La tribune, 5 février 2022, Cahier 2
[" HIVER, TU M\u2019INSPIRES INFOGRAPHIE LE SOLEIL ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + TÉLÉVISION Une fois c\u2019t\u2019un Noir DE PATWICE À BOUCAR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air SUR L\u2019EAU ET SUR LA GLACE MUSIQUE Jean-Michel Blais DU PIANO.ET UN ORCHESTRE + VINS Planète vins FÉVRIER EN NOUVEAUTÉS SEMAINE DU 5 AU 11 FÉVRIER 2022 SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M2 PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE TIE A YELLOW RIBBON \u2018ROUND THE OLE OAK TREE Dawn et Tony Orlando Tuneweaving (1973) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?RETAILLE D\u2019ENTREVUE QUÉBEC \u2014 À la fin du court métrage documentaire Un homme et sa trail, dans lequel Raphaël Dénommé se confie sur ses problèmes de consommation et sa cure de désintoxication, on propose de faire un don pour l\u2019organisme Dans la rue, dont Raphaël est un ambassadeur.Sa chanson Le clochard, parue sur Bayou Saint-Laurent (2018), a résonné auprès des personnes orbitant autour de cet organisme qui aide les jeunes en situation d\u2019itinérance.Raphaël l\u2019a composée en réaction aux mauvaises langues qui lui prédisaient un avenir miséreux s\u2019il s\u2019entêtait à vivre de sa musique.« Dans leur centre de jour, ils ont un local avec des instruments où les jeunes peuvent aller et jouer de la musique.Ça m\u2019a vraiment parlé, parce qu\u2019encore aujourd\u2019hui, la musique, c\u2019est quelque chose qui m\u2019aide à traverser la vie.C\u2019est un bon compagnon, autant dans les moments plus tristes que dans les moments heureux », souligne l\u2019homme de 27 ans.Natif de Varennes, Raphaël vit maintenant dans les Laurentides, plus près de la nature, où il peut aisément faire des activités extérieures tout en continuant de composer.VALÉRIE MARCOUX, LE SOLEIL Coupée au montage de l\u2019entrevue du 29 janvier 2022.Raphaël Dénommé \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI Le Reader\u2019s Digest souffle 100 bougies aujourd\u2019hui.Fondée par DeWitt Wallace et son épouse Lila, la revue américaine, apparue le 5 février 1922, doit son succès à la publication de condensés d\u2019articles de toutes sortes.Avec 10,5 millions d\u2019exemplaires circulant dans 49 pays (l\u2019édition canadienne a commencé en 1947) et dans 21 langues, le Digest fut le magazine le plus vendu des États-Unis pendant presque 70 ans.Et il a même inspiré des chansons! En juin 1972, le mensuel a en effet republié une nouvelle du New York Post racontant l\u2019histoire d\u2019un homme libéré de prison et qui, retournant chez lui en Géorgie, guette un ruban jaune attaché à un vieux chêne, signe que sa femme lui a pardonné.Le récit a été remarqué par un duo d\u2019auteurs-compositeurs.Enregistrée par le trio Tony Orlando et Dawn, leur chanson trônera quatre semaines en tête du Billboard, ce qui en fait, rétrospectivement, la plus populaire de 1973.STEVE BERGERON EXPO Full lumineux Art\u2019M est un regroupement de plus de 150 peintres et sculpteurs de Magog et de la région environnante, comptant également des membres partenaires (amateurs d\u2019art et gens d\u2019affaires).La présente exposition collective est une invitation picturale évoquant la joie, le calme et l\u2019excitation, par l\u2019entremise d\u2019images chaleureuses, douces, flamboyantes ou lumineuses.Elle comporte également une mini-exposition solo de l\u2019aquarelliste Anne-Marie Robert.Ses œuvres expriment l\u2019importance du vivre- ensemble et les divers enjeux qu\u2019il soulève.La communauté, la collectivité, l\u2019urbanisation, la solidarité et la proximité sont ses thèmes de prédilection.À la galerie du Centre d\u2019arts visuels de Magog, jusqu\u2019au 27 février.La galerie est ouverte du mercredi au dimanche, de 12 h 30 à 17 h.STEVE BERGERON Œuvre de Martine Desilets \u2014 PHOTO ART\u2019M Regroupons-nous d\u2019Anne-Marie Robert \u2014 PHOTO ANNE-MARIE ROBERT Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 On ira, William Cloutier 2 Crash, Les Louanges 3 Contre vents et marées, Paul Daraîche et Renée Martel 4 Gin à l\u2019eau salée, Salebarbes 5 Live au Pas perdus, Salebarbes 6 Trente, Karim Ouellet 7 Fox, Karim Ouellet 8 L\u2019Amérique pleure (b.o.f.), Les Cowboys Fringants 9 Le jour le plus court, Terrible Tango 10 Pianoscope, Alexandra Stréliski \u203a NON FRANCOPHONE 1 Crisis of Faith, Billy Talent 2 30, Adele 3 Live Slow Die Wise, Geoffroy 4 Dimension : Answer, Enhypen 5 Encanto (b.o.f.), Artistes variés 6 Phœnix, Charlotte Cardin 7 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 8 Underwater, Ludovico Einaudi 9 =, Ed Sheeran 10 Brightside, Lumineers William Cloutier \u2014 PHOTO JULIEN FAUGÈRE laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M3 LIVRES MÉLANIE NOËL melanie.noel@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Les rêves du ook- pik, dernier essai d\u2019Étienne Beau- lieu, est une réflexion sur notre manière d\u2019habiter le territoire et une démonstration de notre carence mémorielle collective.L\u2019auteur nous invite à marcher avec lui dans une forêt dense de connaissances, de références culturelles, artistiques et historiques, mais aussi de souvenirs personnels enracinés dans son époque.C\u2019est un livre écrit par un homme blanc qui est convaincu que la planète serait en bien meilleur état si les Blancs européens et tous leurs descendants s\u2019étaient inspirés des peuples autochtones au lieu de forcer leur manière de faire dès la colonisation du Nouveau Monde.« Le territoire, ce n\u2019est pas juste de la terre, des arbres, des terrains.C\u2019est un tout.C\u2019est une circulation globale et, surtout, des symboles.En comprenant ces symboles, notre rapport au territoire changera », résume l\u2019auteur, qui écrit aussi que le territoire est une relation, un lien entre le sol et lui, entre la terre et notre mémoire.Des premiers colons européens qui ont coupé les forêts pour en faire de vastes champs de blé aux élus municipaux de Sherbrooke qui ont récemment permis le déboisement de ce qui est devenu le plateau Saint- Joseph, Étienne Beaulieu déplore la catastrophe écologique en chantier depuis des siècles.« Ce dernier exemple est emblématique de la façon dont on habite aujourd\u2019hui le territoire au Québec.Ce projet a complètement bouleversé l\u2019écosystème de ce lieu.L\u2019étalement urbain que l\u2019on observe aujourd\u2019hui découle directement de la destruction des symboles autochtones exercée par les premiers colons européens.J\u2019ai trouvé un paquet de citations de jésuites, datées de 1635, qui confirment que, dès l\u2019arrivée des Blancs dans la région de Québec, une diminution de la présence animale a été notée.Déjà, il y avait une manière d\u2019habiter le territoire qui n\u2019était pas en accord avec celui-ci. » La façon d\u2019habiter le territoire est dictée par les croyances de chacun, souligne l\u2019auteur, éditeur et enseignant.En résumé, pour les Européens (qui sont chrétiens), la vie sur Terre est un passage obligé pour accéder à un monde meilleur, en d\u2019autres mots le paradis.Les Blancs défrichent le territoire pour dégager la vue de Dieu et mieux rêver au ciel.De leur côté, les Autochtones croient au pouvoir de la Terre et de tous les éléments qui les entourent ici-bas.Ils prennent donc mieux soin de leur environnement terrestre.» « C\u2019est pour ça que même les autochtones plus sédentaires qui pratiquaient l\u2019agriculture, comme les peuples iroquoiens, se déplaçaient tous les dix ou vingt ans pour laisser le territoire respirer et mieux se renouveler. » NOUS SOMMES L\u2019APOCALYPSE L\u2019auteur émet l\u2019hypothèse que « nous sommes nous-mêmes les exécutants de l\u2019apocalypse que nous redoutons tant ».Que notre rôle inavouable pourrait être de mettre fin à cette ère de la vie sur Terre.L\u2019humain serait l\u2019équivalent de cet astéroïde qui a terminé l\u2019ère des dinosaures pour laisser place au règne des mammifères.« Le mal est fait.De façon irrémédiable.Pour moi, aujourd\u2019hui, l\u2019espoir se trouve du côté de l\u2019écoute, de nos élus et de nous tous, des communautés autochtones qui ont encore plein de choses à nous apprendre.L\u2019espoir est aussi dans la protection de ce qui nous reste de forêts anciennes.Je suis membre du regroupement du bois Beckett et on en prend soin de façon concrète.Il n\u2019est pas trop tard, mais il faudra une révolution dans la manière de penser, parler et traiter le territoire.C\u2019est la suite de l\u2019humanité qui en dépend », note celui qui a par ailleurs publié l\u2019essai Splendeur au bois Beckett en 2018.Les décideurs pourraient s\u2019inspirer de la sagesse autochtone, qui veut que les gestes soient posés en pensant aux sept prochaines générations.« De la même façon, il y a une croyance autochtone qui veut que les blessures subies par les ancêtres prennent sept générations à guérir.On le voit bien avec l\u2019exemple des pensionnats : la souffrance se transfère d\u2019une génération à l\u2019autre. » À partir de toiles, poèmes, romans, films et autres archives québécoises, Étienne Beaulieu analyse la vision que les Blancs ont eue des Autochtones au fil des ans.Il est aussi question de la façon autochtone de donner de l\u2019importance aux morts ou aux rêves et de l\u2019obsession du monde contemporain pour le présent.Malgré les constats, l\u2019auteur fait le pari de demeurer optimiste.Parce que, comme il l\u2019explique dans son essai, dans notre société où les gens se définissent comme croyants ou non croyants au sens religieux, il est aussi possible de croire au monde devant soi.ÉTIENNE BEAULIEU LE TERRITOIRE DES SYMBOLES OUBLIÉS \u2014 PHOTOS LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU ÉTIENNE BEAULIEU Les rêves du ookpik ESSAI Varia 126 pages LES RÊVES DU OOKPIK Le titre du livre d\u2019Étienne Beaulieu est inspiré d\u2019un hibou en peluche rapporté du Grand Nord par son père après une longue absence.Le livre fait le voyage inverse, raconte-t-il, partant de son expérience personnelle et affective vers les peuples autochtones.D\u2019entrée de jeu, l\u2019auteur nous dit : « Ce livre a été arraché au silence de mon père », un biologiste qui a travaillé à la réintroduction du bœuf musqué dans la région de Kuujjuaq.« Toute ma vie, j\u2019ai eu des objets autochtones autour de moi sans comprendre leur symbolique, car mon père est quelqu\u2019un qui parle peu.En vieillissant, j\u2019ai fait mon enquête.J\u2019ai découvert que mon toutou avait été fabriqué à la main dans une coopérative inuite qui existe toujours.J\u2019ai grandi avec cet objet sans rien savoir de lui et je trouve que c\u2019est exactement ça, le rapport du Québec avec les cultures autochtones.On vit entouré de symboles, mais on ne sait rien d\u2019eux.On est juste ignorants. » Le symbole du ookpik est fort, car cette peluche a servi d\u2019image à l\u2019Expo 67.« Et tout le monde a oublié ça. » MÉLANIE NOËL SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M4 GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil Jongler avec des pelles et des boules de neige, faire rire en se collant la langue sur un poteau, s\u2019offrir des acrobaties vertigineuses dans la poudrerie ou se lancer spontanément dans une fête juvénile quand la radio annonce la fermeture des écoles pour cause de tempête.Aux grincheux qui râlent contre le frette de l\u2019hiver québécois, la compagnie de cirque FLIP Fabrique a répondu de ludique manière avec le spectacle Bl izzard , qui célèbre sur les scènes d\u2019ici et d\u2019ailleurs notre froide saison.« Le but n\u2019était p a s t a n t d e convaincre que d e s o u l i g n e r l a beauté de l\u2019hiver, ses images.Mais je pense que c\u2019est ce qui se produit, même si ce n\u2019était pas la mission première! » lance le directeur général et artistique de FLIP Fabrique, Bruno Gagnon, conscient de l\u2019expertise détenue par lui-même et ses complices quand vient le temps d\u2019exporter en mode cirque comment la neige a neigé dans notre coin du monde.« Je pense qu\u2019on est les meilleurs pour illustrer correctement à l\u2019international ce que c\u2019est un hiver d\u2019ici », avance l\u2019artiste et gestionnaire, qui a fondé cette troupe, toujours ancrée dans la capitale, en 2011.Il évoque aussi la signature bien québécoise associée au type de cirque proposé par FLIP Fabrique.« D\u2019allier ça à ce qu\u2019on a de plus caractéristique, ce que sont manifestement nos hivers, c\u2019est vraiment une carte gagnante.Il y a une super belle réponse », note-t-il.EXOTIQUE FROIDURE Pour Bruno Gagnon, l\u2019idée d\u2019exploiter un jour le concept de l\u2019hiver était presque écrite dans le ciel\u2026 « L\u2019une des raisons pour lesquelles j\u2019ai commencé à faire du cirque, il y a vraiment longtemps, c\u2019est parce que j\u2019avais vu quelqu\u2019un faire un back- flip pendant la parade du Carnaval.Pour moi, apprendre l\u2019acrobatie, c\u2019était dans la neige que ça se passait », raconte-t-il.Avec la complicité du metteur en scène Olivier Normand, le projet s\u2019est concrétisé en 2019, d\u2019abord à Amsterdam, puis à Édimbourg, avant sa rentrée dans la capitale.Malgré les contraintes imposées par la pandémie (et les remplacements trouvés en catastrophe quand la COVID-19 s\u2019est invitée dans l\u2019équipe), FLIP Fabrique a pu présenter tout récemment Blizzard en sol français.La tournée québécoise reprendra quant à elle le mois prochain.Fidèle à ses habitudes, la compagnie combine dans ce spectacle hivernal des prouesses acrobatiques à une rencontre à échelle humaine.Artistes comme spectateurs prennent plaisir à retrouver un côté gamin : se faire habiller comme un oignon, jouer dans la neige, enfiler ses patins et son chandail des Nordiques, remporter le titre du roi de la montagne, etc.« Il y a quelque chose de très poétique, en mouvement constant, de virevoltant, tant dans les acrobaties que dans les chorégraphies.Et il y a le petit clin d\u2019œil humoristique qui arrive à tout bout de champ », décrit Bruno Gagnon, ajoutant que des référents sympathiques ou attendrissants pour nous prennent une autre signification pour quiconque n\u2019a jamais eu à pelleter son entrée ou à gérer son équilibre sur un trottoir glacé.« J\u2019ai marié une Brésilienne, reprend-il.Le plus froid qu\u2019elle avait connu avant les hivers québécois, c\u2019était de mettre la main dans le congélateur.Ça peut être très exotique pour des étrangers de penser que quelque chose peut être si froid que ta langue va coller dessus.Ce n\u2019est pas un concept qui est palpable pour une bonne partie de la population, principalement celle qui habite dans l\u2019hémisphère sud.» Et si ce sont les charmes de l\u2019hiver qui priment dans Blizzard, sachez que FLIP Fabrique ne s\u2019en tire pas non plus sans une corvée de déneigement.Faite de cellulose, de papier et de mousse de savon (pour obtenir différentes textures), la neige intérieure de la troupe ne fondra pas toute seule.« C\u2019est compliqué! confirme Bruno Gagnon.On l\u2019enlève pendant le show et il faut faire le ménage après.À Édimbourg, on a été là pendant un mois.Il y en avait partout! » HIVER, TU M\u2019INSPIRES FLIP FABRIQUE UN ANTIDOTE À LA MOROSITÉ «?Ma vitre est un jardin de givre.?» En un seul vers, Nelligan a cristallisé tout ce que l\u2019hiver peut offrir comme source d\u2019inspiration.Nous avons eu envie de décrire comment d\u2019autres artistes ont puisé à la blanche saison pour créer une œuvre.Bonne lecture.PAGES M4 À M8 Aux grincheux qui râlent contre le frette de l\u2019hiver québécois, FLIP Fabrique a répondu de ludique manière avec Blizzard.\u2014 PHOTOS EMMANUEL BURRIEL laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M5 ISABEL AUTHIER La Voix de l\u2019Est Dans l\u2019art visuel canadien et québécois, l\u2019hiver constitue un thème récurrent.Dès le 18e siècle, on peint le froid et la neige.Pour témoigner de notre (dure) réalité, mais aussi pour l\u2019idéaliser.Les Maurice Cullen, Clarence Gagnon, Jean Paul Lemieux , M a r c -A u r è l e F o r t i n , R e n é Richard, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, Alice Des Clayes et Cornelius Krieghoff, entre autres, ont exprimé leur rapport à l\u2019hiver à travers leurs coups de pinceaux.Professeure au département d\u2019histoire de l\u2019art et d\u2019études cinématographiques de l\u2019Université d e M o n - tréal, Louise Vigneault est une spécialiste de l\u2019art nord-américain.Elle a beaucoup abordé la présence du climat dans les arts visuels.« Le thème de l\u2019hiver revient constamment.En Amérique du Nord en général, la vision du territoire est beaucoup plus positive, car on avait l\u2019impression de pouvoir le conquérir.Chez nous, on n\u2019avait pas ce même optimisme, parce que c\u2019était plus difficile.On était démunis, car six mois par année, on était réduits dans notre action.« Avec le changement des saisons, on avait l\u2019impression que la nature bougeait tout le temps et qu\u2019on était en duel avec elle.On a dû s\u2019adapter et se mettre en gang pour survivre », illustre-t-elle.VISION ROMANTIQUE, VISION NOSTALGIQUE Mme Vigneault mentionne notamment le Groupe des sept, inspiré de l\u2019art scandinave, qui a maintes fois représenté l\u2019hiver canadien.« Ils avaient une vision très romantique de l\u2019hiver, très nordique, comme si la saison représentait notre condition interne.» De la seconde moitié du 19e siècle aux années 60, les régionalistes québécois ont aussi idéalisé l\u2019hiver.« Il fallait montrer que le milieu rural et les colons pouvaient survivre.Il ne fallait pas décourager les gens.L\u2019idée était de donner une belle image de la saison froide, de montrer comment une communauté s\u2019enracine et s\u2019adapte à son territoire, explique-t-elle.« Avec l\u2019art moderne, ç\u2019a été tout le contraire.De façon abstraite, Paul-Émile Borduas a utilisé le motif de la glace pour décrire la condition du Québec \u201cpogné\u201d dans la glace et dans l\u2019immobilité.Jean- Paul Lemieux a pour sa part illustré l\u2019hiver de manière minimaliste, dépouillée, presque abstraite, un peu comme le reflet de sa condition existentielle.» Si la représentation a changé, dans tous les cas, le paysage demeure au cœur de tout.« Mais un paysage n\u2019est jamais juste un paysage.C\u2019est un regard subjectif, un discours, qui diffère de l\u2019un à l\u2019autre.« Généralement, le territoire est vu comme un écrin de protection de la culture.Au Québec, il y a toujours un rapport très harmonieux entre la culture et la nature.On a l\u2019idée que l\u2019homme a un impact sur la nature, et vice-versa.D\u2019ailleurs, il y a encore des peintres régionalistes qui continuent à faire valoir cette vision de territoire », termine-t-elle.HIVER, TU M\u2019INSPIRES L\u2019ART D\u2019ICI PEINDRE L\u2019HIVER Le pont de glace à Québec, peint par Clarence Gagnon en 1920.\u2014 PHOTO MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC Durant sa longue carrière, Pauline T.Paquin a beaucoup peint l\u2019hiver.Les enfants sans visage batifolant dans la neige, dans des scènes bigarrées, sont devenus sa signature.Pour cette résidante des Lau- rentides, la saison froide est une source d\u2019inspiration, au même titre que l\u2019enfance.« J\u2019aime peindre des scènes d\u2019hiver, dit-elle, en raison des contrastes.Le blanc de la neige vient atténuer le côté très coloré de mes personnages.Et les sports d\u2019hiver m\u2019intéressent plus que ceux d\u2019été.» L\u2019artiste puise une partie de son inspiration dans sa jeunesse.« Je viens de la campagne.Nous habitions sur une ferme et nous étions 12 enfants.On s\u2019amusait beaucoup ensemble.Je baignais dans un cadre d\u2019amusement et d\u2019émerveillement.Je m\u2019inspire de mes souvenirs d\u2019enfance, mais il y a aussi beaucoup de création dans mes œuvres.» Les paysages typiques de villages québécois l\u2019ont toujours fascinée.« J\u2019en ai parcouru du millage.Mon mari et moi, on arrêtait partout pour prendre des photos.Mes tableaux sont un amalgame, une composition de différentes photos que j\u2019ai prises au cours des années », ajoute la dame.Même chose pour ses petits personnages, qui sont le fruit d\u2019innombrables visites dans les cours d\u2019école, les ruelles, les pentes de ski, les patinoires.Le résultat est une explosion de couleurs et de mouvement, souvent sur fond de neige, en campagne et en ville.Ses petits héros glissent, patinent, jouent au hockey (allo, les chandails du Canadien!), s\u2019amusent dehors et se chamaillent, souvent en compagnie d\u2019animaux de compagnie, dans une ambiance d\u2019innocence et de pur plaisir.« Mes personnages ne sont pas statiques.Ils s\u2019amusent beaucoup entre eux, ajoute Mme Paquin, en faisant remarquer que ses toiles sont des histoires dans lesquelles les gens se reconnaissent », à travers les paysages et les bambins.« C\u2019est vrai que je montre une vision idyllique de l\u2019hiver et de la petite enfance.C\u2019est chaque fois une scène théâtrale, à ma façon.» La popularité de ses tableaux auprès du public canadien ne se dément pas.Toute une gamme de produits dérivés est même offerte à ceux qui n\u2019ont pas la possibilité de s\u2019offrir une œuvre originale.Ses casse-têtes sont particulièrement populaires.Ces derniers temps, Pauline T.Paquin peint à son rythme et délaisse les panoramas pour plonger dans l\u2019univers de l\u2019enfance de manière aussi ludique, mais plus intime.« Il faut évoluer! » ISABEL AUTHIER, LA VOIX DE L\u2019EST LA SAISON FROIDE L\u2019INNOCENCE SUR FOND DE NEIGE Les enfants sans visage jouant dans la neige sont devenus la signature de l\u2019artiste.\u2014 PHOTO FOURNIE SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M6 L\u2019HIVER DANS LES ARTS leSoleil samedi 5 février 2022 M13 arts Steve Bergeron steve.bergeron@latribune.qc.ca Encore cette semaine, Vincent Vallières a noté que quelques personnes ont partagé sa chanson Février sur les réseaux sociaux pour souligner le début de ce mois.Cette pièce qui clôt l\u2019album Le monde tourne fort (2009) est une sorte de petit paradoxe musical : même si le chanteur parle du «p\u2019tit maudit mois qui en finit pas [qu\u2019il aime] au fond quand [il n\u2019est] plus là», le rythme rapide et enjoué et le texte très près de l\u2019enfance en font une très guillerette chanson d\u2019hiver.«Pour moi, cette chanson est ludique et sa perception par le public ne semble pas changer avec les années, malgré le contexte écologique alarmant.On la chante surtout pour fêter, s\u2019amuser et pas trop se casser la tête!» résume l\u2019auteur-compositeur-interprète.La chanson a été écrite par une journée de tempête en février, relate le musicien.«Je l\u2019ai jouée la semaine suivante en concert.Je ne pensais pas l\u2019enregistrer au départ, mais le public s\u2019est mis à me la demander! Les enfants se retrouvent dans cette chanson qui sonne un peu comme une comptine, poursuit-il.« P l u s i e u r s p ro f e s s e u r s d u primaire partout au Québec m\u2019écrivent chaque hiver parce qu\u2019ils l\u2019utilisent pour initier les élèves à la poésie.Ça me touche beaucoup!» «Je garde un très bon souvenir d\u2019un topo fait avec Sébastien Diaz où j\u2019ai chanté Février dans un taxi avec un chauffeur haïtien qui l\u2019entonnait avec moi.Un très beau moment encore disponible sur YouTube d\u2019ailleurs!» ajoute-t-il.VINCENt VaLLIÈrEs La chanSon du «p\u2019tit maudit moiS» L\u2019hiver est un thème qui revient quelques fois dans les chansons de Dumas, par exemple Le fleuve gelé et Je déteste décembre, qu\u2019il avait écrite pour le film Les aimants.Mais ses plus fervents admirateurs penseront tout de suite à J\u2019erre, une de ses plus connues : «Je marche souvent dans la ville, Montréal en hiver / Ça rend solitaire [.] / Ici à Montréal il neige, il neige / C\u2019est d\u2019une beauté à geler toute douleur.» «Il y a encore des gens qui m\u2019écrivent ou me taguent sur les réseaux sociaux avec cette chanson quand il y a une tempête de neige.Elle a comme pris sa place comme chanson d\u2019hiver.«Pour moi, l\u2019hiver est une saison qui, inconsciemment, conduit à l\u2019introspection [même en dehors de la pandémie], à la solitude, tout en présentant une forme de beauté, un peu comme le Soir d\u2019hiver de Nelligan.Les jours sont moins lumineux, mais.ma vitre est un jardin de givre! Et je trouve que l\u2019hiver nous représente, les Québécois.Ça nous appartient.C\u2019est unique à nous dans la francophonie.» Steve Dumas trouve d\u2019ailleurs qu\u2019il crée plus facilement pendant la saison froide (il est justement en écriture de son prochain disque).«Je suis plus concentré.Et c\u2019est une saison que j\u2019aime, qui m\u2019inspire.Ce n\u2019est pas toujours conscient, mais ça fait partie de mon imaginaire.» Dans Je déteste décembre, l\u2019hiver rend toutefois la rupture encore plus douloureuse.«Quand tu vis quelque chose de malheureux pendant les Fêtes, c\u2019est encore pire!» appuie-t-il.Steve Berge- ron, La triBune DUMas entre Beauté et introSpection Sur son album Lumières d\u2019hiver (2017), constitué majoritairement de chansons associées à Noël, Émilie-Claire Barlow a inclus quelques compositions originales inspirées par l\u2019hiver, une saison.qu\u2019elle déteste.« Pour être honnête, je n\u2019ai jamais vraiment aimé l\u2019hiver.Je n\u2019aime pas le froid! Mais en 2006, j\u2019ai commencé à faire beaucoup de tournées au Québec en hiver, année après année.«J\u2019aime la façon dont les Québécois célèbrent l\u2019hiver.Ils savent en profiter! Et conduire à travers les petites villes du Québec pendant la période de Noël, c\u2019était souvent comme entrer dans un livre de contes de fées.Notamment à Québec, à l\u2019entrée de la vieille ville, place d\u2019Youville, la patinoire, les lumières.Cela a inspiré Lumières d\u2019hiver.» C\u2019est en cherchant un poème sur décembre qu\u2019elle est tombée sur Janvier, signé Louis Fréchette.«J\u2019ai découvert que Louis Fréchette avait écrit un poème pour chaque mois de l\u2019année.J\u2019ai trouvé celui sur décembre plus sombre que le sentiment que je voulais exprimer.Je me suis donc tourné vers le poème de janvier et j\u2019ai été immédiatement inspirée par la belle langue et l\u2019imagerie.Nous avons tout de suite décidé de le mettre en musique.» Quant à sa version française de Song for a Winter\u2019s Night de Gordon Lightfoot, elle l\u2019a empruntée au regretté Robert Gauthier.«Elle semblait ne pas avoir été souvent enregistrée, mais elle me permettait d\u2019avoir un compositeur canadien et des paroles en français pour ma lettre d\u2019amour au Québec.» Steve Bergeron, La triBune éMILIE-CLaIrE BarLow inSpirée par L\u2019hiver quéBécoiS Vincent Vallières se réchauffant les doigts entre deux chansons, lors du concert du 31 décembre 2017 à Montréal.\u2014 archives la presse, caTheriNe lefeBvre cOllaBOraTiON spéciale émilie-Claire Barlow et l\u2019orchestre symphonique de sherbrooke lors d\u2019un concert de Noël en 2015.\u2014 phOTO archives la TriBuNe Dumas \u2014 photo arChIVEs La trIBUNE, MaxIME pICarD laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M7 L\u2019HIVER DANS LES ARTS DANIEL CÔTÉ Le Quotidien «?Ça prend un équilibre?», affirme Sara Dufour.C\u2019est ainsi que, parallèlement à la fille qui trouve refuge dans son chalet depuis deux hivers, il y a celle qui prend plaisir à chevaucher une motoneige afin de bouffer des kilomètres et, parfois, se mettre à l\u2019épreuve.De ces fréquentations amorcées dès l\u2019enfance, au sein de la bulle familiale, deux compositions sont nées : Chez nous, c\u2019est Ski-Doo et Chic-Chocs.La première pièce est irrésistible avec ses accents country pimentés d\u2019une touche de yodle (à moins qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un chien qui hurle à la lune).De son côté, le clip réalisé à l\u2019aide d\u2019archives fournies par le Musée de l\u2019ingéniosité J.Armand Bombardier chatouille la fibre nostalgique.Le blanc de la neige avec du jaune, beaucoup de jaune un peu flou.Trop jeune pour avoir assisté à l\u2019émergence de la motoneige comme loisir de masse, à la fin des années 1960, la chanteuse peut cependant témoigner du plaisir qu\u2019elle lui a procuré dès l\u2019enfance.« Dans ma famille, tout le monde partait en motoneige.On se faisait même tirer en skis », fait remarquer Sara Dufour.L\u2019ADRÉNALINE ET L\u2019ESSENCE Dans Chic-Chocs, c\u2019est un plaisir d\u2019adulte q u \u2019e l l e partage avec ses fans, celui que procure la motoneige hors sentier.Cette spécialité n\u2019est pas entrée dans sa vie à pas de loup.Il a fallu que la jeune femme se mette en tête de l\u2019apprivoiser méthodiquement, ne serait-ce que pour mieux courtiser le danger.« Comme j\u2019étais passionnée par la motoneige depuis l\u2019âge de 19 ans, cet hiver-là, j\u2019ai eu le goût de développer le hors sentier.Pour m\u2019améliorer, il fallait que je pratique davantage et c\u2019est pourquoi je suis allée en Colombie- Britannique et au Montana, en plus d\u2019effectuer cinq ou six voyages dans les monts Chic- Chocs.J\u2019ai fait mes classes », relate Sara Dufour.Cette fois, la musique se fait plus dense, tandis que la voix est poussée dans ses derniers retranchements.La chanson rend bien l\u2019intensité d\u2019une sortie dans les Chic-Chocs, tout comme le clip tourné sur place, en compagnie de quelques adeptes de la discipline.Ça sent l\u2019adrénaline autant que l\u2019essence et comme le mentionne le refrain : «Non, c\u2019est pas \u201cfaite\u201d pour les peureux.» « Aux Chic-Chocs, c\u2019est très à pic, un terrain hostile et dangereux », souligne l\u2019artiste, qui a écrit les premières lignes là-bas, dans un chalet.À la fin du clip, on la voit au sommet d\u2019une montagne, contemplant le paysage en arborant un large sourire.Pas de bruit ni de musique, cette fois.Juste le silence et la nature, sources inépuisables de contentement.SARA DUFOUR QUAND LA MOTONEIGE DEVIENT UNE MUSE Au moment où vous lirez ces lignes, Sara Dufour vivra une tranche de l\u2019hiver boréal dans son chalet situé au nord du Lac-Saint-Jean.Après 17 années passées à Montréal afin de construire sa carrière, la chanteuse a redécouvert cette atmosphère cotonneuse en février 2021.Elle a séjourné dans le campe construit par son père avant d\u2019en dénicher un dans le même secteur.Celui où, peut-être, de nouveaux textes se déposeront dans son cahier de notes.L\u2019acquisition de cette propriété correspond à un désir auquel il était devenu impossible de ne pas céder.« Après tout ce temps passé hors de la région, ça m\u2019a rentré dedans que j\u2019étais toujours chez les autres.J\u2019ai donc voulu acheter un lieu pour me grounder.J\u2019en avais besoin pour écrire, pour me retrouver avec mon chien, ma guitare, mon ski-doo, mes raquettes et assez de nourriture pour être autonome », raconte-t-elle en entrevue téléphonique.L\u2019expérience vécue l\u2019hiver dernier peut être assimilée à un voyage intérieur.Une vie simple, en phase avec l\u2019environnement immédiat.Un monde où la vue d\u2019un lièvre au détour d\u2019un sentier constitue un événement.Exit la fille sur le 220 qui squatte les scènes de la province, dont les mots se bousculent au portillon parce que, dans sa tête, elle jongle avec cinq ou six boules en même temps.Dans le bois, c\u2019est son versant introspectif qui prend le dessus.« À mon chalet, il n\u2019y a pas de neige sale.Elle est pure et l\u2019hiver passé, j\u2019ai espéré qu\u2019il en tombe beaucoup pour que le chemin ferme.C\u2019est à ce moment-là que ça devient le fun parce que tu peux communier avec la nature », énonce Sara Dufour.Elle ignore si ce retour aux sources a été provoqué par la pandémie, mais laisse entendre que, tôt ou tard, son besoin d\u2019hiver aurait parlé plus fort que le bruit ambiant.Dans une série de capsules tournées il y a un an, lors de son premier séjour dans le bois, la chanteuse traçait un lien avec son cheminement artistique.Pour aller ailleurs, explorer d \u2019a u t r e s e s p a c e s d e création, il fallait sortir de la circulation, voir ce qui monterait de l\u2019intérieur.« Dans les nouvelles tounes, on sent l\u2019hiver.Il y en a une, par exemple, où je parle du bois que je fends dans mon garage », révèle Sara Dufour.Sans doute que le séjour actuel fera jaillir des images qui s\u2019incrusteront dans son répertoire, mais pas question de forcer la nature.Même si des heures de studio ont été réservées en vue de l\u2019enregistrement de son troisième album, on la sent prudente, soucieuse de ne pas laisser entrer dans son chalet le démon de la performance.« J\u2019essaie toujours un peu.Dans ce contexte-là, ça écrit bien », note tout de même la chanteuse.La différence, c\u2019est que les jours où son cahier collectionnera les ratures, plutôt que des phrases qui sonnent bien, elle n\u2019aura qu\u2019à « piquer une trail » avec son chien, Gibson, pour retrouver le sourire.DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN SARA DUFOUR L\u2019HIVER POUR SE RETROUVER La motoneige fait partie de la vie de Sara Dufour depuis son enfance au Lac-Saint-Jean.Pas étonnant qu\u2019elle y ait trouvé l\u2019inspiration des chansons.\u2014 PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK / SHE SHREDS MOUNTAIN ADVENTURES 0087284 SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M8 L\u2019HIVER DANS LES ARTS FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste Bien sûr, la chanson date : l\u2019album de Tricot Machine, un duo mauri- cien formé de Catherine Leduc et Matthieu Beaumont, sur lequel on retrouve Les peaux de lièvres, a 15 ans cette année.Cette candide historiette d\u2019amour sous la neige montréalaise n\u2019a pourtant pas pris une engelure.Elle a donné lieu à un très joli clip absolument étonnant signé Simon Laganière.On le trouve sans effort sur YouTube.Pourquoi en reparler aujourd\u2019hui?Parce que si le clip a été injustement oublié, ni lui ni sa chanson n\u2019ont vieilli.Ils demeurent un hommage senti et délicat au charme de notre hiver et de ses inévitables précipitations.La chanson a pris si peu d\u2019âge que la chanteuse Sonia Johnson vient de la reprendre sur son album intitulé Airs givrés.On doit la musique de la chanson à Matthieu Beaumont qui peine à se rappeler le processus de création.« J\u2019avais peut-être des centaines de petits bouts de musique enregistrés, se remé- more-t-il.C\u2019est ce que je ressentais à partir d\u2019un texte qui me dictait le choix des musiques.C\u2019était très instinctif.Je me souviens que celle-là parlait de l\u2019hiver à Montréal et que je lui ai donné un petit côté mélancolique.» Quand on lui apprend qu\u2019elle vient d\u2019être reprise, il s\u2019étonne.« Je n\u2019en savais rien.C\u2019est difficile de faire une musique qui vieillit bien, mais quand ce n\u2019est pas le cas, ça tient le plus souvent à l\u2019orchestration.Celle-là a été faite pour piano et voix, tout simplement.Ça rapproche de l\u2019essentiel.« On travaillait avec David Brunet à la réalisation et il nous avait appris l\u2019importance de la simplicité.C\u2019est sobre et ça donne peut-être une certaine noblesse à tout ça.» Sa compagne Catherine Leduc a signé sa part de textes, mais n\u2019était pas derrière celui-ci que l\u2019on doit à Daniel Beaumont, le frère de Mat- thieu.Il l\u2019a écrite lors d\u2019un voyage en Asie, lors d\u2019un coup de blues pour notre hiver, peut-être.Catherine a cependant tout à voir avec le vidéoclip, un montage réalisé avec les photographies de 750 et quelques petits tricots.« L\u2019idée de faire un clip avec des images tricotées, ça vient de moi.J\u2019avais étudié dans un programme de construction textile et Lysanne Latulippe m\u2019y avait montré qu\u2019on pouvait créer des images sur ordinateur pour qu\u2019une machine puisse les réaliser en tricot.« J\u2019en ai parlé à Simon [Laga- nière], un de nos très bons amis, et il a très bien compris ce que je voulais et comment y arriver.» À raison de quatre images par secondes, par la technique du stop motion, Simon Laganière a réal isé une animation qui colle parfaitement à la poésie dépouillée de la chanson.L\u2019idée même du tricot animé ajoute une couche à l\u2019idée de la chaleur amoureuse qui protège le couple du froid.« Honnêtement, tout ça n\u2019a pas été réfléchi, admet Catherine.C\u2019était très spontané, mais je trouve que ça a bien vieilli.C\u2019est poétique et touchant, entre le réel et l\u2019irréel.C\u2019était une belle idée, le genre d\u2019idée qu\u2019on peut avoir quand on est jeune et qu\u2019on s\u2019abandonne à l\u2019inspiration du moment.» INSPIRATION HIVERNALE In st a l l é d a n s s o n cha l e t d u lac des Piles, en Mauricie, le couple demeure inspiré par l\u2019hiver.« C\u2019est étrange que l\u2019été, on redoute l\u2019hiver, philosophe Catherine.C\u2019est pourtant une saison parfaite.quand on est bien habillés, rigole-t-elle alors que le soleil allume la neige qui enveloppe leur chalet accessible seulement par motoneige.« L\u2019hiver, c\u2019est la saison des rapprochements, le sujet de la chanson.Même si ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai écrite, elle est parmi celles avec lesquelles je connecte le plus, encore aujourd\u2019hui.» Simon Laganière jette lui aussi sur son œuvre un regard approbateur en contraste avec son indécrottable modestie.« À chaque fois que je revois le vidéoclip, je me dis que c\u2019est une des plus belles choses que j\u2019ai réalisées.Avec le recul, j\u2019ai même l\u2019impression que ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai fait.« C\u2019est Matthieu et Catherine qui ont beaucoup insisté pour que ce soit fait à partir de véritables tricots plutôt qu\u2019une simple animation par ordinateur.C\u2019était compliqué, mais ils ont vraiment bien fait de tenir leur bout.« Je me souviens que j\u2019ai beaucoup suivi mon intuition pour le concevoir.Dans les discussions avec Daniel, l\u2019auteur, il tenait à ce que ça s\u2019inscrive dans le décor de Montréal.Ce qui n\u2019était pas évident avec des images de 64 pixels par 64 pixels, mais finalement, je trouve que c\u2019est une jolie illustration de l\u2019hiver à Montréal.« Je me suis concentré à assurer de bonnes transitions et je dois avouer qu\u2019il y a une certaine poésie qui ressort du vidéoclip.À l\u2019époque, il s\u2019est promené un peu partout dans le monde : j\u2019avais été renversé de constater qu\u2019il a été beaucoup vu au Japon, notamment.» Lui dont la résidence est entourée de terres agricoles à proximité du fleuve, il se dit très inspiré par la froide saison.« J\u2019arrive tout juste de me promener dans le bois avec mon fils.C\u2019est beau l\u2019hiver, les champs tout blancs, le fleuve gelé, ça vient me chercher.C\u2019est peut- être le fait que les grands espaces semblent magnifiés sous la neige qui me touche.» C\u2019est au cinéaste Simon Laganière qu\u2019on doit l\u2019étonnant vidéoclip de la chanson Les peaux de lièvres du duo Tricot Machine.\u2014 PHOTO LE NOUVELLISTE, STÉPHANE LESSARD ET CAPTURE D\u2019ÉCRAN LES PEAUX DE LIÈVRES L\u2019AMOUR ET LA NEIGE «?C\u2019est le genre d\u2019idée qu\u2019on peut avoir quand on est jeune et qu\u2019on s\u2019abandonne à l\u2019inspiration du moment.?» \u2014 Catherine Leduc, en parlant du vidéoclip Les peaux de lièvres laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M9 MUSIQUE DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAG U E N AY \u2014 M e m b r e d u groupe rock WD-40 depuis 1993, Étienne Carrier révèle d\u2019autres allégeances avec son premier album solo, La route est longue.On y trouve plusieurs déclinaisons du country, parfois ancrées dans la tradition québécoise, à d\u2019autres moments proches du bluegrass ou des maîtres américains tels Johnny Cash et Willie Nelson.La palette est variée à l\u2019intérieur du registre exploré par le guitariste d\u2019origine saguenéenne.« J\u2019ai toujours voulu être dans le country.Les pièces de WD-40 qui se rapprochent de ça, c\u2019est moi qui les ai écrites », raconte-t-il.Puisque le groupe a laissé filer onze ans avant d\u2019enregistrer du contenu original, comme ce fut le cas en 2017, le quadragénaire s\u2019est dit que la fenêtre actuelle lui laissait tout le temps nécessaire pour monter un projet se moulant à ses aspirations.Sur les dix plages que renferme son album, huit constituent des nouveautés, tandis que les deux autres proviennent du catalogue de WD-40.« J\u2019aime beaucoup Les chiens, particulièrement la musique.Sur La fin du monde, j\u2019ai conservé le texte écrit par mon frère Alex [Jones].Je le trouve touchant.Par contre, j\u2019ai voulu emmener la musique ailleurs en la rendant plus douce », fait remarquer Étienne Carrier.Un autre clin d\u2019œil à la formation se trouve sur la première plage, Interzone.Après une intro spectrale à la Ennio Morricone, un homme confie à sa douce : « Je ne suis plus né pour être sauvage. » L\u2019allusion au classique de WD-40, Né pour être sauvage, est imparable.« Dans ce texte, il est question de moi.Je suis âgé de 45 ans, alors que nous avons enregistré Né pour être sauvage en 1996, met-il en contexte.Les années passent, mais j\u2019ai toujours mes traversées du désert. » LE DESTIN DES DAMNÉS Fidèles à la tradition du country, plusieurs de ses compositions embrassent le destin des damnés de la terre.Dans La boisson, le protagoniste affirme choisir son poison, tandis que Le soleil brosse le portrait d\u2019un homme pour qui cet astre ne brillera jamais.Quant à Pleure, pleure, elle met en scène un type affligé par une rupture, tout en ayant « perdu sa job à la shop ».On l\u2019imagine accroché à son verre, pendant que le narrateur tente de le consoler.« Comme j\u2019ai tendance à voir le verre à moitié vide, je suis attiré par les histoires tristes qu\u2019on retrouve dans le country.J\u2019aime aussi écrire des pièces qui ont plusieurs sens », indique Étienne Carrier, en donnant l\u2019exemple de L\u2019étoile du nord.On peut y voir une chanson d\u2019exil campée au siècle dernier, mais si on fait une lecture différente, ce sera tout aussi bien, suggère l\u2019auteur.Sur le plan musical, par ailleurs, il n\u2019existe aucune équivoque : l\u2019acoustique a pris le pas sur l\u2019électrique.Il y a deux ans, pourtant, ce projet affichait une tonalité plus musclée.Puis la guitare électrique a été écartée au profit de la guitare acoustique, du banjo et de la mandoline.« Il ne s\u2019agissait pas de marquer une rupture avec WD-40, dont je fais toujours partie, précise le musicien.Mon intention, c\u2019était d\u2019aller aux racines du country, celui que pratiquait un gars comme Marcel Martel, que j\u2019apprécie depuis longtemps. » Cet album lui tenait tellement à cœur qu\u2019il l\u2019a totalement financé, ce qui lui a permis de découvrir les facettes techniques qui se cachent derrière les ambitions artistiques.« J\u2019ai appris plein d\u2019affaires », confirme Étienne Carrier, dont l\u2019enregistrement est offert sur les principales plateformes.Pandémie oblige, il n\u2019y a pas eu de lancement, mais un spectacle prendra la route cette année.Au gré des circonstances, il sera donné en groupe ou en duo, avec son complice Patrick Mainville.« Je crois à la reprise des activités dans les salles et c\u2019est sûr que je ferai du booking, dont probablement plusieurs festivals country.J\u2019ai un bon album qui s\u2019écoute bien, avec de la musique assez entraînante.Ça fait un beau contraste avec les textes plus sombres », met- il en relief.GUITARISTE DE WD-40 LES ALLÉGEANCES COUNTRY D\u2019ÉTIENNE CARRIER Étienne Carrier a toujours aimé la musique country, ce qui n\u2019apparaît qu\u2019en filigrane dans l\u2019œuvre du groupe WD-40.Il a profité de l\u2019enregistrement de son premier album solo, La route est longue, pour explorer cette riche tradition à travers des pièces originales.\u2014 PHOTO MARIE-ÈVE DIOTTE ÉTIENNE CARRIER La route est longue COUNTRY FRANCO Indépendant 0087574 vieuxclocher.com 819.847.0470 La culture pour nous rassembler et pour vivre de grands moments avec les artistes de chez nous ! Bienvenue! On est là pour vous.LES ANNÉES CAT STEVENS SAM.12 MARS P.-A.MÉTHOT VEN.1 ET SAM.2 AVRIL 2 FRÈRES SAM.26 FÉVRIER ET LES VEN.18 ET SAM.19 MARS SIMON GOUACHE VEN.25 ET SAM.26 MARS YVAN PEDNEAULT HOMMAGE À QUEEN VEN.11 MARS NEEV VEN.25 FÉVRIER PATRICE MICHAUD VEN.18 ET SAM.19 FÉVRIER ET VEND.23 SEPTEMBRE CHRISTINE MORENCY JEU.3 ET VEN.4 MARS COMPLET COMPLET SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M10 MUSIQUE VALÉRIE MARCOUX Le Soleil QUÉBEC \u2014 Ta théorie sur la lumière, le nouvel album de Juste Robert, « vise le cœur et s\u2019attarde à la beauté des choses simples », décrit l\u2019auteur-compositeur-interprète.Ces dix nouvelles chansons représentent des scènes plutôt quotidiennes, mais que l\u2019artiste enveloppe d\u2019émotions.« Parler d\u2019une chatte qui ramène un moineau au pied de l\u2019escalier, voilà des choses qui sont vraiment simples.C\u2019est quasiment une image cinématographique », reconnaît Jean-Robert Drouillard, alias Juste Robert, en évoquant sa chanson Le moineau.Le cœur de ce nouvel opus est apparu quand il a composé Le silence et la lenteur.« C\u2019est la chanson qui a mis le doigt sur le thème.Tout de suite, on a eu l\u2019impression qu\u2019il se passait quelque chose de fort. » Le silence et la lenteur comprend environ 14 lignes de percussions.« Notre ami Kenton Mail s\u2019est beaucoup amusé.Ça joue même de la bouteille de gin Saint-Laurent vide là-dessus », révèle l\u2019artiste.Jean-Robert Drouillard ne joue d\u2019aucun instrument sur Ta théorie sur la lumière.Bien qu\u2019il soit le compositeur principal, celui qui a commencé à gratter la guitare à 35 ans laisse l\u2019exécution à ses complices.Dès le début du projet, l\u2019auteur- compositeur-interprète voulait donner plus de place à son collaborateur de longue date Benoît « Shampouing » Villeneuve, qui joue de la guitare sur cet album de musique folk rock réalisé sous sa direction.« Les deux disques et le EP que j\u2019ai enregistrés avant ont été faits avec un mélange de désinvolture et d\u2019urgence », fait partager Juste Robert, qui a été plus minutieux pour ce projet.Le chanteur, qui aura bientôt 52 ans, désirait travailler le son de sa voix afin qu\u2019elle paraisse plus mûre.En plus, Ariane Roy et Émilie Clepper le rejoignent sur quelques compositions.« On mélange leurs deux voix tout au long [de l\u2019album], sauf sur la chanson qui s\u2019appelle Le gris des fées.Là, on a plus assumé un duo avec Émilie Clepper », explique-t-il.Cette pièce bilingue a été coécrite avec la copine de son fils, Avery Isbrücker, dont la langue maternelle est l\u2019anglais.« Il commence à y avoir des chansons qui sont plus de l\u2019ordre de la poésie et du simple plaisir d\u2019écrire une chanson », affirme l\u2019artiste, qui a également fait de la place à des thèmes plus engagés, évoqués subtilement par les paroles de Sous le bruit des hélicos, d\u2019En amont et de la chanson-titre, notamment.LA LUMIÈRE ET SON CONTRASTE La photo sur la pochette montre Hélène, l\u2019épouse de l\u2019artiste, de dos en train d\u2019ouvrir les rideaux pour laisser pénétrer la lumière, comme le fait la femme mise en scène dans Ta théorie sur la lumière.Cet alias inspiré par Hélène ne comprend pas la haine.Alors que l\u2019auteur cherchait à créer un contraste avec la candeur et la gentillesse de son personnage, ses pensées se sont dirigées vers le souvenir douloureux du crime haineux ayant eu lieu à la Grande Mosquée de Québec il y a cinq ans.« Je n\u2019avais pas réalisé que ça sortirait en même temps que le cinquième anniversaire », admet l\u2019artiste, dont le nouvel opus est paru le 28 janvier, la veille de la commémoration.La mention de la fusillade qui s\u2019est déroulée à la Grande Mosquée arrive soudainement au milieu de la chanson, comme un électrochoc, entouré d\u2019un silence assumé.« Je n\u2019avais pas réalisé que je deviendrais sensible en discutant de la tuerie\u2026 » s\u2019interrompt Jean- Robert Drouillard.Sur une série de photos prises par Charles-Frédérick Ouellet pour le lancement de l\u2019album, une couronne jaune et brillante a été ajoutée sur la tête de Juste Robert.« Ça vient de mon iconographie en sculpture », dévoile l\u2019artiste pluridisciplinaire, qui avait adopté un alias afin de dresser une frontière entre sa musique et ses autres créations.Or, les symboles qui peuplent son univers créatif apparaissent autant dans ses sculptures que dans ses compositions.« Il y a comme un jeu qui s\u2019installe.Il y a une contamination », reconnaît-il.S\u2019occupant du visuel entourant son univers musical, Jean-Robert Drouillard a donc choisi d\u2019ajouter cette couronne brillante aux portraits sombres afin de désamorcer le côté triste qui colle habituellement à sa musique.« J\u2019avais envie de mettre une touche de couleur et d\u2019humour, parce qu\u2019il y a ça aussi dans ma personnalité qui n\u2019était pas beaucoup dans mes chansons », confie Juste Robert, qui considère cet album comme étant son plus joyeux.JUSTE ROBERT SE LAISSER PÉNÉTRER PAR LA LUMIÈRE Jean-Robert Drouillard ne joue d\u2019aucun instrument sur Ta théorie sur la lumière, désirant travailler davantage le son de sa voix afin qu\u2019elle paraisse plus mûre.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET Également sculpteur, Juste Robert s\u2019aperçoit que des éléments de son iconographie en sculpture contaminent ses autres créations, telle la couronne jaune.\u2014 PHOTO CHARLES-FRÉ- DÉRICK OUELLET QUÉBEC \u2014 Alors que la pandémie continue, Juste Robert dirige son attention sur la beauté des petites choses qui l\u2019entoure.Plutôt que de s\u2019attarder à la misère du monde, il a décidé d\u2019apprécier « la lenteur, le calme, la lumière et la gentillesse de son épouse », mentionne-t-il, presque gêné de se sentir aussi bien durant cette période trouble.« Si j\u2019étais juste un artiste de la scène, je serais en train de pleurer ma vie, mais j\u2019ai la chance d\u2019être d\u2019abord sculpteur », reconnaît-il.En plus du projet d\u2019album, ses contrats d\u2019art public l\u2019ont tenu occupé.Il a notamment réalisé une sculpture en hommage à Réal « Buddy » Cloutier.Avec son épouse, qui est céramiste et potière, il prépare aussi une exposition intitulée Hélène et son mari.« Ce sont de grosses installations où nos deux mondes, nos deux manières de travailler, se rencontrent », explique Jean-Robert Drouillard.VALÉRIE MARCOUX, LE SOLEIL VIVRE D\u2019ART ET D\u2019AMOUR JUSTE ROBERT Ta théorie sur la lumière FOLK-ROCK FRANCO La Tribu laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M11 MUSIQUE DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Dans le monde de la chanson comme en politique, il y a des périodes plus géniales que d\u2019autres.C\u2019est ce qu\u2019a vécu la France entre les années 1950 et 1970, grâce à des géants tels Léo Ferré, Barbara, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Édith Piaf et Yves Montand, sans parler du vétéran Charles Trenet et de Jacques Brel, le cousin belge.Trop jeune pour appartenir à ce groupe, Julien Clerc a d\u2019abord fréquenté ce répertoire par l\u2019entremise de sa mère.« C\u2019est toute une époque, mais aussi un temps enfoui, ce qui explique qu\u2019on en soit nostalgique.Ce sont nos vies, des chansons qui ont marqué notre jeunesse, d\u2019autant que ça correspond à une grande période pour la chanson française.De grands textes.De grandes musiques qui étaient exemptes d\u2019influences extérieures », raconte-t-il en entrevue sur Zoom.Montand admirait Frank Sinatra, et Trenet a introduit le swing américain dans son pays, mais ce fut à doses homéopathiques, si on compare au torrent qu\u2019a représenté l\u2019émergence du rock\u2019n roll pour la génération de Clerc.« Nous, c\u2019était différent, raconte le chanteur.Nous étions là-dedans, les Beatles, Dylan et les Stones.Et aussi, en ce qui me concerne, dans ce qu\u2019ont accompli les frères Gershwin, associés au Great American Songbook. » Toute sa vie, néanmoins, les classiques du répertoire français ont tourné en boucle dans sa tête.Ils font partie de sa bande sonore, au même titre que ses succès à lui.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que l\u2019idée lui est venue d\u2019interpréter ses pièces favorites, les quatorze figurant sur l\u2019album Les jours heureux.Tant qu\u2019à les fredonner, pourquoi ne pas pousser l\u2019expérience plus loin en studio?«?UN PIANO-VOIX AMÉLIORÉ?» Le gros du travail a été accompli avec le pianiste Benjamin Constant, s o n c o m p l i c e e n m u s i q u e .Ensemble, ils ont testé une vingtaine de chansons.Certaines sont demeurées en plan, comme Ne me quitte pas.« Ma version n\u2019apportait pas grand-chose », explique Julien Clerc.Privilégiant les titres plus familiers, le duo les a abordés avec circonspection.Sur l\u2019album, on entend des cordes et quelques touches de guitare, mais la discrétion est de mise.« Au fond, c\u2019est un piano-voix amélioré, résume le chanteur.On a tenu à garder ce son, tout en ajoutant quelques orchestrations, parce qu\u2019il était important de coller aux versions originales.Dans Mon manège à moi, par exemple, le défi fut de rester proche du groove. » Il ajoute que Boom! est la pièce sur laquelle il a travaillé le plus fort en studio.Se mouler au swing propre à Trenet, respecter son phrasé, ne vient pas en criant lapin.En revanche, L\u2019important, c\u2019est la rose et Je reviens te chercher ont coulé de source.« J\u2019ai tellement vu Bécaud faire ces chansons, à l\u2019époque où il me confiait ses premières parties, rapporte Julien Clerc.Il parlait peu du métier parce que c\u2019était un instinctif.Il suffisait de le regarder faire. » LE CAS BARBARA Trois titres de Barbara figurent sur le disque : Joyeux Noël, Dis, quand reviendras-tu?et Vienne, qui complète le cycle des interprétations (après, il y a une chanson cachée, un hommage de l\u2019artiste à ses devanciers).Chacun d\u2019eux touche une corde sensible en raison de la qualité du rendu, d\u2019autant plus remarquable que les enregistrements originaux peuvent être assimilés à de la dentelle.Même en superposant les deux voix, celle dont on se souvient et l\u2019autre, contemporaine, on ne perçoit aucun décalage.« Barbara, ça coule dans mes veines.Je l\u2019ai beaucoup écoutée et, pour la mélodie, c\u2019est celle qui m\u2019a le plus influencé, qui est le plus proche de moi.À cet égard, je la compare à Brassens qui, lui aussi, aurait pu figurer sur l\u2019album.Peu de gens le savent, mais il composait au clavier.Chaque fois, pourtant, ça donnait quand même un son de guitare », s\u2019émerveille Julien Clerc, qui a eu la chance de faire des duos avec Barbara à la télé française.Son humour, son regard brillant restent gravés dans sa mémoire.Conscient de sa bonne fortune, puisque ses idoles d\u2019hier sont devenues des collègues, il reconnaît que leur éthique de travail, autant que leur talent, l\u2019a durablement influencé.« Ces grands de la chanson m\u2019ont permis de poser les bases de mon métier.C\u2019est pour cette raison qu\u2019à la fin de chaque tournée, par exemple, je recommence à écrire au piano, révèle le chanteur.Travailler comme un artisan, moi, c\u2019est ce que je sais faire. » JULIEN CLERC Un parfum de nostalgie Julien Clerc interprète quatorze classiques de la chanson française sur son nouvel album, intitulé Les jours heureux.\u2014 PHOTO MUSICOR Vous voulez y aller?Julien Clerc Jeudi 6 octobre, 20 h Salle Maurice-O\u2019Bready Entrée : 72 $ JULIEN CLERC Les jours heureux CHANSON FRANÇAISE Musicor 0087326 SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M12 MUSIQUE FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 La sortie d\u2019un nouvel album de Jean-Michel Blais a désormais quelque chose d\u2019un événement.D\u2019abord parce que, depuis cinq ans, sa notoriété a explosé et son talent est désormais célébré un peu partout sur la planète.Merci à un bouche-à-oreille hyper-favorable et à un coup de pouce d\u2019un certain Xavier Dolan, qui voulait que ce soit sa musique qui accompagne son film Mathias et Maxime en 2019.L\u2019autre raison tient à ce que le musicien originaire de Nicolet soit un créateur fécond, qui aime explorer, à chaque album, une nouvelle avenue.Il présente cette fois-ci Aubades, pour lequel il s\u2019est donné le défi de gonfler l\u2019enveloppe de sa musique en y greffant un orchestre, une première.En somme, il est devenu compositeur.Il raconte : « J\u2019avais entrepris une tournée et le confinement de 2020 m\u2019a stoppé brusquement.Je me suis demandé ce que je pourrais bien faire de tout ce temps.Ça m\u2019a stimulé : j\u2019ai commencé à apprendre le russe, à courir quotidiennement, à améliorer mon hygiène de vie.Il faut dire que j\u2019avais vécu une séparation et que je trouvais un nouveau souffle.Mais surtout, j\u2019avais besoin d\u2019un défi musical. » « Dès mes études au Conservatoire de Trois-Rivières, j\u2019ai nourri une profonde envie d\u2019orchestrer.J\u2019y étudiais en interprétation du piano, donc pas le temps d\u2019explorer ça.Le rêve est resté et là, j\u2019avais enfin une occasion de le réaliser. » Il n\u2019en faut guère plus pour embraser ce musicien hautement inflammable.« L\u2019idée, c\u2019était d\u2019apporter de l\u2019optimisme avec des compositions lumineuses, ancrées dans l\u2019espoir.C\u2019est ça que j\u2018ai à offrir au public en ces temps difficiles.Je voulais des pièces ludiques, touchantes, drôles même, grâce à l\u2019apport de textures que je n\u2019avais pas explorées précédemment. » « Je me suis procuré un livre sur l\u2019orchestration, j\u2019ai repris contact avec des amis du conservatoire pour qu\u2019ils me parlent de leur instrument.Ce sont de vrais athlètes qui ont un vécu d\u2019une grande richesse qui m\u2019a beaucoup nourri.En fin de compte, je n\u2019ai pas écrit une partition pour une flûte, mais une pour Myriam, qui joue la flûte. » FAUX BOND AU DÉNUEMENT Le nom de Jean-Michel Blais fait apparaître dans notre esprit son piano dépouillé, nourri au classique, mais emporté dans des envolées d\u2019un lyrisme tout personnel.Mais avec Aubades, il fait faux bond au dénuement.« Je ne voulais pas de faux instruments programmés sur un ordinateur.J\u2019en voulais de vrais, joués par de vraies personnes, avec des imperfections rendues par un micro collé sur les clés d\u2019un hautbois, par exemple.J\u2019ai même parfois des petits bouts de conversation en arrière-plan.J\u2019ai tout gardé.J\u2019aime cette vérité-là qui s\u2019éloigne du travail très léché qui caractérise les enregistrements classiques. » Il affirme, non sans une pointe d\u2019émotion dans la gorge, qu\u2019il a eu une véritable révélation à un moment précis du processus de création.« Quand je me suis retrouvé avec douze musiciens, après des mois de quasi-confi- nement.Jouer pour vrai avec du vrai monde! En même temps, j\u2019étais hyper stressé.Je me sentais comme un ti-cul devant des pros avec mes petites compos.La veille, eux, ils montaient un Beethoven ou un Brahms.Je me suis senti tellement vulnérable : j\u2019ai eu les yeux pleins d\u2019eau tout le long.Je ne sais combien de fois je me suis excusé auprès d\u2019eux au cours de l\u2019enregistrement.Sauf que j\u2019ai senti ma musique prendre vie et ç\u2019a été une expérience incroyable. » La vie.C\u2019est peut-être essentiellement cela, Aubades.Onze tessons d\u2019une vie brisée par le choc brutal d\u2019une pandémie et recollés dans un vitrail coloré par une lumière indifférente aux virus.Sans se vautrer dans l\u2019analyse, Jean-Michel Blais suggère des pistes.« C\u2019est toujours Jean-Michel le pianiste, parce que j\u2019ai d\u2019abord composé et enregistré de multiples mélodies au piano.J\u2019ai pigé là-dedans.Mais quand je suis seul avec mon instrument, ma musique se rapproche plus de la confession mélancolique.C\u2019est comme une démarche de questionnement existentiel.Par exemple, l\u2019album Il [2016] était essentiellement contemplatif.En groupe émerge une tout autre facette de ma personnalité.Ici, on est dans le party, ça danse, ça donne de l\u2019énergie. » LE RISQUE DE L\u2019IMPUDEUR Petite illustration : « La musique en piano solo, elle est en mineur.Là, c\u2019est en majeur, c\u2019est lumineux, uplifting.C\u2019est un côté de moi que je ne me permettais pas par pudeur; la peur d\u2019être quétaine, peut-être.J\u2019ai pris un risque. » La structure même de l\u2019album est significative à ses yeux.« C\u2019est comme une grande fête qui commence tranquillement avec Murmures, qui débute avec un piano solo auquel s\u2019ajoutent graduellement des instruments.L\u2019album se termine avec Doux, une pièce plus introspective comme quand, après un party, on se retrouve seul.Sauf qu\u2019elle se termine avec un beau gros accord majeur. » « Une aubade, c\u2019est un petit concert donné à l\u2019aube par un amoureux sous la fenêtre de sa douce.Ça marque la séparation entre la nuit et le jour, la promesse d\u2019une nouvelle journée.C\u2019est le moment où l\u2019amoureux quitte le lit de sa belle et lui rend hommage avant de retrouver ses activités. » Voyez-y ce que vous voulez.Mais si la nuit avait été la pandémie?Et le matin qui point à l\u2019horizon, l\u2019allégement des mesures sanitaires qui nous donne une énergie nouvelle?Jean-Michel Blais ne s\u2019oppose pas.« C\u2019est sûr que les restrictions nous ont atteints, mais l\u2019espoir n\u2019est pas anéanti.Si, par ma musique, je peux offrir un peu de cet espoir même en dose homéopathique, ça me rendrait heureux. » « Je sens bien depuis un certain temps la très belle réception que reçoit ma musique et j\u2019en suis profondément ému.Par contre, je n\u2019ai pas cherché à plaire avec Aubades.En fait, je me suis même enlevé de la pression en me laissant aller à l\u2019inspiration.C\u2019est là qu\u2019est ma libération.L\u2019idée, c\u2019est de ne pas esquiver ce qui s\u2019impose à moi.Je n\u2019ai pas du tout l\u2019impression d\u2019écrire de la musique populaire, mais au fond de moi et malgré mon bagage, j\u2019ai un cœur de pop. » C\u2019est comme compositeur que le Nicolétain d\u2019origine Jean-Michel Blais revient au-devant de la scène, puisqu\u2019il s\u2019est adjoint une douzaine de musiciens pour réaliser les pièces d\u2019Aubades, son tout nouvel album.\u2014 PHOTO WILLIAM ARCAND JEAN-MICHEL BLAIS FAÇON ORCHESTRE JEAN-MICHEL BLAIS Aubades INSTRUMENTAL Arts & Craft Productions laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M13 TÉLÉVISION MONTRÉAL \u2014 La captation immersive Vivre \u2014 Le spectacle spectral de Klô Pelgag est ponctuée d\u2019effets spéciaux et d\u2019expériences bizarroïdes.L\u2019autrice- compositrice-interprète Klô Pelgag et le réalisateur Laurence « Baz » Morais ont ainsi imaginé la grande première de son plus récent album Notre-Dame-des- Sept-Douleurs.Dans un univers déjanté, l\u2019artiste plonge au cœur de ses fantasmes scéniques.Elle est accompagnée d\u2019une quinzaine de musiciens et des « travailleurs-figurants » Roy Dupuis, Emmanuel Schwartz et Anthony Montreuil.La prestation a reçu, l\u2019an dernier, le Félix du spectacle en ligne francophone de l\u2019année.À Télé-Québec, le vendredi 11 février, à 22 h 10.JEAN PHILIPPE ANGERS, LA PRESSE CANADIENNE \u2014 PHOTO TÉLÉ-QUÉBEC COIN TÉLÉ A près avoir visionné le documentaire Une fois c\u2019t\u2019un Noir, un portrait de l\u2019humour porté par des artistes noirs au Québec, j\u2019ai eu envie de retourner voir le numéro sur le racisme qui avait révélé Anthony Kavanagh en 1989.Il y a 33 ans.Certaines choses vieillissent mal en humour.Mais pas ce monologue encore d\u2019actualité, où Kavanagh parodie un Blanc qui se défend d\u2019être raciste, mais dont chacune des paroles démontre le contraire.« Chu pas raciste là, mais. » Le spécimen du numéro le crierait peut-être moins fort au- jourd\u2019hui, mais il n\u2019en pense pas moins.Allez revoir le numéro et vous m\u2019en donnerez des nouvelles.Offert sur Crave depuis vendredi et réalisé par le comédien Frédéric Pierre, Une fois c\u2019t\u2019un Noir s\u2019intéresse à l\u2019apport majeur des artistes noirs à l\u2019humour québécois.On commence avec Chez Denise, qui a fait de Normand Brathwaite une vedette.Le premier comédien noir dans une comédie de situation au Québec.Une fierté pour la communauté noire, parce que c\u2019était le premier, mais aussi un inconfort avec le faux accent haïtien.« On regardait Chez Denise, ça rigolait, et en même temps, on serrait les dents parce que je savais que le lendemain, tout le monde allait rire de moi.Quand t\u2019étais Noir, t\u2019étais Patwice », raconte Anthony Kavanagh, qui dit avoir compris beaucoup plus tard pourquoi il avait pris cet accent.« On comprend rien de ce qu\u2019il dit! » se plaignaient des téléspectateurs en voyant arriver Boucar Diouf à la coanimation des Kiwis et des hommes.Francis Reddy l\u2019avait alors défendu bec et ongles.« Moi, j\u2019ai dit à Radio-Canada : \"Je ne changerai pas d\u2019accent.Vous m\u2019engagez?Vous me prenez tel quel\" », relate Boucar, 15 ans plus tard.« IL Y A DÉJÀ RACHID. » Eddy King, qu\u2019on peut voir actuellement dans Big Brother célébrités, a été refusé à deux reprises à l\u2019École nationale de l\u2019humour.« Tu fais de l\u2019humour ethnique et il y a déjà Rachid Badouri », lui avait-on dit alors.Le rappeur voit beaucoup de similitudes entre cet art et l\u2019humour.« T\u2019as ton micro et tu balances des punchlines. » L\u2019histoire d\u2019Erich Preach est aussi fabuleuse.Portier au Bordel à Montréal, il a été poussé sur la scène par Mike Ward, qui aimait son humour.Se sont enchaînées ses capsules avec l\u2019humoriste Aba sur une chaîne YouTube qui compte à ce jour 1,6 million d\u2019abonnés.Première femme noire diplômée de l\u2019École nationale de l\u2019humour, Garihanna Jean-Louis fait cette confession lucide mais cynique : « Je me sens toujours comme un quota.Je sais que, quand on m\u2019appelle sur un plateau, souvent, c\u2019est parce que je remplis deux cases : la personne racisée et le sexe féminin. » Le documentaire nous donne aussi des nouvelles de Michel Mpambara, qui roastait les Québécois avec audace et un immense talent.Ses collègues souhaitent qu\u2019il revienne en humour.Présenté à l\u2019occasion du Mois de l\u2019histoire des Noirs, le documentaire d\u2019une heure sera également diffusé le dimanche 20 février à 21 h sur Noovo et Canal D.PARLER DES VRAIES AFFAIRES Même avec la meilleure volonté du monde, on ne sait pas toujours quoi dire ni comment réagir dans nos rapports avec les différentes communautés, sans froisser ni créer de malaises, dans un sens comme dans l\u2019autre.J\u2019ai eu un véritable coup de cœur pour Pa t\u2019mentir, série de huit épisodes de 20 minutes offerte dans la section gratuite d\u2019Ici Tou.tv, et pour son trio d\u2019animateurs, Schelby Jean-Baptiste, Keithy Antoine et Irdens Exantus, qui abordent sans détour les mythes liés aux communautés noires et multiethniques.C\u2019est franchement sympathique, déluré, jamais lourd.On est vraiment dans la volonté de créer des ponts, de briser les barrières.Ça va de sujets en apparence légers comme les cheveux afros, jusqu\u2019à la masculinité toxique et aux relations mixtes.Pa t\u2019mentir, une expression courante dans la communauté haïtienne pour souligner l\u2019authenticité d\u2019une conversation, ne fait pas le procès du Québécois « de souche » : c\u2019est aussi un auto-exa- men.L\u2019épisode sur la santé mentale souligne à quel point il est difficile de parler de ce sujet dans la communauté noire, souvent portée à croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019« une maladie de Blancs ».La série ne s\u2019adresse pas à un public de convertis mais à nous tous, qui voulons simplement mieux dire et mieux faire.Une fois c\u2019t\u2019un noir : de Chez Denise à aujourd\u2019hui Normand Brathwaite, Anthony Kavanagh, Michel Mpambara, Boucard Diouf, Eddy King, Éric Preach et Garihanna Jean-Louis.\u2014 PHOTO CRAVE RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M14 LIVRES DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Quand on pense à l\u2019Antarctique, ce ne sont pas les histoires d\u2019amour qui occupent nos pensées.Il est plus courant d\u2019imaginer des manchots plongeant dans les eaux glacées de l\u2019océan ou un iceberg tabulaire déployant sa silhouette élégante dans un décor invariablement bleu et blanc.C\u2019est pourquoi le roman L\u2019espérance de vie des flocons de neige, de Marie Paquet, étonne au premier abord.L\u2019écrivaine originaire d\u2019Arvida, établie aujourd\u2019hui à Québec, avait le goût d\u2019évoquer la relation tendue entre deux scientifiques, pendant un séjour sur la base américaine Amundsen-Scott.À un jet de pierre du pôle Sud, Tessa et Malcolm, mariés mais séparés depuis quelques années, se revoient bien malgré eux.« Il s\u2019agit d\u2019une physicienne et d\u2019un astronome qui doivent mener des recherches ensemble dans un espace où tous vivent confinés.Je trouvais que cette dimension, qui n\u2019est pas liée à la pandémie, apportait une dynamique différente.En plus, il y a l\u2019Antarctique, un continent qui me fascine », explique Marie Paquet.L\u2019un des charmes du roman est qu\u2019à travers les yeux de Tessa, dont c\u2019est le premier séjour à la station, on découvre une microsociété fascinante.Il y a les scientifiques, souvent des oiseaux de passage, mais également le personnel qui rend la vie possible sur une terre inhospitalière.L\u2019intégration se fait à la vitesse grand V dans ce bâtiment où une journée représente l\u2019équivalent d\u2019une semaine.« J\u2019ai aimé montrer l\u2019esprit communautaire et, pour y arriver, je me suis inspirée de plusieurs vidéos faites par des gens qui ont vécu à Amundsen-Scott, relate l\u2019écrivaine.J\u2019ai aussi obtenu beaucoup d\u2019informations grâce à Émilie Parent, docteure en astrophysique.Je lui ai demandé de valider les passages à caractère scientifique et elle a été hyper-généreuse. » MALADROITE PHYSICIENNE Comme s on interlo cutr ice connaissait une personne ayant travaillé à la station, son apport fut doublement important.Le contexte dans lequel évoluent les personnages possède des accents de vérité, si bien qu\u2019après quelques chapitres, l\u2019attention est centrée sur la relation entre Tessa et Malcolm.Presque toujours, la narration est assurée par la physicienne.C\u2019est donc à elle qu\u2019on s\u2019attache, tout naturellement.« Construire sa personnalité a représenté un bon défi.Brosser le portrait de cette jeune femme qui tend à se dévaloriser tout en évoluant dans un univers très masculin, ça m\u2019a sortie de ma zone de confort.Tessa doute, mais arrive parfois à s\u2019affirmer.En même temps, elle est terriblement maladroite, ce qui donne lieu à des situations loufoques », décrit Marie Paquet.De fait, l\u2019humour est très présent dans le roman.C\u2019est un outil que manient Tessa et ses nouveaux amis, dont le cuisinier Stewart et la mystérieuse Becky, responsable des communications radio.La dérision rend la vie pétillante, tout en offrant un brin de réconfort aux âmes amochées.Lorsqu\u2019on réside au milieu de nulle part, il y a des jours où cette capacité de se réfugier dans l\u2019absurde devient aussi essentielle que manger ou boire.Le problème, pour Marie Paquet, est qu\u2019à force de mettre ses pas dans ceux de son héroïne, elle a développé un lien affectif qui, forcément, devait se rompre.« J\u2019ai trouvé ça crève-cœur de la quitter.Toutefois, je considérais qu\u2019avec elle, j\u2019avais bouclé la boucle, souligne l\u2019auteure.On la reverra dans mon prochain roman, mais ce sera juste une brève apparition. » MARIE PAQUET AMOURS COMPLIQUÉES EN ANTARCTIQUE Marie Paquet \u2014 PHOTO ÉDITIONS GOÉLETTE L\u2019Antarctique comme théâtre d\u2019un roman, plus précisément la station Amundsen-Scott : c\u2019est l\u2019idée à partir de laquelle Marie Paquet a travaillé.\u2014 PHOTO ÉDITIONS GOÉLETTE SAGUENAY \u2014 Les voies de la littérature sont impénétrables.Certains peinent à trouver une maison d\u2019édition qui accueille leurs histoires avec bienveillance, alors que d\u2019autres y arrivent sans même l\u2019avoir planifié.Telle fut la bonne fortune de Marie Paquet, auteure des romans Café corsé et L\u2019espérance de vie des flocons de neige, publiés aux Éditions Goélette.Il y a trois ans, l\u2019idée de voir son nom sur la couverture d\u2019un livre lui serait apparue comme un fantasme.Le genre de chose dont on rêve, tout en croyant que ça n\u2019arrivera jamais.Elle qui avait traversé l\u2019enfance et l\u2019adolescence en semant des bouts de textes dans sa maison d\u2019Arvida, des histoires dont la trace s\u2019est malheureusement perdue, était certaine que son destin emprunterait une autre voie.Ce n\u2019était pas faux, puisque très tôt, le désir de devenir enseignante de français au secondaire s\u2019est incrusté dans son disque dur.Après des études à l\u2019Université Laval, il s\u2019est matérialisé à Lévis, où elle fait toujours la classe, une vingtaine d\u2019années plus tard.Cette profession demeure chère à ses yeux, ce qui n\u2019a pas empêché l\u2019écriture de remontrer le bout de son nez.« À 39 ans, je me suis fait assez confiance pour publier des textes sur une plateforme.J\u2019ai eu de plus en plus de lecteurs et de commentaires positifs », raconte Marie Paquet.La plateforme en question a pour nom Wattpad.Le plus drôle est que la future romancière a appris son existence grâce à l\u2019une de ses élèves.« Un jour, elle m\u2019a demandé si elle pouvait lire sur son téléphone.Ça m\u2019a intriguée et elle m\u2019a expliqué en quoi consistait Wattpad, une plateforme sur laquelle on peut placer des textes. » C\u2019est ainsi qu\u2019à petites doses, l\u2019 histoire de Café corsé s\u2019est déposée.L\u2019auteure improvisait à mesure que le scénario se déployait, jusqu\u2019au moment où elle a pris son courage à deux mains et soumis le tout à trois éditeurs.Du fait de son inexpérience, elle avait intégré dans sa liste d\u2019envoi une maison spécialisée dans le répertoire jeunesse : Les Malins.Or, c\u2019est grâce à elle que le manuscrit a pris vie.« L\u2019éditrice l\u2019a acheminé à son amie qui travaillait chez Goélette, puis une personne de cette maison m\u2019a contactée.Comme il est important pour moi de rencontrer les gens, je suis montée à Boucherville afin de signer le contrat.J\u2019étais super heureuse.C\u2019était le début de l\u2019aventure », fait observer Marie Paquet, dont le rêve éveillé se poursuit.DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN UNE ROMANCIÈRE IMPROBABLE MARIE PAQUET L\u2019espérance de vie des flocons de neige ROMAN Éditions Goélette 248 pages laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M15 CINÉMA ANDRÉ DUCHESNE La Presse CRITIQUE MONTRÉAL \u2014 Exception faite du dernier acte, dont l\u2019élément principal est un spectacle aux proportions pharaoniques, Chantez! 2 (Sing 2) laisse un sentiment de déjà-vu, de réchauffé, de film d\u2019animation bâclé et sans grande originalité.Bref, il est truffé de fausses notes.Le monde des films d\u2019animation qui sortent des grands studios hollywoodiens est non seulement vaste, mais aussi émaillé de plusieurs perles dont chacun garde des souvenirs impérissables (Inside Out, Finding Nemo, Wall-E.).Pourquoi?Pour la qualité de l\u2019image, un scénario fort, une leçon de vie, et quoi encore! Or, ce sont tous ces éléments qui manquent à cette histoire dans laquelle le koala Buster Moon (Matthew McConaughey) part à la conquête d\u2019une ville qui a toutes les apparences de Las Vegas et où règne en roi et maître le terrifiant magnat Jimmy Crystal (Bobby Cannavale).Alors que Moon veut convaincre l\u2019ancienne star Clay Calloway (Bono) de revenir sur scène, Jimmy Crystal le force à inclure sa fille Porsha (Halsey) dans la troupe.Or, Por- sha ravit le premier rôle à Rosita (Reese Witherspoon), qui a peur des hauteurs, provoquant tout un malaise.Tout ça nous est raconté, ou plutôt balancé, dans une succession de scènes molles et d\u2019histoires secondaires plus ou moins intéressantes, et qui ont peu de liant entre elles.En fait, le liant, ce sont les innombrables chansons, originales ou reprises, entre autres de U2, Elton John, Billie Eilish, Mercury Rev et autres.Par ailleurs, la structure du film a pour effet qu\u2019on s\u2019attache peu aux personnages dont plusieurs passent en coup de vent.QUAND UN PORC-ÉPIC CHANTE U2 Tout ça est bien dommage parce que l\u2019histoire commence bien, avec une sympathique scène d\u2019ouverture à faire taper du pied, alors que tous les acteurs principaux de la troupe sont présentés les uns après les autres en nous rappelant tout ce que la diversité a de plus beau.Ce qui sauve un peu ce film, qui s\u2019adresse d\u2019abord aux jeunes, est sa finale.On peut dire sans trop vendre la mèche que les fils vont finir par tous être rattachés les uns aux autres.Cette scène est grandiose, colorée, entraînante.Les plans larges et la caméra qui tourne font enfin apprécier tout le travail que Buster Moon et sa bande ont réalisé pour créer ce spectacle à grand déploiement, étoilé de musique.Entendre le personnage de la punkette Ash (Scarlett Johansson) chanter I Still Haven\u2019t Found What I\u2019m Looking For de U2 donne, c\u2019est certain, quelques frissons.Comme quoi il faut toujours aller au bout de ses rêves.Chantez! 2 est présenté au cinéma à compter du 7 février.CHANTEZ?! 2 Concert de fausses notes Chantez! 2 se révèle comme une suite de numéros qui manquent de liant.\u2014 PHOTO ILLUMINATION ENTERTAINMENT AND UNIVERSAL PICTURES Au générique Cote : ?1/2?Titre : Chantez! 2 (v.f.de Sing 2) Genre : Animation Réalisateur : Garth Jennings Durée : 1 h 52 GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Nous attendions les agentes secrètes du film Les 355 le 7 janvier.Après avoir sévi ailleurs sur des écrans moins confinés par les mesures sanitaires, voilà qu\u2019elles nous arrivent pile un mois plus tard avec une distribution étoilée et de haut calibre au service d\u2019un scénario qui l\u2019est beaucoup moins.Le titre de ce film d\u2019action fait référence au nom donné à une espionne pendant la Guerre d\u2019indépendance américaine, afin de préserver son anonymat.Le code reprend ici du service, porté par des vedettes internationales qui, à l\u2019inverse, se passent de présentation : Jessica Chastain, Lupita Nyong\u2019o, Penélope Cruz, Diane Kruger et Fan Bingbing prennent les commandes dans une proposition qui loge entre un James Bond et un Mission impossible au féminin.D \u2019a b o r d r i v a l e s , n o s c i n q héroïnes travaillant respectivement pour les services secrets américains, britanniques, colom- biens, a l lemands et chinois uniront leurs forces pour contrecarrer des plans malveillants qui pourraient mener à la Troisième Guerre mondiale.Rien de moins.Leur quête pour mettre la main sur un bidule électronique capable de prendre le contrôle d\u2019à peu près tous les réseaux informatiques du monde (rien de moins.) les mènera de la France au Maroc à la Chine dans une succession de péripéties montrant que ces dames excellent dans l\u2019art de botter des derrières et de dénouer des complots\u2026 Mais savent aussi se la jouer sophistiquée quand vient le temps de passer inaperçues dans une ostentatoire vente aux enchères.FÉMINISME MALADROIT Réalisé par Simon Kinberg, qui a notamment œuvré au sein de la franchise X-Men, Les 355 ajoute un grain de sel féminin à un genre dominé par la gent masculine.L\u2019effort est louable sans être remarquable.Rien de bien original dans cette proposition qui revisite plusieurs lieux communs et qui appuie maladroitement sur un point de vue féministe en présentant ironiquement des personnages bien stéréotypés : la téméraire, l\u2019âme torturée, la sensible, la crack de la techno, la mystérieuse.Mais les cascades sont au rendez-vous, le rythme est soutenu et la brochette d\u2019actrices, sans qui le film perdrait une grande partie de son intérêt, livre la marchandise.Quand on prend Les 355 pour ce qu\u2019il est, ne reste qu\u2019à savourer le divertissement.LES 355 Distribution étoilée, scénario banal Jessica Chastain dans une scène du film Les 355, de Simon Kinberg.\u2014 PHOTO FILMS SÉVILLE Au générique Cote : ?1/2?Titre : Les 355 (v.f.de The 355) Genre : Action Réalisateur : Simon Kinberg Actrices : Jessica Chastain, Lupita Nyong\u2019o et Penélope Cruz Durée : 2 h 4 SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M16 L a vue est si belle, lorsque je descends du traversier de L\u2019Isle-aux- Coudres, que j\u2019en oublie de surveiller l\u2019adresse où je me dirige.Vêtu de son habit de glace, le fleuve semble encore plus beau.J\u2019ai vu l\u2019île en été, sous les couleurs d\u2019automne, mais jamais ceinturée d\u2019une muraille de glace.Elle n\u2019en est que plus jolie.Ce sont les Traverseux qui m\u2019amènent ici.Oui, j\u2019avais entendu parler de canot à glace, mais je ne connaissais pas toute l\u2019histoire qui se cachait derrière cette activité sportive.En compagnie de quatre autres canotiers, seule fille à bord, je tente l\u2019expérience pour la première fois.En ce vendredi matin de janvier, le ciel est bleu et la glace du fleuve presque aveuglante.Avant de partir en canot, il faut s\u2019habiller adéquatement.S\u2019habiller est presque aussi long que la sortie elle-même, blague-t-on.On chausse des bas de néo- prène, des bottes et des crampons à glace, une salopette, un manteau sur nos multiples couches et une veste de flottaison, sans oublier les mitaines.Pendant ce temps, Anie Harvey, directrice des Traverseux - Espace patrimoine canot à glace, avise la garde côtière que nous allons faire un tour au large.La signature d\u2019un document nous rappelle les risques inhérents à la pratique.Notre guide Daniel Tremblay nous donne quelques explications sur la technique.Même si je me demande un peu ce que je fais ici, je meurs d\u2019envie d\u2019essayer.En arrivant sur le site, je n\u2019ai qu\u2019une envie : aller me perdre dans ce paysage.Rapidement, on se lance sur les battures où l\u2019on doit enjamber de hauts-reliefs, tout en continuant de pousser le canot vers le fleuve.Et hop, mon guide saute pratiquement par-dessus ces obstacles.Ça a l\u2019air si facile en le regardant (!).À un moment, je glisse à côté du canot sans avoir le temps de réaliser ce qui se passe.sans me faire mal.L\u2019approche vers le fleuve est assez cardio, merci.C\u2019est un sport complet, qui fait travailler les muscles et le mental, m\u2019explique Anie Harvey.Difficile d\u2019être davantage dans l\u2019instant présent qu\u2019en ce moment.Par segment, on Plonger dans l\u2019histoire en canot à glace ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M17 PLEIN AIR trottine, un genou dans l\u2019embarcation et l\u2019autre, à l\u2019extérieur, qui nous pousse.« Un sport de maso », lance en souriant mon camarade canoteur.L\u2019exercice demande du souffle.et de la coordination avec ses partenaires.Les guides s\u2019ajustent à leurs invités.Si les vagues sont trop fortes, nous n\u2019irons pas sur le fleuve, nous dit Guy Lapointe avant le départ.Le canotier de plus de trente ans d\u2019expérience et conjoint d\u2019Anie Harvey habite sur l\u2019île depuis qu\u2019il a cinq ans.Une trentaine de canoteurs ont été initiés par lui au fil des ans.Tout près de l\u2019impressionnant cours d\u2019eau, il juge que les conditions sont bonnes pour s\u2019y aventurer.« Le contexte est à évaluer chaque fois.Le terrain de jeu fait qu\u2019on peut arrêter à tout moment », précise Daniel Tremblay, un adepte de ce sport depuis environ 20 ans.Ce charpentier-menuisier caresse plusieurs projets pour faire connaître cette activité et son histoire, dont le développement de collaborations avec des écoles.Le passage de la glace à l\u2019eau, et ensuite l\u2019inverse, se fait en douceur, grâce à l\u2019expérience de nos guides.J\u2019anticipe un peu ces transitions, mais nous sommes visiblement entre de bonnes mains : je n\u2019y vois que du feu.L\u2019exercice est exigeant, mais quelle sensation de se retrouver sur le fleuve! Au loin, l\u2019église se dessine; un cormoran fend le ciel.J\u2019essaie de profiter du paysage entre mes coups de rame maladroits.UNE HISTOIRE À NE PAS OUBLIER Ce qui m\u2019a d\u2019abord intéressée du canot à glace, c\u2019est tout ce pan d\u2019histoire que je ne connaissais pas.Avant d\u2019être un sport de compétition, le canot a d\u2019abord été un moyen de transport pour les Marsouins (le nom des insulaires), qui s\u2019en servaient pour aller travailler sur les chantiers, chercher le courrier ou encore transporter les malades.Au fil des ans, la création de services sur l\u2019île va diminuer l\u2019usage de cette pratique : en 1950, une navette aérienne assure une liaison l\u2019hiver et un traversier entre en fonction en 1958 pendant la saison hivernale.Les grands- pères d\u2019Anie Harvey font partie de ceux qui ont utilisé ce mode de transport.L\u2019embarcation aurait servi lorsque le premier habitant de l\u2019île est arrivé en 1600, et il a été le seul moyen de transport hivernal de 1800 jusqu\u2019aux années 1950.Une visite de l\u2019Espace patrimoine Les Traverseux, où se tient notre sortie, permet de découvrir ce bout d\u2019histoire.L\u2019endroit compte aussi une salle de formation, une boutique et un bistro.J\u2019avale en vitesse des bouchées de « pâté croche », un mets typique de l\u2019île, pour prendre le traversier de 15 h\u2026 et je décide de prendre celui de 17 h.Ce n\u2019est pas tous les jours que j\u2019ai la chance de me plonger dans cet univers.Et puis, je ne voudrais pas repartir sans m\u2019arrêter à la boulangerie Bouchard, quand même\u2026 « C\u2019est tout en train d\u2019être oublié », me dit Daniel Tremblay, qui veut à tout prix faire vivre cette tradition.« Ce qui est le plus beau, c\u2019est l\u2019histoire partagée », me glisse-t- il en me faisant visiter le musée.Ce n\u2019est pas moi qui vais le contredire.La chroniqueuse était l\u2019invitée de Tourisme Charlevoix.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram à isabelle.pion De retour vers l\u2019île, avec les quatre autres canotiers.\u2014 PHOTO FOURNIE, IAN BERGERON BON À SAVOIR La sortie en canot à glace se fait par bloc de trois heures.Deux canotiers accompagnent jusqu\u2019à trois néophytes.Habituellement (hors pandémie!) en février, L\u2019Isle- aux-Coudres est l\u2019hôte de la Grande Traversée, une course de canot à glace qui amène les compétiteurs de L\u2019Isle-aux-Coudres à Saint- Joseph-de-la-Rive, aller-retour (7,2 km).Anie Harvey est derrière la création de cet événement avec son conjoint Guy Lapointe.« On est la deuxième plus vieille course, après celle du Carnaval de Québec. » L\u2019Espace patrimoine Les Traverseux fait partie de la Société du Réseau Écono- musée \u2013 Artisans à l\u2019œuvre, dont l\u2019un des objectifs est de mettre en lumière un savoir- faire et à valoriser un patrimoine matériel et immatériel.ISABELLE PION 1 2 3 4 1 L\u2019équipement pour aller en canot à glace compte plusieurs pièces, dont les crampons à glace.\u2014 PHOTO FOURNIE, IAN BERGERON 2 En route vers le fleuve.\u2014 PHOTO FOURNIE, IAN BERGERON 4 J\u2019essaie de profiter de la vue.tout en ramant maladroitement.\u2014 PHOTO FOURNIE, IAN BERGERON 3 L\u2019Isle-aux-Coudres vue du large.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M18 RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil QUÉBEC \u2014 La région de Charle- voix regorge de points de vue à couper le souffle, mais le projet d\u2019hébergement touristique Réflexion \u2013 Maisons miroirs mise sur un autre atout : la contemplation de la nature environnante, tant de l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019extérieur.La singularité de Réflexion repose sur une façade de verre miroir de 40 pieds (12 m) de largeur que revêtent les deux unités d\u2019hébergement.« Le concept de miroir nous intéressait beaucoup, pour permettre aux unités de se fondre dans la forêt », explique Louis Bertrand, l\u2019un des quatre associés chez Réflexion Charlevoix.Les maisons miroirs conçues par la firme Bourgeois/Lechasseur architectes se situent à mi-chemin entre le micro-chalet parfait pour un couple et les grands chalets touristiques pouvant recevoir 10 personnes ou plus.« On souhaitait pouvoir accueillir de quatre à six personnes, ce qu\u2019on ne retrouve pas beaucoup sur le marché », indique M.Bertrand.Les deux maisons miroirs identiques sont situées à Petite-Rivière- Saint-François, à une quinzaine de minutes du Massif de Charlevoix et de Baie-Saint-Paul dans l\u2019autre direction.D\u2019une superficie de 80 m2 chacune (environ 860 pi2), les unités contemporaines sont placées à une cinquantaine de mètres l\u2019une de l\u2019autre et se font dos, la façade vitrée étant tournée vers la forêt à l\u2019est ou à l\u2019ouest.On mise sur le confort en pleine nature, où luxe et minimalisme se côtoient.Le stationnement situé légèrement en retrait participe à cette immersion.La salle à manger, la cuisine haut de gamme et la salle de séjour profitent de la façade vitrée, tandis que les deux chambres et la salle de bain avec douche à l\u2019italienne se trouvent de l\u2019autre côté de l\u2019aire d\u2019habitation sur un niveau, dont l\u2019entrée est sur le côté.Chaque unité inclut également un foyer et un invitant coin lecture en alcôve, ainsi qu\u2019un spa à l\u2019extérieur.PRÉFABRIQUÉ Le projet Réflexion a commencé à mijoter dans la tête de Louis Bertrand et de ses associés Guillaume Genest, Simon Veilleux et Simon Allard au printemps 2019.Ces trois derniers sont aussi derrière les Dômes Charlevoix, qui offrent du glamping à flanc de montagne à Petite-Rivière- Saint-François.Les cinq dômes géodésiques quatre saisons ont aussi été conçus par Bourgeois/ Lechasseur architectes.Pour les maisons miroirs, la firme de Québec \u2014 qui a aussi une antenne aux Îles-de-la- Madeleine \u2014 a eu recours à la préfabrication.Chacune des unités a été divisée en deux modules, construits en atelier avant d\u2019être expédiés sur place.« On a eu recours à des grues pour déposer les modules à l\u2019endroit souhaité afin d\u2019endommager le moins possible le couvert forestier », signale M. Bertrand.« L\u2019assemblage, en principe simple, a comporté son lot de difficultés, notamment en ce SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune MIROIR SUR LA NATURE 1 2 laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M19 VOYAGES Le tarif par nuitée commence à 335 $ + taxes (il faut également compter la taxe sur l\u2019hébergement), pour un séjour de deux nuits minimum.Le tarif de base est établi pour quatre personnes, il faut compter 25 $ + taxes par adulte supplémentaire par nuit.Info : reflexioncharlevoix.com qui a trait aux divers systèmes mécaniques », indique Bourgeois/Lechasseur architectes par voie de communiqué, ajoutant que l\u2019opération s\u2019est malgré tout bien déroulée.La coulée des planchers de béton radiants et l\u2019installation des façades vitrées ont été effectuées sur place.COMBIEN ÇA COÛTE?Les maisons miroirs sont offertes en location depuis le printemps dernier et sont accessibles en toutes saisons.« Chaque saison a son charme.L\u2019hiver et l\u2019été sont très en demande, mais aussi l\u2019automne, magnifique pendant la courte période des couleurs », souligne Louis Bertrand, précisant que la saison hivernale 2022 est déjà bien remplie \u2014 on peut surveiller les pages Facebook et Instagram de Réflexion Charle- voix pour des disponibilités de dernière minute.1Dans la chambre principale, un coin lecture invite à la détente.\u2014 PHOTO MAXIME BROUILLET 2Dans la salle de bain, une douche à l\u2019italienne.avec vue! Chaque maison miroir est aussi équipée de laveuse et sécheuse.\u2014 PHOTO MAXIME BROUILLET 3 La singularité du projet Réflexion repose sur une façade de verre miroir de 40 pieds de largeur.\u2014 PHOTO THE ROLLING VAN 4 Pour préserver au maximum le couvert forestier sur le site, on a eu recours à des grues pour y déposer les modules composant les maisons miroirs.\u2014 PHOTO THE ROLLING VAN 5 Chaque unité est équipée d\u2019un foyer au bois et d\u2019un spa.\u2014 PHOTO WELLNESSTRAVELLED, CHRISTINE & SARAH MACLEAN ÉVITER LES COLLISIONS D\u2019OISEAUX Se fondre dans la nature grâce au verre miroir, c\u2019est une proposition fort attrayante\u2026 mais qui peut poser problème pour la faune environnante, en particulier les oiseaux.Pour prévenir les collisions sur les parois vitrées, Réflexion Charlevoix a installé des marqueurs visuels fabriqués par l\u2019organisme Feather Friendly.Ces petits points placés sur les façades miroirs à l\u2019extérieur permettent aux oiseaux et aux autres animaux de bien discerner la structure, sans compromettre la vue de l\u2019intérieur et l\u2019esthétique des habitations.Il s\u2019agit d\u2019une solution approuvée par divers regroupements de protection des oiseaux, et « aucun incident n\u2019a été signalé » depuis son application, indique Louis Bertrand, de Réflexion Charlevoix.L\u2019entreprise souligne qu\u2019elle travaille avec l\u2019organisme QuébecOiseaux, qui la guide et approuve le choix des mesures mises en place.RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL P H O T O M A X M E U N I E R MIROIR SUR LA NATURE 3 4 5 SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M20 BIÈRES/COCKTAILS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale L e mois de février et son Défi 28 jours étant entamé, je propose de partager avec vous ces prochaines semaines des idées de cocktails sans alcool à la hauteur de la situation! Pour bien démarrer cette série, quittons notre quotidien de pandémie et de camions.Envolons- nous plutôt vers le Brésil avec ses plages, ses rues endiablées et l\u2019omniprésence de la caïpirinha, le cocktail emblématique du pays préparé traditionnellement à l\u2019eau- de-vie de canne à sucre (appelée la cachaça) à laquelle on ajoute de la lime et du sucre.Si vous avez déjà visité un bar brésilien, vous savez déjà que l\u2019inspiration pour ce cocktail ne se tarit jamais, qu\u2019il soit mélangé avec des fruits, des herbes ou même en remplaçant l\u2019alcool de base par de la vodka, du campari ou du saké.Cette liberté m\u2019a inspiré une version sans alcool qui se laisse déguster doucement pour bien apprécier les subtilités de l\u2019écorce d\u2019orange, l\u2019amertume de la gentiane et les huiles de la lime fraîchement pressée.Une bonne dose de vitamines?Ça ne remplacera pas votre orange matinale, mais ça changera assurément votre apéro! Ayant à cœur la Fondation Jean Lapointe et la prévention de la dépendance chez les jeunes, je vous propose de trinquer à la santé de toute l\u2019équipe derrière cette superbe organisation.Rappelez- vous qu\u2019il n\u2019est pas trop tard pour faire un don sur leur site Web.Comme quoi, un petit mock- tail en février, ça ne change pas le monde, sauf que\u2026 Caipiritivo INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz d\u2019aperitivo spritz sans alcool Monsieur Cocktail (ou autre aperitivo) \u2022 0,5 oz de sirop d\u2019orange (ou de sirop de canne) \u2022 1/2 lime coupée en quartiers PRÉPARATION 1 Dans un verre court, piler les quartiers de lime dans le sirop.2 Ajouter l\u2019aperitivo, remplir de glace et mélanger jusqu\u2019à ce que les doigts deviennent froids.3 Déguster.Santé! JOUR 5 DU DÉFI 28 JOURS! P H O T O M A Ë L L A L E P A G E F aire son pain à la maison est de plus en plus tendance.L\u2019idée n\u2019est pas de remplacer le travail du boulanger, mais de se satisfaire de l\u2019odeur agréable du pain qui cuit et de servir un produit maison.Avez-vous déjà fait votre pain à la bière?Plusieurs recettes existent sur le web.Le pain et la bière partagent beaucoup de points communs.Les ingrédients sont identiques : on retrouve des céréales, de l\u2019eau et de la levure dans la bière et dans le pain.La méthode de fabrication est assez proche, car ils se partagent des étapes de fabrication identiques comme la fermentation, par exemple.Mais que ce soit l\u2019un ou l\u2019autre, on peut y ajouter des ingrédients comme des fruits et des céréales.Et dernier argument : la bière, n\u2019est-ce pas du pain liquide?Vous voilà convaincu.Pour faire du pain, on a besoin de levure.Ça tombe bien, on en trouve dans certaines bières.De nombreuses recettes vous invitent donc à mélanger de la bière à votre mélange à pain et à diminuer la quantité de levure.Mais attention, toutes les bières n\u2019en contiennent pas forcément; les bières filtrées sont exemptes de levure résiduelle.Voilà pourquoi les bières dites « sur lie » sont les plus populaires pour faire son pain.LA RECETTE DE BASE Il existe plusieurs techniques de pain à la bière.J\u2019apprécie cette recette dénichée sur chefcuisto.com pour sa simplicité et son caractère polyvalent.\u2022 3 tasses de farine \u2022 1/4 de tasse de sucre \u2022 1 cuillère à soupe de poudre à pâte \u2022 1 pincée de sel \u2022 350 ml de bière blonde douce à température ambiante \u2022 ¼ de tasse de beurre fondu Mélangez tous les ingrédients, graissez un moule, déposez le mélange dans le moule, arrosez de beurre et cuire à 350°F pendant 50 minutes environ.Vous voilà avec un pain moelleux, rapide et très pratique pour faire de belles tranches qui accompagneront l\u2019apéro.Maintenant que vous avez la recette de base, il est intéressant d\u2019en découvrir les variantes suivantes : PAIN AUX CANNEBERGES Ajoutez une tasse de canneberges au mélange, puis remplacez la bière blonde douce par une bière aux canneberges.PAIN AU CHOCOLAT Ajoutez une tasse de morceaux de chocolat et remplacez la bière par une stout riche et sucrée.PAIN AUX HERBES Ajoutez des herbes fraîches comme le romarin, le thym et l\u2019oseille par exemple, puis remplacez la bière par la Herbosophie de Noctem.Il ne reste plus qu\u2019à vous procurer quelques fromages et bières qui sont du même profil organo- leptique et vous aurez une très belle séance de dégustation.Faire son pain à la bière PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca Voici un pain moelleux, rapide et très pratique pour faire de belles tranches qui accompagneront l\u2019apéro.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, PHILIPPE WOUTERS laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M21 VINS E n février, on a plus que jamais besoin de nos petits et grands plaisirs épicuriens et de profiter des doux moments de plénitude que nous apportent la découverte de nouvelles saveurs.Dans son célèbre livre Physiologie du goût publié en 1826, le plus influent des gastronomes français, Jean-Anthelme Brillat-Savarin affirme que « la découverte d\u2019un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d\u2019une étoile ».C\u2019est sûrement aussi vrai pour le vin! CASTELLO DELLA SALA BRAMÌTO UMBRIA 2020 23,95 $ \u2022 14764933 \u2022 12,5 % \u2022 2 G/L J\u2019ai été enchantée par ce chardonnay de la Ombrie, cette petite région en plein cœur de l\u2019Italie qui borde la Toscane.La famille Antinori y possède un vignoble riche en fossiles où le chardonnay prospère.Bramito est situé autour du château médiéval Cas- tello della Sala, d\u2019où le nom de ce vin qui a macéré sur ses peaux quelques heures avant de fermenter à la fois en cuves inox et en barriques de chêne.Ça donne un blanc très aromatique, comme un bouquet de fleurs blanches avec de la rondeur et des fruits blancs, sur une finale agréablement marquée par l\u2019aspect minéral qui rappelle le graphite.À découvrir! CRU LA MAQUELINE BORDEAUX 2019 20,05 $ \u2022 14805627 \u2022 14 % \u2022 2,6 G/L Un millésime qui a reçu 95 points de Decanter.Alerte cellier : voici un excellent rapport qualité-prix pour ceux qui aspirent à expérimenter le potentiel de vieillissement d\u2019un vin.L\u2019idéal serait d\u2019en acheter trois bouteilles.Une à boire maintenant, une à ouvrir dans 4 ans et la troisième, seulement à l\u2019apogée du vin qui sera possiblement autour de 2030, donc 4 ans plus tard.Ainsi vous pourrez mesurer l\u2019évolution des arômes d\u2019un vin qui se bonifie dans le temps, en comparaison avec un vin bien balancé, mais pourvu de tannins encore très jeunes, comme c\u2019est le cas présentement.Cru La Maqueline est un vignoble de 36 hectares, situé au sud de Margaux, en bordure de la Gironde.L\u2019encépagement est dominé par le merlot et la propriété animée par l\u2019élevage des chevaux, l\u2019autre passion de Philippe et Catherine Castel, qui ont fait l\u2019acquisition du domaine en 2006.WATERKLOOF SERIOUSLY COOL CINSAULT STELLENBOSCH 2020 19,70 $ \u2022 13928254 \u2022 12,2 % \u2022 1,3 G/L Waterkloof est un domaine d\u2019altitude exceptionnel, avec une vue à couper le souffle sur les montagnes et la mer.On y travaille la vigne en agriculture biologique et le vin avec le moins d\u2019intervention possible.Lors de mon séjour en Afrique du Sud, j\u2019ai eu la chance de déguster avec la jeune et talentueuse vigneronne Nadia Langenegger qui façonne chaque cuvée avec savoir-faire, dévouement et amour.Ce Cool Cinsault est un de mes coups de cœur de sa gamme.On reçoit très peu d\u2019allocation de leurs vins, mais heureusement, quelques bouteilles du millésime 2020 sont disponibles actuellement, via la SAQ en ligne seulement.PIERRE-MARIE CHERMETTE BEAUJOLAIS GRIOTTES 2020 19,60 $ \u2022 11259940 \u2022 13 % \u2022 1,6 G/L Un très beau millésime, fruité, gourmand et gouleyant avec des notes de griotte, framboise et fraise sur des tannins super fins.Cette cuvée est issue de vignes d\u2019une trentaine d\u2019années, vinifiée en cuve de béton, pour préserver toute la fraîcheur, sans levurage ni chaptalisation, avec un minimum de sulfites ajoutés.Elle s\u2019appelle « griottes » parce que le bas du vignoble est bordé de cerisiers.Essayez-le avec du poisson grillé ou des plats à base de tomate et d\u2019aubergine.TELMO RODRIGUEZ ALMUVEDRE ALICANTE 2020 16,10 $ \u2022 14000511 \u2022 14 % \u2022 2,3 G/L \u2022 BIO Pour les amateurs de vins plus corsés, le mourvèdre est toujours un excellent choix.En Espagne, on l\u2019appelle monastrell et celui-ci provient de la région d\u2019Alicante, un terroir de prédilection pour ce cépage méditerranéen qui excelle également à Bandol, dans le sud de la France.Les arômes de cassis et réglisse sont au rendez-vous, avec des notes de fruits noirs, cacao et de poivre sur des tannins bien étoffés.Excellent avec les viandes fumées et le gibier.DOMAINE LAFRANCE LIMONCELLO 38,25 $ \u2022 14809345 \u2022 24 % Une nouveauté du Domaine Lafrance, situé à Saint- Joseph-du-Lac, près d\u2019Oka.Un verger familial ouvert en saison pour l\u2019autocueillette et à l\u2019année pour la dégustation et la vente de produits artisans.Bien que spécialisée dans les cidres, l\u2019équipe a développé une belle gamme de spiritueux, comme le vermouth de pomme Rouge Gorge et le Gin Dandy, entre autres.J\u2019ai adoré ce Limoncello, son petit dernier inspiré de la tradition italienne.Pas trop sucré, avec de belles notes citronnées auxquelles s\u2019ajoutent le pomelo et son zeste, en plus d\u2019effluves de verveine que l\u2019on détecte en finale.Idéalement, on garde la bouteille au congélateur pour le servir très frais, en apéro ou en digestif.Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com Six nouveautés qui font du bien NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Le vin et l\u2019art se rencontrent au domaine Waterkloof, un lieu d\u2019architecture exceptionnelle et une vue à couper le souffle sur False Bay, dans la région de Stellenbosch en Afrique du Sud.À l\u2019entrée, le logo symbolise Boreas, le dieu du vent du nord.On remarque qu\u2019il souffle en direction opposée de l\u2019arbre d\u2019acier, une sculpture de l\u2019artiste Strijdom van der Merwe, commandée pour remplacer l\u2019arbre original, déraciné par les grands vents.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, NATALIE RICHARD SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M22 LE MAG Cesser de s\u2019alimenter pendant une période de temps précise, est-ce une bonne idée?Alors que le jeûne intermittent a gagné de nombreux adeptes dans les dernières années, il est normal de se questionner sur les bienfaits réels d\u2019une telle pratique.Jeûner, est-ce santé?RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil QUÉBEC \u2014 Selon le bon vieux dictionnaire Larousse, le jeûne représente un arrêt total de l\u2019alimentation, avec maintien ou non de la consommation d\u2019eau.Il est synonyme de diète.On y précise que le jeûne est aussi une pratique religieuse : en effet, il est ancré dans de nombreuses religions depuis des millénaires.Mais si le jeûne est populaire aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas tant pour des raisons spirituelles que pour les bienfaits santé qu\u2019on lui attribue : perte de poids, contrôle du diabète, baisse des risques de maladies cardio-vasculaires, et même augmentation de l\u2019espérance de vie.Attention ici : on ne parle pas d\u2019un jeûne de plusieurs jours aussi drastique qu\u2019une grève de la faim, mais plutôt d\u2019un jeûne intermittent qui doit en principe être adopté sur le long terme.Il se décline de plusieurs façons (voir encadré), dont la plus populaire est le jeûne avec alimentation limitée dans le temps de type 16:8.En jeûnant 16 heures par jour, on limite notre période d\u2019alimentation à une fenêtre de 8 heures \u2014 par exemple de 12 h à 20 h \u2014 ce qui contribuerait à restreindre l\u2019ingestion de calories.En dehors de cette période, on peut consommer de l\u2019eau et, règle générale, thé/tisane, café noir ou bouillon.En théorie, on peut manger ce qui nous plaît à l\u2019intérieur de la fenêtre d\u2019alimentation.« Je pense que c\u2019est un des principes qui attire le plus de gens, le fait de ne pas avoir à couper des aliments, de pouvoir continuer à manger ce que je veux\u2026 mais pas quand je veux.Ça fait moins peur aux gens, ça donne l\u2019impression que c\u2019est moins difficile à maintenir », indique la nutritionniste et communicatrice scientifique Cynthia Marcotte.Le jeûne de type 16:8 « est le plus pratiqué sans doute parce qu\u2019il est le plus pratique aussi : on continue à s\u2019asseoir pour souper, pour manger avec la famille, c\u2019est ce qui revient c o m m e r a i s o n souvent évoquée », ajoute la nutrition- n i s t e S t é p h a n i e Côté, qui est aussi autrice, conférencière et créatrice de contenus.Mme Côté précise que, pour bien des adeptes, ça signifie « grosso modo de ne pas déjeuner », bien que le jeûne soit plus restrictif que cela (pas de jus d\u2019orange le matin, pas de grignotage en soirée).LA RECHERCHE Plusieurs études scientifiques se sont penchées sur le jeûne dans les dernières années et elles tendent à démontrer divers bienfaits sur la santé.Signalons toutefois que la majorité de ces études ont été réalisées sur des rongeurs et autres animaux.Lors d\u2019une entrevue publiée dans le magazine L\u2019Actualité en octobre dernier, le Dr Martin Juneau, directeur de la prévention à l\u2019Institut de cardiologie de Montréal, soulignait que « les études sur les animaux ont démontré l\u2019efficacité du jeûne intermittent pour prévenir presque toutes les maladies chroniques (diabète, maladies cardio- vasculaires) et neurodégénératives (Alzheimer et Parkinson).Chez l\u2019humain, les études commencent à s\u2019accumuler depuis cinq ou six ans et les résultats vont dans la même direction ».Le cardiologue recommande d\u2019ailleurs le jeûne intermittent à certains de ses patients à risque.Les nutritionnistes interrogées sur la question demeurent prudentes.« Du point de vue de la recherche, il y a quand même de nouveaux projets qui sont sortis, dont une méta-analyse en 2021, mais ce n\u2019est pas super clair encore dans les résultats.Ça fait état de petits gains, de petits avantages, mais l imités à te l le population\u2026 Les bénéfices sont t r è s m o d é r é s , par exemple une perte de poids peu importante.Et plus ça s\u2019échelonne sur une longue période, moins les résultats sont intéressants », observe Cynthia Marcotte, qui a consulté les données les plus à jour.Stéphanie Côté estime également qu\u2019il manque encore d\u2019informations sur la question.« C\u2019est sûr qu\u2019il continue à y avoir des études sur le jeûne et les différentes façons d e s\u2019a l i - menter, mais je trouve un peu risqué de s\u2019approprier même les plus récentes données parce que ça reste des études scientifiques qui sont faites dans un cadre précis.Ça prend des années pour avoir des conclusions vraiment probantes », souligne-t-elle.DIÈTE OU MODE DE VIE?Le jeûne, mode de vie ou autre diète?« Tout ce qui est une règle externe à nous, tout ce qui nous dit quoi manger, quand manger, combien en manger, qui nous demande de calculer, c\u2019est un régime.Quand ce n\u2019est pas un régime, c\u2019est quand on écoute notre corps, qu\u2019on écoute nos signaux, qu\u2019on mange en fonction de notre faim, de nos envies aussi, c\u2019est ça qui est naturel », indique Mme Côté, pour qui il est clair que le jeûne s\u2019inscrit dans la « culture des diètes » en raison d\u2019une restriction dans le temps.2 1 JEÛNER, SANTÉ? laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M23 LE MAG Un avis que partage Cynthia Marcotte, qui signale que le jeûne intermittent occasionne une perte de poids très semblable à celle obtenue par d\u2019autres diètes à restriction calorique.Si le fait de manger seulement à l\u2019intérieur d\u2019une période de 8 heures permet généralement de diminuer sa consommation globale \u2014 et donc les calories ingérées \u2014, ce n\u2019est pas le cas pour tous.« Certains au contraire vont avoir tellement faim quand la fenêtre d\u2019alimentation s\u2019ouvre qu\u2019ils vont manger en très grosses quantités, en écoutant peut-être moins leurs signaux de satiété.À long terme, ça fait en sorte qu\u2019on déconnecte et qu\u2019on ne sait plus c\u2019est quoi la vraie faim, la vraie satiété », mentionne Mme Marcotte.ADAPTÉ À SA ROUTINE?La nutritionniste, très présente sur les réseaux sociaux, a essayé le jeûne intermittent pendant une semaine et rendu compte de son expérience.« Je suis une couche-tard, alors arrêter de manger à 20 h c\u2019est sûr que je risque de me réveiller affamée! Comment je peux faire pour ne pas ressentir ça?Je mangeais jusqu\u2019à la seconde près.La notion de temps ajoute une certaine préoccupation.Qu\u2019est-ce qui arrive si j\u2019ai un rendez-vous, un imprévu, et que je n\u2019ai pas pu manger avant 20 h?Ou si j\u2019ai un brunch le matin plus tôt que d\u2019habitude?Ça amène beaucoup de questions qui d\u2019après moi peuvent aller à l\u2019obsession », indique Cynthia Marcotte, soulevant des défis sur le plan social.« Dès qu\u2019on a un souci avec l\u2019alimentation, pas nécessairement un trouble alimentaire, mais déjà une relation malsaine avec les aliments, on aggrave notre problème.Que ce soit avec le jeune intermittent ou n\u2019importe quel régime, on risque d\u2019alimenter cette roue infernale », prévient Stéphanie Côté.Si une personne est déjà habituée de ne pas déjeuner le matin et de manger deux repas par jour, il est probable qu\u2019elle adoptera assez facilement le jeûne intermittent.Mais une autre qui mange normalement trois repas par jour, en plus de collations, risque de trouver ça pas mal plus ardu.« Quand elle va commencer, elle va avoir faim, sentir une baisse d\u2019énergie, voir des points noirs, faire de l\u2019hypoglycémie, être fatiguée, énumère Mme Côté.Un autre aspect souvent sous- estimé, c\u2019est la mauvaise haleine.Pour les mêmes raisons qu\u2019avec la diète cétogène, durant le jeûne, le corps est forcé à trouver d\u2019autres mécanismes pour lui fournir de l\u2019énergie et produit des corps cétoniques.Notre haleine prend alors une odeur de cétone, un peu comme du décapant.Ce n\u2019est pas trop agréable.» Pour Cynthia Marcotte et Stéphanie Côté, le jeûne intermittent n\u2019est pas la solution idéale aux problèmes d\u2019alimentation moderne.Les nutritionnistes misent davantage sur une alimentation intuitive, prônée par de plus en plus d\u2019experts, en incitant les gens à mieux se connaître comme mangeur.« Ce qui est idéal à faire, c\u2019est de trouver une façon de s\u2019alimenter qui nous convient, qui est compatible avec le plaisir, avec notre vie sociale et familiale.Apprendre à manger quand on a faim, à arrêter quand on n\u2019a plus faim, se réapproprier les signaux de notre corps », résume Mme Côté.1 Pour Stéphanie Côté, nutritionniste, autrice, conférencière et créatrice de contenus, dès que l\u2019on a un souci avec l\u2019alimentation, on risque d\u2019aggraver notre problème avec le jeûne intermittent ou n\u2019importe quel régime.\u2014 PHOTO KARINE MALTAIS 2 « Du point de vue de la recherche, il y a quand même de nouveaux projets qui sont sortis, dont une méta- analyse en 2021, mais ce n\u2019est pas super clair encore dans les résultats », observe Cynthia Marcotte, nutritionniste et communicatrice scientifique.\u2014 PHOTO WILLIAM G.TREMBLAY TYPES DE JEÛNE INTERMITTENT Les divers articles et documentation consultés font généralement état de trois types de jeûne intermittent.Jeûne alternatif Consiste à ne rien manger pendant 24?h à 36?h, une ou plusieurs fois par semaine.Par exemple : alimentation normale le lundi, jeûne le mardi, retour à une alimentation sans restriction le mercredi et le jeudi, jeûne le vendredi, etc.Jeûne modifié (5:2 ou 4:3) Consiste à manger normalement 4 ou 5 jours par semaine, puis à manger très peu les 2 ou 3 journées restantes (environ 25 % des calories habituelles).Par exemple, une personne qui mange 2000 calories par jour en moyenne devra se limiter à un maximum de 500 calories lors des jours de jeûne.Jeûne avec alimentation limitée dans le temps (16:8 ou 20:4) Consiste à ne rien manger pendant une période allant de 16 heures à 20 heures, puis à manger normalement dans la fenêtre de temps allouée (allant de 4 à 8 heures).Par exemple, pour le jeûne 16:8 qui est le plus fréquemment observé, une personne pourra manger seulement entre 10?h et 18?h, ou entre 12?h et 20?h.RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL Note : le jeûne est déconseillé à certaines catégories de personnes, dont les enfants et les femmes enceintes.P H O T O 1 2 3 R F SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M24 samedi 5 février 022 leSoleil 46 Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante depuis 1926, le mois de février est consacré à mettre de l\u2019avant des personnes importantes issues de la communauté noire.On appelle ça, le mois de l\u2019histoire des Noirs.sur le Canal squat, on participe aussi à cette belle initiative chaque année.voici ce que nous te réservons ce mois-ci.\u203a un peTiT peu d\u2019hisToire C\u2019est l\u2019historien afro-américain Carter G.Woodson qui a proposé en 1926 de consacrer une période dans l\u2019année à la communauté noire.C\u2019est sa photo que tu peux voir juste ici.il a proposé que cette période serve à honorer les réalisations des afro-américains et accroître la connaissance de l\u2019histoire des Noirs aux états-Unis.C\u2019est donc le mois de février qui a été choisi aux états-Unis et un peu plus tard, au Canada.en 1995, février a été officiellement reconnu au Canada comme le mois de l\u2019histoire des Noirs.au Québec, il y aura des événements, conférences et expositions tout au long du mois pour célébrer cette belle culture.\u203a Le mois de février sur Le canaL squaT Ce mois-ci, on a décidé de te présenter chaque semaine le portrait d\u2019une personne noire qui a eu de l\u2019influence sur les gens autour de lui ou d\u2019elle.On en profitera pour te parler un peu de son histoire et de celle de sa communauté.Ce sera une belle occasion pour toi d\u2019en apprendre un peu plus sur toutes sortes de personnes et leur impact dans le monde, à petite ou à grande échelle.On te donne donc rendez-vous samedi prochain pour un premier portrait très inspirant! Par Mélanie loubert février, le mOis de l\u2019hisTOire des NOirs! Carter G.Woodson \u2014 PhOTO Wikimedia COmmONs Nous déposons ici quelques faits intéressants que tu pourras glisser dans la conversation au souper ou en classe! C\u2019est la première fois que la Chine accueille les Jeux olympiques (JO) d\u2019hiver.mais il n\u2019y a pas que ça qui rende ces Jeux historiques.en raison de la pandémie, c\u2019est aussi la première fois que le comité olympique prend la décision de ne pas vendre de billets au grand public, qu\u2019ils soient résidents et résidentes ou viennent de l\u2019étranger.\u203a Les Jo en chiffres Cette année, les athlètes pourront compétitionner dans 7 sports, pour un total de 15 disciplines différentes.sept nouvelles épreuves seront d\u2019ailleurs introduites cet hiver, notamment l\u2019épreuve de bobsleigh monoplace féminin.en tout, 109 médailles seront disputées, et 2877 athlètes venant de 91 pays seront présents! le Canada sera représenté par 215 athlètes.\u203a des médecins en ski! de plus, savais-tu que, pour secourir des athlètes en cas de blessure, des médecins chinois s\u2019étaient mis au ski?eh oui, depuis 2019, des professionnels et professionnelles de la santé, âgés de 33 à 62 ans, sont formés pour dévaler à toute vitesse les pistes au cas où les skieurs et skieuses se blessaient pendant leur épreuve! impressionnant, n\u2019est-ce pas?\u203a La mascoTTe Qui dit Jeux olympiques dit mascotte! C\u2019est un panda géant nommé Bing dwen dwen qui représentera les Jeux de 2022.«Bing» signifie glace, pour symboliser la pureté et la force, et «dwen dwen» représente les enfants.la mascotte, qui favorisera l\u2019esprit olympique, incarne la force et la volonté des athlètes.amuse-toi bien à regarder les plus grands athlètes du monde en train de performer! Par ariane DuPuis, journaliste stagiaire les JeUx OlymPiQUes d\u2019hiver sONT COmmeNCés! P h O T O a P , B r y N N a N d e r s O N Une semaine d\u2019actU laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M25 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 5 février 20 2 47 e tit ag P h o t o a P , B r y n n a n d e r s o n P h o t o 1 2 3 r f / d a v i l e s Utilises-tu la plateforme de musique en ligne spotify?dans les derniers jours, plusieurs artistes ont décidé de retirer leur musique de cette plateforme, et ça a fait du bruit (as-tu vu mon jeu de mots?) dans l\u2019industrie musicale! on te fait un petit topo pour te garder à jour dans ce dossier! \u203a Qu\u2019est-ce Qui est arrivé?la semaine dernière, le chanteur canadien neil young, très populaire depuis les années 70, a annoncé que sa musique serait enlevée de spotify si la plateforme continuait à héberger le balado The Joe Ro- gan Experience.le problème avec ce balado, c\u2019est qu\u2019il propage de la fausse information sur la Covid-19 et les vaccins.C\u2019était pourtant le balado le plus écouté sur spotify en 2021! il rejoint des millions de personnes.Pour protester contre la désinformation, neil young a déclaré que spotify ne pourrait pas héberger à la fois sa musique et les propos controversés de l\u2019animateur et humoriste américain Joe rogan.Comme spotify a décidé de garder le balado, le chanteur a mis sa menace à exécution : depuis une semaine, sa musique n\u2019est plus disponible sur la plateforme.\u203a D\u2019autres artistes se retirent! Cette nouvelle a été accueillie avec surprise, mais plusieurs artistes ont emboîté le pas au chanteur, incluant la chanteuse Joni mitchell, et ici, au Québec, le chanteur Gilles vi- gneault.Ces derniers l\u2019ont fait en appui à neil young, en se positionnant publiquement contre la désinformation et le balado de Joe ro- gan.depuis, plusieurs artistes ont quitté la plateforme, et des usagers et usagères ont préféré se tourner vers d\u2019autres plateformes d\u2019écoute comme deezer ou apple music.\u203a La réponse De spotify en réponse à ces départs, spotify a annoncé en fin de semaine une série de mesures visant à combattre la désinformation.la compagnie mettra notamment en place des liens menant à des sources d\u2019informations fiables dans les balados qui abordent la Covid-19.Joe rogan a aussi réagi à cette controverse : il a défendu son ba- lado et a déclaré qu\u2019il ne voulait pas mettre de l\u2019avant la désinformation, mais plutôt avoir des conversations intéressantes avec ses invités et invitées.il accueille ouvertement les mesures prises par spotify contre la désinformation.Par ariane DuPuis, journaliste stagiaire QUelle est la Controverse aUtoUr de la Plateforme sPotify?on t\u2019explique aujourd\u2019hui la signification de certains drapeaux qu\u2019on peut apercevoir sur les images des manifestations du convoi pour la liberté notamment.Parce qu\u2019avant de brandir un drapeau, il vaut mieux savoir ce qu\u2019il envoie comme message! \u203a Le Drapeau De guerre conféDéré (ou confeDerate BattLe fLag) Ce drapeau est rouge, avec une croix bleue entourée de blanc et des étoiles blanches.Ce drapeau est très controversé, car il renvoie à une période compliquée de l\u2019histoire américaine.Je t\u2019explique : en 1861, aux états-Unis, débute une guerre civile, c\u2019est-à-dire une guerre qui n\u2019implique pas d\u2019autres pays.des états du sud attaquent ceux du nord à cause de l\u2019esclavagisme.À cette époque, beaucoup de citoyens utilisaient des êtres humains pour travailler dans des conditions terribles et sans aucun salaire, dans les champs par exemple.Ces esclaves appartenaient à leurs «maîtres».les états du sud voulaient continuer à avoir des esclaves, tandis que les états situés au nord voulaient l\u2019abolir.les sudistes ont alors attaqué les états du nord en brandissant le drapeau confédéré.Ce drapeau est donc devenu le symbole de l\u2019esclavage et du racisme.l\u2019esclavage est heureusement interdit et illégal maintenant.le drapeau est même interdit sur plusieurs lieux aux états-Unis et en europe.aujourd\u2019hui, certaines personnes voient ce drapeau comme un symbole d\u2019opposition.en réalité, en l\u2019utilisant, les manifestants renvoient plutôt un message raciste et violent.\u203a Le Drapeau nazi C\u2019est un drapeau rouge, avec au milieu un svastika, aussi connu sous le nom de croix gammée.la croix gammée était un symbole de bien-être depuis 5000 ans, mais adolf hitler l\u2019a reprise en 1920 pour la mettre sur un drapeau, symbole du nazisme.Ce nom doit te dire quelque chose.hitler arrive au pouvoir en allemagne en 1933, à la tête du parti nazi, qui est un parti raciste et antisémite (contre les juifs).il est à l\u2019origine de la seconde Guerre mondiale, pendant laquelle s\u2019est déroulé l\u2019holocauste.l\u2019holocauste, c\u2019est un moment de l\u2019histoire où des milliers de gens ont été tués, juste parce qu\u2019ils étaient juifs.Pendant cette guerre, hitler a également fait tuer d\u2019autres minorités comme des personnes handicapées ou homosexuelles.l\u2019utilisation de ce drapeau pendant la manifestation est un signe très fort de haine et de racisme.il est interdit dans beaucoup de pays d\u2019europe.Justement, jeudi 27 janvier, c\u2019était la Journée internationale de commémoration de l\u2019holocauste.C\u2019est encore plus désolant d\u2019avoir utilisé ces drapeaux à ce moment, car ils renvoient à la haine, pendant un moment de soutien et de souvenir.voilà pourquoi c\u2019est important de bien s\u2019informer avant de brandir un drapeau.Certains ont une lourde signification n\u2019est-ce pas?mais au moins, toi tu ne feras pas d\u2019erreur! Par Cheyenne ogoyarD Un PeU d\u2019histoire PoUr éviter d\u2019Utiliser des draPeaUx haineUx P h o t o s W i k i m e d i a C o m m o n s SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M26 LE P\u2019TIT MAG samedi 5 février 022 leSoleil 48 e \u2019tit ag en allant marcher au Carnaval, ma petite-fille voulait toucher chaque sculpture de glace, mais on lui répétait?: «Regarde l\u2019écriteau, c\u2019est écrit de ne pas toucher».Plus tard à la maison, adèle a trouvé un papier avec quelques mots écrits dessus, puis a dit à sa mère : «C\u2019est écrit ne pas toucher» \u2014 adèle, 2 ans le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 la grosseur du pompon de la tuque du Bonhomme Carnaval 2 une goutte d\u2019eau près du visage de Bruno marchand 3 un point blanc sur un des boutons 4 une des lignes bleues de la ceinture fléchée 5 une partie de l\u2019oreille de la tête de Bonhomme 6 les lignes d\u2019un des sourcils de m.marchand 7 la forme d\u2019un des boutons C\u2019Est pLatE.qu\u2019est-Ce qu\u2019on fait?Sors fêter au Carnaval! si le froid, la neige et la pandémie ne ralentissent pas tes ardeurs, tu pourras profiter des nombreuses activités extérieures du 68e Carnaval de Québec, du 4 au 13 février.Tout d\u2019abord, tu pourras admirer de superbes sculptures de glace un peu partout dans la ville.Puis, tu auras peut-être la chance de visiter le palais de glace du Bonhomme Carnaval devant le parlement.ensuite, tu oseras sans doute «prendre une débarque» aux glissades longues de plus de 80 mètres au parc de la francophonie.enfin, il y aura le cortège d\u2019animaux nordiques, un défilé de marionnettes colorées et animées qui pren dront vie chaque vendredi dans les rues du vieux-Québec.sans oublier les promenades, les spectacles de cirque, la musique, les «stations chaleureuses» pour se réchauffer et la bonne bouffe sur place.alors, enfile ta tuque et ta ceinture fléchée, puis va t\u2019amuser au Carnaval! info : carnaval.qc.ca FranCis Higgins P h o T o f o u r n i e P a r l e Q u a r T i e r P e T i T - C h a m P l a i n après une visite chez le dentiste, Liliane demande à sa mère : «Maman, je n\u2019ai pas mangé de tarte, pourquoi le dentiste a trouvé de la tarte sur mes dents?» \u2014 Liliane, 7 ans faItEs- Nous rIrE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M27 LE MAG SARA BROSSEAU Le Quotidien SAGUENEY \u2014 Pain maison, jardinage, achat local : si la pandémie a causé bien des soucis depuis mars 2020, elle a aussi été l\u2019occasion pour plusieurs familles d\u2019entreprendre un important virage plus sain et écologique par le moyen notamment de l\u2019autosuffisance alimentaire.Ce mode de vie, bénéfique sur plusieurs points, est cependant très complexe à entreprendre.Nous nous sommes penchés sur la question.QU\u2019EST-CE QUE L\u2019AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE?Il s\u2019agit de la capacité à satisfaire ses besoins d\u2019alimentation de manière qualitative et quantitative à travers ses propres moyens de production.C\u2019est une longue démarche p our être moins dépendant des systèmes d\u2019approvisionnement et avoir un meilleur contrôle sur sa santé et la nourriture qui entre dans son corps.L\u2019autonomie alimentaire peut être au niveau familial, individuel ou encore à l\u2019échelle locale.Depuis la pandémie, cette pratique est de plus en plus populaire; il y a eu, entre autres, un regain pour le jardinage et la fabrication de pain.PAS SI FACILE Le directeur de la Chaire en éco-conseil de l\u2019UQAC, Claude Villeneuve, souligne que l\u2019autosuffisance alimentaire est un objectif extrêmement difficile à atteindre pour un petit groupe, il faut donc que nos attentes soient précises pour y arriver.« Si tu veux cultiver suffisamment de gruau pour toute l\u2019année, ça prend un champ d\u2019avoine.Mais ça nécessite aussi les moyens pour la récolter, la transformer et la conserver pour assurer la quantité et la qualité.[\u2026] Pour faire des conserves, tu as besoin d\u2019un autoclave.[\u2026] Tes poules, tu dois les nourrir et leur aménager un espace.» Donc, il faut bien réfléchir avant de se lancer, car ce mode de vie demande beaucoup de travail pour des résultats qui n\u2019assurent pas toujours une sécurité alimentaire.D\u2019ailleurs, le professeur ne pense pas que cette indépendance alimentaire est plus économique en considérant que le temps, c\u2019est de l\u2019argent.Autonome à 50-60 % et coau- teure du livre Le jardin vivrier qui traite de l\u2019autosuffisance, Marie Thévard explique que c\u2019est exigeant et qu\u2019un investissement en heures et en espace est nécessaire.« Quand c\u2019est le printemps, on sème.Quand c\u2019est l\u2019automne, on cultive.Il faut être là, on ne choisit pas la saison! » Selon M.Villeneuve, ça doit rester un loisir et non une question de survie.« C\u2019est un peu comme le sport.Pour atteindre l\u2019autosuffisance, les efforts à investir sont si grands qu\u2019on peut les comparer à un entraînement olympique.C\u2019est un job à plein temps et les résultats ne sont pas garantis.S\u2019il est sain que chacun fasse du sport comme loisir, il serait contrepro- ductif que tout le monde fasse de l\u2019entraînement olympique.» POURQUOI L\u2019ADOPTER?Il y a des avantages à être autonome côté alimentaire, notamment sur la santé, car les aliments consommés sont plus frais.« Lorsqu\u2019on a expérimenté la fraîcheur d\u2019un jardin de l\u2019autre côté de la porte, on voit que ce n\u2019est pas la même chose que les produits d\u2019épiceries.C\u2019est difficile de revenir en arrière », confie Marie Thévard.Aussi, le jardinage est une bonne activité physique relaxante qui permet de profiter du soleil et d\u2019être en contact avec la nature.Selon M.Villeneuve, il y a aussi une satisfaction personnelle, car nous subvenons à nos propres besoins.De son côté, Mme Thévard voit aussi qu\u2019il y a un regain de pouvoir.« Ça nous permet d\u2019avoir la souveraineté sur notre santé et nos aliments.On reprend possession de nos moyens vitaux et on a le pouvoir de combler nos besoins essentiels.» Elle note également un bénéfice environnemental et économique, car ça réduit les frais de transport et moins d\u2019énergie est dépensée pour voyager la nourriture, ce qui est un plus pour le climat.ATTENTION À LA SURPRODUCTION Le directeur de la Chaire en éco- conseil met aussi en garde contre le gaspillage alimentaire qui peut être amené avec l\u2019autoproduc- tion.Si nous plantons plusieurs semences, il n\u2019est pas vrai que nous arriverons à tout consommer ce que nous allons cueillir.Il faut alors faire attention à la quantité de ce que nous plantons et bien évaluer nos besoins, car un surplus de provisions peut faire en sorte qu\u2019ils finiront à la poubelle.Mais, il est tout de même possible d\u2019offrir les produits en trop à des banques alimentaires ou à des proches afin d\u2019éviter le gaspillage.QUELQUES CONSEILS Le meilleur conseil que propose Marie Thévard est d\u2019oser le premier pas.« Allez-y même si ça fait peur! Cette pratique est un monde vaste, on ne voit jamais le bout donc l\u2019important est de faire ses propres expériences.Il ne faut pas se décourager si parfois ça ne fonctionne pas.Faites les pas jour après jour et profitez des bénéfices qui en ressortent et nourrissez-vous de ça.» Aussi, elle conseille de cultiver le plus possible sur la surface disponible, de transformer des espaces de gazon et des plates-bandes en jardin pour avoir plus de production.Pour sa part, Claude Villeneuve, suggère de débuter par cuisiner, car c\u2019est une forme d\u2019autonomie alimentaire.D\u2019y aller avec des choses simples, comme faire germer des plantes et diversifier ses plats, car il peut être tannant de toujours manger la même chose.Selon lui, ce n\u2019est pas un objectif souhaitable d\u2019être 100 % autonome.« La combinaison gagnante se trouve plus dans la recherche d\u2019une plus grande autosuffisance alimentaire à l\u2019échelle locale en encourageant les agriculteurs locaux, les circuits courts et les aliments non transformés qu\u2019on cuisine soi-même.» AUTONOMIE ALIMENTAIRE, OUI ET NON.P H O T O 1 2 3 R F / A A M U L Y A SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M28 LE MAG La lecture n\u2019a jamais été aussi en vogue que par les temps qui courent, alors que son chez-soi est devenu un refuge où s\u2019évader par les livres.Mais des bouquins qui s\u2019accumulent et qu\u2019on ne sait plus où ranger, ça nuit rapidement à l\u2019harmonie d\u2019une pièce \u2013 et même d\u2019une maison au complet.Trucs et conseils pour mettre ses livres en valeur.LAILA MAALOUF La Presse MONTRÉAL \u2014 Bien souvent, le désordre commence par les livres; Vanessa Sicotte le sait d\u2019expérience.L\u2019une des demandes que reçoit le plus souvent la créatrice et experte déco, qui est aussi la créatrice du blogue Damask & Dentelle, vient justement de grands lecteurs qui cherchent des moyens efficaces pour disposer leurs livres avec éclat, à mesure que leur collection grandit.« Avoir des livres dans une maison, c\u2019est comme si on exprimait une certaine forme d\u2019ouverture, de curiosité, d\u2019humilité par rapport à ce qu\u2019on ne sait pas, mais aussi, dans le cas des romans, une certaine forme d\u2019évasion \u2013 et en ce moment, on sait qu\u2019on a besoin de s\u2019évader! », dit celle qui se décrit elle-même comme une « féroce lectrice ».Chez elle, les livres sont partout.Sur les tables, sur le dessus des meubles.Ou encore en guise de table de chevet, qu\u2019on construit avec une pile de grosses briques aux couvertures colorées.Dans les appartements où un long corridor traverse l\u2019espace de part en part, elle recommande d\u2019ailleurs toujours à ses clients d\u2019installer une enfilade d\u2019étagères remplies de livres \u2013 assez haut, évidemment, pour que personne ne se frappe la tête.« Je trouve que c\u2019est tellement une belle façon d\u2019optimiser l\u2019espace et de donner un peu de caractère à cet endroit qui est autrement juste un lieu de passage », dit Vanessa Sicotte.MULTIPLIER LES LIEUX DE LECTURE Chez Tania Trudel également, les livres ont envahi toutes les pièces.Dans son lieu de prédilection pour la lecture, la spécialiste en revalorisation, styliste et fondatrice d\u2019Aube Design a classé des livres de tous genres par couleur, après avoir trouvé l\u2019idée sur Pinterest.Mais cette façon de faire n\u2019a pas fait l\u2019unanimité d\u2019emblée.« Mon mari aime moins ça, mais il s\u2019est habitué.Il est très cartésien, donc par thématique ou par auteur, ce serait plus logique pour lui», confie-t- elle.Celui-ci a d\u2019ailleurs un autre coin lecture dans le salon où il aime bien s\u2019installer en sirotant un verre, et où se trouve quantité de livres \u2013 notamment sur le scotch \u2013 à proximité de ses bouteilles.Leurs romans, eux, éliront bientôt domicile dans la nouvelle bibliothèque conçue par un ébéniste dans un style Mid-Century, plus épuré et classique, et qui sera installée dans la chambre à coucher, où ils lisent le soir.Malgré cette propension à disperser les livres dans toutes les pièces, la tendance est encore aux bibliothèques qui occupent tout un mur dans le salon.Et même QUAND LES LIVRES S\u2019EMPARENT DU DÉCOR 1 laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M29 LE MAG parfois l\u2019espace au-dessus du cadre de porte, précise Maxime Lebeuf, fondateur de L\u2019Atelier des compagnons, qui travaille régulièrement sur ce genre de projet sur mesure, toujours très demandé.« L\u2019idée, c\u2019est de combler l\u2019espace existant », précise-t-il, mais encore faut-il avoir des murs qui puissent supporter tout le poids qui viendra peser sur les tablettes.Le conjoint de Vanessa Sicotte a lui-même construit dans ses temps libres (et même si ce n\u2019est pas du tout son métier) une petite bibliothèque murale en coin, dont le côté et le haut des tablettes ont été arrondis pour venir s\u2019agencer au style de la maison, qui date de 1920.Et sur les étagères, on trouve tant des livres que de petits o b j e t s d e toutes sortes.« C\u2019est pour ça qu\u2019on dit toujours de disposer les l i v r e s à l a verticale et à l\u2019horizontale.On va vraiment travailler avec les volumes pour se donner un petit p e u d e v a r i é t é » , explique la créatrice.Son truc pour savoir si l\u2019effet visuel est réussi?Prendre une photo avec son téléphone et regarder le résultat en deux dimensions, ce qui permettra d\u2019avoir une tout autre perspective.ET LES CHAMBRES D\u2019ENFANTS?Tania Trudel admet avoir « un peu perdu le contrôle » dans les chambres de ses aînés, qui sont tous les trois de grands lecteurs.Mais celle du petit dernier, Valois, 4 ans, abrite un coin lecture douillet et soigneusement pensé.Le concept est simple : un matelas au sol avec des coussins, un porte- revues bien rempli par terre et de petites étagères sur deux niveaux, à une hauteur facilement accessible pour lui permettre de ranger lui-même ses livres de face.Vanessa Sicotte suggère également de loger quelques livres dans une petite caisse en bois avec des roulettes \u2013 comme celles qui sont utilisées pour le rangement des jouets.Ils pourront ainsi facilement le suivre jusqu\u2019à l\u2019endroit où il aura envie de lire! 2 Vanessa Sicotte, créatrice et experte déco, nous montre comment mettre en valeur les livres de la maison avec ses propres trucs de déco.\u2014 PHOTO LA PRESSE, ALAIN ROBERGE 1 La créatrice d\u2019Aube Design, Tania Trudel a disposé les livres par couleur dans cette pièce.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND \u2014 PHOTO LA PRESSE, ALAIN ROBERGE 3 « J\u2019ai toujours trouvé que le livre est un des objets les plus beaux avec lesquels décorer.» \u2014 PHOTO LA PRESSE, ALAIN ROBERGE 2 «?Une bibliothèque qui n\u2019est meublée que de livres, ça peut vite devenir très massif \u2013 à moins que ce soit là le concept.C\u2019est important d\u2019ajouter des bibelots ou de petites œuvres d\u2019art entre les livres pour venir les mettre en valeur et faire respirer.?» \u2014 Vanessa Sicotte, experte déco 3 SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M30 LE MAG Même si une image vaut mille mots, cela n\u2019empêche pas le monde du design de s\u2019adonner à la baladodiffusion.Avec un peu d\u2019imagination, on arrive même à rêver grand, juste au détour d\u2019une conversation.Voici un petit tour de quelques émissions qui abordent les thèmes du design, de l\u2019architecture ou juste du beau, en général.SOPHIE OUIMET La Presse CHEZ NOUS DÉCO THÉRAPIE Depuis un an, la designer multidisciplinaire Vanessa Sicotte a ajouté une corde à son arc : elle produit maintenant une baladodiffusion.Celle qu\u2019on connaît sous le nom de Damask & Dentelle concocte, toutes les deux semaines, un épisode traitant de sujets complètement variés.On y explore le design, les tendances du moment ou la déco vintage, mais aussi des thèmes plus personnels, comme les leçons de la vie adulte ou la vie de couple.Car selon Vanessa Sicotte, tout est intimement lié, que ce soit nos « intérieurs domestiques » ou nos « intérieurs professionnels et personnels », comme elle le décrit elle-même.Nouveauté cette année : des « manifestes urbains », épisodes constitués de rencontres avec des architectes, des designers ou d\u2019autres créateurs, pour comprendre comment leur travail façonne la ville.damasketdentelle.com/index.php/ deco-therapie-le-podcast/ DESIGN & DÉCO Designer d\u2019intérieur dans la région de Québec, Jessica Nolin traite de plusieurs aspects de cette profession dans sa balado, lancée aussi il y a un an.Elle y parle de rénovations en temps de pandémie, décrit les différents métiers du domaine du design, dévoile ses coups de cœur ou interviewe des invités (dont nulle autre que Vanessa Sicotte!).La baladodiffusion compte une dizaine d\u2019épisodes depuis son lancement.L\u2019émission a pris une petite pause au courant de l\u2019automne, mais de nouveaux épisodes sont en préparation, assure Jessica Nolin.open.spotify.com/ show/3JLEoEFA45cu73wGGofKXP CADRE BÂTI Cette balado qui porte sur la ville, tout simplement, est l\u2019initiative de Guillaume Éthier, professeur au département d\u2019études urbaines à l\u2019UQAM, et d\u2019Émile Forest.Avec leur réalisatrice (et coanimatrice à l\u2019occasion) Maude Cournoyer, ils y commentent l\u2019espace urbain sous tous les angles, en interviewant des experts, que ce soit le spécialiste en architecture Marc-André Carignan ou encore le journaliste Olivier Niquet.Fait intéressant, la plupart des épisodes ont été enregistrés chez la firme d\u2019architecture Microclimat, et l\u2019un a même été produit à la Résidence des stagiaires du Jardin de Métis, conçue par Pierre Thibault.Un beau cadre pour parler d\u2019architecture et de design urbain.cadrebati.org/ À L\u2019ÉTRANGER EN FRANCE : DÉCODEUR ET OÙ EST LE BEAU?L\u2019affinité de la langue facilitant les choses, nous pouvons aussi profiter de ce qui se fait de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.Deux balados françaises ont particulièrement retenu notre attention : Décodeur et Où est le beau?.Dans la première émission, Hortense Leluc parle de déco sous toutes ses coutures et interviewe des spécialistes qu\u2019on ne connaît pas forcément, mais qui ont beaucoup à nous apprendre.Tandis que dans Où est le beau?, Hélène Aguilar s\u2019adresse, chaque jeudi, aux esthètes en tout genre en parlant d\u2019art, de design et d\u2019architecture.Pour les gourmands, elle vient aussi de lancer une autre balado, Où est le bon?.podcasts.apple.com/fr/podcast/ decodeur/id1449140531 podcasts.apple.com/ca/ podcast/o%C3%B9-est-le-beau/ id1449126435?l=fr EN ANGLAIS : DESIGN MATTERS Bien qu\u2019elle ne soit pas en français, cette baladodiffusion menée par Debbie Millman reste incontournable : c\u2019est la plus ancienne qui existe sur le sujet, et l\u2019une des plus connues.Dans chaque épisode, la designer (qui est aussi écrivaine et artiste, notamment) interviewe toutes sortes de gens créatifs pour connaître sous quel angle ils abordent leur vie.Lancée il y a 17 ans, la balado aura même son propre livre, Why Design Matters, en librairie le 22 février.podcasts.apple.com/ca/ podcast/design-matters- with-debbie-millman/ id328074695 DES BALADOS POUR PARLER DE DESIGN laTribune SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 M31 LE MAG D ans le contexte de la pandémie, les médias parlent du « pic de la vague ».Est-ce une mauvaise utilisation du dérivé de « peak » en anglais?Je me questionne.Michel Gagnon Orford Effectivement, en anglais, le mot peak fait référence au sommet d\u2019une montagne, alors qu\u2019en français, le mot pic nous indique plutôt la forme de cette montagne, « dont le sommet rocheux, abrupt et accidenté, dessine une pointe aigüe », nous explique Usito.Ce mot nous est venu de l\u2019espagnol pico, au XVIIe siècle.Par conséquent, lorsqu\u2019on tombe dans les statistiques et les graphiques linéaires, un pic désigne, d\u2019abord et avant tout, la « partie d\u2019une courbe enregistrée formée par une montée rapide suivie d\u2019une descente rapide », résume le Grand dictionnaire terminologique.On pourrait donc croire qu\u2019utiliser le mot « pic » pour parler du sommet de la vague, indépendamment de la forme de la courbe, est abusif, surtout lorsqu\u2019on se retrouve en présence d\u2019une courbe qui monte et descend de manière très graduelle.Mais étant donné que, lorsqu\u2019il est question du pic d\u2019une courbe, on fait également référence à son maximum, il est totalement accepté d\u2019employer le mot pic en ce sens.Ainsi, le Petit Larousse donne comme définition, au sens figuré, « maximum d\u2019intensité atteint par un phénomène », avec comme exemples « pic d\u2019audience » et « pic de pollution ».Usito admet aussi pic comme synonyme de paroxysme, soir le « moment le plus fort, le plus intense dans le déroulement de qqch ».Le dictionnaire offre justement comme exemple le « pic d\u2019une épidémie ».On peut dès lors conclure qu\u2019il est tout à fait correct de parler du pic de la cinquième vague.Maintenant, ça ne veut pas dire qu\u2019il faut commencer à utiliser le mot pic à toutes les sauces et traduire littéralement toutes les locutions anglaises recourant au mot peak, surtout quand nous avons en français des tournures qui font parfaitement l\u2019affaire.Par exemple, en Europe, on emploie malheureusement de plus en plus « pic de trafic » (peak traffic) plutôt qu\u2019« heure de pointe » ou « période de pointe ».Au lieu d\u2019un « pic de demande » (peak demand), vous pouvez parler de « demande record », de « demande maximum » ou, encore une fois, de « période de pointe » (lorsqu\u2019il est notamment question de la demande en électricité).Et au lieu de commencer à utiliser « pic de saison » (peak season), rappelez-vous que la plupart des gens disent « haute saison » ou « pleine saison » et tout le monde comprend.Bref, il est possible de faire une place au mot pic dans notre vocabulaire, sans qu\u2019il se mette à tout envahir.Votre méfiance n\u2019est donc pas totalement injustifiée, même si l\u2019usage que vous trouviez suspect est tout à fait correct.Que pensez-vous de l\u2019emploi du verbe « promettre » dans une tournure comme : « C\u2019est pas moi qui ai fait ça, je te le promets »?Il me semble entendre ça de plus en plus souvent.J\u2019ai toujours cru que les promesses nous projetaient dans l\u2019avenir, je vous le jure.Daniel Jean Québec Il semble que ce soit un résidu provenant non seulement de l\u2019ancien français, mais du verbe latin d\u2019origine (il n\u2019y a donc pas d\u2019anglicisme sous roche).Dans son Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey mentionne que le sens propre de promittere était « faire aller en avant », « laisser aller en avant » (ce qui nous confirme que la notion d\u2019événement ou d\u2019acte à venir était présente dès le départ).Mais il ajoute que le verbe était surtout utilisé au sens figuré comme synonyme de garantir, assurer.Bref, de jurer.Joseph Hanse, dans son Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, a également trouvé plusieurs traces de cet usage ancien du verbe promettre, jusque dans L\u2019avare de Molière : « Je vous promets que ce qu\u2019il m\u2019a dit ne m\u2019a point du tout offensée. » De nos jours, le Petit Robert et Usito continuent de relever cet emploi devenu un peu désuet, mais ils le situent désormais dans un registre de langue familier.Voici les exemples qu\u2019ils donnent.Je te promets que je me suis vengé.Il nous promet qu\u2019il s\u2019amuse.Je vous promets qu\u2019elles sont d\u2019origine.Mais si on se trouve dans un cadre de communication où le registre doit être soutenu, il vaut mieux s\u2019en tenir aux définitions actuelles, toutes associées à des événements à venir ou à des engagements (envers quelqu\u2019un) à dire ou à faire quelque chose.Sinon, on se tourne vers des verbes comme jurer, certifier, assurer, etc.Remarquez que promettre possède plusieurs autres significations.Dans certains contextes, il peut vouloir dire « prédire, annoncer ».Dans d\u2019autres, son sens est plus près de « présager, faire espérer ».Et lorsqu\u2019il est employé absolument (sans complément), on l\u2019utilise soit pour exprimer de grandes espérances, soit ironiquement pour faire savoir qu\u2019on s\u2019attend à pire.Ce printemps très doux nous promet de belles récoltes.À ce rythme, la croissance de l\u2019entreprise promet des carnets de commandes bien remplis.Il s\u2019agit d\u2019une initiative qui promet.Déjà qu\u2019elle peine à obtenir la note de passage.Si elle décroche cet emploi, ça promet pour ses notes! PERLES DE LA SEMAINE Ces étudiants en géographie voulaient manifester à Ottawa, mais ils se sont rendus à Oshawa.La Terre a deux hémisphères : le droit et le gauche.C\u2019est parce qu\u2019elle est salée que l\u2019eau de mer permet la conservation des poissons.Les Alpes étaient plus hautes, mais elles ont été usées par les invasions.La pollution produite par l\u2019homme est responsable du trou dans la couche d\u2019azote.Les volcans contiennent de la lave en infusion.Source : Le sottisier du bac, Philippe Mignaval, Hors Collection, 2007.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Une chronique qui tombe à pic STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca P H O T O 1 2 3 R F SAMEDI 5 FÉVRIER 2022 laTribune M32 0085035 Prenez une pause avec nous.Café LaTribune Mélange classique, corsé et équilibré aux arômes de noix grillées et de chocolat noir.100% ArAbicA 454 g et 2,27 kg Essayez-le ! 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