La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 juillet 1921, Juillet
[" + Vol, 14, No 7 Montréal, juillet 1921 [ \u201c , ABONNEMENT } .Canada et Etats-Unis: Un An: $2.40 \u2014 Six Mois: - - ~ $1.20 Montréal et banlieue excepté Paraît tous les mois TOIRIER, BESSCTTE & CIE, Edteurs-Propriétaires, 131 rue Cadieux, MONTREAL, La REVUE POPULAIRE est o ée par la poste entre le ler et le 5 de hague mois, Tout renouvellement d'abonnement dolt nous parvenir dans le mois même où fl se termine.Nous ne ga ranñtissons pas l'envoi \\ des numéros antérieurs LA FEMME ET LE TRAVAIL Il est inut'le de sortir les statistiques pour prouver que la femme se faufile un peu partout, Dans lo eommerce, dans la haute finance on trouve la femme occupant des postes très importants.Nous avons la femme policière et nous avons la femme détective, Il y a même une associat'on de femmes aux Etats-Unis qui organise des combats de boxe, imitant en cela l'exemple fameux de la belle Hélène, de Tro:e, Il y a des femmes qui pour une somme relativement modique consentiront à être membres d\u2019un jury, et qui passeront des heures et des heures à écouter discuter des hommes, Qu'est-ce que l'argent peut fare, tout de même, Les jurys de femmes devraient être un très grand succès, car pour peu que l'assassin soit bel homme, sache passer sa man dans sa chevelure au ton moment et puisse trouver les mots qui vont au coeur, il sera certa\u2019n de l'impunité; les femmes se laissant si fac'lement émouvoir.Tout homme marié est là pour le prouver.Il n\u2019existe plus de profess'on ni de métier où la femme ne puisse parvenir à rivaliser avec soa compagnon de l\u2019autre sexe.Voila la route sur laquelle nous nous acheminons présentement, Où nous conduira-t-elle, si ces dames pers'stent à vouloir quitter le domicile pour gagner leur subsistance et leur indépendance, au lieu de demeurer à la ma/son et faire le bonheur du foyer?Il existe actuellement des clubs politiques de dames.Si madame est & la Chambre, il fandra forcément que monsieur soit à la cuisines alors il n'est pas certain que l'estomac de la famille ne s'en ressentira pas.Alors qui aura droit de se plaindre?\u2018 Et le pays?S\u2019en trouvera-t-il mieux ?Rien n\u2019est moins certain, Allons, mesdames, allons mesdemoiselles, restez dans vos foyers, charmez-nous par votre douceur et votre tendresse, la-ssez nous travailler afin que nous puissions faire toutes vos pet'tes fantaisies, sat'sfaire tous vos caprices.Nous vous avons toujours aimé au foyer, vous aimerons-nous au dehors?Nous ne le savons pas.Peut-être que oui, peut- être, auss', que non.Dans le doute, abstenez-vous, et continuez à être l'ange du foyer; donnez-nous vos conseils, nous nous en trouverons bien; et vous serez les prem'ères à en bénéficier, Mais, de grâce, ne devenez pas noz rivales auprès de nos employeurs car.la rivalité n\u2019a jamais créé autre chose que de l'inimitié; et, si nous en arrivions à nous détester mutuellement?Voyez- vous la catastrophe ?Evitons cela; il en est temps encore.Aimez-nous \u2018chez nous\u201d, nous vous almerana \u2018chez nous.\u201d y PAUL COUTLEE ERA M St ds er MAS SR té A di M EE 2 EMA M SELLES HH SANA RE TR RTT ee Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Le coûm des vrais poêtes LA MUSICIENNE Vers le déclin du jour, à} me vient des sanglots Que nul verbe n\u2019apaise, et seule la musique, Avec sa fluidité, dans mes moëlles, à flots, Coule, mer infinie aux Sirènes magiques.Au milieu du silence anxieux des beauæ soirs, Où la moindre parole est une intruse infâme, Seule monte à mon coeur, en parfum d\u2019encensoir, L'apaisante douceur qu\u2019exhale un chant de femme, Il s'élève en caresse, et ges accents ailés , Promenent swr mes nerfs leur berçant sortillage, Puig je vois dans la paix, que les accords voilés Câlinent mes tourments dont le lourd faix s\u2019allège.Une haleine légère, en brise de printemps, Vient me rafraîchir Pêtre, et des vols d\u2019hirondelles Se tracent sur l\u2019aaur de mon coëur palpitant , Dont la fibre languit sous leurs frôlements d\u2019aîles.Et la Musicienne aux frémissantes mains, Egoutte au bout des doigts des perles d\u2019harmonie Sur les touches d\u2019ivoire où des sanglots humains Gémissent déchirés au souffle du génie, Car ces touches, au soir, élèvent la clameur De la détresse humaine, où leur triste murmure Se lamente d\u2019amour, et doucement se meurt, Comme sanglote au bois, sous le vent la ramure.Sarem EL Kouvsz, RSS SE SN RETIRE A RE EEE Jes 0e pa lg hog del fi de i Ber » = Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 de 8 VE Æ RT, 17 N TE OT ET if AQU CHAPIT RE VI Ce fut ma fortune de voir beaucoup de la vie splendide et pittoresque des cours européennes.Je dois avouer que j'entrevis aussi beaucoup de laides choses.J'ai été fort intime avec une Classe d'hommes et de femmes qui croyaient absolument qu\u2019ils n\u2019avaient pas été - modelés dans l'argile commune et qu'ils étaient relevés au-dessus des lois humaines et des principes de mo- Jralité qui gouvernent les hommes ordinaires.La pratique des âges et le consentement plein d'adoration de leurs humbles sujets les ont imbus de ce préjugé.La plupart d\u2019entre nous avons lu avec stupeur dans les pages de l\u2019histoire européenne, avec quelle facilité les potentats s\u2019adonnent aux moeurs les plus corrompues.Cette propension regrettable ne date pas d'hier.La vertu du roi Soleil défaillit plus d\u2019une fois, en dépit de la dignité de son rang.De telles choses ne pouvaient arriver que parce que certains n\u2019étaient pas considérés comme liés par les lois morales communes.Le roi ne pouvait pas ge tromper.Il est singulier de constater que l\u2019attitude de la société, dans les nations monarchiques, s'est à peine modifiée depuis trois ou quatre siècles.Quels Mémoires de la Comtesse SES Og i TT EIT LCR ACTES mor Floria de Martinprey qu\u2019aient été les progrès politiques, les privilèges sociaux et domestiques des rois et des princes sont toujours illimités.Le meilleur exemple de ce que j\u2019avance fut donné par le prince le plus admiré, le roi Edouard VII.L\u2019aimable souverain qu\u2019il était, scrupuleusement soigneux des intérêts politiques et nationaux de son peuple, se croyait autorisé à jouir, dans la vie privée, de toutes choses, sans restriction.Je n\u2019étais qu'une petite fille, et tout naturellement je fus presque effrayée à la vue de tout ce que la vie des cours européennes offrait d'étrange.J\u2019ai déjà raconté comment je rencontrai le Prince de Galles pour la pre- miére foiz & Cannes, comment, après mon mariage, il m'honora de la plus flatteuse amitié et comment cette circonstance excita la jalousie d\u2019une anglaise célèbre par son imposante beauté.une femme qui estimait avoir droit au monopole de oe qui, selon les traditions de la cour, aurait dû être généreusement partagé.Gette créature envieuse provoqua tellement la médisance contre moi, à Cannes, que mon premier mari, le Comte de Pourtalès, s\u2019en alarma et m'envoya au loin, pour m'y reposer et réfléchir, Vol, 14, No 7 Tout d\u2019abord, je ne pus savoir vers quel lieu je m\u2019acheminerais.Une vieille duègne grimaçante, depuis longtemps au service de la famille de Pourtalès m'accompagnait.Après deux jours passés en chemin de fer et au cours desquels j'entrevis des régions absolument mystérieuses pour moi, après avoir franchi plusieurs chaînes de montagnes, nous débarquâmes dans un village lointain et primes place dans une calèche apocalyptique conduite par des cochers en livrée bleu et or.Nous rouldmes quatre heures au milieu de vallées pittoresques et sauvages et enfin notre voiture approcha d\u2019un château qui m\u2019apparut comme un véritable manoir de roman.Notre équipage roula sur un pont-levis avec un bruit que reproduisit l\u2019écho de longs et profonds fossés.Nous nous arrêtâmes dans une cour fermée de tous côtés par de massives et grises murailles que perçaient des ouvertures en ogive.Au-dessus de l\u2019entrée principale je vis, gravé dans la pierre, l'écusson de l'antique famille qui possédait cette forteresse.Affamée et désirant me reposer, je descendis de voiture et pénétrai dans la vieille demeure.Quelques anciens domestiques, d'aspect maussade et sévère, m'entourèrent et me conduisirent àmes appartements, Je compris que j'étais en réalité prisonnièra.Je demandais où je me trouvais et j'appris que ma prison était la propriété du comte Hubert von Collore- do-Maunsfeld, un cousin éloigné de mon mari.La famille qui le possédait &ppartenait au groupe \u2018\u201cmédiat\u2019 et était pourvue de droits d'égalité avec la famille impériale d\u2019Autriche.Elle entretenait une petite armée indépendante dans ses états et se comportait LA REVUE POPULAIRE \u2014_ 8 \u2014 Montréal, juillet 1921 d\u2019une manière plus féodale qu'aucune des familles nobles que je rencontrai en Europe.Un comte de la maison Colloredo- Maunsfeld épousa Miss Nora Iselin, dont la famille était célèbre à New- York.Mais jamais la jeune femme ne fut admise à partager pleinement les privilèges de la maison \u2018\u201c\u2018médiatisée\u201d La maison de Pourtalés dont mon mari était membre, possède, entre autres dignités, celle d\u2019un comtat bohémien, honneur qui lui fut conféré dans les siècles passés.Je soupai seule dans l'immense salle à voûte ogivale ornée d\u2019armures et de tapisseries.Les domestiques silencieux attendaient mes ordres.Des faibles bougies donnaient seules de la lumière, une lumière jaune et tremblante qui-faisait croire à la présence de vagues et fantomales figures glissant dans l\u2019atmosphère environnante.Toujours à la lueur des bougies, je fus escortée jusqu'à ma chambre à coucher, dans les sombres hauteurs \u2018de la tour principale.Cette pièce était plus lugubre encore que la salle à manger.Après une heure ou deux d\u2019un sommeil agité, je m'éveillai avec l'impression que quelqu'un s\u2019était appuyé sur moi.J\u2019entendis alors un son de soie froissée comme le déploiement de lourdes ailes el une partie de la fenêtre tourna sur ses gonds.Je ne dormis pas plus dans la nuit, me demandant désespérérgent ce qui s\u2019était produit dans ma chambre.Le jour suivant j'appris.par un domestique.que la population du pays croyait que cette région était habitée par des vampires, ces êtres légendaires qui, trépassant après une vie mauvaise, abandonnent.avec.l\u2019aide de Satan, leurs tombeaux, et viennent, la Hy \u201cey ; 0 ls \"hia ne no jy ; Vol.14, No ¥ DIE nuit, sucer le sang des viyants, çe qui leur permet de subsister, car jiéprouvajs pour le fantastique, une forte prédilectian.Je dois avouer que toutes mes nuits furent troublées par des apparitions et des bruits incompréhensibles et que chaque matin me trouvait considérablement affaiblie.Les quelques regards que je pus or son il fee f , > .o jeter sur la campagne environnant le | | Castel.me révélèrent, l'existence de n nombreux édifices ruinés et envahis rar là mousse, dans l\u2019ombre de ro- if ches abruptes et affreuses, et qui me #*} remblèrent parfaitement désignées i} our être la demeure d\u2019esprits et de (- démons.Les semaines passèrent et ml || l'horrible mélancolie dù lieu s\u2019appe- {| santit toujours plus sur mon âme.Mon \u201ca .LA REVUE POPULAIRE Montréal, 3 uillet 1921 esprit fier et indépendant se débilitait sous l'influence de ce système de solitude ef de Lerreur.Je désirais ardemment da revenir dans la chaude et Joyeuse atmosphère de la haute so- ciaté af je m\u2019indignais fortement du genre de punition qu\u2019avait choisi mon mari, Je sentais que ma vie était en danger, Après trois mais, le comte de Pour- talès vint me voir.Il se montra très empressé et fut évidemment attristé pour le tour cruel qu\u2019il m'avait joué.\u201cJe ne désirais que votre complet repos, ma chérie, et je voulais que fût oubliée cette désagréable affaire.\u201d Telle fut sa manière de s\u2019exousel.Je fis mes malles immédtatement et regagnai notre maison de la rue de Lille, au coeur du vieux faubourg St- Vol.14, No 7 .LA REVUE POPULAIRE: Montréal, juillet 1921 Germain, à Paris.Après ces mois de solitude et d\u2019angoisse, je me plongeai dans une saison de gaîté parisiznne _ Avec plus de vivacité que jamais.Le fameux sculpteur Rodin était à cette époque, la coqueluche de la haute société parisienne.Le roi Edouard VII l'avait mis à la mode.Après l\u2019avoir visité quelquefois dans son atelier de la rue d'Asses je I'invitai 4 un diner où je réunis les plus jolies femmes du monde.Rodin m\u2019en sut gré, oar aprés une longue conversation sur la divinité du plastique féminin, il me dit avec ferveur: \u2018\u201c\u201cComtesse, vous allez poser pour moi.Vous le devez à l\u2019art car je n'ai de ma vie vu figure si belle et si parfaite.\u201d J'acceptai cette invitation avec empressement et me rendis 4 son atelier au jour fixé.Je posai nue.Après deux séances, l\u2019oeuvre fut terminée et exposée au Salon sous la simple légende: \u2018Etude d\u2019une jeune femme.\u201d Il reproduisit si bien mes traits\u2014chose à laquelle j'étais loin de m\u2019abtendre, croyant que par délicatesse, il ne détaillerait pas ma figure\u2014 que le Tout-Paris me reconnut.Mon mari, intrigué, m\u2019accompagna une après-midi au Salon et devant le marbre si ressemblant, s\u2019écria: \u2018Folle que vous êtes, vous m'avez volé tous mes droits de propriété!\u201d \u2014 \u201cC\u2019est l\u2019art, répondis-je; Pauline Bonaparte n\u2019a-t-elle pas posé pour Canova?\u201d Je connus un peu après l\u2019nfante d'Espagne Eulalie, tante du roi Alphonse, qui représentait son pays à l\u2019Exposition de 1892.Grande admiratrice de Rodin, fervente de l\u2019art, elle me présenta au peintre italien Boldini qui me voulut pour modèle.I fit de mi plusieurs portraits et études.Je partis alors pour l'Italie, en compagnie de mon mari, qui compte à Ru- \u201cpes.La famille de mon mari retrace me et à Florence de très intéressantes relations.Je fis dans la vieille capitale chrétienne la connaissance du prince Massimo.chef de cette ancienne famille romaine qui se réclame de Fa- bius Maximus.Il me détailla étrangement.\u201cJai votre portrait, me dit-il.\u201d En effet, sur le manteau d\u2019une cheminée reposait cette fameuse toile que l\u2019artiste Boldini re voulut jamais me oé- der et dans laquelle il mit tout son art diabolique et mystique à la fois.J\u2019étais irritée contre le peintre pour son manque de tact et consolée en même temps de savoir mon portrait en de si bonnes mains.Un abîme se creusait toujours plus profond entre moi et mon mari.Pour éviter de disgracieuses querelles domestiques, je me pris à voyager dans les Indes.À mon retour, je revis le comte Roger de Martinprey, un jeune noble charmant qui me plut vivement.Je divorçai en Suisse.Le comte de Pourtalès m'accordait une généreuse pension de 300,000 francs par année.J'annonçai mon mariage aveo le comte de Martinprey, pour suivre la coutume française.La mère de mon flancé s\u2019y opposa, mais les tribunaux nous donnèrent gain de cause et la oé- rémonie fut célébrée en grandes pom- des ancêtres qui participèrent à la première croisade.C\u2019est une des plus vieilles et des plus riches de France.- Un homme se sent toujours une âme de génie lorsqu\u2019il parle à une jeune fille qui ne lui répond que par, oui, | non, c\u2019est merveilleux, eto, inde Au OOD TSOTSI Un Jeune étudiant arménien abat d\u2019une balle de revoiver l\u2019ancien premier ministre de Turquie, Talaat-pacha, le monstre qui noya dans le sang la nation arménienne ?\u201cSon Altesse Talaat-pacha.si Je ne ne me trompe?\u201d fit une voix courtoise et insinuante.Le premier ministre de Turquie, célëbre par sa cruauté, accompagné de sa femme, tourna légèrement la tête pour voir qui le saluait ainsi dans cette petite rue peu fréquentée de la banlieue de Berlin.À sa grande surprise, ses yeux rencontrèrent ceux d\u2019un jeune étudiant arménien, Solomon Teilirian.La voix du jeune homme se gonfla de colère et 11 inveotiva son interlo- outeur, en le tenant sous le feu de ses prunelles \u2014 \u2018\u201c\u2018Talaat-pacha assassin d\u2019un million de mes compatriotes, meurtrier de mon père, boucher de ma mère, de mes frères et de mes soeurs\u2014ta dernière heure est venue!\" Sa main s'abattit sur l'épaule du grand Vizir.De l\u2019autre.11 sortit de sa poche un revolver de fort calibre.Epouvanté, le ministre se blottit derrière sa femme en bredouillant, les yeux remplis de frayeur: \u2018Mais, mon brave homme, attendez, expliquons- \u201cJe vous pardonnerais! Vous voulez rire.À genoux auprès du cadavre de ma mère, j'ai juré de vous suivre jusqu\u2019au bout du monde.Vous m'avez échappé pendant de longs mois.Là- che que vous êtes, vous vous êtes sauvé de la Turquie où fe vous ai cherché partout.Je vous trouve enfin ! Et, aujourd'hui, je vais vous tuer comme \"un chien !*\u201d Les doigts de FArménien pressd- rent la\u2019 détente de l'arme et la balle blessa la femme du grand Vizir.II fit feu de nouveau.Cette fois, le coup attelgnit son but.Touché à la tête, Talaat-pacha s'effondre sans vie sur la chaussée.\u2018 Aimisi est mort le plus grand meurtrier des temps modernes.C\u2019est encore Talaat qui conçut et dirigea cette campagne d\u2019extermination des Arméniens, pendant la guerre et, même, depuig la signature du traité de paix.Awoun assassin nest comparable en perversitd 4 o8 monstre dégoûtant.Hérode, Néron ef Caligula ne lui vinrent pas à la cheville.Le sultan exécré Abdul Hamid (dont Îl est parlé dans cette Revue, au chapitre des Mémotres de la comtesse de Martinprey) me montra jamais une soif de sang aussi insatiable.Talaat dominait Te sultan actuel qui se laissait influencer par lui et remet- taît entre ses mains les rênes de l'Etat.Celui-ci ordonna que les enfants arméniens fussent jetés dans les rivières en assez grand bombre pour Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 qu\u2019elles en débordèrent: que les jeunes filles et jeunes femmes fussent dégradées et torturées ensuite.H dirigea lui-même des colonnes de 40.000 hommes sur un vaste terrain gardé Par ses soldats où femmes, enfants, vieillards furent massacrés, T'alaat était de très humble extraction.Fils de mére turque et de père bulgare, il n'est pas étonnant qu'il eut en lui la passion du crime.Plusieurs diplomates et correspondants militaires qui eurent l\u2019occasion d'approcher Talaat pendant la guetre le dépeignirent sous la forme d\u2019un monstre d'aspect repoussänt quoiqu'il eût toujours sur les lèvres, en présence d'européens, un sourire hypocrite et un air faussement bienveillant.Comme la plupart des Tures, il aimait l\u2019alcool et se tenait constamment sous l'influence de quelque eau- de-vie ou de stupéfiants.Tout en fumant sans relâche - et en absorbant - quantité de tasses de café, il travaillait de douze à seize heures par jour, organisant dans son cerveau des massacres d\u2019Arméniens.H débuta au palais du Sultan dans le rôle d\u2019espion.Aprés la révolution de 1942.il acquit de l\u2019importance et il devint en 1914 ministre de l'Intérieur, position qui lui permit d\u2019assouvir ses besoins de vengeance et de persécuter ses malheureux ennemis.Il était en\u2019 vérité le chef unique et écouté du parti de \u2018l\u2019Union et du Progrès\u201d qui s\u2019empara du pduvoir en 1915 et entraîna le pays dans la guerre contre les Alliés.A cette époque, Talaat se fit décerner le titre et les attributions du grand Vizir.L'héritier présomptif du Sultan, le jeune prince Youssouf Eddine s\u2019insurgea contre la politique d\u2019extermination de Talaat et lui créa des diffieul- tés à la cour.Le grand Vizir le fit secrètement égorger et n\u2019eut plus d'opposition.Avec un cynisme révoltant et une brutalité inouïe, Talaat complota l'anéantissement complet des Arméniens et de lous les chrétiens de l\u2019empire ture, pour empêcher dorénavant les nations européennes d'intervenir en faveur de leurs coreligionna aires.La race turque unifiée et triomphante devait habiter seule l'empire musulman.L'Empire comprenait plus de 3,- 000.000 de Kurds, bandits indomptables qui vivent Join des centres de vols et de rapines, bien armés, aimant le carnage.Il résolut de se servir de ces farouches spadassins.11 les combla de présents.de nourriture et d\u2019armes et vit en même temps à ce que les Arméniens fussent pris à l\u2019improviste, sans défense.\u201c Après les incursions de ces Kurds en territoire armémien, la population tomba de-6,000,000 4 2,000,000.11 put donc se vanter d\u2019avoir pratiquement éteint la race et démembré la nation.Ces faits ont été prouvés par la Commission de Lord Bryce.La petite ville de Marzouvan, par exemple, comptait 15,000 chrétiens élevés et insiruits par des missionnaires américains.Ils.furent massacrés jusqu\u2019au dernier.C\u2019est dans les désefta de la Mésopotamie que 40,000 Arméniens furent en une journée torturés avec des raffinements indicibles de cruauté.Un missionnaire Cénadien de Toronto, le révérend Samuel T.Bartlett.qui a été le témoin oculaire de ces tueries.rapporte qu\u2019a Malatée, les Tures s\u2019emparérent de tous les bébés de la ville et les précipitèrent dans les rivières qu'ils firent ainsi sortir de leur e \u2014 12 \u2014 ps re Vol, 14, No 7 lit.Ils firent marcher les prêtres sur des charbons ardents, leur arrachèrent les ongles des mains et des pieds et les obligèrent finalement à réciter les prières des mourants au grand plaisir des bourreaux.Le même missionnaire raconte que \u201cle village de Haftdewan fut le lieu d\u2019un des plus horribles massacres de cefte persécution.Les chrétiens furent traqués et tués sans merci avec les Mahométans.Quand les russes entrèrent dans le village, 300 d'entre LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 furent sauvés.Tous les autres ont été égorgés ou déportés en Russie.Ailleurs, à Urumiah, en Perse, les Kurds allèrent de maisons en maisons et les vidérént de tous leurs occupants.Les mâles étaient coupés en morceaux ou brûlés sous les yeux de leurs épouses, de leurs mères et de leurs enfants.Quand ils eurent tué tous les hommes, ces brutes passèrent les femmes en revue.Les belles allèrent aux harems de Turquie et les moins favorisées de la Nature furent soumi- eux furent choisis pour récupérer les cadaverg et les enterrer.Quelques- unes de ces victimes furent fusilléés ; d'autres pendues la tête en bas à des échelles; d\u2019autres eurent les yeux brûlés et le corps charcuté.Les 800 habitants de cette localité furent mis à mort en 24 heures, de quelque façon.Environ 50,000 chrétiens vivaient en Perse au commencement de la guerre.De ceux-là, les 14,000 seulement qui se réfugièrent chez les missionnaires canadiens ou américains ses à des traitements qui ne peuvent se décrire.C'est ainsi que le tortionnaire Ta- laat-pacha noya dans des flots de sang la nation arménienne, coupable seulement à ses yeux comme à ceux de tous les Turcs de pratiquer le culte chrétien au lieu d\u2019adorer Mahomet.C'est la doctrine du \u2018\u2018Crois ou meurs\u2019 enseignée et pratiquée par le Grand Prophète qui triomphe encore dans cet empire chancelant que tentent au- 13 \u2014 Vol.14, No 7 Jourd\u2019hui d\u2019envahir les Grecs sôus les regards indifférents des peuples alliés.Quand la Turquie gkgna l'armistice de 1918,1es Alliés demandèrent l\u2019extradition de Talaat.Les Tures le con- demnèrent eux-mêmes à mort.Il réussit à tromper ou corrompre ses gardiens et à s\u2019enfuir en Allemagne où il vécut caché comme un malfaiteur qui craint les coups de la justice.En Turquie même, il fut souvent attaqué par des parents de ses victimes.Ainsi, dans les premiers mois de 1915, il fut blessé d\u2019une balle de revolver à Constantinople.Sa vie en Allemagne était plus menacée encore.Les 2,000,000 de survivants de la nation arménienne criaient vengeance.Les journaux annoncèrent l\u2019an dernier qu\u2019il vivait modestement à Neu- babelsberg, près de Berlin.Ce jeune étudiant arménien qui le poursuivait de pays en pays connut ainsi la retraite du bourreau de son pays et le tua de sa main.0 CHENILLES DE CIRQUE Le grand entomologiste Fabre a fait &ccomplir à certains insectes des prouesses dignes d\u2019un personnel de cirque ou de foire.Nous ne donnons _ foi que le cas d\u2019une trentaine de che- nîlles vulgaires qu\u2019il fit tourner en rond pendant huit jours, comme des 3 ohevaux de manège ou des cochons de @ .carrousel.Sachant que les chenilles rampent toujours en file indienne et suivent leur guide partout où il lui plait de les conduire, il voulut, tout en LA REVUE POPULAIRE s'amusant, constater jusqu\u2019à quel point elles poussent l'obéissance dûe à un chef de ligne.Il mit ses chenilles dans un pot de terre dans lequel poussait une palme.Une procession s\u2019avança, grimpa sur les côtés et commença à défiler sur le bord.Quand le cercle fut complet et que le bord du pot en fut couvert, il enleva avec üne brosse les fils de soie laissés sur les côtés pendant l\u2019ascension de ces\\insectes et les regarda se promener.Toutes.les chenilles servant de chefs à leurs suivantes, elles se promenèrent sans relâche sur le bord du pot pendant huit jours, comme les âmes damnées dans ce cercle de l'Enfer de Dante.La roue ne déviait pas d\u2019une ligne.La vitesse de leur marche était environ de neuf centimètres à la minute.Le huitième jour, exténuées, affolées, elles sortirent du cerole.Une par une, ou deux par deux, elles descendirent le long du pot, en quête d\u2019un endroit plus propice au repos.Elles restèrent sur ce bord pendant 168 heures.couvrirent 1.359 pieds, soit 335 fois le tour du pot.Montréal, juillet 1921 Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1981 TSO SS LES MANGEURS DE CHAIR HUMAINE Les Indigènes de l\u2019île Haïti ou 8.-Domingue, adorateurs de Voodoo, sont encore anthropophages.\u2014 Ils Im molent des blancs et les mangent dans des festins pour acquérir leur force et leur intelligence.\u2014\u2014\u2014oet On a peine A oroire qu'il se puisse encore trouver des cannibales parmi les habitants de la terre que nous croyons complètement civilisée.Il faut pourtant ouvrir les yeux à la vérité révélée par une enquête qui vient d\u2019être instituée à ce sujet dans cer- lains pays \u2018et particulièrement aux Etats-Unis et en France.Des sacrifices sanglants dont les holocaustes sont des êtres humains sont consommés de nos jours dans l\u2019Île de S.-Domingue (ou Haïti), à quelques milles de la oapitale Port- au-Prince.Ces fêtes barbares ne sont pas célébrées, comme on pourrait le croire pour satisfaire seulement les appétits de ceux qui y prennent part.Elles sont un des rites prescrits par le culte au serpent Voodoo, culte qui fut apporté d'Afrique par des esclaves que les Français établirent à Haïti et dont les descendants forment pratiquement aujourd\u2019hui la majorité de la population de l\u2019île.Les victimes sont donc offertes en sacrifice à un dieu redoutable, par pure superstition.Les indigènes d\u2019une même tribu ne se mangent jamais entre eux.Nous décrirons plus loin ces cérémonies que pratiquent presque tous les Haïtiens, riches et pauvres, grands et petits.Les adorateurs de Voodoo pensent qu\u2019en dévorant de la chair humaine, ils participent à la puissance du dieu auquel ils offrent ces saorifices et aussi, par une sorte de métempsycose, prennent la force et l'intelligence de leurs viotimes.Ainsi, lorsque I'holocauste est un enfant, chaque bouchée qu\u2019ils absorbent se change en eux en une sorte de vigueur juvénile qui augmente le nombre de leurs années à vivre.Mais les blancs sont partioultère- ment recherchés, parce que les noirs reconnaissent leur supériorité sur eux.Ce n'est donc qu\u2019en les mangeant qu\u2019ils peuvent devenir leurs égaux.Les blancs ne sont donc pas prisés pour la fine saveur de leur chair mais pour leurs qualités intellectuelles.Le courage git dans le cosun, croient-ils, et ils mangent le ooeur de leurs semblables pour s\u2019infuser leur courage; le foie est le siège de la sa- gaoité, de la ruse et aussi de l'immunité contre les flèches et les armes et ils dévorent le foie pour apprendre à combattre sans danger.Il est ici curieux de noter que les anciens Grecs plaçaient l'âme et l'intellect dans le foie.\u2014 15 \u2014 \u201cVol, 14, No 7 \u2018Comme nous l'avons dit, le Voo- dooisme vient directement d'Afrique, de la côte des Esclaves, territoire enfermé entre les rivières Volta et No- vo.Le mot tire son étymologie du verbe \u2018\u2018vo\u201d\u2019 qui signifie peur et \u2018\u2018du\u2019\u2019 qui se traduit par dieu.Les deux mots composés forment ce troisième: \u2018le dieu qui fait peur\u201d.En Afrique, les ~ \u201cRofrs adoraient le python qu\u2019ils dénomment pour cette raison, le vodu, divinité sanguinaire et friande de sacrifices.En 1724, les Français soumirent le pays et réduisirent en captivité ces cannibales qu\u2019ils expédièrent en grand nombre à Haïti pour travailler sur les plantations.Ces\u2019 esclaves amenèrent forcément avec eux leur dieu python.LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 De Haïti ou S.-Domingue, cette religion se répandit dans Cuba et dans d'autres Antilles, jusque dans le Louisiane même qu\u2019occupèrent aussi les Français, à cette époque.Les Cubains se rendent encore au- jourd\u2019hui coupables de ces crimes et on raconte qu\u2019il s\u2019en commet dans la y NS N > J 1 .A 1 H x RN Lu , ce J > Ga, AL 7 A +h Mo Pp ; 225 a \u201c 7 : .¢ 9) \u2018 Louisiane, très rarement, bien entendu.\"Il ne faut tout de même pas croire que tous les disciples du Voodooisme donnent dans le cannibalisme.Loin de la.En Afrique, par exemple, les victimes ordinaires du dieu serpent sont (les chèvres blanches et ceux qui immolent des êtres humains les appellent \u2018les chèvres-sans cornes\u201d.\u2014 16 \u2014 Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE AR Montréal, juillet 1921 lr sr Gi Un écrivain francais, M.de la Pare, nous dépeint une de ces \u2018\u2018fétes de la lune\u201d au cours desquelles un enfant est tué et offert à l\u2019idole farouche: \u2018\u201cC\u2019était le premier soir de la pleine lune, écrit-il.Je m\u2019étais dissimulé derrière une touffe de broussailles à une extréndité dé la clairière sacrée.Une fort pierre plate servait d\u2019autel et à sa base se trouvait une boîte de bois.Une marmite chauffait non loin de là sous un feu ardent.° Sur un côté se tenaient les tambours et les prêtres desservants.Le papa-loi, ou grand-prêtre, entre, portant dans ses bras un enfant noir.II le coucha sur l'autel de pierre.Les tambours se mirent à résonner et il commença une danse Fnèbre, faisant des moulinets au-dessus de sa tête avec une-hache tranchante.La lumière de la lune vint frapper l\u2019autel et dè la boîte sortit la tête d\u2019 un serpent.Les assistants entonnèrent des chants en choeur.Le.grand-prêtre prit l\u2019enfant par les pieds et le sacrifia.Tous sesle partagèrent ensuite pour le manger\u201d.?Quand les Français, dans les premières années du dix-neuvième siècle, *peuplèrent cette colonie d\u2019esclaves l\u2019Île se divisa en deux républiques, celle de S.-Domingue et celle de Hai- ti- Pour les civiliser, ils en envoyèrent plusieurs à Paris où ils furent instruits et raffinés.Le grand-père d\u2019Alexandre Dumas, le célèbre romancier, fut du nombre de ces privHégiés.Il se forma bientôt un noyau de noirs intelligents et cultivés.La révolution vint arrêter les Francais dans leur tentative de civilisation.Un prêtre de Voodoo est connu à Haïti sous le nom de papa-loi et une prêtresse sous celui de mama-loi, corruption du mot français \u2018\u2018roi\u2019.Dans \u2014 17 \u2014 la manière de tresser leurs cheveux, de danser et de chanter, ces ministres s\u2019inspirent des coutumes africaines.Les papa-lois et les mama-lois ont, comme les Florentins du tcmps des Doges, une connaissance parfaite de tous les poisons.Le Haïtien croit communément \u2014 et avec raison jusqu'à un certain noint \u2014 que ses prêtres, par la science des herbes qu\u2019ils possèdent, sont.maîtres de la vie et de la mort, de la folie, de l\u2019idiotie et de la paralysie.Il n\u2019y a pas de doute qu\u2019ils peuvent parfaitement simuler la mort.Plusieurs victimes sont ainsi obtenues.Une femme,'un' homme ou un enfant seront subitement frappés d\u2019un mal mystérieux et seront en quelques heures laissés pour morts.Après les funérailles, qui dans ces pays ont lieu vingt-quatre heures après le décès, la tombe est ouverte, le faux \u2018\u2018cadavre\u201d exhumé, ressuscité et porté sur les autels cachés des environs.; Des mères de Haïti ont même été aceusées d\u2019avoir mangé leurs propres enfants.Interrogées, elles répondent infailliblement: \u201cN\u2019en avais-je plus le droit que tout autre puisqu'ils m\u2019appartenaient!\u201d L'empereur noir Soulouque, connu pour sa grossièrelé et ses prétentions exagérées, était un des plus fidèles disciples du dieu Voodoo.Le général Therlonge, qui commanda aussi l\u2019île, fut même l\u2019un de ses grauds-prêtres et apparut souvent, en robe écarlate, au pied des arbres sacrés pour sacrifier des enfants au serpent adoré.Si les chefs de ces indigènes ont participé à ces festins sanguinaires, que penser ators de la masse?D'après sir Spencer St.John, con- sul-général de Haïti pour l\u2019Angleterre, pendant quelques années, \u201cil n\u2019est Vol 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, fuifiet 19881 pas un Haïtien étranger à une secte quelconque de Voodooistes et la loi du pays protège ceux qui accomplissent les rites prescrits par la divinité.Sous @ l\u2019empereur Soulouque, une princesse fut arrêtée pour avoir sacrifié un enfant trop ouvertement.Ses partisans la jugèrent, la coondamnèrent à mort, mais la sortirent de prison, à la faveur de la nuit\u201d.Il ajoute que tous les étrangers qui habitent Haïti ou S.-Domingue savent très bien que le cannibalisme y sévit et que les classes dirigeantes s\u2019efforcent de l\u2019ignorer au lieu de s\u2019employer à déraciner ces habitudes barbares dans le coeur de leurs grossiers compatriotes.0 DEUX FEMMES CELEBRES L'histoire est un éternel recommencement, ce n'est pas sans raison que l\u2019on appelle le beau sexe, l\u2019Eternel Féminin.Les femmes depuis Eve n'ont pas changé.Le fameux Bataillon de la Mort, formé en Russie il y a trois ans par quelques milliers de femmes guerrié- res pour combattre le tzarisme, ao- complit les mêmes exploits des Amazones dont il est parlé dans les Saintes Eoritures et dans certaines légendes byzantines.Qui ne connaît pas l\u2019aventure de Boadicée, reine des Icéniens, le peuple qui habitait la Grande-Bretagne, l\u2019an 42 avant Jésus-Christ?Claudius, empereur romain, avait porté la guerre sur l\u2019île et débarqué là ses meilleures légions.Deux des filles de la reine | Boadicée ayant été outragées par des soldats romains, elle incita son peuple à la révolte et se mit'à la tête de ses troupes.Elle était une torche vivante d'enthousiasme sauvage groupant les hordes barbares autour d\u2019elle.Forçant les portes de Londinum (Londres au- jourd\u2019hui), elle mit le feu à la ville et massacra 70,000 Romains.Le gouverneur impérial, à son retour, se vengea oruellement des Bretons en les faisant égorger par milliers.La reine Boadicée, ayant trouvé sa ven- :geance sé donna la mort pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis.L\u2019historien Tennyson a dédié à Boadicée une ode magnifique.Passons à ne autre femme, mieux connue que la première, Mona Lise, la fameuse Joconde.Une riche récompense \u2018fut un jour offerte à l'homme qui, dans toute l\u2019île britannique, trouverait le plus fin mot d'esprit sur le chef-d'oeuvre de Leonard de Vin- ci.\u201cIl faudrait user d\u2019un tournevis pour fixer son sourire\u2019\u2019, dit le vainqueur du concours.Mona Lisa est la plus célèbre peinture du monde.Le sourire de cette femme a déconcerté tous leg artistes et tous les critiques d'art.Elle était florentine comme le peintre qui l\u2019immortalisa.Celui-ci la connut le jour de son mariage et l\u2019admira.Quelle fut dans la suite la nature des relations de Léonard de Vinoi et de Mona Lisa?Mystère.Sans son sourire énigmatique, Mona Lisa n\u2019eut jamais laissé son nom à l\u2019histoire.D\u2019un autre côté, la reine Boadicée paya de sa vie la gloire qui entoure son nom, beaucoup moins connu cependant que celui de la Ja- conde.oT BL SC SPLICE SEPP | certains parents.Vol, 14, No 7 # Tl y a la manière d\u2019élever les enfants.C\u2019est une aptitude innée chez Las millionnaires bien\u201d souvent font des scélérats de \u2018leurs fils et les ouvriers des grands | hommes des leurs.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019 un homme sait brasser les millions qu'il] pourra infailliblement administrer une famille.M.Hosting, un tres riche industriel de Toronto, apprit & ses dépens que s\u2019il était capable de fabriquer les ba- | lais roulants les plus répandus au Ca- | nada, il ne put jamais faire l\u2019éducation de ses deux enfants.S\u2019imaginant que la jeunesse est souvent gâtée par des intrigues, des flirts et de petits romans d\u2019amour \u2018commencés trop tôt, il résolut de-te- nir son garçon loin des filles du même âge et sa jeune fille loin des garçons.Jean et Miriam n\u2019eurent donc jamais Se retrouvaient qu'à table, à l\u2019heure des repas.Mais le système du père Hosting fit faillite.On ne peut pas violenter ainsi la nature.Les deux jeunes gens aimèrent, furent aimés et trompèrent pour s'échapper l\u2019étroite surveillance de l\u2019auteur de lèurs jours.Gette histoire authentique pourrait pour cette raison s\u2019intituler: \u2018La précaution inutile.\u201d [les mémes compagnons de jeux et ne, \u2014 19 \u2014 L\u2019AMOUR NE CONNAIT PAS DE LOIS OO OT Tr CO AA AAA AAA Les deux enfants d\u2019un millionnaire canadien sont enlevés par leurs amoureux à l\u2019insu du père qui les gardait sous les verrous.Question d\u2019éducation.Un jour, le bruit se répandit dans la ville et dans toute la provinee que la fille et le fils du millionnaire Hosting avaient abandonné le toit familial pour aller dans une petite paroisse de la banlieue épouser l\u2019une son fiancé et l\u2019autre sa promise.Quelques semaines plus tard.après qu\u2019i] eut mis tous les détectives disponibles de la ville à la recherche de ses rejetons, le père apprit que son fils Jéan avait uni sa destinée à une jeune fille dont il n\u2019avait jamais entendu parler, âgée à peine de dix-neuf ans.D'ailleurs, Jean Hosting n'était guère plus vieux qu\u2019elle, suivant encore les cours de la Faculté de droit, à l\u2019université de Toronto.* Son évasion fut des plus amusantes.Le jeune homme s\u2019échappa d\u2019abord seul en automobile, suivi de près dans une autre voiture par sa fiancée que poursuivait sa soeur dans une troisième automobile.Les deux amoureux se connurent à la Maison des Etudiants où la jeune fille allait danser dans les bals donnés par les différentes facultés.*: Ils se marièrent tout près de la frontière de Québeq, ayant perdu de vue la tierce personne qui voulait compromettre Ieur bonheur.Quand le père sut la chose, il entra dans une violente colère, et se jura de A ~ \u2019 Sa Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 déshériter ce fils désobéissant et insurgé.: 11 se radoucit cependant plus après quand on lui eut dit que sa brue appartenait à l\u2019une des familles les plus honorables et les plus riches de la cité.Mais la tournure que prit cette aventure, ne convertit pas M.Hosting à des idées plus généreuses, plus modernes sur l'éducation des enfants.Il n\u2019en continua pas moins de penser gue les jeunes doivent être soumis à une discipline rigoureuse que, jusqu\u2019à .® l'âge de vingt-cinq ans, les personnes des deux sexes ne doivent jamais se rencontrer, qu\u2019enfin, l'autorité paternelle, aujourd\u2019hui comme chez les \u2018Romains, est une chose inflexible et terrible.\u2018 - Déconvenu par la conduite cavalière de son fils Jean, il reporta toute sa sévérité sur sa fille et se jura bien que celle-là on ne lui enlèverait pas aussi facilement.Miriam eut autant de chaperons qu\u2019un sultan a de femmes.Aucun garçon, admis à la maison.Il lui fut aussi défendu de visiter ses compagnes qui avaient frères ou cousins.=\" aucun jeune homme ne fut À quinze ans, on la séquestra dans une espèce de monastère aux fenêtres grillagées, aux hauts murs de pierre ou elle fit de trés sérieuses études mais s\u2019ennuya a mourir.L'ingéniosité de Cupidoir se rit de - tous les obstacles; sa pergéveralice a fait le thème de millions de poèmes.Tout près de ce monastère se trouvait un petit village où quelquefois les jeunes filles pouvaient se rendre sans escorte.Trompant un beau matin de mai la surveillance de ses jalouses gardiennes, Miriam prit la clé des champs où elle alla respirer le grand air de la liberté, avec sa meilleure #- compagne.Mais leur solitude fut tout-à-coup troublée par l'arrivée d\u2019un cousin de | Miriam son amie qui flanajt par la.fut présentée au jeune homme qu'elle trouva charmant et beau.Celui-ci, de: son côté, la regarda avec admiration, me 20 ome 7 fa 16 Vol, 14, No 7 croyant veir une fée.L\u2019amour les unit et ils ne pensèrent plus que l\u2019un à l\u2019autre.Mais ils étaient si jeunes tous les deux et le papa Hosting si sévére! Cependant, André, car c'était son nom, s\u2019arrangea pour passer l'été suivant dans un cottage voisin de celui que sa fiancée occupait quand, naturellement, son père lui permettait de quitter pour quelques semaines son couvent.Comme il advint dans le cas de son fils, M° Hosting se réveilla un matin pour apprendre qu'il avait un gendre, que sa fille Miriam était devenue Mme André Chatterton.Comment les deux tourtereaux s\u2019en- volèrent-ils?Nul ne le sait bien.Il fut question dans les rumeurs qui coururent sur cet enlèvement d'échelle, d'automobile de course, enfin de tous les accessoires nécessaires à cette fugue moderne.Les jeunes époux se réfugièrent dans l'Ouest où André fit fortune et où vint les rejoindre M.Hosting, revenu à des idées plus larges et fou de joie d'être grand-père.Son immense fortune est assurée à sa fille et à son fils qui voulurent, au risque de tomber dans la pauvreté,.\u2018\u2018vivre leur vie\u2019, contre les convenances et les préjugés.M.Hosting modi- fla a4 tel point son caractère qu\u2019il en vint à trouver fantaisistes et drôlement imprévus les mariages de ses deux enfants.Personne, dans cette famille, ne fut plus esclave des traditions sociales! 0 LA CONQUETE DU MONT BLANC Horace Benedict de Saussure, professeur de Genève et voyageur, tenta le premier l\u2019ascension du Mont Blanc, LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 le pic le plus élevé des Alpes.Accompagné par quelques guides, il escalada le Mont jusqu\u2019à un petit plateau très peu distant du sommet, mais fut forcé par une violente poudrerie, de rebrousser chemin.C'était en 1785.Il renouvelæ sa tentative l\u2019année suivante et échoua de nouveau.Mais l'un de ses guides découvrit alors une route nouvelle.Au lieu de confier son secret à de Saussure, il en fit partà un gentilhomme du nom de Paccard qui devint en 1786 le maître du Mont Blanc.L'année suivante, de Saussure en fit l'ascension à la grande joie de l\u2019Europe.Alors que l\u2019exploit de Paccard est mis en doute, celui de de Saussure est incontestable./ 0 L\u2019OUYE DES POISSONS Les petits poissons d\u2019eau douce et les baleines jouissent-ils de la faculté d\u2019entendre eomme nous?Ils ont des ouïes, il est vrai, mais qui ne leur servent que pour faire entrer l'eau nécessaire à leur respiration.Quelques savants répondent dans l\u2019affirmative et d\u2019autres leur refusent l\u2019usage de ce sens.Qui croire?De récentes expériences ont pourlant démontré presque définitivement que les poissons entendent.Des sons furent mis en contact direct avec l'eau d\u2019un vivier où nageaient des centaines ae poss- sons, qui semblèrent influencés par eux.Ce qu'il y a de curieux, c\u2019est que si le poisson atrophie ses ouïes, ou organes de l\u2019audition, il perd le sens de la direction en nageant.IL peut nager lentement à une petite allure, mais sitôt qu'il veut faire de la vitesse, il tourne en spirales, - \u2014 21 \u2014 ARTE RE EM int seit pére Vol.14, No 7 | LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1831 PO STATO AAA TATA ATA AAAS ~ LES BOMBES A LA POSTE DTT TT AACA ATA AHA ATA, CNN, TSO Q HTS \u2018Des bandits, des anarchistes ou des amputés.la mâchoire brisée et toute fous ont entrepris dans l\u2019Ouest une la figure brûlée par la poudre et meur- campagne de mort contre les méde- trie par les éclats.% cins.Plusieurs ont sucéombé jus- Pendant plusieurs jours.sa vie ne ; a qu'ici, victimes de la haine implacable tint qu\u2019à un fil, mais sa robuste cons- ,.gi: où de l\u2019odieuse envie de ces êtres in- titution le sauva.Quoiqu\u2019âgé de cin- Pi 3 humains animés par on ne sait quelles quante-six ans, il est encore doué 2 : 3 diaboliques influences.d\u2019une énergie extraordinaire.Ses mé- i A \u201cLes meurtriers usent de procédés decins qui le traitent ne désespèrent iH 4 qui n'ont rien de bien nouveau mais : A 2 qui n\u2019én'sont pas moins infaillibles.Is 55 IL A recommandent à la poste une boîte en A (om A fer-blanc d'une certaine dimension, à io Lt | l'adresse de leur victime, contenant un 104 Ay 8 puissant explosif.Si le destinataire 5 A i n'est pas averti, il développe ce colis ied Te innocemment et reçoit la décharge PS ment: 8 mortelle en soulevant le couvercle.: donk La chose vient d\u2019ariver au docteur one J.-L.Pepper, de Winnipeg, dans les gites tragiques circonstances que nous al- IE br Joivs dire.Mls le médecin, tenu en haute estime tien par ses concitoyens pour son habileté ly professionnelle et ses qualités civi- .Par ques.fit du service pendant la guerre jeu dans une formation sanitaire cana- gta; dienne.I] ne ge connaît pas d\u2019ennemis.pet Une après-midi, on vint lui livrer Bl un paquet recommandé.Il signa le SP récépissé, entra dans son cabinet de tig travail et se mit en frais de, l\u2019ouvrir.Il eut à peine touché la ficelle qui re- plus de son cas.Malheureusement, il og tenait le couvercle que la bombe ex- ne pourra peut-être plus jamais re- plosa.prendre la pratique de sa profession.Au bruit de la détonation,-les voi- En étudiant l\u2019explosif, on se rendit i sins s'empresserent et relevérent le compte à l\u2019hôpital que la bombe avait at médecin sans connaissance et tout été chargée avec de la poudre noire a oouvert de sang.ordinaire.C\u2019est la seule pièce à con- 4 Yi Il avait le bras droit complétement viction que possède la police pour sui- Ju bs arraché, les doigts de la main gauche vre I\u2019écheveau de ce drame.te Vol.14, No 7 On croit communément que le coupable doit se cacher dans la petite ville de X.C\u2019est d\u2019ailleurs au bureau de poste de cette localité que fut consigné le colis.Le maître de poste en est certain et se souvient avoir recommandé un paquet au nom de J.-L.Pepper, médecin.L'expéditeur était un homme à l'allure distinguée.Comme le paquet portait un timbre de quinze sous, soit six cents de plus que le taux imposé, il est possible que sa première pensée fut de le mettre à la poste de Calgary.Il se ravisa et crut plus sûr de I'expédier de X.La population de cet endroit est trés oosmopolite.Elle comporte des colonies slaves, italiennes, arméniennes, lithuaniennes, russes et canadiennes- françaises.On ne redoute aucunement les canadiens-français qui for- | ment le meilleur élément de cette agglomération.Mais il n\u2019en est pas de même des Italiens et russes dont on se méfie particulièrement.| La police poursuit de sérieuses enquêtes sur cet attentat qui a profondément ému la population bien pensante de ces deux villes.Des récompenses sont offertes par les municipalités, diverses sociétés, de riches particuliers à celui qui indiquera une piste sûre aux policiers ou mettra lui-même le grappin sur le sinistre individu qui s\u2019est rendu coupable d\u2019une aussi lâche action.o 1,000,000,000 D\u2019ETOILES AU- FiR- MAMENT i Il n'y a dans tout le firmament que 5,000 étoiles visibles à l\u2019oeil nu; la plupart sont de la sixième grandeur ou plus brillantes, La moitié du ciel seul, de quelque point qu'on le regar- ÿ de, est perceptible sans l'aide d\u2019un té- LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 lescope et bien que les constellations de faible éclat qui bordent l'horizon soient invisibles à cause de la densité - plus grande de l\u2019atmosphère terrestre dans cette direction, il n\u2019y a que 2000 étoiles assez rapprochées pour être vues dans une nuit sans nuaiges.Si l\u2019on fouille le ciel au travers d\u2019une lentille de télescope, quel ohan- gement ! Il est constellé de milliers d'étoiles de la première à la neuvième grandeur et de 200,000 de la neuvième en montant.Les étoiles faibles sont les plus nombreuses.On en compte presque 55.000,000 dans les dix-sept premières grandeurs Le réfracteur Yerkes, espèce de lunette astronomique, de quarante pouces, permet de contempler les étoiles de la dix-septidme gréndeur apparente et le grand télescope de 100 pouces Mount Wilson les étoiles de la vingtième.Ce modèle est le plus parfait au monde et il est peu probable qu\u2019on en trouve un plus puissant.Il y a\u201cdans notre système astral trois cent millions d\u2019étoiles à portés du plus grand réfracteur.Peut-être s\u2019en trouve-t-il une plus grande quantité dans d\u2019autres systèmes stellaires que nous ignorons.Quelques astronomes ont imaginé des formules basées sur le calcul des étoiles pour fixer approximativement le nombre des étoiles dans notre système.Ils ont supposé une grandeur moyenne de vingt-deux ou vingt-quatre, bien au-dessous de la portée des té lescopes existants, et en considérant qu\u2019il y a autant d\u2019étoiles au-dessous de cette grandeur moyenne qu\u2019il s\u2019en trouve au-dessus, ils arrivent à trouver un total qui varie de 700,000,000 a 1,800,000,000. i 7 0 CHILI iE EL Vol, 14, No 7 Etrange rencontre du capitaine Reynolds, jeune millionnaire aventurier, avec Mile Denise d\u2019Arcy, une beauté parisienne, dans un accident L'Amour, comme l'Opportunité, frappe au moins une fois à la porte de chaque homme, dit dans une piquante épigramme un sage d\u2019une génération Jlointäine.si! Occasion passe sans insister, .jurekes assiez près pour qu\u2019on puisse ,saisir par les cheveux, l'Amour, quand il survient, insiste assez pour être reconnu, compris et écouté.C\u2019est avec cette persistance que Cupidon fit l'assaut du coeur du capitaine Robert \u2018Reynolds, aventurier millionnaire, écrivain, globe-trotter, chasseur et athlète accompli, quand l'Eupomobile de course qu'il condui- enversa une merveilleuse jeune le dont il s \u2019éprit à la minute où il aurait pu la tuer.Sa victime fut aussi bouleversée par la mâle beauté du jeune homme et bien qu'elle eut été courtisée par de redoutables prétendants dans tous les pays du monde elle n\u2019en trouva jamais de plus.séduisants que lui.Le capitaine Reynolds est généralement connu sous le nom de \u2018\u2018Bob\u201d, sobriquet qui resta célèbre à l\u2019université de sa province.\u2018Héritier de l'immense fortune de George Spear Reynolds.il eut de bonne heure l\u2019ambition d\u2019employer ses capitaux aux voyages et d\u2019apprendre beaucoup de choses.Il se fit d'abord LA REVUE POPULAIRE DATARS A COAT CO SO L'AMOUR VEILLE.A HAA, A ATIA AD, A, A CO LAT CO OD d\u2019automobilo \u2014 24 \u2014 Montréal, juillet 1921 \\ recevoir avocat et substitut du procureur.Il se servit de sa haute situation dans l\u2019administration de la justice pour protéger les petits et les pauvres et faire la guerre aux politiciens et aux capitalistes malhonnêtes.Quand il fut fatigué de cette vie sédentaire où il avait déjà acquis une bonne somme d\u2019expérience, il entreprit ses tournées mondiales, traversant d\u2019abord le Thibet et s'enfonçant une saison entière au coeur de l\u2019Afrique pour écrire à son aise un roman et ses relations qui ont été publiées et tirées à plusieurs éditions.Comme bien d\u2019autres, il fut longtemps tenté par l'existence sauvage et tourmentée des plaines de l\u2019Ouest Canadien.Quelques mois après son retour d'Asie, il s'engage comme cowboy sur un ranch.On se moque dé lui à son arrivée et il endure les brimades de ses aînés.Pour s'affirmer, il obtient de son patron la permission de z rosser, s'il le peut, tous les cowboys § de la ferme.Il les malmena si bien qu'il devint la terreur du ranch et fut, ty CH \u2019 Tis \u201cig los des plaines, il tourna ses yeux vers fm, Hel, respeclé, Quand il eut appris tous les secrets| l\u2019Europe.Ses revenus s'amassaient| chez son notaire, mais il préféra faire gt NT re- ATP \u201ca en Helly q ! \u2018 ; nly nN.fi Marx ! Eu, ty Vol.14, No 7 ¥ le voyage sans un sou en poche, tout comme les vagabonds.Avec ces compagnons de fortune, il fit le trajet dans des wagons de marchandises et sur les timons des trains de voyageurs.Après un voyage de treize jours, il mit pied dans la métropole où il me séjourna que le temps voulu pour écrire un récit d'aventures qu\u2019il intitula: \u201cLa Passion du vagabondage\u201d.co Cette oeuvre se vendit aussi bien, sinon mieux, que ges premières.Get effort littéraire fourni, il se fit avancer un acompte sur les profits de | la vente et s'embarqua pour la Suède ÿ sur ur paquebot de transport comme (garçon d'éénrie.Après avoir fait le | tour de l'Europe, tantôt en millionnaire et tantôt en chevalier errant, il re- | vint aû pays où il fut promu capitaine {d'un régiment de milice.LA REVUE POPULAIRE -væ Montréal, juillet 1921 Le goût des randonnées le reprit et le capitaine Reynolds se dirigea sur les Indes.Pendant un an, il erra dans le Thibet, l\u2019Hindoustan et l\u2019Afghanistan, chassant avec les lamas et les rajahs.: N De retour, à la requête de ses amis, il brigua les suffrages des électeurs de son comté pour prendre un siège au Parlement.La politique le lassa bientôt et reprit le èhemin de l'Afrique où il se perdit dans les jungles pendant plusieurs mois.À cette époque, il lança encore deux romans de cape ot d\u2019épée, \u201cUn joyeux Cavalier\u201d, et \u2018\u201cUn soldat de fortune moderne\u2019, À la déclaration de la guerre, il entra dans l\u2019armée.\u201cJe n'ai connu l'amour, disait-il 3 ses amis, dans aucune de mes aventu. ere Cab, EAN tee Vol 14, Mo ¥ res.Je crains de trop bien connaître la faiblesse et I'tnoonstance des fem - meg pour les aimer\u201d.I1 sembieit donc que le ocaepitaine Reynolds dut rester célibataire.Survint alors cet accident qui bouleversa sa vie.1! n'en était pas res- ponseble, la jeune fille s\u2019étant jetée æu-devant de son automobile.Il eut assez de sang-froid pour appliquer ses freins et adoucir ainsi te choo.Elle fut frappée per le chasse-pierres et projetée violemment eur Ja chaussée.Fn une seconde, il l\u2019eut dans ses bres et Ya porta en grande vitesse à l'hôtel où elle avait ses appartements.Dans une petite bourse on trouva une oarte au nom de Mile Denise d\u2019Aroy.Telle était te nom de l'héboîne.Bob, au désespoir, manda au ohevet de la jeune fille les médentns les plus émiments de la ville, disant qu'une enfant aussi adorable n\u2019avait pas trop de mille sevants pour la remener à la santé.NU fut bientôt rasguré of attendit dans une chambre du même hôta qu\u2019elle fut tm peu rétatblie et put le recevoir.Dams l'intervalle, il fit em- pitr sa chambre de fleurs, de bijoux, de gourmandises, de cadeaux de toutes sortes.\u201c Personne ne connaissait Mlle Denise.d'Aroy, mais le capitaine Reynolds était sûr qu'elle différait des autres femmes et oela lui suffisait.Quend, æprès deux jours d'angoisse, ete fut en état de recevoir, il envoya son valet de chambre tui demander le privilège de quelques minutes d'entretien.Jemais il n'apporta tant de soins à sa toilette.Enfin.quand, beau comme un ApoHon, il s\u2019'approcha d'elle, elle lui sourit agréablement et le remer- LA REVUE POPULAIRE PIE RPO EE PO Montréal, juiifiet 1871 ola de ne pes l\u2019avoir blessée plus grid- vement.La jolie convalescente 1'assura en outré qu\u2019elle prendreit aveo lui se première récréation quand il lui sere permis de se lever.Lorsque vint le jour de oe thé promis, Reynolds apprit enfin qui elle était.Fille dune riche famille de Ver- sallles, elle s'était acquis au thé- âfre sur tout le oontinent une renommée sans pareille, grâce à sa beauté de déesse.En compagnie de gon père, elle avait pénétré au plus profond de l\u2019Asie et risqué même sa peau (aucune femme re l'a fait avant elle) dans une expédition chez des anthropophages australiens.Des chefs hindous lui décernärent même des trophées pour la récompenser de ses succès à la chasse aux tigres et aux lions.Et avec tout oela, cette jeune fille n'était âgé que de vingt-deux ans | En visitant Burma, un four, (Burma est aux Indes), Denise d'Arcy entendit parler de \u2018\u2018 l'éléphant blano \u201d at voutut'à tout prix le voir, sinon le capturer.Trompant la surveillance de son père.elle s\u2019enfonça dans la jungle aveo deux officiers anglais et suivit sa piste sans sucods pendant trois jours et trois nuits.Ils en abattirens un autre cependant et rapportèrent ses défenses au père qui les exposa dans sa maison de Versailles.\u2014Ft votre famille?questionna-t- elle.\u2014Je ne suis pas marié, répondit le capitaîtne Reynolds, si c\u2019est ce que vous entendez par famifle.Célibataire maintenant, et célibataire toujours, j'ai bien peur.\u2014Touwjours, vous croyez?Mlle d\u2019Arcy est une polyglotte qui parle six langues et le capitaine en Vol, 14, No 7 connait tout autant, moins le russe qu'elle se mit à lui apprendre.Ces visites fréquentes les conduisirent rapidement au mariage qui fut célébré deux mois après l\u2019accident dans une petite église de New-York.Les seuls témoins en furent le chauffeur du marié et la femme de chambre de Mlle d\u2019Arcy.Le voyage de noces souleva une vive disoussion.Ou aller?Tous les deux avaient visité tous les coins et recoins du monde.Les changements de scènes et de localités éfaient une bagatelle à leurs yeux.Enfin Mme Reynolds suggéra l\u2019idée de passer la lune de miel dans une au- tomrobile-cottage, aménagée en roulotte.Le capitaine serait chauffeur et pourvoyeur, elle, cuisinière.\u2018\u201cCe sera dit-il, une excellenté occasion pour moi de me familiariser avec mes devoirs domestiques et pour vous avec vos devoirs de bon époux\u201d.L'automobile fut construile elle contenait une cuisinette, un bain, une chambre à coucher et un boudoir.Ils parcoururent d\u2019abord le Canada et projetèrent ensuite de reprendre leur tour du monde avant de se fixer.\u2014_\u2014_\u20140- Un savant russe, le professeur J.H.Rosing, est l\u2019inventeur d\u2019un appareil optique dénommé \u201c\u2018 oeil électrique \u201d, qui permettrait de découvrir avec une exactitude absolue les troubles et les lésions de l\u2019estomac, les-secrets des profondeurs de la mer, les mystères de l\u2019intérieur des volcans, avec autant de précision que s'ils s\u2019offraient à la vue ordinaire.L'invention en question est basée sur la découverte des propriétés des rayons cathodiques qui sont influencés et mis en mouvement sous l'im- LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 pulsion d\u2019un courant électrique.Cet appareil peut être descendu au fond de l\u2019océan, de l\u2019estomac ou d\u2019une cheminée volcanique comme une sonde, à une distance quelconque, de manière à voir distinctementce qui s'y passe et à s\u2019en rendre compte dans l\u2019obscurité aussi parfaitement que si l\u2019on opérait en pleine lumière.ee, CECI est une histoire vraie.Des touristes étant allés se promener en Chine, la femme de l\u2019un d\u2019eux fut un jour invitée à prendre le thé chez les dix femmes d\u2019un mandarin, grand dignitaire, Leg \u2018\u2018mandarines\u2019 examinérent aveo curiosité l\u2019étrangère; Tes vêtements, les cheveux, les dents, tout les intéressait, principalement les pieds (la voyageuse chaussait du sept).\u2014 Oh! dit l\u2019une des chinoises, avec des pieds comme ceux-là, vous pouvez marcher et courir comme un homme?\u2014 Mais oui.\u2014 Savez-vous monter à cheval et puis nager?\u2014 Oui.\u2014 Alors, vous êtes aussi forte qu\u2019un homme?-\u2014 Je le crois.\u2014 Vous ne vous laisseriez pas battre par un homme, même si c\u2019était votre mari?\u2014 Certainement non! Les dix petites chinoises se regardèrent d'un air pensif en hochant la tête, puis, celle qui avait interrogé l\u2019étrangère reprit encore une fois la parole: \u2014 Je comprends maintenant, dit- elle, pourquoi les diables étrangers n\u2019ont jamais qu\u2019une seule femme.Ils ont peuri.\u2026 Vol.14, Na 1 La 5 TTD TA Ty TT CAR TD Ty Ty Dy Dy Ty SX 0 LA REVUE POPBLAIRE Montréal, juiilet 1881 3 \u2019ENDORMEUSE D'ENFANTS ; Une Jeune femme pénétre dans les grandes maisons comme bonne, endort les enfants et vole tous les bijoux des parents avec un eomplice ~ » * \u2014\u2014 La police est à la recherche dans tout le pays d\u2019une jeune fille de dix- neuf ans, nommée Lucille Verhoff.soupçonnée d\u2019avoir volé tous les gens qui l\u2019employèrent comme bonne d\u2019en- faits après avoir chloroformé les petits confiés à ses soins.La justice la dénonce comme escroc et les parents comme crimisrélle.Les méfaits qu'elle a commis ne se lisent pas sur sa figure, douce comme celle d'un ange, éclairée de deux grands yeux profonds, ornée d\u2019une petite bouche fraiche et rouge comme\u2019 un fruit mir.-Ea plus, tous ceux qui I'ont connue s\u2019accordent a dire que sa conduife lenr semblait au-dessus de tout scupçon.qu'elle avait des manières agréables et distinguées, Cette jeune file sonnait à la porte des riches familles où, grâce à sa mise et à son grand air.elle-ée faisait invariablement embaucher comme bonne ou femme de chambre.Elle étudiait la maison de la cave au grenier et quand ses plans étaient bien dressés, elle mandait ses complices et faisait avec eux le sac de la Maison.- St'encore, ellé ne se fut contentée que de cela! Mais cette voleuse avail l& funeste manie d'anesthésier aud chloraforme les enfants dont elle avait la garde pour ne pas éveiller Jeur attention.\\ Et qu\u2019est-ee qui la portait à commettre cette imprudence qui aurait pu coûter la vie à plusieurs petits?Dans chacun des lareins qu\u2018elle à eommis avec ses eomparges.Jes héhés qu'elle endormit ginsi ne pouvaient aucunement l\u2019ennuver, Hs n'auraient pu d'aucune façon donner l'alarme.ni même.au cours d\u2019un propés, témaigner contre elle et sa bande! | Alors?Peut-âôfre cette femme estelle une demi-foile dont c\u2019est la manie ?Fort heureusement, aneun des enfan(s qu'elle à drogués n\u2019est mort.-Mais plusieurs ont périodiquement des acçès de stupeur à la suite de la trop forte dose de narcotique qui leur fut adminis(rée.La police tient à l\u2019arrêter 16 plus tôt possible dans l'intérêt de la société et pour le sien propre, avant qu'elle ait-le temps de commettre un crime qui la conduirait à l'échafaud.En juin dernier, une élégante jeune, personne se présenta chez une dame de la société, munie d'excellents certificats, pour Ini demander une position de bonne.Getto dame remarqua la blanchenr el la tenue impeccable de ses mains et lui confin gussitôt ses deux enfants, deux petites filles de six et quatre ans.| Le jour de la Saint-Jean-Baptiste, la famille sortit, laissant Dorothée seule à la maison avec la bonne à qui it] \u20ac s Emo Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 la mère recommanda de bien veiller sur la fillette.Louise attendit que tout le monde fut éloigné.Elle était nerveuse et impatiente.En moins d\u2019une minute.elle se précipita à la fenêtre, fit quelques signes conventionnels et des pas lourds résonnèrent dans la maison, Un homme entra.À ce moment.Louise prit l\u2019enfant par la main et le conduisit à son lit et l\u2019endormit en lui mettant sous le nez un tampon imbibé de chloroforme.Quand la famille revint, la petite était encore plongée dans un profond sommeil.Les tiroirs étaient bouleversés et des vêtements, des bijoux et des bronzes avaient disparu.Une semaine plus tard, la même jeune fille fut engagée par une seconde famille qui lui donna deux autres \u2014 29 \u2014 enfants à surveiller, Robert, deux ans et demi, et Marcel, quatre ans.Le soir même de son entrée dans cette maison, le père et la mère allèrent faire quelques emplètles dans la ville.Ils avaient à peine mis le pied dehors, que le même homme pénétra dans leur appartement et de concert avec la bonne, endormit les deux bambins et vola tout ce qui lui tomba sous la main.Quand M.et Mme Lévy revinrent cé\u201d fut pour voir un chauffeur et une femme drapée monter dans une automobile devant leur porte, en emportant\u201d deux valises.Ils se précipitèrent, chez eux pour trouver les deux garçons presque sans vie et tous les tirdirs retournés.dr Les agents qu'on a lancés àla: poursuite de cette femme et de son ; saw LT complice trouvent le cas étrange et ne Voi.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE s\u2019expliquent pas le besoin que ressent cette fausse bonne d\u2019endormir les petits innocents dont elle vole les parents, \u201cDe telles manies sont cumulatives, nous a dit 'un d\u2019eux.Je veux dire qu\u2019elles vont en s\u2019aggravant.Si elle n'est pas prise.cette fille peut trés bien un jour administrer une dose mortelle & un enfant\u2014et cela, délibérément.\u201d t massacre} LES MOUCHES SONT PLUS FORTES QUE LES HOMMES Tuez une mouche sans l\u2019écrabouiller et étudiez la.C\u2019est une merveilleuse créature, bien qu'on lui en veuille d'être une menace anti-hygiénique et \u201cune nuisance publique\u201d.Ses muscles sont forts comme l'acier; ses mouvements nerveux sont aussi rapides que sûrs.Si nous étions projportionnelle- ment aussi forts que la mouche, nous pourrions élever une poutre au-dessus de notre tête avec les deux mains, et.deux tonnes de fer attachées aux pieds nous serions capables de nous élever seuls au-dessus de terre.Ce calcul n\u2019est pas gratuit.M.Félix Plateau, un naturaliste belge éminent.l'appuie sur des expériences auxquelles il fit servir des insectes de toutes grandeurs pour éprouver leur force.D'un autre côté, si une mouche avait la taille et le poids d\u2019un homme, en même temps que sa force moyenne, elle \u2018pourrait tuer un lion de ses pattes et lui briser les mâchoires! comme fit Samson aux temps bibliques.| Maintenant.avec sa rapidité, nous laisserions un train lancé à toute allure nous venir à un pouce du nez pour le prendre au passage\u2019 L\u2019agilitéi et la vivacité de la mouche déterminent l\u2019excelleæce de ses muscles.Si les nôtres étaient soumis aux mêmes applications, ils se rempraient vite, comme des ficelles.La mouche a cependant le corps mince et les membres, si on les compare.aux nôtres.ne sont pas une indice d\u2019extraordinaire ténacité.C\u2019est sans doute son poids infime qui lui permet de se mouvoir avec tant de vitesse.Avec la force relative d'une mouche, voilà ce qu\u2019un homme pourrait faire! La même comparaison conduit à des considérations stupéfiantes dans le cas d\u2019autres créatures dont le poids est ridicule.comparé au nôtre.Ainsi, suivant des calculs déflicats.une abeille est trente fois plus forte qu'un cheval, toutes proportions gardées.Quand une abeille s\u2019acharne à quelque chose.elle peut pousser ou tirer des poids 1S0 fois plus lourds que \u201cle sien propre, - > \u2014 30 \u2014\u2014 Montréal, juillet 1921.{ i p 19 par Dlg: aux en! hed 04].0ids voir | Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 CSO EE SOOO OO OO OS SO SODA SA mé- Bin me.pénétré d\u2019une secrète terreur àla sme pensée de la nuit qui approchait.+ Drm 11 songea d'abord à aller chercher Fil] Amalu et à se procurer, par l'inter- ini \u201c médiaire de l\u2019indigène, quelques hom- Ÿ Ci mes robustes pour le garder ; mais, dis après beaucoup d'hésitation, il y re- mm nonça.Il Tui répugnait un peu de met- \u201cil gs tre qui que ce sôft dans fa confidente mii 5 de ses frayeurs ; puis il se disait que le ui, moyen de découvriffie mystère n'était! fit Js pas de mettre en fuite les singullers Juin malfaiteurs qui le dévalisaient.+ ce Le résultat de ces réflexisns fut ce- | Him lui-ci: il n\u2019appellerait personne, et il Mant monterait la garde lui-méme.\u2018 on ; sa ¢f y I prit toutes ses mesures pour n'ê- .shy.tre pas surpris par le sommeil, it ab- ét sorba plusieurs fasses de café très | » fort, se munit de son revolver et, lais- og, sant entr\u2019ouvette la porte du jardin, il vo s\u2019assis sous un massif de bambous, se Lt levant de temps à autre powær ne pas .\"# nn Te ! se laisser engourdir par la délicieuse atmosphère qui s'échappait des feuillages mouillés de rosée, Vol.14, No ?L'air était d\u2019une pureté cristalline.Des centaines de rossignols s\u2019égosillaient dans les jardins du voisinage, et les grandes chauves-souris vampires passaient silencieusement devant la lune, sur leurs ailes de velours.Mais M.Bondonnat était insensible au prestige de la nature tropicale.Il n'avait qu\u2019une idées fixe.Prendre son voleur en flagrant délit, et par l'entrebâillement de la porte du jardin il surveillait l\u2019autre porte, celle qui donnait sur la rue et qui se trouvait à l\u2019extrémité du corridor du rez-de-chaussée.Il était près d\u2019une heuré du matin, et le naturaliste commençait à se:dépiter, lorsqu'il crut entendre un léger grincement à la serrure de la porte extérieure.) Bientôt la porte s'ouvrit silencieusement; une forme se profila dans la pénombre du couloir et, de sa cachette, M.Bondonnat aperçut une étrange apparition.* C\u2019était une jeune fille entièrement nue, sauf un lambeau d'étoffe qui lui couvrait à peine les reins et auquel \u2018était suspendu un petit sac de soie ; mais, ce qui l'inirigua \u2018au dernier point, c \u2018est que la jeune fille, dont un rayon de lune montra le svelte torse cuivré, avait la tête couverte d\u2019un de ces anciens casques japonais qui font aujourd\u2019hui la joie des antiquaires , et qui sont faits de lamelles d\u2019écaille ou de corne.Détail stupéfiant, ce casque n'avait pas de trous à la place des yeux; deux épaisses plaques de corne les bouchaient complèlement: Il fallait que celle qui le portait fût aveugle.L'apparition, qui tenait à la main droite un gros bouquet de fleurs pâles, d\u2019une pénétrante odeur qui rappelait à la fois la tubéreuse et le narcisse, s'arrêta court en face de la porte du LA REVUE POPULAIRE \u2014 53 \u2014 PE ET PTE EEE TRE RECU RENE EE CT jardin et se mit à monter l'escalier qui conduisait au premier étage.M.Bondonnat éprouva une violente émotion.Il centait qu'il tenait enfin le premier anneau de la chaîne qui le conduirait à la découver Le de la vé- rite.\u2014\u2014Evidemment, se dit-il, cette capè- ce de fantôme va encore me dévaljser, mais tant pis! J'ai mes banknotes dans ma poche.Elle ne les prendra toujours pas.Elle ne tardera sans doute pas à redescendre.Alors nous verrons! I ne s\u2019était pas trompé.-Aù bout de cinq minutes, la jeune fille au casque reparut.Elle tenait toujours son bouquet qu'elld agitait d'un geste machinal; mais M.Bondonnat aperçut.passés dans 82 ceinture, une liasse de pa- pirs et l'écrin où se trouvait rnfermé l'appareil destiné à mesurer l\u2019intensité des rayons ultra-violets, qu\u2019il avait soigneusement enfermé, la veille, dans le petit meuble de camphrier.Le naturaliste était prodigieusement intéressé par ce qu'il voyait.Toutes ses supposilions se trouvaient dépassées ; il lui semblait être au seuil d'un monde étrange, et il ne put réprimer un léger frisson en songeant à ce- qu il allait sans doute découvrir.Cd Glissant presque sans bruit sur le dallage du corridor, l\u2019apparition était arrivé à la porte de la rue, Elle l\u2019ouvrit avec une clé qu\u2019elle prit dans le petit sac de soie pendu à sa ceinture, et elle sortit, laissant derrière elle, comme un sillage parfumé, la pénétrante odeur de son bouquet.M.Bondonnat sortit une minute après elle, et ,le coeur palpitant, lui .emboîta le pas.À sa grande surprise, elle ne se dirigea pas du côté de la ville de Basan, en ce moment plongée dans le sem- OP RPC EQUE Montréal, juillet 1921 Vol, 14, No ?meil.Elle prit le sentier qui s'enfon- gait dans la forêt.Du même pas égal, /ses pieds nus foulaient la mousse épaisse et douce comme du velours.Des mouches phosphorescentes étaient venues se poser sur son casque et ajoutaient encore au fantastique de sa silhouette.M.Bondonnat ne put s'empêcher de se comparer lui-même à un vieux ma- gicten attiré par un démon femelle vers quelque gouffre infernal.Un quart d\u2019heure, une demi-heure se passèrent, ils marchaient toujours à travers le bois plein de rumeurs nocturnes ; branches mortes qui se cas sent, soupirs de bétes en rut, rampements de couleuvres, bruissements d'insectès ou d'oiseaux dans leurs nids.Il semblait aussi au naturaliste que des voix chuchotaient à son oreille, lui criaient de retourner en arrière.\u201c, M.Bondonnat était brave.Pourtant, 11 se sentit petit à petit gagné par un étrange émoi.Son sang-froid l'abandonnait peu à peu, et, deux fois.il buta contre des racines tordues qui barraient le sentier, pareilles à une nichée de serpents entrelacés.Enfin.il respira.Toujours sur les pas de son guide mystérieux, il venait d\u2019eærtrer dans une large ayenue bor- déa de platanes géants.aux troncs d'un gris pâle sous les rayons de la Mme.Leur feuillage formait une voûte majestueuse et paisible, du haut de laquelle des lianes légères retom batent, en se balançant au | moindre \u2018souffle de la brise.À l'extrémité de l\u2019avenue il y Avait une haute muraille, au-dessus de laquelle epparaissaient les arbres d\u2019un jardin.Au delà des arbres.c\u2019'étaient - Les, coupoles chatoyantes \u2018du \u201ctemple bouddhique.LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Tout ce paysage semblait peint sur un fond d\u2019argent, avec des roses.des gris pâles.des bleus et des violets d\u2019une ineffable douceur.C\u2019était un vrai décor de songe! M.Bondonnat, malgré ses préoccupations, ne put s'empêcher de l\u2019admirer.Soudain.l\u2019apparition obliqua vers .la gauche, s\u2019engagea dans ung avenue un peu moins large que la première, mais beaucôup plus obscure.Là les feuillages étaient si épais que les rayons de la lune ne parvenaient pas à les traverser.Bientôt.le vieux savant constata que l'avenue allait en se rétrécissant.Un moment vint où oe n'était plus qu\u2019un sentier à peine suffisant pour , le passage d\u2019une seule personne ; ce \u2018 sentier descendait par une pente rapide.ef des arbustes épineux le bordant à droite et à gauche, il fallait faire grande attention pour ne pas rêtre déchiré au passage.L'apparition ne semblait pas se soucier de \u2018ces obstacles; elle allait toujours du même pas égal et rapide.M.Bondonnat avait grand\u2019peine a la suivre, et.plusieurs fois.ses doigts s\u2019ensanglantèrent, dans les ténèbres.aux épines acérées des végétaux.Ils descendirent ainsi pendant un quart d'heure, puis ils rembntèrent.Le sentier s'élargit graduellemen* et M.Bondonnat eut la surprise d~ se .trouver transporté de l\u2019autre côté des murs du jardin: cette haie épineuse, qui devait-se continuer dans un passage souterrain.était une invention bien digne des complications d\u2019nne cervelle chinoise ou japonaise.Le naturaliste regarda autour de lui.A une assez grande distance.il apar- cevait les majestueux bâtiments du monastère.vivement éclhirés p-r la lune.Devant lui s'étendait un jar.lin of gl ms mr Bon ir paix a! His 00208 Mein de Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 wy japonais aussi compliqué qu'un laby- S ; rinthe, avec ses allées tortueuses, ses \u2014 petits ponts de rocaille., ses pièces \"4 d'eau et ses arbres torturés et diffor- WY mes, ug Au centre un grand Bouddha de § pierre dominait toutle paveage de son | bienveillant sourire et de son auréole dorée.Ge jardin devait être rempli de fleurs magnifiques.et M.Bondonnat *# [aspire voluptueusement le parfum \u201cM { qu\u2019elles exhalaient.Il n\u2019en avait ja- | mais connu de plus troublant; et.en j essayant de l'analyser, il v retrouvait ces mêmes senteurs de tubéreuse et | de narcisse qui avaient frappé ses na- \u201cI frines lorsque l'apparition était passés #.% Là côté de lui.\"°F \u2014C'est, évidemment.dans ce jar- bir Rin, se dit-il.qu\u2019elle a dû eueillir son ii Bouquet! #W#W T7 avait ralenti le pas.T1 se remit à marcher plus vite en voyant que son guide se dirigeait du côté de la statue du Bouddha.Mais.tout à coup.elle disparut à ses yeux.aussi rapidement Que si elle se fit évanouie en fumée.Mère, À a les shift inl, ols i 0 ait toe ide.i ila sole gave 005 AUX £ ; | Le naturaliste était profondément Hésappointé .Inutilement.il alla jusqu'au piédestal du dieu.puis il revint fur ses pas, s'égara dans le lacis compliqué des allées el des massifs.I] es- taya de reconnaître l\u2019endroit par où il btait venu.Ce fut impossible.Jap ui piège, Siig pl Enfin, il se retrouva près d\u2019un nar- .xMWHerre de grandes fleurs pâles aux lar- alles corolles \u2014 les mêmes fleurs que ~ ft belles du bouquet\u2014et il en respira de .wouveau le parfum avec plaisir; mais lime demi-minute ne s\u2019était pas écou- int és qu\u2019il sentait la têle lui tourner, ses y: |dées chavirer dans le noir.11 ferma Mes yeux et roula à terre inanimé.presque aussi subitement attoint que s\u2019il eût été frappé d\u2019une balle en plein coeur.Au-dessus du fantastique jardin, le Bauddha à l'auréole d\u2019or souriait de son énigmatique sourire.° ' CHAPITRE IV ~ Un coin du voile Amalu et sa fille Hatôuara s\u2019étaient levés de bonne heure pour apporter à M.Bondonnat de beaux ananas et des pastèques- Ils furent étonnés, en arrivant à la villa.de trouver la porte ouverte et la maison vide.\u2014\u2014Le docteur n\u2019est peut-être pas encore levé, dit la petite indigène.Montons jusqu\u2019à sa chambre ; il ne nous en voudra pas de l'avoir réveillé.Amalu trouva cette proposition toute naturelle.Avec cette naïveté et cette simplicité de moeurs qui font le charme de certaines peuplades océaniennes, ni le père ni la fille ne croyaient commettre une indiscrétion en allant souhaiter le bonjour à leur ami dans sa chambre.Hg montèrent l'escalier, très surpris de ne pas rencontrer Rapopoff.La porte de la chambre à coucher était ouverte.M: Bondonnat éfait étendu sur son lit.tout habillé : mais il était d\u2019une telle pâleur qu'Aamalu et Hatôuara le crurent mort.Comme il est pâle! s\u2019écria la jeune fille en se précipitant vers le corps inanimé du vieux savant.Son coeur ne bat plus! La nauvre enfant avait les veux humides de larmes.\u2014\u2014Tu te trompes, dit Amalu après un examen plus attentif.le coeur bat encore.bien faiblement.Mais, quelle étrange odeur règne dans cette chambre!. , Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Il s\u2019empressa d'ouvrir la fenêtre.Comme il revenait près du lit, son pied glissa sur quelque chose, et il trébucha.\u2014 Qu'est-ce que c\u2019est que cela?fit- il en se baissant pour ramasser l\u2019objet qui avait failli le faire tomber.y Il tenait entre ses doigts le pétale d\u2019une fleur.Il l\u2019'approcha dè ses nari- «nes pour le rejeter aussitôt avec une sorte d'horreur.; Hatôuara l'avait regardé faire avec surprise, \u201cy\u2014Je sais maintenant, dit Amalu, pourquoi le docteur est malade.On a 1 voulu l\u2019empoisonner.Il est heureux A que j'aie eu l\u2019idée de venir le voir ce + matin, car je suis peut-être le seul, A dans l\u2019île de Basan, à connaître le re- mêde à son mal.\u2014I1 m\u2019a sauvée, s\u2019écria l\u2019adolescente.Comme je suis heureuse que nous puissions lui rendre le même ser- Nice! Crois-tu, père, que nous le gué- rirons?«1 =\u2014Oui, ma chérie.Mais il n° y a pas de temps à perdre.Amalu courut en hâte dans le jardin.Il cueillit une demi-douzaine de fleurs et de racines différentes.les \u201cpulvérisa avec uñe râpe, qu\u2019il prit dans la cuisine, et en exprima le jus dans un verre qu\u2019il acheva de remplir avec de \u201cl'eau pure.Secondé par Hatôuara, il parvint, avec son couteau, à desserrer les dents du malade, et, lui relevant la \u2018tête, il le força d'absorber à petits coups tout le contenu du verre.L'effet de cette médication fut immédiat.M.Bondonnat ouvrit les yeux, ses joues se colorèrent légèrement, il jeta autour de lui des regards effarés.\u2014Oui, bégaya-t-il d\u2019une voix faible, le Bouddha.avec son auréole d'or.le jardin.Je suis pourtant Es Montréal, juillet 1921 | Ye chez moi.Et la fille au casque noir, qu'est-elle devenue?.Amalu et sa fille comprirent que le Fa vieillard avait le délire.Mais il netar- |\".da pas à reprendre possession de ses bo facultés, il reconnut ses amis et leur C souhaita le bonjour._ \u2014Je suis bien heureux de vous ve voir! murmura-t-il.Depuis l\u2019autre |\", jour, il m\u2019est arrivé d\u2019étranges, de ter- - ribles choses.VU Amalu l\u2019interrompit.| \u2014Va jouer dans le jardin, ordonna- | t-il à sa fille.J\u2019ai à parler sérieuse- or che, ds ment à M.le docteur.Hatôuara obéit à l\u2019injonction pater- hi nelle, mais non sans une petite moue ir 4 qui prouvait combien elle était déçue dit dans sa curiosité.Dès qu\u2019elle fut sor- \u2018mat: tie, l'indigène dit en baissant la voix: J qi, \u2014 Vous avez failli mourir, mon- pi; sieur le docteur.Je suis parvenu à \"ik n vous réveiller; mais il était temps! II éteu faut éviter le retour d\u2019un pareil mal- J ei heur.Et, d\u2019abord, je vais vous deman- Jul jy der de me raconter très franchement Bling, ce qui vous est arrivé.Je pense que Jp vous avez confiance en moi?! Jia mje \u2014\u2014Entièrement.Vous allez tout sa- fui 1 voir.@ i, M- Bondonnat fit le récit très exact, fit; d'abord des vols successifs dont il Jy ie avait été victime, puis de son expédi- 8 ify tion dans les jardins du temple bouddhique.Son récit s\u2019arrêtait naturellement à l'instant où il avait perdu connaissance.Toutefois, il ne pouvait s\u2019expliquer comment il se retrouvait étendu sur son lit, chez lui, dans sa maison; et il en venait à se demander s\u2019il n'avait pas été victime de quelque hallucination.\u2014Tout ce que vous avez vu est réellement arrivé, dil gravement Amalu.Ce sont les bonzes qui vous ont rapporté chez vous.Votre qualité d\u2019Euro- = ro Tj p Iie Tepe, pu dont pl s fo sure ed (0 ut pirouté ; qu ; quel\u2019 el : Ani\u201d ; it r ir Vol.14, No 7 péen leur a fait sans doute craindre quelques.représailles, élant donné surtout que ce n\u2019est pas la première histoire de ce genre qui leur arrive.\u2014 Mais.demanda anxieusement le naturaliste, comment se fait-il que je sois tombé ainst bru usquement?\u2014Vous avez respiré la \u201cfleur du sommeil\u2019.\u2014La fleur du somameil?demanda le savant avec surprise.Ce serait donc cette fleur aux grandes corolles blanches, dont le parfum est si délicieux?\u2014Oui, dit Amalu en regardant autour de lui avec précaution comme s\u2019il eût craint d'être entendu.Ce parfum est si pénélrant qu'il endort tous ceux qui le respirent ot.s'ils le reepl- rent trop longtemps, c\u2019est la mort.Autrefois, avant l\u2019occupation japonaise, beaucoup de crimes élaient conimis, grâce à cette fleur?Les Japonais, en arrivant ici, ont fait détruire toutes les plantes qui la produisent et, s\u2019il en reste quelques pieds, ce ne peut être qu\u2019au milieu des forêts vierges.C\u2019est, du moins, la \u2018version officielle Tais, répliqua M.Bondonnat avec vivacité, j'en ai vi moi-méme dans le jardin du temple bouddhique des par- or res entiers, presque des champs! \u2014Vous avez raison.sans nul doute; mais il ne serait pas prudent de proclamer trop haut cctle déeouverte \u2014 Evidemment.Je m'en rends compte maintenant, les bonzes s¢ sont réservé le monopole de ces attentats mystérieux qui restent toujours impunis.Pourtant.continua\u2019 M.Bondon- nat avec indignation, si le gouverneur savait qu'ils cultivent en si grande quantité cer plantes vénéneuses.\u2014-T le sait probablement aussi bien que vous ef moi: mais il u'oserait ni ne voudrait leur vrdonner de les-dé- | truire.On ne peut pas supposer qu\u2019un LA REVUE POPULAIRE + 4 ° ; Montréal, juillet 1921 prêtre de Bouddha puisse commettre une mauvaise action.Lo vieil indigéne ajouta avec un soupir: \u2014\u2014Ah! nos idoles d\u2019autrefois valaient leur Bouddha! T2 M.Bondonnat demeurait silencieux.Au fond il était très satisfait.Le häà- sard et, aussi, sgn courage lui gvaiefit permis de soulever ur coin du voilé du myslkère.Il ne tarderait pas à connai- tre le secrel tout entier.vod \u2014 Enfin, demanda-t-il brusquement, vous connaissez le contret{foison de la fleur du so mmeily mon: Brd- vé Amalu?© Tp \u2014dJe vous indiquerai bien Vol Hers les plantes qui servent à composer Te breuvage que je vous ai fait'absôrber.Vest une recette qu'avec \u2018d\u2019autres du même genre jé tiens de mon père qu, lui-même, la tenait de son aïeul ; mais cé n\u2019est pas celle-là qu\u2019il faudrait coñ- naître.elle est tout au plus utile, éom- me dans votre cas, pour rappceler'à la vie ceux qui ont respiré de trop près la fleur mortelle.A s \u2014Que voulez-vous dire?IR \u2014\u2014Geci simplement.Les bonzes (oi- veut posséder un moyen de résister aux effets de l'asphyxiont parfums 5 \u2014Sans donte, s\u2019écria le savant-peur qui cette réponse fut un trait de lumière, la jeune vuleuse qui m\u2019à, dé- ponillé connaissait ce moyen!., .,! \u201cFy suis ! C'est dans le anni: ! C'est là que devail se frotuver l\u2019antidote! ~~\u2019 \u2014Peut-être, fil Amalu; mais pourquoi les yeux éfaient-ils bouchés?- \u2014Gela n\u2019est-pas plus difficile à expliquer.La jeune fille qui s\u2019est introduite chez moi devait êlre plongée dans le sommeil bypnotique; probablement même quello ignore le rote qu'elle a joué.On l\u2019a endormie, on lui PEU En CRE fo Vol, 14, No 7 | à donné des ordres; elle a obéi.Je commence à y voir clair dans cette affaire; quelques fausses clés, qu\u2019il a êté facile de fabriquer, ont fait le reste.\u2014\u2014C'\u2019est peut-être plus compliqué que vous ne le pensez, dit Amalu dont le visage exprimait une vive préocou- pation.: M.Bondonnat ne T'écoutait pas, suivant l\u2019enchaînement de ges idées.\u2014Je roonstitue très bien les faits.dit-il.Rapopoff, endormi le premier, n\u2019a pu\\\u2018empêcher qu\u2019on ouvrit la porte de ma chambre, et, moi-même, j'ai été tout de suite viotime du subtil parfum, qui doit être beaucoup plus aotif dans un espace renfermé comme l\u2019est une chambre.\u2014Le puissance de la fleur est si grande, que les insectes tombent engourdis au fond de sa corollé, en forme de coupe.et que les oiseaux qui s\u2019en approchent de trop près battent des ailes et tombent.On a trouvé souvent des serpents morts.parce qu\u2019ils avaient eu l'imprudence de s\u2019enrouler autour de sa racine.\u2014Il faudra qu'à tout prix je me procure quelques exemplaires de ce bizarre végétal s'écria M.Bondonnat.Puis, passant subitement à une autre idée: ; \u2014Mon cher Amalu, demanda-t-il, que croyez-vous qu'ils aient fait du pauvre Rapopoff?J'espère qu'ils ne l'ont pas tué?\u2014Non.Les bouddhistes ont hor- ' reur du sang.Il est presque sans exemple qu\u2019ils commettent un assassinat, ou, quand cela arrive, c\u2019est d'une façon tout à fait détournée.\u2014(Ciomme dans mon cas, par exemple?\u2014Précisément.Le cosaque doit être enfermé dans quelque crypta.Je ne LA REVUE POPULAIRE Montréal, fatttet 1821 \\ 1 serais pas étonné, d\u2019ailleurs.qu\u2019ainsi que beaucoup de ses compatriotes, 1! n\u2019appartint ou n'ait appartenu à la re- digion bouddhiste.\u2018 A ce moment, Hatôuare fit irruption dans la chambre, avec sa vivacité habituelle.\u2014Eh bien;! s\u2019écria-t-elle, est-ce fini, tous ces mystères?\u2014Oui, mon enfant, dit Amalu.M.Bondonnat demeurait silenoieux.Ses yeux ne quittaient pas la petite indigène, qui.insoucieuse à son ordinaire, avait laissé dans le jardin ses belles babouwches brodées et venait de sauter à pieds joins sur la natte, enoo- re couverte de farine de riz.Le vieillard était suffoqué par une découverte qu'il venait de faire.\u2014Retourne encore un peu pour jouer dans le jardin, dit-il à la jeune fille d\u2019une voix toute changée.Hatôuara obéit, mais avec un sourire boudeur.\u2014Qu\u2019y a-t-ilf donc?demanda Ama- lu qui avait saisi lé regard étonné du savant.\u2014Dois-je vows le dire?.C\u2019est cet te pauvre petite Hatôuara qui a servi d\u2019instrument aux bonzes.Le visage bruni d\u2019Amalu devint d\u2019une couleur gris de cendre.Le pauvre diable était consterné.\u2014\u2014Ah! monsieur le docteur, bégaya- t-il, si je croyais jamais que ma fille.\u2014Rassurez-vous.Je ne l'accuse pas.Elle ignore certainement tout ce qu\u2019elle a fait.Elle ne s\u2019est introduite chez moi que plongée dans ce sommeil maladif dont je vous ai expliqué les causes et le résultat.\\ \u2014Mais comment avez-vous pu voir cela?\u2014Regardez!.M.Bondonnat fit voir au pèred\u2019Ha- tôuara l'identité des empreintes an- me or id im a Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 ciennement laissées sur la natte et de celles, toutes récentes, qu\u2019avait tracées dans Ia farine de riz le petit pied de la jeune fille.\u2014C'\u2019est éffrayant! murmura l\u2019indigène sincèrement consterné.Mais je vais appeler ma fille!.\u2014(Gardez-vous bien de lui dire un seul mot de ce que je viens de vous confier! Il faut qu\u2019elle ignore tout ! Vous lui feriez du chagrin.sans que cela nous avance à rien.La pauvre petite m\u2019aime beaucoup.je le sais! \u2014Que me conseillez-vous?\u2014 Gardez le silence.Et, cette nuit, si Hatôuara se lève, il faut la suivre.Je suis sûr, moi, qu'elle viendra directement ici! \u2014Je vous obéirai, dit Amalu en s\u2019inclinant respectueusement.Mais, je vous en prie, ne gardez pas rancune à la pauvre petite du mal qu\u2019elle vous a causé.\u2014Au contraire.dit M.Bondonnat qui avait reconquis sa belle humeur.Elle m'aura rendu un très grand service.Je suis sur la piste d\u2019une découverte des plus curieuses, et c\u2019est moi qui vous devrai de la reconnaissance.Après de dernières et minutieuses recommandations, M.Bondonnat prit congé du père et de la fille, non sans les avoir régalés de gâteaux secs et d\u2019un verre de son vin de riz.Le savant était radieux.\u2014Décidément.murmura-t-il en aparté, tout va bien! Aussi eût-ce été trop bête, à un homme comme moi, de se laisser rouler par des sauvages! M.Bondonnat.après cette réflexion qui prouvait un certain amour-propre, déjeuna avec un appétit formidable ; ce qui lui donna à penser qu\u2019en outre de sa vertu dormitive.la fleur du som - meil possédait aussi peut-être des propriétés apéritives.Maintenant qu\u2019il croyait que Rapopoff n\u2019avait pas été assassiné, il se sentait allégé d\u2019un poids immense, + Sitôt qu'il eut pris son café, qu\u2019il confectionna lui-même, le savant s\u2019arma de son parasol de papier, et se mit en route pour la caverne de son ami Grivard.Mais, cette fois, au lieu de suivre le rivage, il passa par le bois.Le chemin qu\u2019il avait pris l'amena devant la façade du temple bouddhique.L\u2019aspect en était majestueux.Un escalier monumental, orné d\u2019admirables monstres de bronze, aux corps de reptile et aux têtes de chién aboutissait à un péristyle soutenu par d'élégantes colonnes de granit cerclées de cuivre.En avant.s\u2019étendait une cour en hémicycle, où étaient installées des cabanes de bambou où l'on vendait des bâtons de parfum, des petites idoles d'ivoire et toutes sortes de curiosités et d'articles religieux.M.Bondonnat.s'arrêta longtemps à l\u2019entrée de cette cour.Mais il ne fit pas qu\u2019admirer exclusivement l\u2019oeuvre d'art, il tAcha de se faire une idée exacte de l'ensemble des bâtiments et de la manière dont ils étaient disposés.La façade qu'il voyait\u2014-il le com- prit\u2014devait être située à l\u2019extrémité des jardins où il avait pénétré la nuit précédente, et c'était là un point de repère important.Bien reposé par cette halte, M.Bondonnat continua son chemin.Il arriva bientôt à la baie qui.servait de rertaite à Louis Grivard.L'artiste était en train de déjeuner avec des noix de coco, dont il suçait d\u2019abord le lait et dont il brisait ensuite la coque, pour en extraire l'amande.\u2014Vous ne savez pas, dit Louis Gri- vard, comme Votre visite m\u2019a fait du bien.Je suis tout à fait guéri de ma mélancolie.J'ai reconquis toute mon Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 te énergie.el je suis sûr mainlenant que Je retrouverai Lorenza! \u2014d\u2019ai, de mon côté, des choses In- tésessantes à vous racontera | Pour la seconde fois; M.Bondonnat 3 fit le récit de ses fabuleuses aventures de la nuit précédente.éL'artiste l\u2019écouta jusqu\u2019au bout, le regard brillant de flèvre, les traits crispés.&Le récit terminé, HT se leva brusquement: -#\u2014Mon cher ami.dit-il.je vous promets que c\u2019est moi, demain.qui aurai du nouveau à vous apprendre, Quels sont vos projets?\u2014Je ne puis rien vous dire.Je ne vous demande qu\u2019une chose, c'est de 9 me prêter une barre de fer et un bon 3 revolver, Cela m'est indispensable pour ce que j'ai résolu.\u2014J'ai.à la villa.ce que vous me demandez.Vous pourrez le prendre # quand vous voudrez.a \u2014T'out à l\u2019heure!.Mais, comme À Je ne tiens pas à être vu, nous passe- a rens par le rivage.i M.Bondonnat était passablement intrigué.Toutefois, il comprit qu\u2019il était inutile de questionner Louis Gri- vard.Tous deux se mirent done en route, paisiblement, en suivant la plage et en causant de choses indifférentes.CHAPITRE V L\u2019idole vivante .-M.Bondonnat employa le reste de la journée à écrire une longue lettre à sa fille et à rédiger un télégramme qui lui était également destiné.Après bien des tergiversations, il s'était dé- ctdé à laisser partir le paquebot sans y prendre.passge.\u201cà.Avec l'entêtement particulier aux savants, il ne voulait pas quitter l'île le Basan avant d'avoir eu la solution du problème dont il croyait déjà posséder les principaux éléments.Il en serait quitte pour prendre le paquebot suivant.et £a fille Frédérique, sa pupille Andrée de Maubreuil, rassurées par le télégramme qu'il leuf faisait adresser, atlendraient son retour sans inquiétude.Après le repas du soir, il enleva de sa chambre la natte couverte*de farine de riz.désormais inutile, et il attendit, avec une curiosité mêlée d'impatience.les événements nocturnes qui ne tarderaient sans doute pas à se produire.Gomme la veille, il s'installa dans son jardin, en laissant la porte entrebâillée.Il n\u2019y avait pas de raison pour que ce stratagème, qui avait si bien réussi, n\u2019eût pas de succès une \u2018seconde fois.D'ailleurs, il ne prévoyait guère la venue de l\u2019apparition\u2014c'\u2019est-à-dire de la gentille Hatôuara\u2014avant le milieu dela nuit.Maïs una surprise lui était réservée.H était un peu plus de dix heures du soir, lorsqu'on sonna à la porte exlé- rieure.M.Bondonnat se précipita pour aller ouvrir.I] pensait que Rapo- poff avait réussi à s'échapper.Mais au moment de tourner la clé dans la serrure, il réfléchit qu\u2019à une heure pareille, il était peut-être prudent de n'ouvrir qu'à bon escient.\u2014 Qui est là?demanda-t-il.\u2014C'est moi, Amalu! Ouvrez vite! Le savant se hâta d\u2019allumer une lampe et fit entrer son hôte dans la salle à manger.Amalu paraissait bouleversé./ \u2014\u2014Vous aviez raison.balbutla-t-il, Hatôuara, qui dormait tranquillement Fo [fos 1._ A sui: que JAI \u2018mé hl vieux tien la va gles RL ~] ii \u2014À ce 0 que Ten Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE on Montréal, juillet 1921 sur sa naîte, vient de se lever, et je me suis bien aperçu qu'elle était: sous l\u2019influence des mauvais génies.Ses yeux étaient fixes, ses mouvements étaient brusques et saccadés, et j'ai eu beau me placer devant ses yeux, elle ne me voyait pas.C\u2019était comme une morte, que l\u2019on eût foroée à sortir de son tombeau.\u2014Elle était en état d\u2019 hypnotisme, expliqua le naturaslite; j'espère que vous ne l'avez pas réveillée?\u2014Je m\u2019en suis bien gardé.Je me suis rappelé vos recommandations.Je me suis contenté d'observer tout ce qu'elle faisait.Elle est d'abord allée dans une pièce où personne n'entre jamais, et où il y a toutes sortes d\u2019objets hétéroclites.des coquillages, des | vieux coffres, des porcelaines et d\u2019anciennes armures.J'ai été stupéfié, en la voyant ressortir de là avec le cas- | que sans yeux dont vous m\u2019aviez parlé.\u2018 \u2018 \u2014ÆElle n\u2019a pas besoin de ses yeux puisqu'elle dort.\u2014Alors, elle est sortie de la maison de ce pas lent, presque machinal, qui a quelque chose d\u2019effrayant.Elle a traversé les rues de la ville endormie et elle s\u2019est dirigée vers la campagne.\u2014Elle se rendait au temple bouddhique?\u2014Oui.Mais je n\u2019ai pas osé la suivre de l\u2019autre côté de la muraille du jardin.J'ai eu peur, et je me suis hâté de revenir sur mes pas pour vous prévenir.\u2014FEh bien, asseyez-vous là et attendez tranquillement.Je parie tout ce qu\u2019on voudra qu\u2019elle va être ici avant une heure.A ce moment, le bruit léger d\u2019une clé dans la serrure de la porte extérieure se fit entendre.\u2014Tenez, la voilà! s\u2019écria M.Bon-.donnat avec exallation.\u2014Que faut-il faire?demanda Ama- lu.: - ; \u2014Rien du tout.J'agirai seul.© - Il alla se poster à la porte du jardin.qu\u2019il ouvrit toute grande.Et, quand Hatôuara passa devant lui, il lui arra- : cha d'un geste brusque le bouquet de: \u201cfleurs du sommeil\u201d et le lança au loin dans le jardin.A La jeune fille, privée de son bouquet, avait eu un geste bizarre.Mais: elle continuait à tenir la main fermée, : comme si les fleurs eussent toujours été entre ses doigts.\u2014 Venez vite! dit le naturaliste au vieil indigène.Il faut que vous m\u2019éclairiez! Amalu prit la lampe; tous deux, x la suite d\u2019Hatôuara, gravirent lentement l'escalier.La jeune fille, marchant toujours de son pas fantomatique, alla droit au meuble de camphrier et se mit à fureter dans les tiroirs.\u2014Voilà le moment propice! s\u2019écria- M.Bondonnat.Et il s\u2019approcha, défit adroitement les agrafes qui retenaient le casque derrière la tête et l\u2019enleva.Hatôuara ne parut pas s\u2019en apercevoir.Les yeux mi-clos, elle continuaits à fouiller dans le tiroir, prenant au?hasard des papiers, qu'elle plagait dans sa ceinture.M.-Bondonnal, lui, examinait le casque avec attention.I] constata qu\u2019il était intérieurement tapissé d\u2019une fine natte tressée avec.des.herbes qui répandaient une odeur amère et aromatique.L'air respirable ne pouvait arriver aux narines et à la bouche qu\u2019 gry.près avoir traversé cette natte, trems: pée sans nul doute dans de puissanits- antidotes.Sans hésitation, M.Bonn, donnat se coiffa du casque, qui, beau- \u2014 61 \u2014 Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 coup trop grand pour la jeune fille, lui allait à lui à merveille.H le mit, l'ôta et le remit à plusieurs reprises, pour être bien sûr du fone- tionnement des agrafes.+ \u2014Qu'allez-vous faire ?demanda l\u2019indigène qui suivait curieusement toutes les péripéties de cette scène.Vioulez-vous que je vous accompagne ?\u2014Non.Je ne puis agir que seul.Je vous demande seulement de ramener chez vous cette pauvre Hatôuara et de ne plus vous occuper de rien.M.Bondonnat considérait avec attention le casque, \u2014qui était, entre parenthèses grâce à ses curieuses ciselures, une véritable pièce de musée.Tout à coup, il prit dans un tiroir quelques outils.A la grande stupeur d'Amalu.il fit sauter les deux disques de corne, qui se trouvaient à la place des yeux, et les remplaça par deux verres convexes, empruntés à une paire de lunettes dont il se servait dans certaines expériences dangereuses.Les verres étaient, heureusement, du même diamètre que les disques.Le naturaliste les assujettit solidement à l\u2019aide d\u2019un peu de cire.Pendant qu\u2019il se livrait à ce travail, Hatôuera était allée regarder sous l\u2019oreiller du lt, et, ne trouvant pas le portefeuille, elle était revenue au petit meuble qu\u2019elle recommençait à fouiller.Elle paraissait dépitée comme quel- qu'un qui ne trouve pas ce qu\u2019il cherche.Elle revint près du lit, puis retourna au petit meuble renouvelant ce manège un grand nombre de fois avec tous les signes d\u2019une mauvaise humeur manifeste.Après avoir recommandé à Amalu de ne pas perdre de vue la jeune fille, M.Bondonnat descndit au jardin et, s\u2019ermant de son casque, il n\u2019eut pas de peine à retrouver le bouquet de fleurs de sommeil.Comme il s'apprêtait à remonter, il se trouva en face d'Hatôuara, qui s'en allait.Sans hésitation, il lui approcha le bouquet des narines.La jeun file poussa un profond sou- , pir.et soudainement, elle s'affaissa.M.Bondonnat n'eut que le temps de la recevoir dans ses bras, en se débar- ; rassant de nouveau du dangereeux bouquet.qui eût pu être nuisible à Amalu., Celui-ci, sur un signe du naturalis- ; te, avait pris Hatôuara.qu'il emporta sans peine.la tête penchée sur son épaule, car elle ne pesait guère plus qu'une enfant.La porte se referma sur eux et M.\" Bondonnat, coiffé du casque magique, demeura seul dans sa maison.\u2014 Voilà.murmura-t-il, qui est bien débuté! Je vais maintenant me rendre au temple bouddhiste.Mais dois-je emporter le bouquet?Je trouverai là- bas, dans le jardin, assez de ces étranges fleurs.- Pr : Aprés une minute de réflexion, M.Bondonnat se décida à se charger du Ë bouquet, qui pouvait lui servir d\u2019arme défensive.Il se munit aussi.& tout ha- } sand, de son revnlver et d\u2019un solide couteau Ces dispositions prises, il ge mit en route et refit, seul, le chemin qu'il} avait parcouru la veille, à la suite de | la petite indigènee.I] retrouva aisément la grande avenue de platanes, puis le sentier bordé d\u2019arbustes épi- | neux.dont il suivit la pente ténébreuse.Il admira avec quel art ceux quil avaient construit ce passage avaient su | prolonger la haie d\u2019arbustes en dessous des murailles.Enfin.le coeur bat | tant d'émotion.il se trouva dans le féerique jardin, qui dpminait la sta- Eds Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE \u201cMontréal, juillet 1831 tue géante du Bouddha à l\u2019auréole d'or.Cette fois, il eut grand soin de marquer, par plusieurs arbustes brisés et par une grosse pierre, l\u2019endroit exact où s'amorçail le passage souterrain.Marchant avec lenteur, pour ne pas se laisser égarer dans le labyrinthe des allées, M.Bondonnat se dirigea vers la statue du Bouddha.Chemin faisant, il passa à côté de l'immense massif oùts\u2019épanouissait la fleur du sommeil, et il constata avec une vive satisfaction que l\u2019odeur délicieuse, rappelant à la fois la tubéreuse et le narcisse.n\u2019arrivait plus à ses marines.Ses prévisions étaient exdetes.Le casque qu\u2019il, portait renfermait bien l\u2019antidote qui permettait de braver la senteur mortelle.Il s'arrêta un ifistant pour considérer la plante qui la produisait.Les feuilles en étaient larges et sombres, assez semblables à celle de l\u2019acanthe; les tiges, très droites, portaient à leur extrémité deux ou trois calices allongés, que terminaient six larges pétales d\u2019une immaculée blancheur.\u2014 (est là, certainement, se dit-il, un végétal qui ne figure dans aucune nomenclature et qui n\u2019a encore été étudié par personne.Il faudra absolument que j'en rapporte en France un ou deux pieds, avec les racines et la graine.De cette façon, mon séjour à l\u2019île de Basan n\u2019aura pas été inutile.S'arrachant à ces considérations scientifique, M.Bondonnat arriva bientôt jusqu\u2019à une sorte de cloître soutenu par des colonnes, aux chapiteaux ornés de fleurs de lotus.et où aboutissaient plusieurs portes.Il en ouvrit une au hasard, se trouva dans un long couloir, qu'il suivit pendant quelque temps Une ombre se dressa devant tui.Un bonze, revêtu d\u2019une robe gris cendré, lui barrait le passage.Le naturaliste fit le geste de porter son bouquet aux narines du religieux, et celui-ci tomba immédiatement à terre.M.Bon- donnat put continuer son chemin.Il poussa une autre porte, et se trouva dans une vaste salle, aux voûtes majestueuses.T! comprit bientôt que c'était là le temple proprement dit.Le sol était dallé de tables de marbre jaune, que recouvraient des nattes tressées avec des fils métalliques brillants comme de l\u2019or.Dans le fond du sanctuaire, s\u2019élevaient trois effigies du Bouddha, entièrement dorées et d'une stature gigantesque.Le vieux savant entrevoyait tout cela à la lueur de grandes Janternes de papier, qui descendaient de la voûte et qui jetaient sur tous les objets une étrange lueur rouge et verte.En face de l'autel.séparé de la nef principale par une balustrade, il y avait, dans des vases d\u2019argent, de gros Houquets de fleurs, et des fumées d\u2019encens s\u2019exhalaient de cassolettes symétæiquement disposées, M.Bôndonnat se disposait à traverser le temple, lorsque trois bonzes, en prière en face de l\u2019autel et- qu\u2019il n'avait pas aperçus, se levèrent et s\u2019avancèrent vers lui d\u2019un air menaçant.Le naturaliste alla droit à leur rencontre.Il savait qu'avec son bouquet + il était invincible, et d\u2019un coup d\u2019oeil il s'était rendu compte que ses trois adversaires n'avaient pas d\u2019armes ; puis il y avait.dans leurs mouvements, une certaine hésitation et une certaine terreur, qui donnèrent à penser au naturaliste que ceux auxquels il avait affaire n'étäient pas au cou- Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE - Montréal, juillet 1921 rant du secret de la fleur du sommeil.La minute d'après.avant qu'ils eusseent eu le temps de pousser un cri, les trois religieux avaient roulé à lerre, et dormaient, étendus au pied de l'autel.M.Bondonnat jugea- prudent de dépouiller de sa longue robe gris cendré un des bonzes el'de revêtir ce costume qui devait moins attirer 1'attention.Ensuite, il traversa le temple dans toute sa longueur, passa devant de monumentales portes de bronze, qui, ouvertes pendant la journée, aboutissaient à l\u2019hémicycle où il s\u2019était arrêté la veille.en allant rendre visite à Louis Grivard.Finalement, il s'ngagea sous une voûte qui le conduisit à un long couloir bordé de cellules à droite et à gauche; les ronflements sonores qui s\u2019en échappaient lui montrèrent que les moines étaient en train de se livrer au repos, et il ne jugea pas à propos de troubler leur sommeil.À l'extrémité du corridor, il y avait un escalier que M.Bondonnat descendit à tout hasard, se disant que, si vé; ritablemnt le cosaque était prisonnier des bonzes, ils devaient l'avoir enfermé dans un cachot.L'escalier avait exactement soixante marches et M.Bondonnat, en pleines ténèbres, regretta alors de ne pas avoir apporté avec lui de quoi faire de la lumière.C'était une vaste crypte, où l'air n\u2019arrivait que par de rares soupiraux.Une grosse lanterne bleue l'éclairait ; c'était cette lueur que l\u2019on apercevait des dernières marches de l'escalier.En franchissant le seuil de cette erypte, M.Bondonnat aperçut un spectacle extraordinaire.Tout au fond de la salle, se dressait un autel de granit, sur lequel se trouvait, assise dans un fauteuil, une étrange statue, couverte, de lartête \u2018 aux pieds, d'un nombre infini de colliers de perles.Il y en avait une si grande quantité que le torse n\u2019était visible que par endroits.Très intrigué, M.Bondonnat s'approcha de l\u2019autel sur lequel était placé le fauteuil de porcelaine où était assise l\u2019idole.Mais, tout à coup, il eut une exclamation de stupeur.Il venait de voir les seins de la statue s\u2019enfler et s'abaisser, comme par le mouvement égal de la respiration d\u2019une femme endormie.L'idole était vivante! Dans l\u2019espace d\u2019un éclair, M.Bon- donnat se rappela les confidences de l'artiste.\u2014Lorenza! s\u2019écrja-t-il.La guérisseuse de perles! C'est elle! ce ne peut être qu\u2019elle! Très excité par cette découverte, il se préparait à réveiller la jeune femme, à lui crier qu'il était venu pour la sauver, lorsqu'un bonze sortit brusquement de derrière l\u2019autel.Gomme M.Bondonnat, le nouveau venu avait la tête couverte d\u2019un casque protecteur, et, malgré sa surprise et son émotion, le vieux savant remarqua que le masque avait, à la place des yeux, \u2018de petites lames de mica.qui permettaient à celui qui le portait de voir clair autour de lui.Contre cet agresseur inattendu la fleur du sommeil devenait inefficace.M.Bondonnat battit précipitamment en retraite.Le bonze, d\u2019une vigueur herculéenne, eut vite fait de rejoindre le vieillard, de lui arracher sion bouquet, qu\u2019il lança au dehors par un des soupiraux.Puis il le terrassa.lui mit un genou sur la poitrine et essaya de lui arra- cher-son masque.-\u2014 B83 \u2014 _- mene Try J fige: eut il, 0 our 13 eal à Bs ise { ~1 | Vol.14, No 7 - LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1991 M.Bondonnat comprit qu\u2019il était perdu.Haletant sous le genou de son { ennemi, à denii étouffé, il eut quelques secondes d'angoisse atroce.© Le bonze était arrivé à retirer le reasque de M, Bondonnat.Il contempla quelque temps le-visage du vieux sa- vant-avet une étrange curiosité, comme s\u2019il eût-été élanné de sa capture, \u2014Au secours! s\u2019écria le naturaliste err faisant un violent effort pour se dégager, : \u201c> Le bonze, pour le faire taire, lui ap* {pliqua brutalement sur la bouche une longue main brune, pareille à une {patte de singe.Mais il ne put arriver à réduire M.Bondonnat au silence.Ce- flui-ci continuait à appeler à l'aide.à jerier: \u201cAu secours! à l'assassin!\u2019 et se débattait de telle façon que, pour arriver à le mater, son ennemi dut le saisir à la gorge.i Il serra un peu, puis plus fort, et M.Bondonnat étranglé.C\u2019està ce moment qu\u2019une des portes latérales, qui aboutissaient à la eryple, vola en éclats, sous l'effort d\u2019une vigourBuse pesée.Un homme entra.M.Bondonnat put reconnaître Rase iut, râlant, à demi- \"Ap opoîff.100 a.ail ii x ol i \u2014A moi! Jançat- il désespérément.en faisant un suprême eMort pour se dégager.Le cosäque était affublé.Ti aussi, [d\u2019une longue robe gris cendré, qui lui donnais un aspect ridicule et qui eût paru comique en d\u2019autres circonstances.I] brandissait un gros cylindre de bois dont il eût été difficile de préciser l'usage, Mais Rapopoff eut vite {fait de trouver un moyen de l'utiliser.Il en asséna un grand coup sur la nuque du bonze, qui, assommé net, tomba sur sa victime, , auparavant.j'aurais bien voulu épi 65 \u2014\u2014n k) Le cosaque était enchanté de son exploit.Il aida son maître à se relever, et Jui montrant on eylindre: \u2014 Hein: petit père?fit-il, fameuse arme! .\u2014\u2014Quest-ce que c\u2019est que ça?demanda le naturaliste encore tout épou- monné et hors d\u2019haleine, \u2014 Tout bonnement la meule du \u201ckonroudou\u201d.\u2026.du moulin à prières.que l\u2019an m'avait condamné à tourner dans mon cachotl.Cet-instrument de piété m'a été fort utile! Je m'en suis \u201d déjà servi pour assommer deux ou tPois bonzes, et, en particulier, eelui qui m'apportait chaque jour à manger.\u2014(Comment se fait-il que tu sois» arrivé si à propos?c \u2014\u2014Je n\u2019étais pas très éloigné de vous.Les cachots sont à côté de la cry pte.et, dans le grand silence de la nuit, j'ai parfaitement reconnu votre voix.J'ai même distingué les mots : \u2018Au secours! à l'assassin!\u201d \u2014Allons, tout va bien! s\u2019écria le savant déjà remis de la secousse qu\u2019il venait d'éprouver.Tu me raconieras tes aventures plus tard.Le plus pressé est de sortir d\u2019iti, en emmenant cette jeune femme.\u2014\u2014Gette idole?\"s\u2018écria le cosaque avec une sorte d'épouvante.\u2014C\u2019est une idole bien vivante, reprit le vieillard.I] faut que nous l'emmenions avec noîs, ou, plutôt, que nous l\u2019emportions, car elle me paraît plongéé dans un sommeil causé par quelque drogue stupéfiante, Mais, retrouver mes \u2018papiers et mes banknotes.\u2014Je puis peut-être vous dire où ils se trouvent.Ils ne peuvent être que dans la chambre du supérieur.Jai tout vu dans le monastére, et je sais que daifs les cellules des simples reli-' Vol 14, No 7 Montréal, juillet 1921 gieux il n\u2019y a qu\u2019une natte-pour dormir et une cruche d\u2019eau.M.Bondonnat réfléchit une seconde.\u2019 \u2014 Soit! dit-il.Allons chez le supérieur, maïs es-tu bien sûr au moins de pouvoir retrouver ton chemin, car tu sais qu\u2019il faut que nous revenions ici, \u2018chercher cette jeune femme.\u2014 Soyez tranquille, petit père, je connais le monastère sur le bout du doigt.sauf une partie des, jardins où l\u2019on ne m\u2019a pas permis d'entrer.\u2014J\u2019en dewine 1a raison.\u2014Pourquoi donc ?\u2014Je t'expliquerai cela plus tard.Pour le moment, dépêchons-nous.Nous n\u2019avons pas une minute à perdre.Tous deux remontèrent l'escalier.\u2018Auparavant, M.Bondonnet eut soin de placer sur la tête du cosaque le casque qu'il enleva au bonze, encore éva- + LA REVUE POPULAIRE Rapopoff avait si expéditivement assommé avec son \u2018\u2018kouroudou\u201d.M.Bondonnat se mit aussitôt en | quête de son bien.Par bonheur, il] n'eut pas à faire de longues investigations.En ouvrant le tiroir de la table § de travail, il aperçut, du premier coup} d\u2019oeil, ses banknotes, ses papiers.et même l\u2019écrin qui avait contenu son} éppairell enregistreur.Il s\u2019empara rapidement du tout et} \u2018redescendit dans la orypte, toujours] \u2018suivi du cosaque, qui ne s'était pas} séparé de son moulin à prières.Mais, en entrant dans le temple sou! terrain, une terrible déception atten - dait M.Bonidonnat.L\u2019idole vivante, la femme vêtue de: perles, dans laquelle le maturaliste avait oru reconnaître Lorenga, avait) disparu.L\u2019autel était vide.M.Bondonnat était désespéré.| \u2014J\u2019aureis bien mieux fait, s'écria-ÿ | | 1 E noul.La chambre du supérieur ne se trouvait qu\u2019à quelques pas du couloir bordé de cellules que M.Bondonnat avait déjà traversé.La porte ne fermait que par un verrou de bois, Rapopoff l\u2019ouvrit sans pei- t-il, de laisser tà papiers ef banknotes] et de sauver cette pauvre femme.Mais} elle ne peut être loin! T1 faut absolument que nous la retrouvions! Or, en cet instant, les sens lugubres 8 et golennels d\u2019un grand gong de bronze retentirent dans le silence de lail | | Wr | ne.Tous deux entrèrent.M.Bondonnat eut la surprise de .trouver là une installation presque confortable.T1 y avait même une horloge à cadran de cuivre et quelques meubles de provenance européenne ou japonaise.La pièce était déserte.Pourtant, ce- Tui qui l\u2019habitait n\u2019avait pas dû la quitter depuis longtemps, \u2018car une lampe à pétrole brûlait encore sur la table.Il y avait gros à parier que le supérieur n\u2019était autre que ce bonze qui avait failli étrangler le niaturaliste et que Coa vs GU om nuit.! \u2014Qu'ekit-ce que cela veut dire?de-i manida M.Bondonnat.: | Le cosaique donnait les signes de la plus vive terreur.ro \u2014Oe n\u2019est pas, balbutia-t-il, pour] appeler lès moines à la prière qu\u2019on | fait un pareil vacarme.Je crains plu- g§ tôt qu\u2019on ne se soit aperçu de votre présence.Nous allons être pris com-, me des rats dans une rafière, oar jei je ne sais comment on peut sortir! \u2014(Conduis-moi seulement jusqu\u2019au jardin, s\u2019écria M.Bondonnat, et ne t'inquiète pes du reste kl gt dla Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Tous deux se jetérent de nouveau dans l\u2019escalier, dont ils gravirent les Cegrés quatre à quatre.Puis ils se mi- vent à courir éperdument dans les couloirs.Aux sons du gong qui continuait à l'aire entendre ses mugissements, tous les bonzes s'étaient réveillés et sor- tdient, effarés, de leurs cellules.Des lumières paraissaient aux fenêtres du monastère.Partout, c\u2019étaient des allées et venues, des bruits de pas, des exclamations, des chuchotements.\u2014Nous aurons fort à faire pour nous échapper, déclara M.Bondonnat au moment où ils entraient dans le grand temple, qu\u2019il fallait traverser pour regagner les jardins.Il n\u2019avait pas achevé qu\u2019un groupe d\u2019une douzaine de bonzes se ruait sur les deux fugitifs, Rapopoff leva son terrible \u2018\u2018kouroudou\u2019 et se mit à taper dans le tas, à tour de bras.On entendit un craquement d\u2019os brisés: le cosaque venait de fracasser le crâne d\u2019un des religieux.Les autres se sau- vérent en hurlant.Quelques minutes après, M.Bon- donnat et le cosaque arrivaient aux jardins, au centre desquels s\u2019élevait le grand Bouddha à Fauréole d\u2019or.Ils se dirigèrent, sans perdre un instant, vers le passage secret.Mais, arrivés à mi-chemin, ils furent assaillis par une grêle de projectiles.On leur jetait des pierres, on leur tirait des flèches et, même, des coups de feu éclatérent ; preuve certaine que les bons religieux étaient pourvus de quelques armes bien modernes.\u2014 Bah! pensia le naturaliste, quand nous arriverons à un certain endroit que je connais bien, ils nous laisseront tranquilles.En cela, il ne se trompait pas.Quand les bonzes s'\u2019aperçurent que leurs ennemis se réfugiaient près du massif des fleuris du sommeil, ils g\u2019arrêtèrent net; et M.Bondonnat eut la hardiesse d\u2019arracher sous leurs yeux deux pieds entiers de la plante vénéneuse.Get exploit accompli, il se se hata de regagner l'entrée du passage souterrain, qu\u2019il reconnut sanis peine, grâce aux marques qu\u2019il avait faites la veille.Un quart d'heure plus tard, le cosaque et le naturaliste se trouvaient en sûreté dans ls.forêt.M.Bondonnat empaqueta précieusement dans sa robe de bonze, la plante qu\u2019il venait de soustraire.Alors seulement, il put retirer sion casque, et le cosaque en fit autant.Le maître et le serviteur aspirèrent avec délices l\u2019air frais du matin.Tous les arbres et toutes les plantes de la forêt étaient couvertes d\u2019une abondante rosée; les oiseaux s\u2019éveillaient par millfers dans leurs nids, et le ciel commengçait à pâlir du côté de l\u2019Orient.LS \u2014Je suis heureux de t'avoir délivré, dit le naturaliste à Rapopoff; mais je ne me pardonnerai jamais de n'avoir pu sauver aussi la femme de mon ami, car je suis sûr que c'est elle! Certes, je ne vais pas l'abandonner.Je sait où elle est il faudra bien que les bonzes nous la rendent.Dès que j'aurai pris quelquee heures de repos, j\u2019irai trouver le gouverneur Noghi, et je lui parlerai de verte façon.\u2018 Chemin faisant, le cosaque donna à son maître quelques explications sur sa captivité.- Rapopoff s'était, un beau matin, réveillé dans une cellule de moine, sans avoir jamais pu deviner de quelle façon on l\u2019y avait transporté.Là, on ne lui donnait que quelques poignées de riz et un peu d\u2019eau chaque jour, et va PT ce ES Vol.14, No 7 -\u2014 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 on lui faisait subir de longs et minutieux interrogatoires.M.Bondonnat crut comprendre que le gouverneur japonais n\u2019était pas étranger à'l\u2019enlèvement de Rapopoft, qu\u2019il avait sans doute pris, ainsi que son maître, pour un espion russe.Cette hypothèse expliquait parfaitement ies vols de papiers et en même temps la négligence qu\u2019avait mise le Japonais à rechercher les coupables.Le résultat des réflexions de M.Bondonnat fut qu\u2019il ne serait guère prudent pour lui de prolomger son se- jour dans l\u2019île de Basan, et, peurtant, le vieillard était bien décidé à ne pas abandonner Lorenza à ses geôliers.Après cette nuit d'aventures, M.Bondonnat et le cosaque lui-même étaient brisés dè fatigue.Ce fut avec un véritable bonheur qu\u2019ils rentrèrent dans la villa, bien décidé à se reposer pendant toute la matinée.Rapopoff se mit aussitôt en devoir d\u2019allumer du feu et de confectionner une tasse de thé, pendant que M.Bon- donnat passait dans sa chambre et se défatiguail par des ablutions d'eau glacée.Il en avait à peine fini avec ces soins hygiéniques, lorsqu'on frappa rudement à la porte extérieure.Il courut à la fenêtre et entrevit dant la pé- nombre\u2014le jour commençait à peine à poindre\u2014la robe grise d\u2019un bonze.\u2014 Diable! grommela-t-il, voilà qui se complique ! Ces coquins viennent maintenant me relancer jusque chez moi! Mais je suis bien décidé\u2019 à ne pas me laisser intimider.Je vais leur répondre de la belle façon.Il prit son browning et descendit rapidement pour aller ouvrir.Quelle ne fut pas sa surprise, en se trouvant en présence du peintre Louis Grivard, qui soutenait par la taille une femme, au visage horriblement pâle.encore vêtue d'une robe de bonze, et qu\u2019il reconnut tout de suite pour l'idole vivante qu'il avait entrevue dans la crypte.D'un coup d'oeil, il constata que la jeune femme portait encore la splendide cuirasse de perles qui était son seul costume dans le temple souterrain.L'artiste paraissait en proie à une vive exaltation.\u2014J\u2019ai reconquis ma Lorenza, .s\u2019é- cria-t-il avec enthousiasme.Mais elle est comme morte.On dirait un corps sans âme.J\u2019ai dû la porter pendant presque tout le trajet.Ou, alors si elle marche, c'est comme un automate, ou - comme un fantéme.\u2014Ce n'est rien, fit le naturaliste après avoir jeté un coup d'oeil sur la \u2018jeune femme.Elle est seulement sous l\u2019influence de quelque drogue hallucinatoire!.Bon! j'y pense, j'ai précisément de quoi la guérir.Amalu m\u2019a laissé, l'autre jour, la formule du breuvage qui m\u2019a ramené moi-même | à la vie.Ç Sans perdre une minute, le natura- | liste courut à son jardin, en revint avec Tes plantes nécessaires, les räpa, et, en ayant exprimé le suc, put bientôt présenter à la guérisseuse de perles un verre rempli du breuvage bien- faisiant.L'effet en fut aussi prompt qu'efAÂ- cace.Au bout de quelques minutes, de Lorenza ouvrit complètement les veux regarda autour d'elle ave une profonde surprise.À la vue de son mari, un faible sourire se dessina sur ses traits, creuséls par la fatigue.\u2014Où suis-je?murmura-t-elle.Que m'est-il arrivé?Elle regardait avec stupeur les visages, inconnus pour elle.de M.Bon- donnat et du cosaque Rapopoff. Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 \u2014Rassure-toi! dit vivement Louis Grivard, tu as été très malade ; mais, maintenant, tu es mieux, ma chère Lorenza; et tu es avec des amis, M.Bondonnat, un Français, un grand savant, et ce brave cosaque qui est le dévouement en personne.Ce ne fut qu\u2019avec d\u2019infinies précautions que l'artiste, aidé de M.Bondon- nat, finit par apprendre la vérité à la jeune femme.,\u2018 \u2014Il me semble que j'ai fait un mauvais rêve! murmura-t-elle.Je me sens si faible que je suis à peine capable de marcher.; \u2014 Nous vous soignerons bien, déclara paternellement M.Bondonnat.Le savant et l'artiste se regardèrent.\u2014Vous savez, interrompit Louis Grivard, que le paquebot américain lève l\u2019ancre à dix heures?\u2014\u2014 Mais alors, s\u2019écria joyeusement le savant, nous avons encore le temps de le prendre! J\u2019ai hâte d\u2019être loin de cette terre de malédiction! Eh! Rapo- poff!.\u2014Qu\u2019y a-t-il, petit père?\u2014Dépéche-toi d\u2019emballer, d\u2019empaqueter n'importe comment tout ce qui nous appartient ! Puis tu courras le long du rivage jusqu\u2019à ce que tu trou- | ves une barque; (lu la loueras le prix qu\u2019on t'en demandera, sans marchander, et tu diras à ses propriétaires de la conduire juste en bas du jardin.\u2014Mais s\u2019ils demandent où vous voulez aller?\u2018 \u2014Dis-leur qu\u2019il s'agit d\u2019une simple promenade en mer.Et, surtout, tâche de te faire voir le moins possible.Tu n'ignores pas que les bonzes doivent nous en vouloir.\u2014Bah! répondit insoucieusement l'artiste que le bonheur avait transfi- | guré el qui avait repris toute sa jovia.PRE _combres.-\u2014 69 \u2014 lité naturelle, ces fainéants ne sont pas si prompts à agir.Je crois que nous avons largement le temps de nous embarquer! \u2014 Me direz-vous \u2018enfin, demanda brusquement le naturaliste, comment vous avez réussi à sauver Mme Lo- renza?L'artiste eut un sourire.\u2014J\u2019avais mon idée, quand hier je vous ai demandé de me prêter une barre de fer.J'avais remarqué que la caverne qui me servait d\u2019habitation avait dû être creusée de main d'homme, et j'étais persuadé qu\u2019elle n\u2019était que l'issue d\u2019un long couloir souterrain qui devait aboulir à la pagode.\u201cVos confidences m\u2019avaient donné à supposer que Lorenza «devait être prisonnière des bonzes.Je formai donc le projet de faire irruption chez eux en me servant du souterrain.Malheu- reeusement, il était obstrué par les dé- Vous devinez maintenant pourquoi je vous ai demandé une barre de fer.Quant au browning, ï était, bien entendu, destiné à brûler la cervelle au premier de ces coquins qui aurait voulu me barrer le passage! \u201cGe ne fut pas sans un pénible travail que j'arrivai à me frayer un chemin à travers les pierres éboulées.Comme je l'avais pressenti, je me trouvai dans un spacieux corridor souterrain aux murailles ornées de seulp- tures naïves.Je me munis de quelques branches de bois résineux, en guise de torches, et je m\u2019enfonçai hardiment dans ces ténèbres, faisant lever sous mes pas ds millirs de chauve-souris.\u2018Une fois un peu éloigné du rivage, je ne rencontrai plus heureusement que des éboulements insignifiants, et j'arrivai beaucoup plus vite que je n'aurais pu le supposer à l\u2019autre extrémité de mon souterrain; mais, là, BEER ES Voi.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 le chemin m'était barré par une solide muraille de granit.D\u2019après les calculs que j'avais faits, je devais, en ce moment, me trouver juste sous les fondations du monastère.\u2018\u2018J\u2019étais fort embarrassé.Je ne m\u2019étais pas attendu à cet obstacle.J\u2019essyai de voir s\u2019il n\u2019y avait pas quelque porte secrète, quelque bloc virant sur lui- même.Rien.La muraille sonnait le plein sous les coups de ma barre de fer.\u2014 À votre place, dit M.Bondonnat, j'aurais essayé de la démolir.\u2014 C\u2019est ce que je fis, mais en pratiquant des pesées dans l\u2019interstice des pierres pour faire l& moins de bruit possible, et j'eus la chance de tomber sur une muraille construite a la hâte, sans doute, et qui n\u2019avait dû être destinée qu'à obstruer l\u2019entrée du couloir aboutissant à la mer.Les pierres étaient de faibles dimensions et retenues par un mortier très friable.Je me demande ce.que j'aurais fait s\u2019il avait fallu m'\u2019attaquer aux énormes blocs de granit qui constituent les fondations du temple.\u201cBientôt, je sentis que la paroi était devenue extrêmement mince, et je dus travailler avec beaucoup de précautions, pour que ma barre de fer ne passât pas de l\u2019autre côté.Enfin, le trou était assez grand.D\u2019un seul coup de barre, je fis tomber la lame de crépi, qui, seule, maintenant, me barrait le passage, et je sautai d\u2019un bond dans l'ouverture.\u201cJe me trouvai dans une crypte éclairée par une grande lanterne bleue.Je jetai un regard autour de moi, et je crus que j'allais devenir fou de joie.J\u2019apereevais Lorenza couverte de perles des pieds à la tête, assise cumme une idole sur l'autell.ve TO es \u201cElle ne faisait pas le moindre mouvement.\u201cTout mon sang se glaça dans mes veines.J'eus un instant la terrible pensée qu\u2019elle était morte, embaumée.changée pour toujours en une muette idole.\u201cD\u2019un bond, je sautai sur 'autel et je constatai, avec un indicible bonheur, que ma Lorenza, quoique bien pâle, bien affaiblie, était encore vivan- le.Je la saisis dans mes bras, et je \u201cl\u2019emportai jusqu\u2019à mon trou, comme un tigre doit emporter sa proie.Je suis sûr qu\u2019il ne s\u2019écoula pas une minute depuis mon entrée dans le temple jusqu'a umoment où j'en ressortis.\u201cMa torche d'une main.maintenant de l\u2019autre Lorenza dont la tête inerte reposait sur mon épaule, je courais à perdre haleine le long du couloir.\u201cPourtant je m\u2019arrétai, je revins sur mes pas chercher la barre de fer que j'avais oubliée, et, à un endroit où la voûte menaçait ruine, je provoquai \u2014 au risque de me faire écraser \u2014 un éboulement qui devait arrêter longtemps ceux qui tenteraient de me poursuivre.\u201cD'ailleurs, je croyais qu'on ne s\u2019apercevrait pas immédiatement de ma fuite, car le trou que j'avais creusé aboutissait derrière l'autel et la lueur faible et presque brumeuse que jetait la lanterne bleue laissait dans l\u2019ombre tous les recoins de la vaste salle, \u2014 Si vous n\u2019aviez pas sauvé madame dit M.Bondonhnat, c'était moi qui la sauvais.I] n\u2019y avait pas une minute } que vous étiez parti que j'entrai dans la crypte où j'avais déjà pénétré une première fois.Le naturaliste fit, à son tour, le récit de ses aventures.Hi qi jar Ur jeu {sie Jia M ne oils Aas ef \u201ceat de \u201cnf un \u201cler derrière £0 baggy ~ Dis 8 Hence | 3 votre tine} ¢ Bn ge up ge { fey k ham} ~ Cel Tite Citi 3 pour eh bot al da Wits .buy \u201cleg In >Vegge \u201c4% a Un \u2014 Mais j'y pense, conclut-il, qu\u2019al-{ lez-vous faire de toutes ces perles?Le M1 du ét ible née, ctle dof don- h bien | vèn- al ie | Die lis nlfe Jus MT | ais à vins jo for it où oq! ff \u2014 mêler Jo me nié qi de role | Jug jeta mb | pads: il jit | dans é a ler Lu Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1931 pittoresque costume que porte Mme Lorenza représente une somme fabuleuse.\u2014 Je garde les perles, déclara résolument Grivard.Il y en a d'abord, dans le \u2018nombre, une grande quantité qui m'appartiennent, ou plutôt qui appartiennent à mon mandataire.Quant au reste, je croïs que ce serait faire preuve d\u2019une délicatesse ridicule que d\u2019ailer les reporter à MM.les bonzes.Qu\u2019en pensez-vous?\u2014\u2014 Je vous approuve entièrement.\u2014 Cela me fait penser, fit Lorenza d\u2019une voix faible comme un souffle, qu\u2019il faut pourtant bien que je me débarrasse de ces colliers, de ces brace-, lets et de ces ceintures qui m\u2019 enserrent de toutes parts, et que je prenne enfin un costume plus convenable que cette robe de bonze que Louis a trouvé derrière l'autel et qu\u2019il a jetée sur moi au hasard, pour m\u2019emporter! \u2014 Diable! murmura M.Bondonnat, je n'avais pas pensé à cela.Mais commencez toujours par vous débarrasser de votre précieuse cuirasse dans mon cabinet de toilette.Je vous trouverai bien quelque coffre pour les serrer.Pour ce qui est du costume, je ne puis mettre à votre disposition qu'une robe de chambre japonaise.\u2014 Cela suffira, répliqua vivement la jeune femme.En y ajoutant une - Ceinture, la robe de chambre sera bien &ssez pour aller du rivage jusqu'au paquebot.A bord, nous.trouverons sans doute tout ce qui nous manque, .M.Bondonnat regardait quelques instants Louis Grivard.-\u2014 Vous n\u2019allez pas m\u2019accompagner avec ces haillons et cette barbe de sauvage?lui dit-il tout & coup.Vous auriez d'autant plus tort que j'ai ici tout ce que vous pouvez désirer: veston, pantalon, chemise, et, même, une depuis excellente paire de ciseaux.Je vous les offre de grand coeur.L'artiste accepta cette proposition avec joie; et, bientôt, il eut pris un aspect plus correct.Il paraissait rajeuni de dix ans.On n\u2019eût jamais supposé que l\u2019élégant gentleman qui venait d'apparaître dans Ja salle à mangér de M.Bondonnat fût le même être mélancolique, sale et haillonneux que l\u2019on voyait, étendu sur le sable de la baie, se répaître de fruits sauvages et de coquillages crus.Lorenza, elle aussi, était complètement transformée.La robe de chambre de soie, à grands ramages, retenue par une légère ceinture, moulait ses formes sveltes; ses beaux cheveux noirs étaient coquettement peignés à la mode japonaise et son teint avait déjà perdu sa pâleür cireuse et repris les couleurs de la santé.\u2014 Mon Dieu, que je suis heureuse! s'écria-t-elle en se jetant\u2019 d\u2019un élan passionné dans les bras de son mari.Les deux jeunes époux, étroitement serrés l\u2019un contre l\u2019autre, se parlaient à l\u2019oreille ou s\u2019embrassait furtivement en véritables amoureux.\u2014 Ce qui me rend le plus content, après le plaisir de te retrouver, s\u2019écria Louis Grivard, c\u2019est que nous allons pouvoir rembourser largement les avances de notre mandataire.\u2014 Vous lui enverrez une dépêche au premier port où nous trouverons une station télégraphique, dit M.Bon- donnat, qui ne s'était jamais senti aug- si heureux.Cette conversation fut interrompue par l'arrivée du cosaque, qui annonça que l'embarcation demandée se trouvait amarrée au pied même de l\u2019enceinte du jardin.On procéda en hâte aux derniers préparatifs.M.Bondonnat n\u2019eut garde = 7 san En a sige BREE HM HR att ia Vol.14, No 7 LA REVUE.POPULAIRE Montréal, juillet 1921 d\u2019oublier les masques japônais qui lui avaient permis de traverser le jardin de la pagode.Il n\u2019oublia pas non plus les pieds de la plante qui produit la fleur du sommeil, et il les empaqueta lui-même dans une petite caisse spéciale.Le naturaliste ne se préoccupa mé- me pas du mobilier de la villa, qui était pourtant sa propriété; il savait que les minutes étaient précieuses, et il eût donné de bon coeur toutes les banknotes qui se trouvaient dans son portefeuille pour être déjà loin de cette île néfaste.Quoi qu\u2019il lui en coûtait, il n\u2019avait même pas voulu prendre le temps d\u2019allen dire adieu à la gentille Hatoua- ra et à son père, Amalu.Mais il se promit de leur écrire et de leur envoyer tous les présents qu\u2019il jugerait les plus capables de leur plaire, parmi les production de la civilisation occidentale.hg fl Chacun transporta gaiement jusqu'au rivage les rares bagages qu\u2019on emportait; et l\u2019on prit place dans l\u2019embarcation que montaient deux robustes rameurs océaniens, aux cheveux crépus, à la face souriante.M.Bon- donnat, guidé par la prudence, avait recommandé au cosaque de ne prendre aucuñ batelier dé race japonaise ou tagale.Le canot quitta le bord et se dirigea \u2014 assez lentement, à cause des récits de corail \u2014 vers le paquebot américain, dont la coque se découpait clai- remient sur l\u2019azur éblouissant du ciel et de la mer, et dont les cheminées lançaient des torrents de fuméé noire.\u2014 Je voudrais déjà, s\u2019écria M.Bon- donnat, être sous la protection du drapeau américain.Je ne serai complètement tranquille que lorsque nous aurons mis le pied sur le pont du navire.\u2014 Bal! dit l\u2019artiste, vous voyez bien que personne n\u2019a cherché à nous inquiéter.Les bonzes étaient trop dans leur tort pour tenter quelque chose contre nous.\u2014 Hum! fit M.Bondonnat, je n\u2019ai pas grand confiance dans ces gail- lards-là! Le savant fut interrompu par un des rameurs indigènes, qui le tirait par la manche et lui montrait quelque chose de noir dans le sillage.En regardant plus attentivement, il reconnut que cette tache noire était la tête d\u2019un nageur, ou plutôt d\u2019une nageuse, car au bout de quelques minutes, il reconnut la petite Tatouara qui, fendant l\u2019eau comme une sirène, ne se trouvait plus qu\u2019à quelques mètres de l'embarcation.| M.Bondonnat était profondément touché.\u2014 Pauvre petite! murmura-t-il.Elle nous à vus partir, et elle n\u2019a pas voulu que nous quittions l'île sans recevoir ses adieux.mn | sie Ell fimi Fi ioe H bre TB pl | Lm if WH 'N Dalit Klan, ! Cle à jeu \"1s Hl it ui Hatouara était arrivée tout auprés du canot.Un des rameurs l\u2019aida à s\u2019y embarquer.Elle y monta ruisselante.Puis, se jetant aux genoux de M.Bon- Pos donnat, elle lui embrassa la main.Sa | #h physionomie avait une expression pro- | \u201cil fondément suppliante et mélancoli- gt que.ing \u2014 Voulez-vous de la petite Hatoua- ; fn ra pour votre esclave?demanda-t-elle wy au botaniste.Je n'ai plus personne au En monde.Th \u2014 Mais ton père?Lui serait-il ar- | sa rivé malheur?| Te \u2014 Ils l\u2019ont tué, assassiné! Je l\u2019ai | Le.trouvé étendu sur sa natte, le coeur ÿ perté d\u2019un poignard.\u2014 Qui \u201cils\u201d\u2019?demanda M.Bondon- pent Jf 4-l, | mw sé» près ast ante.Bin 1 5 iis colle joud- oll nt 8 Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE * Montréal, juillet 1921 Ênhat, profondément troublé et affligé de cette terrible nouvelle.\u2014 Les bonzes, les Japonais que sais-je?On n\u2019a pas pardonné au pauvre Amalu d\u2019être votre ami et de vous avoir arraché à la mort.Si vous ne me prenez avec vous, j'aurai certainement Je même sort! Quand j'ai vu votre barque quitter le rivage, j'ai senti mon coeur se serrer, et je me suis jetée à la mer, pour vous demander si vous vouliez de moi.\u2014 Eh bien, oui, c\u2019est entendu! s'écria M.Bondonnat dans un de ces élans de générosité dont il était cou- timier.Tu es une brave enfant et, après tout, c\u2019est un peu moi qui suis la cause de la mort de ton père.Hatouara ne répondit qu\u2019en embrassant avee tendresse les mains de M.Bondonnat, et en les arrosant de ses larmes.Il essayait de consoler de son mieux l\u2019orpheline, lorsqu\u2019il lui vint à l\u2019idée qu\u2019Hatouara laissait \u201cderrière elle sa petite fortune et qui, tout en l\u2019emmenant, il serait peut-être bon de s'occuper de ses intérêts.Il] demanda à la jeune fille si elle avait pris quelques dispositions à ce supet.Hélas! soupira la pauvrette, j'ai déjà fait le sacrifice de tout ce que je possédais.Je sais bien que mon père une fois mort, le rapace Noghi ne tarderait pas à mettre la main sur sa succession; aussi ai-je préféré ne pas | même essayer de lutter.On était arrivé à proximité du paquebot le \u2018\u2018Pacific\u2019\u2019, et ce fut avec un vrai bonheur qu'une fois les bateliers payés et congédiés, M.Bondonnat\u2019et ses amis mirent Je pied sur le pont du navire.Le capitaine \u2014 un Yankee pur sang \u2014 ne fit au naturaliste aucune question.I se contenta d\u2019empocher les banknotes qu'on lui tendait et de désigner les numénos des cabines réservées aux cing passagers.\u201cLe Pacific\u201d était surtout un navire de commerce, et il n\u2019était pas aménagé ipour le transport d\u2019un grand nombre de voyageurs.M.Bondannat constata avec regret qu'il n'était pas muni d\u2019appareil de télégraphie sans fil, ce qui le forçait de ne prévenir sa fille qu'à son arrivée à San-Francisco.Pendant que chacun s\u2019occupait de son installation, M.Bondonnat trouva, dans le salon des passagers, un journal américain de San-Francisco, qui ne remontait qu\u2019à quelques jours et que le capitaine du \u201cPacific\u201d tenait d'un de ses collègues,\u2019 croisé en chemin.Il le déplia machinalement.Puis ses yeux s\u2019arrêtèrent sur un entrefilet placé en seconde page, et ce fut avec la plus profonde stupeur qu\u2019il lut: @ UNE IMPOSANTE CEREMONIE \u201cLa ville de San-Francisco doit prochainement être le théâtre d\u2019une solennité des plus imposantes.Le yacht \u2018la Revanche\u201d, qui doit ramener la dépouille du grand savant français, M.Bondonnat, est impatiemment attendu en notre ville.\u2018La remise du corps aux autorités françaises doit être l\u2019objet d\u2019une cérémonie officielle, où le gouvernement de l\u2019Union sera certainement représenté.\u201cOn parle aussi d'une délégation de savants américains, qui, sous la présidence du docteur Cornélius Kramm, l'éminent physiologiste que l\u2019on a surnommé le Sculpteur de chair humaine, doit rendre un suprême hommage au génial savant que fut M.Prosper Bondonnat.La fille et la pupille du dé« IR TTL In Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 funt, dont on connaît les dramatiques aventures et l\u2019héroïque dévouement filial, doivent conduire elles-mêmes le deuil, en compagnie de leurs fiancés et de la famille du milliardaire Fred Jorgell.\u201d : \u2014 Qu est ce que cela peut bien + vouloir dire?se demanda M.Bondonnat devenu tout pensif.Je ne suis pourtant pas mort.que diable! H fut interrompu par la clameur stridente de la sirène à vapeur.\u2018Le Pacific\u201d avait levé l'ancre, 1'hélice tournait.\u2018Le vieux savant oublia un instant toute autre préoccupation pour s\u2019abandonner au plaisir de voir l\u2019île de Basan s'atténuer petit à petit dans le lointain et se perdre enfin, comme un flocon de brume azurée, tout au fond de l'horizon.DEUXIEME PARTIE LES DRAMES D\u2019UNE NUIT \u2014\u2014 CHAPITRE PREMIER Résurrection! Depuis le matin les rues de San- Francisco présentaient une animation inaccoutumée.D\u2019heure en heure, des centaines de trains débarquaient des milliers de voyageurs, venus de tous les points de l\u2019Amérique.En dépit des efforts de quatre régiments de policemen à cheval qui se livraient, de temps à autre.à de véritables charges, il était à peu près impossible de circuler à travers cette multitude où se coudoyaient tous les peuples du monde: Américains, Chi- ms 74 ou nois, nègres, Océaniens et jusqu\u2019à des Esquimaux, encore vêtus, malgré la chaleur, de leurs blouses de peau de phoque et de leurs épaisses fourrures.Des fenêtres des hautes maisons, presque toutes reconstruites en acier après le dernier tremblement de terre, des groupes nombreux se pressaient, et, dans certains endroits, des spéculateurs avaient dressé des estrades dont les places se louaient jusqu\u2019à vingt, cinquante et cent dollars.C'était sur le parcours des quais à la gare du Central Pacific Railroad que l'animation était la plus grande.IA, les policemen devaient livrer de véritables combats : la marée humaine, Sans cesse grossissante, se ruait par toutes les rues adjacentes, et cherchait à envahir la large avenue par où devait passer le cortège dont l'attente excitait à un si haut degré la curiosité des habitants de \u2018\u2018Frisco\u201d\u2019.Au milieu de cette cohue, trois voyageurs, install&s dans une automobile dont la plate-forme était chargée de nombreux bagages, n\u2019arrivaient pas, en dépit de tous les efforts de leur chauffeur, à.se frayer un passage.Dans une autre ville que San-Fran- cico.qui sert de rendez-vous à toutes les races de l'univers, le costume des voyageurs et leur allure n\u2019eussent pas manqué d'attirer la curiosité des badauds; mais ici, personne ne faisait la moindre attention à eux.De ces-trois personnes la première était un cosaque, facilement recon:- naissable à ses yeux bridés, à ses pommettes saillantes et à son nez aplati ; il était vêtu d\u2019un vieux costume de matelot, trop étroit pour sa grande taille, et coiffé d\u2019une toque de fourrure ; la seconde était un vieillard à la barbe et aux cheveux blancs, à la physionomie pleine d'intelligence et de bonté.EUR ae mur 4 Qu nf\u201d J Aa) & du mal de lee.0 intl.© Saxe dome in fas la} Dig Tanti laste thug hg ila, 0 pt 00 Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Il portait un élégant complet de coutil blanc et un chapeau en fibres de panama; enfin la troisième était une petite Océlanienne, de quinze à seize ans tout au plus, tête nue, les cheveux relevés à la japonaise et retenus par de longues épingles: elle se drapait dans un luxueux kimono de soie rouge, brodé d\u2019or.\u2014Je crois.dit tout à coup le vieillard, qui semblait obsierver cette foule avec un sourire ironique, que nous ne pourrons jamais arriver au Palace Hotel.Qu\u2019en penses-tu, mon brave Rapo- poff ?\u2014\u2014Je pense, petit père, balbutia le cosaque, à qui cette multitude houleuse causait une sensation proche du mal de mer, ou tout au moins du vertige, que nous ferions mieux de retourner en arrière.\\ \u2014Impossible, répliqua le vieillard.Il est aussi difficile de revenir sur ses pas que d'avancer.A ce moment, une dizaine de voix hurlantes dominèrent le tumulte de la foule.C\u2019était une bande de camelots, auxquels on venait d\u2019ouvrir la porte d\u2019une imprimerie et qui se ruaient dang la bagarre.en criant.\u2014Demandez le numéro du \u201c San- Franciseo Herald!\u201d Avec le portrait de l\u2019illustre Bondonnat et le détail de ses obsèques! On se battait pour leur arracher les feuilles, que certains badauds leur payaient jusqu\u2019à un dollar.Cinq minutes ne s\u2019étaient pas écoulées qu\u2019ils avaient épuisé leur provision de jour- neux; on dut leur jeter de nouveaux numéros, des fenêtres de l'imprimerie.| La petite Océanienne regardait ce spectacle avec une surprise qui n\u2019était pas exempte d\u2019une certaine ter- teur, voyant et écoutant tout avec une attention suraiguë.Brusquement, elle tressaillit, et se tournant vers le vieillard: \u2014Mais il me semble, s\u2019écria-t-elle, que c\u2019est votre nom qu\u2019ils prononcent! M.Bondonnat ne répondit pas à cette question.Le sourire légèrement ironique, qui avait un instant déridé ses traits, avait disparu.Il était en proie à une flévreuse impatience.\u2014I] faut, pourtant, que nous avan- çions, dit-il au chauffeur.\u2014Impossible! fit l\u2019autre avec un geste résigné.\u20141I1 y a cent dollars pour vous, si nous atteignons le Palace Hôted ou seulement un café d\u2019où je puisse téléphoner! L\u2019homme haussa les épaules : \u2014Quand vous m\u2019en promettriez mille, répliqua-t-il, ce serait la même chose!.\u2026.Il ne put achever sa phrase.Un orchestre de cinq cents musiciens, qui se trouvait à peu de distance, venait d\u2019attaquer la \u2018\u2018 Marche funèbre\u2019 de Chopin; le rugissement des cuivres et les roulements lugubres des tambours couvraient même la voix de la multis tude.Mais, à ce moment.il se produisit dans la cohue une poussée formidable.L'automobile, enlevée par cent bras vigoureux, parcourut une trentaine de mètres par-dessus les têtes des spectateurs.Les trois voyageurs durent se cramponner à leurs sièges.L\u2019auto, projetée avec une puissance presque irrésistible, ne fut arrêtés, dans son élan, que par le régiment de policemen qui barrait l\u2019extrémité de la rue.Mais, grâce à cette poussée brutale, elle se trouvait maintenant en bordure de l\u2019avenue même où le cortège allait commencer à se dérouler, -\u2014 175 \u2014 ih i i A ; li: be peste hitrtafte cite Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 M.Bondonnat et ses compagnons montèrent debout sur le siège pour mieux voir le spectacle qui s\u2019offrait à eux.À peu de distance de là, ils apercevaient la gare du Central Pacific railroad, toute tendue de velours noir orné de larmes d'argent et transformée en un gigantesque catafalque, éclairé par les flammes vertes des lampadaires de bronze.Toute la place qui s\u2019étendait devant la gare n\u2019était qu\u2019un immense bouquet de fleurs.Il en était venu des trains entiers, hommage de tous les savants de l'univers à la mémoire de l\u2019illustre Prosper Bondon- nat! L'avenue, de la.gare aux quais, était également tendue de velours noir dans toute sa longueur.Tous les globes électriques étaient allumés et voilés de larges crêpes flottants, d\u2019un aspect fantastique; enfin, partout, à toutes les fenêtres, aux branches de tous les arbres, claquaient au vent des milliers dè drapeaux américains et français, également cravatés de noir.Au centre de la place, une estrade protégée par une tente de riches draperies était occupée par de braves personnages en habit noir, des diplomates et des généraux aux brillants uniformes.Tout à coup, des vivals saluérent l'apparition du cortége, que précédait une imposante escorte de policemen à cheval, accompagnés d\u2019un corps de la garde civique, immédiatement suivi par les cinq cents musiciens, qui con- finuaient à jouer, en avançant lentement, la \u201cMarche funèbre\u201d de Chopin.M.Bondonnat éprouvait un étrange saisissement.Ses mains amaigries tremblaient d'émotion, et, quand mé- me la musique et le tumulte de la foule n\u2019eussent pas couvert le bruit de sa voix, il n'eût pu parler, tant il avait la \u2014 78 \u2014 gorge serrée.Il se frottait les yeux pour s'assurer qu'il était bien éveillé, qu\u2019il n\u2019était pas en train de se débattre contre un cauchemar.Et il ne put s'empêcher de se comparer à Charles- Quint qui, suivant une tradition, voulut assister lui-même, couché dans un cercueil, à ses propres obsèques, au monastère de Saint-Just.Ce cortège digne d\u2019un roi ou d\u2019un prince, continua à défiler devant ses yeux comme une étincelante vision.Après les musiciens venaient, par douzaines, des voitures chargées de fleurs.Puis le char funèbre lui-même, orné aux quatre angles de torchères où brûlaient des flammes vertes; il était surmonté d\u2019un dôme de drap d'argent soutenu par quatre colonnes d\u2019ébéne.Le chauffeur, qui le conduisait avec une lenteur solennelle, était revêtu d\u2019uri habit à la française, pompeusement galonné.Derrière.venaient plusieurs voitures de deuil, aux stores baissés.À la pensée que sa fille se trouvait dans l\u2019une d\u2019elles, M.Bondonnat sentit le vertige le gagner.Il voulut s'élancer, crier; mais son geste et son cri se perdirent dans là puissante rumeur de la multitudè, dans le tonnerre des acclamations et des musiques, Le vieillard se laissa retomber sur son siège, pâle, défait, à demi-mort, regardant, d\u2019un oeil terne et comme brouillé par les larmes, la majestueuse cérémonie qui continuait à se dés rouler selon les phases prévues.Protégés par les policemen, dont la tâche devenait de plus en plus difficile, les représentants des diverses so- , ciétés savantes, des l£tats américains et des corps constitués étaient venus occuper, autour de la place, les estrades qui leur avaient été réservées.th rr (a arrêté hil planes me qu reed PEN qui ee (1; au bo: Its sv Donc à = Va pren brs de York.MB lever un gui M Vsige, : Hil ri sa tin M TUssante Kg Ty Cf fi Rls his bear EL \u2014 Un | Comp diy, Lg! hiphop Le se Eat ver i Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Un petit groupe, au milieu duquel se remarquaient trois jeunes filles, couvertes de longs voiles noirs, alla prendre place sur une petite estrade, plus luxueusement décorée que les autres, Et l\u2019on se répétait, dans la fou le, que ceux-là qu\u2019on honorait d\u2019une distinction aussi flatteuse n\u2019étaient autres que les parents et amis du défunt.M.Bondonnat se sentait défaillir.\u2014 Ma fille! ma chère Frédérique! bégaya-t-il.Comment lui épargner cette douleur?Cependant le char funèbre s\u2019était arrêté à côté de l\u2019estrade.L'orchestre s'était tu et, soudain, il se fit un grand silence, au milieu de cette mer humaine qui s\u2019étendait .dans toutes les directions, jusqu\u2019à l\u2019extrémité la plus lointaine de toutes les larges avenues qui convergent vers la gare.Un maître de cérémonie s'avança au bord de l\u2019estrade où se trouvaient les savants et les diplomates, et annonça d\u2019une voix claire: \u2014 M.le docteur Cornélius Kramm : va prendre la parole au nom des membres de la National Academy de New- York.M.Bondonnat, éperdu, vit alors se lever un personnage à la physionomie singulièrement caractéristique.Son visage, entièrement rasé, offrait des traits réguliers, et son front très haut, son crâne énorme, annonçaient une puissante intelligence; mais ses lèvres minces indiquaient une méchanceté froidé et, derrière ses larges lunettes d\u2019or, ses yeux sans cils étaient à la fois fixes et obliques comme ceux de certains oiseaux de proie.\u2014 Cornélius! le fameux docteur Cornélius! se répétait la foule, le sculpteur de chair humaine!.Le silence attentif de la mullitude était devenu plus profond.\u2014 77 \u2014 Ce fut avec une aisance parfaite que le docteur Cornélius Kramm commença son discours.\u2014 Messieurs! Le savant auquel nous venons rendre ici un juste et public hommage, fut une des plus nobles.intelligences dont puisse s\u2019honorer l'humanité.Grâce à lui, le savoir humain a accompli d\u2019immenses progrès, et, si la mort n\u2019était pas venue le frapper dans des circonstances assez mystérieuses, il aurait, sans nul doute, encore enrichi notre patrimoine intellectuel de découvertes comparables à celles qui ont tant contribué à sa gloire.\u201cM.Prosper Bondonnat est mort assassiné par les sinistres bandits de la - Main-Rougé, dans une île perdue de 29 l'océan Pacifique.Le docteur Gornélius, en proie à un trouble soudain, s'arrêta net, et ne put achever sa phrase.Ses yeux, qui erraient distraitement sur l\u2019assistance, venaient de rencontrer ceux de M.Bondonnat lui-même.Les deux regards s'étaient croisés, et Cornélius, malgré toute son audace, était tout à coup devenu d\u2019une pâleur livide.Il ne se rappelait plus un seul mot de ce qu\u2019il avait à dire.\u2014 Messieurs, balbutia-t-il, exeu- sez une émotion.bien légitime.De longs murmures commençaient à s'élever dans la foule.Les uns s\u2019extasiaient sur la sensibilité de ce bon docteur Cornélius, les autres trouvaient son attitude tout à fait étrange et incompréhensible.La foule murmurait, mais sourdement.On devinait qu'il y avait, dans les esprits, comme une atmosphère de drame.C'était un de ces moments où l\u2019on sent, sans savoir pourquoi, qu'il va se passer quelque chcse d\u2019extraor- N Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 dinaire.Cet \u2018évènement extraordinaire\u2019\u2019, on l\u2019attendait.Il se produisit.Dans la foule, à quelques mètres de l'estrade, un chien se mit à aboyer furieusement: un grand chien noir de la race des barbets.Puis il rompit sa chaîne que tenait un jeune homme pâle et chétif, un peu bossu, et s\u2019élançait à travers les jonchées de fleurs, il atteignit en trois bonds l'automobile où se tenait M.Bondonnat.I] lui léchait les mains; il avait sauté sur ses genoux, et le vieillard, éper- \u2018du, ému jusqu'aux larmes, brisé par ces émotions successives, répétait, d'une voix faible et cependant satisfaite: \u2014 Pistolet! chien Pistolet! Des groupes- nombreux commentaient l'incident et se demandaient quel était l\u2019étrange \u2018vieillard, quand deux policemen, armés de leur casse- tête de baleine à boules de plomb, s\u2019approchèrent, pour s\u2019emparer de l'animal.\u2014\u2014 Ce n\u2019est pas ici la place d\u2019un chien! dit brutalement l\u2019un d'eux.Et il leva son casse-tête pour fracasser la tête du barbet.\u2014 Je vous en prie, messieurs, balbutia M.Bondonnat.Ne faites pas de mal à ce chien qui m\u2019appartient! Le vieillard n\u2019aurait peut-être pas eu le dessus dans la querelle, si le petit bossu, qui tenait encore en main le bout de la chaîne brisée, n'était intervenu tout à coup: \u2014 Monsieur, commença-t-ii, ce chien m\u2019appartient.Mais, quand il aperçut le visage de M.Bondonnat qui tenait Pistolet sur ses genoux et le Protégeait de son mieux, il poussa un cri de surprise et de joie.Mais c\u2019est Mon bon: Et, s'élançant impétueusement dans l'auto: \u2014 M.Bondonnat! c\u2019est lui! vivant! Il avait pris les mains de son vieux maître et il les couvrait de ses baisers et de ses larmes.Les deux policemen étaient demeu- - rés stupéfaits, ne sachant ce que signifiait cette scéne.Mais les paroles du petit bossu avaient été entendues de ses plus proches voisins, qui, presque tous, tenaient en main le numéro du \u2018\u2018San-Francisco Herald\u2019, où se trouvait le portrait du savant.Il leur suffit d\u2019un coup d'oeil pour découvrir là ressemblance du portrait et de l'original, et bientôt une rumeur courut dans la multitude,.s\u2019enfla et grandit comme le roulement lointain de la foudre.Bientôt le même cri s'échappa de cent mille poitrines: * \u2014 Vivant! Bondonnat est vivantl!.\u2014 Oui, s\u2019écriait le bossu, il est vivant! Le voici! Venez vite, mon cher maître, vous jeter dans les bras de vos enfants et de vos amis! \u2014 Vive Bondonnat! cria une voix.Ge mot fut le signal d\u2019une acciama- tion générale.On voulait porter le vieux savant en triomphe.Une escouade de policemen était heureusement accourue au triple galop, et c'est grâce à leur protection que M.Bondonnat et Oscar, qui suivaient le cosaque et la petite Océanienne apeurés et tremblants, purent arriver jusqu\u2019au pied de l'estrade principale.En apercevant le vieillard, une jeune fille s'était levée, pâle comme une morte sous ses longs vêtements de deuil.\u2014 Frédérique! mon enfant! balbutia le vieillard.\u2014 Mon père! s\u2019écria la jeune fille, en étendant les bras.\u2014 78 \u2014 r= ; f Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juifiet 1981 Mais la secousse avait été trop brutale.Frédérique s\u2019affaissa inanimée, morte peut-être, dans les bras de ceux qui l\u2019entouraient.\u2014 Je l\u2019ai tuée! s\u2019écriait le vieillard avec désespoir.Et, en proie à un véritable égarement, il voulait se précipiter sur le corps de la jeune fille.A ce moment, deux policerhen d\u2019une taille atlhétique l\u2019empoignèrent avec rudesse et l\u2019entraînèrent.- ~\u2014 Que me voulez-vous?oria le malheureux savant.Laissez-moi, je vous en prie.\u2014 Suivez-nous, lui répondit l\u2019'homme brutalement.Au nom de la loi, je vous arrête! \u2014 Qu'ai-je fait?\u2014 Vous avez une fière audace de le demander! Il faut que vous soyez vraiment effronté pour prendre le nom du grand savant et vous faire passier pour lui, au moment même où toute KAmé- rique s\u2019est dérangée pour assister à ses obsèques! \u2014 Mais je vous jure que je suis bien Prosper' Bondonnat, répondit le vieillard perdant tout sang-froid.\u2014 C\u2019est un fou, dit le second policeman qui jusqu\u2019alors n'avait pas ouvert la bouche.Et.de fait, il lui ressemble un peu! \u2014 Je vous jure que j'ai dit la vérité, répéta obstinément le vieillard.\u2014 Allons, pas d\u2019observations! reprit le premier policeman.Vous vous expliquerez avec le chef du poste.Tout en parlant, les deux agents qu\u2019entouraient une vingtaine de leurs collègues avaient entraîné M.Bondon- nat jusqu\u2019au commissariat spécial de la gare.On le laissa seul dans une sorte de cellule qui n\u2019était meublée que d'un lit de camp et d\u2019un escabeau.\u201cmiss Isidora, - \u2014 79 \u2014 Le vieillard se demandait avec tristesse, en se voyant de nouveau captif, si la série de ses malheures allait recommencer.Au dehors, il entendait des cris furieux, de longues acclamations, tout le bruit d\u2019une tempête populaire, d\u2019une véritable émeute.Cependant, au milieu du désarroi qui s\u2019étëit produit lorsque Frédérique était tombée, le\u2019bossu, Oscar Tournesol, s'était aperçu qu\u2019on arrêtait son maître, et aussitôt il en avait prévenu l'ingénieur Paganot, le naturaliste Ra- venel, Mlle Andrée de Maubreuil et les deux meilleures amies de Frédérique.\u2014 Mesdemoiselles, dit-il, occupez- vous, je vous prie, de soigner votre amie.M.Bondonnat vient d'être arrêté, il faut aller le plus vite possible à son secours.Je crains qu\u2019il n\u2019y ait là- dessous quelque coup de la Main-Rous ge.Et Oscar, après leur avoir dit quelques mots & Lgreille, emmena avec lui l\u2019ingénieur et le naturaliste.Miss Isidora et Andrée de Mau- breuil, qui avaient été presque aussi émues que Frédérique elle-même à l\u2019apparition du spectre de M.Bondon- nat, se raidirent contre leur émotion, et, en attendant que cet étrange mystère fût dissipé, s\u2019empressèrent auprès de leur amie.Elles lui baignèrent les tempes d\u2019eau fraîche, lui firent respirer des \u2018\u2018lavander salts\u2019\u2019, mais tous ces soins furent inutiles, Frédérique demeurait inerte et glacée.\u2014 Mon Dieu, elle est morte! s\u2019écria Andrée.La joie et la surprise l\u2019ont tuée!.Les deux jeunes filles s\u2019affolaient, perdant la tête, au milieu d\u2019une foule de gens qui leur proposaient inutile= ment leurs bons offices. It iN i LN HN i Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Shiataiataiataiy Montréal, juillet 1921 Fred Jorgell survint heureusement.I était paryenu à grand'peine a fendre la cohue, pour arriver jusqu\u2019à l\u2019estrade.Miss Isidora lui expliqua la situation en quelques mots.Son premier soin fut de faire appel aux policemen, dont il était parfaitement connu, et qui, à l\u2019aide de leur casse-tête, firent place nette autour de l\u2019estrade; puis deux d\u2019entre eux transportèrent Frédérique, qui ne donnait plus signe de vie, jusqu\u2019au poste de secours dont la gare du Central Pacific Railroad est pourvue.Gornélius se faufila derrière, en compagnie de Fred Jorgell, auquel il offrit obligeamment ses services, et celui-ci n\u2019eut garde de refuser les soins de l\u2019illustre praticien.Avant de suivre le milliardaire, Cor- nélius avait eu le temps de dire quelques mots à l'oreille d'un correct gentleman qui avait suivi toute cette scène avec une anxiété visible et qui n\u2019était autre que Fritz Kramm, le marchand de tableaux, le frère du docteur.Cependant, dans toute la ville, le tumulte était à son comble, la foule était exaspérée par la curiosité et aussi par l'attente et la déception.\u2014Voyons.criaient les uns, Bondon- nat est-il mort ou vivant?Il faudrait le savoir! \u2014O0n se fiche de nous! Ce fameux Francais se porte aussi bien que vous et moi.Je l\u2019ai vu! \u2014Je vous dis que non! C\u2019est un es- croe qui lui ressemble! \u2014La preuve que Bondonnat est bien vivant, c\u2019est que la musique ne joue plus, que les discours sont arrêtés, et que la file de Bondonnat est morte de saisissement en apercevant son père ! Ce fait capital que mnsique et discours avaient cessé avait fait une grande impression sur la foule.Les Américains détestent, avant tout, qu'on se moque d'eux, et, dans cette occasion, ils se croyaient à peu près sûrs d\u2019avoir été le jouet d\u2019une mystification.Ils commencèrent à manifster leur mauvaise humeur en cassant, à coups de pierre, les globes élctriques et en culbutant les estrades d\u2019où les notabilités étaient descendues, au milieu du désarroi général.Les Chinois.très nombreux dans la cohue, avaient été, dès le début.frappés de la beauté du velours noir, frangé d'argent.Ils commencèrent à en arracher de larges morceaux, qu'ils emportaient sournoisement.Hs furent, d\u2019ailleurs, bientôt secondés, dans ce travail, par des bandits de toutes les nations, qui abondent à San- Francisco.Comme par magie, l\u2019avenue qu'avait suivie le cortège funèbre se trouva dépouillée de tous ses ornements.La foule, pour qui ce pillage n'avait été, pour ainsi dire, qu\u2019un avant-goût, était maintenant déchaînée.Elle hou- lait, comme la mer battue par l\u2019ouragan.Les policemen ne savaient plus où donner de la tête.C\u2019était une véritable émeute qui grondait : quelques matelots commençaient déjà à briser les vitres des boutiques, et les commerçants fermaient leurs devantures en toute hâte.\u2019 Au milieu de ces scénes de désordre, les chars qui portaient les couronnes ne furent pas plus respectés que le reste, la multitude les culbuta et s'empara d'une partie des fleurs, en foulant les autres aux pieds.Une quarantaine de miliciens à cheval défendirent couragusement le char funèbre, sur lequel se trouvaient les restes\u2014authenltiques ou non\u2014de M.Bondonnat.Ils s'étaient retranchés à l'entrée d\u2019une petite rue latérale; mais ils allaient sans doute étre obligés de SAN on, À voir § leu mig oj Sie Nil.1 re rail 1 où, oll | hs Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 see céder à la canaille, qui tenait à s\u2019emparer des torchères d\u2019argent et des riches draperies, lorsqu'une auto vint stopper derrière les miliciens.Elle était escortée par une vingtaine de robustes miatelots.et l'homme qui la conduisait était celui-là même auquel le docteur Cornélius avait fait, une demi-heure auparavant, de mystérieuses recommandations.C'était Fritz Kramm.Il fit entendre au chef des miliciens qu'il avait mission de mettre en lieu siûr le cercueil du grand savant ; on n\u2019avait aucune raison de ne pas ajouter foi à ses allégations.Le cercueil fut donc chargé dans l'automobile qui se perdit bientôt dans l\u2019enchevêtrement des petites rues qui s\u2019étendent entre le port et la gare du Central Park Railroad Les miliciens battirent en retraite, et la foule en profita pour démolir entièrement le superbe char funèbre, dont elle se partagea les débris, Pendant que cette scène avait lieu, l'ingénieur Paganot, le fiancé de Mlle Andrée de Maubreuil, le naturaliste Roger Ravenel, le fiancé de Frédérique, avaient suivi le bossu Oscar Tournesol jusqu\u2019au commissariat spécial de la gare.Là, ils demandèrent à être mis en présence de l\u2019homme qui se faisait passer pour M.Bondonnat; le chien Pistolet les avait suivis, en continuant à aboyer énergiqument.com- mo s\u2019il eût été exaspéré de l'erreur dont son maître était victime.L'officier de police se fit d\u2019abord un peu tirer l'oreille, mais quand Roger Ravenel, qu\u2019il savait être un ami du milliardaire Fred Jorgell, eut déclaré qu\u2019il se portait caution pour la somme que l\u2019on exigerait, si considérable fût- elle, toutes les objections tombèrent, et M.Bondonnat fut amené dans le bu- # reau où se trouvaient déjà le commissaire spécial et les trois jeunes gens, Le vieux savant était heureusement muni de pièces qui établissaient son identité et qui se trouvaient dans son portefeuille lorsqu\u2019il avait été conduit à l\u2019île des Pendus.De plus sa ressemblance avec une photographie de M.Bondonnat,\"dont l\u2019ingénieur Paganot était porteur, formait un sérieux argument.Fnfin les aboiements et les caresses de Pistolet ne permettaient guère de conserver de doute sur la personnalité réelle du vieillard.\u2014Mais, enfin, demande le commissaire spécial à qui cette aventure extraordinaire inspirait la plus grande méfiance, pourquoi, si vous êtes bien le véritable Bondonnat, n\u2019avez-vous pas prévenu votre fille dès votre arrivée?Vous auriez évité l\u2019'émeute qui, en ce moment, se déchaîne dans la ville, et dont vous êtes responsable.cela m\u2019a été absolument impossible.Il y a deux heures à peine que le vapeur \u2018le Pacific\u201d, sur lequel je m'étais embarqué à l'Île de Basan, a jeté l\u2019ancre dans le port, et vous savez vous-même qu'il n\u2019y a pas moyen de circuler dans la ville.Puis j'ignorais où se trouvait ma fille.J\u2019ai fait vainement les plus grands efforts pour atteindre le Palace Hôtel, d'où je comptais téléphoner.Le commissaire spécial réfléchit un instant.\u2014J\u2019éclaircirai tout cela, ra-t-il.murmu- Pa- ganoit, M.Bondonnat va être remis en liberté ?.\u2014Soit! mais c\u2019est à condition que vous répondiez de sa personne.Je vous ferai connaître tantôt à quelle somme je fixe le chiffre de sa caution.Messieurs, je vous en supplie, \u2014 81, \u2014 Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1881 + balbutia le vieillard que cette succes- - sion d\u2019émotions violentes avait complètement anéanti, je vous en conjure, dites-moi si ma chère Frédérique est sauvée! : \u2014Vous allez le savoir à l'instant même.Le poste de secours où elle a dû être transportée se trouve dans la gare.\u2014Je vais prendre de ses nouvells! s\u2019écria impétueusement Roger Rave- nel.\u2014dJ\u2019y vais aussi, ajouta M.Bondon- nat, \u2014Non, cher maître, dit l'ingénieur Paganot.Restez ici.Il est plus prudent de ne pas exposer Mlle Frédérique à une seconde commotion.\u2014 Vous avez raison, murmura le vieillard, en tombant anéanti sur un siège.L\u2019ingénieur n\u2019avait pas dit le fond de sa pensée et, s\u2019il avait retenu M.Bondonnat.c'est qu'il se disait avec angoisse que peut-être la jeune fille avait succombé' au choc terrible qu'elle avait ressenti en voyant se dresser devant elle le spectre de son père.Heureusement, ses craintes étaient exagérées.Quelques minutes plus tard le naturaliste revint, la physionomie radieuse.\u2014\u2014Rassurez-vous, mon cher maître, dit-il, notre chère Frédérique a enfin recouvré ses sens, et cela, je dois le dire, grâce aux soin du docteur Cor- nélius qui a tout mis en oeuvre pour venir à bout de la syncope.Dès lors, il ne fut plus possible de retenir M.Bondonnat.L\u2019instant d\u2019après, le père et la fille se jetaient en pleurant dans les bras l'un de l\u2019autre.Quant au docteur Cornélius, il s\u2019était modestement éclipsé.sans doute pour échapper aux remerciements.L\u2019ingénieur Paganot, Roger Ravenel.miss Isidora, Andrée, Fred Jorgell et le bossu, Oscar Tournesol, n\u2019étaient guère moins émus que M.Bondonnati et sa fille.Le commissaire central mit fin à celte scène attendrissante en priant lc milliardaire et ses amis de monter dans une auto qu'il avait fait venir et qui, sous bonne escorte, les conduirait tous au Palace Hôtel.Chacun s\u2019empressa d'obéir.Une demi-heure plus tard, tous les amis se trouvaient réunis dans un des salons du luxueux caravansiérail, qui passe pour être le plus vaste de toute l\u2019Amérique.Là, le premier soin de M.Bon- donnat fut de téléphoner au police office, en promettant une forte prime pour qu'on retrouvât le cosaque Ra- popoff et la petite Océanienne qui s\u2019étaient perdus dans la foule en cherchant à le suivre, et que, dans son émotion, il avait un instant complètement oubliés.Deux policemen, d'ailleurs, les ramenèrent dans la soirée.M.Bondonnat, qui, transporté de bonheur en se retrouvant au milieu des siens, avait oublié toute sa fatigue, fit le récit détaillé de ses étranges aventures.\u2014J'adopterai la petite Hatôuara, déclara Frédérique.Je veux que cette pauvre orpheline soit instruite et éduquée convenablement par mes soins.Mais pourquoi, mon père, n\u2019avez-vous pas amené avec vous, pour nous les faire connaître, le peintre Grivard et la charmante guérisseuse de perles?\u2014Je les ai pries tous les deux de m'accompagner, mais Lorenza a éprouvé de telles souffrances, pendant sa captivité chez les bouddhistes, que sa santé en a été fortement ébranlée.Elle a dû demeurer à bord, d\u2019où elle prendra le premier train rapide en Ma pa am Hy St] Al = = EE Dé i oh lt È que sont devenus - Main Rouge?Il y en avait parmi eux { quelques-uns qui étaient d'assez bra- Voi.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 partance pour New-York.Tous deux m'ont promis, d\u2019ailleurs, que nous noue reverrions en France, et il est entendu, qu\u2019aussitôt notre retour, Lo- renza et son mari viendront passer quelques semaines dans notre villa bretonne.\u201cQuant au cosiaque, déclara le naturaliste, nous en ferons un garçon de laboratoire émérite.il parvient à se corriger de l\u2019habitude de vider des flacons d\u2019alcool et de ge confectionner des tartines avec certains produits chimiques.M.Bondonnat, après avoir terminé le récit de ses aventures, attendait avec impatence qu\u2019on lui fit connaître la manière dont on avait découvert sa retraite et dont on s\u2019était emparé de l\u2019île des Pendus.Qe fut l'ingénieur Paganot qui se chargea de cette narration, en donnant les plus vifs éloges 4 I'ingéniosité et au courage de lord Astor Burydan.Il dit comment l\u2019excentrique avait eu l\u2019'heureuse idée de prendre a sion service tous les clowns.du GoriHl-elub ; comment le nageur Bob Horwett avait détruit les torpilles; enfin, comment les bandits, déjà terrifiés par les visions cinématographiques projetées du pont de l\u2019\u2018\u2018Ariel\u2019\u2019, avaient été vaincus et anéantis en bataille rangée., \u2014 Mais, demanda M.Bondonnat, les bandits de la ves gens.\u2014Le lendemain même de notre victoire, un croiseur de l\u2019Etat\u2014que les démarches de M.Fred Jorgell avaient enfin décidé le gouvernement américain à envoyer à notre secours \u2014 est venu jeter l\u2019ancre en face de l'île et a pris à son bord tous les bandits; ils doivent être jugés ultérieurement.- Quant aux Esquimaux, on ne s\u2019est pas occupé d\u2019eux.\u2014Et les Russes ?Et le prophète Raminoff?demanda encore M.Bon- donnat.\u2014On a pris les mesures nécessaires pour qu\u2019ils soient ramenés en Europe.\u2014 En somme, reprit le vieillard, dans cette étrange aventure tout s\u2019est terminé mieux que nous n\u2019aurions pu l\u2019espérer; mais il y a trois personnes qui manquent à cette réunion.D'abord l\u2019ingénieur Harry Dorgan, dont j'aurais été enchanté de faire la connaissance.\u2014 Vous le verrez d\u2019ici peu, répliqua Fred Jorgell.I] est en ce moment à New-York, où l\u2019extension qu\u2019a prise la Compagnie des Paquebots Eclair rend sa présence indispensable.\u2014 Mais lord Burydan et le fidèle Kloum, le Peau-Rouge, n\u2019ont pas les mêmes excuses! dit en riant le vieux naturaliste, et il me semble que leur place était tout indiquée à mes obsè- \u201c ques?\u2014 Vous savez, répondit Roger Ra- venel, que lord Burydan est l'homme le plus fantasque qui soit.Il n\u2019en fait qu\u2019à sa tête.Sitôt que nous avons été arrivés à San-Francisco, il nous a quittés sans dire où il allait, en compagnie de Kloum et d\u2019un Français nommé Agénor Marmousier, qui est en même temps son ami et son secrétaire.Mais, soyez tranquille, lord Bu- rydan est de ceux qui ne restent jamais longtemps sans que l\u2019on enténde parler d'eux.M.Bondonnat et ses amis ne se couchèrent qu\u2019à une heure fort avancée, le soir de cette mémorable journée.Tous étaient brisés de fatigue, mais enchantés que les choses se fussent terminées de si heureuse fagon.et i FN COATT aE : a MHRA LHL + - Vol.14, No 7 & TPE \u2018Le lendemain, le premier soin de M.Bondonnat fut de se rendre au po- lice-office, d\u2019abord pour y déposer une caution comme il l\u2019avait promis, puis pour savoir ce qu'était devenu le ca- dävre embaumé auque] les bandits de ia Main-Rouge avaient réussi à donner sä propre ressemblance.Il ne doutait pas que l'examen attentif de cette cu- Fieuse pièce anatomique n\u2019amenât de singulières découvertes.Malheureusement, ainsi que le lui Apprifle directeur de la police de San- Frdficisco, le cerceuil où se trouvait le \u2018tôtps du'prétendu Bondonnat avait disparu dans la bagarre.Les recherches les plus minutieuses ne donné- rent aucun résultat.On supposa qu\u2019à là suite de l\u2019émeute, le cercueil avait \u2018a être jeté à la mer.Il fallut renoncer à savoir ce qu\u2019il était devenu.Est-il besoin de le dire, les poursuites commencées côntre M.Bondonnat ne'furent pas continuées.La somme \u2018qu\u2019il avait déposée \u20ac en guise de cau- \u2018lon lui fut rendue., Bientôt, les journaux annoncèrent que le vénérable savant, dont la santé était complètement rétablie, avait consenti à passer quelques semaines en \"Amérique, dans les propriétés de son \u2018bmi 16 milliardaire Fred Jorgell, avant \u2018de regagner définitivement la France.Éés' mêmes journaux annonçaient le triple mariage de M.Harry Dorgan et de miss Isidora, de M.Roger Ravenel et.de Mlle Frédérique Bondonnat, de M.Antoine Paganot et de Mlle Andrée de Maubreuil.CHAPITRE 11 Une visite inattendue > , Trois mois après ces évènements, un lourd camion automobile, qu'escortaient huit cavaliers armés jusqu\u2019aux dents, suivaient lentement la belle rou- LA REVUE POPULAIRE net BE ae Montréal, juillet 1921 te ombragée de platanes qui longe la rive méridionale du lac Ontario.En cet endroit, le paysage est un des plus beaux qui se trouvent dans l'Amérique du Nord.La nappe immense du lac, d\u2019un bleu presque blanc, est couverte de centaines de petites îles verdoyantes, que l\u2019on appelle les Mille Iles et qui semblent autant de bouquets flottant sur la calme surface des eaux limpides.Sur beaucoup de ces Îles sont installés de délicieux cottages, construits en briques de couleurs vives, qui donnent de loin à ce paysage l\u2019aspect d\u2019un royaume enchanté.De riches canots d\u2019érables, d'acajou, élégamment pavoisés et couverts de tentes multicolores, vont d\u2019une îTe à l\u2019autre.Toute idée de fatigue, de labeur et de misère est absente de ce décor gracieux.Cette opinion était sans doute celle des cavaliers qui escortaient le camion, car ils n'avançaient qu'avee une nonchalante lenteur, s\u2019arrêtant même de temps à autre pour admirer ce site merveilleux dans tous ses détails.Cependant, ils étaient arrivés à un \u2019 endroit où la route était bordée par une muraille monumentale au-dessus de laquelle on apercevait les arbres d\u2019un pare, presque entièrement planté de gigantesques thuyas.Ils longèrent cette muraille pendant environ un mille, et arrivèrent enfin en face d\u2019une haute grille de fer forgé, près de laquelle s\u2019élevait un coquet pavitlon qui devait être l\u2019habitation d\u2019un garde.Un homme à longue barbe et à lunettes, qui paraissait être le chef de la petite caravane, fit tinter la cloche destinée à signaler l'arrivée des visiteurs.Aussitôt, un robuste personnage à la face rubiconde et aux vastes épaules sortit du pavillon, et, considérant le nouveau venu d'un air soupçonneux: Vol, 14, No 7 1 \u2014 Que désirez-vous?demanda-t-il d'une voix brève.\u2014 Sir, répondit le visiteur, je suis chargé de remettre en mains propres à mistress Isidora un cadeau que lui adresse son beau-père, le milliardaire William Dorgan.\u2014 C'est que, reprit le gardien avec méfiance, j'ai des ordres très rigoureux.\u2014 Je suis muni d\u2019une lettre de M.W.Dorgan.\u2014 Possible.En ce cas, vous allez entrer seul et je vais vous conduire à l\u2019intendant général, M.Bombridge.C\u2019est lui qui décidera si, oui ou non, je dois laisser Votre fourgon franchir la grille.\u2014 Soit! fitl\u2019inconnu sans impatience.Sur le vu de ma lettre, M.Bom- bridge me laissera certainement entrer.L'inconnu descendit de cheval, franchit une petite grille latérale et suivit le gardien le long d\u2019une allée sablée, bordée de gigantesques rhododendrons dans des caisses de cèdre.Tous deux arrivèrent bientôt en face d\u2019un : chalet de pitchpin aux élégantes balustrades, qu\u2019ombrageaient des érables magnifiques.Une blonde jeune fille, qui se tenait au balcon du premier étage, se hâta d\u2019aller au-devant des visiteurs.' \u2014 Bonjour, monsieur Bob Horwett, dit-elle au Qardien: \u2014 Bonjour, miss Régine.Je vous amène quelqu\u2019un qui voudrait parler à votre père.\u2014 Entrez donc.if est précisément dans son cabinet.L'ex-clown Bombridge, devenu intendant général de la propriété d\u2019Harry Dorgan, n\u2019avait rien perdu de sa bonne humeur.Il portait un complet de velours vert et un chapeau de feu- LA REVUE POPULAIRE \u2014 85 \u2014 Montréal, juil et 1921 * tre, surmonté d\u2019une plume de canard sauvage, qui lui donnait une allure tout à fait distinguée.Il invita ses hô- les à se rafraîchir, prit connaissance de la lettre de William Dorgan, puis s'absenta pour aller téléphoner au \u201cchilean\u201d.Il revint bientôt en décla- ranl que le camion pouvait entrer, mais que les hommes de l\u2019escorte devaient rester en dehors de la grille.Les choses élant ainsi réglées, il accompagna lui-même Bob Horwett et le représentant de W.Dorgan, pour veiller en personne à l\u2019ouverture et à la fermeture de la grande grille de ia propriété, qui, on le voit, était gardée comme un château-fort.Le camion, que conduisait Bob Hor- wett lui-même, s\u2019engagea dars une longue avenue de frênes de Virginie, au bout de laquelle se trouvait une sortie de pont-lévis jelé sur un bras du lac Ontario et qui donnait accès dans le pare proprement dit.Le magnifique château d\u2019Harry Dorgan \u2014 réduction exacte du fameux château de Ghambord \u2014 se trouvait renfermé, ainsi que le vaste jardin qui l\u2019entourait, dans une de ces îles de l\u2019Ontario et n\u2019était relié à la terre que par ce pont-levis.L'ingénieur avait fait choix de cette propriété, non seulement à cause du pittoresque de sa situation, mais aussi dans le but de déjouer les tentatives des malfaiteurs, et, en particulier, des affiliés de la Méin- -Rouge.Le pont-levis franchi, on entra dañs ure autre avenue \u2014 de sycomores, celle-là \u2014 qui aboutissait à la cour d'honneur.Pendant que Bob Horwett lui- même conduisait la voiture jusqu'en face du perron de marbre du château, M.Bombridge amena l\u2019envoyé de W.Dorgan à une salle de verdure où se Val.14, No 7 trouvait en ce moment M.Bondonnat, en compagnie de trois jeunes femmes, toutes trois admirablement belles, quoique d\u2019une beauté différente.\u2014 À qui ai-je l'honneur de parler?demanda courtoisement le vieux savant, en allant au-devant du visiteur.\u2018Celui-ci, d\u2019un geste rapide, avait fait disparaître ses Junettes et sa fausse barbe.\u2014 Lord Burydan! s\u2019écrièrent les trois jeunes femmes avec un même cri de: surprise.++ Il n\u2019en fait jamais d\u2019autres! grommela l\u2019ex-clown Horwett.- \u2014 Je vois avec plaisir, dit gaiement le vieux.savant, que votre humeur fantaisiste n\u2019a pas changé! Mais, maintenant, quoique vous soyez en pays de connaissance, permettez-moi de faire les présentations! / \u2014 Mistress Harry Dorgan, Mme Paganot et enfin Mme.Frédérique Ra- venel, née Bondonnat.\u2014 Je vois, répliqua l\u2019excentrique avec jovialité, que vous n\u2019avez pas perdu de temps en mon absence.par ous mes compliments, mesda- J'aurai, j'espère, le plaisir de voir vos époux?- #\u2014 \u2018Non, répondit M.Bondonmnat.Tous trois sont à New-York, d'où ils ne reviendront que dans deux ou trois jours.Hs ont emmené, avec eux notre ami Oscar.-=~ Je ne sais, mylord, reprit Frédérique avec une moue, si nous devons vous adresser la parole.Nous vous en voulons beaucoup toutes les trois.\u2014 On ne lâche pas ainsi ses amis! s'écria Andrée.\u2014 Ne pas même être venu assister à notre mariage!.fit miss Isidora en s\u2019efforçant de prendre une mine sévère.LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 \u2014Mesdames, je vous fais mes excuses les plus humbles!.Ce n\u2019est pas pour rien que l'on m'appelle \u2018\u201cl\u2019excentrique\u201d.Il faut donc que mes amis aient assez d\u2019indulgence pour fermer tes yeux sur mes défauts et Me prendre comme je suis!.\u2014 Faut-il pardonner?demanda Frédérique en se tournant vers ses deux amies.> \u2014 Ma foi, oui.Mais qu\u2019il n'y re- \u2026 Vienne plus! dit Andrée.\u2014 Je ne puis pas lui en vouloir beaucoup, ajouta mistress Isidora, il m'apporte un cadeau.\u2014 Et un cadeau magnifique! \u2014 Mais comment se fait-il, deman- \u2018da M.Bondonnat, que M.W.Dorgan vous ait chargé d'une pareille commission?Vous le connaissez donc?.\u2026 Lord Burdan mit un doigt sur ses \u201clèvres.° \u2014 Oui, dit-il en souriatt.Mais, silence, c\u2019est un secret.Le naturaliste n\u2019insista pas.\u2014 Voyons le cadeau! criaient à la fois les trois jeunes femmes.Bob Horwett courut en toute hâte jusqu\u2019au camion, et il revint, suivi de quatre domestiques, qui portaient à - @rand\u2019peine, sur une tivière, une volumineuse caisse carrée, extérieurement doublée de tôle.Les domestiques, dont 18 curieuses jeunes femmes stimulaient le zèle, ouvrirent cette caisse, non sans peine.Elle en refermait une seconde, en bois blanc léger, qui fut ouverte dé même, et qui apparut remplie de bourre de coton très serrée.\u2014 Je me demande ce que cela peut bien être?dit Frédérique.\u2014 Quelque vase, quelque bibelot précieux! répondit mistress Isidora ; je sais que mon beau-frère Joe et mon I = BT Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921\" beau-pére sont des gens pleins de goût.\u2014 Vous êtes donc réconciliée avec M.Joe Dorgan?demanda lord Bury- dan.i - \u2014 Oui, cela valait mieux ainsi.Mon mari et lui se voient rarement, mais enfin ils ne sont plus ennemis jurés, comme autrefois.Frédérique et Andrée avaient commencé d'enlever elles-mêmes à grandes poignées le coton, d\u2019une blancheur éblouissante, qui remplissait la caisse.Bientôt quelque chose de brillant apparut.\u2014 De l\u2019or! dit Andrée\u2019 Quelque bijou sans doute?\u2014 C\u2019est un buste de femme! celui d\u2019'Isidora! s\u2019écria Frédérique qui, d\u2019une main impatiente.avait achevé de vider la caisse.Tl est en bronze doré.C\u2019est magnifique.\u2014 I] est plus magnifique encore que vous ne pensez, dit railleusement l\u2019excentrique.Le buste de mistress Isi- dora est en or massif.C\u2019est un vrai cadeau de milliardaire! .\u2014 Quelle folie! murmura mistress Isidora, qui, en dépit de ses dénégations, devint rouge de plaisir.Lord Burydan avait tiré le buste de sa caisse et l\u2019avait posé sur la table de marbre qui se trouvait au centre de la salle de verdure.Le travail de l\u2019artiste \u2014 un illustre seulpteur français \u2014 était à la hauteur de la précieuse matière qu\u2019il avait employée.Ce buste, d\u2019une grâce un, peu languide, égalait les plus belles statues des artistes de la Renaissance.Jean Goujon ou Germain Pilon l'eussent trouvé digne de leur ciseau.Les yeux avaient été traitées à la mode de l\u2019ancienne Rome, c\u2019est-à-dire que les prunelles au lieu de demeurer vides comme le sont en général celle \u2014 87 \u2014 / des statuées modernes, avaient été figurées par des pierres précieuses ; deux superbes émeraudes, de la teinte exacte des yeux de mistress Isidora, fulguraient sous les paupières d\u2019or et donnaient à l'image une vitalité intense, presque inquiétante.Comme l'avait dit lord Burydan, c'était un vrai cadeau de milliardaire.Un buste pareil devait coûter plus d'un demi-million.Les trois jeunes femmes demeurèrent quelque temps muettes d\u2019admiration.Les deux Françaises, loin d\u2019être jalouses, embrassèrent et complimen- térent chaleureusement leur amie.\u2014 Où allez-vous placer ce beaù buste?demanda Frédérique.\u2014 1] me semble, répondit mistress Isidora après un moment de réflexion, que sa place est tout indiquée dans le grand salon Renaissance.\u2014 Celui du deuxième étage, au- dessus du laboratoire ?\u2014 Précisément.\u2014 Surtout, dit en riant lord Bury- dan, mettez-le dans une pièce dont la porte soit solide! Ce buste serait une proie magnifique pour ces messieurs de la Main-Rouge.\u2018 Les trois jeunes femmes eurent un méme rire, qui gonna clair dans le silence des bosquets.\u2014 La Main- -Rouge, s\u2019écria mistress Isidora, est-0e que celg-existe encore?Apres les condamnations en masse qui ont été prononcées ces temps derniers, après les centaines d\u2019 arrestations opérées sur tous les points de l\u2019Union, la fameuse association peut être regar- _ déé comme anéantie.\u2014 Allons, tant mieux! fit l'excentrique.Je ne suis pas fâché de ce que vous m'apprenez! On va donc pouvoir enfin dormir tranquille sur le territoire de la libre Amérique! Vol.14, No 7 \u2014 D'ailleurs, reprit Frédérique, le salon Renaissance, où le buste va être placé, est muni de solides volets blindés, et la porte elle-même est revêtue de plaques de tôles de vingt millimètres d\u2019épaisseur, précautions qui ont été prises, je crois, à cause des nombreux objets précieux que renfer- Ihe déjà le salon.Les jeunes femmes voulurent aller présider en personne a [installation du buste dans le salon Renaissance.Pendant qu'elles s\u2019y rendaient, lord Burydan et M.Bondonnat se promenèrent à pas lents le long d\u2019une pièce $ eau couverte de nymphéas et bordée e, tulipiers en fleurs.Brusquement, a physionomie, à -tous deux, était devenue soucieuse et ils firent une vingtaine de pas.sans pronôncer une parole., \u2014 J'ai reçu vos lettres, dit enfin M.Bondonnat en baissant la voix, comme s'il eût craint d\u2019être entendu.Avez- vous trouvé quelque chose de nouveau?\u2014 Je crois être sur une bonne piste.Mais je n\u2019ai encore aucun résultat précis.J'attends.Je ne veux agir qu\u2019à 0 \u2014 Soyez prudent.\u2014 Vous n\u2019avez pas besoin de me faire cette recommandation.Je n'ai\u2019 Tien dit, pour ne pas effrayer les dames, mais n\u2019avez-vous pas remarqué, cômme moi, que tous les membres de là Main Rouge qui ont été condamnés récemment sont des bandits subalternes?Les hommes, très intelligents, qui sont à la tête de l\u2019association, n'ont pas même été soupçonnés.\u2014 Je suis certain, moi, répondit le vieux savant, que les lords de la Main Rouge sont non seulement des gens intelligents, mais encore de véritables savants.Je suis encore émerveillé de A LA REVUE POPULAIRE tions nécessaires, Montréal, juillet 1921 ce que j'ai vu dans le laboratoire souterrain de l\u2019Île des Péndus.Ces gens- là sont aussi forts que le docteur Carrel; je ne connais qu'un homme, en Amérique, qui soit arrivé à ce degré de science.\u2014 Et c'\u2019est?.\u2014 Le docteur Cornélius Kramm! \u2014 C\u2019est curieux, murmura lord Bu- rydan d\u2019un air préoccupé, nous avons eu la même pensée.Vous savez, d\u2019ail- leur, \u2014 je l\u2019ai appris tout récemment \u2014 que c'est Fritz, le frère de Corné- lius, qui est, en réalité le propriétaire de l\u2019île des Pendus.Voilà qui me semble très suspect.\u2014 N'allons pas si vite.Fritz Kramm a, paraît-il, parfaitement établi son innocence.Il y avait de longues années qu'il n\u2019était venu à l'Île des Pendus.\u2014 Après tout, c\u2019est possible.Mais ce que je m'explique moins, c\u2019est que l'enquête que l\u2019on a dû faire, sur l'existence du musée souterrain dont vous aviez indiqué l\u2019emplacement, n'ait amené aucun résultat.\u2014 J'ai cependant fourni les indica- répondit M.Bon- donnat; mais i] paraît que l'officier de marine chargé de l\u2019enquête n\u2019a trouvé, à l'endroit que j'avais désigné, qu'un ravin déchiré par une explosion de dynamite; une main mystéricuse était venue détruire le souterrain.\u2014 Les lords de la Main Rouge sont tres forts, il n'y a pas a dire.\u2014 Pour en revenir a Cornélius et a Fritz Kramm, je sais, d'après le récit de Lorenza, la guérisseuse de perles, que ce sont des gens capables de tout.Ils se sont rendus coupaibes de vols et de chantages.\u2014 Sans doute, répliqua lord Bury- dan.Mais il ne manque pas de gens peu serupuleux, qui ne sont pas pour cela lords de la Main Rouge.Pour por- i I | i D I I m fre bie ue a | qu lle on pris né nm fa demn des J que le bil £8 i Die ii i, gf ks py Pistlg Rog ~¥ qd ta lj Ding, (le pari doter Vous Tien >E lef hg, die Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE .To Montréal, juillet 1921 ter une pareille accusation, il faut avoir des preuves réelles.Le savant réfléchit quelques minutes.\u2014 Voici encore, fit-il à tout hasard, un indice qui peut-être vous servira.Dernièrement, le docteur Cornélius, dont j'admire d\u2019ailleurs très sincèrement l'immense savoir, est venu naus rendre visite en compagnie de son fré- \u2018re.M.Joe Dorgan était là.A un moment donné, ils se sont touvés tous trois placés l\u2019un près de l\u2019autre.Eh bien,-savez-vous l'étrange impression que j'ai eue?C\u2019est que je me trouvais en présence de ces trois hommes masqués qui commandaient en maître à l\u2019île des Pendus et qui sont tant de fois venus me dicter leurs ordres, dans ma prison.J'aurais juré que c\u2019était la même taille, la même corpulence, la même voix.Seulement je saig combien il faut se défier de ces impressions-là ! \u2014 Oui, répondit lord Burydan.Evi- demment tout cela ne constitue pas des preuves.pas plus, d\u2019ailleurs, que jes aboiements de Pistolet, qui paraît avoir, contre les trois personnages dont nous parlons, une véritable haine.Je ne veux pas me laisser entraîner par le désir de deviner la vérité, et je sais parfaitement que tous les personnages après lesquelles aboie Pistolet ne font pas partie de la Main Rouge.\u2014 Vous croirez ce que vous voudrez, mon instinct me dit que ces gens-la sont suspects.Ainsi, ce Joe Dorgan, je suis str de 'avoir vu quelque part.Mais laissons cela pour le momement.De votre côté n\u2019avez- vous rien découvert?\u2014 Rien qui vaille la peine d'être mentionné, mais je ne demeure pas inactif une seule minute, et je suis, il faut le dire, admirablement secondé par mon ami Agénor.-C'est ainsi que, depuis un mois, sous un déguisement, Je suis entré au service de William Dorgan, afin de pouvoir mieux sur= veiller les faits et gestes de son fils Joe.J'avoue que jusqu'ici je n'ai rien découvert.Joe Dorgan est très tra, vailleur, très ambitieux.Il s'uceupe activement du trust des cotons et maïs qui appartient à son père.Mais précisément, ce serait là une raison pute qu'il ne soit pas affilié à la Main Rot ge.Torn »\u2014 11 est intimement lié aver vi et Cornélius?BERLE \u2014 Sans doute.Mais qu'y a-t-i1 der traordinaire à cela?Les deux frèrts possèdent des parts importantes dds le trust.\u2014 Ma foi, vous avez raison.CHESS ne sais, apres tout, si j'ai droit dé divé tant de mal de Cornélius, qui, à San- Francisco, à fait preuve envers nia fille du plus grand dévouement.© ès st lui qui l\u2019a arrachée à une syncope\u2019 qui eût pu devenir mortelle.PO \u2014Tout cea est bizarre.Enfin, res- tons-en là.D'ici peu, J'espère avoit du nouveau.Il est bien entendu, \u201cà ais, leurs, que cette conversation doit 1&2 meurer entre nous.Il serait parfaitement cruel de troubler le bonheur de ces trois jeunes ménages par toutes ces sombres histoires.Ils se erojent débarrassés de la Main Rouge; fais sons-les jusqu\u2019à nouvel ordre dans cette croyance.BU \u2014 Quatid vous verrai-je?\u2014 Je n'en sais rien.Mais il se peut que d'ici quelques jours vous receviez une lettre de moi.Si les recommandations\u2019 que je vous ferai avaient une importauce spéciale, je mettrai un X au-dessous de ma signature.Ce signe voudra dire qu\u2019il faut faire exactement ce que je vous recommanderai dans Vol, 14, Mo 7 ma lettre, si étrange que cela vous paraisse.\u2014 C\u2019est entendu.\u2014 Maintenant, plus un mot de la Main Rouge.Allons rejoindre ces dames, qui vont certainement vouloir nous montrer comment elles ont disposé le buste aux yeux d\u2019émeraude.Tous deux se rendirent au salon Renaissance et admirèrent de nouveau le eadeau princier de William Dorgan.Il avait été posé sur une élégante selle et dans un éclairage très favorable.Mistress Isidora annonça que, le jour du retour de son mari, elle cacherait le buste derrière un rideau, afin de lui donner tout le plaisir de la surprise.En présence de lord Burydan elle fit une sorte de répétition de oette scène, et l\u2019on déclara à l\u2019unanimité que l\u2019ingénieur Harry Dorgan était décidément le plus heureux des époux.Cependant l'heure s'avançait.Lord Burydan, malgré les instances qu\u2019on fit pour le retenir, prit congé de ses amis, après s'être affublé de la fausse barbe et des lunettes dont se composait son déguisement.CHAPITRE III Le buste aux yeux d\u2019émeraude Andrée et.Frédérique, assises sur une des terrasses du château, regardaient le soleil disparaître à l\u2019horizon du lac Ontario, semé de centaines d'îles verdoyantes.Des nuages aux plis majestueux se teignaient des riches\u2019 couleurs de la pourpre violette, de Fécarlate sombre et de l\u2019orangé.C\u2019é- fait un spectacle féerique.\u2014Quel beau soir! murmura Andrée avec émotion.Quel calme! quelle dou- coeur dans l'air! T1 y a longtemps que ,je n'avais pas été aussi heureuse! Frédérique ne répondit que par un soupir à demi étouffé, / LA REVUE POPULAIRE Montréal, Juillet 1931 \u2014Tu as lair triste?dit Andrée en prenant affectueusment ges mains entre les siennes.\u2014Je t\u2019assure que non.\u2014 Voyons, Frédérique, tu me caches quelque chose.Crois-tu donc que je ne me sois pas aperçue de ta pâleur et de ta tristesse depuis quelques jours?\u2014Eh bien! oui, c\u2019est vrai.Je ne suis pas heureuse, murmura la jeune femme avec effort.\u2014Mais c\u2019est impossible ! répliqua Andrée.Que te manque-t-il donc?Tu es riche, entourée d\u2019amis dévoués, adorée de ton mari, et nous allons bientôt revenir en France, où de nouveaux bonheurs t\u2019attendent.\u2014Mon mari ne m\u2019alme pas ! mun- mura Frédérique avec une poignante tristesse.J'en suis sûre.\u2014Ah eb! mais, quelles idées te fais- tu donc?Roger est aux petits soins pour toi; il ne pense qu'à toi, ne parle que de toi.\u2014Oh! reprit Frédérique qui retenait à grand\u2019peine ses larmes, Roger est certainement d\u2019une courtoisie parfaite à mon égard.Il déploie envers moi une sollicitude qui descend aux moindres détails; il ne me donne aucun prétexte pour lui adresser un seul reproche, et cependant.Frédérique paraissait hésiter.\u2014 Allons, Frédérique, dit Andrée, ne t\u2019arrête pas à mi-chemin.Tu sais que tu peux avoir toute confiance en moi.\u2014Je vais tout te dire ! Roger ne m'aime pas comme je voudrais.qu\u2019il m\u2019aimât' Il pense beaucoup plus à ses travaux qu\u2019à moi.Mais cela ne serait rien.Je sais qu'un savant ne peut pas demeurer oisif, et que, si je veux plus tard être fière de lui, il faut qu\u2019il travaille! Ce n\u2019est pas toutl.\u2026 Si je te Vol, 14, No 7 disais, ma chère Andrée, que, depuis plusieurs nuits.il se lève, quitte sa chambre sans faire de bruit et ne revient qu\u2019après une absence de deux ou trois heures.J\u2019ai une rivale, j\u2019en suis sûre!.Oh! si je croyais cela!.\u2026 \u2014Tu m'étonnes! Mais tu dois te tromper.\u2014J'ai cru longtemps que je me rendais moi-même malheureuse par une jalousie sans cause, mais les faits sont là!.Pourquoi s\u2019absente-t-il la nuit, comme il le fait?\u2014Comment veux-tu que ton mari t\u2019ait donné une rivale dans ce château qui est clos comme une forteresse et situé à dix milles de la ville?\u2014\u2014 Quand on est jalouse, on ne s\u2019arrête pas à de pareils raisonnnemnts.Je soupçonne tout le monde! \u2014\u2014Même Isidora, même moi ?demanda Andrée, piquée au vif.Frédérique s'était jetée.en pleurant dans les bras de son amie.\u2014Pardonne-moi, chère Andrée, balbutia+-t-1le en sanglotant.Je n\u2019ai voulu parler, bien entendu, ni de toi.ni d\u2019I- sidora.\u2014Alors serais-tu jalouse par hasard de cette petite Océanienne que ton père a ramenée?\u2014Oh ! non ! pâr exemple.s\u2019écria Frédérique dont les yeux jetèrent un éclair d\u2019orgueil.J\u2019espère.malgré tout, que mon mari me préférerait à cette peau cuivrée! \u2014Tu vois bien que tes soupçons sont absolument déraisonnables.Roget ne sort sans doute que pour aller prendre le frais sous les beaux ombrages du parc.Frédérique réfléchissait.\u2014Un moment.reprit-elle.j'ai bien pensé à cette Dorypha, à cette danseuse endiablée que je déteste de tout coeur, quoiqu\u2019elle nous ait sauvés, \u201c LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 cette drôlesse qui a eu l\u2019impudence d'embrasser Roger malgré lui\u2026 \u2014Réfléchis un instant.Tu sais bien que Dorypha, après avoir épousé son ami.le Belge Gilkin, s\u2019en est allée très loin d\u2019ici, dans l\u2019Arizona, où Fred Jor- gell a confié à son mari la direction d\u2019une exploitation importante! C\u2019est vrai.Tu as raison.Mais qui me dit que Roger ne me trompe pas avec quelque femme de chambre, ou avec quelque fille qui s\u2019est éprise de lui et vient le visiter secrètement.-\u2014 Mais fii es folle! absolument folle! Veux-tu que je parle à Roger?\u2014- Garde-t\u2019en bien! Je mourrais de confusion, s\u2019il savait que j'ai de pareilles idées.Gette conversation fut interrompue par le tintement de la cloche qui annonçait l\u2019heure du dîner.Frédérique passa en hâte dans son cabinet de toilette, pour effacer la trace de ses pleurs, et les deux jeunes femmes descendirent à la salle à manger.Le repas fut.comme à l'ordinaire, plein d'animation.Frédérique seule, malgré tous ses efforts, ne prit aucune part à la gaîlé générale.Toutefois, dans le tumulte des causeries et des discussions, sa mélancolie ne fut remarquée de personne, sauf de son amie Andrée.\u2018 Après le repas, les trois jeunes femmes se rendirent dans da serre, qui était contigué à la salle à manger, et où, chaque soir, tout en prenant le thé, elles avaient l'habitude d'écouter la lecture de certains journaux, que leur faisait la gouvernante écossaise, mistress Mac Barlot!.Pendant ce temps, M.Bondonnat et ses amis étaient allés faire une promenade sur les rives du lac, d\u2019où l\u2019on pouvait contempler un clair de lune admirable; ce ne fut : Vol.14, No 7 rege ee LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 qu\u2019assez tard dans la soirée que Roger Ravenel regagna la chambre qu'il Gecupait et-qui n\u2019était séparée de celle\u201cde Frédérique par par une porte de édthimunication.\u2018Roger frappa doucement et.ne recevant pas de réponse, entra dans la chambre de sa femme.Il y régnait tthe-obscurité à peine tempérée par la lweur d\u2019une veilleuse électrique suspendue à la voûte de la pièce, creusée eh forme de dôme.*IPs\u2019approcha du grand lit à colon- rfess et aperçut Frédérique, immobile et 168 yeux clos, déja couchée.\u2014 Elle dort, murmura-t-il.Je ne vais pas la réveiller.Et, s\u2019avangant sur la pointe du pied, il effleura d\u2019un baiser le front de la jeune femme et se retira.Frédérique ne dormait pas.Sitôt qu'elle eut entendu la porte de communication se refermer, elle sauta à bas de son lit, enfila à la hâte un peignoir, jeta sur ses épaules une mantille de dentelle; puis, les pieds nus dans ses pantoufles, elle s\u2019approcha de la porte de communication et colla son oreille au trou de la serrure.Roger allait et venait dans sa chambre.Frédérique.l\u2019entendit ouvrir et refermer des tiroirs, puis il sortit.\u2014Cette fois, murmura la jeune fem- the, frissonnante d'angoisse, je vais savoir!.Il faut que je sache! -Silencieusement, elle se faufila dans le couloir sous lequel s\u2019ouvrait la porte des deux chambres.Dans la pénom- breluriaire, elle distingua la silhouette de \u2018Roger, qui, déjà parvenu au palier de I\u2019 éscalier, commençait à descendre, EHe le suivit, mais en prenant les plus grandes précautions pour n'être pas éporque.\u201cRoger sortit par une petite porte duc donnait sur le parc, du côté opposé ~ -\u2014 92 à la façade de la cour d\u2019honneur.Frédérique se dissimulait derrière les masisifg de plantes rares et ne le perdait pas de vue.\u2014Peut-être, après tout, pensait- elle, veut-il simplement, comme l\u2019a dit Andrée, aller prendre le frais sous les arbres.Quel bonheur, si j'étais sûre qu\u2019il ne me trompe pas! Mais, à ce moment, elle distingua dans le taillis une forme féminine, qui semblait venir du côté du pont-levis \u2018etse diriger vers le château.L\u2019inconnue avançait avec hésitation, se cachant derrière le tronc des arbres et se retournant fréquemment pour voir si elle n\u2019était pas suivie.Frédérique eut le coeur serré d\u2019une mortelle angoisse.\u2014Mes preessntiments ne m\u2019avaient pas trompée, se dit-elle.Roger me trahit! I aura beau mentir maintenant.Je l\u2019ai vue, de mes propres yeux vu, l'odiense rivale qui.m'a Volé le coeur de mon mari!\u2026.; Eperdue, elle s'était avancée en pleine lumière; elle n'eut que le temps de se jeter drrière un massif d\u2019hortensias, pour n'être pas surprise par l'inconnue qui passa devant elle, à quel- - ques pas de sa cachette.Frédérique ne put voif son visage, qui était dissimulé sous un épais fichu de dentelle.Elle ressentit au coeur une douleur aiguë.Ses jambes fléchissaient sous elle.Elle crut qu\u2019elle allait s'\u2019évanouir.Mais la haine la remit sur pied, et elle continua son chemin.Flle chercha alors des yeux sa rivale.Celle-ci avait disparu! Frédérique ne vit plus que Roger, qui, après avoir côtoyé dans toute sa longueur la facade du chateau, était arrivé à l'aile la plus-éloignée de la «chambre qu'il pp ETC Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 habitait et cherchait une clé dans sa poche.\u2014Je vaig le suivre, pensa-t-elle.Cette femme va le rejoindre, c'est certain.Je les surprendrai! Frédérique, après avoir attendu une minute, passa doucement la porte que Roger avait laissé ouverte.et monta derrière lui l'escalier qui conduisait au premier étage.Roger longea quelque temps un corridor et s'arrêta devant une porte qui était celle du laboratoire que Fred Jorgell avait mis à sa disposition.car, depuis leur arrivée au château, ni l\u2019ingénieur Paganot, ni le naturaliste n'avaient interrompu leurs travaux.Comme il mettait la clé dans la sier- rure, le petit bossu Oscar Tournesol arrivait par l'extrémité opposée du couloir.Il était entré par l\u2019autre façade du bâtiment.\u2014Je crois.dit-il en riant.que voilà ce qui s'appelle de l'exactitude! \u2014Oui, répondit le nat turaliste, c\u2019est parfait! Tout en parlant, il avait ouvert la porte.Tous deux entrèrent dans une première pièce où couchait ordinairement le cosaque Rapopoff.promu aux fonctions de garçon de laboratoire.\u2018Oscar tourna le commutateur.Soudain il jeta un cri d'épouvanté en apercevant le cosaque étendu sur son tit lout habillé.la tête pendante et la face décomposée.*A côté de lui se trouvait une bouteille vide.\u2014Îls l'ont tué! s'écria le bossu avec émotion.) ingénieur.Je crois, moi qu\u2019il est tout simplement ivre.\u2014Ce n\u2019est pas là l'ivresse ordinaire, s'écria l\u2019adolescent qui avait pris Ra- popoff à bras le corps, l\u2019avait redressé et avait glissé sous ses épaules un oreiller.\u2014 93 \u2014 \u2014 Le naturaliste prit sur une planche un flacon d\u2019amoniaque et l\u2019approcha.des narines du cosaque.Mais ce ré-, vulsif, ordinairement souverain dans, les cas d'ébriété, ne produisit aucun effet.2 \u2014On a dù lui faire absorber un narcotique, dit Roger Ravenel; il y.a heureusement dans le laboratoire- de: quoi le soigner énergiquement.i Roger Ravenel, plus inquiet qu\u2019il, ne voulait le paraître, ouvrit la porte de la seconde pièce et.montant sun, un escabeau.se mit en devoir d'atteins, dre des flacons qui se trouvaient sur une planche.Tout à coup, ur cri de stupeur jaillit de ses lèvres, Il venait d'apercevoir au-dessous de la porte qui donnait accès à la troisième pièce, un imperceptible rais de lumière.Sans nul doute des malfaiteurs étaient là! les mêmes, : certainement, qui avaient fait absorber à Rapopoff un narcotique.Roger demeura hésitant pendant quelques minutes.\u2014Je ne vois pas, songeait-il, cé qu\u2019on peut bien trouver à voler dans ce laboratoire, où il n\u2019y à pas un seul objet qui ait quelque valeur.Soudain, une idée traversa son esprit avec la rapidité de l\u2019éclair.- \u2014Le buste aux yeux d\u2019émeraude 1: s\u2019écria-t-il, Ce ne peut être que cela.\u201d Le salon Renaissance est juste au-dessus du laboratoire! Sans réfléchir au danger qu\u2019il courait, il ouvrit brusquement la porte.Trois hommes, au visage couvert d'un masque, étaient là.L'un d'eux était encore monté sur l\u2019échafaudage improvisé grâce auquel] ils venaientde.percer le plafond.Il tenait entre ses bras le buste d'or, rutilant de clarté 3 la lueur de la lampe électrique du plat Vol, 14, No 7 fond, et se préparait à le passer à un de ses complices.Roger demeura une seconde immo- blie et comme figé de surprise.Avant qu\u2019il ait eu le temps de prendre une lécision, les trois malandrins s'étaient rués sur la porte et l'avaient refermée.Le bossu était accouru.Roger le mit en deux mots au courant de la situation.\u2014 Tu vas aller chercher du renfort, lui dit-il, et, pendant ce temps, je les empêcherai de prendre la fuite.Mais s'ils vous attaquent?\u2014 Je ne cours aucun risque.Je vais me contenter de fermer à clé la porte extérieure, \u2014 celle qui \u2018ferme sur le corridor.\u2014 Avant qu'ils aient eu le temps de l\u2019enfoncer.tu seras de retour avec quelques solides gaillards\u2026 A ce moment, le rais de lumière disparut et, en même temps, la porte s\u2019ouvrait.D'une poussée irrésistible, les trois malfaiteurs.culbutant Roger Ravenel et son compagnon.traversaient les deux pièces d\u2019un bond et gagnaient le corridor.\u2014- I] n\u2019y a que demi-mal, fit le bossu en se relevant, ils n'ont pas emporté le buste.Notre arrivée les a surpris, et ils n'ont songé qu\u2019à prendre la fuite.\u2014\u2014 Oui, mais il faut leur donner la chasse, sans perdre une minute.J'ai heureusement sur moi mon revolver.Viens avec moi! Tous deux s\u2019élancérent dans le couloir et y arrivèrent juste à temps pour voir les trois bandits se précipiter, tête baissée.dans l'escalier.Roger et Oscar constatèrent une seconde fois.avec satisfaction, que les malandrins n\u2019emportaient aucune espèce d'objet.Roger tira sur eux, au jugé, un coup de revolver.LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Un cri déchirant, un cri de femme apeurée, réporfdit au bruit de la détonation.\u2019 Roger s'élança et ne put que recevoir dans ses bras Frédérique évanouie.°° \u2014 Morte! s\u2019écria-t-il, elle est morte!.et c\u2019est moi qui l'ai tuée!.Fou de douleur, il souleva le corps de la jeune femme et courut tu laboratoire, où il la déposa dans un fauteuil.\u2014 Mon adorée, Frédérique, balbu- tiait-il, mais ce n\u2019est pas possible! Tu n\u2019es pas morte?Réponds-moi!.Et toi, Oscar, que fais-tu 1a?Aide-moi donc! Vite, de l\u2019eau froide, des sels! En proie à un véritable délire, il couvrait de baisers les mains et le visage de ia jeune femme.Au bout de quelques instants, elle ouvrit les yeux, et jetant sur son mari et sur Oscar des regards stupéfaits, elle murmura d\u2019une voix faible: \u2014 Oh! cette femme!.Les bandits!.\u2014 Où es-tu blesée.ma chérie?demanda Roger.agenouillé aux pieds de Frédérique.\u2014 Je ne suis pas blessée, mais j'ai eu si peur! La balle a sifflé à mon oreille.\u2014 Mais que faisais-tu 1a?Frédérique rougit et baissa la téte.Puis, jetant à son mari un regard chargé de rancune: \u2014 Je sais tout!.Je t'ai suivi!.Je l\u2018ai vue.cette misérable femme!\u2026 \u2014 Quelle femme?\u2014- Gelle avec qui tu me trompes! celle que tu vas rejoindre tous les soirs! Je n'ai pu apercevoir ses traits, mais je saurai bien la trouver, et je me vengerai!.Frédérique s'était mise à fondre en larmes. Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1981.\u2014 Mais c\u2019est à devenir fou! s'écria Roger.Frédérique, ma chérie, je te jure que je ne t\u2019ai jamais trompée! que je n'ai jamais eu de rendez-vous avec aucune femme! .\u2014 Mais; alors, pourquoi t\u2019échap- : pes-tu toutes les nuits de ta chambre?Roger et Oscar se regardèrent.\u2014 Me voila obligé d'avouer mon secret, dit le bossu.Commie vous le savez, madame, je dois épouser prochainement miss Régine Bombridge, Elle a eu la générosité d\u2019y consentir, malgré la disgrâce dont je suis affligé.Je voulais lui faire une surprise.\u2014 Quelle surprise?demanda Frédérique d'un air soupgonenux.\u2014 Depuïs quelques années déjà, la science a trouvé le moyeh de guérir l\u2019infirmité dont je suis atteint, M.Ra- venel a eu la bonté de -consentir à m'appliquer le fraitement qui doit me débarrasser de ma difformité.\u2014 Et c'est pour cela, demanda Frédérique un peu calmée, que Roger me quite tous les soirs?- \u2014 Mais oui, répondit le naturaliste.Ge pauvre Oscar m'avait demandé le secret; il voulait faire à sa fiancée la surprise de se présenter un beau matin devant elle, allégé de sa bosse et droit comme le commun*des hommes.Frédérique était à demi-convain- cue.Elle hésitait pourtant encore.Ses regards méfiants allaient de Roger à Oscar, épiant le clin.d'oeil qui lui eût fait deviner, entre eux la complicité d\u2019un mensonge.Mais Oscar et Roger étaient de très bonne foi: ils n'avaient dit que la vérité.\u2014 Alors, cette femme?der:inda Frédérique avec insistance, pourquoi l\u2019ai-je aperçue précisément à l'heure sù tu te trouvais dans cet endroit du paro?Roger Ravenel eut un mouvement d'impatience., \u2014\u2014 Que veux-tu que je te dise?s\u2019écria-t-il.Je ne la connais pas, mdf, cette femme.Je n\u2019en sais pas plus long que toi sur son compte.Quelle explication veux-tu que je tg donne?\u2014 Il y en a bien une, fit Oscar.Je asuis sûr, moi, que cette femme était avec les cambrioleurs.Elle faisait Ié guet, pendant que ses complices étaient en train d\u2019enlever le buste.:.* \u2014 On a volé le buste?demanda avec effarement Frédérique, à qui cette nouvelle faisait momentanément oublier sa jalousie.\u2014 Non, on ne l\u2019a pas volé, répondit le naturaliste, mais nous sommes ar- _rivés à temips.© \u2014 Tant mieux ! s'écria la jeune femme.Isidora aurait été vraiment navrée.Alors vous l'avez repris?Où était-il?\u2014 Nous l'avons repris, murmura I'mgénieur, c'est-à-dire que nous avons mis les cambrioleurs en fuite et qu\u2019ils sont partis sans rien emporter.Pourvu qu\u2019ils n'aient pas arräché les émeraudes! \u2014 Je n\u2019avais pas pensé a cela.Gherchons le buste.Tis ont dû le laisser dans quelque coin.\u2019 Roger ouvrit la porte de la troisième piece, qu'il inspecta d'un coup d'oei] rapide.} \u2014 Je fie vois pas le buste, flt-il avec un peu d'étonnement.-\u2014 Eh bien, tant pis! s\u2019écria Fré- Cu dont toute la jalousie s\u2019 \u2018était \u2018éveillée, tu retrouveras toujours bien lo buste puisqu\u2019il est là.Ce n\u2019est -pas ln: qu) t'intéresse, c\u2019est cette femme.Vous devriez déj & tous les deux être à la poursuite des bandits.Qu'atten- dez-vous pour leur donner la chasse?I's ne peuvent étre loin, puisque 1a Vol, 14, No 7 pont-levis à cette heure-ci n\u2019est jamais abaissé., \u2014 Soit! répondit docilement le naturaliste, nous allons nous mettre à la poursuite des cambrioleurs.Mais, au- paravanj, je veux te savoir en sûreté dans ta chambre.\u2014 Pas du tout.Je vous accompagne.Je ne veux pas que cette prétendue cambrioleuse s'échappe à l\u2019aide de quelque subterfuge.Je veux connai- tre la vérité, et je la connaîtrai! Roger comprit qu'il n\u2019y avait rien à faire contre une pareille obstination.:\u2014 Eh bien, viens avec nous, fit-il.Mais c\u2019est insensé! Tu serais beaucoup mieux dans ton lit.Tu t\u2019exposes, comme tout à l'heure, à recevoir quelque balle perdue.\u2014 Cela m'est égal! Marchons! Tous trois se prépareitn à sortir du laborafoire lorsqu'ils entendirent une sorte de beuglement bizarre qui, pendant quelques minutes les cloua d\u2019étonnement sur place.\u2014 Qu'est-ce que c\u2019est que cela?demanda Frédérique en prenant d\u2019un geste instinctif le bras de son mari.\u2014 Rassurez-vous, madame, répondit le bossu qui venait d\u2019entrer dans la première pièce: c\u2019est simplement notre ami Rapopoff qui bâille.Ils aperçurent, en effet, le cosaque, qui, tout effaré de se réveiller en si nombreuse compagnie, roulait de gros \u2018yeux hébétés et se détirait en ouvrant une énorme mâchoire.Il finit par se cacher sous la couverture, tout honteux sans doute d'être surpris par une dame dans un état si peu présentable.\u2014 Toi, mon bonhomme, lui ait Roger, qui au fond était exaspéré, tu auras affaire à moi! Nous règlerons nos comptes demain matin.Tout ce qui arrive, c'est de ta faute.Si tu n\u2019avais + LA REVUE POPULAIRE \u2014 968 \u2014 se re Montréal, juillet 1921 pas bu le contenu de cette bouteille.mais suffit.Le cosaque ne répondit pas.Tapi Sous ses couvertures, il laissait passer l\u2019orage.\u2014 Quelle brute! s\u2019écria le naturaliste.Puis, se tournant vers Oscar: \u2014 Cours vite, lui dit-il, éveiller tous les domestiques.Dis au premier que tu rencontreras.d\u2019avertir également Harry Dorgan et Paganot.Puisque Frédérique l\u2019exige, nous allons faire une battue en règle.Le bossu partit en courant, pendant que Roger refermait soigneusement à double tour la porte extérieure du laboratoire.Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées que, déjà, la domesticité du château s\u2019éveillait.On voyait des lumières aller et venir à toutes les ailes du corps du logis.Harry Dorgan, l'ingénieur Paganot et M.Bondonnat lui-même arrachés à leur sommeil, arrivaient dans le costume sommaire qu\u2019ils avaient revêtu à la hâte.En quelques mots, Roger Ravenel mit ses amis au eourant, et tout aussitôt la battue s'organisa.Une troupe de domestique commença à explorer les rives du lac, pendant qu\u2019une autre se dirigeait vers le pont-levis.On s\u2019était muni de phares d\u2019automobiles pour fouiller les buissons les plus épais, et une dizaine de chiens, parmi lesquels se trouvait Pistolet, - avaient été lancés sur la trace des malfaiteurs.Frédérique et Roger suivaient cette meute d'aussi près que possible.Pistolet, qui avait pris les devants, revint bientôt sur ses pas, en aboyant d\u2019un air plaintif qui éveilla l\u2019attention de la jeune femme. (ou à ole] i ede ol 8 Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 \u2014 Pistolet a découvert quelque chose, fit-elle.Il faut voir ce que c\u2019est.Le chien les conduisit au milieu d\u2019un fourré inextricable, dans le centre duquel apparaissait un objet blanc dont Roger ne put tout d\u2019abord préciser la nature.Frédérique eut vite fait de deviner.\u2014 La femme! s\u2019écria-t-elle, c\u2019est la femmë! Je reconnais la couleur de sa robe et de son fichu! Cette fois, je la tiens!.Elle ne m\u2019échappera pas! Quittant brusquement le bras de son mari, elle s\u2019était élancée en courant de toute la vitesse de ses jambes.On eût dit que la haine lui mettait des ailes aux talons.Arrivée en face du buisson, elle demeura stupéfaite et décontenancée.Elle se trouvait en présence d\u2019une femme au visage ensanglantée, et cette femme était Régine Bombridge, T'ex-écuyère du Gorill-Club, la fiancée d\u2019Oscar Tournesol.La jeune fille n\u2019était pas évanouie.Elle poussait de faibles gémissements, et, avec l\u2019aide de Roger et de Frédérique elle-même, qui ne savait que penser, elle se releva et put aller s'asseoir sur un baric rustique qui se trouvait à peu de distance de là, au pied d\u2019un eucalyptus.Roger lui fit avaler une gorgée de whisky, lava la blessure qu'elle portait au front et qui, heureusement n\u2019offrait pas de gravité.- Frédérique avait aidé son mari, ai- tendant avec impatience que la blessée fut assez remise pour parler.\u2014 J'espère, miss, lui dit-elle enfin, d\u2019un ton presque menaçant, que vous allez nous expliquer comment vous vous trouvez ici, à courir les bois, à pareille heure, quand .vous devriez dormir paisiblement dans le.chalet de votre père.ov Miss Bombridge baissa la téte, toute confuse, et, aprés une longue minute d'hésitation, se décida à parler.2 \u2014\u2014Madame.dit-elle, avec un accent de noble sincérité qui ne permettait pas de mettre en doute ses paroles, je dois dans quelques semaines épouser Oscar Tournesol qui, sur ses vives ins- Yances, a obtenu d\u2019 occuper une chambre dans le chalet de mon père jusqu\u2019 a ee que nous soyons mariés, \u2014Je sais cela, répondit Frédérique toute frémissante d\u2019impatience, altëz droit au fait, mademoiselle! Wh \u2014Je me suis aperçue que.depüis quelque temps, Oscar s \u2018absentait régulièrement toutes les nuits.J'ai essayé de savoir où il allait; il m'a répondu d\u2019une façon évasive.Que vous digai- je?Je me suis figurée qu\u2019il me trompait.\\ La jeune fille ajouta avec un réel chagrin: \u2014 Mais, malheureusement, madame.*je le crois encore.J'en ai la preuve.\u2014Que voulez-vous dire?\u2014Ce soir, j'ai eu la malencontreuse idée de l\u2019espionner, et je vous assure que j'en ai été bien punie.J'étais arrivée, en suivant Oscar, jusqu'à la petite porte de l'escalier du laboratoire, quand j'ai aperça une femme, soigneusement voilée d\u2019une mantille, qui marchait dans la même direction.Cette fois, je ne pouvais nlus douter.J'en ai reçu un tel coup au coeur que je n\u2019ai pas eu le courage d'aller plus loin.Je suis revenue sur mes \u2018pas, la mort dans l'âme.Je me préparais à retourner chez mn père quand trois hommes masqués se sont présentés brusquement devant moi.Avant que j'aie eu le temps de fuir, j'ai été frappée à Ja tête et je suis tombée.Les hommes ont continué leur chemin, croyant m'avoir tuée.- me \u2014 97 \u2014 No 7 Vol.14, Montréal, juillet 1921 Frédérique demeura pensive.\u2014 Comment était la femme que vous avez aperçue?demanda-t-elle.\u2014Je ne me rappelle pas exactement, répondit Régine recueillant ses souvenirs.Tenez, elle était à peu près de votre taille, la tête enveloppée d\u2019une mantille comme vous.\u2014C\u2019était moi! \u2014 Vous, madame?\u2014\u2014Oui, mon enfant.Moi aussi, je l'avoue, je me suis inquiétée des absences de mon mari\u2026 \u2014Inutile de raconter tout cela, fit Roger avec impatience.Frédérique se jeta au cou de son mari et le srra éperdument dans ses bras; puis elle lui dit à l\u2019oreille: \u2014\u2014Laisse-moi tout avouer.Ce sera ma punition.Oui, miss, repritielle, j'ai eu les mêmes soupçons que vous, et j'ai cru, moi aussi, en vous aperce- varit, être sûre de mon fait.Mais je puis, dès maintenant, vous apprendre toute la vérité.Si mon mari et Oscar se rencontrent depuis plusieurs soirs, c\u2019est qu\u2019ils vous préparent une surprise.\u2014 Une surprise?A moi?\u2014Oui, miss; seulement, permettez- moi de ne pas vous en dire davantage.\u2014D'ailleurs, fit Roger avec insis- tanice, il est temps de rentrer.Il faut - que vous pansiez votre blessure d\u2019une façon plus sérieuse.Croyez-moi, Os- cer n\u2019a jamais eu l\u2019inteention de vous tromper, et d\u2019ici peu de jours, vous connaîtrez son secret.Pendant que cette scène se déroulait dans un coin solitaire du parc, les deux troupes qui concourraient à la battue avaient opéré leur jonction.On avait suivi la trace des oambrioleurs sur les bords du lac, jusqu\u2019à un endroit où la terre était piétinée et les roseaux brisés.C'est de là que les cambrio- LA REVUE POPULAIRE leurs avaient dû remonter dans l\u2019embarcation grâce à laquelle ils avaient pu pénétrer dans la propriété.On retrouva.d\u2019ailleurs, le lend@main, un grappin'dont ils avaient coupé la corde afin de fuir au plus vite.Miss Bombridge regagna le chalet paternel, sous la sauvegarde de son fiancé, Frédérique remonta furtivement dans sa chambre, toute tonteuse encore de ses injustes soupçons.Les domestiques reçurent la permission d\u2019aller se coucher; et M.Bon- donnat, qui, trop légèrement vêtu, avait attrapé un rhume en marchant dans l\u2019herbe humide de rosée, déclara qu'il allait en faire autant.Harry Dorgan demeura seul, en compagnie de Roger et de l'ingénieur Paganot.\u2014Puisique nous voilà réveillés, proposa ce dernier.si nous allions jusqu'au laboratoire constater les dégâts et voir si, comme j'en ai bien peur, nos camibbrioleurs n\u2019ont pas emporté les émeraudes?\u2014Allons-y, dit Harry Dorgan.Je ne me sens pas la moindre envie de dormir.lls remontèrent donc jusqu'au laboratoire, dont ils traversèrent les deux premières pièces sans réveiller le cosaque, qui de nouveau s\u2019était remis à dormir d\u2019un profond sommeil.La troisième pièce avait été bouleversée de fond en comble par les malfaiteurs, qui certainement devaient être des professionnels du cambriolage et possédaient une habileté peu ordinaire.Ils avaient commencé par fermer les épais volets de la fenêtre qui donnait sur la cour d\u2019honneur, d\u2019où l\u2019on eut pu voir la lumière.Puis.avec deux tables et quelques chaises, ils avaient construit un véritable écha- faudge, juste en dessous de l'endroit don -8es moindres recoins.Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 où se trouvait le buste.On retrouva les vilebrequins et les scies perfection- néles dont ils avaient fait usage pour .percer le plafond.\u2014~Ceux qui on! fait le coup, fit observer Harry Dorgan, sont des gens parfaitement renseignés.Ils n\u2019ignoraient pas que la porte et lès fenêtres du salon Renaissance sont blindées et à peu prés incrochetables.\u2014Avec tout cela, je ne vois pas le buste, dit l\u2019ingénieur Paganot qui, depuis son entrée dans la pièce, furetait à droite et à gauche.\u2014Je suis pourtant bien sûr, répliqua Roger, qu\u2019ils ne l\u2019ont pas emporté.\u2014 Nous allons le retrouver, fit Henry Dorgan.\u2014Cherchons! Tous trois explorèrent la pièce dans Ils montèrent même, à l\u2019aide du trou'pratiqué dans la voûte.dans le salon Renaissance.Le buste demeura introuvable.\u2014Nous continuerons nos recherches demain, dit Harry Dorgan, un peu nerveux.Mais je crois qu\u2019il est de la prudence la plus élémentaire de mettre deux hommes solides en faction devant la porte du laboratoire.\u2014Je le crois aussi, approuva Roger, car il ne faut guère compter sur le cosaque.Tous trois se retirèrent.Et comme Îls en étaient convenus, ils se retrouvèrent le lendemain, dès la première heure, pour continuer leurs investigations.D'après le conseil de ses amis, Harry Dorgan avait donné des ordres pour que personne ne parlât à mistress Isi- dora de la tentative de vol.Tous avaient jugé qu\u2019il serait temps de l\u2019en informer seulement quand ils auraient retrouvé le buste.Ils savaient combien la jeune femme y tenait, et ils avaient jugé inopportun de l\u2019inquiéter et de la chagriner, avant d\u2019avoir une certitude.Ils ne tardèrent pas à être fixés.Les investigations les plus minutieuses n\u2019aboutirent pas; le buste aux prunelles d'émeraude avait disparu, comme s\u2019il se füût évanoui en fumée.Rapopoff, interrogé, ne put fournir aucun renseignement.Le cosaque avait trouvé, à côté de son lit, une bouteille étiquetée \u201cwhisky\u201d et pensant que c\u2019était un cadeau de ses mai- tres, il en avait bu consciencieusement la moitié.L'analyse du liquide restant montra que le whisky était additionné d\u2019un puissant narcotique.Si le cosaque eût vidé entièrement la bouteille, il en fût tertainement mort, en dépit de la robustesse de sa constitution.Les bandits avaient dépassé leur but.Le narcotique était à dose trop forte.Rapopoftf s\u2019était endormi dès les premières gorgéles, ce qui l\u2019avait sauvé, en l\u2019empêchant de vider complètement la fiole.Toute là journée s\u2019écoula ainsi en recherches inutiles.Vers le soir, il fallut en prendre son parti et aller annoncer la triste nouvelle & mistress Isidora, qui s\u2019en monra sincèrement contrariée.\u2014Pourtant, ne cessait de répéter Roger Ravenel.dont Oscar appuyait les dires, je suis sûr, parfaitemnt sûr que le buste n\u2019est pas sorti du château, ni même du laboratoire! CHAPITRE IV L\u2019auge de lave Le vol du buste aux yeux d\u2019émeraude avait fortement émotionné mistress Isidora. * \u201c tune vous-même et vous Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Elle se demandait si ce dernier méfait n'était pas encore dû aux bandits de la Main Rouge.En tout cas, elle était exaspérée.Pour la première fois de sa vie, peut-être.elle eut une discussion avec son père.\u2014Comment! lui dit-elle, vous êtes milliardaire, vous avez fait votre for- n'arrivez même pas, avec celte immense richesse que tout le monde vous envie.avec votre intelligence et votre énergie que l\u2019on cite en exemple, à garantir votre sécurité personnelle et celle de votre fille?\u2014 J'avoue.répondit le milliardaire.que je ne m'en suis pas assez préoccupé.Mes amis, Rockefelles, Pierpont Morgan, Mackey, ®t d'autres encore, sont entourés de centaines de détectives et gardés a vue.\u2014FEh bien! il faudrait faire comme eux! répliqua a jeune femme un peu nerveusement.- \u2014 (C'est bien.Je vais donner des ordres en conséquence.Mais je croyais suffisantes les précautions que j'avais prises, et aussi d'ailleurs, que la Main Rouge n\u2019était plus à craindre.Que ce soient les bandits de la terrible association ou d'autres, il est indispensable que nous soyons mieux gardés et mieux défendus! \u2014Ne te mets pas en colère, ma chè_ re enfant! Aujourd\u2019hui même, je vais faire venir cing on six canots à vapeur qui toute la nuit évolueront autour de la presqu'île.Du coup, j'espère que tu pourras dormir tranquille.\u2014Je ne parle pas seulement pour moi, mais pour toi-même et pour nos emis.J'aurais un remords éternel s'il arrivait malheur par notre faute à Frédérique, à Andrée ou à leurs époux.\u201cMais ce n\u2019est pas tout.Il va falloir maintenant avertir William Dorgan de ce qui s\u2019est passé.Il sera peu charmé, j'en suis sûre, de voir quelle négligence nous avons mise à veiller sur le royal cadeau qu'il m'avait fait! \u2014 Quant à cela, ne t'inquiète pas.J\u2019ai déjà fait porter au Post-Office une longue lettre où je raconte à William Dorgan dans quelles circonstances s\u2019est produit le vol.TH est trop intelligent pour nous rendre responsables d\u2019un fait dont nous sommes Tes premières victimes.\u2018Puis il y a, dans le vol du buste.un côté mystérieux qui n'est pas encore éclairci.William Dorgan sera le premier a sc passionner pour cette affaire.Cette conversation avait licu dans la soirée, le lendemain même du vol.Trois jours après une dépêche laconique annonçait l\u2019arrivée du milliardaire.Contrairement à ce que disait Isi- dora, William Dorgan ne manifesta aucune contrariété.\u2014Je vous donnerai un autre buste, ma chère enfant, dit-il à mistress Isi- dora: en admettant toutefois qu'il soit définitivement perdu.Ce qui n\u2019est pas prouvé.\u2014 Evidemment.dit mistress Isido- ra.si nous pouvons trouver quelques détectives habiles et sérieux.\u2026 \u2014Îl n'en manque pas, interrompit William Dorgan.Et que diable, un lingot de ce poids, deux émeraudes qui sont connues «de tous les joailliers de l'Amérique, ne disparaissent pas aussi facilement que cela.\u2014D\u2019ailleurs, s\u2019écria Fred Jorgell qui venait de serrer la main cordialement à son adversaire financier et s\u2019était installé, à côté de lui, dans un rocking- .== 100 \u2014 \u201cem tach soi #8 Jit \u201cour st ment.nigh Bonds etl | | De temps en temps, une rafale de \u201cŸ vent s\u2019élevait et faisait craquer les | poutres de l\u2019immense estacade.Il semblait à l\u2019assassin, frissonnant malgré lui que des voix plaintives ge mêlaient aux gémissements du vent dans les roseaux.A l'entrée du pont, dont | les échafaudages émergeaient d'un océan de brouillard, le grand signal rouge était semblable à une prunelle sanglante, ouverte dans la nuit noire.heure 28g 06 li ps ih look an ° .À .a .+.oo so .À ° SL Jad 2208 don boss il} mit.L 00D: Au moment même où Fritz et Cor- \u2018nélius prenaient congé de Baruch, trois luxueuses automobiles dé'posaient devant la gare du chemin de fer de New-York à Rochester toute une bande affairée et joyeuse.Les hô- tes de la propriété du lac Ontario se | trouvaient réunis.sauf pourtant Harry retenu à New-York une partie du Fig, .temps par l\u2019écrasant travail que lui M imposait l'administration des Paque- I bots-Eclair.82 Après de longues hésitations, il | avait été convenu que tout le monde 180 irait passer un mois dans la propriété | que William Dorgan venait d\u2019acheter en Floride.Le milliardaire, tout joyeux | que l\u2019on eût enfin accepté son invitation, alla chercher lui-même les billets du pulmann-car dans lequel toute la société devait prendre place.\u2014Le rapide part à dix heures tren- te-cing, dit-il gaiement.Nous serons à New-York pour minuit et demi.Tous se disposaient à passer sur le quai, pendant qu\u2019une escouade de domestiques.sous la direction de l\u2019ex- clown nageur Bob Horwett.s\u2019occupait de l\u2019enregistrement des bagages, lorsqu\u2019un cycliste mit pied à terre devant la gare et se dirigea vers le groupe que formaient la famille et les amis des deux milliardaires.\u2014 107 \u2014 M.Bondonnat eut un geste de surprise en reconnaissant dans ce cycliste le Peau-Rouge Kloùm.Il était couvert de sueur et de poussière.Tout de suite, il s'approcha du vieux savant.\u2014 Qu\u2019y a-t-1 done, mon brave Kloum?lui dit-il.Te voilà tout épou- monné! \u2014Dépêche de lord Burydan! répondit laconiquement 1'Indien.\u2014Pour moi?\u2014Oui, pour vous.Kloum tendit à M.Bondonnat une lettre que celwi-ci décacheta flévreu- sement.Voici quel en était le contenu: \u201cMon cher maître, * + \u201cNe prenez pas le rapide de New- York qui part de Rochester à dix heures trente-cing, et faites en sorte que tous nos amis remettent leur voyage à demain.Insistez pour les retenir ; autrement, ils s\u2019exposeraient à un terrible danger.J'ai des raisons de ne pas me montrer plus explicite.\u201cCordialement à vous, \u201cLord BURYDAN.\u201d La signature de l\u2019excentrique était accompagné de l\u2019X qui signifiait, comme il avait été convenu, que la recommandation contenue dans la lettre devait être exécutée à la lettre.M.Bondonnal se trouvait fort embarrassé.Il ne savait comment s\u2019y prendre pour décider ses amis à ajourner leur départ; d\u2019un autre côté, il savait que l\u2019excentrique devait avoir des raisons très graves pour agir comme il le faisait.Le vieux savant ne trouva rien de mieux\u2014\u2014car le temps pressait\u2014que de prendre à part Fred Jorgell, l\u2019ingé- Vol, 14, No 7 nieur Paganot et le naturaliste Rave- nel, qui se rendirent sans peine à ses raisons et se chargèrent de persuader miss Isidora, Andrée et Frédérique de la nécessité qu\u2019il y avait à reculer d\u2019un jour leur départ.Quant à Oscar Tournesol, il connaissait trop bien lord Bu- rydan pour ne pas savoir que ce dernier avait eu de graves motifs pour écrire une pareille lettre.I ne restait donc plus à prévenir que William Dorgan.Mais celui-ci ne voulut rien entendre, même quand M.Bondonnat, après quelques hésitations lui eut montré la lettre de lord Bury- dan.Il fut même un peu vexé que sa belle-fille qui lui avait formellement promis de l\u2019accompagner, ainsi que ses amis, changeât de décision si brusquement.: \u2014Ghacun est libre de faire ce qu\u2019il vetit, déclara-t-il sèchement, mais j'ai décidé que je prendrais ce train, et je le prendrai.Ni lord Burÿdan, ni per- sonné ne me fera chanzer d'avis.Je me demande vraiment quel danger je puis courir, éonfortablement installé dans un compartiment de luxe.Avec des raisonnements pareils, on ne monterait jamais en wagon.J\u2019ai, demain matin, à New-York, plusieurs rendezvous sérieux, et ce n\u2019est pas sous un prétexte aussi futile que je vais les contremander.Ce n'est pas sous un prétexte futile, répliquä vivement Isidora.Qui sait si les bandits de la Main Rouge n'ont pas formé le projet d'attaquer le train ?-\u2014Mais non! La Main Rouge n'a jamais été si terrible que cela.Tous ceux qui en font partis sont sous les verrous d\u2019ailleurs.Vous vous forgez des craintes chimériqués\u2026.Tous les raisonnements, toutes les süpplications même se heurtèrent à LA REVUE POPULAIRE Montréal, jutllet 1921 I'inébranlable entêtement du vieux gentleman.Lorsque le train parut en gare, il monta \u2018dans son compartifnent et.se penchant à la portière, il donna à ses amis une dernière poignée de main.Mais il paraissait véritablement très contrarié de la défection de ses invités.\u2014J\u2019espère- lui dit mistress Tetdo- ra, que vous ne nous en voudrez pas?\u2014Nullement, répliqua le milliardaire qui avait repris toute sa bonne humeur.Je comprends trés bien les raisons qui vous font agir, quoiqu\u2019elles ne me paraissent pas suffisantes, à moi.\u2014Vous avez tort.mon cher beau- père, et je vais toute la nuit être in- quièté à votre sujet.Promettez-mol, du moins, de m'envoyer, dès votre ar- riéve à New-York, un télégramme pour me rassurer.\u2014C\u2019est promis.Mais, j'y songe, quand nous reverrons-nous?J'espère .bien que votre départ, en dépit des mystérieux avertissements «de lord Burydan, n'est- pas définitivement ajourné?Ah! si vous saviez quel endroit délicieux que ce coin de la Floride, avec ses grands palmiers et ses lianes odorantes! Quand vots l\u2019aurez vu, vous ne voudrez plus le quitter.Nous n'avons nulle envie de refuser votre invitalion.répliqua la jeune femme avec vivacité.La preuve, c'est que démain.à midi sans faute, nous serons à New-York, d\u2019où nous partirohg tous ensemble pour la Floride.\u2014A moins.toutefols, répliqua malicieusement le milliardaire, que vous ne receviez de l'excentrique lord un nouvel avertissement mystérieux, \u2014Cela n\u2019est pas probable. Vol, 14, No 7 \u2014 Qui sait! murmura M, Bondonnat | qui.depuis qu'il avait lu la lettre ap- | portée par Kloum, était en proie à mille inquiétudes.A ce moment.l'énorme locomotive du rapide fit entendre un sifflement | déchirant; la cheminée lançait des torrents de fumée noire mélangée à des flocons de vapeur; les essieux grincèrent; le train s\u2019ébranlait.Mistress Isidora, qui était montée sur le marchepied du wagon, n\u2019eut que le temps de sauter à terre.Lid: § Las! ag eh: or Lr OO OA AAO OO CHEZ LES BARBARES SA ADA CO ASA RI KS A A AALS AAS 0 AADAC AD KAS CS 0 0 CE L\u2019union d\u2019une des plus riches et des plus recherchées héritières du Canada TOTTI AA AAA avec un commis de banque suscite la curiosité de la haute société.Les Il y a encore des mariages d\u2019amour.grâces à Dieu! On trouve encore des pères et des filles qui, riches, reçus dans l'aristocratie des dollars, savent apprécier les hommes à leur valeur personnelle et non suivant la fortune et la condition sociale de leurs parents.Nous avons sous les yeux un exemple de ces mariages dits morganatiques qui servira de leçonà tous ceux et à celles qui se croient des demi- dieux ou des demi-déesses parmi les hommes à cause de leur argent ou de lenr blason.; Samuel Richard, le financier mil- liennaire de la Colombie anglaise, vient.d\u2019accorder la main de sa fille à un petit commis de banque! Quand celle-ci.de son petit nom, Constance, promit à William Greenwood.amour et obéissance, ce fut dans toute la société un cri.de surprise.Le prétendant était si peu du genre de celui qu'on avait espéré pour cette héritière d\u2019une des plus grandes fortunes canadienres.Qu'était-il ce William Greenwood ?Nul ne le savait.Son nom n\u2019était pas inscrit dans le bottin social et jamaisil n'avait été admis dans les cercles exclusifs que fréquentaient sa femme et fils de leurs oeuvres sont supérieurs aux fils de famille \u2014 114 \u2014 les parents de sa femme.Aprés une petite enquéte.nous découvrimes que ce Prince Charmant est un jeune homme de haute intelligence.distingué, laborieux.mais pauvre et obseur.Si la haute potée trouva scandaleux ce rapprochement d\u2019un modeste travailleur et d\u2019une beauté à millions, par contre, le père, Samuel Richard, en fut enchanté.En effet, s\u2019il avait pu dans ses usines se fabriquer sur mesure un gendre, il ne l\u2019aurait pas fait différent de M.Greenwood.\u201cPas de position sociale?Bravo!\u201d, dit-il.Lui-même n\u2019a jamais beaucou aimé le fype de l\u2019homme de société.Constance.de son côté.n\u2019en pince pas précisément pour l\u2019homme-papillon qui va de fleur en fleur.butine chacune et s'envole repu du sucre qu\u2019elles contiennent dans leurs corolles.Quand il se construisit une des plus belles écuries d'Amérique, il exigea de sa fille qu\u2019elle ne portât jamais les yeux sur un homme qui ne sait parler que de chevaux.TI] n\u2019a pas d'argent?Tant mieux! Gonstance en aura pour deux quand je mourrai.Et un homme qui est né pauvre sera plus apte à apprécier les avantages et les responsabilités d\u2019une i fi ih Vol.14, No 7 ln \"LA REVUE POPULAIRE Montréal, Juillet 1921 ft, ie % $ fy if \u201d~z =.J an ( la Sd ¢ qi | 7.\\ V lf i 4 i.4 ti 17 D ry > a) « = La Lx N 4 1% > Hi EY 3 th ne 3 i ne RS WN it A NE tr 1 im.\\ En 2 ie TUE, jt A = 4 >= de T iit i M Vi £) 13 Th = er TS he rd A i i 1% i i i le 1 dé A Xe fq IH it hi Cf i ih \\ jn ! ÿ ; 1 I Ny 1 ik Hite! its w ANF i pas hy i ufr an it Jon Re | i fll AL j \\ Hg ah ] li dite 0, hi Te {0 | lit À Comment un petit commis de banque conquit le coeur de la belle héritière.fad ie 2 Qi {| | 0 Is 4 OA IN f ! A qe fit ser 0 nl et D Se Oy > Co hl ay CS J A 2 | an ; Le de ot Ça QQ i hi hh i i | U th i i ily 115 \u2014 ew OR ne Qu i! + .Vol, 14, No 7 grande richesse\u2019.C\u2019est là d\u2019ailleurs toute la philosophie de M.Richard.\u2018Qu'un petit commis de banque ?À la bonne heure.Nous saurons maintenant tenir nos comptes.\u2019 J\u2019ai appris à ma fille à tenir une maison et à investir ses capitaux, et si j'avais eu un garçon, il porterait les salopettes et m'\u2019aiderait à construire des locomotives.Ce travail que fait le jeune Greenwood le rendra capable de bien administrer la fortune de ma fille\u201d Le directeur de ces immenses usi- nedidé locomotives est lui-même un fils! de ses oeuvres, un parvenu, dans le beau sens du mot.II a fait ses débuts dans une quincaillerie 4 un salaire de $8.00 par semaine et il est aujourd\u2019hui Pun des rois du fer et de l\u2019acter.Le travail considérable qu'il abat tous les jours ne lui a jamais fait né- liger Téducation de sa fille unique.Des l\u2019âge de quinze ans, Connie, comme il l\u2019appelle familièrement, était une figure connue dans le monde des amazones et des cavaliers, des amateurs de chevaux.Elle conduisit ses ponies aux concours hippiques de l'Quest et monta \u2018The Whip\u2019.le fameux coursier de $10,000 que tous les: jockeys enviaiend.Les premières fois que le père parla à \u2018sa fille de mariage, il lui fit bien compreridre que les seules unions dignes de ce nom sont celles auxquelles préside l'amour, que l'argent en est un élément secondaire, que les jeunes beaux de la haute gomme, font-rare- ment des maris fidèles, dé'voués et intéressants.Ù En méme-temps, il espérait que son futur époux fut, quoique pauvre, un homme pratique.\u201cCelui, lui disait-il, qui ignore la LA REVUE POPULAIRE \u2014 116 \u2014 Montréal, juillet 1921 valeur d\u2019un dollar ne peut faire ni un bon mari.ni un bon père.Greenwoood apprit les affaites de banque, le code commercial, en peu de temps.Il étudie actuellement son métier comme un avocat ou un médecin fait de sa.profession, dans le but de se apécialiser et d'étre & méme de bien remplir'toules les charges qui lui seront confiées., Il connut Constance à sa sortie de l'armée canadienne et c'est à sa suggestion qu'il entra dans une compagnie fiduciaire.Quand, un peu après, il demanda à Sam Richard une seconde position, celle de gendre, il était en état de protèger el de faire fructifier une fortune.* LE LANGAGE DES BAGUES \u201cChez les Romains, l\u2019anneau et la bague avaient plusieurs significations.L\u2019anneau de fer.le premier de tous ct le plus ancien, fut d\u2019abord regardé comme un insigne d'honneur délcerné par le souverain lui-même ou en son nom.Au temps de la République, un sénateur envoyé en ambassade recevait un anneau d'or, tandis que ses collègues n'avaient que l\u2019anneau de fer.Plus tard, tous les sénateurs reçurent l'anneau d'or.Dès le troisième siècle av.Jésus- Christ.ce privilège fut aussi -accordé aux chevaliers et les citoyens.de toutes les classes qui s'étaient distingués en devinrent éligibles, de sorte que l'anneau d'or fut à Rome ce qu\u2019est en France la-Légion d'Honneur.Finalement, les citoyens nés libres portaient l'anneaifi'or; les affranchis l'anneau d'argent et les esclaves l'anneau de fer.Une | Un police lve We reer Ding Hé a Queens, M à jam rable les p one inns isp de ni bile Jo haque je Das ag Vol, 14, No 7 8 0 Un des tas les plus révoltants que la ÿ Police de New-York ait sans doute découvert est sans confredit le cas de | Mlle Emma Smith contre son mari M.Frederick-B .Helññ.Durant les trente-cinq ans qu\u2019il a été attorney général du comté de ÿ Queens, M.John Merrill, prétend qu\u2019il | n\u2019a jamais rencontré uri cas aussi pitoyable et aussi inhumain.Les malheurs d'Emma Smith ont commencé par de simples humiliations pour aller toujours.de pis en pis jusqu'à avoir à lutter avec le chien de la maison pour pouvoir conserver et {avoir le seul repas qu'on lui servait chaque jour.Mais Jaissons Mlle Smith fnous raconter elle-même ses aveniu- res tragiques.\u201cP\u2019ai appris une grande vérité dans \u2018mes malheurs, c\u2019est que le bonheur en ménage ne dépend pas seulement de l'homme que l'on épouse mais de la famille dans laquelle nous entrons.Laissez-moi vous donner ce conseil.Etudiez votre futur beau-père et votre future belle-mère aussi attentivement que le jeune homme que vous avez l\u2019intention\u2019d'épouser.\u2018\u201cJ\u2019avais quinze ans lorsque je ren- \u2018Rcontrai Frederick-B.Helm.Il en avait \u201cEvingt.C'était dans une partie de plai- ~g8ir où j'étais accompagnée par mon LA REVUE POPULAIRE Les malheurs d\u2019une jeune américaine qui ¢ | epousa un allemand CTA CD CAT TS RAT A A CO AT A AS AN AN AN NN A A, A TN AN AN repas avec le.ch'en dg la maison.\u2014 117 \u2014 CTS THT TT > AT CT TO TR OT OS RD A A TO) Une preuve de plus à ceux qui prétendent qu\u2019il n\u2019est pas toujours bon de ss marier trop jeune.\u2014 Elle devait partager son unique frère John.Je ne fus pas attirée immédiatement vers Frederick, ce ne fut que plus tard que je me sentis un penchant pour lui.Il me demanda Fauto- risation de venir me rendre visite.Je lui répondis que si la chose plaisait à ma mère, je le recevrais volontiers, Il demanda a ma mère, qui me dit queje pouvais très bien le recevoir, qu\u2019il était d\u2019une bonne famille et que sa situation lui promettait un brillant avenir.C'est vers cette époque que mon frère partit pour la France avec les troupes.\u201cMon frère fut blessé dès les premiers jours de combat.Ma mère en fut tellement frappée qu\u2019elle mourut de douleur.J'avais alors quinze ans: Mes frères et soeurs étaient tous mariés.Je me trouvais seule au monde.Lorsque Frederick me demanda en mariage, j'acceptai avec enthousiasme.Je ne devais pas tarder à m\u2019en repentir cruellement.\u201cComme nous étions jeunes l'un et l\u2019autre il dut fausser les certificats de naissance.Lorsque nous sommes mineurs, il nous faut l'autorisation des parents ou du tuteur pour se marier dans l\u2019état de New-York, ce que j'ignorais totalement à cette époque.Montréal, juillet 1921 0 0 0 8 Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Quelle est la jeune fille de quinze ans qui connaît cette loi?C\u2019est sur cette clause que je réussis à faire annuler mon mariage par la Cour Suprême.La justice a été si émue par ma lamentable histoire que, non seulement elle a annulé mon mariage mais qu'\u2019elle a pris des procédures pour cruauté contre mon beau-père.La famille avait l'intention de retourner en Allemagne, ou elle devait finir ses jours; ~ elle devait emmener mon enfant avec .elle, lorsque la justice déjoua son in- fame projet.Durant les deux ans que nous avons été mariés, mon mari ne m\u2019a acheté en tout que deux choses: un chapeau de cinq dollars et un manteau de vingt dollars.Il me fallut user à la corde tout le linge que j'avais emporté avec moi en me mariant, \u2014 118 \u2014 Mon mari me négligea bientôt.Il passa plusieurs nuits en dehors.Ja m\u2019en plaignis à une de mes belles- soeurs qui se moqua de moi et me dit que je n'avais que ce que je méritais.Une fois lorsque ma soeur vint me voir à la maison.je me plaignis à elle ct lui dis que j'étais malheureuse.Je lui dis que la vie que je menais n\u2019avait rien de comparable avec celle que j'avais vécue chez ma mère.Lorsque ma soeur quitta la maison j'entendis un bruit étrange derrière la porte.Je regardai par la fenêtre et j'aperçus ma belle-soeur qui avait écouté tout ce que nous avions dit.| Lorsqu'elle s'aperçut que je l'avais vue elle m'invectiva de sottises.Ma belle-mère m'avait enlevé 1» lit que j'avais apporté de chez moi et l\u2019a- Je \u201cHire Ts pe Ta, Ling 2m, \u201cts Ha .Agia i Dell, Hem: \"UE CE ny ! Une ten lig Jl + Mec QUE 4 pn à Me, P vf \u2018Brooklyn; * ih | Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal.juillet 1921 vait remplacé par un misérable lit de fer; elle avait pris mon lit pour elle.Ellè m'avait donné de vieilles couvertures que je dus repriser cent fois, tandis que mes couvertures étaient sur son lit.Ma chambre était située au sous-sol dans un-endroit humide où les rats sepromenaient toute la nuit.Mon beau-père était très riche; il était propriétaire d\u2019un immeuble important à Brooklyn et la famille de mon beau-père a toujours £° considérée comme une famille à l'aise.J'étais traitée comme une Cendrillon dans cette famille.Mon mari était employé dans un + grand magasin départemental de lorsqu'il apportait sa paye il la donnait toute à sa mère.Je n'ai ja mais reçu un dollar de lui.Mon mari prétendait que lorsqu\u2019on se marie on devient la propriété de la famille du mari.Jde devins pratiquement une prisonnière dans la maison.Il ne m'était pas permis de partager la vie dè Ja famille.Lorsque mon enfant vint au monde ?je fus forcée de lui faire une lavette avec mes robessje n'avais absolument rien à lui mettre.Après la naissance de mon enfant, ma belle-soeur prétendit que ses cris l\u2019énervaient, alors elle acheta {in petit chien qu \u2018elle faisait japper chaques fois que mon bébé pleurait.Une fois je restai deux jours sans manger ni boire, mon beau-père voulait me punir pour ne pas avoir suivi un consei] qu'il m'avait donné._Lorsqu'on vint me voir je ne pouvais parler tellement j'avais la gorge sèche.À partir de ce jour la situation empira constamment.Après six mois de mariage il me fut interdit de descendre me mettre à table avec la famille.Mon mari, cependant, continuait à manger avec ses parents.Mes repas étaient placés dans une assiette à la porte de nia chambre.Il me fallait faire attention lorsqu'on m'\u2019apportait mon plat, car le chien de ma belle- socur se précipilait en même temps que moi sur l'assietle.Souvent il m'a \u201c fallu me passer de manger car le chien avait été plus vif que moi, et s'était sauvé avec mon repas.Lorsque je me suis marié je pesais 145 livres: affès dix-huit mois mon poids était descendue à 98 livres.Les voisins eurent vent de ma situation.Quelques-uns m'entendirent gémir dans ma chambre.Un, même, entendit le bruit des coups que je dus su- Jir de la part de mon mari, un certain soir qu'il était entré de mauvaise humeur.Le voisin mit l'atforney du comté de Queens au courant de ma situation avec le résultat que j'obtins une séparation.Pour la première fdis depuis que ma mère est morte, je vis heureuse et sans, crainte.J'ai déjà regagné du poids.je pèse maintenant 138 livres el ma santé revient graduellement.Je n'ai raconté mon histoire que pour mettre en garde les jeunes filles qui se marient à l'aveugleite sans se préoccuper des beaux-parents ni de la famille dans laquelle elles entrent\u201d.+ *o Le temps est précieuæ, mais on n'en connaît pas le priv: on le connaîtra quand il n'y eure plus lieu d'en profiter Le temps nous est donné pour ménager l'éternité; et l'éternité we sera pas trop longue pour regretter la perte du temps, si nous en avons abusé.Féndlon, spam Le vide d'un jour perdu ne sera jamais rempli.\u20140\u2014 toujours petit, quand on n'est grand que Barbey d\u2019Aureviily.On est par lu vanité.\u2014 119 \u2014 ridpétisisis HR Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 re\u2026 PAGES eaNnDienves a PPI -+s Le Radium et ses Minerais vie Radium est un métal qui attire actuellement l'attention générale en raisan du prix élevé qu\u2019il coûte et de ses Applications scientifiques possibles: \u2026 Les travaux entrepris pour l'utiliser dans, le traitement du cancer et l\u2019attente de résultats extraordinaires ont induit les gouvernements à empêcher la monopolisation de ce métal excessivement rare; à en interdire l\u2019exportation et, tout récemment, à offrir des primes aux prospecteurs qui pourraient faire la découverte des minéraux contenant du radium.Le gouvernement provincial d\u2019Ontario a fait voter un crédit de 825.000 à_get effet et le gouyernement fédéral d'Ottawa songe à faire la même chose.Le:ministére des Mines a publié récemment en langue anglaise un Bulletin sur le \u2018\u2018Radium et ses minerais\u201d, préparé par M.R.À.A.Johnston.minéralogiste de la Commission géologique et conservateur du musée Victoria,: afin d'indiquer aux prospecteurs comment ils devraient diriger leurs recherches pour rencontrer le métal OU ses associés.Voilà la traduction pratique de ce bulletin qui peut servir à ceux qui ont l'intention de se livrer à la découverte du radium.Jusqu'à tout récemment certains filons métallifères d'origine secondai- \u201c4 re constituaient l'unique source dont on pouvait tirer le radium commercial, comme par exemple, les filons .argentifères et cuprifères de Schee- berg, en Saxe, de Joachimstall, en Bohême, et de Rezbanya, en Hongrie, qui tiennent parfois une quantité plus ou moins grande du minéral pitchblende.On a trouvé en quelques endroits seulement des minéraux urani-' fères accompagnant certains calcaires et conglomérats, roches d'origine sédimentaire.Ces roches se sont formées du détritus résultant de l\u2019effondrement par suite d\u2019influences aqueuses ou autres, d'énormes quantités de roches cristallines: les éléments constituants de ces roches ont été soumis pendant leur charriage par flottaison à une action sélective en vertu des lois dela pesanteur, de telle sorte que les minéraux plus lourds se sont trouvés réunis en ségrégation; c\u2019est ainsi que les éléments uranifères des roches cristallines ont élé concentrés ; ces éléments se sont depuis lors oxydés pour donner naissance à une catégorie de minéraux différents à certains égards de ceux dont il était question précédemment.Nous pouvons citer comme exemple les dépôts commercialement importants de carnotite trouvés au cours de ces dernières années dans le Colorado ef l'Idaho, Etats-Unis.- \u2014 120 \u2014 FE La Mc ° dal Me | af ji a pf #0 ly A % Aig ; hae di oy En rin Sie æ Win al Tif) i : Hair Hl \u201csoft fe an va CP ~ NEI 207 uty lg, Jim, t ed! Yel 5 I mis sion | ois pis gives ] Qué gches CU i ofall 1 jaune C'est un produit d'altération de l'ura- .al À gilet et à guile a jan | Vol.14, No 7 Nous croyans qu\u2019il sera utile de donner ici né déstription des principaux minérgux uraniféres, On a constaté que l\u2019uraninite, qui comprend un bon nombre de variétés telles que clévéite, brogérite et pitoh- blende, basées sur de légères différences de composition, est un élément primitif de certaines roches granitoi- des et aussi un minéral secondaire accompagnant les minerafs d'argent, de cuivre, de plomb, etc.C\u2019est un minéral lourd d\u2019une densité d\u2019environ 9 à 9.1 (eau 1) l\u2019êclat varie depuis sous- métallique passant par onétueux jusqu'au sombre, et la couleur du gris au noir velours passant par le vert et le brun.H contient de 75 à 88 ponr cent d\u2019oxydes d\u2019uraniuni.La gummite se présente en morceaux arrondis ou aplatis bien souvent avec de 1'uraninite dans les dikes de pégmatite.Son éclat est gras et sa couleur varie de tougeâtre à brtn rougeâtre ninite êt il renferme un bon nombre de sous-variétés.y a aussi beaucoup d'autres minéraux se rattachant plus ou moins à ceux-ci par leur composition et mode de gisement, mais qu\u2019il est inutile d'a border ict attendu qu'ils n'oñt encore atteint aucune valeur commerciale importante.Nous arrivons ensuite à cette classe de miriéraux appelée urarium-radinni que l\u2019on trouve dans des dépôts stdi- mentaires, et qualit à ceux-là, ils promettent, du moins pour le présent, d'atteindre les plus hauls prix du marché.Le minéral le plus important de cette catégorie est la carnotite.un composé contenant vanadium.urd - nim et polassium accompagnés souvent de substances plus ou moins étrangères.La carnotite est d'un jau- LA REVUE POPULAIRE vu Montréal, juillet 1921 ST.+ ne vif et se trouve également en poudre trés fine et efflorescence cristalline.EE En Canada le nombre d endroits où l'on signale des minéraux uranifènés | et assez restreint et jusqu\u2019à présent on n'en a obtenu que de petites quan tités.11 y a bien des années, on a signalé le minéral uraninite à - Ma- mainse, sur la rive orientale du lac Supérieur, et on lui a attribué lé r7em de coracite.Il se trouvait, dit-on, daha» ute veine de deux pouces de lag dans de la syénite en contact avéduñés roche de trap.A plusieurs époq@ësi depuis quelques années, on a-essaé de redécouvrir cette veîte, fais juss\u201d qu'à présent les recherches ont \u201cété\u201d inutiles.Le minéral uraconïte, tait sutéi fale d'uranium.a élé remärqué tapiss! sant des cavités dans le mineral dé fes: magnétique de Snowdon, comté dé?Peterborough, el l'on a aperçu nel existeifée semblable & Madoc, conmtiè\u201d de Hastings; il v a atissi dans le towts\u201d ship de Lyndock, comté de Renfrew, ube pegmalite qui a fourni des spéeis: mens de minéraux possédant deg ppd -8 priétés radio-aclives.Ces lodälitèsh sont dans la province d'Ontario.Pals la province de Québec, on a remarqud de l\u2019uranite et son produit d\u2019altéré- tion, la gtimmite, à la mine de mit Villeneuve, dans le canton de Vitres neuve, de même que dans une veifie dé pegmaliite de Wakefield.comté d\u2019ObL: tawa; on a trouvé dans la zone ViIle- neuve le minéral monazile, un phos: phate de terres rares qui possède également des qualités radio-actives.Dans lé canton de Maisonneuve, comté de Berthier.le minéral samarkasite a été trouvé dans ufie pegmatite micacée; Iloffinan à constalé dans és minéral 10.75 pour cent d'oxyde d'iträ- nium.L'uraninite a également é{é sis Vol, 14, No 7 gnalée dans une mine de mica a environ 18 milles au nord de la Malbaie, comté de Saguenay.Il y a aussi à cet endroit un singulier minéral charbonneux signalé par M.Obalski, ressemblant à l\u2019authracite dans son aspect général; il donne à l'analyse 2.56 pour cent d\u2019uranium.Bien que jusqu\u2019à présent on ne connaisse pas de dépôts commerciaux de minerais d\u2019uranium en Canada, il n\u2019y a pas lieu de supposer qu\u2019il n\u2019en existe auoun et les prospecteurs feront bien de se tenir les yeux ouverts pour ne rien laisser échapper de ce que peut contenir cet élément.Il faudra surveiller de plus près tout minéral ayant un éclat sombre de même que les mi- néreux terreux ou finement critallins d\u2019un jaune vif.Il serait bon de se munir d\u2019un ou deux instruments servant à découvrir la radio-activité.L'électroscope se prête bien à cet usage, Mais il est plutôt encombrant.Au point de vue pratique, c\u2019est Ie scintil- loscope qui est l'instrument le plus commode; on peut se le procurer pour environ un dollar, mais il faudrait en faire soigneusement l'essai sur un minéral dont les propriétés radio-actives sont connues avant de l\u2019apporter sur le terrain, et avoir la précaution de le conserver en bon état; il faut le mani- - puler avec soin sans quoi il sera bientôt inutilisable.Le tremblement de terre de 1663 dans la Nouvelle-France Dans notre pays nous ne sommes pas habitués aux tremblements de terre comme en Italie et en Calabre.Le so] canadien & été cependant quelquefois secoué par des perturbations souterraines.mais le plus violent tremblement de terre en ce pays date de LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 deux siècles et demi, c\u2019est-à-dire de 1663.Toute la vallée du St-Laurent fut alors agitée par un tremblement de terre aussi remarquable par sa durée que par sa violence et les dégâts matériels qu\u2019il a causés.Une chronique du temps, dont le manuserit était au collège des Jésuites à Québec, contient une description de ce phénomène souterrain, et nous - en extrayons les détails suivants.: \u201cLe 5 février 1663, vers 5.30 hrs de l\u2019après-midi, un grand bruit fut entendu dans tout le Canada.Les gens se précipitèrent dans les rues comme si leurs maisons avaient été en feu.Mais au lieu de flammes et de fumée, ils furent surpris de voir les murs chanceler.et les pierres s'agiter comme si elles se détachaient les unes des autres.Les cloches sonmaient à chaque secousse.Les toits des édifices s\u2019affaissèrent.d\u2019abord d\u2019un côté, puis - ensuite de l\u2019autre.Les poutres, les chevrons.les planches se brisaient.La terre tremblait violemment, et les poteaux et les planches des palissades se livraient à une telle danse, que la chose serait incroyable si nous ne l\u2019avions constaté à plusieurs endroits.C'est surtout à ce moment que les gens se précipitèrent hors de leurs maisons.On vit alors les animaux fuir dans toutes les directions les enfants criaient et pleuraient dans les rues; hommes et femmes, saisis de frayeur et d'horreur, en présence de cette scène qu\u2019ils croyaient rêver, restaient comme paralysés ou ne savaient de quel côté fuir pour s\u2019éloigner des murs qui dansaient et de la terre qui tremblail., et qui.à tout instant.menaçaient de les écraser ou de les engloutir dans la profondeur des abîmes.Quelques-uns se jetaient à genoux sur la neige, joignaient les mains et im- ila que.mer le fit bres char thes hh 26 les Jig paint ng nts Lie 3 lim Îtrent des lg % ee Coun LIRR day dant pot à lon { nei Dorvear, Sele gy den J Side qo bi Hy On! i § eu À Dé, pus | ol | i che- foes | pui (la | D} us § fui [ 18s Jul § Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 ploraient leg saints de les sauver des dangers qui les menagaient.D autres passèrent le reste de la nuit en prières, car le tremblement de terre se continua à de courts intervalles, avec des ondulations ressemblant aux ve- gues de l\u2019océan, qui provoquère.* chez plusieurs personnes les mêmes malaises ou les désordres d\u2019estomac que l\u2019on éprouve sur un vaisseau en mer.Le tremblement de terre a été surtout violent dans les forêts.Les arbres semblaient se livrer une bataille acharnée.Non seulement leurs branches furent rompues, mais les troncs ont été déracinés et jetés les uns contre les autres avec une violence et un péle-méle indescriptible, et cela à tel point, que les sauvages dans leur langage imagé, disaient que tous les arbres des forêts étaient ivres.Il semblait aussi que les montagnes se livraient bataille; quelques-unes furent déplacées et jetées sur d\u2019autres, laissant à ces endroits d\u2019immenses excavations.et les arbres qui les couvraient s\u2019étant abîmés avec elles, on ne voyait plus que leurs sommets au-dessus de la surface du sol.Pendant cette perturbation générale dans la nature, la glace de plus de six pieds d\u2019épaisseur s\u2019est brisée par grands morceaux, et des crevasses, en plusieurs endroits, sont sortis des nuages de fumée.ou des jets de poussières et de cendres, qui se sont élevés à une très grande hauteur Des cours d\u2019eau ont disparu y d\u2019autres ont eu leurs eaux imprégnées de soufre.Plusieurs rivières ont aussi disparu ; le cours de quelques-unes a été changé et les eaux sont devenues corrompues.L'eau de quelques rivières était jaune, chez d\u2019autres, elle était rouge, et l\u2019eau de la grande rivière du St-Laurent était complètement blanche jusqu\u2019à Tadoussac.Cet extraordinaire phémno- mène surprendra ceux qui connaissent la largeur de cette rivière, à la pensée de la grande quantité de matières étrangères qu'il a fallu pour blanchir son immense volume d\u2019eau.À \"Trois-Rivières.la première secousse du tremblement de terre a été la plus violente.Elle a commencé par un bruit qui ressemblait au tonnerre, et les secousses se sont répétées par intervalle durant une demi-heure.On a observé là les mêmes phénomènes qu'ailleurs.Plusieurs français et des sauvages qui en ont été témoins disent que des montagnes s\u2019élevant de chaque côté de la rivière se sont effondrées et que pendant plusieurs mois - l\u2019eau du St-Laurent a été vaseuse.Des lacs sont apparus là où il n\u2019en avait jamais existé, et des rivières ont disparu pendant que Je lit de d\u2019autres cours d\u2019eau était complètement changé.Des centaines d\u2019acres de forêts furent bouleversés.Le tremblement de terre n\u2019a pas été moins violent à Tadoussac qu\u2019ailleurs.Une pluie de cendre volcanique est tombée sur cette région.L'eau du St- Laurent fut aussi agitée que pendant une tempête.Près de la Baie St-Paul, une montagne s\u2019élevant sur la rive du St-Lau- rent s\u2019abîma dans la rivière.Et comme si elle n'avait voulu que faire un plongeon.elle surgit ensuite des flots et resta comme une petite ile, formant avec la rive un port très convenable.Plus bas, vers la Pointe aux Alouettes, une grande lisière de terrain couvert d'arbres glissa dans la rivière.Cet extraordinaire tremblement de terre a été surtout remarquable par Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1931 regs go -s8a durée.En effet, les secousses se s font continuées depuis le mois de fé- -:vrier jusqu'au mois d'août, c\u2019est-à- dire pendant plus de six mois.Elles n\u2019étajent pas toujours également vio- Jentes, et en certains endroits, comme dans la région de Tadoussac, par exemple, elles se produisaient deux ou trois fois par jour.Ge tremblement de terre s\u2019est fait ; &entir non seulement dans toute la _ Nouvelle France, mais aussi dans la \u201c Gäspésie et la Nouvelle Angleterre.YY \u201cChose vraiment providentielle, mal- - grélo bouleversement du sol dâns plu- - sieurs régions de notre pays, on -n\u2019a signalé aucune perte de vie.\u201d - L\u2019Amiante.\u2014Québee est la principale source mondiale de ce minéral ».L'amiante est l\u2019une des ressources apon minérales le mieux connues du - Canada, C\u2019est un isolant utile et il entre dans la composition de plusieurs - appareils d'usage journalier.On dé- :equvre de l\u2019amiante dans la plupart = des Cantons de 1'Est de Québec, Ce « minéral se compose de fibres ténues + ef flexibles, d'apparence soyense.Il siest encastré dans les fissures des ro- #.ches serpentines, d\u2019une couleur vert irfoncé ou brune en cette région, et zsteHement éparpillé qu\u2019il est presque zilmpossible de trouver un bloc de six mpieds de longueur.Les veines d\u2019amiante, quelquefois d\u2019une épaisseur sda.4 à 5 pouces.ont des fibres for- nmant angles droils avec les parois.oY On.ne l'extrait pas À la manière des iæ&utres minéraux ; il faut pour cela -iprocéder par coupes à ciel ouvert, à «'larfaçon des carrières de pierre, les -imâtériaux de surface étant enlevés au temaoyen de pelleg à vapeur.we (RA oe \u2014\u2014\u2014 eee Grâce à ses propriétés non eandue- tibles et à sa résistance à l\u2019action des acides ordinaires, l'amiante s'utilise de plusieurs manières, On l\u2019emploie surtont comme corps isolant dans les appareils de chauffage et leurs accessoires, ainsi que dans les installations réfrigérantes, L\u2019amiante entre pour une grande part dans la fabrication des appareils électriques, tels que fers électriques.gril-pain, boites a fusible, tableaux de distrihution, etc.On en fait du papier mural, des feuilles à placer sous les bardeaux à toiture pour protection contre le feu, des bâches à gaz pour les foyers des cheminées.des filaments pour lampes à huile et à gaz.des nappes de \u2018table, des supports d\u2019ustensiles.Les voitures autamobiles font un grand usage d\u2019amiante comme matière isolante et doublure de freins, ele.Comme les fibres peuvent être fapi- lement filées, on s\u2019en sert beaucoup pour les opérations de filtration dans les laboratoires; leur résistance à l'ae- tion des acides communs les rend éminemment propres à cette fin.La production d\u2019amiante de la province de Québec, en 1920, a donné 177,605 tonnes, évalnées à $14,674,- 372.La plus grande partie de cette quantité a été exportée aux Etats- Unis.La fate des arbres La célébration de la fête des arbres commence à tomber dans le domaine de l\u2019onhli au Canada.On a négligé depuis quelques années la coutume qui accordait aux enfants d\u2019école un jour de congé pour planter des arbres et des fleurs; mais on semble revenir à ~ tan) \u201c qu\u2019ils avaient aidé à Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE EF Montréal, juillet 1921 cette louable habitude.On recommande la plantation des arbres commie un des moyens appropriés pour commémorer le service rendu par les Canadiens qui sont morts au champ d'honneur.L'idée mérite d\u2019être répandue et sera sans doute hautement appréciée par un grand nombre de personnes.Mais si à cette plantation d'arbres commémoratifs on ajoute celle d'autrefois.à l\u2019occasion de la fête des arbres.il y aura double intérêt.Les enfants d\u2019école d\u2019une génération passée, qui avaient pris part à la célébration annuelle de la fête.des arbres, s'intéressent encore aujour- d'hui à l\u2019arbre ou au groupe d'arbres à planter et à soigner à proximité de l\u2019andienne maison d\u2019école.Les enifants et les adultes trouvent du profit à s'intéresser aux arbres et aux fleurs.La fête des arbres mérite donc d\u2019être perpétuée.La pluie du Canada Certains savants anglais prétendent pour excuser le climat de leur pays, brumeux et pluvieux, monotone et morose, que toutes les pluies qui arrosent l'Angleterre viennent du Canada et particulièrement des lacs Supérieur et Michigan.Les orages qui crèvent sur les Îles britanniques sont charriés par l\u2019océan Atlantique.Les fleurs mêmes sont rafraîchies par les eaux des lacs suisses, du Rhin ou du Rhône.Les pluies du canal de Suez, de la Mer Noire, de l'Océan Indien, de la Mer Rouge et du Pacifique tombent aussi dans les rues de Londres.Ainsi les insulaires anglais -rece- vraient sur la tête nos eaux sales et boiraient même dans leur pays l'eau de notre fleuve Saint-Laurent! malheureux, \u2014 125 \u2014 Il est heureux qu\u2019un vent contraire ne nous amène pas la tempête qu \u2018ils essuient tous les jours.i Le feu détruit plus d\u2019arbres qu\u2019on peut en planter par Ie reboisement - 4 Dans toute discussion sur le problème forestier au Canada, on ne peut trop insister sur la nécessité de protéger nos terrains boisés des ravages du feu, car c\u2019est le devoir de la génération d\u2019aujourd'hui-de veiller à la conservation des forêts.Bien que le reboisement des régions dénudées soit une excellente entreprise, il faut -d\u2019abord conserver les centaines de millions de petits arbres que la nature a semés La plantation des arbres par la Providence ne coûte absolument rien au pays et, tôt ou tard, ces forêts rapporteront d'immenses revenus.Il est cependant, que les incendies forestiers détruisent, chaque année, des millions de petits arbres qui commençaient à croître là où l\u2019on avait coupé du bois de-construction et du bois de pulpe; la restauration de la forêt en est d\u2019autant plus retardée.A moins que les feux de forêt ne soient complètement enrayés, on ne peut pas s'atlendre à rétablir nos régions à bois au moyen du reboisement.Presque tous les incendies forestiers sont causés par des feux de camp que l\u2019on\u2018 a négligés, par des allumettes \u201ciron éteintes ou par des cendres de pipe, chose-que l'on pourrait facilement contrôler.Or, les moyens de supprimer les feux de forêt se trouvent entre les mains de tout le monde.Tout.ci-~ toyen doit faire preuve de vigilanceret de patriotisme.NR RO ut nie RTE Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE ~ Montréal, juillet 1921 LES COULEURS DU PRISME Pour peindre un paysage d'après nature; teindre une plume pour votre chapeau ou choisir un nouveau costume, vous trouverez grand avantage à connaître les différentes combinaisons de couleurs et les transformations qu'elles subissent avant de prendre le ton définitif.Les couleurs nous viennent des rayons du soleil réfléchis sur la terre.Il n\u2019y a que trois couleurs premières \u2014le jaune, le rouge et le bleu.C'est du croisement de ces couleurs que ressortent toutes les teintes et nuances qui ont suggéré l\u2019idée d\u2019une multitude d\u2019autres couleurs, dites secondaires.La superposition du jaune, du rouge et du bleu donne le noir.Le jaune est la lumière ; le rouge est la passion et le bleu le froid.Le mélange*des trois produit le vert, l\u2019orange, lé violet ou pourpre, couleurs qui ayant deux éléments, sont plus intéressantes que les premières.Le jaune et le bleu donnent le vert, la couleur de tout repos; le rouge et le jaune font la couleur violente, orange; .e bleu et le rouge produisent, comme nous l'avons dit, le violet ou le pourpre, la couleur solennelle.La mixture des couleurs secondat- res rapporte les couleurs tertiaires, le vert olive, le citron et le roussâtre ; l\u2019orange et Ie vert font le citron.Le noir et le blanc sont à la bage de - échelle prismatique et en théorie sont la dénégation des couleurs.Le plus savant teinturier ne peut trouver le blanc si ce n'est en prendre la couleur d'un objet blanchissable.Prenez les plus pures couleurs.le jaune.le rouge et le bleu, mêlez-les dans les plus correctes proportions et vous obtiendrez, au lieu du blanc de lait, Un \u2014 128 \u2014 gris neutre.Pourquoi?Parce que les couleurs de l\u2019anil ne sont pas aussi pures que le mélange des rayons de lumière du soleil.Quoiqu'en théorie.le noir ne soit pas une couleur.il l'est en réalité.Le jaune.le rouge et le bleu font un noir des plus noirs, (e.à.d)une couleur secondaire.Le gris est en sorte une nuance du noir et est tiré aussi des couleurs primaires, avec cependant moins de bleu.Le brun est un gris rouge-jaunâtre et provient d\u2019une mixture de jaune, de rouge et de bleu, en quantités inégales.de jaune et de rouge surtout.Que dire encore de toutes les autrès couleurs?Excellentes à connaître, sans doute.Le bronze doré est fait de parties égales du vieil or et de bronze; le jau- ne-clair est une nuance de l'orange ; le canari, une nuance du jaune; la cerise, une forte nuance de rose; rouge flamme, parties égales d'écarlate et d'orange: rouge français.cardinal et orange; mais.nuance de jaune et orang: bronze, nuance de noir; fauve- clair, nuance sombre de gris.\u2014\u2014\u20140 AU TRIBUNAL * Le témoin.\u2014 Je les ai entendus de la chambre voisine, ils s\u2019embrassaient.Le juge.\u2014 Les murs devaient être très minces ou les baisers bruyants.SCENE DE MENAGE Adèle.\u2014 Je ne puis pas comprendre que tu me parles ainsi, toi qui jadis disais que j'étais un ange.Eusèbe.\u2014 Dis donc, tu ne vas pas me reprocher les mensonges que j'ai dits il y à quinze ans] == \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 très Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE ANYTER EV RS ET JEUX DIVERS pe SOLE Te 1.Avec une main au-dessus de la tête, il est pratiquement impossible à une autre personne d'enlever cette main.2.Uh homme ne peut pas séparer ces mains, même si ces mains appartiennent à un enfant.0180 it 8 def dl k uve.y de aient, i dhe Lc ms} : pret 3.Deux doigts trompent l\u2019homme UP le plus fort.4.On léve facilement une jeune sil fille avec cinq doigts.| 5.Le secret pour lever facilement ine personne par les bras.QUELQUES TOURS POUR LES SALONS \u2014 127 \u2014 : 6.Il est impossible de lever cette Jeune fille.7.Le \u201ctour de John Coulon\u201d.(1) on enléve la jeune fille très facilement.(2) Si le sujet place ses doigts tel qu'indiqué on ne peut le lever de terre., 8.Plus de vingt-cinq hommes ont fait cette expérience, le pouvoir de résistance de cette jeune fille est étonnant. Vol.14, No 7 Montréal, juillet 1921 = LA REVUE POPULAIRE % POUR FAIRE SAUTER UNE CUILLER DANS UN VER pour aller tomber dans le verre.Un peu de pratique est tout ce qui est demandé.: Ce tour est très amusant et peut être réussi par tout le monde.Placez une fourchette, une cuiller et un verre en ligne droite comme vous le montre notre vignette.- Donnez un violent coup sur le bout de la fourchette et la cuiller se lèvera 0 LANGAGES DES AMOUREUX \u2014\u2014 Langago du mouchoir Le passer sur la bouche: désir de faire connaissance.Le pasger sur les yeux: vous m\u2019affligez.Le tenir par le milieu trop pressé.Le laisser tomber: soyons amis.Le tourner dans les deux mains indifférence.Le faire glisser dans la main : je vous hais.\u2018 Le passer sur la joue: je vous aimé, Le laisser reposer sur la joue droite: oui., Le laisser zeposer sur la joue gauche: non.: Le tourner dang la maim gauche : vous m'\u2019ennuyez.Le tourner dans la mas rate: j'aime un autre.e vous êtes Le plier: je voudrais vous parler, Le jeter sur l\u2019épaule: suivez-moi.Le passer sur le front : quelqu\u2019un nous voit.Le placer sur l\u2019oreille droite: vous êtes thangé.Le laisser reposer sur les yeux : vous êtes cruel.L\u2019enrouler sur le premier doigt: je suis fiancé.L'enrouler sur le troisième doigt : je suis marié.Le placer dans la poche: assez pour le présent.Langage de l\u2019éventail Tenir l'éventail fermé et le cordon au bras gauche: je cherche un flancé.Tenir l\u2019éventail fermé et le cordon au gras droit: je suis fiancée.Approcher l'éventail des lèvres, je doute de toi.128 \u2014\u2014 « LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 ic Voi.14, No ?: A1} \u2014\u2014_ \u2014\u2014 - _ : S\u2019éventer rapidement je t'aime beaucoup.4 .| S'éventer nonchalamment; tu m\u2019es indifférent.+ \u2019 Le fermer rapidement : je crains | que tu me trompes.Le laisser tômber: je t\u2019appartiens.Le porter au coeur: je souffre et je t'aime.Se couvrir une partie de la figure : prends garde à mes parents.Compter les feuilles de l'éventail : je ne sais encore bien si tu me plais.% qui pat | \u2018ventail: tu es très vilain.- LE VOYAGE DE PLAISANCE Au mois de juillet, les malheureux citadins n'ont pour se rafraîchir que les cinémas, et pour se reposer que la campagne où l'on danse jour et nuit.Paraître à la fenêtre sans éventail: jee sortirai pas ce soir.Frapper précipitamment dans la paume de la main: je suis impatient\u201d de te voir et aime-moi.Se couvrir toute la figure avec l'é- Garder l\u2019éventail dans la poche: je ne cherche pas d'amoureux.Regarder fréquemment la gravure de l'éventail: tu me plais beaucoup.Prêter l\u2019éventail à un jeune homme: mauvais augure.~ See En route pour le train de plaisir.La conteniplation des paysages.Un léger casse-croûte pour une dizaine de dollars, Vol.14, No 7 L'arrivée & Photel et le premier pourboire.L'heure du bain, au soleil levant.Le pire moment pour grelotter.L\u2019après-mrid!i, on fait $a partie de poker LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 La promenade de reconnaissance dans les environs, A la recherche des jolies baigneuses, fi Et pour terminer cette | journée de repos.la danse au club jue qu\u2019à 3 hrs du matin.Ï pel hy fo poe pe \u2018 qo Vol.14, No 7 OH La vanité, excessive coquetterie, le ; mieux ~ Les fruits défendus ont de tout temps, depuis notre mère commune, exercé un attrait presque irrésistible sur les femmes.Ils ne s\u2019offrent pas toujours sous l\u2019aspect d\u2019un péché repoussant qu\u2019on.s'avilit à commettre; ils Épousent des formes plus agréa- | luxe, les bijoux touchent le coeur des femmes.\u201cLe nombre de femmes bien pen- | santes, dit le R.P.Lacordaire dans un \u2018 de ses sermons de retraite aux jeunes filles, qui se laissent corrompre par le Démon souriant du luxe est incalcu- \u201clable.\u201d | Nous voulons par certains exemples | patents, dont l\u2019authenticité ne peut être mise en doute, inspirer à nos lectrices le goût des choses simples et \u2018modestes.Les jeunes personnes qui s\u2019habillent suivant leur condition sociale, la fortune de leurs parents, qui choisissent consciencieusement leurs amies imposent le respect, se font noter par leurs manières distinguées et fondent toujours un foyer heureux.Thérèse avait la folie des jolies toilettes et recherchait l\u2019admiration des hommes.Ses parents imprudents l\u2019en- LA REVUE POPULAIRE bles, plus insinuantes.Les toilettes, le 131 \u2014 Montréal, juillet 1921 * AAT ATA A ADA ADA ADA AAA A HD LES DANGERS DES GRANDES VILLES OTTO OA > A OO OS Q SO besoin de plaire, l\u2019amour du luxe, la folie des toilettes a la mode font la perte de nombreuses jeunes filles.\u2014Les mauvaises fréquentations émoussent les vertus les trempées voyérent à sa demande travailler à Montréal où elle devint caissière dans un magasin de modes.Partie d'un petit village de la province, elle fut grisée par le luxe des clientes et\u2018de ses compagnes.Elle ne trouvait dans sa besogne aucune des joiés intimes que donne le devoir accompli.Sa seule ambition était de gagner de l\u2019argeni pour satisfaire ses désirs.Elle s\u2019ingéniait à trouver des moyens pour le dépenser à son profit.Bientôt.son modeste salaire ne suffit plus à payer les acquisitions de sa garde-robe et elle s'endetta.Un jour qu\u2019un tâilleur ravissant de $125 la tentait follement, Thérèse vola la somme dans sa caisse et fit si bien que personne ne la soupçonna.Trouvant la chose facile, elle s\u2019enkhar.dit et continua de voler \u2014 toujours pour s'acheter des toilettes.Maintenant, ainsi vêtue, elle pourrait se faire épouser par un jeune homme riche et de bonne famille qui la courtisait.Si elle ne s'était faite belle que pour conquérir le coeur de ce jeune homme elle eut pu au moins bénéficier de l\u2019excuse de cette femme qui, dans le \u2018\u2019Voleur\u201d de Bernstein, veut par un déploiement de luxe insensé ramener à Vol.14, No 7 elle son mari.Mais, Thérèse ne commettait ses délits que pour capter l'attention et flatter son orgueil, Le mariage \u2018fut décidé.mais la veille de la cérémonie, des agents de police vinrent la chercher au magasin ou elle avait ainsi volé et la conduisirent aux cellules.Son fiancé lui rendit sa pañole et Thérèse vit son bonheur lui échapper, par sa faute.Pour résister aux tentations.pour trouver «dans l'existence la part de bonheur qui revient à tout individu.il faut savoir se satisfaire de son sort.Les femmes manquent un peu de cette philosophie commune qui réconforte les esprits pondérés et leur fait considérer la vie comme une chose ni trop bonne ni trop mauvaise qu\u2019il faut savoir prendre de son meilleur côté.dont il faut en un mot s\u2019accommoder.Alice fut une petite fille bien sage et un modèle de jeune femme.Jamais, elle ne commit une action repréhen- _ sible et jamais elle n®mit un devoir qu'elle était tenue d'accomplir.En tout ce qu\u2019elle faisait.elle mettait de l\u2019exactitude, de la précision et ce qui vaut beatcoup.du goût.Modeste, elle portait l'année durante un tailleur bleu-marine à jabot blanc, des chaussures à talons bas et des chapeaux unis.L'été seulement.ses toilettes étaient plus légères et ses chapeaux de velouts faisaient place à des canotiers de paille.Flle ne faisait rien pour attirer les regards.Elle \u2018passait sans soulever d'admiration.On la considérait comme uné personne simple et bonne.Mais, à l\u2019âge de trente-trois ans, Alice se rendit subitement compte qu\u2019elle allait bientôt avoir les cheveux gris et le front sillonné de petites ri- LA REVUE POPULAIRE \u2014\u2026 132 \u2014 Montréal, jutilet 1921 = js deg: qu'elle allait bientôt vieillir san: jamais avoir été jeune.Jusque-là.on ne l'avait connue que sous le nom de Mademoiselle Alice.Du jour au lendemain.elle retrancha son prénom et changea son nom.En même temps.s'opéra en elle une transformation radicale.Flle voulut goûter des joies de la vie.tremper ses lèvres à là coupe des plaisirs.De timide et distante qu\u2019elle s'était toujours montrée, elle devint arrogante.prov ocatriee\u2014-ostensiblement.Elle quitta le quartier ouvrier qu'elle habitait à Montréal pour prendre ses appartements dans une partie plus ihre et plus remuante de la ville.Sa ie s'étant modifiée.ses vêlements aussi chazgèrent.On la vit richement habillée.arborant des toilettes décolletées et dispendieuses.Ses cheveux reprirent leur prêmier éclat.ses yeux brillèrent comme des feux grâce à des artifices (rompeurs et ses lèvres &e rougirent sous la brûlure des carmins: Mademoiselle Alice était lancée.File eut son automobile et ses bijoux.Flle acquit la richesse pour perdre la paix du coeur que seule pouvajt lui garder l'existence que, de par son caractère et ses humbles commencements, elle était destinéé à mener.+.À.Anita était une petite jeune fille de dix-sept ans.frivole et fort atlravante.À quatorze ans,-elle fut mise au travail dans une factorerie de Manches-J.ter ott élle réussit & économiser assez} d'argent pour venir prendre de l'emploi à Montréal, où elle comptait quelques, parents et amis.Suffisamment instruite.elle put se procurer une position de sténographe dans un bureau d\u2019affaires. Fo vel 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 1\u2014Elle faisait devant ses nouvelles amies l\u2019étalage de ses toilettes.#\u2014Elle eut son chauffeur et sa limousine, 3\u2014Le jour de son mariage la vit en prison, nw 4 Elle se mit à la besogne et ne nota nouveaux atours sa fraîche et rayon-= ydPas même la différence entre le travail nante beauté que son patrtn la remar- «w{[u'elle faisait là et celui qu\u2019elle avait qua.i 51 ccompli dans son petit pays.Seule- Anita était intelligente et d\u2019un es- ivflnent, elle soigna plus attentivement.prit très vif.Son patron, avant de je- pe a mise et meubla sa garde-robe de ter les yeux sur elle à cause de sa jo- w'oilettes modernes.du tout dernier liesse et de sa tournure élégante, la ri.Elle employa même tant de co- jugea précieuse en raison du travail juettenie, fit ressortir si bien dans ses bien fait qu'elle lui fournissait.I] avait - .\u2014 133 \u2014 trot ta Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 rarement vu une employée, nouvellement émoulue du couvent, s'adapter si bien à la routine des affaires.Elle ne faisait que des besognes profitables tandis que ses compagnes se contentaient de gaspiller le papier en des brouillons inacceptables, de causer de frivolités et de se poudrer le nez dans leurs serviettes.H l\u2019estima d\u2019abord et l\u2019aima ensuite plus superficiellement.quand elle commença à faire montre de coquet- -terie.Il la rapprocha de lui, la placa au bureau voisin du sien et elle devint à son insu cette chose détestable et ridicule, l\u2019enfant gâté, là mignonne du bureau, la favorite du patron.Il s\u2019ensuivit naturellement que par jalousie elle perdit l\u2019amitié de ses compagnes et que les potins les plus disgracieux circulèrent sur son compte.Les parents éloignés qu\u2019elle avait dans la ville et qu\u2019elle ne voyait qu'à de rares intervalles ne pouvaient remplacer l\u2019affection, un peu factice c\u2019est vrai mais réconfortante quand même, de ges amies.Trahie par celles-là, elle chercha sa consolation chez le patron qui lui fit abandonner son travail et la logea somptueusement.Tant que oet homme s\u2019intéressera à gon sort.© \u2018est-à-dire tant que résistera sa beauté, Anita connaîtra les joies malsaines de la vie, mais après?8 & oette heure difficile, au paroxysme de cette crise morale qu\u2019elle \u2018eut à traverser, Anita avait pu verser sa douleur dans le sein d\u2019une mère ou d'une amie véritable, elle ne se serait jamais écartée du droit sentier.Voici, pour terminer, la triste aventure qui nous a été racontée par Ro- \u2014 184$ \u2014 se, sur qui nous ne donnons comme particularité qu'un vague prénom, pour ne pas éveiller les soupçons de quiconque: \u2018Vous ne sauriez croire, nous dit-elle.combien de jeunes filles vivent dans des chambres sales et tristes.J'en ai vu qui sont de \u2018\u2018 vrais , trous\u2019 mal chauffés et pas aérés du x tout.La mienne n\u2019a jamais été visitée vis par un rayon de soleil.Il h'y a qu\u2019une ÿ fenêtre qui donne sur un puits de lu- i.mière voilée.Ét vous rougiriez pour 4 elle si vous saviez ce que la logeuse \" exige comme loyer de ce taudis.I L'hiver, il est difficile d\u2019y tenir et ot l\u2019été, il fait là-dedans une chaleur tor- Ae ride.Au lieu de passer nos soirées a la I maison, nous avions, mes amies et * moi, l'habitude de fréquenter les sal- or les de vues animées ou les petits théa- nm tres jusqu\u2019à l\u2019heure du coucher, pour Lu tromper le froid et l'ennui.i Un jour, une nouvalle employée ar- Has riva dans le bureau où je travaillais.**\" Elle semblait si À l\u2019aise dans ses toi- J lettes élégantes, si libre et garçonniè- pèse res dans ses allures que mes amies J\" s\u2019entichérent d\u2019elle avant de la oon- 4 naître.Elle était fardée, maquillée, J*®i pommadée et portait des robes excen- | ly triques.Je la trouvais affreuse tandis fu que mes compagnes en faisaient l'une He des plus belles filles de la ville.Elles J l'amenèrent à notre pension où elle Jt étala sous nos yeux ébahis tous les tré.*t4 ; sons que contenaient ses malles.J tiny Les autres, s\u2019apercevant que je ne gy 'aimais pas.m'accusérent dien é&tre Jy; jalouse, quoique je ne le fus aucune- i} ment.Wa em Bientôt toutes mes étourdies se mi.lui; rent à I'imiter et consacrèrent leur sa- Ph laire à l'achat de robes, de chapeaux, Pitt y de poudres et de fards.Marie jubilait us \u2018en constatant l\u2019influence qu\u2019elle exer- \"my, gait sur ces écervelées, Rice [ we D of.Na | ssf Taig hg it le au, œuf ai Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Ce qui les intriguait le plus était le nombre toujours croissant de beaux garçons qui faisaient la cour à Marie et qui la balladaient dans toute la ville en automobile.Je me rendis bientôt compte qu'elle les interpellait tout simplement sur la rue.Elle avait des mots étranges pour expliquer sa conduite: \u2018Qui peut savoir ce que vous faites?Et puis après, quelle différence y a-t-il entre se bien et se mal conduire?\u201d Toutes mes amies venaient comme \"moi de la campagne.Elle les persuada de rompre avec leurs familles et les fit entrer insensiblement dans la mauvaise compagnie qu\u2019elle fréquentait.Elles ge moquèrent toutes de moi à leur aise et me laissèrent seule dans ma pauvre petite chambre.Quand un matin, je lus dans \u2018un journal que Marie et trois de mes anciennes camarades de pension avaient été arrêtées et écrouées dans une maison de Réforme, je pus réfléchir à mon gré sur la fausseté des plaisirs que promet la vie libre et déréglée et sur la satisfaction que donne en cette vie la certitude du devoir accompli.L'une d\u2019elles, celle qui me tenait le plus au coeur, fut sévèrement réprimandée par le juge et remise en liberté.Je la vis quelques jours après.Elle n\u2019osait plus retourner chez sa mère à.qui elle avait écrit que sa position était lucrative et que tout allait à merveille.J\u2019eus pitié delle; j'é- orivis moi-même à ses parents et je réussis à la convaincre de retourner parmi eux.C\u2019est ce qu\u2019elle fit.Quant à Marie, la mauvaise conseillère de toutes ces filles, elle pur- £ea sa sentence et reprit la même vie eu sortir de l'institution où on avait vainement essayé de la convertir à des | sentiments meilleurs, \u2014\u2026 135 \u2014 UNE BIBLE CHINOISE Un comité de missionnaires protestants, anglais et américain, vient de terminer un travail énorme commencé il y a déjà vingt-cinq ans: la traduction revisée de la Bible dans le dialecte chinois Mandarin.Les douze linguistes se mirent au travail en 1890 et ce n\u2019est qu\u2019après un quart de sièole d\u2019un travail ardu et incessant qu\u2019ils donnèrent à la nouvelle version chinoise\u2018sa forme définitive.Chaque verset de la Bible fut traduit et retraduit.I! fallut souvent plusieurs heures pour composer dans le chinois le plus pur un seul vers anglais.Et la Bible, comme on le sait, compte trem te et un mille vers! Sans doute, ce comité fut fréquemment modifié.Quelques-uns de ses membres démissionnèrent, d\u2019autres sont morts.Mais.malgré cela, il n\u2019y eut jamais plus de douze personnes qui mirent la main à la tâche.Le travail est sorti des presses en 1919 sous le titre de \u201cLa Bible Chinoise à l'usage des Mandarins\u201d*, On appelle Mandarins en Chine les lettrés et les fonctionnaires, y De même que la traduction de la Bible juive en anglais faite par les moines gous le roi Jacques, en 1611, servit à la diffusion de la langue anglaise dans les Iles Britanniques, ainsi la Bible chinoise contribuera à unifler et à régulariser la langue du Céleste Empire où se parlent actuellement trente dialectes différents, Open Quoi qu\u2019en disent les miganthropes, les ingrats et les pervers forment ue exception dans l'espèce humaine, pn - IT est difficile de railler les absents sans en mb.dire, et les présente eune les offansen Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 0 $ La reine d\u2019Espagne et les combats de taureaux ; Q ; GES DDASS DD DD IDD DD DD DD 0 Comment la reine d\u2019Espagne, qui abhorre les combats de taureaux, doit y assister en souriant, \u201cTI y eut du sang et des fleurs le jour de mon mariage; il y a du sang et des fleurs aujourd\u2019hui.\u201d Ainsi gémit Dona Victoria Eugenia d\u2019Espagne en s'adressant à Antonio Maura, dans le palais royal des arènes de Santau- der, sur les rives de la mer Canta- bienne.Tout en parlant, cette reine d\u2019Espagne née \u2018en Angleterre se détournait avec un frisson du spectacle d'horreur qui se déroulait dans l\u2019arène dont le sable brillait au-dessus et cachait son visage dans un gros bouquet de roses.\u2018 Un énorme taureau de combat.de la race Palha, venait d'enlever le matador Varelita, d'un coup de ses terribles cornes et le faisait tourbillonner en l'air, comme un enfant en colère eut fait d\u2019un jouet brisé.L'homme retomba inanimé sur le sol et l\u2019animal se précipitait de nouveau sur lui, rapide comme un chat attaquant sa proie.Alors, Fortuna qui dirigeait la seconde cuadrilla de brillants \u2018\u2018artistes\u2019, s\u2019élança vers le taureau avec son manteau couleur de rose et réussit à entourer des plis de la soie la tête du monstre, de manière à permettre aux mozos et aux peones de sauver l'inconscient \u2018\u2018diestro\u2019\u2019 qui est l\u2019une des idoles de la nation.C\u2019était une chose affreuse à voir que l'enlèvement du combattant dont le sang s\u2019écoulait à flots de deux dé- \u2014 136 \u2014 PT TTT TATA TAT A D> LOO Or OO OO OO 0 OA LO 0 ¢ chirures de son \u2018\u201ctraje de luces\u2019 ou vêtement d'apparat brodé d'or.Pendant ce temps, dans le cercle situé au-dessus de la loge royale, des chevaux éventrés gisaient çà et là, et les garçons en blouses écarlates ratissaient le sable sur les entrailles trai- nant sur le sol.Le gigantesque taureau de Palha, le sang giclant des plaies de - ses flancs et de ses épaules.plaies provoquées par les lances des picadors et les dards barbelés de banderolles, se tourna \u2018vers ses nouveaux ennemis avec une rage forcénée.Lorsqu'ils l\u2019évitaient, l'animal affolé se jetait sur un cadavre de cheval.Il portait cette chose hideuse sur sa corne redoutable et l'envoyait par dessus les barrières.Les lourdes dépouilles tombatent au milieu des employés lpi his du cirque et les douze mille specta- Ry, teurs saluaient d'un frénétique \u2018\u2018Ole\u201d, done cet exploit terrifiant de la brute.L\u2019an- ing): cien premier ministre d'Espagne, un CR vieux et fidèle serviteur de la Reine, Rey, lui versa une coupe de son vin favori, dy), le Manzouilla.iy, \u201cJe pensais que Votre Majesté por- a tait des verres jaunes pour assister aux combats de toureaux\u201d, remarqua ew Maura.- jr \u201cJe le faisais\u2019, répondit la spiri- fm tuelle reine ave un triste sourire.\u201cMais § iy je crains que le public ne s'aperçoive te que je n'aime pas les \u2018\u2018combats de tau- iy bi reœux\u201d'.J'ai donc renoncé à porter ces i, J Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 ny _ verres et je contemple les horreurs à l'oeil nu.Il m\u2019a fallu m\u2019habituer & ii donner le signal des applaudissemeuts et à m\u2019incliner devant les natadors qui me dédicnt leurs taureaux.Mreux | que cela, je jette maintenant d'es fleurg ~ aux hommes de la muleta, en récompense des actes extraordinaires qu\u2019ils accomplissent avec un courage &vei- gle.sachant que leur Reine-.les admire\u2019, \u2018\u201c Mais, dites-moi ÿ implora-t-elle dans une impulsion soudaine, \u201ccette tragique Espagne ne 1 === | pa ==> 0 v ap des 148 proce et barbare, pour s\u2019adonner à des #} spectacles plus aimables\u201d WR \u201cPas de nos jours.je le crains\u201d.ré- 2 pliqua le chef du parti conservateur sf avec courtoisie.\u201cL'Etat n'ose pas s'y ls | opposer, La réforme de l'Espagne est 1h une chose dangereuse.Ne fut-ce pas UE un de nos grands monarques, Carlos W111, qui dit: Mon peuple ressemble à jun de ces enfants qui pleurent quand 5 jon veut les laver! jar sa} Ft Maura s\u2019efforca de réconforter risfla Reine.Il la conduisit sur le devant po de la loge royale et lui désigna les né} Personnages les plus intéressants de lt l'innombrable assemblée de façon à je\u2018 Hfaire croire à tous les assistants qu\u2019il rafexpliquait à la souveraine les péripé - files d'un moment particulièrement fémotionnant du jeu mortel.Fortuna et yrifSanchez Mejias s'évertuaient a rendre furieux un nouveau taureau bien en- Er traîné pour l'abominable parade.5 C'élait ce même Maura qui, treize fans auparavant.au cours d\u2019une nuit de mai, avait présenté au Roi Alphonse son fils premier né, sur un plateau \u201cif d'argent et qui avait annoneé 1 événe- ¢'fment aux Grands d'Espagne réunis #4dans 'anlichambre: \u201cSenores, Ha na- a .\u2014 137 \u2014 , Don Antonio \u2019\u201d, se détournera-t-elle pas de ce jeu fé- cido un Principe\u2019, (Messieurs, un Prince est né).Leurs acclamations joyeuses furent enteïrdues par la royale mère, Auprès de son lit se tenaient assises Dona Maria Christina et la Princesse Béatrice de Batlenberg.La vie de la reine Victoria en Espagne a été un éercle douloureux depuis que le roi Alphonse la tira d\u2019Angleterre pour la mettre sur le trône de son pays.Le despotique gouvernement d\u2019És- paghe ou plutôt la machine politique que Canovas et Sagasla s'ingénièrent à construire voici quaranté ans, ne s'occupe que d\u2019amuser le peuple et de le maintenir dans l'ignorance.Il s'ensuit que les illeltrés.dans les provinces de Grenade el de-Malaga, sont proportionnellement plus nombreux qu'en Russie.Ces miséfables.appétés \u201canal- fabetismo™ (sang alphabet), atteignent un chiffre de 80 pour cent de la population tolale.Ce manque de culture explique la prédilection populaire pour les combats de taureaux, cotlume qui rendit l'étiquette espa- guole si repoussante pour la reine qui naquit dans une contrée où la cruauté envèrs lès animaux est un délit contre la loi et constittte même le signe d'une aberration mentale de forme crimi- nélle.~ \u2019 Ge lui semblait un problème de so lution facile, quand elle pensait aux jeux ignobles de l'arène, avant lé jour sanglant de son mariage, que d\u2019en amener la disparition, \u2018Pour moi\u201d, disait-elle à son royal amoureux.\u201c\u2018je m\u2019éloignerai simplement des Plazas de Toros\u201d.Cette parole, elle la proféra dans la Villa Mouriscot, à Biarritz, où le jeune roi l\u2019accueillit comme sa fiancée, - [Rishi adai abi bio seit iis Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 Mais le Roi connaissaît mieux son peuple que sa jeune amante.\u201cNous devons assister aux combats de taureaux\u201d, dit-il à sa compagne, dans le palais d'été de La Granja, où ils passèrent une partie de leur lune de miel.La Granja fut brûlée il y a peu de temps; un autre épisode de la longue suite des tragédies espagnoles \u2018\u2018Paraître s\u2019indigner à la vue du sport national d\u2019Espagne\u201d\u2019, poursuivit Don Alphonse, \u201cc\u2019est s'exposer en encourir la plus complète impopularité\u201d.Or, il fallait que la population fut satisfaite pour que le Trésorier d'Etat, Don Arnos Salvador, pût servir à la nouvelle souveraine sa liste civile de 450,000 pesetas.La jeune reine réfléchit longuement sur ces paroles.En son coeur, elle abhorrait ces spectacles de cruauté et la pensée que ces concœurs de bestialité pussent constituer le sport national d\u2019Espagne.la remplissait de honte.Tout d\u2019abord elle pensa à s\u2019élever fermement contre la pratique des Plazas de Toros.Il lui semblait que ceux qui dirigeaient le peuple devaient donner l\u2019exemple en se déclarant contre l\u2019abominable habitude des masses.Quel exemple eut été meilleur que celui d\u2019une reine se refusant à encourager de sa présence d'aussi avilissants spectacles?Elle devait refuser de paraître dans l\u2019arène.La loge royale devait se faire remarquer par l'absence de la reine.Mais ses parents de la cour espagnole lui firent entendre raison.Ils lui rappelèrent qu\u2019elle était une étrangère et qu\u2019on ignorait encore quelle serait l\u2019attitude des populations à son égard.On lui dit qu\u2019elle ne comprenait pas le peuple espagnol et sa \"mentalité.De plus, elle ne devait pas onblier qu\u2019elle était liée au roi et à la dynastie par un serment de loyauté.Eut-il été légitime qu la nouvelle venue de l\u2019értanger entreprit de bouleverser subitement des coutumes et des plaisirs datant de plusieurs siècles?Ne vaudrait-il pas mieux qu\u2019elle semblât accepter et même encourager les combats de taureaux jusqu\u2019au jour où elle se sentirait aimée suffisamment par les coeurs populaires pour tenter d\u2019opposer son influence aux jeux immondes?Ces arguments triomphérent enfin de sa résolution de ne pas assister aux courses de taureaux.Elle ne pouvait que s'incliner.Non seulement elle devait prendre place tlans la loge royale où tous pouvaient la voir, mais encore il lui fallait jouer son rôle sans morosité.Quand les sanguinaires tourmenteurs du taureau la saluaient du bas de l'arène, elle devait se lever et leur rendre le salut en souriant.Quand les malheureux chevaux.déchirés par les cornes, s\u2019affaissaient en perdant leurs entrailles vertes et fumantes, non seulement il lui était interdit de détourner son visage, mais encore elle devait joindre ses applaudissements à ceux de la multitude.Quand enfin, l'épée habile du matador se plongeait cruel - lement dans le coeur du taureau tremblant de fureur, elle avait à se dresser et à donner le signal des acclamations.Mais ce n'était pas encore assez.Les promoteurs du sport lui firent savoir qu\u2019il lui fallait,encore faire une visite aux centres d\u2019élevage.aux quartiers d'entraînement et à tous les endroits qui se rapportent aux joies malsaines de la course de taureaux.Et la reine fit tout cela, non pas avec mépris.mais comme la royale protectrice du passe-temps national.M fig rag ouai le de il | encore mors | re in Dai st leu WIN 7 Je a on 88 dio Jo à Ce lig neff ) fre fel (lami a ri voi, 14, No 7 LA REVUE-POPULAIRD Montréal, juillet 1921 Elle comprit qu\u2019elle avait le devoir de jouer son rôle de reine ou de l\u2019abai- donner.On affirme même que les sérieuses maladies des enfants royaux\u2014en particulier du petit Don Jaime \u2014 sont dues à des malheureux effets qu\u2019eurent sur la reine, avant leur naissance, les Plaza de Toros, avec leurs rugis- dans les arènes de Sautouder, de San Sebastian, de Séville et de Madrid.Les deux premières villes sont les résidences d\u2019été de la famille royale.Elle fut particulièrement choquée des effets démoralisants des courses sur les jeunes enfants que leurs pa- - rents amènent au spectacle et qu'ils encouragent à applaudir les scènes les sements populaires et leur éclat trivial.avec l\u2019effervescence insensée qui perturbe la foule quand un membre de la cuadrilla tombe sur le sol et quand l\u2019animal en furie s\u2019élance sur lui, pour lui donner le coup de grâce de sa terrible corne.La reine Victoria a vu maintes fois des hommes sérieusement blessés :- 139 \u2014 plus répugnantes et les plus horribles.Ge lui fut une vue atroce que celle de bébés dont la face rougissait de plaisir quand le taureau bravait la lance du picador et quand, d\u2019un frénétique coup de corne, il déchirait l\u2019abdomen dont s'échappaient les intestins.La bête ne mourait pas immédiatement et se traînait parfois, sous les Vol.14, No 7 coups répétés de la brute, jusqu'à l'instant où un mozo mettait fin à sa torture en le frappant avec un poignard.H y a quelque temps.Dona Victo- ia pria gracieusement les photographes de ne pas publier les cartes la montrant dans l\u2019arène.Le touriste peut courir Madrid d\u2019un bout à l\u2019autre sans trouver le moindre instantané de la Reine assistant & Los Toros.Sa Majesté a comblé de faveurs spéciales les hommes de lettres qui, à la manière de Don Gabriel Alomar, élerivent contre la \u201cfiesta nacional\u201d, \u201cNotre honte invétérée\u201d.(est ainsi que Gabriel Alomar désigne l\u2019engouement pour les courses de taureaux.C'est une passion qui a pris racine dans le coeur espagnol.Chaque village possède sa corrida ; la place du marché sert d\u2019arène et s'entoure, les jours de fêtes, de toutes sortes de véhicules à l'aide desquels on eonstruit l'enceinte.Le matador triomphant reçoit 9,000 pesetas pour chaque course.Six journaux illustrés de Madrid sont consacrés à cette boucherie populaire, On comprendra aisément que la \u201ccroisade entreprise par là reine Vic- soria soit une affaire délicate.Elle déteste particulièrement les combats de nuit, dits \u2018nocturnes\u2019, où l\u2019on voit des bouffons en cape parader dans l'aven- glante lueur de 60 puissantes lampes à arc: Naturellement ce ne sont pas des taureaux de combat qu'on emploie \u2019 Gans ces manifestations, mais simplement de petits veaux qui s'amusent avec touté la grâce d\u2019une chèvre accomplissant une fredaine hors de son étable, \u201can moins laissez un peu respirer ces pauvres taureaux\u201d, tel est le leil- motiv des paroles de la Reine.\u2018Nos | LA REVUE POPULAIRE ~~ 140 \u2014 Montréal, juillet 1931 matadors sont riches et pourraient bien se reposer.Le jeune Joselito ne laissa-t-il pas une fortune de trois millions et demi de pesetas, outre ses , bijoux et ses propriétés?\u201d Sa Majests ne se lasse pas de discuter sur \u2018 ! honte invétérée\u201d de l'Espagne.L'extraordinaire vague d'enthousiasme qui souleva l\u2019Espagne quand Joselilo fut massacré au mois de mai dernier, désillusionna la reine dans sa mission contre \u2018Les Toros\u201d.La tête du taureau meurtrier \u2014 Bailador 1\u2014 fut envoyée au Bazar central de la Charité à Madrid.pour y être vendue comme relique, au prix de 5,000 pesetas! \u201cC'est si monotone\u201d.Telle est la plainte constante de la Reine Victo- \u201cC\u2019est toujours la même chose, et cependant, jamais notre peuple ne semble s\u2019en fatiguer\u201d.La reine anglaise d'Espagne affirme que ce lui est un véritable supplice de sourire.quand elle entend, sur le parcours des rues qui- conduisent au palais royal, les acclamations de la populace faisant'suite aux hurlements de l'arène.Dona Victôrm n'a jamais permis à ses enfants d'user des jouets de com- Æ bats qu'on trouve dans toute nursery espagnole.Le petit prince des Astu- ries, actuellement caporal dans le propre régiment du Roi, désirait poser en | matador devant le photographe de la Cour.Paco Goni.Il obtint de son maître de dessin.le peintre Sorolla.un croquis le représentant comme un picador s'avançant vers le aureau avec la lance dirigée sur les flancs de | la bête.La royale mère refroidit cette | ardeur juvénile.\u2014\u201cNon\u201d, dit-elle \u201cJe ne désire aucunement vous voir jour aux courses.Ce n'est pas un beau jeu et il est très cruel.\u201d ni Tom {1 emp Ln] : ii aie an Es tie , h ly hop.quant le mai is 33 A Ble rg le hf ends 1 pe.if la Vielo- it.olf lo 1e fA 8 hi aire F rie rival ff e fal- rene.J is of of ner At ping greif foil > 0 vol me Ut Vol, 14, No 7 HOMMES Un homme se demande si ses habits lui vont mal lorsqui\u2019on l'examine; si on ne examine pas une femme se demande si ses toilettes lui vont mal.= + % Un bon mari est celui qui aime sa femme un peu plus que sa pipe et un \u201cun peu mieux que son automobile.De ox Le triomphe de l\u2019espérance sur l\u2019expérience est prouvé par le monsieur qui choisit toujours ses sténographes parmi les jeunes filles possédant les plus jolies chevilles.: ou % T1 est inutile de discuter avec une femme; demandez à tout homme marié.LI Un célibataire se marie afin d\u2019avoir quelqu'un à blämer s\u2019il manque son : train, s\u2019il à une indigestion ou s'il se fait une entaille avec son rasoir.roe ak of > bd Dans la vie, il existe des hommes qui ont réussi simplement parce qu'ils ont épousé une bonne femme, d'autres, parce qu'ils sont restés célibataires.Montréal, juillet 1921 FEMMES Les femmes aiment les hommes de génie et les hommes aiment les femmes qui leur trouvent du génie.æ Même la femme qui s\u2019occupe de ses propres affaires, aime se mêler des affaires de son mari.00% % Trop de beauté chez une fille à marier, c'est un peu comme un écrin d\u2019un très grand prix à l\u2019étalage d\u2019un bijoutier: cela attire les voleurs et met en fuite les acheteurs.® # La femme rit quand elle peut et pleure quand elle veut.ge oR Une jeune fille intelligente ne doit jamais oublier que lorsqu\u2019un amoureux lui fait bien la cour, il a dû pratiquer ailleurs que sur elle.x % + Il existe des jeunes filles qui s\u2019imaginent qu\u2019elles doivent briser un engagement avant d'en contracter un autre.\u2014 141 \u2014 Vol.14, No 7 Avant le mariage, le monsieur attend la dame.après le mariage la dame attend le monsieur.* + + Lorsque les yeux d\u2019une jeune fille disent: Oui.et que ses lèvres disent Non, le jeune homme sage est sourd, mais non aveugle.* + # Le célibataire moderne est celui qui réussit à convaincre son amoureuse qu'il n'a jamais été embrassé auparavant.= ox % On juge l'amour d'après la dernière femme aimée.+ + Le célibataire qui sait embrasser est celui qui unit l'expérience du professionnel à l'enthousiasme de l'amateur.# % + Aucun célibataire ne peut savoir ce qu\u2019une femme pense dé lui, car généralement la femme ne le sait pas elle- même.+ Le mari qui arrive en retard pour dîner est souvent le même individu qui grogne lorsque le dîner est en retard.& + # Lorsqu\u2019un homme dit la vérité à sa femme et qu'elle ne le croit pas.il doit se consoler en songeant à toutes las fois qu\u2019il lui a conté des blagues et qu\u2019elle l\u2019a cru.LOE J \u2018 Comment se fait-il que l'homme qui considère la jalousie comme une insulte, aime si souvent la femme qui la considère comme un compliment.LA REVUE POPUI/AIRE Montréal.jufllet 1921 Heureux le ménage lorsque la femme n'a pas de volonté et qu'elle consulte son mari.# Fk La grand'mére était une coquétta, la mere était une flirt et 1a fille est une vampire.L EE 7 La femme demande à être dominée par l'homme qu'elle aime.+ ok % Toute femme garde en son coeur le souvenir de son premier baiser.même si elle a oublié le nom de celui à qui elle l\u2019a donné.* + #% \u2018Après le mariage une jeune fille modérne peut parfaitement montrer ses oreilles à son mari.sok Il existe uné grande raisôñ pour qu'on ne soit pas heureux en ménage et quatre-vingt-dix-neuf petites raisons.\u201c % + Une femme qui aime un homme peut lui pardonner de vieillir.sf ellé a besoin de la même indulgence pour le même crime.* # » Souvent les baisers sônt des pétales de roses couvrant la tombe dun amour décédé, * %« % L'amour vrai ne remarque pas le tablier carreau'é, ni la*chemise sans faux-col.\u2014 142 \u2014 ot BR cg si 500 \u201cae dil = » me It ur \"ay = i | Vol.14, No ?LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 CTA A AD Cr > DAA AAT AC) LE VEILLEUR DES MORTS 0 > Rodolphe Tournebroche était un étudiant pauvre qui désespérait de voir la fin de ses cinq années de mé- deçine.Son père, cultivateur économe et peu fortuné, tirait ses maigres revenus de deux vaches laitières et de quelques mauvaises pondeuses.Il ne pouvait assurer au fils que le prix de ses \u2018cours universitaires.Privé de ressources, ne pouvant compter que sur mille-petits métiers désagréables pour payer son terme et casser sa croûte quotidienne, Rodolphe devint rapidement un garçon ingénieux.Ainsi, la première idée que lui suggéra la dissection fut d\u2019édenter la bouche des cadavres qu\u2019il lardait de grands coups de bistouri et de décaper l\u2019or de leurs ponts ou râteliers pour le vendre, comme objet d'occasion, à des mécaniciens dentistes de sa connaissance.Ceux-ei se moquèrent en lui disant que l\u2019invention était vieille comme le monde et., la Science, et \u2018\u2018qu\u2019ils avaient mieux que ça\u2019.Il s\u2019avisa un jour que la peau de certains macha- bées, soigneusement tannée, pouvait peut-être bien se convertir en reliures, pour livres de récompense.Toutes les commissions scolaires refusèrent ses offres.Un frein mécanique pour l\u2019ataxie locomotrice, bréveté et distribué dans toute la province avec le mode d'emploi et des promesses de complète guérison.ne réussit pas plus qu\u2019un remède efficace contre la paralysie infantile, à l\u2019usage des vieillards.L'inspiration vint le surprendre en plein découragement.En parcourant OTA AAA CAAA AAT AAA AAT AA, CHAT A AAA AS DO ® .djstraitement les manchettes d'un grand journal, il tomba sur la colonne consacrée à la nécrologie.Une idéle allume la mèche de son cerveau.Il avait trouvé.\u2018Ga y est, se dit-il.je vais consacrer ma vie à la veillge des morts!\u201d Depuis lors, chaque jour, à la sortie de l'Ecole, il acheta le même journal et fit le choix du mort auprès duquel il fevait passer la nuit.Il s\u2019attachait de préférence aux avis de décès de jeunes gens de son âge.La première chose qu\u2019il fit fut d\u2019abandonner sa chambre sans payer la logeuse.Grâce à son génie, il devait pendant quatre ans, jusqu\u2019à l'expiration de son temps universitaire, être logé et nourri par les parents de tous les morts de la ville.\u2018Or donc, tous les soirs, vers sept heures.on eut pu le voir s'arrêter devant une porte piquée d\u2019un crêpe, entrer, s\u2019asseoir à la table de famille d'un défunt incôOnnu, prendre en guise de déjeuner, de dîner et de souper un plantureux repas, s'agenouiller fréquemment auprès du mort, raconter dans la cuisine un tas d'histoires salées qu\u2019on lâche \u2018entre hommes\u201d et, aux petites heures, s\u2019allonger à son aise sur le meilleur lit de la maison pour reprendre la route de-l'Université, vers les 8 heures du matin.* I était passé maître en cet art et jamais personne ne se douta de sa supercherie.Il se présentait si bien, avait l\u2019air si affligé, si triste.de la mopt de ce \u2018brave ami\u201d qu\u2019il se faisait remettre partout les clefs \u2018\u2018du buffet - 143 \u2014 Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 \u2018à liqueurs\u201d et fumait les meilleurs cigares.Il avait pour les mères, les pères, les épouses, les fiancés, les promises, les frères, les soeurs, des formules toutes faites de chaude sympathie qui \u2018portaient droit au coeur des affligés.Infailliblement, il épiait pour pénétrer dans la chambre mortuaire le moment ou toute la famille était réunie autour de la dépouille funébre.; \u2014Vous le connaissiez bien, M.Tournebroche, notre cher Eugène?~\u2014I1 était, madame, mon meilleur ami.Je le voyais très rarement à cause de mes études qui m\u2019occupent beaucoup mais nous ne nous en aimions pas moins pour cela.La mort ne l\u2019a pas changé.IT a gardé son bon sourire jusqu\u2019à la fin?Courage, mes chers amis, Dieu éprouve ceux qu\u2019Il aime.Prenant les plus proches parents dans un coin de la salle à manger \u201cEntre nous, leur disait-il, je connais votre situation, disposez de moi comme vous l\u2019entendrez.Si je puis vous être de quelque utilité.?\u201d Puis, mettant la main à la poche de son pantalon: \u2018une petite avance d'argent\u2019, di- sait-il dans un souffle.Naturellement, personne n'osait accepter.Ou encore: \u2014Ce pauvre Arthur, il n'avait qu'un défaut, il était dépensier comme un panier percé.\u2014Oui, c\u2019est vrai, mais pourquoi lui en tenir compte?Il me devait bien quelques petites sommes d\u2019argent que je ne lui ai jamais réclamées à cause de l\u2019estime que j'avais pour lui, mais pourquoi parler de ces choses! \u2014Monsijeur Tournebroche, vous êtes un coeur d\u2019or! La mère pleure.\u2014Consolez-vous, Madame, le ciel compte un ange de plus: Cinq années ont passé; M.Rodolphe Tournebroche est médecin pratiquant à la campagne.Il a si bien gardé l'habitude des veillées au corps qu\u2019il envoie presque tous ses patients dans l'autre monde pour s'offrir le plaisir de quelques bonnes nuits en leur compagnie.* Le cas n'est pas unique.car, d\u2019après certains historiens, cet ingénieux jeu- se homme aurait eu un ancêtre en Grèce.On sait que dans ce pays, il y a de cela quelques centaines d'années, dès qu\u2019une personne avait rendu le dernier soupir.on lui mettait dans la bouche une pièce de monnaie afin qu'elle pût payer son passage dans le barque de Caron.Or, il se trouva en ce temps-là un jeune athénien qui veillait auprès des morts.tousles soirs, avec les pleureuses à gages et mettait cette pièce de monnaie en sa poche.Mais il faut dire que celui-là, contrairement à M.Tournebroche, avait la délicatesse d'aller manger et dormir au dehors.Jean Limoges, 0 EST-IL DANGEREUX DE SE RASER?L\u2019habitude de se raser est apparemment la'dernière qui puisse menacer l'existence d\u2019un homme.Cependant elle est attaquée par le docteur MacDonald, de Washington, qui déclare qu'elle est la cause de toutes sortes de maux \u2014 névralgies et troubles faciaux\u2014et qu'elle tend à diminuer les chances de vie.Il faut toutefois reconnaître que ses déclarations sont empreintes d\u2019un certain scepticisme: Naturellement, dit-il.les maladies de la peau sont souvent le résul- - 5 \u2014 roche ine, til Hots pour Mes | arg el eux vs inées, lu le ans là ah ans à \u20ac à qu soif, etai Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE N Montréal, juillet 1921 tat de l'emploi d\u2019un rasoir malpropre, mais il n\u2019y a pas de sérieux danger aussi longtemps qu\u2019on fait usage de son rasoir personnel.En ce qui concerne le danger de névralgies, il peut coneerner particulièrement les personnes délicates, mais certainement nous pouvons hardiment raser notre visage après que tant de lignées ancestrales se sont adonnées à cette habitude.L\u2019usage et l'habitude sont la base\u2019 d'états physiologiques.Les Ecossais et les Tyroliens exposent leurs genoux pendant tout l'hiver et les Hollandaises ne cesseut de montrer leurs bras.Pourquoi la pratique d'exposer la peau de la face serait-elle plus préjudiciable?\u201d ~ Mais un barbier de New-York manifesta un vif enthousiasme en apprenant que le port de la barbe pourrait > préserver la longévité.\u2014~Ce serait une hénédiction pour nous, s\u2019écria-t-il; la plupart des hom- Mes se rasent eux-mêmes et ne nous \u201cvisitent qu\u2019occasionnellement pour la taille de leurs cheveux.Mais une barbe doit être entretenue soigneusement pour paraître élégante.Nos rares clients barbus passent plus de temps chéz nous qfie ceux dont le menton est délicatement rasé.- Cependant.il estime que cette mode ne suscitera aucune joie chez les jeunes filles et, aussi longtemps que les jeunes filles garderont cette animosité contre la barbe, les paroles du Dr\u2018MacDonald produiront peu d\u2019effet.T - - 0 Avec la main ce que Von cueille Se flétrit, se brise ou s\u2019effeuille; Il faut, si l'on veut être heureux, Prendre les fleurs avec las yeux.\u2014Louis Ratisbonne.trongmes qui cro poste émetteur pour en d\u2019un -seul ampère à \u2018= * #11 MARS EST-IL HABITE ?Pa A l\u2019encontre des plus éminents as- font à l\u2019existence des Martiens, habitants de la planète Mars la première des constellations supérieures, c\u2019est-à-dire dont les distances au Soleil soient plus grandes que celles qui nous séparent de cet astre, un savant prétend que cette planète ne peut être habitée par aucune créature vivante.Mars, est-il admis en Europe, est enveloppé d\u2019une atmosphère où la présence de vapeur d\u2019eau a étérévélée par le spectroscope.Les dessins de divers observateurs concordent assez bien en ce qui\u2019 concerne les accidents de la surface; on peut ainsi présumer l'existence de mers et de continents analogues aux nôtres.Des canaux allant d\u2019une mer à l\u2019autre furent aussi reconnus en 1878.Le professeur Henry Meier nie ces assertions et l\u2019existence d\u2019êtres semblables à nous dans la planète Mars, à cause de la température inférieure, de l'atmosphère raréfiée et de l\u2019absence de vapeur d\u2019eau.I estime qu\u2019une superficie lumineuse de 10 milles carrés sur la Terre, vue de Mars au travers d\u2019un télescope grossi 500 fois.apparaîtrait à une distance de 500 pieds comme une superficie d\u2019un pouce carré.Done, impossibilité pour les deux planètes de correspondre entre elles par le médium de la lumière, l\u2019atmosphère de la terre absorbant déjà 40 pour cent de la lumière projetéee.Tout'signalement radiographique est aussi impraticablN.TI faudrait établir un courant d\u2019un million d\u2019 ampères au obforir un \u2014 145 \u2014 Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE cepteur de Mars, quand la planète est le plus rapprochée de la terre.De plus, les puissants courants radiés par le soleil intercepteraient les faibles ondes distribuées par la terre dans l\u2019espace immense.Le plus important - est la négation d'une race d'hommes capables de correspondre avec nous de quelque façon.\u2018 Si M.Meier a raison, les Martiens sont des mythes et nous n\u2019avons aucun voisin dans l\u2019univers.0 LA LUNE SERAIT NEE DE LA TERRE - Des théories innombrables et variées ont été émises sur l\u2019origine de la lune.Quelques astronomes sont d'opinion que notre satellite faisait autrefois partie de la planète alors que cette dernière était encore à l\u2019état plastique et qu\u2019elle en fut violemment séparée.Ils prétendent qu\u2019elle oceu- pait l\u2019abîme qu\u2019emplissent actuellement les ,flots de l\u2019océan Pacifique.La surface de la lune (dont nous ne voyons jamais qu\u2019une moitié) est couverte de soi-disants \u2018\u2018cratères\u2019\u2019 qui ne ressemblent en rien à ceux de la terre.Ils ont la forme de cuves et sont bordés par des rochers d\u2019une altitude variant entre 5,000 et 10,000 pieds Le télescope en révèle au moins 25,000, le plus vaste ayant un diamètre de 800 milles.Feu le professeur Pickernig, de l'observatoire d\u2019Harvard, avait la conviction que la lune possède un petit satellite d\u2019un diamèfre de quelques centaines de yards et qui ne devient visible qu\u2019au moment où la terre passe entxe le soleil et l'orbite de la lune, plongeant cette dernière dans l'ombre.LA TERRE AURAIT 500 MILLIONS D\u2019ANNEES \u2014 Il y a 500.000.000 d'années \u2014 une bagatelle\u2014un énorme bloc de métal fondu se mit à tourbillonner dans l'espace.Cette masse, d\u2019après l\u2019abbé Thomas Moreux, de l\u2019Observatoire\u2019de Bourges, était la Terre.La sphère terrestre n\u2019était pas de nature à cette époque à loger sur sa surface un Paradis, sa température moyenne se maintenant aux alentours de 250 degrés Fahrenheit, L'abbé Mo.reux prétend dans une conférence prononcée devant l\u2019Académie dds Sciences que 250 millions d\u2019années plus tard.le monde se rafraîchit et put alors donner asile à Adam et Eve.La lune était habitée en ces temps- là, mais se refroidit tellement par la suite qu\u2019elle devint inhospitalière.Il en sera ainsi de la terre, assurent plusieurs savants.La période des glaciers reviendra et le climat du monde sera d\u2019un froid si élevé que personne ne pourra-tenir sur la machine ronde.D\u2019aucuns disent que le monde sera détruit par le feu; d'autres qu\u2019il sera glacé par le froid.Qui croire?Mys- tere! Cette grosse gelée ne sera cependant annoncée pour tout de bon que dans 2.000.000 d\u2019années.Nous avons bien le temps de nous précautionner! 0 » L'amour du beau, l'amour du vrai, les affections filiales, conjugales, maternelles, tout ce qui fait vibrer en nous un sentiment noble, trouve sa place dans notre coeur à côté de l'amour de Jésus, sous l'ombre de sa protection, sous la consécration de son divin voisinage.\u20140\u2014 .(\"est en entrant dans la pensée des autres qu'on les réconcilie avec la sienne Montréal, juillet 1921 \u2014-\u2014\u2014\u2014\u2014#\u2014 \"> Th, | Frog i i ie ! Xm; qui gi Vol, 14,-No 7 POUR LES AUTOMOBILISTES * Un lavoir portatif complet pour automobiles de luxe, type limousine, qui se plie et occupe peu d\u2019espace, vient d\u2019être mis au marché.Ouvert, il com- ; prend un évier avec eau courante, un .tiroir pour peignes, brosses et les au- tres accessoires d\u2019une trousse ainsi qu\u2019un râtelier et une tige pour les serviettes.Le couvercle est doublé à l\u2019intérieur d\u2019une glace.L'eau qui approvisionne le robinet est portée dans un réservoir sur la capote de la voiture.0 - LA MANGEOIRE PORTATIVE Parce qu\u2019ils ne peuvent atteindre l\u2019avoine qui couvre le fond de leur sac, les chevaux ont la mauvaise habitude de le secouer tellement que a tout le contenu s\u2019en échappe.Pour prévenir cette perte, cousez après le sac deux petites courroies en forme de \u2018\u201cV\u201d\u2019, reliées par un anneau.À cet anneau attachez une corde ou morceau de guide qui se termine à l\u2019extrémité des attelles.ol y | NES i ss vi .MG PR pu ih FANN res FCI À la guide, mettez aussi un anneau dans lequel passe cette même corde et le tour est joué.\u2018 Quand le cheval baisse la tête dans son effet pour manger ce qui se trouve au fond du sac, il se le ramène forcément sur le nez, c\u2019est-à-dire qu\u2019il le soulève par le retrait de la corde fixe et peut ainsi le vider sans en Jeter par terre.\u2014 147 \u2014 \u2018Vol.14, No 7 ~~ PROTEGE-POINTES f > Les pointes des compas de *précision menacent de se briser facile- \u2018ment quand on les transporte dans ,des coffres ou des nécessaires d'instruments p ou, simplement, dans des valises.Pour éviter cet ennui, il n'y a qu\u2019àpiquer les pointes dang un bouchon.Le bouchon doit Être coupéren petits morceaux rectan- glares.-4 0 Ù \u2018 LE PETIT CANOT Voici un petit bateau qui amusera sans aucun doute tous les enfants qui passent l\u2019été à la campagne.Ce petit canot est taillé dans un / -billot.Une fois fini, on place les roues , le chaque côté, et les quelques roues \u2018Accessoires à l\u2019intérieur du eanot.Ce ressort tfent une corde qui est reliée à , Ye roue placée à l'arrière du canot et z-ui donnera la force motrice lorsque la corde aura élé tournée.En jelant un.coup d'oeil sur notre \u2018vignelle, on verra avec quelle facilité on péut faire soi-même ce petit canot.LA REVUE POPULAIRE , Montréal, juillet 1921 , POUR LES COUTURIERE .Une table, ou, plutôt un pan de table qu\u2019on peut appuyer sur se genoux est de toute première nécessité pour les couturières et aussi pour les amateurs de campement.Cette table peut être taillée dans un morceau de bois léger ou lourd, à sa guise, un Temi-cercle à une extrémité convenir à la taille.- Une vis de pression est fixée à l'au- pour trépied de support eh fer, comme indiqué dans la vignette.= \u2014_\u2014 Q \u2014_\u2014 LUNETTES DE CHAUFFEUR Rien de plus facile que de se faire une paire de fet tes coloriées pour \u2018 faire de l'automobilisme, le soir.Les verres\u2019 sont-neutres, de la nature de it tous ceux que vendent les marchands\u201d F d'accessoires.Le \u2018coin de droite de chaque carreau doit être peinturé en Louse, gn rose ou en ambre, d& façon © : à épouser la forme dun demi-cercle, comme le montremotre vignette.L'encre d'une de ces couleurs séche el les lunettes sont prêtes pour l\u2019auvrage auquel on les destine.Quand vous êtes au volant de votre voiture, regardez au travers de la section claire; quand vous en rencontrez une autre.tournez les yeux vers la section coloriée de façon à ce que les fanaux de l\u2019autre uu- tomebile ne vous affectent pas./ avec \u2018tre bout pour s'adapter à un pied ou * I He R Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 UN HEURTOIR ORIGINAL simple fer à cheval se fabriquer un joli de porte.Il ne faut \u2018aire qu\u2019un ferrement qui, fixé à la porte par des clous ou vis, } tient lieu de crochet pour soutenir le fer à cheval.On doit courber les oreilles de ce dernier pour permettre aux rivets qui doivent relier le crochet au fer de se joindre.Le bruit métallique que fait le fer a cheval en retombant sur son appui aver- til les occupants de la présence des visiteurs.+ \u2014+\u20140 POUR LE TRANSPORT DE L'EAU Ce n\u2019est pas une corvée facile que de transporter des barils d'eau d\u2019un endroit à un autre, souvent éloigné, quand il faut les rouler avec ses mains.Voici un moyen plus pratique que le lecteur comprendra à la seule vue de la vignette.Une croix de bois est clouée à chaque extrémité du ba- ril.Dans les deux planches qui servent de travai] est passée une tige de fer à laquelle on adapte une corde solide ou des guides.En plus de faire un excellent tombereau pour le transport de l\u2019eau, quand il est plein, il peut aussi servir de rouleau pour les gazons ou tout terrain à aplanir.On peut avec un heurtoir ou marteau \u2014 149 \u2014 LES BAISFRS PAR LA POSTE On peut dans une lettre envoyer un vrai baiser.C'est très simple.Appliquez vos lèvres sur une earfe recouverte d'un morceau d\u2019'étoffe impres-, sionnable imprégnée d'une substance coloriée, tel que bronze, et elle en gar- x dera l'empreinte.I] est moins compliqué d'appuyer sur un papier blanc des lèvres rouges de carmin.La substance idéale qui garde le sceau des lèvres cst faite de miel, de gorame arabique et cochenille.0 ILLUSION D\u2019OPTIQUE Un artiste dessine à son établi deux cadres pour portraits, l\u2019un carré et l'autre ovale.Ils doivent être de la même hauteur et de la même largeur.Un curieux qui le regarde travailler prétend que le cadre carré est plus long et plus large que l\u2019ovale.On les mesure avec une règle; ils sont identiques.C\u2019est un simple exemple d\u2019une illusion qui résulte de la différence dans les fôrmes.La grandeur suscite ainsi plusieurs autres illusions! Vol.14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1821 UNE LIME AUTOMATIQUE Il faut beaucoup de pratique pour savoir user de la lime d'une fagon profitable.M.Boulant, un ingénieur de Paris, pour simplifier ce travail et suri tout pour aiguiser, affiler et limer les 5 métaux qui servent à la construction des machines a inventé un appareil rès simple mais des plus pratiques.La lime est placée verticalement -dans une machine qu'on peut fixer comme le montre la vignette, sur le coin d\u2019un établi, La lime reçoit une motion de haut en bas; en descendant, ses dents mordent le métal qui doit être aiguisé; en montant, elle revient très lentement pour ne pas gâter les dents.= - 0 DES SOUS DANS L\u2019EAU Prenez un verre ordinaire\u2019 et rem- plissez-le d\u2019eau jusqu'au bord.Fai- tes-y maintenant tremper un sou à mottié et laissez-le tomber ensuite au fond du récipient.Submergez-en ainsi plusieurs dans le verre jusqu\u2019à ce que l\u2019eau déborde.Vous serez surpris du nombre de sous que vous pourrez ainsi y plonger avant que le liquide se répande au dehors.I n\u2019y a là qu\u2019un simple phénomène de capillarité qui se présente chaque fois qu\u2019une paroi solide est en contact avec un liquide.O L\u2019ORIGINE DU PARAPLUIE L'Espagne.l'Italie et la France faisaient communément usage du parapluie un siècle avant que l'Angle! \u2018rre ne se rendit compte de son utilite .Il est donc probable que les premiers colons du Canada français s'en servirent quelques années avant'leurs contemporains de la Nouvelle-Angleterre.Un citoyen de Baltimore l'introduisit aux Etats-Unis en 1769.Son apparition souleva l'hilarité générale et cet appareil de première nécessité fut longtemps considéré comme un article de luxe bon.tout au plus, pour quelq tes efféminés, pu À ip, Tey dl x 4 i \u201ciin ! He in Ang \u20ac a 168 Ale | niae} Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréäl, juillet 1921 f Le parapluie fut exportée de France en Angleterre.au milieu du dix- huitième siècle, par Jonas Nauway.Son invention n'est pourtant pas récente puisqu'on en accorde la paternité aux Chinois, les génies des an- eieus temps.Les premiers parapluies étaient d'une armature lourde et malcommode, si lourde et si grossière que les charretiers et cochers de fiacre de Londres entreprirent contre eux une terrible campagne en 1778, pour convaincre le peuple de.se servir plutôt des anciennes voitures.0 LES CADRANS DE 24 HEURES Les uns après les autres.tous les cadrans de France ont recu leurs nouveaux caractères numérotant les heures du jour-de 1 & 24 au lieu de 1 à 12.Les chiffres additionnels sont placés au-dessous du grand cercle.7 La journée de 24 heures a été officiellement adoptée en France mais la population ne l'a.pas recue avec beaucoup d'enthousiasme; les gens ne peu vent voir les avantages que comporte cette innovation.t En Italie et en Belgique, les heures du jour sont depuis longtemps comptées d'après le système des 24 heures, mais les gens de ces pays parlent plutôt de 10 heures du soir que de 22 heures et écrivent 1h.p.m.plutôt que 13 heures.Ces cadrans de 2% heures ne sont pas du \u2018tout d'invention américaine, comme d\u2019aucuns veulent nous le donner 4 croire.Rien de plus francais.Dans la basilique de Saint-Denis.prés de Paris.le tombeau de Louis XII est orné de statues dont l\u2019une porte une horloge de marbre: et le cadran de cette horloge.qui date du XVIe siècle, est numéroté de 1 à 24.\u2014\u20140 L\u2019HISTORIQUE DE LA CANNE Le port de la canne remonte au premier homme.Nu! doute qu\u2019Adam ne la porta dans l'Kder au cours de ses nombreuss promenades avec Eve.Tl dut.s\u2019en servir soit comme ornement.soit comme moyen de défense contre tous les animaux de la création qui, eprès avoir péché.luisrendirent certainement la vie mauvaise.Une étymologie du mot se retrouve dans toutes les langues, mortes ou vivantes.arabique ou hébraïque, grecque.latine.anglaise el francaise.À Rome, le nom est une dérivation de \u2018\u2018cani\u2019\u2019, pour un chien.substitution de la cause à effet, parce que le peuple s'en servait pour abattre les chiens sauvages dans les rues.Les chiens tombaient comme mouches et non contents de réserver Ta canne à cet usage.les prébéiens s\u2019en donnaient de grands coums sur la tête.à la moindre dispute.Un consul l'abolit, permettant aux nobles seuls de la porter. i \u201c $ ; ; Bi § -de Paris quelques Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 i oT La canne, dés le cinquiéme siécle, devint en Angleterre un attribut de l\u2019aristocratie, L'usage en étant devenu fréquent par la suite dans les basses - classes, les nobles ne voulurent plus \u2018s\u2019en servir.Les pèlerins militaires qui revenaient des Croisades en Terre Sainte la remirent en honneur dans toute J Europe.\u2019 L'histoire rapporte que le roi d\u2019Angleterre, Henri VIII, assista 4 la décapitation de sa femme, Anne de Boleyn, une badine à la main.Îl\u2019en fut bientôt dans ce pays comme dats l\u2019ancienne Rome.Edouard Ier mil la canne au ban à cause de f .SANS 4 10044 \u20ac CC l'abus qu'en faisaient civils et soldats qui ne pouvaient se rencontrer sans se rosser d'importance.La canne ne fut plus un insigne de noblesse, en France, au commencement du seizième siècle.Elle fut remplacée par l'épée que tous les gentilshommes porlaient au côté et qui convenaient mieux au tempérament belliqueux de nos mousquétairés d'alors, De nos jours, la canne, en dehors des écoles d'escrime où l\u2019on manie le bâton long et court comme un fleuret, est devenue un crnement.Un stick à pomme d'or ou d'argent complète une toilette.= DES POISSONS AU CORPS LUMINEUX _ Le prince de Monaco a soumis der- nièremient à l'Académie des Scionces notes \u2018précieuses Sur les céphalopodes.(mollusques ca- Tactérisés par une tête couronnée de Les premiers types de céphalopodes que le prince a éitudiés avaient un projecteur électrique fixé au milieu de la tête.Ceux-ci.les plus récents, se servent de leurs yeux (ils en ont de tongs appendices à l\u2019aide desquels ils rampent ef saisissent les objets) qu'il vient de caplurer et dont certains mesurent jusqu'à 13,000 pieds de longueur.x deux a dix) pour voir el pour éclairer les profondeurs de la mer.Cette lumière ne peut être qu'\u2019artificielle, car les rayons du solei) pe pénètrent pas dans ces abîmes insondables.\u2014 152 \u2014 RM (OR: Bry D van chif nif + Rone Brow mali B ir, | ot bn | oi, + qin Rte Qu | vo \"blu | ng i \u201c4 due diy Hoy de; \u201came me \u201cln, pr | | | | J 1, (i fee .14, No 7 LA REVUE POPULAIRE 4 Montréal, juillet 19-31 Tout ce que les Etats-Unis comptent de jolies filles bien dotées, d\u2019affriolantes danseuses et de demoiselles pauvres, mais remarquables de beauté, rêvent d\u2019épouser ce jeune dieu » John Nicholas Brown est entré dans sa majorité le 22 février dernier of en même temps dans ses biens oui sont considérables, 1] \u20acst l'héritier des Browns de Providence et le dernier mêle du nom.La fortune de son zrand-père, John Carter Brown.se chiffrait à 825.000, 000 quand i! mourut en 1874.Par uu curicux at adroit concours de circonstances, le jeunhe \u2018 Brown hérite aujourd'hui de tout le patrimoine accumulé par le grand- père; son père ei les femiues.Il a été caleulé que cette fortune de $25.000.000, placée depuis 1874 à un intérêt très modéré de 5 pour cent.composé bi-annuellement.devait s cfever aujourd'hui à $254,673.- 263.94, de quoi permetire à un ado- lesceut quelques douceurs Quelle heureuse jeune fille deviendra l'élue du cveur d'un gareon aussi prodigieusemeut riche?Il est tout 1rà- turel qu'étant riche connne trente-six Crésus.il conrple autant d'admiratrices.que les sables du désert.Aucun doute que pombre de belles personnes se proposent de lui enseigner à dépenser agréablement ses millions, D'ailleurs.ce riche mortel est un fort joli garçon.On s'imagine toujours qu'un homme fortuné est plus prédisposé au mariage qu'un au- \u201cprirent de bergères cl 2 Lop i .etai tre.Mais qui sail*si celni-lh ne pnéfé- era pas leceliba! au conjungo?air, NatiureHeinent, jouer les jeunes Îles de la souiéié de Mewport où it est né onf un oe:l-\u2014et le hon-sur fui.Vromipera-t-\"} }enrs espoirs an Énou- sant\u2019 une Vanderbill une Astor, ne Tavgmeyor une Farrimonÿ, loplés ATES si riches que fw?7 Qui sait s'il ne ! romanesque! Dans l'antiquité, bien des rois et des \u201cera pas un martaio il veut scigueurs qui s\"E.de servantes.Il se \u201cpeut aussi gu il, guvre son coeur a quelque danseuse de vaudeville ou à quelque grande vedètte de l'écran.Dans les ateliers d'aglisie.les modèles sont aussi de bion aftrayantes erdalures.Irg-1-1 encore chercher sa Dulcinrée à F Étrauger, trouvant les Je eur 105 Amcricaines trop indépendau- tes\u201d î Antant questions que doivent se poser les filles à marier\u2018 Le jeune Brown poursuit en ce moment ses éludes à l'Université Harvard.Son grand-père est le féndateur du Brown University, la plus.impor- {anle maison d\u2019enséignement de Providence.Quand sa mère décida de l'envoyer à Harvard, la famille en eut beaucoup de chagrin.Le père eui voulu voir le Vol, '14, No 7 dernier titulairedu nomse distinguer à son institution.Mais la discipline y était trop sévère, les études trop sérieuses, pour cet enfant gâté qui avait plus besoin de soleil et de distractions que de connaissances utiles et de diplômes.| : Quelques mots d\u2019explications sur I'accroissement de la fortune qui vient de tomber toute faite entre les mains du jeune John Nicholas sont néices- saires.* Le vieux John Carter Brown qui jeta les bases de cette fortune colossale acquit trente-cing millions de dollars dans l\u2019industrie textile, consacra une partie de son avoir à la fondation de cette université florissante dont nous avons parlé plus haut et laissa le res- te\u2014- c\u2019est-à-dire $25,000,000 \u2014 par fidéicommis en dépôt pour ses enfants en 1874.11 en avait trois, John Nitho- las Brown, Harold Brown et Sophia Augusta, qui devint dans la suite Mme William Watts Sherman.Son fils aîné, John Nicholas mourut neuf semaines après son mariage avec Miss Nathalie Bayard Dresser qui donna le jour à un fils qui porta le nom du père et dont il est question en cet article.Le frère du grand-père disparut quelques années après lui, ne laïssant pas de postérité.La sante, Mme Sherman, donna ses biens à la succession Brown.de sorte que le jeune Brown se trouve l'unique propriétaire de l'héritage familial.Dès sa plus tendre enfance, on entoura son berceau des soins les plus vigilants et le roi de Rome, l'héritier présomptif de Napoléon Ier, ne fut pas l\u2019objet d\u2019une plus grande sollicitude.Rien ne fut épargné pour sauvegarder ses biens et sa santé.Des gardes veillaient sur ses trésors et les RASOIR CE PEER SES RE I LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 sommités médicales étaient mandées pour le moindre bobo.Il eut dans ses jeunes années pour le nourrir une vache dont le lait était stérilisé et passé dans les tamis les plus fins.Cette vache broutait l\u2019herbe grasse d\u2019un pré de $100,000.Le petit homme buvait une chopine de crème par jour et des litres de lait.\\ Vers l\u2019âge de dix ans, on lui donna un pony qu'il montait, esicorté de deux cavaliers qui surveillaient la bête et l\u2019enfant.y Durant toute sa jeunesse d'ailleurs, il fut flanqué de détectives qui couvraient sa, personne et devaient le défendre contre des agresseurs probables.Les bruits circulèrent, en effet, que des complots se tramaient pour le tuer et lui ravir sa fortune.Le parc où il jouait et se promenait était entouré de fils barbelés et les fenêtres de sa chambre grillagées.Il ne se rendait à l\u2019église qu\u2019accompagné d\u2019une domestique et de deux solides gardiens.Les menaces de mort devinrent un jour si alarmantes que le jeune Brown fut envoyé à l'étranger où il passa un an dans la compagnie de sa mère, d'une tante.d\u2019un cousin, da deux bonnes et de deux serviteurs.En dépit de tout son argent, certains jouets qui font le bonheur des gamins de la rue et des enfants pau- | vres lui étaient interdits, à cause des dangers qu'ils offrent.Ainsi, le jour du 4 juillet, le jeune Brown ne pouvait prendre part auz réjouissances publiques en faisant éclater des pétards ou en lançant des serpentins.A douze ans.il prit sa première leçon de piano et manifesta un goût assez sûr pour la musique.On vit aussitôt en lui un grand artiste! 54 \u2014 eut ANT EIT nm ie po Pe =a codes = a: is EE \u2014\u2014 \u2014\u2014 = SET \u2014 x = Es EE \u2014 = = org a rs EE SED Ce ae Er re an Rey es = 22 => TE ra = Ss = == = ce cs ses = es em, == = = 2 == I SE as DEEE es Emre ee = ST Ts SE HS I ey Se 2e SE Ro = ee = Sa = Es UE - -a fa 2 2 Montréal, juillet 1921 Ui 5 3 NN EN 7 = M) W 74 \\ \\ \\ à LOT 7, D SF - PR | a0 \\ \\N Ih a, WN + | A à Aa ) AR HN 7) or, SN \\ TN ha J.NY AR = AS Nag < = ces NAS VO) « SN xo = PS = SN , \\ \\ \u201ceu 3 hi i Qu = A | aS 3 X \u2014 G A) Ê, a | G/L 4 7 7 i) A ÿ 4 \u20ac A | \u2014\u2026\u2014- 155 \u2014 SN oy N Bus peo dl \u201cà NS 4 \\ Te » J 2 TA LA REVUE POPULAIRE CR A 7 WY \\ Xe y SE CA D D a a3 \u201cy oA hJ [ = ?_ ) our \u2014 Æ = = ème na ur a = = = \u2014 = æ \u2014 \u2014 lef jeur cer de = © a A \u2018- * \u2018 ~» Vol, 14, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 tac Un athlète parfait fut engagé vers noeuvrer des embarcalions de toutes cette époque pour lui donner un en- sortes.trainement physique spécial.II ent Aine musique mécanique jouait son\u2019 gymnase el praliqua tous les dans le pare des airs joyeux du matin sports.au solr, A huit ans, il apprit à conduire une petite routière électrique.II semble que plusieurs personnes du beau sexe aient tout tenté pour se charger de l'éducation du jeune Brown Il y à quelques années.Mme Rose Diestelhorst, de Kansas City, à - qui était confiée l'administration de la prenait ses ébats, sous les yeux de ses succession de sa fille Elva, fut assi- fidèles serviteurs._ gnée par le tribunal pour comparaitre «4 une enquéte sur I'éducation de sa Daus ce séjour enchanteur s'dten- protégée: daient des nrés verts of «les jardins \u201cElva doit épouser John Nicholas fleuris à par te de vue, Tout était dis- Brown, le plus riche garçon d'Améri- + posé pour : inciter l'enfant à la gaîté que, elle n\u2019a pas besoin d'éducation et habituel con esprit 4 In beauté des pour cela.\u201d dit-elle au juge.\u201cchoses, 4 Mme Brown ne connaissait cette Au secohd étage du palais se tron- dame ambitieuse ni de nom.ni de väient feu vastes chambres inowdées vue.de soleil et le hon air.l'une pour le Le meilleur camarade de John à jour et pantie pour la nuit.tne cham- Newport fut le jeune William Henry bré'de bain et les appartements de ses Va nderbilt, fils ainé de feu Alfred Van- Etant enfant.sa mère eut pour lui l\u2019idée d'un véritable châtean qui lui servit de nursery.Lesité en était aussi salubre que pittoresque.Le palais s'é- lexait, à la manière d'un burg l'éodal.sus une hauteur.face à la Baie de Nagragansett.Les eaux au has venaient mouiller la pelônse où le gamin @ \u2014 domestiques, derbilt.et héritier des millions de sa 3 Au troisième élait la chambre de famille, 3 jeux.Cette.chambre mesurait 37 Le sort des deux enfanls se ressem- pieds x 30.Loe sorte d'alcôve était\u2019 blait sur plusieurs points.Tls furent creusée dais les murs de celle cham - rapprochés davanlage par un mariage bre qui péuvait être transformée en la soeur de Mme Brown avant convolé uhe scène improvisée ou en une mé- avec George W.Vanderbilt, nagerie, selon le caprice du petit mat- Plus tard.ils fondèrent de concert tre.utlo associatioh dite, \u201cThe Brentan\u2019s Cet enfoncement contenaït tous les Reel Yacht Club\u201d.11 en était le com- jouets imaginables, d\u2019énrormes lanter- modore et Vanderbilt.I'unique mem- nés\u201d magiques el un appareil cinéma- bre.tographique muni de tous wes actes- Son premier bateau à voile, qui me- soires.J\u2019 \u2018 gurait 15 pieds.fut \u201cLe Murmure\u2019.Dans I'étang du pare nageaient non- Un instructeur lui apprit à le piloter.chalamment les cygnes blancs et four- Vanderbilt dirigeait \u201cle Caprice\u201d nffilaient les poissons qu\u2019il pêchait de Grâce ayx soins méticuleux qui ont temps à à autre.John Nicholas trouvait enveloppé sa fréle personne.à l'en- aüssi'un grand plaisir à y faire ma- traînement \u201cphysique qu'il a suivi, SF Vol.14, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921.étant petit garçon, au goût des sports qu\u2019on lui a donné, le jeune John Brown, aujourd\u2019hui âgé de 21 ans.est un petit seigneur de belle allure, vigoureux et intelligent.o LES CAPRICES DU MARIAGE Le bonheur conjugal peut-il reposer sur la disparité de deux caractères ou tempéraments?Pourquoi pas?Des géants boivent à la coupe que leur tendent des toutes petites femmes le nectar des plus diving plaisirs et des mégères furibondes rendent heureux des bouts d'hommes grands comme le bras.Si deux êtres qui n'ont rien de physiquement comnrun peuvent trou - ver dans le mariage la réalisation de leurs rêves, pourquei en serait-il autrement chez ceux qui, tout en étant d'égale beauté, ont des lempéraments diamé tralement opposés?Tous les ménages de bachelier et de bonne cuisinière ques je fréquentes sont étroitement unis.J'allais, l'autre jour, dîner chez un ancien camarade d\u2019université qui épousa, ses études terminées, une jolie femme aussi peu instruite qu'un déménageur de pianos, mais qui possède toutes les vertus d'une impeccable maîtresse de maison.Le repas fut insipide.Mon ami avait disposé les plats en figure géométrique et sa conversation se fit si savante que le pot de confitures même en prenait un air de sérieux scholastique.Je ne pus, avec les farces les plus monstrueuses, lui arracher le moindre sourire.Quant à sa femme, elle n\u2019ouvrit la bouche que pour manger.Je sortis de là ahuri, avec l'idée de faire les plus grosses bêtises pour me changer les esprils.\u2018Le pauvre garcon, me disais-je en m'éloignant, quelle triste vie il doit mener avec à cette petite dinde qui n\u2019a pas deux.idées intellectuelles dans la tête?\u201d |; Ge couple s'enlendait au contraire, très bien et mon ami ne farissait pag, en éloges sur le compte de sa femme.Elle, de son côté, l'adorait et s\u2019enorgueillissait de son intelligence et \u2018de son grand savoir.Le soir, à son re-\" tour du bureau, après une journée de dur labeur, une table frugale lui était servie.Pour un cerveau fatigué, quer\u201d repos qu\u2019une femme modeste! Le\u2018fét pas pris.elle iui poussait le meillëti#\" fauteuil au-coin de l\u2019âtre et vaquait à\u2018! ses occupations coulumiéres.- Si j'avais épousé une femme brillante, rae dit-il un jour, j'aurais passé ma vie au club.La, je suis certain de: trouver la paix chez moi.En sortant de l\u2019arène des affaires.l\u2019Eomme a be- .soin de changement.Si de son bureau .où il a eu des discussions tapageuses il se rend à la maison pour en soute- , nir de nouvelles avec sa femme, il ignore le prix du repos.Josette ne boude ni ne dispute.Je vis dans un, Paradis.\u201d : SP LES MOUCHES ONT HORREUR DU BLEU .\u2018Les mouches sont daltoniennes ets certaines couleurs les affeetent pro fondément.Elles ont particulièrement le bleu en horreur.plus encore que le; rouge et le jaune.sai On peut mettre à profit cette constatation pour établir un dispositif permettant de chasser les mouches qui, envahissent, en celte saison, nos,ina,: térieurs.Ce dispositif consiste à muy- nir les fenêtres d\u2019un châssis mobile vitré en bleu.iad Quand on ouvre ce châssis, les\u201d mouches contenues dans la pièce.lim} bérées de l\u2019obsession de la lumière, bleue, se précipitent au dehors, oo \u2014 187 \u2014 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 LE SANG, C'EST LA VIE Pour le traitement de PAnémie, de la Neurasthénie, de la Tuberculose, du Rachitisme et de toutes les afiections pulmonaires L\u2019HISTO-FER GARNIER | est le remède tout indiqué.C\u2019est le tonique !e plus puissant de nos jours.Résultats assurés.PRIX : $1.25 LA BOUTEILLE.EN VENTE DANS LES MEILLEURES PHARMACIES ET AUX PHARMACIES MODELES DE GOÔYER AGENTS SPEGIAUX : 217 rue Ste-Catherine, Maisonneuve \u2019 180 rue Ste-Catherine Est Lasalle 1664 Tel.Est 3208 Le parfum recherché \u201c FAITES-MOI REVER \u201d de J.JUTRAS ~ Toute personne qui m\u2019enverra son nom et son adresse, recevra des gentils buvards parfumés à l\u2019arôme de FAITES-MOI REVER.Ecrivez immédiatement comme suit : J.JUTRAS, parfumeur > 1421, ave Papineau Montréal, Can, Prix $2.50 l\u2019once 35c la bouteille d\u2019essal LISE RP RIRES CIRE SOS PRESS PEN OPERA ORPI DR TT RF LT NL PE PTE Hf LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 \u201c EXAMEN DES YEUX Svrnisoy Des veux we ugh camentg opération ni douleur.Nos \u2018B, sont garantis pour bien VOIR de LOIN ou de Verres Toric, nouveau style A ORDR PRES, tracer, coudre, lire et écrire.Consultez le Meilleur de Montréal, Le Spécialiste BEAUMIER A L'INSTITUT Coin AF.Hôtel-de-Vilie D'OPHIQUE 144 rue Sainte -Catherine Est, MONTREEAL © AVIS \u2014Cette annonce rapportée vaut 15c par dollar sur tout achat en lunefterie.Spécialits Yeuæ artificiels.N\u2019achetez jamais des \u2018\u2018pedlers\u201d.ni aux magasins \u201cà tout faire\u201d si vous tenez \u2018a vos yeux.\\ * L > \u2014\u2014\u2014 AVIS A NOS LECTEURS \u2014\u2014\u2014 Fidèles au programme que nous nous sommes proposé et désireux de donner satisfaction à nos lecteurs en généra), voulant en un mot que le Revue Populaire soit impeccable comme revue canadienne-française, nous tenons à informer nos abonnés, surtout les Directeurs et Directrices d\u2019Etablissements d'Eduoatioh, les Pères de famille, bref, tous ceux qui s'intéressent à la saine culture de l\u2019esprit de notre jeunesse, que nous venons de sacrifier les intéréts pécuniaires de la Revue Populaire pour qu\u2019elle soit absolument sans reproche.On nous reprochait souvent de publier certaines annonces au vocabulaire plutôt déplacé dans une revue de famille comme l\u2019est la Revue Populaire.Or, ayant compris la justesse de ces réclamations.nous tenons à affirmer qu'à l'avenir aucune annonce de ce genre ne paraîtra dans la Revue Populaire.Nos amis voudront bien prendre uote de votre résolution à ce sujet, et, nous n\u2019en doutons pas, ils recommanderont la lecture de ia Revue Populaire, désormais à l\u2019abri de tous Commentaires fêâcheuæ.ECRIVEZ-NOUS.Si les articles ne vons donnent point satisfaction ou si vous êtes\" tfompés d\u2019une manière quelconque par les annonceum de cette revue, écrivez-nous et nous verrons à vous faire rendre justice.- DANS LE PROCHAIN No DE LA \u201cREVUE POPULAIRE\u201d NOUS PUBLIERONS UN SPLENDIDE ROMAN SENTIMENTAL rs \u201c L\u2019HERITIER DU NOM \u201d par PAUL de GARROS res (Yom Le mois suivant nous publierons un autre épisode aventures du mystérieux docteur Cornélius. SENSIS HH Vol.14, No 7 / LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1921 LA ABÔNNEZ-VOUS AU JOURNAL LE PASSE-TEMPS : (Fondé en 1895) ; | i Dons | SEPT ou HUIT chanSons; | chaque DEUX ou TROIS morceaux de piano; m numéro Aussi Musique de Violon; = en trouve : Conseils et Renseignements sur les Disques.ABONNEMENT : | Canada, $2.50 \u2014 Un an.\u2014 Etats-Unis, $3.00 1 Un numéro, 10 :- : En vente partout.| Adresse : 16, rue Craig - Est, \u2014 \u2014 Montréal.==\" Demandez notre catalogue de primes.\u201c1 w J - 6) TT
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