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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Février
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1922-02, Collections de BAnQ.

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[" fr 4 » A Aer hdd 14 PER NOTRE ROMAN COMPLE.IR 33H LE PRIX DE LA GLOIR Par Henry de FORGE À s BAnQ 2 O ai 2 400 | 2 ; : ia \u2018 ; La 3 i 08 Dayal ky lh 4e ys 0 te, \u2014 i , j ue i : EJ : h 1 ; i Gg ; 14000 AE os ic dt lt ht 3 ite ates fetes + tit O00 ete Pe We OOÛ Ol a at, # SRR À i ¢t 4 ¥ 300 00 & J = he tts + DO i i Fy here ts ik ik 4 iss hel \u2014 of & TE Ÿ 8 les f i er qe \u20ac hi 200 fi fe ve A F5 7 q hy # tH) wh Où $ = & ae bo \"+R, x 4 oe = Fa Heels oy iF, Bet Ooù Nhe au 4 i Ce it! es Où me, Ht \u2014 sete dell i ih 5 sale 1.4e ho ae He a i Zi 2 \\ % ! \\ [ i .a # : 1 OO te A x, 00 ves, / i = A i f x rig my k a \" On st 4 i vi a 5 Vy it ÿ ising, À mére 7 / ihe, OÙ £3 de ti A Qi ize 54.A | } # a (MH oF 3 2 & Fadl, He i il 4 3 i th à 4 ; hil ih de 4 % * AN hf ay, Lt: i i SE Hod i ki Ss 8 wo iia EC | i ÿ ht Bh (ld \\ BE i i | ith ; Hi hl (ht \" i d ILLUSTRE : hh ve .MAGAZINE MENSUEL un où pot i, dot POIRIER, BESSETTE & CIE, édits-props, 131 Cadieux, Montréal ) cl 1h vo 1e ih hy IN OÙ i Bani Wh MEANS ol.15, No 2 fi i 0 i Février 1922 4 hh 0 de ih H 3 Qu Ki a a a, \u2018 re A a crm me ~~, fr tte Se, [HN Dci ARS Re Qu dt hh HILLARY ai Lad he Où ot De ut 4 hl 4 0 dy WA te - 0 NG AREF TRA Ji i Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 GRATIS POUR VOUS MESDAMES ! EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE EN 25 JOURS \u2014\u2014\" TOUTES LES FEMMES DOIVENT ETRE BELLES ET TOUTES PEUVENT L'ETRE, AVOIR UNE BELLE POITRINE, ETRE GRASSES, RETABLIR LEURS NERFS.CELA EN 25 JOURS AVEC LE Réformateur Myrriam Dubreuil Approuvé par les meilleurs médecins du monde, les hôpitaux, etc.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l'action bienfaisante du TP FTOII \\- TEUR.Il mérite la plus entière confiance rar |i | @ est le résultat de longues études consc'encien- ses; approuvé par les sommitËs médicaies Ie | REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL est un produ:t naturel, possédant la propriété de raffermir et de développer ia poitrine, en même Fe temps que, sous son action, se comblent les [ - creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, garanti absolument inoffensif, bienfaisant pour la santé générale comme 1 Tonique.Ie Réformateur est très bon pour ; les personnes maigres et nerveuses.Con- 3 venant aitssi bien à la jeune fille qu\u2019à la 4 A femme dont la Poitrine a perdu sa forme | harmonieuse par suite de Maladies ou qui ! n\u2019était pas développée.4 Le RFFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL jouit dans le monde mé- A dical d\u2019une renomméa universelle et déjà ancienne comme reconstituant et aliment de la beauté, tout sn restaurant ou en augmentant la vitalité sans oublier qu'il contribue,en même temps, à chasser la nervosité, migraine.= neurasthénie.- à ENGRAISSERA LES PERSONNES MAIGRES EN 25 JOUR 8 Envoyez 5c en timibres et nous vous enverrons GRATIS une brochure À illustrée de 32 pages, avec Echantillons du Réformateur Myrriam Dubreuil.À Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprirnés A et souffrant d'épuisement nerveux, etc, quel que soit leur âge.Toute correspondance strictement confidentielle.Les jours de consultation sant : J Jeudi et Samedi de chaque semaine de 2 à 5 heures p.m.| | Mme MYRRIAM DUBREUIL À 250, PARC LAFONTAINE, MONTREAL A Dept.1 \u2014 Boîte postale 2353 RTI rheinieieies te ot Vol.15, No LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 { Li i: = ' fit _ (3 Ut te (0 mnie ; : ; tt, ets Wt or OG me \u2014 Où pi aes ; fie.tt 10.oy telat) % tte ole js unes La plus importante Librairie et Papeterie : mo NE ; F rançaise du Canada : ee tata : eus jt etes OGC at ass te.On te ! Ë ; { $ ; où où ; ete 4 10 eet pe, QO00 RES = te ase 1 = es Wt a tyes us OOO tee au GRANGER FRÈRES ht te 00 Od ot O00) * y} Ts CODE tes ne si ete $y ill) 44 res Libraires, Papeliers.Importaleurs lenis mr mm he i \u201407 té Où 160, ity orem ; ve 0 \u201843 NotreDame0uest, Montréal te où +e = re : 222 pe 0 aS Be : ne i un oe th tete ht on ST \u2014\u2014 fie bo i MN) We 4 Wht Oi tol tt i nt Wei der é pce O0 ae ti .hae O0 it its Hi et \u2014 \u2014\u2014 Ces i re mt | 4 arte 1,4 cs it Où em sant SLIT ji at a Fondée en 1885 elyiels: Ol Yo ae Ven bi as ur vais niet = TIT \u2018f, 1500 A plese Catalogues envoyé ih hh et et ii a TG 4 at ee ÿ pe sur demande 0X 3} \" | ÿ : i : De | NI { \\ hy i ; { vu a Ea : \u2014 | ET, at ¥ hil TE ' | : ; j i th at Hi 44 Jd Ht a trés i N + it as i JO00 JoÙ a qo iY i a M fist te vue te it ;+ Ke nt, + 4 etat de mG wm hy te i, il OÙ i te Inst ts 08 (x) ne ÿ VO +.ur Xi 1 XK] OÙ \\ ets CO he : ; 8 ue : ft {x} : vu ne ae wb 4 + ih INS 1 Sd Ly 4h RN TIRAGES pa IN DEN LS Dir ; ÿ : ih! IN : | Vol.15, No 2 : LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 / Elle est heureuse d\u2019avoir une belle peau Hn\u2019y a pas de plus grand bonheur que de savoir que votre peau et votre teint ont toujours une jolie apparence.Que de fois vous avez souhaité voir une amélioration sensible \u2014 vos joues reprendre le velouté et la fraîcheur de la jeunesse! 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c'est un fait.Ainsi, poursuivit-elle, vous savez bien que deux amoureux ne doivent jamais ge faire photographier ensemble, parca que ça porte malheur et que deux amoureux ne doivent pas être de compérage, pour la même raison, \u2014Heureusement que vous n'êtes pas superstitieuse, mademoiselle, sans quoi.; \u2014Mais ce n\u2019est pas de la superstition cela monsieur l\u2019incrédule.Ainsi, vous savez bien que le matin des noces, la fiancée doit être réveillée par sa maman et par personne d'autres, qu\u2019elle ne pt BB ae doit pas se peigner deux fois; qu'elle ne doit pas être trop heureuse de quitter le logis paternel, car c\u2019est un signe certain qu'elle y reviendra avant peu à sa courte honte.\u2014 Non?\u2014Oul, monsieur, ce sont des faits contrôlés par lès savants.; | \u2014Oh! les savants, oo \u2014Oui, les savants qui prétendent que sf une vieille personne est la dernière à nous présenter ses souhaits de bonheur le jour du mariage, c\u2019est un hon signe pour l'avenir, Ce sont encore les savants qui avanoent que la personne qui a réussi à faire un mariage a réussi à se faire deux ennemis; ¢a vous ne le nierez pas, monsieur Thomas?Vous savez, également, qu'il est malchanoeux de retarder un mariage?De briser un verre le matin des noces?De toucher un linge de vaisselle, oar on sera la servanta de son mari durant toute son existence?Une veuve ou un veuf ne doit pas être admis à une oérémonie de mariage: signe de mort prochaine pour l'un des conjoints.Tenez il y & une chose que vous ne pouvez ne pas admettre, c\u2019est que si vous additionnez les lettres des noms de baptême des conjoints et que le résultat soit pair, c\u2019est le mari qui mourra le premier; ai c\u2019est le contraire, c\u2019est la femme.Qa c'est la vérité.Vous savez également que si vous n'avez pas eu de querelles jusqu\u2019au septième jour, vous n'en aurez pas durant les sept premières années, \u2014Et après ce laps de temps, demandai-je timidement ?\u2014Oh! là! nous tombons dans le domaine de la superstition, me répondit, imperturbable, ma petite brunette.La dame de la maison entrant avec des rafrai- chissements mit fin à notre conversation.Et je restai pensif devant mon verre de orême de menthe, à côté de ma petite brunette aux yeux malicieux, qui n\u2019était pas guperstitieuse, oh, mais là, pas du tout, Paul COUTLEE, dut tt rio nat at aan dE eal i coo Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 31 VOUS DEMENAGEZ ?Envoyez-nous votre nouvelle et votre ancienne adresse.Le Bureau de Poste ne fait pas suivre les magazines comme les lettres.Surtout, envoyez-nous ces renseignements pour le 15 au plus tard du mois précédent, date à laquelle nous révisons nos listes, câr nous sommes dans l\u2019impossibilité d'envoyer des numéros duplicata.Nom ee.tostsosone P00000008008080 eossosor \u20ac eo.ve.+.se ee 2 oe RUB.\u2026cvcrcooncroranerevessosser $t0onssescesscessnssnoes rtrserssssesemetenesnnttsesereenessntte oevrsene LocalitB.cccorssercenssccssses ssoses ee SSCP IVILONEERITIOPTIS ING DS teseuse SPOTS POSES secre 0008000008000 008 Ancienne Adresse sreOVOA0HBE0Ÿ SOVSGCAHOUSNESONNSONSON ONU SPSSSSONSOODOCSNNO SC OSANSOONOS6HOHSOSGOSOGCOBS Localité.tccuetééasotoutteposutone $0098 etts0ue00t00ts0vece 0.000000 0000000010000 0.66 00etsseuc0enu 20000080000 Ed LA REVUE POPULAIRE 131 rue Cadieux, \u2014 Montréal.aa.a a a a A a Ads lonley mellem lee pr see /, ( ( () ( ( ( Ç Ç ( Ç ( ( (/ (/ ( ( ( (/ (/ ( (J (/ (/ (/ Ç (/ (/ Ç Ç / ( ( Ç ¢ (/ Ç ( ( 7 (/ ( (/ ( (/ Ç Q - Te = + = On ERin ARETE WE *% Voi.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 Cette lauréate du collège Radcliffe s est-elle sulcidée d\u2019une manière pres= que impossible, ou bien a-t-elle été assassinée ?ovnnloomeunl \u201cLe neuvième jour son corps reviendra à la surface de l\u2019eau, si elle est dans le lac\u2019.\u2018 Telle est la vieille légende indienne du pays, et c\u2019est ce qui est arrivé dans ce cas mystérieux.Pendant près de huit jours on a recherché de partout, dans les eaux du lac, le corps de la jolie Norah Johnson, une récente diplômée du collège Radcliffe, qui était venue passer sa lune de miel sur les bords du lac Ma- shapaug, Connecticut, avec son nouveau mari, John D.Kettelle, de Cambridge.Et le neuviéme jour le corps de la jeune épouse qui n\u2019était mariée que depuis quatre jours, est remonté à la surface, donnant ainsi raison à la légende indienne.Le lac avait rendu le cadavre le neuvième jour, mais le mystère qui- itoure la disparition et la mort de la \u2018une femme n\u2019a pu être éclairci.La jeune femme a-t-elle été assassinée?- S\u2019est-elle donné la mort elle-même, d'une façon aussi originale?Conclure à un suicide c\u2019est la façon la plus simple et la plus paresseuse de résoudre un mystère; aussi c'est à cette conclusion que se sont arrêtées les autorités locales, dans ce cas mystérieux.* Mais si Mme Kettelle s'est suicidée en se jetant elle-même dans le lac, il Gs J cma faut admettre qu\u2019elle a établi une mise en scène vraiment surprenante et incroyable pour préparer son suicide.Ceci supposerait chez elle une idée bien arrêtée de se suicider, avec l\u2019intention que l\u2019on ne puisse pas retrouver son corps, oe qui est possible, mais semble bien improbable.Il n\u2019y avait que quatre jours que les jeunes mariés habitaient un petit \u2018\u2018cottage\u2019\u2019 sur les bords du lac Masha- paug, où ils étaient venus s\u2019installer pour passer leur lune de miel.Le mari laissa sa femme couchée en train de faire la sieste, et s'en alla jusqu\u2019au village voisin faire des commissions.Deux heures plus tard quand il revint sa femme avait disparu.| Neuf jours plus tard quand on retrouva le corps il était retenu ancré après une grosse pierre attachée solidement autour de son cou par une corde provenant d\u2019une fenêtre du \u2018cottage\u2019.Il y avait une meurtrissure sur son oeil droit.| Après une enquête sommaire les autorités locales oonclurent que la jeune femme s\u2019était suicidée; le mari lui-même sembla partager cette opinion.Cependant dans le voisinage,on & peine à croire à un suicide, car il y a certains faits qui, sans permettre de dire que le coroner s\u2019est trompé, donnent naissance à de fortes présomptions de meurtre Vol.18, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 La vérité ne sera probablement jamais connue.Officiellement Mme Kettelle s\u2019est suicidée, puisque le coroner l\u2019a dit; mais dans les montagnes du nord-est du Connecticut, et dans certains cercles de jeunes gens et de jeunes filles des collèges Harvard et Radcliffe, on se demandera souvent: La jeune femme s'est-elle suicidée, ou a-t-elle été assassinée?C\u2019est au commencement de la deuxième semaine de septembre, que John Dunster Keltelle, un jeune ingénieur civil frais émoulu d'Harvard, et Norah Johnson, récemment diplômée du collège Radcliffe, vinrent au lac Mashapaug pour passer leur lune de miel.Le lac, de petites dimensions en forme de croissant, avec ses bords boisés, est situé dans un endroit solitaire, très éloigné des chemins de comunication, dans les montagnes du Connecticut; son accès est très difficile.oo Le jeune couple s'entendait à merveille, et ils semblaient très contents de leur installation.Ils passaient leur temps à se baigner, à nager, à pêcher, à courir les bois.Ils étaient si gais el paraissaient si heureux que les rares voisins, dont les habitations étaient assez éloignées, ont déclaré que c\u2019était un coupe idéc!.Trois jours se pas- sérent.A neuf heures du matin, le quatrième jour, d\u2019après les déclarations du mari, tous.les deux allérent faire un tour de barque tout le tour du lac, ramant à tour de rôle pendant une heure ou deux; puis, après avoir pris un bain sur le rivage de:l\u2019îÎle Patmos, ils partirent pour regagner leur cottage.Mme Kettelle proposa de gagner la côte à la nage.Ils partirent à la nage, mais au bout d\u2019une centaine de pieds environ, Mme Kettelle, quoique nageant très bien, se sentit fatiguée, et son mari fut obligé de lui venir en aide pour atteindre le rivage.Puis le mari retraversa à la nage pour aller à l\u2019Île chercher la barque.À son retour il dit à sa femme qu\u2019il avait rencontré deux jeunes gens, qu'il ne connaissait pas, et avec lesquels il avait parlé quelques minutes.Ils vinrent avec lui au cottage pour se servir du téléphone.Kettelle ne leur demanda pas leurs noms, mais il comprit à la conversation qt\u2019ils tenaient au téléphone qu'ils étaient étudiants au collège Boston; ils partirent vers les onze heures.Vers deux heures, Kettelle partit pour le petit village d'Union, pour commander de la glace.Madame Ket- telle, déclare-t-il, lui dit qu\u2019elle avait grand besoin de repos, et que, lorsqu\u2019il rentrerait, elle le priait de ne pas la déranger.Elle portait alors une re- be d'intérieur.Sur son chemin il rencontra deux jeunes hommes qui cherchaient à ren- .contrer le fils du professeur Lindsay, de l\u2019Université Golumbia, qui possédait une belle propriété à Mashapaug.Ketelle leur apprit que le jeune Lind- say-était absent et les deux personnes, rebroussant chemih prirent avec lui la direction du village.Ils s\u2019arréterent quelques instants tous trois à un magasin situé à un croisement de chemins puis arrivèrent chez le marchand de glace.Celui-ci étant absent, Kettelle alla chez les Walker, à la porte voisine; il était 3.15 heures quand il repartit, dit-il.En se rentournant il vit Mme Walker et d\u2019autres personnes sur un pont situé qui traverse une des extrémités du croissant formé par le lac.Les deux jeunes hommes qu\u2019il avait \u2014 8 DT ae ti A lee db Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 rencontrés parlaient avec un nommé Moore.H était 3.45 heures quand il arriva à son cottage.Ne pouvant pas supposer qu\u2019il se soit passé quelque chose d\u2019anormal, et pensaiït laisser dormir - sa femme, ainsi qu'elle le lui avait recommandé, il attendit un grand moment avant de monter à la chambre.I] pensait trouver sa femme eridor- mie, mais elle n'était pas là.Son costume était 1a mais son costume de bains n'y était pas.Tellè est l\u2019histoire racontée par Kettelle, et il ne s\u2019est jamais contredit sur aucun point de détails.Il semble avoir établi clairement un alibi.Mais beaucoup diffèrent d'opinion, et ces différences d'opinions sembleraient jeter un doute sur la véritable cause de la mort de Mme Kettelle.Suivant une version, qui est l'histoire tout à fait différente racontée quelques jours plus tard par Kettelle lui-même.chez le professeur H.W.Magoun, à Cambridge, sa femme serait partie faire une promenade en barque sur le lac.Kettelle qui la cherchait, apercevant Jim Early, le gardien d\u2019une maison peu éloignée de son cottage, lui aurait crié : \u201cJim, j'ai perdu ma barque et ma femme! Les avez-vous vues?\u201d \u201cJim ne mi'entendit pas, (toujours d'après Kettelle), où il ne prêta pas attention à mes paroles.\u201d D'autres, et parmi ceux-là, un des personnages les plus importantse de l'endroit, prétendent que Kettelle, dès le premier moment, affirma que sa femme s'étail suicidée, et cela, avant même qu'on commence à faire des recherches.Ketielle déclare qu\u2019il prit un canot pôur parcourir le lac à la recherche de sa femme, appelant constamment à \u2014 9 \u2014 Le Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 grands cris: \u201cNorah !.Norah!.\u201d mais personne ne se rappelle I'avoir entendu lancer ces appels.Ce n\u2019est qu'après avoir fait le tour de l\u2019île qu\u2019il trouva la barque vide.Les avirons étaient en place, mais leurs extrémités étaient relevées sur la barque.Kettelle n'a pas eu la curiosité d\u2019accoster à l\u2019île à cet endroit pour essayer de trouver des empreintes de pas.Il a ramené simplement la barque, et, en abordant près de son cottage, il a remarqué, dit-il.des empreintes de pas qui semblaient être celles des souliers de sa femme.C\u2019est alors qu\u2019il alla demander du secours ; mais c\u2019est en vain que l\u2019on fit des recherches, et, après trois jours, Kettel- le repartit pour Cambridge.Pendant ce temps, certains voisins influents qui ne pouvaient admettre cette version du suicide, réclamèrent l\u2019ouverture d\u2019une enquête sérieuse, car, disaient-ils, cette version du suicide a été propagée dès le commencement par le mari lui-même.et rien ne vient à l\u2019appui de cette thèse, à part les propres affirmations de Kettelle lui-même.L\u2019attorney d'Etat, Noonan, dit-on, empêcha Jes autorités de faire l\u2019enquête soit par sympathie pour la famille, soit pour d'autres motifs.Le Rév.Henry A.Coolidge, ému parce qu\u2019il appelait un manque de solidarité chrétienne, réunit des hommes de bonne volonté pour faire des recherches dans les bois et les eaux du lac.C\u2019est alors que pour donner plus de poids à la version du suicide, on laissa entendre que Norah Kettelle s'était suicidée, parce que sa modestie de jeune fille ne pouvait acepter les conséquences du mariage.On prétendit que Kettelle avait, le soir de la disparition de sa femme, fait ces confidences au pasteur, et Kettelle reconnut qu\u2019il avait réellement fait ces confidences.Des femmes, doctoresses.s\u2019intéressèrent au mystère, en ce qui concerne ce cas particulier, et déclarèrent que cette aversion contre le mariage faisait de grands progrès chez les femmes américaines et principalement chez les jeunes filles fréquentant les collèges.On fit aussi circuler le bruit que Mme Kettelle, toujours d\u2019après les di- des de son mari, avait fréquemment des moments de profonde mélancolie.On dit même que, dans ces moments, elle n\u2019avait pas tout son esprit, et on certifia que déjà, dans une occasion, elle s\u2019était sauvée.Mais sa tante, Mme James M.Whitman, de Central Valley, N.-Y., donne un démenti formel à ces rumeurs, et elle devrait en savoir quelque chose, si cela était vrai, car elle était comme une mère pour Norah.Avant la découverte du corps elle disait: \u2018Ma nièce a épousé John Ket- telle pour être une bonne épouse très affectueuse.Elle aimait son mari \u2014et elle était plus heureuse que jamais depuis son mariage.La théorie du suicide est ridicule.Norah était trop intelligente et trop contente elle aimait aussi trop la vie.\u201d | Et c\u2019est alors que le neuvième jour, après huit jours de recherches inutiles.le corps fut découvert, par M.Ol- cott, un résident qui passait l'été aux bords du lac, et qui avait persisté seul à faire des recherches alors que tout le monde avait abandonné l\u2019espoir de retrouver le cadavre.M.Olcott avait entendu raconter la légende et le neuvième jour, au lever du soleil, il aperçut le corps près de l\u2019île.Quand il essaya de soulever le corps pour le placer dans sa barque, il s\u2019a- = 10 \u2014 = - =\" Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 perçut qu\u2019il était attaché à quelque chose de résistant; alors il le laissa là et alla prévenir les autorités.Le médecin légiste, le coroner Fahey et d\u2019autres officiers de la police de l'Etat arrivèrent et le corps fut tiré sur le rivage.On remarquait encore une meurtrissure sur l\u2019oeil droit.Autour du cou.serrée si fortement qu\u2019elle entrait dans.la chair, était attachée une corde de 18 pieds de longueur.L\u2019extrémité de la corde se trouvait attachée à un poids très lourd qui avait servi d\u2019ancre a une barque., Dans l\u2019énervement et la hâte de sor tir le corps de l\u2019eau, on coupa le cable.Les opinions diffèrent sur la manière dont la corde était attachée au cou.Les uns disent que la corde était attachée par un noeud coulant .les autres au moyen de deux noeuds ordinaires mal faits; mais tous sont d\u2019accord que le noeud était sous l'oreille gauche, et ressemblait à un noeud fait par un bourreau.Des mèches de ses cheveux noirs étaient pris dans le noeud.Le cable avait été arraché et non coupé.Le médecin légiste et le coroner rendirent presque immédiatement un verdict de suicide, et la police d'Etat admettant cette hypothèse abandonna le cas.L'autopsie et l\u2019enquête ne modifièrent pas le verdict.Les autorités pensent que Mme Ket- telle, après le départ de son mari, trai- na le poids lourd de dessous la broussaille jusque dans sa barque, gagna le côté de l\u2019Île d\u2019où on ne pourrait pas l\u2019apercevoir du cottage, s\u2019attacha la corde autour du cou, et jeta à l\u2019eau le poids lourd qui l\u2019entraîna.Les autorités prétendent que la meurtrissure à l\u2019oeil droit provient d\u2019une morsure de poisson, ou de ce que la tête a frappé une roche.au fond de l\u2019eau.Cependant l\u2019autopsie a révélé la présence d\u2019air dans les poumons, ce qui prouve que la victime est morte de strangulation, et qu\u2019elle est morte avant d\u2019être dans l\u2019eau.Le cable était attaché si serré qu\u2019il entrait dans la chair au sommet de la trachée-atrère.Une faible femme aurait-elle eu assez de force pour se tuer de cette manière ?D'autre part.si elle avait eu l\u2019intention de se suicider, pourquoi aurait-elle porté ses sous-vêtements de soie en dessous de son costume de bains.Si elle avait eu l'intention de disparaître sans laisser de trace, ne se serait-elle pas jetée à l\u2019eau avec son costume ordinaire, en laissant son costume de bain à la maison, de façon que l\u2019on présume sa fuite, et que l\u2019on ne recherche pas dans le lac?On dit qu\u2019elle se serait suicidée parce que certains faits relatifs au mariage lui auraient été dévoilés seulement pendant la lune de miel?.Peut- étre.Mais il se pourrait qu\u2019elle ait été étranglée, avec ou sans l\u2019aide d\u2019un narcotique, alors qu\u2019elle dormait dans son cottage, puis transportée dans la barque par le meurtrier qui aurait chaussé ses souliers à talons hauts, et serait allé la jeter à l\u2019endroit où son corps a été retrouvé.Cette hypothèse, certains habitants de Mashapaug la croient possible, elle est au moins aussi croyable que celle des autorités; car celles-ci ne peuvent donner aucune base vérifiée à leur verdict qui n\u2019est fondé que sur des déclarations diverses.\u2019 D\u2019un autre côté, quand le corps a été retrouvé, la victime avait aux pieds ses souliers à talon haut, et c\u2019est un \u2014 11 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 fait qui a une grande importance.Si la jeune femme avait eu l\u2019intention d'aller se jeter à l\u2019eau, pourquoi aurait-elle pris ces chaussures?Un meurtrier pour essayer de faire attribuer la mort à un suicide, ne pourrait-il pas cacher ses traces en portant lui-même les souliers de sa victime pour se rendre à la barque, et en les mettant ensuite au cadavre ?Dans une telle hypothèse, les souliers doivent être retrouvés sur la victime.Or la victime les avait aux pieds.0 LES SECRETS DU SAHARA Le Sahara, connu uniquement de quelques explorateurs qui sont parvenus à le traverser à dos de chameau, va être de nouveau exploré, et peut- être définitivement découvert par une commission française qui s'organise en ce moment à Paris avec l\u2019aide des ministères et des colonies.De récentes expériences ont convaincu leurs auteurs de la posisbilité qu\u2019il y a à s\u2019enfoncer.dans le désert muni d\u2019automobiles équipées avec des chemins de roulement appelés des \u2018\u2018caterpillars\u2019.M.Kergesse, d\u2019autre part, à pu arriver à mettre au point un appareil tracteur, dont le poids réparti sur une très large base, n\u2019exercerait sur le sol qu\u2019une pression insignifiante de 1 once par cen- timêtre carré, protégeant ainsi l\u2019automobile contre tout enlizement possible.Chaque voiture portera avec elle 50 gallons d\u2019essence et tirera une remorque chargée de 250 autres gallons, ce qui est considéré comme amplement suffisant pour atteindre Tom- bouctou._\u2014 12 \u2014 Plusieurs savants géologues feront partie de l\u2019expédition chargée d\u2019étudier de très près la valeur des gisements miniers, qui, depuis très longtemps, ont été signalés, mais que leur éloignement rendait inviolables.On estime que le Sahara peut être traversé en moins de quinze jours.tandis que les caravanes qui suivent les côtes mettent environ sept semaines pour faire le trajet.Il est à souhaiter que ces valeureux explorateurs n'aient pas le triste sort de plusieurs de leurs pfédécesseurs, et qu\u2019ils arrivent, grâce à l\u2019appui de la science à percer les secrets de ce mystérieux désert.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 0 re eme TOUJOURS DES STATUES Enfin voici un personnage dont les droits à la statue ne seront certainement pas contesiés; personne ne s\u2019avisera de trouver qu\u2019il n\u2019est pas mort depuis assez longtemps pour être offert à la contemplation de ses concitoyens sur une place publique.Celui-la n'est aytre que Francois Ier, ori de France, fondateur du Havre.| Les Havrais ont fait exécuter une statue lu roi qui eut l\u2019idée de faire leur petit hâvre un port de guerre ; même qu\u2019il l\u2019appela tout d\u2019abord Fran- ciscopolis.Mais ce nom tiré du grec ne lui resta pas longtemps, et on trouva pour le remplacer \u2018le Hävre-de- Grâce\u201d.La salamandre emblématique resta toutefois, à défaut du nom original, dans les armes de la ville.La statue de François Ter a été inaugurée au Havre le dimanche 9 octobre dans le square de l\u2019Hôtel-de- Ville.¢ A SE SP Vol.15, No 2 v LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 LE DRAME AU FOYER Le douloureux épilogue d\u2019un mariage d\u2019amour Un procès en séparation qui fait beaucoup de bruit à New-York.est celui intenté par Mme George J.Ains- lie.Elle prétend que la vie avec son mari est insupportable; mais, d\u2019un autre côté, le mari pour sa défense cite des faits capables d\u2019émouvoir un coeur de pierre.En entendant tous les nombreux témoins cités tant par la demanderesse que par le mari; le juge arrivera-t-il à se faire une opinion juste et à savoir quel est celui des deux époux qui a raison?les allégations de la demande- resse sont nombreuses, et si toutes sont reconnues fondées, elles sont plus que suffisantes pour lui attirer toutes les sympathies, au cas où elles seraient prouvées.Le jeune Ainslie épousa la belle et jolie Marie Newton il y a environ quatre ans.C\u2019est le fils de Georges Ainslie, le vendeur bien connu d\u2019objets d\u2019art antiques, de la cinquième avenue.La jeune fille était alors danseuse dans un cabaret de luxe, \u201cRector\u2019s\u2019\u2019, et Ainslie n'eut pas de\u2019 peine à la décider au mariage.Au bout d'un an à peine, la naissance d\u2019un beau bébé vint apporter la joie dans le coquet ménage ; la mère adorait son petit bébé Lloyd Newton Ainslie, et le mari qui était un chauffeur renommé dans les courses d\u2019auto, rentrait à la maison, silôt sa journée lerminée.C'était un ménage modèle.La guerre arriva.Ainslie qui était un athlète, s\u2019engagea dans l\u2019aviation et fut attaché à un poste de service de New-York, c\u2019est alors que commencèrent les troubles de ce petit ménage, jusqu\u2019à ce moment si uni.La fièvre des soirées d'autrefois revint assiéger l'esprit de la jeune femme; un autre homme vint fréquenter la jeune femme pendant l\u2019absence du mari, et Anslie déclare qu\u2019il va poursuivre cet individu néfaste et lui réclamer $50,- 000 de dommages pour avoir détourné de lui l\u2019affection de sa femme.Ainslie ne fut pas long à s\u2019apercevoir que c\u2019en était fait de son bonheur conjugal.Sa petite femme ne l\u2019attendait plus, et ne lui témoignait plus la même affection.Souvent quand il arrivait, le soir après son service, sa femme qu'il adorait était absente du logis.Il soupait alors rapidement et partait.à sa recherche; il la trouvait le plus souvent dans un des cabarets de nuit à la mode, où l\u2019on danse, et où l'on va prendre des petits soupers fins en joyeuse compagnie.Quand il la trou- \u201418\u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1988 vait attablée avec un homme riche, auquel elle souriait, il devenait comme fou car il aimait sa femme, et il était de force à lutter avec n'importe qui Sans hésiter il entrait dans le restaurant et demandait à sa femme de rentrer avec lui.La moindre observation de l\u2019intrus lui valait habituelle - ment un oeil poché ou un nez cassé, - son col et son habit déchirés.Chaque soir, Ainslie revenait à la maison, et chaque fois qu\u2019il la trouvait vide, il partait à la recherche de sa femme.Une quinzaine de fois déjà, 1] l'avait ainsi ramenée de l\u2019un de ces cafés, et un soir, en la ramenant avec lui, 11 lui jura de se venger plus terriblement du premier homme qu'il trouverait avec elle.Le lendemain, en retournant à son service, il lui sembla que tout était fini, que sa femme ne l'aimait plus, et il se montra très distrait durant toute la journée.Le soir il s\u2019empressa de retourner à la maison, persuadé que sa femme serait encore partie.La maison, en effet, étalt vide, et il se dirigea immédiatement vers les cafés de nuit.Il visita d\u2019abord le \u2018Rector\u201d, puis le \u2018Churchill\u2019.Si elle était au \u201cPalais Royal\u2019, pensa-t-il, et il s\u2019y rendit.Ayant parcouru la salle du rez- de-chaussée sans la trouver.il se dirigeait'vers la sortie, quand il pensa qu\u2019elle pourrait être à la galerie d'en haut, et il y monta.Elle était là, attablée avec une autre femme et cinq hommes.Dominant sa légitime colère, il se ocacha derrière un rideau, hésitant entre le respect qu\u2019un homme doit à sæ femme, et l\u2019envie.de châtier l'homme qui entraînait celle qui oubliait non seulement ses devoirs d'épouse, mais encore ses devoirs de jeune mère, et il se décida à ne pas intervenir.Il gagna le café voisin, et il appela au téléphone le gérant du café où dt- nait sa femme, le priant d\u2019appeler celle-ci à l'appareil; elle s\u2019y rendit et le dialogue suivant eut lieu: \u2014 Marie, je suis très surpris de vous trouver là à une heure aussi tardive.Venez-vous-en de suite, je vous attendrai à la sortie du Palais Royal, \u201c sur le trottoir.\u2014C\u2019est absurde, il n\u2019est pas si tard que ça, et je ne suis pas disposée à rentrer de suite.~ \u2014Q'est un affront que vous me faites, Marie, et, comme étant votre mari, je vous somme de m\u2019obéir, et de vous en venir de suite.\u2014Vous n\u2019avez nullement le droit de me commander ainsi, car si je suis votre femme, je ne suis pas votre esclave.| \u2014Pour la derniére fois, Marie, vou- lez-vous rentrer de suite à la maison?\u2014Je me moque de ce que vous pouvez dire, je rejoins mes amis, bonsoir.Ainslie, au désespoir, devint comme fou; il courut au Palais Royal, monta les escaliers trois à trois, et arriva devant la table où se trouvaient sa femme, une amie et cinq hommes.Maitrisant avec peine sa oolére, il apostropha les hommes en ces termes: -\u2014 Messieurs, apprenez que oette femme qui boit aveo vous est ma femme, et qu\u2019il y à à la maison un bébé qui réclame ses soins.Pensez-vous qu\u2019elle a le droit de rester avec vous ou, doit-elle rentrer.\u2014\u2014Que nous coniez-vous là?répondit un des hommes avec insolence.Ce que nous faisons ne vous regarde pas; allez où vous voudrez, mais laissez- nous la paix.we Jl dF es fo Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE / Montréal, février 1982 Ainslie fit basowler son adversaire par-dessus la rampe et le fanfaron tomba sur une table du bas au milieu des oris d'effroi des apactateurs.\u2014('est ma femme, répondit Alns- lie, les yeux étincelants de colère.\u2014 Vous le dites, mais elle est contente d\u2019être avec nous, et, si j'étais à votre place, je m'en irais et laisserais cette jolie fille s'amuser comme oa lui plaît.Ainslie se tut, blémit de rage, et, d\u2019un bond, il sauta sur l\u2019insolent, l'arracha de sa chaise, l'ayant saisi par le cou et par le fonds de son pantalon.Puis, le tenant au bout d'un de ses grands bras, il lui administra, avec sa main libre, une formidable olaque.L\u2019homme était fort, il se défendit néanmoins, et une vraie bataille s\u2019en suivit, au cours de laquelle Ainslie bousculant son adversaire, le fit basculer par dessus la rampe.Le fanfaron tomba sur une des tables du res- de-chaussée, au milieu des oris d\u2019effroi des spectateurs ; heureusement pour lui; la table avait amorti le choe et il avait & pelne été blessé.Ainslie se tenait debout en face des quatre autres convives, quand oelui qu'il avait jeté en bas, remontant, se précipita sur lui.pensant se vengen L'aviateur, le saisissant par le oollet, et le tenant au bout de son long bras, lui dit : \u201cSi vous faites le moindre bruit, je vous jette par la fenêtre, et vous tomberez cette fois sur le Broadway, vous n\u2019y trouverez pas une table pour vous empêcher de vous casser les reins.\u2019 Ses amis intervinrent et l\u2019'emmenèrent; les deux femmes sortirent de leur côté.Ceci n\u2019est qu'un des nombreux affronts faits au jeune aviateur par la femme qu'il adorait et qu\u2019il avait épousée par amour pour la sortir de oe milieu abominable dans lequel elle vivait quand il l\u2019avait connue.Voici à ce sujet ce que déclare l\u2019avocat du mari, le distingué Me Mirabeau L.Towns : Pendant que mon client faisait son service militaire, en 1918, la.plaignante, sa femme, se laissa entrainer par les folles promesses d\u2019un certain 7 quenter clients de ces cafés du Broadway où drcatatoéamiréné rc ia a act be ten dede Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 homme marié, et se mit à négliger ses devoirs d\u2019épouse, sortant continuellement avec cet homme, et s\u2019affichant avec lui au Palais Royal et dans d\u2019autres endroits de plaisir.Elle dinait et dansait avec lui; souvent, en état d\u2019ivresse, elle partait avec lui dans son auto, pour se rendre dans d\u2019autres endroits situés près de la ville.Chaque fois qu\u2019ils sortaient ainsi ensemble, il lui donnait de très beaux cadeaux et des centaines de dollars, cela sans le consentement et hors la connaissance de mon client qui, l'ayant appris, chercha vainement à obtenir de sa femme qu'elle cessât ces fréquentations et ces orgies.Toutes ses supplications restèrent inutiles.Pendant ce temps la demanderesse avait recommencé à chanter et à danser dans le corps de ballet du Palais Royal, s\u2019affichant dans des costumes immodestes.C\u2019est sur les conseils de ce monsieur sans conscience que la jeune épouse rejeta les bons conseils de son mari désespéré pour reprendre cette vie de danseuse, renonçant à mener la vie de femme honnête et de bonne mère.La demanderesse rencontra ensuite un autre homme du même acabit qui exerça sur elle la même influence néfaste, achevant ainsi de la détourner de son mari.Elle se mit alors à fré- indistinctement tous les les noctambules fêtards passent des nuits dans les plaisirs et la débauche, acceptant d\u2019eux des cadeaux malgré les défenses réitérées de son mari.C\u2019est poussé au désespoir que mon client a fait cette scène qui a motivé la demande en séparation de Mme Ainslie, et il déclare que la colère du mari est très excusable et toute naturelle.Un jour, Ainslie, en costume d'aviateur, parcourant le Broadway, découvrit, à une heure très avancée de la nuit, son épouse assise dans un cafétéria, en train de prendre un repas avec un Major de l\u2019armée américaine.Pour éviter un scandale, espérant que sa femme, en le voyant, rentrerait à la maison, il vint s\u2019asseoir à une table voisine.Pendant qu\u2019il réfléchissait à ce qu'il devait faire, la conversation qu\u2019il entendit le décida à écouter, et pendant deux heures il resta pensif, la tête appuyée sur une de ses mains.À la fin, le Major et Mme Ainslie se leverent pour partir, et Ainslie vint se planter devant eux.\u2014 Savez-vous, Major, que cette personne est ma femme?\u2014Oui, répondit le Major, d\u2019un air arrogant, mais ça m\u2019est parfaitement égal.| \u2014Puisque vous le savez, je vous conseille de ns plus chercher à la revoir.\u2014Comment?dit le Major, en approchant d'un air de bravade son visage de celui du jeune aviateur, et il - ajouta: \u2018\u2018C\u2019est heureux pour vous que je sois en uniforme, car sans cela je vous casserais la figure.\u201d La réplique ne se fit pas attendre.Ainslie envoya à l\u2019insolent et grossier personnage un formidable coup de poing sur la figure, l'envoyant rouler sur le plancher.Puis, ramassant l\u2019intrus sur le plancher, et le portant au bout de ses bras vigoureux, il monta les escaliers et alla le jeter dans la rue.Pendant ce temps sa femmie avait disparu.Le malheureux, pour essayer de reconquérir sa femme, eut à lutter contre des officiers de différents grades, même des généraux, et des officiers de marine.x \u2014 18 \u2014 . Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Ce fut & I\u2019hdtel \u201cMajestic\u201d qu Ains- lie soutint sa plus grande bataille avec les admirateurs de sa femme.Le corps de ballet dont faisait partie ma femme, dit-il, donnait un bal splendide.J'étais debout dans un coin, quand ma femme, dansant avec un homme que je n'avais jamais vu, passa devant moi et me montra à son partenaire, faisant une remarque que je n'entendis pas, mais que je jugeai offensante, d'après le ton et les manières de l'homme.Quand ils repassèrent en dansant, je sautai sur l\u2019homme, et je le frappal en le poursuivant à travers la salle: il P \\ .se sauva sans chercher à riposter.Quelques instants plus tard, un grou- de -d\u2019'hommes me demanda de m'asseoir à leur table, ce que j'acceptai, et l\u2019un d'eux enlama la conversation suivante: \u2014Savez-vous qui vous avez frappé?\u2014Non.Je m'en moque.\u2014Eh bien, vous devez vous croire terriblement sûr de vous.\u2014Je ne crains personne.\u2014 Vous êtes un fanfaron, et si vous voulez vous essayer avec moi, je me fais fort de vous terrasser en quelques secondes.La bataille commenca et ses amis vinrent à son secours.Ce fut bientôt une mêlée générale au cours de laquelle des habits et des toilettes magnifiques furent mises en pièces.Je ne fus que légèrement blessé à la tète d'un ceup de bouteille de champagne qui m\u2019effleura.Dans la salle tout était brisé, et le parquet était couvert de débris de verres et de miroirs cassés.Voici les prétentions de la défense ; mais.d\u2019un autre côté, Mme Ainslie, qui est une femme jeune, très jolie et très intelligente, tout en admettant ces incidents, cherche à les expliquer à son avantage.0° Voici ses déclarations: Quand mon mari s\u2019est engagé, il m\u2019a laissée sans ressources, et les allocations du gouvernement n'étaient, pas suffisantes pour mon bébé et pour moi-même.Les parents de mon mari ne me vinrent pas en aide, et c\u2019est alors que je me décidai à retourner danser au Palais Royal, pour y gagner ma vie et celle de mon bébé.Mon mari s'irrita de me voir reprey- dre la vie théâtrale, ne pouvant admet tre que moi, sa femme, je puisse consentir à paraître en scene avec des costumes légers.S'il élail si choqué de me voir sur le théâtre.pourquoi vint-il, pendant des semaines, me voir jouer.et pourquoi ensuite m'a-t-il épousée?Pourquoi, après notre mariage, ne m\u2019a-t-il pas assuré le nêces- saire pour que je puisse rester à la maison et élever mon bébé?Je l\u2019aimais.je lui étais dévouée.mais j'avais besoin de gagner de l'argent.C\u2019est alors que la jalousie de mon mari devint intolérable, et qu\u2019il fit toutes les scènes que l'on sait.Une fois il vint à mon appartement me demander d\u2019abandonner le théâtre: je lui répondis que s\u2019il pouvait m'\u2019assurer les moyens de vivre avec mon bébé, je le ferais avec le plus grand plaisir, mais que jusque-là, je n\u2019avais pas le choix.Je n'avais pas le courage de travailler au magasin de 5, 10 et 15 cents, et de mener une vie de privations et de misère, quand je pouvais mener une vie plus agréable et gagner largement ma vie et celle de mon bébé en jouant au théâtre.Sur cette déclaration, il me jura qu'il ne reculerait devant aucun scandale pour arriver à m'empêcher de jouer, et, prenant une bouteille d\u2019iodine, il me la jeta à la figure et m\u2019empêcha 'dar- river à l'heure pour ma représenta- \u2014 17 \u2014 geitttics Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE sfontréal, février 1923 tion; je fus une semaine sans pouvoir jouer.| Même avant que je me décide à retourner au théâtre, sa conduite envers Moi était inqualifiable.J'étais obligée de passer toutes mes après-midi sur la promenade \u2018\u2018River Side\u2019, à promener mon bébé dans son carosse.Quant à lui, il menait une belle vie, menant une magnifique auto; il passait souvent sur la promenade, devant noi, avec une ou plusieurs jolies filles dans la voiture, il s\u2019arrétait pour me demander comment j'allais, et il continuait sa route.En ce qui concerne la scène du \u2018\u2018Majestic\u201d, tout ce qu\u2019il dit est arrivé, mais il oublie de dire une chose, c\u2019est qu\u2019il me vit danser toute la soirée avec différents cavaliers, et ce ne fut que sur le matin.quand il fut ivre, j'aime à le croire, qu\u2019il se fâcha, et que le scandale eut lieu.H frappa un jeune homme faible, mais d'autres personnes indignées l\u2019attirèrent dans une salle voisine.et l'un de ces clients de l'établissement le terrassa et lui in- fingea une terrible leçon.Je lui vins néanmoins en aide, et arrêtai'celui qui le frappait si violemment.Croyez- vous qu\u2019il m'en témoignât de la reconnaissance ?Loin de là, il se mit à m'insulter, et il m\u2019attrapa par ma belle robe de bal qu'il mit en pièces.En ce qui concerne le procès qu'il prétend faire à un de mes amis qui est très riche, il lui sera impossible de rien prôuver, je suis bien tranquille sur ce point.L\u2019homme dont il veut parler est un homme âgé, marié, père de famille et très respectable.Il a assez d'argent pour se défendre ; rira bien qui rira le dernier.Les Ainslie vont donc engager leur dernière bataille juridique, celle-là, et elle ne sera pas la moins intéressante.Deux des avocats les plus célèbres de New-York ont été choisis par les plaideurs, Me Towns, pour le mari, bien connu pour la vivacité de son esprit moqueur et ses ripostes sipri- tuelles, pourra faire ressortir à sa guise son esprit satirique en posant ses questions ironiques et embarrassantes.Quant à Me MacKee, l'avocat de la demanderesse ,il est moins satirique que l\u2019autre, mais son esprit est plus pénétrant, plus profond et sa réputation est aussi grande si même elle ne surpasse pas celle de l'avocat du mari.Chacun à son tour expliquera À sa manière au juge ou aux jurés la thèse de son client.Que ressortira-t-il de tous les témoignages des nombreux témoins de toutes ces scènes scandaleuses?La vérité pourra-t-elle se faire jour et le juge arrivera-t-il à se faire une idée juste des torts et griefs de chacun des époux Ainslie?C\u2019est ce que le public qui aime a voir le dénouement de ces -procès à réclame, saura bientôt.0 UN PAYS DE REPOS Un petit port de mer de la Nouvelle- Zélande, appelé Russel.est réputé pour être le pays du monde où les gens sont les plus indolents et aiment le plus à se reposer.Les habitants de cette contrée aiment tellement le repos et la tranquillité qu\u2019ils ne boivent que du lait condensé plutôt que de traire leurs propres vaches.\u2014 18 \u2014 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1928 Comédie tragique > ~~ A New-York, comme dans toutes les grandes villes du monde, le moindre incident relaté dans la presse, donne naissance à des cancans qui ont toujours un fonds de vérité.Voici un des derniers cancans dont les boulevardiers et les noctambules qui fréquentent les grands restaurants de nuit ont fait des gorges chaudes.Le sujet qui y a donné naissance peut faire un excellent sujet de comédie en trois scènes et un prologue, avec pour acteurs, les personnages suivants: Mme Bach, la femme aux bracelets.Walter Seligman, le jeune fils d\u2019un banquier tres riche.Tom Johnson, le neveu du\u2019 maire d\u2019une grande ville américaine.Miss Lisa, actrice de cinéma, amie de Mme Bach, et un ami de Tom.Voyons d'abord le prologue: Mme Bach adorait les bijoux, mais principalement les bracelets : elle n\u2019en avait jamais assez, et chaque fois qu\u2019elle en voyait un de son goût, elle savait se le faire offrir.En peu de temps elle en avait réuni une collection, trente-deux, sur son joli bras velouté, et, au théâtre ou dans les autres lieux d'amusement, elle affectait de lever souvent ce bras, comme si elle avait à ranger ses cheveux, mais simplement pour faire admirer son musée portatif de bracelets, sur lesquels on voyait scintiller des dfa- diamants éblouissants.: Un jour, montrant ces bracelets à ses amis, elle leur dit: J\u2019en ai actuellement trente-deux, il ne m'en manque plus qu\u2019un seul pour que mon joli petit bras soit entièrement ganté d\u2019or et de diamants.Quelques jours plus tard, le matin de son anniversaire, elle n\u2019avait encore que 32 bracelets à son bras.Le jeune Walter Seligman, à peine débarqué du bateau qui le ramenait d\u2019un voyage dans l'Amérique du Sud, vint la voir.Quelques heures plus tard, il était conduit à l'hôpital avec le nez cassé, mais l\u2019on pouvait compter 33 bracelets au bras de la femme aux bracelets.Aux personnes amies qui s\u2019informaient de la manière dont le mali: u- reux jeune homme, si smart, ava:t eu le nez cassé, on répondait invariablement: \u2018C\u2019est un simple accident\u201d, mais le bruit s\u2019était vite répandu eur le Broadway que Mme Bach avait réussi à avoir son 33ème bracelet, et les cancans commencèrent.Il y avait longtemps que Mme Bach n\u2019avait pas vu le jeune homme.Autrefois.avant son départ pour l\u2019Amérique du Sud, elle le voyait très souvent, et l\u2019on avait remarqué qu\u2019alors, le nombre des bracelets augmentait rapidement.On les voyait, dans oe temps, \u2018presque toutes les nuits ensemble dans les restaurants de nuit «ha.\u2014 19 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 et autres lieux-de divertissements de la Capitale.\u2018\u2018C\u2019est un roman, c'est une idylle\u201d\u2019, disaient avec envie les langues des habitués de ces lieux d\u2019amusements el de plaisirs.Un jour le roman fut interrompu.Le jeune Walter fut envoyé dans l\u2019Amérique du Sud pour soigner et guérir son coeur malade, et le nombre des bracelets cessa de s'accroi- tre.Quand la belle blonde reparut, il y & quelques mois, sur le Broadway, elle avait su conquérir l\u2019amitié- d\u2019un beau grand jeune homme, Tom Johnson, récemment arrivé de l\u2019ouest.C'était un superbe Roméo, vrai colosse de six pieds, doué d\u2019une force herculéenne, et rompu à toutes sortes de sports, particulièrement à la boxe.- Les cancans reprirent de plus belle sur Mme Bach qui s\u2019était engagée dans une nouvelle idylle.En voici assez pour le prologue, passons à la scène première: .C\u2019est l\u2019anniversaire de Mme Bach; elle est avec son amie Lisa dans son somptueux appartement.lorsqu'on lui annonce la visite du jeune Walter, son ancien ami.Celui-ci, à peine débarqué du bâteau qui l\u2019a ramené de l'Amérique du Sud, accourt rendre visite à son ancienne amie, et il na pas oublié combien elle aime les bracelets.Tous deux s\u2019entretiennent amicalement, se remémorant les beaux jours d'autrefois, quand Tom Johnson arrive accompagné d'un de ses amis, Mme Bach, surprise, fait les présentations d\u2019usage, en montrant chacune des personnes présentes, de son bras chargé de bracelets, et la conversation se poursuit languissante entre les jeunes gens.mr à 4 ODA i ELI RET) ry pw) Tom qui a compté et recompté cent fois les bracelets, les connaît tous, et il n\u2019est pas long à s'apercevoir qu\u2019il y en a maintenant 33.Il ne dit rien, mais il a compris que ce 33ème bracelet ne peut avoir été donné que par ce jeune homme qui semble très familier avec Mme Bach, et celle-ci, qui le voit songeur, cherche ?-ine- ment à animer la conversaligit qui languit, par suite de ia gêne @* >xis- te entre les divers pernmannages.Voyant qu\u2019elle na peus révesir à rompre la glace qu?rigng pean ses hôtes, elle propose ur.e part%* du pro- _\u2014 20 \u2014 Sov Sa \u2014a me = res\" de M es = == Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 menade, \u2018\u2018Pourquoi, dit-elle à brile- pourpoint, ne ferions-nous pas une petite promenade ?Si nous allions jusqu'à Long Island pour y prendre le souper et y danser un peu?La proposition fut acceptée, mais Tom ne quitta pas pour cela son air pensif., Tous descendirent alors, et Johnson fut désagréablement surpris de voir Mme Bach monter vivement et d\u2019un air joyeux dans l'auto de Seligman, tandis que son ami, miss Lisa et lui- même, furent obligé de s'entasser dans la petite voiture de Mme Bach.Tout le long du chemin, Tom resta pensif.Ils descendirent à Roselyn, et au cours de la soirée, chaque fois que, pour un rien, Mme Bach faisait un geste de son bras, pour que les habitués de l'établissement puissent admirer ses bracelets, le pauvre Tom recevait comme un coup de poignard au coeur.C'est 1a que se déroula la scène 2ème de la comédie, le noeud de l'intrigue, que l\u2019on pourrait appeler la scène de la provocation + À quel moment Tom perdit-il patience, et pensa-t-il à se venger?Nul ne pourrait le dire exactement, mais ce n'est un secret pour personne, qu'il y eut un commencement de dispute à Roselyn.Mme Bach, disent les bruits qui courent, aurait dû porter, ce soir- la, des gants, de trés longs gants blancs pour cacher ses bracelets.Au lieu de cela, elle affecta de danser principalement avec Seligman, et, chaque fois qu'elle passait devant la table à laquelle \u2018était assis Tom, elle lui faisait des signes amicaux en agitant vers lui son bras où scintillaient ses bracelets.Ces grimaces, loin d\u2019apaiser l\u2019esprit du pauvre Ton, ne pouvaient que l'exaspérer, et, dans son exaltation, il-ne voyait plus que le \u2014 21 \u2014 mu cure aie EEL IE BEY SRE LILY YF ES EEE 33ème bracelet, qui brillait plus que tous les autres.Geci nous amène à la scène troisième qui se passe à la 66ème rue Est, un peu après minuit.La rue est déserte, la lune est cachée derrière un épais nuage noir, une automobile arrêtée devant le No 42, et aucun policeman a l'horizon.Dans l\u2019appartement une lampe est allumée.L'on entend des personnes parlant à vois basse, puis ces personnes élèvent la voix; la conversation dégénère en querelle tumultueuse, et'l\u2019on entend le cri de protestation d'une femme, puis un bruit de pas sur le palier.Tout d\u2019un coup le silence de la nuit est troublé par un concert d\u2019imprécations et de coups de poings donnés au cours d\u2019un corps à corps.Une fenêtre s'ouvre avec fracas, et les cris perçants d\u2019une voix de femme se mêlent à l\u2019excitement.Dans l'obscurité, on voit la forme d\u2019un homme étendue près de la bouche d\u2019égoût, en face du No 42.C\u2019est le jeune Seligman, quoiqu\u2019il soit rendu méconnaissable par son nez réduit en bouillie.Quelques secondes plus tard, une femme est courbée sur l\u2019homme évanoui.Juste à oet instant, les nuages disparaissent de devant la lune, et on voit cette femme, en négligé, ses cheveux blonds éparpillés sur ses épaules.De son bras orné de bracelets, elle soutient la tête de Seligman, et les reflets des diamants éclairent ses blonds \u2018cheveux; mais les plus bril-\" lants reflets proviennent des diamants les plus rapprochés du poignet, ce sont précisément les diamants du 33e bracelet.Eh bien, qu\u2019y a-t-il, policeman qui arrive en ronde?faisant sa demande un Es Ve.M, No Ÿ LA REVUE POPULAIRE L Montréal, février 1928 \u2014 On Tai répond que c\u2019est un simple aocident et on -fait transporter le jeune Seligman à.Fhôpital Flower où le docteur déclara que les blessures lui avaient été infligées par des coups de poing, et que oes blessures étaient si graves qu\u20191l lui faudrait rester plusieurs jours à l'hôpital avant de pouvoir être transporté à la résidence d\u2019été des Seligman, à Elboron, N.J.La police essaya de faire une enquête, mais la famille s\u2019y opposa, désirant étouffer l'affaire.L\u2019ami de Tom et Mono Lisa déclarèrent ne rien savoir de ootte affaire, et Tom Johnson fut introuvable.Quant aux explioa- tions de Mme Bach, elles furent très vagues.Cette histoire n'est pas arrivée dans ma maison, dit-elle en protestant, M.Seligman est venu me voir ce jour-là, dans l'après-midi, et nous avons été rejoints par Tom Johnson, un de ses amis, et Mona Lisa.Nous sommes all6s diner tous ensemble à Roselyn, à Long Island.Au retour, nous avons dit bonsoir aux hommes, et j'étais à peine rentrée dans ma chambre, que j\u2019entendis une terrible bataille dans la rue.Mona et moi, nous nous précipitâmes vers l\u2019élévateur, et nous descendimes à la rue, où nous trouvâmes Seligman très cruellement blessé.J\u2019ai alors appelé un docteur et nous avons transporté le blessé à l\u2019hôtel Flower.Le Broadway et la bohême ont souri, d'un atr inorédule à oette histoire, et les oancans continuèrent à courir par toute la ville.\u201cAh, si ce 88ème bracelet avait une langue pour raconter son histoire, ce qu'il en dévoilerait de belles\u2019, dit-on de toutes parts.LA VOIX DES PETITS Les huissiers de ministére en France ont beaucoup à faire pendant les vacances: il faut trouver le moyen de mettre les visiteurs en contact avec quelque fonctionnaire suseeptible de leur répondre.| Dans un ministère de la rive droite, un maître du barreau a eu ce dialogue avec un de ces préposés en habit noir: \u2014M.X.chef de bureau! \u201411 est en congé.\u2014Pourrais-je voir le sous-chef?\u2014 I n\u2019est pas venu aujourd\u2019hui.\u2014Mais ne pourrai-je trouver un employé compétent?I s\u2019agit d\u2019une affaire presséè.| \u2014I1 y a bien un jeune rédacteur, dit l\u2019huissier, mais, mon cher maitre, je ne vous conseille pas de le voir, il n\u2019y connaît rien du tout.Vous ferez mieux de revenir.| $$ 8 = Dans un autre ministère, l\u2019huissier du ministre qui est un philosophe à sa manière, disait : \u2014Savez-vous à quoi je reconnais les jeunes parlementaires?À ce qu\u2019en sortant, ils disent: \u2018\u201cJe finirai par interpelle.\u201d\u2019 Et savez-vous à quoi je reconnais les jeunes ministres?À ce qu\u2019ils font asseoir les visiteurs.O-_\u2014\u2014\u2014\u2014_ On dit qu'un homme peut vive une semaine sans boire, dix joums sans dormir et cinq minutes sans respirer.Les paresseux ajoutent qu\u2019il est fort heureux qu\u2019il n\u2019y ait pas de limite au temps qu\u2019un homme peut vivre sans travailler, ot JB en a LE tr iy be y n a.tle mn ci 20 Pa Par une belle matinée de l'été dernier, les rayons du soleil levant éclairaient de leur splendeur le magnifique yacht blanc \u2018\u2018Séraphis\u2019\u2019, à l'ancre sur les eaux bleues de l\u2019Hudson, non loin de la 125ème avenue de New-York.Sur le pont se trouvaient plusieurs hommes en habits bleu-clair, et un groupe de jolies jeunes filles élégamment vêtues; la plus franche gaîté régnait dans cette société choisie.Tous regardaient avec curiosité deux demoiselles qui franchissaient la passerelle pour venir les rejoindre.L'une de ces jeunes filles, vraiment ravissante, avec sa figure encadrée d\u2019abondantes boucles de cheveux dé - bordant sous un chapeau à la dernière mode, était Miss Blume, l\u2019ex-secrétai- re du trésorier William À.MacAdoo, l\u2019autre une de ges amies.Aussitôt qu'elles eurent mis le pied sur le pont, la passerelle fut retirée et le yacht leva l\u2019ancre pour partir.La journée se passa gaiment et ce fut seulement le lendemain, à deux heures du matin, que le \u2018\u2018Séraphis\u201d\u2019, de retour de son excursion, fut amarré au quai.Les personnes présentes sur le quai virent apparaître sur la passerelle une dame en pleurs, paraissant assez âgée.Sous les rebords de son chapeau qu'elle tenait enfoncé jusque sur ses oreilles, on ne distinguait aucune trace de cheveux.Cependant c\u2019était la même mise Blume dont les boucles dorées resplendissaient quelques heures auparavant sous les rayons du soleil.Qu\u2019étaient devenus ces beaux cheveux?On l'apprit quelques jours plus tard quand Miss Blume intenta un procès à M.Triffon, le propriétaire du yaoht.Cette superbe chevelure, qui ornait \u2018la tête de Miss Blume, n'était qu\u2019une perruque, et le chien de M.Triffon s\u2019en étant emparé l'avait tellement déchirée et mise en pièces, qu\u2019elle ne ressemblait plus à une perruque.M.Triffon, ayant trouvé cet objet déformé à la gueule de son ohien, l'avait prise et jetée à l'eau.Miss Blume fut tellement mortifiée d'être obligée de s'en aller sans cheveux, exposée à toutes sortes de moqueries, qu\u2019elle intenta au propriétaire du yacht un procès qui fut réglé hors de Cour.Les journaux mentionnérent cet incident, mais sans répondre à certaines questions que tout le monde se posait dans le public.Pourquoi la charmante Miss Blume n\u2019avait-elle pas de cheveux, et pourquoi portait-elle une perruque?Portant une perruque, comment se fait-il qu\u2019un chien ait pu s\u2019en emparer ?Ayant perdu cette perruque par acoi- dent au cours d'une partie de plaisir, pouvait-elle poursuivre son hôte en dommages?{ Un hôte quelconque a-t-il le droit de se conduire de cette manière dans les cas d\u2019accidents?Ge sont là autant de questions que se sont posées nombre de personnes qui ont eu connaissance par les jour- \u2014 23 :\u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 De haut on bas: Le départ.\u2014 Le chien.\u2014 La perruque et le chien.naux de l\u2019incident, du procès et de son voici qui est suffisant pour intriguer, règlement en dehors du tribunal.mais comment cette perruque a-t-elle Savoir qu\u2019une aussi jolie fille que été prise par un chien, voici qui est l\u2019est Miss Blume porte une perruque encore bien plus fait pour aviver la \u2018a I vin! a» } vary 24 \u2014\u2014 Ye.- ug aa \"Ww Vol.15, N 5 In | 0 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 3 D \u2018 : chien © « | e bas en haut: Le chien ct la perruque.\u2014 Le chien très ocÂipé.\u2014 Les débris Le resuitat JL .- ous TH \u2018 + à c + si 5 .ne tad J .; .pa curlosite es gens; voici l\u2019explication ment.Elle \u2018avait été faite sur le modè | ces faits: 1 To an e des cheveux de ] \u2018 ; ) 1° Le ne cts \u2018es © ux de la célèbre beauté La perruque.Elle était de toute parisienne.Mlle Greuze, et elle en \u201d > - = y LL ; beauté, blonde et frisant naturelle- étail une reproduction exacte.Elle ! IE ! CELERY TIN AN FORTUNE Re ARIA TIN RE AR OH UHR RN : es Vel.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 avait été faite pour une actrice bien connue qui, au moment d\u2019en prendre livraison, avait changé de goût et avait préféré s\u2019en faire faire une autre brune.2° Pourquoi Miss Blume avait-elle besoin d\u2019une perruque?Ses chevaux naturels avaient été brûlés par le spécialiste qui avait, en employant les dernières pointes, voulu les lui friser de façon que les boules ne se défassent pas et durent plusieurs mois.Dès lors elle n\u2019avait eu d\u2019autre alternative que de les faire couper ras pour qu'ils repoussent naturellement, et de porter une perruque en attendant.C\u2019est le parti qu\u2019elle prit et c\u2019est alors qu\u2019elle acheta cette perruque de prix qui lui allait à ravir.3° Ceci est tout naturel, mais comment le chien de M.Triffon a-t-il pu s\u2019emparer de cette perruque?Sur le yacht, Miss Blume, qui est d\u2019un naturel très gai, s'amusa beaucoup avec le chien de M.Triffon et le caressa.\u2018\u2018 Gyp \u2019\u2019, tel est le nom du chien coupable, aimant les caresses, s\u2019attacha aux pas de Miss Blume et finit par en prendre trop à son aise.Voici ce que déclare à ce sujet l'ex secrétaire : \u2018\u201cGyp\u2019\u2019 accourait à chaque instant vers moi, sautant contre moi et me salissant avec ses pattes mouillées, je ,ne pouvais plus m\u2019en débarrasser.Sur le yacht il y avait deux jeunes filles moqueuses qui me regardaient dédaigneusement depuis mon arrivée.Quand j'arrivais sur le yacht, avec une de mes amies, de Californie, j'entendis ces filles dire d\u2019un air sarcasfîque à M.Triffon: \u2018\u2018Quelles sont ces invitées de distinction?\u201d Ceci me froissa.et je ne fils pas attention à elles, résolue à les laisser de côté.\u201cOutre ces deux filles, mon amie et moi, il y avait sur le yacht avec M.Triffon.le propriétaire, deux couples mariés, un jeune homme seul et plusieurs autres personnes.\u201cDans l\u2019après-midi et dans la soirée, nous dansâmes beaucoup et pendant que je dansais, \u2018\u201c Gyp\u2019\u201d\u2019 venait cons tamment se jeter dans mes jambes et il semblait prendre plaisir à me salir avec ses pattes.\u201d Le temps passait vite.\u2018Vous désirez savoir comment le chien a pu prendre ma perruque?eh bien, voici: \u201cVers dix heures, j'étais assise sur le pont avec mon amie, et elle me dit tout bas à l'oreille que l\u2019air frais faisait défriser les admirables cheveux de mon déguisement.Je portai ma main à ma tête et me rendis compte que c\u2019était vrai; mes beaux cheveux blonds se défrisaient.\u201cT1 faisait très sombre, nous étions assez éloignées des autres groupes, et personne ne pouvait me voir.J\u2019enlevai ma perruque ,l\u2019enveloppai dans un voile que j'avais sur les épaules, et je l\u2019épinglai.Appelant alors un des valets, je lui remis le paquet, le priant de le porter dans ma cabine et de l\u2019y déposer au-desuss d\u2019un turban de velours noir qu\u2019il verrait sur le lit.Je m'\u2019appuvai alors en arrière pour être mieux protégée par l'obscurité et par mon amie contre les regards des autres invités.{ \u201cQuelques minutes plus tard; j'entendis \u2018\u2018Gyp\u2019\u2019 qui poussait des aboiements joyeux.\u2018\u201c\u201cC\u2019est bien, me dis-je à moi-même, amuses-toi, mon Gyp.continue à gambader, pendant cv temps tu me laisses la paix.\u201cDurant le reste de la promenad.sur l\u2019eau.nous restâmes ainsi sur Ic pont, et ce n'est que vers deux heures fa fh pil pl pr am mol pet voi per fal Vol.15, No 2 LA REVUE ! du matin, lorsque nous fâmes sur le point d\u2019arriver \u2018au quai, que tout le monde descendit aux cabines pour se préparer.\u2018 \u201cJ'attendis un moment avec mon amie, et quand tout le monde fut remonté, je descendis, la tête enveloppée dans une écharpe: je trouvai le voile dans lequel j'avais enveloppé ma , perruque, mais ma belle perruque n\u2019y étalt plus.\u2018 Mon chagrin se manifesta si bruyamment que plusieurs autres invités redescendirent, et m\u2019aidèrent à chercher, mais ce fut en vain.Le valet questionné, répondit qu'il avait déposé le paquet que je lui avais confié à l\u2019endroit indiqué et M.Triffon s\u2019écria: Oh! serait-ce par hasard ce que traînait Gyp, il y a un instant?\u2014Ce que trainait Gyp?m\u2019écriai-je.\u2014Oui, quelque chose d\u2019élastique qui n'avait plus aucune forme, je le lui ai arraché et je l\u2019ai jeté à l\u2019eau.\u2014 Mais c\u2019est ma belle peruque que vous avez jeté à l\u2019eau! et jJ'éclatai en sanglots en enlevant l\u2019écharpe qui entourait ma tête rasée.\u201cTous remontérent sur le pont, me laissant seule en proie & un grand désespoir.\u2018 \u201cCe furent alors des éclats de rire méchants, et, parmi ces personnes qui riaient et se moquaient de moi, se trouvait M.Tiffon, mon hôte, dont je reconnus distinctement la voix.\u2018Mais il fallait descendre, le yacht avait accosté et je monfai sur le pont en enfonçant mon chapeau sur ma tête, mais il ne pouvait plus tenir, et ce fut au milieu des moqueries et des rires des invités que je dus descendre du bateau, en me promettant de tirer vengeance de ces insultes.C\u2019est alors que Miss Blume intenta un procès en dommages à M.Triffon.\u201d - Mant dal, février 1922 a \u2014\u2014\u2014 rs tr re Sn % mn \u2014\u2014 on TS \u2014\u2014 \u201cAUT ATRE Il eut beau exprimer des regrets de l\u2019acte de son chien, il se vit obligé de payer des dommages, mais il le fit avant que le procès ne vint en Cour.Dans le règlement hors de Cour, Miss Blume exigea que tout ce qui pouvait rappeler cet incident grotesque disparaisse.M.Triffon, comprenant le sérieux dé ce procès, consentit à faire disparaître de son yacht le nom de \u2018Séraphis\u201d auquel il tenait cependant beaucoup.C\u2019est alors que des journaux ont publié la vraie raison qui obligeait Miss Blume a porter perruque.Cet incident amène à parler des responsabilités des hôtes vis-à-vis de leurs invités.Il est certain que si un accident arrive à l\u2019un des invités au cours d\u2019une fête, l\u2019organisateur de la partie de plaisir est tenu à des dommages-intérêts.Les actions en dommages de cette sorte deviennent si nombreux aux Etats-Unis, que beaucoup de personnes hésitent maintenant à donner des soirées.Il est question chez les Compagnies d\u2019assurances contre les accidents, d\u2019établir une nouvelle clause de risques couvrant ces sortes de risques.AGE DE 106 ANS M.Norbert Barnabé, d'Ottawa, a célébré récemment le 106e anniversaire de sa naissance.Il est probablement l\u2019homme le plus âgé du Canada, sinon de l'Amérique.M.Barnabé jouit encore d\u2019une excellente santé et possède toutes ses facultés.Sa mère, Mme David Barnabé, mourut en 1901 à l'âge de 107 ans.\u2014 27 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Une condamnation de $60,000 pour un accident d\u2019auto Un beau matin de septembre 1920, la mignonne Rose Cattani fut envoyée par sa mère, ghez sa tante qui demeurait en face de chez eux, de l'autre côté de la rue.C'était le septième anniversaire de la fillette et sa tante l\u2019attendait pour fêter son anniversaire.Rose fut accueillie avec des transports de joie pat ses petites cousines, et, toutes ensemble, elles descendirent jouer dans la rue en attendant l'heure du repas.Les enfants s'amusaient à faire sur le trottoir des gâteaux avec du sable humide qu'ils avaient pris à quelques pas de là, lorsqu'un truck (rès lourd.dérapant sur le pavé mouillé, monta sur le trottoir, et une des roues passa sur les deux bras étendus de Rose, coupant les deux mains juste au-dessus des poignets.On conçoit I'horreur de ce spectacle.Pendant qu\u2019on emportait la petite victime, un voisin ramassa les deux petites mains qui étaient restées sur le trottoir.Rose, qui avait du goût pour la musique et voyait s'ouvrir devant elle un bel avenir, se trouvait maintenant privée de ses deux bras, n\u2019ayant plus en vue que la tristesse ei la misère.| L'affaire eut comme conséquence une poursuite en dommages et intérêts.L'avocat de la petite Rose demandait $100,000.Le proces vient de se terminer et le tribunal a accordé à la victime $60,000.ta Vis poupée dans ses bras.La pauvre enfant a comparu devant les jurés, et la vue de ces deux bras amputés les a teilement émotionnes, qu'en pensant aux dangers auxquels les autos exposent journellement leurs enfants, ils ont, à l'unanimité, accordé $60,000 de dommages.\u2018Regardez ces membres, messieurs les jurés, s'écria l'avocat, voyez par vous-mêmes.Ce n\u2019est qu\u2019une fillette du peuple, eh bien, je réclame $50,- 000 pour chacune de ses mains, ét ce n'est pas trop.Ce \u2018L'enfant a été privée de toutes les joies qui rendent l\u2019enfance si heureuse: élle ne pourra plus jouer avec une poupée, elle devra se contenter de regarder jouer les autres enfants, elle ne sentira pas les premières émotions qui éveillent en la fillette Tins- tinct maternel, quand elle presse une ; Tous les enfants ajment les petits animaux, eh bien, Rose n\u2019aura pas même le plaisir de pouvoir caresser un petit chien ou un petit chat elle ne pourra pas non plus s'amuser comme les autres enfants à tenir maison, en un mot, elle ne pourra jamais être que simple témoin dé la joie des autres enfants, ce qui sera pour elle une souffrance morale inconsolable.Rose ne pourra pas apprendre le piano, comme elle le devait immédiatement après son septième anniversaire.* Ghaque petite fille; qu\u2019elle avance en âge, aime à aïder sa mère, elle aime à apprendre à faire * à mesure Me 1 / i raiasiies 17 veines rss remeagermeas te Mes a «D Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ce que sa mère fait, notamment la cuisine et les gâteaux; elle aime à laver la vaisselle et à l\u2019essuyer pour se rendre utile, à faire les lits, s\u2019efforçant de les faire aussi bien que sa mère; eh bien, Rose est privée pour toujours de ces plaisirs qui sont en même temps un grand soulagement pour une mere.\u201cA l\u2019école, pendant que les autres enfants écrivent au tableau noir, fiers d\u2019être admirés par toute la classe, Rose est obligée de rester isolée à A «MERE TE encore, à l'âge où l'amour trouble le coeur, imaginez-vous ce qu\u2019elle souffrira moralement?Quel est l'homme qui consentirait à épouser une fille sans mains?\u2018Ces petits moignons seront cause qu'elle ne pourra pas goûter les douceurs de la maternité, et elle ne pourra même pas avoir le bonheur, la joie de pouvoir prendre dans ses bras, un petit enfant pour le presser contre sa poitine.\u2018Rose avait rêvé d\u2019une vie indépen- Le lourd véhicule passe sur le trottoir, et une des roues coupe les deux mains de la fillette occupée a jouer.son petit bureau; ces fractions de bras, à quoi peuvent-elles lui être utiles?| \u201cEt quand elle sera plus grande, quel garcon fera attention a elle, malgré sa beauté ?Quel supplice n\u2019en- durera-t-elle pas à la pensée de l'avenir agréable qui l'attendait?Elle ne pourra prendre part à aucune fête ; le golf, le tennis, la natation, le canotage.l\u2019équitation.tout cela lui est interdit, et quand elle sera plus grande dante, elle ne pourra plus ni faire sa toilette, ni se laver elle-même, ni s'habiller, ni se peigner; sa mère, ou, si elle vient à lui manquer, une autre personne, une\u2019 étrangère, sera obligée de faire tout cela pour elle.Messieurs les jurés, le père de Rose est un simple ouvrier, mais un honnête travailleur, qui gagne juste de quoi élever sa famille; ils habitent un modeste logement au 520 de la 50ème rue ouest, quant à la mère, elle fait tout son pos- \u2014 29 \u2014\u2014 Vol.15, Nu 2 La REVUE POPULAIRE aa = em \u2014 === team =e Sew are em\u2014 sible pour tenir son ménage et soigner sa petite invalide.Rose a une petite soeur, mais celle-ci n\u2019est âgée que de cinq ans, et même cette soeurette chérie, quand elle sera grande, ne sacrifiera pas son avenir pour gagner la vie de sa soeur; elle est aussi jolie que Rose, et aussi douce de caractère, mais elle a ses deux mains et elle se mariera.\u201d Pendant que l'enfant, ses yeux démesurément ouverts, écoutait attentivement plaider son avocat, une mèche de ses cheveux tomba devant ses yeux et, d'un mouvement impulsif, elle essaya d\u2019élever un de ses moignons dans l'intention de repousser ses cheveux de devant ses yeux.mais elle n\u2019y réussit pas, et elle le laissa retomber à son côté.Alors el'o baissa la tête et des.larmes s\u2019échappèrent de ses yeux.Ce petit incident silencieux fut plus éloquent que toutes les paroles de l\u2019avocat, qui, profitant de l'incident, continua: \u201c850,000 pour chacun de ses bras, et c\u2019est même trop peu.L\u2019on ne peut imputer aucune faute à l'enfant; elle, ainsi que ses camarades plus âgées, se croyaient en toute sécurité sur le trottoir où elles jouaient tranquille - ment à faire de petits tas de sable imitant des gâteaux.\u201cVoici un rouleau\u2019, s'écria tout à coup Rose, en montrant une bouteille vide, et elle s\u2019agenouilla devant un tas de sable pour le rouler comme un pâtissier roule sa pâte.Absorbée dans gon travail, elle se pencha et étendit ses petits bras qui tenaient la bouteille; \u2018un lourd comion passait, une des roues avait monté sur le trottoir, et elle passa sur ces petits bras, les écrasa et en sépara les mains.Les témoins de cet horrible accident avaient devant les yeux des fragments de ce qui avait été une jolie petite fille, c'était un de ces sacrifices humains inutiles, tels qu\u2019en font malheureusement trop souvent les automobilistes.\u201d Le chauffeur Francis Hunt, âgé de 22 ans, fut arrêté, la compagnie \u201cAmerican Railway Express\u2019 essaya de rejeter la faute sur la maison Talbot et MacKeon, qui transportait les marchandises, mais elle fut tenue responsable.L'enfant fut conduit à l\u2019hôpital Roosevelt où elle resta sept semaines et le procès ne fut plaidé que treize mois plus tard.Petite Rose fut à l\u2019hôpital un modèle de patience et de douceur, mais elle n'avait plus la force de rire.Elle souriait tristement à la garde-malade et au docteur quand ils l\u2019appelaient \u201cDear\u201d.Ses yeux étaient presque constamment fixés sur les fleurs rouges d'un géranium, placé sur la fenêtre près de son lit.Elle voyait la garde arroser le pot de fleur, et contemplait les fleurs qui poussaient.Un jour elle dit naïvement à la garde : \u201cNe pouvez-vous pas mettre sur mes bras quelque chose pour les faire pousser ?\u2019\u201d Lg garde émue répondit : \u2018\u201c Peut-être, avec un doux sourire chère.\u201d 0 , C\u2019est fortifiée par cette espérance que l'enfant supporta alors avec une patience angélique les douloureux pensements.Ils semblaient être pour elle ce que l\u2019eau était aux fleurs, \u201cC\u2019est bon, cela fera péut-être pousser mes petites mains comme les fleurs\u2019, dit- elle un jour au docteur.Au cours de la plaidoierie de l\u2019avocat, ces petites mains coupées ont dû apparaître en vision aux jurés, ca: ceux-ci se sont montrés d\u2019une sévéri* té très grande, et ils ont condamné la Cie à payer la somme de $60,000 à titre de dommages et intérêts.- ° Montréal, février 1922 aR Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE dite, HEEL Ly Montréal, février 1923 Gloria Swanson a-t-elle employé ses \u2018machinations de vampire pour procurer un mari a sa mere Tout le monde sait ce que c\u2019est qu\u2019une femme \u2018 Vampire dans les vues cinématographiques.Elle a un petit air fanfaron malicieux dans son allure, un coup d\u2019oeil coquin et dangereux, et une manière de hausser les épaules qui est engageante.La femme Vampire telle qu\u2019on la voit dans les vues est toujours à la\u201c poursuite de quelqu\u2019un ou de quelque chose.Elle est continuellement après lorgner les jeunes gens riches pour leur tendre des pièges, parce qu\u2019elle convoite leur argent.Habituellement elle emploie tous ses artifices pour es- sæÿer de convainore un jeune homme riche qu\u2019elle l'aime, afin de l\u2019amener à l\u2019épouser.Dans les vues, à côté de la femme Vampire, il y a toujours une * autre femme\u2019.Celle-ci naturellement est une fille douce, pure, confiante et de caractère très loyal.Le public espère et souhaite que le jeune homme riche épousera celle-ci, au lieu de se laisser gagner par les machinations de l\u2019autre.Tous les spectateurs de vues voient et comprennent les machinations du Vampire, mais le jeune homme riche est toujours aveugle sur ses manières.Tous ceux qui fréquentent les vues connaissent \u2018\u201c\u2018Gloria Swanson\u2019\u2019, car elle a souvent interprété des rôles de vampire.Voici que l'étoile de Cinéma est poursuivie en Cour.en Californie, pour avoir employé ses machinations de vampire, non pour elle, mais pour amener un homme riche à épouser sa mère.La situation, telle qu\u2019elle se pose devant la Cour de Los Angeles, pour essayer de faire annuler le testament du mari de la mère da Gloria, est une situation tout-à-fait nouvelle.On n\u2019a jamais vu au Cinéma une femme vampire, employer ses charmes et ses machinations pour amener un homme riche à épouser sa mère.Naturellement Gloria et sa mère protestent de toutes leurs forces contre cette accusation odieuse.Elles soutiennent qu\u2019il est abominable de prétendre que Gloria a employé oes machinations pour attirer à elle le vieux Matthew P.Burns, surnommé le magnat de la chaussure, et le rendre fou d'elle, pour ensuite lui avouer qu'elle était mariée et que le seul moyen de la voir souvent était d'épouser sa mère \u2018Mamma Swanson\u201d, qui était encore une dame adorable.Gloria, d'après les prétentions de la demande en annulation de testament, aurait dit à l\u2019oreille du vieux richard que s\u2019il se mariait avec sa mère, elle - resterait à la maison et serait umul bonne fille, ce qui est la meflle chose qu\u2019une fille puisse être poure la homme a part si elle était sa fen ils se La soeur, le neveu et les desidument res du défunt mari de \u201cMamm son\u2019 sont les demandeurs dar cès sensationnel qui a pour mu 3] = Vol 13.Na 9 \u2014\u2014 une = a.faire annuler le testament de Matthew Burns qui a légué toute sa fortune à sa veuve, la mère de Gloria.Nul ne connait exactement la fortune léguée, mais l\u2019on sait qu\u2019un homme qui, à Lus Angeles, possède onze grands magasins de chaussures, doit avoir une grosse fortune.L'histoire du marchand de souliers, son épouse, sa belle-fille et ses parents pauvres est une étude de contrastes.Gloria n'a qu'a la faire mettre en scénario, et elle obtiendrait certainement un succès énorme, surtout si les - parents pauvres du défunt mari de \u201cMamma Swanson'\u2019 consentaient à Jouer eux-mêmes leur rôle.Il n'y manquerait plus que le défunt, et pour cause.Les scènes de scénario comprendraient la modeste maison de pension tenue par la soeur du défunt dans le quartier bruyant des affaires, et la vaste maison bourgeoise blanche, n° 926 Boulevard Edgemond, à Hollywood, où la veuve, avec sa suite de serviteurs vit dans un splendide isolement.Matthew Burns est décédé dans la grande maison blanche le 17 août dernier.Les tributs floraux et les condoléances affluèrent de toutes parts, et les funérailles furent splendides.Cependant, il ya une douzaine d\u2019années, M.Burns n\u2019était qu\u2019un simple vendeur dans un magasin de chaussures, il était complètement inconnu.Jl travailla ferme, ayant de grandes am- Aitions.Une première fois il se hasar- WM tenir un magasin de chaussures, | % ne réussit pas faute de capi- Qmais, lors d'un second essai, il heureux.ainsi qu\u2019au moment de sa Mossédait onze magasins dans À es.Ses revenus lui permet- LA ELEY PC a wp V ee\u2014\u2014 22 2 === == \u2014\u2014\u2014\u2014 i SS a> om an od ABE Montréal), février 1902 taient d\u2019avoir des automobiles luxueuses, d\u2019entretenir un train de maison très coûteux dans sa superbe demeure du Boulevard Edgemont, et de fréquenter la meilleure société.Ses parents se réunirent quelques jours après sa mort, dans le bureau d\u2019un avocat, pour entendre la lecture du testament; c\u2019étaient Mme Graham, sa soeur, et son fils John Graham, âgé de 10 ens environ, ses deux frères et sa veuve, la mère de Gloria.Ils formaient un groupe intéressé, et tous étaient impatients de connaître la teneur du testament.: L'avocat ajusta ses binocles, sortit le testament de son coffre, et en fit la Jecture: \u201cA mon teneur de livres et amie.Mrs Ester\u2019 Beutel, la somme de $2,- 000; à ma soeur, à mon neveu et à mes frères, $500 chacun.\u201cJe lègue le reste de mes biens, sans aucune exception ni réseve, à ma veuve.\u201d C\u2019est à la suite de cette réunion que les frères et soeur du défunt se concertèrent pour attaquer le testament, et pour porter des accusations qui font passer l\u2019étoile de cinéma pour une femme vampire, et sa mère pour une aventurière.Les demandeurs invoquent à l\u2019appui de leur demande cinq groupes de faits, mais nous ne citerons ici que le dernier, le plus étrange, dans lequel ils allèguent et demandent à prouver: 5° Que Mme Burns et sa fille Gloria ont conspiré pour amener Burns à s\u2019éprendre de Gloria, et qu'ensuite, une fois ce résultat obtenu, Gloria lui & persuadé d'épouser sa mère, \u2018\u2018promettant que grâce à ce mariage, Glo- - ria habitant avec eux, Burns et Gloria, sa belle-fille, pourraient se voir souvent et seraient réunis fréquemment, mh rt rs Vol.15, No 3 - Mais, outre ces 5 principaux grou- _pes de faits, la demande contient des allégations de moindre importance qui font l\u2019objet de cancans.Il y est allégué, en autres choses, que Mme Burns n'a épousé Burns que dans le but d\u2019avoir sa fortune et ses propriétés; | Que la veuve a payé, ou promis de payer, à M.et Mme Frank Hayes la somme de $100, ou à peu près cette LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 rn trouver cette accusation horrible ?Probablement ils m'ont vu faire la femme vampire sur l'écran, alors ils ont cru que j'agissais toujours ainsi.\u201cJe ne l'ai jamais rencontré, vous - le savez\u2019, continua l'étoile, jusqu\u2019à 3 semaines ou 1 mois après qu'il eut fait connaissance avec ma mère.\u2018\u201cÎ] était absolument épris de ma mère.lls se soni rencontrés, je crois, chez M.Frank Haves, qui est acteur La lecture du tesiament.| / somme, pour être présentée à M.Burns, pourvu que le mariage ait lieu.Ete., etc.Le commencement de l'histoire remonte à 1916, quand Gloria Swanson et sa mère vinrent en Californie.La fille, Gloria, épousa peu de temps après son arrivée, Walalce Beery, dont elle est séparée.C\u2019est dans cette même année que Gloria fit connaissan ce de Burns.\u201cC\u2019est ter-r-ible!\u2019 a déclaré Gloria à dés amis.\u2018\u2018Ces gens-là veulent me faire passer pour une femme vampire.Moi,.avoir essavé d'attirer le vieux gentleman à moi, et le passer ensuite à ma mère ! Où ont-ils pu \u2014 33 \u2014 de cinéma dans les comédies.Hayes connaissait ma mère depuis longtemps; il à connu mon père intimement, et il m'a connu moi-même toul enfant.\u2019 \u201cBurns a commencé à faire la cour à ma mère en 1916, et ils se sont toujours fréqueñtés assidument RE NR RE Eee geek Ae EE Val.13, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 jusqu\u2019en 1918, alors qu\u2019ils se sont mariés.Il a acheté la maison de Hollywood à son retour de voyage de nodes a San Francisco.\u201cJ'avais une maison à moi, à cette époque, et, à leur retour.ils passè- @nt trois jours chez moi, si je me rappelle bien, pendant qu\u2019ils cherchaient une propriété à acheter.Je pris alors l\u2019influenza et ils partirent.Nous n\u2019avons plus jamais habité sous le même tot.\u201d La mère et la fille sont également indignées des infâmes accusations de conspiration portées contre elles.\u2018\u201cDites-moi pourquoi\u2019.disait Mme Burns, au cours d\u2019une entrevue, \u201cmais en bonne vérité, dites-moi pourquoi nous avions besoin de son argent, quand Gloria gagne plus en six mols que toute la fortune de Burns?\u201d Gloria continua: \u201cOn dit que M.Burns voulait m\u2019épouser, moi.je vous dis franchement qu\u2019il ne m\u2019en a jamais parlé.\u2018\u201cT] savait que j'étais mariée, ma mère le lui avait dit.Il ne m\u2019a jamais laissé entrevoir qu\u2019il avait de l'amour pour moi.\u2018Il semblait fier de mes succès, et 1] le disait souvent aux personnes qu\u2019il fréquentait, mais il ne m\u2019a jamais dit un mot d'amour.\u201cIls prétendent qu\u2019il n\u2019était pas sain d\u2019esprit.C\u2019est faux.Je ne les ai jamais fréquentés après leur mariage, mais je sais parfaitement distinguer quand une personne est saine d'esprit.Je pense qu\u2019il y aura des masses de gens qui pourront témoigner de son état mental parfait.\u2018Il est absurde de soutenir que ma mère ot moi, nous avons conspiré pour faire ce mariage, car, pour ma part, j'y aurais plutôt mis obstacle, je ne l\u2019aimais pas; mais Burns aimait ma \u2018mrèe passionnément.\u2018Je n\u2019avais jamais entendu parler de testament, j'ignorais complètement son existence.Telle est à peu près la réponse de Gloria qui attend avec confiance la décision du juge.0 UNE MOSQUEE A PARIS En reconnaissance des services rendus en France par les soldats musulmans des colonies françaises, le gouvernement français a voté des fonds considérables pour l\u2019érection à Paris d\u2019une magnifique Mosquée.Cette construction sera élevée d'après les plans de la célèbre Mosquée \u201cBou-Anania\u2019\u2019 de Fez, la ville Sainte du Maroc.La vue de cette Mosquée, monument du culte mahométan, avec ses toits pointus et ses minarets visibles de toutes les parties de Paris ajoutera un charme particulier et tout nouveau à l\u2019architecture de la capitale française.La construction de cette Mosquée est une dérogation aux usages Mahométans.car les fidèles du Prophète n'avaient jamais permis d\u2019élever de Mosquée en pavs infidèle, (par pays infidèle, il faut entendre ici, en pays non mahométan).0 A qui perd tout, Dieu reste encore.* x 2 C\u2019est dans sa façon d\u2019accepter 1'épreuve que se révèle la valeur d\u2019une âme.x Kk #% Qui se rit de l\u2019amour, un jour en pleurera.* CCR ©» ee = , ut cu 3 & ' \" Vol.15, No 2 (=) \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014C\u2014\u2014 (J) \u2014 (J) \u2014\u2014\u2014 I) = {J \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 OC O - LA REVUE POPULATRE UN ROMAN ras RULERS] Montréal, février 1922 COMPLET or eel O II © Ke Ce fut un solennel et touchant spectacle que l\u2019entrée de maître Joa- chim Gründwald dans la salle des fêtes du Conservatoire de Vienne.Les trois mille personnes qui s\u2019y pressaient, véritable élite de la société viennoise, se levèrent, d\u2019un même mouvement et applaudirent.Deux jeunes gens aidaient le vieillard à marcher jusqu\u2019à l\u2019estrade.On était curieux de voir ce musicien, \u2018qui était célèbre dans le monde entier.Depuis des années, Gründwald, trop âgé maintenant, les yeux brûlés par trop de travail, ne paraissait plus en public; il vivait au fond de la Bohème dans Ja retraite.Malgré la longueur du voyage, il était venu, pourtant, ce jour-là.Toutes les mains se tendirent vers lui, toutes les têtes se découvrirent, et, dans la loge d\u2019honneur, l'impératrice lui envoya un salut de la main.Maître Gründwald, en effet, le plus grand artiste de tout l\u2019Empire, avait tenu à accompagner lui-même son élève, Fritz Koepel, qui allait concourir pour le prix de l\u2019Académie.Seuls, les lauréats des Conservatoires des cinq plus grandes villes d\u2019Au- triche-Hongrie avaient le droit de prendre part à ce concours, et une LE PRIX DE LA GLOIRE Par Henry de FORGE m\u20140 m0 OI O TO OF 0 Eee CET OC | 010 me pieuse tradition voulait qu\u2019ils fussent assistés, en cette circonstance solennelle, par leur père ou leur pofesseur.Depuis bien longtemps, Gründwald n'avait pas quitté la petite maison, enfouie sous les roses blanches, qu\u2019il habitait aux environs de Prague.Il avait fait, disait-il, son temps sur la terre et ne demandait rien d\u2019autre à Dieu que de s\u2019éteindre doucement parmi les fleurs, au milieu de ceux qu\u2019il aimait.Un soir, un jeune homme, au visage sérieux, aux yeux de clarté, était venu frapper à sa porte et lui avait dit gravement: \u2014 Maître, je suis musicien et je suis pauvre, je voudrais avoir du génie.Gründwald avait hoché la tête.\u2014Que puis-je faire pour vous?\u2014M\u2019entendre.Vous me direz alors si j'ai le droit d\u2019espérer.\u2014Espérer.quoi, mon enfant?\u2014La gloirel.\u2014Hélas | La gloire se paye bien cher.Le savez-vousl.\u2014Oui! Maître | \u2014Elle se paye avec le meilleur de nous-mêmes, avec notre coeur, souvent! \u2014Je le sais.\u2014Et vous avez la foi, pourtant, la foi dans votre talent?\u2014J\u2019ai la foi.iti ie tete ciné ei a iii ae Le tn LS ed ts PE EE RENE Rn Vol.15, No 2 - \u2014C'est bien! Mettez-vous à ce pia- 0: je vous écoute.Longtemps le jeune homme avait joué.Gründwald I'écoutait, surpris.Une inspiration singulière chantait dans cette musique, à la fois douloureuse et douce, tendre surtout.Quand il s\u2019arréta: \u2014Continuez! dit le vieillard.Celui-ci se sentait conquis.D'où venait cei étranger?Qui donc lui avait enseigné son art?Où prenait- il ces phrases éxquises et nouvelles ?Quel beau talent à dév elopper, à guider.à façonner! Le jeune homme avait dit pauvre, mais j'ai la foi.Et, avant de mourir, Gründwald accepta un dernier élève.Jamais, du reste, enseignement ne profita mieux.Fritz Koepel était une nature docile et travailleuse.qui ne demandait qu'à mettre a profit les conseils du maitre.Ces deux Hommes, malgré leur différence d'âge, se comprenaient et s'aimaient; ils passaient de longues heures à travailler ensemble, à.composer, se laissant aller chacun à son inspiration.| Sans se lasser, Fritz écoutait le grand artiste, mais le grand artiste, de son côté, écoutait Fritz avec'une émotion poignante.-Va! petit, va! disait- il.Tu feras ton chemin! Le monde ne percevait point l'écho de ces mélodies délicieuses.Parfois, seulement, un passant attardé s\u2019'arrêtait, devant la porte, stupéfail, croyant entendre quelque musique divine.: Je suis ° oN \u2014Tu n\u2019as plus de parents, Fritz.Je t'accompagnerai à ton concours, avait promis le grand musicien.LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ~\u2014Mereci, Maitre! Oui, je me sentirai plus fort.si vous êtes à mes côtés.Gette épreuve solennelle me fait peur: il me semble qu\u2019une fois sur l\u2019estrade, je ne serai plus capable de jouer une seule note.On laissait, en effet,les concurrents exécuter à leur guise un morceau d\u2019une longueur donnée.mais qui devait être de leur composition.Ils restaient libres de le préparer, de se servir même de leur manuserit.On voulait, avant tout.de leur part, une inspiration personnelle.Grünwald avait confiance et remontait le courage défaillant du jeune artiste, mais il pensait: \u2014 Fritz a un grand talent, trop grand peut-être, car l'effort musical le brise.C\u2019est un garçon nerveux et sensible à l\u2019excès.Je veux espérer qu\u2019il s\u2019aguerrira, qu'il s'habituera à la foule, que, surtout, il disciplinera ses admirables facultés.Son élève avait remporté, d\u2019emblée, la première récompense au Conservatoire de Prague.ce qui lui conférait le droit de concourir au fameux prix de l\u2019Académie.Lentement, Johann Wolfang, qui présidait, vint vers lui, les mains tendues: - \u2014-Quel honneur pour nous! dit-il.\u2014-Non, Wolfang, quelle joie pour moi ! | Dans la foule, on cherchait curieusement les candidats.Fritz s\u2019était assis, dans un coin, au milieu des cinq camarades venus de Prague pour l\u2019escorter.I] semblait désireux d'échap- \u2018per à l'attention.La tradition voulait que les concurrents au prix de l\u2019Académie fussent accompagnés par une délégation choisie par ceux-là mêmes qu'ils avaient vaincus, dans leur ville.Sans rancune, ces jeunes gens fai- fi Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 saient cortège au lauréat.Ne s'agis- sait-il pas de l'honneur de leur province! Avec quelle fierté, en cas de succès, ils porteraient sur leurs épaules le triomphateur, au milieu de toute la salle! .\u2014Hardi! garçon, tu réussiras, répétait à Fritz le gros Wilhelm Klauss, le plus joyeux de ses camarades, un gai compère, un boute-en-train qui, à Prague, désespérait les professeurs du Conservatoire.Il était remarquablement musicien, lui aussi, doué même d\u2019une étonnante facilité, mais c\u2019était le plus détestable travailleur qui fût au monde, ne se mettant jamais au piano, affirmait-il, qu'après avoir bien dîné.Souvent il plaisantait Fritz dont les théories artistiques, toutes de sensibilité et d'émotion, choquaient les siennes.\u2014Tu fais fausse route, ami! disait- il.La musique est un art divin, de bonne humeur et de franche gaieté.On ne chante bien qu\u2019avec l\u2019estomac plein d\u2019excellents mets et le coeur vide de soucis.On ne chante que ce qui rend heureux.Au diable tes réves, tes nerfs et toute ta boutique a sanglots! Si tu continues, crois-moi, tu ne produiras que de la pacotillel!.En attendant, Wilhelm s\u2019était fait souffler par Fritz le premier prix du Conservatoire., Pendant huit jours on ne l'avait pas revu.Il était allé \u2018\u2018noyer\u2019\u2019 sa tristesse.\u2014Je ne t\u2019en veux pas, tu sais, pas le moins du monde, avait-il dit ensuite à Fritz, mais je ne retire pas un mot de mes théories.Pour l'instant, il ne s\u2019agit plus que d'aller à Vienne te faire cortège.Juché sur une banquette, dans la salle du Conservatoire, très animé, très essoufflé, Wilhelm Klauss ne cessait de tirer Frilz par la manche.\u2014Regarde ce parterre de jolies femmes et de gens illustres.Toute l\u2019aristocratie viennoise va t\u2019applaudir.Mais regarde donc! Bien renseigné, il citait des noms: \u2014Ge petit monsieur à lorgnon, c\u2019est le sous-secrétaire d\u2019Etat, et celui qui lui parle en ce moment, c\u2019est l\u2019ambassadeur de Suède.Tiens! voici son Altesse, le prince Michel de Habsbourg, le propre cousin de l\u2019empereur.Ce prélat en rouge, qui s\u2019assied, c\u2019est l\u2019archevêque de Pitzbourg, et là-haut, as-tu bien regardé dans cette loge en velours cramoisi, au milieu de cet étincellement d\u2019uniformes : c\u2019est Sa Majesté l\u2019Impératrice! Mais Fritz Koepel ne regardait pas, perdu dans d\u2019auires pensées.Quelque chose d'infiniment triste lui serrait le coeur et son front se plissait.Oui, toute cette foule brillante et enthousiaste qui, dans quelques minutes, allait le juger, composait le plus bel auditoire qu\u2019un artiste pût souhaiter.Oui! maître Gründwald, le célèbre Gründwald, lui avait fait le grand honneur de l'accompagner en persén- ne.Il allait avoir, tout jeune encore, cet orgueil de laisser chanter son inspiration devant l\u2019élite de la société viennoise, et peut-être de remporter un prix, qui serait pour lui la prestigieuse promesse d\u2019un magnifique ave=- nir.; Ses doigts froissaient fiévreusement les pages de son manuscrit.Il y avait mis le meilleur de son talent, le plus ,pur de son âme.Sa pensée, pourtant, s\u2019envolait loin du moment présent, de la salle éblouissante, de la foule attentive, de son oeuvre même, son oeuvre qui était sa vie, pour s\u2019en aller, mm BT \u2014\u2014 Vol.15, No 2 - LA REVUE POPULAIRE Montréal.février 1922 vagabonde, vers son faubourg ensoleillé, vers sa chambrette d\u2019étudiant pauvre où il avait tant travaillé.Puis, elle se posait sur une fenêtre fleurie, ouverte en face de la sienne.Dans toute cette foule, Fritz se sentait comme isolé.Le seul être qu\u2019il souhaitait y voir ne se trouvait pas là, l\u2019être qu\u2019il aimait ardemment, la jeune fille qu'il avait fait le rêve d'élire pour compagne, non pas l\u2019amie d\u2019un jour, d'une année, d\u2019une jeunesse même, mais l'associée de ses rêves d'artiste, l\u2019inspiratrice mystérieuse et chère.\u201d Fritz ne savait rien d\u2019elle, gi ce n\u2019était qu\u2019elle devait être pauvre comme lui, et qu\u2019elle était adorablement jolie.\u201c Chaque jour, il entrevoyait, dans la maison voisine, son profil pur et délicat, courbé sur quelque ingrat ouvrage de couture.C\u2019était pour elle qu\u2019il travaillait, et lorsqu\u2019il se mettait au piano, elle ouvrait grande sa fenêtre.Les notes montaient alors en bouffées printanières, aveux et serments.Bien qu\u2019elle prêtât à sa musique une attention certaine et sympathique, janfsis cependant elle ne lui avait parlé, jamais son regard, se eroisant avec le sien, ne lui avait répondu.Et il en souffrait amèrement.Sa musique était sa seule consola- flon; il y travaillait avec acharnement.\\ Lorsque, pendant les douces soirées de mai, Fritz avait composé l'oeuvre qu\u2019il allait exécuter solennellement, il en avait joué une à une toutes les phrases à cette jeune fille qui s\u2019arrêtait de coudre pour écouter, subjuguée, bien qu\u2019en apparence impassible, et cette oeuvre qui déciderait de la carrière du jeune artiste, n\u2019était qu\u2019un long cri de tendresse vers cette \u201c étaient remarquables.douce inconnue, vers cette muse mystérieuse.Fritz Koepel devait paraître le dernier sur l\u2019estrade.Le quatrième concurrent achevait son morceau.C'était le lauréat du Conservatoire \u2018de Vienne, celui qui avait le plus de notoriété, le plus de chance de succès, et le public enthousiaste lui fit fête.Les quatre oeuvres déjà exécutées Chacune avait suscité des tempêtes de bravos, mais le dernier candidat paraissait devoir l'emporter.; A son tour Fritz Koepel gravit les marches.Suivant l'usage, Maître Gründwald lui téndit la main, et le conduisit au piano.Le jeune homme était très pâle, et tremblait en s\u2019inclinant vers la loge impériale.Puis il s\u2019assit.Les pages manuserites étaient ouvertes devant lui.Il préluda.Un silence religieux se fit dans la salle.Fritz laissa d\u2019abord courir ses doigts machinalement.Sa pensée obsédante, despotique, le reprenait, malgré la gravité et la solennité de l\u2019heure.Une claire image de femme, un profil lumineux à une fenêtre ensoleillée, revenait obstinément devant ses yeux.Mais jamais plus qu'en cette minute où se jouait sa destinée, il n'avait souffert de sa solitude.Point de parents, peu d\u2019amis, de vagues camarades! Que lui importait cette foule parée, ces gens riches, ces femmes jolies, ces célébrités diverses, tout cet auditoire attentif! \u201cElle\u201d n\u2019était pas 1a.Quelle place tenait-elle donc dans sa vie, pour qu\u2019il souffrit ainsil \u2014 38 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Il s\u2019en rendait compte en égrenant les notes de cette oeuvre maîtresse qu\u2019elle seule avait inspirée, dont chaque phrase était un reflet de sa pensée.} Et voila qu'il se sentit, soudain, envahi par un immense découragement; son oeuvre lui sembla folle comme son amour.Tout à coup, le sentiment de la réalité lui revint.Où était-il ?Aucun bravo ne rompait le silence de la salle.Fritz tourna légèrement la tête: les visages étaient impassibles.Sans doute il avait joué, par coeur, les phrases .du début répétées par lui cent fois.Mais alors, pourquoi ce silence de la foule?Pourquoi n\u2019entendait-il pas ces légers bruissements d\u2019admiration qui exaltent le courage et la foi de [\u2019artiste ?+ Un moment, il crut distinguer sur l'estrade Gründwald, triste, un peu inquiet.L\u2019oeuvre ne donnait-elle pas ce que le vieux maître attendait?Fritz se sentit perdu.Un sanglot l\u2019étouffa.Des yeux, il voulut suivre les pages.I] ne sut plus où il en était.Alors, d'un geste rapide, presque de colère, il jeta le cahier dont les feuillets s'éparpillèrent au hasard.Un murmure de stupéfaction courut dans l\u2019auditoire.Fritz Koepel perdait-il la tête ?Déjà, en effet, sa mémoire se brouillait.laits\u2019effaçait, se noyait dans une brume; souffrant horriblement, sentant une fièvre intense secouer ses nerfs, marteler ses tempes, il voulut crier sa peine, ses mains se posèrent sur le clavier et son &me pleura.Les notes dirent sa tristesse de vivre, son découragement d'aimer, son PE NP COTE L\u2019inspiration qui l'avait guidé, impuissance d\u2019être heureux comme les autres hommes.I] fut tour à tour suppliant et fiévreux, câlin et désespéré et, lorsqu'il aut joué ainsi longtemps.longtemps, ~Y'accord final, eri supréme, vibra comme un long sanglot.Une clameur immense remplit la \u2018salle.La foule acolamait l\u2019artiste.Fritz chanoelait, ne coniprenait pas, Mais toutes les mains se tendirent vers lui et Wolfang s\u2019approcha pour lui dire: \u2014 Bravo! Monsieur, vous êtes un maître.Le jury proclama solennellement Fritz Koepel, de Prague, lauréat du concours de l\u2019Académie.Un formidable hurrah retentit et le public pressé gur l\u2019estrade, entourait le vainqueur, voulant le voir de près, lui parler quand une voix clama au fond de la salle: \u2014Hurrah aussi pour Gründwald.Un nouveau tonnerre d\u2019applaudissements ébranla les vitres; le vieux maître salua, ému.Cent personnes, en même temps, félicitaient Fritz, qui, appuyé au bras de son professeur, mais pâle, brisé, répondait à peine, lorsque, autour de lui, tout le monde s\u2019écarta, pour laisser passer un officier en grande tenue.\u2014 Monsieur Gründwald, dit celui-ci, Sa Majesté l'Impératrice désire que vous lui présentiez le lauréat.L'Impératrice! A ce nom magique, Fritz releva la tête.\u2014Allons, viens, enfant, dit Griind- wald.Ta fortune est faite! Et lentement, au milieu des acclamations, précédé par ses cinq camarades du Conservatoire de Prague qui ouvraient la marche, Fritz Koepel se dirigea avec son maître vers la loge de Ÿ RA Yol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 la souveraine.Du haut des balcons, des femmes jetaient des fleurs.\u2014 Comme il est jeune! murmurait- on.| \u2014Comme il a l\u2019air doux! \u2014 Triste plutôt! Dans son triomphe, en effet, Fritz gardait son idée fixe, douloureuse : \u2014\u201c\u201cElle\u2019\u2019 n\u2019est pas là! Comment, hélas! aurait-elle pu venir et pourquoi serait-elle venue?Mais, au moment où il montait l\u2019escalier qui accédait à la loge impériale, il s'arrêta, saisi : \u2014Qu\u2019as-tu?fit Gründwald.Fritz ne répondit pas.Au premier rang de la foule, il venait de distinguer une jeune femme grande, blonde, délicieusement jolie sous sa toilette simple.Quand elle se vit reconnue, elle rougit, confuse, et baissa les yeux.Fritz passa; il fallait se hâter, l\u2019impératrice attendait.car Mais lorsque le jeune lauréat du prix de l\u2019Académie apparut, au bras de Gründwald au haut de l'escalier, il n\u2019était plus le même.Lui si pâle, si abattu tout à l'heure, avait une physionomie rayonnante; ses yeux profonds, au regard d\u2019intelligence et de volonté reflétaient une joie indicible.Ses lèvres souriaient; son pas joyeux entraînait son vieux maître, stupéfail de cette brusque transfiguration.Fritz Koepel était heureux, infiniment heureux.\u201cElle\u201d était venue, pour l\u2019entendre.Cette jeune fille qu\u2019il adorait, qui était son inspiralrice, venait de faire à la muette prière de son coeur cette réponse inespérée.\u2014A quoi penses-tu donc?gronda la voix de Wilhelm Klauss; tu as air d\u2019être dans la lune! Songe que tu vas venue , exprès te trouver en présence de l\u2019impératrice | Fritz arrivait, en effet, devant la loge impériale.Des fonctionnaires, des officiers en uniforme et des dames d'honneur en toilettes de gala se tenaient devant l\u2019entrée.Une lourde portière en velours cramoisi se souleva pour laisser passer le maître et l\u2019élève, | L\u2019impératrice était seule.Sa haute taille et son fin profil s\u2019estompaient un peu sous la clarté pale des lampes.D\u2019un geste aimable, elle tendit aux deux hommes sa main gantée de blanc.Gründwald, cérémonieusement, s'inclina et proféra d\u2019une voix grave, serrée par l\u2019émotion: \u2014J\u2019ai l\u2019insigne honneur de présenter à votre Majesté Fritz Koepel, mon élève le plus cher et le meilleur.Une voix douce répondit: \u2014Monsieur Koepel, je suis heureuse de vous connaître.Vous m\u2019avez fait éprouver tout à l'heure une poignante émotion.Je vous ferai même un aveu: quand j'ai entendu votre étrange musique, j'ai demandé à rester seule ici.pour la mieux goûter.et j'ai pleuré.C\u2019est vous, monsieur Gründwald, ajouta-t-elle, qui avez découvert son talent?\u2014Non! Majesté, Fritz Koepel est venu un jour frapper & ma porte et me dire: \u2018Je suis jeune et j'ai la foi: voulez-vous m\u2019entendre?\u2019\u2019 Je l'ai entendu et je lui ai montré la route à suivre.Voilà tout.\u2014Oh! maitre.\u2014Ne proteste pas, enfant.Ce n'est pas moi qui t\u2019ai dicté ces phrases de tendresse et de douceur qui te font aujourd\u2019hui du talent et seront demain du génie, pt 80 \u2014\u2014 Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE » Montréal, février 1922 \u2014 Ftes-vous bien sûr, monsieur Gründwald, que ce talent précieux soit fait seulement de douceur et de tendresse?Autre chose chante dans votre musique, monsieur Koepel: on dirait l\u2019écho profond de la douleur humaine.Fritz, surpris, regardait la souveraine, émue.conquise.Comme elle avait compris ce qu'il ressentait tout à l'heure, ce que son coeur désolé avait essayé de traduire dans un coup de folie, et qui était si différent du morceau préparé pour le concours! \u2014Vous êtes pauvre?demanda l\u2019impératrice, après un silence.N\u2019en rougissez pas.car votre gloire n\u2019en sera que plus pure, et je veux que vous me la deviez un peu.Ecrivez une oeuvre lyrique digne de vous.Je vous donne ma parole impériale qu'er le sera jouée à l'Opéra de Vienne.Elle ajouta d\u2019un ton encourageant: \u2014Je suis sûre d'ailleurs qu\u2019elle sera telle que je la souhaite, humaine et sentie! *® % % Lorsque, le soir, la féte et les ovations terminées, Gründwald et Fritz se retrouvèrent seuls en face l\u2019un de l\u2019autre, le vieux maître ouvrit ses bras ét y serra son élève longuement.\u2014C\u2019est bien, petit, ce que tu as fait là.C\u2019est très bien! Ta fortune est assurée maintenant.Es-tu heureux?\u2014Ah oui! bien heureux; tellement heureux que, par moment, je crois rêver.I1 me semble qu\u2019une vie nouvelle s\u2019ouvre pour moi, que je vais travail - ler à des oeuvres qui seront belles, des oeuvres d'enthousiasme, de jeunesse et d\u2019amotr.N'est-ce pas, mai- tre, que c\u2019est là le secret de la gloire pour nous autres, notre coeur que nous mettons tout entier dans notre musique avec ses joies profondes, \u2018 ses folies, ses chimères!.\u2014OL ! répéta Gründwald, d\u2019une voix grave, lu as raison, notre coeur tout entier.IT La jeune fille que Fritz aimait d\u2019un amour ardent et silencieux portait le joli nom de Madel.à Elle était fraîche comme un printemps, sérieuse et douce, d\u2019une nature délicate et fine, aimant tout ce qui est beau et bon.Elle se trouvait orpheline.Le double deuil qui l'avait frappée quelques années plus tôt avait changé sa situation.Ses parents possédaient, jadis, une certaine aisance; ils avaient même commencé à lui faire apprendre la musique, pour laquelle elle avait un goût marqué, mais.un jour, le malheur était entré dans la maison.Le père était mort à la tâche.La mere n\u2019avait pas eu la force de supporter cet immense chagrin, et Madel était restée seule parmi ces ruines.Elle avait dû, dès lors, demander à son aiguille le pain quotidien.Elle faisait de la lingerie riche, car elle était adroite comme une fée et bro- (lait des trousseaux, des rideaux, des tapis, des robes; son aiguille agile créait des merveilles.Elle s'était installée dans un faubourg de Prague, parce que son travail exigeait qu\u2019elle demeurât & la ville; autrement, elle eût habité Wol- nitz, à quelques kilomètres de là, chez sa grand 'meére Brigitte, qui était, avec une tante éloignée, la seule parente qui lui restat.La vieille femme et la jeune fille s\u2019aimaient beaucoup, bien qu\u2019elles fussent très différentes de vie et de AY ms \u2014 4 \u2014 RRR anna Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 caractère; mais Madel était si parfaitement bonne et simple qu\u2019elle ne se choquait point des manières un peu frustes de la paysanne et savait ne jamais la heurter.Quelque chose pourtant les divisait: Brigitte avait un petit-fils, Karl, qu'elle idolätrait.C\u2019était un grand garçon de manié- res empruntées, d\u2019esprit concentré, dépourvu de finesse, non de droiture; une nature loyale, mais un silencieux et un timide.Sa jolie cousine lui faisait un peu peur; elle lui imposait une sorte de respect, qui le laissait devant elle indécis et gêné.Pourtant, il l\u2019aimait de toutes ses forces, et c'était le rêve de la vieille Brigitte de les unir un jour, bien qu'ils fussent en apparence très dissemblables et peu faits pour accomplir ensemble le voyage de la vie.| \u2018Karl était serrurier de son état, non pas un vulgaire manoeuvre comme l\u2019eût donné à penser son allure fruste, mais un excellent ouvrier capable d'exécuter des ouvrages délicats.des serrures qui étaient des oeuvres d'art, des ferrures ciselées comme des bijoux, des pièces d'une ferronnerie précieuse où le rude métal prenait des légèretés de dentelle.C'était, de plus, un garçon sérieux, rangé, que tout le monde estimait.Toutes les mères qui avaient des filles à marier le souhaitaient pour gendre; mais Karl n\u2019aimait que Madel et ne voulait épouser que Madel qui, hélas! ne l\u2019aimait pas.La vieille Brigitte croyait que c\u2019était une chose toute simple de marier ces deux jeunes gens.Puisque Karl aimait sa cousine, pensait-elle, sa cousine devait l\u2019aimer aussi, et toutes les fois que la brave femme allait à la } \u2019 ; t ville voir sa petite-fille, elle lui chantait les louanges du jeune serrurier.Ce matin-la, Madel achevait de ranger son petit ménage.Elle avait dormi plus tard qu\u2019à l\u2019ordinaire et l\u2019heure à laquelle elle se mettait à son travail était passée depuis longtemps.QI Elle entendit à la porte deux coups légers \u2014Toe! toc! \u2014Qui est là?\u2014Grand\u2019mère! \u2014(Grand\u2019mère! \u2014Ah! la bonne visite! dit Madel en allant ouvrir.Entrez vite! La paysanne parut, un peu courbée par l\u2019âge, d\u2019allure rustique, mais le visage franc, les yeux toujours vifs.\u2014Bonjour, Madel.Quoi?.Tu te lèves seulement?À cette heure! \u2014Oui, j'étais très lasse.\u2014C'\u2019est donc pour ça que nous ne t'avons pas vue hier?On t\u2019attendait, et Karl avait apporté, pour toi, un gros bouquet de fleurs des champs.\u2014Comme c\u2019est gentil! \u2014Tu es un peu fière avec lui, Ma- del.et ce n\u2019est pas bien.Nous t\u2019aimons beaucoup et tu n\u2019as guère plus que nous en fait de parents.\u2014Moi aussi, je vous aime.La jeune fille embrassa la vieille femme sur les deux joues.\u2014Tu n'as pas été malade, au moins?\u2014Non.Après une seconde de silence, elle avoua en hésitant : | \u2014J\u2019ai été en voyagel \u2014En voyage?\u2014Mais ouil!.\u2014Où cela?\u2014 42 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 \u2014A Vienne.\u2014Par exemple: La paysanne levait les bras au ciel avec stupéfaction.\u2014 Pourquoi pas?Ne suis-je pas li- .bre comme l\u2019air?Ce que je gagne est pour moi, et, exceptionnellement je me suis offert une partie de plaisir.\u2014De plaisir?\u2014Oui; le voyage est assez rapide et Vienne est une ville superbe; mais ce n\u2019était pas pour la visiter que j'y étais allée.\u2014Pourquoi donc alors?\u2014Vous rirez.rand'mère: j'ai été assister\u2014 comment vous expliquer cela?\u2014a une grande fête musicale.\u2014Encore tes folles idées qui te reprennent! Un de ces matins, tu auras assez de ton métier de couturière.\u2014Peut-étre! [it tristement la jeune fille.\u2014Ce sera grand dommage.Toutes ces affaires de musique ne sont pas pour les filles sérieuses et honnétes comme toi.L\u2019aiguille est un outil qui donne de la considération, ce qui vaut mieux.\u2014Je n'ai pas envie de changer de métier, grand\u2019mère, répondit Madel en riant, mais j'ai bien le droit d\u2019aimer ce qui est beau, ce qui remue le coeur.Je raffole de musique, c\u2019est vrai.À cette fête, tous les grands artistes, les anciens, les jeunes, étaient réunis.L\u2019impératrice elle-même y assistait.\u2014L\u2019impératrice! répéta avec respect la paysanne.\u2014Oui, je l\u2019ai vue comme je vous vois, si belle, habillée d\u2019une longue robe de brocart rouge, et l\u2019air si bon! \u2014 Mais, dis-moi, Madel, j\u2019y pense, à présent, n'est-ce pas à ce concours- là que M.Koepel, le jeune musicien qui habite la même rue que toi, devait aller jouer?Karl m\u2019a lu la nouvelle dans le journal, l\u2019autre jour.Il représentait notre Bohême.\u2014Il a obtenu le prix, grand\u2019mère, dit la jeune fille avec une fierté involontaire.\u2014(CÇa te fait donc plaisir?Tu rougis._ \u2014J'en suis contente., \u2014Tu {\u2019intéresses donc bien à ce M.Koepel?\u2014 Mais non! Un esprit plus délié que celui de la paysahne eût compris la réticence du ton de la jeune fille.Brigitte ne sentit pas cette nuance subtile, quoique la rougeur des joues de Madel fût assez significative par elle-même.L'aïeule reprit, d'une voix maussade: \u2014Ce n\u2019est pas la première fois que | je m\u2019en apercois ; ce jeune homme m\u2019a tout l\u2019air d\u2019être en train de te tourner la tête.Je l\u2019ai entendu d'ici étudier et j'ai bien vu que tu l\u2019écoutais.\u2018 \u2014Je vous l'ai dit: j'admire la musique, et il joue admirablement.Le hasard l\u2019a fait habiter en face de moi.\u2014T'ant que tu voudras, petite, mais ca me chagrine de te voir si oncunéa de ce voisin.\u2014Si occupée! \u2014Bien sûr, puisque tu as accomn!t tout exprès le voyage de Vienne pour l\u2019entendre.La vieille paysanne hochait la tête tristement.\u2014(Ga ne fait jamais du bonheur, vois-tu, ces grandes idées qui vous poussent dans le coeur, tout d\u2019un coup pour ces artistes, des têtes brûülées, des vaniteux, des écervelés! \u2014Pourqoui me dites-vous ces choses?Je n\u2019ai jamais rien fait qui.SI A Si ae EE Treas ere REET th te Eye ES EE SRE i's Rs Be Vol.15.No 2 'r LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 \u2014\u2014Si, si; depuis quelque temps.tu as dans le coeur un sentiment que tu Ne veux pas dire.Tu penses à ce jeune homme, tu y penses trop.Le malheur veut que sa maison soit proche de la tienne.que vous vous rencontriez souvent, que tu I'entendes, qu'il te voie.Dame, tu es jolie.\u2014Oh ! je vous jure, protesta la jeune fille.Je vous jure que jamais je ne lui ai parlé, et qu\u2019il ne m'a parlé, Je suis, par notre voisinage involontaire, un peu le témoin de ses travaux, voilà tout! C Elle aurait pu ajouter qu elle était en même temps un témoin enthousiaste de cet intéressant labeur artistique, qu\u2019avec une joie profonde, elle ouvrait sa fenêtre pour écouter cette musique qu\u2019elle prêtait l'oreille avec une attention charmée, qu'elle avait dans le coeur une émotion délicieuse! C\u2019était là tout son roman, si doux, si simple! | Grand'mère Brigilté allait et venait dans le petit logement, rangeant par ci, époussetant par là, tar elle avait la manie de toucher à tout, sous prétexte de mettre de l\u2019ordre.\u2014C\u2019est que, reprit-elle, les hommes célèbres, pas plus que les gens riches, ne sont faits pour de pauvres filles comme tol.Pourquoi veux-tu qu\u2019ils se marient avec une ouvrière?Ne te mets jamais de ces folies-là dans la tête.Vois-tu, et si tu te maries, un jour, prend quelque brave garçon de ton monde.\u2014Qui vous dit que les grands artistes soient d'une origine si haute ?Souvent le talent se rencontre chez des jeunes gens de famille modeste.Fritz Koepel est peut-être de ceux-là.\u2014Mais il a déjà du succès et le succès va avec la richesse.Et puis, quenter les mêmes \u2018personnes, savoir parler des mêmes choses; sans cela, on ne se comprend pas et l'on n\u2019est pas heureux en ménage.Madel s'était accoudée, rêveuse, à la fenêtre.\u2014I me semble que je le compren- draisge moi, grand mére! ° Souvent, en effet, en écoutant les mélodies de Fritz, Madel leur trouvait un sens qui devait être leur véritable sens.| Elle en était sûre.\u2014Des histoires, tout cela, petite ! J'ai de l'expérience et je sais qu'il faut que chacun reste chez soi, si l\u2019on ne veut pas que le malheur entre dans sa maison.\u2014Le malheur?répéta Madel.Puis, brusquement : Le : 4 \u2014 D'ailleurs, fil-elle, je ne connais pas M.Koepel, qui ne m'a même jamais parlé.J\u2019eus la fantaisie d\u2019assister à Vienne à ce concours de musique.Me voilà revenue et, très sagement, je vais reprendre mon travail.Je ne songe pas à me marier.Qui donc voudrait d\u2019une simple ouvière comme moi?\u2014Qui donc?Eh! tu sais bien que ce ne sont pas les amoureux qui te manquent.J'en connais au moins un, et un bon.\u2014Ah! oui! Karl.Un peu de tristesse teinta la voix de Madel.00\" Sa grand\u2019mère, avec quelque amertume, répliqua: \u2014 est de ton monde, au moins, lui! \u2014Je n\u2019ai pas envie de me marier, répéta Madel.- En elle-même, elle songeait qu\u2019elle Ne pouvait épouser un garçon de son pour plaire aux artistes, il faut fré-\" Humble condition, car son éducation, \u2014 = Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ses goûts, ses rêves, tout l\u2019en distançait.Et, tandis que maussade.sa grand\u2019 mère la regardait, l\u2019ouvrière se remit au travail, sans parler, le front soucieux.IIL Fritz Koepel avait hâte de se retrouver chez lui, dans le calme de sa petite chambre, apès toutes ces cérémonies bruyantes, toutes ces angoisses et l\u2019émotion finale de sa victoire.I] aimait la solitude de la maison- \u201cnette tranquille où il vivait, un petit coin bien simple, mais égayé par la vue d\u2019un jardin en fleurs.Les autres pièces de cette maison servant de dépôts à des commerçants, Fritz était à l\u2019aise pour travailler, au gré de sa fantaisie, se relevant parfois au milieu de la nuit, pour se mettre à son piano, cherchant à noter une phrase qui l\u2019obsédait, oubliant les heures.Parfois aussi, Wilhelm Klauss et ses camarades, apportant violons et violoncelles, venaient improviser chez l\u2019artiste d\u2019interminables concerts.Ils savaient ne déranger personne.Cette partie éloignée du faubourg de Prague était, en effet, peu habitée.Seul, en face de la fenêtre de Fritz, un logement, isolé dans une grande bâtisse d\u2019usine, pouvait avoir son repos troublé par les échos de cette musique.Mais c\u2019était là-qu\u2019'habitait cette jeune fille, dont la délicate image hantait la pensée de l'artiste, la compagne mystérieuse, qui, courbée sur sa besogne ingrate, I'écoutait.Il était certain de ne pas la déranger, à quelque heure qu'il jouât.\u2014Elle est extraordinaire, ta voisine, disait Wilhelm Klauss, en riant.À sa place, je t\u2019enverrais à tous les diables, toi et ton piano, ou je me plaindrais à la police.Quand on a peiné sur sa couture depuis l\u2019aube, on doil aimer dormir en paix.Non! Madel n\u2019avait point envie d\u2019appeler la police.Elle les bénissait, au contraire, ces heures où une musique divine, comme un rêve, la tirait de son sommeil.Elle écoutait, ravie, se disant: .\u2014Voila Fritz Koepel qui compose! Car, depuis longtemps, elle savait son nom; le coeur a, pour se renseigner sur ce qui le touche, des ingéniosités infinies.Alors, par la nuit tiède semée d'\u2019étoiles, elle entr\u2019ouvrait sa fenêtre un peu, pour mieux entendre, et, parfois, si le jeune homme avait écarté son rideau, il eût aperçu, dans l\u2019ombre, une forme blanche au balcon de la maison voisine.mn Toute la journée du lendemain, pendant son aride travail, l\u2019ouvrière avait de la joie plein le coeur en se rappelant le souvenir imprécis, mais troublant, de cette musique qu\u2019elle était seule encore à connaître.Jamais Fritz ne lui avait adressé la parole.Elle l\u2019évitait, détournant les yeux quand elle le rencontrait dans la rue.Mais elle sentait\u2014par cette intuition que possèdent les femmes\u2014qu'elle avait une place dans sa vie.Oui, une place, une grande place! Fritz Koepel l\u2019aimait depuis longtemps, depuis l'heure où il était venu habiter cette maison bénie et où, en ouvrant sa fenêtre, un matin de mai, il avait aperçu, dans un encadrement de fleurs printanières, la gracieuse silhouette de l'ouvrière au travail, de- 1 \u2014 45 \u2014 Vol.15.No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 puis l\u2019heure où il avait entendu sa voix fraîche qui chantait.Sans mot dire, il s\u2019était mis au piano et, reprenant le thème de cette chanson.avait laissé courir son imagination vagabonde.La jolie voisine avait écouté, attentive.Jamais it n\u2019avait oublié ce premier regard qui semblait troublé.Mais, toutes les fois qu\u2019il voyait cette jeune fille travailler à sa fenêtre, impassible, il sentait en lui-même une invincible timidité, il était pris comme d\u2019une peur d'enfant.Pour lui parler.il n'avait que sa musique.et quand il savait qu'elle l'écoutait.il s\u2019asseyait devant son piano et jouait.Depuis plusieurs mois durait cette intrigue charmante et mystérieuse Fritz pensait sans cesse à sa voisine et trouvait pour elle des phrases musicales.délicieuses de tendresse.C'était le cqeur plein d'elle quil était parti au concours de Vienne.Et maintenant.sûr de son bonheur, sûr qu\u2019il ne lui était pas indifférent.il faisait ce rêve qu'elle devint la com- pazne de toute sa vie.% A Quelqües jours après la visite de sa grand\u2019mère, Madel.un matin, vit entrer Karl.Il paraissait encore plus intimidé qu\u2019à l\u2019ordinaire.\u2014 Bonjour, cousine! \u2014 Bonjour, cousin ! Quel bon vent t'ameéne?| -\u2014C'est grand'mère qui m'a dil de venir.Le jeune homme se tenait debout dans l'encadrement de la porte.tournant son bonnet de laine entre ses mains.C\u2019était un solide garçon, mais de tournure un peu gauche.Il avait le sourire contraint et le regad doux.\u2014Entre done, cousin, et assieds-toi! Ca va toujours a ton souhait?dit Ma- \u201cdel, d'un ton affable.Il parut gêné de la question.-\u2014(Ça va.sans aller! fit-il.\u2014Quoi done?Tu as des ennuis?\u2014Dé gros?\u2014 Peux-tu me les dire?\u2014 C'est bien inutile.ces choses-là ne peuvent te toucher.\u2014Pourquoi done?\u2014Tu le sais bien.\u2014Je ne sais rien.Tu as l'air tout, embarrassé, Karl.La jeune fille avait envie de rire de la mine gênée de son cousin; en même temps elle était soucieuse, pressentant qu\u2019il venait exprès pour lui parler de la chose qu\u2019elle tenait surtout à ne pas entendre.Sa grand\u2019mère l\u2019avait stylé, c'était clair; l\u2019esprit averti de Madel ne s\u2019y trompait pas.\u2014dJ\u2019ai comme ça: reprit-il, avec un grand soupir.des idées.en téte!.\u2014 Vraiment! \u2014Oui.des idées qui me tourmentent.I] ajouta, au bout d'un moment de silence: \u2014Tu ne veux pas que je te les dise ?Elle répliqua.condescendante, ne voulant pas le facher: \u2014Mais si.| \u2014Eh bien, voilà.je voudrais savoir ce que tu penses de moi?-\u2014Mais beaucoup de bien, Karl, tu es un brave garçon.; CTu crois que je pourrais faire un bon mari?Comme il ignorait absolument toute diplomatie.il se jetait.téte baissée, sur l'obstacle et renonçait à le tour- \u2014 46 \u2014 Ya Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ner.À sa question, Madel répondit gravement: \u2014J\u2019en suis sûre.Il poussa un grand soupir.\u2014~Ce que tu dis là me fait bien plaisir, cousine.\u2014Je dis ce que je pense.Il ne parla plus; Madel n\u2019osait poursuivre la conversation, lancée sur ce terrain délicat.; Elle était certaine de se heurter tout à l\u2019heure à la volonté têtue de Karl contraire à la sienne; elle se trouvait fort embarrassée.\u2018 Le silence pesait lourdement dans la petite chambre; Karl, assis, les jambes écartées, tournait toujours son bonnet de laine: Madel travaillait avec une activité fébrile; on n\u2019enten- ait que le tic-tac du coucou et le léger choc de l'aiguille sur la soie.Enfin, Karl dit lentement: \u2014J\u2019ai fait mon choix.\u2014Ah! fit simplement Madel.\u2014Veux-tu que je te dise le nom?.Elle est bien jolie.Il insista: | , \u2014Oh! oui! bien jolie.mais.au- dessus de moi.Le pauvre garçon faisait peine à voir, tant il semblait triste en prononçant ces derniers mots: Après un nouveau silence.il reprit: \u2014C'est toi.que j'aime.Madel.Mais elle répliqua.très vite: \u2014I] faut laisser ces idées-là, Karl; elles ne peuvent que t'apporter du chagrin, crois-moi, beaucoup de chagrin.\u2014Est-ce qu'on peut oublier ce qui vous tient le coeur depuis des années?C\u2019était la première fois qu\u2019il parlait aussi gravement.L\u2019'aimait-il done tant que cela?Elle n'y avait jamais pensé sérieusement à cet amour de son cousin, de son petit camarade d'enfance, presque son frère.Ils avaient tant joué ensemble, grandissant côte à côte, qu'un tel sentiment de sa part lui semblait absurde.Pour la première fois, ce jour-là, elle s\u2019en rendait compte enfin, sentant ce pauvre garçon sincère dans son aveu.Lui qui, très grand, très solide, aurait pu la briser entre ses doigts comme on brise une chose fragile, se tenait devant elle humble et suppliant.Et les paroles de la bonne paysanne revenaient à la mémoire de Madel: \u2014T1 est de ton monde et tu serais heureuse avec lui! Si c\u2019était vrai! Si ses autres idées n'étaient que des idées folles, qu\u2019un beau rêve sans lendenrain, sans réalisation possible.et pour lequel il serait insensé de gâcher son existence entière! N\u2019avait-ellé pas eu*déjà assez de peines et de misères daris sa vie ?Ne devait-elle pas chercher l'appui d'un brave et honnête garçon qui lui ferait une existence simple mais tranquille et douce à force de tendresse?\u2014Si tu voulais! implora Karl.Elle hésita à prononcer une réponse définitive, qui briserait le coeur de ce malheureux.Elle sentait qu\u2019un refus sec et immédiat le désespérerait et.comme ei- le était très bonne, elle n\u2019osa pas lui faire tant de peine.\u2014 Attends, Karl ! dit Madel d\u2019una voix douce et amicale.Laisse passer le temps.rien ne presse! J'ai besoin de réfléchir, de beaucoup réfléchir.Alors, dans les yeux du jeune hoimn- me, une flamme brilla! -\u2014\u2014Si c'était Dieu possible! cria-t-il.Si.plus lard, tu voulais! Îl s'en alla avec cet espoir radieux, \u2014 47 \u2014 Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 le coeur ensoleillé, et, tout le jour, à son ouvrage, il chanta.Madel pensa longtemps à cet aveu.Ne serait-il pas plus raisonnable de faire sa vie avec Karl que d'espérer en Fritz Koepel?Viendrait-il lui parler aussi celui- là ou, s\u2019il avait dans le coeur quelque sentiment sincère à son égard, n\u2019y aurait-il personne pour lui dire: \u2014Laisse ce rêve, Fritz; tu trouveras mieux que cette petite ouvrière.Tu as du talent, tu vas être célèbre et tu as le droit de vouloir être riche.Attends, rien ne presse.x #% % Mais Fritz Koepel, aussitôt qu\u2019il se retrouva chez lui, n\u2019eut qu'une idée : parler à sa voisine, la remercier, lui dire tout ce qu\u2019il y avait dans son coeur.C'était une nature simple el droite qui ne savait rien cacher de ses sentiments.Seulement, il était extra- drdinairement timide, comme les êtres sensibles.Toutes ces émotions, d\u2019ailleurs, l'avaient bouleversé, ce coup de gloire inattendu, cette présentation à l\u2019Impératrice, cette commande d'une oeuvre lyrique, la certitude de la fortune.Il avait besoin d\u2019un peu de calme, d'esprit, de repos, de solitude.Il voulait toutefois que son premier acte, à son retour, fût un témoignage de gratitude envers celle qui l'avait inspiré, celle à qui, il le sentait, il était redevable de son succès.Le soir tombait quand il revint à Prague, une huitaine de jours après la cérémonie de Vienne.Il se mit à sa table de travail près de son piano et, voulant transcrire sur le papier ce qu\u2019il avait joué au concours, il rappela ses souvenirs.À tête reposée, il comptait retrouver toutes les phrases de son improvisation, et il offrirait ce manuscrit a la jeune fille, en reconnaissant hommage.Il chercha longtemps.C'était singulier: les phrases ne revenaient qu'imprécises à sa mémoire.Il ne se sentait plus dans l'état d'inspiration fiévreuse avec lequel il avait joué.Son coeur était calme à présent.Plus de tempête, plus de souffrance, plus de doute, plus aucun de ces sentiments douloureux qui avaient guidé ses doigts sur le clavier.Longtemps, toute la nuit, il s'efforça de se souvenir.Mais les phrases commencées ne s'achevaient pas et, obstinément, sa mémoire lui redisait l\u2019autre morceau préparé pour le concours et qu\u2019il n'avait pas joué, ce long hymne de tendresse et de prière.\u2014 Quoi! Cette oeuvre géniale qui l\u2019avait fait triompher serait-elle ainsi perdue, perdue pour toujours ! Que signifiait cette lacune dans son cerveau?: pendant envoyer à la jeune fille son remerciement, il transcrivit l'oeuvre ancienne qu'il avait composée , pour elle.| \u2014-Puisqu\u2019il en est ainsi, se dit-il, elle seule au monde la possédera.et nul autre qu\u2019elle ne la connaîtra jamais! Ce sera mon aveu.Quand il eut écrit la dernière ligne, il chercha une dédicace et ne trouva rien qui le satisfit, rien d'assez doux, d'assez simple, d'assez significatif et de discret pourtant.Il eut surtout un moment d\u2019embarras quand il dut mettre l'adresse: il ignorait même le nom de l\u2019élue.; \u2014 48 \u2014 Et triste de cet oubli, voulant ce- & Vol.13, No 2 Montréal, février 1922 Au-dessous de sa signature, il écrivit seulement: \u2014Merei! Il se demandait: \u2014Que pensera-t-elle en recevant cet hommage?Et comment le lui faire parvenir?Il ne s'attarda pas longtemps à la preniière question.Cet hommage était trop respectueux pour froisser, si peu que ce fût, l'âme la plus délicate.Il se flatta qu'il serait bien accueilli.L\u2019attention \u2018de la jeune fille a suivre son labeur, le rayonnement de son visage, le regard d\u2019extase qu\u2019il voyait dans ses veux, quand, l'aiguille en suspens, elle écoutait ses mélodies, tout lui étäit garant de l'intérêt de sa jolie voisine.Et puis, n'était-elle pas venue jusqu'à Vienne, a l'heure si solennelle pour lui de son concours! La seconde question le rendit plus perplexe.Il n\u2019avait qu'à s'informer dans le voisinage du nom de la jeune ouvrière; mais cette sorte d'enquête lui parut indiscrète et il y rénonça, résolu à user d\u2019un autre moyen.Il appela un gamin, lui montra la fenêtre fleurie, lui confia son manuscrit et lui mettant dans la main quelque menue monnaie pour paver sa commission, il lui dit: | \u2014Va porter ce paquet à la dame qui habite cette chambre; remarque bien la fenêtre.\u2014Chez Mlle Madel.oh! je la connais, n\u2019ayez pas peur que je me trompe; elle nous a donné bien souvent à ma petite soeur el à moi de quoi nous habiller, l'hiver.Fritz fut ravi.I savait son nom.Il ne pouvait se lasser de le répé- ler! \u201cMadel! Madel!\u201d L'exquise musique! LA REVUE POPULAIRE Madel! ce nom était doux comme elle était douce, et elle était bonne aussi, puisqu'elle était charitable pour les malheureux.Le gamin, fier de sa mission, dégringola l'escalier en courant.Aux aguets derrière sa fenêtre, Fritz le vit sortir de la maison, traverser la rue en trois sauts, entrer dans la maison voisine.Le messager tira si fort la sonnette du logement de la jeune fille, que le tintement en ge- tentit jusque dans la chambrette du musicien.; | \"Elle recevait l'oeuvre, elle devinait.Alors.le coeur de Fritz se mit à battre à grands coups, inondé de joie.IV Madel était debout, dans le rayon de soleil qui auréolait sa tête blonde.Ses veux bleus exprimaient une surprise intense, et demeuraient fixés sur ce rouleau, noué d'une faveu, que le gamin venait de lui remettre, en disant: \u2014Voilà pour vous, mademoiselle Madel; c\u2019est le monsieur d\u2019en face qui vous l'envoie.Que signifiait cela?C\u2019était bien à elle que ce paquet était destiné?Il n\u2019y avait pas d\u2019erreur possible.Il pesait peu, aux doigts de Madel, ce mince rouleau de papier blanc et elle avait pourtant l'impression qu\u2019il se liait, elle n'aurait pu dire comment, à sa destinée, que, dès qu'elle l'aurait ouvert, quelque chose dans sa vie serait changé.Etait-ce pour son bonheur ou pour son malheur?Une sorte de timidité superstitieuse \u201cTenvahissait toute.Elle restait immo \u2014 49 \u2014 paquet.Vol.15.Nn 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal.février 1922 ee bile, les doigts serrés autour du manuscrit, n\u2019osant 'ouvrir, Ce jeune homme avait-il donc deviné qu\u2019il occupait souvent la pensée de sa petite voisine, qu\u2019elle était heureuse de l\u2019entendre, que quelque chose d\u2019elle allait vers lui quand il laissait chanter son inspiration?Lui donnait-il donc une petite place dans son attention?Elle n\u2019osait dire dans son coeur.Une joie très douée mit une flambée plus rose sur le joli visage de l\u2019ouvrière.Dans le petit coin où elle vivait, tout portait son empreinte, tout était, comme elle, simple et charmant: les murs clairs, le carreau net, les meubles reluisants, des pâquerettes dans un verre, quelques jolies gravures, des portraits de ses parents, la table à ouvrage encombrée de légères mousselines resseinblant à une tombée de neige.Elle-même, en robe de toile bleue, ses cheveux dorés haut relevés sur la nuque, complétait l\u2019ensemble gracieux.Bien émue, elle développa le petit \u2014De la musique! fit-elle, surprise.Et elle lut le mot que Fritz avait écrit: \u2018Merci.\u2019 Pourquoi ce remerciement?Il ne la connaissait pourtant guère.Jamais ils ne s\u2019étaient parlé.Mais, tout bas, au fond du coeur de Madel, une voix lui disait: \u2014Si! il te connaît -et tu le sais bien! Tu eus une influence heureuse .sur son travail, tu fus son inspiratrice, vu as ta part dans son triomphe et il a trouvé cette façon charmante de te le dire.| Un instant, délicieusement troublée, elle demeura immobile.sans un geste, les yeux perdus dans un réve.Puis, passant la main sur son front, sur ce front où se pressaient-tant de pensées confuses, elle murmura: \u2014Je suis folle.Alors, s\u2019approchant de la fenêtre pour avoir plus de jour, elle regarda le manuserit.Madel avait poussé ses études musicales assez loin pour être capable de solfier à première vue une mélodie facile.Elle avait même une voix fraîche, étendue, très agréable.Elle essaya aussitôt de déchiffrer le morceau, et Fritz, les yeux fixés sur le rideau blane de sa voisine.put distinguer sa silhouette et devina ce qui l\u2019occupait.La jolie ouvrière déchiffrait en chantant.\u2014Flle est donc musicienne?se de- \u201cmanda-t-il.Il prêta l'oreille, mais n\u2019entendit rien.La légère rumeur de cette rue de faubourg empêchait les sons d'arriver jusqu\u2019à lui.Dès la première phrase.Madel reconnut l\u2019oeuvre qu\u2019elle avait souvent entendue dans la nuit tranquille, le morceau auquel Fritz avait travaillé pendant des mois avec une persévérante application.Mais ce n\u2019était pas celui qui lui avait valu son beau triomphe au concours de Vienne et la faveur de l\u2019impératrice.Où donc et quand l\u2019avait-il composé, celui-là, cette oeuvre magistrale qui avait soulevé un si grand enthousiasme?La jeune fille revoyait la salle du Conservatoire, Fritz au piano, les yeux ardents, le visage pâle; autour de lui tout le monde attentif, écoutant, presque avec angoisse, les sanglots éperdus, les tendresses, les prières que disaient ses notes.FA vol.15, No 2 Jamais, avant ce jour, elle n\u2019avait «ntendu une seule phrase de ces mé- \u201codies nouvelles.| \u2014C\u2019est étrange! il a joué d\u2019inspi- ation, se dit-elle.Et, à cette minute, elle comprit ce qui s'était passé dans l\u2019esprit du musicien, elle eut l\u2019intuition que cette oeuvre sublime qui était venue sous ses doigts était la traduction de sa souffrance.| Pourquoi avait-il souffert ?Est-ce parce qu\u2019il pensait à elle, parce qu'il l'aimait et qu\u2019il désespérait d\u2019être aimé aussi ?Vite, Madel chassa cette folle idée et pensa: \u2014Je voudrais bien le remercier.La circonstance, en effet, était délicate.Elle vivait seule, Frits aussi.Elle ne pouvait ni lui écrire, ni le saluer de sa fenêtre, ni l\u2019aborder dans la rue.La pureté de son intention n\u2019eùt pas excusé la témérité de l'acte.Toute incorrection lui eût été odieuse.Elle savait fort bien qu\u2019il ne suffit pas de vivre pour soi, honnêtement, de préserver sa conscience de tous regrets, qu\u2019il faut encore mettre dans sa vie extérieure la plus rigoureuse prudence, afin de ne point effaroucher les médisances, toujours prêtes.Madel réfléchit longtemps, incertaine.Elle aurait voulu demander conseil, confier ce qui mettait ainsi son coeur en émoi.Sa pauvre grand\u2019mère avait des idées trop arrêtées à son sujet pour être de quelque secours.D'ailleurs, restée très simple, la brave femme en voulait à sa petite-fille de ne pas être simple comme elle.Madel n\u2019avait, sur terre, personne d\u2019autre qui l\u2019aimät un peu, personne, LA REVUE POPULAIRE Montréal.Pévrier 1022 qu\u2019une tante très âgée, qui habitait à l\u2019autre extrémité de Prague.La jeune fille, autrefois très gâtée par elle.quand elle était enfant, observait, de - puis la ruine de ses parents, une réserve discrète et n\u2019allait la voir que de loin en loin.Longtemps, elle y pensa: \u2014Qui sait!.Peut-être que celle- la me comprendrait mieux que grand mère.Elle est si bonne, si charmant!r encore malgré son âge, si ouverte à toutes les idées généreuses.Et dans la pensée de Madel un nom tinta, le nom dont on appelait autrefois cette femme dans la famille, un nom charmant qui disait son coeur: \u2018\u2018\u201cTante Douce\u201d.¢ Vv C\u2019était une coquette petite vieille aux cheveux argentés, au joli sourire, .aux joues toutes roses encore comme au jeune temps.Elle avait passé quatre-vingt-cinq ans, mais personne n\u2019aurait pu dire son âge exact, pas même elle: son acte de naissance s\u2019était perdu dans les poussières de l\u2019autre siècle.Qu\u2019importait, au reste! \u2014A mon âge, disait-elle en souriant.on ne vieillit plus: on rajeunit! Et, de fait, elle rajeunissait tous les jours.\u2014 Seule, une petite toux sèche l\u2019ennuyait, coupant ses phrases.\u2014Je m'en vais de la poitrine, bonnes gens!.Un grand médecin me l\u2019a dit d\u2019ailleurs.= \u2014De quand, ce grand médecin?\u2014De 1820 ou 24%.Je ne sais plus bien.; On riait.Que de choses depuis! Elle se souvenait de l\u2019empereur François-Joseph - le premier, rencontré quand elle était \u2014 51 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 enfant et, caché derrière sa,croisée, elle avait vu Napoléon entrer dans Vienne.10 Souvent.jèune fille, on lui avait montré le duc de Reichstadt sur le Prater, \u2019 Quel était son degré exact de parenté avec Madel?Nul n\u2019aurait pu le dire.Elle devait être quelque chose comme la cousine d\u2019une bisaïeule ou d\u2019une trisaïeule.Mais elle avait beaucoup aimé les parents de la jeune fille et celle-ci lui en était reconnaissante.Ce nom de Tante Douce que, depuis des générations, les tout petits lui donnaient.lui allait à ravir.Tout était doux en elle, ses yeux clairs, ses mains fines, ses pommettes roses, ses gestes tranquilles.Les années avaient altéré en rien ses facultés.toujours aussi vivaces.Sa mémoire était merveilleuse.Elle s\u2019habillait toujours à l\u2019ancienne mode.une mode si vieille qu\u2019on ne la retrouvait plus dans les livres.Voyager lui faisait horreur.Il y avait bien vingt ans qu\u2019elle habitait Prague sans en avoir bougé.Les chemins de fer lui semblaient des machines infernales.Elle méprisait même les cloches, trop modernes à son gré, préférant se souvenir des chaises à porteurs, où, jeunette.elle faisait des grâces derrière son éventail._-On l\u2019adorait._ Pour tout le monde.d'ailleurs, elle était bonne.Donner était sa joie.Elle avait toujours donné durant sa longue \u2018vie, son argent comme son coeur.PERTE Et puis il y avait dans le caractère de cette femme charmante une \u2018\u2019manie\u2019 qui effarouchait bien un peu Ma- del, d\u2019ordinaire, mais que tous respectaient.| Tante Douce \u2018\u2018mariait\u2019\u2019.Il ne s'agissait pas d\u2019additionner des capitaux, de refaire le blason de l\u2019un avec la fortune de l'autre.Ele mariait pour faire du bonheur, tout simplement.Psychologue incomparable des coeurs en émoi, trés experte a déméler les caractères, elle réunissait auprès d'elle ceux-là qui \u2018devaient \u201d se plaire, les amenant à se connaître, heureuse s\u2019ils en venaient à s'aimer.Il fallait\u2019 alors l'entendre faire la- morale aux nouveaux fiancés, leur \u201crabâcher\u2019\u201d\u2019 ses conseils, comme elle disait, leur exposer sa \u2018\u2018théorie\u2019\u201d sur l'affection! On se sentait conquis tout de.suite.Tante Douce devait connaîi- tre tous les secrets du bonheur.Plus de vingt ménages ainsi lui devaient leur joie, et chez eux jamais d'orage; elle ne se trompait point! Parfois, s'enhardissant, on lui demandait : - \u2014Et vous.Tante Douce.pourquoi ne vous être pas mariée! n'avoir pas mis en pratique ces enseignements précieux que vous nous donnez ?.Vous deviez être si exquise à vingt ans!.| .Alors, elle toussait de sa petite toux seche: \u2014Bah! je ne sais plus!.Il y a si longtemps.pa 3e * Madel qui avait un peu redouté jusqu'alors que Tante Douce s\u2019occupat de son bonheur, et fit sur elle quelque projet d'union, se dit que, maintenant que son coeur avait parlé, elle ne pouvait trouver qu'excellent appui auprès de cette charmante femme.Flle lui raconterait tout, elle mettrait son coeur à nu devant elle qui \u2018' paraissait si bien comprendre les romans d'amour, et certainement que = ey = | i ing =r = le ite de \u2018ep \u201cRr Je i hi nt Vol.15, No 2 Montréal, février 1922 XI Ce fut désormais la pensée constante de cette épouse dévouée et tendre qu\u2019était Madel, de voir son mari se mettre à l'oeuvre commandée par l\u2019impératrice, cette oeuvre qui pouvait être pour lui la gloire, cette gloire à laquelle il avait droit.A tout instant, elle lui en reparlait, ouvrant elle-méme, devant le piano de Fritz, les pages commencées.Elle s'était arrangée pour réduire encore les dépenses du ménage, faisant des prodiges d'économie, afin qu\u2019il eût plus d\u2019heures à lui.\u2014Rappelle-toi, mon bien-aimé, ton inspiration d'autrefois, la petite muse qui logeait dans la maison voisine et pour qui tu travaillais tard, très tard le soir.Elle est toujours là, Fritz, et il faut écrire de belles choses pour elle.Traduis comme jadis ta tendresse en pages qui seront exquises\u2026 et qui feront l\u2019oeuvre attendue, qu\u2019il faut que tu écrives.Il le faut, en- tends-tu?.Je le veux!.Et elle lui tendait les boucles blondes de son front pour un baiser.® + +* Mais un grand événement, en venant transformer leur vie, en leur apportant une joie nouvelle, ne facilita pas ce travail tant désiré.Un fils naquit, un beau poupon dont Fritz tout de suite devint fou et pour qui il laissait sans cesse sa tâche.\u2014Qu\u2019importe le génie, Madel, qu\u2019importe la gloire?.La voilà, la vraie gloire.c\u2019est dans cette petits bouche d\u2019enfant qui rit aux anges.Hélas! l\u2019arrivée du bambin était une mnouvalle et lourde charge, d'autant plus grande que la santé de la mère se trouva très ébranlée, LA REVUE POPULAIRE \u2014Bah! je travaillerai davantage ! dit Fritz.| Et, courageusement, il avait travaillé davantage, en effet, cherchant des leçons supplémentaires, même au rabais, se résignant à éorire des morceaux que d\u2019autres signaient.Par moments, il avait honte de pareilles besognes.Quoi ! c\u2019était lui, Fritz Koepel, qui en était arrivé là ! Mais, coûte que coûte, il fallait apporter l\u2019argent nécessaire.\u2019 Alors Fritz connut des heures d'angoisse, les préoccupations abominables de l'argent qu\u2019il fallait gagner à date fixe pour subvenir aux besoins de ces deux êtres chéris, le cauchemar des emprunts.Plusieurs fois, il essaya de se remettre à son opéra, mais quelque chôse d'incompréhensible entravait son inspiration, paralysait pour ainsi dire son talent.Il écrivait quelques lignes qu'il ne pouvait achever et se décourageait.Madel comprenait sa peine et pleurait souvent maintenant, craignant l'avenir, non pas pour elle, mais pour ce petit être qu\u2019il fallait élever.Elle avait l\u2019orgueil maternel de vouloir pour lui une éducation et un rang qui fussent dignes du nom qu\u2019il portait; elle le voulait plus beau, plus fêté que les autres et commençait, malgré elle, à avoir peur que Fritz Koepel ne fût jamais.qu\u2019un musicien obscur.Oh! comme cette pensée la faisait souffrir, comme elle avait de l\u2019amertume au fond du coeur, de l'amertume pour lui, pour ce compagnon bien-aimé, dont la pauvreté, avec ses dures nécessités, entravait le talent.Quelque jour, Fritz ne le lui repro- cherait-il pas?Son art était toute sa raison d'être, à ce grand enfant sensi- \u2014\u2014 4 \u2014 » FR CPP, tials UG Dror ait atl sta at Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE \u2019 Montréal, février 1922 ble et bon; c\u2019était son idéal, ses rêves, ses ambitions les plus chères, sa vie enfin! Pourrait-il sacrifier tout cela, abandonner une partie qu\u2019il méritait de gagner plus que tout autre?Madel, obstinément, cherchait dans son coeur un moyen de lui venir en aide dans sa détresse, de le sauver.Elle aurait voulu lui donner cette preuve d\u2019amour d\u2019arriver, même au prix de quelque sacrifice, à lui rendre ses moyens de travail d'autrefois.Ce serait là vraiment se montrer son associée dans l'existence, sa compagne, comme elle l'avait tant rêvé.Mais de quelle façon?Elle l\u2019aimait assez pour être prête à tout.Fritz, en effet, était de plus en plus soucieux.Madel s\u2019en rendait bien compte, Cette impuissance de produire l\u2019énervait, cet écroulement de ses plus belles ambitions d'artiste lui brisait le coeur.Son caractère lui-même changeait d\u2019effrayante façon.Et quand il rencontrait quelque camarade d'autrefois, il se cachait, honteux, pour ne pas être vu.Comme Tante Douce, un soir, s\u2019attristait de le trouver ainsi préoccupé, elle lui dit : \u2014Le bonheur, pourtant, devrait accroître votre talent.Avec mélancolie, il répondit: \u2014L\u2019un n\u2019existe pas en même temps que l'autre.Il faut choisir.Je dois faire mon deuil de ia gloire.MIT Un jour, la petite toux sèche qui minait Tante Douce depuis cinquante ans empira.Madel accourut avec Fritz.\u2014Voulez-vous ne pas vous, tourmenter!.Ce nc sera rien.Mais la chère femme se sentait mourir, pour tout de bon, cette fois.Sans se troubler, elle envoya sa servante quérir tout ce qu\u2019elle avait de famille dans Prague et, principalement, les ménages qu\u2019elle avait si heureusement mariés.Tout le monde vint, désolé des mauvaises nouvelles.On vénérait tant cette femme exquise, si délicatement bonne.Cet entourage d'êtres aimés la fit sourire.\u2014Voyez-vous, fit-elle, c\u2019est la fin! A chacun, tranquillement, elle désigna les objets qu'elle laissait en héritage.La pauvre femme n\u2019était pas riche, mais elle voulait que tout s\u2019en allat ainsi en souvenirs.Personne n\u2019était oublié.Alors, sentant augmenter sa fièvre, après avoir, en bonne chrétienne, fait venir un prêtre, qui n\u2019eut pas grand\u2019- chose sans doute à pardonner, elle appela Madel et Fritz et tout bas leur chuchota : \u2014C\u2019est vous, enfants, qui m\u2019étes les plus chers.Vous le savez.Prenez ma maison.Elle ne vaut pas grand\u2019- chose, mais vous y êtes connus et aimés.Continuez, aimez-vous bien et quoi qu\u2019il arrive, en dépit des pires orages! Prenez aussi ce piano, où Dee- fhoven.Un vomissement de sang coupa la phrase.-\u2014Je n'ai pas fini.A mon tour.de vous demander un service.J'ai quelque part.dans mon secrétaire.de vieilles paperasses.Mettez-y de l\u2019ordre et brûlez vous-même.ce qu\u2019il faut brûler.Ensuite, disant à tous d'approcher, elle voulut, avant de partir, leur donner ses bons conseils pour la vie, ses \u2018rabâchages\u2019\u2019 encore une fois: \u2014 72 \u2014 Ts «us I Vol.15, No 2 \u2014Voyez-vous, la grande règle est de bien s'aimer el d'être bien aimés.Dans la chambre tout le monde pleurait, à genoux, et Tante Douce.agonisante, les regardait du fond de son fauteuil, souriant encore.\u2014Oui, balbutia-t-elle entre deux quintes, être aimée.Elle mourut sur ces deux mots, à peine changée, toujours charmante, un per pilie seulement.+ *% xk Suivant son désir, ce furent Madel et Fritz qui rangèrent les papiers.Ils étaient nonmibreux car Tante Douce conservait les lettres des siens, aimant a revivre le passé.~ \u2014Gardons cela, dit Madel.Ce sont des reliques.Puis, au fond d'un tiroir, elle couvrit un petit paquet enrubanné.Il y avait ce mot: \u2018\u2018Brûler\u2019.La suscription était jaunie, ancienne sans doute.\u2014Brûlons vite! Fritz.\u2014Oui, mais que peut-être?\u2014 Quelque secret! \u2014Secret d'amour! \u2014Sans doute, car Tante Douce a dû être bien aimée, bien heureuse, pour avoir passé toute sa vie à.donner aux autres du bonheur! - \u2014Jetons au feu!.Le petit paquet tomba dans l\u2019âtre.Lentement, une flamme le lécha, attaqua un bord.Les deux jeunes gens, machinalement, regardaient.C\u2019étaient des lettres.Quelque chose crépita.\u2014Une fleur!.Madel!.fanée! Fritz voulut la saisir.\u2014Non, laisse brûler! dé- .une rose \u2014 73 \u2014 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 La flamme, plus vive, consuma la fleur, puis les lettres du dessus, les éparpillant sur la gendre; on pouvait mairittenant distinguer l'écriture, petite, serrée.\u2014Regarde.fiancée\u201d En effet, dans une lueur, ils avaient vu.| ~ \u2014Chere Tante Douce!.si fut fiancée.\u2014Tiens encore là.Cette autre lettre!.Ces mots qui finissent: \u2018Je n\u2019aimerai jamais que vous.\u201d Tu vois bien!.\u2014 C'était le fiancé de Tante Douce! Le feu chantait, ranimé maintenant, tandis que les lettres, une à une, brûlaient, indéchiffrables., Le secret de 'aieule était là.Soudain, Madel s'écria: \u2014Oh! j'ai vu!.Quoi?\u2014L'écriture de Tante Vouce, cette fois! Des pages s'étaient entr\u2019ouvertes.\u2014On dirait un carnet où elle aurait écrit des notes, chaque jour.\u2014C'\u2019est vrai.Et l\u2019on peut lire.Vois: \u20181821, 5 mai.Tout est fini!\u201d \u2014Que veut dire cla?\u2014Et cette autre note: \u2018\u20188 mai.Celui qui était mon fiancé, que j'adorais de toutes les forces de mon âme, se marie avec une autre.C\u2019est épouvantable, c\u2019est au-dessus de toutes les souffrances, et ma vie est à jamais brisée, inutile, sans but.Oh! l\u2019horrible mensonge que le bonheur!\u201d Haletants, Fritz et Madel se penchaient, lisant.Mais une dernière flamme, plus vive, enveloppa le paquet là.ces mots: \u2018\u2018 Ma .Elle aus- \"de lettres, et il n\u2019y eut bientôt plus qu\u2019un petit tas de cendres grises.Ce fut tout.\u2014As-tu lu? coco ne Pa A Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE \u2014OQui!.- \u2014Pauvre Tante Douce, comme elle à dû souffrir pendant sa longue vie! \u2014De quelle sublime façon elle s'est vengée de l\u2019amour, qui avait été si décevant pour elle! I y eut un silence.Les deux jeunes gens n\u2019osaient parler.Le coeur trés gros.ils regardaient ce foyer éteint.qui venait de leur livrer le secret de Tante Douce,\u2014le secret de ceux-là qui font le bonheur des autres, parce qu\u2019ils n'en ont pas eu leur part sur la terre!.XIII \u2014T'u m'as faif de la peine.Madel, beaucoup de peine.C\u2019est la prémière fois.La jeune femme ne répondait pas, évitant le regard attristé de Fritz.\u2014Je ne te reconnais plus, toi si douce, tu t\u2019énerves à propos de rien.Qu\u2019as-tu contre moi?Qui t'a monté la tête ?\u2014Personne.\u20141I1y a quelque chose.cependant.Pourquoi n\u2019être pas franche, ne pas venir, comme avant, près de moi, tout près, mettre ta tête câlinement contre ma poitrine et me dire ton souci ?Ne suis-je pas là pour partager ce qui te chagrine?Madel hocha la tête.° \u2014 Non, Fritz, il y a un fossé qui peu à peu se creuse entre nous.Oh ! c\u2019est triste, horriblement triste, je le sais bien, mais nous autres femmes, vois- tu, nous sommes mal faites pour cette existence de continuelles angoisses, de crève-coeur perpétuels.Oh! je ne m\u2019en plains pas et je m\u2019y résouds, mais j'en souffre et par moment, com- - me aujourd\u2019hui, j'ai de l\u2019amertume plein le coeur.\u2014C\u2019est toi qui parles ainsi, toi, Ma- del ! \u2014Oui! moi, qui suis à bout d\u2019énergie.Plus nous allons, plus je sens que notre vie à deux est gâchée.Tu travailles, je le sais, pauvre amlheu- reux, tu fais ce que tu peux, mais le temps passe et l\u2019on oublie.Au lieu d\u2019être comme tu devrais l\u2019être, tu n\u2019est qu\u2019un obscur coureur de cachets.un mercenaire, dont d\u2019autres signent les oeuvres.J\u2019espérais que tu serais assez fort pour triompher des difficultés de la vie pour devenir un grand homme quand même.Fritz, très pâle, les dents serrées, eut un mauvais rire.\u2014Dis-le donc comme les femmes de tous ces riches.\u2014Et après?.J'ai fait le même rêve que toi.Ne m\u2019en as-tu pas bercé ?N'ai-je pas vécu, depuis des mois, dæns l\u2019illusion que tu serais célèbre bientôt, que je pourrais être fière de mon mari ?Où est le mal d'être par instants, malgré moi, jalouse des compagnes de ceux qui, partis\u2019 avee toi.n\u2019ont pas végété comme toi.Et tu oublies notre enfant, ce petit être qui grandira sans connaître une seule de çes joies que j'espérais pour lui; oui, je suis orgueilleuse maintenant.trop peut-étre.toi tu ne l'es pas assez.C\u2019est étrange! on dirait qu\u2019il y a quelque chose de brisé en toi.\u2014Oh! comme tu me fais souffrir, Madel! Comme c'est mal! Je ne te reconnais plus.Quel orage a donc passé dans ton coeur?Le lien qui t\u2019unit à moi serait-il si frêle?Fritz s\u2019était-il donc trompé ?N\u2019était-elle pas l\u2019âÂme simple qu\u2019il avait cru rencontrer, l'épouse courageuse et confiante qu'il avait rôvée ?\u2014 746 \u2014 Montréal, février 1922 tu voudrais être \u2014_\u2014T3 hd ess TR. | # A de Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Etait-ce aussi une nature vulgaire, un coeur grossier dans le fond, qui n\u2019avait aimé en lui que les promesses de gloire et de fortune que donnait son talent.Quoi! elle avail assez déjà de leur existence, toute parfumée pourtant de tendresse ! Quelle influence néfaste subissait- elle?Il était évident que, depuis quelque temps.elle n\u2019était plus la même : son caractère, si doux d\u2019ordinaire et si calme, se modifiait d\u2019étrange façon.La bonne tante Ryter, hélas! n\u2019était plus là pour la conseiller, pour la guider.Ce n'était pas elle qui eût encouragé pareilles théories, approuvé pareilles révoltes.| La vie commencait cependant a peine pour Madel, et cette vie même, qu\u2019elle avait souhaitée, à côté du mari de son choix, avec la chère joie d\u2019un berceau à ses côtés.Fritz ne comprenait pas ce changement qui transformait sa femme depuis quelques jours.Mais incontestablement elle devenait plus nerveuse, moins attentive à ses prévenances, mons douce, comme rongée d\u2019un mal sourd qu\u2019elle ne disait pas.Il s\u2019en était ouvert à Wilhelm.\u2014Bah!.Laisse-la!.Les femmes sont toutes les mêmes et quand on n\u2019arrive pas à leur servir toute chaude une existence bien mijotée et sans accroc, il arrive un jour où ça ne va plus.Ce n\u2019est pas nouveau.Et, comme pour comble de bonheur tu n\u2019es toi- même qu\u2019un paquet de nerfs, vous en arriverez à vous battre, c'est moi qui te le dis, et ce sera dommage, vraiment! \u201cIl riait de son gros rire.Fritz ne riait pas, décontenancé, incertain de ce qu\u2019il devait croire, s'en prenant parfois à lui-même de ce qui arrivait.\u2014En effet, je lui avais fait partager trop de beaux rêves, trop d'illusions! Elle y croyait et ellé souffre de ne pas les voir se réaliser.Alors il avait de grands coups de colère contre Jui-même: \u2014Flle a raison.Je ne suis qu\u2019un \u2018raté\u2019.qu\u2019un talent gaché!.Mais le moyen de sortir de là?Son temps était pris presque tout entier par d\u2019ingrates besognes, nécessaires, et, quand il se trouvait libre, libre de travailler un peu à sa guise, enfin, il sentait comme un voile sur son cerveau, sur son inspiration.Rien ne chantait plus en son coeur.Il aimait toujours Madel, mais l\u2019amour de Madel ne faisait plus vibrer dinsi qu\u2019autrefois ces notes enthousiastes et qui étaient du talent.Oh! l\u2019horrible chose que cet éloignement insensible de ces deux coeurs faits cependant pour s'aimer! Par instants, Fritz ne voulait pas y croire et ses yeux cherchaient les veux de Madel comme pour lui dire: \u2014Ce n\u2019est pas vrai, n\u2019est-ce pas?ce n'est pas vrail.Mais la jeune femme détournait son regard.Un pli d\u2019amertume marquant son front, contractait sa bouche.On aurait dit qu'elle faisait effort sur elle- même, qu'il y avait des choses qu\u2019elle ne disait pas.Sans répondre, elle quittait la pièce et s\u2019en allait vers le berceau de son petit Frantz, comme si là seulement elle pouvait trouver un peu de calme et de joie.Un soir, alors que Fritz se sentait plus nerveux encore que de coutume, à la suite de déceptions nouvelles, de \u2014- 75 \u2014 ETRE ERA LAT Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE soucis d'argent qui le tourmentaient, une traite à payer pour le lendemain et pour laquelle il ne se trouvait pas en mesure, il dit tout & coup à Ma- del: i \u2014~C\u2019est trop fort, au bout du compte! Tu n'as qu\u2019a t'adresser 4 ta grand\u2019 mère.Sommes-nous des parias ?Dois-tu être exclue de la famille parce que tu as épousé un musicien?J\u2019en ai gros sur le coeur, à la fin! Depuis que nous sommes mariés, elle n'a pas voulu me voir.Tu ne vas chez elle que les jours de grande fête, par déférence, et toujours sans moi.\"Tu devrais pourtant bien lui parler, lui expliquer ce qui en est.Il me semble qu\u2019il n\u2019y a pas de quoi la déshonorer de m'avoir pour petit-fils.Madel le regarda froidèment.\u2014Tu ne comprends done rien?dit- elle.Si tu ne vas pas voir grand\u2019mère, c\u2019est parce que moi, je ne veux pas que tu y ailles.Jamais la jeune femme ne lui avait parlé sur ce ton.Fritz balbutia, stupéfait : \u2014Que veux-tu dire, Madel?Aurais- tu peur que je sois une gêne.que ma présence soit insupportable ou pénible pour quelqu'un?\u2014 Peut-être! | se redressa.\u2014(Comment peut-elle être pénible à cette vieille femme?Alors Madel répondit: \u2014 Tu le sais bien: ce n'est pas toi qu'elle aurait choisi.Une pensée, dans un éclair, traversa le cerveau de Fritz, une pensée a laquelle il ne s\u2019était jamais arrêté, celle de Karl, ce cousin qu\u2019autrefois, dans le logement de l\u2019ouvrière, il avait entrevu aux côtés de l'aïeule.| Aurait-il été amoureyx de toi, celui-là?demanda-t-il, railleur.\u2014FEt quand cela serait!.Un silence suivit cette demande -et cette réponse.Frit venait de sentir, au fond de son coeur, quelque chose qui se déchirait, comme à la suite d\u2019une blessure profonde et douloureuse.N\u2019était-ce pas un coup, en effet, un coup porté à sa vanité.à sa jalousie naturelle?L'idée que Madel avait pu être le rêve d\u2019un autre homme que lui Jui faisait mal.{ C\u2019était absurde.Toutes les jeunes filles jolies, ainsi que l'était Madel.devaient fatalemen! inspirer aulour d\u2019elles des affections, des amours même peut-être violents ! Qu\u2019importait, puisque c'était lui qu'elle avait choisi, et sans une hésitation.Elle le regardait dans le fond des yeux.comme si elle avait voulu pénétrer l\u2019effet de ses paroles.Alors, il l'interrogea, désirant avoir quelques renseignements, quelques détails.| Elle demeura muette, impénétrable, répondant simplement a Fritz: \u2014Que t'importe, puisque {lu qu\u2019il m\u2019a toujours été indifférent! Mais ce jour-là, tandis que Madel était allée à Wolnitz voir sa grand'mê- re, il fut comme une âme en peine, et, sitôt son retour, la pressa de questions: [ \u2014Etait-il là?que t\u2019a-t-il dit?\u2014O le jaloux! le vilain jaloux!.sais XIV \u2014Mes amis, mes bons amis! Saluez- moi bien bas, et poussez un hurrah d'honneur pour Wilhelm Klauss! \u2014Qu'y a-t-il, ami?\\ \u20141I1 y a, Fritz, mon vieux Fritz, mon cher petit Fritz, ne t\u2019en déplaise que ce gros bavard de Wilhelm Klauss, tn TO PE Montréal, février 1922 Ry} Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 ici présent, vient de prendre sa revanche, et une revanche éclatante, de certain concours où jadis il n\u2019arriva que mauvais second, derrière le nommé Koepel pareillement présent.Je te l'avais prédit.Fritz pâlit.\u2014 Oui, mon bon! Pendant que tu-te dorlotes dans les délices de ton ménage, tout en te contentant de donner quelques leçons et d\u2019orchestrer pour les camarades, eh bien, moi qui te parles, célibataire endurci, je viens ae faire recevoir au Théatre-Lyrique trois actes de ma façon, qui vont être mis immédiatement en répétition.Ça ne vaut pas le grand Opéra, mais, pour un début, ce n\u2019est pas si mal.Il y a au bout, en cas de succès, quelque chose comme mille florins d'or, et je te réponds, moi, du sûccès.\u2014 Quelle est cette oeuvre?demanda Madel.\u2014Quelque chèse de joyeux.chère madame, et d\u2019un peu fou, mais qui plaira.\u2014Mes compliments! \u2014 Hein! tu ne t'attendais pas à cela ?Wilhelm Klauss.le bon vivant, le pi- \u2018lier de brasserie, n\u2019était pas capable de grand\u2019chose! Il a mis dans le mille pourtant, tout de suite, et ne demande qu'à recommencer.Tu entendras là une musique qui ne sera pas banale, je te jure, et où triompheront mes-théo- ries,\u2014rappelle-toi,\u2014au Conservatoire, ces théories qui te faisaient enrager si fort.M'en veux-tu, Fritz, de t'ê- tre ainsi passé sur le dos?Dame! moi, je ne suis pas marié.On ne peut pas avoir tous les bonheurs en même temps.Ft tandis que Wilhelm, affairé, s\u2019éloignait, joyeux de sa grande nouvelle, Madel regarda son mari, qui, très sombre, tordait nerveusement sa moustache, \u2014Tu vois®fit-elle.\u2014Oui, je vois, répondit-il simplement, le coeur glacé.° Fritz devenait taciturne maintenant, évitant de parler à sa jeune femme, faisant plus longues ses absences, sans cesse inquiet, sans cesse soucieux.Vingt fois, il avait essayé de se remettre à l'opéra commencé par lui.Le premier acte était là dans un tiroir, ce premier acte qu\u2019il avait écrit au commencement de son mariage, des pages débordantes de tendresse.| Que de fois il avait échafaudé tout un avenir de fortune et de gloire sur ce début, composé presque d\u2019une traite et que.dans sa chimère, il voyait déjà représenté à la cour dans un triomphal succès.Comme c'était loin.tout cela! Que de désillusions depuis! TH avait beau faire: l'inspiration n\u2019était plus la même.Ces phrases de tendresse qui revenaient sous ses doigts lui semblaient banales.Il aurait voulu trouver autre chose, qu\u2019il ne sentait pas.Dans le livret qu\u2019il avait à suivre, après ce début poétique et passionné, il y avait des scènes violentes, douloureuses, auxquelles il s'était attelé souvent et que.chaque fois, il avait jetées au feu.découragé.Et c\u2019était Wilhelm Klauss qui triomphait avec une oeuvre légère, dont la bonne humeur, le ton alerte et vif décidèrent du succès! Ce succès suffit à mettre le jeune artiste à la mode, à en faire l\u2019homme du jour, l\u2019homme arrivé, l\u2019homme illustre.\u2014Fais comme moi, disait-il à Fritz.Dépêche-toi.Ta muse n'est-elle donc plus là pour t'inspirer?us Gr. I 4 À 3 pi \u201cWs 3 1, \"3 K 0 ni Li 8 À \"4 VA Ç i 30 site Be ) SORE SCI SE A a Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRB Mn aida dada ater aac EOS Te Montréal, février 1922 Non! la muse de Fritz Koepel n'était plus là, du moins celle qu\u2019il aimait tant jadis, et qui lui avait inspiré ses premières oeuvres, De plus en plus, îl se sentait séparé de Madel par quelque chose de mystérieux, d\u2019incompréhensible.Il avait peur.Peur de la perdre, sentant qu\u2019elle n'était plus attirée vers lui comme autrefois, même malgré la présence du petit Frantz, oe délicieux bébé qui eût suffi à lui seul à mettre du bonheur dans la maison, a réunir tout le monde autour de son beroeau.Madel, maintenant, s\u2019absentait souvent.Où allait-elle?Chez quels conseillers mauvais?Chez sa grand\u2019maére, peut-être.La vieille paysanne devait avoir repris sur elle de son ancien ascendant et Fritz était hanté par la pensée de Karl.Quelle place gardait celui-ci dans le souvenir de sa cousine?.Par moments, Fritz se posait avec angoisse cette question: Si Madel lui avait menti, en lui disant que sa tristesse venait de ne pas avoir la vie si belle qu'il lui avait fait espérer?Si, au contraire, elle avait le regret d'une vie plus simple encore, mais plus en rapport avec son origine, avec ses goûts?Ge paysan n'eût-il pas été le mari qu'il fallait à l'ouvrière ?Fritz ne savait plus que croire, que penser.Dans sa tête ses idées, confusément, se heurtaient.Et, un jour, un jour qu\u2019il voyait Ma- del partir pour une de ces courses mystérieuses, fréquentes maintenant, il fit cette chose odieuse, lâche: il la suivit.Oh! l'angoissant voyage derrière elle, pas à pas, se cachant dans l\u2019ombre pour n\u2019être pvint vif, maison par maison, l\u2019espionnant dans une suite de courses banales, faites par elle à travers Prague.Mais, un moment, dans l\u2019encombrement d'une avenue très populeuse, Fritz perdit sa trace.Où était-elle allée?Vingt suppositions lui vinrent à l\u2019esprit, l'une pourtant était plus obsédante.Elle devait, encore une fois être partie pour Wolnitz, chez sa grand\u2019- mère.C'était là sans doute qu\u2019on lui montait la tête, c'était là qu'habitait ce Karl! La résolution de Fritz fut prompte: il s\u2019y rendrait, lui aussi.\u201c * = 3 \u2014 Le train qui, en vingt minutes, l'emmenait vers la petite ville n\u2019allait pas assez vite à son gré.Nerveux, inquiet, Fritz regardait machimalement les paysages qui se déroulaient sous ses yeux, la campagne ensoleillée, les champs de culture, avec les paysans courbés sur leur tâche.Il avait hâte d\u2019être arrivé, de savoir! Quel mauvais génie avait donc jeté une malédiction sur son foyer, sur son bonheur?Par quel sortilège cette délicieuse et douce femme dont il avait fait sa compagne se retirait-elle ainsi de lui, s'éloignait-elle de sa tendresse ?Fritz avait le coeur bien gros.Des larmes s\u2019arrêtaient à sa gorge, l\u2019étouffant ; tout son corps, par instants, tremblait, secoué d\u2019un frisson.Jamais il n\u2019était allé à Wolnitz.11 ne connaissait la vie de grand\u2019mère Brigitte que par ce qu'il en avait entendu dire à Madel\u2026 Mais ces indi- \u2026\u2014 78 \u2014 TEE NO RE EE ER EN A EP OO EN TE 1 A RER FEES ap RER Vol.15, No 9 LA REVUE POPULAIRE APE Montréal, février 1932 cations lui suffisaient.On ne le oon- naissait pas et il arriverait à son but: savoir si sa femme était là.Que ferait-il alors?Que dirait-il?.A quoi bon un éclat?la présence de Madel chez sa grand'mére n'était-elle pas légitime ?) Un paysan, prés de qui i! s\u2019'informa, lui montra une petite maison proprette, entourée d\u2019un bout de jardin, à la sortie du village.Près de le porte, un vieux puits dessait sa ruine.Une haie d'eubépine séparait l\u2019habitation de le route, l'entourant presque, et l'on pouvait approcher sans être vu, plonger du regard dans les pièces basses de ce logis bien simple.Sur une fe- nôtre, quelques pots de fleurs.Trois poules picoraient devant la porte et des linges séchaient sur une corde.C'était donc là qu'habitait Karl, ce cousin qui aimait Madel ; là qu'on parlait d\u2019elle, sans doute, qu\u2019on l\u2019attendait peut-être aveo impatience, quand on savait qu\u2019elle pouvait venir.Fritz se dissimula derrière la haie, prôtant l'oreille.Aucun bruit n'arrivait jusiqu\u2019à lui.TI apercevait seule ment, par une des fenêtres, la silhouette d\u2019une très vieile femme, courbée sur un baquet de linge; grand\u2019mère Brigitte, probablement.\u2014Madel n'est pas iol, pensa-t-il, et je n'ai qu\u2019à m'en retourner.Une grande colère contre lui-même le prenait: \u2014Suis-je ridicule d\u2019être venu, d\u2019avoir fait ce voyage, d'être jaloux! Oui! fl était jaloux maintenant et ce sentiment mauvais, cauchemar obsédant, tenaillait son coeur.Jaloux de quoi et de qui, H n'aurait pu le dire! Mais c'était un fait, un fait certain que Mabel n\u2019était plus la même à son égard, et la seule raison, plausible, se disait-il, ne pouvait en être que la pensée de quelque autre.\u2014\u2014- 79 \u2014 A ce moment, la barrière de bots qui donnait æocès à le maison sur le chemin fut poussée.Un jeune homme en vêtement de travail, grand et brun, déposa contre la margelle du puits son sac d'outils et tira un grend verre d'eeu fraîche, qu\u2019il but lente= ment | Fritz le reconnut : c'était Karl! I l'avait entrevu plusieurs fois avant son mariage quand il aocompa- gnait l\u2019aïeule ohbez Madel, mais ses traits étaient plus caractéristiques, son regard plus vif, un beau garçon, ma foi, disant la santé et la foros.Grand'mère Brigitte parut sur le seuil, toute cassée, toute vieille, le visage ravagé par les rides.\u2014(Oomme te voilà de retour de bonne heure aujourd'hui, Karl! \u2014Une besogne pressée à fintr iol, grand\u2019mère, avec mes outils de précision.Une fière commande et qui va me rapporter vingt fforins.Jameis le travail n'a mieux donné que depuis quelque temps.Une vraie ohanoe | Et il ajouta tristement : : \u2014-La chance de ceux qui n'en ont pas ailleurs.\u2014T'oujours tes idées noires, mon pauvre garçon ! Il reprit sa boîte d'outils, rentra, et la porte se referma.De la maisonnette tranquille où oes deux êtres, côte à côte, travaillaient, aucun bruit ne venait plus aux oreilles de Fritz.Certainement, Madel n\u2019était pas la.Il s\u2019était trompé et n\u2019avait plus qu'à s'en retourner.Mais, au moment de repartir, une pensée douloureuse lui vint à l'esprit: N'était-cespas le mari qu\u2019il fallait à Madel, ce robuste et brave garçon qui lui aurait donné une existence simple et tranquille, sans çes odieux et continuels soucis du métier d\u2019artiste?T gagnait bien sa* vie; à ses côtés, elle Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 aurait trouvé le calme d\u2019esprit, le calme du coeur, au lieu de ces incessants orages.Karl avait l'air de l'aimer profondément et il lui aurait fait la vie heureuse.plus heureuse qu'elle ne l'avait.Et une immense tristesse envahit le coeur de Fritz, désemparé, incertain, n'ayant plus la foi ! Il marchait comme un homme ivre, vers la gare prochaine.N\u2019était-il pas grand temps de rentrer à Prague ?Il avait de l\u2019ouvrage à fournir, mal payé, mais nécessaire.De tous côtés de petites dettes s\u2019accumulaient.C\u2019était le médecin, le pharmacien, auquel on avait recours sans cesse et qu\u2019il fallait solder.Depuis quelque temps, Fritz menait une existence lassante, dormant a peine, dinant en hâte, travaillant à d\u2019odieuses besognes une partie de la nuit.Il venait de perdre un temps précieux à faire cet inutile voyage qu'il n\u2019oserait pas avouer.Mais puisque sa journée était sacrifiée, il fallait que ce ne fut pas en vain.Où était Madel ?Ce n'était pas du côté de Karl qu'il fallait chercher; où donc alors ! Rentré a Prague, Fritz marcha longtemps, sans but,, à travers la ville.La soirée était douce, un de çes beaux soirs calmes de printemps qui poussent les gens à sortir, et la ville était pleine de monde.Après une heure de promenade, au hasard, comme il se sentait très fatigué, Fritz arriva au jardin botanique, un délicieux endroit rempli de plantes exotiques.Il voulait s'asseoir là, un moment, parmi les pelouses vertes où des enfants jouaient.Peut-être apaiserait-il sa pensée fiévreuse, cal- merait-il un peu ses pauvres nerfs surexcités | LA + Yo 407 à 7?\u2014 80 \u2014 | BERS Mais, au moment où il tournait une allée, quelle ne fut pas sa surprise de voir sur un banc de pierre, isolés, Ma- del, Wilhelm et le vieux Grünwald ! Ils paraissaient causer avec animation.Que voulait dire cette réunion ?Pourquoi, au fond de ce jardin retiré, cette présence simultanée de Ma- del et des amis de son mari?Que pou- vait-elle donc avoir à leur dire de si secret |.Etait-ce pour dès rendezvous de ce genre, dont un hasard le faisait témoin, que Madel sortait ainsi pendant des heures, maintenant ?Fritz s'était arrêté stupéfait, décontenancé, n\u2019en pouvant croiré ses yeux.C\u2019était bien Madel pourtant, avec sa jolie taille, son profil régulier, ses cheveux blonds.C\u2019était Gründwald, si vénérable sous ses cheveux blancs, et Wilhelm avec sa bonne figure réjouie.Celui-là avait l\u2019air absorbé, écoutant en traçant sur le sable des ronds avec sa ganne, ce que la jeune femme disait.Madel parlait avec animation.Fritz était trop loin pour entendre.Il hésitait, d\u2019ailleurs, à avancer, risquant trop d'être reconnu.C'était donc à Wilhelm et à Gründ- wald qu\u2019elle demandait conseil, près d'eux qu'elle venait s\u2019 \u2018épancher : ; et Wilhelm le bel esprit, le sceptique, l'homme arrivé, pouvait à loisir lui insinuer ses théories, si fausses.Un moment, Fritz voulut se montrer, crier à Madel sa stupeur de la trouver là, mais il se dit que ce serait faire une scène aussi pénible q\u2019inutile.Mieux, vaudrait chercher à surprendre la conversation, sans être vu En se cachant, derrière de gros arbres ,il put approcher un peu ; peut- être arriverait-il à entendre quelques mots.Mais, à ce moment, Gründwald prit la parole. Vol.15, No 2 C\u2019était done tout un complot qui se .tramait là, un complot contre lui sans doute et entre ces trois être, qui étaient ceux qu\u2019il aimait le plus.Il se dissimula, du mieux qu\u2019il put.Le soir, qui tombait, heureusement, noyait d\u2019ombre les allées du jardin.Fritz prêta l'oreille et quelques mots arrivèrent jusqu'à lui.\u2014C\u2019est trop! c'est trop?disait Ma- del, je suis a bout.\u2014(Courage, mon enfant, répondit Gründwald.I ftut être forte.vous soutiendrons dans la \u2018tâche que vous avez entreprise.Si une séparation est mécessaire.Fritz eut un frisson.\u2014Il faudra qu'elle ait lieu.acheva le vieillard, il ne faut pas que votre amour pour votre mai vous arrête\u2026 Oh ! les misérables ! Quel drame horrible préparaient- -ils ?Que leur avait-il donc fait, à cette femme bien- aimée, à cet ami si cher, à ce maître vénéré, pour qu'ils s'unissent ainsi en cachette et prononcent ce mot odieux: une séparation! Alors, comme il était venu .il s'éloigna, désemparé, souffrant affreusement.Tout son passé, toutes ses chères oeuvres où il avait adoré Madel, composant pour elle des oeuvres si passionnées, lui revenaient à la mémoire, le concours de Vienne, les soirs d'angoisse, l'aveu de Tante Douce qui souriait au fond de son grand fauteuil.Ah ! la douloureuse chose que ce voile à jamais jeté maintenant sur ces souvenirs, que cette amertume qui empoisonnerait désormais sa vie, sa vie sans but, puisqu\u2019il n\u2019était plus rien pour Mabel, puisqu\u2019on I'écartait de lui.Il rentra à la maison, les cheveux défaits, les yeux hagards.La vieille femme qui gardait le petit Frantz pendant l'absence de sa LA REVUE POPULAIRE Nous Montréal, février 1922 mère s'inquiéta de voir Fritz ainsi et lui demanda : \u2014Qu\u2019avez-vous ?Vous êtes tout pâle ! \u2014Rien ! répondit-il sèchement.- Presque au même moment, Made! rentra.Elle trouva Fritz, accablé sur un fauteuil, la tête dans ses mains.Elle-même devirt très pâle et.au moment de parler.hésita : \u2014Qu\u2019as-tu ?fit-elle enfin.Son mari releva la tête et la regarda bien en face.| La jeune femme soutint ce regard, un regard douloureux, qui disait éloquemment toute la peine de Fritz.\u2014J'ai, fit-il, que je sais où tu es allée.Madel tressaillit.\u2014J\u2019ai entendu ce que Wilhelm et Gründwald te disaient.Je comprends maintenant pourquoi tu n\u2019es plus la même avec moi.Que s'est-il passé en toi ?je n'en sais rien.Il y a un secret que tu me caches et qui empoisonne ma vie : tu ne m\u2019aimes plus.La jeune femme, un moment, resta interdite.comme si,.dans son coeur, un violent combat se livrait, comme si, sur ses lèvres, des mots venaient malgré elle.Mais elle se raidit, elle redevint - maitresse d'elle-même, et, froidement, répondit à Fritz ces seuls mots : \u2014Si.mais je ne suis pas heureuse! Tout s\u2019était écroulé pour Fritz, avec cet aveu décevant prononcé par Mabel, d'une voix glacée.A quoi bon vivre alors ?Les idées se broüillaient dans le cerveau du malheureux.Une tache rouge dansait obstinément devant ses yeux.Du sang! Se tuer.Oui.c\u2019était peut-être le remède à cette situation atroce si contraire a ce qu'il avait rêvé, RTE aie ARIANA RF RY HI ose races ares ét etat acac ai Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Madel-le regardait, impassible.\u2014FEh bien! fit-elle.Alors, Fritz, devant cette question qui \u2018était pour lui comme une inaction retrouva son sang-froid.Il contempla avec indifférence, à son tour, avec dédain,cette femme qu\u2019il avait tant aimée et qui venait de lui briser ainsi le coeur.Oui, il y voyait clair maintenant : elle n'était qu\u2019une ambitieuse.et ce n'était pas pour lui qu\u2019elle l\u2019aimatt, mais pour la gloire qu\u2019il pouvait avoir.Cette gloire lui manquait, rien ne restait plus de se tendresse.Sans mot dire, il se leva, referma la porte et alla s\u2019enfermer dans la pièce où il travaillait d\u2019ordinaire, une petite salle étroite, à l'étage au-dessus, et où était le piano de Tante Douce.Madel l\u2019écouta partir, voulant savoir où il allait et quand elle comprit qu'il était monté dans sa chambre.elle vint s'asseoir près de la fenêtre et ouvrit un livre.| Mais elle ne devait lui préter qu'une attenfion bien relative, car, sans cesse, ses grands yeux quittaient les lignes noires, pour aller se perdre, songeurs, vers l'horizon.Tout à coup, elle tendit l\u2019oreille\u2026.son front se plissa.sa respiration se fit haletante, comme si une grande émotion l\u2019envahissait.Et dans le soir qui tombait, elle-en- tendit, venant d\u2019au-dessus d'elle, des accords de musique d\u2019une étrange inspiration, à la fois triste et violente, qui traduisaient sans doute l\u2019état d\u2019âme de Fritz.Il travaillait.' XV Cela dura pendant plusieurs semaines.une existence cote à côte, mais silencieuse et séparée, Madel indifférente à Fritz, continuant de vivre à sa guise, s'absentant souvent, lui très sombre s'enfermant pendant des heures.| Ils vivaient maintenant presque en étrangers.Jamais ils ne s'étaient reparlé de ce qui les séparait, mais jamais non plus Wilhelm Klauss n\u2019était revenu dans cete maison qu\u2019il fréquentait si assidûment autrefois.Madel, probablement, l\u2019avait prévenu de la grande colère de son mari contre lui.Gründwald, non plus, n\u2019était pas revenu.et cette étrange attitude du vieux maître peinait Fritz davantage encore.Même autour du berceau du petit Frantz, le père et la mère évitaient de se trouver ensemble.Les paroles prononcées par eux avaierit été trop graves, trop irréparables.pour qu\u2019une intimité fût possible maintenant à nouveau.D'ailleurs.Fritz était méconnaissa - ble, toujours plongé dans ses pensées.\u2014 T1 devient fou! faisaient les gens.Non, il ne devenait pas fou, mais.tout en accomplissant la besogne quotidienne nécessaire à l'entretien du ménage, il passait ses veilles au travail.| Quelle était cette occupation mystérieuse qui le tenait ainsi.pendant des soirées entières parfois ?Jamais Madel ne lui avait posé de question.Elle vivait absolument en dehors .de lui, comprenant peut-être, mais impassible.Et un matin, à l\u2019aube, un matin qu\u2019il avait passé la nuit entière enfermé chez lui, à son piano, il entra dans la chambre de sa jeune femme.Elle était éveillée, songeuse, la tête sur son coude.\u2014Tu ne dors pas, fit-il rudement.\u2014Non! je ne dors pas.Fritz tenait à la main une épaisse \u2014 82 \u2014 I.Nr Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE liasse, de feuille de musique, et s\u2019approchant du lit dit froidement : \u2014\u2014Mon opéra est terminé.Madel baissa la tête, sans répondre.La porte claqua, et, au frais matin, Fritz sortit.; \u2014Maître Gründwald, j'avais promis à l'impératrice une oeuvre de moi; j'ai tenu parole.| Le vieillard le regarda, stupéfait.\u2014La voici, fit-il\u2026 Quoi ! ce n'était donc pas fini de Fritz Koepel ?Gründwald se leva.ouvrit ses bras et, dans l'émotion qui l\u2019étreignait, ne trouva que ces seuls mots : \u2014Ah | que je suis content, petit, Jue je suis content!.Le jeune artiste se tenait devant lui, immobile, très pâle, sans répondre à cette étreinte : quelque chose maintenant le séparait de son vieux maître.Il était bien changé.les treits tirés, les yeux creusés par trop de veilles.\u2014Tout est prét ?demanda Griind- wald.\u2014Tout., \u2014L\u2019orchestration aussi ?\u2014Oui.\u2014('est merveilleux.Mais tu n\u2019as pas mis longtemps à achever ton oeuvre.: Puis, le regardant bien en face.il lui dit : \u2014L\u2019inspiration est donc revenue ?\u2014Oui, maître.\u2014Qui te l\u2019a rendue ?Fritz murmura, à veix basse : \u2014La souffrance |.| XVI Ce fut un triomphe.L\u2019oeuvre, sur l\u2019ordre de la Cour, avait été montée à l'Opéra de Vienne, avec les premiers artistes.o\u2014 88 we \u2014 Vous m'avez fait attendre, monsieur Koepel, dit l'Impératrice en souriant, mais je vous pardonne : votre musique est incomparable.Le public fut enthousiasmé, et il n\u2019y eut qu\u2019une voix pour proclamer le génie du jeune musicien.| Fritz rayonnait.Sa peine s\u2019étai un peu endormie au contact de oes émotions nouvelles qui remplissaient sa vie maintenant.Ses efforts avaient enfin leur récompense.n'y avait pas de part.Pour les longues répétions que l\u2019oeuvre nécessitait, il avait dû venir habiter la capitale, pendant un grand mois.C'était à peine s\u2019il recevait, de temps en temps, de sa femme un mot laconique, concis, donnant des nouvelles de leur enfant.Jamais il n\u2019avait revu Wikhelm Klauss.* Qu'importe ! pensait-il.N'al-je pas mieux ici-bas que l'amitié et que l'amour ?J'ai mon art qui me oon- golera.\u2019\u2019 Au moment, cependant, où la pièoe allait être jouée, il avait demandé à Madel de venir assister à la première.Celle qui avait été l\u2019inspiratrice de ses débuts pouvait-elle ne pas être là ?L'oeuvre qui allait être représentée était toute pleine d\u2019elle, aveo son début passionné, et la suite du drame douloureux qui s\u2019y déroulait était le reflet du propre drame de la vie de Fritz ?N\u2019était-ce pas Madel qui.en le faisant souffrir.lui avait inspiré ses plus helles pages.qui allaient éclater comme autant de longs sanglots ?Le jeune femme ne répondit pas.\u2014A sa guise! pensa Fritz.Et il fut seul en ce soir de triomphe.L\u2019Impératrice, qui assista à cette ro- présentation, le fit venir de nouveau et le complimenta ;s Mentréal, février 102% ° Mais Madel I gr, L.fe, i: SO Bs Bt.Beis ' 5 8 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréel, février 1922 nice, sn \u2014 Votre oeuvre est sublime, m monsieur Koepel, et il me semble que c'est justement parce qu\u2019elle est profondément humaine.on dirait presque qu\u2019elle est vécue.\u2018Après la chute du rideau, la foule en délire réclama l\u2019auteur, mais les artistes le cherchèrent en vain pour l\u2019amener sur la scène.Fritz s\u2019était enfermé dans un cabinet obsour, à l\u2019écart et là, tout seul, pleurait.Ok! I'horrible rancon qu\u2019exigeait la gloire ! Celle qui s'ouvrait devant lui n\u2019était faite qu\u2019en mettant son coeur en lambeaux.Son bonheur en était le prix.Oui, Gründwald avait raison quand il disait qu\u2019un artiste devait souffrir, souffrir beaucoup, pour donner sa mesure, quand il disait que l'art demandait cet apprentissage douloureux.La foule peu à peu s\u2019écoula, enthousiaste de l'oeuvre qui allait révolutionner l'art musical ; les lumières du théâtre s'étergnirent, et les acteurs, brisés par l\u2019effort qu\u2019ils avaient fait ce soir-là, redescendirent, un & un.Une voix appelait par les couloirs déserts : \u2014Monsieur Koepel! Monsieur Koe- pel ! .Fritz sortit le dernier, lés yeux rouges.Il vit accourir vers lui le concierge du théâtre.Cet homme, qui tenait une lettre à la main, balbutia: \u2014 Vous vôilà, enfin! Je croyais que jo ne vous trouverais jamais et on avait apporté cette lettre, avec ordre de vous la remettre, coûte que coûte.C'est pressé.Fritz jeta machinalement les yeux sur le pli.Il tressaillit, venait de reconnaître l'écriture de Madel.Une immense angoisse l\u2019étreignait, En hâte, il descendit et, à la pâle clarté d\u2019un -réverbère lut ces quelques mots : \u201cViens immédiatement.J'ai à te parler.: \u2018\u201c MADEL.\u201d Quoi! Madel était a Vienne! La lettre portait l\u2019adresse d\u2019un hôtel, tout proche du théâtre.1 Elle était donc venue, elle aussi, assister à cette première.sans le lui dire, sans vouloir être vue de lui, comme autrefois au Concours.Ne lui était-elle.pas complètement étrangère ?Mais Fritz se sentait indifférent maintenant.Tout était à jamais fini entre eux, et il eut même cette pensée amère : \u2014Aujourd\u2019 hui que je suis célèbre, que je vais être riche à mon tour, elle est capable de vouloir revenir à moi.; Il haussa les épaules.Pourtant, pouvait-il refuser d\u2019aller la trouver, comme elle le lui demandait, avec instance ! Peut-être était-elle malade ! Il pressa le pas.Dans l'hôtel il y avait tout un va-et- vient occasionné par la première de l'Opéra.Des gens en grande toilette, en uniformes chamarrés,soupaient par petites tables dans un grand salon, Sur le passage de Fritz, ils se retournaient, se le montrant du doigt: \u2014C\u2019est l'auteur,*le musicien merveilleux de ce chef-d'oeuvre.Mais Fritz ne les regardait pas, préc occupé.Des domestiques, obséquieux, le conduisirent.Madel, lui disaient-ils, était arrivée depuis deux jours.Lo \u2014 BG \u2014 \\ Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 Au moment d'entrer, comme il allait frapper à la porte ,une femme de chambre.le prévint : \u2014Cette dame est souffrante.Le coeur de Fritz se serra.C'était donc pour cette raison qu\u2019on l'avait fait demander, en hâte.Sans bruit, il ouvrit la porte.Sur un canapé, dans le pénombre de la pièce éclairée seulement d'une lampe à demi baissée, Madel était étendue, très pâle, comme en proie à une émotion violente.Fritz allait approcher d'elle, inquiet, quand, tout à coup, il s'arrêta, saisi : Gründwald et Wilhelm Klauss se tenaient debout, à côté du canapé.La jeune femme comprit l\u2019hésitation de son mari et d\u2019une voix douce murmura : \u2018 \u2014Ecoute-moi, je t'en supplie\u2026 Sa voix tremblait.Fritz restait impassible.\u2014Je veux te dire.le gros secret.qui m\u2019étouffe.Il faut que tu saches.que, par une minute.entends-tu, pas une.je n'ai cessé de t'aimer.\u2018Je t'ai menti, Fritz, menti depuis des mois.Tu as cru que ta seule tendresse ne suffisait plus à mon bonheur! Oui, j'ai tout mis en oeuvre pour te le faire croire, j'ai joué un rôle, un rôle épouvantable, qui te brisait le coeur.Mais il le fallait! Il le fallait pour toi, pour ta carrière, pour ton art.\u201cTu avais raison de dire que le bonheur ne favorisait pas le talent; non, mon pauvre bien-aimé, ce n\u2019est pas le bonheur qui fait le génie, c\u2019est la souffrance.Je l\u2019ai compris et alors, j'ai eu cet horrible courage : je t'ai fait souffrir.| \u201cOh! pardonne-moi.Cela m'a bien fait du mal, & moi, si tu savais.Cela m'a brisée.Mais qu'importe ! il te fallait la gloire.Cette gloire est un peu mon oeuvre, maintenant, n\u2019est- ce pas ?et je suis contente.\u201cC'est affreux, vois-tu, de faire souffrir.l'être qui est ce qu'on adore el plus au monde! Bien souvent, j'ai hésité, luttant contre moi-même, à bout de forces, avec des envies de tout te dire.| ' \u2014Comme il a fallu que tu m\u2019aimes! \u2014Tends la main à ceux qui sont là; ils ont-été les pieux complices de mon mensonge.Ce sont eux qui, à mes heures de défaillance, quand je ne me sentais plus la force de te torturer le coeur, pauvre bien-aimé, m'ont encouragé en me montrant le but à atteindre.\u2018\u2018 Pour que tu puisses devenir ce grand homme que tu es aujourd'hui, ils ont, par affection pour toi, fait semblant de jouer, &- mes côtés, \u2018un rôle odieux de mauvais conseillers, de faux amis, et ils se sont retirés de ta vie.Mais il le fallait, Fritz, il fallait déchirer ton coeur pour le faire chanter.\u201c Je l'ai senti, vois-tu, ce soir-là, où tu me demandais d'aller à Wolnitz voir grand\u2019mère et où je t'ai parlé de Karl qui m'avait aimé.Alors, je t'ai vu pâlir, pauvre cher jaloux.Je l'ai senti, quand tu m\u2019as reproché ces phrases q | que tu avais surprises, dans le parc, sur la bouche de Gründwal et de Wilhelm.\u201cLe soir de ces deux jours-la, tu t\u2019es mis au travail, souviens-toi, au vrai travail, et tu as composé des choses sublimes que, cachée à mon tour, j'ai entendues.\u201c N\u2019était-ce pas ainsi que tu avais triomphé à Vienne pour la première fois, triomphé parce qu\u2019il y avait de la tempête dans ton coeur! \u201cétait 1a la pierre de touche de ton génie, torturer un peu ce coeur qui laissait endormir sa muse et que la vie alors enlisait.1 hat, Re PrN Vel.15 No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 \u201c Ne m'en veux pas! et dis-moi bien, mon Fritz, que aq ai jamais oessé de tadorer.\u201d \u2018 \u2014Alons, vieille bête, fit Wilhelm, pleurant à moitié, embrasse-la,.elle l\u2019a bien gagné.Quant à nous, il a fallu que nous t'aimions joliment pour ao- cepter ainsi de nous faire détester de toi.- Fritz était à genoux près de Madel, couvrant ses meins de baisers.: Une joie immense l'envahissait.C'était pour lui le retour au bonheur, le renouveau sans nuages jamais maintenant, dans un inaltérable tendresse.Il await trouvé dans la vie la vraie oompegne qu'il lui fallait, oelle aveo qui il était sûr d'être un grand artiste.Et pourtant, ce n\u2019était qu\u2019une humble femme, une ouvrière, mais elle l\u2019aimait et le ooeur des épouses à tous les hérolmm es.\u2014Pardon, ma bien-aimée, pardon d\u2019avoir ainsi douté de toi.et, du fond de l'âme, merci.Je te dois tout.Gründwald s\u2019essuyait les yeux.\u2014Oui, petit, tu lui dois tout.\u2014 Vous aussi, maître, vous étiez du complot.\u2014Mais nous en étions tous, Fritz, nous qui t'aimions.Il le fallait pour ta gloire, et pour l\u2019art qui ne devait pas être privé de ton génie.\u2014Cette gloire coûte bien cher maf- tre! .\u2014Je te l\u2019ai dit un jour, rappelle-toi.Je t'ai dit le prix qu\u2019elle demandait.Mais je ne pensais pas alors qu'il pat y avoir une femme assez noble, assez grande, assez aimante pour un pareil sacrifice.Bénis Dieu de 1'avoir rencontrée, garde ta foi et va ton chemin.FIN DANS NOTRE NUMERO DE MARS NOUS PUBLIERONS UN ROMAN COMPLET qui aura pour titre \u201cLA BELLE PAIMPOLAISE\" JEAN DE KERLECQ C'est un très joli roman que vous lirez avec intérêt | .RETENEZ D'AVANCE VOTRE PROCHAIN NUMERO Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ee ee A ee eee ties rs CRE DE REP ER OT TE ER TETE TO IG TOE RO TT OCTO DECO NS -\u2014\u2014\u2014erme \u2014~ rtm ee res mmr LEC PE OT PO EE EE CE EE CRS TE Qu LES DANGERS DES SCIENCES OCCULTES der tt \u2014 aero VA 3 g Depuis.la guerre, toute la séquelle des sciences occultes est redevenue en grand honneur.Assoiffés de mysticisme, les peuples, au lieu d\u2019élever leurs prières vers Dieu et de chercher dans sa contemplation les seules joies véritables que peut donner la vie, s'évertuent à percer les mystères de l\u2019au-delà et, tourmentés par le doute, veulent arracher aux morts leurs se- orets.Nous ne parlerons de toutes ces sciences qu'au simple point de vue dooumentaire, la magie, l\u2019alchimie, la nécromanie, l'hynotisme, lui-même étant autant de choses justement réprouvées par notre sainte religion.C'est en Angleterre et aux Etats- Unis surtout que la science, la science profane, veut démontrer par l\u2019occultisme l'existence d\u2019une vie au-delà de la mort et enrégistrer les mots et les pensées des esprits désincarnés.La raison humaine veut se convaincre, par des méthodes scientifiques, de I'immortalité de l\u2019âme que proclame la religion catholique depuis son établissement.Contentons-nous de reproduire les prétentions des savants qui répandent maintenant dans le monde entier l\u2019insanité de leurs fausses doctrines : \u201cNous avons des instruments qui peuvent mesurer la chaleur des plus lointaines étoiles.Un appareil peut enré- gistrer des vibrations de lumières imperceptibles à l\u2019oeil humain.D'autres instruments encore enrégistrent des vibrations auxquelles l'oreille humaine est sourde ainsi que tous les autres sens.Comment les esprits manifeste- ront-ils leur présence au moyen de ces instruments?Le moment est bien choisi pour le savoir.plusieurs savants intéressés dans les recherches psychiques, ayant promis de communiquer avec leurs amis après leur mort.De ce nombre, mentionnons le professeur William James, professeur à l\u2019Université de Harvard, et écrivain célèbre; James Hyslop, des Etats-Unis aussi; le professeur H.Meyers, d'Angleterre et autres.C\u2019est à l\u2019Instilut psychique américain que les savants vivants tenteront de communiquer avec leurs confrères décédés.La plupart des personnes versées dans l'ocoultisme oroient que les communications avec les morts viennent surtout de ceux qui viennent de trépasser et qui se trouvent ainsi rapprochés du corps qui enfermait leur esprit de\u201cleur vivant.Ainsi pensent William James, Maurice Maeterlinok, Conan Doyle et autres.Il est reconnu \u2018que ceux qui sont sortis depuis longtemps de leur dépouille mortelle éprouvent de la difficulté à retrouver les expressions terrestres.Maeterlinck prétend que la conscience désincarnée n\u2019existe que quelques jours seulement après la mort.Il y & pour cette raison dans l'Institut ci-haut nommé une chapelle mortuaire dans laquelle sont exposés les cercueils des personnes qui ont manifesté de leur vivant le désir de communiquer avec ceux de leurs amis qui doivent leur survivre.et $T en ! ps Jaa 1 = Sa TE \u2014 JE Lg NE I», AV [12 Wid JG À id rE 202 2 ATID 8 pet etes ek = = TR 4 4, pe = il 4 | 1%) fl 2 = | | 3 4 #3 x.; 45% ARTS 25 A 4 ig = i i ha it cé 5 ON \u2018CT 'I0A vd 4 ; ce RT _ oF = 0 AA 7 2 oy > kg es i tr Ve ce La a 14, 7 LA 3 A i i = XA 3 ; \u20189 4 > 2 iq fel vie 24 A ; Ti es Des XG: Je A ot {pu dise 75 2 A Ls a =: oy!\u2019 A a sige id 4 Z Fo z.| sh de zen AN tt de CT ir 7 Y 2h in 2 Ly oh \u2018 .ey] ee A i £14 217 ® à] 7 2% LUE Fo ol 3 8 ÿ a yids 21e A = = 7 v.H /) a i 276 A SR yy Le 4 7 y Les Gt, ar P 7 \u2018 A.A 40 7 if / He wy, - ; 5 ter 3 3 4 Ls 5 Rec E i Ë , 7 rr GE, Su JE à ; ' | A LA BF p a § 4 7) 5 él a AZ A0 a dd 4 Un 4 0 ri 3 4 4 ; | h Hi | wl fe < i h | le, j a ALA 5 £555) ri ; | il I RO il dat : } \\ | 1 $= TE a Ait ! if I 9 == $ \\ + ! ?I 3 I VI \u20ac y 5 Spas 2 4 | uf | l tait i i ! | + \\ 4 4 way Cu 3H j po ?he | + { - u Pa Ail, is il I fi fut .7 | | | | 1 { | } \" | & A, ra j ! | i i nil) | 2 | | 7 i 7 qu ; i) Re li i 1 id ir A £7 ê dint 1 | i | | 1 Ÿ y) J ib ey z op + oe I | d i hi J lr\u201d cc 2; 0.5 7) 16 ~~ L'on: = sise ep y 4 f A RG 2) 4 * a 4 7 7 oA » + HN it J ji + id ti \\ @ /) / bc Xs 7 = Fad Ih fi 14; FR 14 À Rs | | 7 )) 7 7 Le om 7 7 lo fe Wy 0 7 | il y / 7 4 i il x 7 7) ya Ye, { |v j 7 Af, (Xo 7 i a = .IN Th 7 77 À A I 4 % V / 2 J / 0 Ÿ, 77, ay # A > 5 / : I 7 A fl Ls rT Ce CN ç 7 C2 = / / 7 v7 \u201c5a N ÿ JE = E Wi 7 7 ~ 0A 74 i ay 4 3 y i A) Vi J Ÿ Ru 4 7) / HUIVEidUd eLLA D = 5, 4% LL] SG 7, 7 4 4 SE Nm Ered te by ES = om 7 \\ VEN LA Te 14 NRE 7 0 \\ Wy OIE ® F \u2014 Y \\ EH = «h WW 8 À esse a y To tn, SE ech) W = SN \u2014 Roe NN ROT = AN So 2073 N SS 7 > 2 NS I Eu pS LC ait >2 S57 | 7 a 3 A) CA GTCT 191149) \u2018TOPIJUONC ç \u2014i 1] a =.Bu ly} if ET = = > Li > = i ore 5: a B5- \"= \u201ceo ee mi 3 2 Te MI ida cad ges 5 = = [== ae \u2018> Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Le laboratoire principal au-dela de cent instruments hautement perfectionnés pour l'enrégistre- ment des communications venant des esprits et pour les épreuves psychiques faites sur des sujets animés.Notre vignette représente un savant devant ses appareils, évocateurs d\u2019esprits désincarnés.Au centre se trouve la machine qui reçoit les méssag®s des esprits.Un miroir perçoit la présence de l\u2019esprit et un galvanomètre intercepte les légers changements des courants élec- iriques.Le sujet est atteint par deux électrodes et un-courant est établi dans tout le corps grâce à une série de batteries sèches.Ce courant est varié à discrétion.Si le sujet éprouve quelque émotion, le corps offre ainsi une résistance au courant électrique, lequel courant est indiqué au galvano- mêtre.Un petit miroir va de droite à gauche à mesure que varie le courant et calcule la densité de l'émotion subie par le sujet.Cet instrument n\u2019est pas tout a fait nouveau, ayant déjà été employé dans le passé par les autorités de la police pouf enrégistrer les émotions du prévenu arrêté pour crime, émotions qu\u2019il éprouve quand il est interrogé sur sa culpabilité ou son innocence.Un questionnaire spécial est soumis au sujet de la même façen, dans les recherches psychiques, Et c'est avec une cerNaille d\u2019instruments de ce genre que les savants occultistes veulent nous donner à croire que Jeurs sujets se sont entretenus avec des morts.Le croyant aurait tort de vouloir étudier à fond ces questions.Qu\u2019il se contente de vivre saintement et de penser que ses parents ou amis môris reposent dans le sein d'Abraham, peu soucieux de venir in- contient» | quiéter la tranquillité d'âme et d'esprit des vivants.0 LE GESTE AGAÇANT Un jour, M.Saint-Saëns, le célèbre compositeur de musique, bavardait sur les grands boulévards de Paris avec quelques-uns de ses nombreux admirateurs.| \u2014Je n\u2019aime guère me promener dans Paris, disait-il, j'y suis trop connu.Ce sont continuellement des \u2018\u2018Bonjour M.Saint-Saëns, bonjour maître\u201d et des saluts auxquels il faut répon- - dre.: A la vérité le génial compositeur se découvre rarement.Ce n'est pas par manque de courtoisie, mais ce geste l\u2019horripile.Un jour qu\u2019il avait à demander un renseignement à la préfecture de la Seine, il resta coiffé en s'adressant à un vieil employé.\u2014Je vais vous satisfaire, dit l\u2019employé, mais ôtez votre chapeau.Saint-Saëns fit mine de n'avoir pas entendus - \u2014Veuillez vous découvrir, nouveau le gratte-papier.\u2014Je suis M.Saint-Saëns, dit fièrement le musicien qui commençait à *se fâcher, espérant couper court à une insistance qui le choquait.Alors le bon rond-de-cuir se levant lui dit d'un air tres poli: \u2014Oh! maître, quel honneur pour nous! J'adore votre musique.Eh bien! Monsieur Saint-Saëns, veuillez m\u2019excuser si je vous demande d'ôter votre chapeau.| Le maître, vaincu, éclata de rire et se rendit de bonne grâce à la demande si pressante el si simple du vieil employé.dit de Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Le violon d'Ingres n\u2019est plus simplement ur symbole: il existe; et les visiteurs qui se pressent en foule en ce moment à l\u2019exposition des chefs- d'oeuvre du grand peintre montalba- nais, organisée au profit des mutilés de la face, peuvent le contempler à loisir- Les organisateurs, en effet, ont eu - l'idée ingénieuse d\u2019exposer, parmi les tableaux et les dessins, le violon avec lequel l'artiste se délassait de ses travaux de peintre en jouant quelque sonate de Beethoven ou de Mozart Sans doute, c'est un violon pareil à tous les violons, mais c\u2019est le violon d'Ingres.Et, telle est la force d\u2019une formule que chacun s'arrête pour contempler l'ins- trument- Or, vous savez ce qu\u2019on entend par cette locution: \u2018\u2018le violon \u2018d\u2019Ingres\u2019\u2019 ?Quand on dit d\u2019une personne qu\u2019elle a \u201cson violon d\u2019Ingres\u2019, cela signifie qu\u2019en dehors de sa profession, cette personne exerce, pour le plaisir, en amateur, un art ou un métier dont elle se glorifie volontiers.Cette expression vient de ce que le célèbre artiste dont tout Paris admire l'oeuvre en ce mo- mnt.se plaisait à jouer du violon et se montrait plus fier de ses talents d\u2019instrumentiste que de ses*triomphes de peintre.| C'est là un sentiment d\u2019amour-propre qui se rencontre chez tous ceux qui pratiquent un métier ou un art pour le plaisir ou pour le délassement de leur esprit ou de leur corps- Le \u2018\u2018violon d\u2019Ingres\u2019\u2019 est un travers de tous les temps; il existait avant la formule; mais jamais il ne fut aussi commun qu'en ces temps-ci.Qui n\u2019a pas aujourd\u2019hui son \u2018\u2018violon d\u2019Ingres\u2019\u2019- Tout le monde fait de la peinture, tout le monde chante ou gratte de quelque instrument; tout le monde joue la comédie.Quant à la littérature, c'est le \u2018violon d\u2019Ingres\u2019\u201d universel.= x @ Ge serait un curieux livre que l'histoire du \u2018\u2018violon d\u2019Ingres\u2019\u2019.On y verrait le Roi-Soleil en danseur de ballets; Louis XVI.le roi-serrurier, à sa forge ou à son étau, martelant, boulonnant, taraudant; Louis-Philippe, le roi-citoyen, donnant des leçons de mathématiques aux petits écoliers d\u2019Helvétiee On y verrait Pierre-le- Grand charpentant aux chantiers de Saardam.on y verrait le Grand Gondé jardinant aux parterres de Vincennes: L'histoire du \u201c violon dIngres \u201d éclairerait \u201csouvent d\u2019une lumière exacte et précise la physionomie morale des gens illustres- On n\u2019est pas toujours maître de choisir la profession dont on -vit; au contraire, on est toujours libre de choisir l\u2019art ou le métier dont on se récrée.Le choix -du \u2018\u2018violon d\u2019Ingres \u201d est, au premier chef, un acte de volonté personnelle; et c'est sur ces ac- tes-là qu\u2019il faut fixer la psychologie de chacun- Cherchez bien: chez tout être intelligent et actif.vous trouverez le \u2018\u2018violon d\u2019'Ingres\u2019\u2019.\u2014 \u2014\u2014 \u2014 . - Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Jean-Jacques Rousseau se reposait de là philosophie en écrivant de la musique; Rossini se reposait de la musique en faisant de la cuisine; Victor Hugo, las d\u2019avoir fait des vers, dessinait des ruines gothiques; Gustave Doré, las de tenir te crayon, prenait, comme Ingres, son violon, dont il jouait.fort mal.I1 semblerait que le \u2018\u2018violon d\u2019'Ingres\u2019\u2019 dit étre commun chez les hommes d\u2019affaires, chez les industriels qu\u2019un labeur absorbant et sans joie retient.tout le jour au bureau ou à l\u2019atelier- | Au contraire, c\u2019est dans le monde des artistes qu\u2019il est le plus en honneur.| Presque tous nos comédiens ont un art second qu'ils cultivent avec passion: On sait que Sarah Bernhardt notamment, a fait de la sculpture avec talent.Les musiciens, les chanteurs cultivent volontiers la profession agricole: Van Dyck, le célèbre ténor fait de l\u2019élevage; Paderewski, le grand pianiste, est aviculteur.Mais sait-on que Charlot.le roi du cinéma, est pianiste et violoniste excellent, et que Kobelik, le plus fameux des violonistes, se glorifie plus de ses talents de joueur d'échecs que de maéstria de virtuose?* Le \u2018\u201c\u2018violon d\u2019Ingres\u2019 est une passion impérieuse à laquelle personne ne peut se vanter d'échapper, et la garde qui veille au seuil des palais n\u2019en défend pas les rois.Tous les souverains, toutes les souveraines ont leur \u2018\u2018violon d\u2019Ingres\u201d La reine Wilhelmine de Hollande charme ses loisirs en illustrant une édition des \u201cMille et une Nuits\u201d.La reine d\u2019Espagne peint des oiseaux et des fleurs.La Reine des Belges joue du violon.ve Le Kaiser avait dix \u2018\u2018violons d\u2019Ingres\u2019\u2019.tout un orchestre Il était peintre, historien, orateur, critique d'art, aueur dramatique.compositeur de musique.Il n\u2019est plus guère que bûcheron.Le roi d'Angleterre est collectionneur de timbres-poste; le roi d'Italie est numismate.Sa femme.la reine\u2019 Hélène.est peintre et poète- Quant à l'infortuné tsar Nicolas, c\u2019était, dit-on.un parfait laboureur- \u201c Arrêtons-là cette revue.des \u2018violons d'Ingres\u2019.Elle nous entraînerait trop loin.Le \u2018violon d\u2019Ingres\u201d est partout.Quiconque le raille chez le voisin, en joue souvent pour son compte.Au surplus, le \u2018\u2018 violon d\u2019Ingres\u201d n\u2019est point que le mobile de mesquines vanités- Il a son utilité morale: il distrait l'artiste, l'écrivain, l\u2019homme d'Etat, le travailleur de tout ordre, de sa besogne quotidienne; il est l\u2019oasis, il est le repos.Qui sait si Ingres eût dessiné et peint avec cette admirable sérénité qui se dégage de son oeuvre, s\u2019il n'avait eu son violon pour apaiser ses nerfs?N\u2019accablons donc pas trop ceux qui tirent vanité de leurs petits talents d'amateur; et soyons indulgents pour les \u201cviolons d'Ingres \u201d d\u2019autrui, si nous voulons qu\u2019on le soit pour le nôtre.Ernest LAUT.0 La politique est souvent le partage de ceux qui ont manqué leur vocation.La mort est la couronne des infortunés et le tombeau des souffrances humaines.Co \u2014 01 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 UN CRI D\u2019ALARME L'emploi des huiles lourdes à la place du charbon se généralise de plus en plus sur les bateaux.Les avantages de ce combustible sont si grands que les armateurs n'hésitent plus à transformer la machinerie de bateaux déjà très vieux.Tant que l'on ne regarde pas la question de propreté et d'économie, c'est parfait; mais il est maintenant prouvé par des constatations officielles, faites par le gouvernement anglais, que ce procédé est un grave danger pour les ciseaux de mer et les poissons.D'après ces constatations, l'emploi de ces huiles comme combustible produit des effets désastreux tant sur les oiseaux aquatiques que sur les poissons de mer et les mollusques qui vivent attachés aux rochers de la mer à de Les profondeurs, L\u2019attention du gouvernement anglais avait été éveillée par le fait suivant: Depuis \"introduction de ces huiles lourdes comme combustible à bord des bateaux, de nombreux milliers de pingouins, de mouettes et autres oiseaux de mer ont été trouvés morts sur les côtes de l\u2019état de \u2018\u2018Yorkshire\u2019\u2019.L'examen de ces oiseaux morts a montré que les plumes de ees oiseaux étaient couvertes d'une épaisse couche de cette huile qui recouvre la surface de l\u2019eau près des côtes, et que.par suite, ces oiseaux ne peuvent plus voler, ni plonger pour chercher leur nourriture.La même commission d\u2019études a aussi constaté le fait que des millions d\u2019huitres et autres crustacés ont été détruits par ces huiles le long des mêmes côtés, - - On peut facilement se faire une idée du danger provenant de l'emploi de ce nouveau genre de chauffage des bateaux, quand on se reporte aux études faites en 1889 par feu \u201cLord Rayleigh\u201d sur ce sujet.Dans son rapport très documenté, \u201cLord Rayleigh\u201d a démontré et prouvé qu\u2019il suffirait de 500,000 tonnes d'huile pour recouvrir uniformément la surface entière de toutes les mers et océans du globe.Devant ce fléau d\u2019un nouveau genre qui menace de détruire tous les poissons de mer, et, par suite, de supprimer une des principales sources de la nourriture nécessaire au monde, que vont faire les gouvernements?er L'on fait à chaque instant des conférences entre nations pour régler un tas de questions, il est grand temps que les gouvernements interviennent pour essayer de parer à ce fléau.C\u2019est une question de vie ou de mort pour l'humanité, car par quel aliment rem- placera-t-on jamais tout le poisson que la mer nous fournit, puisque, en dépit de la, production intense des.pays nouveaux, et en:particulier de notre \u2018Grand Ouest\u201d, l\u2019on n\u2019arrive pas à produire assez sur terre pour empêcher les famines qui désolent chaque année quelque nouvelle contrée, .: \u2014 Q2 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1022 EE a HHI REE HO CRE COTE OO CO EEE PO EE OO AO EEE OO EN OO TE ED PET Depuis plusieurs années on parlait beaucoup de téléphone sans fil et l\u2019on se demandait s\u2019il deviendrait un jour - pratique.Aujourd\u2019hui c\u2019est un fait acquis, le téléphone sans fil n\u2019est plus seulement un jouet d'amateurs, on \u201c n\u2019en est plus aux expériences de laboratoire, il est entré dans le domaine de la réalité et sera bientôt une nécessité.Avant de considérer les avantages qui résulteront de son emploi fréquent, voici quelques exemples de téléphonés sans fil fonctionnant actuellement.CEE Sur l'île de.\u2018San Catalina\u2019, située en pleine mer, à plus de trente milles de la cote, en face de San Pedro, se trouve installée une station de téléphone sans fil.Si l\u2019on veut communiquer avec une personne habitant l\u2019île et ayant le téléphone chez elle, l\u2019on n\u2019a qu\u2019à demander de chez soi à com- muniqiter \u2018longue distance\u2019 avec cet te personne en indiquant qu\u2019elle habite l\u2019île de \u2018San Catalina\u201d.Quand l\u2019on a obtenu la communication voici ce qui s\u2019est passé: La voix arrivée à la station sans fil de \u2018\u2018Pebbly Beach\u201d, l'employé a mis le fil en contact avec l'appareil sans fil, et, de là, la voix a été transportée par les ondes électriques jusqu\u2019à la station sans fil établie sur l'île.La personne a qui l'on a demandé & parler est en communication, par le téléphone ordinaire, avec cette station.Plusieurs des.aéroplanes des Etats- Unis sont munis du téléphone sans fil GI et sont ainsi capables de parler avec les personnes qui sont a terre.Le téléphone sans fil a un grand avantage sur le télégraphe sans fil, car,\u2018pour*ce dernier, on est obligé de se servir du langage conventionnel par \u2018\u2018points et traits\u2019\u2019, ce qui nécessite l'emploi d'opérateurs très compétents tant pour l'envoi que pour la réception des dépêches; de plus, la communication est très lente.Jusqu'ici un seul bateau de commerce possède un appareil de téléphonie sans fil, c'est le \u201cGloucester\u201d qui fait un service entre Norfolk, Va., et Boston.Ce bateau est en communication constante avec la Western Electric Co qui possède une station de téléphonie sans fil & Deal Beal\u201d N.J.Si le téléphone sans fil a mis plusieurs années pour devenir pratique, il n\u2019en est pas ainsi du phonographe sans fil: celui-ci, profitant des expériences qui ont précédé l\u2019établissement du téléphone sans fil, a marché à pas de géant, et, en quelques mois à peine, il est entré dans le domaine pralique.Nombreuses sont les personnes qui ont déjà dansé au son de la musique jouée par un orchestre situé à une très grande dislance, aui ont écouté des concerts ou entendu des discours par le phonographe sans fil.Aujourd'hui l\u2019on peut installer chez soi une machine qui a toutes les apparences extérieures d\u2019un phonographe.Cettè machine appelée \u2018receveur\u2019 coûte actuellement moins de cent piastres, et, après quelques heures de \u2014 93 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE .Montréal, février 1922 -> pratique.l\u2019on peut.par son intermédiaire, écouter toutes les conversations et les airs de musique qui passent dans l\u2019air.Tout le monde peut se servir de\u2019 cet appareil, il est trés simple.Mais si l'on veut parler soi-même à quelqu'un ou envoyer dans les airs des chansons ou des discours, il faut posséder un autre Appareil spécial; celui- ci demande un peu plus de pratique pour arriver à un résultat parfait.L\u2019emploi de l'appareil receveur est le plus intéressant.et.d'ici peu, nom- breusesseront les personnes qui en auront un à domicile, car plusieurs des grandes compagnies électriques, dans différents grands centres.envoient à des heures fixes des concerts dans les airs, et il suffit d'avoir cet appareil pour les entendre.Dans un avenir.très prochain, quelques mois.un an au plus, l'homme d\u2019affaires pourra s'absenter facilement de son bureau.car les trains, les camps, les bateaux, les aéroplanes et les domiciles privés posséderont tous des téléphones sans fil.Dès lors si son assucié ou son gérant a besoin de communiquer avec lui il pourra toujours entrer en communication avec lui par le téléphone sans fil.» Quand au phonographe sans fil, il n\u2019aura ni table tournante ni disques, il aura simplement l'appareil receveur.Suivant la musique que l\u2019on désirera, on n\u2019aura qu\u2019à mettre l'aiguille d\u2019un cadran spécial, qui y est attaché, sur le chiffre qui indique la longueur _d'ondes spéciales à chaque genre de musique.Cette longueur d'ondes est indiquée sur un petit livre fourni par la maison qui transmet les airs de musique à travers l'espace, A D'ici un an ou deux l\u2019on pourra par ler avec le téléphone sans fil avec les personnes habitant en Europe.| Plusieurs compagnies fabriquent actuellement des appareils de phonographes sans fil.La plus importante est probablement la \u2018\u201cWestern Elec- Tube Audion, grâce auquel la téléphonie sans fil est devenue possible.Diagramme du modèle vertical.A.\u2014Fil métallique en spirale qui sert à rectifier les oscillations qui frappent la plaque supérieure.B.\u2014Ampoule dans laquelle le vide est aussi parfait que possible.C.\u2014Plaque sensible qui serÿ à absorber l'énergie produite par le filament lorsqu'ellë est trop forte.D.\u2014PFilament qui émet des électrons lorsqu'il est _ chauffé par ume batterie.E\u2014 Supports de verre.au travers desquels sont, passés et scellés les fils, : F\u2014 Douille, \u2014 O4 \u2014- > co py CR TE Vol.15, No 2 tL LAR QUES Montréal, février 1928 tric Co\u2019\u2019 qui, au moyen de ses appareils sans fil, est arrivée à faire entendre en Amérique des morceaux de musique joués à Paris, à San-Francis- co et à Honolulu.Toutes ces compagnies ont une station par laquelle elles envoient continuellement dans les airs des airs de musique variés, depuis l\u2019opéra jusqu\u2019à la polka, la valse, le fox trot et le jazz.Actuellement la plupart des vaisseaux de guerre des grands transatlantiques sont munis d\u2019appareils de téléphones sans fil.O LA LANGUE FRANÇAISE, LANGUE DIPLOMATIQUE Jusqu'au moment du traité de Versailles, la langue française était la langue diplomatique, mais les anglais et les américains ont réussi à imposer la langue anglaise pour la rédaction du traité de Versailles.De nombreuses protestations se sont élevées contre ce changement dans les traditions, en raison principalement de la clarté et de la précision de la langue française.vant professeur suédois, Alfred Mohn, dans un discours prononcé à Stockholm et intitulé \u2018\u201c Pour la langue française\u2019\u2019, les raisons de cette proéminence ou si l\u2019on veut, de ce monopole dont jouissait, hier encore, le français, non point en vertu de la raison du plus fort, mais de la raison du meilleur.\u201cIl le devait , ce privilège, dit-il, non à des causes extérieures et matérielles, lesquelles ne constituent que des droits toujours contestables et révocables, mais à une raison d'ordre spirituel, qui est le génie civilisateur LA REVUE POPULAIRE Voici d\u2019après les déclarations du sade la France, et surtout, à ses vertus propres, à son mérite intrinsèque, à ses caractères essentiels et distinctifs.\u201cQuelles sont les qualités qui peuvent conférer à une langue les titres requis pour le rôle que l\u2019histoire dé- volut au français, les qualités qui le rendent apte à servir de langue des relations internationales?\u2018Il me semble bien que ce sont avant tout la précision et la clarté, c\u2019est-à-dire celles-là même qui, de l\u2019aveu de tous.distinguent le français, qui le mettent hors de pair.\u201cOn ne devrait jamais, me disait au cours de la grande guerre un homme d\u2019Etat d\u2019un pays neutre, on ne devrait jamais arrêter la teneur d'un doou- ment diplomatique, avant d'en avoir eue la traduction française, car celle- ci seule met en lumière les \u2018\u2018imperfections de l'original.\u201d \u2018 \u201cVoilà pourquoi on hésite à croire que le partage imposé au français par le traité de Versailles crée un pré- cédent décisif.\u201cIl est évident, en effet, que les raisons qui établirent jadis, dans le domaine des relations internationales, un privilège en faveur de cette langue subsistent tout entières, et subsisteront aussi longtemps que les peuples auront besoin, pour exprimer leurs obligations réciproques et leurs droits mutuels, de formules nettes et bien frappées.\u201d \u201c A 'heure oll cette préoellence traditionnelle de notre langue est contestée et rejetée par les deux nations qui furent l\u2019une notre grande alliée, l\u2019autre notre grande associée de la guerre, on n'aura point, je pense, lu sans y prendre plaisir cette vive et brillante défense présentée pour ella par le Suédois Alf.Mohn, lequel, on l\u2019a vu, l\u2019emploie pour son compte avec a Ki A.iy hi fe.Bt i i 1, J, Et 4 Le: Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 une élégance et une sûreté parfaite.Et encore n\u2019est-ce là qu\u2019un des côtés de la \u2018\u201c\u2018question du français\u2019, que M.Mohn examine sous toutes ses faces, et toujours pour en arriver à cette même conclusion que la-connaissance de la langue française s\u2019impose plus que jamais et l\u2019on va savoir, par le début même de la conférence, dans quel esprit il a entrepris et prononcé son éloquent plaidoyer: \u201cMesdames, messieurs, je viens plaider une cause.Mais cette cause n\u2019est pas celle que vous pensez peut- être.Les intérêts dont je voudrais prendre ici la défense, en parlant \u201cpour la langue française\u2019, ne sont nullement, en premier lieu, ceux de l\u2019idiome que votre société (l\u2019Alliance française de Stockholm et d\u2019Upsal) s\u2019est donné pour tâche de propager dans le monde, mais bien nos propres intérêts à tous, sans distinction de nationalité\u2019.Pourquoi il faut, d\u2019après le conférencier suédois, que le français soit compris, bien connu et parlé, il me semble qu\u2019il n\u2019est pas inutile de le dire, tant les raisons qu\u2019il avance à l\u2019ap- ° pui de cette affirmation sont à I'honneur du génie de notre langue, donc du génie de notre nation.\u20140 L\u2019EMPLOYE GAFFEUR Dans les grands magasins de New- York et des autres villes américaines, il existe une espèce d\u2019employé que l\u2019on ne connaît pas au Canada.On l\u2019appelle le \u201cMistake Clerk\u201d, l\u2019employé gaffeur, c\u2019est le bouc émissaire.Dès qu\u2019une cliente a à se plaindre de quoi que ce soit, (et nombre de clientes ont toujours à se plaindre de quelque chose) on la conduit auprès du chef du rayon où elle a fait ses achats.Celui-ci commence par se fa- cher contre l\u2019employé qui a dû commettre l\u2019erreur qui motive la plainte, puis il fait appeler le commis gaffeur, qui arrive en simulant une grande crainte.Monsieur, lui dit le chef, voilà encore une faute commise par vous, en voilà assez.Vous ne commettez que des erreurs, mais cette fois-ci vous en avez fait une qui dépasse toute mesure; vous passerez à la caisse, vous êtes renvoyé.Le malheureux balbutie quelques mots d\u2019excuse, jette un regard suppliant à la dame et s\u2019en va.Presque toujours la colère de la cliente tombe immédiatement, et elle intercède au-' près du chef, le suppliant de ne pas sévir contre le pauvre commis.Le chef ne demande pas mieux que de céder à une prière aussi généreuse que gracieuse; il rappelle le gaffeur qui se confond en remerciements, et la cliente quitte le magasin avec la douce illusion d'avoir accompli une bonne oeuvre.Elle n\u2019est plus irritée, et elle restera comme auparavant, la cliente du magasin.| Pendant ce temps, le \u2018 Mistake Clerk\u201d (le-gaffeur), continue son métier de paratonnerre de la mauvaise humeur en recevant les vertes réprimandes d\u2019un autre chef de rayon.Il gagne largement sa vie, ne doit pas avoir l\u2019air trop bién habillé, et si, par bonheur, il a un physique ingrat, sa fortune est assurée.| Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 L'Île charmante de \u2018\u2018Prinkips\u201d, dans la mer de Marmora, serait une place de repos idéale.C\u2019est dans cette ile que les réfugiés de l'aristocratie russe se prélassent sous la protection du drapeau britannique, et ces réfugiés comptent des milliers de jeunes beautés, alors qu\u2019il ne s\u2019y trouve qu\u2019un seul homme comme gardien.L\u2019on a si souvent entendu parler des misères endurées par les pauvres réfugiés russes se sauvant devant la perséoution de Lénine, qu'il fait bon entendre parler enfin d\u2019un véritable petit paradis terrestre engendré par la tyrannie et l\u2019oppression des Rouges.Ce paradis enchanteur, comme on peut l'appeler, est situé dans la mer de Marmora, à dix milles de Constantinople, au milieu du groupe d'îles appelées \u2018\u2018Iles des Princes\u201d; son nom est Prinkips.Durant la conférence de la paix, on a beaucoup entendu parler de cette ile, car c\u2019est là que Lloyd George avait formé le projet d'envoyer des délégués pour s'entendre avec ceux que Lenine voudrait bien nommer; mais avant ce projet qui.a échoué c'était une île aussi peu connue qu'une des plus petites îles perdues dans les mers du Sud.Cette petite île a été choisie il y a près de deux ans par le\u201dcommandant en chef anglais stationné à Constanti- A nople, pour y transporter les quelques dizaines de milliers de réfugiés russes qui affluaient à Constantinople à la suite des revers de Kolchak et de De- nikine dans le sud de la Russie.Ces exilés appartiennent presque tous à la bY classe instruite, et sont pour la plupart des femmes et des enfants arrivés à Constantinople dans le dénû- ment le plus complet.Comme ces exilés couraient les plus grands dangers dans la capitale turque, le gouverneur anglais décida de transporter dans cette île une partie d\u2019entre eux.Les commandants français et italiens transportèrent chacun le même nombre de réfugiés, dans les iles de \u201cProti\u201d et de \u2018Halki\u2019.Ces trois iles furent ainsi peuplées chacune d\u2019environ douze nfille réfugiées, la plupart d\u2019une grande beauté.C\u2019est la première fois que l\u2019on voit rassemblées tant de beautés dans un espace si petit sous la surveillance de trois hommes.C\u2019est un fait que l\u2019on remarque dès qu'on aborde à \u2018\u201c\u2018Prinkips\u2019, que toute la vie sociale,.légale ét économique de l\u2019Île est contrôlée par un seul agent de police anglais.Dans l'Île de \u2018\u2019Proti\u201d\u2019 le \u2018contrôle est exercé par un gendarme français et dans celle de \u2018\u2018Halki\u2019\u201d par un superbe carabinier italien.Chose curieuse.il serait difficile de dire à qui appartient cette petite ile qui n\u2019a que huit milles de tour; elle est turque par la carte, les habitants qui sont nourris par l\u2019Angléterre sont russes et l\u2019on y parle le grec.Elle est garnie de superbes villas blanches comme des perles,-el cachées dans des bois de \u2018pins, et elle est protégée par les vaisseaux de guerre de la flotte alliée qui stationnent dans ces parages.Le plus curieux c\u2019est que tous ces réfugiés ne font rien, ils se laissent _\u2014 97 \u2014 Vei.15, No 2 uA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 La même mode pour toutes; chacune d'elles à les cheveux courts, fait des promenades à dos d'âme et porte la canne.vivre dans le pays enchanteur où le passent leur temps dans l\u2019eau azurée soleil brille toujours et où l\u2019air est em- ou étendus sur la grève.baumé par le parfum des balsamines; Ge serait en réalité une place idéale la plus grande partie des habitants pour une oure de repos, car l\u2019on serait \u2014 G8 wees Vol.15, No 2 , LA REV: E PCUULAIRE Meta 0 12° 3 charmé par la présence de plus de 5000 femmes, mais peu de personnes obtiennent la permission de visiter I'ile que l\u2019on a rebaptisée \u2018l\u2019Ile des Anges\u201d.La traversée de Galatée à l\u2019île prend deux heures, mais c\u2019est un voyage que l\u2019on ne regrette pas.En partant de Ga- latée, l\u2019on passe d\u2019abord devant l\u2019île de \u201cProti\u2019\u2019,.ou les français nourrissent leurs protégés, principalement avec des légumes et des hors d'oeuvre, puis devant celle de\u2019 \u2018\u2018Hälki\u2019, où les italiens nourrissent les leurs, principalement avec du macaroni.Enfin l\u2019on arrive à \u2018\u201cl\u2019Ile des Anges'\u2019 où les \u201c pauvres réfugiés sont obligés de supporter toujours la même diète anglaise, boeuf et-pommes de terre.Si le visiteur est un civil, il est obligé de répondre aux questions de l\u2019agent de police, vrai roi de l\u2019île, et de lui déclarer quelles sont ses intentions et dans quel but il vient; une fois cette formalité accomplie, il lui est permis de se promener dans la rue principale.De partout l\u2019on voit des femmes assises aux tables des petits cafés Parisiens, comme on les appelle ; elles sont occupées à prendre des boissons rafraîchissantes et à manger des pâtisseries turques.Tous les types: de beautés sont là, et, quoique bronzées par leur long séjour dans ce pays du Soleil, elles n\u2019en sont pas moins belles et élégantes.L\u2019on reconnaît vite parmi elles tous les différents types russes, depuis les belles brunes Sartien- nes, les blondes du Nord et les minois (des bessarabiennes, jusqu\u2019aux mos- covites aux yeux bleus.Ces femmes ont adopté une mode particulière pour leur chevelure; c\u2019est la mode des cheveux courts.A jeur ar rivée dans l\u2019Île, leur misère avait été telle que le typhus s'était déclaré dans l\u2019Île faisant plus de 200 victimes.C\u2019est à ce moment que, par mesure d\u2019hygiène, les docteurs ont exigé la ennpe des cheveux à toutes celles qui éta:ent malades.Peu après toutes ont adopté cette mode; mais les cheveux ne sont pas coupés- si courts que ceux des hommes.Une autre mode adoptée par les réfugiées c\u2019est le port de la canne.Cette mode existe en Crimée où les dames riches portent la canne et c\u2019est tant pour imiter la mode de Crimée, que pour s\u2019aider à marcher dans les rochers de la côte, que ces dames ont adopté cette mode.Un des autres curieux spectacles, c\u2019est de voir presque toutes les dames faire des promenades à dos d'âne.On ne trouve dans l'Île que deux automobiles \u2018Ford\u2019 en mauvais état.Plusieurs de ces réfugiées ont trouvé des emplois à Constantinople, et elles font le voyage chaque jour.D\u2019autres se font un peu d\u2019argent dans I'ile, de différentes manières, soit en servant d\u2019institutrices aux enfants des Levantines, soit en confectionnant des souvenirs ou en faisant de la peinture.Mais le climat de l\u2019île est trop chaud, pendant la plus grande partie de l\u2019année, pour que les dames puissent travailler, d\u2019autre part les\u2019 moustiques sont si nombreux qu\u2019ils leur donne suffisamment de travail si elles veulent se protéger.Les comités de secours fournissent les aliments à tous ces exilés en détresse et il leur semble tout naturel de se laisser vivre dans l\u2019indolence au milieu d\u2019un tel paradis.Un grand nombre de ces réfugiées avaient avec elles des bijoux de famille, des souvenirs de prix, mais tous ces bijoux elles les vendent peu à peu à Constantinople et l\u2019argent leur sert \u2014 99 \u2014 fs 1 . Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 à mener une vie agréable.Les dames russes sont, en général, très affables et elles invitent facilement leurs connaissances à prendre aux restaurants un diner à l\u2019ancienne mode russe, dépensant pour ces dîners des sommes qui, pour elles, sont exagérées.Il existe dans l\u2019île une dizaine de restaurants russes ef de tavernes, fréquentés par les officiers de vaisseaux de guerre quand ils sont en promenade.On y boit l\u2019eau de vie russe ou \u201cYodka'', et l\u2019on y entend de la musique tzigane; le soir, ce sont les promenades en yacht, les baignades et les excursions & dos d'dne à travers les bois de Pin.Le vovage a4 \u2018\u201c\u2018I'lle des Anges\u201d est une visite que l\u2019on ne peut oublier.0 UNE CORNEILLE ASSUREE POUR $100,000 [ ae\" Une assurance de $100,000 sur la vie d\u2019une simple corneille, voilà une chose assez curieuse et assez rare pour être signalée.Cependant on voit tant de choses bizarres en Amérique, qu\u2019il n\u2019y a.pas lieu de s'étonner de ce fait.: | \u201cJocko\", tel est le nom de ce précieux oiseau que l\u2019on voit à chaque représentation de l\u2019Hippodrome, est un oiseau savant, dressé à la perfection à s'emparer de toutes sortes d'objets, pour aller les cacher dans un même endroit.$100.000 d'assurances sur la vie d\u2019un voleur ! Que de prisonniers.doivent envier son sort! \u201c Par cette assurance, \u2018\u2018 Jocko \u201d est - classé par les compagnies d'assurances dans la catégorie des musiciens Célèbres, Padereski, Misha Elman et autres, qui ont assuré leurs doigts pour le même montant contre le rhumatisme, les abus du tabac, et autres accidents de toutes sortes.* Cette assurance a été prise par les agents d\u2019asurances, \u201c\u2018Spotts & Starr\u201d.Comme \u2018\u2018Jocko\u201d est déjà vieux, ils ont certainement dù réclamer une prime d'assurances assez forte, qu\u2019il serait curieux de connaître.= o LES FAMILLES D'UN SEUL ENFANT / } \u2014\u2014\u2014\u2014 Il vient d'être démontré aux Etats- Unis, au cours d'une sérieuse enquête conduite par le gouvernement, que les \u2018familles d\u2019un enfant\u201d s\u2019appauvrissent au lieu de s'enrichir.Ce système que pratique plus de la moitié de la population américaine est désas- t&reux et pour les individus et pour le pays.Par une fausse conception, on s'imaginait que le fait de n'avoir qu\u2019un enfant constituait une économie.Les gens ne voulaient pas repartir leurs terres et leur fortune entre six ou sept enfants.Mais, il arrive que cet enfant unique, cet héritier universel disperse dans les plaisirs et l\u2019oisiveté les biens de ses parents.Les terres sont exploitées par des employés qui exigent des salaires considérables.Les fermiers commencent à comprendre que le système de l\u2019enfant unique est ruineux, Une autre raison qui milite en faveur de ce système est la vanité des femmes qui ne veulent pas par la maternité perdre leurs charmes, leur élégance et surtout leur indépendance.L'enfant unique était conflé à des domestiques et tellement gâté, choyé, \\ = 3 SE a ES 22 Ww Ww \u2014 Lu qu'il ne faisait rien de bon dans la vie.FIITEIA RE a a bees es AM er ee a IIT RPT PP BOOHER EASA De Vol.15, No 9 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 La télégraphie sans fil est à l'ordre du jour.Elle est aussi\u2014ce n'est pas trop tôt-\u2014à l\u2019honneur- Le Parlement francais s\u2019émeut enfin de l'état de misère du laboratoire où, depuis tant d'années, travaille son inventeur le professeur Branly ; il veut que l\u2019Etat mette à la disposition du savant \u2018\u2018les ressources indispensables à la dignité de sa vie et à la liberté de ses recherches\u2019.En même temps, le général Ferrié qui, pendant la guerre, a fait accomplir à la T.S.F- des progrès considérables, reçoit de l'Insitut de France le prix Osiris de cent mille francs- Sollicitude et générosité bien placées, car il n\u2019est aucune découverte qui offre plus que la télégraphie sans fil de bienfaits dans le présent, d\u2019es- ' pérances dans l'avenir.Quand on songe que tant de sciences ont mis des siècles avant de donner des résultats profitables à l'humanité, on s\u2019émerveille de voir le chemin parcouru par celle-ci depuis le jour, encore si proche de nous, où un savant francais inventa l'appareil qui devait, en quelque sorte, le faire nai- tre et en permettre l' exploitation.C\u2019est en 1890 que le \u2018docteur Edouard Branly imagina ce \u2018\u2018tube à limaille\u201d ce \u201ccohéreur\u2019\u2019, ce \u2018\u2018radioconducteur \u201d\u2019 \u2014 on l\u2019appelle de ces noms divers, mais il gardera, dans l\u2019histoire scientifique, le nom de \u201cfu.be de Branly \u2019\u2014sans lequel il n\u2019y aurait pas de télégraphie sans fil.C\u2019est alors qu\u2019il fit connaître son invention par des communications à l\u2019Académie 1 NILE A IT pre Ti Tao I OE Cn ALC TE OR TTT iL Œ des sciences, à la Société française de physique et à la Société internationale des électriciens- On a voulu établir, depuis, que les propriétés du tube à limaille avaient été découverles en même temps par M.Branly et par un savant anglais, M.Lodge.Mais c'est là une erreur que M.Lodge lui-même a rectifiée par une lettre rendue publique et dans laquelle, avec une bonne foi qu'on ne rencontre pas toujours, même chez les savants, il a rendu hommage au véritable inventeur.Deux noms, cependant, doivent rester attachés, avec celui de Branly, à la découverte et à la mise en pratique de la télégraphie sans fil: ceux du savant allemand Hertz et du savant italien Marconi- Hertz avait découvert le moyen de lancer dans l\u2019espace des ondes électriques; Branly inventa l\u2019appareil per - mettant de déceler le passage de ces ondes, et fit les premières expériences réelles de télégraphie sans fil à l\u2019aide de son tube à limaille et d\u2019un galva- _ nomètre dont l'aiguille aimantée subissait des déviations sous l\u2019infleunce des étincelles; Marconi reprit les expériences de Branly, remplaça le galvanomètre par l\u2019appareil Morse et ac- erut peu à peu la distance entre les postes transmetteur et récepteur, en élevant de plus en plus les antennes et en augmentant sans cesse l'énergie des étincelles.Telle est la part qui revient à chacun dans cette découverte.C\u2019est assez dire que si l\u2019honneur appartient'&' Mät- \u2014 101 \u2014 Vol.15, No 2 & coni de l\u2019avoir fait entrer dans la voie des réalisations pratiques, elle était définitivement acquise dès leg premiers essais de Branly.Les premières expériences à grande distance (50 kilomètres) tentées par Marconi se flrent entre l\u2019Angleterre et la France en 1899.Le poste transmetteur était & Douvres, le poste récepteur à Wimereux, près de Boulo- gone.Avec une délicatesse et une loyauté auxquelles on ne saurait trop applaudir, le grand savant italien voulut que la première dépêche sans fil pervenue en France fût un hommage pour l'inventeur français, et c\u2019est à M.le docteur Branly qu\u2019il l\u2019adressa- Marconi poursuivit dès lorg ses ex- périenoes avec un sucoès constant.Dès l'année 1909 # obtenait une communication per-dessus l'Atlanti- que- Aujourd'hui, l\u2019étinoelle électrique à conquis le monde.Combien de services a-t-elle rendus dans la guerre, combien n'en rendra-t-elle pas dans Ja paix?.Que de sinistres en mer à-t-elle évités déjà! Elle est la bonne fée qui protège les navires et leur emène du secours dès que quelque danger les atteint | Enfin, une autre science née du même principe s\u2019est développée paral- Mlement à la télégraphie sans fl.M.Branly l\u2019a appelée la Télémécanique sans fil.Grace à cette science, on à vu, par la volonté d'un opérateur, assis devant son appareil.un phare s'allumer à distance; on & vu un sémaphore agiter ses bras sans aucun effort humain; on a vu des portes se fermer, des écluses s'ouvrir, des ponts-levis se soulever; on a pu, de Join, faire seuter des mines; on a pu LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 192$ diriger un aérostat sans aéronautes ; un avion sans pilote, un sous-marin sans équipage.Jules Verne, qui eut la prescience de tant d\u2019inventions, aujourd\u2019hui réalisées, avait-il prévu celle-là ?Et le champ reste ouvert aux applications de la science dont le principe est dû à un savant francais.De ses recherches de laboratoire sont nés et naîtront sang cesse maints progrès et maintes utilisations industrielles Et cet homme de génie n\u2019a tiré de sa découverte nul profit matériel.Il n\u2019en a d'ailleurs réclamé aucun.Apôtre de la science, il a trouvé toutes ses récompenses et toutes ses joies dans l\u2019accomplissement de son oeuvre.Un pays qui produit de tels savants peut en être fler\u2014mais il pourrait aus si leur être plus reconnaissant.Ernest Laut o\u2014 PRECAUTION a - , Louis XIV parlait un jour du pouvoir que les rois ont sur leurs sujets.Le comte de Guiche osa prétendre que ce pouvoir avait des bornes; mais le roi, n\u2019en voulant admettre aucune, lui dit aveo emportement: \u2014Si je vous ordonnais de vous jeter à la mer, vous devriez, sans hésiter, y sauter la tête la première.Le comte, au Tieu de répliquer, se retourna brusquement, et se dirigea vers la porte.Le roi lui demanda avec étonnement où il allait.\u2014Appendre à nager, sire, lui ré- pondit-il, wey JOR sm ; Vol.15, No 2 Comment Cupidon donna un beau-père aux Kewpies L\u2019inventeur des \u2018\u2018kewpies\u2019\u2019 vient d\u2019épouser en troisièmes noces un offl- cier français, vétéran de la grande guerre, M.Jean Gallenne, telle est la nouvelle qui circulait, il y a quelques mois, dans toutes les villes d\u2019Amérique.Chacun se demandait quelle était cette personne, dont on ignorait le nom, et voici qu\u2019aujourd\u2019hui tout le monde apprend que l\u2019invehteur de ces jolis jouets, les Kewpies, était une jeune fille dd nom de Rose O'Neil, qui, grâce à ces petites poupées d\u2019un nouveau genre, est aujourd\u2019hui très riche.Rose O'Neil est née dans un petit \u2018\u201ccottage\u2019\u2019 situé dans les monts Ozark.C\u2019est là qu\u2019elle passa son enfance, et qu\u2019elle devint idéaliste.Elle est maintenant, tout à la fois, poète, artiste, écrivain, et la mère des Kewpies, titre qu\u2019on lui a donné, et dont elle s\u2019enorgueillit.Toute jeune, elle adorait les pou- nées, elle s\u2019amusait seule, passant son temps & leur faire des toilettes et à les habiller de toutes sortes de manières.Un jour, dit-elle, ma mère m\u2019ayant emmenée à la campagne pour quelques mois, elle avait oublié de mettre na poupée dans la valise, et cela me causa un grand chagrin.La ville voisine étant trop éloignée pour aller en acheter une, j'eus l\u2019idée de m'en faire une moi-même.À cet effet je cueillis dans le jardin une grosse carotte jaune, et, au moyen d\u2019un crayon, je lui \u2018fis de grands yeux; les brindilles ver- tes de la tige formèrent la chevelure de cette poupée qui fit mes délices.Ce fut de cette poupée que me vint l\u2019idée de faire un nouveau jouet, et je travaillai à perfectionner mon modèle, usant à cet effet un nombre incalculable de légumes.Pendant plusieurs mois, ces jouets me suffirent; mais un jour que je réussis à en faire un bien plus joli que les autres, je fus enchantée de mon oeuvre.Plus tard, l\u2019idée me vint de modeler en terre ces petites poupées, ayant dans l'esprit ce mélange de rose et de jaune qui fait la beauté des Kewpies du jour.Je voyais en rêve ces belles poupées avec des cheveux naturels au lieu et place du vert, et je travaillait plusieurs années à trouver la forme définitive que je rêvais.Quand je jugeai mon jouet assez bien, j'allai le montrer au Président de la grande manufacture de Borg- feld, qui me fit bon acoueil.Durant plusieurs mois, nous travaillâmes de concert pour perfectionner le jouet, et, quand il eut pris la forme actuelle, la Kewpie était créée.Depuis elle a fait son chemin.Aujourd\u2019hui ce jouet est connu dans tous les pays, et l\u2019inventeur touché de la vente de ces Kewpies, un revenu annuel de $50,000.Chaque vase de Chine, chaque morceau de porcelaine qui porte une figure de Kewpie, que ce soit sur la base d\u2019un vase ou d'un chandelier, ou encore chaque bonbon en suore ayant oette forme, \\ \u2014 1038 \u2014 Vol.15, No 2 doit payer un droit à la mère de ces poupées autant aimées des grands que des petits.C\u2019est à l'exposition de Paris, où elle avait exposé des dessins, que la jeune femme fit connaissance de Jean Gal- - lenne.Tout le Paris mondain était là, visitant le salon, et il y avait foule devant un tableau représentant un dessin à la plume.\u2018Superbe\u2019.déclara à haute voix un admirateur enthousiasmé; c'était le \u201cLa Terre Mère du Genre Humain*.Dessin à la plume, de Rose O'Neil, qui figura à LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 lenne qui, en qualité d'artiste, connaissait de vue l'auteur, la lui montra assise dans un fauteuil, à l\u2019autre extrémité du salon.Le directeur de la galerie des Arts les présenta tous deux à la jeune américaine.L'\u2019officier regarda avec une admiration non simulée l\u2019artiste, et tous deux se sentirent attirés l\u2019un vers pres Ne Ha 8 CLAN AU Ho PR 9 (7 Sey aaa [31 Vexposition des Arts, à Paris, et attira l'atteention des juges.distingué critique du grand journal français \u201cLe Figaro\u2019.Ayant regardé la signature, il demanda quelle était cette personne, et on lui répondit que l\u2019auteur était une jeune artiste américaine.Jean Gallenne était à côté de lui, 1! J'egamena en causant de l\u2019oeuvre que \"tout le monde admirait, et Jean Gall\u2019autre par un lien commun, l\u2019idéalisme.Après leur mariage, les deux époux ont passé quelques mois en Amérique, puis ils sont retournés à Paris, où madame Galenne possède un atelier de peinture très luxueux, dont tous les murs sont couverts de dessins originaux et pleins de poésie.\u2014 104 \u2014 ° EN \\ CA % RE : Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 Depuis quelques années les marchands\u2019 d\u2019antiquités malhonnêtes qui vendent des imitations des toiles célèbres des grands maîtres de la peinture sont de plus en plus nombreux.Ils s'entendent pour celà avec certains peintres peu scrupuleux qui pour des prix assez rémunérateurs leur font des toiles imitant le ton de couleur des anciens chefs-d\u2019oeuvre.Ces toiles ont un ton de couleur qui rappelle exactement les anciens tableaux que l'on voif dans les musées, et avec un peu de réclame faite autour de,là préténdue découverte qu'on a faite d'une toile ayant été faite par un peintre célèbre, ils attirent la clientèle riche, principalement les nouveaux riches américains.Ceux-ci croyant agheter une toile authentique n'hésitent pas à la payer une somme fabuleuse.{ Des quantités de ces foiles imitées ont été ainsi vendues chez les antiquaires de Paris, de Londres et d\u2019ailleurs, à des riches qui les exhibent avec orgueil dans les salons de leurs somptueuses demeures, tant ils sont \u2018flers de posséder ce qu'ils ont la conviction d'être des toiles authentiques, vu le prix considérable qu\u2019ils les ont payées.; Tout d\u2019un coup ce commerce honteux et illicite, qui n\u2019est autre chose qu\u2019un véritable vol, se trouve pour ainsi dire supprimé grâce aux rayons X.Il y a quelques mois, l'Association Française des Photographes teenait à Daris une exposition de photographies 7\u2019 prises au moyen des Rayons X; plusieurs de ces photographies ont révélé que certaines toiles, prétendues anciennes et appartenir à des Maîtres anciens célèbres, n'étaient que de vulgaires imitations.Voici comment ces fraudes ont été dévoilées par les experts de cette Association.D'après eux, les peintres ancigns employaient pour leurs tableaux des couleurs contenant beaucoup de bitume et d\u2019asphalte; or le bitume et l'asphalte ne laissant pas passer les Rayons X, il s\u2019en suit que les couleurs anciennes qui en contiennent ne les laissent pas passer non plus.Parmi les principales fraudes découvertes à cette exposition au moyen des Rayons X, se trouvait une peinture attribuée à \u2018Van Ostode'\u2019, peintre hollandais, représentant des paysans hollandais en train de folâtrer gaiment.Cette peinture avait toutes les apparences d'être authentique, et les experts eux-mêmes en avaient admis l\u2019authenticité.Mais quand on l\u2019eut radiographiée, on s\u2019aperçut de la fraude.Les paysans et leur environnement, peints avec des couleurs modernes, n\u2019apparaissaiént pas sur la photographie qui ne donnait que la vue de la vieille peinture sur laquelle on avait peint la scène des paysans.La photographie représentait tout simplement une scène de basse- cour.> | Le cas le plus curieux est celui d'une Madone authentique.La photographie prise aux Rayons X dévoile que c\u2019est une peinture authentique,'mais \u2014 105 \u2014 Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 elle révèle un accident qui est arrivé à cette toile célèbre.Gette toile a été coupée en deux ; les deux morceaux ont été ensuite réunis et la peinture réparée par un pein- re moderne d\u2019une grande habileté.~ La photographie ne laisse voir à la place de la réparation qu\u2019une large bande blanche qui traverse toute la peinture.Désormais ceux qui sont tentés de payer des prix fabuleux pour des tableaux qu'on leur affirme être authentiques, ont un moyen bien simple et peu coûteux de s'assurer si le tableau qui leur est offert est authentique ou faux.0 L\u2019ILE DE ROBINSON 11 est généralement admis, aujour- d\u2019hui, que Robinson Crusoë fut un certain marin du nom d'Alexandre Selkirk qui demeura quatre ans dans l'Île, alors déserte, de Juan Fernandez.| On sait que celle-ci est située dans l\u2019Océan Pacifique, à un millier et demi de milles à l\u2019ouest de Valparaiso.Elle appartient au Chili qui, après l\u2019avoir, en des temps lointains, utilisée comme pénitencier se propose d\u2019en faire une station sanitaire.Il la rétablirait exactement dans l'état où elle était du temps de Robinson.Les visiteurs y trouveraient des cavernes, des constructions, légères entourées de barrières protectrices, des chèvres, des perroquets, voir un nègre baptisé Vendredi.Il y à quelque cinquante ans, le gouvernement chilien avait entrepris la colonisation de Juan Fernandez.A cet effet, il avait accordé le passage gratuit aux émigrants désireux de s\u2019y rendre.Cette tentative échoua et au- \u2018 jourd\u2019hui Juan Fernandez compte à peine une cinquantaine d\u2019émigrants presque tous d\u2019origine germanique.Et cependant l\u2019île, quoique rocheu- \u2018se, n\u2019est nullement aride; sa végétation est même luxuriante ; les coings, les poires, les pêches, les raisins y sont en abondance.La faune, non moins riche, se compose surtout de boucs, de sangliers et de chevaux qui vivent à l\u2019état sauvage.Quant à la faune maritime, très abondante également, .elle contient uñe espèce de morue dont la chair est fort savoureuse.Le veau marin est aussi très répandu.D vy \u2019 .\u201c à a fg - 3 ._ N \u2014 \u2018 oF XN ST = ~~ , La grotte ou cave utilisée comme demeure par Crusoë est encore visible.Le long des murs courent les étagères qu'il posa, et le buffet construit par lui existe encore.Si des touristes visitaient Juan Fernandez, ils ne manqueraient pas de se rendre à l\u2019un des pics les plus élevés que le solitaire gravissait chaque jour dans l'espoir d'attirer l\u2019attention d\u2019un .navire qui, d'aventure, aurait passé dans ces parages.Il y a quèlques années, une mission chilienne découvrit, à cet endroit, les restes, très profondément enfouis dans le sol, d\u2019un vieux drapeau, peut- être celui que hissa Selkirk.La mémoire de ce dernier est commémorée par une tablette qui a été placée dans l\u2019Île en 1898, par 1'équipage d\u2019un navire de guerre britanni- MEET ENTER fol.qu syst ff gi\" de: (rt bi jl êtr de Es _\u2014 \u201c>= Vol.15, No 2 que.Mais il n\u2019est pas de gloire qui ne suscite l\u2019envie.Juan Fernandez s\u2019est vu contester, par l\u2019Île de Tobago, une minuscule terre perdue dans la mer des Carraïbes, l\u2019honneur d\u2019avoir reçu Crusoë.| Ajoutons que les partisans de Tobago sont une infime minorité et que jusqu\u2019ici, Juan Fernandez semble bien être la véritable île du héros de Daniel de Foé.0 LE SORT D\u2019UN TOREADOR L'Espagne a le culte des toréadors morts en beauté qui, de leur vivant, transpercèrent moultes taureaux furieux de leur glaive.Un boxeur n'est pas mieux payé que ces pourfendeurs populaires.On sait qu\u2019en dépit des efforts de milliers de philanthropes, les courses de taureaux ont gardé leur vogue en Espagne et même dans le midi de la France: Si les vainqueurs sont .æcclamés, c\u2019est la mort ou la prison pour les là- ches.Ainsi.on garde dans les prisons de Madrid un toréador, jadis idolâtré par la foule, qui, un jour, on ne sut jamais pourquoi, sauta par-dessus la barricade qui entoure l'arène, devant un taureau mugissant contre lequel il LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 avait en vain porté ses coups les plus.mortels.La foule se leva furieuse sur les gradins bruyants et menaça de le tuer.Sauvé par les gendarmes, on dut le jeter sur la paille humide d\u2019un cachot pour éviter une révolution qui aurait ensanglanté l\u2019Espagne- Son nom est resté synonyme de celui de lâche et ses images sont déchi- -rées partout où elles se trouvent.Autant il avait été acclamé, encensé, aimé par ses compatriotes dans ses deaux jours, autant il fut haï après sa condamnation par tous ceux qui l\u2019avaient déjà porté aux nues.0 ANECDOTES D\u2019AUTOMNE Monsieur et Madame sont dans leur propriété à la campagne, où ils ont prié quelques amis à dîner.Madame fait observer à Monsieur que les fruits du jardin ne sont pas très beaux et qu\u2019avec l\u2019automobile on aurait tôt fait d\u2019aller en acheter 4 la ville voisine.Coe Monsieur part, non sans insinuer que la production du jardin lui avait ,semblé jusqu\u2019alors trés belle.Les poires notamment.~ II arrive chez le premier marchand de primeurs de l'endroit, où il trouve ce qu\u2019il cherche, et pendant qu\u2019on lui - fait un colis, s\u2019informe de la région qui envoie de si belles poires.\u2014 Oh ! dame, répond l\u2019honnête marchand, ce n\u2019est pas loin d'ici.Con- naissez-vous la maison de M.X.à une petite lieue?\u2014Comment donc ! M.X., c\u2019est moi-même.\u2014Pas possible! Eh bien, c\u2019est votre jardinier qui me fournit tout ça.Ce fut pour le dessert un joli sujet de conversation, \u2014 107 \u2014 RE EU ARR ee SR Ce 2 acuité fé tab ai \u2018 Bar ee Te ve TOC as dr ok Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 A-t-on le droit de critiquer de façon humoristique la manière qu'a le gouvernement de prélever des taxes sur une multitude d\u2019objets qui nous paraissent impropres à cette fin ?Pourquoi pas?C\u2019est compris que dans une république, bien que le citoyens soient imposables et corvéables à mer ci, ils gardent le droit de trouver étrange qu'on les saigne à blanc, dans des intérêts souvent douteux.Pour réparer les gâchis de la guerre, le fédéral à imaginé leg taxes.les plus inattendues et entre autres la taxe de luxe (lois somptuaires) qui avait échoué dans tous les pays du monde.Son'sort ne fut pas meilleur ici et après deux mois, elle fut retirée comme inéffi- cace.Il reste cependant la taxe des célibataires et la taxe d'amusements\u201d Tout a été dit sur la taxe des célibataires, pauvres diables vivant dans la crainte du Seigneur n\u2019ayant pas comme les autres humains enchainé à leur vie celle d\u2019une femme pour se faire dorloter en égoistes- | Méritent-ils réellement toutes les foudres municipales?Et quel est le crime abominable commis par ces pelés el ced galeux?De n\u2019avoir pas, comme les hommes supérieurs, les maris.fait l\u2019acquisition d'une ¢uisiniére, d'une ménagère ou d'une femme de chambre.Le célibataire est l'individu qui né peut se résoudre à imposer à une créature, libre comme lui, sa condition médiocre- 11 est charitable et bon; il est humani- taire- Et c\u2019est lui qu\u2019on taxe.Encore, si, comme en France, l'énorme revenu \"de cette contribution avait une utilisation connue, et plus.une utilisation nationale.Cet argent chez nous tombe dans la caisse commune et sert a la construction de mauvaises routes et d'immeubles infectes qui enlaidissent notre ville, quand ça n'est pas à la réparation des tuyaux d'égoût ou au blanchissage des pierres de taille de l'Hôtel de Ville.\u201c La-bas, en France, le revenu de la taxe des célibataires sert à donner des primes aux mères de familles nombreuses.Les mères de quatre, cing.six et dix enfants touchent une prime graduelle et celles de vingt le gros lot- ,.\u2026 Quoi dire maintenant de la taxe d\u2019amusements, le Sou du Pauvre?Anciennement, la ville.de son petit nom Concordia.retirait tous \u2018les bénéfices de concert avec les hôpitaux et les pauvres jouissaient des plaisirs que les riches peuvent s'offrir.C'était une aide directe apportée aux miséreux.\u201c Aujourd'hui, la ville n'a rien; c'est le gouvernement qui empoche.Drôle d'histoire.Le gouvernement fédéral veut tout drainer.L'élément majoritaire anglais, jaloux sans doute de ce que nous ayons encore l'autorisation de boire à discrétion, taxe les liqueurs d'une façon honteuse- Le Sou du Pauvre, c'est très bien, mais la taxe d'amusements, c'est une toute autre paire de manches- Nous demandons aux autorités * compétentes d'agir ainsi à l\u2019avenir.Des commissaires enquêteurs devront faire le tour de {ous lès théâtres et v\u2014 108 wm Ti iz (AI Pinan say comen sa Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 _ TR) in - ) LE ' = GES RITES roses FER cris .=.ES x \u2014 Comment trouvez-vous la représentation ?\u2014 Assommante, M.le percepteur.\u2014 Bien, je vous dispense de la taxe d\u2019amusements.salles de spectacles et n\u2019exiger la taxe d\u2019amusements que des seules person - nes qui ont l'air de trouver la représentation intéressante.Un supplément pourra même être demandé aux personnes qui rient aux éclats- Quant à celles qui baillent et dorment, qu\u2019on les laisse tranquilles- \u2014 109 \u2014 [it of Bt! i: Bt: i es CR gt Dr pe Hi belt fis of Bk: i E, CA i ! : \"FRÈRE Vol.15, No 2 En vertu d'une loi de l\u2019Assistance publique, nous devons payer, depuis lg 1er octobre dernier, une taxe de 10 pour 100 sur notre prix d'entrée dans un théâtre ou cinéma.\u201d \u20140 COLLE FORTE LIQUIDE L'emploi de la colle forte à chaud est souvent très incommode ; aussi cherche-t-on à la remplacer par de la colle liquide employée à froid.On en trouve de toutes sortes dans le com merce, la seccotine, par exemple, que l\u2019on vend en tubes, est très commode.On peut faire soi-même une colle de ce genre.1° Faire dissoudre au bain- marie dans 1 pinte d\u2019eau deux livres de colle forte; lorsque la dissolution est complète ajouter peu à peu 200 gr.d'acide azotique à 36° Baumé.Il se produit une vive effervescence avec dégagement de vapeurs rouges.Quand le dégagement a cessé.on agite le liquide, on laisse refroidir et on met en pot.Gette colle peut s\u2019employer liquide au pinceau.On reprocha \u2018à l\u2019acide de rendre la colle moins adhérente.2° Faire tremper pendant quelques heures dans une pinte d\u2019eaw 14 onces de colle forte en morceaux; onces d'acide chlo- de blanc de ajouter ensuite 8 rhvdrique, et 9 onces zine, 0 Le bureau du recensement d'Ottawa vient de founir les premieres statistiques du recensement de la population du Canada.faite en juillet 1921.La population totale est de 9.- 235,200 habitants, contre 7.206.643 en 1911, soit une augmentalion de 2,229.000 pour cette décade.La po- , pulation du Québcee est de 2,417,250.LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 UN < % 4 A A \u201cIT Tnt WI AVEUGLES NOMMES JUGES \u2014 \u2018La justice est aveugle\u201d.C\u2019est là un dicton qui devrait toujours être Vrai; mais, quoique la justice doive être aveugle, elle a toujours été rendue par des juges qui y voyaient clair.Les citoyens de la ville de \u2018\u2018Butte\u2019\u2019.Montana, ont-ils trouvé que les juges \u2018qui Y voyaient clair ne rendaient pas la justice d\u2019une façon assez aveugle.c'est-à-dire égale pour tous?On serait tenté de le croire, quand on voit l'innovation qu\u2019ils viennent de faire en se choisissant des aveugles pour juges dans leurs cours de justice.Dernièrement ils ont élu, comme premier juge de la ville, un aveugle, M.Dan F.Shea ;.c\u2019est le seul aveugle qui ait jamais gagné pareille faveur et il est en outre le plus jeune des juges de Butte.D'autre part, ils ont choisi et nommé trois juges de paix aveugles qui sont: Mrs Louis A.Buckley.A.L.Wil - kinson ef Dennis O'Neil.Ces trois-der- niers avaient perdu la vue depuis pet: de temps lors d'une explosion qui s esi produite dans une mine de cuivre.Avec de tels juges, la justice de Dutto sera gertainement aveugle.tout au moins au sens propre du mot.\u2014 110 \u2014 Ww \\ \u20ac wo a g 5 5 JA ; 4 moi Un savant médecin vient de découvrir que pareillement au pollen des fleurs et des plantes, les chats, ies chevaux, les moutons et les vaches, ainsi que certains oiseaux, dont le perroquet, étaient susceptibles de col porter les bacilles de cette fièvre, commune en été \u2014 Tout le monde sait combien il est désagréable de souffrir du \u2018rhume d'été\u201d d'éternuer et de renifler continuellement ou seulement de se trouver au milieu de gens qui éternuent ou reniflent.Tandis qu\u2019un grand nombre le \u2018\u2018rhumes d'été\u2019 sont de véritables \u201c\u2019umes, la plupart cependant doivent traduire par le nom \u2018\u2018fièvre des \u201cins\u201d.La fièvre des foinms est causée par le zarriage du pollen de certaines fleurs ; plantes qui constituent un poison pour une multitude de personnes.On vient de découvrir que les plantes ne sont pas seules à colporter les ermel de cette fièvre et que les animaux domestiques et les oiseaux en vont des agents de propagation.Et armi ces derniers.il faut mentionner \u2018> préférence le chat et le perroquet.n été démonré que le bacille provo- \u2018int la fièvre des foins peut aussi \u2018en sortir de la fourrure soyeuse d\u2019un \u2018au chat, de la crinière ondulée d\u2019un \u2018aoval, de la toison \u2018d'un mouton, que \u20181 pollen d\u2019une fleur embaumée.En lus du perroquet, 1] faudrait nommer + canari et le nassereau anglais.Cette découverte\u201d pous explique yurquoi un savant necrologiste don- vit.il y a quelques années, le nom \u201cfièvre de chat\u201d à une affection similaire.Pendant, très longtemps, on penst que cette fameuse \u201c fièvre de chat \u201d était purement imaginative.Comme on le voit, il n\u2019en est rien et cette fièvre existe réellement.Ce poison qu'injecte dans l'individu l\u2019insecte imperceptible que colporte le chat est exactement le même que celui du serpent.La belle Cléopâtre, quand elle se fit piquer la poitrine par un aspic, mourut par l'injection de la protéine qui-est absolument de la même nature que le venin du pollen des fleurs, La différence en est que la personne mordue par un serpent vénimeux meurt fatalement.moins.que de forts antidotes lui soient administrés, tandis que la fidvre des foins ne se ma- pifeste pas par des symptômes aussi graves.La raison en est que nous sommes immunisés contre ce poison.Il ne peut de la sorte nous tuer, comme le ferait le venin d\u2019uri serpent.pourtant tout ausii délétère- Nous avons dans le sang des substances on pro- priélés qui neutralisent l'effet de la protéine et l\u2019'empêchent de cirenler dans toût notre organisme- Cependant il arrive que certaines personnes puissent souffrir avec impunité de la fièvre transmise par le chat et.d'un autre côté, ne puissent supporter la fiè- \u2014 111 \u2014 pC Bc pr e Er Ps f] i A pt, ne 4 Jit i \u2018 eg t L ih.t { 1 1, 2000 SHEEHAN liliisat ih a cas v Vol.1 Jy No 2 Montréal, février 1922 LA REVUE POPULAIRE fo me gi Ub 02 > bp 7° ho = ir 8% = \u2014 A A 3 il = 3 4, a poo Ir J ça! ee so 7 AS x) rd Ù BS {t yb y.3 45\" m4 ! Ma ré Eu A et, 1 a 2 Le LA + 6 Td Fo ARAL a has \u201cge or bs N $d qu Le 4% FX Pan M x hy?Nye % 5 ad \"A y Le 3 {i om * > x jt.4 PET aed Th A É E 24 i» x} A; fT 2 ! rd te Fa FN ÿ a A oa A LE We, Le a mit FAY w FAI OLA rad i 45 si dat .= fn 0, Sg LS 5 42 Tay £a avt LEA ke pied à a 3 t* old 3 7 a 1, ¥, AS # Ts > as Hy tr va: = $ 5h > i a 7 % AAR: ics, 34 1 35 Es eu LE y 4 ah Le ££ EY i= Ÿ \u20ac Me 4 > # E Ë LM 0 Ii Le ES R eX i 4 CN Nik > Aa A a 3 Les AY +, 5, x n+, a ; Li ot a xo o AY td ¥ WE = 2 NY Para 3 ï M j > \u201calex ox iv ax & LW, + #1 ; 5 in 3 He [i \u2019 * pg Hi rh a» h * orn ou arte F ve, 34 nt kd 8 # SIN 3% \u201d N oR 3 Led Pts) nN D yy mater a Le ior Pr certes x © ri J) ke, a 2 a or 53 A CEA) iy 0 i I Pa I [ ; i \u2014 112 \u2014 SA Lt \" os RI ARR RT £ / Vol.15, No 2 vre donnée par un perroquet ou autre oiseau domestique.Le rhume d'été ou la fièvre des foins se combat pas la vaccin: Le pollen qui colporte ainsi la fièvre des foins est une poudre fine formée dans l\u2019élément mâle d\u2019une.fleur transmise à l'élément femelle par le vent ou par les pattes des insectes- Presque toutes les fleurs parfaites, c'est-à-dire celles qui contiennent les deux éléments, sont brillamment coloriées, ou blanches, si elles s\u2019ouvrent la nuit; ont une odeur agréable, donnent du miel et ne produisent que très peu de pollen- Les fleurs dites mâles sont incolo- \u2018Yes et inodores; elles sécrètent beaucoup de.pollen et sont naturellement les plus dangereuses 0 MAUVAIS PRESAGE On sait que Napoléon avait fait placer sur tous les palais, châteaux.monuments publics, etc., la couronne impériale surmontée d\u2019un N majuscule: c\u2019est ce qui inspira à M.Prudhomme cette leçon pour son fils: çÇ \u2014 Vois, lui disait-il, ces armoiries placées partout: elles étaient bien le présage de la déchéance de l\u2019Empire.\u2014Pourquoi donc?\u2014Napoléon ne pouvait pas durer: il avait \u2018trop d\u2019N mis partout\u201d.\u20140 Le recensement de cette année donne à la ville de New-York proprement dite une population de 6,100,- 000 habitants, et, en y comprenant les faubourgs, 8,200,000.Louis Napoléon, grâce à un coup d'état, se fit proclamer Empereur des Français, en 1852.LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 4 LA HAUTEUR D\u2019UN NUAGE Quand le ciel n\u2019est tacheté que de petits nuages blancs mouvants, il est facile d\u2019en percevoir exactement l\u2019altitude, d\u2019en définir la hauteur, à partir de la terre ferme.Si, par exemple, l'observateur se tient sur une élévation, dans une position identique à celle qu\u2019illustre notre vignette et peut voir un nuage et son ombre, jetée sur la surface des eaux, il pourra sans peine faire le caleul précité., Il se placera de façon à se trouver sur un même plan vertical avec lui- même et le nuage; ainsi, il verra ce dernier directement au-dessus du sommet d\u2019un arbre.I calculera alors la distance horizontale de l'ombre du nuage à la ligne le long de laquelle il regarde le nuage et l\u2019arbre, cette distance devant être prise parallèlement avec l'ombre de l\u2019arbre.La distance horizontale qu'il y a du nuage à son ombre peut, par exemple, être caleu- lée et donnera la hauteur du nuage.Naturellement, avec cette méthode élémentaire, vous n'obtiendrez pas un chiffre absolument exact nrais tout de même intéressant à trouver.\u2014 113 \u2014 TE Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 En faisant servir aux aéroplanes le même principe qui permet à la chauve-souris de voier dans la nuit aussi sûrement qu\u2019elle le ferait en pleine lumière, la science espère rendre impossibles les collisions nocturnes dans l\u2019air \u2018 Les savants croient avoir découvert un moyen infaillible de préserver les avions et les dirigeables contre les collisions \u2014 de les empêcher de se choquer dans l'air ou de s'accrocher à N tit animal bien banal en soi, la chauve-souris.- Peu de choses ont autant intrigué les savants que la façon bizarre dont volent les chauve-souris dans les té- La chauve-souris en son entier.Les filets de nerfs qui courent sur son aile \u2018déployée lui permettent de rendre des sons légers, sons qui répercutent les obstacles qui se trouvent sur sa route.des immeubles.élevés, à des pics el autres obstacles qui ont toujours été néfastes dans le passé aux aviateurs.Cette découverte provient de l'étude que moultes savants ont faite d\u2019un pe- nèbres de la nuit, à une vitesse vertigineuse.Les corps de ces mammifères volants sont si délicats que le moindre choc les briserait, et jamais n'arrive semblable catastrophe dans \u2014 114 \u2014 REE 2411 ee 1 1e Hope sisi, Vol.15, No 2 leur confrérie.La seule rencontre de l\u2019aile d\u2019une chauve-souris avec celle d\u2019un voisin serait fatale à tous les \u201c deux.Ils font dans l\u2019espace les arabesques les plus insensées avec la même sûreté, et davantage, qu'un LA REVUE POPULAIRE & de tous les pays étudient aujourd\u2019hui cette question.On est tout d\u2019abord porté à croire que la seule chose qui puisse ainsi guider ces volatiles sont leurs yeux, une paire d\u2019yeux comme en ont les Tête de chanve-souris, amplement grossie.Remarquez combien ses oreille: sont dilatées.a avion en plein soleil.La méthode que la nature a trouvée pour éviter ainsi les collisions aux chauves-souris est des plus simples.Le même principe pourrait servir \u2018à la protection des aéroplanes, si bien que'les aéronautes » hiboux, les chats et autres animaux.Pas du tout, le sens de la vue n\u2019y est pour rien et les chauves-souris sont aussi borgnes qu'un vieux cheval, borgne, bien entendu.C\u2019est à la délicatesse, à ia finesse, à l\u2019acuité du \u2014 115 \u2014 Montréal, février 1623 COUT SE go i A s IN A RA Vol.15.No 2 LA REVUE POPULAIRE sens de l\u2019ouïe que les chauves-souris doivent leur extraordinaire sûreté.Leur secret réside donc dans la fa- con dont sont accordées leurs oreilles pour recevoir ou percevoir les échos des sons produits par leurs ailes et autres parties de leur corps.En volant, la chauve-souris émet des sons faibles trop légers pour être entendus par des oreilles humaines mais suffisants pour produire sur elle une impression.Ces sons et ces échos sont perceptibles par les chauves-souris seules.D'après la nature ou la sonorité de ces échos, la chauve-souris juge instantanément la nature du danger qui la menace et change suivant le cas sa course.Maintenant, après avoir étudié à fond ce phénomène, la science espère pouvoir munir les ailes des aéroplanes et les enveloppes des ballons dirigeables d\u2019instruments capables d\u2019amplifier en proportion les sons qui assurent aux chauves-souris leur sécurité.+ Ces sons seront arrangés pour courir tout le long de l'appareil.Quand ces sons seront interceptés par quelque obstacle \u2014 un avion venant en sens opposè, le flanc d\u2019une montagne, un clocher\u2014leurs échos seront répercutés sur un instrument récepteur placé devant les yeux du pilote.De même que la chauve-souris dirige sa course suivant la nature des échos que perçoivent ses sensibles oreilles, ainsi le pilote conduira sa machine d'après les échos du même genre qui feront vibrer son récepteur.Après le stabilisateur, ce sera là la- plus intéressante découverte faite dans le but de perfectionner les avions qui, pour peu que cela continue, deviendront dans quelques années des modes de locomotion aussi - pratiques et aussi surs que l\u2019automobile ou le chemin de fer.Dans un de nos plus récents numéros de la \u2018Revue\u2019, nous parlions de la manière dont les aveugles savaient éviter les obstacles.Elle a quelque connexité avec celle des chauves-souris.Les aveugles eux aussi ont le sens de l\u2019ouïe si développé qu\u2019ils pressentent l\u2019approche d\u2019un mur ou d\u2019un obstacle par le seul écho que rend cet obstacle.7 pp = meen Les barbiers européens font une moisson de 1,00,000 livres de cheveux humains par année.+ Du grec, nous viennent plusieurs prénoms féminins, dont Eudora, qui signifie \u2018beau don\u2019\u201d\u2019; Phyllis \u2018\u2018rameau vert\u201d et Théodosia \u2018donnée par Dieu.\u201d * * * La voiture dite \u2018\u2018victoria\u2019\u2019, fut introduite en Angleterre en 1838, année du couronnement de la reine Victoria.Une femme de 5 pieds Z pouces doit peser 113 livres; 5 pieds 3 pouces, 119 livres, et 5 pieds 4 pouces, 130 livres.* * * Les résultats du recensement pour l\u2019Australie ont donné un total de population de 5,419,702 habitants, avec une augmentation de 964,697, depuis 1911.oo 116 \u2014 Montréal, février 1922 py Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 .Des journaux américains nous apprennent que, dans le sud de la Californie, des sociétés se sont formées pour faire d\u2019'immenses plantations de \u2018\u2018caroubiers\u2019\u2019, et que déjà plusieurs centaines de mille jeunes arbres ont été plantés, qui apporteront bientôt une véritable fortune aux propriétaires.Nos lecteurs seront certainement contents d\u2019apprendre ce que c\u2019est que cet arbre, jusqu'ici ignoré en Amérique, mais cultivé de tout temps dans tout le sud de l'Europe, l'Asie et le nord de l'Afrique.Le caroubier, dans les anciens pays, croît de partout, sa culture est très simple et très rémunératrice parce qu\u2019il pousse même dans les terrains les plus pauvres.Son tronc qui a souvent 5 et 6 pieds de circonférence atteint jusqu\u2019à 35 pieds de hauteur.Les feuilles de l\u2019arbre fermes et luisantes, d\u2019une belle couleur verte, sont traversées en dessous par des nervures solides.Les fleurs de l\u2019arbre sont disposées en petites grappes rouges et elles se changent en fruits rappelant la forme des fèves.L\u2019enveloppe est coriace et divisée intérieurement en loges séparées, dans chacune desquelles se trouve une pulpe d'un goût sucré et une semence jaune et dure.Le caroubier est très rustique et il résiste très bien au froid.Tout dans cet arbre ésl une grosse source de revenus pour ceux qui le cultivent : le bois, les feuilles et les fruits.Le bois du caroubier est très recherché.Il s'emploie beaucoup en ébénis- LE CAROUBIER 7 hav > HE I BE TT OT EE Ee FTL UT FER ETT EE EERE SF TTT ep ETT A TAT RD EFT ETN TTT RA BAU TRS HED ET i BINS terie; c\u2019est un bois très dur et d'un beau rouge nuancé.Dans le commerce on le désigne sous le nom de \u2018\u2018carouge\u201d et on en fait un grand usage pour la confection des meubles de prix et dans lès ouvrages de marqueterie.: Les feuilles, qui contiennent beaucoup de tanin, servent dans les tanneries à la préparation des cuirs, et les.fruits, dont il faut se méfier quand ils sont verts, sont très précieux à l\u2019état mur.Ils ont servi de tout temps dans les anciens pays a la nourriture des hommes et des animaux.Des peuples entiers se nourrissent presque exclusivement des fruits du caroubier, et les anciens hébreux eux-mé- mes vivaient de ces fruits.Beaucoup prétendent que la fameuse \u2018manne\u2019 n\u2019était autre chose que ces fruits qui tombaient des arbres par suite de leur maturité.Le fruit du caroubier, dénommé tantôt fruit, tantôt noix, et dans certains pays, pain de St-Jean, rend d'immenses services au point de vue de l'alimentation ; on estime qu\u2019il constitue la principale nourriture d'au moins un vingtième de la population du globe.Pendant la guerre, il a formé la base fondamentale de la nourriture de plusieurs armées.La culture du caroubier est des plus simples; dès qu'on l'a planté, on l'abandonne à lui-même, il ne demande ni arrosage, ni fumure, ni tail - le.Une seule précaution est nêces- saire, elle est indispensable, car cet arbre est un arbre incomplet.ï VE 1 eG LA REVUE POPULAIRE Montréal, férrier 1923 Pos M Xe 3 = Le caroubler a ceci de particulier.Kfalt commun, du reste, à un certain bombre d'autres arbres, et aussi à eertaines variétés de fraisiers améri- bains hybrides à gros frûits,) c'est Que chaque arbre est incomplet par lui-même.Ces arbres ne produisent G'ie des fleurs unisexuelles.Les uns portent des fleurs n'ayant que des étamines et pas de pistil, et les autres des fleurs n'ayant que le pistil et pas d\u2019é- temines.Les premières de ces fleurs sont dénommées fleurs mâles et les deuxièmes fleurs femelles.Le lecteur ourra, sur la vignette oi-dessous, oir la différener existant entre 2 fleurs, l\u2019une mâle, l\u2019autre femelle.Une fleur \u2018pour être complète, et se transformer en fruit, doit posséder les deux, (étamines et pistil), car ce sont les étamines qui fournissent au pistil Je pollen qui sert à sa fécondation.Comme conséquence, dans ces sortes d'arbres comme le caroubier.celui qui porte des fleurs n\u2019ayant que des étamînes et pas de pistil est appelé un arbre mâle, et oelui qui porte des feurs n'ayant qu\u2019un pistil et pas d\u2019é- famines, arbre femelle.Ces derniers Bouls portent des fruits.Donc, si l'on fait une plantation de Baroubiers, il faut planter principale- Meni des arbres femelles; mais, pour que deux-oi puissent être fécondés et porter des fruits on doit y intercaler Quelques arbres mâles \u2018au moins un erbre mâle par 8 à 10 arbres femel- S-s).Les pistils des fleurs des arbres femelles reçoivent le pollen des étamines des fleurs mâles; celui-ci est transporté soit par le vent, soit par des insectes, principalement par les abeilles.Dans oes conditions les fleurs des arbres femelles, ayant reçu le eg qui féconde leur pistil, sé trans- { en fruits.| Les savants qui ont analysé la noix du caroubier ont démontré que ce fruit contient 50 pour cent de sucre.et, dans certains cas, plus de 22 pour cent de protéine.Ils affirment que ce fruit est une des nourritures les plus concentrées que l'on puisse trouver dans le monde, et ils désignent cette noix sous le nom de \u2018\u2018nouvelle merveille de Californie\u201d.En estimant qu\u2019un arpent, planté en caroubiers, rapporte un minimum de 15 tonnes de fruits à l\u2019acre, (les arbres étant plantés à raison de 60 à Caroubter: A, fleur mâle; B, fleur femelle ; C, fruit.l\u2019arpent,) et en prenant pour base le prix moyen du marché, $50 la tonne, cela donnerait un rapport brut de $750 à l\u2019arpent.Les frais de culture étant nuls.le bénéfice netsd\u2019un arpent.planté en caroubiers, serait de $700.Dans l\u2019univers entier on se sert du fruit du caroubier pour nourrir les animaux, vaches.cochons, moutons et \u201c volailles; on en fait aussi une farine qui constitue un des déjeuners les meilleurs et les plus nutritifs.Une li- \u2014 118 \u2014 Vol.15, No 2 .LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 vre de ces noix donne plus d\u2019une de- mi-livre de sirop, plus délicieux que le sirop d\u2019érable; ce sirop sert à la confection des boissons douces, des ' bonbons, des cornets de crême à la glace, etc.| D'après les expériences faites en Californie, le sucre fabriqué avec le fruit du caroubier est de première qualité, et il est appelé à remplacer le sucre de betteraves, car la culture du caroubier est beaucoup plus payante que celle de la betterave.A New-York, depuis plusieurs années, on importe beaucoup de noix de caroubier.Ces noix sont expédiées en barils de 460 livres, et elles sont employées principalement à la fabrica- \u2018tion des cornets pour la crême à la glace.: Comme on le voit.le caroubier est un arbre très précieux à tous les points de vue.et il serait intéressant d\u2019essayer de l'acclimater au Canada.car c\u2019est peut-être le plus précieux de tous les arbres, 9 .POUR RENPRE LES PRISONNIERS MEILLEURS Depuis quelques années on cherche à améliorèr le sort des prisonniers dans l\u2019espoir de les rendre meilleurs, \u201cet.dans beaucoup de prisons, les gouverneurs leur accordent de petites faveurs.À Sing-Sing même, les règlements se sont adoucis, et voici quelle est la\u2019plus curieuse innovation introduite pour adoucir le sort des prisonniers qui se conduisent bien.La cour de la prison s'étend jusqu\u2019aux bords de la rivière Hudson, dont elle n'est séparée que par nne clôture en barres de fer d\u2019une grande + hauteur.et tout prisonnier, qui së conduit bien, obtient la permission de pêcher dans cette rivière.Les barres de la clôture sont espacées de 2 à 3 pouces, et c\u2019est de la cour de la prison, au travers de ces espaces, que les prisonniers passent leurs lignes pour pêcher.Chaque jour ils peuvent pêcher de 4 heures à 6 heures 45 de l\u2019après- midi: le samedi et le dimanche ils peuvent profiter de cette autorisation de une heure à 6 heures du soir.Le poisson étant très abondant, les prisonniers aiment beaucoup ce passe- temps.Au mois d'août dernier un prisonnier a pris une carpe de 17 livres, mais pour la sortir de l\u2019eau, cela lui aurait été impossihle sans l\u2019aide d\u2019un garde qui était de faction en dchors de la clôture sur le petit sentier qui sépare celle-ci de la rivière; c\u2019est ce garde qui s empara de la carpe prise à l'hameçon.Le gouverneur de la prison déclare que les prisonniers se conduisent bien , mieux depuis qu'on leur donne cette liberté.car cela détend leur esprit et les délasse: la plupart s\u2019efforcent de mieux obéir aux règlements pour mériter cette faveur.0 La population de l\u2019île de Montréal est maintenant de 712.909.La ville seule a une population de 807,068., Le thermomètre a été inventé par Galilée, en 1596.* = = Le gros bourdon de la cathédraie de Saint-Stéphane, Vienne, pése 89,096 livres.TI est fait dg 180 canons pels aux Turcs.\u2014 119 \u2014 J Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE x.=) ) ° { X \u2018 \u201c AN TIN yar eb A 4 lee fr i gS Foell FEMMES L'homme dont une femme se rappelle le plus est généralement celui qu\u2019elle devrait oublier le plus rapidement.«+ % Le scandale est un démarreur automatique, mais il y a généralement une femme à la roue.# #% # Avant de mettre à la malle une lettre adressée à un jeune homme de- mandez-vous toujours ce que deviendra cette lettre.% de 5 Le mariage est le but de la femme, le mari n'est que le moyen d\u2019atteindre le but.* + %% Le couple le plus heureux est celui qui a retardé son mariage depuis six ans; voyez-le, ils s'aiment encore.% # # On aime toujours un célibataire, son mari, quelquefois.% ok * La plus grande insulte qu\u2019une femme puisse recevoir'\u2018est un compliment d\u2019un homme qu\u2019elle n'aime pas.staired | HOMMES O femmes, nous ne savons pas pourquoi vous existez, et nous ne voulons pas savoir ce que vous étes, mais nous sommes bien heureux de constater que vous étes ce que vous étes.% 4% * On ne sait pas encore si le Sphinx est un homme ou une femme.Avez- vous déjà vu une femme demeurer silencieuse durant un si long temps.= x % Un célibataire n\u2019est jamais si content que lorsqu'il fait quelque chose qu'il ne devrait pas faire; c\u2019est pourquoi quelques célibataires se marient.kN Il n'existe rien d\u2019aussi rare qu\u2019un célibataire qui avoue ne rien comprendre aux femmes.® oH Tout homme a son prix, mais il y en a quelques-uns qui se donnent gratuitement.= « Plusieurs hommes sont devenus fameux par leurs femmes, oui, mais regardez les femmes de ces hommes.\u2014 120 \u2014 Montréal, février 1922 e- 1! i qi YIN Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 \u201c FÈMMES meer Pourquoi la femme qui prétend avoir confiance en son mari lui don- ne-t-elle si peu.de chances.FT = \u201ciw, L'amour se fera toujours un chemin.9 \u201c OÙ %.C\u2019est probablement parce qu'il est aveugle que l'amour joue si souvent avee la cruauté dans le coeur d'une femme.x % = Si vous voulez étre aimé de votre mari.habillez-vous à son goût, faites- lui les plats qu'ii aime et laissez-vous désirer.% ox Si les femmes flattaient davantage leur mari les \u2018vampires\u2019 n'auraient plus aucun succes.* Kk # Quelque soit ls nari que nous prenons il sera semblable aux autres, {rois ans apres notre mariage.10% % % Le dernier homme qu'une femme épouserait est le mari de sa soeur.% #% ¥ Les vampires d'aujourd'hui ressem - -blent à Circé; elles aussi changent les hommes eh bêtes.* x BR Lorsque le serpent de la jalousie entre dans le nid de l'amour il chasse toujours un des occupants, souvent les deux.| HOMMES a Il y a des hommes qui s'élèvent à de grandes hauteurs et d'autres qui conduisent des ascenseurs et doivent redescendre dès qu \u2018ils ont atteint le sommet.- : DOE Un homme de génie est celui qui a oublié anniversaire de sa femme et peut la convaincre qu il ne l'a pas oublié @ % Quelques hommes ne savent pus quoi faire lorsque leur femme est absente et d'autres ne le savent que trop.Xe ue ok L'homme qui a obtenu le pardon de sa femme se considère digne de recommencer à l'offenser.En amour comme à -la guerre il faut être capable d'essuver des défaites pour être digne de vaincre * % a0 ll y a des moments où le célibataire fait l'amour avec (ant de conviction qu'il se laisse prendre\u2014oh quelques moments seulement\u2014a sou jeu.LE 4% Les célibataires sunt counus par le genre de jeunes filles qu'ils ne fréquentent pas.L'amour, les femmes el la fricassée sont trois grandes énigmes.; p.tt ji pr + : , De CY TE Ad: PERS TSS RORY RRs Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 i\" PAGES CANADIENNES UN FACTEUR INEPUISABLE Bien que notre sol contienne, pour sa part, 80 p.c.des mines de charbon: de l'empire britannique, il faut prévoir le jour où l'électricité suppléera, dans notre pays comme dans le reste de l'univers, à tous les autres agents de force motrice.L'électricité est un facteur inépuisable, que nos nombreux et puissants cours d\u2019eau peuvent produire à très bon compte.I] n'en est pas ainsi pour les mines de charbon qui finiront, dans un avenir plus ou moins rapproché, par se tarir et dont l\u2019exploitation, même à l'heure présente, demande des capitaux de plus en plus considérables.: La seule région centrale de nos provinces de l'Ouest est privée de force hydraulique et devra recourir au charbon pour produire l\u2019énergie électrique nécessaire à ses industries.Mais, nos plus importantes réserves de charbon y sont localisées ou à proximité immédiate.Ce qui permettra à ce territoire de produire à bon compte de la force motrice, quand il aura acquis une organisation aussi parfaite que celle qui existe dans l\u2019Ontario, par exemple.Les plus récents rapports nos apprennent que l\u2019Alberta possède 37 p.¢.de la houille du Canada.Mais 32 p.c.du charbon de cette province n\u2019est que du lignite ou du sous-bitumineux.Cette région carbonifère est pour ainsi dire la seule colonisée de toute la province.En fondant là de puissantes usines génératrices d\u2019électricité, la force motrice pourrait être distribuée dans un rayon de deux ou trois cents milles.Le fil est appelé à résoudre la problème du transport de la force motrice, un des plus sérieux de l'heure.L'\u2019énergie comme les autres produits, peut s\u2019expédier en comprimé, par la voie de l'air, et réduire considérablement le haut coût de revient.Le sol de la Saskatchewan, surtout au sud, est riche aussi en gisements sous-bitumineux; 11,840 milles carrés de territoire recouvrent des couches de charbon, qui, à Estevan, atteignent jusqu\u2019à 15 pieds de profondeur.Il y a de la houille également au nord de Cullen, Arcola et Wanchope.L\u2019exploitation y est encore peu active, sauf dans la vallée de la rivière Souris.À l\u2019ouest de ce cours d\u2019eau, le rendement promet beaucoup.Sil\u2019on considère ce que les derniers progrès de la science ont réalisé ailleurs, on voit que même cette partie du Canada aurait avantage à construire des stations génératrices électrique.En Italie et en France, d\u2019après les dernières nouvelles, les gouvernements reconnaissant l\u2019avantage économique de l'électricité sur tout au- \u2014 122 \u2014 LE { Vol.15, No 3 LA REVUE POPULAIRE tre élément d\u2019énergie, s\u2019efforcent de l'appliquer même à la locomotion.L'industrie du charbon, qui demande une main-d'oeuvre nombreuse et complique considérablement le problème du transport, fut une des questions les plus angoissantes de la guerre et ne cesse pas d\u2019en être une de l'après guerre, de la période de reconstruction.Tous les pays progressifs s\u2019avisent de lui substituer la houille blanche.La province de Québec, dont les pouvoirs d\u2019eau peuvent produire 10,- 000,000 chevaux-vapeur n\u2019en utilise encore que 80,000, bien que certaine période ait vu ses industries à deux doigts de cesser leurs opérations, faute de combustible.Elle est à la merci des Etats-Unis pour le lui fournir.Heureusement, avant longtemps, son gouvernement l\u2019aura délivrée de cet odieux esclavage, s\u2019il faut se fier à quelques indices prometteurs.o NOUVELLE INDUSTRIE CANADIENNE QUI PROMET LA RICHESSE Ld Une compagnie canadienne s\u2019est formée il y a quelques mois\u2019à Sidney Ruck, en Colombie, dans la but d\u2019établir une nouvelle industrie.Cette société espère tirer de gros profits de la pêche des requins, et voici les renseignements qu\u2019elle donne à ce sujet: \u201cLe long de la'côte occidentale de l\u2019îÎle de Vancouver, les requins, dont quelques-uns pèsent jusquéà deux mille livres, forment des troupes nombreuses.Il n\u2019est pas rare de voir des milliers de requins de toute taille dans une seule troupe.II y a quelques jours, un bateau naviguant à faible distance de la cite a passé a travers Montréal, février 1922 une masse solide de requins.La péche.du requin, comme celle de la baleine, sera faite au moyen de harpons lancés.par de petits canons.Les foies des requins les plus gros peuvent donner jusqu'à vingt gallons de la plus belle huile.Cette huile est utilisée en médecine.Elle sert aussi à la lubrification des machines délicates.Les foies des requins de taille moyenne donnent une dizaine de gallons d'huile.Les dents des requins sont grandement demandées par les fabricants de colliers, et tout indique que les colliers de dents de requins seront des orrie- ments qui feront fureur._ Les nageoires de requins font de la gélatine presque pure.Elles peuvent être facilement vendues aux Orien- faux, qui s\u2019en servent pour préparer des mets délicieux.La partie la plus précieuse du requin est la peau.Cette peau est très rude, mais ce défaut peut être corrigé au moyen d\u2019un acide.Après le tannage, la peau de requin est magnifique et extrêmement forte.Le sang et la chair peuvent servir à la fabrication d'engrais et de nourriture pour les volailles.Certaines membranes peuvent être employées pour la confection de gants.Enfin, le requin, au point de vue industriel, est un des animaux de mer les plus importants.\u201d Si ces renseignements sont bien exacts, il est certain que la société prospèrera très rapidement, et que les capitaux engagés beaux intérêts.Cette, nouvelle industrie donnera du travail à un grand nombre de personnes et contribuera à la prospérité de notre Canada.Ce 123 \u2014 CS rapporteront de Er pe De At .TRES Vol.15.No © uA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 we = rer LA PRODUCTION DE L'OR AU CANADA On annonce la découverte d'un gisement aurifère dans la région du lac Expanse, an nord du Témiscamingue, province de Québec.Cette découverte a été faite à New-Liskeard et donne de grandes espérances.Un filon de plus de douze pieds qui aurait été oxa- miné aurait révélé 13 présence du précieux métal en assez grande abondance pour rendre l'exploitation profitable.I] semblait bizarre que les riches gisements de Cobalt et de Porcupine.si près de notre province.n'y aient pas d3 prolongement, puisque la formation géologique à cet endroit en est la mêmes La production de l'or au Canada a atteint son maximum en 1900 lorsqu\u2019elle s\u2019éleva à 1,350.057 onces, dont 1.077.553 onces provenant du Yukon.C'était l'époque de la course vertigineuse des chercheurs d'or vers le Klondyke.Depuis cette époque la pro- a duction de l'or a bien diminué.L'Ontario a découvert ses riches gisements d'or en 1912.et sa production a monté de 2,062 onces en 1911.à 86,000 onges lors de cette découverte.En 1913 Ontario extrayait 219,- 801 onces d'or de ces nouvelles mines et en 1919 la production atteignait 508,000 onces.De 1862 jusqu'à 1868, plus d\u2019un million d'onces d\u2019o fin furent tirées des gisements de la Colombie-Britannique, et jusqu\u2019en 1880 le rendement annuel se maintint à environ 75,000 onces environ.Depuis 1899 jusqu\u2019à 1916 cette province a préduit invaria- ».blement plus de 200,000 onces d'or fin annuellement.La province de Québec n\u2019a cependant jamais donné qu\u2019une production d'or presque nulle.La production totale d'or inscrite à son crédit depuis la Confédération ne dépasse pas \u201825,- 000 onces.Le sol de notre province recèle certainement, comme les autres.des gisements auriféres, mais l'on n'a pas eu la veine de les découvrir.| Les prospecteurs ont-ils enfin frappé à New-Liskeard le filon de minérai précieux qui mettra la province de Québec en possession de nouvelles et immenses richesses?\u201d = Lo 0 AUTREFOIS ET AUJOURD\u2019HUI Si le feu de la cuisine s'éteignait, autrefois.on allait emprunter du feu chez la voisine.Aujourd'hui, nous avons des allu- metles.On payait autrefois centins la douzaine.© Nous les payons maintenant soixante centins.On mangeait la viande fraîche.autrefois, en un seul jour.On lee conserve aujourd'hui pour la semaine dans le réfrigérateur.On n'alimentait, en hiver, autrefois, le bétail qu'avec du fourrage sec.Aujourd'hui, nous avons l\u2019ensilagé.On faisait le foin, autrefois, avec la faux, le petit râteau et la fourche à les oeufs dix main.Maintenant.nous le faisons avec la fauchelise, le chargeur mécanique, le râteau et la fourche à cheval.On élevait autrefois de nombreuses et réjouissantes familles.Maintenant, assez souvent, l\u2019on n\u2019a qu\u2019un chien à dorlotter.+ « \u2014 124 \u2014 RF ERT TA tL $4 a Vol.15, No g Co Montréal, février 1923 Autrefois, on se délassait avec un bon livre chez soi.Il faut, maintenant, aller aux vues animées.Autrefois, on écrivait avec une plume d\u2019oie trempée dans un vulgaire encrier.- On se sert, maintenant, d\u2019une plume à réservoir et d\u2019un dactylographe.On payait ses dettes, autrefois, avec des produits échangés ou du travail à la journée.Maintenant, nous les payons avec des chèques.\u201d On charroyait autrefois l\u2019eau pour boire avec un seau en baril.Maintenant, on la pompe avec un moulin à vent ou un engin à gazoline.On ne portait, autrefois, des mitaines aux mains, qu\u2019au mois de janvier.Maintenant, on porte des gants dans | le mois d\u2019août.On ne divisait, autrefois, les champs qu'avec des clôtures en perches.On se sert, maintenant, de clôtures en fil de fer.On payait, autrefois, une bonne vache $30.On paye, maintenant, une bonne vache au moins $100.On apprenait l\u2019agriculture, autrefois, au bout des mancherons de la charrue ou la houe à la main.Maintenant, on va à l\u2019Ecole d\u2019Agriculture.On jouait, autrefois, du violon et de I'accordéon.Aujourd\u2019hui, I'on a le piano automatique et le phonographe.Autrefois, l\u2019on n\u2019élevait que des cochons trotteurs.L\u2019on a, maintenant, des cochons pur sang.L\u2019on ne communiquait, autrefois, les uns avec les autres, que par lettre.LA REVUE POPULAIRE Nous avons, maintenant, le téléphone, le télégraphe avec ou sans fil.Ça prenait, autrefois, un mois pour aller de Québec à Chicago.On y va maintenant en trente heures.on A On s\u2019éclairait, autrefois, avec une lampe à bec et de la chandelle à l\u2019eau, On se sert, maintenant, pour ce faire, de gaz d\u2019éclairage ou d\u2019électricité.Le pauvre, à pied, le riche en ca- rosse, circulaient d\u2019une place à l\u2019autre.; | La circulation, pour les pauvres et pour les riches, se fait, maintenant, en automobiles, en voitures électriques ou a vapeur, et méme en aéroplane.On faisait autrefois la guerre sur l'eau avec des navires chargés de soldats, sur terre à l\u2019arme blanche, au fusil et au canon.On la fait, maintenant, avec des sous-marins et des torpilleurs, avec des gaz asphyxiants et, dans l\u2019air, avec des avions.On empruntait de l\u2019argent autrefois sans garantie d'aucune espèce et on le rendait.Aujourd'hui, on plaide prescription.On chauffait autrefois les maisons avec des poêles et du bois.Aujourd'hui on les chauffe avec des fournaises et du charben quand on peut en avoir.0 ARBRES DES FORETS CANADIENNES Le pin blanc (Pinus Strobus) Le pin blanc était autrefois l\u2019arbre de choix des exploitations forestières du Canada, mais les effets du gaspillage et des feux en ont réduit la quantité et augmenté le prix; la productibn de billes de pin blanc a diminué de \u2014 125 \u2014 AAR NE a pi pr Bh Ee EE a ee de ee a ee ee Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 deux tiers dans l\u2019Ontario depuis vingt ans.Par tout le Dominion, \u2019abattage du pin blanc est surpassé de beaucoup par celui de l\u2019épinefte et presque égalé par celui du sapin Douglas.Mais c\u2019est encore le bois mou le plus cher et il continuera sans doute à occuper le premier rang.La distribution du pin blanc est bornée par la région située au sud d\u2019une ligne passant approximativement au coin sud-est du lac Winnipeg, par le lac Nipigon, le long de la ligne de séparation des eaux au nord du lac Témiscaming.par le lac Saint- Jean, à Point des Monts sur le Saint- Laurent et l'Île du Cap-Breton.La vallée de l'Ottawa était peut-être autrefois le centre le plus important de production de pin blanc, et l\u2019histoire de cette région est intimement associée à celle des exploitations forestières, qui avaient pour but principal l\u2019acquisition de ce précieux bois.A l'origine des opérations d\u2019abatage dans l\u2019est du Canada, le pin blanc était le pincipal, sinon le seul arbre de prix dans les forêts, et les anciens baux d\u2019abatage ne spécifiaient pas d\u2019autres bois.La raison de cette préférence eur toutes les autres espèces, était la qualité supérieure du bois et la taille plus volumineuse des arbres.Bien qu'on ne posséde pas de données précises sur ce qui en reste, on doute qu\u2019il y en ait plus de cinquante bfflions de pieds, mesure de planche.On en abat annuellement environ trois quarts de billions de pieds.Le pin blanc se reproduit facilement et grandit vite sous des conditions favorables, mais il demande plus de lumière que la plupart des autres conifères et les bois durs il lutte difficilement pour cela avec ces espèces.Il se reproduit ordinairement bien après un léger incendie, feux répétés ont fini par le faire disparaître des régions où il abondait autrefois.Cependant, rien ne saurait empêcher les anciennes fameuses pinières de se reproduire abondamment, pourvu qu\u2019elles soient protégées contre le feu, et que les rivaux de cette essence soient abattus en même temps qu\u2019elle pour donner aux jeunes la chanee de pousser.Malgré les ravages exercés par la chenille du pin blane sur les bourgeons des jeunes pins, surtout dans les plantations, il faut en continuer le plantage, câr cette espèce donne peut- être plus de profit par acre que ses congénères.On a constaté au Massachusetts que, dans un certain nombre de plantations de pin blanc, 25,000 pieds de bois de service par acre ont été produits en 40 ans, 35,000 pieds en 50 ans et 44,000 pieds en 60 ans.Le pin blanc se distingue facilement des autres pins, par le fait que ses feuilles sont assemblées par cinq.Il y a trois autres pins blancs indigènes au Canada.Le pin flexible et le pin à écorce blanche poussent seulement sur les hautes montagnes de la Colombie-Britannique et de l\u2019Alberta, et n\u2019ont qu\u2019une faible valeur marchande; mais le pin blanc de l'Ouest, qui pousse dans des régions plus favorables au sud de la Colombie-Britannique, est un arbre splendide, dont les qualités ressemblent à celles de congénères de l\u2019Est.Comme il n\u2019y aurait qu\u2019environ 2,700 millions de pin blane de 1I'Ouest en Colombie-Britannique, cette espèce ne rivalisera pas sérieusement avec le pin blanc de l\u2019Est, mais des - .\u2014 TRL.ex > A À \u201c expériences initiales A vrai dire, pour la France du moins, c'est plutôt d\u2019une conception que d'une naissance qu\u2019il s\u2019agit.Car le premier chemin de fer français (celui de Saint-Etienne à Andrézieux) ne vint réellement au monde qu\u2019en 1828.Sa véritable origine remonte bien, cependant, jusqu'à 1821, puisque ce fut cette année-là que plusieurs propriétaires de mines, ayant conçu le projet d\u2019expérimenter ce mode de locomotion encore embryonnaire quoique déjà usité de l\u2019autre côté de la Manche, sollicitèrent du gouvernement l'autorisation d'établir à leurs frais un petit chemin de fer, uniquement destiné d'abord à desservir le bassin houiller de leur région.C\u2019est également en 1821 que l\u2019anglais William.James obtint la ooncession de la pre- midre Compagnie effective de chemins de fer: le \u2018Liverpool and Manchester Railway\".Anniversaires à part, il n\u2019est pas hors de propos, au moment où les chemins de fer font tant parler d\u2019eux, de rappeler sommairement les curieuses péripéties de leurs débuts- \u201cTout nouveau, tout beau\u2019 dit un proverbe Il ne se vérifia guère lors des de l'invention qui devait, en si peu de temps, réyo- lutionner l\u2019univers.Quand, il y a cent ans, un groupe d\u2019ingénieurs arriva à Saint-Etienne poud y procéder aux travaux préliminaires de la première.voie ferrée ils y furent outrageusement conspués par les indigènes de l'endroit, qui \u2014 rapporte un chroniqueur contemporain\u2014\u2018\u2018à la place de la ligne projetée, réolamaient & oor ef à cri un canal, afin d\u2019y pouvoir pêcher à leurs moments de loisir\u2019\u2019.Et comme, à cette époque, il n'existait pas de loi sur l'expropriation pour cause d'utilité publique.les propriétaires touchés par le tracé opposèrent, pendant deux ans, \u2018la plus énergique et la plus aveugle résistance'\u2019 à l\u2019entreprise- Da haut en bas de l\u2019éohelle sociale, le chemin de fer ne fut acoueilli, à son berceau, que comme un enfant monstrueux et indésirable du progrès.Les rails firent railler et dérailler leg meilleurs esprits.Le grand Arago se moquait ouvertement de ces \u2018\u2018deux tringles de fer parallèles\u2019 qu'il mettait au défi de \u2018\u201cdonner une face nouvelle aux landes de Gascogne\u201d.T1 affirmait que les voyageurs ne pourraient pas respi rer sous les tunnels.\u2018\u2018L\u2019expérienoe, déclarait-il dans un rapport officiel, a brutalement jeté au travers de ces séduisantes spéculations une foule d'é léments que les théoriciens avaient mégligés: elle à parlé d'inertie, de ténacité des métaux, de résistance de l'air, etc.\u201d\u2019 Proudhon s'élevait aveo véhémence contre ceux qui envisageaient le nouveau moyen de transport comme un puissant wéhioule d*i~ dées: \u2018Non, non.telle n\u2019est pes le vertu des \u2018chemins de fer.Ce qui fatt circuler les idées, ce ne sont pes les voitures; oe sont les écrivains, M discussion libre, la presse libre.\u201d Thiers, dès le commencement, s\u2019était montré résolument hostile à l'tr- novation qui selon lui, n\u2019était su- oeptible d'aucune application pratiw Sm eT 08 Re ! i ps f 4 te + fe Voi.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 que.Il prétendait que la France ne produirait jamais assez de fer \u2018 pour construire seulement quarante kilomètres de voie ferrée par an\u2019.Il ne voyait dans le chemin de fer qu'un grand jouet scientifique, bon tout au plus à amuser les Parisiens et à \u2018rem - placer les coucous dans la banlieue\u201d.Chez les petites gens, la méfiance était encore plus grande- Le chemin de fer y passait pour une invention diabolique- On y disait couramment que la fumée des locomotives endommagerait les récoltes, que le bruit des trains ferait tellement peur aux bestiaux qu\u2019ils en perdraient l'appétit, que les vaches ne donneraient plus de lait, que les poules ne pondraient plus, que la race des chevaux disparaîtrait, etc.Des conseils municipaux refusaient de laisser passer des lignes ferrées sur le territoire de leurs communes dans la crainte que les trains n\u2019y Apportassent la maladie de la pomme de terre! .i Pour comble de malchance, une fâcheuse série -d'hécidents troubla l\u2019exploitation naissante des chemins de fer.Le premier train officiel mis en circulation sur la ligne Liverpool- Manchester écrasa le ministre anglais Huskisson qui présidait à son inauguration.Sur la ligne de Paris & Saint- Germain.un train conduit par le célé.bre ingénieur Eugène Flachat, au lieu de s'arrêter à son \u2018point terminus, s'en aila, un jour, follement pénétrer dans un café, heureusement vide de consommateurs.Flachat et son chauffeur furent seuls blessés: ce dernier légèrement mais l'ingénieur si gravement qu\u2019il dut passer six mois au lit et rester ensuite très.longtemps boî- teux.Plus malheureuse encore, plus ter- riflante fut la catastrophe de la ligne de Versailles qui coûta la vie au fameux explorateur Dumont d\u2019Urville, dont on eut grand\u2019peine à identifier les restes carbonisés.Un peu plus tard, Charles Dickens faillit être victime d'un accident du même genre, presque aussi désastreux, auquel il n\u2019échappa que par miracle._ En dehors méme des risques que comportait alors ce moyen de transport rudimentaire, il faut avouer qu\u2019il était dénué de tout agrément et de tout confort.Les voitures réservées aux voyageurs n\u2019étaient d\u2019abord que de grossiers tombereaux, des sortes de chars-à-bancs, recouverts parfois d\u2019une capote de cuir ou de toile, le plus souvent sans aucune protection contre les intempéries.Vinrent ensuite les wagons, a la made anglaise, où l\u2019on enfermait les voyageurs \u2018\u2018a clef\u201d et qui montés sur des essieux sans ressorts, étaient prodigues de ca\u2026 hots et de courbatures: Alphonse Karr, grand ennemi de ces \u2018\u201cboîtes roulantes\u201d et qui jurait \u2018\u2018s\u2019ennuyer à mort entre les talus de terre crayeuse des voies ferrées\u2019\u2019, écrivait encore: \u2018\u2018Nous sommes \u2018\u2018attachés\u2019\u2019 sur le chemin de fer.D'affreux sifflements, des bruits étranges et épouvantables se font entendre.On part.On \u2018\u2018va\u2019\u2019, mais on ne voyage pas\u201d Nestor Roqueplan risquait une prophétie: \u2018\u201cUnjour viendra où l\u2019on se lassera de voyager à la façon d\u2019une malle, de traverser l\u2019espace comme un boulet, de voyager sans voir et sans savoir.Ce jour-là, quelque bienfaiteur de l\u2019humanité réinventera.la diligence.\u201d Le duc de Wellington, le vainqueur de Waterloo, attendit que les chemins de fer aient fait douze ans d'apprentissage pour oser monter dans un train.Bien longtemps après, en 1858.le comte de Cavour préférait encore la voiture -\u2014 128 \u2014 IO RR ner YI) 9 au re Vol.35, Ne 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1022 de poste au chemin de far pour venir de Turin & Paris.Le tunnel, surtout, était la bête noire des voyageurs.M- André Lichtenberger en citait récemment un piquant exemple, extrait de la correspondance de Cuvillier-Fleury avec le duc d'Aumale.Ayant assisté à l'inauguration du chemin de fer de Paris & Rouen, le sage précepteur écrivait à son brillant élève: \u2018La seule senéation pénible qu\u2019on éprouve.c'est le passage de plusieurs tunnels.Ce travail énorme, qui n'a demandé que deux ans, n'a-t-il pas été accompli un peu précipitamment?C\u2019est l'avis, des Rouennais qui déclarent: \u2018\u2018Nous attendrons que les Parisiens aient essayé le chemin de fer avant d'en faire usage.Nous n\u2019aurons confiance qu'après le premier accident qui arrivera (sie)- Après, on prendra des précautions.\u2019 Par contre, lorsque les chemins de fer eurent enfin vaincu les préjugés, le tunnel fut considéré comme l'accessoire indispensable de toute ligne qui se respectait.À telle enseigne que, s\u2019il faut en croire Aurélien Scholl des ingénieurs, construisant un des premiers chemins de fer belges, n'hésitèrent pas à faire mettre nn peu de terre sur une longue tranchée qui eût pu rester \u201cà ciel ouvert, afin d\u2019avoir aussi un tunnel.comme en Angleterre! Finalement, l'éternelle lutte qui met toujours aux prises, à chaque invention nouvelle, la routirte et le progrès, se termina par la victoire de ce dernier.Le chemin de fer fut alors l\u2019objet d\u2019un enthousiasme «délirant dont les lyres poétiques répercutèrent l\u2019écho: Laboure, ô char de l'abondance, Et nos plaines, et nos vallonsi! Ta fumée est une semence Qui fertilise nos sillons!.En 1842, rapporte M.G.Guy dans son intéressante monographie du DP.L.M., un inventeur.ayant imaginé une \u2018voiture qui marchait sans chevaux\u201d.il fut un moment question de substituer aux chèmins de fer sur rails des voitures à vapeur circulant librement sur des routes bétoniées.Mais l'heure de l'automobile n\u2019était pas venue.Et, maintenant, ni la locomotive, ni I' auto.ni l\u2019 avion ne suffisent encore à notre besoin de mouvement.Henri NICOLLE, 0 NOUVEAU GENRE D\u2019ECLAIRAGE POUR AUTOS De jour en jour les voilures automobiles deviennent de plus en plus attrayantes et pratiques; mais, par suite de I'imprudence coupable des chauffeurs qui se permettent volontiers de faire de la vitesse, les accidents sont de plus en plus nombreux La plupart des accidents dûs aux autos arrivent de nuit, et il n\u2019est pas rare de voir le chauffeur qui a causé un accident continuer sa route.sans s\u2019inquiéter de l\u2019état de sa victime.S\u2019il en prend tant à son aise, et s\u2019il agit d\u2019une façon si lâghe et si inhumaine, \u2014 129 \u2014 Vel.185, No 9 uA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 c\u2019est qu'il espère échapper aux consé- quenoes de sa faute, sachant que l\u2019on n\u2019a pas pu prendre le numéro de sa Hoence.: Voici un nouveau genre d\u2019éclairage qui, tout en rendant d\u2019autres services au chauffeur lui-même, protègera le public d\u2019une façon plus efficace, en rendant l\u2019approche des autos plus visible, et en permettant d\u2019identifier la voiture aussi facilement la nuit que le jour.\u2018 \" I suffit de fixer, sur le butoir qui se trouve en avant de la voiture, une troisième lampe à réflecteur, de façon que sa lumière frappe le radiateur.Qekui-oi étant nickelé reflète la lumière, comme le montre la vignette, ce qui fait que les passants et les autres autos aperçoivent plus nettement l\u2019auto venant dans leur direction.Cette lumière permet en outre de Mre le numéro de la licence qu\u2019elle échaire parfaitement, ce qui permet d'identifier en pleine nuit la voiture.qui fait arriver un accident ou qui viole les règlements de police.rer es LES BIENFAITS DU SOLEIL + Le docteur Hill, l\u2019avocat du grand air et de la lumière du soleil, prétend que les rayons de cet astre sont aussi bienfaisants, sinon plus.que tous autres rayons provenant de lumière artificielle.Il a trouvé que pour brûler la peau, il faut trois fois plus de chaleur solaire que de chaleur artificielle, comme celle d'une fournaise.Cette différence est due au fait que les rayons visibles du soleil péntrent la peau et sont absorbés par le sang circulant dans des ,tissus subcutanés, tandis que la chaleur brute est absorbée par la peau, pas l\u2019épiderme qu\u2019elle chauffe.\u2018Il a aussi découvert que la lumière du soleil peut chauffer le sang sous la peau, cinq degrés centigrade de moins seulement que la chaleur que dégage un instrument artificiel.Les rayons visibles absorbés par le sang sont convertis en chaleur et la chaleur développée par la circulation chauffe à son tour le corps.Exposé aux brises fraîches du grand air, le corps est conservé frais en son entier, tandis que le sang et la peau sont échauffés en certains endroits seulement par le soleil, à une température qui peut excéder au plus celle d\u2019une forte fièvre.Il prétend que ce chauffage local (ne pas confondre avec le chauffage central) a un effet profond sur tout l'organisme, en l\u2019immunisant contre les maladies.Les enfants affectés de tuberculose des os, des articulations, glandes et de la peau, sont rapidement guéris dans les sanatoria parce que exposés en permanence au soleil et au grand air.La chaleur artificielle que dégagent - les poêles, radiateurs et eaux bouillantes ne remplacent pas avantageusement la chaleur du soleil.La fournaise est un triste succédané du soleil.O .Les mouches prennent leur retraite en octobre, se dissimulent et restent engourdies toute la saison des froids pour revivre aux premières chaleurs.Dans l'édifice où l\u2019on distribue les bienfaits, il y a deux portes très fréquentées: l\u2019une pour entrer, la platitude, et l\u2019autre pour, sortir, l\u2019ingratitude.| \u2014 80 \u2014 Vol.15, No 2 - LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 EE er Coup de revolver qui détermine un ; mariage sensationnel ; L'été dernier une actrice d\u2019une gens avait été un grand événement so- i grande beauté faisait I'admiration de.cial à Paris.Ses deux plus jeunes A tous les parisiens, C\u2019était Mademoisel- soeurs, Gloria et Thelma Morgan, 4 le Doriane qui, grâce à sa beauté idéale, avait détrôné la célèbre beauté parisienne Mlle Dherlys, et avait été choisie pour la remplacer sur la scène du Casino de Paris.Doriane était foncièrement honnête, et ne se laissait courtiser par personne.Avec son entrée au Casino de Paris devait bientôt se dérouler un roman d\u2019amour, tel qu'il en existe peu dans la littérature, car celui-là, au moins, est un roman vécu qui se termine par le plus heureux dénouement.C'est presque une tragédie ayant pour cause un ardent amour auquel la beauté refusait de répondre, et qui faillit coû- ter la vie à un jeune américain, fils d\u2019une famille distinguée et très riche.Le jeune américain, le héros de ce roman d\u2019amour pur et sincère est M.Harry Morgan.fils de l\u2019hon H.Morgan, consul général des E.-U., à Bruxelles (Belgique).Le père de Morgan est né à la Nou- velle-Orléans, mais la famille habite depuis très longtemps à New-York, où elle est des plus considérées.Sa mère est lafille du général Hilpatrick, de l'armée confédérée, pendant la guerre civile.A l\u2019époque de la tragédie, sa soeur aînée venait d\u2019épouser le comte de Maupas Juglart, descendant d\u2019une vieille famille aristocratique française, et le mariage de ces deux jeunes étaient encore en pension à New- York, à l\u2019académie de Miss Spencer, une des académies les plus à la mode et les plus renommées de la Capitale américaine.Le jeune Morgan, engagé volontaire pendant la grande guerre, avait combattu dans la Meuse et l\u2019Argonne, où il avait gagné les galons de sergent, mais il n\u2019avait pu être nommé officier parce qu\u2019il était trop jeune.Mlle Doriane était apparue tout de suite aux Parisiens comme une beauté sans égale, véritable météore qui avait éclipsé la cependant très belle Dherlys, considérée, avant l\u2019apparition de Doriane, comme la plus belle de toutes les actrices.Comme Doriane arrivait à Paris, le directeur du Casino de Paris, en raison du départ de la belle Dherlys, était au désespoir et ne savait où troüver une actrice capable de remplacer l\u2019étoile filante Dherlys.Doriane venait d\u2019être l\u2019objet d\u2019'urx véritable chasse à travers toutes les grandes villes de l\u2019Europe, par le jeune Morgan, et, voyant qu\u2019elle n\u2019arrivait pas à lui faire perdre ses traces, et qu'il persistait d\u2019une façon insolente à la suivre de partout, elle se décida à se fixer à Paris et à accepter la place de Dherlys, à la grande joie du public parisien; elle voulait continuer à se dévouer toute entière à son art, sans se laisser influencer par aus / \u2014 131 \u2014 Vol.15, No 2 % cune aventure galante, et c'est pourquoi elle avait toujours refusé de se laisser faire la cour par le jeune américain aussi bien que par d'autres personnes.Elle était honnête et voulait rester honnête.ne comptant que sur sa beauté, son charme et son talent pour remporter tout le succès possible au théâtre.Elle avait beaucoup d'ambition, et elle estimait, disait-elle, que l\u2019amour ne va pas avec la profession d'artiste, ce qui est une opinion contraire à celle de la plupart des artistes, mais qui montre Thonnéteté de Doriane.Elel était décidée à sacrifier l'amour comme étant le principal échec au succès.\u2019 A ce moment, it y avait un peu plus d\u2019un an que le jeune Morgan avait rencontré Doriane dans un théâtre de Bruxelles.Ga avait été le vrai coup de foudre, l'amour à première vue.Morgan la revit dans un restaurant.il ne put détourner d'elle ses regards, el quand elle sortit, il la suivit dans la nuit pour savoir où elle habitait.Pendant des semaines, il venait se placer en face de sa maison, de l'autre côté de la rue pour la voir sortir.Quand elle apparaissait pour monter dans son automobile, Morgan la suivait, rentrait dans les mêmes restaurants qu\u2019elle, et s\u2019asseyait à une table voisine pour pouvoir la contempler à son aise.Doriane avait fini par remarque?son manège, et dans l'intention de lui faire cesser ces poursuites, elle l\u2019arrêta un jour pour lui parler.Le coeur de Morgan battit à se-rompre, car le pauvre jeune homme pensait avoir touché le coeur de la belle, et il espérait pouvoir enfin lui avouer son amour; mais il fut atterré quand Do- riane lui dit sur un ton sec et hautain: LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 \u2018Jeune homme, j'ai remarqué votre persistance à me suivre partout où je vais, cela me contrarie beaucoup et me met mal à-j\u2019aise.Sachez que je suis une artiste, que je n'aime pas à être ennuyée par personne, car j'ai trop d\u2019autres choses à penser.Je vous supplie done de cesser vos assiduités sans espoir et de ne pas me contraindre à être désagréable envers vous.Morgan fut désappointé, mais non découragé; il continua de plus belle ses poursuites.Chaque soirée il \u2018alla occuper le même fauteuil au théâtre, puis il allait attendre la sortie de Do- riane et il la suivait, qu'elle se rendit chez elle ou au restaurant, qu'elle y allât à pieds ou en automobile; il était comme l\u2019ombre de celle qu\u2019il aimait sans espoir.| Dariane déclara à ses amies qu\u2019elle était lasse de ces poursuites, que cela l\u2019énervait et lui empêéchait d'être toute à son art.C\u2019est alors qu\u2019elle se décida à quitter brusquement Bruxelles sans dire à personne où elle allait.Elle se rendit à Cannes, dans le midi de la France, dans l'espoir de dépister le jeune suiveur, car elle était persuadée que, si elle cédait à l'amour, c\u2019en était fait de sa carrière triomphale qu'elle adorait.Mais elle avait compté sans la persistance toute américaine de Morgan.Dès que le jeune Homme s\u2019était aper- eu de son départ, il s\u2019était informé à la gare de la direction qu\u2019elle avait prise et il avaït appris qu\u2019elle avait pris un billet pour Cannes, et il prit le train suivant.Chaque fois que Doriane le voyait réapparaître, elle faisait ses malles el partait pour une autre ville, mais il la suivit de partout, jusqu\u2019à ce qu'\u2019enfin, lasse de voyager toujours, elle arriva à Paris où elle prit un enaggement au \u2014 132 \u2014 «= ss Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Casino.Dans sa poursuite de son idéal, Morgan avait suivi Doriane à travers l'Italie, l\u2019Autriche, l\u2019Allemagne, la Suède et la Norvège.Quand Morgan vit Doriane se fixer à Paris, lasse de se sauver de lui, il pensa qu'en continuant à la poursuivre de ses assiduités, il finirait par tri- au théâtre des Champs-Elysées, en faveur des Sinistrés de Reims, Doriane y parut accompagnée de Morgan.Son entrée dans la salle fit sensation, et ce fut un murmure général d\u2019admiration.Mais malgré ces petites condescendances, Doriane, toute à son art, ne permit pas au pauvre amoureux de lui Les chaudes caresses de Doriane, Taveu de son amour, furent pour le jeune Morgan, comme l'aurore d\u2019une nouvelle vie, et quoique très affaibli, il lui promit de vivre pour en faire sa femme.ompher et il devint de plüs en plus acharné à sa poursuite.Doriane finit par se familiariser.Ils se fréquentérent, dinérent quelques fois ensemble et fréquentèrent quelques grandes salles de danse de la Capitale.Lors du grand bal, connu sous le nom de \u2018\u2018Bal coucher de soleil\u201d, donné \u2014 133 \u2014 faire des déclarations.Pensant qu\u2019elle était sans coeur et sans pitié, il devint triste et maussade, perdant peu à peu eau Ser 3 AE pa arta Hd ft del: fists! toute cette force de volonté qui l\u2019avait .soutenu dans cette course insensée, à travers l\u2019Europe, à la conquête de son idéal.- | Ce fut alors qu'un soir de juin, aprés une discussion avec Doriane, iT » f 1, Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 motivée par la trop grande @ttention que celle-ci avait portée à un prince Hindou, alors en vogue à Paris, Morgan se retira chez lui en proie au plus grand désespoir.Il pensait que la froi- .deur manifestée à son égard, au cours de cette soirée, par celle qu\u2019il aimait, était une preuve qu\u2019il n\u2019arriverait jamais à conquérir son affection, et il se crut le plus malheureux des hommes.Assis dans la chambre de son , hôtel, il en vint à cette conclusion que la vie n\u2019avait plus de charme pour lui.Durant des heures il réfléchit; son amour sans espoir, et plus il réfléchit à sa triste situation, plus son esprit se troubla.Finalement, il perdit'la tête, et, allant à son bureau, il saisit son revolver et se tira dans la direction du coeur et tomba sans connaissance.Le bruit avait attiré le concierge, qui, ayant trouvé le malheureux étendu au milieu d\u2019une mare de sang, téléphona à la soeur du jeune homme, la comtesse de Maupas de Juglart et à Doriañe qui s\u2019empressa d\u2019accourir.Morgan était étendu sur son lit, quand Doriane arriva très surexcitée.En proie à l\u2019émotion la plus intense, elle s\u2019avança rapidement vers le lit, près duquel elle se laissa tomber en appuyant sa tête contre le blessé, pleurant et l\u2019appelant des mots les plus tendres.n\u2019épargnant aucune parole de tendresse et d\u2019amour, dans la sincérité de sa compassion.\u201cOh! Henri, mon petit chou chéri\u2019, disaït la beauté dont le visage était inondé de larmes, pourquoi as-tu fait une chose pareille ?Tu sais que je t'aime, mon amour,.je ne veux pas que tu meurres.je veux que tu vives pour être heureux avec moi, etc.\u201d - Harry ne mourut pas.Les chaudes et sincères caresses de la resplendissante beauté repentante, lui avaient rendu l'espoir, en arrachant à Doriane l\u2019aveu de son amour.A partir de ce jour, ce fut pour lui comme l'aurore d'une nouvelle vie, et quoique épuisé par la grande perte de sang qu\u2019il avait eue, il promit à Doriane de vivre pour réclamer qu'elle tienne la promesse qu\u2019elle venait de lui faire, de l\u2019épouser pour vivre heureux ensemble, sans plus jamais se séparer.0 LA SIMPLICITE DU LANGAGE ALLEMAND ! \u2014\u2014 x Chaque fois que certains savants allemands prennent un mot français pour enrichir leur langue d\u2019un mot nouveau, il se trouve d\u2019autres savants pour protester contre l\u2019emploi d\u2019un mot français germanisé, et ils le remplacent par un mot purement allemand.Voici un cas qui montrera bien là que les allemands entendent par mots simples, de l'avis général il paraît plutôt compliqué: Le savant Einstein employait dans ses écrits le terme \u2018\u2018relativitat\u2019\u2019 comme traduction du mot français \u2018\u2018relativité\u2019\u2019.Les savants ont cherché à trouver un mot allemand pur qui ait à peu près la même signification, et ils n\u2019ont pas tardé à trouver, car s\u2019ils ont l\u2019esprit lourd, ils ont l\u2019imagination féconde.Le mot \u2018\u2018relativitat\u2019\u201d\u2019 à consonnance francaise cédera la place à celui-ci qu a une couleur bien plus germanique: \u2014Bezuelichkeitsanschauungsgesetz! À vos souhaits !.Heureux allemands qui ont des mots si beaux, , = 134 \u2014 EE er Yol.15, No 2 Montréal, février 1923 LA REVUE POPULAIRE .Va RENE TED Découverte des trésors cachés par Annibal, en Italie, il y a 2139 ans | + SARA Jamais, dans aucun pays du monde, l\u2019on avait fait tant de découvertes que l\u2019on en fait actuellement en Italie.Ces découvertes.si elles sont d\u2019une importance capitale au point de vue archéologique, sont aussi très précieuses en raison des richesses que l'on y découvre, Le gouvernement lui-même et de nombreuses personnes.cherchant pour leur compte personnel, fouillent le sol dans un grand nombre d\u2019endroits, dans l\u2019espoir d\u2019y découvrir de l\u2019argent, de l\u2019or et des pierres précieuses; tout cela parce qu\u2019un moine, habitant un couvent au fond de la Pa- Kestine, à eu une vision qu\u2019il a racontée à une femme.Cette femme a raconté elle-même cette histoire aux autorités de sa ville natale, et celles-ci ont fait quelqueaz fouilles qui ont amené la découverte d\u2019une voûte construite du temps des romains ; cette voûte qui a 30 pieds de longueur et 20 pieds de largeur a dû servir à enfermer des trésors.Tout près de cette voûte on a trouvé une large coupe en or, merveilleusement ciselée, des anciennes pièces romaines et d\u2019autres objets antiques; ces trouvailles ont fait croire à l'authenticité des révélations faites au moine dans sa vision.La veuve, Maria Benincass, qui était profondément religieuse, avait fait voeu de visiter la Terre Sainte, après la mort de-son mari.Elle habitait Bis- céglia.uh petit port fortifié.situé sur la côte Sud-est de l'Italie, entre Trani et Bari; cette dernière ville était la capitale de la province du même nom.Cette femme accomplit son voeu et alla à Jérusalem.Là elle y faisait des aumônes aux pauvres qu\u2019elle rencontrait sur son chemin, et un jour, pendant qu\u2019elle distribuait ainsi de l\u2019argent aux malheureux, un dominicain, le Père Benvenuto, se trouva à passer.Le dominicain était italien de naissance ; il s\u2019intéressa à cette pieuse femme et lui posa de nombreuses questions.La veuve lui parla des difficultés financières de son pays, et le Père lui promit de prier pour sa patrie.Monnaies romaines trouvées œu cours des Premières fouilles.Cette nuit il resta très tard en prières, et lut pendant longtemps son bréviaire, puis après une dernière prière, il se mit au lit.Dans la nuit il fit un rêve étrange, la vision paraissant d\u2019abord confuse: mais la vision devint plus précise, et il vit la forme bien nette d\u2019un homme armé, de proportions très grandes, à la figure dure et au regard sévère.: \u201cJe suis I\u20198me d\u2019Annibal, le conquérant.semblait dire la vision.J'ai dévaste Rome, massaoré ses habitants ef \u2014 135 \u2014 Be.Bes Vol.13, No 3 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 emporté ses trésors.Maintenant je ne repose pas en paix.\u2019 Le moine se réveilla et commença à prier à haute voix, puis l'esprit continua: \u201cJe veux réparer mes torts; Rome peut retrouver ses trésors, si l\u2019on veut se donner la peine de faire des fouilles.\u201d Le moine anxieux d\u2019entendre encore cette apparition, préta l'oreille, et il entendit distinetement ces paroles: \u201cFaites des fouilles sur les coteaux situés en arrière de Biscéglia, où les romains de l\u2019époque ont enterré leurs trésors pour priver mes légions de leur butin légitime.\u201d .SCECLIA NS N Bi ur BEN Dono SALDRRO, DRIXDIS/ Carte de la région sud de l'Italie, où se trouve Biscéglia, où l'on recherche les trésors cachés par Annibal, La vision disparut alors et le moine ahuri se frotta les yeux et se pinça pour voir s\u2019il était réellement bien éveillé.Il était parfaitement éveillé, il ne pouvait en douter.Intrigué, il se leva, et altendit le jour assis sur sa \u2018chaise.Quand le jour fut venu, il envoya chercher sa compatriote, et lui raconta sa vision.\u201cC\u2019est la volonté de Dieu!\u201d s\u2019écria la femme, et, après evoir quitté le Père Benevenuto, elle reprit la route de sa patrie, décidée à faire part de la vision du moine aux autorités.Mais celles-ci, à Biscéglia, refusèrent d'ajouter foi à son récit.\u2018La brave femme, sans perdre courage, s\u2019en alla trouver les autorités de Bari, qui l\u2019éconduirent comme l\u2019avaient fait les autorités de Biscéglia.Elle partit alors pour Rome, où elle visita, sans plus de succès, différents hauts fonctionnaires, leur racontant à chacun la vision du moine.Elle finit par rencontrer, il y a deux mois, un de ces fonctionnaires qui consentit à lui aider.Ce fonctionnaire obtint du Ministre des \u201cTravaux Publics qu'il _ consentit à la recevoir, et, quand elle eut raconté son histoire, le.Ministre lui permit de faire des fouilles, à ses propres frais, pour découvrir le trésor d\u2019Annibal.| G\u2019est alors que, munie d\u2019une autorisation officielle, Signora Benincasa, rentra chez elle, engagea un asesz grand nombre d'hommes pour commencer la chasse au trésor.Après quinze jours de vaines recherches, un des hommes, d\u2019un coup de pioche, dé- eouvrit une pièce d\u2019or romaine datant de \u2018\u2018Soipion l\u2019Africain\u2019, le fameux général romain qui battit Annibal.Ce fut comme un coup de foudre.Cette nouvelle vite répandue fit croire à l\u2019authenticité de l\u2019histoire racontée par la \u2018\u2018Signora\u2019\u2019, et dans toute la ville on se mit à faire des fouilles, à bouleverser le sol.Tous les jardins furent détruits, le cimetière seul fut respecté, et au bout de quelques jours, on aurait pu croire, en voyant la ville, qu\u2019un tremblement de terre.l\u2019avait bouleversée.Un autre chercheur dé- \u2014 136 \u2014 .ou CITE TO AE TE RRR RT RR - a a \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal.février 1922 couvrit un immense vase d'or, ciselé d\u2019une façon merveilleuse.À cette nouvelle, le gouvernement fit occuper la ville par la troupe, el, dès ce moment, les xfouilles furent continuées exciusivement par des ingénieurs militaires, sous la direction d\u2019un délégué du gouvernement.Pendant les premiers jours, l'on ne trouva rien.Les ingénieurs firent alors creuser à de nombreux endroits, à des profondeurs variant de dix à vingt pieds.C\u2019est à cette profondeur qu'un jour le pic d'un des travailleurs se cassa contre une grosse pierre.On fit alors élargir le trou pour découvrir cette pierre, et on constata que l\u2019on se trouvait en présence d'une grande et massive dalle de marbre, de 20 pieds par 30, sur laquelle était ciselé un serpent, l'embléême de l'ancienne Rome.Cette nuit, \u201cSignora Benincasa\u201d, ne pouvait s'endormir, tellement elle était heureuse de cette découverte qui la vengeait des rebuffades de tous ces fonctionnaires, qui n'avaient pas voulu croire à son récit.Ses voisins, tous les habitants de Biscéglia, la croyaient maintenant; le gouvernement lui-me- me ajoutait foi en son récit.Elle finit cependant par s\u2019endormir d\u2019un sommeil léger, au cours duquel elle eut la même vision que le moine Benevenuto avait eue à Jérusalem; \u2018\u2019Annibal\u201d\u2019\u2019 lui apparut et lui dit.\u2018\u201c Vous trouverez 150 vases très grands, en argent, remplis de la manière suivante: 20 sont remplis d\u2019or.31 d\u2019argent, un de perles très fines et les autres de bijoux très riches.\u201d Après ces paroles, ld vision disparut, el la femme s\u2019éveillant en sursaut sauta à bas de son lit, s\u2019habilla a la hâte, et courut chez le capitaine Mon- tedorg, à qui elle conta son rêve.Cette fois, il ne pouvait plus.y avoir de doute sur la réalité de la vision, et le capitaine, plein de confiance, donna dès le matin même l'ordre de continuer activement les recherches.Mais ce n'était pas chose facile que de soulever cetle gigantesque et pesante dalle de marbre, qui était évidemment scellée à des murs avec du ciment.Tage d'ur découvert à Biscéglia.À diverses reprises les ingénieurs essavérent de soulever la dalle à l\u2019aide de puissants leviers ,mais ils n\u2019y parvinrent pas.Ils eurent un moment l\u2019idée de la faire sauter à la dynamite, mais ils renoncèrent à ce projet, car par ce moyen ils auraient pu détruire les précieux bijoux enfermés dans la voûte. Vol.15.No 2 Ils prirent le parti de faire creuser le long d'un des murs qui supportaient la dalle, et ils mirent à découvert des murs en maçonneie d'une épaisseur considérable.De nombreux forets à percer la pierre furent brisés contre ces murs, sans que l\u2019on puisse réussir à y faire des trous, et les ingénieurs ont décidé de faire venir d\u2019Amérique des machines à air comprimé.spécialement construites pour percer la pierre très dure.Avec ces instruments ils arriveront certainement à découvrir le trésor caché par Annibal il y a 2139 ans.Annibal est considéré comme l'un des plus grands capitaines de l\u2019antiquité.Il naquit à Carthage en 247 avant J.C.À cette époque les Carthaginois.qui habitaient le nord de l\u2019Afrique, étaient un peuple très puissant, et ils portaient ombrage aux Romains qui voulaient devenir les mai- tres du monde.Dès l\u2019âge de neuf ans il jura une haine éternelle aux Romains, et suivit son père Amilcar.général de l\u2019armée Carthaginoise, dans son expédition en Espagne.Plus tard, son frère Asdrubal, qui avait remplacé son père à la tête de l\u2019armée.en Espagne, ayant été assassiné, il fut élu général.T1 n\u2019avait que 26 ans.Il songea alors à réaliser le rêve de sa vie, et résolut d'aller détruire Rome.Ayant réuni, dans le nord de l\u2019Espagne, une armée composée de 90,- 000 hommes d'infanterie, 12,000 cavaliers, et d\u2019un troupeau de 37 éléphants, il franchit avec cette armée imposante les Pyrénées qui séparent la France de l\u2019Espagne, traversa tout le sud de la France (alors appelée Gaule) et son grand fleuve le Rhône, franchit les Alpes au Mont St-Ber- nard, et descendit en Italie cinq mois LA REVUE POPULAIRE + Montréal.février 1922 après son départ d\u2019Espagne.Son armée était alors réduite à 26,000 combattants, mais il suppléa au nombre par l\u2019audace et l\u2019habileté.Il entraîna avec lui contre Rome les Gaulois cisalpins, battit le consul Scipion, sur le Tessin, et le consul Sempronius, sur la Trébie, en 218 avant J.-C.En plein hiver.après avoir franchi les monts Apennins et les marais d\u2019Etru- rie, où il perdit un oeil, il attira habilement le consul Flaminius dans de grands défilés, où il anéantit son ar- Buste d'Annibal, au musée de Naples.mée.Après de nombreuses victoires, il arriva près de Rome, mais il n\u2019osa l\u2019assiéger avec son armée maintenant trop réduite; il s\u2019empara alors de Gapoue où il s'installa pour attendre des renforts.Ces renforts n\u2019arrivérent pas et il fut quelques années plus tard obligé d\u2019évacuer Capoue.En 207 ilremontait \u2014 138 \u2014 ACER RERI Vol.15, No 2 vers le nord de l'Italie pour essayer d\u2019opérer sa jonction avec une armée de secours si longtemps attendue, quand le consul Néron fit jeter dans ses retranchements la tête de son fre- re, qui commandait l\u2019armée de secours, et qui avait été vaincu à la bataille du Métaure.Il se retira alors à l\u2019extrémité de l'Italie où il se défendit encore quelques années, avant de regagner Carthage.C\u2019est à ce moment qu\u2019Annibal aurait enfoui tous les trésors qu'il avait pillés au cours de ses campagnes en Italie.Les romains portèrent alors la guerre en Afrique et quelques années plus tard en 202 avant J.-C.Annibal fut vaincu à Zama.Cette défaite termina la deuxième guerre punique, et prépara la ruine de Carthage.C\u2019est depuis cette époque lointaine que sont cachés ces trésors.et l\u2019on espère les découvrir des que l\u2019on pourra pénétrer dans cette voûte immense.Nous saurons bientôt si les faits révélés dans une vision au Père Be- nevenuto, sont exacts, et nous en reparlerons prochainement dès que les résultats seront connus.0 LA STATUE DE JEANNE D\u2019ARC \u2014\u2014 Sainte Jeanne d\u2019Arc, à qui le maréchal Foch adressait.dernièrement, une si belle prière, l\u2019a, grâce à un geste gracieux et bien féminin de la part du \u2018Lyceum\u2019, Société des Femmes de France à New-York, accompagné dans son voyage.C\u2019est à la Compagnie Transatlantique cependant qu\u2019est dû ce privilège, car elle eut la délicatesse et la gra- cieusefé de se mettre à la disposition LA REVUE POPULAIRE Montréal.février 1922 \u2014 du \u2018\u2018Lyceum\u2019\u2019 pour transporter généreusement sur le \u2018\u2018Paris\u2019\u2019, qui a conduit à bon port le maréchal Foch, trois colis consacrés à Jeanne d'Arc.La statue qui a été érigée et inaugurée à Washington par le maréchal Foch, des pierres de la cathédrale de Reims, qui ont servi aux fondations, et un sac de terre bénite et offerte par le prêtre de la paroisse de Domrémy, village natal de Jeanne d'Arc.Le gouvernement des Etats-Unis a fait à la libératice de la France le plus grand honneur et a désigné pour emplacement de sa statue le point culminant de Meridian Hill Park, qui domine toute la cité.Voici ce que déclarait le président du \u2018\u2018Lycéum\u2019: \u2018Nous sommes profondément touchées de cet accueil noble et sympathique.Reconnaissantes aux Femmes d\u2019Amérique, à qui nous dédions cette unique figure, nous disons volontiers, avec le poète: \u2018Jeanne d\u2019Arc appartint vivante à la France, morte à tous les pays!\u201d : Mais c\u2019est à Washington que nous nous plaisons à la contempler, à nous rappeler sesvertus.Emblême d'amour, de patriotisme et de paix, elle qui jamais ne voulait occire, puisse-t-elle représenter à jamais notre idéal, l\u2019idéal sacré de toutes les femmes de France : Dieu et la Patrie! C\u2019est principalement parmi les nombreux clubs féminins américains que \u2018Le Lycéum\u2019\u2019 exerce son activité.Jouissant en Amérique d'une influence bien acquise et méritée, \u2018Le Lyceum\u2019\u2019 dont la nrésidente est la très sympathique Mme Carlo Polifème, y diffuse les beautés de la langue française, cultive les Idéaux de la France en créant dans ces réunions sociales de précieuses amitiés.\u2014 139 \u2014 « DEAE Selb Sls Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Le fils du Khédive déclarait galamment à la muse qu\u2019il ne voyait pas d\u2019aus tre femme qu\u2019elle comme étoile dans son harem; mais la muse indignée lui fit voir d\u2019autres étoiles \u2014 Les libellules de Montmartre, centre de la vie de la bohéme a Paris, sont en révolte contre leur reine, Mlle Geneviève Félix.Cette demoisellé est la plus douce, la plus jolie et en même temps le plus beau modèle du quartier latin.Tout ce petit monde l\u2019adorait.Cela dura jusqu'au jour où elle a giflé le fils du Khédive d\u2019Egvpte.Tout d'abord ces jeunesses de plaisirs rirent de l'incident, mais les rires se changèrent en un concert de malédictions, quand un autre Monarque de l\u2019Orient visita Paris, sans aller faire la fête à Montmartre.Ses diamants et ses rubis?Fifi n\u2019en vit pas un seul.' Son champagne?Loulou n\u2019en goûta pas une coupe.Ses visites\u201d sur lesquelles toutes comptaient?11 n\u2019y en eut aucune, il ignora complètement le Montmartre de nuit._ Et les libellules de Montmartre se demandent encore avec angoisses, si tous les princes des Indes, et les autres millionnaires de l'Orient ont été prévenus de leur donner une sévère leçon.Elles craignent que tous ces grands personnages fassent payer .cher la gifle de Geneviève.Le soir de l'incident.le fils du Khé- - dive était venu, paraît-il, non pour s\u2019amuser, mais pour chercher à engager des beautés pour emmener en \u2014 140 \u2014 Egypte.Il examinait soigneusement toutes les danseuses.Ayant atteint sa 19ème année, le Khédive l'avait autorisé à se créer un harem, et il avait eu l'idée de venir recruter ses houris' parmi les habitués de Montmartre, où il espérait cueillir aisément des beautés.Le jeune héritier était accompagné de son secrétaire, qui était chargé d\u2019expédier en Egypte celles qu\u2019il trouverait de son goût.Geneviève lui apparut comme la vision idéale de son rêve.Son costume était de la dernière mode, et très léger, le moindre mouvement, le moindre vent dans les plis de sa robe, faisaient ressortir la grâce des formes que des centaines de peintres de Mpntmartre ont reproduites sur leurs toiles.Le Prince fut enflammé par un coup d'oeil de Geneviève, et il décida de ne plus chercher ce jour-là, à trouver d'autres épouses.S\u2019approchant alors de Geneviève, il s\u2019inclina très bas, et lui dit en excellent français: Mademoiselle.désire-t-elle faire partie de mon harem?Elle sera la favorite parmi mes nombreuses épouses.| Le fils du Khédive attendait avec confiance la réponse, son secrétaire.attendait aussi, mais Geneviève n\u2019attendit pas.Son joli bras droit se leva et sa main mignonne gezposa sur la 3rd .Vol.15, No 2 joue du prince avec tant de force qu'il poussa un cri de douleur, autant que de.surprise.: Pendant neuf jours, la gifle de Geneviève fut l\u2019objet des commentaires de tout Paris, Montmartre était fier de sa Reine.Au Rat Mort, au café du Lapin Agile, au Bal Tabarin, la reine de Montmartre fut félicitée par ses sujets: on lui fit fêté.La cérémonie de la claque de Geneviève fut reproduite une douzaine de fois en pantomine le long du Boulevard de Clichy.~ \u201cA bas le Harem\u2019, devint le mot de passe du Montmartre noctambule.Aux touristes américains, l\u2019on servait la boisson nouvelle à la mode, dénom'- mée \u2018la gifle Geneviève\u201d; tous riaient de bor coeur, et convenaient qu\u2019elle était pas mal piquante.Plusieurs jours se passèrent avant que les journaux qui avaient donné beaucoup de publicité à l'incident, annoncent l\u2019arrivée à Paris d\u2019un autre visiteur distingué, Mohammed Hassan Mirza, héritier du trône de Perse, frère du Schah, allait arriver à Paris accompagné d\u2019üne nombreuse suite.Dans tous les lieux d\u2019amusements du gai Montmarkre on se réjouit de la bonne nouvelle.La venue du jeune Prince de Perse promettait de belles soirées, car il ser hblait naturel que le jeune prince, bon garçon, ami des plaisirs, ne manquerait pas de visiter les attractions du quartier le plus gà de Paris.Tous les établissements nocturnes de Montmartre se préparèrent à recevoir dignement le Prince Charmant.| | \u2026 Mohammed Hassa Mirza arriva.Il descendit à l\u2019hôtel Majestic, où son secrétaire avait retenu des appartements pour lui et pour sa suite, mais il ne sortit pas.Une nuit se passa, puis deux, puis trois.Durant le jour, on LA REVUE POPULAIRE A Montréal, février 1922 le voyait sur les grands boulevards ; son costume était somptueux, les pierres précieuses étincelaient sur son turban.Il faisait de nombreux achats dans les grands magasins, et des dépenses considérables à l\u2019hôlel Majestic, mais, la nuit venue, il ne sortait plus.: Ce n\u2019est pas que Fifi ou Loulou aient envie de porter le voile des houris, et il est même certain que la plupart, sinon toutes, auraient agi avec autant de promptitude que Geneviève, comme seule réponse à une si insolente demande; mais, après tout, à Paris, entre amis, il n'est pas question de harem.S\u2019amuser avec un Prince, pendant son séjour à Paris, n\u2019est pas un crime.Il n\u2019est pas compromettant non plus de recevoir un petit cadeau, diamant ou autre chose, à titre de souvenir.| Mais le Prince était un étrange garçon, et l\u2019on sut bien vite dans Paris ce qui s'était passé à l'hôtel Majestic, au cours de la seconde soirée.Le Prince était debout, pensif, regardant par sa fenêtre l\u2019animation et la gaîté qui régnait sur les grands Boulevards; il aurait voulu sortir, mais défense lui en était faite.Il réfléchit un moment, puis succombant à la tentation, il s\u2019habilla, ouvrit la porte, et s'avança dans le passage, où il fut arrêté, Un colosse, le plus chamarré des personnages de sa suite, lui barrait le passage.Le Prince lui fit signe de s\u2019en aller, mais le géant secoua la tête en guise de refus et ne bougea pas.Mohammed s\u2019élança pour essayer de passer, mais il fut saisi par une paire de bras vigoureux, et reporté dans sa chambre, il n\u2019y aurait à cela rien d\u2019étonnant.Il attendit jusqu\u2019à minuit.Regardant alors à travers le trou de la ser- \u2014 441 \u2014 2008 Ces Voi.15, No 9 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1938 rure, il vit le garde toujours en sentl- nelle.Quittant ses chaussures il passa par la fenétre, et se laissa glisser sur le trottoir qui n'était qu'à huit pieds plus bas que la fenête.\u201cVotre Altesse\u2019\u2019! s\u2019écria surprise la sentinelle qui s'assura de sa personne, et, sans répondre un mot à ses impré- verse, et le Prince se sauva dans le corridor comme un lièvre effrayé.Quelques secondes plus tard, le Prince traversait le vestibule de l\u2019hôtel & grandes enjambées, 4 1'étonnement des personnes présentes.Ces personnes furent bien plus étonnées encore, quand elles virént un Perse de A °) Le fils du Khédive attendait avec confiance la réponse.mais Geneviève n'attend\u2018* pas.Sa main mignonme se posa sur la joue du prince avec tant de force, qu'il poussa un or de douleur.Gations, le traîna jusque dans sa chambre, se montrant inflexible.Le lendemain il essaya de corrompre le colosse; il lui offrit une assez forte somme d'argent, et le garde fut sur le point de céder.À cet instant le Prince, croyant voir sa chance, essaya \u201c de passer rapidement entre les jambes du garde.Le géant tomba à la ren- \u2018plus de 8 pieds, courir à sa pourusite, le saisir par ses habits, puis le prendre comme un enfant dans ses bras et le transporter dans sa chambre malgré ses hurlements et ses coups de, pieds dans l'air.: Le gérant de l'hôtel, croyant à un accident, s'informa et le garde répondit : \u2014 142 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE © Montréal, février 1928 \u2014Son Altesse essayait de se rendre à Montmartre.| \u2014Mais quoi d\u2019étonnant qu\u2019il veuille aller à Montmartre?dit le gérant.\u2014Ge sont les ordres de Son Altesse Ahmed Chah Kadjar, le Schah, son frère.\u201d Et sur cette réponse, le garde oon- tinuant, révéla la conversation qui avait été tenue entre le Schah de Perse, qui a 23 ans, et le Prince Mohammed, son jeune frére et héritier du trône, quand il partit en voyage.\u2014Vous pouvez maintenant vous créer un Harem, dit le Schah à son .frère, mais quand vous serez à Paris, n'allez pas à Montmartre.\u2014 Pourquoi ?demanda le jeune voyageur intrigué, et le Schah de répondre: \u2014Ne vous souvenez-vous pas de ce qui vient d'arriver au fils du Khédive d'Egypte ?Il cherchait des femmes pour son harem; et il pressentit d\u2019une façon très courtoise cette \u2018\u201cGeneviève'' qu'ils appellent la \u2018\u201c Reine de Montmartre\u2019.Qu'\u2019arriva-t-il ?Ai-je besoin de vous le rappeler?Lui et son pays sont devenus la risée de l\u2019Europe.Si vous ne voulez pas vous tenir éloigné de Montmartre de bon gré, je m'arrangerai pour vous empêcher d\u2019y aller par la force.Aucun Prince de la famille royale de Perse ne sera giflé par une blanche de naissance.Voici l\u2019histoire qui a couru à Mont- mertre quand le jeune Prince, après un séjour de huit jours à Paris, n\u2019avait même pas été vu au bal Tabarin.Fifi a pleuré, Loulou s\u2019est lamentée et toutes les libellules se sont mises À accuser Gereviève ; on l\u2019apos- \u201c tropha alors en épuisant tout le voca-\u2018 bulaire des vilains mots américains devenus à la mode dans ces milieux.Naturellement aucune d\u2019entre nous n'aurait consenti à aller s'\u2019enfermer dans un harem, mais il aurait fallu user de tact et de diplomatie, et refuser gracieusement \u2018l\u2019aimable\u201d\u2019 invitation du Prince ; Geneviève a été trop loin, disaient les jeunes filles.La reine ne pensait faire aucun tort à ses sujets, mais elle a manqué de jugement.Sa main rosée a non seulement giflé le fils du Khédive, mais elle a fer mé les portes de Montmartre au Prince de Perse, et qui sait le nombre de grands personnages qui n\u2019oseront plus fréquenter ses établissements.Gene= viève aurait dû se contenter de rire et remettre aux calendes grecques le sujet de discussion au sujet du Harem.Voilà pourquoi Montmartre est en révolte contre sa reine 4 trees - LA RIME SPONTANEE Il arrive parfois que même les plus célèbres acteurs se trompent en débitant leur rôle, et ne prononcent pas exactement les paroles qu\u2019ils devraient prononcer.Quand il s'agit d\u2019une pièce en prose, cela n'a souvent pas d\u2019importance, mais, quand il s'agit d\u2019une pièce en vers, cela est de la plus haute importance, et le publio s\u2019en aperçoit de suite à la rime qui n'est pas la même.C\u2019est alors une très mauvaise note pour l'acteur, et, souvent, les speotateurs lui en gardent rancune.Quelquefois il arrive, mais le fait est très rare, que-oertain acteur puisse réparer à l\u2019improviste une de ces fautes, mais il lui faut une grande présence d'esprit, il faut aussi qu\u2019il soit poéte.Voici un de ces cas extrêmement rares.: En IO A) Arde Lan ARNE BEM Ets Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 Jules Truffier jouait un jour \u201cL\u2019E- cole des Femmes\u2019.Jeanne Samary, lui donnant la réplique, avait à dire le vers suivant: \u2014 \u2018Ah! ne vous fâchez pas, monsieur, [je vous en conjure! Ce à quoi il devait répondre par cet autre vers: \u2014 \"Quelque chien enragé l\u2019a mordu, [je l\u2019assure! Mais Jeanne Samary se trompa.Elle lança: \u2014\u2018\u2019Ah! ne vous fâchez pas, Monsieur.' [je vous supplie! Jules Truffier évita la cacophonie redoutable en improvisant sur le champ une rime féminine en \u2018ie\u2019, et dit: \u2014\u201cQuelque chién enragé l\u2019a mordu, | [je parie! = Mais pour remplacer comme cela à l\u2019improviste une rime sans changer le: sens du discours, ou de la phrase, il faut avouer que c\u2019est un véritable tour de force.O EXQUISE POLITESSE D\u2019UN PROFESSEUR Sir Ernest Sackleton, le hardi explorateur qui repart, avec des moyens nouveaux, à l'assaut du Pôle, dans l\u2019espoir de lui arracher son secret, aime à narrer un incident qui marqua de façon héroïque et enjouée l\u2019une de ses expéditions antarctiques.\u201cParmi les membres de ma caravane, raconte-t-il, il y avait un professeur d\u2019histoire naturelle qui, en toute circonstance, faisait preuve de la plus \u2018exquise politesse.Il se conduisait sur la banquise comme dans un*salon.\u201cUn soir que nous franchissions avec peine un défilé de.glace, nous l'entendimes crier: = \u201cMonsieur Mawson, êtes- vous occupé?\u201cJe le suis, répondit le lieutenant Mawson.\u2018\u2019Très occupé?{ \u201cOul., très.Pourquoi?\u2018Parce que je suis tombé dans une crevasse et que j'enfonce dans la neige.Excusez-moi! | Le professeur fut retiré au moment précis où il allait disparaître dans l\u2019a- bime, et, depuis ce jour-là, sir Sack- leton éprouva pour lui la plus vive admiration.Il y avait de quoi! 0\u2014 PUDEUR TEUTONNE Berlin a une crise de pudeur.On s\u2019y est trop embrassé dans la rue et la police, vertueuse soudain, arrête les gens qui échangent des baisers, même d\u2019une durée très brève, sous les tilleuls et ailleurs.Le chef de la police a signé un arrêté autorisant le \u2018baiser de deux secondes\u2019, mais ses agents, dépourvus de chronomètres, mènent au poste des malheureux, coupables d'un baiser d\u2019une seconde et demie.L'autre jour, un policier suivit un couple à Tiergarten, pendant une heure et dix minutes, pour arriver à constater le flagrant délit.Récompensé de sa patience, il conduisit les délinquants devant la justice.L'acquittement ne fut obtenu que sur une énergique intervention du député socialiste indépendant Oscar Cohn, \u2014 144 \u2014 Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 La dernière invention de Graham Bell \u2014 Depuis quelques mois en Nouvelle- - Ecosse on a pu voir et suivre avec étonnement les évolutions, non pas d\u2019un bateau, mais d\u2019un appareil vraiment magique, glissant avec une vitesse de 70 milles à l\u2019heure sur les eaux tranquilles des lacs du Bras d'Or, (Bras d'or lakes).C\u2019est la dernière invention du professeur Graham Bell.L'aspect de cet appareil est celui d\u2019unimmense cigare, soutenu complètement hors de l\u2019eau par des flotteurs ou glisseurs submergés, mais qui ne font pas partie de l\u2019appareil lui-même.Elevé ainsi hors de l\u2019eau, grâce à sa forme, il ne sent que peu de résistance de l'air.Le professeur Bell a donné la description suivante de son appareil qu'il .a dénommé le H.D.24.Les flotteurs d\u2019acier sont disposés comme les barreaux d\u2019une échelle, et vont en diminuant de largeur, les plus larges étant au sommet et les plus petits au fond.Plus la vitesse est grande, plus ces flotteurs s'élèvent hors de l\u2019eau, jusqu\u2019à ce qu\u2019il ne reste plus dans l\u2019eau qu\u2019une surface suffisante pour supporter le poids de l'appareil.En résumé lorsque l\u2019appareil file à une très \u2014 148 \u2014 a grande vitesse, il donne l'illusion d\u2019un traineau filant sur l\u2019eau.; À première vue les flotteurs semblent bien trop petits pour être capables de supporter un si'gros appareil; mais on doit se rappeler que l\u2019eau est près de 800 fois plus lourde que l'air, de sorte qu'il suffit que la surface de ces flotteurs soil 1,800ème de la surface des ailes d\u2019un aéroplane.La surface de ces flotteurs du H.D- 24 peut supporter 2000 livres au pied carré à une vilesse de 60 milles à l\u2019heure, ce qui est 200 fois le poids que les ailes d\u2019aéroplanes peuvent supporter par pied carré.Pour amener ia coque de l\u2019appareil a être soulevée complètement hors de l\u2019eau, il faut atteindre une vitesse d'au moins 20 milles à l\u2019heure.La coque de l'appareil, qui, nous l'avons dit, est construite en forme de cigare, a 60 pieds de longueur, i1 est supportée par des pontons de support (les flotteurs) avec lesquels l'appareil communique par une passerelle.C\u2019est sur cette passerelle que se trouvent les moteurs, 2 puissants moteurs \u201cLiberty\u201d.| La coque recouverte de toile tout à fait imperméable, comporte à l\u2019arriè- ~ Vol.15, No 2 re un réservoir à gazoline, et un nombre suffisant de compartiments pour accommoder 20 personnes.La queue de l\u2019appareil agit comme £ouvernail et elle est gouvernée par un arbre de couche qui aboutit au volant de direction situé sur la passerelle, vers les moteurs.Ces moteurs sont munis de démarreurs à air comprimé, et tout le contrôle se fait de dessus la passerelle.La gazoline est refoulée du réservoir, jusqu'au niveau des carbura- LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 jeté en arrière.La force du vent sur le visage produil l'effet d\u2019une main géante qui vous repousse, mais il n\u2019y a ni sauts ni à coups.on ressent seulement une légère oscillation semblable à celle que l'on ressent dans les Pullmans.0 RUBANS DE BOIS A LA PLACE DE BRAN DE SCIE Aux grands établissements Wilson- Otwell, & Jacksonville, Fla., I'on em- L'appareil du prof.A.Graham Bell.teurs.au moyen de la compression d\u2019air par une pompe à mains.70 milles à l'heure est la vitesse maximum de l\u2019appareil.Aller en aé- oraplane est un simple jeu en comparaison avec l\u2019émotion que l\u2019on éprou- Ve quand on frôle ta surface de l\u2019eau à cette vitesse effrayante.Quand l'appareil arrive à atteindre une vitesse de 15 noeuds, on le sent qui s'élève hors de l\u2019eau.la vitesse augmente très rapidement et l\u2019on est obligé de se tenir solidement après son siège si l\u2019on ne veut pas être reploie, depuis quelques mois.une nouvelle machine qui est appelée à révolutionner l\u2019industrie, en ce qui concerne les scieries [saw-mills).Grâce à cette machine on obtient en sciant le bois, non plus du bran de scie qui a peu de valeur, mais de minces rubans de bois d\u2019une valeur appréciable.Ge procédé qui, au lieu de bran de scie, donne de longs rubans de bois, consiste à couper les billots en longueur avec une scie à dents espacées.Ces rubans.aussi doux au toucher que la laine d\u2019un mouton, se mettent \u2014 146 \u2014 eon ui av 8e br | bre d: Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 trés facilement en balles, et ont une .grande valeur, car ils peuvent servir a la fabricafion du papier d\u2019'imprimerie.On dit en effet que ces rubans de bois, comme on les dénomme.remplissent toutes les conditions nécessaires pour la fabrication du papier.Si le bran de scie ne peut servir a la fa- bication du papier, c'est que, pour être utilisable, le fibre du bois doit avoir une certaine longueur.Dans le bran de scie, cette fibre a été brisée complètement.tandis qu\u2019elle est conservée intacte dans le ruban de bois, et.d\u2019après les estimations.les acides peuvent séparer cette fibre en 30 minutes.Le billot, une fois placé sur le char- riot, est avancé assez vivement contre une scie à ruban par une petite pompe à vapeur, appelée \u2018canon\u2019, avec des mouvements d\u2019avance et de recul confinuels.La scie à rubans tourne à une vitesse de 2 milles à l'heure.Aussitôt que le métal vient en contact avec le bois, un crépitement bruvant se fait entendre et les longs rubans de bois sont projetés à travers la chambre, comme l\u2019eau est projetée du jet d\u2019un boyau à incendie.0 ¥ RESERVOIR A EAU CHAUDE ADOPTE AUX AUTOS Voici un nouvel appareil destiné a rendre de grands services aux automobilistes.Il s\u2019agit d\u2019un appareil qui permet à ceux qui voyagent en auto.d\u2019avoir toujours à leur disposition une assez grande quantité d'eau chaude très pure, pouvant servir à tous les usages, même pour faire la cuisine.Tous savent, par expérience.combien il est difficile de se procurer un peu d\u2019eau chaude, s\u2019il leur prend fantaisie de vouloir bivouaquer en route, et cet appareil nouveau est un perfectionnement dont peu d\u2019automobilistes se passeront, en raison de son utilité et de son agrément.| | L\u2019appareil consiste en un cylindre d\u2019un métal de même qualité que celui des ustensiles de cuisine, et il peut contenir de ?à 12 quarts d'eau.I est traversé par un tube qui part du tuyau d'échappement (exhaust) auquel il communique au moyen d\u2019uns valve.1\u2014Réservoir supplémentaire 2\u2014Cylindre 3\u2014Robinet a eau chaude Les gaz, détournés du principal tuvau d\u2019échappement, au moyen de la valve.passent par le tube qui traverse le cylindre, mais quand l'eau est arrivée a son point d\u2019ébullition, la valve se ferme automatiquement, et les gaz continuent à s'échapper par le principal tuvau.Un réservoir supplémentaire pour l'eau chaüde est installé sous le siège antérieur de la voitue; il communique par deux tubes avec le cylindre, de sorte que l'eau, au fur et à mesure qu\u2019elle chauffe dans le cylindre, monte par un des tubes dans le réservoir, et est remplacée par l\u2019eau froide ou moins chaude du réservoir, jusqu\u2019à ce que l\u2019eau contenue dans le réservoir et dans le cylindre soit arrivée au point d\u2019ébullition.C\u2019est alors seulement que la valve se ferme, et que les \u2014 147 \u2014 I; RY A pute fist RB.KC re LN.SIRES REA Ciel uA i Vol.13, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 gaz continuent à s'échapper par le principal tuyau.L'eau chaude peut être tirée du cylindre par un robinet situé à l'arrière du chassis de l'auto.0 LE VRAI DECOUVREUR DE LA TELEGRAPHIE SANS FiL Edouard Branly Extrait du bulletin de la Société de Géographie de Québec: Cet illustre physicien français, né à | Amiens en 1846, élève de l'Ecole Normale Supérieure, fut nommé professeur au lycée de Bourges, puis directeur adjoint du laboratoire de l\u2019enseignement de la physique où il resta jusqu\u2019en 1875.Dogteur ès sciences en 1873, il se fit recevoir docteur en médecine en 1882.Entre temps, il professa au Collège Rollin, puis devint professeur de physique à l'Institut Catholique de Paris.Au cours de ses études, il se fit connaître par ses recherches sur l\u2019électricité, sur les phénomènes électrostatiques dans les circuits des piles, sur la décharge électrique par les rayons violets, par les gaz et les corps incandescents.Ses études préparatoires au doctorat en médecine le conduisirent à perfectionner l'étude du spectroscope et à l'appliquer à la biologie.En étudiant la physiologie.il fut par analogie conduit à comparer la puissance conductrice intermittente des nerfs et +.prouver que les nerfs ne sont pas des fils conducteurs ininterrompus, mais bien plutôt les \u2018neurons\u2019 libres mais très rapprochés et formant des points de conductibilité intermittente.Tous savent aisément faire la comparaison logique entre ce système des merfs et celui des fils métalliques formant con- \u2014 ductibilité interrompue.C\u2019est le système du radio-conducteur qui,- avec l\u2019aide de l\u2019électricité reliant les deux pôles éloignés, lorsqu'on met le courant en action, produit un système conducteur ininterrompu qui dure A volonté et qui est brisé dès qu'on coupe le même courant électrique.Le principe de la télégraphie sans fil était posé, mais tes expériences de Branly, excellentes dans un laboratoire, ne pouvaient encore servir à l'industrie et au commerce.Ce fut là l\u2019application pratique découverte par l'Italien Gu- glielmo Marconi, en 1899.En résumé, la télégraphie sans fil peut être considérée comme ayant cinq créateurs qui, chacun dans sa sphère, ont découvert les éléments essentiels de cette géniale invention.Voici leurs noms: Hertz.\u2014qui découvit les ondes portant son nom; Righi,\u2014 qui enseigna a Marconi l'art de les contrôler; Popoff,\u2014 qui fut le premier à transmettre les ondes au loin: Branly,\u2014le plus grand de tous, qui, par ses découvertes purefnent scientifiques, trouva moyen de recevoir et de transmettre au loin ces ondes inter- mittentés; ® Marconi,\u2014qui, utilisant.les découvertes précédentes, les rendit pratiqués et qui créa les instruments récepteurs et transmetteurs prodigieusement puissants dont se sert l\u2019univers entier.re De méme qu\u2019avait fait Pasteur, cet illustre savant catholique, Branly, tout occupé de ses travaux purement scientifiques, oublia totalement de tirer profit de ses admirables découvertes et c'est un autre aujourd\u2019hui qui profite de son génie pour s'élever une \u2014 148 \u2014- \u201c WW \\ & Vol.13, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 TOILET LAUNDRIES LA TOILET LAUNDRIES EST SANS CONTREDIT LE MEILLEUR ETABLISSEMENT DE LA VILLE POUR LE NETTOYAGE ET LE LAVAGE DU LINGE Aucune autre buanderie ne peut donner satisfaction à sa nombreuse clientèle comme la Toilet Laundries.On fait également la TEINTURERIE DES HABITS ET TOILETTES ET CE DEPARTEMENT EST ,UN DES MEIL- \u2018 LEURS DE MONTREAL.ECRIVEZ OU TELEPHONEZ MAINTENANT.TOILET LAUNDRIES, LIMITED Uptown 7640 \u2014 149 \u2014 ' if 3, fr !.ot ire it\u2019 i iin.H fée 4 4) pt M \u2018 ' i ihe ; mans es 0008 IR Ut byt Vel.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE renommée universelle et une grande fortune.Comme il y a trente ans.les élèves de l\u2019Institut Catholique de Paris voient venir chaque semaine, pour donner ses trois cours réguliers du matin, l\u2019humble savant resté pauvre et presqu\u2019ignoré du grand public, et c\u2019est même une pauvre servante, promue aide du cabinet de physique, grâce à son dévouement et à son intelligence, qui, durant les travaux préparatoires, assiste le professeur Branly dans la manipulation de ses instruments d\u2019expérimentation.Titulaire avec Curie du grand prix Osiris, en 1908, Branly fut candidat heureux à l'Académie des Sciences, contre Madame Curie, repoussée à cause de son sexe.En 1905, faisant une expérience sur sa découverte du radtoconducteur, Branly donna une solution générale du problême de la télémécanique.En transmettant le premier message de télégraphie sans fil qui venait d'être inventée, Marconi, établi à Dou- wes (Angleterre) envoya les mots suivants à Edouard Wimereux (France) : \u201cM.Marconi envoie à travers la Manche à M.Branly ses respeotueux compliments, par voie de télégraphie sans fil, cette admirable découverte étant dûe en grande partie au travail remarquable de M.Branly\u201d.Un plus bel éloge ne pouvait être fait à Branly et cet éloge fait honneur À Marooni tout autant qu\u2019à Branly lui- même, putsqu'il prouve une fois de Plus que la vraie science n\u2019est pas sus- oeptible des atteintes de l'envie et qu'elle plane bien au-dessus dans les sptières de l\u2019Idéal.Outre un certain nombre de mémoires publiés dans les grandes revues wt 150 \u2014 Branly, établi à Montréal, février 1922 scientifiques, on doit à Edouard Bran- ly de savants traités, dont les principaux sont les suivants : \u2018\u2018\u201cTraité élémentaire d\u2019électricité (1895) \u2014Trai- té élémentaire de physique (1895) et Cours élëmentaire de physique (1895)\".ô HAUT LES MAINS Dans un des trains qui emmenalent les officiels à Nantes, un compartiment à couchettes avait été réservé pour deux hauts fonctionnaires, qui avaient été l\u2019un et l\u2019autre directeurs de la Sûreté générale.Au milieu de la nuit, vers trois heures du matin, ces deux ex-grands chefs de la police dormaient profondément lorsque la porte de leur compartiment s\u2019ouvrit; et, brusquement, ils furent réveillés par le cri bien connu de: Haut les mains! Ils se dressèrent sur leur séant, tout effrayés, mais aussitôt reprirent leurs sens en entendant des rires étouffés.C'était une aimable farce que de jeunes fonotionnaires avaient cru excellente à faire à des directeurs de la Sûreté générale.oo 0 Les larmes du coeur sont des parfums que les anges recueillent pour porter à Dieu.Une grande âme ne désespère jamais.\u2018 « + * La douleur sauve ou damne, il n\u2019y a pas de milieu.= += + C\u2019est à l\u2019école de la souffrance qu'on apprend à façonnef son coeur, * = \\ # Java que à les me phys: Comp uth les me mond tegen les me i ni | one eo Can hous ¢ a ph Madr db.C7 o£ Eo Vol.15, No 3 .LA REVUE POPUL ATRE Montréal, février 1922 Lisez ce que Madame Mary DesRoches, de _ Summerside, P.E.L., nous écrit au sujet du e RATE \u201cA AER] ~JNCE , A > P : \u2018 h ci ve ri & Qa û Pt \u2019 Ea .\u201cUne attaque d\u2019influenza, en automne 1918, me laissa dans une faiblesse telle que je pouvais à peime Laverser la cuisine.Pendant près de deux mois je crachai le sang et je croyais, ainsi que mes voisins, que j'étais à la première.période de la tuberculose.Quand je tombai malade, je pèsais 120 livres, puis je descendis à 98 livres.Sur la recommandation de mon pharmacien, je commençai à prendre du Cernol.Avamt la fin de la première bouteille, je ressentis une amélioration sensible.Je pris alors quatre bouteilles et l'amélioration fut si merveilleuse que je gagnai un poids que je n'avais jamais atteint auparavant.Je peux recommander avec confiance le Carnol à tous ceux dont la santé est mauvaise, comme le tonique le meilleur et le plus agréable au goût qui soit sur le marché aujourd\u2019hui.\u201d Quand une santé chancellante indique les symptômes de l\u2019anémie, du dépérissement, de la tuberculose ou consomption on\u2019 dbit espérer d\u2019excellents résultats du CARNOL.Ce remède nourrit le système nerveux, édifie les tissus.augmente le poids et renforcit le système humain tout entier.Il se recommande tout spécialement pour les neurasthéniques et le rachitisme, ainsi que pour les maladies qui dépendent, comme le rachitisme d\u2019un corps faible et d\u2019une mauvaise condition physique.C'est pourquoi le rachitisme se rencontre presque toujours chez les enfants mal nourris et chétifs.Ce n\u2019est pas un secret ni un mystère que la composition du CARNOL.\u2014 Son ingrédient principal est la glycérophosphate \u2014 tonique merveilleux pour les nerfs \u2014 qu\u2019on appelle aussi sel du sang.Par le monde entier on reconnaît qu\u2019il n\u2019y a pas de meilleur régénérateur du sang, de tonique plus efficace pour les nerfs que ce médicament précieux./ Une combinaison avec ces: sels sont les éléments 0 A R NOL 0 \u2019 ; foi | Beet, Cod Liver Oil nutritifs solubles du bœuf et l\u2019extrait de foie de fj Beet, Cod Liv 01 morue \u2014 de ce dernier on a su enlever tout l'odeur et A rit os the soluble j le goût désagréables.M crues at wo amon .i (rech Bast, she Wiaicide \u2019 one sunce of i Cod Liver OU Nous sommes tellement confiants du mérite du 3 ten wine ., .phate Sales an CARNOL que si vous n'en retirez pas tout le bien que proper combmation nous vous en disons, rapportez-en les bouteilles vides ! Pstéeret | au pharmacien qui vous les aura vendues et il vous I Cries À d f I toh ov according to age rendra voire argent.\u2018 mer \u20180 Napier 4 er dagen \u2018 Han AMC TRES Br TRANS VW HORNER troy 2 MONTREAL N | Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE » Montréal, février 1922 ' Pourquoi la science croit que la Sainte-Coupe est enterrée dans les ruines de l\u2019abbaye de Glastonbury IIL CE LE IH UE CRTC A RE I TOL HU LO HAN HILEH DIM I se pourrait que les coeurs chrétiens soient bientôt transportés d'allégresse à la découverte de la \u2018Sainte Coupe\u201d, celte relique précieuse des dernières heures de la vie terrestre de \u201cNotre Seigneur Jésus-Christ\u201d pour laquelle des recherches ont été faites sans succès pendant des siècles.Depuis quelques années ceux qui s'occupent de ces recherches sont ar-, rivés à croire, d'une façon à certaine, que cette \u201cCoupe\u201d enfouie dans les ruines de l\u2019Abbaye de Glastonbury.Pour s\u2019assurer de la vérité de leurs théories, ces sav n' fouillent avec soin les ruines de lu oc - lèbre Chapelle de la Vierge, situées à Ja partie nord de l\u2019Abbaye.Les ruines, à cet endroit.couvrent le sol à une profondeur de plusieurs pieds et c'est avec les plus grands soins que les fouilles sont pratiquées dans l'espoir de trouver la \u2018Sainte Coupe\u201d ou quelque indice s'y rapportant.peu près Après la \u2018Sainte Croix\u201d sur laquelle le \u2018Sauveur\u2019 a été crucifié, \u201cSaint Sépulere\u201d\u2019 dans lequel son corps a été enseveli, rien n'est plus précieux pour un coeur chrétien que cette \u201cCoupe, Calice\u201d, ou autre sorte de \u2018\u2018Vase\u2019\u2019 que l\u2019on désigna sous le nom de \u2018\u201c\u2018Sainte Coupe\u201d.On croit que c'est la \u2018\u2019roupe\u201d qu: a servi à Notre- Seigneur lorsqu\u2019il a institué l\u2019Eucha- ristio, mais il y à une autre raison qui fait que cette \u2018\u2018Coupe\u2019\u2019 est vénérée se trouve.et le | par tous les Chrétiens, c\u2019est que, d\u2019après de nombreuses traditions auxquelles on a toujours ajouté foi depuis les premiers temps du christianisme, cette même \u201cCoupe\u201d a été portée de la salle où eut lieu la \u2018\u201cCène\u2019\u2019, au pied Ye la Croix, sur le Mont Calvaire, et que les apôtres présents à l\u2019agonie du Sauveur ont recueilli dans Elle le Sang qui coula de la blessure faite par la lance qui perça son côté.Le Saint Sépulcre 1 est probable que la \u2018Sainte Coupe\u2019, si on la découvre au cours des fouilles, ne sera qu'une simple coupe en faïence, ou une pierre creusée ; mais la croyance qu'elle a servi à l\u2019institution de l'Eucharistie, et que le Sang du Christ y a été recueilli, la rendra plus précieuse aux yeux des Chrétiens qu\u2019une coupe en Or ou garnie de diamants et de pierreries.On peut difficilement _s'imaginer l'influence que cette \u201cCoupe\u201d , quoi- \u2014 152 \u2014 \\ = en» TN.Eux c= + Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE: Montréal, février 1922 | ENLEVEZ CES POILS | ET DUVETS qui déparent votre visage | ¢ à i ze tf & | v Ë | avec la célèbre 2 | du Dr.Simon, de Paris | Facile à appliquer soi-même, inoff'ensive, elle agit rapidement, sans laisser de traces et sans activer la pousse.- Envoyez 10 cents pour échantillon généreux.COOPER & Cie, ch.119, 155-ouest, rue desCommissaires, MONTREAL _ a vos Sa _ \u2014 BLL ~ t \u2014\" a EE SE 8 I=\" Voici, Mesdames, le Populaire Sh LAIT DES DAMES ROMAINES | | | DANS SA NOUVELLE TOILETTE | | | : Un paquetage plus commode que l'ancien of plus > digne de la renommée universelle de ce produit qui 4 depuis au delà d'une quart de siècle à beaucoup _ - coniribué à la préservation de ta BEAUTE LE LA FEMME en rehaussant la blancheur et la finesse de la peau, | en éclaircissant le teint, en le protégeant et en fai- | sant disparaître ROUGEURS.BOUTONS, DARTRES, | ; 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les volumes écrits à ce sujet rempliraient une grande bibliothèque.Une des histoires les plus complètes sur ce sujet se trouve dans le \u2018\u2018Grand Saint Graal\u201d.un curieux ouvrage français datant du 13ème siècle, que l\u2019on prétend avoir été donné par le Christ lui-même à un pieux ermite., Si c\u2019est la \u2018Sainte Coupe\u201d que le Christ a donné à Joseph d\u2019Arimathie, pour se soutenir pendant qu\u2019à était en prison, comment aurait-elle pu être apportée jusqu\u2019eñ Angleterre ?Et \\ \u2014 154 \u2014 ml NV Co Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 a \\ a.5 Le Sang Pauvre est semblable au [ait Ecrémé EF, même que le lait est un aliment parfait, ainsi le sang est la nourriture parfaite des cellules et des tissus 4 du corps.Mais le sang pauvre, aqueux, est comme du lait pauvre, pleni d'eau, avec la crème enlevée, et vous ne retirez pas grande nutrition du lait écrémé.L'action du cœur affaiblie eet un des premiers résultats de la condition affaiblie du sang.Il y manque d\u2019haleinë& la circulation du sang n\u2019est pas normale, vous vous fatiguez rapidement et vous souffrez d\u2019indigestion.Le cœur est un travaillant infatigable et prodigieux aussi longtemps qu'il est approvisionné de beaucoup de sang riche et pur pour remplacer sa propre perte.Pour surmonter ce mauvais état de l\u2019organisme, il est nécessaire de fournir du sang sous une forme condensée et d\u2019une assimiliation facile, des éléments de la nature qui fournissent directement la nutrition au sang.Ces ingrédients se trouvent dans le bon composé de la Nourriture du Dr Chase pour les Nerfs.D'une action très douce et puissante à la fois, ce traitement reconstituant nourrit le sang et par l\u2019intermédiaire du sang met une énergie et une force nouvelles dans chaque cellule et tissu de l'organisme.L'action du coeur est renforcée et les sensations de fatigue et d\u2019épuisement disparaissent.La Nourriture du Dr Chase nonr les Nerfs, 50e la boîte, chez tous les marchands, ou d'Edmanson, Bat+s & Co, 1.td.Toronto.15 \u2014 155 \u2014 RE ES MR NUE nee > LEE EE bl 5 i En Vol.13, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1923 \u201c=r va TE =.7 = RE Base A of 5 a > daa lB\" Ry 33 \u201c Ruines de Abbaye de Glastonbury.qu\u2019est-ce qui donne a pensér que cette \u2018Coupe \u2019 peut être trouvée dans les ruines de l'Abbaye de Glastonbury?D'après un grand nombre de légendes que des historiens éminents ont élevées au rang des faits certains, Joseph, après sa mise en liberté, est ve- = Philippe l\u2019Apôtre, éomme missionnaire en Bretagne.Le roi de Brelagne re- cut avec bienveiliance Joseph et les onze hommes qui l\u2019accompagnaient, et il leur donna la terre actuellement recouverte par les ruines de l\u2019Abbaye nu dans un pays qui est maintenant la France.De là, il a été envoyé, par St- de Glastonbury.Cette terre était à cette époque une ile, mais elle est ac- \u2014 156 \u2014 Voi.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 LE SANG, C'EST LA VIE Pour le traitement de l\u2019Anémie, de ia MNeurasthé- nie, de la Tuberculose, du Rachitisme et de toutes les affections pulmonaires L\u2019HISTO-FER GARNIER ! est le remède tout indiqué.C\u2019est le tonique le plus puissant de nos jours.Résultats assurés.PRIX : $1 25 LA EOUTEILLE.EN VENTE DANS LES MEILLEURES PHARMACIES ET AUX PHARMACIES MODELES DE GOYER aT _ AGENTS SPECIAUX : 217 rue Ste-Catherine, Maisonneuve 180 rue Ste-Catherine Est \u2018Tel.Est 3208 Lasalle 1664 { - Cu à | Savez-vous que a me a x 137 ne se vend que 15 sous 2 \u201c0 CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE JOURNAUX ATT \u2014 POIRIER, BESSETTE & CIE, 131 Cadieux, Montréal \u2014 157 \u2014 Vol.15, No 9 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 tuellement à environ 13 milles à l\u2019intérieur de l\u2019Angleterre.Sur cette île, Joseph bâtit une église pour obéir à une vision de la Sainte Vierge.Cette église fut construite en roseaux ingénieusement liés ensemble.selon l'habitude de ces temps primitifs.Celte église grossière et les autres bâtiments construits un peu plus tard devinrent le centre de la vie religieuse naissante dans les Îles anglaises et il en fut ainsi durant des siècles.Quoi de plus naturel que Joseph d\u2019Arimathie ait apporté la \u201c\u2018Sainte Coupe\u2019, qu'il avait enchâssée et conservée quelque part dans cette place où Îl passa les dernières années de sa .vie, et où l\u2019on suppose qu\u2019il a dû être enterré ?C'est sur cette théorie que l\u2019on se base pour espérer trouver la précieuse relique dans les ruines de la Chapelle de la Vierge.L\u2019Abbaye de Glastonbury a tenu une place prépondérante dans l\u2019histoire de l'Angleterre durant les premiers siècles du christianisme ; le brave roi Ar- \u2018thur et la belle reine Guinevere y ont été enterrés.On croit que ce sont leurs restes qui ont été découverts, il y a quelques siècles, dans un grand cercueil taillé dans un gros tronc de chêne.Le cercueil.qui était placé entre deux pyramides, était recouvert d\u2019une tablette de granit marquée sur son côté inférieur par une croix de plomb.Le bon St.Patrick, l\u2019apôtre de l\u2019Irlande, a passé plusieurs années de sa vie à l\u2019Abbaye.et.d\u2019après certaines autorités, il y aurait été enterré.Le peuple anglais attache tant d\u2019importance aux ruines de cette Abbaye, qu'il y a quelques années il s\u2019est fait une souscription populaire pour acheter ces ruines qui ont été classées comme monument national.Une des plus remarquables reliques encore actuellement conservée, est la grande horloge de l\u2019église, construite par le moine Peter Lightfoot, au 14e siècle.Sur un cercle, celui le plus éloigné du centre, sont marquées les minutes, et sur un troisième cercle, encore plus près du centre, sont marquées les phases de la lune.Au-dessus du cadran s'élève une tour, autour de laquelle des statues équestres en métal, représentant des chevaliers, tournent chaque fois qu\u2019une heure sonne.Gette ancienne horloge fonctionne encore au Musée Victoria et Albert à Londres.On croit que c\u2019est la plus ancienne horloge du monde.Une des plus intéressantes curiosités que l\u2019on-admire à Glastonbury, curiosité qui montre bten comment l'histoire de ce lieu est intimement liée à Joseph d\u2019Arimathie et à la \u201c\u2018 Sainte Coupe\u2019\u2019, c\u2019est une aubépine qui fleurit non seulement en mai, comme toutes les autres aubépines, mais encore à l\u2019époque de Noël: on la désigne sous le nom de \u2018\u2019Epine de Glastonbury\u2019.D'après la tradition, cette aubépine provient du plant même que Joseph d\u2019Arimathie a planté à son arrivée à Glastonbudy, il y a près de 1900 ans, alors que.suivant les historiens, il aurait apporté avec lui la \u2018Sainte Coupe\u2019 qu'il avait reçue des mains du Ghrist, alors qu\u2019il était en prison.o- Le coeur est un grand enfant qu'il ne faut pas contrarier; sa vie est fragile, un rien peut la briser.« 4% % Le vrai malheur de la vie c\u2019est de venir à mépriser ce qu\u2019on aimait.& % ok : Lorsque la délicatesse s'en va.la probité se lève pour la poursuivre, \u2026\u2014 158 \u2014 on ~ \\ \\ = > > #\u2014 NN \\(a- æ } _\u2014\u2014 I ~\u2014\u2014 ~~ a : * ZF Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 \u2019 É = - : m\u2014 Ç 4, EX AMEN DES YEUX GUERISON DES YEUX sans médi | PH caments, opération ni douleur.Nos | i Vpn Verres Toric, nouveau style A ORDRE, sont garantis pour bien VOIR de LOIN ou de > \u201cA \u201cis PRES, tracer, coudre, lire et écrire.; wl 5 rn 41Ÿ/// Consultez le Meilleur de Montréal.Le Spécialiste BEAUMIER 4 .C , UT .Coin As.Plead bo been vb i a À D'ORTIQUE 144 rue Sainte -Caïherine Est MONTRREAL 4 a AVIS.\u2014 Cette annonce rapportée vaut 15c par dollar sur tout achat en lunetterie.Spécialite E Ni Yeux artificiels.N\u2019achetez jamais des \u2018\u201c\u2018pedlers\u2019, ni aux magasins \u201cà tout faire\u201d si vous tenez à , > vos yeux.- + A Ju Ne .fi: ; | a r AVIS A NOS LECTEURS Y p mé Fidèles au programme que nous nous sommes proposé et désireux de donner satisfaction u - nos lecteurs en général, voulant en un mot que le Revue Populaire soit impeccable comme re- ih ine vue canadienne-française, nous tenons à informer nos abonnés, surtout les Directeurs et Direc- E À trices d\u2019Etablissements d'Education, les Pères de famille, bref, tous ceux qui s\u2019intéressent à la i.no saine culture de l'esprit de notre jeunesse, que nous venons de sacrifier les intérêts pécuniaires gl de la Revue Populaire pour qu\u2019elle soit absolument sans reproche.ke: On nous reprochait souvent de publier certaines annonces au vocabulaire plutôt déplacé \u2018dans E 4 une revue de famille comme l\u2019est la Revue Populaire.Or, ayant compris la justesse de ces pa - \u2018réclamations, nous tenons à affirmer qu\u2019à l\u2019avenir aucune annonce de ce renre ne paraîtra dans % \u201c la Revue Populaire.Fi Ur Nos amis voudront bien prendre note de notre résolution & ce sujet, et, nous n\u2019en doutons .B pas, ils recommanderont la lecture de la Revue Populaire.Cssormais @ I'abri de tous commentai- 4 Ae res fâcheux.bo ECRIVEZ-NOUS.\u2014Si les articles ne vous donnent point satisfaction ou si vous 8tes trompés i d\u2019une manière quelconque par les annonceurs de cette revue, écrivez-nous et nous verrons à Er Lu vous faire rendre justice.r x L ) ; > >>> >> EE AR ER > > > > > jh: e nan ABONNEZ-VOUS AU JOURNAL || LE PASSE-TEMPS (Fondé en 1895) ; J SEPT ou HUIT chansons ; A Dans chaque DEUX ou TROIS morceaux de piano ; fi numéro on trouve : Aussi Musique de Violon ; i Conseils et Renseignements sur les Disques.?ABONNEMENT i Un numéro, 10 cents \u2014 En vente partout.> i A Adresse : 16-est, rue Craig \u2014 \u2014 Montréal I === Demandez notre catalogue de primes y Li i BE \u2014 189 \u2014 L.we RE EE CE EE RTE RTE AIO RETIENS VE EE ESS CETTE REO ET CGE SEEN EER Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ANIMAUX A FOURRURES Cw hw far Elevage des moufettes Vu le prix ascendant des fourrures, il serait bon de faire une étude spéciale de tous les animaux à fourrure élevés en captivité.Plusieurs éleveurs cherchent à se renseigner sur la moufette (bête puante).Jusqu\u2019à présent, on ne s\u2019est guère occupé d'élever cet animal en captivité au Canada.On a cependant prouvé que son élevage est facile.Il s\u2019agit, avant tout, de savoir si l\u2019entreprise sera rémunératrice.Comme les meilleures peaux se vendent actuellement 810 la pièce, il semble qu\u2019il serait possible de faire de l\u2019élevage de ces animaux un succès financier.importants sur cet animal: Traits caractéristiques: La moufette n'est ni timide ni vicieuse; elle sc domestique sans peine.Elle aime à creuser, mais ne grimpe que rarement d\u2019une nature sans défiance, elle se laisse aisément prendre aux pièges.Elle sort généralement la nuit.\\ Alimentation: Cet animal est pour ainsi dire omnivore.A 1'état sauvage, il se nourrit d\u2019insectes, de sauterelles, de grillons, de charançons et de chenilles.En captivité, on peut nourrir les moufettes avec de la viande, du poisson, des céréales, des végétaux cuits et du lait.Le mode de nourriture le moins coûteux consisterait à utiliser les déchets de la cuisine d\u2019un hôtel.Il faut, cependant, éliminer toute viande putride ou en voie de décomposition.Propagation: Pour l\u2019'accouplement, ! ro faudrait prendre d\u2019autres mâles que ceux appelés \u2018star black\u201d.Un mâle suffit pour une demi-douzaine de femelles; la durée de la gestation de 7 ae 1 Voici quelques renseignements vers l'intérieur; tes élevées en captivité est, est de 9 semaines environ ; chaque portée donne de 6 a 42 petits\"; les jeunes naissent les yeux fermés et presque sans poil.On peut les sevrer à l\u2019âge de deux mois.L\u2019enlèvement de la senteur: Le fiui - de.puant, que la moufette emploie pour se protéger, est contenu en deux poches, situées de chaque côté du canal d\u2019éjection.Il est possible d\u2019enlever ces poches, quand l\u2019animal est âgé de cinq semaines; cette opération le rend ensuite aussi inoffensif qu\u2019un chat.Mais l'opération n\u2019est pas absolument indispensable, car la moufette domestiquée n\u2019usera probablement de son fluide qu\u2019en cas d'épeurement causé par quelque intrus.Enclos : Les clôtures en treillage métallique pour les enclos à moufettes sont faites de fil No 16, avec maille de un pouce, d\u2019une hauteur d\u2019environ 3 pieds avec partie supérieure inclinée la partie inférieure devra être enterrée d\u2019au moins trois pieds et l\u2019extrémité tournée en dedans.Les abris, ou taniéres, si le sol le permet, peuvent étre construits artificiellement, et les moufettes s\u2019y retireront.Mais presque toutes les sortes de trous ou \u2018tanières répondront aux besoins, pourvu qu\u2019ils soient secs.Fourrure: La fourrure des-moufet- dit-on, d\u2019une qualité inférieure à celle de ces animaux à l'état libre.-On attribue cette dépréciation au manque d'exercice.Ce sont les fourrures noires et à raies étroites qui sont les plus estimées.Un choix judicieux aura pour effet d'obtenir les qualités désirables.Les peaux de cés animaux devraient être mises en boîtes pour le marché.Dans le\u2018commerce, cette fourrure est souvent vendue sous le nom de \u2018\u2018marte d'Alaska\u2019 ~~ 160 \u2014 PT EE TIL RR Ry RT TF PP ry II IP TR Irv « Vol.15, No 2 LA REVUE POPULAIRE Montréal, février 1922 ~ BEAUTE, FERMETE DE LA POITRINE - 1 Disparition des Creux des Epaules et de la Gorge par l\u2019emploi du Traitement DENISE ROY x en 30 jours.Le Traitement Denise Roy, réalisant les plus récents progrès, garanti absolument sans danger, approuvé par les sommités médicales, développe et raffermit très rapidement la poitrine.D'une efficacité remarquable, il exerce une action reconstituante certaine et durable sur le buste, sans faire grossir les autres parties du corps.\u2018Très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Bienfaisant pour la santé comme ionique pour reniorcir, facile à *- prendre, il convient aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme faite.Prix du TRAITEMENT DENISE ROY, (de 30 jours) au compet: $1.00 Henseignements gratuits donnés sur réception de 3 sous en timbres.Mme DENISE ROY, Dépt.5 Boite postale 2740, MONTREAL Pourquoi rester une inaiade languisennte duan il ne tient qu'à vous d'être bien portane 7?La guérison esi assurée avec ' LE TRAITEMENT MEDICAL GUY | lest le Meilleur remade connie coatre les mala- \u2018les féminines; 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