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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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Références

L'union médicale du Canada, 1913-10, Collections de BAnQ.

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[" [UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 18372, PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, MM.L.de L.MARWOOD, MM.A.Le SAGE, J.E.DUBE, HM.HERVIEUX, A.MARIEN.\u2014\u2014\u2014\u2014+< ta\" Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, Rédacteur en chef 46, Avenue Laval, Montréal.Vol.XLII ler OCTOBRE 1913 No 10 TRIBUNE LIBRE UNE MISE AU POINT \u2014 REPONSE A \u201cLA CLINIQUE \u201d Mon intention n\u2019est pas de répondre aux injures parues a mon adresse dans le journal \u201c La Clinique \u201d.Ceux qui me connaissent et qui sont au courant des méthodes de Monsieur le docteur François de Martigny, l\u2019inspirateur de l\u2019article et de son scribe Monsieur le docteur Villecourt, l\u2019auteur de l\u2019article, savent à quoi s\u2019en tenir.Pour les autres, rétablissons les faits.À la réunion de juillet 1912 du Bureau du Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q., le Dr Francois de Martigny en partance pour l\u2019Europe sous quelques heures obtint la faveur d\u2019ajouter son nom à celui du regretté docteur Hervieux qui devait être autorisé d\u2019appuyer de l\u2019autorité du Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q.l\u2019invitation de l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord à l\u2019Association des Médecins de langue française d\u2019Europe de venir tenir l\u2019une de ses prochaines réunions à Montréal.Cette invitation était celle de l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord et seul son Président Hervieux avait autorité de la transmettre. » 560 BOULET Ce que désirait alors le Dr F.de Martigny était l\u2019apostille du Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q.: lettres de créances officielles qui sont toujours utiles en Europe à ceux qui savent s\u2019en servir.À sa réunion de juillet 1913, le Bureau du Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q.prenait connaissance d\u2019un envoi du Dr François de Martigny contenant: un compte de $425.00 pour frais de voyage et un volumineux rapport à être inséré dans le Bulletin du Collège.Le comité de créance ayant rejeté le compte, Monsieur le docteur François de Martigny consentit à le retirer.Quant au rapport, le trouvant trop volumineux, pas serupuleuse- ment exact, et sans intérêt spécial pour les membres du Collège qui en avaient pris connaissance, d\u2019ailleurs, plusieurs mois auparavant par les journaux politiques, je priai le Dr François de Martigny de se désister de sa demande et de n\u2019inscrire au Bulletin que les conclusions.Sur son refus, la discussion s\u2019engagea et le vote fut pris avec le résultat que l\u2019on sait.Monsieur le docteur François de Martigny qui, à ce que l\u2019on dit, avait usurpé le principal rôle dans une affaire où le Bureau du Collège des Médecins n\u2019était que secondairement intéressé, n\u2019a pu me pardonner, comme je m\u201c\u2018y attendais d\u2019ailleurs, de ne pas avoir, par mon silence, été complice de son.(pour être charitable).son enfantillage.Car c\u2019est un enfant terrible que Monsieur le docteur François de Martigny.Inde rae.avec Monsieur Villecourt et Shakespeare à l\u2019appui.\u2018 O François ! prends ton vole, si tu te sens des ailes.Mais, Vilcourt, quel que soit l\u2019éclair de tes prunelles N\u2019espère pas, si haut que ton âme ait monté, T\u2019envoler au delà de ta mentalité.\u201d Roporrur BouLrT.REVUE GENERALE (1) QUELLE PLACE DOIVENT OCCUPER EN PRATIQUE LE SALVARSAN ET LE NEO-SALVARSAN DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS ?La syphilis est peut-être la maladie qui a le plus profité de méthodes scientifiques modernes.Depuis la découverte du trepone- ma pallidum par Schaudinn et Hoffmann, depuis que Roux et (1) Le journal de médecine et de chirurgie pratiques, de Paris, fait une excellente revue de la question - Nous la reproduisons en entier dans l\u2019intérêt tous.Elle est signée Dr.Cimon, de d\u2019Uriage. LE SALVARSAN DANS LA SYPHILIS 561 Metchnikoff ont montré la possibilité de l\u2019inoculation des produits syphilitiques au singe, de nombreux expérimentateurs ont fait porter leurs recherches sur la syphilis.Et l\u2019on peut dire qu\u2019actuellement peu de points restent obscurs concernant l\u2019étiologie, la pathologie, l\u2019anatomie pathologique et le diagnostic de cette maladie.Quant à son traitement, avant même les recherches auxquelles nous faisons allusion, il était parfaitement bien réglé et 11 donnait des résulttas dont la constance ne se retrouvait dans aucune autre maladie.Ce traitement était pour ainsi dire érigé en code, et les médecins du monde entier obéissaient pour la plupart à cette manière de législation instituée par Fournier.Cependant les expérimentateurs orientaient leurs recherches dans une direction plus moderne.Ils s\u2019efforcaient de trouver soit un vaccin, soit un sérum qui ferait sortir la thérapeutique de la syphilis de la voie un peu empirique qu\u2019elle suivait depuis des siècles.L'on se disait que si un jour quelque méthode détrônait le mercure, elle nous viendrait certainement des laboratoires de biologie.Aussi ce fut un étonnement universel lorsqu\u2019on apprit que c\u2019était un chimiste qui venait de découvrir un traitement radical de la syphilis, et que le mercure était remplacé, non par un sérum ou un vaccin, mais par un autre métal, l\u2019arsenic.A vrai dire, l\u2019idée est ancienne d\u2019employer l\u2019arsenic dans le traitement de la syphilis.Mais l\u2019idée nouvelle, originale, géniale on peut dire si elle s\u2019était réalisée, avait été de chercher une combinaison organique assez puissante pour tuer d\u2019un coup tous les germes pathogènes et assez peu toxique pour que le malade puisse la supporter sans dommage.Après de longues et très belles recherches, Ehrlich erut pouvoir donner au monde médical un sel d\u2019arsenic, le salvarsan, qui, sous le nom de \u201c 606 \u201d, connut une fortune sans exemple dans l\u2019histoire de la thérapeutique.Ce chiffre, immédiatement adopté par les malades et les médecins, indiquait que le salvarsan était la 60Ge combinaison d\u2019arsenic réalisée et essayée dans le laboratoire du célèbre professeur de Francfort.Ces recherches continuent d\u2019ailleurs.Le génie d\u2019Ehrlich vient de nous donner un 914e sel, le néosalvarsan qui, à notre avis, réalise un grand progrès sur son aîné.Même parmi les médecins, les esprits scientifiques sont rares: l\u2019histoire du \u201c 606,\u201d s\u2019il en était besoin, en donnerait une preuve éclatante.A peine ce médicament était-il employé depuis quelques mois que deux courants contraires d\u2019opinion se formèrent et 562 REVUE GÉNÉRALE le \u201c606\u201d était jugé définitivement quoique différemment.Pour les uns, il fallait l\u2019abandonner à tout jamais; pour les autres, c\u2019était un devoir d\u2019abandonner toute autre médication.Pour les uns, il fallait le supprimer; pour les autres, il supprimait la syphilis.Et d\u2019une maladie dont l\u2019évolution dure des années, on entendait dire qu\u2019elle était radicalement guérie parce qu'elle était restée sans manifestations apparentes pendant quelques mois.Il n\u2019est pas jusqu\u2019au tabès et à la paralysie générale dont les rémissions furent données pour des guérisons légitimes.Inversement, un certain nombre d\u2019observateurs réunissaient les cas malheureux et en faisaient un faisceau d\u2019arguments qui, à leur avis, devaient entraîner la condamnation des sels d\u2019Ehrlich.À côté de ces juges un peu hâtifs, beaucoup expérimentaient sans bruit et attendaient, pour dire leur opinion, de s\u2019en être fait une.Et comment se faire une opinion en parielle matière, sinon en voyant les faits par soi-même ?La littérature médicale est tellement encombrée d\u2019interprétations contradictoires, qu\u2019il semble qu\u2019il faille se dire avec H.Fabre, qu\u2019en ce cas comme \u201c en bien des cas, il est excellent d\u2019ignorer ; l\u2019esprit garde sa liberté d\u2019investigation et ne s\u2019égare pas dans des voies sans issue suggérées par la lecture.\u201d Aussi n\u2019essayons-nous pas de résumer en une revue générale I'immense littérature que possède déjà le \u201c 606 \u201d et qui continue.Il serait impossible d\u2019en tirer les conclusions pratiques qui seules nous intéressent ici.Nous ne risquerions que de donner la pénible impression de désordre anarchique qu\u2019ont éprouvée tous ceux qui se sont occupés de cette question.Si nous l\u2019abordons cependant, c\u2019est que le temps commence à faire son œuvre, que beaucoup de bons esprits semblent se mettre d'accord sur certains points et surtout que notre tâche est singulièrement facilitée par un travail considérable de M.Brocq paru dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie (décembre 1912).Le même journal (numéro d\u2019avril 1913) publie en outre un procédé imaginé par M.Ravaut et qui simplifie d\u2019une singulière façon la technique des injections de néo-salvarsan.Beaucoup de médecins avaient été en effet rebutés par les difficultés réelles, mais assurément exagérées, de la technique de la préparation du \u201c606.\u201d Et puisque jusqu\u2019à l\u2019eau distillée devenait, mélangée au salvarsan, un dangereux toxique, ils jugaient préférable de s\u2019en tenir à des méthodes moins brillantes mais plus sûres. LE SAIVARSAN DANS LA SYPHILIS 563 I1 nous semble que maintenant, avec le néo-salvarsan, et surtout avec la simplification de sa préparation imaginée par Ravaut, les médecins, méme non spécialisés, ont en main une arme nouvelle et puissante contre la syphilis, Quant aux circonstances ou cette arme doit être employée, l\u2019article de M.Brocq nous les expose en détails et nous, n\u2019aurions garde de ne pas nous en inspirer.Mais auparavant, nous ne craignons pas de le dire, nous sommes persuadé que l\u2019on peut, en toute conscience, continuer à traiter les syphilitiques par le mercure, l\u2019iodure et l'hygiène.Qu'\u2019on nous comprenne bien: l'emploi du salvarsan n\u2019est pas un devoir, comme peut l\u2019être celui du sérum antidiphtrérique par exemple.S1 le salvarsan ou le néo-salvarsan ne sont pas indispensables, il n\u2019en est pas moins vrai qu\u2019ils sont souvent extrêmement utiles.Personne ne nie maintenant leur action rapide, étonnante souvent, sur le chancre, les plaques muqueuses, les ulcérations syphilitiques.Il est hors de doute qu\u2019ils n\u2019auraient pas tardé à remplacer les anciennes méthodes, s\u2019ils ne provoquaient des accidents, quelquefois des plus sérieux.La question est donc, non pas de discuter I'indiscutable valeur bactéricide des sels d\u2019Ehrlich, mais bien leur toxicité, ou, si l\u2019on ne veut pas se servir de ce mot, les acci- denst que l\u2019on observe à la suite de leur emploi.Ces accidents, dont les causes sont obscures ou tout au moins encore très discutées, nous semblent pouvoir être divisés en deux catégories: ceux qui actuellement sont évitables à peu près à coup sûr, et ceux qui peuvent survenir malgré toutes les précautions possibles.Dans le premier groupe, nous comprenons à la fois les accidents les plus bénins et les cas de mort.Ces accidents bénins consistent en bouffées de chaleur, turgescence du visage, douleur épigastrique, congestion générale bientôt suivie de pâleur et de chute de la tension artérielle.Ce tablean clinique, très bien décrit par M.Milian sous le nom de crise nitritoide, survient pendant ou peu de temps après l'injection.Quelque impressionnante qu\u2019elle soit, 564 REVUE GENERALE cette crise nitritoïde ne dure que quelques instants et disparaît sans laisser de traces.On sait maintenant qu\u2019elle est due à un excès de soude dans la préparation de l\u2019injection.Le néo-salvar- san, soluble dans l\u2019eau, sans adjonction de soude, ne donne pas lieu aux crises nitritoïdes.Nous pensons également que l\u2019on peut éviter les cas de mort qui ont malheureusement assombri les premières statistiques du .al- varsan.Le Dr G.Hiigel, dans un travail fait a la clinique du professeur A.Wolff, de Strasbourg, a pu en réunir 200 cas.Ces désastres ont été observés surtout lorsque, poursuivant l\u2019idée théorique d\u2019Ehrlich, on cherchait à obtenir par de fortes doses, la stérilisation radicale de la syphilis En employant des doses modérées, que nous indiquerons, de pareilles éventualités ne sont pas à craindre.Nous ne connaissons pas, par contre, de moyens d\u2019éviter les acei- dents qui forment notre seconde catégorie.Les uns sont de peu d'importance: fièvre, céphalée avec ou sans vomissements, diarrhée, urobilinurie.Ils surviennent dans le courant des premiers Jours qui suivent l\u2019injection.La fièvre est pour ainsi dire constante après la première injection chez les malades vierges de tout traitement et elle serait due à la destruction en masse des tréponèmes.Si on peut parfois l\u2019éviter en pratiquant selon la recommandation de M.Ravaut, avant l\u2019administration de l\u2019arsénoben- zol, quelques injections mercurielles, ce n\u2019est pas dans tous les cas et il n\u2019est pas rare de l\u2019observer même après la deuxième ou la troisième injection.Mais ces accidents ne sont pas très graves et, en somme, ils ne sauraient fournir un argument important contre le salvarsan.ll n\u2019en est malheureusement pas de même d\u2019une sriée d\u2019acei- dents, inévitables aussi et imprévoyables dont la caractéristique est de frapper le système nerveux.Ces effets neurotropes du sal- varsan et du néo-salvarsan surviennent soit rapidement, soit quelques semaines ou même quelques mois après les injections.Quelle que soit la théorie qu\u2019on invoque pour les expliquer \u2014 qu\u2019on les attribue à un effet toxique du médicament, à une localisation syphilitique, à une sensibilisation du système nerveux, à une excitation des tréponèmes par une dose insuffisante \u2014 il n\u2019en reste pas moins que ces accidents existent et qu\u2019ils sont fréquents.Ils se traduisent tantôt par une paralysie d\u2019un des nerfs craniens, LE SALVARSAN DANS LA SYPHILIS 565 tantôt par des radiculites, tantôt par des phénoménes méningés.Il est remarquable que ces accidents ne se produisent pour ainsi dire jamais chez les malades traités dès l\u2019apparition du chancre et que leur maximum de fréquence s\u2019observe au cours de la période secondaire.M.Iavaut pense que ces phénomènes n\u2019atteignent que les malades dont le système nerveux est déjà atteint et cela d\u2019une façon quelquefois inappréciable en clinique.Le \u201c neurotropisme \u201d\u2019 du salvarsan qui \u201c dirige pour ainsi dire la syphilis vers le systéme nerveux\u201d (G.Hiigel) fait peser une lourde hypothèque sur ce médicament.Et beaucoup de bons esprits ont pu se demander s\u2019il ne prépare pas pour l'avenir une génération de tabétiques et de paralvtiques généraux.On le voit, le problème est très difficile à résoudre.En fait, chacun le résout selon son tempérament ; les esprits hardis se prononcent plus volontiers en faveur du salvarsan.Les esprits timorés ou ceux qui ont un souci plus profond de la santé de leurs malades, soit une conscience plus étroite de leur responsabilité professionnelle, restent fidèles aux vieilles méthodes.* * > Il serait possible, nous semble-t-il, de donner, pour les praticiens, une ligne de conduite qui, sans être brillante, comme toutes les solutions qui s\u2019en tiennent au \u201c juste milieu,\u201d a du moins le mérite d\u2019être basée sur des arguments aujourd\u2019hui hors de contestation.Nous avons vu en effet que les accidents nerveux ne s\u2019observent pour ainsi dire jamais au moment du chancre.D\u2019autre part, tous les syphilitiques sont maintenant d\u2019accord pour dire que la guérison radicale de la syphilis est impossible dès l\u2019invasion des symptômes secondaires.Ne semble-t-il done pas logique de conclure que l\u2019arsénobenzol doit être employé au moment du chancre et seulement à ce moment, alors que, sans risque de provoquer des acei- dents graves, on donne au malade une chance de guérir définitivement ?Mais la question n\u2019est peut-être pas aussi simple.La possibilité de stériliser la syphilis, même à la période primaire, n\u2019est encore qu\u2019une hypothèse, et, aux cas de guérison radicale publiés jusqu\u2019ici, il manque encore l\u2019épreuve du temps.D\u2019autre part, l'emploi du \u201c 606 \u201d ou du \u201c 914 \u201d ne doit pas être systématiquement rejeté en dehors de la période primaire et, par exemple, on 566 REVUE GÉNÉRALE doit y avoir recours pour des manifestations syphilitiques rebelles au mercure, notamment pour les ulcérations de la svphilis maligne précoce.Il est vident encore que, même au moment du chancre, on ne doit pas employer les nouveaux médicaments s\u2019il existe une contre-indication organique: age avancé, hypertension excessive, artério-sclérose marquée, lésions du fond de l\u2019œil, albuminurie (non syphilitique), cachexie d\u2019origine quelconque, tubereulose à tendance hémorrhagique.Il peut surgir, on le voit, des quantités de cas cliniques et nous ne pouvons mieux faire que de suivre le plan adopté par M.Brocq dans le mémoire déjà cité et où sont prévues la plupart des éventualités qui peuvent se présenter dans la pratique courante.* * Premier cas.\u2014 Il s\u2019agit d\u2019un malade qui vient consulter avec un chancre syphilitique net mais au début de son évolution, sans aucune trace d'infection secondaire.Dans ces conditions, dès que le diagnostic est certain, il fant employer le salvarsan ou le néo-salvarsan à hautes doses.Quelques syphiligraphes n\u2019hésitent pas à faire des injections de 60 centigrammes de salvarsan et de 90 centigrammes de néo-salvar- san,, et de répéter ces injections 3 ou 4 fois à 5 ou 7 jours d\u2019intervalle.M.Brocq s\u2019en tient à des doses plus faibles, calculées en moyenne à raison de cing milligrammes de salvarsan et a T malli- grammes et demi de néo-salvarsan par kilogramme de poids corporel.Nous rappelons que M.Ravaut, recommande, pour éviter la fièvre de bactériolyse, de faire, avant l\u2019administration du sel arsenical, 4 ou 5 injections mercurielles.Mais enguit, que faut-il faire?T1 est de la plus grande prudence de considérer les malades comme guéris et de ne plus leur faire suivre aucun traitement.Cette conduite est dangereuse même si on fait de temps en temps une réaction de Wassermann.Il est en effet d\u2019observation courante de voir des sujets présentant des lésions syphilitiques dix ans, vingt ans et plus après le chancre, alors que la syphilis, pendant ce long intervalle, ne s'était manifesté par aucun symptôme apparent.On est donc mal fondé de s\u2019appuyer, pour parler de guérisons définitives, sur des cas dans lesquels, après le chnacre, aucun accident ne s\u2019est montré à la suite LE SALVARSAN DANS LA SYPHILIS 567 de l\u2019emploi du salvarsan.I)\u2019autre part, la réaction de Wassermann, si elle a une valeur à peu près absolue quand elle est positive, ne donne que des probabilités quand elle est négative.T] faut done conclure qu\u2019actuellement nous n'avons aucun moyen sûr de déclarer que les syphilitiques sont guéris.Dans ces conditions, il est prudent de continuer à les soigner non seulement à titre préventif, mais plus encore peut-être pour empêcher d\u2019évoluer des lésions viscérales et notamment des lésions du système nerveux qui commencent souvent à bas bruit et qui menacent gravement l\u2019avenir des malades.On doit donc, pendant trois ou quatre années, instituer le traitement mercuriel comme si on n\u2019avait pas fait d\u2019injections de sal- varsan, et cela même s\u2019il n\u2019y a aucun accident visible et même si la réaction de Wassermann est négative.Il est bien clair que s\u2019il survient un accident on le traitera aussi longtemps et aussi intensément qu\u2019il le faudra.En pratique, on peut donc se passer de la réaction de Wassermann pour la direction du traitement pendant les quatre premières années de la syphilis.Nous verrons dans un prochain paragraphe comment on doit comprendre le traitement des syphilitiqnes anciens.Deuxième cas.\u2014 Il s\u2019agit d'un malade en pleine infection syphilitique secondarre.À cette période on doit employer le salvarsan ou le néo-salvar- san quand le mercure n\u2019agit pas ou agit mal, quand on est en présence des ulcérations de la syphilis maligne précoce ou d\u2019accidents contagieux rebelles.En dehors de ces cas, il n\u2019est pas indispensable d\u2019avoir recours aux sels d\u2019Ehrlich: avant leur emploi on guérissait fort bien les accidents secondaires de la svphilis.Mais il y a peut-être un certain avantage à faire au moins, comme le pense M.DBrocq, une série d\u2019injections de salvarsan : \u201c 1° à tout syphilitique secondaire qui n\u2019a pas été traité ; 2° a tout syphiliitque secondaire qui, ayant été traité par le mercure, présente encore des accidents; 3° à tout syphilitique secondaire qui, bien qu\u2019ayant déjà été traité par le salvarsan, puis par le mercure, voit survenir encore des accidents syphilitiques rebelles ou récidivants.\u201d Quant aux syphilitiques qui, au cours de la période secondaire ne présentent pas d\u2019accidents, il n\u2019est ni indispensable, ni utile de leur faire suivre nn traitement par les nouvelles méthodes. 568 REVUE GÉNÉRALE Lorsque, pour une raison quelconque, on s\u2019est décidé à faire une série d\u2019injections d\u2019un des sels d\u2019Ehrlich à un svphilitique en période secondaire, il est prudent de le mettre ensuite au traitement mercuriel classique.Les raisons que nous en avons données, à propos du chancre, gardent ici une valeur égale sinon plus grande.Troisième cas.\u2014 Il s\u2019agit d\u2019un malade atteint d'accidents ter- travres.\u2014 On sait que la plupart de ces accidents guérissent bien par le traitement mixte, mercuriel et ioduré.Quelques-uns cependant se montrent rebelles, comme le syphi- lome en nappe de la cavité buccale, les syphilides psoriasiformes palmaires ou plantaires, parfois même certains accidents viscéraux d\u2019autres, par leur siège et leur rapidité d'évolution, peuvent devenir dangereux lorsqu\u2019ils atteignent par exemple le voile du palais, le pharynx, le larynx.Dans ces conditions, le salvarum est clairement indiqué.On peut d\u2019ailleurs combiner les deux méthodes: \u201c donner tout d\u2019abord mercure et 10dure de potassium et, si les résultas se font quelque peu attendre, recourir au salvarsan.\u201d (Brocq).De nombreux malades atteints de tabès ou de paralysie générale ont été soignés par le salvarsan.La plupart des neurologues ont renoncé à cette méhode chez les paralytiques généraux, malgré la démonstration par Levaditi de la présence de nombreux tréponèmes dans le cerveau de ces malades.Comme le mercure, l\u2019arsenic ne paraît avoir d\u2019autre résultat que d\u2019aggraver les symptômes.Pour les tabétiques, après une période d\u2019engouement, beaucoup de syphiligraphes et de neurologistes sont revenus au traitement mercuriel.| Quatrième cas.\u2014 Il s\u2019agti d'un syphilitique ancien, qui deputs fort longtemps n'a pas eu d'accidents syphilitiques, qui ne présente aucun phénomène morbide, mars chez lequel on trouve un Wassermann positif.\u2014 Depuis quelques années on est très souvent consulté par d\u2019anciens syphiltiques qui, à l\u2019occasion de troubles quelconques ou même par simple curiosité, se sont fait faire un examen de sang qui a révélé une réaction de Wassermann positive.Que faut-il leur conseiller ?Avec H.Brocq il faut distinguer trois cas: A.\u2014 Si le malade veut se marier, il vaut mieux lui faire subir un traitement antisyphilitique.Le salvarsan ne présente alors LE SALVARSAN DANS LA SYPHILIS 569 aucune supériorité sur le mercure.Ce qu\u2019il faut savoir, c\u2019est qu\u2019il ne faut pas s\u2019acharner à obtenir une réaction de Wassermann négative, et il nous paraît fort sage de permettre le mariage après deux nouvelles années de traitement mercuriel, même si la réaction reste positive, à condition, bien entendu qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une syphilis datant d\u2019au moins dix ans et d\u2019un syphlitique ne présentant aucun suigne de lésion cutanée ou viscérale.B.\u2014 Le malade déjà marié veut avoir un enfant.S\u2019il n\u2019a pas eu d\u2019enfants auparavant, il faut s\u2019en tenir aux indications précédentes, et, en outre, faire faire une réaction de Wassermann À sa femme, et, si cette réaction est positive, \u201c instituer chez la femme un traitement antisyphilitique avant de permettre une grossesse.\u201d Si le malade a déjà eu des enfants syphilitiques ou que sa femme ait fait des fausses couches, les règles que nous vénons de donner sont plus impérieuses encore et peut-être dans ce cas serait- il permis d\u2019avoir recours au salvarsan chez le mari et chez la femme.En tous cas, il faut prescrire un traitement mercuriel d\u2019au moins deux années avant de permettre une nouvelle grossesse.Au contraire, si le malade a déjà eu des enfants bien portants, on peut être moins sévère, tout en recommandant un traitement préalable pour se mettre à l\u2019abri de toute surprise.C.\u2014 Le malade ne veut pas se marier et ne veut pas avoir d\u2019enfant.La question revient à celle-ci: \u2018\u201c Faut-il toujours, dans tous les cas, traiter un ancien syphilitique dès que le Wassermann devient positif chez lui, et faut-il continuer à le traiter toujours jusqu\u2019à ce que son Wassermann soit négatif.\u201d Il est très délicat de répondre à cette question.On sait que chez certains malades la réaction de Wassermann redevient positive chaque fois qu\u2019on cesse le traitement.Chez d\u2019autres au contraire elle devient et reste négative.La ligne de conduite la plus sage est, semble-t-il, de soumettre ces malades à un traitement mercuriel et 10duré pendant quelques mois.Si, à la fin de ce traitement, le Wassermann est encore positif, il faut avant tout rassurer les malades et se contenter de leur faire deux fois par an une série d\u2019injections ou de frictions mercurielles.Nous ne serions pas éloigné d\u2019ajouter que, même si le Wassermann est négatif, il est prudent et en tous cas sans inconvénient, de ne pas abandonner complètement tout traitement et de faire tous les ans ou tous les deux ans une légère cure mercurielle. 570 REVUE GÉNÉRALE * * * En ce qui concerne la direction du traitement de la syphilis, toute question de diagnostic étant écartée, la réaction de Wassermann soit positive ou négative.Plus tard, nous pensons qu\u2019il est aussi illusoire de conclure à l\u2019inutilié de toute thérapeutique sous prétexte que la réaction est négative, que de poursuivre, par un traitement prolongé, la disparition d\u2019une réaction continuellement positive.Il convient cependant de faire une exception: elle concerne les candidats au mariage ou, mieux, à la paternité.Chez de tels sujets, une réaction positive doit commander un traitement sérieux comme nous venons de l\u2019exposer plus haut, d\u2019après M.Brocq.Si au cours de cette chronique, nous n\u2019avons pas été aussi net et aussi catégorique que nous l\u2019aurions désiré, c\u2019est que \u201c la question du traitement de la syphilis par le salvarsan n\u2019en est qu\u2019à la période d'étude.On ne saurait pour le moment poser les conclusions fermes, et il faudra de longues années d\u2019observation patiente et minutieuse pour fixer les indications, les doses et le mode d\u2019emploi de ce nouveau médicament dans les divers stades de la svphilis acquise et héréditaire.\u201d * * * Nous avons dit plus haut que nous préférions, pour la pratique courante, le néo-salvarsan au salvarsan.Le néo est en effet soluble dans l\u2019eau sans adjonction de soude et supprime, de ce fait, une action toxique très importante.En autre M.Ravaut a eu l\u2019idée d\u2019utiliser la grande solubilité de ce sel dans l\u2019eau distillée et de I'injecter en solution concentrée.De cette façon, il supprime une autre action sinon toxique, du moins nocive: celle de l\u2019eau distillée injectée en masse.Nous crovons intéressant pour les praticiens de donner, d\u2019après M.Ravaut, la technique des injections intra-veineuses concentrées de néo-salvarsan.Cette technique est très simplifiée grâce à un petit dispositif très simple construit par M.Robert.\u201c Le tube dans lequel est livré le néo-salvarsan a une capacité de 10 centimètres cubes; au moment de faire l\u2019injection on le brise et l\u2019on verse lentement sur LE SALVARSAN DANS LA SYPHILIS 571 la poudre la quantité d\u2019eau nécessaire.Cette eau est contenue dans une ampoule en verre dur, elle est stérilisée et bi-distillée le matin même.La solution se fait très rapidement.Lorsqu'elle est complète nous l\u2019aspirons au moyen d\u2019un aspirateur-filtre.C\u2019est un tube en verre qui s\u2019adapte sur la seringue et qui contient à son intérieur un tampon de gaze.Cet appareil peut servir d\u2019agitateur pour activer la solution, mais surtout à l\u2019aspirer et à empêcher l\u2019entrée dans la seringue de débris de verre ou de toute autre poussière.L'expérience nous a montré que cette filtration, bien que grossière, était absolument nécessaire.L\u2019injection est ensuite pratiquée comme d'habitude dans une veine du bras \u201c avec toutes les précautions d\u2019usage.Cette technique, outre l\u2019avantage qu\u2019elle a de supprimer soude et eau en grande quantité, permet d\u2019utiliser les ampoules d\u2019eau distillée depuis plusieurs semaines.Elle met donc les injections de néo-salvarsan à la portée des praticiens qui ne peuvent avoir d'installation spéciale ; elle rend possibles les injections à domicile grâce à la simplicité de l\u2019instrumentation.Pour toutes ces raisons enfin, elle fait entrer pour la première fois le néo-salvarsan dans la pratique de la médecine coloniale.NOUVELLES PREPARATION ANTI-RHUMATISMALE.\u2014 LE \u201c\u2018\u2018 844,\u201d Le \u201c 606 \u201d a été suivi du \u201c 914 \u201d plus connu sous le nom de néosalvarsan.On annonce maintenant le \u201c 844,\u201d qui, il est vrai, n\u2019est pas destiné à combattre la syphilis, mais le rhumatisme articulaire.M.le Dr Boissart, dans la Gazette des Praticiens de Lille), nous donne à ce sujet quelques renseignements tirés du Munchener medizinische Wochenschrift.D\u2019après les recherches et les expériences de Lœnig, ce nouveau médicament, dont le nom exact est un peu long (c\u2019est, en effet, le phényldimethylpyragolonamidometha- nesulfonate de sodium qu\u2019il s'appelle), aurait une action remarquable pour juguler les douleurs articulaires, faire tomber la fièvre et rendre aux Jointures leur liberté.La statistique de l\u2019au- 572 NOUVELLES teur qui porte sur quarante-trois observations de cas aigus montre que toujours la température était tombée au cinquième jour.Dans sept cas, elle avait même disparu plus tôt, entre le deuxième et le troisième.L'amélioration des autres symptômes est parallèle à la chute de la température et se fait dans le méme temps.De plus, les récidives seraient moins fréquentes et moins longues.Le \u201c 844\u201d présenterait des avantages nombreux.Il n\u2019amènerait pas en effet d\u2019éruption cutanée, ni de bourdonnements d\u2019oreille, de vertiges, comme en produit parfois le salicylate de soude après un usage prolongé.Son absorption n\u2019est suivie d\u2019aucune crise sudorante fatigante et ne présente aucune contre-indication.Les cardiopathies ne sauraient en rien empêcher son emploi ; bien plus, grâce au \u201c 844,\u201d Lœnig aurait vu des endocardites et des péricardites guérir totalement, bien que la prudence soit nécessaire dans ces cas suivant l\u2019auteur lui-même.La néphrite n\u2019est pas non plus une contre-indication de ce nouveau médicament qui s\u2019élimine par les urines.Il aurait été employé sans aucun inconvénient au cours de cette complication alors qu\u2019existait une forte albuminurie.La présence du \u201c 844 \u201d dans les urines peut se caractériser par l'addition de quelques gouttes de perchlorure de fer qui donne au liquide une coloration violette.Dans d\u2019autres cas que le rhumatisme articulaire aigu, l\u2019auteur a eu aussi de bons résultats : rhumatisme, scarlatine, myosites, névralgies intercostales et sciatiques, zona, céphalalgies, etc, ont été tous améliorés et le médicament s\u2019est montré très bon analgésique.La posologie est la suivante.Che l\u2019adulte on donnera par jour de 4 à 8 grammes et par fraction de 0,50 centigrammes à 1 gramme.Lorsque l\u2019amélioration se sera produite on diminuera la dose, trois fois un gramme dans le courant de la journée, ma.s on continuera à faire prendre le médicament assez longtemps, 8 ou 10 jours, le malade restant au lit.Chez l\u2019enfant, suivant l\u2019âge, on diminuera la dose de moitié ou du tiers.Ce médicament est-il un véritable spécifique du rhumatisme articulaire?Il est encore difficile de le dire puisqu\u2019on ne peut se baser actuellement sur des statistiques importantes et un usage prolongé.Se subsistera-t-il au salicylate de soude?Cela semble peu probable. ALCOOLISME ET CRIMINALITE (1) Dans un travail remarquablement documenté et très heureusement présenté sur les Méfaits sociaux de l\u2019alcoolisme(2), M.le Dr Maurice Laveau consacre un chapitre à l\u2019influence de l\u2019alcoolisme sur la criminalité, dans lequel il a réuni un certain nombre de statistiques montrant l\u2019influence de l\u2019intoxication aiguë, c\u2019est-à-dire, de l\u2019ivresse aiguë, sur la perpétration des crimes.C\u2019est ainsi qu\u2019une enquête faite en Wurtemberg a montré que les 3/5 des condamnés pour crimes alcooliques sont des individus qui ont eu une ivresse passagère le dimanche.Il s\u2019agit de la déviation occasionnelle vers la criminalité du travailleur, de l\u2019employé, de l\u2019étudiant.Et voici des faits précis permettant d\u2019isoler le facteur absolu alcool et établissant solidement l\u2019influence de ce toxique dans la genèse du crime.Le juge Otto Pang (de Zurich) a montré que les jours de la semaine où l\u2019on boit beaucoup sont les jours où la criminalité par coups et blessures se montre la plus forte : sur 141 condamnations, il a trouvé que l'acte avait été commis: le samedi, 18 fois; le dimanche, 60 ; le lundi, 22; le mardi, 13 ; le mercredi, 11 ; le jeudi, 10 ; Te vendredi, 7.Le docteur Mathei (de Dantzig) a signalé que sur 207 cas de coups et blessures observés pendant une période de six mois, 27.5 p.100 se sont produits le dimanche, 18.6 p.100 le samedi, 16.4 p.100 le lundi; soit 62.8 p.100 pour ces trois jours, les 37.2 p.100 restants étant répartis sur les autres jours de la semaine.Lombroso a signalé que, sur 2,178 crimes, 58 p.100 avaient été commis le dimanche soir.En Norvège, où les débits sont fermés du samedi soir au lundi matin, la proportion pour 100 des arrestations pour ivresse et délits en connexion avec l\u2019ivresse est infiniment plus forte tous les jours de la semaine et notamment le lundi que le dimanche ainsi que le montre un tableau fait pour les différentes villes du royaume: Christiania, Bergen, Drontheim, Stavanger, Sarpsborg.En Ecosse et en Irlande, on a vu également la criminalité du dimanche diminuer fortement depuis que la fermeture complète des débits d\u2019alcool est obligatoire ce jour.(1) Journal de Méd.et de Chirurgie pratiques, 25 juillet 1913.(2) Thèse de Bordeaux, chez Destout. 574 NOUVELLES Une criminalité de nature nettement alcoolique est celle qu\u2019on trouve chez les étudiants en Allemagne.Malgré les bonnes conditions sociales de ces jeunes gens, leur éducation morale soignée et le milieu favorable dans lequel ils ont vécu, on constate que leur criminalité est aussi sauvage et aussi brutale que celle de la classe ouvrière.C\u2019est une criminalité artificielle d\u2019origine purement toxique.D\u2019après les plus récentes statistiques allemandes, ce sont les ouvriers et les étudiants qui fournissent le plus de crimes alcooliques.De cette étude il est facile de conclure que l\u2019alcoolisme est un des facteurs principaux de la criminalité ; les expériences sociales de suppression temporaire ou définitive des boissons alcooliques et la chute immédiate et concomitante du taux de la criminalité en ont fourni dans ces dernières années la preuve définitive.En Norvège, de 1843 à 1879, après les efforts considérables faits dans ce sens, le chiffre des condamnations s\u2019abaisse de 249 pour 100,000 habitants à 189.Dans l\u2019Etat de Victoria, de 1890 à 1894, la dépense en alcool a baissé de 6,730,430 litres à 3,750,181 litres ; dans le même temps le chiffre des arrestations a baissé de 38,590 à 25,500, la proportion des arrestations était de 1 pour 61 Habitants en 1890 ; elle n\u2019est plus que de 1 pour 161 en 1894.Inversement à Bruxelles, de 1886 à 1889, le nombre des débits s\u2019est élevé a 2,458,563; pendant le méme temps, tandis que le chiffre de la population reste à peu près stationnaire, le total des poursuites après cette augmentation du nombre de débits s\u2019élève de 4,168 à 21,630 (Legrain).Cette intoxication exerce son influence crimino- gène soit directement en poussant l\u2019ivrogne aux actes les plus re- préhensibles, soit indirectement en produisant l\u2019influence mentale et la dégénérescence des descendants.Voici d\u2019autres chiffres intéressants : M.Lafont, maire de Firminy, qui a entamé avec les marchands de vin de sa ville une lutte retentissante, vient de faire à l\u2019Ecole des hautes études sociales une conférence sur les rapports de la criminalité dont nous extrayons quesques statistiques.(T'emps.) Voici d\u2019abord les chiffres communiqués au Congrès des médecins aliénistes de Bruxelles par MM.Lev et Charpentier, et relatifs aux arrestations policières dans l\u2019Etat du Nord-Dakota (Etats-Unis).Ils sont bons à rappeler. ALCOOLISME ET CRIMINALITÉ 575 Neuf mois avant la prohibition de l\u2019alcool : Six petites Sept grandes villes villes Ivresse .o.oo LLL.319 1,492 Coups, batailles .223 535 Autres causes.192 1,545 Totaux.734 3,572 Neuf mois après la prohibition: Ivresse.66 302 Coups, batailles .60 435 Aurtes causes.108 699 Totaux.234 1,436 Voici maintenantt l\u2019Etat de Birmingham, où la prohibition a été adoptée en 1908: 1906 1907 1908 Ivresse .1,277 1,434 396 Outrages aux mœurs.1,147 912 602 Coups et blessures.792 738 463 Meurtres.56 65 29 Mendicité .31 17 2 Vol.633 618 537 Jeu.22 22 479 441 261 Vagabondage .361 398 267 Par contre, l\u2019abandon des mesures prohibitives provoque immédiatement la recrudescence de la criminalité.Dans l'Etat de New-Hampshire, après une période de prohibition, au cours de laqnelle la population des asiles de correction était descendue au chiffre de 473, on reprend le régime de la licence: l\u2019année suivante, la même population correctionnelle comptait 838 individus, et ce chiffre montait au total de 2181 après quatre années de licence.Après avoir commnuiqué ces chiffres à son auditoire, M.Lafont expliqua pourquoi l\u2019on doit considérer les statistiques comme ne 576 NOUVELLES donnant du fléau de l\u2019alcoolisme qu\u2019une idée inférieure à la réalité.Il cita l'exemple du département de la Gironde pour lequel la consommation, par habitant et par an, d\u2019alcool pur \u2014 le seul dont se préoccupe le fise \u2014 est indiquée comme étant inférieure à 3 litres, tandis que si l\u2019on tient compte de l\u2019alcool de vin, cette consommation atteint 30 litres \u2014 dix fois plus! Des exemples du même genre, ajouta l\u2019orateur, pourraient être cités en matière de répression de l\u2019ivresse: en France, la plupart des délits de cet ordre se trouvent transformés presque inévitablement en rébellion ou Outrages aux agents de la force publique, tapage nocturne, etc.C\u2019est pourquoi, selon M.Lafont, le bon sens et la franchise permettent mieux encore que l\u2019examen des statistiques, de juger les progrès incessants de l\u2019alcoolisme.(Gazette des hôpitaux.) A L'UNIVERSITE HARVARD ET A L\u2019ECOLE TECHNIQUE DU \" MASSACHUSETTS Ces deux grandes institutions ont résolu, d\u2019un commun accord, de fonder une école spéciale d\u2019hygiène dans le but de former des diplômés qui auront des connaissances spéciales en hygiène et qui pourront occuper des positions lucratives soit comme officiers de santé, membres des conseils d\u2019hygiène, secrétaires, agents ou inspecteurs délégués de grandes organisations sanitaires.Nous avons déjà, dans la Province de Québec, à l\u2019Université Laval, une institution identique à celle de nos confrères américains, fondée par le Premier Ministre actuel, Sir Lomer Gouin sur les instances du doyen Lachapelle.Les résultats sont bons et nous en augurons de meilleurs encore dans l\u2019avenir, car nous sommes au début.Le public commence à ouvrir les yeux sur ces questions et il accepte d\u2019assez bonne grâce la direction d\u2019hommes compétents qui essaient de le protéger en promulgant des lois qui intéressent la santé publique.Comme ici, cette école donnera des cours théoriques et pratiques sur toutes les matières qui touchent à l\u2019hygiène nationale et locale.Les qualifications requises pour l\u2019admission à ces cours sont les suivantes: il faut être diplômé d\u2019un collège, d\u2019une école de sciences ou d\u2019une école technique, c\u2019est-à-dire avoir des er As A L\u2019UNIVERSITÉ HARVARD 577 notions suffisantes de physique, chimie, biologie, francais ou allemand.Contrairement à nous, on n\u2019exige pas que l\u2019élève soit médecin, malgré qu\u2019on le conseille fortement.Le conseil de direction de cette nouvelle école est composé comme suit: Directeur: Professeur Milton Rosenan (Harvard).Membres: Prof.Whipple (Harvard).Prof.Sedgnick, de l\u2019école technique du Mass.DISPOSITION CONGENITALE AU CALCUL MENTAL M.le Di Huntziger, ayant eu l\u2019occasion d\u2019observer dans le service de M.le Dr Benon, à l\u2019asile de la Loire-Inférieure, un maniaque avant des dispositions remarquables pour le calcul, a rapproché ce cas des observations de quelques calculateurs prodiges et a fait à ce sujet une étude des plus intéressantes (1).M.Huntziger rappelle d\u2019abord les cas de certains caleulateurs célèbres: Fuller, le calculateur nègre qui ne savait ni lire ni écrire et mourut à 80 ans sans avoir jamais rien appris; Buxton, son contemporain (1762), ouvrier qui avait la manie du caleul et qui, au théâtre ne s\u2019intéressait en rien à l\u2019action, mais comptait le nombre des pas dansés, 5,202, ou le nombre des mots prononcés par les acteurs 12,445, chiffre reconnu exact; puis Dase qui, chose rare, fut utile à la science, Mondeux, ete.De plus il donne in extenso les observations d\u2019Inaudi, le plus connu peut- être de ces prodiges que Charcot présenta à ses leçons ; de Fleury, calculateur-prodige aveugle-né, observé par M.Desruelles à l\u2019asile d\u2019Armentières et enfin du sujet Jean C., âgé de 53 ans, entré récemment à l\u2019asile Saint-Jacques de tantes.Cest un maniaque, ou plutôt un hypo-maniaque, peu intelligent, d\u2019une ignorance complète, sachant à peine lire, et ne pouvant écrire des chiffres.C\u2019est cependant un calculateur émérite, bien que n\u2019ayant pas l\u2019envergure d\u2019Inaudi, ayant tout appris par lui-même et s\u2019étant forgé seul, sans maître et sans conseil, une technique particulière.Voici quelques-uns des problèmes proposés par M.Huntziger , (1) Thèse de Paris ; chez Ollier-Henry, analysée dans Revue de méde cine et chirurgie pratique, Paris, mars 1913. 578 NOUVELLES à ce malade, problèmes posés autrefois à Inaudi et à Fleury et comment il les résout: il y a là une analyse psycho-physiologique bien curieuse à observer.ler problème.\u2014 Combien y a-t-il de secondes en 39 ans 3 mois et 12 heures \u2018 Jean donne le résultat en 32 secondes (Inaudi donne le résultat en 3 secondes et Fleury en 1,157.) 2e problème.\u2014 Combien y a-t-il de secondes en 30 années ?Réponse en 14 secondes.Nous demandons à Jean de nous raisonner son opération voici comment 1l procède : \u201c Je sais par cœur que, dans un an, il y a 31,536,000 secondes.Je retire de ce chiffre 1,536,000 et je multiplie les 30 millions qui restent par 30 années.Cela me fait 900 millions; je multiplie encore 30,000 par 30, ce qui me donne 900,000, et enfin les 6,000 secondes par 30 = 180,000.J\u2019additionne tous ces produits et j'arrive au total général de 946 millions quatre-vingt mille secondes.Comme on le voit, le malade fait quatre multiplications et une addition, c\u2019est-à-dire en tout cinq opérations et cela ne lui demande que 14 secondes.3e problème.\u2014 La surface du globe est de 40,000 kilomètres carrés, combien cela fait-il d\u2019hectares ?Réponse en 4 secondes: 160 milliards.Raisonnement: Je multiplie 40,000 X 40,000 = 1 milliard 600 millions.Par kilomètre carré, il y a 100 hectares; je multiplie 1 milliard 600 millions par 100.4e problème.\u2014 Après la guerre de 1870 on a traité pour 5 milliards.Si ces milliards étaient en pièces de 5 francs, combien cela ferait-il de kilos ?Réponse: 25 millions de kilos.Temps: 27 secondes.5e problème.\u2014 343 mille mètres, combien fait-il de pieds ?(Un pied = 33 cm.33).Réponse en 7 secondes: 1,029,000.Raisonnement: il y a trois pieds par mètre; je multiplie 300, 000 mètres par trois, puis 40,000 mètres par 3 et enfin 3,000 mètres par trois, et j\u2019additionne les trois totaux. DISPOSITION CONGENITALE AU CALCUL MENTAL 579 6e probleme.\u2014 Combien faut-il avoir d\u2019âge pour avoir 1 milliard de secondes ?Réponse en 48 secondes: 31 ans, 8 mois, 15 jours, 17 heures, 16 minutes, 40 secondes, à raison de 365 jours par an; je ne tiens pas compte des années bisextiles.Te problème.\u2014 Quel âge faut-il avoir pour avuir 343 millions de secondes ?Réponse en 23 secondes: 10 ans, 10 mois, 24 jours, 1 heure, 46 minutes, 40 secondes.Raisonnement: Je sais d\u2019avance le nombre de secondes qu\u2019il y a en une heure, en 24 heures, en un mois de 30 jours, en une année de 365 jours.Je calcule 10 ans par exemple et suivant que le chiffre que j'obtiens est plus fort ou plus faible que le chiffre demandé je fais des calculs croissants ou décroissants en importance pour arriver au total que l\u2019on me pose.Dans le cas présent je calcule pour 10 ans.A 31,536,060 secondes par an cela me donne 315,360,000.Je déduis ce chiffre de 343 millions et il me reste 28 millions.Je cherche, toujours par tâtonnements, combien le nombre des secondes d\u2019un mois est contenu dans ce chiffre et j'obtiens 10 mois, mais il me reste encore 2,080,000 secondes qui contiennent 24 fois le chiffre de secondes par jour et ainsi le suite jusqu\u2019à ce que je trouve le résultat final.M.Huntziger fait remarquer que cet homme ,qui ne connaît que sa table de multiplication et rien de l\u2019arithmétique, a des procédés très voisins sinon identiques à ceux de ses devanciers.Inaudi et Fleury calculaient de la même façon.Ces procédés, ils les ont créés chacun séparément: c\u2019est une preuve de la juste remarque que Mitchell a faite que chez les calculateurs naturels, les métohdes ne sont jamais celles de l\u2019arithmétique usuelle ; mais elles se sont développées progressivement par essais, observations et abréviations, et elles sont assez voisines les unes des autres.T1 est à noter que la plupart des calculateurs prodiges sont nés dans les conditions sociales analogues, dans des milieux pauvres et même misérables, n\u2019ont eu en général que la mémoire des chiffres et n\u2019étaient pas donés intelleetuellement.Presque tous sont même restés des 1gnorants durant leur vie. EXEMPLE A SUIVRE A PROPOS DE MORTALITE INFANTILE On a annoncé récemment que, pour remédier dans une certaine mesure à l'affaiblissement de la natalité, la ville de Toulouse venait d\u2019instituer la \u2018\u201c Maternité secrète.\u201d La ville de Toulouse n\u2019est pour rien dans cette heureuse et intéressante innovation, qui est due à l\u2019initiative de l\u2019ancien préfet, M.Paul Vigué et du Dr Lautré, inspecteur de l\u2019assistance publique.Elle fut sanctionnée le 29 septembre 1911, par le Conseil général de la Haute-Garonne, qui avait été saisi, en même temps, du vœu qu\u2019avait émis à ce sujet le Comité départemental de la protection des enfants du premier âge.On demandait au département de prendre à sa charge I hospitalisation de toute femme reconnue enceinte qui désirerait, en attendant ses couches, être admise dans une maternité secrète ou dans un refuge-ouvroir dans le but d\u2019éviter autant que possible les manœuvres abortives ou les infanticides.Le département s\u2019est mis d\u2019accord avec la Commission administrative des hospices civils de Toulouse et, depuis le mois de janvier 1912, toute femme justifiant par un certificat qu\u2019elle est enceinte et qui, pour des raisons personnelles ne peut se faire inscrire au compte de l'assistance médicale gratuite et veut conserver le secret de sa situation, est hospitalisée à la Maternité au compte du chapitre du \u201c domicile de secours départemental.\u201d De même que tout enfant paraissant âgé de moins de sept mois est reçu au bureau d\u2019abandon ouvert, sans aucune pièce ni justification, de même toute femme reconnue enceinte par la sage-femme ou le médecin du service est admise désormais à la Maternité, au compte du département, sans avoir à fournir la moindre pièce d\u2019identité.On lui demande seulement de déposer, en entrant, son état civil sous pli cacheté, de façon, en cas de décès, qu\u2019on puisse faire à la mairie la déclaration exigée par la loi.Voici, d\u2019ailleurs, les trois articles essentiels de l\u2019arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 2 janvier 1912: Article premier.\u2014 Toute femme enceinte qui, munie d\u2019un certificat médical établissant son état de grossesse, demandera à être hospitalisée sans qu\u2019il soit procédé à la recherche du domicile de secours, pour v garantir le secret de sa situation, devra se présenter à M.l\u2019Inspecteur de l\u2019Assistance publique qui, sur le vu du A PROPOS DE MORTALITE INFANTILE 581 certificat médical, lui remettra un ordre d\u2019admission a la Maternité.Art.2.\u2014 Ces malades seront hospitalisés au compte du département et la dépense en résultant sera imputée sur l\u2019article 3 du chapitre 9 du budget (Malades ayant le domicile de secours départemental.Art.3.\u2014Les femmes qui ne voudront pas se faire reconnaître, devront néanmoins placer dans une enveloppe cachetée les indications relatives à leur état civil nécessaire pour faire, en cas de décès, la déclaration légale à l\u2019état civil.Cette enveloppe sera remise à l\u2019administration des hospices et reprises à la sortie.C\u2019est au cinquième et sixième mois de la grossesse que se fait cette hospitalisation et un grand progrès social, dont les résultats ne pourront être profitables à la collectivité, est de la sorte réalisé.Durant l\u2019année 1912, vingt femmes ont fait leurs couches à la Maternité secrète, et on en a recu six autres depuis le 1er janvier 1913.Leur entretien est revenu au département à cent soixante francs par tête environ, en caleulant le prix de la journée payé aux hospices, prix qui varie entre deux francs et deux francs quatre- vingt-dix.L\u2019exemple du département de la Haute-Garonne ne saurait manquer d\u2019être suivi.SOCIETES ASSOCIATION MEDICO-CHIRURGICALE DU DISTRICT DE JOLIETTE Séance 8 septembre 1913.Présidence: Dr J.A.Barolet.Proposé par le Dr J.Marion, secondé par le Dr C.Bernard que M.le Dr J.A.Côté de St-Alexis de Montcalm soit accepté comme membre de l\u2019Association.Adopté.Puis l\u2019on reprend la discussion sur la syphilis et à la suite de l\u2019expression d\u2019opinion de quelques membres, il a été résolu, au sujet de la prophylaxie de cette maladie, spécialement pour ce 582 LAURENDEAU qui concerne l\u2019opportunité du licenciement et de la règlementa- tion des maisons de prostitution, de ne prendre aucune action : les données scientifiques, sociales et morales ne fournissant pas actuellement les éléments suffisants pour se former une opinion définitive.Ensuite l\u2019on continue la discussion, \u2014 ajournée à la dernière séance, \u2014 sur l\u2019usage abusif que la plupart des familles font des remèdes brevetés; et les membres cherchent les moyens de réprimer, ou du moins de restreindre cet abus.Le Dr' Lippé rapporte que tout dernièrement, au cours d\u2019un traitement qu\u2019il avait à faire suivre à l\u2019un de ses patients, atteint d\u2019une maladie grave, il fit accidentellement la découverte que son malade, \u2014 sur la recommandation de voisines zélées qui - avaient formé leur instruction médicale sur la page aux annonces des journaux politiques, \u2014 prenait subrepticement l\u2019une de nos drogues brevetées les plus \u201c poussées \u201d dans notre province avancée.Le Dr Laurendeau s\u2019élève aussi fortement contre cet usage de plus en plus répandu chez nos gens.\u201cIl y a, dit-il, de curieux trous, de singulières lacunes, dans l\u2019organisation de notre corps social.À grands frais, notre société nomme et paye des inspeec- teurs de lait, de produits alimentaires, etc., puis elle punit sévèrement quiconque met un peu d\u2019eau dans le lait du commerce, ou quelques pincées de poudre inepte dans le poivre, du sucre raffiné dans le sirop d\u2019érable, etc, toutes substances inoffensives ; et cependant elle laisse impunément empoisonner ses membres par les faiseurs de drogues brevetées; plus que cela, elle les encourage presque à annoncer sur les pages les plus en vedettes de nos quotidiens.À mon sens, il y aurait deux choses à faire pour combattre cette affection sociale: 1° Faire l\u2019éducation du peuple; 2° Réglementer la fabrication des médecines brevetées.Au médecin est dévolue la tâche d\u2019éduquer le publie sur les dangers des médecines brevetées; lui faire lcomprendre qu\u2019il achète ces drogues, comme un aveugle achèterait des tableaux ; que non seulement il paye ces médecines sans avoir aucune garantie quant à leur valeur, mais que de plus il paye toutes les annonces des marchands d\u2019orviétan, qui couvrent nos journaux.Enfin Messieurs, il faudrait que par un mouvement d\u2019ensemble, par la voie des sociétés médicales, des collèges provinciaux, la + br \u2014a Sy pet dt ae ASS.MÉD.-CHIR.DU DISTRICT DE JOLIFTTE 5883 profession exerçat une puissante pression sur nos législateurs fédéraux, pour obliger les fabricants de médecines à mettre au long la formule entière et exacte du contenu, sur le contenant de chaque bouteille ou de chaque paquet offerts au public.Le brevet couvrirait la propriété de la formule, mais l\u2019exposé de cette formule fournirait au public les moyens de se défendre contre l\u2019exploitation et de plus démontrerait l\u2019honnêteté du fabriquant.Il y a là une tâche considérable à entreprendre, un travail ardu à conduire à bonne fin; il y a là une question sociale et humanitaire.\u201d À la prochaine réunion, l\u2019Association essaiera de tirer des conclusions pratiques de cette discussion.La Commission nommée à la dernière séance, pour faire l\u2019examen et la revision du tarif médical du district, fait rapport.Après avoir pris communication de ce rapport, l\u2019Association décide de faire imprimer ce projet de tarif et de le soumettre à tous les médecins du district.L\u2019on procède alors à la nomination des officiers, lesquels sont élus à l\u2019unanimité dans l\u2019ordre suivant: Président, Dr J.Marion ; Vice-Président, Dr G.Desrosiers; Secrétaire-Trésorier, Dr A.Laurendeau ; Comité de régie, MM.les Drs J.P.Laporte et J.Marion; Comité de déontologie, MM.les Drs G.Desrosiers, W.Gaudet, J.Shepperd, et J.A.Barolet; Comité de charlatans, MM.les Drs C.Bernard, D.Shepperd, et A.Geoffroy.Le secrétaire fait rapport qu\u2019il a en mains et à la banque une somme de $400.00 au crédit de l\u2019Association.Et la séance est levée.Albert LAURENDEAU, Sec.-Trés.NOMINATIONS La Faculté de Médecine a nommé le Dr Rhéaume, chirurgien de l\u2019Hotel-Dieu depuis quelques mois, professeur de chirurgie expérimentale, et le Dr Raoul Masson de l\u2019Hôpital Ste-Justine, professeur de pédiatrie, pour succéder au regretté Dr Séverin Lachapelle.Nous applaudissons à ces deux excellentes nominations, nous l\u2019avons appris trop tard, nous en parlerons plus longuement dans le prochain numéro. ANALYSES MEDECINE Le signe des spinaux dans la pleurésie, dans Journal de Médecine et et de Chirurgie pratiques, Paris, juin 19183 (1).M.le Dr Ramond qui l\u2019a décrit pour la première fois en 1910, revient aujourd\u2019hui, dans la Presse médicale (n° 40), sur quelques particularités de ce signe et montre de nouveau le parti qu\u2019on peut en tirer.Qu'est-il en réalité: une contracture musculaire réflexe des muscles spinaux, tendant à immobiliser le thorax et la plèvre malades, et comparable, en somme, à celle qui accompagne toute inflammation des séreuses: contracture des muscles de la nuque et du rachis dans la méningite, contracture des muscles intercostaux dans la pleurésie (Pottinguer), contracture des muscles abdominaux dans la péritonite, contracture des muscles péri-articulaires dans les arthrites.Pour bien observer le signe des spinaux, le sujet doit être debout ou assis, dans la rectitude complète, la moindre inclinaison du tronc amenant tout naturellement la tension ou le relichement des muscles spinaux.S\u2019il y a pleurésie, on constate dans la région lombaire, au-dessous de la douzième côté en dehors de la colonne vertébrale, là où les muscles spinaux forment un faiscean musculaire épais, la contracture de ces muscles, qui constitue le signe des spinaux.Cette contracture est visible a l\u2019œil nu, et perceptible au toucher.A l\u2019œl nu, les masses musculaires forment une saillie plus ou moins prononcée, une sorte de relief qui tranche sur les plans adjacents.Au toucher, les muscles spinaux sont durs, donnant la sensation de caoutchouc dur, et de plus forment une masse élargie; normalement dans la rectitude du tronc, les muscles spinaux ont environ un à deux travers de doigt de diamètre transversal, quand on les palpe au-dessous de la douzième côte, de part et d'autre de la ligne médiane.Au cours de la pleurésie, ce diamètre transversal atteint la largeur de trois à quatre travers de doigt.Donc saillie, dureté et élargissement des muscles, tels sont les caractères objectifs du signe des spinaux.(1) Nous en avons déjà parlé dans L\u2019UNION, mais nous y revenons à cause de son importance.A.L.ce TRIE as iy Yen ANALYSES 585 Ce signe peut être uni ou bilatéral.Le plus souvent il est très marqué du côté malade, beaucoup moins du côté opposé.Fré- auemment cependant, il existe accentué des deux côtés.Il s\u2019agit alors de la contracture vicariante des muscles du côté sain, ou bien d\u2019un épanchement bilatéral.M.Ramon a insisté à plusieurs reprises sur la fréquence de la pleurésie double.Dans ces conditions, l\u2019épanchement est abondant d\u2019un côté, peu marqué de l\u2019autre, si bien que l\u2019épanchement léger passe presque toujours inaperçu.Cependant l\u2019intensité du signe des spinaux à ce niveau et les résultats de la ponction exploratrice ont permis à M.Ra- mond de constater des cas nombreux d\u2019épanchement double de la plèvre.Mais la simple constatation de la contracture des spinaux ne doit pas entraîner l'affirmation de l\u2019épanchement, avant plus ample informé.Cette contracture est banale ; elle existe fréquemment en dehors de la pleurésie ; et pour lui donner toute son importance, il faut éliminer tout d\u2019abord les causes ordinaires de sa production.C\u2019est pour avoir omis cette précaution élémentaire que beaucoup d\u2019auteurs en sont venus a discuter toute valeur au signe des spinaux.La contracture des spinaux peut exister sans pleurésie à l\u2019état normal et à l\u2019état pathologique.A l\u2019état normal, elle s\u2019observe chez quelques individus très vigoureux, habitués à porter de lourdes charges, chez les portefaix par exemple ; ou bien au cours de la lordose exagérée de certaines femmes.A l\u2019état pathologique, elle se produit au cours de tout processus douloureux régional : contusion lombaire, inflammation méningée, chondrale ou osseuse de la colonne vertébrale lombaire, lumbago, rhumatisme sacro-iliaque, névralgies dorso-lombaire, sciatique ou costale inférieure, lésions rénales et hépatiques douloureuses, péritonites généralisées, etc.Mais ce sont là toutes circonstances faciles à préciser ; si aucune d\u2019elles n\u2019existe, le signe des spinaux prend alors toute sa valeur, et il signifie qu\u2019il y a pleurésie.Ce symptôme est précoce dans son apparition ; il s\u2019observe bien avant tout autre signe.Il es arrivé bien souvent à M.Ramond chez un patient se plaignant de douleurs thoraciques très vagues, sans aucune des manifestations pleurétiques habituelles, de prédire quinze jours et plus à l'avance l\u2019apparition d\u2019une pleurésie.Inversement, le signe des spinaux survit plusieurs semaines ou mois 586 UNION MÉDICALE DU CANADA à l'affection causale.Dans un cas, il l\u2019a vu subsister trente-einq mois après la guérison clinique d\u2019une pleurésie séro-fibrineuse classique.M.Ramond conclut que ce symptôme nouveau, sans avoir peut- être toute la valeur que quelques enthousiastes ont voulu lui donner malgré lui, mérite de prendre place parmi les signes physiques de la pleurésie.Mais pour lui reconnaître toute son importance, il faut élaguer toutes les causes banales susceptibles d\u2019amener la contracture musculaire, lombaire.Ce travail d\u2019élimination dû- ment effectué, le signe des spinaux acquiert toute son importance.Grâce à lui, on pourra dépister des épanchements cliniquement inappréciables ; et on verra ainsi que la pleurésie séreuse, en comptant tous les cas à très faible épanchement, est peut-être la plus fréquente des affections thoraciques; et que, loin d\u2019être le plus souvent unilatérale, elle est fréquemment bilatérale.Rapport de l\u2019appendicite et de la pneumonie, dans Revue de Méd.et de Chirurgie pratiques.Paris, mars 1918.Il y a déjà longtemps que l\u2019on a remarqué la fréquence des cas dans lesquels il semble bien qu\u2019il y ait une sorte de sympathie entre l\u2019appareil pulmonaire et l\u2019appareil appendiculo-cæcal: il en résulte parfois des formes atypiques d\u2019appendice qui rendent le diagnostic fort difficile.M.le Dr Daussy vient d'étudier des cas de ce genre à propos de plusieurs faits observés dans le service de M.Chastenet de Géry (de Nantes (1) et établit ainsi qu\u2019il suit les diverses formes du syndrome abdominal rappelant celui de l\u2019appendicite et pouvant accompagner la pneumonie.Tout d\u2019abord, il y a certains cas dans lesquels la pneumonie, surtout chez les enfants, s\u2019accompagne d\u2019une douleur assez vive dans la région abdominale pour qu\u2019on ait pu croire à une appendicite, au point que certains malades ont été opérés chez lesquels on a reconnu l\u2019intégrité de l\u2019appendicite.En étudiant ces faits, Mirande a cherché à démontrer que ces phénomènes fonctionnels et anormaux sont comme une sorte de transport d\u2019une douleur dans un point non malade, en somme localisation anormale du point de côté pneumo-coccien Cependant, ces faits paraissent en réalité assez rares, et les cas où l\u2019appendice est plus ou moins touchés sont ANALYSES 587 beaucoup plus fréquents: et alors on peut observer deux orders de faits dans lesquels la pneumonie et l\u2019appendicite peuvent coexister.Ou bien l\u2019appendicite peut n\u2019être qu\u2019une localisation de la pneu- mococcte.Ou bien l\u2019appendicite peut favoriser le développement de la pneumonie.Le mécanisme par lequel l\u2019appendicite se compliquerait de pneumonie est encore mal connu.Il semble qu\u2019il faille attribuer un rôle important à la vaso-dila- tation pulmonaire, si commune dans les maladies de l'intestin, et peut-être, à l\u2019action favorisante de la toxi-infection intestinale sur le développement du pneumocoque.Mais au point de vue clinique, les pneumonies avec phénomènes abdominaux peuvent être rangées en deux groupes assez nettement tranchés.Si, dans l\u2019un comme dans l\u2019autre, le syndrome abdominal attire tout d\u2019abord l\u2019attention : 1° Dans l\u2019un: la pneumonie reprend vite toute son importance symptomatique, et les troubles observés du côté de l\u2019abdomen s\u2019atténuent et disparaissent rapidement ; 2° Dans l\u2019autre: l\u2019appendicite tient sans cesse le premier rang et la pneumonie n'apparaît ou n'est reconnue que tardivement.Elle peut même passer inaperçue, tant elle est anormale dans sa symptalmologie, aussi bien physique que fonctionnelle.Les cas de la première catégorie sont en général peu graves.Les cas de la seconde comportent au contraire un pronostic très sévère.Par conséquent, pratiquement, il conviendra de surveiller l\u2019appendice des pneumoniques qui souffrent du ventre, et d\u2019ausculter attentivement le poumon dans tous les cas d\u2019appendicite.En présence d\u2019un pneumonique avéré avec symptomatologie abdominale on donnera sans hésiter une médication adéquate.Il faut se rappeler qu\u2019un tel pheumonique demande une surveillance étroite, et que sa région appendiculaire doit être I objet d\u2019une très grande attention.A la moindre alerte, ne pas hésiter et opérer.Le pronostic, dans des cas semblables, si l\u2019on sait intervenir à temps, sera extrêmement favorable pour l\u2019enfant surtout, chez qui la pneumonie est en général bénigne.Quant anx appendicites menacées de pneumopathies, elles doi- 588 UNION MÉDICALE DU CANADA vent être opérées et traitées ensuite comme des pneumonies et ces malades qui sont trop souvent des septicémiques seront soumis à l\u2019usage de l\u2019huile camphrée à hante dose, des toni-cardiaques, de Pélectrargol, ete.La bradycardie ictérique, dans Revue de Méd.et de Chir.pratique.Mars 1913.On sait que le ralentissement du pouls dans l\u2019ictère est assez fréquent, mais que ce symptôme a été expliqué diversement.M.le Dr Battesti a fait dans le laboratoire de M.le professeur Ar- nozan (de Bordeaux) des recherches qui lui ont permis de préciser certains points intéressants de son histoire.Mentionnée pour la première fois par Bouillaud, en 1864, la bradycardie ictérique a fait depuis l\u2019objet de nombreux travaux.Elle ne se montre pas dans tous les ictères; elle n\u2019a jamais été signalée dans la cirrhose de Hanot, dans les cholémies diverses, dans l\u2019ictère grave, dans le cancer du foie.Corbel l\u2019a trouvée une fois sur cinq dans l\u2019obstruction calculeuse; elle se montre de préférence dans les ictères infectieux et surtout dans l\u2019ictère catarrhal.On l\u2019a attribuée à l\u2019imprégnation du cœur par les sels biliaires (Feltz et Ritter, Rohrig, Ranke, Schlack, Lowit), qui paraissent agir surtout sur le myocarde ou du moins sur le système nerveux intra-cardiaque, comme l\u2019ont montré les expériences sur la grenouille.Cette bradvcardie oscille entre 60 et 40 à la minute, elle apparaît en général dans les premiers jours de l\u2019ictère catarrhal, atteint son maximum à la convalescence, puis disparaît progressivement.Elle est instable, très nette en position couchée, elle s\u2019atténue assez fortement dans la station verticale.Elle est très régulière ; ainsi que le dit Esmein, le pouls ictérique est sans \u201c manques ni pauses \u201d, à pression abaissée, marquant 12 à 13 au sphygmomanomètre de Potain.Les cliniciens diffèrent d\u2019opinion sur la nature intime de la bradycardie ictérique; les uns ne voient en elle qu\u2019une fausse bradycardie, c\u2019est-à-dire cette forme dans laquelle le ralentissement du pouls n\u2019est qu\u2019apparent et relève seulement de contrac- ANALYSES 589 tions cardiaques affaiblies, avortées, impuissantes à donner une pulsation sensible au doigt ou au sphygmographe alors que dans ces derniers temps on l\u2019a considérée plutôt comme une véritable bradycardie.M.Battesti, qui donne dans son travail de nombreux tracés sphygmographiques, se rallie à cette dernière opinion.Au point de vue clinique, il est intéressant de savoir que le pronostic de l\u2019ictère n\u2019est pas assombri par l\u2019apparition de la bradycardie.Celle-ci disparaît parallèlement à l\u2019intoxication bi- liare.I1 est bien rare que cette bradycardie ictérique soit assez prononcée pour qu\u2019on ait à se demander s\u2019il ne faut pas agir sur ce symptôme.Cependant la chose peut se présenter.Toutefois la bradycardie ictérique ne doit pas être traitée spécialement.On pourra, si le cœur est trop faitgué, donner des cardio-toniques (huile camphrée, spartéine) ; mais on s\u2019abstiendra de donner de la digitale, qui risquerait d\u2019accroître la pause déjà trop longue du myocarde.CHIRURGIE Les nouvelles méthodes de traitement de la péritonite aiguë, dans Journal de Médecine et de Chirurgie pratiques, 10 juin 1913.La péritonite aiguë, qui autrefois était une sorte de noli me tangere, peut au contraire, depuis les modifications qui ont été faites depuis quelques années dans son traitement, être l\u2019occasion de très beaux succès chirurgicaux.Avant de revenir sur son traitement par l\u2019éther que nous indiquions dans notre dernier numéro, signalons un important travail de M.le Dr Gary, médecin-major de première classe à l\u2019hôpital militaire de Bourges, qui vient de montrer dans un article des Archives de Médecine militaire (février 1913) en quoi consistaient ces modifications et de publier un certain nombre de cas personnels dans lesquels il les a appliquées avec succès.Ces faits, bien que d\u2019ordre purement chirurgical, intéressent à un haut degré tous les praticiens.Ce sont les chirurgiens américains qui ont tout d\u2019abord donné des statistiques extrêmement remarquables, résultant de l\u2019emploi de ces nouvelles méthodes.2 590 UNION MEDICALE DU CANADA C\u2019est ainsi qu\u2019en 1904, Fowler publiait un relevé de 100 cas avec 67 p.100 de succès.En 1906, Murphy apportait à la réunion de l\u2019Association médicale américaine, à Toronto, une statistique de 36 cas de péritonite diffuse avec 97 p.100 de succès.En 1908, Wowler donnait à l\u2019Association américaine de chirurgie, à Richmond, une deuxième série de 51 cas de péritonite diffuse avec 49 guérisons, soit 96 p.100 de succès ; et la plupart des chirurgiens présents au Congrès accusaient des résultats tout aussi brillants.Moyniham (de Leeds) déclarait, en effet que \u201c ses opérés qui mouraient tous avant l\u2019emploi de la méthode de Foyer- Murphy, guérissaient tous maintenant.Ces résultats, d\u2019abord accueillis avec un certain scepticisme ont cependant été confirmés et on apprécie maintenant beaucoup mieux les méthodes qui ont permis de les obtenir.À l'heure actuelle, tous les chirurgiens s'accordent à reconnaître que les remarquables résultats de ces méthodes dans le traitement d\u2019une affection aussi grave que la péritonite aiguë sont dus, avant tout, à la précocité de l\u2019intervention.C\u2019est le grand mérite des chirurgiens américains d\u2019avoir démontré par la multiplicité de leurs succès qu\u2019elle constituait l\u2019élément capital de la guérison.C\u2019est ainsi que la statistique publiée par Murphy en 1908, avec 96 % de guérisons, ne comprend que des péritonites diffuses opérées avant la 40e heure.Les 15 guérisons obtenues par Fowler en 1909 dans 15 cas de péritonite difluse d\u2019origine appendiculaire ont été fournies par des malades opérés dans les premières 24 heures.Il y a done \u201c indication primordiale \u201d à opérer vite, dès le diagnostic de péritonite aiguë établi.Ce diagnostic, parfois délicat, est généralement possible, surtout dans le milieu militaire où le malade se présente le plus souvent au médecin dès le début des accidents et où, dans l\u2019immense majorité des cas, c\u2019est l\u2019appendice qui est la cause.D'ailleurs, il existe deux signes d\u2019une grande importance indiquant la généralisation de la péritonite: c\u2019est, d\u2019une part, la contracture réflexe de défense de la paroi musculaire, plus ou moins étendue suivant les cas, c\u2019est d\u2019autre part un phénomène sur lequel insiste le professeur Delbet, à savoir l\u2019immobilisation du diaphragme.On peut dire que le péritoine est enflammé si le ma- ANALYSES 591 lade présente le type respiratoire supérieur, le type costal, et s\u2019il s\u2019ingénie à ne pas mouvoir son diaphragme.Un autre point essentiel pour arriver à un bon résultat est la suppression la plus rapide possible de la lésion causale, qu\u2019elle tienne à l\u2019appendice, à la vésicule, à une perforation, etc.Enfin, il y a dans les soins post-opératoires deux conditions particulières, qui paraissent être primordiales et ont transformé les résultats obtenus.La première est désignée, sous le nom de \u2018 position de Fowler,\u201d position élevée de la tête et du tronc, préconisée dès 1900 par les Frères Fowler.Les chirurgiens qui l\u2019utilisent sont unanimes à lui reconnaître une action des plus favorables sur l\u2019évolution des accidents.Cette action paraît surtout d\u2019ordre physique.En relevant le tronc du malade, la position \u201c demi-assise \u201d (dénomination actuelle de la position de Fowler) donne au bassin une déclivité marquée, qui permet aux liquides septiques de se collecter dans le pelvis, c\u2019est-à-dire dans la zone péritonéale inférieure où la résorption est à son acmé, par suite la plus dangereuse, et elle contribue à diminuer ainsi l\u2019intoxication de l\u2019organisme.Elle présente encore beaucoup d\u2019autres avantages sur lesquels nous ne pouvons insister.Très facilement acceptée par le malade qu\u2019elle soulage rapidement, elle est simple, pratique, efficace et applicable à tous les cas.On peut la réaliser partout sans aucun appareil coûteux; M.Gary, imitant la technique employée par le Dr Témoin (de Bourges), conseille le procédé suivant : Le lit du malade est placé en position déclive à l\u2019aide de deux cales qui soulèvent les pieds de tête de 35 à 40 centimètres au- dessus du sol.On met sous les cuisses du patient un drap d\u2019alèze roulé qu\u2019on fixe de chaque côté du lit afin d\u2019empêcher le glissement du malade, dont les pieds viennent, en outre, s\u2019appuyer sur un traversin roulé dans un drap et placé au fond du lit.Ce dispositif très simple est applicable immédiatement après l\u2019opération chez le malade encore endormi et réalise une déclivité de 45° environ, suffisante pour permettre aux liquides pathologiques intra-péritonéaux de se collecter dans le petit bassin.Cette position doit être conservée sans interruption pendant plusieurs jours, 4 à 6 en moyenne. 592 UNION MÉDICALE DU CANADA La seconde condition qui vient compléter le traitement de la péritonite aiguë, est réalisée par la méthode de Murphy.Ce chirurgien, modifiant le mode d\u2019administration habituel du sérum artificiel, a recours à la voie rectale pour combattre efficacement l\u2019intoxication de l\u2019organisme par des doses élevées de sérum, atteignant 8 à 12 litres, que cette voie permet de faire absorber facilement dans les 24 heures.Sous l'influence de cette absorption considérable, l\u2019état général s\u2019améliore, le pouls se relèv , la sécrétion urinaire augmente, etc.Cette injection rectale doit se faire sans pression, goutte à goutte, le bock se trouvant élevé de quelques centimètres seulement au-dessus du plan du lit; on injecte ainsi, en somme, un litre de sérum, par heure.Le sérum sera chaud, à une température voisine de celle du corps, évitant ainsi de réveiller le péristaltisme rectal qui expulserait le liquide.Murphy pratique l'injection d\u2019une façon continue pendant 2 ou 3 Jours, jusqu\u2019à ce que le malade paraisse hors de danger.Afin d\u2019éviter les accidents de saturation: mictions fréquentes, sueurs abondantes, œdème malléolaire, bouffissure des papuières, qu\u2019on a quelquefois signalés, Moynihan, Goldberger, Témoin, donnent une injection d\u2019une durée de deux heures et la suspendent pendant le même laps de temps pour la reprendre ensuite.C\u2019est la pratique que M.Gary a suivie pour ses opérés.% Les résultats obtenus sont tout à fait remarquables et M.Témoin à vu des malades qu\u2019il croyait perdus comme ressuscités nar ce traitement.Les méthodes de Fowler et de Murphy ont relégué à un plan secondaire certains procédés fort prônés naguère dans le traitement de la péritonite aiguë, tels que le lavage et le drainage du péritoine, procédés abandonnés par beaucoup de chirurgiens, sauf dans des cas exceptionnels.L\u2019application de ces méthodes a permis à M.Garv d\u2019amener à la guérison les quelques cas de péritonite \u201c libre \u201d qu\u2019il lui a été donné d\u2019observer en 1911, tous, sauf un, d\u2019origine appendiculaire.Du ler janvier au 31 décembre 1911, il a pratiqué 19 laparo- tomies: 1 pour épigloïte aiguë; 6 pour appendicite a froid; 12 pour appendicite à chaud.Ces 19 malades ont guéri.Ces observations témoignent de l\u2019excellence de l\u2019opération \u201c précoce,\u201d à cette période qui précède la généralisation de la périto- ANALYSES 593 nite et que caractérisent cliniquement la douleur localisée et la contracture réflexe de défense de la paroi abdominale.Elles montrent qu\u2019il existe déjà, à ce moment, une inflammation intense et un exsudat purulent plus ou moins abondant.Cette opération \u201c précoce \u201d représente l\u2019élément capital de ce véritable trépied thérapeutique, au\u2019elle constitue avec la position '~ Towler et la méthode de Murphy dans le traitement de la néri- tonite aiguë.Grâce à l\u2019application de ces méthodes nouvelles, le pronostic de cette redoutable affection a subi une heureuse transformation et ne peut que bénéficier de leur généralisation.THERAPEUTIQUE L\u2019huile camphrée à hautes doses en thérapeutique, par MM.M.ARRIVAT et H.RozrÈs, dans Gazette des Hôpitaux, 12 juin 1913.\u2019 Une méthode récente, digne d\u2019étre connue et appliquée tant par le médecin que par le chirurgien, consiste à substituer, aux injections d'huile camphrée à petites doses, l\u2019introduction dans l\u2019organisme, par la voie hypodermique, de quantités élevées de ce médicament.On entend, d\u2019une façon générale par quantités élevées d'huile camphrée des doses supérieures à 20 centimètres eubes par vingt-quatre heures et administrées à intervalles réguliers, par injections de 5 à 20 centimètres cubes.ACTION DU CAMPHRE.\u2014 Si, à doses faibles, le camphre est un excitant, puis un sédatif du système nerveux, à fortes doses il semble qu\u2019il ait deux actions bien différentes: 1° c\u2019est un excitant du système nerveux et un tonicardiaque; 2° ce serait aussi un antiseptique et un antitoxique (Baudet).A ce titre, il aurait en particulier une action spécifique sur le bacille de la pneumonie: c\u2019est un destructeur de pneumocoques.Cette action est démontrée: 1° par les expériences de Seibert (de New-York) et de Schleffer qui constatèrent l\u2019arrêt de cultures pures de pneumocoques ayant reçu 1/10 000 de camphre; 2° par les faits de Welsh: le lapin, que tue en trente-six heures une injection intraveineuse d\u2019une 594 UNION MEDICALE DU CANADA émulsion de pneumocoques, guérit si l\u2019on fait suivre l\u2019inoculation d\u2019une injection d\u2019huile camphrée répétée les jours suivants.Notons cependant que cette action élective du camphre sur le pneumocoque est mise en doute par J.Lafon (thèse de Paris, 1911 : Pneumonie des vieillards), et par Drouin dans sa thèse de Bordeaux, 1919.;( Il est classique d\u2019écrire que le camphre s\u2019élimine par trois voies : 1° les poumons; 2° les urines; 3° la sueur.L\u2019odeur de camphre de l\u2019haleine des malades (Seibert, Bandet) prouve l\u2019élimination par la voie respiratoire.L\u2019élimination par les urines est admise par Scudéry, mais jamais Trousseau, Pidoux, Hoffman net plus récemment Baudet n\u2019ont pu déceler la présence du camphre dans l\u2019urine des malades injectés.Toxicité.\u2014 Le camphre est peu toxique.Les accidents classiques consistant surtout en anxiété respiratoire et agitation ont été rarement observés.En tout cas ils sont de courte durée et de terminaison rarement fâcheuse.Nous avons eu l\u2019occasion de constater une anxiété respiratoire passagère à la suite d\u2019une injection de 40 centimètres cubes d\u2019huile.Seibert, Oppenheim et Crépin qui ont injecté des vieillards, Esser et Wurtz qui ont appliqué la méthode chez des enfants, même chez des nourrissons, n\u2019ont jamais noté d\u2019incident.Cependant à la Société médicale des hôpitaux de Paris, le docteur R.Moricheau-Beauchamps (de Poitiers) a apporté une observation d\u2019intoxication, la première, par l'huile camphrée à hautes doses chez une tuberculeuse de soixante ans.La quantité de camphre injectée était de 1 gr.20 ce.en vingt-quatre heures.L\u2019intoxication se manifesta par un rythme couplé du cœur et pouls bigéminé, troubles à rapprocher de ceux produits sur le cœur par la digitaline et le salicylate de soude.Certains malades, traités par Laffon, vieux pneumoniques, ont succombé \u2018\u201c complètement asthéniques.\u201d La méthode ne serait donc pas absolument inoffensive et exigerait, dans certains cas, en particulier chez des malades âgés, des précautions, telles que celles proposées par Seibert : renouveler aussi souvent que possible jour et nuit l\u2019air de la chambre; laisser entre deux injections un intervalle de plusieurs heures.Contre-indications.\u2014 En résulte-t-il, pour la méthode, des contre-indications?L\u2019âge n\u2019est pas une contre-indication (Oppen- ANALYSES 595 heim, Wurtz), les lésions hépatiques pas davantage et Seibert a pu sans inconvénient administrer le camphre à doses massives chez un malade atteint de cirrhose hépatique.Seules les lésions rénales méritent attention: Lafon a traité sept femmes ayant des antécédents de néphrite chronique ; trois sont mortes et l\u2019auteur recommande dans ses conclusions \u2018\u201c de ne pas injecter plus de 15 centimètres cubes par jour aux malades dont les reins fonctionnent mal.\u201d TECHNIQUE.\u2014 À.Instrumentation.\u2014 Peu complexe: nécessite une seringue et la solution d\u2019huile.La seringue aurait une capacité de 5 à 20 centimètrees cubes.Baudet recommande la seringue de Roux ; le docteur Laffon la seringue métallique ou le modèle de Luer.La solution la plus communément employée sera l'huile camphrée à 1/10 du Codex.Seibert, Oppenheim et Crépin, Lafon employent une solution à 20 p.100, Janowsky à 25 p.100.Ca- thelin préfère l\u2019huile camphréé et éthérée à 1/10, plus fluide et plus aisément injectable.Nous nous sommes toujours adressés à la solution à 1/10.L\u2019idéal serait d\u2019avoir à sa disposition des ampoules d'huile stérile de 10 ou 20 centimètres cubes représentant chacune 1 à 2 grammes de camphre.B.Dose.\u2014 Elle sera d\u2019au moins 20 centimètres cubes et ne dépassera pas 100 centimètres cubes par vingt-quatre heures.Chaque injection sera de 5 à 20 centimètres cubes.Cependant, dans des cas très urgents, nous avons pratiqué des injections de 40 et même de 50 centimètres cubes sans incident.D\u2019une façon plus particulière, la dose variera suivant l\u2019âge du malade.1° Chez l\u2019adulte, Baudet injecte 20 centimètres cubes dans les cas ordinaires, 50 et même 100 centimètres cubes dans les cas graves et cela par injections de 20 centimètres cubes.2° Chez les nourrissons, Wurtz (de Strasbourg) injecte par vingt-quatre heures jusqu\u2019à 8 centimètres cubes d\u2019une solution à 10 p.100.Chez un enfant de cinq ans, Esser a injecté 12 grammes en cinq jours.3° Chez le vieillard, Seibert, Oppenheim, Crépin, Lafon injectent par vingt- quatre heures 15 à 20 centimètres cubes d\u2019huile à 20 p.100, soit 3 à 4 grammes de camphre ; Janowsky, 15 à 20 centimètres cubes d'huile à 25 p.100.Nous avons toujours injecté, chez les vieillards, des doses inférieures aux doses administrées aux adultes, de bons résultats, sans accident aucun, de doses atteignant 50 centi- 596 UNION MÉDICALE DU CANADA mètres cubes par vingt-quatre heures.Ajoutons que cette dose sera répétée tous les jours; il sera bon de laisser entre deux injections un intervalle de trois heures au moins.C.Injection.\u2014 Elle sera précédée du badigeonnage iodé de la région.Seibert, Esser, Baudet parlent d\u2019injections sous-cutanées.Nous avons toujours pratiqué l\u2019injection intramuseulaire à la fesse.L\u2019injection sera poussée lentement, l\u2019huile ne pénétrant que lentement dans les tissus.Elle sera suivie d\u2019un léger massage de la région.Bien faite, elle est peu douloureuse et bien supportée.APPLICATIONS DE LA MÉTHODE.\u2014 Elles comprennent des applications: 1° chirurgicales; 2° médicales.A.En chirurgie.\u2014 1° On s\u2019est adressé à l\u2019huile camphrée à doses élevées pour traiter le shock, soit postopératoire, soit posthé- morragique.Baudet en a eu, dans ces cas, de bons résultats.Nous- mêmes en avons retiré un excellent bénéfice soit après des opérations longues et pénibles, soit chez des malades anémiés par de longues ou importantes hémorragies.En gynécologie, associée au sérum physiologique, l\u2019huile à hautes doses pourra rendre bien des services pour aider au relèvement de l\u2019état général après les hémorragies de la délivrance ou de l\u2019avortement.2° Dans les grandes affections chirurgicales, l\u2019huile camphrée a pu donner à Baudet des résulats surprenants.Nous-mêmes, dans un cas de lymphangite diffuse du membre supérieur chez un malade porteur d\u2019un phlegmon des gaines négligé et qui présentait de la fièvre à grandes oscillations, avons, par des doses élevées de camphre, associé aux grands bains de bras, obtenu une rapide amélioration.Une lymphangite du thorax par infection d\u2019une plaie opératoire de cancer du sein non réunie avec hyperthermie, cœur mou et facies grippé a également rétrocédé par les injections d'huile, alors que localement on se contentait de pansements anti- sceptiques.37 Dans les péritonites, l\u2019injection d\u2019huile camphrée mérite d\u2019être essayée.Au Congrès de chirurgie de 1911, lors de la discussion du traitement des péritonites aiguës, le professeur Tédenat sion du traitement des péritonites aiguës, le professeur Tédenat re- di nae ANALYSES 597 commandait, en même temps que le Fowler-Murphy(1) l\u2019injection quotidienne de la 30 centimètres cubes d'huile camphrée.Dans le service de Cestan, Baudet doit, à l'huile camphrée à hautes doses, dans les cas de péritonites, de véritables résurrections (Revue ant.de méd.et de char, 1912 ; Province médicale, 25 mars 1911, p.129).Au cours de l\u2019acte opératoire, rappelons ici les heureux résultats que peut donner, dans les péritonites ou menaces de péritonite, le \u201c vernissage de la séreuse \u201d préconisé par Hirschell (de Heidelberg) [ Minch.med.Woch., 1910] et, après lui, par Lenor- mant (Presse méd., 27 mai 1912) et Pfannensthiel au Congrès allemand de chirurgie.4° Chez les urinaires infectés, Cathelin s\u2019est toujours bien trouvé des injections de camphre à doses élevées.Son assistant F.Patry les recommande en urologie, dans le Monde medical du 15 mars 1912, page 250.5° Enfin dans les affections respiratoires et cardiaques posta- nesthésiques, l\u2019huile camphrée peut êtée appelée à rendre de signalés services.Nous avons vu trois cas de broncho-pneumonies éthérées dont une bilatérale, tous trois très sévères avec fièvre élevée, pouls misérable, dyspnée intense et cyanose, guérir après avoir été raitées par des doses d'huile camphrée atteignant 50 et même dans un cas 80 centimètres cubes par jour.Chez une malade opérée de hernie étranglée et présentant de la myocardite grave avec tendance à la syncope et hypothermie, nous avons obtenu le relèvement du pouls et la guérison.2° EN MÉDECINE.\u2014 Ici l\u2019utilité de la méthode s'affirme aussi grande.Sans insister sur les tentatives d\u2019injections intrapleu- rales que Delbet a condamnées à la Société de chirurgie |8 nov.1911], nous signalerons les excellents résultats obtenus dans les affections des voies repiratoires, les lésions cardiaques graves, au cours de maladies infectieuses et même dans la redoutable gastro- entérite infantile.1° Dans les bronchites et broncho-penumonies grippales, Sei- bert, médetin du \u201c Saint-Francis Hospital \u201d s\u2019est bien trouvé de l\u2019emploi répété du camphre à hautes doses.9° Mais c\u2019est dans le traitement de la pneumonie que la mé- (1) Voir plus loin en quoi consiste cette méthode page 589. 598 UNION MÉDICALE DU CANADA thode trouvera sa principale indication et qu\u2019elle a connu les plus beaux succès.Seibert le premier injecta des doses élevées de camphre à°des pneumoniques graves.Il publia ses résultats à la Société allemande de médecine de New-York, en avril 1909; il a traité vingt et un malades et obtenu vingt et une guérisons (voir Semaine méd., 22 sept.1909, p.455 ; Minch.med.Woch., 7 sept.1909 ; Annales de Merck, vrar.A la maison de Nanterre, Op- penheim et Crépin essavent la méthode chez des vieillards ; sur 16 cas, ils notent 9 guérisons (Bull.Soc.int.des hop.ae Paris, janvier 1910, n° 1, p.33).Dans sa thdse ianugurale, le docteur Jules Lafon (pneumonie des vieillards, traitement par l\u2019injection sous-eutanée d'huile camphrée à haute dose) rapporte 41 observations personnelles recueillies dans le service des vieillards de la maison de Nanterre et à la maison et à la crèche de la Seine dans le service du docteur Sapelier ; il note 30 p.100 de décès, \u201c pourcentage inférieur à celui que l\u2019on indique ordinairement pour la pneumonie des vieillards et qui oscille entre 43 et 64 p.100.\u201d \u201c D'ailleurs, si les résultats publiés sont loin d\u2019être anssi brillants que ceux de Seibert, il faut se rappeler que la maison de Nanterre, où les malades ont été traités et les observations prises, est \u2018un refuge pour les malheureux, les vagabonds, les uns alcooliques, les autres brightiques, presque tous artérioscléreux et tuberculeux.\u201d Esser (de Bonn) a, sur 13 cas, eu deux décès.Chez enfant, également, les bronchopneumonies toujours si graves peuvent être heureusement influencées par l\u2019huile (Sei- bert, Esser).3° Chez les tuberculeux pulmonaires même, les injections à haute dose d\u2019huile camphrée ont pu rendre des services.Alexander (de Berlin) et Hienhaus, Walter Koch, Faure-Miller, Wall- and, Huchard l\u2019ont employé à doses variables.Nous en avons noté , de bons résultats, à doses élevées, soit au cours de poussées évolutives, soit au cours de la bacillose pulmonaire chronique, après des hémotysies ou chez des malades fébriles.4° Dans les myocardites graves, l'huile camphrée à hautes doses est recommandée par Janowsky (Annales de Merck, 1908, p.T4).Elle doit être préférée à la caféine qui surmène et surexcite le cœur, sans donner parfois les effets que l\u2019on attend d\u2019elle.5° Au-cours de maladies infectieuses, à forme adynamique, en ANALYSES 599 particulier dans la dothiénentérie, l\u2019huile camphrée à hautes doses peut combattre l\u2019hyperthermie, calmer la dyspnée, diminuer la stupeur.Janowsky la recommande dans ces cas et en vante les effets.| 6° Enfin dans les gastro-entérites aiguës, Wurtz, médecin de la crèche de Strasbourg a donné à des nourrissons atteints d\u2019entérite jusqu\u2019à 0°80 de camphre par jour et cela sans provoquer de trouble.Dans un cas, il fit même jusqu\u2019à 59 injections d\u2019huile camphrée en dix jours (Munch, med.Woch., 9 juin 1909).Seule ou associée aux injections de sérum marin, nous croyons qu\u2019on peut en retirer un excellent bénéfice.CoxcLusioNs.\u2014 En résumé la méthode des injections d\u2019huile camphrée à hautes doses a donné, entre toutes les mains, en médecine et en chirurgie, d\u2019excellents résultats.Nullement complexe, elle est de technique facile et immédiatement applicable en tout lien.Elle ne peut inspirer de la part du praticien, aucune méfiance.Elle n\u2019invoque point de vertus transcendentales, elle n\u2019utilise pas des remèdes mal connus ou insuffisamment expérimentés ; elle a simplement recours au remède populaire, par exemple, le camphre de Raspail.Certes ce n\u2019est point une panacée universelle, le remède à tous les maux vainement cherché jusqu\u2019alors et enfin découvert; mais seulement une arme précieuse qui a pu donner à tous ceux qui se sont adressés à elle et la préconisent aujourd\u2019hui des résultats surprenants et, dans des cas désespérés, de véritables résurrections.Elle commence à être connue du praticien, journellement appliquée par Ini dans la clientèle des villes ou des campagnes ; elle fait tous les jours de nouveaux adeptes.Simplicité de technique, innocuité, efficacité incontestable ; elle ne présente que des avantages.(\u2019en est assez pour expliquer l\u2019engouement qu\u2019elle provoque, et qu\u2019elle mérite. 600 UNION MÉDICALE DU CANADA Paralysie infantile aiguë (polyomyélite antérieure aiguë), dans Paris Médical, par Hrrzen.Au début: recourir aux révulsifs: pointe de feu, ventouses sèches sur la colonne vertébrale, vésicatoires en lanière sur les gouttières vertébrales.Administrer un purgatif léger.Pratiquer des injections hypodermiques d\u2019ergotine (10 à 20 centigrammes, trois fois par jour) : ETGOtIN® Lover vos sa socsasseransece ner serre nn cen sers «vas aannee 1 gr.50 Eau distillée bouillie.10 gr.Injecter 2 à 3 centimètres cubes par jour, pendant plusieurs jours de suite.Donner la teinture de ciquë et d'aconit en potion : Teinture de cigud ese es } Aû V gouttes Eau de laurier-cerise.5 gr.sirop de fleurs d\u2019oranger.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.| a 40 Eau dislillé@e.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026ccrerceccencecrcer rennes on f A0 Par cuillerée à café, de 2 en 2 heures (J.Simon).Ordonner en même temps le chlorhydrate de quinine à dose assez élevée: 30 à 50 centigrammes par jour en deux fois.Envelopper d'ouate les membres paralysés.Après la période aiguë (seconde période): pratiquer des frèc- tions chaudes et stimulantes.Beanme de Fioravanti.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026ecccecreccrure 100 gr.Alcoolat de lavande.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.
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