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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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Références

L'union médicale du Canada, 1916-02, Collections de BAnQ.

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[" l\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PA RAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS aaa ao SEE © PSP PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN.# Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en chet Vol.XLV ler FERVIER 1916 No 2 Les Sociétés de Médecine Canadiennes- Françaises à Montréal.(!) Par le Dr B.G.BOURGEOIS, Président de la Société Médicale de Montréal, Professeur-adjoint de clinique chirurgicale, Chirurgien de l\u2019Hôpital Notre-Dame, En montant ce soir au fauteuil de la Société Médicale de Montréal, où votre amitié m\u2019a placé, je dois d\u2019abord m\u2019acquitter du très agréable devoir de vous remercier.Cette preuve que vous me donnez de votre estime, comme aussi ce témoignage de votre confiance, me touchent profondément et m\u2019imposent l\u2019engagement solennel de mettre mon entier dévouement et ma plus complète activité au service de notre Société.Ce n\u2019est pas sans appréhension toutefois que j'accepte la responsabilité dont votre bienveillance a chargé mes épaules et que je reçois l\u2019honneur que m\u2019ont conféré vos suffrages.Car, si mon amour-propre est satisfait du plaisir de présider, pendant cette session, à vos délibérations si intéressantes et toujours si courtoises, ma conscience voit plus loin; elle aperçoit, au delà des murs de cette enceinte, le champ d\u2019actions considérable qui s\u2019ouvre à l\u2019oeuvre de notre société et que cette dernière doit couvrir, au risque pour son président de ne pas remplir le mandat que vous lui aurez confié: Représentation extérieure compatible avec la dignité et l\u2019importance de la Société Médicale de Montréal ; organisation du travail scientifique et son orientation vers un maximum d\u2019efficacité et de progrès; développement du (1) Discours inaugural de la présidence, prononcé à l\u2019ouverture de la session 1916 de la Société Médicale. 46 SOCIÉTÉS MÉDICALES CANADIENNES-FRANÇAISES rôle social de la Société et collaboration, de plus en plus active, de celle-ci à la solution des grands problèmes qui intéressent la santé publique; sauvegarde de l\u2019honneur et des intérêts professionnels des membres de la profession.Voilà, je crois, le rôle qui incombe à la Société Médicale de Montréal ct à son président.| La tâche est lourde; elle dépasse mes modestes capacités et je n\u2019aurais pas osé l\u2019entreprendre si je n\u2019avais su pouvoir compter sur l\u2019aide éclairée de mon distingué prédécesseur comme sur celle du Conseil des anciens présidents qui, depuis la fondation de notre Société.ont consacré leur labeur et leur science à son développement constant et sur le dévouement infatigable de mes collègues du Bureau qui vont partager, avec moi, l\u2019honneur de diriger le travail de cette année.J\u2019ajoute que nous avons fondé sur votre très généreuse et très active collaboration, sans laquelle nous ne pouvons rien, l\u2019espérance de mener à bien notre mandat et la possibilité d\u2019organiser une session \u2018intéressante.utile et prospère.En effet, messieurs, vous êtes les seuls et véritables artisans de l\u2019ocuvre de la Société.C\u2019est de l\u2019effort de chacun de vous que sortira Peffort commun qui aboutit à l\u2019action collective.La Société Médicale n\u2019est que votre moyen d\u2019actions; elle est, entre vos mains, un instrument qui pourra produire les meilleurs effets si vous le voulez, mais il restera inerte et inutile si vous le laissez dormir.Malgré la sagesse de votre Conseil, malgré le dévouement et l\u2019activité de votre bureau, votre société ne sera toujours que ce que vous l'aurez faite vous-mêmes et c\u2019est vous qui porterez, en définitive, la responsabilité de ses échecs comme vous aurez le droit de vous approprier la gloire et le mérite de ses succès.ge ue Messieurs.puisque nous commençons aujourd\u2019hui une année académique nouvelle pendant laquelle nous avons tous l\u2019ambition de voir la Société Médicale de Montréal prendre un nouvel essor ct enrégis- trer de nouveaux succès, l\u2019occasion me semble bonne de jeter avec vous un regard rapide vers les origines de notre association.Peut-être que, saisissant l\u2019esprit qui a présidé à sa fondation et refaisant avec lui le chemin qu\u2019elle a parcouru, nous apprendrons à mieux connaître l\u2019oeuvre qu\u2019elle poursuit ct à l\u2019aimer davantage.Et ce pieux pélé- rinage.en plus des renseignements si précieux du passé, nous four- BOURGEOIS 47 nira probablement l\u2019occasion d\u2019acquitter des dettes de reconnaissance pour l\u2019effort fourni jusqu\u2019ici et celle de puiser de nouvelles forces pour les luttes de demain.Comme quelques-uns d\u2019entre vous le savent déjà, la Société Médicale n\u2019est pas la première association de médecins canadiens-français qui ait existée à Montréal; elle a succédé à deux ou trois autres qui ont antérieurement tenu leurs séances dans notre ville et dont elle a recueilli l\u2019héritage de continuer leur mission.En octobre 1871, quelques confrères de la métropole, ayant compris l\u2019importance de grouper les membres de la profession médicale afin de la rendre plus forte et plus respectée et dans le but de lui faire jouer la plénitude de son rôle dans un pays quasi-dénué d\u2019organisation sanitaire et où les préjugés populaires avaient presque force de loi.semployèrent à fonder la \u201cSociété Médicale de Montréal\u201d.Le but de cette société, développé dans la contitution votés le 20 octobre 1871, est le suivant: \u201c1° de cimenter l\u2018union qui doit régner entre les membres de \u201cla profession médicale.\u201c9° Je fournir aux médecins un motif de réunion et l\u2019occasion \u201cde fraterniser et de se mieux connaitre.\u201c3° de s\u2019instruire mutuellement par des lectures, des disceus- \u201csions et des conférences scientifiques.\u201c1° d\u2019engager tous ceux qui en feront partie à pratiquer mutuel- \u201clement tout ce que l\u2019honneur et la fraternité prescrivent aux membres \u201cd\u2019une même profession.\u201d (Union Médicale, janvier 1871.) Le 8 novembre de la même année, sous la présidence du Dr J.Emery Coderre, avec le Dr Georges Grenier comme secrétaire, elle tenait sa première assemblée régulière.Celles-ci devaient se succéder tous les quinze jours pendant l\u2019hiver et tous les mois pendan£ l\u2019été.M.le docteur J.W.Mount présenta la première pièce anatomique, \u201cune môle hydatiforme\u201d, et fut le premier conférencier.Les vingt-sept confrères, dont les noms suivent, signèrent la constitution ct reçurent le titre de membres fondateurs: MM.les docteurs J.Emerv Coderre, A.Difgas, J.W.Mount, L.A.E.Desjardins, À.T.Brosseau, Georges Grenier, J.C.Poitevin, Lis.B.Durocher, Albert Villebon, \u20ac.O.Bruneau, A.Rollin, J.P.Rottot, J.M.A.Perrin, AA Meunier, Luce Quintal.B.II.Leblanc, P.I.Plante, A.Dage- nais.L.J.P.Desrosiers, IT.Peltier, A.Ricard, A.Deschamps, D.Bondy, IE.Robillard. 48 SOCIÉTÉS MÉDICALES CANADIENNES-FRANÇAISES La société faisait du recrutement non seulement à la ville mais aussi à la campagne et sur les cinquante sept membres actifs, qu\u2019elle comptait à la fin de sa première année, vingt n\u2019étaient pas de Montréal.La cotisation annuelle était de un dollar mais l\u2019on visait surtout à grouper des travailleurs sincères comme l\u2019atteste cette résolution, votée dès les premières séances, et dont nous pourrions, de nos jours, faire notre profit: \u201cTout médecin, reçu membre de la Société, sera tenu de faire, dans les premiers six mois après sa réception, un travail sur un sujet de médecine.\u201d De plus la Société Médicale s\u2019appuyait sur \u201cl\u2019Union Médicale\u201d fondée quelques mois auparavant et à qui incombait la tâche de faire connaître ses travaux parmi la profession de la province.Comme vous le voyez, l\u2019organisation était sérieuse, elle ne tarda pas à produire des résultats.Au cours des vingt-deux séances de sa première session, la Société recherche les moyens efficaces de protection contre les maladies contagieuses, elle emploie son influence à la réorganisation du Bureau de santé de la ville, elle consacre plusieurs séances à l\u2019étude de la valeur de la vaccination contre la variole.Les préjugés populaires sont alors très montés contre cette méthode préventive, elle a même des adversaires sérieux parmi les membres de la Société, la profession médicale, d\u2019une façon générale, est perplexe et hésitante; il en résulte des discussions acerbes et longues.Finalement la lumière se fait, les statistiques, savamment analysées, parlent, et la méthode vaccinale est endossée par la Société Médicale à la \u201cquasi-unanimité de ses membres\u201d.Enfin la même année, la Société rédige et fait adopter par ses membres un tarif médical que nous serions très heureux de voir appliquer encore aujourd\u2019hui, tant il paraît raisonnable et bien compris.Pendant sa deuxième année, la Société Médicale enrégistre de nouveaux succès; à côté des études scientifiques, variées et intéressantes, elle fait encore une large place aux questions d\u2019intérêts professionnels.Elle consacre plusieurs séances à l\u2019étude du \u201cbill de l\u2019anatomie\u201d, elle appuie et fait adopter, par la législature, l\u2019amendement suivant qui régit de nos jours encore la distribution des sujets d\u2019anatomie : \u2018Les cadavres des personnes trouvées mortes et exposées publi- \u201cquement ou de celles qui, immédatement avant leur décès, étaient à \u201cla charge de quelque institution publique, recevant une subvention BOURGECIS 49 \u201cdu gouvernement provincial, seront livrées aux personnes désignées \u201cci-après, à moins qu\u2019ils ne soient réclamés, dans le temps ordinaire \u201cpour l\u2019inhumation, par des parents pas plus éloignés, que le second \u201cdegré et tel degré de parenté sera affirmé par le serment du réclamant.\u201d Cette nouvelle législation assurait aux étudiants en médecine un approvisionnement de \u201csujets\u201d abondant et facile et faisait disparaître le malaise créé, dans les milieux médicaux et dans le public, par les risques et l\u2019indécence de l\u2019état de choses antérieur.Messieurs, ce n\u2019est pas mon intention et je n\u2019ai pas le temps, dans ce court entretien, de vous rapporter le travail accompli chaque année par cette Société.Qu\u2019il me suffise d\u2019ajouter qu\u2019elle continua jusqu\u2019en 1884 les succès que nous avons vus couronner ses premiers pas.- En dehors de l\u2019essor qu\u2019elle s\u2019est efforcée de donner à l\u2019avancement scientifique, elle semble avoir toujours consacré une attention spéciale aux questions d\u2019intérêts publics et professionnels.Elle a fait, dans ce domaine, un effort certainement remarquable, dont nous avons profité et pour lequel nous lui devons de la reconnaissance.Elle employa son influence à encourager la formation de sociétés médicales dans chaque district de la province.Trois-Rivières, Saint- Hyacinthe, Iberville, Joliette un peu plus tard, répondirent à son appel et fondèrent des associations médico-chirurgicales dont quelques- unes existent encore et ont, plus d\u2019une fois, fait sentir leur influence en faveur de la profession.Elle voulut, sans réussir malheureusement, la création d\u2019une Association générale, formée par une délégation de toutes les sociétés locales canadiennes-françaises, pour \u201cforcer la législature à s\u2019oceuper \u201cdes intérêts de la profession et à adopter les réformes réclamées \u201cdepuis longtemps.\u201d | A partir de 1884, affaiblie sans doute par la perte de quelques- uns de ses membres les plus dévoués, souffrant de l\u2019apathie qui s\u2019était cemparé d\u2019un certain nombre des autres, la Société Médicale perdit graduellement son activité et sa vitalité, Ses séances, moins suivies, devinrent irrégulières, espacées, totalement suspendues pendant des temps assez longs, les rapports qu\u2019on en lit dans les revues n\u2019ont plus la clarté ni la valeur analytique de ceux des années antérieures.Elle fut finalement emportée, en 1887, dans la tourmente déchaînée, au sein de notre profession, par la controverse Laval-Victoria.On peut dire d'elle que, fidèle à son programme, elle fit à son époque du bon travail et heaucoup de bien à la profession et à la société en 50 SOCIÉTÉS MÉDICALES CANADIENNES-FRANÇAISES général.A ceux qui la fondèrent, comme aux autres qui y travaillèrent dans la suite, je suis heureux de payer ce soir un tribut de reconnaissant souvenir.% = we En novembre 1888, l\u2019Union Médicale présente à la profession la \u201cSociété de Médecine pratique de Montréal, fondée, avec le concours \u201csimultané et collectif des professeurs des Universités Laval et Vic- \u2018toria, pour essayer de rétablir, parmi les membres de la profession \u201cunion si désirable au point de vue de la science et de la confrater- \u201cnite.\u201d Les \u201cquestions de clochers\u201d qui ont amené la perte de la première société médicale sont mises de côté, les rancunes individuelles sont oubliées, les coteries ont disparu ; tous, à l\u2019exemple de leurs maîtres des facultés, doivent joindre l\u2019effort commun et travailler à \u201cl\u2019avan- \u201ccement des sciences médicales et à l\u2019étude de la médecine au point \u201cde vue pratique.\u201d Les assemblées seront bi-mensuelles et le premier bureau est composé comme suit: Président: Dr W.H, Hingston.V.-président: Dr A.T.Brosseau.Secrétaire: Dr A.A.Foucher, Trésorier: Dr L.J.V.Cléroux.Conseillers: Dr E.P, Lachapelle, Dr A.Lamarche, Dr J.A.S.Brunelle.\\ La première séance a lieu le 26 octobre 1888 et les autres suivent régulièrement pendant deux ans.La société de médecine pratique ne paraît pas s\u2019être occupée beaucoup des questions d\u2019intérêts professionnels et d\u2019ordre public.Celles-ci n\u2019apparaissent pas à son programme et les rapports des séances ne les mentionnent pas.Tout au plus voyons-nous qu\u2019elle a eu l\u2019intention de réunir en congrès annuels tous les médecins canadiens- français de la province mais rien n\u2019indique qu\u2019elle ait fait des démarches sérieuses pour la réalisation de ce projet.La contribution purement scientifique, par contre, dut être assez généreuse, les questions de spécialités surtout, ophtalmologie, gynécologie, histologie, figurent aux programmes et semblents\u2019être partagé les faveurs de l\u2019assistance.La vie de cette société fut courte; en 1889 les séances devinrent rares et ,en décembre 1892, on retrouve la trace de la dernière tentative faite pour la réorganiser, M BOURGEOIS 51 Effort généreux et pacificateur mais entrepris dans un temps d\u2019ébullition et de luttes où les esprits se trouvaient forcément détournés du mouvement scientifique, nous devons regretter qu\u2019il n\u2019ait pas été compris et que la profession n\u2019ait pas voulu profiter de cet élément de force et de progrès qu\u2019eut pu être, pour elle, la \u201cSociété de Médecine pratique.\u201d ew we Ce serait manquer à la justice que de ne pas mentionner, dans cet exposé rapide, le vaillant effort et la généreuse contribution apportés au mouvement médical de l\u2019époque par l\u2019Association des Internes de l'Hôpital Notre-Dame.Cette société, de caractère plutôt privé et exclusif puisqu\u2019elle limitait son recrutement parmi les internes actuels et anciens de l\u2019Hôpital, fut fondée le 21 mars 1889, sous la présidence du Dr Desrosiers, avec le concours précieux et fécond du regretté professeur Michel Thomas Brennan.Elle a tenu, jusqu\u2019en 1897, des séances mensuelles qui ont été, en quelque sorte, le journal\u201d fidèle des travaux exécutés dans les différents services de l\u2019Hôpital.N\u2019aurait-elle eu d\u2019autre mérite que celui de se maintenir à une époque difficile, contre laquelle n\u2019avaient pu lutter ni la Société Meé- dicale ni la Société de Médecine pratique, l\u2019Association des internes aurait droit à notre admiraton ; elle eut, en plus, celui de développer et d\u2019entretenir le goût de l\u2019étude chez les jeunes, dont elle fit des adeptes du mouvement scientifique et des recrues enthousiastes pour la Société Médicale actuelle qui allait bientôt surgir.ge we ue Messieurs, permettez-moi d\u2019ouvrir ici une parenthèse pour vous dire un mot de l\u2019Institut Médical\u201d.Cette association, composée d\u2019étudiants en médecine, n\u2019appartient pas à l\u2019évolution médicale que nous esquissons ce soir, mais elle peint bien, il me semble, l\u2019esprit du temps, contemporain des bonnes années de la première Société Médicale, et qui contraste assurément avec celui que nous retrouvons aujourd\u2019hui.L\u2019\u201cAbeille Médicale\u201d nous apprend que cet \u201cInstitut\u201d fut fondé le 29 novembre 1879, sous le patronage de l\u2019Université Victoria de Montréal, \u201cdans le but de développer le raisonnement de l\u2019élève et de \u201ccompléter ainsi le travail de sa mémoire.\u201d \u201cIl est facile de se convaincre, écrit ce journal, de l\u2019utilité d\u2019une association ayant pour but de forcer, pour ainsi dire, l\u2019élève à venir, de temps à autre, exposer en public le profit qu\u2019il a pu tirer des le- 52 SOCIÉTÉS MÉDICALES CANADIENNES-FRANÇAISES cons de ses maîtres ou des études personnelles faites chez lui et au lit des malades, C\u2019est là l\u2019avantage que présente \"Institut Médical.\u201d \u201cChacun est appelé tour à tour à lecturer, à discuter, à faire part en un mot de ses observations.Enfin la tribune est libre.\u201cN\u2019est-ce pas là un excellent moyen, présenté à l\u2019étudiant en médecine, pour raisonner les connaissances qui doivent orner sa me- moire.\u201d Au cours de la session 1879-80, l\u2019Institul Médical a tenu dix réunions et a recruté 43 membres; l\u2019affluence aux assemblées a été remarquable, un bon nombre de travaux ont été lus, parmi lesquels je relève les titres suivants: de l\u2019éclampsie puerpérale, \u2014 des hémorragies passives et actives.\u2014 sur le médecin et le charlatan, etc.Je ne sais ce que fut exactement l\u2019existence de l\u2019Institut Médical, mais je vois que, le 23 octobre 1881, il faisait encore l\u2019élection de ses officiers pour la session 1881-1882.À nos élèves de 1916, je lègue, en passant, ce souvenir de leurs anciens ! Puissent-ils y voir l\u2019avantage de marcher sur ces traces édifiantes ge we % Mais les sociétés de médecine que nous venons d\u2019étudier avaient créé, en disparaissant, un vide que la profession\u201c ne supportait pas sans malaise.Privée de l\u2019influence bienfaisante que ces dernières avaient incontestablement exercée sur les destinées de la population médicale, celle-ci appréciait, maintenant, cette influence d\u2019autant plu- qu\u2019elle n\u2019avait plus, à sa tête, personne qui pût personnifier son autorité et parler en son nom, Au progrès des dernières années avait succédé la stagnation; à la cohésion organisée, l\u2019anarchie individuelle.La profession médicale d\u2019une ville importante et progressive comme Montréal se trouvait dans une position fausse ; on le comprit et quelques rudes travailleurs s\u2019imposèrent la tâche de rétablir l\u2019état des choses.| En 1896 apparaît le \u201cComité d\u2019études médicales\u201d, groupe d\u2019amis aimant l\u2019étude ct le travail et désireux de s\u2019instruire les uns les autres en mettant à profit l\u2019abondante moisson des services hospitaliers ct les connaissanecs spéciales de quelques uns d\u2019entre eux sur les différentes branches de la médecine.M.Amédée Marien fut l\u2019instigateur ct le fondateur de la nouvelle ass-ciation et les premiers travaux se firent sous son toit.Possédant alors la puissance d\u2019organisation et la ténacité qu\u2019on lui reconnaît BOURGEOIS 53 encore aujourd\u2019hui, arrivant de plus au momment où tous les esprits soupiraient après une semblable organisation, il devait imprimer à son oeuvre un développement progressif et fécond.MM.Cléroux, Barry, Boucher, Jeannotte, Fortier, Chartier et Picotte furent ses premiers compagnons et élèves.\u201cPuis MM.L.A.Demers, Henri Hervieux, E.P.Benoit, À.À.Foucher, J.E.Dubé, Albert LeSage, E.G.Dagenais, J.H.Garceau, L.J.V.Cléroux, O.F.Mercier, T.Parizeau joignirent bientôt la vaillante phalange.Ils lui apportèrent le prestige de leur personnalité scientifique et l\u2019appoint de leur haute érudition; du coup le Comité d\u2019études prenait une importance considérable.On se réunissait à l\u2019Université Laval deux fois chaque semaine, dans le but \u201cd\u2019étudier ensemble, au laboratoire, la partie technique \u201cJes sciences médicales et de se tenir au courant du progres scienti- \u201cfique par des communications, des conférences et des présentations de \u201cpièces histologiques.\u201d \u201cLes réunions du mardi sont consacrées exclusivement aux tra- \u201cvaux de laboratoire et les membres seul du Comité s\u2019exercent à ces \u201ctravaux pratiques.Mais tous les médecins.qui désirent prendre part \u201caux discussions scientifiques ou entendre les conférences, sont cha- \u201cleureusement invités aux réunions du jeudi.\u201d (Union Médicale, 1898) Pour ménager les sûsceptibilités et pour éviter les rivalités qui avaient contribué à la châûte des sociétés antérieures, on eut soin de mettre tout le monde sur le même pied, Pas de bureau, pas d\u2019officiers permanents! On élisait, chaque soir, le président de la prochaine assemblée ct le choix portait successivement sur tous les membres: de sorte que, appelés tous à l'honneur, tous se faisaient un devoir d\u2019être à la peine, et cette manière de faire, au début, fut certainement un stimulant remarquable.Répondant à un besoin, le comilé d\u2019éludes médicales prit un développement rapide et son influence grandissante ne tardait pas à se faire sentir.La qualité et l\u2019abondance de ses travaux, le caractère pratique qu\u2019on s\u2019efforcait de leur donner, attiraient chaque jeudi de nouveaux adeptes ct de nombreux auditeurs.L'activité générale des membres et le dévouement de tous alimentaient abondamment le programme des séances.Bientôt, le comité d\u2019études fut assez fort pour ambitionner de parler au nom de la profession et promouvoir les intérêts decelle-ci.Aussi, dans le but d\u2019élarglr ses cadres et d\u2019ouvrir à son activité des horizons nouveaux, résolut-on de l\u2019organiser en une association régu- 54 SOCIÉTÉS MÉDICALES CANADIENNES-FRANÇAISES lière et, le 9 octobre 1900, il devint \u201cLa Société Médicale de Montréal\u201d Cette société naissait forte et robuste puisqu\u2019elle gardait, sous son nouveau nom, la vitalité du comité d\u2019études médicales et qu\u2019elle conservait à sa tête ces mêmes hommes qui, depuis 1896, avaient travaillé si efficacement à son édification.Le regretté professeur Hervieux fut le premier président et ME.G.Dagenais le premier secrétaire.MM.L.A.Demers, J.E.Dubé, C.N.Valin, O.F.Mercier, R.Boulet, A.Marien, Albert LeSage, T.Parizeau, E.St-Jacques, E.P.Benoit, S.Boucher, J.Décary, A.D.Aubry, E.G.Asselin se partagèrent successivement, après lui, les honneurs de la présidence et surent conserver à la Société l\u2019élan des premières années.MM.Benoit et Hervieux ont écrit, dans l\u2019Union Médicale d\u2019avril 1911, des pages que je vous engage à relire.Vous y verrez, racontés par ceux-là même qui y assistèrent, les débuts et l\u2019évolution des premiers temps de la Société.Jusqu\u2019aujourd\u2019hui celle-ci n\u2019a pas cessé de grandir et de prospérer d\u2019une façon générale, Son travail scientifique a été considérable grâce à l'effort soutenu et inlassable des ouvriers de la première heure, aidés des nombreux collaborateurs inspirés paz leur bel exemple.Dans le domaine social comme dans celui des intérêts professionnels, la Société Médicale a joué un rôle dont l\u2019étendue a dépassé même celui de son développement scientifique.Elle s\u2019est intéressée à toutes les questions d\u2019hygiéne qui, ces derniéres années, se sont imposées à l\u2019attention des autorités compétentes et elle a travaillé à la solution de plus d\u2019un de ces problèmes sociaux.À plusieurs reprises, les commissions municipales d\u2019hygiène ont demandé sa collaboration directe pour étudier, notamment, les améliorations à apporter dans le fonctionnement du \u201cBureau de santé de la ville\u201d, les moyens de diminuer la mortalité infantile et ceux de pourvoir la ville d\u2019un approvisionnement de lait pur et d\u2019eau potable.La Société Médicale s\u2019est encore prononcée pour la déclaration obligatoire des maladies contagieuses et pour la réglémentation de la vente des médicaments toxiques et brevetés.Elle a eu, dernièrement, la satisfaction de voir le gouvernement d\u2019Ottawa créer le \u201cBureau de la réglémentation des drogues brevetées\u201d dont notre collègue et ami, M.le Dr J.A.Magnan a été fait directeur pour tout le Canada. BOURGEOIS 55 Elle a fait de plus le procès des méthodes employées dans la pro- cluction et la distribution du lait et suggéré des réformes qui ont produit des résultats appréciables.Elle a employé son influence pour obtenir, de la législature, la création d\u2019Experts près les tribunaux, la fondation, à Montréal, d\u2019un laboratoire d\u2019expertises médico-légales et l\u2019organisation sanitaire de la province en 10 districts, chacun sous la surveillance d\u2019un hygiéniste expert.Je m\u2019arrête, Messieurs, de peur d\u2019être long, mais je pourrais continuer longtemps encore cette nomenclature édifiante qui nous montre l\u2019importance du rôle social de notre Société et l\u2019influence qu\u2019elle a prise auprès des autorités et du public.Aux intérêts professionnels elle a fait toujours une large place: Contribution à la législation du Bill Roddick, opposition au bill des charlatans, adoption, en principe, de la réduction du nombre des gouverneurs et de la rédistribution des collèges électoraux.Unissant ses efforts à ceux de la Société Médicale de Québec, elle réalisait en 1901, en collaboration avec celle-ci, la fondation de l\u2019Assoctation des médecins de langue française de l'Amérique du Nord, ce rêve, amplifié, des premières Sociétés Médicales.Enfin, par son exemple comme par son action directe, elle a favorisé le développement des sociétés médicales par toute la province.Bref, Messieurs, la Société Médicale, depuis sa fondation, a joué un rôle important sous tous les rapports, elle continue d\u2019occuper dignement sa place à la tête de la profession et ses fondateurs, dont nous comptons encore plusieurs parmi nous, ont raison d\u2019être fiers de leur oeuvre et ont droit à nos reconnaissantes félicitations.wow w Il y a quelques années, en 1909 je crois, les médecins de St-Henri, de Ste-Cunégonde et des quartiers environnants entreprirent la fondation d\u2019une société de médecine qui pût prendre en main le développement scientifique et les intérêts professionnels des confrères de leur arrondissement, Cette société fut baptisée \u2018l\u2019Assoctation Médicale de l\u2019ouest de Montréal\u201d et eut une existence éphémère.Après quelques \u2018séances assez intéressantes, des questions d\u2019intérêt personnel mirent la désunion parmi ses membres et dispersèrent ses plus dévoués adeptes.wo ge - ow 20 SOCIETES MEDICALES CANADIENNES-FRANCAISES Messieurs, la Société Médicale, nous venons de le voir, a un passé qui lui crée des obligations et des responsabilités qui nous rendent son existence absolument précieuse, Aussi le Bureau de 1916 a-t-il pris la résolution ferme de grouper les efforts pour la maintenir dans la voie du progrès et de l\u2019avancement.Le bilan que je viens d\u2019exposer devant vous atteste une vitalité florissante, mais, pour que celle-ci ne faiblisse pas, il faut que la société puisse compter encore pendant longtemps sur les éléments qui ont fait sa force jusqu\u2019ici: l\u2019assiduité aux séances et une contribution scientifique abondante.Je regrette d\u2019avoir à le dire, mais pour un oeil exercé, il existe, sous ce rapport, des signes inquiétants au sein de notre association.L\u2019amour du travail a certainement diminué parmi nous, il n\u2019est plus aussi général qu\u2019autrefois et on ne le rencontre que chez un petit nombre de membres, une vingtaine à peu près.Une apathie dangereuse s\u2019est emparée d\u2019un bon nombre de sociétaires, tandis qu\u2019un fond de timidité, dont nos jeunes collègues ne savent pas se départir, paralyse des bonnes volontés et nous prive d\u2019un concours précieux.Je vois que depuis quelques années l\u2019assistance moyenne aux assemblées a baissé graduellement ; de 38 en 1902, elle est tombée à 24 en 1915.Les communications se font aussi plus rares et la collection en devient de plus en plus difficile.Cette année même, ce que l\u2019on avait encore jamais vu, la société a dû perdre deux ou trois séances régulières, faute de matériel à mettre au programme.Messieurs, sous des dehors florissants, la Société est rongée par le mal de l\u2019indifférence et nous devons l\u2019en débarrasser rapidement, au risque de voir son oeuvre paralysée et son existence fortement compromise.Le remède?Il réside dans la juste conception de vos devoirs comme sociétaires et dans votre ferme volonté de les accomplir.Je parle de vos devoirs comme socié*aires, je devrais plutôt dire comme médecins.En effet, la Société Médicale n\u2019est pas l\u2019organe de ses seuls membres, elle parle et agit au nom de tous, et c\u2019est la profession entière qui profite de son travail, de sa protection et de son influence.Aussi bien, ne puis-je constater sans étonnement que, sur les six cents médecins canadiens-français de Montréal et des environs, cent- soixante seulement aient songé à s\u2019enrégimenter sous la bannière de notre Société et je voudrais que tons nos confrères de la métropole entendent l\u2019invitation pressante, que je leur fais ce soir, de reconnaître BOURGEOIS 57 enfin une erreur préjudiciable à leurs intérêts et de ne plus différer leur adhésion à notre association ; ils accompliront en plus un devoir de reconnaissanec envers celle-ci.En effet, si la Société a besoin de notre appui moral et matériel pour accomplir sa tâche, nul ne peut nier que la fréquentation des confrères distingués, qui se réunissent dans cette salle, lui sera utile et agréable: on ne vient jamais à la Société Médicale sans apprendre quelque chose ! Il faut donc que l\u2019on prenne l\u2019engagement d\u2019assister plus souvent aux assemblées.La Société compte aujourd\u2019hui cent-soixante membres et je crois rester dans la mesure en affirmant qu\u2019une cinquantaine au moins de ceux-ci pourraient se rendre aux réunions bi-mensuelles.Ce serait le meilleur stimulant à servir à ceux qui travaillent.Rien n\u2019est démoralisant, en effet, pour celui qui doit consacrer plusieurs heures de son temps à \u2018des recherches bibliographiques ou à une rédaction, que la perspective de rendre compte de son labeur dans une salle presque déserte.De plus, en toutes choses l\u2019exemiple est précieux mais il l\u2019est davantage s\u2019il vient de plus haut et je prends occasion de la circonstance pour dire à nos ainés que leurs apparitions, parmi nous, se font trop rares.C\u2019est à eux, à ceux qui ont fondé la Société et qui sont aujourd\u2019hui dans l\u2019épanouissement \u2018de leur activité intellectuelle, comme à ceux qui sont parvenus aux sommets de la renommée et de l\u2019expérience, qu\u2019il appartient de venir souvent nous faire profiter de leur érudition.L\u2019égoïsme est un défaut que la profession médicale, véritable milieu de dévouement continuel et de générosité inlassable, n\u2019admet pas chez elle.Lorsque l\u2019on a acquis la science médicale c\u2019est un devoir de la communiquer aux autres.Il faut donc que les hommes d\u2019expérience et de savoir viennent ici pour amorcer et diriger les discussions scientifiques.Ce qui, à mon sens, a le plus aidé au développement de la première société médicale, ce fut le soin que l\u2019on a donné aux discussions ; celles-ci sont rapportées au long dans les rapports de l\u2019Union Médicale du temps et elles sont marquées du cachet de la plus soigneuse préparation.Or, vous l\u2019avez remarqué vous-mêmes, chez nous il n\u2019existe presque plus de discussion et la critique se résume souvent à quelques compliments banals, qui peuvent faire plaisir mais ne donnent pas aux comimunications leur complément naturel, (9514 CO SOCIÉTÉS MÉDICALES CANADIENNES-FRANCAISES Je voudrais ensuite une répartition plus générale et plus généreuse du travail.Une vingtaine à peine de nos membres trouvent, chaque année, le moyen de nous présenter quelquechose.Les chirurgiens, d\u2019ordinaire,, fournissent une contribution satisfaisante, mais les médecins se font trop souvent tirer l\u2019oreille.Et cependant ils sont la majorité parmi nous.et leurs travaux sont de ceux qui pourraient profiter au plus grand nombre.Il est donc à désirer que des sujets de médecine et d\u2019obstétrique soient plus souvent traités devant nos auditoires ; ce sera, je crois, le meilleur moyen d\u2019assurer des assistances nombreuses et de stimuler un recrutement désirable.Ceci n\u2019implique pas que l\u2019on doive faire toujours des communications de haute envergure, qui traitent de questions spéciales, rares et qui demandent des recherches laborieuses.Les observations les plus simples, les notes cliniques qui se dégagent de la fréquentation journalière des malades, les pièces anatomiques qui illustrent bien certaines prétentions cliniques, intéressent tout autant et plaisent souvent davantage.Les services hospitaliers, comme les clientèles personnelles, fournissent un matériel d\u2019étude et d\u2019observation abondant: Qu\u2019on en sache profiter davantage et qu\u2019on en fasse profiter les autres! Messieurs, en terminant, je ne puis que vous réitérer mon espoir de trouver, en vous tous, des collaborateurs dévoués, plus dévoués encore que vous ne l\u2019avez été pour mes prédécesseurs.Que les vieux membres comprennent bien la persistance de leurs devoirs envers la Société qu\u2019ils ont mise au monde, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aient formé la phalange qui doit continuer leur oeuvre! Mais que les jeunes surtout, s\u2019armant d\u2019audace scientifique, s\u2019entraînent graduellement à remplacer ici ceux à qui ils ambitionnent de succéder un jour dans le monde professionnel et la Société Médicale de Montréal sera assurée de trouver toujours, dans son sein, les éléments nécessaires à son succès et au développement de son oeuvre ! Montréal, 18 janvier 1916. INTERETS PROFESSIONNELS \u201c MERCANTILISME ET MEDECINE\u201d.\u201cC\u2019est devenu presque une banalité de dire que le mercantilisme commence à déteindre, d\u2019une façon alarmante, même dans nos milieux réputés catholiques, sur un trop grand nombre d\u2019esprit, chez lesquels il paraît tenir lie, à certaines heures, de tout principe et de toute philosophie.On tend, de plus en plus, à juger toutes choses du point de vue des écus sonnants, à faire de toute question une simple question d\u2019affaires.S\u2019il fallait en croire une certaine opinion, les vieilles lois de la morale catholique, lourdes à porter pour les arrivistes et les faiseurs, qui regardent la fortune non pas comme un moyen au service du bien, mais comme le terme de toutes les jouissances, devraient abdiquer de leur rigueur devant les prétendues exigences commerciales, sinon toujours leur céder le pas.\u201d Tel est le début d\u2019un premier-Québec de l\u2019Action Catholique en date du 24 décembre 1914, traitant de l\u2019Immunité réelle des biens de l\u2019Eglise.Qu\u2019est-ce au juste le mercantilisme ?Larousse le définit: passion âpre au gain.Ainsi compris, peut-on dire que ce mal social affecte la profession médicale ?Question épineuse et de nature à soulever bien des récriminations.Quoiqu\u2019il en soit, quiconque veut observer un tant soit peu, n\u2019hésite pas à conclure avec moi que la profession médicale souffre, et sérieusement, de ce mal qui semble vouloir atteindre, en ce siècle de vie intense, toutes les classes de la société, voire même celles qui, de par leurs foncfions spéciales, devraient en être les plus indemnes.Dans le cours de cet article, je me limiterai à considérer les ravages que.fait le mercantilisme au sein de la profession médicale et pour ce faire, je tâcherai de prouver que le mal existe en le diagnostiquant au moyen des symptômes qu\u2019il présente.Au curs de septembre dernier, le Dr A.J.Boisvert, de Plessis- ville, faisait une conférence devant la société médicale du district d\u2019Arthabaska.Ce jour-là, le conférencier traitait avec succès devant ses confrères, le sujet toujours d\u2019actualité, et toujours épineux, de la déontologie médicale.Au chapitre des rapports du médecin avec le publie, le conférencier effleurait avec délicatesse cet aspect de la 60 | DESJARDINS question.C\u2019est alors que j\u2019eus l\u2019idée de traiter plus à fond la question, mais je temporisais toujours quand je lus l\u2019autre jour cet article de l\u2019Action Catholique.Qui de vous n\u2019a pas rencontré ce médecin affairé tout le jour qui n\u2019hésite pas à sacrifier le temps qu\u2019il devrait honnêtement consacrer à étude ou à la lecture médicale, à bâcler des affaires ou à tenir directement ou indirectement un commerce quelconque ou à se livrer tout entier à la fièvre de la spéculation.Pour lui, être médecin est une position sociale et rien de plus.Il ne voit dans son client qu\u2019un être bon à tondre le plus et le plus longtemps possible, sans même se donner la peine de le bien examiner et de le faire bénéficier de ses connaissances.Et c\u2019est ici que se trahit cette passion Apre du gain.Il faut voir cette mise en scène pour éblouir (pour ne pas me servir du mot: emplir) son client et cette thérapeutique de tout hasard.Cette mise en scène comprend tout d\u2019abord le boniment usuel où figure en première ligne la gravité du cas.À entendre notre homme, le cas est des plus graves et le client se présente déjà bien en retard pour se faire soigner; aussi ce sera un prodige que de le guérir,.prodige que notre médecin saura accomplir, sans aucun doute.Et puis ce sera bien long; il faudra bien des visites ou revenir souvent au bureau.Encore heureux quand ce médecin ne commence pas par déblatérer contre le confrère que le client aura déjà consulté.C\u2019est le type du médecin \u201cTant-Pis\u201d.Et vous comprenez que le client ainsi chauffé à blanc est une bonne poire pour le médecin, aussi s\u2019en retourne-t-il avec un assortiment considérable de potions, en grandes et en petites bouteilles, d\u2019elixirs, rouges ou blancs, de tablettes, couvertes en chocolat ou en gélatine, en comprimés ou autres, de cônes vaginaux ou de suppositoires, etc.sanf aucune recommandation hygiénique ou alimentaire.Voilà ce qui révèle le mercantilisme : faire de l\u2019argent à tout prix, sans s\u2019oceu- per que le patient retire aucun soulagement ou la guérison de tout cet arsenal de remèdes.Et ceci est plus commun qu\u2019on ne le croit généralement.Et les vieux praticiens, de la campagne surtout, n\u2019en croient guère leurs veux.Que dire maintenant de ces médecins qui débitent, l'année durant, un stock considérable de ces remèdes à la mode ?\"el celui, vivant dans une localité en somme assez modeste, ayant à ses côté trois autres confrères, qui trouve le tour d\u2019écouler facilement le sirop d\u2019hémoglobine par douzaine de grosses, le Ferrogen en même proportion ainsi que maintes grosses de sirop aux hypophosphites, MERCANTILISME ET MÉDECINE 61 elixir de glycerophosphates, etc., enfin qui font un chiffre d\u2019affaires (comme on dit dans le commerce) variant de sept à huit mille dollars par an.Heureuse population qui absorbe tant de fer, comme aussi il faut qu\u2019elle soit bien ferrée pour résister à ce commerce.Si ce n\u2019est pas là du mercantilisme, qu'est-ce ?Je n\u2019en finirais pas s\u2019il me fallait décrire toutes les modalités que revêt ce mercantlisme du médecin où s \u2019allient harmonieusement le charlatanisme et le je m\u2019en fichisme des plus élémentaires notions de la morale chrétienne.Que dire enfin de cet autre qui n\u2019en finit plus de visiter ses malades: visites tri-quotidiennes, bi-quotidiennes et quotidiennes jusqu\u2019à extinction complète de tous les plus petits symptômes.et jusqu\u2019à assèchement plus que parfait de la bourse du client qui n\u2019en peut mais.Ce médecin si zélé semble oublier la règle de morale suivante: \u201cUn médecin manque à la justice en exigeant le prix de visites ou de remèdes qu\u2019il savait d\u2019avance être inutiles.\u201d (In \u201cPetit manuel du jeune médecin catholique\u201d, approuvé par le Cardinal Taschereau) ou encore cette autre: \u201c.En fait de visites payées, la règle est de se borner au nécessaire, et, pour le surplus, de se laisser rappeler, attendu qu\u2019il vaut toujours mieux se faire désirer que de s\u2019exposer à entendre dire que l\u2019on vient trop souvent.\u201d (In \u201cle médecin chrétien\u201d, par le chanoine Moureau et le Dr Lavrand, de Lille) ou bien cette dernière: \u201cEn matière de fréquence de visites, pour garder une juste mesure, le médecin a besoin de tact et de délicatesse.On devine sans peine à quelles tentations il serait exposé à succomber s\u2019il n\u2019avait d\u2019autre mobile que l\u2019intérêt.La moindre, et ce serait déjà une malhonnête exploitation du client, serait de multiplier inutilement les visites, uniquement en vue de grossir sa note d\u2019honoraires; mais comment qualifier ceux qui, exagérant systématiquement la maladie, terroriseraient le client pour lui extorquer plus d\u2019argent ?Ce serait là un vol compliqué d\u2019escroquerie et d\u2019abus de confiance particulièrement indignes.\u201d (Ibidem).Comme il est facile de le constater, la morale chrétienne est assez rigidé sur ce sujet, et combien en la violant délibérément ou par intérêt grossissent leurs revenus.Au sujet des remèdes, les mêmes auteurs formulent la règle suivante: L\u2019unique raison d\u2019être du médecin est de guérir, du moins de soulager le malade ; c\u2019est à ce but qu'il doit tendre par la voie la plus sûre, la plus courte et la plus économique.Après avoir consciencieusement examiné le malade, le 62 DESJARDINS médecin est donc tenu de prescrire les remèdes et les moyens de guérison les plus ceriains à sa connaissance, les plus rapides et les moins dispendieux.Or, en cette matière, la certitude ne doit venir que de l\u2019expérience et du contrôle scientifique ; de l\u2019expérience passée, disons-nous, mais non de celle que l\u2019on tenterait sur le malade; du contrôle scientifique, et non de cette réclame qui lance chaque jour, parfois malhonnêtement, trop souvent hâtivement, de soi-disant productions thérapeutiques.Vis-à-vis de ces nouveautés, la règle est de se méfier tant que des expériences probantes ou des témoignages autorisés ne les ont pas démontrées supérieures ou au moins équivalentes aux remèdes jusque-là classiques.C\u2019est là, sans doute, le langage de la raison ; tout autre est celui de la vanité che zces médecins qui, incapables d\u2019arriver honnêtement à la réputation, quittent, de parti pris, les sentiers battus: leurs malades paient doublement les frais de ces aventures et eux-mêmes en encourent toute la responsabilité.\u201d (Loco citato.).\\ Ainsi qu\u2019on le voit à la suite de cette citation un peu longue, comme il est facile de faire du véritable mercantilisme avec tous les produits pharmaceutiques du jour.Mais il faut l\u2019avouer, le médecin est grandement aidé à verser peu à peu dans le mercantilisme par toutes ces maisons pharmaceutiques canadiennes, anglaises, américaines, françaises ou allemandes.T1 suffit pour s\u2019en rendre compte de repasser toutes les publications, revues, tracts, circulaires ou autres qui nous inondent pour se faire une juste idée de la réclame effrénée qui se fait pour les divers remèdes.Comme la thérapeutique actuelle ressemble peu à l\u2019ancienne.Où est le temps où le médecin faisait Ini-méme ses pilules, prises ou potions.Evidemment il y a progrès considérable, mais n\u2019a-t-on pas un peu dépassé les limites raisonnables et qui,, en somme, en solde les frais si ce n\u2019est le client ?A lire toutes ces publications, de provenance variée, on peut se demander ce qu\u2019est actuellement l\u2019enseignement de la thérapeutique et de la matière médicale dans les univrsités.Voilà surtout la principale occasion de verser dans le mercantilisme et Dieu sait combien v ont succombé.Toutes ces préparations, toujours prêtes, avant bon goût, se prescrivent facilement par le médecin peu empressé de préparer lui-même ses remèdes, mais qui oublie trop ce principe de morale qu\u2019il faut prescrire les remèdes les meilleurs en même temps que les moins dispendieux. MERCANTILISME FT MÉDECINE 63 Je ne ferai que mentionner une autre forme de mercantilisme médicale, plus laide celle-là quoiqu\u2019encore fort répandue, c\u2019est celle qui fait du médecin un débitant de boissons enivrantes.Heureusement qu\u2019une croisade de tempérance sérieuse a dû diminuer dans de notables proportions, espérons-le, ce commerce qui faisait la honte de la profession.| Je crois en avoir assez dit pour démontrer amplement que le mercantilisme médical existe réellement et Jon me concèdera qu\u2019en certains endroits ce ml est à l\u2019état épidémique.C\u2019est lui qui explique ces fortunes remarquables édifiées en peu d\u2019années là où d\u2019autres médecins antérieurement arrivaient avec peine à se faire un revenu honorable.Combien de fois n\u2019entend-on pas dire du.docteur X: d'est un faiseur d\u2019argent.Peut-être, mais un vrai médecin ?c\u2019est douteux.Comme fin je me permettrai de suggérer un remède.' Bien entendu que pour faire disparaître ce mal il faut revenir à de meilleures notions de la morale chrétienne ; mais is la profession pouvait un jour arriver à faire sanctionner un tarif légal adéquat aux besoins de ses membres où serait respectée cette morale, je crois qu\u2019un grand pas serait fait pour détruire ce mal et qu\u2019il ne resterait plus que les plus dénués de principes qui continueraient ce jeu qui, avant qu\u2019il ne soit longtemps, aura déprécié chez nos populations, la profession médicale \u201ctoute entière.Omer-E.DESJARDINS, M.D.Ste-Anastasie, déc.1915.oO Association Médico-Chirurgicale du district de Joliette SEANCE DE DECEMBRE 1915.Causerie des intérêts professionnels, par le Docteur Albert Laurendeau.de St-Gabriel.Monsieur le Président, Messieurs.Le 14 septembre 1914, les membres de notre association, \u2014 en assemblée générale \u2014 ont adopté à l\u2019unanimité, une résolution ap 64 LAURENDEAU prouvant la réduction du nombre des Gouverneurs représentant le Collège des médecins et recommandant à votre mandataire de donner suite à cette expression d\u2019opinion.Je viens, messieurs, vous rendre compte de l'exécution de mon mandat à ce sujet et, en même temps.vous exposer les péripéties, je pourrais presque dire les avanies que cette mesure a éprouvées depuis que le Bureau s\u2019en est saisi.Procédons méthodiquement, ou plutôt chronologiquement: l'histoire est toujours intéressante.Depuis longtemps, nous nous disions entre nous les médecins, que notre représentation était trop nombreuse et conséquemment trop coûteuse.Dix-neuf cents médecins ont-ils besoin de +41 représentants pour surveiller leurs intérêts?TI est peu peu de commmu- nautés aussi abondamment représentées.Hélas! l\u2019abondance n'est pas la qualité.Monsieur lé doétéur Simard, le président actuel du Bureau.se réhdant probablamerit compte du sentiment général, lança le premier coup de clairon.Vous pourrez lire dans le procès-verbal de l'assemblée des Gouverneurs, neuf juillet 1913, aux avis de motions: \u201cJe donne avis de niotion, secondé par le docteur docteur Harwood, qu\u2019en septembre 1913 je proposerai un amendement à la loi médicale 1909, à l'effet de réduire le nombre des Gouverneurs du Collège des médecins et Chirurgiens de la province de Québec.\u201d Signé, Dr A.Simard.Voici ce qu\u2019il advint de l\u2019avis de motion de monsieur le docteur Simard: En septembre 1913, il fut proposé par le docteur A.Vail- lancourt, secondé par le docteur d\u2019Amours: \u201cque la motion Simard, re réduction du nombre des Gouverneurs, ne soit pas soumise au vote maintenant ; que cette assemblée suggère à l\u2019Exécutif de ce Bureau de prendre les mesures nécessaires, d\u2019ici à trois mois, pour consulter par voie de reférendum, la profession médicale, sur l\u2019opportunité de cette réforme.\u201cAdoptée unanimement.Et c\u2019était bien fait car, en fin de compte, la députation de 1913 n\u2019avait pas mandat de réduire le nombre des Gouverneurs, et je pose en principe que toute mesure importante d\u2019ordre générale doit émaner de da volonté du peuple professionnel.Aussi, le regretté docteur Vaillancourt aurait-il pu, je crois, s\u2019éviter l\u2019effort démosthénique qu\u2019il fit alors en un discours à grande allure mais un peu redondant.Toujours est-il que ce qui nous intéresse le plus: le résultat du plébisciste, bien en accord avec les prévisions de la plupart de chacun de nous, fut comme suit: 516 réponses ont été données, 314 ont répondu \u201coui\u201d (nous sommes en faveur de la réduction du nombre des INTÉRÊTS PROFESS IONNELS 65 Gouv erneurs) ct 188 autres ont répondu \u2018 \u2018non\u201d.Il semble Messieurs, qu\u2019il n\u2019y a pas place pour une équivoque, dans cette expression d\u2019opinion.Eh bien! Vous allez voir ce qu\u2019il advint de cette mesure réclamée par un vote d\u2019environ 2 contre 1.Et vous pourrez ensuite, sans doute, vous faire cette réflexion ; que notre Bureau actuel ne brille pas précisément par l\u2019esprit de suite dans ses projets, par la logique dans ses décisions: ce qui m'étonne un peu, étant donné que cette institution est un pur produit de Ja scolastique.Passons.En septembre 1914, il est proposé par le docteur Saint-Pierre : \u201cSuivant le voeu exprimé par le Collège des médecins et des chirurgiens de la province de Québec consulté par référendum, le Bureau provincial de médecine juge qu\u2019il est opportun de réduire, avant les élections dle 1918, le nombre des Gouverneurs de ce Collège à à environ 21, dont 18 élus par la profession, un par l\u2019université Laval de Québec, un par l\u2019université Laval de Montréal, et un\u2019 par l\u2019université Mc-Gill, et prie ses officiers de soumettre à l\u2019assemblée de juillet 1915 un projet de rédistribution des divisions électorales.\u201d Adopté unanimement.4 En juillet 1915, l\u2019exécutif ne s\u2019étant pas exécuté, j'ignore pour quel motif, il est alors proposé par le docteur Saint-Pierre secondé par le docteur Laurendeau, \u201cqu\u2019un comité de Messieurs les Gouverneurs Boulay, Normand, Dagneau, du proposeur et du secondeur, soit chargé.de préparer, pour \u2018l\u2019assemblée de septembre 1915, un projet de rédistribution des comtés, conforme à la résolution adoptée var le Collège, en septembre 1915.\u201d De nouveau je vous prie de remarquer que cette résolution fut de rechef \u201cadoptée unanimement\u201d.Conséquemment, nous avons préparé un projet de rédistribution des divisions électorales, conformément aux instructions manifestes, précises du Bureau.Nous avons fait un travail soigneux et consciencieux, et je ne doute pas que notre ami le docteur Saint-Pierre fut un peu.orgueilleux de soumettre ce travail, presque son oeuvre personnelle, aux Gouverneurs.Après avoir communiqué notre rapport, résumé les motifs de cette réforme, exposé les difficultés dans l\u2019application pratique de ce projet, monsieur le docteur Saint-Pierre, proposa l\u2019adoption de ce rapport.Et c\u2019est ici que commence l'incohérence.Monsieur le docteur Brochu qui n\u2019a pas l'habitude de mettre en pratique le proverbe hindou, \u201cle silence est d\u2019or\u201d débuta par déclarer que notre travail 66 LAURENDEAU était très bien fait, mais que.que.que.etc, qu\u2019il voterait contre.Messieurs les docteurs Trenholme de Coaticooke et Gadbois -de Sherbrooke n\u2019y allèrent pas par quatre chemins; ils proposèrent short and sweet: \u201cto consider the Saint-Pierre motion 6 months herein\u201d.Vous savez ce qu\u2019est, en termes parlementaires, le renvoie d\u2019une motion à six mois.L\u2019aässemblée eut un bon mouvement, ele refusa d\u2019adopter cet amendement.; Mais notre pauvre projet n\u2019était pas à bout: Mionsieur le docteur Bélanger de Lévis, secondé par monsieur le docteur Gadbois, qui décidément ne semble pas favorable à cette réforme, propose \u201cque le projet Saint-Pierre soit soumis à la profession et que pour devenir loi, il soit approuvé par la majorité absolue des médecins de la province.Pour que cette proposition fût justifiable, il aurait fallu ne semble-t-il, imposer d\u2019abord le vote obligatoire, c\u2019est-à-dire attenter à la liberté de voter.Aussi, en un second bon mouvement, les Gouverneurs ont rejeté cete proposition.Vous comptez, maintenant, que la motion Saint-Pierre va passer facilement, le chemin étant déblayé; erreur, le Bureau la tua sans phrases.Je ne regrette qu\u2019une chose : c\u2019est que les noms respectifs de chacun de ceux qui ont voté pour ou contre cette mesure, n\u2019apparaissent pas au procès-verbal de cette remarquable assemblée, le vote s\u2019étant donné à main levée.J\u2019avoue que j\u2019en ai été tellement médusé, que je n\u2019ai pas songé à demander l\u2019enregistrement des voteurs.Lorsque je me suis ressaisi, il était trop tard ; mais je compte que ce n\u2019est que partie remise.Messieurs, je me propose de publier cette conférence dans nos revues médicales, pour l\u2019information de notre génération et pour l\u2019histoire médicale de notre pays.J\u2019attire donc l\u2019attention de tous les médecins de la province et je les prie de demander compte de leur conduite, de leur vote, à chacun de leurs Gouverneurs respectifs.À quoi sert de faire les frais d\u2019un référendum, pour se moquer ensuite de l\u2019expression d\u2019opinion formelle de la majorité qui s\u2019est donnée le trouble de la manifester?A la suite de cette manifestation, il semble que le Bureau ait eu l\u2019intention de respecter la voix du Collège, par ses résolutions de septembre 1914 et juillet 1915; mais en septembre 1915 1l s\u2019est conduit comme un vieil enfant irresponsable ,pour ne pas qualifier d\u2019un terme plus sévère son incartade.Nous crovons que la réduction du nombre des Gouverneurs est opportune, nécessaire nrême, pour des raisons d\u2019éconamie, pour la INTÉRÊTS PROFESSIONNELS 67 bonne et rapide administration des affaires du Collège, de même que pour l\u2019avancement scientifique et matériel des sociétés médicales, en augmentant l\u2019importance des groupements professionnels.Chaque réunion semi-annuelle nous coûte en moyenne douze à treize cents dollars; l\u2019exercice 1914-1915 établit que les frais de voyage des Gouverneurs se montent à $1407.00 et les honoraires à $1240.00 En réduisant les Gouverneurs de moitié, les dépenses des deux chefs que je viens de citer, devront baisser proportionnellement.Ft quoique les médecins soient avant tout des hommes adonnés à la science, il ne faut pas perdre entièrement de vue le côté matériel de notre corporation : il ne faut pas oublier que, actuellement, notre bilan se solde par un déficit et qu\u2019il nous faudra probablement \u2014 comme notre président nous l\u2019a laissé entendre à la réunion de septembre dernier, \u2014 aller frapper aux portes des banques, pour faire honneur à nos obligations, en attendant que nous augmentions notre contribution annuelle, si notre exploitation se maintient sur le même pied.Il faut donc nécessairement faire des réformes économiques: diminuer nos dépenses ou augmenter nos revenus.J'ai dit tantôt que la réduction des Gouverneurs aiderait à la bonne et rapide administration des affaires du Collège.Sur 41 Gouverneurs, savez-vous combien travaillent effectivement?Un quart, peut-être un tiers, pas un de plus, peut-être quelques-uns de moins: \u2018C\u2019est là l'emblème de nos parlements politiques.Mais par exemple, pendant les assemblées, malgré nos règlements qui limitent à cinq minutes chaque éjaculation oratoire, il y en a qui s\u2019écoutent parler des heures durant, s\u2019évertuant à moudre des grains de sable avec la mécanique de la scolastique.Et ces longs parleurs, savez-vous au nom de qui ils dissertent?l\u2019un fut élu par huit électeurs, un autre par 7, un autre par 4, et ainsi de suite; au total, chacun des 35 pères conscrits qui dirigent nos destinées fut élu par une moyenne de 20 votes: nous sommes donc les porte-paroles de 20 voteurs.Il n\u2019est pas probable que nous fassions jamais un coup d\u2019état pour obtenir \u2018a représentation proportionnelle, car vous comprenez que dans ces conditions, les minorités sont microscopiques.Je ne sais si un médecin de la province de Québec a réalisé que les urnes dlectorales de 1913 contenaient en tout, les bulletins de 885 voteurs: donc les votes se sont répartis entre 80 candidats, parmi lesquels, 35 heureux.Heureux! Ils doivent l\u2019être, puisque à l\u2019encontre du désir manifeste du Collège ils viennent de jeter au panier le projet de rédistri- bution des districts électoraux, chacun d\u2019eux \u2014 ou du moins la 6S LAURENDEAU majorité \u2014 se cramponnant à son siège qu'il craint de voir disparaître.x NOTE A M.LE Dr LAURENDEAU Mon cher confrère et ami, Puisque vous écrivez une page d\u2019histoire sur cette question, n\u2019oubliez pas, je vous prie, que c\u2019est de l\u2019Union Médicale que sont partis les premiers boulets rouges tirés sur ce château de cartes, habité depuis si longtemps par un hydrocéphale qu\u2019est le Collège des Médecins: que nous avons tiré sans interruption, depuis, comme 1l est facile de s\u2019en rendre compte en parcourant nos volumes depuis douze ans au moins.Nous n\u2019avons jamais manqué d\u2019y faire des allusions non équivoques et souvent piquantes dans plusieurs circonstances publiques.Bref, nous avons réussi à attirer l\u2019attention de ce côté: les médecins et les gouverneurs y songeaient souvent; le coin s\u2019enfoncait peu à peu.les bonnes volontés firent le reste.Nous avons donc assisté, avec satisfaction, à l\u2019évolution qui s\u2019est opérée dans l\u2019esprit de certains membres influents du Collège.Nous avons applaudi au résultat du vote enregistré par les membres de la profession médicale sur ce point.Nous approuvons la rédis- tribution, si équitable, telle qu\u2019elle a été faite par M.St-Pierre, et nous espérons fermement que les Gouverneurs se feront un devoir d\u2019adopter une miesure qui s\u2019impose si on la considère au simple point de vue du bon sens.Vous avez fait une rechute à la dernière réunion générale, mais nous comptons que votre longue convalescence nous permettra d\u2019escompter, pour juillet, une guérison définitive.Vous le savez, mon cher Laurendeau, le scolastique aime pardessus tout la distinction des mineures.(distinquo minorem).Cela prend du temps pour conclure.Avec mes salutations, Albert LeSAGE.Montréal.1/25/16. 69 Société Médicale de Montréal SEANCE DU 18 MAI 1915 (1) Les minutes de la dernière assemblée sont adoptées.M.Aug.Desjardins demande à être admis membre d: la Société.Présidence de M.E.G.Asselin.PRESENTATION DE MALADES.M.G.ARCHAMBAULT : Un cas de Naevus paire.Mlle B., 9 ans, d\u2019intelligence normale, présente sur l\u2019avant- bras et une partie de la main gauche, une lésion de la peau, qui est assez intéressante.\u2018 Cette enfant dont l\u2019histoire pathologique ne présente qu\u2019une attaque de scarlatine et une autre de diphtérie, il y a plusieurs années, a 6 fréres et 3 soeurs vivants et en bonne santé.Ses parents n\u2019ont jamais rien présenté du côté de la peau.; La maladie dont elle est atteinte a débuté à la naissance.À l\u2019examen, on remarque sur la main jusqu\u2019aux deuxièmes phalanges, et jusqu\u2019au poignet, une tache de couleur foncé, quelque peu saillante, et recouverte de poils follets.La peau, à ce niveau, donne la sensation au toucher d\u2019une soie ou de velours, et semble mollasse.La sensibilité est conservée, et la tache ne s\u2019efface pas par la pression.Elle n\u2019est le siège d\u2019aucune douleur.Cependant, 2 à 3 fois par année, il se forme au niveau du naevus, une légère inflammation, caractérisée par des petites vésicules qui s\u2019excorient après quelques jours, laissant à leur place des croutes brunâtres qui recouvrent toute la main, et sont le siège d\u2019une vive démangeaison ; le tout rentre dans l\u2019ordre au bout de quelques semaines, pour recommencer quelques mois plus tard.Naturellement, la mère prétend que l\u2019affection de sa petite fille est due à une impression maternelle ; lors de sa grossesse, elle aurait été impressionnée, elle aurait eu peur d\u2019un gros porc, au cours d\u2019une (1) Le compte-rendu de cette séance avait été oublié chez le Secrétaire. 70 AUBRY opération à la ferme.Elle avait alors la main gauche plongée dans un sceau rempli du sang du porc, jusqu\u2019au poignet, et le naevus de sa petite fille présente exactement les limites recouvertes par le sang du porc, lors de la peur ressentie par la mère.M.FOURNIER: Un kyste probable du clitoris.M.Fournier nous présente une petite malade vue au dispensaire le matin même à l\u2019Hôpital.Elle présente des masses kystiques qui semblent prendre naissance au clitoris et aux petites lèvres.La cause est une contusion assez forte, étant tombée à cheval sur un bras d\u2019escalier.Un an après la chute elle nota qu\u2019elle avait une bosse qui augmenta beaucoup.M.ETHIER trouve le cas assez rare ct intéressant.Il croit que c\u2019est un molluscum des petites lèvres avec kyste de la région clitoridienne.: MM.FOUCHER et PREVOST: Otite moyenne, abcès cérébelleux du côté opposé.M.Foucher nous présente les pièces d\u2019autopsje du cerveau appartenant \u2018à un homme d\u2019âge moyen.Cet homme est entré à l'Hôpital Notre-Dame le 25 mars dernier pour des maux de tête intolérables.Admis d\u2019urgence à l\u2019Hôpital il avait une température de 107° et ne pouvait se tenir debout.M.Fleury décide de Popérer immédiatement.Ecoulement de liquide sanieux ayant une forte odeur.Suspension de l'opération par menace de syncope du patient.Les jours qui suivirent l'opération, la température tomba niême .à 97°.M.Benoit lui fit une série d\u2019injections de philacogène qui abaissèrent la température entre 99 et 100°.M.Foucher nous dit que les injections de philacogène ont paru maîtriser la température comme le démontrent les courbes jour- naliéres.Un peu plus tard on constate.du choléasteatôme dans la caisse: opération et mort du malade.Le pouls ne présente aucun ralentissement caractéristique d\u2019un abcès cérébral.Il y avait de la paralysie oculaire sans névrite optique oédema- teuse; trombose très étendue des sinus.Il reste à savoir, se demande M.Foucher, s\u2019il y avait un abcès cérébelleux avant l'infection des sinus, ou si l'infection est secondaire à l\u2019opération.L\u2019abcès était du côté opposé logé dans le lobe cérébelleux droit: oreille droite absolument saine, pas d\u2019ostéite ni méningite.Du côté gauche pas d\u2019ostéite ni méningite ; cholesteatôme dans la caisse. SOCIÉTÉ MÉDICALE 71 À l\u2019autopsie M.Prévost a constaté la même chose que ce que M.Foucher vient de rapporter.La ponction lombaire répétée n\u2019a donné que quelques leucocytes avec réaction méningée légère.SEANCE DU 19 OCTOBRE 1915 Présidence de M.E.G.Asselin.Les minutes de la dernière assemblée sont adoptées.M.Aug.Desjardins est admis membre de la Société.1° PRESENTATION DE PIECES ANATOMIQUES M.B.G.BOURGEOIS: Occlusion intestinale par le diverticule de Meckel.Observation clinique.(A paru dans l\u2019Union Médicale de novembre 1915.) M.FALARDEAU dit en résumé que le diverticulite est toujours confondu -avee l\u2019appendicite.Il a opéré deux cas de \u201cdiverticule\u201d diagnostiqués appendicite.C\u2019est presque toujours une surprise de l'intervention.M.FOURNIER félicite aussi le rapporteur de son travail, mis au point, mais surtout du résultat obtenu qui a été la guérison complète du malade.Il se demande pourquoi M.Bourgeois a fait un grand lavage au sérum et s\u2019il y avait de la péritonite localisée.M.BOURGEOIS dit qu\u2019il y avait péritonite avec intestin dépoli et dépôt fibrineux.Après avoir défait les brides qui retenaient tes anses, il a fait un lavage au sérum.Tl aime beaucoup cette méthode qu\u2019il comiplète par un lavage à l\u2019éther pourvu que l\u2019on défasse toutes les adhérences.M, MALOUF: Influence des troubles gastriques sur l\u2019intelligence des écoliers.Le travail traite de Pinfluence du régime alimentaire sur le développement de la jeunesse au point de vue physique et intellectuel.Les aliments, après avoir subi les effets de la digestion, subissent l'action des différents microbes, logés dans la bouche, le nez ct les intestins ct développent les fermentations anormales ot putrides et 72 AUBRY produisent des poisons toxiques, ou des toxines, lesquelles passent dans le sang et produisent leur action néfaste sur la substance et le fonctionnement des organes.C\u2019est surtout dans le cerveau que l\u2019action de ces toxines se manifeste avec le plus d'intensité en s\u2019attaquant aux centres nerveux dont l\u2019enfant a le plus besoin pour son éducation.Ces centres sont: celui de la mémoire visuelle, de la mémoire verbale et des sensations auditives, ceux de la parole articulée, etc, et ceux du goût et de l\u2019odorat.Les maladies résultant du mauvais fonctionnement des intestins sont très nombreuses, telles que la constipation, la diarrhée, les hémorragies, les hémorrhoïdes, les spasmes de l\u2019anus, les maladies du foie, les fistules et les fissures anales, ete.Une statistique faite par le Dr Malouf sur 60 personnes démontre que 20 ont souffert ou souffrent de troubles digestifs et nerveux dont origine remonte à leur séjour dans les pensionnats ou les collèges.L\u2019inspection médicale des écoles à Montréal a constaté qu\u2019un grand nombre d\u2019élèves souffrent de troubles digestifs plus ou moins graves dûs à la négligence, à l\u2019ignorance et au manque de surveillance des fonctions digestives.Le régime alimentaire auquel les enfants sont soumis n\u2019est pas toujours approprié aux besoins de leur développement.Ce régime devrait être varié et renfermer tout ce dont l\u2019enfant a besoin pour se développer d\u2019une manière normale.Les troubles gastriques sont souvent cause que les enfants sont incapables de travailler, ils deviennent réfractaires à l\u2019enseignement et perdent un temps très précieux à dépenser une grande somme d\u2019énergie et d\u2019efforts pour aboutir à des résultats presque nuls.Ces mêmes troubles étouffent de grands talents et paralysent des intelligences très brillantes qui autrement pourraient produire des grands actes de belles choses pour le plus grand bien de la nation et de la race.Les troubles gastriques ont diminué beaucoup en nombre et en intensité durant les cinq dernières années à Montréal, grâce à l\u2019inspection médicale des écoles, aux conférences publiques inaugurées.par le département municipal d\u2019hygiène et aux enseignements prodigués par les médecins inspecteurs du département d\u2019hygiène de Montréal.M.LeSAGE félicite chaleureusement M.Malouf de son intéressante communication et dit qu\u2019il approuve tout ce que le rappor- SOCIÉTÉ MÉDICALE 73 teur vient de nous exposer.Il trouve la tâche des médecins inspecteurs très belle et très utile.Il leur demande de détruire certains préjugés qui existent dans nos familles canadiennes.Le premier est celui de donner des sirops calmants aux enfants en bas age.Ces parents ne savent pes, dit-il, qu\u2019en endormant le cerveau de leurs enfants ils endorment aussi leurs intestins.: Le second est celui de la nourriture carnée.Il prétend que les enfants les mieux développés tant au physique qu\u2019au moral sont ceux qui ne mangent pas de viande avant l\u2019âge de 5 ans.Le troisième est celui de la propreté de la bouche.La science n\u2019est vraiment utile que quand elle trouve leur application journalière.M.LE PRESIDENT offre aussi ses félicitations au rapporteur de ce travail et lui demande de pousser son enquête plus loin pour savoir si ces enfants sont des arriérés.Il lisait, dit-il, un travail sur les déséquilibrés.Cet auteur attribue un grand nombre de ces troubles sur l\u2019état du fonctionnement digestif: effet des troubles dyspeptiques sur le système nerveux, et effet du système nerveux sur les troubles dyspeptiques, sous la dépendance du plexus solaire.Il réitère ses félicitations à M.Malouf et la séance est levée.H.AUBRY, Secrétaire.SEANCE DU ?NOVEMBRE 1915 Présidence de M.FE.G.Asselin.Les minutes de la dernière assemblée sont adoptées.LECTURE DE TRAVAUX.M.BARIL: Les applications du laboratoire à la clinique.Dans l\u2019acte diagnostic, le praticien a le devoir d\u2019employer tous les moyens dont il dispose pour dépister la maladie.S\u2019il vient à commettre une erreur de diagmostic, il peut en être en conscience responsable surtout s\u2019il a négligé quelques moyens d\u2019investigation qui pouvaient le mettre en état de mieux établir son jugement.Or, au nombre des moyens mis à la disposition du praticien se trouvent les recherches de laboratoire, analyses chimiques, bactériologiques, 74 AUBRY cvtologiques et anatomo-pathologiques.Sans vouloir leur donner le pas sur la clinique, il est incontestable qu\u2019elles rendent d\u2019inappréciables services et le médecin n\u2019a pas le droit de les négliger, encore moins d'en parler en sceptique ou d\u2019un ton railleur comme pour se justifier de n\u2019y jamais recourir.Ces recherches sont nombreuses et variées: les unes sont du ressort du praticien, d\u2019autres du spécialiste de laboratoire.Qu\u2019il s'agisse des unes ou des autres, toutes doivent être effectuées dans des conditions déterminées sous peine de voir annuler la valeur de leurs résultats.Puis le Dr Baril aborde la question des urines: \u201cAprès avoir défini l\u2019urine et donné sa composition normale, il expose dans quelles conditions les analyses d\u2019urines doivent se faire.En résumé, il dit: 3 a) Quel peut être le but de l\u2019analyse des urines; b) Commient doivent se prélever les échantillons pour analyse : \u20ac) Quels soins de propreté il faut apporter à ce prélèvement, soins de propreté qui auront trait au malade lui-même, aux bocaux et bouteilles qui serviront soit à recueillir l\u2019urine soit à transmettre celle-ci au laboratoire.: Lo Enfin le Dr Baril insiste sur.l\u2019importance qu 5j y à d'opérer\u201d l\u2019analyse sur un échantillon, des 24 heures et sur les avantages que\u201d comportent l\u2019exécution d\u2019analyses en série ainsi.que l\u2019établissement des rapports urologiques afin de connaître le bilan fonctionnel de l\u2019individu.M.ALEXANDRE SAINT-PIERRE : Intérêts professionnels.Etude critique des règlements actuels du Collège des Médecins et Chirurgiens.M.Saint-Pierre nous parle de la loi médicale de Québec qu\u2019il a étudiée spécialement dans le but de l\u2019améliorer si possible.Notre loi médicale n\u2019est pas assez connue ct il nous a fait plaisir d\u2019entendre un gouverneur du Collège nous donner son opinion et ses vues personnelles au sujet d\u2019un grand nombre d'articles de notre loi médicale qu\u2019il serait peut-être bon en effet de retoucher aujour- d\u2019hui.M.Saint-Pierre nous annonce que le Bureau Provincial de Médecine ne sera plus composé que de 21 membres à l\u2019avenir.(Vest décidé, voté, statué ; mais la rédistribution des comtés en 18 départements seulement (3 gouverneurs seront élus par les universités) devient très difficile.Mais on espère, v parvenir.Un projet est SOCIÉTÉ MÉDICALE 75 soumis à l\u2019assemblée qui pourra l\u2019étudier dans une prochaine séance.Avant d\u2019entrer dans l\u2019étude et la critique des règlements du Collège, M.Saint-Pierre paie un juste tribut aux médecins distingués qui ont préparé et fait Adopter la loi actuelle.,! Ils ont fait pour le mieux dans le temps, ont obtenu beaucoup du parlement provincial où, \u201chélas, les médecins n\u2019ont pas toujours leurs coudées franches et nous devons leur en garder une-vive reconnaissance.Cependant, si certains articles pouvaient être modifiés de manière à mieux protéger les intérêts de la profession, il semble que nous ne devrions pas.hésiter.Les règlements statuent qu'il y aura 2' assemblées des Gouverneurs chaque année, l\u2019une en juillet, l\u2019autre en septembre.Ny aurait-il pas moyen d\u2019en.faire disparaître une ?Ft s\u2019il faut dans l\u2019intérêt des affaires du Collège réunir les gouverneurs deux fois, que c soit au moins à, peu près tous les six.mois.Badd Éd aA la contribution m'est que \u2018de.deux.\u2018dollars.\u201cCela peut nous \u201cfaire songer, de voir ainsi nos voisins se tirer d\u2019affaire avec une seule + assemblée annuelle et une contribution si minime.M.Saint-Pierre nous parle ensuite dusmode d\u2019élection, des erreurs \u2018commises aux dernières élections par des électeurs dont\u2019le bulletin fut \u2018annulé; puis vient le tour des comités permanents et enfin celui du Conseil de discipline peu connu de la profession et bien important par les prérogatives et l\u2019influence qu\u2019il peut et doit avoir sur la profession.Au sujet des examens préliminaires et même des examens en médecine, M.Saint-Pierre croit qu\u2019un candidat devrait être éliminé après un troisième échec.Il est intolérable de laisser un candidat se présenter deux fois par année pendant 5, 6 et même 10 ans, alors qu\u2019il obtient par sa persévérance la \u201cpitié charitable\u201d des juges.Enfin, M.Saint-Pierre trouve injuste que la profession soit appelée à payer pour messieurs les candidats.Ces messieurs se présentent en lère, 2e, 3e, 4e et 5e année devant les examinateurs du Bureau et ils ne paient que pour le ler et le dernier examen.Mais qui donc paie pour les autres ?Bien plus, un candidat échoue-t-il ?Vite, on lui remet la moitié de l\u2019honoraire qu\u2019il a versé !.Pourquoi, s\u2019il vous plaît ?Est-ce pour le consoler ?Dans tous les cas, l\u2019échec ne diminue en 70 AUBRY rien les dépenses encourues et je ne vois pas bien pourquoi faire une telle remise.Et M.Saint-Pierre termine en nous parlant de la licence inter- provinciale qui ne coûte rien dans Québec seulement et il demande à la Société de mettre au programme de ses études: \u201cLes changements à apporter à notre loi médicale\u201d.M.BOUCHER félicite M.Saint-Pierre de travailler ainsi dans l\u2019intérêt général de la profession.Il émet l\u2019opinion qu\u2019il faut deux assemblées du bureau chaque année et se dit très heureux de voir que la réduction du nombre des gouverneurs est acceptée; 21 bons gouverneurs sont plus que suffisants, dit-il.Quant à la loi médicale, elle n\u2019est pas telle que ses promoteurs l\u2019avaient préparée, mais, dans son ensemble, et pour les circonstances dans lesquelles elle fut obtenue, on a lieu de s\u2019en féliciter.Evidem- ment elle peut être améliorée et toute la profession applaudira aux efforts faits dans ce sens par nos gouverneurs actuels.M.DUBE propose d\u2019étudier notre loi médicale à chaque assemblée de la Société et donne avis de motion qu\u2019à la prochaine assemblée la Société, on considère le projet de subdivision de la province en 18 départements électoraux.H.AUBRY, Secrétaire.SEANCE DU 7 DECEMBRE 1913.Présidence de M.E.G.Asselin.Les minutes de la dernière assemblée sont adoptées.M.Henri Larouche demande son admission dans la Société.CORRESPONDANCE : Lettre de M.Jos.Gauvreau, secrétaire trésorier du comité pour l\u2019Hôpital militaire Laval demandant une contribution.Lettre de M.J.A.Jarry, directeur médical de l\u2019Institut Bru- chési, demandant l\u2019opinion des membres de la Société sur une résolution passée au bureau médical de l\u2019Institut. SOCIÉTÉ MÉDICALE 77 M.R.FALARDEAU : Le traitement du pied-bot paralylique.M existe deux sortes de pieds-bots: l\u2019un congénital que l\u2019enfant apporte en naissant, l\u2019autre acquis, il survient dans les premières années de la vie; il est si souvent dû à la paralysie infantile qu\u2019il est en quelque sorte synonyme de pied bot paralytique.Les pieds bots paralytiques se divisent en trois variétés: le pied ballant, le pied fixe et le demi fixe.Dans le pied ballant, tous les muscles sont paralysés \u2014 aucun levier n\u2019existe et tous les mouvements de l\u2019articulation sont sans contrôle.eC sont, suivant M.Legueu, des mouvements de \u201cpolichinelle\u201d.Le traitement consiste à faire une arthrodèse tébio-tarsienne.Elle empêche les mouvements de cette articulation et transforme le pied en un pilon vivant.C\u2019est à Albert de Vienne qu\u2019est due cette opération.Elle est si bien pensée qu\u2019elle a depuis été acceptée par tous les chirurgiens et orthopédistes.ee Dans le pied fixe, un groupe musculaire est paralysé et son antagoniste ne l\u2019est pas; il y a alors manque d\u2019équilibre.Le groupe non paralysé à la longue, par son manque d\u2019équilibre, se contracture, fait dévier les articulations sous-astragaliennes et médio-tarsiennes, puis les fixe dans de mauvaises positions.Le traitement consiste à faire disparaître ces articulations en leur faisant une arthrodèse.Les résultats sont merveilleux et ces enfants parviennent à marcher absolument bien.Dans le pied demi fixe, les articulations fonctionnent bien, la mauvaise position due à la parésie ou paralysie d\u2019un groupe de muscles et de so nantagoniste, se corrige facilement.Dans ce cas, il s\u2019agit d\u2019intervenir sur les muscles ou les tendons, soit en les sectionnant, les allongeant ou les anastomosant.Les résultats sont parfois merveilleux, mais une infinité de causes provenant du muscle paralysé peuvent empêcher la bonne réussite de l\u2019opération.En résumé, on peut dire que tont pied bot paralytique peut bénéficier d\u2019une intervention chirurgicale à propos.Dans certains Cas je succès ne sera pas complet, mais il v aura amélioration et d\u2019un impotent on arrivera à faire une personne capable de gagner sa vie.Au contraire, dans d\u2019autres cas, le résultat sera merveilleux et rendra des services signalés à de pauvres infirmes.M.SAINT-PIERRE félicite le rapporteur de son excellent travail.T?anastomose des tendons, dit-il, n\u2019a pas donné les résultats 78 AUBRY attendus.L\u2019arthrodése avec tige d\u2019ivoire qui tient en place le tibia et l\u2019astragale, est certainement l\u2019opération de choix.M.ASSELIN dit avoir vu un malade qui avait été opéré par l\u2019anastomose des tendons avec un résultat tel qu\u2019il fait du service dans le \u201chome guard\u201d.AVIS DE MOTIONS \u2014 MOTIONS Sur proposition de M.LeSage et de M.S.Boucher, les règlements sont suspendus pour prendre en considération la correspondance, re: lettre de M.Jos.Gauvreau et lettre de l\u2019Institut Bruchési.Proposé par M.À.LeSage, secondé par M.Saint-Pierre: qu\u2019une somme de CENT DOLLARS soit votée pour l\u2019Hôpital Militaire Laval.\u2014 Adoptée à l\u2019unanimité.Proposé par M.Boucher et secondé par M.Dubé que la Société Médicale approuve les vues exposées dans la résolution du bureau médical de l\u2019Institut Bruchési.De plus elle suggère la nomination d\u2019un médecin au bureau provincial d\u2019hygiène pour s\u2019occuper spécialement de la tuberculose.\u2014 Adoptée à l\u2019unanimité.Proposé par M.Dubé, secondé par M.LeSage: Que la Société Médicale de Montréal est heureuse d\u2019apprendre que MM.les gouverneurs du Collège des Médecins et Chirurgiens se sont enfin rendus au désir de la profession au sujet de la réduction du nombre des gouverneurs, et, qu\u2019elle approuve le projet de rédistribution des collèges électoraux soumis par M.Saint-Pierre ; elle espère fermement qu\u2019il sera bientôt accepté par les gouverneurs et toute la profession.\u2014 Adoptée à l\u2019unanimité.Proposé par M.LeSage, secondé par M.Chartier : Que le bureau pour 1916 soit constitué comme suit: Président .M.B.G.Bourgeois Vice-président .M.Jos.E.Laberge Secrétaire .M.H.Aubry Assistant .M.Chs Saint-Pierre Trésorier .M.V.Cléroux Adoptée à l\u2019unanimité après suspension des règlements.Résolu à l\u2019unanimité que la Société appuie fortement les demandes faites à la Commission des chemins de fer du Canada par SOCIÉTÉ MÉDICALE 79 l\u2019Union Co-opérative des Laitiers de Montréal.À savoir: 1° De fixer l\u2019arrivée des trains de lait le soir au lieu du matin.2° D\u2019avoir des wagons glacières pour le transport du lait à Montréal le soir.83° De faire circuler des trains de lait le dimanche comme les jours de semaine.Et cela, pour les mêmes raisons invoquées par la dite Union Co-opératrice des Laitiers de Montréal dont on vient de lire les conclusions.Mémoire.\u2014M.A.LeSAGE : Les vaccins antityphoïdiques et anti- paratyphoïdiques.(A paru dans l\u2019Union Médicale de décembre.) H.AUBRY, Secrétaire.SEANCE DU 21 DECEMBRE Présidence de M.Asselin.RAPPORT DE L\u2019ANNEE 1915.M.le Président, Messieurs, Suivant l\u2019habitude acquise depuis plusieurs années et comme le veut d\u2019ailleurs un article de nos règlements, le secrétaire, à la fin de chaque année, doit présenter une revue générale sur les opérations et les travaux de la Société durant l\u2019année écoulée.C\u2019est un inventaire qui établira notre bilan économique et scientifique.Le trésorier, M.Vital Cléroux, vous donnera dans un instant le bilan financier.La Société Médicale finit sa quinzième année d\u2019existence et malgré l'état d\u2019anxiété dans lequel tl\u2019univers entier est plongé, elle continue de marcher dans la voie du progrès et de la prospérité.Elle compte aujourd\u2019hui près de 160 membres actifs.Onze séances régulières ont été tenues durant le dernier semestre avec une assistance moyenne de 24 membres, Vingt-trois médecins ont fourni les vingt-six travaux qui ont alimenté ces séances.Voici la liste des membres qui ont lu des mémoires: 80 AUBRY MM.Archambault, Asselin, Baril, Benoit, Bernier, Bourgeois, Dubé, Falardeau, Fournier, A.Foucher, E.Foucher, Hingston, La- treille, LeSage, Malouf, T.Parizeau, L.Parizeau, Prévost, Roy, A.St-Pierre, C.St-Pierre.Trois membres ont disparu dans le cours de l\u2019année.Ce sont MM.Lalande, Lussier et Schmidt.Six nouveaux membres ont été admis.Ce sont: MM.P.S.Bohémier, E.F.Eméry, J.FE.St-Onge, Henri Lemire, Aug.Desjardins, Henri Larouche.Comme par le passé nos relations avec les Sociétés socurs, les différents corps publics, les journaux, ete, ont été assez fréquentes, A la demande de M.Jos.Gauvreau, secrétaire du bureau du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec, nne résolution de protestation a été passée contre la présentation d\u2019un bill à Québec pour légaliser certains irréguliers en médecine.En réponse à une demande de souscription pour l\u2019Hôpital Militaire Laval, une somme de cent ($100.00) dollars a été votée unanimement et envoyée au secrétaire-trésorier, M.Jos.Gauvreau.Le bureau médical de\u2019 l\u2019Institut Bruchési dans une lettre de son secrétaire a bien voulu nous demander l\u2019opinion de nos membres sur une résolution passée par leur bureau.Il a été résolu que la Société Médicale approuve les vues exposées dans leur résolution ; de plus, elle suggère la nomination d\u2019un médecin au Bureau Provincial d\u2019Hygiène pour s\u2019oceuper spécialement de tuberculose.L\u2019Union co-opératrice des Laitiers nous a demandé de l\u2019appuyer dans ses réclamations auprès de la Commission des chemins de fer du Canada.Enfin la Société Médicale a été heureuse d\u2019appuver le projet de MM.les (Gouverneurs du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province touchant la réduction du nombre des Gonverneurs et la rédistribution des collèges électoraux telle que soumise par M.le gouverneur Alex, Saint-Pierre.Plusieurs de nos membres offrant leurs services et leur dévone- ment à l'Angleterre et à la France se sont embarqués pour l\u2019Rurope.Saluons ces braves qui sauront représenter dignement la race cana- dienne-française et faire honneur à la Société Médicale de Montréal.Ce sont: MM.Hingston, DeMartigny, Roy, Saint-Pierre, Parisean et Peltier.| Dans quelques mois un autre groupe de nos membres s'embarquera de même pour aller porter la consolation dans un hôpital SOCIÉTÉ MÉDICALE 81 de base organisé par notre Université et à la tête duquel se trouve le lieutenant-colonel Beauchamp, un de nos membres actifs.Souhaitons aux organisateurs tout le succès qu\u2019ils méritent.Nous remercions bien sincèrement et bien cordialement les travailleurs de cette année qui ont bien voulu alimenter nos séances ; par contre nous déplorons l\u2019apathie manifestée par un trop grand nombre de nos membres pour présenter des travaux.C\u2019est une chose regrettable.La cause en est peut-être aux temps difficiles que nous traversons.Quoiqu\u2019il en soit, nous espérons que l\u2019année prochaine les travailleurs se feront plus nombreux et produiront des travaux intéressants pour tous les membres de la Société.Maintenant, Messieurs, les nouveaux officiers pour l\u2019année 1916 prennent en mains ce soir les rênes du pouvoir.Au président sortant de charge nous exprimons au nom de tous le regret que nous cause son départ.Connaisssant son dévouement à la Société et son goût pour l\u2019étude secondé par une érudition déjà mise à l\u2019épreuve, nous sommes assurés qu\u2019il daignera continuer de nous honorer de sa présence et de nous intéresser par ses travaux.À son successeur M.B.Bourgeois, nous souhaitons la bienvenue.Son affabilité, sa droiture et son esprit d\u2019initiative sans compter son savoir font de lui un président qui saura conduire à bonne fin les destinées de la Société.Il aura pour le seconder dans ses efforts un homme d\u2019une grande expérience et d\u2019une grande urbanité dans la présence de notre distingué vice-président M.J.E.Laberge.Quant à nous, qui restons, l\u2019honneur que vous nous faites d\u2019une réélection au secrétariat nous remplit de joie et de gratitude.Et malgré l\u2019absence de notre assistant secrétaire, M.Chs Saint-Pierre, qui se dévoue pour la noble cause des Alliés dans un hôpital situé sur les bords de la Seine, nous nous efforcerons de mener dans la voie du progrès et de la prospérité notre Société Médicale de Montréal.HECTOR AUBRY, Secrétaire. L\u2019HOPITAL MILITAIRE LAVAL No 6 Tous les médecins savent que la Faculté de Médecine Laval, de Montréal, a pris l\u2019initiative de proposer au Gouvernement du Canada l\u2019organisation d\u2019un hôpital militaire.Cette offre généreuse a été acceptée avec empressement.Le plan initial comportait 500 lits.Bientôt, on s\u2019apereut que l\u2019on pouvait faire davantage: on proposa alors de porter à 1000 le nombre des lits disponibles: c\u2019était un hôpital général.Les applications de médecins, , d\u2019infirmiers et d\u2019infirmières affluèrent, lhôpital compléta rapidement son organisation.Les cadres sont remplis depuis longtemps; on se prépare à quitter sous peu le Canada pour aller occuper là-bas une place d\u2019honneur près des lignes de batailles.| Puisque nous écrivons une nouvelle page d\u2019histoire dans cette guerre quasi universelle, inscrivons dans nos annales de médecine les noms de nos confrères et collègues qui abandonnent \u2014 momentanément \u2014 les luttes pacifiques et qui ferment les yeux sur les perspectives d\u2019un brillant avenir pour aller, là-bas, dans la tourmente, porter secours aux blessés et soulager tous ceux qui souffrent.1° Le Lieutenant Colonel Beauchamp, officier commandant.Né à Montréal le ler janvier 18%5, diplômé de l\u2019Université Laval en avril 1896, il entra aussitôt à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal où il occupa la position de médecin-interne en chef de 1896 à 1898.Vers cette époque, il ouvrit un bureau de consultation en ville.L\u2019Hôtel- Dieu le retint comme collaborateur, car on avait su reconnaître et apprécier ses qualités et ses mérites: il fut nommé médecin visiteur de l\u2019hôpital.Plus tard, la Faculté de Médecine, voulant récompenser son zèle et son attachement à Laval dans la part si importante qu\u2019il a prise à l\u2019organisation de l\u2019hôpital militaire No 6, le nomma agrégé à la clinique interne de l\u2019Hôtel-Dieu.Le lieutenant-colonel Beauchamp a toujours aimé les armes.Le 23 mai 1892, il s\u2019enrôlait comme soldat dans le 65ème régiment.Peu à peu il monta dans l\u2019échelle des grades militaires: sergent, lieutenant, capitaine, il occupait depuis 1906 la position d\u2019officier di ne HOPITAL LAVAL N° 6 83 médical avec le grade de major.Lorsque la guerre éclata, il était prêt à assumer les lourdes responsabilités de commandant d\u2019un hôpital militaire.On lui fit des offres qu\u2019il déclina d\u2019abord, parce qu\u2019elles n\u2019étaient pas conformes aux traditions qui avaient toujours inspiré les actes décisifs de sa vie.Il faut lui savoir gré de cette noble attitude.D\u2019ailleurs, il en a été récompensé par la position qu\u2019il oceupe aujourd\u2019hui avec dignité et compétence.Grand, solide, l\u2019air militaire, l\u2019oeil noir exprimant à la fois la fermeté et la bienveillance, la voix nette et claire sur le champ des manoeuvres, harmonieuse et caressante à l\u2019heure du thé, le lieutenant colonel Beauchamp possède l\u2019estime de ses confrères et le respect de tous.Son tact lui permet d\u2019évolner avec aisance au sein de sa petite armée : tous savent que dans un hôpital militaire les idées marchent et ne se discutent guère.L'hôpital Laval sera bien commandé : Le Ineutenant-Colonel J.P.Décarie.Tous connaissent notre ami Jean Décarie comme médecin et gai compagnon: je vous le présente comme militaire, et commandant en second de lhôpital Laval.Diplômié de l\u2019Université Laval en 1899, il fit un séjour de deux années à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal comme médecin interne.[1 alla ensuite à Paris où il continua ses études sous les professeurs Letulle, Pinard et Roux.Il est aussi diplômé de l\u2019Institut Pasteur.De retour au pays, il fut nommé en 1905 chef de clinique médicale à l\u2019Hôtel-Dieu.In 1909, la Faculté le nommait professeur suppléant à la chaire d\u2019Histologie, puis, en 1910, professeur de Dermatologie.Le lieutenant-colonel Décarie est un ancien président de la Société Médicale de Montréal dont il fut le secrétaire dévoué durant les premières années de son existence.En 1912, la profession médicale canadienne-française le déléguait pour la représenter officiellement à Paris au grand Congrès de l\u2019Association des Médecins de langue francaise d\u2019Europe.I! y noua.en notre nom, des relations officielles, et les médecins de France avaient l\u2019intention de tenir leur prochain Congrès à Montréal lorsque la guerre est venue dissiper tous ces beaux rêves.Depuis huit ans, le Dr Décarie agissait comme Commissaire d\u2019écoles de la ville de Montréal.Le lieutenant-colonel Décarie fut un des premiers à s\u2019enrôler dans Thépital Taval.Son érudition, son expérience acquise dans 84 LE SAGE les hôpitaux et en ville où il était à la tête d\u2019une belle clientèle, ses relations importantes dans le monde du commerce et de la politique \u2014 il est le frère de notre éloquent Secrétaire Provincial, l\u2019honorable Jérémie Décarie \u2014 son entrain et sa probité bien connue en firent un collaborateur précieux.Esprit très averti, doué d\u2019un jugement très sûr, connaissant bien son échiquier médical, il fit l\u2019assaut de toutes les bonnes volontés.Bref, il a organisé la victoire définitive de lhôpital Laval en conseillant à l\u2019un des chefs de la résistance, dont on cherchait à capter la confiance depuis longtemps, de se rendre sans conditions.Nous avons appris que l\u2019heureux vaincu, nouveau Versingétorix, ayant jeté ses scalpels aux pieds de ce César Tajeuni, a reçu, depuis, les honneurs militaires dûs à son rang.Nous suivrons avec intérêt le lieutenant-colonel Decarie dans sa nouvelle carrière.Nous le regretterons beaucoup, car ses historiettes et son csprit faisaient le charme de nos réunions intimes.Le lieutenant-colonel Rhéaume n\u2019a pas besoin de biographe.Elève de Laval, il ne tarda pas à aller en Europe où il s\u2019occupa tout particulièrement de chirurgie.Ses maîtres de là-bas lui prédirent une brillante carrière.De retour au pays, il tenta un mouvement de décentralisation au point de vue chirurgical en se fixant à Valley- field où il fonda une société médicale qui fut très laborieuse tant qu\u2019il en fut le secrétaire.Mais son activité et ses ambitions n\u2019étaient point satisfaites: \u201cplutôt le dernier à Rome que le premier dans mon village,\u201d semblait-il dire en arrivant à Montréal.Assistant du professeur Marien, à l\u2019Hôtel-Dieu, il capta bientôt la confiance de son nouveau maître par sa ponctualité, son désintéressement et sa fidélité.J'entends encore Marien m\u2019avouer que, durant ce long stage, il n\u2019eut jamais le moindre grief à formuler contre son assistant.L\u2019Hôtel-Dieu, sur la recommandation de la Faculté de Médecine, se l\u2019attacha définitivement comme chirurgien officiel.Il se consacra peu à peu à l\u2019enseignement au lit du malade et, plus tard, à l\u2019amphithéâtre.L\u2019année dernière, an mois d\u2019avril, il inaugurait ses cours de médecine opératoire comme premier titulaire de cette chaire.Nous savons avec quel soin il a ordonné cet enseignement pratique, et combien ses premiers élèves lui sont redevables des connaissances qu\u2019ils y ont acquises.Son expérience, sa technique, son habileté opératoire et sa position officielle le désignaient comme l\u2019un de ceux qui pouvaient oceu- HOPITAL LAVAL N° 6 85 per avec honneur le poste \u2014 si périlleux \u2014 de chirurgien en chel de l\u2019Hôpital Laval.Après quelques pourparlers, il pénétra sous la tente ; celle où on livre les derniers combats.Le geste est beau, nous l\u2019en avons tous félicité.Abandonner une clientèle lucrative, fruit de longues années d'attente et de pénibles labeurs, quitter la chaire de l\u2019enseignement.but ultime de nobles ambitions, ce sont là des décisions qui coûtent.Mais l\u2019argument suprême a fait taire les dernières hésitations, L'heure est décisive, faisons un beau geste, nous a-t-il dit.Et il l\u2019a fait.Depuis longtemps il est un collaborateur sérieux à l\u2019Union Me- dicale dont il est un des secrétaires de la rédaction.Nous aimions sa franche amitié et sa bonne camaraderie aux heures de convalescence.Nous attendrons son retour pour aller \u2018mous amuser dans l'Îi.1.le\u201d.Les médecins majors sont au nombre de quatre : 1° Le major Henri Masson Duhamel, Né en 1869, le 22 août, à Montréal.Diplomé, Eastman College, Pougkeepsie, N.Y.Gradué, Université Laval, en 1890.Interne a 1\"Hépital Notre-Dame, Montréal.Chef de Clinique chez MM.les docteurs Calmettes, Martin, et Lubet-Barbon, de Paris, 1891-1892.Chef de Clinique chez M.le docteur Despaguet, Paris, 1897-1898.Médecin spécialiste à l\u2019Hôpital Notre-Dame, Montréal.Médecin spécialiste à l\u2019Hôtel-Dieu, Montréal.Médecin spécialiste à l\u2019Hôpital St-Luc, Montréal.Membre de la Société Médicale de Montréal.Membre de la Société de Laryngologie de Paris.Le major Duhamel est un de nos plus habiles spécialistes à Montréal.Ses longs stages en Europe auprès de maîtres réputés, sa pratique hospitalière si variée et za large clientèle lui ont acquis une belle réputation.11 est, de plus, doué d\u2019un véritable talent d\u2019organisation.Vif, jovial, aimant à la fois le plaisir et l\u2019étude, il peut passer avec la plus grande aisance \u201cdu piquant an moëlleux.du sévère au doux\u201d.T] part avec courage.car il laisse à Montréal des gens charmants et qu\u2019il aime.Dans la même classe, je vois le major George Bourgeois, ancien élève des hôpitaux de Paris\u201d directeur et propriétaire d\u2019un hôpital très achalandé, à Trois-Rivières, chirurgien de réputation dans sorr district. 86 LE SAGE Le major J.O.Lacroix, P.A.M.C., adjudant Tôpital Général No 6 F.E.C.Université Laval.Né le 20 juillet 1883 à Québec, Qué.Gradué de l\u2019Université Laval, en 1906.Licencié la même année pour la Province de Québec.Nommé Officier Médical, dans la Police Montée \u201cNord Ouest\u201d, en 1906.Voyage d\u2019inspection dans le district du Keewatin et de la Baie d\u2019Hudson, pour faire rapport sur l\u2019état sanitaire des tribus Esquimaux et Indiennes, en 1907.Transféré dans le Corps Médical de la Force Permanente en 1909.Officier en charge de l\u2019Ecole d\u2019instruction d\u2019Halifax, N.E., depuis 1910.Le major Lacroix apporte à l'Hôpital Général No 6 F.E.C.Université Laval l\u2019appui de sa longue expérience dans les Hôpitanx Militaires en même temps que dans les nombreux voyages d\u2019inspections qu\u2019il a faits en Canada.Le major Gustave Archambault est un de ceux qui ont le plus poussé à la roue pour faire marcher l\u2019idée de l'hôpital Laval.Depuis plusieurs années il s\u2019était spécialisé dans les maladies vénériennes et les maladies de la peau.Il quitte sa nombreuse clientèle sans hésitation.Ses connaissances techniques et son expérience, déjà considérable en ce genre, en font une des unités les plus importantes au point de vue médical.Esprit réfléchi et studieux, il apporte une collaboration très précieuse.T1 cst professeur agrégé à Laval.Le major Jos.Adonias Lussier.Né a Ste-Rosalie de Bagot, le 15 juin 1884.Elève du Séminaire de St-Hyacinthe et de Sainte- Marie de Monnoir.Docteur en Médecine de l\u2019Université Laval.Montréal, en juin 1909.Interne à l'Hôpital St-Tean-de-Dieu, Montréal, de juin 1909 à septembre 1910.Pratiquant à Montréal depuis 1910.Membre de la Société Médicale de Montréal, depuis 1911.Médecin examinateur (des suceursales) des Artisans C'anadiens- Français, et de l\u2019Alliance Nationale, ainsi que de la \u201cSécurité du Canada\u201d depuis 1911.Membre de l\u2019Association St-Jean-Baptiste de Montréal.Membre du Conseil Lafontaine des \u201cChevaliers de Colomb\u201d.Très actif, le major Lussier était un de nos jeunes médecins qui s\u2019étaient créé une clientèle très lucrative.Parmi les capitaines, nous voyons plusieurs noms connus: Le capitaine Rivet, professeur de chimie à l\u2019Université Laval, médecin de l\u2019Hôtel-MDieu, ancien prosecteur a l\u2019Université Laval, HOPITAL LAVAL N° 6 87 position qu\u2019il occupa durant dix ans.Le capitaine Rivet a étudié la chimie et la toxicologie en Europe; analyste pour le gouvernement de Québec, il a préparé pour le département des terres de la Couronne, plusieurs rapports importants.Il est membre de la Société Médicale de Montréal et de la Société de Chirurgie de France.In chimiste consommé, le major Rivet aime les réactions, les précipités.Son laboratoire ne pouvait plus le contenir.Il assistera sans doute à une des plus belles expériences de sa vie: la réaction des alliés précipitant la retraite des Boches !.Le capitaine Dagenais, ancien échevin et premier secrétaire de la Société Médicale de Montréal est parti en guerre.Lui, si pacifique.A exercé sa profession durant dix-sept ans a la Pointe St- Charles à Montréal.Elu échevin du quartier St-Gabriel en 1902, réélu en 1904, 1906 et 1908.Président de la Commission municipale d'hygiène de 1904 à 1910.C\u2019est sous sa présidence qu\u2019a été créée l\u2019inspection médicale des écoles de la ville.Il est l\u2019auteur du règlement concernant la déclaration des naissances, et du règlement défendant de cracher sur les trottoirs et autres endroits publics.Il est l\u2019un des créateurs des Gouttes de Lait, et il a été le premier à amener la ville à contribuer financièrement à leur soutien.S Il a représenté la ville de Montréal aux congrès internationaux de la tuberculose tenus à Paris en 1905 et à Washington en 1908.Le capitaine Dagenais a donc écrit une belle page de sa vie.Il veut en écrire une autre.(1) Parmi les autres capitaines, je n\u2019oublie pas le capitaine Collin.Ancien interne de l\u2019ITôpital St-Paul et de l\u2019Hôpital Notre-Dame, ancien élève de Clamart, à Paris, où il a passé une année à étudier la chirurgie opératoire.Le capitaine Collin exerçait à Winnipeg où il jouissait déjà de l\u2019estime et de la considération de ses confrères anglais et français.Il est chirurgien de l\u2019Hôpital St-Boniface.Il est progressiste et très compétent.Son instruction est solide, le cerveau est bien assis.Le capitaine Jouberi.diplômé de Laval depuis deux ans, ancien médecin-interne en chef à l\u2019Hôtel-Dieu et démonstrateur bénévole au cours de médecine opératoire à Laval.Courtoisie.savoir et dévouement.( 1) Le Capitaine Dagenais a représenté la Ville au Bureau de l\u2019Ecole Technique durant trois ams.A été pendant deux ans président de la Commission de la Bibliothèque Municipale. 88 LE SAGE Le capitaine Gartépy.Diplômé de l\u2019Université Laval de Montréal en 1907.Interne de l'Hôpital Notre-Dame (1907-1908).Pratiqua à Cap Chat durant cinq ans.Médecin du hâvre de Cap Chat (1908-1913).Inspecteur sanitaire des vaisseaux de marine marchande pour le district de Gaspé-Ouest (1908-1913).Coroner de Gaspé Ouest (1910-1913).Président de la Commission Scolaire de Cap Chat (1912-1913).Médecin examinateur des compagnies d\u2019assurances la Sauvegarde, New York Life, Sun Life, Mutual Life de Portland (Maine), de la Société St-Joseph du Canada (1908-1913).Revint à Montréal en 1913 où il devint assistant du Professeur Benoît à a Clinique interne de l\u2019'Hôpita! Notre-Dame (1914).Assistant en chirurgie du Professeur Oscar Mercier à l'Hôpital Notre-Dame (1915).Secrétaire de la Goutte de lait Ste-Catherine (1913-1914).Très actif: artiste à ses heures.Le capitaine Jean-J.Trudel.Fit ses études médicales à l\u2019Université Laval de Montréal où il fut diplômé en 1913.II fut interne en chef de l'Hôpital Saint-Paul à Montréal durant les années 1913- 1914.Il fut rappelé à l'Hôpital Notre-Dame où il devint interne en chef, au mois de juin 1915, position qu\u2019il résigna pour faire partie de l'Hôpital Général No 6 F.FE.C.de l\u2019Université Laval.Le-camtaine Hector Clermont.ancien interne de l\u2019Hôtel-Dieu et de l'Hôpital St-Paul.Un de mez anciens bons élèves.Le capitaine Adrien.Larose, ancien interne de l'Hôpital St-Paul et de l\u2019Hôtel-Dieu, titulaire du prix Hingston en 1910, médecin examinateur pour la compagnie New-York Life.TI oceupait la position d\u2019anesthésiste à l\u2019Hôtel-Dieu lorsqu\u2019il s\u2019enrôla dans l\u2019ITôpital Laval.C\u2019est le poste qu\u2019il occupera dans l\u2019Hôpital Laval.Très compétent.Le capitaine Romuald Teissier, médecin officiel de plusieurs clubs et de sociétés d\u2019asgurances mutuelles, s\u2019est occupé beaucoup de milice depuis deux ans.(Vest le capitaine Teissier qui a inoculé et vacciné tous les soldats des 22ème, 41èmo et 69ème régiments.Le capitaine Jean Baptiste Trudelle.de Regina, diplômé de l'Université Laval de Québec, ancien interne de l\u2019Hôtel-Dien de Québec.Le capitaine Blagdon, exercant dans la Saskatchewan, diplômé de l\u2019Université Laval de Québec.Le capitaine Gabriel Lefebvre, ancien interne de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, démonstrateur d\u2019anatomie pratique à Laval, démonstrateur bénévole à la clinique chirurgicale de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Le capitaine P.P.Gauthier, diplômé de Laval à Montréal.ancien interne à l\u2019Hôtel-Dieu et à Hôpital St-Paul. HOPITAL LAVAL N° 6 89 Le capitaine F.L.Demers, diplômé de Laval, ici, ancien interne à l\u2019Hôtel-Dieu, médecin-consultant à l\u2019Institut Bruchési, médecin officiel de plusieurs cercles de sociétés mutuelles.Le capitaine J.N.Ladouceur, exerçant à Augusta, E.U., ancien, interne de l\u2019Hôpital Général à Lewiston, Maine.Le capitaine J.A.Lorrain, diplômé de Laval à Montréal en 1896, a fait un long séjour à Paris où il a étudié tout particulièrement la radiologie avec Béclère à l\u2019Hôpital St-Antoine et l\u2019électricité médicale avec Vigouroux à la Salpetrière.Le capitaine Dumont, exerçant à Beloeil, ancien interne de l'Hôpital Notre-Dame et de l\u2019Hôtel-Dieu.Le capitaine Mallette, exerçant à Rigaud.| Les capitaines DeHaître, ancien interne à l\u2019Hôpital d'Ottawa, Godin, Tousignant et McCaffrey.(1) Comme on le voit tous ces messieurs ont des titres qui indiquent de l\u2019expérience et de l\u2019entraînement.a ll y a quatre lieutenants: Les lieutenants E.R.Lamontagne et P.FE.Beauchamp, quartiers-maîtres, les lieutenant: Couture et Boucher, pharmaciens.Enfin l\u2019Hôpital Laval compte 73 garde-malades dont 28 sont rendues en Angleterre où elles commenceront leur entraînement, et 115 soldats ct infirmiers qui ont une belle allure.La Faculté de Médecine Laval peut done se féliciter d\u2019avoir \u2018accordé son patronage à une oeuvre aussi vigoureuse et dont le but purement humanitaire est doublé du plus magnifique désintéressement.oo Mais je veux remonter plus haut.Je désire mentionner tout particulièrement les noms du major Archambault et du Dr Dubé, professeurs à Laval, qui ont, le premier, semé chez quelques médecins, l\u2019idée d\u2019une démarche dans ce sens; le second, groupé les énergies civiles et médicales dans le but de créer un mouvement d\u2019idées vers la réalisation du plan actuel.La Faculté de Médecine a été saisie du projet.Elle y a accédé de bonne grâce et, après une étude séricuse, elle nommait pour agir en son nom.un Comité composé des professeurs Harwood, président, et Guerin et Mignault.Nous n\u2019oublierons pas que le professeur Harwood y a consacré beaucoup de temps et d\u2019énergie.Son tact ct sa persévérance ont (1) Nous apprenons au dernier moment que le Dr Aimé Tamon- tagne s'est inscrit comme capitaine, TI est le beau-frère du professeur Latreille, de Montréal.| 90 LL SAGE aplani des difficultés qui paraissaient insurmontables: le résultat est magnifique.L\u2019Hôpital Laval, tel qu\u2019il est organisé, représente en entier les traditions de la Maison dont il s\u2019inspire.On lui fera bon accueil, sa mission sera belle et- fructueuse.Dans un banquet intime offert à leurs membres Decarie et Rheaume par le club \u201cGrand Kiamika\u201d, samedi, le 5 courant, nous avons entendu de belles paroles.Présidé par le Dr Wilfrid Monette, président du club, l\u2019organisateur de la réception avec le Dr Raoul Masson, le sympathique et actif secrétaire, une soixantaine d\u2019amis s\u2019étaient réunis autour de tables somptueuses.: Après les remarques si appropriées des Drs Dubé, Harwood, Guerin, Masson et autres, la mise au point du Commandant Beau- champ et la causerie si spirituelle du lieutenant colonel Décarie, le lieutenant-colonel Rheaume a prononcé l\u2019allocution suivante : \u201c Depuis quelque temps on a dit bien des choses sur mon compte.On m\u2019a fait des compliments qui grisent l\u2019amour-propre et ébranlent même des cervaux réputés solides; mais on a jamais dit que j'étais un fin discoureur.Co Un de mes bons camarades, à l\u2019imaginatiôon féconde, m\u2019a surnommé, il y à déjà bien longtemps, le sonne-motte (ce qui signifie dans le langage imagé de la tribu des Grands Serpents, Fincarnation du mutisme le plus complet.) D\u2019ailleurs, comment pourrait-il en étre autrement puisque j\u2019ai passé la plus grande partie de ma vie avec des macabées desséchés, qui ne parlaient que bien rarement pour répondre à ma curiosité entêtée ; ou dans des salles d\u2019opération où l\u2019on observe le silence le plus religieux pour se communiquer, d\u2019un regard ou du bout des doigts, nos émotions; nos craintes ou notre assurance.Vous excuserez donc le technicien qui s\u2019improvise orateur.Co Je ne puis laisser passer cette occasion exceptionnelle qui hous est offerte si généreusement, sans vous faire part de quelques-unes de nos émotions-avant notre départ pour cette grande guerre meurtrière.Nous venons \u2018de prendre une grande décision, et nous croyons faire un beau geste; mais nous ne nous exagérons pas notre mérite, car chacun de vous aurait voulu en faire autant, s\u2019il n\u2019en avait été empêché par certaines conditions sociales, que j'ai toujours systématiquement repoussées, afin de réaliser le petit idéal que je me suis fait de la vie.C\u2019est donc le triste célibat qui me vaut l\u2019honneur et les galons que.d'autres plus autorisés méritaient davantage. HOPITAL LAVAL N° 6 91 Nous partons pour une aventure, unique dans notre histoire, pleine d\u2019imprévus, de satisfactions ou.de déboires.Quoiqu'il advienne, nous partons avec courage, le coeur léger.Mais ce charmant groupement que nous offre le club \u201cGrand Kiamika\u201d, ce soir, me fait songer aux sacrifices que nous nous imposons.| Nous quittons pour un temps indéterminé des collègues sympathiques, qui s'imposent la tâche de redoubler.le travail quotidien (ce sera leur moyen à eux de se rendre utiles dans cette guerre ) ; nous quittons des collaborateurs dévoués, et de chers élèves qui me don- - naient l\u2019illusion d\u2019une paternité intellectuelle, la seule à laquelle je puisse prétendre ; nous nous séparons de vieux amis, qui ont assisté à nos bien modestes débuts et qui ont partagé nos contrariétés et nos plaisirs de tous les jours; nous nous arrachons à l\u2019affection et à la tendresse d\u2019une famille et de soeurs dévouées.Nous nous éloignons d\u2019une maîtresse.Ah! Mais pas comme les autres celle-là! \u2018Une maîtresse enchanteresse, fidèle et pleine de douces consolations, \u2018que nous avons partagée avec plus d\u2019un d\u2019entre vous: une toute petite île, perdue dans l\u2019immensité du lac St-Fran- cois.(Vest là, qu\u2019en compagnie de bons camarades, j'ai passé les heures les plus délicieuses, dans l\u2019oubli le plus complet des tracasseries de ce monde imparfait.: Le sacrifice vaut-il donc l\u2019aventure avec ses charmes inconnus, les honneurs, les titres et les galons dont on nous enveloppe ?© Je vous laisse juges, Messieurs.\u2018 Pour ma part, soyez assurés que je me sens trop pacifiste et trop démocrate, et que j\u2019abandonnerais le tout, ici même, si je savais que cela pourrait contribuer à accélérer un tantinet une paix mondiale durable.| 11 Mais tout cela n\u2019est que chimère, et, pour obtenir cette paix victorieuse, il faut que chacun fasse sa part.Les combattants se sacrifient héroïquement et prennent courageusement la part du lion; les non combattants, tels les médecins, font aussi leur part.\u201cGrâce aux progrès constants de la médecine et à la précision des techniques chirurgicales modernes, nous pouvons réparer les grands dégats anatomiques que causent les engins de guerre perfectionnés de notre époque et forger rapidement de nouvelles armées.C\u2019est une des raisons d\u2019être des hôpitaux à la guerre.Et grâce à l'initiative de l\u2019Université Laval, l\u2019hôpital Général No 6 a été organisé par notre excellent collègue le Commandant et Tieut-Colonel Beauchamp.Ce- 92 LE SAGE lui-ei avec un doigté et un tact admirables a su s'entourer de 32 médecins, qui, en dehors de leur science et de leurs qualités profession - nelles, réunissent toutes les conditions requises pour devenir des membres désirables du \u201cClub Kjamika\u201d.(\u2018ela sera notre plus grande consolation dans les moments de tristesse de notre expédition.Avec une organisation aussi parfaite, nous nous cfforcerons de faire honneur à l\u2019Université Laval, à la profession médicale, à nos amis, et au groupement ethnique canadien-français d'Amérique.Si nous pouvons contribuer au perfectionnement de la chirurgie, pour le plus grand bien de l'humanité, nous aurons réalisé notre rêve.Ft si nous revenons de cette grande épreuve, nous aurons la satisfaction d\u2019avoir fait notre devoir et nous retournerons paisiblement goûter, encore une fois, les plaisirs de la vie primitive, dans Ile! ou bien dans les immenses domaines du \u201cCluly Kiamika\u201d.Après les nuits de fièvres et les tardifs sommeils Ses sereines clartés ont d\u2019appaisants conseils Et de frais réconforts pour la plus âpre tâche.\u201d (Prudhomme).-\u2014Ces paroles, cette mentalité, cet idéal nous dispensent d'ajouter d\u2019autres commentaires.Tous les médecins de l'Hôpital Laval.No 6 tiendraient le même langage si on leur demandait.à tour de rôle.d'exprimer leurs sentiments.D'ailleurs, le médecin soucieux de son devoir se prépare de tout temps à accomplir ces missions difficiles où la science et le désintéressement côtoient avec la douleur et le danger: dans les hôpitaux, les dispensaires, les hospices, partout enfin où évolue la grande armée des malades, des pauvres et des.déshérités de ce monde.Cette guerre ouvrait un champ plus vaste à son activité, il y accourt : Le temps amasse en vain décombres sur décombres : Tl n'a pas épuisé des formes ct des nombres L'intarissable réservoir.\u201d Dr Albert LesAGE.0 SUPPLEMENT SILVOL.\u2014 Ta Maison Parke-Davis fabrique une solution à base d'albuminate d'argent contenant environ 20 pour cent d'argent métallique.Ce sel est soluble dans Peau.Tl ne coagule pas l\u2019albumine et ne détériore pas les tissns normaux.11 est indiqué dans.les lésions inflammatoires des muqueuses, On peut l'employer localement en solution à 40 pour cent sans provoquer de lésions locales.TT est fabriqué sous forme de pondre.de capsules et de pommade. 93 DANS LES TRANCHEES Un état d\u2019âme Nous avons recu d\u2019un militaire canadien-français, appartenant à un de nos meilleurs régiments, une lettre dont nous extrayons quelques passages.1l y a un parallèle à établir entre l\u2019âme de nos médecins et l\u2019âmie de nos militaires.Il s\u2019agit d\u2019un officier, blessé, qui revient dans sa tranchée: \u201c Je suis de retour à la ligne de feu depuis le Ps Quinze jours d\u2019hôpital, même avec toutes ses délices, m\u2019ont amplement suffi, quoique je ne sois pas tout-à-fait rétabli.Je souffrais encore de tension des muscles et de douleurs à la tête.Le-lrt.moëlleux, les repas copieux, le champagne pétillant et l\u2019oisiveté douce ne m\u2019empêchaient pas de regretter mes gars, ma paille, mon taudis et mes rats.Le filet de sole sauce margerie n\u2019a plus la saveur de la bouillotte, ni le croissant le fondant du pain noir, ni le café fumant le fumet du thé froid.Le beurre est une dégénérescence graisseuse ; la propreté et l\u2019élégance un luxe de désoeuvré.La chaleur est pour les enfants.et le beau temps pour les femmes.La boue est un vernis rafraîchissant pour les pieds et la chaussette trouée une dentelle d\u2019Ypres.La tranchée remplie des cadavres emboués des douze derniers mois est une avenue spacieuse aux plate-.bandes odorantes et fleuries.La chandelle est un soleil et le sac de sable un oreiller de duvet.Il n\u2019eut manqué qu\u2019une chose à cet Eden: la musique et l\u2019encens: nous avons les canons, la mitraille, les bombes, les grenades.et Ja chlorine.À l\u2019instar de Charles Nodier, de collège mémoire, la soif du carnage vous gagne, la vue du sang vous enivre, vous mourez de voir vivre et vous ne vivez que pour tuer. 94 C\u2019est la grande vie aux émotions géantes, où la bravoure la plus folle succède à l'angoisse mortelle, où la tension des nerfs et des muscles menace constamment rupture, où tout n\u2019est qu\u2019exaltation, abnégation et sacrifice, où tous les apétits se fondent dans la cause sainte, où tout est beau, où tout est bon, où tout est bien \u2014 quand même !.Comme je comprends, maintenant, l\u2019état d\u2019âme de ceux qui, après avoir connu l\u2019amertume des mesquineries et des bassesses de la vie de tous les jours, se voient attirés dans la tourmente, ressentent tout-à-coup l\u2019ultime frisson et, se croyant peut-être sans attache terrestre, décident qu\u2019ils se doivent à eux-mêmes de rester là où ils ont tant vécu.Depuis trois mois, je connais mieux mon Flambeau.Je vous écris de la ligne de feu, à deux cents mètres à peine des Allemands.Demain matin, nous serons retirés à l\u2019arrière pour un repos de six jours.Mon pauvre Noël ne sera pas plus gai qu\u2019il ne faut cette année.Dans l\u2019église voisine, nous aurons messe de minuit avec communion générale.[ Les six jours écoulés, nous reviendrons ici, puis le cycle continuera indéfiniment jusqu\u2019à ce que la chandelle soit épuisée.La mienne vient de s\u2019éteindre, et je n\u2019y vois plus goutte.=\u201c Signé: Major .X, Les Flandres.Pour copie conforme, Albert LeSAGE.Note.\u2014Belles pensées, douce philosophie, sérénité d\u2019âme : telle est l\u2019impression qui se dégage de cette page vécue.\u2014 A.L.AVIS Ce n\u2019est pas le Dr B.Bourgeois, chirurgien de l\u2019hôpital Notre- Dame qui est enrôlé dans l\u2019hôpital Laval, mais son confrère le Dr Bourgeois, de Trois-Rivières."]
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