La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 août 1930, Août
[" f B 0 ; ART HERTIIE CIENCES LETTRES .- HISTOIRE = Ps % Ser = 7 PF # RF DE CADFHIFS .# a 4 $ 7 IE 3 =) py pat Par = % 23 : À 7 7 = » f s = 7 #4, = grandi =.= A [= Lu RFF se - \u201cUy, À NX Eo roel Ue 4 nN \u2014 ri J \u20ac f TE i oi x 7% Je 2 a ; 7 7 Ch es pa 7 J 2 \u201cni 7 = = $ vw s AN card.Fo NN Zo, NL DE 197% 7 7 3 a ON % = XN 5 5 è \\ 3 2 3 « : #4 io, - E 5: 7 & fo Fas A Ù x J = J 2 3 AOÛT 1 = 930 5 = 2% Lis x RITE oe a es Je 5 Ep in br I Pky ar EA res 22 es ih AREF pr pr a As pures Es ELECT AR CPR AS LBL on pes TARTAR ARE A LL ER A RRL Si a = ie + Er: 55% =, fer Tr TELE dr RES == ete, \u2014e ins E trs cree: TEE Ed = Ee ns rary x ca re CRETE ral ry ERE es RER EK Pere \u2014 _ i ox erie Xd des I gras re = LE QE \u201cLe Palmolive est le savon qui nettoie parfaitement la peau .et révèle en même temps le charme naturel\u201d dit le célèbre LEON DESFOSSE ae \u2014 un des spécialistes en beauté 0 be AGA Ai amides wvatacent Spree art patisiens les mieux connus.\u201cLe Palmolive est si efficace a cause d\u2019un mélange unique d\u2019huile de palme et d\u2019olive qu\u2019il contient, des agents qui nettoient et soulagent le teint en même temps qu\u2019ils raniment sa couleur naturelle.\u201d ar Les huiles cosmétiques de ce fameux savon pour la figure sont votre meilleure sauvegarde contre les dangers qui menaçent la peau.Desfossé n\u2019est pas le seul à partager son opinion sur les effets toniques des huiles de palme et d'olive.Aujourd'hui, un groupe extraordinairement imposant de plus de 19,800 spécialistes en beauté \u2014 dans le monde entier \u2014 conseillent le Savon Palmolive.Les savons ordinaires ne convienrent pas Méfiez-vous de l\u2019usage de savons grossiers, de J vous étes allée a Paris.si vos amies sont savons faits de graisses indésirables, de savons colorés allées à Paris.vous connaissez probable- artificiellement ou très parfumés.Ils peuvent être ment le chic salon de beauté de Nesfossé sur la inoffensifs.1 as\u2019 : 25 Mais il est dangereux de faire l\u2019expé- L'établissement Desfossé a été rue Saint-Honoré., î fi Le Palmolive est composé des seules huiles l\u2019école d'apprentissage de plusieurs spécialistes fran- Ce sont ces huiles qui lui don- rience.de palme et d'olive.çais maintenant célèbres, au nombre desquels se trouve nent sa couleur verte naturelle.Elles éliminent la Desfossé possède à Paris un salon des plus extraordinaires.les parquets en mosaïque, les murs en marbre ont un cachet qui plaît aux dames.Emile Massé de la rue Daunou.Desfossé lui-même, fut appelé à Madrid pour traiter les membres de la Cour Espagnole, lors du couronnement d\u2019Alphonse XIII.Il frt aussi appelé en Allemagne auprès des princesses lors du couronnement du dernier roi de Saxe.C\u2019est un homme d\u2019une telle importance professionnelle internationale qui vous conseille d'employer le Savon Palmolive.Il dit: \u2018Je conseille toujours à mes clientes de se laver avec du Savon Palmolive et de l'eau chaude, faisant d'abord une mousse des deux mains, rinçant ensuite à l'eau chaude puis à l\u2019eau froide, ranimant ainsi le teint.\u201d nécessité d'ajouter des parfums pénétrants.\u201cLa peau doit être parfaitement lavée, mais il faut prendre soin d\u2019employer seulement le savon donnant les plus grands bienfaits avec le moindre inconvénient,\u201d vous conseille le grand Desfossé.Des savons ordinaires sont irritants.Vous ne devriez pas faire d\u2019expériences, quand il est si facile d'acheter du Palmolive.Des millions s\u2019en servent pour le bain aussi bien que pour la figure.Vous le trouverez sûr, protecteur, doux et soula- Les grands experts en beauté du monde le Essayez le Palmolive et vous compren- geant.conseillent.drez pourquoi.L'HEURE DE RADIO PALMOLIVE \u2014 Irradiée chaque mercredi soir \u2014 de 8.30 à 9.30, heure de l\u2019est; de 7.30 à 8.30, heure centrale; de 6.30 à 7.30, heure des montagnes; de 5.30 à 6.30, heure du Pacifique \u2014 par le Poste WEAF et 39 postes associés à la \u2018The National Broadcasting Company\u201d. MET SUR LE MARCHE DES VOITURES PEU DISPENDIEUSES LE PLUS ELEGANT ET IMPRESSIONNANT AUTO JAMAIS OFFERT A CE PRIX \u2014 VITESSE NOUVELLE, FORCE NOUVELLE.PLUS DE CHIC eu NOUVEAU PLYMOUTH SEDAN, 4 PORTES, 3 FENETRES, $775\u2014Fabriqué au Canada pour les Canadiens.Voyez le nouveau et plus beau Plymouth\u2014en étalage aujourd\u2019hui dans toutes les salles d'exposition des agents canadiens Chrysler, Dodge Brothers et De Soto.Produit de la science mécanique et de l\u2019exécution soignée de la Chrysler Motors.Performance entièrement nouvelle.Force nouvelle.Vitesse impressionnante.Nouvelle souplesse, flexibilité et économie.Résultat de moteurs à haute compression, nouveaux et plus gros.Freins hydrauliques sur les 4 roues à l'épreuve des intempéries .défiant toute comparaison.Beauté saisissante, nouvelle aussi.avec lignes surbaissées d\u2019un type nouveau, fuyant du nouveau radiateur plus haut jusqu\u2019à l'arrière .et capot du type français pour accentuer son allure de voiture européenne.Nouveau confort et nouveau luxe.nouvelles dimensions et plus d'espace.Facilité de contrôle et de conduite au-delà de ce que vous attendiez d\u2019un auto de son prix.Le nouveau et plus beau Plymouth est maintenant l\u2019un des autos les moins dispendieux du monde.Voyez-le.Condui- sez-le.Achetez-le.Ayez l\u2019orgueil et le plaisir d\u2019en devenir propriétaire! 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Demandez-lui de vous expliquer la Police de Service au Propriétaire General Motors, la plus complète de l\u2019industrie, et faites-vous aussi renseigner sur le mode de paiement différé G.M.A.C.de la General Motors.LIMITED IL EST MEILLEUR PARCE QU'IL EST CANADIEN Août 1930 La Revue Populaire > ABONNEMENT Vol.23, No 8, Montréal, Août 1930 : LA REVUE POPULAIRE est CANADA \u2018 LT > expédiée par la poste entre le Directeur : \"JEAN CHAUVIN ler et le 5 du mois.Six mois.\u2026.\u2026.\u2026\u2026 Editeurs-Propriétaires : Un .POIRIER, BESSETTE & CI: COX XX CORA ZX eX 975, Tue de Bullion SDMANANRIE Tél: LAncaster 5819 Couverture: Un | TF Où) / A (DECIR EN 6X9 ON) EN La pêche au saumon dans le Fraser, C.B.(Photo du C.N.R.) pd La fortune des Peaux-Rouges Lee = S Chronique d'art \u2026 \u2026 2224 0 ON 6 e Architecture: To (5) { © Hôtels du Canadien National .+ + \u2026 14 6 ) Livres et Revues .22e À 9 © Chronique féminine, par Francine .+ .17 G pe > Nos romans: 9 à L'HERITIERE DE CADEILLES 5 7 N7 LC) ; par DELLY (fin) \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 19 LE JEU CRUEL @ par JEAN LAURENT.\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 32 BD) LES \u2018CHASSEURS D'OR 6 Q par JAMES-OLIVER Curwoon \u2026 \u2026 .42 2) 0) La bonne cuisine .we o.oo.52 ©) Q J \u2019Emmuré, rouvelle dramatique, par Jean de Kerleca .23 © Décoration du Foyer .54 © Piècz en un acte: IL FAUT MARIER CELINE par JEAN LORIENT .Curiosités et Inventions .+ + + \u2026 \u2026 60 Qu'est-ce que le radium .62 Lactualité .63 En Septembre : LA COUSINE PAUVRE Grand roman d'amour médit par H.WILLETTE (OR JON NY (ON) da OA JOGO! 5 fo A a Ry ES Les abonnés changeant de localité sont TARIF D\u2019ANONCES FOURNI SUR DEMANDE + : 0 priés de nous donner un avis de dix jours, À au moins, et tout changement d\u2019adresse doit NN y >) nous parvenir avec mention complète de \u201c\\ \\ | En : l\u2019ancienne adresse.o- A XA Fi Entered March 23, 1908, at the Post oO iy Office of St.Albans, Vt, U.S.A.as 7 a! EN ° second class matter under the Act of March 3rd.1879. 66 parler de cette PERMETTEZ - MOI de vous rend nouvelle serviette hygiénique qui certaines époques plus supportables à la femme.Cette serviette s\u2019appelle Kôtex\u2014rien ne lui est comparable.Peut-être en avez-vous déjà entendu parler?Si vous l\u2019essayez, nul doute que vous l\u2019adopterez.Kotex diffère absolument de la serviette que l\u2019on façonne soi-même.D\u2019abord, elle est cinq fois plus absorbante que l\u2019ouate la plus fine et elle s\u2019imprègne instantanément, dégageant ainsi la surface d\u2019une humidité gênante à la longue.Cette méthode d\u2019absorption est importante tant au point de vue santé qu\u2019au point de vue confort.Cette particularité est des plus appréciables surtout en été, où l\u2019on supporte plus difficilement toute entrave au bien-être.Reste souple et confortable Kotex ne raidit jamais, ni ne devient incommode.Fabriqué à l\u2019aide d\u2019une merveilleuse substance: le cellucoton, qui est cinq fois plus léger que l\u2019ouate la plus fine.Il assure une légèreté, une douceur qui le rend des plus populaires.Et ce ne sont pas là les seuls avantages du Kotex, Ce qui contribue encore à en faire la serviette de prédilection, c\u2019est sa coupe soignée, merveilleusement comprise pour éviter la transparence à travers les robes si légères soient-elles.Les coins en sont arrondis, de manière à éviter toute aspérité.La composition même dont est faite la serviette Kotex en détruit toute mauvaise odeur, préservant par cela même celle qui en fait usage de toute in- dit l\u2019infirmière Comment, grâce à cette nouvelle serviette hygiénique, Kotex, les jeunes filles peuvent mieux supporter cette période désagréable.La Revue Populaire Oic1 une serviette hysiéni | réellement confortable, absolument protectrice,\u201d Tremblay quiétude à ce sujet.De plus, cette serviette, infiniment douce, exempte de toute irritation.|, Kotex rend le lavage inutile Kotex est excessivement bon marché, elle ne coûte que quelques sous.Vous la jetez après usage.C\u2019est une vraie découverte pour les femmes.N'\u2019allez pas croire un seul instant que les autres serviettes hygiéniques soient semblables à Kotex pour l\u2019unique raison qu\u2019elles ont une certaine similitude d\u2019apparence.Superficiellement, la serviette Kotex peut être imitée, mais pour ce qui a trait aux points importants qui en font sa renommée, c\u2019est chose impossible.Kotex est unique en son genre et insurpassable.Ce qui rend le KOTEX supérieur a toutes les autres serviettes hygiéniques 1 Absolument inodore\u2014II entre dans * la composition du Kotex une substance qui détruit toute odeur.2 Imperceptible\u2014Les angles de Kotex * sont arrondis, ce qui le rend très ajustable.3 Facile à s\u2019en débarrasser\u2014On peut * s\u2019en débarrasser instantanément et complètement.4 Protège la santé\u2014Très absorbant, il * s'imprègne rapidement et dégage la surface d\u2019une humidité propre à la culture des microbes.5 Confortable\u2014Léger, doux, gardant » toute sa souplesse, il n\u2019est pas encombrant et n'irrite jamais.Kotex Ordinaire Kotex Grand-Format 60 sous les 12 75 sous les 12 Je suis certaine que vous désirerez savoir ou vous procurer cette merveilleuse serviette.Kotex dont vous connaissez maintenant tous les avantages.Elle est en vente dans toutes les pharmacies et dans tous les grands magasins.Demandez tout simplement \u201cun paquet de Kotex\u201d.Plusieurs maisons le vendent maintenant tout enveloppé.Yon Trouble Infirmière.KOTEX La Nouvelle Serviette Hygiénique Inodore DE FABRICATION CANADIENNE 1221 Août 1930 uc Essayez le Kotex i gratuitement | Employez le coupon imprimé sur cette page pour obtenir 3 échantillons gratis de Kotex emballés dans un papier ordinaire, sans aucune mention.Et pour obtenir également une petite brochure très l\u2019Hygiène Intime de la femme.Yvonne Tremblay, Infirmière \u2014_\u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 vv by = LRP] Mademoiselle Tremblay, Infrrmière, 1434, rue Ste.Catherine, Ouest, Montréal, P.Q.Veuillez avoir la bonne obligeance de m'envoyer gratuitement, emballés dans une enveloppe non-imprimée, 3 éclantillons de Kotex et un exemplaire de votre brochure, \u2018Hygiène Intime de la Femme\u201d.| | | intéressante au sujet de | È + { | | Province.| | | J I I I ! | | ! Août 1930 LA FORTUNE DES PEAUX-ROUGES LES INDIENS MILLIONNAIRES DE L'OUEST AMÉRICAIN INDIENS DU FAR-WEST ENRICHIS DANS LES MINES Le \u2018\u2018Bureau indien\u201d, de Washington, vient de faire connaître le résultat d\u2019une enquête qu'il a faite sur la situation des tribus indiennes américaines.Cette enquêtte donne d'intéressants détails sur la vie et la situation de cette race.En voici quelques passages: \u2018Tout d'abord, il faut admettre que tous les bruits qui ont couru et «d'après lesquels la race indienne disparaît, se meurt, sont totalement faux.Tandis qu\u2019en 1870 le nombre des Indiens vivant sur le territoire des Etats-Unis s'élevait à trois cent mille, le dernier recensement, celui de 1928, permet de constater qu'il dépasse aujourd\u2019hui trois cent cinquante mille.(Ils sont 105,000 au Canada).La nombre des naissances est, chose remarquable, beaucoup plus grand que chez les Américains.Il était, l\u2019an dernier, chez les Indiens, de 27,5 pour 1,000, tandis que pour les Américains il n\u2019atteignait que 22.5 pour 1,000.Par contre, la mortalité est de 50 pour 100 plus forte chez les Peaux-Rouges.\u201d Ce qu'il y a de plus curieux a constater dans le rapport du \u2018Bureau indien\u2019.c'est la situation matérielle florissante des Indiens.Les chiffres cités qui, certainement, sont encore au-dessous de la vérité, permettent de dire que le peuple en question est le plus riche du monde.En effet, sa fortune est évaluée à quinze milliards de dollars, somme qui répartie entre les trois cent cinquante mille Indiens, ferait que chacun d'eux possède quarante-trois mille dollars.Il va sans dire que les proportions ne sont pas telles et que tous les Indiens ne jouissent pas d\u2019un égal bien-être.Il existe dans les grandes villes, principalement à New-York, Chicago, San Francisco, Detroit, des \u2018milliers d\u2019Indiens qui vivent dans une grande pauvreté.Cependant ceux qui habitent dans les \u2018Indian Reservations\u2019, et c'est 1a la majo- tité (plus de 70%), sont, au point de vue de fortune, brillamment situés.La source de cette opulence mérite d\u2019être relatée.Il y a soixante-dix ou quatre- vingts ans, lors de la guerre d\u2019extermination conduite par les blancs, les Indiens restés en vie furent déportés dans une contrée inculte sous la surveillance vigilante et le contrôle du gouvernement de Washington.Ces \u2018\u2018 réserves existaient, entre autres, à Oklahoma, New- Mexico, Sud-Dakota, Arizona.Là, les Indiens menaient une vie misérable et on pouvait prédire, presque avec certitude, que leur race disparaîtrait totalement en l'espace d'un siècle.Cependant, la découverte de terrains pétrolifères vint changer la face des choses.Les sources d'huile minérale, les plus importantes du moins, furent découvertes dans les réserves \u2018\u2019 des Indiens et ces terrains incultes acquérirent une valeur considérable.Entre temps, les lois avaient été modifiées et on se trouvait dans l'impossibilité de chasser les Indiens des lieux qu\u2019ils habitaient.Il (Photo C.P.R.) ne restait donc plus qu\u2019à les indemniser et à leur accorder des participations pour obtenir d'eux des terrains qui étaient leur propriété.C\u2019est ainsi qu\u2019en même temps que les \u2018rois du pétrole\u2019, les tribus indiennes gagnèrent annuelleemnt des sommes fabuleuses.Naturellement, les Indiens ne peuvent disposer à leur gré de cette colossale fortune.étant sous la tutelle de \u2018\u2019l\u2019Indian Bureau\u201d qui administre ces fonds, ne leur donnant annuellement que les sommes nécessaires à leurs dépenses.Cette tutelle leur a été imposée, le siècle dernier, par le gouvernement, soi- disant pour éviter que les Indiens ne fassent un trop grand abus de l'alcool.De leur côté, les Peaux- Rouges sont d'opinion que le temps est venu de les libérer de cette tutelle et de leur accorder tous les droits qu\u2019ont tous les habitants blancs du pays, entre autres celui de vote.Récemment, les Indiens habitant l'Etat d\u2019Arizona, envoyèrent une délégation auprès du président Hoover, le priant de bien \u2014 rere pa ou 2 A FS A 2 ut # É + Cie + Lk oi ni BA x se pes i ~ # 4 257 a = > se wv % 7 Tr % 2 Août 1930 = F5 dc = = OP TD \u2014 oH Li 5 a ; 5 > ts Ês = + ik es 5 $2 > Ad = 2 ge ; eu ee 5 se cé = ; A + .Se « 5 5 a mr H _ pe Ni 5 5 i S sa 5 = A 7 i > a) 2% 2 or, .FE =) i ed a ), i +% >?| Ca = ban i Rs cu 5 s° .\\¥ * \u2018 = - < s NE +, », ES Le a 5 cos .i i i a + .se = Alt % > RE i s + A 5 > & 4 des É 5 i 2 « 5 2 = 4 < = Li.in CE 2 à i > Ee a F k Xe x su Zi se a fo i 8 i EN ¢ ; 5 wh > ™ 9, 0 i 7 ; 4.x Ne NE dem $ = = { / = he i > AN - wo oy = 5 Ee , 2 S i \u20ac bei i i ; a ; = se.& a s 5 ky k CT = + Se 5 ie = AS GES .a Sy à à 2 ps we a 5 = $ i se = .2 Re > 9 fd 2 a 2 = .ue 5 a 2 = C = se = = 2% se = 2 5 Eg = \u201cA a 4 \u201ca Gi \u20ac = es ER ; Eat) A 4 Pl 3 = 2 3 .; ar ye, 4 # + Es $ = # = § = = .a à ee howd 2 M 7s 13 = à i 2 = > ss = + se Sas SE se] 2: A % er i me ROU = = 4 2 i) ns 5 + aug 6x He Pe « x oh ey 2 a 5 > cu ms Re i \"34.ES # WZ i .2 © ère 5 Whe, Las Gi SF Cos & = A Pr N+ ce a P 5 oo = 5 Gn i \u20ac = ot ed => Fat =: wi 7: pa \u20ac S p= $ SF Some, SL = pe J § enti neigh re aN 7 Ÿ SF Ce se im Fac x = of À à = > 5 Gé se = = a = i = 3 a Fie, eens Sew # K] K + 2 7 ; 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Ne font-ils pas bâtir des maisons, des châteaux, et même des \u2018\u2018ruines\u2019\u2019 pittoresques, d'après des photographies de ce qu'ils ont vu et n'ont pu emporter?Ne s\u2019a.git-il pas essentiellement pour eux que tout soit parfaitement imité?Au fond, la jouissance que nous demandons à une oeuvre artistique.est-ce la signature qui nous la don - ne?C\u2019est l\u2019oeuvre même.Un beau tableau non signé n'en est pas moins un beau tableau; signé d'une rrconnaissant la nécessité de donner satisfaction à la morale et au droit, il faut avouer qu'il est cruel d\u2019enlever à ceux qui ont acheté ces tableaux leurs chères illusions.\u201cSi on leur avait livré des imitations grossières du maître, 1ls seraient les premiers à s'indigner de la supercherie dont ils ont été victimes.Mais les tableaux étaient parfaitement imités.Le maitre n'aurait pas fait mieux.Alors, après tout, que leur importe qu'il n\u2019en soit pas l\u2019auteur véritable?Er même ne pourrait-on pas soutenir qu\u2019il en est l'auteur, puisque tou: ce qui constituait son génie et sa manière s\u2019y retrouve?Il aurait pu les signer! Que veut-on de plus?Le besoin, alors, de crier sur les toits: ces tableaux sont des faux! 13 fausse signature, s\u2019il est vraiment beau au point de pouvoir être attribué à un peintre connu, toute question de morale à part, bien entendu, où est le préjudice?\u201d HENRI HÉBERT Le monument dont on a confié l'exécution au bon sculpteur Henti Hébert et qui ornera le parc Lafontaine à Montréal est un tardif hommage rendu au grand patriote canadien.\u2018Lafontaine, a dit l'honorable Rodolphe Lemieux en Sorbonne, est incontestablement la grande figure politique sous l'Union.La Constitution élaborée par Durham, il en voit toutes les injustices, mais avec le temps il en fera un instrument utile a la race.En trouvant des alliés chez les libéraux anglais du Canada, Lafontaine pourra sauver ce qui était destiné a périr.Le premier discours qu'il prononça au Parlement fut une séance mémorable ou il donna au pays, à sa race, une si grande leçon de fierté.Lafontaine fut l'animateur de la lutte en faveur du gouvernement responsable.C'était un grand avocat; il fut un grand ministre.\u201d À cette grande mémoire, de bons citoyens voulurent rendre hommage, en 1908.Ils formèrent un comité et posèrent même la première pierre d'un monument.Puis le projet fut abandonné pendant dix ans.Après la guerre, en 1918, il fut mis au concours par un comité présidé par le Dr Eudore Dubeau, mais le concours ne donna pas satisfaction.Ce n\u2019est qu\u2019en 1928 que le même comité reprit son projet et (Suite à la page 66) L\u2019escalier d'honneur de !a galerie Corcoran conduisant aux deux galeries cceupées \u2018par l'exposition d\u2019art canadien.Cette exposition a été organisée par la Fédération Américaine des Arts. dise 222 en Sy Que Pre a sen pam oven encres p= a SS SE Su Ue LR Epis ots ge: fe \u201cx 2 os Lu x a LL Le Ln a a Ly = LL ie ei pue red Sad oy 14 oy % inks Le nouvel ho Saskatchewan fait construire a oh Lick, 4 fre 2 L La Sgen $ Architecture Ha a 41 25% #5 \u201chad a Saskatoon, tel que le C.N.R 3 ; .fs ass et us CE TA LA te 45 mE mA ne Te A Hotels CUVE R termi NH 2 ne.2 Eu Ed ook a ae \u201csur À T | us y i sa a fil a, i Ex 3 wk 1 4 50s du Ge 3 2 ve Tt id fo 4 À > 4 Su e =.1 are x Iz = \"wf 34 3 {A ES ai :E té 7 Ho 5 % re He on da ow: i 7 A : A ES * > LS ¥ gg, John S.Archibald, architecte.i À 4] SA es hi J eg pag = 4 Si mans.Hs Ais tan SEMPRE, ah re gn) > Es aa pme Tr po) 1 nee OW = du : Lys SR 5 2 fe Ca nad 4 fay ig A = A ee ne $ & pe A restes e L'hôtel du Canadien National, à Vancouver, tel g i 24 = Tr 3 1 N°\" [I ll Ji) FE A et rE 3 wy 8 vs 4 uk À = ES ee a La Revue Populaire 4 od 5 pi he Po ee oh \u201cdps es pen i \u201cA i Bee ; pee Ha» fed or 5 i \"SN Yond hind} 2 : SL a cn TY Che 4 Les = fe se = F SS et LI Cd te + 5 À Le Er Pom sé + wi 7 (Photo C.N.R.) wil apparaitra une fois Zi 2 4 2 { 21 #7 3 = ts - yr | od kd ii Ww 4 245 Ge % or L § : arcs | | virer : A 4 Col.bn es tes 4 ang §/ Grr ES o = | x Ÿ x it Le wy H w fe À vi 4, i EE, Ÿ Ny ny hdd de en National : 3 da i LA 1 à Wy (Photo C x .i/ N .R.) ir a Los Août 1930 _-\u2014 = \u2014 \u2014 ~~ \u2014\u2014 [EN 1930 La Revue Populaire 15 Ne 10 \\ A [AANA RN) he LAN, \u2018 m9 4 .Trove oy vi3 - = Nv pa Vv\u2019 $ Mid C9 = To My 0 Kw eT me) livres a Revues ECRIV AINS D'AUTREFOIS par Arthur Beauchesne (The Mortimer Company, Ottawa, 1930) Un ouvrage d\u2019histoire littéraire absolument remarquable et dont nous conseillons fortement la lecture à tous ceux qu'intéresse la vie des lettres françaises.Etudes sur Napoléon, journaliste; les Gon- court; Barbey d\u2019Aurevilly; Stendhal; Flaubert; M.de T'alleyrand.De Stendhal a Flaubert, de d\u2019Au- revilly à Flaubert, et de Flaubert mais a tous ceux qui aiment la langue anglaise et se piquent de la parler correctement et élégamment.Il y a aussi les Ponts Romains qu'il faut lire.Ce livre vous réserve une surprise, à la dernière page.Et cette surprise (qui n\u2019en sera plus une) la voici: la langue anglaise, par la forme et le sens des mots, se rapproche plus du latin que du français.Ce n\u2019est pas tout à fait ce qu\u2019on nous enseigne dans nos bonnes maisons.quets pleins d'affectation.Le livre de Maxine est écrit pour pallier l\u2019effet de ces lectures presque nocives, pour en contre-balancer l\u2019influence.Profitons-en; prions-la de nous en donner d\u2019autres.C\u2019est la meilleure manière de rendre hommage à son talent et à son travail.\u201d Ajoutons que M.Lévesque, l\u2019éditeur, a su trouver une formule de livres de prix destinée à satisfaire les exigences des enfants et des éducateurs: présentation simple, de bon goût, sans surcharges d\u2019ornements incohérents; illustrations idées, de son coeur et de son action.C\u2019est donc avec bonheur que nous présentons au public l\u2019histoire de cette vie étonnante et féconde, écrite avec un soin pieux et patriotique par M.l\u2019abbé Elie-J.Auclair.La publication de la vie du curé Labelle, comme l'érection de son monument à Saint-Jérôme, il y a ting ans à peine, ont été peut-être tardives, confessons-le.C\u2019est que, comme cela arrive souvent pour les hommes du plus grand mérite, le silence et l\u2019oubli ont paru envelop- J or \u201d + ++ evpiaues et sobres: format moven: P* durant plusieurs années la mé- aux oncourt, sur le p oy parallè- 5 PETIT PAGE DE q 10 obre Cn AN moire de cet homme si remarqua- le, il y a la des rapprochements a FRONTENAC 2 Xx y Papier Convenablé, ble.On avait aimé et on\u2019 avait ad- faire, des relations et filiations à établir.On peut pour cela s\u2019étonner de la présence en cet ouvrage de Napoléon et de T'alleyrand.L\u2019auteur, toutefois, l'explique.M.Arthur Beauchesne nous paraît aussi rapetisser certains de ses bonshommes pour les faire passer en franchise au Canada.Ceci pour Flaubert, qui se tient bien au-dessus de la morale bourgeoise, et pour Stendhal dont il n\u2019est pas loin de faire le dernier des crétins, malgré son immense valeur.Quoi qu\u2019il en soit, M.Beau- chesne a ses idées sur chacun de ces auteurs, et ses idées, à lui, il les défend très bien.Inutile de dire que l'ouvrage de M.Arthur Beauchesne est exceptionnellement bien écrit, d\u2019un style très riche, net et ferme.+++ LE VRAI AMI du traducteur anglais-français et français-anglais par Félix Boillot (Les Presses Umiversitaires de France.) A tous ceux qui déjà ont lu les Faux Amis, nous conseillons de posséder et de lire le Vrai Ami.Ce livre s'adresse, non seulement aux malheureux traducteurs de métier, La Librairie d\u2019 Action canadien- ne-française Ltée vient d'ajouter un excellent ouvrage à la série de livres de prix qu'elle a inaugurée l\u2019an dernier avec les Fées de la terr?.canadienne de Maxine.Le nouveau roman pour les enfants que l'éditeur présente est aussi dû au talent incontestable de Maxine, pseudonyme qui cache une femme écrivain dont les qualités intellectuelles et morales font la joie de notre jeunesse.Un critique, qui n\u2019a pas l\u2019habitude de pécher par excès d'indulgence, M.Albert Pelletier, dans une brève analyse du \u2018Petit page de Frontenac\u2019 est d'avis que \u2018cette histoire d\u2019un enfant sauvé du massacre de Lachine, élevé chez les Iroquois, qui devient page du gouverneur, est d\u2019un réalisme si vraisemblable que le lecteur, parmi ces personnages, s'imagine qu'il ressuscite la vie de nos ancêtres d'il y a deux siècles et demi.\u201d \u201cAussi, continua-t-il, je ne connais guère de meilleurs livres que celui-ci pour développer, de façon intellectuelle et profitable, l'imagination de nos enfants.D'autres écrits les montent jusque dans la chimère pure ou les traînent à l\u2019étranger dans un monde de frelu- sans luxe cependant, pour répondre au prix minime de l'ouvrage, soit $0.50 net.Voila, enfin, croyons-nous, un livre canadien, d\u2019inspiration, de composition, entièrement fabriqué, illustré et édité au pays qui rivalise en substance et en présentation avec les meilleurs ouvrages des séries importées pour une somme équivalente.Avis à nos éducateurs et éducatrices.En vente chez l'éditeur et dans les librairies bien assorties.+++ LE CURE LABELLE par M.l\u2019abbé Elie J.Auclair.M.Jules-Edouard Prevost, sénateur, a écrit pour ce livre l\u2019intéressante préface que nous reproduisons ici : Le curé Labelle appartient à l\u2019histoire et, pourtant, combien peu le connaissent vraiment! Pour beaucoup, c\u2019est un personnage presque légendaire, dont l\u2019action réelle reste inconnue.La raison en est, sans doute, que, jusqu'ici, il n\u2019y avait pas de tableau complet de son oeuvre.Aussi depuis longtemps, attendions-nous le récit entier et véridique de la vie de ce simple pasteur de campagne, devenu célèbre par la force de sa foi, de ses miré le grand patriote.On l'avait largement loué, quand il était tombé sur le champ d'honneur, il y a plus de trente-huit ans, en pleine activité.On l'avait sincèrement regretté.Puis, on avait passé à d\u2019autres préoccupations.La politique, les soucis matériels, les ambitions, même les discordes, avaient par trop voilé son souvenir.Quelques amis, certes, lui demeuraient fidèles.Mais, d'une façon générale, on oubliait maintenant le pacifique conquérant des montagnes du nord, le fondateur de ces nombreux et prospères villages qui sont échelonnés dans les Laurentides et au delà, le prêtre à hautes visions qui rêvait les fils de sa race s\u2019emparer les premiers du sol au nord et à l'ouest du Canada, et qui, dans ce but, voulait d\u2019abord peupler les vallées de la \u2018Rouge\u2019, de la \u2018Lièvre\u201d\u201d et de la \u2018Gatineau\u2019, c\u2019est-à- dire tout le pays arrosé par les tributaires de l'Outaouais, puis envahir le nord-ouest de l\u2019Ontario, se rendre jusqu'au T'émiscamingue, jusqu\u2019à Winnipeg, grâce à des chemins de fer, tracés par lui sur la carte dès 1888, et qui sont aujour- d'hui presque tous en pleine opération.Cependant, les plus beaux éloges avaient été jetés à profusion sur 16 la tombe du curé Labelle, au lendemain de sa mort, tant par la presse d'Europe que par la presse canadienne.Durant quelque temps nos orateurs sacrés et profanes, nos conférenciers et nos écrivains avaient célébré à l\u2019envi les hauts mérites et chanté éloquemment l'oeuvre géniale de ce grand homme qui, dans sa modeste sphère de curé, a su déployer une puissance d\u2019action telle qu'il a laissé après lui une oeuvre de colonisation conquérante jusqu'ici sans égale, dont le prestige a rayonné par tout le pays, au delà des mers et jusqu'à Rome.Il me semble encore entendre ou lire l'évocation vibrante des panégyristes de Mgr Labelle, rappelant l'amour immense de cet illustre compatriote pour sa patrie, ou décrivant le grandiose décor au milieu duquel il a fourni son utile carrière et où, par tant de fibres de son coeur, il se tenait attaché aux collines, aux arbres, aux pierres, à ce ciel bleu du nord qui miroite dans l'onde de nos lacs et de nos rivières.Les jours passèrent ensuite sur les jours, les années sur les années, et le souvenir du célèbre curé menaçait de disparaître complètement.Le nombre de ceux qui avaient été les témoins de son activité et avaient connu l'importance de son entreprise et de ses réalisations diminuait insensiblement.On n\u2019entendait plus que de rares éloges, on ne lisait plus que des articles très espacés, à son sujet.Le silence se faisait de plus en plus profond autour du roi du nord.Saint-Jérôme, où a surtout vécu l\u2019apôtre de la colonisation, aura le mérite d\u2019avoir fait sortir cette grande mémoire des ombres où elle allait se perdre.Par les soins d'un comité formé en 1923, on inaugurait dans le centre de cette ville, le 20 octobre 1924, un magnifique monument à la gloire du curé Labelle.Après trente-trois ans d'absence, cet homme extraordinaire apparaissait de nouveau, de toute la hauteur de sa stature, à l\u2019endroit même, comme le dit une inscription, \u2018\u2018d\u2019où rayonna, de 1868 à 1891, l\u2019action bienfaisante de ce prêtre patriote\u2019\u2019.Ce beau geste est tout à l'honneur de St- Jérôme et du comité qui l\u2019a accompli, avec le concours de tous ceux qui, dans notre pays, se souvenaient encore du grand homme.Mais, suffit-il d\u2019élever des monuments à ceux qui sont la gloire d\u2019un pays ?Le comité de Saint- Jérôme ne l\u2019a pas cru.Le meilleur moyen d\u2019honorer nos héros, a-t-il pensé, c\u2019est de s'inspirer de leur vie, et, pour cela, il faut la connaître.C\u2019est pourquoi, convaincus La Revue Populaire que le curé Labelle n\u2019est pas suffisamment connu de la nouvelle génération, les membres du comité de Saint-Jérôme ont résolu de publier sa vie.Ils ont compris que la résurrection de la mémoire de ce curé patriote, entreprise par eux.ne serait vraiment complète que le jour où le livre raconterait ses oeuvres, proclamerait ses mérites et apprendrait a ceux qui l'ignorent \u2014ils sont légion \u2014 ce que le curé Labelle a été et ce qu\u2019il a fait.Ce n\u2019est plus seulement une statue, mais, pour ainsi dire, un être de chair et d\u2019os, bien vivant, que les citoyens de Saint-Jérôme présentent, cette fois, devant le public.Il ne nous appartient pas, dans cette courte préface, d'insister lon - guement sur la vie du curé Labelle et sur les lumineuses leçons qui s\u2019en dégagent.Qu\u2019il nous soit permis seulement d'exprimer l'espoir que les pages documentées qu\u2019on va lire détruiront à jamais la fausse opinion, encore partagée par quelques- uns, que cet ardent patriote ne fut qu'un visionnaire.On verra qu\u2019au contraire sa sincérité, son assurance, sa conviction, sa hauteur de vues et son esprit pratique ont fait de lui un homme d'action comme notre histoire en compte peu.Il ne s\u2019agit pas, ici, d\u2019immortaliser, l'exemple d\u2019un personnage inspirateur de belles théories économiques, ni d\u2019élaborer une thèse nationale uniquement spéculative, comme dans le Jean Rivard de Gérin- Lajoie, par exemple, modèle magnifique sans doute, mais purement imaginaire.On trouvera plus et mieux dans ce livre qui raconte l'histoire vécue d\u2019un personnage réel dont les concepts, les idées, 1'idéal et la thèse vivent et survivent dans des oeuvres et des faits historiques qui placent le curé Labelle au rang des animateurs clairvoyants et des plus vigoureux réalisateurs de notre histoire.En colonisant le nord de Montréal comme il l'a fait, à la surprise de plusieurs, il travaillait pour l'avenir, il ouvrait la porte à de beaux rêves aujourd'hui réalisés pour le plus grand bien de la province de Québec et du Canada tout entier.Sans même envisager son oeuvre dans toute son ampleur.il faut savoir et retenir que le curé Labelle a accroché notre race au sol du nord si solidement que rien ne peut désormais prévaloir contre elle.Faire revivre, après quarante ans, la figure captivante du curé Labelle, tracer pour l\u2019histoire les étapes de cette vie chargée d'oeuvres, évoquer les idées du grand colonisateur et marquer définitivement les résultats de son active carrière, ce n'était pas une tâche facile.Le comité de Saint-Jérôme a lieu de se féliciter d\u2019avoir confié cet important travail à M.l\u2019abbé Elie-J.Auclair, de la Société Royale du Canada, ancien élève des universités de Rome et de Paris.Pas n\u2019est besoin de présenter au public cet excellent écrivain et cet historien judicieux dont l'éloge serait superflu.Qu'il suffise de rappeler que l'abbé Auclair a déjà à son acquis des oeuvres littéraires et historiques nombreuses.Après avoir écrit la Vie de Mère Caron, l'Histoire des Soeurs de Sainte-An- ne, Mère Catherine- Aurélie, fondatrice du Précieux-Sang, l'Histoire des Cèdes, l'Histoire des Soeurs de Miséricorde de Montréal, 1a Vie de Mgr John Forbes, pour ne mentionner que quelques-uns de ses ouvrages, M.l\u2019abbé Auclair a droit d\u2019être considéré comme l\u2019un des historiens de la vie religieuse des Canadiens-français.C\u2019est bien cette histoire, en effet, que ce prêtre patriote écrit par tranches, dans un style clair et simple, au prix de patientes recherches et de minutieuses compilations qui lui font accomplir un véritable travail de bénédictin.Je n'hésite pas à dire que son nouveau volume Le Curé Labelle, est jusqu'ici, à mon avis, son oeuvre capitale.Dans ce livre, M.l'abbé Auclair s'est efforcé de jeter des lumières sur les idéals et les réalisations d\u2019une laborieuse carrière déjà effleurée par la légende et où s\u2019enchevêtrent des événements nombreux et divers.Il le fait avec ce talent d\u2019observation, cette conscience, cette méthode et cette lucidité d'expression, qui constituent la haute valeur de ses travaux d\u2019historien et de lettré, À vrai dire, c\u2019est non seulement une vie du curé Labelle, mais aussi l\u2019histoire de la vaste et belle région du nord de Montréal, à la période dure et difficile de ses débuts et de son premier élan vers le progrès, que vient d'écrire M.l\u2019abbé Auclair.La lecture de ce livre sera une source de salutaires leçons et de saines réflexions non seulement pour la génération d'aujourd'hui mais encore pour celles de l'avenir.Car cette oeuvre restera et vivra, avec la mémoire du curé Labelle, dans ce monde lointain et mystérieux qu'est la postérité.Dans la galerie de nos compa- tmiotes illustres le portrait du curé Labelle a sa place incontestée.Ce portrait le voici, authentique et vivant.Le comité de Saint-Jérôme le croit digne d\u2019orner nos demeures, et il espère que sa présence y fera Août 1939 germer, aujourd\u2019hui et demain, les fortes vertus et les qualités viriles dont la vie du curé Labelle déborde.Jules-Edouard PREVOST.+++ LES RESPONSABILITES DE LA GUERRE par Raymond Poincaré, de l\u2019Académie Française.(Payot, 106, Boulevard Saint-Germain, Paris.) Un ancien normalien, blessé de guerre et chevalier de la Légion d'Honneur, M.René Gerin, qui appartient aux partis de gauche et qui s\u2019est passionné pour la question si importante des responsabilités dans le déclenchement de la guerre mondiale, a adressé en juin 1929 à M.Raymond Poincaré, sous forme d'une longue lettre, une sorte de réquisitoire contre les Gouvernements français qui ont dirigé les destinées de la France entre 1912 et 1914.M.René Gerin posait dans cette lettre 14 questions très précises à M.Poincaré sur 14 points qu'il considérait comme les plus importants du problème des origines directes de la guerre.Après un certain retard causé pat sa longue maladie, M.Poincaré vient de réponde à M.Gerin, et le présent volume: Les Responsabilités de la Guerre, qui paraît aujour- d'hui dans la Collection de Mémoires, Etudes et Documents pour servir à l'Histoire de la Guerre Mondiale, donne, à la suite du questionnaire de M.Gerin, l\u2019importante réponse de M.Poincaré, que M.Gerin laisse sans réplique, ainsi qu'il s\u2019y était engagé.Comme M.Poincaré le dit dès le début de son exposé : \u2018Mon étude est une oeuvre de bonne foi.II est certainement désirable que le grave problème des responsabilités de la guerre soit étudié sans aucun parti pris, du seul point de vue de la justice et de la vérité\u201d.Non seulement le lecteur trouvera dans ce volume des éclaircissement absolument nets et définitifs sur tous les points capitaux qu\u2019on discute depuis dix ans\u2014en particulier sur les prétendues assurances données par M.Poincaré à la Rus- sis en novembre 1912, \u2014 mais il sera en outre forcé à l\u2019admiration par la ssmpiicité civique et l\u2019esprit vraiment démocratique du grand homme d'Etat, du Français le plus représentatif de la politique de son pays depuis vingt ans qui, sans détour et sans restriction, répond de bonne foi sur cette question fondamentale: Les Responsabilités de la Guerre.(Suite à la page 51) Août 1930 is I A) Le $ A Ve Wad) pi EEE EEE \u201cON m'excusera de revenir encore sur ce sujet.C'est qu'il est trés important et beaucoup de femmes encore, et de jeunes filles, ne paraissent pas vouloir comprendre la mode de 1930.La longueur des robes! J'ai déja indiqué ici, et a plusieurs reprises, de quelle longueur devaient être portées les robes du matin, les robes de sport, les robes d'après-midi et les robes du soir.Peine perdue pour plusieurs.En effet, il m'arrive presque chaque jour de rencontrer dans la rue, à Montréal, et, au cours de divers voyages, à Québec et à Ottawa, des femmes portant, à onze heures du matin, et à deux heures de l\u2019après-midi, des robes qui traînent absolument par terre, de véritables toilettes du soir! Toute femme tient à l'élégance de sa personne.Pourquoi alors s\u2019affubler d'une manière ridicule?La robe longue, à ras de terre, ne peut se porter de Jour que pour un mariage.Qu'on se mette bien cela dans la tête.Autrement, elle doit aller au-dessous des genoux, mais pas à la cheville.Auriez-vous l\u2019idée de porter, dans la rue, à midi, une robe amplement décolletée, une vraie robe du soir?Non, n\u2019est-ce pas?Alors, pourquoi porter une robe aux chevilles?La robe d'après-midi demeure d'une longueur pratique.En dépit des exagérations auxquelles les femmes de tous pays se portent volontiers en matière de mode, la robe longue ne se porte que chez soi, pour recevoir, aux thés, aux bridge-cocktails, et le soir dans le monde et au théâtre.Est-ce assez clair.Dès qu'il faut circuler dans la rue, la jupe demeure à mi-jambes.Pour un mariage, évidemment, occasion exceptionnelle, c\u2019est diffé- rent.Voyons un peu ce que l'on porte aux mariages.La robe est longue, ras de terre, et cela donne une note plus accentuée dans l'élégance de cette solennité.Les toilettes paraissent plus habillées, plus décentes aussi, elles accompagnent mieux la robe de la mariée qui ne fut jamais parfaite au temps de la robe au genou.La longue traîne est mieux répartie dans une robe longue devant que lorsqu'il s\u2019agit de l'adapter à une robe plus ou moins courte.Quant aux demoiselles d'honneur, elles recourent aux berthes et aux gants longs, pour cacher la nudité des bras.La petite veste de même tissu que la robe offre l'avantage de convenir aux jours trop frais.LES MILLE DETAILS DE LA MODE ACTUELLE La robe longue a un autre avantage: celui de se prêter admirablement à toutes sortes de trouvailles et de détails nouveaux.Avec les robes imprimées, par exemple, portez une jaquette assortie, courte et jeune.Vous n'aimez pas les manches mi-courtes?Portez alors une ber- the ou une cape.Une cape relevée peut même devenir un col.d Longueur des Robes Les robes du soir, très drapées, et qui demandent une véritable science de la ligne, sont admirablement sculpturales.La place de la taille serait même portée vers un mouvement ascendant, ce qui ne nuit pas à la silhouette des longs plis harmonieux.Les mouvements obtenus par les bandes coulissées sont d\u2019un effet si heureux que beaucoup de ravissants modèles en ont des dispositions très différentes.Ces bandes peuvent gaîner le buste et les manches, déplaçant la ligne de la taille avec subtilité et permettant de faire partir l'ampleur très bas, suivant la mode de 1930.Les gants longs en deux tons : noir et blanc par exemple, le noir, disposé jusqu\u2019au poignet, tout le haut du bras blanc, seront séduisants et originaux pour accompagner un ensemble dans les mêmes tons.Des bandes froncées sur un gant de peau souple donnent ces plis recherchés et fort gracieux.Les gilets de shantung, de piqué de toile seront, sous un tailleur de jersey, d\u2019une grâce estivale et fort appréciable.Rien ne peut retenir votre écharpe avec plus d'élégance que deux camélias assortis aux tons de votre vêtement et de vos accessoires, sur l'épaule ou sur le devant du corsage.La femme et les fleurs ont été trop chantées par les poètes pour que nous négligions cette réunion symphonique.Dans Tes tailleurs, les emmanchures sont souvent supprimées, les manches faisant corps avec la veste.Les cols de lingerie et de dentelle sont extrêmement prisés sur les robes simples.Le petit boléro, très jeune fille, découvre la ceinture de la jupe ou la base du sweater.LES BIJOUX NOUVEAUX Moins de gros bijoux, moins de gros colliers.Plus de sobriété dans les bijoux nouveaux, authentiques ou \u2018\u2018camelote\u2019\u2019.C\u2019est sur la chaussure du soir que se portent actuellement des bijoux luxueux.Supplantant le strass, la boucle de brillants et de pierre nue, discrètement, soulignera l\u2019escarpin de couleur d\u2019un trait flamboyant.La même boucle formera le fermoir du sac.Chaussures et sac seront de cuirs et de tissus semblables, et là intervient une mode dont la vogue s'accroît: celle des chaussures et sacs de couleur avec robe blanche ou noire.Cette note gaie et vive permet de renouveler l'aspect d\u2019une même toilette et de varier sa présentation.LA CHAUSSURE Si pour la chaussure de sport on en est encore au daim blanc, et box fauve, par contre, le succès de l\u2019escarpin comme chaussure de jour est une nouveauté et son succès est formidable.L\u2019escarpin est chaussant, il affine le pied, en diminue la longueur, il est très chic.Les cuirs les plus différents et provenant de toute la fau- « ne aquatique et terrestre donnent à ce soulier un galbe particulier à chaque espèce.Sans aucune garniture, tirant de sa coupe toute l\u2019élégance souhaitable, il est fort apprécié.Orné, il n'apporte que quelques lisérés ou découpes tranchant de teinte et de qualité sur le cuir du soulier.Pour le soir, velours, crêpe de Chine et chevreau de couleur or ou argent composent le fond des matières employées.Ce thème est assez riche pour permettre quelques chefs-d\u2019 oeuvre.Quant aux mules, ce sont de petites merveilles délicates, spirituelles, somptueuses.Des entrelacs de lanières d'or ou d'argent, mêlées aux couleurs claires, retiennent le pied posé sur une semelle nue laissant le pied à découvert.oO DES ABEILLES DECOU- VRENT UNE NOUVELLE SORTE DE SUCRE Un chimiste américain réputé, le professeur Hudson, travaillant ces derniers temps avec le Dr Jéno Pascu, privat docent de l'Université de Budapest, a découvert une nouvelle sorte de sucre dans des circonstances vraiment extraordinaires.Chargé, par un fermier de Pen- sylvanie, d\u2019analyser un rayon de miel qui présentait un aspect singulier, le professeur Hudson constata, à l\u2019analyse microscopique, qu\u2019il s'agissait de résine de pin.De déduction en déduction, on arriva alors à se rendre compte que les Nou veaux abeilles dont on examinait le miel, privées, par la grande sécheresse, des fleurs qu'elles butinaient habituellement, en avaient été réduites à chercher ailleurs leur alimentation indispensable.Guidées par un sûr instinct, elles avaient trouvé sur les pins du voisinage des éléments suffisants pour ravitailler la ruche.Les deux savants, loin de négliger l'indication si précieuse fournie par ces insectes industrieux, transformèrent le miel ainsi obtenu en sucre blanc raffiné et obtinrent un kilo d\u2019un nouveau produit, absolument inconnu jusqu'ici, auquel ils ont donné le nom de tukanose.Ce kilogramme de sucre, le seul qui ait jamais été tiré de la résine, est une pièce unique pour l'histoire anecdotique de la science.Les Amé- ricoins, qui aiment donner à tout une valeur précise, estiment qu\u2019il vaut 20,000 dollars.\u2014 Des applaudissements donnés à quelques traits saillants ne sont que des Dieu vous bénisse! aux gens qui éternuent.D\u2019Alembert.Août 1930 Août 1930 S\u2014> 4 [ d | | 2 y li Li | i} g I HERITIERE DE CADEILLES Par DELLY « \u2014Je tombe bien ! Karol vient d\u2019arriver, chére petite, et m\u2019a chargée de vous remettre cette lettre qu\u2019il a trouvée hier soir dans son courrier.Vous la donnerez à Kata- zina qui la lui reportera, car il ne faut pas que les Movis la voient.Lä-dessus elle s\u2019éclipsa, et Magdalena tira de l\u2019enveloppe à l\u2019adresse de Karol, une feuille couverte d\u2019une écriture menue, qu'elle eut quelque peine à déchiffrer.C'était l'abbé Darlannes qui écrivait: \u201cMonsieur, \u201cJ\u2019ai été voir la vieille Maria, dès le lendema\u2019n de mon entrevue avec Vous.Ce jour-là, je n\u2019ai rien pu obtenir d\u2019elle, et j'ai compr:s qu'elle ne voulait point parler a cause de Mme de Mo- vis, soit par crainte, soit par un reste d'attachement \u2014 les deux, peut-être.Mais il y a trois jours, elle m\u2019a fait appeler, sentant la mort proche.Et comme je la pressals de Libérer sa conscience, si elle avait eu connaissance de quelque fait grave pouvant faire tort à autrui, elle parla enfin et me raconta diverses choses qui pourraient vous aider à prouver la captation, si d\u2019autres témoignages, surtout, viennent à Yappui de celui-là.Jai fait appeler un de ses vosims, fort honnête homme, très estimé dans le pays, et Maria a répété devant lui ce qu'elle venait de me dire.\u201cJe vais m'occuper d'avoir l\u2019adresse d\u2019autres anciens serviteurs de M.de Sorhac.Aucun d\u2019eux ne demeure dans le pays.Mais parmi mes paroissiens, certains pourront sans doute me donner des renseignements.\u2018En allant voir des malades, hier, je suis entré chez un des fermiers de Ca- deilles, et sans avoir l'air de rien, j'ai aiguillé la conversation sur le défunt M.de Norhac.Cet homme le regrette, et parait n'aimer guère Mme de Movis.Je lui ai dit: C\u2019est peut-être dommage pour vous que ce ne soit pas la fille de M.Roland qui ait hérité?Il a eu un petit clignement d\u2019oeil en réplquant : Pen sûr! Mais elle a manigancé son affaire, Mme de Movis.et de main de maître, s'il faut en croire ce qu'en ont dit certains, à l\u2019époque.\u2018Comme je l'interrogeais sur ce propos, il s'est prudemment mis à l'abri » Moi, vous savez, j'ignore si c\u2019est vrai.Des gens du château ont prétendu des choses, à ce moment 1a.Mais ca peut.être des menteries, parce que Mme Vin- cente m'était pas très aimée, rapport à ce qu\u2019elle est regardante.\u201cVoila, monsieur, ce ques j'ai récolté pour le moment.Je vous tiendrai au courant du résultat de mes autres démarches\u201d.Lire les deux premières parties de ce roman dans La Revue Populaire de juin et juillet.(Suite Dans l\u2019enveloppe, Magdalena trouva aussi un petit billet de Karol.Elle lut ces quelques mots: \u201cTout va bien, comme vous le voyez.J'irai un de ces jours chercher le dépôt confié à Saint-Michel.Brûlez ce billet.\u201d Magdalena obéit à la recommandation.Puis, toute joyeuse, elle quitta sa chambre et descendit l'escalier de pierre, dont elle aimait l\u2019harmonieuse élégance.Dans le vestibule, elle croisa Fernande, qui passa, tête dressée, mine arrogante, mais se retourna ensuite pour lui jeter le plus noir des regards.Qu'\u2019importaient maintenant à Magdalena l'insolence, la méchanceté de cette famille! Bientôt, elle serait libre, Karol le lui avait promis.et elle se confiait aveuglément à lui.Dans l'atelier, Mme de Movis était déjà là, causant avec Karol.T'andis que le jeune homme serrait la main de Magdalena, tous deux échangèrent un coup d'oeil qui disait leur joie, leur espoir.Puis Magdalena prit la pose.Mais le travail n\u2019avançait guère ce matin- là.Karol semblait distrait, préoccupé.Il finit par poser son pinceau, en disant: \u2014Je ne fais rien de bon aujour- d'hui! Tenez, je vous emmène tous déjeuner à Versailles.Allons prévenir ma tante et nous préparer.Dona Clara, toujours enchantée.d'un déplacement quelconque, approuva fort le projet de son neveu.Mais Fernande déclara qu\u2019une migraine l\u2019empêchait de se joindre aux promeneurs.Elle alla s\u2019enfermer dans sa chambre, et, de là, regarda partir la voiture que conduisait Karol.Les lèvres crispées, le regard plein de haine, elle se dé- et fin) tourna et dit entre ses dents: \u2014Oh! me venger de toi qui me le prends, misérable petite fille ! Que ne donnera:s-je pas pour cela! Vers deux heures, le ciel quelque peu menaçant depuis le matin, se couvrit complètement, et bientôt la pluie commença à tomber.À quatre heures, sous une averse violente, apparut Thibaut qu\u2019un domestique introduisit dans le salon où Fernande bâillait en lisant un roman.\u2014Encore toi?s\u2019écria-t-elle.\u2014 Comment, encore?Hier, vous n\u2019étiez pas là quand je suis venu.Alors j'ai tenté l\u2019aventure aujour- d\u2019hui.\u2014 Tu ne trouveras pas maman.Elle est à Versailles avec Mme de Ojeda, M.Wienkiewicz, Louis, et l\u2019inévitable Magdalena.Mais pourquoi es-tu venu hier ?Tu savais fort bien que nous serions à Paris, puisqu\u2018\u2019 nous avions téléphoné à papa pour l'en prévenir.\u2014Oh! ma chère! il est bien permis d\u2019être distrait, oublieux! C\u2019est mon cas, précisément.Et Thibaut, sur ces mots jetés avec désinvolture, attira vers lui un fauteuil dans lequel il s\u2019installa confortablement.Puis il dévisagea sa soeur et dit railleusement: \u2014Ce climat paraît influer désagréablement sur ta mine, ma belle.\u2014J'ai la migraine, riposta-t- elle d\u2019un ton scc.\u2014Heu! La migraine.Réponse facile.On ne peut contrôler \u2026 T'an- dis que si je t'affirme que tu te dessèches d\u2019amour et de jalousie, ça c\u2019est vrai.Fernande leva les épaules.\u2014A quoi bon parler de cela?\u2014\u2014Mais si, parlons-en, au contraire.C\u2019est très intéressant.\u2014Pour toi, peut-être.pas pour moi.\u2014Allons, ne fais pas cette tête- là.Que veux-tu, Wienkiewicz n\u2019est pas tombé amoureux de toi, et à cela nous ne pouvons rien.Mais si, du moins, quelqu'un débarrassait ta route de Magdalena, que tu as en abomination.Fernande eut un brusque mouvement.\u2014 Quelqu'un?Qui?\u2014Eh bien, moi, par exemple.\u2014Toi?.\u2026 De quelle manière?\u2014Oh! pas en attentant a sa viel a sa précieuse vie.Il ricana légèrement.\u2014.Précieuse pour moi, qui ai la faiblesse d\u2019être amoureux de ma délicieuse cousine.\u2014 Toi?répéta encore Fernande, avec, cette fois, un accent de stupéfaction intense.\u2014FEh bien! Ne croit-on pas que je suis incapable d\u2019éprouver un sentiment de ce genre?\u2014 Non, mais je m\u2019imaginais.qu'elle ne t\u2019inspirait, comme à moi, que de l\u2019antipathie.\u2014Tu te trompais, ma chère amie, Magdalena a l\u2019heur de me plaire.et je ne veux pas la laisser- à Wienkiewicz.\u2014Ah! bien, par exemple!.Tu m\u2019en sors de bonnes! C\u2019est facile à.dire: Je ne veux pas! Mais moi je voudrais bien savoir comment tut'y prendras! Et puis, quoi?.tu ne comptes pas à en faire ta femme ?\u2014Je me demande quel empêchement tu y verrais?dit paisiblement T'hibaut.\u2014Quel empéchement?.Mais.d\u2019abord, tu n'auras jamais le consentement de maman pour une telle sottise.\u2014Je l'aurai parce que cela arrangerait certaines affaires.\u2014 Quelles affaires?\u2014Eh bien, il y a des gens malintentionnés qui ont pensé autrefois que notre mère avait circonve- in 20 nu l\u2019oncle Henri pour avoir sa fortune, et de ce fait causé du tort à Magdalena.En épousant celle-ci, ledit tort se trouverait réparé, aux yeux de ces gens-là.\u2014Ah! on dit ça?\u2026 Mais ce n\u2019est pas vrai?\u2014 Non.mais quand ça le serait, après tout?\u2014Oh! je ne blâmerais pas maman! déclara sans façon Fernande.Chacun pour soi! Vois-tu que cette petite nous ut enlevé la fortune de l'oncle?\u2014Non, je ne vois pas cela du tout.Mais pour en revenir à notre sujet, j'aa donc résolu que la toute belle Magdalena serait ma femme.Pernande rit nerveusement.\u2014 Mon cher, tu te fais des ille- sons! Penses-ta qu\u2019elle Iâchera Wienkiewicz pour toi?Tu n\u2019es pas mal.mais enfin, à côté de lui! Et sa fortune, et le prestige de sa cé- Kbrité, de celle de son père?Non, tu sais, elle serait un peu foile si elle t\u2019acceptait!.et je t'assure qu\u2019à sa place, je n'hésiterais pas entre vous deux! \u2014Merci du compliment! Thibaut socriait ironiquement.\u2014.Mais je ne lui laisserai pas le choix.\u2014 Comment cela?\u2014Je vais te l\u2019apprendre.C\u2019est pour cela que je suis ici, car j'ai besoin de toi pour accomplir mon projet.Les yeux de.Fernande brillèrent.\u2014De moi?Je t\u2019aiderai de tout mon coeur en ce cas! C'est bien ce que j'ai pnsé.Ecoute\u2026 Il rapprocha son siège de celui de Fernande et baissa la voix, parlant imperceptiblement.Quand les promeneurs rentrèrent, plus tôt qu'ils ne le pensaient à cause de la pluie, ils trouvèrent le frère et la soeur causant tranquillement en prenant le thé que venait de leur servir le maître d\u2019hôtel.Thibaut, avec aisance, raconta que n'ayant pu voir sa mère, la veille, 1} s\u2019était décidé à revenir au- jourd'hui.Vincente ne dit mot du téléphone et parut trouver tout naturel que le jeune homme n'eût pas été averti de sor passage à Paris.Karol, que la vue du jeune Mo- vis semblait avoir rembruni, sen alla.après quelques allées et venues, s'asseoir devant le piano dans en salon voisin et joua une nocturne de Chopin.Quand il rentra dans l\u2019autre pièce, Thibaut, incliné, présentait le sucrier à Magdalena.Dans une glace placée derrière la jeune fille, Karol surprit le regard qu'il attarhait sur sa cousine.Une soudaine colère monta au cer- La Revue Populaire veau du jeune ertiste, et il dut faire un violent effort sur lui-même pour ne pas se jeter sur Thibaut, le repousser loin de Magdalena.Les traits tendus, les yeux très sombres, il s'avança et s\u2019assit près de la jeune fille.Elle leva les yeux vers lui et lui sourit doucement.Pur et charmant sourire, que Fhibaut saisit au passage, et qui alluma dans ses prunelles une flamme démoniaque.\u2014Je regrette que notre après- midi ait été ainsi manquée, dit Karol dont la physionomie se modifia instantanément.\u2014Moi aussi.J'aurais voulu revoir Frianon, que nous n\u2019avions pas eu le temps de bien visiter l\u2019autre jour.\u2014 Nous y retournerons.Rien ne nous presse, car nous avons encore en perspective pour vous un certain nombre de séances de pose.\u2014Nous ne nous en plaindrons pas, dit Vincente avec suavité.Clairefontaine est vraiment un Eden ! \u2014 Tout à fait! appuya Fernande.\u2014I! manque peut-être de dancing pour vous.mademoiselle?dit troniquement Korol.Je suis certain que vous faites un grand sacrifice en y demeuram.\u2014Vous vous trompez, monsieur.Les mondanités ne sont pour moi qu\u2019un passe-temps dont je me priverais sans pvine, répondit Mile de Movis avec aplomb.Comme ces gens-là savent mentir! pensa Karol, dont le mépris se mélait de colère, car il songeait à tous les dédains, les injustices dont Magdalena, st loyale, de conscience si délicate, avait souffert par ces êtres bypocrites.Thibaut prit congé peu après.Karol serra 2 peine la main qu'il lui tendait.Sa amère lu dit: \u2014À bientôt.J'irai sans doute à Paris dans deur ou trois jours, et J'espère que nous ne nous manquerons pas cette fois.\u2014Ce n\u2019est pas sûr du tout, Fau- quoy m'a demandé de l'aller voir à Paris-Plage, mais il doit me fixer le jour par téléphone.Alors, il se peut que ce soit précisément celui- là qué vous choisissiez, sans le sa- \u2014Ekh bien, tu nous téléphoneras.\u2014Oui, si j'ai le temps.Vous savez, je n'aime guère les complications.Et après tout, vous n'avez pas besoin de moi?\u2014\u2014Non, pas que je sache.Alors, fais comme tu voudras, nous me nous occuperons pas de toi.\u2014 Très bien, cela vaut mieux.Et sur ces mets, il sortit du salon, suivi de sa soeur.\u2014Eh bien, où vas-tu, Fernande?demanda Mme de Movis.\u2014J\u2019accompagne Thibaut à sa voiture.\u2014 Mais tu va: te faire mouiller.\u2014 Non, il ne pleut plus.C'était vrai, en effet.Près de la voiture, en affectant de montrer à Fernande le nouveau bouchon de son radiateur, Thibaut lui adressa encore quelques recommandations.Ele acquiescait de la téte.Puis elle demanda: \u2014 Tu auras l\u2019argent nécessaire pour payer Célinie?\u2014Oui, Fauquoy me l\u2019a prêté.Alors, entendu ?Dans deux jours?\u2014\u2014Entendu.à moins d\u2019un contre-ordre de part ou d\u2019autre.Et ils se sercèrent la main En se détournant ponr rentrer, Fernande aperçut Louis qui passait le seuil de la porte.Elle le rejoignit en demandant d\u2019un air soupçonneux: \u2014Que faisais-tu 13?\u2014Je venais voir si -vraiment il ne pleuvait plus.\u2014 Qu'est-ce que ça peut te faire?\u2014Ça me fait que je vais pouvoir aller faire ma petite promenade de l'après-midi, comme me l\u2019a recommandé le docteur; puisqu\u2019à Versailles la pluie m\u2019en a empêché.\u2014Ah! bien! dit Fernande avec indifférence.Elle ne vit pas le regard perplexe, un peu anxieux, dont la suivait son jeune frère, tandi£ qu\u2019elle rentrait dans le salon où Karol, délivré de Thibaut, se mettait à causer avec son esprit habituel.XVIII Karol recut le lendemain par T.S.F.des nouvelles de son pére qui s'était embarqué sur son yacht dix jours auparavant pour regagner fa France.Le jeune homme trouva le moyen de glisser à l'oreille de Mag- \u2018dalena, en sortant de l\u2019atetier: \u2014Nous ne tarderons plus beaucoup à le voir arriver maintenant, car le Sphinx est trés rapide.Masdalena se sentit tout heuren- se, à cette nouvelle.Plusieurs fois, en lui parlant du retour de son père hors de la présence des Movis, Karol avait parm lier à ce retour la fin de la dépendance en laquelle la tenait Vincente.Il semblait lui promettre pour la délivrer.Mais pourvu que je voie M.Wienkie- Wicz avant qu\u2019il aille à Cadeilles! S'il se rencontre avec Thibaut.Je vais partir pour Paris, louer une voiture.Mais je n'ai pas d'argent.\u2014Je vais vous en donner! Montez 3 mon appartement et attendez- moi.Mais comment expliquer votre départ?-\u2014\u2014Vous pourriez dire que vous m\u2019envoyez voir si votre neveu est à tel endroit.mettons Orléans, où soi-disant vous auriez entendu dire qu'il devait aller?\u2014Oui, c\u2019est cela.Mme de Ojedz saisit les mains du jeune garçon et les serra longuement.\u2014 Quel brave coeur vous êtes ! Mon neveu me l'avait bien dit.Ah! comment avez-vous un frère, une soeur tels que ceux-là?Cette odieuse Fernande! Mais je ne vais plus pouvoir supporter sa présence, maintenant! \u2014 I le faut, pourtant, madame, jusqu'à ce que tout soit éclairci\u2026 car enfin, je me trompe peut-être, Août 1930 Puis, au cas où j'aurais vu juste, il ne faudrait pas.donner l'éveil à Fernande, qui pourrait télégraphier à Thibaut de se méfier.\u2014Eh bien, je me surveillerai\u2026 je ferai l\u2019aimable.ou à peu près.Montez, mon bon enfant; je vous rejoins dans un instant.Louis quitta le salon par une porte donnant sur une pièce voisine, laissant dona Clara toute bouleversée, \u2018devant cette révélation inattendue, et tout angoissée en pensant a Karol dont elle connaissait l'amour pour cette charmante Magdalena.\u201cIl est capable de tuer Thibaut! songea-t-elle.Ou bien, alors, l\u2019autre.Et cette idée du danger que courait son neveu bien-aimé fit courir en elle un long frisson d\u2019effroi.XIX Quand Magdalena ouvrit les yeux, elle resta longtemps encore sans pensée, avec une pénible impression de douleur dans la tête, de pesanteur dans les membres.Lorsqu'elle put enfin se rendre compte de ce qui l\u2019entourait, elle crut d'abord continuer un désagréable rêve.Oui, vraiment, elle rêvait qu\u2019elle se trouvait dans la chapelle de Cadeilles.Ces étroites fenêtres, par, lesquelles entrait si peu de jour, ces voûtes grises, ces vieux murs, cet autel brisé.tout cela n\u2019existait que dans son imagination.Elle se souleva, regarda plus attentivement autour d\u2019elle.Sa pensée devenait plus nette, et elle comprenait enfin qu\u2019elle était bien éveillée.Mais alors?C\u2019était bien la chapelle, vraiment bien la chapelle! En tournant la tête, elle voyait la statue de Saint-Michel, et près d'elle, le banc vermoulu que personne n\u2019avait jamais dérangé.\u2014 Qu'est-ce que cela signifie?dit- elle tout haut.Elle s'aperçut alors qu\u2019elle était couchée sur un petit lit de fer garni de matelas, de draps et de couvertures.Près d\u2019elle se trouvaient une table et un fautzuil sur lequel étaient posés le costume tailleur et le chapeau qu'elle avait coutume de mettre pour ses sorties hors de Clairefontaine.Elle se leva un peu péniblement, car elle sentait aux jambes une fa- Ligue, lourdeur inaccoutumées.Un étourdissement la fit vaciller, et elle se retint au dossier du fauteuil.\u201cQu\u2019ai-je donc 7?\" pensa-t-elle avec angoisse, une La Revue Populaire Elle s\u2019assit sur le lit, et peu à peu le malaise se dissipa.Alors elle jeta encore un coup d'oeil autour d'elle.Il n\u2019y avait pas de doute, elle était dans la chapelle de Ca- deilles! \u201cMais qui donc?.qui donc m\u2019a amenée ici?\u201d Naturellement, un seul nom se présentait à son esprit.Mme de Movis l'avait fait enlever de Clai- refontaine pour la transporter ici, où elle comptait sans doute la retenir prisonnière.Dans quel but ?Se doutait-elle que Karol agissait en faveur de sa victime?Peut-être, car le jeune homme n\u2019avait pas dissimulé son intérêt, sa sympathie pour l\u2019orpheline.Mais il était étrange que cette femme habile, intelligente, usit d\u2019un pareil procédé, sachant surtout qu\u2019il lui faudrait s\u2019en expliquer avec Karol Wien- kiewicz.Enfin, peu importait! Magda-~ lena n\u2019éprouvait aucune inquiétude, car elle savait que si elle le voulait elle sortirait à l'instant même de sa prison.Mais elle préférait attendre que Karol y pénétrât, venant chercher le testament de M.de Norhac\u2026 et la trouvant là, elle, par la même occasion.Elle ne put s'empêcher de sourire, en pensant à la stupéfaction du jeune homme.Puis elle se leva et s\u2019avisa qu\u2019elle était vêtue de sa robe d'intérieur.Comment avait-on pu la faire sortir de Clairefontaine sans qu'\u2019elle s\u2019en fût aperçue ?En l\u2019endormant sans doute?.Oui, cela expliquait cette lourdeur de tête, cette fatigue générale.Elle se contraignit à marcher un moment dans la chapelle, non sans jeter des regards d'appréhension vers la voûte, et vers les pierres qui, s\u2019en étant détachées, gisaient sur le sol.\u2026.Peut-être Mme de Movis es- pérait-elle qu\u2019une autre tomberait à propos pour la délivrer d\u2019une gênante personne?\u201cJ'irai tout à l'heure m\u2019installer dans la crypte, pensa Magdalena.Mais comme il est probable que quelqu\u2019un viendra bientôt, j'aime mieux descendre seulement après\u201d.Elle quitta sa robe d\u2019intérieur et revêtit le tailleur.Puis elle s\u2019assit, en jetant un coup d'oeil amical vers saint Michel, Avant de gagner la crypte, elle le délivrerait du dépôt qu\u2019il avait si bien gardé.Mais l\u2019avait-il gardé, au fait?Brusquement saisie d'inquiétude, Magdalena se leva, alla au banc, l\u2019escalada, puis étendit la main vers le casque.Oui, l'enveloppe était là! Avec un soupir de soulagement, elle s'en empara et la glissa dans son corsage.Puis elle regagna le fauteuil et se laissa aller à ses réflexions.Qui donc Mme de Movis avait- elle pu charger de l'emporter ainsi?Célinie, peut-être?.Mais Célinie n\u2019avait pu agir seule.Et, comment Vincente comptait-elle expliquer 3 Mme de Ojeda et 3 son neveu la disparition de la pupille de son mari?En dépit de son habileté, cela aurait été bien difficile, avec Karol surtout qui n\u2019était pas homme à se laisser berner.Magdalena sentait son coeur battre plus vite, chaque fois que revenait à sa pensée le nom du jeune artiste.Ah! demain, de bonne heure probablement, il serait ici et l\u2019emmènerait.et il ne la laisserait plus, cette fois, bien certainement, entre les mains de Mme de Movis! Pourvu que le testament de l\u2019oncle Henri leur donnât les moyens d\u2019avoir barre sur cette femme! Elle avait hâte d\u2019en prendre connaissance, mais ne l'osait encore, craignant que quelqu'un apparût inopinément.Et voilà qu\u2019en effet la porte s\u2019ouvrait brusquement.Magdalena vit sans surprise la grosse face de Céli- nie, dans laquelle les petits yeux pétillaient de joie mauvaise.\u2014Fh bien, ma belle enfant, comment nous trouvons-nous?Un peu défraîchie, hein! après ce petit voyage?Elle s\u2019avançait, ricanante, traînant ses savates sur le sol couvert de poussière.À son bras elle portait un panier recouvert d\u2019une serviette.Magdalena lui jeta un regard de mépris, sans répondre.\u2014On fait sa princesse?Dame, maintenant qu\u2019on a fréquenté le grand monde, et un type chic comme ce M.Karol, on voudrait prendre des airs, pas vrai?Mais ça ne prend pas, avec Célinie.et ça ne prendra pas non plus avec M.T'hi- baut, croyez-moi! \u2014M.Thibaut ?dit vivement Magdalena.\u2014Ben, quoi, qu'est-ce que vous avez à faire l\u2019étonnée?Est-ce que vous ne vous doutez pas que c'est lui qui vous a amenée ici?\u2014Non, je croyais que c'\u2019était Mme de Novis! \u2014Oh! non! et même, elle fera une drôle de tête quand elle saura ça, madame! C'est pour sûr pas dans ses idées.Mais ça m'étonne, elle qui est si maligne, qu\u2019elle ne se soit pas aperçue que son fils était tombé amoureux de vous.\u2014 Qu'est-ce que vous dites, Cé- linie?23 Magdalena se redressait en attachant sur la femme de charge ua.regard stupéfait.Célinie se mit a glousser bru- aymment.\u2014Fst-ce que vous voulez me faire croire que vous ne vous en êtes pas aperçue?Non, mais pour: qui me prenez-vous ?Seulement, voilà, vous préfériez le beau Karol et ses dizaines de millions.Alors M.Thibaut, qui est jaloux comme trente-six tigres, n\u2019a trouvé rien de mieux que de vous enlever, au: nez et à la barbe\u2014manière de parler \u2014 de Mme Vincente et de la tante du Polonais.Mile Fernande l\u2019a aidé, parce qu\u2019elle aussi, dame, la jalousie, ça la travaille dur ! Et comme il m\u2019a versé une bonne somme, j'ai bien voulu lui donner mon concours, comme on dit.J'étais avec vous dans la voiture qu'il conduisait, et je devais veiller i ce que vous restiez endormie.Tout s'est très bien passé.Vous voilà maintenant éveillée, prête à recevoir la visit de M.Thibaut, qui va venir faire un brin de causette avec Vous.\u2014Je ne veux pas voir ce misérable! dit violemment Magdalena.Elle s\u2019était levée, les yeux brillants d\u2019'indignation.\u2014Oh! 1a.13, des grands mots } Moi, je m'en moque! Arrangez- vous avec jui.Voilà de quoi boire, \u2018 et manger, en tout cas.Elle montrait le panier qu\u2019elle avait posé à terre.\u2014.\u2026Et puis, bonsoir! Si ça vous fait plaisir d\u2019avoir des nouvelles de la vieille Grandy, je vous dirai.qu\u2019elle ne va pas plus mal, mais qu\u2019elle s'enferme dans sa tour comme un hibou malade.La-dessus, Célinie tourna les talons et sortit, en refermant bruyamment la porte au verrou.\u201cIl faut que je m'en aille tout de suite! pensa Magdalena.Je ne veux pas voir cet odieux Thibaut! Pendant qu\u2019il fait un peu jour encore, je gagnerai le presbytère et je demanderai l'hospitalité à M.le curé.De là, nous aviserons à prévenir Karol Wienkiewicz'\".Elle se dirigea vers l'escalier de la crypte.Mais elle n\u2019y était point parvenue encore quand la porte s\u2019ouvrit de nouveau.Thibaut entra, tenant une lampe allumée à la main.\u2014Je vous apporte de la lumière, Magdalena, dit sa voix tranquille.Elle fit volte-face.Toute l'énergie latente en elle surgit en cette minute, et la dressa, hautaine, indignée, en face de Thibaut.\u2014Sortez! Sa main tendue désignait la porte. 24 Paisiblement, Thibaut posa la lampe sur la table.Puis il fit quelques pas vers sa cousine.\u2014 Quel accueil, chère Magdalena! Je viens cependant avec les plus mobles intentions du monde.\u2014OQue m'importent vos intentions! Vous êtes un misérable! \u2014Parce que je vous ai enlevée un peu brusquement à cet Eden de Chairefontaine?J'avoue que le procédé est assez.vif, en effet, mais il me fant en accuser que votre beauté, qui m'a rendu positivement fou.\u2014T'aisez-vous! Je ne vous écouterai pas davantage! \u2014Mais si, vous m\u2019écouterez\u2026 tout comme vous écoutiez les bel- fes paroles de ce cher Wienkiewicz! La voix doucereuse prit um accent de haine à ces derniers mots.Dédaignant de riposter, Magda- lema lui tourna le dos et se dirigea vers le fauteuil contre le dossier duquel s\u2019appuyèrent ses mains fré- Mrissantes.Thibaut ricana.\u2014 Vous faites l\u2019insolente, mon aimable cousine ?Peu importe ! C'est moi qui aurai le dernier mot.Je veux que vous deveniez ma femme, entendez-vous?Car je vous aime, et je suis prêt à renverser tous les obstacles pour que vous m'ap- parteriez.Ma mère criera d\u2019abord, mais elle cédera vite, devant ma résolution.Done; belle cousine, ou bien vous allez me dire gentiment: Oui, je serai votre femme, Thi- bant.\u2014Jamais! Sans que sa voix changeât d\u2019un ton, Fhibawt acheva: \u2014Ou bien vous resterez prisonnière ici, le temps qu\u2019il faudra pour que vous changiez de résolution.Personne ne sait où vous êtes, personne n'aura 1dée de venir vous chercher en cet endroit, Célinie vous apportera le nécessaire.Quand vous aurez assez de ce séjour enchanteur, vous le fui direz.Alors, Je viendrai recevoir votre promesse et je vous rendrai votre liberté.Nous irons ensuite trouver mes parents, qui ne pourront faire autrement que de nous donner leur consentement, car je Vous aurai tout à fait compromise aux yeux du monde par mon petit stratagème, ra chère cousine, et je sais qu'il vous serait fort désagréable de vivre avec l'apparence même du déshonmeur.Ainst donc, 2 bon entendeur, salut!.Et tous mes regrets d\u2019être obligé de vous loger aussi inconfortablement.Mais il ne dépend que de vous d'occuper, aujourd\u2019hui même, le meilleur appartement du château.Songez-y, avant que je me retire, EM NS it a aie TL LT ie tiers La Revue Populaire \u2014 Vous pouvez vous épargner ces paroles inutiles, dit dédaigneusement Magdalena.\u2014Bien, bien.A demain donc.Une nuit passée dans cet agréable Tieu vous fera sans doute réfléchir\u2026 Ab! up conseil ! Restez dans fa partie où se trouve le lit, car de ce côté, aucune pierre ne s'est encore détachée.Sur ces mots, Thibaut quitta la chapelle.Magdalena eut un soupsr de soulagement.Elle s\u2019assit, pour se remettre de l\u2019émotion que lui avait causée cet entretien.Son antipathie, ou plutôt cette sorte de répulsion que lui insptrait déjà auparavant le fils de Vincente, premait upe nouvelle force depuis cette révélation qu'il venait de Îui faire.Il disait l'aimer, cet odieux Fhrbaut\u2026 \u2018et 14 était jaloux de Karol Wienkiewicz.Un trouble profomd pénétrait l'âme de Magdalena.Karol.Est- ce qu\u2019il l\u2019aimerait, lui aussi?Elle se rappelait des regards = tendres, si ardents\u2026 Et æ dévouement, cette sollicitude\u2026 Une joie enivrante s'insinuait en elle.Serait-ce possible?Oh ! non, eHe était folle.folle de s'imaginer cela! Lui, une des personnalités les plus en vue de l'époque actuclle.et elle, la pauvre Magdalena! Non, ¢\u2019était simplement par bonté, par délicate charité qu\u2019il se montrait si empressé, si charmant à-son égard.Mais Fernande, st vaniteuse, était naturellement furieuse qu\u2019il ne se souciât pas d'elle.Et Fhrbaut, fui, devait avoir une âme pétrie d'envie, qui ne pouvait supporter la supérionté physique, morale, intellectuelle du jeure artiste, m la reconnaissance, l'admiration qu'il supposait\u2014a juste raison\u2014exister pour lui dans le coeur de Magdalena.Elle joignit les mains en murmurant : \u2014 Mon Dieu, je vous remercie de permettre que je puisse échapper a ce misérable! Puis elle se leva, décidée 3 descendre maintenant dans la crypte.Mais auparavant, elle voulait prendre connaissance du testament.Elle retira le papier de l\u2019enveloppe et se pencha vers la lampe.Avec quelque difficulté, car l\u2019écriture était mal assurée, alle lut: \u2018Je lègue tous mes biens 2 ma petite nièce Magdalema de Norhac, fille de mon neveu Roland, annulant ainsi tout autre testament fait en faveur de Vincente de Movis, qui a manoeuvré pour capter ma fortune et a empêché Roland de Norhac d'arriver jusqu'à moi\u201d.Suivaient la date et la signature du défunt, qu\u2019il s'était appliqué à faire k plus lisible possible, dans un dernier effort d'érergie.\u201cAh! c'est bien ce que désirait M.Wienkiewicz ! pensa joyeusement Magdalena.Pauvre oncle Henri, il a eu toute sa lucidité d'\u2019esprit, jusqu\u2019au dernier moment\u201d.Elle remit le papier dans l\u2019enve- foppe, cacha de nouveau celle-ci dans son corsage.Puis, prenant la lampe, elle descendit à La crypte.La fraîcheur la saisit, et elle reconnut qu'il serait dangereux pour elle d'y demeurer.Après un regard vers l'ouverture du passage, elle remonta et s\u2019étendit sur le Ht.Sa montre\u2014 un cadeau que lui avait fait deux jours auparavant dona Clara\u2014marguait sept heures du soir.Un peu de jour pénétrait encore par les fenêtres étroites, \"où les vitres manquaient.Fort heureusement, la température étart chaude.Ce serait une nuit désagréable à passer, certes, mais Magdalena jugeait que c'était peu de chose, en regard de la perspective qui l'attendait ensuite avec ce bienhevreux testament de l\u2019oncle Henri.Et puis.surtout, demain matin, elle verrait Karol.H avait dit qu\u2019il coucherait à Pau et partirait de très bonne heure pour Cadeilles.Peut-être mettrait- il un peu de temps pour trouver le chemin conduisant à ta cascade.mais après ce serait vite fait.Et elle le verrait.et il l\u2019emmènerait, foin de ce Thibaut, digne fils de Vin- cente.Elle avait faim.Mais elle n'osa toucher aux provisions apportées par Célinie.Savait-elle si on n'y avait pas mis quelque drogue pour l\u2019endormir encore?I fallait se défier de tout, avec ces Movis.Et les heures passèrent, bren lentes, jusqu'au moment où cédant à Ia fatigue, Magdalena s'endormit.XX Quand elle s\u2019éveilla.une faible clarté annonçait l'aube.Flle se leva.marcha un peu dans la chapel- te.La faim, la soif se faisaient péniblement sentir, car elle n'avait rien pris depuis l\u2019avant-vetlle.Elle se décida à manger un morceau de pain, mais ne toucha pas à la bouteille de bière mise dans le panier par Célinie.Puis elle s'étendit de nouveau.Mais vers six heures, elle descendit dans la erypte.pensant gue Karol ne tarderait plus maintenant.Si quelque chose l'avait retardé ?pensa-t-elle, saisie d'inquiétude.J'attendrai \u2018usqu'à sept heures, et puis je sortirai d'ici, comme je pourrai, car en attendant, je ris- Août 1930 querais de voir arriver l'hibaut ou Célinte\u2019\u2019.Elle allait et venait entre les tombeaux, où avaient été inbumés les seigneurs de Cadeilles jusqu'à la Révolution.Derrière l'un d'eux, sarcophage de pierre qui devait remonter au douzième ou trerzième siècle, débouchart l'ouverture du passage.Comme la crypte était fort sombre et cette ouverture placée bas, 4 fallait connaître son existence pour la découvriæ, à moins de quelque hasard, comme le cas avait dû se produire pour Roland de Norhac.Bien qu*ayant déjà passé par là autrefois, Magdalena n\u2019envisageait pas sans quelque appréhension de recommencer seule.Elle consultait fiévreusement sa montre, trouvant les minutes interminables.Enfin.un bruit léger lui parvint.Prêtant plus attentivement l'oreille, elle perçut comme un frôlement.\u2014C\u2019est fui! pensa-t-elle, le coeur battant.\u2018 Elle se courba, approchant son visage de l'ouverture.\u2014Monsteur Wienkiewicz! appe- ja-t-elle.Une voix étouffée rephiqua: \u2014 Qui me parle?\u2014 Moi, Magdalena! Un instant plus tard, Karol paraissait hors du passage, dont Mag- datena l\u2019aidait à sortir.D'un bond, il fut debout.\u2014 Vous !\u2026.ici ! Comment ?Qu'est-il arrive?\u2014Je vous Île raconterai tout à l'heure.Mais il faut partir sans tarder, parce que Thibaut ou Céli- nie pourraient venir.\u2014 Thibaut?\u2014Oui, c\u2019est lui qui m'a enlevée, transportée ici, avec la complicité de Fernande et l\u2019aide de Célinie.\u2014Enlevée?Ah! par exemple! \u2014\u2014Heureusement, il a eu fa bonne idée de m'enfermer dans cette chapelle, d\u2019où je savais pouvoir m'\u2019évader quand je le voudrais.Mais j'ai préféré vous attendre.Partons maintenant.Ah! jai fe testament de l'oncle Henri! Vous le trouverez tel que vous le souhaitiez, je crois.\u2014Quetle chance! Tout va mer- vetlleusement s'arranger, chère Mredalena.Allors, maintenant.- Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la grotte \u2018devant laquelle tombart la cascade.Avec l\u2019aide de Karol.Magdalena attet- gnit sans trop de difficulté l\u2019étroite berge du gave.Mats quand elle eut fait quelques pas, une défaillance la prit et elle serait tombée si Karol, qui lui donnait le bras, ne I'avait énergiquement retenue, Août 1930 T1 la souleva, l\u2019emporta.À quelques mètres de là, dans une anfractuosité de la falaise, se trouvait une sorte de talus gazonné, Karol y déposa la jeune fille et s'agenouilla pres d\u2019elle pour la soutenir.Quand elle reprit connaissance, dle se vit entre ses bras, elle rencontra son regard anxieux._\u2014Ftes-vous mieux, ma chérie?ma petite Magdalena?Ces mots, et la chaleur de l\u2019accent, firent vlus pour la remettre que tous les cordiaux.Un peu de rougeur vint à son Visage, tandis qu\u2019elle murmurait: Qui.il me semble.C'est la faiblesse, l'émotion.Et puis, je n'ai presque pas mangé.\u2014 11 vous a laissé sans nourri- tare, ce scélérat?s\u2019écria Karol.\u2014 Non.mais je n'ai pas osé.J'avais peur qu\u2019on me donne quelque drogue.Déjà, ils ont dû m'\u2019endormir à Clairefontaine pour m'emmener.; Elle se soulevait un peu, essayait de s\u2019écarter, en rougissant plus fort.Mais les bras de Karol ne se desserrèrent pas.\u2014 Non, Magdalena, vous ne bougerez pas, dit-il avec une tendre douceur.Je veux dès cet instant que vous me considériez comme votre fiancé.car j'espère bien que vous ne refuserez pas de devenir ma femme?\u2014 Moi, votre femme! s'écria-t- elle.Quelle joie merveilleuse paraissait dans ces beaux yeux bleus!\u2026 Quel bonheur ingénu vibmit dans cette voix qui répétait\" \u2014 Votre femme?\u2026 moi, moi ?Oh! est-ce possible?\u2014 Tres possible.et même certain, pourvu que vous le vontiez.\u2014Oh! si je le veux! Karo! baisa doucement les paupières frémissantes \u2014 Ma petite aimée! Je vous ferai oublier tous ces mauvais jours.Allons, maintenant.Nous nous arrêterons à Pau, pour que vous vous restauriez, puis nous filerons sur Paris, oll ma tante, avisée par télê- gramme, nous attendra ce soir.\u2014Ft les Movis?\u2014Flle les mettra à la porte, tout simplement.Venez, Magdalena.Il ne faut pas nous attarder davantage, car vos pieds sont mouillés.Je vais vous porter jusqu'à la voiture, qui nous attend non loin du sentier.\u2014Certes non! Je puis très bien marcher maintenant.Mais sams l'écouter, Karol l\u2019enleva dans ses bras.En quittant le sentier, il la mit'à terre et glissa son bras sous le sien.ils apparu- La Revue Populaire rent ainsi 3 Vojciedi, qui les attendait, \u2014 J'ai trouvé Mlle de Norhac prisonnière, enfermée dans une vieille chapelle par son cousin qui l\u2019a enlevée hier de Clairefontaine, æxpliqua Karol au valet de chambre visiblement ébalu.I! installa la jeune fille dans l\u2019automobile, puis il dit en souriant: \u2014Je vais aller un peu vite, car j'ai hâte de vous voir prendre quelque chose.Vous ne me ferez pas de reproche, cette fois?\u2014Non, si vous n\u2019exagérez pas, 1épondit-elle, en souriant aussi.\u2014Je tâcherai.Sur cette promesse, Karol ferma fa portière ct monta sur le siege.Vojciedi prit place près de lui.Et la puissante voiture s'éloigna, emportant Magdalena en plein rêve de bonheur.À Pau, tandis que la jeune fille déjeumait dans le petit salon demand?par Karol, celui-ci, apres avoir pris comnaissance du testament, rédigea une dépêche pour dona Clara.\u201cRamene Magdalena, enlevée par Thibaut.Tout va bien.Soyez à Paris ce soir.Renvoyez les Movwis\u201d\u201d.Cela fait, 11 demanda à Magdalena de lui raconter æ qui s'était passé.Quand elle lui eut redit les paroles de Thibaut, il témoigna d\u2019une telle indignation que la jeune fille, un instant, eut peur qu'il retournât à Cadeilles pour le châtier.\u2014Certes, je le ferais, st ce m\u2019était qu'à cause de vous, je ne veux pas de scandale! Il sera déjà bien puni par la perte de la fortune de l'oncle, fit observer Magdalenn.\u2014Pas en comparaison de ce qu\u2019il mérite, le misérable coquin! Enfin, ne pensons plus à cela pour le moment et parlons un peu de vous.Je vais, dès demain, com- memncer toutes les démarches pour notre mariage, de telle sorte que, dès le retour de mon père, 1 puisse être célébré.D'ici 1° vous demeu- terez avec ma tante, à Clairefon- taine \u2014 que je ferai sériensement garder \u2014 et où je viemdrai chaque jour vous voir.Cela vous convien- dra-t-il ainsi?\u2014 C'est vous qui êtes le meilleur juge, répondit-elle avec un regard de joie confiante.Puis, en souriant, elle ajouta: \u2014Noës recommencerons un peu l'histoire de la belle Bérengère.La connaissez-vous?\u2014Oui, Louis me l\u2019a racontée.Figurez-vous qu\u2019il avait reproduit sous vos traits la malheureuse pri- sonmière enfermée dans la tour du Roi.Ce dessin étant tombé sous mes yeux m'a donné l'idée que peut-être Mme de Movis avait eu l\u2019idée de vous infliger un châtiment semblable.Et Louis a fimi par me l'avouer en effet\u2014avec quel chagrin, le pauvre garçon! \u2014 Comme il va souffrir, en apprenant l\u2019indigne conduite de son frère! dit Magdalena avec compassion.\u2014 Hélas ! Et :l doit être bien angoissé de votre disparition.Ma tante aussi, d'ailleurs.Qu'ont-ils pensé, imaginé ?Mme de Movis n'est-elle vraiment pas complice là- dedans?.Et cette odieuse Fernande! Magdalen2 mit la main sur son bras, en le regardant avec ume fi- mide tendresse.\u2014N'\u2019en parlons pas, comme vous le disiez tout à l'heure.Oublions- les.\u2014Momentanément, oui.Mais il faudra que tout se règle.Si vous vous sentez assez reposée maintenant, ma chérie, nous allons repartir pour arriver le plus tôt possible à Paris.\u2014Oui, partons! J'ai hâte d'être le plus loin possible de ce Cadeilles OÙ je n\u2019ai connu que tristesse et souffrance.Je ne regrette qu\u2019une chose: c\u2019est de n\u2019avoir pu voir ma pauvre cousine Séraphune.Karol, qui considérait amourzu- sement le délicieux visage éma et attristé, promit aussitôt : \u2014Nous lui ferons une existence meilleure, dès que noms serons mariés.Et 1l en fut remercié par le plus charmant sourire du monde.Louis, arrivant à Pau vers le milieu de la nuit, avait dû s'y arrêter.I] comptait repartir dès l'aube.Mais au moment du départ, il se produisit une panne, et ce fut avec un retard d'une heure que le jeune garçon quitta la ville, sans se douter que celui qu'il poursuivait avait passé la nuit dans un hôtel situé à quelques centaines de mètres de ce- Tui ou il était descendu.Ignorant que Karol comptait s'arrêter à Pau avant de gagner Cadeilles, Louis se demandait avec angoisse où il le trouverait, et c qu\u2019il avait été faire au château.Voulait-il parler à Mlle Séraphine?Mais si Thibaut se trouvait là, qu\u2019était-il advenu?I! aurait pensé, lui, que Karol était informé du rapt de Magdalena et qu\u2019il venait fa délivrer.Qu\u2019était-il sorti de cet imbroglio?Sous l'obsession de ce tourment, le trajet parut à Louis interminable.Enfin, la voiture stoppa devant la grille de Cadeilles.Le concierge 25 parut sur sa porte et dit avec surprise : \u2014 Tiens, vous aussi, monsieur Louis?\u2014M.Thibault est là, n'est-ce pas?demanda Louis.\u2014 Mais oui, arrivé d'hier.Vous ne le saviez pas, monsieur?\u2014\u2014Si, si.Mais je pensais qu'il n'était peut-être pas arnvé encore.Et.il était seul?Le concierge parut étonné de cette question.\u2014Eh! oui, monsieur.\u2014Ah! bien! Et Louis pensait en même temps: Qu'a-t-il fait de Magdaiena ?Ne serait-elle pas ici?.Mais en ce cas, pourquoi serait-il venu?Puis il songea aussitôt : \"II se sera arrangé pour la transporter secrètement, avec l'aide de Célinie, par une des autres entrées\u201d.Avec un tremblement dâns la voix, il demanda encore: \u2014Îl n\u2019est venu personne d'autre?\u2014Non, personne.Louis s2 dirigea vers la porte du château, suivi du regard par le com- tierge qui Se disait : Quel drôle d'air al a, M.Louis! Et pourquoi arrivent-ils comme cela, l'un après l'autre, M.Tl'hbawt et lux?Qu'est- ce qu'ils viennent faire ici?Pourquoi Célinie est-elle allée ces pours- ci à Pans?Dans le hall, Louis s'arrêta, indécis, le coeur serré.Allait-il se mettre dès maintemant à la recherche de son frère\u201d.ou bien tâcher de découvrir le lieu où l'on avait enfermé Magdalena, si réellement elle avait été amemée dci?Il opta pour cette dernière solution et gagna d'abord la tour du Roi.La porte s\u2019ouvnit sams dafficul- té, et le jeune garçon put constater que le cachot était désert.Ou aller woir maintenant ?Il somgea aussitôt à la chapelle, parce qu'il se rappelait qu\u2019autrefois sa mère y avait enfermé une nuit Magdalena.La porte était fermée au verrou.Louis tira celui-ci, ouvrit le battant et entra.La chapelle était déserte.Mais dans la partie la mieux conservée, il y avait un lit, un fauteuil, une table, un panier.et, sur le lit, ume robe d'intérieur qui appartenait à Magdalena.\u201cElle a été enfermée ici.mais elle n\u2019y est plus, pensa Louis.Où l\u2019ont-ils mise maintenant?\u201d Il alla jusqu'à fa porte de la cæypte, appela.Rien ne lui répondit.Alors il rævint sur ses pas, résolu cette fois à voir Thibaut.En sortant de la galere, 11 se heurta a Célinie qui arrivait, por- tédéi ide ipimoi ste didiladits atde Lda saga dit a 26 tant un pot de lait.Elle jeta un cri de surprise.\u2014 Monsieur Louis! D'où sortez- vous?\u2014Mon frère est ici, Célinie?\u2014 Non, pour sûr ! répondit la grosse femme, prompte à reprendre ses esprits.Qu'est-ce que vous voulez qu\u2019il fasse ici, M.Thibaut?.Et d\u2019où que vous venez comme ça?\u2014De la chapelle où était enfermée Magdalena.Mais où l\u2019avez- vous conduite, maintenant?\u2014Comment, où nous l'avons conduite?Qu'est-ce que vous dites?\u2014Je dis que mon frère et vous l'avez enfermée dans la chapelle, mais comme elle n\u2019y est plus, je vous demande.\u2014Flle n\u2019y est plus ?Ah! par exemple! Et, précipitamment, Célinie s\u2019en alla vers la chapelle.\u201cBlle a l\u2019air de ne pas savoir.pensa Louis, très surpris, et saisi d'un vague espoir.Magdalena aurait-elle pu s\u2019enfuir?\u2026 ou l\u2019aurait- on délivrée?Mais qui?.\u2026 et comment?\u201d Quelques minutes plus tard, Cé- linie reparaissait, très rouge, visiblement furieuse.\u2014C\u2019est pourtant vrai ! Comment a-t-elle pu, la mitine?.II va en faire une tête, M.Thibaut! Avoir risqué tout ça, et dépensé son bon argent pour voir la belle filer à l'anglaise! Ah! pour un sale tour, c'est un sale tour, qu\u2019elle lui joue là! Et sans plus s\u2019occuper de Louis, Célinie s\u2019éloigna, sans doute pour avertir son jeune maître, Louis, très perplexe, se demandait ce qu\u2019il devait faire.Il ne tenait aucunement à se rencontrer avec son frère; mais il aurait vulu être complètement assuré que Magdalena était hors de ses mains.Qui savait si Thibaut, sans prévenir Célinie, n\u2019avait pas emmené sa cousine ailleurs?Tandis qu\u2019il réfléchissait ainsi, il Vit apparaître son frère, qui courait, le teint verdi par la colère, les traits contractés.Au passage, il saisit le bras de Louis et entraîna celui-ci en disant: \u2014 Toi, il va falloir que tu m\u2019expliques.Dans la chapelle, il lâcha son frère et jeta un coup d'oeil autour de lui.Puis il alla regarder derrière l'autel brisé.Célinie arrivant, sur ces entrefaites, il Ini dit: \u2014Gardez M.Louis ; je vais chercher de quoi m'éclairer en bas.Il revint cinq minutes plus tard, muni d'une lampe électrique de poche, et descendit à la crypte.Il fit le tour des tombeaux, mais la.lueur de la lampe étant promenée La Revue Populaire un peu trop haut, I'ouverture du passage lui echappa.Il remonta, la mine orageuse, les yeux pleins de menaces.Dans le fauteuil apporté là pour Magdalena, Célinie s\u2019étalait, toujours prête à prendre ses aises.Elle demanda, avec une intonation narquoise: \u2014Eh bien, le bel oiseau n\u2019est pas là-dessous?Sans daigner lui répondre, Thi- baut marcha vers son frère qui était resté debout à la même place.\u2014C\u2019est toi qui l\u2019as fait partir?\u2014 Moi?Non.La porte était fermée, et il n\u2019y avait personne ici quand j'y suis entré tout à l'heure.\u2014Alors que venais-tu faire à Cadeilles?\u2014Savoir ce que tu avais fait de Magdalena.Dona Clara m\u2019a chargé de la rechercher.et comme je Vous soupçonnais, toi et Fernande.\u2014Pourquoi?\u2014Parce que je vous avais entendus l\u2019autre jour parler de Célinie, du prix que tu lui payerais.Puis, j'ai trouvé ton mouchoir au pied du mur de Clairefontaine.\u2014Et tu persistes à soutenir que ce n\u2019est pas toi qui l\u2019as fait évader?\u2014Je ne dis 13 que la vérité.\u2014Tu mens! Car qui donc l\u2019aurait fait?\u2014Je l\u2019ignore.Et je pensais que c'était toi qui l'avais transportée ailleurs.\u2014Oui, oui, joue la comédie, mé- chant singe! Tu vas me dire où elle se trouve.Sans quoi, prends garde ! Thibaut avait saisi le bras de son frère et le secouait rudement.Si je le savais, je ne te l\u2019apprendrais pas, répondit courageusement Louis.Mais je te dis entièrement la vérité, en te répétant que Je l'ignore.\u2014Ah! tu l\u2019ignores!.Eh bien, en tout cas, tu n\u2019es qu\u2019un misérable petit espion au service de dona Clara et de Wienkiewicz.Et voilà comment je te traite, moi! I! lui donna un soufflet et le repoussa si violemment, qu\u2019il s\u2019écroula sur le sol.Sa tête porta contre une pierre, et il perdit connaissance.\u2014Ben, vous allez fort, monsieur Thibaut, dit Célinie.Elle se levait et se rapprochait.Thibaut leva les épaules.\u2014Je lui en ferai voir d\u2019autres.Il a besoin d'être dressé, ce garçon-là.\u2014I1 ne faudrait tout de même pas le tuer.Ça vous ferait des ennuis, et vous en aurez assez avec la Magdalena, maintenant qu\u2019elle s\u2019est sauvée.Célinie se pencha sur le jeune garçon.Le sang coulait de sa tête, commençait de se répandre sur les dalles couvertes de poussière.\u20141I1 est mal en point, vous savez! dit la femme de charge.Thibaut, les sourcils froncés, attachait sur son frère un regard dur.Il se pencha, à son tour, mit sa main sur le coeur du blessé.\u201411 vit.Portons-le 3 Mlle de Grandy, qui le soignera.\u2014Tiens, bonne idée! Tous deux soulevèrent le jeune garçon, l\u2019emportèrent jusqu'à la tour.Mile Séraphine, qui finissait de s'habiller, eut un haut-le-corps quand, ayant frappé, ils entrèrent dans sa chambre avec leur fardeau.\u2014l ouis vient de se blesser en tombant, expliqua Thibaut.Comme je repars tout à l'heure, il m'est impossible de le soigner.et Céli- nie a d'autres occupations.Vous voudrez donc bien vous en charger, ma cousine?\u2019 \u2014Ah! vous étiez au château?\u2014Depuis hier, de passage.Je vais le mettre sur le lit de Magdalena?\u2014OQui.Mais il faudra que Cé- linie m\u2019aide, car mes forces baissent beaucoup.Est-il blessé gravement ?\u2014Je ne sais.je ne pense pas.Tout en parlant, Thibaut se dirigeait, avec Célinie, vers le petit cabinet qui avait été la chambre de Magdalena.Tous deux déposerent Louis sur-le lit étroit.Mille de Grandy, qui était entré derrière eux, se pencha vers le blessé pour regarder la plaie.\u2014Je vais la lui bander.mais il serait prudent de faire.venir un médecin.\u2014Soit, Célinie va envoyer le concierge à Dreuzès.\u2014FEt vous me laisserez l'argent nécessaire, car je dispose à peine du strict nécessaire pour moi, ajouta la vieille demoiselle.Thibaut sortit un portefeuille et prit plusieurs billets de cent francs qu'il lui remit.\u2014 Vous êtes venus seuls tous deux?demanda Mille de Grandy.\u2014Oui.\u2014Magdalena va bien?\u2014 Très bien.Au revoir, ma cousine.Comme il s\u2019éloignait, Mlle de Grandy demanda avec un accent de sarcasme : \u2014Faudra-t-il vous donner des nouvelles de votre frère?\u2014Célinie m\u2019en enverra.Sur cette brève réponse, il sortit de la chambre.La femme de charge cligna de l\u2019oeil vers Mlle de Grandy.\u2014Ce n'est pas la tendresse pour son frère qui l\u2019étouffe, celui-là! Un peu plus, il le tuait net! Août 1930 \u2014 Comment, il le tuait?dit Mlle de Grandy avec effarement.\u2014\u2014Ben oui, il était si en colère qu'il l\u2019a envoyé promener par terre.\u2014Pourquoi, en colère?Célinie eut un rire narquois.\u2014\u2014Ça, je ne vous le dis pas, moil Vous le saurez sans doute par le petit, qui n\u2019a pas de raison pour tenir sa langue.Mais moi, voyez- vous, je suis honnête! Quand on me paye, j'ai la bouche fermée! Sur cette affirmation, Célinie sortit majestueusement.Du seuil de la chambre, elle cria: \u2014Je vais vous faire envoyer le médecin.et puis la femme du concierge viendra vous aider.Moi, je suis fatiguée.Mlle Séraphine, penchée de nouveau vers Louis, considéra un moment le jeune visage blémi, aux yeux clos.Elle soupira en murmurant : Toi aussi, pauvre, tu es leur victime! Ah! combien je voudrais voir ma petite Magdalena hors de leurs mains!.Mais qu\u2019advien- drait-il ensuite d'elle, la malheureuse enfant, si seule, si belle, si jeune?.Et cet étranger qui l\u2019admire, qui en est sûrement amoureux?Ah! oui, comment tout cela finirait-il?XXI Magdalena avait été accueillie avec une enthousiaste tendresse par Mme de Ojeda.Celle-ci, en apprenant les fiançailles de son neveu, témoigna une joie très vive, sans aucune surprise, d\u2019ailleurs, car il ne lui avait pas caché, dès le moment où il lui avait parlé de la jeune orpheline, son amour pour elle et son désir de l'épouser.Elle raconta qu\u2019au reçu de la dépêche de Karol, elle avait fait téléphoner par sa femme de chambre aux dames de Movis, à Paris ce jour-là, qu'un événement imprévu l\u2019obligeait de quitter Clairefon- taine, elle ne savait pour combien de temps.Ainsi avait été résolue, le plus facilement du monde, la question de cette mise à la porte, comme disait Karol.Les malles de ces dames, préparées par la femme de chambre, leur seraient envoyées dès demain.\u2014 Sans explications ?demanda Mme de Ojeda.Elle s\u2019entretenait après le diner avec son neveu, tandis que Magdalena, très fatiguée après tant d\u2019émotions, était montée dans l\u2019appartement préparé pour elle.\u2014Sans explications, répondit Karol.Si Mme de Movis en veut, elle viendra les demander.Quant à moi, dès demain, je porte le tes- = Pr = ma re Août 1930 tament à notre ami Martin-Du- chaud, qui me guidera dans les démarches à faire.Me Martin-Duchaud était un avocat en vue, très intime avec les Wienkiewicz père et fils.\u2014.Je m\u2019occuperai aussitôt éga- Jement d'obtenir du conseil de famille le consentement pour le mariage de Magdalena.Malheureusement nous sommes en période de vacances, et de ce fait, tout va se trouver retardé.\u2014Poursuivras-tu en justice les Movis, au ncm de Magdalena?demanda Mme de Ojeda.\u2014Certes! Je le regrette à cause du pauvre Louis, mais cette femme a trop cyniquement spolié une malheureuse orpheline pour qu\u2019on Jui épargne !e châtiment.\u2014Je suis de ton avis.Thibaut?\u2014Ah! lui!.qu\u2019il ne se trouve pas sur mon chemin, car je le traiterais comme il le mérite! Et si je ne craignais d'attirer trop sur Magdalena l'attention des gens qui voient du scandale partout, je l\u2019aurais aussi traîné en justice, celui-là; pour enlèvement de mineure! Et ce RSS EP Dans l'après-midi du lendemain, Rarol conduisit sa tante et sa fiancée à Clairefontaine.Bien qu\u2019il fit établir un service de garde sévère dans le château, il exigea en outre que Magdalena couchât dans une pièce contiguë à la chambre de dona Clara.Puis il partit en promettant de revenir dîner le lendemain.Me Martin-Duchaud lui avait donné le matin toutes les indications nécessaires et promis tout son concours.Mais, comme le pensait Karol, les vacances apporteratent un retard a la procédure nécessaire._ \u2014 Tout au moins, tâchez de faire marcher dès maintenant le conseil de famille, lui dit Karol.C\u2019est le plus pressé, car je veux être en mesure de mettre au plus tôt Mile de Norhac sous mon entière protection.\u2014D\u2019autant mieux qu'elle se trouve en ce moment dans une situation illégale, à l'égard de son tuteur.Mais, naturellement, étant donné l'indignité de Mme de Mo- vis, et la complicité supposée dudit tuteur, elle n\u2019a rien à craindre à ce sujet.Vers la fin de l'après-midi, le lendemain, Karol revenant de chez le joaillier auquel :1 avait commandé des bijoux pour la corbeille qu'il voulait offrir à sa fiancée, fut informé que Mme de Movis demandait à le voir.\u201d \u2014J'ai dit que monsieur était sorti, que je ne savais trop quand il rentrerait.Mais elle a répondu La Revue Populaire qu'elle attendrait tant qu'il faudrait.\u2014Elle a un fier toupet! pensa Karol.Dans le salon où il entra, Mme de Movis était assise, très élégante, et la physionomie calme comme toujours.Il s\u2019avança, s'inclina a peine et demanda tres sechement: \u2014Que désirez-vous?Un regard de reproche ingénu se leva vers lui.\u2014 Savoir, monsieur, pourquoi madame votre tante nous a fait renvoyer nos malles.sans un mot, sans une explication.nous traitant comme les pires indésirables.\u2014Ne me forcez pas, madame, a prononcer des paroles blessantes, qui sont toujours pénibles pour un homme bien élevé à l\u2019égard d'une femme\u2014celle-ci füt-elle aussi coupable que vous.\u2014Coupable?, Dressée devant le jeune homme, Mme de Movis avait la mine stupéfaite, 1ndignée, de l'innocence injustement accusée, \u2014.Coupable de quoi, s\u2019il vous plaît, monsieur?\u2014D'avoir capté la fortune de M.de Norhac, tout simplement.Vincente ne broncha pas.Elle dit avec ironie: \u2014C\u2019est Magdalena qui vous a soufflé cela?\u2014Pas du tout.C\u2019est M.de Nor- hac lui-même qui vous accuse.\u2014M, de Norhac?.qui m\u2019accuse ?Cette fois Mme de Movis montrait une certaine émotion.\u2014Par son \u2018testament, précisa Karol.\u2018 \u2014 Comment, son testament ?.Quel testament?\u2014Celui qu\u2019il a fait avant de mourir, et qu\u2019il a remis à Magdalena pour qu\u2019elle le cache jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit capable de défendre son bien contre vous.\u20141I1 a fait.un autre testament?Pendant un instant, Vincente perdit pied.Son visage habituellement pâle verdissait.Mais elle se reprit aussitôt.Avec un rire forcé, elle riposta: \u2014Et vous avez cru cela?.Cette invention d\u2019une astucieuse petite fille dont les beaux yeux vous font perdre la téte?\u2014Je crois ce que dit ce testament, qui est maintenant entre les mains de qui de droit.M.de Nor- hac vous y accuse formellement d\u2019avoir manoeuvré pour vous faire léguer sa fortune et d'avoir empêché son neveu d'arriver jusqu'à lui.La justice prononcera là-dessus.Mais je ne doute pas qu'elle reconnaisse l'authenticité de cet acte.Et il trouvera des témoins pour apporter leur témoignage, au sujet de la façon dont vous .avez chambré M.de Norhac, avec l'aide de la femme de charge.En outre, la manière dont vous avez agi à l\u2019égard de votre jeune cousine ne sera pas non plus un point favorable pour votre défense.Les lèvres de Vincente blémirent un peu.Sa voix se fit tres doucereuse pour répliquer: \u2014En vérité, monsieur, je ne comprends pas!.C\u2019est un incroyable roman que vous me racontez- là! Comment, où, cette petite a-t- elle pu voir mon oncle?Comment aurait-il pu écrire ce testament?\u2014Flle est entrée par mégarde dans sa chambre quelques heures avant sa mort.et en quelques mots, tout s\u2019est expliqué.Le mourant, déjà soupçonneux, a vu tout i fait clair.et il a voulu réparer l\u2019in justice.\u2014 Personne de sensé ne croira cela! dit Vincente avec une apparente sérénité.\u2014 C\u2019est ce que nous verrons.Et il nous serait possible encore de mener devant les tribunaux votre fils Thibaut, qui a enlevé Magdalena pour la séquestrer dans la chapelle de Cadeilles.Cette fois, Mme de Movis perdit son sang-froid.\u2014Thibaut?.Que dites-vous ?Thibaut?\u2014 Oui, madame.et faites-vous confirmer le fait par votre fille Fernande qui a été sa complice, ainsi que votre femme de charge.\u2014Mais c\u2019est fou !.mais c\u2019est fou! Momentanément effondrée, Mme de Movis ne pouvait que répéter ces mots.Karol continua, froidement: \u2014Par un heüreux hasard, j'ai pu la sauver.Elle est désormais sous ma protection, comme ma fiancée, bientôt ma femme.C\u2019est vous dire que si, au cours du procès, vous tentez de lui nuire moralement, je saurai la défendre et vous en faire repentir.Il ajouta, sur un ton de politesse glacée : \u2014Je crois que maintenant, nous n\u2019avons plus rien à -nous dire?Sans répondre, Mme de Movis fit quelques pas vers la porte.Puis, se détournant, elle montra à Karol un visage redevenu calme, impénétrable.\u2014Ne croyez pas, monsieur, que vous aurez facilement raison de moi! Le bon droit est de mon côté, non de celui de la petite intrigante qui vous a pris dans ses filets.Le beau mariage que voilà, pour un Wienkiewicz! J'espère que M.votre père y verra plus clair, lui, et Notre prochain roman Dans a fyevile E RS opulaire \u2014 de \u2014 SEPTEMBRE COUSINE PAUVRE roman d\u2019amour inédit par H.Willette Ce roman, réservé par Willette, aux lectrices et lecteurs de notre revue, est nouveau et inédit.Il n\u2019a jamais été publié en volume.Vous ne pouvez le trouver que dans la Revue Populaire.COUPON D'ABONNEMENT afyevade I RS putaice Ci-inclus $1.50 pour | an ou 75c pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d'abonnement à la Revue Populaire, Province ou Etat aassrrunse POIRIER, BESSETTE & CIE 975, rue de Bullion Montréal, Canada 28 remettra à sa place cette jeune personne.J'attends donc de pied ferme ce procès dont vous me menacez.\u2026 et je ne doute pas que ce soi- disant testament soit reconnu pour ce qu'il est: une odieuse mystification.\u201cBlle crâne! pensa Karol, tandis qu\u2019elle sortait.Mais elle est bien touchée.Maintenant, partons vite pour aller retrouver ma chère Magdalena\u2019\u2019.Et une heure plus tard, pres de l'étang aux nymphéas, où elle l\u2019attendait, il racontait à sa fiancée, dont la tête s'appuyait contre son épaule, son entrevue avec celle qu\u2019il appelait déià, l\u2019ex-châtelaine de Cadeilles.\u2014 Mais peut-être ne reconnaîtra- t-on pas ce testament?dit Magdalena.Si, si, ne craignez rien! Avec les témoignages que nous réunirons venant à l\u2019appui de la plainte portée contre elle, nous aurons facilement gain de cause.Et vous entrerez en maîtresse à Cadeilles, chère Magdalena.Elle eut un petit frisson.\u20141I1 me semble que j'aurai toujours une impression pénible, dans cette demeure! \u2014 Aussi n\u2019y habiterons-nous pas.Ma belle fleur, trop longtemps étiolée dans cette geôle, a besoin d\u2019une autre atmosphère pour s\u2019épanouir.Dès décembre nous partirons pour le Cap d'Antibes où mon père a une villa, et nous y passerons l\u2019hivèr.\u2014Oh! Karol, j'ai toujours peur de rêver! murmura-t-elle, en levant sur lui ses beaux yeux qui semblaient refléter la pure lumière du couchant.\u2014\u2014Non, ma bien-aimée, ce n\u2019est pas un rêve, grâce au ciel! répon- dit-il en baisant longuement les paupières frémissantes.La mauvaise fée ne peut plus rien sur vous, et maintenant, j'aurai le pouvoir de vous rendre heureuse \u2014 en ce qui dépend de ma volonté, du moins.XXII \u201cMonsieur, \u201cJ\u2019ai reçu hier votre lettre m\u2019informant de la dramatique aventure dont Mlle de Norhac a failli être la victime et de vos fiançailles avec elle.Ainsi que vous me le demandiez, je me suis rendu à Cadeilles pour faire part de ces nouvelles à Mlle de Grandy, puisque vous craignez, en lui écrivant, que votre lettre ne soit pas remise à destination par la femme de charge.Comme vous me l\u2019indiquiez, j'ai gagné directement la tour, au lieu d\u2019entrer par le corps de logis principal, et frappé à la porte de Mlle de Grandy.Celle-ci m\u2019a d\u2019abord reçu avec méfiance, mais dès que je lui ai parlé de sa jeune parente, son intérêt s\u2019est éveillé.Elle a paru très satisfaite d'apprendre son prochain mariage.Quant à la tentative de rapt dont s\u2019est rendu coupable M.Thibaut, elle La Revue Populaire n\u2019en a point semblé très surprise, le croyant, dit-elle, capable de tout.\u201cAu sujet du testament de M.de Norhac, elle m\u2019a avoué que c\u2019était un grand soulagement pour elle, car elle se reprochait toujours de n\u2019avoir pas eu autrefois le courage de tout braver pour aller trouver son cousin Henri et lui parler de l\u2019orpheline.\u201cEnsuite elle m\u2019apprit que M.Louis était depuis quelques jours à Cadeilles, et qu'elle le soignait pour une blessure à la tête qu\u2019il s\u2019était faite en tombant.Quelques mots de Célinie iui avaient fait comprendre que M.Thibaut, dans un accès de colère, avait poussé rudement son frère.Mais la femme de charge s\u2019était refusée à dire le motif de cette colère, et le blessé non plus n\u2019avait voulu parler à ce sujet.Nous con- vinmes, Mlle de Grandy et moi, que l'aîné, voyant arriver ainsi son frère, et s\u2019apercevant de la disparition de sa cousine, avait dû accuser M.Louis d\u2019avoir favorisé la fuite de celle-ci.\u201cIl va repartir demain pour Paris, ajouta Mlle de Grandy.Mais de quelle façon l\u2019accueillera-t-on chez lui, le pauvre garçon?Je crains pour lui.\u201cComme j'allais sortir, il arriva, venant du parc où sa vieille cousine l\u2019avait envoyé prendre l\u2019air.Sa mine défaite, ses yeux fiévreux dénotaient qu\u2019il n\u2019était pas remis encore.Voyant sa vive surprise de me trouver là, je lui dis que je venais de votre part, apprendre à Mlle de Grandy, que vous étiez fiancé à sa jeune parente.Une joie véritable parut alors dans son regard, pendant quelques instants.Il s\u2019écria: \u2014Ah! elle est donc sauvée! \u201cMais presque aussitôt sa physionomie reprit l\u2019expression de tristesse habituelle.Je lui dis alors: \u2014Resterez-vous quelque temps encore à Cadeilles.\u2014Non.je pensais partir ces jours-ci.\u2014Vous feriez mieux d\u2019y demeurer encore.Vous vous remetirez mieux ici qu\u2019à l\u2019air de Paris.\u2014Oui, c\u2019est vrai.drai-je un peu\u2026 \u201cComme Mlle de Grandy me reconduisait jusqu\u2019à la porte, je lui dis à voix basse : \u201cTachez de le garder encore, mademoiselle, car, outre l\u2019accueil qui lui est probablement réservé, mieux vaut qu\u2019il apprenne le plus tard possible l\u2019accusation qui pèse sur sa mère.\u201cElle acquiesca d\u2019un signe, et nous nous séparâmes, après que je l\u2019eus assurée que je lui apporterais d\u2019autres nouvelles, dès que vous m\u2019en enverriez, ce qui, j'ajoutais, ne pouvait tarder.\u201cEn arrivant dans la cour, j\u2019aperçus, au seuil du château, la femme de charge.Elle me cria : \u2014Tiens, monsieur le curé, qu\u2019est-ce que vous êtes allé faire chz Mlle de Grandy?Ce n\u2019est pas la dévotion qui la préoccupe, car voilà tantôt cinquante ans qu\u2019elle n\u2019a pas mis les pieds à l\u2019église! \u2014Cela ne l'empêche pas de changer d'idée maintenant, répondis-je paisiblement.\u201cEt là-dessus, je m\u2019en allai, peu désireux de subir d\u2019autres questions de cette femme, si odieuse à l\u2019égard de Mlle de Norhac et généralement détestée dans le pays pour ses manières désobligeantes.\u201cVoilà done, monsieur, ma mission remplie.Quant à ce pauvre M.Louis, j'espère qu\u2019il pourra encore jouir à Ca- deilles de quelque tranquillité, sa mère devant avoir en ce moment autre chose à faire que de s\u2019occuper de lui.\u201cJe reste à votre entière disposition, soit pour aller voir de nouveau Mille de Grandy, soit pour faire toutes les dé- Peut-être atten- \u2018 marches qui vous paraîtront nécessaires auprès des personnes qui pourront apporter au procès un témoignage utile.\u201d Cette lettre de l'abbé Darlannes fut communiquée par Karol à Magdalena, un après-midi où elle était venue à Paris avec Mme de Ojeda pour l\u2019essayage de toilettes que celle-ci lui faisait faire.En en terminant la lecture, la jeune fille avait les larmes aux yeux.\u2014Ce pauvre Louis! Quel chagrin pour lui, quand il saura!\u2026 Oh! Karol, j'aurais mieux aimé ne pas porter plainte contre cette femme! \u2014Ce n\u2019était pas possible.Elle n\u2019a joui que trop longtemps du fruit de son vol, et son odieuse conduite à votre égard aggravait sa culpabilité.Puis nous devions accomplir la volonté de votre oncle, ma chère Magdalena.\u2014Mais ils vont être pauvres, maintenartt.et alors, Louis, qui n\u2019a pas de santé?\u2014\u2014Les autres peuvent travailler.Quant à Louis, nous verrons à nous occuper d'assurer son sort.\u2014Pourvu que sa mère et son frère ne le rendent pas trop malheureux, pour le punir d'avoir eu pitié de moi et d\u2019avoir cherché à me sauver ! \u2014J\u2019espère qu\u2019il restera le plus longtemps possible à Cadeilles.Je vais écrire en ce sens à Mille de Grandy, par l'intermédiaire du curé, et en même temps, je lui enverrai une somme pour les frais que lui occasionnera œtte prolongation de séjour, car il est à penser que Mme de Movis oubliera de le faire, ce qui la gênerait beaucoup.\u2014Oh! que vous êtes bon, Karol! dit-elle avec élan.Mais vraiment, quel être que ce Thibaut, pour brutaliser ainsi son frère si faible! Quel digne fils de sa mère, celui-là! Pour achever de remettre la santé de Magdalena, Mme de Ojeda l\u2019emmena sur une plage normande relativement tranquille, où Karol vint aussi faire de fréquents séjours.Ce fut là que Magdalena fit la connaissance de son futur beau- père, qui vint la voir dès son arrivée.Elle le trouva aussitôt très sympathique, et lui, déclara à son fils : \u2014T'u ne pouvais mieux choisir, mon cher enfant.Elle est délicieuse, et je crois qu\u2019elle sera la joie de notre foyer, la digne continuatrice de ta pauvre mère, que nous avons, hélas! perdue trop tôt.Ainsi entourée d'affection, très amoureuse et très aimée, Magdalena voyait s'écouler ses jours de fiançailles.Avec le bonheur et la sécurité, elle s'épanouissait comme une fleur longtemps dans l\u2019ombre qui voit enfin la lumière.Devant la sensation que produisait sa beauté, partout où elle paraissait, elle se sentait gênée.confue, à l\u2019amusement de Karel.Août 1930 \u2014I1 faudra vous y faire, petite chérie, disait-il en riant.Dans le monde où je vous conduirai, vous aurez un succès foudroyant, j'en suis bien sûr.\u2014Oh! vous ne m'y conduirez pas trop souvent, n'est-ce pas?\u2014Le moins possible, car j'aimerai mieux garder tout à fait pour moi ma belle et très chère Magdalena.Des Movis, on n\u2019entendait point parler, le procès ne devant se plaider qu\u2019en novembre.Sans le dire à sa fiancée, Karol gardait la crainte que Thibaut tentât encore quelque coup de force, et faisait surveiller par un habile policier ses faits et gestes.Quant à Louis il se trouvait encore à Cadeilles.Il y était tombé malade, et Mile de Grandy avait écrit à sa mère pour lui demander de le garder.Mme de Mo- vis avait acquiescé.ayant d'autres soucis en tête que la santé de ce fils toujours négligé.Ainsi Mlle Séra- phine avait-elle pu, jusqu'ici, éviter que le jeune garçon connût les faits qui allaient conduire sa mère devant la justice.En octobre fut célébré le mariage de Karol et de Magdalena.Il eut lieu dans l\u2019église de Clairefontaine, et quelques intimes seuls y assistèrent.Mais de nombreux curieux étaient venus, des photographes prirent des clichés qui parurent en- uite dans divers journaux et revues.Ce mariage était un événement dans les milieux artistiques et mondaines.On se racontait l\u2019histoire de cette petite Magdalena, traitée en Cendrillon dans la demeure dont elle était légalement l\u2019héritière, et qui devenait la femme d\u2019un artiste célèbre, très recherché, possesseur d\u2019une superbe fortune.On s\u2019indignait contre Mme de Movis \u2014 et plus encore que les autres, tous ceux qu'elle avait cru être ses amis.Après la cérémonie nuptiale, les jeunes époux partirent pour Fontainebleau où ils devaient passer un mois.Dans la voiture qui les emportait, Magdalena, fatiguée mais radieuse, souriait à son mari penché vers elle.Il lui demandait: \u2014 Pourquoi, ma bien-aimée, vous ai-je vue pleurer pendant la messe?\u2014Je pensais à mes parents.Je pensais que je n\u2019avais pas de famille pour m\u2019assister 3 cette cérémonie.De nouveau la tristesse couvrait le rayonnement des yeux bleus.\u2014Mais vous m\u2019avez, moi!.et Je prétends vous tenir lieu de tout! Avec une fougueuse tendresse, Karol la serrait entre ses bras.Elle sourit alors, et la lumière reparut Août 1930 dans son regard, tandis qu\u2019elle murmurait: \u2014Oh! oui, avec vous, je peux oublier toutes mes tristesses, tous mes mauvais jours, mon Karol très cher ! XXII Karol et Magdalena se trouvaient encore à Fontainebleau quand fut jugé le procès de Movis.Vincente avait choisi un excellent avocat, et elle-même, au cours des interrogatoires, sut présenter sa défense avec habileté.Mais les faits étaient patents.Le testament avait été reconnu inattaqueble, et des témoignages venaient étayer l\u2019accusation de captation.De M.de\u2018 Movis et de Célinie, inculpés de complicité, le premier bénéficia seul de l\u2019acquittement, n\u2019était qu\u2019un zéro dans le ménage, et les témoins s'accordant pour déclarer qu\u2019il avait fort bien pu ne pas s\u2019apercevoir des intrigues de sa femme, de par sa courte vue intellectuelle \u2014 ou, comme le dit l\u2019un d'eux, en langage vulgaire, parce qu\u2019il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez.Peu de jours après le verdict, Karol et sa femme rentrérent à Paris.Henryk Wienkiemicz, sur les indications de son fils, avait fait préparer pour Magdalena le plus charmant appartement du monde dans l'hôtel qui lui appartenait, et où ils devaient habiter tous ensemble.Il y donna une réception pour présenter sa belle-fille à ses relations, et ce fut un triomphe pour Magdalena.Karol avait dessiné sa toilette, une robe de soie blanche garnie de précieuses dentelles anciennes, sans un bijou.Mais elle avait la parure de son admirable chevelure, le charme sans pareil de sa beauté, de sa grâce délicate.De toutes.parts, on convint que ce mariage, qui avait étonné d'abord, se comprenait facilement et que Ra- rol Wienkiewicz pouvait être fier de sa femme.Il ne s\u2019en privait guère et il fallait vraiment que Magdalena ne fût pas très disposée à l'orgueil pour n\u2019être pas grisée par son amoureuse admiration \u2014 sans parler de celle que lui témoignaient son beau-père et Mme de Ojeda.Mais elle restait simple, tout occupée d'autrui, fille très affectueuse pour Henryk Wienkiewicz, nièce pleine d\u2019attentions pour la bonne dona Clara.Elle n\u2019oubliait pas non plus Mlle de Grandy, a qui elle écrivait de longues lettres, lui racontant son existence, lui disant combien Karol la rendait heureuse.Mille Séraphine répondait par de étant reconnu qu\u2019il La Revue Populaire courts billets, car sa vue était fatiguée maintenant.Elle parlait de Louis, toujours a Cadeilles, et qui restait languissant.Par une lettre de sa soeur Aimée que n'avait pu intercepter la vieille demoiselle, il avait appris le procès et la condamnation de sa mère.Depuis lors, il semblait vivre comme en une sorte de rêve douloureux.Quand il en avait la force, il allait jusqu'à Dreuzès, faisait une longue station à l'église, une visite au curé.Alors, à son retour, il paraissait moins abattu et il y avait comme une lumière dans ses yeux trisies.\u2014J'obtiendrai de son père qu'il nous le confie, disait Karol, et nous le soignerons, nous relèverons son moral.En attendant, il envoyait a Mlle Séraphine les sommes nécessaires pour qu'elle et son jeune hôte vécussent largement.ll comptait, au printemps, se rendre avec Magdalena à Cadeilles où 1ls avaient différentes décisions a prendre; ils en rameneraient alors la vieille demoiselle et Louis pour les installer dans un confortable logis aux environs de Paris.Mais dans les premiers jours de Janvier, ils reçurent un mot du jeune garçon, les informant que Mille de Grandy était très malade.Elle ne veut pas que je vous prévienne, ajoutait-il.Mais je sais qu'elle serait bien heureuse de revoir Magdalena\u2014la seule personne, après son père, qui ait eu de l\u2019affection pour elle, m\u2019a-t-elle dit un jour\u2019, \u2014 Nous partirons demain, dit aussitôt Karol.D\u2019après ce que nous a écrit l'abbé Darlannes, elle a le coeur malade, et la mort peut venir d'un instant à l\u2019autre.Dans la soirée du lendemain, Magdalena et son mari arrivaient en gare de Pau, où une voiture envoyée par la route les attendait.À Cadeilles, la grille s'ouvre toute grande devant eux.Des domestiques envoyés à l'avance avaient préparé un appartement.Mais Magdalena refusa de dîner avant d\u2019avoir vu la vieille demoiselle, et bien vite, elle se rendit près d'elle.Mie de Grandy occupait maintenant un appartement confortable dans le corps de.logis principal.Quand Magdalena entra dans sa chambre, il y avait près d'elle une femme envoyée du village par le curé pour la soigner.Cette personne s\u2019éloigna après avoir salué la Jeune femme, tandis que la malade tendait ses mains jaunies en disant: \u2014Ah! mon enfant!.heureuse de vous revoir.je suis mais fa- chée qu'on vous ait fait venir.\u2014En quoi vous avez bien tort ! riposta Magdalena, affectant un ton de gaîté, bien qu\u2019elle fût péniblement impressionnée du changement survenu chez sa vieille parente.Nous devions venir au printemps; ce n'est qu\u2019une avance de trois ou quatre mois.Et j'avais, moi aussi, le très grand désir de vous voit.\u2014Ce sera la dernière fois.\u2014Que non pas! Vous allez voir comme nous allons vous soigner, Karol et moi.La vieille demoiselle secoua la tête.\u2014 C\u2019est la fin, ma petite fille.Mais parlons plutôt de vous.Etes- vous heureuse?\u2014Oh! si heureuse! Mille Séraphine considéra longuement le visage délicatement rosé, les yeux pleins de lumière et de vie.Sa main serra celle de la jeune femme.\u2014T'ant mieux.J'ai tant craint pour vous! Cette odieuse Vincen- te, peu lui aurait importé que vous fussiez perdue, déshonorée.Ah! elle a enfin recu son chitiment!.bien peu de chose pour tant de perfidie, de noirceur d\u2019ame.Et son cher Thibaut, son digne fils.Que devient-il, celui-là?Je n\u2019en sais rien, ma cousine.Comment va Louis?\u2014Bien faible, le pauvre.mais .courageux, luttant contre sa tristesse, comme le lui recommande le curé.\u2026 C\u2019est un brave homme, cet abbé Darlannes.Il est venu me voir plusieurs fois.et je suis toute préte pour le grand départ, Magdalena.D'un élan, Magdalena se pencha ct embrassa la malade.\u2014Chère, chère cousine! J'ai tant prié pour vous! | \u2014Je m\u2019en doutais bien, ma petite\u2026 Et c\u2019est votre exemple, votre patience, votre charité pour la malheureuse disgraciée que je suis qui ont peu à peu apaisé mon âme aigrie, révoltée.Elle s\u2019interrompit, oppressée, Magdalena posa une main douce sut son front moite.\u2014\u2014Ne parlez plus; vous vous fatiguez.Je vais aller dîner, puis je reviendrai près de vous.Permet- tez-vous à mon mari de venir vous serrer la main?\u2014Oui, je serai heureuse de le voir.de lui dire ce que vous avez été pour moi, si désagréable pourtant, parfois, ma pauvre enfant! Et comme Magdalena faisait un geste de protestation, elle répéta : \u2014Oui, si désagréable.C\u2019est que ma vie a été bien douloureuse, voyez-vous! À dix ans, un épouvantable accident me rendait infir- 29 me et me défigurait.Ma mere, frivole, indifférente, ne put dès lors supporter ma vue.Tant que mon père vécut, je fus entourée par lui de soins et d'affection.Mais il mourut ruiné, ma mère le suivit de près, et je fus recueillie par mon oncle de Norhac, le père d'Henri Toujours voilée, car je ne pouvais supporter l\u2019impression que produisait ma vue, je vivais déjà solitaire.Mon oncle et mon cousin étaient bons pour moi cependant.Mais un jour, un chien en sautant sur moi, déplaça mon voile, et je vis sur la physionomie d'Henri une telle impression d'horreur que, toujours, je devais m'en souvenir.Car figurez-vous, Magdalena, que je m\u2019étais amourachée de lui, cet aimable et beau garçon.oui, moi, cet épouvantail! Après cela, je me terrai farouchement dans mon appartement, refusant de voir personne.Puis mon oncle mourut, et Je demandai à Henri de m'installer dans cette tour, où je pourrai mieux vivre à l'écart.Il y consentit, et finit, je crois, par \u2018 presque m'oublier.Quand Vincente s'implanta ici, elle se garda bien de me rappeler à lui\u2026 Plusieurs fois Magdalena avait essayé de l\u2019interrompre, dans la crainte qu\u2019elle s\u2019épuisit.Mais elle continuait, d\u2019une voix basse, entrecoupée : \u2014.Alors vous étes venue.et j'ai été moins malheureuse.Elle se tut alors et ferma les yeux.Magdalena lui pressa la main en disant: À tout à l'heure, chère cousine, et quitta la chambre.Dans la pièce voisine, elle trouva la garde et lui demanda: \u2014 Qu'en dit le docteur?\u2014Qu'\u2019elle n\u2019en a plus guère que pour vingt-quatre heures, au plus, madame.Ce matin, elle a eu une syncope assez longue et le docteur dit que lorsque cela se reproduira, ce sera la fin.\u2014Retournez près d'elle et préve- nez-moi tout de suite au cas où son état s\u2019aggraverait.Je reviendrai d'ailleurs après le dîner.Sa- vez-vous où est M.Louis ?\u2014\u2014Dans sa chambre, je crois, madame.Magdalena regagna son appartement et, après avoir rendu compte à son mari de son entrevue avec Mille de Grandy, quitta sa tenue de voyage pour revêtir une robe d\u2019intérieur.Pendant ce temps, Karol allait trouver Louis dans sa chambre, se doutant bien que le pauvre garçon ne viendrait pas le premier.Il le ramena à Magdalena en disant: \u2014 Voilà notre jeune cousin que je t'amene, Magda.Figure-toi / 30 qu\u2019il n\u2019osait pas venir nous souhaiter la bienvenue! D\u2019un geste spontané, Magdalena saisit les mains de Louis et, l'attirant vers elle, mit un baiser sur son front.Mon cher petit Louis, vous avez, plus que jamais, notre affection.; \u2014Que ceci soit bien entendu une fois pour toutes, ajouta Karol, avec une tape amicale sur l'épaule du jeune \u2018garçon.Nous n'avons de frère ni l\u2019un ni l\u2019autre, Magdalena et moi; c\u2019est donc vous qui nous en tiendrez lieu.Des yeux pleins de larmes, de grands yeux bleus où paraissait pne ardente gratitude, se leverent sur Karol et sa femme.; \u2014Comme vous êtes bons, tous deux!.Vous pourriez me repousser, me détester.; \u2014 Nous serions de jolis personnages, en ce cas! dit gaiement Karol.Allons, mon petit Louis, venez diner avec nous.et puis, vous savez, il faudra prendre une autre mine, vous fortifier un peu.Quand la pauvre cousine ne sera plus là, nous vous emmèênerons au Cap d\u2019Antibes, où nous nous rendrons aussitôt que nous aurons terminé ce que nous avons à régler ici.Le dîner était servi dans la grande salle à manger de Cadeilles, tendue de cuir de Cordoue, décorée d\u2019anciennes crédences garnies de vieilles faïences et de lourde argenterie.Le regard de Louis allait de Karol a la jeune femme, vétue de velours blanc orné de cygne, cette Magdalena qu\u2019il avait connue dénuée de tout, méprisée, humiliée.Combien il la trouverait belle ! plus belle que jamais! Et comme elle semblait heureuse! Mais dans son bonheur, elle n\u2019oubliait pas de s'occuper d\u2019autrui.Elle s'inquiétait de voir son jeune cousin manger si peu, et le grondait doucement.\u2014LÎe changement d'air lui donnera de l'appétit, dit Karol.Et nous le soignerons si bien qu\u2019il sera dans peu de temps méconnaissable.Le diner terminé, Louis souhaita le bonsoir a ses cousins, et ceux-ci montèrent chez Mile Séraphine.File les attendait, et quand ils frappèrent, se fit jeter par la garde un voile sur son visage.\u2014Je vous amène mon mari, chère cousine, dit Magdalena.\u2014C\u2019est bon à vous de venir voir une pauvre vieille parente.\u2026 \u2014A qui je dois tout, puisqu'elle a instruit, protégé, aimé ma très chère Magdalena.La Revue Populaire En parlant ainsi, Karol se penchait et baisait la main de la vieille demoiselle.\u2014Protégée?.aimée?Une amertume douloureuse passait dans la voix un peu haletante.\u2014\u2026 Hélas! l\u2019un de mes grands remords, c\u2019est de ne l'avoir point fait! Magdalena protesta: \u2014 Que dites-vous là, ma bonne cousine?\u2014La vérité.J'aurais dû, dès votre arrivée ici, aller prévenir mon cousin Henri, lui apprendre que Roland était venu, que Vincente l'avait empêché d'arriver a lui.et qu\u2019il laissait une fille, qu\u2019on se préparait à frustrer de son légitime héritage.Au lieu de cela, j'ai laissé faire.par lâcheté, indifférence, peut-être surtout par une sorte de rancune contre ceux qui, sans se montrer mauvais pour moi, m'\u2019avaient laissée à l\u2019écart, et qui éprouvaient à mon égard une répulsion dont j'avais surpris l\u2019expression dans leur regard.Bref, j'ai été sur ce point très coupable à votre égard, Magdalena, et de plus, vous avez eu plus d\u2019une fois à subir mon mauvais caractère, mes propos injustes, mes.Magdalena posa vivement une main sur ses lèvres.\u2014Taisez-vous, ma cousine Î Pensez plutôt à ce que, sans vous, je serais devenue.C\u2019est de cela que nous vous remercions aujourd'hui, Karol et moi.\u2014Non je n\u2019accepte pas ces re- merciements-là, car j'ai reçu de vous bien davantage, mon enfant.C\u2019est grâce à vous que mon coeur desséché s\u2019est peu à peu ouvert à l'affection, que mon âme a été préparée au retour à la foi de mon enfance.Ah! vous pouvez l'aimer, votre femme, Karol! II n'y a pas d'âme plus noble, plus délicate.Elle s\u2019interrompit, toute haletante.= \u2014Ne parlez plus! dit Magdalena avec une douce autorité.Nous allons nous asseoir près de vous et rester là pendant que la garde di- nera.\u2014Oui\u2026 merci! balbutia Mlle de Grand.Mais au bout d\u2019un instant, elle se remit à parler.\u2014-Savez-vous que cette chère petite Magdalena m\u2019a embrassée, Karol?Pour comprendre ce que cela veut dire, il faut connaître mon visage.D'un geste lent, elle écarta son voile.Mais Karol avait assez d'empire sur lui-même pour, étant prévenu, ne pas laisser paraître son impression, que guettait la vieille demoiselle.Il se leva et, se penchant vers elle, dit en souriant: \u2014FEh bien, je vais faire comme elle, si vous me le permettez, ma cousine.Et ses lèvres se posèrent sur le front de la mourante.La stupéfaction, puis une sorte de joie parurent dans le regard de Mile de Grandy.La voix oppressée murmura: \u2014Oh! vous aussi!.vous aussi! Tous deux, si beaux.vous avez eu pitié de la pauvre Séraphine.vous lui avez fait cette aumône, la plus grande pour elle.Soyez bénis, mes enfants.soyez bénis par le Dieu que: je vais voir bientôt.XXIV Magdalena achevait de s'habiller le lendemain matin, quand on la prévint que Mlle de Grandy venait d\u2019avoir une syncope.C'était la fin, comme l'avait annoncé le médecin.Celui-ci, aussitôt averti, ne put que le constater.\u2018Tandis que vers la fin de la matinée, Magdalena demeurait en prières près du lit où reposait la vieille demoiselle, dont le visage paisible semblait moins affreux dans la mort que dans la vie, Karol s'occupa des formalités nécessaires.Puis il vint chercher sa femme et, après avoir prié lui-même un moment près de la défunte, l\u2019emmena vers la salle à manger où devait les attendre Louis.Comme ils allaient en franchir le seuil, un homme bondit hors d'un couloir qui débouchait près de là, et une détonation retentit\u2026 puis une seconde, Louis, qui venait de s'élancer hors de la salle à manger et s'était jeté devant sa cousine, s'affaissa sur le plancher.Le meurtrier essaya de fuir.Mais un domestique surgit derrière lui, le saisissant à bras le corps, et le maître d'hôtel, accourant de la salle à mangèr, aidait son collègue à maîtriser l'individu qui, bien qu'étant de petite taille, semblait singulièrement vigoureux.\u2014 Thibaut !.Misérable assassin! s\u2019écria Karol.Il chancelait un peu, très pâle.\u2014Karol, il t\u2019a blessé?demanda la voix tremblante de Magdalena.\u2014Oui.a I'épaule.Ce ne sera rien.Ne t\u2019affole pas, Magda.Sonne pour qu\u2019on relève ce pauvre Louis et qu\u2019on envoie vite la voiture chercher le médecin.Vous autres, emmenez cet homme, atta- chez-lui solidement bras et jambes.Tout à l\u2019heure, je ferai prévenir la police.Mais le plus pressé est de soigner ses victimes, Août 1930 Thibaut, le teint verdâtre, les yeux chargés d\u2019une rage diabolique, se démenait entre les mains des deux hommes.Ceux-ci l'entraînèrent, tandis qu\u2019il burlait: \u2014Ah! je ne vous ai pas eus cette fois! Mais il faudra bien que j'y arrive, un jour ou l\u2019autre! Magdalena, maîtrisant son angoisse, exécuta les instructions de son mari, Puis elle revint près de lui, l\u2019emmena dans sa chambre et, avec l'aide de Vojciedi, enleva ses vêtements pour mettre à nu la blessure.\u2014Je ne pense pas que ce soit grave, dit le valet de chambre, lui aussi pâli par l'émotion, car il était fort attaché à son maître.En attendant le docteur, je vais faire un petit pansement à monsieur.Mais que madame s\u2019asseye, car elle va se trouver mal.Oui, maintenant, les nerfs prenaient leut revanche.Magdalena s'affaissa sur une chaise près de Karol.Celui-ci prit sa main et la pressa tendrement.\u2014Ma petite chérie, ce ne sera rien.C\u2019est le malheureux Louis qui a payé pour nous.Appelle Katazina pour qu\u2019elle donne un cordial 3 madame, Vojciedi, puis, quand tu m\u2019auras fait ce pansement, informe-toi si l\u2019on a bien réduit l'assassin à l\u2019impuissance.Quand Vojciedi revint, annonçant que Thibaut de Movis était bien et dûment ligoté, Karol eut un soupir de soulagement.\u2014On ne saurait trop prendre de précautions avec un pareil énergumène.Maintenant, envoie quel- qu'un au téléphone, à Dreuzès, pour prévenir la police.J'ai.hâtz que Cadeilles soit débarrassé de lui.Le docteur n\u2019est pas encore la?\u2014Pas encore, l\u2019attendons.\u2014Qui s'occupe de M.Louis?\u2014La garde de Mlle de Grandy, monsieur.\u2014 Très bien.Je vais aller le voir.\u2014Moi aussi, dit Magdalena.\u2014\u2014 Non, pas encore.Il faut te remettre davantage de cette émotion.\u2014Je suis suffisamment remise\u2026 Et pense donc que, sans lui, je serais peut-être morte en ce moment! Pour toute réponse, Karol l\u2019attira vers lui et l'embrassa passionnément.Puis tous deux gagnèrent la chambre de Louis.Du premier coup d'oeil Karol vit que la fin du blessé n'était plus qu\u2019une question d\u2019instants.L'altération, la lividité du visage, les yeux déjà un peu vitreux ne lui laissaient pas de doute.La garde dit tout bas: monsieur, nous ve Août 1930 \u2014I1 m\u2019a demandé d'envoyer cherchet M.le curé; \u2018maïs je crois que celui-ci n\u2019arrivera pas à temps.Le mourant dut entendre chuchoter, car il tourna un peu la tête vers les arrivants.Karol et Magdalena se penchèrent vers lui, et la jeune femme dit, d\u2019une voix que l'émotion enrouait: \u2014Mon petit Louis, nous sommes là, vos amis, vos cousins.Nous vous remercions, cher enfant\u2026 Une joie surnaturelle, tout à coup, parut transfigurer la pale figure.Les lèvres blêmes murmurèrent : \u2014Je vous ai sauvée, Merci, mon Dieu! .eux.Mourir pour ceux qu\u2019on ai- Un peu réparé.pour me.la plus belle chose.Il essaya de parler encore, mais vainement.Ses doigts serrèrent le crucifix que la garde, sur sa de- entre les mande, lui avait mis mains.Un dernier souffle passa entre ses lèvres.Et le fils de Vin- cente, le délaissé, le méprisé, âme pure qui s'était secrètement offerte pour sa famille coupable, s\u2019en alla vers l\u2019éternelle paix, vers l\u2019éternelle joie.Après de telles émotions, Karol, une fois les doubles obsèques terminées, emmena aussitôt sa femme au Cap d'Antibes, Lui-même avait besoin de se refaire, car sa blessure, sans présenter de réelle gravité, l\u2019avait considérablement affaibli.Ce fut une existence paisible, dépourvue de toute mondanité, qu'ils menèrent là jusqu\u2019en mai, dans la seule compagnie d'Henryk Wien- kiewicz et de dona Clara.La santé de Magdalena, ébranlée par ces événements tragiques, se remettait vite de cette atmosphère de calme, de lumière, et plus encore par l\u2019amoureuse sollicitude dont l\u2019entourait son mari.Henryk Wienkiewicz disait en riant: \u2014 Ma chère fille.sans vous, Karol serait peut-être devenu un aimable égoïste.Mais, vous aimant comme 1l vous aime, il en arrive à ne plus penser à lui, ce qui est très bien.L\u2019instruction du crime de Thi- baut était déja avancée, quand un jour on apprit qu'il avait réussi à se donner la mort dans sa prison.PRC RR LE EEE EEE La Revue Populaire \u2014 Triste fin d\u2019un triste personnage! dit Karol en lisant cette nouvelle à sa femme.Vincente de Mo- vis récolte ce qu\u2019elle a semé en ses enfants.Seul, notre pauvre petit Lous.Et tous deux sentirent l\u2019émotion- leur serrer la gorge à l\u2019évocation de la jeune victime, Au mois de mai, ils regagnèrent Karol, temps empêché de travailler par sa Paris.pendant quelque blessure, terminait des tableaux commencés, entre autres celui pour lequel avait posé Magdalena.Il allait aussi dans le monde avec sa femme, ou bien l\u2019emmenait faire d\u2019assez lointaines excursions.Ce fut au retour de l\u2019une d\u2019elles que, près d'Orléans, ils croisèrent une voiture conduite par un étranger, de type américain du Sud, \u2018près duquel se trouvait une jeune personne assez jolie, extrêmement fardée, qui leur lança au passage le plus noir des regards.\u2014C\u2019est Fernande! dit Magdalena.\u2014Oui, c\u2019est elle.Comme il fallait s\u2019y attendre, elle a mal tourné.Habituée au !uxe, au plaisir, le travail lui faisait peur.Puis une conscience faussée comme la sienne accepte facilement certaines déchéances.\u2014Et Aimée, as-tu su ce qu'elle était devenue?\u2014Flle est en Angleterre, je crois.Une parente de M.de Movis paye pour qu\u2019elle y achève son éducation.Quant au père.il a une petite situation qui lui permet de vi- Voilà toutes les nouvelles que j'ai de cette intéressante famille, Magda.voter.La jeune femme se pencha et appuya son front contre l'épaule de son mari.\u2014Oh! sans toil.sans toi, mon Karol!\u2026.Tu m\u2019as sauvée, comme autrefois Hugues d\u2019Ormeyan sauva la belle Bérengère.Tu es mon chevalier bien-aimé! \u2014 Oui, ton chevalier pour toute la vie, Magdalena très chère! 31 sont intéressants et nouveaux LA REVUE POPULAIRE a une réputa- Tous ses romans doivent être intéressants, pour tout le monde, et nou- tion à soutenir.veaux.entre toutes les mains.Notre roman du mois prochain est inédit.Tous nos romans d'amour Tous ses romans peuvent être mis Vous ne le trouverez dans aucune bibliothèque ou librairie.LA COUSINE PAUVRE par H.Willette Nous publierons, en plus de ce roman complet, un roman d'aventures dont l'action se passe au Canada : Les Chasseurs d'Or par James-Oliver Curwood Les romans de Curwood ont, en ce moment, une vogue considérable en France.Et cette vogue, 1ls la méritent.Lisez celui-ci et vous comprendrez pourquoi.LA REVUE POPULAIRE, avec son riche papier illustré de gravures nombreuses et choisies, avec l'abondance et la variété de sa matière à lire, avec ses romans d'amour et d\u2019aventure, tous plus intéressants les uns que les autres, est appelée a doubler sa circulation déja énorme.a La Revue Populaire de Septembre est mise en vente le 27 Août 15 SOUS TD > LL COUPON D\u2019ABONNEMENT Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90¢ pour 6 mois) d'abonnement à la la REVUE POPULAIRE.Nom Ville Province ou Etat ___ POIRIER, BESSETTE & CIE | | | | | | | | | Adresse | | | | | | 975, RUE DE BULLION, MONTREAL, Can.| JEU CRUEL | \u2014Eglantine, ma chérie, il faut te préparer.Laisse ton livre.\u2014Oh! maman, j'ai le temps, il n\u2019est que dix heures.\u2014Tu sais bien que Bellita est Iexactitude méme, et qu'elle n\u2019aime pas attendre.Elle doit venir te chercher à dix heures et demie.Tu finiras ce livre demain.\u2014Tu as raison, petite maman, comme toujours.Mais ce roman m\u2019intéresse tant.\u2014\u2014Naturellement, Jean Limousin?\u2014Naturellement! tu as deviné! La mère et la fille se mirent à rire.\u2014Ce n\u2019est pas difficile! tout le monde sait que ma folle petite fille est amoureuse du jeune, élégant et célèbre Jean Limousin.Cette passion commence à m\u2019inquiéter.\u2026 \u2014Rassure-toi, maman, je ne le connais et ne l\u2019aime que dans ses livres.il est signé \u2014Ft si tu le voyais, tu serais probablement bien déçue.\u2014 Probablement ?sûrement, veux-tu dire.Mais je veux garder mes illusions sur lui, c\u2019est pourquoi je ne voudrais pas connaître mon cher Jean Limousin.Un coup de sonnette interrompit le tendre bavardage.Eglantine courut ouvrir en s\u2019exclamant: \u2014 Voici Bellita! et je suis encore en pyjama! elle va crier: \u2014Bonjour ma petite Eglantine! \u2014 Bonjour ma petite Bellita! Les deux jeunes filles s\u2019embrassèrent affectueusement.Elles étaient amies depuis l'enfance et bien que leurs caractères et leurs goûts fussent assez différents, elles s\u2019entendaient parfaitement.\u2014 Grondez-la, Bellita, dit la mère d\u2019Eglantine.madame Levas- seur.Cette paresseuse traîne depuis ce matin dans ce costume.Avec un roman, il faut ajouter.\u2014Un roman de Jean Limousin, compléta Bellita.\u2014C\u2019est ça, dit vivement Eglantine, moquez-vous de moi, ridicu- lisez-moi à votre aise.Je préfère m\u2019en aller.Je vais m'habiller.La Revue Populaire Roman d\u2019amour inédit par\u201d Jean.Laurent.\u2014Excellente idée, ma chérie, va vite.Quand elle eût disparu, madame Levasseur s'approcha de Bellita et lui dit à voix basse: \u2014 Comme vous êtes gentille, petite amie, et combien je vous suis reconnaissante de vous occuper ainsi de ma chère petite.Sans vous, quelles distractions aurait-elle ?Moi, je n'aime pas sortir, je préfère mon intérieur.Eglantine me ressemble et si vous ne veniez pas la chercher ainsi, elle resterait tou- Jours près de moi, avec un livre.\u2014FEt elle n'est déja que trop sérieuse! à vingt ans.une jeune fille doit danser et rire, n'est-ce pas, chère madame?\u2014Oh! oui, a vingt ans.Elle aura bien le temps d'être mélancolique comme je la vois parfois après une interminable lecture.La jeunesse doit être gaie.\u2014 Voulez-vous que je sois franche, madame, demanda Bellita un peu hésitante.\u2014Mais oui, mon enfant, je sais que c\u2019est l'intérêt seul d'Eglantine qui vous guide.\u2014Eh! bien, à mon avis, elle est à la fois trop intelligente.et trop naive.Trop intelligente, car seules les choses de l'esprit l'intéressent, et rierr de ce qui est jeune et amusant.Et trop naïve, parce qu\u2019elle ne connaît la vie que pa- les romans.\u2014Et la vie n'est pas un roman, je le sais, Bellita, et c'est pourquoi je m'inquiète.Tenez, vous allez vous étonner de mon langage, qui n\u2019est peut-être pas le langage d'une mère.Mais j'aimerais mieux la savoir amoureuse d'un beau jeune homme, d'un de nos amis, que la voir s\u2019exalter sur les oeuvres et les portraits de son Jean Limousin.La porte de la chambre d\u2019Eglantine s\u2019ouvrit sans bruit.\u2014Encore Jean Limousin?et que complotez-vous toutes deux, demanda Eglantine enfin prête.Madame sursautèrent.Levasseur et Bellita \u2014 Ah! tu voula:s surprendre nos secrets, curieuse, s'écria Bellita.C\u2019est mal d'écouter aux portes! Je n\u2019écoutais pas, protesta Eglantine, mais j'ai entendu la dernière phrase de maman, même pas, ses derniers mots.Du reste je ne suis pas curieuse, vous le savez.\u2014Allons, chérie, ne te fâche pas et montre-nous ta jolie robe.\u2014DMoins jolie que celle de Bel- lita, comme toujours, dit Eglantine et, souriant -t sans la moindre trace de jalousie.Son amie s'en défendit et toutes deux, pour mieux juger et comparer se campèrent devant la glace toutes deux olies et élégantes, mais si différentes.Bellita, blonde aux cheveux bouclés, aux yeux bleus vifs et malicieux, au teint clair, charmante de jeunesse et de santé avec sa taille élancée et ses formes fines de parisienne et Eglantine aux cheveux bruns et lisses, aux grands yeux sombres qui s'éclairaient parfois de lueurs, mais dont l'expression habituelle était un2 rêverie un peu triste.Jolie aussi, mais d\u2019un charme plus discret que celui de son amie, elle s\u2019habiliait toujours avec simplicité, choisissant des teintes neutres et des coupes sans apprêt.Sa mère et Bellita s'efforçaient de lui donner un peu de cette coquetterie indispensable aujourd'hui.Allons, dit Bellita, un peu de poudre, un coup de peigne et en route! \u2014Où m\u2019emmènes-tu, tyran?\u2014Oublies-tu que c'est dimanche, et que le dimanche matin il est tout à fait obligatoire de faire un tour au Bois, ou plutôt avenue du Bois?Que diraient Jacques- Joseph, les Boital et les autres s'ils ne nous voyaient pas?Notre réputation de jeunes filles élégantes serait perdue, malheureuse enfant! \u2014 Ah! quel tyran tu fais, soupira Eglantine.\u2014 Tu l\u2019as déja dit.\u2014Je ne saurais trop le répéter.M\u2019imposer chaque semaine cette corvée! revoir chaque dimanche les mêmes personnes affligées chaque fois d\u2019un nouveau ridicule ! Ces jeunes gens qui revêtent des costumes de golf pour parcourir la distance qui sépare l'Etoile de Août 1930 la porte Dauphine .Ces groupes gui papotent et cancanent.Ces isolés qui cherchant désespérément une âme-soeur, ou simplement à pénétrer dans un groupe.\u2014\u2014Eh! bien, oui, ils sont un peu grotesques et légèrement ridicules, mais amusants tout de même.N\u2019essaye pas de résister, je t'em- menerais malgré toi, n\u2019est- Elle avait gardé le souvenir d\u2019un camarade, d'un compagnon de jeu, et son coeur n'avait pas battu plus vite lorsqu'elle l'avait reconnu, ce matin-là.>.Jamais, jusqu\u2019ators, elle n\u2019avait éprouvé de sentiment plus fort que l'amitié pour \u2018un jeune homme.Elle connaissait de l'amour ce qu\u2019en disent les roma-ciers délicats et raffinés qu\u2019elle préférait, c'est-à- dire peu de chose.La Revue Populaire Cela suffisait à ses vingt ans et elle disait sérieusement \u2018\u2018 qu\u2019elle était incapable d'aimer\u201d, ce qui faisait sourire sa mère et son amie, connaissant sa sensibilité et la tendresse de son coeur.\u2014Je crois que je plais au beau Lafcadio, songeait-elle A moins qu\u2019il ne me joue.En tous cas, ce n\u2019est pas mon prince charmant, malgré sa beauté et son élégance.Ils étaient arrivés.Le jeune avocat joua fort bien la surprise.Il poussa assez d\u2019exclamations pour contenter Bernard Tendieu.Mais les jeunes gens ne s\u2019y trompèrent pas: le ménage était fait avec un soin tout particulier, un savant étalage de papiers et de dossiers était préparé sur la table de travail, et le maître du logis avait revêtu sa plus belle robe de chambre.On n\u2019entra pas dans ces détails et le phonographe remonté, on dansa, puisqu'on était venu pour cela.Eglantine, Bellita et Lafcadio formaient un petit groupe dans un coin du salon.\u2014J aime assez cette grande piece aux murs nus, dit Eglantine.Mai- tre Dupont est un homme de goût.La pièce était en effet de proportions harmonieuses et meublée sobrement mais avec art.Quelques toiles modernes se détachaient violemment sur le beige clair des murs.Lafcadio, presque étendu dans un vaste fauteuil, jeta un coup d\u2019oeil qu\u2019il croyait connaisseur.\u2014Pas mal, pas mal.mais un peu \u2018\u2019 Galeries Barbès \u2019\u2026 Maitre Dupont saitt que le moderne est moins cher que l\u2019ancien, tout en faisant plus d\u2019effet\u2026 \u2014Mauvaise langue, dit Bellita en riant, je lui rapporterai.\u2014Justement, le voici! Ah! mon cher Armand, tu arrives à propos.Mademoiselle Bellita Fontanges a quelque chose de très grave à te communiquer\u2026 \u2014Est-ce vrai, mademoiselle?\u2014Mais non! \u2014Oh! elle n'osera rien dire devant moi! mais irvite-la 3 danser ce blues et je suis sûr que tu obtiendras sans peine des aveux spontanés! \u2014Eh! bien, nous danserons aussi longtemps qu'il le faudra.Je danse si mal que mademoiselle Bel- lita avouera tout de suite, pour faire cesser cz supplice.Ils s\u2019éloigrèrent et Lafcadio resta seul avec Eglantine.\u2014 Maintenant que nous sommes seulement rous les deux, laissez- moi vous dire comme je suis heureux de passer ces quelques moments avec vous, Fglantine.Mais, vous-même.\u2014 Certainement.Lafcadio.Retrouver un ancien camarade est tres agréable.\u2014Trés agréable, vraiment?dit- il d\u2019un ton amer.C\u2019est tout?alors je suis pour vous Uégal de n'importe quel camarade de jeu?\u2014Mais non, dit Eglantine embarrassée, vous savez bien que non.Vous êtes plus intelligent, plus cultivé que les autres.\u2014FEt que m\u2019importent mon intelligence, ma culture?il s\u2019agit de tout autre chose, Eglantine.Tenez, vous ne me connaissez pas du tout, bien que nous ayons joué ensemble aux barres et a colin-maillard.Vous croyez peut-étre que je suis un sceptique, un coeur desséché par le plaisir.\u2014Pourquoi aroirais-je cela.\u2014Ah! personne ne me connait.Il entreprit une cour savante.Mêlant l'humour au sentiment il fit à Eglantine un tableau aussi flatteur que mensonger de sa vie passée.Toutes les catastrophes qu\u2019a- menent avec elles les passions violentes, il les avait subies.Tous les désenchantements qui les suivent, il les avait connus! \u2014Pourquoi me raconte-t-il tout cela, se demandait Eglantine) Croit-il que je suis la dupe de toute cette littérature?c\u2019est un mauvais roman qu'il me fait 1a.Elle lui montrait une attention polie.Lafcadio comprit soudain à quel point il faisait fausse route.\u2014Je vais lui paraître stupide, songea-t-il irrité, mais elle, elle me paraît absolument glacée.Brr.qu\u2019ai-je entrepris la?J'ai bien peur de perdre mon temps.Mais il avait engagé cette partie, il fallait la gagner.Du reste, il prétendait que la difficulté 1'attirait.\u2014Si jessayais de la jalousie ?c\u2019est un moyen classique qui a du \u2018bon?Et aussi l\u2019insolence\u2026 Il interrompit alors ses brillantes improvisations.\u2014Voulez-vous danser ce tango?nous sommes ici pour danser, ne l\u2019oublions pas.\u2014Oh! mais oui, avec plaisir, dit Eglantine, heureuse d'échapper à ce tête à tête fastidieux.J'adore le tango.Ils pénétrèrent dans le salon où l\u2019on dansait et se mêlèrent aux autres.Bellita paraissait s'amuser beaucoup, entourée de quelques jeunes gens, Bernard Tandieu, Armand Dupont entre autres.Comme celui-ci s\u2019inclinait devant elle pour l\u2019inviter, Lafcadio, sans se soucier d'Eglantine, écarta 23 Pour etre au courant de ce qui se passe dans les studios LISEZ LE MAGAZINE PAR EXCELLENCE IEFTLM Magazine de grande information se documentant aux meilleures sources, rédigé en francais et abondamment illustré.Dans tous les dépôts: 10 cts da al 8 | , MEN La collection du \u201cFILM\u201d d\u2019une seule année vous donne un volume de 430 pages illustrées de plus de 500 gravures.Sous un format pratique, le \u201cFILM\u201d est le meilleur marche de tous les magazines de cinéma écrits en langue française.COUPON D\u2019ABONNEMENT EFTLM Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au magazine de vues animées Le Film, 50c pour 6 mois ou $1.00 pour 1 an.Nom Adresse Ville Province ou Etat POIRIER, BESSETTE & CIE 975, rue de Bullion, Montréal, Can. 36 le jeune homme et prenant Bellita par la main, l\u2019entraîna vivement.\u2014Oh! oh! c'est un enlèvement, s\u2019écria maître Dupont décontenancé.Et si je me fâchais?Ses amis riaieint.et l'avocat prit le parti de rire aussi.\u2014 Mademoiselle, dit-il à Eglantine, voulez-vous que nous nous vengions ensemble\u2019 Eglantine sourit et accepta.\u2014Chantons, continua-t-il, pour montrer à ces inficèles que nous ne sommes pas trop malheureux.Il entonna d\u2019une voix formidable: \u2018\u201cAdios muchachos Compagneros de ma vida.\" Un concert de protestations s\u2019éleva.\u2014Epargne nos oreilles! nous ne sommes pour rien dans tes démélés avec Lafcadio.\u2014Songe que tu fais d\u2019innocentes victimes en te vengeant aussi terriblement.\u2014Crie moins fort! tu n'es pas à la Cour d'assises.IV Toutes les maroeuvres de Laf- cadio échouèrent.Après avoir voulu, en vain, rendre jalouse Eglantine, 11 essaya de l'attendrir par un désespoir des plus romantiques.Puis il la dédaigna ouvertement, sembla ne plus la connaître.Rien n\u2019y faisait.Eglantine restait souriante et insensible.Alors Lafcadio s\u2019éprit pour de bon de l\u2019inaccessible jeune fille.Une préoccupation continuelle l\u2019habitait comment conquérir ce coeur fermé, comment le faire battre enfin, le faire palpiter et souffrir car quand il l'aurait gagné, lorsque Eglantine l\u2019aimerait enfin, il lui ferait chèrement payer sa peine présente.Il attendait Bellita, ce jour-là, à la porte du bureau où elle travaillait.Il voulait la faire parler sur son amie, longuement, adroitement.Peut-être, sans le vouloir, lui ré- vèlerait-elle quelque point faible où l\u2019atteindre?Il fut bientôt six heures, l'heure agréable entre toutes aux jeunes travailleurs de la ville.Un flot de jeunes filles pressées et joyeuses l\u2019entoura bientôt.Il eut peur de manquer Bellita et s\u2019approcha de la grande porte juste au moment où elle en débouchait, toujours gracteuse et jolie.Elle le reconnut avec surprise.\u2014Lafeadio de Baragues.\u2026.que faites-vous ici, beau jeune hom- La Revue Populaire me?quelle élue attendez-vous au- jourd'hui?\u2014\u2014Mais c\u2019est vous que jatten- dais.\u2014Non?c\u2019est impossible.cet honneur m'éblouit! \u2014J'étais dans !: quartier\u2026 \u2014 Ah! mon orgueil reprend des dimensions plus normales.\u2014Ft je me suis souvenu de l\u2019adresse de votre banque.Et je vous emmène dans ma Six-Cylin- dres prendre un porto où vous voudrez.Bellita accepta simplement, en camarade.Ils firent un tour au Bois où le crépuscule était beau, ils rirent ensemble des petits ridicules de Bernard Tandieu, de la légère suffisance de Maître Dupont, bref, comme ils étaient parisiens et spirituels tous deux, ils passèrent une heure agréable.Mais Lafcadio ne perdait pas de vue le but qu\u2019il se proposait.Comme il ramenait déjà Bellita chez ses parents, il dit négligemment sans paraître y attacher beaucoup d'intérêt: \u2014 Votre amie, la sauvage Eglantine, va bien?\u2014 Très bien, je l\u2019ai vue aujour- d\u2019hui méme, a midi.Et Bellita pensa: \u2014Nous y voilà.Je comprends pourquoi il se trouvait dans mon quartier, juste au moment de la sortie.\u2014Savez-vous gue c'est une petite statue de neigz, votre amie, et que celui qui prétendra l\u2019intéresser autrement qu\u2019un camarade sera ur effronté vantard?\u2014Dites simplement s\u2019est pas encore présenté\u2026 \u2014Vous êtes cruelle, Bellita.car vous n\u2019avez pas été sans vous apercevoir que Eglantine me plait et que j'espère lui plaire un jour.Bellita rit un peu.Elle connaissait les sentiments d\u2019Eglantine aussi bien que les siens propres.\u2014 Vous voulez lui plaire?par- lez-lui de Jean Limousin.lui seul la séduit et la charme.\u2014 Comment?c\u2019est une plaisanterie?\u2014 Pas du tout, je vous parle sérieusement\u2026 \u2014Flle connaît Jean Limousin?vous dites qu\u2019elle l'aime?qu'il ne \u2014Je n\u2019ai pas dit cela.elle aime ses oeuvres, sa personnalité originale, ses idées claires.\u2014C\u2019est beaucoup.\u2014Oh! non.mais pour Eglantine, c'est tout.\u2014C\u2019est que.je le connais très bien, Jean Limousin, c'est un de mes intimes.Lafcadio a dit cela, il ne sait pas encore tres bien pourquoi.Les mots sont sortis de sa bouche avant que son esprit inventif ait su exactement ou cela le menerait.La vantardise, probablement, l\u2019a fait parler.\u2014Fh! bien, si j'ai un conseil à vous donner.c\u2019est de ne pas la présenter à Eglantine ! elle pourrait s\u2019en éprendr: et vous auriez été l'artisan de votre infortune.\u2014 Merci, chére Bellita.Bellita était arrivée.Elle descendit de l'auto, remercia Lafcadio et disparut.Tout de suite, Lafcadio regretta son mensonge.Bellita raconterait sûrement à son amie ce qu\u2019elle avait appris.Eglantine demanderait des détails.peut-être une présentation au grand homme.la sotte aventure! Lafcadio, furieux contre lui-même, contre Bellita, Eglantine et Jean Limousin, freina sans aucun ménagement pour ra Six-Cylindres et pénétra dans un bar chic pour y prendre le cocktail de la consolation.Vv Quelques jours plus tard, décor habituel du dimanche matin: avenue du Bois.Les amis s\u2019y retrouvent.Bernard Tandieu, très affairé, organise déjà un party monstre, oubliant qu\u2019il s\u2019est juré de ne plus se mêler d'amuser des ingrats.Eglantine et Bellita passent, souriantes et croisent Lafcadio, maussade ce matin-là.-\u2014Eh! quoi, Lafcadio, vous semblez nous fuir, demande Bellita.\u2014 Moi, vous fuir?il faudrait que j'aie perdu la raison.du reste, cela peut m'arriver un jour ou l'autre.n'est-ce pas, Eglantine ?dit-il intentionnellement en lui lançant un regard noir.Elle prononce, évasivement: \u2014\u2014Tout le monde est exposé à tout.Mais, cher ami, j'ai quelque chose a vous demander.Le visage de Lafcadio se rembrunit encore.\u2014Vous devez vous douter de ce, que c\u2019est?\u2014Moi?pas du tout.\u2014Ça y est, songea-t-il, la tuile.\u2014Bellita m'a dit que vous connaissiez très bien Jean Limousin, est-ce vrai?\u2014Mettez-vous en doute la parole de Bellita ou la mienne?\u2014Oh! comme vous êtes susceptible! et comme vous seriez gentil si.\u2014Si je vous apportais un livre orné d'une dédicace spirituelle et Août 1930 fantaisiste comme votre auteur préféré en a le secret?Eglantine fit la moue.\u2014 Non.\u2014Une belle photo, alors, le montrant dans une pose avantageuse et si naturelle, le regard lointain, dédaigneux.\u2014Non.\u2014Allons, pensa-t-il, je ne m'en tirerai pas a si bon compte.C'est bien ce que j'avais prévu.\u2014Je devine, dit-il, vous voulez le voir en chair et en os, entendre sa VOIX.\u2014Je l\u2019avoue, J'ai cette faiblesse.\u2026 Bellita intervint: \u2014Je croyais que tu avais peur d'avoir une déception en approchant ton idôle?; \u2014Bah! j'ai changé d\u2019avis.et puisque j'ai cette chance d'avoir rencontré un de ses amis.\u2014 Vous voulez vous servir de moi, c'est tout simple.Et si je refuse?\u2014Je dirai.hum.je dirai.que Lafcadio de Baragues est quelquefois imprudent et qu'il doit surveiller un peu ses paroles et ne pas prétendre connaître ce qu'il ne connait pas.\u2014Méchante.Eh! bien, c'est entendu, je vous montrerai le phénix, l\u2019oiseau rare.Etes-vous contente?\u2014Ravie, cher Lafcadio, ravie.Bientôt, n'est-ce pas?\u2014Le plus tôt que je pourrai.\u2014Me voici dans une jolie situation, songe-t-il en s\u2019éloignant.Comment sortir de là?sans trop de ridicule.Ah! mais, ah! mais, je vois un moyen.il est même assez habile.Employons-le.Son auto l'amène vite et silencieusement chez Charlie Gille qu\u2019il n\u2019a pas vu depuis quelque temps.Charlie occupe en banlieue, près de l'usine où 1l travaille une belle chambre dans un hôtel confortable.Son ami le trouve à son bureau, entouré de livres.\u2014Bonjour, studieux et lâcheur Charlie.On ne t» voit plus nulle part, il faut venir t\u2019arracher a ton coin perdu si on veut passer une heure avec toi.Charlie est heureux de cette visite.Il avait été blessé par les paroles de Lafcadio, il ne l'avait pas revu depuis la surprise-party chez l\u2019avocat.Mais à za vue, sa vieille amitié oublie ce léger nuage.Ils parlent longuement et cordialement comme ils en ont perdu l\u2019habitude depuis longtemps.Charlie se persuade qu'il a retrouvvé son ami d'autrefois, celui qui était sincère et bon, à ses yeux.5 i { I i i 1 Août 1930 \u2014A propos, demande Lafcadia sans aucun à-propos, peux-tu me rendre un petit service?\u2014 Naturellement.tu sais que tu peux compter sur moi.\u2014Ah ! merci, tu m'ôtes un grand poids.\u2014Mais tout de méme, je voudrais savoir de quoi il s'agit?\u2014FEcoute, Charlie.Figure-toi qu'un peu inconsidérément, jai prétendu connaître quelqu'un que je ne connais pas le moins du monde.Et maintenant, je suis pris.Je veux passer pour un vulgaire menteut.\u2014Eh! bien, que veux-tu que j'y fasse?C\u2019est désolant\u2026 \u2014 Tu peux me sauver.\u2014Je connais donc cette personne dont tu as parlé?en ce cas, je ne demande pas mieux que de la présenter.\u2014Tu la connais comme moi, comme tout le monde, de nom.\u2014Alors?\u2014 Alors, voila: tu vas la remplacer, tout simplement.\u2014Comment?\u2014Rassure-toi, il ne s\u2019agit pas de la comtesse de Noailles.Tu passeras pour l\u2019illusire Jean Limousin, pour quelques heures.\u2014Oh! mais non, cst impossible.que me demandes-tu là?\u2014Voyons, Charlie, tu m'as promis.Je t'en prie, aide-moi à sortir de cette affaire.\u2014Ce serait une indélicatesse, presque un abus de confiance! \u2014Pas de grands mots, Charlie.pas de grands mots.Il faut absolument que tu me rendes ce service.I] prononce ces mots avec une force, une gravité qui étonnent Charlie.\u20141I1 le faut?est-ce si important?\u2014 Mon ami, je vais tout te dire.Il s\u2019agit d\u2019une jeune fille que j'aime.et qui m'aimecra peut-être grâce à ce subterfuge.\u2014Je ne comp:ends pas.\u2014C\u2019est assez compliqué.mais ne va pas te froisser surtout.Cette jeune fille romanesque est entichée de Jean Limousin qu\u2019elle ne connait pas.\u201c C\u2019est le Prince charmant, l\u2019idéal qu\u2019elle s\u2019est choisi, il est paré à ses yeux de toutes les séductions possibles.Or, si je lui montre un Jean Limousin qui est simplement un homme comme les autres, ni plus beau ni plus intelligent que les autres, le piédestal quelle lui a fait s'effondrera et elle daignera peut-être me regarder et m'écouter\u2026 \u2014Et tu as pensé à moi, qui ne suis ni plus beau ni plus intelligent La Revue Populaire que les autres, dit Charlie en souriant.\u2014Je t\u2019ai choisi parce que je connais ton immense modestie, et ton amitié.et qu'il me fallait tout de même quelqu'un de bien pour représenter Jean Limousin avec une ombre de vraisemblance.Au fond, tu devrais être flarté.\u2026 \u2014Cette jeune nlle\u2026 tu as l'intention de l\u2019épouscr?Lafcadio n'avait jamais envisagé cette perspective.Lui, se lier, épouser une petite fille sans dot, sans grand nom?Il sempressa pourtant de l'affirmer.\u2014En ce cas, puisqu\u2019il s\u2019agit de ton bonheur, de ton avenir, dit le bon Charlie, j'accepte.Mais lais- se-moi quelques jours pour préparer mon rôle.Il faut au moins que je connaisse le titre de toutes mes oeuvres.Vi La rencontre tant atendue devait avoir lieu chez Lafcadio.Eglantine et Bellita arrivèrent en avance sur l'heure convenue.Eglantine avait le coeur battant, et Bellita était à bout de souffle tant son amie l'avait fait marcher vite, Elle s\u2019en plaignir à Lafcadio tandis qu'il leur faisait les honneurs de son studio.Des livres rares richement reliés remplissaient les rayons de ses bibliothèques: il les montra aux Jeunes filles non sans ostentation Eglantine en saisit quelques-uns au hasard.Ils n'étaient pas coupés et montraient que leur propriétaire avait un grand respect pour eux.Il les achetait, les rangeait soigneusement, ne les prêtait jamais à personne, mais ne les lisait pas.\u2014Le \u2018\u2018 maître \u201d est en retard, dit tout à coup Bllita, légèrement ironique.\u2014\u2014Mais non, s'écria Eglantine, il est à peine cinq heures.\u2014Comme vous le défendez, dit Lafcadio.Du reste, tout de suite, le valet de chambre poussa la porte et annonça: \u2014M.Jean Limousin.Lafcadio se leva d\u2019un bond et s\u2019avança vers Charlie.\u2014Mon cher ami, permets-moi de te présenter à deux charmantes admiratrices de ton grand talent.Charlie, un pau gêné malgré tout, s'inclina en murmurant: \u2014Enchanté, mesdemoiselles.et tres confus.Eglantine le regardait de tous ses yeux: c'était donc là cet écrivain spirituel, délicat\u2026 Lafcadio avait bien recommandé à Charlie de n'être pas trop séduisant et il lui avait strictement obéi.Il était mal coiffé, mal rasé, 1l avait revêtu un ancien costume un peu défraichi, des chaussures sans élégance.Il y avait loin de ce qu'Eglantine imaginait à ce qu'on lui montrait.et pourtant elle ne semblait aucunement déçue\u2026 On servit le porto et les gâteaux.Charlie songeait: \u2014Je ne regretterai pas cette comédie si grâce à elle Lafcadio épouse cette jolie et fine jeune fille.Il parlait peu, laissant Lafcadio évoquer des souvenirs d\u2019enfance purement imaginaires qui, comme par hasard, étaient flatteurs pour lui et un peu ridicules pour Char- lie-Jean Limousin .Bellita lui répondait, car Eglantine semblait distraite.Elle désigna du doigt une petite table où s'entassaient les livres de Jean Limousin: Bellone, Sigurd, Siméon et le dernier en date, Alceste 118.\u2014Voudrez-vous nous signer vos oeuvres, maître, demanda Eglantine timidement.\u2014Certainement, mademoiselle.Il avait promis à Lafcadio d'ê- tre peu aimable, ennuyeux, et il ne savait pourquoi, ce rôle maintenant lui pesait.Comme Eglantine lui parlait encore de son admiration, il l'interrompit, un peu agacé: \u2014Oh! ne parlons pas toujours de mes livres, voulez-vous?il y a tant de choses plus intéressantes, meilleures.Il trouvait Eglantine bien jolie, et l'éclat de ses grands yeux noirs posés sur lui avec cette attention qui s'adressait à un autre lui faisait un peu mal.\u2014Décidément, Lafcadio aurait pu choisir un autre que moi pour lui servir de repoussoir\u2026 Lafcadio, lui, se réjouissait intérieurement.I! est de mauvaise humeur, il va devenir bourru.Cette pauvre Eglantine, quelle chute elle va faire.quelle déception.et comme elle sera heureuse de trouver en moi les qualités qu'elle attribuait à son héros.Vraiment, elle méritait cette leçon.î Charlie se montra en effet désagréable, presque impoli.Il se leva après avoir signé quelques livres, excusa à peine son départ précipité et sortit.A Lafcadio qui l\u2019accompagnait, il demanda: \u2014Eh! bien, ai-je été assez déplaisant?es-tu content?ai-je dégoûté à jamais cette jeune fille de son Prince charmant, et de tous les gens de lettres en général?\u2014 Merveilleux! tu as été merveilleux! on ne peut plus ours! Je te 37 fais mes compliments pour cette composition, et j: te remercie.\u2014C\u2019est bon, c'est bon.Mais tu sais, c'est bien la dernière fois que je joue ce personnage.La prochaine fois que tu voudras présenter Paul Valéry à tes amies, adresse-toi a Bernard Tandieu.\u2014Comment le trouvez-vous ?demanda Lafcadio à Eglantine et Bellita qui s\u2019apprétaient aussi à partir Un peu original, peut- être.Ces hommes de lettres, ca n\u2019a pas beaucoup l\u2019usage du monde.\u2014I1 ne me déplait pas ainsi, dit Eglantine.Il est autre, certes, que dans ses oeuvres.mais il a un regard profond et sensible.\u2014JI n\u2019a pas dit quatre mots, protesta Bellita.Il n\u2019est pas drôle votre grand écrivain.Il regardait ses chaussures tout le temps.et entre nous, il avait tort d\u2019attirer notre attention sur elles.\u20141II ne soigne pas beaucoup sa toilette.Il n\u2019est pas très aimable, mais il paraît qu'Eglantine aime cela.\u2014Oh! j'aime cela.je ne regarde pas ces détails.Le coeur et l\u2019esprit d\u2019un homme me préoccupent plus que son costume.\u2014Rien n\u2019y fera, conclut Bellita.Eglantine n\u2019a pas les yeux de tout le monde.vi \u2014Eglantine, dit Bellita qui vient d'arriver chez son amie, je t'apporte quelque chose.On m\u2019a donné un billet pour ce concert de musique russe qui te tentait si fort.Moi, tu sais, la musique, russe ou non.ça ne m'amuse pas beaucoup.Alors, voilà, tu pourras y aller.\u2014Oh! que tu es gentille! merci.C\u2019est pour aujourd'hui même, n'est-ce pas?\u2014Oui, à cing heures, cet après- midi.Dépêche-toi de te préparer et partons ensemble si tu veux.Je vais dans un nouveau dancing rejoindre quelques amies du bureau.Je ne t'ai pas invitée, connaissant tes gouts.Les jeunes filles sortent gaiment et se séparent dans la rue.Eglantine arriv: vite au théâtre des Champs-Elysées où se donne le concert.Beaucoup de monde déjà se presse aux guichets, dans le hall, dans les vastes escaliers.Eglantine monte allègrement et s\u2019installe au premier rang du balcon.À côté d\u2019elle, à se droite, un vieux monsieur étudie le programme.À sa gauche, 11 n\u2019y a personne.Elle pense avec ennui qu'elle sera dérangé tout à l'heure, qu'elle de- 38 vra se lever alors que le chef d\u2019or- chestrre aura fait le geste magique qui déchaîne les sons.Elle se trompe, d'ailleurs, car presque tout de suite arrive ce voisin de gauche retardataire : c'est Jean Limousin, ou plutôt clui qu\u2019elle prend pour Jean Limousin.Ils paraissent aussi étonnés l'un que l\u2019autre.Leur surprise est si grande qu\u2019ils ne pensent même pas à se réjouir de ce hasard.Als se regardent: c\u2019est bien Eglantine, c'est bien Jean Limousin.Charlie reprend le premier un peu d'assurance.Il arrête le flux de questions qu\u2019ils échangent sans pouvoir y répondre, naturellement : \u2014Mais comment avez-vous eu l\u2019idée de.venir entendre de la musique russe?\u2014Et vous-même?\u2014Que de circonstances il a fallu pour nous faire rencontrer\u2026 \u2014Pensez que nous sommes tous les jours placés à côté d'inconnus ou peut être placé une fois à côté d'un ami! \u2014Oui.mais enfin.jours étonnant.\u2026 \u2014Eh! bien, acceptons cette heureuse surprise, car elle est heureuse, n'est-ce pas?\u2014Certainement, maître\u2026 \u2014Oh! je vous en prie, ne m\u2019appelez maître.Je déteste cette appellation.je ne tiens pas au respect.\u2014C\u2019est vrai.T1 y a je ne sais quoi de pédant, de scolaire, dans ce mot.Mais j'avais peur de vous froisser en vous disant \u201c Monsieur *\u2019 comme a tout le monde.\u2014Ne suis-je pas comme tout le monde?\u2014Vous savez bien que non.quand on a écrit.\u2014Ne pourriez-vous cesser de voir en moi, ne serait-ce qu\u2019une après-midi, l\u2019homme de lettrres pour voir simplement l\u2019homme, le jeune homme qui est très heureux d'entendre de la belle musique en votre compagnie?Eglantine aussi est heureuse.Les joues en feu, les yeux brillants, elle écoute bien peu le concert qui 1a tentait.Les paroles de son voisin lui sont une plus douce musique.Leurs voisins s\u2019agitent sur leurs fauteuils, impatientés, les regardent avec énervement, puis colére.c'est tou- Le vieux monsieur, plus hardi, exprime l'opinion générale.Il se tourne vers eux et leur dit: \u2014 Vous serez bien plus à votre aise, pour bavarder, dans le hall ou méme avenue Montaigne.Nous sommes venus ici pour entendre du La Revue Populaire Borodine et non des conversations, aussi intéressantes soient-elles\u2026 Les autres approuvent, et Eglantine et Charlie se taisent confus, jusqu'à l\u2019entr\u2019acte.À ce moment, ils quittent leurs places et descendent au foyer.\u2014Je commençais à avoir la migraine, avoue Eglantine, je suis contente de respiter un peu d\u2019air pur.\u2014Moi aussi, s'empresse de répondre Charlie, sortons, voulez- vous ?nous ferons quelques pas dans l\u2019avenue\u2026 Dehors, il fait si bon, la promenade parait soudain si agréable, qu'ils sont bien forcés de convenir que l'entr\u2019acte étant fini depuis longtemps, ils n\u2019ont pas le courage d'affronter encore la colère de leurs voisins.\u2014 Tant pis, dit Charlie, nous en avons assez entendu pour aujour- d\u2019hui.C'était très beau.\u2014 Très beau, approuve Eglantine qui serait même incapable de dire le titre du morceau qu\u2019elle a entendu.Tout a coup, l\u2019entrain de Char- He semble tomber: cette jeune fille charmante qu\u2019il a tant plaisir à regarder et à écouter, n'est-elle pas aimée par son ami Lafcadio.Le nom de Lafcadio vient instinctivement a ses levres.\u2014Avez-vous vu Lafcadio de Baragues depuis notre rencontre chez lui, demande-t-il, faussement détaché.\u2014 Voyons, c'était la semaine dernière?il me semble bien que non.Je ne puis vous dire exactement.\u2014Que veut-elle me faire croire, pense-t-il.Serait-elle menteuse ?Comment ne l'aurait-elle pas vu, puisqu\u2019elle la considère comme sa fiancée, et surtout, comment ne s\u2019en souviendrait-elle pas?Il la regarde longuement : ses yeux brillent doucement, son visage sourit, si franchement, si ouvertement.\u2026 Ils marchent, se taisant tous deux, mais 1] semble à chacun entendre les pensées de l\u2019autre.Charlie dit brusuement: \u2014Je vais vous raccompagner chez vous, si vous le permettez\u2026 \u2014\u2014Oui.Ni l\u2019un ni l'autre ne songe à songe à prendre l'autobus qui s\u2019arrête à la porte d'Eglantine, où le métro, qui est à deux pas.Ils ont oublié qu\u2019il existe à Paris d\u2019autres modes de locomotion que la marche, si favorable aux gens qui se plaisent.= Ils vont côte à côte, et Charlie pense qu'il serait bon d'aller toujours à côté d\u2019elle\u2026 À un carrefour, il lui prend le bras pour traverser, et Eglantine pense qu'il serait doux d'être toujours à son bras.Ils échangent des paroles indifférentes car le silence serait plus troublant que tout.\u2014Voilà, je suis arrivée, dit-elle enfin en s\u2019arrétant, \u2014Déjà! s\u2019écrie-t-il.Il y a une beure qu\u2019ils marchant, Il leur semble qu\u2019ils ont quitté le théâtre depuis cinq minutes à peine.Il garde longuement sa main dans la sienne en répétant avec des intonations différentes: \u2014Au revoir.au revoir.Elle court dans l'escalier, arrive chez elle en un instant pour se précipiter à la fenêtre.Elle l'aperçoit, sur le trottoit opposé, le visage levé vers elle.Elle baisse vivement le rideau et se rejette en arrière, tandis que lui-même se tourne et paraît s\u2019absorber dans la contemplation d\u2019un marchand de tableaux.VIII Eglantine et le pseudo Jean Limousin ne laissèrent plus le hasard seul se charger de les faire rencontrer.Ils se revirent plusieurs fois au théâtre où ils se donnaient rendezvous, au bois au Luxembourg dont ils aimaient les ombrages.Chaque fois l'intimité était plus profonde entre eux deux, chaque fois ils se quittaient avec plus de peine.Ils s\u2019aimaient.Sans avoir prononcé de mots décisifs, sans se l\u2019être dit, Charlie était empêché de parler parce qu\u2019il avait peur d'entendre Eglantine lui dire son amour pour Lafcadio.Et il fallait qu'il fut bien peu perspicace pour redouter pareille révélation.Comment ne voyait-il pas qu\u2019Eglantine n\u2019éprouvait pas la moindre tendresse pour Lafcadio, et que c\u2019est lui, lui seul qui comptait à ses yeux.Un deuxième obstacle se dressait devant Charlie et le forçait à refouler les aveux qui se pressaient à sa bouche: pour Eglantine, il était toujours Jean Limousin et chaque jour qui passait l\u2019enfonçait davantage dans le mensonge.Il maudissait cent fois cette étrange situation où il s\u2019était mis, mais n\u2019était-ce pas grâce à elle qu'il connaissait Eglantine ?Eglantine ne s\u2019étonnait pas encore de la réserve de son cher ami.En elle-même, elle s'était promise à lui, elle serait sa femme s\u2019il voulait.et pourquoi ne voudrait-il pas, puisqu'il l'aimait ?car une DDE Août 1930 jeune fille sait bien quand elle est aimée et sans qu\u2019on ait besoin de le lui dire.Les yeux graves et doux toujours posés - sur elle avec cette interrogation ardente, la main qui ne voulait pas lâcher la sienne, ce visage penché vers elle.Elle avait parlé de ces promesses de bonheur à sa mère, à Bellita.Sa mère, inquiète comme toutes les bonnes mères, lui disait: \u2014Fs-tu bien sûre, ma chérie.bien sûre de toi\u2026 Avant de l'aimer comme tu le fais.n\u2019aurais-tu pas dû savoir ce qu'il pense exactement?\u2014Oh! petite maman, je le sais bien, ce qu\u2019il pense.Il m'aime.Il me parle toujours si tendrement, si doucement.Si tu savais comme il me respecte et me considère.Quand je lui parle d\u2019une autre jeune fille plus jolie ou plus intelligente que moi, il m\u2019interrompt toujours avec presque de la colère: \u2018Ne dites donc pas cela.N« vous comparez pas à une autre, à n'importe quelle autre.\u201d \u2014 Alors, pourquoi ne te parle-t- il pas franchement?ou s\u2019il n\u2019ose pas, pourquoi ne me parle-t-il pas, à moi?\u2014Mais c\u2019est délicieux de rester ainsi.quelque temps.Chaque jour, je vois qu'il m'aime plus, qu\u2019il s\u2019attache plus a moi.\u2014Et lui, sait-il que tu l\u2019aimes?\u2014Je le crois\u2026 Bellita se mêla à la conversation qu'elle écoutait attentivement: \u2014Et moi, je suis sûre que non! Eglantine est si timide, si farouchement timide.Cotnment compren- dra-t-il, elle ne lui parle que de ses romans.Un homme, c'est beaucoup moins fin qu\u2019une.femme, tu sais! \u2014T'u ne voudrais tout de même que je lui saute au cou, que je lui tombe dans les bras?C\u2019est bon dans les films américains, ça.et encore.les mauvais films.\u2014Alors, vous resterez éternellement en face l'un de l'autre, et vous ne vous direz rien.\u2014Cela suffira pour que je sois heureuse, le voir tous les jours, I'entendre.- \u2014Folle, petite folle, dit Mme Levasseur qui songe, le coeur angoissé, que Jean Limousin est riche, célèbre, et que cela l'amuse peut-être de se faire aimer par une petite fille qui n\u2019est pas tout à fait comme les autres, et elle tremble d'apprendre un jour dans le journal, que \u2018le jeune écrivain est parti se reposer quelque temps en ÎIta- lie,\u201d ou bien \u201cqu'il épouse la riche héritière d'un roi du pétrole quelconque\u2026\u201d Août 1930 IX Les jours passent, et Eglantine commence a trouver moins de charme à cette attente qu\u2019elle trouvait délicieuse.| Peut-être se trompait-elle en se croyant aimée?Jean Limousin ne lui patle pas d\u2019amour\u2026 Les joues d\u2019Eglantine pâlissent, ses yeux qui avaient une expression un peu mélancolique deviennent tristes.Elle ne rit presque plus.Charlie-Jean Limousin s\u2019en aperçoit sans comprendre.Lui-même se débat entre mille pensées contradictoires.Il n'ose parler de son amour à Eglantine, puisque ce serait rrahir Lafcadio.Il passe des heures affreuses déchiré entre son amour et son amitié.Tantôt, l\u2019amitié est la plus forte et il décide de ne plus voir Eglantine, de la laisser à Lafcadio, et tantôt l\u2019amour, ct alors il se jure de parler le lendemain même à celle qu\u2019il chérit.Mais il ne peut encore choisir entre ces deux affections.Sa conscience plus que son coeur l'en empêche.Lafcadio qui a fait un court voyage d\u2019affaires, revient à Paris.Un soir qu\u2019il est seul et désoeuvré, il invite Charlie 3 diner dans son restaurant habituel.Il est surpris par son visage plus sombre qu\u2019à l'ordinaire.\u2014 Mon vieux Charlie, tu as mauvaise mine.tu ne te sens pas bien?\u2014Mais si, tres bien.\u2014Tu ne me feras pas croire que tu vas tres bien, avec ce front plissé, ces yeux cernés.Charlie a un geste las de la main.\u2014Des ennuis?demande Lafca- dio.Charlie éprouve tout à coup le besoin de vider son coeur trop lourd.Il baisse la tête.\u2014Des ennuis d'argent?\u2014Non.\u2014Ta famille?\u2014Non, Dieu merci.\u2014Alors, le coeur?Charlie acquiesce.\u2014Hum, cest grave.fille, une femme?\u2014Une jeune fille,.\u2014\u2014Je t'avais pourtant mis en garde.\u2014Ecoute-moi, Lafcadio, murmure Charlie, abattu, je ne sais ce que tu vas penser de mot.\u2014Que veux-tu que je pense?ce qui t'arrive n'a rien d'extraordinaire, cela arrive à des gens très bien.Tu aimes une jeune fille qui ne t'aime pas?Une jeune La Revue Populaire \u2014Je n\u2019en sais rien, je ne le lui ai pas dit.\u2014Et tu attends qu\u2019elle parle la première?\u2014Lafcadio\u2026 j'aime Eglantine, Lafcadio sursaute, stupéfait.Il reste silencieux quelque temps.\u2014 Oui, tu comprends pourquoi je suis si malheureux.Après ce que tu m'\u2019as confié.tu penses bien que je ne peux rien avouer à Eglantine, je me mépriserais si je te la prenais.Lafcadio éclate enfin.\u2014Ah! ça, c'est fort! tu l\u2019as donc revue depuis que j'ai eu la naïveté de vous présenter l\u2019un à l'autre?\u2014 Voyons, Lafcadio, com- prends-moi bien.\u2014Je te comprends fort bien, mon cher, et méme trop bien.Mais toi, l'homme aux principes, comment appelleras-tu cela?une indélicatesse, un abus de confiance, pour reprendre tes expressions?Charlie se fâch>, s\u2019indigne: \u2014T'u n\u2019as aucunement le droit de me parler sur ce ton! Je te dis et t'affirme que j2 me suis conduit d'une façon ircéprochable avec tol.\u2014En effet, dit amèrement Laf- cadio, tu profites d\u2019une de mes absences pour faire la cour à la jeune fille que jaime.Tu es absolument irréprochable.\u2014Encore une fois, ne persiffle pas ainsi.Je te fais le sacrifice de mon amour.Je ne verrai plus Eglantine.\u2014Eglantine! il l\u2019appelle Eglantine, déjà! et vous vous tutoyez, Je pense?Sans répondre à cette ironie, Charlie poursuit : \u2014Je ne la verrai plus, mais à une condition! \u2014Ah! tu poses des conditions?\u2014C\u2019est que tu I'épouseras.\u2014Mon vieux, tu lasses ma patience.Je ferai ce qu\u2019il me plaira de faire.J'ai touiours agi ainsi jusqu\u2019à présent, ce n\u2019est pas toi qui me feras changer., \u2014 Mais comprends donc que je l\u2019épouserais, moi, que je la rendrais heureuse! \u2014OR! çà va! pas de phrases.Lafcadio devient vulgaire \u2026 Charlie le regarde et l'écoute, il lui semble qu\u2019il le voit pour la première fois tel qu\u2019il est.\u2014Et d'abord, qui aime-t-elle, reprend Charlie, nous pourrions la laisser choisir entre nous deux.Je m'engage à m\u2019incliner devant son choix.\u2014C\u2019est cela, ricana Lafcadio, nous allons tous deux tomber à ses genoux en lui offrant notre nom et notre fortune.Ah! tu retardes | \u2014Mais enfin, se révolte Charlie, que vas-tu faire?que décides-tu?\u2014Tu n\u2019as pas 3 me le demander.Tu dois disparaitre de la vie d\u2019Eglantine si tu as une notion de cet honneur que tu invoques constamment.J'ai le droit de priorité.Le reste me regarde.\u2014Et si elle ne veut pas de toi?\u2014Ne te tourmente pas pour moi, mon vieux.Charlie sent une vague d\u2019'écoeurement le pénétrer devant l\u2019attitude grossière de celui qui fut son ami.\u2014 Continue la rédaction de tes romans, cher maitre.Le public attend.D\u2019abord, un homme aussi illustre que toi n\u2019a que trop d\u2019aventures galantes.Ne prends pas toutes les femmes, laisses-en quelques-unes aux obscurs comme moi.Quand on est Jean Limousin.\u2014Tais-toi, crie Charlie exaspéré, je t\u2019ordonne de te taire! Il a crié si fort qu\u2019à toutes les tables, les conversations s'arrêtent brusquement.Les têtes se tournent vers eux, dans un silence lourd et pénible, Lafcadio a un peu peur.\u2014 C'est bien.N'en parlons plus, dit-il, nous règlerons ça plus tard, Le garçon enlève de leur table les plats qu\u2019ils n'ont pas touchés.X Le lendemain, Eglantine arrive vers cinq heures sur la terrasse du Luxembourg où elle doit attendre son ami.Elle regarde vaguement les enfants courir et jouer.\u2014\u2014Peut-être parlera-t-il aujour- d'hui?pense-t-elle, comme elle le pense à chaque rencontre.Parce que l\u2019espoir est bien fatigant.Le voici, Il marche lentement, il n\u2019accélére pas son pas quand il la voit.Ils échangent les phrases banales qui préludent à tout.\u2014J\u2019ai plusieurs choses graves à vous annoncer, Eglantine, dit Charlie en essayant de sourire.Le coeur d\u2019Eglantine saute.\u2014Ah! dit-elle avec beaucoup de mal, voyons ces révélations.Charlie trace des signes sur le sable avec sa conne.Ainsi, il n\u2019est pas forcé de regarder Eglantine.\u2014Oh! ce n\u2019est peut-être pas si grave, aprés tout.I! se tait.Eglantine ne trouve pas la force de prononcer un mot.\u2014Eh! bien, voilà, se décide-t-il, brusquement, je pars en voyage.je vous dis au revoir aujourd'hui.Eglantine reste muette.GRATIS Fortifiez votre Santé et Embellissez votre Poitrine Toutes les Femmes doivent être belles et vigoureuses, et toutes peuvent l'être grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir voire sang avec le Réformateur Myrriam Dubreuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l'action bienfaisante du Réformateur.Il mérite la plus entière confiance, car il est ie résultat de longues études consciencieuses.La REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL est un tonique reconstituant et possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine en même temps que sous son action se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la emme.Engraissera rapidement les personnes maigres GRATIS.Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons Gratis notre brochure illustrée de 83 payes, avec échantillon Myrriam Dubreuil.Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Correspondance strictement confidentielle.Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL BOITE POSTALE 2353 \u2014 Dépt.2 3902, Parc Lafontaine, Montréal.NE SOUFFREZ PLUS! 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Eglantine se sent préte a défaillir.Elle résiste de toutes ses forces, elle a si peur de Ie lui montrer.Elle parvient à lui cacher son émotion.\u2014Mon départ ne la touche pas beaucoup, songe-t-il désespéré.Jespérais tant qu\u2019elle pleurerait ! elle ne m'aimait pas, elle aime Laf- cadio, ou elle va l'aimer quand je serai parti.\u2014Vous m\u2019enverrez des cartes, j'en fais collection, et des timbres aussi.\u2014Je vous le promets.\u2014Et c'est tout, ces choses graves ?\u2014Non, ce n\u2019est pas tout, car je vois que vous n\u2019attachez pas grand importance à celle-là.Eglantine l\u2019interrompt : \u2014Ft j'espère que vous rapporterez de là-bas de beaux sujets de romans, car votre oeuvre importe plus que tout, n'est-ce pas?\u2014Eglantine, voici la deuxième révélation: je ne suis pas Jean Limousin.Je ne suis qu\u2019un petit travailleur sans gloire aucune.\u2014Mais.\u2026 qu'est-ce que cela veut dire ?\u2014 Demandez des explications à celui que vous aimez.Adieu, Eglantine! Charlie se lève et part à grandes enjambées, sans se retourner laissant Eglantine chercher anxieusement le sens de ces énigmes: \u2014Jean Limousin n\u2019est pas Jean Limousin.Elle doit demander a celui qu'elle aime.Sa téte se perd.Eglantine, bouleversée, pleure doucement, en se cachant la figure derrière son livre.XI \u2014Eglantine.tine.Mme Levasseur se penche sur le lit où sa fille est étendue, le visage meurtri par l'anxiété.Eglantine ne la regarde pas, ne lui répond pas.Depuis le jour où elle est revenue du jardin du Luxembourg avec les frissons d'une forte fièvre, elle est couchée, malade, et ne veut rien dire de sa peine.\u2014Laisse-moi, maman.\u2014Ma petite fille.tu ne veux pas que je reste près de toi?ma petite Eglan- NEMA AN La Revue Populaire Des larmes silencieuses mouillent les joues de la mère et de la fille.\u2014Oh! maman.je veux dormir un peu.\u2019 Mme Levasseur sort doucement.Bellita est dans la salle à manger.Elle vient tous les jours demander des nouvelles de son amie et consoler un peu Mme Levasseur.Elle interroge du regard: pour toute réponse, la mère soupire profondément.\u2014Elle ne veut même pas me voir, dit-elle, elle veut toujours être seule.\u2014 Comment va-t-elle aujour- d\u2019hui ?\u2014Elle n\u2019a plus de fièvre mais elle ne veut pas se lever.Elle est sans force, sans aucun ressort, Elle pleure presque tout le temps.\u2014 Mais que disent les docteurs?\u2014Îls parlent d\u2019une grande dépression nerveuse.Ils disent qu'il ne faut la contrarier en rien.\u2014Oh! je sais bien ce qu\u2019il lui faut! s\u2019écrie Bellita en tapant du pied, je le sais bien! \u2014Chut, chut! Bellita.elle repose .- Bellita reprend plus bas: \u2014C\u2019est depuis ce rendez-vous avec Jean Limousin, au Luxembourg, qu\u2019elle est malade?\u2014Oui, hélas.je savais bien que cela finirait mal, cet amour pour Jean Limousin, je ne riais pas, moi, quand je la voyais s\u2019enfoncer chaque jour davantage, se pénétrer de ces idées folles.Et depuis ce jour, plus de nouvelles de lui, n\u2019est-ce pas, madame?Lui, qu\u2019on voyait presque tous les jours, il a disparu subitement.Ah! ça ne se passera pas comme ça! je ne le souffrirai pas! \u2014Que faire, Bellita?\u2014Je vais guérir Eglantine, moi! Au revoir, madame, ne pleurez plus.Bellita sort précipitamment.Elle entre à la poste voisine, prend l\u2019annuaire du téléphone, cherche une adresse.\u2014Limours.Limouryn.Ah! Limousin! Jean Limousin, homme de lettres, 18, quai Malaquais.Tres bien, tres bien.Un taxi l\u2019amène en peu de temps au quai Malaquais.Elle est si animée de pensées indignées qu'elle ne ressent aucune timidité.Elle sonne à l'étage indiqué et demande au valet de chambre qui lui ouvre la porte: \u2014Puis-je voir tout de suite M.\u2018Jean Limousin?c\u2019est très important.Le valet de chambre la dévisage avec méfiance: encore une exaltée qui vient solliciter un autographe du maître, sans doute! \u2014Dites-lut qu\u2019il s\u2019agit de la vie ou de la mort d'une jeune fille qu\u2019il connait! Le domestiqce, impressionné, laisse entrer Bellita et va faire cette étrange commission.TI revient bientôt.\u2014 Monsieur veut bien vous recevoir.Veuillez me suivre.I! précède Bellita dans un vaste salon aux meubles anciens.Dans un coin, une petite table avec quelques papiers: la table de travail.Il ne fait pas très clair dans la pièce.Bellita aperçoit le maître du logis, debout près d\u2019une fenêtre.Il la regarde avec curiosité à travers ses lunettes d\u2019écaille.\u2014\u2014Mademoiselle, prononce-t-il, puis-je savoir ce qui me vaut l\u2019honneur de cette visite ?Vous dites qu'il s'agit de la vie ou de la mort d\u2019une personne que je connais?Bellita reste immobile, stupide : ce n\u2019est pas la voix du Jean Limousin qu\u2019elle s'attendait à trouver.Elle s'approche : elle voit un homme jeune, certes, mais plus âgé d'au moins quinze ans que l\u2019ami de Lafcadio.Elle balbutie: \u2014Vous êtes bien M.Jean Limousin ?Il sourit et répond: \u2014 Vous en doutez?vous êtes déçue?comment m'imaginiez-vous donc d\u2019après mes livres?\u2014Oh! maître, pardonnez-moi, je me suis introduite auprès de vous.je vous ai dérangé.Je m'en vais.\u2014 Mais remettez-vous, mademoiselle.Vous voulez me demander quelque chose?\u2014Oh! non, pas du tout! excu- sez-moi, encore une fois.Je me suis trompée, ou plutôt on nous a trompées.\u2026 Bellita se sauve, et le jeune écrivain reste seul, en proie à une perplexité que rien ne satisfera jamais.Dans la rue, Bellita essaye de voir clair dans ce mystère: elle décide de demander à Lafcadio de Bara- gues si le Jean Limousin qu\u2019il leur a présenté existe réellement ou n\u2019est qu\u2019un fantôme, un pantin qu\u2019il a retiré de la circulation tout à coup.Elle se rend délibérément chez lui.Par chance, Lafcadio est 1a.Comme il paraît surpris de la voir, elle commence à parler, vite et gaiment.\u2014Mais on ne vous voit plus, cher ami?Toujours en voyage, ou pour d\u2019autres raisons?\u2014Je suis en effet rentré de voyage la semaine dernière.Août 1930 \u2014Et depuis, qu\u2019avez-vous fait?\u2014 Savez-vous que vous êtes bien curieuse, pour une jeune fille bien élevée?\u2014Oh! c\u2019est que\u2026 Bellitx prend un air confus et n\u2019ose achever sa phrase.» Il la regarde, intéressé, et s\u2019aperçoit qu\u2019elle a des joues pourpres malgré la poudre.des yeux très brillants.\u2014Qu'\u2019a-t-elle donc, se demande- t-il, elle paraît bien agitée.\u2014C\u2019est que cela me touche plus que vous ne le pensez, continue Bellita, les yeux baissés.Alors, comme je ne vous rencontrais plus nulle part, je suis venue voir si vous n\u2019étiez pas malade.Lafcadio, flatté, se lève et lui prend les mains.\u2014Vous étes adorable.\u2014Ne dites pas de mots pareils! c\u2019est méchant de vous moquer.Moi, me moquer ?me croyez- vous assez mauvais pour me moquer d'une aussi délicieuse jeune fille.Bellita reprend: \u2014Vous savez qu'Eglantine est souffrante?\u2014Non, je n\u2019en Qu'a-t-elle?\u2014Oh! pas grand chose.\u2014Mais pourtant.\u2014Elle est bien heureuse, Eglantine.malgré sa froideur, elle vous intéresse plus que d\u2019autres.\u2014 Tiens, tiens, pense Lafcadio, la petite est jalouse.Il dit à voix haute: \u2014Je crois qu\u2019elle ne m'intéressera plus longtemps, charmante Bellita.Vous pourrez lui dire que de suis las de ses dédains.\u2014Oh! que je suis contente, s\u2019écrie Bellita avec une joie très bien simulée.Et tout de suite elle rougit et se tait.Lafcadio est persuadé qu\u2019il a une nouvelle conquête à son actif.\u2014C\u2019est vrai, demande-t-il, vous êtes si contente que cela?mais vous n'êtes pas une amie sincère d\u2019Eglantine, en ce cas! Bellita fait une petite moue.\u2014Oh! vous savez, l\u2019amitié de deux jeunes filles.cela va bien tant que des jeunes gens ne s\u2019approchent pas.Surtout des jeunes gens comme.\u2014Comme qui?\u2014Comme vous, murmure Bel- lita en détournant la tête.Lafcadio est ravi Son échec auprès d'Eglantine l'avait un peu démoralisé.Son amour-propre en avait souffert.Mais voici qu\u2019une jolie jeune fille vient à lui sans qu\u2019il lui ait fait d'avances.Ceci compense cela.savais rien. Août 1930 \u2014-Oh! Beilita, j'étais aveugle en m\u2019occupant d\u2019Eglantine quand vous étiez :à\u2026.Me pardonnerez- vous?\u2014Peut-on ne pas vous pardonner ?Il s'approche d'elle, en la regardant langoureusement.Bellita a une folle envie de rire.\u2014 Comment n\u2019avais-je pas été séduit par ces yeux bleus, ces cheveux dorés, ce teint de fleur?Ma chérie, vous me permettez de vous appeler ainsi, n\u2019est-ce pas?\u2014Oui, cher Lafcadio.\u2014Ma chérie.quand nous re- verrons-nous?\u2014Mais, demain.ici.\u2014Vous viendrez sans faute?\u2014 Oui.Il l\u2019attire à lui, veut l\u2019mbrasser.Bellita se dégage vivement, fait deux pas en arrière.\u2014Lafcadio.pas aujourd'hui.\u2014Mais puisque je vous aime, et que vous m\u2019aimez! \u2014 Oui.mais laissez-moi m'habituer à mon bonheur! je suis assez heureuse aujourd'hui.Demain, je vous permettrai\u2026 \u2014Ah! que demain vienne vite, alors! Lafcadio n\u2019insiste pas, certain que le lendemain lui accordera tout ce qu'il désire.Puisqu'elle s\u2019est en quelque sorte jetée dans ses bras.\u2014Je vous quitte maintenant, mon chéri.\u2014Déjà?pourquoi si tôt?\u2014Je ne puis rester plus longtemps, croyez-moi.Répétez-moi que vous m\u2019aimez, c\u2019est si beau que je crois rêver.\u2014Je vous adore, Bellita, dit-il en mettant dans sa voix le plus de passion possible.Me croyez-vous?\u2014Oh! oui, j'ai confiance en vous.Pourquoi me mentiriez- vous?Elle lui donne sa main qu\u2019il baise longuement.\u2014Raccompagnez-moi, Lafcadio, il est tard.Dans l\u2019antichambre, Bellita lui dit en souriant: \u2014Ah! votre ami, Jean Limousin, savez-vous qu'il m\u2019a beaucoup plu, pendant quelques jours?\u2014Ce petit imbécile pouvait vous plaire?\u2014 Comment, un petit imbécile! vous êtes bien irrespectueux pour un auteur si célèbre! \u2014Laissez-moi rire! il n\u2019est pas plus célèbre que moi, peut-être moins encore! \u2014\u2014Lafcadio, vous m'\u2019étonnez ! comment pouvez -vous nier la célébrité de Jean Limousin dont tous les éditeurs se disputent les oeuvres?at La Revue Populaire \u2014Mais je ne la nie pas le moins du monde: seulement il y a un melheur, c\u2019est qu\u2019elle n'appartient pas à ce jeune crétin! c\u2019est tout simplement un petit ingénieur qui n'a jamais ecrit une ligne des romans que vous lui attribuez! \u2014Est-ce possible ?alors vous vous êtes joué de nous! \u2014Oh! c'est lui qui a voulu se rendre intéressant à vos yeux et m'\u2019a prié de le présenter ainsi.Bellita feint d'accepter ce gros mensonge.\u2014Et qui est-il en vérité?\u2014 C\u2019est un vague camarade d\u2019enfance qui s\u2019est accroché à moi lorsqu'il est arrivé de sa province, un certain Charlie Gille.\u2014Vous n'avez plus lair tres amis, en tous cas.\u2014Je ne lui demande qu'une chose: qu\u2019il me laisse en paix! qu'il reste dans son Forutenay, dans son hotel Terniinus ol j'ai eu la sottise d'aller le voir quelques fois.Bellita enregistre dans son esprit l\u2019adresse que Lafcadio vient de lui donner, en toute innocence, et pour laquelle uniquement elle a joué toute cette comédie\u2026 XII Le lendemain, Lafcadio attendra vainement Bellita.II a revétu son plus riche pyjama, fleuri son studio, acheté du porto, congédié son domestique en pure perte; cette soigneuse mise en scène n'aura aucun spectateur.Bellita est à Fontenay, de Charlie.+.Un Charlie pâle, amaigri, qu\u2019elle a peine à reconnaître.Il prétend avoir eu la grippe.\u2014Oui, j'ai une grippe formidable, je n\u2019en suis pas encore tout à fait remis.C'est pourquoi j'ai retardé mon grand voyage.\u2014Je vous souhaste une prompte et complète guérison.Vous devez être impatient de partir?\u2014Enfin\u2026 impatient serait beaucoup dire.\u2014C\u2019est pourtant un voyage d\u2019agrément que vous entreprenez?\u2014Si l\u2019on veut.Je vais visiter l'Italie, la Grece, etc.: Il se tait, l\u2019esprit ailleurs.Il n'a pas l\u2019air excessivement attiré par les beautés qui l'attendent.auprès \u2014Eh! bien, c\u2019est curieux, dit Bellita, il n\u2019y a pourtant pas d\u2019épidémie de grippe en ce moment, mais Eglantine aussi est malade! Charlie pâlit encore.\u2014 Malade?que dites-vous, Bel- lita?\u2014Oui, elle est couchée depuis certaine promenade au Luxembourg où vous avez dû prendre froid tous les deux, je suppose.Charlie balbutie: \u2014Mon Dieu.ce n\u2019est pas grave?\u2014 Mais non\u2026 Sans raison apparente, Bellita se met à rire, d'un rire nérveux proche des larmes.\u2014Oh! que vous m\u2019amusez tous les deux, qu: vous m\u2019amusez.\u2014Je ne comprends pas en quoi, dit le pauvre Charlie.Il a en effet une expression de détresse lamentable dans les yeux, dans toute son attitude abandonnée.\u2014Ecoutez, mon ami Jean Limousin.\u2014Ah! non, éclate Charlie, assez! assez de cette stupide plaisanterie qui m'a fait assez de mal! vous savez très bien qui je suis puisque vous êtes ici! vous n\u2019avez tout de même pas demandé \u2018M.Jean Limousin\u2019 au propriétaire de l\u2019hôtel! Et que me voulez-vous, à la fin ?Bellita ne se fâche pas à cette brusquerie.\u2014Je veux.vous allez voir ce que je veux.Je veux d'abord savoir ce qui s'est passé la semaine dernière au Luxembourg.Si Eglantine souffre depuis ce jour-là, ce n\u2019est pas de la grippe, pas plus que vous, d\u2019ailleurs\u2026 \u2014Je lui annonçai mon départ, dit anxieusement Charlie, pensez- vous que ce soit cela.Bellita hausse les épaules.\u2014Ça ne se demande pas.Pourquoi avez-vous eu cette idée saugrenue d'entreprendre le tour du monde?\u2014Mais, voyons, Bellita\u2026.vous croyez donc qu\u2019elle m'aime?\u2014Je vous l\u2019affirme | comment pouvez-vous en douter une minute?\u2014 J'avais si peur, gémit-il, que ce soit toujours Jean Limousin qu'elle ait vu en moi\u2026 Vous comprenez?parce que moi je l'aime de toutes mes forces, de toute mon âme.\u2014 Moi, Charlie je reçois ses confidences depuis toujours.Je peux vous dire que ce ne sont pas les yeux de Jean Limousin qu\u2019elle trouve si beaux, ni ses dents qu\u2019elle trouve si blanches, ni ses mains qu'elle trouve si douces.Ce sont les yeux, les dents et le mains de Charlie Gilie.\u2014FEglantine.mon amour.\u2014Ce n\u2019est pas à moi que vous devez dire cela.\u2014Oh! je veux la voir tout de suite.Elle va guérir, Bellita?\u2014Venez.41 Dans \"auto qui les emmène, Charlie frappe constamment a la vitre qui le sépare du chauffeur: \u2014Plus vite.plus vite.Si nous arrivons sains et saufs, songe Bellita, je fais le serment de ne plus voyager jamais avec un amoureux aussi impatient ! c\u2019est trop dangereux! Mme Levasseur leur ouvre la porte de son appartement, les regarde avec surprise.\u2014 Madame, je vous amène le fiancé d\u2019Eglantine.Il est gentil, n'est-ce pas ?Il est un peu pâle pour le moment, mais ça passera.Je vous le nomme: Charlie Gille, ingénieur.Je vous expliquerai plus tard ce changement de personnalité.\u2014Oui, madame, j'ai à me faire pardonner bien des choses.mais J'aime votre fille.\u2014Et elle l'aime, achève Bellita.Pour toute réponse, Mme Le- vasseur, émue et pleine de joie, ouvre les bras à Charlie.-\u2014Maintenant, il faudrait peut- être avertir Eglantine.Nous décidons de son sort cans la consulter.Qu'en pensez-vous, demande l\u2019espiègle Bellita.\u2014Où est-elle?\u2014Là.\u2026.On lui montre la porte de sa chambre.Sans rien dire, il la pousse et s'arrête sur le seuil.Eglantine dort doucement.Sa main fine pend au bord du lit.Il se penche sur elle, saisit sa main, l\u2019embrasse.Eglantine ouvre les yeux.\u2014C\u2019est vous?vous?Charlie couvre maintenant son visage de longs baisers enivrés.Elle murmure: \u2014 Mon amour.mon seul amour.comment vous appelez- vous, mon bten-simé?\u2026 Fin \u2014 gp DOIT-ON DIRE ANNONCEUR OU ANNONCIER?Parfois le speaker, qui est un orateur, est qualifié d\u2019annonceur, et c\u2019est un terme excellent.Quelques gens disent annoncier, mais c\u2019est une confusion.Il faut laisser annoncier au sens de commerçant qui fait de la publicité, ou publiciste qui fait des annonces.Il y a des moments où l'annonceur de la T.S.F.devient annoncier, c'est quand il recommande tel balai ou tel fromage.Mais il est d'abord annonceur.: André THERIVE.(Les Nouvelles Littéraires.) titi tristes nr dE te thé tit EM et M ta D Le Août 1930 LES CHASSEURS D'OR CHAPITRE PREMIER A LA POURSUITE DE RODERICK DREW \u201cLe calme engourdissement de midi planait au-dessus des vastes solitudes de la forêt, de la plaine et des lacs canadiens.L'élan et le caribou, occupés à se repaître dès l'aube naissante, étaient maintenant au repos, immobiles sous la précoce chaleur du soleil de février.\u2018Le lynx, roulé en boule dans sa tanière, en quelque chaos rocheux, attendait, pour reprendre sa maraude, que, dans le ciel du Nord, 13 soleil s\u2019inclinât peu à peu vers l'occident.Le renard faisait, lui aussi, sa sieste coutumière.Les oiseaux-des-élans, tout heureux, gonflaient voluptueusement leurs plumes, sous la tiède clarté qui commençait à fondre les dernières neiges de l'hiver.! C\u2019est l\u2019heure où, sur la piste du gibier, le chasseur averti dépose à terre son paquetage, pour ramasser sans bruit le bois mort dont il fera son feu, puis, ayant absorbé son déjeuner, allume et fume sa pipe, l\u2019oeil et l'oreille aux aguets.: Alors, si vous tentez d'élever la voix, il posera son doigt sur ses lèvres et rapidement murmurera: '\u2014Ch-h-h-h! Taisez-vous! Peut- être y a-t-il.à deux pas de nous, en dépit du silence qui semble régner, un gibier tout proche.Toutes les bêtes, repues, somnolent en ce moment.Si nous ne les dérangeons point, elles demeureront ainsi, durant encore une heure ou deux.Elans et caribous sont peut- être à une portée de fusil de nous.Impossible de le savoir.Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.par James-Oliver Curwood Traduit de l'anglais par Paul Gruyer et Louis Postif Bientôt, cependant, quelque chose bougea, dans le désert immobile et muet.Ce ne fut à l\u2019oeil, tout d'abord, qu\u2019un petit point noir, sur le flanc ensoleillé d\u2019une crête neigeuse.Puis cela grossit, s'étira et s'allongea, étendant ses pattes de devant et aplatissant ses épaules.C\u2019était un loup.Le loup, d'ordinaire, son festin terminé, s\u2019endort profondément.Un chasseur expérimenté n\u2019eût pas craint d'affirmer que si la bête secouait ainsi sa torpeur, c'est que quelque chose l'avait alarmée.Cet outlaw de la solitude venait, en effet, de sentir imperceptiblement dans l'air ce qui, plus que tout, inquiète les hôtes du Wild.L'odeur de l'homme.Le loup descendait lentement la pente blanche, lourd encore de nourriture et de sommeil, alerté pourtant par son vieil et atavique instinct de défense.Comme il trottinait parmi la neige fondante d\u2019une clairière, 1l s'arrêta soudain.La perception de l'odeur humaine s\u2019était faite plus forte.Si bien que, levant son museau, droit vers le ciel, il se prit à lancer à ses frères de la forêt et de la plaine le signal avertisseur coutumier.A cela, quand il est grand jour, se borne le loup.J.a nuit, il prendra immédiatement la chasse de l\u2019homme, et d\u2019autres loups se joindront à lui, à son appel.Mais, sous le soleil de midi, il se contentera de jeter son cri d'alarme, pour, presque aussitôt, se défiler peureusement, dans une direction opposée.Ce loup, cependant, ne prit point la fuite.Il continuait à humer l'air et ses effluves mystérieuses.En face de lui, courait au loin la pis- .te, largement battue, d\u2019un traîneau et de ses chiens.Ce traîneau étaii celur qui, parti de la Factorerie du Lac Nipigon, emmenait le jeune Roderick Drew vers la civilisation lointaine.Mais ce n\u2019était point ce traîneau, et l\u2019homme qu\u2019il portait, qui tenaient le loup alerté, les membres raides, à la fois apeuré et hésitant à fuir.L'objet de son inquiétude était derrière lui, du côté du Nord, d\u2019où soufflait le vent.A l'odeur qu\u2019il avait flairée s\u2019ajouta bientôt la perception nette d'un son.L'un et l\u2019autre ne tardèrent pas à se conjuguer, et le loup, abandonnant décidément le terrain, prit sa course, à toute allure, sur la côte ensoleillée, vers un boqueteau où il disparut.Du côté d\u2019où venait l\u2019alarme, s\u2019étendait un petit lac glacé et, sur sa rive la plus éloignée, distante d\u2019un quart de mille, émergea soudain, de la lisière d\u2019une vaste forêt de baumiers, un étrange pêle-mêle de chiens enchevêtrés, tirant un autre traîneau, accompagné d'un autre homme.Pendant un instant, le chaos des bêtes, dont les harnais s'étaient sans doute emmêlés en pleine vitesse, ou qui étaient engagées dans un de ces féroces combats, fréquents chez les chiens à demi sauvages du Northland, parut inextricable.Mais les commandements aigus de la voix de l\u2019homme retentirent, un fouet claqua, sous le cingle- ment duquel japnèrent plaintivement les huskies.L\u2019attelage tout entier, remis sur pied comme par enchantement, et raidissant ses traits fila, pareil à une lueur jauna- tre, sur la surface lisse du lac.L'homme, qui était à pied, courait à côté du traîneau.Il était grand et bien décoaplé, et facilement, à son aspect rude, on reconnaissait en lui un Indien.Le groupe n'avait pas parceuru le quart du lac que d'autres cris retentirent à sa suite et qu\u2019un second traîneau surgit, à son tour, de la forêt de baumiers.Il allait également à une folle allure, et son conducteur, lui aussi, courait à pied.Lorsque fut atteinte la glace du lac, l'homme bondit rapidement sur son véhicule, ses cris d\u2019encouragement aux chiens s\u2019élevèrent plus stridents, son fouet tourbil- ionna sur leurs têtes, puis claqua sur leurs dos.Si bien que le second attelage avait presque rejoint le premier, lorsque tous deux atteignirent l'extrémité du lac, non loin de l\u2019endroit où le loup, après avoir lancé son cri d\u2019alarme, avait disparu.Les vingt-quatre huskies des deux traîneaux étaient exténués et hors d'haleine.Leur course avait commencé déjà à se ralentir, lorsque, brusquement, les deux chiens de flèche s\u2019arrêtèrent net.Une seconde après, toutes les bê- tes se jetaient par terre, à plat ventre, dans leurs harnais, la gueule ouverte et la langue pendante, en rougissant la neige de leurs pattes ensanglantées.a =r pr us Loy ea «& Août 1930 Les deux hommes ne paraissaient pas moins harassés.L'un d'eux, le plus âgé, était, nous venons de le dire, un Indien de pure race, des.solitudes du Grand Nord.Son compagnon ne comptait pas encore vingt ans.Il était sveite et mince, mais bien membré, et ses muscles étaient à la fois souples et robustes, comme ceux d\u2019un jeune animal du Wild.Son beau visage était légèrement bronzé, tant par l'habitude du grand air que par ce qu'il y avait de sang indien, abordamment mêlé au sang blanc, qui coulait dans les veines du jeune homme.En ces deux compagnons, nous avons reconnu déjà nos deux amis: Mukoki et Wabigoon.Mu- koki, le vieux guerrier fidèle, le guide sûr et l'infatigable traceur de pistes; Wab\u2018goon.le fils ardent de John Newsome, directeur de la Factorerie de Wabinosh-House, et de la belle princesse Peau-Rouge, qui tous deux avaient mis en lui le meilleur de leurs races.Les deux hommes semblaient en proie à une vive préoccupation.Ils demeurèrent un instant à se regarder fixement, sans rien dire, tandis qu'ils reprenaient haleine.\u2014Je commence à craindre, dit le plus jeune, d\u2019une voix saccadée, que nous ne puissions réussir à les rejoindre.Qu\u2019en, penses-tu, Mu- ki ?- Pour toute réponse, Mukoki s\u2019était jeté à genoux dans la neige, sur la piste laissée en avant d'eux par le traîneau qu'ils poursuivaient.Durant une bonne minute, il examina la neige avec attention, les empreintes laissées par les pattes des chiens, le sillage marqué par les patins d:1 traîneau.Puis il releva la tête et avec un de ces gloussements satisfaits, inimitables, qui étaient sa spécialité, il prononça: \u2014 Nous les rattraper, pour sûr! \u2018Traîneau à eux, creusé profond dans la neig2.Deux sur même traîneau.Conducteur et lui.Plus lourd pour chiens que traîneaux à nous.Aller moins vite.Les rattraper pour sûr! Wabi, pourtant, continuait à hocher la tête, la mine peu rassurée.\u2014 Nos dit-il, sont en marmelade.Regarde, Muki, comme ils saignent! Mon chien de flèche boîte affreusement.Les grands chicns-loups étaient effectivement dans un état lamentable.La tiédeur du soleil avait, sans la faire fondie, amorti la résistance de la neige glacée.À chaque bond, elle s'était brisée sous leurs pattes, qu'elle avait déchique- chiens, La Revue Populaire tées de ses mille petits couteaux.Mukoki examina d'un peu près les deux attelages, et sa figure s'en assombrit.\u2014 Mauvais, très mauvais! gro- gna-t-il.Nous, fous, fous.Wabi s\u2019exclama: \u2014C\u2019est de notre faute! Pourquoi ne nous être pas munis, en quantité suffisante, de chaussons à chiens?J\u2019en ai, je crois, pour tout potage, une douzaine sur mon traîneau.Cen est assez pour trois bé- tes.Par Jupiter! il ne sera pas dit.I! s\u2019élança vers son tobogan, prit les chaussons en question et, se retournant vers le vieil Indien, qui était en proie à une profonde émotion: \u2014Ï1 nous reste, cria-t-il, une seule chance, Muki ! Choisir les trois meilleures bêtes, et un seul de nous continuera avec elles.Les commandements aigus des deux hommes et les claquements du fouet de Mukoki firent se lever les bêtes fourbues et blessées.Trois des chiens-loups, pris parmi les plus grands et les plus forts, furent attelés au traîneau de Wabi, et leurs pattes furent chaussées des petits mocassins de peau de daim.Six autres bêtes, qui semblaient avoir conservé encore quelque ressort, leur furent adjointes.Quelques instants après, la longue file de l'attelage s'élançait à toute vitesse.sur la piste de Roderick Drew, À côté du traîneau, pour l\u2019alléger aussi longtemps qu'il se pourrait, cour~\u2019\" Wabi.L\u2019émouvante randonnée avait commencé un p20 après minuit, dix-huit heures environ après le départ de Roderick de Wabinosh- House.En une demi-nuit, et en cette seule matinée, presque tout le terrain qui séparait le poursuivi des poursuivants avait été regagné.Hommes ni bêtes ne s'étaient jamais reposés plus de quelques minutes à la fois.À travers lacs et montagnes, sombres forêts et plaines nues, hommes et bêtes, les yeux toujours rivés a la piste frai- che du traineau qui fuyait, avaient toujours couru, sans boire ni manger, absorbant seujement, de temps à autre, quelques bouchées de neige, pour s\u2019en rafraîchir la gorge.Les féroces huskies eux-mêmes semblaient comprendre l'impérieuse nécessité qui les lançait en avant, et qu'ils devaient, jusqu'au bout, dévorer, sans faiblir, la piste fadi- dique sur laquelle Jes poussaient leurs maîtres.Ils sentaient, devant eux, arriver de plus en plus nettes à leurs narines l'odeur de l\u2019homme, et celle d\u2019autres chiens, qu'ils devaient tejoindre.Même en ce suprême effort, tout saignants et trébuchants, ils s'animaient instinctivement, au plus haut degré, de la lutte qu\u2019on leur imposait et que chacun d'entre eux faisait sienne.À chaque bouffée de l\u2019odeur qui leur arrivait, ils découvraient férocement leurs crocs blancs, et leur acharnement à vaincre n\u2019était pas moindre que celui du jeune homme qui les harcelait.L'instinct subtil du Wild leur indiquait la route à suivre et ils n\u2019avaient nul besoin d'être dirigés.Obstinés jusqu'à la mort, ils traînaient leur fardeau, en tirant une langue de plus en plus longue, le coeur de plus en plus faible, leurs yeux s'injectant de sang au point de ressembler à de rouges boules de feu.Parfois, quand il était à bout de forces, Wabi se jetait sur le traîneau, pour y reprendre souffle et détendre un peu ses membres las.Et les chiens, alors, tiraient plus fort, ralentissant à peine leur allure sous le poids accru.Un énorme élan traversa la piste, avec grand fracas de ses cornes dans les ramures des arbres, à une centaine de pas devant l'attelage.Les chiens-loups ne lui prêtèrent aucune attention.Un peu plus loin, ce fut un lynx, réveillé alors qu'il prenait sur un rocher son bain de soleil, qui passa rapidement devart eux, pareil à une boule grise.Le temps d'un éclair, à la vue dè leur mortel ennemi, les huskies contractèrent leurs muscles.Puis ils continuèrent.La marche, cependant, commençait à se ralentir.Le chien d\u2019arrière, incapable de lutter davantage, ne pouvait plus que se laisser traîner par les autres.À l\u2019aide d'un couteau bien effilé Wabi se penchant à l'avant du traîneau, coupa la courroie de poitrine du chien, qui, libéré, roula sur le côté de la piste.Deux autres animaux ne tiraient plus guère que la valeur d'une livre de charge.Un troisième clopinait tout en courant.Et, de plus en plus, la piste se maculait de taches de sang.Chaque seconde, maintenant, ajoutait à l'angoisse qui contractait le visage de Wabi.Ses yeux, comme ceux de sa meute fidèle, rougissaient sous l'effort terrible qu\u2019il fournissait.Ses lèvres s'en- tr\u2019ouvraient malgr lui.Ses jambes, aussi infatigables que celles du cerf, fléchissaient sous lui.À intervalles de plus en plus rapprochés, il se jetait sur le traîneau, et plus courte, entre ces moments de repos, se faisait sa course 43 Lisez les beaux romans publiés dans Fe Samedi Le Roman d'un Crime par Edmond Tarbé Fe Samedi Ciinclus veuillez trouver la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour § mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis : $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou 1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au Samedi.Adresse Ville Prov.ou Etat POIRIER, BESSETTE & CIE 975, rue de Bullion Montréal, - - Canada ie i.44 Allait-il falloir abandonner la partie?Comme l\u2019attelage sortait de l\u2019épaisse forêt qu\u2019il venait de traverser, et comme Wabi venait de remettre pied à terre, en lançant aux chiens un cri d\u2019encouragement désespéré, voilà qu\u2019apparut une immense surface blanche, éblouissante.Et, dans l\u2019étincelle, du soleil, les yeux a demi aveuglés de Wabi distinguèrent un point noir sur la nappe immaculée.\u2018était le traîneau qui emportait Rod.T1 tenta de cries.Mais si faible était le son émis par sa bouche, qu\u2019on ne l'eût point entendu à cent pas.Ses jambes flageolèrent.Ses pieds lui parurent, soudain, transformés en plomb, et il s\u2019écroula, impuissant, dans la neige.Les chiens.qui avaient fait halte en même temps ane lui, l\u2019entourèrent, lui léchant le visage et les mains.Leur chaude haleine fusait, entre leurs mâchoires, semblable à un jet sifflant de vapeur.Pendant quelques instants, il parut au jeune demi-sang que le jour faisait subitement place à la nuit.Ses yeux se fermèrent malgré lui.De plus en plus faiblement il percevait le halètement affectueux des chiens, comme si ceux-ci se fussent éloignés de lui.Et il se sentit doucement sombrer dans une nuit complète.Son subconscient luttait cependant et faisait effort pour ramener le jeune homme à la réalité.Il songea qu\u2019une chance encore lui demeurait.Et il lui sembla entendre à nouveau le halètement des chiens, sentir derechef leur langue qui passait sur sa figure et sur ses mains.Péniblement 1l entr\u2019ouvrit ses paupières.Il ne distinguait même plus le point noir sur la neige blanche.Il se releva à demi, se traina sur ses genoux, en tâtonnant des mains, comme un aveugle.À grand\u2019peine, parmi le désordre et l\u2019enchevêtrement de l\u2019attelage, il rampa jusqu\u2019au traîneau, qui n\u2019ê- tait qu\u2019à quelques pieds de lui.Ses doigts s\u2019y agrippèrent, convulsivement, à l'acier glacé de son fusil.La chance, la dernière chance était là! Son cerveau bourdonnait de ces mots et de cette pensée.Par un effort surhumain de sa volonté, il éleva le fusil à la hauteur de son épaule, afin de ne pas blesser les chiens, il en pointa le canon vers le ciel.Alors, il tira.Une fois, deux fois, cinq fois.Et, après le cinquième coup, il sortit de sa ceinture de nouvelles cartouches, et fit feu en- La Revue Populaire core, encore et encore.Jusqu'au moment où le point noir qu'il percevait à nouveau, dans le désert de neige et de glace, eut ralenti sa marche, se fut arrêté, et eut fait route en arrière.Et Wabi continua à tirer ainsi, tandis que son fusil lui brûlait les mains, jusqu\u2019à ce que sa ceinture Hit vide de cartouches.La tête lui tournait.Il entendit un cri près de lui et, se redressant, tout chancelant, appela: \u2014Rod.Rod, est-ce toi?Roderick Drew sauta de son trai- neau, courut vers lui et le saisit dans ses bras, au moment ou il s\u2019effondrait, une fois de plus, sur la neige.\u2014Wabi, qu\u2019y a-t-11?Qu'\u2019y a-t-il, au nom du ciel?interrogea Roderick.Es-tu blessé?Wabi tenta de surmonter sa faiblesse.\u2014Rod.murmura-t-il enfin.Rod.Ma soeur.Minnetaki\u2026 T1 n\u2019eut pas la force d'achever et s'affaissa lourdement dans les bras de Roderick, qui avait pili soudain et cria.avec un tremblement dans la voix: \u2014Voyons, Wahi, je t\u2019en prie.\u2026 Achève, je t'en supplie! Qu'est-il advenu à Minnetaki?Wabi murmura: \u2014Capturée par les Woongas.Cet effort J\u2019avait épuisé.La respiration lui manqua et il retomba, raide comme un mort.CHAPITRE II COMMENT MINNETAKI TOMBA ENTRE LES MAINS DES INDIENS WOONGAS Durant plusieurs longues minutes, Roderick crut que la vie avait effectivement abandonné le corps de son jeune ami.Wabi restait immobile, et si terrifiante était la pâleur de son visage que Rod, presque aussi pâle, se prit à l'appeler désespérément, d\u2019une voix étranglée de sanglots.L'homme qui conduisait le traîneau de Roderick s\u2019agenouilla près des deux jeunes gens.Glissant sa main sous l\u2019épaisse chemise de Wa- bi, il l'y laissa un instant, puis déclara: \u2014Le coeur continue à battre.Il tira vivement, d'une de ses poches, un petit flacon métallique, le déboucha et, en insinuant le goulot entre les fèvres serrées, il fit couler dans la gorge du patient quelques gouttes de son contenu.L'effet de ce cordiai fut immédiat.Wabi ouvrit les y:ux, fixa la rude figure penchée sur la sienne, puis les referma à nouveau.Le conducteur parut définitivement rassuré.Il se prit à considérer l\u2019attelage exténué, les chiens- loups toujours allongés dans la neige, la tête affaié: sur leurs pattes de devant.La présence même d\u2019un attelage étranger ne réussissait pas à les tirer de leur léthargie.N\u2019eussent été leurs flancs baletants et la palpitation de leurs langues tirées, on aurait pu croire que la mort les avait, eux aussi, saisis soudainement sur la piste.\u2014Îis ont tous couru, dit-il, homme et bêtes, fasqu\u2019à ce qu\u2019ils se soient écroulés.Ce diagnostic r\u2019apporta à Rod qu\u2019un médiocre réconfort.S\u2019il sentait le frisson de la vie revenir peu à peu dans je corps de son ami, il se demandait, avec effroi, devant son épuisement et devant celui des chiens saignants, si une catastrophe, pire encore que la capture de Minnetaki, n\u2019était pas survenue.La gentille et jolie soeur de Wabi était-elle morte ?Les sauvages Woongas l\u2019avaient-ils tuée?I! implorait plus d\u2019explications de son ami, et le suppliait de parler.Mais le conducteur du trai- neau, le repoussant en arrière, lui commanda: \u2014\u2014Laissez-le tranquille ! II est déjà assez mal en point.Tandis que je vais le rouler et le frictionner dans ses fourrures, occupez- vous de ramasser du bois mort et de construire un feu.Il est nécessaire que nous lui fassions absorber quelque chose de chaud.Rod fit ainsi qu\u2019il lui était ordonné.Il réunit une brassée d\u2019écorces et des brindifies de bouleau, tt un feu joyeux ne tarda pas à pétiller sur la neige Il en aviva la flamme avec des branches plus grosses; un chaud rayonnement se répandit à ane douzainc de pas à la ronde.L'homme apporta Wabi près de la flamme er l'étendit sur une épaisse peau d'ours.Puis il plaça sur les tisons ardents un pot de neige glacée, qui N'OUBLIEZ PAS FFLN Magazine de vues animées D\u2019ACHETER IE I LL M Nombreuses illustrations En vente chez tous les dépositaires : 10c le numéro dr iH JR À Xe Août 1930 (ON SR S = = (| > 2 AO QE A 1 / EN NAN \u2014 FLE \u2018 ! I AT dlp Vpn an = 1 neff Nam 2 A, # : AT EDS NT NC En ET il ë ; | ) fl A 4 da ' D 6 y ri \u2018 \\ A { y Pr a Te PSL POULET GRILLÉ Prendre un poulet très jeune d'une livre ou 14 livre, le préparer comme pour poulet à la crapaudine, assaisonner de sel et poivre, passer au beurre fondu, placer sur un gril ayant soin que l\u2019intérieur sot du côté du feu, arroser de temps en temps avec du beurre fondu et laisser cuire pendant 20 minutes.POULET RÔTI Préparer un poulet, le saler: faite fondre dans une lèchefrite, 2 cuillérées à table de beurre, ajouter quelques rondelles de carottes, puis le poulet et mettre au four: retourner souvent le poulet pour qu'il prenne couleur de tous côtés et l'arroser au besoin avec un peu d\u2019eau chaude ou avec du bouillon.Après cuisson, retirer le poulet et lier la sauce avec un peu de fécule POULET AU POT-AU-FEU Plumer, vider, éponger une vieille poule.Hacher le foie et le coeur avec un peu de jambon ou de lard salé et 2 ou 3 tranches de pain trempées et exprimées, ajouter un peu de persil haché, sel et poivre et lier avec un oeuf; amalgamer le tout, en farcir la poule, coudre et faire cuire dans un chaudron avec servir la sauce à part.de l\u2019eau chaude légèrement salée et un bouquet garni.POULET MONTMORENCY Préparer un poulet, le brider.Mettre au fond d\u2019une casserole carottes et oignons coupés par rondelles, y placer le poulet saupoudré de sel et poivre, ajouter 1 bouquet garni, 1 branche de thym, 1 tasse de bouillon, couvrir la casserole et laisser cuire pendant 14 heure, à feu doux.Quand la cuisson est à ss point, retirer le poulet; ajouter la sauce un peu de farine délayée, laisser bouillir et couler.Entourer le poulet de légumes et one Cuisine POULET A LA FINANCIERE légerement pour briser les os, fixer les ailes avec une brochette; enduire le poulet de beurre fondu, assaisonner de sel et poivre et laisser cuire au four.À moitié cuisson, saupoudrer avec de la chapelure, arroser avec du beurre, terminer la cuisson sur un gril.Couper un poulet par morceaux, assaisonner de sel et poivre, rouler dans la farine, faire prendre couleur dans du beurre fondu, couvrir avec de l\u2019eau chaude et laisser cuire.(On peut ajouter 1 verre de vin, .FILET AU POULET quelques truffes ou des champi- Enlever les filets d\u2019un ou plusieurs poults, les assaisonner de sel et poivre, les passer dans la crème fraîche et dans la farine et les laisser cuire doucement dans une poêle avec du beurre fondu, jusqu'à ce qu'ils aient pris une belle couleur.Ajouter sur chaque filet un peu de beurre, couvrir avec un papier beurré et faire cuir au four pendant 15 à 20 minutes.Après cuisson, placer chaque filet sur une tranche de jambon rôti, entouré de champignons sautés.Servir avec une sauce veloutée.gnons.) POULET SAUTÉ Prendre un jeune poulet, le couper, le mettre dans une casserole sur un grand feu avec un morceau de beurre, sel, poivre, un bouquet garni, sauter le poulet pendant 10 minutes, le mouiller avec 1 tasse d'eau et laisser cuire.Après cuisson, lier avec un peu de farine.POULET À LA CRAPAUDINE Après avoir préparé un poulet, le couper horizontalement depuis la pointe de l'estomac jusqu\u2019à la jointure des ailes, sans cependant détacher les deux parties; l\u2019aplatir Août 1930 Une nouvelle dramatique Whitechapel est, comme chacun sait, lé quartier le plus pauvre de londres.La misère y côtoie le vice, et bien des détresses imméritées viennent s'abriter dans ses vieilles maisons branlantes.\u2018C\u2019est ici l'enfer de l\u2019homme\u2019', a dit un écrivain anglais qui connaissait à fond le triste faubourg et ses lamentables habitants.Il y avait, vers 1860, dans Wha- techapel, un immeuble en ruines, plus sombre et plus lugubre encore que ses voisins, qu'on appelait Ba- bel-House, parce qu'il servait de refuge à nombre d'étrangers, et qu'on y parlait toutes les langues.A mesure que tombaient, une à une, les pierres de Babel-House, ses habitants allaient chercher ailleurs un abri moins précaire.Bientôt, il ne resta plus dans la croulante demeure qu'un vieil! homme assez mystérieux \u2014 il venait nul ne savait d\u2019où\u2014dont les allures étaient si bizarres, voire si inquiétantes, que les plus endurcis des larrons et des coupeurs de gorges s'en éloignaient avec une sorte de crainte superstitteuse.On l\u2019avait surnommé le Hibou de Babel-House, et ceux qui le connaissaient depuis longtemps, très longtemps, eussent été bien empêchés de lui donner d'autre nom.Au temps de la splendeur de Ba- bel-House\u2014si l'on peut ainsi parler de ce repaire\u2014 le vieux aurait pu, certainement, trouver où se loger dans les étages supérieurs, où l\u2019air et la lumière arrivaient moins chichement.T'oujours, 1l s\u2019y était refusé, préférant au rare soleil le ténébreux labyrinthe des caves que nul ne songeait à lui disputer.Bien peu de personnes avaient pu contempler au grand jour de midi la face ravagée du Hibou de Babel- House.Il ne sortait, fort rarement d'ailleurs, qu'à la nuit tombante, enveloppé dans une cape en loques, et regagnait bientôt son antre à petits pas pressés, courbé en deux, clignotant ses yeux atrophiés par la constante obscurité où il semblait se complaire.Ah! le singulier bonhomme que c'était! Il parut pourtant, quand tous curent fui Babel-House, qu'il se redressait.Son visage se montra moins farouche.Il fit, hors de sa bauge, des sorties plus fréquentes La Revue Populaire EMMUR et tout son corps cessa de trembler d'inquiétude.Seul désormaïs, et maître incontesté de ce domaine que les rats eux-mêmes ne cher chaient point à lui disputer, il ébaucha, pour la première fois, un méchant sourire, un sourire si peu humain qu'il arriva que sur son passage des femmes se signèrent.Dès lors, la nuit, on vit une lumière circuler assez tard dans les souterrains de la maison maudite.A quelle besogne se livrait le vieux démon?Les uns prétendirent qu\u2019ayant vendu son âme au diable, il disait, à minuit sonnant, une messe noire; d'autres, que proscrit d\u2019une patrie lointaine, il préparait en secret la mise au point d\u2019un explosif susceptible d'emporter un quartier de Londres, d\u2019autres encore que \u2026 Mais, que ne disent pas les gens qui ne savent rien?Laissons pour compte ces bavardages à leurs auteurs et disons tout de suite que le Hibou de Babel- House n\u2019était, à tout prendre, qu'un infâme avare et que c'était un trésor que, chaque nuit, en grand mystère, il lui plaisait de visiter.Un trésor!.et quel trésor !.Plus d'un nabab en eût rêvé.Il y avait là, en effet, au fond d\u2019un caveau, dans une malle dissimulée sous de la paille moisie par l\u2019humidité dont suintaient les murs, plus d\u2019or et de pierreries que l'éléphant blanc du maharajah de Kapurtala n\u2019en aurait pu soulever.Le vieux ladre, bien qu'il n\u2019y parût plus guère, avait, au temps de sa jeunesse, connu des succès à la cour.Fils d\u2019un lord prodigieusement riche, ayant hérité à trente ans d'une fortune colossale, il lui était venu tout à coup un besoin tyrannique, maladif, de thésauriser; alors, de peur d\u2019être contraint de dépenser si peu que ce fût de son revenu colossal, il s'était retiré du monde, enseveli vivant dans les sous-sols de Babel-House et là, vivant comme un chien sans maître, de croûtons ramassés dans le ruisseau, il passait ses jours à remuer son trésor.Or, il advint qu\u2019un soir des maçons qui travaillaient dans un immeuble voisin entendirent le son cristallin des pièces d\u2019or\u2026 D Tout dormait dans Whitecha- pel.La nuit s\u2019approfondissait encore d\u2019un brouillard épais et rance; un vent bas et glacé coulait le long des maisons grises.La rue était déserte et comme ensevelte sous le silence écrasant des nécropoles.Le vieux, une lanterne sourde à la main, glissait le long des couloirs sombres.Il serrait, de son autre main, le col d\u2019une bourse lourdement chargée.Le matin même, avant que ne s\u2019ouvrissent les volets d\u2019alentour, il 53 Par Jean de KERLECO était parti furtivement, avait gagné le plus borgne des hôtels d\u2019une rue assez éloignée, avait fait là un brin de toilette et s\u2019était rendu chez l'homme de loi chargé de gérer ses intérêts.Il venait seulement de rentrer dépouillé de l\u2019habit propre qu'il endossait quatre fois par an, mais nanti d\u2019une somme considérable en espèces sonnantes.D Soudain, le Hibou s\u2019arrêta court et prêta l'oreille.: Il avait cru percevoir, dans les ténèbres ambiantes, il ne savait quel glissement.L'échine mordue par la peur, il se ramassa sur lui-même, ramena sur sa poitrine son précieux fardeau et promena à l\u2019entour la lueur de sa lanterne.Il ne vit que des tas d'immondices, un vieux fût défoncé, des poutrelles en décomposition parmi des pas de murs écroulés.Rassuré, il reprit sa marche.Il n'avait pas deviné, sous les décombres, la silhouette de deux gaillards singulièrement attentifs ; il n'avait pas vu deux paires d'yeux, aussi féroces qu\u2019intéressés, dardés sur lui.Il passa.Bientôt, son torse maigre disparut dans le caveau.Les hommes écartèrent alors les ordures accumulées, sous lesquelles ils s'étaient blottis.À pas feutrés, ils s\u2019engagèrent dans l\u2019in-pace qu'avait emprunté le vieillard.Ils regardèrent.Certain maintenant d'être seul, le Hibou de Babel-House avait découvert le coffre précieux.D'un regard flamboyant de volupté, il considérait son trésor.Ses mains débiles plongèrent dans la masse métallique, la firent tinter\u2026 Il paraissait transfiguré, sa taille s'était redressée.Il se sentait l\u2019égal d'un dieu.À ce moment, l\u2019un des hommes glissa sur un tesson de bouteille.faillit tomber, et se releva non sans bruit.Livide, le Hibou se retourna brusquement.Il vit cette fois deux visages chargés de convoitise.D'un geste puéril, il voulut protéger son bien mais deux mains puissantes le saisirent au cou.Il chancela, se dégagea pourtant, voulant crier: \u2014Assas.(Suite a la page 65) pe Août 1930 - ala \u2014 Ï Erreurs Year Book) ÿ pris dyna oman.nS udio > + Dis (Photo St 4 vd ee Fe es \u20ac 9 gl a rs i v 8 « 5 veto SEE N 5 GE 4 is # A > 7 en 3 & ) & î es #2 pis ve 5: M 8 Lg Ÿ 9 35 5 4 & â « pis -£ = Xe a 5 (Photo Studio Year Book) .wl g be ss da .= 1 sh sé a A Ww 2.i 2 ag Sete > w= 5 A ze 5 ci LK x i 74 & 7 2 a: 7 2 EF | 2 i 35 5 $ a a 3.qe re + = a s2 = 5 i 5 de 4 2 x J .À LL.si She a EA ¥ = 2 sut A Rs i A 5 7% = A pos % = Sar .2 F La Revue Populaire & ea SN o : a 0 Pt : = \\ \\ 2 Se = 5 Hag = 4 = a Sr ® (5 x.> oy Eos Dm) CS A * + À i # a = + , ge Le Zi AE ce o 4 = i we # 2h se = >, a £7 Lo as Sr = % A > E- 7 i x x - ét Æ 4 or i Xe ws ioe 14 x Pes 3 3x = 5 .& S © a 8 = She = CABINET DE TRAVAIL = te = fr Ne Par Winold Reiss Studios, New-York A (0% oa A ales 7 eee wo Po po PA =r Ll TINEA eT RA gE SRT SORA ERE REREAD EEE ve Ta ey pn Pi ase CRN rn RoE fries we a ye HERON FOIE RSS Po Aa] FORA ERAT aN Ea Pe Lo = BR = Hace a TREN mari AR EEE = es gates = a w= oR Es = INR RES EE SE ve = = COEUR a eo nn 2 es PrN NY re oC on LS _ ee Ll .oo oe ea rT anne Eat .eine ET ni == i in Fron ren rase sai Le, in LS na Tok.2.a prt eo on Es es HN a, Ses mer epoca Greer die Se se cee a em Bion Ras ur es ee ort ed LI din der ont on Fn fio = prey Re 2 a 7 T5 = 2, od] = 25 EAR NE SER Bs RLS RIAL dr I HE ta i 2 Fh Se Gps \"x LS sa aa at, ba ] 55 7 5 7 oN % fod 000 7 a LE a on EF A 2 is 7% 5 5 DEEE 7 A A 3 7 2 U oe p pt # = Li LR 5 pi) 2 | pi : 7 He < Ww 7 % ss.ao = vs A 7 4 = Gi \u201cLA D (Photo Studio Year Book) ; 2%: .£3 = V7 Py M 7 % 4 5 $ 0 5 i 7 1 7 Ge S SA pan +, or % a 2 2 = 7 NY La pe BA TE Ge Z Sean 4 Gl = i ae Zi ge Ce IE id CA æ.7 4 ey Vl $ ii ge a 724 H Zz: 0 7 Hp 7 vR % = As fes 2 > 27 % 5 = % 2 a A 2 A = Jk 255 7 7 77 0 iE Un .> 7, a Le Le 7 % al 5 Je Zz 7 7x st oz ii = 2 = 2 2 OE ER = 2 = i; > \u20ac Zz Sy & a % i : 2 = $ 22 4 4 = Va Es A ME , A 2 \u20ac \u20ac v Yi Si 7 > D Si se ws: © $ » swig, Wi 5 > = 8 2 de TN A ne od iy 54 25 I 2 i i Lo GS 5, So 5 2 7 V0 7 - 4 4 7 Es = Year Book) a 7: 2 2 2 , a Li VA 0% i ae 4 a ss > i a 76 GE 7; 4 GO .10 i .LU 7 i Dit 5 or Li 2 A dr Wh ë CU « > >> ss 2 SA UE 7 b Vi 7 É 00 70 i ds > / 3 7 be En dE 7 7%; GE F ZA res 8 % 7 7 Gc A 2 2 & he 7 Ah = 0 _ i A A 7 oy Th 7 S 0 7 \u201c i 24 % i und 7, i 7 7s 7 4 (Photo Stud Wy ) Wis: .= hy i 2 4, Y 2s x él A it) : 1SCO 7 a 2 Th % 7 TR 7 de Se 7 7 a Si 2 5 $ > + ; A 27 4 Wb GA i A a A i > 7 7 7: A ni 4 2 a JE y i 7 É S 7 % A 2 Di, Zi ë oH A VE i ny .Ww 2 = Lia A > sé 4 7 » i = = £ 5 x green i a 7 6 JA réa ue Fes 7 by kr À 2 5 > i 24 7 Le La Revue Populaire Hh i 7 2 or be Sr > i 25 5 Ga i Yi 7 wk % # 5 3 ÿ 7 5 sa i eg SHER or Di À i 7 , ike 2 \u201c% 2 à LA gs tals GE x 7 7 7 i 7 A 7 7 A ; 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M.Martin-Précheur.\u2014C\u2019est absolument mon avis.Mme Martin-Prêcheur \u2014Quand j'ai parlé, tu as un avis.En vérité, c'est trop facile! M.Martin-Précheur.\u2014 Mais puisque j'approuve ta décision, pauvre amie! Mm2 Martin-Précheur \u2014Enfant de choeur, va ! M.Martin-Prêcheur \u2014Teu! Mme Martin-Prêcheur \u2014 Oui, tu es exaspérant avec ta façon de répondre amen à toutes mes paroles, comme ça.sans réfléchir, sans comprendre la portée de ma pensée, sans en envisager les conséquences.Que dis-je! Tu n'as même pas entendu ce que j'ai dit ! M.Martin-Précheur.\u2014 Tu exa- geres, pauvre amie.Mme Martin-Précheur.\u2014 Eh bien! répète ce que j'ai dit, répète- le donc un peu ce que j'ai dit.M.Martin-Prêcheur \u2014 Tu as dit.(H hausse les épaules), non, enfant de choeur!.tu as dit.Mme Martin-Précheur, (lui coupant la parole) \u2014 Ça y est ! J'aurais parié cent francs contre un sou.M.Martin-Prêcheur.\u2014 Tu aurais perdu, pauvre amie.- Tu as dit.Mme Martin-Prêcheur.\u2014 Non.Je n\u2019ai rien dit.M.Martin-Prêcheur \u2014 Si tu n'as rien dit, comment veux-tu que je répète.Mme Martin-Précheur.\u2014II ne te manque plus que de faire de l\u2019esprit! M.Martin-Prêcheur \u2014 Moi?Mme Martin-Prêcheur \u2014 Arrête! Je te vois venir.Tu vas chanter \u201cJ'en suis tout à fait incapable\u201d.M.Martin-Prêcheur.\u2014De chanter.Ca, oui.Mme Martin-Précheur.\u2014 De tout.M.Martin-Précheur, (ironique).\u2014De tout, pauvre amie?Mme Martin-Prêcheur \u2014Je connais ta défense: \u2018Qui est-ce qui a su faire fortune?\u201d Oui, tu as fait fortune, c\u2019est indéniable.Tu as amené l\u2019eau à ton moulin, c\u2019est-à- dire l'argent du client à ton épicerie.Cependant 1l ne fallait pas être un aigle, tu l'avoueras, pour imposer à une pauvre femme sans défense cinquante francs de denrées de toutes sortes, sous prétexte que tu lui donnerais à titre de prime un kilo de sucre, qu\u2019elle payait d\u2019ailleurs six francs cinquante, alors qu'il te coûtait trente-cinq sous.C'était presque dégoûtant! M.Martin-Précheur.\u2014Ah?Mme Martin-Précheur.\u2014Je ne me plains pas.M.Martin-Précheur.\u2014Ah! Mme Martin-Prêcheur \u2014Ah ?Ah! Est-ce que tu vas rendre l\u2019âme ?M.Martin-Prêcheur.\u2014Aujour- d\u2019hui, pauvre amie, je n\u2019y songe guère.Mme Martin-Prêcheur.\u2014Tu es exaspérant! Je t'ai dit : \u201cII faut marier Céline\u2019, et tu me fais une scène! M.Martin-Prêcheur \u2014 Moi ?Pauvre amie! Mme Martin-Prêcheur \u2014Je t'en prie! Perds cette détestable habitude de me donner ainsi sans répit de la \u2018pauvre amie\u2019\u2019.Ton \u2018\u2019pauvre amie\u2019\u2019 est méprisant.M.Martin-Prêcheur \u2014C\u2019est en tendu, Adélaïde.Mme Martin-Précheur.\u2014Hein?M.Martin-Précheur.\u2014 Vas-tu m'interdire de t\u2019appeler Adélaïde?N'est-ce point là ton prénom?Tu ne l'aimes pas?Ne t'en prends pas à moi.Préfères-tu que je te parle à la troisième personne?Madame Martin-Précheur voudrait-elle me permettre d'être de son avis?Mme Martin-Prêcheur \u2014Idiot! (Un temps.Changeant de ton.) Tu penses, comme moi, qu'il faut marier Céline?M.Martin-Précheur, (conciliant) \u2014Si tu veux.Mme Martin-Précheur.\u2014 Eh bien, lui connais-tu un prétendant?M.Martin-Précheur.\u2014 Mon Dieu.heu.c'est-à-dire qu'il y a des milliers de jeunes hommes qui IL FAUT MARIER auraient plaisir a épouser notre fille.Mme Martin-Précheur.\u2014 Il ne s'agit pas de donner mille maris à Céline; avec un elle sera amplement pourvue.M.Martin-Précheur.\u2014Eh bien, chois:s ou prends le premier venu! J'ai assuré l\u2019avenir matériel de Céline, comme j'en avais le devoir : mon rôle est terminé.À toi de te débrouiller dans l\u2019ordre des sentiments.Mme Martin-Prêcheur.\u2014Moi ! Toujours moi! M.Martin-Précheur.\u2014 Non, non, pauvre amie.Adélaïde.Zut! Tu exagères.Il me semble pourtant que tu as intérêt 'à choisir le jeune homme qui sera le mari de ta fille.Un beau-père s'entend toujours avec son gendre, tandis qu'une belle-mere.Mme Martin-Précheur.\u2014Ne te gêne pas, insulte-moi maintenant.M.Martin-Précheur.\u2014 J'en ai assez, tu entends, j'en ai assez de tes paroles au vinaige, de ton ironie, de tes sourires de pitié.Je suis un ancien épicier, mais je ne suis pas un imbécile.J'ai la richesse discrète, de bon ton, tandis que te voilà parée, comme une châsse d'or, de perles, de brillants.Mme Martin-Précheur.\u2014I1 me reproche ces pauvres bijoux de rien du tout! M.Martin-Prêcheur \u2014Je ne te reproche rien, non, rien.T'oute- fois.Mais, au fait, pourquoi as- tu dit: \u201cIl faut marier Céline au plus tôt!\u201d Mme Martin-Précheur.\u2014 J'ai dit.\u201cAu plus tot\u201d? Août 1930 M.Martin-Prêcheur.\u2014 T1 me semble! Que signifie cet \u201cAu plus tôt\"?Mme Martin-Prêcheur \u2014 Ta fille se compromet.M.Martin-Prêcheur \u2014Teu !.Comment.Céline se compromet, et c'est à moi que tu viens annoncer cette nouvelle, tranquillement, comme si tu disais: \u2018\u201cCéline, danse bien\u2019?Mme Martin-Prêcheur.\u2014 Précisément?M.Martin-Précheur.\u2014 Quoi, précisément?Mme Martin-Précheur \u2014 Oui, Céline se compromet parce qu\u2019elle danse trop souvent avec le même danseur.On l\u2019a remarqué.M.Martin-Précheur.\u2014 On l\u2019a remarqué! Ainsi ce n\u2019est même pas toi ?Et tu conduis ta fille au bal sous prétexte de la chaperonner ! Pendant que sa fille danse, mada - me flirte, sans doute?Et quel est le nom de ce.danseur?Mme Martin-Précheur.\u2014 Comment veux-tu que je le sache?M.Martin-Précheur\u2014Ca, c'est un comble! (I! se lève.Mme Mar- tin-Précheur s'effondre.) Tu engages l'honneur de ta fille, tu la laisses montrer du doigt; et quand Je te demande une explication.Mme Martin-Prêcheur \u2014 C\u2019est ta faute, aussi! M.Martin-Prêcheur \u2014\u2014T onner- re de sale nom d\u2019un chien! (H se dirige vers la porte du fond) Mme Martin-Prêcheur \u2014 Un juron! Voila bien le dernier argument d'un homme! M.Martin-Précheur.\u2014Tu dis?Ah! nous allons voir! (Il appelle) Céline! Céline! (A la petite bonne qui apparait.) Allez dire a Mlle Céline de venir me parler de suite.SCENE IN Les Mêmes, Céline Céline, (pénétrant dans le petit salon par la porte de gauche) \u2014 Me voici, papa.(Céline est vêtue rrès élégamment, mais très simplement.Pas un bijou.) M.Martin-Prêcheur, (à la petite bonne).\u2014Ça va bien.(I! revient.À Céline.) Comment es-tu là?Céline.\u2014 Papa chéri, tu es un homme heureux.Tu émets un voeu, et, boum! il se réalise, comme par enchantement.Les fées ont présidé à ta naissance.M.Martin-Précheur \u2014Tu plat- santes Céline, bien mal à propos, je t'assure, Céline \u2014Vrai! J'ai cru qu\u2019il y avait le feu.J'étais dans la salle à manger quand j'entends une voix affolée crier: \u201cCéline! Céline!\u201d (M.et Mme Martin-Prêcheur sont impassibles.) Mais.qu\u2019arrive-t- il?(A son père.) Maman et toi, vous avez des visages de gens consternés.Nous sommes ruinés?Mme Martin-Précheur.\u2014 Ah ! plût au ciel.M.Martin-Prêcheur, tant ).-\u2014Non.non.Céline, (malicieuse) \u2014Tl nous resterait encore les bijoux de maman.M.Martin-Prêcheur.\u2014 Céline! Je te donne l'ordre de t\u2019asseoir et d2 te taire.(Céline s'exécute.Un temps.) Céline, tu me causes une grande peine.J'ai eu plaisir, depuis que nous avons acquis une modeste aisance, à t\u2019offrir des bagues, des colliers, des bracelets.Je pensais que tu éprouverais quelque joie à t'en parer, par une coquetterie bien naturelle à la jeunesse.Aujourd'hui.c\u2019est pour moi une amère déception de te voir habillée comme une pauvresse, sans la moindre parure.Ta mere.( protes- Céline.\u2014Oh! maman.M.Martin-Précheur.\u2014T ais-tot! A faire fi de mes cadeaux, tu parais critiquer ta mère et rougir de la situation de ton père.Ce n'est pas d'une fille respectueuse.Céline.\u2014Je croyais, papa, que tu voulais me parler d'autre chose.M.Martin-Prêcheur \u2014 Comment le sais-tu?Céline \u2014Il m'avait semblé entendre.M.Martin-Prêcheur \u2014Ah ! tu étais derrière la porte! Tu écoutes aux portes, maintenant! Mes compliments! Eh bien, ta mère et moi nous attendons tes explications.Céline.\u2014Mais je n'ai rien a dire, papa.M.Martin-Prêcheur \u2014Tu t\u2019affiches avec un jeune homme, tu te compromets.et puis c'est tout?Céline \u2014Qui dit que je me compromets?M.Martin-Prêcheur.\u2014 On l\u2019a remarqué.; Céline.\u2014Qui \u2018\u2018on\u2019\u2019?M.Martin-Prêcheur.\u2014 Mais tout le monde, malheureuse ?Il n'est question, partout, que de toi.(Geste de dénégation de Céline), que du scandale que tu provoques.(Geste de Céline plus accentué.) Veux-tu te taire! Tu vas me dire que c'est ta mere qui se compromet! Céline.\u2014I1 n'est pas question de maman.Mme Martin-Précheur.\u2014 Il ne manquerait plus que ça! .57 M.Martin-Précheur.\u2014 Allons, réponds, explique-toi.Céline.\u2014Je danse avec Guy, papa, et puis c\u2019est tout.M.Martin-Précheur \u2014Je danse avec Guy! Guy! Il a un nom je suppose?(Céline esquisse un geste d'ignorance.) Ce jeune homme n\u2019a même pas de nom! Mais il a un métier, une profession ?(Céline renouvelle son geste d\u2019ignorance.) Et.tu aimes sans doute ce.sieur?Céline.\u2014I1 danse si bien, papa! M.Martin-Prêcheur, (à sa femme).\u2014 Voilà ton oeuvre! Céline amoureuse d'un homme qui n\u2019a pas de nom, d'un enfant trouvé ou d'un domestique! Je suis là, heureusement, et je vais mettre de l\u2019ordre dans le dérèglement de deux toquées.Pour commencer, vous n\u2019irez plus au bal.Si ce jeune homme se présente ici, je l'en sortirai comme il convient.Guy! Guy! (A Céline) Guy qui?(A sa femme.) Guy quoi?(Imitant Céline.) Il danse si bien, papa! (Sonnerie dans l\u2019antichambre.) Que je le rencontre, et je lui dirai son fait moi à ce sauteur! mon- Mme Martin-Prêcheur.\u2014 Sauvage! Tu crois que l\u2019on parle à un homme du monde comme à un garçon épicier ?De qui aurons- nous l'air?M.Martin-Prêcheur \u2014 Ça, je m'en moque! (La petite bonne fait irruption dans le salon.Elle annonce: ) La petite bonne \u2014M.Guy.M.Martin-Prêcheur \u2014 Hein ?(A Mme Martin-Précheur et a Céline.) Vous attendiez ce M.Guy?(Ensemble.) Mme Martin-Précheur.\u2014Non! Celine.\u2014Oui ! M.Martin-Précheur.\u2014 Oui ou non, le voici fort a-propos.(A la petite bonne.) Priez-le d\u2019entrer.La petite bonne.\u2014 Bien, monsieur. 58 Mme Martin-Prêcheur \u2014 Ah ! non.Dites-lui que nous venons précisément de sortir.M.Martin-Prêcheur.\u2014Qu'\u2019il entre tout de même.(A Mme Mar- tin-Précheur et à Céline qui font mine de se retirer.) Vous, restez ; votre présence ne sera pas inutile.Mme Martin-Précheur.\u2014Ce sera grotesque.Céline.\u2014Papa, tu ne veux pas infliger ce supplice a ta petite Céline?M.Martin-Précheur.\u2014 Vous avez raison.Laisez-moi avec ce garçon; nous allons liquider cette affaire entre hommes.Mme Martin-Précheur.\u2014Ah! il va être beau le résultat: notre situation sera compromise à jamais.Céline.\u2014Ne le tue pas, dis, papa.SCENE III M.Martin-Prêcheur, Guy M.Martin-Prêcheur \u2014Evidem- ment, je ne peux pas le tuer; mais je vais le supprimer nettement de la vie de ces deux.(La petite bonne introduit M.Guy, jeune homme brun, grand, mince, très élégant.) Je lui dirai : \u2018Je viens d'apprendre, monsieur .\u201d Guy.\u2014M.Martin-Précheur, sans doute! M.Martin-Précheur, (pris au dépourvu, il subit la bonne impression que donne M.Guy, dès l\u2019abord).\u2014Oui, monsieur.Guy, (se présentant) \u2014 Guv Dupuis de l\u2019Arbalète.Monsieur, Je vous présente mes devoirs.M.Martin-Précheur, (la grâce du nom opère sur M.Martin-Prê- cheur) \u2014 Monsieur, enchanté.Guy.\u2014FHier, chez les Héraclès- Kralopoulos, j'ai promis à Mme Martin-Prêcheur et à Mlle Céline de venir les prendre cet après-midi pour les conduire chez les de Saint- Jacques de Liniez-Lacroche-Hart- mann.M.Martin-Précheur.\u2014 Hier, avec Mme Martin-Prêcheur, vous étiez chez.Guy.\u2014.les Héraclès-Krapoulo- poulos.M.Martin-Précheur, (qui n\u2019en revient pas).\u2014 Ah! oui, oui.Et vous allez aujourd'hui.Guy.\u2014.Chez les de Saint-Jac- ques de Liniez-Lacroche-Hart- mann.M.Martin-Prêcheur \u2014Ah! oui, oui, oui, oui, oui.Serait-il indiscret de vous demander où vous al lez, demain?Guy \u2014C\u2019est très facile.Demain.Vous permettez que je con - sulte mon carnet?Demain.Demain, nous avons les Stuck.M.Martin - Prêcheur \u2014 Les Stuck?Heu! Guy.\u2014Nous avons les Stuck et les Bompied-Bonneuil.M.Martin-Précheur.\u2014 J\u2019irais plutdt chez les Bompied-Bonneuil.Guy.\u2014Vous avez raison, monsieur: chez les Bompied-Bonneuil, c\u2019est plus gai, l'orchestre est excellent et on y peut danser à l'aise.M.Martin-Prêcheur \u2014A ce que J'entends, vous aimez beaucoup la danse?Guy.\u2014Je l'ai en horreur, monsieur, et je danse tout de même avec acharnement depuis.Il y a quelques semaines, je rencontrai Mme Martin-Précheur et Mlle Céline, je ne sais plus chez qui.Je dansai avec Mlle Céline et je m\u2019attirai de justes reproches.Je me piquai au jeu.Alors, je fis des progrès invraisemblables, et, aujour- d\u2019hui, toutes les personnes qui donnent à danser et qui acquièrent par là quelque réputation se disputent notre présence.Nous sommes classés parmi les vedettes ; nous M.Martin-Prêcheur \u2014 Pour quoi?Guy.\u2014-Pourquoi?Oh! c\u2019est très simple.Parce que Mlle Céline n\u2019est pas une jeune fille comme les autres jeunes filles qui fréquentent ces étranges salons.Mlle Céline est toujours mise avec une correction parfaite.On ne lui pardonne guère sa réserve dans le clan des porteuses de pagnes.Pas de bijoux.\u2018Je n\u2019en aurai qu\u2019un seul, me disait-elle: la bague que glissera à mon doigt, le jour de nos fiançailles, le jeune homme qui m\u2019aura élue.\u201d Aussi toute la pacotille de bracelets d\u2019écaille ou d'ivoire, de boucles d\u2019o- rèilles en poils de chameau, se dresse contre elle.Et puis, Mlle Céline est bonne.Elle a toujours pour chacun un mot aimable.Quand, devant elle, on critique un absent, elle sait avoir la réflexion qui le défend et qui tourne le plus souvent a la confusion du railleur.Mlle Céline n\u2019est pas faite pour ce milieu de rouerie et de folie.formons une manière de phénomène, de numéro.J'engage, monsieur.Et nous recevons, en nombre incalculable, des invitations de gens parfaitement inconnus qui nous accueillent avec des démonstrations de joies exagérées et qui disent de nous les pires horreurs dès que nous les avons quittés, comme si nous étions de leurs amis.M.Martin-Prêcheur.\u2014 Vous croyez que l\u2019on vous critique?Guy \u2014C\u2019est fatal, monsieur.M.Martin-Précheur.\u2014 Mais vous devriez le lui dire, M.de l\u2019Arbalète: vous devriez lui faire comprendre qu'elle se compromet! Guy.\u2014 Mille Céline ne peut pas se compromettre aux yeux de ceux qui la connaissent.M.Martin-Prêcheur \u2014 Cependant, la réputation d\u2019une jeune fille est vite ternie.La calomnie.La meédisance.Il faut que je marie Céline.Août 1930 Guy.\u2014 Mlle Céline adore la danse.Elle est très jeune et elle a plaisir à se mouvoir harmonieusement.Pour elle c\u2019est un jeu.I! faut la laisser jouer aussi longtemps qu'il lui plaira.M.Martin-Précheur.\u2014 Le jeu peut devenir dangereux.Il faut que Je marie Céline au plus tôt, com- prenez-vous; avec.ayec un notaire, par exemple, ou un médecin, ou un industriel, ou un.je ne sais pas moi.Qu\u2019en pensez-vous?Guy.\u2014 Je n\u2019ai aucune qualité, monsieur, pour apprécier la profession qui conviendrait au mari de mademoiselle votre fille.M.Martin-Prêcheur.\u2014La question ne s\u2019est évidemment pas posée pour vous.Quand on est riche.Guy.\u2014 Mais, monsieur, je ne possède rien.Je subsiste, c\u2019est vrai, mais par le plus grand des hasards.Je vivais avec ma mère qui tenait de mon père une pension de retraite.Il y a deux ans, ma mère mourut me laissant pour tout bien quelques vieux meubles et un tableau ancieu.Rien.Un antiquaire m'offrit cinq cents francs en échange des meubles.Je refusai.À quelques jours de là, un étranger vint examiner le tableau et l\u2019emporta après avoir déposé sur une table trente-trois mille francs.Je le laissai faire.M.Martin-Prêcheur \u2014 Trente- trois mille francs ! C\u2019est quelque chose.Cependant, vous en verrez le terme.Guy.\u2014Certes! M.Martin-Prêcheur.\u2014Et alors?Guy.\u2014 Alors?Je ne sais pas.Je suis licencié ès lettres, docteur er: droit, ancien élève diplômé de l\u2019école des Sciences Politiques, ingénieur électricien.Pendant dix-sept jours, j'ai.été rédacteur au ministè - re de la Marine; après quoi, la pers pective d'arriver chef de bureau au bout de vingt ans de paperasseries m'a donné le mal de mer.J'ai démissionné.J\u2019en suis là.Que vou- lez-vous, monsieur, il faut bien que jeunesse se passe! J'ai collectionné les diplômes comme d'autres les timbres-poste ou les aventures Mais il est peu vraisemblable que je rencontre un nouvel étranger, amateur de diplâmes.J\u2019eusse mieux fait en m\u2019établissant épicier.M.Martin-Prêcheur \u2014Vous ne sauriez croire, monsieur, combien Je vous approuve, Guy.\u2014Mon incompétence sur le choix d\u2019une profession est donc éclatante.Vous n\u2019en doutez pas.Et maintenant, il me reste à m\u2019excuser de tout ce bavardage et à il i vol l'a der it Ai Août 1930 vous demander, monsieur, la permission de me retirer.M.Martin-Prêcheur \u2014 Comment, comment?Vous attendez ces dames pour les conduire chez les.les.Guy.\u2014 Vous voudrez bien m\u2019excuser auprés d\u2019elles.Puisque vous avez décidé de marier mademoiselle votre fille, je ne voudrais pas que l\u2019on pût parler d\u2019assiduités imprudentes de ma part, alors que je n\u2019ai été, somme toute, qu\u2019un cicerone.\u201cSuivez le guide!\u201d La visite est terminée.Le guide s\u2019efface.Ainsi, vis- à-vis de Mlle Céline, je me serai toujours conduit en galant homme.M.Martin-Prêcheur \u2014 Pardon, pardon! Vous partez, c\u2019est très joli; mais moi je reste.Je suis encore dans le labyrinthe.J'ai besoin du guide.(Changeant de ton.) Je suis très embarrassé pour vous parler.vous savez, monsieur de l\u2019Arbalète.Guy.\u2014 Dites-moi simplement adieu.M.Martin-Précheur.\u2014C\u2019est que la situation n\u2019est pas aussi simple que vous 1'imaginez.Guy.\u2014Je ne comprends pas.M.Martin-Prêcheur \u2014 Attendez.Vous êtes un galant homme.Je puis donc vous parler franchement, brutalement.Guy.\u2014 Monsieur, je suis à votre disposition.M.Martin-Prêcheur.\u2014Eh bien! Aimez-vous Céline?Guy.\u2014 Si vous m'en croyez, monsieur, laissez-moi partir.La Revue Populaire M.Martin-Prêcheur \u2014Vous ne l\u2019aimez pas?Guy, (avec effort).\u2014Je ne dois pas l'aimer.M.Martin-Prêcheur \u2014Si vous étiez médecin, notaire, qu\u2019est-ce que vous feriez?Guy.\u2014Si j'étais notaire?Le sort me réserverait peut-être l\u2019ironie de dresser le contrat de mariage de Mile Céline.M.Martin-Précheur.\u2014 Et si vous étiez médecin ?Guy \u2014Si j'étais médecin?J'aurais peut-être la chance de sauver Mille Céline, de l\u2019arracher à une maladie grave, de vaincre la mort pour la rendre à la vie.M.Martin-Prêcheur \u2014Ah! Ah! Vous y venez.Ça n'est pas trop tôt ! M.Martin-Prêcheur \u2014 Je me comprends.Guy.\u2014Mais je ne suis pas notaire, je ne suis pas médecin.( Avec rage.) Je ne suis rien.M.Martin-Prêcheur \u2014Ah! vous êtes bien mieux que cela! Guy.\u2014.\u2026?M.Martin-Prêcheur \u2014Vous êtes un homme heureux ! Les fées.ont présidé à votre naisance.Guy.\u2014La fèe Carabosse, oui.M.Martin-Prêcheur \u2014 Eh ! 1! s'agit bien de la fée Carabosse ! Vous êtes un homme heureux ; vous vendez une croûte trente-trois mille francs et un coeur de jeune fille se donne à vous pour rien.Guy\u2014Je ne comprends pas bien.- M.Martin-Prêcheur \u2014 Dieu ! que les gens intelligents sont bêtes! Mais, mon cher monsieur de l\u2019Arbalète, comment faut-il vous dire que ma fille vous aime?Guy.\u2014 Mile Céline! Ce n\u2019est pas possible.Une toute petite inclination d\u2019amitié alors.Mais quand elle connaitra mon exacte situation.M.Martin-Précheur.\u2014La situation, ça se règle entre hommes.C\u2019est fait.Il vous reste à vous occuper de l'autre question.Guy.\u2014 Mais je rêve, je rêve ! Vous étes certain que Mlle Céline.M.Martin-Prêcheur \u2014Vous allez juget vous-même.(Appelant.) Céline! Guy.\u2014 Comment vous remercier.\u2026 M.Martin-Précheur, (serrant les mains de Guy).\u2014En vous appliquant au rôle de guide que vous n\u2019aviez qu'ébauché.(Allant vers la porte de droite.) Céline! SCENE IV Guy, Céline, M.et Mme Martin-Précheur Céline, (surprise).\u2014 Oh ! M.Guy! Guy, (s'inclinant).\u2014Mademoi- selle.M.Martin-Prêcheur.\u2014 Fillette, tout va bien.M.Guy vient nous annoncer une bonne nouvelle.Céline, (inquiète) \u2014Ah! ¥ 59 M.Martin-Précheur.\u2014I1 se marie! (Il se frotte les mains.) Céline, (presque défaillante).\u2014 Ah! Vous.Vous.Guy, (pour qui le doute n\u2019est plus permis, se précipite vers Céline, lut saisit les mains) \u2014 Oui.Céline, et si vous le voulez bien ce sera avec vous, Céline, (vers son père).\u2014 Papa, c\u2019est vrai?(A Guy.) Guy! Oh Guy! C'est donc vous qui me mettrez au doigt l'anneau des fiancées?Guy.\u2014Le seul bijou que vous porterez jamais.Oui, Céline.(Céline se blottit dans les bras de Guy qui lui met au front le premier baiser.) M.Martin-Précheur, (redescend en scène et se dirige vers la porte ca apparaît Mme Martin-Prê- cheur) \u2014Suivez le guide! Mme Martin-Précheur, (désignant du doigt Céline et Guy).\u2014 Qu'est-ce que cela veut dire?M.Martin-Précheur, (il regarde, puis, un peu mélancoliquement) \u2014Cela veut dire qu\u2019aujour- d'hui je paie pour qu\u2019on emporte mon sucre.Mme Martin-Précheur, (seulement pour n\u2019en pas perdre l\u2019habitude).\u2014 Alors, tu ne me demandes même plus mon avis?M.Martin-Prêcheur \u2014 Non, non.Permets ! Tu m'avais bien dit: \u2018Il faut marier Céline, au plus tôt !\u201d Rideau Jean LORIENT.pere 2 2 La Revue Populaire Août 1930 « W = des \u20ac me | © ville de la vieille cité juive.L\u2019hé- L'inventeur de cet appareil est ' breu s'écrit de droite à gauche; les un ingénieur autrichien, FE.G.W chronomètres \u2018juifs doivent mar- Bach.; fi cher de même.C\u2019est la Loi qui le JE 0 veut.ne.Cette horloge date au moins du id .re XIIIe siècle.\" di -\u2014\u2014\u20140 ! D LA PHOTOGRAPHIE DE L'\u2019ES- , TOMAC 0 \"Vous \u2018souffrez de l'estomac ?Vous ne savez à quoi attribuer votre mal?Pour en connaître la cause, avalez un appareil photographi- : que! Un remède un peu bizarre, I direz-vous.La science a pourtant li démontré que les organes intesti- ; naux se photographiaient très fa- 7 .ye > .\u2018 ol) UNE GLACE POUR SE FAR- UNE HORLOGE QUI MARCHE EN cilement, qu\u2019ils étaient absolument H DER SUR LE TABLIER DE SENS INVERSE photogéniques.i « L\u2019AUTO PEUT AUSSI DE- - Ce petit appareil photographi- tl eRe .om PISTER LES AGENTS Que dites-vous d\u2019une horloge Que, appelé à diagnostiquer tous ; dont les aiguilles se meuvent de les maux d estomac, est un petit Dispositif gui sert actuellement i I Cette jeune personne ne songe pas droite à gauche?Elle existe, et cylindre d\u2019un quart de pouce de aux ota] de coma Il i\" ., ., .< , : sera Tochalnemen remp-ace fa qu\u2019à se farder ou à se poudrer le bout c\u2019est à Prague qu\u2019on la trouve, diamètre et d\u2019un demi-pouce de par l'appareil photographique i du nez, elle est curieuse de voir, à l\u2019ai- Prague, comme vous savez, est la longueur.Deux de ces petits appa- Bach.1 = de de deux miroirs, s\u2019il ne se trouve pas capitale de la nouvelle république reils sont fixés au bout d'un long ! : quelque agent sur la route.Elle voit tchécoslovaque.L\u2019explication en tube flexible en caoutchouc, sépa- Le dispositif, connu maintenant | : mieux ainsi les autos bien longtemps est très simple.Cette horloge mar- Tés par une minuscule ampoule sous le nom de Bach, est insensi- |.avant qu'ils se rapprochent.Cette che ainsi, parce qu'elle est juive, électrique.Le cliché ainsi pris est ble.Il a déjà été adopté par plu- ff glace est fixée à un extenseur.Elle orne la façade de l'hôtel de de Y par 7-16e de pouce.seurs hôpitaux américains.| A E ln | i J M | l 1 I M i fé Ë L leg nob : d x ty de [ Tey % À ; _ ie 3 Spacieux et luxueux autocar, entiérement en métal ; il fonctionne \u2018Très légers, d\u2019une flottabilité qui les rend insubmersibles, ces ré aux États-Unis où il intensifie la concurrence que fait la route au chemin de fer.Vingt-six personnes peuvent y prendre place ; la nuit, les banquettes à coussins se transforment en couchettes.canots en caoutehouc, qui sont de véritables petits bateaux, viennent d\u2019être adoptés par les Allemands comme canots de sauvetage à bord ! du \u201cBremen\u201d.Chaque canot peui recueillir 80 personnes.\u2018 l Août 1930 Le Caractère par les Prénoms ANNE i Le prénom d\u2019Anne est gracieux à l'oreille; il est surtout très commun en Bretagne, et il personnifie bien la Bre- - tonne avec son visage arrondi et ses yeux lumineux.Celles qui portent ce prénom d\u2019Anne sont douces et sensibles, \u2018simples, gracieuses et sans prétention.Elle ont un coeur excellent, des sentiments délicats, uné humeur assez égale, un fond mélancolique qui n\u2019exclut pas la gaieté.Elles sont en général intelligentes ; leur esprit est curieux, leur imagination rêveuse, leurs idées fines.Elles ne manquent pas de caractèr», au contraire, elles ont une volonté calme, ferme, patiente et conciliante.Elles dirigent leurs affaires sans éclat mais avec sûreté.Elles sont très aimantes et sentimentales, sincères dans leurs affections, ev passablement confiantes.Ce prénom d'Anne, en plus du charme qui s\u2019en dégage, est supérieur à tous les points de vue.Je le conseille beaucoup.Physique: Visage arrondi.Sainte Anne, gfacieuse.CLAIRN Un des plus beaux noms.Les Claire ont l\u2019intelligenée ouverte l\u2019imagination mouvementée, une grande lucidité de jugement; elles sont curieuses, idéalistes, rêveuses.Elles aiment à causer; elles ont de l\u2019intuition; elles sont perspicaces, et moqueuses.D\u2019un caractère très indépendant, vif et emporté, cela leur nuit beaucoup ; elles ne sont pas toujours appréciées comme elles le méritent.Parfois inconséquentes.\u2018 Elles disent les choses comme elles viennent, franches, spontanées, mais en même temps fines et insinuantes.Extrêmement sensibles, mobiles d\u2019impression, et nerveuses, aimant le mouvement, l\u2019entrain, la gaieté, avec des accès de tristesse et des larmes faciles.Elles sont affectueuses, aimantes, délicates de sentiments; serviables et dévouées.Orgueilleuses et présomptueuses; aptes au commandement et à la direction; actives et travailleuses; leur volonté subit des hauts et des bas, mais elles réussissent, car, malgré leur imagination, elles ont de la suite dans les idées.Très décidées, s\u2019emballant facilement, pas toujours assez prudentes ni méfiantes.Elles ont la dépense facile.\u2018En résumé, femmes de coeur et femmes de tête, fond sérieux.JACQUES Un nom qui devient de plus en plus fréquent dans la classe élevée.Les Jacques ont l\u2019intelligence vive, légère, pétulante, l\u2019imagination ardente, enthousiaste, mais sans profondeur ; ils ont de la mémoire, des aptitudes variées, l\u2019élocution facile, mais de l\u2019étourderie.De la moquerie, de la gaieté, de l\u2019entrain et de la vivacité.D'un naturel doux et sensible, généreux et serviables, ils dépenseraient assez facilement.Emportés, mais non irascibles ni coléreux, et sans aucune prétention ni fatuilé personnelle.\u2018Tempérament affectueux et sensuel.Franchise et loyauté, caractère en dehors.Volonté rapide, active, mais pas assez forte ni tenace.Une certaine habilets en affaires, du sens pratique; positifs sans être ni froids ni égoïstes.Assez .courageux et audacieux, et peu timides.Nom très agréable, très bon, très vif et très sympathique, mais manquant de force.LEONTINE Ce prénom de Léontine, dérivé de Léon, denne en grande partie les qualités de ce dernier; on peut donc s\u2019y reporter pour l\u2019ensemble du caractère.Les Léontine ont une imagination mthousiaste et mouvementée, une in- teliigerce facile, apte à comprendre ; el.es sont spirituelles, muqueuses sans uxecune malice ou méchanceté.Douées d\u2019une nature douce, tendre et sensible, elles ont un grand besoin d\u2019affection, plus sentimentales que sensuelles et passionnées.Câlines et caressantes, elles sont flatté:s des moindres hommages et attentions.Cc sont de bonnes personnes, généreuses, serviables et dévouées.Elles ont de la vivacité et de l\u2019emportement, malgré leur calme apparent.Elles ont l\u2019allure décidée, sans être ni provocantes ni timides; elles aiment agir à leur guise et sont capables de coups de tête.Elles ne cherchent pas a imposer leurs idées et sont plutôt conciliantes.Leur volonté est moyenne, plus vive que forte; impatientes, mais ordonnées et soigneuses, elles arrivent à conduire «leur intérieur avec assez de sérieux, tant que leur imagination ne vient pas faire des siennes.Elles préfèrent une main énergique à une main faible pour les diriger dans la vie.Prénom sympathique que l\u2019on peut recommande?.PAULETTE Nom moderne, diminutif de Paule ou de Pauline, léger, gracieux, sans force de volonté.Il donne un esprit éveillé, mais superficiel de la coquetterie, de la fan-: taisie, de la susceptibilité.Les Paulette sont de bonnes person-: nes, doués d\u2019un coeur excellent, sympathiques, mais leur caractère n\u2019a aucun relief.PITILIPPE , Voici un prénom intéressant et que Je conseille.Les Philippe ont une intelligence moyenne, sans transcendance ni originalité, mais ils ont les idées fines et distinguées, ils sont studieux, curieux d'apprendre et aptes à tout compren-! dre.Ils ont un caractère doux et sensible, affectueux et très féminin; ils ont des sentiments délicats, mais ils sont.peu expansifs à l\u2019extérieur et assez fermés.Ce sont des travailleurs actifs et entreprenants, mais prudents.Ils ne sont pas absolus dans leurs idées, mais tenaces, persévérants et doués de sens pratique.(D'un ouvrage de A.de Rochetal, aux éditions Montaigne, Paris: Le Caractère par le Prénom.) La Revue Populaire GRATIS.Un tube de des expériences ont démontré qu\u2019il décolore les dents et engendre de graves affections de dents et de gencives 61 10 jours de Pepsodent es germes abîiment l\u2019émail des dents Essayez cette pâte dentifrice spéciale \u2014 envoyée gratis.Elle rend la beauté aux dents, en dépit de tous les précédents essais infructueux OS dents sont peut-être particulie- rement sujettes à la carie.Peut- être sont-elles tachées, décolorées nt Lernes.Si tel est votre cas, acceptez l'essai de ce dentifrice destiné à combattre la cause de nombreuses affections dentaires.Il est absolument unique en son genre.En dix jours seulement.vous obtiendrez des résultats que n\u2019ont pas su donner les méthodes de nettoyage ordinaires.Film et microbes doivent être détachés des dents Ce sont les microbes qui causent la carie.Ils sont.avec le tartre, la cause de beaucoup d\u2019autres affections.Il existe un moyen reconnu de combattre ces microbes ou germes.Vous devez enlever le film v'squeux et adhérant qui colle les microbes à 1 émail des dents.Ce film les emprisonne et cela s! solidement qu'un brossage ordinaire ne peut les déloger.Une méthode SURE et exceptionnelle Aujourd'hui plus que jamais, les den-, \u201ctistes recommandent de renoncer aux ariciennes méthodes pour adopter le dentifrice anti-film spécial appelé le Pepsodent.Pepsodent ENLEVE LE FILM SURE.MENT.Rien de rude d'abrasif, mais au contraire une pâte crémeuse.douce aux dents et aux gens.ves.Ne tardez pas Il n\u2019existe qu\u2019un Pepsodent.C'est la meilleure pâte dentifr:ce que la science puisse faire de nos jours.Vous devez l'essayer, pour avoir des dents plus saines et plus belles.Ecrivez dès aujour- d'hui à la plus proche adresse.Employez Pepsodent deux fois par jour.Visitez votre dentiste au moins deux fois par année.LE MEILLEUR NUMERO DE RADIO D'\u2019'AMERIQUE AMOS\u2019 n°\u2019 ANDY Syntonisez ; tous les soirs.excepté le dimanche, sur N.B.C.: 7.00 p.m.heure avancée de l\u2019est 10.30 p.m., heure avancée centrale 8.30 p.m., heure solaire des montagnes 7.30 p.m., heure solaire du Pacifique GRATIS \u2014 Tube de 10 jours Adressez le coupon a: 1 The Pepsodent Co.; Dépt.L.R., 191 George st, | Toronto 2, Ont.Can.i LU | I I I ' I Nom Adresse Ville Autres bureaux: N.Michigan Ave.The Pepsodent ve 818 1 Chicago, Ill, 8 India St.Londres.E.C.3 Angletrae: 1 (Australie), Ltd, 72 Wentworth Ave, Syd- y ney, N.S.W.i Un seul tube par famille Pepsodent Le Dentifrice Anti-Film Spécial Pepsodent, le dentifrice annoncé au Programme de Radic Amos n\u2019 Andy Bl: Nl! 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(Veuillez écrire votre nom et votre adresse en caractères d\u2019imprimerie) FE | 5 Grands Avantages .Augmente 250 fois de volume sous forme de mousse.Amollit la barbe en une minute.Reste crémeuse sur la figure pendant 10 minutes.De fortes bulles maintiennent les poils droits pour le rasoir.5.Après la barbe l\u2019huile de palme et l\u2019huile d'olive de la crème produisent un velouté agréable.\u2014 \u2014\u2014 a \u2014\u2014 = a= > wn La Revue Populaire Août 1930 MME PIERRE CURIE Qu est-ce que le Radium?A cette question, on pourrait d'abord répondre: Le radium est la pierre philosophale recherchée par les savants alchimistes du moyen âge.Ou encore, ce qui n\u2019expliquerait pas grand chose mais contribuerait à exciter la curiosité du lecteur: Le radium est le métal le plus cher du monde.Ou encore: Le radium est une source inépuisable de lumière, de chaleur et d'électricité.C'est enfin, et surtout, le remède duquel on attend la guérison de routes les maladies jusqu'ici incurables ! me > Ce n\u2019est pas, paraît-il, à M.et Mme Curie qu\u2019on doit la découverte du principe même, mais au célèbre physicien Becquerel.Dès 1896, 1l avait constaté que l'uranium, métal déjà connu, émet des rayons invisibles possédant les mêmes propriétés que les rayons X, mais avec une différence essentielle: que le rayonnement de l\u2019uranium semble inépuisable.Ces premiers rayons reçurent le nom de \u2018rayons de Becquerel.\u201d\u201d Mais la grande dé- \u2018 couverte, ce sont bien M.et Mme Curie qui la firent.À l\u2019époque de leur extraordinaire découverte, M.Pierre Curie était professeur à l\u2019E- cole municipale de physique et de chimie et sa femme, née Sklodows- ka, d\u2019origine polonaise, professait à l'école normale de Sèvres.C\u2019est dans leur laboratoire de la rue Lhomond, à Paris, qu\u2019ils poursuivaient en commun leurs expériences.Voici comment le monde savant explique la découverte de M.et de Mme Curie : \u201cCette découverte consiste à avoir pu obtenir des sels chimiques d\u2019un nouveau corps qu\u2019ils ont nommé le radium et qui présente les propriétés de l'uranium, mais avec une intensité beaucoup plus grande, puisque sa puissance rayonnante est plus de deux millions de fois celle de l\u2019uranium.\u201d Et ici nous revenons à la première découverte, celle de Becquerel.En effet, les sels de radium, découverts par les Curie, sont une source continue de rayons de Becquerel.Et ces rayons ont la propriété de traverser tous les corps opaques.On donne, pour illustrer ce phénomène, l'exemple suivant: Prenez un porte-monnaie chargé de pièces d'argent, de cuivre et de nickel.Mettez une plaque sensible derrière le porte-monnaie et en (Suite a la page 64) Ts i {0 Il ii ta a Août 1930 La Revue Populaire 63 Extraits de la P resse Internationale?HISTOIRES DE CHIFFRES Le même numéro de l\u2019Auto apporte deux statistiques qui valent qu\u2019on les signale au passage.L'une est une curieuse \u2018\u2018table des records\u2019 de l'industrie et de la mécanique.Elle a été dressée par le spécialiste M.Faroux, qui la tient à jour au ler janvier de chaque année.M.Faroux a soïn de dire que cette revendication est pure- \u2018ment défensive.On n\u2019'aligne pas ces chiffres par plaisir de vanité ni \u201cpour être désagréable aux voisins.\u2018Ce sont au contraire ceux-ci qui \u201c \u2019crânment\u201d trop souvent, qui pen- \u2018sent et qui disent que tout est chez eux mieux, plus haut, plus grand.ll est entendu que ce qu\u2019il y a de \u2018greatest in the world\u201d ne saurait être le fait des Français frivoles, individualistes, immoraux, qui demandent tout à la faculté d\u2019improviser, qui sont incapables d'efforts sérieux et dépourvus du génie de l\u2019organisation.Il est trop facile de voir sur quoi l\u2019on fonde ce jugement péjoratif.Le moins qu\u2019on puisse dire, puisqu\u2019il est entendu que cette chronique sportive ne doit pas rallumer les rivalités politiques, est que le gouvernement de la France ne brille ni par le sérieux, ni par la stabilité, et qu\u2019il ne se présente pas aux yeux des entichés du progrès mécanique comme le dernier mot de l\u2019organisation rationnelle et scientifique.Alors, tout naturellement, on juge la France d\u2019après le régime parlementaire.A quoi répond la statistique de M.Faroux.C\u2019est d\u2019après ces mesures brutales que vous classez les peuples.I! vous faut le plus haut, le plus large et le plus rapide ?Vous êtes en admiration devant les records?Bien.Même sur ce ter- rain-là, si biscornu qu\u2019il soit, allons-y.Voici ce que M.Faroux appelle sa litanie ; Le monument le plus haut du monde est ___ Lune Le Le viaduc métallique le plus grand du monde est _.Le plus grand pont en ciment armé du monde est Le plus grand canal souterrain du monde est \u2026 .i Le navire de guerre le plus rapide du monde est Le plus haut téléférique du du monde est Le plus puissant phare du monde est .02000 Len Les plus grands hangars d\u2019aviation du monde sont \u2026_ ___ La plus puissante station de T.S.F., du monde est \u2026 L'avion le plus rapide du monde est Les trains à vapeur les plus ra pides du monde sont __.\u2026 .Le train électrique le plus ra pide du monde est _\u2026 \u2026 \u2026 francais francais franca\u2019s francais francais francais francais francais français français français français Ia plus puissante motrice du ; monde est ___ oo francais Te plus grand paquebot du moride actuellement en cons truction est francais Etc., etc.; j'en pourrais citer bien d'autres, comme le plus grand réservoir du monde, le plus grand électro-aimant du monde, les plus grands abattoirs du monde, le plus grand escalier mobile du monde, etc, tous également français.Souhaite-t-on quelques précisions?Le plus haut monument: la tour Eiffel; le plus grand viaduc: celui du Vaur; le plus grand pont en a 7008 te CHARLES LINDBERGH ciment armé, au choix: le pont de la Caille ou celui sur l\u2019Elorn.Puis viennent, dans le méme ordre que ci-dessus: le canal du Rhé- ne, le navire Verdun, le téléférique de l'aiguille du Midi, le phare du Mont-Valérien (un milliard de bougies), la fameuse station de Sainte-Assise (avec ses 17 pylônes, dont 16 ont 250 mètres de hauteur), l\u2019avion de Bonnet, les trains de réseau du Nord (on ne parle même pas du prochain direct Paris-Liège, qui va battre deux records d\u2019un coup), les trains électriques de Bordeaux-Bayonne, la nouvelle motrice du P.-L.-M., et, enfin le prochain Lafayette, aux 65,000 tonnes, dû à notre admirable Compagnie générale transatlantique.Encore n\u2019a-t-on pas tout dit.Aucun pays qui puisse aligner une telle liste et à ce point significative.Ajoutons en passant que si le plus rapide avion terrestre est français, les Italiens et les Anglais ont des hydravions qui sont les nefs les plus agiles du monde, parce qu'ici, ce n'est plus l\u2019industrie privée qui construit, ce sont les Etats.Lucien DUBECH.(L\u2019Auto.) MERVEILLEUX RÉSULTATS DE TÉLÉVISION TÉLÉPHONIQUE La télévision est maintenant perfectionnée à un tel point qu\u2019au- jourd\u2019hui il est possible à des personnes éloignées les unes des autres de se voir en conversant par le téléphone.C\u2019est qu'ont faite des journalistes de New-York, séparés en groupes éloignés de deux milles.Chacun de ces groupes voyaient les membres des autres groupes en même temps s\u2019échan- que des conversations une expérience .È 64 La Revue Populaire Appropriez- vous son charme délicat crete pour la fillette timidc.Dans les cent soixante années qui se sont écoulées depuis qu\u2019une élégante connut la première l'exquisité de cette odeur charmeuse, la Lavande de Yardley a toujours conservé la place de faveur dans le domaine de la Beauté.Aujour- d\u2019hui, on la chérit dans le monde entier.Dis- D\u2019un charme con quérant pour la joyeuse\u2019 jeune fille moderne Et gracieuse pour la jolie grande dame.YARDLEY \u2014 LONDRES 358-362, rue Adelaïde O.TORONTO à PARIS et à NEW-YORK LAVANDE de YARDLEY L\u2019Odeur Charmeuse Fn bouteilles de 65c et p'us, dans toutes les bonnes pharmacies et dans les magasins à rayons.159F QU\u2019EST-CE QUE LE RADIUM?(Suite de la page 62) avant un petit morceau de radium.Les rayons traverseront le cuir et iront radiographier les images sur la plaque sensible.\u2018De plus, en présence du radium, les diamants véritables s'illuminent d\u2019un brillant éclat, tandis que les pierres fausses restent obscures.On se sert donc du radium pour distinguer les diamants véritables des faux, et cela avec des résultats décisifs.\" En outre, les rayons du radium rendent lumineux certains corps phosphorescents.Et c'est pour cette raison qu'on songe, de plus en plus, à s\u2019en servir pour l'éclairage domestique.L\u2019éclairage au radium sera peut-être celui de demain.Eclairage d\u2019abord, chauffage ensuite.En effet, le radium est aussi bien une source de chaleur qu'une source de lumière.Le radium est toujours plus chaud que ce qui I'environne.Troisiemement, le radium est une source continue d\u2019électricité.Ce qui laisse entendre qu\u2019on pourrait avoir un jour le moteur au radium.- mm Quels sont maintenant les effets du radium sur les tissus vivants ?Nous allons vous raconter ici une expérience classique faite à l'Institut Pasteur : Au-dessus d'une cage contenant 8 souris blanches furent suspendus 5 centigrammes de chlorure de radium.Pendant les quinze premiers jours, les souris continuèrent de courir et de manger comme d'habitude.Mais le seizième jour, les petits se mirent à perdre leurs poils du dos et, trois jours après, ils étaient complètement pelés.Puis, ils devinrent aveugles et enfin moururent.Les cochons d\u2019Inde, les lapins, qu\u2019on exposa ainsi aux rayons du radium moururent tous de 13 même manière.Mais, voilà ce qui est étrange dans le radium, si la quantité est forte les poils tombent; si elle est faible, le poil soumis à leur action devient plus beau et plus fourni.Ce qui démontre que le radium serait à la fois, suivant la dose, un destructeur et un stimulant de vie.Enfin, on compte sur le radium pour bientôt guérir tous les maladies jugées jusqu'ici incurables: le lupus, le cancer.maintes autres.On espère même rendre ainsi la vue aux aveugles.Le radium constitue donc, peut- être, la plus merveilleuse invention de notre siècle.geaient entre eux.Voilà le résultat d\u2019un nouvel appareil téléphonique inventé par l'American Telephone and Telegraph Company.Les interlocuteurs n'ont pas eu à parler dans des appareils spéciaux comme pour le téléphone ordinaire.Mais ils se sont tout simplement assis dans des cabines.Devant eux, sur des plaques ont apparu les personnes avec lesquelles ils conversaient, et la conversation s'est poursuivie Août 1930 lant aux archives de cette ville.M.Ulloa vient de découvrir, à Siman- cas, plusieurs documents confirmant la présomption de l'historien péruvien suivant laquelle Colomb aurait découvert une première fois l\u2019Amérique, avant 1492.UNE STATUE À VALENTINO Le quatrième anniversaire de la mort de Rodolphe Valentino vient MAURICE CHEVALIER comme si les interlocuterirs avaient tous été réunis dans la niême chambre.COLOMB A-T-IL DÉCOUVERT L\u2019AMÉRIQUE AVANT 1492 ?M.Luis Ulloa, le célèbre historien péruvien, auteur de la thèse \u2018Christophe Colomb Catalan\u201d est actuellement à Barcelone, travail- d'être célébré à Hollywood.À cette cccasion, on a inauguré, dans le parc de Longpré une statue à la mémoire du grand acteur cinématographique.En présence d\u2019une foule considérable, dans laquelle on remarquait de nombreuses vedettes de l'écran, Dolorès del Rio a fait tomber le voile qui recouvrait la statue.(Ciné-Journal) : nem lu ol ca [y à | ÿ toux: i dh Lu {Xi = pn sry = és | Août 1930 BOURSES D'ETUDES OFFERTES PAR LE PACIFIQUE CANADIEN Le Pacifique Canadien, dans une circulaire signée par son vice-président M.Grant Hall, annonce qu'il offre, par voie de concours, à ses apprentis et autres employés de moins de 21 ans, inscrits sur la liste permanente du personnel de la Compagnie et aux fils mineurs des employés, deux bourses d'études, dont l'une de cinq années d\u2019enseignement à l'Ecole Polytechnique et l\u2019autre de quatre années, a 1'E- cole des Hautes Etudes Commerciales.L\u2019examen de concours, pour la bourse de cinq années dans le cours de chimie ou de génie civil, sera l'examen d\u2019entrée à l'Ecole Polytechnique de l\u2019Université de Montréal, qui a lieu le 10 septembre.La bourse sera attribuée au candidat qui, étant muni d\u2019un certificat de la Compagnie, aura obtenu la plus haute moyenne et se sera, de plus, conformé à toutes les conditions d'admission.Il aura le choix de suivre l\u2019un ou l\u2019autre des cours plus haut mentionnés.Cette bourse sera renouvelée d'année en année pour une période ne devant pas excéder cing années, pourvu que l\u2019élève, à la fin de chaque ter- \u201cme, conserve la moyenne requise suivant les règlements.Au cas où l'étudiant, bénéficiant d'une bourse, serait obligé d\u2019interrompre son cours pour une année ou plus, il devra, à la fin du terme, en donner avis à la Com- ragnie de chemin de fer et au directeur de l'Ecole, afin que la bourse soit offerte à d'autres candidats.Si l'élève désire reprendre ses cours, il devra, pour obtenir un droit de préférence à la première bourse alors disponible, en donner avis à la Compagnie et au directeur de l'Ecole, pas plus tard que le ler septembre avant l\u2019ouverture du terme pour lequel cette bourse sera disponible.Une bourse semblable, qui com- pr ndra quatre années d\u2019enseignement dans les cours de l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, sera aussi allouée aux conditions plus haut décrites, et elle est offerte aux candidats aux exarnens qui ont lieu le 2 septembre.Les candidats à cette bourse devront parler et comprendre le français, cer tout l\u2019enseignement (excepté les langues modernes) se fait en français.Les demandes de certificats permettant aux élèves dc prendre part aux examens de concours, devront être faites à M, F.J.Curtis, ré- La Revue Populaire LEMMURE (Suite de la page 53) La voix s'étrangla dans sa gorge; ses yeux révultes s'injectèrent un peu plus, il ouvrit la bouche très grande, mais ce fut pour montrer aux assaillants une langue, dont le Créateur, du moins, ne lui avait pas marchandé la longueur.\u2014Desserre, dit l\u2019un d'eux, il a son compte.\u2014 Tu crois?| \u2014Et puis, qu'importe! ligotons- le! Ils firent ainsi: par précaution, ils refermerent la bouche, lui appliquèrent un bâillon et se mirent en devoir d'amener le trésor.\u2014All right! fit l'homme aux mains puissantes.Ce coffre est si lourd que nous ne saurions l\u2019emporter.Comment faire?\u2014Emplissons toujours nos poches, pour le reste, nous verrons plus tard.Ils déménagèrent ce qu\u2019ils purent et parvinrent, le coffre soulagé d'une partie de son fardeau, à l\u2019attirer hors du caveau.\u2014\u2014Mais.le vieux.le vieux?.M'est avis qu'il n'est pas mort.Le sang laisse des traces.Le revolver est une arme indiscrète.\u2026 Les mains ayant lâché leur proie répugnaient à la ressaisir.\u2014Poussons-le dans le caveau.\u2014Ton idée?\u2014Aide-moi toujours.(ls empoignèrent le Hibou de Babel-House, le lancèrent contre le mur à la place qu\u2019occupait tout à l\u2019heure encore le coffre-fort improvisé, puis, à voix basse, ils se concertèrent.\u2026 \u2014 Bonne idée! Ils remontèrent.Leurs outils étaient restés dans le chantier voisin.Les matériaux ne manquaient pas.À la hâte, ils préparèrent leur mortier, puis à tâtons, redescendirent.Le vieux avait repris ses sens et considérait ses agresseurs d'un regard d'indicible épouvante.\u2014 Tiens! dit l\u2019un, petit bonhomme n\u2019est pas mort.Bonsoir, mon vieux! Ils n\u2019eurent qu'à se baisser pour ramasser des pierres.Les truelles s'agitèrent fébrilement.En dix minutes, le Hibou de Babel-House fut muré dans son aire.Car c\u2019est ainsi que finit, misérablement, lord Asconfield, héritier d'un grand nom, dernier de sa race; celui dont l\u2019Angleterre, voici plus d\u2019un demi-siècle, nota l\u2019étrange disparition.L'an dernier, les journaux du Royaume-Uni ont publié l\u2019information suivante: \u201cEn démolissant Surfolk-Street pour percer une voie nouvelle, des terrassiers ont découvert le squelette admirablement conservé d\u2019un homme qui dut être jadis enclos vivant dans un étroit caveau.\u201cNul ne saura jamais quel drame atroce sans doute, s'est joué là.autrefois.Néanmoins une enquête est ouverte.\u201d \u2018 De longtemps, les pauvres gens de Whitechapel n'oublieront l\u2019emmuré de Babel-House.Jean de KERLECO.gistraire et secrétaire, Département des Pensions, gare Windsor, Montréal.On peut obtenir le programme des cours en s'adressant au directeur de chacune des écoles susdites.O LES PEINTRES HONGROIS FONT AUTHENTIFIER LEURS TOILES PAR UN ACTE NOTARIE Afin de protéger leur art contre les imitateurs peu scrupuleux, les peintres les plus célèbres de Hon- gri.v::1 instauré un nouvel usage: ils certifient l'authenticité de leurs -uvres au moyen d\u2019un acte notarié.Lorsqu'un j'eintre réputé a terminé un tableau, il fait venir son notaire et, devant ce dernier, signe son oeuvre.L'officier ministériel dresse un procès-verbal et établit un certificat où il décrit le tableau avec tous les détails de dimensions, sujet, etc, susceptibles de faciliter l\u2019identification.Ce certificat est collé au dos de la toile, muni d\u2019un cachet officiel.Grâce à cette précaution l'authenticité d\u2019une toile peut toujours être contrôlée en comparant le certificat à la copie classée dans les archives de l'officier ministériel.Cet usage n'étant établi que depuis peu, les artistes hongrois qui l\u2019ont adopté ont fait savoir au public, par la voie de la presse, qu\u2019ils étaient prêts à donner la même garantie légale à toutes les oeuvres vendues par eux antérieureemnt.65 REPOSE Les YEUX Après Les SPORTS Pourquoi endurer plus longtemps des yeux fatigués, brûlants, rougis, après tennis, golf, auto et autre sport de plein av?Quand quelques gouttes de l\u2019inoffensive Murine feront cesser aussitôt l'irritation et rendront vos yeux clairs et frais.URINE POUR VOS YEUX Nulle-dure-bourdonnante-bonne Elles se ressemblent toutes à l'extérieur, mais la différence dans leur efficacité et leur confort pour leurs possesseurs est trop grande pour l'exprimer par des mots.Pour vous renseigner sur vos oreilles, mettez vos noms et adresse sur ce coupon et envoyez- les au Spécialiste Sproule pour les Oreilles, 376, Cornhill Building, Boston, Mass.Ce Coupon donne droit aux lecteurs de La Revue Populaire, a une consultation gratuite sur la surdité.NOM AU COMPLET ADRESSE Peut-étre que vos oreilles vous font croire que vous étes ridicule.Vous entendez parler les gens mais vous ne pouvez saisir rapidement le sens de leurs paroles.Vous entendez à moitié et vous répondez d\u2019une manière ridicule.Vous perdez les bons mots de la famille.Vous réalisez avec peine que vous devenez sourd et vous vous demandez pourquoi vous semblez avoir de telles oreilles nulles.0 ill D signifient que vous vous rel es ures rendez compte parfaitement que vous devenez sourd \u2014 que vous êtes beaucoup plus mal que les autres quelquefois \u2014 que vous vous apercevez que la vie devient morne avec votre entendement.Vous commencez à ne plus fréquenter l\u2019église ou la loge ou les réunions sociales et vous vous inquiétez à propos de votre travail.Vous voyez les efforts de vos amis pour se faire entendre dè vous et vous songez à ce que ce sera d\u2019être complètement sourd.signifient Oreilles Bourdonnantes cie sine de devenir sourd, vous avez d\u2019une manière ou dure autre des bruits continuels dans les oreilles.Ces bruits peuvent être des sifflements \u2014 mugissements \u2014 des bruits de vapeur qui s\u2019échappe et très souvent les bruits empirent le soir et dérangent ce bon sommeil qui est si nécessaire à la bonne santé.1 sont celles qui Les Bonnes Oreilles onc «on nent bien \u2014 qui entendent rapidement et vivement.Les bonnes oreilles ne deviennent pas dures d\u2019entendement auand leurs possesseurs ont de légers rhumes.Elles ne se refusent pas à saisir les sons bas ou confus.Le Spécialiste Sproule pour les Oreilles et ses associés se spécialisent sur certaines formes de maux d\u2019oreilles qui causent les oreilles nulles.bourdonnantes et dures et par leur longue expérience ils ont acquis un succès remarquable en changeant ces sortes d'oreilles en bonnes oreilles.Envoyez le coupon aujourd'hui et voyez quel sera le rapport sur VOS oreilles.Ecrivez en français ou en anglais.Adresssez: SPECIALISTE SPROULE POUR les OREILLES 876, Cornhill Building, Boston, Mass. 66 Les écrivains et les artistes ont eu, ces temps derniers, plus d\u2019une raison de s\u2019émouvoir des ravages d\u2019une certaine vague de vertuoli- trie et des mesures prises par les gouvernements, a la requéte de certaines ligues, contre la liberté d'expression des auteurs et la libre circulation de leurs ouvrages.Mais, nulle part, cette vague n\u2019a déferlé avec autant de violence que sur l\u2019Amérique.Cela ne va pas sans provoquer quelques incidents amusants.Le sénateur Smoot, qui est le vrai père du projet de tarif ul- tra-protectionniste en suspens depuis des mois devant le Congrès, ne se contente pas de vouloir rendre difficile, pour ne pas dire impossible, l'entrée aux Etats-Unis des produits de l'industrie européenne.I! voudrait encore donner à la douane le droit d'arrêter la littérature obscène provenant de ces lieux de perdition qui ont nom Paris, Londres ou Berlin.Or, le \u201cBulletin du Service législatif\u201d, sorte de journal officiel du Congres, vient de citer comme particulièrement licencieux des passages d'un livre de M Brigham Young, chef de la secte des Mormons.à laquelle appartient M.Smoot ! N'allez pas croire que celui-ci se tiendra pour battu.Déjà, pourtant, les pouvoirs de censure accordés à la poste et à la douane des Etats-Unis sont très grands.En vertu de la loi de censure postale, les agents des postes peuvent arrêter des écrits qu\u2019ils considèrent comme obscènes.Et ils ont considéré comme tels, la Sonate à Kreutzer, de T'olstoi, l\u2019Amour conjugalis, de Swedenborg, un catalogue d'éditeur annonçant une édition du Décaméron et le rapport officiel de la ville de Chicago sur le vice dans cette aimable cité!\u2026 En 1909, déjà, les autorités douanières, sur la foi des instructions qu\u2019elles avaient reçues, voulurent empêcher le Field Museum d'importer certaines peintures chinoises sous prétexte que ces peintures étaient obscénes.En 1928.la douane et la poste américaines établirent, de commun accord, une liste noire de 739 livres.En 1929, un exemplaire d\u2019une édition de Rabelais, commandée à Paris par un bibliophile américain, M.Newton, fut arrêté à la douane.M.Newton protesta, tempêta.La Revue Populaire LA VAGUE DE PUDEUR EN AMERIQUE Rien n'y fit.Il r\u2019a pas encore reçu\u2019 son Rabelais.Ce qui aggrave la situation, c\u2019est qu'aux mesures de proscription fédérales, s'ajoute l\u2019action des Etats.Celui du Massachusetts s\u2019est rendu tristement célèbre à cet égard.Il a, en quelque sorte, confié un véritable pouvoir de censure à un organisme privé, la Watch and Ward Society, qui correspond à la Ligue de la Moralité publique du Dr Wibo en Belgique.En vertu de la loi du Massachusetts, un livre peut être condamné (et, avec lui, le libraire qui le verd), sur un court passage, quelques mots considérés comme obscènes et qu\u2019il suffit d\u2019isoler du contexte.De quoi condamner la Bible et le théâtre de Shakespeare! C\u2019est en vertu de cette disposition monstrueuse qu'on a jugé et condamné récemment des livres américains comme le Pétrole, d'Upton Sinclair, la Tragé die américaine, de Théodore Dreiser, et Dark Laughter (le Rire sombre), de Sherwood Anderson.Je viens de lire ce dernier livre, qui date déjà d'il il y a quelques années.Livre étr:nge, mal composé, mais plein de grandes beautés et qui rend à merveille le déséquilibre de l\u2019après-guerre.Il y a bien deux ou trois passages, quelques mots à peine, qui, à la rigueur, pourraient faire rougir un carme.Mais il faut être d'une mauvaise foi insigne pour considérer l'auteur comme un industriel de la pornographie.Quelques hommes commencent à s\u2019émouvoir de cette censure grotesque et protestent hautement.Je n'en veux pour preuve que l'article publié en janvier par M.Edward Weeke, dans l\u2019Atlantic Monthly.Le mieux est encore d\u2019envoyer dans le gras-double des Pères la Pudeur, les flèches de l\u2019ironie vengeresse.Un petit livre qui se lit en dix minutes vient d'obtenir, en Amérique, un succès formidable.Cela s'appelle \u2018\u2018Mother Goose Rhymes\u201d.C\u2019est Ma Mère l\u2019Oye en vers, avec, en travers de la couverture, ce simple mot: Censored.Il s'agit tout simplement de lire ces petites poésies, que connaissent tous les enfants d'Amérique, en remplaçant, de temps en temps, certains mots barrés de noir par : Hum! L'effet, je l'avoue, est drôle.Louis PIERARD.(Les Nouvelles Littéraires.) Août 1930 Chronique d À rto (Suite de la page 13) en confia l\u2019exécution a M.Henri Hébert.M.Henri Hébert est bien connu a Montréal et a Paris.Comme tous les fils d'artistes de renom, il eut à lutter contre le préjugé populaire qui oppose aux ambitions du fils la réputation du père, mais il parvint à faire remarquer ses talents personnels dans de beaux monuments comme celui du sénateur L.O.David, le Mémorial d\u2019Outremont, celui de Yarmouth et la statue d'Evangéline que tous les \u2018touristes vont voir, quand ils arrivent en Nouvelle-Ecosse, M.Henri Hébert pense, comme son père, que l'artiste sculpteur a pour tâche principale d\u2019orner les monuments publics et les demeures privées et il a eu de brillants succes dans ces travaux décoratifs.Tell: cheminée de studio, ornementée par lui, est un plaisir pour les yeux.Le Lafontaine de Henri Hébert est fondu à Paris; le monument entier s'élève à 23 pieds du sol.Le piédestal, élégant et sobre à la fois, est taillé dans un bloc de marbre blanc de Missisquoi, sur une plate- forme de granit.Il est l\u2019oeuvre de l'architecte John R.Smith, de Montréal.M.Henri Hébert a créé un Lafontaine imposant, un peu solennel dans son costume de juge seigneuriale dont les plis très amples forment des masses plus harmonieuses que le costume moderne.Des feuilles d\u2019érable symboliques jonchent les pieds du personnage et comblent un intervalle dont l\u2019effet eut été vilain.Le monument s\u2019élèvera dans un vaste parallèlogramme gazonné et entouré d'arbres que l\u2019on doit aménager devant la bibliothèque municipale.Le lac et la colline lui feront un fond agréable.( Paris-Canada.) -_\u2014 UN DIRECTEUR DE CIRQUE FONDE EN AMÉRIQUE UN MUSÉE D'ART PUBLIC A Sarasota, en Floride, un ancien directeur de cirque, John Ringling, vient de faire construire un musée qui est appelé a étre un des plus riches du monde, du moins comme musée privé, puisque l\u2019on estime à vingt millions de dollars la valeur des collections qu\u2019il renfermera.Ce musée sera ouvert au public à partir de l'hiver proçhain et des visiteurs accourront certainement de partout car on y trouvera, dans des galeries qui s\u2019étendent sur une longueur de plus de neuf cents pieds un ensemble exceptionnel d'objets d'art, des tableaux surtout.John Ringling possède notamment la plus belle collection réunie de Rubens.On sait que le peintre flamand est l\u2019auteur de huit immenses toiles à sujets bibliques dont deux ont disparu et deux autres sont au Louvre; les quatre autres sont à Sarasota.Deux des trois tapisseries signées de Rubens sont appendues aux murs de ce musée, dont deux salles entières seront consacrées exclusivement aux chefs- d'oeuvre de ce maître.Dans une autre salle on remarquera deux oeuvres de Rembrandt.ie Portrait de la duchesse de Lorraine et la Descente de la Croix, ainsi que les portraits du comte Brandolin et du bourgmestre de Harlem par Van Dyck.La plupart des grands artistes italiens sont, représentés.Deux chefs-d'ceuvre de Raphaël, des cé- rimiques de Della Robbia, une peinture murale de Tiepolo, six oeuvres du \u2019l'itien, six autres du Veronèse, plusieurs tableaux du Tintoret, d\u2019Andrea Del Sarto, de Palma le Vieux, de Paolo Uccello.La France a fourni un apport notable où figurent notamment des tableaux du Poussin, Greuze, De- vouge\u2014dont un Portrait de Pauline Bonaparte \u2014 Detaille, Ben ja- min Constant, Stevens.D'Espagne viennent le portrait du blond Philippe IV et celui de sa femme, par Velasquez et des oeuvres du Greco.de Murillo et de Ribera.Des toiles de Ramsay, Gainsborough, Reynolds, Hoppner et Peter Lely re- me où seront réunies ces merveilles est une reproduction du palais vénitien des doges.Il domine un vaste jardin à l'italienne qui s'étend jusqu\u2019à la baie de Sarasota, le long de laquelle John Ringling se propose de contruire une école pour les artistes des Etats-Unis. = = = = = = = = = = 1 i ds } ' 0 = = = = = ort = = = = = =.== $i = 8 = I ont 52, Nl [ 1018 = = = = == = = = = li ; na \u2014 fi | \u2014 Oo, pre RE __ oo __ __ _ Hs os es 5 2) N32 + es vs XO Sens art 25 3 28 NG a 23 ca ob COS es pi .2 an i: i A ne Ee Le ee 2 IL es i = 2% Re Te = of À ETIQUETTE BLEUE DE 2 ae oe Fe a 3 ve SES = < 27 ah go 2% 2 Le a 4 ee se ses 72 R= FH es xé a, HR ova ax se 5, 3 # eu < Pre x Sa com = = se = co SRE SR Scan on Sa ee » s se Sed = etes Ge ses ee = 2 = x Ys = = ek 5 rr a Lo Ey 2 2 x 7 os ie on ny 5 Zr irs tre Greil: 22 pty oN is a ee A FESTA EE ps Sy = LE PE A BR NS Es an on oh ERR EE pd des 27 ce SRE Aa I SEER RET Se ER Comment le Colgate nettoie les - crevasses où la carie des dents *! Cc netto y age peut commencer 3 {| Il fait un dou de vos L\u2019écume pénétrante du Colgate se rue dans les minuscules interstices, en enlevant les Diagramme montrant les instersti- ces des dents.Remarquez comment une pâte dentifrice ordinaire, épaisse (ayant une grande tension superficielle) est incapable de pénétrer bien avant et d\u2019atteindre les endroits où les cau- Ce diagramme montre comment l\u2019écume active de Colgate (ayant une faible tension superficielle) pénètre jusqu\u2019au fond des interstices, les nettoyant complètement là où la bros- ses de la carie peu- se ne peut attein- vent se cacher.dre.particules en décomposition tout en polissant les surfaces.nettoyant donc les dents à fond.L est si facile de vous imaginer 1 que vous vous êtes vraiment nettoyé les dents une fois que vous avez brossé les surfaces extérieures jusqu'à ce qu'elles étincellent.Mais à moins d\u2019employer un dentifrice comme le Colgate, dont la mousse active pénètre dans les interstices des dents où les particules d\u2019aliments se nichent, et lave ces endroits si difficiles à atteindr:, vous n'avez pas fait une bonne besogne de votre nettoyage.Vos dents, bien qu\u2019elles » soient blanches comme des perles, ne sont qu\u2019à moitié propres ! Tous les dentifrices ne nettoient pas ces interstices aussi bien.I1 a été prouvé par des expériences scientifiques que le Colgate jouit de la plus grande force de pénétration de toutes les pâtes dentifrices bien connues .donc, le Colgate nettoie le mieux.Sa mousse active et pétillante crée une propriété remarquable qui lui permet de pénétrer dans les petites fissures, d'y amollir les impuretés et de les enlever littéralement dans une vague de propreté.Donc c\u2019est ainsi que le Colgate nettoie complètement les dents.lavant les interstices ainsi que polissant les surfaces brillamment.Pourquoi ne pas donner cette double protection à vos dents ?Colgate est la pâte dentifrice qui, aujourd'hui, jouit des plus grosses ventes du monde.Plus de dentistes la recommandent que n'importe quelle autre.Si vous préférez une poudre, demandez la Poudre Dentifrice Colgate .elle possède le même pouvoir de nettoyage que la Crème Dentifrice en Ruban.GR ATI COLGATE, T-2078, 64 Natalie St., Toronto 8.Veuillez Un m\u2019envoyer un tube gratis de Crème Dentifrice en Ruban Colgate, avec la brochurette \u201c Comment garder les dents et la bouche saines \u201d.Wp Nom _ \u2014_ __ _ Adresse _ \u2014 sn "]
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