La voix de l'Est, 12 février 2022, Cahier 2
[" \u2014 L E S O L E I L , Y A N D O U B L E T ARTS CINÉMA GOURMAND BIÈRES VINS SORTIES + LE MAG Société LA CHIMIE DE L\u2019AMOUR CHANSON Pierre Lapointe UN ALBUM EN TABLEAUX + CHANSON Anachnid FEMME ARAIGNÉE LE VERTIGE DES MOTS TIRE LE COYOTE Le 100% Garanti Les Hay BaBies sam.26 février 20 h Bromont Les Grands rendez-vous 40 $ tire Le Coyote vend.4 mars 20 h 30 $ Les Grands rendez-vous 38 $ Lisa LeBLanC Jeu.31 mars, 20 h La série révéLation anaCHnid sam.19 février 20 h Les réCidivistes CoLin Moore sam.26 mars 20 h 30 $ 25 $ 0083419 SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M2 ARTS ET SPECTACLES VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com Les paroles des chansons de Tire le coyote ont toujours été de l\u2019ordre de la poésie, mais depuis la publication de son recueil La mémoire est une corde de bois d\u2019allumage, l\u2019auteur-compositeur- interprète laisse encore plus de place au poète en lui, comme en témoigne son nouvel album, Au premier tour de l\u2019évidence.«Pour la première fois, j\u2019ai écrit tous les textes avant même d\u2019apposer une note de musique», dévoile Benoit Pinette.Les mots devaient vivre par eux- mêmes avant qu\u2019il les enveloppe de sa musique.«C\u2019est quand même vertigineux d\u2019apposer des mots sur une feuille blanche et de ne pas les \u201ccacher\u201d derrière une instrumentation, une orchestration, une voix ou quelque chose d\u2019autre», partage celui qui semble avoir pris goût à ce vertige.Sur son nouvel opus, Benoit Pinette offre le premier mot à José- phine Bacon.Pour le musicien, rien ni personne n\u2019égale le pouvoir d\u2019évocation de cette grande poétesse.«J\u2019entendais sa voix quand j\u2019écrivais», explique l\u2019auteur qui a composé ce poème en pensant à elle.Ce texte récité donne le ton et nous met dans le bon état d\u2019esprit pour apprécier la suite, incitant à porter une attention particulière aux paroles.NATURE ET PHILOSOPHIE Depuis l\u2019arrivée de la COVID-19, le résident de Limoilou vit à temps partiel à la campagne, à Saint- Élie-de-Caxton en Mauricie.«Je ne dirais pas que c\u2019est la pandémie qui a créé ça, mais disons que je me cherchais un chalet depuis longtemps», précise celui qui désirait prendre ses distances avec une certaine «morosité» ressentie en ville, où il y a moins d\u2019espace et plus de gens.«En campagne, on ressent moins ce stress de rencontrer des gens, puis c\u2019est sûr que ç\u2019a fini par influencer énormément l\u2019écriture du disque», ajoute-t-il.Le poète reconnait en riant qu\u2019il avait un certain jugement vis-à-vis des artistes qui devaient absolument partir en résidence dans un endroit retiré pour composer une œuvre.«La plupart des albums et des chansons que j\u2019ai écrites, c\u2019est sur le bord de ma table de cuisine en ville, mais, au final, j\u2019ai changé mon fusil d\u2019épaule», admet le musicien.L\u2019environnement plus serein qu\u2019il a découvert en campagne lui a apporté un nouvel ancrage, doublé d\u2019un certain détachement, dans son processus créatif.«Je pense que ça s\u2019est transposé dans l\u2019écriture de l\u2019album qui a quelque chose d\u2019un peu plus enveloppant et apaisé en général», souligne celui qui s\u2019est intéressé aux enseignements du taoïsme pendant l\u2019écriture de son nouvel opus.« D a n s c e t t e p h i l o s o p h i e chinoise, la nature est l\u2019enseignante ultime d\u2019une vie heureuse, ce qui, dans mon nouvel environnement tranquille et apaisant, prenait tout son sens», explique-t-il.Benoit Pinette s\u2019est notamment permis d\u2019explorer cette lenteur méditative dans À fleur d\u2019eau, une composition instrumentale new age où cohabitent les sons d\u2019un Moog, d\u2019un Korg et d\u2019un vieux Juno.Ce morceau se rapproche d\u2019un style de musique plus ambiant qu\u2019écoute beaucoup le chanteur folk et qui a voulu jumeler ces deux univers.DÉCOUVRIR L\u2019ÉVIDENCE Il n\u2019est pas le premier à faire l\u2019éloge de la lenteur.Ni de l\u2019amour, comme il le fait dans la chanson- titre de l\u2019album.«Au premier tour de l\u2019évidence, ça se rattache à tout ce qui est sous nos yeux, qui semble évident, mais qu\u2019on ne voit pas parce qu\u2019on est submergé par le quotidien et le rythme effréné de nos vies», explique-t-il.«On vit dans des sociétés axées beaucoup sur la productivité, Moi, c\u2019est l\u2019effet contraire que ça me fait : c\u2019est dans la lenteur et l\u2019arrêt que je vais davantage me retrouver et non dans ce besoin de montrer que je suis bon à tout prix» \u2014 Tire le coyote, en parlant de la productivité et de la performance qui mènent nos sociétés TIRE LE COYOTE POÈTE DE LA LENTEUR laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 ARTS ET SPECTACLES M3 sur la performance, et moi, c\u2019est l\u2019effet contraire que ça me fait : c\u2019est dans la lenteur et l\u2019arrêt que je vais davantage me retrouver et non dans ce besoin de montrer que je suis bon à tout prix», affirme l\u2019auteur-composi- teur-interprète qui a acquis une certaine notoriété au Québec depuis ses débuts.To u t e n r e c o n n a i s s a n t s a chance, l\u2019artiste confie que de remplir les salles et d\u2019enchaîner les concerts n\u2019est pas ce qui apaise «l\u2019être un peu complexe» qu\u2019il est.Le musicien partage d\u2019ailleurs quelques critiques sur l\u2019industrie dans La couleur du vent et Matière première.Cette dernière est parue en 2019 sur S ession acoustique I .Elle était la seule composition inédite de cet album où Benoit Pinette réinterprétait ses propres pièces.Cette fois, elle est l\u2019unique reprise des 11 morceaux présentés.L\u2019artiste propose des arrangements plus étoffés dans cette récente version de la chanson dont est tiré le titre de son recueil de poésie.En harmonie avec sa nouvelle appréciation de la lenteur, Tire le coyote effectuera une tournée à partir du 3 mars, mais de manière un peu différente que par le passé.Les spectacles, notamment, seront plus espacés dans le temps.«La tournée c\u2019est hyper le fun \u2014 c\u2019est la communion et le partage avec les gens \u2014 , mais je sais maintenant que ce qui me motive réellement et ce qui me fait du bien, c\u2019est la création», explique celui qui a décidé de s\u2019écouter, malgré toute la reconnaissance qu\u2019il éprouve pour les gens qui se déplacent pour l\u2019entendre jouer.«C\u2019est peut-être le début de la quarantaine aussi.Il arrive un moment où il faut s\u2019arrêter et se demander ce que nous on veut», conclut-il.L\u2019environnement plus serein que Tire le coyote a découvert à la campagne lui a apporté un certain détachement dans le processus créatif.\u2014 LE SOLEIL, YAN DOUBLET «Je trouve qu\u2019il y en a qui ont ce talent de vivre sans trop s\u2019en faire avec les choses et je n\u2019ai pas ce talent», indique Benoit Pinette.C\u2019est peut-être pour cela, avance l\u2019homme préoccupé par de grandes questions existentielles, que les personnages qu\u2019il met en scène dans ses textes sont toujours en quête de quelque chose.C\u2019est le cas de Mathilde, dont l\u2019inspiration est venue alors que Benoit Pinette travaillait sur la musique du documentaire La parfaite victime.La chanson n\u2019évoque pas l\u2019agression en soi.Elle s\u2019attarde plutôt à l\u2019état psychologique dans laquelle se trouve la survivante.Figée et paralysée, Mathilde tente de se libérer de son mal-être.« Elle cherche à parler.Elle cherche à résister», souligne l\u2019artiste qui n\u2019a pas de difficulté à se mettre à la place de quelqu\u2019un d\u2019autre.Au contraire, sa grande sensibilité lui fait vivre toutes sortes d\u2019émotions par procuration.Loin de vouloir exacerber la tristesse liée aux thèmes exploités, Benoit Pinette conçoit plutôt ses compositions comme des compagnons potentiels pour les âmes souffrantes.Lui-même se sent moins seul quand il découvre une œuvre évoquant ses propres hantises.«J\u2019ai l\u2019impression d\u2019être compris.[\u2026] Une chanson triste me propulse et m\u2019aide à sortir de cet état, partage le poète.Ça sert un peu à ça, finalement, la musique.Les gens se sentent moins seuls avec l\u2019art en général.» AVEC ROBERT LALONDE Durant les six à huit mois au cours desquels sont nés les textes de ses morceaux, le musicien a lu une douzaine de livres de Robert Lalonde.«Robert [Lalonde], sans le savoir, est celui qui a le plus influencé l\u2019écriture de cet album», affirme Benoit Pinette.Il a senti que l\u2019auteur partageait certaines de ses souffrances existentielles tout en étant, lui aussi, capable de les conjuguer à une vision du monde empreinte d\u2019espoir.«Ça me nourrissait tellement, autant dans mon b es oin de comprendre que de philosopher, indique le musicien.Il y a des artistes comme ça qui nous touchent au point qu\u2019on a l\u2019impression qu\u2019ils ont tout fait pour nous parler à nous.» Benoit Pinette fait partie de ces personnes qui écrivent aux artistes dont les œuvres l\u2019ont marqué.Improbable et instantanée, une amitié est née avec Robert Lalonde, qui a découlé sur une collaboration.Un peu à la manière d\u2019un cadavre exquis, i ls ont coécrit Nous brûlons jusqu\u2019aux os à distance, au fil de leur correspondance.Cette amitié n\u2019est pas la seule qui a contribué à la conception du nouvel album de Tire le coyote.L\u2019arrivée du musicien à Saint-Élie- de-Caxton l\u2019a aussi rapproché de Jeannot Bournival, avec qui il a coréalisé Au premier tour de l\u2019évidence paru le 11 février.« I l a s o n p rop re stu di o au v i l l a g e » , s o u l i g n e l \u2019a u t e u r- compositeur-interprète, qui a profité de cette situation pour enregistrer ses chansons à un rythme plus lent, en ayant le luxe de faire plusieurs essais.«Ça m\u2019a vraiment permis de p l o n g e r d a n s l a v i s i o n q u e j\u2019avais et lui avait les capacités et l\u2019habileté à construire ces couches sonores et à me diriger là-dedans», ajoute-t-il.VALÉRIE MARCOUX SE RETROUVER DANS L\u2019ART SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M4 ARTS ET SPECTACLES Sur L\u2019heure mauve, chaque nouvelle composition entretient des liens, parfois évidents, parfois moins, avec la relecture du classique qui la précède.Ainsi, à L\u2019hymne au printemps de Félix Leclerc succède très naturellement un Hymne à l\u2019automne permettant à Pierre Lapointe de faire ses adieux à un ami cher, le compositeur Michel Robidoux, décédé en 2021.Au pays de Youkali de Kurt Weill, Lapointe répond par son propre néologisme, Pépiphonie, figure d\u2019« impératrice de la nuit » flottant dans une mélodie inspirée (entre autres) par l\u2019univers disneyen de Blanche-Neige, indique-t-il.Ce mot imagé provient d\u2019une chanson que Lapointe a composée il y a plus de 20 ans, mais qu\u2019il avait « fait disparaître », faute d\u2019en être satisfait.« Pour Le serpent qui danse, j\u2019ai pris le piétage du poème de Baudelaire [suggérant] une relation érotique entre deux êtres, et on peut chanter mon texte sur cette musique » de Léo Ferré.Lorsqu\u2019est venu le temps d\u2019accompagner la Gnossienne nº 1 d\u2019Érik Satie, Phil Brault et Lapointe se sont mis au dessin, procédant un peu comme les poètes dadas et leurs cadavres exquis.« On a été surréalistes, puisque Satie était un surréaliste. » Observant la fascination de Nicolas Party pour Marlene Dietrich (l\u2019exposition du MBAM met en relation deux de ses portraits de la chanteuse teutonne avec une toile d\u2019Otto Dix), Pierre Lapointe a choisi d\u2019entonner \u2014 en allemand, une première pour lui \u2014, Sag mir wo die Blumen sind, « hymne pacifiste » popularisé par Dietrich.Il y voit là un « lien à la fois léger et profond, avec la guerre, l\u2019histoire de l\u2019Allemagne et l\u2019histoire de l\u2019art », auquel il ajoute, avec le morceau Les fleurs d\u2019une autre dimension, ses propres liens : « Quand par amour on donne leurs cadavres jolis / Toujours elles nous pardonnent de leur enlever la vie », chante-t-il.ARTISTE VISUEL RATÉ Pierre Lapointe aime s\u2019auto- proclamer « artiste visuel raté », au regard du fait qu\u2019il a, dans sa jeunesse, suivi des études universitaires en arts à l\u2019UQAM.Sa carrière de musicien embrassée à pleine bouche ne l\u2019a toutefois pas empêché de bécoter les arts visuels, collaborant ici et là avec des plasticiens de renom (Sophie Calle, David Altmejd), ou en agissant à titre de porte-parole pour le Musée national des beaux- arts du Québec, lors de l\u2019inauguration de son nouveau pavillon Pierre-Lassonde.Cette collaboration avec le MBAM est une « source de grande fierté », mais c\u2019est aussi la « suite logique » de son grand-œuvre musical, voire une forme d\u2019« aboutissement », s\u2019enorgueillit l\u2019artiste.YVES BERGERAS, LE DROIT YVES BERGERAS Le Droit Le nouvel album de Pierre Lapointe, L\u2019heure mauve, est « conçu en sept tableaux ».Rien d\u2019étonnant, puisque les quatorze pièces qui le composent sont destinées à accompagner les visiteurs du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) tout au long d\u2019une exposition éponyme mise sur pied par le plasticien suisse Nicolas Party, pensée comme « une méditation à la fois festive et crépusculaire sur la nature, sa représentation dans l\u2019art et son avenir », à découvrir jusqu\u2019au 16 octobre.Mais si la musique permet bien d\u2019amplifier la dimension « immersive » de l\u2019expérience muséale, l\u2019album de Pierre Lapointe (offert en ligne depuis lundi, alors qu\u2019une version vinyle est prévue pour l\u2019été) a une vie propre et peut très bien coexister de façon complètement autonome, souligne son auteur.L\u2019œuvre alterne entre sept compositions originales et sept reprises puisées dans le répertoire classique de la grande chanson française, qui viennent leur faire écho, tout comme l\u2019exposition de Nicolas Party met en dialogue ses toiles et murales avec une sélection d\u2019œuvres extirpées des voûtes du MBAM.L\u2019heure mauve s\u2019ouvre sur Le serpent qui danse, texte de Baudelaire mis en musique par Léo Ferré, puis l\u2019album se déploie en convoquant Aznavour, Vigneault, Félix Leclerc, Kurt Weill, Pete Seeger (le temps d\u2019interpréter, dans la langue de Goethe, une chanson associée à Marlene Dietrich) et le pianiste Érik Satie, auquel Lapointe répond par une piste instrumentale de son cru.Rien de récent, donc.Et ces « classiques », l\u2019auteur-compositeur-inter- prète les dépoussière en prenant garde de ne pas les bouleverser, optant pour une certaine humilité, dans une démarche orchestrale classiciste, d\u2019intention, elle aussi, muséale.Loin des incartades élec- tro-pop, L\u2019heure mauve est alité sur un tapis de cordes, de vents et de chœurs propice à la rêverie et la nostalgie.UN COUP DE CHAPEAU AU PASSÉ « Comme ça se passait dans un musée, on a essayé de rester assez proche des versions originales », dit Lapointe.« On » évoque le travail de Philippe Brault à la réalisation et de Guido Del Fabbro, venu signer certains arrangements.Lapointe s\u2019est aussi adjoint les services du pianiste Philip Chiu et d\u2019un ensemble de neuf cordes, dont le Quatuor Molinari.« L\u2019objectif n\u2019était pas de faire des chansons pour les dancefloors », mais de rester fidèle aux « arrangements d\u2019une époque, parce que c\u2019est aussi ça, l\u2019intention » : faire un vrai beau clin d\u2019œil à ce passé où l\u2019on faisait les choses différemment et rendre hommage à des arrangements dont il importe de reconnaître le pouvoir d\u2019évocation, poursuit-il.Une démarche qui va en sens inverse avec les habitudes de Pierre Lapointe : « Dans mon travail, j\u2019ai toujours essayé de brouiller les pistes, pour qu\u2019on ne sache pas trop quand ç\u2019a été fait ou à quelle époque ça renvoie. » « Mon but, c\u2019était de rester classi- ciste dans l\u2019approche sonore et aussi dans la façon d\u2019utiliser la langue », non pour singer les anciens, mais pour se coller à leur façon d\u2019approcher le verbe, la poésie, le piétage.« Mon obsession, c\u2019était de retrouver un classicisme qu\u2019on [les chanteurs] n\u2019exploite plus vraiment, aujourd\u2019hui. » « Je voulais faire quelque chose qui soit à la hauteur de l\u2019architecture d\u2019un musée, avec ses colonnes grecques, ses plafonds hauts, ses grands espaces.Je voulais quelque chose d\u2019aussi sophistiqué et d\u2019imposant, mais qui soit léger et harmonieux en même temps. Des entames de cordes, en chanson, c\u2019est comme les colonnes, en architecture : c\u2019est solide et c\u2019est très beau. » MÉLANCOLIE Dans cet espace de liberté, la plus grande contrainte créative du musicien a été.le temps! « On en avait peu! J\u2019ai 20 ans de carrière, alors j\u2019ai la prétention de penser que je peux [respecter une échéance serrée], mais il faut quand même les accoter, ces grands classiques.Il ne faut pas que [nos compositions] sonnent pouet pouet à côté d\u2019elles », s\u2019esclaffe Pierre Lapointe.L\u2019atmosphère qui s\u2019en dégage se fond dans l\u2019ambiance, elle aussi teintée de mélancolie, de l\u2019exposition de Nicolas Party.Mais cela n\u2019a pas été calculé : « Dans mes couleurs sonores, il y a quelque chose qui amène naturellement la mélancolie. » PIERRE LAPOINTE MUSARDER DANS LES BEAUTÉS MUSÉALES Nicolas Party et Pierre Lapointe \u2014 RICHMOND LAM, MBAM LE PLAISIR DU JEU DE PISTES PIERRE LAPOINTE L\u2019heure mauve CHANSON FRANCO Bonsound laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 ARTS ET SPECTACLES M5 Une aura de mystère nimbe l\u2019au- teure-compositrice-interprète Anachnid.Sa facture sonore et visuelle, tout comme son nom d\u2019artiste, contribue sans doute à cette impression.Tout autant que sa personnalité singulière.Tout juste dans la vingtaine, elle élude déjà son âge, préfère ne pas trop s\u2019attarder sur sa véritable identité et nous confie d\u2019entrée de jeu qu\u2019elle ne souhaite pas insister sur ses racines autochtones.Pourtant, elle y reviendra elle-même à quelques reprises durant la conversation.Complexe Anachnid! Mais parlons d\u2019abord de ce nom de scène \u2014 inspiré de l\u2019araignée, son animal totem de la nation oji- cri \u2014 auquel elle s\u2019identifie complètement.«C\u2019est une grand-mère araignée bienveillante, qui protège les familles des mauvais esprits et des mauvais rêves.Ça met une intention dans mes spectacles.J\u2019ai aussi un côté venimeux plus sombre, un peu mesquin, mais quand je performe, j\u2019emmène les gens vers la lumière et la guérison», affirme-t-elle.EXPÉRIMENTAL Lauréate du Félix de l\u2019artiste autochtone de l\u2019année au Gala de l\u2019ADISQ 2021 \u2014 et aussi nommée dans plusieurs autres catégories \u2014, Anachnid profite de l\u2019émergence de la scène autochtone pour expérimenter.Inspirée de ses racines, elle se permet tout, réinventant les sons, insérant dans ses pièces des références à la nature et jouant à fond la carte de l\u2019urbanité.Tout y passe : l\u2019électro-pop, la lenteur du trap, l\u2019indie, notamment, portés par des effets numériques et de synthétiseurs.La jeune femme compare sa musique à de la nourriture, faisant remarquer que certains chefs cuisinent dans un style traditionnel, alors que d\u2019autres choisissent le style «fusion».«Je te laisse deviner ce que j\u2019ai choisi de faire!» lance-t- elle en riant.Le résultat est souvent planant, à mille lieues des sentiers battus.Assez pour que son premier album Dreamweaver apparaisse sur la longue liste du prix de musique Polaris en 2020.Le public l\u2019a cependant découverte en 2018, lorsqu\u2019elle a lancé l\u2019extrait Windigo.Depuis, sa popularité se dessine, lentement, mais sûrement.«J\u2019ai toujours été quelqu\u2019un de privé et d\u2019introverti, alors ça s\u2019est bien passé.Je pense que je me suis intégrée à un bon rythme à la société en tant qu\u2019artiste.J\u2019ai fait attention à la façon dont je partage qui je suis, j\u2019ai été prudente pour ne pas entrer trop vite dans les médias.Nous, les autochtones, avons survécu à travers le silence.C\u2019est une valeur culturelle chez moi», glisse-t-elle.MAGIQUE Le mot magie revient souvent dans le discours de cette artiste multidisciplinaire «qui aime s\u2019inspirer de l\u2019univers».À commencer par le moment particulier où la musique lui est apparue comme une révélation.«J\u2019avais quatre ans, c\u2019était la Saint-Jean-Baptiste, i l pleuvait, il faisait chaud, il y avait des chandelles partout, des airs de saxophone et tout le monde était content.C\u2019est un souvenir clair pour moi.J\u2019ai toujours eu une connexion magique avec la musique.» En spectacle, Anachnid exploite sa théâtralité en se costumant et en créant des univers enveloppants.Ici encore, on revient à la magie.«J\u2019aime que mes performances soient comme un rêve, comme si le temps n\u2019existait pas», mentionne celle qui attire un public de tous les âges, enfants inclus.Flanquée de deux musiciens, elle se permet même quelques « petits solos» en s\u2019accompagnant à la flûte, au clavier et au tambourin.E t d é t a i l n o n n é g l i g e a b l e , avant ses spectacles, Anachnid prend soin de découvrir le passé autochtone des endroits qu\u2019elle visite.Une marque de respect qui, semble-t-il , fait mouche chaque fois.ANACHNID RÊVER ÉVEILLÉE Anachnid s\u2019inspire de ses racines autochtones pour explorer et créer ses propres sonorités, résolument urbaines.\u2014 QURE AGENCY Envie d\u2019y aller?Quand : le samedi 19 février à 20h (avec le chanteur La Faune en première partie) Où : Maison de la culture de Waterloo Billets : mcwaterloo.com ISABEL AUTHIER isabel.authier@lavoixdelest.ca SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M6 ARTS VISUELS L\u2019exposition du photographe René Bolduc et de la poète Mélanie Noël Les futurs Disparus empreint de souvenirs les murs du Centre culturel Yvonne L.Bombardier de Valcourt.Par des photographies réalisées sur plus de trois décennies et une poésie inspirée des images, les deux artistes maintiennent en vie des moments sortis du temps.La rencontre entre les deux Estriens remonte à 2017.« C\u2019est un projet proposé par Richard Séguin, avec qui nous avions travaillé tous les deux.Il a eu la bonne idée de nous jumeler pour une exposition de mots et photos destinée à la galerie La Sacristie à Saint-Venant-de-Paquette », souligne Mélanie Noël.Les futurs disparus a été affichée pour la première fois en 2018, assortie de la publication d\u2019un livre.L\u2019exposition en est à sa quatrième édition.Elle s\u2019est bonifiée chaque fois, dont celle-ci, de nouveaux clichés et poèmes.« Nos futurs disparus disparaissent moins vite quand l\u2019exposition a l\u2019occasion de renaitre », commente Mélanie Noël.TRENTE ANS D\u2019IMAGES René Bolduc pratique la photographie depuis l\u2019âge de 14 ans.« J\u2019ai commencé avec des appareils 35 mm, puis 2 pouces ¼, et je suis passé au 4 X 5 pouces, puis au grand format.Je n\u2019ai pas d\u2019appareil numérique », dit-il.La rareté des films et du papier argentique a poussé le photographe à réorienter sa pratique.« Dans les années 2000, j\u2019ai commencé à faire du collodion humide.Je me suis fait une chambre noire dans mon auto.Je mets moi-même l\u2019émulsion sur les plaques et je dois les développer avant qu\u2019elles sèchent », raconte l\u2019artiste, qui est ainsi passé à une technique encore plus ancienne que l\u2019utilisation de la pellicule.Depuis trente ans, il sillonne les Cantons-de-l\u2019Est à la rencontre d\u2019humains, de paysages et de bâtiments qu\u2019il fige dans le temps.« J\u2019aime rencontrer le monde, le contact humain est important.La façon dont je pratique la photographie demande une certaine sensibilité.Je me laisse attirer par des maisons, j\u2019arrête en passant, je cogne, on discute\u2026 Je fais beaucoup de portraits en environnement. » S a t e c h n i q u e a n c i e n n e s e conjugue avec la lenteur.« Je vois ce que je veux en premier.Je mets une pierre par terre.Je vais chercher le matériel à mon auto.C\u2019est un long processus qui s\u2019enclenche et qui aboutit sur une photographie », décrit René Bolduc.Après trente ans à capter sa région, il constate que beaucoup de ses sujets ont déjà disparu.Il reconnait : « Je suis content d\u2019avoir pris ces photos-là. » LES MOTS SUR LES IMAGES Mélanie Noël, à l\u2019image de son collègue qui s\u2019imprègne de lieux, se laisse porter par les images de René Bolduc pour qu\u2019en naissent de courts poèmes.« René me racontait l\u2019histoire de chaque photo.C\u2019est quelqu\u2019un qui aime la lenteur.Peu importe ce qu\u2019il fait, il va prendre le temps, donc il y a une grande histoire derrière chaque photo », dit-elle, avant d\u2019imager son processus : « Comme le négatif de René qui réagit, ce sont des éclairs de poésie qui naissent. » Mélanie Noël est tantôt inspirée par l\u2019histoire derrière l\u2019image, tantôt par l\u2019image elle-même.« Ce sont de courts poèmes.Je ne voulais pas que ce soit trop long.On est dans un musée, donc c\u2019est assez accessible sans avoir besoin de se concentrer trop longtemps. » René Bolduc a attendu plusieurs mois avant de découvrir les textes de sa collègue : « Elle me les a envoyés en novembre, on devait imprimer en janvier.Je voyais souvent de quelle image elle parlait.Elle est très sensible. » Depuis toujours, l\u2019écriture fait partie de la vie de Mélanie Noël.« Mais avant que je montre mes écrits créatifs à d\u2019autres, j\u2019étais déjà adulte depuis longtemps.C\u2019est en vieillissant que j\u2019ai assumé ce partage », dit-elle.Aujourd\u2019hui, elle est sollicitée par d\u2019autres artistes pour que ses textes accompagnent leurs images.Selon Mélanie Noël, « une des forces de l\u2019exposition, c\u2019est son aspect universel.C\u2019est une occasion de rendre hommage à chacun de nos ancêtres.On peut s\u2019imaginer dans le futur, se retrouver dans son passé. » Et au-delà de toutes les rencontres effectuées entre le photographe et ses sujets et celle entre la poète et les images, cette dernière ajoute : « On est devenus des amis.C\u2019est une rencontre de plus à ajouter à la liste. » Sur place, les visiteurs peuvent également profiter de l\u2019exposition de papier Le cimetière des naufrages de Sébastien Gau- dette, en plus d\u2019admirer les œuvres de l\u2019installation Mettre la tête où l\u2019on pense de l\u2019artiste Michèle Lapointe.Le photographe René Bolduc et la poète Mélanie Noël présentent une version bonifiée de l\u2019exposition Les futurs disparus.\u2014 LA TRIBUNE, ARIANE AUBERT BONN ARIANE AUBERT BONN aabonn@latribune.qc.ca Initiative de journalisme local LES FUTURS DISPARUS MÉMOIRE EN MOTS ET IMAGES À faire, à voir cette semaine.ARTS VISUELS Du 17 février au 27 mars, Violette Dionne, sculpteure et céramiste, expose ses créations hétéroclites qui composent Branle-bas de combat.L\u2019exposition est présentée au Centre d\u2019art Arts Sutton.Jusqu\u2019au 12 mars, le Centre d\u2019art de Dunham présente l\u2019exposition Fulgurances composée d\u2019une vingtaine d\u2019œuvres réalisées au pastel sec par l\u2019artiste François-Xavier Chamberland en 1979.Bien qu\u2019elle soit exposée pour la première fois, cette série nous ramène aux débuts de sa carrière.Jusqu\u2019au 16 avril, le Musée Bruck accueille l\u2019artiste multidisciplinaire Ewa Scheer, qui présente la série de portraits Imago Historicus et la collection Météographes, composée de peintures éphémères réalisées sur des plaques de glace trouvées en nature, puis photographiées.MUSIQUE Thomas Carbou, l\u2019explorateur sonore, s\u2019arrête à la Salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton le 18 février à 20h.Billets : lepointde- vente.com AUTRES Les Aventuriers voyageurs font un arrêt à la Maison de la culture de Waterloo le 13 février à 13h30 pour la projection du documentaire Amérique du Nord en Westfa- lia.Billets : reseau.ovation.ca Le documentaire Splendide Islande des Aventuriers voyageurs sera présenté le 20 février à 15h30 et le 23 février à 19h au Cinéma Élysée de Granby.Il sera aussi diffusé au Cinéma Princess de Cowansville le 10 mars à 19h.Dans tous les cas, on réserve au guichet des cinémas concernés.ENVIE DE SORTIR ? laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 M7 LECTURE LÉA HARVEY lharvey@lesoleil.com L\u2019histoire de Cesare et d\u2019Elena avait des débuts romanesques : l\u2019homme fort, sauvage et courageux enlève la belle à son avenir tout tracé.Ensemble, sur leur fidèle destrier, ils voguent amoureux vers de nouvelles contrées.Or, le destin en a pourtant décidé autrement, convient Tonino Benacquista.Avec Porca miseria, le célèbre écrivain (Saga, Malavita) et scénariste refait le parcours de vie de ses parents et de sa fratrie, qui ont quitté l\u2019Italie pour la France, en 1954, sept ans avant sa naissance.Q M.Benacquista, qu\u2019est-ce qui vous a amené à rédiger ce livre sur votre histoire familiale?R J\u2019écris depuis plus de 30 ans maintenant et je n\u2019ai jamais fait que des fictions.Il m\u2019a fallu tout ce temps pour me décider à écrire une histoire vraie, en l\u2019occurrence la mienne, celle de mes parents.Je crois qu\u2019il a fallu beaucoup de temps pour me réconcilier avec cette histoire.Mais je pense aussi que tous les auteurs, au courant de leur vie, passent par [la création de] ce récit et, là, pour moi, le moment était venu.Je ne le fais qu\u2019une fois, me raconter moi.Ensuite je retourne à la fiction.Q C\u2019était la première fois que vous vous soumettiez à cet exercice.Avec du recul, comment avez-vous vécu ce plongeon dans le passé?R J\u2019en ressors avec un certain soulagement.J\u2019ai dû me réconcilier avec cette histoire parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas forcément de souvenirs heureux ni d\u2019une période heureuse, mais j\u2019avais envie de raconter tout ça.En partie pour m\u2019en débarrasser.En même temps, parler de soi, ça me permettait d\u2019aborder beaucoup d\u2019autres choses.Me raconter seulement moi, ça n\u2019aurait pas eu beaucoup d\u2019intérêt.Ce qui m\u2019intéressait, c\u2019était de parler du sentiment de déracinement, de double culture, d\u2019appartenance \u2014 ou pas \u2014 à une culture.Je traite ça de l\u2019intérieur, en essayant de croiser le regard de l\u2019enfant que j\u2019étais et celui de l\u2019adulte que je suis devenu.Avec 50 ans d\u2019écart.Q Avez-vous l\u2019impression de dresser également un certain portrait de l\u2019époque?R Oui, bien sûr.Je montre les années 70 telles que je les ai vécues : dans cette petite banlieue ouvrière où mes parents s\u2019installent.Il y a aussi beaucoup de souvenirs d\u2019école! Mes confrontations avec l\u2019école elle-même, le savoir, la lecture.La conquête du français n\u2019allait pas de soi pour moi, même si je suis né en France et que j\u2019ai appris cette langue dès la maternelle.Dans une famille d\u2019immigrés, avec des parents qui ne parlaient pas beaucoup le français.J\u2019essaie donc de mettre en avant ce paradoxe : pourquoi mon appropriation de la langue française s\u2019est faite par l\u2019écriture plutôt que par la lecture.J\u2019ai le sentiment d\u2019avoir écrit avant d\u2019avoir lu.Q Est-ce qu\u2019au fond, au-delà de la lecture et de l\u2019écriture, vous vous intéressiez surtout à la fiction?Parce que le livre fait un peu l\u2019éloge de tous les possibles qu\u2019il nous reste à créer.R Oui, il y a de ça.Je laisse une place à l\u2019imaginaire : tous les enfants rêvent, créent des histoires.Moi, disons que j\u2019aimais bien avoir une trace écrite de ça.Je voulais fabriquer une fiction et surtout la terminer! C\u2019est ça qui était important.Je pense que le goût de la lecture m\u2019est venu tardivement, car il y avait quelque chose d\u2019inhibé.J\u2019étais inquiet de m\u2019attaquer aux classiques.Il y avait quelque chose que je ne m\u2019autorisais pas, qui n\u2019était pas spontané, devant Balzac, Dumas, Zola.J\u2019entendais mes collègues de classe qui s\u2019exaltaient à la fin du Comte de Montecristo et qui s\u2019attaquaient à L\u2019île au trésor.Hélas, je n\u2019avais pas recours à ces livres.En revanche, je n\u2019ai jamais eu de problème à écrire mes propres histoires, à fabriquer de la fiction.Je ne faisais pas de la poésie ni du journal.Pour moi, raconter une histoire, c\u2019est aussi se confronter à la langue.Et je crois que ça m\u2019a plus appris qu\u2019une dictée à l\u2019école.Q Mais votre livre baigne également dans la culture au sens large du terme.Pourrait-on parler d\u2019une forme d\u2019hommage?R À la culture populaire, oui.Dans un des chapitres, je décris ce que peut être l\u2019idée de culture dans une petite banlieue en 1972 et des œuvres qui étaient à la portée des enfants du quartier.Il y a la bande dessinée, le cinéma certainement, la musique, mais pour moi dans une moindre mesure, la télévision.Mais toutes ces influences que j\u2019ai pu avoir, elles se traduisaient par le romanesque.Ce n\u2019était pas le cinéma qui m\u2019intéressait, c\u2019était le travail de fiction qui prenait une forme particulière.Quand j\u2019ai travaillé dans ce domaine, c\u2019était immédiatement en tant que scénariste.Ça n\u2019a pas été autre chose.Je ne me suis jamais dit: «Tiens, un jour je dirigerai des acteurs et leur ferai jouer une scène.» Ça ne m\u2019a jamais traversé l\u2019esprit! [\u2026] Q Quelle est votre relation avec l\u2019écriture aujourd\u2019hui?R Je viens d\u2019avoir 60 ans et je n\u2019ai plus cette espèce de frénésie que je pouvais avoir quand j\u2019étais jeune.Quand j\u2019avais 25 ans, j \u2019étais obsédé par l\u2019 idée de publier m e s b o u q u i n s.J \u2019a i e u d e l a chance, mais c\u2019était préoccupant.Aujourd\u2019hui, c\u2019est mon travail quotidien.Je me lève tous les matins, j\u2019écris jusqu\u2019à midi et après je passe à d\u2019autres choses.C\u2019est plus apaisé.Maintenant, dans mon rapport à l\u2019écriture, ma question véritable est : «pourquoi écrire cette histoire?» Parce qu\u2019elle va m\u2019occuper pendant deux, trois ans.Une fois que j\u2019ai beaucoup de matériel, j\u2019essaie de trouver toutes les raisons de ne pas le faire.Est-ce que j\u2019ai assez d\u2019idées pour le mener à bien?Est-ce que c\u2019est une redite par rapport à ce que j\u2019ai déjà fait?Est-ce que ça n\u2019a pas été 100 fois déjà fait et 100 fois mieux?À quoi bon raconter ça aujourd\u2019hui?Si je n\u2019ai pas trouvé le moyen de m\u2019en débarrasser, alors là il faut que j\u2019écrive le roman.Je conser ve donc quelques doutes, mais il y a aussi beaucoup de certitudes.J\u2019ai fini par les acquérir grâce à mon expérience! Aujourd\u2019hui, je sais notamment que lorsque je bute sur quelque chose, j\u2019en trouverai la solution si je persiste.C\u2019est une sagesse que je crois avoir maintenant.Q Est-ce qu\u2019en tant qu\u2019écrivain on conserve toujours une carapace?Même lorsqu\u2019on aborde des sujets plus délicats comme ceux de Porca misera?R Vu les thèmes que j\u2019évoque, j\u2019ai quand même l\u2019impression d\u2019être allé assez loin dans la confidence.J\u2019ai eu l\u2019autorisation de ma famille et eu accès à leur mémoire puisque je remonte dans le temps, bien avant ma naissance.[\u2026] Après j\u2019ai dû chercher une tonalité entre le regard de l\u2019enfant et celui de l\u2019adulte.L\u2019introspection, ça peut être ennuyeux.Je devais trouver des épisodes qui pouvaient faire écho dans l\u2019esprit des lecteurs.Q Finalement, j\u2019aimerais parler du nom de votre livre.«Porca miseria», c\u2019est une expression qu\u2019employait votre père.Pourquoi en faire le titre?R P a r c e q u e j e v o u l a i s u n titre italien.Ça a longtemps été un t i tre de travai l , mais j e m e s u i s a p e rç u q u e t o u t le monde, en France en tout cas, savait ce que c\u2019était.Les termes «porca miseria» [putain de merde] suivent les immigrés italiens, où qu\u2019ils aillent.Porca miseria est offert en librairie.TONINO BENACQUISTA HISTOIRE DE FAMILLE Dans Porca miseria, l\u2019auteur Tonino Benacquista écrit pour la première fois de sa carrière une histoire vraie.\u2014 PHOTO F.MANTOVANI SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M8 ARTS ET SPECTACLES DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com Voïvod a beau exister depuis 39 ans, représenter un gage d\u2019excellence sur la planète métal, ses membres demeurent hantés par le doute.Si étonnant soit-il, cet état d\u2019esprit habitait le batteur Michel Away Langevin il y a quelques semaines encore, à propos du 15e album studio de la formation.Mis en marché le 11 février, cet enregistrement intitulé Synchro Anarchy sera-t-il à la hauteur du précédent, The Wake, ou juste correct?Un début de réponse est venu des fans, après qu\u2019ils aient absorbé les premiers extraits.Il y a eu Planet Eaters et la tentaculaire Paranorma- lium, de même que la pièce titre, un brûlot aux accents rock porté par la voix spectrale de l\u2019autre cofondateur, Michel Snake Bélanger.«Comme ils ont été bien accueillis, ça nous a rassurés, tout comme les critiques qui commencent à sortir.Certains ont dit que c\u2019était le meilleur album de Voïvod», rapporte Away.Lui-même évite de se prononcer.Ce qui est toutefois clair dans son esprit, c\u2019est que la nouvelle collection de chansons reflète ce qu\u2019ont vécu ses artisans depuis trois ans.Ils étaient revenus à la maison après une longue et fructueuse tournée, avaient commencé à jammer autour de quelques idées, quand tout s\u2019est arrêté.N\u2019ayant plus accès à leur local, lui et Snake, de même que le bassiste Dominic Rocky Laroche et le guitariste Daniel Chewy Mongrain, se sont mis à partager des fichiers.«Il a fallu trouver des façons de travailler, malgré la distanciation.Puisqu\u2019on avait juste des bouts d\u2019idées, je crois que cette manière de procéder a rendu l\u2019album différent.Je le trouve plus progressif et le fait que Snake était isolé a joué sur ses textes.Sans qu\u2019il soit question de la COVID, on perçoit son influence», estime le batteur originaire de Jonquière, tout comme son éternel complice.Poussant plus loin son analyse, il croit qu\u2019à bien des égards, la vision artistique du groupe est en train de se réaliser.«Peut-être parce que nous avons grandi pendant la Guerre froide, la signature de Voïvod est apocalyptique.Moi, par exemple, je me souviens d\u2019avoir eu peur en voyant le film The Day After.Or, les paroles de Snake sont devenues ancrées dans le présent.La dystopie, on la vit maintenant.La science-fiction nous a rattrapés, constate Away.«Pour l\u2019album, cependant, nous avons fait attention de ne pas tomber dans la désinformation, ni d\u2019être trop terre à terre.Les textes, c\u2019est plus comme des contes.» LE CHEMIN PARCOURU Toujours pendant la crise sanitaire, le groupe a sorti des albums live afin d\u2019entretenir la flamme.Il a aussi donné des spectacles virtuels, mais il restait pas mal de temps à meubler.«C\u2019est évident que dans un contexte comme celui-là, les gens s\u2019évadent.Moi, je suis chanceux parce que j\u2019ai le dessin et que le site Away a généré plus de demandes, affirme le batteur.Pour éviter que ça tourne dans ma tête, je dois penser à autre chose.Alors, je dessine.Je dessine.» À cette relative quiétude a succédé une période de forte intensité, puisque le groupe a enregistré Syn- chro Anarchy au moment où il se remettait à tourner.«Nous n\u2019étions pas entièrement préparés pour faire l\u2019album, mais nous avions beaucoup d\u2019énergie provenant des spectacles.Notre objectif était de produire quelque chose d\u2019aussi bon ou de meilleur que The Wake et pour y arriver, nous avons travaillé comme des fous», rapporte Away.À cet égard, il met en lumière la contribution de Chewy sur Para- normalium.«Je ne sais pas si c\u2019était conscient, mais il a créé l\u2019intro à partir de la finale de l\u2019album The Wake.Et vu que c\u2019est un super bon arrangeur, il a travaillé fort pour que les enchaînements sonnent bien», énonce le batteur.Le résultat est que sur cette composition «à pentures», où plein de fenêtres s\u2019ouvrent et se referment aussitôt, on ne sent aucune rupture de ton.Il existe un ordre à l\u2019intérieur du chaos, pourrait-on dire.Sur une autre pièce de résistance, Holographic Thinking, ce qu\u2019on remarque au premier chef, c\u2019est le souffle épique suggéré par des guitares joliment texturées.En pensant à cet enregistrement, Away se remémore l\u2019époque des premiers émois musicaux, lorsqu\u2019il résidait à Jonquière.«Peut-être que l\u2019intro, la rythmique, c\u2019est des références à nos sources, à un groupe comme Black Sabbath», avance le musicien en donnant l\u2019impression de réfléchir à voix haute.Déroulant cette trame temporelle, le voici qui mentionne Sloche et Pollen, pionniers du prog au Québec.«On écoutait beaucoup ça, en plus du hard rock, mais quand Judas Priest et Motörhead sont arrivés en 1980, pour nous, ça a été une révélation.«C\u2019est à partir de ce moment que j\u2019ai fait du pouce pour voir ces groupes à Montréal, tout comme Iron Maiden.Je me suis dit que c\u2019était ça que je voulais faire, même si pour un gars qui s\u2019exprimait en français, ça semblait irréel», confie Away.De retour en 2022, il mesure le chemin parcouru et se réjouit à l\u2019idée que le groupe surfe sur une belle vague.«Ça fait 39 ans que je dédie ma vie à Voïvod.Il y a eu des périodes où on craignait d\u2019être oubliés, mais ce n\u2019est jamais arrivé.Dès nos débuts, nous avons parlé de la destruction de la planète et je crois que c\u2019est pour cette raison que le groupe reste populaire, raconte le musicien.On regarde ceux qui nous dirigent aujourd\u2019hui et des fois, on se demande s\u2019ils ne sont pas sociopathes.» EN TOURNÉE AU PRINTEMPS «On dirait que les gens ont soif de musique», note le batteur du groupe Voïvod, Michel Away Langevin.Son point de vue est celui d\u2019un musicien engagé dans un marathon d\u2019entrevues au sujet du 15e album studio de la formation, Synchro Anarchy.Partout dans le monde, des journalistes s\u2019intéressent à cet enregistrement, tandis que les amateurs de métal piaffent d\u2019impatience à l\u2019idée de voir le quatuor sur scène.C\u2019est la tempête parfaite, le prélude à un cycle de tournées qui pourrait s\u2019étirer sur deux ans.La première aura lieu aux États- Unis, comme le laisse entrevoir une annonce effectuée cette semaine.Voïvod sera l\u2019une des têtes d\u2019affiche du Metal Beer Fest, un événement tenu les 10 et 11 juin, à Philadelphie.Tant qu\u2019à traverser la frontière, avec toutes les tracasseries qu\u2019on imagine, on en profitera pour jouer aussi longtemps que possible.«Ce ne sera pas le moment de faire des allers et retours entre le Canada et les États-Unis.Par contre, je crois que les spectacles vont redécoller pour de bon.Partout, on remarque qu\u2019il y a moins d\u2019hospitalisations causées par la COVID», mentionne Away.Il ajoute que le groupe sera mieux outillé pour composer avec ces circonstances exceptionnelles.La gestion de risque sera optimale.C\u2019est donc avec optimisme que le batteur voit se dessiner la prochaine tournée.En additionnant les escales canadiennes, dont celles de Montréal et Québec, le quatuor couvrira le marché nord-américain avant de passer l\u2019automne en Europe.Il aurait dû s\u2019y rendre ce mois-ci, avant que ce projet ne soit décalé.«Ensuite, ce sera l\u2019Asie et l\u2019Australie, puis l\u2019Amérique du Sud où il y a une belle scène métal», précise-t-il.Après deux années en pointillé, lui et ses camarades retrouvent donc des sensations familières.La satisfaction d\u2019avoir ajouté neuf pièces à leur imposant corpus, jumelée à la douce fébrilité qui accompagne le retour sur la route.«Juste de tenir le CD et le vinyle dans mes mains, ça m\u2019a donné un beau feeling.On est super excités et chaque fois que des dates sont ajoutées, la tournée fait davantage partie de la réalité.Enfin, on va rencontrer de nouveaux amis», souligne Away.UN DOCUMENTAIRE Même si le temps risque de se contracter pour les membres du groupe, d\u2019autres projets solliciteront leur attention.L\u2019un des plus importants sera le documentaire intitulé We are connected, réalisé par Felipe Belacazar.À l\u2019approche du 40e anniversaire de Voïvod, il reviendra sur ce parcours improbable, amorcé à Jonquière.Pour assurer le financement, une campagne avait été menée l\u2019année dernière, par le truchement de Kickstarter.«On a dépassé l\u2019objectif.Les gens ont été généreux.Comme le gros du travail est complété, le film pourra sortir en 2022, confirme Away.Il comprendra des entrevues, ainsi que des archives et mes dessins animés.» DANIEL CÔTÉ Voïvod vient de sortir son 15e album studio, Synchro Anarchy.\u2014 CATHERINE DESLAURIERS VOÏVOD UN ALBUM DE SON ÉPOQUE laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 M9 SOCIÉTÉ RAPHAËLLE PLANTE rplante@lesoleil.com Qu\u2019est-ce qui unit deux personnes?Quelle est la cause du coup de foudre?En quoi la science peut-elle aider à comprendre notre vie amoureuse?Pour le professeur Normand Voyer, la Saint-Valentin est une belle opportunité pour parler d\u2019amour\u2026 et de chimie! Reconnu mondialement pour ses découvertes en chimie bioor- ganique, Normand Voyer se distingue aussi par son aptitude à vulgariser la science.Depuis 2007, il a offert plus de 325 représentations de La chimie de l\u2019amour, une conférence qu\u2019il adapte à différentes audiences \u2014 des ados du secondaire aux adultes.En 15 ans, les questions sur l\u2019amour avec un grand A n\u2019ont pas tellement changé, souligne le chimiste.«La question qui revient vraiment souvent c\u2019est : \u201cComment je sais que cette per- sonne-là est vraiment LA bonne personne, avec qui je serai toute ma vie?\u201d Est-ce qu\u2019il y a une façon de savoir si ça va fonctionner, si ça vaut la peine de s\u2019investir ou pas?On pense qu\u2019avec les nouvelles technologies on est capable de prédire scientifiquement si ça va marcher\u2026 Eh bien non, ce n\u2019est pas encore le cas», explique M.Voyer.«Si je connaissais LA molécule qui permet de dire que cette personne-là est en amour avec celle-là et que ça va marcher, je prendrais un brevet et je deviendrais millionnaire, et Tinder serait en faillite!» En effet, à quoi serviraient alors les applications de rencontre?COUP DE FOUDRE Si l\u2019amour comprend sa part de «magie», la chimie permet néanmoins de comprendre différents phénomènes, dont le fameux coup de foudre.Ou plutôt LES coups de foudre.Quatre molécules en sont responsables : la phénéthylamine, la dopamine, la norépinéphrine et l\u2019adrénaline, dite «molécule de l\u2019urgence» \u2014 c\u2019est elle qui fait augmenter notre rythme cardiaque et notre pression artérielle, faisant notre cœur battre la chamade et notre visage devenir rouge comme une tomate! «Le coup de foudre, c\u2019est chimique.Tu ne peux pas l\u2019empêcher.On en a à répétition dans notre vie, dans n\u2019importe quelles circonstances, même en couple, même si on est heureux.Mais ça ne dure pas», signale Normand Voyer, comparant le coup de foudre à une drogue.Avec le temps, notre cerveau s\u2019habitue.Au bout de quatre ans, il n\u2019y a plus de traces des molécules qui ont causé le coup de foudre, indique le chimiste, précisant que des études scientifiques s\u2019étaient penchées là-dessus.Mais, comme pour les drogues, certaines personnes deviennent accros.«Des coups-de-foudre- aholic, ça existe! Des personnes qui ont besoin du buzz que ça leur procure, qui ne se sentent pas bien quand ça fait trop longtemps qu\u2019elles sont en couple», mentionne Normand Voyer.Ces personnes peuvent décrocher après 18 mois environ, quand la concentration des molécules responsables du coup de foudre commence à diminuer dans le cerveau.«Quand le coup de foudre disparaît, ça ne veut pas dire qu\u2019on ne peut pas rester ensemble là! Il y a d\u2019autres substances chimiques qui vont prendre la relève, dont l\u2019ocytocine, \u201cl\u2019hormone de l\u2019attachement\u201d.C\u2019est elle qui va créer un lien profond et durable entre deux personnes», indique le professeur à l\u2019Université Laval.LES SENS EN ALERTE Peut-on avoir un coup de foudre sur un site ou une application de rencontre?La réponse est non.«Tinder et compagnie, c\u2019est une première étape, mais tu ne peux pas avoir un coup de foudre sur Tinder, prévient Normand Voyer.Tu peux faire une présélection des personnes qui t\u2019intéressent selon leur physique, leur profil\u2026 Comme dans un bar, ton regard va se porter sur certaines personnes.» Mais en fin de compte, ça prend une rencontre «en présen- tiel» \u2014 un mot bien de notre temps.Peut-on être charmé par un parfum, une odeur?«Bien sûr! On sait depuis longtemps que les odeurs ont un impact sur notre cerveau, sur notre comportement.Quand tu rentres dans la bulle d\u2019une personne qui t\u2019intéresse et que tu sens son odeur corporelle, elle va avoir un impact sur toi, positif ou négatif, et ça va renforcer ou anéantir ce que tu ressentais», souligne le chimiste.L\u2019odeur corporelle est toutefois bien souvent camouflée par toutes sortes d\u2019autres odeurs : shampooing, désodorisant, parfum\u2026 «C\u2019est difficile de dire qu\u2019une odeur est aphrodisiaque.Les compagnies testent des milliers de composés chimiques qui peuvent avoir un impact sur le cycle hormonal, sur la sécrétion de testostérone qui est l\u2019hormone du plaisir, pour trouver LA molécule qui va avoir un impact.Mais c\u2019est bien plus compliqué que ça!» Et du côté des aliments, certains sont-ils aphrodisiaques?Ce qu\u2019on mange a effectivement un impact sur notre corps, mais il faut mettre les choses en perspective, indique Normand Voyer.«On peut se mettre dans de bonnes dispositions : on sait que tout ce qui est relevé va nous faire suer, et dans la sueur il y a des molécules qui ont un effet aphrodisiaque.Donc un tartare relevé, c\u2019est bon.Une petite dose de champagne aussi, pas plus que deux coupes, c\u2019est suffisant pour stimuler la production de testostérone chez l\u2019homme et la femme», révèle le scientifique.Il recommande aussi le fromage, en particulier la mozzarella, très riche en tryptophane, un acide aminé qui fait augmenter notre taux de sérotonine, «la molécule du bonheur».Et le chocolat?Il se fait détrôner par\u2026 la tarte à la citrouille! L\u2019odeur de ce dessert fait augmenter le flot sanguin de 40 % dans les zones érogènes \u2014 beaucoup plus que l\u2019odeur de la pizza aussi aphrodisiaque, signale M.Voyer.On prend des notes pour la Saint-Valentin\u2026 ou le Super Bowl! «Si je connaissais LA molécule qui permet de dire que cette personne-là est en amour avec celle-là et que ça va marcher, je prendrais un brevet et je deviendrais millionnaire, et Tinder serait en faillite!» \u2014 Le chimiste Normand Voyer D\u2019AMOUR ET DE MOLÉCULES I N F O G R A P H I E L E S O L E I L SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M10 MAISON LÈCHE- VITRINE 3 1 5 4 7 2 LA FÊTE DE L\u2019AMOUR S\u2019INVITE À LA MAISON La Saint-Valentin est dans quelques jours seulement et il vous en dit peut- être de décorer votre domicile pour la célébrer.Que vous soyez en couple, seul ou en famille, rien n\u2019empêche le cupidon en vous d\u2019ajouter une petite touche de romantisme à la maisonnée.Chambre, cuisine, salle de bain, plusieurs espaces peuvent accueillir ces éléments décoratifs qui apporteront amour et bonheur aux résidents.Nous vous avons déniché quelques produits, voici donc nos suggestions.SARA BROSSEAU, LE QUOTIDIEN 6 5 Ensemble de 4 anneaux à serviette chez Simons 4 Ensemble de vaisselle 5 pièces marshmallow en grès chez Eugène Allard 7 Coussin décoratif Wila chez Bouclair 6 Ensemble de 4 sous-verres marbre avec cœur chez Eugène Allard 1 Cocotte en cœur chez Le Creuset 3 Moule en cœur chez Trudeau 2 Bol en métal chez Rose Bon Bon laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 M11 MAISON Les jours ont beau s\u2019allonger, le froid glacial et l\u2019omniprésence d\u2019Omicron sapent le moral.Un antidote ?Créer votre jardin intérieur d\u2019hiver.Les grandes surfaces, tant les quincailleries que les supermarchés, offrent actuellement un choix considérable de potées fleuries à bon prix.Voici quelques suggestions pour mettre de la couleur et des odeurs dans son intérieur.PIERRE GINGRAS La Presse FAIRE DURER LE PLAISIR Primevères, tulipes, cyclamens, chrysanthèmes, lis callas, azalées, jasmins, jacinthes, amaryllis, orchidées et bien d\u2019autres, le choix est vaste pour faire apparaître le printemps dans la maison.Mais avant de vous laisser séduire, quelques conseils.\u203a Choisissez une plante dont le feuillage est bien vert, signe de santé.\u203a Achetez des plants dont les fleurs sont en boutons.Vous profiterez ainsi d\u2019une floraison plus longue à la maison.\u203a Vérifiez si de nouvelles hampes florales s\u2019annoncent, votre bonheur floral se prolongera d\u2019autant.\u203a Examinez attentivement votre beauté végétale pour vous assurer qu\u2019il n\u2019y a pas quelques bestioles indésirables cachées, telles des cochenilles farineuses.À rejeter impérativement.JACINTHES, TULIPES ET AUTRES BULBEUSES De toutes les plantes bulbeuses printanières offertes ces temps-ci, les jacinthes restent probablement les plus intéressantes.Elles émettent un parfum suave, fleurissent un bon moment, surtout si vous avez pris soin d\u2019acheter des plants en boutons, et n\u2019exigent aucun soin particulier.Pour leur part, tulipes et narcisses, si jolis soient-ils, seront pleinement épanouis durant une dizaine de jours tout au plus, beaucoup moins si la température ambiante est élevée.Par contre, toutes ces plantes peuvent facilement avoir une seconde vie.Il suffit de les entretenir jusqu\u2019au moment où le feuillage flétrit.Laissez alors sécher le terreau.Plantez les bulbes en pleine terre quand le beau temps reviendra et attendez\u2026 le prochain printemps.SPLENDIDES GERBERAS Elles sont merveilleuses et figurent parmi les fleurs coupées les plus populaires au monde.Impossible de ne pas succomber à leurs coloris vifs et à leurs fleurs denses de 5 à 6 cm de diamètre.Avec un minimum de soins, vos plants produiront durant plusieurs semaines à la maison.La recette du succès : température fraîche, lumière vive (évitez le soleil direct) et arrosage parcimonieux.Laissez sécher le terreau entre chaque arrosage, car les racines sont très sensibles à la pourriture.Coupez les fleurs fanées.Certains les font refleurir durant des années.L\u2019ANTHURIUM : ORIGINALITÉ ET LONGÉVITÉ Avec son appendice provocateur composé d\u2019une multitude de fleurs minuscules, l\u2019anthurium se distingue par son originalité et sa longévité.Il apprécie la chaleur hivernale de nos appartements, sa floraison s\u2019étale dans le temps sans soins particuliers si ce n\u2019est un apport régulier en eau.LA CAUSE PRINCIPALE D\u2019ÉCHEC, L\u2019EXCÈS D\u2019EAU La grande majorité des potées fleuries sont offertes lorsque la floraison est à son apogée.Mais cette beauté provoquée artificiellement est souvent éphémère à la maison.Souvenez-vous cependant que l\u2019arrosage excessif est la cause principale d\u2019échec avec les potées fleuries en hiver.On doit toujours attendre que la surface du terreau soit sèche avant d\u2019arroser.Il vaut mieux arroser moins que trop.Par ailleurs, plus la température est fraîche, mieux se porteront vos fleurs : entre 15 °C et 20 °C.Placez la plante près d\u2019une fenêtre au besoin pour assurer une fraîcheur ambiante.2 Les jacinthes émettent un parfum suave et fleurissent un bon moment.\u2014 ARCHIVES LA PRESSE 3 Les narcisses seront pleinement épanouis durant une dizaine de jours tout au plus.\u2014 ARCHIVES LA PRESSE JARDIN D\u2019HIVER CONTRE LA DÉPRIME 1 Les gerberas figurent parmi les fleurs coupées les plus populaires au monde.\u2014 ARCHIVES LA PRESSE 4 L\u2019anthurium apprécie la chaleur hivernale de nos appartements.\u2014 123rf SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M12 RÉGAL L e football professionnel américain souligne sa fin de saison par le tant attendu match du Super Bowl.Cette année, les Rams de Los Angeles affrontent les Bengals de Cincinnati.Je vous propose aujourd\u2019hui une petite sélection de bières thématiques.LAGALIGHT \u2013 LAGABIÈRE Cette bière légère au taux d\u2019alcool de 3,9 % m\u2019a surpris.D\u2019abord par l\u2019utilisation du mot «light», habituellement réservé aux grands brasseurs \u2014 on a tendance à appliquer le terme « session » dans le monde de la bière de microbrasserie \u2014, ensuite par le choix du style saison, puisque celui-ci a tendance à offrir des notes levurées plus marquées qu\u2019une blonde «light».On se retrouve donc avec une bière au goût riche et au corps plus rond qu\u2019un produit de même catégorie.De quoi intéresser le consommateur qui désire une bière faible en alcool, mais qui a du goût.MORALITÉ - DIEU DU CIEL Fort probablement la brasserie québécoise offrant le meilleur rapport qualité/prix.Alors, fervents amateurs des Rams, si vous cherchez une IPA de la côte ouest, je vous invite à plonger à nouveau vos lèvres dans cette bière qui se passe de présentation.N\u2019empêche qu\u2019on peut en trouver dorénavant en «4-pack», de quoi sustenter votre soif à chaque quart du match.STOUT IMPÉRIAL RUSSE BOURBON \u2013 VROODEN Difficile de trouver un style de bière propre à Cincinnati, mais non loin de là, se trouve la fameuse Bourbon Trail, au Kentucky.Le prétexte parfait pour se servir un Imperial Stout affiné en fût de bourbon et ainsi relever la richesse de ce whisky qui retrouve ses lettres de noblesse depuis plusieurs années.Vous aimez les notes de vanille, de bois, de noix de coco qui se développent dans les fûts ?Vous aimerez l\u2019ajout des arômes de chocolat et de café provenant des céréales de la bière.À servir en fin de match, soit pour apprécier la victoire, soit pour adoucir la défaite.PILSNER \u2013 LAGERBRÄU Ce projet, qui brasse dans les installations d\u2019Avant-Garde à Montréal, nous présente différentes lagers d\u2019inspiration allemande ou tchèque.Si vous cherchez une bière de soif, aux notes de pain frais, herbacées et fines, avec une amertume sèche, cette bière est la parfaite complice pour accompagner vos ailes de poulet.DISCIPLINE \u2013 SIBOIRE La meilleure bière sans alcool dégustée à ce jour.On y retrouve des notes agréables de mangue, de pêche et de vanille.L\u2019équilibre est fort intéressant et l\u2019expérience globale nous laisse croire qu\u2019on boit une vraie bière, ce qui n\u2019est pas vraiment le cas pour beaucoup de bières sans alcool sur le marché.Pour l\u2019amateur de football qui veut respecter son défi 28 jours.Cinq bières à boire pendant le Super Bowl PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca \u2014 123RF MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale C\u2019 est la première grosse f in de semaine de l\u2019année : le Carnaval de Québec vendredi, la Saint-Valentin samedi, le Super Bowl dimanche\u2026 Attention, chers amis entrepreneurs, le taux d\u2019absentéisme lundi matin sera grand (je rigole)! Da n s c e s c o n d i t i o n s au ssi variées, difficile de vous suggérer le cocktail parfait.J\u2019ai donc décidé de vous offrir une idée passe- partout qui pourra être bue par tous les participants du Défi 28 jours sans alcool\u2026 et même ceux qui ne le font pas! Un cocktail suggéré après une sortie pour profiter de la neige, pour un apéro à la maison avant le resto avec votre douce moitié ou pour l\u2019accompagnement parfait des ailes de poulet et des grasses et bonnes choses de ce monde.Le bloody cæsar \u2014 cocktail le plus bu au Canada \u2014 connaît une véritable explosion de popularité depuis quelques années.Il est apprécié pour sa polyvalence.Et la facilité avec laquelle votre créativité peut s\u2019exprimer dans son univers salé est tout simplement incroyable.Les combinaisons sont infinies : avec ou sans alcool, arrosé tantôt de vodka, de gin, de whisky ou de tequila, avec de la sauce BBQ ou à pizza, épices maison, jus d\u2019olive ou de cornichon, fromage feta, fines herbes, liquide fumé, sel de truffe ou légumes.Dernière création de notre équipe, le bloody à l\u2019aneth réunit tout ce que l\u2019on recherche dans ce cocktail : du vinaigre, du gras, du sirop d\u2019érable, du salé, de la fraîcheur et l\u2019umami de la truffe.Le match parfait pour célébrer une grosse fin de semaine! Bloody à l\u2019aneth INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz de gin boréal sans alcool Monsieur Cocktail (ou autre gin) \u2022 0,75 oz de mix à bloody \u2022 0,5 oz de jus de cornichon à l\u2019aneth \u2022 0,25 oz de sirop d\u2019érable \u2022 4 oz de jus Clamato \u2022 Aneth et tomates cerises (pour décorer) \u2022 Mélange maison d\u2019épices (deux parts de croustilles au cornichon à l\u2019aneth, une part de sel de truffe, une part de thym et romarin séchés) ou épices au choix PRÉPARATION 1 Passer un quartier de lime sur le contour extérieur d\u2019un verre haut.2 Tremper les bords mouillés de jus de lime dans le mélange maison d\u2019épices (rim).3 Ajouter tous les ingrédients et remplir le verre de glace.4 Mélanger à la cuillère, à la baguette ou à la paille jusqu\u2019à ce que vos doigts deviennent froids.5 Décorer d\u2019un bouquet d\u2019aneth et de petites tomates cerises.Santé! GROSSE FIN DE SEMAINE\u2026 \u2014 MAËLLA LEPAGE laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 M13 RÉGAL NATALIE RICHARD Collaboration spéciale natalierichardmedia@gmail.com L\u2019 amour est un thème universel et intemporel qu\u2019on devrait célébrer tous les jours.Bien que le fait d\u2019avoir une journée spécialement dédiée à cet ultime sentiment puisse provoquer une occasion et l\u2019envie de partager nos élans du cœur avec les gens qu\u2019on aime.Personne ne s\u2019est jamais plaint d\u2019avoir reçu trop d\u2019amour! Alors, levons nos verres à l\u2019amour sous toutes ses formes! 1 BOTTEGA ROSE GOLD 27,45$ \u2022 12824971 \u2022 12 % 11,5 g/L Sandro Bottega est un vrai passionné et ça se voit dans ses bouteilles extravagantes, dessinées et fabriquées au sein même de l\u2019entreprise, spécialement pour leurs proseccos, selon une méthode qui consiste à peindre la bouteille de manière permanente.Et sans compromis sur la qualité des bulles, bien au contraire.Le rosé est élaboré avec du pinot noir à 100 %, on y retrouve des arômes de fraise des champs et de groseille, balancés d\u2019un aspect foral et d\u2019une bonne persistance.Leur gamme inclut aussi le moscato Petalo Il Vino Dell\u2019Amore, aux effluves de rose, légèrement effervescent, plus doux et peu alcoolisé à 6,5 %.Si vous l\u2019offrez en cadeau, il est bon de spécifier que ce sont des vins à boire dans l\u2019année.2 LOUIS JADOT BROUILLY SOUS LES BALLOQUETS 24,55$ \u2022 515841 \u2022 13 % \u2022 3 g/L Dans ma famille, on disait que le Brouilly était le vin de l\u2019amour, alors on en buvait souvent.J\u2019ai depuis tenté de vérifier plus scientifiquement l\u2019origine de cette hypothèse et, même dans le Beaujolais, je n\u2019ai rien trouvé pour valider cette affirmation.Pas grave, j\u2019adore l\u2019idée.Brouilly est le cru le plus vaste du Beaujolais, celui-ci est issu de parcelles juste en face du mont Brouilly.C\u2019est un vin gourmand aux tannins soyeux, avec des saveurs de cerise et la douce amertume du noyau de cerise en finale.Servez-le en entrée avec une salade de roquette et bresaola.Il peut aussi très bien accompagner un plat d\u2019aubergine parmigiana ou des pasta alla Norma.Potentiel de garde de 5 à 10 ans.3 PAXTON NOW SHIRAZ 2021 21,70$ \u2022 13897419 \u2022 14 % 1,6 g/L \u2022 Biodynamie, nature On reçoit tellement peu de bons vins australiens, spécialement de McLaren Vale, et du domaine familial Paxton.Gâtez-vous maintenant avec ce shiraz, Now pour Natural Organic Wine qui a un côté fumé, sublimement ferreux et bien fruité sur la framboise noire, le bleuet et une touche de marjolaine.C\u2019est un vin jeune, juteux, facile à boire maintenant, à l\u2019apéro ou à table avec un carré d\u2019agneau ou des merguez.4 ROUX PÈRE ET FILS BOURGOGNE CHARDONNAY 2020 22,85$ \u2022 14143230 \u2022 12,5 % \u2022 2,1 g/L Le Domaine Roux est établi dans le petit village de Saint-Aubin, en face de Montrachet, depuis 1885.Au départ c\u2019était une petite parcelle, acquise par Louis, puis son petit-fils Marcel a développé vers les collines de Montrachet, Meur- sault et Santenay.Aujourd\u2019hui, la cinquième génération s\u2019applique à déployer son savoir-faire en lutte raisonnée pour préserver la qualité de son héritage.Ça donne des vins superbes comme ce chardonnay de velours, floral et super harmonieux.On suggère une garde de 3-4 ans selon le millésime.5 WEINGUT JURTSCHITSCH GRÜVE 2020 25,05$ \u2022 13679884 \u2022 13 % \u2022 2,1 g/L Un vin plein d\u2019éclat, vif et assez mordant pour s\u2019émoustiller les papilles et partir le «grüve» d\u2019une soirée parfaite.Une bouteille à la couleur pastel des jeunes amours, aux fluides saveurs de groseille enjolivées de zeste de lime.Parfait à l\u2019apéro en grignotant des croustilles, une entrée de sushi et des edamames.6 SARONIA 47,50$ \u2022 14810848 \u2022 23 % Une nouveauté palpitante que cette liqueur faite à partir de baies d\u2019aronia, un arbuste rustique d\u2019Amérique du Nord qui donne des petits fruits qui ressemblent au cassis.L\u2019ensemble est aromatisé à la fraise et à l\u2019eau de rose dans un habillage conçu en collaboration avec l\u2019artiste peintre Cynthia Coulombe Bégin.C\u2019est l\u2019élixir parfait à servir en apéro pour réinventer le kir, en ajoutant une touche de Saronia à un vin blanc sec et vif, ou à un vin mousseux pour en faire un kir royal.Ça débute vraiment bien la soirée! BIO Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com.DES VINS POUR CÉLÉBRER L\u2019AMOUR Février est le mois de l\u2019amour! Célébrons-le sous toutes ses formes.À votre santé! \u2014 NATALIE RICHARD 1 2 3 4 5 6 SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M14 RÉGAL C\u2019est un week-end doublement festif qui s\u2019esquisse.Les uns trinqueront à la journée des amoureux, les autres lèveront leur verre à la grande kermesse du football.La Saint-Valentin et le Super Bowl sont deux occasions qui n\u2019ont a priori pas grand-chose en commun.Et l\u2019assiette pour l\u2019une et l\u2019autre ne risque pas de se ressembler.Alors qu\u2019on nous vend d\u2019un côté la finesse d\u2019une tablée où scintillent les bulles, le chocolat et les délices recherchés, de l\u2019autre, on nous pousse les pichets houblonnés, les ailes de poulet à la pelletée et les nachos dégouli- nants de salsa.Entre dentelle et terrain de foot, il y a quand même un possible et savoureux trait commun dans l\u2019assiette.Et j\u2019ai nommé le parfumé piment, qui sait ajouter du piquant à tous les menus, du plus raffiné au plus commun.On le retrouvera donc autant dans la bouchée délicate de chocolat pimenté à l\u2019Es- pelette que dans la sauce relevée nappant le fast-food qui se mange avec les doigts, devant la télévision.Je passerai ici sur le fait que certains disent le piment aphrodisiaque.Sa forme suggestive autant que ses principes actifs et ses saveurs pointues qui fouettent les papilles ont largement contribué à asseoir sa réputation auprès du gingembre, du ginseng, du chocolat, de la cannelle, des huîtres et du safran, notamment.Il n\u2019y a pas tant à rajouter à ce chapitre, sinon que notre relation avec les piments s\u2019est considérablement approfondie au fil des ans.O n est maintenant loin de l\u2019époque où la seule option pour réchauffer la palette gustative d\u2019un plat était d\u2019ajouter des flocons de cayenne ou un trait de sauce Tabasco.Les sauces piquantes se sont multipliées dans les supermarchés.Et on trouve sur les étals toutes sortes de variétés du fruit coloré.Les piments forment une famille nombreuse tant leur éventail est grand.Ils se vendent frais, séchés, en poudre et en flocons.Ils parfument différents mélanges d\u2019épices et s\u2019amalgament à toute une variété de plats, auxquels ils n\u2019ajoutent pas que du feu.Tant s\u2019en faut.Le réputé chef anglo-israélien Yotam Ottolenghi m\u2019avait déjà fait remarquer, en entrevue, que les piments ajoutaient du punch, mais pas que.Appelons ça de la chimie alimentaire : ils amènent aussi du corps, de la densité et de KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine Pour manipuler les piments plutôt forts, il est conseillé de mettre des gants de cuisine.Dans tous les cas, il faut éviter de se toucher les yeux et le visage.C\u2019est la capsaïne qui donne aux piments leur goût relevé.On mesure l\u2019intensité du fruit selon diverses échelles.Celle de Scoville (inventée en 1912 par le pharmacologue Wilbur Scoville) est habituellement le baromètre employé pour classifier le feu du fruit.Comme la concentration de capsaïne est plus élevée dans la membrane blanche à l\u2019intérieur du piment (qu\u2019on appelle placenta) et dans les graines qui s\u2019y trouvent, il suffit de les retirer pour parfumer un plat de façon un peu moins intense.Autre astuce pour profiter des arômes des piments sans trop ajouter de piquant, on peut les glisser entier dans le plat (une soupe ou un mijoté, par exemple), pendant la cuisson, et les retirer avant le service.Les piments séchés peuvent être grillés dans l\u2019huile pour en faire ressortir tous les parfums avant d\u2019être ajoutés aux mets.KARINE TREMBLAY DANS LA CUISINE DU PIMENT PLEIN LES PLATS laVoixdel\u2019Est SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 M15 RÉGAL la profondeur aux recettes dans lesquelles on les intègre.Comme si, en s\u2019amalgamant à d\u2019autres aliments, ils venaient réveiller les parfums d\u2019un plat en créant une complexité gustative impossible à obtenir autrement.C\u2019est peut-être pour ça que le chasseur d\u2019épices Philippe de Vienne aime autant la gastronomie mexicaine.Lui qui a goûté aux spécialités culinaires des quatre coins du globe confiait en entrevue une préférence pour la fine cuisine du chaud pays d\u2019Amérique centrale, là où on recense entre 300 et 400 variétés de chilis.Autant dire que les piments font partie du quotidien, là-bas.Et que le palais s\u2019habitue à la flamme qu\u2019ils provoquent en bouche.Même chez les plus petits.Au hasard d\u2019une conversation, le grand voyageur m\u2019avait raconté une anecdote, imagée.Voyant que les plus jeunes n\u2019hésitaient pas à plonger leur fourchette dans les plats bien relevés, il avait demandé à une femme mexicaine si les enfants rechignaient lorsqu\u2019ils mangeaient des plats pimentés.« Seulement si on leur enlève », avait-elle répondu avec le sourire.C\u2019est donc qu\u2019on s\u2019habitue à la chaleur que provoque l\u2019aliment.C\u2019est aussi qu\u2019il y a différents degrés d\u2019intensité; tous les piments n\u2019ont pas le même pouvoir incendiaire ni la même palette aromatique.Ainsi, le pimenton est plutôt doux, fumé et fruité tandis que le piquant petit habanero mexicain est d\u2019une puissance décapante.À chaque plat, son piment.Pour s\u2019y retrouver un peu, regard sur quelques variétés : PIMENT OISEAU On le fait aisément pousser au jardin pendant l\u2019été.Ses fruits abondants ont une saveur plutôt forte.JALAPENO Probablement l\u2019un des piments mexicains les plus connus, on le glisse autant dans les sauces et les marinades qu\u2019on sert farci, à l\u2019apéro.PIMENT D\u2019ESPELETTE Piment européen qui est parfois employé à la place du poivre.On peut le cultiver dans le potager, mais aussi l\u2019acheter en poudre.PIMENT D\u2019ALEP Piment très utilisé dans la cuisine moyen-orientale, il a un goût à la fois riche et piquant.CHIPOTLE Très courant dans la cuisine mexicaine, c\u2019est en fait un piment jalapeno qui a été séché et fumé.POBLANO Autre piment très populaire de la cuisine mexicaine, où on l\u2019emploie notamment dans les mole.Il est plutôt doux et lorsqu\u2019il est séché, on le retrouve sous le nom de piment ancho.CAYENNE Petit piment qui donne aussi son nom à l\u2019assaisonnement carmin qu\u2019on l\u2019appelle aussi poivre de cayenne.La poudre aromatique se glisse dans une panoplie de plats, auxquels elle ajoute une pointe piquante.Questions, commentaires, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine On arrive à la mi-parcours pour celles et ceux qui relèvent le défi du Dry February \u2013 février sans alcool.Encore deux semaines à traverser sans avaler une once de bière, de vin ou de fort, ça ne veut pas dire que les soirées seront tristes.L\u2019éventail de produits sans alcool a pris du coffre, ces dernières années.On est loin des deux ou trois options de bière 0,5 % qui ornaient les tablettes il y a 10 ans.La maison Noroi propose plusieurs belles options pour jazzer le verre tout en gardant l\u2019esprit sobre.Certaines en cannettes prêtes à boire, d\u2019autres en bouteilles à agencer.Son gin sans alcool, Esprit-de-London, est certainement une délicieuse bouteille à découvrir.Parfumé aux baies de genièvre, à la coriandre, à l\u2019angélique, à la fleur de sureau, au gingembre et aux agrumes, le nectar est bien dosé en arômes.Servi avec glace, tonique et un aromate comme de la lime ou du concombre, il est savoureux.KARINE TREMBLAY Difficile de ne pas craquer pour des petits fruits frais mariés à du chocolat.L\u2019entreprise jeannoise VeriFruit a eu la bonne idée de développer une gamme dans laquelle les bleuets sauvages du Lac- Saint-Jean, ainsi que les framboises et les fraises, sont enrobés dans du chocolat noir à 57 % de cacao.Les délices fruités, tout simples, sont ensuite congelés.On préserve ainsi leur fraîcheur et leur saveur.Disponibles dans la section des surgelés de certains supermarchés (notamment la bannière Metro), les savoureuses bouchées se dégustent telles quelles, mais elles peuvent aussi servir à décorer une assiette ou un dessert, par exemple.KARINE TREMBLAY Le réputé chef anglo- israélien Yotam Ottolenghi m\u2019avait déjà fait remarquer, en entrevue, que les piments ajoutaient du punch, mais pas que.Appelons ça de la chimie alimentaire : ils amènent aussi du corps, de la densité et de la profondeur aux recettes dans lesquelles on les intègre.Comme si, en s\u2019amalgamant à d\u2019autres aliments, ils venaient réveiller les parfums d\u2019un plat en créant une complexité gustative impossible à obtenir autrement.PHOTOS 123RF GOÛTÉ AIMÉ P H O T O S T I R É E S D U S I T E I N T E R N E T SAMEDI 12 FÉVRIER 2022 laVoixdel\u2019Est M16 0083250 En retard dans les nouvelles?POUR NE PLUS ÊTRE LE DERNIER À SAVOIR CE QUI SE PASSE DANS TA RÉGION ABONNE-TOI! 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