Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'union médicale du Canada, 1913-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" L'UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de Médecine, Chirurgie, Obstétrique, Pédiatrie, Thérapeutique, Hygiène LA PLUS ANCIENNE REVUE MEDICALE FRANCAISE AU CANADA FONDÉE EN 1872 TOME XLII 19183 DIRECTEURS \u2014 PROPRIET AIRES MM.LES DOCTEURS Boulet, Officier de l\u2019Instruction Publique, France, Professeur suppléant à l'Université Laval, Médecin en chef des services d'Ophtalmologie, de Rhino- logie-d\u2019Otologie, et de Laryngologie de l\u2019Institut Ophtalinique, vice-président du Bureau des Gouverneurs du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.Dubé, Officier d\u2019Académie, France, Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris, Professeur de Phisiothérapie à l\u2019Université Laval, Médecin de l\u2019'Hô- tel-Dieu et de l\u2019Hôpital Ste-Justine, Membre correspondant de la Société Médicale des Hôpitaux de Lyon, Président du Bureau de Direction de l\u2019Institut Bruchési.De Lotbinière-Harwood, Professeur de Gynécologie à l\u2019Université Laval, Surintendant de l'Hôpital Notre-Dame, Membre de la Société d\u2019Urologie de Paris.Le Sage, Officier d\u2019Académie, France, Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris, Professeur de Pathologie Interne à l\u2019Université Laval, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame (Rédacteur en chef).Marien, Professeur de Clinique Chirurgicale à l\u2019Université Laval de Montréal - Chirurgien en chef de l\u2019Hôtel-Dieu, Membre de la Société Anatomique de Paris.CONDITIONS DE L\u2019'ABONNEMENT : L'Union Médicale du Canada parait le l= de chaque mois par fascicules de 64 pages, formant, chaque année, un volume de 800 pages environ.PRIX DE L'ABONNEMENT .- \u201c ° ©. it NE aw ee) Ww Ti ; | Jimny W- with SE = a= ~ NAT NI 4 8 1 35 SE = = 5 ES SN \u2014 o ms = 7 \\ 4 Pr.II.Incision ondulée de Kehr.les voies biliaires, a revenir aux sains principes, et Sprengel, en 1910, au congrès allemand de Chirurgie, a montré tous les avantages de l\u2019incision transversale.\u201d \u201c Pour les opérations sur les voies biliaires, écrit Sprengel, l\u2019incision que je considère comme la plus recommandable est une incision en forme de crochet, disposée de telle sorte que le bras court, externe, du crochet, corresponde à la direction du muscle grand oblique, et que ce muscle soit sectionné parallèlement à ses plis ; le grand bras du crochet, au contraire coupe transversalement le muscle grand droit.Si le jour ainsi obtenu n\u2019est pas suffisant, ce qui est la règle dans les interventions sur les voies biliaires profondes, je conseille de prolonger l\u2019ineision vers la gauche, c\u2019est- à-dire de sectionner également, transversalement, en partie ou en totalité, le muscle grand droit du côté ganche, et d\u2019assurer ainsi un jour suffisant à peu près dans toutes les éventualités.\u201d 10 MARIEN Bakes a adopté incision de Sprengel dans 48 opérations sur les voies biliaires .Koste l\u2019emploie également.Kehr lui-même a été amcné à modifier son incision pour la troisième fois.Gosset conclut en disant: \u201cle point intéressant c\u2019est la facilité d\u2019accès que (donne l\u2019incision de Sprengel sur les voies biliaires profondes.Lorsqu\u2019on est habitué à l\u2019incision de Kehr, on a ten- 51 ©, Z LS Ne Z 4% Ê- SE - Zz À 1° oy a Z A A fame ; LE = x = f É ENS ÉA ee fi 2 F 3.5 zz Iw HF 71 == INZ A = X\\ =z EY sx = = Z J >> 23 YZ Z == - D 3 Ry z NS NE : > NEN 7 SN 7 NS Z Pr.Ill.Incision de Sprengel.dance la première fois qu\u2019on essaie incision de Sprengel a la trouver inférieure a ce point de vue.Mais très vite on apprend à se servir de cette incision et à la trouver supérieure.Kehr lni- même abandonne l\u2019incision ondulée, et ne recommande plus que l\u2019incision courbe; or, entre l\u2019incision courbe de Kehr et incision transversale de Sprengel, je préfère de beaucoup, dit-il, cette dernière.\u2014- Depuis trois ans, jemploie pour mes opérations sur la vésicule et les voies biliaires une incision inédite, qui est oblique transversale et que je préconise comme supérieure à toutes-les incisions connues, puisqu\u2019elle est simple, facile, scientifique et qu\u2019elle répond à tous les desiderata de la chirurgie actuelle des voies biliaires. INCISION OBLIQUE TRANSVERSALE 11 Avec cette incision, j'ai pratiqué toutes les opérations connues jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, sur les voies biliaires.L\u2019incision oblique transversale se dirige obliquement, à partir du rebord des côtes, entre la neuvième et la huitième, jusqu\u2019à l\u2019ombilie, qu\u2019elle peut dépasser au besoin et devenir médiane, au- dessous de celui-ci en suivant la ligne blanche.Dans un premier temps, l\u2019incision comprend la peau et le tissu cellulo-graisseux sous-cutané jusqu\u2019à l\u2019aponévrose.Dans un deuxième temps, incision de l\u2019aponévrose, qui découvre facilement lce muscles droit et grand oblique.Au niveau de la deuxième in- a \u2018 A > Pr.TV.Incision actuelle de Kehr.tersection du grand droit, il est facile de trouver l\u2019interstice musculaire, et à l'aide de la sonde et de deux index fléchis en crochets Pon divise d\u2019un seul coup, sans couper une seule fibre museu- laire, l\u2019espace intermuseulaire, verticalement de haut en bas.Les faisceaux des deux corps musculaires de chaque côté se laissent facilement écarter, et l\u2019on aperçoit dans le fond l\u2019aponévrose blanche et mobile de la gaine postérieure.Il est alors aisé de la saisir à l\u2019aide de deux petites pinces à griffes, de l\u2019attirer au dehors et de l\u2019inciser en même temps que le péritoine.à l\u2019endroit que l\u2019on veut explorer, mais de préférence dans le haut de 12 MARIEN l\u2019incision où se trouve fatalement le fond de la vésicule biliaire qui vient parfois faire hernie.D\u2019un coup de ciseau ou deux l\u2019on agrandira au besoin cette incision du péritoine.Ce qu\u2019il y a d\u2019intéressant, c\u2019est que l\u2019on n\u2019a pas encore coupé un seul vaisseau important ni un seul nerf.et l\u2019on a une incision suffisante qui permet d\u2019explorer facilement et sans le contrôle de la vue, une portion du bord antéro-inférieur du foie, la vésicule et les voies biliaires, le pylore, le duodénum et l\u2019estomac ainsi que la tête du pancréas et le rein droit.F5 2 27 * # 1 disons 1, la quantité d\u2019urée éliminée sera de JT lorsque la concentration urinaire de l\u2019urée sera de 25 grammes pour 1000 ce.[ 1 : : d\u2019urine, et de JY lorsque cette concentration sera de 9 grammes au titre, soit respectivement + et ; .Maintenant si nous faisons entrer dans la formule de la première loi, les facteurs de la seconde, et si nous rapportons à 25 grammes par 1000 ce.d'urine le taux type auquel doivent être comparées toutes les sécrétions urinaires, nous avons en définitive la constante urémique suivante qui est absolue, c\u2019est-à-dire invariable chez le même individu tant que ses reins sont sains.La formule de la première loi n\u2019étant que relative ou, si vous voulez, n\u2019étant vraie que pour le moment où l\u2019on opère, vu qu\u2019elle ne tient pas compte de la concentration variable de l\u2019urée dans lurine: «En appelant ur le taux de l\u2019urée du sang, D le débit urinaire de l\u2019urée, C la concentration de l\u2019urée dans l\u2019urine.25/1000 le taux type de comparaison, la formule de la constante t&rémique peut être figurée ainsi: ur y 4 | of * BO t CONSTANTE URÉMIQUE Pour ce qui a trait à la sécrétion urinaire des chlorures, vu que notre temps est limité, nous nous contenterons pour aujourd\u2019hui, de rappeler que, le 8 mai 1912, MM.Ambard et Weill émettaient à propos de la sécrétion des chlorures des lois identiques à celles qui régissent la sécrétion urinaire de l\u2019urée.Une remarque doit être faite cependant au sujet du taux des chlorures du sang: Les auteurs précités considèrent qu\u2019une quantité de sel égale à MESURE DE L'ACTIVITÉ RÉNALE 23 5.62 grs par litre de sang, est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme, au point que la sécrétion urinaire des chlorures n\u2019aurait lieu qu\u2019en autant que le sang en contiendrait par litre, une quantité supérieure à 5.62 grs.; et c\u2019est cet \u201c excès sur le seuil,\u201d par conséquent, qui seul serait soumis aux ilois de la sécrétion urinaire.TECHNIQUE DE LA CONSTANTE URÉMIQUE 1.\u2014 Dosage de l\u2019urée dans l'urine.On opère sur un échantillon d\u2019urée fraîchement émis et compté avec la quantité exacte des 24 heures, disons 10 cc.d\u2019nrine.On précipite alors au moyen de 7 ce.de sous-acétate de plomb tous les produits azotés autres que l\u2019urée on ajoute 50 cm\u201c d'eau filtrée, on agite fortement et on filtre.De la sorte 5 em\u201c du liquide étalent 7 em\u201c d\u2019urine.Ses 5 em\u201c du liquide introduit dans l\u2019uréomètre Yvon, avec 5 cm au moins d\u2019hypobromite de soude, donnent après mélange, agitation et refroidissement, une quantité d\u2019azote en volume que l\u2019on compare au volume d\u2019azote dégagé par une quantité donnée d\u2019uréa et ainsi on obtient exactement la quantité d\u2019urée contenue dans 1 ce.d\u2019urine, dans 1000 ce.et dans le total des 24 heures.IT.\u2014 Dosage de l\u2019urée dans le sang.Il faut retirer 20 cm.du sang au moins par ponction de la veine.Ce sang se coagule assez rapidement à la température du laboratoire ; le sérum est ensuite décanté et mélangé à parties égales avec une solution a 20 p.ec.d\u2019acide trichlorabacétique dans le but de précipiter totalement l\u2019albumine.On filtre et le liquide obtenu est introduit avec l\u2019hypobromite de soude dans l'uréomètre Yvon.L\u2019azote qui se dégage est de même que pour l\u2019urine, évalué en urée par comparaison avec une solution titrée d\u2019urée.L\u2019un des malades (no 17, St-Jean-de-Dien) qui a fait l\u2019objet de la dernière leçon de votre professeur de Clinique Médicale, est un exemple frappant de la valeur de la constante d\u2019Ambard tant au point du diagnostic que du pronostic dans les maladies du rein.Ce malade, en effet, dont vous connaissez mieux que moi l\u2019histoire, présentait des signes cliniques évidents d\u2019insuffisance rénale ; mais, de l\u2019aveu même de votre professeur, rien chez lui ne 24 DEROME laissait prévoir un dénouement fatal aussi rapproché, c\u2019est-à-dire que le malade est mort dans la même semaine où sa constante urémique avait atteint le chiffre élevé de 0.47 \u2014 contre 0.04 à 0.06 à l\u2019état normal.Voici d'ailleurs les pièces d\u2019autopsie de ce malade : Vous remarquez que les deux reins ont le double du volume normal, leur coloration est d\u2019un jaune mat, la capsule s'enlève, assez facilement leur consistance est plutôt pâteuse.C\u2019est là le type du gros rein blanc décrit par Bright en 1827 et plus tard sous le nom de néphrite parenchymateuse ou épithéliale par Lancereaux et Bard.L\u2019autre cas de néphrite \u2014 cette servante d\u2019auberge (no 48, Ste- Marie), que vous avez pu examiner à la même leçon du professeur \u2014 pour lequel un pronostic favorable a été porté, avait, au contraire, une constante urémique de 0.16.Comme vous voyez, Messieurs, le laboratoire, sans jamais porter atteinte aux droits de la clinique, lui devient un conseiller de plus en plus utile; et pour ce qui a trait à la constante d\u2019Ambard en particulier, après une expérience de douze cas, je considère que tout chirurgien ne devrait entreprendre aucune opération sérieuse avant d\u2019être éclairé sur l\u2019état de perméabilité rénale par la constante d\u2019Ambard, que tout accoucheur devrait, par le même moyen, contrôler l\u2019efficacité d\u2019un traitement chez une femme enceinte et en imminence d\u2019éclampsie.On vous l\u2019a dit à maintes reprises : si la recherche de l\u2019albumine était un moyen suffisant, il v à vingt ans, pour s\u2019enquérir sur l\u2019état des reins, elle ne l\u2019est plus aujourd\u2019hui, premièrement parce qu\u2019on peut avoir de la néphrite sans albumine et deuxièmement, parce que la quantité d\u2019albumine donne nullement la notion exacte de l\u2019étendue ou de la gravité de la lésion rénale.CONTRIBUTION A L\u2019ETUDE DES FLUXIONS ET DES ALTERNANCES MORBIDES (1) Par le Docteur G.Archambault, Dermatologiste et Syphiligraphe à l\u2019hôvital Notre-Dame et à l\u2019Institut Bruchesi, Médecin consultant de l\u2019Hôpital Saint-Jean de Dieu.11 y a plusieurs années, lorsque je demandais à mon regretté père pourquoi il était si prudent dans le traitement de l\u2019eczéma (1) Communication à la Société Médicale de Montréal, séance du 17 de - cembre 1912. DES FLUXIONS ET DES ALTERNANCES MORBIDES 25 du nourrisson, toujours il m\u2019a répondu que l\u2019eezéma infantile n\u2019était qu\u2019un symptôme d\u2019une maladie générale, et que les manifestations cutanées guéries trop vite pouvaient entraîner des complications viscérales graves, parfois mortelles.Plus tard, en suivant les enseignements de Gaucher et de Broeq à l\u2019hôpital St-Louis de Paris, j'ai souvent réentendu les mêmes conseils suivis d\u2019explications scientifiques.Certaines manifestations cutanées que quelques auteurs ont de la tendance à considérer comme des maladies vraies, ne sont que des poussées fluxion- naires qui se fant du côté de la peau, parce qu\u2019à ce moment celle- ci se trouve être le \u201clocus minoris resistentiae \u201c de l\u2019organisme.Cet endroit le plus faible, peut varier très souvent et très rapidement dans les diverses phases de la vie.Les lésions cutanées disparaisse alors pour faire place à des manifestations viscérales, qui ne sont elles aussi que l\u2019indice d\u2019un organisme malade.Je me rappelle tonjours l\u2019histoire clinique de ce malade qui souffrait de crises d\u2019asthme alternant avec des poussées d\u2019eczéma, depuis plus de quinze ans, crises qui faisaient leur apparition aussitôt que la peañ était blanchie, poussées eczématiques qui se faisaient sentir immédiatement après la disparition des crises d\u2019asthme.' Le malade s\u2019en était si bien rendu compte lui-même, qu\u2019il était parvenu à force de tâtonnements et de médications diverses, à pouvoir amener son eczéma ou son asthme tout près de la guérison, conservant aussi longtemps que possible les dernières papules eczématiques, pour ne pas voir apparaître les crises de sa maladie de poitrine, et restant parfois plusieurs mois, dans cet état curieux, presque guért, sans vouloir en sortir.J\u2019ai recueilli moi-même, depuis ce temps, quelques observations dans ma clientèle de ville, qui me paraissent être des exemples très nets d\u2019alternance entre des manifestations cutanées et des manifestations viscérales, et démontrer que le mode de production de ces accidents morbides est la fluxion ou poussée congestive, laquelle se produit tantôt du côté du tégument, tantôt du côté d\u2019un viscère quelconque.La première a trait à un malade, monsieur L., âgé de 48 ans, venu consulter en octobre 1911, pour de l\u2019eczéma de la figure.Dans son jeune âge, ce patient à eu une attaque d\u2019hydropisie, avec rœedème généralisée ct ascite. 26 ARCHAMBAULT Vers l\u2019âge de 25 ans, il eut une blennorrhagie qui amena une maladie de vessie, ayant duré 2 à 3 ans.Depuis ce temps, il a toujours joui d\u2019une santé parfaite, à part quelques légères crises de douleurs rénales.C\u2019est de l\u2019eczéma vésiculeux banal, disséminé sur toute la face et le cuir chevelu, sous forme de petites papulo-vésieules discrètes.et causant un prurit intense.trop rapidement les lésions cutanées, craignant une alternance du trop rapidement les lésions cutanées, ccraignant un alternance du côté du système urinaire.Le malade, deux mois après le début du traitement, faisant un voyage de quelques jours, changea la médication sur les conseils d\u2019un ami.De retour en ville, sa première visite fut pour me faire savoir que son eczéma était complètement disparu.Inutile de dire s\u2019il était content.Quelques Jours après, je fus appelé d\u2019nrgence à son domicile par la famille, et je le trouvai en pleine crise de lithiase rénale.avec douleurs atroces, s\u2019irradiant jusqu\u2019au testicnle droit qui était déjà très enflé.La décharge urinaire se fit peu après, avec transpirations abondantes, et sable dans les urines.Seulement l\u2019eezéma et le prurit réapparurent presque aussitôt, plus intenses que jamais.Depuis ce temps, i.e.10 mois environ, les crises rénales ont alterné avec les crises prurigineuses, diminuant toutefois peu à pen en intensité et en durée.Le patient ayant compris les étroites relations qui existent entre les diverses manifestations qui l\u2019affligent, et étant convaineu de l\u2019ntilité d\u2019une thérapeutique générale plutôt que locale, nous avons espérance de le guérir dans un avenir assez prochain.La deuxième observation est celle d\u2019une femme, Madame B.âgée de 55 ans, qui vint consulter pour une simple plaque eczémateuse de la nuque, de la grandeur d\u2019une pièce de cinq sous.accompagnée de prurit, et qui l\u2019ennuyait depuis quelques semaines.Lorsque, après trois semaines de traitement, Je vis arriver cette femme, oppressée, toussant et crachant, Je ne doutai pas d\u2019une complication viscérale.L\u2019eczéma et le prurit avaient disparu, mais cette oppression et cette tonx furent le début d\u2019une attaque d\u2019asys- DES FLUXIONS FT DES ALTERNANCES MORBIDES 27 tolie qui faillit l\u2019emporter.Mon estimé confrère et ami, le docteur Z.H.Ethier qui la remit sur pieds, pût constater la réapparition du prurit, à mesure que le cœur reprenait de la force.La troisième observation, moins complète, est celle d\u2019une autre femme, Madame T.qui voulut faire disparaître un eczéma chronique de la face, toujours prurigineux, et qui n\u2019a dû, nous en sommes convaineus, éviter une altenrance très grave, du côté du cœur ou du rein, au fait que nous avons arrêté la médication locale, qui avait beaucoup d\u2019efficacité, aussitôt que nous avons constaté chez elle, un malaise subit, de l\u2019albumine dans les urines, et \u201c un bruit de galop au cœur, dix jours environ après le début du traitement.\u201cCes faits, Messieurs, que nous venons de relater, ont été ob- \u2018* servés de tous temps.Ils ont vivement frappé l\u2019esprit des an- \u2018\u201cciens médecins: leur enchaînement leur a paru tellement évi- \u201c dent qu\u2019ils ont édifié sur ces constatations des théories pathogé- \u201cniques.La maladie était pour eux un être réel qui envahissait \u201cl'organisme, et qui affectait tantôt un appareil, tantôt un autre.\u201c Et certes, cette conception n\u2019était pas fort éloignée des idées ac- * tuelles.\u201d \u2014 (Brocq.) Cependant, certains dermatologistes ont nié leur existence, toute une école a tonrné en ridicule pendant plus d\u2019un demi-siècle ceux qui ont voulu en parler.C\u2019est qu\u2019un maître éminent entre tous, maître dont l\u2019autorité a pesé pendant toute la moitié du siècle dernier sur la dermatologie mondiale, c\u2019est que Ferdinand Hébra a déclaré dictatorialement en 1862 que tout ce faiscean de faits n\u2019était que mensonge.Cela a suffi.Toute l\u2019Ecole Allemande a emboîté le pas, et n\u2019a plus voulu rien comprendre.Dans un article ayant pour but de prouver que les révulsifs n'ont que des effets nuisibles, l\u2019éminent dermatologiste écrit : \u2018Si nous posons la question comment le monde médical et le * monde non médical se sont formé l\u2019opinion que les révulsifs sont \u2018* propres à s\u2019emplover à la guérison des affections internes, il faut \u201cpour y répondre, faire remarquer que l\u2019allération supposée des \u201caffections cutanées avec les affecttons internes tient à un juge- meent erroné Et plus loin, il déclare nettement : \u201c\u20ac Nous ne craignons pas non plus de guérir trop promptement 28 ARCHAMBAULT \u201cles affections cutanées ; tout au contraire, nous nous efforçons de \u201c trouver les moyens de les faire disparaître le plus vite possible.\u201c Lors même que nous aurions en notre possession des remèdes \u201c suffisants pour obtenir une guérison aussi rapide, nous nous * croirions encore complètement à l\u2019abri des métastases ou d\u2019autres ** accidents consécutifs.\u201d Son brillant disciple, M.Kaposi a soutenu l\u2019opinion de son maître, et a contribué à laisser s\u2019accréditer cette fausse théorie encore plus longtemps.Dans son ouvrage \u2018\u201c Leçons sur la mathologie et le traitement des maladies de la Peau, nous trouvons cette note: \u2018\u201c Tl est étrange de voir que beaucoup de médecins s\u2019imaginent ** que le traitement des maladies de la Peau, il fout toujours observer une certaine précaution pour que leur guérison ne cause \u2018 pas quelque préjudice à l\u2019organisme général.La médecine mo- \u201c derne a complètement fait disparaître cette notion du cadre des \u201c phénomènes pathologiques.\u201d L\u2019Ecole française a toujours soutenu la théorie des alternances morbides, et malgré l\u2019influence qu\u2019exerçaient alors Iébra et Kaposi, Bournès de Lyon a publié des travaux admirables sur les fluxions.Malheureusement, le maître lyonnais a exagéré, en étendant sa théorie à toute la pathologie cutanée.Les dermatologistes modernes ont remis la question au point.Le professeur Gaucher est un de ceux qui ont le plus insisté ur les étroites relations qui existent entre les affections cutanées cet les affections viscérales.Voici comment il formule sa doctrine: \u201cT1 y a une sorte d\u2019état constitutionnel, vne disposition géné- \u201cyale de l\u2019organisme, qui fait que certains sujets sont des dermo- \u201c puthes.* Tantôt C'est le même tvpe éruptif qui reparaît toujours chez \u201ceux, à la moindre ocacsion ; c\u2019est l\u2019eczéma le plus souvent.Tan- \u201ctôt ce sont des éruptions de type différent \u2014 l\u2019urticaire, le pru- \u2018r1g0, l\u2019acnée, ete.\u201c L\u2019atfection cutanée est rarenrent isolée ; elle appartient à une \u2018\u201c série morbide, comprenant, avec les déterminations cutanées.\u201cdes manifestations viscérales multiples.La goutte, le rhuma- \u2018\u201ctisme, l\u2019asthmre, les lithiases biliaire et urinaire, ete., sont des \u201c affections qu\u2019on observe fréquemment chez les dermopathes enx- \u201c mêmes, où dans leur famille. DES FLUXIONS ET DES ALTERNANCES MORBIDES 29 \u201c T1 se fait une sorte de remplacement d\u2019une affection par une \u201cautre.Vous savez que, par métastase, les anciens entendaient \u201cle transport de l\u2019essence de la maladie d\u2019un point à un autre de \u201cl\u2019organisme.Pour rester dans le domaine des dermatoses, c\u2019est \u201c le remplacement d\u2019une manifestation cutanée bénigne de la dia- \u201c thèse par une détermination viscérale plus grave et quelquefois \u2018\u201c mortelle.\u201c Je suis et Je reste, malgré toutes les oppositions, un adepte de \u201cla doctrine des métastases.\u201c Pai vu plusieurs fois, chez des malades atteints de néphrite \u201c\u201c interstitielle, des éruptions eczématiformes se produire, persister \u201cet préserver les malades d\u2019une attaque d\u2019urémie, qui ne tardait \u201c pas à se manifester, quand l\u2019éruption tendait à disparaître, et \u201c surtout quand elle disparaissait tout à fait.Il y a des poisons \u201c morbides autogènes qui provoquent alternativement des érup- \u201c tions cutanées et des affections internes.La peau est un émonec- \u2018toire pour ces poisons morbides; la dermatose est une sauve- \u201cgarde, et, quand elle disparaît, les accidents viscéraux appa- \u201c raissent.\u201d Mais c\u2019est Broeq surtout, qui s\u2019est fait en France le champion de la théorie des alternances ; c\u2019est sur elle quest basée sa théorie des réactions cutanées, sa conception générale des dermatoses, exposée d\u2019une façon magistrale dans son \u201c trait de Dermatologie pratique,\u201d paru en 1907, c\u2019est elle qu\u2019il défend dans un article merveilleux de mise au point et d\u2019argumentation, publié dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, de mars et d\u2019avril 1909, article dans lequel j'ai puisé largement, afin de rendre intéressant et convainquant, le travail que je vous présente aujour- d\u2019hui.Avec une série de 20 cas dans lesquels on voit le prurit, l\u2019urticaire, l\u2019eczéma, les parakératoses psoriasiformes, l\u2019eezéma sébor- rhéique, le psoriasis, le lichen, la furonculose, alterner avec les coliques hépatiques, le rhumatisme, la goutte, l'asthme, la gastralgie, l\u2019épilepsie, le maître de St-Louis conclut : \u201c Qu\u2019avee Baumès, dans beaucoup de cas, il faut tenir compte, *\u201c pour la juste appréciation les faits morhides, d\u2019un élément de \u201c premier ordre, la fluxion.Cette fluxion qui se traduit par des *\u201c poussées congestives, semble dépendre des intoxications et auto- \u2018intoxications de l\u2019organisme, du mauvais fonctionnement de di- 30 ARCHAMBAULT vers viscères, de l\u2019état du système nerveux, ete.Quand le sujet \u201cest en imminence de poussées congestives, les moindres causes occasionnelles en «déterminent l\u2019apparition, et elles se portent aux loci minoris resisteniiae du moment.C\u2019est ainsi qu\u2019elles peuvent fort bien se produire sur une affection parasitaire on microbienne, sur un furoncle par exemple qu\u2019elles transforment © en volumineux anthrax, sur un traumatisme, sur une dermatose \u201c torpide préexistante, à laquelle elle donne une poussée aiguë, \u201csur un viscère défectueux, ete.Cette explication large et sim- \u201cple, qui n\u2019est que la constatation des faits cliniques journaliers \u201cque nous voyons dans notre clientèle, permet de comprendre \u201c tout un ensemble de phénomènes morbides et thérapeutiques qui, \u201c sans cette interprétation, restent parfaitement obscurs.\u201d Cette question des alternances morbides, mérite d\u2019être exposée longuement.C\u2019est une question d\u2019importance capitale.Toute la thérapeutique cutanée est basée sur son interprétation.Si nous considérons les dermatoses comme des maladies locales, il faut évidemment les traiter le plus énergiquement possible, et essayer d\u2019en débarrasser le malade au plus tôt; si au contraire nous croyons que certaines dermatoses ne sont qu\u2019une manifestation d\u2019un mauvais état général, si nous pensons qu\u2019elles soient susceptibles de créer des complications viscérales si on les guérit trop vite, il faut alors être prudent dans la médication, et rechercher plus loni la cause de tout le mal.Le rôle du dermatologiste s\u2019élargit alors singulièrement, devient même très intéressant.C\u2019est à cette dernière théorie que nous nous rangeons, appuyés cc cc cc [13 que nous sommes, d\u2019abord par notre légère expérience personnelle, ensuite et surtout par l'opinion de nos maîtres de l\u2019Ecole Fran- caise. LES DEVOIRS DU MEDECIN AUPRES D\u2019UNE PARTURIENTE (1) Par E.A.RENÉ;pE COTRET, Accoucheur en chef de la Maternité, professeur du cours et de la clinique d\u2019obstétrique.\u201c Je vais terminer par un conseil à messieurs nos jeunes con- \u201c frères, conseil que peut-être leurs professeurs (2) ont négligé de \u201cleur donner à eux aussi.C\u2019est de couvrir leurs malades et de \u201c ne les découvrir que dans le cas d\u2019absolue nécessité.\u201c Quand Monsieur le Dr Mignault (3) nous recommandait de \u201cne pas découvrir nos malades, même pour poser le cathétère, ce \u201c n\u2019est pas sans surprise que je reçus cet avis; car tous les méde- \u201c cins de l\u2019Hôtel-Dieu de notre temps, avaient besoin de beaucoup \u201cde lumière pour faire ce genre d\u2019opération.Messieurs, habi- \u201c tuez vos index de bonne heure à suppléer à vos yeux pour trou- \u201cver l'ouverture de l\u2019urèthre, même en plein soleil.Ce qui vous *\u201c causera le plus de trouble ce sera de poser le cathétère le lende- \u201cmain d\u2019un accouchement et les jours suivants chez une primi- \u201c pare, la vulve alors est très déformée et vous aurez la difficulté \u201c de trouver l\u2019ouverture de l\u2019urètre.N\u2019allez pas vous aviser de \u201c recourir à l\u2019aide de vos yeux, ils vous seront d\u2019aucune utilité, et \u201c vous aurez gagné en plus d\u2019avoir affecté énormément vos nerfs \u201c olfactifs.\u201d\u201d (4) Ces paroles sont tirées de la Clinique, Vol.III, No T, pages 252 et 253.Elles sont l\u2019écho d\u2019une communication faite à la Société Médicle du district de Richelieu, par M.le Dr J.M.Brise- bois, membre du Collège des Gouverneurs de la Province de Qué- bee.(Elles ont certainement passé inaperçues à la Direction de la Clinique.) Pouah ! ces paroles et ces conseils exhalent une odeur de fétidité comme lodeur de relent ou de décomposition qui s'échappe des couvertures d'une malade, oui je dis bien d\u2019une malade, examinée et accouchée sans être découverte.Allez donc, jeunes confrères, suivant le conseil de notre aîné, qui exerce la médecine depuis vingt-neuf ans, allez donc, dis-je, sous ces draps et ces vé- (1) Travail lu à la Société Médicale de Montréal, le 3 décembre 1912.(2) J\u2019ai souligné moi-même ces mots.\u2014 E.A.R.de C.(3) Certainement pas le professeur.\u2014 E.À.R.de Cotret.(4) Je souligne encore ces mots parce que l\u2019idée qu\u2019ils expriment en vaut la peine.- E.A.R.de C._.2 32 DE COTRET tements abritant la maladie et la mort, faire un toucher ou un cathétérisme du bout de vos doigts seuls.Ah! c\u2019est bien à l\u2019ombre et dans ces replis gluants et infectes que vous allez prendre de vos doigts sales (car je ne puis supposer que vous aurez le cœur de vous laver les mains pour les glisser dans ces parties honteuses, et que vaudrait-il de vous laver les mains préalablement?) \u2014 des myriades de microbes et les transporter dans le vagin, dans l\u2019urètre et dans la vessie, et donner, à une pauvre femme qui vous confie sa vie et le bonheur de sa famille, une infection puerpérale, si elle ne l\u2019a pas déjà, une cystite, une pyélo-néphrite et toute la kyrielle des symptômes de ces diverses infections et le cortège à n\u2019en plus finir des conséquences de ces maladies.Remarquez-le bien, quand l\u2019odeur des lochies peut affecter énormément vos nerfs olfactifs, c\u2019est que la malade est infectée.L'odeur des lochies normales n\u2019est pas si reponssante.Les lochies normales ont une odeur suà généris qui ne peut affecter que le nez d\u2019un homme prude.Quon vienne done à la Maternité, qu'on vienne à ma clinique du mardi et du samedi; que l\u2019on m\u2019?v voit découvrir respeetuense- ment les malades; que l\u2019on me voit prendre les serviettes qui ont servi de garnis aux accouchées et les passer sous le nez des étudiants pour habituer ces derniers à dépister les cas d\u2019infections même les plus légers; et bien plus, qu'on vienne et qu\u2019on soit témoin, O horribile dictu ! qu\u2019on soit témoin de cet acte du professeur qui ne craint pas de se pencher au-dessus de la malade, d'approcher son visage à une dizaine de pouces des parties génitales et chercher à y découvrir la moindre odeur ; ct qu\u2019on vienne voir les étudiants exéeuter tour à tour la même gymmastique et puis qu'on leur demande si jamais leurs nerfs olfactifs ont été si désagréablement affectés que le prétend M.le Dr Brisebois.Mais c\u2019est une faute lourde, c\u2019est un crime que d\u2019agir comme le fait le Dr Drisebois.Je ne puis comprendre comment un médecin peut exercer de telles pratiques, s\u2019en vanter hautement et surtout les conseiller à de jeunes confrères qui sortent de nos tmn1- versités avec des théories saines.Je doute fort qu\u2019il soit acquitté par un juge intelligent, le médecin qui sera amené devant les tribunaux pour expliquer une conduite si extraordinaire, si contraire au bon sens et s\u2019accordant si mal avec les données de la science 3 \u20ac DEVOIRS DU MÉDECIN AUPRÈS D\u2019UNE PARTUIRIENTE 33 moderne, une conduite qui dénote l\u2019ignorance la plus absolue, et la malhonnêteté la plus complète.Ce n\u2019est pas de la sorte que nous formons nos élèves.Si plus tard, quand ils nous ont laissés, ils ont recours à des pratiques si absurdes et si condamnables, ils en portent seuls la responsabilité ; mais ils peuvent nous rendre le témoignage que nous leur avions indiqué la bonne voie.[ Je le dirai dans un instant comment nous donnons notre cours et nos cliniques sur les devoirs du médecin appelé auprès d\u2019une parturiente.Avant d\u2019entrer dans mon sujet, je veux m\u2019excuser de répondre a M.le Dr Brisebois.Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de relever les inepties qu\u2019on rencontre parfois dans les journaux de médecine : chacun porte la responsabilité de ses actes et de ses écrits.Hélas! combien d\u2019inepties dans cette communication de notre savant confrère ; et pour une entre autres, celle de l\u2019application du forceps au détroit supérieur.J'ai regretté, il y a quelques jours, que le Dr Brisebois n\u2019ait pas assisté à une de mes dernières cliniques; il aurait vu comme il est facile d\u2019appliquer le forceps en prise directe par rapport au fœtus au détroit supérieur, d\u2019en extraire un enfant bien vivant et sans aucune lésion même de la peau.Et la gymnastique a été nulle.Ce n\u2019est qu\u2019incidemment que je parle de cette communication faite a la Société Médicale du district de Richelieu, et encore le fais-je parce que l\u2019auteur m\u2019a un peu piqué par cette remarque quelque peu obligeante: \u201c Je vais terminer.dit-il, par un conseil \u201c à messieurs nos jeunes confrères, conseil que peut-être leurs pro- \u201c fesseurs ont négligé de leur donner à eux aussi.\u201d Ce conseil, leurs professeurs n\u2019ont pas négligé de le leur donner; ils le leur ont redonné bien souvent, mais dans un sens tout à fait contraire a celui qu\u2019y attache le Dr Brisebois.Ils leur ont dit et répété mille et mille fois: \u2018\u201c Quand vous faites un toucher, découvrez vos malades, écartez les grandes et les petites lèvres et introduisez ensuite vos doigts directement, sans tätonner, dans le vagin ; quand vous faites un cathétérisme, découvrez vos malades, écartez les grandes et les petites lèvres, nettovez bien la vulve et introduisez directement dans l\u2019urètre votre cathéter bien stérilisé.Je me serais cru en conscience de parler à mes étudiants comme le fait le trop distingué gouverneur du Collège des Médecins anx membres de la Société Médicale de Richelieu: j'aurais fait prenve 34 DE COTRET d'une ignorance que je ne puis baptiser et j'aurais essuyé les huées des étudiants.Quand M.le Secrétaire de \u201cl\u2019Union Médicale \u201d m\u2019a demandé un article sur un sujet pratique de l\u2019obstétrique, j'ai cru que je devais me faire l\u2019écho de ce tollé général des étudiants en médecine qui ont lu, avec le plus grand étonnement et la plus grande surprise, la reproduction de la communication faite à la Société Médicale de Richelieu.J'ai voulu effacer la mauvaise impression produite sur mes étudiants à la lecture d\u2019une telle communication ; et, dans l\u2019intérêt de ceux qui n\u2019assistent plus aux cours d\u2019obstétrique et qui malheureusement pratiquent trop souvent, au préjudice des malades, les coupables manœuvres préconisées par notre aîné, j'ai voulu leur montrer non seulement les inconvénients de leur conduite, mais encore les dangers et les graves responsabilités qui peuvent résulter de telle manière d\u2019agir.La voici la conduite à tenir pendant l\u2019accouchement en général.Les deux grandes qualités essentielles de l\u2019accoucheur sont la propreté et la patience.L\u2019accoucheur, qui ne les possède pas toutes deux à la fois, expose à tout instant la vie ou la santé de la femme à lui confiée au moment du travail.Il aura beau être un savant, s\u2019il ignore les règles de l\u2019asepsie et de l\u2019antisepsie, s\u2019il n\u2019est pas familiarisé avec leurs moindres détails, et surtout s\u2019il ne sait pas les mettre en pratique, ou s\u2019il les oublie à un seul moment, il possède une science dangereuse et qui n\u2019est plus celle d\u2019un bon ae- «oucheur.Il aura beau être un savant et un homme propre, même d\u2019une propreté minutieuse, méticuleuse, s\u2019il manque de patience, il sera un très mauvais accoucheur.L\u2019acconcheur ne doit pas être dur.La sensibilité est pour lui une qualité secondaire ; il doit savoir compatir aux maux de la paturiente, mais il doit ignorer la sensi- Dlerie qui peut lui faire commettre les plus grandes erreurs de jugement et les fautes obstétricales les plus graves.La sensibilité n\u2019est pas enneniie de la patience.) La patience, appuyée sur la connaissance des vrais principes du mécanisme et de la marche du travail.arrêtera tonjours l'accou- DEVOIRS DU MÉDECIN AUPRÈS D'UNE PARTURIENTE 595 cheur au moment où les désirs non raisonnés de la malade ou de : l'entourage pourraient le pousser à des manœuvres intempestives et prématurées.Il est toujours aisé de tromper la patiente et l\u2019entourage qui ignorent complètement le mécanisme de l\u2019accouchement et se laissent facilement décourager parles douleurs et les cris.Malheureusement bon nombre de médecins, oubliant leurs devoirs et leur titre, semblent exciter ou encourager ces cris et ces plaintes et guettent sournoisement le moment où on leur demandera d\u2019en finir au plus vite.On se hâte, à la première réquisition, d\u2019appliquer le forceps ou de faire une manœuvre quelconque dans le but de terminer vite un acconchement même normal.La moindre opération apparente, même inutile et par cela même dangereuse, rapportera plus au gousset.Plus vite on laisse une malade, plus vite on est auprès d\u2019une autre ; et deux rapportent plus qu\u2019une seule.Qu\u2019importe à ces médecins d\u2019appliquer le forceps dans un col à demi dilaté et non dilatable ?Le forceps y entrera bien et les tractions termineront la dilatation.Peu leur importent la déchirure et toutes ses conséquences.Cependant il aurait été si facile à la patience et à l'honnêteté de donner une dose de morphine ou de chloral et de laisser terminer un peu plus tard, dans un calme relatif, l'accouchement qui suit une marche normale.Rappelons-nous done ceci, \u2014 les grands maîtres ont tour à tour répété : on n\u2019a pas le droit de faire une applicution de forceps de complaisance.* Quelles que soient les conditions dans lesquelles l\u2019acconchement s'effectue, le premier soin de l\u2019accoucheur est d\u2019éloigner de la femme toute cause d\u2019infection ; il lui faut mettre tont en œuvre pour assurer des suites de couches aseptiques.J\u2019ai déjà prouvé surabondamment dans de longs articles, que les organes génitaux de la femme ne contiennent d\u2019habitude aucun germe dangereux.Il faut done veiller pendant l\u2019acconchement à une propreté minutieuse et désinfecter soigneusement tout ce qui peut venir en contact avec ces organes toujours plus ou moins lésés par le passage du fœtus.TI fant se souvenir A tout instant que l\u2019accouchée est une blessée qui offre de nombreuses portes d\u2019entrée aux microbes, et que l'oubli momentané des règles de l\u2019asepsie et de 1 antisepsie peut produire des effets funestes. 36 DE COTRET T\u2019infection est rarement d'origine endogène.Elle est le plus souvent d\u2019origine exogène, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle vient idu dehors.Ce qui la produit c\u2019est le microbe apporté par les doigts de d\u2019accoucheur, de la garde-malade, de la malade elle-même, par les linges et les instruments.Pour éviter cette infection, il faut done en faire la prophylaxie par l\u2019application des règles de l\u2019asepsie et de I\"antisepsie, autrement dit par la pratique de la propreté la plus absolue.Le doigt de l\u2019accoucheur est le principal agent de la contamination.Les microbes que le doigt porte dans les organes génitaux de la femme qui accouche, trouvent dans cet endroit un mi- lien de culture favorable à leur développement.11 faut done que les mains soient complètement désinfectées avant de pratiquer le toucher.Dans ma clinique, j'ai placé, au-dessus des lavabos, une pancarte rappelant qu\u2019il est strictement défendu de faire aucun toucher sans s'être lavé et brossé les mains pendant au moins dix minutes.On se lave ainsi les mains mendant dix minutes dans de l\u2019eau chaude et du bon savon, puis on se les brosse pendant deux ou trois minutes dans une solution de bichlorure de mercure.Il n\u2019est pas toujours suffisant de se laver et brosser les mains pendant dix minutes et même plus longtemps; encore faut-il savoir comment les préparer d\u2019avance et comment faire usage de la brosse.Il m'est arrivé souvent de renvoyer les étudiants se nettoyer de nouveau les mains, parce qu\u2019ils avaient oublié de se couper les ongles, ou d\u2019enlever le liseré noir dans les espaces sous-un- guéaux.Tout d\u2019abord les doigts ne doivent pas présenter d'excoriation, parce que cette plaie offre un double danger: danger pour le médecin de s\u2019infecter au contact d\u2019un vagin septique ; danger aussi pour le médecin de communiquer sa propre infection à la malade.A la rigueur si l\u2019excoriation ne suppure pas, on pourra l\u2019occlure avec du collodion iodofomné, après une désinfection complète et soigneuse des mains.Même dans ce cas il est préférable de pratiquer le toucher avec les doigts de la main saine.Les doigts ne doivent pas porter de bague.Les ongles «loivent être coupés was.Les espaces sous-unguéaux sont minutieusement nettoyés et raclés avec un instrument quelconque.Les mains sont savonnées et brossées dans de l\u2019eau aussi chaude que possible DEVOIRS DU MÉDECIN AUPRES D'UNE PARTURIENTE 37 pendant une dizaine de minutes.Il vaut mieux prendre une petite quantité d\u2019eau, afin de former une solution de savon plus concentrée.Quand l\u2019eau devient trop mousseuse, on peut la remplacer deux ou trois fois.L\u2019eau chaude qui sert au savonnage des mains ne doit pas être une solution de bichlorure de mercure, parce que, au contact du savon, le bichlorure de mercure forme un précipité qui rend nulle l\u2019action du savon et lu bichlorure.\u201c T\u2019eau stérilisée, dit Fabre, n\u2019est pas absolument nécessaire \u201c pour la désinfection des mains; on peut se servir d\u2019eau ordinaire, pourvu que l\u2019on procède avec le savon à une désinfection minutieuse complété par un nettoyage à l alcool et au sublimé.\u201d Après le brossage dans l\u2019eau savonneuse, les mains sont trempées et, mieux brossées, pendant deux ou trois minutes dans une solution de sublimé assez forte ou de tout autre antiseptique au titre voulu.C\u2019est la brosse qui doit faire le plus et le mieux dans le nettoyage des mains ; c\u2019est elle qui donne le plus de sûreté dans l\u2019asepsie.Il fautbrosser les doigts sur toutes leurs faces et dans les commissures interdigitales et les espaces sous unguéaux.Dans la pratique courante, quand les mains n\u2019ont pas été infectées au préalable par une autopsie, par de la médecine opératoire ou une opération septique, la désinfection, ainsi obtenue par le brossage et le lavage plus haut indiqués, est très suffisante.Mais si l\u2019on veut obtenir une désinfection presque idéale, qui devient nécessaire quand les mains ont été souillées au contact de matières sceptiques, il faut faire un brossage et un savonnage à l\u2019eau chaude pendant dix minutes; un lavage et un brossage à l\u2019alcool pendant quelques minutes et enfin un dernier brossage dans une solution antiseptique au titre voulu.Je dis au titre voulu et j'appuile fortement sur cette remarque, parce que j'ai rarement vu, en pratique, les médecins faire une solution vraiment antiseptique: on versera par exemple dans deux litres d\u2019eau chaude quelques gouttes d\u2019acide phénique, ou de lysol ou de créoline.Que peuvent bien faire ces quelques gouttes dans une si grande quantité d\u2019eau ?donner tout au plus une odeur quelconque, mais ne pas faire une solution antiseptique.Les mains désinfectées ne doivent pas être essuyées.La désinfection des avant-bras doit se faire en même temps que celle des mains.Les mains lavées et désinfectées ne doivent plus toucher 38 DE COTRET quoi que ce soit qui ne soit stérilisé.S\u2019il nous arrive de toucher un objet non stérilisé, il ne suffit pas de tremper les doigts dans le sublimé, il faut les laver à nouveau.Doit-on mettre des gants en caoutchouc pour faire des accouchements, comme le veulent certains accoucheurs?Pour ma part, je me sers de gants seulement pour éviter la contamination de mes mains quand il existe des lésions manifestes de maladie vénérienne chez ma patiente ou quand je porte sur les doigts ou la main des plaies ou des affections suppuratives.Je ne mets pas de gants pour faire du curage ou du curettage ou pour donner des injections intra-utérines ; mais j'ai la précaution de me désinfecter longuement et minutieusement les mains, aussitôt après l\u2019opération, dans une solution de permanganate de potasse, de bichlorure de mercure et de l\u2019alcool.Il m\u2019est arrivé assez fréquemment de pratiquer des touchers ou de faire des accouchements aussitôt après un curettage et jamais je n\u2019ai contaminé de femme.Quand je me suis lavé les mains suffisamment longtemps et d\u2019une manière scientifique je crois que l\u2019usage des gants est inutile.+ * Il faut prendre pour règle de s\u2019aseptiser les mains pour pratiquer le toucher chez une femme en travail, comme si l\u2019on devait faire une laparotomie.: Je vois sourire un bon nombre de médecins à l\u2019énumération de toutes ces précautions ; Je les aperçois soulever les épaules d\u2019un air dédaigneux ; je les entends et je les ai entendus souvent me dire : \u201c Nous avons fait souvent des touchers et des accouchements sans nous laver et surtout sans nous désinfecter les mains, et nos malades n\u2019en sont pas mortes, donc vos préeantions sont inutiles.\u201d Toutes les malades n\u2019en sont pas mortes ; mais malheureusement le nombre des mortes est déjà trop considérable ; c\u2019est moi qui le DEVOIRS DU MÉDECIN AUPRÈS D\u2019UNE PARTURIENTE 39 sais ; ce sont les gynécologues qui le savent.La plupart de celles qui ne sont pas mortes ont souffert de lésions infectieuses des annexes, lésions qui ont passé inaperçues de l\u2019accoucheur, dans les premiers temps des suites de couches, mais que le génécologue pourrait diagnostiquer au premier examen.Ces accoucheurs malpropres, qui n\u2019ont jamais d\u2019infection puerpérale, me font penser aux médecins qui n\u2019ont jamais fait de déchirure du périnée dans le cours d\u2019une longue pratique.Un jour j'étais appelé, à la campagne, par un médecin, pour sa femme en travail depuis douze ou quatorze heures.L'enfant se présentait par le siège décomplété mode des fesses.Le mari avait tenté sans succès certaines manœuvres.Sa non-réussite l\u2019avait forcé de m\u2019appeler.En arrivant chez mon confrère je fais immédiatement bouillir de l\u2019eau.Je prends la température de la paturiente ; elle était déjà montée à 1029° F.J\u2019en fais la remarque au mari.Je me désinfecte soigneusement les mains ; je rase la malade ; je fais la toilette des parties génitales.Surpris de l\u2019ébahissement du mari, je lui demande s\u2019il avait pris-les mesures nécessaires à la prophylaxie de l\u2019infection, surtout s\u2019il s\u2019était lavé les mains avant de pratiquer le toucher et de faire les manœuvres d\u2019accouchement.Il était un de ceux qui ont oublié les lecons et les préceptes donnés à la Maternité.\u201c Jai si souvent fait , dit-il, des accouchements sans me laver les mains sans qu\u2019il ne m\u2019arrivât aucun acei- dent, que je ne crois plus à vos théories.\u201d - Malheureusement sa femme est morte d\u2019infection puerpérale ; et, huit jours après, une autre femme qu\u2019il avait délivrée mourait de la même maladie.Une autre fois, je suis appelé dans une autre campagne, auprès d\u2019une parturiente, femme et fille de médecins: Il s\u2019agissait d\u2019un placenta praevia.Après avoir pris les précautions usitées en pareilles circonstances, j\u2019établis mon diagnostic et j'attends quelque temps auprès d\u2019elle.Trois ou quatre heures plus tard, avec les mêmes précautions aseptiques et antiseptiques, je répète le toucher et je demande au mari et au père de vouloir bien vérifier mon diagnostic.I\u2019approuver ou d\u2019infirmer mon traitement.Les malheureux! pour singer, mais à demi ma façon d\u2019agir, ils se sont trempé à la hâte deux doigts d\u2019une main dans la solution de su- 40 DE COTRET Wimé.On aurait dit que le bichlorure de mercure leur avait brûlé les doigts tant ils les avaient vite retirés de la solution et tant ils les secouaient fortement; puis ils pratiquaient avec un aplomb imperturbable le toucher qui amena une infection assez grave.Combien d\u2019exemples et de faits semblables, arrivés à la campagne ou à la ville, je pourrais citer ; et mes #mis les gynécologues quelle réponse me donneraient-ils de l\u2019expérience qu\u2019ils ont acquise de l\u2019infection puerpérale ?TI est bon de répéter ici les paroles de Ribemont Dessaignes: (1) \u201c N\u2019est-il pas singulier de voir que les femmes, sœurs, parentes de médecins fournissent en clientèle, nine proportion relativement élevée de mortalité et de morbidité.\u201d Le même auteur cite aussi les paroles de Barnes: \u2018\u201c\u201c Nous avons trop souvent vu les femmes de médecins être prises de fièvres puerpérales, nous sommes certains que la fièvre puerpérale les atteint plus souvent que les autres femmes appartenant à la même classe titre voulu.C\u2019est la brosse qui doit faire le plus et le mieux dans sociale.\u201d * + * Le médecin qui n\u2019a pas suivi les règles de l\u2019asepsie et de l\u2019antisepsie pour ses mains au moment du travail, non seulement n\u2019est pas un bon accoucheur, mais c\u2019est un médecin sans conscience, qui se fait fi de la santé ou de la vie de ses malades.Ce n\u2019est pas un médecin, c\u2019est un homme quelconque, un profane qui pratique la médecine et qui mérite d\u2019être poursuivi r igoureusement devant les tribunaux et d\u2019être condamné à de forts dommages pour avoir causé des torts considérables à la bourse de ses patientes, à la santé de ses accouchées, et, peut-être, pour avoir donné la mort sciemment ou au moins par négligence.LAS * À tous ces préceptes rigoureux, à toutes ces précautions que je prétends nécessaires, on m\u2019oppose continuellement l\u2019exemple de ces accouchements précipités qui se font juste au moment de l\u2019arrivée du médecin.Celui-ci n\u2019a pas le temps d\u2019enlever son habit, (1) Précis d\u2019Obstétriuue, 6e Edit.\u2014 page 157. DEVOIRS DU MÉDECIN AUPRÈS D\u2019UNE PARTURIENTE 41 de se tremper les doigts dans l\u2019eau ; l\u2019enfant lui tombe dans les mains.Les irréfléchis! ils ne comprennent pas que, dans ce cas même, ils auront inoculé volontairement l\u2019infection, si la femme en souffre plus tard.Cet accouchement précipité, avec des relevailles normales, n\u2019est pas une preuve de l\u2019inutilité de l\u2019asepsie.La femme ne fait pas d\u2019infection, pourquoi ?c\u2019est simple; c\u2019est parce qu\u2019ils ne l\u2019ont pas touchée ; ils ont reçu l\u2019enfant dans leurs mains comme dans un panier.Mais après la sortie rapide de cet enfant, ils doivent se laver et désinfecter les mains avant la sortie du placenta, parce qu\u2019ils seront, peut-être, forcés d\u2019aider ou de faire la délivrance.Je passe sur la rue, près de la voie des tramways; une personne tombe sous le char qui 1 ui coupe un membre ; vais-je courir à mon \u2018bureau ou même entrer à la première pharmacie pour me laver et désinfecter les mains et prendre les linges stérilisés nécessaires pour faire un premier pansement et arrêter l\u2019hémorragie qui va tuer l\u2019infortuné?Un peu de bon sens.Mes mains fussent-elles horiblement sales, j\u2019accourrai auprès de la victime et je pincerai, entre mes doigts infectes les vaisseaux d\u2019où gigle le sang, ou je mettrai le premier linge me tombant sous la main.Mon premier devoir est de sauver la vie et si j'ai donné l'infection involontairement et malgré moi, on la traitera plus tard.Mais, si, ce qui arrive assez fréquemment, le blessé ne fait pas d\u2019infection, dois-je en conclure que les pansements aseptiques on antiseptiques sont à négliger.J\u2019ai déjà donné, dans quelques circonstances pressantes, des injections de sérum préparé, ex abrupto, avec une eau plus que douteuse parce que je n\u2019en avais pas d\u2019autre et que je n\u2019avais pas le temps de la stériliser, avec un sel qui avait traîné longtemps sur la table ou dans la cuisine.Quelquefois il ne s\u2019est pas produit d\u2019abcès.Est-ce une prenve qu\u2019on doive ériger en principe que l\u2019eau stérilisée n\u2019est pas nécessaire pour la préparation du sérum.3 % Pendant l\u2019accouchement, je place sur une table ou une chaise auprès de ma parturiente, deux bassins, l\u2019un contenant de l\u2019eau propre savonneuse, et l\u2019autre une solution de bichlorure de iner- cure.De la sorte, je punis renouveler aussi souvent que nécessaire et surtout avant tout toucher, le lavage et la désinfection de mes mains.a irre FEUILLES DE ROUTE VOYAGE A TRAVERS LES HOPITAUX AMERICAINS (1) Par ie Dr Z.RHEAUME, Professeur agrégé à l\u2019Université Laval, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu et de l'Hôpital Ste-Justine, C\u2019est sur les instances de notre distingué président que je me suis décidé à vous faire part de mes impressions sur un voyage d\u2019études, entrepris dans un but de renseignements personnels sur des questions en rapport avec l\u2019exercice de la chirurgie et l\u2019enseignement médical aux Etats-Unis.Je vous livre ces réflexions, pour ce qu\u2019elles valent, avec la plus franche sincérité, certain à l\u2019avance de votre bonne indulgence.Vous comprendrez facilement que dans l\u2019espace d\u2019un mois il m'était impossible de me renseigner exactement sur l\u2019état médical de tous les Etats-Unis.Aussi j'ai limité ma petite enquête aux grandes villes de l\u2019Est, qui sont, en somme, les centralisations les plus anciennes et le plus en renom, à l'heure présente, de la science américaine.Mes investigations n'ont même pu porter que sur ce que nos voisins comptent de mieux, de sorte qu\u2019ils sont jugés dans les meilleures conditions possibles.Le but de mon voyage avait plusieurs motifs.Je voulais d\u2019abord me renseigner sur le fonctionnement du \u2018\u201c Rockefeller Institute \u201d ; prendre connaissance, sur place, des travaux de chirurgie expérimentale qu\u2019Alexis Carrel y produit, au grand étonnement des savants du monde entier ; puis y voir des applications a la chirurgie courante.J\u2019ai voulu constater aussi le mode de fonctionnement des écoles de médecine les plus réputées, visiter les hôpitaux qui servent à l\u2019enseignement, voir les chirurgiens à l\u2019œuvre chez eux; juger de leur technique opératoire, de leur dextérité; puis, tout naturellement, comparer leur école à une autre qui nous est plus familière.La visite des hôpitaux pour enfants a tout spécialeme-it attiré (1) Communication a la Société Médicale de Montréal.Féance du 3 décembre 1912, A TRAVERS LES HOPITAUX AMÉRICAINS 43 mon attention, en prévision de la construction prochaine du nouvel hôpital \u201c Ste-Justine.\u201d Pour ne pas perdre un temps précieux et afin de me faciliter la tâche, comme je n\u2019avais pas de mentor, je me suis associé, dès le début de mon voyage, M.Abraham Flexner.Voici comment Flexner a pu m\u2019être utile.J\u2019ai eu l\u2019idée de prendre son rapport à \u2018\u201c La fondation Carnegie pour l\u2019avancement de l\u2019enseignement \u201d sur l\u2019éducation médicale en Amérique, puis en faire une espèce de contre-enquête personnelle.Je vous assure que Flexner n\u2019est pas si loin de la vérité qu\u2019on peut se l\u2019imaginer dans certains milieux, malgré les réerimina- tions et les protestations qu\u2019on a fait valoir.Si son rapport a pu causer quelque préjudice, non calculé, à quelques institutions qui méritent d\u2019exister ; par contre il a porté un coup fatal à des organisations purement spéculatives et vicieuses, qui contribuaient à une pléthore professionnelle incompétente.En effet, depuis la publication de ce document, une quantité de facultés, après avoir envisagé la situation, se sont trouvées incapables de continuer l\u2019enseignement médical sur des bases solides, et ont cessé de vivre.Le résultat a été un gain pour l\u2019éducation médicale.D\u2019un autre côté des écoles qui se faisaient compétition, en se divisant les élèves et le matériel, se sont unies pour former une seule et même école.Vous avouerez aussi que, si notre faculté a été injustement critiquée, c\u2019est depuis le passage de M.Flexner à Montréal que nous.possédons ces magnifiques laboratoires qui ne demandent qu\u2019un plus grand nombre d\u2019intelligences productives.Ces quelques considérations faites, permettez-moi d\u2019entrer dans le vif de mon sujet et de vous parler d\u2019abord de l\u2019organisation médicale de New-York.Mais, avant de passer en revue le matériel d\u2019enseignement des principales écoles new-yorkaises, parlons du \u201c Rockefeller Institute for Medical Research.\u201d L\u2019Institut Rockefeller a été fondé en 1901 par le grand philanthrope américain John D.Rockefeller, sur la recommandation d\u2019un groupe de professeurs de différentes Universités, qu\u2019il avait 44 RHEAUME consultés afin de connaître le meilleur moyen de faire fructifier une somme d\u2019argent dans un but de recherches médicales.L\u2019objet de l\u2019Institut est de diriger et d\u2019encourager les recherches dans les sciences et dans les arts, de l\u2019hygiène, de la médecine et de la chirurgie; d\u2019encourager des recherches sur la nature et les causes des maladies, et sur les moyens de les prévenir et de les traiter.Les pouvoirs de l\u2019Institut sont trés étendus, et son fonetionne- ment, présent et a venir, est assuré par la somme fantastique de $9,000,000 que M.Rockefeller a déjà donnée jusqu\u2019à présent.L\u2019Institut se compose de laboratoires et d\u2019un hôpital.Les laboratoires sont ainsi subdivisés: pathologie et bactériologie, chimie, physiologie et pharmacologie, biologie expérimentale, chirurgie expérimentale.Smon Flexner, qui est le directeur des laboratoires, est en même temps chef du laboratoire de pathologie, tandis que Carrel dirige le laboratoire de chirurgie expérimentale.Arrêtons-nous ici pour constater les choses réellement merveilleuses que Carrel a produites depuis quelques années, depuis ses travaux sur les anastomoses vasculaires.Ce qui nous frappe tont particulièrement, nous dit un chroniqueur: \u2018 c\u2019est la liaison, l\u2019enchaînement des divers éléments qui composent son œuvre.Les recherches qui semblent, à première vue, indépendantes les unes des autres, apparaissent, à la réflexion, reliées entre elles par une même pensée directrice, et la suite logique les unes des autres.\u201d J\u2019ai vu les pièces anatomiques d\u2019anastomoses vasculaires, dont la technique me paraît aussi délicate que l\u2019exéention d\u2019une dentelle vénitienne.J\u2019ai vu les membres transplantés qui m\u2019ont déjà servi de sujet de chronique dans \u201c l\u2019Union Médicale du Canada.\u201d La transplantation des organes a aussi bien réussi que la transplantation des membres.\u2018 Jai vu, sous le champ du microscope, des cultures pures de cellules vivantes.Enfin une dernière chose, renversante, presque inconcevable, et qui vient de réussir dans les mains magiques de Carrel: c\u2019est la vie d\u2019un être viscéral.Je m\u2019explique.Après avoir séparé du corps, du cerveau et du système nerveux d\u2019un animal vivant le cœur, l\u2019estomac avec un groupe d\u2019organes comprenant nn cireula- A TRAVERS LES HOPITAUX AMÉRICAINS 45 tion, Carrel a réussi, par une technique spéciale, a conserver la vie et les fonctions de ces organes pendant près de dix heures.En somme il a pu conserver les battements du cœur et les fonctions d\u2019organes complètement séparés du système nerveux central; et si l\u2019expérience a été concluante pour une période de dix heures, il n\u2019y a pas de raisons pour qu\u2019elle ne puisse pas être prolongée.Je laisse à vos esprits le soin de penser quelle révolution de telles expériences peuvent amener dans le domaine de la physiologie nerveuse, et dans quel embarras peuvent se trouver certains philosophes pour expliquer les mystères de la vie et de la mort.Mais si intéressantes que soient les expériences de Carrel, je voulais me renseigner jusqu\u2019à quel point la chirurgie peut bénéficier de ses découvertes.J\u2019avais cru qu\u2019à l'hôpital du Rockefeller on y pratiquait couramment toute la chirurgie des transplantations possibles; mais j'ai été fort déçu, car on y fait presque nas de chirurgie.Carrel, du reste, emploie tout son temps à la chirurgie expérimentale.I\u2019hépital, en outre, a d\u2019autres fonctions à remplir: celles d\u2019étudier les maladies commes elles apparaissent actuellement chez l\u2019homme sous des conditions également favorables de traitement et d\u2019observation scientifique.Ce n\u2019a pas été le but de l\u2019Institut, jusqu\u2019à présent, de faire des recherches sur des maladies rares ou des cas typiques de maladies communes, de préférence à d\u2019autres plus connues.Au contraire, les recherches qu\u2019on a faites, tant dans les laboratoires qu\u2019à l\u2019hôpital, ont porté sur beaucoup de maladies considérées comme les principaux fléaux de l\u2019humanité.Ainsi la syphilis, la pneumonie lobaire aiguë, certains types de maladie du cœur, la poliomyélite antérieure aiguë, ete, ont, tour à tour, attiré l\u2019attention des chercheurs de l\u2019hôpital.En somme, le but des laboratoires et de l\u2019hôpital de Rockefeller Institute : c\u2019est de poursuivre des recherches qui servent à faire avancer la science médicale et chirurgicale.Quand on croit avoir fait avancer une question, on la livre au public médical pour qu\u2019il soit à même d\u2019en tirer profit.Ainsi, maintenant que Carrel a démontré que l\u2019on peut faire certaines transplantations, les chirurgiens, avec discernement, doivent tâcher d\u2019en faire bénéficier l\u2019humanité.New-York, avec sa population de 5,000,000 d\u2019habitants et ses quarante hôpitaux de toute sorte, offre un matériel hospitalier qui peut être comparé à celui de Londres, Paris, Vienne ou Berlin. 46 RHÉAUME Malheureusement ce matériel ne sert pas suffisamment à l\u2019enseignement médical, qui est défectueux à plusieurs points de vue.D\u2019abord les écoles de médecine, trop nombreuses, se partagent le matériel hospitalier disponible, et trop peu d\u2019hôpitaux servent à l\u2019enseignement clinique.Sept écoles de médecine, à part celle du \u201c Post-Graduate,\u201d se partagent l\u2019enseignement médical dans la ville de New-York; mais les seules facultés dignes d\u2019être mentionnées sont celles de: Columbia, de Cornell et de Bellevue ; trois facultés formant un département organique de différentes universités, dont la seule vraiment digne de ce nom est l\u2019Université Columbia.Tous les hôpitaux de New-York subsistent, soit par des initiatives privées ou par le concours de pouvoirs publics ; et les universités n\u2019ont aucune prérogative et aucune influence dans le choix des cliniciens, qui est absolument entre les mains incompétentes de pouvoirs administratifs politiques.En sorte que les facultés sont forcées d\u2019utiliser les cliniciens qu\u2019on leur offre, qu\u2019ils soient qualifiés ou non.Ainsi le Bellevue, hôpital municipal ,donne Phospitalité aux trois principales facultés, qui ont, chacune, un personnel enseignant qui leur est propre, mais qui leur est imposé.Heureusement qu\u2019il arrive assez souvent que des professeurs compétents se trouvent à occuper des positions importantes dans les hôpitaux; mais le système de les choisir ne garantit pas que leurs successeurs auront les mêmes qualités.Il y a tellement d\u2019intérêts particuliers en jeu que les hôpitaux et leurs médecins ne veulent pas céder devant les universités ; et, tant que les universités n\u2019auront pas le contrôle scientifique des-hôpitaux, elles ne pourront pas édifier leur enseignement clinique sur des bases solides.Cela est réellement un malheur car New-York possède une douzaine d\u2019hôpitaux capables de'devenir des foyers d\u2019enseignement, dans le meilleur sens du mot.Parmi les principaux citons: le \u2018\u201c Bellevue Hospital,\u201d d\u2019une capacité de 1100 lits, nous rappelant les grands hôpitaux de Paris, et donnant l\u2019enseignement à trois écoles de médecine; le \u201c St.Luke\u2019s\u201d et le Mount Sinaï,\u201d le \u2018\u201c Presbyterian \u201d et le \u201c Roosevelt,\u201d sont des hôpitaux modernes équipés d\u2019une façon idéale.Le \u201c Babaies Hospital,\u201d qui n\u2019est cependant pas comparable à celui de Toronto, offre une particularité que l\u2019on rencontre dans nul autre hôpital d\u2019enfants d\u2019Amérique.Cette particularité consiste en une salle pour les enfants A TRAVERS LES HOPITAUX AMÉRICAINS 47 prématurés, oi on a remplacé la couveuse par un systome d\u2019air chaud, réglé à 90° F., par un appareil automatique.Quatre bébés peuvent y être logés à la fois, et la surveillance en est confiée à une garde-malade, qui seule a accès dans la chambre, et peut donner des renseignements quotidiens au médecin, à travers une cloison vitrée.Le système, qui a donné de bons résultats, me paraît bien supérieur à celui de l\u2019incubateur.Dans tous ces hôpitaux les laboratoires fonctionnent avec une activité fébrile.Les cultures du sang, les réactions de Wassermann, ete, sont devenues des routines quotidiennes et des modes d\u2019investigations dans l\u2019histoire de cas de chaque malade.Mais il faut avouer que les directeurs de laboratoires sont rémunérés suffisamment et peuvent consacrer leur temps, en entier, aux recherches de laboratoires.Quant à ce qui regarde la technique chirurgicale: ce que J'ai constaté dans un hôpital je l\u2019ai revu dans un autre, et ce qui me paraissait particulier à New-Yrok m\u2019a révélé une école généralisée, lorsque j\u2019ai pu prendre contact avec l\u2019organisation hospitalière d\u2019autres villes importantes, telles que Philadelphie et Baltimore.Un décorum imposant existe dans toutes les salles d\u2019opération.Le personnel des fonctionnaires est, en général, intelligent et excessivement poli.Les infirmiers et les gardes-malades, généralement bien stylés, sont d\u2019un aide précieux dans l\u2019exécution du travail de la salle d\u2019opération.Les assistants et toute la population du service de chirurgie font mine d\u2019un respect et d\u2019une déférence, pour le maître qui opère, réellement édifiants.La technique opératoire je l\u2019ai vue la même, partout.Tous les chirurgiens opèrent avec des gants de caoutchouc.Les assistants, trop nombreux (j'en ai compté jusqu\u2019à cinq à part les gardes-malades) manipulent instruments, compresses et ligatures, et sont autant de risques d\u2019infection pour le malade.Tout un arsenal d\u2019instruments, qui passent de main en main jusqu\u2019à l\u2019opérateur, est utilisé pour chaque opération.Le malade sert de table à instruments, et nous en voyons fréquemment à partir des pieds jusqu\u2019à la tête.Quand on a vu l\u2019ectivité du peuple américain en affaires commerciales, quand on s\u2019est rendu compte de son besoin irrésistible 48 RHÉAUME de se renseigner vite et de faire vite, on est quelque peu surpris de la lenteur opératoire d\u2019un grand nombre de ses chirurgigns.Mais cette condition n\u2019est pas tant due à une lenteur physique qu'à l\u2019école même qui paraît diriger, à l\u2019exclusion de toute autre, la chirurgie américaine : l\u2019école allemande.Sur ce rapport de la technique opératoire, je vous avoue bien franchement que je nous considère, nous, chirurgiens canadiens, supérieurs aux chirurgiens américains que j'ai pu voir à l\u2019œuvre jusqu\u2019à présent.La raison existe daus le fait que nous savons tirer profit des différentes écoles, et que nous avons surtout bénéficié de l\u2019enseignement d\u2019une école qui s\u2019efforce à simplifier les techniques, une école melheureusement ignorée aux Etats-Unis: la grande et belle école francaise.D\u2019un autre côté, J'ai eu fréquemment l\u2019occasion de constater que les chirurgiens américains sont plus interventionistes que nous le sommes, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de troubles digestifs persistants et ne pouvant être expliqués avant l\u2019apparition de symptômes funestes.S'il font souvent des laparatomies exploratrices.sans diagnostic, peut-être n\u2019en faisons-nous pas assez fréquemment.Le risque qu\u2019ils font courir à leurs patients est encore moins grave que celui de la temporisation à outrance qui ne nous permet souvent que d\u2019entreprendre une opération palliative.Leur attitude interventioniste explique, du reste, le succès de certains chirurgiens américains dans la chirurgie gastro-intestinale., Les Américains eux-mêmes admettent que, si New-York a granidi rapidement d\u2019une façon si prodigieuse, son enseignement supérieur n\u2019a pas progressé en proportion équivalente.Pour voir ce qu\u2019il y a de mieux aux Etats-Unis il faut se rendre plus loin, à Philadelphie, par exemple.En effet, Philadelphie est un centre d\u2019enseignement supérieur très important.Son université \u201c Pennsylvania\u201d est une des meilleures organisations que je connaisse ; mais ici, comme à New- York, trop d\u2019écoles de médecine se divisent le matériel hospitalier.Je ne mentionnerai que les deux principales: la faculté médicale de l\u2019université Pennsylvania et l\u2019école libre du \u201c Jefferson hospital.\u201d Ce qui caractérise la faculté médicale de l\u2019Université Pennsylvania et la rend supérieure à bien d\u2019autres c\u2019est: la quantité et la A TRAVERS LES HOPITAUX AMÉRICAINS 49 qualité de ses professeurs, dont un bon nombre est payé pour se livrer entièrement à l\u2019enseignement et aux recherches; de nombreux laboratoires bien outillés, des musées et des instituts ouverts aux étudiants diplômés pour des recherches anatomiques ; l'hôpital de l\u2019université qui sert à l\u2019enseignement clinique et qui est contigu aux laboratoires et aux salles de cours.En somme une faculté qui se suffit à elle-même et qui possède tout, chez elle, sans se déplacer.Sous ce rapport, l\u2019école libre du \u201c Jefferson Hospital \u201d offre à peu près les mêmes avantages.Les laboratoires sont à la porte voisine, tandis que tout l\u2019enseignement médical se fait à l\u2019hôpital, le plus luxueux que je connaisse.Le Jefferson Hospital est ce que l\u2019on peut concevoir de mieux comme organisation.Situé en plein centre d\u2019activité de la ville de Philadelphie, il est administré comme les plus grands hôtels de luxe.C\u2019est le paradis des malades riches et exigents, qui voient s\u2019exécuter tous leurs petits caprices.: Les consultations externes jouent un rôle très important ici, et offrent des avantages exceptionnels à l\u2019étudiant, dans toutes les spécialités de la médecine et de la chirurgie.La consultation des maladies génito-urinaires et vénériennes est une des plus considérables d\u2019Amérique.Cet état nous paraît quelque peu paradoxal dans une ville puritaine, aux mœurs rigides et pudiques ; mais c\u2019est la conséquence néfaste qu\u2019on a constaté dans tous les milieux où on a voulu enrayer le vice d\u2019une façon radicale.Baltimore, avec une population comparable à celle de Montréal, donne l\u2019hospitalité à sept écoles de médecine.Cela est inouï ! 412 médecins contribuent à l\u2019enseignement de ces différentes écoles.Ceci signifie que près des deux tiers du total des médecins de la ville de Baltimore sont des professeurs ; mais, s\u2019ils sont professeurs, il faut avouer que tous ne peuvent avoir des qualités pédagogiques transcendantes.Il est tout de même surprenant de constater que dans cette ville, véritable tour de Babel de l\u2019enseignement libre, existe l\u2019école de médecine la plus réputée aux Etats-Unis: \u201c Le John Hopkins.\u201d En effet, la réputation faite à cette faculté médicale n\u2019est pas exagérée.Le visiteur, étranger, même prévenu, s\u2019enthousiasme devant son organisation pédagogique presque idéale, qui est la con- 50 RHÉAUME séquence de plusieurs facteurs: ses ressources, qui lui permettent de faire beau et grand ; ses professeurs, nombreux et bien rémunérés, qui sont choisis avec discrétion ; ses laboratoires effectifs au point de vue de l\u2019enseignement et des recherches ; ses avantages cliniques, qui couvrent tout le terrain connu de la médecine et de la chirurgie.Cette école, qui est un département organique de l\u2019université du même nom, existe grâce à la générosité du crésus philanthrope John Hopkins.Je ne voudrais pas, en si peu de temps, porter un jugement final sur l\u2019organisation universitaire et l\u2019enseignement médical aux Etats-Unis.Mais ce que j'ai pu constater jusqu\u2019à présent me permet de faire les considérations suivantes, que je vous soumets bien humblement.Lorsque la profession médicale aura fini son travail d\u2019épuration ; lorsque ces écoles parasites, qui fonctionnent dans un but purement spéculatif et d\u2019intérêt particulier, auront disparu, les universités américaines joueront un grand rôle dans le monde; outillées comme elles le*sont déjà, elles produiront leur quote-part dans les recherches et les découvertes scientifiques.\u201c Le Rockefeller Institute\u201d est déjà un foyer scientifique sérieux, assis sur des bases solides, et pouvant soutenir la comparaison avec ce qui existe de mieux en Europe.On finira bientôt par faire à cet endroit, ce qu\u2019on a déjà fait au \u201c Metropolitan Opera,\u201d et s\u2019assurer les collaborations les plus sérieuses de tous les pays.Une condition qui m\u2019a particulièrement frappé chez nos voisins: c\u2019est influence, le prestige, le role prépondérant que jouent les jeunes, dans toutes les branches de l\u2019activité humaine et dans les écoles de médecine en particulier.Quand un homme a de la valeur, au lieu de le laisser s\u2019étioler dans l\u2019attente, on l\u2019utilise quand il peut produire quelque chose, en pleine activité cérébrale ; quitte à le faire reposer plus tard quand il a gagné ses lauriers.Une autre caractéristique du peuple américain, qui est tout à son honneur, c\u2019est le peu d\u2019importance qu\u2019on attache aux origines nationales ou aux croyances religieuses d\u2019un candidat à nne fonction quelconque.Si ce candidat vaut quelque chose, on en tire profit, sans prendre en considération des titres extra-profession- nels.; Nous en avons un exemple frappant dans la personne de Carrel, A TRAVERS LES HOPITAUX AMÉRICAINS 51 qu\u2019ils considèrent comme un des leurs.L\u2019honneur, substantif et tant envié, qu\u2019il vient de recevoir, ils le font rejaillir sur toute la natonalité américaine.Puisqu\u2019ils lui ont permis de faire ses découvertes, n\u2019est-il pas juste aussi qu\u2019ils bénéficient des appréciations flatteuses de l\u2019extérieur ?Les universitaires américains paraissent pousser bien loin le sentiment de la solidarité.J\u2019ai eu l\u2019avantage de le constater à New-York, où il m\u2019a été permis de m\u2019asseoir à une table de douze cents diplômés d\u2019Universités, qui s\u2019étaient réunis autour de M.Woodrow Wilson, le futur président de la confédération américaine, pour supporter sa candidature.Ces universitaires, sans distinction de parti politique, se sont formés en ligue, afin de promouvoir l\u2019influence des \u201c college men \u201d dans la direction de leur pays et prêter main-forte à ceux des leurs qui briguent les suffrages populaires.Ce mouvement, très noble et exemplaire, est digne de notre admiration.Enfin tout ce que le peuple américain entreprend il le veut grand, \u2018greatest in the world.\u201d S\u2019il ne réussit pas toujours, avouons au moins que c\u2019est une ambition, un idéal bien louable.Le peuple américain gagne à se faire connaître ; l\u2019expérience m\u2019a enthousiasmé et m\u2019encourage à continuer ces bonnes relations.Dans un prochain voyage je visiterai les universités du centre, pour ensuite continter mon pèlerinage jusqu\u2019à l\u2019océan Pacifique.CHRONIQUE LA SUPERSTITION ET LA MEDECINE Voilà un titre capable d\u2019effraver bien des gens, bien des esprits timorés et superstitieux.Mais, rassurez-vous, nous ne toucherons pas au côté \u201c mystique \u201d de la question, nous nous bornerons à en exposer le côté philosophique au point de vue médical : nous ferons comme Enée descendu aux Enfers, nous en diviserons les ombres avec notre plume (pas avec notre épée) plus par courage que par confiance et sans croire qu\u2019après nous aurons démoli une des plus gran«les plaies des peuples et la plus dangereuse \u2018\u201c\u201c phobie \u201d des rustres et des ignorants, c\u2019est-à-dire la superstition. 52 VILLECOURT La superstition est le fait des esprits faibles, elle est la plus dangereuse rivale des religions et de la science.Saint-Simon, Fénelon, d\u2019Alembucte, ont tour à tour combattu la superstition et ses pratiques, comme dangereuses, pour l\u2019avenir du peuple et pur le progrès.Voltaire lui-même, n\u2019a-t-il pas, dans les vers suivants, ridiculisé à l\u2019affreuse \u201c chimère \u201d: Lorsqu\u2019un mortel atrabilaire Nourri de superstition, A, par cette affreuse chimère, Corrompu sa religion, Son âme alors est endurcie, Sa raison s\u2019enfuit obscurcie, Rien n\u2019a plus sur lui de pouvoir, Sa justice est folle et cruelle, Il est dénaturé par zèle, Et sacrilège par devoir.La superstition n\u2019est point l\u2019apanage exelusif des gens simples et dépourvus de culture, mais aussi des lettrés, des savants et des illustres.Elle constitue plutôt une \u201c maladie \u201d de l'esprit, nn localisée, ne espèce de névrose de l\u2019âme.Jadis elle était contagieuse et s\u2019étendait rapidement aux groupements humains, au point de devenir dangereuse pour l\u2019ordre public.Aujourd\u2019hu: nous ne sommes plus superstitieux, du moins collectivement ; ear.dans leur particulier, beaucoup d\u2019entre nous le demeurent, et il est bien des esprits forts qui rachètent ensuite leur incrédulité par des faiblesses qu\u2019ils seraient fort embarrassés de justifier.Mais si l\u2019on cherche où la superstition récente à le plus d\u2019adeptes.il n\u2019est pas douteux que ce soit parmi les gens à système nerveux faible, ébranlé ou mal équilibré; ce sont eux qui entretiennent ce peuple de devins, de charlatans, de guérisseurs, de cartomanciennes, ete, dont les annonces remplissent certains journaux.Les femmes principalement (êtres encore remplies de mystère) sont les principales clientes de ces exploiteurs de la superstition surtout lorsqu\u2019elle est greffée sur l\u2019ignorance.Car les femmes sont curieuses ; et conne elles soutfrent inpatiomment que rien leu- reste secret, elles veulent connaître l\u2019avenir lui-même.Elles veulent surtout que cet avenir soit surprenant et mouvementé.Elles ne redoutent pas qu\u2019on leur prédise des malheurs frappants, car LA SUPERSTITION ET LA MÉDECINE 53 ce sont toujours des événements ; et elles en prennent d\u2019autant mieux leur parti que ces malheurs fâcheux pour elles, ne sont tirdparables que pour d\u2019autres: car Cest da mort d\u2019un de leurs proches, ou quelque chose de semblable, elles s\u2019en consolent facilement; pour elles ce sont des épreuves et, avec un optimisme robuste et un égoïsme inconscient, elles acceptent ainsi de payer, aux frais d\u2019autrui, le bonheur qu\u2019on leur promet en fin de compte.De telles femmes finissent par tomber dans une agitation assez puérile, et rien n\u2019est plus divertissant que la consommation qu\u2019elles font de cartomanciennes pour se redonner le petit émoi de prédictions fantastiques ; elles taquinent et inquiètent l\u2019avenir, au lieu de le respecter, et ressemblent à ces enfants qui, ayant semé une graine, n\u2019ont pas la patience de la laisser croître et vont la déterrer pour voir si elle germe.Le supplice le plus grand du superstitieux est celui qui avec un mélange d\u2019avidité et de terreur, s\u2019informe de tout ce qui peut porter malheur et en arrive ainsi à restreindre tellement sa liberté qu\u2019il devient le prisonnier de toutes ces prohibitions qu\u2019il s'impose ; sa vie serait intenable et la folie s\u2019emparerait vite de son pauvre cerveau, si, heureusement, à mesure que l\u2019homme invente des raisons d\u2019avoir peur, la science en trouvait en même temps le correctif qui le rassure.Mais de ce que les superstitions sont absurdes, faut-il en conclure que la superstition le soit # C\u2019est là une réponse bien délicate et bien difficile à rédiger, car le sentiment de superstition est profond et phil-so- phique.Il répond à la complexité et à l\u2019entrelacement des forces naturelles et physiques \u2014 ces dernières encore peu connues \u2014 et exprime que notre vie dépend perpétuellement de ces forces que nous ne pouvons percevoir et qui, immenses, semblables au fluide électrique qui nous environne, sont insaisissables ; qu\u2019il y a entre les choses des rapports cachés, et qu\u2019incapables de déterminer ce qui agit sur nous, nous le sommes même de mesurer les eonsé- quences de nos actes.Et sans doute, si \u201c nosologiquement \u201d la superstition est fondée, n\u2019empêche qu\u2019elle se traduit en rites déraisonnables et ridicules, mais dont il ne faut pas trop se moquer.Les hommes sentent qu\u2019ils sont menacés par des puissances aveugles, sans aucune bienveillance, et les pratiques de leurs superstitions, ce sont des prières encore, mais tordues et déformées ; ce sont les prières de la méfiance et de la peur, qui constituent le 54 VILLECOURT plus grand danger, non seulement pour la société, mais aussi pour la religion de nos pères.Boulay, professeur de pathologie comparée, à la Sorbonne, fit en 1880, à sa leçon d\u2019ouverture, un discours où il parla de la superstition en ces termes: \u201c Il existe encore des pauvres d'esprit, dépourvus même des notions les plus élémentaires, et qui sont parmi nous les représentants attardés des époques de la plus complète ignorance.Pour ces déshérites, à qui tout demeure inconnu de ces rapports que la science a découverts el découvre tous les jours, el qui constituent les lois des phénomènes, rien m'est incroyable de ce qui est absurde, et il ne leur répugne pas d\u2019admettre qu\u2019il est au pouvoir de certains hommes d'évoquer des esprits malfaisants, de les faire agir à leur commandement et de conjurer leur puissance par des paroles et par des gestes.\u201d Il est évident que pour le médecin réellement convaineu de sa mission, la superstition est condamnable, car elle entraîne parfois leurs auteurs à des dangers redoutables et même à la mort.Il faut donc la combattre, chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présentera et bien coupable celui qui, en passant à travers la forêt du monde, né frissonne même pas nn peu au contact de ces misères intellectuelles et trouve tont naturel, parce qu\u2019il ne voit rien.Il s\u2019évite peut-être bien des tracas, mais combien à la longue, le sentiment qu\u2019il se fait des choses deviént see, court, mesquin, limité! Le peuple du nord de l\u2019Amérique anglo-saxon et latin, est en majeure partie superstitieux; et ce sentiment, qu\u2019il est trop aisé de railler, il est peut-être dangereux de vouloir le supprimer à la hâte, car il s'entremêlle si étroitement à celui de la poésie, de la fantaisie, de la féerie, que dès que l\u2019on se met à couper dans ses racines obscures, on ne sait pas tout ce qu\u2019on atteint ; et il ne faut pas s\u2019étonner si les fruits les plus beaux, dans les branches, së- chent et meurent soudain du coup qu\u2019on a porté sous la terre.Ce sont les peuples superstitieux qui ont les plus belles légendes ; et c\u2019est de ces légendes que sortent les plus superbes œuvres d\u2019art.Il faut dans une race que le paysan frémisse et que les pauvres gens se racontent des visions à la veillée, pour qu\u2019au hant de cette race, tous ces frissons, ces terreurs et ces songeries du peuple se condensent dans les tragédies de FT.W.Longfellow et les drames de Shakespeare.Les pauvres gens sont superstitieux bien hum- LA SUPERSTITION ET LA MÉDECINE 55 blement.Ils sentent d\u2019après leur ignorance, qu\u2019ils ne tiennent pas les vraies explications et ne peuvent se formuler les réponses définitives, c\u2019est alors qu\u2019ils se mettent en rapport avec les forces du monde et ils traitent avec elles comme ils peuvent; au moins ils les apercoivent: ils ont un sentiment trouble mais riche de ce prodige dans lequel nous vivons tous, et leur superstition, ce n'est pas seulement d\u2019être aveuglé, c\u2019est aussi d'être éblours.Dr L.VILLECOURT, de Montréal.NOUVELLES LA SOCIETE MEDICALE DE QUEBEC BANQUET ANNUEL Samedi, le 14 décembre, monsieur le Dr J.D.Pagé, président de la Société Médicale de Québec, conviait toute la profession médicale de la vieille cité de Champlain à un grand banquet donné dans les belles salles du Kent-House, aux Chûtes Montmorency.Le Dr Pagé et les officiers de la Société Médicale se sont surpassés dans l\u2019organisation de cette fête.Québec compte environ quatre-vingt-dix médecins ; et soixante-quinze avaient répondu à l\u2019appel du Dr Pagé.Il y avait de bonnes choses à déguster dans cette demeure royale ; Je crois même que l\u2019esprit du bon Duc habite encore ce paradis terrestre et qu\u2019il avait dû causer du menu avec le chef ! Après bonne chère arrosée de bons vins, les discours s\u2019extériorisèrent le plus facilement du monde ! Le président fit brièvement l\u2019historique de la Société depuis sa fondation : 1897, à nos jours.Il fit ressortir les faits les plus importants, ceux qui ont exercé une influence sur le mouvement professionnel dans notre province.L\u2019Association des médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord, les multiples sociétés médicales de districts, le Bulletin Médical publié à Québec, voilà des œuvres qui parleront et vivront longtemps encore pour répéter 56 AGAPE à nos arrières petits-fils médecins le mérite de ceux qui ont présidé à leur fondation.Le Dr Pagé n\u2019a pas négligé de dire que la Société Médicale était nécessaire à tous les confrères ; il les invita a venir tous et à toutes les réunions.Des médecins qui se connaissent mieux s\u2019apprécient et se respectent davantage.Après la santé du Roi le Dr Verge proposa la santé du président ot le chant : Il a gagné ses épaulettes ! salua les paroles du Dr Verge, un des plus respectés parmi les doyens de la profession médicale de la vieille capitale.M.le Docteur Normand, président du Collège des Médecins et Chirurgiens fit, comme il en a le secret, un discours \u201c to the point,\u201d sur le Bill Roddick et les avantages qu\u2019offre cette loi nouvelle à toute la profession.M.le Docteur S.Boncher, délégué officiel de la Société Médicale de Montréal, dont il est le président, présenta à la Société sœur de Québec, les hommages de ses collègues montréalais.11 parla avec chaleur de l\u2019Université Laval qui fait, à Québec et à Montréal, l\u2019œuvre si belle de l\u2019enseignement supérieur.\u201c\u201c Ayons, \u201c ajouta-t-il l\u2019esprit universitaire! Cet esprit universitaire qui \u201c agira comme l\u2019ange gardien de tous les jours, en nous rappelant \u2018\u201c nos devoirs de médecins et de citoyens ! \u201d Le président donna la parole au Dr Dubé de Montréal qui, de passage à Québec avait voulu se joindre à ses amis en route pour le Kent House! Le Dr Dubé remercia en quelques mots, le président de sa gracieuse hospitalité et félicita les médecins de Québec d\u2019avoir trois de leurs confrères au conseil de ville.Il leur conseilla de s\u2019entendre entre eux pour qu\u2019il y en ait un plus grand nombre aux prochaines élections.C\u2019est encore le moyen le plus sûr d\u2019avoir l\u2019inspection médicale des enfants des écoles, ete.Pourquoi ne pas avoir également à la Législature provinciale un plus fort contingent de médecins?Nos affaires ne s\u2019en porteraient que mieux! Le Dr Dubé termina en conseillant anx convives d\u2019avoir de l\u2019esprit public! Il faut appuyer vos collèenes du conseil de ville par votre vote et faciliter leur travail en vous servant de votre influence dans tous les quartiers de la ville, pour mieux former l\u2019opinion publique et lui faire accepter le progrès.M.le Dr J.P.Décarie le futur président de la Société Médicale de Montréal prit ensuite la parole.Il dit, avec son esprit LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE QUÉBEC 57 habituel, combien il était heureux, à son retour de France, de causer du dernier Congrès des médecins de langue française tenu à Paris.Il nous parla de la sympathie de nos cousins de France pour tous les médecins de chez nous.Les convives applaudirent longuement lorsque le Dr Décarie leur annonça que cette Association si importante en Europe, avait décidé de tenir son congrès de 1916 à Montréal.Puis les conseillers municipaux MM.Gosselin et Dussault assurèrent leurs amis de leur bonne volonté pour la réorganisation du bureau d'Hygiène municipal.M.le Dr Dagneault, appelé à parler, dit que le temps des promesses et des beaux discours était passé et qu\u2019il fallait que tous se mettent à l\u2019œuvre, au conseil de ville et partout ailleurs !.Et ce n\u2019est qu\u2019à une heure avancée que les convives prirent gaie» ment d\u2019assaut le tramway spécial en route pour Québec endormi là-bas.sous un grand dôme lumineux ! Dr Acarr.SOCIETES ASSOCIATION MEDICO CHIRURGICALE DU DISTRICT DE JOLIETTE Séance du 9 décembre 1912.Membres présents: MM.les Drs Joseph Lippé, J.A.Barolet, J.Shepperd, Albert Geoffroy, Joseph Marion, J.P.Laporte, J.C.Bernard, Roméo Turgeon, W.Gaudet, Albert Laurendeau, Pierre Pelland, T.Lamarche.Présidence: Dr J.A.Barolet.MM.les Drs Pierre Pelland de St-Cuthbert, et oméo Turgeon de St-Jean de Matha sont admis membres de 1\u2019 Association.Le Dr Albert Laurendeau de St-Gabriel de Brandon donne une conférence sur la carie dentaire et son traitement.Les membres de l\u2019Association prennent ensuite connaissance de faits graves imputés à l\u2019un des médecins du district, contre la déontologie professionnelle ; et après avoir minutieusement examiné et pesé toutes les circonstances qui se rapportent à cette regrettable affaire, adoptent la résolution suivante: Attendu qu\u2019il est démontré que le Dr J.A.Paquet, de Ste- Elisabeth, comté de Joliette, tient un bureau conjoint avec le 58 LAURENDEAU rebouteur A.Mireault en la ville de Joliette; que le dit J.A.Paquet agit comme s\u2019il était en société avec le dit A.Mireault.en donnant des consultations et des soins conjoints aux malades qui s\u2019adressent à l\u2019un d\u2019eux; en collectant même des clients la rémunération pour leurs soins respectifs ; Attendu que le rebouteur Mireanlt annonce dans le journal \u201c L\u2019Etoile du Nord \u201d, publié à Joliette: qu\u2019il tient un burean dans la ville de Joliette et qu\u2019il est accompagné d\u2019un médecin diplômé, et que le dit \u2018* médecin diplômé ?J.À.Paquet de Ste-Elizabeth ; Il est proposé par le Dr J.Lippé, secondé par le Dr Albert Laurendeau : Que l\u2019Association Médico-Chirurgicale du district de Joliette charge la Commission re charlatans (composée de MM.les Drs n\u2019est autre que le Dr C.Bernard.J.P.Laporte et A.Geoffroy) de prendre des procédures contre le dit J.A.Paquet de Ste-Elizabeth, conformément à la loi médicale, article 4002ce, 9 Edouard VIT, qui se lit comme suit: Sont déclarés actes dérogatoires à l'honneur professionnel : \u201cLe fait de s\u2019associer on avoir des consultations avec des charlatans ou des rebouteurs\u2019; de porter ces faits à la connaissance du Conseil de discipline de la Province de Québec; de faire la plainte et la procédure nécessaires contre le dit J.A.l\u2019aquet, conformément aux Règlements du Collège des médecins et chirurgiens de la Province de Québec; Que le secrétaire soit autorisé à faire tous les déboursés nécessaires en rapport avec cette cause, à même les fonds de l\u2019.Associa- eion médico-Chirurgicale du district de Joliette.\u201d Adopté à l\u2019unanimité, Albert Laurenprau, Sec.-Trés.Note.\u2014 Nous félicitons la Société Médicale de Joliette de son attitude énergique.Il devrait y avoir une clause dans nos règlements qui supprimerait automatiquement la licence à des médecins de cet acabit qui sont la honte de notre profession. BIBLIOGRAPHIE Æsculape.Grande revue mensuelle illustrée, latéro-médicale.Le numéro: 1 fr.Abonnement: 12 fr.(Etranger: 15 fr.).A.Rouzaud, éditeur, 41, Rue des Ecoles, Paris.Sommaire du No de novembre 1912.Les Restes de Descartes (7 illustr.), par le prof.Verneau.\u2014 Une alerte récente à l\u2019Académie des Sciences.M.Verneau, professeur au Muséum, à la sollicitude duquel sont confiées nos précieuses collections anthropologiques, raconte, d\u2019après les documents inédits les multiples pérégrinations du crâne de Descartes et de ses autres restes.Photos de la lettre de Berzélius et du crâne de Descartes.| Le Duel au point de vue chirurgical (5 illustr.), par le Dr Dar- tignes.\u2014 Quelques mots sur l\u2019auteur et sur sa naissance acel- dentelle à Paris.L\u2019état d\u2019âme du chirurgien dans une rencontre ; l\u2019état d\u2019âme des \u201c condamnés\u201d; le rôle du chirurgien avant le combat, pendant le combat, après le combat; quelques anecdotes vécues.La lumière inconnue (6 illustr.), par Tony D\u2019Ulmès.\u2014 Le grand écrivain, dans une nouvelle angoissante et tragique, traite la question du dédoublement de la personnalité et du fantôme.Comment fonctionne un laboratoire de police (16 illustr.), par le Dr Locard, directeur du laboratoire de police de Lyon.\u2014 Les progrès de la science mis au service de la recherche des malfaiteurs et criminels: empreinte de doigts, repérages d\u2019orifices de glandes sudoripares, les empreintes dentaires du cambrioleur dans le gâteau à la crème de marrons ; les empreintes de genoux ; le truquage de l\u2019écriture ; les alphabets secrets, etc.Saint-Mathurin, guérisseur de la folie (9 illustr.), par Saint- Yves.Il guérit: la fille de l\u2019empereur Maximien possédée du démon, les extravagants du pèlerinage de Larchant; son action agit plus à distance qu\u2019au voisinage ; les démons et leurs divers aspects.Paysages lunavres (6 illustr.), par L.Rudaux.\u2014 Montagnes, plaines et vallées de la lune; pas de vie organisée ; paysages grandioses et sinistres, photos.| Supplément trimestriel.\u2014 Le Bal de l\u2019Interternat.(23 illustr.).\u2014 Reproduction des cartes d\u2019invitation de photos de loges ; dessins de cortèges.La salle de Bullier pendant le Bal; la foule tournoie, chante, danse; quelques costumes originaux ou audacieux.Quelques sujets de loges: Mimi Pinson chassé de la salle d- gerde ; le relèvement de l\u2019Homme-malade ; l\u2019Homme-chauve de Lariboisière : le Chinois fumeur d\u2019Opium; le Harakiri de Fal- 60 UNION MÉDICALE DU CANADA lières ; Supplices infligés aux \u201c Chefs \u201d de Tenon ; l'Institut Carrel et ses organes de rechange ; la Maison arabe de Cochin, ses danses lascives, sa quarteronne ; le Lupanar grec.Quelques cortèges: la Gaïeté francaise morte, le Manneken-Pis, l\u2019Engénie, le Médecin qui comprend les femmes.Suppiément (20 illustr.).\u2014 roweries Colombiennes.\u2014 Lutour de l'âme humaine.\u2014 Flore et faune des océans.\u2014 Le lait artificiel.\u2014 Mort de Tenriette d Amgleterre.\u2014 Le lir à l\u2019are est un sport.\u2014 Dessins d'enfants.\u2014 Le Gymnase grec.\u2014 Les insectes et leur interprétation décorative.Le numéro du 7 décembre 1912 qui commence la 3e année de Paris Médical, publié par le professeur GILBERT à la librairie J.-B.Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris, est entièrement consacré aux Maladies des enfants.Voici le sommaire : La chirurgie infantile et l'orthopédie en 1912 (levue annuelle), par le Dr A.Mouchet.\u2014 La Médecine infantile en 1912 (Revue annuelle), par les Drs Lereboullet et Schreiber.\u2014 Consi- dirations générales sur les traumatismes osseux chez les nefants, par de professeur Kedmisson.\u2014La pneumonie infantile jugée par la radiographie, par les Drs FE.Weill et Mouriquand.\u2014 Traitement opératoire des paralvsies spasmodiques, par le Dr Forster.\u2014 Faut-il opérer le spina-bifida, par le Dr Froelich.\u2014 Diagnostic des formes frustes de la coqueluche, par le Dr Deleourt.\u2014 Les petits trucs de l'orthopédiste, par le Dr Rœderer.\u2014 Sociétés savantes.\u2014 Libres propos, par le professeur Gilbert.\u2014 Le berceau de la loi de 1902 sur la santé publique, par le Dr A.Loir.\u2014 Les hôpitaux d\u2019enfants en Allemagne, par le Dr Dorlencourt.\u2014 L\u2019é ducation physique de l'enfance par le passé.\u2014 Le rôle du médecin en éducation phsique.\u2014 Les crèches de Paris.\u2014 La Médecine au Palais.\u2014 Silhouette médicale.\u2014 Diététique.\u2014 Formules thérapeutiques.\u2014 Revue hebdomadaire de la Presse française et étrangère.\u2014 Œuvres d\u2019assistance.\u2014 Institutions pour les enfants.\u2014 Chronique des livres.\u2014 Nouvelles.\u2014 Vie médicale.\u2014 Cours.\u2014 Memento de la quinzaine.\u2014 Thèses.(Envoi franco de ce numéro de 116 pages in-4 avec fignres, contre 1 fr.en timbres-poste de tous pays.) SUPPLEMENT EN EUROPE Le Dr Asselin, professeur suppléant de physiologie à l\u2019Université Laval de Montréal, est en Europe pour quelques mois où il a l\u2019intention d\u2019étudier les derniers perfectionnements de la physiologie expérimentale, à Paris, à Louvain, à Berlin et à Vienne.A PROPOS DE VACCIN Dans un procès par jury, assez récent, la ville de Montréal avait été condamnée à payer \u2018\u201c $6,000 \u201d à une veuve dont l\u2019enfant aurait souffert de paralysie à la suite d\u2019une vaccination.La preuve et l\u2019expertise ont démontré que ce vaccin avait évolué sur le bras d\u2019un enfant qui souffrait de paralysie infantile type Duches- ne-Erb, et qu\u2019il n\u2019y avait là qu\u2019une malheureuse coïneidence.Néanmois le préjugé l\u2019emporta.En révision, les trois juges ont été unanimes pour renverser ce jugement et remettre les choses au point, au grand désespoir d\u2019un journal du soir qui bafouille pitoyablement dans le compte rendu qu\u2019il donne du jugement final, et qui parle de médecine comme un aveugle des couleurs.Dans les cas d\u2019amaigrissement qui se prolongent et persistent malgré une diète appropriée, nous sommes en présence d\u2019un problème difficile à résoudre.Les préparations à base d\u2019huile de foie de morue provoquent souvent des nausées.Or, nous savons que la clef du succès, chez le tuberculeux, c\u2019est de conserver l\u2019estomac bon.Dans ces circonstances, nous pouvons résoudre le problème par le BOVRIL, dont le pouvoir nutritif, sous un petit volume, est considérable, en même temps qu\u2019il favorise l\u2019absorption des autres aliments.L'électrosélénium dans le traitement du cancer inopérable, par les Drs M.DBDOUGEANT et A.GALLIOT, dans La Clinique, 9 août 1912.Les auteurs de ce travail procèdent tout d\u2019abord à un exposé de la question au point de vue historique.Ils rappellent les expériences initiales de Wassermann et les motifs qui les ont décidés en pratique, à choisir l\u2019Electrosélénium ou sélénium colloïdal électrique rouge corail, plutôt que toute autre préparation séléniée dont la toxicité pourrait être grande.: 62 | UNION MÉDICALE DU CANADA Les auteurs ont constamment introduit l\u2019Electrosélénium chez l\u2019homme par la voie intraveineuse, chaque ampoule de 5 c.\u20ac.contenant 1 milligramme de sélénium métalloïdique.Leur technique est celle de toutes les injections intraveineuses; il n\u2019y a aucun phénomène douloureux.La réaction générale est le plus souvent marquée, la température monte à 38 ou 39°.On observe des frissons ; un grand soulagement suit, dans presque tous les cas, cette réaction.Jamais on n\u2019a eu à noter de véritable intolérance.Les auteurs ont traité, à la Polyclinique Rotschild, 5 cancers de l\u2019utérus, 3 cancers du sein, un cancer de l\u2019estomac, un cancer de la langue, un ostéosarcome de la cuisse, un lymphosarcome cervical.\u201c Chez tous, écrivent-ils, nous avons obtenu d\u2019heureuses modifications.\u201d Ils rapportent en détail 5 de leurs observations et constatent, dans les cinq cas, les mêmes effets à des degrés plus ou moins prononcés.Le premier est l\u2019amendement considérable de la douleur qui permet de supprimer la morphine que l\u2019on n\u2019est que trop souvent obligé d\u2019administrer aux cancéreux.\u201c Le sélénuum est un analgésique de premier ordre et d\u2019une parfaite innocuiie.\u201d On note en même temps \u2018un relèvement considérable de l\u2019état général, la régression limitée des lésions et la survie en des limites fixées par la gravité du mal.\u201d Dans un cas de cancer de l\u2019utérus, non seulement ils ont noté la cessation de la douleur, mais encore, fait capital.\u201c l\u2019assèchement des léstons et au moins l'arrêt de leur progression dans une forme extrémement rapide.\u201d La conclusion de MM.Bougeant et Galliot est done que non seulement le sélénium est inoffensif, indolore, et ne produit pas d\u2019accumulation, mais encore qu\u2019il peut rendre un très grand service comme adjuvant médical du traitement du cancer.On devra I'administrer d\u2019une part avant l\u2019intervention chirurgicale \u201c dans le but d'assécher et de mobiliser les lésions.\u201d On devra l\u2019administrer après l\u2019intervention dans le dessein d'éviter on de reculer les récidives : on devra surtout l\u2019administrer dans les cas où, pour des raisons anatomopathologiques on antres l\u2019intervention chirurgicale sera impossible.Il est curieux de constater que MM.Bougeant et Galliot se rencontrent dans leurs conclusions avec les autres, Blumenthal, Cade et Girard, Trinckler, ete., dont les travaux ont été publiés depuis quelques mois sur le rôle de \"Electroséiénium en thérapeutique. Ww 6: À Se $ Ur = # aN \u201c ie AT mua, +, LE PROFESSEUR HERVIEUX 1863 - 1913 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.