L'union médicale du Canada, 1 juin 1913, Juin
[" Van L'UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 18:2.PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, MM.L.de L.HARWOOD, MM.A.Le SAGE, J.E.DUBE, H.HERVIEUX, A.MARIEN.\u2014\u2014\u2014e \u2014\u2014\u2014\u2014 5 Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, Rédacteur en chef 46, Avenue Laval, Montréal.Vol.XLII ler JUIN 1913 No 6 ACTUALITES UNE CHAIRE DE PHTISIOTHERAPIE A LAVAL, DE MONTREAL D\u2019où viennent ces tremblantes gouttes ?11 ne pleut pas, le temps est clair; C\u2019est qu\u2019avant de se former toutes, Elles étaient déjà dans l\u2019air.(1) 11 y a quelques mois, un citoyen de cette ville qui occupe une position éminente dans le haut commerce, Monsieur Auguste Richard, proposait à l\u2019Université Laval de lui verser une somme de dix malle dollars, dans le but de fonder une chaire de phtisio- {hérapie à charge, par la Faculté de Médecine, d\u2019en désigner le titulaire, d\u2019en organiser le fonctionnement et d\u2019en défrayer les dépenses à même les revenus de cette somme principale.L'Université accepta avec reconnaissance ce don magnifique, et la Faculté de Médecine, spontanément et à l\u2019unanimité, désignait aussitôt le titulaire à cette nouvelle chaire: le Dr J.E.Dubé, de Montréal.Le geste est noble ; il mérite d\u2019être signalé à l\u2019attention de tous.Nous sommes heureux de cette innovation dans l\u2019art de créer, chez nous, car elle indique qu\u2019une mentalité nouvelle va naître et que nous sommes en train de franchir une des étapes les plus importantes de notre vie médico-sociale: la collaboration financière (1) Sully Prudhomme, \u2018\u2018Rosées\u201d 312 LESAGE des citoyens riches et éclairés aux œuvres de haul enseignement et d'éducation populaire.Depuis longtemps, quelques esprits progressistes songeaient à la solution pratique de ce problème, vital pour nous Canadiens- français, dont la mortalité par tuberculose s'accroît constamment, lorsqu'un hasard providentiel est venu servir à souhait leurs plus secrets désirs.Depuis deux ans, Monsieur Auguste Richard occupe, avec un rare bonheur, le fauteuil de la présidence au bureau de direction de l'Institut Bruchési dont il est un des fondateurs.Grâce à ce tact, que tous lui reconnaissent, et à sa grande générosité,,il avait su retenir auprès de lui, malgré le pessimisme de certains prophètes, quelques citoyens importants intéressés à cette œuvre dès les premiers jours.Témoin attristé et douloureusement surpris des misères sans nombre accumulées par cette véritable peste blanche: la contamination de l\u2019ouvrier dans l'atelier humide et privé de lumière, la maladie implacable installée désormais au fover d\u2019une famille souvent nombreuse et jusque là saine, le chômage fréquent, bientôt l\u2019impotence définitive, enfin la mort à échéance plus ou moins longue du chef de file; une mére atteinte elle-méme par la contagion, qui décline rapidement, à cause du travail quelle s\u2019 impose pour nourrir les orphelins, des privations de toutes sortes qu'elle endure et du mal qui la consume; \u201cCe mal qui caché, nous ôte l\u2019embonpoint, Qui nous tue à vue d\u2019œil et que l\u2019on ne voit point \u201d enfin, des enfants privés, comme par accident, de leurs soutiens naturels, héritiers d'une constitution atfaiblie quand ils ne sont pas déjà contaminés, qui sont recueillis dans les hospices où ils vont grossir le nombre déjà si grand des déshérités de la vie, ou bien qui s'engagent conime serviteurs dans les familles à l\u2019aise où ils inoculent inconsciemment, par ignorance ou par nécessité, les jeunes poitrines des enfants dont elles ont la garde; témoin, dis- je, de ces scènes pitovables que le public ignore et qui se répètent fréquemment sous les veux des médecins dans le dispensaire antituberculeux, il cherchait avec anxiété le moyen de remédier da- \"antage, s1 possible, à cet état de choses aui menace l\u2019avenir de notre race.Il en causait fréquemment avec ses intimes et ses collaborateurs.\u2018Aire ely UNE CHAIRE DE PHTISIOTHERAPIE 313 \u2014 Sans doute, le dispensaire public, tel que celui de l\u2019Institut Bruchési, comblait déjà une lacune importante, car c\u2019est là que le médecin vient en contact avec les malades, qu\u2019il fait leur éducation en leur donnant des soins intelligents et assidus, et en attirant leur attention sur les meilleurs moyens de se prémunir contre la contagion ou d'empêcher la contamination ; mais cela n\u2019était pas suffisant.Il fallait sceller la consécration officielle de l\u2019enseignement \u201c contre la tuberculose \u201d afin d\u2019en assurer la pérennité et de donner le véritable élan dans cette lutte qui se poursuit partout ailleurs, qui a déjà provoqué, ici même, de beaux dévouements et suscité de nobles aspirations.C'est ainsi, qu'après de mûres réflexions, il fondait cette chaire de phtisiothérapie à Laval.Nos vœux les plus chers s'accomplissent.Grâce à la générosité du philanthrope qu\u2019est M.Richard, dont l'esprit si large, si souple, saisit rapidement l\u2019importance de ces questions d'économie sociale, la lutte contre la tuberculose prend un nouvel essor.Elle n\u2019est plus confinée exclusivement au dispensaire où elle fait le bien comme à la dérobée, à l\u2019insu de tous, excepté des humbles et des idéalistes, mais elle monte à la tribune et elle parle d\u2019autorité.Elle prend la direction du mouvement en organisant en quelque sorte la synthèse des initiatives privées que leur isolement condamnerait à l\u2019impuissance et elle assume la réalisation d'une œuvre aussi noble qu\u2019utile, car elle est liée instiinement à la prospérité générale du pays, à son essor économique, à sa grandeur.\u2014 Aux pouvoirs publics, elle tracera au fur et à mesure la voie à suivre, les lois à formuler contre l\u2019alcoolisme dont la tuberculose est un des plus douloureux effets, contre le logement insalubre, le taudis, où naissent et meurent tant de victimes, contre le lait infecté qui tuberculise les jeunes enfants et qui les prédispose a sue- comber au moindre choc.\u2014 (\u2018ette chaire nouvelle fera plus encore.Elle groupera, chaque année, tous les étudiants en médecine qu\u2019elle instruira non- seulement : au point de vue scientifique mais encore au point de vue social.Elle indiquera les causes, l\u2019évolution, les aspects écono- niques et sociaux de la maladie, elle leur donnera les meilleurs moyens de la combattre à toutes ses phases, enfin elle formera la mentalité de ces jeunes intelligences en leur enseignant le caté- 314 LESAGE chisme des devoirs et des responsabilités du médecin moderne en face des dangers qui menacent la famille et la race.Ces jeunes médecins iront à leur tour dans les différents centres de leur pays où ils continueront la saine propagande d\u2019éducation populaire dont les résultats ont été si encourageants ailleurs.\u2014 Cette fondation aura les plus heureuses conséquences à plusieurs autres points de vue, car elle nous achemine rapidement vers la conception \u2014 nette pour un grand nombre pour les tuberculeux indigents.Nous ne pourrons pas enrayer ce fléau, surtout dans les classes ouvrières, si nous consentons à laisser vivre au sein des familles nombreuses, dans des logements trop étroits, des tuberculeux qui contaminent leur entourage.Le problème est posé.Nous souhaitons qu\u2019on puisse le résoudre dans un avenir prochain, car les circonstances favorisent tout particulièrement l\u2019exécntion de ce plan.d'un hôpital Quant au titulaire de cette nouvelle chaire, est-il besoin d'exprimer ici notre sentiment ?Le choix est heureux et nous nous en réjonissons à plus d'un titre.Depuis quinze ans, mon ami Dubé mène les bons combats avec une ardeur, une sincérité et un succès qui imposent l'admiration et lui gagnent la sympathie de tous les honnêtes gens.\u2019 Ce n\u2019est pas le moment de parler de son initiative dans les œuvres sociales de puériculture et autres ; qu\u2019il me suftise de rappeler aujourd\u2019hui l\u2019heureuse inflnence qu\u2019il a exercée dans la fondation de l\u2019Institut Bruchési et du préventorium de Belœil.Ila su grouper dans un tout homogène des citoyens éclairés, des médecins dévonés et compétents et les admirables Sœurs de la Providence, pour édifier cette œuvre d'assistance à domicile ct de consultations externes qui a fait un bien immense et qui a tant contribué à vulgariser dans le public les notions indispensables à connaître sur ce sujet.À cette école, dirigée avec une science consommée et un dévone- ment admirable, des Jeunes médecins de talent ont acquis une expérience très étendue à cause du grand nombre de malades qui viennent les consulter.Ils sont devenus des disciples avertis et ils forment déjà une véritable pépinière destinée à alimenter le il [RS UNE CHAIRE DE PHTISIOTHERAPIE 315 dispensaire, la chaire nouvelle et le futur hôpital anti-luberculeux.Cette œuvre magnifique de charité et d\u2019assistance publique jointe à sa longue expérience, à l\u2019étendue de ses connaissances, au bon renom de sa réputation et à l\u2019espoir d\u2019un avenir encore frue- tueux et toujours brillant le désignait tout naturellement pour occuper ce poste important.Le prestige de Laval en est rehaussé d\u2019autant et le travail désintéressé reçoit sa juste récompense.\u2014 Mon ami Dubé ne conduira pas seul une besogne aussi lourde.Il a à ses côtés, depuis les débuts, un collaborateur précieux qui possède au même degré un talent d\u2019organisation remarquable, une science consommée de tout ce qui touche à la tuberculose, de la ponctualité au devoir ct la notion nette et précise des besoins du moment et des nécessités de l\u2019avenir.Si j'ajoute, qu\u2019à ces dons rares il joint une ténacité légèrement agressive qui réveille les énergies latentes et force la victoire jusque dans ses derniers retranchements, je n\u2019aurai pas besoin de nommer celui que tous auront reconnu dans ces quelques lignes: le Dr Eugène Grenier, ancien élève dun professeur Knopf, et le directeur en titre de l\u2019Institut Bruchési.On ne saurait séparer deux hommes qui se complètent si bien.C\u2019est le verbe et son complément.\u2014 Tels sont les éléments qui composent l\u2019œuvre que le geste de M.Auguste Richard vient d\u2019unifier afin d\u2019en assurer le succès et d\u2019en perpétner l\u2019influence bienfaisante.Je le dis bien haut, afin que d\u2019autres grands financiers nous entendent : lorsqu\u2019an homme de cœur, arrivé au faite de la fortune ou des honneurs, a le mérite d\u2019avoir établi nne maison de commerce sur des bases telles qu\u2019elles assurent la richesse à ses enfants et qu\u2019elles lui permettent désormais de regarder l'avenir avec sérénité, on comprend qu\u2019il puisse en ressentir un légitime orgueil ; mais si, plus tard, cet homme a le rare privilège d\u2019ajouter à son actif une œuvre reconnue d\u2019utilité publique dont l\u2019action bienfaisante continuera de se faire sentir aussi longtemps qu\u2019il y aura un devoir à accomplir et du bien à faire, il doit s\u2019estimer heureux d\u2019avoir vécu sa vie dans toute sa plénitude, et même d\u2019avoir réussi à en prolonger indéfiniment le souffle, car les œuvres de charité sont impérissables comme le souvenir de ceux qui les ont fondées : 44.et qui en ont assuré l\u2019existence.Albert LESAGE. CONGRES COMPTE RENDU DE LA PREMIERE CONVENTION DES \u201c GOUTTES DE LAIT \u201d DE MONTREAL Section francaise.PREMIÈRE SÉANCE PUBLIQUE Le 11 mai 1913, dans les salles du Cercle paroissial de l\u2019Enfant- Jésus, offertes gracieusement par les autorités scolaires, s\u2019ouvrait de la façon la plus solennelle, la première Convention des \u201c Gouttes de lait,\u201d de Montréal, \u2014 et, comme le faisait remarquer son président, M.le Dr Lachapelle, \u2014 \u201c la première du genre peut-être tenue en Amérique.\u201d Jer ORDRE Bienvenue Par le Dr Roulean, Président du Dispensaire de l\u2019Enfant-Jésus, et Directeur du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.| Dès sept heures et demie, à la foule qui se presse dans la vaste salle, M.le Dr J.Rouleau sonhaite la plus cordiale bienvenne.Au nom de ses collègues du Dispensaire, an nom de la Commission scolaire, au nom du Curé et des fidèles de la paroisse de l\u2019Enfant-Jésus, il remercie du fond du cœur les Conventionnels d\u2019avoir choisi cette dernière comme siège de leurs délibérations.Il voit dans ce fait, non seulement un honneur pour la paroisse, mais un hommage rendu à tous ceux qui, par leur collaboration intelligente et dévouée, ont contribué à la fondation ct au succès de cette première \u201c Goutte de lait\u201d paroissiale, à Montréal.\u20182e ORDRE Ouverture de la Convention Par le Président M.le Dr S.Lachapelle. GOUTTES DE LAIT 317 Le vieux professeur de pédiatrie à Laval, dans une allocution à la fois pleine d'enthousiasme et de sagesse, où apparaît dans toute sa noblesse le zèle qui, pendant toute sa vie, a été consacré à la cause de l\u2019enfance, dit d\u2019abord, pourquoi la paroisse de l\u2019Enfant- Jésus a été choisie comme siège de la première des \u2018\u201c Gouttes de Lait,\u201d a Montréal; c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019elle a été la première à comprendre l\u2019utilité de cette œuvre qu\u2019est la \u201c Goutte de Lait,\u201d pour combattre la mortalité infantile, et à l'encourager de façon à ce qu'elle fonctionne avec succès ; c\u2019est ensuite pour rendre hommage au dévouement et au zèle de ceux qui depuis la première heure,c\u2019est-à-dire depuis trois ans, s\u2019attachent à en démontrer et à en répandre les bienfaits.La paroisse de l'Enfant-Jésus peut done être considérée comme le berceau des \u201c Gouttes de Lait \u201d de Montréal.Après avoir exprimé le vœu qu\u2019une \u201c Gontte de Lait\u201d soit fondée dans chaque paroisse de la ville de Montréal, M.Lachapelle s'applique ensuite à démontrer dans les grandes lignes, ce qu\u2019est une \u201c Goutte de Lait,\u201d et quelle est sa raison d\u2019être.\u2018\u201c Créée, dit-il, pour combattre la mortalité infantile, cette institution peut être aujourd\u2019hui considérée comme la plus efficacement connue contre le terrible fléau qui nous menace, nous, en particulier, les Canadiens-Francais.\u201d Elle comprend deux opérations dont l\u2019une, la principale, l\u2019essentielle, est l'éducation des mères, soit par les conférences, soit par la consultation au dispensaire des nourrissons une ou plusieurs fois la semaine; la seconde, consiste dans la distribution d\u2019un lait aussi pur que possible.M.le Dr Lachapelle insiste fortement sur cette école maternelle, école de puériculture qui est le seul moyen de s\u2019attaquer directement à la cause principale des maladies multiples des petits enfants, a savoir: le manque de connaissance chez la dre dans l\u2019élevage des petits nourrissons.Après ces quelques considérations développées d\u2019une façon aussi éloquente que convainquante, le Président déclare la Convention ouverte. 318 DEROME ET DUFRESNE 3e ORDRE Rapport général des opérations du dispensaire de l\u2019Enfant-Jésus depuis sa fondation, par M.le Dr Eugène GaGNon.M.le Dr Eugène Gagnon rappelant que le dispensaire gratuit de l\u2019Enfant-Jésus n\u2019est en opération que depuis le 5 juillet 1910, montre au moyen de statistiques, qu\u2019il serait très long de rapporter ici en entier, les résultats excellents obtenus sur le taux de ja mortalité infantile dans la paroisse, grâce au travail fait par le dispensaire.Comparant la movenne des décès pour les années 1910, 1911 et 1912, avee celle des six années précédentes, il donne 45 décès de moins pour chacune des trois dernières années sur les six précédentes, et, en particulier, les décès par gastro-entérite ont été diminués de 32 chaque année.Parmi les enfants âgés de moins de cinq ans, il en est mort 44 de moins que durant la période précédente.Avant 1910, sur 100 enfants qui naissaient, 14 succombaient à la suite de gastro-entérite, depuis, cette proportion est réduite à huit.Avant 1910 37% des enfants mouraient avant d\u2019avoir atteint l\u2019âge de 5 ans, il n\u2019en meurt plus que 29%.M.Gagnon continue ainsi à prouver par des chiffres consolants que l\u2019œuvre du dispensaire de l\u2019Enfant-Jésus n\u2019a pas été tout à fait stérile.11 fait remarquer que l\u2019excédent des naissances sur les décès est de 23 par mille de population dans la paroisse, tandis que, pour toute la ville de Montréal, cet excédent n\u2019était que de 16 par mille en 1908 et en 1911; et de.19 par mille à Buenos-Avres, l\u2019une des villes où l\u2019on meurt le moins.M.Gagnon explique ensuite l\u2019organisation du dispensaire de l\u2019Enfant-Jésus, le but qu\u2019il poursuit et les movens qui y sont employés.Le dispensaire est tout simplement une association entre le curé, les commissaires d\u2019écoles, et la plupart des médecins de la paroisse.Tous n\u2019ont qu\u2019un but: empêcher les petits enfants de mourir.Et comme ceux-ci meurent surtout de troubles gastro- intestinaux, de là la consultation gratuite donnant un service rê- gulier et permanent, et la distribution d\u2019un lait aussi pur que GOUTTES DE LAIT 319 possible.Enfin comme la consultation ne permet pas d\u2019atteindre toutes les mères, et encore moins les futures mères, des conférences publiques sont données de temps en temps par les médecins du dispensaire.de ORDRE Rapporl complet des opérations de toutes les * Gouttes de Lait \u201d à Montréal, par M.A.Cuevairer du Bureau de l'Assistance Municipale.M.Chevalier fait remarquer que, au cours de l\u2019année 1912, la eité de Montréal a subventionné 26 \u201c Gouttes de Lait.\u201d Sur ce nombre, 16 seulement ont cru devoir profiter de la subvention accordée, les 10 autres étant restées à l\u2019état de projet.Le montant de chaque subvention a varié entre $800.00 à $1+400.00.Après la nomenclature de chacune de ces 26 \u201c Gouttes de Lait,\u201d avec les détails qui s\u2019y rattachent, M.Chevalier donne un apercu historique des efforts tentés jusqu'ici dans les prinei- paux pays pour combattre la mortalité infantile.Dès 1784 en France, Beaumarchais suggéra l\u2019idée, tout à fait moderne, de secourir les mères pauvres allaitant leur enfant, en leur remettant chaque mois une certaine somme d\u2019argent.Newman rapporte qu\u2019en 1775, dans une certaine province de Finlande, une amende de $10.00 dût être imposée aux mères, afin de les forcer à nourrir elles-mêmes leurs enfantss.Depuis 1892 existe en France : \u201c La Société pour les mères nourrices,\u201d de caractère privé, mais subventionnée par l\u2019Etat.Elle recoit les femmes dans une maison, les occupe de menus travaux, leur enseigne l'hygiène, les soins du ménage, etc, et après la naissance du bébé, leur accorde une allocation mensuelle.I] existe en France la Société Mutuelle de Secours maternels, fondée en 1891, et enfin les restaurants fondés par Madame Cou- lettes, où l\u2019on sert gratuitement deux bons repas par jour aux mères nourrices.La qualification requise étant: qu\u2019elles sont mères et qu\u2019elles ont faim.En Angleterre il existait, en 1910, 92 institutions destinées à l\u2019éducation des mères.(\u201cest a Fécamp, en France, que fût fondée en 1894 par le Dr Dufour, la première \u201c Goutte de Lait.\u201d 320 DEROME ET DUFRESNE Vers la même époque, M.Strauss établissait aux Etats-Unis quelque chose comme une \u201c Goutte de Lait,\u201d mais parce qu'il ne s'occupa point de l'éducation des mères, aucun résultat ne fût obtenn.La première \u201c Goutte de Lait,\u201d en Angleterre, fut fondée à St.ITelen, Lancashire, en 1899.En somme, dit M.Chevalier.il apparait assez clairement que, pour enrayer la mortalité infantile, il faut d\u2019abord faire l'éducation des mères présentes et futures, et cela au moven de conférences, de consultations médicales, de conseils donnés à domicile par des gardes malades, ete., et en outre, il faut obtenir la collaboration de tous les travailleurs scociaux et de tous les philanthropes.La plus grande publicité doit enfin Être accordée aux résultats obtenus par les grands journaux.5e ORDRE i.Oo : Travail sur les causes et le taux de la mortalité infunlile à Montréal, par M.le Dr J.E.Lanerae, médecin en charge du Département des Maladies contagieuses.Après avoir rappelé que ce sont les découvertes de l'illustre Pasteur qui ont donné l'élan au mouvement hygiénique vraiment pratique des temps modernes, il cite comme exemples les lois de quarantaines si effectives, la fondation d'hôpitaux pour malades contagieux, les sociétés anti-tuberculeuses, l\u2019établissement des départements d'hygiène, l'inspection médicale des écoles, la fondation de \u201c Gouttes de Lait,\u201d ete., toutes institutions qui ne sont pas des précautions inutiles parce qu\u2019elles répondent à un besoin urgent.Passant ensuite aux statistiques relatives à la mortalité infantile à Montréal, il fait défiler une série de tableaux montrant : 1° Que durant la période de 13 années, c\u2019est-à-dire de 1559 à 1911, nous avons perdu le quart des enfants nonveaux-nés ; 2° Que la mortalité des enfants de moins d\u2019un an durant la période qui s'étend de 1877 à 1912 a été une moyenne de 1,000 morts par 100,000 de population ; 3° Que la moyenne de mortalité chez les enfants âgés de moins d'un an, comparée à la mortalité totale a été durant les 15 dernières années de 41.8% ; il \u201c qu qe pa GOUTTES DE LAIT 321 4° Que la cause principale de cette mortalité chez les enfants de moins d\u2019une année, est la diarrhée ou gastro-entérite, dans I\u2019énorme proportion de 66.6% ; Que les mois d\u2019été sont les plus meurtriers.M.Laberge comparant ensuite ces statistiques avec celles de quelques autres centres populeux, constate que pour l\u2019année 1911 Montréal, est, après Caleutta, la ville où les enfants meurent le plus.Si, dit-il, on excepte Montréal et Caleutta, ces deux villes fameuses par leur mortalité infantile, on constate que la mortalité moyenne dans les autres centres est de 112 par mille de population, tandis qu\u2019à Montréal elle est de 242.Ce qui fait qu\u2019à Montréal, nous avons 130 décès de plus que dans les autres villes du monde entier, que nous enregistrons un décès pour 4 naissances.Devant ces statistiques effrovables, M.Laberge conclut logiquement qu\u2019il est nécessaire d\u2019agir promptement en s\u2019attaquant à toutes les causes de la mortalité infantile, mais en particulier à la principale, aujourd\u2019hui très connue: la mauvaise alimentation des bébés.Il faut d\u2019abord, ajoute-t-il, insister auprès des mères sur la nécessité de l\u2019allaitement maternel, et les instruire sur les multiples soins hygiéniques indispensables aux petits enfants, mais il faut aussi mettre tout en œuvre pour procurer à ceux de ces petits êtres qui sont privés de la nourriture maternelle, le meilleur lait possible, c\u2019est-à-dire ne contenant qu\u2019une faible proportion de bactéries, et surtout aucune toxine, c\u2019est là une des saisons d\u2019être de ces nobles entreprises désignées sous le nom de \u201c Gouttes de Lait.\u201d Puissent les pouvoirs publics qui déjà ont fait peu jusqu\u2019à ce jour pour assurer le succès de ces œuvres, s\u2019efforcer, soit par des lois, soit autrement de coopéerer à l'enrayement de ce fléau qui menace l\u2019avenir de notre race.Ge ORDRE La mortalité infantile mondiale.par M.le Dr Bownixr, du Bureau Provincial d'hygiène.Avant d\u2019approfondir les statistiques qu\u2019il va présenter sur la mortalité infantile des différents pays, M.Bonnier constate avec 322 DEROME ET DUFRESNE les orateurs précédents que cette mortalité est chez nous, effrayante et qu\u2019elle menace d\u2019annihiler la grande natalité qui est la caractéristique de notre race et qui fait son orgueil.C\u2019est, dit-il, cette natalité qui a permis aux 60,000 Canadiens- Français qu\u2019ils étaient lors de la cession à l\u2019Angleterre de se propager et de compter aujourd'hui près de 4,000,000 malgré les conditions de lutte, de misère et de travail qu\u2019ont dû traverser et vaincre nos ancêtres.L'orateur ne perd pourtant pas l\u2019espérance car, dit-il, nos populations sont encore vivaces; les principes religieux, l\u2019amour du foyer et l'attachement au sol sont encore trop vifs pour que nous ne continuions pas à nous épanouir.Nous ne souffrons pas encore des fléaux qui déciment le vieux continent ; les guerres, les épidémies, l\u2019indigence, etc, nous vivons relativement dans l\u2019aisance, notre climat est salubre et l\u2019espace ne manque pas.Nos femnes sont incomparables de dévouement et d\u2019amour maternel.Nous devons donc nous armer contre la mortalité infantile qui est soumise ici aux mêmes causes qui sont générales à tous pays.Suit le tableau comparatif pour chaque pays du nombre d\u2019enfants morts de 0 à 7 ans.Moyenne annuelle extraite du total de dix ans et représentée par 1,000 naissances.Causes générales ordinaires \u2014 D\u2019après une enquête faite par MM.Balestre et Gileta, portant sur la période comprise centre 1892 à 1897, il résulte que la mortalité moyenne des enfants au- dessus de 1 an comparée à la mortalité totale est de 16.6%.I)ans les villes, elle égale 5, Y4, 53 et même L5 Sur 100 décès d\u2019enfants de moins de 1 an 28.5 meurent de diarrhée.Celle-ci est plus meurtrière en juillet et août, elle cause à elle seule 60% des cas de mort.D\u2019après Monat, la gastro-entérite tuerait 47% des enfants au sein.Rapprochant ces chiffres de ceux qui sont fournis par la ville de Montréal, il constate que ces derniers sont particulièrement éloquents puisque sur 1,000 naissances, 250 menrent avant 1 an, que 43.5% meurent de gastro-entérite, etc.D\u2019un relevé en Angleterre sur les 124,218 enfants de moins de 1 an morts en 1903, nous voyons que la gastro-entérite vient en tête des causes avec 29.5%.M.Bonnier donne des chiffres qui prouvent que partout les enfants illégitimes meurent plus que les légitimes, que la mortalité le GOUTTES DE LAIT \u2018 323 est moindre là où il n\u2019y a pas d\u2019agglomération, que la mortalité infantile est fortement influencée par la misère et l\u2019insalubrité, qu\u2019elle décroit à mesure que l\u2019enfant vieillit de 0 a 1 an.Il reste acquis que la mortalité infantile d\u2019un pays varie suivant les lieux, les milieux, les mœurs, l'industrie, la prospérité et l\u2019indigence.SEANCE MEDICALE Lundi, 8 hrs, le 12 mai 1913.Le Président M.le Dr Lachapelle ouvre la séance par quelques remarques judicieuses sur le succès obtenu par la soirée précédente, et en particulier sur les espérances que celui-ci a fait naître dans l\u2019esprit de tous.Il exprime sa plus grande satisfaction de voir réunis un si grand nombre de médecins \u2014 au delà de 60 \u2014 pour travailler à cette œuvre de charité et d\u2019éducation qu\u2019est la \u201c Goutte de Lait.\u201d Cette nombreuse assistance ne l\u2019étonne cependant pas car il sait, pour l'avoir constaté depuis longtemps, que les médecins ne se montrent jamais indifférents ni aux questions d\u2019ordre scientifique, ni à celles d\u2019ordre philanthropique.Or la \u201c Goutte de Lait,\u201d son organisation, son succès ont justement pour base à la fois la science et la charité.Il remarque dans l\u2019assemblée un certain nombre de vieux praticiens comme lui-même, mais il constate que ce sont surtout des jeunes, ses élèves, pour la plupart, qui sont venus offrir leurs efforts et leur énergie à la grande cause qui fait l\u2019objet de cette convention.ler ORDRE Discussion des rapports donnés la veille.M.le Dr Raoul Masson, fait remarquer que le travail de M.Gagnon, fait d\u2019ailleurs d\u2019une façon admirable, est une compilation de statistiques, et qu\u2019il ne croit pas qu\u2019il puisse être l\u2019objet de discussion.Il propose donc que ce rapport soit adopté.Adopté à l\u2019unanimité.Sur la demande du Président M.A.Chevalier résume pour les besoins de la discussion quelques-unes des opinions qu\u2019il a émises 324 DEROME ET DUFRESNE dans son travail de la veille, et entre autres la suivante: \u201c que les \u201c Gouttes de Lait,\u201d ou consultations de nourrissons devraient toujours être d\u2019initiative privée.\u2019 Il rappelle que dans certaines villes ces institutions sont tout à fait sous le contrôle absolu des autorités municipales, ces institutions ne donnent aucun résultat, justement parce que les personnes charitables qui en sont l\u2019âme, comme les médecins, le curé, s\u2019en désintéresseront.Une autre question sur laquelle M.Chevalier désire attirer l\u2019attention des membres de la Convention est la suivante : Est-il préférable qu\u2019une \u201c Goutte de Lait\u201d soit en opération toute l\u2019année ou seulement pendant les mois d\u2019été ?En réponse à cette dernière question M.le Dr Lussier, médecin en chef de la ville de Maisonneuve, fait observer que dans cette dernière ville depuis le mois de janvier, 48 enfants sont morts de gastro-entérite, chiffre qui, d\u2019après lui est suffisant pour justifier le fonctionnement permanent d\u2019une \u201c Goutte de Lait.\u201d M.le Dr Décarie, Président de la Société Médicale de Montréal, croit qu\u2019il y a une distinction à faire entre les œuvres purement charitables et les œuvres d\u2019utilité nationale.Quand il s\u2019agit, dit-il, simplement de faire la charité, qu\u2019on la fasse d\u2019une façon cachée par des œuvres paroissiales ou autres, c\u2019est très bien, mais lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019œuvres nationales et surtout de celles en rapport avec la mortalité infantile dans la nation ca- nadienne-française, la position est différente.Il se demande si, tout en sollicitant l'initiative privée des différentes paroisses en vue du bien-être des enfants de chacune d\u2019elles, il n\u2019y aurait pas avantage à placer cette initiative sous la direction d\u2019un corps central relevant du pouvoir municipal.En somme M.Décarie se déclare en faveur, pour les \u201c Gouttes de Lait,\u201d d'organisation avec direction locale ou paroissiale, mais relevant toutes d\u2019un pouvoir unique, afin d\u2019arriver à leur donner une marche uniforme et de permettre aux officiers municipaux de présenter des statistiques absolument sérieuses.Le Président M.S.Lachapelle ajoute qu\u2019il serait avantageux pour la ville de Montréal, de dédoubler son service de santé et d\u2019avoir un département uniquement consacré à l\u2019enfant.M.le Dr Rivet, professeur de Chimie à l\u2019Université Laval, ne partage pas l\u2019opinion de mettre toutes les \u201c Gouttes de Lait \u201d sous GOUTTES DE LAIT 325 le contrôle des autorités municipales.Il croit que cette espèce de bureaucratie aurait pour effet de ralentir, de paralyser même l\u2019initiative et le travail particulier des médecins ou autres organisations des \u201c\u2018 Gouttes de Lait,\u201d justement parce que ceux-ci n\u2019auraient plus conscience que l\u2019œuvre dépend d\u2019eux, de leurs efforts et de leur zèle.M.le Dr Garceau, échevin de la ville de Montréal, déclare que pour lui, il n\u2019y a aucun doute que l\u2019organisation des \u2018\u201c Gouttes de Lait \u201d doit être laissée à l'initiative privée, mais il croit aussi que l\u2019autorité publique doit dans ce cas-ci venir en aide à l\u2019initiative privée, non pas, dit-il, en se prévalant de son autorité, mais en l\u2019encourageant par des subsides et par des conseils.Au sujet de la permanence des \u2018\u201c\u201c Gouttes de Lait,\u201d M.J.Dé- carie dit que, vû les ressources limitées qui sont généralement à notre disposition la consultation seule devrait être permanente, et la distribution du lait n\u2019être faite que durant les mois d\u2019été, y compris le mois de juin qui, sans être généralement un mois de chaleur excesive, permettrait de faire l\u2019éducation des mères pour les mois suivants.Et à ce propos, il verrait avec plaisir les autorités municipales accorder une rénumération légère pour l\u2019organisation d\u2019un service permanent de conférences instructives aux mères et aux futures mères.Après cette longue mais intéressante discussion, sur proposition du président, les travaux de MM.Laberge et Bonnier sont adoptés à l\u2019unanimité.2e ORDRE La discussion conduite par M.le Dr Raoul Masson, médecin de l\u2019ITôpital Ste-Justine, est ouverte sur les sujets suivants : (a).La \u201c Goutte de Lait \u201d est-elle désirable ?(0) Est-elle possible sans contrôle médical ?(¢) Les consultations doivent-elles être gratuites pour tout le monde indistinctivement ?La première ne rencontrant ancune objection, M.R.Masson fait judiciensement remarquer que le nombre considérable des médecins présents est une preuve suffisante que la \u201c Goutte de Lait\u201d est non seulement désirable, mais nécessaire. 326 DEROME ET DUFRESNE Il déclare donc cette première question résolue.Passant à la seconde question, M.Masson explique ce qu\u2019il entend par \u2018\u201c Goutte de lait \u201d sans contrôle médical, c\u2019est, dit-il, une distribution de lait sans consultation de médecin.Le président se charge de répondre à cette seconde question en disant qu\u2019on ne saurait entretenir de doute sur la nécessité d\u2019une direction médicale dans toute \u201c Goutte de Lait,\u201d puisque, ajoute- til, celle-ci est une création essentiellement médicale, puisque, des deux opérations qui la composent, la seule essentielle, comme disait le professeur Budin dans ses magistrales lecons, c\u2019est la consultation.D'ailleurs MM.Variot et Dufour, ce dernier fondateur de la première organisation de ce genre en France, n\u2019ont-ils pas répété que dans leur idée, la \u201c Goutte de Lait,\u201d devrait être avant tout une école de puériculture, c\u2019est-à-dire une école ayant pour but d\u2019enseigner aux mères À élever leurs nourrissons.Or, non seulement les fondateurs de la \u201c Goutte de Lait,\u201d à Montréal se sont inspirés de cette idée, mais comprenant, en outre, que le premier devoir d\u2019une \u201c Goutte de Lait \u201d est de prêcher l\u2019allaitement maternel, ils ne pouvaient qu\u2019admettre la nécessité absolue d\u2019un contrôle médical dans chacune de ces organisations.M.J.Décarie qui déclare partager absolument l\u2019opinion du Président sur la seconde question s\u2019applique ensuite à répondre à la troisième qui est la suivante: \u201c Les consultations doivent-elles être gratuites pour tout le monde instinctivement ?Considérant, dit-il, que les médecins du dispensaire font là une œuvre d\u2019intérêt public et qu\u2019ils y passent un temps précieux, ils devraient en retour, recevoir une certaine rénumération mais donner leurs consultations à tout le monde instinctivement et gratuitement ; quant au lait distribué, il doit être payé par les riches.M.le Dr Rivet, de son côté, considère que ce serait une injustice à faire aux médecins de famille, que de donner gratuitement la consultation à ceux qui sont capables de payer.Il ne voit ancun inconvénient à ce que le lait soit délivré à ceux-ci sur prescription du médecin de famille, et que le contrôle de leur alimentation soit laissé entièrement à ce dernier.M.le Dr Gagnon croit comme M.Décarie que le médecin du dispensaire devrait avoir le contrôle absolu du régime de tous les enfants qui s\u2019y présentent, tout en admettant cependant que la PE pe SEE GOUTTES DE LAIT 327 chose serait susceptible de faire perdre quelques revenus aux médecins de famille, mais en face du mal à combattre, dit-il, ceux- ci devraient en faire le sacrifice.M.le Dr E.Asselin, professeur d'électrothérapie à l\u2019Université Laval, se déclare de l\u2019opinion de M.Rivet, et ajoute, que dans une \u201c Goutte de Lait,\u201d il v a la distribution du lait et la consultation, et il ne devrait pas être indispensable pour avoir du lait de consulter le médecin qui s\u2019y trouve.Si cela ne convient pas à la statistique telle qu\u2019on la désire, tant pis.Le Président, MM.Dubé, Rivet, Archambault, Garceau, Asse- lin, Poissant, Laberge, qui, suivant la spirituelle remarque du Dr DeGrandpré, sont tous d\u2019avis que l\u2019on peut soigner les bébés sans faire mourir les médecins, semblent à peu près d'accord pour accepter les points suivants : | Que la consultation doit se faire gratuitement pour tous ceux qui viennent la demander, et que la distribution du lait moyennant finance, sur prescription du médecin de famille, ne peut étre refusée, sans blesser les droits de ce dernier, et sans priver une partie considérable de la population des bienfaits d\u2019une \u2018 Goutte de Lait,\u201d car remarque M.Dubé, s\u2019il est facile d\u2019établir le contrôle du lait, dans les institutions de ce genre, il ne l\u2019est pas autant, à domicile et les clients à l\u2019aise peuvent sûrement en payant, profiter de cet avantage, sans nuire aux clients pauvres, sans nuire à l\u2019établissement d'une bonne statistique, ajoute M.DeGrandpré, sans partager les subsides accordés exclusivement aux pauvres par la cité de Montréal, déclare M.Asselin.Le rapporteur M.R.Masson, veut bien admettre cette opinion quasi unanime de l\u2019assemblée, mais il croit qu\u2019elle ne règle pas tout à fait la difficulté.Comme il tient à ce que la statistique de toutes les opérations d\u2019une \u201c Goutte de Lait\u201d soit parfaite, il suggère que l\u2019on oblige les médecins qui envoient leurs clients s\u2019approvisionner de lait au Dépôt, à tenir eux-mêmes les statisti- aues de ces clients sur des cartes fournies par le dispensaire, et à faire rapport de temps en temps.Pour résumer ce qui précède M.Masson présente le vœu suivant : \u201c Attendu qu\u2019il est admis que les clients externes peuvent être autorisés, moyennant une juste rétribution et sur ordonnance d\u2019un médecin, à se procurer à l\u2019une ou l\u2019autre des différentes \u201c Gouttes de Lait,\u201d établies dans la ville de Montréal.\u201d 328 DEROME ET DUFRESNE Je suggère que les statistiques des * Gouttes de Lait \u201d soient divisées en deux parties distinctes : 1° Statistiques des clients internes, étant sous le contrôle d'un médecin des \u201c Gouttes de Lait,\u201d statistiques qui répondent à toutes les questions de formules uniformes à toutes les \u201c Gouttes de Lait.\u201d 2° Statistiques des clients externes sous le contrôle de leur médecin particulier, répondant aux questions suivantes: Nom, âge, adresse du client, quantité de lait vendne chaque jour, nom et adresse du médecin traitant.En réponse à la question: Les consultations doivent-elles être gratuites pour tout le monde indistinctivement ?Je propose la gratuité de toutes les consultations, du moins nour le moment.3e SEANCE (Séance publique) Mardi, 13 mai 1913.Le Président après avoir exprimé toute sa satisfaction pour le succès obtenu jusqu'ici par la Convention, donne lecture d\u2019un travail très documenté sur l'allaitement maternel.Rappelant dès le début ces paroles de Pinard : ** Que la mortalité infantile est quatre fois moins considérable chez les enfants nourris par leurs mères,\u201d 1l déclare donc que l'allaitement maternel représente une grande économie de nourrissons, et que partout notre premier devoir à tous, est de combattre cet abandon grandissant d\u2019une loi naturelle, de l\u2019observation de laquelle dépendent et la vie de l\u2019enfant et la santé de la mère.Passant ensuite aux causes qui semblent inviter davantage les mères à l\u2019inobservance de cette loi, il cite: 1° La vanité ; 2° La crainte, cause la plus fréquente peut-être chez nous : le moindre trouble de santé étant un prétexte donné par la mère et accepté souvent trop volontiers par le médecin ; 3° Les menstruations pendant l\u2019allaitement.Or, il est prouvé que 40% des mères ont leur menstruation régulière pendant qu\u2019elles nourrissent, ce ne peut donc être là une raison suffisante. GOUTTES DE LAIT 329 La santé de la mère non seulement n\u2019est pas affaiblie par l\u2019allaitement maternel, mais au contraire, comme les lois de la nature ne sont pas violées impunément, si elle ne nourrit pas son enfant, elle compromet à la fois la santé de celui-ci et la sienne propre.M.Lachapelle donne ensuite quelques préceptes de puériculture qu\u2019il verrait avec plaisir afficher en gros caractères dans chacune des \u2018\u201c Gouttes de Lait,\u201d et dont nous citons quelques-uns: MÈRES : 1° Voulez-vous avoir un enfant qui se développe normalement ?NOURRISSEZ-LE.2° Voulez-vous avoir un enfant d'une taille plus élevée ?NOURRISSEZ-LE.3° Voulez-vous avoir un enfant moins exposé à la maladie et plus fort ?NOURRISSEZ-LE.| 4° Voulez-vous jouir vous-mêmes d'une meilleure santé ?NOURRISSEZ VOTRE ENFANT.Il termine par une description des soins généraux et locaux qu'exige l'allaitement maternel, et en particulier le sevrage.Celui-ci étant une opération grave, puisque dépend de lui la vie de l'enfant, il faut le préparer longtemps à l'avance.Les soins qui concernent la mère sont entre autres, l\u2019exercice modéré, alimentation riche, soins de la peau, entourage d\u2019affection et de tendresse, repos prolongé après la maladie.Les soins locaux ont surtout pour but de prévenir et de guérir les maladies du sein, telles que fissures, crevasses, etc., qui empé- chent l\u2019allaitement maternel dans une proportion de 20%.Le sevrage est une seconde opération délicate qui ne doit jamais avoir lieu quand l'enfant est malade, ou pendant les chaleurs de l\u2019été.Enfin M.Lachapelle demande à la Convention d\u2019émettre le vœu suivant : \u201c Les pouvoirs publics, les sociétés d\u2019asistance de l\u2019enfant, particulièrement toutes les organisations de Gouttes de Lait,\u201d toutes les autorités d'influence dirigeante, sont priés de prendre toutes les dispositions possibles pour réhabiliter l\u2019allaitement maternel, dont l\u2019abandon grandissant est la principale cause de la mortalité infantile.\u201d 330 DEROME ET DUFRESNE L\u2019ALLAITEMENT ARTIFICIEL Par M.le Dr J.A.Trouve, professeur agrégé à l'Université Laval.Dans un travail très documenté, le jeune et brillant professeur nous parle de l'allaitement artificiel.Il dit, en substance, que dès la naissance l\u2019allaitement maternel prime toutes autres sortes d'alimentation.Que l'allaitement artificiel est un mal social qu\u2019il faut subir, mais dont on doit chercher à atténuer les mauvais effets.Qu'à défaut d\u2019allaitement maternel, l'on doit donner la prété- rence au lait cru recueilli antiseptiquement ; mais que cette méthode étant impraticable dans une ville comme Montréal, il vaut mieux avoir recours an lait stérilisé.Que dans Montréal, de tous les laits stérilisés, celui fourni industriellement par un établissement offrant toutes les garanties possibles, est celui que nous devons prescrire le plus souvent.Que le moyen le plus simple pour le rendre digestible est le coupage par l\u2019eau sucrée.Que les laits modifiés ou corrigés ne doivent être employés que là où le lait stérilisé ne peu plus rien faire, et que ces laits ne sont bons que pour lancer nm enfant souffrant, et que leur emploi ne peut être prolongé que quelque temps, sous peine de voir apparaître de l\u2019intolérance digestive, et des accidents de nutrition.En terminant le Dr Ledue dit : que rious sommes portés à donner trop de lait aux nourrissons.ETUDE DU LAIT Par M.le Dr El.GaGxon, professeur agrégé de l'Université Laval.M.Gagon dit, en résumé que parler du lait semble nne chose bien banale, et que c\u2019est cela, peut-être, qu'on oublie trop souvent : que l\u2019animal qui produit le lait peut être malade: que celui-ci est un aliment périssable, et qu'enfin pour le conserver il faut bien en connaître les moyens.Après avoir rappelé que dans ce pays après le lait maternel, c\u2019est le lait de vache, qui est le plus employé pour l'alimentation } Hip it fi le di GOUTTES DE LAIT | 331 du nourrisson, il ajoute qu\u2019une vache peut être une excellente laitière et cependant avoir des maladies qui rendent son lait dangereux; il s\u2019étend ensuite sur les soins à donner au troupeau, et en particulier sur la nourriture qui doit être abondante et saine, de même que l\u2019eau.Il condamne les puits artésiens creusés dans le sous-sol des étables, les auges communs, etc.Quant aux moyens de conserver le lait M.Gagnon dit qu\u2019à moins d'un luxe de précautions qui le rend excessivement dispendieux, on ne saurait obtenir un lait parfait, cependant, ajoute-t-il, avec de la grande propreté on peut obtenir un lait convenable.M.Gagnon déplore avec tous l\u2019excessive fréquence de la tuber- sulose chez la vache (50%), et dit qu\u2019elle constitue un danger constant pour l'enfant.Il passe ensuite à la constitution chimique du lait chez la femme, la chèvre, la vache et l\u2019ânesse, et fait ressortir les propriétés qui caractérisent chacun d\u2019eux, il explique comment se fait sa contamnination par les différentes bactéries, et comment enfin il nous est encore possible malgré tout de lui rendre à nouveau sa stérilité, pourvu que cette stérilisation ait lieu sur le lieu de production, c\u2019est-à-dire immédiatement -après la traite.En terminant M.Gagnon donne de son travail, les conclusions suivantes : 1° Que le lait aseptique coûte trop cher, et ne présente pas d'avantages spéciaux, et que le lait cru septique du commerce doit être proscrit.2° Que le lait stérilisé à l\u2019autoclave à 110° centigrade, n\u2019est pas indigeste, qu\u2019il n\u2019a pas perdu ses qualités nutritives, se manipule facilement et n\u2019engendre ni rachitisme, ni scorbut ; 3° Que le lait homogénisé-stérilisé corrige certains défauts du lait simplement stérilisé, se digère peut-être plus facilement et il semblerait qu\u2019il doive supplanter à brève échéance les autres modes de préparation du lait.de ORDRE Comment devrait être comprise la réglementation de la vente et de la distribution du lait dans une ville, par M.le Dr J.M.Garcrav, échevin de Montréal.Pour répondre à cette question, M.Garceau n\u2019a eru mieux faire que de donner lecture du règlement municipal projeté, concernant 332 DEROME ET DUFRESNE la vente et la distribution du lait dans la ville de Montréal, règlement dont il est lui-méme un des principaux collaborateurs, et qui, vu et revu à plusieurs reprises, attend depuis longtemps déjà, la sanction du conseil de notre ville.Ce règlement se rapporte à trois sujets principaux: la production, le transport et la distribution, et a pour but d\u2019obtenir un lait pur, sain et propre.Pour ce qui a raport au troupeau, il exige que celui-ci soit sain, que les étables soient bien entretenues, et bien éclairées, qu\u2019elles aient un cubage d\u2019air suffisant et un approvisionnement d\u2019eau saine et non contaminée.Il voit à ce que des précautions toutes particulières soient prises concernant la laiterie, la traite, le personnel, les ustensiles, le re- froidissment du lait, etc.Pour obvier aux nombreux abus et inconvénients du transport, le règlement exige que les bidons de lait soient scellés et transportés dans des chambres froides, que la distribution se fasse dans des bouteilles stérilisées, et qu\u2019enfin aucune manipulation ne transvasement du lait n\u2019aient lieu en dehors de la laiteric.M.Garcean conclut, et rencontre en cela l\u2019assentiment général de la Convention, qu\u2019il est du devoir des autorités municipales d\u2019aller directement à la source du mal en adoptant un tel règlement, lequel tend à empêcher toute cause de contamination dans la production du lait, et de le faire parvenir aux consommateurs dans les meilleures conditions de pureté.5e ORDRE diem telles, Fonctionnement d'un laboratoire municipal, par M.le Dr Lussier, 7 .Cam chef du Bureau de Santé de la ville de Maisonneuve.u Comme on est forcé, dit-il, de donner aux enfants qui ne peuvent être nourris par leurs mères, du lait de vache et que, en plus ce lait ne parvient aux consommateurs qu\u2019après avoir subi une série de manipulations de nature à en diminuer la valeur nutritive, nous avons eru à Maisonneuve, que la meilleure solution de cet inconvénient était de faire la stérilisation au laboratoire municipal et d\u2019engager tous les citoyens à s\u2019y approvisionner.Ce laboratoire comprend un département spécial pour les ana- fol i ui J GOUTTES DE LAIT 333 lyses bactériologiques de toutes sortes, mais en particulier du lait.M.Lussier ajoute que malheureusement il n\u2019existe pas encore dans sa ville de dispensaire ou consultations de nourrissons, mais il se charge de représenter les bienfaits d\u2019une telle institution aux autorités de Maisonneuve, et nul doute que celles-ci se rendront volontiers à une demande aussi légitime et aussi nécessaire.A la suite de ce travail, M.le Dr Beaudoin, médecin-hygiéniste, de la ville de Lachine, désire offrir ses félicitations à M.Lussier d\u2019abord pour son magnifique travail, et les idées tout à fait pratiques qu\u2019il y préconise, mais encore à la municipalité qu\u2019il représente pour le souci qu\u2019elle montre de la santé de ses citoyens au point de leur procurer l'avantage d\u2019un laboratoire.Parlant ensuite de la ville de Lachine, il explique comment les autorités ont cru devoir s\u2019y prendre pour arriver à contrôler la production et la vente du lait.Elles ont pensé, dit-il, qu\u2019en fai- eant analyser souvent le lait fourni par les divers laitiers et en donnant au résultat de chacune de ces analyses la plus grande publicité possible, elles se trouveraient par le fait même à annoncer le meilleur lait, et à forcer les mauvais laitiers à s\u2019amender ou à perdre leur clientèle.M.le Dr C.H.Baril, professeur de chimie biologique, à l\u2019Université Laval, succède ensuite à M.Beaudoin, et démontre que si l'analyse du lait au point de vue bactériologique est absolument nécessaire pour contrôler la valeur d'un lait, l'analyse chimique n'est pas moins également nécessaire, car à part les substances dites antiseptiques qui peuvent s\u2019y rencontrer il y a les toxines microbiennes qui dans une faible proportion sont souvent mortelles.Comme conclusion des travaux de MM.Garceau et Lussier, ainsi qu\u2019à la discussion qu\u2019ils ont provoquée, M.J.E.Laberge émet le vœu suivant, accepté par toute l\u2019assemblée : Vu le taux exagéré de la mortalité infantile à Montréal, 242 morts par 1,000 naissances, mortalité qui dépasse de 130 par 1,000 la moyenne de décès de la première année dans les autres villes du monde entier, je soumets respectueusement à cette assemblée les quatre veeux suivants : 1° Qu'il est désirable que la ville de Montréal ait des labora- 334 DEROME ET DUFRESNE toires de bactériologie et de chimie bien installés, bien outillés et bien dirigés pour faire de nombreuses analyses du lait, mis en vente à Montréal, que ces analyses soient faites tous les jours de l\u2019année afin de connaître les laitiers malpropres et afin de débar- raser la ville de ces empoisonneurs des petits enfnats.2° Qu'\u2019une inspection plus complète des fermes et des laiteries soit faite pour assurer à notre population un lait plus pur obtenu dans des conditions de propreté plus minntiense et gardé à une température convenable pour en assurer sa conservation ; ce dési- dératum ne peut être obtenu que par l\u2019éducation du fermier, éducation faite chez lui par des leçons de choses données par des inspecteurs compétents.3° Qu\u2019il est également très désirable qu\u2019une inspection des logis très complète soit organisée avec établissement du casier sanitaire de chaque maison, et ce, dans le but d'empêcher la surpopulation des logis, l\u2019oceupation des chambres noires et afin d'empêcher qu\u2019un logis négligé devienne une nuisance, wn fover de contagion, enfin une cause de mort.4° Enfin, qu\u2019il est désirable que le projet de règlement municipal maintenant terminé, revisé, corrigé, etc, ete.soit adopté par le conseil le plus tôt possible et ait force de loi dans un avenir rapproché.Ge ORDRE .¢ °, 3» Comment organiser une \u2018 (roulte de Lait.par MM.J.Rouvrkar et J.FE.Durk.M.Rouleau, gouverneur du Collège des Médecins et médecin hygiéniste, nous dit d\u2019abord que d'après Jonart, pour créer une consultation de nourrissons ou \u2018\u201c Goutte de Lait,\u201d trois choses suffisent : le local, une balance et le dévouement d\u2019un médecin.Dans la paroisse de l\u2019Enfant-Jésns, dit-il, grâce à la générosité des autorités scolaires, nous disposons dans une de leurs écoles, d\u2019une salle magnifique, et nous croyons que toutes les municipalités scolaires pourraient faire la même chose.Le matériel consiste en une balance pèse-bébés qui coûte très bon marché.Notre système d'enregistrement consiste dans une série de trois cartes dont la première comporte le questionnaire, sur la seconde sont GOUTTES DE LAIT 335 consignées toutes les remarques concernant l\u2019enfant, et celle-ci doit être mise à chaque consultation devant le médecin, enfin la troisième contient le nom, l'adresse, l'enregistrement de la pesée de chaque semaine, le régime suivi et les remarques faites à la mère.Au verso de cette dernière se trouve une série de conseils pratiques pour la mère.Le pesée et la mensuration sont faites par une garde-malade ; laquelle remplit partiellement les cartes contrôlées ensuite par le médecin.Quant à l\u2019organisation médicale, M.Rouleau fait remarquer que le dispensaire de l\u2019Enfant-Jésus étant une œuvre exclusivement paroissiale, tous les médecins de la paroisse ont été appelés à v contribuer.Le dispensaire est ouvert toute l\u2019année, et le service est quotidien pendant les mois de l'été, les médecins faisant le service a tour de rôle.Tous les enfants de moins d'une année qui se présentent sont admis et à part les conseils généraux, le traitement se limite aux affections d\u2019origine alimentaire ou troubles gastro-intestinaux.Une statistique spéciale est tenue par la garde-malade pour les enfants pour lesquels on vient chercher du lait sans consultation.La méthode de distribution du lait est celle suivie par Variot en France, c'est-à-dire que la mère est elle-même chargée du dosage et du coupage du lait, etc, d\u2019après les conseils du médecin traitant.Le lait distribué est le lait * Laurentia,\u201d lait homogénisé et stérilisé à l\u2019autoclave.Il est employé sous la forme ordinaire et sous une forme spéciale, dite: * lait maternisé.\u201d\u201d Il est enfin donné gratuitement aux pauvres et délivré au prix coutant a ceux qui peuvent paver.En terminant M.Rouleau déclare que grâce aux subsides accordés par la Cité de Montréal, à toute \u201c Goutte de Lait \u201d qui en fait la demande, une organisation de ce genre devrait fonctionner dans chaque paroisse, et ne craint pas d'affirmer qu\u2019en faisant ainsi, avant dix ans le problème de la mortalité sera résolu.M.le Dr Dubé, professeur de phtisiothérapie à l\u2019Université Laval, succédant à l\u2019orateur précédent pour parler du même sujet, dit que pour organiser un * Goutte de Lait,\u201d pour arriver à un résultat pratique et hâtif, il faut absolument avoir la collaboration 336 DEROME ET DUFRESNE de toutes les classes dirigeantes d'un quartier, d'une paroisse, petite ville, municipalité ou autre, et en particulier celle du curé et des médecins.Le curé, tous les dimanches, du haut de la chaire où seul il a droit de parler, et où tout le monde éconte, pourra facilement convaincre les mères de famille qu\u2019elles sont obligées de travailler à empêcher leur petit enfant de mourir.On dit qu\u2019il est immoral d\u2019avoir une mortalité aussi élevée que la nôtre; eh bien! le curé, parce qu'il est le gardien moral de sa paroisse, est obligé de s\u2019occuper de cette question.Maintenant si le curé est le gardien moral de sa paroisse, le médecin lui, en est le gardien sanitaire, ct s'il ne remplit pas cette fonction, il manque i son devoir.Donc, curés et médecins sont liés par une obligation morale à cette œuvre si importante: \u201c La Goutte de Lait.\u201d Le curé, en outre, comme président de la commission scolaire, peut obtenir de celle-ci sa collaboration qui consistera par exemple, comme dans la paroisse qui nous donne eu ce moment l'hospitalité, dans le local, le chauffage, l\u2019éclairage, etc, toutes choses très importantes, et qui coûtent cher.Enfin, le curé qui mieux que personne connaît la statistique de la mortalité dans sa paroisse, s'il veut établir une \u201c Goutte de Lait,\u201d n\u2019a qu\u2019à faire appel aux médecins de sa paroisse, en leur exposant la situation, et il est certain de rencontrer chez eux une collaboration toute dévonée.M.Dubé insiste sur la nécessité de compléter l'œuvre du dispensaire par des conférences lyvgiéniques, et désirerait fortement qu\u2019un système de conférences instructives soit organisé pour toute la ville.La \u201c Goutte de Lait \u201d doit être située autant que possible dans le centre de la paroisse, et si celle-ci est trop grande, il vaut mieux en fonder deux.L\u2019aide nécessaire aux \u201c Gouttes de Lait \u201d peut venir des différentes sociétés paroissiales, des journaux qui, suivant M.Dubé, devraient accorder à la fois plus d'attention et plus d'espaces aux choses de l'hygiène, enfin des pouvoirs publics.11 profite de l\u2019occasion pour féliciter la ville de Montréal de ce qu\u2019elle a fait jusqu\u2019ici pour l\u2019œuvre de la \u201c Goutte de Lait,\u201d en particulier des subsides qu\u2019elle a accordés si généreusement, mais GOUTTES DE LAIT 337 elle devrait faire encore davantage, par exemple, en adoptant le casier sanitaire recommandé par le Dr J.E.Laberge, et en donnant une sanction au nouveau règlement d'hygiène municipale.Quelques vœux sont ensuite émis par la Convention dont le suivant présenté par M.le Dr Bourgouin : Que comme complément des \u2018* Gouttes de Lait,\u201d la Convention considère non seulement comme opportun, mais comme nécessaire qu\u2019une organisation de conférences publiques, sous la direction médicale soit établie pour toute la ville.M.le Dr Garceau désire que la Convention profite des bonnes dispositions du Dr FE.P.Lachapelle, commissaire de la ville de Montréal, pour obtenir l\u2019argent nécessaire à ces conférences.M.le Dr Masson propose que cette Convention se change l\u2019an prochain en un grand Congrès annuel des \u201c Gouttes de Lait,\u201d et que les médecins du Canada et même de l\u2019étranger y soient invités.M.le Dr S.Lachapelle propose que le Comité soit chargé d\u2019aller présenter les vœux de cette Convention aux commissaires de la Ville de Montréal.M.le Dr Dubé suggère la fondation d\u2019une société de pédiatrie.La Convention désire que son Comité actif constitue le Comité permanent des \u201c Gouttes de Lait,\u201d à Montréal, Section Française.La Convention enfin recommande fortement l\u2019emploi du lait stérilisé, et, s'appuyant sur le résultat des travaux qui y ont été présentés, considère que dans la saison des chaleurs, souvent le lait homogénisé a son indication.CLOTURE DES SÉANCES DE LA CONVENTION M.1e Dr Rouleau, président de la \u201c Goutte de Lait \u201d de la paroisse de l\u2019Enfant-Jésus, croit devoir se faire l\u2019écho des officiers de la * Goutte de Lait \u201d de cette paroisse pour remercier les organisateurs de la Convention d\u2019avoir choisi celle-ci comme siège de ses délibérations.M.le chanoine Lepailleur, curé de la paroisse de l\u2019Enfant- Jésus, clôt cette dernière séance de la Convention, par une allocution pleine de conseils marqués au coin de la plus belle et de la plus généreuse charité chrétienne.Tl offre son presbytère et les salles d\u2019école de sa paroisse aux médecins qui désirent, soit par des conférences, soit par des con- 338 DEROME ET DUFRESNE grès, ete, travailler à la solution de ce grand problème de la mortalité infantile.Il déclare qu\u2019au cours des multiples réunions qu\u2019a nécessitées l\u2019organisation de cette Convention et auxquelles il a participé dans le mesure de ses forces, il a senti que les prêtres et les médecins devraient se voir plus souvent, qu'ils devraient être des amis, et travailler tonjours de concert dans la réalisation de ces œuvres de charité et de philanthropie.Lorsque, ajoute-t-il, après ces réunions, je rentrais très tard à mon presbytère, je ne pouvais m\u2019empêcher de \u2018dire: \u201c Seigneur, bénissez ces hommes du monde, et faites qu\u2019ils soient chrétiens dans leur vic sociale comme dans leur vie individuelle.\u201d \u201c Signé \u201d Dr Wirrrip DEroOME, Secrétaire des séances.Dr En.DUFrESsNE,.Secrétaire général REVUE GENERALE LES APPENDICITES HEMATOGENES ET L\u2019ALIMENTATION MICROBIENNE PAR L\u2019APPENDICITE (1) Par Chs RICH ET, fils, de Paris.Par là s\u2019explique.croyons-nous, la fréquence avec laquelle on trouve exclusivement les anaérobies intestinaux et le colibacille dans le pus des appendicites d\u2019origine sanguine.Ainsi 2 fois dans le pus appendiculaire de deux malades opérées appendicites hématogènes, nous n\u2019avons constaté que des bacilles strictement intestinaux.Une observation toute récente de Poynton (F.J.) et Paine est venue confirmer ce fait.Il s\u2019agissait d\u2019une jeune fille de 15 ans qui fit une attaque d\u2019appendicite au cours d\u2019une angine.Les cultures des sérosités amygdalienne et appendiculaire donnérent un streptodiplocoque.Sur les coupes de 'apendice on constate, dans les couches mu- qneuse, sous-muqueuse et sous-séreuse ce streptodiplocoque, d\u2019origine sanguine ; dans les régions nécrosées au contraire on constate le colibacille évidemment d\u2019origine intestinale.L'observation de Letulle est comparable.I! s'agissait d'un (1) Voir la première partie dans l\u2019Union Médicale du Canada, Avril 1913, page 208. APPENDICITES HÉMATOGÈNES 339 malade chez qui on constata anatomiquement, l'existence d\u2019une poussée aiguë appendiculaire \u2014 vraisemblablement d\u2019origine \u2018n- testinale \u2014 et une appendicite tuberculeuse qui nous semble dépendre de l'infection sanguine.Certes, à côté de ces appendicites secondaires à une maladie générale, il est des appendicites d\u2019origine directement intestinale; dans l\u2019entérite amibienne, par exemple, qui est le type des entérites d\u2019origine digestive, Hoppe Seyler et Le Roy des Barres, l\u2019ont signalée, mais ce sont les cas d\u2019exception.Dans les gastro-entérites aiguës du nouveau-né, où quoi qu\u2019on en ait dit, il y a à côté du facteur intoxication, un facteur infection indéniable, qui, pour être secondaire à l\u2019intoxication et sous sa dépendance n\u2019en existe pas moins, il n\u2019y a jamais appendicite \u2014 dans les gastro-entérites aiguës de l\u2019adulte, d\u2019origine digestive, même quand l\u2019infection intestinale est maxima, l\u2019appendicite est exceptionnelle.Ce n\u2019est pas à dire cependant que dans l\u2019association si fréquente, appendicite et entérocolite, l\u2019appendicite ne soit venue souvent compliquer l\u2019entérocolite ; bien des auteurs en ont publié de multiples observations; mais plus souvent croyons-nous, la succession des faits est inverse et dans les trois cas d'association d\u2019appendicite (contrôlée à l\u2019opération) et d\u2019entérocolite glaireuse ou muco-membraneuse que nous avons pu étudier, la filiation des accidents a été \u2018la suivante : Septicémie.Appendicite.Entérocolite.Cependant malgré que parfois l\u2019appendicite soit d\u2019origine directement digestive, malgré que l\u2019inflammation des parois intestinales puisse gagner directement par continuité les parois appendiculaires constituant ainsi une appendicite par propagation pariétale, malgré que l\u2019appendicite puisse être d\u2019origine lymphatique, la majorité des cas d\u2019appendicite relève de l\u2019infection sanguine.Cette appendicite hémotagène affecte-t-elle une forme clinique spéciale ?Non.Nous avons vu que parfois elle pouvait prendre le type d\u2019appendicite toxique.Un des plus beaux exemples est celui que nous citions de cet adolescent qui, à la snite d\u2019une septicémie mal déterminée, fait 340 RICHET une localisation appendiculaire, évoluant au bout de trois jours vers une forme hypertxique avec insuffisance hépatique.Chez d\u2019autres malades, la septicémie détermine l\u2019apparition d\u2019une appendicite gangréneuse ou perforante.C\u2019est le cas de certaines appendicites observées au cours des angines (Kretz) de la scarlatine (Kauffmann) de la rougeole (Mad.Schoumsky) de la pneumonie (Lesné et Marre) de la paratyphoide (Widal) peut-être 'observation de Gambetta, citée par Tripier et Paviot, rentre-t-clle dans ce cadre.On doit également y ranger un certain nombre d'appendicites tuberculeuses (observations de Letulle, de Mosher, de Karewski, de Petit, etc.) Beaucoup d\u2019appendicites survenues an cours d\u2019angines et d\u2019appendicites grippales peuvent rentrer dans ce même groupe.En général cependant, la grippe détermine, surtout à une première attaque, l\u2019appendicite suppurée ordinaire, sans perforation.La plupart des observations de Merklen, de Gagnière, de Faisans et des nôtres ont trait à de telles appendicites, mais fréquemment l'infection grippale effleure seulement la muqueuse appendiculaire réalisant ainsi l'appendicite dite catarrhale.Celle-ci est très fréquente dans tous les états infectieux, mais à cause de sa bénignité on la méconnaît souvent.Le fait essentiel est donc le suivant: Une appendicite survenant au cours d\u2019une maladie infectieuse peut revêtir n'importe quel aspect; autrement dit, la notion étrologique ne nous semble avoir qu'une importance secondaire pour juger su l'attaque appendiculaire sera forte.Il est des cas où la septicémie la plus bé- migne peut déterminer l\u2019appendicite la plus foudroyante et dans les infections même les plus graves, la réaction appendiculaire peut être légère.Quel est l\u2019avenir de ces appendiculaires \u201c par occasion \u201d ?Ou sous une autre forme doit-on après l\u2019orage appendiculaire survenu au cours d\u2019une grippe ou d\u2019une fièvre typhoïde par exemple intervenir comme après une attaque appendiculaire d\u2019autre origine.Les observations suivantes répondent à la question : Dans la fièvre typhoïde, Bayer (cité par Molveaux, Obs.XII), rapporte un cas d\u2019appendicite tvphique cHez un étudiant en médecine évoluant vers la chronicité.Dans deux observations de Delagenière et de Perrone (cités par Molveaux), le malade quel- n fa i ne fr ste duis Jo 10 2 nf {Te i a gf ¥ ale ge APPENDICITES HEMATOGENES 341 ques mois après la guérison et de l\u2019appendicite et de la fièvre typhoïde, fait une rechute d\u2019appendicite.Dieulafoy rapporte un cas d\u2019appendicite aiguë chez un \u2018adulte qui, quelques années auparavant, avait eu une appendicite typhique.Nous avons observé une jeune femme qui, à deux reprises à l\u2019occasion d\u2019une grippe les deux fois, fait une attaque d\u2019appendicite, la seconde plus grave que la première.Entre temps elle avait eu d\u2019ailleurs une nouvelle poussée.Dans d\u2019autres cas, que l\u2019on peut opposer à ceux-ci, il s\u2019agit de malades qui ont présenté une attaque d\u2019appendicite plusieurs années auparavant, et qui, parce qu\u2019ils fout une septicémie généralisée, très discrète le plus souvent, localisent cette infection sur l\u2019appendice.C\u2019est un jeune homme de vingt-deux ans, A.R.observé par nous, qui présente 2 crises d\u2019appendicite fruste à treize et à dix- sept ans ; quatre ans après, au cours d\u2019une grippe manifeste, il a une nouvelle crise, bénigne d\u2019ailleurs, contrôlée par l\u2019opération et suivie d\u2019une poussée d\u2019entérocolite.C\u2019est une jeune femme Y.F.observée par un de nos collègues et qui a deux crises appendiculaires ; à l\u2019occasion d\u2019un grippe, elle fait une nouvelle crise d\u2019appendicite compliquée d\u2019entérocolite.C\u2019est un jeune enfant de sept ans L.qui fait coup sur coup 2 angines suivies de poussées appendiculaires.C\u2019est un malade dont Tripier et Paviot relatent l\u2019histoire et chez qui deux fois à l\u2019occasion d\u2019abord d\u2019une grippe, puis d\u2019un rhumatisme articulaire aigu, une attaque d\u2019appendicite se déclare ; or antérieurement, il avait déjà présenté plusieurs crises appendiculaires.Ces exemples pourraient être multipliés car ils sont extraordinairement nambreux et ils ont une importance capitale puis- qu\u2019il suffit que l\u2019appendice ait été touché une fois, pour que toute nouvelle infection ait tendance à se greffer sur lui.Ce sont là des faits qui assombrissent singulièrement le pronostic lointain des appendicites survenant au cours d\u2019un infection générale.Peu importe l\u2019opinion pathogénique que l\u2019on professe, leur traitement doit être chirurgical.C\u2019est la seule façon d\u2019éviter soit à l\u2019occasion d\u2019une nouvelle infection, soit sans cause apparente, une rechute dont on ne peut préjuger la gravité.Tous ces faits cliniques nous incitaient à chercher par l\u2019expérimentation le mécanisme de l\u2019infection appendiculaire.Il était 9 ad 342 RICHET peu vraisemblable d'admettre l\u2019infection par voie digestive, et de fait, dans de très nombreuses expériences faites il y a quatre ans jamais nous n\u2019avions pu réussir à produire d\u2019entérite ou même la diarrhée chez le lapin par ingestion de culture microbienne ou de matières fécales d\u2019individu diarrhétique.Si dans quelques cas les bacilles (en particulier le bacille d\u2019Eberth) survivaient et pouvaient être retrouvés, ce n\u2019était qu\u2019un phénomène passager ; rapidement ils disparaissaient sans déterminer de lésions intestinales.Au contraire lancés dans la circulation, ces mêmes bacilles, bien tolérés dans la cavité intestinale déterminent des lésions pariéto-intestinales ; le fait est surtout évident avec le colibacille.Aussi en nous basant sur les faits cliniques et sur ces premiers résultats expérimentaux, nous sommes-nous demandés si le mécanisme de l\u2019infection intestinale n\u2019était pas identique à celui de l'infection des autres glandes à sécrétion externe (foie, pen- créas, rein) et s\u2019il n\u2019y avait pas entérite et en particulier appendicite par élimination microbienne comme il y avait cholécystique par élimination bactérienne.Pour démontrer ce fait, nous nous sommes livrés à une série d\u2019expériences, dont nous résumerons ici quelques-unes rapidement.Déjà certains auteurs, Emmerich, Buchner, Isseff et Kolle pour le bacille cholérique, Shiga et Corradi pour le bacille dysentérique avaient montré que cette élimination microbienne intestinale était possible pour quelques microbes.Bientôt Cotton, Chiarolanza, Ribadeau, Dumas et Harvier, Hess, Breton, Bruyant et Mezie, Calmette et Guérin reprirent la question.Il est intéressant de dissocier à l\u2019aide de leurs expériences et des nôtres, le rôle de chaque segment de l\u2019intestin.Or cette étude montre que plus que tous les autres l\u2019appendice est organe d\u2019élimr- nation microbienne.La plupart des expériences des divers auteurs et celles que nous avons réalisées avec Saint-Girous ont été faites sur le lapin dont l\u2019appendice est particulièrement actif.T1 est plus long et plus volumineux que celui de l\u2019homme, il est comme celui de l\u2019homme formé de tissu lymphoïde très abondant, c\u2019est une véritable plaque de Peyer enroulée mais ses dimensions sont telles qu\u2019il nous a semblé devoir être homologné non pas simplement à l\u2019appendice Ji Ne APPENDICITES HÉMATOGÈNES 343 humain, mais encore à la partie toute inférieure de l\u2019iléon qui, histologiquement, lui est absolument comparable.I1 est d'ailleurs souvent impossible de faire le départ entre l\u2019élimination de l\u2019intestin grêle et l\u2019élimination appendiculaire, si bien que seules prouvent l\u2019élimination appendiculaire, les expériences ou il n\u2019y a pas eu élimination biliaire, pancréatique ou intestinale en amont de l\u2019appendice.Aussi cette disociation entre les divers segments de l\u2019intestin a-t-elle rarement été indiquée.ph Co Cotton avait noté que le staphylocoque doré et le pneumo-ba- cille pouvaient s\u2019éliminer par l\u2019appendice.Chiarolanza n\u2019y retrouve pas le bacille d\u2019Eberth ; par contre Ribadeau Dumas et Hervier décèlent 4 fois sur 5 expériences, le bacille d\u2019Eberth ou le paratyphique dans la paroi de l\u2019appendice.Nos expériences qui ont porté principalement sur l\u2019élimination du streptocoque, «du bacille d\u2019Eberth, du pneumocoque et du bidysentérique (type Shiga) nous ont montré la fréquence de cette élimination appendiculaire.Dans 4 expériences -sur 8, le streptocoque s\u2019est éliminé exclusivement par l\u2019appendice ; dans les autres cas, il fut impossible de prouver la réalité de cette élimination appendiculaire car les résultats de l\u2019ensemencement idéal avaient été positifs ou n\u2019avaient pas été pratiqués.Âvec le bacille dysentérique, même résultat ; 3 fois sur 6 expériences l\u2019élimination se fait par l\u2019appendice.Avec le bacille d\u2019Eberth, il en est de même, 6 fois sur 4 expériences.| Aves le pnenmocoque, j'ai obtenu 2 résultats positifs sur les expériences ; j'ai eu 1 succès avec le pneumobacille et 1 avec le bacille tuberculeux sur 2 expériences.Si maintenant nous comparons l\u2019élimination bactérienne appendiculaire et l\u2019élimination des autres segments de l\u2019intestin, on arrive à des résultats intéressants.L\u2019élimination du streptocoque est surtout appendiculaire, 2 fois seulement sur 11 expériences, l\u2019élimination se fait par l\u2019intestin grêle, 3 fois sur 13 par la muqueuse gastrique.Une seule fois alors que l\u2019élimination appendiculaire était négative, nous avons pu déceler l\u2019élimination cæcale. 344 RICHET Sur 12 expériences faites avec le bacille tvphique, jamais nous n'avons constaté d\u2019élimination par l\u2019intestin grêle.Chiarolanza dans 5 cas sur 6, Ribadeau-Dumas et Hervier dans 3 cas sur 5 l\u2019y ont cependant décelé.Sans donte cette différence tient-elle à ce que nos animaux ont été sacrifiés de façon précoce ; peut-être est-elle également sous la dépendance de l\u2019échantillon du bacille d\u2019Eberth que nous avons utilisé et qui provenait d\u2019une hémoculture faite sur un malade atteint d\u2019appendicite éberthienne.L\u2019élimination appendiculaire pouvait concorder avec nne élimination cœcale abondante et nous avons pu constater une fois une typhlite hémorragique d\u2019origine éberthienne.Enfin lorsque l\u2019élimination ne se fait pas par l\u2019appendice, elle ne se fait pas par le gros Intestin.Les résultats sont comparables avee le bacille dysentérique.Jamais il n\u2019y a d\u2019élimination gastrique, duodénale, jéjuno-iléale.L\u2019exode bactérienne se fait exclusivement par l\u2019appendice et le gros intestin.Il est difficile d\u2019apprécier d\u2019ailleurs l\u2019élimination cœco-côlique quand il y a élimination appendiculaire, cependant, même alors qu\u2019on ne constate pas le bacille de Shiga dans l\u2019ap- péndice on peut le retrouver dans le cœcum (1 fois sur 3 expériences).Quant au pneumocoque, il s\u2019élimine par toute le surface de l\u2019intestin, peut être avec une fréquence particulière par la muqueuse duodénale.Le pneumobacille et le bacille tuberculeux semblent, autant qu\u2019on peut en inférer d\u2019une seule expérience, s\u2019éliminer surtout par l\u2019appendice.Ainsi, comme le disaient Saint Girons et nous- même, de tous les segments de la muqueuse intestinale, c\u2019est, la muqueuse appendiculaire qui élimine le plus fréquemment les bacilles ; ensuite viennent la région duodéno-côlique.Ce sont les faits expérimentaux qui se surajoutent aux faits cliniques.\u201cCette élimination appendiculaire est très précoce.Dès la première heure, parfois dès les premières trente minutes, elle existe déjà.Elle nous a semblé à la fois plus fréquente et plus précoce que l'élimination biliaire et que l'élimination urinaire.Ainsi l\u2019expérimentation permet d\u2019affirmer la réalité de cette élimination appendiculaire, sa fréquence, sa précocité. APPENDICITES HÉMATOGÈNES C 345 Cette élimination peut se faire par trois processus.1° Par l\u2019intermédiaire des globules blancs.2° Beaucoup plus souvent elle se fait directement sans l\u2019intervention des éléments mobiles, rien que sous l\u2019influence des cel- Jules glandulaires.Ce mécanisme sur lequel avec Abrami et Saint- Girons nous avions déjà insisté dans notre étude sur les éliminations de baciles par le pancréas est, je crois fondamental ; il n'est pas différent de celui qui caractérise l\u2019élimination des particules d\u2019encre de Chine dont nous avons pu sur l\u2019intestin comme sur le pancréas contrôler l\u2019existence (1).Nous avons essayé de l\u2019æppré- cier in vitro en étudiant la phagocytose des bactéries et des levures par les cellules intestinales.À diverses reprises, nous avons cru pouvoir le constater ; jamais cependant nous n\u2019en avons eu la preuve absolue.3° Dans d\u2019autres cas enfin, c\u2019est à la faveur des lésions anatomiques que s\u2019effectue le passage des bactéries et ces lésions au bout d'un certain temps existent toujours.Tantdt elles sont du type ulcéro-nécrotique, tantôt elles appartiennent à la série congestive ou hémorragique et de ces lésions dépend un troisième mode d\u2019élimination microbienne mais qui est accessoire.Ce m'est pas parce qu'il y a lésion qu\u2019il y a exode bactérienne intestinale, c\u2019est parce qu'il y a élimination microbienne qu\u2019il y a lésion.Cette élimination de bacilles par l\u2019appendice dont l\u2019existence ne peut, croyons-nous, être contestée, détermine-t-elle expérimentalement de l\u2019appendicite ?La plupart des auteurs ne sont arrivés à aucun résultat ; d\u2019autres, comme Beaussenat n\u2019v sont arrivés qu\u2019en tranmatisant la muqueuse.Cependant Mosny avec un colibacille, Josué avec un streptobacille, Mouisset avec des anaérobies provenant d\u2019une gangréne pulmonaire, enfin Poynton et Paine avec leur diplostreptocoque ont pu reproduire l\u2019appendicite par voie sanguine.Nous-mémes avec un échantillon de colibacille avons obtenu (1) Ce mécanisme me semble devoir être rapproché de celui que Heymans vient d'étudier sous le nom de ultra-diapédèse.L\u2019ultra-diapédése est ia propriété qu'on la plupart des microbes de traverser dans certaines conditions les filtres et les ultra-filtres dont les pores sont plus petits qu\u2019eux par mouvements plasmodiques et surtout par multiplication.Des recherches de Heymans il semble qu\u2019on puisse admettre que les bacilles traversent plus facilement les pores des ultrafiltres que les bacilles immobiles.De tons c\u2019est le bacille diphtérique qui le traverse le plus lentement et ce fait est bien en rapport avec la rareté des septicémies diphtériques si tant est qu\u2019elles existent. 346 RICHET trois fois des résultats positifs bien que tout se bornât à des points de folliculite avec congestion appendiculaire légère mais sans réae- tion péritonéale (1).Par contre avec 5 ou 6 autres échantillons de colibacille provenant de pus appendiculaire ou retiré des matières fécales, nous n\u2019avons eu dans un grand nombre d\u2019expérience que des résultats négatifs.Avec le streptocoque on peut observer il est vrai nne infee- tion massive des parois de l\u2019appendice mais ce n\u2019est pas là à proprement parler l\u2019appendicite.Ainsi l\u2019appendicite expérimentale hématogène est difficile mais non pas impossible à réaliser.| En résumé, deux faits résultent de cette étude : 1° Expérimentalement l\u2019élimination de bacilles par la muqueuse appendiculaire est de règle dans la plupart des septicémies ; 2° Cliniquement toutes les maladies infectieuses peuvent se compliquer d\u2019appendicite et réciproquement, la plupart des appendicites sont sous la dépendance d\u2019infections générales : l\u2019appendicite par voie sanguine est la règle, l\u2019appendicite d\u2019origine digestive l\u2019exception.Ainsi l\u2019expérimentation confirme la clinique.Celle-ci nous donne des exemples multiples d\u2019appendicite secondaire aux septicémies, celle-là nous permet d\u2019affirmer que l\u2019appendice est par excellence organe éliminateur de microbes.Ces deux phénomènes sont-ils indépendants l\u2019un de l\u2019autre, nous ne le croyons pas.Dans l\u2019effort que fait la muqueuse intestinale et plus spécialement la muqueuse appendiculaire pour débarrasser notre organisme de tous les germes pathogènes en cireulation (car tout se passe comme si cet effort existait réellement, ce qui excusera cette expression quelque peu finaliste) les cellules glandulaires et le tissu folliculaire sont lésés par le passage incessant des bactéries.Le résultat est obtenu mais la victoire est achetée au prix de lésions multiples ; c\u2019est une véritable \u201c victoire à la Pyrrhus \u201d, le but est atteint, mais les lésions se sont constituées qui permettent à l\u2019infection de prendre parfois sa revanche.Tantôt en effet, ren- (1) L\u2019appendicite folliculaire du lapin est fréquente.\u2014 =\".= Yu Jo APPENDICITES HÉMATOGÈNES 347 forcée par des apports microbiens incessants que la septicémie initiale déverse à ce niveau, cette élimination persiste et s\u2019exagère, tantôt, grâce à ces lésions, une infection d\u2019origine intestinale vient renforcer la septicémie d\u2019origine sanguine et, par un mécanisme complexe dont par ailleurs nous avons précisé les termes, l\u2019infection devient multiple, surajoutant à la première phase uniquement sanguine un nouvelle épisode d'ordre intestinal qui évoluera dès lors pour son propre compte.CHRONIQUE HONNEUR A LA MEDECINE CANADIENNE-FRANÇAISE Pourquoi les Canadiens-Français manifestent-ils autant d\u2019indifférence, autant d\u2019ingratitude, voire même d\u2019hostilité envers la Profession Médicale ?Est-ce par ignorance, est-ce par méchanceté ou par apathie ?A l\u2019Institut Pasteur de Paris, en 1894, lorsque l\u2019illustre Pasteur vivait encore, à l\u2019époque de la découverte géniale de la Sérothérapie par Roux et Yersin, tous les pays du monde civilisé se faisaient un devoir et un honneur de découvrir et de choisir un ou plusieurs de leurs jeunes savants, de les équipper et de les envoyer étudier à Paris.Citons le Japon, Kitasato ; l\u2019Allemagne, Behring ; l\u2019Angleterre, Ross ; la Russie, l\u2019illustre Metchnikoff ; les Etats-Unis, etc, ete.Le Canada seul n\u2019était pas officiellement accrédité, dans ce Palais de la Science Médicale Internationale.Il v a de cela dix-neuf ans, et le Canada n\u2019a encore rien fait pour encourager et aider les médecins qui ont du talent, peut-être du génie, mais qui sont parfois pauvres, et souvent trop modestes.Et l\u2019on se demande pourquoi le Canada ne s\u2019est pas encore illustré dans le monde savant de la Médecine.Pourtant, à cause de notre titre de Canadiens-Francais, à cause de notre origine, nous devrions être les premiers à bénéficier de l\u2019abondante moisson que produit le génie de la France Médicale.\u2014 Nous ne l\u2019avons pas fait jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, dans toute la plénitude de notre talent, avec toute l\u2019ampleur de notre ambition 348 MARIEN et du génie de notre race, parce que le peuple canadien-français est resté indifférent, lorsqu\u2019il ne s\u2019est pas montré méchant on hostile.Car, en effet, depuis au delà de vingt ans, chaque année, quelques jeunes médecins de notre Province, éblouis et enthonsiasmés par les splendeurs des découvertes de savants Français, se sont aventurés spontanément vers le foyer lumineux, qui éclaire et dirige encore aujourd\u2019hui le monde médical.Presque tous ignorés et sans fortune, ils ont entrepris seuls, de leur propre initiative, cet admirable pèlerinage vers le sanctuaire de la Science Médicale.\u2014 Tous se sont instruits, plusieurs se sont distingués, soit en publiant des travaux originaux dans les journaux de Médecine français, soit en collaborant à la publication de Traités classiques, soit en faisant des communications aux Sociétés Savantes de Paris, soit en publiant des Thèses de Doctorat, qui sont encore anjour- d\u2019hui consultées par des savants, ete., etc.Après deux, trois, quatre, cinq années et plus, ces médecins canadiens, connus ct estimés de leurs maîtres en France, sont revenus au pays, l'espoir et la joie au cœur.Ceux qui se sont lancés dans l\u2019exercice pratique de leur art, ceux qui ont fait de la clientèle, se sont presque tous imposés par leur talent, leur science et leur supériorité générale.Ceux, au contraire, qui se sont consacrés, qui se sont voués à la SCIENCE, par amour de leur art, ceux qui travaillent dans les laboratoires, ceux qui nous honorent et nous instruisent par leurs travaux scientifiques, travaux qui feraient bonne figure à l\u2019Académie de Médecine de Paris, ceux enfin qui font l\u2019enseignement scientifique, dans notre Université et nos Ilôpitaux canadiens- français restent ignorés et méconnus par le grand publie, par les Pouvoirs et par les Crésus de notre pays, lorsqu'ils ne sont pas éclaboussés par les tirades de journalistes ignorants ou injustes.Le Publie pauvre et malheureux, lui, connaît bien le chemin des hôpitaux où il est certain de découvrir le médecin qui eultive la science et en prodigue gratuitement les bienfaits; le Public riche et omnipotent aura-t-il, un Jour, la décence de comprendre qu\u2019un peuple et un pays qui s\u2019'honorent doivent aider, doivent respecter et vénérer les hommes qui consacrent leur vie et leur talent à la science.till i HONNEUR À LA MÉDECINE CANADIENNE-FRANCAISE 349 I] existe à Montréal deux Facultés de Médecine, McGill et Laval.Leur passé est assez glorieux pour nous autoriser à dire que les deux Ecoles auront chacune une page brillante dans l\u2019histoire du développement général de notre pays.Elles sont en pleine prospérité, leurs ambitions grandissent chaque jour, leurs dépenses vont en augmentant.Pour l'une d'elles, l'argent ne cesse d\u2019affluer dans ses caisses ; pour l\u2019antre, le dévouement, le désintéressement et le talent ne cessent d\u2019affluer dans ses rangs, mais pour celle-ci l'argent manque, le déficit augmente.Il y a un trait de mœurs qui caractérise hautement la société anglaise et qui est en grand honneur dans notre pays: il contribue, dans une très large mesure, à la grandeur, à la prospérité des nations.C'est un devoir patriotique d'en parler publiquement et de le proclamer bien haut.Chez nos compatriotes anglais, tout honnête homme, comme on eût dit au XVIIe siècle, a l\u2019obligation morale de contribuer à entretenir les écoles, les églises et les hôpitaux.Celui qui se déroberait à accomplir ce devoir, dans les justes proportions où il doit le faire, serait aussi déconsidéré que s\u2019il avait subi une condamnation infâmante.Souhaitons ardemunent voir passer ce code moral dans nos mœurs.Nous sommes convaincus que nous y trouverions l\u2019un des plus puissants éléments de progrès futurs, dans toutes les sphères de notre Société nationale.Amédée MaArIEN., ACTES DE LA FACULTE M.LE PROFESSEUR A.MARIEN Elu membre du conseil de la Faculté de Médecine Un contact journalier dans la plus grande intimité et datant déjà de nombreuses années avec le professeur Marien, me vaut l'honneur de lui offrir les félicitations de la profession et de \u20ac l'Union Médicale \u201d pour la distinction qui vient de lui être conférée. 350 RHEAUME Cette nomination n'a pris personne par surprise ; elle s'imposait même dans les circonstances.Marien a plus d\u2019un titre pour recueillir la succession de ce cher disparu Ilervieux, espoir trop tôt envolé de ses collègues de la Faculté.Iervieux, que nous connaissions profondément, anatomiquement même, puisque nous avions palpé dans le creux de son abdomen le mal irréparable qui devait l\u2019arracher si brutalement à ses amis, Hervieux, dis-je, aurait-il eu l\u2019avantage de faire un testament politique, qu\u2019il aurait certainement désigné Marien son légataire universel à la Faculté.Mais si Marien considère cet héritage comme le plus précieux, nous savons aussi qu\u2019il aurait fait le sacrifice des ambitions les plus légitimes pour conserver l\u2019ami qu\u2019il aimait tant et qu\u2019il a souvent pleuré.Mais la fatale destinée a accompli son œuvre, et les portes du \u201c Conseil de Faculté de Médecine de Laval \u201d s\u2019ouvrent au professeur Marien.Celui-ci, nous en sommes certain, saura répondre aux besoins de la situation ; il sera une recrne puissante pour réhabiliter notre Ecole de Médecine dans l\u2019opinion publique.Fondateur de la Société Médicale de Montréal, organisateur émérite, ayant passé par presque tous les laboratoires, il connaît parfaitement et à fond les besoins de l\u2019enseignement, qu'il a déjà tout transformé au point de vue chirurgical.D\u2019une ponctualité irréprochable, essentiellement méthodique, prévoyant, pas égoïste, il ne se rend pas indispensable et prépare, partout où il passe, des successeurs qualifiés.Il stimule par son exemple des plus jeunes déjà déçns et presque blasés.Il ne s\u2019en laissera jamais imposer par des influences extra-mé- dicales, et il sera le protecteur des vrais travailleurs qui ont de justes titres à des promotions.Nous félicitons donc, et la Faculté pour son heureux choix, et le distingué titulaire sur lequel nous fondons les plus grandes espérances pour orienter notre école vers l\u2019idéal qu\u2019elle devrait s\u2019imposer, c\u2019est-à-dire l\u2019égalité en valeur avec toute autre faculté médicale d\u2019Amérique.7.Ruéaume. res CHAIRE DE PATHOLOGIE INTERNE 351 CHAIRE DE PATHOLOGIE INTERNE M.Albert Le Sage est nommé titulaire, en remplacement de Henri Hervieux, décédé.Aucune nomination n'a été mieux accueilllie à la fois par les Etudiants, par les Praticiens et par les Professeurs.Les étudiants ont vu avec joie \u2014 et l\u2019ont-il manifesté avec assez d'enthousiasme! \u2014 arriver à cette importante chaire de Pathologie interne un homme, dont ils avaient déjà apprécié la culture scientifique et les rares qualités d\u2019enseignement \u2014 comme l'élégance et la clarté d'exposition, ainsi que la méthode et l\u2019érudition, \u2014 tant à la clinique de Notre-Dame qu\u2019à la Société Médicale, et dans les colonnes de cette \u201c Union \u201d, qu\u2019il dirige avec le tact que l'on sait, depuis treize ans.Praticien lui-même, et des mieux avertis, et des plus consultés, surtout par les confrères, le Dr Albert Le Sage, Officier d\u2019Académie, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, est au premier rang de la profession médicale de la province.Ses nombreux et importants travaux sur des questions d\u2019ordre général \u2014 intérêts professionnels \u2014 l\u2019ont rendu populaire parmi les praticiens qui ont applaudi chaudement son avènement à une situation dont le caractère officiel donnera encore plus d'autorité à sa Voix.Quant à ses collègues et amis, ils savent dans quelles brillantes dispositions et avec quelle compétence Le Sage arrive à ce professorat dont il a fait, en quelque sorte, le but de sa vie.Sa préparation à l'enseignement date de son long et fructueux séjour à Paris: où, tant dans les hôpitaux avec Potain, Tessier, que dans les amphithéâtres et les laboratoires de la Faculté avec Dieulafoy, Letulle, Gombault, Widal, il reprend ses études, complète, perfectionne ses connaissances médicales, passe les examens de l\u2019École et enlève alors le doctorat st envié de Paris avec cette thèse remarquable, \u2014 maintenant classique, \u2014 sur \u201c la Pneumonie du sommet qui fut le point de départ d\u2019une série ininterrompue de travaux et de mémoires publiés tant dans les congrès que dans les Nociétés savantes et les journaux.Ainsi animé, consumé par la curiosité scientifique, rompu à la 352 LATREILLE besogne par un travail constant et opiniâtre, et, surtout, si doué, le professeur Le Sage fera école dans cette Maison, parce qu'il est de ceux qui ont compris tout de suite, que la médecine, en ce pays, ne devait pas éternellement ne servir qu\u2019à nourrir l'homme qui l'exerce ou la vulgarise ; que l\u2019enseigner bien » AU Vrai sens du mot, voire même contribuer à l'enrichir étaient des devoirs auxquels nous ne pouvions plus, aujourd\u2019hui, décemment nous soustraire.Maître, il saura lui, comme par le passé, donner l'exemple de l\u2019effort, réveiller autour de lui les enthousiasmes, ct susciter .ainsi la production scientifique jusqu\u2019à présent, hélas ! encore si dédaigneusement regardée ct si froidement encouragée par d\u2019autres.Eugène Tarren, BILLET OFFICIEUX DÉNIGREURS ET DÉNIGRÉS TOMBENT D\u2019ACCORD.Pourquoi payer les membres de la Corporation, directeurs de l\u2019Ecole, plus cher que les agrégés ?Pourquoi ne pas choisir les professeurs parmi les anciens praticiens ?Leurs publications scientifiques, nous ne les comprenons pas, mais nous nous en moquons quand méme.Les musées et les laboratoires de Laval ne sont pas si beaux.que s\u2019ils étaient plus beaux ! (\u201c L\u2019Aigri \u2019\u2019, Réminiscences.) À une réunion extraordinaire de la Corporation de la Faculté convoquée d'urgence pour parer aux formidables traits lancés par \u201cPAigri\u201d, les membres présents ont été unanimes à se rendre enfin aux logiques réclamations des réformateurs de la nation, et ont publié un bulletin officiel qui se résume ainsi : Considérant qu\u2019il ressort nettement de la lecture des derniers articles de \u201cl'Aigri \u201d, que ce n\u2019est ni la haine, ni la vengeance, ni l'ambition, ni même la jalousie qui ont allumé dans le cœur de ces messieurs une rage aussi furieuse contre le président de l\u2019A.C.J.C., le premier ministre de la province et l\u2019ancien administra- teur-directeur du journal * Le Canada,\u201d M.le doven FE.P.Lachapelle, (1) mais bien plutôt le seul souci d'assurer aux Canadiens un meilleur service médical, par le relèvement opportun et judicieux du niveau des études dans cette Ecole.i i i : ibventionné Laval (1) Dire que Sir Lomer Gouin et le Dr Lachapelle ont suby entionn de $35,000 par année, est-ce assez schocking, pense \u2018I\u2019 Aigri\u201d, et nous autres. BILLET OFFICIEUX 353 Les membres de cette Corporation ont décidé d'adopter sans 1éserves les sages conseils, la direction prudente, et les avis salutaires qui se dégagent des propos de bonne foi et des lecons sincères.de ce franc journal qu'est * l'Aigri \u201d.Conséquemment, dorénavant, 1° l'administration des affaires, la direction des études, la responsabilité de l\u2019enseignement, les nominations, les destitutions (fonctions secondaires dans une école d'enseignement supérienre, insignifiantes même, et partant, désormais non rétribuées) seront abandonnées aux plus jeunes professeurs de la maison, qui se seront qualifiés par leurs titres scientifiques, leurs travaux personnels et leurs états de service à l\u2019enseignement et à la pratique en clientèle des sciences médicales modernes.2° Quant anx anciens membres de la Corporation qui comptent le plus grand nombre d\u2019années de pratique, ils seront admis à faire valoir leurs qualités et à concourir avec leurs anciens confrères de la campagne ou retour des Etats-Unis, pour le titulariat des chaires d\u2019enseignement technique, telles que la bactériologie, l\u2019anatomie pathologique, la chimie biologique, la physiologie expérimentale, ete.3° Les travaux d\u2019expertises, les recherches, les communications et les mémoires originaux des professeurs de la Faculté (malheureusement de tous ceux publiés, de beaucoup les plus nombreux), devront, avant d\u2019affronter la critique officielle, surtout n\u2019avoir pas fait sourire l\u2019austère rédaction de \u201c l\u2019Aigri \u201d.A cette fin, un aréopage de savants auteurs, choisis avec soin parmi les illustrations médicales qui renseignent habituellement \u201cl\u2019Aigri \u201d, pourra être érigé en bureau de censure scientifique spéciale.4° Enfin, pour ce qui est du traitement des professeurs spécialisés, ainsi que des crédits et allocations pour les musées et les laboratoires, la Corporation, pour donner pleine et entière satisfaction à \u201c l\u2019Aigri \u201d, et faire beau et grand tout de suite, sans passer par le commencement, propose, l\u2019affiliation de Laval à une école de médecine laïque qui réussit, au moins financièrement, et suggère deux noms: Harvard.ou J\u2019hôpital-école pour gardes- malades du Dr Luxain l\u2019Iscariote ! Pour copie conforme.CARABIN SARCÔME.1 mai, 1913. NOUVELLES LE CONSEIL MEDICAL DU CANADA Le Conseil médical du Canada, institué d\u2019après le Bill Roddick, siègera pour le première fois à Ottawa, du 7 au 13 juin 1913.Le secrétaire pourra donner la licence aux médecins qui en feront la demande et qui sont diplômés depuis dix ans et plus au 7 novembre 1912, date à laquelle le Bill est venu en force.AU BUREAU DES GOUVERNEURS DE L'UNIVERSITE LAVAL Le professeur Villeneuve vient d\u2019être délégué par la Faculté de Médecine pour la représenter au Bureau des Gouverneurs de l\u2019Université Laval en remplacement du regretté llervieux.Ce choix est très heureux a cause des qualités de jugement et de droiture qui caractérisent le nouvel élu ; mais le rôle qu\u2019on y joue est tellement ingrat à cause des attributions même de ce bureau, que nous félicitons notre ami du courage qu\u2019il a montré en acceptant d'occuper ce siège au plafond.HORAIRE DES EXAMENS DE DOCTORAT A LAVAL, DE MONTREAL Session 1913.Pathologie Interne, lundi le 2 juin à 9 hrs a.m.Examinateurs, MM.LeSage et Hébert.«Pathologie Externe, lundi le 2 juin a 9 hrs a.m.Examinateurs, MM.Parizeau et B.Bourgeois.Obstétrique, jeudi le 5 juin 4 9 hrs a.m.Examinateurs, MM.de Cotret et A.Ethier.Ophtalmologie, jeudi le 5 juin a 9 hrs a.m.Ixaminateurs, MM.Desjardins et Foucher.Pédiatrie, lundi le 9 juin à 9 hrs a.m.Examinateurs, MM.S Lachapelle et R.Masson.Médecine Légale et Maladies Mentales, lundi le 9 juin à 9 hrs am.Examinateurs, MM.Villeneuve et Dérome.Hygiène, jeudi le 12 juin à 9 hrs am.Examinateurs, MM.Valin et Moreau.Matière Médicale, jeudi le 12 juin à 9 hrs am.Exaniinateurs, MM.Fortier et Bourgoin.Anatomie Pathologique, lundi le 16 juin à 9 hrs a.m.FExami- nateurs, MM.Latreille et Verner.Gynécologie, lundi le 16 juin à 9 hrs a.m.Examinateurs, MM.Harwood et Ethier.Examens Cliniques, jeudi le 19 juin.Examinateurs: Clinique Externe, MM.Marien.Mercier, Saint-Jacques et Tlingston.Clinique Interne, MM.Guérin, Benoit, Dubé, Alph.Mercier et Bruneau. NOUVELLES 355 THE CANADIAN MEDICAL ASSOCIATION La réunion annuelle de cette L\\ssociation aura lieu à London, Ontario, les 24, 25, 26 et 27 juin.LE CONGRES INTERNATIONAL DE LONDRES Ce congrès s\u2019ouvrira à Londres le 6 août sous la présidence d'honneur du Prince Arthur de Connaught, représentant du roi, ct siègera jusqu\u2019au 20 inclusivement.Le \u2018président actif est sir Thomas Barlow.Il y aura 86 sections et sous-sections qui seront ouvertes durant l'avant-midi et l\u2019après-midi.Des discours seront prononcés par les médecins suivants: Médecine, par le professeur Chauffard, de Parie; Chirurgie, par le professeur Harry Cushing ; Pathologie, par le professeur Erlich ; Hérédité, par M.Bateson ; Hygiène publique, par l\u2019hon.John Jurns, président du bureau fit hygiène de Londres.On compte sur la présence de 5,000 médecins.On poursuit l\u2019organisation du Congrès depuis trois ans.Le programme final sera publié bientôt.La contribution est de $5.00 pour chaque membre.Les travaux du Congrès seront publiés en deux forts volumes.On s\u2019inscrit au bureau du Secrétaire du Comité canadien, 134 Bloor St.West, Toronto.LE QUATRIEME CONGRES INTERNATIONAL D\u2019HYGIENE SCOLAIRE à Buffalo, E.-U., du 20 au 30 août 1913.Ce Congrès est le quatrième du genre.Les trois autres ont siégé à Nuremberg en 1904, à London en 1907 et à Paris en 1910.\u2014 Le but de ces congrès est le suivant : 1° Réunir dans une même session des hommes et des femmes qui s\u2019occupent de la santé des enfants qui fréquentent les écoles.2° Préparer des travaux et faire la discussion des sujets qui touchent à l\u2019hygiène scolaire.3° Organiser une exposition scientifique qui représente les meilleures méthodes d\u2019hygiène scolaire.4° Faire des démonstrations pratiques de l'importance de l\u2019éducation du peuple.5° Publier et distribuer à chaque membre les délibérations du Congrès.Toutes les nations sont représentées su les différents comités.Le Comité de la province de Québec est composé de: Président : M.M.C.J.Magnan, inspecteur général des écoles de la P.Q. 356 REDACTION Secrétarre : Dr J.Il.Beaudown, médecin en chet du burean d\u2019hygiène de Lachine.Drs J.E.Laberge, C.R.Paquin, de Québee; T.A.Starkey, C.N.Valin, A.D.Blackader, I.Cormier et IR.Fortier de Québec.\u2014 La Sociéeé Médicale de Montréal a passé une résolution demandant au Gouvernement d\u2019y envoyer un délégué, mais il importe que toutes les institutions enseignantes et municipales y soient représentées par des hommes qualifiés qui y liront des travaux et qui rapporteront de ce congrès des idées pratiques qu'ils pourront mettre à profit ici.COURS PRATIQUE ANNUEL DE M.CALLOT Du 11 au 17 août 1913, à l\u2019Institut Orthopédique de Berck (Tème année), en sept jours, de 8 hrs du matin à 7 hrs du soir.Enseignement de l\u2019Orthopédie indispensable au médecins, et du traitement des tuberculoses externes, Coxalgie, Mal de Pott, Tumeurs blanches, Luxation Congénitale de la hanche, Déviations, Maladies des Os et des Articulations, Traitement de la Scoliose par la méthode d\u2019 Abbott.Chaque jour, cinq heures de démonstrations cliniques et techniques faites par M.Calot, et cinq heures d\u2019exercices pratiques indwiduels, sous la direction et avec l\u2019aide de M.Calot ou de ses assistants.Sont admis les médecins et étudiants francais et étrangers.\u2014 Pour l\u2019inscription, le programme détaillé et le mode d\u2019installation à Berck.S\u2019adresser dès maintenant au Dr Fouchet, chirurgien assistant de l\u2019Institut Orthopédique à Berck-Plage (P.-de-C.).Le nombre des places étant limité, on est prié de l'inserire à l\u2019avance.LE CINQUANTENAIRE D\u2019UN VIEUX PRATICIEN : LE DR LACERTE, DE.LEVIS Le Dr Narcisse Lacerte, de Lévis, a célébré son cinquantenaire de pratique médicale le 13 du mois de mai.Il vient d'entrer dans sa 75ème année, ce qui ne l\u2019empêche pas d'exercer sa profession (Gl est médecin municipal de Lévis).11 acheva ses études médicales à l'Ecole de Médecine de Montréal sous Monroe, Trudelle, Rottot, etc., en 1863.Il a toujours pratiqué à Lévis depuis, à part 2 ans à Acton Vale, de (63 à 65).Deux de ses fils l\u2019ont suivi dans la carrière : Jos.Rémi, décédé en 1892 et le Dr E.Lacerte, de Thetford Mincs.\u2014 L'Union Médicale adresse au Dr Lacerte ses félicitations d\u2019usage, car le Dr Lacerte est un abonné de notre journal depuis sa fondation il y a plus de 42 ans.C\u2019est nn double record.in I \"in ANALYSES MEDECINE Troubles gastriques dans la néphrite chronique simulant le cancer de \u2019estomac.\u2014 L\u2019hyperchlorhydrie dans la néphrite chronique, par CASTAIGNE, dans Revue de Méd.et de Chirurgie pratique.Oct.1912.Les rapports entre les troubles gastriques et les albuminuries sont très complexes et d\u2019ordre très varié et peuvent donner lieu à des interprétations très diverses.C\u2019est ainsi qu\u2019on peut voir survenir dans les néphrites chroniques des troubles gastriques simulant complètement le cancer de l\u2019estomac, M.Castaigne a cité à l\u2019appui de cette importante notion des faits extrêmement instructifs.Une première observation est relative à une malade de 42 ans, qui entre à l\u2019hôpital pour des troubles gastriques assez vagues, remontant à plusieurs mois et consistant surtout dans de l\u2019inappé- tence pour de la viande et des vomissements avec ou sans alimentation, et renfermant parfois, dans ce dernier cas, des aliments ingérés deux jours auparavant.Elle avait été admise dans un service de chirurgie parce qu\u2019on avait pensé à une sténose du pylore et à ce moment les hémorragies intestinales semblaient éon- firmer l\u2019hypothèse d\u2019un cancer.Aussi pratiqua-t-on une gastro- entérostomie sans même aller à la recherche d\u2019une tumeur, et uniquement dans le but de faire cesser ces vomissements incessants.D'ailleurs, la malade, opérée ain extremis, succomba quelques jours après dans le coma, et à l\u2019autopsie on constata simplement, avec l'absence de tout cancer, une néphrite scléreuse atrophique du type dit interstitiel.| Il v avait done chez cette malade une néphrite chronique qui présenta à peu près tous les symptômes du cancer gastrique à un point -tel qu\u2019on pratiqua une gastro-entérostomie pour remédier aux vomissements.Une seconde observation est tout à fait analogue, avec cette différence cependant que la malade put éviter l\u2019opération.Dans ce cas il y avait en d\u2019abord des troubles gastriques à forme hyperchlorhydrique avec appétit exagéré, brûlures gastriques calmées par l\u2019ingestion des aliments, puis ensuite dégoût de la viande, vomissements, refus de manger, etc. 358 UNION MÉDICALE DU CANADA Ce fut dans cet état qu\u2019elle fut amenée à l'Hôpital où un examen du suc gastrique fit tout d\u2019abord constater l\u2019absence absolue d\u2019acide chlorhydrique, constatation tout à fait en faveur de l\u2019hypothèse d'un cancer, lequel fut admis d'autant plus facilement qu\u2019à tous ces symptômes se joignait la présence d\u2019une certaine quantité de sang dans les matières.Cependant M.Castaigne ayant vu cette malade remarqua qu\u2019elle présentait aussi tous les signes d\u2019une néphrite chronique : hypertension artérielle considérable, ce qui ne se présente guère dans le cancer, polyurie, légère albuminurie, élimination lente du bleu de méthvlène, rétention chlorurée, azotémie (3 grammes au lieu de 0,50 centigrammes).Tous ces symptômes se rattachent à la néphrite ; d\u2019autres, il est vrai, pouvaient être interprétés comme se rapportant au cancer, mais il n\u2018y avait aucun signe objectif et une radiographie faite par M.Béclère resta négative.Il devenait done très probable qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une néphrite sans cancer, et de fait, la malade ayant succombé dans le coma au bout de quelques jours, on put constater à l\u2019autopsie l\u2019existence d\u2019une néphrite typique, mais pas de cancer.Il est à remarquer qu\u2019ici l\u2019existence de 3 grammes d\u2019urée dans le sang constituait un symptôme de la plus haute gravité.Ces deux observations montrent donc une symptomatologie simulant presque complètement celle du cancer.Un troisième fait est plus intéressant encore, parce qu\u2019il montre ce qui peut être fait au point de vue de la pratique, et que, dans ce cas, le malade a pu arriver à une guérison relative.Il s'agissait ici d\u2019une homme amené à l\u2019hôpital plongé dans le coma, et présentant depuis plusieurs mois, d\u2019après les renseignements fournis par sa femme, des troubles gastriques, avec un amaigrissement rapide, des vomissements, qui avaient fait admettre un cancer par le médecin qui le soignait.Aussi fut-il alimenté le plus fortement possible avec des liquides nutritifs, des jus de viande, des jaunes d\u2019œuf, etc, donnés par petites quantités à la fois pour qu\u2019ils fussent mieux supportés.Sous l\u2019influence de ce régime, il s\u2019améliora d\u2019abord pendant quelques jours, vomissant moins, mais à mesure qu\u2019il semblait mieux assimiler, il tombait dans une sorte de torpeur, et peu à peu arriva à un coma complet.Ce qui.frappait a son entrée a I'hopital, était une forte odeur ANALYSES 359 animoniacale de l\u2019haleine, symptôme très habituel d\u2019uricémie, puis une tension artérielle très élevée, un bruit de galop, du myosis.On ne trouvait pas de tumeur ; aussi malgré les renseignements contradictoires, l\u2019idée de coma urémique s\u2019imposait et on fit aussitôt une saignée abondante de 600 grammes.On fit également une ponction lombaire de 200 centimètres cubes et sous cette double influence, le coma diminua très rapidement.On trouvait en même temps dans le sang une rétention d\u2019urée de 1 gr.50.Cette dernière indication venait confirmer le diagnostic.Le malade fut mis au régime de l\u2019eau lactosée (50 grammes de lactose par litre avec trois litres par jour), aux injections de sérum lactosé, et au bout de trois jours, l\u2019amélioration était considérable et son aspect était entièrement modifié.Pendant ces trois jours il s\u2019était produit aussi des vomissements et une diarrhée abondante et fétide qu\u2019on n\u2019a pas cherché à arrêter, car ils contribuaient pour beaucoup à la désintoxication du malade qui au bout de quatre jours put être soumis à un régime hypoazoté.A ce moment il n\u2019y avait plus que des signes de néphrite chronique.Si l\u2019on considère cette évolution on peut assurément dire que les accidents avaient été accélérés par le diagnostic erroné de cancer et par la prescription, qui en avait été la conséquence, d\u2019une alimentation très azotée.Ces trois observations typiques, qui sont loin d\u2019être isolées, permettent d\u2019affirmer que très souvent la néphrite chronique à type hydrurique donne lieu à l\u2019apparence du cancer de l'estomac.Aussi, dans les cas où on ne trouve pas de signe certain de cette affection, il faut chercher la néphrite chronique, laquelle d\u2019ailleurs n\u2019exclut pas la possibilité du cancer, mais en ce cas, ce dernier ne doit être admis que si l\u2019on constate des signes de certitude qui en démontrent l\u2019existence.La pathogénie de ces troubles gastriques n\u2019est pas encore complètement connue.Cependant on peut admettre qu\u2019ils sont dus à la rétention de substances toxiques dans le sang.On trouve en effet de l\u2019urée dans le sérum, mais à côté de cette substance se trouvent très certainement toute une série de produits toxiques qu\u2019on ne peut guère doser.Chauffard a montré, par exemple, qu\u2019il y avait souvent beaucoup de cholestérine dans le sang et il y a là probablement d\u2019autres matières qui contribuent à cette toxicité.En tous cas, la présence de l\u2019urée en est l\u2019indice, et sa re- 360 UNION MÉDICALE DU CANADA cherche est très utile au point de vue du diagnostic et du pronos- tie: la règle est que si sa quantité est inférieure à un gramme, le pronostic n\u2019est pas très grave ; si cette proportion est dépassée, si surtout elle est au-dessus de deux grammes, le pronostic devient infiniment plus sérieux.En pareil cas, les vomissement, la diarrhée, ont pour but d'éliminer le rein: mais ces substances sont elles-mêmes irritantes pour les muqueuses, et ainsi s\u2019expliquent les ulcérations et les hémorragies qui se produisent en pareil cas.Comme ce sont les matières azotées qui sont la source de ces intoxications, il faudra donc les éviter autant que possible dans le régime.S'il n\u2019y a que de l\u2019inappétence, des vomissements, de la diarrhée, une simple diète avec l\u2019ean lactosée fera très rapidement cesser les accidents, qui peuvent être enrayés ainsi et ne pas reparaître si on soumet ensuite le malade à un régime hypoazoté.S'il s\u2019agit d\u2019accidents très graves, de vomissements incoercibles, de coma, ete, il fandra un traitement énergique: la saignée abondante, la ponction lombaire, les lavages d\u2019estomac et d\u2019intestin ; on arrive parfois ainsi à un résultat inespéré, mais on ne peut compter beaucoup sur un succès bien durable.Ce qu\u2019il faut bien se rappeler, en manière de conclusion, c\u2019est que la néphrite chronique simule beaucoup plus souvent qu\u2019on ne le croit le cancer d\u2019estomac, et que la confusion qu\u2019on peut commettre à cette occasion est d'autant plus dangereuse qu\u2019on met alors en œuvre un traitement absolument opposé à celui qui est indiqué.\u2014 À côté de ces cas, dans lesquels la néphrite chronique présente à peu près exactement le tableau clinique du cancer de l\u2019estomac, on peut placer certaines formes d\u2019hyperchlorhydrie qui sont liées à cette néphrite chronique.Le fait suivant est un exemple remarquable des difficultés de diagnostic qui peuvent résulter d\u2019une semblable association.Un homme de 40 ans était atteint depuis très longtemps de trouble de l\u2019estomac, typiques au point de vue de l\u2019hyperchlorhydrie.Il commençait à souffrir assez exactement deux heures après le repas et toutes les médications dirigées contre les douleurs avaient échoué.Il essaya de se faire des injections de sérum marin et avait obtenu tout d\u2019abord une certaine amélioration, lorsqu\u2019il fut pris ANALYSES 361 d\u2019une dyspnée violente, avec expectoration abondante, et tous les signes d\u2019un œdème aigu du poumon, pour lequel il entra à l\u2019hôpital.(\"était un type classique de la néphrite chronique, avec urines abondantes, deux à trois litres par jour, contenant très peu de substances dissoutes et surtout très peu de chlorure de sodium, légère albuminurie, bruit de galop très marqué avec hypertension considérable.Perméabilité du rein très diminuée à l\u2019épreuve du bleu de méthylène.Il s'agissait, en somme, d'une néphrite chronique ancienne, latente, au cours de laquelle, sous l'influence des injections de sérum chloruré, il se produisit une rétention de chlorures exagérée et une poussée d'œdème aigu du poumon.Sous l'influence du régime hydrique, tous les accidents disparurent rapidement et au bout de quatre jours il ne restait plus que les symptômes ordinaires de la néphrite.Après le régime hydrique, on prescrivit le régime lacté, puis le régime déchloruré complet.Sous cette influence, au bout de trois semaines, tous les symptômes de l\u2019hyperchlorhydrie avec régurgitation acide, douleur quelque temps après le repas, avaient disparu.Mais à plusieurs reprises, chaque fois que l\u2019on essavait de faire reprendre le chlorure de sodium, l'hyperchlorhydrie reparaissait.Les choses se produisaient ici avec la régularité d\u2019une expérience.Dans un autre cas cité par M.Castaigne, un malade atteint de néphrite chronique prit par erreur, au lieu de sulfate de soude, une dose élevée de chlorure de sodium.Sous cette influence il fut pris d'une crise trés grave d\u2019hyperchlorhydrie et sa néphrite devint albumineuse pendant deux mois, alors qu\u2019il ne présentait ordinairement pas d\u2019albuminurie.Sans insister ici sur les théories qui expliquent l\u2019hyperchlorhydrie gastrique chez des sujets en état de rétention chlorurée, les faits montrent que beaucoup de malades atteints de néphrite chronique peuvent présenter le syndrome hyeprehlorhydrique; mais on peut se demander: 1° dans quelle proportion des malades paraissant des hvperchlorhydriques simples peuvent être considérés comme étant atteints de néphrite chronique et 2° dans quelle proportion des néphrites chroniques caractérisées s\u2019accompagnent du syndrome hvperchlorhvdrique.Pour ce qui est du premier point, depuis une série d\u2019années, M.Castaigne a cherché à dépister la néphrite chez des sujets qu\u2019on ne pouvait guère soupconner d'être des rénaux.Or souvent il l\u2019a 362 UNION MÉDICALE DU CANADA trouvée chez des malades venus consulter pour leur estomac et récemment, sur une série de 18 malades paraissant atteints d\u2019hyperchlorhydrie simple, il a trouvé cinq fois une néphrite latente.On peut donc conclure que chez des malades hyperchlorhydriques il faut rechercher attentivement les signes de la néphrite chronique, qu\u2019on trouvera environ une fois sur trois ou quatre cas.Si, d\u2019autre part, on recherche l'hyperchlorhydrie gastrique dans toutes les néphrites chroniques, on trouve des résultats en apparence contradictoires: ce fait tient à ce qu\u2019il faut tenir compte de l\u2019état de la muquense gastrique chez ces sujets.Chez les sujets jeunes, dont la muqueuse est en bon état, l\u2019hvperchlorhydrie est extrêmement fréquente.Au contraire chez les néphritiques anciens, dont la muqueuse est altérée, les glandes deviennent incapables de produire l\u2019acide chlorhydrique, et les troubles gastriques revêtent alors plutôt la forme du cancer.Chez eux, le syndrome hyperchlorhydrique est beaucoup plus rare.On conçoit que chez des malades de cet ordre, le traitement de choix existe avant tout dans la restriction des chlorures dans l\u2019alimentation.C\u2019est donc le régime déchloruré qu\u2019il faudra pres- ecrire.Mais il n\u2019agit pas toujours très rapidement, car l\u2019organisme est souvent long à se débarrasser des chlorures qu\u2019il renferme en excès.OBSTETRIQUE L'origine intestinale du poison éclamptique.Traitement de l\u2019éclampsie, par M.LIfGEOIS, dans Revue de Méd.et Chr rurgie pratique.Nov.1912.M.Liégeois s\u2019est attaché surtout à exposer les idées de M.le professeur Fabre relativement à l\u2019origine du poison éclamptique et à la méthode thérapeutique qui est issue de cette théorie.M.Fabre admet, en effet, que chez la femme enceine, sous l\u2019action de facteurs divers, le contenu intestinal est susceptible de fournir une entérotoxine spéciale, à laquelle on doit rapporter tous les troubles morbides de l\u2019éclampsie.On peut affirmer, en effet, que l'éclampsie ne peut éclater que si deux facteurs essentiel sont réunis: d\u2019une part, la production de l\u2019entérotoxine, d\u2019autre part, la défaillance de la barrière intesti- ANALYSES 363 nale: ces différentes conditions sont en effet réalisées dans l\u2019histoire clinique des éclamptiques.Les éclamptiques réunissent tous les facteurs de l\u2019auto-intoxication intestinale.Ces malades sont des constipées habituelles, la fétidité de leurs matières est énorme, leur contenu stomacal est très toxique.Leur muqueuse intestinale est altérée, non seulement au point de vue fonctionnel, mais anatomique: en outre, les organes de défense, le foie surtout, sont surmenés.Il en résulte que l\u2019entérotoxine qui, du reste, a été isolée par M.le professeur Guillema, peut agir sans obstacle sur le système nerveux.Se fondant sur cette théorie, M.Fabre dans le traitement qu\u2019il préconise cherche tout d\u2019abord à répondre à deux indications essentielles.1° Eliminer les toxines libres dans l\u2019intestin ; 2° Détruire les toxines absorbées et cireculantes dans le sang.Enfin, il doit réaliser secondairement la sédation des phénomènes nerveux.Le tube gastro-intestinal étant le lieu de formation de poisons éclamptigènes, toute la thérapeutique doit aboutir à l\u2019évacuation rapide des matières accumulées en si grande abondance dans l\u2019intestin de toutes les éclamptiques et à vider leur cavité gastrique.Pour cela, le lavage de l\u2019estomac, qui doit être continué jusqu\u2019à l'obtention d\u2019un liquide clair, répond à la première indication ; d'autre part, les éléments purgatifs pour ne pas gêner l\u2019administration du chloral qui se fait par la voie buccale répondent à la seconde ; le lavement sera celui du Codex modifié : Trammes rammes Follicules de sené Ce ee ee ee 11e 5 Eau bowllante .300 g 8 pour infuser, et ajouter: sulfate de soude 25 grammes; ce lavement est toléré très facilement.11 faut en donner de suite un deuxième en cas d\u2019insuceés.On doit le faire pénétrer tiède, lentement, avec canule souple rectale, introduite à 25 centimètres dans le rectum, sous pression faible, de manière à faciliter l\u2019absorption et éviter le rejet pendant l\u2019agitation présentée par la malade.Poudre de charbon.\u2014 Malgré toutes ces évacuations, il \u2018reste encore dans l'estomac et dans l'intestin des substances toxiques et non absorbées; il faut détruire leur action nocive possible ; l\u2019in- 364 UNION MÉDICALE DU CANADA tervention de la poudre de charbon est, dans ce cas, tout à fait remarquable.Le professeur Fabre, depuis 1907-1908, associe cette médication fixatrice énergique à l\u2019ingestion du chloral.La poudre de charbon est utilisée dejuis très longtemps comme antidote dans les empoisonnements ; elle agit d\u2019une facon remarquable sur les toxines intestinales.On peut employer de la poudre de charbon de peuplier, de fusain, de bois ordinaire, mais gros avantages à ce qu'il soit récemment calciné et pulvérisé.Dans l\u2019éclampsie, on prescrit 2 gr.toutes les deux heures dans 300 gr.d\u2019eau ; on peut d\u2019ailleurs augmenter les doses, car le charbon est inoffensif et T'aisne a montré que les fortes doses sont les meilleures.À ces moyens évacuateurs et destructeurs de toxines, nous associons la diète hydrique.On fait absorber à la malade 3 litres d\u2019eau en 24 heures; à raison de 300 gr.toutes les 3 heures ; les 300 premiers grammes sont administrés de suite après le premier lavage de l'estomac, et on profite de la présence du tube de Faucher.Le chloral est indiqué non seulement quand les attaques sont manifestes, mais encore quand nn signe quelconque peut faire penser à l'invasion du mal.\u201c Le chloral est donné à doses massives et décroissantes, et il faut prolonger son emploi pendant plusieurs jours après la disparition des crises.Dans les formes légères, on prescrit 6 grammes de chloral en trois fois: le premier jour, on donne 3 grammes, et 2 grammes les jours suivants.Dans les formes moyennes, on prescrit 12 grammes de chloral le premier jour, par doses de 2 grammes, toutes les quatre heures.Le lendemain, 4 grammes, le surlendemain 4 grammes, et si les symptômes s\u2019amendent 2 grammes au bout de quelques jours; on les continuera quinze jours, trois semaines ou un mois, si l\u2019albuminurie persiste.Dans les formes graves, on donne 10 grammes ou même 20 grammes de chloral le premier jour, 10 grammes le second, 6 grammes le troisième et on continuera 4 grammes de chloral pendant plusieurs jours.\u201d (Obstétrique, Fabre).La quantité d\u2019urine émise par la malade est très importante.Sous son influence, les crises disparaissent, le coma éclamptique est remplacé par le coma chloralique, la diurèse s'établit, les urines deviennent moins rares et moins albumineuses.Pour éviter l'effet caustique du chloral sur les muqueuses diges- ANALYSES 365 tives, il faut le faire prendre très dilué: un gramme de chloral dans 150 à 200 grammes d\u2019eau.Sous l\u2019effet de cette médication intensive, l\u2019entérotoxine, cause première de l\u2019éclampsie, subit au niveau de sa production, dans l'intestin, l\u2019action neutralisante du chloral, car cette substance pour M.Fabre est un antitoxique qui se fixe sur l\u2019entérotoxine et la détruit dans l\u2019intestin d\u2019abord, puis dans le milieu sanguin.Quant à la saignée qui, pour beaucoup, constitue le moyen de traitement par excellence, M.Fabre réserve cette médication aux hypertensions notables (23 à 25 Hg), il faut saigner les femmes fortes, vigoureuses, chez qui l\u2019on redoute l\u2019hémorragie cérébrale ou l\u2019œdème.Leur pouls est dur et vibrant.La saignée doit être au moins de 500 grammes et quelquefois massive.Chez les éclamptiques pâles, anémiées par l\u2019accouchement ou les hémorragies de la délivrance, la saignée est contre-indiquée.Enfin, dans les cas très rares où le traitement chloralique n\u2019a \u2018pas donné de résultats appréciables, on est en droit de tenter une saignée, à moins que des contre-indications sérieuses ne soient tirées de l\u2019état général de la malade (anémie grave).M.Liégeois conclut son travail par les résultats statistiques très favorables obtenus dans le service de M.Fabre.Mortalité maternelle de 1903-1911, 2 sur 28 cas: 7,14 p.c.; Mortalité fœtale de 1903-1911, sur 28 cas; 21,4 p.c.THERAPEUTIQUE Traitement de la syphilis par les injections endoveineuses d\u2019Enésol, par le Dr M.AGAMENNONE, médecin des Hôpitaux de Rome.(Giornale italiano delle Malattie veneree e delle pelle, 20 juillet 1912.) Le Dr Agamennone a publié un travail considérable concernant l\u2019usage de l\u2019Enésol en injections intraveineuses.Le Dr Agamennone a commencé par reprendre complètement l\u2019étude de l\u2019Enésol au point de vue de la toxicité et de l\u2019élimination.Il a étudié en détail la toxicité de l\u2019Enésol en injections intraveineuses chez le chien, et il s\u2019est assuré que ce médicament était pratiquement dépourvn de toxicité et s\u2019éliminait régulièrement et rapidement, principalement par la voie urnaire. 366 UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019auteur, dans son article, a développé longuement sa technique de l\u2019injection intraveineuse, puis il a rapporté la partie clinique de son travail, qui comprend cinquante-trois observations recueillies à l\u2019hôpital S.Gallicano.Les observations du Dr Agamennone ont cela d\u2019intéressant qu\u2019elles comportent une étude très soigneuse des commémoratifs, un procès-verbal complet de l\u2019examen objectif et de l\u2019évolution des symptômes, avec prise de la température, du pouls et des respirations plusieurs fois par jour, courbes des poids, examen des urines, examen du sang et réaction de Wassermann.Toutes ces données assurent au travail clinique du Dr Agamen- none un haut intérêt scientifique et amènent l\u2019auteur à des conclusions importantes et précises : \u201c Le salicylarsinate de mercure, écrit-il, résultant de la combi- \u2018 naison des deux corps (arsenic et mercure) déploie la plus grande activité curative possible, surtout lorsqu\u2019il est employé \u201cpar la voie intraveineuse.Du reste, en employant, l\u2019énésol \u201c même simplement par voie intramusculaire à doses croissantes, \u201con peut facilement atteindre 5 à 6 c.c.\u201c L\u2019Enésol doit être préféré aux préparations arsenicales simn- \u201cples, car il ne donne lieu a aucune réaction intense, ni locale, ni \u201c générale.\u201d Et le Dr A\\gamennone insiste sur la puissante action analeptique de l\u2019Enésol, sur son activité stérilisante et cicatricielle et enfin sur le pouvoir qu\u2019il a de faire disparaître la réaction de Wassermann.Il en conclut, en définitive, que, dans le traitement de la syphilis, \u2018\u201c rien ne pourra nous être plus utile que le salicylarsinate de mercure.\u201d De l\u2019application de l\u2019Enésol dans la syphilis et les affections para- syphilitiques, par le Dr B.-A.Louxrz (1).Travail de la clinique thérapeutique hospitalière du Prof.N.-A.Sawelieff, de l\u2019Université de Moscou.L\u2019auteur, après avoir étudié la littérature rassemblée jusqu\u2019à ce jour sur la question du traitement de la svphilis par l\u2019Enésol, a désiré expérimenter cette préparation dans le traitement des accidents tardifs de la syphilis et des accidents parasyphilitiques.i M had ANALYSES 367 A cet effet, il a administré l'Enésol dans trois cas d\u2019anévrisme de nature syphilitique et dans un cas de syphilis tertiaire avec cirrhose hépatique et épanchement pleural.Les trois anévrismes traités par le Dr Lountz étaient, l\u2019un un anévrisme de l\u2019artère innominée, l\u2019un un anévrisme de l\u2019aorte descendante, et le dernier un anévrisme de l\u2019aorte ascendante.Dans les trois cas, sous l'action des injections d\u2019Enésol, on a vu tous les symptômes subjectifs (essoufflement, insomnie, douleur) s'améliorer.Objectivement, les pulsations et le frémissement cataire ont disparu.Les souffles se sont amélorés, la formule hématologique est devenue meilleure et les forces des malades ont été remontées.Dans le cas de syphilis tertiaire, les injections d\u2019Enésol ont rapidement amené la cicatrisation des ulcères, la disparition d\u2019une éruption, la résorption d\u2019une restant de liquide pleural et la diminution de volume du foie.Dans deux cas où la réaction de Wassermann était positive, le Dr Lountz a observé la disparition de cette réaction.II a en général administré vingt à trente injections d\u2019Enésol avec des pauses de cinq à huit jours.Les injections ont été en moyenne de 0 gr.03 puis de 0 gr.06 d'Enésol par piqûre.| \u201cDune facon générale, écrit le Dr Lountz, nous partageons l'avis des auteurs francais et allemands, à savoir que l\u2019Enésol est un produit peu toxique, qui contient le mercure et l\u2019arsenie sous une forme telle que l'on peut administrer des doses relativement grandes assez longtemps et sans provoquer aucun trouble.L\u2019Ené- sol contient en combinaison heureuse le mercure spécifique et l\u2019arsenic, tonique et quelque peu spécifique aussi.\u201d Et plus loin, l'auteur écrit encore: \u201c L\u2019Enésol réunit les propriétés spécifiques et toniques et peut s\u2019administrer chez des malades épuisés.Il a une action sur la svphilis et sur les affections parasyphilitiques des organes internes.Son élimination est rapide.\u201d Le Dr Lountz termine son étude en souhaitant que l\u2019emploi de l'Enésol pour le traitement des accidents tardifs de la syphilis se généralise dans la pratique médicale. BIBLIOGRAPHIE Histoire des origines et de l\u2019évolution de l\u2019idée de dégénérescence en Médecine mentale, par le Doctenr Georges GENIL-PERRIN.280 pages in-8°.Paris, Alfred Leclere, 1913.Prix: 6 fT.La notion de dégénérescence mentale est mal définie, parce qu'elle est diversement définie.L'auteur s\u2019est efforcé de fixer la valeur exacte de ctt idée en remontant à ses origines et en suivant pas à pas son évolution.L'idée de dégénérescence mentale trouve ses origines lointaines dans le problème des rapports du physique et du moral et dans les formes premières de lu question de l\u2019hérédité.Elle trouve son origine immédiate dans la notion de prédisposition héréditaire.La doctrine de la dégénérescence acquiert son plein développement dans l\u2019œuvre de M.Morel, qui consacre, en la mettant en valeur, l\u2019affiliation de la psychiatrie à la médecine générale et à la biologie.Vaste conception anthropopogico-psychiatrique dans l'œuvre de Morel, la notion de dégénérescence deviendra plus tard, en parti- culer dans l\u2019œuvre de Magnan, un instrument de nosologie.Pénétrant dans la psychiatrie allemande avec le Traité de Griesinger, elle constituera le pivot de la classification de Schule et de Krafft- Ebing, mais sa valeur nosologique sera battue en brèche par Ziehen et par Krapelin.En France, postérieurement à Magnana, se dessine un mouvement de réaction et de critique qui, tout en respectant la valeur étiologique fondamentale de la dégénérescence, réduit à très peu de chose sa signification nosologique.Aussi la doctrine de la dégénérescence mentale, si elle constitue un des faits les plus importants de l'évolution de la psychiatrie, doit-elle rentrer maintenant dans le domaine de l\u2019histoire rétrospective.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019opinion du Professeur Gilbert Ballet, dont M.Genil-Perrin est l'interne: M.Gilbert Ballet a résumé sa façon de voir en quelques pages, spécialement rédigées pour être incorporées à l'ouvrage de M.Genil-Perrin, où elles constituent le paragraphe IIT du chapitre onsième.Signalons particulièrement les chapitres de ce volume où l\u2019auteur expose certaines questions dont l'intérêt dépasse le domaine purement psychiatrique.Dans le chapitre huitième 1l suit l\u2019évolution du problème de la dégénérescence supérieure et des rapports i ter I ln bn ay ly (on => a ANALYSES 309 du génie et de la folie : dans le chapitre neuvière, 11 montre que les Phystonomistes de l\u2019Antiquité et de la Renaissance avaient entrevu les liens qui unissent la dégénérescence et la criminalité, et pouvaient être considérés comme les précurseurs de la Nuova Scuola.M.Genil-Perrin rend d\u2019ailleurs un juste hommage aux beaux travaux des criminologistes italiens qui, depuis Lombroso, ont la coquetterie de compter parmi leurs initiateurs Morel, le père de la dégénérescence.L'auteur aborde aussi le point pratiquement intéressant de la question, l'histoire de la lutte contre la dégénérescence et examine à ce propos les problèmes troublants des dégénérés à l\u2019armée et de la stérilisation des dégénérés.| Æsculape.Grande revue mensuelle illustrét, latéro-médicale.Le numéro: 1 fr.Abonnement: 12 fr (Etranger: 15 fr.), A.toOUZAUD, Editeur, 41, Rue des Ecoles, Paris.SOMMAIRE DU N° DE MARS 1913 L'Ecole du Service de Santé militaire de Strasbourg (14 il- lustr.), par le Médecin-Inspecteur Ch.Virv.\u2014 Le passé glorieux de l'Ecole de Médecine militaire française de Strasbourg raconté par un de ses anciens élèves.Sédillot, Kœberlé, Kiss.Le siège de 1870 et la belle conduite des \u201c petits soldats carabins.\u201d Le bombardement, la cathédrale en feu, le vieux Strasbourg, la cité des cigognes.La \u201c Voyance \u201d (8 illustr.), par le Dr Ch.Guilbert.\u2014 Le curieux dessins du Comte de Tr., exécutés à l\u2019état de veille ; leur interprétation ; l'examen à la loupe y révèle de nombreux personnages inaperçus à première vue; scènes de Sabbat ; démons et dé- mones.Une science nouvelle : l\u2019Océanographie (10 illustr.), par le Dr Bouquet.\u2014 es sondages aux grandes profondeurs marines ; espèces animales aux formes bizarres, élégantes ou monstrueuses, aux couleurs fragiles, éclatantes; bactéries phosphorescentes.Ce que contient l'estomac d\u2019un phoque.Le Macabre dans l'Art; 3e article (8 illustr.), par le professeur Guiart.\u2014 Aux XVIIe et ZVITTe siècles les représentations de la 370 UNION MÉDICALE DU CANADA Mort deviennent quasi sporadiques; la Fin des Gloires de ce monde ; la Putréfaction des corps de Zumbo ; la ruelle du Genièvre et la Mort à la faux d\u2019Hogarth.Le Corset dans UArt (4 illustr, dont 1 hors-texte), par le Le Macabre dans UArt (4 illustr., dont 1 hors-texte), par le Prof.F.Regnault.La splendeur physique de la beauté grecque non déformée ; les élégantes romaines; les corsets rigides et le bombement du ventre; les Eves, les Vénus déformées de Van Eyck et de Cranach.Un vied album sur Madame Lafarge (13 illustr.) \u2014 L'artiste anonyme, malgré nos recherches, n\u2019a pu être identifié.Quelques têtes de jurés limousins ; \u201c Orfila, prince de la science fait refrire les estomacs du pauvre afarge \u201d; il présente au jurés un demi- milligramme d\u2019arsenic.La violente campagne de Raspail dans la Gazette des Hôpitaux il y a 60 ans.Supplément (20 illustr.).\u2014 Le problème de l'intelligence des animaux.\u2014 La croyance à la stérilité de l\u2019un des jumeaux.\u2014 Le Prof.Le Double décoré.\u2014 Un souvenir à la Faculté françarse de Médecine de Strasbourg.\u2014 Y\u2019action des vagues.Une curieuse épitaphe.\u2014 Notes d\u2019un médecin sur le Sud-Oranars.\u2014 Un grand chirurgien alsacien.\u2014 La suggestion dans le dressage du léopard.\u2014Les chats deRemy de Gourmont.\u2014 La lèpre en pays annamite.\u2014 Faut-il castrer les lépreux ?\u2014 Le jubilé du Prof.Renaut.\u2014 Le danger des insectes et le rôle protecteur des orseaux.L'administration d\u2019un clystère en pleine rue au XVe siècle.\u2014 L'exploitation de l\u2019enfance.\u2014 Le serpent de mer a été rencontré.\u2014 Sur un homme mort de la rage.\u2014 Les persécutions contre la race juive au Moyen-Age.\u2014 La férocité du chevreuil.\u2014 .\\ propos des herbes du diable.Le numéro du 3 mai de Paris Médical, publié par le professeur GirserrT à la librairie J.-B.Baillière et fils, 19, rue Hautefenille, à Paris, est entièrement consacré à la Gynécologie et à l'Obstétrique.Voici le sommaire : La Gynécologie en 1913 (Revue annuelle), par le Dr À Schwartz.\u2014 Données fournies par l\u2019examen cystoscopique dans eur le jé dans ANALYSES 371 le cancer du col de l'utérus, par le Professeur Hartmann.\u2014 L\u2019adénomyomatose, par les Drs Forgue et Massabuan.\u2014 Les kystes de la région clitoridienne, par les Drs Lefèvre et Loubat.\u2014 L\u2019Obstétrique en 1913 (Revue annuelle), par le Dr Funck-Bren- tano.\u2014 De la situation normale ou anormale de l\u2019utérus après l\u2019accouchement à terme, par le Dr Bouffe de Saint-Blaise.\u2014 Les phlébites utéro-pelviennes des femmes en couches, par le Dr Jeannin.\u2014 Actualités médicales.\u2014 Sociétés savantes.\u2014 Libre propos, par le Professeur Gilbert.\u2014 Chronique scientifique.\u2014 Curiosités.\u2014 La médecine d'autrefois: Accoucheurs de jadis.\u2014 Diététique.\u2014 Formules thérapeutiques.\u2014 Revue de la Presse française et de la Presse étrangère.\u2014 Congrès.\u2014 Nouvelles, ete.(Envoi franco de ce numéro de 116 pages in-4 avec - figures, contre 1 franc en timbres-poste de tous pays.) « Formulaire des Spécialités pharmaceutiques pour 1913, par le Dr V.GARDETTE.1 vol.in-8 de 400 pages, cartonné, 3 fr.(Librairie J.-B.Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris).Le but du Dr Gardette a été d\u2019esayer d\u2019être utile à ses confrères en leur donnant sur les spécialités pharmaceutiques les plus usuelles les renseignements nécessaires pour leur permettre de les prescrire quand ils le désireront.Le succès rapide de ce petit livre arrivé à la 6e édition a montré qu\u2019il répondait à un véritable besoin.- UN RELEVEUR DU SYSTEME Le médecin est appelé à prescrire un tonique, dans la plupart des cas, parce que les patients le consultent souvent pour des dépressions et de la débilité générale.Ceux-ci ont besoin d\u2019une médication qui les mette à niveau et les y maintienne.Le Pepto- Mangan exerce une action prompte et énergique sur l\u2019appétit mais surtout sur la qualité du sang.Il n\u2019est ni irritant, ni constipant.Tl est agréable à prendre et agit avantageusement sur la constitution générale. 372 UNION MEDICALE DU CANADA PHARMACOLOGIE ERRATUM Dans le No de Mai de \u2018\u2018L\u2019Unron MEDICALE\u201d p.307, Poudre de s cille.venente cessasesamacce ana nee\u201d a Extrait de S Cill\u20ac.\u2026.\u2026.
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