pas été un mari modèle, et la mésintelligence s\u2019était \u2014 I NT RA La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 §.' glissée bientôt dans de jeune ménage, mal- jf\" gré la présencè de deux petits enfants.Lef\" vicomte, homme du monde, s\u2019il en fut ja-## mais, avee une certaine pédanterie deë grand seigneur, eût souhaité chez sa jeune épouse moins de jalousie et plus de cultu-f\" : \u201cSi mag re intellectuelle et artistique femme avait de l'amitié pour moi, elle ferait des efforts pour acquérir les qualités que j'aime et qui sont capables de me fixer\u201d, écrivait-il.| Bref, la scission \u2018devint complète, une séparation fut prononcée et Joséphine eut la garde de ses enfants.Cependant, quel-B-y ques années plus tard, un rapprochement À: ent lieu et les débuts de la Révolution fu-| rent aussi un âge d\u2019or pour le jeune mé-§- nage.K Hélas ! il ne dure guère ; \u2018après s\u2019être fl lancé dans le mouvement avec l\u2019ardeur\u2019 irréfléchie et généreuse d\u2019une partie de la, nobllesse d\u2019alors, le général de Beauhar- nais fut décapité sous la Terreur, et sa veuve eût subi le même sort sans le 9 Thermidor.1 : Sa liaison avec Mme Tallien, dans la prison des Carmes, avait été le commen-j cement de sa haute fortune.| Sous le Directoire, son influence avait été considérable et lorsque, après Vendémiaire, elle avait connu Bonaparte, à qui Eugène avait été réclamer Z\u2018épée paternel-'R: le, l\u2019un des Directeurs, Barras, avait signé à leur mariage et mis dans la corbeille le commandement en chef de l\u2019armée d\u2019Ita-| D\u2019abord un peu troublée par cet esprit fougueux, dont le brûlant génie n\u2019était encore à ses yeux que de la singularité, Jo- séphinie n\u2019avait pas répondu tout à fait aux élans passionnés dont ses lettres étaient pleines et plus d\u2019une fois, il s\u2019était désespéré dei sa froideur.En conquérant le monde, il avait con-: quis sa femme, mais, comme en amour ili tte: HERO thermomètre avait descendu chez lui, tan- Mdis qu\u2019il montait chez elle.Cependant, c\u2019était encore un bon ménage et l\u2019intimité @conjugale n\u2019avait pas été atteinte par le nouveau protocoue.Bien qu\u2019elle approchât de la quarantaine, Mme Bonaparte était toujours charmante et Hi la tendresse de son mari avait fait place a une affection plus calme, il n\u2019en appréciait pas moins les gracieuses Bqualités de son aimable compagne dont don avait dit à bon droit \u201cElle gagne Jes coeurs comme lui des batailles.\u201d \u2014 .Je ne te dérange pas, demanda- une caresse dants son accent.std \u2014 Non, seulement, je suis fatigué aga- rifles ; Fouché est un imibécile.44 _\u2014 Pas possible.oi \u2014 Elisa et Pauline des harpies.CR \u2014 Oh! ca ! TU \u2014 Et toi une coquette qui m\u2019attire des _Jscenes ridicules.\u201c1 \u2014 Moi ! \u2014 Avec ce cachemire.qui est hideux {Par dessus le marché.ca \u2014 Je ne trouve pas.if] \u2014 Et que tu auras soin de ne jamais porter devant moi.\u2014 Oh ! toi, tu n\u2019aimes que de blanc.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Une tunique de Vestale te suffirait.\u2014 C\u2019est harmonieux et pas cher.| \u2014 Moi, j'aime les parures \u2018brillantes et coûteuses, qui rehaussent le prestige de la femme.\u2014 Tu n\u2019en as pas besoin.je \u2014 La robe de lin et les ailes convien- \u201cFnent aux blonds wéraphins.Mol, je suis brune.Rlle quêtait un compliment qui ne vint pas.La Revue Populaire \u2014 TS Montréal, Septembre 1916 \u2014 Décidément, tu n\u2019es pas aimable, au- Jourd hui.\u2014 Pardonne-moi, je songeais.\u2014 À quelque jolie femme.Qui avais-tu encore sur ta diste d\u2019audiemce ?\u2014 Mme de Créquy.\u2014 La marquise ! elle vit toujours ?\u2014 Oui, tu l\u2019as connue ?\u2014 Un peu.C\u2019était une très grande dame, \u2014 Elle l\u2019est encore.\u2014 Enfant, elle eut l'honneur de faire la révérence au Roi-Soleil.\u2014 Oui, elle aura vu trois (siècles + celui de Louis XIV, de Voltaire.\u2014 Et le tien.\u2014 Flatteuse ! \u2014 Tu as été bon pour elle, au moins ?\u2014 Aristocrate ! Tu n\u2019as de faiblesse que pour ceux de l\u2019ancien régime.\u2014 Avoue qu\u2019ils sont plus aimables.\u2014 Ils ont l\u2019échine plus souple, voilà tout.: \u2014 Non, ils savent plier ile genou sans bassesse, ils vous font honneur en vous rendant honneur, ils savent ce qu\u2019iks doivent à un souverain, mais sans oublier ce qu\u2019ils doivent à eux-mêmes et tu sais la fière réponse dun courtisan contre lequel le Roi s\u2019était emporté jusqu\u2019à lever la canne : \u201cA la tête, sire, je suis gentilhomme !\u201d \u2014 La platitude est de tous des régimes, va.| \u2014- La platitude n\u2019est pas défémenee, l\u2019une s\u2019adresse à l\u2019homme, l\u2019autre au rang où à la fonetion.\u2014 Oui, la hiérarchie est peut-être la sauvegarde de la dignité ; d\u2019étiquette même a du bon.j\u2019y aviserai.\u2014 Tu feras bien c\u2019est piteux.\u2014 Tu regrettay les comtesse d Egmont.car, à mon cercle, révérences de la \u2014 crue ; | ; 2 A J] à A nH 8 + 3 Vol.9, No 9 \u2014 Hélas ! C\u2019est un art pendu que ne ressuscitera pas Madame Sans-Gêne.\u2014 N\u2019en dis pas de mal.Je donnerais dix Mme Junot pour une Mme Lefebvre.\u2014 Moi aussi.Tu l\u2019as bien nommée : petite Peste! Elle ne sait quoi inventer pour me mortifier.Elle prétend que tu as voulu épouser sa mère après son veuvage parce que c\u2019était une Cantacuzène.Ce n\u2019est pas vrai, dis ?\u2014 Chère folle ! pourquoi pas elle-même que je ne peux pas souffrir.\u2014 Hum ! elle insinue qu\u2019à la Malmai- son tu lui as fait des visites.\u2014 Tant que tu n\u2019auras pas à craindre d\u2019autre rivale.\u201cJe ne l\u2019aimais guère, mais après ce que je viens d\u2019apprendre.\u2014 Quoi done ?\u2014 Elle a capté l\u2019héritage d\u2019une vieille folle au détriment d\u2019une pauvre parente aveugle.\u2014 Qui t\u2019a conté cela ?\u2014 Mme de Créqui.\u2014 Pauvre marquise ! Son petit-fils est mort.\u2014 Oui.\u2014 C\u2019est fâcheux, c\u2019était un charmant cavalier, je l\u2019ai vu quelquefois chez sa grand\u2019mère.\u2014 Bonaparte ne répondit pas, et, le voyant ainsi préoceupé, Joséphine se rappela un rendez-vous avec sa marchande de modes et disparut comme elle était venue.Mme de Créqui, Raoul, Angélique, tous ces fantômes du passé, \u2018évoqués depuis quelques jours, flottaient autour de Napoléon, sans qu\u2019il songeât à les écartera Jamais il n\u2019avait revu, ni cherché à revoir celle dont :l avait été brusquement séparé ; pourtant, ni la gracieuse Mlle du Colombier, ni la piquante Désirée Clary, ni la séduisante Joséphine elle-même, n\u2019avaient pu effacer de sa mémoire cette fi- \u2014 La Revus Populaire 74 Montréal, Septembre 1916 gure hiératique, qui, la premiére, avait fait battre son coeur d\u2019enfant.À cette heure, isous l\u2019influence des sou-f- venirs réveillés inconsciemment par Hor-lf tense, M.de Ségur, la douairiére, Joséphi-{ À ne, elle se précisait davantage ; il la re-K- voyait près de sa harpe qui vibrait ctf pleurait comme \u2018elle, ou à ses côtés, essuy-| ant ses premières larmes, perles cares de ce coeur viril que seule elle avait le pouvoir de faire jaillir, \u201cNapoléon, je ne me marierai jamais.\u201d a Sans une hésitation, un regret, un soupir, elle lui avait d\u2019un mot immolé toutes sep chances de bonheur : une chère amitié une tendre protectrice, une fontune et = rang enviés.{ Pour panser son humiliation, relever son courage défaillant, sa fierté abattuey elle n\u2019avait que son amour, elie ke lui avait donné tout entier, sans souci du len-gf demain, et pauvre orpheline, aveugle, sansg famille, sans amis, sans soutien, la petite fille des Césars était peut-être réduite à, mendier son pain ! | LA FIN D\u2019UNE AIEULE geries présentait, en raccourei, un tableaugf de la société d\u2019alors et les personnages, descendant de la lourde patache, rappe-g laient ceux de Chancer \u2018dans ses \u201cContes de Canterbury\u201d : Prêtre plein d\u2019onctionm auquel ne manquait plus que la robe encore proserite, militaire à l\u2019allure crâne/l: malgré son bras absent, marchand affairé, financier important, fournisseur enrichi, gentilhomme: appauvri sans, servantes, valets.entassés, selon leur condition et leur bourse, dans le cou pé, la rotonde ou l\u2019intérieur correspon dant aux trois classes de nos chemins de fer ; il y en avait méme une quatriémef§ ou banquette située derrière le cocher, où \u2014\u2014 La cour des Messe émigré craintifg.grande dame d\u2019hier ou \u2018de demain, pay-R. Voi.9, No 9 sw se casaient les moins fortunés en compagnie des chiens, volailles et paquets.Un jeune homme de bonne mine, en habit gris fort propre, qui occupait une de ces dernières places, en dégrinigola leste- jment, tandis qu\u2019un voyageur à peu près du même âge tsautait du coupé et qu\u2019une fillette de seize à dix-sept ans, l\u2018air ingénu d\u2019une novice idont on cherchait vainement la cornette, apparaissait la derniére à la portière de l\u2019intérieur.Timide, effarouchée, elle promenait un oeil inquiet sur tous ces gens qui s\u2019abor- | daient, riaient, se congratulaient, s\u2018embrassaient.Nul ne semblait l\u2019attendre et, bon petit paquet à la main, elle serrait ÿ les lèvres pour ne pas pleurer avec cette jolie moue des tout petits.Elle était adorable ainsi et le voyageur du coupé, un amateur sans doute, s\u2019ap- le fit en termes tels, qu\u2019une rougeur brûlante colora son front et ses joues.Elle recula précipitamment, avec un mouvement d\u2019effroi, et eût glissé sous les pieds | des chevaux, sans l\u2019intervention dm voyageur de l\u2019impériale qui, prompt comme l\u2019éclair, la retint par le bras.\u2014 Pardon, monsieur, que voulez-vous à ma soeur ?questionma-t-il froidement.L\u2019autre recula, balbutia et s\u2019esquiva sans demander son reste.Alors, avee un rire plein de franchise, l\u2019étranger dit gaiement \u2014 Execusez-moi d\u2019avoir usurpé un titre qui ne m\u2019appartient pas, mademoiselle, A c\u2019était le meilleur moyen de vous délivrer de ce fâcheux.Maintenant, je suis bien votre serviteur.: Il allait s\u2019éloigner sans plus, mais, devant son expression de détresse, il s\u2019arrêta, indie, et demanda avec courtoisie gp © #l \u2014 Pourrais-je vous être bon à quelque (M chose, mademoiselle ?La Revue Populaire procha pour lui offrir ses services; mais il- \u2014 % Ratti ENS Montréal, Septembre 1916 33 Elie n\u2019osait répondre \u201coui,\u201d mais son regard parlait pour eille.\u2014 Vous pensiez être attendue, peut- être ?\u2014 Oui, monsieur.\u2014 Vous ne connaissez pas Paris.\u2014 Non, monpieur, j'arrive du Maine pour entrer en condition.\u2014 En condition, vous ! Il considérait avec étonnement ses traits délicats, ses mains blanches.\u2014 Vous n\u2019avez done pas de famille ?\u2014 Je viens de perdre ma dernière parente.Ses yeux se remplirent de larmes.\u2014 Et chez qui vous rendez-vous ?\u2014 Chez une dame très vieille et très bonne, où ma tante fut jadis femme «de charge et qui veut bien me recevoir à sa considération.Elle devait m\u2019envoyer quérir ; je ne vois personne et je ne sais comment trouver sa demeure.\u2014 Je pourrais peut-être vous l\u2019indiquer, j'ai habité Paris, jadis.\u2014 C\u2019est l\u2019hôtel de Fouquières, faubourg Saint-Germain.\u2014 Vous allez chez Mme de Créqui ?\u2014 Oui, monsieur ; vous la connaissez ?\u2014 Je.j'ai été au service de son petit-fils.\u2014 Alors, vous \u2018avez peut-être souvenance de ma tante Dupont.\u2014 Ma bonne Dupont ! Si je m\u2019en souviens !.Qu'\u2019est-elle devenue ?\u2014 Elle est morte, je vous l\u2019ai dit.\u2014 Oui, c\u2019est vrai, pardon.et son mari ?\u2014 Mon oncle a été guillotiné quand j'étais toute petite, mon père et ma mère aussi.\u2014 C\u2019est l\u2019histoire de bien des familles à cette triste époque.Enfin ! je suis content que vous alfliez chez la marquise.la ci-devant marquise.nous ferons route ensemible, si vous de voulez bien ?if A Be: Ri Vod.9, No 9 Et, sans attendre sa réponse, il lui enleva prestement son paquet.\u2014 Prenez mon bras, mademoiselle Dupont.\u2014 Merci, Monsieur ?.\u2014 Dulae, Adrien Dulae.\u2014 Dulac et Dupont ! c\u2019est drole ! Ils rient avec cette insouciante gaieté de la jeunesse qui refleurit sur les tombes et, bras dessus, bras dessous, ils s\u2019en vont dans un rayon de soleil.À travers les rues populeuses du Paris nouveau, ils vont babillant sans défiance comme de vieux amis.Elle s'appelait Angèle et demeurait seule au monde.Sa tante, très pieuse, eût souhaité pour elle la vie religieuse ; mais les couvemts étaient encore fermés et, se sentant mourir, elle avait fait appel à son anckenne maîtresse, avec la belle canfian- ce des serviteurs d\u2019autrefois qui faisaient partie de \u201cla famille\u201d et pouvaient compter sur elle, comme elle pouvait compter sur eux.La réponse ne s\u2019était pas fait attenidire.Et elle s\u2019ébait endormie paisible.Après Jui avoir rendu les derniers devoirs, l\u2019orpheline avait pris le coche, très troublée et un peu curieuse à l\u2019idée de ce grand Paris et de cette grande dame, dont elle avait tant entendu parler, mais qui étaient, deux inconnus pour elle.Confidences pour confidences.A son tour le jeune homme racontait son histoire.Valet de chambre du feu marquis, dont il avait été le frère de lait, il l\u2019avait suivi à l\u2019armée de Condé et avait fait campagne avec lui, jusqu\u2019à sa mort tragique.\u2014 Il a été fusillé, n\u2019ast-ce pas ?dit la fillette émue.\u2014 Oui.\u2014 Quelle cruauté ! \u2014 Il n\u2019y avait pas de quartier pour les émigrés pris lies armes à la main.\u2014 Je sais, ma tante m'avait expliqué.\\ \u2014 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 Vous avez assisté à l\u2019exécution ?1: \u2014 Hélas ! non.J'étais blessé, incons: cient, impuissant.sans cela |.\u2014 Vous l\u2019aimiez beaucoup.| \u2014 Oui.| \u2014 Je comprends ça; ma tante l\u2019a plew ré comme son enfant.et moi aussi.\u2014 Vous, mademoiselle ! Vous le con; naissiez done ?nN \u2014 Je l\u2019avais vu, toute petite, mais je nf.m\u2019en souviens pas.Seulement, ma tantw m\u2019en parlait si souvent, qu\u2019il n\u2019était pax un inconnu pour moi.Elie avait été suff berceuse et se croyait un peu sa grand\u2019.mère .Elle me contait sa bonne mine, sa bravoure, \u2018som affabilité, sa bienveillance pour les humbies.a \u2014 C\u2019est un devoir pour les grands.If \u2014 Ils ne le font pas toujours paraît-il Lui, ma tante le jugeait parfait.moi ausi si.\u2014 Il avait bien ses petits défauts.ui.\u2014 Oh ! oe \u2014 Il était gourmand et raffolait des confitures de votre tante.\u2014 Bien vrai ! elle craignait toujou qu\u2019il lui dise cela pour lui faire plaisir.# \u2014 Non pas, non pas !.c\u2019a été un d ses regrets à l\u2019armée de Conidé.où elle auraient été doublement les bienvenues.! \u2014 Vous en manquiez ?| \u2014 Et de paim aussi.Mais nous n\u2019étio pas les plus à plaindre ! Les grandes dak \u201d mes de Coblentz en voyaient bien d\u2019autres * \u2014 Mme de Créqui n\u2019a pas émigré.4 \u2014 À son âge, ça lui aurait été trop Pay nible.) i \u2014 Comment a-t-eile pu résister à li À mort de son petit-fils ?\u2014 Je me le demande.\u2014 L'\u2019avez-vouts revue depuis ?\u2014 Non, mademoiselle, j'étais prisonnie.de guerre, je viens seulement d\u2019être reld + ché èt j'arrive après quinzæ ans d\u2019 bsenog \u201c \u2014 Quelle émotion pour elle ! \u2014 2x J Vol.9, No 9 \u2014 Pour moi aussi, murmura-t-il.La douairière habitait depuis cinquante ans le même hôtel ; ses armoiries, un créquier surmonté d\u2019une couronne fermée, avaient été grattées par le vandalisme révolutionnaire, mais le haut portail, ug fencadré de deux lanternes, avait encore .fort grand air.ÿ La porte était ouverte, la cour vide, une petite lumière falote ibrillait à l\u2019une des fenêtres.\u2014 Mon Dieu ! serait-elle morte ! s\u2019é- Jcria l\u2019ex-valet de chambre d\u2019une voix altérée.\u2014 Pas \u2018encore, monsieur, dit le portier, \u2026 Fsortant de sa loge ; mais elle est bien +, va ral : on doit l\u2019administrer à cette heure.3 En revenant des Tuileries, elle avait ii pris froid, et, la vieillesse aidant, «lle s\u2019é- x ; tait couchée pour ne plus se relever.Dans \u201c Yle désarroi, on avait oublié ses ordres tou- \u2026 qehant la jeune voyageuse atterrée de ce \u201d [nouveau coup.] .\u2014 Mais votre chambre vous attend, ma- \u201c| demoiselle, et si vous voulez vous repo- ng ser.| \u201cY \u2014 Je voudrais d\u2019abord saluer Mme la \u201c> Marquise.Adrien eût souhaité lui épargner ce 1 spectacle, mais devant son insistance, il a inclina et la précéda en habitué, à travers les vastes appartements, quittés ide- = puis près de quinze ans et où nul ne le re- , , connaissait, le personnel vieilli ayant été 42 peu à peu renouvelé.Ils arrivèrent à la chambre de la mou- mt, -rante.Toute menuedtoute fréle, presque dia- 4 phane, elle disparaissait au fond de 1\u2019alcôve, où la lueur tremblotante; des cierges éclairait sa face vénéraible.Les yeux mi- , elos, les mains jointes, elle avait une ex- au pression de calme, de sérénité.Pendant sa longue \u2018carrière, elle avait vu la mort si souvent faucher autour d\u2019elle, que c\u2019é- \u2019 \u2014 La Revue Populaire TT Montréal, Septembre 1916 tait une vieille connaissance.Elle 1\u2019accueillait comme une amie de son âge \u201cbien conservée, belle jauguste, calme, les bras ouverts pour nous necevoir\u201d, et elle lui faisait bonne figure.À son chevet se tenaient prêtre et mré- decin : l\u2019un achevait les saimtes onctions, l\u2019autre tâtait le pouls si faible qu\u2019il fallait deviner les pulsations.Au pied du lit, les domestiques agemonuillés priaient \u2018et pleuraient.a \u2014 Elle ne reconnaît plus personne, dit l\u2019abbé.\u2014 C\u2019est la fin, ajouta le docteur.Soudain, comme si elle eùt entendu, elle ouvrit les yeux tout grands, les fixa sur les deux jeunes gens, debout, sur le seuil, et de la même voix nette et claire, dont elle donnait ses ordres, ellie dit : \u2014 Offrez-moi la main, Raoul, pour entrer en Paradis.Et souriant a cette consolante vision, elie s\u2019endormit dans la paix des élus.UN ELEVE DE FOUCHE \u2014 Enfin! ik m\u2019a lavé la tête comme à ses généraux, et je n\u2019ai pas fleur souplesse ! J\u2019ai répliqué par quelques allusions piquantes au temps où il était motre obligé.\u2014 C\u2019était bien adroit ! \u2014 Non, mais j\u2019enrage quand je vois ce petit gentillêtre râpé, qui eût usé tes vieux habits, prendre des airs de souverain avec nous ! \u2014 Moi aussi, maïs je ne le montre pas.\u2014 Oh ! toi, tu rendrais des points à F'ouiché.\u2014 C\u2019est pour cela que le peuple m\u2019estime.Ernest de Permon était alors un assez joli garçon fort suffisant mais point sot, qui avait eu l\u2019adresse de traverser la Révolution sans trop y laisser de ses plumes et d\u2019attacher sa fortune à celle du futur PER EE SRG PRIE LT Voi 9, No 9 due d\u2019Otrante, alors que rien ne faisait prévoir son élévation.Il l\u2019avait suivi à l\u2019amibassade de Milan, et s\u2019était fait le cavalier servant de sa femme, dont la laideur disgracieuse scandalisait les Italiens, \u2014 \u201cCe peuple épris de la beauté\u201d (l\u2019un d\u2019eux la traita de \u201cbrutta\u201d),\u2014 mais me décourageait pas l\u2019ex-oratorien aussi épris qu\u2019au premier jour.Il sut gré à son secrétaire de ses attentions, de ses complaisances et ce fut l\u2019origine d\u2019une faveur que rien n\u2019avait pu entamer.Souple, insinuant, sans serupule, sa bassesse se parait de dehors séduisants qui trompaient parfois les naifs et, très répandu dans les salons parisiens qui eommen- caient à se reformer, il tenait au noble faubourg par ses attaches aristocratiques et aux Tuileries par son beau-frère, alors gouverneur de Paris, ce qui lui permettait d\u2019avoir une oreülle partout.: La future duchesse d\u2019Abrantés, qui a laissé des Mémoires plus amusants que véridiques, était à la fois très ambitieuse et très frivolie.L\u2019élévation du compagnon dé- daignié de sa jeunesse lui semblait l\u2019injure personnelle et elle en ressentait un violent dépit, trahi souvent par des coups d\u2019épingles qui lui valaient plus d\u2019un coum de boutoir, le Mafñtre du Monde étant loin de la galanterie du Saadi \u201cIl ne faut pas battre une femme, mê- \u201cme avec une fleur.\u201d Il d\u2019avait cependant mariée à un de ses meilleurs officiers, qui ne l\u2019avait pas quitté depuis Toulon.Pour attacher à leur batterie les artilleurs décimés par les obus, Bonaparte avait ordonné à un jeune sergent décrire en grosses lettres sur un écriteau: \u201cBatterie des hommes sans peur.\u201d / \u2018 \u2014_ La Revue Populaire Mme de Créqui, ne l\u2019avait-il pas ménagé 1 i Montréal, Septembre 1916\u2019 Un boulet, tombant prés de lui, couvrit son papier de terre.\u2014 Bon ! je n\u2019aurai pas besoin de sé-| cher l\u2019encre ?dit Junot.Ce mot fut l\u2019origine de sa fortune, quiff devait s\u2019élever avec celle de son maitre jusqu\u2019à la vice royauté de Portugal.Enl attendant, il était déjà gouverneur de Paris.Mais ce n\u2019était pas assez pour la vaniteuse Laure.Elle eût voulu primer Joséphine, Horter | 8 se, Elisa, la mère, les soeurs du Premier Consul, comme \u2018elle eût pu le faire peut+ être, si moins aveugle qu\u2019une pauvre aveugie elle eût deviné l\u2019éclatant destini réservé au pauvre boursier de jadis.Cela elle ne le lui pardonnait pas, biez qu\u2019elle eût dû s\u2019en prendme à elle-même et son ingratitude pour ses bontés réel irritaient parfois Bonaparte, dont la p J tience était la moindre vertu.| Aussi, à la suite de son entretien aved il et elle en était encore toute exaspérée e meurtrie.\u2018 \u2014 C\u2019est un butor, un vrai butor et sl je pouvais m\u2019en venger sur son Angélij que ! Il faudrant \u2018d\u2019abord la retrouver et e'est À \u2014 Oh ! alors ! 8 i \u2014 Tu conçois, ma chère soeur, que je ne marcherai pas contre mos intérêts ef que j'aurai soin de faire disparaître la sus} dite aveugle, d\u2019une manière ou d\u2019une a tre.\u2014 C\u2019est indispensable.à moins que.Eille eut un mauvais sourire.| \u2014 Qu\u2019est-ce gue tu machines encore.| \u201cJe pense.tion, malheureusement!.Si on pouvais retrouver la suave Angélique mariée, mà re de famille ! Quelle chute pour son andl cien adorateur, qui la voit toujours ave .1 des ailes.9 \u2014 | oh ! une simple supposigk Vol.9, No 9 \u2014 Une aveugle, c\u2019est peu probaible., \u2014 En temps de révolution tout se voit; slle était jolie, noble et devant l\u2019échafaud de plus fières ont capitulé et épousé de vrossiers soldats.\u2014 Dame ! quand on voit une Cantacu- ene, femme de 1\u2019ex-sergent Junot.Lille ne releva pas la raillerie ,et -mur- hnura les dents serrées \u2014 Oh ! ce Bonaparte.qui m\u2019a dédaignée, je voudrais que l\u2019on ramasse son Jidole byzantine dans le ruisseau ! Il sourit, amusé par cette explosion de haine.\u2014 Bon petit coeur !.N\u2019importe, c\u2019est une idée à creuser, pas dans ce sens peut- être.\u2014 Comment cela ?\u2014 Ou, étant données ses attaches roy- j ; alistes, on pourrait la compromettre dans Qquelque complot: Fouché en a toujours un qui mijote ! et il paraît même que j'ai probablement voyagé avec um agent des princes, qui m\u2019a glissé entre les doigts et sa soeur aussi.Elle haussa les épaules au récit de son Javenture | \u2014 Tâche done de t\u2019occuper de choses Jplus sérieuses et rappelle-toi bien ceci il ne faut pas que le Premier Consul revoie Mlle de Courtenay, car elle avait um grand empire sur lui et son imbécile de J cousin.C\u2019est malheureux qu\u2019il soit J mort.| \u2014 Qui done ?\u2014 Le prince de Montlaur.On le jette- jrait dans les jambes de Bonaparte.\u2014 Comme tu as jeté, jadis, Bonaparte dans les siennes.Oh ! tu étais déjà une {fameuse diplomate ! | L\u2019inquiétude du frère et de la soeur } était d\u2019autant plus justifiée qu\u2019ils n\u2019avaient pas la conscience bien nette.A la suite de la rupture du projet ma- SP | trimonial auquel elle avait daigné prêter fm Hr FF =.To ie, i Mn ol, \"de ly av yb « La ttevue Pepulaire Montréal, Septembre 1916 les mains, Mlle de Constantinople avait éprouvé un indignation d\u2019autant plus violente que, d\u2019après certaines insinuations de Laure, Bonaparte ne devait pas y être étranger.| Quoi ! ce petit officier de fortune qu\u2019elle avait voulu élever jusqu\u2019à elle se permettait d\u2019avoir d\u2019autres visées dans sa propre maison.Il jetait son 'dévolu sur la nièce, manière adroite d\u2019avoir des millions.Oh ! mais elle ne serait pas sa dupe ! Elle, commença par lui fermer la porte; puis, après une scène terrible, elle envoya la pauvre Angélique au couvent des Dames de la Congrégation, enfin, elle déchira son testament.C\u2019était là le point essentiel aux yeux de la famille de Permon qui n\u2019épargna rien pour la circonvenir et l\u2019amener à tester en sa faveur, elle put se vanter d\u2019avoir réussi.Mais la vieille princesse avait au suprême degré la peur de la mort, et die tout ce qui s\u2019en rattachait ; àl avait fallu une circonstance extraordinaire pour triompher de ses répugnances et tout en encourageant les «espérances de ses héritiers, elle ne se hâtait pas de prendre de nouvelles dispositions, si bien qu\u2019elle trépassa un beau jour, subitement, intestat, à leur profonde déconvenue.Heureusement, on était en pleine Terreur et Ernest, était au mieux avee Fou- quier Tinvilile, qui, enrichit aussitôt d\u2019un nouveau la liste des suspects.Ce sont là de menus services que l\u2019on ne peut se refuser entre amis.Seulement, quand on se présenta pour \u2018arrêter Mlie de Courtenay, au couvent de 79 la rue Neuve-St-Etienne, on ne trouva plus que la cage; tous les oiseaux avaient été expulsés la semaine précédente.Qu\u2019était devenue Amgélique ?On décida qu\u2019elle avait dû émigrer, ce a ag De se fee ee a ALT LES aT BIR Se it.He Ret.RL.ji \u201c168 hi 8 Si oy se Vol.9, No 9 qui avait le même effet, quant à ses biens, que la guillotine, et on obtint du tribunal un arrêt, qui mettait en possession de l\u201dhéritage, le citoyen et la citoyenne Permon.Ernest mit ses meilleurs limiers en, campagne et ne dédaigna pas lui-méme de suivre les offices des différentes églises, qui se rouvraient peu à peu.C\u2019était là que l\u2019on devait avoir le plus de chance ide nen- contrer une personne de l\u2019âge et de la condition de Mlle de Courtenay et une aveugle est facile à remarquer.Cependant, plus d\u2019un mois s\u2019était écoulé dans des recherches vaines.Angélique, était-elle morte ?avait-elle quitté Paris ?la France.' Peu importait au fond, si on ne la retrouvait pas, c\u2019était comme si elle n\u2019existait pas et l\u2019on n\u2019avait rien à redouter que quelques bourrasques du Premier Consul.Un jour, à la sortie de Saint-Roch, il remarqua une femme encore jeune, dont la démarche hésitante le frappa ; elle donnait le bras à une fillette qui semblait la guider.Dégringolant prestement 1\u2019escalier, il se placa au bas des degrés pour les dévisager à son: aise.L\u2019ainée avait un coqueluchon qui ne permettait pas de distinguer ses traits, mais il reconnut avec étonnement dans sa compagne la jolie voyageuse de fa diligence du Maine.\u2014 Prenez garde, ma tante, il y a une marche, dit-elle d\u2019une voix musicale.Et elles passèrent.,[ Permon les suivit a distance jusqu\u2019à une maison de Jia rue Saint-Nicaise dont il nota soigneusement le numéro.Une nièce.un meveu aussi ; Angélique, si c\u2019était elle, aurait donc une famille ?.et une famille assez eompromet- tante.De toutes facons, la piste était bonne; \u2014 8 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ,, : .par la soeur.il retrouverait Je frère et, si c\u2019était réellement un agent des prin-! ces ?Content de lui, il alla diner chez sa soeur qu\u2019il devait conduire le soir a 120- péra.DEUX \u201cISOLEES\u201d La pension de Mlle Canet était située rue Saint-Nicaise, au fond d\u2019une cour, derrière une maison à plusieurs étages d'ont le rez-de-chaussée était occupé par un tonnelier.C\u2019était un pavillon retiré et assez triste, mais avec un fort beau jardin égayé par la chanson des nids, l\u2019odeur des lilas et les pensionnaires appréciaient fort le calme ide cette retraite en plein coeur de Paris, mappelant à beaucoup l\u2019atmosphéref conventuelle des demeures bénies, dont la Révolution les avait \u2018brutalement arrachées.La vie monastique d\u2019alors, plus étroite,F plus fermée aux bruits extérieurs et à toute activité industrielle ou commerciale,F rendait plus précaire encore qu\u2019aujour-f.d\u2019hui l\u2019existenice des malheureuses brebis jetées au milïeu des loups dévorants.Sans asile, sans ressources, sans appui, # .\u2019 \\ \u2019 .- ) l\u2019émigration ou l\u2019échafaud wévolutionmal- re les ayant privées de leurs familles naturelles ou spirituelles, beaucoup, entrées tout enfants dans la pieuse maison, n\u2019enf avaient jamais franchi le seuil.Leur dot payée, elles coulaient une existence -cal- me, sereine, exempte de soucis matériels, vouées à la contemplation, à la prière, à choisi laf meilleure part et voilà qu\u2019elle leur étatf la charité.; elles avaient ôtée ! et qu\u2019elles étaient condamnées au role de Marthe sans que rien les y eût préparées.- De ces lamentables \u201cisolées\u201d, nulle ne 21 is gal - Cour 0S % pouvait être plus à plaindre que soeur F4 Angélique (on Iti donnait ce titre bien \u2014\u2014 a i) [Dy 7 dy \u201cNa \"ol.9, No 9 [ele n\u2019eût pas prononcé de voeux), qui enalt l\u2019orgue au couvent des Dames ide a Congrégation, et quand elle eut franchi in tätonnant le seuil de la porte, au mi- jeu des quolibets de la populace, elle gnurmura découragée \u2014 Où irai-je ?\u2014 Vienez avec moi, dit une \u2018voix timide.Iit um bras robuste se glissa sous le en.» Sophie Canet, à qui Mme Roland rend in hommage mérité dans ses \u201cMémoires\u201d, Ptait une de ces simples créatures avides .Je se donner, de croire, d admirer.\" wt} Buse Orpheline, élevée par charité, elle était oin d\u2019approcher des brillantes facultés de a jeune Manon Philippon, qui était toujours première, lisait plutarque et le \u201cTi- 1 Aussi la considérait-elle comme un pro- lige, et, sans prévoir ses hautes destinées, ul avait-elle voué une sorte de culte.Quand, son éducation terminée, la fille lu graveur Philïippon quitta le couvent pour la maison paternelle, le pauvre sa- elite, privé de son astre rayonnant, per- lit soudain lumière et chaleur et languit sous un ciel gris et terne jusqu\u2019au jour ou ~Wentrée de Mile de Courtenay apporta un nouvel aliment à ses forces affectives.Plus encore que l\u2019intelligence supérieu- he et la bonté provocamte, la faiblesse et malheur ont un charme souverain pour M:ertaines âmes.En écoutant pleurer l\u2019orgue ou la harpe sous les doigts inspirés de la jeune ar- Miste, Sophie pleurait elle-même tout bas, Rliemeurait en extase, ses bons yeux de chien fidèle levés tendrement vers celle qui ne la voyait pas et ignorait la fleur de dévouement éclose à ses pieds.Sophie ne devait jamais dépasser le rang de sceur converse ; le service d\u2019Angélique rentrait dans ses attributions : il , ri procumait unie foule de petites joies in- \u2014 81 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 soupçonnées.Elle l\u2019aidait à s\u2019habiller, la coiffait, disposait les menus.objets bien à leur place pour tromper sa cécité, soignait les oiseaux ide sa voiliène, remouvelait les bouquets de ses vases et c\u2019était toujours pour elle les plus belles roses du jardin, ont elle \u2018avait soin d\u2019enlever les épines.Elle eût toujours gardé ce rôle effacé, sans la tourmente bouleversant leur paisible existence et dispersant le troupeau effaré.Alors, devant la détresse de la petite fille des Césars, elle avait surmonté sa timi dité et trouvé le courage de parler, la suppliant de se fier à elle, de se laisser aimer, protéger, défendre ; et elle s\u2019était faite sa servante, son soutien, son guide, som chien, son bâton.Avec une énergie, une ingéniosité, un eourage décuptés par la conscience du danger et doublés d\u2019um robuste bon sens, ede avait sauvée de l\u2019échafaud, de la prison, de la faim.On avait traversé bien des tribulations, bien des misères.Angélique avait toujours eu du feu, du pain, sa harpe et plus d\u2019une fois sans qu\u2019elle pût s\u2019en douter, son humble compagne avait dîné par coeur en l\u2019écoutant.Et elle se trouvait trop heu- rense ! En amitié, comme en amour, donner n'est-il pas encore plus doux que recevoir ! Enfin, le calme renaissant, elle avait eu l\u2019idée d\u2019owvrir ce modeste refuge pour d\u2019autres oiseaux battus par la tempête qui, peu à peu étaient venus s\u2019y Er C\u2019était son nom roturier qui s\u2019étalait sur la porte ; mais Mlle de Courtenay n\u2019en tenait pas moins Ja première place et certes \u201cune, princesse née dans la pourpre\u201d, selon la formule byzantine, n\u2019était pas traitée avec plus d\u2019égards dans le pa- kais de son père.Au physique, Sophie avait une carrure massive, de grandes mains, de grands \u2014 RNR I LAA At tnt aa RÉ Voi.9, No 9 pieds, un visage grêlé, des cheveux récalcitrants, de grosses lèvres charnues et de petits yeux en vrille ; mais un regard tendre et un bon sourire qui donnaient un charme à sa laideur.Elle formait un contraste frappant avec sa délicate et poétique compagne, aussi reine qu\u2019elle était peuple ; mais celle-ci ne l\u2019en appréciait pas moins à sa valeur, et ne maudissait plus la Révolution qui, dans ses épreuves, lui avait donmé cette perle rare et précieuse entre toutes, même sous l\u2019écaille a plus grossière ; une amie.Cette année-là avait mis Je sceau à leur étroite union.Sophie, qui, pour augmenter le bien-être de la maison, prétendait suffine à tout avec l\u2019aide d\u2019une seule servante, s\u2019était si bien surmenée qu\u2019un hiver, une bronchite mal soignée la forca de s\u2019alitér et que, pendant un long mois, elle fut gravement malade.Ce fut au tour d\u2019Angélique de se prodiguer et, malgré sa cécité, elle ne voulut laisser personne la suppléer près de la bonne créature qui lui avait voué sa vie.Cette dernière s\u2019en défendait vainement, aussi révoittée que touchée de la voir s\u2019abaisser aux basses et répugnantes besognes ; elle en souffrait plus que de son mal, tout en ressentant aussi une joie très douce ! et en regardant sa chère gar- de-mailade aller et venir, préparer une potion ou un sinapisme ,avec cette adresse qui remplace le sens absent, elle avait souvent les larmes aux yeux et s\u2019aceusait mentalement d\u2019égoïsme.En effet, jusqu\u2019alors, autant par jalousie que par économie, elle n\u2019avait voulu personne «dans leur chère intimité, sans songer à la maladie, à la mort qui pouvait la frapper brusquemient et laisser la pauvre aveugle \u2018dans la solitude et 1\u2019embarras.C\u2019avait été pour elle une préoceupation La Revae Populaire Montréal, Septembre 1916 et un remords pendant: ses longues heures d\u2019insomnie, et, une fois rétablie, avec la décision qui la caractérisait, elle se mit ent quête d\u2019une compagnie capable de la remplacer auprès de Mlle de Courtenay, le cas échéant.Celle-ci, qui comprenait la grandeur du sacrifice, avait vainementt protesté.So phie n\u2019en avait pas tenu compte et, pe après, elle lui présentait, sur la necommian dation du curé de Saint-Roch confesseurf de Mme de Créqui, la petite nièce des époux Dupont qui passait ainsi, sans s\u2019en douter, du service de la marraine à cel de la filleule .La première semaine fut plutôt pénible Ses excellentes références, sa grâce ti mide, son ton modeste n\u2019avaient pu \u2018trion4 pher chez la sévère gouvernante, d\u2019une involontaire défiance, d\u2019une sourde ran cune.\u201cIl faut être un saint pour voi d\u2019un très bon oeil son icoadjuteur !\u201d De son côté Amgélique, craignant d l\u2019affliger, demeurait dans une certaine réÿ serve vis-à-vis de la pauvrette, dont 1@\u2018 coeur aimant souffrait un peu de cet froïdeur.Depuis sa petite enfance, grandi dans une atmosphère de tristesse sous da tutelle affectueuse mais timoréä du vieux ménage.Sa santé délicate, qu avait forcé ses parents à s\u2019en séparer était sujet de préoceupation constante \u20ac de sollicitude exagérée qui entravait so Puis, l\u2019orage politique avait éclaté, assombrissant encore l\u2019horiÿ \u201c développement.zon.Un jour, on l\u2019avait vêtue die noir er lui disant que des méchants avaient fai mourir son père et sa mère, et il n°e avait plus été question, ce sujet était tro pénible ! Bientôt, à son tour, le pauvre Dupon était passé sous le fatal couperet et së veuve épouvantée s\u2019était terrée dans so 82 \u2014 | elle avaiff i, 8 | i [oi pe a jrs \u20ac pal pir De acl! à ft l ét (râpé Enr id 13s pt pen mi pur à \u201che lol.9, No 9 pin, avec l\u2019orpheline, fermant sa porte à bus les bruits extérieurs.Elle avait grandi dans l\u2019ignorance pres- jue absolue du drame qui bouleversait lors le vieux monde, et des acteurs sur- jissant l\u2019un après l\u2019autre de la (coulisse, jour parader un moment sur les tréteaux anglants, et- d'isparaître ensuite dans W'obscurité ou la mort.La Fayette, Mira- eau, Robespierre, Danton, Marat, Char- \u201cMotte Corday, Mme Roland, Mme Tallien & Jui étaient aussi inconnus que le général Monaparte lui-même.\u201c ÿ En revanche, elle était ferrée sur l\u2019ar- *\u201cBnorial, familière avec la cour de Versail- es et au courant des plus petits faits wfoncernant l\u2019illustre maison de Créqui Mont la généalogie n'avait pas de secret your elle.Le valet de chambre du feu marquis \u2019en amusait pendant les quelques jours passés ensemble à l\u2019hôtel de Feuquières.\u2014 Vous en auriez remontré à la mar- juise eile-méme.\u2014 Dame ! ma tante ne me parlait pas , Ql'autre chose.\u201cM \u2014 Ca devait bien vous ennuyer ! \u2014 Oh ! non.M Pour elle, c\u2019était une sorte de \u201cLégen- \u2018\u201cPe dorée\u201d, lui inspirant une religieuse fer- Fveur et c\u2019était un lien aussi entre ces deux \u201cMieunes gens, également attachés à cette \u201c Mfamille éteinte.\u201cWA Elle interrogeait Adrien sur son maître, ; sur l\u2019émigration ; elle tremblait et riait tour à tour aux récits tragi-comiques, nar- Prés avec esprit ; \u2014 à l\u2019héroisme de cette \u201cgpoignée de Francais irréductibies, man- \u201cNquant de pain, jamais de coeur, luttant contre la misère, se \u2018battant \u201cpour l\u2019hon- \u2014 à l\u2019héroïsme non moins grand ide ces nobles dames, métamorphosées en lservantes, en blanchisseuses, marguant le [malheur, raillant la tristesse, \u2014 tous gar- ldant à Coblentz, comme sur les champs \u2014 elit tia iii La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 de bataille, la fleur de bon ton et la bra- \u2018voure \u201cà la française.\u201d Emerveillée, Angèle ouvrait de grands veux a ces tableaux colorés, tranchant sur la grisaille de son horizon provincial.Maintenant, elle retombait dans son atonte.Elie s\u2019y résignait, très douce, n\u2019ayant jamais été gâtée.La bonne Dupont, si indulgente à son jeume maître, l\u2019était beaucoup moins pour sa petite nièce ; elle l\u2019avait élevée sévèrement.À son lit de mort, elle lui en avait donné la raison.Ses - parents défunts \u2018avaient trempé dams la Révolution : avant de monter eux-mêmes sur l\u2019échafaud, ils avaient causé la mort d\u2019illustres victimes et ce ne serait pas trop de toute une vie d\u2019expiation pour racheter leur crime.\u2014 À défaut duw couvent, Mme de Cre- qui, notre bonne maîtresse, qui sait votre nom et vous en imstruira en temips et lieu, veut bien vous recevoir dans sa maison : ayez soin de l\u2019en remercier par un dévouement sans bornes et quelles que soient les épre uves qui vous attendent acceptez-les «vec Soumission et reconnaissance comme un châtiment nécessaire et mérité.L\u2019orpheline s\u2019était inclinée, sans tévol- te, sous ce jugement rigoureux ; elle vénérait sa tante ; elle chérissait ses parents inconnus, et si sa tendresse filiale survéeut à cette affreuse révélation, elle n\u2019en souffrit, pas moins un cruiel \u2018déchirement.: Mais c\u2019était une petite âme vaillante sous une frêle enveloppe; elle accepta bravement la lourde tâche qui lui incombaît et se promit de payer pour les siens, sans marchander.La mort \u2018de la marquise n\u2019affaiblit pas sa résolution et c\u2019était avec une joie se- erète qu\u2019elle remplissait ce rôle d\u2019Antigone, bien que ce ne fût qu\u2019une \u201cdoublure\u201d.Le soir, rentrée dans sa chambre, elle oe Lea ERNEST Vel.9, Mo 9 tirait de sa malle une double miniature représentant un homme grisonmant : L'air digne et froid \"des députés du Tiers ane femme jeune et belle avee un teint clair, un Sourire expressif, un regard brû- Jant.\u201d Son père ; sa mère.Ælle les considérait longuement, tendrement et murmurait avec ferveur : \u2014 Pour eux ! Une certaine animation régnait dans la rue Saint-Nicaise ; les promeneurs y étaient plus nombreux qu\u2019à l\u2019ordinaire, les boutiquiers se tenaient sur le seuil de leurs boutiques, les badauds s\u2019entassaient be long des trottoirs, les fenêtres se garnissaient de curieux ; des policiers en bourgeois flânaient dans les groupes, l\u2019oeil au guet, l'oreille tendue, mais les propos sub versifs étaient rares.Le Premier Consul semblait plus que jamais l\u2019homme providentiel, le héros en qui s\u2019incarnait la France nouvelle, le défenseur des libertés publiques et aussi le dompteur de l\u2019hydre anarchique.Son nom était synonyme d\u2019auterité, d\u2019ordre, de sécurité, au dedans et au dehors et chacun sentait vaguement que, malgré ses épaules étroites, c\u2019était Le véritable Atlas de Ja so- \u20ac18té moderne.: Cependant, les royalistes, qui longtemps 8\u2019étalent flattés de lui voir jouer le rôle de Monck, perdaient peu à peu leurs illu- atoms.La premiere lettre de Louis XVIII, remise par l\u2019abbé de Montesquiou, était demeurée sans réponse - \u201cQuelle que soit leur conduite apparente, des hommes tels que vous, monsieur, m\u2019inspirent jamais «d\u2019inquiétude.Vous avez accepté une place éminente et je vous en sais gré.Mieux que personne, \u2014 84 UN ATTENTAT La Revue Populaire Montréal, Septembre 1918 vous savez ce qu'il faut de foree et df .puissance pour faire le \u201cbonheur d\u2019ung .grande natien.Sauvez la France de sd propres fureurs : vous aurez rempli If premier voeu de mon coeur, rendez-lf son roi, et les générations futures bénf ront Votre mémoire ; vous serez trop nâ cessaire à l'Etat, pour que je puisse as quitter par des \u2018places importantes la de ï te de mes aieux et la mienne.\u201d Dans une seconde, plus explicite encor le prétendant, insistait avec force et tey I Minait par cet appel ; ; \u201cNon, le vainqueur de Lodi, \u2018de Cast} glione, d\u2019Arcole, le conquérant de l\u2019Italig .et de \"Egypte re peut pas préférer à 18 gloire une vaine célébrité.Cependant vous perdez un temps précieux ; nou ; pouvons assurer le repos de la France ;f\" je dis \u201cnous\u201d, parece que j\u2019ai besoin di T Bonaparte pour | cela et qu\u2019il ne le pour .cs Et + rait sans moi.nm \u2018Cette fois la réponse fut insérée aff ! \u201cMoniteur :\u201d | ul \u201cJ\u2019ai recu, Monsieur, votre lettre ; J i vous remercie des choses honnétes quff | vous me dites.\u2014 Vous ne devez pas sou ° haiter votre retour en France ; il vou\u2018 faudrait marcher sur cinq cent mille caë Bis davres.\u2014 Sacrifiez votre intérêt am repo et au bonheur de la France l\u2019histoirg vous en tiendra compte.\u201d Ms .i i C\u2019était trop net pour ne pas forcer le 4 plus aveugles à ouvrir les yeux.Ils en res * sentirent une violente indignation.AR\u2018 vaïent-ils été joués ?Y avait-il ententl\u201c\u2018 préalable, à la veille de Brumaire ?et WJ?fameux pacte, invoqué sous le manteau | existait-il ailleurs que dans leurs imagif\" nation ?Point d\u2019interrogation encore iff! éfucider.Quoi qu\u2019il en fût, les mécontents: Li étaient perdus dans la foule, et parmi ceux qui attendaient le Premier Consul se 1, rendant à l\u2019Opéra, bien peu demeuraien @# réfractaires à l\u2019enthousiasme général.h + Bi.9, No 9 ut +.FDevant la boutique du tonnelier un gar- =» Bin en tablier de cuir, appuyé à une chatte, contenant un baril recouvert d\u2019une » Prusse, devisait, insouciant, avec un ou- +.fier les mains dans ses poches et la pipe +.Bla bouche, qui semblait guetter 1\u2019arri- +.fre du cortège.F\u2014 Il ne viendra pas, murmura-t-il avec Baie sorte de soulagement.\u2014 Mais si, mais si ! la Grassini doit lanter et le gala est commandé.J \u2014 S\u2019il \u2018avait reeu quelque avis ?ÿ\u2014 Ile mettrait au panier.Tous les l'ands hommes sont fatalistes.| \u2014 Vous le considérez donc comme un land homme ?| \u2014 Dame ! Si c\u2019était un imbécile, cher- Frerait-on à le supprimer ?J Non, loin de là, Angélique se tenait, ap- Quyée au bras d\u2019Amngèle.| \u2014 Vous le regarderez bien, petite.J La fillette était maintenant tout 3 fait \u2026 Rdoptée, même par l\u2019ombrageuse Sophie, \u201cRédant à une influence irrésistible, diont Île avait vainement cherché à se défen- re.Ce n\u2019était pas une jeunesse comme les Jutres, étourdies ou frivoles, occupées de Fhiffons et de bagatelles, ou dont la mine \u2018 Pevêche, le ton maussade, les soins rechi- \u201cPrés sont si pénibles aux pauvres infirmes \u201cPbligés de recourir à elles.Æ Toujours empressée et souriante, atten- \u201cfive à prévenir les désirs sans en avoir 3 \u2018air, elle me eroyait jamais en faire assez : It en dowblait encore le prix par sa par- \"Faite bonne grâce.J} \u2014 Quand on lui demande un service, \u201cPn Te prendrait pour l\u2019obligée ! disait \u201cPMlle de Courtenay.J Sophie n\u2019avait plus que des caresses \u2018Pour \u201csa remplaçante\u201d, tel un dogue har- \"fgneux, séduit par la joliesse d\u2019une levret- \"Jie favorite, regardée d\u2019abord d\u2019un oeil * Bhostite, 15, J 7 \u2014 N La Revue Populaire 85 ~ Montréal, Septembre 1916 \u2014 Angélique, Angèle ; elles sont bien nommées, car ce sont deux anges du Bon Diem \u2014 ! proilamait-elle volontiers: elles n\u2019ont pas plus de défense l\u2019une que l\u2019autre.En effet, les yeux de pervenche d\u2019Angèle gardaient un reflet du ciel comme les yeux éteints d\u2019Angélique : ni les laideurs' ni les eruiautés de cette terne n\u2019en avaient terni 1\u2019éclat.Les seize ans de l\u2019une n\u2019avalent pas beaucoup moins d\u2019expérience que les trente-cinq de l\u2019autre, et la même ingénuité se lisait dans leurs traits candides.Aussi, en dépit de la différence d\u2019âge, une grande intimité s\u2019était vite créée entre ces deux natures affinées, également ignorantes des réalités de la vie, et, rassurées sur les sentiments de l\u2019ombrageuse Sophie, elles s\u2019y abandonnêrent \u2018avec délices.La maternité qui sommeälle dans/tous les coeurs de femme, s\u2019éveillait dans celui (le Mlle de Courtenay, en face de cette autre orpheline que la Providence avait placée sur son chemin.Au \u201cMademoiselle\u201d trop cérémonieux, elle avait substitué \u201cTante\u201d plus affectueux et leur donnant à toutes trois l\u2019illusion d\u2019une famille, et, parmi les pensionnaires comme dans le quartier, la nièce de ces demoiselles Ca- net était plus désignée autrement.Sophie l\u2019enveloppait de la même sollicitude grondeuse que sa chère maîtresse, craignant pour elle aussi le froid, le chaud, Ja fatigue, apportant double châle, préparant deux laits de poule.Elle avait deux enfants à soigner au lieu d\u2019une ! Dortottée, aimée, choyée, Angèle n\u2019eût pas regretté l'hôtel ide Créqui, sans le souvenir de l\u2019aimable compagnon gui avait été st obligeant pour elfe let qu\u2019elle n\u2019avait pas revu depuis l\u2019enterrement.Elle y pensait plus que ne le compor- i à .Ls i Voi.9, No 9 tait leur récente connaissance.Mais son Age, sa condition sociale, les liens iqui l\u2019attachaient à la \u201cfamille,\u201d tout cela les avait rapprochés autant que les circonstances funèbres de leur rencontre.Puis, ül avait des manières douces, un langage choisi, la politesse raffinée Je son maître, et maintenant elle rêvait de lui presque autant que du feu marquis.Le milieu où ielle se trouvait n\u2019y était que trop propice et dans ce cadre désuet, cette atmiosphère conventuelle où l\u2019on marchait à pas discrets, où l\u2019on ne cauisait qu\u2019à mi-voix, où la vie était réglée, iles distractionis nares, elle pouvait s\u2019abandonner sans contrainte a toutes les chimères hantant les imaginations de seize ans.Elle y était déjà portée dans uné prédisposition naturelle \u2018et l\u2019existence peu fo- litre, menée au fond d\u2019une morne province, près d\u2019une septuagénaire figée dans Je regret du passé et l\u2019horreur du présent.Les mêmes idées surannées flottaient sous les ombrages de la pension Camet et les souvenirs de 1\u2019Abbaye-au-Bois de Viersail- les, de l\u2019émigration, de Sainte-Pélagie ou de la Force étaient souvent évoqués, por tes closes, au son gréle du clavecin ou a son mélancolique de la harpe., La chanoïnesse de Reuilly rappelait sa rencontre en prison avec Mlle Tallien et Mme de Beauharnais.\u2014 Sans le 9 Thermidor, nous y passions toutes [les trois et, qui sait ! Bonaparte ne \u2018gouvernerait peut-être pas la France, car enfin, sa femme l\u2019a aidé à monter où il est.\u2014 Béau service qu\u2019elle nous \u2018a rendu là ! grommelait la douairière d\u2019Espivent.\u2014 En tout cas, elle est fort obligeante et, à la Malmaison, toutes les portes me sont ourviertes.\u2014 Vous n\u2019y avez jamais rencontré le Premier Consul, madame ?demanda doucement Angélique.\u2014 86 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1914 a \u2014 Dieu m\u2019en garde, ma chère demois\u201d ; selle, j'aurais été capable de m\u2019évanoui: \u201d de frayeur.| is \u2014 Si vous aviez vu Robespierre ! \u2014 Il n\u2019était pas mal, paraît-il ?-\u2014 Moi, je Le trouvais hideux \u2014 La moirceur de l\u2019Âme se peint sur | visage, témoins Miraibeau, Danton, Maratl \u2014 Pas toujours, mesdames, Hébert, terrible \u201cPére Duchesne\u201d, était un peti4\u2019 jeune homme à l\u2019air doux.\u2014 Moi, dit une bonne religieuse, j'a connu à Sainte-Pélagie, Ja fameuse Mada me Roland ; tout de monide l\u2019aimait ! \u2014 Oh ! Mme Roland ! Une femme q lisait Pliutarque ! P \u2014 Et qui prétendait faire la lecon auf\u201d Roi \u2014 Moi, je lui préfère encore Théroigne de Méricourt ! \u2014 C\u2019étaient deux viragos.\u2014 Pardonnez-moi, mesdames, opimaÿ bravement Sophie, je ne connais rien à la politique ; miais j'ai connix Manon: Philip pon toute jeunette ; elle était trop gentil-§ lle pour avoir tellement changé.D'ailleurs si elle a commis des fautes, elles les a chèrement payées, et il faut\u2019 être induf gent à tous ceux dont la tête a un peu tourné avant d'e rouler dans le panter def Samson.Le bon Dieu les a jugés ! Angèle écontaüt avidement, rougissant et pâlissant tour à tour : à \u2018cette dernière phrase, elle eut un profond soupir et une larme furtive tomba sur sa broderie.Angélique non plus ne condamnait pas en bloc tous les gens et les choses de dap- Révolution ; elle se faisait lire le \u201cMoni-§k teur\u201d, et le nom de Napoléon faisait toujours battre son coeur.Aucun alliage me se mélait au senti-f; ment très pur qu\u2019elle éprouvait pour lui; son mariage avec unie femme jeune et bel- I; le nie lui avait causé aucune amertume et À elle souriait à la pensée qu\u2019il était main- §.BIRT | } +: ¢Vol.9, No 9 } ».tenant le beau-père de cette gentille Hor- À, i tense à qui - avait donné ses premières \u2018leçons de harp \u2014 Avez-vous \"amas vu le Premier Con- sl gsul ?avait-elle demanidé ce matin là à JN y x \u2014 Non, ma tante.Ly \u2014 Eh bien ! Ce soir nous nous mettrons 5: Œsur la porte pour le voir passer et vous me le décrirez exactement.Ces dames en ont une telle horreur que leur portrait me semble suspect et, pour Sophie, c\u2019est l\u2019an- »' Rtéchrist ! ; \u201c+ Et elles attendaient, attentives, émues.La fillette regardait de tous ses yeux, le ) Lopectacle de cette animation parisienne, si différente de la placidité provinciale les bourgeois affairés, les femmes pimpantes, les ouvriers gouailleurs, les gamins ef- \u2018frontés : les uns penchés iaux \u2018balcons, les autres accrochés aux réverbères, ceux-ci { grimpés sur une borne, ceux-là juchés sur 4 un tombereau.| Soudain, elle crut reconnaître Adrien Dulac, sous un habit d\u2019homme du peuple, À et tressaillit Jégèrement.\u2014 Est-ce lui ?interrogea l\u2019aveugle, @ troubblée d\u2019un indicible émoi.Un roulement sourd se faisait entendre, vun frémissement agitait la foule.\u2014 Le voilà ! le voilà Angèle se dressa sur la pointe des ; pieds.\u201cC\u2019est Je moment ! dit tout bas le gar- | Con tonmelier, allumiez la mèche.Mais l\u2019autre continuait de fumer.\u2014 Allumez, allumez done ! Le roulement \u2018se rapprochait.L\u2019autre ne bougea pas.Furieux, son compagnon lui arracha la pipe de la \u2018bouche ; il y eut une courte lutte.Déja arrivaient les cavaliers de l\u2019escorte.\u2014 Vive le Premier Consul La Revue Populaire 87 Montréal, Septembre 1916 Une formidable explosion répondit à ces acclamiations ,; les maisons oscillèrent, les vitres éclatèrent, les chevaux se cabrèrent, une centaine de blessés jonchèrent le sol.\u2019 \u2014 Napoléon ! clamia une voix éperdue.Mais la voiture était passée comme un éclair.Il y eut une épouvantaible confusion ; des cris, dies jurons, des appels déchirants, des gémissements plaintifs s\u2019élevaient des groupes lamentables.Les parents affolés cherchaient à reconnaître leurs proches, les policiers exaspérés à découvrir les coupables.Sophie accourait terrifiée.Angèle n\u2019avaït pas une égratignure.Angélique \u2018avait une jambe brisée.\u2014 Vite, mia petite, aidez-moi à la transporter, ordonna la vaillante femme qui ne perdait pas la, tête.On marchait dans le sang, on enjambait les cadavres ; soudain Angèle eut un cri de douloureuse stupeur et faillit laisser choir son précieux fardeau.Au coin d\u2019une borne, contre laquelle il avait été violemment projeté, Dulac gisait inanimé, le crâne ouvert.UNE IDYLLE L'attentat de la rue | Saint - Nicaise avait provoqué une légitime indignation et la colére du Premier Consul s\u2019était violem- \u2018ment déchainée contre les terroristes.\u2014 Il faut égaler le nombre des coupables à celui des victimes et déporter tous leurs adhérents.Je ne veux pas laisser miner successivement tous les quartiers: de Paris.Ce sont toujours ces Septembriseurs, des scélérats \u2018couverts de crimes, en bataillon carré contre tous les gouvVerne- mients sucecssifs.IL faut en finir.Fouché était de cet avis, et ne se hitait pas de le détromper, bien qu\u201dl sût parfaitement à quoi s\u2019en tenir sur les auteurs ii 4 rE P + pay LS a ETES a Vol.9, No 9 réels du complot dont il connaissait les noms et la retraite : c\u2019étaient un ancien officier de marine, Saint-Régent, un lieutenant de Cadoudal, Limoélan, quelques autres plus obscurs : Carbon, Dulac.Permon avait attiré l\u2019attention de son chef sur ce dernier, d'autant qu\u2019il lui gardait double rancune et était encore au lit, avec la fièvre, des suites de son \u2018émotion.La voiture qui le conduisait à l\u2019Opéra avec sa soeur et son beau-frère arrivait rue Saint-Nicaise, \u2018derrière celle de Bonaparte iet avait été soulevée par l\u2019explosion.Junot n\u2019avait pas montré moins de sang-froid qu\u2019au siège de Toulon, mais le bel Ernest, qui n\u2019étaït pas un foudre de guerre, avait ressenti ume commotion si violente, qu\u2019il s\u2019était trouvé mal et que l\u2019on avait dû le ramener chez lui et le soigner.Fouché, en personne ,était venu, le lendemain, prendre de ses nouvelles et son premier mouvement avait été de lui raconter sa rencontre de Saint-Roch.\u2014 Où la soeur est entrée, demeure sans doute le frère et l\u2019on pourrait prendre toute la nichée au gîte, insinua-t-il avec la haine d\u2019un poltrom.Mais le ministre secouwa la tête \u2014 Rien à faire pour le moment ; le © le Premier Consul est buté à son idée et lui prouver qu\u2019il se trompe serait tout à\u2019 fait impolitique.Laissons-le satisfaire sa soif de représailles sur les Terroristes qu\u2019il exècre.M.de Tallleyrand, qui sent le vent, a opiné dans ce sens et proposé de soumetitre une liste de proseription au Sé- mat, ce qui Jui a valu un gracieux sourire.Quand l\u2019exécution sera faite et que l\u2019on se sera bien enferré, \u2018je ramènerai l\u2019autre gibier d\u2019um coup de filet et nous triompherons sans danger.\u2014 Mais d\u2019iei là ?.La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 \u2014 D'ici là, j'aurai l\u2019oeil, soyez tranquille, et soignez-vous paisiblement.Les blessés ramassés par la police n\u2019en avaient pas moins été soumis à une sévère eniquête et beaucoup ne quittèrent l\u2019hôpital que pour la prison.C\u2019eût probablement été le sort du valet de chambre de M.de Créqui, mais un bienfait n\u2019est jamais perdu ; la blanche colombe, qu\u2019il avait tirée d\u2019embarras, lui fut & son tour secourablie.À sa prière, Ja bonne Sophie, toujours compatissante, consentit à recueillir le pauvre garçon et le médecin put le vüsiter chaque jour en venant voir Angélique, sans éveiller iles soupeons.' Tous deux étaient fort mal en point.Elle avait une fracture du fémur et était condammée a l'immobilité absolue pour éviter, de graves complications; une fièvre ardente la dévofait ; danis son délire elle appelait Napoléon, évoquiaït son roman de jeunesse, faissait déborder son coeur devant son humble amie, stupéfaite et attendrie.Elle qui, dans sa ferveur royaliste, vouait Bonaparte aux gémonies, se promettait maintenant de brider sa langue.En attendant, elle veillait à ee que nul n\u2019entendit ces aveux et écartait soigneusement Angèle de da chambre de la malade.Ces choses-là, ne sont pas bonnes pour une jeunesse .! Est-il préférable de la laisser soigner seule um jeune et intéressant blessé ?Tui ne bavardait pas trop, au contraire.Plongé \u2018dans un lourd coma, sans parole, sans regard, presque sans vie, rien ne parvenait à le tirer de cette torpeur.Le cerveau étaït atteint ?La pensée revien- drait-elle jamais ?La pauvrette fe le demandait souvent avec angoisse, pendant les longues heures passées à son chevet, dans un tête-à-tête À Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 \u201c8 bien dangereux, malgré un mutisme abso- | lu.On s\u2019attache si facilement à son malade quand on a un bon petit coeur.Et An- géle avait un coeur excellent.Le médecin lui rendait justice et attri- | buait à ses soins vigilants 1\u2019étincelle persistante.a \u2014 Qui sait.?peut-être ferez-vous un & ü miracle ?disait-il.\u201cJl Ce léger espoir suffisait à stimuler la courageuse enfant.Elle se sentait respon- wable de l\u2019existence confiée à ses faibles mains et déployait une énergie, ume résistance, qui étonnent souvent chez de fré- les créatures.fermait la bouche, il lui demandait très he C\u2019était cependant lourde tâche et qui #48 devint plus difficilé encore quand la pros- wl tration céda à une violente surexcitation, \u2018WP mais de docteur insista vainement pour .0 qu\u2019elbe s\u2019adjoignit une garde.an \u2014 Ce seraiv plus prudent pour vous, \"wf mon enfant.| at \u2014 Mais moins prudent pour lui, docteur.lie En effet, les propos incohérents du jeu- ng ne homme n\u2019en décelaient pas moins une at] haine terrible contre Bonaparte et sa com- i) plicité évidente dans le complot qui avait wif endeuillé.tant de familles.wf \u2014 Je le tuerai ! je le tuerai ! répétait- nt il.| Puis, l\u2019oreille au guet, il semblait écou- nz] ter un bruit lointain.| \u2014 Il ne viendra pas ! il ne \u201c viendra wf pas.Tant mieux Vive le Premier | Consul !.Peuple imbécile, c\u2019est sa mort! wÿ# Non.je ne veux pas !.je ne veux ## pas !.Carbon, arrête ! 2 Il se débattait contre un enmemi imagi- aÿ maire et retombait épuisé, se bouchant les oreilles, pour ne pas entendre l\u2019explosion.i Parfois, il interpellait la jeume fille +] avec véhémence, lui reprochant sa par- xf tialité pour Bonaparte et quand elle lui 89 grave.\u2014 Pourquoi ne voulez-vous pas m\u2019épous- ser ?Et elle devenait toute rose.\u2014 Je crains un transport au cerveau, répétait le vieux praticien, et que devien- drez-vous, seude avec un furieux ?\u2014 dJ'appellerais tante Sophie, mais ce ne sera pas néeessaire ; avec moi, il est si doux.Le fait est qu\u2019au seul contact de sa main légère, le délire se calmait et les éclats de fureur se fondaient en un mur- more dolent.Et elle, pitoyable, demeurait & son chevet, cherchant dans ces traits mornes, ercusés, l\u2019almable garcon qui lui avait si gentiment offert son secouns et son bras.Se pouvait-il que tout en riant et badinant, i: machinat de telles noirceurs! Hélas ! il n\u2019était pas le premier que la politique efit poussé au meurtre, et, plus en core, que le milieu où elle vivait, son coeur l\u2019incitaët à l\u2019indulgence.Las ! il était en tel état que ses vieti- mes même l\u2019eussent pris en compassion ! A quoi bon condammer celui qui allait peut-être mourir ?Mais non, et toutes ces craintes s\u2019envolaient comme un mauvais songe.Adrien renaissait à la vie, il me confondait plus le rêve avec la réalité, Angèle avec Angélique, il ne parlait plus de tuer Bonaparte.Indifférent à la politique, aux Princes consme aw Premier Consul, 'univers sem- biait tenir pour Jui dans cette chambre où circulait une robe blanche qui le préoecu- pait beaucoup plus que le drapeau fleur- delysé.L'Amour est frère de Ja Mort ; elle lui sert parfois d\u2019introductrice chez ceux qu\u2019elle a frolés de son aile.RL TET RT LET Xo TP i = ne > : PIR rey ce rx peines D \"28 vig à 2 OuJO OM rfi rc EERIE tor ata aN OXON Vol.9, No 9 Le blessé \u2018en faisait la douce expérience.D'ailleurs, entraîné dans le tourbillon des camps, mêlé depuis douze ans à toutes les horreurs de la guerre civile, à pel- ne libre, jeté dans une conspiration ,il était arrivé à la trentaine sans avoir eu le loisir de cueillir la petite fleur bleue et Al s\u2019abandonnaiüt avec délices au frais sentiment, première escale de sa vie aventureuse.| Angèfie s\u2019en apercevait-elle ?Ils se le demandait anxieux.Toujours parfaitement bonne et douce, il y avait cependant, à cette heure, dans ses manières, une nuance de réserve qui le paralysait malgré fui.Elle évitait les longues causeries, l\u2019intimité du téte à tête, et parfois il lisait dans ses yeux un vague effroi.Est-ce que son délire l\u2019aurait trahi ?Il interrogea le docteur là-dessus et apprit en même temps que la maison hospitalie- re abritait une seconde vretime, propre tante de la pauvrette.C\u2019était dome cela, il lui faisait horreur tout simplement.Un matin, Angèle le.trouva plus soucieux qu\u2019à l\u2019ordinaire, bien qu\u2019on Jui eût signé son exact.\u2014 Il me faut partir, vous quitter, et cela m\u2019est très pénible, dit-il avec émotion ; vous avez été si parfaitement bonne, que ces longs jours de souffrance au- romt été les meilleurs de ma vie.\u2014 Vous reviendrez mous voir.\u2014 Le pourrai-je ?Je n\u2019ai plus de gon- fession à vous faire, mon délire vous a appris la partt que j\u2019ai eu dans l\u2019attentat qui à fait tant de victimes.même chez Vous.\u2014 Qui vous a dit |?\u2014 Ce que vous me cachiez par unie suprême «délicatesse, m\u2019a fait mesurer da- \u2014 La Revue Populaire 90 Montréal, Septembre 1916 vantage la portée d\u2019un acte que j'ai cru héroïque.\u2014 Beaucoup le jugeront ainsi.\u2014 Mais vous ?\u2014 Oh ! moi ! Elle eut un triste sourire.\u2014 \u201cTu ne tueras pas\u201d, a dit le Sei gneur.Mais hélas ! quel parti n\u2019a pas transgressé ce divin commandement.\u2014 Vrai ! je ne vous fais pas horreur ! Son regand avait déjà répondu.\u2014 Si vous saviez quel poids vous m\u2019enlevez de sur le coeur.Je tiens tant à votre estime.La guerre civile est une terrible chose.mais il ne faudrait pas me croire eruel, sanguinaire, voyez-vous.seulement, à lutter avec des tigres on devient féroce soi-même.tous ces terroristes ont commis de telles atrocités !.la vie humaine arrive à ne plus compter et l\u2019on sacrifie celle des autres comme la sienne.Puis, quand on a la fidélité dans le sang.vous devez comprendre cela ! \u2014 Oh ! oui.\u2014 Foi religieuse, foi monarchique se tiennent ; le Roi \u2018est le lieutenant de Dieu ; pourtant nous \u2018avons eu bien des désillusions !.et nous avons déploré souvent que le Fils de Saint-Loyis ne ressemblât pas davantage à ce Bonaparte, qui semble parfois l\u2019élu du Seigneur.Mais bah ! \u201cVive le Roi quand même !\u201d Elle approuvait de confiance, heureuse de le voir si vaillant et si crâne après tant d\u2019angoisses ! mais attristée aussi de son prochain départ.\u2014 Vous ne m\u2019oublierez pas tout a fait! \u2014 Oh ! non.\u2014 Merci.votre souvenir me sera si précieux.je voudrais tant mériter votre \u2018amitié.et même quelque chose de plus., \u2014 Monsieur !.| \u2014 Jie vous en prie, ne repoussez pas un fi Lay à na apt 1 « iam, il 1 +; - 9] i Id | y | Vol.9, No 9 aveu aussi respectueux que sincère.| circonstances sont mon excuse.l faud me guette.damnation des siens.les L\u2019écha- y \u2018échapperai-je ?.réussirai-je à gagner l\u2019Angleterre ?.peut-être !.un mot de vous serait um puissant viatique.me le refuserez-vous ?Emue, troublée, elle essayaït vainement de résister à l\u2019emprise de cette voix caressante et chaude, qui la bercait comme une délicieuse musique ,; elle détournait les yeux pour ne pas voir le regard suppliant.| \u2014 Non, je ne peux pas.vous ne savez pas.savoir.\u2014 Quoi done ?Elle hésitait.Mais l\u2019ardeur même des convictions royalistes qui avaïent entraîné ce garçon si doux à un acte si terrible, Jui faisait mesurer davantage le fossé qui les séparait.Avec quelle horreur il avait pronon- Laissez-moi.vous ne pouvez pas \u2018 .\u201ccé ce mot \u201cterroristes\u201d et quelle souffiran- ce pour elle de lire sur son visage la con- Nom: ! cela ne serait pas ! Et, rassemblant tout son courage pour un suprême mensonge \u2014 Pardonnez-moi, «dit-elle avec effort, je suis confuse.je voudrais répondre mieux.j'ai beaucoup d\u2019amitié pour vous.mais il ne faut pas demander davantage.bs dl \u2014 Vous ne m\u2019aimez pas ! dl avait 1\u2019air si malheureux qu\u2019elle se sentit faiblir ; il s\u2019en aperçut et se fit plus pressant, plus \u2018tendre.Peut-être eût-elle suiccombé et laissé échapper l\u2019aveu refoulé.Brusquement la porte s\u2019owvrit.Un, policier parut, suivit d\u2019une dizaine d\u2019agents et des pensionnaires effarées ; il alla droit au jeune homme et dit : \u2014 Au nom de la loi, citoyen Créqui, je vous arrête.\u2014 91 M SEE La Revue Populaire Montréal.Septembre 1916 UN REVENANT Blessé grièvement dans une rencontre avec les Bleus, Raoul n\u2019avait dû son salut qu\u2019au sublimé dévouement de son valet de chambre qui avait pris ses papiers, ses habits et s\u2019était fait fusiller à sa place.Rentré à Paris pour assister aux derniers moments de sa granid\u2019mère, qui, sans doute, l\u2019avait reconnw à l\u2019instant suprême, il s\u2019aboucha avec le comité royaliste qui préparaît la mort du Premier Consul.L'amitié enthousiaste de sa prime jeu lresse n\u2019avait pas survéeu à sa puemière déception : il avait trop aimé Bonaparte pour lui pardonner ce qu\u2019il .considérait comme une odieuse trahison et regrettait parfois de b\u2019avoir ménagé ! Il le regrettait plus encore en suivant du camp opposé, la prodigieuse carrière de son ancien adversaire, devenu le principal obstacle à une restauration monarchique.| A ses yeux prévenus, Bonaparte symbolisait la Révolution triomphante, la mort dw Roi, de la Reine, de tant d\u2019autres, les églises fermiées, le trône renversé, le mal heur, l\u2019exil, la ruine de tous les siens, l\u2019Ante-Christ, enfin, qu\u2019il serait méritoire d\u2019abattre pair tous les moyens ; et lorsque le sort le désigna pour assister Caxr- bon au moment décisif, il accepta sans hésitation, ni révoilte.Cependant, la nuit qui précéda l\u2019exécution, il dormit mal ; son sommeil fiévreux, entrecoupé de rêves et d\u2019insomnies lui montrait sans cesse, mon le général vie- torieux, mais l\u2019enfant esseulé, qui, par un beau matin de mai, \u2018était venu s'asseoir avec lui à l\u2019Ecole de Brienne.Et c\u2019était lui qu\u2019il allait frapper ! En vain, il essayait de fouetter sa rancune, sa haïne, de stimuler son énergie, il se répétait que c\u2019était non seulement un faux ami, mais encore un ennemi du Roi, aay capes Vol 9, No 9 om flean de l'humanité, que, luà disparu, tout remtrerait dams 1\u2019ordre, et que ses meurtriers seraient les llibérateurs de la France.H me l'avait jamais revu depuis le jour où il l\u2019avait tenu au bout de son épée ; obéissant à son impulsion irreisonnée, il se rendit au Catrrousel.I faisait un beau froid see ; le soleil de décemibre, fidèle à Napoléon, auréolait son profil de médaille, pendamt qu\u2019il passait devant le front des troupes, au milieu des aeclamations.Perdu dans la foule, Raoul regardait de tous ses yeux et une émotion singulière faisait battre son coeur à coups précipi- \u2018tés.C\u2019était bien son camarade de Brienne, avec son regard d\u2019aigle, fait pour le commandement ; celui dont, le premier peut- étre, il avait preswenti l\u2019étonnante fortune, qu\u2019il avait aimé.qu\u2019il ahmait encore ! Il avait beau faire 1! quelque ehose qu\u2019il croyait mort s\u2019était réveillé en lui; l\u2019ombre de ses jeunes années ge lévait pour protéger le futur César.Et déchirant un feuillet de ses tablet bes, il y traca quelques lignes, le jeta à un soldat de garde et s\u2019en fut comme un fou.Toute la journée se passa pour lui dans une agitation jinexprimable.L\u2019honneur ne lui permettait pas de se dérober à l\u2019heure du danger ; son seul espoir reposait dans ce chiffon de papier.Parviendrait- il & som adresse ?Le Premier Consul en tiendrait-il compte ?Hélas ! pas plus que Gustave III, le duc de Guise, César, Bonaparte ne croyait pas aux \u201cIdes de Mars\u201d.Il mit 1\u2019 avis dans sa poche et commanda wa voiture pour l\u2019heure indiquée.Montlaur était & son poste, plus angoissé que lui.92 \u2014 La Revue Populaire Viendraÿt-il ?Ne viendrait-il pas ?S\u2019H méprisait son conseil, tant pis ! Mais non, il écouterait la voix de la prudence et le complot, sans effet, remis à une date ultérieure, il serait permis de s\u2019en retirer, sans félonie.Quand la rumeur grossissante, les ase- elamations, le roulement de la voiture, apparition de l\u2019escorte lui arrachèrent sa dernière idlusion, Raoul perdit la tête, une sorte d\u2019affolement le saisit, quelque chose se révolta en lui, une voix impérien- se lui cria : \u2018 \u201cTu ne peux pas le tuer !\u201d Ce fut instinetif, irraisonné, irrésistible.il retint le geste homicide, comme il se fût jeté\u2019 sous les pas des chevaux.\u2019 Il allait payer cetite faiblesse de sa tê- ste.En effet, Fouché tenait maintenant tous les fils de la conspiration et la déportation des anciens terroristes ayant apaisé la colère dur Premier Consul, il jugea pouvoir sans danger lui prouver sa clairvoyance et lui mit sous tes yeux la vrai liste des coupables.Les principaux étaient Carbon, Saint- Régent, Limoëlan, Dulac, autrement dit : Raoul de Créqui.Æm voyant le nom de son ancien camarade, Bonaparte réprima un mouvement de surprise et demanda simplement : \u2014 Il n\u2019est done pas mort Y \u2014 Non, général.\u2014 Quoi ! la douleur de sa grand\u2019mère était feinte.\u2014 Pardon, général, elle ignorait elle- même la vérité.Son petit fils n\u2019est arrivé à Paris que le jour de son décès.\u2014 Tant mieux ! Elle n\u2019aura pas à le .F4 pleurer deux fois.Quel était son rôle dans tout cela ?| \u2014 Chargé d\u2019allumer la mèche, il a été gravement atteint par l\u2019explosion.\u2014 De mieux en mieux ! Ces gens-là se \u2014 Montréal, Septembre 1916 \"M vol 9, No 9 5 : : ._ croient le droit de me tirer enmme une Æ bâte fauve !.Où était-il caché ?ik! \u2014 Chez une ancienne amie.ume pa- mél remte.gue nous cherchions bien loin.uf et qui était bien prés.Mademoiselle de Courtenay.ay \u2014 Vous dites ?fa \u2014 Mademoiselle de Courtenay, répéta \u201c*B Fouché en frottant ses longues mains pâ- iM les et en voilant la malice de ses petits vi yeux.ve Bonaparte fit quelques pas en silence ; un flot de tumultueuses pensées se pressaient sous son firomt impassible.4 \u2014 Complices ?demanda-t-il d\u2019une voix wi brève.x \u2014 Je l\u2019ignore, général, elle-même a été «EM blessée et garde encore Île lit, réclamant wf de grands ménagements.Aussi j'ai cru :i-M devoir me borner à une perquisition mi- nfl mutieuse et à une surveillance discrète, et rR ne pas procéder à d\u2019autres arrestations =; sans avoir pris vos ordres.: 1.\u2014 Vous avez bien fait.Vous laisserez leg femmes en dehors de ces débats.a \u2014 Bien général, quant & M.de Créqui?; \u2014 Oh ! lui., Il eut un geste itranchant comme son wl épée.on Raoul m\u2019avait pas de grâce à attenidre.Dans son ascension triomphante, Napoléon n\u2019avait pas oublié non plus son ancien camarade, pour lequel il avait toujours éprouvé un sentiment assez complexe.Nul n\u2019avait été plus près de son coeur, rebelle à la douceur de l\u2019amitié, let il l\u2019eût aimé sans doute, autant qu\u2019il pouvait aimer s\u2019il n\u2019eût été en haut, quand lui était en bas.Maintenant que le sort avait renversé les roles, il ne lui gardait pas plus rancune de l\u2019affront subi jadis que ide l\u2019attentat perpétré contre sa personne.C\u2019était la La Revue Populaire AE AMIS 3 Montréal, Septembre 1916 , guerre, guerre au couteau, à da bombe, ou au fusil, mais, en somme, toujours la guerre, et il était trop fataliste pour (considérer le bras levé contre lui autrement que comime l\u2019instrument du Destin.Mais ce qui l'avait blessé au coeur d\u2019une pointe aigüe, ce qui l\u2019exaspérait Jusqu\u2019à la rage froide, plus dangereuse chez cette nature violente, ce iqui le rendait im- placabble, c\u2019était la pensée d\u2019Angélique.Sa jalousie s\u2019était réveillée comme au premier jour.Avec son égoïsmie exclusif, autoritaire, il voulait qu\u2019elle fût à lui, tout à lui, de loin, de près, et n\u2019admettait pas de partaige.Que lui-même eût aimé, se fût marié, c\u2019était son droit de sultan dont il avait le tempérament et le caractère.Qu\u2019il l\u2019eût oubliée même.Mais il ne l\u2019avait jamais oubliée, et c\u2019est ce qui rendait la blessure plus cruelle.Pendant qu\u2019au milieu de ses graves sou- eis, il trouvait le temps de s\u2019inquiéter d\u2019elle, de la faire chercher.: à ce moment même, elle cachait, chez elle, son pire ennemi et peut-être armait son bras.Oh !cela ! il ne voulait pas le croire ! Et pourtant\u2019! la petite-fille de Louis le Gros, l\u2019héritière des empereurs de Byzan- ce, devrait être restée fervente royaliste et puisqu'il avait repoussé le rôle de Monck et rêvait celui de César, qui sait si elle n'avait pas suscité ce Brutus.Non ! impossible ! Elle l\u2019avait trop aimé quand il était malheureux.Mais à son tour, Raoul, proserit, dépouillé, voué à 1\u2019échafaud, avait 1\u2019auréole des vaincus, plus attachamte pour certaines âmes que le laurier des vietorjeux.Et à cette idée, le vaiînqueur du monde éprouvait une sorte d\u2019anigoisse supens- titieuse, comme s\u2019il eût voulu pâlir son étoile. Vol 9, No 9 CONDAMNATION Angèle était en proie à un morne désespoir.L\u2019arrestation de Raoul, la révélation de son idemtité avaient été un coup de foudre pour elle.Quoi ! c\u2019était là ce \u201cPrince Charmant\u201d dont elle rêvait depuis sa prime enfance, dont sa tante Dupont ne se lassait pas die lui narrer les faits et gestes, et dont l\u2019apparition soudaine avait certainement consolé le dernier regand de la veille marquise.Grâce à Dieu ! la pauvre grand\u2019mère ne le verrait pas monter sur L\u2019échafaud.Car c\u2019était le sort qui l\u2019attendait, hélas ! Et la fillette défaillait à \u2018cette atroce idée.Quoi ! l\u2019échafaud qui lui avait déjà pris son père, sa mère, son bon oncle, n\u2019était pas encore assouvi ! Il lui fallait une nouvelle victnme, qui ne lui tenait pas moins au coeur, bien qu\u2019elle ne fit pas de son sang.Comment cet étranger de la veille s\u2019était-il à ce point emparé de son âme ?Comment emplissait-il maintenant sa vie?Sans doute, le terrain était déjà préparé par les récits qui L\u2019avaient bercée et avaient enflammé sa jeune imagination.Beau, brave et si affable ! N\u2019était-ce pas ainsi qu\u2019il lui était apparu à leur pre- miére rencontre, et tout de suite, elle avait deviné un jami.Un ami ! Hélas ! Le fossé creusé entre elle et Adrien Dtullac n\u2019était rien à côté de l\u2019abîme qui la séparait de Raoul de Créqui.Pour elle, un gentilhomme avait toujours Le même prestige, c\u2019était un être d\u2019essemec supérieure, que l\u2019on devait servir à genioux et elle remercrait Dieu qui Tui avait permis de le soigner, de le sauver, d\u2019êtme sa garde-maladie dévouée : elle \u2014 94 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 n\u2019aspirait pas à un autre rôle et eût été trop heureuse de souffrir et ide mourir pour lui.Aussi se défendait-elle beaucoup moins de soniger à lui ; il était si haut et si Loin.D'ailleurs, tout ne lui parlait-il pas de lui dans cette maison, dans cette chambre, où, pendant de longues semaines, elle avait lutté pour l\u2019arracher à ta mort ! Tante Angélique aussi avec ses continuelles questions ?| Elle voulait tout savoir de son hôte invisible et la fillette s\u2019étonnait de cet intérêt passionné.| Quelle même s\u2019alarmât sur le sort de celui qu\u2019elle considérait toujours comme le maître vénéré de tous les siens ; rien de plus naturel et de plus légitime, mais quel lien pouvait le rattacher aux demoiselles Canet ?Est-ce ique par hasard .?.| Le souvenir de ses divagations Jui trottait par la cervelle, elle regardait \u201ctante Angélique\u201d avec des yeux tout autres.Pas si vieille, après tout, et belle comme les anges, puis si fine, si distinguée, si différente de sa soeur, une vraie duchesse ! Parmi \u201cces dames\u201d aucune ne l\u2019approchait et elles portaiént pcurtant de grands noms !.Certes, bien des jeunesses étaient moins séduisantes ! Elle comparait à ces traits nobles et purs son minois rose et chiffonné et poussait un gros soupir.,' Avec quelques années de moins, qui sait ! Cependant, le prince de Montlaur était bien loim des demoiselles Canet !.,Que devint-elle lorsqu\u2019Angélique s\u2019oublia à l\u2019appeler : \u2014 Mon cousin.\u2014 Votre cousin ! répéta-t-elle toute blanche.\u2014 L'ai-je nommé ?Peu importe, petite, j'ai toute confiance en votre discrétion et oi.9, No 9 F regrette tant d'avoir ignoré la présence > mon pauvre Raoul.En quelques mots, elle lui expliqua leur garenté, et Jeur amitié d\u2019enifance.La pauvrette l\u2019écoutait, la gorge serrée.Adieu ses folles illusions ! Raoul avait- pu jamais avoir un regard pour elle, Quand il avait une telle image dans son eur 2 ,! \u2014 Il vous appelait dans son délire, sou- -lra-t-elle.\u2014 Vraïment ! il ne m\u2019avait pas ou- liée, \u2014 Et que disait-il ?Elle hésita un instant ; l\u2019aveugle per- ut cette hésitation et le tremblement de 1 VOIX.\u2014 Il vous demandait pourquoi vous ne qouliez pas l\u2019épouser.«et vous repro- hait de lui préférer Bonaparte.\u2014 C\u2019était vrai ! dit-elle simplement.\u2014 Oh ! tante Angélique ! = Elle sourit, amusée.\u2014 Ce n\u2019est pas votre avis, petite.Que -oulez-vous ?! Li'un avait tout, l'autre rien.Elle ouvrit de grands yeux étonnés.\u2014 Rien ! le général Bonaparte ?\u2014 Ce n\u2019était alors que le lieutenant Bo- \u2018Paparte !.car tout cela remonte à quin- ans, mignonne ! c\u2019est de l\u2019histoire an- sienne ! \u201cDepuis lors je ne les ai jamais revus et tant d\u2019autres visages ont dû effacer le mien que, sans doute, ils ne me reconnaî- aient plus.| Quinze ans ! | La fillette lui baisa la main d\u2019un élan bu il entrait de la reconnaissance.\u2014 Oh ! l\u2019on ne saurait vouss oublier bout à fait, tante Angélique ! dit-elle naïvement.\u2014 Je le voudrais, murmura l\u2019aveugle.Sous son calme affecté, qui vonuflait être \u2014\u2014\u2026 La Revue Populaire 95 Montréal.Septembre 1916 rassurant, eile cachait de eruelles angoisses.Pauvre Raoul ! cher compagnon de ga jeunesse isolée, dont la voix joyeuse égayait sa triste nuit et généreux amour, quoi! © c'était lui qui était là, près d\u2019elle, souffrant, blessé comme elle.C\u2019était lui, si doux, qui avait voulu tuer Bonaparte ! C\u2019était lui qui allait payer ce crime de sa vie.Quelle fatalité avait dressé ces deux hommes qu\u2019elle aimait d\u2019une affection aussi pure, sinon égale, l\u2019un \u2018contre l\u2019autre ?Elle frissonnait à la vision de l\u2019effroyable explosion qui eût pu jeter Bonaparte tout sanglant aux pieds de Raoul.Elle tremblait de voir la tête de Raout rouler aux pieds de Bonaparte.Oh ! cela ne serait pas ! Comment l\u2019empêcher ?hélas ! Tenter de fléchir le Premier Comsul ?Se souvienidrait-il seulement de son nom et les lauriers cueillis sur tous les champs de bataille n\u2019avaient-ils pas étouffé la petite fleur bleue, respirée en secret à l\u2019aube de ses vingt ans ?Raoul s\u2019était souvenu, lui ! Dans son délire et près de la mort, à cette heure trouble où, prête à s\u2019éteindre, la dernière lueur illumine toute l\u2019existence.peut-être ?[ Mais Bonaparte, en pleine santé, au faite des honmeurs et de la gloire ! heureux époux de cette séduisante Joséphi- me, beau-père de cette idélicieuse Horten- se, dont elle se rappelait la douce voix, quand elle la prenait dans sa chambre, pour la consoler un peu et lui donner ses premières leçons de harpe.Elle, peut-être, se souviendrait, car on la disait bonne et alceueillante comme sa mère ?{ Elle se raccrochait à la plus faible branche, avec une énergie désespérée et, \u2014\u2014 PE DNL Pr Rp POP TI J eS ol me : \"59 Jy \u201cOl Vol, 9, No 9 elle, dont l\u2019atonie désolait le médecin, montrait maintenant une volonté de guérir, qui était un puissant adjuvant, prenant tous les remèdes, subissant un traitement rigoureux, n\u2019aspirant qu\u2019à une chose : se lever.\u2014 Je donnerais mes deux bras pour que Dieu me rende mes jamibes une journée, disait-elle à Sophie, sa confidente.Et elle suivait avec angoisse la marche du procès dont l\u2019issue n\u2019était malheureusement pas douteuse.Chez les pensionnaires de ces demoiselles, l\u2019émotion n\u2019était pas moindre : toutes ces dames, même les plus vieilles,, étaient peu ou prou amoureuses de ce jeune héros, dont l\u2019acte, criminel en soi, ne révoltait pas autrement leur ferveur royaliste.,( Allait-il done périr ainsi et comme aux plus mauvais jours de la Terreur, allait- on voir encore, sur l\u2019échafaud, le dernier représentant d\u2019un des plus grands noms de France ?Lui, dans sa prison, songeait uniquement à Angèle ; son pire tourment était de ne plus la voir, de ne rien savoir d\u2019elle, de n\u2019oser prononcer son nom, de Crainte de la compromettre davantage.Il redoutait.et souhaitait tout bas une confrontation, un témoignage qui lui permettrait de l\u2019entrevoir encore ; mais les habitantes de la pension Canet ne furent pas appelées à la barre.Au reste, sa franchise simplifiait les débats.Il recomnaissait hautement sa participation, au complot.| Le Premier Consul étant le principal obstacle am retour de son souverain légitime, en repoussant ses avances, 11 avaït signé sa condamnation, Raoul déplorait les existences sacrifiées, mais c\u2019est le déchet des batailles et lui-même sacrifiait la sienne.Quant à ses hésitations, ses serupules, \u2014\u2014 La Revue Populaire 96 Montréal, Septembre 191 il m\u2019en laissa rien soupçeonner ; il ava pu faïblir devant l\u2019acte décisif, il me fa biirait pas devant l\u2019échafaud et quand o lui demandait s\u2019il connaissait l\u2019auteur @ l\u2019avis anonyme remis au Premier Co et signé :\u201cUn camarade de Brienne\u201d, répondat sèchement : \u2018ot 59 dr \u2014 Qu À eo - (a N ko \u2014 Non.L'affaire était jugée d'avance ; commissions militaires, instituées, malgi l\u2019avis du Tribunal, ne laissaient guet d'espoir aux accusés, et Limoëlan, Ca bon, Sainit-Régent, Créqui, furent condang nés à avoir la tête tranchée.UN FAUX Permon avait suit AMI de près toutes les ph ses du procès.La co dammation de son ancien condisciple q était un peu son oeuvre, ne lui avait caug aucun remords.Il se souvenait surtout des rebuffads du jeune prince, de sa préférence \u201cpo Bonaparte et sa basse rancune y trouva son compte, comme ses intérêts.Le Premier Consul n\u2019avait plus pronoy cé le nom de Mlle de Courtenay et ses mj nières étaient devenues moins agressivé vis-à-vis de Mme Junot.\u2014 D n\u2019oserait plus m\u2019attaquer, mai tenant ! disait-elle triomphante.: \u2014 Ne t\u2019y fie pas trop! répondait le b Ernest plus prudent.Au fond, il n\u2019était pas tout à fait ra suré.~ Sans doute, la présence de Montla chez sa cousine avait dû perdre irrémédid blement celle-ci dans l\u2019esprit de ce dom nateur, qui ne souffrait de rivaux en rien Mais sait-on jamais ?Un mâtin, Fouché Jui dit : 0 -1 - Ds Ti a ie loa ae Un pe ol j de + à \u2014 L\u2019exécution est imminente.Le Pr mier Consul ne veut pas faire grâce.Il repoussé brutalement les prières de José phine en faveur de M.de Créqui, don x i CHE FR LU 3 hl.9, No 9 .le a connu la grand\u2019mère et, désolée, el- s\u2019est adressée à moi.\u2014 Que pouvez-vous a #ÿ\u2014 Pas grand\u2019chose, mais enfin ! Bona- irte un immense orgueil, on peut essay- | de le toucher par là.\u2014 Comment ?|\u2014 Si le primee de Montlaur invoquait 5 souvenirs.de Brienne, près: de son an- en condiseiple.| \u2014 Il n\u2019y consentira- jamais \u2014 Peut-être en sachant s\u2019y prendre.vous êtes habile diplemiate.\u2014 C\u2019est moi que vous vouliez charger : cette mission ?\u2014 Mission: de confiance.\u2014 Mais biem délicate.\u2014 Et absolument confidentielle.doit avoir l\u2019air de venir de vous.os relations d\u2019enfance sont un excellemt \u2019étexte.et votre situation vous ou- \u2018ant toutes les- portes.\u2014 C\u2019est bien, j'irai.\u2014 Ah !.s\u2019il voulait écrire une lettre, 1 adieu, laissez-le faire.et remettez- oi la chose.\u2014 Je comprends, murmurait le jeune pomme en se rendant à la prison, et si Je 2» suls pag un sot.> Evidemment Bonaparte hésiütait encore.es relations d\u2019Angélique et die son cou- mn le préoceupaient plus qu\u2019il ne voulait avouer et cette sorte de jalousie rétros- Ce- __ Pective était, au fond, son principal grief.y.Je + *Juelque chose, mon cher camarade leureusemient, je ne suis pas des mieux.Quanid Raoul vit entrer son ancien ca- arade; il ne le reconnut pas d\u2019abord et La Revue Populaire arut un pew surpris die ces.chaleureuses rotestations ; mais les souvenirs de jeu- esse- ne laissent jamais indifférents, sur ut devant la mort prochaine, et il se hissa prendre au charme de leur évoea- lon.bon à ; mal- \u2014 Je voudrais tant vous être 97 Montréal, Septembre 1916 en cour.\u201cLo roi de France oubliait Tes injures du due d\u2019Orléans\u201d, mais le Premier Consul n\u2019est pas si magnanime, il m\u2019en veut comme à vous.\u2014 De quoi dome ?\u2014 D'avoir été jadis, motre obligé.souvenir désagréable pour un parvenu.\u2014 De génie.\u2014 Vous le défendez encore ! \u2014 L\u2019aurais-je combattu si je ne l\u2019estimais pas ?Le serviriez-veus, sÿ vous ne l\u2019adimiriez pes ?Permon sentit l\u2019épigramme.\u2014 Le Premier Consul serait sensible a votre opinion flatteuse, et si vous- vouliez solliciter vetre grâce.\u2014 Merei, men cher camarade, je saurais mieux faire grâce que la demander * - \u2014 Enfin: ! ne peurrais-je dioni vous rem- dre aucun service ?.N\u2019anriez-vous pas- quelque recommandation.quelque message * Raeud réfléchit un moment.\u2014 Vous consentiriez à vous en charger ?\u2014 Avec empressement.\u2014 Clest que Je n\u2019ai ni papier, ni plume.\u2014 Voiel mes tabiettes, un crayon.Crégui traca quelques lignes, déchira le feuillet, le plia et.le tendit, sans adresse, à l\u2019officieux messager.\u2014 Après ma mort, vous le remettrez, s\u2019il vous.plaît, à Mlle Amgèle Dupont, pension Camet, rue Saint-Nicaise où l\u2019on.m\u2019a arreté.\u2014 Je vous fe promets.\u2014 C\u2019est la petite nièce de vieux serviteurs de ma famille.une enfant de seize ans.bien éprouvée déjà.soigné avec un dévouement admirable.je lui dois bien un adieu.et je compte sur votre amitié pour veiller sur elle le cas éehéant, .Et vous n\u2019avez pas d\u2019autre commission ?Cu ' ) MON IC EEE ET TT VRSTS 2400 Elle m\u2019a- i À 1] A RB ei 8 : | a H i D j jt A 3! a Vol.9, No 9 \u2014 Ameune ; je n\u2019ai plus ni parents, ni parentes.\u2014 Vous croyez ?\u2014 J'en suis sûr.\u2014 Et Mlle de Courtenay ?\u2014 Ma cousine ?J\u2019ignore ce qu\u2019elle est devenue.\u2014 Par exemple ! Vous étiez caché dans sa maison.\u2014 Moi.| \u2014 Parfaitement.Une des prétendues demoiselles Canet n\u2019est autre que votre cousine et la nôtre.\u2014 Ma parole d\u2019honneur, mon cher !.vous m\u2019en voyez tout ébahi ! Vraiment, Ja vie a de plaisantes rencontres.Il riait avee sa belle insoulciance de jadis.\u2014 Ne voudriez-vous pas aussi lui écrire ?\u2014 À quoi bon ! Elle m\u2019a très pæoba- blement oublié et il serait peu séant de lui rappeler mon existence, en l\u2019invitant à porter mon deuil.Il n\u2019y avait pas à insister et Permon se retira dépité.\u201cLe vrai peut quelquefois n\u2019être pas | vraisemblable.\u201d mais comment imaginer.Heureusement que le Premier Consul ne se doutait pas de la connivence des deux cousins.Pourvu que rien ne vint lui révéler la vérité.Ernest ailait déchirer la missive dont il était porteur.Il se ravisa, l\u2019ouvrit d\u2019abord et la lut avec attention.Un mauvais sourire plissa ses lèvres minces.\u2014 Angèle ?Angélique ?Pourquoi pas, après tout.Deux heures apres, le billet était sou les yeux de Bonaparte.Il ne contemaït que ces mots La Revue Populaire \u2014 98 4 .\u201cMontréal.Septembre 191 | GRR , \u201cVous aurez été l\u2019ange de ma vie, vo aurez eu tout mon amour et ma dernièr pensée.CREQULE- LA FILLE DE MANON En attribuant, @ Angélique, le billellf \u201c adressé à Angèle, nd = tre diplomate pensait bien avoir fait uf\u201d coup de maître et ruiné à jamais Mlle d4 Courtenay dans l\u2019esprit vindicatif du Conf\" Se.| po Mais il importait que rien ne vint d4f-\" noncer son stratageme.Avec les femmes il faut toujours se défier, leur nature im\" pulsive, déjouant parfois les plus habile@#-\u2018 combinaisons, et, sans perdre de temp q a il se fit Communiquer les notes de policy concernant les habitantes de la pensiol- Camet et se rendit aussitôt rue Saint-Nii caise, oe Angélique essayait ses forces au jandidit avec Sophie ; ce fut Angèle qui le recutff- lille était fort changée et ses traits dé\" licats, altérés par la douleur, ne rappel: Talent guère la jolie enfant entrevue dan la cour des Messageries, qui s\u2019en allait Tal dieuse ,au bras de Raoul, dans un rayos de soleil.re Elle ne souriait plus à cette heure, maidf- les larmes ne lui seyaient pas plus maf et Permon les regardait couler, avec com \u2014 plaisance, à ses paroles insidieuses.= Il venait de la part du prisonnier\u2018 ; dont il avait toute la confiance et qui l\u2019a vait chargé de recommandations impor tantes./ | Rien n\u2019était encore désespéré ; des in fluenices puissantes, s\u2019interposaient en si faveur, mais une fausse démarche pouvai : tout compromettre et la plus grande cir conspection était indispensable.| \u2014 Souvent des amis, des parents troy zélés ont perdu ceux qu\u2019ils voulaient sauy ver.André Chénier étaït oublié dans & « 4 \u2014 Tan \u201cx ÉVol, 9, No 9 fi fi it wd prison, quand 1\u2019intervention de son père dem Rf Hig, fi bi 1 Rec iT La 318 A wh rappela son, existence à Robespierre et provoqua som: exécution.Sans son éloquent \u201cMémoire justificatif,\u201d votre illustre mère n\u2019eût pas réveillé les fureurs jacobines et le 9 Tenmidor d\u2019eût peut-être sauvée, comme Mme Tallien.Toute blanche, elle murmura \u2014 Vous avez connu ma mère ?\u2014 Qui n\u2019a pas connu Mme Roland ?Mme Roland ! Elle cacha son visage dans ses mains au souvenir des cruels propos de \u201cces dames\u201d, acharmés contre l\u2019adm'watrice de 4 Plutaraue.Pourtant, unie voix s\u2019était élevée en sa faveur, avait pris bravement sa défense, avait proclamé son amitié fidèle.\u2014 .Pourquoi faites-vous pleurer cette enfant ?C\u2019était la même voix grondeuse et tendre.\u2014 Tante Sophie ! oh! tante Sophie ! Elle s\u2019abattit dans ses bras en sanglotant.Permon s\u2019excusait en fort bons termes.Il regrettait d\u2019avoir provoqué cette émotion filiale par une allusion malheureuse à Mme Roland.\u2014 Mme Roland ?.à quel propos ?\u2014 Il paraît que.c\u2019est le nom de ma mère, que l\u2019on m'avait caché.\u2014 Vous seriez la fille de Manon ?Bouleversée, elle la contemplait comme si elle ne l\u2019avait jamais vue.Mais oui! c\u2019étaient bien ses yeux, son sourire.\u2014 Ma pauvre Manon que j\u2019ai tant pleurée ! elle revit et vous, petite, c\u2019est donc cela que je vous ai aimée tout de suite ! Retrouver en cette enfant, qui lui tenait tant au coeur, la fille de son amicienne idole, c\u2019était là une de ces joies trop ra- Tes que l\u2019Eternelle Bonté dispense aux pauvres humains ! Elle ne se lassait pas de\u2019 l\u2019embrasser, de l\u2019admirer, sans souei _\u2014 La Revue Populaire Montréal.Septembwe 1916 du bel Ernest qui considérait cette scène touchante avec un attendrissement parfaitement joué.\u2014 Je suis heureux d\u2019avoir été l\u2019instrument de cette reconnaissance, mesdames, dit-il d\u2019un ton pénétré ; j'espère que ce sera d\u2019un bon augure.Et les saluant courtoisement, il se retira satisfait de l\u2019impression produite.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019il voulait encore, celui- là ?demanda Sophie quand son émotion fut un peu calmée.Angèle lui expliqua le but de sa visite.\u2014 Et comment s\u2019appelle-t-il, cet ami de M.de Créqui.\u2014 Il ne m\u2019a pas dit son nom.\u2014 Pour un monsieur qui connaît si bien celui des autres !.Ma petite, ce doit être quelqu\u2019un de la police.\u2014 Oh ! tante Sophie.\u2014 J'en mettrais ma main au feu ! et s\u2019il a tant insisté pour empêcher toute démarche, c\u2019est qu\u2019il en craint le résultat.\u2014 Quelle: idiée ! \u2014 Pas si bête, allez ! gens, il faut prerdre bours.\u2014 A quoi bon ?Que pourrais-je tenter ?Le bon Dieu lui-même écouterait-il mes prières ?.Son père avait voté la mort du Roi ; et la mort de sa mère avait-elle expié celle de la Reine ?Ecrasée sous le poids de ce lourd héritage l\u2019orpheline courbait le front et s\u2019abandonnait à un morne découragement.Rien ne pourrait sauver cette dernière victime.La tête de Raoul tomberait comme tant d\u2019autres et les larmes qu\u2019elle verserait ne seraient jamais rançon suffisante pour : toutes celles que les siens avaient fait couler.Heureusement Sophie était là.Son coeur simple ne s\u2019embarrassait guère de tous ces conflits d\u2019opinion, et tous Avec certaines les conseils à re- 9 \u2014 fe Le I.RENTE RER IEEE IHR ; i A qi + 3 i 4 Vol.9, No 9 ceux qu\u2019elle aimait y faisait très box ménage.Sa bonté vraie sut trouver la note juste pour apaiser, consoler la.pauvrette déchirée entre tous ces sentiments divers.Avec l\u2019autorité d\u2019une conscience droite et dune foi robuste, elle lui montra nettement son devoir de fille et de chrétienne : puis, insensiblement, elle lui parla de sa Jeunesse, de sa mère, du couvent, des dames de la Congrégation.Ét derrière Ja figure austère de la femme politique, de l\u2019Egerie républicaine, de \u2019ardente Girondine, de l\u2019amie de Buzot, Pétion, Barbaroux, de 1\u2019inspiratrice dela \u201cLettre au Roi\u201d, apparaissait l\u2019image geu- riante d\u2019une petite pensionnaire, folâtrant avec ses compagnes, taquinant ses maîtresses, chérie des unes, gâtée des autres, pour sa gentillesse, sa bonne grâce.\u2014 On l\u2019aimait autant qu\u2019on l\u2019admirait.voyez-vous, petite.oo Puis elle évoquait la jeune femme, la jeune mère, à côté d\u2019un époux paternel ou près du berceau de son enfant, dans sa maiternité tardive ardemment désirée et dont elle devait si peu jouir.\u2014 Avant de vous envoyer à a campagne chez vos bons parents Dupont, à cause de votre délicatesse, elle m\u2019invita un jour à vous venir voir.Vous étiez toute mignonne, elle vous tenait dans ses bras et l\u2019on sentait qu\u2019elle eût voulu vous passer toute sa force.elle pleurait en vous regardant .à l\u2019idée de cette séparation et elle répétait : \u201cMa pauvre petite ! ma pauvre petite !.Plus tard, à la veille de monter sur L\u2018 échafaud, elle m\u2019éerivait encore pour me parler de vous, et elle, qui n\u2019était pourtant pas en peine d\u2019aligner des phrases, ne savait que répéter encore : \u201cMa pauvre petite, Aime bien ma pauvre petite !.\u201d Mais c\u2019était tout ponctué de larmes.Celles de l\u2019orpheline coulaient maintenant plus douces, tout son être contraeté \u2014 100 La Revue Populaire se détendait peu à peu \u2018; elle souffrait.toujours, mais d'une douleur moins lancinante, moins âpre, elle ne se défendait plus contre la tendresse filiale qui gonflait son coeur meurtri, en éeoutant cette | bonne créature qui avait aimé sa mène, Ÿ qui l\u2019aimait encore.D'abord elle osaït à peine lui dire : \u2014 Parlez-moi de ma mère., Bientôt elle lui demandait, eâline \u2014 Tante Sophie, parlez-moi de \u201c Ma- 1 man\u201d.CINNA venait d\u2019être signée : ja paix religieuse était rétablie.Notre-Dame avait rouvert ses portes et le Premier Consul, en personne, s\u2019y était.agenonuillé publiquement.C\u2019était - l\u2019époque ila plus heureuse, sinon la plus glorieuse de sa vie : la Frange et le monde lui tressaient les mêmes couronnes et, vainqueur des rois, il était le méditateur des peuples.Il paœuvait se reposer sur ses lauriers, dans le calme des champs, et, tout en faisant une partie de boules avec Dreuot, il écoutait les cloches de la Malmaison, auxquelles sa main puissante avait rendu leur vol, et qui versaient leur douce sérénité sur les fronts houleversés par tant d\u2019orages.Mais le sien demeurait soucieux ; et distrait, préeecupé, il se laissait battre par son adivemsaire, plus facilement que sur un champ de bataille.\u2014 Je perds toujours.à ce jeu-là ! dit-il avee humeur en abandonnant la.partie.\u2014 C\u2019est qu\u2019à ee jeu-là, il n\u2019y a pas moyen de trieher, observa tranquillement le brave Drouet, qui n\u2019avait rien d'un couætisan.Bonaparte, dont c\u2019était, ume petite fai blesse, ne se fâcha pas- de la beutade, maïs Bourrienne et Permon s\u2019empressérent de la relever.\u2014 Montréal, )Septembec 1916 | La paix d\u2019Amiens | \u2018 2 1 \u201c Voi 9, No 9 \u2014 Aux barres non plus et, à Brienne, nous étions toujours \u201cbattus ! protesta | Pun.\u2014 Notre maître était déjà notre mai- tre, ajoutait l\u2019autre.Le soureil olympien se fronça davanta- | ge et, interpellant brusquemenit Joséphi- ne, étendue sur unie athénienne à la fe- nétre du petit salon d\u2019où s\u2019échappaient de mélodieux accords : \u2014 Pourquoi Hortense joue-t-elle toujours cet air ?\u2014 Tu le trouvais charmant.\u2014 C\u2019est possible, mais à la longue, on s\u2019en fatigue.La harpe se tut, mais l\u2019écho en résonna encore: longtemps dans son âme troublée.Rentré daps son cabinet, il se promena de long en large, sombre, pensif, puis il s\u2019assit à son bureau, essaya de travailler.Mais, à la première signature, son oeil s\u2019arréta sur la date 12 Mai C\u2019étaït celle de son entrée à Brienne.H eut un geste d\u2019impatience \u201d: Briemme, toujours Brienne ! \u2014 \u201cVotre nom ?\u2014 \u201cRaoul de Montlaur.\u2014 \u201cEt vous ?\u2014 \u201cNapoléon Buonaparte.\u201d Il entendait les voix enfantines, les chuchotements, les rires.\u201cPaille au nez ! paille au nez Il revoyait la fine silhouette de son jeune condisciple ,à côté de sa tournure gauche, & lui.Il revivait leurs premières es- carmouiches, et cette première humiliation redouitée et épargnée par la générosité de celui qui allait mourir.De tous ceux qu\u2019il avait connus alors et pour qui c\u2019était toujours titre particulier à sa bienveillance, en était-il an seul qui lui eût tendu la main comme un enfant gâté de la fortune ?Avait-il rencontré 17?La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 un coeur plus chaud, une ame plus vibrante, une amitié plus enthotsiaste et plus désintéressée, malgré les rebuffades de son orgueil ?Oui, mais.Il secoua la tête pour chasser le souvenir importun, s\u2018approcha de la croisée.L\u2019air très doux, le soleil se jouait dans les vertes frondaisons, la nature se réveillait de son engourdissement et les premières fleurs dies parterres, les premières chan sons des nids, saluaient le retour du printemps.mais les notes claires de l\u2019Anigé- lus résonnèrent comme un glas.L\u2019exé- eution devait avoir lieu le Jenidemain.En vain, Joséphine avait-elle intercédé pour le petit-fils de la vénérable douairière dont elle gardait l\u2019aimable souvenir pour ce dernier rejeton d\u2019une noble race que la reconnaissance rattacherait au nouveau régime, en vain avait-elle évoqué Brienne, la camaraderie d\u2019enfänice ; elle s\u2019était heurtée à une résolution froide, implacable et Hortense n\u2019avait pas été plus heureuse.Cependant, a mesure que s\u2019écoulaient les heures, le séparant encoresdu fait accompli, Napoléon éprouvait un vague malaise qui ressemblait à un remords.Doutait-il de son droit ?Non.\u201cOeil pour oeil, dent pour dent !\u201d Plus oriental que \u2018chrétien, les représailles lui sem- 'blaïent légitimes, il ne sales le blame de personne.sauf.Oui, le jugement d\u2019une pauvre aveugle pesait plus à ses yeux que celui de l\u2019En- rope., Depuis qu\u2019il la savait sinon complice au moins confidente de Montlaur ,il avail voulu la \u2018chasser de sa mémoire ; il n\u2019y avait pas réussi et son image obsédante se dressait devant lui dans le cadre désuet du vieil hôtel Blanchefort.\u2014 \u201cNapoléon, je ne me marierai jamais.\u201d \u2018 \u2014 101 \u2014 ee ee Vol.9, No 9 Alors pauvre, vaincu, humilié, il était tout pour elle, et, sans hésitation, elle lui avait sacrifié son brillant avenir.Et maintenant, elle se liguait'avec lui.\u201cPerfide comme l\u2019onde\u201d, dit Shakespa- re.| Oui, mais Amgélique n\u2019était pas une femme comme les autres, c\u2019était l\u2019ange de sa destinée.| Puis le sien, celui de Raoul.Et il relisait le billet trop explicite du jeune prince.\u2014 \u201cVous aurez été l\u2019ange de ma vie, vous aurez eu tout mon amour et ma der- niére pensée.\u201d Voilà, ce qu\u2019il ne pouvait Jui pardon- rer ! Qu\u2019il eût \u2018attenté à ses jours, c\u2019était peu de chose, mais qu\u2019il lui eût pris J\u2019âme de cette flancée mystique, qu\u2019il sentait flotter autour de Tui, voilà le crime qui ne méritait pas de grâce! Et pourtant, jadis, Raoul lui avait fait grâce, lui ! Il aurait pu le lui raippeler ! Qui sait même ?Frappé d\u2019une nouvelle idée, Bonaparte compulsa »vivement le volumineux \u2018ldos- sier, recherchant une pièce avec impatience.Enfin ! | C\u2019était l\u2019avis mystérieux reçu le matin de l\u2019attentat et signé \u201cUn camarade de Brienne.\u201d Il le rapprocha du billet froissé dans sa main.C\u2019était la même écriture.Une seconde fois, Raoul avait voulu l\u2019épargner !.: .Atterré il considérait d\u2019un oeil morne ce chiffon de papier, plus éloquent qu\u2019un long plaidoyer, il comparait ces lignes jaillies du coeur, cri d\u2019amitié, soupir d\u2019amour.Plus fort que la passion politique, le souvenir de Brienne avait désarmé le sol- \u2014 102 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 dat de Condé ; il avait voulu sauver quand même son ancien condisciple, et loin de s\u2019en targuer, comme d\u2019un droit à l\u2019indulgence, il s\u2019en était caché comme d\u2019une faiblesse assumant hautement toute la responsabilité de son acte.Suprême générosité ?suprême déédain?En marchant à l\u2019échafaud, il pourrait se dire que le maître de la France serait deux fois son débiteur.Non ! cela ne serait pas ! Tout d\u2019un trait, Bonaparte griffonna quelques lignes, frappa sur un timbre : \u2014 Ceci à Fouché, vite.Cette fois, il ne serait pas vaineu ! Et, soulagé d\u2019un grand poids, il passa chez Joséphine.Bien due l\u2019étiquette ne fût pas encore rétablie, l\u2019aecès de la Malmaison n\u2019était pas des plus faciles, mais Hortense avait de la mémoire, elle n\u2019avait pas oublié sa première maîtresse de harpe et la reçut avee l\u2019affabilité qu\u2019elle tenait de sa mère, trouvant même un mot gracieux pour Angèle qui accompagnait l\u2019aveugle.\u2014 Pourquoi être demeurée si longtemps sans me donner signe de vie, mademoiselle ?lui dit-elle avec un gentil reproche.\u2014 Je ne doutais pas de votre extrême bienveillance, miais je ne voulais y faire appel que dans une circonstance grave.- \u2014 11 s\u2019agit ?\u2014 De vie ou de mort.mes parents.\u2014 Vous le nommez ?\u2014 M.de Créqui.\u2014 Oh ! mon Dieu, mademoiselle, vous êtes done ?.° .\u2014 Angélique de Courtenay.\u2014 Pardonnez-moi de vous avoir traité avec tant de familiarité, miademoiselle, dit la future reine de Hollande avec beau- AUGUSTE pour un de \u2014 WM, 8, No 9 : La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ; jup de bonne grâce, l\u2019illustration de Vo- simple facture.Si vous le voyiez alors, ses É.fe Maison.| yeux lancent des éclairs.ÿ \u2026@\u2014 Cédera bientôt le pas à celle de la \u2014 Hélas ! je ne peux pas le voir.4 tre.\u2014 C\u2019est vrai, pardon.Je voudrais A \u2014 Ou plutôt à celle de mon beau-père.pourtant bien vous obliger.d\u2019autant fous savez, je vous dois un compliment que j'aimais fort Mme de Créqui.mais, D lui et il n\u2019en est pas prodigue., j'ai rarement vu le Premier Consul aussi 5 |\u2014 Vraiment ! muxmura-t-elle avec une monté et s\u2019il vous savait ici.Rible rougeur.Elle s\u2019arrêta, pétrifiée.§ \u2014 Oui, à propos d\u2019un air de vous en- \u2014 Bonaparte venait d'\u2019apparaître sur le .Endu jadis et (dont j'avais retenu quel- seuil.; Mes bribes qui ont eu son approbation.Les trois femmes effarées s\u2019étaient le- ; R \u2014 Grâce à votre talent, sans doute.vées ; Angélique seule était demeurée as- E 1\u2014 Si j'en avais un peu, c\u2019est à vous sise.ignorante.b Je je le devrais ; aussi vous pouvez dis- 11 fit un pas vers elle et dit : i \u201cWhser de moi comme de ma mére A qui j\u2019ai \u2014 Mile de Courtenay ?y luvent parlé de vous et de votre bienvedl- Elle tressaillit et se dressa toute pâle.; nce à mon égard.Malgré le ton bref, presque rude, ce Er R __ Je sais que Mme Bonaparte est par- fut pour elle une impression très douce.i \u201cPitement bonne, j'ai mis tout mon espoir Il ne l\u2019avait pas oubliée ! | i # fn elle et en vous.Silencieux, il contemplait cette image fr \"ff \u2014 Hélas ! nous n\u2019avions pas attendu de sa jeumesse dressée soudain devant lui.hi - Perte démarche pour tenter de fléchir mon Bien qu\u2019approchant de la quarantaine, i * Meau-père.Il s\u2019est montré inflexible.Angélique avait peu changé, mais sa beau- in =f \"importe, venez chez m'amian.té, moins séduisante que celle de Joséphi- f 1 L\u2019aimable créole se montra fort empres- ne, s\u2019était encore immatérialisée, et, dans | ie et prodigua les plus délicates attem- sa simple robe blanche, elle semblait une i #Bjons à la pauvre aveugle, chez qui elle suave figure de moniale ou de sainte ex- i = lait toute heureuse de retrouver une pulsée de sa cellule ou descendue de son i -\u201cFsmme de sa caste et de son monde.Mais vitrail.bi uand elle sut de quoi il s\u2019agissait,, son Elle, comme jadis, devinait sans doute A « isage se rembrunit aussitôt, et, à la pen- ce qui se passait dans l\u2019esprit de N apo- Lie d\u2019affronter encore ume fois son époux léon, car, sans parler, elle joignit les rité, elle eut une jolie moue effrayée et mains.it : Ce geste réveilla sa sourde colère :R \u2014 Vous n\u2019y songez pas ! ma chère ; \u2014 Vous venez en suppliante après avoir .à des colères à faire frémir ! mon pau- voulu ma perte ! dit-il avec amiertuime.re Papin en sait quelque chose.\u2014 Moi ! Elle caressait un affreux matou noir, Il y avait dans, ce seul mot, une telle #k étestable et détesté, que Napoléon pou\u201d- douleur, ume telle révolte, qu\u2019il en fut hassait à coups de pincettes et qui avait frappé malgré lui, mais hochant la tête.articulièrement souffert, ce jour-là, de- \u2014 N\u2019étiez-vous pas l\u2019amie, la confidien- Ba mauvaise humeur.té de M :de Créqui ?#k \u2014 Mais avec vous, madame.\u2014Son arrestation seule m\u2019a appris qu\u2019il \u201cQf \u2014 Avec mol, aussi et même pour une existait encore.| \u2014 108 \u2014 Vol.9, No 9 \u2014 Allons done ! j\u2019ai la preuve du contraire.\u2014 Oh ! général ! Il tira de sa poche un papier froissé et lut de sa voix mondiamte.\u2014 \u201cVous aurez été l\u2019ange de ma vie, vous aurez eu tôut mon amour et ma dernière pensée.\u201d Ce billet vous était desti- .né.Un sanglot étouffé l\u2019interrompit.Défaillante, Angèle cachait son visage dans ses mains.Le regard sévère du Premier Consul alla de la pauvrette en larmes à Mlle de Courtenay ; elle avait un sourire mélan- eolique.\u2014 Qui est cette jeune fille ?demanda- t-il à mi-voix.\u2014 Une orpheline qui se nomme Angèle et qui a soigné mon pauvre cousin avec un admirable dévouement pendant que j'étais moi-même clouée dans mon lit.\u2014 Ah ! fort bien ! fort bien !.La main dans son gilet, il contemplait le joli groupe des trols femmes: Hortense embrassait Angèle, la bonne Joséphine lui essuyait les yeux d\u2019un geste maternel.\u2014 Vraiment, vous ignoriez la présence et les desseins de M.de Créqui ?ques- tionma-t-il d\u2019une voix changée.\u2014 Vous le demandez ?Le tendre reproche pénétra jusqu\u2019au fond de l\u2019âme du conquérant.\u2014 Tant mieux ! dit-il avec \u2018un élan presque juvénile.J'aurais été bien fâché de vous compter parmi mes ennemis.\u2014 Pouviez-vous le croire ?\u2014 Dame ! depuis quinze ans que je n\u2019avais jamaïs entendu parler die vous.\u2014 Je n\u2019en dirai pas \u2018autant.Il sourit flatté.| \u2014 Je tâche de réaliser vos prédictions.En êtes-vous contente ?\u2014 dJ\u2019en suis fière.\u2014 Commie tous les astrologues, figure- La Revue Populaire Montréal, Septembre 19 toi, Joséphine, que lorsque j'étais seulg\u201d ment un pauvre petit lieutenant d\u2019artil rie, Mlle de Courtenay voyait déjà en m4 un futur César.\u2014 N'oublions pas \u201c Auguste\u201d, insin doucement l\u2019aveugle.\u2014 Vous voulez que je pandonne 4 Cig na ?\u2014 Vous admiriez trop Corneille po lui donner un démenti.\u2014 Vous savez que j'ai déjà refusé ce te grâce à ma femme et à ma fille ?\u2014 Elles vous le redemandent avec mof \u201c n\u2019est-ce pas, mesdames ?\u2014 Oh ! oui, mon père.\u2014 Voyons, Bonaparte, me fais pas méchant, appuya Joséphine.| Angèle n\u2019osaiït rien dire, mais ses ye parlaïent pour elle.Le Premier Consul sourit, amusé : \u2014 La grâce est signée, depuis un quad d'heure : c\u2019était la nouvelle que je vo apportais.Ce fut un eri de joie.\u2014 Oh ! le vilain taquin ! dit Mme B naparte en: Le menacant du doigt.\u2014 Etes-vous satisfaites ?demandaa-i il gaiement.Lia question, au fond, me s\u2019adressa; qu\u2019a une seule.\u2014 Merci, général, dit-elle avec émotion \u201c merci pour lui.et pour vous.Il comprit que s\u2019il eût cédé à ume be rancune, elle les eût pleurés tous les\u2019 deu: \u2014 Je suis heureux d\u2019avoir dévancé vif tre désir, dit-il, très doux ; je tiens bear coup à votre approbation, car, pour md aussi, vous avez été un bon ange.Quand il se retrouva seul avec sa fendf me, elle lui dit mi-rieuse, mi-fächée, ave son délicieux zézaièment : \u2014 Heureusement que je ne suis pas j: louse, car enfin, tu m\u2019avais refusé cet grâce accordée si bénévolement à une a tre.\u2014 104 \u2014 ; Te 7e , i; .(a bel iQ an dar jo JR ol.9, No 9 \u2014 c était déjà chose faite.\u2014 Et puis, une petite fille d\u2019Empereur.ai vient en suppliante, c\u2019est flatteur.\u2014 Chère folle ! tu seras plus que cela! \u2014 Quoi donc ?Il lui effleura les cheveux comme s\u2019il y :} Mosait un diadème et dit : \u2014 Empératrice.! A dé prière de Raoul, incapable de ran- ine, Napoléon voulut bien épargner à ermon le châtiment mérité, Mais il ne | qu\u2019à sa soeur, déclarant que, faute \u2018une transaction honoraible pour Mlle de \u2018Rourtenay, il les livrerait aux tribunaux.Force fut de s\u2019exécuter, la rage dans : coeur : da moitié de l\u2019héritage, indu- ent retenu, revint à sa légitime proprié- Jive, qui en profita pour doter royale- ent sa nièce adoptive.Montlaur avait recouvré à la fois sa li- jerté et ses biens, mais de Premier Con- rl ne boma pas là ses bienfaits.Selon le ers de son poète favori : \u201cJe t'ai comblé de biens, je t'en veux {accabler.\u201d attacha son ancien camarade à sa per- ne en qualité d'aide de camp et mit Jans sa main celle d\u2019Angéle.C\u2019était biem payer sa dette ! et cette \u201c Rouvelle fiancée ne permettait plus de re- as retter l\u2019ancienne, | Elle essaya bien de protester de toutes s forces de sa faiblesse, invoquant sa ouble origine roturière et révolutionnai- > mais, pour Bonaparte, tout datait de rumaire ; il n\u2019aimait pas que 1\u2019on réveil- it les morts et ne souffrait pas qu\u2019on lui ésistät.A La pauvrette n\u2019était vraiment pas de faille à de faire, d\u2019autant que Raoul avait La Revue Populaire Montréal.Septembrc 1916 les meilleurs arguments, résumés en un seul : \u2014 Je vous aime.Que voulez-vous répondre à cela quand le coeur fait écho ?L\u2019Amour ne cause jamais politique, observa M.de Nanbonne, indulgent 3 da jeu nesse et tout heureux de retrouver son pupille, à la cour pour laquelle ils étaient nés, bien que le maître fut changé.L'ancien chevalier d\u2019honneur de Mesdames s\u2019accomodait du nouveau régime avec un aimable scepticisme : \u2018| \u2014 dJ\u2019aime mieux un usuripateur habile pour étouffer l\u2019anarchie qu\u2019un prince maladroit qui la réveillerait.Ce qui me gêne le plus, c\u2019est de ne pouvoir dire : Sire.Cela ne devait pas tarder.Le mariage de la fille de Mme Roland ci d\u2019un petit-fils de Saint-Louis fut célébré le même jour que celui d\u2019Hortense de Beauharnais et de Louis Bonaparte.Il devait être plus heureux.Joséphine s\u2019était occupée des doubles to\u2019lettes, qui étaient merveilleuses et faisaient grand honneur à Leroi, la tailleuse à la mode.| Angélique s\u2019était gouvenue de la \u201cFille de Fingall\u201d et da \u201cMarche Nuptiale\u201d provoqua l\u2019émotion de Napoléon qui daigna l\u2019en féliciter.\u2014 Vous savez parler à l\u2019âme, dit-il, et je crois que je n\u2019entendrai jamais rien de plus beau.Elle eut un sourire mélancolique et répondit doucement.\u2014 Si, la \u201cMarche du Sacre !\u201d APOTHEOSE Le 15 décembre 1840, tout Paris était debout avant le jour et la population grossie des étrangers et des provinciaux, en foule, se portait vers Courbevoie, s\u2019entassait de long des Champs-Elysées, se massait devant les invalides. DE a Et Vol.9, No 9 \u201cC\u2019était une cohue, un pêle-mêle inoui, presque du désordre, et pourtant cette foule était recueillie, silencieuse, dominée tout entière par le sentiment profond, in- vimicible de la solennité imposante à laquelle elle était venue assister.\u201d Toutes les fenêtres étaient garnies de curieux ; hommes, femmes, enfants, s\u2019écrasaient sur des estrades élevées à la hâte, qui fléchissaient sous leur poids ; on louait des échelles, des chaises, des bancs, Des gavroches avaient passé la nuit sur les arbres, malgré quatorze degrés au-dessous de zéro, les ruisseaux étaient gelés, l\u2019on battait la semelle, l\u2019on soufflait dans ses doigts, mais l\u2019on ne murmurait, ni s\u2019impatientait.On attendait, respectueux, ému, celui qui, si longtemps, avait été le Maître de l\u2019heure ! Midi ! Sous un froid glacial, rappelant aux vétérans la retraite de Russie, sous un radieux soleil, digne du soleil d\u2019Austerlitz, le Char auguste s\u2019avance.Trainé par vingt-quatre chevaux, capa- raconnés de velours violet aux armes de l'Empereur, et attelés quatre de front, il apparait immense, flamboyant, comme une montagne d\u2019or, avec socle, piédestal, sarcophage, cariatides, emblémes, guirlandes, bas-reliefs, trophées, couronne, sceptre, main de justice, manteau impérial.et caché, mais visible pour tous ces yeux fervents, le Cercueil rapporté de Sainte-Hé- lène, que malgré sa triple enveloppe, icha- eun croit voir, toucher.et qui contient : \u201cL\u2019Empereur !\u201d \u201cSire, vous reviendrez dans votre ca- [pitale.\u201d Il passe sous l\u2019Arc triomphal qui semble se hausser encore ; il descend la large avenue au milieu du silence angoissant \u2014 106 La Revue Po - pulaire Montréal.Septembre 1915 de la mutitude oppressée, trop émue pour a l\u2019acclamer.% 4 \u201cOn sent qu\u2019une grande pensée traver-|\u201d [se cette foule.\u201d FT Aux quatre angles du Char, le maré fo chal de Reggio, le maréchal Molitor, l\u2019amiral Roussin et le général Bertamd.Derrière, les anciens aïdes de icamp, of-f ficiers, civils et militaines de la maison |* impériale, parmi lesquels : Philippe dej\u2019 Ségur, Raoul de Créqui.Il a survéeu à son camarade de Brien- ne qu\u2019il a suivi partout, à Wagram, à Ié na, à La Moskowa, à Leipsick, à Water- sont soudées a jamais quand Bomapar lui a rendu son amitié et l\u2019a imarié à gèle.Angèle qui, heureuse épouse, hew reuse mere, est 13, à un baleon, avec enfants, entourant le fauteuil de \u201ctan Angélique\u201d sur lequel se penche anxieuse/.\u201ctante Sophie\u201d.| Mains jointes sous ses mitaines noires lu.yeux fixes sous la coiffe de dentelles, l'ai m veugle \u201c Écoute\u201d venir celui qu\u2019elle n\u2019a ja4 sm.mais pu voir et dont la pensée à empläi y toute sa vie.=Tn Pauvre officier, général victorieux, jet ne Consul, Empereur tout-puissant, pri-ki ; sonnier vieilli, heureux, malheureux, vain-atyy queur, vaincu, coupaible même, son amour fidèle ne l\u2019a jamais ahandonné et, même après la mort de Joséphine, il lui est tow jours resté un ange- gardien.En 1821, elle a failli mourir, et depuis malgré l\u2019affection des siens, on ne l\u2019a je mais vue sourire.Mais aujourd\u2019hui, elle ne regrette plus d\u2019avoir vécu pour assister à cette apothé, ose et elle sent son vieux coeur batird comme à vingt ans au grondement sour(} \u2014 Li: $0 à in i pr son recueillement.1, le soleil se voile.\u2014 Tante Angélique !.Tante Angéli- e.Mais tante Angélique ne répondra plus personne sur cette terre.i.9, No 9 canon, au murmure recueilli de la fou- Ine acclamation douce, tendre hautaine.fhant des coeurs, cri d\u2019amour où l\u2019exta- [se se joint, vemplira la cité ! Le Roi est là, debout, entouré de tous ÿ dignitaires, pour recevoir l\u2019héritier de arlemagne, que lui ramène un petit-fils Saint-Louis.\u201cLe Char est arrivé devant la grille des valides, il s\u2019arrête.les marins de la relle Poule\u201d diescenident le cercueil et le wmsportent 4 bras jusqu\u2019à l\u2019entrée de la apelle où s\u2019échangent les paroles histo- jue entre le prince de Joinville et son re : \u2014 \u201cSire, je vous présente le corps de impereur Napoléon.\u2014 \u201cJe le recois au rom de la France.\u201d Et le cortège s\u2019engouffre sous le dôme neelant.Tante Angélique n\u2019a pas bougé, perdue ns une muette extase.On n\u2019ose trou- Pourtant, c\u2019est il faut rentrer.La Revue Parulaire Montréal Septembre 1916 DE LA MUSIQUE COMME MEDICAMENT COMME le plus grand nombre des réputations, celle qu\u2019on a faite à la musique en disant d\u2019elle : \u201cC\u2019est un bruit inutile et qui coûte cher,\u201d est absolument fausse.Outre le plaisir qu\u2019elle dispense, \u2014 à ceux qui, l\u2019aiment, bien entendu, \u2014 elle a une influence sur certaines maladies et l\u2019on sait les très intéressantes communiea- tions qui, plusieurs fois, ont été faites à ce sujet par des médecins à différents corps savants.C\u2019est surtout sur les affections nerveuses que la musique a de l\u2019influence.On n\u2019en sera point surpris pourvu qu\u2019on réfléchisse au rôle que joue l\u2019imagination sur la santé.Une revue de médecine que nous avons sous les yeux cite le cas d\u2019un neurasthénique guéri par la musique.On avait vai- mement essayé tous les remèdes, puis on songea à le faire voyager.On lui recommanda une traversée en mer et il partit pour les Indes.| Rien ne pouvait chasser ses idées noires, jusqu\u2019au jour où revenant en France par terre et se trouvant à Vienne, il alla à l\u2019Opéra.TH écouta d\u2019abord mécaniquement, stupidement, puis comme les flots d'harmonie se déroulaient, apparut sur ses traits la première marque d\u2019intérêt que le malade eût manifestée depuis près d\u2019une année.Des visites répétées à l\u2019Opéra augmentèrent l\u2019effet salutaire, etau bout de quelques semaines, la guérison fut complète.L\u2019influence de la musique comme stimulant de l\u2019appétit est incontestable et il y a bien longtemps que, sans s\u2019en douter, les restaurateurs l\u2019emploient. te OL a Vol.9, No 9 Les propriétaires de petites gargottes agitaient autrefois une sopmette dans la rue pour attirer les passants.Les restaurants modernes ont amplifié cette idée, et on sait qu\u2019ils possèdent des orchestres qui jouent penidant toute la durée du repas.Dans les restaurants, en Amérique, où les hommes, à l\u2019heure de midi, se précipitent pour absorber ce qu\u2019on, appelle un \u201c quick lunch\u201d, déjeuner rapide, car ils ne disposent guère que de cinq ou dix minutes, un banjo automatique se fait entendre, la musique gaie ayant une très bonne influence sur le sue gastrique.Ja musique que l\u2019on entend dans les banquets part du principe que la digestion est favorisée par un état d\u2019esprit agréable.| Si vous lavez été soldat, vous savez combien la musique ou la simple \u201cclique\u201d vous aidait à faire les derniers kilomètres d\u2019une rude étape ; elle vous redonnait un courage dont vous vous croyiez à jamais privé.Dispensatrice de courage aussi la marche nuptiale de \u201cLohengrin\u201d qui perme au jeune hommse timide de traverser toute l\u2019église au bras de sa belle-mère sous les regards d\u2019une assistance qui apprécie de façon parfois un peu.cavalière son physique.Nous vous le disons, en vérité, la musique est la panacée universelle.Gertains dentistes eux-mêmes l\u2019emploient qui font moudre par des phonographes la \u201cMarche Lorraine\u201d ou \u201cTout le long du Missouri\u201d pendant qu\u2019ils introduisent leurs petits instruments de torture dans la bouche de leurs patients.Dans som \u201cAnatomie.de la mélancolie, W.Burton déclare que la musique mettrait en fuite le (diable lui-même.Elle élève ou abaisse la tension artérielle suivant son intensité, agit sur le grand La Revue Populaire Montréal Septembre 1918 sympathique dont dépendent la circula tion et les différentes sécrétions, et const a tue un excellent remède contre l\u2019insom nie.g Ë Vous voyez bien qu\u2019il était injuste d L Ce dire d\u2019elle : \u201cC\u2019est un bruit inutile .4 be Tak couteux (72 fe hele UNE MACHINE INFERNALE AU | lic, \u2014\u2014 } XVIe SIECLE Dr pt, ; Sous lei règne de Henri IT, en 1587, : nommé Malabre fabriqua une machine in Fe fernale qu\u2019il envoya a4 Millan d\u2019Alldgrd bo: dont il voulait se débarrasser.lis La machine se composait d\u2019une caiss ni contenant, trente-six barillets de pistoletf st chæque barillet était chargé de deux ba pui les.La caïsse était construite de telle f4 çon que la personne qui l\u2019ouvrirait n pourrait éviter de recevoir la décharg des trente-six barillets, soit soixante-doif \u201c' à ze coups de pistolet.à; Une lettre accompagnait 1\u2019envoi.Daf cette lettre, Mälabre ævait imité l\u2019écriturf® lig de la soeur de Millan d\u2019Allègre et ge pliaît celui-ci de recevoir ce cadeau à tit de curiosité et de demander au porteur à explications sur la facon d\u2019ouvrir la cai + se.Le porteur n\u2019était autre que le vale de Malabre.Le fabricant de la machin infernale lui avait donné des explicatior .{ sur la façon d\u2019ouvrir la caisse, mais il s\u2019 y tait Rien gardé de dire ce qu\u2019elle contd nait.1 Sans la moindre méfiance, Millan d\u2019A - lègre fit ouvrir la caisse en sa présence et Jui et le valet furent blessés très lég rement malgré l\u2019excellent fonctionmieme Me, deS barillets.Malabre fut arrété a queffis que temps de là et exécuté à la fin d septembre de l\u2019année 1587 .i AR Ma \u2014 108 \u2014 LAHAT HEE HL ELE 4 » Ÿ 9, No 9 : La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 My A DES OISEAUX VORACES PESTE TS .Pn dit communément d\u2019une personne qui mange peu: Elle a un appétit d\u2019oi- \u201cqu.Cette locution proverbiale est tout à fait erronée.Les oiseaux sont de très \u201c@s mangeurs.Vous allez pouvoir vous en convaincre par quelques exemples.\"oyez par exemple le gentil petit rouge-gorge.On a calculé que lorsqu\u2019il est en ine santé il mange dans l\u2019espace de vingt-qua- ~ heures un volume de nourriture dont le poids deux fois et demi plus lourd que l\u2019oiseau lui- me.| our égaler un tel exploit, un homme d\u2019envi- .160 livres devrait manger chaque jour une rantaine de gigots de mouton ou un peu plus deux mille cinq cents saucisses ! \u2019assons à un autre oiseau, le héron.La Fon- 1e nous l\u2019a fort bien écrit \u201cavec son grand bec manché d\u2019un long cou.\u201d Vous le reconnaissez / @ notre gravure.Malgré sa grande taille, il est >z maigre et osseux.Un gros mangeur, pour- t, lui aussi, bien qu\u2019il pèse rarement 4 livres.)n a souvent pris des hérons au piège et, dans Le héron.\u201c cas cité par un naturaliste, l\u2019un d\u2019eux a \u201cdé- \u201d deux truites qu\u2019il venait d\u2019avaler.L'une pesait deux ! livres, l\u2019autre une livre lemnie.j es pigeons ramiers mangent d\u2019une façon véritablement effarante.Dans le jabot n ramier on a pu compter plus de six cents pois; dans le jabot d\u2019un autre, on a i trouvé soixante glands.hl Il n\u2019est par conséquent pas surprenant que les | chasseurs, lorsqu\u2019ils tirent sur un pigeon qui vole dans leur direction, le manquent si souvent.Les grains de plomb ne produisent que peu d\u2019effet, parce qu\u2019ils sont arrêtés par la forte cuirasse de nour- R riture qui se trouve dans le jabot de l\u2019animal.È Voulez-vous connaître un autre glouton?Parlons fl un peu du hibou.On en a vu un qui a avalé sept souris, les unes après les autres.Les six premières passèrent fort bien.La septième ne disparut qu\u2019en partie dans la gorge du goinfre.Aussi, l\u2019on put voir, ou attendant que les six souris pendant près d\u2019une demi-heure, la queue de la misé- wil vient d'avaler passent, pour rable petite souris, qui pendait hors du bec de l\u2019oi- E engloutir la septième.seau.it! & [roi heures après le hibou avait encore faim et \u201cse remit à table\u201d.# Eu Bt 5 Ni nu D eme lue phare na eee papa.sas STATE PES Vol.9, No 8 La Revue Populaire Montréal, Septembre 191 LA DANSE DU COBRA | Le serpent à lunettes (ou cobra capello) Un voyageur, Kaempfer, nous a fourn doit son nom à un trait noir en forme de quelques cumeux détails sur la manién lunettes qui est dessiné sur la partie dont les jongleurs s\u2019y prennent pour dres supérieure de son cou.ser les cobras.| C\u2019est un reptile féroce et extrêmement Ils se recouvrent la main gauche d\u2019uff- venimeux, Sa longueur est d\u2019un peu plus pot de terre et, tenant une baguette dg d\u2019une verge et il se rencontre particulié- la main droite, ils en irritent le serpent rement aux Indes.Là, on aperçoit souvent Au moment où celui-ci s\u2019élance pouf\u201d des cobras dans la brousse, redressant mordre, ils lui présentent le pot dont In leur cou dans lattitude que représente main gauche est recouverte, et sur lequd notre dessin, l\u2019anümal frappe violemment et se meurtri: Souvent ils restent ainsi immobiles pen- la tête.Quand il s\u2019est ainsi blessé pla dant des heures, suivant des yeux ce qui sieurs fois, il craint la main et les geste i se passe autour d\u2019eux, D\u2019autres fois, au du jongleur.N On voit alors le cobra suivre tous 1 Pier mouvements deson maître.Toujours pr@; à s\u2019élancer pour mordre, mais toujou yi retenu par le souvenir de la douleur re# ;; sentie autrefois, il semble obéir et imitd les mouvements qu\u2019on exécute devant lif.en mesure, si bien que les spectateuf., étonnéés le croient dressé à danser en eo }: dence.A Une fois que le cobra est fatigué, K; flûte se taït et l\u2019animal s\u2019étend sur le sc Comme vous le voyez, l\u2019animal ne §.Livre pas de bon coeur à un exercice chf.5 A ES : régraphique, mais à une série de mourE» a ments dietés par la haine qu\u2019il éprout Cie à contraire, ils s\u2019agitent comme s\u2019ils exé- pour son maître qu\u2019il n\u2019ose pas mordre a 4 cutent une sorte de danse, habitude Ajoutons que sa morsure serait le pl@fy; 3 dont les jongleurs ont tiré parti pour souvent inoffensive.La plupart des jo I 3 amuser les spectateurs d'ans les villes, gleurs n\u2019arrachent pas les crochets à An # Les Hindous dresseurs de serpents les nin des cobras, c\u2019est entendu.Mais 5 1 manient avec une intrépidité qui fait fré- prennent de temps en temps la précautiel J 4 mir et leur font exécuter une suite de mou- de vider les vésicules & venin des reptilg; vements qu\u2019ils semblent régler au son de en leur faisant mordre des morceaux | + 1 la flûte.drap rouge, ou par d\u2019autres procédés.À I \u2014 110 \u2014 \u201cRvoi 9, No 9 ti at Hi en x 1 y UE.ji 1 W i Bventeur de cet admi- #et la pauvreté?{c\u2019est Charles Tellier.{le \u201cPère du Froid\u201d, £cha pendant de lon- {gues années les pro- fcédés qui sont uni- gversellement em - Aployés aujourd\u2019hui.A eut des La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 L' HUMBLE AUTEUR C\u2019est grâce aux Frigorifiques pour les transports à longues distances qu\u2019il est possible d\u2019améliorer les conditions de la vie dans de nombreux pays.Ces frigorifiques jouent, actuellement, un rôle de première importance relative- \u2018ment a la nourriture des armées d\u2019Europe et à celle des populations civiles également.Grâce.à ces procédés, il est possible d\u2019effectuer au loin d\u2019énormes envois de viandes et de conserves qui se ga- teraient avec les moyens de transport or- «5% dinaires.D'UNE MERVEILLEUSE DECOUVERTE gea pas et un Jour vint où des expériences concluantes lui prouvèrent qu\u2019il avait eu raison de persévérer.Charles Tellier avait bien compris deux \u2018choses essentielles qui résument toute sa géniale invention des frigorifiques pour transports à longues distances.1° Que les microbes sont les principaux agents de putréfaction ; 2° Qu\u2019ils deviennent plus actifs sous l'influence de la chaleur.C\u2019est au moyen d\u2019un courant d\u2019air*sec et froid que le savant Sait-on que l\u2019in- rable système était un vieillard très modeste qui, en dépit de ses géniales découvertes, vécut toute sa vie dans l\u2019ombre Ce grand savant, comme on l'a surnommé; ce travailleur infatigable cher- obtint les résultats qu\u2019il cherchait.Dès l\u2019année 1858, sa découverte était déjà au point et ce n\u2019est que 40 ans plus tard qu\u2019on se décida enfin à en comprendre toute l'importance et qu\u2019on accorda au vieil inventeur toute l\u2019attention qu\u2019il méritait.Il avait, néanmoins, déjà réussi à intéresser certaines personnes intelligentes à ses travaux.En 1876, un petit grou- insuccès mais ne se découra- CHARLES TELLIER, Vinventewr des Frigorifiques.\u2014 111 pe de financiers lui préta les fonds nécessaires pour cons- \u2014 + 3 2! Ri w i 4 3 Fu ir 1 *} a: i [H ! eA ae + 1 2 coérér a at AR Ra ER a aa Vol, 9, No 9 truire son premier bateau frigorifique.Parti du Havre en septembre, chargé d\u2019une importante cargaison de boeufs, de moutons, de porcs, et de volailles coupés et frigorifiés, ce navire arriva à Buenos- Ayres au bout de 106 jours.Cette traversée, effectuée en saison chaude, dans une zone torride, et la parfaite conservation \u2014officiellement consta- tée\u2014des denrées que ce bateau avait apportées, fut dès lors Une démonstration éclatante et péremptoire.Il n\u2019était en effet plus permis de douter de la possibilité de transporter à longues distances des denrées périssables, et cela grâce à la réfrigération ! Cette fois, l\u2019attention fut frappée, et les applications se succédèrent peu à peu, car, aujourd\u2019hui, les statistiques démontrent que les transactions mondiales par le froid sec, se chiffrent annuellement par 2 milliards de dollars.Or, si nous réfléchissons que la conservation des matières organiques alimentaires est du plus haut intérêt, nous apprécierons dans toute leur étendue l\u2019importance des bienfaits des frigorifiques pour longues distances, puisqu\u2019ils ont permis à des milliers d'hommes habitant l\u2019extrémité du continent américain de jouir des - propriétés digestives d\u2019une viande fraîche et hygiénique, tandis qu\u2019avant cette invention, les malheureux n\u2019avaient pour toute nourriture que des salaisons ou des viandes desséchées ou malsaines.C\u2019est assurément dans une alimentation saine, abondante et rationnelle que le travailleur peut puiser les forces physiques qui lui sont indispensables pour le soutenir dans son labeur.Il faut donc\u2014 lorsqu'il s\u2019agit du bien-être des masses, et principalement des classes ouvrières et pauvres\u2014apporter la plus grande atten- \u2014 SES EE E EEE RER ARR La Revue Populaire 112 Montréal.Septembre 1916 tion aux questions alimentaires trop souvent négligées ! Rappelons-nous le mot fameux: \u201cIl ne faut pas vivre pour manger, mais manger pour vivre\u201d, et nous en conclurons que l\u2019alimentation est la première des conditions vitales d\u2019un peuple, et par suite, l\u2019une des bases fondamentales de Pexistence normales d\u2019une nation.Aussi songeant aux nombreux et universels bienfaits.qu\u2019ont rendus dans cet ordre d\u2019idées les Frigorifiques à longues distances, nous ne pouvons nous empêcher d\u2019être émus à la pensée que c\u2019est seulement à 85 ans!.sur le déclin d\u2019une existence malheureuse, hérissée d\u2019obstacles, Ÿ.que leur vénérable inventeur recueillit enfin le bénéfice moral et matériel que ses.persévérantes recherches scientifiques lui | donnaient le droit d\u2019espérer plus tôt ! \u2014\u2014 0 LE PAPIER TOURBE L'état de Michigan fabrique un papier | d'emballage supérieur au papier de bois: le papier de tourbe.[ Ce papier est très économique, car il ne - ° | : soit environ: deux fois meilleur marché que le papier: coûte que $10.00 la tonne, de bois.Le papier de tourbe est imperméable et à l\u2019abri des insectes; il est fort apprécié pour l\u2019enveloppement des étoffesd et des fourrures.y Ce papier n\u2019a qu\u2019un défaut, il est brun mais quand l\u2019on sera parvenu à fournir du papier de tourbe blanc, le succès de ceff de ce nouveau papier sera prod/gieux.rer (9e Il y a dans le monde 652,000,000 del mortbems, De ce nombre, 1\u2019Australie eng\" posséde 93,000,000 et la Nouvelle-Zélamnde 24,000,000.\u2014_\u2014 .! i ! i 1 Le pr i D y T à Se, .9, No ® < 3 | Ga-be-nah-quor-yarg, c\u2019est-à-dire Fle- iche Rapide, un chef des Indiens Chippewa, est aujourd\u2019hui très probablement Nord et \u2018de l\u2019univers.ÿ Il a cent vingt-huit ans.Des fonctionnaires du gouvernement fé- dérat des Etats-Unis qui avarent \u2018été char- jgés de faire une enquête au sujet dè son âge véritable, ont pu s\u2019assurer que, il y a cent ans environ, il servait de guide à des traitants 2 la recherche .§de fourrures.Flèche Ra- a pide assure lui-même avoir vu cent vingt-huit étés.du si- au nord-ouest du Minnesota, il est devenu chef de sa tribu à la mort de son père et le \u2014@titre de Ga-be-nah-quor- -ÿYarg lui a été donné à vd cause de son adresse au 4 tir à l\u2019arc.4 Dans sa jeunesse, il devait avoir au moins six pieds, mais l\u2019âge Æl'a considérablement ratatiné.Cependant fil a conservé une lucidité remarquable.44 Il n\u2019est pas toujours très communica- x JUf, mais quand il se décide à parler il raconte d\u2019une voix lente et monotone une foule d\u2019aventures palpitantes d\u2019intérét qui lui sont arrivées.Il avait onze ans lors de la mort de Washington et vingt #Eet un à la naissance de Lincoln.Etant jeune, il fit la connaissance de Né sur les rives lac Winnabigashsh, 7 tué RS \u2014 113 La Revue Populaire l\u2019homme le plus vieux de l\u2019Amérique du Montréal.Septembre 1916 LE PLUS VIEIL HOMME DU MONDE commerçants de fourrures blancs qui le traitèrent, ainsi que sa tribu, avec bonté, et il en a conçu pour la race blanche une amitié qui ne s\u2019est jamais démentie.Pendant un demi-siècle il a beaucoup contribué à la pacification des Indiens qui se révoltaient et a sauvé la vie à un grand nombre de colons.41 y a quelques années encore 1l a travaillé avec énergie et suc- ces afin de faire cesser les déprédations de certains Inttiens et empêcher un massacre projeté d\u2019Américains.On a en vain essayé, \u2018l\u2019année dernière, de le faire figurer à l\u2019exposi- tron de San Francisco en lui offrant tout le con- fert possible pendant son voyage, mais il n\u2019a même pas voulu prendre en considération les belles propositions qui lui étaient faites.Flèche Rapide, d\u2019ailleurs, déteste les villes et la foule, et quand il s\u2019absente de sa case, sise sur le bord du lac \u2018Cass, c\u2019est pour aller chercher du tabac et de Peau de feu qu\u2019il apprécie beaucoup, comme tous les Indiens.Dans le but de se procurer un simple verre de whiskey, il a donné jadis un calumet de pierre, sculpté avec art qui lui servait depuis plus d\u2019un demi- siècle.En 1914, il a fait un voyage à Minneapolis et St-Paul.La vue des tramways électriques et des automobiles l\u2019a on A \u2018 i A A RY ) i A aT ts PA ESA A va Le pony RS SIRE teaser 0 eat LER Sh Vol 9, No 9 émerveillé, les ascenseurs l\u2019ont épouvanté.Il occupait une grande et confortable chambre dans l\u2019un des meilleurs hôtels de St-Paul, mais il ne put se décider à se mettre au lit.Il se coucha sur le plancher enveloppé dans une couverture, près d\u2019une fenêtre ouverte.Les bruits de la ville et les foules lui déplaisaient souverainement et il se hâta de retourner dans sa La Revue Populaire Montréal, Septembre 191#4!- ÿ \\ cabane du lac Cass, se promettant bien df ne jamais remettre les pieds dans u cité.Depuis dix ans, Flèche Rapide n\u2019a pal changé du tout au physique et son visagi n\u2019a pas vieilli.Il serait d\u2019ailleurs difficil de placer une ride de plus sur sa figure.Et il est probable qu\u2019il a encore plu sieurs années à vivre.o\u2014 LA TORPILLE DE WHITEHEAD La torpille est une invention anglaise.L\u2019inventeur se nommait Whitehead ; il était monteur dans les ateliers du Lloyd & Trieste, puis il devint directeur de la Stabilimento tecnico triestino et enfin il dirigea à Fiume une fabrique de machines.C\u2019est là qu\u2019il installa sa fæbrique de torpilles.L\u2019ajppareil avait été ainsi baptisé par Fulton, en souvenir du poisson dont le contact produit une commotion électrique.| A l\u2019origine les torpilles avaient une telle apparence de vie, que dans les ateliers de Whitehead, les ouvriers las appelaient \u201cbestia\u201d.C\u2019est dans la tête que se trouve la mine.35 livres de fumi-coton suffisent pour détruire les plus gros bâtiments.Derrière la tête est placée la chambre secrète qui règle \u2018a marche de la torpill» sous l\u2019eau.Le reste du corps de la tourpil- le contient un réservoir qu\u2019on remplit d\u2019air comprimé et qui met en mouvement la machine et l\u2019hélice qui forme ia queue.A l\u2019époque de Whitehead, chaque engin valait de 1,000.à 1,200.dollars.Les premières torpilles furent \u2018abri- quées vers 1868.Huit années avant, un 2a- pitaine de \u2018frégate nommé Luppin avai: proposé au gouvernement autrichien sd brûlot qu\u2019il dirigeait dela côte contre : bâtiments ennemis au moyen de cordet Mais le brûlot ne pouvait fonctionner pa un gros temps et, en outre, il était trok.visible.Les autrichiens préférèrent quérir l\u2019invention de $100.000.Elle fut ensuite adoptée pa l\u2019An'gleterre (1870), la France \u201c(1872 l\u2019Allemagne et l\u2019Italie (1873).Mais c\u2019e4 \u2018la Russie qui fit d\u2019abord le plus gran usage de torpilles.En 1877, dans sa lut contre les Tures, elle en fr en; Sr \u201c%@ Les personnes nées durant ce mois sont \u201c Wénéreuses, affectueuses, ont bon coeur et © Mont très magnétiques.49 Elles sont paisibles, méthodiques et ré- £1 Ississent toujours dans ce qu\u2019elles entre- PPrennent.5-2 Les hommes et les femmes nés durant Be mois feront des savants accomplis, de *\u201cMons musiciens, d\u2019excellents maîtres, ou M\u2019excellentes personnes pour conduire dans n\u2019importe quelle sorte ponicernant l'éducation.Elles aiment beaucoup leurs familles.Ces personnes sont très secrètes pour out ce qui concerne leurs propres affaires et gardent également bien les secrets \u2018\u2019Pde leurs amis.A Les femmes sont particulièrement exi- \u2019 Jgcantes pour leurs toilettes, et aiment à Yêtre les premières à porter ce qu\u2019il y a \u201cde nouveau.; Les hommes sont des chimistes par leur {nature et souvent ils excellent comme Y} journalistes, orateurs et musiciens.À Ces personnes sont portées à devenir Égoïstes et à critiquer, ayant tant de bon- \u2014\u2014 Ce que ces personnes sont d\u2019ouvrage- nes quaïités elles-mêmes, elles attendent la parfection des autres.- Elles sont extrêmement exigeantes dans les matières de commerce ou d\u2019argent, et mnalheur à la personne qui essaie de leur filouter un simple centin.Elles aiment beaucoup à entasser de l\u2019argent, mais elles sont assez sages pour jouir de la vie tout en poursuivant leur chemin \u2014 toujours, et tout au moins en prévoyant les jours de \u201cmalheur\u201d.Filles sont ides plus heureuses et accomplissent leurs plus grands succes, lorsque tout ce qul les entoure est propre, en ordre et agréable, parce que 1\u2019ordre et 1\u2019harmonie ont beaucoup d'imfluences sur elles.Elles ont la plupart du temps des places de confiance et de probité, souvent très élevées dans les affaires du gouvernement et ila vie publique.Lies hommes et les femmes nés dans ce mois sont passionnés des voyages et ne tarderont pas à \u2018constater que le changement d\u2019endroit leur est toujours avantageux.115 \u2014 ; ; ; A; * 1 i ! \u2018 \u2018 A Et) 1 Be 1: a LY po RPI 4 pra dE PTE ee sages D BN: BE be Vol 9, No 9 Ils sont des plus heureux lorsqu\u2019ils sont \u2018Unis à une épouse ou à un époux intelli gent et gai qui n\u2019osera jamais les croire coupaibles ou déshonorés.Elles sont très exigeantes et aptes à trouver à redire sur tout ce que les autres font, mais lorsqu\u2019elles ont vaineu ce défaut, elles ont des caractères très aima- Elles sont ordinairement très fortes et remplies de santé, et au lieu de vieillir comme toutes les autres personnes, elles semblent rajeunir avec les années, Elles sont souvent déréglées dans le boire et Je manger, une habitude qu\u2019elles devront vaincre ou elles ne pourront ja- 1mnais marcher la tête haute.Ces personnes devront apprendre avant toutes choses, que Dieu les a gratifiées d\u2019une nature merveilleuse, mais qu\u2019Il attend en-retour de grandes choses d\u2019elles.Elles devront cultiver l\u2019individualité.Elles devront raffermir leur confiance en elles-mêmes.Elles devront éviter la critique, ee qui contribwera à leur faire atteindre un but utile.Elles devront rendre les autres heureuses et de cette manière elles auront du bonheur elles-mêmes.Ces personnes niées en septembre sont quelquefois lentes à se développer, mais elles conservent leurs talents pour jouir des bonnes choses de la vie lorsqu'elles ont atteint un Âge plus avancé.; Rarement les personnes nées en septembre parviennent à l\u2019âge moyen sans avoir acquis du succès, des richesses et des talents.Elles sont aptes à passer leurs derniè- Tes années à voyager ordinairement dans la plus luxueuse manière possible.Elles font souvent des, voyages autour du monde, et ne tarderont pas à jouir \u2014 116 \u2014 La Revue Populaire Montréal.Septembrc 19 d\u2019un loisir bien mérité dans tous les beai, :: climats du monide.4 NEES EN SEPTEMBRE qi [5 Ce que ces personnes doivent faire [ Les personnes nées en ce mois devrog is s\u2019efforcer de connaître leurs propres aff i: fauts et ne pas attendre la perfection af; autres.sn Elles devront s\u2019efforcer de réalisd i qu\u2019une critique injuste est plus difficile or of supporter qu\u2019un soufflet dans la figuref Elles devront rechercher qualités dans les autres et non pas les dé Pa fauts, et essayer de faire des observation ailmables au lieu de trouver à redire.les bonnd.2 Ni Elles devront apprendre que l\u2019argent d a! les manières aristocratiques, n\u2019ont pas 5 moitié autant de valeur que la possessic 2 d\u2019un ami sincère.= Elles devront essayer d\u2019être franches e | sincères et ne pas être Si sensiblles pou 6 Ir I\u2019opinion publique.Te: Elles devront s\u2019efforcer de faire les cha o ses d\u2019aprés leur propre maniére individu elle, réalisant que l\u2019originalité, c\u2019est \u2019 : que le monde désire \u2014 et non pas des co pistes.° Les hommes et les femmes nés dams ¢ mois devront avoir une bomme instructior commerciale, parce qu\u2019ils sont obligé d\u2019accumuler de l\u2019argent et il faut qu\u2019ils sachent comment en prendre soin.Ces personnes devront essayer die vain \u2026 cre cette tendance à la critique.\u2014 Elles devront bien faire attention 3 tout ce qu\u2019elles mangent et pourront ains conserver leur vigueur et leur jeunesse à un degré remarquable.: Pour bien réussir, elles devront porter toutes les teintes de brun ou jaune, aussi le bleu clair ou foncé.- 1 1 WR ] 1 ! Les femmes devront porter un anneau 1é d\u2019un jaspe de couleur rose, d\u2019une .gale ou d\u2019une perle d\u2019eau et les hommies e épingle de cravate ornée des mêmes brres.Elles devront se miarler avec ceux qui nt niés en mars, mâi ou août; mais ceux s autres mois conviendront tout aussi an lorsqu\u2019elles se seront élevées au-des- s des choses matérielles et \u2018qu\u2019elles aunt de l\u2019empire sur elles-mêmes.Ces personnes auront plus de succès ms les entreprises commencées en fé- ier et novembre, et me tarderont pas à \u201cWnstater que le mereredi est le jour de semaine le plus propice pour elles.Elles devront essayer de rendre justice die louer la vertu et le mérite réel, pre- ant soin que les apparenices extérieures à les trompent pas.Ces personnes devront, lorsqu\u2019elles se- int fatiguées, aller droit à la nature et asser des heures au granid \u201cair\u201d, obte- ant ainsi ce que les remèdes ne peuvent Wur procurer.\u201cLe succès\u201d, \u201cla richesse\u201d et \u201cune belle osition\u201d seront le partage ide Ces person- es si eltles se disent sams cesse à elles- 18mes e suis contre toute chose sans harmonie.Fe suis contre toute critique.We suis contre tout mal.| Si elles soutiennent constamment ceci, lles commenceront bientôt à mener une lie tranquille et alors eïles auront du sue- a 8.NEES EN SEPTEMBRE Ce que ces personnes ne sont pas Les personnes nées durant ce mois 3 .l'ont pas de succès, de bonheur ou de \u2014 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 santé, à moins qu\u2019elles évitent les querelles de n\u2019importe quelle sorte., Elles ne prennent pas soin de la bonne samté que Dieu leur a donné, si elles mangent lorsqu\u2019elles sont en colère, parce qu\u2019elles ont une telle constitution, qu\u2019elles ne pourront pas digérer leurs aliments à moins qu\u2019elles soient calmes.Elles ne sont pas assez vives pour découvrir le vrai mérite, et devront toujours faire attention de ne pas être trompées par un extérieur flatteur et mielleux.Elles ne sont pas aussi indépendantes qu\u2019elles devraient l\u2019êtire, et quelquefois, elles deviennent flatteuses et imitatrices de leurs riches amis.Elles ne se laissent pas fiacilement tromper par des histoires de mauvaises chances, mais par intuition elles savent tou- Jours la vérité.L'argent ne les intéresse pas, mais les paroles de louanges les intéressent souvent.[ Les hommes et les femmes, nés dans ce mois n\u2019acquièrent pas leurs plus hauts suc cès ou leur plus grand bonheur à moins d\u2019avoir obtenu un absolu empire sur elles- inêmes.Elles ne tiremt pas le meilleur parti de la belle et grande nature que la Providence leur a donnée, à moins qu\u2019elles \u201csurveillent leurs propres actions\u201d et \u201cqu\u2019elles réalisent leurs propres idées.\u201d Ces personnes ne sont pas heureuses lorsqu\u2019elles sont seules, quoiqu\u2019elles s\u2019entourent de tableaux et de luxe pour étouffer le eri de l\u2019association de compagnons.Elles ne sont pas assez franches avee leurs amis, et secrètement elles s\u2019oceupent trop de petits riens imaginaires, qui pourraient facilement s\u2019expliquer en quelques minutes ide confidence mutuelle.Elles ne sont pas assez \u2018individuelles dans leurs goûts ou leurs habits, et de- 117 \u2014 Ne ce rage Are ee Te Eau 5 rr nd rai IOUS, Vol.9, No 9 vromt travailler à améliorer leur propre mode.NEES EN SEPTEMBRE Ce que ces personnes ne devront pas faire Les personnes niées en ce mois ne devront pas s\u2019ocdeuper des affaires des autres.Elle ne devront pas critiquer les fautes et les oublis des autres, mais devront s\u2019occuper de leurs propres défauts et essayer de les corriger.Elles me devront pas prendre de fortes drogues ou avoir beaucoup à faire avec les médecins.Elles ne devront pas (blesser ou offenser les sentiments des autres en leur disant des choses désagréables pour \u201cleur propre bien\u201d.Ces personnes ne (devront pas prendre autant de soin pour leurs apparences extérieures, parce que ceci conduit souvent à l\u2019extravagance.Elles ne devront pas hésiter pour com- miencer n\u2019importe quelle entreprise, parce que si elles travaillent avec fidélité et persistance, elles sont tenues de réussir.Les femmes nées dans ce mois ne devront pas travailler pour les autres, mais devront avoir leurs propres établissements aussitôt que possible.Les hommes nés dans ce mois me devront pas perdre leur temps dans des positions inférieures, mais se lancer eux-mêmes dans un petit commerce leur appartenant ou comme gérant dans une grande maison.| Ces personnes ne doivent pas passer tout leur temps à la maison, parce qu\u2019elles ont absolument besoin d\u2019avoir de l'air durant le jour, elles devront au moins eoucher dehors la nuit.\u2014 118 La Revue Populaire \u201clentement.Montréal, Septembre 19 ; : M Elles ne devront pas prendre de pel si le succès et Ya richesse vlennent tré dl à Dé Elles ne devront pas commencer lew vie de travail avant d\u2019avoir une instr | tion suffisante que permettra à leurs bri\u2019 lantes idées \u201cd\u2019aittirer le succès\u201d, et ava d\u2019avoir rendu leur personnalité assez foff te par 1 \u2018étude pour qu\u2019elle devienne dax le monide une réelle \u201cforce dans la vie\u201d LES ENFANTS NES EN SEPTEMBRE * .a Les enfants nés durant ce mois sont dB vrais enfants de la nature.a Ils ont ;des goûts et des répugnance b très prononcés et une volonté pour don + ner.Ils font preuve de talent pour les affaif res des leur bas Age et ce penchant dof être encouragé de toute mianière.Is Les méres doivent enseigner i (ces erfffit fants dés leur enfanice à ne pas toujourff* trouver à redire ou à critiquer, parce qui ce défaut les retardera toujours tans.qu\u2019ils ne se seront pas corrigés.iL Om devrait leur enseigner continuelle ment a rechercher le bien dans les autre et ne pas leur permettre de parler df\" leurs compagnons d\u2019une façon d'ésobtilf geante.fe Les mères de ces enfants feront bien du i toujours essayer de les rendre responsallf bles de leurs propres fautes, ä Lorsque ces enfants trouveront à redill#\" re de leur maître ou de leurs compagnon | + dites-leur : \u201cBtes-vous certains que c\u2019esf?de la faute du maître ou de vos compad\u2026f gnons, et non pas la vôtre ?\u201d Ne leur permettez jamais, pas mêmdi pour une minute, de mettre le blâme su les autres, parce que de cette manière leu 1 jugement deviendra si désobligeant qu \"i empoisonnera leur propre vie.| 0 \u2018x W/ol.9, No 9 8 Ces enfants sont studieux par leur na- -x-Qure et devront toujours avoir accès dans une bonne librairie.-+@# Ils ont toujours beaucoup de succès -muavec les plantes et seront toujours heu- \u201cx freux et pleins ide santé si on leur permet syfd\u2019avoir un petit jardin qui leur appartiendra en propre.| 4 11 faudra leur enseigner la musique, is fparce que ceci favorise l\u2019harmionie, et leur aidera de plusieurs manières.Ces enfants ont ordinairement une.belle peau et il faudra les habituer à se bai- dgner souvent et à prendre soin de leur peau.Il leur faut beaucoup d\u2019air pur, une + id Simple et bonne nourriture substantielle, jet 11 faudra aussi leur enseigner à faire «4 des exercices respiratoires, (dès leur bas j âge.Ils me devront jamais prendre aucune \u2014_ 121 \u2014 ye Vol, 9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 19: } mal; maitre de la terre, des eaux et de les livres, et qui enlèvent læ poussiè Pair, 11 n\u2019y aura plus que le feu d\u2019inhabi- mieux que tous les plumeaux.table pour lui! Cette poussière aspirée par des pomp {/ Et ils se félicitaient de vivre à l\u2019époque électriques que fait mouvoir une force « = d\u2019une si grande révolution.vinigt chevaux, est entraînée vers les cav | : Les autres, et ce ne sont pas les moins ou elle tombe et se noie dans des cuv ff ° nombreux, ont montré une complexion pleines d\u2019eau.y moins gaie.Tout leur a paru renversé Cette opération mécanique a le grarf\" : avantage de réduire au minimum le d ki» placement des volumes, et, par suite, 1 }:\\ chances d\u2019accidents.ig dans le monde civil, politique et moral.Ils voient déjà des armées s\u2019égorger dans les airs, et le sang pleuvoir sur la terre.Les amants et les voleurs descendent déjà par les cheminées et emportent dans d\u2019au- 0 = tres climats nos trésors et nos filles., xr - à\" \u2014Il faut, crient-ils, faire monter la ma- ILS ONT TROUVE CELA BON pm; réchaussée sur des globes; les contreban- 4 des sont inévitables, les postes inutiles ; 3 l\u2019Etat, la religion, tout est perdu ! Autrefois les Australiens, les Zélandai: § les Papouans et les Esquimaux ne cor f-.naissalent pas le baiser.La plupart de ce}.\u2014 0 LE SOIN DES LIVRES Parmi les soins que réclame une grande bibliothéque, le nettoyage des volumes est à un des plus négligés ; il a pourtant une 4 importance extrême pour la santé des livres et pour celle des lecteurs.Un ouvrage n\u2019est pas si dangereux par les idées mæuvaises que par les poussières qu\u2019il contient.A cet égard, la Bibliothè- peuples en guise de signes d\u2019amitié au lie: que Royale de Berlin mérite d\u2019être citée de s\u2019embrasser se frottaient le nez contr comme modèle pour son organisation dé- celui de la personne qu\u2019ils aimaient.C* poussetage par le vide.tait là leur manière de s\u2019embrasser, \u20ac Tout le palais est sillonné de conduites chose curieuse cette coutume se retrouvai 4 dont la longueur dépasse 1Y4mille.A ces dans les pays tropicaux comme dans le: 1 conduites fixes, réparties entre les divers pays du pôle nord.Mais depuis que ce: étages, s\u2019ajoutent quarante-deux tuyaux peuples ont été en contact avec des peu: mobiles, qui peuvent être vissés sur trois ples où le baiser était pratique, ils ont vite cent trente bouches, da manière à attein- pris leur habitude et le baiser est mainte- % dre les coins les plus reculés de toutes les nant chez eux d\u2019un usage aussi fréquent À galeries.; | que chez les autres peuples.: A Ces tuyaux mobiles sont munis de su- \u201c çoirs qu\u2019on promène sur les rayons et sur \u2014 O Ÿ \u2014 122 \u2014 Pa J«l 9, No 9 L\u2019HEROISME Une des revues les plus populaires de la France: \u201c Je sais tout\u201d, demandait à ses lecteurs, il y a quelques années, de lui donner la meilleure dé- #4 finition de l\u2019héroïsme.La ré- nse jugée la meilleure par le jury fut kcle de M.Ch.Poplin de Bordeaux.L\u2019héroïsme, disait-il, ne varie, à mon sis, ni avec le temps ni avec les hommes., définition est éternelle; je ne puis que ] formuler en ces termes: \u201cL\u2019héroïsme \\« l\u2019altruisme poussé jusqu\u2019au sublime.\u201d sla comprend tout, courage, désintéres- ment, sang-froid et le reste.Le plus bel te d\u2019héroïsme qu\u2019un homme puisse ac- mplir, c\u2019est de se dévouer, sciemment ou consciemment, au bien de ses sembla- es.Je place le soldat qui meurt à son ste, sur une poudrière ou à l\u2019assaut, sur ÿ même pied d\u2019héroïsme que le médecin 11 succombe en s\u2019efforçant à la recher- lie d\u2019un remède nouveau.C\u2019est à l\u2019Huma- ÿ té que tous deux se sacrifient.\u201d \u2014\u20140 \u2019ELECTRICITE COMME ANESTHESIQUE On commence d\u2019appliquer couramment \u2018électricité comme anesthésique sous la arme de courants intermittents.On bande! les yeux du malade, parce w'il pourrait être impressionné en aper- evant ourtant il ne souffre nullement, puis on pplique sur le membre ow la partie du orps où l\u2019on va opéner, des électrodes de ine recouvertes ide coton humecté, qui \u2018ont donner passage aux courants jus- La Revue Populaire l\u2019opération qu\u2019il subit et dont Montréal, Septembre 1916 qu\u2019aux nerfs de la portion du corps où il faut supprimer la sensibilité.Dès que le courant ou les courants ipas- sent, 1\u2019anesthésie est complète: au delà des électrodes et, ce qui est bien avantageux, c\u2019est que la sensibilité cesse instantanément, alors que les amesthésiques ideman- dent un certain temps pour agir, tout en troublant profondément les phénomènes vitaux chez le malade, en pouvant amener ou des intoxications ou des accidents encore plus graves.Pas de vomissements après la fin de l\u2019opération, et pas la moindre douleur pein- dant.Le courant le plus efficace est un courant interrompu 100 fois par seconde.\u2014\u2014 0 \u2014\u2014 L\u2019ELOGE DE LA PIPE La pipe des marins et des artistes, la pipe qui avait dans le monde une si fà- cheuse réputation, a trouvé dans cette guerre une vogue extraordinaire.La plupart des soldats la fument, et on a quelque raison de croire que tous n\u2019abandonneront pas pendant la paix la fidèle compagne des jours d\u2019épreuve.La science qui sait être indulgente, n\u2019est pas défavorable à la pipe.M.Schloesing, un savant ingénieur, un membre de l\u2019Institut de France, qui a été longtemps directeur des manufactures de tabac de l\u2019état français, a affirmé dans un rapport officiel, que la combustion du tabac dans la pipe produit beaucoup plus d\u2019aldéhyde formique que sa combustion dans la cigarette.Or, l\u2019aldéhyde formique atténue la nocivité de la nicotine.\u2014 123 \u2014 CSS IE VRP ESS in ir EMI IEEE RR Ros RTE = Vol.9, No 9 UNE TOMBE LUXUEUSE Un des tombeaux les plus magnifiques qui puisse exister au monde est le \u201cTaj Ma- hal\u201d, à Agra, Hin- doustan.Il a été construit par le 7 Shah Jehan en lhonneur et en mémoire de sa reine favorite.Il est de forme octogonale, tout en marbre blanc très pur, incrusté de jaspe, de cornaline, de turquoise, d\u2019agate, d\u2019améthyste et de saphir.22,000 hommes y ont travaillé pendant 20 ans pour l\u2019achever et quoique les hommes n\u2019aient pas été payés et la plupart des pierres précieuses données, il a colté 17,500,000 dollars.\u2014_\u2014 0 \u2014 LE PEINTRE ET LE SOLDAT Un jour, Horace Vernet, le grand peintre, \u2018était allé installer son chevalet sur une place où les soldats étaient en train de manoeuvrer.Et il s\u2019amusait à reproduire sur læ toile la scène qui se déroulait sous ses yeux.Pendant une des pauses, un tout jeune soldait s'approche curieusement du peintre, se plante derrière lui, et be regarde travailler avee un vif intérêt.\u2014 Eh bien, mon garçon, lui dit Horace Vernet, qu\u2019est-ce que tu fais 13 ?e regarde toutes ces belles choses que vous peignez.\u2014 Ah ! Et, dis-moi, qu\u2019est-ce que tu en penses ?\u2014 Je pense que je voudrais vous fissiez mon portrait.bien que \u2014 thai ace roc) La Revue Populaire 124 \u2014 Tu n\u2019es pas dégoûté ?! \u2014 Seulement, j'ai peur de ne pas avo assez d\u2019argent pour vous payer.\u2014 Ah ! tu voudrais me payer ?\u2014 Oui, voyous, est-ce que tnenbe sous ca sera idans vos prix ?\u2014 Trente: sous ! mais tout à fait.i\\ \u2014 Allons, eolle-toi là et ne bouge plus .Et en quelques coups de pinceaux, He race Vernet plante sur la toile un magr fique fantaæssin, très ressemblant et d\u2019un superbe allure, \u2014 Eh büen, es-tu content ?\u2014 Très content, monsieur.trente) sous.Le fantassin paye et s\u2019en va netrouve ses camarades, son portrait sous le bra Il le leur montre et tous s\u2019extasient.Pourtant lui se gratte La tête d\u2019un air mé content.\u2014 Mon Dieu, oui, c\u2019est ressemblan mais je suis sûr qu\u2019en insistant un pe j'aurais pu l\u2019avoir pour vingt sous.Voici ve \u2014_\u2014 0 \u2014\u2014 LE RECORD DU BAISER \u2014\u2014 Le record du monde d baiser vient d\u2019être batt par six jeunes filles dé Salem (Ohio), qui ont ré colté $12,000 en vendan leurs baisers à raison de $1.00 9 chaque Le fruit de cette quête nou4, veau jeu était destiné à la fondation d\u2019urf,; hôpital à Salem.La \u201cvente\u201d a duré deu heures.Les hommes étaient en file indien-F ne, sur une longueur de 3 milles, atten-R dant l\u2019heureux moment de verser $1.00 et de recevoir un baiser (car, paraît-il, ik fallait payer d\u2019abord).\u2014 Q\u2014\u2014 Montréal, Septembre 1914! a 5 N IE Ke EN ih i?avi, pn isi ot ol Vans 1 HAN) Me ane qt \u201cpe \u201cair 33 ai » 9, No 9 LES OISEAUX QUI PARLENT Les corbeaux, les choucas (petites corneilles), les pies, et les geais peuvent tous être dressés à imiter des sons et à prononcer distinctement des mots et même des phrases; mais les oi- \u2026 Maux que l\u2019on voit le plus communément \u201c Brler ce sont les perroquets.Ces oiseaux Rrivent à parler d\u2019une facon bien plus arfaite que toutes les autres espèces.La voix du perroquet est bien plus res- ; ÿmblante à la voix humaine que celle des litres oiseaux qui arrivent à parler; celle >s corbeaux et des choucas est trop rau- -.fhe; celle des pies et des geais trop per- inte, trop aiguë.+ fl Dans la voix des perroquets au con- faire; 11 y a des modulations qui la font =, @onnamment ressembler à la voix céleste je l\u2019orgue.Cette supériorité est due à la onstruction de son bec, de sa langue et le sa téte.i} Le perroquet a, de plus, une mémoire tonnante, et il oublie rarement ce qu\u2019on - eu la patience de lui apprendre complè- .@ment.\u2014\u2014 O6 \u2014\u2014\u2014 4 i | LA VRAIE PIETE f 4 -, fl La duchesse de Hohenberg qui vient de f'ourir si tragiquement était d\u2019une piété ÿroverbiale.: -Ÿ Un médecin viennois, qui avait été ap- -Jÿelé en consulitation auprès de la duches- e, déeida de repartir le lendemian, un di- anche, de grand matin.Mais le soir, un alet de chambre de la duchesse vint, par rdre, lui faire observer gue 1\u2019heure mati- ale de son départ l\u2019empêcherait d\u2019assis- La Revue Populaire Montreal, Septembre 1916 ter à la première messe.Le médecin se hâta de répondre qu\u2019il s\u2019arrêterait à la station de Gmünd pour enitendre: la messe et qu\u2019il reprendrait le train suivant.Il était couché depuis un moment quand le valet de chambre revint pour dire que la duchesse avait vérifié l\u2019indicateur et avait constaté qu\u2019à l\u2019arrivée du train à Gmünd le premier office religieux était déjà terminé.En conséquence elle avait prié son chapelain de dire une messe avant le départ du train.Le malheureux médecin fit remercier la duchesse pour sa grande amabilité, mais le lendemain il dut quitter le lit une heure plus tôt.\u2014\u2014 0 \u2014- LA TOMBE LIQUIDE Une richissime Brésilienne, Ré- gina Sanchez, était de son vi- = re ame ba vant passionnée de yachting.Sentant venir sa fin prochaine, elle exprima par testament la volonté que l\u2019embarcation sur laquelle elle avait tant voyagé fût détruite avec elle.En exécution de ses ordres, elle fut incinérée et l\u2019urne contenant ses cendres placée dans la cabine de son yacht favori.En présence de plus de trois cents personnes, le yacht fut conduit au large, escorté d'une autre embarcation où avaient pris place les membres de la famille.Un prêtre Dfficia, puis, une large voie d\u2019eau fut ouverte par les matelots qui quittèrent précipitamment le bord.Aux dernières notes d\u2019une marche funèbre, le yacht disparut sous les flots avec les cendres de son originale propriétaire.\u2014(p-=s \u2014 125 \u2014 + CO AAA ds NR EE RETR ts PII MARDEN ER Hi EMA M a RCA ICE OOOO ICR ale nar ac rire at re Vol.9, No 9 LES ROMANS IGNORES 11 est certains romans, \u2014 romans vé- eus, \u2014 qui, appartenant à l\u2019histoire intime des rois, sont destinés à rester 1gnorés des peuples.C\u2019est ainsi que le roi George d\u2019Angleterre emploie, en effet, ses loisirs à écrire un roman dont les héros me sont autres que ses propres enfants.Georges V possède un album orné des photographies des jeunes princes et c\u2019est.sous chacum de ces portraits qu\u2019il note soigneusement au jour le jour les réflexions de ses enfants, leurs faits et gestes, leurs goûts, leurs sympathies.Le roi ne se contente pas d\u2019observer; il commente ce qu\u2019il a vu, entendu ou appris.: .On a pu savoir par ume indiscrétion récente que le jeune prince de Galles ve- mait de se mettre à l\u2019étude de La corne- \u2019 \u2014 \u2014 x L'ORIGINE DU CORSET » D\u2019après une vieille tradition, le corset fut inventé par un boucher du XIIIe siècle, comme punition pour sa femme.Ne connaissant aucun moyen pratique et certain pour arrêter la loquacité et le bavardage immodéré de son épouse, ce barbare mari ne trouva rien de mieux que de la comprimer entre deux étaux, qui l\u2019empêcheraient de reprendre le souffle: le corset était inventé.D\u2019autres maris sfivirent bientôt ce terrible exemple et enfermèrent leurs femmes dans ces prisons portatives.Les femmes ne voulurent pas céder, s\u2019habituèrent La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 } par un coup de tête et petit à petit à leur! prison, la modifièrent, et, d\u2019une punition K barbare, firent, par esprit de contradic- «di tion et pour se conformer aux lois de la mode, un objet de toilette que portent; également, sans vouloir en reconnaître les: inconvénients, grandes dames comme femmes du peuple.La mode du corset serait donc née d\u2019un.caprice de l\u2019amour-propre féminin.Comment ne serait-elle pas éternelle?\u2026 0 \u2014_\u2014 CURIEUSE DECOUVERTE - La race humaine tendrait-elle néelle-f'!* ment à s\u2019atrophier ?On vient de décou-fF vrir, en Grande-Bretagne, à Dysart, dansff le comté de Louth, trois squelettes hu-f!! mains d'une taille gigantesque.Le crâneff |! de l\u2019un d\u2019eux, très bien conservé, mes & 15 pouces idu sommet dela tête au men\u2018 tom, les os d'es jambes sont d\u2019un volume etf} : d\u2019une longueur \u2018exceptionnels.On estime | que ces géants, qui vécurent, il y a plu-Bn sieurs milliers d\u2019années, avaient 9 piedsgy; et 9 pouces.\u2014\u20140\u2014\u2014\u2014 x LA FEMME LA PLUS LOURDE DU MONDE La femme la plus lourde du monde | vient de mourir à Anvers.: Agée de tremte-huit ans, elle ne pesai pas mioins de 480 livres.\u2018 Le cercueil qu\u2019il fallut fabriquer pour ) son enterrement était de dimensions ex-§i traordinaires.Il \u2018était en effet large de 39% pources, haut de 26 pouces.\u2014\u2014\u2014()mmnne \u2014 126 \u2014 : \u201cx 81 9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 JE COUREUR INVISIBLE tes (Nous commençons, dans le présent nu- @iro de la Revue Populaire, une série ,.articles qui donneront l\u2019explication de Men des tours amusants vec des indica- « Bpns suffisantes pour les faire soi-même.-s @En général, tous ces tours qui surpren- nt quelquefois beaucoup sont très sim- les et ceux qui croiraient encore qu\u2019il x ut être magicien, comme dans les con- ffs de fées, pour les réussir, ceux-là sex fient des naïfs.5 Nous n\u2019avons donc pas la prétention 1-4iplacée de faire de vous des \u201cmagiciens\u201d ans le sens intégral du mot, jails tout bonnement des nr i 5 ¥.aad f RR) + AR BL RR SAY & NONE SEAL Se \u201cOY 4 pi - LE TOUR DES CISEAUX joyeux compagnons.ou de charmantes petites fées de salon qui sauront procurer une agréable et saine distraction à leurs invités à condition d\u2019avoir wn peu d\u2019adresse.Et l\u2019adresse, nous en sommes sûrs, ne vous fera pas défaut.Ajoutez-y un peu de \u201cboniment\u201d pour occuper l\u2019esprit des spectateurs et ce sera parfait.Maintenant, allons-y ! Pour cette fois, je vais vous indiquer deux tours amusants: Le coureur invisible et ensuite le tour des ciseaux.Le \u201cmagicien\u201d présente à son public, un petit bonhomme de cinq à six pouces à qui l\u2019on donne un nom selon votre fantaisie, Trotte-sec, par exemple.\u201cVoici, dit l\u2019opérateur, le petit coureur invisible, le confident que j\u2019expédie pour toutes mes affaires importantes.C\u2019est un commissionnaire si discret \u2014 , .A des secrets qu\u2019on lui confie : \u2014_\u2014 ?y c\u2019est un serviteur si désintéressé qu\u2019il n\u2019importune jamais 7 \u2014 » 3: BN : : I It Bs 4 a Ri i] 1 0 RES el el ery SRR St v >» Br att \"2 5 À \"9 + \"78 Re +8 * : Vol.9, No 9 son maître en réclamant ses gages; c\u2019est un espion d'autant moins suspect que, dans toutes les sociétés où il est admis, il passe pour être sourd et aveugle.\u201d Puis il approche le petit bonhomme de sen oreille et continue: \u201cAh! vous voulez que je vous mette votre belle robe pour voyager?c\u2019est enten- dä.Vous allez la revêtir et vous irez ensuite à (tel ou tel endroit) .\u201d L\u2019opérateur passe une longue robe au petit voyageur ce qui lui donne l\u2019aspect présenté par notre deuxième gravure puis il dit encore: \u2018 \u201cTrotte-sec a besoin d\u2019argent pour voyager mais il n\u2019emporte ni monnaie de papier ni argent dur; ce qui fait son bonheur c\u2019est de l\u2019argent invisible et je vais lui en donner.\u201d Sur ces paroles, le magicien porte deux fois la main à sa poche comme pour prendre de la monnaie puis en même temps, il fait monter la robe sur la tête de la petite figure; et, montrant ses mains pour prouver qu\u2019il n\u2019emporte rien, il retourne ensuite la robe, sens dessus dessous et sens devant derrière, pour faire voir que le petit nain était parti invisiblement.Enfin, pour ôter tout soupçon sur sa présence, 1l plie la robe, et la tortille jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit réduite au volume d\u2019une petite noix.Les moyens de ce tour sont simples, et Pexécution en est si facile, qu\u2019il ne demande aucune adresse des mains; mais aussi il n\u2019amuse guère que par le grand babil de l\u2019opérateur.\u2019 Il consiste dans la conétruction de la figure qui se divise en trois parties assemblées par des chevilles.Lorsque toutes ces parties réunies sont couvertes par la robe, le faiseur de tours les détache l\u2019une de l\u2019autre et les cache dans sa poche en La Revue Populaire Montréal, Septembre 191] faisant le geste de chercher de l'argen .pour donner au petit voyageur.Den Le spectateur, voyant toujours la tê{ ; de la poupée, ne pense pas que le tro ee vient d\u2019en être séparé, parce que la roh de sole cache aux yeux cette amputation lorsque ensuite on met cette téte dans petit gousset caché dans les plis de robe, on peut retourner cette robe de toy tes les façons, sans que la tête paraisse: | plier ensuite pour la réduire en un tr petit volume, et faire enfin reparaître # tête, qui annoncera aux spectateurs À on présence de la figure entière.Ly pL fi - nell; ; joe Le tour des ciseaux est d\u2019un autre ged, re.Très facile à exécuter lorsqu\u2019il ne nq: ; \u2014\u2014\u2014\u2014meme cessite aucun matériel spécial, c\u2019est plutôm une sorte de \u201cdevinette\u201d qu\u2019un véritablf n tour.air Suspendez des ciseaux à un ruban af moyen d\u2019un noeud coulant, passez lel deux extrémités du ruban dans l\u2019anneafti restant libre des ciseaux et nouez ces exf trémités à une chaise ou quelque autrf meuble.FT Il s\u2019agit alors, sans dénouer le ruban of.le couper, de détacher les ciseaux.fat La personne qui ne connaît pas la ms ha nière de procéder risquera fort de cher = \u2014 128 \u2014 LL La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 .9, No 9 r longtemps la solution qui est pour- tuées, vous reportez le ruban sur la pointe #0 7 @t très simple.E des ciseaux, et le rabattez sous les k a ffrenez le noeud aux points À et B,et anneaux FF.E \u201cà = tes glisser le ruban dans l\u2019anneau C; Pour détacher les ciseaux, il suffit de : \u2026 din, tout en suivant les lignes ponc- tirer le ruban.i \u201cele 0 E ; TRAITÉS DE PAIX CÉLÈBRES Se a) bi Cas J ve, [out le monde sait que les guerres en- re le Canada et ses possessions des Indes.b \"ff peuples sont terminées par des Trai- Vingt ans plus tard par un nouveau trai- E de paix, quel les parties signataires té signé à Paris, l\u2019Angleterre reconnais- ; nment à honneur de respeicter.sait 1\u2019 indépendance des Etats-Unis.i 1 n\u2019est guère, dans l\u2019histaire, d\u2019exem- Traité de Paris du 30 mai 1814 après la i **W de ces traités solenmels qui aient été première capitulation de Paris, c\u2019est peu A lés.Il a fallu venir en 1914 pour voir aprés cette capitulation que: Napoléon ler Jlemagne mépriser et violer un traité abdiqua et se retira à l\u2019île d\u2019Elbe.portant, en le traitant de simple chif- Traité de Paris du 20 novembre 1815 1 de papier, pour envahir la Belgique, après la deuxième capitulation: de Paris.i ys dont elle avait, par tnaité, garanti Traité de Paris du 30 mars 1856 qui mit, hi Pitégrité du territoire.fin a la guerre de Crimée.C\u2019est ce traité Hi Jes traités portent dans l\u2019histoire le qui a interdit le passage des vaisseaux de bi jn de la ville dans laquelle ils ont été guerre de la mer Méditerranée dans la E.de Pnés., mer Noire et c\u2019est comme conséquence de i : Paris, la capitale de la France, a été le ce traité que les Tures ont puissamment fii: jge d\u2019un grand nombre de conférences fortifié les Dardannelles et le Bosphore.i gtoriques internationales qui ont abouti Quoiqu\u2019un grand nombre de traités i ÿa signature de traités importants.aient été signés à Paris, il y en eut de ;, MParmi ces nombrewx traités, voici les très importants signés dans d\u2019autres vil- 18 fs importants : les.ji \u201c MTraité de Paris, signé le 4 décembre Parmi les plus importants on doit ci- Ki \u2026 PI entre la France et l\u2019Angleterre.Par ter : | bi \u201cM traité.St-Louis, roi de France, cédait Le traité de Francfort en 1871 qui mit Fr \u201c Menri I, roi d\u2019Angleterre certains de fin à la guerre entre la Prusse et la Fran- hi \u201cI domaines et Henri ITI renoncait a tou- ce.C'est par ce traité que 1\u2019Allemagne ar- ;.\u201cff; autres prétentions sur la France.racha à la France les deux provinces.: a West l\u2019interprétation de ce traité qui dé- L'Alsace et la Lorraine.\u201d bi laîna la guerre de cent ans.Sept ans plus tard, en 1878, le traité de a \"Traité de Paris du 10 février 1763 entre San-Stefano mettait fin à la guerre russo- A France, l\u2019Angleterre et l\u2019Espagne.turque.fg lest ce traité qui accorda à l\u2019Angleter- La conférence réunie en 1906 à Algé- \u2014 129 \u2014 anole ane jini aiai van NCR AIS IER A aaa a Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 191] siras, petite ville située sur la baie de Gibraltar, au sud de 1\u2019Espagne, mit fin aux diffieultés que l'Allemagne suscitait au Maroc contre l\u2019occupation: française.Quant au traité qui mit fin à la guerre entre la Turquie d\u2019un côté, la Grèce, la Bulgarie, la Serbie et le Monténégro de l\u2019autre côté, 11 a été signé par les ambassadeurs extraondimæires de ces puissances il n\u2019y a pas 4 ans encore à Londres dans le palais St-Jacques.(St-James Palace.) La première guerre anglaise avec la Chine s\u2019est terminée par le traité de Nam- Kin, en 1842.Par ce traïté l'Angleterre obtenait en plus d\u2019une indemnité pécuniaire, l\u2019îÎle de Hong-Kong et la Liberté du commerce dans cinq ports.Le célëbre traité de, Tilsit signé entre Napoléon Ier et l\u2019empereur de Russie le 8 juillet 1807, avait été préparé dans une entrevue des deux empereurs qui eut lieu te 25 juin, précédent sur un immense radeau \u2018construit et fixé au milieu idu fleuve Le \u201cNiemien, \u201d Par ce traité la France obtenait la moitié du royaume de Prusse.Mais malgré l\u2019importance dei ces traités combien leurs conséquences paraîtront petites auprès des conséqeunces qui résulteront du prochain traité, celui qui mettra fin à l\u2019horrible guerre actuelle en anéantissant la puissance militaire germanique.ee 9 A Cuba, une famille qui perd un de ses memibres \u2018tient les fenêtres de son appartement fermées et voilées pendant six mois.On détruit tous les habits du mort et avant d\u2019enterrer le cercueil on le détériore complètement.Toutes ces précautions sont prises afin que rien ne puisse tenter les voleurs qui souvent fouillent les tombes.\u2014 130 VENGEANCE D\u2019INDIENNE Une riche Péruvienne avait pour dam de compagnie une ieune fille d\u2019origine in dienne.Malgré que le père de cette den nière fut lui-même issu de métis d\u2019Indie} et de blanc, et que sa mere fit une pur] Française, l\u2019atavisme n\u2019avait pas aba donné ses droits farouches.Un jour, la riche Péruvienne trés® emf portée de caractère, gifla la jeune fillg à | / pm publiquement, dans son salon, à la suit; d\u2019une maladresse insignifiante.La victime jura de se venger, et void comment elle s\u2019y prit.| Un jour qu\u2019elle se promenait avec cell, qui l\u2019avait outragée, sur le bord \u2018d\u2019une ri vière au courant effroyablement rapide#ÿ elle s\u2019arrangea de manière à provoque, une discussion.: Juste au moment où les éclats de voi avaient attiré des spectateurs, mais suffi samment éloignés pour qu\u2019ils ne vissen pas le détail de la scène, elle profita d\u2019ur geste de la main de sa maîtresse pou 5 / , 7er choir en arrière, et tomber dans la rivièrd - qui emporta son corps et le secret de si ! vengeance.| Arrêtée, la Péruvienne eut beau protest- .> .ter de son innocence, mais les témoins de la scène et ceux de l\u2019histoire de la gif donnèrent aux juges la conviction de sf.culpabilité, avec circonstances atténuan tes.| La vérité ne fut connue que par la di vulgation, par le fiancé de la disparue\u2019 d\u2019une lettre qu\u2019il reçut au Japon où 1 voyageait alors, lettre dans laquelle I; Jeune fille lui demandait pardon de faire passer sa haine avant son amour.Tout de même.\u2014 a ) | Ur ll \u201cRx F voi, 9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ÆCHos : DU (dnicert & 70/9 éey \u2014 UN HEROS \u2014 C\u2019est l\u2019abbé Henri San- nié.Blessé, décoré de la Croix de guerre, promu lieutenant, il fut fait chevalier de la Légion d\u2019hon- leur avec la citation magnifique que voici: \u201cBlessé le 7 septembre 1914.Officier de premier ordre.S\u2019est vaillamment porté à l\u2019assaut le 26 septembre 1915, en entraînant sa section sous un feu des plus violents.À pris le commandement de la compagnie à la mort de son capitaine a continué la poussée en avant jusqu'aux fils de fer ennemis, donnant le plus bel exemple de vigueur physique et morale et du courage le plus complet.Déjà cité à l\u2019ordre du corps d\u2019armée\u201d.De plus, il fut promu capitaine.L'heure du grand sacrifice n\u2019allait pas tarder de sonner pour lui.Le dimanche 31 octobre, vers cinq heures du matin, les Allemands s\u2019avancèrent vers les tranchées françaises et les envahirent.L\u2019abbé Sannié voit le danger.Avec trois hommes, il place des sacs de terre dans le boyau par lequel les enne- \u2018mis s\u2019avancent ; puis, seul, avec son ordonnance qui lui passe les fusils chargés, il tire, tire, jusqu\u2019à la dernière cartouche ; on lui passe ensuite des grenades et il continue à arrêter l\u2019ennemi.Enfin, une balle l\u2019atteint en pleine tempe, et il tombe vraiment sur la brèche.Plus de trente Allemands étaient le prix de sa mort! Il avait sauvé sa compagnie qui, grâce à son héroïsme, eut le temps de se former et de reprendre les tranchées conquises.o-\u2014\u2014 LA FLANDRE EST POUR EUX UN TOMBEAU Un soldat allemand qui s\u2019est battu près de Hooghe, raconte des choses effroyables et dit qu\u2019il préfère déserter plutôt que de retourner jamais dans cet enfer.\u2014J\u2019en ai assez, dit-il, de ces combats terribles toujours sur le même terrain.Près de Hooghe, de Zandvoorden, de la colline 60, nous passions sur les morts \u2014 181 \u2014 celiac aide (hiatal Vol.9, No 9 pour attaquer.Je me suis endormi épuisé dans une tranchée et, quand je me suis réveillé, j'ai constaté que le cadavre d\u2019un camarade m\u2019avait servi d'oreiller.J\u2019ai vu en avril encore des cadavres d'hommes tombés en octobre.Les morts ne peuvent dormir en paix: à chaque instant, en effet, des explosions de mines les mettent à jour, à moitié pourris déjà.Encore un hiver là-dedans?Jamais.J\u2019en ai assez de rester avec de l\u2019eau jusqu\u2019à la poitrine, attendant la balle ou l\u2019éclat d\u2019obus.Plus d\u2019attaques, sans que nous ayons des mitrailleuses dans le dos, prêtes à tirer sur nous si nous fléchissons.Plutôt la fuite que de risquer là-bas la balle de browning d\u2019un officier.O + _ REVES AUSTRO-BOCHES La librairie berlinoise Put- kammer et Muchbrecht publie une brochure de M.Trietsch, intitulée \u201cLe Monde après la Guerre\u201d: çÇ L\u2019Autriche .annexe la majeure partie de la Serbie; la Belgique devient allemande, sauf quelques parcelles abandonnées à la Hollande et au grand-ruché de Luxembourg; la France ne perd rien moins que l\u2019ensemble de sa garniture de places fortes; la Russie se voit enlever la Finlande, les provinces baltiques, la Bessarabie, la Pologne, la Crimée et une partie du Caucase; l\u2019Angleterre ses possessions dans la Méditerranée, 'Egvpte et la plupart de ses colonies.Et dire que ce boche épileptique résume Popinion d\u2019un grand nombre de ses compatriotes qui croient encore dur comme fer a leur succes final! La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 \\ L'OBUS DE \u201c75\u201d C\u2019est un petit bonhomme tout habillé de gris, qui a du culot.Grâce à cela, il fait son chemin dans la vie.Il sait en effet, que, pour réussir en ce bas monde, il faut se lancer, et il se lance.Il ne connaît.pas d\u2019obstacle : il va droit au but.Boum! voila!.Le tout, c\u2019est de percer, de faire son trou.Aussi il faut voir comment il est reçu: la terre se soulève sur son passage, les arbres se courbent, les murailles tombent, les Boches se jettent à plat ventre.Il vous entre dans un salon comme, dans une écurie\u2014en sifflant!\u2014 Il y a là tout Het nu Voi.9, No 9 @ un état-major prussien en train de ripailler.\\ fond, dégringole sur la table, met les Tant mieux il crève le pla- pieds dans le plat.\u201cBon appétit, messieurs.L'\u2019éclat c\u2019est moi.\u201d Une seconde apres, il ne reste plus personne; tout est nettoyé, Walayé, même les miettes du festin.Puis, satisfait de voir que chacun est bien pénétré de sa force, il s\u2019en va rendre visite à d\u2019autres Boches.Il a le chractère un peu brutal et c\u2019est cesqui prouve que la musique n\u2019adoucit pas toujours les moeurs car il est musicien; il a même un talent spécial pour bien faire danser tous ceux qu\u2019il rencontre.Il chante tout le long de son voyage mais malheureusement pour ceux qu\u2019il va voir, il détonne en arrivant; il casse les oreilles des gens et très souvent la tête avec.| C\u2019est un original qui fait beaucoup de bruit et défait beaucoup de mâles.\u2014 0 \u2014 POUR NOURRIR LES ARMEES ANS les armées serbe et .suisse, le fromage remplace pour une grande part la ra- {tion quotidienne de viande.# Sous un volume relative- #\u201d ment restreint le fromage sonstitue un aliment très nourrissant, mais aussi très hygiénique.Le docteur Burri affirme que par les hydrocarbures et les bactéries d\u2019acide lactique qu\u2019on y trouve, les fromages combattent les maladies intestinales, en général, et la dysenterie en particulier.\u2014 \u2014 La Revue Populaire 133 Montréal, Septembre 1916 TEN FAIS PAS!.Les troupiers francais ont une locution spéciale pour exprimer la tranquillité d\u2019esprit qu\u2019ils doivent conserver et la bonne humeur qui ne doit jamais leur faire défaut.Ils disent alors \u201cT\u2019en fais pas!\u201d ce qui signifie : \u201cNe te fais pas d\u2019idées noires, ne te laisse pas aller au découragement.\u201d Ceci dit, lisez la charmante anecdote ci-après, puisée dans les Annales Africaines: | Un poilu vient nous voir, il y a peu de temps.Il était frais et rose et fredonnait d\u2019allégresse.Nous étions, tant soit peu étonnés, nous attendant à trouver un front angoissé, des allures attristées, une misanthropie magistrales.\u2018 Notre poilu nous expliqua : \u2014Tu comprends, j'ai pris mon parti de tout, de la vie, de son mystère.J\u2019ai une maxime: \u201cT\u2019en fais pas!\u201d Et je m\u2019en fais peu comme tu le vois.\u201cAinsi, lorsque tu passes le Conseil de révision, y a deux alternatives: ou tu es pris ou tu n\u2019es pas pris.Si tu n\u2019es pas pris, ça va bien.Si tu es pris, t\u2019en fais pas.car y a deux alternatives, tu pars au front, ou tu ne pars pas.Si tu ne pars pas, ça va bien.Si tu pars, t\u2019en fais pas\u2026.car y a deux alternatives, tu te fais \u201cesquinter\u201d par une marmite, ou tu ne reçois rien.Si tu ne reçois rien, ça va bien.Si tu te fais esquinter, t\u2019en fais pas.car y a deux alternatives, tu es tué, ou tu es blessé.Si tu es tué, ça va bien.Si tu es blessé, t\u2019en fais pas.car y a deux alternatives.\u201d | Et l\u2019histoire peut continuer.Mais, vous voulez bien.la suite & demain! si \u2014 0 a f i i H H.Rt Ni i Bl IH 8 H] ki i H ce neftaca athens todo ilies acetate FO Vol.9, No 9 RETOUR INATTENDU Les romanciers ou les dramaturges n\u2019auront plus besoin de se creuser imagination pour trouver des thémes de drames ou de romans.Apres la guerre, ils r\u2019auront qu\u2019à glaner dans les récits des épisodes tragiques dont fourmillera cette lutte gigantesque.Ceiui qui suit est particulièrement émouvant : Lors d\u2019un des premiers combats de la guerre, un groupe de brancardiers découvraient sur le champ de bataille un bras auquel restait attachée la plaque d\u2019identité.Ils apprirent par cette plaque qu\u2019un Breton était tombé au champ d\u2019honneur.Si le reste de son corps avait disparu, c\u2019était, à n\u2019en pas douter, qu\u2019il avait été complètement réduit en miettes par l\u2019obus qui avait coupé le bras.Par la voie officielle, la femme de l\u2019infortuné combattant, qui habite une commune voisine de Vannes, fut informée du malheur qui venait de la frapper.Elle prit le deuil, et, comme il convenait, fit célébrer un service funèbre à la mémoire du disparu auquel toute la commune assista.La veuve se consola cependant, et récemment elle se remariait.Or voilà que l\u2019autre jour, un convoi de grands blessés ramenait au pays le premier mari.Il avait tout simplement perdu son bras dans la bataille, et, recueilli par l'ennemi, il avait été emmené prisonnier en Allemagne.Comment se dénouera cette douloureuse aventure?DESIRE IE La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 L\u2019ARMEE SUISSE En raison de la petitesse relative du territoire suisse, une mobilisation des troupes de la Confédération est pour ainsi dire inutile.En effet, 100,000 hommes peuvent rejoindre leur poste en vingt- quatre heures; 250,000 en quarante-huit heures et 500,000 en une semaine.Chaque homme de troupe suisse, de même que chaque officier, garde continuellement son fusil et son équipement militaire à son domicile, ce qui évite encore une perte de temps.\u2014 0 L\u2019OPINION D'UN ESPAGNOL Un journaliste espagnol, MA.Palacio-Valdès, qui a visité le front français, résume ainsi ses impressions dans le journal El Imparcial de Madrid : De même que le premier marin du monde est l\u2019Anglais, le meilleur soldat est le Français.Il ne faut pas s\u2019en étonner.Cent ans à peine le séparent de ceux qui \u2018sortirent vainqueurs de toute l\u2019Europe.En cent ans, les traces de l\u2019hérédité ne s\u2019effacent pas.\u201cOù le père a passé, passera bien l\u2019enfant\u201d, a dit Musset.Nous ne parlons pas du courage: tous le possèdent également.Mais il est d\u2019autres qualités d\u2019importance capitale pour le soldat: l\u2019astuce, la gaîté, l\u2019habileté manuelle, l\u2019improvisation.Dans toutes celles-là, depuis le temps de Jules César, la race des Gaulois s\u2019est toujours distinguée.\u2014 a vol.9, No 9 La Mevue Populaire Montréal, Septembre 1916 ILS ACHEVENT LES BLESSES l\u2019un avait eu la malheureuse idée de se I | RUSSES relever.Des quantités de balles sifflaient Ë ne I \u2014_\u2014 a mes oreilles.Comment ai-je pu m\u2019en ti- E \"iy L y à déjà pas mal de rer?Dieu seul le sait.\u201d E TE temps les journaux En voyant les procédés barbares des AI- É ti français ont annoncé que Mands nos infirmiers usèrent d\u2019un strata- i l\u2019empereur Guillaume ème.| © avait passé un ordre se- Comme le sol était encore recouvert de E a 4 cret a l\u2019état-major pour neige ils s\u2019enveloppèrent d\u2019un drap et se E = > prescrire que, seuls, les mirent à ramper jusqu\u2019aux blessés.Ils A isoldats ennemis non blessés devaient être parvinrent avec difficulté jusqu\u2018au lieu li » ifffaits prisonniers, tous les blessés devant du dernier combat et prudemment com- | wl lêtre achevés sur place.mencèrent à enlever les blessés.; wf On crut 3 un malentendu, & une erreur Mais les allemands veillaient.Ils ne i +.de transmission; mais les récits des offi- distinguérent plus les infirmiers, mais ils : tiers russes blessés, évacués à Pétrograd voyaient pourtant que les corps remuaient A eonfirment pleinement la nouvelle en à terre.et de nouveau les balles sifflèrent.E | question.Les blessés sont achevés, et de Quelques infirmiers payèrent de leur vie H la façon la plus barbare.leur courage initiative, mais la plupart gi 1 \u201cJ\u2019al pu m\u2019en rendre compte par moi- d\u2019entre eux furent blessés.| | même, nous a dit officier K.Au cours Bref, la Croix-Rouge dut attendre la | d\u2019un violent combat sur le front allemand, tombée de la nuit pour porter secours I + une balle perdue m\u2019atteignit au pied et le aux soldats blessés, et méme alors les Rus- fi ' choc me projeta à terre.La blessure était ses furent génés dans leur travail par le E l légère, mais je ne pus cependant pas me feu des projecteurs allemands.Dès que Hi | relever, de sorte que je fus obligé d\u2019atten- ceux-ci croyaient voir un rassemblement, E, dre le secours des infirmiers.A quelques aussitôt ils tiraient.Ei AM pas de moi gisaient deux soldats de mon ; uf régiment qui se plaignaient doucement.\u2014 0 \u2014 ll \"Ils avaient été blessés par des shrapnells.i ri.Peu à peu la bataille diminua d\u2019intensité HUMOUR BOCHE ; +! lj et au loin on aperçut la silhouette des in- F + Jl firmiers.C\u2019est à ce moment que je me Une agréable anecdote ; « ÿi rendis compte de ma situation dans toute circule en Allemagne.Elle Eb i son horreur.prouve que le kronprinz f biol Les Allemands, en apercevant les infir- n\u2019est pas aussi populaire \u2019 miers, dirigèrent sur eux le feu meur- qu\u2019on le dit, et que les Bo- fA trier de leurs mitrailleuses, ce qui obligea ches ne sont pas aussi bétes qu\u2019on le croit.E.le corps sanitaire à battre en retraite.Et La scène se passe au conseil de révision ; dès qu\u2019un blessé bougeait tant soit peu.pour la réforme, à Frarufort-sur-le-Mein.: immédiatement il était visé par les m- \u2014 Monsieur le médecin, dit un premier : trailleuses.Sous mes yeux furent tués client, j'ai un bras qui a été cassé et qui A mes deux voisins, les soldats blessés dont est plus court que l\u2019autre.Ro \u2014 135 \u2014 E J > > F 3 , +6 a ; j b yi + \u201cA Le Vol, 9, No 9 + \u2014Ca n\u2019a aucune importance.S.M.le Kaiser a bien un bras plus long que l\u2019autre et ça ne le gêne pas pour faire la guerre à toute l\u2019Europe.Bon pour le service armé.Un deuxième assujetti se présente.\u2014Je suis, dit-il, perclus de rhumatismes.\u2014Tant mieux.Le maréchal von Hindenburg, lui aussi, est tordu de rhumatismes et il a conquis la Pologne.Il nous faut beaucoup d\u2019hommes comme ca.Bon pour le service armé.Arrive un pauvre être n\u2019offrant aucune apparence humaine et que traînent deux gendarmes.\u2014C\u2019est un idiot de naissance, explique un gendarme.Nous l\u2019avons amené tout de même.\u2014Mais comment donc!.Est-ce que S.A.le kronprinz n\u2019est pas devenu général! Bon pour le service armé.-_\u2014 0 \u2014 FANTASIA SANGLANTE Un jour, un groupe de goumiers (cavaliers ara- partis en reconnaissance sur la route de S., aper- cut dans un petit bois un peloton de trente uhlans que commandait un ober- leutnant.Sans se laisser intimider par la supériorité numérique de leurs adversaires, les valeureux spahis algériens s\u2019élancèrent bride abattue contre eux.Debout sur leurs étriers, faisant tournoyer au-dessus de leurs têtes leurs courtes carabines, déchirant l\u2019air de leurs cris stridents, ils arrivèrent comme un oura- \u2014 136 La Revue Populaire bes)\u2014 ils étaient huit \u2014 Montréal, Septembre 1916 gan.On eut dit que, tels des tourbillons ce sable, l\u2019ardent simoun les soulevait.À la vue de ces guerriers magnifiques et dont l\u2019indomptable furia ne leur était ( pas inconnue, les cavaliers boches, pris de terreur, firent demi-tour.Mais les gou- miers ne leur laissèrent pas le temps de s\u2019enfuir: ils les sabrèrent tous sans pitié; aucun n\u2019en réchappa, pas même l\u2019oberleut- nant, qui n\u2018était autre que le neveu du tristement illustre von Bulow.O LES PROCEDES DES BANDITS \u2014_\u2014_\u2014 Les barbares allemands viennent d\u2019inventer un nouveau procédé dans le genre de ceux qu\u2019ils ont l\u2019habitude d\u2019employer, et qui est utilisé dans une large mesure par l\u2019artillerie allemande.Un des fondés de pouvoir de la Croix- Rouge a apporté ces temps derniers , de Pétrograd, un morceau d\u2019une matière inflammable dont sont bourrés les obus allemands: c\u2019est une espèce de mastic de couleur jaune coulé en forme de balles de shrapnells et qui colle et s\u2019enflamme à tout ce qu\u2019il rencontre sur son passage, mettant le feu même au bois vert.Des obus garnis d\u2019une telle matière ont été lancés sur nos troupes, dans le rayon de Bug; les hommes qui en ont été atteints ont souffert d\u2019épouvantables brûlures, le plus souvent mortelles.Quand on lit des horreurs pareilles, on se demande comment les boches prétendent être les gens les plus civilisés du monde.\u2014 +f pa ne = pl print grès pis \u20ac en le TE i Tat =] te \u201cdin A t IS ( sat \u201cnt Hx | Pr Tent bf J \"ht bi +; = Vol.9, No 9 ORGUEIL ET SOTTISE BOCHES Un inspecteur prussien, entré dans une classe où l\u2019on professait l\u2019Anglais, pria le maître de faire lire du Dickens.Le professeur, sans sourciller, mit en avant trois jeunes élèves natifs de Londres qui, naturellement, lurent avec le plus grand brio les quelques pages de l\u2019auteur choisi.Or, à peine la lecture était- elle terminée que le Herr Inspector s\u2019ex- xclamait : | \u2014Prononciation affreuse! comment to- | lérez-vous, Monsieur, qu\u2019on ânone à ce point !.\u2014Oh! répondit le professeur en riant sous cape, j'oubliais de vous dire : ces trois ÿ élèves sont de purs anglais.| \u2014 Qu'est-ce que cela peut me faire, ré- | torqua le Prussien, qu\u2019ils prononcent chez eux leur langue comme ils voudront, mais | je n\u2019admets pas qu\u2019ils l\u2019articulent autrement que ne l\u2019enseigne l\u2019Université de | Berlin.| \u2014_\u2014 0 LES BELGES SE PAIENT LA TETE DES BOCHES Les Belges dont qu\u2019une con-_ Af=07 ES solation : c\u2019est de C\u201d rire des mésaventures qui arrivent aux Allemands ou des farces qu\u2019ils peuvent leur jouer.\u2014 La Revue Populaire Montréal, Séptembre 1916 Il y a quelque temps à Gand, des Allemands pavoisèrent pour la prétendue prise du fort de Vaux.Deux jours plus tard, on savait que la nouvelle était fausse et, le lendemain, la ville se couvrait d\u2019affiches disant : \u201cQuarante mille cochons n\u2019ont pas pu avoir raison d\u2019un veau!\u201d Les Allemands sont tellement habitués à ce que les Belges les désignent sous cette appellation peu flat&use, que cela leur vaut aussi des bévues.Une femme de Gand avait écrit à une de ses amies: \u201cMon cochon est mort.J\u2019ai dû l\u2019enterrer dans mon jardin\u201d.L'autorité allemande ouvrit la lettre et, voyant cela, crut qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un crime.On envahit la maison de la pauvre femme et on déterra le cochon, pour être bien sûr que ce n\u2019était pas un soldat allemand.\u2014\u2014\u2014 60 \u2014\u2014\u2014 LA GRANDE FABRIQUE BOCHE DE CANONS \u201c Lorsqu\u2019en 1848, Alfred Krupp, devint eed propriétaire de l\u2019usine d\u2019Essen, il n\u2019employait que soixante-dix ouvriers.Au commencement de la guerre, les usines occupaient 70,000 hommes et 200,- 000 habitants en dépendaient, 30,000 personnes sont logées dans les différentes colonies Krupp.Le total des salaires, en temps ordinaire, atteint 50,000,000 de dollars par an et la valeur du stock est estimée a $60 millions.: Les usines et la plus grande partie de la ville sont baties sur des mines de char- hon.La ville d\u2019Essen était très petite 137 rd ie SDS Ta 0 pere er Pr Pda ai EMEA Void.9, No 9 avant l\u2019année 1861, époque où À.Krupp fit bâtir des maisons à deux étages pour ses ouvriers.On construisit tour à tour des restaurants, une librairie, une salle de lecture, un théâtre, des salles de réunions.Il existe pour les pauvres des fondations nombreuses qui leur permettent de vivre à bon marché, et on a créé des maisons spéciales pour les ouvriers infirmes et âgés, des maisons d\u2019apprentissage pour les jeunes gens, un hôpital modèle.En somme, la ville où l\u2019on prépara la guerre et la destruction est peut-être celle où se fit le plus grand étalage de philanthropie.Oo \u2014\u2014 LES OPERATIONS CHIRURGICALES N a parlé, en différentes circonstances, d\u2019opérations faites sans éther ou sans chloroforme dans les ambulances allemandes.Cela, parce que les médecins en manquaient.On a dit aussi que l\u2019ennerai s\u2019efforce de substituer l\u2019emploi de l\u2019électricité aux anesthésiants ordinaires.Rappelons à cet égard que le sommeil électrique, que M.Stéphane Leduc signala le premier à l\u2019attention du monde scientifique, est un état analogue au sommeil chloroformique.Le sujet couché, reste sans mouvement volontaire, insensible aux excitations même les plus douloureuses.Il est maintenu dans cet état pendant toute la durée du courant électrique.Dès que celui-ci cesse, il y a réveil instantané, sans la moindre douleur.* VEINE CPE EP POP PCR La Revue Populaire \u2014 138 Montréal, Septembre 1916 UN PETIT FAIT QUI EN DIT LONG On a remarqué un petit fait qui n\u2019est pas sans éloquence, au sujet de l\u2019état d\u2019esprit de Guillaume II et de son entourage.Au commencement des hostilités, les annonces mortuaires consacrées aux victimes de la guerre portaient cebte phrase consacrée : \u201cTombé pour l\u2019empereur et pour la Patrie.\u201d Or, depuis quelque temps, on se borne tout simplement à écrire ces mots: \u2018\u201c\u2019Tombé pour la Patrie\u201d.Pourquoi le kaiser s\u2019est-il prudemment effacé il n\u2019est pas besoin d\u2019être grand psychologue pour le deviner, quand on pense que la guerre a déjà coûté à la terre allemande plusieurs millions de ses fils.On comprend que le souverain qui portera dans l\u2019histoire la responsabilité de cette monstrueuse hécatombe ne tienne plus à en revendiquer le poids trop lourd.Les soldats allemands qui se font tuer sur les deux fronts ne tombent plus que pour un décevant mirage qui ne leur donnera pas la victoire.Et cela en dit long sur l\u2019état moral actuel des maîtres de l\u2019Allemagne.Oo \u2014\u2014- La mouche à lanterne dé Surinam, dans l\u2019Amérique du Sud, à deux paires d\u2019yeux qui lui permettent de voir dans toutes les directions.La vue de ces mouches à lan terne rappelle la vue de nos mouches à feu, mais 1\u2019éclat de leur lumière est bien plus vif.\u2014 @Voil.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 Hk A x} | Conservez cette liste de Livres et rk X \u2019 .5: Romans de Choix : % | ) 1 | OU L\u2019ON PEUT PUISER AU HASARD SANS RISQUER DE eu METTRE LA MAIN SUR UNE OEUVRE FADE OU | E 4 MALSAINE.DEMANDEZ-NOUS LES LIVRES | | st QUE VOUS DESIREZ ET NOUS VOUS LES i i is PROCURERONS.hi , « * hi - Titres Prix, 44c franco Auteurs Titres Prix, 44c franco Auteurs ; hi \"lil Le crâne de mon oncle .Paul \"Combes Aux vieux pays .RAA Pierre Gourdon E oi | La légende de Moïna .Pierre Mael Les aventures de Télémaque .Fénélon ; il La lande aux loups .Pierre Mael Le bonheur de Simone _ .Georges Beaume ; 5 on Damaris l\u2019Athénienne .H.Guertin La caravane de la mort .Karl May } gi .L\u2019Te envahie _ .Georges de Lys Ceux qui espdrent .Jules Imbert ; ° Heureux avril .Georges Beaume Chasseurs d\u2019épave ._.Georges Price ; i La destinée .Marguerite Levray Le chateau de la vieillesse .Guy Chantepleure 3 fi rw] Cremor aux mains rouges.Henri de Brisay La citoyenne Bonaparte .Imbert de St-Amand i Cadette de Gascogne _.Champol Collier dor .Daniel Laumonier 4 i or L\u2019Idylle dans la ville rouge .Jean Drault Le compagnon du Dauphin .Simon Boubée E D Anne-Marie la Providence .Daniel Laumônier Les compagnons de l\u2019altiance .Jean Guétary i x be Le ballon fantôme .\u2026.Jacques des Gachous Les conguéramts de l\u2019air .Georges de Lys | gi gb La dette et Potage .J.Edhor Les contes de P'épée .Henri de Brisay } & wird La prisonnière de la Sierra .P.Luguet La cour de Louis XIV .Imbert de St Amand g ; \" Contes Arabes .RAA Galland La cour de Louis XV .Imbert de St Amand fi _ | Le secret de l\u2019Indien .Léon Berthaut La défense de Paris .Jules Mazé ;j ; br | Contes du pays basque .Antonio de Trueba La demoiselle blanche .Charles Foley | 5 fl | L\u2019anmeau fatal _.Charles Foley Les derniers coups de feu .\u2026.Jules Foley i i ik Les audiences joyeuses .Jean Drault Les deux Antoinette .Ernest Daudet | J | ¢ d sv \u2014 AUSSI \u2014 È dn | .|, .\u2019 Ë @ Le membre, roman de moeurs politiques, Graindesel, 55c franco | , \u2026 ÿ Ce que disait la flamme, Hector Bernier.80e franco k Chroniques, joli volume, Léon Lorrain .28c franco fi Lies épis, Pamphile Lemay .81c franco | È | La famille et le mariage chrétien, Mgr Pascal .\u2026.od(e franco 1» I Les langues et les nationalités au Canada.Un Sauvage 29¢ franco fi 1 ¥ R | gE inf 9 jy LANGE VIN & L\u2019ARCHEVE QUE [ J ; \u201cà wl Libraires-Imprimeurs B +] Tel.Main 1948 8 et 10 rue St-Jacques, Montréal.| bl = ] Es ~\u2014~\u2014\u2014 ~ A er) \u2014 138 \u2014 Vol.3, No 9 L\u2019HUMOUR CHEZ LES POILUS \u2014_\u2014\u2014\u2014 Ws nN 7 , dun jeune bataillon de 5 chasseurs) \u2014 Nous trouvons dans ce journal du front un \u201cprogramme du théâtre des hostilités\u201d qui ) lénote chez ses auteurs une leur courage : \u2018 Programme: Ouverture de Van Tre- boche; la Mitrailleuse, vaudeville; les Tranchées (reprise).Tableau final; l\u2019Assaut, avec Sidi Brahim, chantée par toute la troupe.On trouve des cartes au service géographique.La censure interdit de faire connaître à quelle heure les coups seront frappés.i Marmit\u2019s City: Attractions variées de jour et de nuit; villages sioux; chasse aux hyènes; tir; présentation des chevaux de frise; travaux sur fil de fer; balles à grand orchestre (les masques sont admis), fusées et projections lumineuses.Service spécial d\u2019aut\u2019obus.La direction nous charge de remercier les grands quotidiens qui publient chaque jour, en première page, le compte-rendu de la représentation de la veille.Après le spectacle: Souper au singe.RRR La Revue Populaire Le 120 court (revue.verve aussi endiablée que Montréal, Septembre 1916 | LA BONNE NOUVELLE j Un soldat qui combat en Argon- 4) ne a recu une bonne nouvelle quel lui adresse un notaire de son village.Ce brave, qui est petit fermier de sonÿ état, hérite de 200,000 francs (40,000 dol- / lars) que lui légua, en mourant, un vieux militaire installé dans la bourgade de puis plus de vingt ans.| \u201cEtant sans famille, écrivit l\u2019ancie dans son testament, je fais mon hérier le petit Paul V ., fermier en ce pays.Je lui suis reconnaissant, en effet d\u2019avoir eu patience, depuis bien des années, d\u2019écou TR ter sans sourciller et en ayant l\u2019air de sf intéresser, le récit que je lui fis toujouri0] de la bataille où j'eus le bras emporté er 1870.Je prie Dieu pour qu\u2019il lui conserve dl la vie en cette guerre, et je lui demanda 0) seulement, quand il sera revenu au villa ge de venir sur ma tombe à son tour m@)]! raconter ses glorieux combats.\u201d mL ET Des expents qui ont recherché la causglj} du dépérissement des arbres qui ornen les rues des grandes villes prétendent qu la cause principale qui tue les arbres, c sont les gaz d\u2019égoûts.Ces gaz attæquen les racines et alors l\u2019arbre périt rapid £ ment.I oy -\u2014_\u2014 0 \u2014 ja Boi.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ; dE A Chapellerie Moderne CHAPEAUXenFEUTRE DUR BET MOU .LES COULEURS LES PLUS spare \u2018\u2019RDERNIERES NOUVELLES [NOUVEAUTES \u201cYPOUR L\u2019AU- #ÉTOMNE.«-[rOUTES LES }FORMES ET §rOUTES LES \u2026 ÉNUANCES.GRANDE VARIETE DE CASQUETTES POUR BUREAU, VOYAGE 7 ET LA ; CAMPAGNE __ NE MANQUEZ PAS DE VENIR ss : Cu) VOIR NOTRE ASSORTIMENT zR FANG 4 Ne =, Panamas et Chapeaux dePaille «== ARMAND DOIN 76 RUE NOTRE-DAME EST MONTREAL (Vis-a-vis ie Palais de Justice) \u2014 141 \u2014 FE RITE tT PEI SES I LEN STII fd LETTRES PERSIL RER TRGET PFETET EE Vol.9, No 9 od La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 .\" Lord Kitchener of Ihartonm \u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 Les voix de l'Océan bercèrent son enfance, Sur les rochers d\u2019Erick, en lutte avec le flot.Issu du sang des preux, il en eut l\u2019endurance ; L\u2019honneur fut son drapeau, la bataille son lot.Sous sa première armure il combat pour la France Dont la brise des mers lui porte le sanglot.De son lourd destrier, harnaché d\u2019espérance, Le Nal, l\u2019Inde, le Cap entendent le galop.Quand la libre Angleterre eut besoin d\u2019une armée Pour défendre le faible et restaurer le Droit, Le vieuæ chef, se dressant sur son haut palefroi: \u201cIl le faut! Levez-vous! fils de la terre aimée! \u201cDéjà les Francs sont préts, brandissant la framée!\u201d Les barbares, alors, tressaillirent d\u2019effroi.Le tocsin s\u2019envola des cloches du beffroi.Et le glaive couvrit la justice alarmée! Vers l\u2019empire des tzars l\u2019appelle le Devoir.Il part! le regard clair, impatient de voir, Surgissant des glaciers, la radieuse aurore.L\u2019univers contempla, spectacle triomphant, Réumis sous les plis du drapeau tricolore, y La baleine portant secours à l\u2019éléphant! Le Destin réservait d\u2019illustres funérailles Au sirdar épargné par le feu des batailles.Auxæ flancs d\u2019un cuirassé fut forgé son cercueil! L'Océan, déchaînant sa clameur grandiose, Couvrit de son manteau royal, vivant linceul, Kitchener of Khartoum, dans une apothéose! LEON ETEVENON.SE I \u2014 142 \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014_ PE vol 9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 A ~~ Maison Fondée en 1852. fas (Recommandé par les Médecins) LE TRAITEMENT $3 1 [4 Pour avoir de plus amples explications, de- Oost .meilleur remade connu _~fnandez le livret illustré qui vous sera envoyé des @ ih ma def Pminines» 7 RIRATIS contre 4 cents pour frais postaux par ont erâce à ui S rietorieu, qu \u2018 : o .M.JULES LeROY, FABRICANT, sement combattu le AW ne 2 eau al, les déplace- i liroir Postal 2094, Montréal, Can.ments, inflammatio ns, oT \u2014 tumeurs, ulcéres, pério- + Si vous ne pouvez vous procurer les Tablettes des douloureuses, Po.ar 1eR0y chez votre pharmacien, écrivez au fabri.leurs dans la tête, >* Bpant.les reins ou les ai nes.- : : : Avec ce 7 Vos Sourcils et vos Cils sont-ils erveilleux f +48 aussi charmeurs que les miens?spécifique, § ou \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 lus de = LE CILOGENE épaissit, al- oonstipa- rg longe et embellit les cils et les tion, palpitations, alourdissements, bouffées $i sourcils.Suivez nos instrue- de chaleur, faiblesse nerveuse, besoin irraie a à tions très simples et ajoutez sonné de pleurer, brûlements d'estomac, maux BY 100 pour cent à votre beauté, de coeur, Retards, Pertes, etc.à votre charme et à votre Ne laissez pas vos malaises s\u2019aggraver.Veillez à grâce.Absolument inoffensif.votre santé surtout si vous vous préparez à devenir ad: Envoyé par la malle sur re.BERG Fils, Totour Ake est proche.Erocures vous i ception du prix (3 grandeurs) .j ce produit bienfaisant.Le traitement de 30 jours ne 35e, 50c et $1.00 vous coûtera qu\u2019un dollar.Sur réception de votre ue Le avoir SUFSATAMENE pour VOUS convainers de son \u2014 su al e i, efficacité.| M.JULES LeROY, FABRICANT, Ecrivez confidentiellement aujourd\u2019hui même à M, , \u2019 .real, an, A Hstributeur des Produits Jules LeRoy, Pharmacie Delisle, 3964c Notre-Dame Est, Montréal, Qué Téléphone Lasalle 1186.\u2014 147 \u2014 Vol.9, No 9 L'ECREVISSE L\u2019écrevisse est un animal très intéres- sant\u2014 comme tous les animaux du reste, ÿ compris même l\u2019homme\u2014mais il est plus original, plus amusant et meilleur que la plupart des hommes.D\u2019abord il a une structure très bizarre, que nos ancêtres imitaient dans les costumes complets qu\u2019ils se faisaient faire par les serruriers, pour devenir aussi braves et aussi invulnérables que le bouillant Achille.Ensuite il a la propriété de rougir comme une jeune fille, mais dans des circonstances très désagréables pour lui.Enfin il a donné lieu à une certaine quantité de dictons qui sont devenus des proverbes et à une légende qui a failli devenir de l\u2019histoire.D\u2019après cette légende, il paraîtrait que sans l\u2019arrivée à temps opportun de Cuvier au sein de la commission d\u2019académiciens qui travaillait au dictionnaire, la définition officielle de l\u2019écrevisse serait : petit poisson rouge qui marche à reculons.Mais l\u2019illustre naturaliste qui entrait en séance comme un de ses collègues relisait cette définition, crut de son devoir de dire: \u201c Mes chers confrères l\u2019écrevisse n\u2019est pas un poisson, elle n\u2019est point rouge et elle ne marche nullement à reculons.Sauf ces légères rectifications votre définition est parfaite.\u201d On rectifia et ce n\u2019est en réalité que depuis cette époque que l\u2019écrevisse n\u2019est plus accusée de marcher à reculons, malgré la réputation qu\u2019elle en avait de temps immémorial, puisque Cicéron qui ne dédai- La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 gna jamais les délassements de l\u2019esprit ni *.même le calembour qui en est la fiente, àg ce qu\u2019a prétendu Victor Hugo\u2014terminaitf un jour une lettre à un de ses amis par ces mots moins banals que nos éternelles \u201csalutations empressées: legendo metulas! imitabere cancros\u201d, c\u2019est-à-dire; lis metu Mile de 8 ans grandeur naturelle las à l\u2019envers, en imitant la marche des écrevisses, ce qui donne salutem.Malgré les décisions des naturalistes, malgré l\u2019évidence, il sera bien difficile à l\u2019écrevisse de se réhabiliter complètement de cette accusation première, d\u2019autant R que son nom est employé adjectivement cid \u2014 148 \u2014 La Revue Populaire Montréal, Septembre 191 6 N Mo OE O EI OI 0 - | \u2018 7 © PS NA D \u2019 i \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 [\u2014 : Q HABITS D'AUTOMNE NETTOYES A SEC Les vêtements d\u2019automne en étoffes de nuances légères, serge, soie, popeline, etc, se tachent facilement.Ils sont aussi facilement nettoyés et remis dans leur beauté de neuf par notre procédé.Nous ne faisons pas que de les nettoyer à fond mais nous les pressons également de fa- con parfaite.Nous vous les renvoyons sans rides ni faux plis et avec une coupe qui leur donne l'apparence du neuf.Notre tarif est faible et notre service rapide.Essayez-nous.DÉCHAUX FRÈRES Experts Nettoyeurs Francais TEL.BELL EST 51, 52 ET 301 S uceursales : 197 Ste-Catherine Est 710 Ste-Catherine Est ATELIER: 661 RUE MONTCALM.\u20ac \u2014 149 RRR N Nfairdaratacaialutic sion AN Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 19] avec permission de l\u2019académie, pour exprimer \u201cqui marche à reculons\u201d.Il est bien plus aisé d\u2019expliquer comment s\u2019est accréditée cette erreur ; cela vient d\u2019observations incomplètes car il n\u2019y a pas de fumée sans feu.L\u2019écrevisse ne marche pas à reculons, cela est rigoureusement exact, mais elle nage à reculons, se servant de sa queue comme d\u2019un appareil de propulsion qu\u2019elle ne pourrait pas utiliser autrement, puisqu\u2019en la refermant brusquement sous elle et en la rouvrant ensuite, cette queue fait l\u2019office d\u2019une rame puissante, qui imprime au corps un mouvement d\u2019avant en arrière.Dans cette circonstance seulement l\u2019écrevisse mérite sa réputation proverbiale, mais cette circonstance est une exception, car elle ne nage que quand elle fuit, et sans être absolument brave, elle ne fuit que lorsqu\u2019elle constate un danger.L\u2019écrevisse appartient à la classe des crustacés, animaux qui ont cela de particulier que leur charpente, leur squelette, est extérieure au lieu d\u2019être intérieure comme chez la plupart des autres animaux, et ne se compose ni d\u2019os, ni d\u2019arè- \u201c tes, mais d\u2019une enveloppe calcaire, dont ils peuvent changer comme de chemise, quoique moins souvent qu\u2019on ne le fait ordinairement dans l\u2019espèce humaine.dans les petits ruisseaux, et dont les C\u2019est même à cette carapace, admirablement articulée pour répondre à tous les besoins de leur vie, qu\u2019ils doivent leur nom de famille; car crustacé vient du latin crusta qui signifie croûte.Bien que l\u2019on range quelquefois, sous le nom d\u2019écrevisses de mer, les homards et les langoustes dans la famille des écrevisses, nous ne voulons nous occuper ici que des écrevisses vivant dans les rivières et dans les petits ruisseaux et dont le moeurs ne sont bien connues que depui # les patientes observations de M.Chau tran.Ÿ Il existe, au Canada, où elles abondenf§ dans toutes les rivières, plusieurs espèce pd d\u2019écrevisses : la commune qui est d\u2019un brur* verdâtre ; l\u2019écrevisse à pattes rouges, qubw ie passe pour la plus délicate, et l\u2019écreviss 0 à pattes bleues, c\u2019est la plus recherchée ef | la meilleure, c\u2019est celle qui, en France}: a une si grande réputation dans les res ni taurants à la mode, où elle est connud : sous le nom d\u2019écrevisse de la Meuse.Mais, sauf la dimension qui dépend sur tout de l\u2019âge des sujets, toutes ces varié tés se ressemblent de structure et de moeurs.Les naturalistes disent qu\u2019il est très E facile de distinguer une écrevisse mâlef : d\u2019avec une femelle.Oui, si on les examine à loisir, non, si on les voit dans l\u2019eau or pir même simplement marcher, toujours un = peu de côté, comme ce tragédien célèbre : qui, ayant un profil superbe, se présentait toujours de côté, jamais de face.Au premier aspect, les sujets des deux qi sexes.se ressemblent, et si on devait les distinguer par la barbe, comme dans l'\u2019es-#; pèce humaine, il faudrait renverser notre, fameux vers: A ant RY \u201cpre Du côté de la barbe est la toute puissance.a Car, c\u2019est précisément la femelle qui porte la barbe ; le male en a bien aussi un peu, mais beaucoup moins et seulement à l\u2019extrémité de la queue comme on le voit sur la figure ci-contre.La queue de la femelle est d\u2019ailleurs plus large, plus profonde que celle du mâle et c\u2019est tout naturel, puisque c\u2019est là qu\u2019elle portera ses oeufs et ses petits.' En revanche le mâle a la partie anté- \"a \u2014 150 \u2014 1.9, No 9 \u2014 La Revue Populaire Monmitréal, Septembre 1916 X, \u201cÉRATIS POUR LES HERNIEUZX à 5,000 MALADES PEUVENT FAIRE UN ESSAI GRATUIT DU PLAPAO i IL NY A PLUS BESOIN DE PORTER TOUTE LA VIE UN BANDAGE INUTILE \u201d +'ette offre généreuse est faite par l\u2019inventeur d\u2019une ua arveilleuse méthode opérant \u2018nuit et jour\u201d qui ré- #lit et fortifie des musc'es relâchés et ensuite sup- nfe tout-à-fait les bandages douloureux et la néces- - \u201ces y de dangereuses opérations.cr RIEN A PAYER .r @?our 5,000 malades qui écri- «I gt\u2014Mr.Stuart enverra une - géante suffisante: de Plapao 2m gis frais pour vous permettre Mn faire l\u2019essai.Vous ne payez \u201ctsa pour cet essai de Plapao Fons ou dans l\u2019avenir.AID { HIT] NE 2 114] | J I \u201c4 CESSEZ DE PORTER UN : BANDAGE A , LA SURFACE INTÉRIEURE EST FAITE ADHÉSIVE POUR \u201cA\u201d est une extrémité élargie du PLAPAO-PAD qui couvre les muscles atrophiés et affaiblis et les empé- che de se déplacer plus loin.\u201cB\u2019\u201d est un tampon convenablement fait pour Fermer l\u2019ouverture herniaire et empêcher la sakie des intestins.En même temps, ce tampon forme réservoir.Dans le réservoir est placé un mer- vei'leux remeére absorbant-astrin- gent, Dés que le remède est chauffé par la chaleur du corps, l devient soluble et s'échappe à \u2018ravers la petite ouverture marquée \u2018\u2018C\u2019\u201d et est absorbé par les pores de la peau pour fortifier les muiscles affaiblis et effectuer la fermeture de la hernie.\u201cF\u201d, est l\u2019extrémité du PLA- PAO-PAD qui s'applique sur \u201ces os RAIDE ET CEQUIL CONTIENT, C'EST LAPAR- ; oo dui, cessez, vous savez par vos MAINTENIR LE ÿS/MPoRTANTE: des hanches\u2014 partie du squelette propre expérience que c\u2019est ARR PRO FER, qui donne la solidité et le support - lement un pis-aller, un faux CE QUI TIENT LE néces:aires au PLAPAO-PAD.7 PLAPAO CONS- pu contre un mur tombant et > cela affaiblit votre santé par- QUÉ ET EMPÊCHE FAITES LA PREUVE / MES $+ que cela retarde la circulation LE COUSSIN D FRAIS sang.Pourquoi donc continue: GLISSER.:le porter?Voici cédé dont vous surer sans frais.un meilleur pouvez vous F/B EMPLOYE DANS UN DOUBLE BUT 0 D >omièrement: Le premier et plus important objet \u2019 Af: PLAPAO-PAD est de conserver toujours appliqué Tux muscles relâchés le remède appelé Plapao qui est \u2018&« nature contractive, et dont le but à l\u2019aide des in- A ixdients de \u2018a masse médicamenteuse est d\u2019augmen- - à la, circulation du sang afin de revivifier les muscles : \u2018les ramener à leur force et leur élasticité normales.& >rs, mais seulement alors vous pouvez attendre \u2018a ÿ «parition de la hernie.Jeuxiémement: Adhérant de lui-même dans le but mpêcher le tampon de glisser, c\u2019est une aide 3m- ÿ \u201ctante pour maintenir la hernie qui ne peut être rtenue par un bandage., Des centaines de gens, vieux et jeunes, ont affirmé | IS serment devant un officier qualifié que le PLA- O-PAD a guéri leurs hernies\u2014certains cas étant \u2026\u2026Ÿ 3 plus graves ou des plus anciens.1 ACTION CONTINUELLE NUIT ET JOUR Une condition frappante du traitement Plapao-Pad le tempa relativement court pour en obtenir des sultats.l\u2019est parce que son action est continuelle\u2014nuit et ir pendant les 24 heures entières.- | 1 ny a pas d\u2019inconvénient, pas de gêne, Uleur.Cependant, minute par minute\u2014pendant vo- a à travail quotidien\u2014même pendant votre sommeil\u2014 pas de merveilleux remède infuse invisiblement une nou- lle vie et une mouvelle force dans vos muscles et Jes it en état de maintenir les intestins en place sans support artificiel d\u2019un bandage pcédé, A ou de tout autre Le PLAPAO-PAD EXPLIQUE Le principe d\u2019après lequel le p'apao-Pad fonctionne ut être facilement démontré par la gravure ci-jointe la lecture de l\u2019expfication suivante.» Le PLAPAO-PAD est fait d\u2019une partie forte et p xible \u201cBE\u201d qui s'adapte aux mouvements du corps ! est parfaitement confortable à porter.Sa surface # :érieure est adhésive (comme un emplâtre adhésif, \u2019n que complètement différente) pour empêcher le mpon \u2018B\u2019\u2019 de glisser et de se déplacer.[ \u2014 151 N\u2019envoyez pas d\u2019argent.Je veux vous prouver à mes frais que vous pouvez guérir votre hernie.Quand les muscles affaiblis auront recouvré leur é&lasticité et leur force\u2014 Quand les dangereuses et douloureuses saillies auront disparu\u2014 Quand Thorrible bannie sans retour\u2014 Quand vous aurez retrouvé votre vigueur, votre vitae lité, votre énergie et votre force\u2014 Quand vous paraîtrez et vous sentirez mieux en toutes circonstances et que vos amis remarqueront votre amélioration\u2014 Alors vous connaîtrez que votre hernie est guérie\u2014 et vous me remercierez sincèrement pour vous avoir conseillé si fortement d\u2019accepter MAINTENANT ce merveilleux remède gratuit.Et \u201c GRATUIT signifie GRATUIT\u2014ce n\u2019est pas un envoi C.O.D\u201d\u2019 ou un essai douteux.ECRIVEZ AUJOURD'HUI POUR L\u2019ESSAI GRATUIT Faîtes un essai personnel de sa valeur.N\u2019envoyez pas d\u2019argent parce que l\u2019essai gratuit du Plapao ne vous coûte rien, bien qu\u2019il sensation de \u2018pesanteur\u2019 sera puisse vous apporter un renouveau de santé plus précieux que beaucoup d\u2019or fin.Acceptez cet \u201cEssai\u201d gratuit aujourd\u2019hui et vous serez heureux pendant votre vie d\u2019avoir profité de cette opportunité.Ecrivez une carte postale ou remp/'issez le coupon aujourd\u2019hui et par retour de la malle, vous recevrez l\u2019essai gratuit du Plapao avec un livre de M.Stuart de 48 pages sur la hernie contenant toute informatin au sujet de la méthode qui a eu un diplôme avec Médaille d\u2019or à Rome et un diplôme avec Grand Prix à Paris.Ce livre devrait être dans les mains de tous les hernieux.Si vous avez des amis dans ce cas, parlez-leur de cette offre importante.5000 lecteurs peuvent obtenir le traitement gratuit.Les réponses seront certainement considérables.Pour éviter un désappointement écrivez MAINTENANT.a Envoyez ce coupon aujourd\u2019hui à PLAPAO LABORATORIES, Ine., Block 2140, St.Louis, M., U.S.A.Pour un essai gratuit de Plapao et le livre de Mr.Stuart pour la hernie, Nom .vena © tases 044000 sat ess seesaw A RL A Rub Ags PER AR ERAN a 3 1 h T4 4: ! PRIOR FRITES Vol.9, No 9 rieure du corps plus forte et les pinces qui terminent ses bras, plus développées et plus massives.Femelle formant la chambre.Dans l\u2019un et l\u2019autre sexe, ces bras sont déntelés et articulés en cinq parties de plus en plus minces selon qu\u2019elles sont plus rapprochées du corps, les autres membres sont également les mêmes pour le male et pour la femelle, ils se composent de quatre paires de jambes, dont les deux premiéres sont fourchues du bout et de quatre paires de fausses pattes, plus longues peut-étre chez le male que chez la femelle.Quant à la tête, elle est absolument la même dans tous les sujets, se terminant par une corne assez large, courte et poin- \u2019 tue sous laquelle sont les yeux et d\u2019où partent quatre antennes, dont deux très longues et très flexibles servent à l\u2019animal à sonder devant lui le terrain que la disposition de ses yeux ne lui permet pas de voir de face.L\u2019écrevisse se reproduit d\u2019une façon moins considérable que les poissons, mais très probablement par les mêmes procédés quand à la fécondation du moins, car La Revue Populaire Montréal, Septembre 191 la femelle ne répand pas de frai, ell pond des oeufs qu\u2019elle garde queue pour les couver.Vers le mois de décembre, quelquefoi en janvier, alors qu\u2019elle se retire dans le eaux profondes, l\u2019écrevisse se prépare : pondre ; cet état est indiqué chez elle pa l\u2019apparition de trois taches blanchâtre une sur la poitrine entre la première et I; deuxième paires de pattes et les deux au tres sur chacune des lamelles extrêmes d: sa queue.Afin de ne pas perdre ses oeufs, ell{ commence par produire la colle qui le fixera sous sa queue; pour cela elle s choisit une place abritée dans le fond di cours d\u2019eau qu\u2019elle habite et prend une po | sition qu\u2019on appelle \u201cformer la chambre\u201d c\u2019est-à-dire qu\u2019elle se met sur le dos et ra mène sa queue vers ses pattes, de façon : former une sorte de récipient aussi granc que possible, dans lequel elle sécrète abon damment une liqueur visqueuse qui v servir à coller après les fausses pattes e Femelle après la ponte.les filets de la queue, les oeufs innombra bles qu\u2019elle va pondre pendant\u2014 c\u2019est le cas de le dire\u2014qu\u2019elle gardera la chambre, car elle est fort malade au moment de cette double opération; mais la ponte \u2014 152 \u2014 Sous si} ol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 J.BRUNEI LIMITEE Manufacturiers et Importateurs vf Ÿ Monuments tes ja Funeraires Ry 287 b Gramit Pour Constructions ih GROS ET DETAIL % \u201c Régions de tous Genres.= RENSEIGN EMENTS ET ESTIMATIONS SUR DEMANDE AUX BUREAUX ET ATELIERS \u2018ik - 675- | H .Chemin de la Côte ass es mT tod a i des Neiges Tell Uptown 1466 Montréal eme h \u2014 153 \u2014 | Vol, 9, No 9 achevée, les oeufs bien collés, la femelle reprend sa vie normale, car c\u2019est pendant cinq ou six mois, selon la température qui influe beaucoup sur l\u2019incubation des oeufs, qu\u2019elle les portera sous sa queue.Mais tout en vaquant à ses occupations ordinaires, \u2014qui sont surtout le soin de chercher sa nourriture, \u2014 la femelle ne cesse de soigner sa future progéniture et de laver ses oeufs au courant de l\u2019eau, pour qu\u2019il ne se forme pas entre eux de dépôt vaseux qui les agglutinerait et nuirait à leur éclosion.2 TRIN me MRT i i Attache des petits.Le temps venu de chacun de ces oeufs naît un petit gyi en brise la coquille membraneuse mais jui reste encore attaché à la mère, par u 10 filament spécial, pendant une dizai ripe-de jours, pendant lesquels il s\u2019allonge et prend exactement la forme d\u2019un adulte quoique de preportions microscopiques.Cette phase est appelée par quelques-uns la première mue, mais l\u2019expression nous paraît impropre, car ce n\u2019est en réalité que l\u2019éclosion.Les mues vont d\u2019ailleurs se succéder rapidement, car s\u2019ils sont déjà capables de nager autour de leur mère, les petits sont \u2014 154 RT NEV PRI RAR La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 incapables de se défendre et 1l faut qu\u2019ils grandissent vite pour pouvoir se suffire à eux-mêmes; pendant ure vingtaine de jours encore ils rentrent, comme les petits poussins, dans le giron de leur mère, et c\u2019est sous sa queue maternelle que se fait leur première mue après quoi ils vivent indépendants et ne connaissent pas plus leur mère que si elle n\u2019avait jamais existé.La mue est le phénomène le plus curieux, mais aussi le plus indispensable chez les crustacés, car si leur corps prend un accroissement continuel jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait atteint le maximum de sa taille ; la carapace qui l\u2019enveloppe, ne grandit pas, ils sont donc obligés de la quitter pour en prendre à chaque fois une plus grande.Quand ils sont tout petits, l'opération n\u2019est pas très laborieuse, parce que la carapace n\u2019est pas encore bien dure, mais quand l\u2019écrevisse est adulte, c\u2019est une grande difficulté, ou du moins c\u2019en serait une si la nature n\u2019avait pas prévu le cas, en dotant l\u2019écrevisse d\u2019un appareil tout spécial et dont le fonctionnement n'est pas encore très bien connu.Cet appareil appelé \u201cpierres d\u2019écrevisses, ou yeux d\u2019écrevisses\u201d, sert à la fois à sécreter une nouvelle carapace et à fournir un dissolvant pour séparer l\u2019ancienne de la chair; il se compose de deux petites pierres blanches, en forme de boutons ou de pastilles, placées une de chaque côté de l\u2019estomac, et qui se renouvellent tous les ans, si comme le croient certains auteurs, les écrevisses adultes changent d\u2019estomac en même temps que de carapace.Quoiqu\u2019il en soit la mue est très curieuse, d\u2019autant que l\u2019animal qui étouffait dans son habit trop serré, est obligé de prendre son accroissement en quelques heures.Car son nouvel habit, fait sur mesure, acquiert la dureté du premier dès il ih B \u2018ol.9, No 9 « MARCHANDS ET | d INVENTEURS \" | \u201c-+ Mercerie, draperie, articles de fumeur, bric- tr: à-brac, papeterie, articles de fantaisie, cartes © postales illustrées, jouets, confiserie, bijoute- I rie, montres, 13 cts.Egalement: articles de bazar, musique à bouche, coutellerie, diverses \u201c4 choses de pharmaciens, balances, etc.Catalo- À ghe de commerce illustré avec avis, 6 centins.Michaels & Fils, 14 et 15 Cromwell House.\u201c Fulwood Place, Holborn, \u2019 London, W- C.nr En France le travail de la vigne occupe, paraît- à certaines époques de l\u2019année près de la moi- é de la population.\u201cNos DENTS Sont très belles, naturelles, garanties.INSTITUT DENTAIRE FRANCO- AMERICAIN (Incorporé).152 RUE ST-DENIS, MONTREAL.nas ; or PROF.L = pou SANS wok Toujours en mains un assorti- à ment Complet de Tresses en + cheveux naturels ; ainsi que + Peignes et Ornements pour che- ÿ veux de tous genres.J h \u2014\u2014e-\u2014 de Importateur direct dé Paris et Londres.La Revue Populaire PERRUQUIER Perruques et Toupets Dames et [Messieurs Une spécialité CHEVEUX TEINTS DE TOUTES LES COULEURS COIFFURES POUR LES BALS ET LES SOIREES Monitréal, Septembre 1916 rr ?DEPARTEMENT DU SERVICE NAVAL COLLEGE NAVAL ROYAL DU CANADA D ES examens pour \"admission au collège des Cadets de la Marine ont lieu dans les centres de la Commission du Service Civil au mois de mai de chaque année, et les candidats reçus entrent au collège vers le ler août qui suit l\u2019examen.Les inscriptions pour ces examens sont reçues jusqu\u2019au 16 avril par je Secrétaire de la Commission du Service Civil à Ottawa; on peut obtenir de lui des blancs de formules de demande d\u2019entrée.Les candidats doivent avoir au moins 14 ans, mais pas plus de 16 ans au ler juillet qui suit l\u2019examem.Tous renseignements complémentaires peuvent être obtenus sur demande adressée à M.G.J.Des- barats, C.M.G., député ministre du Service Naval, Département du Service Naval, Ottawa.G.J.DESBARATS, Député Ministre du Service Naval.Département du Service Naval, Ottawa, 12 juin 1916.Toute publication non autorisée de cet avis ne sera pas payée.A AVOIE SATISFACTION Assumes | A Tr == 8 Notre-Dame Ouest Montreal, P.Q.TELEPHONE MAIN 6106 3 4 + 4 1 1 Vol, 9, No 9 le second jour.Et il faut bien qu\u2019il en soit ainsi, car pendant ce temps-là, l\u2019écrevisse est exposée sans défense à la dent des poissons voraces et même des autres écrevisses, car, contrairement aux loups, les écrevisses se mangent parfaitement entre elles.C\u2019est pour cette raison que, pendant la mue, l\u2019écrevisse se cache sous les racines d\u2019arbres, dans les grottes pierreuses les plus profondes, jusqu\u2019à ce que sa nouvelle carapace soit faite ; les petites connaissent cela d\u2019instinct et ce sont elles d\u2019ailleurs qui en ont le plus besoin, car leurs mues sont bien plus fréquentes que chez les adultes.Ne faut-il pas qu\u2019elles grandissent vite, pour être plutôt en état de se défendre?De gauche à droite: 10 Ecrevisse naissante.20 De mue (cent jours).30, 8e mue (un an) Et voilà pourquoi l\u2019écrevisse, qui naît au moins de juin, à cinq mues successives jusqu\u2019au mois de septembre: l\u2019hiver venu l\u2019accroissement cesse, mais avec le printemps suivant les mues recommencent et elles sont mensuelles jusqu\u2019à ce que le sujet ait un an.À cette époque l\u2019écrevisse n\u2019est pas encore bien grande, comme on peut le voir sur nos dessins faits sur des sujets d\u2019expérience; mais, dans sa seconde année, elle fait des progrès plus considérables, \u2014 156 Re La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 bien qu\u2019elle ne change que cinq fois de carapace, mais à chaque mue elle allonge de: six ou sept millimètres et s\u2019élargit à proportion.Dans la troisième année, il n\u2019y a plus que deux mues, l\u2019une en mai, l\u2019autre en septembre.Alors les écrevisses sont adultes et ne font plus que deux mues par an, les mâles du moins, car les femelles dès qu\u2019elles ont été mères, ne muent plus qu'une fois par an, et cela se comprend, du reste, car si elles quittaient leur carapace au mois de mai, elles devraient laisser avec elle les oeufs qu\u2019à cette époque elles n'ont pas encore fini de couver.C\u2019est aussi à ce nombre de mues qu\u2019elles doivent de ne pas atteindre à Âge égal les dimensions des mâles puisque chaque changement de test correspond à un accroissement.Veut-on, maintenant, savoir comment s\u2019accomplit cette opération ?Consultons le dictionnaire de Valmont-Bomare.\u201cLes écrevisses, dit-il, cessent de prendre de la nourriture solide quelques jours avant leur dépouillement ; alors si on appuie le doigt sur l\u2019écaille elle plie; ce qui ! ; prouve qu\u2019elle n\u2019est plus soutenue par les h% chairs.\u201cQuelques moments avant cette mue, l\u2019écrevisse s\u2019agite très vivement ; elle frotte ses jambes les unes contre les autres, se renverse sur le dos, replie et étend sa queue à différentes fois, agite ses cornes et fait encore d\u2019autres mouvements pour se détacher de l\u2019écaille qu\u2019elle va quitter.\u201cPour en sortir, elle gonfle son corps et il se fait entre la première des tables de la queue et la grande écaille du corps, une ouverture qui met le corps de l\u2019écrevisse à découvert; il est d\u2019un brun foncé, tandis que la vieille écaille est d\u2019un brun verdâtre.tread pi EL fa al PA Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 - ~~~ Un Buste Bien Dessine | FAIT VALOIR LA BEAUTE, LA GRACE DE LA TAILLE Les PILULES ; PERSANES | de Tawfisk Pacha de Téhéran, Perse.ont pour effet de développer le buste, de corriger la maigreur exces- 7 LA POUDRE A PATE Book's Friend BAKING POWDER > #¢ Se vend maintenant en boites de o fer-blanc aux mêmes prix : qu\u2019elle se vendait en boî- sive, de supprimer le $ creux des épaules et tes de carton.d\u2019effacer les angles dis- ¢ ' gracieux qui déparent ?aux! 25c la livre\u201420c les 12 onces ; une jeune fille ou une \" .qe jeune femme.) ; 16c la demi-livre\u201410c le Prix: $1.00 la boîte; 6 boîtes pour $5.; \u201c- quarteron.Mile Angela V., écrit: \u201cJe viens de prendre \u2019 la quatridme boite de vos fameuses PILULES cs i Ne contient pas d\u2019alun.Rend la pâte digestive.PERSANES; l\u2019effet est merveilleux\u2014j\u2019en suis 2° enchantée.\u201d En vente depuis l\u2019année 1862 SOCIETE DES PRODUITS PERSANS | Fabriqué par W.D.McLaren, Limitée, Nouvelle Boîte Postale 2675 MONTREAL.Dépt.A, Moniréal.nf\u201d POUR MAIGRIR S Sürement - Sans Danger | Sans Régime | SELS CUQUETS { Spécifique Français de l\u2019Obésité $2.50 CHEZ TOUS LES PHARMACIENS Si vous ne pouvez pas vous le procurer chez votre pharmacien envoyez le montant aux dépositaires.CANADIAN SANITAS CO, 17 rue Bleury, Montréal.4 _\u2014 ; JS \u2014 157 \u2014 RESTES RTE ER AA HO NAN AR NE EE RRNTNNSEAS NES en dil : a de dec a at a a Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 \u201cAprès cette rupture, l'animal reste d\u2019écrevisses; celles qui y résistent restent quelque temps en repos; ensuite il fait très faibles pendant quelques jours.Après différents mouvements et gonfle les par- ce grand travail de la mue leurs jambes sont molles et l\u2019animal n\u2019est recouvert que d\u2019une membrane qui en vingt-quatre heures, devient une nouvelle écaille solide et presque aussi dure que l\u2019ancienne ; au + moins, elle est capable de mettre l\u2019animal à l\u2019abri de tout choc\u201d.Tout ceci bien que fort surprenant, se comprend à la rigueur, d\u2019autant que l\u2019écrevisse a la faculté de secréter une sorte de liqueur gélatineuse, qui détache parfaitement la peau intérieure de la carapace b | et facilite considérablement ses efforts, f mais ce qui semble un problème insoluble, même aux personnes qui ont l\u2019habitude d'éplucher des écrevisses, c\u2019est le dépouillement des pinces, dont les extrémités sont énormes relativement à l\u2019exiguité de m\u2014\u2014 = \u2014 rm n \\ \u2026 xm Ecrevisse muant.ties qui sont sous la grande écaille, dont la l'attache des bras.partie postérieure est bientôt soulevée par Mais c'est ici que la nature a montré l\u2019antérieure, elle ne reste attachée qu\u2019à l'immensité de ses ressources et prouvé l\u2019endroit de la bouche alors il ne faut plus qu'à l\u2019occasion, elle savait trancher le qu\u2019un quart d\u2019heure pour que l\u2019écrevisse Noeud gordien comme Alexandre.soit entièrement dépouillée.\u201cElle tire en arrière sa tête, dégage ses yeux, ses cornes, ses bras, et successivement toutes ses jambes, dont les deux premières paraissent les plus difficiles à 3 dégaîner, parce que l\u2019extrémité est beau- 3 coup plus grosse que les autres parties, $ mais on conçoit aisément cette opération quand on sait que chacun des tuyaux : écailleux qui forment chaque partie est de 3 deux pièces longitudinales qui s\u2019écartent l\u2019une de l\u2019autre dans le moment de la mue.\u201cEnfin, l\u2019écrevisse se retire de dessous la grande écaille, et aussitôt elle se donne brusquement un mouvement en avant, Pour que l\u2019écrevisse puisse retirer ses étend la queue et la dépouisse de ses écail- grosses mains de ses gants à deux doigts les.Cette opération est violente, c\u2019est un qui ne se déboutonnent point au poignet, moment critique qui fait périr beaucoup la nature a fendu sa manche dans toute Fente de la pince \u2014 158 \u2014 > wo: ULE PE ~~ _.w bo.Vos ST = y.A \u201cAE gy x - ' 1 Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 = 0 =X 0 EI ox oe = (0) (7 ~) GRATIS I EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE EN 25 JOURS TOUTES LES FEMMES DOIVENT ETRE BELLES, ET TOUTES PEUVENT L\u2019ETRE GRACE AU REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL.SUOCES ASSURE EN 25 JOURS Avoir une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, cela en 25 jours avec le Réformateur Myr- riam Dubreuil, approuvé par les meilleurs médecins du monde, les hôpitaux, etc.Les chairs se raffermissent et se tonifient la poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Réformateur.Il mérite la plus entière confiance, car il est le rré- sultat de longues études consciencieuses; approuvé par les sommitéls médicales.LE REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL \u201cà est un produit naturel, possédant la propriété de JW raîfermir et de développer la poitrine, en même ÿ temps que, sous son action, se comblent les creux Da des épaules.Seul produit véritablement sérieux, garanti absolument inoffemsif, bienfaisant \u2018pour la santé générale.Le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme dont la Poitrine a perdu sa forme harmonieuse par suite \u2018de maladies, ou qui n\u2019était pas développée.LE REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL jouit dans le monide médical d\u2019une renommée universelle et déjà ancienne comme reconistituanit et alimenit de la beauté, tout en restaurant ou en augmentant la vitalité sans oublier qu\u2019il contribue, en même temps, à chasser la nervosité.ENGRAISSERA LES PERSONNES MAIGRES EN 25 JOURS Echantillons Gratis.Envoyez 2c en timbres et nous vous enverrons GRATIS notre brochure illustrée de 32 pages.Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Toute correspondance strictement confidentielle.Les jours de Bureau sont: Jeudi et Samedi de chaque semaine de 23 à 5 p.m.Mme Myrriam Dubreuil, 451 rue Rivard Tous les Mercredis soirs de 7 à 9 p.m.Dépt.8, Boîte postale 2353 Oe 0 LO 0 OO OO 0 IO CET O J \\& prime (0) oe fo) mm (0) \u2014 (0) \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 (¢) \u2014 {0} eee {0} \u2014 Lo} ee, \u2014 I I 2 à | i e Le \u2014 159 \u2014 RRR RR TT \\ ) i 5 { ii y \u2018 Vol.9, No 9 la longueur du bras et de l\u2019avant-bras, et la fente se prolonge vers l\u2019étranglement qui constitue l\u2019articulation, de sorte que l\u2019écrevisse, en faisant un petit effort, peut retirer sa pince toute nue, il est vrai, mais elle a ce qu\u2019il faut pour la recouvrir d\u2019un nouveau gant, qui sera aussi dur que l\u2019ancien en deux fois vingt-quatre heures.Cela est admirable, mais la nature a fait mieux que cela encore en faveur de l\u2019écrevisse qui, pourtant, n\u2019est pas spécialement une de ses privilégiées.Ses antennes se brisent souvent, pour ne pas dire toujours, pendant la mue; eh bien, comme ce sont des organes de toucher de première nécessité pour l\u2019animal elles repoussent très vivement.Pendant l\u2019opération, il arrive aussi quelquefois qu\u2019une écrevisse maladroite se casse un membre.C\u2019est une souffrance, mais non une privation ; car cela repousse parfaitement.Pendant la première année de sa vie, soixante-dix jours suffisent à une écrevisse pour recouvrer un membre perdu, füût-ce même une grosse pince.Par exemple, quand elle est adulte, comme elle a été plus coupable en ne prenant pas les précautions nécessaires pour ne pas se casser quelque chose, le remplacement complet d\u2019un membre brisé demande trois mues.C\u2019est de la bonne justice distributive, et ce phénomène de reproduction n\u2019en est que plus admirable.Maintenant faut-il parler des moeurs et usages ce sera court.Les écrevisses ont des moeurs déplorables; elles se mangent entre elles, je sais bien que cela se faisait aussi dans l\u2019espèce humaine, mais pas avec cette impudeur ; chez nous les Ugolins qui dévorent leurs enfants pour leur conserver un père, sont PROS EN PERS AE La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 des exceptions, tandis que chez les écrevisses c\u2019est une règle; c\u2019est même de la philanthropie, renouvelée de Sparte; ils ne détruisent que les enfants infirmes et mal venants, dans leur propre intérêt, du reste, car ils ne pourraient pas se défendre plus tard.Quant aux usages, les écrevisses en ont un, également déplorable, pour elles du moins, c\u2019est de se laisser prendre avec facilité; il n\u2019est nul besoin d\u2019être bachelier pour cela et il y a des gamins, ne sachant ni lire ni écrire, qui en-prennent tant qu\u2019ils veulent, en allant les chercher avec la main dans les trous qu\u2019elles habitent.Mais ce système n\u2019est pas recommandable car on peut fort bien rencontrer un rat d\u2019eau qui ne se gênera pas pour vous mordre, ou mettre la main sur un serpent d\u2019un attouchement désagréable, sinon dangereux, le mieux est d\u2019opérer avec ces petits filets qu\u2019on appelle balances, parce qu\u2019ils ressemblent tout à fait à une balance.On place dans le filet soit une ger- nouille fraîchement écorchée, soit de la viande en putréfaction, soit, et même avec plus de succès, des vers de terre ; les écrevisses, qui ont toujours faim, accourent, se mettent à table et quand on sent que la balance s\u2019alourdit, on l\u2019enlève et le tour est joué.Il y a d\u2019autres façons de prendre les écrevisses; il y en a encore plus de les manger; on peut consulter à cet égard, la Cuisinière bourgeoise, mais la meilleure est celle qu\u2019on aime le mieux.Oo \u2014\u2014 Plus de quatre mille langages sont connus dans le monde entier.En comptant les dialectes, on estime alors qu\u2019il existe plus de 200,000 variétés de langages.160 \u2014 j COUPON D\u2019ABONNEMENT sies avec soin.Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 sr -~ nN ~~ \\ Maison Fondée en 1840 | ; \u2014 LA \u2014 ; E AUGER X x x MANUFACTURIER Farine préparée de Brodie ET MARCHAND La Farine préparée X XX de Brodie jouit de la plus grande popularité parmi les | HARNAIS VALISES ménagères économes.Cette bonne renommée I est justifiée, parce que: , .La Farine prévarée de Brodie et toutes sortes de réparation - Pp SE XXX ; fait des pâtisseries, gâteaux et b\u2018scuits meil- } ) leurs et plus légers qu\u2019avec tout autre pro- ! EN CUIR.duit; | \u2014_\u2014 } ' \u2014 de \u2014 La préparation soignée de cette farine lui ! Nous avons constamment en magasin conserve en totalité le gluten et les phos- des phates qui en sent les aliments principaux ; .La Farine préparée X X X de Brodie Suit (ases et Sacs de Voyages est non seulement saine, économique, nourris- î .1.sante et de conservation facile mais, de plus, à des prix très réduits, elle donne droit à de superbes primes.ar- \u2014_\u2014 genterie, vaisselle, verrerie, etc, obtenues .avec les sacs vides.Demandez partour 148 rue Ste-Catherine Est NRA A.(Près Ave de l\u2019Hôtel-de-Ville) La Farine préparée XXX de Brodie L Tel Est 5562 Montréal.Bredie & Harvie, Ltée, 14-16 Bleury, Montréal mm ~~ ~~ ~~ ~~ 1, LA REVUE POPULAIRE MAGAZINE MENSUEL ILLUSTRE DE 14S PAGES POUR $1.00 PAR AN, OU 50 CENTS POUR 6 MOIS Poirier, Bessette & Cie, Editeurs-Props, 20C, Bld St-Laurent, Montréal.Chaque numéro contient d\u2019intéressants articles trés documentés sur les moeurs des peuples peu connus, les animaux étranges, les monuments remarquables ou les faits curieux du monde entier.Vous y trouverez également des nouvel ~~~.les sentimentales et humoristiques choi- 4 + {Ching lez t | de $1.00 À chaque fois, également, un beau ro- l-inclus veuillez trouver la somme de $1.3, rey 1 : : mé OI t 1 a 7 - pour 1 an, ou 50c pour 6 mois (excepté Mont- § an \u20ac nple et au il serait souvent diffi réal et banlieue) d\u2019abonnement à la Revue Po- Cle de se procurer ailleurs.{ pulaire.Le tout, dû à une collaboration choisie, j Nom Lecce.Lecce eee eee + est illustré de nombreuses et superbes j M., Mme ou Mlle.(Bien spécifier votre qualité) gravures.{Rue LL LL LL ae a a aa anne L'abonnement pour un an est le plus -.avantageux pour vous; il vous fait ga- Localité 1000000 0ea aa Lena a aan agen gner deux numéros puisque pour 1 dollar Ÿ Adressez comme suit: MM.Poirier, Bessette VOUS recevez douze numéros à dix cents.et Cie, 200 Boul.St-Laurent, Montréal.N\u2019hésitez pas à découper et à env oyer le J coupon ci-dessous.LN _ _ ; \u2014 161 \u2014 Ere ie pe la a OEIL ey: [st 3H Vol.9, No 9 L\u2019ALCOOL DE BOIS Quoique l\u2019alcool de bois soit d\u2019un usage fort répandu, il est certain que peu de personnes en connaissent le procédé de fabrication.Ce sera donc là le sujet de cet article.Prenons par exemple une des grandes distilleries d\u2019alcool de bois située près du lac des Puis, dans le Michigan.Cette distillerie utilise chaque année 75,000 condes de bois dur, d\u2019où elle retire 600,000 gallons d\u2019alcool de bois, 2,000,000 de boisseaux de charbon et, par l\u2019addition de chaux, 7,500,000 livres d\u2019acétate de chaux.En outre, des gaz, d\u2019une valeur nulle dans le commerce, sont obtenus et sont utilisés comme combustible.Le bois ayant été tout d\u2019abord débité en longueurs uniformes, est chargé sur des wagons en acier et le tout est poussé dans des fours où ne pénètre pas d'air.Le bois est alors soumis, durant vingt- quatre heures à l\u2019action d\u2019une température élevée et, ne recevant pas d\u2019air pour activer la combustion, se consume sans flamber.Au moyen de tuyaux en fer, la fumée est amenée à passer dans des réservoirs pleins d\u2019eau.Elle passe trop rapidememt dans La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 ces réservoirs pour pouvoir se condenser, mais, du moins, elle y laisse déposer le goudron qu\u2019elle contient.La fumée passe ensuite à travers un demi-mille de tuyaux, où elle se refroidit graduellement.Les gaz légers se séparent, sont captés et servent \u2018dans une certaine mesure, à chauffer les fours de distillation.Après avoir été refroidie, la fumée entre dans un condensateur composé de deux eylimdres où elle se condense.Le produit de la condensation est alors distillé trois fois de suite.Pour la seconde distillation on mélange le liquide déjà obtenu avec de la chaux afin d\u2019extraire l\u2019acide acétique, et l\u2019on obtient ainsi de l\u2019acétate de \u2018chaux.L'alcool de bois obtenu par la troisième distillation est de qualité supérieure: cependant il lui faut encore être raffiné.L'acétate de chaux est expédié en Europe où on en extrait l\u2019acide acétique à l\u2019aide d\u2019un procédé fort compliqué.\u2014 0 Les pépites d'or que 1\u2019on trouve en Sibérie sont, paraît-il d\u2019ume moyenne plus groyze que celles trouvées dans les autres pays.TT Nos lectrices et lecteurs ont pu remarquer que, dans chaque No de la REVUE POPULAIRE, 3 nous publions des travaux d\u2019amateurs, des travaux féminins et autres qui peuvent étre d\u2019une bonne utilité dans chaque maison, Ces départements que nous perfectionnerons encore répondent à un besoin et leur oeuvre utile est encore augmentée par nos pages d\u2019annonces où le public y peut recueillir des précieuses informations et des suggestions pratiques pour ce qui est nécessaire | dans une maison.L\u2019Utile et Agréable mS \u2014 162 a nr .LE 10 { , } Loan a tery ii | ; ra diret NENT .FIST RTC 1 ra iatale lat taie 1 at ahaa fb anctitatl ACME PEELE .IRENE AEC OL UH I Lis hel Che hid i 164104 Hie 1 Eid EERIE ie Ht LH HH IHL HAP EI 11s 1 1 101 bes ti tatet bi: H; H + No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre 1916 vo ~~ : \u2014 ; 4 PRIX PLUS BAS QUE PARTOUT AILLEURS APRÈS LES VACANCES | Tous tiendrez à renouveler la physionomie de votre \u2018\u2018home\u2019\u2019 afin de vous y trouver aussi confortablement que possible.4 hue vous ayez besoin d\u2019un ou plusieurs morceaux, si vous désirez ménager votre bourse, je sollicite votre visite à mes \" JUATRE GRANDS ETAGES d\u2019échantillons d\u2019ameublements de CHAMBRE À COUCHER, SALLE A MANGER, SALON, BOUDOIR, ainsi que TAPIS, PRELART, RIDEAUX.+ Tout en satisfaisant vos goûts, je puis vous affirmer que sous le Rapport des Prix, Je Defie Toute Concurrence r VOTRE CREDIT EST BON | = GERMAIN, 963 rue Ste-Catherine LE.\u201cÎtre Papineau et Cartier) Téléphone Est 2244 } ANA A a Nr AAS \u2014 163 \u2014 Vol.9, No 9 La Revue Populaire Montréal, Septembre Manaiît Condensé BORDEN'S MARQUE \"EAGLE\" Cece 73 crelen EAGLE CONDENSED MILK THE ORIGINAL (7 C'est l'aliment naturel indispensable au bébé pour qu'il digère bien, dorme bien, se porte à merveille et soit une vraie joie pour le foyer.Borden\u2019s Milk Co, Limited, Montreal \\\\ \u2014 \u2014 164 \u2014 ENTERED MARCH 23rd 1908 AT THE POST OFFICE OF ST.ALBANS, VT., U.-S., AS SECOND C MATTER UNDER ACT OF MARCH 3RD 1879."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.