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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1915-05, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS manu 9-0 Ba =~ SS PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en chef Vol.XLIV ler MAI 1915 No 5 Chaire de chirurgie opératoire et d\u2019anatomie topographique de l\u2019Université «aval à Montréal Leçon d\u2019ouverture de M.le professeur Z.Rhéaume.(1) Messieurs, Chez tous les peuples qui possèdent une formation intellectuelle et scientifique, les universitaires, vraiement dignes de ce nom, cultivent un idéal, but ultime d eleur carrière, couronnement de leurs efforts: le professorat.En effet il n\u2019est pas de plus grande jouissance pour un professeur que de façonner des cerveaux d\u2019élite, car en le faisant il se donne l\u2019illusion d\u2019une paternité intellectuelle.Après quinze années d\u2019un travail persévérant, années qui ont passé avec une rapidité telle qu\u2019il me semble, qu\u2019hier encore, j\u2019occupais une place sur ces bancs, le Conseil de notre Faculté de médecine vient de me nommer titulaire de la nouvelle chaire d\u2019Anatomie topographique et de Chirurgie opératoire.Cet honneur me flatte d\u2019autant plus sensiblement, que c\u2019était l\u2019ambition de ma vie de posséder une chaire d\u2019enseignement en rapport avec l\u2019art chirurgical, que j\u2019exerce et affectionne religieusement depuis les premiers jours de ma vie professionnelle.Vous comprendrez donc mon émotion, Messieurs, en prenant pour la première fois la parole à cette tribune, car c\u2019est un des actes les plus (1) Prononcée à l\u2019ouverture solennelle du cours, le jeudi 15 avril, devant un grand nombre de professeurs, d\u2019amis et d\u2019élèves présents à \"inauguration.Ce discours a une belle tenue.Lies idées sont justes, élevées souvent, et fécondes toujours.Cette chaire marque une date dans la pratique chirurgicale à l\u2019Université Laval, et nous avons foi dans l\u2019enseignement du nouveau titulaire dont la science et la probité sont connues et appréciées de tous ceux qui l\u2019ont approché.N.D.L.R. 142 RHÉAUME émouvants que puisse compter la vie d\u2019un chirurgien.C\u2019est à la fois recevoir la plus noble récompense pour ce que l\u2019on a essayé de faire dans le passé, c\u2019est contracter vis-à-vis des Professeurs qui dirigent cette Faculté une dette de très grande reconnaissance, c\u2019est prendre pour l\u2019avenir des engagements de travail et de dévouement au bien commun qui doivent demeurer une règle de vie et de conscience.Parmi les devoirs qui incombent au récipiendaire, dans son discours d\u2019ouverture, il en existe quelques fois de bien tristes; mais la bonne fortune a voulu me les épargner.En effet je n\u2019ai pas à faire le panégyrique d\u2019un prédécesseur, puisque j'ai l\u2019honneur d\u2019être le premier titulaire de cette chairé d\u2019Anatomie topographique et de Chirurgie opératoire.LL Depuis quelques années, plusieurs professeurs distingués de cette Faculté, donnaient bien quelques leçons de chirurgie opératoire, mais le cours ne pouvait pas avoir l\u2019importance que le conseil de la Faculté veut lui donner maintenant que le terme des études médicales a été porté à cinq années.| L\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019Anatomie topographique et de la Chirurgie opératoire ets donc bien rudimentaire dans notre école cômme dans bien d\u2019autres.Si vous me le permettez je ferai appel, pour suppléer à cette lacune, à l\u2019histoire médicale d\u2019un pays beaucoup plus vieux, d\u2019un pays qui, depuis des siècles, a porté le fglambeau de la civilisation et de la science à travers l\u2019univers: LA FRANCE ; de cette France créatrice de toute chose sans l\u2019espoir mesquin d\u2019une rémunération en espèces sonnantes (l\u2019art pour l\u2019art et le bien être qu\u2019il peut procurer à l\u2019humanité) ; de cette France qui a meublé les cerveaux de tous vos professeurs, et qui vous donne le pain quotidien de sa littérature médicale, de cette France qui a toujours été grande et belle dans les progrès de notre science.L\u2019histoire de l\u2019enseignement de la chirurgie opératoire, en France, remonte à la Révolution, qui, en supprimant toutes les corporations, supprima en même temps celles des médecins et des chirurgiens.Le recrutement de ces derniers fut momentanément suspendu, jusqu\u2019à ce qu\u2019un besoin urgent de médecins se fit sentir.C\u2019est alors que la Convention, pour fournir des médecins aux armées, s\u2019occupa de la fondation d\u2019une école de santé, et à la suite d\u2019un rapport de Fourcroy sa création fut décidée.Ce rapport disait entre autre chose: \u201cIl ne suffit pas de donner CHIRURGIE OPÉRATOIRE 143 des leçons et de faire des cours publics; le défaut des anciennes méthodes était de se borner, en quelque sorte, à des paroles pour les élèves: la leçon finie, l\u2019objet n\u2019en était plus retracé sous les yeux; il s\u2019évanouissait promptement de leur mémoire.Dans l\u2019école centrale de santé, comme dans celle ds travaux publics, la pratique, la manipulation seront jointes aux préceptes théoriques.Les élèves seront exercés aux expériences chimiques, aux dissections anatomiques, aux opérations chirurgicales, aux appareils.Peu lire, beaucoup voir et beaucoup faire, telle sera la base du nouvel enseignement que les comités vous proposent de décréter.\u201d Ce programme alléchant de Fourcroy n\u2019en a pas moins pris près d\u2019un siècle à se réaliser pour la médecine opératoire, et d\u2019une façon bien imparfaite, puisque même aujourd\u2019hui o ntrouve cet enseignement pratique bien insuffisant en France.Le premier titulaire de la chaire de médecine, à Paris, fut Saba- tier (1794), qui fonctionna pendant 17 ans.Dupuytren lui succéda à l\u2019âge de 35 ans, mais il permuta bientôt avec Pelleetan, pour devenir chirurgien en chef de l\u2019Hôtel-Dieu.C\u2019est au moment de la nomination de Richerand, en 1818, que le titre de Médecine opératoire fut remplacé par celui d\u2019Opérations et appareils que la chaire porte encore officiellement aujuord\u2019hui.Blandin occupa la chaire jusqu\u2019en 1849, puis Malgaigne lui succéda.Ce dernier occupa cette chaire avec beaucoup de succès pendant quinze ans; son traité de médecine opératoire est resté pendant des années le bréviaire des chirurgiens ; mais il était d\u2019une maladresse manuelle dont il était le premier à se moquer.Denonvillier, LeFort, se succédèrent ; puis vinrent ceux qui aidèrent à propager les méthodes opératoires nouvelles: Duplay, Tillaux, Berger, Terrier, Reclus, Segond, Hartmann.Ce qui nous frappe le plus dans l\u2019histoire de la chaire de médecine opératoire, à la Faculté de Paris, c\u2019est que celui qui a le plus contribué à son perfectionnement n\u2019en a jamais été lé titulaire.En effet, près d\u2019un siècle après le rapport de Fourcroy, en 1878, Farabeuf organise l\u2019enseignement pratique de la médecine opératoire à l\u2019école pratique ; c\u2019est là qu\u2019il a créé de toute pièce un enseignement pratique de l\u2019anatomie et de la médecine opératoire.Il fit triompher ses idées et aujourd\u2019hui encore nous vivons sur les programmes qu\u2019il avait dressés.Tous les chirurgiens qui se réclament de l\u2019école française, sont, au point de vue de la technique opératoire, des émanations de Farabeuf.Par l\u2019enseignement qu\u2019il donnait aux aides, aux prosecteurs, par son livre, il a maintenu la chirurgie française dans sa 144 RHÉAUME tradition, il a développé sa caractéristique propre, qui est une supériorité, la précision de l\u2019acte opératoire basé sur l\u2019anatomie.Mais si vivante que soit l\u2019oeuvre de Farabeuf, elle n\u2019est pas complète pour les besoins de notre époque, qui pourtant n\u2019est pas bien éloignée de la sienne.D'\u2019ailleurs il nous avertit lui-même dans la dernière édition de son volume, publié en 1895.\u201cLa technique des opérations nouvelles m\u2019est trop étrangère, dit-il, pour que je me mêle de l\u2019enseigner.Je ne veux plus rien ajouter à ce livre: je souhaite ardemment qu\u2019un plus jeune que moi fasse, pour les opérations qui n\u2019y sont pas décrites, ce que j'ai fait pour celles que je croyais connaître suffisamment.\u201d Ce quelqu\u2019un que Farabeuf souhaitait si ardemment, la France l\u2019a eu dans la personne de Terrier.Un des premiers il adopta les méthodes antiseptiques et le pansement de Lister, dont Championière s\u2019était fait l\u2019apôtre.Aces ses amis Nicaise et Périer, il visitait les hôpitaux anglais, en particulier le Samartan Hospital, où la chirurgie abdominale brillait d\u2019un vif éclat .Il faisait, à son tour, de l\u2019hôpital Bichat un centre de propagande pour cette chirurgie, alors dans l\u2019enfance à Paris.C\u2019est encore dans son service de l\u2019hôpital Bichat qu\u2019il substitua à l\u2019antiseptie, l\u2019aseptie.Au lieu de regarder la chaire de médecine opératoire, qu\u2019il occupa de 1893 à 1900, comme une chaire de passage et de demander à la quitter dès qu\u2019une chaire de clinique devint vacante, il y resta jusqu\u2019à l\u2019âge de la retraite.Avec lui pénètrent définitivement dans l\u2019enseignement de la Faculté de Paris les opérations viscérales qu\u2019il avait déjà contribué à vulgariser par sa pratique hospitalière.Par les congrès et la presse médicale, les idées nouvelles ont pu se propager, les initiatives isolées se faire connaître, et tout un régiment de chirurgiens contemporains est venu enrichir le domaine de la chirurgie opératoire.Comme vous le voyez, Messieurs, l\u2019histoire de la chirurgie opératoire viscérale est plutôt contemporaine.Et moi qui vous parle, un des plus junes de cette Faculté, j'ai assisté à ses débuts craintifs et à ses progrès journaliers, si rapides, que l\u2019on a peine à les suivre.Voilà, Messieurs, enquelques lignes l\u2019histoire de la chirurgie opératoire en France ; cette histoire est en même temps la nôtre puisque la France a toujours été la mère nourricière de nos cerveaux.Mais que doit être le cours qu\u2019on me confie tel que compris pour les besoins d\u2019aujourd\u2019hui et de demain?| 1 CHIRURGIE OPÉRATOIRE 145 Qu\u2019or lui donne le titre de Médecine opératoire, de chaire d\u2019opérations et appareils, de chirurgie opératoire, ou celui plus pompeux de chirurgie expérimentale, l\u2019objet n\u2019en reste pas moins le même: faire sur le cadavre ou sur les animaux vivants des exercices de technique opératoire, qui permettront plus tard à l\u2019élève d\u2019appliquer cet acte chirurgical à un cas pathologique particulier.Notre Faculté a eu l\u2019heureuse idée de greffer à la chirurgie opéra- - toire l\u2019enseignement d l\u2019anatomie topographique cela nous permettra : d'avantage d\u2019insister sur la précision de l\u2019acte opératoire basé sur l\u2019anatomie.Mais l\u2019anatomie telle que nous la comprendrons sera celle : que Tilleux nous a si bien décrite dans son volume, qui reste comme un monument vivant et inaltérable.Anatomie régionale et chirurgie opératoire ne feront donc qu\u2019une seule et même chose dans notre enseignement pratique.S\u2019il est vrai qu\u2019on peut être un excellent anatomiste sans être chirurgien, nous voudrions vous convaincre qu\u2019on ne peut pas être .chirurgien habile et consciencieux sans connaître à fond l\u2019anatomie humaine.Il faut faire disparaître ce vieux dicton; qu\u2019un fort en , anatomie ne devient jamais un brillant chirurgien.Mais bien des choses ont évolué depuis Farabeuf, et l\u2019enseignement qu\u2019il avait créé d\u2019une façon si parfaite pour les besoins de son époque, devient bien insuffisant maintenant que la chirurgie a tellement empiété sur le domaine de la médecine, qu\u2019elle ne peut plus tolérer le qualificatif de \u201cPathologie extrne.\u201d Avec l\u2019antisepsie et l\u2019asepsie, avec une hémostase instrumentale très simplifiée, avec des techniques opératoires bien réglées, presque tous les viscères ont été attaqués avec succès.Comme nous sommes loin de l\u2019opinion erronée de Boyer qui écrivait en 1821 : \u201cLa chirurgie a fait de nos jours les plus grands progrès et semble avoir atteint, ou peu s\u2019en faut, le plus haut degré de perfectionnement dont elle paraisse susceptible.\u201d Cet écrivain n\u2019avait pas la clairvoyance d\u2019un Jules Verne! C\u2019est en effet quelges années après sa déclaration de la faillite de la chirurgie que Soubeiran et Guthrie, en 1831, découvrirent le chloroforme, qui devait faciliter l\u2019exercice de la chirurgie d\u2019un facon si bienfaisante 5 c\u2019est en 1846 que l\u2019Américain Morton utilisait pour la première fois les vapeurs anesthésiques de l\u2019éther, qui devait rendre de non moins grands services que le chloroforme ; c\u2019est un peu plus tard que, tout d\u2019un coup, les choses ont changé, sous l\u2019action d\u2019un puissant élément de rénovation scientifique l\u2019oeuvre de Pasteur. 146 RHÉAUME Mais cette rénovation scientifique, au point de vue chirurgical, c\u2019est de lhistoire vécue\u2019 pour tous les chirurgiens qui dépassent 40 ans.Vous qui m'écoutez, Messieurs, vous ne vous doutez peut-être pas qu\u2019une des interventions chirurgicales les plus courantes, et que vous avez vue souvent exécuter dans nos hôpitaux, l\u2019hystérectomie abdominale, était absolument ignorée il y a 30 ans; dureste c\u2019est le 12 décembre 1887 que Péan pratiqua de propos délibéré la première hystérectomie vaginale pour lésions bilatérales des annexes, et on ne parlait pas encore, à cette époque, de l\u2019hystérectomie abdominale qui est venue après; Legueu, un des plus brillants chirurgiens français de notre é poque, qui a eu comme collaborateur celui qui fut à la fois mon premier et mon dernier maître, nous dit dans son volume publié en 1898, en parlant de l\u2019hystérectomie par la voie haute: \u201cMalheureusement le petit nombre des interventions que nous avons pratiquées et de celles publiées par d\u2019autres ne nous permettent pas encore de juger la valeur, immédiate et éloignée de cette opération.\u201d Ce que je viens de dire de l\u2019hystérectomie, peut se répéter pour toutes les autres interventions de la chirurgie viscérale.L\u2019évolution des techniques opératoires s\u2019est faite si rapidement, qu\u2019à quelques années d\u2019intervalle, une technique qui était considérée comme un critérium de garantie, est détronée par une autre plus parfaite.De grands progrès ont été réalisés, de non moins grands restent à faire.La chirurgie vasculaire, toute nouvelle, nous promet tout un monde de surprises.Mais pour chacune de ces opérations, encore relativement récente3, il faut reprendre, au point de vue chirurgical, l\u2019anatomie de la région sur laquelle on a à intervenir, il faut aussi étudier l\u2019anatomie pathologique des lésions que l\u2019on veut traiter.Mais quand finiront ces progrès incessants de la chirurgie?Soyons prudents! Ne faisons pas comme Boyer, il y a un siècle; ne déclarons pas si tôt la faillite de la chirurgie! Nous avons empiété sur le domaine de la médecine, c\u2019est peut-être cete dernière qui arrêtera cette course effrenée de la chirurgie, pa rdes sérums et des agents encore ignorés; d\u2019un autre côté, devant ces progrès constants, peut- être reviendrons nous aux anciens jours où il existait à la fois, ct une corporation de médecins et une autre de chirurgiens.Une association nouvelle et toute puissante, composée de presque toutes les célébrités chirurgicales d\u2019Amérique, et dont font partie plusieurs de vos professeurs, croit entrevoir cette dernière solution.Cette société, qui veut se substituer aux Universités, qui ne déli- CHIRURGIE OPÉRATOIRE 147 vrent pas encore de brevet de compétence chirurgicale ou qui plutôt accorde cette compétence à tous leurs gradués, s\u2019applle l\u2019\u201cAmerican .College of Surgeons.\u201d Pour devenir membre de cette association, il faut avoir été interne dans un hôpital ,il faut avoir fait des études spéciales de chirurgie, attaché à un service de chirurgie, et se livrer exclusivement à l\u2019exercice de cet art; ces qualifications scientifiques jointes à des qualifications morales très importantes, permettent a ucandidat de se présen- er à un examen qui consiste à exécuter, sous contrôle, cinquante opérations consécutives.Il faudra donc, Messieurs, pour répondre aux besoins de l\u2019état actuel de la science chirurgicale, modifier dans la mesure de nos modestes moyens l\u2019enseignement d la chirurgie opératoire; sans oublier cependant que nous devons nous adresser à des élèves qui, pour la plupart, sont destinés à faire des praticiens et n\u2019exerceront la chirurgie qu\u2019incidemment.Ma tâche serait bie nlourde si je ne comptais sur votre bienveillant concours, sur celui de mes assistants bénévoles, et sur le support moral et plus tangible de notre Faculté.Je vous livrerai, sans réticence, sans épouvantail, le meilleur du peu que je sais.Mais vous comprendrez rapidement qu\u2019on peut difficilement réaliser le miracle de faire des chirurgiens en 30 leçons.A ceux qui se sentiront des aptitudes à continuer le travail, à peine ébauché, j\u2019espére que notre Faculté facilitera l\u2019accès dans notre laboratoire, aprés leurs études universitaires terminées.Et si nous réussissons en si peu de temps à vous donner le feu sacré, la curiosité scientifique; si nous réussissons à vous communiquer le respect de cet art chirurgical si humainement utilitaire, notre joie sera grande et nos efforts bien recompensés.Mais nous voulons pousser plus loin notre idéal.Sans ambitionner de faire des conquètes nouvelles nous pouvons nous perfectionner ; aussi c\u2019est dans cette voie que nous travaillerons ensemble.Notre agglomération nationale est tellement isolée dans cette vaste Amérique qu\u2019il faut donner plus d\u2019intensité à nos actions et à notre émulation pour s'imposer à l\u2019attention de nos nombreux voisins.Vous, Messieurs, qui êtes la réserve de demain, par vos travaux et par vos recherches, vous vous rendrez dignes de nos grands initiateurs d\u2019outre-mer, en propageant dans cette Amérique la science française qui nous est si chère et qui devra subsister, encore plus triomphante, aux épreuves tragiques qu\u2019elle supporte avec tant d\u2019héroisme à l\u2019heure présente. 148 \u2014- Un cas de Xanthôme tubéreux multiple \u201c Par Je Dr G.ARCHAMBAULT Agréré, professeur adjoint des maladies cutanées et syphilitiques à l'Université Laval, dermatologiste de l\u2019Hôpital Notre-Dame et de l\u2019Institut Bruchési.J\u2019ai l\u2019honneur de présenter devant la société médicale de Montréal, un malade atteint d\u2019une affection de la peau assez rare, du Xanthôme tubéreux multiple.Avant de lire l\u2019observation de ce malade, laissez-moi d\u2019abord remercier messieurs les professeurs E.P.Benoit, Wilfrid Derome, et Panneton, pour l'aide qu\u2019ils m\u2019ont donné dans l\u2019examen, le diagnostic histologique, et l\u2019institution du traitement.Ce patient s\u2019est présenté au Dispensaire de Dermatologie de l'hôpital Notre-Dame, il y a environ un mois, souffrant d\u2019une éruption de la peau généralisée, sous forme de taches et de papules jaunes, ainsi que d\u2019ictère.| Cette éruption qui date de plus d\u2019un an, ne le fait aucunement souffrir, sauf à la paume des mains où les papules sont douloureuses à la pression ; seulement la maladie l\u2019ennuie beaucoup, et tous les traitements qui ont été essayés, n\u2019ont eu aucun succès.Voici d'ailleurs son histoire en détail : HISTOIRE DU MALADE Monsieur B., 26 ans, célibataire, des bords du Richelieu, navigateur de sa profession.Son père et sa mère qui sont assez dgés, de 75 et 62 ans respectivement, ont toujours joui d\u2019une bonne santé.Il a 6 frères et 3 soeurs, tous bien portants ; sauf cependant une soeur de 35 ans qui présente de l\u2019ictère et de la démangeaison, de façon intermittente, depuis quelques années, sans aucune éruption sur la peau.Le patient lui-même n\u2019a jamais été malade, jusqu\u2019il y a 5 ans environ, date à laquelle débuta sa maladie actuelle.Vers cette époque, il a commencé à ressentir de la démangeaison par tout le corps, et occasionnées par le grattage ou autrement, apparurent bientôt sur la peau des plaques ressemblant à de l\u2019eczéma.(1) Présenté à la Société Médicale de Montréal, le 6 avril. XANTHÔME TUBÉREUX MULTIPLE 149 Quelques unes de ces plaques, surtout celles des jambes, ont suppuré, mais en somme toutes ont guéri assez facilement.Ces manifestations ont duré 3 ou 4 ans, bientôt accompagnées de poussées de jaunisse, qui se répétaient fréquemment et devenaient de plus en plus persistantes.L\u2019ictère est maintenant permanent.Il y a environ un an, apparut sur la peau une éruption qui débuta par les paupières et le cou, se généralisa dans quelques mois, et qui aujourd\u2019hui semble avoir atteint son summum d\u2019intensité.DESCRIPTION DE L'ERUPTION CUTANEE.Il y a donc un an environ, e malade s\u2019aperçut de la présence sur ses paupières supérieures de petites taches, de la grosseur d\u2019une tête d\u2019épingle, ovalaires, et de couleur jaunâtre.Bientôt ces taches augmentèrent de volume, jusqu\u2019à celui d\u2019une lentille, en même temps qu\u2019apparaissaien des taches de même nature sur les parties latérales du cou.En quelques mois l\u2019éruption qui n\u2019avait fait que progresser, couvrait les deux aisselles, les 2 saignées des bras, les coudes, les ?commissures labiales, la paume des mains et les doigts, les 2 aines, le scrotum, la verge, les orteils.Aujourd'hui, tous ces endroits mentionnés sont atteints.Les éléments sont groupés sous forme de petites taches rondes, et de couleur jaune chamoix.Elles ne forment aucun relief sur la peau, ne donnent aucune sensation d\u2019induration, et ne sont pas douloureuses.À certains endroits, comme à la paume des mains et aux doigts, elles forment des sillons et sont douloureuses à la pression.À d'autres comme aux coudes, aux doigts, et aux orteils, elles sont devenues de véritables papules, de la grosseur d\u2019un poids, tout en conservant tous les autres caractères de l\u2019éruption.Sur l\u2019abdomen et tout le tronc, il n\u2019y a que très peu de lésions.Il y a ceci de remarquable dans cette dermatose, c\u2019est qu\u2019elle est tout à fait symétrique, les 2 paupières, les parties latérales du cou, les 2 aisselles, les 2 coudes, les ® aines, les 2 pieds, étant tout à fait semblables.Le malade se plaint encore de la démangeaison, qu\u2019il ressent d\u2019ailleurs un peu partout, même aux endroits où il n\u2019y a pas de lésions.Toute la peau du malade est de couleur rougeâtre et les conjonctives sont aussi colorées en jaune. 150 ARCHAMBAULT EXAMEN SOUS LA DIRECTION DU PROFESSEUR BENOIT Le malade est plutôt maigre.L\u2019état général est bon; il n\u2019y a pas de fièvre la langue n\u2019est pas chargée.Le patient est éveillé actif, et ne parait souffrir en aucune façon.L\u2019appétit est conservé, la digestion se fait bien, et on note aucun trouble du côté de l\u2019intestin.Le pouls est plutôt lent, 60, il est régulier, mais petit, compressible, et inégal.THORAX.Les poumons sont normaux, sauf la respiration à la bâse du poumon droit qui est un peu diminuée, probablement par refoulement de l'organe, dû au foie.Coeur: le premier temps est assourdi, le claquement des sigmoïdes est très net.Il n\u2019y a pas de souffle valvulaire.Le volume du coeur est normal.Pression artérielle: maximum: 14 minimum: 9 P.D.5 ABDOMEN.Le volume n\u2019est pas modifié à la partie inférieure.Il n\u2019y a pas d\u2019ascite ni développement des veines superficielles.La région ombilicale st légèrement proéminente.Dans la ligne mammillaire, la matité hépatique commence à se faire sentir à la 5ième côte; en bas sous les fausses côtes, le foie dépasse à peine un travers de doigt, mais sur la ligne médiane, le lobe gauche du foie decend jusqu\u2019à 3 centimètres au dessus de l\u2019ombilic.La matité splénique n\u2019est pas augmentée.REIN.L\u2019examen de l'urine décèle des traces d\u2019albumine, des pigments biliaires, et la présence de l\u2019urobiline.EPREUVE DE LA GLYCOSURIE.L\u2019épreuve de la glyclosurie a donné le résultat suivant: Le malade a pris à jeun 150 grammes de glucose pure; il a été XANTHÔME TUBÉREUX MULTIPLE 151 ensuite soumis à la diète lactée pendant toute la journée.On a pris un échantillon d\u2019urine toutes les heures.Le premier échantillon ne contenait pas de sucre, les 3 autres en offraient de légères traces, les 6 derniers n\u2019en contenaient plus.L\u2019épreuve a démontré qu\u2019il n\u2019y a pas d'insuffisance hépatique.Il n\u2019y a pas de fièvre, ni diarrhée, ni de réaction splénique, par conséquent pas d\u2019hépatite infectieuse.L\u2019hypertrophie du foie et la jaunisse sont dues très probablement au développement dans le foie de lésions de xanthôme.RAPPORT DU LABORATOIRE FAIT PAR LE PROFESSEUR W.DEROME.1.Examen du sang.Globules rouges .4,464,000 (lobules blanes .15,000 Hémoglobine .95 p.100 Formule leucocytaire: polynucléaires .80 p.100 mononucléaires gros et petits .20 p.100 Il semble qu\u2019il existe quelques globules de graisse, (sang étalé sur plusieurs lames qui ont été ensuite soumises à l\u2019action de l\u2019acide osmique pendant 24 heures).2.Biopsie d\u2019une tache xanthélasmique.La biopsie a été faite au niveau d\u2019une tache jaunâtre.La pièce a été colorée à l\u2019acide osmique, après congélation de la préparation.On trouve une dégénérescence graisseuse très marquée de tous les éléments du derme, et même de la couche profonde de l\u2019épiderme.3.Bropsie d\u2019une papule xanthélasmique.La biopsie a été faite sur une main, au niveau d\u2019une agglomération de papules blanchâtres.La pièce a été montée dans de la parrafine en substituant le chloroforme à l\u2019alcool.La coloration a été faite à l\u2019acide osmique à 1 p.100.On trouve que la papule est constituée de dehors en dedans par un revêtement épidermique sain. 152 ARCHAMBAULT Les fibres conjonctives et élastiques du derme existent en aussi grand nombe qu\u2019à l\u2019état normal et ne paraissent pas altérées.Elles sont cependant dissociées par un nombre considérable de cellules très grandes, plutôt géantes, possédant au moins un noyau bien teinté par la matière colorante.Le protoplasma de ces cellules apparait comme formé de petites gouttelettes graisseuses, bien colorées en noir par l\u2019acide osmique.Ce sont là évidemment des cellules xanthélasmiques décrites par les auteurs comme caractéristiques du Xanthôme.Ce malade présente un exemple type d\u2019une maladie de la peau, décrite par les auteurs sous le nom de Xanthôm.\u2014\u2014 Le Xanthôme, qui vient du mot grec XF a v 5 o s, qui veut dire: jaune, est caractérisé par une éruption de petites taches ou nodosités dures, jaunâtres, à évolution des plus lentes, qui se produisent en certains points du corps, en particulier aux paupières (Brocq).C\u2019est Rayer qui, le premier, en a fait mention dans son traité des maladies de la pea, en 1835; le premier mémoire paru sur cette affection est dû \u2018à Addisor: et-Gull, en 1851.- DIVISION DES XANTHOMES.Les auteurs divisent le Xanthôme en : xanthôme vrai et pseudo- xanthôme élastique.Ce dernier qui est une tout autre affection ne nous intéresse pas.Le xanthôme vrai se divise à son tour en deux groupes: Le xanthôme vulgaire, Le xanthôme des diabétiques.XANTHOME DES DIABETIQUES.Le xanthôme des diabétiques a ceci de particulier qu\u2019il offre avec la glycosurie des rapports indéniables.Quelques caractères objectifs et évolutifs spéciaux le différencient en plus du xanthôme vulgaire.C\u2019est ainsi que les paupières sont généralement indemnes, que les éléments ruptifs sont plus diffus, plus disséminés, que les muqueuses, a paume des mains et la plante des pieds sont le plus souvent respectés. XANTHÔME TUBÉREUX MULTIPLE 153 L\u2019éruption qui est toujours papuleuse, offre une couleur jaune, rien qu\u2019au sommet de la papule, la bâse étant rouge ou violacée.Les phénomènes subjectifs sont plus accusés: sensation de cuisson, de brûlure, de picotement.Et surtout le malade est glycosurique.La maladie apparait.brusquement et est eonstituée en quelques semaines.Elle peut disparaître tout d\u2019un coup, ou procéder par poussées.Très souvent il n\u2019y a pas d\u2019ictère.Au point de vue anatomo-pathologique, on retrouve les mêmes lésions que dans le xanthôme vulgaire, mais avec une allure plus inflammatoire, se traduisant par une infiltration marquée de cellules lymphoides et des lésions dégénératives.XANTHOME VULGAIRE.Le xanthôme vulgaire, dont la forme tubéreuse est bien représentée par notre malade, peut êre localisé ou généralisé.Il peut aussi, a upoint de vue éruptif, constituer l\u2019un des trois types suivants : \u2018 xanthôme plan xanthôme tubéreux ou saillant xanthôme en tumeurs.Xanthôme plan : Le xanthôme plan est constitué par de petites taches ou macules, arrondies ou ovalaires, qui frappent immédiatement par leur couleur qui est analogue à la peau de chamoix, et qui peut varier comme teinte, du café au lait clair au jaune orange.Ces taches ont généralement la dimension d\u2019une tête d\u2019épingle ou d\u2019une lentille ; leurs bords sont nettement arrêtés et tranchent sur la peau saine.Elles ne fot pas de saillie sur la surface des téguments et ne sont pas douloureuses.Elles ne présentent ni infiltration, ni induration.Xanthôme tubéreux : Le xanthôme tubéreux est constitué par des éléments qui font saillie au dessus du niveau des téguments; ce sont de véritables papules.Ils présentent la même couleur jaune, et donnent au toucher une sensation de nodosité ferme.Ces papules sont généralement indolores, mais sont parfois le siège de douleurs provoquées par la pression. ARCHAMBAULT Le xanthôme tubéreux peut en outre offrir des localisations internes, au contraire du xanthôme plan dont le siège est exclusivement cutané.Xanthôme en tumeurs : Le xanthôme en tumeurs est constitué par des néoplasmes qui ne sont que l\u2019exagération des éléments élevés du xanthôme tubéreux, et dont le volume peut varier de celui d\u2019une noisette à celui d\u2019un oeuf de poule.FORMES CLINIQUES DU XANTHOME VULGAIRE : 1.Xanthôme localisé (xanthôme des papières).Le xanthôme localisé, variété clinique la plus fréquente, est constitué par des éléments plans, offrant les caractères énumérés p'us haut, et a pour siège les paupières.Généralement il n\u2019y a pas de troubles fonctionnels, ni de complications viscérales.En somme c'est une dermatose très bénigne.2.Xanthôme généralisé.Le xanthôme généralisé diffère du précédent en ce sens qu\u2019il se complique de troubles viscéraux.L\u2019éruption débute généralement par les paupières, et ne tarde pas à se disséminer prenant la forme papuleuse.Les éléments se groupent en des endroits bien particuliers.Sur le trone et l\u2019abdomen peu ou pas de lésions; mais par contre, partout où les téguments forment une saillie qui est plus particulièrement exposée aux pressions et aux frottements, existent des foyers d\u2019éection.C\u2019est donc aux coudes, aux genoux, aux talons, à la plante des pieds, sur le dos des mains et des doigts, aux fesses, aux épaules, que l\u2019on en trouve le plus.Les éléments se disposent toujours d'une manière symétrique et par petits groupes.En outre il existe souvent des localisations internes ainsi qu\u2019aux muqueuses, aux lèvres, aux gencives, langue, voute palatine, ete.Ce qu\u2019il y a de plus remarquable, cependant, dans le xanthôme généralisé, c\u2019est la coexistence de l\u2019ictère avec l\u2019éruption cutanée.La jaunisse s\u2019observe en effet dans la plupart des cas rapportés.Sur 40 cas chez les adultes, Torok a compté 24 malades atteints d\u2019ictère.Précédant l\u2019éruption ou contemporain des lésions, il est généralement chronique et sa durée fort longue.ES XANTHÔME TUBÉREUX MULTIPLE 155 EVOLUTION DU XANTHOME VULGAIRE GENERALISE Le xanthôme est une dermatose qui se développe assez lentement, et qui, une fois constituée, persiste indéfiniment.La rétrocession ou la guérison spontanée sont de véritables Taretés.ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU XANTHOME VULGAIRE Les lésions du Xanthôme vulgaire sont essentiellement constituées par l'infiltration dans le tissu conjonctif de cellules présentant des caractères spéciaux, et auxquelles Chambard a donné le nom de cellules xanthélasmiques.Ces cellules forment des amas plus ou moins volumineux, inclus dans les mailles de faisceaux conjonctifs, et ont l\u2019allure de cellules adipeuses.; Leur protoplasma est rempli de granulations ayant toutes les réactions de la graisse, et noircissant sous l\u2019influence de l\u2019acide -osmique.L\u2019épiderme situé au dessus n\u2019est que peu touché; irritation légère du corps muqueux.PATHOGENIE ET NATURE DU XANTHOME VULGAIRE La plupart des auteurs reconnaissent que la lésion fondamentale du xanthôme est représentée, au point de vue histologique, par la cellule xanthélasmique de Chambard.Les opinions sont partagées cependant, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019interpréter ces lésions et d\u2019en rechercher la signification et la nature.D\u2019après Bodin, l\u2019accord semblerait à peu près unanime pour reconnaître que l\u2019hypertrophie hépatique et l\u2019ictère sont secondaires et relèvent de la localisation dans le foie de lésions de xanthôme.Cependant de Beurnmann et Laroche, dans le Bulletin de la Société de Dermatologie Française de 1909, p.274, rapportant un cas complet de xanthôme, prétendant que l\u2019ictère ou tout au moins un état cholémique antécédent, parait être une des conditions néces saires de la production des xanthômes.A Theure actuelle, il y a une tendance à faire du Xanthôme une tumeur bénigne de la peau analogue aux naeri. LY 156 ARCHAMBAULT PRONOSTIC DU XANTHOME VULGAIRE Bénin pour les formes localisées parce qu\u2019elles ne s\u2019accompagnent pas de localisations viscérales.Réservé et dépendant des complications viscérales pour la forme tubéreuse et généralisée parce qu'elle présente souvent des localisations internes.TRAITEMENT DU XANTHOME VULGAIRE Le traitement interne est peu satisfaisant.Il va sans dire qu\u2019il faut traiter d\u2019abord les complications viscérales et en particulier l\u2019ictère.La médication locale peut se résumer en une seule indication, celle de la destruction ou de l\u2019ablation des lésions quand cela est possible, (ablation chirurgicale, électropuncture, galvanopuncture, cautérisation, \u2014 Bodin in Prat.Derm.) CONCLUSIONS : Le xanthôme étant une de ces dermatoses caractéristiques que l\u2019on peut reconnaître facilement lorsqu\u2019on en a observé un cas, nous avons cru intéressant de présenter notre malade à la Société Médicale de Montréal.I1 va sans dire que nous avons institué un traitement à notre patient.Monsieur le professeur Benoit, dans le service duquel il est entré, a bien voulu se charger de la direction du traitement interne.Celui-ci a consisté à administrer un tonique général, sirop de Fellow, et à faciliter les sécrétions de la bile, par l\u2019urotropine à la dose de 0.50 centigrammes 3 fois par jour.L\u2019état général se maintient bon, sans fièvre, l'ictère est diminué, les selles sont restées normales ; cependant le foie est resté volumineux.Quant au traitement local, ayant lu une observation de Evans et une autre de Whitehouse, où on rapporte avoir eu des succès avec les rayons X, j'ai demandé au docteur Panneton, chef du service d\u2019électrothérapie à l\u2019hôpital Notre-Dame, de faire quelques séances de radiothérapie à notre malade.Nous avons fait une séance sur les lésions du pli du coude il y a deux semaines, et nous espérons obtenir un résultat satisfaisant. LA RADIOTHÉRAPIE : Ce qu\u2019elle est, ce qu\u2019elle vaut \u201c) Par le Docteur J.E.PANNETON Professeur de radiologie à l\u2019Université Laval.Radiologiste de l\u2019Hôpital Notre-Dame de Montréal.Membre de la Société de Radiolagie de Paris.La découverte de Roentgen, en décembre 1895, a mis entre les mains du médecin une arme nouvelle qui est à la fois un merveilleux moyen de diagnostic et un merveilleux agent thérapeutique.C'est seulement comme moyen d\u2019investigation, comme auxiliaire du diagnostic qu\u2019ont été tout d\u2019abord employés en médecine les rayons X.À ce point de vue, on peut dire qu\u2019ils traversent sans le déchirer, le voile opaque de l\u2019enveloppe tégumentaire, que, sans lésion aucune, ils mettent sous nos yeux les organes invisibles, qu\u2019ils nous révèlent leur forme, leurs dimensions, leurs rapports, quelquefois jusqu\u2019à leur structure intime et qu\u2019enfin ils nous permettent d\u2019étudier, sans y apporter le moindre trouble, les mouvements dont ces organes sont animés pendant leur fonctionnement.\u2014(Béclère).Si l\u2019on interpose entre une source radiogène et une plaque sensible, ou un écran susceptible de devenir fluorescent sous l\u2019action de ces rayons, une région quelconque du corps humain, les divers tissus de cette région s\u2019éclairent, deviennent plus ou moins transparents suivant leur constitution, provoquent sur la plaque ou sur l\u2019écran des ombres plus ou moins foncées.I étude de ces ombres permet de tirer des conclusions précieuses sur la constitution même des corps qui les déterminent.L'exploration des viscères au moyen des rayons Roentgen, grâce aux sources radiogènes puissantes et aux techniques précises que nous possédons, est devenu aujourd\u2019hui une méthode courante d\u2019examen.On peut donc ainsi explorer tout le système urinaire: reins, uretères, vessie ; les lésions pulmonaires les plus minimes, le tubercule lui-même devient visible grâce à la radiographie instantanée ; toutes les autres affections pulmonaires et des plèvres se découvrent avec ha plus grande facilité.L\u2019on voit le coeur et l\u2019aorte battre derrière (1) Dans la préparation de ce résumé nous nous sommes inspiré des travaux de nos maîtres MM, les Drs Béclère et Albert Weil, de Paris, et de nos observations personnelles. 158 PANNETON l\u2019écran et l\u2019on peut mesurer leur degré de dilatation.Grâce à l\u2019emploi d\u2019un artifice admirable, l'absorption de substances opaques, il est possible de déceler les divers segments du tube digestif, de constater leur degré de ptose ou de dilatation, leurs mouvements péristattiques ou antipéristatiques, le mode et le temps de leur évaluation.Il est même possible de déceler certaines tumeurs du cerveau et certaines anomalies crâniennes.Les rayons X nous font voir les grands processus vitaux, ils nous montrent comment s\u2019accomplissent les diverses fonctions.Les applications thérapeutiques des rayons X sont nées du hasards et des accidents souvent graves que des examens trop souvent répétés ont causé surtout au début, et dont les médecins et les observateurs encore insuffisamment expérimentés, ignorant les propriétés de ces radiations nouvelles, ont surtout été, eux-mêmes, les victimes.On fut très surpris de ces accidents.On ne comprit pas tout d\u2019abord comment des expositions relativement courtes devant l\u2019ampoule radiogène pouvaient produire des lésions cutanées graves et profondes.On les attribua aux effluves invisibles qui se dégagent de l\u2019ampoule pendant son fonctionnement.Plus tard on apprit leur véritable cause.Aujourd\u2019hui nous savons que les rayons X sont des vibrations extrêmement rapides de l\u2019éther, des radiations tout comme les rayons lumineux.Ces radiations, à cause de leur longueur d\u2019onde très courte, ont des propriétés spéciales: elles ne sont pas complètement arrêtées par la matière qu\u2019elles rencontrent; certaines d\u2019entre elles la traversent; d\u2019autres s\u2019y amortissent et en s\u2019amortissant libèrent une quantité d\u2019énergie susceptible de déterminer des actions électriques, physiques ou chimiques.Quand cette quantité d\u2019énergie est mise en liberté dans un organisme vivant, elle y détermine, au moins quand sa dose est suffisante, des altérations cellulaires qui peuvent simplement avoir pour effet de modifier les phénomènes chimiques dont elle est l\u2019objet et qui peuvent aller jusqu\u2019à la destruction.Mais, fait admirable, la dose mortelle pour certaines cellules spécialisées n\u2019est pas la dose mortelle pour d\u2019autres.La dose mortelle pour les cellules néoplasiques est le plus souvent inférieure à la dose tolérable pour les cellules saines.Certaines cellules (cellules jeunes, en voie de croissance rapide et sans orientation particulière) réagissent avec une très grande sensibilité; d\u2019autres (cellules adultes, différenciées, cellules nobles) peuvent supporter avec indifférence de très grandes quantités de rayons accumulés. LA RADIOTHÉRAPIE 159 La radiodestruction n\u2019est pas, ainsi que le font remarquer Marie et Clunet, un phénomène de nécrose cellulaire immédiat et brutal comme celui qui succède à une brûlure par le feu ou par un caustique.Les cellules frappées passent par cinq stades différents : 1° Période de latence où l\u2019on ne constate pas de modifications morphologiques ; 2° Période de maturation monstrueuse particulière à chaque tissu considéré ; 3° Période où les éléments évolués meurent ; 4° Période de dislocation par les leucocytes et les cellules conjonctives jeunes ; 5° Période de cicatrisation.D\u2019une manière générale, lors de toute irradiation, les éléments les plus touchés, suivant Bergonié et Tribondeau, sont ceux: 1° Dont l\u2019activité reproductrice est la plus grande; 2° Dont l\u2019avenir karyokynétique est le plus long; 3° Dont la morphologie et les fonctions sont le moins définitivement fixées.Ceci nous explique comment des néoplasmes sous-cutanés ou profonds peuvent être détruits sans lésions de la peau ou des tissus sains interposés.Les rayons X convenablement sélectionnés, convenablement dosés et convenablement filtrés, peuvent donc actuellement détruire et ne détruire que certains tissus.Ils sont un bistourt intelligent qui, dans les replis les plus secrets et les plus profonds de l'organisme humain, atteignent et détruisent seulement certains tissus déterminés.C\u2019est ainsi que des organes hvpertrophiés ou en hyperfonctionnement cofme la prostate, le fibromyome utérin, les glandes endocrines ; thymus, thyroïde, ovaires, testicules, les cellules du sang et de la rate.les éléments de la peau et de ses glandes, les tissus tuberculeux et néoplasiques ont pu être entravés dans leur développement.La radiothérapie a donc envahi tous les domaines de la thérapeutiques et l\u2019on ne peut prévoir à quelles limites son ambition saura s\u2019arrêter.\u2014 (Weill).UNE MEME AMPOULE DE ROENTGEN EMET DES RAYONS DE QUALITES DIFFERENTES De même que les radiations lumineuses émises par le soleil n\u2019ont pas toutes la même valeur et se distinguent les unes des autres par \u2019 \\ ! .\u2019 - .» des longueurs d\u2019onde et une coloration différentes, les radiations > 160 PANNETON émises par une même ampoule de Roentgen ont aussi des valeurs différentes caractérisées également par leur longueur d\u2019onde et par leur inégal pouvoir de pénétration dans la matière qu\u2019elles rencontrent.Plus le vide aura été poussé dans une ampoule, plus la différence de potentiel à ses bornes sera élevée quand elle sera mise en activité et plus les rayons émis par elle seront pénétrants.Cette ampoule est appelée \u201cdure\u201d comme les rayons qu\u2019elle émet.Moins on aura vidé une ampoule, moins la tension aux bornes sera élevée et moins les rayons émis par elle seront pénétrants.On dit alors que cette ampoule est \u201cmolle\u201d et qu\u2019elle émet des rayons \u201cmous\u201d.La majorité des rayons émis par une amopule dure sont très pénétrants, mais elle en émet également, en plus petite quantité, de tous les degrés de moindre pénétration.Une ampoule molle émet surtout des rayons peu pénétrants.Les rayons les moins pénétrants sont arrêtés par une mince feuille de papier ou par l\u2019épiderme.Les rayons les plus pénétrants peuvent traverser les parties les plus épaisses du corps humain, plusieurs pieds de bois ou quelques centimètres d\u2019aluminum.Au point de vue thérapeutique ces divers rayons ont des actions différentes sur les tissus qu'ils frappent; il est donc important de les bien connaître et de les bien choisir pour chaque cas particulier.r Nécessité d'éliminer les rayons inutiles el nuisibles.I] est donc nécessaire, chaque fois que l\u2019on aura à traiter une lésion sous-cutanée, de supprimer tous les rayons qui, par leur trop faible pouvoir de pénétration, s\u2019arrêteraient inutilement dans la peau pour la léser.Cette sélection du degré convenable de pénétration s\u2019obtient par la filtration des rayons au moyen de diverses substances ; cuir, verre, aluminium, etc., que l\u2019on interpose sur le trajet des rayons, eñtre l\u2019ampoule et la région à traiter.Les filtres d\u2019aluminium ont des épaisseurs variant de quelques dixièmes de millimètres à 2, 3 et même 5 millimètres.Plus la lésion À traiter est profonde, plus le filtre employé doit être épais afin de débarrasser le faisceau incident des rayons qui n\u2019auraient pas le pouvoir de pénétrer jusqu\u2019à elle et qui seraient par conséquent absorbés par les tissus sains interposés au détriment de ces derniers.Quelque soit le filtre employé cependant, les tissus de surface retiennent quand même une large proportion des rayons émis par l\u2019ampoule et l\u2019on se voit donc forcément arrêtés lorsque la dose LA RADIOTHÉRAPIE 161 maxima que peut supporter la peau, sans danger, a été atteinte.Mais cette dose peut de nouveau être répétée plusieurs fois lorsque les cellules saines frappées ont repris leur équilibre fonctionnel, mais alors que les cellules pathologiques, plus sensibles, sont encore sous l\u2019action nocive des doses précédentes.Inconvénient des filtres : Si les filtres épais nous ont permis d\u2019aller de plus en plus dans la profondeur des tissus détruire les cellules néoplasiques qui s\u2019y développent, ils ont cependant un grand inconvénient, c\u2019est de prolonger de beaucoup la durée des applications.Ainsi, un filtre de un millimètre d\u2019épaisseur ne tränsmet que 50% du rayonnement total de l\u2019ampoule, tandis que des filtres de 2 et de 5 millimètres ne transmettent plus que 40% et 15% du rayonnement.Il s\u2019ensuit donc que les applications seront 2, 2 1/2 ou 6 2/3 fois plus longues.Lorsqu\u2019on opère avec des appareils peu puissants la dose maxima n\u2019est obtenue, avec les filtres les plus épais, qu\u2019au bout de plusieurs heures d\u2019exposition.D\u2019où la nécessité de fractionner les doses et de multiplier les séances.Mais grâce äux appareils puissants que nous fournit aujourd\u2019hui l\u2019industrie, il est possible d\u2019administrer des doses maxima, fortement filtrées, en quelques minutes.L\u2019emploi des doses fortes ou de la radiothérapie intensive au moyen d\u2019appareils puissants, demande, de la part du radiologiste, .des connaissances très précises sur le dosage exact s\u2019il ne peut pas exposer ses malades à de très graves accidents.Aussi, bon nombre de médecins timorés et ne faisant qu\u2019incidemment de la radiologie, préfèrent-ils se servi d\u2019appareils moins puissants et fême (du moins en Amérique) de l\u2019antique machine statique, au faible débit desquels il faut soumettre tous les jours les malades pendant de longues séances et souvent pendant de longs mois.La machine statique a en outre le grave inconvénient de.fonctionner d\u2019une façon très irrégulière et de rendre tout dosage précis très difficile sinon presque impossible.Mais cette manière de faire permet de \u201cvoir venir\u201d lentement la réaction cutanée, indice que la dose maxima a été absorbée par la peau : c\u2019est done une méthode de tâtonnement et peu scientifique.Si cette méthode de radiothérapie a à son crédit des cures certaines de lésions bénignes ou de lésions peu malignes et très superficielles, elle a aussi à déplorer des accidents très graves dûs à une filtration insuffisante, et des accélérations de croissance de lésions 162 PANNETON malignes qu\u2019elle tentait de faire disparaître, accélérations dues à l\u2019action irritante et stimulante de faibles doses.Une ampoule de Roentgen, actionnée par les appareils aujour- d\u2019hui démodés, dont étaient forcés de se servir nos devanciers et dont se servent encore beaucoup de médecins, donne un débit si faible qu\u2019on est presque forcé de l\u2019utiliser en entier ou de n\u2019utiliser que des filtres minces afin de ne pas trop prolonger les séances quotidiennes.Nous savons combien il est dangereux d\u2019utiliser ce rayonnement non filtré ou insuffisamment filtré pour le traitement de lésions profondes.Une très forte proportion de rayons peu pénétrants n\u2019ayant pas été arrêtée par le filtre est aborbée par les premiers millimètres de peau qui ne tarde pas à se léser gravement, si l\u2019on s\u2019acharne à vouloir détruire la lésion profonde qui reçoit relativement peu de rayons efficaces.RADIOTHERAPIE ORDINAIRE ET RADIOTHERAPIE INTENSIVE, AVANTAGES DE CETTE DERNIERE Il est aujourd\u2019hui démontré que si l\u2019on veut détruire des cellules malignes, cancéreuses, il est absolument nécessaire de leur faire absorber d\u2019emblée de très fortes doses de rayonnement.Des doses faibles irritent et accélèrent la croissance des cellules malignes.Seules de fortes doses peuvent les tuer.Leur destruction est le fait d\u2019une dose suffisante de rayonnement, donnée dans le plus court délai possible.Outre leur action irritante et dangereuse sur la cellule cancéreuse, les doses faibles ont encore le grand inconvénient, même lorsqu\u2019elles sont appliquées à des lésions bénignes, de requérir la présence du malade tous les jours ou tous les deux jours, et pendant de longs mois quelquefois, ce qui rend ces traitements impossibles à ceux que leurs occupations empêchent d\u2019y consacrer tout leur temps ou aux personnes habitant au loin.Ces traitements sont en outre fort coûteux en raison de la multiplicité des séances et de la perte de temps qu\u2019ils occasionnent au médecin.La radiothérapie intensive, au contraire, offre de nombreux avantages : 1° Elle est très active et donne le maximum de chances de voir régresser promptement la lésion traitée : 2° Le nombre des séances est très réduit: deux ou trois dans les cas bénins et rarement au-delà de dix séances sur chaque région dans les cas les plus sérieux; LA RADIOTHÉRAPIE 163 3° L\u2019intervalle entre chaque séance, pour une même lésion, peut être de deux à trois semaines, ce qui rend le traitement possible aux personnes qui travaillent ou qui habitent au loin.4° En raison de l\u2019intensité d'action des fortes doses, la guérison est obtenue plus promptement et à un coût moindre.Par exemple, telle lésion qui aurait pris six mois à guérir par la radiothérapie ordinaire, requérant la présence du malade environ 160 fois, pourra guérir en trois mois, par la méthode intensive, avec environ cinq ou six applications seulement.Par la méthode des doses fractionnées, les tissus absorbent environ 1/4 d\u2019unité par jour ou 6 3/4 unités par mois, mais ils ne sont jamais soumis à l\u2019effet global d\u2019une dose supérieure à 3 ou 3 12 unités à cause de l\u2019élimination des premières dosés qui se fait au bout de quelques jours.Les cellules ainsi frappées, quand elles ne sont pas excitées, ne sont souvent que légèrement lésées et non détruites.Elles peuvent se régénérer complètement dès que les irradiations cessent.Par la méthode intensive, les tissus reçoivent d\u2019emblée 5 à 10 unités et si l\u2019on répète les doses à des intervalles suffisamment rapprochés, deux ou trois semaines par exemple, on pourra soumettre les lésions à l\u2019action de 12 ou 15 unités à la fois.La dose mensuelle pourra même atteindre 25 à 30 unités.On comprend facilement qu\u2019avec de pareilles doses, les cellules soient immédiatement sidérées, toute croissance étant arrêtée dès la première dose et la mort de ces cellules ne tarde pas à se produire avec les doses subséquentes, si toutefois ces cellules appartiennent au groupe de celles que les rayons X peuvent détruire.Quoiqu\u2019il en soit, dans la majeure partie des applications thérapeutiques des rayons X, l\u2019on utilise, en effet, les phénomènes de radiodestruction.Or, ces phénomènes de radiodestruciton ne sont que le fait d\u2019une dose suffisante de rayons X.Si l\u2019on n\u2019atteint pas la dose radiodestructive, on peut, dans le traitement des tumeurs malignes, produire les phénomènes de radio- excitation que Marie et Clunet ont observés et décrits en ces termes : \u201cSi la quantité des rayons X absorbée est insuffisante, on observe, après la période de latence, la phase de monstruosité, mais les cellules néoplasiques devenues atypiques, loin d\u2019arriver à la maturation complète, subissent un accroissement de leur puissance de prolifération.Les doses insuffisantes, longtemps répétées sur la peau saine, produisent des hyperplasies cutanées: l\u2019histogénèse des x 164 PANNETON tumeurs malignes développées sur les ulcères de Roentgen, dépend peut-être d\u2019un processus analogue.\u201d Dans certains cas, on ne recherche pas ces phénomènes de radio- destruction, mais bien souvent, ainsi que Schultze l\u2019a écrit, on recherche la modification des réactions chimiques cellulaires.Dans ces cas, on peut à chaque irradiation administrer des doses moindres.Lorsqu\u2019on cherche à détruire des tumeurs profondément situées dans l\u2019abdomen ou le thorax, il est nécessaire, afin de leur faire absorber des doses radiodestructives, de faire pénétrer les rayons par plusieurs portes d'entrée en utilisant successivement les faces antérieure, postérieure et latérales et même en subdivisant chacune de ces faces en deux ou trois autres portes d\u2019entrée plus petites si la tumeur est considérable.\u2018C\u2019est la méthode des \u201cfeux croisés\u201d.Nous savons en effet que l\u2019absorption des rayons X dans les tissus se fait d\u2019une façon progressivement décroissante à mesure que l\u2019on pénètre dans la profondeur, si bien que la tumeur pourra n\u2019avoir reçu que le quart de la dose maxima qu\u2019aura reçue la peau.Si donc l\u2019on emploi quatre portes d\u2019entrée la tumeur aura ainsi reçu une dose égale à celle qu\u2019aura absorbée chacune des quatre surfaces cutanées.Si l\u2019on fait pénétrer les rayons par huit surfaces d\u2019entrée différentes, la tumeur pourra recevoir deux fois plus de rayonnement que chacune des surfaces çutanées par lesquelles on aura fait pénétrer ce rayonnement.L\u2019observation suivante démontre bien l\u2019inefficacité des doses faibles souvent répétées et l\u2019action rapide des doses fortes de la radiothérapie intensive.La Révérende Soeur St.A., 46 ans, supérieure du Couvent de J., est porteuse depuis plusieurs mois, dans sa fosse iliaque gauche, d\u2019une tumeur de nature indéterminée, probablement cancéreuse, du volume d\u2019une grosse orange, dure, non fluctuante, adhérente et déformant visiblement le côté gauche de l\u2019abdomen.La malade est anémiée, faible, a un teint jaune pâle, ne peut monter les escaliers, ni se coucher sur son côté droit à cause des douleurs provoquées par le poids de la tumeur.L\u2019opération est jugée impossible à cause de l\u2019adhérence à l\u2019os iliaque.Elle est envoyée à la radiothérapie.Elle est soumise à environ 300 séances quotidiennes sans résultat appréciable du côté de la tumeur, mais la peau a été excessivement bronzée et presque brûlée par un rayonnement non filtré et peu pénétrant qui n\u2019a pas dû atteindre jusqu\u2019à la tumeur.La malade nous est alors adressée pour radiothérapie massive, mais en face du mauvais état de la peau nous laissons la malade se reposer LA RADIOTHÉRAPIE 165 deux mois après quoi nous commençons des séances massives toutes les semaines, alternativement du côté abdominal et dorsal, Après six semaines le volume de la tumeur a sensiblement diminué.Au bout de dix semaines on ne palpe plus de tumeur, mais seulement un léger empâtement profond.La malade a repris des forces, se couche indifféremment des deux côtés, monte les escaliers sans fatigue ni douleurs.Trois autres applications sont faites pour assurer la permanence du résultat.Aujourd\u2019hui, après deux ans, la cure se maintient, et la malade jouit d\u2019une santé normale.Elle peut remplir toutes les obligations de sa charge.: Les deux cas suivants que nous illustrons de vignettes, avant et pendant le traitement montrent la rapidité d\u2019action des doses massives de la radiothérapie.Fig.1 Avant le traitement.Aprés 5 séances de radiothérapie massive.(Equivalant à 75 séances \u201c (Cas personnel).quotidiennes ordinaires).Angiôme framboisé profond (tumeur sanguine érectile) ayant débuté 15 jours après la naissance, par une petite veine bleuâtre sur .le dos du nez qui prit rapidement les proportions que l\u2019on voit en deux mois et demi et qui menaçait d\u2019envahir toute la figure.La respiration de l\u2019enfant était déjà très gênée.La peau du nez était entièrement transformée en une masse vasculaire d\u2019un bleu violacé.Après six mois la peau était redevenue blanche, fine et satinée comme celle du front et des joues et le volume du nez était normal.La guérison se maintient après. 166 PANNETON Fig.2 7 Même cas.Avant le traitement.Après 5 séances de radiothérapie massive.Fig.3 Avant le traitement.Après 6 doses massives de radiothérapie.(Equivalant à 90 (Cas personnel).séances ordinaires).Sarcome d'origine naso-pharyngienne, opéré plusieurs fois et récidivant chaque fois.La tumeur interne remplit toute la gorge, la LA RADICTHÉRAPIE 167 moitié de la bouche, la narine droite et les sinus de la face.Toutes ces léions disparurent rapidement sous l\u2019effet de la radiothérapie intensive, excepté un petit noyau au fond du pharynx qui sera probablement le point de départ d\u2019une ouvelle récidive, difficile à vaincre en raison de l\u2019ancienneté de la lésion, de sa propagation et du nombre des récidives.Fig.4 Après 10 doses massives de radiothérapie.Equivalant à environ 150 séances quotidiennes).Dosage des Rayons X.L\u2019évaluation de la quantité de Rayons X ou de la dose, se fait le plus ordinairement au moyen de réactifs chimiques ayant pour propriété de changer de coloration quand ils sont soumis à l\u2019action du rayonnement.Ce sont les radiomètres, utilisant l\u2019effet Villard.La quantité de rayons X absorbés par les tissus se mesure encore en utilisant les phénomènes d\u2019ionisation, ou en comparant la fluorescence donnée par les rayons X à celle donnée à un même écran par un étalon choisi de radium.Ces procédés de dosage, bien qu\u2019encore imparfaits, puisqu\u2019il y entre un facteur personnel: l\u2019évaluation de la coloration, sont néanmoins très suffisants pour les besoins de la pratique courante quand ils sont exécutés avec soin. 168 PANNETON Ceux qui croient encore pouvoir s\u2019en passer privent leurs malades des bienfaits de la radiothérapie réellement intenive qu\u2019il est impossible de réaliser sans danger par l\u2019administration purement empirique de ces rayons.Dangers des Rayons X.Il existe deux dangers dans l'application des rayons X.Mais tous deux sont évitables.| Le premier tient a un exces de dose pouvant produire depuis la simple radiodermite aiguë jusqu\u2019à l\u2019ulcère de Rontgen grave difficilement curable.Cet accident est le plus souvent dû à l\u2019ignorance ou à la négligence de l\u2019opérateur.Il est facilement évitable par tout radiologiste sérieux connaissant bien son art.De fait, par l\u2019emploi d\u2019une technique bien précise et scientifique, ¢ ces aésitients d\u2019ulcération sont devenus tout à fait inconnus.; Le second danger tient au contraire à une dose insuffisante, surtout à ces très petites doses fractionnées et longtemps répétées.Elles peuvent affecter : | a) Les malades; b) Les médecins; ec) Les constructeurs d\u2019ampoules.Nous avons déjà vu comment les doses fractionnées souvent répétées, par leur action stimulante sur la cellule cancéreuse, pouvaient exciter la croissance de ces cellules déjà existantes.Nous n'y reviendrons pas.Nous ajouterons seulement qu\u2019appliquée au traitement d\u2019affections bénignes, la radiothérapie, méme a petites doses ne les transforme jamais en affections malignes.Par contre, les premiers expérimentateurs (médecins et ouvriers), non conscients des effets noscifs des Rayons X et par conséquent ne se protégeant pas contre eux, exposés tous les jours, pendant de longues années, à des doses trés fractionnées de radiations qui irritaient leur peau, ont fini par subir une dégénérescence cutanée qui a nécessité des amputations multiples et qui a souvent entrainé leur mort.La grande presse s\u2019est emparée de ces cas malheureux; elle a poussé un cri d\u2019alarme qui a retenti dans le peuple et même dans le public médical qui a gardé jusqu\u2019à aujourd\u2019hui ses préjugés, et il a jugé sans discussion une question dont il ignorait les éléments.Tout déplorables que soient ces fatalités imputables à la radiologie à ses débuts, nous sommes obligés de reconnaître qu\u2019elles n\u2019ont + - LA RADIOTHÉRAPIE 169 rien de comparable aux désastres qui ont uivi les premies essais d\u2019anesthésie générale par le chloroforme, l\u2019éther, etc, et les premières laparotomies.Ces désastres n\u2019ont pas empêché ces deux précieuses méthodes de survivre malgré les quelques risques qu\u2019elles font encore courir aux malades.Pour ce qui est des dangers des rayons X, les médecins possèdent aujourd\u2019hui des moyens pour leur protection et ceux qui pourraient encore en être victimes à bonne heure, ne le devront probablement qu\u2019à leur imprudence.Il n\u2019en est pas moins vrai que le fait d\u2019être tous les jours exposé aux radiations et pendant de longues années, constitue pour le médecin un certain danger.En résumé nous pouvons done dire que les rayons X, grâce aux bonnes techniques et aux moyens de protection actuels, sont absolument sans aucun danger pour le malade et beaucoup moins dangereux qu\u2019ils ne l\u2019étaient au début pour le médecin.Les accidents graves ne peuvent être imputés qu'à l\u2019ignorance ou à l\u2019imprudence du radiologiste.Ils ne donnent pas le cancer quand il n\u2019existe pas déjà et encore moins la tuberculose ou toute autre maladie, comme quelques uns l\u2019ont prétendu.Ils sont, de plus, tout à fait «ndolores, même aux doses les plus massives, leur application ne s\u2019accompagnant d\u2019aucune sensation quelconque.(à suwre) POUR GUERIR DE LA GRIPPE.Depuis l\u2019appariion de la grippe dans notre pays, tous les médecins ont cherché avec avidité le moyen le plus efficace de la traiter et de la guérir rapidement.Mais on ne s\u2019est pas préoccupé de la période de convalescence de cette maladie.Or aucune n\u2019épuise aussi vite et aussi complètement les sources vitales de l\u2019économie que cette maladie.I] faut donc leur donner de l\u2019air, de la nourriture et surtout un tonique qui stimule toutes les fonctions vitales de l\u2019organisme.Le Pepto-mangan (Gude) qui est une combinaison organique de pepto- nate de fer et de manganèse, est le tonique idéal dans ces cas.Il n\u2019est pas irriant, s\u2019assimile bien et est d\u2019un goût agréable. 170 CHRONIQUE PROPOS DE GUERRE (1) Prix de guerre En s\u2019arrêtant à Epernay, où ils volèrent une énorme quantité de bouteilles de champagne, les Allemands imposèrent à la municiz-alité une contribution de 175,000 francs, n\u2019accordant qu\u2019un délai de trois heures pour le versement de cette somme.Quelques jours plus tard, quand les troupes germaniques furent battues sur la Marne, le duc de Mecklemibourg fit transporter à Epernay son neveu, auquel une balle avait causé une double perforation d\u2019intestin.Les chirurgiens allemands ayant déjà pris la fuite de cette localité, le prince allemand, affolé, fit chercher un médecin français resté dans la ville champenoise : ce fut le docteur Véron qui fut désigné par la population.Le praticien, bien connu pour sa science, accepta de sauver le prince en danger de mort, sous trois conditions : la première, restitution ides 175,000 francs prélevés à la ville, pour prix de ses honoraires; la seconde, promesse qu\u2019il ne serait causé aucun dommage à Epernay, ainsi quà la population ; enfin, châtiment exigé envers deux soldats allemands ayant commis d\u2019odieux excès.Ces conditions furent acceptées.Un trésorier allemand versa, en pièces d\u2019or, la somme demandée par le docteur.Les soldats désignés furent immédiatement fusillés et la ville fut absolument épargnée.Quant à l\u2019opération, elle réussit et le jeune prince de Mecklem- bourg fut sauvé, grâce à la science du praticien français.La \u201cKamelote\u201d allemande.À Creil, existait la fabrique de la Compagnie française de couleurs d\u2019aniline, qui n\u2019était qu\u2019une filiale de la firme \u201cMeister Lucius et Bruning de Hoechst-am-Mein\u201d, au capital de 36 millions de marks.Elle fabriquait la Noovocaine, le Pyramidon, le 606 de triste mémoire, l\u2019Antipyrine, la Trigemine, ete.250 employés y étaient tous Prussiens (M.M., 3, 1, 13).Pour satisfaire à la loi française, cette usine marchait sous le couvert d\u2019un pharmacien français, qui, moyennant un traitement fixe, prêtait son nom et couvrait du drapeau français - (1) Ces faits sont empruntés à notre notre excellent confrère français \u201cla Chronique médicale\u201d de Paris. PROPOS DE GUERRE 171 la Kamelote allemande.Aujourd\u2019hui, nous laisserons de côté ce préte-nom et nous n\u2019apprécierons pas sa conduite douteuse, remettant a des jours meilleurs ce soin.Lors du passage des Allemands à Creil, l\u2019usine de Meister Lucius a été indemne de tout pillage ; elle n\u2019a été ni incendiée, ni saccagée, ni démolie, et cela est déjà un signe.Mais [habitation privée du directeur, qui était Français, n\u2019existe plus ! Pourquoi?C\u2019est que ce brave homme, au jour de la mobilisation, a Été avec ceux de sa classe garder les voies.N'est-ce pas singulièrement instructif, et une fois de plus ne sommes-nous pas fixés sur la mentalité teutonne ?Les soldats \u201cdopés\u2019 a l\u2019éther.Sur le front oriental, les Russes avaient remarqué avec quelle insouciance les soldats allemands avançaient contre eux ; ces hommes se portaient en avant sans hésitation aucune, sans même assayer de prendre les plus élémentaires précautions pour s\u2019abriter: ils marchaient droit devant eux, les yeux fixes, comme hypnotisés.Les médecins russes ont découvert le secret de cette bravoure allemande.Les soldats que l\u2019on fait généralement marcher en première ligne appartiennent à la landwehr, et ces pauvres diables agissent inconsciemment, car ils sont ivres d\u2019éther.Miais comment les soldats du kaiser pouvaient-ils s\u2019intoxiquer?On en a aujourd\u2019hui l\u2019explication.Pour détruire la vermine qui ronge les soldats allemands, les médecins avaient conseillé l\u2019emploi de l\u2019éther; or, parmi ceux qui en reçurent de leurs familles, beaucoup s\u2019en servirent pour un autre usage; aussi un avis affiché dens toutes les villes allemandes conseille-t-il aux populations de ne plus envoyer de flacons d\u2019éther aux troupes.dans leur intérêt même.Leurs intellectuels.Vous avez certainement parcouru cet extraordinaire manifeste; (1) jamais ne se vit pareil monument d\u2019infatuation mégalomaniaque.De partout sont venues les protestations; mais celle-ci, signée de Gustave Téry, est de la manière bien française, et nous en félicitons bien sincèrement notre distingué confrère, qui trouva ce jour-là une Tare veine d\u2019inspiration.(1) Le manifeste signé par 69 savants allemands qui approuvent les turpitudes de leurs soldats. 172 CHRONIQUE Après Adolf Lasson, ce professeur à l\u2019Université de Berlin, qui écrit sans rire: \u201cNous sommes, moralement et intellectuellement, supérieurs à tous, nous sommes hors de pair\u201d, voilà le professeur Ostwald, l\u2019apôtre de l\u2019ido, qui divague à son tour et confie gravement aux confrères de Stockholm: \u201cChez nous, Dieu le Père est réservé à l\u2019usage personnel de l\u2019empereur.\u201d Si bien que, d\u2019un bout à l\u2019autre de l\u2019univers, on commence à se demander, en toutes langues, sauf en ido: \u201cAh çà, ils sont donc tous timbrés, ces intellectuels allemands ?\u201d Ce n\u2019est peut-être pas la première fois que nous avons l\u2019occasion de nous en apercevoir.Rappelez-vous, par exemple, la K'olossale Kommtunication que vint faire chez nous, il y a une dizaine d\u2019années, au congrès international de la tuberculose, Son Excellence von Behring, l\u2019un des plus fameux signataires du manifeste des intellectuels boches.Il ne dit pas: \u201cJ\u2019ai découvert et je vous apporte le remède de la tuberculose.\u201d [Non, il déclara solennellement: \u201cDans trois ans, jour pour jour, j'aurai découvert le sérum qui la guérira.\u201d Et comme nous étions en ce temps-là un peuple de gobe-mouches, personne en France ne se permit de sourire; personne ne s\u2019aviss même de demander: \u201cComment diable peut-il nous prédire sa découverte avec cette précision mathématique?Pourquoi trois ans?Tient-il son sérum d\u2019une révélation surnaturelle?Est-ce que Dieu le Père est aussi dans l\u2019affaire?\u201d Non, pendant trois ans, la France et le monde entier attendirent, retenant leur souffle; et au bout de trois ans.Au bout de trois ans, on apprit qu\u2019avec tous.les égards dus à Son Excellence, on avait enfermé regpectueusement dans un maison de santé le professeur von Behring, atteint de mégalomanie.Il vient d\u2019en sortir pour signer le manifeste des intellectuels Qui sait?C\u2019est peut-être lui qui l\u2019a rédigé.Leurs savants.Certes, ils se flattent, de posséder un Virchow, qui découvrit la cellule, après Raspail; un Rontgen, qui, s\u2019il trouva les rayons X, devait à d\u2019autres, notamment Becquerel et Gustave Le Bon, le soin d\u2019en tirer parti.Ils ont eu de Humboldt, qui dépouilla Berthollet et Lavoisier; Haeckel, qui a pillé Lamarck et Geoffroy Saint-Hilaire.Qu\u2019est-ce, apres tout, que ces quelques noms, à côté de ceux de Pasteur, Berthelot, Claude Bernard, Ampère, Faraday, ete.?Et Branly et Marconi, et Darwin et lord Kielvin, sont-ce des noms germaniques, et qui leur oppose-t-on, de l\u2019autre côté du Rhin ? 173 Ils ont Koch et von Behring?Le premier rappelle une faillite (1) trop retentissante pour qu\u2019l soit utile d\u2019insister; quant au second, il était, vous venez de le lire, dans un asile d\u2019aliénés, quand on lui à présenté à signer le manifeste des intellectuels.Etonnons-nous, après cela, de l\u2019insanité de ce factum.Le récit d\u2019un prisonnier.Le Dr X., qui, après avoir été pris par les Allemands, au cours d\u2019une bataille près d\u2019Arras, a subi une longue et dure captivité, donne au Temps, avant de retourner sur le front, les détails suivants, sur son séjour dans un camp de prisonniers, sur les bords de la Bal- tique, où il fut retenu pendant près de deux mois, au mépris de la contravention de la Haye.Je fus logé avec huit autres médecins, qui avaient protesté vainement comme moi, sous une tente, dont le seul confort était un peu de paille éparse sur le sol: on nous donna, il est vrai, deux couvertures.Nous restâmes ainsi près de deux mois \u2014 exactement cinquante-huit jours \u2014 sans nous déshabiller.Nous ne touchions aucune solde, en dépit des conventions acceptées par l\u2019Allemagne à la Haye.Nlous avions seulement le droit de faire venir notre nourriture de la cantine, en payant avec l\u2019angent qu\u2019on nous avait laissé.Nous avons fini par être remis en liberté; mais quand nous avons demandé qu\u2019on nous rendît ce qu\u2019on nous avait pris, puisqu\u2019on nous relachait comme médecins et non combattants, on nous a ri au nez.\u201cC\u2019est la guerre ! C\u2019est la guerre !\u201d, répétaient les autorités militaires.Le respect de la Croix-Rouge.A Gommery, une ambulance avait été installée dans une maison : elle contenait de nombreux blessés, soignés par un médecin français.Lorsque les Allemands arrivèrent, ils mirent le feu à l\u2019ambulanre, sans permettre à aucun blessé de sortir.Ceux-ci essayèrent de se sauver par les fenêtres, mais les Allemands tiraient dès que l\u2019un d\u2019eux apparaissait.Le médecin de l\u2019ambulance, plutôt que de fuir, resta avec ses hommes.(1) La faillite de 1re tuberculose Koch, pour guérir la tuberculose. BIBLIOGRAPHIE MECANOTHERAPIE DE GUERRE \u2014On connaît le succès des numéros spéciaux de \u201cParis Médical.\u201d Malgré les difficultés créées par la guerre, le grand magazine médical français a tenu à ne pas pas en priver ses fidèles, \u2014 et s\u2019adaptant aux préoccupations du moment, il publie un numéro spécial sur la Mécanothérapie de guerre dont voici le sommaire: Physiothérapie et blessés de guerre, par le Dr Albert-Weil.\u2014 La mécanothérapie des raideurs articulaires consécutives aux blessures de guerre, par Sandoz.\u2014 Traitement mécanothérapique des atrophies musculaires consécutives aux blessures de guerre, par le Dr Faidherbe.\u2014 Indications pratiques de la mécanothérapie chez les blessés de guerre, par le Dr Hirtz.Electromécanothérapie dans lés suites de blessures de guerre, par le Dr Laquerrière.\u2014 Les moyens de fortune sn mécanothérapie, par le Dr Somen.\u2014 Un appareil original pour la mobilisation des doigts, par le Dr Laquerrière.Esvoi franco de ce numéro de 48 pages in-4 avec figures contre 1 frane en timbres-poste de tous pays, adressés à la librairie J.-B.Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.?.Te UN ALBUMINATE D\u2019PARGENT COMPOSE La Maison Parke-Davis vient de fabriquer un nouveau sel d\u2019argent qu\u2019elle nomme Silvol.C\u2019est un albuminate d\u2019argent, sous forme de paillettes à aspect métallique sombre rapidement soluble dans l\u2019eau.Il contient environ 20 pour cent d\u2019argent.Cette solution est stable, contrairement aux solutions habituelles d\u2019argent.Lorsqu\u2019on l\u2019applique sur les tissus elle ne coagule pas l'albumine et ne précipite pas les chlorures.On en conseille l\u2019emploi dans la blennorrhagie aiguë, les maladies du nez, de l'oreille, de la gorge et du vagin.INTERNAT A L\u2019HOPITAL NOTRE-DAME.Les jeunes médecins qui voudraient prendre avantage d\u2019une année d\u2019internat à l\u2019Hôpital Notre-Dame, sont priés de faire application au secrétaire de cette institution.B.G.BOURGEOIS, Secrétaire."]
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