Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier 3
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

La tribune, 2022-10-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" P H O T O L A P R E S S E , M A R T I N C H A M B E R L A N D ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + VOYAGES Bourlingueur CAP SUR LONDRES + VINS Planète vins IDÉES POUR L\u2019ACTION DE GRÂCE + EN CUISINE Long week-end SAVEURS DE SAISON SEMAINE DU 8 AU 14 OCTOBRE 2022 LIVRES 44e Salon du livre de l\u2019Estrie BLOCAGES, MODE D\u2019EMPLOI ÉCRIRE LE DÉSIR ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M2 PlacART \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?CHANSON DE CIRCONSTANCE STAR OF THE COUNTY DOWN Loreena McKennitt The Wind That Shakes the Barley (2010) Comme quelques-uns de ses homologues européens, le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams, né le 12 octobre 1872 (il y a donc 150 ans), a tenté de créer une musique nationale en s\u2019inspirant de chansons folkloriques.Une de ses œuvres les plus célèbres est d\u2019ailleurs English Folk Songs Suite.On reconnaît notamment, dans la marche d\u2019ouverture, les cuivres jouant Dives and Lazarus, un des airs traditionnels les plus connus non seulement d\u2019Angleterre, mais également d\u2019Écosse et d\u2019Irlande.En fait, le phénomène est typique, y compris dans le folklore québécois : des textes complètement différents se chantent sur la même musique.Loreena McKennitt y a aussi mis son grain de sel, en collant sur la mélodie les paroles d\u2019une chanson de Noël, The Seven Rejoices of Mary, en plus d\u2019enregistrer une autre version, le classique irlandais Star of the County Down.STEVE BERGERON Avec son septième opus de chansons originales, Catherine Durand remonte vers la lumière.Sur La pluie entre nous (2016), elle baignait dans des paysages plus gris qu\u2019avant.Cette fois, portée par les cordes et vents de l\u2019Ensemble Cassiopée et les superbes arrangements de Vincent Legault, elle chante les déchirements et égarements amoureux avec une lenteur certes persistante, mais un peu plus souvent en mode majeur, comme pour la chanson-titre et Sommeil pesant, qui racontent l\u2019absence et la solitude en nous berçant presque.Ajoutez un peu d\u2019élec- tro et le reconnaissable doigté de guitare de l\u2019artiste, jamais loin dessous, et vous obtenez une grande paix malgré tout.Si les tempos alanguis frôlent l\u2019oppression vers la fin (Dans ma paume, Sous les corbeaux), les motifs mélodiques et les progressions harmoniques, même là, finissent par se révéler originaux et accrocheurs.Le rythme de Lumières et le bruit des oiseaux en prolongation d\u2019Ici, la nuit permettent de terminer l\u2019aventure sur un rayon de soleil.STEVE BERGERON 8/10 FOLK ORCHESTRAL FRANCO La maison orpheline CATHERINE DURAND LE DISQUE DE LA SEMAINE EXPO Archéologie du sensible Les mémoires familiales et les souvenirs d\u2019enfance sont le point d\u2019ancrage du travail d\u2019Isabelle Anguita.Née en Océanie et élevée en France de parents espagnols et français, eux-mêmes émigrés du Maroc, elle se sert de la fascination nostalgique qu\u2019exercent sur elle des objets d\u2019un quotidien désuet pour créer un nouveau récit intime.La présente exposition s\u2019articule autour des thèmes de l\u2019identité, des deuils, des traces et de la résilience, par l\u2019entremise d\u2019une quinzaine de sculptures et d\u2019installations réalisées à la suite d\u2019une résidence de création à Coaticook.Pendant son séjour, Isabelle Anguita a mené des entrevues avec des gens du coin afin qu\u2019ils lui racontent l\u2019histoire d\u2019un objet-souvenir personnel.Elle a ensuite mis en relief des significations et motifs récurrents ayant une résonance particulière avec sa démarche.Les objets-mé- moires deviennent ainsi œuvres-miroirs.Au Musée Beaulne de Coaticook, jusqu\u2019au 13 novembre 2022.STEVE BERGERON \u2014 PHOTO MUSÉE BEAULNE Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Vos coups de cœur à ma façon, Guylaine Tanguay 2 Les liens, les lieux, Richard Séguin 3 Aubades, Jean-Michel Blais 4 Gin à l\u2019eau salée, Salebarbes 5 Car le temps est venu, Bruno Pelletier 6 Live au Pas Perdus, Salebarbes 7 Ginette à ma façon, Guylaine Tanguay 8 Céline à ma façon, Guylaine Tanguay 9 Daniel Lavoie chante Rimbaud, Daniel Lavoie et Laurent Guardo 10 Sous le même toit, 2Frères \u203a NON FRANCOPHONE 1 Jolene and the Gambler, Maxime Landry et Annie Blanchard 2 5sos5, 5 Seconds of Summer 3 Animals, Pink Floyd 4 2 Baddies, NCT 127 5 The Sick, the Dying.and the Dead!, Megadeth 6 Survive, Stratovarius 7 Patient Number 9, Ozzy Osbourne 8 Electra Heart, Marina & The Diamonds 9 Will of the People, Muse 10 Ali, Vieux Farka Touré et Khruangbin Guylaine Tanguay \u2014 PHOTO SIMON RANCOURT laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M3 MUSIQUE DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Après Ginette Reno et Céline Dion, voici les classiques de la chanson française revisités par Guylaine Tanguay.Troisième album de reprises lancé dans les derniers mois, Vos coups de cœur à ma façon amène l\u2019artiste à mettre ses pas dans ceux de Charles Az- navour, Gilbert Bécaud, Johnny Hallyday, Zaz, Édith Piaf, Francis Cabrel, Joe Dassin et Serge Lama, pour ne mentionner que les plus connus du lot.Cet enregistrement a été créé par la même équipe et avec la même approche, soit celle de se coller aux versions originales tout en ajoutant une touche de country.Parfois, il s\u2019agit d\u2019une trace à peine audible, comme dans La bohème et Les portes du pénitencier, mais la plupart du temps, la couleur country est étroitement maillée aux arrangements.« C\u2019était essentiel, cette touche, et dès le début du projet, on a vu que ça pouvait se passer.On l\u2019a amenée de façon discrète, on l\u2019a choisie, parfois avec des accents folk.On n\u2019avait pas besoin de mettre du violon partout », résume l\u2019artiste originaire du Lac-Saint- Jean, au cours d\u2019une entrevue téléphonique.Il y a des moments où le mariage est si judicieux qu\u2019on se demande pourquoi les interprètes originaux n\u2019ont pas emprunté cette voie.Ainsi, La ballade des gens heureux possède des couleurs plus riches que sur le 45 tours de Gérard Lenorman, alors que les guitares posées sur Salut les amoureux auraient sûrement plu à Dassin, très proche de la culture nord-américaine.« Même sur sa version, je trouvais qu\u2019elle sonnait country  », fait d\u2019ailleurs observer Guylaine Tanguay.« UN GROS KARAOKÉ » Si le passé récent est garant de l\u2019avenir, Vos coups de cœur à ma façon devrait connaître un vif succès, comme ce fut le cas pour les hommages à Ginette Reno et Céline Dion.« Ils ont été numéro un pendant plusieurs semaines.C\u2019était comme une lutte entre les deux », note la chanteuse, d\u2019un ton amusé.Cette popularité se transpose maintenant sur scène, comme l\u2019illustre l\u2019ampleur des foules, de même que leur enthousiasme, depuis que la tournée À ma façon sillonne les routes du Québec.Les trois disques forment l\u2019essentiel du programme, avec un enrobage musical comprenant des instruments tels le dobro, le banjo et la mandoline.« Ce sont vraiment des coups de cœur du public, ceux qu\u2019il avait souhaité que j\u2019interprète sur la plateforme Livedanstonsalon, où j\u2019ai été active pendant la pandémie.Ça donne beaucoup de matériel et les gens chantent du début à la fin du spectacle.On dirait un gros karaoké », s\u2019émerveille Guylaine Tanguay, qui se produira notamment à la salle Maurice-O\u2019Bready de Sherbrooke le 17 novembre.Ce qui lui fait tout aussi plaisir, c\u2019est que cette tournée est la première qui se déploie toute seule, sans que d\u2019autres séries de spectacles accaparent son attention, comme c\u2019est arrivé dans la foulée de la pandémie.Le jeu des reports avait en effet bousculé son agenda, comme celui de la plupart de ses collègues.Une période qui semble enfin révolue.« Le public aussi avait été bar- dassé, genre \"on arrête, on recommence, on arrête\".Là, on sent tellement que ça fait du bien aux gens de retourner dans les salles, de repartir à neuf comme nous, avec une tournée fixe.C\u2019est libérateur », décrit la chanteuse, qui peut enfin reprendre les séances de signatures à la fin de ses spectacles.Ayant trois nouveaux albums à son actif, elles sont plus justifiées que jamais.FIN DE TOUT SIMPLEMENT COUNTRY La tournée À ma façon, qui devrait occuper Guylaine Tanguay pendant 18 mois, coïncide avec la fin de l\u2019émission Tout simplement country, qu\u2019elle animait depuis trois saisons sur ArTV.Les premières années avaient été compliquées par la crise sanitaire, notamment parce que les artistes québécois ne pouvaient pas toujours se rendre dans les Maritimes en raison des restrictions imposées là-bas.La dernière, cependant, fut un charme.«  J\u2019appelle ça notre année de chance, parce que nous avons eu tellement de plaisir en recevant des personnes connues et d\u2019autres associées à la relève.J\u2019ai aussi apprécié le format structuré, organisé, propre aux émissions télévisées.Il n\u2019y a pas beaucoup de place pour le hasard et, moi- même, je suis comme ça », confie la chanteuse.C\u2019est l\u2019une des raisons qui l\u2019inciteraient à revenir au petit écran si on lui faisait signe.« Du moment qu\u2019on me présente un projet qui me plaît, ça pourrait me tenter de le faire.Et je me sentirais aussi bien si je devais jaser de plein de choses, pas juste de musique », laisse entrevoir Guylaine Tanguay.Guylaine Tanguay vient de compléter le cycle À ma façon avec un troisième disque consacré aux coups de coeur de son public.\u2014 PHOTO MUSICOR Du 26 au 31 décembre prochain, Guylaine Tanguay participera à Parapapam, un concert de Noël présenté à la Maison symphonique de Montréal, en compagnie de Roch Voisine, du violoniste Alexandre Da Costa, de la soprano Gior- gia Fumanti et de l\u2019Orchestre symphonique de Longueuil.Les répétitions ont d\u2019ailleurs déjà commencé.\u2014 PHOTO LA PRESSE, PATRICK SANFAÇON GUYLAINE TANGUAY Vos coups de cœur à ma façon COUNTRY FRANCO Musicor Vous voulez y aller?À ma façon Guylaine Tanguay Jeudi 17 novembre, 20 h Salle Maurice-O\u2019Bready Entrée : 54 $ GUYLAINE TANGUAY JAMAIS DEUX SANS TROIS SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 Il peint l\u2019eau dansante depuis le bord des rives.Elle vient se nourrir du souffle du fleuve pour écrire.Leurs regards se croisent aux abords des flots.Et c\u2019est la naissance d\u2019une déferlante entre elle et lui.Leurs courants s\u2019amalgament, tous deux se laissent emporter par la vague amoureuse qui n\u2019était pas prévue ni attendue.C\u2019est là l\u2019ondoyant noyau de Femme fleuve, nouveau roman d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette.L\u2019écrivaine s\u2019intéresse, dans celui- ci, à ce que bouleverse le désir, aux remous intérieurs que peut provoquer une rencontre.Les échos du récit, raconté à travers le prisme d\u2019une voix féminine forte, trouvent une résonance dans les deux précédents romans qu\u2019elle a signés.« Femme fleuve s\u2019inscrit dans une suite, en continuité avec La femme qui fuit et Femme forêt.Avec un peu de recul, je réalise que j\u2019ai fait un triptyque et que ce livre-ci en est le point final, même si ce n\u2019était pas pensé comme ça à la base. » À la clé, il y a une réflexion qui se poursuit, des idées qui habitent l\u2019imaginaire de l\u2019auteure et cinéaste et qui refont surface d\u2019un écrit à un autre.« Ce qui nous lie, ce qui nous tient enracinés, c\u2019est toujours présent en moi, tout comme l\u2019est ce questionnement sur l\u2019ailleurs, sur le désir de fuite. » Ce désir-là appartient à tout le monde, précise la romancière, mais elle s\u2019y intéresse avec une perspective féminine, en portant son regard sur la vie, la voix des femmes.« On a souvent parlé du désir des hommes à l\u2019endroit des femmes.À peu près tous les livres étudiés dans les écoles, ce sont des auteurs masculins qui les ont écrits.Shakespeare, Kundera, Stendhal : ils ont tous publié des épopées dans lesquelles la femme est toujours en attente de l\u2019homme conquérant, de l\u2019homme sauveur. » L\u2019idée d\u2019inverser la vision était séduisante.Et nécessaire pour bousculer la perspective.« Parce qu\u2019on peut le vivre, oui, mais on l\u2019a peu écrit encore, cet élan de la femme désirante.J\u2019avais donc vraiment envie de raconter le désir au féminin, de m\u2019attarder sur ce qu\u2019il peut faire dans une vie, comment il déséquilibre.Je voulais le faire avec une posture qui ne serait pas décadente, mais plutôt fière et enracinée, aussi belle et aussi puissante que d\u2019autres qualités féminines dont on peut plus facilement parler. » Pour aller là, il fallait pousser une porte.Oser.« Je suis consciente que c\u2019est un risque.Je l\u2019assume, c\u2019est ce qui m\u2019appelait dans ce livre.Je le dis dans les premières pages : j\u2019ai appris à être désirée très tôt, très jeune.Mais j\u2019ai appris à devenir désirante tard dans ma vie.Et je me demande comment ça se fait.Ça me fait du bien de me le nommer à moi- même.Tant mieux si ça peut, d\u2019une certaine façon, forger de nouveaux sédiments dans la pensée de jeunes lectrices. » PARCELLES DE SOI L\u2019idée de faire éclater les moules qui limitent le féminin est un moteur pour l\u2019autrice.Peut-être aussi un besoin.« J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on doit continuer de raconter tous nos espaces et c\u2019est une mise en danger, parce que ça veut dire aussi nos espaces les plus intimes.Mais j\u2019ai le sentiment que c\u2019est ainsi qu\u2019on va réussir à élargir notre horizon dans l\u2019imaginaire collectif.L\u2019idée, ce n\u2019est pas tellement d\u2019offrir des modèles féminins, mais plutôt de présenter des portraits complets, imparfaits, rebelles, fragiles, beaux et forts en même temps », note l\u2019écrivaine, qui s\u2019est nourrie de ses racines pour développer sa trame.« C\u2019est une fiction, mais comme dans n\u2019importe quel roman, il y a des résonances.L\u2019image qui me vient, c\u2019est celle des labyrinthes de miroirs.Tu rentres dedans et certains vont t\u2019agrandir, d\u2019autres vont montrer un seul morceau de toi, d\u2019autres pans de toi vont disparaître.Il y a quelque chose qui ressemble à ça dans la fiction.Certains bouts de moi sont magnifiés par l\u2019écriture, d\u2019autres sont mis en dormance, certains sont inventés.Mais c\u2019est sûr que je m\u2019abreuve à mon histoire, à la façon dont j\u2019ai été construite, à ce par-dessus quoi j\u2019ai poussé, aussi, c\u2019est-à-dire par-dessus une femme qui est partie, une grand-mère qui a laissé ses petits.Ma réflexion par rapport aux liens, la famille, le désir, l\u2019amour, c\u2019est toujours teinté de ça, cette fine ligne de funambule entre le désir de liberté et celui de prendre soin de ce que j\u2019ai semé.Alimentée par mes racines, je réfléchis du cœur et de la tête d\u2019une façon très précise.C\u2019est normal : tous, on est la suite de notre histoire. » HORS DES CARCANS La femme du récit qu\u2019elle a imaginé est une mère dont la fille et le conjoint sont restés de l\u2019autre côté de l\u2019île où elle s\u2019est posée.La camper ainsi, dans une marée qui l\u2019emporte vers d\u2019autres bras que ceux de son amoureux, c\u2019était une façon de souffler plus fort sur les carcans, pesants.«  Ce qui est tabou pour une femme l\u2019est encore davantage pour une mère.On a un drôle de rapport social avec la sphère maternelle.C\u2019est comme si l\u2019imaginaire collectif voulait que, à partir du moment où tu es le soleil du nid familial et que tu t\u2019assures du bonheur des autres, tout le reste de tes aspirations doive KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca La présence de l\u2019eau est partout dans les chapitres de Femme fleuve.Parce que l\u2019histoire d\u2019amour que raconte Anaïs Barbeau-Lavalette se déroule près du Saint-Laurent.Et parce que l\u2019écrivaine avait envie de prêter voix à « ceux qui habitent avec le fleuve ».Elle a fouillé l\u2019histoire de la couleur bleue, s\u2019est intéressée aux espèces qui nagent sous la surface de la grande nappe, a rencontré des scientifiques, des plongeuses, des peintres.« J\u2019ai été en proche discussion avec des chercheurs de l\u2019UQAR qui étudient le fleuve depuis longtemps.Sans être alarmiste, j\u2019avais envie de parler d\u2019une façon très connectée de ce qui se passe avec notre fleuve.Parce qu\u2019il est en train de mourir, en fait.Je le fais d\u2019une façon très affective parce que j\u2019ai l\u2019impression que les cris d\u2019alarme ne fonctionnent plus.On a développé une espèce de carapace, on n\u2019est plus capable de se faire égratigner.C\u2019est donc plus une déclaration d\u2019amour à cette eau-là que j\u2019avais envie de faire, une déclaration qui n\u2019est pas juste poétique, mais qui est aussi renseignée.Pour être le relais de ceux qui côtoient et connaissent le fleuve. » Elle-même y a ses ancrages, des ports d\u2019attache à travers le Québec où elle va se poser pour créer.« J\u2019écris mieux avec le fleuve, il a un grand pouvoir sur moi.Ça a l\u2019air d\u2019un lieu commun, mais je trouve que le fleuve répare en même temps qu\u2019il ensauvage.Il a quelque chose de sage et de rebelle à la fois qui me correspond et me parle fort. » KARINE TREMBLAY LA FLAMME DU FLEUVE ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE FEMME FLEUVE?: À L\u2019ENCRE DE L\u2019EAU laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M5 être mis sur pause, être enterré.Je pense, moi, qu\u2019on est une meilleure mère si on reste pleinement une femme, si on ne perd pas de vue ce qui nous fabrique comme vivante. » Le désir en fait partie.Au sens large, englobant.« Ce n\u2019est pas seulement physique ou charnel, le désir.Ce n\u2019est pas que faire l\u2019amour, c\u2019est aussi la soif de rencontres, de voyages humains, la possibilité de se projeter dans d\u2019autres esprits.C\u2019est vaste, et ça ramène la question de ce qui nous lie à l\u2019autre. » Des rencontres qui sont profondément marquantes et qui laissent une empreinte, il n\u2019y en a pas beaucoup dans une vie, insiste Anaïs.« Ce n\u2019est pas quelque chose qui se calcule ou se raisonne, mais c\u2019est très émouvant lorsque ça survient.Il y a une part de mystère là-dedans, du magnifique dans le mouvement de nos courants souterrains lorsqu\u2019ils deviennent soudain des geysers. » Ou lorsqu\u2019ils deviennent des vagues de fond qui soulèvent l\u2019imaginaire.Et d\u2019où émergent des romans.Anaïs Barbeau-Lavalette sur le plateau du film Chien blanc (sortie le 8 novembre), en compagnie de l\u2019acteur Denis Ménochet et de la productrice Nicole Robert.\u2014 PHOTO SPHERE FILMS CHIEN BLANC BIENTÔT SUR GRAND ÉCRAN L\u2019automne est chargé de lancements pour Anaïs Barbeau- Lavalette.Son nouveau long métrage, Chien blanc (adapté du roman du même nom signé Romain Gary), ouvrira Cinéma- nia le 2 novembre et prendra l\u2019affiche la semaine suivante.L\u2019enjeu central du film est on ne peut plus actuel, même si l\u2019histoire vraie qui l\u2019a inspiré a plus de 50 ans.« À quel point une lutte qui ne nous appartient pas peut devenir la nôtre?C\u2019est ce que se demandent Jean Seberg et Romain Gary, deux personnes blanches privilégiées qui vivent au cœur des États-Unis enflammés pendant la montée des mouvements antiségrégationnistes.Ils trouvent un chien dressé pour tuer des personnes noires et ils se disent, du haut de leur humanisme et de leur idéalisme : on va le soigner. » S\u2019attaquer à pareil sujet demandait autant de sensibilité que d\u2019ouverture.« La façon dont on a fabriqué le film, c\u2019est un peu inédit.Ma- ryse Legagneur et Will Prosper, qui sont deux personnes afrodescendantes, ont été présents à toutes les étapes, de la scénarisation jusqu\u2019au montage final.Ils ont pu faire résonner leur sensibilité sur la mienne.C\u2019était très confrontant par moments, très riche par d\u2019autres.On a aussi inclus des stagiaires afrodescen- dants dans tous les départements du film.Ça a permis de créer une expérience de tournage vraiment profonde. » KARINE TREMBLAY ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE Femme fleuve ROMAN Marchand de feuilles 256 pages \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M6 44E SALON DU LIVRE DE L\u2019ESTRIE \u203a PATRICK NICOL « Quand j\u2019écris, c\u2019est rarement avec une échéance qui m\u2019oblige à être productif.Lorsque ça n\u2019avance plus, je peux donc me permettre de me lever et d\u2019aller prendre l\u2019air.Bref, je ne vis pas ça comme du stress », résume Patrick Nicol, qui a déjà suffisamment de romans dans sa bibliographie pour savoir qu\u2019il ne lui sert à rien de se démener.«  Je sais d\u2019expérience que le temps va m\u2019arranger ça.Dans mon cas, ça n\u2019a jamais pris plus qu\u2019une ou deux journées. Même que, si je prends une pause, souvent, je retourne écrire deux ou trois heures plus tard, parce que l\u2019idée de la suite m\u2019est venue.» « Comme je travaille sans plan, je suis obligé de suivre les choses dans l\u2019ordre où je les écris.» Ce sont souvent les journées où il n\u2019écrit pas que les portes de sortie se pointent dans son esprit.Avec l\u2019expérience, Patrick Nicol a pu vérifier l\u2019efficacité de certains trucs qui fonctionnent bien contre les blocages et qu\u2019il conseille parfois.« Ça peut être aussi simple que de changer le sujet de ta phrase, la mettre au passif, faire sonner le téléphone dans l\u2019histoire.Tu te demandes ce que devrait faire ton personnage, alors que tu devrais plutôt faire intervenir un élément extérieur, par exemple (dans le cas d\u2019un microblocage) écrire \"il fait trop chaud\" plutôt que \"Pierre se lève\".C\u2019est un peu technique, mais ça m\u2019aide beaucoup. » « Sinon, la solution au problème se trouve souvent dans les pages déjà écrites.Je relis beaucoup mes débuts de roman, car en général, j\u2019y ai programmé la fin et j\u2019y retrouve souvent où je m\u2019en vais. » \u203a Président d\u2019honneur de l\u2019événement, Patrick Nicol sera notamment à la soirée de lancement le 13 octobre à 16 h, en entrevue devant public le 14 octobre à 16 h 30, à la table ronde Personnages tombeaux le 15 octobre à 14 h 15 et au spectacle Pour en finir avec les Suspects de service le même jour à 20 h à la Petite Boîte noire.\u203a LOUISE PORTAL « Je n\u2019emploierais pas le mot blocage.Je préfère parler de doutes, de questionnements ou de pauses », résume Louise Portal, qui ne s\u2019en fait pas trop lorsque l\u2019encrier se révèle soudainement vide.«  Je crois que ça vient de ma façon d\u2019envisager l\u2019écriture, pour- suit-elle.J\u2019admire d\u2019ailleurs beaucoup les auteurs de suspenses policiers, qui doivent souvent suivre un plan et se retrouvent parfois devant une intrigue qui ne fonctionne pas.Alors que moi, je laisse monter ce qui vient et je me nourris de tout ce qui se passe autour de moi.C\u2019est la vie qui me fait signe et qui me donne des élans, même pour les ouvrages de fiction comme ma trilogie gas- pésienne.J\u2019ignorais d\u2019ailleurs que ce serait une trilogie lorsque je l\u2019ai commencée.Et quand il s\u2019agit d\u2019une œuvre autobiographique, c\u2019est une simple question d\u2019instinct. » « Quand j\u2019écrivais Pauline et moi [sur sa défunte jumelle Pauline Lapointe], je me suis interrogée plusieurs fois sur la pertinence de continuer.Je m\u2019arrêtais quelques jours.Puis un événement survenait : une rencontre, une personne qui avait retrouvé un vieux journal intime de ma sœur.Cette synchro- nicité me faisait reprendre. » Ce qui protège aussi Louise Portal d\u2019un cul-de-sac littéraire, c\u2019est d\u2019être habitée par ses romans en cours d\u2019écriture autant qu\u2019un premier rôle au cinéma.« Je le vis de la même façon : je ne peux pas arriver sur le plateau de cinéma et dire que je ne peux pas jouer telle scène parce que je suis bloquée.Il faut s\u2019abandonner, et c\u2019est la même chose quand j\u2019écris.Je tasse tout le reste pour que les personnages puissent continuer d\u2019avancer. » \u203a Louise Portal participera à une table ronde sur la lecture et l\u2019écriture chez les aînés le 14?octobre à 15 h 15, à la table ronde Du cinéma à la télé en passant par l\u2019écriture le 15 octobre à 15 h 30 et à la conférence L\u2019héritage des mots le 16 octobre à 13 h 45.\u203a TRISTAN MALAVOY Étant donné ses multiples autres activités professionnelles et artistiques (auteur-compositeur-inter- prète, directeur littéraire, chargé de cours, etc.), Tristan Malavoy peut parfois écrire très peu pendant plusieurs mois.La plupart de ses livres sont donc nés lors d\u2019élans qu\u2019il a appris à reconnaître et à écouter.« Je sais que je ne dois pas les forcer, sinon ça donne un peu n\u2019importe quoi.Mais j\u2019ai des jaillissements où j\u2019ai des choses à dire, où les phrases s\u2019emboîtent toutes seules.J\u2019ai donc appris à respecter ce rythme interne et à faire de la place dans ma vie quand un tel BLOCAGES D\u2019ÉCRITURE, MODE D\u2019EMPLOI Grand succès de la saison culturelle 2021-2022, la plus récente création théâtrale de Michel Tremblay, Cher Tchekhov, s\u2019inspirait d\u2019un blocage vécu pendant l\u2019écriture d\u2019un de ses romans.Un tarissement d\u2019inspiration qui a duré plusieurs années.Jusqu\u2019à ce que l\u2019auteur reprenne les pages déjà noircies et décide de faire de cette impasse le cœur de l\u2019histoire.À l\u2019approche du 44e Salon du livre de l\u2019Estrie, La Tribune vous convie donc à une petite conversation avec quatre auteurs et autrices participant à la programmation, qui nous racontent comment ils vivent ces moments où la prochaine phrase leur pose un lapin.STEVE BERGERON 1 3 laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M7 44E SALON DU LIVRE DE L\u2019ESTRIE élan se produit.Je ne m\u2019inquiète plus quand la source d\u2019écriture semble tarie, parce que, jusqu\u2019à maintenant (je touche du bois), c\u2019est toujours revenu.Mais il y a eu des moments où j\u2019ai craint que ça m\u2019abandonne pour de bon », confie-t-il.Il peut aussi y avoir, reconnaît- il, des « tentations d\u2019évitement », lorsque le flot des mots l\u2019amène à se dévoiler davantage.« La pudeur n\u2019est jamais bien loin chez moi, même si je sais très bien qu\u2019un écrivain devient pertinent lorsqu\u2019il ouvre les portes de ce qu\u2019il est. » Il ajoute toutefois avoir réécrit entièrement le dernier tiers de L\u2019œil de Jupiter, le roman qui lui a valu le prix France-Québec l\u2019an dernier.Sans être véritablement un blocage, cette opération lui a permis, après une période de mijotage, de mieux emboîter les éléments de son récit.« C\u2019est parfois très difficile de réaliser en cours de route qu\u2019on est sur une fausse piste. » \u203a Tristan Malavoy sera en entrevue devant public le samedi 15 octobre à 12 h 30 et à la table ronde De l\u2019édition à l\u2019écriture le même jour à 17 h 30.\u203a ANDRÉE A.MICHAUD On pourrait croire que c\u2019est le manque d\u2019idées qui peut provo- qer un blocage.Mais dans le cas d\u2019Andrée A.Michaud, c\u2019est parfois d\u2019en avoir trop! « Je ne connais pas du tout le syndrome de la page blanche, mais je connais très bien celui de la page noire! Quand j\u2019ai trop de choses à dire, les idées s\u2019entremêlent, se superposent. » À preuve, le roman sur lequel elle travaille en ce moment est l\u2019heureux élu de quatre livres qu\u2019elle avait entamés de front.« C\u2019était évidemment intenable! » Mais la voie à suivre s\u2019est finalement dégagée.« Un des livres se rapprochait trop de Bondrée et de Proie, et, comme plusieurs écrivains, je souhaite sortir de ma zone de confort.Pour un autre, j\u2019ai simplement pris conscience que je n\u2019étais pas prête à aborder le sujet, qui m\u2019était totalement étranger. » Andrée A.Michaud attribue cette sorte de « blocage inversé » à plusieurs facteurs : son imagination débordante, le succès et la pression de toujours faire mieux que le livre précédent, peut-être aussi son âge, qui la place en situation d\u2019urgence \u2014 « je n\u2019ai plus toute la vie devant moi pour écrire ce que j\u2019ai envie d\u2019écrire! » Bref, de multiples ingrédients à anxiété.« Ça peut vous pousser à un questionnement qui s\u2019échelonne sur des semaines, voire des mois », dit l\u2019écrivaine, qui n\u2019est pas du genre à s\u2019éloigner de son manuscrit pendant un jour ou deux afin d\u2019y voir plus clair.Au contraire, elle a plutôt tendance à se questionner jusqu\u2019à ce que les dilemmes soient résolus.« Ça fait partie du métier de s\u2019arracher les cheveux, mais c\u2019est un processus de réflexion qui peut s\u2019avérer très positif.Mais il faut également accepter ses limites et ses capacités. » \u203a Andrée A.Michaud sera à la table ronde Le noir dans toutes ses nuances le samedi 15 octobre à 14 h et en entrevue devant public le même jour à 16 h 30.Pour connaître l\u2019horaire de dédicaces de nos quatre auteurs et des autres présents au salon, rendez-vous au slestrie.com/horaire-de-dedicaces.BLOCAGES D\u2019ÉCRITURE, MODE D\u2019EMPLOI 2 Louise Portal \u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND 4 Andrée A.Michaud \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ 1 Patrick Nicol \u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, HUGO-SÉBASTIEN AUBERT 3 Tristan Malavoy \u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, FRANÇOIS ROY 2 4 64, rue Merry Nord, Magog / 819 847-0470 vieuxclocher.com Simon DELISLE SAM.22 octobre Philippe LAPRISE VEN.21 octobre Jean-Sébastien GIRARD VEN.4 novembre Les années CAt StEvEnS VEN.11 novembre Dominic et Martin VEN.25 novembre Michel BARREttE SAM.26 novembre Vincent vALLIÈRES SAM.15 octobre Alexandre BARREttE VEN.28 octobre Cathy GAUtHIER SAM.29 octobre Mariana MAZZA VEN.18 novembre Pierre-Luc POMERLEAU SAM.19 novembre VEN.14 octobre UNDERCOVER legends of rock 0106447 SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M8 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le tout dernier ouvrage de Heather O\u2019Neill, qui nous parvient ces jours-ci en français, porte bien son titre : ses personnages ont effectivement de quoi «?perdre la tête?» sous le joug de l\u2019obsession, du désir et de la révolution.Entre la comédie noire et le roman historique, l\u2019écrivaine montréalaise nous plonge au cœur d\u2019une puissante amitié qui a de quoi chambouler le monde.De majestueux bals de l\u2019époque victorienne, Montréal et sa fracture entre les grandes maisons de riches et les quartiers ouvriers, ses bordels du XIXe siècle : ce sont des flashs de cette époque qui ont tout d\u2019abord inspiré Heather O\u2019Neill dans sa création de Perdre la tête.Puis sa fascination pour la Révolution française s\u2019est greffée à la série d\u2019images\u2026 « Je trouvais intéressant le lien que je pouvais faire entre la Révolution française et la révolution féministe où l\u2019on disait que les femmes avaient les mêmes droits que les hommes.Mais j\u2019aime aussi la folie autour de la révolution qui rend les gens perdus, puis l\u2019idée que des auteurs peuvent, avec leurs mots et leurs pensées, changer le monde », relate Heather O\u2019Neill en entrevue.Entre le Mile doré et le Mile sordide, l\u2019écrivaine brosse ainsi un portrait, dès 1873, de la métropole et des tensions sociales qui y régnaient.Un cadre sur lequel elle peint une panoplie de femmes qui soulèvent des questions sur le pouvoir, le genre, les classes, etc.« C\u2019est un livre qui prend place dans l\u2019histoire, mais il est très moderne.Dans le langage, mais aussi par rapport aux enjeux qui nous occupent aujourd\u2019hui.C\u2019est un peu comme si j\u2019avais pris mes personnages et que je les avais lancés à l\u2019époque victorienne.Juste pour voir comment ils allaient réagir avec les limitations de ce temps- là », estime-t-elle d\u2019ailleurs.DES FILLES SANS CONCURRENCE Si la révolte s\u2019installe tranquillement au fil des 504 pages, l\u2019ouvrage de Heather O\u2019Neill s\u2019enracine toutefois au cœur d\u2019une puissante amitié : celle de Marie Antoine \u2014 inspirée de Marie Antoinette \u2014 et de Sadie Arnett.Deux petites filles qu\u2019on verra grandir et dont le destin sera lié de près à cette période de revendications et de grands changements.Entre l\u2019abondance des riches et les besoins des pauvres, les anglophones et les francophones, les femmes et les hommes, la quadragénaire explore ainsi les liens entre ces deux êtres que tout oppose.Car Marie Antoine est une fillette blonde, parfaite et joyeuse, enviée de tous de par son titre d\u2019héritière de Louis Antoine, propriétaire d\u2019une raffinerie de sucre à Montréal.Sadie Arnett est plutôt une brunette sombre et cruelle, mais très intelligente, fille d\u2019un politicien sévère.« Avant qu\u2019elles se rencontrent, elles sont seules au monde parce qu\u2019elles sont douées.Personne n\u2019arrive à leur hauteur.Elles n\u2019ont pas de concurrence.Elles ont de l\u2019ambition alors que toutes les autres jeunes filles ne pensent qu\u2019à se marier.Elles encouragent leurs meilleures qualités, mais aussi leurs pires défauts », explique l\u2019autrice, tout en racontant que les petites ne devaient pas au départ être les protagonistes de son roman.Elles se sont pourtant imposées avec leur fort caractère narcissique, ne se laissant pas marcher sur les pieds\u2026 Même par leur créatrice.BOULEVERSER L\u2019ORDRE MASCULIN ÉTABLI Heather O\u2019Neill a toutefois profité de la présence de Marie et Sadie pour approfondir une amitié trouble, une relation si intense qu\u2019elle est surtout explosive.Allant du simple désir, à la jalousie ou l\u2019érotisme, jusqu\u2019à l\u2019obsession.Qu\u2019elles s\u2019aiment ou se détestent, les deux personnages ne peuvent plus se passer l\u2019un de l\u2019autre.« Toute amitié digne de ce nom comporte un soupçon de haine.Mais cette haine est comme le miel qui parfume le thé : elle crée l\u2019accoutumance », écrit l\u2019autrice dans Perdre la tête.De façon générale, « tout le roman explore la violence de la féminité », affirme Heather O\u2019Neill.Celle-ci s\u2019est d\u2019ailleurs beaucoup amusée à peindre des femmes fortes, avec de l\u2019ambition comme de la colère.Elle contraste ainsi tout au long de l\u2019histoire l\u2019esprit de ses personnages avec la cage dans laquelle le patriarcat tente de les contraindre.« Ce n\u2019est pas parce qu\u2019elles sont des femmes qu\u2019elles ont un caractère doux, qu\u2019elles sont gentilles.Elles aussi peuvent être des psychopathes! » soutient l\u2019artiste, à qui l\u2019on doit les succès La ballade de Baby et Hôtel Lonely Hearts.Deux titres ornés de différents prix littéraires, dont la récompense québécoise qui fait la promotion de la littérature anglaise dans la province, le prix Paragraphe Hugh MacLennan.Si Heather O\u2019Neill conçoit que la littérature d\u2019aujourd\u2019hui accepte de plus en plus de nager dans les eaux de cette féminité sombre, elle déplore que bien des personnages féminins soient toujours infantilisés par leur créateur.Notamment lorsqu\u2019il est question d\u2019amitié, comme si ce n\u2019était pas un sujet sérieux.QUE LE SPECTACLE COMMENCE?! On le sent à la lecture, mais Heather O\u2019Neill le confirmera en entrevue : l\u2019autrice a eu beaucoup de plaisir à écrire Perdre la tête.Au- delà de l\u2019humour dans l\u2019histoire ou le nom de certains personnages (Marie Antoine, Mary Robespierre), elle a embrassé leur côté théâtral et flamboyant.« Mes personnages ont plein de défauts, mais je les adore! » « Quand j\u2019ai terminé Mademoiselle samedi soir, j\u2019étais tannée des Tremblay.Quand j\u2019ai fini La ballade de Baby, je m\u2019ennuyais de mon personnage principal avec sa vision poétique sur le monde.Avec Perdre la tête, j\u2019ai eu un trip.Je m\u2019amusais.Chaque jour était comme un spectacle.Ces femmes-là voulaient vivre jusqu\u2019au bout », raconte-t-elle en riant, rappelant que le XIXe siècle était de l\u2019ordre du théâtre pour les femmes qui devaient porter un certain costume, agir de telle manière, être conscientes du regard des autres, etc.Fidèle à sa plume, l\u2019autrice a aussi introduit sa magie : dans les moments les plus lumineux comme les plus graves, la forêt enchantée ou le conte de fées ne sont jamais bien loin.« Même si on est dans un contexte réaliste, j\u2019aime que les lecteurs puissent croire que tout est possible.Si un cheval se met à parler, vous n\u2019en doutez pas.J\u2019aime écrire comme ça, quand les métaphores deviennent de plus en plus vivantes », affirme Heather O\u2019Neill, un sourire dans la voix.Heather O\u2019Neill \u2014 PHOTO LA PRESSE, FRANÇOIS ROY HEATHER O\u2019NEILL Révolutions d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui HEATHER O\u2019NEILL Perdre la tête ROMAN Alto 504 pages Parution le 12 octobre laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M9 ARTS MÉLANIE NOËL melanie.noel@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 « Le mot éclipse peut être utilisé dans le premier sens du terme, soit l\u2019éclipse du soleil ou la disparition passagère de la lumière.Mais dans la démarche de Richard-Max Tremblay, c\u2019est beaucoup plus que ça.Il ne s\u2019intéresse pas seulement à la lumière et à l\u2019ombre, à la disparition et à la réapparition, mais aussi au vrai et au faux, à l\u2019obstacle qui empêche de voir et ce qui est caché », résume la commissaire de l\u2019exposition Éclipse, Suzanne Pressé.L\u2019artiste Richard-Max Tremblay occupera justement une grande place à Sherbrooke dans les prochains mois, avec Éclipse, son exposition en deux temps et deux lieux.Le premier segment, Éclipse : Présence-Absence, a été lancé le 6 octobre au Musée des beaux- arts de Sherbrooke (MBAS) et se terminera le 8 janvier 2023, alors que le deuxième, Éclipse : Ombre\u2013 Lumière, sera installé à la galerie d\u2019art Antoine-Sirois de l\u2019Université de Sherbrooke du 26 octobre 2022 au 21 janvier 2023.Éclipse : Présence-Absence, présentée sur deux étages au MBAS, rassemble une quarantaine de toiles et photographies grand format de l\u2019artiste figuratif.Tantôt, on découvre un paysage nocturne avec des étincelles montant vers le ciel sans qu\u2019on voie le feu.Tantôt, un rideau fermé sans qu\u2019on sache ce qu\u2019il y a derrière.Quelques œuvres représentent un assemblage de boîtes, mais impossible de deviner ce qu\u2019il y a à l\u2019intérieur.Sur un autre tableau, l\u2019artiste peint l\u2019ombre d\u2019un arbre.«  Il ne peint pas l\u2019arbre, mais l\u2019ombre de ce dernier.Il joue avec l\u2019ombre, la lumière et ce qui est caché, c\u2019est-à-dire l\u2019arbre dans cet exemple », note la commissaire.Cette démarche de Richard-Max Tremblay ne date pas d\u2019hier.« Il m\u2019a raconté que, lorsqu\u2019il avait 16 ans, sa grand-mère lui avait demandé de peindre sur la cabane dans le bois de son grand-père.Il a peint sur la cabane, mais a planté un immense arbre devant la cabane qui cachait ce qu\u2019il avait peint! À 16 ans, sans le savoir, il commençait quelque chose qu\u2019il poursuit encore aujourd\u2019hui », raconte en riant Mme Pressé.VUE SUR.RIEN Observée de loin, la toile Fantasmagorie urbaine, qui accueille les visiteurs au rez-de-chaussée, présente un bâtiment réfléchi sur un autre bâtiment de verre.«  Mais si on s\u2019approche de la peinture, on ne voit plus cette image, seulement les motifs qui deviennent abstraits.C\u2019est l\u2019inverse de ce qui se produit normalement, c\u2019est-à-dire voir mieux une image en s\u2019approchant.L\u2019artiste a un humour fin et une belle intelligence », explique Mme Pressé, qui a travaillé pendant deux ans avec Richard-Max Tremblay pour préparer Éclipse.Une photographie de fenêtres poussiéreuses au point de devenir opaques accueille les visiteurs dans la salle à l\u2019étage.« Alors qu\u2019une fenêtre normalement nous permet de voir à travers, à l\u2019extérieur, celles-là bouchent plutôt la vue.Elles perdent leur rôle », mentionne la commissaire.« La rencontre de la peinture et de la photographie est au cœur de ses recherches.Le camaïeu de gris est une de ses particularités en peinture.Plusieurs de ses toiles sont dans ces tons, mais pas toutes », mentionne Mme Pressé, précisant que l\u2019artiste a grandi à Brompton et que son atelier est maintenant à Griffintown, à Montréal.« Mais le fait qu\u2019il soit originaire de la région n\u2019est pas la raison pour laquelle le comité de sélection a retenu son dossier.C\u2019est parce qu\u2019il est un artiste d\u2019envergure », ajoute- t-elle d\u2019emblée.80 PORTRAITS À VENIR Au MBAS comme à l\u2019UdeS, l\u2019artiste expose également une série de portraits photographiques.« Ce sont des portraits d\u2019artistes et de personnalités liées à la culture de quatre générations d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Au musée, il y en a six, qui représentent des maitres pour l\u2019artiste, et à l\u2019université, il y en aura 80 dans l\u2019espace invitation et dans le Centre culturel », note la commissaire.Après avoir complété sa formation au Goldsmith\u2019s College de Londres, Richard-Max Tremblay a poursuivi une pratique en peinture et en photographie.Les années 1980 et 1990 ont été ponctuées d\u2019expositions au Québec et en France dont celles du Centre culturel canadien à Paris et des Services culturels de la Délégation générale du Québec à Paris.Il est lauréat 2015 du fonds en fidu- cie de l\u2019Académie royale des arts du Canada.Le 19 novembre 2022 dès 13 h se déroulera une visite commentée en présence de Richard-Max Tremblay, qui combinera l\u2019exposition présentée au Musée des beaux-arts de Sherbrooke à celle présentée à la galerie d\u2019art Antoine-Sirois.Réservation requise.NOTRE VIDÉO DISPONIBLE SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA Sur la toile de gauche, Richard-Max Tremblay a peint l\u2019ombre d\u2019un arbre.« Il ne peint pas l\u2019arbre, mais l\u2019ombre de ce dernier.Il joue avec [.] ce qui est caché », explique la commissaire de l\u2019exposition Suzanne Pressé.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Sur la toile, un groupe de visiteurs dans un musée admirent une œuvre qui demeure un mystère.Le visiteur ne peut qu\u2019imaginer ce qu\u2019il y a sur la toile.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU RICHARD-MAX TREMBLAY CE QUE CACHENT LES ÉCLIPSES SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M10 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Actrice versée dans les arts visuels, Charlotte Le Bon fait, avec Falcon Lake, ses premiers pas comme réalisatrice d\u2019un long métrage.Partagée entre le Québec et la France, où elle mène carrière depuis plusieurs années, la cinéaste évoque cette dualité à travers ses personnages.Et qu\u2019on ne leur parle surtout pas de leur accent! « Je n\u2019ai jamais trop saisi ce qui, pour moi, est une sorte de fausse incompréhension, quand les Français disent qu\u2019ils ne comp re n n e n t p a s n o t re a c c e n t , exprime-t-elle.Je pense que c\u2019est plus de l\u2019ordre du divertissement pour eux que de l\u2019ordre de l\u2019incompréhension. » Comme mannequin, chroniqueuse, actrice et maintenant réalisatrice, Charlotte Le Bon a passé une grande partie de son temps dans l\u2019Hexagone depuis sa jeune vingtaine.« Je trouve que, quand il y a des Français et des Québécois dans les films, l\u2019accent est souvent utilisé comme une forme de ressort comique et moi, ça ne me fait pas rire du tout, ajoute-t-elle.Ça m\u2019a même franchement fait chier! C\u2019est toujours le cas, d\u2019ailleurs, quand je suis en France et que ça les fait rigoler que je sois Québécoise.Je ne trouve pas ça drôle. » En adaptant au cinéma la bande dessinée Une sœur de Bastien Vivès, Charlotte Le Bon a voulu raconter la rencontre de « deux âmes », les ados Chloé et Bastien, à un moment charnière de leur existence.Ça se passe au bord d\u2019un lac, pendant les vacances scolaires, une image forte en souvenirs pour la réalisatrice.« Il y a quelque chose de la fin de l\u2019été qui commence à pointer son nez et qui nous fait un petit peu mal dans le ventre, parce qu\u2019on sait que ça approche et qu\u2019on ne peut absolument rien y faire.C\u2019est vraiment un film sur la nostalgie », décrit Charlotte Le Bon Selon ses dires, la réalisatrice est « encore sur un high » de son expérience à Cannes, où Falcon Lake a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier.« Faire un film demande tellement d\u2019énergie et de discipline.Il faut toujours y croire malgré les tsunamis de non qu\u2019on se prend dans la gueule », évoque- t-elle.« Après, quand une société comme la Quinzaine des réalisateurs nous dit \u201coui, vous avez votre place parmi nous\u201d, c\u2019est une consécration.C\u2019est juste absolument merveilleux », ajoute-t-elle.D\u2019UN FANTÔME À L\u2019AUTRE Si une histoire de fantôme plane dans Falcon Lake , une autre occupe les esprits de Charlotte Le Bon, qui songe à son deuxième long métrage.Sans trop en révéler, elle se dit inspirée par l\u2019histoire d\u2019un ami, qui a, semble-t-il, occupé pendant un moment un appartement hanté.La réalisatrice envisage déjà un nouveau tournage au Québec, mais pendant la froide saison.« J\u2019ai très envie de tourner la neige », dit-elle.D\u2019ici là, elle remettra son chapeau d\u2019actrice pour incarner l\u2019artiste féministe Niki de Saint Phalle dans un film biographique signé Céline Sallette.« Ce qui me plaît, avant même son travail de plasticienne, c\u2019est vraiment la femme qu\u2019elle était.Elle a une histoire extrêmement dense.Elle était Franco-Améri- caine.Elle était autodidacte.Elle a été mannequin comme moi et je pense que c\u2019est un métier qui la rendait très malheureuse  », avance Le Bon, elle-même détentrice d\u2019un DEC en arts plastiques.« Elle était tellement possédée par son envie de créer qu\u2019elle a à un moment pris la décision de quitter sa famille et ses enfants pour pouvoir poursuivre sa carrière d\u2019artiste, reprend-elle.On est dans la survie.C\u2019était ça ou la mort, pour elle.C\u2019est un sujet assez tabou, en fait.On n\u2019a pas vu beaucoup ça au cinéma. » Falcon Lake sera présenté au cinéma dès le 14 octobre.CHARLOTTE LE BON  L\u2019ÂME AVANT L\u2019ACCENT « Faire un film demande tellement d\u2019énergie et de discipline.Il faut toujours y croire malgré les tsunamis de non qu\u2019on se prend dans la gueule. » \u2014 Charlotte Le Bon 0106579 À VENIR AU CENTRE CULTUREL A C T I V I T É S YVONNE L.BOMBARDIER 19H00 Conférence Mieux dormir pour mieux travailler avec Stéphane Migneault 12 OCT.15H00 Causerie avec Richard Z.Sirois en partenariat avec Salon du livre de l\u2019Estrie 15 OCT.17H00 Causerie avec Robert Lalonde organisée par REDA, au Studio B-12 26 OCT.19H00 Conte Les bonnes histoires pour les bonnes oreilles avec Donald Dubuc 09 DÉC.450 532-2250 centreculturelbombardier.com laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M11 CINÉMA QUÉBEC \u2014 Sur son c.v.d\u2019actrice, Sara Montpetit compte à ce jour deux rôles, mais pas les moindres.Son baptême du jeu s\u2019est fait dans Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote, un film qui lui a valu le trophée Iris de la Révélation de l\u2019année 2022.Sa deuxième expérience l\u2019a amenée au Festival de Cannes, où le film Falcon Lake de Charlotte Le Bon a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.Sa propre vingtaine tout juste entamée, Sara Montpetit reconnaît que son début de carrière de comédienne a eu l\u2019occasion de lui donner le vertige.Mais pas encore de lui monter à la tête, peut-on observer lorsqu\u2019on discute avec elle.« Je pense que je n\u2019ai pas encore une grande distance par rapport à ce qui se passe.Ce sont des moments très intenses, je me sens très privilégiée d\u2019avoir pu vivre ça », indique-t-elle simplement en parlant de ses récents passages aux festivals de Cannes et de Toronto.« Et c\u2019est sûr qu\u2019on est entouré d\u2019une sorte de mise en scène d\u2019entrevues, de personnes qui nous accueillent dans des hôtels qui n\u2019ont pas de bon sens! ajoute-t- elle.C\u2019est étrange et j\u2019essaie de me rappeler que ce n\u2019est pas vrai, tout ça.La vraie moi, c\u2019est dans mon appartement, tranquille, avec mon chat et mon copain. » TROUVER L\u2019ÉQUILIBRE Dans Falcon Lake, qui arrive sur nos écrans le 14 octobre, Sara Mont- petit incarne Chloé, qui navigue dans cette période floue entre l\u2019adolescence et l\u2019âge adulte.Pendant les vacances d\u2019été à la campagne où convergent premiers émois et une mystérieuse histoire de fantôme, elle côtoiera le Français Bastien (Joseph Engel), un ami de la famille juste un peu plus jeune qu\u2019elle.« Je suis très fière de ce film-là », confie l\u2019actrice et militante environnementaliste, qui a cofondé à 17 ans le mouvement Pour le futur Mtl, dans la foulée des jours de grève pour le climat instaurés par l\u2019activiste suédoise Greta Thunberg.« Ça s\u2019est emballé très rapidement.Du jour au lendemain, je donnais plein d\u2019entrevues.Le mouvement était hyper sollicité et ça fonctionnait bien », relate Sara Montpetit.Celle-ci voit cet engagement comme un « devoir » qu\u2019elle juge nécessaire.Elle avance du même coup avoir eu du mal à y trouver un équilibre.« J\u2019ai un peu fait un burn-out de militantisme après un an intensif, raconte-t-elle.Je me suis un peu épuisée.Je me suis rendu compte que je n\u2019avais pas fait la balance entre mon devoir et ma passion.C\u2019est ça que j\u2019essaie de trouver en ce moment. » Filles de parents évoluant dans le monde de la danse, Sara Mont- petit dit appliquer la même quête à sa carrière artistique, qui la mènera sous peu à jouer une vampire « humaniste » dans le premier long métrage d\u2019Ariane Louis-Seize.« J\u2019ai eu tellement de chance.On dirait que tout ce que j\u2019ai tellement voulu arrive enfin, comme ça.Je le prends vraiment comme un gros cadeau.Je pense que dans ce métier-là, oui, il y a du talent, mais il y a aussi énormément de chance », note celle qui ne tient pas ses récents succès pour acquis.« Je m\u2019en réjouis, mais je ne veux pas me dire que c\u2019est fait, parce que dans ce métier, on ne sait jamais quand on va retravailler.Je souhaite que ça continue, je souhaite de faire des projets qui m\u2019émerveillent et que j\u2019aime, mais je ne veux pas trop m\u2019emballer. » GENEVIÈVE BOUCHARD, LE SOLEIL SARA MONTPETIT Entre vertiges et humilité La réalisatrice du film Falcon Lake, Charlotte Le Bon, et l\u2019actrice Sara Montpetit.\u2014 PHOTO LA PRESSE, HUGO-SÉBASTIEN AUBERT Charlotte Le Bon a voulu que Falcon Lake raconte la rencontre de «?deux âmes?», Bastien (Joseph Engel) et Chloé (Sara Montpetit).\u2014 PHOTO SPHÈRE FILMS 0106580 X,Y 2 OCTOBRE AU 30 DÉCEMBRE 2022 450 532-2250 www.centreculturelbombardier.com JÉRÉMIE ST-PIERRE SÉBASTIEN PESOT SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M12 CINÉMA FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Beaucoup de critiques sont adressées à notre système de justice, mais celui-ci recèle des ressources précieuses que la majorité des gens ne connaissent pas.Un documentaire de la Triflu- vienne d\u2019origine Pauline Voisard, intitulé Quand punir ne suffit pas : la justice réparatrice, lève le voile sur une de ces pratiques.Un grand nombre d\u2019entre nous découvrira ainsi l\u2019existence même de cette pratique offerte à bon nombre de victimes et de prévenus.L\u2019idée, présentée très grossièrement, est de permettre à des victimes et à des auteurs d\u2019actes criminels de se rencontrer sous supervision et, après minutieuse préparation, de dialoguer sur ce que chacun a vécu pour, ultimement, peut-être faire davantage la paix avec sa souffrance intime.La cinéaste va plus loin en plongeant carrément le spectateur dans ce processus d\u2019une infinie complexité.Dans une œuvre documentée, on rencontre des médiateurs, des victimes, des prévenus qui expliquent la démarche, la décortiquent et la vivent même sous nos yeux.La caméra s\u2019immisce parfois au cœur même du dialogue, ce qui permet d\u2019en découvrir la fragilité autant que la richesse.« Quand le sujet m\u2019a été proposé, ça m\u2019a intriguée, parce que ce sont des questions qui m\u2019interpellent, dit Pauline Voisard.C\u2019est quelque chose d\u2019autant plus intéressant que la plupart des gens ne connaissent pas ça, ou alors ils ont une fausse perception de ce que c\u2019est.La justice réparatrice est considérée comme [une solution de remplacement], alors qu\u2019elle est intégrée à notre système de justice traditionnel. » « Ce qui m\u2019a beaucoup intéressée là-dedans, c\u2019est d\u2019abord cette possibilité de créer un dialogue au sein d\u2019un conflit.Très souvent, dans un processus de communication, on a l\u2019impression de ne pas réussir à s\u2019exprimer correctement.J\u2019ai trouvé fascinant le travail que font les médiateurs pour établir un dialogue sain et constructif pour tous. » PARLER AVEC LE MEURTRIER DE SON PÈRE Il faut bien sûr savoir que l\u2019initiative est totalement libre et que chacun peut se désister du processus à tout moment s\u2019il ne se sent pas à l\u2019aise.Par contre (le film en témoigne), certains ayant vécu de profonds traumatismes trouvent dans la démarche un grand réconfort.Dans le film, on rencontre par exemple une victime d\u2019inceste qui retrouve son agresseur et lui parle de sa souffrance.Aussi, la fille d\u2019un homme assassiné établit un dialogue avec le meurtrier pour comprendre les raisons et les circonstances du geste.La réalité étant ce qu\u2019elle est, il n\u2019y a pas de magie dans ce processus.Certains cas auxquels Pauline Voi- sard a assisté ont avorté en cours de route.On se retrouve néanmoins devant de véritables rencontres, alors que d\u2019autres scènes, clairement identifiées comme telles, sont des reconstitutions avec comédiens parce qu\u2019il a été impossible de filmer.« Ç\u2019a été énormément de travail, convient la réalisatrice, pour arriver à s\u2019insérer dans le processus avec notre caméra, pour créer une relation de confiance avec les autorités judiciaires, les médiateurs et aussi les personnes impliquées. » « J\u2019espère qu\u2019en voyant le film, personne ne pensera que c\u2019est quelque chose de facile, de magique, qui apporte toujours des résultats positifs.Certaines victimes ne pardonnent jamais à ceux qui les ont fait souffrir et c\u2019est compréhensible.Mais que la possibilité existe dans le système de justice d\u2019exprimer à l\u2019autre comment il a vécu sa souffrance et les conséquences de ses gestes, je trouve que c\u2019est vraiment une avenue intéressante.Surtout que, par définition, il faut que les deux personnes veuillent faire cette démarche. » EN SURPLUS DES SENTENCES Spécifions que, dans la majorité des cas, et toujours dans les cas graves, les prévenus sont aussi jugés par le système traditionnel et encourent des sentences normales.La démarche de justice réparatrice vient alors en surplus, dans un espoir partagé par les victimes et les contrevenants de faire, en quelque sorte, la paix avec des gestes répréhensibles.« Il y a derrière ça une prise de conscience et un travail que les personnes impliquées doivent faire sur eux-mêmes, explique Pauline Voi- sard.C\u2019est ardu, complexe, mais riche.Personnellement, pendant les trois années de travail sur ce film, j\u2019ai pris conscience que tout n\u2019est jamais blanc ni noir.J\u2019ai dû me mettre dans une posture d\u2019écoute et abandonner mes jugements préalables pour traiter le sujet.J\u2019ai trouvé ça difficile mais très formateur. » «  J\u2019ai aussi été profondément impressionnée par le travail que font les médiateurs, qui doivent assurer que le tout se fasse sainement, pour le bien de chacun.Ils doivent écouter les gens, les préparer minutieusement pour que le processus se réalise de façon sécuritaire pour tous.Ils doivent aussi constamment peaufiner leur formation pour être en mesure de faire face à toutes sortes de nouvelles réalités.C\u2019est un travail extrêmement délicat. » AVENUE POUR DÉTENUS Quand punir ne suffit pas : la justice réparatrice part ces jours-ci en tournée de 15 villes à travers le Québec à la rencontre du grand public, avec notamment une halte à Sherbrooke le 25 octobre.Les projections seront suivies d\u2019une discussion du public avec la réalisatrice et des intervenants du réseau Équijustice.Le film sera aussi diffusé le 26 novembre à Doc Humanité sur les ondes d\u2019Ici Télé.« Comme cinéaste, je veux que le film soit vu le plus possible, notamment parce qu\u2019il touche tout le monde et pose des questions fondamentales.Je souhaite aussi qu\u2019il soit présenté dans le plus d\u2019établissements d\u2019enseignement possible, pour sensibiliser les étudiants à cette réalité. » « Mon rêve, c\u2019est qu\u2019il soit projeté dans des établissements correctionnels, parce que je pense que ça peut être une avenue précieuse pour les détenus.Ça peut aussi être l\u2019ouverture d\u2019un très riche dialogue.On ne peut pas tout dire dans un film de 60 minutes. » QUAND PUNIR NE SUFFIT PAS?: LA JUSTICE RÉPARATRICE EN QUÊTE DE PAIX Le documentaire de Pauline Voisard Quand punir ne suffit pas : la justice réparatrice lève le voile sur un volet méconnu de notre système pénal.\u2014 PHOTO PRODUCTIONS TRIANGLE Pauline Voisard \u2014 PHOTO PRODUCTIONS TRIANGLE Vous voulez y aller?Quand punir ne suffit pas : la justice réparatrice Mardi 25 octobre, 14 h 30 La Maison du cinéma Entrée gratuite mais réservation obligatoire Billets : lepointdevente.com laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M13 CINÉMA VÉRONIQUE LAROCQUE La Presse CRITIQUE MONTRÉAL \u2014 Oubliez le chien, le chat ou même le hamster.L\u2019animal de compagnie le plus amusant est le crocodile.C\u2019est du moins ce que les enfants pourraient se dire après avoir vu Lyle le crocodile, de Will Speck et Josh Gordon.Ce reptile qui organise des virées nocturnes, prépare des festins et sait mémoriser des chorégraphies a tout pour plaire aux petits.Mais ce qui démarque surtout Lyle des autres membres de son espèce, c\u2019est qu\u2019il sait chanter.Et il a une très belle voix, d\u2019ailleurs (celle du populaire Shawn Mendes, dans la version anglaise, et de William Cloutier, grand gagnant de Star Académie 2021, en français).Les pièces pop qui ponctuent cette comédie musicale sont toutefois plutôt génériques.Elles ne marqueront pas les esprits comme l\u2019ont fait des chansons tirées de récents films familiaux, tels We Don\u2019t Talk about Bruno, d\u2019Encanto.Dans cette histoire se déroulant à New York, le jeune Josh Primm, qui vient de déménager dans la Grosse Pomme avec sa famille, peine à s\u2019adapter à sa nouvelle vie.La rencontre de Lyle, un crocodile qui habite dans le grenier de sa maison, viendra égayer son quotidien.CHANTER.SAUT DEVANT PUBLIC À l\u2019instar de nombreuses comédies musicales, les portions chantées du long métrage servent à faire progresser l\u2019intrigue à la vitesse grand V.Mme Primm (Constance Wu) surprend son fils aux côtés d\u2019un crocodile avec la gueule grande ouverte?C\u2019est la panique ! Or, il suffit de chanter et de cuisiner un gâteau pour que la peur et la méfiance se métamorphosent en belle amitié.Le surprenant don de Lyle, qui demeure muet sauf quand il pousse la note, n\u2019a pas que de bons côtés.Incapable de faire chanter le timide crocodile devant un public, son maître, le magicien Hector P.Valenti, l\u2019abandonne plus d\u2019une fois (voilà pourquoi l\u2019animal se retrouve seul dans le grenier des Primm).Javier Bardem est fort convaincant dans ce rôle d\u2019artiste de scène excentrique obsédé par l\u2019appât du gain.Présent dans la vaste majorité des scènes, Winslow Fegley se débrouille bien dans le rôle du jeune Josh Primm, malgré son peu d\u2019expérience au grand écran.Basé sur la série de livres jeunesse de l\u2019auteur américain Bernard Waber, Lyle le crocodile trouvera probablement un plus grand écho aux États-Unis, où des générations d\u2019enfants ont lu les aventures de ce reptile qui est apparu dans la 88e Rue en 1962.Il n\u2019est cependant pas nécessaire de connaître les albums pour passer un bon moment avec la famille Primm et leur compagnon chanteur.LYLE LE CROCODILE La pop ordinaire du crocodile chanteur Lyle le Crocodile, dont la voix est celle de Shawn Mendes, se lie d\u2019amitié avec la famille Primm, interprétée par Constance Wu, Javier Bardem et Winslow Fegley.\u2014 PHOTO SARAH SHATZ, SONY PICTURES Au générique Cote : 6/10?Titre : Lyle, le crocodile Genre : Comédie musicale Réalisateurs : Josh Gordon et Will Speck Acteurs : Constance Wu, Winslow Fegley, Javier Bardem et Shawn Mendes Durée : 1 h 46 GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Avec un regard aiguisé et pertinent, le réalisateur français Stéphane Brizé scrute le monde du travail depuis plusieurs années.Après avoir ciblé le chômage (La loi du marché, 2015) et les luttes syndicales (En guerre, 2018), le cinéaste braque, dans Un autre monde, une caméra criante de vérité sur un patron broyé par une machine qui n\u2019épargne à peu près personne.Pour ce troisième volet d\u2019une trilogie montrant sans sensationnalisme certaines dérives du libéralisme, Vincent Lindon est de nouveau appelé à interpréter le personnage principal.Avec une retenue qui cache mal un bouillonnement de détresse, de fatigue et de colère, l\u2019acteur se montre sans faille.Cadre dans une usine appartenant à une multinationale basée à l\u2019étranger, Philippe Lemesle (Lindon) sent depuis un moment la pression monter.Une nouvelle demande de réduction de coûts \u2014 lire des mises à pied \u2014 alors que des employés ont été récemment licenciés rend la situation intenable.D\u2019une part, un directeur de service lui assure que la production sera en péril si l\u2019équipe perd encore des joueurs.De l\u2019autre, sa propre patronne ne lui donne pas d\u2019autres choix que de couper.D\u2019un côté, des employés qu\u2019il connaît par leur prénom sont déjà à bout.De l\u2019autre, un discours organisationnel complètement déshumanisé traite les gens comme des colonnes de chiffres.Et c\u2019est lui, le patron « local », qui doit porter l\u2019odieux de décisions prises par des gens clamant n\u2019avoir qu\u2019un boss : Wall Street.Pendant que tout menace de sauter dans ce travail pour lequel il a sacrifié une bonne partie de sa vie personnelle, Philippe voit sa famille s\u2019effondrer : sa femme (Sandrine Kiberlain) demande le divorce, son fils, déjà sous pression, perd les pédales\u2026 RIGUEUR DOCUMENTAIRE Est-ce que tout ça en vaut la peine?Voilà la question qui plane sur ce film exposant certes le dilemme de ce cadre, mais qui donne aussi la parole aux autres parties.Dans les mots des représentants syndicaux comme dans ceux des grands patrons de l\u2019entreprise, on sent que Stéphane Brizé s\u2019est beaucoup documenté et qu\u2019il aborde son sujet avec une rigueur s\u2019approchant du documentaire.On n\u2019est pas dans le racolage ni les raccourcis, ici.Mais l\u2019émotion nous gagne néanmoins grâce à cette caméra qui filme de très près une sorte de désarroi.Celui-ci est parfois clairement exprimé, notamment par le personnage de Sandrine Kiberlain ou celui du fils (Anthony Bajon), qui se perd dans des monologues frôlant le délire.Il est aussi souvent refoulé, mais quand même toujours palpable.UN AUTRE MONDE Entre le marteau et l\u2019enclume Vincent Lindon incarne un cadre se retrouvant devant un dilemme moral dans Un autre monde.\u2014 PHOTO MAISON 4:3 Au générique Cote : 8/10?Titre : Un autre monde Genre : Drame Réalisateur : Stéphane Brizé Acteurs : Vincent Linton, Sandrine Kiberlain et Anthony Bajon Durée : 1 h 36 SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M14 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Sept ans après les attentats de Paris, qui ont fait 130 victimes aux abords du Stade de France, dans un Bataclan bondé et sur des terrasses de la capitale française, Cédric Jimenez revient sur les événements de percutante manière dans Novembre.Ou plutôt sur la traque qui a suivi, relatée du point de vue des policiers et à la manière d\u2019un film d\u2019action.Présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, où il a été chaudement accueilli, le long métrage résume en 100 minutes bien tassées cinq jours d\u2019enquête en plein état d\u2019urgence, tandis que la menace d\u2019autres attentats planait toujours.On précise d\u2019emblée que le film de Cédric Jimenez s\u2019inspire de faits réels, mais « reste une fiction ».Un fait réitéré avant le générique final, après une bataille judiciaire lancée par un témoin-clé de la véritable enquête ayant suivi les attentats du 13 novembre.Surnommée Sonia, ou Samia dans le film, celle-ci a argüé que le voile islamique porté par l\u2019actrice Lyna Khoudri (dont l\u2019interprétation est par ailleurs impeccable) ne reflétait pas ses convictions personnelles.Dans un contexte où les blessures des victimes ou de leurs proches sont encore vives, le film de Jimenez (Olivier Demangel en signe le scénario) prend le parti de ne pas montrer le bain de sang.PENDANT QUE LE PIRE SE PRODUIT.Nous sommes déjà au commissariat quand Novembre commence, au moment où les téléphones se mettent à sonner frénétiquement.Le pire est déjà fait ou en train de se produire dans la Ville Lumière.Et la course contre la montre s\u2019enclenche pour la police, dont un commissaire spécialisé dans la lutte au terrorisme (Jean Dujar- din) et une enquêteuse qui prendra des risques pour arriver à ses fins (Anaïs Dumoustier).À peu près personne ne dormira pendant cinq jours, au fil d\u2019une traque haletante menée à Paris et à Bruxelles, mais aussi hors d\u2019Europe, sur les traces de l\u2019État islamique, qui a revendiqué les attaques.Ça se passe au téléphone, en inspectant des fichiers obtenus par écoute électronique, en épluchant des témoignages pas toujours crédibles par centaines.Dans des interrogatoires qui peuvent être exaspérants, aussi\u2026 On comprend le personnage porté par Jean Dujardin de perdre son sang froid devant l\u2019air narquois d\u2019un prévenu visiblement sympathique aux visées de Daesh.Le film s\u2019attarde toutefois très peu sur la personnalité ou l\u2019intériorité des personnages.En dehors de leur travail dans les forces de l\u2019ordre, Novembre ne donne pas l\u2019occasion les connaître.L a c a m é r a n e r v e u s e s e concentre sur les actions précises, mais aussi sur de grands coups de chance, qui mèneront à un dénouement déjà connu pour ceux qui ont suivi l\u2019affaire.Le récit n\u2019en est pas moins haletant.NOVEMBRE La traque après l\u2019horreur dans Paris Jean Dujardin incarne un enquêteur spécialiste de la lutte contre le terrorisme dans le film Novembre, qui revient sur les attentats de Paris en 2015.\u2014 PHOTO MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION Lyna Khoudri interprète un témoin-clé dans l\u2019enquête.\u2014 PHOTO MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION Au générique Cote : 7,5/10?Titre : Novembre Genre : Suspense policier Réalisateur : Cédric Jimenez Acteurs : Jean Dujardin, Anaïs Demoustier et Sandrine Kiberlain Durée : 1 h 40 MARC-ANDRÉ LUSSIER La Presse CRITIQUE MONTRÉAL \u2014 En principe, ce nouveau film de David O.Russell (Silver Linings Playbook, American Hustle) aurait dû constituer l\u2019un des grands évènements cinématographiques de la saison : distribution prestigieuse (dans laquelle on trouve, outre les trois acteurs principaux, Robert De Niro, Chris Rock, Zoe Saldaña, Mike Myers, Rami Malek, Taylor Swift et plusieurs autres), cinéaste sachant habituellement bien moduler les différentes tonalités, récit inspiré d\u2019une histoire véridique se prêtant à une reconstitution d\u2019époque luxueuse.L\u2019action se déroule en effet à New York, dans les années 1930, alors que deux vétérans de la Première Guerre et leur amie infirmière enquêtent sur les assassinats d\u2019un officier haut placé et de sa fille.Ils se retrouvent au cœur d\u2019une intrigue parmi les plus secrètes et choquantes de l\u2019histoire américaine.Bref, sur papier, tous les éléments étaient réunis pour que cette production obtienne quasi automatiquement un laissez-passer pour la prochaine cérémonie des Oscars.À l\u2019arrivée, il n\u2019en sera rien.Ou si peu.Parce qu\u2019au-delà de ses qualités techniques (la direction artistique est de toute première classe), Amsterdam s\u2019écrase lamentablement.UN ESTHÉTISME MAUVAIS SIGNE Pas assez drôle pour être classé parmi les franches comédies, pas assez dramatique pour tirer de l\u2019intrigue un récit captivant, trop confus pour même susciter l\u2019intérêt du spectateur, Amsterdam est aussi un film trop long.Quand il faut se raccrocher aux qualités esthétiques d\u2019une œuvre, indéniables dans ce cas-ci, pour tromper l\u2019ennui, ce n\u2019est pas très bon signe, convenons-en.Le constat est d\u2019autant plus dommage à faire qu\u2019en prenant racine dans la rencontre entre trois amis sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, cette histoire avait un bon potentiel au départ.En évoquant la montée du fascisme en Allemagne et en Italie, le scénario comporte des ramifications politiques avec lesquelles on aurait pu établir certaines correspondances avec la réalité politique d\u2019aujourd\u2019hui.Là était sans doute l\u2019intention de David O.Russell, mais son approche n\u2019obtient pas le résultat escompté.AMSTERDAM Bien beau, mais encore?Christian Bale, Margot Robbie et John David Washington interprètent le trio central d\u2019Amsterdam, une production décevante en regard des attentes.\u2014 PHOTO MERIE WEISMILLER WALLACE, 20TH CENTURY STUDIOS Au générique Cote : 5/10?Titre : Amsterdam Genre : Drame historique Réalisateur : David O.Russell Acteurs : Christian Bale, Margot Robbie et John David Washington Durée : 2 h 14 laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M15 TÉLÉVISION GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Juste à temps pour se mettre dans l\u2019ambiance de l\u2019Halloween, Marvel s\u2019offre une plongée rétro chez le Loup-garou de nuit.Au menu de ce spécial télé en ligne sur Disney+, des monstres à abattre, de la cupidité à assouvir, des codes rétros revisités avec un soin qui ne laisse pas l\u2019humour au rancart.Dans une ambiance un peu hors du temps, mais une esthétique résolument inspirée des codes de l\u2019horreur des années 1930 ou 1940, Loup-garou de nuit convie le spectateur au cœur d\u2019un club exclusif de chasseurs de monstres.En tête, le mystérieux Jack Russell, qui mène malgré lui une double vie.La nuit est sombre et ces mercenaires du surnaturel ont rendezvous pour un dernier au revoir à leur chef mort et, du même coup, pour nommer son successeur.À la clé, une pierre dotée de puissants pouvoirs à ajouter à l\u2019arsenal du nouveau capitaine.Et les candidats potentiels peuvent déjà compter sur un imposant tableau de chasse.Tous sauf une, qui arrive dans la réunion comme un cheveu sur la soupe : Elsa, la fille du défunt, souhaite revendiquer son héritage.Sous la direction de l\u2019intense veuve Verusa (Harriet Sansom Harris), les invités partiront aux trousses d\u2019un monstre laissé en liberté dans le domaine familial.Mais ils risquent à leur tour de devenir proie\u2026 Surtout qu\u2019il y a plus d\u2019une créature fantastique sur les lieux.HOMMAGE À UN VIEUX LANGAGE Apparu dans l\u2019univers de Marvel au début des années 1970, le personnage du Loup-garou de nuit arrive à l\u2019écran sous les traits de Gael García Bernal, présence fort sympathique quand il ne perd pas le contrôle de ses moyens.L\u2019acteur mexicain donne notamment la réplique à Laura Donnel- ly, joyeusement frondeuse dans la peau de cette Elsa.Une figure féminine bottant des derrières qui détonne de réjouissante manière dans l\u2019univers vieillot mis de l\u2019avant dans cet hommage aux classiques de l\u2019horreur.C\u2019est justement à ce chapitre que ce spécial d\u2019une cinquantaine de minutes touche sa cible.Un point de vue moderne, mais un hommage savouré \u2014 et savoureux! \u2014 à un langage cinématographique d\u2019une autre époque.Celui-ci se décline dans les effets spéciaux (dont la représentation des monstres), dans la facture presque exclusivement en noir et blanc, dans la musique orchestrale aux cordes dramatiques\u2026 Le réalisateur Michael Giacchino est aussi compositeur.Il se paie la traite, ici.Notons ici un souci du détail qui va jusqu\u2019à inclure ces repères qui apparaissaient furtivement, à une autre époque, dans le coin supérieur de l\u2019écran de cinéma, afin de signaler au projectionniste le moment de changer de bobine.Un clin d\u2019œil rigolo et plutôt inhabituel dans notre monde célébrant les superhéros en format numérique.Loup-garou de nuit est présenté sur Disney+.LOUP-GAROU DE NUIT Marvel monstrueusement rétro Gael García Bernal incarne, dans Loup-garou de nuit, un chasseur de monstres menant une double vie.Ce spécial de 50 minutes est presque entièrement en noir et blanc.\u2014 PHOTO MARVEL STUDIOS Harriet Sansom Harris en veuve intense organisant une chasse singulière.\u2014 PHOTO MARVEL STUDIOS 0105048 0106287 LE FILM CHOC DE LA RENTRÉE ?UN POLAR SOUS HAUTE TENSION.?FRANCE TV INFO ?D'UNE IMPARABLE EFFICACITÉ.?LE POINT MAINTENANT AU CINÉMA ?UN FILM NERVEUX ET PALPITANT ! ?LE PARISIEN VINCENT LINDON SANDRINE KIBERLAIN ANTHONY BAJON UN FILM DE STÉPHANE BRIZÉ « L\u2019interprétation de Vincent Lindon et l\u2019évolution de son personnage sont d\u2019une force inouïe.» 20 MINUTES EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA DÈS MAINTENANT Maison4tiers.com SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M16 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune Alex, Melman, Gloria et Marty se sont mémorablement enfuis du zoo de Central Park en 2005.Depuis ce jour-là, l\u2019attachant quatuor me donne envie de visiter des zoos.Celui de San Diego a ses propres vedettes, lui aussi.Elles sont moins bavardes, assurément moins désobéissantes, mais racontent des histoires tout aussi fascinantes.JUDITH DESMEULES Le Soleil QUÉBEC \u2014 Quand j\u2019étais plus jeune, je m\u2019amusais à inventer une vie aux animaux que je voyais au zoo.À San Diego, c\u2019est encore plus facile, on raconte l\u2019arrivée en Californie de plusieurs pensionnaires, majoritairement ceux sauvés de leur habitat qui se dégrade.Nos amis du film d\u2019animation comique Madagascar ont quitté New York (par accident) pour atterrir dans le pays d\u2019Afrique du même nom parce que le zèbre Marty rêvait d\u2019une vie meilleure à l\u2019état sauvage.Difficile de battre cette histoire-là, me direz-vous, mais on pourrait être surpris.Le zoo situé en pleine ville est avant tout un endroit divertissant, mais il devient un lieu débordant d\u2019informations sur la préservation des animaux et les habitudes des espèces.Il suffit de s\u2019attarder aux différents contenus explicatifs colorés.San Diego Zoo Wildlife Alliance \u2014 son nom officiel \u2014 est un leader dans la préservation des animaux.L\u2019endroit est parmi les premiers parcs à délaisser les cages pour des enclos en plein air qui recréent l\u2019habitat naturel.Ses infrastructures sont les plus naturelles possible.Il s\u2019agit du zoo le plus visité aux États-Unis, et l\u2019un des plus grands et populaires dans le monde entier.Vous l\u2019aurez deviné, le zoo de San Diego est gigantesque.Suggestion des habitués : il faut commencer par un tour guidé rapide à bord de l\u2019autobus, pour tâcher de comprendre le terrain.Pour suivre la carte, il faudrait l\u2019étudier quelques jours.Elle est compliquée, très chargée, même les employés le savent.Après le rapide tour guidé gratuit, on peut commencer l\u2019exploration.Et si vous êtes du genre cartésien, impossible de visiter le zoo de gauche à droite ou du haut vers le bas, il faut faire une croix là- dessus.C\u2019est un grand labyrinthe dans lequel on peut se promener indéfiniment.On comprend l\u2019utilité des cartes de membres\u2026 il faut revenir plus d\u2019une fois pour profiter de tout.J\u2019ai presque manqué les gorilles, j\u2019ai tourné autour de leur secteur pendant une heure.D\u2019ailleurs, avec une seule journée de visite, il fallait faire des choix.Les insectes, reptiles, oiseaux et plantes ne seront notamment pas de ce reportage.Ce n\u2019est pas personnel, seulement une raison de logistique.J\u2019ai vite compris qu\u2019il fallait rester proche des précieux bénévoles avec un gilet rouge.Ils se promènent dans le zoo toute la journée et leur rôle consiste à diriger les visiteurs.Ces habitués ont plusieurs anecdotes en banque.En discutant, on m\u2019a rapidement dirigée vers les nouveau- nés, ils volent toujours la vedette, sans exception.Les girafes sont donc les préférées du zoo depuis novembre 2021.La jeune Mawe n\u2019a même pas un an, elle fait encore tourner les têtes.LES STARS DU ZOO On retrouve évidemment nos quatre amis de Madagascar à San Diego \u2014 lion, girafe, hippopotame et zèbre.Marty le zèbre peut bien être le personnage principal de son film; les visiteurs ne font pas la file pour le voir se dandiner dans son enclos.ZOO DE SAN DIEGO À LA RECHERCHE DE MARTY, ALEX, GLORIA ET MELMAN 3 laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M17 VOYAGES Ce sont surtout les Melman qui volent la vedette (et pas juste à cause de Mawe).Ces géantes bêtes sont gentilles, sociables et ravissantes avec leurs grands cils qui rendent jalouses toutes les marques de mascara.Elles offrent un beau spectacle, toujours debout et actives.Fait intéressant : les repas des girafes sont toujours installés très haut dans les airs, parfois même difficilement atteignables pour le groupe.L\u2019objectif est de recréer la recherche de repas, comme à l\u2019état sauvage.Ça ne doit pas être trop facile, ce serait ennuyant.Les animaux vedettes de San Diego sont baptisés de noms colorés.Même si la maman de Mawe s\u2019appelle Saba\u2026 la tendance d\u2019appeler les animaux par le nom d\u2019un personnage emblématique reste forte.C\u2019est donc Melman.S\u2019il y a bien un film qui traverse toutes les générations, c\u2019est Le Roi lion.Parions que peu de gens connaissent l\u2019espèce de Pumbaa et celle de Timon\u2026 mais les noms, impossible d\u2019oublier.D\u2019ailleurs, leurs espèces ne sont pas installées sur un piédestal à San Diego.Les suricates profitent de leurs buttes de sable le long d\u2019un chemin qui mène au grand terrain de jeu des éléphants.Des animaux à regarder au passage, donc.Sauf qu\u2019on peut facilement les observer pendant plusieurs minutes lorsqu\u2019elles se mettent à creuser.Les petites bêtes sont moins impressionnantes, mais elles valent le détour.Le meilleur ami de Simba Timon est un phacochère, mais toutes les espèces qui lui ressemblent lui sont quand même attribuées.Comme les pécaris que l\u2019on retrouve au zoo de San Diego, tous des Pumbaa.Les enfants adorent les regarder.À un jeune âge, inutile de les corriger.On leur expliquera toutes les nuances des espèces animales un peu plus tard.Les différents singes valent aussi le détour.Ils bougent beaucoup! Les babouins font notamment de belles parades de mode avec leurs fesses rouges enflées (les femelles sont prêtes pour des bébés!).Ça engendre plusieurs fous rires.Facilement dans le top 3.LES SAGES On ne visite pas le zoo sans rencontrer l\u2019aînée, l\u2019éléphant Mary.Elle souffle 58 bougies.Elle n\u2019a malheureusement plus de dents, on lui sert des œufs brouillés en guise de repas.Il est commun pour les éléphants de perdre tous leurs ensembles de dentitions, c\u2019est pourquoi ils vivent bien moins longtemps à l\u2019état naturel.Dans les derniers jours de vie, ils essaient de se débrouiller pour manger de l\u2019herbe plus molle qu\u2019ils trouvent majoritairement dans les marécages.La bénévole Julie, infirmière retraitée, m\u2019explique que les marécages sont parfois appelés le « cimetière des éléphants » parce que c\u2019est là qu\u2019ils essaient de manger leur dernier repas.Mary serait morte depuis longtemps dans la nature.À San Diego, Mary est accompagnée de Devi (45 ans), Shaba (42 ans), Inhlonipho (11 ans) et Tsandzikle (12 ans).Leurs espèces sont toutes considérées en danger selon la liste rouge de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).Ces pensionnaires du zoo attirent évidemment une grande foule, les éléphants jouent souvent dans leurs installations et offrent un beau spectacle.On peut surtout les admirer de plusieurs points de vue.MAJESTUEUX FÉLINS Parlons un peu du roi de la jungle.Bien que Simba soit rempli d\u2019énergie dans son univers, il n\u2019en est rien de ses cousins au zoo de San Diego.Ils dorment pendant près de 20 heures chaque jour, mais réussissent tout de même à attirer une des plus grosses foules, seulement parce qu\u2019ils sont si majestueux.Pour profiter pleinement de la beauté de cet animal, il faut arriver tôt, dès l\u2019ouverture du zoo.C\u2019est le matin, à leur réveil, que ces grands félins rugissent et s\u2019activent, avant de se recoucher.Bref, pour les lève-tard (moi, coupable), le détour vers les lions n\u2019est pas si excitant.Je suis restée assez longtemps pour les voir se lever\u2026 pour changer de position et se recoucher.Petit conseil : tenez-vous loin ou soyez prêts à être mouillés.Leur jet peut voyager jusqu\u2019à 10 pieds (oui, on parle bien ici d\u2019urine!).Les bénévoles qui travaillent dans le secteur espèrent égoïstement voir un visiteur ignorer l\u2019avertissement\u2026 mais ça doit rester un secret interne, oups! La gentille bénévole Julie m\u2019avoue que ce serait un peu drôle d\u2019être témoin d\u2019un tel « accident ».Après l\u2019énergie des lions, un autre mensonge tout droit sorti des dessins animés : les hippopotames ne sont pas de gentilles bêtes, soyons clairs.Impressionnantes, certes, mais pas adorables comme Gloria, par exemple.Il s\u2019agit d\u2019un animal agressif, l\u2019un des plus dangereux du monde.L\u2019espèce est menacée, les braconniers chassent les hippos principalement pour vendre la viande et l\u2019ivoire des dents.Au zoo, ces bêtes agressives n\u2019attirent pas les foules, elles se cachent la majeure partie du temps dans l\u2019eau pour se refroidir.Plate un peu.L\u2019endroit où sont gardées les « bêtes dangereuses », comme les félins ou les hippos, ne donne pas une très belle vue.L\u2019endroit est évidemment protégé par des grillages sur tous les côtés, ou une vitre.Voir les animaux au travers rend l\u2019expérience moins agréable, à mon avis.J\u2019ai eu plus de plaisir à regarder les suricates creuser de près que le tigre tourner en rond de loin, à travers une vitre.UN PETIT TOUR DANS LE NORD Le pôle Nord du zoo (tout en haut, je recommande des espadrilles, ça grimpe) accueille les trois ours polaires de San Diego.Peu importe la chaleur, leur piscine est très froide.Le trio composé de la princesse Tatqiq, son frère Kalluk et Chinook n\u2019est pas toujours à l\u2019extérieur, il doit participer à plusieurs entraînements et rencontrer souvent le médecin.Il se peut donc qu\u2019au moment de passer\u2026 l\u2019aquarium soit vide.Il faut faire deux à trois détours dans la journée pour les attraper.L\u2019ours polaire est une espèce vulnérable, son habitat disparaît simplement parce qu\u2019il fond.Ce qui veut dire moins d\u2019espace et moins de nourriture.La San Diego Zoo Wildlife Alliance a une équipe en Arctique, qui étudie les comportements de l\u2019espèce et ses besoins.Les trois amis qui nous intéressent sont devenus orphelins trop vite, mettant ainsi leur jeune vie à risque.Ils ont donc été accueillis par les équipes d\u2019Arctique, puis transportés au zoo pour s\u2019installer dans leur nouvelle maison.Leur histoire d\u2019abandon, puis d\u2019adoption, est joliment racontée.COUP DE CŒUR KOALA Le meilleur pour la fin! Les koalas sont majoritairement endormis, agrippés à leur arbre.Ils se nourrissent entièrement de feuilles d\u2019eucalyptus, et pas n\u2019importe lesquelles.Les koalas sont difficiles, ce qui rend leur survie encore plus laborieuse.Les forêts qui leur servent d\u2019épicerie se font raser, ce qui les laisse sans maison et sans souper.Fatigués, difficiles et immobiles\u2026 Mais tellement adorables.Ils ont l\u2019air d\u2019enlacer leur arbre, ce qui donne envie de s\u2019y coller.On peut les voir de très près, et admirer leur petite griffe ou leur gros nez.Le zoo a sa propre forêt d\u2019eucalyptus, spécialement pour nourrir Bur- ley, Moki, Logan, Coolaroo, Kolet et tous leurs amis.Si l\u2019un d\u2019entre eux se réveille et décide de déjeuner, c\u2019est jour de chance.J\u2019ai eu droit à un magnifique spectacle d\u2019un koala qui a décidé de changer d\u2019arbre (de lit).Pour terminer, il faut savoir qu\u2019aucun animal n\u2019est arraché à son habitat naturel pour atterrir au zoo : 99 % des bêtes sont nées au zoo ou sauvées d\u2019une mort certaine.Un objectif de reproduction serait la seule raison qui expliquerait qu\u2019un animal en santé soit amené au zoo.Pour assurer la survie de certaines espèces, il faut faire des matchs de parents parfaits.Il s\u2019agit là aussi d\u2019une mission du Zoo de San Diego : ne pas laisser disparaître une espèce unique.Info : zoo.sandiegozoo.org (en anglais) 3 Les girafes sont parmi les favorites, sociables et souriantes.Il y a six pensionnaires au Zoo de San Diego, dont deux (grands!) bébés.2 Le parc Balboa accueille cinq éléphants, dont l\u2019aînée du zoo Mary, qui souffle 58 bougies.1 Fixer un babouin hamadryas est un signe de menace qui peut se terminer en bataille.Les femelles ont les fesses rouges et gonflées lorsqu\u2019elles sont prêtes à se reproduire.\u2014 PHOTOS LE SOLEIL, JUDITH DESMEULES 1 2 SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M18 VOYAGES I l faut des poches royalement profondes pour s\u2019attarder à Londres, entre le palais de Buckingham et l\u2019abbaye de Westminster.C\u2019est un peu la faute de la livre sterling, avantagée par le taux de change, des prix élevés et de la modernité des modes de paiement, qui nous fait oublier à quel point le compte en banque se dégarnit.À Londres, le paiement sans contact avec la carte de crédit est partout : dans les restaurants, dans les dépanneurs et dans les transports en commun.Il remplace même peu à peu la célèbre carte Oyster, cette carte de métro rechargeable.À la place, on présente la carte de crédit au tourniquet du métro, à l\u2019entrée et à la sortie, et les titres de transport s\u2019accumulent jusqu\u2019à atteindre le maximum fixé pour une même journée.Idem dans l\u2019autobus.Pas besoin de chercher le petit change.Dans les églises où les visites sont gratuites, on suggère un don pour contribuer à l\u2019entretien du bâtiment.La borne de paiement est réglée à 5 livres sterling.On tape.Elle débite.Même les artistes du métro troquent les chapeaux et étuis à guitare, récipients à pourboire, pour des terminaux de paiement électronique.On n\u2019arrête pas le progrès.Pour les attractions principales, dont le célèbre London Eye, cette grande roue située sur la rive sud de la Tamise et devenue l\u2019attraction payante la plus populaire de Londres, on exige souvent de réserver un billet en ligne.Si les places sont limitées, on ne chipote pas particulièrement avec l\u2019heure d\u2019entrée attitrée.On ne réprimandera pas ceux qui sont un peu en avance ou ceux qui montrent un peu de retard.Mais pour s\u2019assurer de monter à bord, mieux vaut s\u2019y prendre d\u2019avance, sans quoi les places se font rares et les prix risquent de monter.Elle est jolie et impressionnante, la roue de 135 mètres de haut, en plus d\u2019être installée le long d\u2019une charmante promenade où il est possible de manger et de boire.Mais à 51 livres (78 $) pour un billet de dernière minute, en juin, c\u2019était cher payé pour un tour de grande roue.Vrai que la vue est imprenable sur les principaux bâtiments historiques de la ville, mais ceux-ci sont tout aussi impressionnants vus d\u2019en bas.Par ailleurs, le Shard, un jeune gratte- ciel à la forme pyramidale, offre maintenant un belvédère encore plus élevé que la grande roue.Le prix des billets l\u2019est presque autant, variant de 32 à 42 livres sterling.Chose certaine, inutile de s\u2019offrir les deux.Tout près, l\u2019abbaye de Westminster s\u2019est aussi mise au goût du jour avec ses billets vendus en ligne pour 25 livres.Là, la file d\u2019attente avance à un bon rythme, même si elle ne s\u2019épuise pas.La tournée, avec l\u2019audioguide, permet de s\u2019étourdir avec l\u2019histoire de tous ces rois et toutes ces reines qui y sont portés à leur dernier repos.On y trouve aussi des plaques au nom de Stephen Hawking, d\u2019Isaac Newton et du soldat inconnu.C\u2019est là, aussi, qu\u2019ont été célébrées récemment les funérailles de la reine Élisabeth II.Pour la valeur historique de l\u2019endroit, le rapport qualité- prix y est largement meilleur que pour la grande roue.LA TOUR DE LONDRES Toujours le long de la Tamise, le coup d\u2019œil sur le Tower Bridge est gratuit, à moins qu\u2019on cherche à accéder au musée qu\u2019il abrite, mais la Tour de Londres, qui fut notamment une ancienne prison et un palais royal et dans laquelle sont exposés les joyaux de la Couronne, nécessite une nouvelle contribution d\u2019une trentaine de livres.Fou comme on peut se vider les poches rapidement quand on s\u2019intéresse à l\u2019histoire.Là aussi la visite paraît plus rentable qu\u2019un tour de manège, puisque le site s\u2019étend sur près de cinq hectares et qu\u2019il compte près de 1000 ans d\u2019histoire.Ses remparts présentent des expositions sur la torture et la vie des prisonniers, mais elles sont d\u2019un moins grand intérêt que l\u2019incursion dans la White Tower, qui servait de donjon.On y expose notamment des armures, des canons et des épées.Les joyaux de la Couronne sont aussi particulièrement intéressants.On y trouve des images du couronnement de la reine Élisabeth II, de même que des sceptres et couronnes devant Londres, chère et moderne JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 2 1 3 laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M19 VOYAGES lesquels on défile sur un tapis roulant.Pour économiser, si le temps permet d\u2019enfiler les attractions, il est judicieux de s\u2019intéresser à la London Pass, valide pour une à dix journées.Elle donne accès à plus de 80 sites dont la Tour de Londres, l\u2019abbaye de Westminster, le château de Windsor, le palais de Kensington, le Tower Bridge, en plus de l\u2019Observatoire royal de Greenwich, le Théâtre du Globe de Shakespeare, plusieurs musées, des tours de bateau et des visites guidées.Plus le nombre de journées est grand, plus le coût quotidien est réduit.Pour les courts séjours, il est préférable de calculer son temps et de planifier ses visites pour vérifier si l\u2019achat en vaut la chandelle.Il faut donc user d\u2019imagination pour économiser à Londres, surtout que l\u2019hébergement abordable se fait rare si on n\u2019a pas réservé longtemps d\u2019avance.Les chambres exiguës qui se louent à un peu plus de 100 livres, au cœur de la ville, quatre ou cinq mois avant le voyage, triplent facilement de prix à quelques semaines d\u2019avis.Même les auberges de jeunesse chargent le prix d\u2019une chambre privée pour un lit en dortoir dans une chambre tout aussi exiguë et sans ventilation, où personne n\u2019arrivera à fermer l\u2019œil de la nuit.Mais force est d\u2019admettre qu\u2019elle a ce je-ne-sais-quoi, cette ville, qui la rend impossible à détester.On y trouve de tout, de l\u2019histoire à la culture, des traditions vieillottes à la modernité, et on l\u2019aime un peu plus chaque jour.Encore plus quand elle ne se drape pas de gris sous les nuages souvent omniprésents.2 Voir Londres d\u2019en-haut est une agréable expérience qui ne vaut toutefois pas le prix pour grimper dans le London Eye.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 1 La White Tower de la Tour de Londres abrite une collecte de canons et d\u2019armures.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 3 Le London Eye, cette gigantesque roue, est l\u2019attraction payante la plus populaire de Londres.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 4 La vue sur Londres, à partir du London Eye, permet de voir plusieurs des monuments célèbres de la ville.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 4 SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M20 GUILLAUME ROY Le Quotidien Initiative de journalisme local SAGUENAY \u2014 À vos pics et râteaux, amateurs de vélo, car l\u2019automne, c\u2019est le temps des corvées dans les sentiers.Si vous roulez souvent en vélo de montagne, vous avez sûrement vu l\u2019importance du travail bénévole pour l\u2019entretien des sentiers\u2026 et idéalement, vous avez aussi mis la main à la piste.Même si des milliers de dollars sont investis pour aménager des sentiers, il faut énormément de sueur de bénévole pour les entretenir, car quand on parle de financement, il n\u2019y en a pratiquement pas pour l\u2019entretien des sentiers.Ave c l e te mp s, l e s c e nt re s deviennent de plus en plus vastes et il faut énormément d\u2019énergie pour les entretenir.Et il suffit d\u2019un événement climatique extrême, comme la mini-tornade qui a eu lieu au Tobo-Ski cette année, pour monopoliser les ressources humaines.Depuis que j\u2019ai commencé à rouler avec plus d\u2019assiduité, il y a trois ans, je m\u2019implique dans les corvées des centres de proximité dès que j\u2019en ai l\u2019occasion.Étant résidant de Saint-Félicien, j\u2019ai commencé par m\u2019impliquer au Tobo-Ski.Avec plus de 60 kilomètres de sentiers, les bénévoles sont nécessaires à la survie et à l\u2019entretien du centre.Des bénévoles comme Martin Demers, qui a construit les premiers sentiers il y a plus de 30 ans et qui encore aujourd\u2019hui pilote des projets de corvées.« Ce sont les bénévoles qui font la différence pour avoir des sentiers bien entretenus, dit-il.C\u2019est encore plus vrai cette année avec la pénurie de main-d\u2019œuvre et la mini-tor- nade qui a déraciné des centaines d\u2019arbres.» Le Tobo-Ski travaille à mettre sur pied un programme de parrainage de sentiers que des bénévoles s\u2019engagent à entretenir.Des pancartes de remerciements à leur effigie seront d\u2019ailleurs installées pour les remercier.À Saint-Félicien, un nouveau collectif, dénommé Les Fabricants, a vu le jour il y a quelques années avec l\u2019objectif d\u2019attirer une nouvelle génération de cyclistes et pour aménager des pistes à leur image, avec plus de sauts et de figures.Je n\u2019ai pas pu participer aux plus récentes corvées, mais ils ont encore fait un super travail pour améliorer le Ricochet et la Creek- Crack.Chapeau ! Le printemps dernier, j\u2019ai aussi mis la main à la pâte au mont Lac-Vert, où l\u2019on retrouve de super belles pistes enduro.Bien qu\u2019il y ait beaucoup de corvées à l\u2019automne, des travaux sont aussi nécessaires au printemps, particulièrement cette année, alors que les pluies abondantes avaient détruit certaines pistes.En participant à ces corvées, j\u2019ai rencontré plein de passionnés et je me suis fait de nouveaux amis pour aller rouler.Ça permet de faire partie d\u2019une communauté et d\u2019être impliqué pleinement dans l\u2019amélioration des sentiers.C\u2019est aussi un plaisir fou de tracer sa voie, de rouler dans une piste sur laquelle on a travaillé, de filer à toute vitesse dans un « berm » (virage abrupt) que l\u2019on a modelé ou de s\u2019élancer sur un saut que l\u2019on vient de construire.Ça procure un énorme sentiment de fierté de faire partie de la solution pour avoir plus de plaisir.Les petits et les grands centres dépendent des bénévoles pour offrir une belle expérience et pour tenir des événements.Peu importe le centre, c\u2019est bien difficile d\u2019offrir des conditions parfaites en tout temps, mais si tu ne t\u2019impliques pas, il ne faut pas chialer sur les conditions des sentiers.Ne demandez pas ce que votre centre peut faire pour vous, mais demandez- vous plutôt ce que vous pouvez faire pour votre centre.Dans ce texte, je mets l\u2019accent sur le vélo de montagne, mais tous les sports dépendent de bénévoles engagés.Que ce soit pour former les recrues en eau vive, pour mettre de nouveaux ancrages et nettoyer les parois d\u2019escalade ou encore pour aller bûcher et débroussailler des montagnes pour le ski hors-piste, les bénévoles sont indispensables à la bonne santé d\u2019un site de pratique.Si vous n\u2019avez pas encore participé à une corvée, c\u2019est le temps de vous y mettre.Il suffit de donner quelques heures pour faire une différence.NOS JOURNALISTES SOUS UN AUTRE ANGLE Des bénévoles à l\u2019œuvre au Tobo-Ski.\u2014 PHOTO ARCHIVES LE PROGRÈS, GUILLAUME ROY À VOS PICS ET RÂTEAUX?! Les travaux printanniers au mont Lac-Vert.\u2014 PHOTO ARCHIVES LE PROGRÈS, GUILLAUME ROY laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M21 J e vous l\u2019ai déjà dit : parfois il faut savoir quitter la route longeant le fleuve pour s\u2019enfoncer dans les terres.Sinon, on risque de manquer quelque chose.Si vous prévoyez aller dans Chaudière-Appalaches, vous avez deux bonnes raisons de plonger au cœur de cette région.Saint- Damien-de-Buckland et le parc régional Massif du Sud dont je vous ai parlé il y a quelques mois , et le parc régional des Appa- laches situé à proximité.Ce territoire est immense et il compte plusieurs portes d\u2019entrée donnant accès à plus de 140 km de sentiers.On peut facilement cumuler plusieurs sommets en séjournant quelques jours dans ces deux magnifiques endroits.À notre passage, le printemps dernier, nous en avons profité pour découvrir le mont Sugar Loaf, un sommet de 650 mètres à Sainte-Lucie-de-Beauregard.Alors que mai est généralement propice à la marche en sentiers, le mercure affichait 28 degrés.En contrepartie, le temps était parfaitement clair.Nous avons eu chaud, mais quel point de vue! On dit que dans ces conditions, on peut voir jusqu\u2019à sept clochers d\u2019église au loin.C\u2019est l\u2019un des très beaux sommets que j\u2019ai pu dénombrer dans mes randonnées au Québec.Nous faisons l\u2019aller-retour d\u2019environ 6 km, mais on peut aussi opter pour le grand classique, la boucle de 13 km.Tant qu\u2019à être dans le coin, je lorgne du côté de la montagne Grande Coulée, le plus haut sommet juste à côté.Il faudra toutefois revenir, ma vieille amie et moi, pour atteindre ses 853 mètres : les conditions printanières ne permettent pas d\u2019y accéder cette fois-ci.Comme une partie du territoire est en terres publiques, il faut s\u2019informer en période de chasse; seuls quelques sentiers sont fermés pour une courte période.Si le mont Sugar Loaf vaut à lui seul le déplacement, le parc a plusieurs activités à offrir.Lors de notre deuxième journée, c\u2019est en kayak que nous commencerons la journée, avec une balade tranquille sur la rivière Noire Nord- Ouest, au moment où la faune et la flore se réveillent.Nous quittons l\u2019accueil et pagayons jusqu\u2019au lac Frontière, sur une zone en eau calme d\u2019environ 7 km (à l\u2019aller).Sans difficulté, cette promenade se prête bien à toute la famille.À noter que la location d\u2019embarcation est prévue jusqu\u2019au lundi de l\u2019Action de grâce.Les trottoirs de bois aux abords du lac Talon se révèlent également une belle possibilité avec des enfants, si on cherche une petite promenade contemplative.D\u2019ailleurs, comme le parc compte plusieurs cours d\u2019eau sur son territoire, on retrouve une trentaine de passerelles pour les enjamber, de quoi ajouter au charme de l\u2019endroit.Je vous parle de rando et de kayak, deux fabuleux moyens de découvrir et de voyager, mais on retrouve un circuit de plus de six kilomètres de vélo de montagne.En hiver, on offre plus de 70 km de sentiers de raquette, des pistes pour s\u2019initier au vélo d\u2019hiver et un réseau de sentiers pour le ski de fond : je n\u2019ai pas de mal à m\u2019imaginer ce portrait tout enneigé.Ça me donnera une autre bonne raison d\u2019y retourner.La chroniqueuse était l\u2019invitée de Tourisme Chaudière-Appalaches.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram à isabelle.pion PARC RÉGIONAL DES APPALACHES Quitter le fleuve.pour les hauts sommets ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Le mont Sugar Loaf offre une vue incroyable sur le secteur.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION Promenade contemplative aux abords du lac Talon.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION 25 BOUGIES Fondé en 1997 et né d\u2019un partenariat entre huit municipalités, le parc régional des Appalaches fête cette année ses 25 ans.Plusieurs activités spéciales sont organisées pour souligner cet anniversaire.Parmi elles, on propose aux visiteurs le Défi des 6 randonnées, permettant de découvrir des circuits signatures et d\u2019autres sentiers un peu moins connus.Ils devront dénicher le logo des 25 ans du Parc, le photographier puis acheminer leurs images par courriel à parcappalaches.25ans@gmail.com.Un tirage aura lieu à la mi-décembre.POUR DORMIR\u2026 À la recherche d\u2019un endroit où séjourner près du parc?Les Micro-Chalets des Appa- laches proposent huit hébergements à mi-chemin entre le chalet et le refuge de luxe \u2013 les blocs sanitaires sont situés tout près de chacun d\u2019entre eux dans un domaine en pleine nature à Sainte-Lucie-de-Beau- regard.Les lieux sont confortables et proposaient, à notre passage, la sainte paix.Ils sont ouverts en toute saison.Le parc offre également un éventail d\u2019endroits où séjourner.ISABELLE PION SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS C réés en 1988, les Brasseurs du Nord, mieux connus sous le nom de Boréale, ont réussi à traverser les années bières en se renouvelant et en conservant leur image de chef de file dans un marché de plus en plus complexe.Leur dernier projet?Une brasserie artisanale en plein cœur de Montréal.L\u2019usine de Blainville produit des dizaines de milliers d\u2019hectolitres de bière chaque année.La gamme classique et la fameuse Rousse représentent encore une grande part du volume brassé, mais l\u2019arrivée des IPA et de la légendaire IPA du Nord est à modifier le portefeuille de produits de la brasserie.La création d\u2019une microbrasse- rie artisanale permet dorénavant de proposer des produits brassés en plus petite quantité et de varier les recettes au gré des saisons et des envies de la clientèle, mais surtout de l\u2019équipe de brassage.Sur place, j\u2019ai pu déguster trois bières fraîchement brassées.\u203a Une Kellerbier, aux notes maltées superbement équilibrées, sur une amertume sèche, mais pas astringente.J\u2019avais l\u2019impression de boire une pils belge, avec sa légère note sucrée.Le genre de bière de soif que tu commandes toute la soirée\u2026 \u203a Une Brown Ale qui profite d\u2019une belle dose de malt Marris Otter et de Brown Malt.À la dégustation, j\u2019y ai décelé une longue garde permettant à la bière de profiter de toute la finesse du malt, ce qui fait du style Brown Ale un de mes styles préférés.\u203a Une West Coast IPA brassée avec plusieurs houblons différents, laissant des notes aromatiques assez fruitées, mais une amertume sèche et un sucre résiduel presque absent\u2026 Très fidèle à ce que l\u2019on s\u2019attend d\u2019une bière de ce style.On nous promet une offre de bières variée chaque semaine.Voilà un défi fort intéressant qui place, encore une fois, Montréal comme « place à bière ».Avec l\u2019arrivée du Relais Boréale dans le même quartier qu\u2019Harri- cana, l\u2019amateur peut passer une excellente soirée.Mention spéciale pour l\u2019achat de la petite canneuse qui permet de partir avec quelques bières brassées uniquement sur place.Relais Boréale 159 Jean-Talon Ouest, Montréal Un Relais Boréale à Montréal Les nouvelles installations de la rue Jean-Talon Ouest.\u2014 PHOTO PHILIPPE WOUTERS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale C\u2019 est l\u2019automne! Le temps des pommes, de la citrouille et des tomates! Nous nous concentrerons sur le dernier ingrédient, si cela vous sied.En effet, je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je mange beaucoup, beaucoup de sandwich aux tomates ces temps-ci.Les surplus sont au rendez-vous, et je sais que vous vous apprêtez à faire de la sauce en pot pour cet hiver.Et pourquoi ne pas d\u2019abord en retirer le jus et l\u2019eau avant de transformer vos tomates?Je sais, je sais.Cela implique que je vous fournisse une recette, et j\u2019en ai justement une simple comme holà, qui permet d\u2019agrémenter l\u2019apéro et de convaincre même les plus grands amateurs de bière.Le Michelada est traditionnellement une bière mexicaine que l\u2019on rehausse de jus de lime, de sel, de sauce piquante et de sauce Worcestershire.C\u2019est un merveilleux apéro, qui se mélange bien aux plats débordant d\u2019agrumes, de maïs, de poisson et de fraîcheur.Voici donc une version inspirée du Bloody, simple à faire et qui saura étancher la soif de vos convives lors de votre prochain petit party! Salud! Michelada de Party INGRÉDIENTS \u2022 1 tasse de tequila blanche 100 % agave \u2022 5 oz de mix à bloody Monsieur Cocktail (ou 2 oz de sauce Worcestershire) \u2022 2 tasses de jus de tomates \u2022 2 L de bière blonde \u2022 Sauce piquante (au goût) \u2022 Rondelles de zucchinis (pour décorer) PRÉPARATION 1 Ajouter tous les ingrédients dans un distributeur à bonheur (idéalement un pot à limonade).2 Remplir de glace et mélanger délicatement avec une cuillère en bois.3 Décorer de zucchinis tranchés.TOMATES, BIÈRE ET PARTY! PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca P H O T O M A Ë L L A L E P A G E laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M23 VINS P our le long week-end, je vous ai préparé tout un programme : du vin, du gin et une douceur effervescente pour votre brunch du dimanche.À votre santé! E.GUIGAL CROZES- HERMITAGE 2019 29,80 $ \u2022 739243 \u2022 14,5 % \u2022 2,5 G/L Un grand classique qui devrait faire partie de la table de toutes les célébrations.L\u2019année 2019 fut un millésime solaire, les vieilles vignes du Domaine Guigal ont produit une syrah savoureuse, très florale au nez et en bouche, en plus des notes de cerise, de cassis, d\u2019épices et de poivre blanc.Élevé en fûts de chêne pendant environ 24 mois, c\u2019est un vin puissant, d\u2019une fraîcheur remarquable, doté de tannins très présents et fort élégants.Un excellent choix pour les viandes rouges, spécialement le gibier.CHÂTEAU EUGÉNIE CAHORS 2019 16,40 $ \u2022 721282 \u2022 12 % \u2022 1,9 G/L Un cahors qui allie puissance et douceur, selon le savoir-faire de l\u2019arrière-arrière-grand-mère Eugénie, qui se bonifie de génération en génération.En avant-plan, des notes de réglisse et de prune et une justesse exemplaire du fruit dans un équilibre des plus satisfaisants.Évidemment, c\u2019est un vin polyvalent qui plaira à tous et un vrai cadeau à ce prix! On peut aussi le garder au cellier, jusqu\u2019à 7 ans, selon le millésime.BERA CANELLI MOSCATO D\u2019ASTI 2021 24,75 $ \u2022 13913440 \u2022 5,5 % \u2022 130 G/L \u2022 NATURE Une douceur à s\u2019offrir pour le brunch du dimanche ou simplement pour une pause d\u2019après-midi, avec une petite tarte aux abricots ou votre dessert préféré, tout juste sorti de la pâtisserie.Allez, on se gâte avec cette friandise vinicole qui ne peut mieux représenter le savoir-faire du Piémont en termes de Moscato d\u2019Asti.Si vous n\u2019êtes pas familier avec le moscato, pensez fleur d\u2019oranger, abricot, une douce effervescence, léger en alcool et haut en saveurs.WEINGUT JURTSCHITSCH GRÜVE 2021 25,30 $ \u2022 13679884 \u2022 13 % \u2022 2,1 G/L Nouveau millésime, nouvel habillage, mais tout autant de groove dans la bouteille.Un vin mordant et énergisant, aux notes de groseille et de lime.GrüVe est un petit mot doux pour désigner le grüner veltliner, cépage roi de l\u2019Autriche qui rayonne une fois de plus à travers cette cuvée festive et désaltérante.BÙ VIOGNIER 16 $ \u2022 14997665 \u2022 13 % \u2022 2,7 G/L \u2022 BIO Un nouveau venu de la gamme Bù.Un vin simple, très accessible et disponible au supermarché! C\u2019est parfait quand on est à la dernière minute pour faire les courses ou quand il est trop tard pour la SAQ.Bien que ce ne soit pas un viognier classique, on y trouve une bonne rondeur en bouche sur des arômes de fruits exotiques.Un choix qui dépanne pour l\u2019apéro et même pour marier la traditionnelle dinde aux canneberges de l\u2019Action de grâce.BEEMER 47,50$ \u2022 14703778 \u2022 40 % Un gin de style London Dry, classique et discret qui offre un bel équilibre entre les agrumes et les épices.Un autre excellent gin du Québec, élaboré au Lac Saint-Jean par Alain Gagnon et son acolyte Philippe Harvey, distillateur en chef, qui a perfectionné son art en Bourgogne, dans le Jura en Suisse avant d\u2019ouvrir les portes du volet distillerie de Beemer en 2020.Il faut absolument essayer aussi leur liqueur de cerises boréales et leur Kirsch fait à partir de fruits du terroir.L\u2019entreprise est nommée en hommage à l\u2019homme d\u2019affaires visionnaire Horace Jensen Beemer.Il fut un des premiers à développer la région du Lac-Saint- Jean dans les années 1850, en s\u2019assurant que le réseau ferroviaire se rende jusqu\u2019à Roberval où il érigea en 1888 le Grand Hôtel Roberval, communément appelé l\u2019hôtel Beemer.Ce palace entièrement construit en bois fut détruit par les flammes en 1908.Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com Six suggestions pour l\u2019Action de grâce NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Bon long week-end à tous.À votre santé! \u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, NATALIE RICHARD LA GRANDE DÉGUSTATION DE MONTRÉAL La Grande Dégustation de Montréal est de retour au Grand Quai du Port de Montréal, du 20 au 22 octobre prochain.C\u2019est l\u2019occasion pour les amateurs de vins de faire le tour de 280 exposants de 25 pays et de rencontrer les producteurs, vignerons et distillateurs, en plus déguster et commander leurs produits sur place.Pour plus d\u2019info, consultez lagrandedegustation.com SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M24 RECETTE Le brocoli et les anchois vont si bien ensemble.Voilà un excellent plat d\u2019accompagnement pour le rôti du dimanche.Il est également délicieux mélangé à des nouilles de sarrasin, à des pâtes ou à du quinoa.Je le fais souvent pour les pique-niques.Vous pouvez le servir chaud ou froid.BROCOLI ET HARICOTS BLANCS AUX NOIX DE PIN \u203a 4 portions en accompagnement INGRÉDIENTS \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de beurre ou de beurre clarifié (ghee) \u2022 3 gousses d\u2019ail, hachées finement \u2022 4 filets d\u2019anchois en conserve \u2022 1 gros brocoli d\u2019environ 500 g (1 lb), coupé en petits bouquets \u2022 1 boîte de 398 ml de haricots blancs, égouttés et rincés \u2022 15 ml (1 c.à soupe) de jus de citron \u2022 5 ml (1c.à thé) de zeste de citron \u2022 Sel de mer et poivre noir Pour servir \u2022 45 ml (3 c.à soupe) de noix de pin \u2022 Huile d\u2019olive extravierge \u2022 Copeaux de parmesan ou de pecorino (facultatif) PRÉPARATION 1 Dans un grand poêlon profond, griller les noix de pin à sec un peu moins de 1 minute à feu moyen, en remuant de temps à autre et en les surveillant de près pour éviter qu\u2019elles brûlent.Réserver.2 Dans le poêlon, faire fondre le beurre à feu doux.Ajouter l\u2019ail et les anchois et cuire 1 minute, en défaisant les anchois à l\u2019aide d\u2019une cuillère de bois.3 Ajouter le brocoli et mélanger pour bien l\u2019enrober.Augmenter à feu moyen.Ajouter un peu d\u2019eau, couvrir et cuire à la vapeur 5 minutes.4 Ajouter les haricots blancs.Poursuivre la cuisson de 1 à 2 minutes, jusqu\u2019à ce que le brocoli soit tendre, sans plus, et que les haricots blancs soient bien chauds.Retirer du feu.5 Ajouter le jus et le zeste de citron.Saler et poivrer.Arroser d\u2019huile d\u2019olive et parsemer des noix de pin réservées et de copeaux de parmesan, si désiré.TRUC ANTI- GASPILLAGE Vous pouvez remplacer le brocoli par n\u2019importe quel autre légume de la famille des crucifères, comme le chou- fleur, le kale, le chou vert ou les choux de Bruxelles.Et si vous avez d\u2019autres légumineuses cuites sous la main, n\u2019hésitez pas à les utiliser à la place des haricots blancs. laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M25 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine L e week-end de l\u2019Action de grâce est synonyme de gourmandise tant il s\u2019articule autour de la cuisine.C\u2019est la fin de semaine d\u2019automne où on profite encore peut-être un peu de la fin des récoltes pour faire des réserves au congélo ou en pots.C\u2019est aussi celle où on a le loisir de réunir la famille autour de la table le temps d\u2019un brunch ou d\u2019un souper qui s\u2019étire parce que le lundi est dégarni d\u2019obligations.Chez nous, le festin est végétarien.Toujours.Mais on varie le menu selon les envies, et les heures qu\u2019on a devant pour tout apprêter.On se lance donc parfois dans une grande bouffe indienne avec quantité de plats aux épices chaleureuses qui collent bien avec le frisquet des journées automnales.D\u2019autres fois, on préfère se retrouver autour d\u2019un parfumé couscous marocain et d\u2019un tajine de légumes racines.Il arrive aussi qu\u2019on se moule davantage à la tradition, mais en élidant la dinde du menu.On mise alors sur les ingrédients-clés de la saison, ceux qu\u2019il est coutume de retrouver sur la table d\u2019octobre et qui savent briller autre- m e n t q u \u2019e n é t a n t c o n j u - gués à la volaille.Regard sur trois d\u2019entre eux et sur différentes manières de les apprêter.LES CANNEBERGES Parce que c\u2019est la période de l\u2019année où on trouve les canneberges en quantité sur les étals des supermarchés, c\u2019est aussi un bon moment pour faire quelques réserves en les congelant, en sacs, après les avoir rincées.Le petit fruit acidulé cultivé au Québec fait merveille en sauce et dans un gâteau à l\u2019orange, ça, on le sait, déjà.On peut quand même profiter de son abondance, en ce moment, pour l\u2019intégrer à diverses recettes.J\u2019aime particulièrement l\u2019apprêter en chutney, avec des pommes et des oignons caramélisés cuits dans un mélange de vinaigre de cidre et de cassonade.Il fait alors merveille à l\u2019apéro, avec un plateau de fromages, par exemple.Au dessert, les options pour faire briller la rouge canneberge ne manquent pas.On la marie souvent aux pommes, mais elles s\u2019accordent bien avec d\u2019autres fruits.En tarte, par exemple, avec des poires en quartier, un soupçon de zeste d\u2019orange, une pointe de cannelle, de la cassonade ou du sirop d\u2019érable, les canneberges sont succulentes.Fraîches, elles donnent du punch aux muffins à la poudre d\u2019amande, aux pacanes et au chocolat blanc.Séchées, elles ajoutent de la saveur aux salades composées, au quinoa, au couscous.Elles sont aussi délicieuses dans des galettes à l\u2019avoine et aux pépites de chocolat noir et aux noix.Le truc que j\u2019aime bien, c\u2019est alors de couper les petits fruits secs en mini morceaux a v a n t d e l e s incorporer à la pâte à biscuits.La petite pointe acidulée qu\u2019ils apportent est ainsi beaucoup mieux répartie dans chaque bouchée.Et ici, ça passe mieux la rampe auprès des enfants.LES LÉGUMES RACINES Cuits à la plaque, les légumes racines sont particulièrement savoureux puisqu\u2019ils caramélisent et gagnent en saveur.Au surplus, c\u2019est une méthode de cuisson simplissime qui nécessite peu d\u2019attention.On enrobe les légumes coupés d\u2019huile d\u2019olive, on les assaisonne de sel, de poivre du moulin et d\u2019herbes variées, on les répartit sur la plaque, on glisse au four et on les oublie le temps qu\u2019il faut.P a t a t e s g r e l o t s , p a t a t e s d o u c e s, oignons en quart i e r , p a n a i s , carottes, rutabagas s\u2019amalgament bien e n s e m b l e .On peut ajout e r q u e l q u e s gousses d\u2019ail en chemise, des quartiers de poivrons rouges, au goût.Le truc, c\u2019est de les tailler en quartiers de formats semblables.Pour rendre la plaque encore plus gourmande, j\u2019ajoute parfois quelques grosses tranches de fromage feta sur le dessus des légumes, à mi-cuisson.Autre classique : la purée, que je fais rarement avec « juste » des pommes de terre.C\u2019est un accompagnement que j\u2019aime bien jaz- zer en y ajoutant patates douces, carottes, rutabagas.Pour la rapidité et le goût concentré, je préfère cuire les légumes à l\u2019autocuiseur, comme l\u2019a toujours fait ma mère.Ça donne des légumes plus goûteux parce que moins gorgés d\u2019eau.Comme elle, je glisse aussi souvent une pomme pelée dans le chaudron de cuisson sous pression.Ça ajoute une toute petite pointe sucrée et acidulée.Après ça, l\u2019assaisonnement qu\u2019on préfère, le beurre laitier ou végétal, c\u2019est une affaire de goût.Et qu\u2019on ajoute du bouil lon, d e l a c r è m e ou de la boisson végétale, l\u2019important, c\u2019est que le liquide soit chaud au moment de mélanger le tout.LES CHOUX DE BRUXELLES Les choux de Bruxelles sont rarement les grands favoris des papilles.En tout cas, ce ne sont pas eux qui remportent la palme des sondages qui pointent le légume préféré de la majorité.L\u2019ennui, c\u2019est peut-être le mode de cuisson qui affadit le petit chou au lieu de le magnifier.Lorsqu\u2019on le noie dans l\u2019eau ou qu\u2019on le laisse trop longtemps se détendre dans un bain de vapeur, le vert joyau ne paie pas de mine et devient vite raplapla.Lorsqu\u2019on le grille, à la poêle ou au four, c\u2019est une autre histoire.Il craque sous la dent et il est bien meilleur au goût.Encore là, la plaque est une bonne alliée.On taille les choux en deux, on les étend sur la plaque recouverte de papier parchemin.De l\u2019huile d\u2019olive, du sel, du poivre, et hop!, un petit tour dans le ventre du four préchauffé à 400 degrés.On les cuit entre 20 et 30 minutes, en les retournant une fois à mi-cuisson.Pour varier et leur donner un petit kick sucré, on peut les napper d\u2019une marinade faite de vinaigre balsamique, de sirop d\u2019érable, de fleur d\u2019ail, de sel, de poivre.On peut aussi leur donner une touche asiatique en les enrobant d\u2019un mélange de sirop d\u2019érable, de sauce tamari et d\u2019un soupçon d\u2019huile de sésame ajoutée à l\u2019huile d\u2019olive.Enfin, on peut aussi les manger crus, en les effeuillant dans une sauce crémeuse, par exemple, ou dans une salade.Questions commentaires, suggestions?Écrivez-moi?: karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram?: karine.encuisine Le nouveau tome des Carnets de saison de Josée di Stasio.La reine du bon (et du beau!) manger revient avec la même formule que celle déjà éprouvée avec son premier chapitre printemps-été, lancé il y a quelques mois.Elle nous plonge cette fois dans les bonheurs gourmands de la saison froide.En 10 chapitres inspirés, son bouquin automne-hiver invite à se déposer dans le cocon de la maison et à savourer tout ce que les prochains mois ont à offrir.Boissons chaudes à déguster par soirs frisquets, pains, pâtes et plats au four, soupes et douceurs se voisinent au fil de l\u2019appétissant recueil de 256 pages, publié chez K.O.FEUILLETÉ AIMÉ TRIO DE SAISON P H O T O S 1 2 3 R F SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M26 NOS JOURNALISTES SOUS UN AUTRE ANGLE J e ne peux pas vous dire combien de temps j\u2019ai passé à chercher un autoclave, le premier été pandémique.C\u2019était devenu une véritable chasse au trésor.Celui que j\u2019ai finalement déniché aura duré un an.jusqu\u2019à ce que je le ruine complètement avec une recette de maïs en conserve qui a mal tourné.Mon copain a eu pitié de moi et m\u2019en a racheté un le Noël suivant.Cette fois de meilleure qualité, et avec un manomètre en plus des pesées, ce qui m\u2019éviterait de le surchauffer à l\u2019en faire déformer, comme la dernière fois.Même si les tablettes des magasins sont à nouveau garnies et que j\u2019ai réapprivoisé la bête, je crois que cette tranche de vie est assez emblématique de l\u2019épopée qu\u2019on peut traverser quand on décide de se mettre à la mise en conserve.On couvre de blasphèmes des pots qui débordent, qui se brisent, qui ne scellent pas.Ou on se fie à une recette en ligne pour s\u2019apercevoir que tout est à jeter parce qu\u2019elle n\u2019est pas fiable et qu\u2019elle contient des épaississants ou des produits laitiers (qui sont à proscrire).Mais on apprend de nos erreurs et, si on ne baisse pas les bras, on se targuera d\u2019avoir maîtrisé cette formidable science en admirant nos pots comme des œuvres d\u2019art.N\u2019abandonnez pas ! PASSER À L\u2019ÉTAPE SUPÉRIEURE Dans ma dernière chronique, j\u2019ai parlé des bases de la mise en conserve à l\u2019eau bouillante, qui est la porte d\u2019entrée idéale dans le monde des conserves.Cette semaine, on s\u2019attaque à l\u2019autoclave.Cette méthode est obligatoire pour la réalisation de conserves non acides (pH au-delà de 4,6) comme la viande, différentes sauces, les soupes, les légumes nature, etc.Elle ne peut donc PAS être remplacée par la méthode du four, qui ne rend pas vos conserves sécuritaires.C\u2019est un outil qui nécessite un certain investissement (entre 130 $ et 1000 $ selon le modèle) et qui implique plusieurs apprentissages, mais qui est rapidement devenu un indispensable pour moi.Surtout depuis que j\u2019ai essayé la recette de dinde dans son bouillon de Miss Conserves, à qui je lève mon chapeau ! Imaginez pouvoir prendre une dinde complètement congelée, la cuire rapidement et mettre la viande et le bouillon en conserves avec le même instrument.Du génie ! Il existe différents modèles et tailles d\u2019autoclave sur le marché.Comme la stérilisation est assez longue avec un autoclave, on recommandera souvent d\u2019en acheter un qui peut contenir un maximum de pots à la fois pour éviter d\u2019avoir à faire trop de cycles.Mais je vois aussi beaucoup de gens s\u2019en procurer un sans réellement savoir s\u2019ils apprécieront le processus.Alors, n\u2019hésitez pas à emprunter ou à vous inscrire à un atelier d\u2019initiation avant de débourser.Surtout, fouillez les petites annonces : vous pourriez en trouver un à peine utilisé et à bas prix.Dans tous les cas, le modèle choisi devra au moins venir avec des pesées permettant de régler la pression à 10 ou 15 lb, selon l\u2019altitude où vous vous situez (utilisez 15 lb pour 1000 pieds et plus d\u2019altitude).Attention : un simple autocuiseur de style « presto », sans régulateurs de pression, ne peut pas être utilisé pour la mise en conserve.En ce qui concerne les modèles électriques d\u2019autocuiseur, il n\u2019existe qu\u2019un modèle à ma connaissance qui permette de réaliser des conserves de manière sécuritaire, soit le Power pressure cooker XL.LES DÉBORDEMENTS Si vous êtes arrivés à l\u2019étape de vous lancer, je vous conseille de lire le manuel d\u2019instruction de l\u2019autoclave en entier et de commencer avec une petite production.Vous pouvez aussi faire le test de l\u2019eau colorée, qui consiste à mettre en conserve des pots d\u2019eau colorée avec différents colorants, afin de vérifier s\u2019il y a des débordements.Conseil important à noter, au sujet des débordements : les pots à l\u2019autoclave doivent être vissés plus serrés que lorsqu\u2019on met en conserve à l\u2019eau bouillante.Sans quoi ils sauteront.Les petits débordements peuvent aussi arriver.Par contre, cela ne signifie pas que vos pots sont ratés.La règle d\u2019or est que si ils ont tout de même scellé (le couvercle est bombé vers l\u2019intérieur et on peut les soulever par le couvercle sans bague), et qu\u2019il n\u2019y a pas plus de 2 po d\u2019espace vide au-dessus de vos Un nom, un visage, une plume.Mais connaît-on vraiment les journalistes des Coops de l\u2019information?Non, bien sûr! Cette série est donc l\u2019occasion d\u2019en apprendre davantage sur les passions de certains d\u2019entre eux: cannage, LEGO, oiseaux, canot.Au cours des prochains mois, nous mettrons en lumière leurs intérêts divers et parfois surprenants.Voici nos journalistes comme vous ne les avez jamais vus.JASMINE RONDEAU jasmine.rondeau@latribune.qc.ca TOMBÉE DANS LA MARMITE APPRIVOISER LA BÊTE DE L\u2019AUTOCLAVE laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M27 aliments, votre conserve est toujours bonne.Si l\u2019un ou l\u2019autre de ces critères n\u2019est pas respecté, mettez vos conserves au frigo et consommez dans les jours qui suivent.Pour éviter les débordements, l\u2019important est d\u2019éviter les trop grandes variations rapides de pression.Cuisinez donc à l\u2019abri des courants d\u2019air, et soyez d\u2019une douceur sans pareille avec les boutons de votre cuisinière.STÉRILISATION AVEC UN AUTOCLAVE À PESÉE (ALIMENTS NON ACIDES) LES ÉTAPES 1 Préparez une recette éprouvée pour la mise en conserve.Avec un autoclave, on peut mettre en conserve de façon sécuritaire toutes sortes de repas prêts à manger, comme des soupes, des légumes nature, de la viande en sauce ou des sauces pour pâtes.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ A Le matériel nécessaire est le suivant?: une recette fiable, un autoclave, des couvercles neufs, des pots propres et intacts, une pince pour manipuler les pots et un entonnoir à grande embouchure.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ B Question de pouvoir vous démontrer quelques étapes, j\u2019ai décidé de tenter la recette de longe porc de cajun du tome 1 de Miss Conserves.Par respect pour son travail, je ne divulguerai évidemment pas les détails de sa recette.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ E Pour faire fonctionner l\u2019autoclave, il faut d\u2019abord y verser la quantité d\u2019eau prescrite par le fabricant, qui tourne souvent autour de 3 L, puis déposer les pots sur la grille du fond.Certains autoclaves permettent même de faire deux étages de pots.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ F Une fois qu\u2019on a fermé le couvercle de l\u2019autoclave et démarré le feu, puis que la pression a suffisament grimpé pour que la soupape lève sur le couvercle, on laisse la vapeur s\u2019échapper pendant dix minutes avant de déposer la pesée.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉRÉDIC CÔTÉ C Il faut toujours travailler avec des aliments et des pots chauds.Le temps de stérilisation est calculé pour qu\u2019on atteigne la température voulue au centre du pot lorsqu\u2019on démarre avec un pot chaud.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ D Pour stériliser à l\u2019autoclave, il faut serrer les bagues des pots plus serrées que lorsqu\u2019on utilise la marmite d\u2019eau bouillante, sans bloquer complètement l\u2019air qui pourrait vouloir s\u2019échapper sous pression.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ A B C D E F 2 Suivez les étapes de mise en pot indiquée lors de ma précédente chronique (chauffer les couvercles, garder les aliments chauds, enlever les bulles, nettoyer les bords), mais en vissant les pots plus serrés.3 Verser la quantité d\u2019eau indiquée par le fabricant dans votre autoclave (souvent autour de 3 L).Ajoutez-y une petite cuillère de vinaigre pour qu\u2019il reste bien brillant.4 Déposez les pots sur la grille du fond.5 Fermez bien le couvercle en vous assurant que la valve de sécurité n\u2019est pas dirigée vers vous (dans un cas de surplus de pression, c\u2019est elle qui sautera).6 Chauffez sur la cuisinière à feu élevé, SANS la pesée.Une fois que la vapeur commence à s\u2019en échapper et que la soupape est levée, calculez 10 min.7 Placez la pesée prescrite par votre niveau d\u2019altitude à l\u2019endroit prévu à cet effet.8 Une fois que la pesée se met à danser, vous pouvez démarrer le compteur et calculer le temps de stérilisation indiqué pour votre recette.9 Ga rdez u n œi l su r la pression et la température du rond.Vous vou lez que vot re pesée dandine légèrement et de manière constante, mais ne faites jamais d\u2019ajustements violents de température.10 Une fois le temps écoulé, fermez de moitié le rond de votre cuisinière, puis attendez encore 5 minutes avant de le fermer complètement.11 Attendez que la soupape redescende avant de retirer la pesée et le couvercle.Puis sortez vos pots sans les verser et déposez-les sur une surface plane.Laissez-les faire « pop » et reposer pendant 24 heures sans les bouger.12 Entreposez-les dans un endroit sombre, frais et sec. SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M28 LE MAG LARRY HODGSON Collaboration spéciale T ous les étés, le Domaine Joly-de Lotbinière tient un concours de beauté\u2026 mais un concours de beauté de plantes.À partir de quelque 300 végétaux originaux qui seront sur le marché en 2023, les visiteurs ont pu choisir les plus jolies, celles qui seront les Tendances horticoles en 2023.Voici une première sélection à découvrir! Prenez-en bien note pour votre aménagement du printemps prochain! 1 BÉGONIA FLORENCIO™ PINK (Begonia × hybrida Florencio™ Pink) H : 40 à 45 cm L : 40 à 45 cm Le bégonia hybride Florencio™ Pink est une belle nouvelle variété donnant une multitude de fleurs rose tendre sur une plante dressée et ramifiée et un feuillage vert audacieux.Grâce à une performance exceptionnelle, cette plante résiste aux rigueurs de la saison estivale et présente son beau coloris ininterrompu tout l\u2019été.Vous pourriez utiliser Florencio Pink en jardinière, dans les pots de taille moyenne à grande par exemple, mais aussi en platebande, ajoutant une touche de couleur aux zones d\u2019ombre partielle.Et à l\u2019automne, rentrez des boutures dans la maison pour pouvoir le conserver pour une autre année.2 BÉGONIA RIEGER VALENTINO PINK (Begonia × hiemalis \u2018KRVALP101\u2019) H : 20 à 25 cm L : 20 cm Voici une plante qui a l\u2019heur de plaire.Gagnant de nombreux concours, ce bégonia aux petites fleurs semi-doubles rose foncé avec un cœur jaune or brillant est tout à fait original.Elles ne sont pas aussi grosses que celles des bégonias tubéreux, mais sont néanmoins très voyantes.Dense et florifère, avec un feuillage attrayant de couleur vert foncé (que vous remarquerez à peine tellement ce bégonia sera couvert de fleurs!), cette plante au port arrondi vole toujours la vedette! Excellent pour le soleil et la mi- ombre et magnifique dans la maison aussi! Sol bien drainé.3 PÉTUNIA AMORE™ QUEEN OF HEARTS (Petunia Amore™ Queen of Heart) H : 30 à 40 cm L : 40 à 45 cm Est-ce que vous les distinguez?Regardez la photo de nouveau, car chaque tache rouge forme\u2026 un cœur parfait! Quelle idée originale pour un cadeau pour son amoureux\u2026 ou seulement pour quelqu\u2019un qui est en amour avec l\u2019amour.Même le nom « amore » signifie amour en italien! Et quelle floraison! Du début du printemps jusqu\u2019à la fin de l\u2019automne, ce PLACE AUX PLUS BELLES?! 1 4 2 3 P H O T O R O C K G I G U È R E P H O T O R O C K G I G U È R E P H O T O L E S S E R R E S F R A N K Z Y R O M S K I laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M29 LE MAG pétunia spectaculaire s\u2019épanouira dans des pots, des paniers et des contenants mixtes et aussi en platebande.Les cœurs rouge vif contrastent magnifiquement avec les rayures jaune doré qui créent une étoile centrale sur chaque fleur.Placez-le au plein soleil ou à la mi-ombre dans un sol riche et bien drainé.4 SAUGE FARINEUSE SALLYFUN XL BLUE (Salvia farinacea Sallyfun™ XL Blue) H : 60 à 90 cm L : 60 à 90 cm Voici une sauge farineuse de bonne taille et qui crée alors tout un impact dans le jardin.Elle peut servir de plante vedette dans les bacs en mélange ou de plante de hauteur moyenne pour le milieu de la platebande.Elle pousse rapidement et remplit son espace en peu de temps.Sa floraison se maintient tout l\u2019été jusqu\u2019à l\u2019automne et vous pouvez rentrer des boutures pour l\u2019hiver.Elle forme une belle base arrondie au feuillage vert foncé et porte de hauts épis floraux bleu violet que les insectes pollinisateurs vont adorer.Un excellent choix pour le plein soleil dans un sol riche et bien drainé.5 BÉGONIA FLORENCIO™ YELLOW (Begonia × hybrida Florencio™ Yellow) H : 40 à 45 cm L : 40 à 45 cm La plante compagne idéale pour le bégonia Florencio Pink! Avec ses abondantes fleurs jaune doux, cette variété connaîtra assurément du succès dans votre jardin.La plante forme un dôme de feuillage vert moyen couvert de belles fleurs d\u2019apparence délicate, mais résistantes aux intempéries.Essayez-le en bac, en balconnière ou en pleine terre : le résultat est toujours supérieur! Et la plante est vigoureuse et naturellement bien ramifiée.Démarquez-vous avec cette couleur saisissante et son feuillage audacieux.La semaine prochaine, découvrons les cinq autres gagnants principaux du concours Tendances horticoles 2022.ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE CONTRÔLE DE LA BARDANE Q Je suis aux prises avec une invasion de ces mauvaises herbes à grandes feuilles sur mon terrain.On la nomme communément l\u2019artichaut, mais ce n\u2019est peut-être pas le nom réel, puisque je sais qu\u2019il existe aussi l\u2019artichaut dont le cœur est comestible.J\u2019ai arrosé l\u2019an dernier avec du Roundup, mais l\u2019effet a été décevant! Quelle serait la meilleure façon de détruire ces nombreux plants qui se multiplient chaque année?\u2014 Pierre Thibaudeau R Je vais présumer qu\u2019il s\u2019agit de la grande bardane (Arctium lappa), aussi appelée artichaut, rhubarbe sauvage, toques, tabac du diable\u2026 et sans doute des dizaines d\u2019autres noms communs.(Vous comprenez alors pourquoi les jardiniers sérieux apprennent toujours le nom latin.Sans un nom fiable, c\u2019est la confusion totale!) La bardane est une bisannuelle qui produit, la première année, une rosette de grandes feuilles ondulées en forme de cœur, vert franc sur le dessus et blanchâtres au revers.Et aussi une longue racine blanche à peau brune comme une carotte.La 2e année, elle grandit, atteignant jusqu\u2019à 1 m et plus de hauteur et de largeur avec des feuilles encore plus grosses.C\u2019est aussi la 2e année qu\u2019elle fleurit, avec des fleurs rose- violet entourées de piquants rappelant celles des chardons.Celles-ci deviennent des capsules de graines qui collent sur les vêtements comme du Velcro.Quand on les enlève, les graines tombent au sol et une 2e génération naît au printemps suivant.La plante meurt après la production de semences, mais ses petits sont alors déjà semés.Ainsi, elle revient d\u2019année en année, comme si elle était une vivace.Pour détruire cette plante, coupez les feuilles et tiges au sol, de préférence après la floraison, mais avant la formation de graines, puis bâcher : la couvrir d\u2019une toile noire utilisant quelques briques ou pierres pour tenir la toile ombrageante en place.Laissez-la en place un an, ce qui épuisera la racine et tuera la plante.Pour prévenir toute germination de vieilles graines laissées en terre (elles peuvent rester en dormance dans le sol jusqu\u2019à 10 ans avant de germer!), une fois que vous enlevez la bâche, paillez abondamment.Certaines personnes appellent la bardane «?artichaut?», mais elle ne ressemble nullement à un véritable artichaut (Cynara cardunculus scolymus).\u2014 PHOTO 123RF/MAKSIM MOISEENKO \u203a Nettoyez et rentrez les pots de grande valeur, car ils peuvent se fendre si on les laisse en plein air remplis de terreau pendant l\u2019hiver.\u203a Il est encore temps de planter arbres, arbustes, vivaces, etc.et souvent les jardine- ries les offrent à bon prix à l\u2019automne.\u203a Ramassez les feuilles et les fruits s\u2019ils tombent très densément sur la pelouse : celle-ci est encore en pleine croissance et a besoin de lumière et d\u2019aération.\u203a Laissez les bulbes tendres (glaïeuls, cannas, dahlias, bégonia tubéreux, etc.) en terre le plus longtemps possible, car c\u2019est à l\u2019automne qu\u2019ils font leurs réserves.Rentrez- les quand le gel a détruit leur feuillage.RÉPONSES À VOS QUESTIONS Planifiez une visite?! Saviez-vous que le Domaine Joly-de Lotbinière est toujours ouvert?Oui, mais il ne vous reste plus que quelques jours! Vous pouvez le visiter jusqu\u2019à l\u2019Action de grâces, le 10 octobre, pour vous remplir l\u2019esprit de fleurs et de couleurs d\u2019automne.Le site est ouvert tous les jours, de 10 h à 16 h, alors que le Centre d\u2019interprétation sera ouvert de 12 h à 16 h ce week-end et le lundi de congé.LARRY HODGSON, COLLABORATION SPÉCIALE Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec) G1K 7J6 5 P H O T O L E S S E R R E S F R A N K Z Y R O M S K I P H O T O L E S S E R R E S F R A N K Z Y R O M S K I SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M30 LE MAG P ourquoi les ambulanciers tiennent-ils au mot « paramédic », alors que, dans « parasol », « paratonnerre », « parapluie », « paravent », le préfixe « para- » signifie « contre »?Danielle Adam Québec Votre question est pertinente, mais la réponse est assez simple : il y a deux para- différents en français, l\u2019un d\u2019origine grecque, l\u2019autre d\u2019origine latine, et ils ne veulent pas dire la même chose.Celui que vous mentionnez, qui se traduit effectivement par contre et qu\u2019on retrouve dans des mots comme parachute, est d\u2019origine latine.En fait, il nous est venu de l\u2019italien : c\u2019est à la langue de Dante que nous avons emprunté parasol (parasole), parapet (parapetto) et paravent (paravento).Ces mots ont été conçus à partir du latin paro, qui signifie parer, contrer.Visiblement, nos ancêtres ont trouvé que c\u2019était une très bonne idée, et c\u2019est sur ce modèle qu\u2019ils ont formé d\u2019autres mots comme parapluie, paratonnerre, etc.Mais il existe un para- importé du grec et qui veut dire « à côté de ».C\u2019est lui qui est à l\u2019œuvre lorsque vous tombez sur des mots comme paranormal, parascolaire, parapublic, paramilitaire, paraphrase, paragouvernemental.En fait, on retrouve beaucoup plus de para- grecs que de para- latins en français.Ce préfixe entre aussi en jeu dans les mots paralysie et paraplégie.Paralysie vient du grec paralusis, lui- même constitué de para- et de lusis, lequel exprime l\u2019action de délier.Une paralysie, c\u2019est donc, initialement, être « à côté de l\u2019action de délier », autrement dit de bouger.Dans le cas de paraplégie, le grec plêgê signifiant coup, on se trouve devant un mot qui parle des conséquences d\u2019un choc (« à côté d\u2019un coup »).Est-ce lui qui entre dans la composition du mot parasite?Tout à fait! Sitos, en ancien grec, veut dire « blé, pain, nourriture ».Quel est le rapport?Dans l\u2019Antiquité, le parasite était « celui qui était admis à la table d\u2019un riche personnage et devait le divertir durant les repas », explique le Dictionnaire de l\u2019Académie française.C\u2019était donc littéralement une personne qui se tenait à côté du pain! Le sens a évidemment évolué jusqu\u2019à aujourd\u2019hui pour désigner un être humain, animal ou végétal qui vit aux dépens d\u2019un autre, au sens propre comme au sens figuré.Le para- grec se cache également dans les mots parodontie (le parodonte est l\u2019ensemble des tissus de soutien de la dent) et parodie (« à côté de l\u2019ode, du chant »).Et auriez-vous cru qu\u2019il entre dans la composition du mot paroisse?L\u2019ancien grec pa- roikia veut dire « groupe d\u2019habitations voisines ».En adoptant le mot paramé- dic, les ambulanciers souhaitent donc qu\u2019on les désigne comme des soignants qui prodiguent des soins « à côté de » ceux des médecins.Le hic (que je n\u2019ai pas soulevé la semaine dernière), c\u2019est qu\u2019ils ne sont pas les seuls dans cette situation.Les soins infirmiers, la pharmacologie, l\u2019optométrie, l\u2019orthophonie, la diététique, etc., sont des disciplines, par définition, paramédicales elles aussi.J\u2019ai toujours été habitué à utiliser « au plafond » pour décrire quelque chose qui est à une intensité élevée.Par exemple : cet adolescent a ses hormones au plafond.Maintenant, j\u2019entends le contraire, tel « mes émotions sont au tapis », mais en voulant dire que le taux d\u2019émotions est intense.Pour moi, le plafond, c\u2019est haut, et le tapis, c\u2019est bas.Jean Dufresne Sherbrooke En fait, l\u2019expression québécoise populaire exacte est « la pédale dans le tapis » et elle fait référence au pied qui enfonce l\u2019accélérateur complètement, au point où la pédale touche le tapis de la voiture.Cette locution vient probablement de l\u2019anglais, car lorsqu\u2019on fait une recherche dans Google, on tombe sur des calques, comme « pedal to the rug » ou « pedal to the floor ».Les Américains disent aussi « pedal to the metal », pour quelqu\u2019un qui conduit très vite ou qui accomplit une tâche rapidement.Voilà pourquoi avoir les hormones « dans le tapis », c\u2019est avoir des émotions exacerbées ou se retrouver avec une très vive excitation sexuelle.Écouter de la musique dans le tapis, c\u2019est l\u2019écouter très fort.Il s\u2019agit toutefois d\u2019une expression très populaire.Pour l\u2019instant, vous ne la trouverez pas dans les principaux ouvrages de référence, ni anglais ni français, même si beaucoup de gens l\u2019emploient.Remarquez, l\u2019expression « au plafond » n\u2019est pas relevée non plus dans les dictionnaires.Ce qui n\u2019empêche pas que vous puissiez l\u2019employer comme synonyme d\u2019« au maximum », tout le monde saisira très bien.Mais il ne s\u2019agit pas d\u2019une locution reconnue en tant que telle.Mais si vous dites « au tapis », il pourrait y avoir confusion, car celle-ci pourrait être comprise comme une forme abrégée de l\u2019expression « envoyer quelqu\u2019un au tapis », issue du vocabulaire des sports de combat comme la boxe et la lutte.Aller au tapis ou être envoyé au tapis, c\u2019est tomber à la suite d\u2019un coup de l\u2019adversaire, encore une fois au sens propre comme au sens figuré.La Coalition avenir Québec a envoyé les autres partis au tapis à la dernière élection.PERLES DE LA SEMAINE Ces étudiants pensent probablement qu\u2019un aubergiste, pendant l\u2019Antiquité, on appelait ça un hôte antique.Pour échapper à la mort, les Égyptiens se faisaient mettre des branlettes [bandelettes].Les sirènes d\u2019Ulysse étaient méchantes, car elles étaient frustrées de sexe à cause de leurs queues de poisson.Les femmes des dieux s\u2019appellent dieuses.Pour s\u2019éclairer le soir, l\u2019empereur Néron allumait des chrétiens.Pour animer les banquets, les chefs gaulois faisaient venir des bons bardes.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Parachronique STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Pourquoi les ambulanciers souhaitent-ils se faire appeler paramédic alors que le préfixe para- signifie contre dans des mots comme parasol, parachute et paravent?\u2014 PHOTO 123RF laTribune SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 M31 LE MAG L es enfants ne pouvaient pas se tromper, c\u2019est écrit sur le tableau dans la cuisine : « la semaine à Pop\u2019s ».Pendant la semaine à papa, maman est libérée de ses tâches parentales.Après le travail, elle peut aller prendre un verre avec des amies, lire dans un café, marcher en forêt \u2014 bref, faire ce qu\u2019elle veut.Papa s\u2019occupe du lavage, du ménage, de l\u2019épicerie, de la bouffe, des devoirs le soir.Et s\u2019il pense rester coincé au bureau, il doit se trouver une gardienne.  C\u2019est sur le site de Télé-Québec que j\u2019ai découvert, récemment, le témoignage d\u2019Élodie et de Sté- phan, un couple qui applique un horaire de garde partagée à sa vie familiale.   Un ami qui compatissait avec mon manque de temps m\u2019a conseillé de regarder ce reportage diffusé l\u2019an dernier à l\u2019émission L\u2019Avenir nous appartient.Suivant son conseil, je l\u2019ai visionné avec ma blonde.Et, comme beaucoup de parents, sans doute, on s\u2019est reconnus dans les insatisfactions du couple à l\u2019écran.  Stéphan et Élodie, qui ont deux ados à la maison, sont amoureux depuis 20 ans.Mais, à un moment, les frustrations liées au partage des tâches ont mené le couple au bord de la séparation.Élodie, en particulier, n\u2019en pouvait plus de porter la charge mentale.« D\u2019avoir à penser à tout, tout le temps, ça, ça me drainait », dit- elle dans le reportage.Alors, Élodie et Stéphan ont adopté un horaire similaire à celui de parents séparés, tout en restant ensemble.  Leur antidote à la charge mentale et au manque de temps m\u2019a fait penser aux « démissions silencieuses » dans le monde du travail.  Cette expression, devenue mondialement virale sur les réseaux sociaux cet été, désigne une sorte de lâcher-prise professionnel.Vous ne quittez pas votre emploi, mais vous cessez de vous saigner pour lui.  Est-ce que les parents pourraient faire la même chose?  D\u2019une certaine façon, c\u2019est ce que Stéphan et Élodie ont fait.Ils ont abandonné le modèle familial très répandu où maman et papa s\u2019obligent à être là tous les soirs, osant défier le dogme que les enfants sont toujours mieux avec leurs deux parents en même temps.  Bien sûr, quand les deux parents sont là, il y a deux personnes au lieu d\u2019une pour répondre aux multiples demandes des enfants, ce qui, théoriquement, leur offre plus de disponibilité parentale.On est deux pour assembler les boîtes à lunch, deux pour leur rappeler de manger leurs légumes au souper, deux pour les aider s\u2019ils ont de la misère avec leurs exercices de maths, deux pour les consoler quand ça ne va pas.  En réalité, on n\u2019est pas deux fois plus efficace à deux.Après une journée de travail, nous, les parents, on a aussi très envie de jaser entre adultes.On a aussi tendance à s\u2019appuyer davantage sur l\u2019autre parent pour les tâches et on prend ça un peu plus mollo.Résultat, on focalise un peu moins sur les enfants et on accomplit souvent moins ensemble qu\u2019en solo.  En plus d\u2019être moyennement productive, cette double présence parentale a un coût : le manque de temps libre.Je vous rapportais récemment qu\u2019une vaste étude a montré que les adultes qui disposent de moins de deux heures par jour pour faire ce dont ils ont envie sont significativement moins heureux que les autres.  Or, les parents de familles nucléaires ont rarement assez de temps pour souffler.Et s\u2019ils n\u2019en ont pas assez, maman ou papa risque d\u2019en souffrir et d\u2019être moins attentif à leurs enfants.C\u2019est un peu comme au boulot : quand on travaille trop, on succombe au présentéisme.  Alors, voilà, je me demande si la génération des parents hélicoptères ne pourrait pas démissionner silencieusement, se décarcasser un peu moins pour ses enfants?Pour bien des mères et des pères qui ont des enfants à la maison, adopter un horaire de garde partagée comme Élodie et Stéphan apparaîtra sans doute comme une solution un peu trop radicale.  Mais qu\u2019est-ce qui empêche les autres de commencer avec un soir par semaine où chacun est délesté de sa charge parentale?Où maman et papa sont libres de ne pas rentrer pour le souper et de faire ce qu\u2019ils veulent?  C\u2019est une proposition prometteuse, je trouve.Chez nous, ma campagne de lobbying est déjà bien entamée.Pendant la semaine à papa \u2013 et vice- versa \u2013 maman est libérée de ses tâches parentales.Après le travail, elle peut aller prendre un verre avec des amies, lire dans un café, marcher en forêt \u2013 bref, faire ce qu\u2019elle veut.\u2014 PHOTO 123RF/ANTONIOGUILLEM MARC ALLARD CHRONIQUE Le Soleil NOUS, LES HUMAINS Et si les parents démissionnaient silencieusement ?La génération des parents hélicoptères pourrait-elle se décarcasser un peu moins pour ses enfants? SAMEDI 8 OCTOBRE 2022 laTribune M32 Votre média au service de la communauté La Tribune du monde Quoi de mieux que la lecture d\u2019un média régional pour mieux comprendre ce qui se passe dans sa communauté et avoir le goût d\u2019y contribuer?Merci à Nos parteNaires Pour des nouveaux arrivants, cela peut même les aider à mieux s\u2019intégrer dans leur terre d\u2019accueil.Grâce au projet LaTribune du monde élaboré en collaboration avec Actions interculturelles, plusieurs immigrants ont désormais un accès illimité aux versions numériques de LaTribune.Pour offrir ces abonnements aux personnes immigrantes, des appuis financiers sont nécessaires.Un grand merci à nos partenaires qui croient en La Tribune comme outil d\u2019inclusion."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.