L'union médicale du Canada, 1 juin 1914, Juin
[" L'UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872, PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.Le SAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBÉ, A.MARIEN.\u2014t aor \u2014\u2014\u2014\u2014 Fr Toul ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, Rédacteur en chef 46, Avenue Laval, Montréal.Vol.XLIII ler JUIN 1914 MEMOIRES RAPPORT SUR LA VACCINATION ANTITYPHIQUE A SAINT-JEAN D\u2019 IBERVILLE.M.le Dr ELZÉAR PELLETIER, Secrétaire du Conseil Provincial d'hygiène.Monsieur le Secrétaire.Conformément à votre demande, je suis allé à St-Jean d\u2019Iber- ville vacciner les personnes désireuses de se protéger de l\u2019épidémie de fièvre typhoïde qui existe depuis décembre dans cette ville.Les médecins et la population de St-Jean, pressentis par l\u2019inspecteur du Conseil, M.le Dr Gauthier, désiraient cette vaccination, afin de limiter l\u2019épidémie qui a atteint, dit-on, dans le district de St-Jean, plus de deux mille personnes (1), et près de cinq cents dans la ville de St-Jean seulement (2).Pour cette vaccination, j'ai employé le vaccin préparé au labo- (1) Canadian Medical Journal, avril 1914.(2) Rapport du Dr Gauthier. 232 BENOIT ratoire d'hygiène de la Faculté de Médecine de Paris, et dont le professeur Chantemesse m'avait adressé gracieusement, à l\u2019Université Laval, dix-huit flacons de 10 ce.Ce vaccin exige, comme vous savez, quatre inoculations faites à huit jours d\u2019intervalle.Je me suis donc transporté à St-Jean les 8, 15, 22 et 29 mars 1914; et comme, à la seconde visite, un bon nombre de personnes se sont présentées à la vaccination pour la première fois et qu\u2019il eût été regrettable de les refuser, J'ai dû retourner à St-Jean une cinquième fois le 5 avril 1914.Pour établir la vaccination dans les meilleures conditions possibles, J'ai amené avec moi les internes et les gardes-malades de mon service à Notre-Dame.Il m\u2019a semblé que pour cette vacei- nation publique, la première pratiquée dans la province de Québec, toutes les précautions devaient être prises pour en assurer l\u2019efficacité.Dans ce rapport, je me propose de relater les conditions dans lesquelles nous avons fait la vaccination, le nombre des personnes vaccinées et les résultats de cette vaccination.I.\u2014 LES CONDITIONS DE LA VACCINATION.Nous avons pratiqué la vaccination antityphique à lhôpital de St-Jean, dirigé par les Sœurs Grises, où la supérieure, Sr Quesnel, mettait gracieusement à notre disposition une salle accessible au public, largement éclairée et munie des objets nécessaires à la manipulation aseptique du vaccin: tables recouvertes d\u2019une alèze, bassins, compresses, serviettes, alcool, solution bichlorurée, ete.C\u2019est là que, suivant les conseils du Dr Gauthier, l\u2019inspecteur hygiéniste du district, et des Drs Sabourin, Bouthillier, Lafleur, Phénix et Mayrand, médecins de la ville de St-Jean, les élèves du collège, les pensionnaires du couvent, les personnes de la ville et des environs vinrent, le dimanche après-midi subir la série des inoculations du vaccin Chantemesse.La technique suivie comportait les temps suivants: 1° examen et choix des candidats ; 2° désinfection de la peau du bras; 3° inoculation du vaccin ; 4° pansement consécutif ; 5° contrôle des vaccinés.1° Examen et choix des candidats.\u2014 C\u2019est un principe de ne vacciner que les personnes en santé.On ne doit done procéder à VACCINATION ANTITYPHIQUE 233 la vaccination antityphique qu'après une consultation préalable.Ceci est important, surtout dans un milieu épidémique où, à côté des cas évidents, la santé individuelle est souvent atteinte d\u2019une façon insidieuse.On ne doit jamais négliger la prise de la température.L\u2019examen du pouls, en particulier chez les enfants, a moins d\u2019importance.On prend en considération le teint, le facies, l\u2019aspect général, l\u2019état de la langue.On ausculte les poumons chez les personnes soupçconnées de tuberculose.Il est préférable de ne pas vacciner les femmes pendant leurs menstrues.La grossesse n\u2019est pas une contre-indication.Lors de notre première visite à St-Jean, des quarante personnes qui se présentèrent, treize avaient une température anormale variant de 99° à 104° F.Parmi ces personnes, un professeur et un élève du collège développèrent les jours suivants une fièvre typhoïde qui les consigna à l\u2019infirmerie.Deux autres collégiens et une fillette du pensionnat présentaient de l\u2019hypothermie, avaient offert quelques jours auparavant des symptômes intestinaux qui venaient à peine de cesser.Tous ces cas furent exclus de la vaccination, inutile chez eux.\u201c Quant aux personnes en bonne santé, n\u2019avant pas eu d\u2019infection intestinale suspecte ou de fièvre typhoïde avérée, et n\u2019étant pas en état d\u2019invasion de la maladie, nous choisimes de préférence, pour la vaccination, notre approvisionnement de vaccin étant limité, celles dont le contrôle pouvait s\u2019exercer le plus facilement, ou dont l\u2019immunisation était la plus importante, c\u2019est-à-dire (a) les élèves du collège, dont cinquante avaient eu la diarrhée, vingt-einq avaient gardé le lit et deux étaient morts, (b) les élèves du pensionnat, parmi lesquelles un bon nombre, prises de diarrhée et de fièvre, avaient été renvoyées dans leurs familles, (c) et enfin, parmi les personnes de la ville, celles où il y avait dans la famille ou dans la même maison un ou plusieurs cas d\u2019infection intestinale.9° Désinfection de la peau du bras.\u2014 Les personnes étant choisies pour la vaccination, leur nom et leur âge étant inscrits, nous faisions désinfecter la peau du bras, à la partie médiane et externe, par une friction énergique avec un tampon de coton absorbant imbibé d\u2019éther.3° Inoculation du vaccin.\u2014 Pendant ces prédiminaires, nous laissions tremper les seringues Record de 1 c.c.et leurs aiguilles dans du chloroforme, et nous préparions les flacons de vacein.Le 234 BENOIT liquide vaccinal de Chantemesse est trouble, laiteux ; il ne doit pas déposer ni contenir de filaments; on secoue vivement les flacons avant d\u2019y puiser le vaccin, pour bien répartir les bacilles dans le liquide.Puis nous désinfectons nos mains avec un savonnage et un bain au bichlorure.Les personnes choisies étant prêtes, la peau du bras désinfectée, nous leur faisions l\u2019injection hypodermique du vaccin, en observant la progression des doses pour chaque personne à chaque séance d\u2019inoculation (c\u2019est pour cela surtout que Je contrôle des vaccinés est si nécessaire).Les doses progressives du vaccin Chantemesse sont de 14, 15, 34 et 1 ce.Comme ce vaccin typhoïde renferme 120 millions de bacilles d\u2019Eberth tués par la chaleur par centimètre cube, cela donne, pour chaque inoculation, 30, 60, 90 et 120 millions de bacilles morts.Ce sont des doses moindres que celles du vaccin anglais, dont l\u2019inoculation comporte deux injections, l\u2019une de 500 millions, l\u2019autre d\u2019un milliard, ou du vaccin américain, dont on fait trois injections à hautes doses.Aussi ces vaccins déterminent souvent de vives réactions et quelquefois méme des accidents.C\u2019est pour les prévenir que Chante- messe diminue les doses et les espace en quatre injections.Il évite également, de cette façon, cette fameuse phase négative dont on a tant parlé.Chez les enfants, on conseille de diminuer la dose du vaccin en tenant compte de la proportion du poids de l\u2019enfant avec celui d\u2019un adulte.C\u2019est une règle qu\u2019on peut négliger sans inconvénient.À St-Jean, j'ai inoculé la même doses aux enfants qu\u2019aux adultes et n\u2019ai pas remarqué de différence dans les résultats.L\u2019espace de temps qui doit s\u2019écouler entre chaque injection est habituellement de huit jours; on peut le prolonger exceptionnellement jusqu\u2019à quinze jours, mais pas plus.Il est donc bon d\u2019exiger de la part des vaccinés la plus grande régularité à recevoir leurs injections.Sinon, on court le risque que la vaccination demeure incomplète.Lorsqu\u2019on fait des vaccinations nombreuses, je préfère, après chaque série de dix injections, changer la seringue et l\u2019aiguille, afin de les remettre tremper dans le chloroforme.Entre chaque piqûre et avant de charger la seringue, j\u2019essuie l'aiguille avec un tampon trempé dans l\u2019éther. VACCINATION ANTITYPHIQUE 235 4° Pansement consécutif.\u2014 La piqûre faite, une simpte application de teinture d\u2019iode suffit comme pansement, à moins que la piqûre ne saigne ; il est préférable alors de panser la petite plaie avec du coton absorbant et du collodion.5° Contrôle des vaccinés \u2014 Lorsqu\u2019on fait de la vaccination publique, le contrôle des vaccinés est très important pour l\u2019identification des personnes, la connaissance des doses à injecter et le contrôle ultérieur de la vaccination.A- St-Jean, nous nous sommes contentés d\u2019inscrire le nom, le prénom et l\u2019âge, sans nous préoccuper des adresses, tous les vaccinés étant sous l\u2019observation des médecins de la ville, qui doivent terminer eux-mêmes la vaccination d\u2019un certain nombre d\u2019entre eux.11.\u2014 LES PERSONNES VACCINÉES.Nous avons choisi, ainsi que je le disais plus haut, pour la vae- cination, les personnes saines qui nous ont paru les plus exposées à la contagion typhique.Vous trouverez les noms de ces personnes dans deux tableaux annexés à ce rapport.L\u2019un (A) porte les noms des personnes ayant reçu la série complète des quatre ihoeu- lations (au nombre de quarante-huit), l\u2019autre (B) les noms de celles qui ont encore une ou plusieurs injections à recevoir (au nombre de trente-deux).Le total des personnes inoculées s'élève donc à quatre-vingt.- Ce total serait beaucoup plus grand si nous avions eu une plus grande quantité de vaccin à notre disposition.Ce nombre est suffisant néanmoins pour constituer une démonstration satisfaisante de l\u2019inocuité et, on le constatera par la suite, de l\u2019efficacité de la vaccination antotyphique avec le vaccin de Chan- temesse.\u2018[ Vous verrez par les tableaux que la vaccination antityphique a porté sur 29 collégiens, 19 pensionnaires et 32 personnes de la ville.L\u2019âge a varié entre 7 et 77 ans.Vous vous rendrez compte également, par les noms, que l\u2019élite de la population de St-Jean se trouve à donner l\u2019exemple, puisqu\u2019un magistrat, quatre médecins, un notaire, un banquier, trois marchands, deux gardes-malades figurent sur cette liste, à côté des enfants des principales familles de la ville.Cette première vaccination antityphique pratiquée dans la province de Québec aura donc, à ce point de vue, une très grande valeur.Elle entraînera davantage la conviction lorsqu\u2019on en connaîtra les résultats. 230 BENOIT III.\u2014 LES RÉSULTATS DE LA VACCINATION ANTITYPHIQUE.Nous pouvons enregistrer dès aujourd\u2019hui des résultats immédiats et nous serons en état d\u2019établir, pour les années qui vont suivre, les résultats éloignés, car on sait que l\u2019effet de la vaccination dure au moins cinq ans, et probablement beaucoup plus.Comme résultat immédiat, notons d\u2019abord la parfaite inocuité de cette vaccination, qui est dix fois plus bénigne que la vaccination antivariolique.Pas un seul collégien, pas une seule pensionnaire, pas une seule personne de la ville n\u2019a interrompu un instant ses études ou ses occupations du fait de la vaccination.Les piqûres faite aseptiquement de la façon décrite ne demandent aucun soin subséquent et ne laissent aucune trace d\u2019une piqûre à l\u2019autre, de sorte qu\u2019on peut les renouveler sur le même bras.La réaction locale est parfaitement supportable et de courte durée.La réaction générale est exceptionnelle (5 p.c.des cas).La réaction locale apparaît assez vite après l\u2019inoculation et dure jusqu\u2019au lendemain.Elle consiste en une infiltration érythémateuse au bras qui donne du gonflement, de la rougeur, de la sensibilité et de l\u2019engourdissement.Ces symptômes ne sont pas intenses; ils n\u2019immobilisent pas le bras, mais ils gênent les mouvements et causent du malaise.Plusieurs vaccinés ont comparé ce malaise à celui causé par un coup ou une contusion.Tout cela disparaît le lendemain.On ne constate pas, comme avec le vaccin antivariolique, de lvmphangite, d\u2019adénite ou de suppuration (infections secondaires).Chez la plupart des vaccinés, la réaction est moyenne après la première injection, assez marquée après la deuxième, peu marquée après la troisième, à peu près nulle après la dernière, bien que les doses soient progressives.La réac- tien s\u2019affaiblit à mesure que l\u2019immunité s\u2019installe.Quelques vac- inés n\u2019 t la réacti \u2018apres l\u2019 des 1 lati t - cinés n\u2019auront la réaction qu\u2019après l\u2019une des inoculations, et pres que rien après les autres.Lorsque la réaction locale s'accompagne d\u2019une réaction générale ce qui est l\u2019exception, la température s\u2019élève le soir d\u2019un on deux degrés et le vacciné accuse un peu de nausée ou de mal de tête ; il n\u2019y paraît plus le lendemain.Si l\u2019on a raison de craindre une réaction générale parce qu\u2019une personne est faible ou nerveuse ou si elle apparaît sans qu\u2019on l\u2019ait prévue on l\u2019évite ou la calme en prescrivant le soir un gramme d\u2019antipyrine (Chantemesse). 237 VACCINATION ANTITYPHIQUE Les collégiens de St-Jean ont trouvé qu\u2019en faisant des mouvements du bras ils diminuaient la sensation d\u2019engourdissement ou de contusion provoquée par l\u2019inoculation.Au point de vue de l\u2019efficacité de la vaccination antityphique, nous savons qu\u2019elle a donné en France, entre les mains de Chante- messe, et cela :depuis 1888, des résultats remarquables, tous les vaccinés sans exception ayant échappé à la contagion typhique dans les milieux endémiques ou épidémiques où on l\u2019a mise en pratique.Il n\u2019y a aucune raison pour que le résultat ne soit pas le même en notre pays.C\u2019est ce dont nous pourrons nous rendre compte à St-Jean en suivant pendant l\u2019épidémie actuelle, et pendant les années qui vont suivre, les quatre-vingt personnes vaccinées.Quelques faits observés durant la vaccination méritent d\u2019être signalés.Il est certain qu\u2019une seule inoculation ne suffit pas à immuniser une personne.Un collégien de dix-huit ans, G.M, reçut le 8 mars, alors qu\u2019il était évidemment en état d\u2019incubation et ne présentait pas encore de fièvre, une injection hypodermique de 4 c.c.de vaccin.Cela n\u2019empêcha pas la maladie de se déclarer trois jours après.Il eut une fièvre typhoïde légère qui dura dix jours et dont la température maximum ne dépassa pas 102° F.Ce fait prouve que l\u2019inoculation d\u2019une seule dose, faite pendant l\u2019ineu- bation d\u2019une fièvre typhoïde, si elle n\u2019empéche pas la maladie d\u2019évoluer; ne l\u2019aggrave pas non plus.Il en fut de même du magistrat St-C.; une seule injection ne l\u2019empêcha pas de faire dans la semaine qui suivit un embarras gastrique fébrile de huit jours de durée.Toutes les personnes de Saint-Jean ayant reçu plusieurs inoculations ont été jusqu\u2019à maintenant protégées.Des cas de fièvre typhoïde se sont déclarés dans les familles des vaccinés après le début de la vaccination sans que les vaccinés eux-mêmes soient atteints.Franky D.a un frère non vacciné tombé malade au commencement d\u2019avril.Irène et Marie H., vaccinées, ont seules échappées à la fièvre dans une famille composée de sept personnes.Toute la famille (huit personnes) de Jeanne P.a eu la fièvre typhoïde, tandis qu\u2019elle-même est demeurée indemne.Un cas de fièvre typhoïde s\u2019est déclaré à la fin de mars dans la maison habitée par Agnès et Bernadette P., un cas également dans la maison de Michel G., les vaccinés sont demeurée en bonne santé.Madame 238 BENOIT Joseph T., enceinte de 8 mois, dont le mari et le beau-frère étaient gravement malades de la fièvre typhoïde, habite à cinq milles de St-Jean ; elle a reçu jusqu\u2019au 22 mars trois inoculations, puis sa grossesse l'a empêchée de voyager ; elle a accouché, le 3 avril, d\u2019un enfant parfaitement sain et qui se portait bien aux dernières nouvelles que j'ai eues à la fin de mars, dans la même maison la mère et la sœur de Madame T., non vaccinées, ont pris le lit, atteintes d\u2019une fièvre typhoïde assez grave.La nièce de cette dame, Alexandrine T., menstrué le 8 mars, reçut le 15 mars seulement une in- jtetion de V4 c.c., et ne put revenir pour les injections suivantes ; elle a contracté une fièvre typhoïde- légère en soignant les autres membres de la famille.Tous ces faits parlent hautement en faveur de la vaccination.Pour le moment, constatons que la vaccination antityphique avec le vaccin Chantemesse offre une inocuité parfaite, qu\u2019elle est facilement supportable et exempte de complications, qu\u2019elle n\u2019immobilise pas les personnes vaccinées et qu\u2019elle les protege alors que les parents témoins succombent à la contagion.Pour obtenir cette protection, peu de personnes s\u2019objecteront aux quatre piqûres que nécessite l\u2019inoculation du vaccin Chantemesse, un vaccin typhique supérieur, à mon avis, aux vaccins anglais ou américains de même nature.E.P.BENOIT, Professeur de clinique médicale à l'Hôpital Notre-Dame.Montréal, 15 avril 1914.QUELQUES OBSERVATIONS SUR LA CONTAGION PAR LA TUBERCULOLE i Par le Dr John KENNEDY, Médecin de I\u2019Hotel- Dieu.[1 se présente, dans le cours de la pratique médicale, des cas qui frappent l\u2019esprit de l\u2019observateur et laissent une impression pro- à vous adresser quelques paroles sur la contagion par la tubercu- fonde.Ce sont des observations semblables qui m\u2019ont déterminé lose pulmonaire.Ta profession médicale ne cesse de parler de \u2018a f1) Lu à la Société Médicale de Montréal, séance du 12 mai 1914. CONTAGION PAR LA TUBERCULOSE 239 tuberculose pulmonaire comme d\u2019une maladie contagieuse et infectieuse.Le laïque est entraîné par des conférences et des articles de journaux quotidiens à prendre un soin extrême afin d\u2019éviter la contagion par le bacille de Koch, mais on ne fait que commencer de constater que la tuberculose est beaucoup plus contagieuse qu\u2019on le croyait il y a quelques années.Dans le groupe des maladies infectieuses, on peut faire la division entre maladies immédiatement contagieuses et celles où l\u2019infection se révèle au bout d\u2019une assez longue période de temps.C\u2019est dans cette dernière catégorie que nous nous voyons obligés de mettre la tuberculose pulmonaire ouverte.' Pour être précis, nous devons dire que le plein développement de la maladie n\u2019a lieu qu\u2019après un certain laps de temps.Depuis quelques années nous avons suivi soigneusement l\u2019entourage de plusieurs cas de tuberculose et nous désirons vous donner le compte rendu de nos constatations.Première observation.\u2014 I] s\u2019agit d\u2019une dame de soixante ans.Elle devient tuberculeuse en 1905 à la suite d\u2019une dyspepsie chronique datant de dix ans.Elle appartenait à la classe aisée de la société et habitait une maison spacieuse et moderne.L\u2019on faisait l\u2019aération générale de la maison chaque jour et tout était entretenu avec un degré de propreté extrême.La tuberculose chez cette malade était compliquée de gastrite chronique.Elle était sujette à de fréquentes attaques de vomissements.Les matières vomies et les crachats furent détruits plusieurs fois par jour.Les directions du médecin sur l\u2019hygiène de la malade et son entourage étaient suivies aussi minutieusement que nossible.Je donne ces détails afin que vous ayiez une juste idée: de l\u2019entraînement de l\u2019entourage.En 1906, la malade engage un jeune homme de 17 ans, comme: lecteur.Il séjourne dans la maison pendant quelques heures par jour.Quatre mois plus tard ce jeune homme tombe victime de la tuberculose pulmonaire.Un jeune homme âgé de 22 ans, parent de la malade, arrive des Etats-Unis pour demeurer à Montréal.Il prend son logement dans la maison.Quatre mois plus tard il souffre de tuberculose intestinale. 240 KENNEDY Dans le service il y avait une domestique, jeune fille de parents sains.Elle s\u2019est mise à se plaindre de douleurs dans le dos, et devint anémique.Elle est envoyée chez clle à la campagne pour se remettre.Trois ans plus tard un chirurgien lui enlève le rein gauche pour tuberculose rénale.Deuxième observation.Homme de 27 ans célibataire.Tuberculose pulmonaire avancée, crachats abondants.Etant affaibli par sa maladie, le malade se vit dans la nécessité de prendre refuge dans la maison de son frère marié.C\u2019est un appartement de six pièces.Le malade est sous le contrôle d\u2019une institution antituberculeuse.- On lui donne des crachoirs.L\u2019inspecteur du Bureau d\u2019Hygiène de la ville de Montréal l\u2019avise sur les précautions à prendre pour éviter de contagionner son entourage.Une garde-mnalade fait une visite chaque semaine au logis pour donner des conseils hygiéniques au malade et à l\u2019entourage.La maladie dure un an ct se termine par la mort.La belle-sceur Madame C.a deux enfants.L\u2019un meurt de tuberculose méningée, l\u2019autre est affectée de tuberculose pulmonaire.Madame C.vers la fin de la maladie de son beau- frère se plaint de douleurs dans le dos.Deux années plus tard on lui enlève un rein tuberculeux.Troisième observation.Monsieur X est affecté de tuberculose à la troisième période avec crachats abondants.Célibataire.Il est âgé de 33 ans.La maladie s\u2019est développée à la suite d\u2019excès alcooliques prolongés.Il se réfugie chez un parent éloigné.Il vit dans cet état de tuberculose terminale pendant un an et meurt de sa maladie.La maison où ce malade s\u2019est retiré est vaste et spacieuse et avait une quinzaine de chambres.La famille se composait du père, de la mère et de cinq enfants.Un an après la mort du tuberculeux, un enfant de la famille tombe malade de tuberculose pulmonaire et en meurt.Un deuxième enfant développe une tuberculose de la colonne vertébrale et guérit.Quinze ans après cet enfant devenue jeune fillle se marie et donne naissance à cinq enfants dont deux sont morts de tuberculose méningée et les trois autres sont pâles et ont apparemment une tendance aux infections. CONTAGION PAR LA TUBERCULOSE Quatrième observation.M.H., âgé de 29 ans, tuberculeux à la troisième période, vient demeurer chez son frère.Le malade est sous la direction d\u2019un institut antituberculeux.L\u2019inspecteur d\u2019hygiène fait une visite au domicile et conseille à la famille de prendre les précautions nécessaires pour éviter la contagion.Une garde-malade voit le malade et répète chaque semaine les mêmes conseils.Résultat: le frère et trois enfants de la famille sont contagionnés.Cinquième observation.Madame M.et ses quatre enfants occupent un logement, 204, rue W.L\u2019aîné, âgé de 19 ans, devient tuberculeux.Il en meurt au bout de deux ans.La maison est désinfectée ; six mois plus tard le frère, âgé de 16 ans, tombe malade de la même affection.Elle quitte la maison pour aller demeurer ailleurs.Au mois de mai, la famille T.devient locataire de la même maison.La famille T.se compose de la mère, d\u2019un jeune homme et de deux jeunes filles.Le frère aîné est atteint de tuberculose au mois de juillet et au mois d\u2019août les deux filles deviennent tuberculeuses.Grâce au traitement suivi au dispensaire antituberculeux il se sont améliorés.Ayant appris que la maison avait été antérieurement habitée par des tuberculeux, la famille T.quitte cette demeure.Elle est remplacée par la famille B.Quatre mois plus tard M.B.se rend au dispensaire anti-tuberculeux où on fait le diagnostic de tuberculose pulmonaire.On recommande le nettoyage complet de la maison.Je cite ces quelques exemples pour démontrer l\u2019extrême contagiosité de la tuberculose ouverte.Nous reconnaissons bien la contagiosité de la diphtérie, de la scarlatine et de la variole mais la contamination par la tubereu- lose présente un champ d\u2019observation qui n\u2019a pas été encore complètement exploré.Plus nous l\u2019étudions plus nous sommes convaincus que la tuberculose demande l\u2019attention éveillée de l\u2019hygiéniste et du médecin pour la combattre.; Nous parlons au point de vue de la prévention de cette mala- 242 KENNEDY die.Nos dispensaires anti-tuberculeux font une belle œuvre, mains nous n\u2019avons que touché le problème sans le résoudre.Il nous semble nécessaire de demander l\u2019intervention du gouvernement de notre province, afin de pousser activement à l\u2019installation d\u2019institutions pour les tuberculeux avancés et des hôpitaux spéciaux pour les cas au début.Nous devrions classifier la tuberculose dans la catégorie des maladies extrêmement contagieuses et insister sur cette classification.C\u2019est un sujet à discuter si nos hôpitaux généraux ne devraient pas posséder des salles à part pour les cas d\u2019urgence qui sont infectés de tuberculose avec défense de les placer ailleurs que dans ce département.Nous sommes convaincus que la contagion se fait dans la plupart des cas par la voie digestive: par les mains en mangeant, par les tasses, les verres et les cuillères insuffisamment stérilisés.Si les ustensiles de table qui ont servi à des tuberculeux ne sont pas rendus stériles, la contagion fait son chemin et continue.C\u2019est une tâche difficile que d\u2019entreprendre une campagne d\u2019éducation générale, sans compter qu\u2019il faut aussi avoir en vue l'amélioration de nos habitations urbaines.Je répète encore que la lutte contre la tuberculose n\u2019est guère commencée, il faut regarder en avant et indiquer la voie.AU COLLEGE ROYAL DES MEDECINS DE LONDRES à l\u2019assemblée du 6 avril 1914.Le rapport du comité d\u2019enquête sur la tuberculose fut adopté.RAPPORT SUR LA CONTAGIOSITÉ DE LA TUBERCULOSE 1° La tuberculose est une maladie acquise, mais certains types constitutionnels peuvent être transmis par l\u2019hérédité qui rendent l\u2019individu susceptible à l\u2019infection et il y à raison de croire qu'une telle susceptibilité est un caractère transmis.2° L\u2019agent infectieux est le bacille de la tuberculose.Le bacille peut être contenu dans les excrétions et les excréments du malade et surtout dans les crachats de ceux qui souffrent de tuberculose pulmonaire.Aucune excrétion n\u2019est infectieuse à moins qu\u2019elle contienne le bacille de la tuberculose. 243 CONTAGION PAR LA TUBERCULOSE 3° les cas de tuberculose fermée : osseuse, glandulaire et organique et les cas de tuberculose guérie ne sont pas contagieux.4° Les moyens par lesquels les bacilles tuberculeux peuvent pénétrer dans l\u2019organisme sont : (a) par inoculation, à travers une blessure ou une écorchure de la peau.Ceci est arrivé aux gens de laboratoires, de pathologistes, aux autopsies, ou autres qui manipulent des matériaux tuberculeux.Le lupus est acquis de cette manière.(b) par inhalation.Des sujets susceptibles sont facilement infectés par l\u2019inhalation de l\u2019air contenant des bacilles de la tuberculose, tant en gouttes ou en poussière fine mais dans l\u2019extension de la maladie, ce dernier semble le moyen le plus ordinaire d\u2019infection.Le crachat, ou autres excrétions, tant sur les mouchoirs, le linge, les habits ou autrement, peuvent être pulvérisés et, dans cet état, peuvent être disséminés dans l\u2019atmosphère d'une chambre.Les gouttelettes de crachats sont moins importantes comme agents d\u2019infection ; ceci est prouvé par le fait que les cas de tuberculose ne sont pas plus nombreux chez les médecins, gardes-malades, et autres qui ont soin des tuberculeux dans des hôpitaux spéciaux, que chez les autres.(e) La poussière infectée par le bacille tuberculeux peut contaminer la nourriture et ainsi pénétrer dans le canal alimentaire; par le baiser: ou l\u2019infection peut avoir lieu par les ustensiles de cuisine.| Comme 10 % du lait des grands centres provient d\u2019animaux tuberculeux, ce mode d\u2019infection est important chez les enfants.La proportion de tuberculose bovine varie dans différents endroits.(d) Il n\u2019y a pas de preuves que la tuberculose puisse être transmise par l\u2019haleine ou par les habits, à moins qu\u2019ils soient salis par les crachats desséchés ou par les excrétions sèches.5° L\u2019extension de la tuberculose est favorisée par l\u2019encombrement, la malpropreté et la mauvaise ventilation.Elle est empêchée par l\u2019air, le soleil, la propreté.L\u2019infection est réduite au minimum 1° Par la désinfection des crachats et des excrétions.2° Par la désinfection ou destruction des mouchoirs, habits et linges. 244 DUBÉ chambres par les procédés humides.(à) Par la ventilation fréquente: les appartements spacieux.Il n\u2019y a aucun danger à vivre dans le voisinage des hôpitaux ou des dispensaires pour le traitement des tuberculeux quand ils sont bien dirigés.CHRONIQUE GRIBOUILLE AU COLLEGE (LE CRACHEUR) Le printemps nous \u2018arrive; et avec lui les choses qui coulent, c\u2019est-à-dire, les pluies, les sèves et les rhumes de cerveau.La verdure apparaît ; les fleurs s\u2019épanouissent ; la boue s\u2019étale et les parapluies se déploient \u2014 c\u2019est la saison poétique.Et les poêtes de nous le prouver dans des strophes qui, elles, hélas ! ne coulent \u201cpas toujours.De prime abord le printemps est la saison des pluies.Cette impression m\u2019amène à comparer notre vie de collège à un printemps perpétuel.Car il y pleut étrangement, dans ce collège, ct à cœur de jour.Quand il pleut il faut un parapluie.Et si un élève se promenait à la pluie, le parapluie sous le bras, nous ne prendrions pas \u201cgouttinette\u201d pour le traiter d\u2019imbécile et de Gribouille.Gribouille le jeune homme qui, par une belle averse, pour ne pas sc mouiller s\u2019alla fourrer jusqu\u2019au nez dans une mare d\u2019eau, et qui \u2014 mais C\u2019est là une autre histoire \u2014 que d\u2019ailleurs nous ne quitterons pas, étant tous plus ou moins bouilles.La preuve ?des imbéciles et des Gri- Prouve-t-on à un imbécile par de doctes raisons qu\u2019il est préei- sément un imbécile parce qu\u2019il pleut et qu\u2019il n\u2019a pas de parapluie\u201d Nenni.On lui apporte des faits.On lui lève le nez; on lui étend les mains; on lui tourne la tête à gauche, puis à droite, et 3° L\u2019enlèvement de la poussière des parquets, des murs et des GRIBOUILILE AU COLLEGE 245 ça y est: il a vu les nuages ; il a senti la pluie sur sa main; il a aperçu les passants sous leurs parapluies: ça suffit.Il n\u2019a pas compris mais il a vu; il court chez lui, il prend son parapluie et le tour est joué.C\u2019est peut-être triste, mais nous de même levons le nez, étendons les mains, tournons la tête; et puis, nos grosses constatations faites, vite! garons-nous de la pluie.Car il pleut, et d\u2019une pluie très réelle, qui n\u2019est ni des pois, ni de la grêle, ni des sauterelles encore moins de la manne, non de l\u2019eau tout simplement : une pluie de crachats !.\u2026.Il y en a partout, partout les toits sont percés.A la chapelle c\u2019est entre deux prie-Dieu comme à l\u2019étude au beau milieu de l\u2019allée.Mais, ce n\u2019est rien encore.Le lieu favori des amateurs, le coin des forts à bras, l\u2019arena des athlètes, en un mot, le \u2018\u201csanctum sanctorum\u201d c\u2019est la récréation! Là, autant de crachats que de clous dans le plancher : c\u2019est dire qu\u2019on ne perd pas son temps.Là, les prouesses les plus décevantes, les plus extraordinaires se multiplient comme les poussières que lève le balai d'Emma.Là, fleurissent les mille et une manières de lâcher sa bave depuis la classique : la laisser faire plouf! tel un poids de 100 lbs ; jusqu\u2019à la romantique : vous l\u2019arrondir à quinze pieds, les coudes dans les poches, avec un p\u2019tit cou du ventre.! Mais voilà des choses que nous connaissons, hélas! et mieux vaut ne pas trop trop les approfondir.D\u2019ailleurs nous ne sommes pas les seuls à avoir la peur de nous salir les doigts.Tous les littérateurs l\u2019ont subie, et je vous défie de me nommer un homme, un penseur, un romancier, qui ait eu l\u2019audace de fixer dans ses lignes immortelles le type de cracheur, notre honneur à nous?Tous se taisent à son endroit.Cicéron comme la Bruyère et Pascal comme Balzac.C\u2019est une lacune si l\u2019on veut, à moins de croire que de leur temps le cracheur n\u2019était pas inventé ! Et ce qui confirme cette dernière assertion c\u2019est de voir que le Bonhomme La Fontaine ne nous a pas montré dans sa galerie de bêtes, maître Pourceau à décorer de ses crachats les parquets de l\u2019époque.De fait il n\u2019y a qu\u2019un seul cochon dans les Fables ct C\u2019est celui qui crie [14 .~ comme s\u2019il avait cent bouchers à ses trousses\u201d quand on le mène au marché. 246 DUBÉ Encore est-il un sage.Il fait ce que nous ne faisons pas : il crie.Nous, dans l\u2019insouciance de ce qui nous attend, nous nous plongeons \u2014 modernes Gribouilles \u2014 dans l\u2019ignorance crasse de ce qui est un crachat et de ses désastreuses conséquences.Alors qu\u2019aujourd\u2019hui le monde retentit des mots: tuberculose, bacilles, peste blanche.que les médecins font trembler les hommes par leurs conclusions jusqu\u2019a faire surgir chez eux des conflits aigus entre les accoutumances du passé et les règles de l\u2019hygiène moderne, nous serions les seuls à nous rire du danger et à lancer sans vergogne ce crachat qu\u2019ils dénoncent comme homicide.Il est maintenant avéré qu\u2019un seul crachat contient un nombre quasi-incalculable de microbes; que ces microbes se répandent dans l\u2019air, qu\u2019ils pénètrent par les voies respiratoires, dans l\u2019organisme de l\u2019homme et y causent les ravages connus sous les noms de consomption, de phtisie et de tuberculose.La mode n\u2019est plus de voir dans les médecins des radoteurs, des sots en trois lettres et des vieilles femmes, quoiqu\u2019en pensent certains d\u2019entre nous.Il suffit \u2014 pour se pénétrer de la véracité de leurs dires \u2014 de considérer les Etats, les Villes qui font dans leurs revenus des entailles énormes, qui se saignent à blane pour fonder des sanatoriums, des tournées de conférences enfin pour enrayer l\u2019effroyable contagion.On comprend le crime qu\u2019est un crachat et l\u2019on défend avec raison sous peine d\u2019amende, de cracher dans les tramways et sur les trottoirs.Et toutes ces mesures \u2014 suffisantes à donner la chair de poule \u2014 nous font rire et ne nous empêchent point de cracher à la face du bon Dieu comme partout ailleurs.L\u2019absurdité est patente! Le temps n\u2019est plus aux enfantillages, aux mauvaises raisons : Je n\u2019y pense pas ! Que les autres commencent ! À chacun de s\u2019y mettre.Tout nous y pousse ! Rappe- lons-nous les confrères que déjà le crachat nous a ravis.Il n\u2019y a pas encore six mois que l\u2019un des nôtres, un ancien que beaucoup ont connu et aimé, disparaissait à 21 ans, 21 ans! mangé, rongé par le microbe, et cela sans que le médecin \u2014 son parrain \u2014 ne puisse le sauver.Ce microbe-assassin qui le lui avait donné ?En toute conscience pouvons-nous jurer que ce n\u2019est pas nous, avec nos crachats, pendant les quatre années qu\u2019il partagea notre vie?De combien d\u2019autres ne peut-on pas dire: demain tubercu- GRIBOUILLE AU COLLEGE 247 leux, après-demain, morts! Et ce n\u2019est pas du pathos, ce n\u2019est pas de la phrase, ni de la sensiblerie.Non, c\u2019est de la réalité, et de la réalité qui tue.Jusqu\u2019a quand jouerons-nous avec ce qui tue ! Songeons-nous lorsque nous nous emplisons la bouche \u2014 oh! souvent rien que de la bouche ! \u2014 des grands mots : apostolat, dévouement, que par cette même bouche nous faisons dans nos crachats la pire des propagandes, la pire des diffusions, celle de la Tuberculose.Avons-nous le droit d\u2019oublier que nous empoisonnons nos camarades, sans souci de l\u2019Eglise, de la société et du foyer qui bientôt nous demanderont des corps robustes autant que des âmes fraîches: c\u2019est absurde! Mettons le hola! a cette pluie de crachats qui nous submergent.Rien de plus facile.S\u2019il faut cracher \u2014 ce qui n\u2019est pas démontré ! \u2014 que ce soit dans nos mouchoirs.Unissons-nous, et empêchons qu\u2019on crache autour de nous.Ayons pitié des petits et des faibles de santé.Et s\u2019il restait des sans-cœur pour continuer l\u2019œuvre néfaste, ma foi! il y a le remède infaillible: celui des jeunes chats qui salissent\u2026 on leur donne la fessée et on leur met le nez dedans! Gribouilles.que nous sommes sortons donc de la mare ! Paur Durék, Elève de 1ère année de philosophie, Collège de Joliette.Donné à l\u2019Académie francaise, le 14 avril 1914.RESIDENCE A VENDRE.Maison en pierre et brique, 36 x 51, sur terrain de 43 x 100, complètement détachée, à proximité de l\u2019église, contenant douze chambres, plus salle d'attente, de consuitation et de pansement.Cave de huit pieds, cimentée, avec garage.Excellente occasion pour remplacer un médecin pratiquant depuis vingt-cinq ans.Prix raisonnable, conditions faciles.S\u2019adresser pour informations au No 164, rue Déséry, Montréal. COURS DE PATHOLOGIE IÉTERNE (1) SEMEIOLOGIE DE LA DOULEUR DANS LA LITHIASE BILIAIRE.\u2014 Dieulafoy avait bien catalogué les petits signes du brightisme.\u2014 Leur groupement nous mettait sur la piste d\u2019une maladie chronique dont les débuts incertains nous empéchaient auparavant de préciser la nature de cette affection et d\u2019incriminer l\u2019organe malade.\u2018Il en est ainsi de la lithiase biliaire.Chauffard et ses élèves ont fait pour le foie ce que Dieulafoy avait fait pour le rein.Il a catalogué les petits signes douloureux de la lithiase biliaire, aussi insidieuse au début que décisive dans les dernières phases de son évolution.\u2014 Aujourd\u2019hui où la thérapeutique préventive, l\u2019hygiène et la diététique prennent en médecine une si grande place, et où la chirurgie des voies biliaires donne de si beaux résultats, surtout quand elle peut intervenir avant la phase des complications graves, il est nécessaire de réunir tous les signes susceptibles de fournir les éléments d\u2019un diagnostic précoce de la lithiase biliaire.(loc.cit.) I.Troubles digestifs, fréquents, peu améliorés par l\u2019hygiène alimentaire ou une médication appropriée ; indigestions répétées; gonflement épigastrique après les repas ; crises intermittentes d\u2019aerophagie; signes légers d\u2019insuffisance hépatique accompagnés d\u2019une douleur vague dans le flanc droit.II.Signes douloureux : 1° spontanés, 2° provoqués, sont comme un des éléments essentiels d\u2019un diagnostic précoce.» Conditions : Pour qu\u2019un de ces points douloureux puisse avoir une valeur sémiologique, il faut qu\u2019il réunisse plusieurs conditions indispensables : 1° Qu\u2019il soit nettement localisé À une région invariable.2° Qu'il soit persistant, et qu\u2019on puisse le retrouver plusieurs fois de suite au même endroit pendant un même examen, ou à plusieurs examens se succédant à quelques jours d\u2019intervalle.3° Il ne doit pas être recherché pendant une crise spontanément douloureuse, car la localisation devient difficile et souvent impossible.4° L'association de deux ou trois points douloureux constitue une certitude plus complète.5° L'importance de connaître son malade et de ne pas oublier que les nerveux peuvent nous induire en erreur à cause de leur susceptibilité particulière à la douleur.Se méfier de la suggestion par des examens trop fréquents qui attirent leur attention.\u2014 Les points douloureux sont au nombre de huit: épigastrique, cystique, , .+ .PIN a ,» ° « , pancréatico-cholédocien, douzième côte, phrénique, moignon de l'épaule, sca- pulo-apexien, vertébraux.(1) Cours du Dr Le Sage : Quelques résumés synoptiques à l\u2019usage des .E.M,, avec planches empruntées à l\u2019article du Dr Mauban, de Vichy.\u2014 azette des hop., avril 1913.QE PATHOLOGIE INTERNE 249 !.Point épigastrique : C'est par lui que la lithiase commence à se manifester sous la forme d\u2019une douleur : 1° forme spontanée : (2 ou 3 hrs après les repas).\u2014 Crampe \u2014 torsion \u2014 ballonnement \u2014 vomissements alimentaires, muqueux, biliaires.Aerophagie (25 à 30 %).Importance à ce sujet des crises gastralgiques isolées sans dyspepsie, associées à des crises d'aérophagie passagère.\u2014 Point douloureux à l\u2019appendice xiphoïde.Cette surface a une étendue de 5 x I0 cc.(2 pcs x 4 pcs.).2° forme provoquée : À la pression : sensibilité du plexus solaire, avec bande d\u2019hypéresthésie cutanée s'étendant à droite et à gauche, indiquant dans les couches sous-jacentes la présence d'un organe profond irrité, gastro-spasme, ou irradiation douloureuse venant des voies biliaires irritées, avec phénomènes sécrétoires reflexes de l\u2019estomac, (servirait à cataloguer la lithiase biliaire au début).point printadu meignen phrénique de l'aças e # point epigastrique.peint pansreaH co- Part de choledocien Descardins IT.Point cystique : Le plus constant, le plus intense : douleur.1° spontanée : douleur atroce de la crise de colique hépatique (quelques heures après les , repas) : sensation d\u2019écrasement et de broiement, ete.\u2026 2° provoquée : peut indiauer une lithiase biliaire encore mal définie.\u2014 la rechercher en dehor- des crises (bord externe du muscle droit avec rebord des fausses 250 LESAGE côtes.Elle précède ct suit la colique.Enfoncer un doigt perpendiculairement, lentement, progressivement.ITI.Point pancréatico-cholédocien.(Chauffard, 1906).Pathognomonique de la lithiase du cholédoque.Il existe aussi dans la lithiase biliaire.Point douloureux ocmpris dans un angle à sommet ombilical et la bissectrice d\u2019un angle formé par la verticale et l\u2019horizontale partant de l\u2019ombilic (pl.).Description, d\u2019après Chauffard : \u201c Prenons comme point de repère l\u2019ombilic, et de ce point menons une verticale et une horizontale formant un angle droit dont lesommet correspond à l\u2019imbilic, puis traçous la bissectrice de cet angle.La zone pancréatico-cholédocienne est comprise entre la verticale et la bissectrice de l\u2019angle, sans dépasser per en haut une hauteur de 5 ceptime- tres (2 pcs) sur la bissectrice, sans atteindre en bas tout à fait jusqu\u2019à l\u2019ombilic.\u201d Pathogénie processus de pancératite secondaire.ou bien : irradiation à distance d\u2019une douleur.canal cholédoque.venant du ! canal cystique.la vésicule.IV.Point de la 12ième côte : côté droit.\u2014 À son extrémité libre.Inconstant.N\u2019a pas la valeur diagnostique des autres.Frc.2.\u2014 Passage du phrénique droit devant le muscle scaléne antériewr.\u2014 I, nerf phrénique; 2, anastomcse du phrénique et du sous-clavier; 3, nerf du sous-clavier; 4 et 5, anastomoses du phrénique avec le ggnglion cervical inférieur ; 6, anse de l\u2019hypoglosse envoyant un rameau au phrénique. PATHOLOGIE INTERNE V.Point phrénique droit : (Chauffard.Janv.1913.) \u2014 Serait à peu près constant.\u2014 Enfoncer un doigt, profondément au-dessus de la clavicule droite en dehors du sterno-cléido-mastoïdien pour atteindre le nerf phrénique qui passe en avant du scalène antérieur où il s\u2019anastamose avec : \u2014 le sous-clavier, \u2014 l\u2019hypoglosse, \u2014 le sympathique (anast.avec ganglion cervical inf.) Douleur quelques jours avant et après les crises.\u2014 Le phrénique gauche est toujours indolore.\u2014 Importance capitale dans la lithiase biliaire au début, dans l\u2019irritation de la vésicule biliaire.\u2014 Facile d\u2019accès, précise une affection à siège abdominal où les points de repère nombreux peuvent porter à la confusion.\u2014 Douleur due à l\u2019irritation de ses rameaux terminaux qui cheminent sous le péritoine au niveau du bord libre du foie dans le voisinage de la vésicule.L\u2019irradiation suit le nerf phrénique jusqu\u2019au plexus cervical où des anastomoses le mettent en communication avec le moignon de l\u2019épaule, surtout la droite.[] ZL ( a iL Sp (Fa (eo 172 | n.du SE elmo.y n.dutrapez / É au n.delangule fro\u201d n.4u rhomk ; br.desceny nl\u201d fev br.sus-clay.(7 \u2014.br- Sus-acromiade Nn.du sug seap, 4 n.du seus-tlar.dE n.phreniquet ¥16.3.\u2014 Racines du nerf phrénique V1.Point douloureux de l\u2019épaule droite.\u2014 Dit aux anastomoses du phrénique avec le plexus cervical, au niveau des II, III, IV et Viéme paires cervicales.Les lithiasiques désignent, au moment de la crise, la région deltoidienne qui recouvre l\u2019articulation scapulo- humérale droite. 252 LESAGE VII.Point scapulo-apexien droit : \u2014 Surtout spontané pendant les paroxysmes.\u2014 Siège à la pointe même de l\u2019omoplate.\u2014 Sensation de transfixation, d\u2019embrochement.Ia palpation peut aussi le déceler, pendant ou après la crise.A ; pos nte du Hg Le, SNS \u201c re * Se [Waa points des 8494 10et ue vertebres dorsaies VITE Points vertébraux : \u2014 Zone postérieure semblable à la zone antérieure xiphoïdienne hyperes- thésiée, située sur la ligne médiane le long de la colonne vertébrale.\u2014 Douleur à la pression des apophyses et tissus périvertébraux des & 0.10 et IIième vertèbres dorsales.\u2014 Inconstants.Il a une valeur de second ordre.IX.Autres signes : \u2014 Douleurs à la nuque \u2014 hypocondre gauche, épaule gauche.\u2014 Les plus importants parmi ces signes douloureux sont : cystique.1° spontanés.épigastrique.scapulo-apexien.cystique.2° provoqués.phrénique.pancréatico-cholédocien. PATHOLOGIE INTERNE 253 CIRRHOSES DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL (1) Cirrhose de Laennec.Tromme de 30 à 50 ans.Amaigrissement \u2014 sub-ictère.(Kdéme des jambes, Circulation collatérale médiane, sus- ombilicale et latérale.Urines: acajou avec urobiline (pigments bruns).Grosse rate.Liquide séreux contenant très peu de fibrine, faible densité.Contenant à la première ponction des cellules endothéliales, peu de Péritonite tuberculeuse.\u2018Jeune fille de 13 à 20 ans.Pas d\u2019amaigrissement, \u2014 teint pâle.Pas d\u2019œdème des jambes.Pas de circulation médiane sus-om- bilicale ; Urines claires ; Ni grosse rate, ni petit foie, pas de signe du glaçon.Liquide très fibrineux et de haute densité ; Contenant des lymphocytes à la première ponction.lymphocytes et ne tuberculisant Tuberculisant le cobaye.pas le cobaye.Mais le diagnostic n\u2019est pas toujours aussi facile.Il est compliqué par des anomalies symptomatiques et par des associations morbides.Ainsi, on peut observer une péritonite tuberculeuse ascitique au cours d\u2019une cirrhose de Laennec, une cirrhose tuberculeuse au cours d\u2019une péritonite tuberculeuse et un ensemencement bacillaire secondaire sur une ascite cirrhotique.LE DIABETE.Division.Pathogénie : 1° Diabétes simples ordinaires ou sans dénutrition : le malade ne rejette pas complètement tout le sucre qu\u2019il ingère.Il ne rejette que le surplus.Il y a, ici, une limite de tolérance que l\u2019on peut connaître en soumettant le malade à un régime dépourvu d\u2019hydrates de carbone.Lorsque le sucre a disparu on donne 100 grammes de pommes de terre qui contiennent 20 grammes d\u2019hydrates de carbone.On se guide sur la réapparition du sucre dans les urines à la suite de cette dose d\u2019hydrates de carbone pour connaître la limite de tolérance, puis on se reporte aux tableaux des différents auteurs pour dresser un menu convenable.Ces diabétiques n\u2019assimilent pas indifféremment tous les hydrates de carbone.2° Diabètes graves, avec dénutrition, ou consomptif : le malade n'\u2019utilise- aucune portion du sucre alimentaire, et la quantité de sucre urinaire est supérieure à la quantité de sucre ingéré.Ce sucre provient non seulement des hydrates de carbone, mais aussi des albumines, des graisses alimentaires et des éléments constitutifs des tissus.3° Coma diabétique.\u2014 L'imprégnation prolongée de l\u2019organisme par les substances acides non oxydées et l\u2019intoxication profonde due à une anomalie du métabolisme des matières protéiques conduisent au coma, dit diabétique.(1) D\u2019après Castaigne.Livre du Médecin.0 \u2014 254 LESAGE (a) L\u2019acidose: causée par la présence dans le sang des trois corps acéto- niques : \u2014 acétone, \u2014 acide diacétique, acide B-oxybutyrique.Note : Ajoutez quelques gouttes de perchlorure de fer à l\u2019urine ; celle-ci se colore en rouge foncé \u2014 Porto \u2014 si elle contient de l\u2019acide diacétique (réaction de Gerhardt).Une réaction positive indique qu\u2019elle contient au moins I5 centigrammes d\u2019acide diacétique par litre.Le dosage de l\u2019ammoniaque est aussi très important.À l\u2019état normal nous éliminons 1 gramme par 24 heures; au-dessus de 3 grammes, il y a une acidose grave.L'acidose rend l\u2019organisme plus vulnérable, mais ne suffit pas à provoquer le coma.(b) Agents comatigènes : principes toxiques qui passent dans le plasma à la suite d\u2019un état défectueux dans le métabolisme des hydrocarbonés et des albuminoides.1° L\u2019indosé.2° Polypeptides : dérivés de la destruction anormale des protéides, 3° Amino-acides : produits intermédiaires de la dégradation des protéides.4° Azoturie : témoignant de la désintégration des albuminoïdes.La présence de ces agents toxiques indique que, chez certains diabétiques, les troubles de la nutrition portent sur les albuminoides.5° La déshydratation aiguë : caractérise ce coma diabétique : yeux caves, haleine odeur de pomme reinette, faciès pseudo-péritonitique ou cholérique, creusement des traits, flaccidité de la peau, hypotonie oculaire, crampes musculaires, voix cassée, oligurie, hypotension artérielle et hyperviscosité du sang.La dyspnée ici est plutôt de la polypnée, car les alvéoles sont libres et largement ouvertes a lair extérieur.\u201cCette polypnée entraine le rejet expira- toire de grandes quantités de vapeur d\u2019eau; c\u2019est cette forte déperdition aqueuse qui engendre la déshydratation et explique l'installation si rapide du syndrome, d'autant que plongé dans le coma le malade ne saurait ingérer de boissons nouvelles.\u201d (Chauffard).LE DIABETE RENAL.Depuis plusieurs années on discute de nouveau sur l\u2019existence d\u2019une forme rénale du diabète.C\u2019est l\u2019expérimentation, plus que la clinique, qui semble avoir démontré l\u2019existence du diabète phlorhizique ou rénal.Il se rapproche du diabète avec dénutition, dit maigre ou consomptif.1° Expérimentation : (1) - ere (1) Voir Presse médicale, octobre 1013. PATHOLOGIE INTERNET Le diabète phlorhisique, type de diabète le plus grave, lorsqu'on emplo:2 des doses suffisantes du glycoside, a de commun avec les autres diabètes expérimentaux, comme, par exemple, le diabète pancréatique, la rapide disparition du glycogène hépatique, l'incapacité d\u2019utilisation du glycose introduit à partir d\u2019une certaine dose, et la persistance de la glycosurie malgré un régime privé d\u2019hydrates de carbone, voire malgré le jeûne absolu.Mais, sous plusieurs rapports, il dépasse de loin le diabète pancréatique.D\u2019abord l\u2019intensité de la glycosurie est complètement indépendante de l\u2019alimentation ; sous l\u2019influence de la phlorizine, un chien privé de nourriture peut éliminer 50 à 60 gr.de sucre par jour.aux dépens de l\u2019albumine, dont la désassimilation est très exagérée.Mais ce n\u2019est pas seulement le taux de la désassimilation azotée qui c\u2019élève considérablement : sa qualité se trouve également modifiée, la molécule d\u2019albumine fournissant plus de sucre (3.65 au lÎie:x de 2,2 à 28.d\u2019après Lusk).De plus, le diabète phlorhizique, contrairement à toutes les autres glycosuries, serait indépendant même du foie : il se produirait malgré l\u2019ablation de cet organe, ou sa suppression fonctionnelle par l'intoxication phosphorée, sans rien perdre pour cela de son intensité.Enfin il est de règle de constater chez le chien à jeun, atteint de diabète phlorhizique.une grave acidose, tandis que celle-ci est beaucoup plus rare chez le chien dépancréaté.Le diabète phlorhizique est donc un diabète à part.Quant à son origine rénale, elle a été établie sur les bases suivantes : la glycémie normale n\u2019est pas augmentée (von Mering), elle est même diminuée, chez le chien phlorhi- ziné en état de jeûne (Frank et Isaac) ; la double néphrectomie ne l\u2019élève pas (Minkowski) ; en injectant la phlothizine dans l\u2019artère d\u2019un rein, on voit la glycosurie commencer plus tôt du côté correspondant (Zuntz).11 semble que.dans le diabète phlorhizique, le rein soit capable.comme le foie l\u2019est seul à l\u2019étrt normal, de former du sucre aux dénens de l\u2019albumine.Vers la fin de la maladie, on voit le sucre du sang augmenter en même temps que diminue la glycosurie (Frang et Isaac) : sans doute il y a alors, par suite de l\u2019oligurie, passage dans le sang du sucre formé dans le rein.D\u2019après ce qui brécède, on voit qu\u2019il semble exister un triple critérium de l'origine rénale d\u2019une glycosurie : l\u2019absence d'hyperglycémie accompagant cette glycosurie, l\u2019influence négative de la double néphrectomie sur le taux de la glycémie enfin la bersistance de la glycosurie malgré la suppression des hydrates de carbone ou même le jeûne absolu.L'expérimentation parait donc bien établir l'existence d\u2019un diabète rénal.2° Clinique \u2014 La clinique n\u2019est pas aussi riche en documents décisifs sur cette question.Les quatre ou cinq observations publiées répondent aux conditions suivantes : diabète toujours léger (traces de sucre jusqu\u2019à 15 grammes au litre) ; diabète le plus souvent indépendant de la quantité d\u2019hydrates de carbone ingérée, ne dépassant guère 20 à 30 grammes de sucre par 24 heures imalgré une alimentation riche en amylacées, et persistant plus ou moins longtemps malgré la suppression complète des hydrates de carbone ; un caractère distinctif important, c\u2019est que le sucre dans le sang n\u2019augmente pas: il n\u2019y a pas d\u2019hyperglycémie.Le chiffre normal de la glycémie varie entre 0.8 à 1.02 par litre (pinte) Après un jeûne il peut baisser à 0.6; avec une alimentation riche en hydrates de carbone il peut augmenter à 1.8 sans qu'il y ait glycosurie. 256 LESAGE Donc, lorsqu\u2019il y a hyperglycémie faible, avec glycosurie, il est probable que nous avons affaire à un diabète rénal.(Gouget, loc.cit.).Ce syndrome clinique peut se rencontrer chez la femme enceinte; on l\u2019attribuait à une insuffisance hépatique.Chez o femmes enceintes, sur 10, un médecin allemand, Frank, a obtenu la glycosurie alimentaire (10 à 15 grms de sucre urinaire après ingestion de I00 à 120 grammes de glycose) sans hyperglycémie.Cette glycosurie alimentaire disparaît après l\u2019accouchement.Cet auteur conclut que toute femme enceinte est atteinte de diabète rénal latent pendant les derniers mois de la grossesse.Etiologie et pathogénie.\u2014 Comme on le reproduit expérimentalement avec divers poisons ou par l'injection d\u2019extraits d\u2019organes, on suppose que l\u2019auto- \u2018intoxication joue, ici, un rôle important.Le mécanisme s\u2019expliquerait I° en admettant que la résorption physiologique du sucre au niveau des tubuli, ne se produit plus suffisamment, par altération de l\u2019épithélium ou passage trop rapide du liquide dans les tubes (glycosurie des diurétiques \u2014 caféine \u2014) ou bien 2° en supposant que l\u2019épithélium rénal est atteint dans sa faculté de retenir le sucre qu\u2019il contient normalement dans la substance corticale seulement et qu\u2019il cèderait progressivement, provoquant cette glycosurie particulière et indépendante du régime.NECROLOGIE (1) MICHAEL-JOSEPH AHERN A quoi bon vivre, si ce n\u2019est pour s\u2019instruire, c\u2019est-à-dire pour modifier sans relâche sa pensée?\u2014 De Voguë.Je voudrais dire adieu à M.-J.Ahern avec des mots simples essentiels comme il les aimait, mais qu\u2019il n\u2019aurait tolérés qu\u2019à la condition que personne autre ne les entendit, car c\u2019était un modeste, indifférent aux honneurs, ennemi du bruit et que la notoriété génait.Cependant, celui qui a donné tant de relief à l\u2019enseignement médical de l\u2019Université Laval et qui a jeté autant de lustre sur sa profession, dont le nom avait dépassé les limites de sa province, cette personnalité remarquable, attirante et multiple, (1) Avec l\u2019autorisation du professeur Simard, de Québec, nous publions l\u2019émouvant hommage de l\u2019élève sur la tombe de son maître.La médecine n\u2019a pas de frontières, honorons nos morts, d\u2019où qu\u2019ils viennent, surtout lars- qu\u2019ils furent bons et grands dans l\u2019accomplissement de leur devoir.\u2014 N.DL.R. ER = = \u201c Py 9 M.Micrraër J.Anern.M.D. MICHAEL-JOSEPH AHERN 257 mérite plus, à mon sens, qu\u2019un banal et hâtif adieu, comme on se libère d\u2019une corvée obligatoire et ennuyeuse, le coup de chapeau indifférent et pressé devant la tombe à peine fermée.Maintenant que l\u2019écho.frivole des conversations mondaines et des regrets conventionnels s\u2019est évanoui et que son souvenir appartient à ses proches et à ses amis, il est possible d\u2019apprécier dans un° plus juste mesure ce que fut la caractéristique de l\u2019homme remarquable qu\u2019il a été, de mieux discerner ce que le temps, grand niveleur des réputations surfaites, épargnera du grand chirurgien qu\u2019il s\u2019est efforcé d\u2019être, pour l\u2019inscrire au livre de l\u2019histoire médicale du Canada.Et alors il me semble que ne devant rien à la réclame, rien à ses emballements irraisonnés qui gonflent de vent des noms bientôt oubliés, la figure de Michael-Joseph Ahern s\u2019élève à mesure qu\u2019elle s\u2019éloigne de nous.Il avait d\u2019abord exercé sa profession à Saint-Romuald, près de Québec, puis dans sa ville natale avec un vif succès, Nommé professeur d\u2019anatomie pratique en 1878, qu\u2019il enseigna pendant plusieurs années avec cette conscience, cette méthode, cet amour de l\u2019exactitude et du détail, qui lui était si particulier, il y trouve sa voie qu\u2019il avait jusque là cherchée avec ardeur.Il orienta alors ses études vers la chirurgie et dans la suite jamais existence ne fut plus exclusivement vouée à l\u2019objet qu\u2019elle s'était assigné.Il avait connu Landry et en avait gardé un bon souvenir; il a \u201c surtout fréquenté Lemieux dont le talent, l\u2019esprit d\u2019observation et l\u2019habileté opératoire l\u2019avaient impressionné ; il avait suivi le Docteur Laurent Catellier, aujourd\u2019hui retiré de l\u2019enseignement, professeur clair, original, enthousiaste, encyclopédique, généralisateur ; ce furent ses maîtres et ses initiateurs.De fréquents contacts avec les maîtres de la chirurgie à l\u2019étranger l\u2019aidèrent à se perfectionner dans l\u2019art opératoire.Travailleur infatigable, doué d\u2019esprit d\u2019ordre, armé d\u2019une méthode plus analytique cependant que synthétique, fervent et lucide, il s\u2019est formé à la lecture de tous les livres, à la méditation de toutes les doctrines.Curieux, chercheur, avide de tout connaître, il voulait savoir, car savoir, n\u2019est- il pas vrai, c\u2019est la première condition du commerce de l\u2019homme avec les choses, de cette pénétration de l\u2019univers qui est la vie intellectuelle de l\u2019individu, \u2014 et ainsi toutes les sciences l\u2019attirèrent, lui parurent pleines d\u2019aperçus intéressants, dignes d\u2019application et d\u2019effort. 258 SIMARD Mais c'est de 1885, alors qu\u2019il entre à l\u2019Ilôtel-Dieu comme professeur de clinique chirurgicale, que date sa réputation de chirurgien probe et sagace, d\u2019opérateur'audacieux et habile, qui grandira jusqu\u2019à la fin de son activité professionnelle.Sous une apparente modestie qui ne laissait rien deviner ni prévoir, va apparaître et se développer une âme d\u2019apôtre passionné, tenace, intransigeant comme tous les nouveaux convertis, qui va faire changer, après des luttes journalières, Âpres parfois, souvent dénuées de cordialité, la physionomie de l\u2019Hôtel-Dieu avec la pratique chirurgicale modernisée, devenue impeccablement antiseptique, puis plus tard aseptique.Quand un résultat est acquis, on ne se figure pas ce qu\u2019il a coûté de peines ct d\u2019inlassables efforts.Aussi pour apprécier ce que l\u2019on doit à son travail, à son énergie, à sa conscience scientifique qui jamais n\u2019a accepté de compromission, il faut le situer dans son milieu, à son époque.La médecine était arrivée à l\u2019un de ces carrefours de son histoire où ballottée, travaillé en tous sens par les opinions diverses, elle hésitait sur la route à suivre.Pasteur venait de faire connaître ses admirables découvertes qui avaient émotionné le monde médical et en même temps déchaîné des débats passionnés.M.-J.Ahern fut l\u2019un des néophytes de la première heure, ct avec son grand sens pratique, qui est l\u2019une des caractéristiques de son talent, il comprit tout ce que la chirurgie pourrait tirer de l\u2019application des données nouvellement écloses.Il ne faut pas cependant, dans cette période de transition, juger avec trop de sévérité ceux qui, au début, se réservèrent.Quand on pense à l'hostilité qu\u2019en Europe et sur le continent on a si longtemps opposée aux disciplines pasteuriennes ct que celles-ci n\u2019ont pénétré le corps médical qu\u2019à son corps défendant par la violence irrésistible de la vérité, il ne faut pas être surpris si le jeune novateur qu\u2019il était alors n\u2019ait pas immédiatement entraîné toutes les convictions.Car on lui opposait que rien n\u2019est plus difficile de prédire l'importance que l\u2019avenir attachera à tel ordre de faits, les recherches qui seront continuées et celles qui seront abandonnées.Il fallut lutter contre le scepticisme aimable et railleur de praticiens habitués aux vicissitudes des doctrines médicales, contre les habitudes hospitalières dont les racines deux fois séculaires faisaient obstacle à tout changement radical, contre la force de l\u2019inertie.La propagande par le fait fit tomber toutes les MICHAEL-JOSEPH AHERN 259 résistances.Et quand on vit avec stupéfaction ces interventions chirurgicales, si meurtriéres autrefois, donner des résultats aussi heureux que constants, un revirement d\u2019opinion se produisit.M.- J.Ahern sortait grandi de l\u2019épreuve, sa réputation solidement établie.Certes, il n\u2019avait pas été seul du côté de la barricade, mais il s\u2019était affirmé chef de la réforme, et dans le recul, qui permet de donner à chacun ce qui lui appartient en propre, nos hommages vont à celui que nous avons vu à l\u2019œuvre comme à l'épreuve.A partir de ce moment, son influence dans le monde médical devient prépondérante, son autorité reconnue, sa maîtrise incontestée, et cette situation hors pair il la méritait.Pendant de nombreuses années, il contribua, pour une large part, à la diffusion des idées nouvëlles par son enseignement clinique où, là encore, il montra des qualités de premier ordre.Observateur averti, méthodique, servi par une vaste érudition, sachant extérioriser ses connaissances dans des causeries originales et pleines d'humour, très simplement, sans apparats ni décors, il a créé une profonde impression sur les nombreux élèves qui l\u2019ont suivi dont le souvenir n\u2019est pas près de s\u2019effacer.On peut donc, sans crainte d\u2019être taxé d\u2019exagération, croire que l\u2019histoire dira que celui qui a rempli da son nom toute une époque fut un grand chirurgien qui, sur un thé- atre plus grand, aurait peut-être égalé des maîtres dont le nom est voué à la postérité.L\u2019homme ne fut pas moins remarquable.Il ne s'imposait pas cependant à l\u2019attention de prime abord.De petite taille, un peu ramassée, l\u2019air maladif, il réalisait ce miracle fragile d\u2019une âme ardente qui se manifeste sous une débile apparence.Mais quand on lui causait, impression se modifiait immédiatement.Le vi- age était fin, malicieux ; la curiosité du regard et sa mobilité indiquaient l\u2019habitude perpétuelle d\u2019observer, le désir alerte de connaître ; sa conversation était brillante, spirituelle, hérissée d\u2019aperçus originaux et inattendus, pleine d'humour, substantielle et bien informée, car le champ de ses connaissances était très étendu.Il avait toujours déploré ses études préliminaires un peu négligées, trop sommaires, et il s\u2019était efforcé d\u2019y suppléer.D\u2019un esprit alerte, doué d\u2019une remarquable facilité d\u2019assimilation, il était ra- piment devenu très instruit.Les sciences surtout l\u2019attiraient.*\u201c Si loin qu\u2019elles poussent leurs conquêtes, disait Henri Poincarré, leur domaine sera toujours limité ; \u201d mais ces limites il voulait les 260 SIMARD connaître et il y consacra toute sa vie.Il était curieux des nouveautés que trouvent les savants et des progrès que réalise l\u2019industrie, même les questions du jour éveillaient son ardente curiosité.Il étudia la botanique, se passionna pour la minéralogie ; il collectionna même des fossiles ramassés, au hasard de ses pérégrinations, dans les formations anciennes du rocher de Québec où dorment les siècles de l\u2019oubli.Il fut un fervent des littératures anglaise et française, avec une faiblesse pour la poésie qui l\u2019enchantait.À la fin de sa vie il se tourna vers l\u2019histoire et il est mort avant de terminer la publication de ses \u2018\u201c Notes \u2014 si intéressantes en même temps qu\u2019instructives \u2014 pour servir à l\u2019histoire de la médecine sous le régime francais.\u201d Un grand penseur a écrit : % Celui-là a le plus vécu qui, par son esprit, par son cœur et par ses actes, a le plus adoré.\u201d Michael-Joseph Ahern fut l\u2019un de ceux-là.S\u2019il était doué d\u2019un caractère doux et affable, pourtant il ne se livrait pas facilement, et ceux qui n\u2019ont entretenu avec lui que des relations strictement professionnelles ne l\u2019ont pas connu.C'et abord froid, un peu rigide qui a donné à quelques-uns l\u2019impression d\u2019un pratique, intéressé, calculateur, n\u2019était qu\u2019une facade qui cachait mal une sensibilité émotive, un grand fond de timidité qu\u2019il ne put jamais surmonter complètement.C\u2019est un peu la raison pour laquelle il n\u2019a pas donné dans l\u2019étude des questions d\u2019ordre professionnelles tout ce que raisonnablement on pouvait s\u2019attendre de son talent, de ses connaissances précises, du rayonnement de sa personnalité.Il se sentait dépaysé dans ces réunions où les passions bouillonnent et où s\u2019entrechoquent les opinions les plus divergentes ; il était tout l\u2019opposé d\u2019un meneur d\u2019hommes, c\u2019était avant tout un pacifique.Et c\u2019est un peu comme excuse qu\u2019il disait souvent après Deschanel: \u201c Bien ne fait pas de bruit, bruit ne fait pas de bien.\u201d Il s\u2019est contenté d\u2019être le meilleur et le plus sûr des amis.Il faut avoir approché l\u2019homme et le médecin pour le regretter avec cette nuance de prédilection qui s\u2019attache aux morts dont la bonté, le talent, la personne formaient un ensemble particulièrement harmonieux de pittoresque sympathique.Miné par une maladie longue dont il endurait les inconvénients quotidiens armé d\u2019un sourire de résistance, il s\u2019est éteint en beauté en pleine possession de ses facultés intellectuelles. MICHAEL-JOSEPH AHERN 261- Par une froide matinée d\u2019un printemps tardif et hésitant, une foule énorme d\u2019admirateurs et d\u2019amis attristés lui rendirent un dernier hommage.Et en revenant de dire un suprême adieu à notre cher disparu, des vers de Sully Prudhomme, qu\u2019il avait bien souvent récités, nous revenaient à la mémoire : Ici-bas tous les lilas meurent, Je songe aux lauriers qui demeurent.Dr Arthur SIMARD, Professeur à Laval, de Québec.NOUVELLES DEUX NOUVELLES CHAIRES A LAVAL Le Dr Rhéaume La Faculté de Médecine de Laval, anxieuse comme toujours et méme plus que jamais, d\u2019accentuer sa marche en avant et de perfectionner son enseignement, vient de compléter ses cadres et d\u2019organiser quelques cours nouveaux.Malgré tout ce qu\u2019en ont dit quelques détracteurs bien intentionnés, ce foyer de sicence et de patriotisme fait des efforts surhumains pour assurer à ses élèves le meilleur enseignement médical possible.Suivant la conception moderne de l\u2019enseignement de cet art difficile : la médecine, le nombre des cours théoriques est diminué tandis que celui des cours pratiques est considérablement augmenté.Aujourd\u2019hui, grâce à une sage direction, les cliniques médicale et chirurgicale utilisent d\u2019une façon presque parfaite, au profit de l\u2019élève, le matériel considérable que leur offrent les cinq cents lits des deux grands hôpitaux catholiques de Montréal.Et le jeune médecin, qui revient après dix ou douze ans d\u2019absence, reste agréablemnt surpris en face des progrès réalisés dans l\u2019organisation de l\u2019enseignement clinique durant la dernière décade. 962 SAINT-PIERRE Pourtant, ce ne doit pas être chose bien facile que d\u2019enrégimenter une armée de professeurs, d\u2019agrégés et d\u2019assistants qui, régulièrement, chaque matin consacrent 2 ou 3 heures à l\u2019enseignement, sans autre récompense, bien souvent, que la satisfaction que donne aux âmes bien nées le sentiment du devoir accompli.Et Laval a fait ce prodige! Quand une œuvre, encore pour ainsi dire à son berceau, peut ainsi compter sur l\u2019inlassable dévouement et la collaboration généreuse de tous ses professeurs et agrégés, elle peut regarder l\u2019avenir avec confiance ; ses ennemis du dehors et du dedans, s\u2019il v en a, peuvent en prendre leur parti.L\u2019ère d\u2019activité, de progrès, s\u2019accentue à l\u2019Université ; l\u2019enseignement médical modernisé dans ces dernières années est vraiment à la hauteur; les cliniques et les laboratoires ont pris la place prépondérante qui leur appartient, les élèves ont le bonheur de faire des travaux pratiques en médecine et en chirurgie et voilà qu\u2019après avoir si bien organisé l\u2019enseignement hospitalier, on tourne maintenant les yeux vers l\u2019Université même où une nouvelle chaire d\u2019anatomie topographique vient d\u2019être fondée, fort à propos.L\u2019étudiant de Laval recevait jusqu\u2019ici un certain nombre de cours théoriques d\u2019anatomie descriptive, avec démonstrations à l\u2019amphithéâtre par un anatomiste émérite M.le Professenr Mi- gneault; puis il disséquait lui-même un cadavre entier, sous la direction du professeur d\u2019antomie pratique, M.le Professeur Delorme et ses aides.C\u2019était déjà beaucoup, mais la prolongation des études médicales à cinq ans a permis de compléter d\u2019une façon pratique, l\u2019enseignement de cette science si absolument indispensable au médecin de nos jours.On vient de fonder une chaire d\u2019anatomie topographique, cours théoriques et pratiques dont les élèves, nous n\u2019en doutons pas, retireront grand profit.Tout d\u2019abord, il est bien admis que, si l\u2019on veut garder une bonne \u201c idée d\u2019ensemble \u201d de sa dissection, les études d\u2019anatomie topographique sont indispensables ; et puis, tous s\u2019accorderont avec nous pour dire que l\u2019Université a eu la main particulièrement heureuse en choisissant M.le Professeur Zéphir Rhéaume comme titulaire de cette nouvelle chaire.Nous croyons que c\u2019est une excellente nomination.Quoique jeune encore, le Professeur Rhéanme est très avantageusement connu à Montréal, dans la province et même à l\u2019étranger. DEUX NOUVELLES CHAIRES A LAVAL 263 Naturellement bien doué, le Professeur Rhéaume a su, par un travail persévérant, se créer une belle place parmi les têtes de la profession.Diplômé, avec distinction, à Laval en 1900, il embrassa tout de suite, la carriére chirurgicale et pendant quelques années, fut l\u2019assistant du regretté Professeur Brennan.Puis le jeune chirurgien s\u2019embarqua pour Paris.Là, sous l\u2019œil vigilant des grands chirurgiens français, ses maîtres, il put, durant deux ans, donner libre cours à son ardeur scientifique et perfectionner ses méthodes.L'étude, en vérité, a bien des charmes, mais pour un cœur généreux, rien n\u2019égale le bonheur de partager avec ses amis, ses confrères, le meilleur de son savoir et de son expérience, Aussi voyons-nous le Professeur Rhéaume publier dans les journaux de médecine dès 1901 et 1902, des articles sérieux pratiques et d\u2019une belle venue.Déjà, le jeune chirurgien laisse entrevoir de belles qualités : amour de sa profession, clarté dans ses idées, précision, ordre et méthode en tout.Je viens de relire avec plaisir et profit deux de ses premiers articles; l\u2019un, daté de Paris 1902, intitulé: \u201c Séparation de l\u2019urine des deux reins,\u201d et l\u2019autre, présenté au Congrès des Médecins de Langue francaise de l\u2019Amérique du Nord en 1905: \u201c Contusion médullaire sans lésion osseuse.\u201d A Paris, on parlait alors beaucoup de Luys et de son séparateur endo-vésical ; et le Docteur Rhéaume qui suivait avec intérêt les démonstrations de l\u2019inventeur, voulut tout de suite et même avant son retour au pays, dire à ses compatriotes quels immenses avantages on pouvait retirer de la séparation des urines et leur apprendre aussi, en termes clairs et précis, la technique à suivre.Rentré au Canada en 1904, le jeune Docteur jette d\u2019abord les.yeux sur Valleyfield où il passe trois ans, à ne faire que de la chirurgie et du zèle pour toutes les bonnes causes.i Puis en 1907, il s\u2019établit définitivement dans la métropole et entre à l'Hôtel-Dieu de Montréal où il a conquis ses épaulettes et s\u2019est fait une grande: réputation comme chirurgien habile et consciencieux.Toujours d\u2019une correction professionnelle parfaite, il possède la confiance d'un très grand nombre de confrères qui le consultent et lui confient leurs malades, en toute sécurité.Tous ceux qui l\u2019ont vu opérer admirent sa dextérité et recor- naissent en lui, le digne élève du pionnier de l\u2019ère antiseptique à 264 SAINT-PIERRE l\u2019Hôtel-Dieu, le Professeur Marien, dont le Docteur Rhéaume fut l\u2019assistant pendant cinq ans.Naturellement affable, le nouveau titulaire a beaucoup de bons amis très sincères.Je ne lui connais pas d\u2019ennemis.J\u2019avoue que ce n\u2019est pas toujours une bonne marque, car, habituellement la valeur suscite l\u2019envie ; mais ici par exception, cette chose extraordinaire, \u201c n\u2019avoir pas d\u2019ennemis \u201d vient de \u201c l\u2019excellent carac- tere\u201d et de la \u2018\u201c droiture \u201d reconnue du jeune chirurgien.Ces belles qualités qui ne se sont jamais démenties, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, ont désarmé toutes les jalousies et cimenté les meilleures et les plus durables amitiés.Depuis 1907, le Docteur Rhéaume a partagé son temps entre l\u2019enseignement clinique chirurgical et sa clientèle.11 a trouvé moyen, malgré ses occupations, de faire trois années de professorat, à Laval, et était depuis 1911, professeur agrégé, assistant à la clinique chirurgicale et chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Il est encore chirurgien et membre fondateur de l\u2019Ilôpital Ste-Justine où il trouve le temps d\u2019aller deux fois par semaine, faire la consultation chirurgicale et donner gratuitement à ces pauvres petits malheureux, les secours de sa science et de son expérience.Sa renommée de bel opérateur, sûr, habile et rapide, désignait le jeune professeur au choix de la Faculté pour l\u2019organisation d\u2019un autre cours qui se greffe bien sur le premier et en est pour ainsi dire le complément.En même temps qu\u2019il devient Professeur d\u2019anatomie topographique le Professeur Rhéaume devient - professeur de chirurgie opératoire qu\u2019il connaît à fond et pratique régulièrement et toujours scrupuleusement suivant les meilleurs principes, la plus simple et par conséquent la meilleure technique.Et quand on considère, la longue liste des travaux publiés par le Professeur Rhéaume, son irréprochable ponctualité en tout ; quand on se rend compte que son ardeur scientifique ne s\u2019est pas ralentie depuis quatorze ans, on ne peut faire autrement que de reconnaître que la Faculté vient de faire une excellente nomination et qu\u2019elle a été bien inspirée en confiant à cet infatigable travailleur la chaire d\u2019\u2018\u201c anatomie topographique \u201d et à cet habile opérateur, la chaire de \u201c chirurgie opératoire.\u201d Que M.le Professeur Rhéaume veuille bien accepter nos vœux de plein succès dans ses nouveaux devoirs, en même temps que nos sincères félicitations.Alexandre SAINT-PIERRE, Charurgien de l\u2019ITôtel-Dieu. SILHOUETTES LE DOCTEUR EUGENE LATREILLE LE DOCTEUR RAOUL MASSON Comme le dit si bien notre ami le Dr St-Pierre, le Conseil de la Faculté de Médecine s\u2019occupe de remplir dignement les cadres de son \u2018enseignement.S\u2019il s\u2019attarde quelquefois dans des méditations prolongées, 1l ne faut pas l\u2019accuser d\u2019incurie ou d\u2019inactivité.La critique est si facile, l\u2019art si difficile.Des difficultés surgissent à chaque instant qu\u2019on ne tranche pas définitivement d\u2019un trait de plume, car la médecine est essentiellement d\u2019évolution.Il faut deux choses pour assurer au progrès sa marche ascendante: le temps et l\u2019argent., Le temps : nous nous en sommes toujours bien accommodés.11 est bon compagnon, pas exigeant, il ne demande qu\u2019à marcher, 1l lui faut \u201c peu de chose pour subsister \u201d ! C\u2019est le voyageur traditionnel que nous avons rencontré sur notre route, un jour, par hasard, en explorant le bien paternel.Nous avons appris de lui qu\u2019il avait beaucoup voyagé avec nos prédécesseurs, dont plusieurs furent nos amis, quelques-uns nos maîtres et qu\u2019il a conduits jusqu\u2019au tombeau.Il nous a parlé d\u2019eux, de leurs coutumes, de leur savoir.faire, de leur philosophie douce et sceptique, bref, nous nous sommes attardés à écouter ses sophismes, à l\u2019entendre vanter par-dessus tout le traditionalisme comme une des plus belles qualités des races à longue survivance, comme la nôtre, si bien que nous avons confondu deux choses bien différentes: traditionalisme et force d\u2019inertie, optant pour l\u2019une au détriment de l\u2019autre.\u201c Erreur n\u2019est pas compte,\u201d dit le proverbe.Attendons la fin.L'argent : Nous en manquons.Le numéraire se fait rare à la Bourse du travail intellectuel.On dit que les banques en regorgent, que nos Canadiens-français sont riches, millionnaires même.Nous ne le croyons pas, car leur patriotisme éclairé ne laisserait pas croupir dans la misère la seule institution française qui 266 LESAGE puisse assurer la survivance d\u2019une race à laquelle ils se disent fiers d\u2019appartenir tant qu\u2019ils en vivent et qu\u2019on leur demande rien pour elle.Cependant, il serait utile de leur faire savoir qu\u2019ils pourraient, en fondant des bourses, fortifier l\u2019avenir de ce haut enseignement, car c\u2019est la seule facon possible, pour nous, d'assurer le reerute- ment des professeurs de carrière entraînés tout particulièrement à cette fin.Nos élèves ont beaucoup de talent ;, un certain nombre parmi eux feraient d\u2019admirables professeurs s\u2019ils pouvaient aller se documenter en Europe ; malheureusement ils ne peuvent pas attendre plus longtemps.Les parents sont épuisés de tant d\u2019efforts ; il leur faut gagner son pain quotidien.Ils sont perdus pour nous.Que de talent inutilisé ainsi !.Il faut bien l\u2019avouer, notre patriotisme est tout de surface.Des discours, des mots, du vent.Voici notre œuvre véritablement nationale.Nos millionnaires ne veulent pas la connaître et s\u2019y intéresser.Malgré cela, la Faculté de Médecine avec ses seules ressources fait ce qu\u2019elle peut.Elle s\u2019efforce de tirer le meilleur parti possible des fonds dont elle dispose et utilise toutes les bonnes volontés et les meilleurs talents.C\u2019est ainsi qu\u2019elle vient de faire quelques nominations que nous accueillons avec empressement.Le Docteur Latreille, jusqu'ici, \u201c chargé \u201d du cours d\u2019Anatomie pathologique, est nommé \u201c titulaire \u201d de la même chaire.Depuis quelques années, M.Latreille s\u2019était consacré presque exclusivement aux travaux d\u2019anatomie pathologique.\u2014 Elève de Brault et Letulle, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris (1908), avec une thèse remarquable sur \u201c les modifications de la surrénale,\u201d au cours des maladies toxi-infectieuses chroniques dans leurs rapports avec les lésions du foie, des reins, du corps thyroïde et de l\u2019hvpophyse; membre actif de la Société Médicale de Montréal, où il a déjà fait des communications nombreuses et très remarquées au point de vue scientifique et didactique; organisateur du musée d\u2019anatomie pathologique à la Faculté de Médecine Laval, où nous comptons déjà un nombre important de spécimens qui feraient bonne figure dans les musées SILHOUETTES 267 d\u2019Europe ; médecin et pathologiste de l\u2019Hôtel-Dieu où il pratique les autopsies et sélectionne les pièces nécessaires à son cours théorique et pratique d\u2019anatomie-pathologique ; membre de la direec- tion scientifique de l\u2019Union Médicale où sa collaboration active assure à ses travaux une tribune toujours accessible aux travailleurs; médecin praticien très averti et soucieux de l\u2019étiquette professionnelle; professeur dont la parole claire et d\u2019abondance résume en des leçons pratiques les instantanés de la nécropsie dans ses rapports avec la clinique; précis et ponctuel : voilà les titres de notre ami Latreille comme titulaire de la chaire qu\u2019il occupe, de fait, depuis quelques années.Cette simple énumération de titres et de travaux est son meilleur éloge.Il est à ses débuts, nous pouvons donc compter sur une carrière fructueuse pour l\u2019Université, l\u2019Hôpital et notre médecine canadienne.Le docteur Raoul Masson a été chargé du cours de Pédiatrie en remplacement du professeur Sévérin Lachapelle, décédé si soudainement l\u2019été dernier.Depuis plusieurs années, dès son retour d\u2019Europe, où il a suivi les cliniques de Variot, de Comby et les autres, le Dr Masson s\u2019est spécialisé exclusivement dans la pédiatrie.Secrétaire de la \u201c Commission mixte du bon lait,\u201d nommée par les Sociétés médicales française et anglaise de Montréal en 1908, pour étudier la question sans cesse reprise et Jamais résolue de la distribution du lait dans la ville de Montréal, il a réuni dans un rapport très complet tous les renseignements indispensables à connaître sur cette question.On y a puisé largement lorsqu\u2019il s\u2019est agi d\u2019organiser la lutte contre la mortalité infantile en instituant des \u201c Gouttes de lait \u201d où on donne, en même temps, du lait pur et de bons conseils aux mères de famille.\u2014 Assistant du professeur Sévérin Lachapelle à la Crèche de la Miséricorde, il étudie et se documente, car ce champ d\u2019observation est si vaste.Il propose quelques changements dans le but de diminuer la mortalité des nourrissons, qui est élevée à cause des difficultés de l\u2019allaitement maternel.11 a l\u2019oreille du professeur, on suit ses conseils, on obtient un meilleur résultat.\u2014 Médecin de l\u2019Hôpital Ste-Justine, il consacre son temps ct son énergie au développement de cette belle institution dont la 268 LESAGE renommée s\u2019étend rapidement.Bientôt le local est trop exigu, on érige une nouvelle bâtisse ; il assiste à la pose de chacune des pierres avec ses collègues.\u2014 Désormais l\u2019abri est sûr, les salles sont plus spacieuses, l\u2019avenir est assuré.\u2014 ll y a deux ans à peine, il prenait une part très active dans l\u2019organisation du \u201c Congrès des Gouttes de lait \u201d dont le retentissement a été grand dans le public et parmi les médecins.Enfin, la Faculté l\u2019a désigné pour occuper la chaire de pédiatrie, devenue vacante par la mort du professeur Sévérin Lachapelle.L'élève préféré succède à son maître, dont il a fait un bel éloge dans sa leçon d\u2019ouverture, le 1er avril 1914: \u201c apôtre et soldat de la cause infantile \u2014 dit-il \u2014 il a consacré une partie de son existence à prêcher par la parole et l\u2019exemple le sauvetage de Penfance.\u201d i Reprenant la théorie du maitre en s\u2019adressant aux élèves: \u201c Il est de notre devoir \u2014 leur dit-il \u2014 de travailler à enrayer notre mortalité infantile, qui est formidable et dont la principale cause est l\u2019ignorance des mères.Dans les hôpitaux, dans les dispensaires, vous approcherez les enfants, vous apprendrez à les manipuler, à les examiner et à les traiter.Puis, plus tard, vous irez instruire ces mères afin de leur conserver levrs enfants.Le but que vous devez poursuivre n\u2019est pas seulement un but matériel, mais surtout un but moral visant à l\u2019effort d\u2019une contribution effective au développement et à l\u2019épanouissement de notre pays en général et de notre race en particulier.\u201d Ces paroles sont un programme magnifique.Nous souhaitons au Dr Masson qu\u2019il puisse l\u2019exécuter tel qu\u2019il l'a conçu.Au seuil de toute carrière scientifique, on souhaite toujours voir se développer de plus en plus, ici, l\u2019esprit critique de bonne allure, sobre, bienveillant, salutaire pour les autres et pour soi- même.La médecine est si vaste, la somme des connaissances acquis2s après une vie de recherches et de labeur se résume en des chapitres si courts, malgré leur apparente amplitude ; si nombreux encore sont les secrets impénétrables d\u2019une science qui fuit comme l\u2019ombre insaisissable des fantômes durant les heures d\u2019insomnie, qu\u2019il est nécessaire de compter sur les soins vigilants d\u2019une sentinelle avancée qui dissipe le rêve, c\u2019est-à-dire la critique sincère SILHOUETTES 269 animée du véritable souffle scientifique.C\u2019est elle qui prolonge l'effort pour achever une tâche que l\u2019on croyait terminée ; c\u2019est elle qui nous fait entrevoir les imperfections de nos méthodes et l\u2019insuffisance de nos moyens ; c\u2019est elle qui nous met en garde contre l\u2019égoïsme ou l\u2019ostentation, ces deux sirènes qui nous charment, qui nous stérilisent, puis qui nous tuent ; c\u2019est elle, enfin, qui affine l\u2019esprit et le pousse insensiblement vers ces frontières indéterminées de la médecine où l\u2019horizon s\u2019élargit et l\u2019avenir s\u2019éclaire.Que chaque nouveau professeur se trace une ligne de conduite sur ce point important, et ne manque jamais l\u2019occasion de participer à ces réunions plénières \u2014 nos sociétés médicales \u2014 où nous faisons publiquement nos examens de conscience et l\u2019aveu de nos fautes scientifiques.\u2018\u201c Errare, humanum est.\u201d Nos amis Latreille, Masson et Rhéaume ont été parmi les plus fervents adeptes de ces cercles.Nous leur demandons, de concert avec leurs collègues et amis, de fortifier, dans leur entourage, ces bonnes habitudes du travail en commun et, des gradins de leurs tribunes, de continuer de prêter une oreille attentive aux bruits de la rue qui conduit là-haut, où ils habiteront désormais.Sully Prudhomme a dit quelque part, que \u201c L'ouvrier de science est un tailleur de pierre, \u201c Qu'il prenne son marteau, son fil et ses équerres, \u201c Et ne suspende pas ses rêves au clocher se sy , sa > Alors qu\u2019il n\u2019en est encore qu\u2019à fendre le rocher.Albert LESAGE.CORRESPONDANCE (!) LE SERUM DE FRIEDMAN EN ALLEMAGNE Au commencement du mois dernier, quelques journaux américains publiés en même temps.à New-York et en Allemagne, lancèrent une nouvelle sensationnelle.On avançait ni plus ni moins qu\u2019à la réunion anuelle de l\u2019Association Allemande des Médecins de Sanatoria, tenue le 28 février, 120 d\u2019entre eux avaient très minutieusement étudié les ré- (1) Nous recevons du Prof.Knopf, de N.-Y., une mise au point importante» que nous nous empressons de publier, dans l\u2019intérêt général.\u2014N,D.L.R. 270 KNOPF sultats du traitement Friedman.On y disait que 40,000 cas avaient été traités avec le sérum Friedmann, et que le succès était phénoménal.On ajoutait que le Dr Friedrick Franz Friedmann avait été l\u2019invité d\u2019honneur au banquet donné par les médecins de Sanatorium, et que le Conseiller privé, le Prof.Dr Pannwitz, au nom de ses collègues présents, avait chaleureusement félicité M.Friedmann.Enfin la nouvelle apprenait que le Dr Friedmann avait modestement confessé au représentant d\u2019un journal des Etats-Unis, que le Porf.Ekhrlic avait exprimé l\u2019avis que le sérum de Friedmann est absolument sans danger.Une communication de l\u2019Association des Médecins de Sanatorium, de l\u2019Allemagne, de l\u2019Autriche et de la Suisse, signée des docteurs O.Pischinger, président, J.Ritter, vice-président, Achel- lenberg, secrétaire, me prie de vouloir mettre les choses au point, en renseignant les médecins des Etats-Unis et du Canada, sur l\u2019in- ident provoqué par leur visite à l\u2019Institut Friedmann, à Berlin.On désire que les explications reçoivent la plus grande publicité possible, surtout au milieu des médecins.D\u2019abord les officiers de l'Association expriment leur étonnement de voir que leur visite à l\u2019Institut Friedmann ait pu servir d\u2019oc- sasion de réclame pour l\u2019homme et son sérum.A cause des rapports de guérisons publiés continuellement dans quelques revues médicales et dans les journaux politiques allemands, les patients des Sanatoria demandent souvent à recevoir ce traitement.Il était donc tout naturel que les médeçins de Sanatorium de passage à Berlin allassent constater de visu ce qui se passe à l\u2019Institut Friedmann.Ainsi, ils demandèrent à Fried- mann de leur laisser voir ses patients, et de leur donner des indications sur sa méthode.Environ 60 des 125 membres de l\u2019Association visitèrent l\u2019Institut les 26 et 27 février 1914.Ils expliquèrent d\u2019une façon bien explicite que leur visite ne devait pas être considérée comme un pèlerinage de reconnaissance à Fried- mann, pour son médicament ; mais bien comme une recherche afin de s'assurer si les succès réclamés étaient bien réels.Plusieurs ayant déjà essayé la méthode avaient été désappointés, tandis que d'autres étaient préjugés: telle fut la raison de la visite.Il est absolument faux que l\u2019on ait offert un banquet à Fried- mann.La visite terminée, il y eut une conférence privée; mais le Dr Friedmann n\u2019y assistait pas.Les membres ont décidé de SERUN DE FRIEDMAN 271 garder la question au programme pour la réunion de l\u2019automne prochain, devant, dans l\u2019intervalle, rassembler le plus grand nombre de renseignements possibles.Afin que l\u2019on ne soupçonne aucun préjugé ou mauvaise interprétation de ma part, je cite en allemand même, les affirmations essentielles faites à la suite de cette visite des membres de l\u2019Association à l\u2019Institut Friedmann.\u201cWir waren uns dariiber einig, dass die uns von Friedmann gezeigten Ifalle klinisch recht schlecht biobachtet waren und im Allgemeimen keineswegs als \u201c Erfolge \u201d angesehen werden konn- ten.Wir haben uns gewundert, dass uns keine ordnunghmassig gefuhrte Kurve ge zeigt wurde.Die Roentgenplatten, die man uns zum Beweis zeigte, bewiessen tat sachlich garnichts.Wir geé ben zu, dass einzelne Falle allerdings einen gewisen Eindruck auf uns gemacht haben wobei wir uns aber auch daruber klar waren, dass solche Falle auch ohne jede Behandlung und bei jeder Ba- handlung vorkommen konnen, und dass die Zahl dieser Falle ver- haltnissmassig viel zu klein war, um ein gunstiges Urteil uber dass Mittel abgeben zu konnen.\u201d \u201c Nous sommes unanimement d\u2019avis que les patients que Fried- mann nous a montrés, ont été, en clinique, très mal observés, et n.peuvent en aucun cas, être considérés comme démonstration de succès ou de guérison.Nous sommes étonnés qu\u2019aucun record soigné des courbes de température et de poids n\u2019ait été produit.Les radiographies exhibées comme preuves de guérisons ne sont à notre avis aucunement probantes.Nous reconnaissons que certains cas nous ont favorablement impressionnés, seulement, nous savons que des résultats pareils se produisent dans des cas semblables sans traitement ou avec n\u2019importe quel traitement ; d\u2019ailleurs le nombre est si restreint qu\u2019il ne nous permet pas de porter un jugement favorable sur lo valeur de ce traitement.\u201d Le Prof.Dr Pannwitz m\u2019a de plus écrit pour corroborer les explications officielles des Drs Pischinger, Ritter et Schellenberg.[] est particulièrement blessé que l\u2019on ait fait usage de son nom à propos d\u2019un banquet qui n\u2019a jamais existé que dans l\u2019imagination d'un reporter.Le Prof.L.Drauer, directeur de l\u2019Eppendorfer Kdankenhaus de Hambourg, qui eut connaissance de la version déjà mentionnée de la visite des médecins de Sanatorium, à l\u2019Institut Friedmann, 272 KNOPF m\u2019envoie également une lettre de protestation, disant qu\u2019il a employé le sérum Friedmann a I\u2019Eppendorfer Krankenhaus, et que les résultats ont été défavorables.Cela lui a méme fourni le sujet d\u2019une communication faite récemment au Congrés de Balnéologie.Il produira sous peu une étude plus détaillée sur le même sujet dans laquelle on lira ce qui suit : \u201c Les cas de tuberculose pulmonaire traités aux hôpitaux Ep- pendorfer et Salemburg, d\u2019après la méthode de Friedmann, n\u2019ont pas eu d'amélioration, tandis que il n\u2019y a pas l\u2019ombre d\u2019un doute que quelques-uns ont empiré.Cinq cas de tuberculose osseuse et articulaire, chez des enfants traités par le Dr Trepler à l\u2019Institution Salemburg, n\u2019ont tiré aucun bénéfice du traitement ; dans un seul cas, si le mouvement de l\u2019articulation est devenu plus facile, la condition générale du petit malade s\u2019est empirée.Le Prof.Bauer félicite les médecins de l\u2019Amérique de leurs recherches sur le sérum de Friedmann, et il estime que dans l\u2019intérêt de la profession médicale d\u2019Allemagne, dans l\u2019intérêt surtout des patients naturellement enclins à accepter comme vraies des recommandations fictives, il est bon qu\u2019une mise au point soit faite, au sein de la profession médicale des Etats-Unis et du Canada, au sujet de la position actuellement occupée en Allemagne par le traitement de Friedmann.Je suis persuadé, Monsieur le Rédacteur, que nos collègues d\u2019Allemagne, spécialement les médecins des Sanatoria allemands les Prof.Pannwitz et Bauer, vous seront très reconnaissants de bien vouloir publier cette lettre.Cordialement à vous, Prof.S.A.KNOPF.New-York City, 18 avril 1914.DONNEZ LA NUCLEINE DANS LA TUBERCULOSE J\u2019ai employé la solution de nucléine par la bouche et en injection hypodermique chez des tuverculeux avec de bons résultats.Calcidine, associée au biiodure de mercure accélère la résorption dans la pneumonie.\u2014 Dr STIRLEN, de Delta, Towa. FORMULAIRE MALADIES DU FOIE Colique hépatique : 1° Morphine, 14 grain en injection hypodermique, Renouveler si besoin.2° Cataplasme chaud \u2014 ou bien pansement humide sur toute la région hépatique droite.3° Huile d'olive, 150 à 200 grammes par jour.4° Chlorhydrate de morphine og.05 centig.Sirop de fleurs d'oranger, 45 grammes.Fau distillée, q.s.n.150 c.c.Apres la crise © Stimuler les fonctions hépatiques.1° Salicylate de soude, ogr.40 centigr.Benzoate de soude, ogr.20 centigr.Pour un cachet ou poudre: 3 à 4 par jour dans un demi verre d\u2019eau tiède ou d\u2019eau de Vichy, % heure avant les repas.On peut faire précéder cette médication de 2° Calomel, ogr.10 centigr.Une poudre toutes les heures durant 5 ou 6 heures dans un peu d\u2019eau suivie de lait.ou bien : 3° Calomel, ogr.02 centigr.Pour une pilule.Une tous les jours durant 20 jours, le matin à jeun.4° Huile de Haarlem.I à 2 capsules de 10 gouttes par 24 hres pendant quelques jours seulement.5° Huile d'olive.Une à deux cuillerées à soupe le matin à jeun.6° Le boldo, sous forme de Boldine Houdé.7° L'Utropine, ogr.50 centigr.3 par jour.8° Les sels de Vichy.Une cuillerée à dessert dans un verre d'eau, 3 fois par jour.9° Des purgatifs 2 fois par mois. SUPPLEMENTS LES COURS DE PHTISIOTHERAPIE.Les cours de phtisiothérapie pour les médecins gradués, s\u2019ouvriront le 2 juin, à l\u2019Institut Bruchésie, sous le patronage du Prof.S.A.Knopf, de New-York.La profession médicale se rendra rapidement compte de la haute utilité de ces cours, pour l\u2019avantage des médecins d\u2019abord, qui peuvent ainsi se perfectionner dans cette branche si importante et si difficile, et pour l\u2019intérêt de la lutte antituberculeuse, aul réclame, pour être efficace, des médecins éclairés.L'existence de ce cours aux Post-gradués, devient chaque jour d'une évidente nécessité.Aussi dans la plupart des pay où la lutte contre la tuberculose est méthodiquement et scientifiquement organisée, la création de ces cours n\u2019a pas tardé à être réalisée.Il est indéniable que tout praticien a besoin de parfaire ses études sur la tuberculose, s\u2019il veut se tenir à la hauteur de son devoir, et continuer à mériter la confiance du publie.Car de plus en plus, l\u2019opinion publique éclairée, sur l\u2019importance du diagnostic précoce de la tuberculose, ne donnera plus sa confiance qu\u2019au médecin qui apportera des garanties de connaissance.Voilà pourquoi dans l\u2019intérêt du public et pour l\u2019émulation des médecins, les noms de ceux qui auront suivi les cours des Post- gradués, seront publiés.L\u2019enseignement qui sera donné pendant une série de quinze Jours, comprendra des conférences sur les points de vue généraux de la tuberculose, et des leçons sur l\u2019auscultation, le diagnostic et le traitement.Il y aura de plus des leçons sur les recherches de laboratoire.Les professeurs seront les chefs de service du Dispensaire antituberculeux, des professeurs étrangers, et des membres du Bureau médical de l\u2019Institut Bruchési.L\u2019enseignement étant individuel, le nombre des inscrits est limité x six pour chaque série de quinze jours.Le coût de l\u2019inscription est de $15.00.Nous espérons que les médecins comprendront toute l\u2019importance de cette œuvre nouvelle, créée pour eux, et ils sauront profiter de l\u2019offre que leur fait l\u2019Institut Bruchési. 275 SUPPLÉMENT Souscription pour l\u2019érection d\u2019un monument à Just Lucas-Cham- pionnière.\u2014 Le mouvement spontané de regrets et d\u2019admiration soulevé par la mort de Just Lucas-Championnière s\u2019est traduit par la formation d\u2019un Comité, où se rencontrent en grand nombre ses maîtres, ses collègues, ses élèves et ses amis.Son but est d\u2019élever un monument digne de sa mémoire.Ce comité a décidé l\u2019ouverture d\u2019une souscription ; tous ceux qui ont connu le maître disparu et qui par conséquent l\u2019ont aimé sont invités à y participer.Aucun minimum n\u2019a été fixé pour les cotisations.Le bureau du comité est ainsi composé : président, M.le professeur Guyon, membre de l\u2019Institut; vice-président, M.le professeur Laveran, membre de l\u2019Institut; secrétaire général, M.le docteur Michon, chirurgien des hôpitaux; secrétaires, MM.les docteurs Dagron et Le Mare-Hadour ; secrétaire-trésorier, M.Georges Steinheil.Les cotisations sont recues chez M.Georges Steinheil, éditeur, 2, rue Casimir-Delavigne.UN PRODUIT D\u2019AVENIR CONTRE LES TROUBLES GASTRO- INTESTINAUX Il y a un raport étroit entre la fermentation gastro-intestinale due à la présence de microbes délétères et les troubles de la santé générale.Les antiseptiques n\u2019ont pas d\u2019action immédiate contre les microbes ou les toxines.Le bacille Bulgaricus exerce une action puissante contre ces états toxi-infectieux.On le donne sous forme de pastillese.Il agit en provoquant la formation d\u2019acide lactique qui s\u2019oppose à ces fermentations secondaires.On les precrit dans la diarrhée infantile, les vomissements, les fermentations gastro-intestinales, le diabète.Ces tablettes sont fabriquées par la Maison Parke-Davis & Co., et délivrées en tubes de 25 pastilles.Dose: 1 à 3 pastilles durant 2 à 3 jours. Io = CC UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019INVALIDE PAR TUBERCULOSE L\u2019air pur, le repos, le soleil et une bonne alimentation forment la base du traitement de la tuberculose.En combinant ces trois facteurs importants, avec intellignece et assiduité, les tuberculeux peuvent s\u2019engager sur la voie de la guérison.Mais il ne faut pas négliger de secourir les globules sanguines, noyau de la vitalité.Parmi les vivificateurs du sang, le Pepto- Mangan (Gude) est le plus habituellement accepté, parce qu\u2019il a donné les meilleurs résultats.Il n\u2019est pas irritant, est d\u2019un goût agréable, ne fatigue pas la digestion, tonifie l\u2019organisme et vient à la rescousse des mesures hygiéniques prônées \u201cplus haut comme les meilleures.L\u2019EMETINE GUERIT LA DYSSENTERIE Le Dr Clark, de Untington, Leach, Cal., rapporte le fait suivant: \u201c Appelé auprès d\u2019un individu souffrant de dvssenterie chronique, avec des symptômes classiques, et avant plus de 15 a 20 selles par jour, je lui donnai 44 grain de chlorhydrate d\u2019émétine en injection hypodermique, et une dose double durant les jours suivants.II ne passa plus de sang et tous les signes abdominaux disparurent au bout d\u2019une semaine.Il se porte bien depuis; ses forces renaissent et son poids augmente.LA NEURASTHENIE DES INVALIDES Comme le pauvre, la neurasthénie nous accompagne sans cesse, et pendant que l\u2019intensité de la vie moderne poursuit son cours, le médecin est appelé à traiter des maladies chroniques qui exhibent toutes sortes de symptômes les plus variés.Contre cet état, rien ue vaut le Pepto-Mangan (Gude).Pour les nerveux, les hystériques, le Pepto-Mangan est facile à faire accepter à cause de son goût agréable.Il ne fatigue pas l\u2019estomac et il donne les meilleurs résultats dans les cas d\u2019anémie par hvpoglobulisation ou autrement."]
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